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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Quatri&#232;me partie du programme r&#233;volutionnaire : nos engagements pour le futur gouvernement r&#233;volutionnaire des soviets du peuple travailleur</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar, Alex, Bianco, charlie, DD, F. Kletz, Faber Sperber, Karim, Karob, Max, Melissa, Mesoke Swallow, Ramata, Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed, Waraa</dc:creator>



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&lt;p&gt;Quatri&#232;me partie du programme r&#233;volutionnaire : nos engagements pour le futur gouvernement r&#233;volutionnaire des soviets du peuple travailleur &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi &#233;tonnant que cela puisse paraitre au premier abord, ce texte proclame nos engagements dans le nouveau type de pouvoir que constituera l'Etat des conseils du peuple travailleur des villes et des campagnes. Ce n'est pas du futurisme mais un engagement pour notre action politique et sociale d&#232;s maintenant. Et on remarquera que la plupart des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique194" rel="directory"&gt;10 - Textes programmatiques de La Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatri&#232;me partie du programme r&#233;volutionnaire : nos engagements pour le futur gouvernement r&#233;volutionnaire des soviets du peuple travailleur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aussi &#233;tonnant que cela puisse paraitre au premier abord, ce texte proclame nos engagements dans le nouveau type de pouvoir que constituera l'Etat des conseils du peuple travailleur des villes et des campagnes. Ce n'est pas du futurisme mais un engagement pour notre action politique et sociale d&#232;s maintenant. Et on remarquera que la plupart des organisations, m&#234;me quand elles se disent r&#233;volutionnaires, se gardent bien de prendre des engagements sur ce qu'elles feraient en cas de r&#233;volution, sur le type de pouvoir qu'elles soutiendraient et sur la politique qu'elles y m&#232;neraient. Elles se cachent derri&#232;re un pr&#233;tendu r&#233;alisme pour ne s'engager &#224; rien, pour ne pas rompre avec les bureaucraties syndicales, avec l'appareil politique, institutionnel, administratif, policier, militaire, carc&#233;ral et bien s&#251;r financier et &#233;conomique de l'Etat capitaliste, pour ne pas s'engager &#224; le d&#233;molir pierre apr&#232;s pierre&#8230; Elles ne s'engagent pas plus &#224; d&#233;molir l'appareil militaire que l'appareil policier, pas plus l'appareil financier que celui des trusts, pas plus l'appareil administratif que judiciaire, etc. Elles ne s'engagent m&#234;me pas &#224; ne gouverner que par des soviets de travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les organisations qui proclament &#171; une seule solution, la r&#233;volution &#187;, &#171; une seule voie, celle du socialisme &#187;, &#171; un seul but, le parti r&#233;volutionnaire &#187; sont faussement r&#233;volutionnaires si elles n'annoncent pas d&#232;s maintenant qu'elles rompent avec toutes les forces contre-r&#233;volutionnaires, qu'elles soient r&#233;formistes politiques ou syndicales et qu'elles ne les laisseront pas diriger lors de la prochaine vague r&#233;volutionnaire. Ces organisations veulent des ch&#232;ques en blanc, qu'on leur fasse confiance sans engagement, sans programme d'avenir, sans rupture compl&#232;te et publique avec le monde d'hier. Une telle rupture n&#233;cessite d'exposer d&#232;s maintenant quels seront leurs objectifs et comment elles souhaitent proc&#233;der pour y parvenir. Sinon, nous n'avons aucune raison de leur faire confiance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour notre part, nous prenons ici et aujourd'hui des engagements pour la r&#233;volution de demain qui devra, pour r&#233;ussir, mettre en place des soviets et leur donner la totalit&#233; du pouvoir et des richesses, les travailleurs, tous ceux qui ne vivent que de leur travail sans exploiter personne, &#233;tant les seuls &#224; avoir le droit de gouverner, de diriger, de d&#233;cider dans le nouvel Etat et &#224; profiter des richesses produites par la collectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons donc, en premier, &#224; lutter pour que la totalit&#233; des d&#233;cisions gouvernementales, d&#232;s les d&#233;buts du nouveau pouvoir, soient exclusivement l'&#233;manation de conseils de travailleurs &#233;lus et r&#233;vocables issus d'assembl&#233;es d&#233;cisionnelles et souveraines (en somme des soviets) totalement ind&#233;pendants de l'ancien pouvoir capitaliste et de ses d&#233;fenseurs et profiteurs, qu'ils &#339;uvreront exclusivement pour le bien-&#234;tre de ceux qui vivent de leur travail, que celui-ci leur permette d'en vivre correctement en ayant les moyens (eux et leurs familles) de se loger, de se nourrir, de se soigner, de b&#233;n&#233;ficier de la s&#233;curit&#233;, d'avoir droit aux loisirs, de profiter d'une bonne &#233;ducation, de participer d&#233;mocratiquement &#224; toutes les d&#233;cisions. Et surtout que jamais leur travail ne b&#233;n&#233;ficie &#224; des profiteurs et des exploiteurs, que le b&#233;n&#233;fice de leurs efforts n'enrichisse pas des sp&#233;culateurs, des financiers, des exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons &#224; ne jamais tenir compte, dans les d&#233;cisions du nouveau pouvoir, des int&#233;r&#234;ts du grand capital que ce soit celui du pays ou d'un autre pays, et toujours prendre les d&#233;cisions dans le sens des int&#233;r&#234;ts du peuple travailleur qui va des salari&#233;s, des ch&#244;meurs, des retrait&#233;s aux jeunes, aux femmes, aux petits paysans, aux petits p&#234;cheurs, aux petits artisans, aux petits commer&#231;ants, aux petits camionneurs, aux taxis individuels, aux petits auto-entrepreneurs, aux petits professions lib&#233;rales, aux nationalit&#233;s et religions opprim&#233;es, &#224; tous les opprim&#233;s du monde. Nous nous engageons &#224; toujours agir pour les unir et d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts contre ceux du grand capital. Nous nous engageons &#224; ce que le nouveau pouvoir ne d&#233;fende pas les int&#233;r&#234;ts d'un peuple ou d'une nation mais de tous et cherche par tous les moyens &#224; les unir pour d&#233;truire d&#233;finitivement et mondialement le capitalisme et l'imp&#233;rialisme. Un Etat victorieux dans un pays ou dans une r&#233;gion ne devra avoir de cesse que d'en finir avec les autres Etats capitalistes et imp&#233;rialistes et &#224; faire tous les sacrifices qui seront n&#233;cessaires pour y parvenir. Nous nous engageons &#224; ne jamais d&#233;fendre un int&#233;r&#234;t national contre l'int&#233;r&#234;t international des exploit&#233;s et opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons &#224; abolir toutes les lois, les r&#232;gles, les mesures capitalistes dress&#233;es contre les travailleurs : code du travail, justice sociale, dur&#233;e du travail, ch&#244;mage, retraites, licenciements, conditions de travail, risques professionnels, horaires, pressions de l'encadrement, hi&#233;rarchie, salaires, accidents du travail, sant&#233; au travail, fautes professionnelles, etc&#8230; Nous nous engageons que les nouvelles r&#232;gles ne servent qu'&#224; renforcer collectivement le monde du travail sans accepter aucune des &#171; lois &#187; du grand capital. Personne n'aura plus le droit d'emp&#234;cher quiconque d'avoir les moyens de vivre et de faire vivre une famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons que la guerre soit combattue &#224; la racine par le nouveau pouvoir, en d&#233;sarmant compl&#232;tement la classe capitaliste, en retirant toute autorit&#233; sur les soldats &#224; la hi&#233;rarchie militaire, en permettant aux petits soldats d'&#233;lire leurs propres conseils qui prendront les d&#233;cisions aux c&#244;t&#233;s des soviets du peuple travailleur, en pla&#231;ant l'industrie d'armement, les stocks d'armes, les armes sp&#233;ciales (nucl&#233;aires, chimiques, bact&#233;riologiques, etc) sous le contr&#244;le des soviets de travailleurs et de soldats, en rendant criminelle toute liaison entre appareil militaire et int&#233;r&#234;ts capitalistes. Et, d&#232;s maintenant, cela suppose de militer pour tisser des liens entre la lutte des travailleurs et les petits soldats (et aussi les petits policiers qui refusent de participer &#224; la r&#233;pression des luttes et aux violences polici&#232;res). Cela suppose de militer au sein des travailleurs en faveur des droits des petits soldats et petits policiers de s'auto-organiser, de refuser des ordres violents contre la population, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose de s'engager &#224; d&#233;fendre individuellement tous les petits soldats et petits policiers qui refuseront d'ob&#233;ir &#224; des ordres de violences contre la population. Cela suppose de d&#233;noncer publiquement les organisations politiques et syndicales qui s'y refuseront. Tout comme les autres points soulev&#233;s pr&#233;c&#233;demment supposent de d&#233;noncer les organisations qui refusent d'unir toutes les nationalit&#233;s, en d&#233;fendant le nationalisme, qui refusent de se solidariser avec les r&#233;voltes et r&#233;volutions partout dans le monde, qui refusent de combattre leur propre imp&#233;rialisme, qui d&#233;fendent les int&#233;r&#234;ts d'une aristocratie ouvri&#232;re fond&#233;e sur les travailleurs les plus favoris&#233;s, etc. Dans tous les domaines, des engagements d'avenir ont une signification sur les engagements imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons que cet Etat des soviets soit fond&#233; sur la d&#233;molition des forces arm&#233;es du grand capital et sur l'armement du peuple travailleur ! Les travailleurs devront, avant m&#234;me l'av&#232;nement du nouvel Etat, &#234;tre organis&#233;s partout o&#249; cela sera possible, en milices, en gardes r&#233;volutionnaires, en bataillons, en arm&#233;e, etc. Nous nous engageons d&#232;s aujourd'hui &#224; d&#233;fendre aupr&#232;s des travailleurs l'importance de s'armer et de s'organiser en milices ouvri&#232;res. Nous nous engageons aussi &#224; d&#233;noncer et d&#233;masquer toutes les organisations politiques et syndicales qui se refusent &#224; d&#233;truire l'armement du grand capital et &#224; favoriser l'armement du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons &#224; prendre toutes les mesures, &#224; chaque &#233;tape de la r&#233;volution permanente, de la formation de soviets r&#233;volutionnaires &#224; la fondation du pouvoir aux travailleurs, de la victoire de la bourgeoisie d'un pays au renversement mondial du capitalisme, au socialisme et au communisme, d'&#339;uvrer toujours non seulement pour d&#233;fendre les victoires acquises mais pour porter la lutte au-del&#224;, pour ne pas se contenter de d&#233;fendre le statu quo avec les forces ennemies encore en place, mais &#224; chercher toujours &#224; pousser plus loin la r&#233;volution. Nous engageons &#224; d&#233;noncer les partis et syndicats, qui, en p&#233;riode r&#233;volutionnaire, feraient semblant de vouloir la r&#233;volution, pour la diriger, la freiner, la d&#233;voyer, la limiter, la bureaucratiser, la conserver dans des limites sociales et politiques, dans des fronti&#232;res nationales, compatibles avec les forces qui subsisteraient du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons &#224; combattre toutes les formes de bureaucratisme syndical, politique, &#233;tatique, &#233;conomique et autres. Cela suppose de le faire d&#232;s aujourd'hui. Les organisations qui pr&#233;tendent qu'elles le feront demain sans le faire aujourd'hui ne m&#233;ritent pas notre confiance. Fondamentalement, combattre le bureaucratisme, c'est toujours porter au maximum les capacit&#233;s autonomes des travailleurs, toujours prendre les d&#233;cisions collectivement, toujours doter la classe exploit&#233;e d'organismes fond&#233;s directement par elle pour prendre les d&#233;cisions. Et la doter &#233;galement des moyens de d&#233;mettre ces organismes, si cela est n&#233;cessaire. L&#224; encore, il ne faut pas dire qu'on le fera demain si on ne le fait pas aujourd'hui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la r&#233;volution ne peut pas toujours aller de l'avant, parfois il faut m&#234;me reculer momentan&#233;ment. Nous nous engageons &#224; dire &#224; chaque &#233;tape la v&#233;rit&#233; aux travailleurs, &#224; ne pas camoufler des reculs, &#224; ne pas les pr&#233;senter comme des victoires, &#224; ne pas enlever aux travailleurs les moyens d'analyser les forces en pr&#233;sence, les strat&#233;gies, les tactiques n&#233;cessaires. En somme, nous nous engageons &#224; ne jamais traiter le prol&#233;tariat comme des moutons devant suivre des bergers (m&#234;me si ceux-ci se disent r&#233;volutionnaires) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons &#224; construire un Etat des soviets qui ne remplace pas les soviets, qui ne supprime pas l'auto-organisation des travailleurs et qui soit un Etat visant &#224;&#8230; sa propre suppression. Car le but de la r&#233;volution n'est pas la prise du pouvoir mais le socialisme et le communisme. Et d&#232;s lors, la r&#233;volution vise finalement &#224; la suppression de l'exploitation de l'homme par l'homme, la suppression des classes sociales et de l'Etat&#8230; Cela se voit d&#232;s aujourd'hui, dans le comportement des organisations politiques et syndicales, quand elles ne s'orientent pas du tout dans cette direction. Toute organisation pr&#234;te &#224; diriger une lutte par les appareils bureaucratiques et sans auto-organisation des travailleurs, n'est pas de notre c&#244;t&#233; et doit &#234;tre d&#233;nonc&#233;e publiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les engagements d'un tel gouvernement prol&#233;tarien r&#233;volutionnaires sont multiples et j'en cite en vrac quelques unes sous forme de ce qui sera inadmissible pour ce pouvoir : interdiction de remettre les enfants mineurs entre les mains des pr&#234;tres de toutes religions, interdiction de toutes les formes du patriarcat, interdiction de payer les dettes des capitalistes, interdiction de laisser des armes &#224; quiconque n'ob&#233;it pas au pouvoir des travailleurs, interdiction de diffuser le racisme, la x&#233;nophobie, le nationalisme, la division des &#234;tres humains sous toutes ses formes, interdiction de tout pouvoir d'anciens capitalistes, interdiction de licencier, d'expulser, d'emprisonner pour dettes personnelles, interdiction de soumettre de force des enfants, interdiction d'emprisonner des enfants, interdiction d'exploiter des enfants, interdiction de fanatiser des enfants, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nous engageons que toutes les richesses appartiennent au peuple travailleur !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout est &#224; nous ! Rien n'est &#224; eux ! Tout ce qu'ils ont, ils nous l'ont vol&#233; ! Capital, entreprises, biens, et m&#234;me leurs armes, m&#234;me leur pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui travaillent nous habiller doivent pouvoir s'habiller, ceux qui se chargent de nos enfants doivent avoir les moyens de se charger de leurs enfants, ceux qui produisent notre nourriture doivent pouvoir se nourrir, ceux qui nous transportent doivent avoir les moyens de se transporter, ceux qui nous soignent dans les h&#244;pitaux et les EPHAD doivent pouvoir prot&#233;ger leur sant&#233;, ceux qui s'occupent de nos enfants dans les cr&#232;ches, &#233;coles et chez les nounous doivent pouvoir s'occuper de leurs enfants, ceux qui fabriquent des automobiles doivent en voir une, ceux qui fabriquent des logements doivent en avoir un, ceux qui font des routes ne doivent pas &#234;tre &#224; la rue, ceux qui travaillent dans les banques doivent avoir des sous en banque, ceux qui travaillent doivent vivre de leur travail et pas seulement enrichir ceux qui ne travaillent pas&#8230; Ceux qui produisent toutes les richesses ne doivent pas &#234;tre les seuls &#224; ne pas en b&#233;n&#233;ficier. En fait, ceux qui produisent n'ont pas d'autre solution pour ne pas devenir des esclaves que de prendre collectivement la totalit&#233; du pouvoir et des richesses et de n'en avoir aucune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui produisent des biens doivent poss&#233;der collectivement ces richesses, ils doivent poss&#233;der collectivement le pouvoir, ils doivent s'organiser pour cela en classe dirigeante, ils doivent refuser tout pouvoir et toute mainmise sur les richesses aux exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les aides sociales, co&#251;tent un pognon de dingues &#187;, qu'il disent les gouvernants pourris !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous qui ne vivons que de notre travail, et de plus en plus durement, le grand capital nous co&#251;te un pognon de dingues !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est &#224; nous ! Tout ce qu'ils ont dans leurs coffre-forts, ils nous l'ont vol&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule mani&#232;re de combattre &#224; la fois l'effondrement de la confiance des prol&#233;taires en leur propre force li&#233;e &#224; la perte des emplois, la perte de boussole li&#233;e au d&#233;saveu de la d&#233;mocratie capitaliste et &#224; la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite et aux d&#233;vastations de la mis&#232;re, de la peur, de la guerre, de la haine qui montent dans le monde capitaliste est d'affirmer la perspective socialiste li&#233;e &#224; l'auto-organisation du peuple travailleur. La principale force du peuple travailleur, c'est d'&#234;tre la seule classe sociale porteuse d'une nouvelle soci&#233;t&#233; d&#233;barrass&#233;e de toutes les tares du syst&#232;me d'exploitation aujourd'hui historiquement d&#233;pass&#233; avant m&#234;me d'avoir &#233;t&#233; renvers&#233; de mani&#232;re r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; l'orientation qui peut diriger demain un nouveau mouvement des gilets jaunes afin d'en finir avec l'Etat des milliardaires, la loi des milliardaires, la justice des milliardaires et l'&#233;conomie des milliardaires et instaurer l'ordre et la d&#233;mocratie de tous ceux qui ne vivent que de leur travail, tout un programme !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir de l'humanit&#233; passe in&#233;luctablement par la mise en place mondiale de soviets de travailleurs et par leur prise de la totalit&#233; du pouvoir et des richesses...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TOUT EST A NOUS ! NOUS VOULONS TOUT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOUS NE LAISSERONS RIEN AUX MILLIARDAIRES ET A LEURS COPAINS DU POUVOIR !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui disait d&#233;j&#224; : &#171; qui fait la soupe doit la manger &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4305&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4305&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx a dit la raison de la soumission des salari&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-inedit/kmcapI-6-2G.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-inedit/kmcapI-6-2G.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes rien, soyons tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5180&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5180&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien en effet dans ce syst&#232;me social parvenu &#224; une impasse historique, incapable de faire autre chose que d&#233;chirer le consensus social de la d&#233;mocratie bourgeoise, de faire reculer tous les acquis sociaux, d'abandonner tous les progr&#232;s du niveau de vie de la population, tous les droits sociaux et d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien effectivement pour le prol&#233;tariat : rien comme part du profit, rien comme part de la propri&#233;t&#233; capitaliste, rien comme part du pouvoir dans l'entreprise et hors de l'entreprise, rien comme droit politique, rien comme droit d'expression, au travail comme hors du travail, aucune repr&#233;sentations parlementaire, gouvernementale, institutionnelle, administrative, dans les conseils d'administration, chez les boursicoteurs, chez les sp&#233;culateurs, chez les banquiers, dans les trusts. Dans tout ce qui compte en r&#232;gne capitaliste, le prol&#233;tariat ne repr&#233;sente rien qu'un poids lourd, une g&#234;ne, une menace, un co&#251;t, un risque social et politique. C'est parce que le prol&#233;tariat est redevenu &#171; une classe dangereuse &#187; &#224; leurs yeux qu'ils veulent la frapper, d&#233;montrer qu'ils sont capables de la battre, qu'ils veulent en d&#233;coudre, qu'ils provoquent, m&#232;nent des attaques multiples, lancent des d&#233;clarations accusatrices et mena&#231;antes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien non plus au sein de l'entreprise : pas le droit d'y prendre la parole, de s'y r&#233;unir, d'y r&#233;diger et distribuer des tracts, rien pour y &#233;lire des d&#233;l&#233;gu&#233;s, les r&#233;unir, les coordonner entre les secteurs et les entreprises (les appareils syndicaux reconnus par patronat et gouvernement en ont le monopole), rien pour discuter de leurs points de vue, pour &#233;changer des avis sur la situation et la mani&#232;re d'y faire face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prol&#233;taires ne sont rien ! Rien dans le gouvernement, rien dans les trusts, rien dans les banques, rien dans la part de richesse, rien dans le capital, rien dans les d&#233;cisions, rien dans le pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les mouvements, la principale tromperie a toujours &#233;t&#233; de mise chez les pr&#233;tendus repr&#233;sentants politiques et syndicaux du peuple : cacher le vrai but des exploit&#233;s, des opprim&#233;s, de tous les pauvres. Et cet objectif, sans cesse occult&#233;, aujourd'hui comme hier est celui-ci : nous voulons gouverner par nous-m&#234;mes, g&#233;rer les biens que nous produisons par nous-m&#234;mes et ne laisser aucun pouvoir aux bandits qui nous dirigent et nous ont dirig&#233; ou encore qui pr&#233;tendent &#224; nous diriger &#224; l'avenir et qui ne veulent nullement renverser l'ancien syst&#232;me tout pourri et d&#233;cr&#233;pi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui, ce sont des balivernes parce que, devant l'animal f&#233;roce, sauvage et affam&#233;, il ne sert &#224; rien de se mod&#233;rer : c'est ou lui ou nous. Le capitalisme parvenu &#224; son terme est pire qu'un animal sauvage. On ne le convaincra pas de renoncer &#224; sa proie, c'est ou lui ou nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, tous ces faux amis affirment que le peuple ne peut pas gouverner par lui-m&#234;me, d&#233;cider par lui-m&#234;me ni m&#234;me s'organiser par lui-m&#234;me pour mener &#224; une nouvelle soci&#233;t&#233; o&#249; le peuple poss&#232;dera lui-m&#234;me toutes les richesses qu'il a produites ! Ces faux amis, qui ne se sont jamais soumis aux suffrages r&#233;els et directs du peuple travailleur, qui sont par contre soumis au pouvoir des milliardaires, m&#234;me s'ils le critiquent pour le r&#233;former pr&#233;tendent-ils, affirment que nous n'avons pas besoin d'assembl&#233;es souveraines, pas besoin de comit&#233;s, de conseils, d'&#233;lus directs du peuple travailleur car leurs partis et syndicats seraient largement suffisants pour nous repr&#233;senter ! Tous disent que leurs programmes r&#233;pondent &#224; nos aspirations mais aucun n'introduit nos objectifs dans leurs programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4835&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4835&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, tout d'abord, nous devons avoir notre propre politique, notre propre gr&#232;ve, notre propre lutte sociale, organis&#233;e et dirig&#233;e par nous-m&#234;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1034&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1034&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6105&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6105&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5192&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5192&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1733&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1733&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article413&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article413&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nos propres &#233;lus, nos propres d&#233;l&#233;gu&#233;s, pas ceux des &#233;lections bourgeoises et des appareils syndicaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5827&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5827&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5351&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5351&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2210&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2210&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partager les richesses ? Avec les exploiteurs ? Tromperie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7365&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7365&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1390&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1390&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article137&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article137&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4267&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4267&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre revendication la plus modeste : nous voulons TOUT !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5222&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5222&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas seulement changer la r&#233;partition mais le mode de production&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4267&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4267&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi prendre la totalit&#233; du pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3988&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3988&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se prot&#233;ger contre toutes les attaques politiques, sociales, fascistes et guerri&#232;res, le monde du travail doit gouverner lui-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;truire le pouvoir du capital ou d&#233;truire la classe ouvri&#232;re, il n'y a pas d'autre choix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3988&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3988&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ayons pas peur de le dire : ce qu'il nous faut c'est la totalit&#233; du pouvoir : la direction de toute la soci&#233;t&#233; par les soviets et la dictature du prol&#233;tariat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6870&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6870&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TRAVAILLEURS ! C'EST A NOUS DE GOUVERNER MAINTENANT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule r&#233;ponse &#224; la crise mondiale &#233;conomique, sociale, sanitaire, politique et militaire du syst&#232;me capitaliste est celle-ci : le gouvernement des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'effondrement g&#233;n&#233;ralis&#233; qui frappe violemment toute la soci&#233;t&#233; dans tous les pays, dans tous les domaines, &#224; tous les niveaux, on nous bassine partout avec des r&#233;ponses sur ce que nous devrions souhaiter que fassent les gouvernants, que ce soient en termes &#233;conomiques ou sociaux ou en termes sanitaires. Chacun y va de ses propositions au pouvoir en place, c'est-&#224;-dire au r&#232;gne des capitalistes et de leurs servants politiciens. Nous avons d&#233;j&#224; de multiples r&#233;ponses &#224; l'&#339;uvre dans le monde puisque les gouvernants des diff&#233;rents pays se sont gard&#233;s de donner exactement les m&#234;mes r&#233;ponses, que ce soit face &#224; la pand&#233;mie ou face &#224; la chute &#233;conomique et sociale. Cependant, toutes ces r&#233;ponses restent dans le m&#234;me cadre : celui du maintien &#224; tout prix du syst&#232;me en place, du capitalisme et de ses cons&#233;quences qui aujourd'hui sont la chute inexorable du mode de production comme du mode de vie qui lui &#233;tait attach&#233;, la chute violente de la sant&#233; publique en faisant clairement partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des politiques des gouvernants, parmi les propositions qui leur sont faites, on peut citer celles des partis de gauche, des &#233;cologistes, des syndicalistes, des autres d&#233;mocrates, de nombreux associatifs, etc., en somme de tous les r&#233;formistes, qui divergent sur presque tout sauf sur le fait qu'il n'est nullement question actuellement de se d&#233;barrasser du vieux syst&#232;me d'exploitation et qu'il faut, au contraire, d&#233;fendre l'&#233;conomie, tout en pr&#233;tendant d&#233;fendre ainsi les int&#233;r&#234;ts de la population !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos mesures &#233;conomiques et sociales ont un sens tr&#232;s simple : fini l'int&#233;r&#234;t des seuls possesseurs de capitaux et vive la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts du monde du travail !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type de mesures qui en d&#233;coulent n'a rien de sorcier : interdit de licencier, interdit de jeter &#224; la rue, interdit de couper l'&#233;lectricit&#233;, le gaz, le t&#233;l&#233;phone, interdit de fermer le compte en banque, interdit de contraindre un petit ind&#233;pendant &#224; la faillite, interdit de saisir les biens des d&#233;munis, interdit de refuser la nourriture, la sant&#233;, l'&#233;ducation aux plus d&#233;munis, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment nous financerons de telles mesures ? Ce n'est pas un myst&#232;re ! Finis les cadeaux sur fonds publics aux capitalistes, aux financiers, aux banquiers, aux boursicoteurs, aux sp&#233;culateurs, aux assureurs, &#224; tous les possesseurs de capitaux, aux propri&#233;taires actuels des usines, des bureaux et des capitaux. L'argent de tous ces gens-l&#224; a &#233;t&#233; vol&#233; au peuple travailleur et retourne au peuple travailleur ! Voil&#224; de grands moyens pour des grandes mesures publiques comme la mise en place d'un vrai service public de sant&#233;, avec multiplication des moyens et d'abord des effectifs en personnels de sant&#233;. Voil&#224; les moyens financiers d'une lutte massive contre la pand&#233;mie ! Cela signifie des embauches massives pour des ouvertures massives de lits d'h&#244;pitaux et des augmentations cons&#233;quentes des salaires ! Assez par contre de l'argent de l'h&#244;pital public pour nourrir les trusts pharmaceutiques, de mati&#232;re m&#233;dical ou la sant&#233; priv&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux consignes de s&#233;curit&#233; au travail, elles doivent &#234;tre mises en place par des comit&#233;s de travailleurs et pas par des directions aux mains des capitalistes ! Et les mesures nationales elles-m&#234;mes doivent &#234;tre d&#233;cid&#233;es par des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus de ces comit&#233;s &#224; un &#233;chelon plus &#233;lev&#233; et les d&#233;cisions mises en &#339;uvre sous le contr&#244;le des comit&#233;s locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non aux mesures antisociales et antid&#233;mocratiques sous pr&#233;texte de covid ! Les arm&#233;es permanentes et polices r&#233;pressives de la bourgeoisie sont dissoutes et font place au peuple en armes ! Non &#224; l'armement des militaires et paramilitaires, oui &#224; l'armement des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias aux mains des capitalistes, c'est fini : le peuple travailleur a toute libert&#233; d'expression !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui aux mesures de &#171; barri&#232;re sociale &#187; mais cette fois entre le Capital et le Travail !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non aux masques qui cachent la politique du capital derri&#232;re un soi-disant int&#233;r&#234;t national ! Oui aux masques qui prot&#232;gent du virus, et financ&#233;s sur fonds publics !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui au confinement de tous les profiteurs priv&#233;s dans une &#238;le d&#233;serte : ils sont nuisibles m&#234;me en quarantaine ! Pas de libert&#233; pour les ennemis de la libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui &#224; l'action politique de ceux qui ne vivent que de leur travail ! Non &#224; la magouille d&#233;magogique des politiciens capitalistes, de gauche, de droite et d'extr&#234;me droite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non &#224; l'hypocrisie qui se cache derri&#232;re la pand&#233;mie pour imposer des mesures liberticides ! Oui &#224; la libert&#233; des exploit&#233;s et opprim&#233;s d&#233;fendue par eux-m&#234;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ceux qui le veulent et le peuvent du point de vue de leur sant&#233; et de leurs charges familiales doivent trouver du travail ! Tous ceux qui travaillent doivent avoir les moyens corrects de vivre et faire vivre leur famille mais qui ne travaille pas n'a pas &#224; recevoir des revenus de son oisivet&#233; dor&#233;e de paresseux milliardaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non aux pr&#233;tendus sauveurs ! Travailleurs, sauvons nous nous-m&#234;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui &#224; l'auto-organisation du monde du travail, seule habilit&#233;e &#224; d&#233;cider par elle-m&#234;me ce qui devra &#234;tre fait !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bas le pouvoir capitaliste mais vive le pouvoir aux travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sant&#233;, la s&#233;curit&#233;, le bien-&#234;tre, la paix, la vie de la population travailleuse ne sont plus du tout compatibles avec le capitalisme finissant et il faut donc en finir rapidement avec lui ! Vive le socialisme par le pouvoir aux travailleurs ! Vive le gouvernement du peuple travailleur par lui-m&#234;me &#224; l'&#233;chelle mondiale !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5314&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5314&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2962&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2962&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En avant vers le gouvernement ouvrier r&#233;volutionnaire !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et servons-nous de cette perspective pour d&#233;masquer d&#232;s &#224; pr&#233;sent tous nos faux amis !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>3e partie de Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8560</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8560</guid>
		<dc:date>2026-01-21T23:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar, Alex, Bianco, charlie, DD, F. Kletz, Faber Sperber, Karim, Karob, Max, Melissa, Mesoke Swallow, Ramata, Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed, Waraa</dc:creator>


		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Voix des Travailleurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; (Troisi&#232;me partie du programme de La Voix des Travailleurs) &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne croyez jamais sur parole, demandez le programme et v&#233;rifiez qu'il est traduit en actes politiques et syndicaux ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Sommaire de la troisi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
1- L'humanit&#233; se rel&#232;vera, le capitalisme jamais ! &lt;br class='autobr' /&gt; 2- Quelles sont les bases communes des communistes r&#233;volutionnaires ? &lt;br class='autobr' /&gt;
3- Mais il ne s'agit pas de faire de la particularit&#233; des communistes r&#233;volutionnaires un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique194" rel="directory"&gt;10 - Textes programmatiques de La Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot321" rel="tag"&gt;Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? &#187;
&lt;p&gt; (Troisi&#232;me partie du programme de La Voix des Travailleurs)&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ne croyez jamais sur parole, demandez le programme et v&#233;rifiez qu'il est traduit en actes politiques et syndicaux !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sommaire de la troisi&#232;me partie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1- L'humanit&#233; se rel&#232;vera, le capitalisme jamais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2- Quelles sont les bases communes des communistes r&#233;volutionnaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Mais il ne s'agit pas de faire de la particularit&#233; des communistes r&#233;volutionnaires un moyen de nous placer au-dessus ni &#224; l'&#233;cart au sein du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 4- La question de la r&#233;volution permanente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 5- La question du fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6- La question de la guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 7- La question du programme r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 8- La question de l'Etat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9- La question de la religion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10- La question des paysans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11- La question des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12- La question de la science&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13- La question de la th&#233;orie et de la philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14- La question syndicale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15- La question des soviets&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16- La question de l'internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17- La question nationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8113&#034;&gt;Lire ici la premi&#232;re partie de &#171; Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sommaire de la premi&#232;re partie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1-	LES BASES PHILOSOPHIQUES ET THEORIQUES DU PROGRAMME COMMUNISTE ET DE LA REVOLUTION SOCIALISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2-	LA POLITIQUE ET LE PROGRAMME DES COMMUNISTES REVOLUTIONNAIRES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3-	L'ACTUALIT&#201; INTERNATIONALE DE LA R&#201;VOLUTION ! POURQUOI LA R&#201;VOLUTION SOCIALISTE NE PEUT &#202;TRE QUE MONDIALE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4-	UN PROGRAMME D'ACTION LIANT REVENDICATIONS IMMEDIATES ET LA PERSPECTIVE DE REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE A LA PRISE DU POUVOIR PAR LE PROLETARIAT ALLI&#201; AU PEUPLE TRAVAILLEUR !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5-	UN PROGRAMME D'ACTION CONTRE LA VIE CHERE, LA MISERE ET LA GUERRE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8221&#034;&gt;Lire ici la deuxi&#232;me partie de &#171; Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sommaire de la deuxi&#232;me partie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1-	A L'EPOQUE IMPERIALISTE, UN PROGRAMME REVOLUTIONNAIRE DOIT NECESSAIREMENT ETRE INTERNATIONAL ET NON NATIONAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2-	LA LUTTE ANTI IMPERIALISTE ET ANTI COLONIALE CONTRE L'IMPERIALISME ET LE COLONIALISME : LA QUESTION DU DROIT A L'AUTO-DETERMINATION ET LA QUESTION NATIONALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3-	LA LUTTE CONTRE L'IMP&#201;RIALISME ET LA GUERRE SUPPOSE LA LUTTE CONTRE LE R&#201;FORMISME BOURGEOIS ISSU DE R&#201;FORMISME OUVRIER ET QUI GANGR&#200;NE ENCORE LE PROL&#201;TARIAT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4-	LE PARTI COMMUNISTE R&#201;VOLUTIONNAIRE OU LE PARTI MONDIAL DE LA R&#201;VOLUTION SOCIALISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TROISIEME PARTIE DU PROGRAMME&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'humanit&#233; se rel&#232;vera, le capitalisme jamais !&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les travailleurs r&#233;volutionnaires, les femmes, les jeunes, les petits paysans p&#234;cheurs artisans commer&#231;ants et auto-entrepreneurs, l'humanit&#233;, le communisme, tous se rel&#232;veront ensemble, mais le capitalisme, lui, ne se rel&#232;vera jamais ! Il a atteint des limites ind&#233;passables, non seulement du point de vue des exploit&#233;s et des opprim&#233;s mais aussi du point de vue de son propre syst&#232;me. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Y&#233;men, Gaza, Soudan, Mali, Ukraine, Za&#239;re, Rwanda, Afghanistan, Pakistan, Sahel, Burkina Faso, Syrie, Liban, Cisjordanie, rien que des massacres voulus, approuv&#233;s, organis&#233;s, arm&#233;s par les grandes puissances imp&#233;rialistes ! Et il n'y pas que les guerres et les guerres civiles ! Il y a les dictatures, les fascismes qui s'&#233;tendent partout ! De m&#234;me que les r&#233;voltes et r&#233;volutions s'&#233;tendent partout, en Asie, en Afrique, en Am&#233;rique du sud, en Europe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pays du monde ont connu des r&#233;voltes et r&#233;volutions depuis 2010, suite &#224; l'effondrement &#233;conomique capitaliste de 2007-2008. La pand&#233;mie covid-19, encore une horreur mondiale due au capitalisme, a partiellement &#233;touff&#233; la r&#233;volte &#224; partir de 2019. Et les politiques dictatoriales soi-disant anti-covid ont fait le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les horreurs dues aux Etats capitalistes s'aggravent sans cesse, les r&#233;voltes et r&#233;volutions t&#233;moignent des capacit&#233;s de courage, de d&#233;vouement, de solidarit&#233;, de spontan&#233;it&#233;, d'auto-organisation des jeunes, des femmes, des travailleurs des villes et des campagnes, et montrent d'o&#249; viendra l'avenir de l'humanit&#233; : du peuple travailleur r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce caract&#232;re mondial des r&#233;volutions et des contre-r&#233;volutions d&#233;montre que c'est bien les fondements du monde qui sont &#233;branl&#233;s et non tel ou tel r&#233;gime (Moubarak ou Ben Ali), telle ou telle r&#233;gion (monde arabe ou Afrique), tel ou tel gouvernement, telle ou telle situation particuli&#232;re (des femmes, des jeunes, des plus d&#233;munis, etc.), telle ou telle usure du pouvoir, telle ou telle situation politique ou &#233;conomique particuli&#232;re qui sont en cause. Cela touche aussi bien les pays riches que les pays pauvres, les pays occidentaux que orientaux, du nord et du sud, de l'est et de l'ouest, les dictatures que les pr&#233;tendues d&#233;mocraties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle situation mondiale a une cause qui est fondamentalement &#233;conomique (la saturation en capitaux par rapport aux capacit&#233;s limit&#233;es des investissements productifs) et c'est le r&#233;sultat in&#233;vitable de la chute historique, elle aussi mondiale, du syst&#232;me de domination capitaliste (de son mode de production) qui a atteint ses limites et ne peut plus se relancer. En effet, ce qui a caus&#233; la chute mondiale des march&#233;s capitalistes en 2007 et qui continue de saper l'&#233;conomie capitaliste n'est ni une r&#233;cession, ni l'inflation, ni la d&#233;mondialisation de Trump, ni les effondrements des monnaies, ni les bulles boursi&#232;res, ni les probl&#232;mes de l'&#233;nergie, ni la faillite des Etats et des banques centrales, tout cela n'&#233;tant que des cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas pr&#233;dire de quoi l'avenir sera fait (&#224; quel moment, &#224; quel rythme, pour quelle raison occasionnelle, cette chute se produira, avec quel point de d&#233;part, avec quelle cons&#233;quence), mais on peut &#234;tre certains d'une chose : le syst&#232;me &#224; l'agonie nous menace tous de mort, de barbarie, de violences de masse, quel que soit notre pays, notre r&#233;gion, nos situations, nos origines, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est certain aussi, c'est que la cause principale n'est pas ce que l'on nous en dit : crise climatique, crise migratoire, crise &#233;cologique, crise d&#233;mographique, crise pand&#233;mique, crise des d&#233;penses de l'Etat, crise &#233;nerg&#233;tique, crise g&#233;n&#233;rationnelle, crise interethnique, interreligieuse, inter-civilisationnelle, crise est-ouest, crise djihadiste et terroriste, crise des bitcoins, crise de l'IA, crise guerri&#232;re, crise de la mondialisation ou de la financiarisation, crise de la robotisation, etc. La cause n'est m&#234;me pas la mis&#232;re des plus d&#233;munis et le grand &#233;cart entre riches et pauvres, ni la r&#233;volte des peuples. La cause est &#233;conomique et pourtant, ce n'est m&#234;me pas une crise classique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme pourrait parfaitement se remettre de n'importe laquelle des crises que nous venons de citer et m&#234;me de toutes mais pas du probl&#232;me crucial et fondamental qui le mine depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000 : la saturation compl&#232;te de l'accumulation des capitaux. La quantit&#233; mondiale du capital a augment&#233; de mani&#232;re folle toutes les derni&#232;res d&#233;cennies et on pourrait se dire que c'est un grand succ&#232;s pour le grand capital. Seulement c'est un succ&#232;s qui d&#233;passe ses capacit&#233;s&#8230; O&#249; placer tous ces capitaux ? Dans la sph&#232;re des investissements productifs s'investit une part sans cesse plus faible du capital total qui peut s'investir. Du coup, il devient vital que les Etats et les banques centrales comme les particuliers d&#233;tenteurs de capitaux inventent des investissements non productifs nouveaux et en quantit&#233;. En s'aidant des sp&#233;culations, des dettes publiques et priv&#233;es, des bitcoins, de l'intelligence artificielle et autres, on peut sans cesse cr&#233;er des faux investissements et qui rapportent vraiment de l'argent. Mais toutes ces m&#233;thodes artificielles pour offrir des profits aux capitaux ont un d&#233;faut majeur : elles accroissent follement la masse des capitaux qui ne se tournent pas vers l'investissement productif et la part de ces capitaux dans le capital total grandit sans cesse, contribuant &#224; serrer le n&#339;ud qui &#233;touffe le syst&#232;me capitaliste. Car la sp&#233;culation permet &#224; un capitaliste de s'enrichir mais pas au syst&#232;me tout entier de s'enrichir. La richesse du capitalisme est toujours fondamentalement provenue de l'exploitation du travail humain (la plus-value accroissant le capital par son r&#233;investissement productif), m&#234;me si les capitalistes ont toujours entretenu l'illusion que ce seraient eux, le Capital et non le Travail, qui cr&#233;eraient de la richesse. Or ce syst&#232;me n'a jamais &#233;t&#233; capable de vivre sans accroitre sans cesse le capital. Seules de br&#232;ves chutes des profits (les crises capitalistes) &#233;taient tol&#233;rables et la destruction de capital qu'elles engendraient &#233;tait compens&#233;e par le fait que ces crises &#233;puraient le capitalisme de ses canards boiteux, lui permettant de repartir de plus belle. Dans la situation actuelle, une telle crise n'est plus tol&#233;rable pour le capitalisme car il la juge &#171; syst&#233;mique &#187;, ce qui signifie qu'une simple crise de r&#233;gulation menacerait de mort le syst&#232;me tout en entier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas emp&#234;cher le capitalisme de s'effondrer n'en d&#233;plaise &#224; tous les fans des &#171; solutions &#187; r&#233;formistes. Nous ne pouvons que nous saisir de la situation et tenter de transformer chaque faiblesse du syst&#232;me en armes des prol&#233;taires r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, nous n'avons ni &#224; rire ni &#224; pleurer sur la fin du capitalisme. C'est lui-m&#234;me qui est la cause de cette autodestruction et qui annonce sa mort en sonnant le glas par maints sympt&#244;mes plus atroces les uns que les autres. Aucune raison de regretter le vieux syst&#232;me d'exploitation et d'oppression, mais pas de raison de se r&#233;jouir non plus car rien n'est r&#233;gl&#233; et seule l'intervention directe du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire peut nous permettre de tourner la page de l'Histoire de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus les classes poss&#233;dantes se convainquent que leur avenir est bouch&#233;, plus ils manipulent le racisme, le machisme, le fascisme, toutes les haines, toutes les peurs, toutes les divisions, tous les fantasmes, toutes les inepties, tous les app&#233;tits sales, horribles, toutes les brutes galonn&#233;es sanguinaires, tous les meurtriers, tous les terroristes du monde entier. La barbarie ne meurt pas en m&#234;me temps que le capitalisme, elle s'accroit jusqu'au triomphe de la r&#233;volution sociale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;voltes et r&#233;volutions ont agi dans le sens diam&#233;tralement oppos&#233; &#224; cette mont&#233;e de la barbarie dans les actes et dans les esprits. L&#224; o&#249; les peuples sont le plus durement divis&#233;s en ethnies, en clans, en couleurs de peaux, en origines diverses, en religions, en r&#233;gions, entre nationaux et migrants, entre hommes et femmes, entre riches et pauvres, ces mouvements de masse ont justement mis en avant tous les opprim&#233;s et tous les exploit&#233;s, tous unis, reniant souvent le poids oppressif de tout un vieux pass&#233; (les femmes en t&#234;te en Iran comme en Tunisie, en Alg&#233;rie, en Egypte ou au Soudan, les ethnies et clans balay&#233;s au Liban, par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les Etats, ces pouvoirs du grand capital, sont plus pr&#233;sents que jamais, disent les sceptiques en ce qui concerne la mort du capitalisme. Oui, mais le syst&#232;me ne peut se contenter des aides &#233;tatiques pour survivre. Son fonctionnement &#233;conomique est bien plus important. Plus il fait appel au soutien des Etats et des banques centrales plus sa chute s'aggrave car la part des capitaux non issus du secteur productif grandit d'autant plus et la plus-value n'est plus &#224; la base du profit. Un capitaliste individuel se moque d'o&#249; vient l'argent pourvu qu'il remplisse sans cesse davantage les coffres mais le syst&#232;me tout entier ne peut pas s'en moquer ! Et le capitalisme accumule des capitaux sans accroitre la richesse r&#233;elle. Le gouffre grandit qui s&#233;pare la richesse fictive de la richesse r&#233;elle. Au point que ce gouffre fait peur aux classes dirigeantes elles-m&#234;mes et les pousse dans les voies folles de la marche &#224; la guerre mondiale, au fascisme mondial, &#224; la dictature et aux massacres de masse mena&#231;ant toute l'humanit&#233;&#8230; Tout cela vaut mieux aux yeux des classes poss&#233;dantes que les risques mortels de la r&#233;volution sociale renversant d&#233;finitivement le pouvoir &#233;conomique et politique de la classe capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour le peuple travailleur, la r&#233;volution socialiste demandera de grands efforts mais elle nous coutera moins cher que les souffrances que les classes dirigeantes nous pr&#233;parent !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise du capitalisme et les perspectives pour les r&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1135&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1135&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me capitaliste a-t-il d&#233;j&#224; chut&#233; de lui-m&#234;me ou ne pourra-t-il chuter que par la r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle du capitalisme, est-ce une crise classique ou quoi d'autre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1794&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1794&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de l'&#233;conomiste Fran&#231;ois Chesnais sur la fin du capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/chesnais/limites_infranchissables.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/chesnais/limites_infranchissables.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crise grave, crise syst&#233;mique ou bout du monde pour le capitalisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capitalisme : de la construction &#224; la destruction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5939&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5939&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233; est frapp&#233;e mortellement mais c'est le grand capital qui est en soins palliatifs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6106&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6106&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment nous allons vivre l'effondrement du capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les th&#233;ories de l'effondrement capitaliste, adeptes et d&#233;tracteurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme &#224; l'agonie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme meurt d'avoir... trop bien r&#233;ussi &#224; accumuler du capital&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agir contre ses propres principes en s'autod&#233;truisant, personne n'imagine le capitalisme faire cela et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7556&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7556&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crise ou mort du capitalisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1976&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1976&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les gouvernants en sont r&#233;duits &#224; la seule violence directe, c'est que la dynamique capitaliste est morte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel avenir pour le capitalisme ? ou quand la bourgeoisie mondiale serre les fesses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4084&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4084&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la dynamique du capitalisme se heurte &#224; ses propres limites : son succ&#232;s lui-m&#234;me &#233;touffe dans les limites de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises &#171; classiques &#187; ne sont plus possibles pour le syst&#232;me (trop dangereuses) et pourtant elles permettaient de le r&#233;guler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de cavalerie financi&#232;re &#224; la Madoff, une survie illusoire d'un capitalisme mondial en bout de course&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4561&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4561&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capitalisme : chronique d'une mort annonc&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4686&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4686&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme est-il mort ou vivant ? - Sur quels crit&#232;res se fonder ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme d&#233;liquescent et sous perfusion, plus antisocial et sanglant que jamais, est encore plus incompatible avec la libert&#233; des femmes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si l'humanit&#233; changeait... de mode de production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand capital a encore peur... du communisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7912&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel avenir : la barbarie de masse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7694&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7694&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; ou l'humanit&#233; maitresse d'elle-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles sont les bases communes des communistes r&#233;volutionnaires ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Ce qui caract&#233;rise les communistes r&#233;volutionnaires, c'est qu'ils ne d&#233;fendent pas &#171; leur &#187; pays, &#171; leur &#187; entreprise, ni &#171; leur &#187; ville, ni &#171; leur &#187; d&#233;partement, ni &#171; leur &#187; r&#233;gion, ni &#171; leur &#187; d&#233;partement, ni &#171; leur &#187; Etat, car ils savent que rien ne sera vraiment &#224; eux tant que les capitalistes auront capital et pouvoir et que rien ne sera &#224; eux de mani&#232;re individuelle mais collectivement. Ils n'appellent aucun patron, aucun Etat &#224; les sauver, ils ne comptent sur aucune institution de la bourgeoisie, ils ne s&#232;ment aucune illusion sur aucun syst&#232;me politique bourgeois, pas plus la d&#233;mocratie que la dictature ou le fascisme, car ils savent que la guerre et le fascisme sont d'abord des politiques bourgeoises qu'aucune entente avec les forces bourgeoises ne peut r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, alors que le syst&#232;me capitaliste est &#224; l'agonie, suite &#224; l'effondrement de 2007-2008 et pour des raisons qui n'ont rien d'accidentel et qui touchent aux fondements m&#234;me du syst&#232;me (l'accumulation du capital est d&#233;finitivement en panne), alors que le prol&#233;tariat ne dispose nulle part de partis r&#233;volutionnaires, qu'aucun courant r&#233;volutionnaire n'est en &#233;tat de relever le parti du prol&#233;tariat, il est d'autant plus urgent que les r&#233;volutionnaires unissent leurs forces au sein des luttes sociales et politiques sur les bases communes indiqu&#233;es plus haut et qui ne se r&#233;sument nullement &#224; une fausse unit&#233;, &#224; un programme purement revendicatif m&#234;me radical, &#224; un simple activisme commun et qui n&#233;cessite de poursuivre en m&#234;me temps le d&#233;bat politique sur les divergences, sans jamais succomber aux tendances sectaires ni aux tendances opportunistes, et sans r&#233;aliser des ententes sans principes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n&#233;cessite de cesser de consid&#233;rer que le capitalisme va une fois encore s'en sortir, qu'il va rena&#238;tre de sa crise, qu'il va repartir. Il faut prendre en compte la nouvelle situation : d&#233;sormais le capitalisme est du pass&#233;, m&#234;me si, dans la transition actuelle o&#249; toutes les forces du capital sont band&#233;es pour faire durer la situation d'agonie, o&#249; tous les soins palliatifs sont mobilis&#233;s pour d&#233;tourner les risques r&#233;volutionnaires, le prol&#233;tariat ne manifeste pas une volont&#233; ferme de prendre la t&#234;te de ses propres luttes sociales ou politiques et encore moins de prendre la t&#234;te de l'humanit&#233; en supprimant la propri&#233;t&#233; priv&#233;e par une infime minorit&#233; des moyens de production et des capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cependant cette perspective qui doit &#234;tre d&#233;fendue par les militants communistes r&#233;volutionnaires et ils ne doivent pas le faire dans des c&#233;nacles, &#224; l'&#233;cart de la lutte des classes quotidienne, mais au contraire au sein des combats de classe, grands et petits, qui seuls peuvent permettre &#224; la classe ouvri&#232;re de mesurer ses amis et ses ennemis, et distinguer les vraies perspectives des fausses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Les communistes r&#233;volutionnaires participent &#224; la politique, &#224; la lutte sociale, au combat d'id&#233;es, mais ce qui les distingue d'abord c'est qu'ils n'ont pas d'int&#233;r&#234;ts individuels et &#171; pas d'int&#233;r&#234;ts d'organisation &#224; d&#233;fendre &#187; comme le rappelait Marx dans &#171; Le Manifeste communiste &#187;. Ils ne luttent pas seulement pour construire un parti ou un syndicat, pour r&#233;ussir telle ou telle lutte, ni seulement pour d&#233;fendre des aspirations des travailleurs. Ils luttent avec et pour l'humanit&#233;, une humanit&#233; lib&#233;r&#233;e de ses entraves, de ses cha&#238;nes, de ses bourreaux et aussi de ses trompeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Se revendiquer du communisme, du socialisme r&#233;volutionnaire, du l&#233;ninisme, du trotskisme, de la r&#233;volution russe, etc., ne doit pas &#234;tre comme un amour platonique, un joli ornement d'une r&#233;alit&#233; qui n'aurait rien &#224; voir. Les organisations et les militants qui s'en r&#233;clament doivent aussi d&#233;montrer que cela change compl&#232;tement leur politique d&#232;s maintenant et que cela les engage de mani&#232;re pr&#233;cise sur l'avenir. Ceux qui, au nom du r&#233;alisme, du retard de la r&#233;volution, du recul du communisme et autres pr&#233;textes malhonn&#234;tes, affirment qu'ils appliqueront ces id&#233;es quand la situation changera ne sont que des vendeurs de r&#234;ves qui distribuent une marchandise trompeuse. On a bien connu la social-d&#233;mocratie qui &#233;tait r&#233;volutionnaire pour l'avenir mais pas pour le pr&#233;sent et qui, quand l'heure de la r&#233;volution a sonn&#233;, s'est retrouv&#233; dans le camp de la contre-r&#233;volution aux c&#244;t&#233;s des gouvernants, de l'&#233;tat-major, des fascistes et des imp&#233;rialismes&#8230; Il faut faire ses preuves en termes de politique dans la classe ouvri&#232;re, dans ses luttes, dans son travail politique parmi les travailleurs, de syndicalisme r&#233;volutionnaire, de propagande r&#233;volutionnaire dans les &#233;lections bourgeoises, d'efforts r&#233;els d'auto-organisation du prol&#233;tariat, de lutte r&#233;elle contre l'imp&#233;rialisme, de combat pour la d&#233;moralisation de l'arm&#233;e, d'efforts pour que les travailleurs se sentent directement concern&#233;s par les r&#233;voltes et r&#233;volutions partout dans le monde. Il ne suffit pas de rajouter au bout d'un programme qu'un jour peut-&#234;tre on fera la r&#233;volution sociale et qu'on lui est favorable. Il faut que ses analyses, sa strat&#233;gie, sa tactique, sa politique, son intervention, tout soit centr&#233; sur la r&#233;volution de demain. Sinon, ce n'est qu'un drapeau pour&#8230; se draper dedans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Il faut que ces organisations et ces militants qui se veulent r&#233;volutionnaires fondent leur politique sur une th&#233;orie r&#233;volutionnaire bien d&#233;finie menant &#224; un programme politique indiquant clairement les perspectives, les moyens et les buts, la strat&#233;gie de sorte que celle-ci soit dans la lign&#233;e de celles de Marx, Engels, L&#233;nine, Rosa Luxemburg et Trotsky. Tout refus d'&#233;tudier s&#233;rieusement la th&#233;orie, la philosophie, la science et l'histoire revient &#224; retomber dans l'activisme qui &#233;loigne de toute politique r&#233;volutionnaire. On n'est pas oblig&#233;s de choisir d'&#234;tre r&#233;volutionnaire mais, quand on le fait, il faut s'en donner les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Ils doivent ne pas se contenter de la critique du capitalisme, du gouvernement, des classes poss&#233;dantes, des d&#233;rives guerri&#232;res, fascistes, dictatoriales, anti-d&#233;mocratiques, anti-&#233;cologiques, anti-sociales, anti-femmes, etc. Il faut d&#233;fendre un programme clair de transformation r&#233;volutionnaire, que ce soit dans la presse, dans l'action politique, dans les entreprises, dans les syndicats, dans la jeunesse, parmi les femmes, dans les milieux populaires. Ce programme doit relier les objectifs, aspirations et revendications imm&#233;diates aux buts plus avanc&#233;s, donc &#234;tre ce que l'on appelle &#171; un programme de transition &#187;. Cela signifie qu'il ne se contente pas de consid&#233;rations futuristes sur le socialisme et le communisme mais aussi qu'il ne se contente pas des revendications politiques d&#233;mocratiques et des revendications syndicales, &#233;conomiques et sociales. Au contraire, il doit montrer que les communistes r&#233;volutionnaires entendent transformer chaque aspiration sociale, &#233;conomique, politique, d&#233;mocratique en arme r&#233;volutionnaire et explique par &#233;crit pourquoi et comment cela est indispensable. Ceux qui r&#233;p&#232;tent &#224; longueur d'articles qu'on est dans une p&#233;riode de r&#233;action et que la r&#233;volution n'est donc pas &#224; l'ordre du jour ou que les prol&#233;taires sont tr&#232;s loin d'une telle conscience ne risquent pas de d&#233;velopper de telles conceptions. Ils se contentent de dire qu'ils se revendiquent du &#171; programme de transition &#187; de Trotsky parce ce que cela donne une certaine image dans les milieux politis&#233;s. Le drapeau trotskyste peut servir de camouflage et de publicit&#233; mensong&#232;re comme la revendication d'un h&#233;ritage de Marx et L&#233;nine a pu servir &#224; des partis en r&#233;alit&#233; contre-r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) Il faut examiner leur politique sur un point crucial, qui est comme pierre de touche de ceux qui se disent r&#233;volutionnaires. Le crit&#232;re num&#233;ro un d'un r&#233;volutionnaire, c'est qu'il ne se contente pas des organes et institutions qui ont exist&#233; dans la p&#233;riode calme et fait appel, propose, organise, suscite, provoque la formation de comit&#233;s, de conseils, d'assembl&#233;es souveraines, de toutes les formes d'organisation directe des masses, organisations de masse ind&#233;pendantes, auto-organis&#233;es, sans lien de suj&#233;tion avec l'Etat, le pouvoir, les partis politiciens, les bureaucraties syndicales, les associations r&#233;formistes, etc. Les masses choisissent directement parmi elles des d&#233;l&#233;gu&#233;s qui forment des comit&#233;s et se f&#233;d&#232;rent. Ces comit&#233;s sont directement d&#233;pendants de la base qui d&#233;cide de tout, des buts et des moyens, des m&#233;thodes et des objectifs des luttes, des revendications et des perspectives d'action, des buts de la soci&#233;t&#233; future et de la forme du pouvoir, qui agit en m&#234;me temps pour imposer ses vues. Apr&#232;s une phase in&#233;vitable de double pouvoir, ils fonderont le futur pouvoir apr&#232;s le renversement de l'ancien. Cela suppose qu'il soit clairement affirm&#233; d&#232;s maintenant que notre but n'est pas le remplacement &#224; la t&#234;te du pouvoir des gouvernants capitalistes par des gouvernants &#171; ouvriers &#187; li&#233;s aux organisations pr&#233;tendument du &#171; mouvement ouvrier &#187; comme les appareils syndicaux et partis r&#233;formistes. Et surtout que tout l'appareil d'&#233;tat capitaliste sera d&#233;moli par le prol&#233;tariat en armes, que les travailleurs organis&#233;s en soviets prendront les armes, organiseront les petits soldats et d&#233;truiront la vieille machine d'oppression, fondant la r&#233;publique des soviets. De vrais r&#233;volutionnaires doivent d&#232;s maintenant non seulement d&#233;fendre l'id&#233;e des soviets dans les syndicats comme perspective d'avenir mais aussi agir concr&#232;tement pour l'auto-organisation des luttes ce qui n&#233;cessite d'abord de d&#233;masquer toutes les man&#339;uvres des appareils syndicaux, d'opposer &#224; chaque fois des assembl&#233;es d&#233;cisionnelles qui &#233;lisent des d&#233;l&#233;gu&#233;s et constituent des conseils et comit&#233; de travailleurs, se f&#233;d&#233;rant, allant d'entreprises en entreprises, dirigeant les luttes, se m&#234;lant de tout, contr&#244;lant tout, dirigeant tout, se liant aux petits soldats et petits policiers, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) Dans chaque lutte, m&#234;me petite, m&#234;me d&#233;fensive, m&#234;me partielle, m&#234;me localis&#233;e, dans chaque p&#233;riode qu'elle soit favorable ou d&#233;favorable, que nos ennemis soient d&#233;stabilis&#233;s ou pas, que le prol&#233;tariat soit offensif ou pas, ce qui distingue leur politique est qu'elle m&#232;ne toujours et partout au pouvoir des soviets et que c'est cela qui les distingue des autres partis et syndicats&#8230; Cela change tout : leur mani&#232;re de voir les buts, les moyens, les m&#233;thodes, les modes d'organisation des travailleurs dans toutes les circonstances, m&#234;me les plus banales. Leur conception de la solidarit&#233; ouvri&#232;re, leur mani&#232;re de voir une gr&#232;ve, une manifestation, une action de contestation, une propagande de d&#233;nonciation est particuli&#232;re aux r&#233;volutionnaires communistes. En m&#234;me temps, ils ne veulent qu'une chose : participer &#224; la vie et aux luttes des travailleurs sans se placer dans une position sup&#233;rieure, sans se croire plus malins que les autres, sans oublier que c'est l'ensemble de leur classe qui est r&#233;volutionnaire par rapport &#224; la soci&#233;t&#233; et pas telle ou telle fraction soi-disant plus radicale ou plus avanc&#233;e ou plus organis&#233;e de celle-ci. L&#233;nine rappelait que ce ne sont pas les r&#233;volutionnaires communistes qui d&#233;cident du sort des r&#233;volutions communistes mais l'ensemble des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176;) Ce qui distingue les r&#233;volutionnaires communistes, c'est qu'ils tentent de transformer chaque faiblesse, chaque contradiction, chaque crise, chaque difficult&#233;, chaque division, chaque recul de nos ennemis en arme de combat politique des travailleurs contre le syst&#232;me global de domination capitaliste, contre l'imp&#233;rialisme, y compris quand ce qui nuit au capitalisme n'&#339;uvre pas directement en faveur des salari&#233;s, des peuples, du socialisme. Ce n'est pas seulement en mettant en avant les aspirations sociales et socialistes des salari&#233;s que le prol&#233;tariat peut gagner son combat mais aussi en isolant nos ennemis de leurs soutiens mondiaux et de leurs soutiens parmi les petits artisans, paysans, commer&#231;ants, auto-entrepreneurs, jeunes, ch&#244;meurs, retrait&#233;s, parmi les peuples opprim&#233;s, parmi les femmes opprim&#233;es, parmi les peuples menac&#233;s, violent&#233;s, saign&#233;s&#8230; La lutte r&#233;volutionnaire des salari&#233;s ne doit pas &#234;tre isol&#233;e de toutes les autres luttes sociales et politiques ni le prol&#233;tariat des autres classes et couches sociales qui subissent le syst&#232;me. La puret&#233; de classe, ce n'est pas l'isolement sectaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9&#176;) L'activit&#233; politique r&#233;volutionnaire n'a rien &#224; voir avec l'activisme politique et syndical. Et d'abord parce qu'elle se fonde sur une vraie &#233;tude th&#233;orique de la soci&#233;t&#233;, sur une philosophie dialectique scientifique. Celui qui m&#233;prise la th&#233;orie ou s'en d&#233;tourne par incomp&#233;tence d&#233;sarme le prol&#233;tariat. On ne peut pas transformer le monde sans le repenser. Sans id&#233;ologie et philosophie r&#233;volutionnaire pas de th&#233;orie, pas d'analyse s&#233;rieuse de l'&#233;tat de la soci&#233;t&#233; et des classes, pas de strat&#233;gie, pas d'armement th&#233;orique du prol&#233;tariat. Tout cela sous pr&#233;texte de r&#233;alisme, de niveau de conscience et de pr&#233;occupations des travailleurs. Ceux qui affirment que, de Marx &#224; Trotsky, les r&#233;volutionnaires communistes d&#233;diaient une grande part de leur temps &#224; la th&#233;orie et qu'aujourd'hui ce ne serait pas la premi&#232;re des n&#233;cessit&#233;s, que nous ne sommes pas des th&#233;oriciens et qu'ainsi nous sommes plus pr&#234;ts de la base des travailleurs, rompent avec le marxisme r&#233;volutionnaire et donc avec la r&#233;volution prol&#233;tarienne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#176;) Rompre avec le r&#233;formisme, tous ceux qui se disent r&#233;volutionnaires l'affirment, mais le font-ils r&#233;ellement dans leur analyse et de leur action politique ? Porter des revendications imm&#233;diates qui ne pr&#233;tendent pas remettre en cause les fondements de la soci&#233;t&#233; capitaliste n'a rien de scandaleux pour des r&#233;volutionnaires, bien entendu. Mais encore faut-il que l'on veuille porter le plus loin possible la lutte, ses objectifs, ses revendications, ses m&#233;thodes, ses modes d'action et surtout son mode d'organisation et on en est souvent tr&#232;s loin de la part de militants qui se disent r&#233;volutionnaires et couvrent les man&#339;uvres des appareils r&#233;formistes contre l'auto-organisation des travailleurs. Ces militants-l&#224; trouvent parfaitement naturel que les luttes soient dirig&#233;es par les bureaucraties puisqu'elles leur laissent une petite place en leur sein&#8230; Du coup, leur politique se modifie en fonction de leurs liens avec ces bureaucraties&#8230; Et le r&#233;formisme n'est pas que syndical, il est aussi politique, social, &#233;cologique, d&#233;mocratique, etc&#8230; On ne peut pas faire qu'attendre le &#171; grand jour &#187; nous disent-ils, il faut agir au quotidien et sous se pr&#233;texte ils se mettent (et mettent les travailleurs) sous la coup d'organisations li&#233;es au grand capital et &#224; son Etat, y compris des syndicats qui autrefois se disaient eux-m&#234;mes r&#233;volutionnaires mais ont mis beaucoup d'eau dans leur piquette ! On ne peut pas combattre le r&#233;formisme sans proposer au quotidien une politique r&#233;volutionnaire, que ce soit dans les luttes, dans les syndicats, dans les manifestations, dans les rassemblements et cette politique commence par l'organisation des travailleurs par eux-m&#234;mes &#224; la base sans se mettre derri&#232;re personne, ni parti, ni syndicat. Ces derniers peuvent, de mani&#232;re ouverte et non cach&#233;e, soumettre leurs propositions aux assembl&#233;es souveraines et aux comit&#233;s, conseils ou soviets qui se constituent dans la lutte. Tel devrait &#234;tre la mani&#232;re de proc&#233;der que doivent d&#233;fendre des communistes r&#233;volutionnaires dans toutes les luttes. Ils ne sont pas oblig&#233;s d'y parvenir mais ils ne doivent jamais accepter de diriger des luttes en bureaucrates syndicaux. D&#232;s qu'un probl&#232;me se pose aux travailleurs, loin de courir le mettre aux mains des bureaucrates, ils doivent r&#233;unir les travailleurs, leur soumettre la question, leur faire des propositions, leur faire voter la d&#233;cision, si possible leur faire &#233;lire un petit nombre de travailleurs pour se concerter et faire des propositions &#224; l'assembl&#233;e, r&#233;diger ensemble des tracts et se donner les moyens de les tirer, etc. La plupart des organisations qui se disent r&#233;volutionnaires ne font rien de tout cela et cela montre qu'il s'agit une fois encore d'une &#233;tiquette mensong&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11&#176;) Nombre de militants r&#233;volutionnaires se donnent comme objectif ce qu'ils appellent &#171; construire le parti r&#233;volutionnaire &#187;. Nous aussi, nous estimons qu'il faut un parti r&#233;volutionnaire &#224; la classe ouvri&#232;re pour gagner. Mais un parti, c'est un peu comme des g&#233;n&#233;raux. Les troupes, ce n'est pas le parti, c'est le prol&#233;tariat. On ne peut pas construire le parti sans liaison avec la masse des travailleurs, en particulier en p&#233;riode r&#233;volutionnaire. Quelle est la liaison ? Ce sont les soviets, ces organisations de masse, dans lesquelles les travailleurs s'organisent eux-m&#234;mes, se dirigent eux-m&#234;mes et auxquels les partis et syndicats soumettent leurs propositions, les communistes r&#233;volutionnaires comme les autres. Et la premi&#232;re des particularit&#233;s des vrais militants communistes r&#233;volutionnaires, c'est qu'ils n'ont cess&#233; de militer pour l'existence de ces soviets, pour qu'ils soient ind&#233;pendants des appareils li&#233;s au syst&#232;me, li&#233;s &#224; l'Etat, li&#233;s &#224; la soci&#233;t&#233; capitaliste, li&#233;s aux patrons, qui n&#233;gociaient avec eux, qui se r&#233;unissaient avec eux, pour qu'ils prennent par eux-m&#234;mes toutes les d&#233;cisions, pour qu'ils aillent plus loin, qu'ils contr&#244;lent la soci&#233;t&#233;, qu'ils se dotent de pouvoirs d'Etat, qu'ils cassent l'ancien pouvoir, qu'ils mettent en place le pouvoir des soviets. Consid&#233;rer la construction du parti r&#233;volutionnaire comme s&#233;par&#233;e d'un tel travail n'est ni marxiste, ni l&#233;niniste, ni trotskyste et n'est pas du tout r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12&#176;) S'interroger sur la vraie valeur pour le communisme r&#233;volutionnaire des organisations, des groupes, des partis, des syndicats que nous connaissons, c'est se poser les questions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette organisation appelle-t-elle &#224; refuser les cr&#233;dits militaires, la d&#233;fense nationale, &#224; d&#233;noncer l'industrie d'armements, &#224; faire savoir toutes les entreprises contre-r&#233;volutionnaires et meurtri&#232;res contre les peuples qui sont men&#233;es avec ce armes, appelle-t-elle les soldats du rang &#224; d&#233;sob&#233;ir &#224; leur hi&#233;rarchie, d&#233;nonce-t-elle publiquement et le plus fort possible tous les crimes commis, en particulier ceux de &#171; notre &#187; propre imp&#233;rialisme, d&#233;molit-elle publiquement les pr&#233;textes des interventions arm&#233;es de cet imp&#233;rialisme dans le monde, fait-elle connaitre les profits r&#233;alis&#233;s ainsi sur le sang des peuples, en particulier ceux des pays anciennement colonis&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que cette organisation d&#233;nonce les liens entre les partis et syndicats, y compris de gauche, avec l'Etat et les classes poss&#233;dantes, notamment les liens d'argent, publics ou camoufl&#233;s ? Est-ce qu'elle souligne toutes les compromissions, tous les arrangements en sous-main, toutes les n&#233;gociations dans le dos des travailleurs et des peuples ? Est-ce qu'elle cherche &#224; impliquer les travailleurs dans ces d&#233;nonciations ? Est-ce qu'elle fait en sorte que les travailleurs du rang puissent rendre publique leur d&#233;sapprobation des politiques des organisations corrompues, compromises, coupables de collusion avec nos ennemis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que cette organisation s'engage, si les travailleurs lui font confiance, s'ils la choisissent pour diriger leurs luttes et pour diriger la soci&#233;t&#233;, &#224; faire en sorte que les soviets et eux seuls prennent les d&#233;cisions sur les orientations, que la classe capitaliste et elle seule soit priv&#233;e de droits et de biens, que le patriarcat soit aboli, que les femmes jouent un r&#244;le dirigeant dans la soci&#233;t&#233; sans que les hommes ne subissent une oppression sym&#233;trique de celle du patriarcat, que les petits artisans, commer&#231;ants, paysans, p&#234;cheurs, auto-entrepreneurs ne soient pas victimes des crises, de la mis&#232;re, que les locataires en difficult&#233; ne soient pas expuls&#233;s, que les salari&#233;s des entreprises en difficult&#233; ne soient pas licenci&#233;s, que les habitants ne soient pas sans logis, que les femmes et les enfants soient d&#233;fendus contre les violences ? Est-ce qu'elle s'engage &#224; ne jamais participer &#224; un pouvoir qui n'irait pas dans ce sens, &#224; ne jamais g&#233;rer la soci&#233;t&#233; capitaliste, &#224; ne jamais accepter de responsabilit&#233;s si ce ne sont pas les conseils ouvriers qui les lui ont donn&#233;es ? Est-ce qu'elle s'engage &#224; &#339;uvrer pour la suppression de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des grandes entreprises et du grand capital ? Est-ce qu'elle s'engage &#224; lutter pour la destruction du pouvoir d'Etat capitaliste, et en particulier son arm&#233;e, sa police, son administration, ses services sp&#233;ciaux, sa gendarmerie, ses espions, ses forces p&#233;nitentiaires, ses institutions parlementaires, ses chefs religieux, etc. Est-ce qu'elle s'engage &#224; d&#233;noncer publiquement et &#224; combattre r&#233;ellement toute tentative imp&#233;rialiste de frapper une r&#233;volte ou une r&#233;volution dans tous les pays du monde ? Est-ce qu'elle s'engage &#224; mobiliser les travailleurs des pays imp&#233;rialistes en faveur des r&#233;voltes et r&#233;volutions quand ces pays aident les dictatures &#224; &#233;craser les luttes et les contestations ? Est-ce qu'elle s'engage non seulement &#224; d&#233;sarmer la bourgeoisie capitaliste (arm&#233;e et police) mais &#224; armer les travailleurs, &#224; tisser des liens avec les petits soldats et petits policiers pour d&#233;truire l'Etat capitaliste ? Est-ce qu'elle s'engage &#224; placer en premier l'int&#233;r&#234;t mondial du prol&#233;tariat et de la r&#233;volution et pas ce que les nationalistes appellent l'int&#233;r&#234;t national ? Est-ce qu'elle s'engage &#224; d&#233;masquer toutes les organisations qui, ouvertement ou de mani&#232;re cach&#233;e, pratiquent l'union nationale en faveur de la politique du grand capital ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; o&#249; se place la boussole des communistes r&#233;volutionnaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne s'agit pas de faire de la particularit&#233; des communistes r&#233;volutionnaires un moyen de nous placer au-dessus ni &#224; l'&#233;cart au sein du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine dans &#034;Le mat&#233;rialisme militant&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une des erreurs les plus grandes et les plus dangereuses que commettent les communistes (comme, d'ailleurs, les r&#233;volutionnaires en g&#233;n&#233;ral qui ont men&#233; &#224; bien le d&#233;but d'une grande r&#233;volution), c'est de se figurer que la r&#233;volution peut &#234;tre accomplie par les mains des seuls r&#233;volutionnaires. Or, pour assurer le succ&#232;s de toute action r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse, il faut comprendre et savoir appliquer pratiquement l'id&#233;e que les r&#233;volutionnaires ne peuvent jouer un r&#244;le que comme avant garde de la classe r&#233;ellement avanc&#233;e et viable. L'avant garde ne remplit sa mission que lorsqu'elle sait ne pas se d&#233;tacher de la masse qu'elle dirige, lorsqu'elle sait v&#233;ritablement faire progresser toute la masse. Sans l'alliance avec les non communistes dans les domaines d'activit&#233; les plus divers, il ne saurait &#234;tre question d'aucun succ&#232;s en mati&#232;re de construction de la soci&#233;t&#233; communiste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx exposait ainsi dans &#171; Le Manifeste du Parti communiste &#187; de 1848 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les communistes n'ont point d'int&#233;r&#234;ts qui les s&#233;parent de l'ensemble du prol&#233;tariat&#8230; Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : dans les diff&#233;rentes luttes nationales des prol&#233;taires, ils mettent en avant et font valoir les int&#233;r&#234;ts ind&#233;pendants de la nationalit&#233; et communs &#224; tout le prol&#233;tariat et, dans les diff&#233;rentes phases que traverse la lutte entre prol&#233;taires et bourgeois, ils repr&#233;sentent toujours les int&#233;r&#234;ts du mouvement dans son ensemble. Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus r&#233;solue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule la marche en avant des ouvriers ; th&#233;oriquement, ils ont sur le reste du prol&#233;tariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins g&#233;n&#233;rales du mouvement prol&#233;tarient. Le but imm&#233;diat des communistes est le m&#234;me que celui de tous les partis ouvriers : constitution des prol&#233;taires en classe, renversement de la domination bourgeoise, conqu&#234;te du pouvoir politique par le prol&#233;tariat&#8230; La premi&#232;re &#233;tape de la r&#233;volution ouvri&#232;re est la constitution du prol&#233;tariat en classe dominante, la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie. Le prol&#233;tariat se servira de la supr&#233;matie politique pour arracher petit &#224; petit tout le capital &#224; la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l'Etat ouvrier, c'est-&#224;-dire du prol&#233;tariat organis&#233; en classe dominante, et pour augmenter au plus vite la quantit&#233; des forces productives. Cela ne pourra se faire, au d&#233;but, que par une violation despotique du droit de propri&#233;t&#233; et du r&#233;gime bourgeois de production, c'est-&#224;-dire par des mesures qui, &#233;conomiquement, paraissent insuffisantes et insoutenables, mais qui, au cours du mouvement, se d&#233;passent elles-m&#234;mes et sont indispensables pour bouleverser le mode de production tout entier&#8230; Les communistes combattent pour les int&#233;r&#234;ts et les buts imm&#233;diats de la classe ouvri&#232;re ; mais dans le mouvement pr&#233;sent, ils d&#233;fendent et repr&#233;sentent en m&#234;me temps l'avenir du mouvement&#8230;. A aucun moment, le parti communiste ne n&#233;glige d'&#233;veiller chez les ouvriers une conscience claire et nette de l'antagonisme violent entre la bourgeoisie et le prol&#233;tariat, afin que, l'heure venue, les ouvriers sachent convertir les conditions politiques et sociales cr&#233;&#233;es par le r&#233;gime bourgeois, en autant d'armes contre la bourgeoisie&#8230; En somme, les communistes appuient dans tous les pays tout mouvement r&#233;volutionnaire contre l'ordre social et politique existant. Dans tous les mouvements, ils font de la question de la propri&#233;t&#233;, &#224; quelque degr&#233; d'&#233;volution qu'elle ait pu arriver, la question fondamentale du mouvement&#8230; Les communistes ne s'abaissent pas &#224; dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent &#234;tre atteints que par le renversement violent de tout l'ordre social pass&#233;. Puissent les classes dirigeantes trembler &#224; l'id&#233;e d'une r&#233;volution communiste ! Les prol&#233;taires n'ont rien &#224; perdre que leurs cha&#238;nes. Ils ont un monde &#224; gagner. Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DE LA REVOLUTION PERMANENTE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La notion de r&#233;volution permanente s'oppose &#224; celle de r&#233;volution par &#233;tapes. Cette derni&#232;re laisse entendre qu'il va d'abord falloir obtenir la d&#233;mocratie ou d'abord l'ind&#233;pendance, d'abord la naissance d'un Etat ou d'abord telle ou telle revendication de tel ou tel groupe social. Pour l'&#233;tapisme, on posera plus tard les autres probl&#232;mes. La r&#233;volution permanente suppose au contraire que toutes les questions sont li&#233;es, qu'elles le seront concr&#232;tement au sein d'une m&#234;me r&#233;volution ayant une perspective socialiste et dirig&#233;e par le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Historiquement, la &#171; r&#233;volution permanente &#187; est connue comme la th&#232;se de Trotsky qui s'opposait &#224; celle de Staline de &#171; r&#233;volution dans un seul pays &#187; renon&#231;ant &#224; la r&#233;volution mondiale, &#224; la th&#232;se stalinienne d' &#171; int&#233;gration du koulak et du nepman au socialisme &#187; et de &#171; progr&#232;s &#224; pas de tortue vers le socialisme &#187;, qui allaient &#234;tre suivies par des th&#232;ses comme &#171; la coexistence avec le capitalisme &#187;, &#171; la voie pacifique vers le socialisme &#187;, entre autres expressions qui cachaient non seulement la renonciation aux perspectives d'octobre 1917 mais la haine virulente de la r&#233;volution qui animait la bureaucratie stalinienne. Celle-ci a usurp&#233; le pouvoir du prol&#233;tariat, en profitant d'un recul de la r&#233;volution europ&#233;enne et a craint tout r&#233;veil de la r&#233;volution en Europe qui risquait de remettre en cause le statu quo avec la bourgeoisie imp&#233;rialiste, statu quo qui lui permettait de survivre. C'est bien la &#171; r&#233;volution permanente &#187; initi&#233;e en 1917 qui a &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, effectivement, la r&#233;volution de 1917 en Russie &#233;tait permanente, au sens o&#249; elle marquait le d&#233;but d'une r&#233;volution ouvri&#232;re en Europe et qu'elle ne pouvait triompher que si celle-ci l'emportait. Car son caract&#232;re n'&#233;tait pas celui d'une r&#233;volution nationale visant &#224; supprimer les restes russes du f&#233;odalisme. La r&#233;volution qui a renvers&#233; le tsarisme ne pouvait s'en tenir &#224; la mise en place d'une d&#233;mocratie bourgeoise. La locomotive de la r&#233;volution &#233;tait, malgr&#233; sa faiblesse num&#233;rique, le prol&#233;tariat industriel. Lorsque celui-ci prenait des mesures d&#233;mocratiques r&#233;volutionnaires, son caract&#232;re de classe marquait ces mesures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine, lui-m&#234;me, n'avait pas envisag&#233; les choses ainsi. Jusqu'en mars 1917, il s'opposait &#224; la th&#232;se de Trotsky de la r&#233;volution permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 1917, L&#233;nine &#233;tait victime d'une conception bien peu dialectique du cours de l'histoire, conception que nous pouvons appeler &#171; progressisme &#187; ou &#171; r&#233;volution par &#233;tapes &#187;. Le tournant de la pens&#233;e politique, strat&#233;gique, de L&#233;nine a pris un caract&#232;re public dans ce que l'on a appel&#233; les &#171; th&#232;ses d'avril &#187;. L&#233;nine, tout juste rentr&#233; en Russie suite au renversement du tsar, d&#233;fendait les anciennes th&#232;ses de Trotsky au sein de son propre parti. Non sans difficult&#233;. Les th&#232;ses oppos&#233;es affirmaient que la Russie n'&#233;tait pas m&#251;re pour le socialisme, que l'on devait appuyer l'aile r&#233;volutionnaire de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie qui voulait porter la d&#233;mocratie bourgeoise &#224; son terme en Russie. Il s'agissait d' &#171; une &#233;tape d&#233;mocratique &#187; &#224; distinguer de l' &#171; &#233;tape socialiste et prol&#233;tarienne &#187; qui, selon ses adeptes, n'&#233;tait pas &#224; l'ordre du jour vu le faible d&#233;veloppement de l'&#233;conomie et du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution russe, elle-m&#234;me, a tranch&#233; le d&#233;bat en donnant le pouvoir au prol&#233;tariat et en marquant le d&#233;but de la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Europe, mena&#231;ant m&#234;me l'imp&#233;rialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution permanente est notre philosophie permanente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8008&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8008&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, dans &#171; La r&#233;volution permanente &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La th&#233;orie de la r&#233;volution permanente (...) d&#233;montrait qu'&#224; notre &#233;poque l'accomplissement des t&#226;ches d&#233;mocratiques, que se proposent les pays bourgeois arri&#233;r&#233;s, les m&#232;ne directement &#224; la dictature du prol&#233;tariat, et que celle-ci met les t&#226;ches socialistes &#224; l'ordre du jour. (...) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est ce que L&#233;nine appelait la transformation de la r&#233;volution d&#233;mocratique en r&#233;volution socialiste. Ce n'est pas le pouvoir bourgeois qui se transforme par hypertrophie en pouvoir ouvrier et paysans et, ensuite, prol&#233;tarien : non, le pouvoir d'une classe ne se &#171; transforme &#187; pas en pouvoir d'une autre classe, mais on l'arrache l'arme &#224; la main. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A propos du saut par-dessus les &#233;tapes historiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Savoir distinguer entre la r&#233;volution bourgeoise et la r&#233;volution prol&#233;tarienne, c'est l'abc politique. Mais, apr&#232;s avoir appris l'alphabet, on apprend les syllabes qui sont form&#233;es de lettres. L'histoire a r&#233;uni les lettres les plus importantes de l'alphabet bourgeois et les premi&#232;res lettres de l'alphabet socialiste. (...) Il est absurde de dire qu'on ne peut jamais sauter par-dessus les &#233;tapes. Le cours vivant des &#233;v&#233;nements historiques saute toujours par-dessus les &#233;tapes qui sont le r&#233;sultat d'une division th&#233;orique de l'&#233;volution prise dans sa totalit&#233;, c'est-&#224;-dire dans son ampleur maximale et, aux moments critiques, il exige le m&#234;me souci dans la politique r&#233;volutionnaire. On peut dire que la capacit&#233; de reconna&#238;tre et d'utiliser ces moments distingue avant tout le r&#233;volutionnaire de l'&#233;volutionniste vulgaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine, Lettre d'adieu aux ouvriers suisses, juste avant de quitter la Suisse pour la Russie (avril 1917) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est au prol&#233;tariat russe qu'est &#233;chu le grand honneur d'inaugurer la s&#233;rie des r&#233;volutions engendr&#233;es avec une n&#233;cessit&#233; objective par la guerre imp&#233;rialiste. Mais l'id&#233;e de consid&#233;rer le prol&#233;tariat russe comme un prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire &#233;lu par rapport aux ouvriers des autres pays nous est absolument &#233;trang&#232;re. Nous savons parfaitement que le prol&#233;tariat de Russie est moins organis&#233;, pr&#233;par&#233;, conscient que les ouvriers d'autres pays. Ce ne sont pas des qualit&#233;s particuli&#232;res, mais uniquement les conditions historiques particuli&#232;res qui ont fait du prol&#233;tariat russe, pour un certain temps, peut-&#234;tre tr&#232;s court, le chef de file du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire du monde entier.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Russie est un pays paysan, l'un des pays les plus arri&#233;r&#233;s d'Europe. Le socialisme ne peut y vaincre tout de suite et spontan&#233;ment. Mais le caract&#232;re paysan du pays peut, sur la base de l'exp&#233;rience de 1905 et &#233;tant donn&#233; l'&#233;norme superficie des terres rest&#233;es aux mains de l'aristocratie fonci&#232;re, donner une formidable ampleur &#224; la r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise en Russie et faire de notre r&#233;volution le prologue de la r&#233;volution socialiste mondiale, une &#233;tape vers celle-ci. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx et la tactique dans la r&#233;volution permanente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que les petits bourgeois d&#233;mocratiques veulent terminer la r&#233;volution au plus vite (...), il est de notre int&#233;r&#234;t et de notre devoir de rendre la r&#233;volution permanente, jusqu'&#224; ce que toutes les classes plus ou moins poss&#233;dantes aient &#233;t&#233; &#233;cart&#233;es du pouvoir, que le prol&#233;tariat ait conquis le pouvoir et que non seulement dans un pays, mais dans tous les pays r&#233;gnants du monde l'association des prol&#233;taires ait fait assez de progr&#232;s pour faire cesser dans ces pays la concurrence des prol&#233;taires et concentrer dans leurs mains au moins les forces productives d&#233;cisives. Il ne peut s'agir pour nous de transformer la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, mais Seulement de 1'an&#233;antir ; ni de masquer les antagonismes de classes, mais d'abolir les classes ; ni d'am&#233;liorer la soci&#233;t&#233; existante, mais d'en fonder une nouvelle. (...) &#171; Leurs efforts doivent tendre &#224; ce que l'effervescence r&#233;volutionnaire directe ne soit pas une nouvelle fois r&#233;prim&#233;e aussit&#244;t apr&#232;s la victoire. Il faut, au contraire, qu'ils la maintiennent le plus longtemps possible. Bien loin de s'opposer aux pr&#233;tendus exc&#232;s, aux exemples de vengeance populaire contre des individus ha&#239;s ou des &#233;difices publics auxquels ne se rattachent que des souvenirs odieux, il faut non seulement tol&#233;rer ces exemples, mais encore en assumer soi-m&#234;me la direction. Pendant et apr&#232;s la lutte, les ouvriers doivent en toute occasion formuler leurs propres revendications &#224; c&#244;t&#233; de celles des d&#233;mocrates bourgeois. Ils doivent exiger des garanties pour les ouvriers, d&#232;s que les bourgeois d&#233;mocratiques se disposent &#224; prendre le gouvernement en main. Il faut au besoin qu'ils obtiennent ces garanties de haute lutte et s'arrangent en somme pour obliger les nouveaux gouvernants &#224; toutes les concessions et promesses possibles ; c'est le plus s&#251;r moyen de les compromettre. Il faut qu'ils s'efforcent, par tous les moyens et autant que faire se peut, de contenir la jubilation suscit&#233;e par le nouvel &#233;tat de choses et l'&#233;tat d'ivresse, cons&#233;quence de toute victoire remport&#233;e dans une bataille de rue, en jugeant avec calme et sang-froid la situation et en affectant &#224; l'&#233;gard du nouveau gouvernement une m&#233;fiance non d&#233;guis&#233;e. Il faut qu'&#224; c&#244;t&#233; des nouveaux gouvernements officiels ils &#233;tablissent aussit&#244;t leurs propres gouvernements ouvriers r&#233;volutionnaires, soit sous forme d'autonomies administratives locales ou de conseils municipaux, soit sous forme de clubs ou comit&#233;s ouvriers, de fa&#231;on que les gouvernements d&#233;mocratiques bourgeois non seulement s'ali&#232;nent aussit&#244;t l'appui des ouvriers, mais se voient, d&#232;s le d&#233;but, surveill&#233;s et menac&#233;s par des autorit&#233;s qui ont derri&#232;re elles toute la masse des ouvriers. En un mot, d&#232;s les premiers instants de la victoire, on ne doit plus tant se d&#233;fier des partis r&#233;actionnaires vaincus que des anciens alli&#233;s des ouvriers, que du parti qui cherche &#224; exploiter la victoire pour lui seul. (...) &#187; &#171; Les ouvriers doivent se placer non sous la tutelle de l'autorit&#233; de l'Etat mais sous celle des conseils r&#233;volutionnaires de communaut&#233;s que les ouvriers auront pu faire adopter. Les armes et les munitions ne devront &#234;tre rendues sous aucun pr&#233;texte. (...) &#187; &#171; Ils doivent pousser &#224; l'extr&#234;me les propositions des d&#233;mocrates qui, en tout cas, ne se montreront pas r&#233;volutionnaires, mais simplement r&#233;formistes, et transformer ces propositions en attaques directes contre la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Si, par exemple, les petits bourgeois proposent de racheter les chemins de fer et les usines, les ouvriers doivent exiger que ces chemins de fer et ces usines soient simplement et sans indemnit&#233; confisqu&#233;s par l'Etat en tant que propri&#233;t&#233; de r&#233;actionnaires. Si les d&#233;mocrates proposent l'imp&#244;t proportionnel, les ouvriers r&#233;clament l'imp&#244;t progressif. Si les d&#233;mocrates proposent eux-m&#234;mes un imp&#244;t progressif mod&#233;r&#233;, les ouvriers exigent un imp&#244;t dont les &#233;chelons montent assez vite pour que le gros capital s'en trouve compromis. Si les d&#233;mocrates r&#233;clament la r&#233;gularisation de la dette publique, les ouvriers r&#233;clament la faillite de l'Etat. Les revendications des ouvriers devront donc se r&#233;gler partout sur les concessions et les mesures des d&#233;mocrates. &#187; &#171; Ils (les ouvriers) contribueront eux-m&#234;mes &#224; leur victoire d&#233;finitive bien plus par le fait qu'ils prendront conscience de leurs int&#233;r&#234;ts de classe, se poseront d&#232;s que possible en parti ind&#233;pendant et ne se laisseront pas un instant d&#233;tourner&#8212;par les phrases hypocrites des petits bourgeois d&#233;mocratiques&#8212;de l'organisation autonome du parti du prol&#233;tariat. Leur cri de guerre doit &#234;tre : La r&#233;volution en permanence ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx et Friedrich Engels dans &#171; Adresse du Comit&#233; Central &#224; la Ligue des communistes &#187; (1850)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7198&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7198&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution permanente de L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1458&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1458&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la r&#233;volution permanente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article600&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article600&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2976&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2976&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DU FASCISME&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LES FAUSSES INTERPRETATIONS DU FASCISME ET LA VRAIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;0&#176;) Il y a une tendance erron&#233;e &#224; consid&#233;rer un ph&#233;nom&#232;ne social et politique comme le fascisme comme on consid&#232;re &#224; tort un ph&#233;nom&#232;ne physique, c'est-&#224;-dire comme un objet inerte, sans dynamique, sans dialectique des contraires, sans changement brutal, en somme comme une chose inerte qui peut seulement casser mais pas r&#233;ellement se transformer ou transformer le monde. Le fascisme n'est pas une chose mais un ph&#233;nom&#232;ne &#233;mergent et dynamique qui ne peut pas &#234;tre combattu simplement en disant qu'on est contre mais en d&#233;veloppant une autre dynamique r&#233;elle. Le fascisme ne peut pas exister (la formation d'une masse de gens r&#233;volt&#233;s, paup&#233;ris&#233;s et militaris&#233;s sous la domination des fascistes &#233;crasant le prol&#233;tariat) sans la dynamique capable d'&#234;tre extraordinairement agit&#233;e et porteuse de changements radicaux potentiels de la lutte des classes, tout comme le nuage ne peut pas exister (des tonnes d'eau ne tiendraient pas en l'air) sans la dynamique capable d'&#234;tre extraordinairement agit&#233;e et porteuse de changements radicaux potentiels de l'agitation mol&#233;culaire et que l'atome (et m&#234;me la particule mat&#233;rielle) ne peut pas exister (une somme de particules positives qui se repoussent restant coll&#233;es) ne peut pas exister sans la dynamique capable d'&#234;tre extraordinairement agit&#233;e et porteuse de changements radicaux potentiels du vide quantique. La vision fig&#233;e sans dynamique et sans dialectique ne permet pas de combattre le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Et ce n'est pas non plus un simple discours. Le fascisme n'est pas un courant d'opinion (la mise en place d'un pouvoir fasciste n'est pas une d&#233;cision de l'opinion publique et on ne combat pas le fascisme simplement en combattant des id&#233;es, des pr&#233;jug&#233;s, des mensonges) : c'est un type de pouvoir d'Etat qui est le produit d'une situation extr&#234;me, compl&#232;tement d&#233;stabilis&#233;e pour la classe exploiteuse. Il ne doit surtout pas &#234;tre s&#233;par&#233; de la lutte des classes. Le fascisme est le produit d'un combat entre les classes arriv&#233;es &#224; un stade ultime o&#249; la seule alternative est r&#233;volution sociale ou contre-r&#233;volution fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Ce type particulier d'Etat (qui n'est pas une simple dictature) provient du fait qu'en plus des forces de r&#233;pression classiques (notamment arm&#233;e et police ou m&#234;me milices d'Etat), il associe provisoirement un mouvement organis&#233; de masses appel&#233;es les &#171; troupes fascistes &#187; et prises dans les classes moyennes et les milieux populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Cette situation particuli&#232;re concerne les trois classes sociales essentielles de toute soci&#233;t&#233; : classe exploiteuse, classe moyenne et classe exploit&#233;e. Ce qui caract&#233;rise cet &#233;tat critique de l'ordre social et politique est le fait qu'il y a un risque que la classe exploit&#233;e s'unisse &#224; la classe moyenne (ou &#224; une fraction notable de celle-ci) pour mettre en place un pouvoir r&#233;volutionnaire. C'est ce risque social mena&#231;ant qui justifie aux yeux de la classe exploiteuse de mettre en avant (de fa&#231;on momentan&#233;e) une fraction violente de la classe moyenne et aussi des milieux populaires ou paup&#233;ris&#233;s, ceux que l'on appellera &#171; les fascistes &#187;, de les organiser et de les jeter dans l'action violente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) L'un des risques d'erreur politique et sociale consiste &#224; prendre ces &#171; troupes fascistes &#187; pour une vraie force sociale, pour une v&#233;ritable arme de guerre alors que ce n'est qu'une bande sans foi ni loi mais aussi sans but r&#233;el ni perspective politique ou sociale propre. Ces troupes ne d&#233;fendent que les int&#233;r&#234;ts des gros exploiteurs mais n'en ont pas conscience. La classe dominante ne fait que les utiliser mais elle s'en m&#233;fie et les dissoudra d&#232;s que le v&#233;ritable danger r&#233;volutionnaire, celui des exploit&#233;s et de leur capacit&#233; en prenant la t&#234;te de tous les opprim&#233;s de renverser le pouvoir d'Etat des exploiteurs, sera &#233;radiqu&#233;. La vraie r&#233;ponse au fascisme consiste &#224; unir de mani&#232;re r&#233;volutionnaire les exploit&#233;s aux opprim&#233;s de la classe moyenne et d'autres couches populaires, afin de constituer une force capable de renverser la classe dominante. Cela n'est possible que si la classe exploit&#233;e s'auto-organise et d&#233;veloppe ses propres perspectives en d&#233;montrant qu'elle veut renverser la classe exploiteuse et s'adresse aux autres opprim&#233;s, notamment ceux des classes moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Si on veut comprendre le fascisme, le premier point est de ne pas se fixer sur le seul exemple du nazisme en Allemagne ou du fascisme en Italie. Non seulement il y a bien d'autres exemples mais on risque de croire que les caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques de ces fascismes particuliers seraient g&#233;n&#233;rales. Par exemple, nulle n&#233;cessit&#233; pour un pouvoir fasciste d'&#234;tre antis&#233;mite. Ni de pratiquer un g&#233;nocide des Juifs. M&#234;me le racisme n'est pas une caract&#233;ristique indispensable. Le fascisme n'est pas un mouvement europ&#233;en, ni sp&#233;cifiquement li&#233; &#224; la phase imp&#233;rialiste du grand capital (Karl Marx l'a reconnu en France avec le mouvement bonapartiste de Louis Bonaparte qui allait devenir Napol&#233;on III), ni m&#234;me &#224; l'&#233;poque du capitalisme (on l'a vu dans des soci&#233;t&#233;s bourgeoises pr&#233;-capitalistes et dans des soci&#233;t&#233;s esclavagistes comme l'empire romain).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) Il y a une autre erreur classique d'interpr&#233;tation du fascisme que les &#171; d&#233;mocrates anti-fascistes &#187;, ou pr&#233;tendus tels, aiment particuli&#232;rement d&#233;velopper comme tromperie et qui consiste &#224; attribuer le caract&#232;re fasciste aux seuls mouvements politiques et sociaux d'extr&#234;me droite, ce qui blanchirait le centre et la gauche de tout risque d'&#234;tre des &#233;l&#233;ments favorables, &#224; un moment donn&#233;, &#224; la mont&#233;e fasciste. En fait, quand il y a une mont&#233;e fasciste, cela se produit avec la complicit&#233; &#224; de multiples niveaux de tous les partis, syndicats et associations li&#233;s &#224; l'Etat des exploiteurs et &#224; leur ordre social et politique, notamment toute la gauche et tous les r&#233;formistes et opportunistes (jusqu'&#224; la fausse extr&#234;me gauche). Les dirigeants fascistes peuvent parfaitement provenir de la gauche (comme Mussolini ou Laval), ou &#234;tre soutenus par elle (comme celle de P&#233;tain soutenu de la plupart des dirigeants politiques et syndicaux du front populaire en France). Ceux qui lient pieds et poings de la classe exploit&#233;e sont surtout des &#233;l&#233;ments de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) Il ne faut pas attribuer la d&#233;cision du fascisme &#224; tel ou tel dirigeant populiste, d&#233;magogue, soi-disant g&#233;nial ou fou. Il ne faut pas attribuer le choix du fascisme &#224; la seule d&#233;cision d'un appareil politique (de l'Etat ou d'un parti). C'est le choix d'une classe sociale exploiteuse (&#224; notre &#233;poque, du capitalisme et de la fraction du grand capital). C'est dans une situation d'un pays que le fascisme se d&#233;veloppe mais il le fait sur une d&#233;cision qui n'est pas propre au pays mais &#224; la classe capitaliste dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176;) Quelles que soient les circonstances diverses de son av&#232;nement, le fascisme est toujours une attaque brutale, violente, sanglante, terroriste et totalement destructrice contre tout ce qui repr&#233;sente une fraction organis&#233;e, consciente (m&#234;me tr&#232;s partiellement, m&#234;me de mani&#232;re r&#233;formiste et d&#233;mocrate) des exploit&#233;s. La classe capitaliste doit absolument annihiler tout sentiment de classe et transformer les exploit&#233;s capables de faire la r&#233;volution en esclaves ob&#233;issants, apeur&#233;s et rampants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9&#176;) Sur le plan id&#233;ologique, le fascisme n'a pas n&#233;cessairement de rapport avec l'antis&#233;mitisme ou m&#234;me le racisme mais il en a toujours avec le nationalisme exacerb&#233; et violent, la haine des autres peuples, l'attirance pour la guerre contre les autres peuples, la haine contre l'internationalisme. Et, l&#224; non plus, il ne s'agit pas d'id&#233;ologie en dehors des classes : ce que le fascisme hait, c'est le caract&#232;re international du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et de la perspective de soci&#233;t&#233; qu'il porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#176;) Le fascisme a un soutien populaire de masse mais ce mouvement populaire n'a pas le caract&#232;re d'une r&#233;volution, non seulement parce que dans ses buts il est contre-r&#233;volutionnaire, est charg&#233; de sauver de la r&#233;volution sociale la classe dirigeante et poss&#233;dante mais surtout parce que ce mouvement n'a pas de force autonome socialement et politiquement. Ces masses de gens fascis&#233;s ne sont pas une vraie force. Ils ne savent m&#234;me pas le r&#244;le qu'ils jouent et, d&#232;s qu'ils ont annihil&#233; le prol&#233;tariat, ils sont renvoy&#233;s au n&#233;ant de leur inexistence, d&#233;sarm&#233;s et d&#233;sorganis&#233;s, pour laisser place &#224; la dictature classique d'Etat. Ces masses fascis&#233;es n'ont aucune perspective sociale et politique propre. Tout ce qu'elles peuvent, c'est clamer leur amour du nationalisme &#224; une &#233;poque o&#249; le respect des nations n'a plus aucun sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11&#176;) Le moralisme n'a aucune force face au fascisme. Si on le consid&#232;re seulement comme un mal moral, on ne peut pas combattre le fascisme. Le moralisme antifasciste est une esp&#232;ce de pacifisme qui d&#233;sarme les prol&#233;taires et ne sert que les fascistes. Le moralisme d&#233;nonce mais il ne combat pas, il refuse le combat au nom de&#8230; la morale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12&#176;) Il n'y a pas un programme particulier pour combattre le fascisme, ni un pour combattre la guerre, ni un pour le combat &#233;conomique, il y a un seul programme qui vise &#224; la r&#233;volution socialiste prol&#233;tarienne internationale. Le pire est de croire que devant la menace fasciste, il faut abandonner la r&#233;volution sociale et se contenter de&#8230; lutter contre le fascisme, pour mieux s'unir, pour mieux l'entraver, pour mieux l'isoler, pour assurer l'avenir. C'est abandonner la barque parce qu'il y a une inondation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CELUI QUI RECULE DEVANT LA TACHE DE CONSTRUIRE DES CONSEILS DU PEUPLE TRAVAILLEUR ET DE LEUR DONNER LA TOTALITE DU POUVOIR EST INAPTE A COMBATTRE LE FASCISME ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=fascisme&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DE LA GUERRE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la guerre mondiale inter-imp&#233;rialiste, quelles sont nos armes, nous prol&#233;taires ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Imaginons un peu. Demain, il y a la nouvelle grande boucherie guerri&#232;re entre les grandes puissances et qu'est-ce qu'on peut dans ces conditions effroyables esp&#233;rer, tenter, sur quoi fonder nos luttes, quelles sont nos forces, nos faiblesses, notre politique ? Comment nous battre sur nos propres bases de prol&#233;taires avant, pendant et apr&#232;s le d&#233;clenchement guerrier ? Comment ne pas tomber dans les pi&#232;ges ? Comment ne pas nous trouver li&#233;s par la logique guerri&#232;re et ne pas nous solidariser avec nos propres exploiteurs ? Pourquoi peut-on penser que le prol&#233;tariat, absolument d&#233;sarm&#233; actuellement (sans organisation autonome, sans ind&#233;pendance de classe, sans id&#233;ologie et programme de classe, sans armes, sans alliances avec des couches opprim&#233;es et exploit&#233;es) a cependant une force potentielle d&#233;terminante qui peut lui permettre de devenir le p&#244;le autour duquel une alternative au syst&#232;me capitaliste se b&#226;tira ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, sachant que la guerre mondiale entre les grandes puissances imp&#233;rialistes ne se d&#233;clenchera qu'&#224; partir du moment o&#249; l'effondrement de l'&#233;conomie capitaliste s'av&#232;rera ing&#233;rable, il certain qu'&#224; ce moment-l&#224;, quand les banques seront ferm&#233;es, quand les &#233;pargnes seront ponctionn&#233;es, quand les salaires et retraites ne seront plus vers&#233;es, quand les Etats seront d&#233;clar&#233;s en faillite en m&#234;me temps que les trusts, les banques et les bourses, alors, oui, il serait clair pour tous les prol&#233;taires qu'il faut un nouveau syst&#232;me social, un nouveau mode de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et alors, sera d&#233;terminant le fait que le prol&#233;tariat est la seule classe qui n'est pas objectivement d&#233;pendante historiquement du vieux syst&#232;me d'exploitation, m&#234;me si elle a longtemps &#233;t&#233; subjectivement d&#233;pendante parce les organisations les plus importantes en son sein sont r&#233;formistes, c'est-&#224;-dire tout &#224; fait d&#233;pendantes du syst&#232;me, de ses institutions, de son Etat et de sa classe poss&#233;dante. Cela signifie que la conscience des prol&#233;taires de devoir offrir une alternative a toutes les chances de remonter en m&#234;me temps que la col&#232;re face &#224; la guerre et ses horreurs, la mis&#232;re, la dictature, d&#232;s lors qu'il sera patent que le capitalisme n'offre plus aucun avenir &#224; l'humanit&#233;. C'est pour cela que, d&#232;s ce moment, les grandes puissances se lanceront dans la guerre g&#233;n&#233;rale et globale, afin de s'en servir pour museler la col&#232;re, pour d&#233;tourner la prise de conscience r&#233;volutionnaire prol&#233;tarienne en plongeant le monde dans le bain de sang et s'appuieront sur l'&#233;tat de guerre pour museler les classes laborieuses et les masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre n'est rien d'autre que l'une des armes de la contre-r&#233;volution et la r&#233;volution est seulement le produit de l'effondrement du capitalisme. C'est l'incapacit&#233; du grand capital &#224; aller de l'avant, en investissant ses profits dans la production, qui contraint les prol&#233;taires &#224; redevenir un potentiel r&#233;volutionnaire. Le grand capital a beau avoir son plus grand succ&#232;s en termes de masse totale des capitaux, elle a atteint son plus grand &#233;chec en termes de masse des investissements productifs par rapport au total des capitaux. Or l'investissement productif est la source de la plus-value et donc la vraie origine de tout profit, malgr&#233; la masse des profits fictifs car purement sp&#233;culatifs en hausse spectaculaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que la marche &#224; la guerre g&#233;n&#233;rale sera annonc&#233;e, on nous dira : &#171; quoique vous pensiez de la justesse de l'entr&#233;e en guerre, vous n'avez plus le choix, il faut d&#233;fendre le camp de &#171; notre &#187; pays, de &#171; notre &#187; Etat, il faut viser &#224; la victoire de &#171; notre &#187; arm&#233;e. &#187; Et cela viendra de la part non seulement des va-t-en guerre mais des pr&#233;tendus pacifistes, les r&#233;formistes, la gauche, les syndicats et une certaine extr&#234;me gauche opportuniste. Ils diront : &#171; Nous avons tout fait pour &#233;viter la guerre et maintenant nous devons tout faire pour que &#171; notre &#187; peuple, &#171; notre &#187; pays (assimil&#233;s &#224; tort &#224; notre ville, notre maison, notre foyer, notre famille) ne subisse pas des cons&#233;quences trop graves de cette guerre. &#187; Et c'est faux ! En cas de guerre entre les imp&#233;rialismes, les peuples travailleurs de chacun de ces pays ont un seul int&#233;r&#234;t : QUE LEUR PROPRE PAYS IMPERIALISTE SOIT VAINCU ! Cela s'appelle le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire. Parce que c'est de cette d&#233;faite que peut na&#238;tre la victoire du prol&#233;tariat. Parce que souhaiter cette d&#233;faite, c'est la seule mani&#232;re pour le prol&#233;tariat de relever le d&#233;fit de la guerre &#224; la classe dirigeante. Parce que tout autre politique est une trahison des int&#233;r&#234;ts du peuple travailleur. Cette &#171; trahison nationale &#187; est la seule vraie d&#233;nonciation du nationalisme guerrier imp&#233;rialiste et toute autre position n'est que mensonges pacifistes, pacifiques seulement &#224; l'&#233;gard des poss&#233;dants. Seule la d&#233;faite militaire de l'imp&#233;rialisme provoqu&#233;e et organis&#233;e par les exploit&#233;s peut arr&#234;ter la guerre en mettant en avant le pouvoir des travailleurs. Les diverses formes du patriotisme m&#234;l&#233; de pacifisme ne sont que mensonges sanglants. Ne pas d&#233;sarmer et d&#233;truire l'arm&#233;e de la bourgeoisie imp&#233;rialiste, c'est la laisser tourner ses armes contre le peuple travailleur. N'oublions pas que dans tous les &#233;pisodes historiques connus, l'arm&#233;e imp&#233;rialiste a fait suivre la guerre entre imp&#233;rialismes, d'une guerre civile sanglante dans laquelle l'arm&#233;e a fait tirer sur le peuple !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais aucun imp&#233;rialisme n'a men&#233; de guerre pour sauver un peuple de la guerre, de la dictature, du fascisme, du massacre ou m&#234;me du g&#233;nocide. Les pr&#233;tendues d&#233;mocraties, leurs &#171; d&#233;mocrates &#187;, leurs gauches, leurs syndicats, leurs m&#233;dias qui pr&#233;tendent le contraire sont des fieff&#233;s menteurs qui veulent &#224; nouveau nous tromper demain. Aucun imp&#233;rialisme ne m&#232;ne une guerre pour soutenir le peuple de son pays, pas plus qu'il n'exploite la plan&#232;te dans ce but. L'imp&#233;rialisme, m&#234;me soi-disant temp&#233;r&#233; de d&#233;mocratie &#233;lectorale et de constitution l&#233;gale, n'est rien d'autre que le pouvoir du grand capital, c'est-&#224;-dire d'une infime minorit&#233; qui exploite l'immense majorit&#233;, y compris celle du pays imp&#233;rialiste. Ce n'est pas pour enrichir le peuple des pays riches que les pays pauvres sont mis en coupe r&#233;gl&#233;e par l'imp&#233;rialisme. Certes, cela a permis longtemps de retarder les r&#233;volutions dans les pays riches mais cela n'est plus vrai. L'effondrement du capitalisme sonne le glas aussi de cette tromperie-l&#224;. Plus que jamais, l'imp&#233;rialisme signifie le bain de sang des travailleurs, quelle que soit leur nationalit&#233;, leur origine, leur race, leur religion, leur couleur de peau. &lt;br class='autobr' /&gt;
PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS UNISSEZ VOUS POUR ABATTRE L'IMPERIALISME MONDIAL !&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;faite, la chute de l'imp&#233;rialisme, et m&#234;me le d&#233;but de la r&#233;volte prol&#233;tarienne contre l'imp&#233;rialisme c'est le d&#233;but de la r&#233;volution sociale, le d&#233;but de la fin de l'imp&#233;rialisme, le d&#233;but de la r&#233;publique des soviets ! Ce qui s'oppose &#224; l'imp&#233;rialisme, c'est le prol&#233;tariat organis&#233; en soviets, c'est-&#224;-dire en conseils de d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus et r&#233;vocables par les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales prol&#233;tariennes r&#233;volutionnaires qui d&#233;cident de tout et dirigent tout. Sans le pouvoir de soviets, on ne peut pas en finir avec l'imp&#233;rialisme ! &lt;br class='autobr' /&gt;
CEUX QUI DENONCENT L'IMPERIALISME SANS APPELER AU POUVOIR DES SOVIETS SONT DES COMPLICES CAMOUFLES DE NOS ENNEMIS !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier pas dans le sens de la d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme consiste &#224; casser le moral de l'arm&#233;e. A casser aussi la cr&#233;dibilit&#233; du patriotisme. A d&#233;voiler et casser les buts pr&#233;tendus de l'imp&#233;rialisme. A d&#233;noncer et d&#233;masquer les amis cach&#233;s de l'imp&#233;rialisme et surtout ceux qui ont du cr&#233;dit parmi les travailleurs. A d&#233;noncer les crimes de l'imp&#233;rialisme et &#224; montrer qu'ils n'ont pas &#233;t&#233; commis pour d&#233;fendre la population contre les crimes d'autres imp&#233;rialismes mais pour des buts bien plus int&#233;ress&#233;s et qui &#171; int&#233;ressent &#187; une part infime de la population, les plus riches et les oppresseurs et exploiteurs du monde, gens qui n'appartiennent pas au m&#234;me monde que nous. Tant que le moral de l'arm&#233;e est haut, que le soldat suit aveugl&#233;ment sa hi&#233;rarchie, aucune r&#233;volution ne peut triompher. Tant que le petit soldat ne sent pas qu'il a des buts diff&#233;rents voire oppos&#233;s &#224; ceux de ses chefs, la r&#233;volution prol&#233;tarienne se heurte &#224; un mur infranchissable. Mais, avec la guerre, le soldat voit tous les jours les mensonges, les exactions, les crimes des chefs militaires et la d&#233;moralisation peut &#234;tre tr&#232;s rapide. Le soldat est chair &#224; canons comme le prol&#233;taire est chair &#224; travail, exploit&#233;, tromp&#233;, expos&#233; et sacrifi&#233; en premier. Encore faut-il que le petit soldat soit attir&#233; par un prol&#233;tariat combatif qui exprime une solidarit&#233; avec lui et qui affirme que tout soldat qui prend parti pour la r&#233;volution sera prot&#233;g&#233; par elle. Car un soldat r&#233;volt&#233; en temps de guerre est tr&#232;s vite &#233;limin&#233; physiquement par la r&#233;pression militaire. D&#232;s lors que l'arm&#233;e se fissure, le pouvoir des classes poss&#233;dantes tient &#224; un fil, qu'il est possible de briser pour peu que les travailleurs s'auto-organisent en soviets dans ce but et combattent les forces r&#233;formistes en leur sein, forces qui ne veulent surtout pas de la d&#233;stabilisation de l'Etat. Il est alors possible que les soviets de travailleurs se lient aux comit&#233;s de soldats. C'est le signal que la r&#233;volution est mure pour pr&#233;parer un nouveau pouvoir face &#224; l'ancien, pour commencer &#224; contester, puis renverser le pouvoir des poss&#233;dants. &lt;br class='autobr' /&gt;
LA GUERRE N'EST PAS LA FIN DE LA LUTTE DE CLASSE MAIS SON EXACERBATION.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;faite militaire est la meilleure arme des prol&#233;taires qui veulent agir dans le sens des int&#233;r&#234;ts historiques de leur classe, c'est-&#224;-dire vers le pouvoir des conseils de travailleurs en armes. Inversement, la r&#233;ussite du lancement de la guerre d&#233;molit momentan&#233;ment le moral des travailleurs, leur sens de classe, leur confiance dans leurs propres forces. La guerre appara&#238;t toujours comme une victoire du nationalisme exacerb&#233;, renforce la haine des autres peuples, donne la parole aux pires bellicistes, &#233;touffe la voix des internationalistes et de tous ceux qui se revendiquent du prol&#233;tariat. Bien s&#251;r, la guerre ne favorise nullement le moral et la conscience des travailleurs, ni leur organisation, ni leurs luttes, ni leurs liens entre prol&#233;taires. L'accablement, le d&#233;sespoir, le fatalisme, la m&#233;fiance, la peur, le soup&#231;on, le nationalisme, le racisme, le fascisme, les sentiments les plus bas ne peuvent que sortir favoris&#233;s dans un premier temps par l'entr&#233;e en guerre. La propagande y rajoute la d&#233;nonciation des exactions r&#233;elles ou imaginaires de l'imp&#233;rialisme ennemi et le camouflage des crimes de son propre imp&#233;rialisme. Bien entendu, tout cela n'est pas fait pour favoriser la mont&#233;e de la r&#233;volution, bien au contraire, celle de la contre-r&#233;volution. Redisons-le, la guerre n'est pas seulement le produit des rivalit&#233;s inter-imp&#233;rialistes mais de la lutte des classes, qui, en p&#233;riode de crise aigue du syst&#232;me dominant, n&#233;cessite des moyens violents, sanglants, pour &#233;radiquer les risques r&#233;volutionnaires. Et la m&#233;fiance a des fondements bien r&#233;els : la guerre permet d'autoriser la r&#233;pression syst&#233;matique et l'&#233;limination individuelle et collective des &#171; ennemis &#187; par le pouvoir, les ennemis de classe &#233;tant consid&#233;r&#233;s comme des ennemis de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUAND ILS FONT LA GUERRE, IL FAUT NOUS DIRE QUE C'EST A NOUS, PEUPLE TRAVAILLEUR, QU'ILS FONT LA GUERRE.&lt;br class='autobr' /&gt;
La perte de moral du prol&#233;tariat dans cette premi&#232;re phase provient non seulement de la peur des horreurs qui d&#233;marrent ou qui peuvent suivre mais aussi de l'effondrement des illusions qui l'avaient pr&#233;c&#233;d&#233; sur la possibilit&#233; de bien vivre au sein du syst&#232;me, malgr&#233; ses d&#233;fauts. Bien des prol&#233;taires ont longtemps cru que l'ordre social n'&#233;tait pas parfait mais qu'on pouvait s'y faire sa place. Ces illusions ont &#233;t&#233; bien organis&#233;es et planifi&#233;es par l'ordre &#233;tabli et par toutes les organisations install&#233;es au sein du syst&#232;me, y compris la gauche, les syndicats et la fausse extr&#234;me gauche. Ces derniers n'ont cess&#233; de faire croire que l'on pouvait d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts de classe au sein des institutions et qu'on devait compter pour s'exprimer et lutter sur les &#233;lections bourgeoises et sur les bureaucraties syndicales li&#233;es aux classes poss&#233;dantes &#224; l'Etat capitaliste. Toutes ces tromperies ont li&#233; pieds et poings les travailleurs &#224; leurs pires ennemis et les ont men&#233;s &#224; croire que l'arm&#233;e de leur imp&#233;rialisme &#233;tait &#171; leur &#187; arm&#233;e, charg&#233;e de les prot&#233;ger, eux et leur famille ! Ce sont eux qui ont fait croire qu'on pouvait faire confiance aux classes dirigeantes si le sort du pays &#233;tait en jeu ! Comme si les exploiteurs voulaient sauver un seul peuple ! Ce sont eux qui refusent aux exploit&#233;s et aux opprim&#233;s de s'unir au sein des conseils du peuple travailleur, seule organisation de masse capable d'offrir une alternative &#224; la soci&#233;t&#233; d'exploitation. Aujourd'hui, &#224; la veille du conflit g&#233;n&#233;ral, ils ne l&#232;vent pas le petit doigt pour permettre aux exploit&#233;s et aux opprim&#233;s de s'unir dans la lutte pour pr&#233;parer un autre avenir que cette immense boucherie. Et pourtant certains d'entre eux se disent oppos&#233;s &#224; la guerre et pour certains oppos&#233;s aux exploiteurs ou oppos&#233;s au syst&#232;me capitaliste. Mais ils sont li&#233;s entre eux, ils se tiennent les coudes, m&#234;me s'ils se critiquent mutuellement. Les illusions sur le syst&#232;me que toutes ces organisations ont cultiv&#233; vont nous co&#251;ter extr&#234;mement cher car elles nous ont emp&#234;ch&#233; de nous pr&#233;parer, elles vous nous contraindre de le faire sous le feu, dans les pires conditions, mais nous devrons cependant le faire, nous le pouvons et nous pouvons gagner. Les classes poss&#233;dantes le savent. Elles l'ont appris des guerres imp&#233;rialistes pr&#233;c&#233;dentes dans lesquelles des r&#233;voltes et des r&#233;volutions ont &#233;clat&#233;. De la derni&#232;re vague des r&#233;voltes et r&#233;volutions d&#233;but&#233;e en 2010-2011 qui a suivi l'effondrement &#233;conomique et social de 2007-2008, elles ont tir&#233; la le&#231;on que la r&#233;volution sociale mondiale menace de revenir sur le devant de la sc&#233;ne de l'Histoire et elles comptent bien pratiquer un bain de sang de masse pour &#233;viter que la prochaine vague r&#233;volutionnaire internationale ne tire les le&#231;ons de la pr&#233;c&#233;dente et ne m&#232;ne au pouvoir des soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ILS SONT EN GUERRE PARCE QU'ILS CRAIGNENT NOTRE REVOLUTION.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre se charge de d&#233;truire les potentialit&#233;s r&#233;volutionnaires mais elle va n&#233;cessairement d&#233;truire en m&#234;me temps les illusions r&#233;formistes qui enchainaient et baillonnaient le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. Elle va d&#233;truire, torturer, terroriser et d&#233;molir la vie de millions d'&#234;tres humains mais aussi les lib&#233;rer de leurs r&#233;serves, de leurs r&#233;ticences, de leurs timidit&#233;s &#224; agir r&#233;volutionnairement &#224; l'&#233;gard des exploiteurs et oppresseurs, de leurs craintes de semer la violence face &#224; une soci&#233;t&#233; qui, elle, n'a pourtant jamais craint de semer la violence, leurs retenues devant la n&#233;cessit&#233; de terroriser ceux qui nous terrorisent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, les travailleurs et les peuples n'ont pas voulu de la lutte au couteau pas plus qu'ils n'ont voulu de la guerre civile et de la r&#233;volution. Ce sont les exploiteurs et les oppresseurs qui les y contraignent. Et ils nous contraignent de prendre les armes pour tuer le peuple d'en face qui est comme nous contraint de prendre les armes pour massacrer ses fr&#232;res du pays voisin. Alors, il est l&#233;gitime d'employer les armes pour renverser les bouchers qui nous donnent de tels ordres. Il n'y aucune morale &#224; accepter, &#224; c&#233;der, &#224; se soumettre aux hi&#233;rarchies militaires et aux pouvoirs civils qui nous donnent ces ordres. Notre devoir, la d&#233;fense de nos familles, notre dignit&#233; d'hommes et de femmes nous imposent l'inverse : le droit &#224; refuser, de nous r&#233;volter, de renverser le pouvoir assassin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute cette tromperie qui se finit dans la barbarie sanglante provient d'un mensonge : faire croire que cet Etat est celui du peuple travailleur, l'&#233;manation de sa propre volont&#233;. Eh bien, la seule r&#233;ponse valable est de mettre en place r&#233;ellement l'Etat qui est le produit des d&#233;cisions du peuple travailleur, l'Etat des conseils r&#233;volutionnaires de travailleurs, &#233;lus et r&#233;vocables par eux. Et cela n&#233;cessite de d&#233;sarmer, de dissoudre, de d&#233;sorganiser, de d&#233;moraliser l'arm&#233;e permanente de la bourgeoisie capitaliste dans tous les pays &#224; commencer par celle des plus grandes puissances, des imp&#233;rialismes qui dominent et terrorisent le monde. C'est la guerre qui peut nous permettre d'y parvenir mais cela n&#233;cessite que les travailleurs agissent en r&#233;volutionnaires et se donnent comme objectif de d&#233;truire le mensonge de cet Etat capitaliste qu'on leur a pr&#233;sent&#233; comme leur propre Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE PREMIER PAS DES TRAVAILLEURS REVOLUTIONNAIRES EST DE CESSER D'ETRE LES DUPES DE L'ETAT DES CAPITALISTES QUI SE DIT ETAT DU PEUPLE TOUT ENTIER ET DE PROCLAMER QUE SA DEFAITE EST LE DEBUT DE NOTRE VICTOIRE !&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles sont nos armes ? La premi&#232;re et principale arme du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire est de ne pas se lier au pouvoir capitaliste, de ne pas se lier &#224; la d&#233;fense de son syst&#232;me d'exploitation, de ne pas croire aux organisations qui l'y enchainent. La seconde est de ne pas &#234;tre encha&#238;n&#233;s aux institutions m&#234;me celles dites d&#233;mocratiques, ne pas &#234;tre encha&#238;n&#233;s &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des capitaux et des moyens de production, ne pas &#234;tre &#224; sa hi&#233;rarchie, &#224; sa l&#233;galit&#233;, &#224; ses forces de r&#233;pression, &#224; son ordre social, &#224; sa morale, &#224; son id&#233;ologie, &#224; sa philosophie, &#224; son pr&#233;tendu pacifisme, &#224; sa pr&#233;tendue morale. La troisi&#232;me arme des prol&#233;taires est l'auto-organisation en comit&#233;s du peuple travailleur s'emparant, avec l'aide des comit&#233;s de soldats qui refusent l'ob&#233;issance &#224; leur hi&#233;rarchie et au pouvoir capitaliste, de tout le pouvoir de d&#233;cision, de tous les pouvoirs r&#233;els et notamment du capital tout entier et de la totalit&#233; des armes. Tous les organisations qui se disent du c&#244;t&#233; des travailleurs mais refusent tout cela ne sont que des traitres aux int&#233;r&#234;ts prol&#233;tariens !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui, craintifs, se disent que leurs camarades de travail sont encore loin d'avoir conscience de tout cela et pensent que ces remarques sont hors de propos, ont tort : si la guerre mondiale approche, c'est que l'effondrement &#233;conomique et social est d&#233;j&#224; in&#233;luctablement r&#233;alis&#233;. Alors, cela signifie que la perspective r&#233;volutionnaire socialiste n'est pas pour apr&#232;s-demain. Il est donc plus que temps de se pr&#233;parer, camarades, de pr&#233;parer nos id&#233;es, nos programmes, nos conseils de travailleurs et notre parti r&#233;volutionnaire afin de pr&#233;parer un avenir socialiste &#224; la soci&#233;t&#233; humaine mondiale !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DU PROGRAMME REVOLUTIONNAIRE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Demandez le programme des communistes r&#233;volutionnaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8532&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8532&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le programme de Lutte ouvri&#232;re (le petit article qui en tient lieu) ne parle de l'Etat ouvrier que pour faire r&#233;f&#233;rence &#224; sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence et pas pour parler de l'avenir, du pouvoir des soviets !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne parle que de d&#233;truire des rapports sociaux, pas de d&#233;truire l'Etat bourgeois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne dit rien de ce qu'il faut faire de l'arm&#233;e capitaliste, de la police capitaliste, des prisons capitalistes, de l'administration capitaliste, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'&#233;tat actuel du syst&#232;me capitaliste, il ne va pas au-del&#224; des termes de &#171; nouvelle crise grave &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che qu'elle se donne est tr&#232;s passive : &#171; Transmettre fid&#232;lement les id&#233;es marxistes aux nouvelles g&#233;n&#233;ration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence au grand communiste r&#233;volutionnaire Barta est effac&#233;e : &#171; Le courant politique incarn&#233; aujourd'hui par Lutte ouvri&#232;re est n&#233;, pendant la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. &#187; C'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant il cite le rapport de 1943 de Barta sans nommer son auteur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/2017-12-09-construire-un-parti-communiste-revolutionnaire_100246.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/2017-12-09-construire-un-parti-communiste-revolutionnaire_100246.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000a.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1847&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1875/05/18750500.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1875&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/kautsky/works/1892/00/kautsky_18920000.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1892&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1899/10/vil00101899.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1899&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/10/vil19171008.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19181231.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1918&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/inter_com/1922/06/programme.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1922&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical212.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1928&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1934/prog34.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1934&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1938&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DE L'ETAT&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La plus &#034;d&#233;mocratique&#034; des r&#233;publiques n'est rien d'autre que la dictature du grand capital d&#233;fendue jusqu'&#224; la mort par ses forces arm&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Etat est la principale tromperie politique qui induit en erreur les masses laborieuses dans le monde entier. Il est pr&#233;sent&#233; partout comme le principal outil de progr&#232;s social et de d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; alors qu'il est le principal outil des classes dirigeantes en vue de la conservation d'un ordre social fond&#233; sur l'exploitation et l'oppression. Les peuples et les classes ouvri&#232;res d&#233;noncent souvent les hommes politiques, les chefs militaires &#233;ventuellement, parfois m&#234;me les chefs religieux mais ils ne cessent jamais de croire que l'Etat &#034;devrait&#034; &#234;tre au service du peuple. C'est l&#224; l'illusion supr&#234;me et la plus grave des tromperies.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Certes, il est beaucoup plus facile de s'exclamer, d'injurier, de pousser les hauts cris, que d'essayer de raconter, d'expliquer, de rappeler la fa&#231;on dont Marx et Engels ont analys&#233; en 1871, 1872, 1875 l'exp&#233;rience de la Commune de Paris et ce qu'ils ont dit de la nature de l'Etat qui est n&#233;cessaire au prol&#233;tariat.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine dans les th&#232;ses d'avril 1917&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Etant donn&#233; que l'Etat est la forme par laquelle les individus d'une classe dominante font valoir leurs int&#233;r&#234;ts communs, la forme dans laquelle l'ensemble de la soci&#233;t&#233; civile d'une &#233;poque se r&#233;sume, il s'ensuit que toues les institutions communes sont m&#233;diatis&#233;es par l'Etat, re&#231;oivent une forme politique. D'o&#249; l'illusion que la loi repose sur la volont&#233; libre, d&#233;tach&#233;e de sa base r&#233;elle. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx dans &#171; Feuerbach &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;On se rend compte imm&#233;diatement que, dans un pays comme la France, o&#249; le pouvoir ex&#233;cutif dispose d'une arm&#233;e de fonctionnaires de plus d'un demi-million de personnes et tient, par cons&#233;quent, constamment sous sa d&#233;pendance la plus absolue une quantit&#233; &#233;norme d'int&#233;r&#234;ts et d'existences, o&#249; l'Etat enserre, contr&#244;le, r&#233;glemente, surveille et tient en tutelle la soci&#233;t&#233; civile, depuis ses manifestations d'existence les plus vastes jusqu'&#224; ses mouvements les plus infimes, de ses modes d'existence les plus g&#233;n&#233;raux jusqu'&#224; la vie priv&#233;e des individus, o&#249; ce corps parasite, gr&#226;ce &#224; la centralisation la plus extraordinaire, acquiert une omnipr&#233;sence, une omniscience, une capacit&#233; de mouvement et un ressort accru, qui n'a d'analogue que l'&#233;tat de d&#233;pendance absolue, la difformit&#233; incoh&#233;rente du corps social, on comprend donc que, dans un tel pays, l'Assembl&#233;e nationale, en perdant le droit de disposer des postes minist&#233;riels, perdait &#233;galement toute influence r&#233;elle, si elle ne simplifiait pas en m&#234;me temps l'administration de l'Etat, ne r&#233;duisait pas le plus possible l'arm&#233;e de fonctionnaires et ne permettait pas, enfin, &#224; la soci&#233;t&#233; civile et &#224; l'opinion publique de cr&#233;er leurs propres organes, ind&#233;pendants du pouvoir gouvernemental. Mais l'int&#233;r&#234;t mat&#233;riel de la bourgeoisie fran&#231;aise est pr&#233;cis&#233;ment li&#233; de fa&#231;on tr&#232;s intime au maintien de cette machine gouvernementale vaste et compliqu&#233;e. C'est l&#224; qu'elle case sa population superflue et compl&#232;te sous forme d'appointements ce qu'elle ne peut encaisser sous forme de profits, d'int&#233;r&#234;ts, de rentes et d'honoraires. D'autre part, son int&#233;r&#234;t politique l'obligeait &#224; aggraver de jour en jour la r&#233;pression, et, par cons&#233;quent, &#224; augmenter les moyens et le personnel du pouvoir gouvernemental, tandis qu'en m&#234;me temps il lui fallait mener une guerre ininterrompue contre l'opinion publique, mutiler et paralyser jalousement les organes moteurs ind&#233;pendants de la soci&#233;t&#233;, l&#224; o&#249; elle ne r&#233;ussissait pas &#224; les amputer compl&#232;tement. C'est ainsi que la bourgeoisie fran&#231;aise &#233;tait oblig&#233;e, par sa situation de classe, d'une part, d'an&#233;antir les conditions d'existence de tout pouvoir parlementaire et, par cons&#233;quent aussi, du sien m&#234;me, et, d'autre part, de donner une force irr&#233;sistible au pouvoir ex&#233;cutif qui lui &#233;tait hostile.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx dans &#034;Le 18 brumaire de Louis Bonaparte&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#119810;&#119822;&#119820;&#119820;&#119812;&#119821;&#119827; &#119819;&#119812; &#119823;&#119812;&#119828;&#119823;&#119819;&#119812; &#119827;&#119825;&#119808;&#119829;&#119808;&#119816;&#119819;&#119819;&#119812;&#119828;&#119825; &#119823;&#119812;&#119828;&#119827;-&#119816;&#119819; &#119808;&#119826;&#119826;&#119828;&#119825;&#119812;&#119825; &#119826;&#119808; &#119823;&#119825;&#119822;&#119823;&#119825;&#119812; &#119826;&#119812;&#119810;&#119828;&#119825;&#119816;&#119827;&#119812; &#119812;&#119827; &#119816;&#119821;&#119827;&#119812;&#119814;&#119825;&#119816;&#119827;&#119812; &#119823;&#119815;&#119832;&#119826;&#119816;&#119824;&#119828;&#119812; &#119812;&#119827; &#119820;&#119822;&#119825;&#119808;&#119819;&#119812; &#119812;&#119821; &#119826;&#119812; &#119811;&#119812;&#119809;&#119808;&#119825;&#119825;&#119808;&#119826;&#119826;&#119808;&#119821;&#119827; &#119811;&#119812;&#119826; &#119813;&#119822;&#119825;&#119810;&#119812;&#119826; &#119811;&#119812; &#119819;'&#119822;&#119825;&#119811;&#119825;&#119812; &#119810;&#119808;&#119823;&#119816;&#119827;&#119808;&#119819;&#119816;&#119826;&#119827;&#119812; &lt;br class='autobr' /&gt;
On nous pr&#233;sente tous les jours l'existence de la police, de la gendarmerie ou de l'arm&#233;e comme une chose allant de soi, comme une chose qui ne se discute m&#234;me pas. Leur vocation serait de prot&#233;ger le peuple ! On nous l'apprend depuis que nous sommes enfants, comme on nous apprend l'existence du divin et le respect et la soumission que nous devrions aux deux ! La police (et l'&#201;tat) au travers des diff&#233;rentes formes qu'elle a pu prendre dans les soci&#233;t&#233;s humaines, comme la religion, a toujours eu la vocation d'aider &#224; maintenir de toutes les mani&#232;res les soci&#233;t&#233;s de classes au profit exclusif d'une seule classe, une petite minorit&#233; qui, ell&#233;m&#234;me a chang&#233; au fil des temps, allant du patricien au seigneur avant de laisser la place aux bourgeois capitalistes !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les classes dirigeantes, pour asseoir leur pouvoir, se sont toujours appuy&#233;es sur des bandes d'hommes en armes pour lesquelles elles avaient besoin de l&#233;gitimer le port exclusif des armes et de la violence qu'elles nomment justice divine ou r&#233;publicaine tout en excluant le peuple de cet exercice politique !&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, depuis notre enfance, on nous explique que les forces de l'ordre nous prot&#232;geraient des d&#233;linquants et de la racaille ! Que nous ne pouvons pas vivre sans elles ! Que c'est un mal n&#233;cessaire ! Que nous sommes bien contents quand des CRS sauvent des vies sur les plages l'&#233;t&#233;&#8230;. La liste est longue ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant o&#249; sont-elles quand on est licenci&#233;, expuls&#233; ? O&#249; sont-elles quand on meurt aux urgences, victime de la destruction de l'h&#244;pital public ? O&#249; sont-elles quand on ne fait qu'un repas par jour, quand on ne peut rien offrir &#224; ses enfants que mis&#232;re, pauvret&#233;, ch&#244;mage, SNU, guerres... O&#249; sont-elles quand les gouvernants foulent aux pieds le droit des peuples ? O&#249; sont-elles quand le peuple se r&#233;volte contre cette situation intol&#233;rable ? Elles sont l&#224;, matraque &#224; la main, nous gazant, nous tirant dessus &#224; l'arme de guerre (LBD), nous jetant des grenades qui nous mutilent et nous tuent, pour prot&#233;ger soi-disant la r&#233;publique du Peuple mais certainement pas pour prot&#233;ger le peuple de la r&#233;publique capitaliste, de ses gouvernements et de son &#201;tat qui jettent de plus en plus d'entre nous dans la mis&#232;re ! Les forces de l'ordre capitalistes ne sont et ne seront jamais du c&#244;t&#233; du peuple mais du c&#244;t&#233; de l'&#201;tat et des gouvernements qui eux-m&#234;mes sont au service des classes dirigeantes : c'est-&#224;-dire les grandes fortunes. Voil&#224; o&#249; sont les forces de l'ordre capitaliste ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Oui mais, nous diront certains, malgr&#233; cela la police nous prot&#232;ge quand m&#234;me de la racaille et des gangs tant bien que mal ! Faux et archifaux, la police ne pourra jamais lutter efficacement non plus contre la d&#233;linquance ou m&#234;me contre les gangs qui leur servent de faire valoir &#224; leur propre existence ! Oui, contrairement &#224; tout ce qui est dit, la police ne peut pas nous prot&#233;ger de la d&#233;linquance et de la racaille, ni la faire dispara&#238;tre, car l'existence m&#234;me de la petite d&#233;linquance et de l'&#233;conomie parall&#232;le est intimement li&#233;e aux soci&#233;t&#233;s de classes ! Petite d&#233;linquance, gang, mafia et Cie ne sont rien d'autres que les produits du capitalisme qui n'offre pas &#224; certaines populations la possibilit&#233; de travailler ou de vivre de leur travail, poussant ainsi &#224; l'&#233;mergence d'une &#233;conomie parall&#232;le, souterraine, mafieuse, qui, au final, est tout aussi capitaliste que tout le reste de l'&#233;conomie dont elle irrigue de son argent dit sale comme s'il y avait de l'argent propre non issu de l'exploitation du travail sous le capitalisme ! La police ne peut d'autant plus rien contre l'&#233;conomie ill&#233;gale car celle-ci est vitale au bon fonctionnement du capitalisme tout entier et dont les plus grands trafiquants sont &#224; la t&#234;te des grandes entreprises capitalistes mondiales et des &#201;tats prot&#233;g&#233;s par cette m&#234;me police qui leur ob&#233;it et qui jamais ne s'en prend &#224; eux ! &lt;br class='autobr' /&gt;
La Fran&#231;afrique dont la France bourgeoise et l'&#201;lys&#233;e ne sont-elles pas &#224; la t&#234;te d'une des plus grandes entreprises mafieuses bas&#233;es sur le trafic d'armes, de drogues et l'esclavage salarial des peuples par le biais de dictatures soutenues par l'arm&#233;e fran&#231;aise qui n'h&#233;sitent pas &#224; massacrer les peuples voire &#224; soutenir et aider &#224; l'organisation de g&#233;nocides comme au Rwanda en 1994 ? Si !&lt;br class='autobr' /&gt;
N'est-ce pas les m&#234;mes raisons qui pr&#233;valent &#224; Mayotte ? Si !&lt;br class='autobr' /&gt;
N'est-ce pas les m&#234;mes raisons qui pr&#233;valent en Ukraine ? Si !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont celles du brigandage et du vol faites sur le corps et le sang des prol&#233;taires et des peuples ! Et que fait la police contre les brigands &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat et des gouvernements ? Rien ! Elle les prot&#232;ge sous couvert de d&#233;fendre la r&#233;publique et la d&#233;mocratie ! Jamais un groupe de mercenaires n'a d&#233;fendu la d&#233;mocratie ! Le pendant de cette politique mafieuse ext&#233;rieure est le maintien de l'ordre bourgeois par la police et la gendarmerie en France par tous les moyens n&#233;cessaires pour maintenir l'exploitation l&#233;gale en France !&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien des prol&#233;taires et une majorit&#233; du peuple travailleur ont oubli&#233; ce qu'&#233;tait la police et l'arm&#233;e m&#234;me r&#233;publicaines ! Ils ont oubli&#233; comment ces derniers ont assassin&#233; des gr&#233;vistes ou massacr&#233; des soul&#232;vements comme la Commune de Paris ! La raison de cet oubli m&#233;moriel est simple ! L'exploitation du reste du monde a permis aux classes dirigeantes en France de maintenir une certaine paix sociale pendant de nombreuses ann&#233;es gr&#226;ce aux CDI et &#224; l'emploi &#224; vie jusqu'&#224; la retraite, l'accession aux &#233;tudes des enfants de la petite bourgeoisie mais aussi ouvri&#232;re (au moins jusqu'au BAC), l'accession &#224; la propri&#233;t&#233; ! Mais cette p&#233;riode m&#234;me de calme relatif dans un pays comme la France n'emp&#234;chait nullement la police de quadriller les quartiers les plus populaires et les plus pauvres pour maintenir la paix civile bourgeoise pour tous ceux qui &#233;taient exclus du &#171; miracle &#233;conomique des 30 glorieuses &#187; ! Seule la fraction la plus pauvre (notamment issue de l'immigration) a continu&#233; de subir pendant de nombreuses d&#233;cennies les violences polici&#232;res et les meurtres commis par la police ! Afin de maintenir cette s&#233;paration entre le prol&#233;tariat autochtone et celui issu des colonies ou des anciennes colonies, le racisme r&#233;publicain &#224; gauche comme &#224; droite a permis de faire de la fraction du prol&#233;tariat la plus pr&#233;caire et issue de l'immigration une nouvelle &#171; classe dangereuse &#187; qu'il fallait rendre sulfureuse pour mieux d&#233;fendre aupr&#232;s de la classe ouvri&#232;re autochtone les violences &#224; son encontre afin d'obtenir leur soutien &#224; la police capitaliste ! Mais ce qui f&#251;t vrai pendant tout un temps est de plus en plus remis en cause ces derni&#232;res ann&#233;es ! De nouvelles fractions du prol&#233;tariat et du peuple travailleur se trouvent de plus en plus confront&#233;es &#224; la r&#233;alit&#233; polici&#232;re de la r&#233;publique capitaliste et de ses violences !&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, avec l'effondrement &#233;conomique de 2008, l'ensemble des &#233;conomies capitalistes ne peuvent plus maintenir la paix sociale comme avant ! Et un pays imp&#233;rialiste comme la France ne fait pas exception, provoquant un recul sans pr&#233;c&#233;dent des conditions de vie et de travail ! Cette situation a pouss&#233; et pousse encore in&#233;luctablement &#224; une lutte de classe toujours plus exacerb&#233;e entre la bourgeoisie et le peuple travailleur ! Et les Gilets Jaunes comme les &#233;meutes de ces derniers jours sont l'expression de cette lutte de classe qui s'exacerbe ! Et face &#224; ces menaces, l'&#201;tat montre son vrai visage, celui d'une bande de mercenaires asserment&#233;s d&#233;fendant avant les int&#233;r&#234;ts des classes dirigeantes capitalistes ! Et les Gilets Jaunes ont montr&#233; pour la premi&#232;re fois depuis tr&#232;s longtemps que lorsqu'on se montrait dangereux politiquement pour les classes dirigeantes, elles utilisaient les m&#234;mes politiques de r&#233;pression que celles utilis&#233;es contre les populations des quartiers les plus populaires ! Les &#171; fascistes, antis&#233;mites, homophobes &#187; Gilets Jaunes rempla&#231;ant alors la &#171; racaille, les d&#233;linquants &#187; des quartiers populaires &#224; forte concentration de population d'origine arabe ou africaine qu'est la jeunesse ouvri&#232;re, ces nouveaux gavroches des temps modernes jet&#233;s &#224; la vindicte populaire ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; l'&#201;tat, il r&#233;apparait pour un tr&#232;s grand nombre de travailleurs pour ce qu'il n'a jamais cess&#233; d'&#234;tre, c'est-&#224;-dire une bande d'assassins couverts de la l&#233;galit&#233; capitaliste qui n'a strictement rien &#224; voir avec le mythe de la police r&#233;publicaine d&#233;fendue par la gauche bourgeoise du PCF au PS en passant par la LFI qui n'ont rien &#224; voir avec le r&#233;formisme ouvrier d'un Jaur&#232;s. Jaur&#232;s qui sur cette question est bien plus &#224; gauche que tous ces partis qui, aujourd'hui, d&#233;fendent non seulement la police capitaliste mais sa r&#233;publique comme horizon ind&#233;passable, l&#224; o&#249; m&#234;me un Jaur&#232;s d&#233;fendait l'horizon du socialisme cad l'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et du salariat ! Il n'en est plus rien pour ces partis du socialisme comme de l'abolition de la police et de l'arm&#233;e que le socialisme d&#233;fendait encore jusqu'en 1914 comme le faisait alors le POF de Jules Guesde et Lafargue ou encore le syndicalisme r&#233;volutionnaire de la CGT avant de tous rejoindre l'Union Sacr&#233;e avec leur bourgeoisie et de ne plus en sortir depuis ! Programme politique que d'ailleurs l'ensemble de nos extr&#234;mes gauches LO, NPA(s), UCL, R&#233;volution Permanente, CNT et syndicats ont compl&#232;tement jet&#233; aux orties d&#233;non&#231;ant seulement les violences polici&#232;res et demandant soit une police de proximit&#233; pour certains comme LO ou une d&#233;mocratisation impossible de la police pour d'autres ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais alors par quoi remplacer la police, la gendarmerie et l'arm&#233;e ? Qui doit assurer la s&#233;curit&#233; et la suret&#233; du peuple travailleur ? Dans les soci&#233;t&#233;s de classes domin&#233;es par une petite minorit&#233; dirigeante, l'exercice de la violence et le maintien de la soci&#233;t&#233; de classe se fait par le biais d'un organisme autonome et ind&#233;pendant du peuple qui a l'usage exclusif de la violence. Violence qu'il exerce contre ce m&#234;me peuple quand celui-ci n'accepte plus son sort dans la soci&#233;t&#233; de classe comme sous le capitalisme ! Dans sa lutte contre la soci&#233;t&#233; de classe, le peuple travailleur ne peut prendre en ses mains l'appareil d'&#201;tat et la police et les faire fonctionner pour ses besoins comme le pr&#233;tendent les r&#233;formistes bourgeois qui sont &#224; la direction actuelle du mouvement ouvrier (de collaboration de classe) ! Le peuple travailleur doit d&#233;truire L'&#201;tat Bourgeois et sa police et construire un appareil d'&#201;tat et une police qui n'ont rien &#224; voir cad un &#201;tat et une police qui ne lui sont pas ext&#233;rieure, pas au-dessus de lui, mais qui &#233;mane de lui-m&#234;me et de son organisation ! Le peuple travailleur devient l'&#201;tat, il est l'&#201;TAT et il assure lui-m&#234;me, en mandatant des personnes qui sont responsables et r&#233;vocables devant lui, sa propre s&#233;curit&#233; c.-&#224;-d. un qu'il exerce lui-m&#234;me les fonctions de police par le biais d'un corps social qui ne lui est pas ext&#233;rieur mais bien au contraire qui &#233;mane directement de lui et de son auto-organisation. Le peuple travailleur se constitue ainsi en &#201;TAT MAIS UN ETAT QUI N'A RIEN DE COMPARABLE &#192; CELUI DES CLASSES DIRIGEANTES CAR C'EST UN ETAT QUI REPOSE SUR L'ARMEMENT G&#201;N&#201;RAL DU PEUPLE !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le peuple ne peut en r&#233;alit&#233; d&#233;fendre son int&#233;grit&#233; physique et morale qu'en assurant lui-m&#234;me sa propre d&#233;fense ! Et cela s'appelle l'armement g&#233;n&#233;ral du peuple, l'armement du prol&#233;tariat avec la constitution de milices qui seront responsables devant des comit&#233;s du peuple ! L'armement du peuple va de pair avec la lutte contre la pr&#233;sidence et les parlements bourgeois ! A la police bourgeoise et &#224; son &#201;tat, nous y opposons L'&#201;tat ouvrier issu de la f&#233;d&#233;ration des comit&#233;s du peuple travailleur et l'armement du peuple ! A la privatisation de la violence, nous opposons un exercice public de la violence par le peuple lui-m&#234;me ! Pour cela le peuple doit s'organiser ! D'ailleurs le chant de l'arm&#233;e du Rhin avant de devenir un chant r&#233;cup&#233;r&#233; par les nationalistes, les r&#233;actionnaires et la bourgeoisie &#233;tait un chant r&#233;volutionnaire mettant en avant l'armement du peuple : &#171; Citoyens aux armes, formez vos bataillons &#187; ! Mais cet armement du peuple ne peut -&#234;tre ind&#233;pendant de la lutte contre l'appareil d'&#201;tat et le capitalisme et de la lutte pour le socialisme, une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur la propri&#233;t&#233; collective des moyens de production et l'auto gouvernement du peuple, jetant par la m&#234;me les bases du communisme !&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; la police et aux gangs ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Peuple travailleur, organise toi, forme tes milices et prend les armes ! &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6275&#034;&gt;Lire ensuite&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462&#034;&gt;Lire enfin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est ce que l'&#201;tat ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://matierevolution.fr/spip.php?article1362&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://matierevolution.fr/spip.php?article1362&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat ou le monopole des armes impos&#233; par la classe poss&#233;dante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7362&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7362&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat peut-il se passer des forces de l'ordre capitaliste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7317&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7317&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension de l'Etat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://matierevolution.fr/spip.php?article477&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://matierevolution.fr/spip.php?article477&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat et la r&#233;volution de L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://matierevolution.fr/spip.php?article140&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://matierevolution.fr/spip.php?article140&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'Etat, une bande d'hommes en armes&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Friedrich Engels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5338&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5338&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5302&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5302&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DE LA RELIGION&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nos th&#232;ses sur R&#233;volutionnaires et Religions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8526&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8526&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/religion/index.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc#trotskyism&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/religion/index.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc#trotskyism&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les religions sont au service des classes dirigeantes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5076&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5076&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7591&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7591&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les religions se battent d'abord contre la r&#233;volution sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6077&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6077&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La religion, ce n'est jamais seulement&#8230; religieux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8084&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8084&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat &#224; mener contre les religions et, en particulier, celle qui domine dans un pays&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7764&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7764&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES COMMUNISTES, LA LAICIT&#201; ET LA LUTTE CONTE LA RELIGION, LES &#171; EGLISES &#187; ET LES CLERG&#201;S&lt;br class='autobr' /&gt; Qu'est-ce que la religion et le r&#244;le de la religion dans les soci&#233;t&#233;s de classe&lt;br class='autobr' /&gt; Croyances et religion&lt;br class='autobr' /&gt; Les nouvelles guerres de religion (islamo-gauchisme et anti-islamo gauchisme ou islamophobie)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le confusionnisme pseudo d'extr&#234;me gauche antiraciste tombe dans l'islamophilie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1114&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1114&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anti-islamophobie : un bourbier r&#233;actionnaire o&#249; s'enlisent des &#034;trotskistes&#034; du NPA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3737&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3737&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni islamophobie, ni islamophilie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2876&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2876&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6052&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6052&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DES PAYSANS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mort programm&#233;e des petits paysans&lt;br class='autobr' /&gt;
Vont-ils finir d'exterminer les petits paysans des campagnes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-mouvement-citoyen-terre-de-liens-alerte-40-000-fermes-de-petite-taille-ont-disparu-en-trois-ans-4328795&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-mouvement-citoyen-terre-de-liens-alerte-40-000-fermes-de-petite-taille-ont-disparu-en-trois-ans-4328795&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://rmc.bfmtv.com/actualites/economie/travail/la-disparition-des-petites-fermes-francaises-s-accelere-plus-de-40-000-en-trois-ans_AV-202511180748.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://rmc.bfmtv.com/actualites/economie/travail/la-disparition-des-petites-fermes-francaises-s-accelere-plus-de-40-000-en-trois-ans_AV-202511180748.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/planete/video/2025/02/27/ne-pas-publier-les-agriculteurs-vont-ils-disparaitre_6567365_3244.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/planete/video/2025/02/27/ne-pas-publier-les-agriculteurs-vont-ils-disparaitre_6567365_3244.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Pzd-SoSXxq4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Pzd-SoSXxq4&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/en-2050-y-aura-t-il-encore-des-agriculteurs-en-france-7900545449&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/en-2050-y-aura-t-il-encore-des-agriculteurs-en-france-7900545449&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les grandes exploitations progressent (+ 3,4 %) entre 2010 et 2020, constituant d&#233;sormais 1 exploitation sur 5.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.inrae.fr/dossiers/quels-agriculteurs-quelles-agricultures-demain/renouveler-generations&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inrae.fr/dossiers/quels-agriculteurs-quelles-agricultures-demain/renouveler-generations&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.reussir.fr/des-fermes-toujours-plus-grandes-des-elevages-en-baisse-recours-accru-des-salaries-quelle-est-la&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.reussir.fr/des-fermes-toujours-plus-grandes-des-elevages-en-baisse-recours-accru-des-salaries-quelle-est-la&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/grand-format/infographie-en-europe-les-grosses-exploitations-agricoles-se-taillent-la-part-du-lion&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.courrierinternational.com/grand-format/infographie-en-europe-les-grosses-exploitations-agricoles-se-taillent-la-part-du-lion&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1997, d&#233;j&#224;, on se demandait si les petits paysans allaient disparaitre&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VpDIvo9HCus&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=VpDIvo9HCus&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'expropriation de la population campagnarde, premi&#232;re &#233;tape du capitalisme en Angleterre&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7620&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7620&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;pression des r&#233;volutions paysannes&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.lalsace.fr/societe/2025/10/11/comment-l-armee-du-duc-antoine-a-etouffe-la-guerre-des-paysans-dans-un-bain-de-sang&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lalsace.fr/societe/2025/10/11/comment-l-armee-du-duc-antoine-a-etouffe-la-guerre-des-paysans-dans-un-bain-de-sang&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les paysans sont victimes de l'industrie agroalimentaire, des grandes surfaces, des banques et de l'industrie chimique !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles perspectives pour les petits paysans ? S'allier aux prol&#233;taires et au peuple travailleur des villes contre le grand capital des villes et des campagnes !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat et les paysans, selon Marx&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum9.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum9.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat et les paysans, selon L&#233;nine&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/01/3-co-so/vil19180101.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/01/3-co-so/vil19180101.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171118.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171118.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171105b.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171105b.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/coexsodp/vil19171103.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/coexsodp/vil19171103.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/01/vil19200104.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/01/vil19200104.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Prol&#233;tariat et les paysans, selon Trotsky&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/04/lt19220422.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/04/lt19220422.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr39.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr39.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat et les paysans selon Zinoviev&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/zinoviev/works/1925/03/paysans%201925.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/zinoviev/works/1925/03/paysans%201925.pdf&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat et les paysans, aujourd'hui&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7628&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7628&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La question agricole et les communaut&#233;s agricole : la collectivisation de la terre !&lt;br class='autobr' /&gt;
L'alliance des ouvriers et des paysans&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrier agricole est, au village, le fr&#232;re d'armes et l'&#233;quivalent de l'ouvrier de l'industrie. Ils constituent deux parties d'une seule et m&#234;me classe. Leurs int&#233;r&#234;ts sont ins&#233;parables. Le programme des revendications transitoires des ouvriers industriels est aussi, avec tels ou tels changements, le programme du prol&#233;tariat agricole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les paysans (fermiers) repr&#233;sentent une autre classe : c'est la petite bourgeoisie du village. La petite bourgeoisie se compose de couches diverses, depuis les semi-prol&#233;taires jusqu'aux exploiteurs. C'est pourquoi la t&#226;che politique du prol&#233;tariat industriel consiste &#224; faire p&#233;n&#233;trer la lutte des classes au village : c'est seulement ainsi qu'il pourra s&#233;parer ses alli&#233;s de ses ennemis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les particularit&#233;s du d&#233;veloppement national de chaque pays trouvent leur expression la plus aigu&#235; dans la situation des paysans et partiellement de la petite bourgeoisie citadine (artisans et commer&#231;ants), car ces classes, pour nombreux que soient ceux qui y appartiennent, repr&#233;sentent au fond des survivances de formes pr&#233;-capitalistes de production. Les sections de la IV&#176; Internationale doivent, sous la forme la plus concr&#232;te possible, &#233;laborer des programmes de revendications transitoires pour les paysans (fermiers) et la petite bourgeoisie citadine, correspondant aux conditions de chaque pays. Les ouvriers avanc&#233;s doivent apprendre &#224; donner des r&#233;ponses claires et concr&#232;tes aux questions de leurs futurs alli&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tant que le paysan reste un petit producteur &#034;ind&#233;pendant&#034;, il a besoin de cr&#233;dit &#224; bon march&#233;, de prix accessibles pour les machines agricoles et les engrais, de conditions favorables de transport et d'une organisation honn&#234;te d'&#233;coulement des produits agricoles. Cependant, les banques, les trusts, les n&#233;gociants pillent le paysan de tous c&#244;t&#233;s. Seuls, les paysans eux-m&#234;mes peuvent r&#233;primer ce pillage, avec l'aide des ouvriers. Il est n&#233;cessaire qu'entrent en sc&#232;ne des COMIT&#201;S DE PETITS FERMIERS qui, en commun avec les comit&#233;s ouvriers et les comit&#233;s d'employ&#233;s de banque, doivent prendre en main le contr&#244;le des op&#233;rations de transport, de cr&#233;dit et de commerce qui int&#233;ressent l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de NATIONALISATION DE LA TERRE et de COLLECTIVISATION DE L'AGRICULTURE doit &#234;tre &#233;labor&#233; de fa&#231;on &#224; exclure radicalement l'id&#233;e de l'expropriation des petits paysans ou de leur collectivisation forc&#233;e. Le paysan restera le propri&#233;taire de son lot de terre tant qu'il le trouvera lui-m&#234;me n&#233;cessaire et possible. Pour r&#233;habiliter aux yeux des paysans le programme socialiste, il faut d&#233;noncer impitoyablement les m&#233;thodes staliniennes de collectivisation, dict&#233;es par les int&#233;r&#234;ts de la bureaucratie et non par les int&#233;r&#234;ts des paysans et des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation des expropriateurs ne signifie pas non plus la confiscation forc&#233;e de la propri&#233;t&#233; des PETITS ARTISANS et des PETITS BOUTIQUIERS. Au contraire, le contr&#244;le ouvrier sur les banques et les trusts, &#224; plus forte raison la nationalisation de ces entreprises, peut cr&#233;er pour la petite bourgeoisie citadine des conditions de cr&#233;dit, d'achat et de vente incomparablement plus favorables que sous la domination illimit&#233;e des monopoles. La d&#233;pendance envers le capital priv&#233; fera place &#224; la d&#233;pendance envers l'&#201;tat, qui sera d'autant plus attentif pour ses petits collaborateurs et agents que les travailleurs eux-m&#234;mes tiendront plus fermement l'&#201;tat dans leurs mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation pratique des paysans exploit&#233;s au contr&#244;le des divers domaines de l'&#233;conomie permettra aux paysans eux-m&#234;mes de d&#233;cider sur la question de savoir s'il convient ou non de passer au travail collectif de la terre, dans quels d&#233;lais et &#224; quelle &#233;chelle. Les ouvriers de l'industrie s'engagent &#224; apporter dans cette voie toute leur collaboration aux paysans : par l'interm&#233;diaire des syndicats, des comit&#233;s d'usine et, surtout, du gouvernement ouvrier et paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alliance que le prol&#233;tariat propose, non pas aux &#034;classes moyennes&#034; en g&#233;n&#233;ral, mais aux couches exploit&#233;es de la ville et du village, contre tous les exploiteurs, y compris les exploiteurs &#034;moyens&#034;, ne peut &#234;tre fond&#233;e sur la contrainte, mais seulement sur un accord volontaire, qui doit &#234;tre consolid&#233; dans un &#034;pacte&#034; sp&#233;cial. Ce &#034;pacte&#034;, c'est pr&#233;cis&#233;ment le programme des revendications transitoires, librement accept&#233; par les deux parties.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DES FEMMES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aux femmes qui en ont marre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre d'&#234;tre trait&#233;es comme des soumises sexuelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre d'une soci&#233;t&#233; o&#249; elles doivent toujours se placer en dessous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre d'une soci&#233;t&#233; o&#249; la femme est d&#233;sign&#233;e du doigt comme un objet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre de risquer la violence des hommes, y compris celle de leur conjoint&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre d'&#234;tre menac&#233;es par des guerres et des guerres civiles, par des fascismes et des dictatures, par les exactions des arm&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre qu'on leur annonce que leurs enfants devront &#234;tre sacrifi&#233;s dans les prochaines guerres et qu'elles devront en &#234;tre&#8230; satisfaites ou du moins soumises encore une fois&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230; marre que leurs enfants subissent des maladies li&#233;es au capitalisme et &#224; son stade d'effondrement (mort &#224; l'accouchement, mort de maladies respiratoires, de cancers dus &#224; l'industrie agroalimentaire, aux pesticides et aux engrais, dus &#224; l'industrie chimique, nucl&#233;aire, m&#233;tallurgique, etc&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre de ce monde politique et social o&#249; les femmes sont encore plus esclaves que les exploit&#233;s car doublement opprim&#233;es et exploit&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aux hommes qui en ont marre de jouer un tel r&#244;le ou d'&#234;tre consid&#233;r&#233;s comme tels et qui ne veulent pas soutenir le capitalisme patriarcal !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours avant une manifestation des femmes le 22 novembre, quatre f&#233;minicides ont eu lieu en France dans la seule journ&#233;e de jeudi 20 novembre, dans quatre endroits tr&#232;s diff&#233;rents, des femmes de tous &#226;ges et toutes origines. Toutes ont &#233;t&#233; tu&#233;es par leur conjoint ou ex-conjoint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre en un jour dans un seul pays, la France, cela t&#233;moigne que la vague de violences anti-femmes enfle dans ce pays pourtant d&#233;mocratique et riche comme dans le monde entier. Et bien plus que ne le disent les statistiques, des femmes sont fr&#233;quemment menac&#233;es de mort, violent&#233;es, viol&#233;es, subissent des s&#233;vices, et des jeunes femmes sont victimes de crimes. Bien des violences ont lieu dans le cadre de la famille et ne sont m&#234;me pas dues &#224; des milieux ext&#233;rieurs, m&#234;me si la propagande que l'on entend souvent attribue mensong&#232;rement ces violences &#224; l'immigration !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les chiffres de l'ONU, une femme ou une fille est tu&#233;e toutes les 10 minutes par son partenaire intime ou un autre membre de sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, 85 000 femmes et filles ont &#233;t&#233; tu&#233;es intentionnellement dans le monde en 2023, et 60 % de ces crimes, soit 51 000, ont &#233;t&#233; commis par un partenaire intime ou un autre membre de la famille. Chaque jour, 140 femmes ou filles meurent sous les coups ou agissements de leur partenaire ou d'un parent proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien s&#251;r d'autres types de violences, notamment celles &#224; proximit&#233; des lieux de guerre, o&#249; les femmes sont consid&#233;r&#233;es comme du butin de guerre et les violences contre elles des mani&#232;res de punir la population du camp adverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi les enl&#233;vements r&#233;alis&#233;s par des arm&#233;es en guerre, que ce soient des arm&#233;es officielles comme au Soudan ou des arm&#233;es terroristes comme au Nig&#233;ria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un effet du hasard si au m&#234;me moment on nous dit qu'il faut s'y faire : on doit accepter de mourir&#8230; &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est aussi une guerre qui est actuellement entreprise contre les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier que les femmes sont bien plus antimilitaristes et antir&#233;pression que les hommes, que ce soit parmi les jeunes ou les moins jeunes. Il faut donc les terroriser pour les faire taire et leur faire admettre de se taire en craignant les violences que la soci&#233;t&#233; peut leur faire subir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit aussi, au travers de la mont&#233;e des violences des hommes contre les femmes, de faire monter un climat guerrier o&#249; de jeunes hommes soient fiers de participer &#224; une boucherie comme l'a, si joliment et avec des mots bien choisis, exprim&#233; le chef d'&#233;tat-major Mandon devant les d&#233;put&#233;s puis devant les maires (pas les m&#232;res !)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus la mont&#233;e vers la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e devient officielle, plus on sait que la soci&#233;t&#233; va basculer dans la pire violence, plus la recherche de boucs &#233;missaires devient cruciale pour les classes dirigeantes qui ne veulent pas &#234;tre accus&#233;es de cette boucherie. Bien entendu, on accuse le camp d'en face : Russie et Chine bien s&#251;r mais aussi Iran, Cor&#233;e du Nord. Mais il faut y rajouter l'immigration, les sans papiers, les ch&#244;meurs, les r&#233;volt&#233;s du type Gilets jaunes, les pr&#233;tendus complotistes, les &#171; bloquons tout &#187;. Et &#224; tous ces boucs &#233;missaires, on ne manque pas de rajouter les femmes. Elles sont accus&#233;es de ne pas comprendre les bienfaits du nationalisme guerrier, les n&#233;cessit&#233;s de la course au profit f&#251;t-ce aux d&#233;pens de la famille, les besoins de l'homme guerrier et de son fameux repos&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est remarquable qu'au m&#234;me moment que la soci&#233;t&#233; est officielllement en train de lutter contre les violences et discrimiantions contre les femmes celles-ci se multiplient sans que la soci&#233;t&#233; dominante ne fasse rien pour les emp&#234;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A toutes ces femmes (et ces hommes) qui en ont marre, nous disons : ROMPEZ AVEC LES CAPITALISTES, LEUR SYSTEME, LEURS ETATS, LEUR SOCIETE, LEURS INSTITUTIONS ET JOIGNEZ-VOUS AU PROLETARIAT REVOLUTIONNAIRE POUR RENVERSER LE COUPLE INFERNAL PATRIARCAT-CAPITALISME&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution permanente et la fin de l'oppression des femmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La &#171; r&#233;volution permanente &#187; est une orientation politique d&#233;velopp&#233;e par Marx, Engels, L&#233;nine et Trotsky. Cela n'a rien de commun avec l'organisation de France qui a repris ce nom sans m&#234;me soutenir une partie de la politique qu'elle exprime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est donc cette &#171; strat&#233;gie de la r&#233;volution permanente &#187; ? La r&#233;volution permanente s'oppose au r&#233;formisme, et m&#234;me &#224; la r&#233;volution graduelle, par &#233;tapes, aux objectifs pr&#233;tendument r&#233;alistes, tenant compte des pr&#233;jug&#233;s r&#233;els ou suppos&#233;s des prol&#233;taires, craignant le radicalisme, opposant d'un c&#244;t&#233; le programme imm&#233;diat r&#233;formiste et, de l'autre, le programme &#224; long terme communiste. Elle vise &#224; transformer en armes r&#233;volutionnaires &#224; retourner avec le maximum de force et de d&#233;termination contre le syst&#232;me tout ce que l'ancienne soci&#233;t&#233; r&#233;actionnaire fait subir d'exactions, de souffrances, d'oppression aux peuples. Pour cela, le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire doit se faire le porte-parole de tous ceux qui les subissent, le plus radical de leurs d&#233;fenseurs, le seul qui souhaite, sans la moindre r&#233;ticence, en finir d&#233;finitivement et sans retour avec ces maux et leurs causes profondes attach&#233;es au syst&#232;me lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, utilis&#233;e ainsi, l'oppression des femmes est un potentiel de bombe explosive incroyable que le prol&#233;tariat peut envoyer &#224; la figure du monde capitaliste et de la domination imp&#233;rialiste sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la &#171; r&#233;volution permanente &#187;, il s'agit de diriger la r&#233;volution sociale du prol&#233;tariat de mani&#232;re qu'elle ne se contente pas d'une seule de ses &#233;tapes, d'un seul de ses objectifs, d'une seule de ses revendications, mais les combinent toutes, les enchainent indissociablement, afin qu'elles se renforcent les unes les autres, qu'elles d&#233;truisent de fond en comble l'ancien ordre social et politique, qu'elles servent &#224; construire le nouvel ordre, &#224; b&#226;tir le socialisme et le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'oppression des femmes, il ne s'agit pas de faire l'&#233;loge des f&#233;ministes bourgeois et petit-bourgeois, ni de mettre les mouvements sociaux des travailleurs &#224; la remorque de tels dirigeants, bien entendu. D'une mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, il n'est pas question que le prol&#233;tariat se mette &#224; la remorque d'aspirations bourgeoises, petites bourgeoises au changement d'un ordre devenu insupportable pour tous, mais, au contraire, que le prol&#233;tariat prenne la t&#234;te de toutes les luttes et en fassent des armes pour renverser en totalit&#233; l'ancien ordre &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de la r&#233;volution permanente ne se contente pas de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, ni m&#234;me de pr&#244;ner l'&#233;galit&#233; (&#233;galit&#233; entre capitalistes et exploit&#233;s, &#231;a veut dire quoi ?) ni seulement de raccourcir l'immense gouffre entre riches et pauvres, d'obtenir un peu plus de d&#233;mocratie, un peu plus de consid&#233;ration de la part des gouvernants, un peu plus de paix, un peu moins de guerre, un peu plus de richesses distribu&#233;es &#224; l'ensemble de la population et un peu moins aux plus riches, supprimer les dictatures les plus ouvertes et barbares, et autres objectifs illusoires et soi-disant progressistes. D'autant plus illusoires que nous avons atteint la phase d'effondrement du capitalisme o&#249; la r&#233;forme est plus illusoire que jamais, m&#234;me les contre-r&#233;formes ne sont plus suffisantes et la grande bourgeoisie capitaliste a besoin d'une contre-r&#233;volution ultra-radicale et violente !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, la r&#233;volution sociale doit &#234;tre permanente, c'est-&#224;-dire qu'elle ne doit s'arr&#234;ter devant aucun obstacle, ne pas se contenter d'aucune demi-mesure, mais toujours aller plus loin, passant de la d&#233;molition de l'ancien ordre m&#233;di&#233;val et f&#233;odal qui subsiste un peu partout, notamment au travers des religions, des Etats, des royaut&#233;s et m&#234;me des r&#233;publiques bourgeoises, supprimer les dictatures militaires de fond en comble en d&#233;sarmant compl&#232;tement les anciennes classes dirigeantes et bien s&#251;r la bourgeoisie capitaliste, en supprimant la totalit&#233; de ses forces arm&#233;es, en lib&#233;rant les nationalit&#233;s opprim&#233;es, les ethnies opprim&#233;es, les religions opprim&#233;es, les femmes opprim&#233;es, les jeunes opprim&#233;s, les couches moyennes paup&#233;ris&#233;es, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; sur ce site Mati&#232;re et R&#233;volution que les femmes avaient autrefois &#233;t&#233; maitresses d'elles-m&#234;mes et non seulement n'&#233;taient pas domin&#233;es mais avaient eu un r&#244;le dirigeant dans la soci&#233;t&#233;. C'est ce que l'on a appel&#233; le matriarcat et qui n'est pas le sym&#233;trique du patriarcat en ce qu'il ne suppose nullement l'oppression des hommes. Il s'agit de la phase de l'humanit&#233; appel&#233;e communisme primitif et qui a exist&#233; partout dans le monde jusqu'au N&#233;olithique et parfois jusqu'&#224; l'Age de Bronze, donc avant le grand d&#233;veloppement de l'agriculture, de la s&#233;dentarit&#233; et l'apparition des classes sociales et de l'Etat, mais aussi l'exploitation de l'homme par l'homme. C'est-&#224;-dire jusqu'&#224; la mise en place du patriarcat sur presque toute la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8499&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8499&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne s'agit pas seulement pour nous, en d&#233;fendant la th&#232;se d'un matriarcat ancien, de r&#233;habiliter le pass&#233; des femmes des premi&#232;res soci&#233;t&#233;s. Certes, cette position id&#233;ologique doit &#234;tre conquise mais c'est dans un but actuel et pas seulement scientifique (pr&#233;historique et historique). D&#233;fendre l'id&#233;e d'un matriarcat qui a domin&#233; le monde de l'&#233;poque du communisme primitif au n&#233;olithique ou &#224; l'Age de Bronze n'est pas qu'une correction d'une erreur scientifique, c'est aussi un drapeau vers l'avenir. Ce matriarcat a signifi&#233; que les femmes ont longtemps eu un pouvoir un peu plus grand que les hommes, m&#234;me si ce n'&#233;tait pas un pouvoir de type &#233;tatique, fond&#233; sur des lois, sur des moyens r&#233;pressifs, sur l'oppression ou l'exploitation des hommes (des m&#226;les en somme) comme le patriarcat, lui, est fond&#233; sur l'exploitation et l'oppression des femmes avec l'aide de l'Etat et pour le plus grand profit de la classe exploiteuse. Sous le matriarcat, l'exploitation de l'homme par l'homme n'existait pas encore ou &#233;tait &#224; peine embryonnaire du fait de la faible capacit&#233; de travail de chaque &#234;tre humain. La division du travail entre les &#234;tres humains n'&#233;tait pas r&#233;alis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le patriarcat a ensuite domin&#233; jusqu'&#224; aujourd'hui presque partout, sauf l&#224; o&#249; la r&#233;volution sociale a triomph&#233;, comme dans la Commune de Paris de 1871 et dans la r&#233;volution russe de 1917 ou encore dans la r&#233;volution espagnole de 1936. L'Histoire a d&#233;montr&#233; depuis belle lurette le lien entre r&#233;volution sociale et lib&#233;ration des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la r&#233;volution permanente entend &#339;uvrer &#224; la lib&#233;ration des femmes et comment il compte faire de cet objectif un moyen de renforcer consid&#233;rablement la force de la r&#233;volution, voil&#224; la question qu'il faut maintenant d&#233;velopper. L'oppression des femmes est un reste antique des anciens syst&#232;me d'oppression pr&#233;-capitalistes que le capitalisme a repris et exploit&#233; &#224; fond &#224; son propre profit. M&#234;me quand la soci&#233;t&#233; capitaliste a &#233;t&#233; &#224; son apog&#233;e, il n'a jamais renonc&#233; &#224; cette horreur. Maintenant que le syst&#232;me capitalisme est &#224; l'agonie, il ressent encore plus le besoin d'aggraver l'oppresion des femmes pour s'en servir afin de conserver son pouvoir sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La meilleure d&#233;finition de la r&#233;volution permanente consiste &#224; dire qu'il s'agit de transformer toutes les formes d'oppression et d'exploitation de la vieille soci&#233;t&#233; toute pourrie en armes de combat de prol&#233;tariat pour renverser d&#233;finitivement capitalisme et imp&#233;rialisme ainsi que toutes les formes d'oppresion plus antiques comme l'oppression religieuse ou l'oppression patriacale des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a choisi le patriarcat comme moyen de domination pour assurer la stabilit&#233; de sa soci&#233;t&#233; d'exploitation du travail des prol&#233;taires. Eh bien, pour se lib&#233;rer, il faut que ces derniers, qui sont la principale force r&#233;volutionnaire de l'ancienne soci&#233;t&#233;, n'aient aucune crainte ni aucune r&#233;ticence &#224; transformer en armes de combat les aspirations des femmes &#224; la lib&#233;ration, qu'il en prenne m&#234;me la t&#234;te, qu'il mette cette lutte en t&#234;te de son drapeau de combat, qu'il n'attende m&#234;me pas l'heure de la r&#233;volution pour proclamer dans les entreprises et les quartiers cet objectif, pour le porter dans les syndicats comme dans les comit&#233;s du peuple travailleur, pour d&#233;noncer tous les partis et syndicats qui y sont r&#233;ticents ou qui font seulement semblant de soutenir les droits des femmes et pr&#233;tendent que le capitalisme et ses Etats oeuvrent &#224; l'&#233;galit&#233; hommes-femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; montr&#233; dans des articles du site Mati&#232;re et R&#233;volution que le capitalisme aggrave sans cesse la situation des femmes dans le monde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous y avons montr&#233; que la lib&#233;ration des femmes n'est jamais venue et ne viendra jamais des institutions de la bourgeoisie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; que le capitalisme d&#233;liquescent et sous perfusion, plus antisocial et sanglant que jamais, est encore plus incompatible avec la libert&#233; des femmes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; que capitalisme et patriarcat se renforcent mutuellement et que, pour en finir avec le capitalisme, il faut aussi en finir avec le patriarcat :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; que le patriarcat est un instrument de guerre du grand capital contre les femmes et contre les peuples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; que femmes opprim&#233;es et travailleurs exploit&#233;s, peuvent lutter ensemble pour le renversement du capitalisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous reste &#224; montrer comment transformer l'horreur sociale de l'oppression des femmes en v&#233;ritable bombe que le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et les femmes r&#233;volt&#233;es peuvent jeter directement dans la gueule du syst&#232;me d'exploitation et d'oppression qui a longtemps domin&#233; le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous le redisons, la politique de la r&#233;volution permanente consiste &#224; retourner les armes du syst&#232;me capitaliste contre lui. L'oppression des femmes doit, dans la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, &#234;tre un canon dirig&#233; directement et violemment contre le syst&#232;me tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est d'abord l'objectif de la r&#233;volution socialiste et prol&#233;tarienne qui doit &#234;tre clairement &#233;tabli et affich&#233;, &#224; savoir revenir au&#8230; matriarcat ! On nous dira : &#171; mais, ce serait opprimer les hommes (au sens masculin) ! &#187; Pas du tout, l'ancien matriarcat n'&#233;tait pas un syst&#232;me d'oppression et d'exploitation. Il ne servait pas &#224; soutenir une soci&#233;t&#233; d'oppression et d'exploitation, puisque celle-ci n'existait pas encore. Le communisme primitif ne connaissait ni la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, ni l'exploitation de l'homme. Et comme le socialisme veut remettre en question ces deux bases de l'arri&#233;ration des soci&#233;t&#233;s humaines actuelle, il est logique de se poser la question de revenir aux relations entre hommes et femmes que l'on connaissait alors. Cela ne peut faire peur qu'aux timor&#233;s et ne faire rire que les idiots. Ceux-l&#224; vous diront : &#171; Les hommes prol&#233;taires n'en sont pas capables, il n'y a pas plus misogynes ! &#187; C'est l&#224; que l'on voit &#224; quel point r&#233;formistes et opportunistes m&#233;prisent les capacit&#233;s du prol&#233;tariat, d&#232;s qu'il se d&#233;cide &#224; rompre de mani&#232;re r&#233;volutionnaire avec le vieux fatras du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en affirmant cet objectif radical, le plus radical qui existe en la mati&#232;re, que les prol&#233;taires peuvent prendre la t&#234;te du combat des femmes pour leur lib&#233;ration. Et ils ne feront pas que tuer le patriarcat. Ils affirmeront aussi qu'il faut tuer d&#233;finitivement d'autres ennemis mortels des femmes : tuer l'arm&#233;e permanente de la bourgeoisie, cause de guerres dont les femmes et les enfants sont les premi&#232;res victimes, tuer la fausse domination machiste et misogyne qui rend les femmes victimes de violences sexistes permanentes et mortelles, tuer l'exploitation sexuelle et p&#233;dophile en lib&#233;rant compl&#232;tement les femmes et en leur donnant un v&#233;ritable pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous avons montr&#233; dans notre site Mati&#232;re et R&#233;volution que l'ancien matriarcat &#233;tait un pouvoir des femmes un peu sup&#233;rieur &#224; celui des hommes. Mais, nous dirons les sceptiques et les mod&#233;r&#233;s en tout, &#171; il suffit de revendiquer l'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes. &#187; On voit que ces gens-l&#224; craignent surtout de trop en faire, d'&#234;tre trop radicaux, d'avoir trop de mal &#224; convaincre, mais ne craignent pas d'affaiblir le camp prol&#233;tarien dans la guerre &#224; mort qui se pr&#233;pare contre le capitalisme et l'imp&#233;rialisme. Aucun canon super puissant ne sera en trop dans cette lutte f&#233;roce qui se pr&#233;pare ! &#171; On va se couper des masses qui n'en sont pas l&#224; &#187; est le leitmotiv de ces gens-l&#224;, y compris ceux qui se disent r&#233;volutionnaires, d&#232;s que l'on propose d'aller &#224; la racine du mal pour le couper radicalement. Ils r&#233;p&#232;tent que &#171; cela va faire trop mal, ce sera trop difficile &#187;, comme des passagers pour l'espace qui ne veulent pas que la pouss&#233;e de la fus&#233;e soit trop forte pour ne pas incommoder les passagers et qui ne craignent pas, par contre, que la fus&#233;e retombe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les m&#234;mes pseudo radicaux, qu'ils se disent ou pas d'extr&#234;me gauche, qui ne veulent pas mettre en avant la dictature des conseils de travailleurs, en somme les soviets ! Cela ferait fuir les salari&#233;s mod&#233;r&#233;s (ou plut&#244;t l'aristocratie ouvri&#232;re des appareils syndicaux) ! Ils ne veulent pas davantage mettre en avant la destruction de l'appareil r&#233;pressif arm&#233;e/police/prisons/gendarmerie/forces sp&#233;ciales ! Et pas davantage l'armement du prol&#233;tariat&#8230; Mais pas non plus la liaison entre prol&#233;taires et tous les opprim&#233;s, tous les exploit&#233;s, toutes les victimes du syst&#232;me (petits bourgeois, pauvres, femmes, jeunes, ch&#244;meurs, sans logis, p&#234;cheurs, paysans, sans papiers, etc.) L&#224; encore il s'agit de ne pas effaroucher les appareils syndicaux qui h&#233;bergent ces soi-disant radicaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, vous pensez, clamer sur tous les toits qu'on va revenir au matriarcat, c'est beaucoup trop, m&#234;me si ces gens-l&#224; &#233;crivent de temps en temps qu'ils veulent, un jour, en finir avec le capitalisme et donc construire le socialisme et le communisme. Mais c'est loin&#8230; un jour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le matriarcat, m&#234;me si ce n'est pas l'oppression directe de l'homme par la femme, ni son exploitation, c'est quand m&#234;me la primaut&#233; des femmes, leur pouvoir en premier. C'est in&#233;gal, disent certains. Eux, ils veulent &#171; l'&#233;galit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, alors, pour nos radicaux en herbe, le pouvoir des travailleurs, c'est plus de pouvoir pour les travailleurs que pour&#8230; les autres ! C'est in&#233;gal, non ? En fait, ils veulent juste un peu plus de d&#233;mocratie, en somme, ces fameux &#171; radicaux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le disait Karl Marx, &#234;tre vraiment radical, c'est attaquer le mal &#224; la racine ! C'est pour cela qu'il se disait non seulement pour la r&#233;volution mais pour la r&#233;volution permanente, celle qui ne cesse de creuser, de s'approfondir, d'aller au fond des choses, de s'attaquer au plus profond du mal, de l'ancienne soci&#233;t&#233; et la d&#233;raciner compl&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que nous allons faire avec le patriarcat. Et cela signifie aussi d&#233;raciner l'arm&#233;e capitaliste. D&#233;raciner &#233;galement les religions qui culpabilisent les femmes (dans tous les jardins d'Eden), qui enferment les femmes (et les hommes) dans un pi&#232;ge id&#233;ologique anti-f&#233;minin. D&#233;raciner l'&#233;ducation bourgeoise, scolaire et extra-scolaire. D&#233;raciner la misogynie et le machisme des m&#233;dias, des sciences, de la philosophie, de l'art, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains radicaux se satisfont de voir les femmes &#224; la t&#234;te des r&#233;voltes, que ce soit celle d&#233;but&#233;e en 2010-2011 au Maghreb, dans le monde arabe puis dans le monde entier, y compris le d&#233;but du mouvement des Gilets jaunes. Mais ils n'en tirent pas les conclusions vraiment radicales qui s'imposent. Les femmes seront &#224; la t&#234;te de la lutte car elles subissent une double oppression, en tant qu'explot&#233;es et en tant que femmes. Alors, elles devront aussi avoir la primaut&#233; dans la soci&#233;t&#233; qui se construira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, non, dirons nos critiques, elles auront l'&#233;galit&#233;. Eh bien, mes critiques, vous comprendrez que pour d&#233;tordre un b&#226;ton, il faille le tordre dans l'autre sens. C'est ce qui se produit avec la dictature du prol&#233;tariat et il faut m&#234;me retirer des droits d&#233;mocratiques aux anciens exploiteurs, aux anciens chefs politiques ou militaires. On ne passe pas du tordu au droit de fa&#231;on directe. Il faut, dirait Hegel, passer par la n&#233;gation de la n&#233;gation pour atteindre l'affirmation ! Le patriarcat a ni&#233; le matriarcat. Il faut que le matriarcat nie le patriarcat ! Et c'est la n&#233;gation de la n&#233;gation qui va lib&#233;rer &#224; la fois les femmes et les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, les hommes ont besoin de se lib&#233;rer de leur fausse sup&#233;riorit&#233;, de leurs faux besoins : de m&#233;priser, de dominer, de frapper, de soumettre, de d&#233;cider seuls, de se croire sup&#233;rieurs, de satisfaire leurs besoins sexuels et psychologiques aux d&#233;pens de l'autre sexe, d'&#234;tre attir&#233;s par des relations interdites et forc&#233;es, toutes sortes de faux besoins que le syst&#232;me capitaliste et patriarcal, utilisant tous les m&#233;dias et technologies modernes, a implant&#233; dans leurs t&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le radicalisme de ces faux radicaux s'en tient &#224; quelques modifications de vocabulaire, permettant aux femmes d'acc&#233;der (verbalement) &#224; des professions que la linguistique n'attribue qu'aux hommes (masculins).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette linguisitique soi-disant f&#233;ministe ne change pas la r&#233;alit&#233; de la vie des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout pas dans une phase de la soci&#233;t&#233; o&#249; la classe dominante s'emploie &#224; g&#233;n&#233;raliser la guerre, le fascisme, la dictature, &#233;craser les r&#233;voltes, opprimer, appauvrir, teroriser plus que jamais, toutes choses dont les femmes sont les premi&#232;res victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, il ne suffit pas du f&#233;minisme bourgeois et petit-bourgeois qui est trop timor&#233; pour critiquer m&#234;me s&#233;rieusement le syst&#232;me dominant et reconnaitre que celui-ci est &#224; l'agonie. Qu'il en faudra un autre et qu'on ne le mettra pas en place juste avec&#8230; des mots !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fondamentalement, il va falloir d&#233;truire l'Etat capitaliste (y comrpis celui des pr&#233;tendues d&#233;mocraties) et l'imp&#233;rialisme et les femmes, pour cela, ont absolument besoin de s'unir aux prol&#233;taires r&#233;volutionnaires et l'inverse est vrai &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fameuses d&#233;mocraties n'ont pas lev&#233; le petit doigt quand on a &#233;cras&#233; les r&#233;voltes dans le monde, frappant en premier les femmes. Oh que non ! Elles l'ont lev&#233; pour soutenir les dictatures. Y compris dans le monde arabe. Y compris en Arabie saoudite. Y compris en Afghanistan. Y compris en Iran. Y compris en Alg&#233;rie. Dans la r&#233;volte des Gilets jaunes comme dans celle aux USA, les forces de r&#233;pression de la &#171; d&#233;mocratie &#187; ont frapp&#233; en premier&#8230; les femmes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, vous qui combattez le capitalisme, vous ne voulez toujours pas placer les femmes en premier dans la soci&#233;t&#233; future ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DE LA SCIENCE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme a-t-il raison de se pr&#233;tendre scientifique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est une revendication clairement affirm&#233;e de Marx concernant l'ensemble de sa pens&#233;e, et de celle de Engels, c'est bien l'attribution &#224; ce travail du qualificatif de &#171; science &#187;. Car cela n'est pas une m&#233;daille en chocolat que souhaite s'attribuer ainsi Marx mais c'est un choix de m&#233;thode de travail, un choix de buts, de conceptions, d'&#233;tude, de recherche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx r&#233;cuse l'id&#233;e que le domaine politique, juridique, social, &#233;conomique ou philosophique devrait &#234;tre exclu du domaine des sciences. Il combat l'id&#233;e que dans ces domaines, chacun d&#233;veloppe les perspectives qui lui chantent et qu'il n'y aurait aucune loi, aucune n&#233;cessit&#233; objective mais seulement des propositions qui n'auraient qu'&#224; recueillir ou pas les suffrages des hommes, individuellement ou collectivement. Chacun pourrait proposer la politique &#233;conomique qui lui chante, chacun pourrait proposer les changements sociaux qui lui plaisent, chacun pourrait imaginer les changements de soci&#233;t&#233; que lui permettent son imagination. Pas de loi en politique ? Pas de loi en &#233;conomie ? Pas de loi de l'&#233;volution sociale des soci&#233;t&#233;s humaines ? Pas de loi au sens o&#249; on parle de loi de la physique, de la chimie ou de la biologie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, parler de d&#233;marche scientifique dans l'&#339;uvre de Marx n&#233;cessite de ne pas r&#233;server cette cat&#233;gorie &#224; l'&#233;tude de la mati&#232;re et de ne pas la r&#233;cuser concernant la soci&#233;t&#233; humaine. La signification de la d&#233;marche scientifique postule l'&#233;tude des conditions objectives de la r&#233;alit&#233;, conditions qui sont li&#233;es &#224; chaque &#233;poque historique et pas cr&#233;&#233;es pour l'&#233;ternit&#233;, conditions qui sont aussi celles des changements radicaux pour sauter d'un &#233;tat &#224; un autre, et ceci aussi qu'il s'agisse de la mati&#232;re, inerte ou vivante, que de la soci&#233;t&#233; humaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, il importe de rejeter toute conception selon laquelle la science serait s&#233;par&#233;e de la pens&#233;e humaine, serait infaillible, indiscutable, imbattable, s&#233;parable de la philosophie. Parler de &#171; conception scientifique &#187; ne signifie pas en faire un domaine r&#233;serv&#233; &#224; des sp&#233;cialistes, seuls aptes &#224; trancher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les sciences, m&#234;me celles dites &#171; dures, ont besoin d'&#234;tre discut&#233;es, remises en question, car elles continuent d'&#233;voluer, de se transformer, d'entrer en contradiction. Elles ne m&#232;nent pas &#224; un d&#233;terminisme strict dans lequel le hasard n'aurait pas droit de cit&#233;, dans lequel il n'y aurait pas un spectre des possibles, dans lequel il n'y aurait pas plusieurs solutions et des sauts qualitatifs entre ces solutions. L'existence de la libert&#233; humaine n'exclue pas les lois pas plus que l'agitation des &#233;l&#233;ments de la mati&#232;re n'exclue l'ordre ni que la production permanente de diversit&#233; dans le vivant n'exclue pas l'ordre g&#233;n&#233;tique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e d'un &#171; marxisme scientifique &#187; ou d'un &#171; socialisme scientifique &#187; a &#233;t&#233; critiqu&#233;e de divers bords et les critiques ont &#233;t&#233; amplifi&#233;es depuis le stalinisme du fait de la caricature qu'a repr&#233;sent&#233; ce pr&#233;tendu &#171; marxisme dialectique &#187; stalinien ou mao&#239;ste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains auteurs y voient une mani&#232;re d'imposer des conclusions absurdes &#224; la science &#224; la Lyssenko de la m&#234;me mani&#232;re qu'il s'agit d'imposer par la dictature une &#233;volution absurde et antid&#233;mocratique &#224; la soci&#233;t&#233;. D'autres affirment que le marxisme a ainsi un d&#233;sir de se transformer en dogme indiscutable par&#233; du titre glorieux et respectable de la science. D'autres enfin consid&#232;rent comme inacceptable d'appeler science tout domaine concernant la soci&#233;t&#233; humaine, du fait de la libert&#233; humaine, du fait de l'impr&#233;dictibilit&#233; de l'action humaine, du fait du choix humain, du fait de la conscience de l'homme sur lui-m&#234;me, tout cela emp&#234;chant selon eux toute objectivit&#233; de l'&#233;tude, l'acteur se confondant avec l'observateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
La discussion de cette question n&#233;cessite bien entendu de se mettre d'accord sur ce que signifie une science, ce qu'on lui attribue comme crit&#232;re, comme m&#233;thode, comme moyen de v&#233;rification, comme outils de recherche, comme qualit&#233;s, comme mode de transformation, comme potentialit&#233;s, comme domaine d'efficacit&#233;, etc&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Or cette question m&#234;me est d&#233;j&#224; tr&#232;s controvers&#233;e, et bien au-del&#224; de la question du statut du marxisme elle-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les uns affirment qu'il n'y a de science qu'au travers de lois math&#233;matiques. Les autres pr&#233;tendent qu'il n'y a de science que pr&#233;dictive. Les suivants, les popp&#233;riens, pr&#233;tendent que toute science doit &#234;tre falsifiable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, les d&#233;finitions restrictives pr&#233;c&#233;dentes sont loin de n'exclure que le marxisme. Elles rejettent hors du domaine de la science le darwinisme, l'&#233;vo-d&#233;veloppement, l'&#233;tude des animaux, la psychanalyse et m&#234;me la m&#233;decine, sans parler de la psychiatrie, de l'&#233;conomie, de la sociologie ou de l'anthropologie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien des donn&#233;es de la physique elle-m&#234;me, pourtant science &#171; dure &#187; par excellence, ne sont pas int&#233;gr&#233;es par de telles d&#233;finitions comme la climatologie, la g&#233;ologie, l'astrophysique ou la cosmologie, ces sciences &#233;tant historiques et l'homme ne pouvant reproduire deux fois le m&#234;me climat ni deux fois la formation d'une &#233;toile, d'une galaxie, d'un trou noir ou la formation de l'univers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas parce qu'un crit&#232;re unique de la science fait d&#233;faut qu'on ne saurait pas dire ce qu'est la d&#233;marche scientifique. Cette d&#233;marche n'est pas un r&#233;sultat d&#233;finitif, fond&#233; de mani&#232;re &#233;ternelle, mais est au contraire, le produit sans cesse remis en question d'un d&#233;veloppement historique et contradictoire, avec des avanc&#233;es et des reculs. La science n'est pas un domaine &#224; part, isol&#233; dans une bulle de verre, mais, au contraire li&#233;e sans cesse aux d&#233;veloppements &#233;conomiques, sociaux, techniques de la soci&#233;t&#233; humaine dont elle est le produit, y compris quand il s'agit des sciences physiques, chimiques ou biologiques. Toutes ces sciences sont historiques, aucune n'est popp&#233;risable. Aucune n'est pr&#233;dictive. Aucune n'est fond&#233;e sur l'action directe, lin&#233;aire et formelle &#171; de cause &#224; effet &#187;. Toutes sont du domaine des r&#233;troactions en cascade qui produisent des lois &#233;mergentes int&#233;grant le d&#233;sordre au sein des lois statistiques, un ordre sup&#233;rieur &#233;tant le produit des agitations &#224; l'ordre inf&#233;rieur. La non-lin&#233;arit&#233;, la sensibilit&#233; aux conditions initiales, l'&#233;mergence de structure entra&#238;nent la formation de lois ne sont pas pr&#233;dictives mais produisent un petit nombre d'&#233;volutions possibles.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'existence d'une &#171; n&#233;cessit&#233; objective &#187; ne signifie nullement que les lois soient du type &#171; A entra&#238;ne B &#187;, de la causalit&#233; directe, lin&#233;aire, unidirectionnelle et strictement pr&#233;dictive. Ces &#171; causalit&#233;s &#187; lin&#233;aires et formelles ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es &#224; tort comme le paradigme de la science.&lt;br class='autobr' /&gt;
La science exprime l'int&#233;gration au sein d'un couple dialectique de l'aspiration vers la nouveaut&#233; et des interdits de la n&#233;cessit&#233;. Ainsi, les hommes auraient volontiers affirm&#233; autrefois que l'homme n'&#233;tait pas fait pour voler, que l'homme ne pouvait pas lui-m&#234;me produire du vivant, que les astres &#233;taient le domaine des dieux, inatteignables aux v&#233;hicules produits par l'homme, que l'homme ne peut pas intervenir artificiellement dans la production d'enfants, etc&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien des affirmations actuelles de la science auraient &#233;t&#233; trait&#233;es de pure fiction par les g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes de scientifiques, et de sorcellerie par les vieilles soci&#233;t&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'utopie a bel et bien un caract&#232;re actif au sein des sciences. Il ne s'agit nullement de &#171; se contenter d'observer ce que l'on voit &#187;. L'exp&#233;rimentation elle-m&#234;me doit &#234;tre pens&#233;e et elle ne consiste pas seulement &#224; regarder la r&#233;alit&#233;. Quant &#224; la th&#233;orie, elle est loin de se fonder seulement sur l'observation mais a un besoin absolu de la th&#233;orie. Cette derni&#232;re, elle-m&#234;me n&#233;cessite des conceptions philosophiques ayant &#233;volu&#233; de mani&#232;re r&#233;troactive avec les sciences.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une science qui se serait d&#233;velopp&#233;e ind&#233;pendamment des aspirations, des utopies humaines, n'a jamais exist&#233; et n'existera jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre, une pr&#233;tendue science qui se contenterait de ces aspirations sans chercher de fondement logique, de cadre th&#233;orique, de lien avec les autres th&#233;ories et connaissances ne serait qu'un dogme indiscutable.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'un des buts fondamentaux de Marx a &#233;t&#233; de tirer le socialisme de son impasse utopiste. L'utopisme socialiste est issu notamment de la d&#233;ception provoqu&#233;e dans la petite bourgeoisie et dans les milieux populaires par les r&#233;sultats sociaux et politiques de la r&#233;volution fran&#231;aise. Une r&#233;volution pour la libert&#233;, pour le bien-&#234;tre du peuple, pour l'&#233;galit&#233; a donn&#233; naissance &#224; la dictature de classe de la bourgeoisie, &#224; une plus grande mainmise des richesses et du pouvoir par une minorit&#233;, &#224; de plus grandes in&#233;galit&#233;s, &#224; une division de classe encore plus marqu&#233;e. Faut-il r&#233;pondre &#224; ce constat par des projets utopiques de soci&#233;t&#233;, ces projets pr&#233;tendant permettre la construction de nouvelles soci&#233;t&#233;s ou &#233;tudier la nouvelle soci&#233;t&#233; capitaliste issue de la r&#233;volution bourgeoise, en tirer les lois &#233;conomiques et les lois d'&#233;volution pour en d&#233;duire les &#233;volutions historiques possibles ? C'est deux d&#233;marches oppos&#233;es : socialisme utopique et socialisme scientifique, expliquent Marx et Engels&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Sur le terrain de l'&#233;conomie politique la libre et scientifique recherche rencontre bien plus d'ennemis que dans ses autres champs d'exploration&#8230; Tout jugement inspir&#233; par une critique vraiment scientifique est pour moi le bienvenu. Vis &#224; vis des pr&#233;jug&#233;s de ce qu'on appelle l'opinion publique &#224; laquelle je n'ai jamais fait de concessions, j'ai pour devise, apr&#232;s comme avant, la parole du grand Florentin : &#171; Suis ton chemin et laisse dire les gens ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx, Le Capital, Livre I&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx expose le plan de son travail dans &#171; Le Capital &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'expos&#233;, je veux dire la mani&#232;re, est tout &#224; fait scientifique, donc ne contrevient pas aux r&#232;glements de police au sens habituel. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;crit &#224; Lassalle sur son oeuvre :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Elle repr&#233;sente pour la premi&#232;re fois d'une fa&#231;on scientifique une importante mani&#232;re de voir les rapports sociaux. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans Die Zukunft du 11 ao&#251;t 1869, Engels &#233;crit &#224; propos du &#171; Capital &#187; : &#171; Cet ouvrage contient le r&#233;sultat des &#233;tudes de toute une vie. C'est l'&#233;conomie politique de la classe laborieuse r&#233;duite &#224; son expression scientifique. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx lui-m&#234;me consid&#233;rait &#171; Le Capital &#187; comme une v&#233;ritable arme de guerre : &#171; C'est certainement le plus terrible missile qui ait encore jamais &#233;t&#233; lanc&#233; &#224; la face des bourgeois (y compris les propri&#233;taires fonciers). &#187; (Marx &#224; J.-B. Becker, 17 avril 1867.)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La critique de l'&#233;conomie politique, pierre angulaire du socialisme scientifique, a &#233;t&#233; pendant presque toute sa vie une des pr&#233;occupations dominantes de Karl Marx et le th&#232;me essentiel de ses recherches&#8230; En &#233;tudiant l'&#233;conomie classique, il est arriv&#233; &#224; un certain nombre de conclusions qui mettent en lumi&#232;re les contradictions fondamentales du r&#233;gime bourgeois et les impasses auxquelles aboutit l'&#339;uvre de ses th&#233;oriciens. La classe ouvri&#232;re peut disposer maintenant d'une base scientifique pour fonder son action r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Emile Botigelli, Introduction &#224; la &#171; Critique de l'Economie politique &#187; de Karl Marx&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'instinct de classe des prol&#233;taires est fait du pressentiment de la soci&#233;t&#233; communautaire et collectiviste, rationnellement organis&#233;e par les producteurs associ&#233;s pour l'&#233;panouissement mat&#233;riel et intellectuel de l'humanit&#233;, tout autant que de la r&#233;action d'hostilit&#233; aux conditions de vie et de travail cr&#233;&#233;es par la production capitaliste. Les utopistes furent les premiers porte-parole des masses laborieuses, en quelque sorte les th&#233;oriciens de leurs aspirations, &#224; un moment ou les conditions historiques ne fournissaient pas encore au prol&#233;tariat les moyens mat&#233;riels et politiques de son &#233;mancipation. Cependant, &#224; l'aube de la soci&#233;t&#233; capitaliste, ils connaissaient d&#233;j&#224; les m&#233;faits de la production capitaliste, et ce n'est pas par hasard qu'un Owen, par exemple, fut aussi bien un chantre de la soci&#233;t&#233; future qu'un r&#233;formateur hardi, de sa propre fabrique, o&#249; il introduisit le travail associ&#233; et diminua de mani&#232;re draconienne les heures de travail. Marx et Engels ne renient ni l'instinct profond des masses ni la vision du futur des utopistes. Ils les d&#233;pouillent de leurs &#233;l&#233;ments id&#233;alistes et fantastiques, en leur donnant une assise critique et scientifique, sans tomber en cons&#233;quence dans l'objectivisme agnostique de ceux pour qui la science ne s'applique qu'aux objets inertes et aux faits &#171; constatables &#187; du pass&#233; et du pr&#233;sent&#8230; Marx-Engels ne purent &#233;tablir leur th&#233;orie moderne du communisme, fond&#233;e sur le mat&#233;rialisme &#233;conomique et historique, qu'en s'appuyant sur des d&#233;veloppements sociaux du capitalisme. La th&#233;orie &#171; allemande &#187; dut pour cela s'appuyer sur les donn&#233;es politiques de la France et &#233;conomiques de l'Angleterre, o&#249; la bourgeoisie &#233;tait enfin parvenue au pouvoir en 1830. Si l'&#233;conomie anglaise montre aux autres nations du continent quelle sera &#171; l'image de leur proche avenir &#187; (pr&#233;face allemande du Capital), c'est le parti chartiste qui fournit le mod&#232;le de l'organisation du prol&#233;tariat moderne (cf. le dernier chapitre de Mis&#232;re de la philosophie), o&#249; Marx expose l'&#233;volution du parti chartiste, solidement reli&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re par l'interm&#233;diaire des syndicats et des luttes revendicatives. C'est pourquoi, le Manifeste a pu affirmer que &#171; les conceptions th&#233;oriques des communistes ne reposent nullement sur des id&#233;es ou des principes d&#233;couverts ou invent&#233;s par tel ou tel r&#233;formateur du monde. Elles ne sont que l'expression th&#233;orique des conditions r&#233;elles de la lutte des classes. &#187; Le socialisme scientifique ou programme communiste du prol&#233;tariat moderne n'a donc pu &#234;tre &#233;labor&#233; qu'au contact avec la classe ouvri&#232;re allemande, fran&#231;aise et surtout anglaise, et n'a pu surgir qu'en liaison avec la cr&#233;ation d'une organisation internationale que Marx-Engels s'efforc&#232;rent de fonder avec les D&#233;mocrates fraternels, c'est-&#224;-dire les chartistes de gauche qui &#233;taient partisans de la violence r&#233;volutionnaire. &#8230;. Pour d&#233;chiffrer l'histoire afin d'en appliquer les enseignements aux batailles non plus critiques, mais violentes et arm&#233;es entre les classes, il faut avant tout d&#233;gager une connaissance pr&#233;cise des rapports sociaux qui, d'une forme de production &#224; l'autre, s'&#233;tablissent dans la base &#233;conomique et assurent le passage r&#233;volutionnaire du capitalisme au socialisme &#8230; En fait &#171; Le Capital &#187; est la d&#233;monstration du caract&#232;re &#233;minemment transitoire de la forme de production capitaliste, c'est sa n&#233;crologie, non l'&#233;tude de la vie et du fonctionnement du capital. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
R. Dangeville dans son introduction &#224; &#171; Le parti de classe &#187; de Marx-Engels&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'homme de science &#233;tait loin d'&#234;tre en lui la moiti&#233; de l'homme. La science &#233;tait pour Marx une force r&#233;volutionnaire, historiquement d&#233;terminante. Marx &#233;tait par-dessus tout un r&#233;volutionnaire. Coop&#233;rer d'une mani&#232;re ou de l'autre au bouleversement de la soci&#233;t&#233; capitaliste et des institutions politiques cr&#233;es par elle, contribuer &#224; la lib&#233;ration du prol&#233;tariat moderne, auquel il a, le premier, donn&#233; la conscience de sa situation propre et de ses besoins, la conscience des conditions de son &#233;mancipation... telle &#233;tait sa vraie vocation. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Hommage fun&#232;bre de Friedrich Engels &#224; son camarade et ami Karl Marx, dans &#034;Der Sozialdemokrat&#034; du 22 mars 1883&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Karl Marx, histoire de sa vie &#187; par Franz Mehring :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La science &#233;tait pour Marx une force qui actionnait l'histoire, une force r&#233;volutionnaire. Si pure que fut la joie qu'il pouvait avoir &#224; une d&#233;couverte dans une science th&#233;orique quelconque dont il peut &#234;tre impossible d'envisager l'application pratique, sa joie &#233;tait tout autre lorsqu'il s'agissait d'une d&#233;couverte d'une port&#233;e r&#233;volutionnaire imm&#233;diate pour l'industrie ou, en g&#233;n&#233;ral, pour le d&#233;veloppement historique. (&#8230;) Car Marx &#233;tait avant tout un r&#233;volutionnaire. Contribuer, d'une fa&#231;on ou d'une autre, au renversement de la soci&#233;t&#233; capitaliste et des institutions d'Etat qu'elle a cr&#233;&#233;es, collaborer &#224; l'affranchissement du prol&#233;tariat moderne, auquel il avait donn&#233; le premier la conscience de sa propre situation et de ses besoins, la conscience des conditions de son &#233;mancipation, telle &#233;tait sa v&#233;ritable vocation. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx discute ainsi de sa m&#233;thode scientifique en citant un de ses critiques dans &#171; Le Capital &#187;, Livre premier :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Messager europ&#233;en, revue russe, publi&#233;e &#224; Saint-P&#233;tersbourg, dans un article enti&#232;rement consacr&#233; &#224; la m&#233;thode du Capital, d&#233;clare que mon proc&#233;d&#233; d'investigation est rigoureusement r&#233;aliste, mais que ma m&#233;thode d'exposition est malheureusement dans la mani&#232;re dialectique. &#171; A premi&#232;re vue, dit-il, si l'on juge d'apr&#232;s la forme ext&#233;rieure de l'exposition, Marx est un id&#233;aliste renforc&#233;, et cela dans le sens allemand, c'est-&#224;-dire dans le mauvais sens du mot. En fait, il est infiniment plus r&#233;aliste qu'aucun de ceux qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; dans le champ de l'&#233;conomie critique... On ne peut en aucune fa&#231;on l'appeler id&#233;aliste. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur continue ainsi :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une seule chose pr&#233;occupe Marx : trouver la loi des ph&#233;nom&#232;nes qu'il &#233;tudie ; non seulement la loi qui les r&#233;git sous leur forme arr&#234;t&#233;e et dans leur liaison observable pendant une p&#233;riode de temps donn&#233;e. Non, ce qui lui importe, par-dessus tout, c'est la loi de leur changement, de leur d&#233;veloppement, c'est-&#224;-dire la loi de leur passage d'une forme &#224; l'autre, d'un ordre de liaison dans un autre. Une fois qu'il a d&#233;couvert cette loi, il examine en d&#233;tail les effets par lesquels elle se manifeste dans la vie sociale... Ainsi donc, Marx ne s'inqui&#232;te que d'une chose ; d&#233;montrer par une recherche rigoureusement scientifique, la n&#233;cessit&#233; d'ordres d&#233;termin&#233;s de rapports sociaux, et, autant que possible, v&#233;rifier les faits qui lui ont servi de point de d&#233;part et de point d'appui. Pour cela il suffit qu'il d&#233;montre, en m&#234;me temps que la n&#233;cessit&#233; de l'organisation actuelle, la n&#233;cessit&#233; d'une autre organisation dans laquelle la premi&#232;re doit in&#233;vitablement passer, que l'humanit&#233; y croie ou non, qu'elle en ait ou non conscience. Il envisage le mouvement social comme un encha&#238;nement naturel de ph&#233;nom&#232;nes historiques, encha&#238;nement soumis &#224; des lois qui, non seulement sont ind&#233;pendantes de la volont&#233;, de la conscience et des desseins de l'homme, mais qui, au contraire, d&#233;terminent sa volont&#233;, sa conscience et ses desseins... Si l'&#233;l&#233;ment conscient joue un r&#244;le aussi secondaire dans l'histoire de la civilisation, il va de soi que la critique, dont l'objet est la civilisation m&#234;me, ne peut avoir pour base aucune forme de la conscience ni aucun fait de la conscience. Ce n'est pas l'id&#233;e, mais seulement le ph&#233;nom&#232;ne ext&#233;rieur qui peut lui servir de point de d&#233;part. La critique se borne &#224; comparer, &#224; confronter un fait, non avec l'id&#233;e, mais avec un autre fait ; seulement elle exige que les deux faits aient &#233;t&#233; observ&#233;s aussi exactement que possible, et que dans la r&#233;alit&#233; ils constituent vis-&#224;-vis l'un de l'autre deux phases de d&#233;veloppement diff&#233;rentes ; par-dessus tout elle exige que la s&#233;rie des ph&#233;nom&#232;nes, l'ordre dans lequel ils apparaissent comme phases d'&#233;volution successives, soient &#233;tudi&#233;s avec non moins de rigueur. Mais, dira-t-on, les lois g&#233;n&#233;rales de la vie &#233;conomique sont unes, toujours les m&#234;mes, qu'elles s'appliquent au pr&#233;sent ou au pass&#233;. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que Marx conteste ; pour lui ces lois abstraites n'existent pas... D&#232;s que la vie s'est retir&#233;e d'une p&#233;riode de d&#233;veloppement donn&#233;e, d&#232;s qu'elle passe d'une phase dans une autre, elle commence aussi &#224; &#234;tre r&#233;gie par d'autres lois. En un mot, la vie &#233;conomique pr&#233;sente dans son d&#233;veloppement historique les m&#234;mes ph&#233;nom&#232;nes que l'on rencontre en d'autres branches de la biologie... Les vieux &#233;conomistes se trompaient sur la nature des lois &#233;conomiques, lorsqu'ils les comparaient aux lois de la physique et de la chimie. Une analyse plus approfondie des ph&#233;nom&#232;nes a montr&#233; que les organismes sociaux se distinguent autant les uns des autres que les organismes animaux et v&#233;g&#233;taux. Bien plus, un seul et m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne ob&#233;it &#224; des lois absolument diff&#233;rentes, lorsque la structure totale de ces organismes diff&#232;re, lorsque leurs organes particuliers viennent &#224; varier, lorsque les conditions dans lesquelles ils fonctionnent viennent &#224; changer, etc. Marx nie, par exemple, que la loi de la population soit la m&#234;me en tout temps et en tout lieu. Il affirme, au contraire, que chaque &#233;poque &#233;conomique a sa loi de population propre... Avec diff&#233;rents d&#233;veloppements de la force productive, les rapports sociaux changent de m&#234;me que leurs lois r&#233;gulatrices... En se pla&#231;ant &#224; ce point de vue pour examiner l'ordre &#233;conomique capitaliste, Marx ne fait que formuler d'une fa&#231;on rigoureusement scientifique la t&#226;che impos&#233;e &#224; toute &#233;tude exacte de la vie &#233;conomique. La valeur scientifique particuli&#232;re d'une telle &#233;tude, c'est de mettre en lumi&#232;re les lois qui r&#233;gissent la naissance, la vie, la croissance et la mort d'un organisme social donn&#233;, et son remplacement par un autre sup&#233;rieur ; c'est cette valeur-l&#224; que poss&#232;de l'ouvrage de Marx. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finissant ce qu'il appelle ma m&#233;thode d'investigation avec tant de justesse, et en ce qui concerne l'application que j'en ai faite, tant de bienveillance, qu'est-ce donc que l'auteur a d&#233;fini, si ce n'est la m&#233;thode dialectique ? Certes, le proc&#233;d&#233; d'exposition doit se distinguer formellement du proc&#233;d&#233; d'investigation. A l'investigation de faire la mati&#232;re sienne dans tous ses d&#233;tails, d'en analyser les diverses formes de d&#233;veloppement, et de d&#233;couvrir leur lien intime. Une fois cette t&#226;che accomplie, mais seulement alors, le mouvement r&#233;el peut &#234;tre expos&#233; dans son ensemble. Si l'on y r&#233;ussit, de sorte que la vie de la mati&#232;re se r&#233;fl&#233;chisse dans sa reproduction id&#233;ale, ce mirage peut faire croire &#224; une construction a priori.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma m&#233;thode dialectique, non seulement diff&#232;re par la base de la m&#233;thode h&#233;g&#233;lienne, mais elle en est m&#234;me l'exact oppos&#233;. Pour Hegel le mouvement de la pens&#233;e, qu'il personnifie sous le nom de l'id&#233;e, est le d&#233;miurge de la r&#233;alit&#233;, laquelle n'est que la forme ph&#233;nom&#233;nale de l'id&#233;e. Pour moi, au contraire, le mouvement de la pens&#233;e n'est que la r&#233;flexion du mouvement r&#233;el, transport&#233; et transpos&#233; dans le cerveau de l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai critiqu&#233; le c&#244;t&#233; mystique de la dialectique h&#233;g&#233;lienne il y a pr&#232;s de trente ans, &#224; une &#233;poque o&#249; elle &#233;tait encore &#224; la mode... Mais bien que, gr&#226;ce &#224; son quiproquo, Hegel d&#233;figure la dialectique par le mysticisme, ce n'en est pas moins lui qui en a le premier expos&#233; le mouvement d'ensemble. Chez lui elle marche sur la t&#234;te ; il suffit de la remettre sur les pieds pour lui trouver la physionomie tout &#224; fait raisonnable. Sous son aspect mystique, la dialectique devint une mode en Allemagne, parce qu'elle semblait glorifier les choses existantes. Sous son aspect rationnel, elle est un scandale et une abomination pour les classes dirigeantes, et leurs id&#233;ologues doctrinaires, parce que dans la conception positive des choses existantes, elle inclut du m&#234;me coup l'intelligence de leur n&#233;gation fatale, de leur destruction n&#233;cessaire ; parce que saisissant le mouvement m&#234;me, dont toute forme faite n'est qu'une configuration transitoire, rien ne saurait lui imposer ; qu'elle est essentiellement critique et r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement contradictoire de la soci&#233;t&#233; capitaliste se fait sentir au bourgeois pratique de la fa&#231;on la plus frappante, par les vicissitudes de l'industrie moderne &#224; travers son cycle p&#233;riodique, dont le point culminant est la crise g&#233;n&#233;rale. D&#233;j&#224; nous apercevons le retour de ses prodromes ; elle approche de nouveau ; par l'universalit&#233; de son champ d'action et l'intensit&#233; de ses effets, elle va faire entrer la dialectique dans la t&#234;te m&#234;me aux tripoteurs qui ont pouss&#233; comme champignons dans le nouveau Saint-Empire prusso-allemand. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'analyse scientifique d&#233;montre que la production capitaliste est d'une nature sp&#233;ciale, qu'elle est d&#233;termin&#233;e historiquement et que, de m&#234;me que tout autre syst&#232;me de production, elle a comme condition un stade d&#233;termin&#233; du d&#233;veloppement et de la morphologie des forces productives, condition qui est le r&#233;sultat historique et le produit d'un processus ant&#233;rieur, base d&#233;termin&#233;e du processus nouveau. Cette analyse &#233;tablit encore que les rapports de production ad&#233;quats &#224; ce syst&#232;me d&#233;termin&#233; historiquement - rapports que les hommes observent dans leur vie sociale - ont un caract&#232;re sp&#233;cifique, historique et transitoire, et que les rapports de la r&#233;partition sont essentiellement identiques &#224; ceux de la production, dont elles repr&#233;sentent la seconde face, si bien qu'elles ont tous les deux le m&#234;me caract&#232;re historique et transitoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'observation des conditions de la r&#233;partition, on part de ce pr&#233;tendu fait que le produit annuel se subdivise en salaire, profit et rente, fait inexact lorsqu'il est pr&#233;sent&#233; sous cette forme. Le produit se divise en capital et en revenus. L'un de ceux-ci, le salaire, ne prend la forme de revenu des ouvriers, qu'apr&#232;s avoir &#233;t&#233; oppos&#233; &#224; ces m&#234;mes ouvriers sous forme de capital. L'opposition comme capital des moyens de production et des produits du travail en g&#233;n&#233;ral aux producteurs imm&#233;diats implique d'avance que les conditions mat&#233;rielles du travail se pr&#233;sentent &#224; l'&#233;gard des ouvriers avec un caract&#232;re social d&#233;termin&#233;, et que dans la production m&#234;me il existe un rapport donn&#233; entre eux et les propri&#233;taires des moyens de travail. De son c&#244;t&#233; la conversion de ceux-ci en capital implique que les producteurs imm&#233;diats sont expropri&#233;s du sol et du sous-sol, et que la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re prend une forme d&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'une des parties du produit ne se convertissait pas en capital, l'autre ne se transformerait pas en salaire, profit et rente. D'autre part, la production capitaliste, par ce fait qu'elle suppose que les conditions de la production ont tel caract&#232;re social d&#233;termin&#233;, les reproduit continuellement avec la m&#234;me caract&#233;ristique. Elle engendre non seulement les produits mat&#233;riels, mais reproduit continuellement les conditions de production dans lesquelles ceux-ci sont obtenus ; elle reproduit en m&#234;me temps les conditions de r&#233;partition qui y correspondent.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale on peut dire que le capital, avec la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re qui en est le corollaire, implique par lui-m&#234;me une r&#233;partition : l'expropriation des travailleurs des moyens de travail, la concentration de ceux-ci aux mains d'une minorit&#233; d'individus et l'appropriation exclusive du sol et du sous-sol au profit de quelques autres, en un mot les rapports que nous avons expos&#233;s dans le livre I, chap. XXV, en parlant de l'accumulation primitive. Mais cette r&#233;partition est absolument diff&#233;rente de celle dont on entend parler quand on dit que les rapports de la r&#233;partition ont un caract&#232;re historique comme les rapports de la production et qui fixe les droits des individus &#224; la part du produit destin&#233;e &#224; leur consommation individuelle. Ces conditions de la production sont la base de fonctions sociales sp&#233;ciales, qui dans la production m&#234;me sont assign&#233;es &#224; des agents d&#233;termin&#233;s de celle-ci, distincts des producteurs imm&#233;diats. Elles communiquent aux conditions et aux repr&#233;sentants de la production une qualit&#233; sociale sp&#233;cifique et d&#233;terminent enti&#232;rement le caract&#232;re et le mouvement de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx dans &#171; Le Capital &#187;, Livre III, Les rapports de distribution et les rapports de production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai &#233;tudi&#233; nagu&#232;re avec beaucoup de soin le premier fascicule paru &#224; Berlin : la Contribution &#224; la critique de l'&#233;conomie politique, et j'avoue qu'aucun livre, si volumineux f&#251;t-il, ne m'a jamais apport&#233; autant d'enseignements, autant de notions neuves et positives que cet opuscule. Aussi en ai je attendu la suite avec beaucoup d'impatience. Vous exprimez pour la premi&#232;re fois sous une forme claire, irr&#233;futable, scientifique, ce qui d&#233;sormais constituera la tendance consciente de l'&#233;volution historique : subordonner &#224; la conscience humaine le processus social de production qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'&#233;tait qu'une force aveugle de la nature. Votre oeuvre immortelle, Monsieur, c'est d'avoir fourni un fondement rationnel &#224; cette tendance, d'avoir fait comprendre que notre production est anarchique. Notre &#233;poque vous doit, pour cette d&#233;couverte, une reconnaissance &#233;ternelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DE LA THEORIE ET DE LA PHILOSOPHIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine dans &#171; La port&#233;e du mat&#233;rialisme militant &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nous devons comprendre qu'&#224; d&#233;faut d'un solide fondement philosophique, il n'est point de science de la valeur, point de mat&#233;rialisme qui pussent soutenir la lutte contre les pressions des id&#233;es bourgeoises et la restauration de la conception bourgeoise du monde. Pour soutenir cette lutte et la mener &#224; terme avec un entier succ&#232;s, le sp&#233;cialiste des sciences de la nature doit &#234;tre un mat&#233;rialiste moderne, un partisan conscient du mat&#233;rialisme tel que l'a pr&#233;sent&#233; Marx, c'est-&#224;-dire que son mat&#233;rialisme doit &#234;tre dialectique. (...) Nous pouvons et devons &#233;laborer cette dialectique dans tous ses aspects, publier des extraits des principales &#339;uvres de Hegel, les interpr&#233;ter dans un esprit mat&#233;rialiste. (...) Les sp&#233;cialistes modernes des sciences de la nature trouveront (s'ils cherchent et si nous apprenons &#224; les aider) dans la dialectique de Hegel interpr&#233;t&#233;e de mani&#232;re mat&#233;rialiste un bon nombre de r&#233;ponses aux questions philosophiques que pose la r&#233;volution dans la science. Faute de cela, les grands savants seront aussi souvent que par le pass&#233; impuissants dans leurs conclusions et g&#233;n&#233;ralisations philosophiques. Car les sciences de la nature progressent si vite, traversent une p&#233;riode de bouleversements r&#233;volutionnaires dans tous les domaines si profonde, qu'elles ne pourront se passer en aucun cas de conclusions philosophiques.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg, &#171; R&#233;forme sociale ou R&#233;volution &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le signe distinctif de l'opportunisme, c'est d'abord l'hostilit&#233; &#224; la &#034; th&#233;orie &#034;. C'est tout naturel, puisque notre &#034; th&#233;orie &#034; - c'est-&#224;-dire les principes du socialisme scientifique - pose des limites tr&#232;s fermes &#224; l'action pratique &#224; la fois quant aux objectifs vis&#233;s, aux moyens de lutte, et enfin au mode de lutte lui-m&#234;me. Aussi ceux qui ne recherchent que les succ&#232;s pratiques ont-ils tout naturellement tendance &#224; r&#233;clamer la libert&#233; de man&#339;uvre, c'est-&#224;-dire &#224; s&#233;parer la pratique de la &#034; th&#233;orie &#034;, &#224; s'en rendre ind&#233;pendants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nombre de militants r&#233;volutionnaires, la th&#233;orie est d'une importance tr&#232;s secondaire et certains consid&#232;rent m&#234;me qu'elle ne sert que d'ornement et m&#232;ne &#224; des absurdit&#233;s qu'il faudrait &#233;viter, nous disent-ils, en restant proches des gens, proches des r&#233;alit&#233;s. En somme, dans le domaine de l'activit&#233; des r&#233;volutionnaires, on en est encore bien souvent &#224; opposer action et th&#233;orie. Cette situation est bien particuli&#232;re puisque dans nombre d'activit&#233;s, cette attitude a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;e, au moins partiellement. Personne n'imagine un bon avocat ou un bon chirurgien qui n'ait pas &#233;tudi&#233; &#224; fond la th&#233;orie. Par contre, certains bons militants de la classe ouvri&#232;re, qu'ils soient ouvriers ou pas, consid&#232;rent que la th&#233;orie est &#224; respecter en gardant ses distances. De temps en temps, la th&#233;orie m&#233;rite un petit stage pour avoir quelques connaissances mais l'activit&#233; n'est pas directement li&#233;e &#224; la th&#233;orie&#8230; Et le militant ne se consid&#232;re pas comme en train de construire lui aussi &#8230; la th&#233;orie. Elle n'est pas vivante. C'est celle de Marx, L&#233;nine ou Trotsky. Certains y ajoutent tel ou tel penseur plus r&#233;cent mais peu consid&#232;rent qu'il faut toujours la faire &#233;voluer en connexion avec la r&#233;alit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'y rajoute aussi un facteur social. Dans la soci&#233;t&#233; capitaliste, la s&#233;paration des t&#226;ches, des r&#244;les sociaux, des pouvoirs, des classes am&#232;ne &#224; penser que tout ce qui est li&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re ne serait pas du domaine de l'&#233;tude th&#233;orique mais pratique. Les milieux syndicalistes jouent un grand r&#244;le dans cette d&#233;formation de la pens&#233;e politique et ils ont une grande influence dans la mesure o&#249; la plupart des militants r&#233;volutionnaires ont une importante activit&#233; syndicale qui leur prend une grande partie de leur temps et de leurs pr&#233;occupations, pour ne pas dire la plus grande partie de leur temps et de leurs pr&#233;occupations. La th&#233;orie passe pour &#234;tre &#171; en chambre &#187;, &#171; en labo &#187;, r&#233;alis&#233;e par des &#171; savants cosinus &#187; qui planent au-dessus de la r&#233;alit&#233; et dont les v&#233;ritables militants auraient int&#233;r&#234;t &#224; se d&#233;fier. Ce genre de situation existe mais ce n'est pas une raison pour se d&#233;tourner de la th&#233;orie. Il y a certes bien des faux docteurs mais cela ne suffit pas &#224; penser que le m&#233;decin ne doit apprendre la th&#233;orie de son domaine&#8230; Il y a aussi de pragmatistes, des activistes qui envoient les luttes dans le mur, et m&#234;me les r&#233;volutions, parce qu'ils ont refus&#233; de prendre le soin d'&#233;tudier la th&#233;orie, l'histoire mais aussi la philosophie&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
La base de toute intervention militante r&#233;volutionnaire devrait &#234;tre :&lt;br class='autobr' /&gt; pour transformer le monde, il faut le comprendre car cette transformation, pour r&#233;ussir devra &#234;tre consciente et cette conscience ne devra pas seulement &#234;tre une r&#233;volte, un sens de classe, mais aussi un sens des n&#233;cessit&#233;s objectives, un sens de la dynamique de l'Histoire, un sens des int&#233;r&#234;ts aussi des classes adverses. &lt;br class='autobr' /&gt; la volont&#233; individuelle et collective n'est pas seule en cause : il y a des lois du r&#233;el qui ne sont pas visibles &#224; l'&#339;il nu et qui n&#233;cessitent, pour &#234;tre appr&#233;hend&#233;es, d'un mat&#233;riel th&#233;orique perfectionn&#233; aussi d&#233;velopp&#233; que dans d'autres types d'activit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le stalinisme et le r&#233;formisme ont certes leur responsabilit&#233; dans le fait que les travailleurs et les militants se d&#233;tournent des th&#233;ories. Ces derni&#232;res ont trop servi &#224; tromper, &#224; justifier l'injustifiable. Mais, pas plus que les d&#233;rives de certains courants n&#233;o-darwiniens ne doivent d&#233;tourner de Darwin et donc emp&#234;cher de d&#233;velopper un darwinisme moderne, les d&#233;rives de pr&#233;tendus adeptes de Marx ne doivent d&#233;tourner du marxisme, c'est-&#224;-dire d&#233;tourner de b&#226;tir un &#233;difice conceptuel pour r&#233;pondre au monde tel que nous le comprenons &#224; notre &#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne peut suffire de r&#233;f&#233;rer &#224; Marx et encore moins de le r&#233;v&#233;rer. Il n'y a que trop de militants qui le lisent mais ne veulent pas faire le m&#234;me travail que lui. Et je ne cite l&#224; Marx qu'&#224; titre d'exemple parmi d'autres. Il existe de nombreux groupes d'extr&#234;me-gauche qui se revendiquent pleinement des Marx, Engels, L&#233;nine, Trotsky ou Rosa Luxemburg mais se d&#233;tournent de la philosophie de Hegel alors que tous ces auteurs et militants pensaient qu'on devait absolument, de mani&#232;re vitale, &#233;tudier Hegel et se p&#233;n&#233;trer de sa dialectique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, rien n'oblige &#224; faire exactement comme les &#171; ma&#238;tres &#187; et nous sommes les premiers &#224; penser que quiconque pense par lui-m&#234;me s'autorise &#224; se d&#233;tacher de toute appr&#233;ciation des anciens qui ne lui semblerait plus fond&#233;e. Mais encore faut-il le justifier. Encore faut-il le dire m&#234;me, ce que ces militants et ces courants ne font nullement. Bien des dirigeants de groupes ont affirm&#233; : &#171; nous ne sommes pas des th&#233;oriciens et il nous suffit d'&#233;tudier et d'appliquer la th&#233;orie marxiste &#187;. Mais peut-on &#233;tudier la th&#233;orie marxiste comme des textes anciens sans se poser la question d'&#233;crire nous-m&#234;mes th&#233;oriquement ce que le monde nous para&#238;t &#234;tre aujourd'hui. Le simple fait d'&#233;tudier Marx comme s'il &#233;crivait pour aujourd'hui me semble un parfait non-sens. C'est une mani&#232;re d'en faire une ic&#244;ne et donc de le rendre inoffensif, de le transformer en pens&#233;e morte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, nous ne disposons pas de la th&#233;orie de Marx (ou d'autres) comme d'un point de vue sur le monde actuel et il ne peut nous suffire de produire des textes d'actualit&#233;, de d&#233;nonciation, de prises de position, d'intervention politique et sociale. Inversement, il ne peut nous suffire de prises de positions th&#233;oriques, la th&#233;orie ne pouvant &#234;tre s&#233;par&#233;e de la pratique, de l'exp&#233;rience des masses, de l'intervention parmi elles, de la confrontation avec la r&#233;alit&#233; actuelle des classes en lutte, des actes et int&#233;r&#234;ts des classes dirigeantes en particulier. Or l'essentiel des groupes font l'un ou l'autre mais pas les deux&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx n'a pas analys&#233; une fois pour toutes les crises du capitalisme. Il a aussi &#233;tudi&#233; chaque crise, une par une, montr&#233; ses sp&#233;cificit&#233;s, approfondi dans chacune ses points de vue, contredit ses id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, etc&#8230; La th&#233;orie ainsi con&#231;ue est dynamique. Elle ne peut consister en une attitude de r&#233;v&#233;rence envers le marxisme, sens&#233; expliquer le monde, sans changement, jusqu'&#224; nos jours !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui ont peur du changement en th&#233;orie sont aussi dangereux que ceux qui ont peur du changement en pratique. Il n'y a pas de voie assur&#233;e pour les militants r&#233;volutionnaires. Ceux qui veulent absolument des chemins tranquilles risquent fort de se d&#233;tourner du bon&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; la conscience de classe, elle ne peut s'extraire des luttes de classe actuelles que si on parvient en m&#234;me temps &#224; transmettre la compr&#233;hension des enjeux, les buts des classes dirigeantes et la situation de leur syst&#232;me. Sans quoi, les travailleurs se battront mais avec un bandeau sur les yeux...&lt;br class='autobr' /&gt;
Contre la conception religieuse de l'id&#233;ologie des r&#233;volutionnaires, de leur activit&#233; militante et de leur conception de l'organisation&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tout d'abord qu'appelle-t-on conception religieuse ? C'est une vision noir et blanc fond&#233;e sur un moralisme qui distingue, dans ce qui se passe dans le monde, le bien du mal, le progr&#232;s et la r&#233;action, et les oppose diam&#233;tralement, qui consid&#232;re que l'id&#233;ologie a un r&#244;le premier, qui houspille la pingrerie des riches, qui d&#233;nonce les injustices et promeut la justice, qui pleure sur les pauvres, qui se penche sur les opprim&#233;s, qui commis&#232;re sans cesse, qui oppose sans cesse une norme morale au monde r&#233;el sans jamais vouloir chercher la base mat&#233;rielle et politique des faits d&#233;nonc&#233;s. La religion peut tr&#232;s bien d&#233;noncer la cupidit&#233; des classes dirigeantes et livrer leur amoralisme &#224; la vindicte publique. Elle ne veut pas en d&#233;crypter les buts sociaux et politiques. Elle peut d&#233;noncer l'exploitation mais jamais elle ne montre o&#249; sont les forces et les faiblesses des opprim&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;ologie religieuse assimile l'&#233;mancipation au recrutement des &#233;mancipateurs et &#233;vang&#233;listes et non &#224; l'action autonome des opprim&#233;s qu'il s'agirait d'&#233;tudier afin de permettre aux opprim&#233;s de conna&#238;tre leur propre histoire, les le&#231;ons de ses &#233;checs et victoires, la strat&#233;gie de leurs adversaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre point est &#224; souligner : la distance grandissante entre discours sur le futur et pratique dans l'imm&#233;diat. Par exemple, le discours religieux des r&#233;volutionnaires consistera &#224; dire qu'au jour du jugement dernier, les prol&#233;taires se dirigeront eux-m&#234;mes par des soviets mais ce n'est nullement d'actualit&#233; puisque, pour le moment, le plus important est d'&#234;tre nombreux &#224; la promenade organis&#233;e par des bureaucraties syndicales dont on se garde de dire &#224; quel point elles sont li&#233;es &#224; nos pires adversaires&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Remplacer l'arme de la critique par celle de la d&#233;nonciation morale, &#233;riger la th&#233;orie en dogme, former les nouveaux &#224; l'ob&#233;issance aveugle, consid&#233;rer la discussion critique comme une opposition st&#233;rile, refuser l'&#233;tude syst&#233;matique de la philosophie, pr&#233;tendre que l'activisme est la base de activit&#233; du r&#233;volutionnaire, oublier l'existence du travail th&#233;orique, pr&#233;tendre que le travail essentiel est le recrutement de nouveaux missionnaires, pr&#233;senter le communisme comme une soci&#233;t&#233; future qu'il s'agit d'annoncer comme le messie, parler du parti comme d'un but fantasmagorique, refuser de d&#233;noncer les illusions des masses sous pr&#233;texte que ce n'est pas possible vu le niveau actuel de conscience de celles-ci, tenir un double discours int&#233;rieur et ext&#233;rieur et pr&#233;senter l'activit&#233; des r&#233;volutionnaires comme un &#233;litisme qui nous place au dessus des masses, voil&#224; quelques unes des caract&#233;ristiques de la conception religieuse de l'activit&#233; r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'inverse de la conception religieuse des r&#233;volutionnaires :&lt;br class='autobr' /&gt; l'&#233;tude th&#233;orique et philosophique est &#224; la base de l'activit&#233; militante des r&#233;volutionnaires. En 1908, au plus bas de l'activit&#233; des militants ouvriers r&#233;volutionnaires suite &#224; la d&#233;faite de la r&#233;volution de 1905, L&#233;nine estimait que la t&#226;che num&#233;ro un &#233;tait de r&#233;armer en &#233;tudiant la philosophie de la mati&#232;re li&#233;e aux crises de la physique, en &#233;crivant &#171; Mat&#233;rialisme et empiriocriticisme &#187;, un ouvrage que les adeptes de la conception religieuse de l'activit&#233; r&#233;volutionnaire d&#233;testent comme ils d&#233;testent &#171; La dialectique de la nature &#187; d'Engels et comme ils pr&#233;tendent aimer &#171; Le capital &#187; de Marx qu'ils pr&#233;sentent comme un ouvrage d'&#233;conomie alors que son auteur affirmait que c'&#233;tait de la dialectique de Hegel &#224; toutes les pages&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt; jamais de double langage&lt;br class='autobr' /&gt; ne jamais pr&#233;senter des victoires quand ce sont des d&#233;faites&lt;br class='autobr' /&gt; ne jamais cultiver ce qui nuit &#224; l'auto-organisation des masses, &#224; leurs possibilit&#233;s de prendre en compte leur propre r&#244;le dans les &#233;v&#233;nements&lt;br class='autobr' /&gt; ne jamais pr&#233;senter des ennemis comme des alli&#233;s, &#224; commencer par les directions syndicales&lt;br class='autobr' /&gt; ne jamais effacer le caract&#232;re de classe de l'Etat ni &#171; oublier &#187; d'insister sur le fait que nous ne pourrons pas le laisser en place et que nous, prol&#233;taires r&#233;volutionnaires, devront le d&#233;truire de fond en comble. Nous ne lui reprochons par exemple jamais de mani&#232;re morale de ne pas &#339;uvrer pour l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas r&#233;volutionner le monde sans repenser l'ensemble de la r&#233;alit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7537&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7537&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que vient faire la philosophie dialectique dans la politique des r&#233;volutionnaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION SYNDICALE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme est par nature r&#233;formiste et l'&#233;tait d&#233;j&#224; du temps de Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx n'avait pas d'illusions dans la signification du syndicalisme en termes de lutte des classes qui &#233;tait cependant tr&#232;s loin de ce qu'elle est devenue avec l'&#233;poque imp&#233;rialiste. Il affirmait le 17 ao&#251;t 1869 au conseil g&#233;n&#233;ral de l'Association internationale de travailleur, l'AIT :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Aussi longtemps que la soci&#233;t&#233; est divis&#233;e en classes oppos&#233;es &#8211; d'un c&#244;t&#233; les capitalistes qui monopolisent l'ensemble des moyens de production ; de l'autre, les ouvriers qui travaillent et sont priv&#233;s de toute propri&#233;t&#233; sur leurs moyens de production, et ne disposent que de leur force de travail &#8211; et que subsiste cette organisation sociale, la loi du salaire restera toute-puissante et resserrera chaque jour davantage les cha&#238;nes qui rendent le travailleur esclave du produit de ses propres mains, produit que monopolise le capitaliste. Depuis pr&#232;s de soixante ans, les syndicats anglais ont lutt&#233; contre cette loi capitaliste. Or, quel en a &#233;t&#233; le r&#233;sultat ? Ont-ils r&#233;ussi &#224; lib&#233;rer la classe ouvri&#232;re anglaise de l'esclavage dans lequel la tient le capital, qui n'est pourtant que le produit du travail des ouvriers ? Ont-ils permis, ne serait-ce qu'&#224; une petite fraction de la classe ouvri&#232;re, de s'&#233;lever au-dessus de sa condition d'esclave salari&#233;, en devenant propri&#233;taire des moyens de production, mati&#232;res premi&#232;res, instruments et machines n&#233;cessaires &#224; son industrie, et en cons&#233;quence aussi du produit de son propre travail ? Il est de notori&#233;t&#233; publique que, non seulement ils n'ont jamais atteint ce but, mais qu'ils ne l'ont jamais poursuivi. Nous ne voulons absolument pas pr&#233;tendre par l&#224; que les syndicats ne sont d'aucune utilit&#233;, parce qu'ils ne l'ont pas fait. Au contraire, les syndicats &#8211; aussi bien en Angleterre que dans tout autre pays industriel &#8211; sont indispensables &#224; la classe ouvri&#232;re pour lutter contre le capital&#8230;. Le grand m&#233;rite des syndicats, dans leur lutte pour le maintien de ce taux de salaire et la diminution des heures de travail, est qu'ils s'efforcent d'augmenter ce standard de vie&#8230; Cependant la lutte des syndicats n'enfreint pas la loi du salaire ; au contraire, elle ne fait que l'appliquer. Sans l'arme syndicale de r&#233;sistance, l'ouvrier ne recevrait m&#234;me pas ce qui lui est d&#251; conform&#233;ment au statut du salariat&#8230; Ainsi donc, les syndicats n'attaquent pas le syst&#232;me salarial lui-m&#234;me. Or, la d&#233;gradation &#233;conomique de la classe ouvri&#232;re n'est pas due au niveau, bas ou &#233;lev&#233;, des salaires, mais au fait qu'au lieu de percevoir le produit int&#233;gral de son travail, la classe ouvri&#232;re doit se satisfaire d'une fraction de ce produit, celle que l'on appelle salaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1866, Marx fit adopter par le Conseil Central de l'Internationale une r&#233;solution qui critiquait les syndicats ainsi :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les syndicats s'occupent trop exclusivement des luttes imm&#233;diates. Ils n'ont pas assez compris leur pouvoir d &#8216;action contre le syst&#232;me capitaliste lui-m&#234;me... A part leur &#339;uvre imm&#233;diate de r&#233;action contre les man&#339;uvres tracassi&#232;res du capital, ils doivent maintenant agir sciemment comme foyers organisateurs de la classe ouvri&#232;re dans le grand but de son &#233;mancipation radicale. Ils doivent aider tout mouvement social et politique tendant dans cette direction. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, dans un rapport sur les syndicats pour le Conseil G&#233;n&#233;ral de la Premi&#232;re Internationale :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ils (les syndicats) ne doivent pas oublier qu'ils luttent contre les effets et non contre les causes de ces effets, qu'ils ne peuvent que retenir le mouvement descendant, mais non en changer la direction, qu'ils n'appliquent que des palliatifs, mais sans gu&#233;rir le mal. Ils ne doivent donc pas se laisser absorber exclusivement par les escarmouches in&#233;vitables que font na&#238;tre sans cesse les empi&#233;tements ininterrompus du capital ou les variations du march&#233;. (&#8230;) Au lieu du mot d'ordre conservateur : &#171; Un salaire &#233;quitable pour une journ&#233;e de travail &#233;quitable &#187;, ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d'ordre r&#233;volutionnaire : &#171; Abolition du salariat &#187;... Les syndicats, utiles comme centres de r&#233;sistance aux exag&#233;rations du capital, sont impuissants dans la mesure o&#249; ils se contentent de ne faire qu'une guerre de partisans &#224; l'ordre capitaliste. Sans renoncer &#224; cette action quotidienne ils doivent travailler &#224; la transformation de la soci&#233;t&#233; capitaliste, faire de leur force organis&#233;e un levier de l'&#233;mancipation d&#233;finitive de la classe ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire de l'abolition du salariat... En plus de leurs buts initiaux, ils doivent maintenant apprendre &#224; agir d&#233;lib&#233;r&#233;ment en tant que centres organisationnels de la classe ouvri&#232;re pour r&#233;aliser le but plus large de l'&#233;manciper compl&#232;tement. Ils doivent aider chacun des mouvements sociaux et politiques qui va dans ce sens. Se consid&#233;rant eux-m&#234;mes comme les champions et les repr&#233;sentants de toute la classe ouvri&#232;re, et agissant comme tels, ils ne peuvent &#233;chouer &#224; enr&#244;ler les hommes qui n'en sont pas membres. Ils doivent s'occuper avec grand soin des int&#233;r&#234;ts des moins bien pay&#233;s, comme les travailleurs agricoles, rendus impuissants par des circonstances exceptionnelles. Ils doivent convaincre le monde dans son ensemble que leurs efforts, loin d'&#234;tre mesquins et &#233;go&#239;stes, visent &#224; &#233;manciper les millions d'opprim&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'organe de r&#233;sistance ouvri&#232;re, les syndicats sont devenu des institutions du capital et des soutiens du pouvoir jusqu'&#224; faire &#233;lire Macron ! Leurs financements par l'&#201;tat et leur int&#233;gration aux institutions en font des agents de la bourgeoisie au sein du peuple ! Ils servent de leur l&#233;gitimit&#233; reconnue par le pouvoir pour exercer une tutelle sur nos luttes ! Et ce n'est certainement pas sur la gauche parlementaire et gouvernementale, &#224; la t&#234;te &#233;galement de ces directions syndicales, que nous pourrons compter &#233;galement ! Qu'ont-ils fait au pouvoir ? Poser la question c'est d&#233;j&#224; y r&#233;pondre ! Nous ne pouvons faire confiance &#224; un&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&#201;tat-major des luttes&#034; qui n'est pas sous le contr&#244;le d'assembl&#233;es auto-organis&#233;es o&#249; il serait responsable et r&#233;vocable et qui maintient le pouvoir capitaliste en luttant contre toute politique r&#233;volutionnaire et la prise du pouvoir par le peuple travailleur ! Nous ne voulons pas de cette tutelle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouver le syndicalisme d'Action Directe ! Rompre avec la parlementarisation du syndicalisme ! &lt;br class='autobr' /&gt;
L'intersyndicale soutenue par tous les syndicats, sections syndicales et leurs alli&#233;s de gauche et d'extr&#234;me gauche, n'a cess&#233; d'interpeller le pr&#233;sident, le gouvernement, les parlementaires ! Pourtant pour les syndicalistes de la CGT avant 1914, le syndicalisme c'&#233;tait l'action directe : &#171; l'Action Directe (&#8230;) signifie que la Classe Ouvri&#232;re (&#8230;) n'attend rien des hommes, des puissances ou des forces ext&#233;rieures &#224; elle, mais qu'elle cr&#233;e ses propres conditions de lutte et puise en soi ses moyens d'action. &#187; (Pouget, l'action directe,1910). Par l'action directe, l'ouvrier cr&#233;e lui-m&#234;me sa lutte. C'est lui qui la conduit, d&#233;cid&#233; &#224; ne pas s'en rapporter &#224; d'autres qu'&#224; Iui-m&#234;me du soin de le Iib&#233;rer. L'action ouvri&#232;re pour nous n'est donc qu'une manifestation continue de nos efforts (qui) se transformera en (&#8230;) gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, et qui sera la r&#233;volution sociale. (Victor Griffuelhes, l'action syndicaliste,1908). L'action directe &#233;tait le moyen du prol&#233;tariat pour s'&#233;manciper du capitalisme et aller au communisme abolissant propri&#233;t&#233; priv&#233;e de moyens de production et salariat ! Telle n'est plus l'ambition des appareils syndicaux qui sont la n&#233;gation du syndicalisme de la CGT avant 1914 qui &#233;tait un communisme au sens politique du terme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme r&#233;formiste contre la lutte de classe et la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3786&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3786&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, nous sommes syndicalistes r&#233;volutionnaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscience syndicaliste r&#233;formiste et conscience politique prol&#233;tarienne de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;boulonner les dirigeants r&#233;formistes dans les appareils syndicaux comme dans les partis politiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7257&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7257&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gauche de France d'origine trotskiste agit en aile gauche des bureaucraties syndicales inf&#233;od&#233;es &#224; la bourgeoisie et &#224; l'Etat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2233&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2233&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ceux qui sont li&#233;s aux appareils syndicaux nuisent aux mouvements de la base. Ils divisent les participants, veulent limiter le blocage, rejettent le boycott, la contestation du syst&#232;me, des poss&#233;dants, des institutions et du pouvoir, l'auto-organisation du mouvement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8380&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8380&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DES SOVIETS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'objectif num&#233;ro un des travailleurs r&#233;volutionnaires : les soviets et leur prise du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d'autre perspective pour le monde que le pouvoir r&#233;volutionnaire des travailleurs organis&#233;s en soviets (qui n&#233;cessite la destruction du pouvoir d'Etat capitaliste)&lt;br class='autobr' /&gt;
N'en d&#233;plaise aux valets du capitalisme, aux r&#233;actionnaires, aux r&#233;formistes, aux pessimistes, aux sceptiques, aux anti-communistes, aux anti-bolchevistes, aux anti-trotskistes, aux faux trotskistes, aux opportunistes, aux gauchistes et aux anarchistes, la seule issue pour le peuple travailleur du monde est de s'organiser en soviets en vue de la prise du pouvoir d'Etat et la destruction de tous les pouvoirs d'Etat du monde, &#224; commencer par ceux des puissances imp&#233;rialistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains diront que la r&#233;volution n'est pas encore d'actualit&#233; et que cette question n'est pas d'une brulante urgence. Pour eux, inutile de prof&#233;rer des sentences ultra-radicales, bien trop avanc&#233;es par rapport &#224; la situation et incomprises des travailleurs et ils se trompent (et nous trompent) lourdement et gravement. Au contraire, ce qui doit sans cesse guider notre activit&#233; politique, syndicale et sociale quotidienne comme notre action, c'est de guider la classe ouvri&#232;re vers sa principale t&#226;che : prendre le pouvoir d'Etat. Comment concevoir que cela soit d'actualit&#233; alors que les luttes ouvri&#232;res ne sont pas du tout insurrectionnelles et que les appareils syndicaux n'ont m&#234;me pas de mal &#224; les controler ? Eh bien, m&#234;me les simples gr&#232;ves, manifestations ou rassemblements, mais m&#234;me tout probl&#232;me dans l'entreprise doit &#234;tre l'occasion de r&#233;unions m&#234;me informelles de salari&#233;s, m&#234;me la r&#233;daction d'un tract des salari&#233;s peut &#234;tre l'occasion de dscussions et d&#233;cisions collectives. Or, comme l'expliquait Pierre Bois, militant trotskiste du groupe Barta, ouvrier de Renault Billancourt et organisateur du comit&#233; de gr&#232;ve de 1947 qui a alors battu la bureaucratie stalinienne fran&#231;aise au plus haut niveau de sa puissance, &#171; tout travailleur r&#233;volutionnaire doit consid&#233;rer chaque r&#233;union de travailleurs comme un soviet et le soviet n'est rien d'autre que l'embryon de l'Etat ouvrier &#187;. C'est exactement ce que l'on ne comprend plus du tout et que l'on ne d&#233;fend plus dans les fausses extr&#234;mes gauches opportunistes (y compris celle faussement h&#233;riti&#232;re de Pierre Bois, li&#233;es aux appareils syndicaux (qui leur laissent une petite place et un petit r&#244;le) et aux &#233;lections bourgeoises (qui permettent &#224; l'Etat bourgeois de les financer et &#224; eux de faire croire &#224; l'expression d&#233;mocratique sous le capitalisme !) En conclusin, il n'est nul besoin de situations insurrectionnelles pour militer en permanence pour l'auto-organisation des travailleurs, cela doit au contraire &#234;tre la boussole du quotidien du militant ouvrier, celle qui distingue en premier le r&#233;volutionnaire du r&#233;formiste et de l'opportuniste, le militant ouvrier du bureaucrate ou caution des bureaucrates : pas de tract sans discussion entre travailleurs, pas de gr&#232;ve sans d&#233;cision des travailleurs organis&#233;s &#224; la base, pas de manifestation ou autre action sans d&#233;cision collective le plus organis&#233;e possible des travailleurs sur les buts, les m&#233;thodes, les slogans, les revendications, aucun soutien &#224; la bureaucratie, aucune caution aux n&#233;gociateurs. Ceux qui passent leur temps en r&#233;union avec nos ennemis ne sont pas nos amis. Ceux qui se passent du point de vue et de la d&#233;cision collective des travailleurs sont nos faux amis. Les strat&#233;gies de conqu&#234;te des appareils syndicaux par les petits groupes soi-disant r&#233;volutionnaires sont des camouflages de l'opportunisme (d&#233;fini par Engels comme la trahison des buts r&#233;volutionnaires du fait de la tentative de r&#233;ussir plus vite que ne le permet le progr&#232;s de la classe exploit&#233;e).&lt;br class='autobr' /&gt;
On remarquera que les pseudo-r&#233;volutionnaires opportunistes parlent beaucoup de la d&#233;nonciation g&#233;n&#233;rale du capitalisme, de la r&#233;volution &#224; faire (en restant vagues sur les cons&#233;quences dans l'activit&#233; militante, du communisme pour des jours lointains, de la n&#233;cessit&#233; de renverser le capitalisme &#224; date ult&#233;rieure, du parti r&#233;volutionnaire &#224; construire d&#232;s maintenant et, sur tout cela, ils n'ont pas de contradiction directe avec les appareils syndicaux et &#233;tatiques. Ils se gardent de raisonner comme nous le faisons plus haut : centrer leur boussole sur le Nord (le r&#244;le des conseils de travailleurs comme dirigeants futurs de l'Etat ouvrier).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui caract&#233;rise aussi les hommes politiques bourgeois, de droite comme de gauche ou de gauche de la gauche, ou les dirigeants syndicaux ou associatifs, c'est leur attachement &#224; l'appareil de l'Etat : pas plus &#233;tatiste que M&#233;lenchon ! Et aucun d'entre eux n'envisage nullement l'objectif de renversement de l'Etat bourgeois, sans parler de son remplacement par l'Etat des soviets ouvriers (ils pr&#233;f&#232;rent faire semblant que d&#233;fendre cela, ce serait du stalinisme et qu'eux y sont hostiles parce que ce sont des d&#233;mocrates !).&lt;br class='autobr' /&gt;
Et curieusement, il se trouve que sur un point, des plus r&#233;actionnaires aux plus &#171; gauches &#187;, ils se trouve qu'ils convergent avec les faux r&#233;volutionnaires&#8230; C'est sur la question, fondamentale entre toutes, de l'Etat ouvrier. Les extr&#234;mes gauches en sont eux aussi les adversaires, en fait plus encore qu'en th&#233;orie. Pour eux, l'Etat a forc&#233;ment le caract&#232;re d'une puissance en dehors de la classe ouvri&#232;re et, s'ils tentent d'y prendre le pouvoir, amen&#233;e &#224; se retourner contre elle, comme cela a &#233;t&#233; le cas avec le stalinisme. La bureaucratisation leur semble d&#233;couler naturellement de la constitution des soviets en base de l'Etat. C'est le cas qu'il s'agisse d'hommes politiques bourgeois, d'anarchistes, de gauches communistes, de conseillistes, de luxemburgistes, de bordiguistes, de partisans de Pannekoek ou Korsch, etc&#8230; En tout cas, tous appellent les travailleurs &#224; se d&#233;tourner de tout objetif d'Etat ouvrier. D'autres comme les faux trotskistes se disent favorables mais affirment qu'il n'est pas temps de parler ni d'Etat des soviets ni de soviets, qu'il faut parler d'un parti r&#233;volutionnaire qui milite pour renverser le capitalisme, sans parler de construire des soviets, sans parler de casser l'Etat capitaliste, sans parler de donner le pouvoir aux conseils ouvriers, en laissant entendre qu'un parti qui dirige les syndicats arrivant &#224; saisir les r&#234;nes de l'Etat, cela pourrait parfaitement aller. L'organisation fran&#231;aise Lutte Ouvri&#232;re, faussement trotskyste, navigue, par exemple, dans ce type d'eaux vaseuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, &#234;tre favorable &#224; l'Etat des soviets ne garantit pas contre tous les probl&#232;mes et notamment contre les risques de bureaucratisation. Il n'y a aucune formule magique qui pr&#233;munisse contre les probl&#232;mes r&#233;els, notamment l'isolement de la r&#233;volution prol&#233;tarienne dans un pays des plus retardataires du monde capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, le pouvoir d'Etat aux mains des travailleurs, cela signifie qu'on est encore dans la barbarie, que les classes sociales exploiteuses existent toujours et qu'il faut encore mener une guerre de classe contre elles et que l'Etat ouvrier est l'instrument de ce combat. Mais pour d&#233;passer les stades barbares, il ne faut pas refuser les seules armes dont le prol&#233;tariat puisse disposer, le pouvoir d'Etat. Il n'emp&#234;che que, nous marxistes r&#233;volutionnaires, avons toujours &#233;t&#233; d'accord sur un point avec les anarchistes : l'existence de l'Etat, m&#234;me l'Etat ouvrier, c'est encore la barbarie et l'objectif final est la disparition totale de l'Etat. C'est pour le stalinisme que l'Etat ouvrier n'est pas, comme pour L&#233;nine, un Etat en voie de disparition, que l'Etat &#171; socialiste &#187; est le nec plus ultra, que le communisme se conjongue avec le renforcement du pouvoir de l'Etat et non avec son affaiblissement avec l'objectif non dissimul&#233; de sa disparition, comme l'a expliqu&#233; plus que clairement L&#233;nine dans &#171; L'Etat et la r&#233;volution &#187;. Et l'Etat ouvrier est une &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187; et non une dictature contre le prol&#233;tariat. Il n'est dictature que contre l'infime minorit&#233; de capitalistes et de leurs soutiens en armes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les anarchistes, les gauches communistes de toutes les sortes et autres puristes socialistes ne nous expliquent pas comment combattre victorieusement les forces arm&#233;es de l'imp&#233;rialisme et du capitalisme sans nous doter de l'arme de l'Etat, comment faire triompher les soviets sans l'Etat des soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky (1906) : &#171; Le conseil organisait les masses, dirigeait les gr&#232;ves politiques et les manifestations, armait les ouvriers... Si le prol&#233;tariat, tout comme la presse r&#233;actionnaire, appelait le conseil &#171; le gouvernement ouvrier &#187;, dans les faits, le conseil repr&#233;sentait r&#233;ellement un embryon de gouvernement r&#233;volutionnaire. Le conseil r&#233;alisait le pouvoir dans la mesure o&#249; il se trouvait d&#233;j&#224; dans ses mains ; il luttait directement pour le pouvoir dans la mesure ou il se concentrait encore dans les mains de l'Etat militaro-policier. Avant le conseil, il y avait d&#233;j&#224; au sein du prol&#233;tariat industriel des organisations r&#233;volutionnaires, la plupart des organisations social-d&#233;mocrates. Mais c'&#233;tait des organisations &#233;voluant au sein du prol&#233;tariat ; leur lutte avait pour but imm&#233;diat de conqu&#233;rir une influence sur les masses. Le conseil, lui, est l'organisation du prol&#233;tariat son but &#8212; c'est la lutte pour le pouvoir r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, simultan&#233;ment, le conseil &#233;tait et demeurait l'expression organis&#233;e de la volont&#233; de classe du prol&#233;tariat. Dans la lutte pour le pouvoir, il appliquait les m&#233;thodes que tout naturellement impliquait le fait que le prol&#233;tariat est une classe : son r&#244;le dans la production, son nombre, son homog&#233;n&#233;it&#233; sociale. Plus : il liait la lutte pour le pouvoir &#224; la direction imm&#233;diate de toute l'activit&#233; sociale autonome des masses ouvri&#232;res ; souvent m&#234;me il se chargea de r&#233;gler des conflits entre des repr&#233;sentants individuels du capital et le travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le conseil a conduit &#224; la victoire diverses gr&#232;ves, s'il a r&#233;gl&#233; avec succ&#232;s divers conflits entre ouvriers et patrons, ce n'est absolument pas qu'il exist&#226;t tout expr&#232;s dans ce but au contraire, l&#224; o&#249; existait un syndicat puissant, celui-ci se montra bien plus &#224; m&#234;me que le conseil de diriger la lutte syndicale ; l'intervention du conseil n'avait du poids qu'en raison de l'autorit&#233; universelle dont il jouissait. Et cette autorit&#233; &#233;tait due au fait qu'il accomplissait ses t&#226;ches fondamentales, les t&#226;ches de la r&#233;volution, qui allaient bien au-del&#224; des limites de chaque m&#233;tier et de chaque ville et assignaient au prol&#233;tariat comme classe une place dans les premiers rangs des combattants.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'instrument principal du conseil a &#233;t&#233; la gr&#232;ve politique de masse. La vertu d'une gr&#232;ve de ce type est de d&#233;sorganiser le pouvoir d'Etat. Et plus l' &#171; anarchie &#187; qui en r&#233;sulte est grande, plus la gr&#232;ve approche son but. Mais cela n'est exact que si ce n'est pas par des moyens anarchistes qu'on arrive &#224; cette anarchie. La classe qui jour apr&#232;s jour met en oeuvre l'appareil de production et simultan&#233;ment celui du pouvoir, la classe qui, en cessant le travail en bloc, paralyse non seulement l'industrie mais aussi toute la machine &#233;tatique, doit &#234;tre suffisamment organis&#233;e pour ne pas &#234;tre la premi&#232;re victime de l'anarchie qu'elle a cr&#233;&#233;e. Plus la gr&#232;ve suspend l'organisation d'Etat existante sur une large &#233;chelle, plus l'organisation de la gr&#232;ve doit assumer les fonctions de l'Etat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le conseil des d&#233;put&#233;s ouvriers a r&#233;alis&#233; la libert&#233; de la presse. Il a organis&#233; des patrouilles de rue pour garantir la s&#233;curit&#233; des citoyens. Il s'est plus ou moins rendu ma&#238;tre de la poste, du t&#233;l&#233;graphe et des chemins de fer. Il a tent&#233; d'instaurer la journ&#233;e de travail de huit heures obligatoire. En paralysant par le mouvement gr&#233;viste l'Etat absolutiste, il introduit son propre ordre d&#233;mocratique dans la vie des classes laborieuses des villes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky (1909) : &#171; Qu'&#233;tait ce donc que le soviet ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le conseil des d&#233;put&#233;s ouvriers fut form&#233; pour r&#233;pondre &#224; un besoin pratique, suscit&#233; par les conjonctures d'alors : il fallait avoir une organisation jouissant d'une autorit&#233; indiscutable, libre de toute tradition, qui grouperait du premier coup les multitudes diss&#233;min&#233;es et d&#233;pourvues de liaison ; cette organisation devait &#234;tre un confluent pour tous les courants r&#233;volutionnaires &#224; l'int&#233;rieur du prol&#233;tariat ; elle devait &#234;tre capable d'initiative et se contr&#244;ler elle m&#234;me d'une mani&#232;re automatique ; l'essentiel enfin, c'&#233;tait de pouvoir la faire surgir dans les vingt quatre heures. Le parti social d&#233;mocrate qui unissait &#233;troitement, dans ses retraites clandestines, plusieurs centaines, et, par la circulation des id&#233;es, plusieurs milliers d'ouvriers &#224; P&#233;tersbourg, &#233;tait en mesure de donner aux masses un mot d'ordre qui &#233;clairerait leur exp&#233;rience naturelle &#224; la lumi&#232;re fulgurante de la pens&#233;e politique ; mais ce parti n'aurait pas &#233;t&#233; capable d'unifier par un lien vivant, dans une seule organisation, les milliers et les milliers d'hommes dont se composait la masse : en effet, il avait toujours accompli l'essentiel de son travail dans des laboratoires secrets, dans les antres de la conspiration que les masses ignoraient. Le parti des socialistes r&#233;volutionnaires souffrait des m&#234;mes maladies de la vie souterraine, aggrav&#233;es encore par son impuissance et son instabilit&#233;. Les difficult&#233;s qui existaient entre les deux fractions &#233;galement fortes de la social d&#233;mocratie d'une part, et leur lutte avec les socialistes r&#233;volutionnaires de l'autre, rendaient absolument indispensable la cr&#233;ation d'une organisation impartiale. Pour avoir de l'autorit&#233; sur les masses, le lendemain m&#234;me de sa formation, elle devait &#234;tre institu&#233;e sur la base d'une tr&#232;s large repr&#233;sentation. Quel principe devait on adopter ? La r&#233;ponse venait toute seule. Comme le seul lien qui exist&#226;t entre les masses prol&#233;taires, d&#233;pourvues d'organisation, &#233;tait le processus de la production, il ne restait qu'&#224; attribuer le droit de repr&#233;sentations aux entreprises et aux usines . On avait comme exemple et comme pr&#233;c&#233;dent la commission du s&#233;nateur Chidlovsky. Une des deux organisations social d&#233;mocrates de P&#233;tersbourg prit l'initiative de cr&#233;er une administration autonome r&#233;volutionnaire ouvri&#232;re, le 10 octobre, au moment o&#249; la plus grande des gr&#232;ves s'annon&#231;ait. Le 13 au soir, dans les b&#226;timents de l'Institut technologique, eut lieu la premi&#232;re s&#233;ance du futur soviet. Il n'y avait pas plus de trente &#224; quarante d&#233;l&#233;gu&#233;s. On d&#233;cida d'appeler imm&#233;diatement le prol&#233;tariat de la capitale &#224; la gr&#232;ve politique g&#233;n&#233;rale et &#224; l'&#233;lection des d&#233;l&#233;gu&#233;s. &#034; La classe ouvri&#232;re, disait l'appel r&#233;dig&#233; &#224; la premi&#232;re s&#233;ance, a d&#251; recourir &#224; l'ultime mesure dont dispose le mouvement ouvrier mondial et qui fait sa puissance : &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale... Dans quelques jours, des &#233;v&#233;nements d&#233;cisifs doivent s'accomplir en Russie. Ils d&#233;termineront pour de nombreuses ann&#233;es le sort de la classe ouvri&#232;re ; nous devons donc aller au devant des faits avec toutes nos forces disponibles, unifi&#233;es sous l'&#233;gide de notre commun soviet... &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette d&#233;cision d'une importance incalculable fut adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233; ; il n'y eut m&#234;me pas de d&#233;bat sur le principe de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, sur les m&#233;thodes qui convenaient, sur les fins et les possibilit&#233;s que l'on pouvait envisager ; et ce sont pourtant ces questions qui soulev&#232;rent, peu de temps apr&#232;s, une lutte id&#233;ologique passionn&#233;e dans les rangs de notre parti allemand. Ce serait un non sens que d'expliquer ce fait par les diff&#233;rences psychologiques entre nationalit&#233;s ; bien au contraire, c'est plut&#244;t &#224; nous autres, Russes, que l'on pourrait reprocher une pr&#233;dilection maladive pour les finasseries de tactique et l'abus des subtilit&#233;s dans le d&#233;tail. La raison v&#233;ritable de la conduite que l'on adopta alors, on la trouve dans le caract&#232;re r&#233;volutionnaire de l'&#233;poque. Le soviet, depuis l'heure o&#249; il fut institu&#233; jusqu'&#224; celle de sa perte, resta sous la puissante pression de l'&#233;l&#233;ment r&#233;volutionnaire qui, sans s'embarrasser de vaines consid&#233;rations, devan&#231;a le travail de l'intelligence politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chacune des d&#233;marches de la repr&#233;sentation ouvri&#232;re &#233;tait pr&#233;d&#233;termin&#233;e, la &#034; tactique &#034; &#224; suivre s'imposait d'une mani&#232;re &#233;vidente. On n'avait pas &#224; examiner les m&#233;thodes de lutte, on avait &#224; peine le temps de les formuler... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905_8.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905_8.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine (juin 1917) : &#171; Les Soviets sont une institution qui n'existe dans aucun Etat parlementaire bourgeois du type ordinaire, et qui ne peut exister &#224; c&#244;t&#233; d'un gouvernement bourgeois. C'est cet Etat de type nouveau, plus d&#233;mocratique, que nous avons appel&#233; dans les r&#233;solutions de notre Parti r&#233;publique d&#233;mocratique du prol&#233;tariat et de la paysannerie, et o&#249; le pouvoir n'appartient qu'aux Soviets des d&#233;put&#233;s ouvriers et soldats. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/06/1-co-so/vil19170601.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/06/1-co-so/vil19170601.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine (octobre 1917) : &#171; Que signifie cette r&#233;volution ouvri&#232;re et paysanne ? Avant tout, le sens de cette r&#233;volution, c'est que nous aurons un gouvernement des Soviets, notre pouvoir &#224; nous, sans la moindre participation de la bourgeoisie. Les masses opprim&#233;es cr&#233;eront elles-m&#234;mes le pouvoir. Le vieil appareil d'Etat sera radicalement d&#233;truit et il sera cr&#233;&#233; un nouvel appareil de direction dans la personne des organisations des Soviets. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1583&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1583&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine (1919) : &#171; Les masses ouvri&#232;res de tous les pays ont saisi d'instinct l'importance des Soviets comme arme de lutte du prol&#233;tariat et ferme de l'Etat prol&#233;tarien. Mais les &#171; chefs &#187; corrompus par l'opportunisme ont continu&#233;, et continuent de vouer un culte &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise en l'appelant &#171; d&#233;mocratie &#187; en g&#233;n&#233;ral. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/04/vil19190415.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/04/vil19190415.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internationale communiste (1920) : &#171; les communistes peuvent et doivent propager syst&#233;matiquement et opini&#226;trement l'id&#233;e des Soviets, la vulgariser dans les masse, d&#233;montrer aux plus profondes couches de la population que les Soviets constituent la seule forme gouvernementale correspondant aux besoins de la p&#233;riode de transition au communisme int&#233;gral. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/inter_com/1920/ic2_19200700e2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/inter_com/1920/ic2_19200700e2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky (1924) : &#171; dans la majorit&#233; des cas, les soviets se cr&#233;eront sur l'appel des communistes et seront par suite des organes directs de l'insurrection prol&#233;&#172;tarienne. Il n'est pas impossible, &#233;videmment, que la d&#233;sorga&#172;nisation de' l'appareil &#233;tatique bourgeois devienne tr&#232;s forte avant que le prol&#233;tariat puisse s'emparer du pouvoir, ce qui permettrait de cr&#233;er des soviets comme organes d&#233;clar&#233;s de la pr&#233;para&#172;tion de l'insurrection. Mais il y a bien peu de chance pour que cela soit la r&#232;gle g&#233;n&#233;rale. Dans le cas le plus fr&#233;quent, on ne parviendra &#224; cr&#233;er les soviets qu'aux derniers jours, comme organes directs de la masse pr&#234;te &#224; s'insurger. Enfin, il est tr&#232;s possible &#233;galement que les soviets surgissent apr&#232;s le moment critique de l'insurrection et m&#234;me apr&#232;s sa victoire comme organes du nouveau pouvoir. Il faut avoir constamment devant les yeux toutes ces &#233;ventualit&#233;s pour ne pas tomber dans le f&#233;tichisme d'organisation et ne pas transformer les soviets, de forme souple, vitale de lutte, en &#034;principe &#034; d'organisation, introduit de l'ext&#233;rieur dans le mouvement et entravant son d&#233;veloppement r&#233;gulier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915h.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915h.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky (1938) : &#171; Dans certaines p&#233;riodes, les soviets peuvent &#234;tre remplac&#233;s par les comit&#233;s d'usine, de l'&#233;chelle locale &#224; l'&#233;chelle nationale. On ne peut le dire &#224; l'avance, mais notre orientation strat&#233;gique pour la prochaine p&#233;riode, c'est l'orientation vers les soviets. L'ensemble du programme de transition doit combler les trous entre les conditions d'aujourd'hui et les soviets de demain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/03/lt19380323.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/03/lt19380323.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les travailleurs peuvent s'organiser par eux-m&#234;mes et d&#233;cider de l'avenir de toute la soci&#233;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7443&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7443&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La classe exploit&#233;e et opprim&#233;e (le prol&#233;tariat) ne peut plus se lib&#233;rer de la classe qui l'exploite et l'opprime (la bourgeoisie), sans lib&#233;rer en m&#234;me temps et &#224; tout jamais la soci&#233;t&#233; enti&#232;re de l'exploitation, de l'oppression et des luttes de classes ; cette id&#233;e ma&#238;tresse appartient uniquement et exclusivement &#224; Marx &#187;, &#233;crit Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/06/fe18830628.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/06/fe18830628.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mission historique du prol&#233;tariat : prendre le pouvoir d'Etat pas pour le conserver mais pour aller au socialisme en allant vers la suppression des classes sociales et des Etats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/loriot/works/1928/04/loriot_19280401.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/loriot/works/1928/04/loriot_19280401.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre le pouvoir en instaurant la dictature du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/dictature/dictature_du_proletariat.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/dictature/dictature_du_proletariat.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule arm&#233;e digne d'&#234;tre construite : l'arm&#233;e rouge internationale des travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7602&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7602&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde du travail doit gouverner lui-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir aux travailleurs et le socialisme sont des n&#233;cessit&#233;s vitales pour l'humanit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat que veut mettre en place l'organisation Lutte ouvri&#232;re n'est pas le pouvoir des soviets de travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi rejeter dos &#224; dos Etat ouvrier et Etat bourgeois revient &#224;&#8230; soutenir ce dernier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7492&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7492&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre principale divergence avec l'extr&#234;me gauche fran&#231;aise : ils ne sont pas clairs vis-&#224;-vis de la nature de l'Etat capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du pouvoir est certainement la question la plus importante de toute r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5189&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5189&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refuser l'Etat ouvrier d&#233;sarme m&#234;me la plus dynamique des r&#233;volutions prol&#233;tariennes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2430&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2430&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4795&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4795&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution est une &#233;preuve de force ouverte entre les forces sociales en lutte pour le pouvoir. L'Etat n'est pas une fin en soi. C'est seulement une machine entre les mains des forces sociales dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1434&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1434&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat et la r&#233;volution, de L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article140&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article140&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir aux travailleurs apr&#232;s Octobre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6453&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6453&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule d&#233;mocratie possible, en p&#233;riode de crise a&#239;gue de la domination capitaliste, est d'arracher &#224; la bourgeoisie ses instruments de domination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6420&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6420&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'effondrement actuel du capitalisme, la politique de classe du prol&#233;tariat le m&#232;ne &#224; prendre la t&#234;te du peuple travailleur afin de prendre le pouvoir d'Etat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5907&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5907&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie pas que le socialisme soit un &#233;tatisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article373&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article373&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article148&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article148&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DE L'INTERNATIONALE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'internationalisme n'est pas juste une jolie proclamation des militants communistes r&#233;volutionnaires. C'est une politique qui se constate sans cesse dans les &#233;crits comme dans les actes des groupes. Il ne s'agit pas seulement d'&#234;tre une organisation nationale qui est solidaire de la lutte des autres. Il ne s'agit pas d'&#234;tre tr&#232;s internationalistes en d&#233;claration mais totalement inactifs quand il s'agit de soutenir une lutte. Or, l'essentiel des groupes qui se disent r&#233;volutionnaires se gardent bien de s'impliquer quand il s'agit de luttes o&#249; leur imp&#233;rialisme est actif. Ainsi, les groupes fran&#231;ais qui manifestaient volontiers contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain ne le faisaient pas contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne voit qu'un nombre minime de r&#233;volutionnaires qui consid&#232;rent de la responsabilit&#233; du prol&#233;tariat de prendre en charge la solidarit&#233; internationale et qui se chargent d'en rendre conscients les travailleurs autour d'eux, notamment dans les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II&#176; Congr&#232;s de l'I.C. (l'internationale de L&#233;nine et de Trotsky)
&lt;p&gt;Juillet 1920&lt;br class='autobr' /&gt;
Conditions d'admission des Partis dans l'Internationale Communiste&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier Congr&#232;s constituant de l'Internationale Communiste n'a pas &#233;labor&#233; les conditions pr&#233;cises de l'admission des Partis dans la III&#176; Internationale. Au moment o&#249; eut lieu son premier Congr&#232;s, il n'y avait dans la plupart des pays que des tendances et des groupes communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Congr&#232;s de l'Internationale Communiste se r&#233;unit dans de tout autres conditions. Dans la plupart des pays il y a d&#233;sormais, au lieu des tendances et des groupes, des Partis et des organisations communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus souvent, des Partis et des groupes qui, r&#233;cemment encore, appartenaient &#224; la II&#176; Internationale et qui voudraient maintenant adh&#233;rer &#224; l'Internationale Communiste s'adressent &#224; elle, sans pour cela &#234;tre devenus v&#233;ritablement communistes. La II&#176; Internationale est irr&#233;m&#233;diablement d&#233;faite. Les Partis interm&#233;diaires et les groupes du &#171; centre &#187; voyant leur situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e, s'efforcent de s'appuyer sur l'Internationale Communiste, tous les jours plus forte, en esp&#233;rant conserver cependant une &#171; autonomie &#187; qui leur permettrait de poursuivre leur ancienne politique opportuniste ou &#171; centriste &#187;. L'Internationale Communiste est, d'une certaine fa&#231;on, &#224; la mode.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;sir de certains groupes dirigeants du &#171; centre &#187; d'adh&#233;rer &#224; la III&#176; Internationale nous confirme indirectement que l'Internationale Communiste a conquis les sympathies de la grande majorit&#233; des travailleurs conscients du monde entier et constitue une puissance qui cro&#238;t de jour en jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Internationale Communiste est menac&#233;e de l'envahissement de groupes ind&#233;cis et h&#233;sitants qui n'ont pas encore pu rompre avec l'id&#233;ologie de la II&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, certains Partis importants (italien, su&#233;dois), dont la majorit&#233; se place au point de vue communiste, conservent encore en leur sein de nombreux &#233;l&#233;ments r&#233;formistes et social-pacifistes qui n'attendent que l'occasion pour relever la t&#234;te, saboter activement la r&#233;volution prol&#233;tarienne, en venant ainsi en aide &#224; la bourgeoisie et &#224; la II&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun communiste ne doit oublier les le&#231;ons de la R&#233;publique des soviets hongroise. L'union des communistes hongrois avec les r&#233;formistes a co&#251;t&#233; cher au prol&#233;tariat hongrois.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi le 2&#176; Congr&#232;s international croit devoir fixer de fa&#231;on tout &#224; fait pr&#233;cise les conditions d'admission des nouveaux Partis et indiquer par la m&#234;me occasion aux Partis d&#233;j&#224; affili&#233;s les obligations qui leur incombent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2&#176; Congr&#232;s de l'Internationale Communiste d&#233;cide que les conditions d'admission dans l'Internationale sont les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La propagande et l'agitation quotidiennes doivent avoir un caract&#232;re effectivement communiste et se conformer au programme et aux d&#233;cisions de la III&#176; Internationale. Tous les organes de la presse du Parti doivent &#234;tre r&#233;dig&#233;s par des communistes s&#251;rs, ayant prouv&#233; leur d&#233;vouement &#224; la cause du prol&#233;tariat. Il ne convient pas de parler de dictature prol&#233;tarienne comme d'une formule apprise et courante ; la propagande doit &#234;tre faite de mani&#232;re &#224; ce que la n&#233;cessit&#233; en ressorte pour tout travailleur, pour toute ouvri&#232;re, pour tout soldat, pour tout paysan, des faits m&#234;mes de la vie quotidienne, syst&#233;matiquement not&#233;s par notre presse. La presse p&#233;riodique ou autre et tous les services d'&#233;ditions doivent &#234;tre enti&#232;rement soumis au Comit&#233; Central du Parti, que ce dernier soit l&#233;gal ou ill&#233;gal. Il est inadmissible que les organes de publicit&#233; m&#233;susent de l'autonomie pour mener une politique non conforme &#224; celle du Parti. Dans les colonnes de la presse, dans les r&#233;unions publiques, dans les syndicats, dans les coop&#233;ratives, partout o&#249; les partisans de la III&#176; Internationale auront acc&#232;s, ils auront &#224; fl&#233;trir syst&#233;matiquement et impitoyablement non seulement la bourgeoisie, mais aussi ses complices, r&#233;formistes de toutes nuances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Toute organisation d&#233;sireuse d'adh&#233;rer &#224; l'Internationale Communiste doit r&#233;guli&#232;rement et syst&#233;matiquement &#233;carter des postes impliquant tant soit peu de responsabilit&#233; dans le mouvement ouvrier (organisations de Parti, r&#233;dactions, syndicats, fractions parlementaires, coop&#233;ratives, municipalit&#233;s) les r&#233;formistes et les &#171; centristes &#187; et les remplacer par des communistes &#233;prouv&#233;s, - sans craindre d'avoir &#224; remplacer, surtout au d&#233;but, des militants exp&#233;riment&#233;s, par des travailleurs sortis du rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Dans presque tous les pays de l'Europe et de l'Am&#233;rique la lutte de classes entre dans la p&#233;riode de guerre civile. Les communistes ne peuvent, dans ces conditions, se fier &#224; la l&#233;galit&#233; bourgeoise. Il est de leur devoir de cr&#233;er partout, parall&#232;lement &#224; l'organisation l&#233;gale, un organisme clandestin, capable de remplir au moment d&#233;cisif, son devoir envers la r&#233;volution. Dans tous les pays o&#249;, par suite de l'&#233;tat de si&#232;ge ou de lois d'exception, les communistes n'ont pas la possibilit&#233; de d&#233;velopper l&#233;galement toute leur action, la concomitance de l'action l&#233;gale et de l'action ill&#233;gale est indubitablement n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le devoir de propager les id&#233;es communistes implique la n&#233;cessit&#233; absolue de mener une propagande et une agitation syst&#233;matique et pers&#233;v&#233;rante parmi les troupes. L&#224;, o&#249; la propagande ouverte est difficile par suite de lois d'exception, elle doit &#234;tre men&#233;e ill&#233;galement ; s'y refuser serait une trahison &#224; l'&#233;gard du devoir r&#233;volutionnaire et par cons&#233;quent incompatible avec l'affiliation &#224; la III&#176; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Une agitation rationnelle et syst&#233;matique dans les campagnes est n&#233;cessaire. La classe ouvri&#232;re ne peut vaincre si elle n'est pas soutenue tout au moins par une partie des travailleurs des campagnes (journaliers agricoles et paysans les plus pauvres) et si elle n'a pas neutralis&#233; par sa politique tout au moins une partie de la campagne arri&#233;r&#233;e. L'action communiste dans les campagnes acquiert en ce moment une importance capitale. Elle doit &#234;tre principalement le fait des ouvriers communistes en contact avec la campagne. Se refuser &#224; l'accomplir ou la confier &#224; des demi-r&#233;formistes douteux c'est renoncer &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Tout Parti d&#233;sireux d'appartenir &#224; la III&#176; Internationale, a pour devoir de d&#233;noncer autant que le social-patriotisme avou&#233; le social-pacifisme hypocrite et faux ; il s'agit de d&#233;montrer syst&#233;matiquement aux travailleurs que, sans le renversement r&#233;volutionnaire du capitalisme, nul tribunal arbitral international, nul d&#233;bat sur la r&#233;duction des armements, nulle r&#233;organisation &#171; d&#233;mocratique &#187; de la Ligue des Nations ne peuvent pr&#233;server l'humanit&#233; des guerres imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Les Partis d&#233;sireux d'appartenir &#224; l'Internationale Communiste ont pour devoir de reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233; d'une rupture compl&#232;te et d&#233;finitive avec le r&#233;formisme et la politique du centre et de pr&#233;coniser cette rupture parmi les membres des organisations. L'action communiste cons&#233;quente n'est possible qu'&#224; ce prix.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Internationale Communiste exige imp&#233;rativement et sans discussion cette rupture qui doit &#234;tre consomm&#233;e dans le plus bref d&#233;lai. L'Internationale Communiste ne peut admettre que des r&#233;formistes av&#233;r&#233;s, tels que Turati, Kautsky, Hilferding, Longuet, Mac Donald, Modigliani et autres, aient le droit de se consid&#233;rer comme des membres de la III&#176; Internationale, et qu'ils y soient repr&#233;sent&#233;s. Un pareil &#233;tat de choses ferait ressembler par trop la III&#176; Internationale &#224; la II&#176;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Dans la question des colonies et des nationalit&#233;s opprim&#233;es, les Partis des pays dont la bourgeoisie poss&#232;de des colonies ou opprime des nations, doivent avoir une ligne de conduite particuli&#232;rement claire et nette. Tout Parti appartenant &#224; la III&#176; Internationale a pour devoir de d&#233;voiler impitoyablement les prouesses de &#171; ses &#187; imp&#233;rialistes aux colonies, de soutenir, non en paroles mais en fait, tout mouvement d'&#233;mancipation dans les colonies, d'exiger l'expulsion des colonies des imp&#233;rialistes de la m&#233;tropole, de nourrir au c&#339;ur des travailleurs du pays des sentiments v&#233;ritablement fraternels vis-&#224;-vis de la population laborieuse des colonies et des nationalit&#233;s opprim&#233;s et d'entretenir parmi les troupes de la m&#233;tropole une agitation continue contre toute oppression des peuples coloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Tout Parti d&#233;sireux d'appartenir &#224; l'Internationale Communiste doit poursuivre une propagande pers&#233;v&#233;rante et syst&#233;matique au sein des syndicats, coop&#233;ratives et autres organisations des masses ouvri&#232;res. Des noyaux communistes doivent &#234;tre form&#233;s, dont le travail opini&#226;tre et constant conquerra les syndicats au communisme. Leur devoir sera de r&#233;v&#233;ler &#224; tout instant la trahison des social-patriotes et les h&#233;sitations du &#171; centre &#187;. Ces noyaux communistes doivent &#234;tre compl&#232;tement subordonn&#233;s &#224; l'ensemble du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Tout Parti appartenant &#224; l'Internationale Communiste a pour devoir de combattre avec &#233;nergie et t&#233;nacit&#233; l'&#171; Internationale &#187; des syndicats jaunes fond&#233;e &#224; Amsterdam. Il doit r&#233;pandre avec t&#233;nacit&#233; au sein des syndicats ouvriers l'id&#233;e de la n&#233;cessit&#233; de la rupture avec l'Internationale Jaune d'Amsterdam. Il doit par contre concourir de tout son pouvoir &#224; l'union internationale des syndicats rouges adh&#233;rant &#224; l'Internationale Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Les Partis d&#233;sireux d'appartenir &#224; l'Internationale Communiste ont pour devoir de r&#233;viser la composition de leurs fractions parlementaires, d'en &#233;carter les &#233;l&#233;ments douteux, de les soumettre, non en paroles mais en fait, au Comit&#233; Central du Parti, d'exiger de tout d&#233;put&#233; communiste la subordination de toute son activit&#233; aux int&#233;r&#234;ts v&#233;ritables de la propagande r&#233;volutionnaire et de l'agitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Les Partis appartenant &#224; l'Internationale Communiste doivent &#234;tre &#233;difi&#233;s sur le principe de la centralisation d&#233;mocratique. A l'&#233;poque actuelle de guerre civile acharn&#233;e, le Parti Communiste ne pourra remplir son r&#244;le que s'il est organis&#233; de la fa&#231;on la plus centralis&#233;e, si une discipline de fer confinant &#224; la discipline militaire y est admise et si son organisme central est muni de larges pouvoirs, exerce une autorit&#233; incontest&#233;e, b&#233;n&#233;ficie de la confiance unanime des militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Les Partis Communistes des pays o&#249; les communistes militent l&#233;galement doivent proc&#233;der &#224; des &#233;purations p&#233;riodiques de leurs organisations, afin d'en &#233;carter les &#233;l&#233;ments int&#233;ress&#233;s et petit-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Les Partis d&#233;sireux d'appartenir &#224; l'Internationale Communiste doivent soutenir sans r&#233;serves toutes les r&#233;publiques sovi&#233;tiques dans leurs luttes avec la contre-r&#233;volution. Ils doivent pr&#233;coniser inlassablement le refus des travailleurs de transporter les munitions et les &#233;quipements destin&#233;s aux ennemis des r&#233;publiques sovi&#233;tiques, et poursuivre, soit l&#233;galement soit ill&#233;galement, la propagande parmi les troupes envoy&#233;es contre les r&#233;publiques sovi&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Les Partis qui conservent jusqu'&#224; ce jour les anciens programmes social-d&#233;mocrates ont pour devoir de les r&#233;viser sans retard et d'&#233;laborer un nouveau programme communiste adapt&#233; aux conditions sp&#233;ciales de leur pays et con&#231;u dans l'esprit de l'Internationale Communiste. Il est de r&#232;gle que les programmes des Partis affili&#233;s &#224; l'Internationale Communiste soient confirm&#233;s par le Congr&#232;s International ou par le Comit&#233; Ex&#233;cutif. Au cas o&#249; ce dernier refuserait sa sanction &#224; un Parti, celui-ci aurait le droit d'en appeler au Congr&#232;s de l'Internationale Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Toute les d&#233;cisions des Congr&#232;s de l'Internationale Communiste, de m&#234;me que celles du Comit&#233; Ex&#233;cutif, sont obligatoires pour tous les Partis affili&#233;s &#224; l'Internationale Communiste. Agissant en p&#233;riode de guerre civile acharn&#233;e, l'Internationale Communiste et son Comit&#233; Ex&#233;cutif doivent tenir compte des conditions de lutte si vari&#233;es dans les diff&#233;rents pays et n'adopter de r&#233;solutions g&#233;n&#233;rales et obligatoires que dans les questions o&#249; elles sont possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Conform&#233;ment &#224; tout ce qui pr&#233;c&#232;de, tous les Partis adh&#233;rant &#224; l'Internationale Communiste doivent modifier leur appellation. Tout Parti d&#233;sireux d'adh&#233;rer &#224; l'Internationale Communiste doit s'intituler Parti Communiste de... (section de la III&#176; Internationale Communiste). Cette question d'appellation n'est pas une simple formalit&#233; ; elle a aussi une importance politique consid&#233;rable. L'Internationale Communiste a d&#233;clar&#233; une guerre sans merci au vieux monde bourgeois tout entier et &#224; tous les vieux Partis social-d&#233;mocrates jaunes. Il importe que la diff&#233;rence entre les Partis Communistes et les vieux Partis &#171; social-d&#233;mocrates &#187; ou &#171; socialistes &#187; officiels qui ont vendu le drapeau de la classe ouvri&#232;re soit plus nette aux yeux de tout travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Tous les organes dirigeants de la presse des Partis de tous les pays sont oblig&#233;s d'imprimer tous les documents officiels importants du Comit&#233; Ex&#233;cutif de l'Internationale Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Tous les Partis appartenant &#224; l'Internationale Communiste ou sollicitant leur adh&#233;sion sont oblig&#233;s de convoquer (aussi vite que possible), dans un d&#233;lai de 4 mois apr&#232;s le 2&#176; Congr&#232;s de l'Internationale Communiste, au plus tard, un Congr&#232;s extraordinaire afin de se prononcer sur ces conditions. Les Comit&#233;s Centraux doivent veiller &#224; ce que les d&#233;cisions du 2&#176; Congr&#232;s de l'Internationale Communiste soient connues de toutes les organisations locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Les Partis qui voudraient maintenant adh&#233;rer &#224; la III&#176; Internationale, mais qui n'ont pas encore modifi&#233; radicalement leur ancienne tactique, doivent pr&#233;alablement veiller &#224; ce que les 2/3 des membres de leur Comit&#233; Central et des Institutions centrales les plus importantes soient compos&#233;s de camarades, qui d&#233;j&#224; avant le 2&#176; Congr&#232;s s'&#233;taient ouvertement prononc&#233;s pour l'adh&#233;sion du Parti &#224; la III&#176; Internationale. Des exceptions peuvent &#234;tre faites avec l'approbation du Comit&#233; Ex&#233;cutif de l'Internationale Communiste. Le Comit&#233; Ex&#233;cutif se r&#233;serve le droit de faire des exceptions pour les repr&#233;sentants de la tendance centriste mentionn&#233;s dans le paragraphe 7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. Les adh&#233;rents au Parti qui rejettent les conditions et les th&#232;ses &#233;tablies par l'Internationale Communiste doivent &#234;tre exclus du Parti. Il en est de m&#234;me des d&#233;l&#233;gu&#233;s au Congr&#232;s extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principaux textes de l'Internationale communiste de L&#233;nine et de Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 1921 : th&#232;ses de l'Internationale Communiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1234&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1234&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'internationale communiste a &#233;t&#233; stalinis&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8184&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8184&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la Quatri&#232;me Internationale ? Celle de L&#233;on Trotsky !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TEXTE DE BARTA EN 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE LA PREMIERE INTERNATIONALE A LA QUATRIEME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la lutte du prol&#233;tariat contre la bourgeoisie prenne n&#233;cessairement une forme nationale, son contenu n'en reste pas moins essentiellement international. Il est &#233;vident que pour pouvoir lutter, la classe ouvri&#232;re doit s'organiser en tant que classe et que le th&#233;&#226;tre imm&#233;diat de sa lutte est l'int&#233;rieur du pays. Mais &#034;le cadre de l'Etat national&#034;, remarquait Marx d&#233;j&#224; au milieu du XIX&#232;me si&#232;cle, plusieurs d&#233;cades d'ann&#233;es avant la phase imp&#233;rialiste actuelle du capitalisme, &#034;entre lui-m&#234;me &#224; son tour &#233;conomiquement dans le cadre du march&#233; mondial, politiquement dans le cadre du syst&#232;me des Etats&#034;. Par cons&#233;quent l'internationalisme de la classe ouvri&#232;re n'est pas l'expression de la &#034;fraternit&#233;&#034; sentimentale des prol&#233;taires de tous les pays soumis &#224; la m&#234;me exploitation capitaliste, mais l'expression de l'unit&#233; organique de leur lutte contre un r&#233;gime social international par sa nature.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le capitalisme s'est d&#233;velopp&#233; historiquement en formant un syst&#232;me international qui a fondu progressivement les diff&#233;rents pays du monde en un bloc organique, la lutte du prol&#233;tariat mondial est devenue elle aussi n&#233;cessairement internationale. En 1847, &#224; Londres, fut fond&#233;e la Ligue des Communistes, premi&#232;re association internationale prol&#233;tarienne avec la participation active de Marx et d'Engels, qui r&#233;dig&#232;rent aussi son programme historique &#034;Le Manifeste Communiste&#034;. En 1852 la Ligue des Communistes sombra dans la vague de la r&#233;action, dont la d&#233;faite des ouvriers parisiens en juin 1848 marqua le d&#233;but. &#034;Quand la classe ouvri&#232;re europ&#233;enne eut repris suffisamment de forces&#034; &#233;crit Engels, &#034;pour un nouvel assaut contre la puissance des classes, se constitua l'Association Internationale des travailleurs&#034;, la Premi&#232;re Internationale. C'&#233;tait de nouveau &#224; Londres, en 1864. Marx, qui r&#233;digea l'Adresse inaugurale de l'Internationale et ses statuts, d&#233;finissait ainsi son r&#244;le principal : &#034;cr&#233;er un centre de communication et de coop&#233;ration entre les associations ouvri&#232;res des diff&#233;rents pays aspirant au m&#234;me but, &#224; savoir : le concours mutuel, le progr&#232;s et le complet affranchissement de la classe ouvri&#232;re&#034;, et cela par &#034;la conqu&#234;te du pouvoir politique qui est devenue le premier devoir de la classe ouvri&#232;re&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e fondamentale qui inspirait toute l'activit&#233; de Marx dans la premi&#232;re Internationale &#233;tait que les ouvriers doivent cr&#233;er partout des organisations syndicales et politiques, sur la base &#034;des circonstances r&#233;elles&#034;, qui &#224; son &#233;poque variaient encore consid&#233;rablement d'un pays &#224; l'autre, afin de pr&#233;parer les masses prol&#233;tariennes &#224; la conqu&#234;te du pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re Internationale ne v&#233;cut elle-m&#234;me que neuf ann&#233;es, du 28 septembre 1864 jusqu'en 1874. Elle se brisa elle aussi sous les coups de la r&#233;action, soulev&#233;e apr&#232;s la sanglante d&#233;faite de la Commune de Paris en 1871 et min&#233;e int&#233;rieurement par l'action liquidatrice des anarchistes bakouniniens et par l'incompr&#233;hension th&#233;orique des blanquistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle fut cependant au cours de son existence &#233;ph&#233;m&#232;re le puissant levier de l'organisation syndicale et dans une certaine mesure aussi politique, de larges couches prol&#233;tariennes en Europe et en Am&#233;rique, et surtout un &#233;tonnant &#034;proph&#232;te de l'avenir&#034;, comme l'a justement caract&#233;ris&#233;e 45 ans plus tard le Manifeste Inaugural de la III&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1880 le mouvement ouvrier mondial eut &#224; nouveau un essor prodigieux. En Europe l'organisation syndicale et politique du prol&#233;tariat allemand, fran&#231;ais, anglais, italien, suisse, etc... remporte d'&#233;clatants succ&#232;s. En 1889, &#224; l'occasion de l'exposition universelle de Paris, un Congr&#232;s convoqu&#233; par les &#034;Guesdistes&#034; fonda la II&#232;me Internationale ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant vingt ans, &#224; peu pr&#232;s jusqu'&#224; la veille de la premi&#232;re guerre mondiale de 1914, la II&#232;me Internationale fut la grande &#034;organisatrice des millions&#034; d'ouvriers dans tous les pays capitalistes du monde. Cependant, malgr&#233; ses progr&#232;s, la II&#232;me Internationale resta entre 1904-1914 une F&#233;d&#233;ration mal consolid&#233;e aux tendances et &#224; l'organisation discordantes. Son aile r&#233;formiste et opportuniste, issue du d&#233;veloppement organique de ce capitalisme industriel qui dure &#224; peu pr&#232;s jusqu'&#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle, croyait &#224; l'&#233;ternit&#233; de cette p&#233;riode de prosp&#233;rit&#233; et niait la n&#233;cessit&#233; de l'action r&#233;volutionnaire des masses. Son aile prol&#233;tarienne au contraire, repr&#233;sent&#233;e surtout par le parti bolch&#233;vique de L&#233;nine, par Trotsky, par Liebknecht et Rosa Luxembourg, basait sa politique sur l'analyse exacte de la nouvelle phase imp&#233;rialiste du capitalisme et l'approche in&#233;vitable de la guerre. Cette perspective se montra bient&#244;t parfaitement juste. En ao&#251;t 1914 &#233;clate la premi&#232;re guerre mondiale imp&#233;rialiste et quelques semaines apr&#232;s les chefs ouvriers et socialistes de la plupart des pays bellig&#233;rants d&#233;commandent aux masses la lutte de classe et se jettent sans r&#233;serve dans le social patriotisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une seconde fois l'organisation internationale du prol&#233;tariat se disloquait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tandis que la premi&#232;re Internationale de Marx tombait victime de la r&#233;action apr&#232;s une lutte h&#233;ro&#239;que couronn&#233;e par l'immortelle Commune de Paris, la II&#232;me Internationale de Scheidemann, d'Ebert, de Noske de Renaudel, d'Albert Thomas, etc... p&#233;rissait dans la honte du social-chauvinisme apr&#232;s avoir trahi les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re. Seule une petite minorit&#233;, et &#224; sa t&#234;te L&#233;nine, Trotsky, Liebknecht et R. Luxembourg, rest&#232;rent fid&#232;les &#224; la doctrine de Marx et se dress&#232;rent contre la guerre dans tous les pays, &#034;d&#233;mocratiques&#034; ou &#034;autoritaires&#034;, &#034;agresseurs&#034; ou &#034;victimes de l'agression&#034;, en se basant sur la tactique du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire valable pour l'ensemble des pays imp&#233;rialistes. Cette minorit&#233; r&#233;volutionnaire d&#233;clarait d&#233;j&#224; en 1915 qu'il &#233;tait n&#233;cessaire de former une nouvelle Internationale, puisque la II&#232;me Internationale, par son attitude social-patriotique avait cess&#233; d'exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la III&#232;me Internationale ne devint une r&#233;alit&#233; qu'en mars 1919, apr&#232;s le triomphe de la R&#233;volution Russe en 1917. C'est &#224; Moscou qu'a eu lieu le 1er Congr&#232;s de la nouvelle &#034;Internationale de l'action&#034;, comme l'ont qualifi&#233;e ses fondateurs dans leur premier &#034;Manifeste aux prol&#233;taires de tous les pays&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me Internationale consid&#233;rait sa politique comme la continuation naturelle de la doctrine r&#233;volutionnaire marxiste telle qu'elle avait &#233;t&#233; d&#233;finie pour la premi&#232;re fois, 72 ans auparavant, dans le &#034;Manifeste Communiste&#034;, et de toutes les traditions vraiment r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat mondial. Sa t&#226;che principale &#233;tait d'autre part le renversement imm&#233;diat du capitalisme dans le monde, renversement dont la premi&#232;re &#233;tape fut la victorieuse R&#233;volution Russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pens&#233;e de L&#233;nine et de Trotsky, les principaux organisateurs de la nouvelle Internationale, on ne pouvait mener cette action r&#233;volutionnaire des masses sans avoir un programme international qui corresponde au caract&#232;re de l'&#233;poque imp&#233;rialiste, c'est-&#224;-dire l'&#233;poque o&#249; le capital financier dirige l'&#233;conomie et la politique mondiales. A ce programme international correspond d'autre part n&#233;cessairement une organisation internationale des diff&#233;rents partis politiques du prol&#233;tariat, une sorte d'Etat-major international des masses en lutte sur l'ensemble du terrain mondial.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'&#233;poque imp&#233;rialiste, infiniment plus qu'&#224; l'&#233;poque du capitalisme industriel du XIX&#232;me si&#232;cle, aucun parti prol&#233;tarien ne peut &#233;tablir son programme en se basant seulement ou principalement sur les conditions et les tendances de l'&#233;volution de son pays. Au contraire &#034;le sens dans lequel se dirige le prol&#233;tariat au point de vue national doit se d&#233;duire et ne peut se d&#233;duire que de la direction prise dans le domaine international et non pas vice-versa&#034; (Trotsky). C'est en cela d'ailleurs que consiste la diff&#233;rence fondamentale qui s&#233;pare l'internationalisme communiste de toutes les autres tendances du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cependant, devant l'isolement de la r&#233;volution russe, cons&#233;cutive aux d&#233;faites successives du prol&#233;tariat mondial entre 1917 et 1923, devant la fatigue des ouvriers russes et la stabilisation &#233;ph&#233;m&#232;re du capitalisme, la direction stalinienne de la III&#232;me Internationale substitua apr&#232;s la mort de L&#233;nine, vers la fin de 1924, &#224; son programme jusqu'alors enti&#232;rement bas&#233; sur la r&#233;volution internationale, une th&#233;orie &#034;consolatrice&#034;, celle du &#034;socialisme dans un seul pays&#034;. Mais en fait il s'agissait d'une orientation politique nouvelle, dont il faut chercher les racines dans une conception social-patriotique du r&#244;le de l'URSS dans la r&#233;volution mondiale. En 1924, quand Staline lan&#231;a pour la premi&#232;re fois cette formule, devenue depuis la base de toute sa politique int&#233;rieure et ext&#233;rieure, les conditions objectives ne permettaient pas encore &#224; la grande masse de militants r&#233;volutionnaires du monde d'appr&#233;cier toutes les cons&#233;quences in&#233;vitables d'une telle orientation. Et l'opposition soulev&#233;e par Trotsky au sein de la III&#232;me Internationale contre le &#034;socialisme dans un seul pays&#034; n'a paru alors qu'une injustifiable tentative de scission et de discorde, trop &#034;th&#233;orique&#034; pour avoir un r&#233;sultat pratique appr&#233;ciable. Mais Trotsky, qui &#233;tait capable de manier le marxisme non pas comme une doctrine empirique de &#034;man&#339;uvres&#034; et de &#034;combines&#034; politiques, mais comme une science, avait vu parfaitement juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du &#034;socialisme dans un seul pays&#034; &#233;tait la n&#233;gation de toute action et de toute organisation internationales du prol&#233;tariat. Elle ne pouvait n&#233;cessairement aboutir qu'&#224; la liquidation du mouvement international. Qu'on compare apr&#232;s 25 ans ce qu'&#233;crivait Trotsky en 1928 sur la signification r&#233;elle de la th&#233;orie stalinienne du &#034;socialisme dans un seul pays&#034; avec la dissolution r&#233;cente de la III&#232;me Internationale survenue le 16 mai 1943 en pleine guerre imp&#233;rialiste, &#224; la veille de sa phase d&#233;cisive, au moment o&#249; des millions d'ouvriers, de paysans, d'exploit&#233;s et d'opprim&#233;s sur toute la plan&#232;te gardent encore un supr&#234;me espoir : la d&#233;livrance de la barbarie imp&#233;rialiste par la r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le marxisme a toujours enseign&#233; aux ouvriers, que m&#234;me la lutte pour les salaires et la limitation de la journ&#233;e de travail ne peut avoir de succ&#232;s que si elle est men&#233;e en tant que lutte internationale. Et voil&#224; qu'&#224; pr&#233;sent, tout d'un coup, il se trouve que l'id&#233;al de la soci&#233;t&#233; socialiste peut &#234;tre r&#233;alis&#233; par les seules forces d'une nation. C'est un coup mortel port&#233; &#224; l'Internationale. La conviction in&#233;branlable que le but fondamental de classe ne peut pas &#234;tre atteint, encore bien moins que les objectifs partiels, par des moyens nationaux ou dans le cadre d'une nation, constitue la moelle de l'internationalisme r&#233;volutionnaire. Si l'on peut arriver au but final &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res nationales par les efforts du prol&#233;tariat d'une nation, alors l'&#233;pine dorsale de l'internationalisme est bris&#233;e. ...Le Parti Communiste de n'importe quel pays capitaliste, apr&#232;s s'&#234;tre p&#233;n&#233;tr&#233; de l'id&#233;e qu'il y a au sein de son Etat toutes les pr&#233;mices &#034;n&#233;cessaires et suffisantes&#034; pour construire par ses propres forces &#034;la soci&#233;t&#233; socialiste int&#233;grale&#034;, ne se distinguera au fond en rien de la social-d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire, qui elle non plus n'avait pas commenc&#233; par Noske mais qui a d&#233;finitivement tr&#233;buch&#233; sur cette question le 4 ao&#251;t 1914&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paroles proph&#233;tiques ! M&#233;ditez-les, camarades qui combattez pour le triomphe du socialisme. M&#233;ditez-les vous particuli&#232;rement, camarades de la III&#232;me Internationale dissoute, comme vous devez m&#233;diter par ailleurs toute la lutte id&#233;ologique qui a abouti &#224; l'exclusion de l'aile r&#233;volutionnaire de la III&#232;me dirig&#233;e par Trotsky et &#224; la formation depuis 1934 du mouvement pour la IV&#232;me Internationale. Faites &#224; la lumi&#232;re des &#233;v&#233;nements actuels, &#224; la lumi&#232;re de la pratique vivante, l'autocritique n&#233;cessaire, l'examen minutieux de vos armes id&#233;ologiques, des id&#233;es qui ont servi jusqu'&#224; maintenant de base &#224; votre action. Faites le bilan de cette derni&#232;re. Passez en revue toute la politique de vos dirigeants dans les derni&#232;res ann&#233;es et pendant cette guerre imp&#233;rialiste. Et vous arriverez alors s&#251;rement &#224; comprendre pourquoi le prol&#233;tariat mondial encore une fois trahi, est oblig&#233; par l'histoire de forger de nouvelles armes : les nouveaux partis, la nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che est immense ; mais d'une n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse. Reculer devant cette t&#226;che, se d&#233;courager, abandonner la lutte, cela &#233;quivaut &#224; accepter passivement votre sort d'esclaves dans le r&#233;gime capitaliste. Les pires conditions &#233;conomiques et politiques vous attendraient dans la p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les damn&#233;s de l'enfer, aucun espoir ne vous est permis dans ce r&#233;gime de mis&#232;re croissante, d'esclavage politique et de guerres perp&#233;tuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais dans le pass&#233;, une seule voie de salut reste ouverte aux prol&#233;taires et &#224; toute l'humanit&#233; agonisante : le triomphe du socialisme par la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nouveaux partis, une nouvelle Internationale, sont pour cela absolument n&#233;cessaires. Le comprendre et agir fermement dans cette direction, c'est accomplir le devoir supr&#234;me que nous impose le moment historique actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris les radios et la presse de l'URSS, remplit de stup&#233;faction et d'embarras les prol&#233;tariats de tous les pays : Staline dissout l'Internationale Communiste et recommande &#224; ses membres de subordonner leur action &#224; l'action des Gouvernements &#034;alli&#233;s&#034; dans la lutte contre Hitler !&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tandis que la propagande de l'Axe s'empresse de qualifier la nouvelle de &#034;bluff&#034; et de &#034;man&#339;uvre grotesque&#034;, la propagande &#034;alli&#233;e&#034; exalte &#034;l'importance historique&#034; de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE QUOI DONC S'AGIT-IL ? PRESSION ET VICTOIRE DE L'IMPERIALISME ANGLO-AMERICAIN.&lt;br class='autobr' /&gt;
Staline dissout l'Internationale de L&#233;nine c&#233;dant ainsi &#224; la pression de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et anglais. La nouvelle de la dissolution du Komintern a &#233;t&#233; annonc&#233;e tout de suite apr&#232;s la visite du repr&#233;sentant de Roosevelt, Davies, &#224; Staline, et avant la fin des travaux de la conf&#233;rence politico-militaire des Anglo-Am&#233;ricains &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste &#233;tant arriv&#233;e &#224; sa phase d&#233;cisive, et le rapport de forces des bellig&#233;rants s'&#233;tant profond&#233;ment modifi&#233; au cours de la derni&#232;re ann&#233;e en faveur du camp anglo-am&#233;ricain &#224; la suite des d&#233;faites de l'Axe en Russie, en Afrique et dans les airs, l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain est aujourd'hui sur le point de fixer ses plans d&#233;finitifs pour la liquidation de la guerre. Mais avant d'agir sur le terrain militaire en Europe, ayant tir&#233; l'exp&#233;rience am&#232;re de la crise r&#233;volutionnaire qui a suivi la fin de la guerre de 14-18 et qui a menac&#233; jusqu'aux tr&#233;fonds l'&#233;difice capitaliste, il veut s'assurer d'avance la liquidation capitaliste et sans risques pour le r&#233;gime des classes poss&#233;dantes, de cette guerre. L'imp&#233;rialisme subordonne ainsi l'action militaire imm&#233;diate aux consid&#233;rations politiques qui visent &#224; cr&#233;er le climat n&#233;cessaire en Europe, dans lequel aucune crise r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse ne serait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain neutralise d'abord la III&#232;me Internationale qui, malgr&#233; sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence bureaucratique croissante pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es, repr&#233;sentait encore gr&#226;ce &#224; ses traditions et sa liaison avec l'URSS un cadre dans lequel se canalisait l'activit&#233; r&#233;volutionnaire spontan&#233;e des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI STALINE CEDE-T-IL ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline a c&#233;d&#233; &#224; la pression des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; parce que, malgr&#233; les derni&#232;res victoires de l'Arm&#233;e Rouge, malgr&#233; la d&#233;faite en perspective de l'Axe, l'URSS est sur le plan mondial plus faible que jamais. Faible d'abord parce que la guerre a consomm&#233; et d&#233;truit une masse &#233;norme de richesses naturelles du pays, de r&#233;alisations techniques, de mat&#233;riel et d'hommes. Faible ensuite parce que la force principale de l'URSS en tant que pays qui voulait &#233;riger une soci&#233;t&#233; socialiste bas&#233;e sur un syst&#232;me d'&#233;conomie planifi&#233;e et sans les entraves du r&#233;gime capitaliste de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, r&#233;side dans le soutien actif du prol&#233;tariat mondial, dans le progr&#232;s de son mouvement r&#233;volutionnaire et dans l'&#233;largissement de la r&#233;volution socialiste commenc&#233;e il y a 25 ans en URSS.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ni mat&#233;riellement en fait, ni politiquement, l'URSS ne pouvait soutenir longtemps la lutte avec son entourage capitaliste. Mais le mouvement r&#233;volutionnaire sous la direction stalinienne n'a accumul&#233; jusqu'&#224; maintenant que des d&#233;faites, qui ont rendu la situation de l'URSS &#224; la longue, et surtout pendant la guerre actuelle, extr&#234;mement pr&#233;caire et &#224; la merci des pressions et des chantages de l'imp&#233;rialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAIS S'IL NE S'AGIT QUE D'UNE MAN&#338;UVRE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande de l'Axe qui par le succ&#232;s politique de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon a perdu un atout d'argumentation en faveur de la croisade &#034;anti-communiste&#034;, d&#233;nonce la liquidation du Komintern comme une &#034;man&#339;uvre&#034;, et les bureaucrates qui dirigent les partis communistes, embarrass&#233;s par l'ampleur et la vitesse de la d&#233;cision du Kremlin, ne tarderont pas de donner aux ouvriers la m&#234;me explication facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une s&#233;rie de telles man&#339;uvres qui pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es ont amen&#233; la liquidation pratique du mouvement communiste, et dont l'aboutissement n&#233;cessaire est la liquidation aussi du Komintern. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; du Front Populaire qui a &#233;limin&#233; de la sc&#232;ne politique la physionomie ind&#233;pendante des partis communistes et qui a favoris&#233; ainsi la pr&#233;paration id&#233;ologique de la guerre par la &#034;sainte alliance&#034; des partis bourgeois et &#034;ouvriers&#034;. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; de la subordination du mouvement ouvrier pendant la pr&#233;sente guerre aux mouvements bourgeois nationaux des diff&#233;rents De Gaulle et Giraud dans les camps des pays &#034;alli&#233;s&#034; qui fait &#233;voluer jusqu'&#224; maintenant la guerre selon les d&#233;sirs de l'imp&#233;rialisme mondial et qui pr&#233;pare sa victoire accompagn&#233;e de l'&#233;touffement de toute crise r&#233;volutionnaire et de l'&#233;crasement de ce qui reste encore vivant de la r&#233;volution d'Octobre en URSS. Ce n'est pas la bourgeoisie qui a &#233;t&#233; tromp&#233;e par ces &#034;man&#339;uvres&#034;, c'est le prol&#233;tariat au contraire qui a servi d'instrument docile aux buts r&#233;actionnaires. Il n'y a que des bureaucrates pourris, des coquins ou des imb&#233;ciles qui peuvent faire vanter au prol&#233;tariat les avantages d'une &#034;ing&#233;nieuse&#034; politique de man&#339;uvre et lui d&#233;former ainsi son crit&#232;re de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique prol&#233;tarienne, pour qu'elle soit vraiment r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire pour qu'elle fasse avancer la conscience, l'&#233;ducation politique et l'organisation des masses laborieuses, doit &#234;tre telle qu'elle a toujours &#233;t&#233; d&#233;finie par Marx, par L&#233;nine et par Trotsky : franche, audacieuse, avec son propre drapeau, expliquant toujours ce qui est et ce qu'elle veut, au lieu de s'adapter mis&#233;rablement aux dispositions de telle ou telle bourgeoisie &#034;amie&#034; ou &#034;alli&#233;e&#034; de l'URSS. Parce que c'est pr&#233;cis&#233;ment la politique ext&#233;rieure de l'URSS qui conditionne et qui explique toute la politique opportuniste des partis communistes pendant les derni&#232;res ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
La III&#232;me Internationale &#233;tait devenue aux mains de la bureaucratie stalinienne un simple accessoire de sa politique ext&#233;rieure, qui au lieu d'&#234;tre appuy&#233;e sur l'action r&#233;volutionnaire des masses, les seuls alli&#233;s naturels de l'URSS, a &#233;t&#233; orient&#233;e exclusivement dans la voie des &#034;combines&#034; et des &#034;man&#339;uvres&#034; avec les diff&#233;rents pays imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la bande de bureaucrates qui d'une main aussi l&#233;g&#232;re, sur un geste des ma&#238;tres du Kremlin, dissout maintenant en pleine guerre imp&#233;rialiste l'organisation supr&#234;me du prol&#233;tariat mondial, montre pour une derni&#232;re fois le mis&#233;rable sort que le stalinisme a r&#233;serv&#233; &#224; l'Internationale de L&#233;nine : devenir un simple moyen de marchandage avec les bandits imp&#233;rialistes internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CONCESSION DE STALINE NE SERA PAS LA DERNIERE.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus on prive le prol&#233;tariat de ses armes id&#233;ologiques et organisationnelles pour sa lutte de classe contre la bourgeoisie, plus la position internationale de cette derni&#232;re se renforce et plus elle devient insatiable et agressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidation du Komintern par Staline ne peut pas &#234;tre la derni&#232;re de ses concessions &#224; l'imp&#233;rialisme arm&#233; des &#034;alli&#233;s&#034;. Sur la voie d'une d&#233;sorganisation et d'une passivit&#233; progressive du prol&#233;tariat mondial, l'existence de l'URSS avec tout ce qui reste encore debout de la R&#233;volution d'octobre dans ce pays, nationalisation de la propri&#233;t&#233;, &#233;conomie planifi&#233;e, commerce ext&#233;rieur &#233;tatis&#233;, ne pourra pas subsister encore pour longtemps. Le rapport des forces changera chaque jour davantage en faveur du capitalisme, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur de l'URSS que sur l'&#233;chelle mondiale et provoquera l'effondrement brusque de toutes les conqu&#234;tes socialistes qui subsistent encore en URSS.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'imp&#233;rialisme international, d'accord avec les tendances r&#233;actionnaires renforc&#233;es dans certains milieux de la bureaucratie sovi&#233;tique, exercera pendant cette guerre tout son pouvoir pour arracher d'autres concessions substantielles dans le domaine de l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS pour la ramener finalement dans le cycle de l'&#233;conomie anarchique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SURPRISE ? NON, SUITE LOGIQUE DE TOUTE LA POLITIQUE STALINIENNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous marxistes, nourris de la pens&#233;e et de l'&#339;uvre pratique de Marx, de L&#233;nine, de Trotsky, un fait est l'aboutissement n&#233;cessaire de son &#233;volution ant&#233;rieure. Que Staline dissolve le Komintern, arme supr&#234;me du prol&#233;tariat combattant, &#224; la veille de la phase d&#233;cisive de la guerre imp&#233;rialiste mondiale, ne nous surprend pas. Il y a en fait 15 ans que nous avons commenc&#233; &#224; prouver aux militants de l'avant-garde r&#233;volutionnaire que la politique stalinienne conduisait pratiquement &#224; la liquidation du mouvement communiste. Et il y a plus de 9 ans qu'ayant tir&#233; de l'exp&#233;rience pratique la certitude qu'aucune r&#233;forme ne serait plus possible &#224; l'int&#233;rieur de la III&#232;me Internationale, nous avons proclam&#233; devant le prol&#233;tariat mondial, dans la mesure de nos forces, la n&#233;cessit&#233; historique de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne verserons pas de larmes inutiles devant la d&#233;pouille de celle qui fut jadis l'Internationale h&#233;ro&#239;que de L&#233;nine et de Trotsky. Nous ne perdrons pas non plus notre courage devant les difficult&#233;s immenses de notre &#339;uvre et notre foi in&#233;branlable dans la justice prol&#233;tarienne et le triomphe certain de notre cause. Nous savons avec Marx que les succ&#232;s faciles ne sont pas propres &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons au contraire que &#034;les r&#233;volutions prol&#233;tariennes se critiquent elles-m&#234;mes constamment, interrompent &#224; chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble d&#233;j&#224; &#234;tre accompli, pour le recommencer &#224; nouveau, raillent impitoyablement les h&#233;sitations, les faiblesses et les mis&#232;res de leurs premi&#232;res tentatives, paraissent n'abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser &#224; nouveau formidable en face d'elles, reculent constamment &#224; nouveau devant l'immensit&#233; infinie de leurs propres buts, jusqu'&#224; ce que soit enfin cr&#233;&#233;e la situation qui rende impossible tout retour en arri&#232;re, et que les circonstances elles-m&#234;mes crient : ...c'est ici qu'il faut sauter !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taires ! Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons les morts enterrer leurs morts. Aussi p&#233;nible que cela puisse &#234;tre pour des milliers d'entre vous de constater que l'Internationale sous le drapeau de laquelle d'innombrables militants de notre cause ont trouv&#233; la mort et ont souffert dans les ge&#244;les de la bourgeoisie les pires martyrs moyen&#226;geux, vous abandonne au moment le plus critique de la lutte contre l'imp&#233;rialisme qui, une fois de plus, a plong&#233; l'humanit&#233; enti&#232;re dans une mer immense de sang, de d&#233;tresse et de souffrance, ne vous d&#233;couragez pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en sortira de cette guerre mortellement affaibli. Dans une s&#233;rie de pays tels que l'Allemagne, l'Italie, la Roumanie, etc... l'effondrement risque d'&#234;tre total et le chaos &#233;conomique et politique indescriptible. Dans les autres pays la guerre n'a pas fait moins de ravages et le d&#233;sordre g&#233;n&#233;ral qui accompagnera sa fin provoquera des explosions gigantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#232;re de guerres civiles et de r&#233;volutions commencera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;sorganisation et la confusion dans les rangs des r&#233;volutionnaires peuvent permettre de nouveau une stabilisation &#233;ph&#233;m&#232;re du capitalisme. Dans ce cas la mis&#232;re atroce et l'esclavage politique seraient pour une certaine p&#233;riode notre sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en ne peut en fait se survivre apr&#232;s cette guerre qu'en rabaissant le niveau de vie &#224; ses extr&#234;mes limites et en instaurant un ordre politique dictatorial. Crises &#233;conomiques plus longues et plus profondes que toutes celles que nous avons jusqu'&#224; maintenant connues, ch&#244;mage massif et permanent, salaires bas, vie ch&#232;re, esclavage politique, voil&#224; les perspectives d'apr&#232;s-guerre si nous accordons au capitalisme encore un d&#233;lai d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forgeons d&#232;s maintenant dans la lutte nos armes nouvelles : les nouveaux partis r&#233;volutionnaires, la nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la pens&#233;e de Marx, de L&#233;nine et de Trotsky soit notre guide et notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LE TRIOMPHE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement r&#233;volutionnaire des Comit&#233;s ouvriers et paysans !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la d&#233;fense des conqu&#234;tes socialistes de l'URSS contre les nouveaux assauts de l'imp&#233;rialisme !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la paix, le pain et la libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question nationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aux quatre coins du monde, des peuples se voient refuser toute reconnaissance d'identit&#233; nationale, qu'il s'agisse des Kurdes, des Palestiniens, des Cachemiris, des Tamouls, des Touar&#232;gues, des Tziganes, des Ouighours, des peuples des anciennes colonies comme les Antillais, les Kanaks, les R&#233;unionnais, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'existence d'un Etat ne prouve pas que le peuple ne soit pas opprim&#233; et ne soit pas exploit&#233;. Loin de l&#224; ! Mais l'inverse est une raison de plus de subir tous les mauvais traitements imaginables et d'&#234;tre trait&#233;s en citoyens de seconde zone, sans cesse d&#233;sign&#233;s du doigt et frapp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de r&#233;volutionnaires pensent soit qu'il faut juste soutenir les nationalismes des peuples opprim&#233;s et d'autres juste qu'il faut s'en d&#233;marquer. Pourtant, la politique de r&#233;volution permanente de L&#233;on Trotsky et la politique de droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes de L&#233;nine ne consistaient en cela ni l'une ni l'autre ! Ces deux derni&#232;res consistaient toujours &#224; faire de la &#171; question nationale &#187; une arme de combat du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire international contre l'imp&#233;rialisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr40.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr40.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7230&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7230&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6259&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6259&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question nationale a tellement &#233;t&#233; une arme aux mains du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire de Russie que l'arm&#233;e rouge a &#233;t&#233; une arm&#233;e fond&#233;e sur trois forces : ouvriers, paysans, nationalit&#233;s opprim&#233;es. Et ces trois forces ont &#233;t&#233; d&#233;terminantes dans la victoire prol&#233;tarienne face aux arm&#233;es blanches et imp&#233;rialistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question nationale surgit du d&#233;veloppement in&#233;gal de l'histoire (voir 4&#232;me tome de la R&#233;volution Russe de L&#233;on Trotsky).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppement d'une partie de l'humanit&#233; vers l'&#201;tat national comme forme sup&#233;rieure de production par rapport &#224; l'ancienne forme de production morcel&#233;e, d'autre part la transformation des &#201;tats avanc&#233;s en &#201;tats imp&#233;rialistes qui ont trouv&#233; une issue temporaire &#224; leurs contradictions en soumettant &#224; leur exploitation les pays arri&#233;r&#233;s, en les emp&#234;chant par l&#224;-m&#234;me de se constituer en &#201;tat national, en les maintenant dans un &#233;tat &#233;conomique et social arri&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier but strat&#233;gique des droits des peuples c'est d'enlever &#224; l'imp&#233;rialisme une source de puissance, tant que ces &#201;tats auront les colonies la r&#233;volution sera impossible dans les pays imp&#233;rialistes. Cela signifie-t-il que ce mot d'ordre devient superflu sinon nuisible (Rosa Luxembourg) ? Une fois la r&#233;volution sociale accomplie il est donc inutile puisqu'il n'est r&#233;alisable que pr&#233;cis&#233;ment quand il devient contre-r&#233;volutionnaire. La question ainsi pos&#233;e l'est d'une fa&#231;on m&#233;canique et non dialectique. Les socialistes dans leur programme vis-&#224;-vis de la paysannerie moyenne et pauvre sp&#233;cifient que le passage &#224; la soci&#233;t&#233; socialiste, dont le d&#233;but c'est l'insurrection arm&#233;e du prol&#233;tariat contre la bourgeoisie, ne peut se faire que par l'affirmation pratique de la sup&#233;riorit&#233; de l'&#233;conomie socialiste sur la production isol&#233;e. Int&#233;gration donc de larges couches paysannes dans le socialisme par la voie pacifique suivant leur propre gr&#233;. Il en est de m&#234;me a propos de la question nationale. Entre le prol&#233;tariat de la nation dominante et les couches populaires de la nation opprim&#233;e il y a le foss&#233; historique de l'oppression, la responsabilit&#233; en retombe, aux yeux de la nation opprim&#233;e, aussi sur le prol&#233;tariat de la nation dominante. Il n'est donc pas possible d'attirer les couches populaires de la nation opprim&#233;e dans une collaboration pacifique socialiste avec la nation anciennement oppresseuse si cette collaboration n'a pour base l'&#233;galit&#233; compl&#232;te des droits. Cette &#233;galit&#233; des droits est d&#233;truite si le droit de libre disposition &#224; n'importe quel moment de la nation opprim&#233;e n'est pas reconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas il arrive comme le disait L&#233;nine en Avril 1917, confirm&#233; par la r&#233;volution russe : si les Ukrainiens voient que nous avons une R&#233;publique des Soviets ils ne se s&#233;pareront pas, mais si nous avons une r&#233;publique de Milioukov ils se s&#233;pareront. R&#233;publique des soviets, ceci est incompatible avec quelque contrainte que ce soit impos&#233;e &#224; la nation anciennement opprim&#233;e sous pr&#233;texte de socialisme. Le droit des nationalit&#233;s nous ne le mettons pas au dessus de la r&#233;volution socialiste. Si on enl&#232;ve la moindre parcelle de la libert&#233;, ce n'est plus la libert&#233;. Quand il s'agit de construction socialiste c'est un droit inviolable fondamental. Mais quand il s'agit de situation strat&#233;gique de guerre d&#233;termin&#233;e (la Pologne est maintenant opprim&#233;e mais le capitalisme anglais et am&#233;ricain pourrait s'en servir pour lutter contre la r&#233;volution allemande, le prol&#233;tariat allemand sera oblig&#233; de d&#233;truire par les armes la contre-r&#233;volution l&#224;-bas). Si l'Etat anciennement opprim&#233; se trouve dans un entourage capitaliste il aura de lui-m&#234;me int&#233;r&#234;t &#224; faire partie d'une Union sovi&#233;tique. Cela n'implique pas que les partis communistes des nations opprim&#233;es m&#232;nent eux une politique s&#233;paratiste. Mais ce droit est reconnu par le parti de la nation oppresseuse. En Europe cette question concerne les nationalit&#233;s opprim&#233;es, Pologne, Tch&#233;coslovaquie, Albanie, etc. Si l'Allemagne reste imp&#233;rialiste et qu'elle est battue elles se s&#233;pareront, mais si l'Europe est socialiste elles ne se s&#233;pareront pas. Ne pas recourir &#224; la contrainte cela fait partie de la qualit&#233; de l'&#201;tat socialiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'essentiel du mot d'ordre : le prol&#233;tariat de la nation dominante affirmant ce droit inaugure une politique tout &#224; fait nouvelle par rapport &#224; celle de la bourgeoisie, il se pr&#233;sente sous un autre visage &#224; l'&#233;gard des peuples opprim&#233;s. Non pas en les traitant en enfants mineurs, le socialisme doit surgir des c&#339;urs et de l'effort intellectuel et &#233;conomique de toute l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/12/note_123043.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/12/note_123043.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de Mayotte, colonie fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndicats, gauche et extr&#234;me gauche : entre soutien ouvert et implicite au colonialisme fran&#231;ais ! Mayotte aux Comoriens ! Troupes coloniales fran&#231;aises, hors de Mayotte !&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun des partis ou syndicats se r&#233;clamant du mouvement ouvrier ou de la r&#233;volution socialiste qui nous appellent &#224; manifester le 6 juin pour soutenir le groupe LIOT ne r&#233;clame : &#171; Mayotte aux comoriens ! Droit de libre circulation entre les &#171; quatre iles soeurs &#187; (expression du temps des colonies) des Comores &#187;. LFI, le PC depuis 1935, le PS et la CGT depuis 1914, forment une gauche (bourgeoise) qui a de longues traditions coloniales ! Le NPA et LO sont de nouveaux venus. N. Arthaud pour LO d&#233;clare ainsi &#224; propos de Mayotte : &#171; &#192; Mayotte comme ici, &#224; bas la guerre faite aux migrants ! En montrant du doigt les &#233;trangers, Le Pen et Darmanin cherchent &#224; dresser des pauvres contre d'autres pauvres, comme ils tentent d'opposer des travailleurs &#224; d'autres travailleurs. (...) &#224; la lutte contre les migrants, opposons la lutte des travailleurs contre leurs seuls ennemis de classe, et pour leurs v&#233;ritables int&#233;r&#234;ts. &#187; Mais les comoriens ne sont pas des &#171; &#233;trangers &#187;, des &#171; migrants &#187;, ils sont chez eux &#224; Mayotte ! On ne peut pas passer sous silence la dimension coloniale de la question, sous pr&#233;texte de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et des &#171; migrants &#187;. Pas d'anticolonialisme, pas de parti r&#233;volutionnaire ! Pour nous les probl&#232;mes centraux des pays coloniaux et semi-coloniaux sont : la liquidation de l'h&#233;ritage f&#233;odal et l'ind&#233;pendance nationale. Il est impossible de rejeter purement et simplement le programme d&#233;mocratique. (Trotsky, 1938).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes&lt;br class='autobr' /&gt;
de L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.	L'imp&#233;rialisme, le socialisme et la lib&#233;ration des nations opprim&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme est le stade supr&#234;me de d&#233;veloppement du capitalisme. Dans les pays avanc&#233;s, le capital a d&#233;bord&#233; le cadre des Etats nationaux et substitu&#233; le monopole &#224; la concurrence, en cr&#233;ant toutes les pr&#233;misses objectives pour la r&#233;alisation du socialisme. Voil&#224; pourquoi, en Europe occidentale et aux Etats-Unis, s'inscrit &#224; l'ordre du jour la lutte r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat pour le renversement des gouvernements capitalistes, pour l'expropriation de la bourgeoisie. L'imp&#233;rialisme pousse les masses &#224; cette lutte, en exacerbant dans de vastes proportions les contradictions de classes, en aggravant la situation de ces masses aussi bien sous le rapport &#233;conomique - trusts, vie ch&#232;re - que sous le rapport politique : d&#233;veloppement du militarisme, multiplication des guerres, renforcement de la r&#233;action, affermissement et extension du joug national et du pillage des colonies. Le socialisme victorieux doit n&#233;cessairement instaurer une d&#233;mocratie int&#233;grale et, par cons&#233;quent, non seulement instaurer une &#233;galit&#233; totale en droits des nations, mais aussi mettre en application le droit des nations opprim&#233;es &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, c'est-&#224;-dire le droit &#224; la libre s&#233;paration politique. Les partis socialistes qui ne prouveraient pas par toute leur activit&#233; maintenant, pendant la r&#233;volution et apr&#232;s sa victoire, qu'ils affranchiront les nations asservies et &#233;tabliront leurs rapports avec elles sur la base d'une alliance libre - et l'alliance libre est une formule mensong&#232;re si elle n'implique pas la libert&#233; de s&#233;paration - ces partis trahiraient le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la d&#233;mocratie est aussi une forme d'Etat, qui devra dispara&#238;tre quand celui-ci dispara&#238;tra lui-m&#234;me, mais cela n'arrivera que lors du passage du socialisme d&#233;finitivement victorieux et affermi au communisme int&#233;gral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. La r&#233;volution socialiste et la lutte pour la d&#233;mocratie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution socialiste, ce n'est pas un acte unique, une bataille unique sur un seul front, c'est toute une &#233;poque de conflits de classes aigus, une longue succession de batailles sur tous les fronts, c'est-&#224;-dire sur toutes les questions d'&#233;conomie et de politique, batailles qui ne peuvent finir que par l'expropriation de la bourgeoisie. Ce serait une erreur capitale de croire que la lutte pour la d&#233;mocratie est susceptible de d&#233;tourner le prol&#233;tariat de la r&#233;volution socialiste ou d'&#233;clipser celle-ci, de l'estomper, etc. Au contraire, de m&#234;me qu'il est impossible de concevoir un socialisme victorieux qui ne r&#233;aliserait pas la d&#233;mocratie int&#233;grale, de m&#234;me le prol&#233;tariat ne peut se pr&#233;parer &#224; la victoire sur la bourgeoisie s'il ne m&#232;ne pas une lutte g&#233;n&#233;rale, syst&#233;matique et r&#233;volutionnaire pour la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une erreur non moins grave serait de supprimer un des paragraphes du programme d&#233;mocratique, par exemple celui concernant le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, sous pr&#233;texte que ce droit serait &#034;irr&#233;alisable&#034; ou &#034;illusoire&#034; &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'affirmation selon laquelle le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes est irr&#233;alisable dans le cadre du capitalisme peut &#234;tre prise soit dans un sens absolu, &#233;conomique, soit dans un sens relatif, politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier cas, cette affirmation est fonci&#232;rement erron&#233;e au point de vue th&#233;orique. Premi&#232;rement, sont irr&#233;alisables dans ce sens, en r&#233;gime capitaliste, par exemple la monnaie de travail ou la suppression des crises, etc. Mais il est absolument faux que le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes soit &#233;galement irr&#233;alisable. Deuxi&#232;mement, l'exemple de la s&#233;paration de la Norv&#232;ge d'avec la Su&#232;de, en 1905, suffit &#224; lui seul pour r&#233;futer ce &#034;caract&#232;re irr&#233;alisable&#034; compris dans ce sens. Troisi&#232;mement, il serait ridicule de nier qu'un petit changement du rapport des forces politiques et strat&#233;giques, par exemple entre l'Allemagne et l'Angleterre, rendrait parfaitement &#034;r&#233;alisable&#034; aujourd'hui ou demain la formation de nouveaux Etats : polonais, indien, etc. Quatri&#232;mement, le capital financier, dans sa tendance &#224; l'expansion, ach&#232;tera et soudoiera &#034;librement&#034; le gouvernement d&#233;mocratique et r&#233;publicain le plus libre et les fonctionnaires &#233;lus de n'importe quel pays, f&#251;t-il &#034;ind&#233;pendant&#034;. La domination du capital financier, comme celle du capital en g&#233;n&#233;ral, ne saurait &#234;tre &#233;limin&#233;e par quelque transformation que ce soit dans le domaine de la d&#233;mocratie politique ; or, l'autod&#233;termination se rapporte enti&#232;rement et exclusivement &#224; ce domaine. Mais cette domination du capital financier n'abolit nullement l'importance de la d&#233;mocratie politique en tant que forme plus libre, plus large et plus claire de l'oppression de classe et de la lutte des classes. C'est pourquoi tous les raisonnements pr&#233;sentant comme &#034;irr&#233;alisable&#034;, du point de vue &#233;conomique, l'une des revendications de la d&#233;mocratie politique en r&#233;gime capitaliste proc&#232;dent d'une d&#233;finition th&#233;oriquement fausse des rapports g&#233;n&#233;raux et fondamentaux du capitalisme et de la d&#233;mocratie politique en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le second cas, cette affirmation est incompl&#232;te et inexacte. Car ce n'est pas seulement le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, mais toutes les revendications fondamentales de la d&#233;mocratie politique qui, &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme, ne sont &#034;r&#233;alisables&#034; qu'incompl&#232;tement, sous un aspect tronqu&#233; et &#224; titre tout &#224; fait exceptionnel (par exemple, la s&#233;paration de la Norv&#232;ge d'avec la Su&#232;de, en 1905). La revendication de l'affranchissement imm&#233;diat des colonies, formul&#233;e par tous les social-d&#233;mocrates r&#233;volutionnaires, est elle aussi &#034;irr&#233;alisable&#034; en r&#233;gime capitaliste sans toute une s&#233;rie de r&#233;volutions. Cependant, cela n'entra&#238;ne nullement la renonciation de la social-d&#233;mocratie &#224; la lutte imm&#233;diate et la plus r&#233;solue pour toutes ces revendications - cette renonciation ferait tout simplement le jeu de la bourgeoisie et de la r&#233;action - tout au contraire, il en d&#233;coule la n&#233;cessit&#233; de formuler toutes ces revendications et de les faire aboutir non pas en r&#233;formistes, mais en r&#233;volutionnaires ; non pas en restant dans le cadre de la l&#233;galit&#233; bourgeoise, mais en le brisant ; non pas en se contentant d'interventions parlementaires et de protestations verbales, mais en entra&#238;nant les masses &#224; l'action, en &#233;largissant et en attisant la lutte autour de chaque revendication d&#233;mocratique, fondamentale jusqu'&#224; l'assaut direct du prol&#233;tariat contre la bourgeoisie, c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; la r&#233;volution socialiste qui exproprie la bourgeoisie. La r&#233;volution socialiste peut &#233;clater non seulement &#224; la suite d'une grande gr&#232;ve ou d'une manifestation de rue, ou d'une &#233;meute de la faim, ou d'une mutinerie des troupes, ou d'une r&#233;volte coloniale, mais aussi &#224; la suite d'une quelconque crise politique du genre de l'affaire Dreyfus ou de l'incident de Saverne [1] ou &#224; la faveur d'un r&#233;f&#233;rendum &#224; propos de la s&#233;paration d'une nation opprim&#233;e, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renforcement de l'oppression nationale &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme commande &#224; la social-d&#233;mocratie, non pas de renoncer &#224; la lutte &#034;utopique&#034;, comme le pr&#233;tend la bourgeoisie, pour la libert&#233; de s&#233;paration des nations, mais, au contraire, d'utiliser au mieux les conflits qui surgissent &#233;galement sur ce terrain, comme pr&#233;texte &#224; une action de masse et &#224; des manifestations r&#233;volutionnaires contre la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.	La signification du droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes et son rapport avec la f&#233;d&#233;ration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes signifie exclusivement leur droit &#224; l'ind&#233;pendance politique, &#224; la libre s&#233;paration politique d'avec la nation qui les opprime. Concr&#232;tement, cette revendication de la d&#233;mocratie politique signifie l'enti&#232;re libert&#233; de propagande en faveur de la s&#233;paration et la solution de ce probl&#232;me par la voie d'un r&#233;f&#233;rendum au sein de la nation qui se s&#233;pare. Ainsi, cette revendication n'a pas du tout le m&#234;me sens que celle de la s&#233;paration, du morcellement, de la formation de petits Etats. Elle n'est que l'expression cons&#233;quente de la lutte contre toute oppression nationale. Plus le r&#233;gime d&#233;mocratique d'un Etat est proche de l'enti&#232;re libert&#233; de s&#233;paration, plus seront rares et faibles, en pratique, les tendances &#224; la s&#233;paration, car les avantages des grands Etats, au point de vue aussi bien du progr&#232;s &#233;conomique que des int&#233;r&#234;ts de la masse, sont indubitables, et ils augmentent sans cesse avec le d&#233;veloppement du capitalisme. Reconna&#238;tre le droit d'autod&#233;termination n'&#233;quivaut pas &#224; reconna&#238;tre le principe de la f&#233;d&#233;ration. On peut &#234;tre un adversaire r&#233;solu de ce principe et &#234;tre partisan du centralisme d&#233;mocratique, mais pr&#233;f&#233;rer la f&#233;d&#233;ration &#224; l'in&#233;galit&#233; nationale, comme la seule voie menant au centralisme d&#233;mocratique int&#233;gral. C'est pr&#233;cis&#233;ment de ce point de vue que Marx, tout en &#233;tant centraliste, pr&#233;f&#233;rait m&#234;me la f&#233;d&#233;ration de l'Irlande avec l'Angleterre &#224; l'assujettissement forc&#233; de l'Irlande par les Anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme a pour but, non seulement de mettre fin au morcellement de l'humanit&#233; en petits Etats et &#224; tout particularisme des nations, non seulement de rapprocher les nations, mais aussi de r&#233;aliser leur fusion. Et, pr&#233;cis&#233;ment pour atteindre ce but, nous devons, d'une part, expliquer aux masses le caract&#232;re r&#233;actionnaire de l'id&#233;e de Renner et de O. Bauer sur ce qu'ils appellent l'&#034;autonomie nationale culturelle [2]&#034; et, d'autre part, revendiquer la lib&#233;ration des nations opprim&#233;es, non pas en alignant des phrases vagues et g&#233;n&#233;rales, des d&#233;clamations vides de sens, non pas en &#034;ajournant&#034; la question jusqu'&#224; l'av&#232;nement du socialisme, mais en proposant un programme politique clairement et exactement formul&#233;, qui tienne tout particuli&#232;rement compte de l'hypocrisie et de la l&#226;chet&#233; des socialistes des nations oppressives. De m&#234;me que l'humanit&#233; ne peut aboutir &#224; l'abolition des classes qu'en passant par la p&#233;riode de transition de la dictature de la classe opprim&#233;e, de m&#234;me elle ne peut aboutir &#224; la fusion in&#233;vitable des nations qu'en passant par la p&#233;riode de transition de la lib&#233;ration compl&#232;te de toutes les nations opprim&#233;es, c'est-&#224;-dire de la libert&#233; pour elles de se s&#233;parer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III.	Comment le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire doit poser le probl&#232;me du droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement la revendication du droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, mais tous les points de notre programme-minimum d&#233;mocratique qui ont &#233;t&#233; autrefois, d&#232;s le XVII&#176; et le XVIII&#176; si&#232;cle, formul&#233;s par la petite bourgeoisie. Et la petite bourgeoisie continue &#224; les formuler tous d'une fa&#231;on utopique, sans voir la lutte des classes et son aggravation &#224; l'&#233;poque de la d&#233;mocratie, et en croyant au capitalisme &#034;pacifique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est pr&#233;cis&#233;ment l'utopie d'une union pacifique de nations &#233;gales en droit &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme, utopie qui trompe le peuple et que pr&#244;nent les partisans de Kautsky. A l'oppos&#233; de cette utopie petite bourgeoise et opportuniste, le programme de la social-d&#233;mocratie doit mettre au premier plan, comme un fait fondamental, essentiel et in&#233;vitable &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme, la division des nations en nations oppressives et nations opprim&#233;es. Le prol&#233;tariat des nations oppressives ne peut se contenter de phrases g&#233;n&#233;rales, st&#233;r&#233;otyp&#233;es, rab&#226;ch&#233;es par tous les bourgeois pacifistes, contre les annexions et pour l'&#233;galit&#233; en droits des nations en g&#233;n&#233;ral. Il ne peut passer sous silence le probl&#232;me, particuli&#232;rement &#034;d&#233;sagr&#233;able&#034; pour la bourgeoisie imp&#233;rialiste, des fronti&#232;res des Etats fond&#233;s sur l'oppression nationale. Il ne peut pas ne pas lutter contre le maintien par la force des nations opprim&#233;es dans les fronti&#232;res de ces Etats ; autrement dit, il doit lutter pour le droit d'autod&#233;termination. Il doit revendiquer la libert&#233; de s&#233;paration politique pour les colonies et les nations opprim&#233;es par &#034;sa&#034; nation. Sinon, l'internationalisme du prol&#233;tariat demeure vide de sens et verbal ; ni la confiance, ni la solidarit&#233; de classe entre les ouvriers de la nation opprim&#233;e et de celle qui opprime ne sont possibles ; et l'hypocrisie des d&#233;fenseurs r&#233;formistes et kautskistes de l'autod&#233;termination, qui ne disent rien des nations opprim&#233;es par &#034;leur propre&#034; nation et maintenues de force au sein de &#034;leur propre&#034; Etat, n'est pas d&#233;masqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les socialistes des nations opprim&#233;es doivent s'attacher &#224; promouvoir et &#224; r&#233;aliser l'unit&#233; compl&#232;te et absolue, y compris sur le plan de l'organisation, des ouvriers de la nation opprim&#233;e avec ceux de la nation oppressive. Sans cela, il est impossible de sauvegarder une politique ind&#233;pendante du prol&#233;tariat et sa solidarit&#233; de classe avec le prol&#233;tariat des autres pays, devant les man&#339;uvres de toutes sortes, les trahisons et les tripotages de la bourgeoisie. Car la bourgeoisie des nations opprim&#233;es convertit constamment les mots d'ordre de lib&#233;ration nationale en une mystification des ouvriers : en politique int&#233;rieure, elle exploite ces mots d'ordre pour conclure des accords r&#233;actionnaires avec la bourgeoisie des nations dominantes (voir l'exemple des Polonais en Autriche et en Russie, qui concluent des march&#233;s avec la r&#233;action pour opprimer les Juifs et les Ukrainiens) ; en politique ext&#233;rieure, elle cherche &#224; pactiser avec une des puissances imp&#233;rialistes rivales pour r&#233;aliser ses buts de rapine (politique des petits Etats dans les Balkans, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que la lutte contre une puissance imp&#233;rialiste pour la libert&#233; nationale peut, dans certaines conditions, &#234;tre exploit&#233;e par une autre &#034;grande&#034; puissance dans ses propres buts &#233;galement imp&#233;rialistes, ne peut pas plus obliger la social-d&#233;mocratie &#224; renoncer au droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, que les nombreux exemples d'utilisation par la bourgeoisie des mots d'ordre r&#233;publicains dans un but de duperie politique et de pillage financier, par exemple dans les pays latins, ne peuvent obliger les social-d&#233;mocrates &#224; renier leur r&#233;publicanisme [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. Le marxisme et le proudhonisme dans la question nationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233; des d&#233;mocrates petits-bourgeois, Marx voyait dans toutes les revendications d&#233;mocratiques sans exception non pas un absolu, mais l'expression historique de la lutte des masses populaires, dirig&#233;es par la bourgeoisie, contre le r&#233;gime f&#233;odal. Il n'est pas une seule de ces revendications qui, dans certaines circonstances, ne puisse servir et n'ait servi &#224; la bourgeoisie &#224; tromper les ouvriers. Il est radicalement faux, du point de vue th&#233;orique, de monter en &#233;pingle, &#224; cet &#233;gard, l'une des revendications de la d&#233;mocratie politique, &#224; savoir le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, et de l'opposer &#224; toutes les autres. Dans la pratique, le prol&#233;tariat ne peut conserver son ind&#233;pendance qu'en subordonnant sa lutte pour toutes les revendications d&#233;mocratiques, sans en excepter la r&#233;publique, &#224; sa lutte r&#233;volutionnaire pour le renversement de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, &#224; l'oppos&#233; des proudhoniens, qui &#034;niaient&#034; la question nationale &#034;au nom de la r&#233;volution sociale&#034;, Marx mettait au premier plan, en consid&#233;rant par-dessus tout les int&#233;r&#234;ts de la lutte de classe du prol&#233;tariat des pays avanc&#233;s, le principe fondamental de l'internationalisme et du socialisme : un peuple qui en opprime d'autres ne saurait &#234;tre libre. C'est du point de vue des int&#233;r&#234;ts du mouvement r&#233;volutionnaire des ouvriers allemands que Marx r&#233;clamait en 1848 que la d&#233;mocratie victorieuse d'Allemagne proclam&#226;t et accord&#226;t la libert&#233; aux peuples opprim&#233;s par les Allemands. C'est du point de vue de la lutte r&#233;volutionnaire des ouvriers anglais que Marx r&#233;clamait, en 1869, la s&#233;paration de l'Irlande d'avec l'Angleterre. Et il ajoutait : &#034;D&#251;t-on, apr&#232;s la s&#233;paration, aboutir &#224; la f&#233;d&#233;ration&#034;. Ce n'est qu'en formulant cette revendication que Marx &#233;duquait v&#233;ritablement les ouvriers anglais dans un esprit internationaliste. C'est ainsi seulement qu'il pouvait opposer une solution r&#233;volutionnaire de ce probl&#232;me historique aux opportunistes et au r&#233;formisme bourgeois, qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, apr&#232;s un demi-si&#232;cle, n'a toujours pas r&#233;alis&#233; la &#034;r&#233;forme&#034; irlandaise. C'est ainsi seulement qu'il pouvait, &#224; l'encontre des apologistes du capital qui criaient &#224; l'utopisme et &#224; l'impossibilit&#233; de r&#233;aliser pour les petites nations le droit &#224; la s&#233;paration, et proclamaient le caract&#232;re progressiste de la concentration non seulement &#233;conomique, mais aussi politique, d&#233;fendre le caract&#232;re progressiste de cette concentration op&#233;r&#233;e d'une mani&#232;re non imp&#233;rialiste, et d&#233;fendre le rapprochement des nations bas&#233; non pas sur la violence, mais sur la libre union des prol&#233;taires de tous les pays. C'est ainsi seulement qu'il pouvait opposer &#224; la reconnaissance verbale, et souvent hypocrite, de l'&#233;galit&#233; des nations et de leur droit &#224; disposer d'elles-m&#234;mes l'action r&#233;volutionnaire des masses &#233;galement en ce qui concerne la solution des probl&#232;mes nationaux. La guerre imp&#233;rialiste de 1914-1916 et les &#233;curies d'Augias de l'hypocrisie opportuniste et kautskiste qu'elle a r&#233;v&#233;l&#233; ont nettement confirm&#233; la justesse de cette politique de Marx, qui doit servir de mod&#232;le &#224; tous les pays avanc&#233;s, puisque chacun d'eux opprime actuellement des nations &#233;trang&#232;res [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI. Trois types de pays par rapport au droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut, sous ce rapport, distinguer trois principaux types de pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;rement, les pays capitalistes avanc&#233;s de l'Europe occidentale et les Etats-Unis. Les mouvements nationaux progressistes bourgeois y ont depuis longtemps pris fin. Chacune de ces &#034;grandes&#034; nations opprime d'autres nations dans les colonies et &#224; l'int&#233;rieur de ses fronti&#232;res. Les t&#226;ches du prol&#233;tariat des nations dominantes y sont pr&#233;cis&#233;ment celles du prol&#233;tariat de l'Angleterre, au XIX&#176; si&#232;cle, &#224; l'&#233;gard de l'Irlande [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, l'Est de l'Europe : l'Autriche, les Balkans et surtout la Russie. C'est au XX&#176; si&#232;cle que s'y sont particuli&#232;rement d&#233;velopp&#233;s les mouvements nationaux d&#233;mocratiques bourgeois et que la lutte nationale y a pris un caract&#232;re particuli&#232;rement aigu. Dans ces pays, les t&#226;ches du prol&#233;tariat, tant pour achever la transformation d&#233;mocratique bourgeoise que pour aider la r&#233;volution socialiste dans les autres pays, ne peuvent pas &#234;tre men&#233;es &#224; bien s'il n'y d&#233;fend pas le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes. Particuli&#232;rement difficile et particuli&#232;rement importante y est la t&#226;che consistant &#224; fusionner la lutte de classe des ouvriers des nations oppressives et des ouvriers des nations opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, les pays semi-coloniaux comme la Chine, la Perse, la Turquie, et toutes les colonies totalisent environ 1000 millions d'habitants. L&#224;, les mouvements d&#233;mocratiques bourgeois ou bien commencent &#224; peine, ou bien sont loin d'&#234;tre &#224; leur terme. Les socialistes ne doivent pas seulement revendiquer la lib&#233;ration imm&#233;diate, sans condition et sans rachat, des colonies (et cette revendication, dans son expression politique, n'est pas autre chose que la reconnaissance du droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes ; les socialistes doivent soutenir de la fa&#231;on la plus r&#233;solue les &#233;l&#233;ments les plus r&#233;volutionnaires des mouvements d&#233;mocratiques bourgeois de lib&#233;ration nationale de ces pays et aider &#224; leur insurrection (ou, le cas &#233;ch&#233;ant, &#224; leur guerre r&#233;volutionnaire) contre les puissances imp&#233;rialistes qui les oppriment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII. Le social-chauvinisme et le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;poque imp&#233;rialiste et la guerre de 1914-1916 ont mis particuli&#232;rement en relief la n&#233;cessit&#233; de lutter contre le chauvinisme et le nationalisme dans les pays avanc&#233;s. En ce qui concerne le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, il existe deux nuances principales parmi les social-chauvins, c'est-&#224;-dire les opportunistes et les kautskistes, qui maquillent et id&#233;alisent la guerre imp&#233;rialiste, r&#233;actionnaire, en lui appliquant la notion de &#034;d&#233;fense de la patrie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, nous voyons les serviteurs d&#233;clar&#233;s de la bourgeoisie, qui d&#233;fendent les annexions sous pr&#233;texte que l'imp&#233;rialisme et la concentration politique sont progressistes, et qui nient le droit d'autod&#233;termination en le d&#233;clarant utopique, illusoire, petit-bourgeois, etc. Ce groupe comprend : Cunow, Parvus et les ultra-opportunistes en Allemagne, une partie des fabiens et des chefs des trade-unions en Angleterre, les opportunistes en Russie : Semkovski, Liebmann, Iourk&#233;vitch, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, nous voyons les kautskistes, auxquels se rattachent &#233;galement Vandervelde, Renaudel et beaucoup de pacifistes d'Angleterre et de France, etc. Ils sont pour l'unit&#233; avec les premiers et, en fait, ils les rejoignent pleinement en d&#233;fendant d'une fa&#231;on purement verbale et hypocrite le droit d'autod&#233;termination : ils estiment &#034;exag&#233;r&#233;e&#034; (&#034;zu viel verlangt&#034; : Kautsky dans la Neue Zeit du 21 mai 1915) la revendication du droit de s&#233;paration politique ; ils n'affirment pas la n&#233;cessit&#233; d'une tactique r&#233;volutionnaire des socialistes des nations oppressives, mais estompent au contraire leurs obligations r&#233;volutionnaires, justifient leur opportunisme, les aident &#224; mystifier le peuple, &#233;ludent comme par hasard la question des fronti&#232;res des Etats qui maintiennent de force dans leur sein des nations l&#233;s&#233;es dans leurs droits, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns comme les autres sont des opportunistes qui prostituent le marxisme parce qu'ils ont perdu toute facult&#233; de comprendre la port&#233;e th&#233;orique et l'importance pratique capitale de la tactique de Marx, explicit&#233;e par lui-m&#234;me &#224; propos de l'Irlande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne plus particuli&#232;rement les annexions, ce probl&#232;me a acquis une actualit&#233; toute sp&#233;ciale du fait de la guerre. Mais qu'est-ce qu'une annexion ? Il est ais&#233; de se convaincre que l'opposition aux annexions se ram&#232;ne &#224; la reconnaissance du droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, ou bien elle repose sur une phras&#233;ologie pacifiste qui d&#233;fend le statu quo et est hostile &#224; toute violence, m&#234;me r&#233;volutionnaire. Une telle position est fonci&#232;rement fausse et inconciliable avec le marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIII. Les t&#226;ches concr&#232;tes du prol&#233;tariat dans le proche avenir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution socialiste peut d&#233;buter dans le plus proche avenir. D&#232;s lors, le prol&#233;tariat se trouvera plac&#233; devant les t&#226;ches imm&#233;diates que voici : conqu&#234;te du pouvoir, expropriation des banques et r&#233;alisation d'autres mesures dictatoriales. La bourgeoisie - et surtout les intellectuels du type des fabiens et des kautskistes - s'efforcera &#224; ce moment de morceler et de freiner la r&#233;volution en lui imposant des buts limit&#233;s, d&#233;mocratiques. Si toutes les revendications purement d&#233;mocratiques sont susceptibles, dans le cas o&#249; l'assaut des prol&#233;taires a d&#233;j&#224; commenc&#233; contre les fondements du pouvoir de la bourgeoisie, de constituer en un sens un obstacle pour la r&#233;volution, la n&#233;cessit&#233; de proclamer et de r&#233;aliser la libert&#233; de tous les peuples opprim&#233;s (c'est-&#224;-dire leur droit &#224; l'autod&#233;termination) sera tout aussi essentielle pour la r&#233;volution socialiste qu'elle l'a &#233;t&#233; pour la victoire de la r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise, par exemple dans l'Allemagne de 1848 ou dans la Russie de 1905.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible, toutefois, qu'il s'&#233;coule cinq ans, dix ans, voire davantage, avant le d&#233;but de la r&#233;volution socialiste. A l'ordre du jour s'inscrira l'&#233;ducation r&#233;volutionnaire des masses dans un esprit qui rendrait impossibles l'appartenance des socialistes chauvins et opportunistes au parti ouvrier, ainsi que la r&#233;p&#233;tition de leur victoire de 1914-1916. Les socialistes devront expliquer aux masses que les socialistes anglais qui ne revendiquent pas la libert&#233; de s&#233;paration pour les colonies et l'Irlande, - que les socialistes allemands qui ne revendiquent pas la libert&#233; de s&#233;paration pour les, colonies, les alsaciens, les danois et les polonais, et qui n'&#233;tendent pas la propagande r&#233;volutionnaire et l'action de masse r&#233;volutionnaire jusque dans le domaine de la lutte contre le joug national, qui n'utilisent pas les incidents comme celui de Saverne pour d&#233;velopper une tr&#232;s large propagande ill&#233;gale parmi le prol&#233;tariat de la nation oppressive, pour organiser des manifestations de rue et des actions r&#233;volutionnaires de masse, - que les socialistes russes qui ne revendiquent pas la libert&#233; de s&#233;paration pour la Finlande, la Pologne, l'Ukraine, etc., etc., - que ces socialistes agissent en chauvins, en laquais des monarchies imp&#233;rialistes et de la bourgeoisie imp&#233;rialiste qui se sont couvertes de sang et de boue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IX. L'attitude de la social-d&#233;mocratie russe et polonaise et de la II&#176; Internationale envers le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les divergences de vue qui existent entre les social-d&#233;mocrates r&#233;volutionnaires de Russie et les social-d&#233;mocrates polonais en ce qui concerne l'autod&#233;termination se sont manifest&#233;es d&#232;s 1903, au congr&#232;s qui a adopt&#233; le programme du Parti Ouvrier Social-D&#233;mocrate de Russie, et qui, malgr&#233; la protestation de la d&#233;l&#233;gation des social-d&#233;mocrates polonais, y a inclus le &#167;9, qui reconna&#238;t le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes. Depuis cette date, les social-d&#233;mocrates polonais n'ont jamais repris, au nom de leur parti, leur proposition d'&#233;liminer ce &#167;9 du programme de notre parti ou de lui substituer une autre formule quelconque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Russie, o&#249; 57 pour cent au moins de la population, plus de 100 millions d'habitants, appartiennent aux nations opprim&#233;es, - o&#249; ces nations peuplent principalement les r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques, - o&#249; une partie de ces nations est plus cultiv&#233;e que les Grands-Russes, o&#249; le r&#233;gime politique est particuli&#232;rement barbare et m&#233;di&#233;val, - o&#249; la r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise n'est pas encore achev&#233;e, - en Russie donc, la reconnaissance du droit de libre s&#233;paration d'avec la Russie des nations opprim&#233;es par le tsarisme est absolument obligatoire pour les social-d&#233;mocrates, au nom de leurs objectifs d&#233;mocratiques et socialistes. Notre parti, reconstitu&#233; en janvier 1912, a adopt&#233; en 1913 une r&#233;solution [6] qui confirme le droit d'autod&#233;termination et l'explique pr&#233;cis&#233;ment dans le sens concret indiqu&#233; plus haut. Le d&#233;cha&#238;nement du chauvinisme grand-russe en 1914-1916, tant au sein de la bourgeoisie que parmi les socialistes opportunistes (Roubanovitch, Plekhanov, Nach&#233; Di&#233;lo, etc.) nous donne une raison suppl&#233;mentaire d'insister sur cette revendication et de consid&#233;rer que ceux qui la rejettent soutiennent pratiquement le chauvinisme grand-russe et le tsarisme. Notre parti d&#233;clare qu'il d&#233;cline de la fa&#231;on la plus r&#233;solue toute responsabilit&#233; pour cette lev&#233;e de boucliers contre le droit d'autod&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle qu'elle a &#233;t&#233; r&#233;cemment formul&#233;e, la position de la social-d&#233;mocratie polonaise dans la question nationale (d&#233;claration de la social-d&#233;mocratie polonaise &#224; la conf&#233;rence de Zimmerwald) renferme les id&#233;es suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;claration stigmatise les gouvernements allemands et autres qui consid&#232;rent les &#034;r&#233;gions polonaises&#034; comme un gage dans le futur jeu des compensations, &#034;en privant le peuple polonais de la possibilit&#233; de d&#233;cider lui-m&#234;me de son sort&#034;. &#034;La social-d&#233;mocratie polonaise proteste r&#233;solument et solennellement contre le d&#233;coupage et le d&#233;membrement de tout un pays&#034;... Elle fl&#233;trit les socialistes qui s'en rapportent aux Hohenzollern... pour &#034;la lib&#233;ration des peuples opprim&#233;s&#034;. Elle exprime sa conviction que seule la participation &#224; la lutte imminente du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire international, &#224; la lutte pour le socialisme, &#034;brisera les cha&#238;nes de l'oppression nationale, an&#233;antira toutes les formes de domination &#233;trang&#232;re, et garantira au peuple polonais la possibilit&#233; d'un libre et ample d&#233;veloppement en qualit&#233; de membre &#233;gal de l'union des peuples&#034;. La d&#233;claration indique que la guerre est &#034;doublement fratricides pour les polonais&#034;. (Bulletin de la Commission socialiste internationale N&#176;2, 27. IX. 1915, p. 15 ; traduction russe dans le recueil L'Internationale et la guerre, p. 97.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces th&#232;ses ne se diff&#233;rencient en rien, pour l'essentiel, de la reconnaissance du droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, mais leurs formules politiques sont encore plus impr&#233;cises et plus vagues que la plupart des programmes et r&#233;solutions de la II&#176; Internationale. Toute tentative d'exprimer ces id&#233;es dans des formules politiques nettement d&#233;finies et de pr&#233;ciser dans quelle mesure elles sont applicables au r&#233;gime capitaliste ou seulement au r&#233;gime socialiste ne pourra que faire ressortir l'erreur que commettent les social-d&#233;mocrates polonais en niant le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision du Congr&#232;s socialiste international de Londres de 1896, qui reconnaissait le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, doit &#234;tre compl&#233;t&#233;e sur la base des th&#232;ses expos&#233;es ci-dessus, par des indications soulignant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.l'urgence particuli&#232;re de cette revendication &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.la nature politique conditionnelle et le contenu de classe de toutes les revendications de la d&#233;mocratie politique, y compris celle-ci ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.la n&#233;cessit&#233; de distinguer entre les t&#226;ches concr&#232;tes des social-d&#233;mocrates des nations oppressives et celles des social-d&#233;mocrates des nations opprim&#233;es ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.la reconnaissance incons&#233;quente, purement verbale et, par cela m&#234;me, hypocrite quant &#224; sa signification politique, du droit d'autod&#233;termination par les opportunistes et les kautskistes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.le fait que la position des social-d&#233;mocrates, particuli&#232;rement ceux des nations dominatrices (grands-russes, anglo-am&#233;ricains, allemands, fran&#231;ais, italiens, japonais, etc.), qui ne d&#233;fendent pas la libert&#233; de s&#233;paration pour les colonies et les nations opprim&#233;es par &#034;leurs&#034; nations, est pratiquement identique &#224; celle des chauvins ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.la n&#233;cessit&#233; de subordonner la lutte pour cette revendication, comme pour toutes les revendications fondamentales de la d&#233;mocratie politique, &#224; la lutte r&#233;volutionnaire de masse directement orient&#233;e vers le renversement des gouvernements bourgeois et la r&#233;alisation du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprendre le point de vue de certaines petites nations et surtout des social-d&#233;mocrates polonais, que leur lutte avec la bourgeoisie polonaise dont les mots d'ordre nationalistes trompent le peuple a conduit jusqu'au rejet erron&#233; du droit d'autod&#233;termination, serait, pour l'Internationale, commettre une faute th&#233;orique, substituer le proudhonisme au marxisme et, en pratique, soutenir involontairement le chauvinisme et l'opportunisme hautement dangereux des nations imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boukharine et Pr&#233;obrajensky :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oppression nationale est une des formes de l'oppression de l'homme par l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La haine nationale sciemment exploit&#233;e et dirig&#233;e par la bourgeoisie est un moyen &#233;prouv&#233; pour berner le prol&#233;tariat et obscurcir sa conscience de classe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Examinons comment un prol&#233;taire conscient doit aborder le probl&#232;me national pour le r&#233;soudre dans l'int&#233;r&#234;t de la victoire la plus rapide du communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nation est un groupe d'hommes unis par une langue commune et habitant un territoire d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles sont les principales caract&#233;ristiques de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Juifs, par exemple, avaient jadis un territoire &#224; eux et une langue commune ; &#224; pr&#233;sent ils n'ont pas de territoire et ne savent pas tous l'h&#233;breu. Les Tsiganes ont une langue &#224; eux, mais ne poss&#232;dent pas de territoire particulier. Les Toungouses en Sib&#233;rie ont leur territoire mais ont oubli&#233; leur langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples suivants illustreront tr&#232;s bien ce que c'est que l'oppression nationale. Le gouvernement tsariste pers&#233;cutait les Juifs, leur d&#233;fendant d'habiter certaines r&#233;gions de la Russie, leur refusant toute fonction dans l'administration ; il limitait l'acc&#232;s de leurs enfants dans les &#233;coles, organisait contre eux des pogromes, etc... Ce m&#234;me gouvernement interdisait aux Ukrainiens l'enseignement secondaire et la publication de journaux dans leur langue maternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement allemand fermait les &#233;coles polonaises ; celui d'Autriche imposait aux Tch&#232;ques la langue allemande par la violence. La bourgeoisie anglaise opprimait et opprime encore les naturels d'Afrique et d'Asie ; elle subjugue les peuples incultes, les exploite et les fait fusiller &#224; chaque tentative d'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, lorsque dans un &#201;tat quelconque une nationalit&#233; &#224; tous les droits et qu'une autre n'en poss&#232;de qu'une partie, lorsqu'une nation faible est annex&#233;e par une autre plus forte, qu'une langue et des m&#339;urs &#233;trang&#232;res lui sont impos&#233;es et qu'il ne lui est pas permis de vivre &#224; sa guise, il y a oppression et in&#233;galit&#233; nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; du Prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons tout d'abord examiner et r&#233;soudre la question principale : un ouvrier ou un paysan russe peut-il consid&#233;rer comme ses ennemis un Allemand, un Fran&#231;ais, un Anglais, un Juif, un Chinois ou un Tartare, ind&#233;pendamment de leur classe ? Peut-il se d&#233;fier d'un repr&#233;sentant d'une autre nation pour la seule raison qu'il parle une autre langue, qu'il a la peau jaune ou noire ou qu'il a d'autres m&#339;urs et d'autres habitudes. Certes, il ne le peut ni ne le doit. L'ouvrier de France, d'Allemagne ou l'ouvrier n&#232;gre sont des prol&#233;taires, tout comme l'ouvrier russe. Quelle que soit leur langue, ils sont tous exploit&#233;s par le capitalisme rapace. Ils sont tous camarades de mis&#232;re, d'oppression et d'injustice.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrier russe peut-il aimer davantage un capitaliste russe uniquement parce que celui-ci l'insulte dans sa langue maternelle, qu'il lui donne des coups de poing &#224; la mani&#232;re russe ou qu'il fouette les gr&#233;vistes avec un knout authentiquement russe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne le peut certes pas plus que l'ouvrier allemand ne peut pr&#233;f&#233;rer son capitaliste pour la seule raison qu'il le maltraite en langue allemande, &#224; la mani&#232;re allemande. Les ouvriers de tous les pays sont fr&#232;res de classe et ennemis des capitalistes de tous les pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut en dire autant des paysans pauvres de tous les pays. Le paysan russe, pauvre ou moyen, se sent plus pr&#232;s du prol&#233;taire hongrois ou du pauvre paysan de Sicile ou de Belgique que du paysan ais&#233; russe et, &#224; plus forte raison, du gros propri&#233;taire foncier, exploiteur de son propre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas que les ouvriers du monde entier se reconnaissent fr&#232;res de classe. Il ne leur suffit pas de pester chacun dans sa langue et de lutter chacun dans son pays. Fr&#232;res dans l'oppression et dans l'esclavage, ils doivent &#234;tre fr&#232;res aussi dans une union internationale pour la lutte contre le capital.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est par cette union internationale seulement qu'ils peuvent vaincre le capital mondial. C'est pourquoi il y a plus de soixante-dix ans, les fondateurs du Communisme, Marx et Engels, ont proclam&#233; dans leur glorieux Manifeste Communiste la grande devise : &#171; Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut que la classe ouvri&#232;re triomphe de tous les pr&#233;jug&#233;s nationaux, de toutes les inimiti&#233;s nationales, non seulement dans l'int&#233;r&#234;t de l'offensive universelle contre le capital, mais encore pour l'organisation mondiale de la production. De m&#234;me que la Russie des Soviets ne peut vivre sans le bassin minier du Don, sans le p&#233;trole de Bakou, sans le coton du Turkestan, l'Europe enti&#232;re ne peut pas non plus se passer du bois, du chanvre, du lin, du platine provenant de la Russie ou du bl&#233; qui lui vient de l'Am&#233;rique. L'Italie ne pourrait se passer du charbon anglais, l'Angleterre, du coton de l'&#201;gypte, etc., etc. La bourgeoisie n'est pas capable d'organiser la production mondiale et c'est pour cela qu'elle doit p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle production ne peut &#234;tre organis&#233;e que par le prol&#233;tariat, et pour cela il doit avoir comme devise : L'univers et toutes ses richesses appartiennent au monde des travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cette devise signifie la renonciation de chaque prol&#233;tariat &#224; ses richesses nationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partout o&#249; les pr&#233;jug&#233;s nationaux, o&#249; la rapacit&#233; nationale barre le chemin &#224; l'internationalisation de l'industrie et de l'agriculture, il faut les combattre et s'en d&#233;barrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Causes des haines nationales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;clarer la guerre &#224; l'oppression nationale, aux pr&#233;jug&#233;s nationaux, proclamer l'union internationale pour la lutte contre le capital et l'union &#233;conomique universelle du prol&#233;tariat victorieux, tout cela ne peut suffire aux travailleurs. Ils doivent aussi rechercher les moyens efficaces pour faire dispara&#238;tre le plus rapidement possible dans les masses ouvri&#232;res tout &#233;go&#239;sme et tout chauvinisme, toute mesquinerie et toute m&#233;fiance nationale, ainsi que tout orgueil patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les querelles, les hostilit&#233;s nationales ont une origine tr&#232;s ancienne. Il fut un temps o&#249; les diff&#233;rentes tribus luttaient l'une contre l'autre, non seulement pour s'approprier des terres et des for&#234;ts, mais encore pour faire des prisonniers qu'ils d&#233;voraient. Les vestiges de cette d&#233;fiance bestiale, de la haine entre peuples et entre races subsistent encore aujourd'hui chez les ouvriers et chez les paysans du monde entier. Ils disparaissent peu &#224; peu au fur et &#224; mesure du d&#233;veloppement de l'&#233;change mondial, des relations &#233;conomiques, de l'&#233;migration, de la fusion des diverses nationalit&#233;s habitant le m&#234;me territoire et surtout gr&#226;ce au d&#233;veloppement de la lutte de classe organis&#233;e par les ouvriers de tous les pays. N&#233;anmoins, ils se raniment parfois d'une vigueur nouvelle lorsque viennent s'ajouter &#224; la haine nationale les antagonismes de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie de chaque pays opprime son prol&#233;tariat. Mais elle fait tous ses efforts pour prouver au prol&#233;tariat que ce n'est pas elle et que ce sont les peuples qui l'entourent qui sont ses ennemis.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bourgeoisie d'Allemagne excite le prol&#233;tariat de ce pays contre les Fran&#231;ais et contre les Anglais ; la bourgeoisie anglaise crie &#224; son tour : &#171; Sus aux Allemands ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps, les bourgeoisies de tous les pays ont excit&#233; les ouvriers contre les Juifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela dans le but de faire d&#233;g&#233;n&#233;rer la lutte de classe du prol&#233;tariat en une lutte nationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bourgeoisie ne se contente pas d'exciter &#224; la haine nationale afin de d&#233;tourner les ouvriers de leur lutte pour le socialisme. Elle essaye de les int&#233;resser mat&#233;riellement &#224; l'oppression des autres peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, au cours de la derni&#232;re guerre mondiale, les bourgeois allemands chantaient en c&#339;ur :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'Allemagne au-dessus de tout ! &#187;, les &#233;conomistes bourgeois allemands expliquaient aux ouvriers allemands ce qu'ils gagneraient par la victoire, c'est-&#224;-dire par l'exploitation et l'oppression du prol&#233;tariat des pays vaincus. Avant la guerre, la bourgeoisie corrompait effectivement les chefs de la classe ouvri&#232;re avec les b&#233;n&#233;fices qu'elle retirait du pillage des colonies et de l'oppression des peuples faibles et arri&#233;r&#233;s. Les ouvriers des pays cultiv&#233;s d'Europe se sont laiss&#233;s entrainer par la provocation des capitalistes et se sont laiss&#233;s convaincre par leurs social-patriotes qu'ils avaient, eux aussi, une patrie, puisqu'ils participaient au pillage des colonies et &#224; l'exploitation des pays de faible d&#233;veloppement &#233;conomique. L'ouvrier qui, en r&#233;gime capitaliste, se montre patriote, vend pour un denier sa vraie patrie, le socialisme, et se fait le complice de l'oppression des peuples faibles et arri&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;galit&#233; des nations et le droit des peuples de disposer d'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conf&#233;d&#233;ration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste, en d&#233;clarant la guerre &#224; toute oppression de l'homme par l'homme, se dresse de la fa&#231;on la plus r&#233;solue contre l'oppression nationale in&#233;vitable en r&#233;gime bourgeois. Il lutte encore plus impitoyablement contre la moindre participation de la classe ouvri&#232;re &#224; cette oppression.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il ne suffit pas que les prol&#233;taires des grands et puissants &#201;tats se refusent &#224; toute tentative d'oppression d'autres peuples. Il faut aussi que le prol&#233;tariat des peuples opprim&#233;s ne nourrisse pas de m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de ses camarades appartenant aux pays oppresseurs. Lorsque la Boh&#234;me fut &#233;cras&#233;e par la bourgeoisie austro-allemande, l'ouvrier tch&#232;que consid&#233;rait tous les Allemands comme ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les Polonais n'aient &#233;t&#233; opprim&#233;s que par le tsarisme, la population polonaise a gard&#233; sa m&#233;fiance envers tous les Russes, et pas seulement envers le tsar, les capitalistes et les propri&#233;taires fonciers. Pour extirper toute m&#233;fiance des ouvriers des pays opprim&#233;s &#224; l'&#233;gard du prol&#233;tariat du pays oppresseur, il est n&#233;cessaire non seulement de proclamer, mais de r&#233;aliser l'&#233;galit&#233; nationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#233;galit&#233; doit &#234;tre compl&#232;te entre les langues, les &#233;coles, les religions, etc. Bien plus, le prol&#233;tariat doit &#234;tre pr&#234;t &#224; donner le droit de libre disposition nationale, c'est-&#224;-dire laisser &#224; la majorit&#233; des travailleurs de n'importe quelle nation la possibilit&#233; de continuer &#224; faire partie int&#233;grante de l'&#201;tat auquel elle appartenait, ou de s'en s&#233;parer compl&#232;tement, ou de constituer avec lui un &#201;tat conf&#233;d&#233;r&#233; (Conf&#233;d&#233;ration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Permettez, va dire le lecteur, un communiste peut-il &#234;tre partisan de la s&#233;paration des nations ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment concilier cela avec l'id&#233;al communiste de l'&#201;tat prol&#233;tarien universel ? Il semble qu'il y ait l&#224; contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Il n'y a point de contradiction, r&#233;pondrons-nous. Pour atteindre le plus rapidement l'unit&#233; compl&#232;te de tout le monde du travail, il faut parfois consentir &#224; une s&#233;paration temporaire entre deux nations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Examinons tous les cas qui peuvent se produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons que la Bavi&#232;re, qui fait partie de l'Allemagne conf&#233;d&#233;r&#233;e, proclame la R&#233;publique des Soviets, tandis qu'&#224; Berlin continue &#224; r&#233;gner la dictature bourgeoise de Noske et de Scheidemann. Les communistes bavarois doivent-ils en ce cas chercher &#224; obtenir l'ind&#233;pendance de la Bavi&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les communistes bavarois, mais aussi les communistes du reste de l'Allemagne doivent saluer la s&#233;paration de la Bavi&#232;re socialiste de l'Empire, parce qu'elle sera en m&#234;me temps la lib&#233;ration du prol&#233;tariat bavarois du joug de la bourgeoisie allemande au pouvoir. Prenons le cas contraire. Toute l'Allemagne, &#224; l'exception de la Bavi&#232;re, proclame la R&#233;publique des Soviets. La bourgeoisie de la Bavi&#232;re se prononce pour la s&#233;paration de l'Allemagne ; son prol&#233;tariat est pour l'union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle devra &#234;tre la conduite des communistes allemands ? Ils auront &#224; soutenir les ouvriers bavarois et &#224; r&#233;primer, les armes &#224; la main, les tentatives de s&#233;paration de la bourgeoisie bavaroise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons maintenant que la R&#233;publique des Soviets soit proclam&#233;e simultan&#233;ment en Angleterre et en Irlande, c'est-&#224;-dire dans le pays oppresseur et dans le pays opprim&#233;. Admettons encore que les ouvriers irlandais n'aient pas confiance dans les ouvriers anglais, car l'Angleterre les opprime depuis plusieurs si&#232;cles. Les voil&#224; qui demandent leur s&#233;paration compl&#232;te de l'Angleterre. Cette s&#233;paration est nuisible &#233;conomiquement. Quelle sera la ligne de conduite des communistes anglais ? lls ne devront aucunement s'opposer, par la force, aux aspirations des Irlandais comme le faisait la bourgeoisie anglaise. Et voici pourquoi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, pour prouver une fois pour toutes, aux ouvriers irlandais que ce n'est pas la classe ouvri&#232;re, mais la bourgeoisie anglaise qui opprimait l'Irlande et pour conserver ainsi la confiance des Irlandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, pour que les ouvriers irlandais se rendent compte que l'existence ind&#233;pendante de leur petit &#201;tat n'offre point d'avantages ; pour qu'ils voient clairement que la production en Irlande ne peut &#234;tre bien organis&#233;e que par une &#233;troite union politique et &#233;conomique avec l'Angleterre prol&#233;tarienne et les autres &#201;tats prol&#233;tariens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons encore qu'une nation en r&#233;gime bourgeois veuille se s&#233;parer d'une nation en r&#233;gime prol&#233;tarien et que la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re du pays d&#233;sireux de se s&#233;parer soit pour cette s&#233;paration parce qu'elle garde encore sa m&#233;fiance non seulement envers la bourgeoisie, tuais envers le prol&#233;tariat du pays qui l'opprimait jadis, et qu'aussi elle veuille se s&#233;parer. Dans ce cas, &#233;galement, il serait pr&#233;f&#233;rable de ne pas s'opposer &#224; cette s&#233;paration. Il faut laisser le prol&#233;tariat de ce pays seul &#224; seul avec sa bourgeoisie, afin que cette derni&#232;re ne puisse plus lui r&#233;p&#233;ter tous les jours que ce n'est pas elle, mais tel ou tel pays qui l'opprime. Le prol&#233;tariat aura vite fait de s'apercevoir que la bourgeoisie r&#233;clamait l'ind&#233;pendance du pays afin de pouvoir librement &#233;corcher son prol&#233;tariat. Il se rendra compte &#233;galement que le prol&#233;tariat de l'&#201;tat socialiste voisin l'appelle &#224; l'union non pour l'exploiter ou pour l'opprimer, mais pour faire l'effort commun de lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les communistes, tout en &#233;tant contre la division du prol&#233;tariat en pays diff&#233;rents, surtout lorsque ces pays sont li&#233;s &#233;conomiquement, peuvent admettre toutefois une s&#233;paration temporaire. De m&#234;me, la m&#232;re laisse son enfant toucher au feu, afin qu'il en perde le d&#233;sir pour toujours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui exprime la volont&#233; nationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti Communiste reconna&#238;t &#224; toute nation le droit de libre disposition jusqu'&#224; la s&#233;paration compl&#232;te. Mais il consid&#232;re que la volont&#233; du peuple ne petit &#234;tre exprim&#233;e que par la majorit&#233; laborieuse de la nation et non par la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, il serait plus juste de dire que nous reconnaissons le droit de disposer d'elle-m&#234;me non pas &#224; une nation en g&#233;n&#233;ral, mais seulement &#224; sa majorit&#233; laborieuse. En ce qui concerne la bourgeoisie, apr&#232;s l'avoir priv&#233;e de tous droits civiques dans la p&#233;riode de guerre civile, nous la privons &#233;galement du droit de suffrage dans les questions nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons examiner maintenant comment &#233;tendre le droit de libre disposition et le droit &#224; l'ind&#233;pendance m&#234;me aux pays de culture tout &#224; fait inf&#233;rieure. Comment devons-nous agir envers les peuples qui n'ont pas encore de prol&#233;tariat ni de bourgeoisie ou qui n'en poss&#232;dent qu'un embryon rudimentaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons, par exemple, nos Toungouses, nos Kalmouks, etc., ou d'autres peuples coloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que devons-nous faire si ces nations r&#233;clament leur s&#233;paration compl&#232;te de peuples plus cultiv&#233;s et m&#234;me de nations qui ont d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233; le socialisme ? Dire oui, n'est-ce pas renforcer la barbarie aux d&#233;pens de la civilisation ? Nous croyons que le socialisme, une fois r&#233;alis&#233; dans les pays les plus avanc&#233;s du monde, les peuples les plus primitifs eux-m&#234;mes entreront volontairement dans l'union Universelle des peuples. La bourgeoisie imp&#233;rialiste qui pillait les colonies et les annexait par la violence, avait des raisons de craindre la s&#233;paration des colonies. Le prol&#233;tariat, qui n'a pas l'intention de voler les peuples coloniaux et qui pourra recevoir d'eux les mati&#232;res n&#233;cessaires par voie d'&#233;changes, laisseront les peuples des colonies organiser leur vie nationale &#224; leur guise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Parti communiste pose le principe de la libre disposition des peuples pour en finir une fois pour toutes avec les formes d'in&#233;galit&#233; et d'oppression. Le prol&#233;tariat esp&#232;re ainsi porter le dernier coup au nationalisme et amener tous les peuples de plein gr&#233; &#224; l'union f&#233;d&#233;rative. Et si finalement l'union f&#233;d&#233;rative n'&#233;tait point suffisante pour l'organisation de la production mondiale et si la grande majorit&#233;, une fois l'exp&#233;rience faite, en reconnaissait l'insuffisance, on instaurerait la R&#233;publique socialiste mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Si nous examinons de plus pr&#232;s comment la bourgeoisie posait et r&#233;solvait (ou plut&#244;t embrouillait) la question nationale, nous allons voir qu'elle la r&#233;glait au d&#233;but de son r&#232;gne autrement qu'&#224; l'&#233;poque de son d&#233;clin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la bourgeoisie &#233;tait une classe opprim&#233;e et que le pouvoir se trouvait aux mains de la noblesse avec un roi &#224; la t&#234;te, lorsque les tsars et les rois donnaient des peuples tout entiers en dot &#224; leurs filles, &#224; cette &#233;poque la bourgeoisie ne proclamait pas seulement en paroles la libert&#233; des nations, elle essayait aussi de la r&#233;aliser, au moins dans son propre pays. C'est ainsi qu'&#224; l'&#233;poque de l'assujettissement de l'Italie &#224; la monarchie autrichienne la bourgeoisie italienne se mit &#224; la t&#234;te du mouvement d'&#233;mancipation de son pays, et r&#233;alisa la lib&#233;ration de l'Italie du joug &#233;tranger et son unification. &#192; l'&#233;poque o&#249; l'Allemagne &#233;tait divis&#233;e en de nombreuses petites principaut&#233;s et qu'elle g&#233;missait sous la botte de Napol&#233;on, la bourgeoisie allemande luttait pour l'unification de l'Allemagne et pour son &#233;mancipation. Lorsque la France, apr&#232;s avoir d&#233;truit la monarchie absolue de Louis XVI, fut attaqu&#233;e par les &#201;tats monarchistes du reste de l'Europe, ce fut la bourgeoisie radicale fran&#231;aise qui dirigea la d&#233;fense de son pays et qui cr&#233;a la Marseillaise. En r&#233;sum&#233;, dans tous les pays opprim&#233;s,&lt;br class='autobr' /&gt;
ce fut la bourgeoisie qui se mit &#224; la t&#234;te de la lutte pour la lib&#233;ration. Elle cr&#233;a une riche litt&#233;rature nationale qui eut ses &#233;crivains, ses peintres, ses po&#232;tes et ses philosophes de g&#233;nie. C'est ainsi qu'agit la bourgeoisie lorsqu'elle &#233;tait elle-m&#234;me opprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la bourgeoisie des pays opprim&#233;s luttait-elle pour la lib&#233;ration de son pays ? &#192; lire ses po&#232;tes et ses &#233;crivains, on peut croire qu'elle menait ces luttes au nom du droit des peuples de disposer librement d'eux-m&#234;mes et parce qu'elle s'opposait &#224; toute oppression, fut-elle exerc&#233;e contre la nation la plus petite. Mais en r&#233;alit&#233; elle voulait secouer le joug &#233;tranger afin de cr&#233;er son propre &#201;tat bourgeois et de pouvoir elle-m&#234;me, sans concurrents, d&#233;valiser son propre prol&#233;tariat et encaisser elle-m&#234;me toute la plus-value cr&#233;&#233;e par le travail des ouvriers et des paysans de ce pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire de tous les pays capitalistes est l&#224; qui le prouve. Chaque fois que la bourgeoisie est opprim&#233;e en m&#234;me temps que le reste du peuple, elle revendique hautement la libert&#233; des peuples en g&#233;n&#233;ral, et d&#233;clare inadmissible toute oppression nationale. Mais d&#232;s que la classe capitaliste arrive au pouvoir et qu'elle a chass&#233; le conqu&#233;rant &#233;tranger, que ce soit la noblesse ou la bourgeoisie &#233;trang&#232;re, elle tend &#224; son tour &#224; soumettre les peuples plus faibles dont l'oppression lui est profitable. La bourgeoisie r&#233;volutionnaire fran&#231;aise, personnifi&#233;e par Danton, Robespierre et les autres grands chefs de la premi&#232;re R&#233;volution, appelait tous les peuples du monde &#224; la lib&#233;ration de toutes les tyrannies. La Marseillaise de Rouget de L'Isle que chantaient les soldats de la R&#233;volution est ch&#232;re et sympathique &#224; tous les peuples opprim&#233;s. Mais cette m&#234;me bourgeoisie fran&#231;aise, command&#233;e par Napol&#233;on et aux accents de cette m&#234;me Marseillaise, opprima les peuples d'Espagne, d'Italie, d'Allemagne, d'Autriche et les pilla durant toute l'&#233;poque napol&#233;onienne. La bourgeoisie allemande opprim&#233;e exaltait dans Guillaume Tell, de Schiller, la lutte des peuples contre la tyrannie &#233;trang&#232;re ; mais cette m&#234;me bourgeoisie, avec Bismarck et de Moltke, d&#233;roba &#224; la France les provinces d'Alsace et de Lorraine, annexa le SchIesvig danois, opprima les Polonais en Posnanie, etc. Apr&#232;s sa lib&#233;ration du joug autrichien la bourgeoisie italienne fusilla les B&#233;douins vaincus en Tripolitaine, les Albanais et les Dalmates sur le littoral de l'Adriatique et les Turcs en Anatolie.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cela ? Pour quel motifs la bourgeoisie, apr&#232;s avoir partout et toujours proclam&#233; le principe de la libert&#233; nationale, ne l'a-t-elle r&#233;alis&#233; nulle part et jamais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que chaque &#201;tat bourgeois, apr&#232;s sa lib&#233;ration du joug national &#233;tranger, tend in&#233;vitablement &#224; son expansion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie de n'importe quel pays capitaliste ne se contente jamais de l'exploitation de son propre prol&#233;tariat. Elle a besoin de mati&#232;res premi&#232;res et cherche &#224; acqu&#233;rir des colonies o&#249;, apr&#232;s avoir soumis les indig&#232;nes, elle puisse se procurer facilement les mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires &#224; ses usines. Elle a besoin de d&#233;bouch&#233;s pour ses marchandises et elle les cherche dans les pays arri&#233;r&#233;s sans s'occuper des int&#233;r&#234;ts v&#233;ritables de la population. Elle a besoin de pays o&#249; exporter le surplus de ses capitaux, pour y &#233;tablir des entreprises et exploiter aussi le prol&#233;tariat indig&#232;ne, et ainsi elle opprime ces pays en s'y &#233;tablissant comme chez elle. Si la bourgeoisie puissante d'un autre pays ayant les m&#234;mes vis&#233;es s'oppose &#224; ses entreprises mondiales, une guerre s'ensuit fatalement, comme la guerre mondiale qui vient d'ensanglanter toute l'Europe. En somme, les colonies et les pays arri&#233;r&#233;s sont rest&#233;s opprim&#233;s, seul l'oppresseur a chang&#233;. De plus, dans la cat&#233;gorie des pays opprim&#233;s sont entr&#233;s les pays vaincus r&#233;cemment : l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, etc. qui, avant la guerre, &#233;taient des pays libres. Ainsi le d&#233;veloppement du r&#233;gime bourgeois, loin de diminuer le nombre des pays opprim&#233;s, l'accro&#238;t, et la domination bourgeoise conduit &#224; l'oppression nationale universelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'univers entier est courb&#233; sous le knout du groupe d'&#201;tats capitalistes victorieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme et le prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme, c'est-&#224;-dire la haine de la race s&#233;mitique &#224; laquelle appartiennent les Juifs (de m&#234;me que les Arabes) est une des formes les plus dangereuses de la pers&#233;cution nationale. Le tsarisme autocrate pers&#233;cutait les Juifs afin de se sauver de la r&#233;volution ouvri&#232;re et paysanne. Il affirmait &#224; la classe ouvri&#232;re qu'elle &#233;tait pauvre parce qu'elle &#233;tait pill&#233;e par les Juifs et il t&#226;chait de diriger l'indignation des ouvriers et des paysans opprim&#233;s non pas contre la bourgeoisie, ni contre les propri&#233;taires ruraux, mais contre le peuple juif en entier. Or, ce peuple, tout comme les autres, se divise en classes diff&#233;rentes et seule la bourgeoisie juive, d'accord avec celle d'autres peuples, pille le monde ouvrier. Mais les ouvriers et les artisans juifs vivaient, dans les r&#233;gions o&#249; leur s&#233;jour &#233;tait autoris&#233;, souvent encore plus mis&#233;rablement que les ouvriers du reste de la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie russe excitait la population contre les Juifs non seulement pour d&#233;tourner d'elle la col&#232;re des travailleurs exploit&#233;s, mais encore pour se d&#233;barrasser de la concurrence juive dans le commerce et dans l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste actuellement, dans presque tous les pays, &#224; une recrudescence des pers&#233;cutions contre les Juifs. La bourgeoisie lutte ainsi contre ses concurrents dans l'&#339;uvre de d&#233;troussement du prol&#233;tariat et se d&#233;fend en m&#234;me temps contre la r&#233;volution imminente &#224; la mani&#232;re de Nicolas II.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;cemment encore l'antis&#233;mitisme &#233;tait tr&#232;s peu d&#233;velopp&#233; en Allemagne, en Angleterre et aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement les ministres anglais font des discours antis&#233;mites. C'est le premier signe pr&#233;curseur de l'effondrement du r&#233;gime bourgeois en Occident. Il pense se sauver en sacrifiant &#224; la R&#233;volution ouvri&#232;re les Rothschild et les Mendelsohn. En Russie, l'antis&#233;mitisme avait diminu&#233; d'intensit&#233; au cours de la R&#233;volution de f&#233;vrier, mais il reprit avec d'autant plus d'intensit&#233; que les tentatives bourgeoises devenaient plus d&#233;sesp&#233;r&#233;es au cours de la lutte de la bourgeoisie contre le prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela prouve que l'antis&#233;mitisme n'est qu'une forme de lutte contre le socialisme, et gare &#224; l'ouvrier ou au paysan qui se laissera ainsi rouler par son ennemi de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nikola&#239; Boukharine et Evgueni Pr&#233;obrajensky, dans &#171; L'ABC du communisme &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/preobrajensky/works/1919/10/ABC.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/preobrajensky/works/1919/10/ABC.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Revolutionary Workers, What Is Your Program ? (Part Two)</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8274</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8274</guid>
		<dc:date>2025-07-02T22:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex, Bianco, charlie, DD, F. Kletz, Faber Sperber, Karob, Max, Melissa, Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Revolutionary Workers, What Is Your Program ? (Part Two) &lt;br class='autobr' /&gt;
Read here the first part of &#8220;Revolutionary Workers, What is Your Program ?&#8221; &lt;br class='autobr' /&gt;
In English &lt;br class='autobr' /&gt;
PART TWO &lt;br class='autobr' /&gt;
IN THE IMPERIALIST ERA, A REVOLUTIONARY PROGRAM MUST NECESSARILY BE INTERNATIONAL AND NOT NATIONAL &lt;br class='autobr' /&gt;
People who do not reason dialectically confuse nationalist waves with a retreat from the perspective of uniting the world's proletarians and world socialism, just as they confuse periods when reformist political and trade union (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique194" rel="directory"&gt;10 - Textes programmatiques de La Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Revolutionary Workers, What Is Your Program ? (Part Two)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article8113&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Read here the first part of &#8220;Revolutionary Workers, What is Your Program ?&#8221;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article8113&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;In English&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PART TWO&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IN THE IMPERIALIST ERA, A REVOLUTIONARY PROGRAM MUST NECESSARILY BE INTERNATIONAL AND NOT NATIONAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;People who do not reason dialectically confuse nationalist waves with a retreat from the perspective of uniting the world's proletarians and world socialism, just as they confuse periods when reformist political and trade union struggles fail with the impossibility of revolutionary struggles triumphing. Similarly, they believe that counterrevolutionary periods are not also periods when revolutions are born.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nationalism is more exacerbated than ever in phases where capitalism no longer has any perspective, both because it is then an incomparable way of diverting the anger and fears of the exploited and a means of strengthening the national state of the exploiters, a justification for fascism and war. But this does not mean that capitalism is then truly &#034;national,&#034; even when its propaganda is. Despite the divisions among the bourgeoisies, despite their competition, despite their wars, despite the very real opposition of capitalist states and imperialisms, capitalism can only be a global system and the fight against it can only be global or not exist at all. The parties of the left, from social democracy to Stalinism, of the left of the left and of the opportunist pseudo-extreme left, have one thing in common : they only really develop national programs. The unions do the same. Workers are never informed of the fact that they are the bearers of an international program of social transformation. They do not know that this simple fact denotes the link between these organizations and the possessing class, that it demonstrates their pure and simple betrayal of all the historical interests of the proletarians. For the latter, national borders, far from being a protection and a safeguard, are prison walls. And this is even more true in the imperialist countries ! Since the First World War, the call to defend the national interest in the richest countries has been nothing other than the people's tocsin sounding their mass execution...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The international socialist program of the proletariat has no national character. It is not even the sum of the national programs of the workers' parties... One cannot, in fact, conceive of a revolutionary party that is not part of an international organization, even if one has yet to be built. No more than the power of the workers over the world can be the sum of several &#034;socialisms in one country&#034; (according to the criminal and counter-revolutionary expression of Stalin-Bukharin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internationalism is not a small salute to the proletarians of other countries, but the awareness that our destiny is one and the same. Nationalism is not only a dangerous tendency, a reprehensible sentiment that hinders the development of class consciousness ; it is the main trap of the class enemy. Nationalism simply means betrayal of the proletariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is completely inconceivable to &#034;make socialism&#034; in a single country because one cannot go beyond the capitalist mode of production which has reached the global level without the cooperation of the proletarians of the largest countries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There is no socialist perspective that is not the outcome of the fall of the global capitalist mode of production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There is no socialist and communist program that is not stated as a world perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky wrote in &#034;The Permanent Revolution&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The theory of socialism in one country, which sprouted from the dunghill of the reaction against October, is the only theory that opposes in a profound and consistent manner the theory of permanent revolution.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;In our epoch, which is the epoch of imperialism, that is, of the world economy and world politics directed by capitalism, not a single Communist Party can develop its program by essentially taking into account, to a greater or lesser degree, the conditions and tendencies of its national development. This observation is also fully valid for the party exercising power within the limits of the USSR. August 4, 1914, sounded and forever sounded the death knell of all national programs. The revolutionary party of the proletariat can base itself only on an international program corresponding to the character of the present epoch, the epoch of the apogee and collapse of capitalism. An international communist program is in no way an addition of national programs or even an amalgamation of their common characteristics.&lt;br class='autobr' /&gt;
The international program must proceed directly from an analysis of the conditions and tendencies of the world economy and the world political system as a whole in all its relationships and contradictions, that is, with the antagonistic interdependence of its various parts. In the present epoch, much more than in the past, the national orientation of the proletariat must and can only flow/come from the world orientation and not the other way around. Herein lies the fundamental and primary difference between communist internationalism and all varieties of national socialism&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
He continues : &#8220;By linking together countries and continents at different stages of development by a system of dependence and oppositions, by bringing these various levels of development together, by pitilessly setting countries against each other, the economy has become a powerful reality dominating the diverse realities of countries and continents. This fundamental fact alone gives a very realistic character to the very idea of &#8203;&#8203;a world Communist Party.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leon Trotsky wrote in June 1929 in his critique of the draft program of the Stalinist International :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The time for the disappearance of national programs definitively came on August 4, 1914. For the communists, the date of August 4, 1914, marked the end of the Second International (its &#034;failure&#034;). The SPD faction in the Reichstag had in fact voted for war credits and accepted the Burgfriede (civil peace), while the French socialist deputies did the same and committed themselves to the sacred union. The International Socialist Bureau adjourned sine die : Lenin ironized, not gently but not without pain, that &#034;those people&#034; no longer needed an International in times of war. The revolutionary party of the proletariat can only base itself on an international program corresponding to the character of the current era, that of the crowning and collapse of capitalism. An international communist program is in no way a sum of national programs or an amalgam of their common features. It must take as its starting point the analysis of the conditions and tendencies of the world economy and political state, taken as a whole, with their interconnections and contradictions, that is, with the mutual dependence between its components. In the present epoch, infinitely more than in the preceding one, the direction in which the proletariat is moving from the national point of view must and can only be deduced from the direction taken in the international sphere, and not vice versa. This is the fundamental difference which separates the Communist International from the various varieties of national socialism.&lt;br class='autobr' /&gt;
What then is the &#034;analysis of the conditions and trends of the world economy and political state&#034; at the present time ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The first building block of the world proletarian revolutionary party is the analysis of the situation of current world capitalism (and not that of a single country).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The capitalist system, once globalized, reached and then exceeded its own limits, not by becoming sustainable but by becoming its own destroyer. The mass of its accumulated capital exceeded the absorption capacity of the financial markets. The share of capital incapable of finding profitable investments continued to grow. In 2007-2008, following the greatest financial, banking, stock market, and industrial collapse in history, it admitted that it would never recover, deciding to take only measures intended to gain time but never again to revive the real economy, that of productive investments by private capital. Since then, it has shown that massive expenditures of public capital made it possible to sustain, but also that they only aggravated the fall in private productive investments. The ratio between the phenomenal mass of private capital and insufficient productive investments continues to grow, at the same time widening the abyss into which the global system of exploitation is plunging. Indeed, the relative fall in productive investments leads to a fall in the surplus value extracted from human labor, and the loss of real profits, replaced by fictitious profits from speculation and aid from states and central banks (themselves increasingly ruined). Under these conditions, all national recovery plans and all so-called national policies to &#034;help the country,&#034; to &#034;support the economy&#034; are nothing more than smoke and mirrors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It goes without saying that one cannot establish a revolutionary program without taking into account the fact that capitalism is in its death throes. Yet it is precisely this operation of self-deception that all political and trade union reformists and all opportunist fake extreme lefts are engaged in.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And that's not all. The course of struggles, revolts, and revolutions is indeed marked first and foremost by the collapse of the system. Proof of this is the wave of revolts and revolutions that swept across the world following the fall of the capitalist system in 2007-2008. And it wasn't just the COVID pandemic that weakened it !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is a sign that the old capitalist civilization is dying out, returning to barbarism, while a new civilization is being born in pain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This new civilization, carried by the revolutionary proletariat, will only truly be able to mark history by developing the specific perspectives of the working people, namely the revolutionary councils otherwise called soviets (even if this term was subsequently distorted by Stalinism). Here again, the perspective of the soviets and their seizure of power has nothing national, nothing Russian, nor anything old-fashioned. It is indeed the only modern political and social perspective, the very meaning of the history of proletarian struggles, which alone can allow us to escape from the rut into which the finite world of capitalism throws us. And this historical perspective needs to be that of all struggles, large and small, including simple strikes with economic or social aims.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We cannot claim to want to build the revolutionary workers' party without meeting the following conditions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Have deep confidence in the self-organized revolutionary capacities of the mass of the proletariat and not believe in its vanguard alone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) To have a firm socialist conscience and to develop the critique of the capitalist world only from the point of view of the future, that is to say of socialism and never of petty-bourgeois democratism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Do not defend organizational interests, under the pretext of moving faster to the party, but only defend the interests of the proletariat. Do not be content with defending immediate economic interests but always favor, whenever possible, the political intervention of the proletariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) In every local question, see the general interest of the workers and in every question on a national scale always see the international interest of the proletariat. In all questions of demands, do not be satisfied with reformist demands and always pose the question in such a way as to show how the struggle leads to the struggle to overthrow the capitalist system (transitional demands).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) In union or electoral interventions, never consider group interests first but the general interests of the workers. Always be concerned first with defending the socialist consciousness of the workers. Do not be afraid to publicly and virulently criticize the reformist political and union leaderships and unmask all their deceptions and betrayals, criticisms that will be valuable when these organizations, during the revolutionary upsurge, want to pass themselves off as radical in order to ride the rise of struggles and divert the social revolution. Do not be afraid to denounce the false opportunist extreme lefts that can, in revolutionary circumstances, play an extremely negative role.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Never limit your struggle to the defense of a people, a nation, a religion, or a culture. Revolutionary workers have no homeland, no nation, no religion, no community other than the human community. But they fight against all forms of oppression. Never fear coming up against the nationalist, racist, corporatist, and other prejudices that linger among the working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) Never socially and politically isolate the proletariat from all social strata (artisans, small traders, peasants, small fishermen, small liberal professions, youth, unemployed, women, oppressed nationalities and religions) that are beginning to revolt and that it is called upon to lead in order to win the revolution. On the contrary, build the program of the proletariat so that it takes the lead of all these strata and separates them from big capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) Aim first for the best ideas for the greatest advances of the proletariat and not only the best advances of its organization.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9) Do not address primarily trade union or left-wing political activists or the working-class aristocracy who frequent them and who believe themselves to be adapted to capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#176;) Develop an analysis of the situation of the exploiting classes and not primarily of the suffering of the exploited ! It is this situation that determines the policy of the capitalist ruling classes and, therefore, the policy that is necessary for the proletariat. The basis of such an analysis is the study of the historical collapse of the world system initiated in 2007-2008 and whose consequences are still in full development (wave of revolutions, pandemic, fascism, wars and the rise of world war). Without such an analysis, there is no question of a revolutionary party and the working class fights blindfolded !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE ANTI-IMPERIALIST AND ANTI-COLONIAL STRUGGLE AGAINST IMPERIALISM AND COLONIALISM : THE QUESTION OF THE RIGHT TO SELF-DETERMINATION AND THE NATIONAL QUESTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The &#034;national question&#034; is also a dialectical question. Thus, it is the proletariat which, although not a national class, is the only one capable of posing a national question to the end.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aspiring to have one's own country, that is, a state that would protect us, is like aspiring to be a property owner, aspiring to have a small amount of capital, aspiring to a permanent and well-paid job ; these are petty-bourgeois aspirations, illusory in a cataclysmic phase of decaying capitalism. This does not mean that one disapproves of these aspirations, but rather that one affirms that society in the hands of big capital will never be able to assure you of such goals. The only real perspective for all aspirations that are not those of the tiny minority of capitalists is the socialist revolution, and it can only succeed if it is led by the revolutionary proletariat. Reformist parties and unions only develop workers' demands in the form of petty-bourgeois aspirations, which in no way lead to the overthrow of the dictatorship of the owners of capital. What is needed is the opposite : that all popular aspirations, including petty bourgeois ones, should lead to passing under the leadership of the revolutionary proletariat. This is one of the aims of the revolutionary program : not to despise non-revolutionary aspirations but to want to direct them in the direction of revolution and socialism, that is, the control of the working people over the whole of capital and its states.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Radically rejecting nationalism in no way means denying all national rights to oppressed peoples and providing no support for the struggles of oppressed peoples. On the contrary, it means putting the international proletariat at the head of the struggles of all the oppressed. It also means refusing any agreement with imperialism, even if it is supposedly to allow an oppressed people to obtain satisfaction. The struggle of the proletariat must never come second, but first ! It is up to the proletariat to lead all struggles against big capital, and it must direct these struggles toward the worldwide abolition of capitalism. Any alliance with an oppressed social stratum can only be on these conditions. On these conditions, the national struggle of the peoples can participate extensively in the fight against imperialism and for its total and definitive abolition throughout the planet. The example of the Russian Revolution, which triumphed only by being a workers' revolution as much as a peasant and national revolution, fully proves this.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is imperialism ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When we think of imperialism, we often wrongly think only of the USA and especially of warlike aggressions, and the economic foundation is forgotten. But above all, what is omitted is the foundation in terms of class struggles of today's society that gives rise to this imperialism. For the latter is the form taken by the domination of an exploiting class over an exploited class, and its future does not depend on aspirations for peace and democracy but on the revolutionary capacity of the exploited class to organize itself for the global and definitive destruction of capitalism.&lt;br class='autobr' /&gt;
By developing metropolises where the masses of capital drawn from all over the world are stored, imperialism has been able to maintain the illusion that the working peoples of the rich countries had an interest in protecting the system. This is one of the most dangerous reformist illusions that must be demolished. The proletariat of the rich countries has no less interest in the destruction of imperialism than that of the poor countries. The fate of the German proletariat under Hitler provides a stark demonstration of this.&lt;br class='autobr' /&gt;
Some currents propose weakening, even putting in its pocket, the class struggle, in order to better&#8212;they say&#8212;unite all those who are revolted by imperialism. This is to remove from the struggle its communist perspective of destroying the capitalist system. It is to make people believe that there is an anti-imperialist voice that would be other than the communist action of the proletariat. This denunciation of the crimes of imperialism without the perspective of its destruction, even when it is honest, only leads struggles into a wall. It allows leaders, like bourgeois and petty bourgeois nationalists, who only want to adjust imperialism to their own advantage, to take the lead in proletarian struggles with revolutionary vocations and lead them to a dead end.&lt;br class='autobr' /&gt;
Revolutionary communist proletarians do not have to deny or reject the national democratic and anti-imperialist aspirations of the popular masses, for that would amount to throwing these masses into the hands of their bourgeois and petty-bourgeois enemies. They must take the lead in these struggles and give a communist perspective to the fight against imperialism : the destruction of the capitalist order.&lt;br class='autobr' /&gt;
Let us not forget that the people of Paris in 1871 were led by democratic and national aspirations, and that it was because they organized themselves autonomously on class bases that they gave the Commune of 1871 the character of the first proletarian power in the world...&lt;br class='autobr' /&gt;
The most commonly given, and completely false, definition is the following :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Imperialism is a political strategy of conquest aimed at the formation of empires. This term is sometimes used to refer more specifically to neocolonialism. By extension, imperialism designates any relationship of domination established by a nation or a confederation over another country.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
A strategy of conquest leading to empires would certainly not describe the imperialism we know, which is the imperialism of capitalism, very different from that of the Egyptian Empire, the Roman Empire, or the Arab Empire. Capitalist imperialism is not (or not only) the formation of an empire through military conquest.&lt;br class='autobr' /&gt;
The goal is not territories but capital investments.&lt;br class='autobr' /&gt;
It is not a strategy but a historical phase of the system. To say that it is a strategy implies that one could change strategy and have a less warlike or less conquering capitalism.&lt;br class='autobr' /&gt;
Imperialism is not &#034;a policy of expansion&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Imperialism is an immense accumulation of money capital in a small number of countries.&#034; Lenin in &#034;Imperialism, the Last Stage of Capitalism&#034; (1916)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In his work &#034;Imperialism : The Highest Stage of Capitalism,&#034; Lenin describes imperialism in five points :&lt;br class='autobr' /&gt;
1) concentration of production and capital, which has reached such a high degree of development that it has created monopolies, whose role is decisive in economic life ;&lt;br class='autobr' /&gt;
2) fusion of banking capital and industrial capital, and creation, on the basis of this &#034;finance capital,&#034; of a financial oligarchy ;&lt;br class='autobr' /&gt;
3) the export of capital, as distinct from the export of commodities, assumes a very special importance ;&lt;br class='autobr' /&gt;
4) formation of international monopolistic unions of capitalists dividing up the world ; and&lt;br class='autobr' /&gt;
5) end of the territorial division of the globe among the largest capitalist powers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;He calls it the &#034;supreme stage&#034; and today imperialism has reached its rotten stage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Murderous for the people, destructive of public health, pandemic, and on the way to global, economic, real estate, industrial, financial, banking, inflationary and warlike collapse, it is the stage of fascist barbarism of mass destruction, massacre and widespread terror.&lt;br class='autobr' /&gt;
The media and governments themselves are forced to recognize that the world is turning to horror and that those who are not immersed in it themselves are horrified... These are not games, these are not films to scare oneself, these are the news of repressions, dictatorships, wars and civil wars across the entire planet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entire regions of the planet are bathed in blood, entire peoples are displaced, frightened, decimated, herded into camps, raped, massacred...&lt;br class='autobr' /&gt;
The rest of the world witnesses these scenes of horror, generally justifies one of the warring camps, supports it, arms it, even pushes it to war, while it practices just as well as its adversary the massacre of civilians, thousands of unarmed, innocent people, caught in the crossfire. Everything is done to make people believe that the only choice is to support one of the camps, or to simply call for peace (or even just a humanitarian ceasefire), in a plaintive manner, without questioning the power of those who use it to plunge the planet into blood and death.&lt;br class='autobr' /&gt;
When those in power are reduced to direct violence alone, it is because the capitalist dynamic is dead.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The revolutionary politics of the proletariat in the national question, a product of the analysis of imperialism&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imperialism claims to justify its bloody interventions throughout the world by the need to fight to protect peoples against terrorism, dictatorship, warlike, murderous, and oppressive powers, etc. It also claims to act to defend the peace and security of all peoples, starting with that of its own country. These are gross lies, and it would be easy to unmask them, but the left and the unions are careful not to do so. It is remarkable that the reformists and opportunists who have influence within the working class contribute to making people believe these mendacious justifications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;One might imagine that the opportunist far left would have no trouble distinguishing themselves on the question of imperialism, but that would be a big mistake. Certainly, they do not spare moral reproaches towards certain imperialist countries, but not all of them, and not primarily their own when they are active in an imperialist country. And they are careful not to publicly attack their own imperialism. They are too attached to the trade union apparatus and the labor aristocracy, which is full of petty-bourgeois illusions, to be capable of carrying out a revolutionary policy against imperialism. And precisely this pseudo-far left is careful not to use its two main public interventions (bourgeois elections and the trade unions) to combat imperialist positions within the proletariat and the general public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As for the leftists (communist left), they reject any notion of imperialism, considering that all nations, all states are bourgeois, that any aspiration against national oppression is bourgeois and that the petty bourgeoisie is identical to the big, capitalist bourgeoisie, and affirming that poor countries are as rotten as rich countries, thus confusing moral reprobation with revolutionary politics. Of course, we do not attribute any socialist or revolutionary qualities or anything to the national bourgeoisie of the poor countries oppressed by imperialism. But, following the policy expressed in Lenin's theory of imperialism and in Trotsky's theory of permanent revolution, we believe that it would be disarming the world revolutionary proletariat to take away from it an explosive bomb to destroy imperialism definitively and worldwide. Both Lenin and Trotsky were always keen for the revolutionary proletariat to take the lead of the oppressed, including those who were victims of national, racial or religious oppression, believing that the petty-bourgeois layers alone were incapable of fundamentally harming capitalism and imperialism, but that the revolutionary proletariat, taking the lead in these struggles, was perfectly capable of making a revolutionary weapon for world socialism. This is one of the essential points that flow from the analysis of imperialism and a point that the communist (leftist) lefts reject and that the opportunist extreme lefts are careful not to remember, not wanting to break with their friends the trade union bureaucrats and members of the labor aristocracy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Should the proletariat fight alongside the rebellious petty bourgeoisie, youth, women and other social classes who are victims of capitalism ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Throughout the far left, there is a reluctance in various forms to consider that popular struggles involving the petty bourgeoisie do not concern the proletariat and have nothing to do with the revolutionary struggle for workers' power and socialism, and there are also positions that, on the contrary, attribute revolutionary capabilities to petty bourgeois leaderships. Both positions, seemingly opposite, are equally distant from true proletarian revolutionary politics. Both leave the rebellious petty bourgeoisie under a leadership that can only lead them into a dead end.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thus, in France, the far left (for example, LO and NPA) has largely stayed away from the Yellow Vests struggle and has avoided combating the violent hostility of the union apparatuses towards this movement. It has used the pretext that small bosses (often in reality small self-employed workers, that is, self-exploited workers) were participating in it. And France is no exception : many far-left groups have considered that the proletariat was not the political leadership of the movements that began with the &#034;spring wave&#034; of 2010-2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The revolutionary politics of the proletariat is the antithesis of such positions. Thus, both Trotsky and Lenin constantly assigned to the proletariat the role of leading the struggles of the petty bourgeoisie, and especially the peasantry. And it is by standing at the head of all the rebellious classes and social strata that the proletariat becomes capable not only of striking blows against capitalism and imperialism, but of taking the lead of all society, of seizing power, and of holding it. And only in this way do these struggles form part of the struggle for socialism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All historical examples are clear : there has never been &#034;class purity&#034; in proletarian revolutions ! Who can ignore the direct participation of the petty bourgeoisie alongside the proletariat in the revolutions in France in 1848, in 1871, in the power of the Paris Commune, in the revolutions of 1905 and 1917 (February and October) in Russia, in the Spanish revolution, to name but a few !&lt;br class='autobr' /&gt;
Of course, if this discourse, which is currently held by certain anarchists, certain left communists, certain trade unionists, certain anti-racists and anti-fascists, meant that, in companies and neighborhoods, the workers themselves must set up mobilization committees within the movement, no problem !&lt;br class='autobr' /&gt;
But to stand aside and push workers to dissociate themselves from it under the pretext that there are petty bourgeois, or even that there are racists or fascists within it, is downright catastrophic ! Weren't there any racists in the proletarian revolutions of the past ?!!! Is it enough for a racist or a fascist to participate in a strike or a demonstration for us to refuse to participate ?!!!&lt;br class='autobr' /&gt;
At this rate, no one is likely to participate tomorrow in a demonstration, a picket, a rally, and even less in a revolution !!!!&lt;br class='autobr' /&gt;
The proletarian revolution has nothing socially pure about it !!! Those who don't know this have never read anything about revolutions !&lt;br class='autobr' /&gt;
Instead of purity, what the proletariat urgently needs is organization, committees in neighborhoods and businesses !!! The soviets, which were at their birth neighborhood organizations (and not company ones), mixed workers and petty bourgeois !&lt;br class='autobr' /&gt;
What the working class also needs is class objectives, which are not reformist objectives, which are not afraid to attack the sacrosanct bourgeois state and the sacrosanct private ownership of capital and the means of production. It is by defending its class program within the social movement that the proletariat can play a leading role.&lt;br class='autobr' /&gt;
But certainly not by rejecting en bloc all the &#034;petty bourgeois&#034; and thus pushing them into the arms of the big bourgeoisie and the fascists !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Left-led unions : a constant policy of open or covert support for national imperialism defended within the proletariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leon Trotsky writes in &#034;Trade Unions in the Epoch of Imperialist Decline&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;There is one common aspect in the development, or more precisely, in the degeneration, of modern trade union organizations throughout the world : their rapprochement and integration with state power. This process is equally characteristic of neutral, social-democratic, communist, and anarchist trade unions. This fact alone indicates that the tendency to integrate with the state is not inherent in this or that doctrine, but results from the social conditions common to all trade unions. Monopolistic capitalism is not based on competition and private initiative, but on central command. Capitalist cliques, at the head of powerful trusts, trade unions, banking consortiums, etc., control economic life on the same level as state power and, at every moment, they resort to the latter's collaboration. In turn, the trade unions, in the most important branches of industry, find themselves deprived of the opportunity to profit from the competition between the various enterprises. They must confront a centralized capitalist adversary, intimately linked to the power of the State. From this follows for the unions, to the extent that they remain on reformist positions - that is to say, on positions based on adaptation to private property - the necessity to adapt to the capitalist State and to attempt to cooperate with it. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The essential slogan in this struggle is : complete and unconditional independence of the trade unions from the capitalist state. This means : the struggle to transform the trade unions into organs of the exploited masses and not into organs of a labor aristocracy. The second slogan is : democracy in the trade unions. This second slogan follows directly from the first and presupposes for its realization the complete freedom of the trade unions from the imperialist or colonial state. In other words, in the present epoch, the trade unions cannot be mere organs of democracy as in the epoch of free-market capitalism, and they can no longer remain politically neutral, that is, limit themselves to defending the everyday interests of the working class. They can no longer be anarchist, that is, ignore the decisive influence of the state on the life of peoples and classes. They can no longer be reformists, because objective conditions no longer permit serious and lasting reforms. The trade unions of our time can either serve as secondary instruments of imperialist capitalism to subordinate and discipline the workers and prevent revolution, or, on the contrary, become instruments of the revolutionary movement of the proletariat. The neutrality of the trade unions is completely and irretrievably a thing of the past and dead with free bourgeois democracy...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Just as it is impossible to return to the bourgeois democratic state, it is impossible to return to the old workers' democracy. The fate of one reflects the fate of the other. It is a certain fact that the independence of the trade unions, in a class sense, in their relationship with the bourgeois state, can be ensured, under present conditions, only by a completely revolutionary leadership.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The struggle against the bureaucratic apparatuses does not only consist of militating against the bureaucracy within the unions but, first and foremost, of fighting for the construction of workers' councils, independent of the apparatuses and formed of delegates from the proletarian assemblies elected and revocable, federating, developing and disseminating the revolutionary program, gradually becoming the true state power of the armed workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The &#034;permanent revolution&#034;, the only theory that assumes the dialectical character of the proletarian revolution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The &#034;revolution in permanence&#034; (also called permanent revolution) is a philosophy of Marxism that opposes stage-ism, gradualism, progressivism, reformism and opportunism, from Marx to Trotsky, and not a conjunctural analysis of an exceptional situation and especially not a means of attributing a fundamentally revolutionary character to social forces that do not possess one.&lt;br class='autobr' /&gt;
History does not progress gradually by following one by one the steps of a staircase to heaven&#8230; It undergoes brutal and violent regressions as much as progressions that can even skip stages of historical gradation. Backward societies, reactionary situations and even regressions can provoke brutal revolutionary progressions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Economic, social and political development is subject to uneven and combined development (in the sense that advanced pieces combine with others that are very backward).&lt;br class='autobr' /&gt;
The world does not progress together or at the same pace, and uneven development can make some links in the chain of domination of the world's possessing classes more fragile than others, and a break in the chain at one point can fatally weaken the whole.&lt;br class='autobr' /&gt;
The contradictions arising from uneven and combined development must be understood and fully utilized by revolutionaries. Their consequence is that the national question cannot be resolved within the framework of capitalism and must be exploited by the proletariat. Their consequence is that the revolutionary struggle must penetrate the struggle for reforms and use it as a transition. They also mean that only the proletariat can achieve democratic, peaceful, and liberating goals for oppressed peoples, for all non-capitalist social strata, for all the oppressed. And the revolutionary program of the proletariat must clearly put forward these goals. The intervention of revolutionaries must be guided by a transitional program that leads from national to international struggles, from struggles for reforms to struggles for socialism, from struggles for peace to revolutionary war, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Revolutionary communists must not stand aside or call on the proletarians to stand aside from reformist struggles, without themselves sinking into reformism, from national struggles, without sinking into nationalism, from petty-bourgeois struggles, without forgetting the proletarian character of their struggle, they must combine the various contradictory aspects in a single revolutionary class struggle against the capitalist class.&lt;br class='autobr' /&gt;
Many programmatic, social and political points flow from this vision of the march of the social revolution : transitional program instead of the traditional opposition between revolutionary program and reformist program, possible alliances with petty bourgeois layers and oppressed peoples, workers' united front, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The pseudo and false anti-imperialism of the extreme left : a moralism to vomit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Instead of seeing in the current crimes of capitalism and imperialism a means of leading the proletariat towards an awareness of its tasks of radical transformation, the false extreme left spreads moral disapproval in full dose...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The opportunist far left has abandoned Lenin's notion of imperialism. Far from seeing it as an objective evolution of capitalism linked to the limits of this mode of production, they denounce individual policies, those of Netanyahu, Biden or Trump, Putin, and so on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Since the world war has spread from Syria to Ukraine and from Armenia to Palestine, pro-imperialist policies have been hiding behind the supposed defense of the people and the cover of moral indignation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moralists, whether well-intentioned or ill-intentioned, including those of the extreme left or those who claim to be, do nothing to help us navigate the tangle of the global situation or avoid the imperialist and capitalist traps that target the working people of the world and destroy their revolutionary potential.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The moralists denounce everything that displeases them but explain nothing, understand nothing, and arm the workers and peoples in no way, whether they denounce the violence of one camp or another or both, wars, fascisms, dictatorships and even possibly the possessing classes and the rulers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morality explains nothing, neither the collapse of capitalism, nor the violent oppositions between imperialisms, nor revolutions, nor counter-revolutions including fascisms and wars. It allows nothing, opens up a perspective on nothing and especially not a proletarian revolutionary perspective that would free humanity from the nightmare in which decaying capitalism claims to engulf it,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moralists, including the opportunist far left, ask governments to do what is not in the interest of big capital, an absurdity in short. They reject revolutionary politics in the face of imperialism : advocating the defeat of our imperialism, including in war, calling on workers to destroy the capitalist state, including and especially its army and police, reminding them that workers will have to arm themselves, and denouncing pacifism, which primarily disarms workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Against the open sacred union of the CGT, hypocritical of the electoral far left (LO, NPA), the Zimmerwald program of the revolutionaries against the First World War and capitalism is once again relevant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The imperialist war inaugurates the era of social revolution. All the objective conditions of the present epoch place the mass revolutionary struggle of the proletariat on the agenda. It is the duty of socialists, without renouncing any of the legal means of struggle of the working class, to subordinate them all to this pressing and essential task, to develop the revolutionary consciousness of the workers, to unite them in the international revolutionary struggle, to support and advance all revolutionary action, to seek to transform the imperialist war between the peoples into a civil war of the oppressed classes against their oppressors, into a war for the expropriation of the capitalist class, for the conquest of political power by the proletariat, for the realization of socialism.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The demands and tasks of revolutionary communists and the proletariat against the colonial and imperialist powers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Only the revolutionary proletariat is capable of fighting imperialism and overthrowing capitalism, even if others, such as terrorists claiming to be Islamic, claim the opposite. Revolutionaries and workers must not fight this or that imperialism any longer ; their main task is to fight the imperialism of their countries. And this requires an anti-imperialist program in the imperialist metropolises :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denunciation of imperialist superprofits at the expense of the people&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Control of capital that plunders countries dominated by imperialism&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expropriation and requisition of imperialist enterprises&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Right to self-determination and the national question !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elimination of all opposition between nationals and foreigners&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Union of the peoples against imperialist domination, the peoples of the imperialist countries supporting every effort of the oppressed countries to liberate themselves&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elimination of the exploitation of countries oppressed by imperialism and large trusts and return of their wealth to the people&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition of all fascist legislation that incites hatred between peoples and authorizes rich countries to kill migrants at their borders&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elimination of all profit on the backs of the exploited&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elimination of national, racial, ethnic and religious oppressions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Removal of national restrictions : Anyone who earns a living from their work has the right to live in the country of their choice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The tasks of revolutionary communists and the proletariat in the colonies and countries dominated by imperialism&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unmasking the imperialist goals of the great powers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6673&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6673&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6406&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6406&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5969&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5969&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve231&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve231&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve482&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve482&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3811&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3811&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demonstrate that any defeat of &#8220;our&#8221; imperialism is a victory for the workers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2597&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2597&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To demonstrate that there will be no solution for oppressed countries other than socialism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3668&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3668&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3812&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3812&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To unite the proletarians and oppressed peoples of the world with the clear and stated aim of definitively overthrowing imperialism !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7091&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7091&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6278&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6278&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Uniting &#8220;national&#8221; and immigrant workers and developing the internationalist consciousness of the proletariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article262&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article262&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The so-called bourgeois or reformist anti-fascism is the fight against the socialist revolution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When the opportunist far left supported the enemies of the proletariat under the pretext of fighting fascism&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7014&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7014&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The policy of the communists and the revolutionary proletariat in the face of war is neither bourgeois nor anarchist pacifism :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7509&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7509&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1107&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1107&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1927&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1927&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article620&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article620&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revolutionary Defeatism, Anti-Militarism and Arming the Proletariat : The Military Program of the Socialist Revolution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Either the world proletariat puts an end to capitalism, or capitalism puts an end to humanity ! Whoever rejects this alternative : dictatorship of the proletariat or widespread world massacre, also rejects any chance of a future for human society. The Fourth International will be that of raising the banner of the revolutionary proletariat (the number four is not a fetish, of course, and one could just as well call it the Fifth International).&lt;br class='autobr' /&gt;
The entire world situation, and consequently also the internal political life of the various countries, is under the threat of world war. The impending catastrophe is already filling the deepest masses of humanity with anxiety.&lt;br class='autobr' /&gt;
Left-wing parties, trade unions, and their extreme left-wing supporters are repeating the policy of treason that was that of the First World War of 1914 with all the more assurance because no consistent organization is currently fighting chauvinism and imperialism, all of them being based primarily on the labor aristocracy and the capitalist state. As soon as the danger of war took on a concrete aspect, the Stalinists, far outstripping the bourgeois and petty-bourgeois pacifists, became the champions of the so-called &#034;national defense.&#034; They make exceptions only for fascist countries, that is, for those in which they themselves play no role. The revolutionary struggle against war thus falls entirely on the shoulders of the Fourth International.&lt;br class='autobr' /&gt;
The success of the revolutionary proletariat in the coming period (that of revolution and counterrevolution) will depend, above all, on its policy on the war question. A correct policy includes two elements : an intransigent attitude toward imperialism and its wars, and the ability to rely on the experience of the masses themselves.&lt;br class='autobr' /&gt;
In the question of war, more than in any other question, the bourgeoisie and its agents deceive the people with abstractions, general formulas, pathetic phrases : &#034;neutrality,&#034; &#034;collective security,&#034; &#034;armament for the defense of peace,&#034; &#034;national defense,&#034; &#034;struggle against fascism,&#034; etc. All these formulas boil down, in the final analysis, to the fact that the question of war, that is, of the fate of the peoples, must remain in the hands of the imperialists, their governments, their diplomacy, their general staffs, with all their intrigues and plots against the peoples.&lt;br class='autobr' /&gt;
The Fourth International rejects with indignation all the abstractions which play the same role among democrats as &#034;honor,&#034; &#034;blood,&#034; and &#034;race&#034; play among fascists. But indignation is not enough. The masses must be helped, with the help of transitional criteria, slogans, and demands,capable of enabling them to verify and distinguish concrete reality from these fraudulent abstractions.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;DISARMAMENT&#034; ? But the whole question is who will disarm and who will be disarmed. The only disarmament that can prevent or stop war is the disarmament of the bourgeoisie by the workers. But to disarm the bourgeoisie, the workers themselves must be armed.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;NEUTRALITY&#034; ? But the proletariat is by no means neutral in a war between Japan and China, or between Germany and the USSR. Does this mean the defense of China and the USSR ? Of course, but not through the imperialists, who will strangle China and the USSR.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;DEFENSE OF THE FATHERLAND&#034; ? But by this abstraction, the bourgeoisie means the defense of its profits and plunder. We are ready to defend the fatherland against foreign capitalists if we first strangle our own capitalists and prevent them from attacking someone else's fatherland ; if the workers and peasants of our country become its true masters ; if the wealth of the country passes from the hands of a tiny minority into the hands of the people ; if the army, from an instrument of the exploiters, becomes the instrument of the exploited.&lt;br class='autobr' /&gt;
We must know how to translate these fundamental ideas into more specific and concrete ideas, according to the course of events and the orientation of the mood of the masses. We must, moreover, rigorously distinguish between the pacifism of the diplomat, the professor, the journalist and the pacifism of the carpenter, the farm laborer or the laundress. In the first of these cases, pacifism is the cover of imperialism. In the second, it is the confused expression of distrust of imperialism.&lt;br class='autobr' /&gt;
When the small peasant or the worker speaks of the defense of the fatherland, they imagine the defense of their home, their family and the families of others against invasion, against bombs, against asphyxiating gas. The capitalist and his journalist understand by defense of the fatherland the conquest of colonies and markets, the expansion by plunder of the &#034;national&#034; share in world income. Pacifism and bourgeois patriotism are complete lies. In pacifism and even in the patriotism of the oppressed, there is a progressive kernel that must be grasped in order to draw the necessary revolutionary conclusions. It is necessary to know how to set these two forms of pacifism and patriotism against each other.&lt;br class='autobr' /&gt;
Based on these considerations, the Fourth International supports any demand, however insufficient, if it is capable of drawing the masses, even to a small extent, into active politics, of arousing their criticism and of strengthening their control over the machinations of the bourgeoisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
War is a gigantic commercial enterprise, especially for the war industry. That is why the &#034;200 families&#034; are the first patriots and the main provocateurs of war. Workers' control over the war industry is the first step in the struggle against the war manufacturers.&lt;br class='autobr' /&gt;
To the reformists' slogan : tax on war profits, we oppose the slogans : CONFISCATION OF WAR PROFITS and EXPROPRIATION OF ENTERPRISES WORKING FOR WAR. Where the war industry is &#034;nationalized,&#034; as in France, the slogan of workers' control retains all its validity : the proletariat has as little confidence in the bourgeois state as it does in the individual bourgeois.&lt;br class='autobr' /&gt; Not a man, not a penny for the bourgeois government !&lt;br class='autobr' /&gt; No weapons program, but a public works program !&lt;br class='autobr' /&gt; Complete independence of workers' organizations from military and police control !&lt;br class='autobr' /&gt;
We must once and for all wrest the free determination of the destiny of the people from the hands of the greedy and ruthless imperialist cliques that operate behind the people's backs. In accordance with this, we demand :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Complete abolition of secret diplomacy ; all treaties and agreements must be accessible to every worker and peasant.&lt;br class='autobr' /&gt; Military training and arming of workers and peasants under the immediate control of workers' and peasants' committees.&lt;br class='autobr' /&gt; Creation of military schools for the training of officers from the ranks of the workers, chosen by workers' organizations.&lt;br class='autobr' /&gt; Substitution of the standing army, that is, of the barracks, by a people's militia in indissoluble connection with the factories, mines, farms, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Imperialist war is the continuation and exacerbation of the bourgeoisie's policy of plunder ; the proletariat's struggle against war is the continuation and exacerbation of its class struggle. The outbreak of war changes the situation and partially the methods of the struggle between classes, but changes neither its aims nor its fundamental direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
The imperialist bourgeoisie dominates the world. That is why the next war, by its fundamental character, will be an imperialist war. The fundamental content of the policy of the international proletariat will, therefore, be the struggle against imperialism and its war. The fundamental principle of this struggle will be :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;The main enemy is in our OWN COUNTRY,&#034; or :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;The defeat of our own (imperialist) government is the lesser evil.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
But not all countries in the world are imperialist. On the contrary, the majority of countries are victims of imperialism. Some colonial or semi-colonial countries will undoubtedly attempt to use war to throw off the yoke of slavery. For them, the war will not be imperialist, but emancipatory. The duty of the international proletariat will be to help oppressed countries at war with their oppressors.&lt;br class='autobr' /&gt;
The workers of an imperialist country, however, cannot help an anti-imperialist country through their government, regardless of the diplomatic and military relations between the two countries at any given time. If the governments find themselves in a temporary and ultimately uncertain alliance, the proletariat of the imperialist country continues to remain in class opposition to its government and supports the latter's non-imperialist &#034;ally&#034; by its own methods, that is, by the methods of the international class struggle (agitation in favor of the workers' state and the colonial country, not only against its enemies, but also against its treacherous allies : boycott and strike in some cases, renunciation of boycott and strike in others, etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
At the beginning of the war, the sections of the Fourth International will inevitably feel isolated : every war takes the popular masses by surprise and pushes them to the side of the government apparatus. The internationalists will have to swim against the current. However, the devastation and evils of the new war, which, from the first months, will leave the bloody horrors of 1914-1918 far behind, will soon sober the masses. Their discontent and revolt will grow by leaps and bounds. The sections of the Fourth International will find themselves at the head of the revolutionary tide. The program of transitional demands will take on a burning topicality. The problem of the conquest of power by the proletariat will rise to its full height.&lt;br class='autobr' /&gt;
Before suffocating or drowning humanity in blood, capitalism poisons the world atmosphere with the noxious vapors of national and racial hatred. Anti-Semitism is today one of the most malignant convulsions of the death throes of capitalism.&lt;br class='autobr' /&gt;
The uncompromising denunciation of racial prejudice and all forms and shades of national arrogance and chauvinism, especially anti-Semitism, must enter into the daily work of all sections of the Fourth International as the principal educational work in the struggle against imperialism and war. Our fundamental slogan remains :&lt;br class='autobr' /&gt;
In the face of the coming world war, the revolutionary proletariat must defend a socialist military program based on the following points :&lt;br class='autobr' /&gt;
Revolutionary defeatism&lt;br class='autobr' /&gt;
Defeatism is the policy of the proletariat of the imperialist countries that desires the defeat of their imperialism and the use of this to definitively overthrow imperialism.&lt;br class='autobr' /&gt;
There is no true revolutionary defeatism that does not lead to the seizure of power by the armed workers !&lt;br class='autobr' /&gt;
We are not anti-militarists in general, but rather anti-arming the bourgeoisie and pro-arming the proletariat and the self-organized working people !&lt;br class='autobr' /&gt;
One of the mistakes of left-wing pacifists is to consider war itself as the enemy, and not the entire set of counter-revolutionary policies of the capitalist bourgeoisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
By employing this policy, Marx here reveals the &#034;secret&#034; of the supreme effectiveness of the military art of the revolutionary proletariat, which is expressed primarily in the defeatism that disintegrates the enemy's military apparatus and renders it ineffective in the face of the revolution. The principle is that by sabotaging militarism in one's own country, the one where the revolution is taking place, one simultaneously sabotages the enemy's militarism. The military policy of the proletariat that has come to power in a country, while naturally aimed at defending the victorious revolution, continues to apply the method of acting behind the lines of the bourgeois countries, by stimulating the revolutionary activity of the masses there.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7509&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7509&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7390&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7390&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revolutionary antimilitarism&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ORGANIZE LOCAL ANTI-WAR, ANTI-IMPERIALIST COMMITTEES AND COMMITTEES AGAINST THE CIVIL WAR CONDUCTED BY GOVERNMENTS AGAINST THE WORKING PEOPLE ON AN ANTI-IMPERIALIST AND ANTI-WAR PROGRAM OF ACTION WHOSE Slogans and means of struggle would be :&lt;br class='autobr' /&gt;
The withdrawal of imperialist troops from all their zones of occupation (neo-colonial or not) and from all their bases in the world&lt;br class='autobr' /&gt;
Not a man, not a penny for the dirty wars of French imperialism&lt;br class='autobr' /&gt;
Down with the social war budget ! Down with all anti-worker counter-reforms&lt;br class='autobr' /&gt;
The organization of solidarity work stoppages !&lt;br class='autobr' /&gt;
The sabotage of the imperialist war effort and the blocking of the sending of troops or equipment&lt;br class='autobr' /&gt;
The organization of demonstrations in front of the barracks&lt;br class='autobr' /&gt;
The appeal to the soldiers called not to die for the bankers, the arms dealers f French soldiers, do not be cannon fodder for the capitalists ! Refuse to wage a war that the people do not want&lt;br class='autobr' /&gt;
The call to the soldiers to form soldiers' committees f to elect their responsible and revocable delegates and to turn their weapons against the warmongers&lt;br class='autobr' /&gt;
The establishment of anti-imperialist strike and action committees in the companies and their equivalents, in the working-class neighborhoods and their federations throughout the country !&lt;br class='autobr' /&gt;
The abolition of the standing army and the general arming of the people to protect themselves from the murderous government and social war of the rulers and the capitalists !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;Rebuilding the Fourth International on Trotsky's Foundations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Since the death of Lenin and Stalin's victory over the revolution in Russia, we have been fighting for the new (Fourth) International of the proletariat, which must win and ensure victory. We are forging the new international party of the world proletarian revolution. We know that only the new revolutionary upsurge will crown our efforts with success. We also know that this new revolutionary upsurge would remain fruitless if our subjective efforts, today and always, did not prepare the weapon of victory and thus victory itself.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The revolutionary International is a single international party, a world party ; the national parties are sections of the revolutionary International. The proletariat is a single international class.&lt;br class='autobr' /&gt;
We need to know on what basis Trotsky intended to rebuild the revolutionary communist international :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/10/331001a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/10/331001a.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
We need to know why Trotsky's international failed :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/natalia.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/natalia.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
The international to be built will not be based on an unprincipled gathering but on the following minimal bases :&lt;br class='autobr' /&gt; The publicly acknowledged goal in all propaganda of the global elimination of capitalism and imperialism&lt;br class='autobr' /&gt; The fight against the main deceiver : reformism (and its cousin opportunism), whether union, political or associative&lt;br class='autobr' /&gt; The rejection of sectarianism and the isolation of the proletarians from other sections of the working people&lt;br class='autobr' /&gt; The principles of the first four congresses of the Lenin and Trotsky International&lt;br class='autobr' /&gt; Trotsky's Transitional Program&lt;br class='autobr' /&gt; Recognition of the need and struggle for a world party of revolution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; The goal of workers' power and the dictatorship of the Soviets on a world scale and the dictatorship of the proletariat&lt;br class='autobr' /&gt; Against imperialism and war, revolutionary defeatism and the arming of the proletariat&lt;br class='autobr' /&gt; The permanent and public defense of self-organization and committees/councils/soviets as class organs of the proletariat and the working people and as the future mode of organization of the workers' state&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE GLOBAL COLLAPSE OF CAPITALISM AND THE FIGHT AGAINST THE THIRD GREAT INTER-IMPERIALIST WORLD WAR AND THE FIGHT FOR SOCIALIST REVOLUTION !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Workers, women and youth of the world, let us send a clear message : we will not accept being cannon fodder for the next global slaughter of an exploitative system at the end of its tether !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The American power, for its part, has sent a clear message : the &#034;Western world&#034; (this has no other meaning than the allies of the USA since it includes Japan, Australia or Canada as well as Europe and England) is called upon to prepare for world war at full speed and all the States which are part of this international alliance are aligning themselves one after the other and engaging their armies in the race for the most sophisticated and most deadly arms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The exacerbated economic competition and the multiplying wars (from Syria to Yemen, from Ukraine to Armenia and Israel) are the pretext invoked. The world, once unified, is now divided into two capitalist economies (one around the USA and the other around the China/Russia bloc). The economic, financial and monetary war is engaged and war itself is looming. In all current conflicts, one bloc is on one side and the other on the opposing side. The barbarity of these wars is constantly increasing, as Ukraine and Gaza demonstrate every day.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This murderous division of the world is a choice and not an involuntary evolution on the part of the great powers that dominate not only the economy but all of human life. This choice is directly linked to the state of the capitalist economic system since its collapse of 2007-2008. Certainly, capitalism has never rhymed with pacifism, but since its historic fall of 2007 and since the wave of revolutions that began worldwide in 2011, bloodshed has been the new response of the exploiting classes, one of these massacres being the covid pandemic with its millions of dead and injured. Because, contrary to the dominant discourse, the ruling classes have done nothing to combat the disease, quite the contrary, too satisfied as they were that it struck the people in the midst of the wave of revolutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It's just a crisis like the capitalist system is used to, all the world's liars tell us. And that's false : in a crisis, trusts, banks, and financial institutions in the red go bankrupt and close, and in 2008, the global system made the opposite choice. All were saved by massive financial intervention by states and central banks. And since then, all crises have been treated the same way : bailed out with public funds. They then considered that every trust, bank, insurance company, or other large financial institution that fell would be &#034;systemic,&#034; that is, it would bring down the entirety of global capitalism ! But the debt of states and central banks, due to the rescue of capitalists &#034;whatever the cost,&#034; as they put it, has become a veritable abyss that will engulf the entire system. And it is this perspective that is frightening them, along with that of the wave of revolutions that is leading the possessing classes to steer the world towards dictatorships, fascisms, civil wars and wars in general, even world war, although this can only bring about the destruction of humanity itself.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There is no solution to this catastrophe if we remain within the capitalist system. Saying no to generalized war means saying no to capitalism and imperialism (this system of domination of a few great powers linked to trusts and banks over the entire world and crushing the majority of the world's population). The fight against war is nothing other than the fight for socialism, that is to say, to put an end to the exploitation of man by capital and to establish a new mode of production free from the private ownership of capital and businesses. It is a lie that economic liberalism was synonymous with freedom within society and political freedom. Under capitalism, people only have the choice between interchangeable politicians, each as liar as the next, but they have no choice over the policies that these politicians pursue once in government. Democracy and the possession of wealth by a tiny minority are antinomic. It is characteristic that people have never had the right to decide what to do in the face of economic crises, wars, or pandemics. More than ever, in the phase of the historic collapse of capitalism, there is no question of democracy anywhere in the world, neither in rich nor poor countries (and there are never so many poor people in rich countries). Everywhere, fascisms and dictatorships are returning to serve as crutches for a system in collapse. The violence of repression is growing everywhere, including in the richest metropolises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is up to the working people, women and young people to give a clear response to the rising barbarism : the struggle against war and for socialism led by committees resulting from the mobilization electing revocable delegates and controlled by general assemblies with decision-making power, this is where true democracy will come from, on which to found a new society, which is not subject to the owners of big capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At a time when all those in power are talking about are rearmament, mobilization, and military service, when they proclaim to have increasingly sophisticated death devices and sell them all over the planet, especially in war zones, at a time when even states that are not officially at war are supporting wars in the four corners of the world, it is important that we, workers, women, and young people, engage in the struggle to put an end to this dying and bloody system. There is no question for us of supporting one side against the other, no question of supporting &#034;national&#034; trusts and banks against their adversaries, no question of attacking peoples by supporting our own exploiters and the governments at their beck and call. We must be for the defeat of all the great powers and the victory of all the peoples who seek to free themselves from them.&lt;br class='autobr' /&gt;
No government in the capitalist world will bring us what we want because states, whether they claim to be democratic or not, are directly linked to big capital, and all parties, left, right, or far right, are in fact attached to the capitalist system and defend it more or less openly. We need a government that comes from the grassroots committees of the working people, women, and youth, as appeared here and there during the last wave of revolutions known as the Spring Revolutions. We need government of the people by the people, direct democracy that is self-organized and independent of all the institutions of the old, rotten society. We will not build the future with the structures put in place by its direct enemies. Those who claim that it is enough to elect good governments are deceiving us. Those who make us believe that we can win social struggles without claiming to take political power are also lying to us. These reformists are not reforming anything at all, and less than ever we will reform the killers of capitalism ; we must disarm them and arm the working people.&lt;br class='autobr' /&gt;
To end wars is to bring down states and to organize and arm the people ! Not to let ourselves be invaded by barbarism and generalized war is to build socialism ! There is no other way out !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The whole world is marching to war...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6783&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6783&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Our class enemies are arming themselves massively...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7588&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7588&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;&lt;br class='autobr' /&gt;
THE FIGHT AGAINST IMPERIALISM AND WAR PRESUPPOSES THE FIGHT AGAINST BOURGEOIS REFORMISM, WHICH DERIVES FROM WORKERS' REFORMISM AND IS STILL INFECTING THE PROLETARIAT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;1914 : the death of workers' reformism !&lt;br class='autobr' /&gt;
1/ the birth of the left or the antithesis of socialism (the Millerand case in France)&lt;br class='autobr' /&gt;
2/ The First World War crowns the bourgeois policy of integration of political and union apparatuses : from class collaboration to class governance. From the class struggle against the bourgeoisie to the class struggle against the proletariat : the false friends of the proletariat !&lt;br class='autobr' /&gt;
Building communist fractions in the reactionary and imperialist unions led by undeclared agents of the bourgeoisie like Binet and co.&lt;br class='autobr' /&gt;
3/ From socialism to the bourgeois policy of organizations claiming to be working class !&lt;br class='autobr' /&gt;
4/ Stalinism or the fascist counter-revolution under the guise of Bolshevism and the elimination of revolutionaries&lt;br class='autobr' /&gt;
5/ the role of the labor aristocracy : social basis of reformism and class collaboration !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;Bourgeois reformism and pseudo-progressivism : true anti-communism in the phase of capitalist collapse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The challenge to the Enlightenment and universalism&lt;br class='autobr' /&gt;
Wokism&lt;br class='autobr' /&gt; Bourgeois feminism against proletarian women&lt;br class='autobr' /&gt; Critical race theory, a new racism and communitarianism&lt;br class='autobr' /&gt;
The fight against the opportunism of the electoralist and unionist extreme left (npa-lo-rp-ucl-cnt)&lt;br class='autobr' /&gt; The French case : LO, NPA, RP, Fraction, CNT, Libertarian Alternatives&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Requisition of companies that are fattened near or far by the war&lt;br class='autobr' /&gt; Dissolution of the standing armies and arming of the proletariat (PICKLE, WORKERS' MILITIA)&lt;br class='autobr' /&gt;
Not a man not a penny for the army of capital&lt;br class='autobr' /&gt;
Requisition of all companies working near or far for the armament or profiting from the war by workers' committees !&lt;br class='autobr' /&gt;
To the band of armed men who hold the monopoly of violence and weapons in the private interest of the ruling classes, we oppose the arming of the working people ! Call for the formation of committees of police and soldiers who will be responsible to the people !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In conclusion : To overthrow capitalism, which is leading us to world war, we must overthrow imperialism and its reformist agent within the working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We are in an era where the entire world is under the domination of a small number of countries ranging from the USA to Europe, from Japan to Russia, from China to Canada, including India and England, countries that are called imperialist, not because they are more wicked than the others but because they concentrate in their hands almost all the capital and weapons of war. Many nations are oppressed by imperialism, by economic and financial means as well as by direct war. Of course, other states are also enemies of the proletarians and the working people, but they are much less powerful and decisive. It must also be said that the proletariat is numerous in the imperialist countries and that it is the only one capable of breaking the chain of imperialist oppression, even if in these countries, imperialism has been able to develop a workers' aristocracy that provides a basis for all reformists. The collapse of capitalism will also be that of imperialism and the labor aristocracy, as reformist illusions, but in the meantime, they all retain considerable influence in working-class opinion and continue to deceive the workers. It is essential that the latter be instructed in their task : to bring down their imperialism completely and definitively, in particular to disarm the imperialist states. This is a vital task because these states are actively preparing to massacre us en masse in a new imperialist war. One of the worst crimes of reformism and opportunism is to conceal the fact that the imperialist states are our mortal enemies. False democratic anti-imperialism, left-wing or false extreme left, denounces the rulers without saying that the workers must bring down the imperialist states and build the state of workers' councils and committees of the working people.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE REVOLUTIONARY COMMUNIST PARTY OR THE WORLD PARTY OF THE SOCIALIST REVOLUTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Class, Vanguard and Party :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;First of all, we want to say what a revolutionary party is not ! It is not an organization above the proletariat, above society, as the Stalinist party was ! Nor is it the distorted image that Stalinism and its supposedly extreme left-wing remnants give of Bolshevism today ! Nor, of course, does it have anything to do with the reformist and opportunist parties and unions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leon Trotsky :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;All modern history attests that the proletariat is nothing without its class organizations. At the same time, experience shows that workers' organizations often become a brake on the revolutionary struggle. More than once has the proletarian movement broken against this contradiction. The most tragic example is the German catastrophe, in which the leading workers' organizations, each in its own way, paralyzed the proletariat from above and delivered it unarmed to fascism.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
A/ What type of revolutionary party does the working class need ?&lt;br class='autobr' /&gt;
What seems remarkable at first glance is that there currently exists no party in the world worthy of the name of workers' party or revolutionary party, to the point that some commentators imagine that there will never be any more. But it's a bit like some commentators thinking that there will be no more proletarian revolution...&lt;br class='autobr' /&gt;
In fact, this is far from being the first period in history that has been in this situation since capitalism and the industrial proletariat existed.&lt;br class='autobr' /&gt;
See here : &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Following the great proletarian defeats, there have always been long periods where the working class no longer had revolutionary parties, capitalism either returning to a phase of growth, or humanity suffering a violent setback, the propertied classes imposing mass murder on it and the masses falling back into political and sometimes social silence. There are even countries where workers have never had a workers' political party. There is no automatic mechanism that defines in advance the progress and setbacks of the political consciousness or the political organization of the proletariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
The vagaries of history are as unpredictable in this matter as they are in class struggles themselves. Countries like Portugal, Italy, France, and the United States have experienced, at certain times, explosions in the number of people who wanted to campaign as revolutionaries, explosions that nothing had previously predicted. And as a result, brutal opportunities to build revolutionary parties. But not necessarily genuine revolutionary policies to support these efforts...&lt;br class='autobr' /&gt;
The battle of ideas on the revolutionary party has its laws. Betraying them does not lead to success. The small and large manipulators of organizations do not lead the revolutionary proletariat to victories but to pitiful dead ends.&lt;br class='autobr' /&gt;
One of these inescapable laws is that of knowing the lessons of the past. Let us remember that the French Revolution got so far because it was steeped in the historical lessons of the English and American revolutions. The proletariat must be armed with this knowledge when it sets out again to attack. This is one of the essential tasks of the revolutionary party. Without it, workers cannot have such knowledge. They have no way of storing up the lessons of past struggles and analyzing them using a scientific and revolutionary method that they have never had the opportunity to study. Even less do they have the possibility of continuing to scientifically construct this method, Marxism. This is the number one task of revolutionaries : to connect the present struggles with the lessons of past struggles, not only those of the eras from Marx to Lenin and Trotsky, but also of the revolutions that followed, from the Vietnamese revolution to the Hungarian one and the revolutionary waves that began in 2011 until today. Their scientific analysis is an indispensable foundation for the policies of the ruling classes (it is by taking into account its lessons that they are currently planning world war, fascism, dictatorship and intercommunal civil wars) and must also be so for the exploited, to counter the traps of the exploiters.&lt;br class='autobr' /&gt;
An intimate knowledge of the entire historical past of class struggles (including those of bourgeois revolutions and even the revolutions of antiquity) is the first thing that distinguishes the revolutionary vanguard from the mass of the proletariat, whether or not it is influenced by political and trade union reformists. And it is not only a matter of knowledge of the facts but also of linking them with a scientific class analysis of the whole of history, dynamically linked to a scientific and philosophical method. We are, of course, referring to Marxism, that of Marx and Engels, enriched by Rosa Luxemburg, Trotsky, Lenin, and a few others. Here again, it is not a matter of bowing to the great revolutionaries of old, a quotation here and there, and a nicely turned compliment. No, our current studies must follow in the footsteps of these great authors, even if everyone will tell us that we are not capable of it, that we do not have their genius, that we do not have their experience of revolutions, etc. And it is true but necessity is the law&#8230; The living science of revolutionaries (science of revolutions but also of counter-revolutions) cannot be content to live on evocations of the past and it must penetrate the present and the future under penalty of being overtaken by that of the enemies of the proletariat. It must seize the best results of science and philosophy under penalty of being dominated by false ideas (derived from idealism and non-dialectical thought for example) which would block its reasoning. Ideas are not a secondary domain for revolutionaries but organization without revolutionary theory is a bit like the tree without the sap : it is dead, while being able to preserve all the appearances of life. Organization without revolutionary theory only freezes past forms without having the slightest dynamic role in transforming the world.&lt;br class='autobr' /&gt;
The working class, without an enlightened and trained vanguard, is forced to fall back into all the errors and illusions that previously led it to dead ends, to repeat the mistakes already known and to make others in addition. This is a major role of the revolutionary party. It does not depend on the number of its militants, even if this plays a role in the dissemination of ideas. It is also necessary that these ideas do not limit themselves to repeating that society is sick with capitalism and that it will one day have to be overthrown. And to repeating also that it will then be necessary to have a large proletarian revolutionary party. For it lacks the essential, namely how the proletariat will be able to have the strength to achieve this feat when the reformist struggles that constantly fail make it think that it would not even be capable of preserving its gains&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
It is not enough to be revolted by the present situation to understand what is extraordinary (not magical but simply out of the ordinary) in social revolutions in which exploited masses who have been politically silent for decades begin to do politics themselves, to give themselves the means and the strength to assert and impose their law, mass organizations at the base which penetrate everywhere, get involved in everything and want to decide everything. We are talking about revolutionary workers' councils, otherwise called soviets because it was the Russian Revolution (or rather the two revolutions of February and October 1917) which gave them the first striking manifestation of capacity, courage, strength and dynamism.&lt;br class='autobr' /&gt;
This last remark requires that revolutionaries who wish to build the revolutionary party of tomorrow be militants, from today and even in a non-revolutionary or pre-revolutionary phase, of the Soviet idea, permanent and unshakeable defenders of the self-organization of the workers in mass and at the base, which is a political organization on class bases and with openly revolutionary goals (which require at the same time the following objectives : the economic and social organization of the whole of society in the exclusive service of the greatest number without any respect for the interests of the richest, the end of the sacrosanct right of private property on the capital and enterprises of big capital, the arming of the proletariat organized into revolutionary militias and the disarmament of the capitalists and their States, the suppression of all state organizations and the dismissal of all high officials, including generals, the suppression of the laws put in place by big capital against the workers and the union of the workers' councils with all those who, within the working people, are liberal professions who do not exploit anyone and do not want to defend big capital). Anyone who would not tirelessly carry out propaganda for these goals, in public as well as within workers', trade union and political organizations, would in no way be empowered to build tomorrow the revolutionary party that is so necessary for the working class to play its historic role in transforming human society, from its exploitative phase to one freed from the barbarities of the past.&lt;br class='autobr' /&gt;
The organizations which, in the non-revolutionary or pre-revolutionary phase, showed opportunism towards the reformist parties and unions must, on the contrary, be marked with a sign of distrust in the eyes of the proletariat because they will be the worst enemies of the revolution, the surest means of deceiving it !&lt;br class='autobr' /&gt;
Those who constantly repeat that their sole aim is to build a revolutionary party are not the most qualified to succeed in this task :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4923&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4923&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Various conceptions of the revolutionary party :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3919&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3919&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx and the goals of the organization of the proletariat (1850) in &#8220;Address of the Central Committee to the League of Communists&#8221; (1850) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;The workers will themselves contribute to their final victory much more by the fact that they become aware of their class interests, establish themselves as an independent party as soon as possible and do not allow themselves to be diverted for a moment - by the hypocritical phrases of the democratic petty bourgeoisie - from the autonomous organization of the party of the proletariat. Their battle cry must be : Revolution permanently ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7325&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7325&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Rosa Luxemburg : The Role of the Proletarian Party in the Mass Strike (1906) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;If it is therefore true that it is in the revolutionary period that the leadership of the strike falls in the sense of the initiative for its outbreak and the assumption of costs, it is no less true that in a completely different sense the leadership in mass strikes falls to social democracy and its leading organizations. Instead of posing the problem of the technique and mechanism of the mass strike, social democracy is called upon, in a revolutionary period, to take the political leadership. The most important task of &#034;leadership&#034; in the period of the mass strike is to give the slogan of the struggle, to direct it, to regulate the tactics of the political struggle in such a way that at every phase and at every moment of the struggle the entire power of the proletariat already engaged and launched into battle is realized and put into action, and that this power is expressed by the position of the Party in the struggle ; the tactics of Social Democracy must never, in terms of energy and precision, fall below the level of the balance of forces, but on the contrary, exceed it ; then this political leadership will automatically transform itself to a certain extent into technical leadership. A consistent, resolute, forward-moving socialist tactic arouses in the masses a feeling of security, confidence, and fighting spirit ; a hesitant, weak tactic, based on an underestimation of the forces of the proletariat, paralyzes and disorients the masses. In the first case, mass strikes break out &#034;spontaneously&#034; and always &#034;at the right time&#034; ; in the second case, the Party leadership may call for a strike directly - but it is in vain. The revolution offers us telling examples of both cases.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenin writes in The Infantile Disorder of Communism (1920) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;What cements the discipline of the revolutionary party of the proletariat ?&#034; &#034;What controls it ? What supports it ? First of all, it is the consciousness of the proletarian vanguard and its devotion to the revolution, its steadfastness, its spirit of sacrifice, its heroism. Secondly, it is its ability to connect, to draw closer to, and, if you like, to merge to a certain extent with the broadest mass of workers, first and foremost with the proletarian mass, but also with the non-proletarian mass of workers. Thirdly, it is the correctness of its political strategy and tactics, provided that the broad masses convince themselves of this correctness through their own experience. Without these conditions, in a revolutionary party truly capable of being the party of the vanguard class called upon to overthrow the bourgeoisie and transform society, discipline is unrealizable. Since these conditions are lacking, any attempt to create this discipline inevitably reduces itself to empty phrases, words, and antics. But, on the other hand, these conditions cannot arise immediately. They are developed only through long work and hard experience ; their development is facilitated by a correct revolutionary theory which is not a dogma, and which is definitively formed only in close connection with the practice of a truly massive and truly revolutionary movement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;History in general, and more particularly the history of revolutions, is always richer in content, more varied, more multifaceted, more alive, &#034;more ingenious&#034; than the best parties, the most conscious vanguards of the most advanced classes think. And this is understandable, since the best avant-gardes express the consciousness, the will, the passion, the imagination of tens of thousands of men, while the revolution is, - in moments of particular exaltation and tension of all human faculties, - the work of the consciousness, the will, the passion, the imagination of tens of millions of men spurred on by the bitterest class struggle. From this two practical conclusions of great importance : the first is that the revolutionary class, in order to fulfill its task, must know how to take possession of all forms and all aspects, without the slightest exception, of social activity (even if it means completing, after the conquest of political power and sometimes at the price of great risk and enormous danger, what it will not have completed before this conquest) ; the second is that the revolutionary class must be ready to replace one form by another quickly and abruptly. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenin in &#171; Militant Materialism &#187; (1922) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;One of the greatest and most dangerous errors made by communists (as, indeed, by revolutionaries in general who have successfully initiated a great revolution) is to imagine that the revolution can be accomplished by the hands of revolutionaries alone. Now, to ensure the success of any serious revolutionary action, it is necessary to understand and know how to practically apply the idea that revolutionaries can play a role only as the vanguard of the truly advanced and viable class. The vanguard fulfills its mission only when it knows how not to detach itself from the masses it leads, when it truly knows how to advance the entire masses. Without an alliance with non-communists in the most diverse fields of activity, there can be no question of any success in the construction of communist society. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky on revolutionary organization in 1923 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;If we now take our Bolshevik Party in its revolutionary past and in the period following October, it will be recognized that its most valuable fundamental tactical quality is its unsurpassed ability to orient itself quickly, to quickly change tactics, to renew its armament and to apply new methods, in a word, to make sharp turns. Stormy historical conditions made this tactic necessary. Lenin's genius gave it a superior form. This does not mean, of course, that our party is completely free from a certain conservative traditionalism : a mass party cannot be ideally free. But its strength and power have been manifested in the fact that inertia, traditionalism, routine, have been reduced to a minimum by a far-sighted, profoundly revolutionary tactical initiative, both bold and realistic.&lt;br class='autobr' /&gt;
This is what the true tradition of the party consists of and must consist of.&#8221; The relatively strong bureaucratization of the party apparatus is inevitably accompanied by the development of conservative traditionalism with all its effects. It is better to exaggerate this danger than to underestimate it. The undeniable fact that the most conservative elements of the apparatus are inclined to identify their opinions, methods, and errors with the &#034;old Bolshevism,&#034; and seek to identify criticism of bureaucratism with the destruction of tradition&#8212;this fact, I say, is already in itself the undeniable expression of a certain ideological petrification.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marxism is a method of historical analysis, of political orientation, and not a mass of decisions prepared in advance. Leninism is the application of this method in the conditions of an exceptional historical epoch. It is precisely this union of the particularities of the epoch and the method which determines this courageous and assured policy of abrupt turns of which Lenin gave us the most beautiful models, and which he has more than once clarified theoretically and generalized. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6309&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6309&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky in &#034;Lessons of October&#034; (1924) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Considered in the light of our own experience, the experience of the battles of recent years in Europe and principally in Germany, shows us that there are two categories of leaders inclined to pull the Party backward at the moment when it needs to make the greatest leap forward. Some are inclined to see primarily the difficulties and obstacles, and to assess each situation with the bias, sometimes unconscious, of avoiding action. For them, Marxism becomes a method used to motivate the impossibility of revolutionary action. The Russian Mensheviks represented the most characteristic specimens of this type of leader. But this type is not limited to Menshevism and, at the most critical moment, reveals itself in the most revolutionary party, among the militants occupying the highest positions. The representatives of the other category are superficial agitators. They do not see the obstacles until they encounter them head-on. Their habit of evading real difficulties by juggling with words, their extreme optimism in all matters, inevitably turn into impotence and pessimism when the moment of decisive action comes. For the first type, for the petty, petty revolutionary, the difficulties of seizing power are only the accumulation and multiplication of all the difficulties he is accustomed to seeing in his path. For the second type, for the superficial optimist, the difficulties of revolutionary action always arise suddenly. In the period of preparation, these two men behave differently : one appears as a skeptic on whom it is impossible to firmly rely from a revolutionary point of view ; the other, on the other hand, may seem an ardent revolutionary. But, at the decisive moment, both march hand in hand, rise up against the insurrection. Yet all the preparatory work is of value only to the extent that it makes the Party, and especially its leading organs, capable of determining the moment of the insurrection and of directing it. For the task of the Communist Party is to seize power in order to proceed with the remaking of society. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1461&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1461&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky in &#034;The Questions of the Internal Party Regime&#034; (1928) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Lenin and we with him feared, above all, that the Russian Communist Party, with its powerful state resources at its disposal, would exert an excessive, crushing influence on the young parties of the West that had just been organized. Lenin tirelessly issued warnings against a premature increase in centralism, against any exaggerated advance of the Executive Committee and the Presidium in this direction, and especially against forms and methods of assistance that would be transformed into direct command, admitting no recourse to appeal.&lt;br class='autobr' /&gt;
The break occurred in 1924, under the name of &#034;Bolshevization.&#034; If by Bolshevization we mean the cleansing of the party by the elimination of heterogeneous elements and habits, that of the Social Democratic functionaries clinging to their posts, of the Freemasons, of the pacifist democrats, of the spiritualist confusionists, etc., then this task was accomplished from the first day of the existence of the Communist International ; at the Fourth Congress it took very active forms with regard to the French Communist Party. But this real Bolshevization was indissolubly linked, in the past, to the specific experience of the national sections of the Communist International and spread from this experience ; its touchstone was questions of national policy, which rose to become international problems. The &#034;Bolshevization&#034; of 1924 was only a caricature ; The gun was put to the heads of the leading organizations of the Communist Parties, demanding that they, without information or debate, immediately and definitively take a position on the internal differences of opinion within the Communist Party of the USSR ; they knew in advance that the positions taken would determine their continued membership in the Communist International or their expulsion from its ranks.&lt;br class='autobr' /&gt;
However, in 1924, the European Communist Parties did not have the means to resolve the problems posed by the Russian discussion, where two principled tendencies were barely emerging in the new stage of the dictatorship of the proletariat. It is obvious that after 1924, the work of purification remained indispensable, and in many sections, heterogeneous elements were rightly eliminated. But, considered as a whole, &#034;Bolshevization&#034; consisted each time in disorganizing the leaderships that were forming in the Western Communist Parties, using as a wedge the Russian differences that the State apparatus was driving in with a hammer. All this was hidden under the banner of the fight against factionalism.&lt;br class='autobr' /&gt;
When, within the party of the proletarian vanguard, factions begin to crystallize, threatening to render it unfit for combat for a long time, it is obvious that the party is forced to make a decision : should it allow time to carry out a further verification, or should it immediately recognize that the split is inevitable ? A fighting party cannot be a sum of factions pulling this way and that. In its general form, this idea is incontestable. But to use the split as a preventive means against divergences of opinion, to amputate any group or grouping that makes the voice of criticism heard, is to transform the inner life of the party into a succession of organizational abortions. Such methods, far from contributing to the perpetuation and development of the species, only exhaust the generative organism, that is, the party. The struggle against the factional spirit becomes more dangerous than this spirit itself.&lt;br class='autobr' /&gt;
At present, the original founders of almost all the world's communist parties have been expelled from the International, including its former president. In almost all parties, the groups that guided its development for two consecutive periods have been expelled or sidelined. In Germany, the Brandler group now has only one foot in the party ; the Maslow group has not crossed its threshold. In France, the former groups of Rosmer-Monatte, Loriot, and Souvarine have been expelled ; the same is true of the Girault-Treint group, which held the leadership during the following period. In Belgium, the Van Overstraeten group has been expelled. If Bordiga's group, which gave birth to the Italian Communist Party, is only half expelled, this is explained by the conditions of the fascist regime. In Czechoslovakia, Sweden, Norway, the United States, in a word, in almost all the parties of the world, more or less analogous events have occurred since the death of Lenin. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6671&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6671&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
The revolutionary party, seen by Trotsky in 1931 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1461&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1461&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky in &#034;Answer to questions concerning the United States&#034; (1940) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;First of all, what characterizes a proletarian party ? No one is obliged to be an activist in a revolutionary party, but if they do, they take their party seriously. When one dares to call the people to a revolutionary change in society, one bears an enormous responsibility that must be taken very seriously. And what is our theory, if not simply the tool of our action ? This tool is Marxist theory, because, until now, we have not found a better one. A worker does not indulge in any fanciful things with his tools : if they are the best tools he can have, he takes great care of them ; he does not abandon them and does not demand fanciful tools, which do not exist.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Many revolutionary activists believe they summarize Lenin's thought by saying : we need a revolutionary party, and Trotsky's thought by saying that the crisis of society boils down to the absence of revolutionary leadership.&lt;br class='autobr' /&gt;
Of course, the party is a crucial issue. But what cook would say that the question of gastronomy boils down to adding a lot of salt ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Of course, we are victims here of the Stalinist version of the October Revolution and Bolshevism.&lt;br class='autobr' /&gt;
We will try here to show that our glorious predecessors did not see things that way. They were in favor of the working class intervening on the political terrain, unlike the anarchists, and seeking political power through revolution. But they did not isolate this question of the party from another crucial question : the link with the autonomous action of the masses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Many revolutionary activists forget that communist revolutionaries saw the proletariat as the revolutionary class, not its organizations, whether revolutionary or trade union.&lt;br class='autobr' /&gt;
The party or the union do not replace the class. The party or union activist who believes that his organization must decide... in place of the workers is not revolutionary, even if he honestly does not know it...&lt;br class='autobr' /&gt;
We do not want to develop a thesis according to which the spontaneity of the masses would be enough to solve all problems. We are in favor of the construction of a revolutionary party but we believe that the meaning of this is completely lost when activists believe that revolutionary organization is an end in itself.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article843&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article843&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Leon Trotsky in &#034;France at a Turning Point&#034; (March 1936) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Clearly understanding the social nature of modern society, its state, its law, its ideology constitutes the theoretical foundation of revolutionary politics. The bourgeoisie operates by abstraction (&#034;nation&#034;, &#034;fatherland&#034;, &#034;democracy&#034;) to camouflage the exploitation which is the basis of its domination. (...) The first act of revolutionary politics consists of unmasking the bourgeois fictions which poison the popular masses. These fictions become particularly harmful when they are amalgamated with the ideas of &#034;socialism&#034; and &#034;revolution.&#034; Today, more than at any other time, it is the makers of this kind of amalgamation who set the tone in French workers' organizations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Leon Trotsky in &#034;The Decisive Stage&#034; (June 1936) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;The slogan of committees can only be addressed by a true revolutionary organization, absolutely devoted to the masses, to their cause, to their struggle. The French workers have just shown once again that they are worthy of their historical reputation. We must trust them. Soviets were always born of strikes. The mass strike is the natural element of the proletarian revolution. From workshop to workshop, from factory to factory, from neighborhood to neighborhood, from city to city, the action committees must establish close liaison among themselves, meet in conferences by city, by branch of production, by district, in order to crown it all with a congress of all the action committees of France. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
A point that should never be forgotten : neither the revolutionary communist party nor the workers' state can replace the revolutionary proletariat&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4731&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4731&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Leon Trotsky in &#034;France at a Turning Point&#034; (March 28, 1936) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;The emancipation of the workers can only be the work of the workers themselves. There is therefore no greater crime than to deceive the masses, to pass off defeats as victories, friends as enemies, to buy off leaders, to fabricate legends, to mount imposture trials, - to do, in a word, what the Stalinists do. These means can only serve one end : to prolong the domination of a clique already condemned by history. They cannot serve the emancipation of the masses. This is why the Fourth International supports a fight to the death against Stalinism.&lt;br class='autobr' /&gt;
It goes without saying that the masses are not without sin. We are not inclined to idealize them. We have seen them in varied circumstances, at various stages, amidst the greatest upheavals. We have observed their weaknesses and their qualities. Their qualities : decision, self-denial, heroism, always found their highest expression in periods of revolutionary upsurge. At such times, the Bolsheviks led the masses. Another chapter of history then opened, when the weaknesses of the oppressed were revealed : heterogeneity, insufficient culture, lack of horizons. Tired, disappointed, the masses collapsed, lost faith in themselves, and gave way to a new aristocracy. In this period, the Bolsheviks (the &#034;Trotskyists&#034;) found themselves isolated from the masses. We have practically gone through two similar cycles : 1897-1905, years of flux ; 1907-1913, years of ebb ; 1917-1923, years marked by an unprecedented upsurge in history ; then a new period of reaction that is not yet over. Thanks to these events, the &#034;Trotskyists&#034; learned to understand the rhythm of history, in other words, the dialectic of the class struggle. They learned and, it seemed to me, succeeded in subordinating their subjective designs and programs to this objective rhythm. They learned not to despair because the laws of history do not depend on our individual tastes or our moral criteria. They learned to subordinate their individual tastes to these laws. They learned not to fear the most powerful enemies, if the power of these enemies is in contradiction with the requirements of historical development. They know how to go against the current with the profound conviction that the historical influx of a new power will carry them to the other bank. Not all ; many will drown on the way. But to participate in the movement with open eyes, with a tense will, such is indeed the moral satisfaction par excellence that can be given to a thinking being !&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Leon Trotsky in &#034;Their Morality and Ours&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Lenin explained to the lovers of &#034;concrete political problems&#034; that our policy is not of a conjunctural but of a principled character ; that tactics are subordinate to strategy ; that, for us, the fundamental meaning of each political campaign is to lead the workers from particular questions to general problems, that is to say, to bring them to the understanding of modern society and the character of its fundamental forces.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Leon Trotsky in &#034;Defense of Marxism&#034; in the paragraph &#034;against pseudo political &#034;realism&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Reactionary epochs like ours not only disintegrate and weaken the working class by isolating its vanguard, but also lower the general ideological level of the movement by throwing political thought far back, to stages long outdated. Under these conditions, the task of the vanguard is above all not to be carried away by the general ebb. It is necessary to go against the current. If the unfavorable balance of forces does not allow one to retain the political positions previously held, one must at least hold on to the ideological positions, for it is in them that the dearly paid-for experience of the past is concentrated. Such a policy appears to fools as &#034;sectarianism.&#034; In reality, it only prepares for a new gigantic leap forward, with the wave of the next historical upsurge.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Leon Trotsky in &#034;Bolshevism Against Stalinism&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;The world political situation as a whole is characterized above all by the historical crisis of the leadership of the proletariat. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Leon Trotsky in &#034;The Transitional Program&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Engels once wrote that Marx and he had remained in the minority all their lives and had always been 'well-off'. The periods when the movement of the oppressed classes rises to the level of the general tasks of the revolution represent the very rare exceptions in history.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Leon Trotsky in &#034;Moralists and Sycophants Against Marxism&#034; (1939) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;The revolutionary party, because it represents the permanent interests of the working class, is obliged, perhaps for the longest period of its existence, to struggle against the current, against petty-bourgeois conceptions. There are shorter moments in the party's existence when the grouping that has been able to struggle against the current goes with the current, and events come to give striking confirmation to its earlier conceptions.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Barta in a text from early August 1944 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;The party is not primarily an apparatus of activists or a mass of members, it is not primarily organizational structures. It is not only a leadership but above all an orientation, analyses, perspectives and a policy. The latter must not have as their criterion the safeguarding of the group, but first and foremost class interests. Communists have no particular interests of their group to defend, said Marx in &#8220;The Communist Manifesto&#8221;. Being a communist does not mean isolating oneself from the rest of the workers' movement, but neither does it mean putting one's flag in one's pocket as soon as there are clashes between opposing perspectives. The communist perspective is one that never forgets the perspective of the total, worldwide and definitive overthrow of capitalism, even in a period when this change might seem very distant, even if the workers themselves seem far from being sensitive to this perspective. Revolutionary communists do not use their particularity to turn away from the real workers' movement and withdraw. But neither do they practice opportunism, which consists of adapting to achieve greater success. In short, neither sectarianism nor opportunism : the path is narrow. Confidence in the communist future does not stem from trust in supreme leaders but from the abilities that proletarians have already demonstrated in history and from knowledge of the laws of class struggle.&lt;br class='autobr' /&gt;
In the past, it was revolutionary groups and parties that often did themselves far more harm than the bourgeoisie did to them. It was not in prisons, under torture, or in the face of firing squads that revolutionary groups theorized their retreats, their capitulations, their deviations, or their renunciations. On the contrary, it was at the height of their success that they yielded to the pressure of success. Even the Bolshevik Party. It was when they were in a position to play an important and even decisive role that revolutionary communist groups (at least those that claimed this perspective) retreated politically. It is not enough to denounce these renunciations. They must also be analyzed. They do not only concern their authors but all revolutionary activists. In this area too, those who do not learn from the lessons of the past will be caught up by it. The first lesson is that sectarianism and opportunism are twin brothers. The second is that those who place the organization (or its leadership) above perspectives, those who renounce theoretical analysis, are preparing themselves for a difficult future. It is not enough to claim to make a group a homogeneous body, supposedly impervious to external influences (especially that of other revolutionary groups) to build political cohesion. We must study, first study and study again&#8230; Study past struggles, the conditions of revolutions, the ways in which society and nature function. Those who continue to learn from the constantly changing world are not subject to the disease of self-centeredness. The world does not revolve around our navel. Staring at it with admiration or fascination cannot be a policy. Gargling the phrase &#034;party building&#034; is in no way a recipe for building it. Appropriating awareness of the workings of the world brings us much closer to it and also makes it much easier to one day join another movement of consciousness : that of a proletariat that will learn the lessons of its own experiences. Other shortcuts or so-called shortcuts lead to a wall...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deuxi&#232;me partie de : Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8221</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8221</guid>
		<dc:date>2025-06-22T22:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar, Alex, Bianco, charlie, DD, F. Kletz, Faber Sperber, Karob, Max, Melissa, Ramata, Robert Paris, Waraa</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? (Deuxi&#232;me partie) &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire ici la premi&#232;re partie de &#171; Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
DEUXIEME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
A L'EPOQUE IMPERIALISTE, UN PROGRAMME REVOLUTIONNAIRE DOIT NECESSAIREMENT ETRE INTERNATIONAL ET NON NATIONAL &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gens qui ne raisonnent pas dialectiquement confondent les vagues nationalistes avec un recul de la perspective d'union des prol&#233;taires du monde et du socialisme mondial, comme ils confondent (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique194" rel="directory"&gt;10 - Textes programmatiques de La Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? (Deuxi&#232;me partie)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8113&#034;&gt;Lire ici la premi&#232;re partie de &#171; Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEUXIEME PARTIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A L'EPOQUE IMPERIALISTE, UN PROGRAMME REVOLUTIONNAIRE DOIT NECESSAIREMENT ETRE INTERNATIONAL ET NON NATIONAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens qui ne raisonnent pas dialectiquement confondent les vagues nationalistes avec un recul de la perspective d'union des prol&#233;taires du monde et du socialisme mondial, comme ils confondent les p&#233;riodes o&#249; les luttes r&#233;formistes politiques et syndicales &#233;chouent avec l'impossibilit&#233; de triomphe des luttes r&#233;volutionnaires. De m&#234;me, ils croient que les p&#233;riodes contre-r&#233;volutionnaires ne sont pas aussi des p&#233;riodes o&#249; naissent les r&#233;volutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme est plus exacerb&#233; que jamais dans les phases o&#249; le capitalisme n'a plus de perspective, &#224; la fois parce qu'il est alors une mani&#232;re in&#233;galable de d&#233;tourner la col&#232;re et les craintes des exploit&#233;s et un moyen de renforcer l'Etat national des exploiteurs, une justification du fascisme et de la guerre. Mais cela ne signifie pas que le capitalisme soir r&#233;ellement alors &#171; national &#187;, m&#234;me quand sa propagande l'est. Malgr&#233; les divisions des bourgeoisies, malgr&#233; leur concurrence, malgr&#233; leurs guerres, malgr&#233; les oppositions bien r&#233;elles des Etats capitalistes et des imp&#233;rialismes, le capitalisme ne peut &#234;tre qu'un syst&#232;me mondial et le combat contre lui ne peut qu'&#234;tre mondial ou ne pas &#234;tre. Les partis de gauche, de la social-d&#233;mocratie au stalinisme, de gauche de la gauche et de la pseudo extr&#234;me gauche opportuniste ont un point commun : ils ne d&#233;veloppent en r&#233;alit&#233; que des programmes nationaux. Les syndicats font de m&#234;me. Les travailleurs ne sont jamais inform&#233;s du fait qu'ils sont porteurs d'un programme international de transformation sociale. Ils ne savent pas que ce simple fait d&#233;note le lien entre ces organisations et la classe poss&#233;dante, que cela d&#233;montre leur trahison pure et simple de tous les int&#233;r&#234;ts historiques des prol&#233;taires. Pour ces derniers, les fronti&#232;res nationales, loin d'&#234;tre une protection et une sauvegarde, sont des murs de prison. Et c'est encore plus vrai dans les pays imp&#233;rialistes ! Depuis la premi&#232;re guerre mondiale, l'appel &#224; la d&#233;fense de l'int&#233;r&#234;t national dans les pays les plus riches n'est rien d'autre que le tocsin des peuples qui sonne leur mise &#224; mort en masse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme international socialiste du prol&#233;tariat n'a aucun caract&#232;re national. Il n'est m&#234;me pas la somme des programmes nationaux des partis des travailleurs&#8230; On ne peut en effet concevoir un parti r&#233;volutionnaire qui ne soit pas une partie d'une organisation internationale, f&#251;t-elle encore &#224; construire. Pas plus que le pouvoir aux travailleurs sur le monde ne peut &#234;tre la somme de plusieurs &#171; socialisme dans un seul pays &#187; (selon l'expression criminelle et contre-r&#233;volutionnaire de Staline-Boukharine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'internationalisme n'est nullement un petit coup de chapeau aux prol&#233;taires des autres pays mais la conscience que notre destin est un et un seul. Le nationalisme n'est pas seulement une tendance dangereuse, un sentiment condamnable qui g&#234;ne le d&#233;veloppement de la conscience de classe, c'est le principal pi&#232;ge de l'ennemi de classe. Le nationalisme signifie tout simplement la trahison du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est parfaitement inconcevable de &#171; faire le socialisme &#187; dans un seul pays car on ne peut pas d&#233;passer le mode de production capitaliste qui a atteint le niveau mondial sans la coop&#233;ration des prol&#233;taires des plus grands pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de perspective socialiste qui ne soit l'aboutissement de la chute du mode de production capitaliste mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de programme socialiste et communiste qui ne soit &#233;nonc&#233; comme une perspective mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky &#233;crivait dans &#171; La r&#233;volution permanente &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La th&#233;orie du socialisme dans un seul pays, qui a germ&#233; sur le fumier de la r&#233;action contre Octobre, est la seule th&#233;orie qui s'oppose d'une mani&#232;re profonde et cons&#233;quente &#224; la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; A notre &#233;poque, qui est l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme, c'est-&#224;-dire de l'&#233;conomie mondiale et de la politique mondiale dirig&#233;es par le capitalisme, pas un seul Parti communiste ne peut &#233;laborer son programme en tenant essentiellement compte, &#224; un plus ou moins haut degr&#233;, des conditions et tendances de son d&#233;veloppement national. Cette constatation est aussi pleinement valable pour le parti exer&#231;ant le pouvoir dans les limites de l'U.R.S.S. Le 4 ao&#251;t 1914 sonna et pour toujours le glas de tous les programmes nationaux. Le parti r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat ne peut se fonder que sur un programme international correspondant au caract&#232;re de l'&#233;poque actuelle, l'&#233;poque de l'apog&#233;e et de l'effondrement du capitalisme. Un programme international communiste n'est en aucun cas une addition de programmes nationaux ou encore un amalgame de leurs caract&#232;res communs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le programme international doit proc&#233;der directement d'une analyse des conditions et des tendances de l'&#233;conomie mondiale et du syst&#232;me politique mondial dans leur ensemble dans tous ses rapports et dans toutes ses contradictions, c'est-&#224;-dire avec l'interd&#233;pendance antagoniste de ses diff&#233;rentes parties. A l'&#233;poque actuelle, bien plus que par le pass&#233;, l'orientation nationale du prol&#233;tariat ne doit et ne peut que d&#233;couler/provenir de l'orientation mondiale et non l'inverse. C'est en cela que r&#233;side la diff&#233;rence fondamentale et primaire entre l'internationalisme communiste et toutes les vari&#233;t&#233;s de socialisme national&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il poursuit ainsi : &#171; En reliant entre eux des pays et des continents qui se trouvent &#224; des &#233;tapes diff&#233;rentes de d&#233;veloppement par un syst&#232;me de d&#233;pendance et d'oppositions, en rapprochant ces divers niveaux de d&#233;veloppement, en dressant impitoyablement les pays les uns contre les autres, l'&#233;conomie est devenue une puissante r&#233;alit&#233; qui domine les r&#233;alit&#233;s diverses des pays et des continents. A lui seul, ce fait fondamental conf&#232;re un caract&#232;re tr&#232;s r&#233;aliste &#224; l'id&#233;e m&#234;me d'un Parti communiste mondial. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky &#233;crivait en juin 1929 dans sa critique du projet de programme de l'internationale stalinienne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'heure de la disparition des programmes nationaux a d&#233;finitivement sonn&#233; le 4 ao&#251;t 1914. Pour les communistes, la date du 4 ao&#251;t 1914 marque la fin de la IIe Internationale (sa &#171; faillite &#187;). La fraction du S.P.D. au Reichstag avait en effet vot&#233; les cr&#233;dits de guerre et accept&#233; la Burgfriede (paix civile) alors que les d&#233;put&#233;s socialistes fran&#231;ais faisaient de m&#234;me et s'engageaient dans l'union sacr&#233;e. Le Bureau socialiste international s'ajourna sine die : L&#233;nine ironisait sans douceur mais pas sans douleur sur le fait que &#171; ces gens-l&#224; &#187; n'avaient plus besoin d'une Internationale en temps de guerre. Le parti r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat ne peut se baser que sur un programme international correspondant au caract&#232;re de l'&#233;poque actuelle, celle du couronnement et de l'&#233;croulement du capitalisme. Un programme communiste international n'est nullement une somme de programmes nationaux ou un amalgame de leurs traits communs. Il doit prendre directement pour point de d&#233;part l'analyse des conditions et des tendances de l'&#233;conomie et de l'&#233;tat politique du monde, prises comme un tout, avec leurs liens et leurs contradictions, c'est-&#224;-dire avec la d&#233;pendance mutuelle opposant ses composantes entre elles. A l'&#233;poque actuelle, infiniment plus que pendant la pr&#233;c&#233;dente, le sens dans lequel se dirige le prol&#233;tariat au point de vue national doit et ne peut se d&#233;duire que de la direction prise dans le domaine international, et non pas vice versa. C'est en cela que consiste la diff&#233;rence fondamentale qui s&#233;pare au point de d&#233;part l'Internationale communiste des diverses vari&#233;t&#233;s de socialisme national. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle est donc &#171; l'analyse des conditions et des tendances de l'&#233;conomie et de l'&#233;tat politique du monde &#187; &#224; l'&#233;poque actuelle ? &lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re brique de construction du parti r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien mondial est l'analyse de la situation du capitalisme mondial actuel (et pas celle d'un seul pays).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me capitaliste, une fois mondialis&#233;, a atteint puis d&#233;pass&#233; ses propres limites, non pas en devenant p&#233;renne mais en devenant son propre destructeur. La masse de ses capitaux accumul&#233;s a d&#233;pass&#233; les capacit&#233;s d'absorption des march&#233;s financiers. La part des capitaux incapables de trouver des investissements rentables n'a cess&#233; de croitre. En 2007-2008, &#224; la suite du plus grand effondrement financier, bancaire, boursier et industriel de l'Histoire, il a admis qu'il ne se rel&#232;verait plus, d&#233;cidant de ne plus prendre que des mesures destin&#233;es &#224; gagner du temps mais plus jamais &#224; relancer l'&#233;conomie r&#233;elle, celle des investissements productifs du capital priv&#233;. Depuis, il a montr&#233; que des d&#233;penses massives de capitaux publiques permettaient de faire durer, mais aussi qu'elles ne faisaient qu'aggraver la chute des investissements productifs priv&#233;s. Le rapport entre la masse ph&#233;nom&#233;nale des capitaux priv&#233;s et les investissements productifs insuffisants ne cesse de grandir, agrandissant par la m&#234;me occasion le gouffre dans lequel plonge le syst&#232;me d'exploitation mondial. En effet, la chute relative des investissements productifs entraine celle de la plus-value extraite du travail humain, et la perte des profits r&#233;els, remplac&#233;s par des profits fictifs de la sp&#233;culation et des aides des Etats et des banques centrales (elles-m&#234;mes de plus en plus ruin&#233;es). Dans ces conditions, tous les plans de relance nationaux et toutes les pr&#233;tendues politiques nationales pour &#171; aider le pays &#187;, pour &#171; soutenir l'&#233;conomie &#187; ne sont que poudre aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi qu'on ne peut fonder un programme r&#233;volutionnaire sans prendre en compte le fait que le capitalisme est &#224; l'agonie. C'est pourtant exactement &#224; cette op&#233;ration d'auto-aveuglement que se livrent tous les r&#233;formistes politiques et syndicaux et toutes les fausses extr&#234;mes gauches opportunistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas tout. Le d&#233;roulement des luttes, des r&#233;voltes et des r&#233;volutions est effectivement marqu&#233; en premier par celui des effondrements du syst&#232;me. A preuve la vague de r&#233;voltes et de r&#233;volutions qui a parcouru le monde &#224; la suite de la chute du syst&#232;me capitaliste en 2007-2008. Et elle n'a pas diminuer en force qu'&#224; la faveur de la pand&#233;mie covid !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le signe que la vieille civilisation capitaliste s'&#233;teint, retournant &#224; la barbarie, pendant qu'une nouvelle civilisation nait dans les douleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle civilisation, port&#233;e par le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, ne pourra vraiment marquer l'Histoire qu'en d&#233;veloppant les perspectives propres du peuple travailleur, &#224; savoir les conseils r&#233;volutionnaires autrement appel&#233;s soviets (m&#234;me si ce terme a &#233;t&#233; ensuite d&#233;voy&#233; par le stalinisme). L&#224; encore la perspective des soviets et de leur prise de pouvoir n'a rien de national, rien de russe, rien non plus de vieillot. C'est bel et bien la seule perspective politique et sociale moderne, le sens m&#234;me que l'histoire des luttes prol&#233;tariennes, qui peut seule permettre de sortir de l'orni&#232;re o&#249; nous jette le monde fini du capitalisme. Et cette perspective historique n&#233;cessite d'&#234;tre celle de toutes les luttes, grandes comme petites, y compris de simples gr&#232;ves &#224; buts &#233;conomiques ou sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas pr&#233;tendre vouloir construire le parti ouvrier r&#233;volutionnaire, sans r&#233;pondre aux conditions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Avoir une confiance profonde dans les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires auto-organis&#233;es de la masse du prol&#233;tariat et ne pas croire en sa seule avant-garde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Avoir une ferme conscience socialiste et ne d&#233;velopper la critique du monde capitaliste que d'un point de vue de l'avenir, c'est-&#224;-dire du socialisme et jamais du d&#233;mocratisme petit-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Ne pas d&#233;fendre des int&#233;r&#234;ts d'organisation, sous pr&#233;texte d'aller plus vite au parti, mais d&#233;fendre seulement les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat. Ne pas se contenter de la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques imm&#233;diats mais favoriser toujours, chaque fois o&#249; c'est possible, l'intervention politique des prol&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Dans toute question locale, voir l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral des travailleurs et dans toute question &#224; l'&#233;chelle nationale voir toujours l'int&#233;r&#234;t international du prol&#233;tariat. Dans toutes les questions revendicatives, ne pas se contenter de revendications r&#233;formistes et poser toujours la question de mani&#232;re &#224; montrer comment la lutte m&#232;ne &#224; celle pour renverser le syst&#232;me capitaliste (revendications transitoires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Dans les interventions syndicales ou &#233;lectorales, ne jamais consid&#233;rer d'abord les int&#233;r&#234;ts de groupe mais les int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux des travailleurs. Toujours se pr&#233;occuper d'abord de d&#233;fendre la conscience socialiste des travailleurs. Ne pas craindre de critiquer publiquement et virulemment les directions r&#233;formistes politiques et syndicales et d&#233;masquer toutes leurs tromperies et trahisons, critiques qui seront pr&#233;cieuses quand ces organisations, lors de la mont&#233;e r&#233;volutionnaire, voudront se faire passer pour radicales afin de chevaucher la mont&#233;e des luttes et de d&#233;tourner la r&#233;volution sociale. Ne pas craindre de d&#233;noncer les fausses extr&#234;mes gauches opportunistes qui peuvent, dans des circonstances r&#233;volutionnaires, jouer un r&#244;le extr&#234;mement n&#233;gatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) Ne jamais limiter son combat &#224; la d&#233;fense d'un peuple, d'une nation, d'une religion, d'une culture. Les travailleurs r&#233;volutionnaires n'ont pas de patrie, pas de nation, pas de religion, pas de communaut&#233; autre que la communaut&#233; humaine. Mais ils se battent contre toutes les formes d'oppression. Ne jamais craindre de se heurter aux pr&#233;jug&#233;s nationalistes, racistes, corporatistes et autres qui trainent dans la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) Ne jamais isoler socialement et politiquement le prol&#233;tariat de toutes les couches sociales (artisans, petits commer&#231;ants, paysans, petits p&#234;cheurs, petites professions lib&#233;rales, jeunes, ch&#244;meurs, femmes, nationalit&#233;s et religions opprim&#233;es) qui commencent &#224; se r&#233;volter et qu'il est appel&#233; &#224; diriger pour gagner la r&#233;volution. Construire au contraire le programme du prol&#233;tariat pour que celui-ci prenne la t&#234;te de toutes ces couches et les s&#233;pare du grand capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176;) Ambitionner d'abord les meilleures id&#233;es pour les plus grandes avanc&#233;es du prol&#233;tariat et pas seulement les meilleures avanc&#233;es de son organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9&#176;) Ne pas s'adresser en priorit&#233; aux militants syndicalistes ou politiques de gauche ni &#224; l'aristocratie ouvri&#232;re qui les fr&#233;quente et qui se croit adapt&#233;e au capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#176;) D&#233;velopper une analyse de la situation des classes exploiteuses et pas d'abord des souffrances des exploit&#233;s ! C'est cette situation qui d&#233;termine la politique des classes dirigeantes capitalistes et, du coup, la politique qui est n&#233;cessaire au prol&#233;tariat. La base d'une telle analyse est l'&#233;tude de l'effondrement historique du syst&#232;me mondial initi&#233;e en 2007-2008 et dont les cons&#233;quences sont encore en plein d&#233;veloppement (vague des r&#233;volutions, pand&#233;mie, fascismes, guerres et mont&#233;e de la guerre mondiale). Sans une telle analyse, pas question de parti r&#233;volutionnaire et la classe ouvri&#232;re se bat les yeux band&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE ANTI IMPERIALISTE ET ANTI COLONIALE CONTRE L'IMPERIALISME ET LE COLONIALISME : LA QUESTION DU DROIT A L'AUTO-DETERMINATION ET LA QUESTION NATIONALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; question nationale &#187; est elle aussi une question dialectique. Ainsi, c'est le prol&#233;tariat qui, bien qu'il ne soit pas une classe nationale, est le seul capable de poser jusqu'au bout une question nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aspirer &#224; disposer de son propre pays c'est-&#224;-dire un Etat qui nous prot&#232;gerait, est comme aspirer &#224; &#234;tre propri&#233;taire, aspirer &#224; disposer d'un petit capital, aspirer &#224; un emploi fixe et bien pay&#233;, ce sont des aspirations petites-bourgeoises, illusoires dans une phase cataclysmique du capitalisme d&#233;liquescent. Cela ne signifie pas qu'on r&#233;prouve ces aspirations mais qu'on affirme que jamais la soci&#233;t&#233; aux mains du grand capital ne pourra vous assurer de tels buts. La seule perspective r&#233;elle pour toutes les aspirations qui ne soient pas celles de l'infime minorit&#233; de capitalistes est la r&#233;volution socialiste et elle ne peut r&#233;ussir que si elle est dirig&#233;e par le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. Les partis et les syndicats r&#233;formistes ne d&#233;veloppent des revendications ouvri&#232;res que sur le mode des aspirations petites bourgeoises qui ne m&#232;nent nullement au renversement de la dictature des possesseurs de capitaux. Ce qu'il faut c'st l'inverse : que toutes les aspirations populaires, y compris petites bourgeoises, m&#232;nent &#224; passer sous la direction du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. Tel est l'un des buts du programme r&#233;volutionnaire : non &#224; m&#233;priser les aspirations non r&#233;volutionnaires mais &#224; vouloir les diriger dans le sens de la r&#233;volution et du socialisme, c'est-&#224;-dire de la mainmise du peuple travailleur sur la totalit&#233; du capital et de ses Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rejeter radicalement le nationalisme ne signifie nullement refuser tout droit national aux peuples opprim&#233;s et n'accorder aucun soutien aux luttes des peuples opprim&#233;s. Par contre, cela signifie mettre le prol&#233;tariat international &#224; la t&#234;te des luttes de tous les opprim&#233;s. Cela signifie aussi refuser toute entente avec l'imp&#233;rialisme, f&#251;t-ce soi-disant pour permettre &#224; un peuple opprim&#233; d'obtenir satisfaction. On ne doit jamais placer la lutte du prol&#233;tariat en second mais en premier ! C'est au prol&#233;tariat de diriger l'ensemble des luttes contre le grand capital et il doit diriger ces luttes vers la suppression mondiale du capitalisme. Toute alliance avec une couche sociale opprim&#233;e ne peut &#234;tre qu'&#224; ces conditions. A ces conditions, la lutte nationale des peuples peut participer largement au combat contre l'imp&#233;rialisme et pour sa suppression totale et d&#233;finitive sur toute la plan&#232;te. L'exemple de la r&#233;volution russe, qui n'a triomph&#233; qu'en &#233;tant une r&#233;volution ouvri&#232;re autant que paysanne et des nationalit&#233;s, le prouve pleinement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que l'imp&#233;rialisme ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on pense &#224; l'imp&#233;rialisme, on pense souvent, &#224; tort, aux seuls USA et surtout aux agressions guerri&#232;res et le fondement &#233;conomique est oubli&#233;. Mais surtout, ce qui est omis, c'est le fondement en termes de luttes de classes de la soci&#233;t&#233; actuelle qui donne naissance &#224; cet imp&#233;rialisme. Car ce dernier est la forme prise par la domination d'une classe exploiteuse sur une classe exploit&#233;e et son avenir ne d&#233;pend pas des aspirations &#224; la paix et &#224; la d&#233;mocratie mais de la capacit&#233; r&#233;volutionnaire de la classe exploit&#233;e de s'organiser en vue de la destruction plan&#233;taire et d&#233;finitive du capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;veloppant des m&#233;tropoles o&#249; sont stock&#233;es les masses de capital tir&#233;es du monde entier, l'imp&#233;rialisme a pu entretenir l'illusion que les peuples travailleurs des pays riches avaient int&#233;r&#234;t &#224; prot&#233;ger le syst&#232;me. C'est l'une des plus dangereuses illusions r&#233;formistes qu'il faut d&#233;molir. Le prol&#233;tariat des pays riches n'a pas moins int&#233;r&#234;t &#224; la destruction de l'imp&#233;rialisme que celui des pays pauvres. Le sort du prol&#233;tariat allemand sous Hitler en donne une cuisante d&#233;monstration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains courants proposent d'affaiblir, de mettre dans sa poche m&#234;me, la lutte des classes, afin de mieux - disent-ils - unir tous ceux que r&#233;volte l'imp&#233;rialisme. C'est &#244;ter au combat sa perspective communiste de destruction du syst&#232;me capitaliste. C'est faire croire qu'il y a une voix anti-imp&#233;rialiste qui serait autre que l'action communiste du prol&#233;tariat. Cette d&#233;nonciation des crimes de l'imp&#233;rialisme sans perspective de sa destruction, m&#234;me quand elle est honn&#234;te, ne m&#232;ne que dans le mur les luttes. Elle permet &#224; des leaders, comme les nationaliste bourgeois et petits bourgeois, qui veulent seulement am&#233;nager &#224; leur profit l'imp&#233;rialisme, de prendre la direction des luttes prol&#233;tariennes &#224; vocation r&#233;volutionnaire et de les amener dans une impasse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les prol&#233;taires communistes r&#233;volutionnaires n'ont pas &#224; nier ni &#224; rejeter les aspirations nationales d&#233;mocratiques et anti-imp&#233;rialistes des masses populaires car cela reviendrait &#224; rejeter ces masses entre les mains de leurs ennemis bourgeois et petits bourgeois. Ils doivent prendre la t&#234;te de ces luttes et donner une perspective communiste au combat contre l'imp&#233;rialisme : la destruction de l'ordre capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'oublions pas que le peuple de Paris en 1871 &#233;tait dirig&#233; par des aspirations d&#233;mocratiques et nationales et que c'est parce qu'il s'est organis&#233; de mani&#232;re autonome sur des bases de classe qu'il a donn&#233; &#224; la la Commune de 1871 ce caract&#232;re de premier pouvoir prol&#233;tarien au monde...&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;finition la plus couramment donn&#233;e, et tout &#224; fait fausse, est la suivante : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#034;L'imp&#233;rialisme est une strat&#233;gie politique de conqu&#234;te visant la formation d'empires. Ce terme est parfois employ&#233; pour d&#233;signer plus particuli&#232;rement le n&#233;o-colonialisme. Par extension, imp&#233;rialisme d&#233;signe tout rapport de domination &#233;tabli par une nation ou une conf&#233;d&#233;ration sur un autre pays.&#034;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une strat&#233;gie de conqu&#234;te menant &#224; des empires ne d&#233;crirait certainement pas l'imp&#233;rialisme que nous connaissons qui est l'imp&#233;rialisme du capitalisme bien diff&#233;rent de celui de l'empire d'&#201;gypte, de l'empire romain ou de l''empire arabe. L'imp&#233;rialisme capitaliste n'est pas (ou pas seulement) la formation par conqu&#234;te militaire d'un empire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le but n'est pas des territoires mais des investissements de capitaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit pas d'une strat&#233;gie mais d'une phase historique du syst&#232;me. Dire que c'est une strat&#233;gie sous-entend que l'on pourrait changer de strat&#233;gie et avoir un capitalisme moins guerrier ou moins conqu&#233;rant.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'imp&#233;rialisme n'est pas &#034;une politique d'expansion&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#034;L'imp&#233;rialisme est une immense accumulation de capital-argent dans un petit nombre de pays.&#034;&lt;/i&gt; L&#233;nine dans &#034;L'imp&#233;rialisme, stade ultime du capitalisme&#034; (1916)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son ouvrage &#171; L'imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme &#187;, L&#233;nine d&#233;crit l'imp&#233;rialisme en 5 points :&lt;br class='autobr' /&gt;
1) concentration de la production et du capital parvenue &#224; un degr&#233; de d&#233;veloppement si &#233;lev&#233; qu'elle a cr&#233;&#233; les monopoles, dont le r&#244;le est d&#233;cisif dans la vie &#233;conomique ;&lt;br class='autobr' /&gt;
2) fusion du capital bancaire et du capital industriel, et cr&#233;ation, sur la base de ce &#034;capital financier&#034;, d'une oligarchie financi&#232;re ;&lt;br class='autobr' /&gt;
3) l'exportation des capitaux, &#224; la diff&#233;rence de l'exportation des marchandises, prend une importance toute particuli&#232;re ;&lt;br class='autobr' /&gt;
4) formation d'unions internationales monopolistes de capitalistes se partageant le monde, et&lt;br class='autobr' /&gt;
5) fin du partage territorial du globe entre les plus grandes puissances capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il le qualifie de &#171; stade supr&#234;me &#187; et aujourd'hui, l'imp&#233;rialisme a atteint son stade pourrissant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meurtrier pour les peuples, destructeur de la sant&#233; publique, pand&#233;mique, et en route vers la chute mondiale, &#233;conomique, immobili&#232;re, industrielle, financi&#232;re, bancaire, inflationniste et guerri&#232;re, c'est le stade de la barbarie fasciste de destruction massive, du massacre et de la terreur g&#233;n&#233;ralis&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;dia et les gouvernements eux-m&#234;mes sont oblig&#233;s de reconnaitre que le monde tourne &#224; l'horreur et que ceux qui n'y sont pas plong&#233;s eux-m&#234;mes sont horrifi&#233;s&#8230; Ce n'est pas des jeux, ce n'est pas des films pour se faire peur, c'est l'actualit&#233; des r&#233;pressions, des dictatures, des guerres et guerres civiles de la plan&#232;te enti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des r&#233;gions enti&#232;res de la plan&#232;te baignent dans le sang, des peuples entiers sont d&#233;plac&#233;s, apeur&#233;s, d&#233;cim&#233;s, parqu&#233;s dans des camps, viol&#233;s, massacr&#233;s&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le reste du monde assiste &#224; ces sc&#232;nes d'horreur, justifie g&#233;n&#233;ralement l'un des camps en guerre, le soutient, l'arme, le pousse &#224; la guerre m&#234;me, alors qu'il pratique aussi bien que son adversaire le massacre des civils, des milliers de gens d&#233;sarm&#233;s, innocents, pris entre deux feux. Tout est fait pour faire croire que le seul choix est de soutenir l'un des camps, ou encore de se contenter d'appeler &#224; la paix (ou m&#234;me seulement au cessez-le-feu humanitaire), de mani&#232;re plaintive, sans remettre en question le pouvoir de ceux qui s'en servent pour jeter la plan&#232;te dans le sang et la mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand les gouvernants en sont r&#233;duits &#224; la seule violence directe, c'est que la dynamique capitaliste est morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat dans la question nationale, un produit de l'analyse de l'imp&#233;rialisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme pr&#233;tend justifier ses interventions sanglantes partout dans le monde par la n&#233;cessit&#233; de lutter pour sauvergarder les peuples contre le terrorisme, la dictature, les pouvoirs guerriers, massacreurs et oppressifs, etc. Il affirme agir aussi pour d&#233;fendre la paix et la s&#233;curit&#233; de tous les peuples, &#224; commencer par celui de son pays. Ce sont de grossiers mensonges et il serait ais&#233; de les d&#233;masquer mais les gauches et les syndicats s'en gardent bien. Il est remarquable que les r&#233;formistes et les opportunistes qui ont du poids au sein de la classe ouvri&#232;re contribuent &#224; faire croire &#224; ces justifications mensong&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'imaginer que les extr&#234;mes gauches opportunistes n'auraient quand m&#234;me aucun mal &#224; se d&#233;marquer sur la question de l'imp&#233;rialisme mais ce serait faire une grossi&#232;re erreur. Certes, ils n'&#233;conomisent pas les reproches moraux &#224; l'&#233;gard de certains pays imp&#233;rialistes, mais pas tous et pas en premier le leur quand ils militant dans un pays imp&#233;rialiste. Et ils se gardent de s'attaquer publiquement &#224; leur propre imp&#233;rialisme. Ils sont trop attach&#233;s aux appareils syndicaux et &#224; l'aristocratie ouvri&#232;re qui est pleine d'illusions petites bourgeoises pour &#234;tre capables de porter une politique r&#233;volutionnaire contre l'imp&#233;rialisme. Et justement cette pseudo extr&#234;me gauche se garde bien d'utiliser ses deux principales interventions publiques (les &#233;lections bourgeoises et les syndicats) pour combattre les positions imp&#233;rialistes au sein du prol&#233;tariat et du grand public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux gauchistes (gauche communiste), ils rejettent toute notion d'imp&#233;rialisme, consid&#233;rant que toutes les nations, tous les Etats sont bourgeois, que toute aspiration contre une oppression nationale est bourgeoise et que la petite bourgeoisie est identique &#224; la grande, capitaliste, et affirmant que les pays pauvres sont aussi pourris que les pays riches, confondant ainsi la r&#233;probation morale et la politique r&#233;volutionnaire. Bien entendu, nous ne pr&#233;tons aucune qualit&#233; ni socialiste ni r&#233;volutionnaire ni rien aux bourgeoisie nationales des pays pauvres et opprim&#233;s par l'imp&#233;rialisme. Mais, suivant ainsi la politique exprim&#233;e dans la th&#233;orie de l'imp&#233;rialisme de L&#233;nine et dans la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente de Trotsky, nous estimons que ce serait d&#233;sarmer le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire mondial que de lui &#244;ter une bombe explosive pour d&#233;truire d&#233;finitivement et mondialement l'imp&#233;rialisme. L&#233;nine comme Trotsky ont toujours eu &#224; c&#339;ur que le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire prenne la t&#234;te des opprim&#233;s, y compris ceux victimes d'une oppression nationale, raciale ou religieuse, estimant que les couches petites-bourgeoises, seules, sont incapables de nuire fondamentalement au capitalisme et &#224; l'im&#233;prialisme mais que le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, se portant &#224; la t&#234;te de ces luttes, est parfaitement capable d'ne faire une arme r&#233;volutionnaire en vue du socialisme mondial. C'est l'un des points essentiels qui d&#233;coulent de l'analyse de l'imp&#233;rialisme et un point que les gauches communistes (gauchistes) r&#233;cusent et que les extr&#234;mes gauches opportunistes se gardent de se rappeler, ne voulant pas rompre avec leurs amis bureaucrates syndicaux et membres de l'aristocratie ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le prol&#233;tariat doit-il se battre aux c&#244;t&#233;s de la petite bourgeoisie r&#233;volt&#233;e, de la jeunesse, des femmes et autres couches sociales victimes du capitalisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute l'extr&#234;me gauche, on trouve sous diverses formes des r&#233;ticences &#224; consid&#233;rer que les luttes populaires avec une participation de la petite bourgeoisie ne concernent pas le prol&#233;tariat et n'ont rien &#224; voir avec la lutte r&#233;volutionnaire pour le pouvoir aux travailleurs et le socialisme et on trouve &#233;galement des prises de positions qui attribuent &#224; l'inverse des capacit&#233;s r&#233;volutionnaires aux directions petites bourgeoises. Les deux positions, apparemment inverses, s'&#233;loignent tout autant de la vraie politique r&#233;volutionnaire prol&#233;tarienne. Les deux laissent les petits bourgeois r&#233;volt&#233;s sous une direction qui ne peut que les conduire dans l'impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en France, l'extr&#234;me gauche (par exemple LO et NPA) s'est tenue en grande partie &#224; l'&#233;cart de la lutte des Gilets jaunes et s'est gard&#233; de combattre l'hostilit&#233; violente des appareils syndicaux &#224; l'&#233;gard de ce mouvement. Elle a pr&#233;text&#233; que des petits patrons (souvent en r&#233;alit&#233; des petits auto-entrepreneurs c'est-&#224;-dire des travailleurs auto-exploit&#233;s) y participaient. Et la France n'est pas une exception : bien des groupes d'extr&#234;me gauche ont consid&#233;r&#233; que le prol&#233;tariat n'&#233;tait pas la direction politique des mouvements d&#233;but&#233;s avec la &#171; vague des printemps &#187; de 2010-2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat est aux antipodes de telles prises de position. Ainsi, Trotsky comme L&#233;nine n'ont cess&#233; d'attribuer au prol&#233;tariat le r&#244;le de direction des luttes de la petite bourgeoisie et notamment de la paysannerie. Et c'est en se portant &#224; la t&#234;te de toutes les classes et couches sociales r&#233;volt&#233;es que le prol&#233;tariat devient non seulement capable de porter des coups au capitalisme et &#224; l'imp&#233;rialisme mais de prendre la t&#234;te de toute la soci&#233;t&#233;, de prendre le pouvoir et de le garder. Et c'est seulement ainsi que ces luttes participent de la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les exemples historiques sont clairs : il n'y a jamais eu de &#171; puret&#233; de classe &#187; dans les r&#233;volutions prol&#233;tariennes ! Qui peut ignorer la participation directe de la petite bourgeoisie aux c&#244;t&#233;s du prol&#233;tariat dans les r&#233;volutions en France en 1848, en 1871, dans le pouvoir de la Commune de Paris, dans les r&#233;volutions de 1905 et 1917 (f&#233;vrier et octobre) en Russie, dans la r&#233;volution espagnole, pour ne citer que celles-l&#224; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, si ce discours, qui est actuellement tenu par certains anarchistes, certains gauches communistes, certains syndicalistes, certains anti-racistes et anti-fascistes, voulait dire que, dans les entreprises et les quartiers, les travailleurs doivent eux-m&#234;mes mettre en place des comit&#233;s de mobilisation au sein du mouvement, pas de probl&#232;me !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais se tenir &#224; l'&#233;cart et pousser les travailleurs &#224; s'en d&#233;solidariser sous pr&#233;texte qu'il y a des petits bourgeois, ou m&#234;me qu'il y a dedans des racistes ou des fascistes, c'est carr&#233;ment catastrophique ! N'y avait-il aucun raciste dans les r&#233;volutions prol&#233;tariennes du pass&#233; ?!!! Suffit-il qu'un raciste ou qu'un fasciste participe &#224; une gr&#232;ve ou une manifestation pour que nous refusions d'y participer ?!!!&lt;br class='autobr' /&gt;
A ce rythme l&#224;, personne ne risque de participer demain ni &#224; une manifestation, ni &#224; un piquet, ni &#224; un rassemblement et encore moins &#224; une r&#233;volution !!!!&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution prol&#233;tarienne n'a rien de pure socialement !!! Ceux qui l'ignorent n'ont jamais rien lu sur les r&#233;volutions !&lt;br class='autobr' /&gt;
Au lieu de puret&#233;, ce dont le prol&#233;tariat a urgemment besoin c'est d'organisation, c'est de comit&#233;s dans les quartiers et les entreprises !!! Les soviets qui &#233;taient &#224; leur naissance des organisations de quartier (et pas d'entreprises) m&#234;laient ouvriers et petits bourgeois !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce dont la classe ouvri&#232;re a besoin, c'est aussi d'objectifs de classe, qui ne soient pas des objectifs r&#233;formistes, qui ne craignent pas de s'attaquer au sacrosaint Etat bourgeois et &#224; la sacrosainte propri&#233;t&#233; priv&#233;e des capitaux et des moyens de production. C'est en d&#233;fendant son programme de classe au sein du mouvement social que le prol&#233;tariat peut y jouer un r&#244;le dirigeant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais certainement pas en rejetant en bloc tous les &#171; petits bourgeois &#187; et en les poussant ainsi dans les bras de la grande bourgeoisie et des fascistes !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les syndicats dirig&#233;s par la gauche : une politique constante de soutien ouvert ou cach&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme national d&#233;fendue au sein du prol&#233;tariat &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky &#233;crit dans &#171; Les syndicats &#224; l'&#233;poque de la d&#233;cadence imp&#233;rialiste &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il y a un aspect commun dans le d&#233;veloppement ou, plus exactement, dans la d&#233;g&#233;n&#233;rescence des organisations syndicales modernes dans le monde entier : c'est leur rapprochement et leur int&#233;gration au pouvoir d'&#201;tat. Ce processus est &#233;galement caract&#233;ristique pour les syndicats neutres, sociaux-d&#233;mocrates, communistes et anarchistes. Ce fait seul indique que la tendance &#224; s'int&#233;grer &#224; l'&#201;tat n'est pas inh&#233;rente &#224; telle ou telle doctrine, mais r&#233;sulte des conditions sociales communes pour tous les syndicats. Le capitalisme monopolisateur n'est pas bas&#233; sur la concurrence et sur l'initiative priv&#233;e, mais sur un commandement central. Les cliques capitalistes, &#224; la t&#234;te de trusts puissants, des syndicats, des consortiums bancaires, etc., contr&#244;lent la vie &#233;conomique au m&#234;me niveau que le pouvoir d'&#201;tat et, &#224; chaque instant, elles ont recours &#224; la collaboration de ce dernier. A leur tour les syndicats, dans les branches les plus importantes de l'industrie, se trouvent priv&#233;s de la possibilit&#233; de profiter de la concurrence entre les diverses entreprises. Ils doivent affronter un adversaire capitaliste centralis&#233;, intimement li&#233; au pouvoir de l'&#201;tat. De l&#224; d&#233;coule pour les syndicats, dans la mesure o&#249; ils restent sur des positions r&#233;formistes - c'est &#224; dire sur des positions bas&#233;es sur l'adaptation &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e - la n&#233;cessit&#233; de s'adapter &#224; l'&#201;tat capitaliste et de tenter de coop&#233;rer avec lui. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot d'ordre essentiel dans cette lutte est : ind&#233;pendance compl&#232;te et inconditionnelle des syndicats vis-&#224;-vis de l'&#201;tat capitaliste. Cela signifie : lutte pour transformer les syndicats en organes des masses exploit&#233;es et non en organes d'une aristocratie ouvri&#232;re. Le second mot d'ordre est : d&#233;mocratie dans Ies syndicats. Ce second mot d'ordre d&#233;coule directement du premier et pr&#233;suppose pour sa r&#233;alisation la compl&#232;te libert&#233; des syndicats vis-&#224;-vis de l'&#201;tat imp&#233;rialiste ou colonial. En d'autres termes, &#224; l'&#233;poque actuelle, les syndicats ne peuvent pas &#234;tre de simples organes de la d&#233;mocratie comme &#224; l'&#233;poque du capitalisme libr&#201;changiste, et ils ne peuvent pas rester plus longtemps politiquement neutres, c'est-&#224;-dire se limiter &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts quotidiens de la classe ouvri&#232;re. Ils ne peuvent pas &#234;tre plus longtemps anarchistes, c'est-&#224;-dire ignorer l'influence d&#233;cisive de l'&#201;tat sur la vie des peuples et des classes. Ils ne peuvent pas &#234;tre plus longtemps r&#233;formistes, parce que les conditions objectives ne permettent plus de r&#233;formes s&#233;rieuses et durables. Les syndicats de notre &#233;poque peuvent ou bien servir comme instruments secondaires du capitalisme imp&#233;rialiste pour subordonner et discipliner les travailleurs et emp&#234;cher la r&#233;volution, ou bien au contraire devenir les instruments du mouvement r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. La neutralit&#233; des syndicats est compl&#232;tement et irr&#233;m&#233;diablement chose pass&#233;e et morte avec la libre d&#233;mocratie bourgeoise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme il est impossible de revenir &#224; l'Etat d&#233;mocratique bourgeois, il est impossible de revenir &#224; la vieille d&#233;mocratie ouvri&#232;re. Le sort de l'un refl&#232;te le sort de l'autre. Il est un fait certain que l'ind&#233;pendance des syndicats, dans un sens de classe, dans leur rapport avec l'Etat bourgeois, ne peut &#234;tre assur&#233;e, dans les conditions actuelles, que par une direction compl&#232;tement r&#233;volutionnaire &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre les appareils bureaucratiques ne consiste pas seulement &#224; militer contre la bureaucratie &#224; l'int&#233;rieur des syndicats mais, d'abord et avant tout, &#224; se battre pour la construction de conseils de travailleurs, ind&#233;pendants des appareils et form&#233;s de d&#233;l&#233;gu&#233;s des assembl&#233;es prol&#233;tariennes &#233;lus et r&#233;vocables, se f&#233;d&#233;rant, d&#233;veloppant et diffusant le programme r&#233;volutionnaire, devenant progressivement le v&#233;ritable pouvoir d'Etat des travailleurs en armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; r&#233;volution permanente &#187;, seule th&#233;orie qui assume le caract&#232;re dialectique de la r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; r&#233;volution en permanence &#187; (encore appel&#233;e r&#233;volution permanente) est une philosophie du marxisme qui s'oppose &#224; l'&#233;tapisme, au gradualisme, au progressisme, au r&#233;formisme et &#224; l'opportunisme, depuis Marx et jusqu'&#224; Trotsky, et pas une analyse conjoncturelle d'une situation exceptionnelle et surtout pas un moyen d'attribuer un caract&#232;re fondamentalement r&#233;volutionnaire &#224; des forces sociales qui n'en poss&#232;dent pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Histoire ne progresse pas graduellement en suivant une par une les marches d'un escalier vers le ciel&#8230; Elle subit des r&#233;gressions brutales et violentes autant que des progressions qui peuvent m&#234;me sauter des &#233;tapes de la gradation historique. Des soci&#233;t&#233;s retardataires, des situations r&#233;actionnaires et m&#234;me des r&#233;gressions peuvent provoquer de brutales progressions r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;veloppement &#233;conomique, social et politique est sujet au d&#233;veloppement in&#233;gal et combin&#233; (au sens que des morceaux avanc&#233;s se combinent avec d'autres tr&#232;s en retard). &lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde ne progresse pas ensemble ni au m&#234;me rythme et les in&#233;galit&#233;s de d&#233;veloppement peuvent rendre certains maillons de la cha&#238;ne de domination des classes poss&#233;dantes mondiales plus fragiles que d'autres et la rupture de la cha&#238;ne en un point peut fragiliser mortellement l'ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les contradictions qui d&#233;coulent du d&#233;veloppement in&#233;gal et combin&#233; doivent &#234;tre comprises et utilis&#233;es &#224; fond par les r&#233;volutionnaires. Elles ont comme cons&#233;quences que la question nationale ne peut pas &#234;tre r&#233;solue dans le cadre du capitalisme et doit &#234;tre exploit&#233;e par le prol&#233;tariat. Elles ont pour cons&#233;quence que la lutte r&#233;volutionnaire doit p&#233;n&#233;trer la lutte pour des r&#233;formes et s'en servir comme transition. Elles ont aussi pour cons&#233;quence que c'est le prol&#233;tariat qui est le seul &#224; pouvoir r&#233;aliser des objectifs d&#233;mocratiques, pacifiques, lib&#233;rateurs pour les peuples opprim&#233;s, pour toutes les couches sociales non capitalistes, pour tous les opprim&#233;s. Et le programme r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat doit clairement mettre en avant ces objectifs. L'intervention des r&#233;volutionnaires doit se guider sur un programme de transition qui m&#232;ne des luttes nationales aux luttes internationales, des luttes pour des r&#233;formes aux luttes pour le socialisme, des luttes pour la paix &#224; la guerre r&#233;volutionnaire, etc&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les communistes r&#233;volutionnaires ne doivent pas se tenir &#224; l'&#233;cart ni appeler les prol&#233;taires &#224; se tenir &#224; l'&#233;cart des luttes r&#233;formistes, sans sombrer eux-m&#234;mes dans le r&#233;formisme, des luttes nationales, sans sombrer dans le nationalisme, des luttes petites bourgeoises, sans oublier le caract&#232;re prol&#233;tarien de leur combat, ils doivent allier les diff&#233;rents aspects contradictoires dans une seule lutte de classes r&#233;volutionnaire contre la classe capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux points programmatiques, sociaux et politiques d&#233;coulent de cette vision de la marche de la r&#233;volution sociale : programme de transition au lieu de la traditionnelle opposition entre programme r&#233;volutionnaire et programme r&#233;formiste, alliances possibles avec des couches petites bourgeoises et des peuples opprim&#233;s, front unique ouvrier, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pseudo et faux anti-imp&#233;rialisme de l'extr&#234;me gauche : un moralisme &#224; vomir ! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de voir dans les crimes actuels du capitalisme et de l'imp&#233;rialisme des moyens d'entrainer le prol&#233;tariat vers la conscience de ses t&#226;ches de transformation radicale, les fausses extr&#234;mes gauches diffusent de la r&#233;probation morale &#224; pleine dose&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les extr&#234;mes gauches opportunistes ont abandonn&#233; la notion d'imp&#233;rialisme de L&#233;nine. Loin d'y voir une &#233;volution objective du capitalisme li&#233;e aux limites de ce mode de production, ils d&#233;noncent des politiques individuelles, celle de N&#233;tanyahou, celle de Biden ou de Trump, celle de Poutine, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que la guerre mondiale s'&#233;tend de la Syrie &#224; l'Ukraine et de l'Arm&#233;nie &#224; la Palestine, les politiques pro-imp&#233;rialistes se cachent sous la pr&#233;tendue d&#233;fense des peuples et sous le couvert de l'indignation morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moralistes, bien ou mal intentionn&#233;s, y compris d'extr&#234;me gauche ou pr&#233;tendus tels, ne nous aident en rien &#224; nous y retrouver dans les embrouillaminis de la situation mondiale ni &#224; &#233;viter les pi&#232;ges imp&#233;rialistes et capitalistes contre le peuple travailleur du monde et pour d&#233;truire ses potentialit&#233;s r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moralistes d&#233;noncent tout ce qui leur d&#233;pla&#238;t mais n'expliquent rien, ne comprennent rien, n'arment en rien les travailleurs et les peuples, qu'ils d&#233;noncent les violences d'un camp ou d'un autre ou des deux, les guerres, les fascismes, les dictatures et m&#234;me &#233;ventuellement les classes poss&#233;dantes et les gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La morale n'explique rien, ni l'effondrement du capitalisme, ni les oppositions violentes entre imp&#233;rialismes, ni les r&#233;volutions, ni les contr&#233;r&#233;volutions dont les fascismes et les guerres. Elle ne permet rien, n'ouvre de perspective sur rien et surtout pas de perspective r&#233;volutionnaire prol&#233;tarienne qui lib&#232;re l'humanit&#233; du cauchemar o&#249; le capitalisme d&#233;liquescent pr&#233;tend l'engloutir,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moralistes, y compris l'extr&#234;me gauche opportuniste, demandent aux gouvernements de faire ce qui n'est pas l'int&#233;r&#234;t du grand capital, une absurdit&#233; en somme. Ils refusent la politique r&#233;volutionnaire face &#224; l'imp&#233;rialisme : pr&#244;ner la d&#233;faite de notre imp&#233;rialisme y compris dans la guerre, appeler les travailleurs &#224; d&#233;truire l'Etat capitaliste, y compris et surtout son arm&#233;e et sa police, rappeler que les travailleurs vont devoir s'armer eux-m&#234;mes et d&#233;noncer le pacifisme qui d&#233;sarme avant tout les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre l'Union sacr&#233;e ouverte de la CGT, hypocrite de l'extr&#234;me gauche &#233;lectorale (LO, NPA), le programme de Zimmerwald des r&#233;volutionnaires contre la premi&#232;re guerre mondiale et le capitalisme reprend toute son actualit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La guerre imp&#233;rialiste inaugure l'&#232;re de la r&#233;volution sociale. Toutes les conditions objectives de l'&#233;poque actuelle mettent &#224; l'ordre du jour la lutte r&#233;volutionnaire de masse du prol&#233;tariat. Les socialistes ont pour devoir, sans renoncer &#224; aucun des moyens de lutte l&#233;gale de la classe ouvri&#232;re, de les subordonner tous &#224; cette t&#226;che pressante et essentielle, de d&#233;velopper la conscience r&#233;volutionnaire des ouvriers, de les unir dans la lutte r&#233;volutionnaire internationale, de soutenir et de faire progresser toute action r&#233;volutionnaire, de chercher &#224; transformer la guerre imp&#233;rialiste entre les peuples en une guerre civile des classes opprim&#233;es contre leurs op-presseurs, en une guerre pour l'expropriation de la classe des capitalistes, pour la conqu&#234;te du pouvoir politique par le prol&#233;tariat, pour la r&#233;alisation du socialisme. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les revendications et les t&#226;ches des communistes r&#233;volutionnaires et du prol&#233;tariat contre les puissances coloniales et imp&#233;rialistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire est capable de combattre l'imp&#233;rialisme et d'abattre le capitalisme, m&#234;me si d'autres comme les terroristes se revendiquant de l'islam pr&#233;tendent le contraire. Les r&#233;volutionnaires et les travailleurs ne doivent pas combattre davantage tel ou tel imp&#233;rialisme et leur principale t&#226;che est de combattre l'imp&#233;rialisme de leur pays. Et cela passe par un programme anti-imp&#233;rialiste dans les m&#233;tropoles imp&#233;rialistes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;nonciation des superprofits imp&#233;rialistes sur le dos des peuples&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contr&#244;le des capitaux qui pillent les pays domin&#233;s par l'imp&#233;rialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expropriation et r&#233;quisition des entreprises imp&#233;rialistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droit &#224; l'auto-d&#233;termination et la question nationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppression de toute opposition entre nationaux et &#233;trangers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Union des peuples contre la domination imp&#233;rialiste, les peuples des pays imp&#233;rialistes soutenant tout effort des pays opprim&#233;s de se lib&#233;rer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppression de l'exploitation des pays opprim&#233;s par l'imp&#233;rialisme et les grands trusts et en rendre les richesses aux peuples&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppression de toutes les l&#233;gislations fascistes qui suscitent la haine entre les peuples et qui autorisent les pays riches &#224; faire mourir des migrants &#224; leurs fronti&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppression de tout profit sur le dos des exploit&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppression des oppressions nationales, raciales, ethniques et religieuses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppression des restrictions nationales : quiconque vit de son travail a le droit de vivre dans le pays de son choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les t&#226;ches des communistes r&#233;volutionnaires et du prol&#233;tariat dans les colonies et les pays domin&#233;s par l'imp&#233;rialisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;masquer les buts imp&#233;rialistes des grandes puissances :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6673&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6673&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6406&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6406&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5969&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5969&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve231&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve231&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve482&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve482&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3811&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3811&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;montrer que toute d&#233;faite de &#171; notre &#187; imp&#233;rialisme est une victoire des travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2597&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2597&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;montrer qu'il n'y aura pas pour les pays opprim&#233;s de solution autre que le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3668&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3668&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3812&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3812&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unir les prol&#233;taires et les peuples opprim&#233;s du monde dans le but clair et affich&#233; d'abattre d&#233;finitivement l'imp&#233;rialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7091&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7091&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6278&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6278&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unir travailleurs &#171; nationaux &#187; et immigr&#233;s et d&#233;velopper la prise de conscience internationaliste du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article262&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article262&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pr&#233;tendu antifascisme bourgeois ou r&#233;formiste, c'est la lutte contre la r&#233;volution socialiste ! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'extr&#234;me gauche opportuniste a soutenu les ennemis du prol&#233;tariat sous pr&#233;texte de lutte contre le fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7014&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7014&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique des communistes et du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire face &#224; la guerre ce n'est pas le pacifisme ni bourgeois ni anarchiste : &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7509&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7509&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1107&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1107&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1927&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1927&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article620&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article620&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;faitisme r&#233;volutionnaire, antimilitarisme et armement du prol&#233;tariat : le programme militaire de la r&#233;volution socialiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit le prol&#233;tariat mondial met fin au capitalisme, soit le capitalisme met fin &#224; l'humanit&#233; ! Quiconque rejette cette alternative dictature du prol&#233;tariat ou massacre mondial g&#233;n&#233;ralis&#233;, rejette &#233;galement toute chance d'avenir &#224; la soci&#233;t&#233; humaine. La IV &#232;me internationale sera celle du rel&#232;vera le drapeau du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire (le nombre quatre n'est pas un f&#233;tiche bien entendu et on peut aussi bien l'appeler 5&#232;me internationale).&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute la situation mondiale et, par cons&#233;quent, aussi la vie politique int&#233;rieure des divers pays, se trouve sous la menace de la guerre mondiale. La catastrophe imminente p&#233;n&#232;tre d&#233;j&#224; d'angoisse les masses les plus profondes de l'humanit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partis de gauche, syndicats et leurs soutiens d'extr&#234;me gauche r&#233;p&#232;tent la politique de trahison qui avait &#233;t&#233; celle de la premi&#232;re guerre mondiale de 1914 avec d'autant plus d'assurance qu'aucune organisation cons&#233;quente ne combat actuellement le chauvinisme et l'imp&#233;rialisme, toutes se fondant d'abord sur l'aristocratie ouvri&#232;re et l'Etat capitaliste. D&#232;s que le danger de guerre a pris un aspect concret, les staliniens, distan&#231;ant de loin les pacifistes bourgeois et petits-bourgeois sont devenus les champions de la pr&#233;tendue &#034;d&#233;fense nationale&#034;. Ils ne font d'exception que pour les pays fascistes, c'est-&#224;-dire pour ceux o&#249; ils ne jouent eux-m&#234;mes aucun r&#244;le. La lutte r&#233;volutionnaire contre la guerre retombe ainsi enti&#232;rement sur les &#233;paules de la IV&#176; Internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le succ&#232;s du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire dans la prochaine p&#233;riode (celle de la r&#233;volution et de la contr&#233;r&#233;volution) d&#233;pendra, avant tout, de sa politique dans la question de la guerre. Une politique correcte comprend deux &#233;l&#233;ments : une attitude intransigeante envers l'imp&#233;rialisme et ses guerres, et l'aptitude &#224; s'appuyer sur l'exp&#233;rience des masses elles-m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la question de la guerre, plus que dans toute autre question, la bourgeoisie et ses agents trompent le peuple par des abstractions, des formules g&#233;n&#233;rales, des phrases path&#233;tiques : &#034;neutralit&#233;&#034;, &#034;s&#233;curit&#233; collective&#034;, &#034;armement pour la d&#233;fense de la paix&#034;, &#034;d&#233;fense nationale&#034;, &#034;lutte contre le fascisme&#034;, etc. Toutes ces formules se r&#233;duisent, en fin de compte, &#224; ce que la question de la guerre, c'est-&#224;-dire du sort des peuples, doit rester dans les mains des imp&#233;rialistes, de leurs gouvernements, de leur diplomatie, de leurs &#233;tats-majors, avec toutes leurs intrigues et tous leurs complots contre les peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
La IV&#176; Internationale rejette avec indignation toutes les abstractions qui jouent chez les d&#233;mocrates le m&#234;me r&#244;le que, chez les fascistes, l' &#034;honneur&#034;, le &#034;sang&#034;, la &#034;race&#034;. Mais l'indignation ne suffit pas. Il faut aider les masses, &#224; l'aide de crit&#232;res, de mots d'ordre et de revendications transitoires, propres &#224; leur permettre de v&#233;rifier, de distinguer la r&#233;alit&#233; concr&#232;te de ces abstractions frauduleuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;D&#201;SARMEMENT&#034; ? Mais toute la question est de savoir qui d&#233;sarmera et qui sera d&#233;sarm&#233;. Le seul d&#233;sarmement qui puisse pr&#233;venir ou arr&#234;ter la guerre, c'est le d&#233;sarmement de la bourgeoisie par les ouvriers. Mais, pour d&#233;sarmer la bourgeoisie, il faut que les ouvriers eux-m&#234;mes soient arm&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;NEUTRALIT&#201;&#034; ? Mais le prol&#233;tariat n'est nullement neutre dans une guerre entre le Japon et la Chine, ou entre l'Allemagne et l'URSS. Cela signifi&#233;t-il la d&#233;fense de la Chine et de l'URSS ? Evidemment, mais pas par l'interm&#233;diaire des imp&#233;rialistes, qui &#233;trangleront la Chine et l'URSS.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;D&#201;FENSE DE LA PATRIE&#034; ? Mais, par cette abstraction, la bourgeoisie entend la d&#233;fense de ses profits et de ses pillages. Nous sommes pr&#234;ts &#224; d&#233;fendre la patrie contre les capitalistes &#233;trangers, si nous garrotons tout d'abord nos propres capitalistes, et les emp&#234;chons de s'attaquer &#224; la patrie d'autrui ; si les ouvriers et les paysans de notre pays deviennent ses v&#233;ritables ma&#238;tres ; si les richesses du pays passent des mains d'une infime minorit&#233; dans les mains du peuple ; si l'arm&#233;e, d'instrument des exploiteurs, devient l'instrument des exploit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut savoir traduire ces id&#233;es fondamentales en id&#233;es plus particuli&#232;res et plus concr&#232;tes, selon la marche des &#233;v&#233;nements et l'orientation de l'&#233;tat d'esprit des masses. Il faut, en outre, distinguer rigoureusement entre le pacifisme du diplomate, du professeur, du journaliste et le pacifisme du charpentier, de l'ouvrier agricole ou de la blanchisseuse. Dans le premier de ces cas, le pacifisme est la couverture de l'imp&#233;rialisme. Dans le second, l'expression confuse de la d&#233;fiance envers l'imp&#233;rialisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand le petit paysan ou l'ouvrier parlent de la d&#233;fense de la patrie, ils se repr&#233;sentent la d&#233;fense de leur maison, de leur famille et de la famille d'autrui contre l'invasion, contre les bombes, contre les gaz asphyxiants. Le capitaliste et son journaliste entendent par d&#233;fense de la patrie la conqu&#234;te de colonies et de march&#233;s, l'extension par le pillage de la part &#034;nationale&#034; dans le revenu mondial. Le pacifisme et le patriotisme bourgeois sont des mensonges complets. Dans le pacifisme et m&#234;me dans le patriotisme des opprim&#233;s, il y a un noyau progressiste qu'il faut savoir saisir pour en tirer les conclusions r&#233;volutionnaires n&#233;cessaires. Il faut savoir dresser l'une contre l'autre ces deux formes de pacifisme et de patriotisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partant de ces consid&#233;rations, la IV&#176; Internationale appuie toute revendication, m&#234;me insuffisante, si elle est capable d'entra&#238;ner les masses, m&#234;me &#224; un faible degr&#233;, dans la politique active, d'&#233;veiller leur critique et de renforcer leur contr&#244;le sur les machinations de la bourgeoisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre est une gigantesque entreprise commerciale, surtout pour l'industrie de guerre. C'est pourquoi les &#034;200 familles&#034; sont les premiers patriotes et les principaux provocateurs de guerre. Le contr&#244;le ouvrier sur l'industrie de guerre est le premier pas dans la lutte contre les fabricants de guerre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au mot d'ordre des r&#233;formistes : imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices de guerre, nous opposons les mots d'ordre : CONFISCATION DES B&#201;N&#201;FICES DE GUERRE et EXPROPRIATION DES ENTREPRISES TRAVAILLANT POUR LA GUERRE. L&#224; o&#249; l'industrie de guerre est &#034;nationalis&#233;e&#034;, comme en France, le mot d'ordre du contr&#244;le ouvrier conserve toute sa valeur : le prol&#233;tariat fait aussi peu confiance &#224; l'&#201;tat de la bourgeoisie qu'au bourgeois individuel.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas un homme, pas un sou pour le gouvernement bourgeois !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas de programme d'armements, mais un programme de travaux d'utilit&#233; publique !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ind&#233;pendance compl&#232;te des organisations ouvri&#232;res &#224; l'&#233;gard du contr&#244;le militaire et policier !&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut arracher, une fois pour toutes, la libre disposition du destin des peuples des mains des cliques imp&#233;rialistes avides et impitoyables qui agissent derri&#232;re le dos des peuples. En accord avec cela, nous revendiquons :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Abolition compl&#232;te de la diplomatie secr&#232;te ; tous les trait&#233;s et accords doivent &#234;tre accessibles &#224; chaque ouvrier et paysan.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Instruction militaire et armement des ouvriers et des paysans sous le contr&#244;le imm&#233;diat des comit&#233;s ouvriers et paysans.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cr&#233;ation d'&#233;coles militaires pour la formation d'officiers venus des rangs des travailleurs, choisis par les organisations ouvri&#232;res.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Substitution &#224; l'arm&#233;e permanente, c'est-&#224;-dire de caserne, d'une milice populaire en liaison indissoluble avec les usines, les mines, les fermes, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre imp&#233;rialiste est la continuation et l'exacerbation de la politique de pillage de la bourgeoisie ; la lutte du prol&#233;tariat contre la guerre est la continuation et l'exacerbation de sa lutte de classe. L'apparition de la guerre change la situation et partiellement les proc&#233;d&#233;s de lutte entre les classes, mais ne change ni les buts ni la direction fondamentale de cell&#233;ci.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bourgeoisie imp&#233;rialiste domine le monde. C'est pourquoi la prochaine guerre, par son caract&#232;re fondamental, sera une guerre imp&#233;rialiste. Le contenu fondamental de la politique du prol&#233;tariat international sera, par cons&#233;quent, la lutte contre l'imp&#233;rialisme et sa guerre. Le principe fondamental de cette lutte sera :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;L'ennemi principal est dans notre PROPRE PAYS&#034;, ou :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La d&#233;faite de notre propre gouvernement (imp&#233;rialiste) est le moindre mal&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais tous les pays du monde ne sont pas des pays imp&#233;rialistes. Au contraire, la majorit&#233; des pays sont les victimes de l'imp&#233;rialisme. Certains pays coloniaux ou semi-coloniaux tenteront, sans aucun doute, d'utiliser la guerre pour rejeter le joug de l'esclavage. De leur part, la guerre ne sera pas imp&#233;rialiste, mais &#233;mancipatrice. Le devoir du prol&#233;tariat international sera d'aider les pays opprim&#233;s en guerre contre les oppresseurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les ouvriers d'un pays imp&#233;rialiste ne peuvent cependant pas aider un pays anti-imp&#233;rialiste par l'interm&#233;diaire de leur gouvernement, quelles que soient, &#224; un moment donn&#233;, les relations diplomatiques et militaires entre les deux pays. Si les gouvernements se trouvent en alliance temporaire, et au fond incertaine, le prol&#233;tariat du pays imp&#233;rialiste continue &#224; rester en opposition de classe &#224; son gouvernement et apporte un appui &#224; l' &#034;alli&#233;&#034; non imp&#233;rialiste de celui-ci par ses propres m&#233;thodes, c'est-&#224;-dire par les m&#233;thodes de la lutte de classe internationale (agitation en faveur de l'&#201;tat ouvrier et du pays colonial, non seulement contre ses ennemis, mais aussi contre ses alli&#233;s perfides : boycott et gr&#232;ve dans certains cas, renoncement au boycott et &#224; la gr&#232;ve dans d'autres, etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but de la guerre, les sections de la IV&#176; Internationale se sentiront in&#233;vitablement isol&#233;es : chaque guerre prend les masses populaires &#224; l'improviste et les pousse du c&#244;t&#233; de l'appareil gouvernemental. Les internationalistes devront nager contre le courant. Cependant, les d&#233;vastations et les maux de la nouvelle guerre qui, d&#232;s les premiers mois, laisseront loin en arri&#232;re les horreurs sanglantes de 1914-1918 auront t&#244;t fait de d&#233;griser les masses. Le m&#233;contentement et la r&#233;volte de celles-ci cro&#238;tront par bonds. Les sections de la IV&#176; Internationale se trouveront &#224; la t&#234;te du flux r&#233;volutionnaire. Le programme des revendications transitoires prendra une actualit&#233; br&#251;lante. Le probl&#232;me de la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat se dressera de toute sa hauteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant d'&#233;touffer ou de noyer dans le sang l'humanit&#233;, le capitalisme empoisonne l'atmosph&#232;re mondiale par les vapeurs d&#233;l&#233;t&#232;res de la haine nationale et raciale. L'antis&#233;mitisme est aujourd'hui l'une des convulsions les plus malignes de l'agonie du capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;nonciation intransigeante des pr&#233;jug&#233;s de race et de toutes les formes et nuances de l'arrogance et du chauvinisme nationaux, en particulier de l'antis&#233;mitisme, doit entrer dans le travail quotidien de toutes les sections de la IV&#176; Internationale comme le principal travail d'&#233;ducation dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme et la guerre. Notre mot d'ordre fondamental reste :&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; la guerre mondiale qui vient le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire doit d&#233;fendre un programme militaire socialiste qui s'appuie sur les points suivants : &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;faitisme r&#233;volutionnaire&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;faitisme est la politique du prol&#233;tariat des pays imp&#233;rialistes qui souhaitent la d&#233;faite de leur imp&#233;rialisme et l'utilisation de cell&#233;ci pour renverser d&#233;finitivement l'imp&#233;rialisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a pas de vrai d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire qui ne m&#232;ne pas &#224; la prise de pouvoir par les travailleurs en armes !&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne sommes pas antimilitaristes en g&#233;n&#233;ral mais anti-armement de la bourgeoisie et pro-armement du prol&#233;tariat et du peuple travailleur auto-organis&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Une des erreurs des pacifistes de gauche est de consid&#233;rer la guerre en soi comme l'ennemi et pas l'ensemble des politiques contr&#233;r&#233;volutionnaires de la bourgeoisie capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
En employant cette politique, Marx d&#233;voile ici le &#171; secret &#187; de l'efficacit&#233; supr&#234;me de l'art militaire du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire qui s'exprime en premier lieu dans le d&#233;faitisme qui d&#233;sagr&#232;ge l'appareil militaire adverse et le rend inop&#233;rant en face de la r&#233;volution. Le principe en est qu'en sabotant le militarisme dans son pays, celui o&#249; s'effectue la r&#233;volution, on sabote en m&#234;me temps le militarisme adverse. La politique militaire du prol&#233;tariat parvenu au pouvoir dans un pays, si elle vise naturellement &#224; la d&#233;fense de la r&#233;volution victorieuse, continue d'appliquer la m&#233;thode qui consiste &#224; agir sur les arri&#232;res des pays bourgeois, en y stimulant l'activit&#233; r&#233;volutionnaire des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7509&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7509&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7390&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7390&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antimilitarisme r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ORGANISER DES COMITES LOCAUX ANTI-GUERRE ANTI-IMPERIALISTE ET CONTRE LA GUERRE CIVILE MENEE PAR LES GOUVERNEMENTS CONTRE LE PEUPLE TRAVAILLEUR SUR UN PROGRAMME D'ACTION ANTI-IMPERIALISTE ET ANTI-GUERRE DONT LES MOTS D'ORDRE ET LES MOYENS DE LUTTE SERAIENT :&lt;br class='autobr' /&gt;
Le retrait des troupes imp&#233;rialistes de toutes leurs zones d'occupation (n&#233;o-coloniales ou pas) et de toutes leurs bases dans le monde&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas un homme, pas un sou pour les sales guerres de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais f&lt;br class='autobr' /&gt;
A bas le budget de guerre sociale ! A bas toutes les contr&#233;r&#233;formes anti-ouvri&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
L'organisation d'arr&#234;ts de travail de solidarit&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sabotage de l'effort de guerre imp&#233;rialiste et le blocage de l'envoi de troupes ou de mat&#233;riel &lt;br class='autobr' /&gt;
L'organisation de manifestations devant les casernes&lt;br class='autobr' /&gt;
L'interpellation des soldats appel&#233;s &#224; ne pas mourir pour les banquiers, les marchands de canons f soldats fran&#231;ais, ne soyez pas la chair &#224; canon des capitalistes ! refusez de faire une guerre dont le peuple ne veut pas&lt;br class='autobr' /&gt;
L'appel aux soldats &#224; former des comit&#233;s de soldats f &#224; &#233;lire leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s responsables et r&#233;vocables et &#224; retourner leurs armes contre les fauteurs de guerre &lt;br class='autobr' /&gt;
La mise en place de comit&#233;s de gr&#232;ve et d'action anti-imp&#233;rialistes dans les entreprises et leurs &#233;quivalents, dans les quartiers populaires et de leurs f&#233;d&#233;rations sur tout le pays !&lt;br class='autobr' /&gt;
L'abolition de l'arm&#233;e permanente et l'armement g&#233;n&#233;ral du peuple pour se prot&#233;ger du gouvernement meurtrier et de guerre sociale des gouvernants et des capitalistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;&lt;strong&gt;Reconstruire la quatri&#232;me internationale sur les bases de Trotsky&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la mort de L&#233;nine et la victoire de Staline contre la r&#233;volution en Russie nous sommes en lutte pour la nouvelle (quatri&#232;me) Internationale du prol&#233;tariat qui devra remporter et assurer la victoire. Nous forgeons le nouveau parti international de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale. Nous savons que seul le nouvel essor r&#233;volutionnaire couronnera nos efforts de succ&#232;s. Nous savons aussi que ce nouvel essor r&#233;volutionnaire resterait sans r&#233;sultat si nos efforts subjectifs d'aujourd'hui et de toujours ne pr&#233;paraient pas l'arme de la victoire et de cette fa&#231;on la victoire m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Internationale r&#233;volutionnaire est un seul parti international, un parti mondial ; les partis nationaux sont des sections de l'Internationale r&#233;volutionnaire. Le prol&#233;tariat est une seule classe internationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous faut savoir sur quelles bases Trotsky entendait reconstruire l'internationale communiste r&#233;volutionnaire :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/10/331001a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/10/331001a.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous faut savoir pourquoi l'internationale de Trotsky a &#233;chou&#233; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/natalia.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/natalia.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'internationale &#224; construire ne se fondera pas sur un rassemblement sans principes mais sur les bases minimales suivantes :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'objectif reconnu publiquement dans toute la propagande de l'&#233;limination mondiale du capitalisme et de l'imp&#233;rialisme
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le combat contre le principal trompeur : le r&#233;formisme (et son cousin l'opportunisme), qu'il soit syndical, politique ou associatif
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le refus du sectarisme et de l'isolement des prol&#233;taires &#224; l'&#233;gard des autres fractions du peuple travailleur
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les principes des quatre premiers congr&#232;s de l'Internationale de L&#233;nine et Trotsky
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le programme de transition de Trotsky
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La reconnaissance de la n&#233;cessit&#233; et la lutte pour un parti mondial de la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'objectif du pouvoir aux travailleurs et de la dictature des soviets &#224; l'&#233;chelle mondiale et la dictature du prol&#233;tariat &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Contre l'imp&#233;rialisme et la guerre, le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire et l'armement du prol&#233;tariat &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La d&#233;fense permanente et publique de l'auto-organisation et des comit&#233;s/ conseils/ soviets comme organes de classe du prol&#233;tariat et du peuple travailleur et comme mode futur d'organisation de l'Etat ouvrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'EFFONDREMENT MONDIAL DU CAPITALISME ET LA LUTTE CONTRE LA 3&#200;ME GRANDE GUERRE MONDIALE INTER-IMP&#201;RIALISTE ET LA LUTTE POUR LA R&#201;VOLUTION SOCIALISTE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs, femmes et jeunes du monde, lan&#231;ons un message clair et net : nous n'acceptons pas d'&#234;tre la chair &#224; canons de la prochaine boucherie mondiale d'un syst&#232;me d'exploitation en bout de course !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance am&#233;ricaine, elle, a lanc&#233; un message clair : le &#171; monde occidental &#187; (cela n'a pas d'autre signification que les alli&#233;s des USA puisque cela englobe le Japon, l'Australie ou le Canada comme l''Europe et l'Angleterre) est somm&#233; de pr&#233;parer la guerre mondiale &#224; toute allure et tous les &#201;tats qui font partie de cette alliance internationale s'alignent les uns apr&#232;s les autres et engagent leurs arm&#233;es dans la course aux armements les plus sophistiqu&#233;s et les plus meurtriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concurrence &#233;conomique exacerb&#233;e et les guerres qui se multiplient (de la Syrie au Y&#233;men, de l'Ukraine &#224; l'Arm&#233;nie et &#224; Isra&#235;l) sont le pr&#233;texte invoqu&#233;. Le monde, autrefois unifi&#233;, est d&#233;sormais divis&#233; en deux &#233;conomies capitalistes (l'une autour des USA et l'autre autour du bloc Chine/Russie). La guerre &#233;conomique, financi&#232;re et mon&#233;taire est engag&#233;e et la guerre tout court s'annonce. Dans tous les conflits actuels, un bloc est dans un camp et l'autre dans le camp adverse. La barbarie de ces guerres est sans cesse croissante comme le montrent tous les jours l'Ukraine et Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette division meurtri&#232;re du monde est un choix et pas une &#233;volution involontaire de la part des grandes puissances qui dominent non seulement l'&#233;conomie mais toute la vie de l'humanit&#233;. Ce choix est directement li&#233; &#224; l'&#233;tat dans lequel est le syst&#232;me &#233;conomique capitaliste depuis son effondrement de 2007-2008. Certes, le capitalisme n'a jamais rim&#233; avec pacifisme mais, depuis sa chute historique de 2007 et depuis la vague des r&#233;volutions qui a d&#233;but&#233; dans le monde entier en 2011, le bain de sang a &#233;t&#233; la nouvelle r&#233;ponse des classes exploiteuses, l'un de ces massacres &#233;tant la pand&#233;mie covid avec ses millions de morts et de bless&#233;s. Car, contrairement au discours dominant, les classes dirigeantes n'ont rien fait pour combattre la maladie, bien au contraire, trop satisfaits qu'ils &#233;taient qu'elle frappe les peuples en pleine vague des r&#233;volutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement une crise comme le syst&#232;me capitaliste y est habitu&#233;, nous disent tous les menteurs du monde. Et c'est faux : dans une crise les trusts, banques et &#233;tablissements financiers en rouge font faillite et ferment et, en 2008, c'est le choix inverse qu'a fait le syst&#232;me mondial. Tous ont &#233;t&#233; sauv&#233;s par l'intervention financi&#232;re massive des &#201;tats et des banques centrales. Et depuis, toutes les crises ont &#233;t&#233; trait&#233;es de m&#234;me : renflou&#233;es sur fonds publics. Ils ont estim&#233; alors que chaque trust ou banque, ou assurance et autre &#233;tablissement financier de grande taille qui chuterait serait &#171; syst&#233;mique &#187; c'est-&#224;-dire qu'elle ferait chuter tout l'ensemble du capitalisme mondial ! Mais la dette des &#201;tats et des banques centrales, due au sauvetage des capitalistes &#171; quoiqu'il en co&#251;te &#187;, selon leur propre expression, est devenue un v&#233;ritable gouffre qui va engloutir le syst&#232;me tout entier. Et c'est cette perspective qui les affole adjointe &#224; celle de la vague des r&#233;volutions qui am&#232;ne les classes poss&#233;dantes &#224; orienter le monde vers des dictatures, des fascismes, des guerres civiles et des guerres tout court, voire la guerre mondiale, bien que cell&#233;ci ne puisse amener que la destruction de l'humanit&#233; ell&#233;m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de solution &#224; cette catastrophe si on reste au sein du syst&#232;me capitaliste. Dire non &#224; la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e, c'est dire non au capitalisme et &#224; l'imp&#233;rialisme (ce syst&#232;me de domination de quelques grandes puissances li&#233;es aux trusts et aux banques sur le monde entier et &#233;crasant la majorit&#233; de la population du globe). La lutte contre la guerre n'est autre que la lutte pour le socialisme, c'est-&#224;-dire pour en finir avec l'exploitation de l'homme par le capital et pour mettre en place un nouveau mode de production d&#233;barrass&#233; de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des capitaux et des entreprises. Il est mensonger que le lib&#233;ralisme &#233;conomique ait &#233;t&#233; synonyme de libert&#233; au sein de la soci&#233;t&#233; et de libert&#233; politique. Les peuples n'ont sous le capitalisme que le choix entre des politiciens interchangeables et aussi menteurs les uns que les autres mais ils n'ont aucun choix sur la politique que ceux-ci m&#232;nent une fois au gouvernement. D&#233;mocratie et possession des richesses par une infime minorit&#233; sont antinomiques. Il est caract&#233;ristique que les peuples n'ont jamais eu le droit de d&#233;cider de ce qu'il fallait faire face aux crises &#233;conomiques, face aux guerres ou face aux pand&#233;mies. Plus que jamais, en phase d'effondrement historique du capitalisme, il n'est pas question de d&#233;mocratie, nulle part au monde, ni dans les pays riches ni dans les pays pauvres (et il n'y a jamais et autant de pauvres dans les pays riches). Partout, les fascismes et les dictatures reviennent pour servir de b&#233;quille &#224; un syst&#232;me en chute. La violence de la r&#233;pression grandit partout, y compris dans les m&#233;tropoles les plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au peuple travailleur, aux femmes et aux jeunes de donner une r&#233;ponse claire &#224; la barbarie qui monte : la lutte contre la guerre et pour le socialisme men&#233; par des comit&#233;s issus de la mobilisation &#233;lisant des d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;vocables et contr&#244;l&#233;s par des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ayant pouvoir de d&#233;cision, voil&#224; d'o&#249; viendra la v&#233;ritable d&#233;mocratie sur laquelle fonder une soci&#233;t&#233; nouvelle, qui ne soit pas soumise aux possesseurs du grand capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; tous les gouvernants n'ont &#224; la bouche que les mots de r&#233;armement, de mobilisation, de service militaire, o&#249; ils proclament avoir des joujoux de mort de plus en plus sophistiqu&#233;s et les vendent partout sur la plan&#232;te, en particulier dans les zones de guerre, au moment o&#249; m&#234;me les &#201;tats qui ne sont pas officiellement en guerre soutiennent les guerres des quatre coins du monde, il importe que nous, travailleurs, femmes et jeunes, nous nous engagions dans la lutte pour en finir avec ce syst&#232;me finissant et sanglant. Il n'est pas question pour nous de soutenir l'un des camps contre l'autre, pas question de soutenir des trusts et des banques &#171; nationaux &#187; contre leurs adversaires, pas question de s'attaquer &#224; des peuples en soutenant nos propres exploiteurs et les gouvernants &#224; leur botte. Nous devons &#234;tre pour la d&#233;faite de toutes les grandes puissances et la victoire de tous les peuples qui cherchent &#224; s'en lib&#233;rer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun gouvernement au monde capitaliste ne nous apportera ce que nous voulons car les &#201;tats, qu'ils se disent ou pas d&#233;mocratiques, sont directement li&#233;s au grand capital et tous les partis, de gauche, de droite ou d'extr&#234;me droite sont en fait attach&#233;s au syst&#232;me capitaliste et le d&#233;fendent plus ou moins ouvertement. Il nous faut un gouvernement issu des comit&#233;s de base du peuple travailleur, des femmes et des jeunes comme il en est apparu par ci par l&#224; au cours de la derni&#232;re vague des r&#233;volutions dite des printemps. Il nous faut le gouvernement du peuple par le peuple, la d&#233;mocratie directe auto-organis&#233;e et ind&#233;pendante de toutes les institutions de la vieille soci&#233;t&#233; toute pourrie. On ne b&#226;tira pas l'avenir avec les structures mises en place par ses ennemis directs. Ceux qui pr&#233;tendent qu'il suffit d'&#233;lire de bons gouvernements nous trompent. Ceux qui font croire qu'on peut gagner des luttes sociales sans pr&#233;tendre prendre le pouvoir politique nous mentent aussi. Ces r&#233;formistes ne r&#233;forment rien du tout et moins que jamais on ne r&#233;formera pas les tueurs du capitalisme, il faut les d&#233;sarmer et armer le peuple travailleur. &lt;br class='autobr' /&gt;
En finir avec les guerres, c'est faire chuter les &#201;tats et c'est organiser et armer le peuple ! Ne pas nous laisser envahir par la barbarie et la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e, c'est b&#226;tir le socialisme ! Il n'y a pas d'autre issue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde entier marche &#224; la guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6783&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6783&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos ennemis de classe s'arment massivement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7588&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7588&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
LA LUTTE CONTRE L'IMP&#201;RIALISME ET LA GUERRE SUPPOSE LA LUTTE CONTRE LE R&#201;FORMISME BOURGEOIS ISSU DE R&#201;FORMISME OUVRIER ET QUI GANGR&#200;NE ENCORE LE PROL&#201;TARIAT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;1914 : la mort du r&#233;formisme ouvrier !&lt;br class='autobr' /&gt;
1/ la naissance de la gauche ou l'antith&#232;se du socialisme (le cas millerand en France)&lt;br class='autobr' /&gt;
2/ La premi&#232;re guerre mondiale couronne la politique bourgeoise d'int&#233;gration des appareils politiques et syndicaux : de la collaboration de classe &#224; la gouvernance de classe. De la lutte des classes contre la bourgeoisie a la lutte des classes contre le prol&#233;tariat : les faux amis du prol&#233;tariat !&lt;br class='autobr' /&gt;
Construire des fractions communistes dans les syndicats r&#233;actionnaires et imp&#233;rialistes dirig&#233;es par les agents non d&#233;clar&#233;s de la bourgeoisie comme Binet et cie&lt;br class='autobr' /&gt;
3/ Du socialisme &#224; la politique bourgeoise des organisations se r&#233;clamant de la classe ouvri&#232;re !&lt;br class='autobr' /&gt;
4/ le stalinisme ou la contre r&#233;volution fasciste sous les oripeaux du bolchevisme et l'&#233;limination des r&#233;volutionnaires&lt;br class='autobr' /&gt;
5/ le r&#244;le de l'aristocratie ouvri&#232;re : base sociale du r&#233;formisme et de la collaboration de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;R&#233;formisme bourgeois et pseudo progressisme : un v&#233;ritable anticommunisme dans la phase d'effondrement du capitalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remise en cause des lumi&#232;res et de l'universalisme&lt;br class='autobr' /&gt;
Le wokisme&lt;br class='autobr' /&gt; Le f&#233;minisme bourgeois contre les femmes prol&#233;taires&lt;br class='autobr' /&gt; La th&#233;orie critique de la race, un nouveau racisme et le communautarisme&lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte contre l'opportunisme de l'extreme gauche electoraliste et syndicaliste (npa-lo-rp-ucl-cnt)&lt;br class='autobr' /&gt; Le cas fran&#231;ais : LO, NPA, RP, Fraction, CNT, Alternatives libertaires&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;quisition des entreprises qui s'engraisse de pr&#232;s de ou de loin par la guerre&lt;br class='autobr' /&gt; Dissolution des arm&#233;es permanentes et armement du prol&#233;tariat (PIQUET DE GR&#200;VE, MILICE OUVRI&#200;RE)&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas un homme pas un sou pour l'arm&#233;e du capital&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;quisition des toutes les entreprises travaillant de pr&#232;s ou loin pour l'armement ou profitant de la guerre par des comit&#233;s de travailleurs !&lt;br class='autobr' /&gt;
A la bande d'hommes en armes qui d&#233;tient le monopole de la violence et des armes dans l'int&#233;r&#234;t priv&#233;e des classes dirigeantes, nous opposons l'armement du peuple travailleur ! Appeler &#224; former des comit&#233;s de policiers et de soldats qui seront responsable devant le peuple !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure : Pour abattre le capitalisme qui nous m&#232;ne &#224; la guerre mondiale, il nous faut abattre l'imp&#233;rialisme et son agent r&#233;formiste au sein de la classe ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &#224; une &#233;poque o&#249; le monde entier est sous la domination d'un petit nombre de pays allant des USA &#224; l'Europe, du Japon &#224; la Russie, de la Chine au Canada, en passant par l'Inde et l'Angleterre, des pays que l'on appelle imp&#233;rialistes, non pas parce qu'ils seraient plus m&#233;chants que les autres mais parce qu'ils concentrent entre leurs mains la quasi-totalit&#233; des capitaux et des armes de guerre. De nobreuses nations sont opprim&#233;es par les imp&#233;rialismes, par des moyens &#233;conomiques et financiers aussi bien que par la guerre directe. Bien sur, les autres &#201;tats sont aussi des ennemis des prol&#233;taires et du peuple travailleur, mais ils sont bien moins puissants et d&#233;terminants. Il faut dire aussi que le prol&#233;tariat est nombreux dans les pays imp&#233;rialistes et qu'il est le seul &#224; pouvoir &#224; casser la cha&#238;ne de l'oppression imp&#233;rialiste, m&#234;me si dans ces pays, l'imp&#233;rialisme a pu d&#233;velopper une aristocratie ouvri&#232;re qui donne un fondement &#224; tous les r&#233;formistes. L'effondrement du capitalisme sera aussi celui de l'imp&#233;rialisme et celui de l'aristocratie ouvri&#232;re comme des illusions r&#233;formistes mais, en attendant, ils conservent tous un point consid&#233;rable dans l'opinion ouvri&#232;re et trompent encore les travailleurs. Il est indispensable que ces derniers soient instruits dans leur t&#226;che : abattre leur imp&#233;rialisme enti&#232;rement et d&#233;finitivement, en particulier d&#233;sarmer les &#201;tats imp&#233;rialistes. C'est une t&#226;che vitale car ces &#201;tats se pr&#233;parent activement &#224; nous massacrer en masse dans une nouvelle guerre imp&#233;rialiste. L'un des pires crimes du r&#233;formisme et de l'opportunisme consiste &#224; cacher que les &#201;tats imp&#233;rialistes sont nos ennemis mortels. Le faux anti-imp&#233;rialisme d&#233;mocrate, de gauche ou de fausse extr&#234;me gauche, d&#233;nonce les gouvernants sans dire que les travailleurs devront abattre les &#201;tats imp&#233;rialistes et construire l'&#233;tat des conseils ouvriers et des comit&#233;s du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE PARTI COMMUNISTE R&#201;VOLUTIONNAIRE OU LE PARTI MONDIAL DE LA R&#201;VOLUTION SOCIALISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classe, avant-garde et parti :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous tenons en premier lieu &#224; dire ce que n'est pas un parti r&#233;volutionnaire ! Il n'est pas une organisation au-dessus du prol&#233;tariat, au-dessus de la soci&#233;t&#233; comme le fut le parti stalinien ! il n'est pas non plus l'image d&#233;form&#233;e que le stalinisme et ses d&#233;bris pr&#233;tendument d'extr&#234;me gauche donnent du bolchevisme aujourd'hui ! Il n'a bien s&#251;r rien &#224; voir non plus avec les partis et les syndicats r&#233;formistes et opportunistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Toute l'histoire moderne atteste que le prol&#233;tariat n'est rien sans ses organisations de classe. En m&#234;me temps, l'exp&#233;rience d&#233;montre que des organisations ouvri&#232;res deviennent souvent un frein pour la lutte r&#233;volutionnaire. C'est plus d'une fois que le mouvement prol&#233;tarien s'est bris&#233; contre cette contradiction. L'exemple le plus tragique en est la catastrophe allemande, dans laquelle les organisations ouvri&#232;res dirigeantes, chacune &#224; sa mani&#232;re, ont paralys&#233; le prol&#233;tariat par en-haut et l'ont livr&#233; d&#233;sarm&#233; au fascisme.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
A/ quel type de parti r&#233;volutionnaire faut-il &#224; la classe ouvri&#232;re ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui semble remarquable au premier abord c'est qu'il n'existe actuellement aucun parti au monde digne du nom de parti ouvrier ou de parti r&#233;volutionnaire au point que certains commentateurs s'imaginent qu'il n'y en aura plus. Mais c'est un peu comme certains commentateurs pensent qu'il n'y aura plus de r&#233;volution prol&#233;tarienne&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, c'est tr&#232;s loin d'&#234;tre la premi&#232;re p&#233;riode de l'histoire qui soit dans cette situation depuis que le capitalisme et le prol&#233;tariat industriel existent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voir ici : &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
A la suite des grandes d&#233;faites prol&#233;tariennes, il y a eu &#224; chaque fois de longues p&#233;riodes o&#249; la classe ouvri&#232;re ne disposait plus de partis r&#233;volutionnaires, le capitalisme soit repartant pour une phase de croissance, soit l'humanit&#233; subissant un recul violent, les classes poss&#233;dantes lui imposant un assassinat en masse et les masses retombaient dans le silence politique et parfois social. Il existe m&#234;me des pays o&#249; les travailleurs n'ont jamais dispos&#233; d'un parti politique ouvrier. Il n'y a aucun m&#233;canisme automatique qui d&#233;finisse d'avance les progr&#232;s et les reculs de la conscience politique ni de l'organisation politique du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les al&#233;as de l'histoire sont aussi impr&#233;dictibles en la mati&#232;re qu'en ce qui concerne les luttes de classes elles-m&#234;mes. Des pays comme le Portugal, l'Italie, la France ou les USA ont connu &#224; certains moments des explosions du nombre de gens qui voulaient militer en r&#233;volutionnaires, explosions que rien ne pr&#233;disait auparavant. Et du coup, des occasions brutales de construire des partis r&#233;volutionnaires. Mais pas forc&#233;ment de v&#233;ritables politiques r&#233;volutionnaires pour appuyer ces efforts&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le combat d'id&#233;es sur le parti r&#233;volutionnaire a ses lois. Les trahir ne m&#232;ne pas au succ&#232;s. Les petits et les grands manipulateurs d'organisations ne conduisent pas le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire vers des victoires mais vers des impasses piteuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'une de ces lois incontournables est celle de la connaissance des le&#231;ons du pass&#233;. Rappelons-nous que la R&#233;volution fran&#231;aise a &#233;t&#233; aussi loin parce qu'elle &#233;tait amr&#233;e des le&#231;ons historiques des r&#233;volutions anglaises et am&#233;ricaines. Le prol&#233;tariat devra en &#234;tre arm&#233; de cette connaissance quand il repartira &#224; l'assaut. C'est l'une des t&#226;ches essentielles du parti r&#233;volutionnaire. Sans lui, les travailleurs ne peuvent avoir de telles connaissances. Ils n'ont aucun moyen d'emmagasiner les le&#231;ons des luttes pass&#233;es et leur analyse &#224; l'aide d'une m&#233;thode scientifique et r&#233;volutionnaire qu'ils n'ont jamais eu l'occasion d'&#233;tudier. Ils ont encore moins la possibilit&#233; de continuer &#224; construire scientifiquement cette m&#233;thode, le marxisme. C'est la t&#226;che num&#233;ro un des r&#233;volutionnaires : relier les lutes pr&#233;sentes aux le&#231;ons des luttes du pass&#233;, non seulement de celles des &#233;poques de Marx &#224; L&#233;nine et &#224; Trotsky mais aussi des r&#233;volutions qui ont suivi, de la r&#233;volution vietnamienne &#224; la hongroise et aux vagues r&#233;volutionnaires d&#233;but&#233;es en 2011 jusqu'&#224; aujourd'hui. Leur analyse scientifique est un fondement indispensable des politiques des classes dirigeantes (c'est en tenant compte de ses le&#231;ons que celles-ci programment actuellement guerre mondiale, fascisme, dictature et guerres civiles intercommunautaires) et doit l'&#234;tre aussi pour les exploit&#233;s, pour contrer les pi&#232;ges des exploiteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
La connaissance intime de tout le pass&#233; historique des luttes de classes (y compris celles des r&#233;volutions bourgeoises et m&#234;me les r&#233;volutions de l'antiquit&#233;), c'est la premi&#232;re chose qui distingue l'avant-garde r&#233;volutionnaire de la masse du prol&#233;tariat, qu'elle soit ou pas influenc&#233;e par les r&#233;formistes politiques et syndicaux. Et il ne s'agit pas seulement de la connaissance des faits mais aussi de la liaison de ceux-ci avec une analyse scientifique de classe de toute l'Histoire, reli&#233;e de mani&#232;re dynamique &#224; une m&#233;thode scientifique et philosophique. Nous voulons bien entendu parler du marxisme, celui de Marx et Engels, enrichi par Rosa Luxemburg, Trotsky, L&#233;nine et quelques autres. L&#224; encore, il ne s'agit pas de faire une courbette aux anciens grands r&#233;volutionnaires, une citation par ci par l&#224;, et un compliment joliment tourn&#233;. Non, il faut que nos &#233;tudes actuelles prennent la suite de ces grands auteurs, m&#234;me si tout le monde nous dira qu'on n'en est pas capables, qu'on n'a pas le g&#233;nie de ceux-l&#224;, qu'on n'a pas leur exp&#233;rience des r&#233;volutions, etc. Et c'est vrai mais necessit&#233; fait loi&#8230; La science vivante des r&#233;volutionnaires (science des r&#233;volutions mais aussi des contr&#233;r&#233;volutions) ne peut pas se contenter de vivre d'&#233;vocations du pass&#233; et elle doit p&#233;n&#233;trer le pr&#233;sent et l'avenir sous peine d'&#234;tre d&#233;pass&#233;e par celle des ennemis du prol&#233;tariat. Elle doit s'emparer des meilleurs r&#233;sultats des sciences et de la philosophie sous peine d'&#234;tre domin&#233;e par des id&#233;es fausses (issues de l'id&#233;alisme et de la pens&#233;e non-dialectique par exemple) qui la bloqueraient dans ses raisonnements. Les id&#233;es ne sont pas un domaine secondaire pour les r&#233;volutionnaires mais l'organisation sans la th&#233;orie r&#233;volutionnaire c'est un peu comme l'arbre sans la s&#232;ve : elle est morte, tout en pouvant conserver toutes les apparences du vivant. L'organisation sans th&#233;orie r&#233;volutionnaire ne fait plus que figer des formes pass&#233;es sans avoir le moindre r&#244;le dynamique de transformation du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
La classe ouvri&#232;re, sans avant-garde &#233;clair&#233;e et form&#233;e, est contrainte de retomber dans toutes les erreurs et illusions qui l'ont amen&#233; pr&#233;c&#233;demment dans des impasses, de refaire les fautes d&#233;j&#224; connues et d'en faire d'autres en plus. C'est un r&#244;le majeur du parti r&#233;volutionnaire. Il ne d&#233;pend pas du nombre de ses militants, m&#234;me si celui-ci joue un r&#244;le dans la diffusion des id&#233;es. Encore faut-il que ces id&#233;es ne s'en tiennent pas &#224; r&#233;p&#233;ter que la soci&#233;t&#233; est malade du capitalisme et qu'il faudra le renverser un beau jour. Et &#224; r&#233;p&#233;ter aussi qu'il faudra alors disposer d'un grand parti r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien. Car il y manque l'essentiel, &#224; savoir comment le prol&#233;tariat pourra-t-il disposer de la force de r&#233;aliser ce tour de force alors que les luttes r&#233;formistes qui &#233;chouent sans cesse lui font penser qu'il ne serait m&#234;me pas capable de pr&#233;server ses acquis&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne suffit pas d'&#234;tre r&#233;volt&#233; par la situation pr&#233;sente pour comprendre ce qui est extraordinaire (non magique mais seulement hors de l'ordinaire) dans les r&#233;volutions sociales dans lesquelles des masses exploit&#233;es qui se sont tues politiquement pendant des d&#233;cennies se mettent &#224; faire par elles-m&#234;mes de la politique, &#224; se donner les moyens et la force d'affirmer et d'imposer leur loi, des organisations de masse &#224; la base qui p&#233;n&#232;trent partout, se m&#234;lent de tout et veulent d&#233;cider de tout. Nous voulons parler des conseils ouvriers r&#233;volutionnaires, autrement appel&#233;s les soviets parce que c'est la r&#233;volution russe (ou plut&#244;t les deux r&#233;volutions de f&#233;vrier et octobre 1917) qui leur a donn&#233; la premi&#232;re manifestation &#233;clatante de capacit&#233;, de courage, de force et de dynamisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette derni&#232;re remarque impose que les r&#233;volutionnaires qui souhaitent construire le parti r&#233;volutionnaire de demain soient des militants, d&#232;s aujourd'hui et m&#234;me dans une phase non r&#233;volutionnaire ou pr&#233;-r&#233;volutionnaire, de l'id&#233;e sovi&#233;tique, des d&#233;fenseurs permanents et in&#233;branlables de l'auto-organisation des travailleurs en masse et &#224; la base, qui soit une organisation politique sur des bases de classe et avec des buts ouvertement r&#233;volutionnaires (lesquels n&#233;cessitent &#224; la fois les objectifs suivants : l'organisation &#233;conomique et social de toute la soci&#233;t&#233; au service exclusif du plus grand nombre sans aucun respect pour les int&#233;r&#234;ts des plus riches, la fin du sacro-saint droit de propri&#233;t&#233; priv&#233;e sur les capitaux et les entreprises du grand capital, l'armement du prol&#233;tariat organis&#233;e en milices r&#233;volutionnaires et le d&#233;sarmement des capitalistes et de leurs Etats, la suppression de tous les organismes d'Etat et le renvoi de tous les hauts fonctionnaires, g&#233;n&#233;raux compris, la suppression des lois mises en place par le grand capital contre les travailleurs et l'union des conseils ouvriers avec tous ceux qui, au sein du peuple travailleur, sont des professions lib&#233;rales qui n'exploitent personne et ne veulent pas d&#233;fendre le grand capital). Quiconque ne ferait pas sans rel&#226;che de la propagande pour ces buts, en public comme au sein des organisations ouvri&#232;res syndicales et politiques ne serait nullement habilit&#233; &#224; construire demain le parti r&#233;volutionnaire qui est si n&#233;cessaire &#224; la classe ouvri&#232;re pour jouer son r&#244;le historique de transformation de la soci&#233;t&#233; humaine, de sa phase exploiteuse &#224; celle d&#233;barrass&#233;e des barbaries du pass&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les organisations qui, dans la phase non r&#233;volutionnaire ou pr&#233;-r&#233;volutionnaire, montraient de l'opportunisme envers les partis et syndicats r&#233;formistes doivent, au contraire, &#234;tre marqu&#233;s d'un signe de d&#233;fiance aux yeux du prol&#233;tariat car ce seront les pires ennemis de la r&#233;volution, les plus s&#251;rs moyens de la tromper !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui r&#233;p&#232;tent sans cesse que leur but unique est la construction du parti r&#233;volutionnaire ne sont pas les plus habilit&#233;s &#224; r&#233;ussir cette t&#226;che :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4923&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4923&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diverses conceptions du parti r&#233;volutionnaire :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3919&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3919&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx et les buts de l'organisation du prol&#233;tariat (1850) dans &#171; Adresse du Comit&#233; Central &#224; la Ligue des communistes &#187; (1850) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les ouvriers contribueront eux-m&#234;mes &#224; leur victoire d&#233;finitive bien plus par le fait qu'ils prendront conscience de leurs int&#233;r&#234;ts de classe, se poseront d&#232;s que possible en parti ind&#233;pendant et ne se laisseront pas un instant d&#233;tourner - par les phrases hypocrites des petits bourgeois d&#233;mocratiques - de l'organisation autonome du parti du prol&#233;tariat. Leur cri de guerre doit &#234;tre : La r&#233;volution en permanence ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7325&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7325&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Rosa Luxemburg : le r&#244;le du Parti prol&#233;tarien dans la gr&#232;ve de masse (1906) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; S'il est donc vrai que c'est &#224; la p&#233;riode r&#233;volutionnaire que revient la direction de la gr&#232;ve au sens de l'initiative de son d&#233;clenchement et de la prise en charge des frais, il n'est pas moins vrai qu'en un tout autre sens la direction dans les gr&#232;ves de masse revient &#224; la social-d&#233;mocratie et &#224; ses organismes directeurs. Au lieu de se poser le probl&#232;me de la technique et du m&#233;canisme de la gr&#232;ve de masse, la social-d&#233;mocratie est appel&#233;e, dans une p&#233;riode r&#233;volutionnaire, &#224; en prendre la direction politique. La t&#226;che la plus importante de &#171; direction &#187; dans la p&#233;riode de la gr&#232;ve de masse, consiste &#224; donner le mot d'ordre de la lutte, &#224; l'orienter, &#224; r&#233;gler la tactique de la lutte politique de telle mani&#232;re qu'&#224; chaque phase et &#224; chaque instant du combat, est r&#233;alis&#233;e et mise en activit&#233; la totalit&#233; de la puissance du prol&#233;tariat d&#233;j&#224; engag&#233; et lanc&#233; dans la bataille et que cette puissance s'exprime par la position du Parti dans la lutte ; il faut que la tactique de la social-d&#233;mocratie ne se trouve jamais, quant &#224; l'&#233;nergie et &#224; la pr&#233;cision, au dessous du niveau du rapport des forces en pr&#233;sence, mais qu'au contraire elle d&#233;passe ce niveau ; alors cette direction politique se transformera automatiquement en une certaine mesure en direction technique. Une tactique socialiste cons&#233;quente, r&#233;solue, allant de l'avant, provoque dans masse un sentiment de s&#233;curit&#233;, de confiance, de combativit&#233; ; une tactique h&#233;sitante, faible, fond&#233;e sur une sous-estimation des forces du prol&#233;tariat, paralyse et d&#233;soriente la masse. Dans le premier cas les gr&#232;ves de masse &#233;clatent &#171; spontan&#233;ment &#187; et toujours &#171; en temps opportun &#187; ; dans le deuxi&#232;me cas la direction du Parti a beau appeler directement &#224; la gr&#232;ve - c'est en vain. La r&#233;volution nous offre des exemples parlants de l'un et l'autre cas. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine &#233;crit dans La Maladie infantile du communisme (1920) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Qu'est-ce qui cimente la discipline du parti r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat ? &#187; , &#171; Qu'est-ce qui la contr&#244;le ? Qu'est-ce qui l'&#233;taye ? C'est d'abord, la conscience de l'avant garde prol&#233;tarienne et son d&#233;vouement &#224; la r&#233;volution, sa fermet&#233;, son esprit de sacrifice, son h&#233;ro&#239;sme. C'est, ensuite, son aptitude &#224; se lier, &#224; se rapprocher et, si vous voulez, &#224; se fondre jusqu'&#224; un certain point avec la masse la plus large des travailleurs, au premier chef avec la masse prol&#233;tarienne, mais aussi la masse des travailleurs non prol&#233;tarienne. Troisi&#232;mement, c'est la justesse de sa strat&#233;gie et de sa tactique politiques, &#224; condition que les grandes masses se convainquent de cette justesse par leur propre exp&#233;rience. A d&#233;faut de ces conditions, dans un parti r&#233;volutionnaire r&#233;ellement capable d'&#234;tre le parti de la classe d'avant-garde appel&#233; &#224; renverser la bourgeoisie et &#224; transformer la soci&#233;t&#233;, la discipline est irr&#233;alisable. Ces conditions faisant d&#233;faut, toute tentative de cr&#233;er cette discipline se r&#233;duit in&#233;luctablement &#224; des phrases creuses, &#224; des mots, &#224; des simagr&#233;es. Mais, d'autre part, ces conditions ne peuvent pas surgir d'embl&#233;e. Elles ne s'&#233;laborent qu'au prix d'un long travail, d'une dure exp&#233;rience ; leur &#233;laboration est facilit&#233;e par une th&#233;orie r&#233;volutionnaire juste qui n'est pas un dogme, et qui ne se forme d&#233;finitivement qu'en liaison &#233;troite avec la pratique d'un mouvement r&#233;ellement massif et r&#233;ellement r&#233;volutionnaire &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'histoire en g&#233;n&#233;ral, et plus particuli&#232;rement l'histoire des r&#233;volutions, est toujours plus riche de contenu, plus vari&#233;e, plus multiforme, plus vivante, &#034;plus ing&#233;nieuse&#034; que ne le pensent les meilleurs partis, les avant-gardes les plus conscientes des classes les plus avanc&#233;es. Et cela se con&#231;oit, puisque les meilleures avant-gardes expriment la conscience, la volont&#233;, la passion, l'imagination de dizaines de mille hommes, tandis que la r&#233;volution est, - en des moments d'exaltation et de tension particuli&#232;res de toutes les facult&#233;s humaines, - l'&#339;uvre de la conscience, de la volont&#233;, de la passion, de l'imagination de dizaines de millions d'hommes aiguillonn&#233;s par la plus &#226;pre lutte des classes. De l&#224; deux conclusions pratiques d'une grande importance : la premi&#232;re, c'est que la classe r&#233;volutionnaire, pour remplir sa t&#226;che, doit savoir prendre possession de toutes les formes et de tous les c&#244;t&#233;s, sans la moindre exception, de l'activit&#233; sociale (quitte &#224; compl&#233;ter, apr&#232;s la conqu&#234;te du pouvoir politique et parfois au prix d'un grand risque et d'un danger &#233;norme, ce qu'elle n'aura pas termin&#233; avant cette conqu&#234;te) ; la seconde, c'est que la classe r&#233;volutionnaire doit se tenir pr&#234;te &#224; remplacer vite et brusquement une forme par une autre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine dans &#171; Le mat&#233;rialisme militant &#187; (1922) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une des erreurs les plus grandes et les plus dangereuses que commettent les communistes (comme, d'ailleurs, les r&#233;volutionnaires en g&#233;n&#233;ral qui ont men&#233; &#224; bien le d&#233;but d'une grande r&#233;volution), c'est de se figurer que la r&#233;volution peut &#234;tre accomplie par les mains des seuls r&#233;volutionnaires. Or, pour assurer le succ&#232;s de toute action r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse, il faut comprendre et savoir appliquer pratiquement l'id&#233;e que les r&#233;volutionnaires ne peuvent jouer un r&#244;le que comme avant garde de la classe r&#233;ellement avanc&#233;e et viable. L'avant garde ne remplit sa mission que lorsqu'elle sait ne pas se d&#233;tacher de la masse qu'elle dirige, lorsqu'elle sait v&#233;ritablement faire progresser toute la masse. Sans l'alliance avec les non communistes dans les domaines d'activit&#233; les plus divers, il ne saurait &#234;tre question d'aucun succ&#232;s en mati&#232;re de construction de la soci&#233;t&#233; communiste. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky sur l'organisation r&#233;volutionnaire en 1923 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Si nous prenons maintenant notre Parti bolchevik dans son pass&#233; r&#233;volutionnaire et dans la p&#233;riode qui suit octobre, on reconna&#238;tra que sa qualit&#233; tactique fondamentale la plus pr&#233;cieuse est sa capacit&#233; in&#233;gal&#233;e &#224; s'orienter rapidement, &#224; changer rapidement de tactique, &#224; renouveler son armement et &#224; appliquer de nouvelles m&#233;thodes, en un mot, pour effectuer des virages brusques. Des conditions historiques orageuses ont rendu cette tactique n&#233;cessaire. Le g&#233;nie de L&#233;nine lui a donn&#233; une forme sup&#233;rieure. Cela ne veut pas dire, naturellement, que notre parti est compl&#232;tement lib&#233;r&#233; d'un certain traditionalisme conservateur : un parti de masse ne peut pas &#234;tre id&#233;alement libre. Mais sa force et sa puissance se sont manifest&#233;es dans le fait que l'inertie, le traditionalisme, la routine, ont &#233;t&#233; r&#233;duits au minimum par une initiative tactique clairvoyante, profond&#233;ment r&#233;volutionnaire, &#224; la fois audacieuse et r&#233;aliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en cela que consiste et doit consister la v&#233;ritable tradition du parti. La bureaucratisation relativement forte de l'appareil du parti s'accompagne in&#233;vitablement du d&#233;veloppement du traditionalisme conservateur avec tous ses effets. Il vaut mieux exag&#233;rer ce danger que le sous-estimer. Le fait ind&#233;niable que les &#233;l&#233;ments les plus conservateurs de l'appareil sont enclins &#224; identifier leurs opinions, leurs m&#233;thodes et leurs erreurs avec le &#171; vieux bolchevisme &#187;, et cherchent &#224; identifier la critique du bureaucratisme avec la destruction de la tradition, ce fait, dis-je. , est d&#233;j&#224; &#224; lui seul l'expression incontestable d'une certaine p&#233;trification id&#233;ologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le marxisme est une m&#233;thode d'analyse historique, d'orientation politique, et non une masse de d&#233;cisions pr&#233;par&#233;es d'avance. Le l&#233;ninisme est l'application de cette m&#233;thode dans les conditions d'une &#233;poque historique exceptionnelle. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette union des particularit&#233;s de l'&#233;poque et de la m&#233;thode qui d&#233;termine cette politique courageuse et assur&#233;e de virages brusques dont L&#233;nine nous a donn&#233; les plus beaux mod&#232;les, et qu'il a plus d'une fois &#233;clair&#233; th&#233;oriquement et g&#233;n&#233;ralis&#233;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6309&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6309&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky dans &#171; Le&#231;ons d'octobre &#187; (1924) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Consid&#233;r&#233;e &#224; la lumi&#232;re de notre propre exp&#233;rience, l'exp&#233;rience des batailles des derni&#232;res ann&#233;es en Europe et principalement en Allemagne, nous montre qu'il y a deux cat&#233;gories de chefs enclins &#224; tirer le Parti en arri&#232;re au moment o&#249; il lui faut accomplir le plus grand saut en avant. Les uns sont port&#233;s &#224; voir principalement les difficult&#233;s, les obstacles et &#224; appr&#233;cier chaque situation avec le parti pris, inconscient parfois, de se d&#233;rober &#224; l'action. Chez eux, le marxisme devient une m&#233;thode servant &#224; motiver l'impossibilit&#233; de l'action r&#233;volutionnaire. Les mencheviks russes repr&#233;sentaient les sp&#233;cimens les plus caract&#233;ristiques de ce type de chefs. Mais ce type ne se limite pas au menchevisme et, au moment le plus critique, se r&#233;v&#232;le dans le parti le plus r&#233;volutionnaire, chez les militants occupant les plus hauts postes. Les repr&#233;sentants de l'autre cat&#233;gorie sont des agitateurs superficiels. Ils ne voient pas les obstacles tant qu'ils ne s'y heurtent pas de front. Leur coutume d'&#233;luder les difficult&#233;s r&#233;elles en jonglant sur les mots, leur optimisme extr&#234;me dans toutes les questions se transforment in&#233;vitablement en impuissance et en pessimisme quand vient le moment de l'action d&#233;cisive. Pour le premier type, pour le r&#233;volutionnaire mesquin, gagn&#233;petit, les difficult&#233;s de la prise du pouvoir ne sont que l'accumulation et la multiplication de toutes les difficult&#233;s qu'il est habitu&#233; &#224; voir sur son chemin. Pour le second type, pour l'optimiste superficiel, les difficult&#233;s de l'action r&#233;volutionnaire surgissent toujours soudainement. Dans la p&#233;riode de pr&#233;paration, ces deux hommes ont une conduite diff&#233;rente l'un appara&#238;t comme un sceptique sur lequel il est impossible de compter fermement au point de vue r&#233;volutionnaire ; l'autre, par contre, peut sembler un r&#233;volutionnaire ardent. Mais, au moment d&#233;cisif, tous deux marchent la main dans la main, s'&#233;l&#232;vent contre l'insurrection. Pourtant, tout le travail de pr&#233;paration n'a de valeur que dans la mesure o&#249; il rend le Parti, et surtout ses organes dirigeants, capables de d&#233;terminer le moment de l'insurrection et de la diriger. Car la t&#226;che du Parti communiste est de s'emparer du pouvoir afin de proc&#233;der &#224; la refonte de la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1461&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1461&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky dans &#171; Les questions du r&#233;gime int&#233;rieur du parti &#187; (1928) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L&#233;nine et nous avec lui, nous redoutions, avant tout, que le Parti communiste russe, disposant des puissantes ressources d'un &#201;tat, n'exer&#231;&#226;t une influence excessive, &#233;crasante, sur les jeunes partis d'Occident qui venaient de s'organiser. L&#233;nine, sans se lasser, multipliait les mises en garde contre un accroissement pr&#233;matur&#233; du centralisme, contre toute avance exag&#233;r&#233;e du Comit&#233; ex&#233;cutif et du Pr&#233;sidium dans cette voie, et surtout contre des formes et m&#233;thodes d'assistance qui se transformeraient en commandement direct, n'admettant aucun recours en appel.&lt;br class='autobr' /&gt;
La rupture se produisit en 1924, sous le nom de &#034; bolchevisation &#034;. Si l'on entend, par bolchevisation, l'&#233;puration du parti par l'&#233;limination d'&#233;l&#233;ments et d'habitudes h&#233;t&#233;rog&#232;nes, celle des fonctionnaires sociaux-d&#233;mocrates accroch&#233;s &#224; leurs postes, des francs-ma&#231;ons, des d&#233;mocrates-pacifistes, des confusionnistes spiritualistes, etc., alors cette besogne s'accomplit d&#232;s le premier jour de l'existence de l'Internationale communiste ; lors du IVe Congr&#232;s, elle prit des formes tr&#232;s actives &#224; l'&#233;gard du Parti communiste fran&#231;ais. Mais cette bolchevisation v&#233;ritable se liait indissolublement, autrefois, &#224; l'exp&#233;rience propre des sections nationales de l'Internationale communiste et s'&#233;tendait &#224; partir de cette exp&#233;rience ; elle avait comme pierre de touche les questions de politique nationale, qui s'&#233;levaient jusqu'&#224; devenir des probl&#232;mes internationaux. La &#034; bolchevisation &#034; de 1924 ne fut qu'une caricature ; on mit le revolver sur la tempe des organisations dirigeantes des partis communistes, en exigeant d'elles que, sans informations ni d&#233;bats, elles prissent imm&#233;diatement et d&#233;finitivement position sur les divergences internes du Parti communiste de l'U.R.S.S. ; elles savaient d'avance que les positions prises d&#233;termineraient leur maintien dans l'Internationale communiste ou leur rejet hors de ses rangs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, en 1924, les partis communistes europ&#233;ens n'avaient pas les moyens de r&#233;soudre les probl&#232;mes qui &#233;taient pos&#233;s dans la discussion russe, o&#249; s'&#233;bauchaient &#224; peine dans la nouvelle &#233;tape de la dictature du prol&#233;tariat deux tendances de principe. Il est &#233;vident qu'apr&#232;s 1924, le travail d'&#233;puration demeurait indispensable, et, dans de nombreuses sections, des &#233;l&#233;ments h&#233;t&#233;rog&#232;nes furent &#233;limin&#233;s &#224; juste titre. Mais, consid&#233;r&#233;e dans son ensemble, la &#034; bolchevisation &#034; consistait chaque fois &#224; d&#233;sorganiser les directions qui se formaient dans les partis communistes occidentaux, en utilisant comme un coin les diff&#233;rends russes que l'appareil d'&#201;tat enfon&#231;ait &#224; coups de marteau. Tout cela se dissimulait sous l'&#233;tendard de la lutte contre l'esprit de fraction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand, au sein du parti de l'avant-garde prol&#233;tarienne, des fractions viennent &#224; se cristalliser, mena&#231;ant de le rendre pour longtemps inapte au combat, il est &#233;vident que le parti est dans la n&#233;cessit&#233; de prendre une d&#233;cision : faut-il laisser au temps la possibilit&#233; d'op&#233;rer une v&#233;rification suppl&#233;mentaire, ou bien faut-il reconna&#238;tre imm&#233;diatement que la scission est in&#233;vitable ? Un parti de combat ne peut &#234;tre une somme de fractions tirant &#224; hue et &#224; dia. Sous sa forme g&#233;n&#233;rale cette id&#233;e est incontestable. Mais user de la scission comme d'un moyen pr&#233;ventif contre les divergences de vues, amputer tout groupe ou groupement qui fait entendre la voix de la critique, c'est transformer la vie int&#233;rieure du parti en une succession d'avortements dans l'organisation. De telles, m&#233;thodes, loin de contribuer &#224; la perp&#233;tuation et au d&#233;veloppement de l'esp&#232;ce, ne font qu'&#233;puiser l'organisme g&#233;n&#233;rateur, c'est-&#224;-dire le parti. La lutte contre l'esprit de fraction devient plus dangereuse que cet esprit lui-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'heure actuelle, les premiers fondateurs de presque tous les partis communistes du monde ont &#233;t&#233; mis en dehors de l'Internationale, sans excepter son ex-pr&#233;sident. Dans presque tous les partis, les groupes qui en guid&#232;rent le d&#233;veloppement pendant deux p&#233;riodes cons&#233;cutives sont exclus ou mis &#224; l'&#233;cart. En Allemagne, le groupe Brandler n'a maintenant qu'un pied dans le parti ; le groupe Maslow n'a pas franchi son seuil. En France, les anciens groupes de Rosmer-Monatte, Loriot, Souvarine, ont &#233;t&#233; exclus ; il en va de m&#234;me pour le groupe Girault-Treint, qui occupa la direction pendant la p&#233;riode suivante. En Belgique, on a exclu le groupe de Van Overstraeten. Si le groupe de Bordiga, qui donna naissance au Parti communiste italien, n'est qu'&#224; moiti&#233; exclu, cela s'explique par les conditions du r&#233;gime fasciste. En Tch&#233;coslovaquie, en Su&#232;de, en Norv&#232;ge, aux &#201;tats-Unis, en un mot dans presque tous les partis du monde, des &#233;v&#233;nements plus ou moins analogues se sont produits depuis la mort de L&#233;nine. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6671&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6671&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti r&#233;volutionnaire, vu par Trotsky en 1931 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1461&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1461&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky dans &#034;R&#233;ponse &#224; des questions concernant les Etats Unis&#034; (1940) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Avant tout, qu'est ce qui caract&#233;rise un parti prol&#233;tarien ? Personne n'est oblig&#233; de militer dans un parti r&#233;volutionnaire, mais, s'il le fait, il prend son parti au s&#233;rieux. Quand on ose appeler le peuple &#224; un changement r&#233;volutionnaire de soci&#233;t&#233;, on porte une &#233;norme responsabilit&#233; qu'il faut prendre tr&#232;s au s&#233;rieux. Et qu'est-ce que notre th&#233;orie, sinon, simplement l'outil de notre action ? Cet outil, c'est la th&#233;orie, marxiste, parce que, jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous n'en avons pas trouv&#233; de meilleur. Un ouvrier ne se livre &#224; aucune fantaisie avec ses outils : si ce sont les meilleurs outils qu'il puisse avoir, il en prend grand soin ; il ne les abandonne pas et n'exige pas des outils fantaisistes, qui n'existent pas &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de militants r&#233;volutionnaires croient r&#233;sumer la pens&#233;e de L&#233;nine en disant : il nous faut un parti r&#233;volutionnaire et la pens&#233;e de Trotsky en disant que la crise de la soci&#233;t&#233; se r&#233;sume &#224; l'absence d'une direction r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, le parti est une question cruciale. Mais quel cuisinier dirait que la question de la gastronomie se r&#233;sume &#224; mettre beaucoup de sel ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, nous sommes ici victimes de la version stalinienne de la r&#233;volution d'octobre et du bolchevisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous allons ici essayer de montrer que nos glorieux pr&#233;d&#233;cesseurs ne voyaient pas les choses ainsi. Ils &#233;taient pour que la classe ouvri&#232;re intervienne sur le terrain politique, contrairement aux anarchistes, brigue le pouvoir politique par la r&#233;volution. Mais ils n'isolaient pas cette question du parti d'une autre question cruciale : le lien avec l'action autonome des masses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien des militants r&#233;volutionnaires oublient que les r&#233;volutionnaires communistes voyaient dans le prol&#233;tariat la classe r&#233;volutionnaire et non dans ses organisations, qu'elles soient r&#233;volutionnaires ou syndicales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti ou le syndicat ne remplacent pas la classe. Les militant du parti ou du syndicat qui estime que son organisation doit d&#233;cider ... en lieu et place des travailleurs n'est pas r&#233;volutionnaire, m&#234;me si honn&#234;tement il ne le sait pas ...&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne voulons pas d&#233;velopper une th&#232;se selon laquelle la spontan&#233;it&#233; des masses suffirait &#224; r&#233;gler tous les probl&#232;mes. Nous sommes partisans de la construction d'un parti r&#233;volutionnaire mais nous estimons que la signification de celui-ci est compl&#232;tement perdue lorsque les militants estiment que l'organisation r&#233;volutionnaire est un but en soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article843&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article843&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#171; La France &#224; un tournant &#187; (mars 1936) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Comprendre clairement la nature sociale de la soci&#233;t&#233; moderne, de son Etat, de son droit, de son id&#233;ologie constitue le fondement th&#233;orique de la politique r&#233;volutionnaire. La bourgeoisie op&#232;re par abstraction (&#171; nation &#187;, &#171; patrie &#187;, &#171; d&#233;mocratie &#187;) pour camoufler l'exploitation qui est &#224; la base de sa domination. (&#8230;) Le premier acte de la politique r&#233;volutionnaire consiste &#224; d&#233;masquer les fictions bourgeoises qui intoxiquent les masses populaires. Ces fictions deviennent particuli&#232;rement malfaisantes quand elles s'amalgament avec les id&#233;es de &#171; socialisme &#187; et de &#171; r&#233;volution &#187;. Aujourd'hui plus qu'&#224; n'importe quel moment, ce sont les fabricants de ce genre d'amalgames qui donnent le ton dans les organisations ouvri&#232;res fran&#231;aises. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#171; L'&#233;tape d&#233;cisive &#187; (juin 1936) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le mot d'ordre de comit&#233;s ne peut &#234;tre abord&#233; que par une v&#233;ritable organisation r&#233;volutionnaire, absolument d&#233;vou&#233;e aux masses, &#224; leur cause, &#224; leur lutte. Les ouvriers fran&#231;ais viennent de montrer de nouveau qu'ils sont dignes de leur r&#233;putation historique. Il faut leur faire confiance. Les soviets sont toujours n&#233;s des gr&#232;ves. La gr&#232;ve de masse est l'&#233;l&#233;ment naturel de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. D'atelier en atelier, d'usine en usine, de quartier en quartier, de ville en ville, les comit&#233;s d'action doivent &#233;tablir entre eux une liaison &#233;troite, se r&#233;unir en conf&#233;rences par villes, par branches de production, par arrondissements, afin de couronner le tout par un congr&#232;s de tous les comit&#233;s d'action de France. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un point &#224; ne jamais oublier : ni le parti communiste r&#233;volutionnaire ni l'Etat ouvrier ne peuvent se substituer au prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4731&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4731&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#171; La France &#224; un tournant &#187; (28 mars 1936) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;L'&#233;mancipation des ouvriers ne peut &#234;tre l'oeuvre que des ouvriers eux-m&#234;mes. Il n'y a donc pas de plus grand crime que de tromper les masses, de faire passer des d&#233;faites pour des victoires, des amis pour des ennemis, d'acheter des chefs, de fabriquer des l&#233;gendes, de monter des proc&#232;s d'imposture, &#8212; de faire en un mot ce que font les staliniens. Ces moyens ne peuvent servir qu'&#224; une fin : prolonger la domination d'une coterie d&#233;j&#224; condamn&#233;e par l'histoire. Ils ne peuvent pas servir &#224; l'&#233;mancipation des masses. Voil&#224; pourquoi la IVe Internationale soutient contre le stalinisme une lutte &#224; mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il va sans dire que les masses ne sont pas sans p&#233;ch&#233;. Nous ne sommes pas enclins &#224; les id&#233;aliser. Nous les avons vues en des circonstances vari&#233;es, &#224; diverses &#233;tapes, au milieu des plus grands bouleversements. Nous avons observ&#233; leurs faiblesses et leurs qualit&#233;s. Leurs qualit&#233;s : la d&#233;cision, l'abn&#233;gation, l'h&#233;ro&#239;sme trouvaient toujours leur plus haute expression dans les p&#233;riodes d'essor de la r&#233;volution. A ces moments, les bolcheviks furent &#224; la t&#234;te des masses. Un autre chapitre de l'histoire s'ouvrit ensuite, quand se r&#233;v&#233;l&#232;rent les faiblesses des opprim&#233;s : h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, insuffisance de culture, manque d'horizon. Fatigu&#233;es, d&#233;&#231;ues, les masses s'affaiss&#232;rent, perdirent la foi en elles-m&#234;mes et c&#233;d&#232;rent la place &#224; une nouvelle aristocratie. Dans cette p&#233;riode les bolcheviks (les &#034;trotskistes&#034;) se trouv&#232;rent isol&#233;s des masses. Nous avons pratiquement parcouru deux cycles semblables : 1897-1905, ann&#233;es de flux ; 1907-1913, ann&#233;es de reflux ; 1917-1923, ann&#233;es marqu&#233;es par un essor sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire ; puis une nouvelle p&#233;riode de r&#233;action qui n'est pas encore finie. Gr&#226;ce &#224; ces &#233;v&#233;nements, les &#034;trotskistes&#034; ont appris &#224; conna&#238;tre le rythme de l'histoire, en d'autres termes la dialectique de la lutte des classes. Ils ont appris et, me sembl&#233;t-il, r&#233;ussi &#224; subordonner &#224; ce rythme objectif leurs desseins subjectifs et leurs programmes. Ils ont appris &#224; ne point d&#233;sesp&#233;rer parce que les lois de l'histoire ne d&#233;pendent pas de nos go&#251;ts individuels ou de nos crit&#233;riums moraux. Ils ont appris &#224; subordonner leurs go&#251;ts individuels &#224; ces lois. Ils ont appris &#224; ne point craindre les ennemis les plus puissants, si la puissance de ces ennemis est en contradiction avec les exigences du d&#233;veloppement historique. Ils savent remonter le courant avec la conviction profonde que l'afflux historique d'une puissance nouvelle les portera jusqu'&#224; l'autre rive. Pas tous ; beaucoup se noieront en chemin. Mais participer au mouvement les yeux ouverts, avec une volont&#233; tendue, telle est bien la satisfaction morale par excellence qui puisse &#234;tre donn&#233;e &#224; un &#234;tre pensant !&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#034;Leur morale et la n&#244;tre&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;L&#233;nine expliquait aux amateurs de &#034;probl&#232;mes politiques concrets&#034; que notre politique n'est pas de caract&#232;re conjoncturel mais principiel ; que la tactique est subordonn&#233;e &#224; la strat&#233;gie ; que, pour nous, le sens fondamental de chaque campagne politique est de mener les travailleurs des questions particuli&#232;res aux probl&#232;mes g&#233;n&#233;raux, c'est-&#224;-dire de les amener &#224; la compr&#233;hension de la soci&#233;t&#233; moderne et du caract&#232;re de ses forces fondamentales.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#034;D&#233;fense du marxisme&#034; dans le paragraphe &#034;contre le pseudo &#034;r&#233;alisme&#034; politique&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les &#233;poques r&#233;actionnaires comme la n&#244;tre non seulement d&#233;sagr&#232;gent et affaiblissent la classe ouvri&#232;re en isolant son avant-garde, mais aussi abaissent le niveau id&#233;ologique g&#233;n&#233;ral du mouvement en rejetant la pens&#233;e politique loin en arri&#232;re, &#224; des &#233;tapes d&#233;pass&#233;es depuis longtemps. Dans ces conditions, la t&#226;che de l'avant-garde est avant tout de ne pas se laisser entra&#238;ner par le reflux g&#233;n&#233;ral. Il faut aller contre le courant. Si le rapport d&#233;favorable des forces ne permet pas de conserver les positions politiques pr&#233;c&#233;demment occup&#233;es, il faut se maintenir au moins sur les positions id&#233;ologiques, car c'est en elles qu'est concentr&#233;e l'exp&#233;rience ch&#232;rement pay&#233;e du pass&#233;. Une telle politique appara&#238;t aux yeux des sots comme du &#034;sectarisme&#034;. En r&#233;alit&#233; elle ne fait que pr&#233;parer un nouveau bond gigantesque en avant, avec la vague de la prochaine mont&#233;e historique.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#034;Bolchevisme contre stalinisme&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La situation politique mondiale dans son ensemble se caract&#233;rise avant tout par la crise historique de la direction du prol&#233;tariat. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#034;Le programme de transition&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Engels a &#233;crit un jour que Marx et lui-m&#234;me &#233;taient rest&#233;s toute leur vie en minorit&#233; et qu'ils s'en &#233;taient toujours &#034; bien trouv&#233;s &#034;. Les p&#233;riodes o&#249; le mouvement des classes opprim&#233;es s'&#233;l&#232;ve au niveau des t&#226;ches g&#233;n&#233;rales de la r&#233;volution repr&#233;sentent les tr&#232;s rares exceptions de l'histoire. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#034;Moralistes et sycophantes contre le Marxisme&#034; (1939) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le parti r&#233;volutionnaire du fait qu'il repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts permanents de la classe ouvri&#232;re est oblig&#233;, pendant la plus longue p&#233;riode de son existence peut-&#234;tre, de lutter contre le courant, contre les conceptions petit&#233;bourgeoises. Il y a des moments plus courts dans l'existence du parti o&#249; le groupement qui a su lutter contre le courant va avec le courant, les &#233;v&#232;nements viennent donner une confirmation &#233;clatante &#224; ses conceptions ant&#233;rieures. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Barta dans un texte de d&#233;but ao&#251;t 1944 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le parti, ce n'est pas d'abord un appareil de militants ni une masse d'adh&#233;rents, ce n'est pas d'abord des structures organisationnelles. Ce n'est pas seulement une direction mais surtout une orientation, des analyses, des perspectives et une politique. Ces derni&#232;res ne doivent pas avoir comme crit&#232;re la sauvegarde du groupe, mais d'abord les int&#233;r&#234;ts de classe. Les communistes n'ont pas d'int&#233;r&#234;ts particuliers de leur groupe &#224; d&#233;fendre, disait Marx dans &#171; Le Manifeste Communiste &#187;. Etre communiste, ce n'est s'isoler du reste du mouvement ouvrier mais ce n'est pas non plus mettre son drapeau dans sa poche d&#232;s qu'il y a des affrontements entre perspectives oppos&#233;es. La perspective communiste est celle qui n'oublie jamais la perspective du renversement total, mondial et d&#233;finitif du capitalisme, m&#234;me dans une p&#233;riode o&#249; ce changement pourrait sembler tr&#232;s &#233;loign&#233;, m&#234;me si les travailleurs eux-m&#234;mes semblent loin d'&#234;tre sensibles &#224; cette perspective. Les communistes r&#233;volutionnaires ne se servent pas de leur particularit&#233; pour se d&#233;tourner du mouvement ouvrier r&#233;el et se mettre en retrait. Mais ils ne pratiquent pas non plus l'opportunisme consistant &#224; s'adapter pour avoir plus de succ&#232;s. En somme, ni sectarisme, ni opportunisme : le chemin est &#233;troit. La confiance en l'avenir communiste ne r&#233;sulte pas de la confiance dans des leaders supr&#234;mes mais dans les capacit&#233;s que les prol&#233;taires ont d&#233;j&#224; montr&#233; dans l'Histoire et dans la connaissance des lois de la lutte des classes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le pass&#233;, ce sont les groupes et partis r&#233;volutionnaires qui se sont souvent fait bien plus de mal que la bourgeoisie ne leur en a fait. Ce n'est pas dans les prisons, dans les tortures, face aux pelotons d'ex&#233;cutions que des groupes r&#233;volutionnaires ont th&#233;oris&#233; leurs reculs, leurs capitulations, leurs d&#233;rives ou leurs renoncements. Au contraire, c'est au plus haut sommet de leurs succ&#232;s qu'ils ont c&#233;d&#233; &#224; la pression de la r&#233;ussite. M&#234;me le parti bolchevique. C'est lorsqu'ils &#233;taient en situation de jouer un r&#244;le important et m&#234;me d&#233;cisif que les groupes communistes r&#233;volutionnaires (en tout cas qui se revendiquaient de cette perspective) ont recul&#233; politiquement. Il ne suffit pas de d&#233;noncer ces renonciations. Il faut aussi les analyser. Elles ne concernent pas que leurs auteurs mais tous les militants r&#233;volutionnaires. Sur ce terrain aussi, qui ne tire pas des le&#231;ons du pass&#233; sera rattrap&#233; par lui. La premi&#232;re des le&#231;ons est que le sectarisme et l'opportunisme sont des fr&#232;res jumeaux. La deuxi&#232;me est que ceux qui placent l'organisation (ou sa direction) au dessus des perspectives, ceux qui renoncent &#224; l'analyse th&#233;orique, se pr&#233;parent des lendemains difficiles. Il ne suffit pas de pr&#233;tendre faire d'un groupe un corps homog&#232;ne, pr&#233;tendument imperm&#233;able aux influences ext&#233;rieures (surtout celle des autres groupes r&#233;volutionnaires) pour b&#226;tir une coh&#233;sion politique. Il faut &#233;tudier, d'abord &#233;tudier et encore &#233;tudier&#8230; Etudier les luttes pass&#233;es, les conditions des r&#233;volutions, les modes de fonctionnement de la soci&#233;t&#233; et de la nature. Celui qui continue &#224; apprendre du monde en changement permanent n'est pas sujet &#224; la maladie de l'auto-centrage. Le monde ne tourne pas autour de notre nombril. Le fixer avec admiration ou avec fascination ne peut pas &#234;tre une politique. Se gargariser du mot de construction du parti n'est en rien une recette pour le construire. S'approprier la conscience des fonctionnements du monde y rapproche bien plus et permet bien plus aussi de rejoindre un jour un autre mouvement de la conscience : celui d'un prol&#233;tariat qui tirera les le&#231;ons de ses propres exp&#233;riences. Les autres raccourcis ou pr&#233;tendus tels m&#232;nent dans le mur&#8230; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Revolutionary workers, what is your political and social program ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex, Bianco, charlie, DD, F. Kletz, Faber Sperber, Karob, Max, Melissa, Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;Revolutionary workers, what is your political and social program ? &lt;br class='autobr' /&gt;
PART ONE THE PHILOSOPHICAL AND THEORETICAL BASES OF THE COMMUNIST PROGRAM AND THE SOCIALIST REVOLUTION &lt;br class='autobr' /&gt;
This is not a catalog of recipes, rules of conduct, or ready-made solutions for a successful revolution. These do not exist. Using the lessons of the past is not the repetition of ready-made instructions. Without revolutionary theory, there is no revolutionary politics ; without revolutionary politics, there is no (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique194" rel="directory"&gt;10 - Textes programmatiques de La Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Revolutionary workers, what is your political and social program ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PART ONE&lt;br class='autobr' /&gt;
THE PHILOSOPHICAL AND THEORETICAL BASES OF THE COMMUNIST PROGRAM AND THE SOCIALIST REVOLUTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is not a catalog of recipes, rules of conduct, or ready-made solutions for a successful revolution. These do not exist. Using the lessons of the past is not the repetition of ready-made instructions. Without revolutionary theory, there is no revolutionary politics ; without revolutionary politics, there is no revolutionary organization, and without revolutionary political organization, there is no success in the revolutionary activity of the workers and peoples. With fixed, non-dialectical thinking, one can only make mistakes, relying too much or too little on the soviets, on the party, on the workers' state, on the spontaneity of the masses, and on the vanguard. Too much pragmatism or not enough, too much spontaneity or not enough, too much activism or not enough, too much workerism or not enough, too much openness or not enough, too much opportunism or too much sectarianism, too much organization and not enough spontaneity, we quickly fall from one fault to another...&lt;br class='autobr' /&gt;
We must learn lessons from history, but we cannot do without scientifically studying the present and rethinking the reasoning. We cannot make political fiction, but without a perspective for the future we are going nowhere.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There is no worse crime than depriving workers of the theoretical means to understand the world in order to transform it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ It is not enough to look at the world to understand it ; it requires a philosophy and a political and social theory. One of the indispensable theoretical bases for revolutionary militants is the philosophical and dialectical materialism of the movement, expurgated of Stalinist lies and applied to human societies as well as to the material and living world. Any ignorant or ignored philosophy can only taint the political perspective of revolutionaries with error. The so-called climatic, demographic, or pandemic crises only make the scientific training of revolutionaries even more essential in the face of the pseudo-scientific deceptions of the capitalists. Revolutionary militants must study the world scientifically if they want to transform it. They cannot simply bow respectfully before the work of the great Marxist authors of the past and before recent or ancient scientific works. To teach a dead Marxism as an object of conservation is to kill Marxism and turn it into a religion, which it is not at all. The science on which to base theoretical conceptions is the science of today in motion, not that of the time of the old theoreticians of Marxism. Marxism itself must progress in the light of all facts and all new conceptions. All those who claim to refuse this out of modesty or out of a supposed awareness of their own limitations are only refusing these primordial and indispensable tasks. They are like surgeons who claimed to want to operate on society but without equipping themselves with the surgeon's scalpels and the knowledge of physiology.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ One of the fundamental theoretical bases is the understanding of the respective role and interactions of the three fundamental social classes under capitalism : proletariat, petty bourgeoisie and big bourgeoisie or how big capital can rule the whole of society without representing the general interest and only a tiny fraction of the population ? Why is the proletariat the only revolutionary class ? And why should the proletariat not remain isolated but take the lead of all threatened or oppressed social layers, women, religions, nations, and including important fractions of the petty bourgeoisie ? Separating the proletariat can only be the work of opportunists who want to make the revolutionary proletariat a class only demanding on the economic terrain or of sectarian purists (and often both opportunists and sectarian) who want to believe in a pure revolution that has never existed in history but only in their imagination. Only the capitalist class has an interest in the proletariat not leading all the oppressed, the poor and the exploited, and in particular women, young people, the unemployed, small artisans, shopkeepers and peasants, as well as the false liberal professions that exploit themselves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ An essential point for understanding the current world and its ultra-violent drift is the fact that its capitalist dynamic is dead, the accumulation of capital having reached its limits and productive investments incapable of keeping up with the excessive mass of accumulated capital. This is an inescapable historical fact that requires a detailed scientific analysis and a serious study of the consequences because it changes the entire perspective. It follows that the ruling classes must at all costs prepare for a confrontation to the death with the working people. The capitalist class is aware of this and is actively preparing for it, but the vast majority of organizations and therefore of activists prefer to turn a blind eye, including on the far left, letting people believe that capitalism still has great prospects ahead of it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ Capitalism is a social system doomed to disappear like other social systems before it, and since 2007, it has posed for the first time the immediate need to replace it at the same time as the possibility of overcoming societies divided into social classes based on the production of goods, on the exploitation of human labor. Capitalism did not just reach its limits in 2007, it was a year later in 2008 that a global wave of social revolutions called the &#034;spring&#034; began, which exploded worldwide from 2011. Paradoxically, it is at this crucial moment, at this historical turning point, that most activists claiming to be working class are turning away from this perspective and are engaged in opportunistic electoral and trade union activities that they present as the means to build the revolutionary party but which tie them to the old, outdated society !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ With the collapse of capitalism and the resumption of the socialist revolution, the role of the proletariat as a conscious and self-organized historical subject becomes once again of burning relevance ! The only perspective, not only for workers but for all humanity, is once again that of the power of the soviets. These mass organizations, political and not only protest-based but revolutionary, are the indispensable foundation of power for the workers. They allow the transition from class struggle consciousness to revolutionary consciousness. They allow the proletariat to be united with other social strata of the working people. Anyone who does not constantly defend this perspective, in propaganda as well as in social and political struggles, is and will be nothing but an adversary of the revolutionary proletariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ The social revolution is a rare phase in the history of humanity, one of its crucial moments because it radically changes its course and it is the only moment when the mass of the exploited and oppressed decides its own fate, engages in politics and organizes en masse. It is for such moments that revolutionaries must prepare. The most crucial phase is that of the seizure of power by organized and armed workers. Insurrection is an art, all revolutionaries remind us, and this art must be studied by all militants who want to prepare their revolutionary class for its historic task.&lt;br class='autobr' /&gt;
THE POLICY AND PROGRAM OF THE REVOLUTIONARY COMMUNISTS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A- A program that claims to control everything ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We must be wary of organizations that intend to rule everything and impose their points of view on workers, but we must be even more wary of those that refuse to say what they will do if we follow them, those that refuse to indicate their perspectives in a program, that is to say the majority of organizations that claim to be workers' organizations...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For us, this is not a program that intends to be imposed on workers in struggle or in social revolution, but, on the contrary, to be submitted to the workers, amended if necessary, corrected, modified, and thus serve as a compass for orientation, a guide, a reference, a proposal to be made to assemblies, committees, councils, delegates elected and revocable by these organizations absolutely independent of the capitalist State, of the propertied classes, of the organizations linked to them. The aim of this program is precisely to move from struggles for demands to revolutionary struggles, to ensure that the former prepare the latter, to make them succeed by giving workers the political and organizational means to direct themselves before directing the whole of society, to found a new kind of State of the type of the Paris Commune of 1871 or the power of the Soviets before it is destroyed by Stalinism. What distinguishes this type of program from all reformist and opportunist programs is that it shows that every social and political question is directly related to the need for social revolution and that every struggle, every fight of the workers must lead to power for the workers and to socialism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B- What revolution do we want ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The word &#034;revolution&#034; is used by so many people, most often in meanings so opposed to our own (from the &#034;revolution&#034; of detergents or cosmetics or artificial intelligence, to the so-called &#034;liberal revolution&#034;, from Macron to Javier Milei, not to mention the &#034;national revolutions&#034; of the extreme right to the Stalinists and the political revolutions of all bourgeois nationalists) that it is appropriate to clarify the meaning we give to the proletarian revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revolution is a very particular moment in the history of a society, a moment when nothing happens as usual and, in particular, when the oppressed and exploited no longer allow their conduct to be dictated to them and act collectively, en masse, organizing themselves and making decisions without referring to any higher authority.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;C- The exploited spontaneously have a reformist consciousness&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In &#034;normal&#034; times, the exploited suffer not only from their material situation but also from the lies spread by their enemies. They have neither the opportunity nor the will to contradict the lies of their exploiters, nor to question the established order. They therefore ignore that they are bearers of a proletarian program for the whole of society and believe what the reformists tell them : that they just want the satisfaction of a few demands, generally just the questioning of the latest reform of the rulers, as if the previous ones were acquired and if the entire system were not in question, as if the proletarians did not have broader perspectives (power to the workers with a view to the complete change of the mode of production, the abolition of the property of big capital, the abolition of the exploitation of man by man and the abolition of the State). In particular, this way of limiting social struggles has the effect of removing the proletariat's role in addressing all oppressed social strata and leaving them to also suffer the domination of big capital and thus fall prey to the fascists if their revolt becomes radicalized. In any case, the proletarians do not, under normal circumstances, give themselves the means to develop their own economic, social and political program and are unaware of its strength and importance. They generally believe that if one cannot prevent a government counter-reform, it is probably pointless to dream of transforming the whole of society ; one probably does not have the strength to do so. This false reasoning is dictated to them by the reformists and opportunists (notably from the false extreme left). The reality is the opposite : if one cannot reform society, it needs a social revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As for other political and social questions posed to society as a whole, the exploited think about them personally but not collectively. They do not express themselves collectively in a public manner on these questions. They therefore never have the opportunity to imagine their own political program and only envisage &#034;politics&#034; as the choice between politicians who are all enemies of the workers. Elections organized by the capitalist state are presented as the only way to &#034;do politics.&#034; But this has nothing to do with a revolutionary workers' policy, even when so-called revolutionaries stand in bourgeois elections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D- Direct action and class organization : the path to class struggle and class consciousness&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Without worrying about the electoral charade, workers can perfectly well engage in politics through direct class action, even if they are currently unaware of it. This is also the purpose of the program of the revolutionary proletariat. They can question the policies of their imperialism, contest its wars, denounce its agreements with the world's dictatorships, hinder its exactions, undo the agreement between big capital and the petty bourgeoisie, etc. But, as long as they do not meet regularly to discuss all these questions, they cannot experience their own political capacity or measure the impact of their own perspectives on their class or on other social classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All this gives us the definition of revolution, which is precisely the moment when the exploited and oppressed unite within mass organizations to collectively take decisions concerning the whole of society and give themselves the means to implement them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E- How to prepare for the social revolution in the period preceding it ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is in current struggles, in a pre-revolutionary period, that revolutions are prepared, and it is particularly in strikes. Even if revolutions are always surprising, all different from each other and unpredictable, we can prepare for them in many ways as long as we have the will and the awareness. The three main ways are the experience of struggles, class consciousness, and knowledge of the past.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To use the limitations of current struggles as a pretext for not pursuing them with revolutionary and socialist policies is to betray them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E- Struggles and their self-organization&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Struggles, even outside of revolutionary periods, prepare for revolutionary struggles, as long as workers organize themselves, make decisions about their own struggle, and can thus verify the results of their understanding of the balance of power, objectives, and methods of action. Experience allows us to verify our opinions about the various social classes, their relationships, the repressive state apparatus, and reformist political and trade union organizations. Having clear ideas in advance (before the revolution) about all this is extremely useful in times of revolution. Seeing the reformists (and opportunists) at work and maneuvering allows us to decipher their speeches, their tricks, their lies, the goals of their organizational methods, and their false pretexts for constantly abandoning the terrain of class struggle and following that of class collaboration. This is how unions and reformist parties bring the struggle onto the terrain of false negotiations and agreements with our class enemies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Strike Committees : From Striker-Led Strike to Worker-Led Society&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To exercise their future political sovereignty and govern themselves by and for themselves, the working people must experience their leadership abilities by doing so directly in their strikes and struggles. Strike committees, conceived in this way, are the embryos of a future government of the working people. Federated at the level of a city or region, they become the backbone of future revolutionary communes. The federation of these communes will then be the expression of the people's will over their own destiny. To be against this is to leave power to the wealthy. Any enemy of the self-organization of struggles is also an enemy of the perspective of power to the workers. This is why even a simple categorical strike needs a revolutionary perspective to be conducted effectively and victoriously, and why any reformist leadership of struggles leads to a wall, even when these struggles only pursue limited objectives that in no way include the perspective of overthrowing the system.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A democratic organization involving all workers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The strike committee allows everyone in the company to be involved in the decisions and organization of the movement. Colleagues who yesterday were disinterested in the struggle now feel involved in its organization and want to take an active part. There is no reason why some strikers should have fewer rights than others during the strike (especially those belonging to union organizations). Democracy is not only an ideal, it is also a guarantee of trust, awareness, and strength.&lt;br class='autobr' /&gt;
A few rules and concepts are essential for this :&lt;br class='autobr' /&gt;
Respect and ensure respect for freedom of opinion and criticism, which must be total ! Recognize each member of this committee's freedom to defend their point of view and to make it known by any means that suits them ! Recognize each organization's complete freedom to defend its point of view as well, but also the freedom of workers not to adopt its points of view or instructions !&lt;br class='autobr' /&gt;
Democracy is not a formalism, but the awareness that workers can only win through their own efforts. It does not confine itself to the company and opens its general assemblies to workers from other companies. It does not prohibit itself from intervening in other companies or outside of companies. The strike committee can grant itself the means to intervene beyond the strike, in social and political actions decided by the workers themselves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Strike committee : no irremovable representatives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The strike leadership must be elected, accountable, and revocable before the Sovereign General Assembly of workers. Let's break with the political methods of the bourgeoisie. If we have no control over the politicians who serve the wealthy, let's control those we elect to our assemblies. To be sovereign and govern itself, the assembly must control its elected officials, its mandate holders, and be able to recall them at any time.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;General meetings and the strike committee&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The general assembly deciding democratically by giving everyone a voice is not enough. The ruling class has assemblies but also decision-making and execution bodies. The general assembly must be a place for information, discussions, but also a place for preparing a strategy and tactics. The local general assembly must have links with other local general assemblies but also build regional and national links. The local general assembly must be informed of what is happening elsewhere and decide there, who is striking, demonstrating, blocking where and when. We must know what the other general assemblies are discussing and deciding. Without a strike committee, we do not have people mandated to receive information from other general assemblies via other strike committees. It is not just there to talk but to decide on actions, and these must be organized and implemented by a smaller, democratically controlled group that can be dismissed at any time.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The big capitalists have their National Assembly and the government as their executive. Our general meetings must have one too. But not of the same order. Our executive of the struggle is elected, accountable, and revocable before the sovereign general meeting. The strike must be led by the strikers themselves, by democratic assemblies electing local strike committees, electing a central strike committee, and coordinating regionally and nationally ! It's more democratic ! It's more effective ! It's more frightening for our adversaries ! It gives a future to the struggle ! It's the sign of a mobilization without delegation of power ! It's a guarantee of success !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The strike committee : elect an executive who is responsible and revocable before the General Assembly&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All members of such a committee, without exception, are elected by their assembly. No one is there by right, based on any particular title (member or elected official of a union or political organization), without the strikers having the right to maintain or revoke them.&lt;br class='autobr' /&gt;
Anyone who wishes to do so must be able to stand as a candidate, whether they are unionized or not. It is up to the general assembly to designate those it wants to see on this committee.&lt;br class='autobr' /&gt;
The strike committee must be as broad as possible because it is thus the most representative. It is obviously preferable that each sector on strike or in struggle be represented within such a committee.&lt;br class='autobr' /&gt;
The election is done by a show of hands, in full view of everyone. Thus, everyone's commitment, for or against, is clear ; This allows for transparency.&lt;br class='autobr' /&gt;
The strike committee represents everyone. It does not represent a category of personnel within a company or a particular professional branch within the framework of an interprofessional and inter-category struggle. The movement is united, and the strike committee is responsible for leading it for everyone. None of its members are there to defend the interests of any particular sector. This must be clear to both the committee members and all the strikers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Factory committees and soviets : embryos of the power of the proletariat and the working people&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the struggles organized by the union bureaucracies, no coordination of sovereign general assemblies is put in place and no occupation of factories, no broadening of the movement organized by the rank and file is proposed, which means that these &#034;struggles&#034; never challenge bourgeois power, that of the bosses and that of the State. Yet &#034;Every strike with occupation poses in practice the question of knowing who is the master in the factory : capitalism or the workers. (If it) raises this question episodically, the factory committee gives this same question an organized expression. It is elected by all the workers and employees of the enterprise. The bureaucrats of the unions will oppose, as a general rule, the creation of factory committees (to avoid this duality of power, even if embryonic ! Editor's note). It is necessary to open a campaign in favor of factory committees in time to avoid being taken unawares.&#034; (Trotsky, 1938) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Class consciousness&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The role of the revolutionaries' program is to lead to awareness of the need for workers to seize the entirety of state power through their revolutionary councils, without leaving the slightest crumb of power to the old ruling classes. In developing their explanations, they obviously come up against all forms of political and social illusions in bourgeois democracy, in electoralism, in the state at the service of the citizens, and in the trade unionism of negotiation and agreement with the bosses and the state. The parties of the left, the left of the left, or the opportunist extreme left are inevitably resolute opponents of such a program.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F- Knowledge of the past&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We do not conceive of revolution in the same way before and after the Paris Commune, before and after the Russian, Finnish, German, Hungarian, Spanish, Chinese, etc. revolutions&#8230; Nor after as before the fascist counter-revolutions or the world wars&#8230; To ignore the maneuvers and attacks of class enemies, or the deceptions, the errors of the past, is to condemn ourselves to repeat them. Conversely, to reveal the lessons of the past is to give ourselves the keys to the prison. There is, of course, the history of proletarian revolutions and the counter-revolutions that were opposed to them. But even the bourgeois revolutions and those of antiquity teach us a lot about how human society can advance and transform itself. The difficulty is that the propertied classes are masters of official history as well as of science and official ideology and that revolutionaries therefore have the task of giving themselves an image independent of all these disciplines, which is far from easy. Many people believe that the lies of the possessing classes only concern the present era, but this is false : revolutions, counter-revolutions, wars and civil wars are hidden by them so that the working people cannot understand the history in which they are such an essential participant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G- What is class struggle and what is contrary to it ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Society is divided into large social classes which are determined not by salary, professional function, category of activity, country, status, nationality, origins, skin color, religious or non-religious beliefs, type of residential area, personal opinions, or other sociological criteria, but by position in relation to the ownership of large capitals and means of production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We can thus distinguish three fundamental social classes : the big bourgeoisie, the petty bourgeoisie, and the proletariat. Of course, most people do not divide themselves into these categories and are even unaware of their existence, but social revolutions depend on them. If the first two unite against the third, the revolution cannot win. If the third manages to unite with a fraction of the second and lead it, the capitalist class can be overthrown.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In a normal period (neither revolutionary nor pre-revolutionary), the petty bourgeoisie (even the impoverished and proletarianized one) will have no desire to unite with the proletariat. A serious economic and social crisis, as well as a political one, is needed for the illusions of the petty bourgeoisie to be sufficiently damaged and for the proletariat to be able, with the help of a correct policy, to attract this fraction of the so-called middle class and direct its anger against the capitalist class and its state. The first correct policy of the proletariat consists of demonstrating that the workers do not want to make concessions to big capital but understand the demands of the impoverished petty bourgeoisie, the one that exploits no one and cannot survive even by overexploiting itself (small traders, peasants, fishermen, false liberal professions, delivery men, self-employed people and others). It also concerns other social classes such as poor women, the unemployed, young people, the homeless, undocumented immigrants, all those whom society despises and oppresses. The proletariat must therefore not be content to unite within its own social class but must address other classes, understand how they reason, how they fight and how important it is to dissociate them from the capitalist class in order to isolate and defeat it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The policies of the reformist political and trade union left and opportunist organizations (especially the pseudo-extreme left) aim for the opposite objective : the so-called class purity of the workers, which isolates them from the struggles of other sections of the working people (made up of all those who suffer from capitalism, live essentially from their work and exploit no one, whether they are employees or not). In particular, the reformists claim to unite employees and employers in the defense of the &#034;interests of the country&#034;, the &#034;interests of the company&#034;, the &#034;interests of the profession&#034;, the &#034;interests of the sector&#034;, the &#034;interests of employment&#034;, the &#034;interests of industry&#034;, and assert that the capitalist state power, if it were well directed, would be responsible for helping them in this. These reformists, who have nothing but disgust for an alliance with the ruined or impoverished petty bourgeoisie, do not disdain to unite with the capitalists and their states ! The reformists are only willing to unite with the petty bourgeoisie in the &#034;national interest&#034;, that is to say in the interest of the capitalists and behind their representatives, essentially when it comes to transforming the people into cannon fodder !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The class struggle therefore has as its summit not the isolation of the proletarians, stupidly set against all the intermediate layers, but the isolation of the capitalists...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H- What most opposes reformists and revolutionaries ? The question of the state and the struggle to destroy it !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is the question of the nature of the state that is the most decisive division between reformists and revolutionaries, and also the best way to distinguish false revolutionaries, who are revolutionaries only in label.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reformists claim that what would determine the state would be the political color of the governing party, or the democratic nature or otherwise of the constitution, or finally the corruption or otherwise of members of the government and state institutions, or the respect or otherwise of the basic rights of citizens and others. Revolutionaries want to overthrow and demolish the capitalist state ; reformists want to &#034;conquer&#034; it, that is, to be invited to lead and participate in it. Revolutionaries want the arming of the proletariat and the disarmament of the capitalists and their armed forces. Reformists want the opposite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reformists demand that the capitalist state take measures to satisfy the popular classes and workers. Revolutionaries assert that satisfying popular aspirations requires the overthrow of the state.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reformists assert that change must absolutely come through electoral change through elections established by the bourgeoisie. Revolutionaries, whether or not they participate in these elections, assert that the bourgeoisie could not recognize a vote that went against its fundamental interests.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reformists call on workers, through their struggles and their votes, to express their discontent and &#034;make themselves heard&#034; by the capitalists and their rulers. Revolutionaries call on workers to form the embryos of their future state, which will overthrow the capitalist state, its elections, as well as its elected and unelected institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reformists talk about restoring the credibility of state power under the pretext that this improves democracy. Revolutionaries argue that there will be no true democracy until workers overthrow state power and replace it with their own.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reformists call &#034;democratic&#034; those modes of action that do not challenge the capitalist state. Revolutionaries do the opposite. There is nothing more democratic than the direct power of the exploited, through soviets, that is, strike or struggle committees, revolutionary councils of the working people and their decision-making assemblies, directly putting their decisions into practice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Political or trade union organizations are of two kinds : those that call for the formation of a soviet government and those that do not. The former are the only ones to truly defend the interests of the workers. Those who do not systematically speak of this perspective cannot in any way be called socialists, communists, or revolutionaries. Opportunist organizations try to camouflage this division and are content to speak vaguely of &#034;workers' organizations,&#034; lumping friends and enemies together. They know perfectly well that these are not the same thing at all, but they choose to make pacts with enemies to strengthen their groups.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Of course, the worst enemies of the power of the workers' councils will, as soon as the revolutionary workers themselves form these councils, pretend to be in favor of them in order to manipulate them and prevent them from playing their role and becoming the new state power, that of the workers. This is why it is appropriate that as many workers as possible be aware in advance of the organizations that are not in favor of the power of the workers' councils and refuse to campaign in their favor.&lt;br class='autobr' /&gt;
INTERNATIONAL NEWS ON THE REVOLUTION ! WHY CAN THE SOCIALIST REVOLUTION ONLY BE GLOBAL ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A- The international situation : war and revolution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;The final collapse of capitalism dates back to 2008, even though it has managed to remain in power until today, because its dynamic is definitively dead. By massively aiding capitalists so that the system would not collapse immediately, central banks flooded an economy already suffocated by excess capital. The fatal disease of the system is in fact that of overaccumulation, which means that there is too much capital ready to be invested compared to profitable productive investments, which makes it inevitable to create an ever-growing mass of capital that is invested only in increasingly dubious speculations that central banks must periodically buy back.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;With the COVID pandemic, the capitalist system did not choose to intervene to block the virus by interrupting international communications and was still ultimately forced to shut down the global economy. The system's state of delayed death was visible to all. The pandemic was used by global capitalism to halt and, again, postpone a revolutionary situation that had developed in 2011 following the global collapse of 2007-2008, and it was diverted through dictatorial so-called health measures or crushed in blood as in Syria, Yemen, and Ukraine. And more recently in Palestine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But this is not enough : these are, as on the economic level, only palliative measures. The march towards world war is the true response of the ruling classes to the revolutionary danger. All countries are arming themselves for this global conflagration, for a veritable slaughter. War economies are being launched in all countries, starting with the &#034;great democracies&#034; that have democratically consulted no one before embarking on the only modern adventure of which this deadly system is capable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yes, the capitalist world is doomed, but not for the reasons that are frequently cited : not because of the climate and carbon dioxide, not because of the great migration of people from poor countries oppressed by imperialism, not because of Muslims or North Korea, nor because of artificial intelligence or robots, but because its economy has reached its limits, and one of the very principles of capitalism is that it cannot be limited ! The climate crisis is nothing more than a decoy to deceive people. There is no clear trend toward warming any more than there is toward glaciation, and a few spikes in one direction or the other on our scale do not indicate the general direction of the climate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deglobalization (the end of the world economy) is a reality, as is the loss of US dominance and the worsening of global competition, but they are not taking on the appearance of a war between the two blocs, one around China and Russia and the other around the US, a round of war with weapons and not just economic warfare, because the global system is inexorably dead in its dynamics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In fact, the most worrying signal for capitalism is indeed the wave of revolutions, the springs, which began in Tunisia, Egypt, Algeria, Syria, Yemen and which have traveled around the world, movements also reaching imperialist countries like the USA and France (with the Yellow Vests).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B- Capitalist states are sinking into dictatorship, but isn't communism the opposite of freedom ?&lt;br class='autobr' /&gt;
No, communism is not the opposite of freedom in general, but only of the freedom of capitalists ! The freedom to exploit, to terrorize, to kill, to destroy, to oppress&#8212;yes, we want to demolish it once and for all, and we see no point in hiding it. On the contrary, it must be proclaimed, and all those who don't do so are not people who &#034;take into account the balance of power,&#034; as they claim, but militants who have no desire to prepare workers for their future task.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capitalist democracy is nothing but the &#034;freedom&#034; to choose among bourgeois politicians who will govern us, which is not a choice of society, nor of economic or political functioning, which is nothing but a gross deception. Every time workers see their so-called &#034;favorite&#034; candidate govern, they are obviously cruelly disappointed and it takes them many years of right-wing or far-right government to start hoping again in a left-wing government that will disappoint them again. For the interests of workers, even the most basic ones, to be defended in government, it is necessary that the workers themselves govern ; this is the only way to have a truly democratic government.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No government can grant freedom to both capitalists and workers. There never has been one in the past and there never will be one in the future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In any case, most state functions are not elected but appointed, and workers do not participate in their selection : generals and other officers, heads of the police and special forces, heads of intelligence services and espionage and counter-espionage, heads of the gendarmerie, prisons, justice, administrations, public services, semi-public companies, private companies and in particular trusts, financial institutions, ministries, the press, religions, diplomacy, the media, science and research, education at all levels, etc. All these people are on the same side and it is not ours. They are fierce defenders of the capitalist world, its interests and its laws. They are our direct enemies, and to claim that we should hope that they take measures in our favor is like asking a goat to give milk or a giraffe to have a rabbit's neck. It's unnatural !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;With all these powers in their hands, even a universal suffrage election of a president cannot be democratic, since workers have no political rights in their workplace, no right to assemble, to make leaflets, to launch discussions, programs, etc. If they do, they are immediately dismissable in the name of private ownership of the means of production. Workers are without rights in companies and not free citizens as they are presented to us.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C- Isn't capitalism the only possible way of operating ? Didn't communism fail in the USSR ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Is capitalism eternal ? It has survived catastrophic international crises and world wars ! And also revolutionary waves of revolutions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It has held its own in the face of violent popular discontent by responding with increased state violence in all its forms (military dictatorships, fascism, extermination of peoples, world war), but there is another limit to capitalism than the efforts of workers and peoples to rid themselves of the most powerful system of exploitation in history. And these are the limits that this system imposes on itself because it is full of contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indeed, the system wants to accumulate ever more capital, it always wants to reinvest this capital to extract this new capital from human productive labor, but the productive investments it seeks must also be ever more profitable, exploit human labor more efficiently, and all of this is not eternally compatible. There comes a time when the mass of capital increases relative to the capacity for new investments and, from then on, this situation can only worsen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And this is the situation that manifested itself catastrophically in 2007-2008 and from which capitalism can no longer escape. Interventions by states and financial institutions can delay the collapse, but only by aggravating the scale of the problem, by increasing the mass of capital without increasing profitable productive investments !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The capitalist system, like the other socio-economic systems that preceded it (ancient collectivism, ancient slavery, feudalism, serfdom, colonial forced labor, bourgeois crafts and commerce) also reached their limits and disappeared under the weight of their contradictions. It was when these systems were demolished or destabilized by these internal contradictions, these modes of production having reached their limits, that the struggles of the oppressed and exploited and wars overthrew them. It is this stage where the system is completely destabilized by its own contradictions that capitalism is currently reaching. The limits of the system do not only arise from the fact that the rich are too rich and the poor too poor to the point that the gap between them becomes a chasm and the contradictions between rich and poor explode. We are at the point where the excess wealth of the capitalists directly weighs down capitalism itself. There is too much money for this capital to find profitable investments ! The limit of the accumulation of big capital has been reached. The capitalist system is not only being challenged by the working people but by capital itself and its laws of operation. Capitalist development has exceeded the limits of capitalist functioning. The production of new wealth, essential to the formation of new capital, is in relative value less and less assured since a growing fraction produces nothing and only speculates. The capitalist system is therefore gradually committing suicide, by increasingly preventing itself from creating new wealth that could be the real basis of new capital. Aid from states and central banks delays the fall but prolongs the situation, increasing the share of capital that is not based on real productive profits, and therefore increases the extent of the destabilization. The reformists are careful not to point out this situation, to warn workers about it, to prepare them for the profound change in the type of struggles that this capitalist collapse necessitates. And for good reason : this historical situation of capitalism is critical for the system but also for reformism itself.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As for the idea that capitalism is the only modern way for society to function because communism has failed, it is based on the immense historical lie of Stalinism. First of all, it should be remembered that all the communist leaders of Russia, without exception, who led the Russian Communist Party from 1917 to 1922, never claimed that the Russian Revolution of October 1917 had inaugurated communism in Russia, nor even that it could do so in the decades to come. On the contrary, they claimed that it was the first step in the world revolution that alone could lead to socialism. The claim of building socialism in Russia was invented only during the Stalinist dictatorship, precisely when the bureaucracy's policies were turning their backs on socialism. Russian revolutionaries had always maintained that the struggle for socialism could only be international, completely contradicting the Stalinist lies of &#034;socialism in one country.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalinism proclaimed itself the first communist country all the more loudly because it was a counter-revolutionary movement, and imperialism found it in its own interest to spread this lie about the supposedly communist USSR, which meant that the whole world heard this enormous lie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For Lenin, Trotsky, and their comrades, Russian society in the hands of the Soviets, already backward, devastated by war and civil war, certainly could not pass directly to socialism and, despite its gigantic efforts, it could only hope to hold out against the threatening imperialisms if the revolution triumphed in a few countries more developed than itself. It could only move towards socialism as the first revolutionary step of the world proletariat, which was exactly the policy of the Communist Party until 1922. The Russian Revolution, isolated by the defeat of the revolutions due essentially to the betrayal of the social-democratic parties and the reformist trade unions, could only be defeated, and not because of the &#034;failure of communism,&#034; but because socialism can only be an international revolutionary movement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was not the non-existence of the international revolution that killed the Russian Revolution or condemned it, but its betrayal. The world revolution did indeed begin to develop after the Russian Revolution, but it was diverted, deceived, misled, and suppressed by reformists and fascists. It is therefore not a generous, baseless dream, but a genuine movement of the proletariat that can only be international and can only triumph internationally or perish.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And the latest revolutionary wave, which began with the Arab Spring and swept across the world, is a reminder of the international nature of great revolutionary waves. The only revolutionary perspective is inevitably international, because both our strength and our enemy are international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D- Why would the revolution be even more relevant today than in other times ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Because we are on the brink of the abyss, close to an immense catastrophe that has been announced only to capitalists and not to workers, yet mortally threatens the latter. And against this historic catastrophe, there is only one remedy : for humanity to take another step forward, taking its own fate into its own hands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is the evidence that this critical situation is very close to us ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;First, there are the economic signals that began in 2007-2008 with what was called the &#034;subprime crisis&#034; and which is in fact the general tendency of big capital towards crazy speculation due to a growing lack of productive investments in relation to the increasingly excessive mass of capital. Capitalism has since ceased to be a system based on alternating growth/recession punctuated by bankruptcies and has since considered that any fall of a trust was &#034;systemic&#034;, that is to say, threatened the entire global edifice ! This means that States and central banks have used all their means to &#034;save&#034; capitalists when they were threatened by bankruptcy. The last operation of this type was the one to save the banks, particularly American and Swiss. This situation, in which the system is constantly on the brink of collapse, is completely new in the history of capitalism and shows that the capitalist mode of production has reached a limit it cannot cross, that it has succeeded so much that its success exceeds what its functioning allows. This means that a growing share of capital can no longer produce new real profits, based on the exploitation of human labor. This capital, whose mass is constantly growing, is becoming &#034;harmful&#034; and must periodically be bought up by states and public financial institutions. This operation of permanent bailouts thanks to public funds is a mark of the new morbidity of capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Covid crisis, the massive population attack it caused, with deaths, injuries, and orphans, the slowdown in the entire economy and the increase in unemployment and poverty, and finally the propensity of governments to take advantage of it to increase social dictatorship everywhere, all this has shown that the global system is at the end of its rope. The inability, or rather the refusal, of governments to combat the pandemic has underlined that we have left the dynamic phase of the system and entered that of its necrosis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A few years before the start of the pandemic waves, a wave of revolts and revolutions swept across the world, beginning in 2011. Revolutionary situations were crushed in blood and transformed into wars and civil wars or bloody dictatorships. In Syria, the revolution was not only transformed into a civil war, it was also transformed into a world war in the sense that the great imperialist powers intervened concurrently, each choosing a side in the civil war and clashing with each other more and more violently. These powers then began to pursue such a policy in each conflict, thus pushing towards a new war, the one in Ukraine, which followed the transformation of the Ukrainian revolution into a civil war and this war continues to this day. And the situation in Israel/Palestine is still of the same type. At the beginning, there was the rise of revolts and revolutions, on the Palestinian side, against both the Israeli and Palestinian ruling classes, then there was the armed action of the possessing classes and their allies to transform this situation into a military confrontation which became more and more barbaric and has not ceased.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The world is once again divided into two imperialist blocs, one around the USA and the other around Russia/China, and these two groups threaten in every region of the world to transform any local uprising into a massive military confrontation with increasingly barbaric massacres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The global system has entered a war economy where ever-increasing funds are being devoted to the production of weapons of mass destruction, with each side striving to create machines of destruction, each more terrifying than the last.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The possessing classes, far from recognizing that all this was only the product of the necrophiliac stage of their system, are quick to blame any other cause, notably Islamism on the one hand and... carbon dioxide CO2 on the other ! But neither caused the global economic collapse of 2007, nor the pandemic, nor the division of the entire planet into two imperialist blocs. Neither side claims to be Islamic. Neither supports the growth of carbon dioxide. This is just nonsense to hide the fact that the system has reached its limits and that it will now only be able to throw us from one horror to another. There is no more terrorist crisis than there is a health crisis, a climate crisis, or even a migration crisis, but only one definitive crisis, the one that signals the final days of capitalism coming to an end.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For the revolutionary proletariat, there is no question of falling into all these traps. Reformist organizations completely tied to the system and to capitalist states (and their opportunistic followers) completely refuse to respond to the situations created by the fall of the system. They refrain from giving any interpretation other than that of the propertied classes. They thus push the workers into the trap set for them. There is no question for them of uniting workers, nationals and immigrants alike, no question of combating the war economy and political and financial investment in ongoing wars, no question of denouncing the so-called &#034;economic aid&#034; and other &#034;bailouts&#034; using public funds and the resulting destruction of public services (notably that of public health). Even less is there a question of linking all these attacks together to enable a proletarian response.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reformist organizations (followed by their opportunistic lapdogs, such as fake ecologists or fake far-lefts) have been careful not to support the wave of revolts and revolutions that has swept across the world, to take advantage of it to rebuild proletarian internationalism, showing that the same struggle concerns all the working peoples of the world, breaking the propaganda of the direct adversaries of these uprisings, the imperialist rulers. They have been careful not to unmask those truly responsible for these killings, nor to denounce both the anti-Islamists and the terrorists cloaked in Islam. They are careful not to denounce both imperialist camps equally. Just as they are careful not to link all these completely new events in history to a deadly phase of capitalism. They speak only of a &#034;serious crisis,&#034; as if they were content with the term &#034;serious illness&#034; at the bedside of a person in the final stages and in palliative care.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E- But to only worry about a future revolution is to do nothing while waiting for it to happen ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Not at all ! It's about dealing with our current struggles, but differently from the reformists, almost in reverse. When the reformists refuse to put forward political demands, the revolutionaries campaign for them. When the reformists refuse to put forward objectives that allow the struggle to be extended, the revolutionaries do so. When the reformists mortally combat any form of workers' self-organization, the revolutionaries defend them all, without rejecting any of them, because they have no religion for soviets or factory councils or any other form of organization as long as it allows the workers en masse to decide for themselves without being the reformists' lapdogs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revolutionary communists do not tell anyone to wait for some &#034;great evening,&#034; or &#034;a D-day,&#034; or &#034;a zero hour.&#034; They do not denigrate current struggles in the name of the future greatness of revolutionary struggles to come.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the contrary, they say that it is the current struggles that are preparing the revolutionary struggles of tomorrow and the ability of workers to organize themselves in order to become capable of leading the whole of society tomorrow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To achieve this, it is essential from now on that the largest possible fraction (but tiny minorities are better than none) be educated about the revolutionary perspectives of the proletariat and know how to defend them from now on in the struggles, by building militant networks, by questioning the domination of the bureaucratic apparatuses of the reformists and the opportunists at their expense, by proposing in the struggles and strikes small and large committees, councils, decision-making assemblies, elections of elected and revocable delegates, propose to train them and federate them at all levels, raise everywhere the level of consciousness of the workers, combat the reformist, pro-imperialist, conciliatory, collaborationist state of mind, and lead the workers to question submission to the capitalist State and to the class law of the system of exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This requires that revolutionary activists put forward demands during the struggle that break with reformism without detaching themselves from the aspirations of the workers at the level they are at.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These demands, which prepare for the revolutionary situation, while taking into account the fact that we are not there yet, are called transitional demands, in transition between social calm and revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F- It would require a socialist revolution that would act simultaneously on an international scale, which is impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is precisely one of the products of the influence of reformists within the working class and of those who believe they are militating alongside it that they have implanted the big lie according to which the antisocial attacks that strike on a national scale are not the product of the international situation of the capitalists, of the state of the world system, but of the harmful action of this or that national government that these reformists denounce, just to make us believe that if they governed all these misfortunes would not happen. They want us to believe in a national political and social reality that would not depend directly on the global reality of the capitalist system ! An imbecility that would not even deserve to be fought because it is so ridiculous, if they had not made it the thesis of all the unions and all the left-wing parties, in no way fought by the opportunists of the false extreme left who only mobilize in the name of this or that government accused of all the evils, while waiting to do the same to his successor. Their refrain is that it's all their fault... and all they have to do is fill in the blanks with the names of Macron, Biden, Modi, or this or that government. This prevents the class struggle from being fought over fundamental social objectives and also from taking on its natural character... that is, international !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This desire not to seek to understand, and to let the working class understand, the problems of the capitalists, of their economic system and also of the capitalist states, leads the workers to think in terms of purely economic demands and also to not know at all the analysis of the state of the system which is however the foundation of any class struggle which is considered, thought out and therefore leads to methods of action, objectives and perspectives which can lead to successes and even to victory.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For the revolutionary workers' program, the starting point of any proletarian policy must be the analysis of the crisis of capitalism because its consequences are decisive for the struggles of the working class and its potential, and also for the methods that only lead... to a wall !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The collapse of the capitalist system is driving any reformist struggle into a wall, and that is precisely what the reformists, these false friends of the workers, want to hide... This explains why, in a critical period for capitalism, the reformists are more attached to it than ever and fight revolutionaries more violently than ever, hunting them down in trade union and political organizations, calling them all sorts of names, from madmen to ignoramuses, barbarians, conspiracy theorists and fascists.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As for an internationalist vision of the social crisis and consequently of the class struggle, it should certainly not be expected from the reformists and their reformist followers, including the pseudo-extreme left.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Well, yes, it is not the international proletarian revolution that is a utopia, it is the maintenance in power of world capitalism !&lt;br class='autobr' /&gt;
A PROGRAM OF ACTION LINKING IMMEDIATE DEMANDS AND THE PERSPECTIVE OF WORLD SOCIALIST REVOLUTION TO THE SEIZURE OF POWER BY THE PROLETARIAT ALLIED WITH THE WORKING PEOPLE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quote from Leon Trotsky, in &#034;Program of Action of the Communist League (Trotskyist)&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Our program of action is intended to be that of the proletariat leading the other working classes of the nation from the struggle for their immediate demands to those for the establishment of workers' and peasants' power. It contains broad general slogans for the realization of which the mobilization of workers in towns and countryside can and must be carried out : workers' and peasants' control, large-scale nationalizations, measures for the defense of the poor peasantry, soldiers' rights, etc. But for each of these demands, it provides the means to fight for their realization : the organization of the interested classes into committees (factory committees, peasants' committees, soldiers' committees, etc.) in which the initiative of the workers in struggle would be aroused and developed. This cannot only be workers registered in parties and unions, but the broadest masses, thus constituting, through the Workers' Alliance, in a vast network of committees, the true representation of the workers not waiting for manna from above, but carrying out their demands. We are not saying to the workers : here is an excellent plan, trust us ; we are saying to them : here are solutions to get out of the quagmire ; here are the methods on which you must unite and which you must use to achieve it. Because the present situation can only offer a favorable outcome to the workers if they take their cause, their interests in hand and defend them ardently&#8230; Let's get to work to form a factory committee in my company.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quote from Leon Trotsky in his &#034;Transitional Program&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The strategic task of the next period&#8212;the pre-revolutionary period of agitation, propaganda, and organization&#8212;consists of overcoming the contradiction between the maturity of the objective conditions of the revolution and the immaturity of the proletariat and its vanguard (dismay and discouragement of the older generation, inexperience of the younger generation). The masses must be helped, in the process of their daily struggles, to find the bridge between their current demands and the program of the socialist revolution. This bridge must consist of a system of TRANSITIONAL DEMANDS, starting from the current conditions and the current consciousness of broad layers of the working class and leading invariably to one and the same conclusion : the conquest of power by the proletariat.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Far from leaving the struggle for demands in the hands of the reformists, the communist program, with the help of its transitional demands, aims to bring it onto the revolutionary political terrain by constantly making the link between the economic, social and political necessities of the moment and the increasingly pressing need to establish organs of proletarian power, the soviets, and their seizure of power over the State and all of society by expelling the exploiters...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The program of action that revolutionary communists must propose to the working class has an extremely simple and decisive goal : to break the law that governs current society, which is the law of profit based on the exploitation of human labor and the private ownership of the means of production, also known as capitalism. This law is neither a law of nature, nor a human law, nor a law based on the common agreement of the inhabitants. It is presented as a general law of any economy, as a law of the nation, as a law of the Republic, as a law of all citizens, as a collective interest of the entire population. This law decrees that private ownership of capital, factories, banks, insurance companies, and finance is untouchable regardless of the crimes committed by its owners. And this law allows the rights of the vast majority of the population to be trampled underfoot, both within a country and outside it. A capitalist does what he wants with his capital. He has the right to withdraw it from a company to close it down. He has the right to demand that employees work more by paying them less under penalty of being fired. He has the right to sell the company to whomever he wants and whenever he wants. He has the right to destroy the lives of his employees, by exerting crazy moral pressure through his management, to move them, to threaten them, to fire them. He thus has the right to break up entire families, regions, sectors of activity by throwing employees into the street, by ruining them, by making them lose housing, health, children's education, access to gas, electricity, telephone, bank account, etc. He can completely destroy the lives of millions of proletarian families. In the USA itself, families who were not miserable to begin with lost their homes and found themselves on the streets. In Greece, we have seen how far this can go, to the point of completely destroying society, removing all security for people who had nationality, qualifications and employment. The illusion that capitalist society would continue to develop its economy and well-being forever is irretrievably collapsing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The aim of the program of action proposed by revolutionary communist militants must be to consciously make the complete destruction of this law which is the foundation of capitalism indispensable. Obviously, there can be no question of convincing anyone whose interests are attached to the bourgeois order, bourgeois parties, reformist parties, bourgeois unions, reformist unions, including the left of the bourgeois left and not even the extreme left organizations which would consider that their interests are attached to elections and union apparatuses, themselves invariably attached to the bourgeois order.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The aim of the working class's program of action must be to start from the immediate needs of the working class and to link them by indestructible bonds to the destruction of the law of capital. It is therefore a matter of showing the necessity of breaking the law of capital, of showing its possibility, of demonstrating its inevitability and its vital character for the working class. Not to destroy the law of capital, in the present circumstances, is to allow it not only to exploit us, to rob us, but also to destroy us morally and physically, beginning by demolishing our morale, at the individual and collective levels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A- Destroy bourgeois law, in other words the law of Capital and labor !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is based on an observation : the State, the Republic, the nation, the institutions, justice, taxes, the police, the armed forces, the administration are in no way at the service of the community, are in no way products of the democratic decision of the population but at the exclusive service of big capital. To be convinced of this, it is enough to see that the State has been able since the 2007 crisis to take hundreds of billions of euros out of its coffers to help banks, trusts, insurance companies, financiers and the stock markets and, on the other hand, it no longer has even a penny for pensions, social security, the unemployed, health, education, transport, public services...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For the law of capital, the worker doesn't count, the unemployed doesn't count, the pensioner doesn't count, the small craftsman, the small fisherman, the small farmer, the very small rentier doesn't count either. We can throw them out on the street. We can liquidate them. We can close their bank accounts. If they protest, we send the police. We can take away their right to housing, to housing their families, to feed them, to educate their children. We can reduce them to begging. And this on the scale of entire peoples. Those who are not yet convinced will become convinced very quickly. If they protest, they will then see that any protest is considered an attack on the law. We can beat them, club them, arrest them, accuse them of all crimes. Any demand, however minimal, therefore inevitably attacks the law of capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As for capital itself, it is religiously protected by the law. Even if it has committed every possible and imaginable crime, including crimes against the bourgeois state, against the currency, against systemic stability, including crimes against the viability and very future of capitalism. We just saw this with the 2007-2008 crisis. All the financiers whose risky operations brought down the system were not subjected to any serious investigation and did not have to pay. Not only were they not worried, but they were spared the consequences of their actions. They speculated wildly and did not have to pay. And this is because a law was enacted during the crisis : &#034;all big capital cannot fall.&#034; At the cost of trillions of dollars, all the major companies, all the major banks, all the major insurance companies were saved from bankruptcy, and it was the states and central banks that paid the bill, that covered the holes, that prevented the bankruptcies, in the name of safeguarding the global system. They bought up companies, provided masses of capital for free, not only loaned but given. And they did this at the risk of completely ruining themselves, of disarming the bourgeois state itself. They also bought up the rotten securities produced by private owners of capital, and they continue to buy them up. And big capital continues to produce them at a rapid pace. We do not want to complain here about a drift of the state, a misuse of the law, the nation, or the Republic, but, on the contrary, to underline their inevitable functioning under capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For capitalism, only the worker who claims to keep his job when the boss fires him, who claims to stay in his company when the boss closes it, who claims to keep his home when he is evicted, who claims to keep his bank account when the bank closes it, who claims to have the right to medical care when he cannot afford it, the unemployed person who claims to eat, not sleep on the streets, to get medical care, to study, the retired person who claims to live or survive, etc. is criminal in the name of the law in power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We cannot appeal to the same law as capitalists ! We cannot appeal to the same state as capitalists ! We cannot appeal to the same justice as capitalists !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We cannot continue to believe that capitalists will end up saving our jobs, saving businesses, saving the economy, saving society, saving countries, saving people. We must finally convince ourselves that, on the contrary, they will try to put us through the wringer. They are certainly doing this gradually, pretending to seek to protect us, to spare us unemployment and poverty. But they are constantly moving towards this objective and, above all, towards that of destroying our physical, moral, social and political capacity to react in a class sense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B- The class politics of the proletariat is the opposite of the class collaborationist policies of the political and governmental left, trade unions and the extreme left !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A class reaction of the proletariat means several things :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No negotiation with the bourgeoisie, no search for agreements, no attempts at &#034;solutions&#034; with buyers, sacrifices in exchange for job guarantees, no attempt at bargaining to reduce, so-called, the sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No search for employee-employer-state agreements which supposedly benefit employment and the company&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No so-called national solution, that is to say where bosses and workers of the same country would claim to have the same interests.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No economic plans : the question facing workers is not how to solve economic problems. If the bourgeoisie is incapable of making its system work, neither are we ! If the bourgeoisie is only capable of filling its coffers, crisis or no crisis, it is up to us to do the same and only defend our wages&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
No call for intervention by the State and the government that makes it a supposed neutral intermediary between the classes&lt;br class='autobr' /&gt;
No purely economic demands, political objectives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No promotion of separate interests of workers based on professions, sectors of activity, divisions desired by the bourgeoisie (by nation, by professional category, between men and women, young and old, between employees and unemployed, between nationals and immigrants, with or without papers, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A class policy is internationalist, based on class struggle, without any attempt to find an understanding between opposing classes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C- The proletariat must put itself at the head of all the struggles of the working people and become the leading wing of the socialist revolution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But a proletarian policy in no way means that workers only make demands for themselves. It means that workers stand as candidates to provide solutions for the entire population, for the whole of society. They affirm that social rights must replace the rights of capital, completely and in all areas of social life. This concerns all popular classes, not just the working class. It is a program that also addresses the middle social classes threatened or hit by the crisis. To all these classes, the proletariat affirms that it will defend them against big capital, against the banks, against the trusts, against the usurers, against debt, against the bourgeois state. But for this to happen, the middle classes must choose to break with bourgeois society and switch to the camp of the proletariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To do this, the proletariat must show that it is the leader of the protest against bourgeois society, by breaking with all union policies that assert the opposite. Even when the unions talk about struggle, they demand state aid, government aid, to find good bosses, to save industry, to save the country, to save jobs. Thus, they develop a program diametrically opposed to the program of action that is necessary for the working class to become the pole of protest against the system. They develop an economic discourse as if it were only necessary to find good economic solutions to resolve the system's problems. They contribute to making people believe that the system will pull through and that this is the condition for the proletarians and the people to pull through. They also develop a nationalist discourse that is criminal in the situation because it delivers the workers to the extreme nationalists, the fascists...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No more admitting that a boss declares that the company's coffers are empty. We must draw from our personal income and assets. No more admitting that a boss tells us there is no more work. Work or not, it is a matter of choice for big capital based on profitability. It is not our problem. We demand, in all cases, to be paid. No more unpaid unemployment benefits. No more electricity cut off, telephone disconnected, credit cut off, account closed, jobs eliminated. When a capitalist, a banker, an insurance company is in difficulty, society finds billions to save them. Let's impose that the same be true when it comes to workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We must also put an end to the logic of the leadership of the trade unions who beg for small compromises, sign counter-reforms, divide the struggles, abandon them along the way and organize days of action with no follow-up.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We must unite precarious workers, the unemployed and those who have jobs, public and private sector workers, automotive workers and those in the audiovisual sector, those in research and those in construction, those in education and those in department stores. It is up to us to defend our future. No one will do it for us ! It is not about each of us defending our own company but about collectively defending the fate of the working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D- The leadership of the struggles : the proletariat and working people must lead their own struggles without entrusting them to political and trade union apparatuses linked to the States and the exploiters !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The workers, if they do not want to suffer the full force of unemployment, poverty, and also dictatorships and wars, inevitable consequences of the crisis, just as fascism and the world war were consequences of the 1929 crisis, must lead their own struggles today and will have to lead society tomorrow. As long as they allow themselves to be led by the trade unions, they cannot appear to be the social force capable of supplanting the capitalist system because the unions are institutions that are part of the system even when the militants of these unions are not aware of it or do not want to be. Of course, we do not consider trade union militants as enemies but as workers like any other, to be convinced like any other, as reformist as other workers, as marked by the law of the system as other workers. As long as the workers do not begin to break the moral chain that binds them to capitalism, we revolutionaries will not carry the majority of trade union militants along with us. Breaking the chain of capitalism requires first that workers believe that the imminent catastrophe implies that they are ready to come together, to assemble to talk about the situation, to freely exchange opinions on it, on the means to face it, to fight, on the demands as well as on the means of action. The demands and the means of action that revolutionaries propose are intended to be proposed first and foremost in these workers' assemblies and not only in the unions where the entire union apparatus is intended to torpedo them in advance, to prevent them even from being disseminated and discussed. Even in the assemblies, the bureaucratic apparatus will seek to silence the voice of revolutionary militants, but the assembly can decide that it still wants to listen to them and can impose this on the bureaucrats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Establish, wherever anger rises among the working people, assemblies with decision-making powers, electing delegates and bringing them together in committees and councils to develop programs, strategies, methods of action, drafting leaflets, speeches, posters, websites and other means of propaganda and intervention and as soon as possible, federating these grassroots organizations of the working people and, if possible, linking them with those of other countries. Ensure that each struggle on a particular issue allows for linking with other struggles and putting forward the overall program.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E- Some will say : we, workers, will never be able to govern the whole of society by ourselves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is what we often hear from the working class : &#034;We don't have the skills, we don't know how to make the whole economy and society work.&#034; Those who say this are victims of the lack of opportunity for workers to discuss and decide collectively on issues concerning fundamental questions of society, even in societies that call themselves democratic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The capitalists and all their political and social, governmental, or media supporters, of course, have no desire for workers to discuss and decide politically. On the contrary, they do everything to make workers think that, in every general political or social question, they understand nothing. By having no real element of information and collective discussion, workers are unlikely to develop their own ideas and confront them with reality. Another fundamental element works against workers, preventing them from becoming aware of their capacities : the fact that the organizations that lead the struggles do not want workers to organize decision-making assemblies (they vote on all orientation of their strikes and demonstrations, slogans, method of action, perspectives), electing elected and revocable strike committees, independent of the union and political apparatuses, independent of the employers and the capitalist government. The reformists fight first against these attempts at self-organization of workers and against the activists who try to defend them in strikes and other struggles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;However, many workers will say, do you need skills to run the company ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indeed, and precisely, it is the capitalists who lack these skills, not the workers ! These skills are possessed by employees, in every field. As long as they do not act collectively, by directing themselves, employees do not feel they have this knowledge, but collectively, they are the ones who possess it. The ruling classes only have it because the workers obey them. But even a president who claims to have nuclear weapons doesn't even know if his atomic suitcase is connected or how. Ministers who move from Education to Health often know no more in one field than in the other. Generals lead armies, but they often do not even know the technical means of these armies. It is the workers, from the manual worker to the technician and engineer, who have the technical and scientific knowledge, including researchers who are also employees. The capitalist class is not selected by its intellectual skills but by the possession of capital and means of production, inherited from parents and grandparents, or by rapid fortunes made through speculative or even productive investments, but this requires more financial skills than scientific and technical ones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As for the social choices that the overall management of society requires, capitalists have the skills to impose their particular interests, which are diametrically opposed to those of the vast majority of the population, and to make people believe the opposite, but they are incompetent to concern themselves with the needs of the population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When it comes to political choices, reformists present capitalist democracy, in which this tiny minority of owners of big capital dictates its law, as the ultimate in democracy and claim that the rejection of this unacceptable political order would be antidemocratic, that it would be a &#034;communist dictatorship&#034; ! But they forget to say that, under capitalist democracy, their democratic pretensions do not extend to having the population elect the main functions of society : the bosses and leaders of society's main institutions. The only office that is eligible is that of President of the Republic. And the only ones who can apply for it are first sorted by bourgeois society. The only ones who have access to the major media too. Not surprisingly, it is the large capitalist groups that own the media just as they hold the links with the major institutions of society, the national bank, private banks, private, public, and semi-private companies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Left-wing and union leaders are hiding all this and pretending that &#034;good elections&#034; could change this social order, and this is a complete lie. Only the establishment of elections for workers' delegates in assemblies in which workers impose their own decisions and do not allow themselves to be manipulated by political and union reformists can achieve true democracy and impose it within a state that is a workers' power. Certainly, this would not be democracy for the capitalists, but they are less than one percent of society and do not act at all in the interests of humanity !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Strike Committees, Factory Committees, Soviets (Revolutionary Communes) and workers' government : To the dictatorship of capital over society let us impose the dictatorship of the labor of the revolutionary proletariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F- The question of power was posed from the start by the revolutionary and socialist movement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Complete emancipation means governing oneself directly. But to govern themselves in the future, the people must begin by directly governing their struggles, and this begins with the establishment of strike committees in businesses and in their places of residence. These committees are the embryos of the future self-government of the people by electing a leadership of the struggle that is responsible and revocable before the people's struggle assemblies. Their coordination will then be the premise of new Revolutionary Communes like the Communes of Paris, Marseille, Lyon, and Bordeaux in 1871, the last great revolutionary insurrection of the People in France and the first government of the poor, the oppressed, and the exploited. And like Fernand Pelloutier, founder of the Bourses du travail, we believe that the task of trade unionism is &#034;to accustom (the working people) to do without a government. (It) must therefore advise, instruct, but not lead.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
The proletariat will not miraculously move from its adaptation to the system of exploitation to its revolutionary and communist role. It needs steps forward. The formation of soviets is a step, but it does not mean that revolutionary ideas have necessarily triumphed to the end. But soviets, or any form of mass political self-organization, are an indispensable element. It is from these workers' councils that the working class can begin to control not only the economy but also forge links among the petty bourgeois layers, challenging the monopoly of state forces. It is these soviets that can build an embryonic state that develops in the face of the bourgeois state, before consciously aiming to overthrow and destroy it from top to bottom by placing the revolutionary proletariat as the sole force holding state power. As long as this perspective is not mapped out, any revolution can turn against its authors and the revolutionary role of the proletariat can end in failure.&lt;br class='autobr' /&gt;
A PROGRAM OF ACTION AGAINST THE HIGH COST OF LIVING, POVERTY AND WAR !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What we no longer want : private interest at the expense of public interest and the entire social organization geared to the benefit of the tiny minority of owners of big capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) We reject poverty, inequality, precarious jobs with barely paid wages, difficult ends of the month, not being able to eat enough while tons of food are destroyed, medical care, housing, having our electricity or gas cut off, or even being evicted...!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) We no longer want private ownership of the means of production (capital and businesses) which allows the owner to close a factory, to fire one or a thousand employees, to impose his wages, his working conditions, his workloads, his thousand and one wishes as well as those of the management he imposes and his development choices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) We no longer want the state of great fortunes to serve exclusively those who own capital, through the corruption of politicians and administrative leaders. We no longer want great fortunes to hold all the major media, ideological, religious, moral, informational, and youth education power, military, police, judicial, administrative, or public service power, as well as power over the entire economy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) We no longer want public money to serve private interests. It must be prohibited to distribute public funds to banks and trusts, large private companies and insurance companies, stock exchanges and financiers, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) We no longer want the capitalist order which is based on the patriarchal order and the oppression of women.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) We no longer want laws and constitutions that favor capitalists against the working people, making injustice reign by defending private ownership of the means of production of the great fortunes (land, businesses, factories, housing, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) We therefore want all wealth to belong to the working people and all state power to be subject to the working people organized into committees and assemblies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What we want : to prioritize the public interest of all over the private interest of a minority of ultra-rich owners of capital, means of production, land, energy, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Against big capital :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The expropriation of billionaires and the richest 10% !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The removal of all links between exploiters and the state&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Any corruption of state personnel by owners of capital is considered a crime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The placing under the direct control and permanent direction of workers' councils of every large company, bank and financial institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Against fraud by the richest and large companies :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tax fraud has been institutionalized by the wealthy and their servants. Their entire economy is based on legalized exploitation and widespread fraud. To hide this fraud from the public, the wealthy and large corporations hide behind commercial and banking secrecy and tax havens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The $30 billion in tax evasion is hidden behind trade secrecy ! The capitalist economy is based on widespread fraud and legalized exploitation for the benefit of a handful of people and their minions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let us impose :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The abolition of trade secrets&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The opening of the books of companies and banks to prevent any tax evasion under the control of workers' committees in the sector&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collectivization of the banking system to control what is done with the money !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cancellation of debt (workers do not have to pay it) and of household and small business debt !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Economic measures :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The opening of account books&lt;br class='autobr' /&gt;
The abolition of commercial secrecy&lt;br class='autobr' /&gt;
For public services under workers' control !&lt;br class='autobr' /&gt;
Expropriation of banks, credit companies, large groups&lt;br class='autobr' /&gt;
The collectivization of the economy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Against the high cost of living and poverty :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The community ensures that all those who live from their work (workers, farmers, artisans, small traders, young people, women, etc.) or are unemployed or retired have at least a sufficient income to live on, indexed to inflation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Immediate increase of all salaries by 300 euros net ! No salary and no income less than 2000 euros/net per month ! Indexed to inflation !&lt;br class='autobr' /&gt;
Abolition of taxes on salaries (CSG, CRDS...) and all indirect taxes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Progressive income tax from 4000 euros net/month.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tax on wealth, assets (from 400,000 euros).&lt;br class='autobr' /&gt;
Sliding scale of salaries and sliding scale of working hours !&lt;br class='autobr' /&gt;
Equal pay for both sexes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sliding scale of salaries and price monitoring committees.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But this is not enough to defend all working people.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The peasant, the artisan, the small tradesman, unlike the worker, the employee, the minor civil servant, cannot demand a wage increase parallel to the increase in prices. The official bureaucratic struggle against the high cost of living only serves to deceive the masses. The peasants, artisans, and traders, however, as consumers, must actively interfere, hand in hand with the workers, in price policy. To the capitalists' lamentations about the costs of production, transport, and trade, the consumers will reply : &#8220;Show us your books ; we demand control over price policy.&#8221; The organs of this control must be PRICE SUPERVISION COMMITTEES, composed of delegates from factories, trade unions, cooperatives, organizations of farmers, city &#8220;little people,&#8221; housewives, etc. In this way, the workers will be able to show the peasants that the cause of high prices lies not in high wages, but in the excessive profits of the capitalists and in the hidden costs of capitalist anarchy.&#034; (Leon Trotsky, &#034;The Transitional Program&#034;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Against unemployment : Worker hiring office&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We will not tolerate the transformation of a growing portion of the population into unemployed or destitute people living on the scraps of a decaying society. Available work must be distributed among all existing workers, and this distribution must determine the length of the workweek. The average wage of each worker remains the same as with the old workweek !&lt;br class='autobr' /&gt;
We must :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impose workers' control over production through committees !&lt;br class='autobr' /&gt;
Control the immediate hiring of staff in both the private and public sectors.&lt;br class='autobr' /&gt;
Reduce working hours until unemployment is eliminated and eliminate unnecessary (or harmful) work !&lt;br class='autobr' /&gt;
Control the accounting books of large companies, banks, financial institutions and the State.&lt;br class='autobr' /&gt;
Control production costs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the pension issue : Let's control and manage our pension funds ! Down with co-management of pension funds ! Down with pension funds, even public ones, managed by unions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Whether it's funded or pay-as-you-go pensions, workers often have to contribute despite increasingly low wages. And this is unacceptable ! Here's how the labor and socialist movement posed the pension issue from a revolutionary perspective !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JULES GUESDE AND LAFARGUE AGAINST THE WORKERS' CONTRIBUTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A part of the socialist and trade union movement at the time of the vote on the pension law in 1910 denounced &#034;the levy on workers' salaries&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It &#034;aggravates the misery of workers, makes the burden of the day more difficult for workers and reduces already insufficient family resources.&#034; The workers' levy constitutes &#034;an extension and aggravation of the exploitation of employers. The employer takes as much as he can from the product of workers' work (a maximum of profit, dividends, profits), and (the) public authorities (add) a new levy to the levy already made : (doubling) the employers' theft with a legislative theft. (...) Socialism essentially consists of putting an end to the levy made on the product of each day's work by employers (...). Accepting that deductions from wages are requested as a means of warding off illness and old age (...) cannot be accepted by a socialist. The salary is barely sufficient for the employee's daily needs ; forcing him to not lack everything at an age he is no less certain to reach, forcing him to deprive himself during his working life and to deprive his family of the bare necessities, is not improving his condition, but worsening it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jules Guesde (member of the French Workers' Party) in the Chamber of Deputies, session of March 31, 1910.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The same Jules Guesde wrote : &#034;It is the employer, the one who profits from work, who has the obligation to anticipate and provide for the bad and old days of workers.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Pension funding was to be taken from the inheritance of capitalists who at the time already owned &#034;more than half of the national wealth, which their members acquired by eating, lusting and sleeping. The inheritance tax would only affect parasites who were as harmful as they were useless.&#034; (Paul Lafargue (French socialist of the French Workers' Party, 1842-1911).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For pensions, as for social security or public services, for example, it is not up to the working people to pay through taxes, levies or contributions to finance their needs, while it is we who produce all the wealth, but to the capitalists who steal the fruits of our labor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pension funding must come exclusively from profits and wealth generated by the exploitation of labor !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The exclusion of employer and state representatives from all funds (pensions, health, unemployment) ! It's our money ! It's up to us to manage it directly !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The unions must leave the COR but also all the institutions of capital such as the CESE which is at the origin of numerous reports, notably against the SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Workers' control over production through committees responsible to workers' general meetings.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the question of health :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;End of private hospitals and liberal professions !&lt;br class='autobr' /&gt; Opening of public beds and hospitals&lt;br class='autobr' /&gt; Social security that reimburses everything 100% ! End of private mutual insurance&lt;br class='autobr' /&gt; Training of health personnel ! Taking over training by the community&lt;br class='autobr' /&gt; Expropriation of pharmaceutical laboratories ! Workers' control !&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
On the question of housing :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prohibition on denying anyone the right to decent housing at a decent price&lt;br class='autobr' /&gt;
No to evictions !&lt;br class='autobr' /&gt;
Empty housing must be made available to the homeless under the control of workers' councils.&lt;br class='autobr' /&gt;
Requisition and Collectivization of non-residential housing (maximum one second home)&lt;br class='autobr' /&gt;
On the question of schools :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Committees of teachers, students, and parents monitor the proper functioning of education alongside workers' committees and working people's councils.&lt;br class='autobr' /&gt;
The content of education must no longer be used to justify inequality, exploitation, imperialism, dictatorships, wars, and other social crimes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Schools, like all public services, are placed under the control of branch workers' committees and working people's committees !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the issue of immigration :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publicly combat hatred of immigrants and all those who spread it&lt;br class='autobr' /&gt;
Eliminate all opposition between nationals and foreigners&lt;br class='autobr' /&gt;
Unite the peoples against imperialist domination, the peoples of the imperialist countries supporting all efforts of the oppressed countries to free themselves&lt;br class='autobr' /&gt;
Eliminate the exploitation of the countries oppressed by imperialism and the big trusts and return the wealth to the people&lt;br class='autobr' /&gt;
Eliminate all fascist legislation that arouses hatred between peoples and that authorizes rich countries to kill migrants at their borders&lt;br class='autobr' /&gt;
Anyone who lives from their work has the right to live in the country of their choice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Against war and the fascisation of society :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The disarmament of the capitalist class and the arming of the proletariat&lt;br class='autobr' /&gt;
The rejection and denunciation of the extreme right, whether pro- or anti-Islamist, whether religious or supposedly secular&lt;br class='autobr' /&gt;
The rejection of the two imperialist blocs and their pretexts for war&lt;br class='autobr' /&gt;
The international union of proletarians&lt;br class='autobr' /&gt;
More than ever, proletarians, we have no capitalist homeland to defend, no capitalist economy to protect, only chains to break and bring down !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Economic planning to meet the needs of the people&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The people must direct the economy and production according to their basic needs. This direction imposes popular control over production. In all sectors of activity, we must establish committees at all levels of production. This control must prepare us to directly direct the nationalized economy through workers' committees in businesses and factories, establishing collective ownership of the means of production by the people. Planning, responding to the needs of the people, will avoid the plundering of natural resources and the blind overproduction of goods linked to competition and the anarchy of capitalist production, which sometimes leads to wars. The development of the economy will no longer have profit as its objective, but the well-being of the people.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The expropriation of large capitalist groups&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We must expropriate all the large groups that steal public aid in the name of defending employment while they have laid off or eliminated hundreds of thousands of jobs. The same goes for the polluters !&lt;br class='autobr' /&gt;
Expropriation and nationalization can only be done under these conditions :&lt;br class='autobr' /&gt;
We refuse the buyout&lt;br class='autobr' /&gt;
We link the problem of expropriation to that of the power of the working people.&lt;br class='autobr' /&gt;
The expropriation of private banks and the collectivization of the credit system&lt;br class='autobr' /&gt;
In our society, finance capital dominates. The banks concentrate in their hands the real command of the economy. It is impossible to take a single serious step in the fight against the despotism of the monopolies if we leave the levers of control of the banks in the hands of the capitalists.&lt;br class='autobr' /&gt;
To achieve a single system of investment and credit that meets the interests of the entire people, we must merge all the banks into a single national institution. Only the expropriation of private banks will provide us with the investment and means necessary to organize economic life according to our needs.&lt;br class='autobr' /&gt;
The expropriation of banks in no way means the expropriation of small bank deposits. On the contrary : for small depositors, COLLECTIVIZED BANKING will be able to create more favorable conditions for farmers, artisans, and small traders, preferential, i.e., cheap, credit conditions.&lt;br class='autobr' /&gt;
However, BANKING COLLECTIVIZATION will only yield these favorable results if state power itself passes entirely from the hands of the exploiters to the hands of the people.&lt;br class='autobr' /&gt;
In conclusion&lt;br class='autobr' /&gt;
, the wealthy and their advocates (government, state, media) will demonstrate the &#034;impossibility of realizing&#034; our demands. Smaller capitalists, especially those marching toward ruin, will also invoke their account books. We will categorically reject these arguments and references. It is a matter of preserving the people from decline, demoralization, and ruin.&lt;br class='autobr' /&gt;
It is a matter of the life and death of the people and, by the same token, of the future of humanity. If capitalism is incapable of satisfying our demands, which inevitably arise from the evils it has itself engendered, let it perish ! The &#034;possibility&#034; or &#034;impossibility&#034; of realizing the demands is, in the present case, a question of the balance of power, which can only be resolved by struggle. On the basis of this struggle, whatever our immediate practical successes, the people will understand better than anyone the necessity of liquidating capitalist slavery.&lt;br class='autobr' /&gt;
THE MEASURE THAT IS THE GUARANTEE OF ALL PRECEDING MEASURES IS THE STRUGGLE FOR THE FORMATION, FEDERATION, AND AWARENESS OF THEIR HISTORIC ROLE OF THE FACTORY COUNCILS AND SOVIETS AND THE ALLIANCE OF THE WORKING PEOPLE (BETWEEN THE PROLETARIAT AND THE PETTY BOURGEOISIE WHO LIVE FROM THEIR LABOR).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Oliver Twist, Charles Dickens</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article698</link>
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		<dc:date>2008-09-25T21:33:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>charlie</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sommaire du site &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; &#201;coute un peu, dit Sikes ; si tu n'as pas la fi&#232;vre, il se passe quelque chose de dr&#244;le dans l'air ; oui, quelque chose de mauvais. Tu n'irais pas par hasard...? Ah bien oui ! n'y a pas de danger que tu fasses &#231;a. Que je fasse quoi ? Non, non, dit Sikes en la regardant fixement et en se partant &#224; lui-m&#234;me. N'y a pas de fille qui ait le coeur plus solide, ou il y a d&#233;j&#224; trois mois que je lui aurais coup&#233; le sifflet. C'est la fi&#232;vre qui la tient ! voil&#224; la chose. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique114" rel="directory"&gt;13- Livre Treize : ART ET REVOLUTION&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article88&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sommaire du site&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &#201;coute un peu, dit Sikes ; si tu n'as pas la fi&#232;vre, il se passe&lt;br class='autobr' /&gt;
quelque chose de dr&#244;le dans l'air ; oui, quelque chose de mauvais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu n'irais pas par hasard...? Ah bien oui ! n'y a pas de danger que&lt;br class='autobr' /&gt;
tu fasses &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que je fasse quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, non, dit Sikes en la regardant fixement et en se partant &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
lui-m&#234;me. N'y a pas de fille qui ait le coeur plus solide, ou il y&lt;br class='autobr' /&gt;
a d&#233;j&#224; trois mois que je lui aurais coup&#233; le sifflet. C'est la&lt;br class='autobr' /&gt;
fi&#232;vre qui la tient ! voil&#224; la chose. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e qu'elle avait la fi&#232;vre le rassura, et il avala d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
seul trait son verre ; puis, avec force jurons, il demanda sa&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;decine. La jeune fille s'&#233;lan&#231;a avec promptitude et versa, en se&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;tournant, la potion dans une tasse dont elle lui fit vider elle-&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me le contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Maintenant, dit le voleur, viens t'asseoir l&#224;, &#224; c&#244;t&#233; de moi, et&lt;br class='autobr' /&gt;
fais-moi une autre mine que &#231;a, ou je t'arrangerai de fa&#231;on que tu&lt;br class='autobr' /&gt;
auras de la peine &#224; te reconna&#238;tre dans la glace. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nancy ob&#233;it. Sikes lui serra la main dans la sienne et retomba sur&lt;br class='autobr' /&gt;
son oreiller, les yeux fix&#233;s sur elle. Il les ferma, les rouvrit,&lt;br class='autobr' /&gt;
les referma et les rouvrit de nouveau. Le brigand se retournait&lt;br class='autobr' /&gt;
mal &#224; l'aise ; Il sommeillait deux ou trois minutes et s'&#233;veillait&lt;br class='autobr' /&gt;
avec un regard de terreur ; puis il resta les yeux fixes, et,&lt;br class='autobr' /&gt;
encore sur son s&#233;ant, il tomba tout &#224; coup dans un lourd et&lt;br class='autobr' /&gt;
profond sommeil. Sa main l&#226;cha celle de Nancy, son bras retomba&lt;br class='autobr' /&gt;
languissamment ; il avait l'air d'un homme tomb&#233; dans une profonde&lt;br class='autobr' /&gt;
catalepsie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le laudanum a enfin produit son effet, murmura la jeune fille en&lt;br class='autobr' /&gt;
quittant le chevet du lit. Peut-&#234;tre est-il d&#233;j&#224; trop tard. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle mit en toute h&#226;te son chapeau et son ch&#226;le, non sans jeter de&lt;br class='autobr' /&gt;
temps en temps un regard de crainte autour d'elle. En d&#233;pit de la&lt;br class='autobr' /&gt;
liqueur soporifique, elle semblait s'attendre &#224; tous moments &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
sentir sur son &#233;paule la lourde main de Sikes. Enfin, elle se&lt;br class='autobr' /&gt;
baissa doucement sur le lit, embrassa le voleur et, ouvrant sans&lt;br class='autobr' /&gt;
bruit la porte de la chambre qu'elle referma avec la m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;caution, elle sortit de la maison en courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un veilleur de nuit criait neuf heures et demie au bout d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
sombre passage qu'elle avait &#224; traverser pour gagner la grand'rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La demie est-elle sonn&#233;e depuis longtemps ? demanda la jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'heure va sonner dans un quart d'heure, dit l'homme en levant&lt;br class='autobr' /&gt;
sa lanterne sur le visage de Nancy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et il me faut au moins une heure pour y arriver, &#187; murmura Nancy&lt;br class='autobr' /&gt;
en disparaissant avec la rapidit&#233; de l'&#233;clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fermait d&#233;j&#224; les boutiques dans les petites rues qu'elle&lt;br class='autobr' /&gt;
suivait pour se rendre de Spitalfields dans le West-End.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'horloge, en sonnant dix heures, accrut son impatience. Elle&lt;br class='autobr' /&gt;
glissait sur le trottoir, coudoyant les passants de droite et de&lt;br class='autobr' /&gt;
gauche, se heurtant contre la t&#234;te des chevaux, et traversait,&lt;br class='autobr' /&gt;
sans s'inqui&#233;ter, des rues encombr&#233;es o&#249; une foule de gens&lt;br class='autobr' /&gt;
attendaient avec impatience le moment de traverser comme elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une folle ! &#187; disait-on en se retournant pour la regarder&lt;br class='autobr' /&gt;
courir sur la chauss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle fut arriv&#233;e dans le beau quartier de la ville, les rues&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;taient en comparaison plus d&#233;sertes, et sa course rapide sembla&lt;br class='autobr' /&gt;
exciter plus de curiosit&#233; parmi les fl&#226;neurs au milieu desquels&lt;br class='autobr' /&gt;
elle passait. Quelques-uns h&#226;taient le pas pour voir o&#249; elle se&lt;br class='autobr' /&gt;
rendait si vite ; d'autres, qui avaient pris l'avance sur elle, se&lt;br class='autobr' /&gt;
retournaient pour la regarder, &#233;tonn&#233;s de la voir marcher toujours&lt;br class='autobr' /&gt;
aussi vite ; mais ils s'&#233;loignaient l'un apr&#232;s l'autre. Quand elle&lt;br class='autobr' /&gt;
eut atteint le lieu de sa destination, elle se trouvait tout &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
fait seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'arr&#234;ta devant un h&#244;tel situ&#233; dans une de ces rues paisibles&lt;br class='autobr' /&gt;
et bien habit&#233;es qui avoisinent Hyde-Park. Au moment o&#249; la&lt;br class='autobr' /&gt;
brillante clart&#233; du gaz qui &#233;clairait la porte lui fit reconna&#238;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
la maison, onze heures sonnaient. Elle avait ralenti son pas un&lt;br class='autobr' /&gt;
peu auparavant, d'un air irr&#233;solu et ne sachant trop si elle&lt;br class='autobr' /&gt;
devait avancer ; mais l'heure la d&#233;cida et elle s'arr&#234;ta dans le&lt;br class='autobr' /&gt;
vestibule. La loge du concierge &#233;tait vide ; elle regarda autour&lt;br class='autobr' /&gt;
d'elle avec incertitude et se dirigea du c&#244;t&#233; de l'escalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Eh bien ! jeune fille, dit une femme de chambre &#224; la mise&lt;br class='autobr' /&gt;
coquette, ouvrant une porte derri&#232;re elle et la regardant, qui&lt;br class='autobr' /&gt;
demandez-vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une dame qui reste dans la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une dame ! r&#233;pliqua l'autre d'un air d&#233;daigneux. Quelle dame,&lt;br class='autobr' /&gt;
s'il vous pla&#238;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mlle Maylie, &#187; dit Nancy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La domestique qui, pendant ce temps, l'avait tois&#233;e des pieds &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#234;te, ne r&#233;pondit que par un regard de vertueux d&#233;dain ; elle&lt;br class='autobr' /&gt;
appela un laquais pour lui r&#233;pondre. Nancy fit &#224; celui-ci la m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qui dois-je annoncer ? demanda le laquais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mon nom est inutile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ni le motif qui vous am&#232;ne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non plus. Il faut que je voie cette dame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Allons, dit le domestique en la poussant vers la porte,&lt;br class='autobr' /&gt;
finissons-en ; d&#233;campez, s'il vous pla&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En ce cas, il faudra que vous me portiez dehors, dit la jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
fille avec col&#232;re, et ce sera une besogne dont deux d'entre vous&lt;br class='autobr' /&gt;
ne viendraient pas &#224; bout, je vous en r&#233;ponds. N'y a-t-il personne&lt;br class='autobr' /&gt;
ici, dit-elle en regardant autour d'elle, qui veuille consentir &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
faire cette commission pour une pauvre malheureuse comme moi ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet appel produisit de l'effet sur un bon gros cuisinier qui, au&lt;br class='autobr' /&gt;
milieu de quelques autres domestiques, regardait ce qui se&lt;br class='autobr' /&gt;
passait ; il s'avan&#231;a pour s'interposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Faites sa commission, Joseph, voyons, dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; quoi bon ? r&#233;pliqua l'autre. Ne croyez-vous pas que&lt;br class='autobr' /&gt;
mademoiselle va recevoir une cr&#233;ature comme &#231;a, hein ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette allusion &#224; la moralit&#233; douteuse de Nancy fit pousser &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
quatre servantes, t&#233;moins de la sc&#232;ne, des exclamations de pudeur&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;volt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une cr&#233;ature comme &#231;a, disaient-elles, mais c'est la honte de&lt;br class='autobr' /&gt;
notre sexe ; &#231;a n'est bon qu'&#224; &#234;tre jet&#233; sans piti&#233; au chenil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Faites de moi ce que vous voudrez, dit la jeune fille en se&lt;br class='autobr' /&gt;
retournant vers les domestiques, mais rendez-moi d'abord le&lt;br class='autobr' /&gt;
service que je vous demande. Pour l'amour de Dieu, faites-le !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sensible cuisinier joignit ses instances &#224; celles de Nancy, et&lt;br class='autobr' /&gt;
le laquais qui avait paru le premier consentit &#224; faire la&lt;br class='autobr' /&gt;
commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que dirai-je ? fit-il, un pied sur la premi&#232;re marche de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'escalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous direz qu'une jeune fille demande instamment &#224; parler &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mlle Maylie en particulier, dit Nancy ; que si mademoiselle consent&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; entendre seulement un seul mot de ce qu'on a &#224; lui dire, elle&lt;br class='autobr' /&gt;
pourra apr&#232;s &#233;couter le reste ou faire jeter la jeune fille &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
porte comme une menteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Diable ! dit le laquais, comme vous y allez ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Montez toujours, dit la jeune fille avec fermet&#233;, que je sache&lt;br class='autobr' /&gt;
la r&#233;ponse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le domestique monta rapidement l'escalier, et Nancy attendit,&lt;br class='autobr' /&gt;
toute p&#226;le et respirant &#224; peine. Elle &#233;couta, les l&#232;vres&lt;br class='autobr' /&gt;
tremblantes et d'un air de profond m&#233;pris, les propos outrageants&lt;br class='autobr' /&gt;
des chastes servantes qui ne se g&#234;naient pas dans leurs discours,&lt;br class='autobr' /&gt;
surtout quand le domestique revint annoncer qu'elle pouvait&lt;br class='autobr' /&gt;
monter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce n'est pas la peine d'&#234;tre une honn&#234;te femme en ce monde, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
la premi&#232;re servante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il parait que le cuivre vaut mieux que l'or qui a pass&#233; au feu. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
dit la seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me se contenta de dire : &#171; Ce que c'est que les grandes&lt;br class='autobr' /&gt;
dames ! &#187; Et la quatri&#232;me fit entendre un &#171; fi donc ! &#187; r&#233;p&#233;t&#233; &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'unisson par le choeur des chastes Dianes, qui gard&#232;rent ensuite&lt;br class='autobr' /&gt;
le silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans s'occuper de tout cela, Nancy, le coeur plein de choses plus&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;rieuses, suivit toute tremblante le domestique, qui&lt;br class='autobr' /&gt;
l'introduisit dans une petite antichambre &#233;clair&#233;e par une lampe&lt;br class='autobr' /&gt;
suspendue au plafond ; et l&#224;, s'&#233;tant retir&#233;, il la laissa seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE XL.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;trange entrevue, qui fait suite au chapitre pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune fille avait tra&#238;n&#233; son existence dans les rues, dans les&lt;br class='autobr' /&gt;
bouges et les repaires les plus d&#233;go&#251;tants de Londres ; mais il lui&lt;br class='autobr' /&gt;
restait encore cependant quelque chose des sentiments de la femme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand elle entendit un pas l&#233;ger s'approcher de la porte oppos&#233;e &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
celle par laquelle elle &#233;tait entr&#233;e, quand elle pensa au&lt;br class='autobr' /&gt;
contraste frappant dont la petite chambre allait &#234;tre t&#233;moin, elle&lt;br class='autobr' /&gt;
se sentit accabl&#233;e sous le poids de sa propre honte et recula ;&lt;br class='autobr' /&gt;
elle semblait ne pouvoir supporter la pr&#233;sence de la personne&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elle avait d&#233;sir&#233; voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'orgueil entra en lutte avec ces bons sentiments ! l'orgueil,&lt;br class='autobr' /&gt;
vice inh&#233;rent aux &#234;tres les plus bas et les plus d&#233;grad&#233;s aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
bien qu'aux natures les plus nobles et les plus &#233;lev&#233;es. L'inf&#226;me&lt;br class='autobr' /&gt;
compagne des brigands et des sc&#233;l&#233;rats, le rebut de leurs cloaques&lt;br class='autobr' /&gt;
impurs, la complice de tous ces habitu&#233;s des prisons et des&lt;br class='autobr' /&gt;
bagnes, cette femme qui vivait &#224; l'ombre du gibet, cette cr&#233;ature&lt;br class='autobr' /&gt;
avilie avait encore trop de fiert&#233; pour laisser percer un&lt;br class='autobr' /&gt;
sentiment d'&#233;motion qu'elle regardait comme une faiblesse. Et&lt;br class='autobr' /&gt;
pourtant, ce sentiment &#233;tait le seul lien qui la rattach&#226;t encore&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; son sexe, dont sa vie de d&#233;bauche avait effac&#233; le caract&#232;re d&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
sa plus tendre enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle releva assez les yeux pour s'apercevoir que la figure qui&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait devant elle &#233;tait celle d'une gracieuse et belle jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
fille ; puis elle les baissa aussit&#244;t, et secouant la t&#234;te en&lt;br class='autobr' /&gt;
affectant la plus grande insouciance, elle dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est bien difficile de p&#233;n&#233;trer jusqu'&#224; vous, mademoiselle. Si&lt;br class='autobr' /&gt;
je m'&#233;tais f&#226;ch&#233;e, si j'&#233;tais partie comme beaucoup d'autres&lt;br class='autobr' /&gt;
l'auraient fait, vous en auriez eu du regret un jour et pour&lt;br class='autobr' /&gt;
cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je suis d&#233;sol&#233;e qu'on vous ait mal re&#231;ue, r&#233;pliqua Rose. N'y&lt;br class='autobr' /&gt;
pensez plus. Mais dites-moi ce qui vous am&#232;ne ; c'est bien &#224; moi&lt;br class='autobr' /&gt;
que vous vouliez parler ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ton bienveillant qui accompagna cette r&#233;ponse, la voix douce et&lt;br class='autobr' /&gt;
les mani&#232;res affables de la jeune fille, qui ne trahissaient ni&lt;br class='autobr' /&gt;
fiert&#233; ni m&#233;contentement, frapp&#232;rent Nancy de surprise, et elle&lt;br class='autobr' /&gt;
fondit en larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oh ! mademoiselle, mademoiselle, dit-elle en se cachant avec&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;sespoir la figure dans les mains, s'il y en avait plus comme&lt;br class='autobr' /&gt;
vous, il y en aurait moins comme moi. Oh ! oui, bien s&#251;r !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Asseyez-vous, dit Rose avec empressement, vous me faites de la&lt;br class='autobr' /&gt;
peine. Si vous &#234;tes pauvre et malheureuse, ce sera pour moi un&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;ritable bonheur que de venir &#224; votre aide de tout mon pouvoir,&lt;br class='autobr' /&gt;
croyez-le bien, et asseyez-vous, je vous en prie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, laissez-moi debout, mademoiselle, dit-elle en pleurant&lt;br class='autobr' /&gt;
encore, et ne me parlez pas avec tant de bont&#233; avant de me&lt;br class='autobr' /&gt;
conna&#238;tre... Il se fait tard... Cette porte... est-elle ferm&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, dit Rose, qui recula de quelques pas, comme pour &#234;tre plus&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; port&#233;e de demander du secours &#224; l'occasion. Pourquoi cette&lt;br class='autobr' /&gt;
question ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Parce que, dit la jeune fille, je vais mettre ma vie et celle de&lt;br class='autobr' /&gt;
bien d'autres entre vos mains. C'est moi qui ai reconduit de force&lt;br class='autobr' /&gt;
le petit Olivier chez le vieux Fagin, le juif, le soir que&lt;br class='autobr' /&gt;
l'enfant a quitt&#233; Pentonville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous ? dit Rose Maylie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moi-m&#234;me. Je suis la mis&#233;rable cr&#233;ature dont vous avez entendu&lt;br class='autobr' /&gt;
parler. C'est moi qui vis au milieu des brigands ; jamais, aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
loin que vont mes souvenirs, je n'ai eu d'autre existence ! Jamais&lt;br class='autobr' /&gt;
je n'ai entendu de plus douces paroles que celles qu'ils m'ont&lt;br class='autobr' /&gt;
adress&#233;es ! Que Dieu ait piti&#233; de moi ! Ne cherchez pas &#224; cacher&lt;br class='autobr' /&gt;
l'horreur que je vous inspire, mademoiselle. Je suis plus jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
que je ne le parais, mais ce n'est pas la premi&#232;re fois que je&lt;br class='autobr' /&gt;
fais peur ! Les pauvresses m&#234;mes reculent quand je passe pr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
d'elles dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quelles affreuses choses me dites-vous l&#224; ! dit Rose, en&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;loignant involontairement de cette &#233;trange femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#212; ch&#232;re demoiselle ! s'&#233;cria la jeune fille, remerciez le ciel &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
genoux de ce qu'il vous a donn&#233; des amis pour surveiller et&lt;br class='autobr' /&gt;
soigner votre enfance ! Remerciez-le bien de ne vous avoir pas&lt;br class='autobr' /&gt;
expos&#233;e au froid, &#224; la faim, &#224; une vie de d&#233;sordre et de d&#233;bauche,&lt;br class='autobr' /&gt;
et &#224; quelque, chose de pire encore, comme cela m'est arriv&#233; &#224; moi,&lt;br class='autobr' /&gt;
depuis le berceau. Oui, depuis le berceau, je peux bien le dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ruisseau d'une all&#233;e, voil&#224; mon berceau, et probablement ce&lt;br class='autobr' /&gt;
sera aussi mon lit de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous m'affligez dit Rose d'une voix &#233;mue et saccad&#233;e ; mon coeur&lt;br class='autobr' /&gt;
se serre, rien qu'&#224; vous entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Soyez b&#233;nie pour votre bont&#233; ; si vous saviez ce que je suis&lt;br class='autobr' /&gt;
parfois, vous me plaindriez bien davantage. Mais je me suis&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;chapp&#233;e d'entre les mains de ceux qui ne manqueraient pas de me&lt;br class='autobr' /&gt;
tuer, s'ils me savaient ici ; je me suis &#233;chapp&#233;e pour vous r&#233;v&#233;ler&lt;br class='autobr' /&gt;
ce que je leur ai entendu dire. Connaissez-vous un homme appel&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Monks ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, dit Rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il vous conna&#238;t, lui ; il savait que vous &#233;tiez ici, car c'est en&lt;br class='autobr' /&gt;
lui entendant donner votre adresse que j'ai pu arriver jusqu'&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jamais je n'ai entendu prononcer ce nom-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est qu'alors il a chang&#233; de nom chez nous, reprit la jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
fille ; je m'en &#233;tais d&#233;j&#224; plus que dout&#233;e. Il y a quelque temps&lt;br class='autobr' /&gt;
(peu de jours apr&#232;s qu'on eut introduit Olivier dans votre maison&lt;br class='autobr' /&gt;
cette fameuse nuit du vol) j'ai entendu une convocation entre cet&lt;br class='autobr' /&gt;
homme, dont je me m&#233;fiais d&#233;j&#224;, et Fagin ; un soir qu'ils &#233;taient&lt;br class='autobr' /&gt;
ensemble, j'ai d&#233;couvert que Monks... donc, comme nous l'appelons,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais que vous...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, oui, dit Rose, je sais... apr&#232;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que Monks l'avait vu par hasard le jour o&#249; nous l'avons perdu&lt;br class='autobr' /&gt;
pour la premi&#232;re fois, et qu'il l'avait aussit&#244;t reconnu pour&lt;br class='autobr' /&gt;
l'enfant qu'il cherchait. Pourquoi le cherchait-il, c'est ce que&lt;br class='autobr' /&gt;
je ne me suis pas expliqu&#233;. Il a conclu avec Fagin un march&#233;, par&lt;br class='autobr' /&gt;
suite duquel celui-ci avait droit &#224; une certaine somme dans le cas&lt;br class='autobr' /&gt;
o&#249; il rattraperait Olivier ; et la somme devait &#234;tre plus forte,&lt;br class='autobr' /&gt;
s'il en faisait un voleur. Monks en demandant cela avait un&lt;br class='autobr' /&gt;
dessein &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et quelle &#233;tait son intention ? demanda Rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est ce que j'esp&#233;rais savoir, dit la jeune fille, lorsqu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
aper&#231;ut mon ombre sur la muraille, et, &#224; ma place, je vous jure&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il n'y en aurait pas en beaucoup qui auraient pu se sauver&lt;br class='autobr' /&gt;
comme je l'ai fait. Enfin, j'ai pu m'&#233;chapper ; mais je ne l'ai&lt;br class='autobr' /&gt;
plus revu qu'hier soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et qu'arriva-t-il alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien, voil&#224;, mademoiselle. Hier soir donc, il est revenu,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme l'autre jour ; ils sont encore mont&#233;s tous les deux dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
chambre d'en haut. Par exemple, je me suis bien arrang&#233;e de&lt;br class='autobr' /&gt;
mani&#232;re &#224; n'&#234;tre pas trahie par mon ombre, et j'ai &#233;cout&#233; &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
porte. Voici les premiers mots que j'ai entendu dire &#224; vue : &#171; Ainsi&lt;br class='autobr' /&gt;
les seuls t&#233;moignages qui prouvent l'identit&#233; de l'enfant sont au&lt;br class='autobr' /&gt;
fond de la rivi&#232;re, et la vieille sorci&#232;re qui les a re&#231;us des&lt;br class='autobr' /&gt;
mains de la m&#232;re est, Dieu merci, en train de pourrir dans son&lt;br class='autobr' /&gt;
cercueil. &#187; Et l&#224;-dessus, ils se sont mis &#224; rire et &#224; dire qu'ils&lt;br class='autobr' /&gt;
avaient fait un fameux coup. Monks en parlant de l'enfant avait un&lt;br class='autobr' /&gt;
air furieux ; il disait que, bien qu'il f&#251;t parvenu sans risque &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
se rendre ma&#238;tre de l'argent du petit diable, il aurait &#233;t&#233; encore&lt;br class='autobr' /&gt;
plus tranquille, s'il l'avait eu autrement. &#171; &#212; la bonne&lt;br class='autobr' /&gt;
plaisanterie, dit-il, si nous pouvions donner un d&#233;menti aux&lt;br class='autobr' /&gt;
esp&#233;rances orgueilleuses qui ont dict&#233; le testament du p&#232;re, en&lt;br class='autobr' /&gt;
promenant le petit dr&#244;le dans toutes les prisons de Londres, en le&lt;br class='autobr' /&gt;
faisant pendre m&#234;me pour quelque crime capital ! &#231;a ne vous serait&lt;br class='autobr' /&gt;
pourtant pas difficile, Fagin, et vous en retirerez un bon profit&lt;br class='autobr' /&gt;
encore. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est-ce que tout cela ? dit Rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La v&#233;rit&#233;, mademoiselle, quoiqu'elle sorte de ma bouche,&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pliqua la jeune fille. Puis, il ajouta, en prof&#233;rant des jurons&lt;br class='autobr' /&gt;
qui auraient bien surpris vos oreilles, mais auxquels les miennes&lt;br class='autobr' /&gt;
ne sont que trop accoutum&#233;es, que, s'il pouvait assouvir sa haine&lt;br class='autobr' /&gt;
par la mort de l'enfant sans risquer sa peau, il n'h&#233;siterait pas ;&lt;br class='autobr' /&gt;
mais que, puisque la chose &#233;tait impossible, il le surveillerait&lt;br class='autobr' /&gt;
de pr&#232;s, et que s'il avait le malheur de vouloir tirer avantage de&lt;br class='autobr' /&gt;
sa naissance et de son histoire, il saurait bien lui mettre des&lt;br class='autobr' /&gt;
b&#226;tons dans les roues. &#171; Bref, Fagin, dit-il, tout juif que vous&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tes, vous n'avez pas encore de votre vie tendu de pi&#233;ge comme&lt;br class='autobr' /&gt;
celui dans lequel je vais prendre mon jeune fr&#232;re Olivier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Son fr&#232;re ! s'&#233;cria Rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voil&#224; ses propres paroles, dit Nancy, qui promenait autour&lt;br class='autobr' /&gt;
d'elle des regards inquiets, depuis le commencement de la&lt;br class='autobr' /&gt;
conversation, car elle croyait toujours voir Sikes &#224; cot&#233; d'elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas tout, quand il s'est mis &#224; parler de vous et de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'autre dame, il a ajout&#233; qu'on dirait que le ciel ou plut&#244;t le&lt;br class='autobr' /&gt;
diable conspirait contre lui, puisque Olivier &#233;tait tomb&#233; entre&lt;br class='autobr' /&gt;
vos mains ; ensuite il est parti d'un &#233;clat de rire en disant qu'&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
quelque chose malheur est bon : car, pour savoir qui est ce petit&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;pagneul &#224; deux pattes qu'elle a avec elle, elle donnerait (c'est&lt;br class='autobr' /&gt;
de vous qu'il parlait) je ne sais combien de mille livres sterling&lt;br class='autobr' /&gt;
si elle les avait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous ne croyez pas qu'il ait parl&#233; s&#233;rieusement, n'est-ce pas ?&lt;br class='autobr' /&gt;
dit Rose en p&#226;lissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jamais on n'a parl&#233; plus s&#233;rieusement qu'il ne le fit, r&#233;pliqua&lt;br class='autobr' /&gt;
la jeune fille en secouant la t&#234;te. Il parle tr&#232;s s&#233;rieusement&lt;br class='autobr' /&gt;
quand il d&#233;teste. J'en connais qui font pis que lui, et cependant&lt;br class='autobr' /&gt;
je pr&#233;f&#233;rerais les entendre douze fois plut&#244;t que lui une. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
commence &#224; se faire tard, et je veux revenir &#224; la maison avant&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'on se doute de mon escapade. Il faut que je m'en aille au plus&lt;br class='autobr' /&gt;
vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais que puis-je faire ? dit Rose. Sans vous, comment profiter de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'avis que vous venez de me donner ? Vous en aller ! mais vous&lt;br class='autobr' /&gt;
voulez donc retourner au milieu de ces bandits que vous m'avez&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;peints sous des couleurs si terribles ? Attendez. &#192; c&#244;t&#233;, dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
chambre voisine, il y a un monsieur que je puis faire venir &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'instant m&#234;me : r&#233;p&#233;tez-lui ce que vous venez de me dire, et,&lt;br class='autobr' /&gt;
avant une demi-heure, on vous conduira dans un endroit o&#249; vous&lt;br class='autobr' /&gt;
serez en s&#251;ret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, dit la jeune fille, je veux partir. Il faut que je m'en&lt;br class='autobr' /&gt;
retourne, parce que... Mais comment dire de semblables choses &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
une demoiselle vertueuse comme vous ? Parce que, au nombre de ces&lt;br class='autobr' /&gt;
hommes dont je vous ai parl&#233;, il y en a un... le plus terrible de&lt;br class='autobr' /&gt;
tous, que je ne puis quitter ; je ne l'abandonnerais jamais, d&#251;t-on&lt;br class='autobr' /&gt;
me promettre de m'arracher &#224; l'existence que je m&#232;ne maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Votre intervention en faveur de ce cher enfant, dit Rose ; votre&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;marche dans cette maison o&#249; vous vous &#234;tes risqu&#233;e pour me dire&lt;br class='autobr' /&gt;
ce que vous avez entendu ; votre attitude qui me fait croire &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
sinc&#233;rit&#233; de vos paroles ; votre repentir ; enfin le sentiment que&lt;br class='autobr' /&gt;
vous avez de votre honte, tout me porte &#224; esp&#233;rer qu'il y a encore&lt;br class='autobr' /&gt;
de la ressource chez vous. Oh ! je vous en supplie, dit avec force&lt;br class='autobr' /&gt;
la jeune fille en joignant les mains, tandis que ses larmes&lt;br class='autobr' /&gt;
arrosaient son visage, ne soyez pas sourde aux supplications d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
personne de votre sexe, la premi&#232;re, oui..., la premi&#232;re, je&lt;br class='autobr' /&gt;
pense, qui ait jusqu'ici fait r&#233;sonner &#224; vos oreilles des paroles&lt;br class='autobr' /&gt;
de sympathie et de commis&#233;ration. &#201;coutez ma voix, et laissez-moi&lt;br class='autobr' /&gt;
vous sauver pour un meilleur avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mademoiselle, s'&#233;cria Nancy en tombant &#224; genoux, vous &#234;tes un&lt;br class='autobr' /&gt;
ange de douceur ; c'est la premi&#232;re fois que j'entends d'aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
bonnes paroles. H&#233;las ! que ne les ai-je entendues il y a quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
ann&#233;es ! elles m'auraient d&#233;tourn&#233;e du vice et du malheur ; mais&lt;br class='autobr' /&gt;
maintenant il est trop tard, il est trop tard !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il n'est jamais trop tard, dit Rose, pour le repentir et&lt;br class='autobr' /&gt;
l'expiation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh ! si, s'&#233;cria la jeune fille en proie aux tortures de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
conscience, il est trop tard ! Je ne puis le quitter maintenant ! Je&lt;br class='autobr' /&gt;
ne veux point causer sa mort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comment pourriez-vous la causer ? demanda Rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rien ne pourrait le sauver, dit Nancy, si je disais &#224; d'autres&lt;br class='autobr' /&gt;
ce que je vous ai racont&#233; ; si je les faisais prendre, sa mort&lt;br class='autobr' /&gt;
serait certaine ! C'est le plus d&#233;termin&#233;... et il a commis de&lt;br class='autobr' /&gt;
telles atrocit&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Est-il possible, s'&#233;cria Rose, que pour un tel homme vous&lt;br class='autobr' /&gt;
renonciez &#224; l'esp&#233;rance d'une vie meilleure et &#224; la certitude&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une d&#233;livrance imm&#233;diate ? C'est de la folie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne sais ce que c'est, r&#233;pondit la jeune fille ; mais ce qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
y a de s&#251;r, c'est qu'il en est ainsi, et je ne suis pas la seule&lt;br class='autobr' /&gt;
comme cela, il y en a des centaines aussi mis&#233;rables, aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;grad&#233;es que moi. Il faut que je m'en retourne. Je ne sais si&lt;br class='autobr' /&gt;
Dieu veut me punir du mal que j'ai fait... mais quelque chose&lt;br class='autobr' /&gt;
m'attire vers cet homme, malgr&#233; les souffrances et les mauvais&lt;br class='autobr' /&gt;
traitements qu'il me fait endurer ; et, quand m&#234;me je devrais&lt;br class='autobr' /&gt;
mourir de sa main, j'irais encore le rejoindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que faire ? dit Rose. Je ne dois pourtant pas vous laisser partir&lt;br class='autobr' /&gt;
ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si, mademoiselle ; vous le devez et vous me laisserez partir,&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pondit la jeune fille en se relevant. Vous ne me retiendrez pas,&lt;br class='autobr' /&gt;
car je me suis fi&#233;e &#224; votre bont&#233; sans exiger de serment, comme&lt;br class='autobr' /&gt;
j'aurais pu le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quel usage voulez-vous que je fasse alors de vos r&#233;v&#233;lations ?&lt;br class='autobr' /&gt;
dit Rose. Il faut p&#233;n&#233;trer ce myst&#232;re ; autrement, comment le&lt;br class='autobr' /&gt;
secret que vous m'avez confi&#233; pourrait-il &#234;tre utile &#224; Olivier,&lt;br class='autobr' /&gt;
que vous voulez servir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous devez avoir quelqu'un &#224; mettre dans la confidence, un ami&lt;br class='autobr' /&gt;
qui pourra vous conseiller ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais o&#249; pourrai-je vous revoir au besoin ? demanda Rose. Je ne&lt;br class='autobr' /&gt;
veux pas savoir o&#249; demeurent ces affreuses gens... mais dites-moi&lt;br class='autobr' /&gt;
quand et o&#249; je pourrai vous revoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien, fit la jeune fille, voulez-vous me promettre de garder&lt;br class='autobr' /&gt;
fid&#232;lement mon secret et de venir seule ou accompagn&#233;e de votre&lt;br class='autobr' /&gt;
confident &#224; la condition qu'on ne me surveillera pas, qu'on ne me&lt;br class='autobr' /&gt;
suivra pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je vous le jure, r&#233;pondit Rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tous les dimanches soir, dit la jeune fille sans h&#233;siter, de&lt;br class='autobr' /&gt;
onze heures &#224; minuit, je me prom&#232;nerai sur le pont de Londres, si&lt;br class='autobr' /&gt;
je vis encore !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Attendez encore un instant, interrompit Rose en voyant la jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
fille se h&#226;ter de gagner la porte. Songez encore une fois &#224; votre&lt;br class='autobr' /&gt;
position et &#224; l'occasion qui se pr&#233;sente &#224; vous d'en sortir. Vous&lt;br class='autobr' /&gt;
avez droit &#224; toutes mes sympathies, non seulement parce que vous&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tes venue de vous-m&#234;me me faire cette confidence, mais encore&lt;br class='autobr' /&gt;
parce que vous &#234;tes une femme presque irr&#233;vocablement perdue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voulez-vous rejoindre cette bande de voleurs, et surtout cet&lt;br class='autobr' /&gt;
homme, quand un mot, un seul mot peut vous sauver ? Quel est donc&lt;br class='autobr' /&gt;
le charme irr&#233;sistible qui vous attire dans cette soci&#233;t&#233;-l&#224; pour&lt;br class='autobr' /&gt;
vous attacher &#224; une vie d'opprobre et de mis&#232;re ? Quoi ! je ne&lt;br class='autobr' /&gt;
trouverai pas dans votre coeur la moindre fibre sensible ! Je ne&lt;br class='autobr' /&gt;
trouverai rien qui puisse vous arracher &#224; cette terrible&lt;br class='autobr' /&gt;
fascination !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quand de jeunes demoiselles aussi belles, aussi bonnes que vous,&lt;br class='autobr' /&gt;
donnent leur coeur, reprit avec fermet&#233; Nancy, l'amour peut les&lt;br class='autobr' /&gt;
entra&#238;ner loin. Oui, il peut vous entra&#238;ner vous-m&#234;me, qui avez&lt;br class='autobr' /&gt;
une demeure, des amis, des admirateurs, tout ce qui peut s&#233;duire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand des femmes comme moi, qui n'ont d'autre asile assur&#233; qu'un&lt;br class='autobr' /&gt;
cercueil, d'autre ami dans la maladie ou la mort que les servantes&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un hospice ; quand ces femmes-l&#224; ont livr&#233; leur coeur impur &#224; un&lt;br class='autobr' /&gt;
homme ; que cet homme leur tient lieu de parents, de demeure,&lt;br class='autobr' /&gt;
d'amis ; que cet amour a jet&#233; une lueur sur leur mis&#233;rable&lt;br class='autobr' /&gt;
existence, qui peut esp&#233;rer les gu&#233;rir ? Plaignez-nous,&lt;br class='autobr' /&gt;
mademoiselle... plaignez-nous d'&#234;tre encore femmes par ce&lt;br class='autobr' /&gt;
sentiment ; plaignez-nous, car un arr&#234;t terrible a chang&#233; en&lt;br class='autobr' /&gt;
tourments et en souffrances ce qui devait faire notre consolation&lt;br class='autobr' /&gt;
et notre orgueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voyons, dit Rose apr&#232;s un moment de silence, vous accepterez&lt;br class='autobr' /&gt;
toujours bien quelque peu d'argent qui puisse vous permettre de&lt;br class='autobr' /&gt;
vivre honn&#234;tement... au moins jusqu'&#224; ce que nous nous revoyions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, pas un penny, r&#233;pliqua la jeune fille en lui disant adieu&lt;br class='autobr' /&gt;
de la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ne repoussez pas ce que je veux faire pour vous secourir, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
Rose avec un geste bienveillant. Je voudrais vous &#234;tre utile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La meilleure mani&#232;re de m'&#234;tre utile, dit Nancy en se tordant&lt;br class='autobr' /&gt;
les mains, serait de m'arracher la vie d'un seul coup. J'ai, ce&lt;br class='autobr' /&gt;
soir, senti plus cruellement que jamais toute mon infamie, et ce&lt;br class='autobr' /&gt;
serait d&#233;j&#224; quelque chose que de ne pas mourir dans le m&#234;me enfer&lt;br class='autobr' /&gt;
o&#249; j'ai pass&#233; ma vie. Que le ciel vous b&#233;nisse, bonne demoiselle,&lt;br class='autobr' /&gt;
et vous envoie autant de bonheur que je me suis attir&#233; de honte ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En disant ces mots, la malheureuse sanglotait. Elle sortit,&lt;br class='autobr' /&gt;
laissant Rose accabl&#233;e par cette &#233;trange entrevue ; elle se croyait&lt;br class='autobr' /&gt;
le jouet d'un r&#234;ve ; elle retomba sur une chaise et chercha &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
rassembler ses pens&#233;es confuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE XLI.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui montre que les surprises sont comme les malheurs ; elles ne&lt;br class='autobr' /&gt;
viennent jamais seules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rose, il faut l'avouer, &#233;tait dans une situation singuli&#232;rement&lt;br class='autobr' /&gt;
difficile. En m&#234;me temps qu'elle &#233;prouvait le plus vif d&#233;sir de&lt;br class='autobr' /&gt;
percer le voile qui enveloppait l'histoire d'Olivier, elle ne&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvait s'emp&#234;cher de tenir religieusement cach&#233;e la confidence&lt;br class='autobr' /&gt;
que cette mis&#233;rable femme avec laquelle elle venait de&lt;br class='autobr' /&gt;
s'entretenir, avait remise &#224; sa foi de jeune fille candide et&lt;br class='autobr' /&gt;
innocente. Les paroles de cette femme, ses mani&#232;res, avaient&lt;br class='autobr' /&gt;
d'ailleurs touch&#233; le coeur de Rose Maylie ; le d&#233;sir qu'elle avait&lt;br class='autobr' /&gt;
de ramener au repentir et &#224; l'esp&#233;rance cette malheureuse&lt;br class='autobr' /&gt;
cr&#233;ature, se confondait dans son coeur avec l'amour qu'elle avait&lt;br class='autobr' /&gt;
vou&#233; au jeune Olivier, et ce d&#233;sir n'&#233;tait ni moins ardent ni&lt;br class='autobr' /&gt;
moins sinc&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait r&#233;solu de ne rester que trois jours &#224; Londres avant de se&lt;br class='autobr' /&gt;
mettre en route pour aller passer quelques semaines dans un port&lt;br class='autobr' /&gt;
de mer &#233;loign&#233;. On &#233;tait encore au premier jour : minuit allait&lt;br class='autobr' /&gt;
sonner. Quelle d&#233;termination prendre dans un d&#233;lai de vingt-quatre&lt;br class='autobr' /&gt;
heures ? D'un autre c&#244;t&#233;, comment ajourner le voyage sans &#233;veiller&lt;br class='autobr' /&gt;
le soup&#231;on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Losberne &#233;tait avec Rose et sa tante, et devait rester encore&lt;br class='autobr' /&gt;
les deux jours suivants ; mais Rose connaissait trop bien le&lt;br class='autobr' /&gt;
caract&#232;re emport&#233; de cet excellent ami ; elle ne pouvait se&lt;br class='autobr' /&gt;
dissimuler avec quelle col&#232;re il apprendrait les d&#233;tails de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'enl&#232;vement d'Olivier ; et puis, comment lui confier ce secret,&lt;br class='autobr' /&gt;
sans avoir personne pour la seconder dans ses pri&#232;res en faveur de&lt;br class='autobr' /&gt;
la pauvre femme ? c'&#233;taient autant de raisons pour prendre aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
les pr&#233;cautions les plus minutieuses avant de rien confier &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mme Maylie, qui n'aurait pas manqu&#233; d'en conf&#233;rer aussit&#244;t avec le&lt;br class='autobr' /&gt;
bon docteur. Quant &#224; consulter un homme de loi, lors m&#234;me qu'elle&lt;br class='autobr' /&gt;
aurait su la marche &#224; suivre, c'&#233;tait un moyen auquel il ne&lt;br class='autobr' /&gt;
fallait pas songer, pour les m&#234;mes raisons. Un moment, l'id&#233;e lui&lt;br class='autobr' /&gt;
vint de s'en ouvrir &#224; Henry ; mais cette pens&#233;e r&#233;veilla le&lt;br class='autobr' /&gt;
souvenir de leur derni&#232;re entrevue ; elle ne crut pas de sa dignit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
de le rappeler, puisque (et &#224; cette pens&#233;e ses yeux se mouill&#232;rent&lt;br class='autobr' /&gt;
de larmes) il pouvait avoir appris &#224; l'oublier et &#224; vivre plus&lt;br class='autobr' /&gt;
heureux sans elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agit&#233;e par toutes ces r&#233;flexions et rejetant chaque exp&#233;dient &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
mesure qu'il s'offrait &#224; son esprit. Rose passa la nuit sans&lt;br class='autobr' /&gt;
dormir, en proie &#224; mille inqui&#233;tudes. Le lendemain, apr&#232;s avoir&lt;br class='autobr' /&gt;
bien r&#233;fl&#233;chi, et ne sachant plus que faire, elle se d&#233;termina &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
consulter Henry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'il lui est p&#233;nible de revenir ici, pensait-elle, ce sera encore&lt;br class='autobr' /&gt;
bien plus p&#233;nible pour moi de l'y voir. Mais reviendra-t-il ? peut-&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre que non. Qui sait s'il ne se contentera pas d'&#233;crire ? ou&lt;br class='autobr' /&gt;
bien, en supposant qu'il vienne lui-m&#234;me, s'il n'&#233;vitera pas de me&lt;br class='autobr' /&gt;
rencontrer, comme il l'a fait quand il est parti ? Je ne l'aurais&lt;br class='autobr' /&gt;
jamais cru, mais cela a peut-&#234;tre mieux valu pour tous les deux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment, Rose laissa tomber sa plume et se d&#233;tourna, comme si&lt;br class='autobr' /&gt;
elle e&#251;t craint de laisser voir ses larmes &#224; la feuille m&#234;me qui&lt;br class='autobr' /&gt;
allait se faire le messager fid&#232;le de son secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; plusieurs fois elle avait pris et d&#233;pos&#233; sa plume, fait et&lt;br class='autobr' /&gt;
refait dans sa t&#234;te la premi&#232;re ligne de sa lettre sans en &#233;crire&lt;br class='autobr' /&gt;
un seul mot, quand Olivier, qui s'&#233;tait promen&#233; dans les rues,&lt;br class='autobr' /&gt;
escort&#233; de M. Giles, entra en courant dans la chambre et tout&lt;br class='autobr' /&gt;
essouffl&#233;. Son agitation semblait pr&#233;sager un nouveau sujet&lt;br class='autobr' /&gt;
d'alarme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon Dieu ! qu'y a-t-il ? pourquoi cet air boulevers&#233; ? demanda Rose&lt;br class='autobr' /&gt;
en s'avan&#231;ant &#224; sa rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne sais ; mais il me semble que j'&#233;touffe, r&#233;pliqua Olivier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bon Dieu ! quand je pense que je vais enfin le revoir et que vous&lt;br class='autobr' /&gt;
aurez la preuve certaine que tout ce que je vous ai dit &#233;tait la&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je n'ai jamais cru que vous m'ayez dit autre chose que la&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;rit&#233;, dit Rose, cherchant &#224; le calmer. Mais encore qu'y a-t-il ?&lt;br class='autobr' /&gt;
de qui voulez-vous parler ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! le monsieur ! vous savez... dit Olivier, articulant &#224; peine&lt;br class='autobr' /&gt;
les mots ; vous savez bien le monsieur qui a &#233;t&#233; si bon pour moi,&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow, dont nous avons si souvent parl&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; O&#249; l'avez-vous vu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il descendait de voiture, reprit Olivier en r&#233;pandant des larmes&lt;br class='autobr' /&gt;
de bonheur, et il entrait dans une maison. Je n'ai pas pu lui&lt;br class='autobr' /&gt;
parler... je n'ai pas pu lui parler, parce qu'il ne me voyait pas,&lt;br class='autobr' /&gt;
et que je tremblais si fort, si fort que je ne me sentais pas la&lt;br class='autobr' /&gt;
force d'aller jusqu'&#224; lui. Mais Giles a demand&#233; pour moi si&lt;br class='autobr' /&gt;
c'&#233;tait bien l&#224; qu'il restait ; on a r&#233;pondu que oui. Tenez, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
Olivier en ouvrant un chiffon de papier, voici son adresse... J'y&lt;br class='autobr' /&gt;
cours tout de suite. &#212; mon Dieu ! mon Dieu quand je vais &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
devant lui, et que j'entendrai encore sa voix, qu'est-ce que je&lt;br class='autobr' /&gt;
vais devenir ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rose, tout abasourdie de ces paroles et de ces exclamations de&lt;br class='autobr' /&gt;
joie incoh&#233;rentes, lut sur l'adresse, _Craven-Street_ dans le&lt;br class='autobr' /&gt;
_Strand_, et se promit aussit&#244;t de mettre cette d&#233;couverte &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Allons, vite, dit-elle, qu'on aille chercher un fiacre, et&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;parez-vous &#224; m'accompagner ; je suis &#224; vous dans une minute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais seulement avertir ma tante que nous sortons pour une&lt;br class='autobr' /&gt;
heure, et soyez pr&#234;t le plus vite possible. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier ne se le fit pas dire deux fois, et en moins de cinq&lt;br class='autobr' /&gt;
minutes, Rose et lui &#233;taient sur le chemin de Craven-Street. Quand&lt;br class='autobr' /&gt;
ils furent arriv&#233;s, Rose laissa Olivier dans la voiture, sous&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;texte de pr&#233;parer le vieillard &#224; le recevoir ; puis envoyant sa&lt;br class='autobr' /&gt;
carte par le domestique, elle demanda &#224; voir M. Brownlow pour&lt;br class='autobr' /&gt;
affaires urgentes. Le domestique revint bient&#244;t lui dire de&lt;br class='autobr' /&gt;
monter. Rose le suivit &#224; l'&#233;tage sup&#233;rieur, o&#249; elle fut pr&#233;sent&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; un monsieur &#226;g&#233;, d'un abord agr&#233;able, et portant un habit vert-&lt;br class='autobr' /&gt;
bouteille. &#192; une petite distance, &#233;tait assis un autre vieillard&lt;br class='autobr' /&gt;
portant gu&#234;tres et culotte de nankin. Il n'avait pas l'abord tr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
agr&#233;able, celui-l&#224; ; ses deux mains &#233;taient appuy&#233;es sur une grosse&lt;br class='autobr' /&gt;
canne, et son menton sur ses deux mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! mon Dieu ! je vous demande pardon, mademoiselle, dit le&lt;br class='autobr' /&gt;
monsieur en habit vert-bouteille, qui se leva promptement en la&lt;br class='autobr' /&gt;
saluant avec la plus grande politesse... je croyais avoir affaire&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; quelque importun qui... je vous en prie, excusez-moi. Asseyez-&lt;br class='autobr' /&gt;
vous donc, s'il vous pla&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; M. Brownlow, je pr&#233;sume, monsieur, dit Rose en promenant son&lt;br class='autobr' /&gt;
regard du pantalon de nankin &#224; l'habit vert-bouteille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est en effet mon nom ; monsieur est mon ami. M. Grimwig.&lt;br class='autobr' /&gt;
Grimwig, voulez-vous avoir la bont&#233; de nous laisser quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
minutes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je crois, interrompit miss Maylie, que, dans l'&#233;tat actuel des&lt;br class='autobr' /&gt;
choses, monsieur peut sans inconv&#233;nient assister &#224; notre entrevue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si je suis bien inform&#233;e, il conna&#238;t l'affaire dont je d&#233;sire vous&lt;br class='autobr' /&gt;
entretenir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Brownlow inclina la t&#234;te. Quant &#224; M. Grimwig, il se leva roide&lt;br class='autobr' /&gt;
comme sa canne, fit un salut, et retomba non moins roide sur sa&lt;br class='autobr' /&gt;
chaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je vais certainement vous surprendre, dit Rose, naturellement&lt;br class='autobr' /&gt;
embarrass&#233;e ; mais vous avez d&#233;j&#224; montr&#233; beaucoup de bienveillance&lt;br class='autobr' /&gt;
et de bont&#233; pour un jeune enfant que j'affectionne, et je suis&lt;br class='autobr' /&gt;
certaine d'exciter votre int&#233;r&#234;t en vous donnant de ses nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ah bah ! dit M. Brownlow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je veux parler d'Olivier Twist, r&#233;pliqua Rose. Vous avez su&lt;br class='autobr' /&gt;
comment... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine Rose eut-elle laiss&#233; &#233;chapper de ses l&#232;vres le nom&lt;br class='autobr' /&gt;
d'Olivier Twist, que M. Grimwig, qui avait fait semblant de se&lt;br class='autobr' /&gt;
plonger dans la lecture d'un in-folio, plac&#233; sur la table, le&lt;br class='autobr' /&gt;
referma avec grand bruit et retomba sur le dos de sa chaise, ne&lt;br class='autobr' /&gt;
laissant voir sur son visage d'autre expression que celle de la&lt;br class='autobr' /&gt;
plus grande stup&#233;faction. Pendant longtemps, il demeura l'oeil&lt;br class='autobr' /&gt;
fixe ; puis, comme s'il e&#251;t rougi de trahir une si grande &#233;motion,&lt;br class='autobr' /&gt;
il fit un effort pour ainsi dire convulsif pour se renfoncer dans&lt;br class='autobr' /&gt;
sa premi&#232;re attitude ; alors il regarda fixement devant lui, et fit&lt;br class='autobr' /&gt;
entendre un long et sourd sifflement qui, au lieu de se r&#233;pandre&lt;br class='autobr' /&gt;
dans l'espace, alla mourir dans les profondeurs les plus secr&#232;tes&lt;br class='autobr' /&gt;
de son estomac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Brownlow ne fut pas moins surpris, mais son &#233;tonnement ne se&lt;br class='autobr' /&gt;
trahit pas d'une mani&#232;re aussi excentrique. Il rapprocha sa chaise&lt;br class='autobr' /&gt;
de miss Maylie et lui dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je vous en prie, ma ch&#232;re demoiselle, laissez de c&#244;t&#233; cette&lt;br class='autobr' /&gt;
bont&#233;, cette bienveillance dont vous parlez, et que toute autre&lt;br class='autobr' /&gt;
personne ignore. Si vous avez &#224; donner des preuves qui puissent&lt;br class='autobr' /&gt;
modifier l'opinion d&#233;favorable que j'ai eue du pauvre enfant, au&lt;br class='autobr' /&gt;
nom du ciel ! donnez-les-moi bien vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est un mauvais dr&#244;le, j'en mangerais ma t&#234;te que c'est un&lt;br class='autobr' /&gt;
mauvais dr&#244;le, grommela entre ses dents M. Grimwig, impassible&lt;br class='autobr' /&gt;
comme un ventriloque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est une &#226;me noble et g&#233;n&#233;reuse dit Rose en rougissant, et&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui a jug&#233; &#224; propos de lui envoyer des &#233;preuves au-dessus de&lt;br class='autobr' /&gt;
son &#226;ge a mis dans son coeur des sentiments qui feraient honneur &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
bien des gens qui ont six fois son &#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je n'ai que soixante et un ans, s'il vous pla&#238;t, dit M. Grimwig,&lt;br class='autobr' /&gt;
toujours impassible. Et comme, &#224; moins que le diable ne s'en m&#234;le,&lt;br class='autobr' /&gt;
votre Olivier n'a pas moins de douze ans, je ne vois pas &#224; qui&lt;br class='autobr' /&gt;
peut s'appliquer votre observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ne faites pas attention &#224; mon ami, miss Maylie, dit M. Brownlow ;&lt;br class='autobr' /&gt;
il ne pense pas ce qu'il dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si vraiment, grogna M. Grimwig.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, il ne le pense pas, dit M. Brownlow en se levant avec&lt;br class='autobr' /&gt;
impatience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J'en mangerais ma t&#234;te qu'il le pense, grommela encore&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Grimwig.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il m&#233;riterait bien, alors, qu'on la lui cass&#226;t, sa t&#234;te, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! pour le coup, il serait bien curieux de voir &#231;a, &#187; r&#233;pondit&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Grimwig en frappant le plancher de sa canne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s &#224; ce point, les deux vieux amis prirent chacun de leur&lt;br class='autobr' /&gt;
c&#244;t&#233; une prise de tabac ; apr&#232;s quoi ils se donn&#232;rent une poign&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
de main, suivant leur coutume invariable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Maintenant, miss Maylie, dit M. Brownlow, revenons au sujet qui&lt;br class='autobr' /&gt;
int&#233;resse si fort votre bon coeur. Veuillez me raconter ce que&lt;br class='autobr' /&gt;
vous savez du pauvre enfant. Permettez-moi, toutefois, de vous&lt;br class='autobr' /&gt;
dire auparavant que j'avais &#233;puis&#233; tous les moyens de le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;couvrir, et que, depuis mon absence de ce pays, l'id&#233;e qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
m'en avait impos&#233; et qu'il avait &#233;t&#233; pouss&#233; par ses complices &#224; me&lt;br class='autobr' /&gt;
voler, s'est consid&#233;rablement modifi&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rose, qui avait eu le temps de rassembler ses pens&#233;es, raconta&lt;br class='autobr' /&gt;
simplement et en quelques mots tout ce qui &#233;tait arriv&#233; &#224; Olivier,&lt;br class='autobr' /&gt;
depuis qu'il avait quitt&#233; la maison de M. Brownlow. Elle se&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;serva toutefois en particulier &#224; ce gentleman les r&#233;v&#233;lations de&lt;br class='autobr' /&gt;
Nancy, et elle termina en l'assurant que le seul chagrin de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'enfant, depuis plusieurs mois, avait &#233;t&#233; de ne pouvoir&lt;br class='autobr' /&gt;
rencontrer son ancien bienfaiteur et ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dieu soit lou&#233; ! dit le vieux gentleman ; c'est un grand bonheur&lt;br class='autobr' /&gt;
pour moi, vraiment un grand bonheur. Mais vous ne m'avez pas&lt;br class='autobr' /&gt;
encore dit o&#249; il est maintenant, miss Maylie. Pardonnez-moi ce&lt;br class='autobr' /&gt;
reproche ; mais pourquoi ne l'avoir pas amen&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il attend &#224; la porte, dans une voiture, r&#233;pondit Rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; ma porte ! &#187; s'&#233;cria le vieux gentleman. Et le voil&#224; s'&#233;lan&#231;ant&lt;br class='autobr' /&gt;
hors de la chambre, d&#233;gringolant l'escalier ; en un instant, il&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait sur le marchepied, et bient&#244;t dans la voiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la porte de la chambre se fut referm&#233;e derri&#232;re lui,&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Grimwig releva la t&#234;te et, se renversant sur le dos de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
chaise, fit avec l'un des pieds trois tours sur lui-m&#234;me, aid&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
la table et de sa canne. Apr&#232;s avoir ex&#233;cut&#233; cette &#233;volution il se&lt;br class='autobr' /&gt;
leva, fit clopin-clopant une douzaine de fois la tour de la&lt;br class='autobr' /&gt;
chambre et, s'arr&#234;tant tout d'un coup devant Rose, il l'embrassa&lt;br class='autobr' /&gt;
sans plus de fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chut ! dit-il en voyant la demoiselle se lever toute alarm&#233;e de&lt;br class='autobr' /&gt;
cet &#233;trange proc&#233;d&#233;, n'ayez donc pas peur, petite. Je suis assez&lt;br class='autobr' /&gt;
vieux pour &#234;tre votre grand-p&#232;re. Vous &#234;tes une gentille&lt;br class='autobr' /&gt;
demoiselle. Je vous aime. Mais les voici. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, juste au moment o&#249;, par une habile conversion de gauche&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; droite, il se replantait sur sa chaise, M. Brownlow revint&lt;br class='autobr' /&gt;
accompagn&#233; d'Olivier, auquel M. Grimwig fit un gracieux accueil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand Rose Maylie n'aurait pas eu d'autre r&#233;compense de ses soins&lt;br class='autobr' /&gt;
et de sa sollicitude pour le jeune Olivier que le bonheur qu'elle&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;prouva en ce moment, elle se serait crue bien pay&#233;e de ses&lt;br class='autobr' /&gt;
peines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais, au fait, il y a encore quelqu'un qui ne doit pas &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
oubli&#233;, fit M. Brownlow qui tira la sonnette. Envoyez dire &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mme Bedwin de venir, s'il vous pla&#238;t. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vieille femme de charge se rendit en toute h&#226;te &#224; cet appel,&lt;br class='autobr' /&gt;
et, ayant fait une r&#233;v&#233;rence, &#224; la porte, elle attendit des&lt;br class='autobr' /&gt;
ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Eh bien ! vous devenez donc tous les jours de plus en plus&lt;br class='autobr' /&gt;
aveugle, Bedwin ? dit M. Brownlow d'un ton brusque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, monsieur, r&#233;pondit la vieille. &#192; mon &#226;ge, la vue ne&lt;br class='autobr' /&gt;
s'am&#233;liore pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce n'est pas nouveau, ce que vous nous dites l&#224;, r&#233;pliqua&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow. Et bien ! mettez vos lunettes ; je veux voir si vous&lt;br class='autobr' /&gt;
devinerez pourquoi je vous ai fait venir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vieille se mit &#224; fouiller quelque temps dans sa poche pour&lt;br class='autobr' /&gt;
trouver ses lunettes ; mais Olivier, dans son impatience, ne put&lt;br class='autobr' /&gt;
attendre la fin de cette nouvelle &#233;preuve, et, ob&#233;issant &#224; sa&lt;br class='autobr' /&gt;
premi&#232;re impulsion, il s'&#233;lan&#231;a dans ses bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dieu me pardonne ! s'&#233;cria la vieille en l'embrassant, c'est mon&lt;br class='autobr' /&gt;
bon petit enfant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ma bonne et vieille amie ! s'&#233;cria Olivier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je savais bien qu'il reviendrait, dit la vieille en le tenant&lt;br class='autobr' /&gt;
dans ses bras. Comme il a bonne mine ! Ne dirait-on pas, &#224; le voir&lt;br class='autobr' /&gt;
si bien v&#234;tu, que c'est un petit monsieur ? O&#249; donc &#234;tes-vous all&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
pendant tout ce temps-l&#224; ? C'est toujours la m&#234;me douceur de&lt;br class='autobr' /&gt;
physionomie, mais moins p&#226;le ! la m&#234;me bont&#233; dans les yeux, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
moins tristes ! Je ne les ai jamais oubli&#233;s, ses yeux, ni sa bonne&lt;br class='autobr' /&gt;
figure, ni son aimable sourire : tous les jours je me le figurais,&lt;br class='autobr' /&gt;
ce cher petit, &#224; c&#244;t&#233; de mes autres enfants qui sont morts !&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais encore jeune alors ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps-l&#224;, tant&#244;t elle s'&#233;loignait d'Olivier pour&lt;br class='autobr' /&gt;
mesurer de combien il avait grandi, tant&#244;t elle le serrait contre&lt;br class='autobr' /&gt;
son sein, lui passant avec amour les mains dans les cheveux, riant&lt;br class='autobr' /&gt;
et pleurant tour &#224; tour, pench&#233;e sur son &#233;paule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Brownlow, laissant Mme Bedwin et Olivier causer &#224; loisir, passa&lt;br class='autobr' /&gt;
dans une autre pi&#232;ce, et l&#224; il apprit de Rose tous les d&#233;tails&lt;br class='autobr' /&gt;
relatifs &#224; son entrevue avec Nancy, d&#233;tails qui lui caus&#232;rent une&lt;br class='autobr' /&gt;
grande surprise en m&#234;me temps qu'une grande inqui&#233;tude. Rose&lt;br class='autobr' /&gt;
expliqua pourquoi, au premier abord, elle n'avait pas voulu&lt;br class='autobr' /&gt;
confier le secret &#224; M. Losberne ; M. Brownlow jugea qu'elle avait&lt;br class='autobr' /&gt;
agi avec prudence, et r&#233;solut sur-le-champ d'avoir un entretien&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;rieux avec le digne docteur &#224; ce sujet. Voulant mettre ce&lt;br class='autobr' /&gt;
dessein &#224; ex&#233;cution le plus t&#244;t possible, il d&#233;cida qu'il se&lt;br class='autobr' /&gt;
rendrait &#224; l'h&#244;tel pendant la matin&#233;e et que Mme Maylie serait&lt;br class='autobr' /&gt;
inform&#233;e avec pr&#233;caution de tout ce qui se serait pass&#233;. Ces&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;liminaires arrang&#233;s, Rose et Olivier retourn&#232;rent &#224; la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rose ne s'&#233;tait nullement exag&#233;r&#233; la col&#232;re probable du bon&lt;br class='autobr' /&gt;
docteur ; car l'histoire de Nancy venait &#224; peine de lui &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
expos&#233;e, qu'il prof&#233;ra des menaces terribles et des impr&#233;cations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il jura qu'elle ne risquait rien et qu'il l'abandonnerait aux&lt;br class='autobr' /&gt;
recherches combin&#233;es de MM. Blathers et Duff ; puis il mit son&lt;br class='autobr' /&gt;
chapeau pour aller chercher imm&#233;diatement l'assistance de ces&lt;br class='autobr' /&gt;
dignes personnages. Il est probable que, dans sa premi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
explosion, il aurait mis son projet &#224; ex&#233;cution, sans r&#233;fl&#233;chir un&lt;br class='autobr' /&gt;
seul instant aux cons&#233;quences, s'il n'avait pas &#233;t&#233; retenu,&lt;br class='autobr' /&gt;
d'abord par le poignet de M. Brownlow, aussi fort et aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
irascible que lui, et, en second lieu, par une s&#233;rie d'arguments&lt;br class='autobr' /&gt;
et de raisonnements destin&#233;s &#224; lut faire abandonner une pareille&lt;br class='autobr' /&gt;
folie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Alors, que diable voulez-vous que nous fassions ? dit l'imp&#233;tueux&lt;br class='autobr' /&gt;
docteur quand ils eurent rejoint les deux dames. &#192; moins que nous&lt;br class='autobr' /&gt;
n'employions notre temps &#224; voter des remerciements &#224; cette bande&lt;br class='autobr' /&gt;
de voleurs et de voleuses et &#224; les prier de vouloir bien accepter&lt;br class='autobr' /&gt;
chacun cent livres sterling ou tout ce que vous voudrez, comme une&lt;br class='autobr' /&gt;
petite marque de notre estime et une tr&#232;s faible preuve de notre&lt;br class='autobr' /&gt;
reconnaissance pour leur bienveillance &#224; l'&#233;gard d'Olivier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, non, je ne dis pas cela, r&#233;pliqua M. Brownlow en riant ;&lt;br class='autobr' /&gt;
mais il nous faut agir avec douceur et prudence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Avec douceur et prudence ! s'&#233;cria le docteur. Moi, je vous&lt;br class='autobr' /&gt;
enverrais tous ces gens-l&#224; &#224;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Envoyez-les o&#249; vous voudrez, interrompit M. Brownlow ; il n'en&lt;br class='autobr' /&gt;
est pas moins vrai qu'il faut se demander si, en les envoyant o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
vous dites, nous atteindrons notre but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quel but ? demanda le docteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Conna&#238;trons-nous les parents d'Olivier ? Pourra-t-il recouvrer&lt;br class='autobr' /&gt;
l'h&#233;ritage dont il a &#233;t&#233; frustr&#233;, en admettant que cette histoire&lt;br class='autobr' /&gt;
soit authentique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! c'est juste ! dit M. Losberne en se rafra&#238;chissant le front&lt;br class='autobr' /&gt;
avec son mouchoir de poche. Je n'y pensais d&#233;j&#224; plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous voyez ! continua M. Brownlow. Mettons cette pauvre fille&lt;br class='autobr' /&gt;
compl&#232;tement de c&#244;t&#233;, si vous voulez, et supposons qu'il nous soit&lt;br class='autobr' /&gt;
possible, sans la compromettre, de traduire tous ces sc&#233;l&#233;rats en&lt;br class='autobr' /&gt;
justice ; eh bien ! apr&#232;s, &#224; quoi cela nous servira-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; en faire pendre toujours quelques-uns, selon toute&lt;br class='autobr' /&gt;
probabilit&#233;, dit le docteur, et &#224; faire d&#233;porter les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tr&#232;s bien ! r&#233;pliqua M. Brownlow en souriant ; mais avec le temps&lt;br class='autobr' /&gt;
ils y r&#233;ussiront bien sans nous, et, en attendant, si nous les&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;venons, il me semble que nous ferons l&#224; les don Quichotte, en&lt;br class='autobr' /&gt;
opposition directe avec nos int&#233;r&#234;ts, ou, ce qui revient au m&#234;me,&lt;br class='autobr' /&gt;
avec ceux d'Olivier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comment cela ? demanda le docteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il est certain que nous aurons toutes les peines du monde &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
approfondir ce myst&#232;re tant que nous n'aurons pas d&#233;masqu&#233; ce&lt;br class='autobr' /&gt;
Monks. Or, nous n'y pouvons parvenir que par stratag&#232;me, et en&lt;br class='autobr' /&gt;
l'attrapant un beau jour, lorsqu'il ne sera pas au milieu de ces&lt;br class='autobr' /&gt;
gens-l&#224;. Car, supposons qu'on l'arr&#234;te, nous n'avons pas de&lt;br class='autobr' /&gt;
preuves contre lui ; il n'a m&#234;me pas particip&#233; (du moins &#224; notre&lt;br class='autobr' /&gt;
connaissance et d'apr&#232;s l'examen des faits) au moindre brigandage&lt;br class='autobr' /&gt;
commis par cette bande. S'il n'est pas acquitt&#233;, il est probable&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il sera puni tout au plus de l'emprisonnement comme vagabond,&lt;br class='autobr' /&gt;
et que, plus tard, il persistera dans son silence ; de mani&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il vaudrait autant pour nous qu'il f&#251;t sourd, muet, aveugle, et&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me idiot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien ! dit vivement le docteur, j'en reviens alors &#224; vous&lt;br class='autobr' /&gt;
demander si vous croyez raisonnablement qu'on soit li&#233; par la&lt;br class='autobr' /&gt;
promesse faite &#224; la jeune fille. Cette promesse, je l'avoue, a &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
faite dans les meilleures et les plus loyales intentions ; mais en&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;alit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je vous en prie, ma ch&#232;re demoiselle, dit M. Brownlow en voyant&lt;br class='autobr' /&gt;
que Rose s'appr&#234;tait &#224; r&#233;pondre, ne discutons point l&#224;-dessus ;&lt;br class='autobr' /&gt;
votre promesse sera tenue. Je ne crois pas que cela puisse en rien&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;ranger nos combinaisons. Mais, avant de r&#233;gler nos d&#233;marches, il&lt;br class='autobr' /&gt;
sera n&#233;cessaire de voir la jeune fille, pour savoir d'elle si elle&lt;br class='autobr' /&gt;
veut nous faire conna&#238;tre ce Monks, &#224; la condition, bien entendu,&lt;br class='autobr' /&gt;
que nous traiterons directement avec lui sans l'entremise de la&lt;br class='autobr' /&gt;
police. Dans le cas o&#249; elle ne voudrait pas ou ne pourrait pas&lt;br class='autobr' /&gt;
nous donner ces renseignements, nous lui demanderons de nous dire&lt;br class='autobr' /&gt;
quels endroits il fr&#233;quente, quel est son signalement, de fa&#231;on&lt;br class='autobr' /&gt;
que nous puissions le reconna&#238;tre ; or, nous ne pourrons la voir&lt;br class='autobr' /&gt;
avant dimanche soir, et c'est aujourd'hui mardi. Je suis d'avis&lt;br class='autobr' /&gt;
que, jusque-l&#224;, nous restions compl&#232;tement tranquilles, et que&lt;br class='autobr' /&gt;
nous gardions le silence l&#224;-dessus, m&#234;me devant Olivier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique ce d&#233;lai de cinq grands jours f&#238;t faire la grimace &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Losberne, il fut forc&#233; d'admettre qu'il n'y avait pas de&lt;br class='autobr' /&gt;
meilleur parti &#224; prendre, et, comme Rose et Mme Maylie &#233;taient&lt;br class='autobr' /&gt;
compl&#232;tement de l'avis de M. Brownlow, la proposition de ce&lt;br class='autobr' /&gt;
dernier fut adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je voudrais bien, dit M. Brownlow, prendre conseil de mon ami&lt;br class='autobr' /&gt;
Grimwig. C'est un homme bizarre, mais singuli&#232;rement retors, qui&lt;br class='autobr' /&gt;
pourrait nous &#234;tre tr&#232;s utile. Je dois dire qu'il a &#233;tudi&#233; le&lt;br class='autobr' /&gt;
droit et que, s'il a quitt&#233; le barreau, c'est seulement parce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il s'est d&#233;go&#251;t&#233; de n'avoir eu en vingt ans qu'un client et un&lt;br class='autobr' /&gt;
proc&#232;s. Si c'est un titre ou non &#224; votre recommandation, je vous&lt;br class='autobr' /&gt;
en laisse juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je n'ai pas d'objection &#224; faire, dit le docteur, pourvu que vous&lt;br class='autobr' /&gt;
me permettiez de consulter aussi mon ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien, r&#233;pliqua M. Brownlow, il faut aller aux voix. Quel est-&lt;br class='autobr' /&gt;
il cet ami ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le fils de madame et le vieil ami de mademoiselle, &#187; dit le&lt;br class='autobr' /&gt;
docteur en montrant Mme Maylie et en jetant &#224; la ni&#232;ce un regard&lt;br class='autobr' /&gt;
expressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rose devint pourpre, mais elle ne fit entendre aucune objection ;&lt;br class='autobr' /&gt;
peut-&#234;tre avait-elle le sentiment de son impuissante minorit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Henry Maylie et M. Grimwig furent d&#233;clar&#233;s membres du comit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bien entendu, dit Mme Maylie, que nous ne bougerons pas de&lt;br class='autobr' /&gt;
Londres tant qu'il restera quelque esp&#233;rance de r&#233;ussir dans nos&lt;br class='autobr' /&gt;
recherches. Je n'&#233;pargnerai ni la peine ni l'argent pour atteindre&lt;br class='autobr' /&gt;
le but que nous nous proposons, et, dussions-nous rester ici un&lt;br class='autobr' /&gt;
an, je ne le regretterai pas, tant que vous m'assurerez que tout&lt;br class='autobr' /&gt;
espoir n'est pas perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bien ! reprit M. Brownlow. Maintenant que je vois sur tous les&lt;br class='autobr' /&gt;
visages qui m'entourent l'envie de me demander d'abord pourquoi il&lt;br class='autobr' /&gt;
m'a &#233;t&#233; impossible d'&#233;claircir le myst&#232;re, et ensuite pourquoi&lt;br class='autobr' /&gt;
j'ai quitt&#233; si subitement le royaume, je demande &#224; poser comme&lt;br class='autobr' /&gt;
condition qu'on ne m'adressera aucune question jusqu'au moment o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
je jugerai convenable de m'expliquer en racontant ma propre&lt;br class='autobr' /&gt;
histoire. Croyez-moi, j'ai de bonnes raisons pour agir ainsi,&lt;br class='autobr' /&gt;
autrement je pourrais &#233;veiller des esp&#233;rances impossibles &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;aliser, ou augmenter les difficult&#233;s et les d&#233;sappointements&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;j&#224; si nombreux. Allons ! on vient d'annoncer que le souper est&lt;br class='autobr' /&gt;
servi, et Olivier, qui est tout seul dans la chambre voisine, va&lt;br class='autobr' /&gt;
s'imaginer que nous nous sommes ennuy&#233;s de sa soci&#233;t&#233; et que nous&lt;br class='autobr' /&gt;
tramons quelque noir complot pour l'abandonner encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En disant ces mots, le vieillard offrit son bras &#224; Mme Maylie et&lt;br class='autobr' /&gt;
la conduisit dans la salle &#224; manger. M. Losberne les suivit avec&lt;br class='autobr' /&gt;
Rose, et la s&#233;ance fut lev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE XLII.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une vieille connaissance d'Olivier donne des preuves surprenantes&lt;br class='autobr' /&gt;
de g&#233;nie et devient un personnage public dans la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir m&#234;me o&#249;, ob&#233;issant &#224; la voix de son coeur, Nancy, apr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
avoir endormi Sikes, se rendait chez Rose Maylie, deux personnes&lt;br class='autobr' /&gt;
s'avan&#231;aient vers Londres par la grande route du Nord. La suite de&lt;br class='autobr' /&gt;
notre histoire exige que nous leur accordions quelque attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;taient un homme et une femme, ou plut&#244;t le m&#226;le et la femelle ;&lt;br class='autobr' /&gt;
car le premier &#233;tait un de ces &#234;tres longs, efflanqu&#233;s, maigres et&lt;br class='autobr' /&gt;
osseux, auxquels il est difficile de donner un &#226;ge. Quand ils sont&lt;br class='autobr' /&gt;
enfants, on les prendrait pour des hommes faits qui n'ont pas pu&lt;br class='autobr' /&gt;
prendre leur croissance, et, quand ils sont hommes, on dirait des&lt;br class='autobr' /&gt;
enfants un peu grands pour leur &#226;ge. La femme &#233;tait jeune, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
solide et robuste, &#224; en juger par l'&#233;norme paquet attach&#233; sur son&lt;br class='autobr' /&gt;
dos. Son compagnon n'en avait pas si lourd &#224; porter ; son bagage&lt;br class='autobr' /&gt;
consistait en un petit paquet envelopp&#233; dans un mauvais mouchoir&lt;br class='autobr' /&gt;
et suspendu sur son &#233;paule au bout d'un b&#226;ton. Gr&#226;ce &#224; ce l&#233;ger&lt;br class='autobr' /&gt;
fardeau, et aussi &#224; la longueur d&#233;mesur&#233;e de ses jambes, il&lt;br class='autobr' /&gt;
prenait facilement sur sa compagne une avance de plusieurs pas,&lt;br class='autobr' /&gt;
et, se retournant de temps &#224; autre avec un mouvement d'impatience,&lt;br class='autobr' /&gt;
il semblait lui reprocher sa lenteur et l'inviter &#224; h&#226;ter sa&lt;br class='autobr' /&gt;
marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils suivaient ainsi la route poudreuse, sans s'occuper des objets&lt;br class='autobr' /&gt;
qui se pr&#233;sentaient &#224; leur vue, et ne se d&#233;rangeaient que pour&lt;br class='autobr' /&gt;
faire place aux chaises de poste venant de la ville. Quand ils&lt;br class='autobr' /&gt;
eurent pris Highgate, le voyageur s'arr&#234;ta et cria d'un ton&lt;br class='autobr' /&gt;
brusque &#224; sa compagne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Eh bien ! allons donc ! &#231;a ne va pas ? Quelle fain&#233;ante tu fais,&lt;br class='autobr' /&gt;
Charlotte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est que j'ai une fi&#232;re charge, aussi ! dit la femme en avan&#231;ant&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;puis&#233;e de fatigue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une fi&#232;re charge ! qu'est-ce que tu nous chantes ? tu n'es donc&lt;br class='autobr' /&gt;
bonne &#224; rien ? r&#233;pondit le voyageur en changeant d'&#233;paule son petit&lt;br class='autobr' /&gt;
paquet. Quoi ! te voil&#224; encore arr&#234;t&#233;e... Dites-moi un peu s'il n'y&lt;br class='autobr' /&gt;
a pas de quoi perdre patience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Est-ce encore loin ? demanda la femme en s'appuyant contre un&lt;br class='autobr' /&gt;
banc, la figure ruisselante de sueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Encore loin ? tiens ! voil&#224; o&#249; tu en es, dit le grand efflanqu&#233; en&lt;br class='autobr' /&gt;
lui montrant du doigt une masse &#233;tendue devant lui, vois-tu l&#224;,&lt;br class='autobr' /&gt;
cette illumination ? Eh bien, c'est l'&#233;clairage de Londres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il y a encore deux bons milles au moins, dit la femme d'un air&lt;br class='autobr' /&gt;
accabl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'il y en ait deux ou vingt, qu'est-ce que &#231;a fait ? dit No&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Claypole (car c'&#233;tait lui). Allons ! avance, ou je t'avertis que tu&lt;br class='autobr' /&gt;
recevras un bon coup de pied. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la col&#232;re rendait encore plus rouge le nez de No&#233;, et que,&lt;br class='autobr' /&gt;
tout en parlant, il avait travers&#233; la rue, pr&#234;t &#224; ex&#233;cuter sa&lt;br class='autobr' /&gt;
menace, la femme se leva sans rien dire et le suivit p&#233;niblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O&#249; penses-tu passer la nuit, No&#233; ? demanda-t-elle apr&#232;s avoir fait&lt;br class='autobr' /&gt;
une centaine de pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Est-ce que je sais, r&#233;pliqua l'autre, que la marche avait rendu&lt;br class='autobr' /&gt;
irascible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pr&#232;s d'ici, j'esp&#232;re, dit Charlotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, saperlote ! non, &#231;a n'est pas pr&#232;s d'ici, r&#233;pondit Claypole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne te mets pas &#231;a dans la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pourquoi &#231;a ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Parce que si je dis que je ne le veux pas, &#231;a doit suffire ; et&lt;br class='autobr' /&gt;
je n'entends pas qu'on vienne m'ennuyer de _pourquoi_ et de _parce&lt;br class='autobr' /&gt;
que_, dit M. Claypole en se redressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N'y a pas besoin de se f&#226;cher ! dit sa compagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est &#231;a qui serait du propre, vraiment, d'aller s'arr&#234;ter &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
premi&#232;re auberge en dehors de la ville ! &#231;a fait que M. Sowerberry,&lt;br class='autobr' /&gt;
s'il nous poursuit, n'aurait qu'&#224; mettre son vieux nez &#224; la porte&lt;br class='autobr' /&gt;
pour nous voir fourrer dans une charrette et ramener chez lui avec&lt;br class='autobr' /&gt;
des menottes, dit No&#233; Claypole d'un ton goguenard. Non pas, non&lt;br class='autobr' /&gt;
pas !... je vais m'enfoncer dans les rues les plus sombres, et je&lt;br class='autobr' /&gt;
ne m'arr&#234;terai qu'apr&#232;s avoir mis la main sur le trou le plus&lt;br class='autobr' /&gt;
cach&#233; que je puisse rencontrer. Quelle chance pour toi, ma ch&#232;re,&lt;br class='autobr' /&gt;
que j'aie de la t&#234;te ! Si nous n'avions pas pris d'abord une autre&lt;br class='autobr' /&gt;
route pour rejoindre ensuite celle-ci &#224; travers champs, il y a&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;j&#224; huit jours que tu serais coffr&#233;e ; je ne te dis que &#231;a,&lt;br class='autobr' /&gt;
imb&#233;cile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je sais bien que je ne suis pas aussi fine que toi, r&#233;pliqua&lt;br class='autobr' /&gt;
Charlotte ; mais c'est pas une raison pour me mettre tout sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
dos, et me dire que c'est moi qu'on aurait coffr&#233;e. Si on m'avait&lt;br class='autobr' /&gt;
coffr&#233;e, on t'aurait coffr&#233; aussi, toi, c'est s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est toi qui as pris l'argent de la cassette, tu le sais bien ?&lt;br class='autobr' /&gt;
fit M. Claypole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je l'ai pris pour toi, No&#233;, r&#233;pondit Charlotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Est-ce que je l'ai gard&#233; ? demanda Claypole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, tu t'es fi&#233; &#224; moi, et tu me l'as donn&#233; &#224; porter, comme un&lt;br class='autobr' /&gt;
bon gar&#231;on que tu es, &#187; dit la femme en lui caressant le menton et&lt;br class='autobr' /&gt;
passant son bras sous le sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claypole, en effet, avait laiss&#233; l'argent &#224; Charlotte ; mais comme&lt;br class='autobr' /&gt;
il n'avait pas l'habitude de se fier follement et &#224; l'aveuglette&lt;br class='autobr' /&gt;
en qui que ce f&#251;t, il faut ajouter, pour lui rendre justice, qu'en&lt;br class='autobr' /&gt;
confiant cet argent &#224; Charlotte, il avait eu un but : il voulait,&lt;br class='autobr' /&gt;
en cas d'arrestation, qu'on trouv&#226;t sur elle le larcin, afin de&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoir prouver son innocence et de se m&#233;nager une porte de&lt;br class='autobr' /&gt;
derri&#232;re. Il se garda bien, comme on le pense, d'expliquer ses&lt;br class='autobr' /&gt;
intentions &#224; ce sujet, et ils continu&#232;rent ensemble leur chemin en&lt;br class='autobr' /&gt;
tr&#232;s bons termes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; son syst&#232;me de prudence, Claypole alla tout d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
traite jusqu'&#224; Islington, &#224; l'auberge de l'Ange. Il jugea avec&lt;br class='autobr' /&gt;
raison, en voyant cet encombrement de passants et de voitures,&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il commen&#231;ait &#224; &#234;tre dans le vrai Londres. Ne s'arr&#234;tant que&lt;br class='autobr' /&gt;
juste le temps qu'il fallait pour voir quelles &#233;taient les rues&lt;br class='autobr' /&gt;
les plus populeuses, et par cons&#233;quent celles qu'il devait le plus&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;viter, il traversa Saint-John's Road et s'enfon&#231;a bient&#244;t entre&lt;br class='autobr' /&gt;
Gray's Inn Lane et Smithfield dans les rues tortueuses et sales,&lt;br class='autobr' /&gt;
qui font de ce quartier le plus hideux repaire qui ait jusqu'ici&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;fi&#233; les progr&#232;s de la civilisation dans la ville de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No&#233; Claypole enfila ces ruelles, tra&#238;nant Charlotte derri&#232;re lui :&lt;br class='autobr' /&gt;
tant&#244;t il s'arr&#234;tait, les pieds dans le ruisseau, pour embrasser&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un seul coup d'oeil la physionomie de quelque mauvais bouchon ;&lt;br class='autobr' /&gt;
tant&#244;t il se glissait le long de la muraille, comme si la maison&lt;br class='autobr' /&gt;
lui paraissait encore trop fr&#233;quent&#233;e pour lui. Enfin, il s'arr&#234;ta&lt;br class='autobr' /&gt;
devant une taverne de plus ch&#233;tive apparence et beaucoup plus&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;go&#251;tante que toutes celles qu'il avait vues jusqu'alors. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
traversa la rue pour bien l'examiner du c&#244;t&#233; oppos&#233;, et annon&#231;a&lt;br class='autobr' /&gt;
gracieusement &#224; sa compagne son intention d'y passer la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Allons ! donne-moi le paquet, dit No&#233; d&#233;faisant les bretelles, et&lt;br class='autobr' /&gt;
le repassant des &#233;paules de Charlotte sur les siennes, et surtout&lt;br class='autobr' /&gt;
ne parle pas que je ne te le dise. Voyons, quel est le nom de&lt;br class='autobr' /&gt;
cette maison-l&#224; ? Aux t-r-oi-s, aux trois quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aux Trois Boiteux, dit Charlotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aux Trois Boiteux, r&#233;p&#233;ta No&#233; ; tr&#232;s jolie enseigne, ma foi !&lt;br class='autobr' /&gt;
Allons, maintenant, suis mes talons de pr&#232;s, et entrons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir donn&#233; ces ordres, il poussa de son &#233;paule la porte&lt;br class='autobr' /&gt;
criarde, et entra suivi de Charlotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait au comptoir qu'un petit juif, qui, appuy&#233; sur ses&lt;br class='autobr' /&gt;
deux coudes, &#233;tait en train de lire un sale journal. Il regarda&lt;br class='autobr' /&gt;
No&#233; fixement ; celui-ci en fit autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si No&#233; avait port&#233; son v&#234;tement de gar&#231;on de charit&#233;, les grands&lt;br class='autobr' /&gt;
yeux que lui faisait le juif auraient eu un motif ; mais non : il&lt;br class='autobr' /&gt;
avait laiss&#233; de c&#244;t&#233; l'habit et la plaque ; il portait une blouse :&lt;br class='autobr' /&gt;
il n'y avait donc pas de raison apparente pour &#233;veiller ainsi&lt;br class='autobr' /&gt;
l'attention dans une taverne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Est-ce ici les Trois Boiteux ? demanda No&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, c'est l'enseigne de la maison, r&#233;pliqua le juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous avons rencontr&#233; sur le chemin en venant de la campagne&lt;br class='autobr' /&gt;
quelqu'un qui nous a recommand&#233; cet endroit-ci, &#187; dit No&#233;, et il&lt;br class='autobr' /&gt;
fit signe de l'oeil &#224; Charlotte, peut-&#234;tre autant pour lui faire&lt;br class='autobr' /&gt;
remarquer la ruse adroite dont il &#233;tait inventeur, que pour&lt;br class='autobr' /&gt;
l'avertir d'&#233;couter tout &#231;a sans montrer de surprise. &#171; Nous&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;sirons passer la nuit ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne suis pas bien s&#251;r que &#231;a se buisse, dit Barney, qui &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
gar&#231;on dans cette maison. Je vais le debander.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien ! en attendant, dites-nous toujours o&#249; est la salle, et&lt;br class='autobr' /&gt;
servez-nous un morceau de viande froide avec un verre de bi&#232;re,&lt;br class='autobr' /&gt;
hein ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barney les introduisit dans une petite salle sur le derri&#232;re, et&lt;br class='autobr' /&gt;
leur servit la viande demand&#233;e ; puis, &#233;tant venu leur dire qu'on&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvait les loger cette nuit, il laissa d&#233;jeuner l'aimable couple&lt;br class='autobr' /&gt;
en t&#234;te-&#224;-t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette salle se trouvait derri&#232;re le comptoir et quelques pas plus&lt;br class='autobr' /&gt;
bas. Un petit rideau cachait un judas vitr&#233; pratiqu&#233; dans le mur,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; cinq pieds environ du plancher ; de mani&#232;re que les gens de la&lt;br class='autobr' /&gt;
maison pouvaient, en tirant un peu le rideau, regarder ce qu'on&lt;br class='autobr' /&gt;
faisait dans la salle, sans courir le risque d'&#234;tre vus, car la&lt;br class='autobr' /&gt;
lucarne se trouvait dans un angle obscur et tout pr&#232;s d'une grosse&lt;br class='autobr' /&gt;
poutre, derri&#232;re laquelle l'observateur se cachait facilement. Non&lt;br class='autobr' /&gt;
seulement on pouvait voir, mais encore on pouvait, en appliquant&lt;br class='autobr' /&gt;
l'oreille &#224; la cloison, entendre fort distinctement le sujet des&lt;br class='autobr' /&gt;
conversations. Le ma&#238;tre de la maison tenait son oeil braqu&#233; au&lt;br class='autobr' /&gt;
carreau depuis cinq minutes, et Barney venait de rendre r&#233;ponse&lt;br class='autobr' /&gt;
aux voyageurs, quand Fagin, en tourn&#233;e d'affaires, entra dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
boutique pour demander des nouvelles de quelques-uns de ses jeunes&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chut, dit Barney, il y a deux &#233;drangers dans la betide chambre &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des &#233;trangers ? r&#233;p&#233;ta le vieillard &#224; voix basse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et fameusement gogasses, allez ! ajouta Barney. Ils arribent de&lt;br class='autobr' /&gt;
la gambagne, mais ils sont dans votre genre, ou je me drombe&lt;br class='autobr' /&gt;
bien ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fagin parut recevoir ces d&#233;tails avec grand int&#233;r&#234;t. Il monta sur&lt;br class='autobr' /&gt;
un tabouret, appliqua avec pr&#233;caution son oeil &#224; la lucarne, et de&lt;br class='autobr' /&gt;
ce poste cach&#233;, il put voir M. Claypole, se servant un morceau de&lt;br class='autobr' /&gt;
boeuf froid et un verre de bi&#232;re ; il mangeait et buvait &#224; son&lt;br class='autobr' /&gt;
aise, ne donnant &#224; Charlotte, qui les recevait sans se plaindre,&lt;br class='autobr' /&gt;
que des doses infinit&#233;simales, suivant le syst&#232;me hom&#233;opathique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! ah ! dit tout bas le juif en regardant Barney, l'air de ce&lt;br class='autobr' /&gt;
gaillard-l&#224; me revient. Il pourrait nous &#234;tre utile ; il s'entend&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;j&#224; joliment &#224; vous mener la fille. Motus ! sois muet comme une&lt;br class='autobr' /&gt;
carpe, mon vieux, que j'entende ce qu'ils disent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juif appliqua de nouveau son oeil &#224; la lucarne et collant son&lt;br class='autobr' /&gt;
oreille &#224; la cloison, &#233;couta attentivement : ses traits exprimaient&lt;br class='autobr' /&gt;
une curiosit&#233; maligne ; on l'e&#251;t pris pour un vieux sorcier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aussi, d&#233;sormais je veux faire le monsieur, dit Claypole en&lt;br class='autobr' /&gt;
allongeant ses jambes et en continuant une phrase dont Fagin&lt;br class='autobr' /&gt;
n'avait pas entendu le commencement. Non, au diable les cercueils,&lt;br class='autobr' /&gt;
Charlotte ! je veux faire le monsieur, et, si tu veux, toi, tu&lt;br class='autobr' /&gt;
feras la dame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#199;a me plairait assez, No&#233;, r&#233;pliqua Charlotte ; mais on ne trouve&lt;br class='autobr' /&gt;
pas des cassettes &#224; vider tous les jours ni des ma&#238;tres &#224; planter&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Laissons les cassettes, dit Claypole ; il y a bien d'autres&lt;br class='autobr' /&gt;
choses &#224; vider que des cassettes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et quoi donc ? demanda sa compagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Parbleu ! dit Claypole que la bi&#232;re &#233;chauffait, et les poches&lt;br class='autobr' /&gt;
donc ! et les ridicules ! et les maisons ! et les malles-poste ! et&lt;br class='autobr' /&gt;
les banques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais c'est trop d'ouvrage pour toi seul, mon petit, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
Charlotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! je verrai &#224; faire connaissance avec les amateurs, r&#233;pliqua&lt;br class='autobr' /&gt;
No&#233;. Ils sauront bien nous employer de fa&#231;on ou d'autre. &#192; toi&lt;br class='autobr' /&gt;
seule, tu vaux cinquante femmes. Je n'ai jamais vu une cr&#233;ature&lt;br class='autobr' /&gt;
plus maligne et plus rus&#233;e que toi quand je te laisse faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh ! que c'est gentil de t'entendre parler comme &#231;a ! s'&#233;cria&lt;br class='autobr' /&gt;
Charlotte en d&#233;posant un baiser sur la laide figure de son&lt;br class='autobr' /&gt;
compagnon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Allons ! &#231;a suffit ! Sois pas trop tendre, de peur de me f&#226;cher,&lt;br class='autobr' /&gt;
dit No&#233; en se d&#233;gageant de son &#233;treinte avec dignit&#233;. Je voudrais&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre le chef de quelque bande, la mener un peu tambour battant et&lt;br class='autobr' /&gt;
vous surveiller &#231;a sans qu'ils s'en doutent. &#199;a me conviendrait&lt;br class='autobr' /&gt;
assez, s'il y avait quelque chose &#224; gagner. Si nous pouvions&lt;br class='autobr' /&gt;
seulement faire la connaissance de quelques messieurs de ce genre&lt;br class='autobr' /&gt;
&#231;a vaudrait bien ce billet de vingt livres que tu as chip&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autant que nous ne savons pas trop comment nous en d&#233;faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette d&#233;claration de son opinion, Claypole regarda dans le&lt;br class='autobr' /&gt;
pot &#224; bi&#232;re d'un air malin, secoua le contenu, fit un petit signe&lt;br class='autobr' /&gt;
d'amiti&#233; &#224; Charlotte et avala une gorg&#233;e du liquide qui parut le&lt;br class='autobr' /&gt;
rafra&#238;chir beaucoup. Il songeait &#224; en avaler une autre, quand la&lt;br class='autobr' /&gt;
porte s'ouvrit subitement : un &#233;tranger entra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tranger &#233;tait Fagin. Sa mine &#233;tait souriante, et, en entrant,&lt;br class='autobr' /&gt;
il fit le plus gracieux salut. S'&#233;tant assis &#224; une table voisine&lt;br class='autobr' /&gt;
des deux voyageurs, il demanda &#224; Barney de lui servir &#224; boire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une belle soir&#233;e, monsieur ! mais un peu froide pour la saison,&lt;br class='autobr' /&gt;
dit Fagin en se frottant les mains. Vous arrivez de la campagne, &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
ce que je vois, monsieur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; quoi le voyez-vous ? dit No&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous n'avons pas &#224; Londres tant de poussi&#232;re que cela, r&#233;pliqua&lt;br class='autobr' /&gt;
le juif en montrant du doigt les souliers de No&#233;, puis ceux de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
compagne et ensuite les deux paquets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous &#234;tes diablement malin ! dit No&#233;. Ah ! ah ! entends-tu &#231;a,&lt;br class='autobr' /&gt;
Charlotte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il faut bien l'&#234;tre ici, mon cher ! dit le juif en baissant la&lt;br class='autobr' /&gt;
voix. C'est comme je vous le dis, da ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juif, en faisant cette remarque, se donna avec l'index de la&lt;br class='autobr' /&gt;
main droite une petite tape sur le nez ; No&#233; essaya d'imiter le&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me geste ; mais, vu l'insuffisance de son nez, il ne r&#233;ussit pas&lt;br class='autobr' /&gt;
compl&#232;tement. Toutefois, Fagin vit dans cette tentative&lt;br class='autobr' /&gt;
l'intention d'exprimer qu'il &#233;tait tout &#224; fait de son avis, et fit&lt;br class='autobr' /&gt;
circuler tr&#232;s poliment la liqueur que Barney venait de lui servir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un peu soign&#233;, &#231;a, dit Claypole en faisant claquer ses&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#232;vres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais c'est cher ! fit le juif. Celui qui veut en boire tous les&lt;br class='autobr' /&gt;
jours doit vider, sans se fatiguer, des cassettes, des poches, des&lt;br class='autobr' /&gt;
ridicules, des maisons, des malles-poste et m&#234;me des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces mots, &#233;videmment extraits de ses propres remarques,&lt;br class='autobr' /&gt;
Claypole, les traits boulevers&#233;s et couverts d'une p&#226;leur&lt;br class='autobr' /&gt;
mortelle, regarda avec effroi le juif et Charlotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ne craignez rien, l'ami, dit Fagin en rapprochant sa chaise de la&lt;br class='autobr' /&gt;
sienne. Ah ! ah ! c'est de la chance que ce soit moi seul qui vous&lt;br class='autobr' /&gt;
aie entendu. Oui, c'est vraiment de la chance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce n'est pas moi qui l'ai pris, balbutia No&#233; ; et cette fois il&lt;br class='autobr' /&gt;
n'allongeait plus ses jambes comme un gentleman ind&#233;pendant, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
il les rentrait sous sa chaise le plus possible. C'est elle qui a&lt;br class='autobr' /&gt;
pris le billet. Tu l'as encore, hein, Charlotte ?... Tu sais bien&lt;br class='autobr' /&gt;
que tu l'as.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Peu importe qui a pris l'argent ou qui l'a gard&#233;, l'ami !&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pliqua Fagin lan&#231;ant toutefois un oeil de lynx sur la jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
fille et sur les deux paquets. Je travaille l&#224; dedans aussi et je&lt;br class='autobr' /&gt;
ne vous en aime que mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous travaillez dans quoi ? demanda Claypole qui reprenait un peu&lt;br class='autobr' /&gt;
d'assurance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je travaille dans ce genre d'affaires, et les gens de la maison&lt;br class='autobr' /&gt;
aussi, dit Fagin. Vous avez mis le doigt sur ce qu'il vous&lt;br class='autobr' /&gt;
fallait, et vous &#234;tes ici aussi en s&#251;ret&#233; que possible. Il n'y a&lt;br class='autobr' /&gt;
pas d'endroit plus s&#251;r &#224; Londres que les Trois Boiteux,... surtout&lt;br class='autobr' /&gt;
quand je prends mes mesures pour &#231;a... Vous me revenez, vous et la&lt;br class='autobr' /&gt;
jeune personne ; aussi, vous n'avez rien &#224; craindre, c'est entendu ;&lt;br class='autobr' /&gt;
soyez sans inqui&#233;tude. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'esprit de Claypole fut plus &#224; l'aise apr&#232;s ces paroles, son&lt;br class='autobr' /&gt;
corps ne le fut certainement pas. Le pauvre gar&#231;on se tournait, se&lt;br class='autobr' /&gt;
retournait, prenait les positions les plus &#233;tranges et regardait&lt;br class='autobr' /&gt;
tout le temps son nouvel ami d'un air de d&#233;fiance et de crainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ajouterai de plus, dit le juif apr&#232;s avoir rassur&#233; Charlotte en&lt;br class='autobr' /&gt;
lui faisant de petits signes d'amiti&#233; et d'encouragement, que j'ai&lt;br class='autobr' /&gt;
un ami qui pourra, je le pense, satisfaire votre d&#233;sir et vous&lt;br class='autobr' /&gt;
lancer dans le bon chemin. Vous choisirez naturellement le genre&lt;br class='autobr' /&gt;
qui vous ira le mieux pour commencer, et mon ami vous mettra au&lt;br class='autobr' /&gt;
courant des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On dirait que vous parlez s&#233;rieusement ? fit No&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pourquoi plaisanterais-je ? dit le juif en haussant les &#233;paules.&lt;br class='autobr' /&gt;
Allons ! venez un moment dehors, que je vous parle en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce n'est pas la peine de nous d&#233;ranger, dit No&#233; en allongeant&lt;br class='autobr' /&gt;
tout doucement ses jambes. Pendant que nous causerons, elle&lt;br class='autobr' /&gt;
portera les paquets l&#224; haut. Charlotte, occupe-toi de ces&lt;br class='autobr' /&gt;
paquets. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ordre, donn&#233; avec la plus grande dignit&#233;, fut ex&#233;cut&#233; sans le&lt;br class='autobr' /&gt;
moindre murmure, et Charlotte emporta, comme elle put, les paquets&lt;br class='autobr' /&gt;
pendant que No&#233; tenait la porte ouverte et la regardait&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;loigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je l'ai pas mal form&#233;e comme &#231;a ; qu'en dites-vous, monsieur ?&lt;br class='autobr' /&gt;
demanda-t-il en reprenant sa place du ton d'un homme qui a&lt;br class='autobr' /&gt;
apprivois&#233; quelque b&#234;te sauvage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est parfait ! dit Fagin en lui donnant un petit coup sur&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;paule. Vous &#234;tes un g&#233;nie, mon cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sans &#231;a, je ne serais pas ici, dit No&#233;. Mais voyons, si nous&lt;br class='autobr' /&gt;
perdons notre temps, elle va revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien ! dit le juif, qu'en pensez-vous ? Si mon ami vous pla&#238;t,&lt;br class='autobr' /&gt;
pourriez-vous mieux faire que de vous associer &#224; lui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sa partie est-elle bonne ?... Voil&#224; le point important, dit No&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
en clignant de l'oeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est tout &#224; fait le haut de l'&#233;chelle... Il a des associ&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
nombreux et occupe des employ&#233;s extr&#234;mement distingu&#233;s dans le&lt;br class='autobr' /&gt;
genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des employ&#233;s citadins ? demanda Claypole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas un seul campagnard. Et je ne pense pas que, m&#234;me sur ma&lt;br class='autobr' /&gt;
recommandation, il consentit &#224; vous prendre s'il ne manquait de&lt;br class='autobr' /&gt;
collaborateurs pour l'instant, r&#233;pondit le juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Faudra-t-il d&#233;bourser ? dit No&#233; en frappant sur son gousset.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cela ne se peut gu&#232;re autrement, r&#233;pliqua Fagin d'un ton bref.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est que vingt livres sterling... c'est une somme !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas quand c'est un billet dont vous ne pourriez vous d&#233;faire,&lt;br class='autobr' /&gt;
reprit Fagin. Le num&#233;ro et la date sont pris, je suppose... Le&lt;br class='autobr' /&gt;
payement aura &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; &#224; la banque. Ah ! il n'en donnera pas&lt;br class='autobr' /&gt;
grand' chose. Il faudra qu'il le passe &#224; l'&#233;tranger, car il n'en&lt;br class='autobr' /&gt;
tirerait pas pour la peine sur la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quand pourrais-je le voir ? demanda No&#233; d'un ton irr&#233;solu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Demain matin, dit le juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; O&#249; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Hum ! fit No&#233;. Quels sont les gages !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vie de gentleman, ... la table et le logement, le tabac et&lt;br class='autobr' /&gt;
l'eau-de-vie sans frais ;... moiti&#233; de vos gains et moiti&#233; de ceux&lt;br class='autobr' /&gt;
de la jeune fille, &#187; r&#233;pondit Fagin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est douteux que No&#233; Claypole, dont la rapacit&#233; n'&#233;tait pas&lt;br class='autobr' /&gt;
petite, e&#251;t acc&#233;d&#233; &#224; ces offres, quelque avantageuses qu'elles&lt;br class='autobr' /&gt;
fussent, s'il avait &#233;t&#233; tout &#224; fait libre ; mais il r&#233;fl&#233;chit que,&lt;br class='autobr' /&gt;
s'il refusait, son nouvel ami pourrait fort bien le d&#233;noncer &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
justice sur-le-champ (des choses plus surprenantes s'&#233;taient d&#233;j&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
vues) ; aussi ses traits se d&#233;tendirent-ils peu &#224; peu et il dit au&lt;br class='autobr' /&gt;
juif que l'affaire lui convenait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais, voyez-vous, ajouta-t-il, comme Charlotte abattra de la&lt;br class='autobr' /&gt;
besogne, j'aimerais assez &#224; en avoir personnellement une un peu&lt;br class='autobr' /&gt;
facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un petit travail de fantaisie ? dit Fagin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, quelque chose comme &#231;a, r&#233;pliqua No&#233;. Qu'est-ce que vous&lt;br class='autobr' /&gt;
croyez qui pourrait me convenir pour le moment ? Voyons ! quelque&lt;br class='autobr' /&gt;
chose qui ne soit pas trop fatigant ni trop dangereux : voil&#224; ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il me faudrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je vous ai entendu dire que vous espionneriez bien les autres,&lt;br class='autobr' /&gt;
hein ? dit le juif. Mon ami a besoin d'un homme habile dans cette&lt;br class='autobr' /&gt;
partie-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, j'ai parl&#233; de cela, et &#231;a me serait &#233;gal de temps en temps,&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pondit Claypole avec h&#233;sitation. Mais &#231;a ne rapporterait rien,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est vrai, dit le juif en r&#233;fl&#233;chissant ou en feignant de&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;fl&#233;chir, &#231;a ne rapporte rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que pourrais-je faire alors ? dit No&#233; le regardant avec&lt;br class='autobr' /&gt;
inqui&#233;tude. Des petits coups en dessous o&#249; la besogne serait&lt;br class='autobr' /&gt;
assur&#233;e et o&#249; on serait &#224; peu pr&#232;s aussi tranquille que chez soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que dites-vous des vieilles dames ? demanda le juif. Il y a &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
gagner avec elles, on leur arrache leurs sacs et leurs petits&lt;br class='autobr' /&gt;
paquets, on tourne le coin de la rue, et on file.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, mais &#231;a crie joliment, et &#231;a vous &#233;gratigne, j'en ai peur,&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pliqua No&#233;, en secouant la t&#234;te. Il me semble que &#231;a ne me&lt;br class='autobr' /&gt;
conviendrait pas encore. Est-ce qu'il n'y aurait pas autre chose &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Attendez, dit le juif, en posant sa main sur le genou de No&#233;. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
y a encore les crapauds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est-ce que c'est que &#231;a ? demanda Claypole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les crapauds, mon ami, dit le juif, c'est les petits enfants qui&lt;br class='autobr' /&gt;
vont faire les commissions de leur m&#232;re qui leur donne pour &#231;a un&lt;br class='autobr' /&gt;
schelling, ou un sixpence, et l'affaire c'est de leur enlever&lt;br class='autobr' /&gt;
l'argent. Ils le tiennent toujours &#224; la main ; on les fait tomber&lt;br class='autobr' /&gt;
dans le ruisseau et on s'en va tranquillement, comme s'il ne&lt;br class='autobr' /&gt;
s'agissait que d'un enfant qui s'est fait mal en tombant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ha ! ha ! cria Claypole, en levant ses jambes en l'air pour&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#233;moigner sa jubilation. Dieu de Dieu ! voil&#224; justement mon&lt;br class='autobr' /&gt;
affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Certainement, voil&#224; votre affaire ! tenez, un endroit o&#249; on peut&lt;br class='autobr' /&gt;
faire son beurre, c'est &#224; Camden-town, &#224; Battle-Bridge et dans ces&lt;br class='autobr' /&gt;
environs-l&#224; ; les enfants sont toujours en commission par l&#224; ; et&lt;br class='autobr' /&gt;
vous pourrez en flanquer dans le ruisseau tant que vous voudrez,&lt;br class='autobr' /&gt;
ah ! ah ! ah ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224;-dessus Fagin donna un bon coup de poing &#224; Claypole et ils se&lt;br class='autobr' /&gt;
mirent &#224; rire tous les deux de bon coeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Eh ! bien, &#231;a va, dit No&#233; un peu calm&#233;, quand Charlotte fut&lt;br class='autobr' /&gt;
rentr&#233;e. &#192; quelle heure demain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; dix heures, cela vous convient-il ? et comme Claypole faisait&lt;br class='autobr' /&gt;
un signe de t&#234;te affirmatif, le juif ajouta : qui annoncerai-je &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
mon ami ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; M. Bolter, r&#233;pliqua No&#233;, qui s'&#233;tait attendu &#224; cette question ;&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Maurice Bolter ; voici Mme Bolter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Madame Bolter, votre humble serviteur, dit Fagin, en lui faisant&lt;br class='autobr' /&gt;
un salut grotesque. J'esp&#232;re avoir l'honneur de vous conna&#238;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
mieux avant peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Entends-tu ce que dit monsieur, Charlotte, dit Claypole, d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
voix vibrante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, mon cher No&#233;, reprit Mme Bolter, en lui tendant la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elle m'appelle No&#233;, voyez-vous, c'est un mot d'amiti&#233;, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Maurice Bolter, ci-devant Claypole, en se tournant vers le&lt;br class='autobr' /&gt;
juif. Vous comprenez la chose ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh ! oui, je comprends... parfaitement, r&#233;pondit Fagin, et cette&lt;br class='autobr' /&gt;
fois il disait vrai, bonsoir, bonsoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'ils eurent &#233;chang&#233; une foule de bonsoirs et de compliments,&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Fagin s'en alla. No&#233; Claypole, r&#233;clamant l'attention de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
femme, lui expliqua les arrangements qu'il avait pris, d'un air de&lt;br class='autobr' /&gt;
hauteur et de sup&#233;riorit&#233; qui convenait non seulement au sexe&lt;br class='autobr' /&gt;
fort, mais encore au gentleman fier du r&#244;le important que lui&lt;br class='autobr' /&gt;
attribuait sa nouvelle dignit&#233;, en lui donnant pour fonctions&lt;br class='autobr' /&gt;
sp&#233;ciales de flanquer les crapauds par terre dans la ville de&lt;br class='autobr' /&gt;
Londres et la banlieue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE XLIII.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; l'on voit le fin Matois dans une mauvaise passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ainsi, c'&#233;tait vous qui &#233;tiez votre ami, n'est-ce pas ? dit&lt;br class='autobr' /&gt;
Claypole, autrement Bolter, quand en vertu du trait&#233; pass&#233; entre&lt;br class='autobr' /&gt;
eux, il se fut rendu le lendemain &#224; la maison du juif. Par Dieu !&lt;br class='autobr' /&gt;
je m'en &#233;tais bien dout&#233; hier soir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tout homme est son propre ami, mon cher, dit Fagin, de son&lt;br class='autobr' /&gt;
regard le plus insinuant. On n'en a jamais de meilleur que soi-&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Except&#233; quelquefois pourtant, r&#233;pliqua Maurice Bolter, prenant&lt;br class='autobr' /&gt;
des airs d'homme du monde, il y a des gens qui n'ont pas de plus&lt;br class='autobr' /&gt;
grands ennemis qu'eux-m&#234;mes, vous savez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ne croyez pas &#231;a, dit le juif. Quand un homme est son ennemi,&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est parce qu'il est beaucoup trop son ami. Ce n'est pas parce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il s'occupe plus des autres que de lui-m&#234;me. Plus souvent ! &#231;a&lt;br class='autobr' /&gt;
ne se voit pas dans ce monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si &#231;a est, &#231;a ne devrait pas &#234;tre, toujours, dit Bolter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cela tombe sous le sens, reprit le juif. Quelques sorciers&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;tendent que _trois_ est le nombre cabalistique, d'autres&lt;br class='autobr' /&gt;
opinent pour le nombre _sept_. Ce n'est ni l'un, ni l'autre, mon&lt;br class='autobr' /&gt;
cher, c'est le nombre _un_.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! ah ! cria Bolter, vive le num&#233;ro un !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dans une petite r&#233;publique comme la n&#244;tre, mon cher, dit le juif&lt;br class='autobr' /&gt;
qui jugeait n&#233;cessaire de lui donner les explications au&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;alable, nous avons un num&#233;ro un qui s'applique &#224; tout le monde,&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est-&#224;-dire que vous ne pouvez vous regarder comme num&#233;ro un,&lt;br class='autobr' /&gt;
sans me regarder de m&#234;me et sans en faire autant pour le reste de&lt;br class='autobr' /&gt;
notre jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah diable ! fit Bolter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous comprenez, continua le juif sans prendre garde &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'interruption, que nous sommes tellement li&#233;s, tellement unis par&lt;br class='autobr' /&gt;
nos int&#233;r&#234;ts, qu'il n'en peut &#234;tre autrement. Par exemple vous,&lt;br class='autobr' /&gt;
num&#233;ro un, c'est votre int&#233;r&#234;t de prendre garde &#224; vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sans doute, fit Bolter, sur ce point vous avez raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh ! bien, vous ne pouvez prendre garde &#224; vous, num&#233;ro un, sans&lt;br class='autobr' /&gt;
prendre aussi garde &#224; moi, num&#233;ro un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Num&#233;ro deux, vous voulez dire, reprit Bolter qui &#233;tait un&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;go&#239;ste fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non pas, r&#233;pliqua le juif, je suis autant pour vous, que vous&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tes pour vous-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vraiment, dit Bolter, vous &#234;tes un brave homme et je vous aime&lt;br class='autobr' /&gt;
beaucoup, je ne dis pas non ; mais nous ne sommes pas si li&#233;s que&lt;br class='autobr' /&gt;
&#231;a ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Donnez-vous seulement la peine de r&#233;fl&#233;chir, dit le juif, en&lt;br class='autobr' /&gt;
haussant les &#233;paules et en &#233;tendant les mains. Vous avez fait une&lt;br class='autobr' /&gt;
petite chose fort gentille et qui vous a acquis mon estime ; mais&lt;br class='autobr' /&gt;
cette petite chose-l&#224; pourrait tr&#232;s bien vous faire mettre autour&lt;br class='autobr' /&gt;
du cou certaine cravate facile &#224; serrer et fort difficile &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;nouer... la corde en un mot. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolter porta involontairement la main &#224; sa cravate, comme s'il la&lt;br class='autobr' /&gt;
sentait trop serr&#233;e et il fit entendre du geste plut&#244;t que de la&lt;br class='autobr' /&gt;
parole qu'il comprenait parfaitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le gibet, mon cher, le gibet, continua Fagin, est un affreux&lt;br class='autobr' /&gt;
poteau, au bout duquel se trouve un petit piton qui a mis fin &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
carri&#232;re de plus d'un brave camarade qui travaillait sur le pav&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
du roi. Or, vous tenir dans la bonne route &#224; une distance&lt;br class='autobr' /&gt;
respectueuse de cet objet-l&#224;, c'est votre num&#233;ro un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sans doute, fit Bolter ; mais pourquoi parler de tout cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Seulement pour vous faire bien comprendre ce que je veux vous&lt;br class='autobr' /&gt;
dire, dit le juif en fron&#231;ant le sourcil. Si vous vivez sans&lt;br class='autobr' /&gt;
danger, c'est &#224; moi que vous le devrez, comme moi, pour mener &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
bien nos petites affaires, c'est sur vous que je compterai. Le&lt;br class='autobr' /&gt;
premier point est votre num&#233;ro un ; le second est le mien. Plus&lt;br class='autobr' /&gt;
vous estimerez votre num&#233;ro un, plus vous soignerez le mien ; voil&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
justement ce que je vous disais en commen&#231;ant : c'est le num&#233;ro un&lt;br class='autobr' /&gt;
qui nous a sauv&#233; tous, et sans lui nous p&#233;rissons ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est vrai, tout de m&#234;me, dit Bolter d'un air pensif. Quel vieux&lt;br class='autobr' /&gt;
renard vous faites ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Fagin vit, avec plaisir, que cet hommage rendu &#224; ses moyens,&lt;br class='autobr' /&gt;
n'&#233;tait pas un compliment banal, mais l'expression de l'effet&lt;br class='autobr' /&gt;
magique que son esprit artificieux avait produit sur le nouveau&lt;br class='autobr' /&gt;
conscrit. Il sentit qu'il &#233;tait de la plus haute importance de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'entretenir dans cet &#233;tat de respectueuse admiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour atteindre ce but d&#233;sirable, il lui fit mousser la grandeur et&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;tendue de ses op&#233;rations commerciales, m&#234;lant la v&#233;rit&#233; au&lt;br class='autobr' /&gt;
mensonge suivant son int&#233;r&#234;t ; il arrangea tout cela avec tant&lt;br class='autobr' /&gt;
d'art, que le respect de M. Bolter s'accrut &#224; vue d'oeil, respect&lt;br class='autobr' /&gt;
il faut le dire, temp&#233;r&#233; par une crainte salutaire qui ne pouvait&lt;br class='autobr' /&gt;
manquer de servir les projets de son patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est cette confiance mutuelle que nous avons l'un dans l'autre,&lt;br class='autobr' /&gt;
voyez-vous, qui me console des grosses pertes que je fais. Mon&lt;br class='autobr' /&gt;
bras droit, par exemple, m'a &#233;t&#233; enlev&#233; hier matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il n'est pas mort, peut-&#234;tre ! s'&#233;cria M. Bolter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh ! non, non, r&#233;pliqua Fagin, &#231;a ne va pas jusque-l&#224;, Dieu&lt;br class='autobr' /&gt;
merci !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je supposais que... que...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On l'avait r&#233;clam&#233;. En effet, c'est ce qui est arriv&#233;, on l'a&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;clam&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Est-ce qu'on en &#233;tait press&#233; ? demanda M. Bolter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh ! press&#233;, n'est pas le mot, mais il &#233;tait accus&#233; d'avoir mis&lt;br class='autobr' /&gt;
la main dans une poche, et on a trouv&#233; sur lui une tabati&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
d'argent, et figurez-vous, mon cher, que c'&#233;tait sa tabati&#232;re, sa&lt;br class='autobr' /&gt;
propre tabati&#232;re, car il prise beaucoup, c'est sa passion. On l'a&lt;br class='autobr' /&gt;
assign&#233; pour aujourd'hui, car on croit conna&#238;tre le possesseur de&lt;br class='autobr' /&gt;
cette tabati&#232;re. Ah ! celui-l&#224;, voyez-vous il valait cinquante&lt;br class='autobr' /&gt;
tabati&#232;res en or, et j'en donnerais bien ce prix-l&#224; pour le&lt;br class='autobr' /&gt;
ravoir. Je voudrais que vous l'eussiez connu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah ! mais, j'esp&#232;re bien le conna&#238;tre aussi ! n'est-ce pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J'en doute fort, r&#233;pliqua le juif, en poussant un soupir. Si on&lt;br class='autobr' /&gt;
n'a pas de nouvelles preuves, on ne sera qu'une pr&#233;vention simple,&lt;br class='autobr' /&gt;
et il nous reviendra dans six semaines ou &#224; peu pr&#232;s ; sinon, ils&lt;br class='autobr' /&gt;
l'enverront au pr&#233;. Ils connaissent son talent, voyez-vous ; ils en&lt;br class='autobr' /&gt;
feront un pensionnaire &#224; vie ni plus ni moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est-ce que vous voulez dire ? au pr&#233;, pensionnaire, qu'est-ce&lt;br class='autobr' /&gt;
que c'est que tout cela ? &#192; quoi &#231;a vous sert-il de dire des choses&lt;br class='autobr' /&gt;
que je ne peux pas comprendre ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fagin allait lui traduire ces expressions myst&#233;rieuses en langue&lt;br class='autobr' /&gt;
vulgaire, et lui apprendre que cet assemblage de mots voulait&lt;br class='autobr' /&gt;
dire : d&#233;portation &#224; perp&#233;tuit&#233;. Mais tout &#224; coup la conversation&lt;br class='autobr' /&gt;
fut interrompue par l'entr&#233;e de Bates qui avait les mains dont les&lt;br class='autobr' /&gt;
poches de son pantalon et une figure d&#233;confite, qui aurait presque&lt;br class='autobr' /&gt;
donn&#233; envie de rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est fini, Fagin, dit Charlot, apr&#232;s une pr&#233;sentation&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;ciproque avec Bolter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que veux-tu dire ? demanda le juif, dont les l&#232;vres tremblaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On a trouv&#233; le monsieur de la tabati&#232;re : deux ou trois t&#233;moins&lt;br class='autobr' /&gt;
de plus sont venus d&#233;poser pour lui et le matois a &#233;t&#233; enregistr&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
pour la travers&#233;e. Vous n'avez plus qu'&#224; me commander des habits&lt;br class='autobr' /&gt;
de deuil et un cr&#234;pe &#224; mon chapeau pour aller le voir avant qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
s'embarque. Dire que Jack Dawkins, le fin Jack, le malin des&lt;br class='autobr' /&gt;
malins, l&#224;... n'y a pas &#224; dire... pour une mauvaise tabati&#232;re de&lt;br class='autobr' /&gt;
deux sous et demi... Je n'aurais jamais cru qu'on lui fit faire ce&lt;br class='autobr' /&gt;
voyage &#224; moins d'une montre avec sa cha&#238;ne et ses breloques, et&lt;br class='autobr' /&gt;
encore ! oh ! pourquoi n'a-t-il pas vol&#233; la fortune d'un vieux&lt;br class='autobr' /&gt;
grippe-sou, il serait parti comme un monsieur, et non pas comme un&lt;br class='autobr' /&gt;
filou vulgaire, sans honneur et sans gloire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette oraison fun&#232;bre si douloureuse et si path&#233;tique sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
sort de son ami infortun&#233;, Bates alla s'asseoir sur une chaise, de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'air le plus triste et le plus abattu du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est-ce que tu veux dire, toi, par sans honneur et sans&lt;br class='autobr' /&gt;
gloire, s'&#233;cria Fagin en lan&#231;ant un regard de col&#232;re &#224; son &#233;l&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce qu'il n'&#233;tait pas toujours le _preux_ chez nous ? Est-ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il y en a parmi nous qui lui aille seulement &#224; la hauteur de la&lt;br class='autobr' /&gt;
cheville ? hein ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh ! non ! &#231;a, pas un ! r&#233;pondit Bates, dont le ton de voix&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#233;moignait de son regret, bien s&#251;r qu'il n'y en a pas un !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien ! alors, qu'est-ce que tu veux dire ? r&#233;pondit le juif en&lt;br class='autobr' /&gt;
col&#232;re ; qu'est-ce que tu viens nous pleurnicher ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est &#224; cause qu'il n'est pas sur le journal, dit Bates en&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;chauffant, en d&#233;pit de son v&#233;n&#233;rable ami, et &#224; cause que &#231;a ne&lt;br class='autobr' /&gt;
sera pas connu, et que personne ne saura seulement la moiti&#233; de ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il vaut. Comment figurera-t-il sur le calendrier de Newgate ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre qu'il n'y sera pas du tout, seulement ! Oh ! mon Dieu ! mon&lt;br class='autobr' /&gt;
Dieu ! en voil&#224; un coup de battoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ha ! ha ! s'&#233;cria le juif, &#233;tendant la main et se tournant du c&#244;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
de M. Bolter avec un &#233;clat de rire qui &#233;branla tout son &#234;tre ;&lt;br class='autobr' /&gt;
hein ! voyez-vous comme ils sont fiers de leur profession ? Hein !&lt;br class='autobr' /&gt;
que c'est beau, &#231;a ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Bolter, d'un signe de t&#234;te, sembla partager son enthousiasme,&lt;br class='autobr' /&gt;
et le juif, apr&#232;s avoir contempl&#233; pendant quelques instants le&lt;br class='autobr' /&gt;
chagrin de Charlot Bates avec une satisfaction visible, s'approcha&lt;br class='autobr' /&gt;
de lui, et, lui tapant sur l'&#233;paule :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ne te fais pas de bile comme &#231;a, Charlot, dit-il d'un ton&lt;br class='autobr' /&gt;
consolateur ; &#231;a se saura, va, bien s&#251;r que &#231;a se saura ! Tout le&lt;br class='autobr' /&gt;
monde saura que c'&#233;tait un fameux drille ! Il le fera bien voir&lt;br class='autobr' /&gt;
lui-m&#234;me, et ne d&#233;shonorera pas ses vieux ma&#238;tres ! et puis, &#224; cet&lt;br class='autobr' /&gt;
&#226;ge-l&#224; ! quel honneur ! Charlot ! si jeune encore, aller d&#233;j&#224; au pr&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#199;a, c'est vrai ; c'est un honneur, dit Charlot un peu consol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il ne manquera de rien, continua le juif ; il sera l&#224; dans son&lt;br class='autobr' /&gt;
bocal, comme un petit monsieur ; il aura sa bi&#232;re tous les jours,&lt;br class='autobr' /&gt;
et son argent dans sa poche pour jouer &#224; pile ou face, s'il ne&lt;br class='autobr' /&gt;
peut pas le d&#233;penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vraiment, il ne manquera de rien ? s'&#233;cria Bates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh ! cela va sans dire ! je veux qu'il ait tout ce qu'il lui faut :&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pliqua le juif, et d'abord nous lui aurons un avocat, Charlot ;&lt;br class='autobr' /&gt;
un qui aura de la blague, et il pourra aussi, s'il veut faire lui-&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me son speech, que nous verrons avec son nom dans tous les&lt;br class='autobr' /&gt;
journaux. Le fin Matois : &#171; &#201;clats de rire dans l'auditoire &#187; ; et&lt;br class='autobr' /&gt;
puis &#171; les jur&#233;s ont de la peine &#224; se tenir les c&#244;tes. &#187; Eh ! eh !&lt;br class='autobr' /&gt;
Charlot !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! ah ! &#231;a sera dr&#244;le tout de m&#234;me ! Comme il va vous les&lt;br class='autobr' /&gt;
mystifier tous ! Hein ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; S'il les mystifiera ! je le crois un peu, mon neveu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah &#231;&#224; ! &#231;a ne manquera pas. Ils peuvent compter l&#224;-dessus, r&#233;p&#233;ta&lt;br class='autobr' /&gt;
Charlot en se frottant les mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il me semble que je le vois d&#233;j&#224;, s'&#233;cria le juif en fixant ses&lt;br class='autobr' /&gt;
yeux sur son &#233;l&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et moi, donc ! Ha ! ha ! ha ! Moi aussi, je le vois d'ici, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
Charlot Bates. C'est pourtant, ma parole d'honneur, vrai, que je&lt;br class='autobr' /&gt;
vois tout &#231;a comme si j'y &#233;tais. Ah ! la bonne farce ! Toutes ses&lt;br class='autobr' /&gt;
vieilles perruques qui essayent d'avoir un air grave, et Jack&lt;br class='autobr' /&gt;
Dawkins qui leur parle, ma foi, tout &#224; son aise et sans se g&#234;ner,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme si c'&#233;tait le fils du pr&#233;sident qui fit un speech apr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#238;ner. Ha ! ha ! ha ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que le juif avait si bien &#233;chauff&#233; l'imagination&lt;br class='autobr' /&gt;
excentrique de son jeune ami, que celui-ci, apr&#232;s avoir plaint&lt;br class='autobr' /&gt;
d'abord le fin Matois comme une victime du sort, le regardait&lt;br class='autobr' /&gt;
maintenant comme l'acteur principal de la pi&#232;ce la plus amusante&lt;br class='autobr' /&gt;
et la plus comique, impatient de voir arriver le moment o&#249; son&lt;br class='autobr' /&gt;
vieux camarade pourrait d&#233;ployer toutes ses capacit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faudrait t&#226;cher d'avoir de ses nouvelles aujourd'hui, de fa&#231;on&lt;br class='autobr' /&gt;
ou d'autre, dit Fagin. Comment faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si j'y allais ? demanda Bates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non pas ; pour tout au monde, il ne faut pas que tu y ailles !&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce que tu es fou, voyons ! tu irais, grosse b&#234;te que tu es, te&lt;br class='autobr' /&gt;
fourrer juste &#224; l'endroit o&#249;... Non, Charlot, non. C'est bien&lt;br class='autobr' /&gt;
assez d'en perdre un &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous n'avez sans doute pas l'id&#233;e d'y aller, vous ? dit Charlot&lt;br class='autobr' /&gt;
en lui lan&#231;ant un coup d'oeil malin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#199;a ne ferait pas du tout l'affaire ! r&#233;pondit Fagin en secouant&lt;br class='autobr' /&gt;
la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien ! alors, pourquoi n'envoyez-vous pas ce conscrit ? demanda&lt;br class='autobr' /&gt;
Bates en mettant la main sur l'&#233;paule de No&#233;. Personne ne le&lt;br class='autobr' /&gt;
conna&#238;t, lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Au fait, s'il le veut bien..., dit le juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; S'il le veut bien ? interrompit Charlot. Pourquoi ne le voudrait-&lt;br class='autobr' /&gt;
il pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne sais pas, dit Fagin en se tournant vers Bolter ; je ne sais&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;ellement pas...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! c'est-&#224;-dire que vous le savez bien, r&#233;pliqua No&#233; en&lt;br class='autobr' /&gt;
reculant vers la porte et remuant la t&#234;te d'un air inquiet. Non,&lt;br class='autobr' /&gt;
non, pas de &#231;a ! ce n'est pas de mon d&#233;partement, &#231;a ; vous le savez&lt;br class='autobr' /&gt;
bien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quel d&#233;partement qu'il a donc pris, Fagin ? demanda Bates en&lt;br class='autobr' /&gt;
toisant le corps efflanqu&#233; de No&#233; des pieds &#224; la t&#234;te d'un air de&lt;br class='autobr' /&gt;
profond d&#233;dain. Il est charg&#233;, sans doute, de filer, quand les&lt;br class='autobr' /&gt;
choses tournent mal, et de gober sa bonne part des r&#233;galades,&lt;br class='autobr' /&gt;
quand &#231;a va bien. C'est-y &#231;a sa partie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#199;a ne vous regarde pas, r&#233;pliqua Bolter. Ne prenez pas de ces&lt;br class='autobr' /&gt;
libert&#233;s-l&#224; avec vos sup&#233;rieurs, moutard, ou il pourrait vous en&lt;br class='autobr' /&gt;
cuire ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre Bates partit d'un tel &#233;clat de rire &#224; cette terrible&lt;br class='autobr' /&gt;
menace, que Fagin fut oblig&#233; d'attendre quelque temps avant de&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoir s'interposer et repr&#233;senter &#224; Bolter qu'il n'y avait pas&lt;br class='autobr' /&gt;
le moindre danger &#224; visiter le bureau de police, d'autant plus que&lt;br class='autobr' /&gt;
sa petite affaire n'&#233;tait pas connue, et qu'on n'avait pas encore&lt;br class='autobr' /&gt;
son signalement. Du diable si on irait s'imaginer qu'il f&#251;t all&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#224; chercher un asile ! En prenant un d&#233;guisement convenable, il&lt;br class='autobr' /&gt;
serait aussi en s&#251;ret&#233; dans le bureau de police que partout&lt;br class='autobr' /&gt;
ailleurs, puisque, de tous les endroits de la ville, celui-ci&lt;br class='autobr' /&gt;
serait le dernier o&#249; on p&#251;t supposer qu'il all&#226;t de son plein gr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces repr&#233;sentations, et surtout la crainte que lui inspirait le&lt;br class='autobr' /&gt;
juif, persuad&#232;rent Bolter, qui consentit &#224; la fin d'assez mauvaise&lt;br class='autobr' /&gt;
gr&#226;ce &#224; se charger de cette exp&#233;dition. D'apr&#232;s les conseils de&lt;br class='autobr' /&gt;
Fagin, il changea son costume pour celui d'un charretier, c'est-&#224;-&lt;br class='autobr' /&gt;
dire qu'il prit une blouse, une culotte de velours et des gu&#234;tres&lt;br class='autobr' /&gt;
de peau, car le juif avait boutique mont&#233;e. On lui donna aussi un&lt;br class='autobr' /&gt;
chapeau de feutre bien garni de bulletins des barri&#232;res de p&#233;age,&lt;br class='autobr' /&gt;
et on lui mit le fouet en main. Ainsi &#233;quip&#233;, il devait entrer&lt;br class='autobr' /&gt;
dans le bureau de police comme un paysan venant du march&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
Covent-Garden, qui voulait satisfaire sa curiosit&#233;. Comme il &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
gauche, embarrass&#233; et maigre, Fagin n'avait pas peur qu'il ne&lt;br class='autobr' /&gt;
jou&#226;t pas son r&#244;le dans la perfection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces arrangements termin&#233;s, on lui donna tous les renseignements&lt;br class='autobr' /&gt;
qui pouvaient lui faire reconna&#238;tre le Matois ; puis ma&#238;tre Bates&lt;br class='autobr' /&gt;
le conduisit &#224; travers des passages sombres et tortueux, tout pr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
de Bowstreet. Il lui d&#233;peignit le lieu o&#249; se trouvait le bureau de&lt;br class='autobr' /&gt;
police et n'&#233;pargna pas les explications ; il lui dit d'aller tout&lt;br class='autobr' /&gt;
droit dans le passage, que, dans la cour, il entrerait par la&lt;br class='autobr' /&gt;
porte qui se trouvait &#224; droite au haut des marches, et, qu'arriv&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#224;, il &#244;terait son chapeau. Apr&#232;s quoi, Charlot lui recommanda de&lt;br class='autobr' /&gt;
s'en aller seul et de faire vite, lui promettant de l'attendre en&lt;br class='autobr' /&gt;
cet endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No&#233; Claypole ou Maurice Bolter, comme il plaira au lecteur, suivit&lt;br class='autobr' /&gt;
en tous points les instructions qu'il avait re&#231;ues. Gr&#226;ce &#224; Bates,&lt;br class='autobr' /&gt;
qui connaissait &#224; fond la localit&#233;, elles &#233;taient si exactes,&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il se trouva dans la salle d'audience sans avoir fait une seule&lt;br class='autobr' /&gt;
question, ni rencontr&#233; le moindre obstacle. Il se sentit bient&#244;t&lt;br class='autobr' /&gt;
bouscul&#233; au milieu d'une foule de personnes compos&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
principalement de femmes ; tout ce monde-l&#224; &#233;tait entass&#233; dans une&lt;br class='autobr' /&gt;
chambre sale et d&#233;go&#251;tante, au fond de laquelle s'&#233;levait une&lt;br class='autobr' /&gt;
estrade, entour&#233;e d'une grille ; l&#224; se trouvait sur la gauche et&lt;br class='autobr' /&gt;
contre le mur le banc des pr&#233;venus ; au milieu une tribune pour les&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#233;moins, et &#224; droite, le bureau des magistrats. Ceux-ci &#233;taient&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;par&#233;s du public par une cloison qui les d&#233;robait aux regards ;&lt;br class='autobr' /&gt;
laissant au vulgaire le soin de deviner, s'il est possible, la&lt;br class='autobr' /&gt;
majest&#233; cach&#233;e de la cour sur son lit de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le banc des accus&#233;s, il n'y avait, pour le moment, que deux&lt;br class='autobr' /&gt;
femmes : elles faisaient des signes de t&#234;te &#224; leurs amis, qui y&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pondaient d'un air aimable. Le greffier lisait une d&#233;position &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
deux officiers de police et &#224; un homme assez simplement mis qui&lt;br class='autobr' /&gt;
avait les deux coudes sur la table. Le ge&#244;lier &#233;tait debout pr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
de la balustrade, se tapant le nez nonchalamment avec une grosse&lt;br class='autobr' /&gt;
clef qu'il avait &#224; la main, et ne s'arr&#234;tant dans cet exercice que&lt;br class='autobr' /&gt;
pour r&#233;tablir le silence parmi les spectateurs, qui parlaient trop&lt;br class='autobr' /&gt;
haut, ou pour dire s&#233;v&#232;rement &#224; une femme : &#171; Emportez donc votre&lt;br class='autobr' /&gt;
enfant, &#187; lorsque la gravit&#233; des juges pouvait &#234;tre compromise par&lt;br class='autobr' /&gt;
les cris d'un marmot ch&#233;tif que sa m&#232;re tenait &#224; moiti&#233; suffoqu&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
dans son ch&#226;le. La pi&#232;ce sentait le renferm&#233; &#224; faire mal au coeur ;&lt;br class='autobr' /&gt;
les murailles &#233;taient sales et le plafond tout noir. Il y avait&lt;br class='autobr' /&gt;
sur le manteau de la chemin&#233;e un vieux buste enfum&#233;, et au-dessus&lt;br class='autobr' /&gt;
du banc des pr&#233;venus, une pendule couverte de poussi&#232;re : c'&#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
la seule chose qui par&#251;t marcher comme il faut ; car la d&#233;pravation&lt;br class='autobr' /&gt;
ou la pauvret&#233;, ou peut-&#234;tre les deux ensemble avaient p&#233;trifi&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
les &#234;tres anim&#233;s renferm&#233;s dans cette enceinte, leur donnant la&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me teinte de momie et le m&#234;me ton d'&#233;cume graisseuse qu'aux&lt;br class='autobr' /&gt;
objets inanim&#233;s ensevelis sous cette couche d'ordure antique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No&#233; chercha de tous c&#244;t&#233;s le Matois ; mais, quoiqu'il y e&#251;t l&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
plusieurs femmes qui auraient tr&#232;s bien pu passer pour la m&#232;re ou&lt;br class='autobr' /&gt;
la femme de ce charmant jeune homme, ou des hommes qui auraient pu&lt;br class='autobr' /&gt;
passer pour son p&#232;re &#224; s'y tromper, il n'y avait personne qui&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pondit au signalement de M. Dawkins. Il attendit quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
instants dans un grand embarras et dans une grande incertitude&lt;br class='autobr' /&gt;
jusqu'au moment o&#249; les femmes qui venaient d'&#234;tre condamn&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
quitt&#232;rent la salle en faisant leurs grands airs. Elles furent&lt;br class='autobr' /&gt;
aussit&#244;t remplac&#233;es par un autre pr&#233;venu, qu'il reconnut du&lt;br class='autobr' /&gt;
premier coup pour &#234;tre l'objet de sa visite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait, en effet, Dawkins qui venait de faire tranquillement son&lt;br class='autobr' /&gt;
entr&#233;e dans la salle, ses manches d'habit retrouss&#233;es comme &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'ordinaire, sa main gauche dans son gousset et son chapeau &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
main droite. Il marchait devant le ge&#244;lier avec une tournure&lt;br class='autobr' /&gt;
impayable. Lorsqu'il eut pris place au banc des pr&#233;venus, il&lt;br class='autobr' /&gt;
demanda &#224; haute et intelligible voix pourquoi on s'&#233;tait permis de&lt;br class='autobr' /&gt;
le placer dans cette situation humiliante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Voulez-vous vous taire ? dit le ge&#244;lier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je suis citoyen anglais, n'est-ce pas ? r&#233;pondit le Matois. O&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
sont mes privil&#232;ges ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N'ayez pas peur, vous les aurez bient&#244;t, vos privil&#232;ges, et bien&lt;br class='autobr' /&gt;
assaisonn&#233;s encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous verrons un peu ce que le ministre de l'int&#233;rieur r&#233;pondra &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cadet Bonbec si &#231;a ne me les rend pas, mes privil&#232;ges. Eh bien !&lt;br class='autobr' /&gt;
voyons, de quoi qu'y s'agit ? Je vous serais bien oblig&#233;, messieurs&lt;br class='autobr' /&gt;
les juges, de d&#233;p&#234;cher cette petite affaire et de ne pas me tenir&lt;br class='autobr' /&gt;
comme &#231;a le bec dans l'eau, &#224; lire votre journal. J'ai un rendez-&lt;br class='autobr' /&gt;
vous avec un monsieur dans la Cit&#233;, et comme je suis homme de&lt;br class='autobr' /&gt;
parole et tr&#232;s exact quand il s'agit d'affaire, il s'en ira, c'est&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#251;r, si je ne suis pas arriv&#233; &#224; l'heure ; et puis je ne vous&lt;br class='autobr' /&gt;
demanderai pas des dommages et int&#233;r&#234;ts pour le tort que vous&lt;br class='autobr' /&gt;
m'aurez fait ; non, c'est le chat ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment, le Matois demanda le nom des deux vieux grigous&lt;br class='autobr' /&gt;
assis sur le banc, l&#224;-bas. Ces paroles firent rire l'auditoire&lt;br class='autobr' /&gt;
d'aussi bon coeur qu'aurait pu le faire ma&#238;tre Bates, s'il avait&lt;br class='autobr' /&gt;
entendu la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Silence donc, l&#224; ! cria le ge&#244;lier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De quoi s'agit-il ? demanda l'un des juges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'un vol, monsieur le pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce gar&#231;on a-t-il d&#233;j&#224; comparu devant le tribunal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il aurait d&#251; compara&#238;tre bien des fois, reprit le ge&#244;lier. On&lt;br class='autobr' /&gt;
l'a vu dans bien d'autres endroits, si on ne l'a pas vu ici. Pour&lt;br class='autobr' /&gt;
moi, je le connais bien, allez, monsieur le pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! vous me connaissez, vous ? s'&#233;cria le Matois prenant note de&lt;br class='autobr' /&gt;
la parole du ge&#244;lier. C'est bon ! C'est de la calomnie, rien que&lt;br class='autobr' /&gt;
&#231;a. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'auditoire de rire et le ge&#244;lier de crier toujours : &#171; Silence&lt;br class='autobr' /&gt;
donc, l&#224; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Eh bien ! maintenant, o&#249; sont les t&#233;moins ? demanda le greffier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! c'est juste ! o&#249; sont-ils donc les t&#233;moins, que je les voie ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa curiosit&#233; fut bient&#244;t satisfaite : en ce moment s'avan&#231;a un&lt;br class='autobr' /&gt;
policeman qui avait vu le prisonnier mettre sa main dans la poche&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un individu au milieu de la foule et en retirer un mouchoir ;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'ayant trouv&#233; trop vieux, il l'avait remis dans la poche du&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#233;gitime possesseur, apr&#232;s s'en &#234;tre servi pour son usage. En&lt;br class='autobr' /&gt;
cons&#233;quence de ce fait, il avait arr&#234;t&#233; le Matois aussit&#244;t qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;tait trouv&#233; pr&#232;s de lui. En le fouillant, on le trouva nanti&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une tabati&#232;re en argent portant sur le couvercle le nom de son&lt;br class='autobr' /&gt;
propri&#233;taire ; celui-ci, d&#233;couvert gr&#226;ce &#224; l'Almanach des vingt-&lt;br class='autobr' /&gt;
cinq mille adresses, jura &#224; l'audience que la tabati&#232;re lui&lt;br class='autobr' /&gt;
appartenait et qu'il l'avait perdue la veille, dans la foule. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
avait remarqu&#233; un jeune homme qui cherchait &#224; s'&#233;chapper, et ce&lt;br class='autobr' /&gt;
jeune homme &#233;tait le prisonnier qu'il avait devant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pr&#233;venu, avez-vous quelques questions &#224; adresser au t&#233;moin ?&lt;br class='autobr' /&gt;
demanda le pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Plus souvent que je m'abaisserai &#224; engager une conversation avec&lt;br class='autobr' /&gt;
lui ! r&#233;pondit le fin Matois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Avez-vous quelque chose &#224; dire pour votre d&#233;fense ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le pr&#233;sident vous demande si vous avez quelque chose &#224; dire pour&lt;br class='autobr' /&gt;
votre d&#233;fense, dit le ge&#244;lier en poussant du coude le Matois, qui&lt;br class='autobr' /&gt;
gardait le silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! pardon ! dit le Matois semblant se r&#233;veiller ; c'est-il &#224; moi&lt;br class='autobr' /&gt;
que vous parlez, mon gar&#231;on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je n'ai jamais vu un vagabond pareil, monsieur le pr&#233;sident, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
le ge&#244;lier en ricanant. N'avez-vous rien &#224; dire, encore une fois,&lt;br class='autobr' /&gt;
blanc-bec ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, je n'ai rien &#224; dire ici, car nous ne sommes pas dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
boutique &#224; la justice ; sans compter que mon avocat est en train de&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;jeuner avec le vice-pr&#233;sident de la Chambre des communes ; mais&lt;br class='autobr' /&gt;
autre part, c'est diff&#233;rent ! j'aurai quelque chose &#224; dire, et lui&lt;br class='autobr' /&gt;
aussi, et nous aurons l&#224; nos amis, qui sont nombreux et tr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
respectables. Nous leur ferons voir, &#224; ces bavards-l&#224;, qu'ils&lt;br class='autobr' /&gt;
auraient mieux fait de ne pas venir au monde. Pourquoi leurs&lt;br class='autobr' /&gt;
domestiques ne les ont-ils pas pendus &#224; leurs porte-manteaux, au&lt;br class='autobr' /&gt;
lieu de les laisser venir ici pour m'ennuyer. Je...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Reconduisez cet nomme en prison, dit le greffier ; le tribunal le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;clare en &#233;tat d'arrestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Allons, marchons ! dit le ge&#244;lier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est bon ! c'est bon ! on y va, reprit le fin Matois en brossant&lt;br class='autobr' /&gt;
son chapeau avec la paume de sa main. Ah ! dit-il en s'adressant&lt;br class='autobr' /&gt;
aux magistrats, &#231;a ne vous servira de rien de faire les effray&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
comme &#231;a... Je ne vous ferai pas gr&#226;ce d'un f&#233;tu. Pas de &#231;a ! Ah !&lt;br class='autobr' /&gt;
mes petits bijoux, je vous le ferai payer cher ; je ne voudrais pas&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre &#224; votre place pour quelque chose ; vous auriez beau tomber &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
mes genoux pour me demander de m'en aller en libert&#233; que je&lt;br class='autobr' /&gt;
refuserais. Allons ! vous, emmenez-moi en prison, et d&#233;p&#234;chez-&lt;br class='autobr' /&gt;
vous ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En disant ces mots, le fin Matois se laissa appr&#233;hender au collet,&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;p&#233;tant avec menaces, jusqu'&#224; ce qu'il f&#251;t entr&#233; dans la cour,&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il en ferait une affaire parlementaire ; il accompagna ces&lt;br class='autobr' /&gt;
paroles d'une grimace &#224; l'adresse du ge&#244;lier, en riant aux &#233;clats&lt;br class='autobr' /&gt;
et en se rengorgeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il eut vu mettre le prisonnier en cellule, No&#233; revint au&lt;br class='autobr' /&gt;
galop &#224; l'endroit o&#249; il avait quitt&#233; ma&#238;tre Bates. Apr&#232;s avoir&lt;br class='autobr' /&gt;
attendu quelque temps au lieu du rendez-vous, il l'aper&#231;ut au fond&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une petite cachette o&#249; il s'&#233;tait retir&#233;, pour s'assurer de l&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
que personne de suspect ne suivait son nouvel ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se h&#226;t&#232;rent de revenir tous les deux pour rapporter &#224; Fagin&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;mouvante nouvelle que le Matois faisait honneur &#224; son &#233;ducation&lt;br class='autobr' /&gt;
et qu'il &#233;tait en train de fonder glorieusement sa r&#233;putation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE XLIV.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le moment vient pour Nancy de tenir la promesse qu'elle a faite &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Rose Maylie. - Elle y manque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque habitu&#233;e qu'elle f&#251;t &#224; la ruse et &#224; la dissimulation,&lt;br class='autobr' /&gt;
Nancy ne put cacher enti&#232;rement l'effet que produisait sur son&lt;br class='autobr' /&gt;
esprit la pens&#233;e de la d&#233;marche qu'elle avait faite. Elle se&lt;br class='autobr' /&gt;
souvenait que le perfide juif et le brutal Sikes lui avaient&lt;br class='autobr' /&gt;
confi&#233; des projets qu'ils avaient cach&#233;s &#224; tout autre, persuad&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elle m&#233;ritait toute leur confiance et qu'elle &#233;tait &#224; l'abri de&lt;br class='autobr' /&gt;
tout soup&#231;on ; sans doute ces projets &#233;taient m&#233;prisables, ceux qui&lt;br class='autobr' /&gt;
les formaient &#233;taient des &#234;tres inf&#226;mes, et Nancy n'avait dans le&lt;br class='autobr' /&gt;
coeur que de la haine contre le juif, qui l'avait entra&#238;n&#233;e peu &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
peu dans un ab&#238;me sans issue de crimes et de mis&#232;res ; et pourtant,&lt;br class='autobr' /&gt;
il y avait des instants o&#249; elle se sentait &#233;branl&#233;e dans sa&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;solution par la crainte que ses r&#233;v&#233;lations ne fissent tomber le&lt;br class='autobr' /&gt;
juif comme il le m&#233;ritait dans le pr&#233;cipice qu'il avait si&lt;br class='autobr' /&gt;
longtemps &#233;vit&#233;, et qu'elle ne f&#251;t la cause de sa perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant ce n'&#233;tait l&#224; que l'ind&#233;cision d'un esprit incapable, il&lt;br class='autobr' /&gt;
est vrai, de se d&#233;tacher enti&#232;rement d'anciens compagnons,&lt;br class='autobr' /&gt;
d'anciens associ&#233;s, mais capable pourtant de se fixer&lt;br class='autobr' /&gt;
attentivement sur un objet, et r&#233;solu &#224; ne s'en laisser distraire&lt;br class='autobr' /&gt;
par aucune consid&#233;ration. Ses craintes pour Sikes auraient &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
pour elle un motif bien plus puissant de reculer quand il en &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
temps encore ; mais elle avait stipul&#233; que son secret serait&lt;br class='autobr' /&gt;
religieusement gard&#233; ; elle n'avait pas dit un mot qui p&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
permettre de faire d&#233;couvrir le brigand ; elle avait refus&#233;, pour&lt;br class='autobr' /&gt;
l'amour de lui, d'accepter un refuge o&#249; elle e&#251;t &#233;t&#233; &#224; l'abri du&lt;br class='autobr' /&gt;
vice et de la mis&#232;re ; que pouvait-elle faire de plus ? son parti&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que ses combats int&#233;rieurs aboutissent toujours &#224; cette&lt;br class='autobr' /&gt;
conclusion, ils troublaient son esprit de plus en plus, et m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
ils se trahissaient au dehors. En quelques jours elle devint p&#226;le&lt;br class='autobr' /&gt;
et maigre ; parfois elle semblait &#233;trang&#232;re &#224; ce qui se passait&lt;br class='autobr' /&gt;
autour d'elle, et ne prenait aucune part aux conversations o&#249; elle&lt;br class='autobr' /&gt;
e&#251;t &#233;t&#233; auparavant la plus bruyante. Il lui arrivait de rire sans&lt;br class='autobr' /&gt;
motif, de s'agiter sans cause apparente ; puis, quelques instants&lt;br class='autobr' /&gt;
apr&#232;s, elle restait assise, silencieuse et abattue, la t&#234;te dans&lt;br class='autobr' /&gt;
ses mains, et l'effort qu'elle faisait pour sortir de cet &#233;tat&lt;br class='autobr' /&gt;
d'abattement, indiquait mieux encore que tous les autres signes,&lt;br class='autobr' /&gt;
combien elle &#233;tait mal &#224; l'aise et combien ses pens&#233;es &#233;taient&lt;br class='autobr' /&gt;
loin des sujets discut&#233;s par ceux qui l'entouraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On &#233;tait arriv&#233; au dimanche soir, et l'horloge de l'&#233;glise voisine&lt;br class='autobr' /&gt;
sonnait l'heure. Sikes et le juif &#233;taient en train de causer, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
ils s'arr&#234;t&#232;rent pour &#233;couter. La jeune fille, accroupie sur une&lt;br class='autobr' /&gt;
chaise basse, leva la t&#234;te et &#233;couta aussi attentivement ; onze&lt;br class='autobr' /&gt;
heures sonnaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il sera minuit dans une heure, dit Sikes en levant le rideau pour&lt;br class='autobr' /&gt;
regarder dans la rue ; il fait noir comme dans un four ; voil&#224; une&lt;br class='autobr' /&gt;
nuit qui serait bonne pour les affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! r&#233;pondit le juif ; quel dommage, Guillaume mon ami, que nous&lt;br class='autobr' /&gt;
n'ayons rien &#224; ex&#233;cuter pour le moment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous avez raison une fois dans votre vie, dit brusquement Sikes,&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est dommage, car je suis en bonnes dispositions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juif soupira et hocha la t&#234;te d'un air d&#233;courag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faudra r&#233;parer le temps perdu, dit Sikes, d&#232;s que nous aurons&lt;br class='autobr' /&gt;
mis en train quelque bonne op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voil&#224; ce qui s'appelle parler, mon cher, r&#233;pondit le juif, en se&lt;br class='autobr' /&gt;
hasardant &#224; lui poser la main sur l'&#233;paule ; cela me fait du bien&lt;br class='autobr' /&gt;
de vous entendre parler ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cela vous fait du bien ! s'&#233;cria Sikes ; tant mieux, en v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ha ! ha ! ha ! fit le juif en riant, comme s'il &#233;tait encourag&#233; par&lt;br class='autobr' /&gt;
cette concession de Sikes ; je vous reconnais ce soir, Guillaume,&lt;br class='autobr' /&gt;
vous voil&#224; tout &#224; fait dans votre assiette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne suis pas dans mon assiette quand je sens votre vieille&lt;br class='autobr' /&gt;
griffe sur mon &#233;paule ; ainsi, &#224; bas les pattes, dit Sikes, en&lt;br class='autobr' /&gt;
repoussant la main du juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cela vous agace les nerfs, Guillaume, il vous semble qu'on vous&lt;br class='autobr' /&gt;
pince, n'est-ce pas ? dit le juif, r&#233;solu &#224; ne se f&#226;cher de rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cela me fait l'effet comme si j'&#233;tais pinc&#233; par le diable,&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pliqua Sikes Il n'y a jamais eu d'homme avec une mine comme la&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#244;tre, sauf peut-&#234;tre votre p&#232;re, et encore je suppose que sa&lt;br class='autobr' /&gt;
barbe rousse est grill&#233;e depuis longtemps ; &#224; moins que vous ne&lt;br class='autobr' /&gt;
veniez tout droit du diable, sans aucune g&#233;n&#233;ration interm&#233;diaire,&lt;br class='autobr' /&gt;
ce qui ne m'&#233;tonnerait pas le moins du monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fagin ne r&#233;pondit rien &#224; ce compliment ; mais il tira Sikes par la&lt;br class='autobr' /&gt;
manche, et lui montra du doigt Nancy qui avait profit&#233; de la&lt;br class='autobr' /&gt;
conversation pour mettre son chapeau, et qui se dirigeait vers la&lt;br class='autobr' /&gt;
porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Hola ! Nancy, dit Sikes, o&#249; diable vas-tu si tard ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas loin d'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est-ce que c'est que cette r&#233;ponse l&#224; ? dit Sikes, o&#249; vas-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas loin d'ici, vous dis-je.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et je demande o&#249; ? reprit Sikes avec sa grosse voix ; m'entends-&lt;br class='autobr' /&gt;
tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne sais o&#249;, r&#233;pondit la jeune fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh ! bien, moi, je le sais, dit Sikes, plus irrit&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'obstination de Nancy que de son projet de sortir. Tu ne vas&lt;br class='autobr' /&gt;
nulle part, assieds-toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne suis pas bien, je vous l'ai d&#233;j&#224; dit, r&#233;pondit la jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
fille. J'ai besoin de prendre l'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mets la t&#234;te &#224; la fen&#234;tre et prends l'air &#224; ton aise, dit Sikes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce n'est pas assez, reprit Nancy ; il faut que j'aille respirer&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Alors tu t'en passeras, &#187; r&#233;pondit Sikes ; et en m&#234;me temps il se&lt;br class='autobr' /&gt;
leva, ferma la porte &#224; double tour, retira la clef de la serrure,&lt;br class='autobr' /&gt;
et, enlevant le chapeau de Nancy, il le lan&#231;a au haut d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
vieille armoire. &#171; Voil&#224;, dit le brigand ; maintenant, tiens-toi&lt;br class='autobr' /&gt;
tranquille &#224; ta place, hein ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce n'est pas un chapeau qui m'emp&#234;chera de sortir, dit la jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
fille en devenant tr&#232;s p&#226;le. Qu'as-tu, Guillaume ? sais-tu ce que&lt;br class='autobr' /&gt;
tu fais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si je sais ce que... Oh ! cria Sikes en se tournant vers Fagin,&lt;br class='autobr' /&gt;
elle n'a pas la t&#234;te &#224; elle, voyez-vous ; autrement elle n'oserait&lt;br class='autobr' /&gt;
pas me parler ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous me ferez prendre un parti extr&#234;me, murmura la jeune fille&lt;br class='autobr' /&gt;
en posant ses deux mains sur sa poitrine comme pour l'emp&#234;cher de&lt;br class='autobr' /&gt;
se soulever violemment ; laissez-moi sortir... tout de suite... &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'instant m&#234;me...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non ! hurla Sikes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dites-lui de me laisser sortir, Fagin : il fera bien, dans son&lt;br class='autobr' /&gt;
int&#233;r&#234;t ; m'entendez-vous ? s'&#233;cria Nancy en frappant du pied sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
plancher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; T'entendre ! r&#233;p&#233;ta Sikes en se tournant sur sa chaise pour la&lt;br class='autobr' /&gt;
regarder en face ; si je t'entends encore une minute, je te fais&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;trangler par le chien ; qu'est-ce qui te prend donc, pendarde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Laissez-moi sortir, &#187; dit la jeune fille avec la plus vive&lt;br class='autobr' /&gt;
insistance ; puis s'asseyant sur le plancher, elle reprit :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Guillaume, laisse-moi sortir ; tu ne sais pas ce que tu fais, tu&lt;br class='autobr' /&gt;
ne le sais pas, en v&#233;rit&#233; ; seulement une heure, voyons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que je sois hach&#233; en mille pi&#232;ces, si cette fille n'a pas la&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#234;te saut&#233;e, dit Sikes en la prenant brusquement par le bras.&lt;br class='autobr' /&gt;
Allons, debout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, jusqu'&#224; ce que tu me laisses sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jamais... jamais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Laisse-moi sortir ! criait la jeune fille. &#187; Sikes attendit un&lt;br class='autobr' /&gt;
moment favorable pour lui saisir tout &#224; coup les mains, et&lt;br class='autobr' /&gt;
l'entra&#238;na luttant et se d&#233;battant dans une petite pi&#232;ce voisine,&lt;br class='autobr' /&gt;
o&#249; il s'assit sur un banc, et la fit asseoir de force sur une&lt;br class='autobr' /&gt;
chaise ; elle continua &#224; se d&#233;battre et &#224; implorer le brigand,&lt;br class='autobr' /&gt;
jusqu'&#224; ce qu'elle e&#251;t entendu sonner minuit ; alors, &#233;puis&#233;e et &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
bout de forces, elle cessa d'insister plus longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'avoir engag&#233;e, avec force jurements, &#224; ne plus faire aucun&lt;br class='autobr' /&gt;
effort pour sortir ce soir-l&#224;, Sikes la laissa se remettre &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
loisir et vint retrouver le juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Morbleu ! dit le brigand en essuyant la sueur qui ruisselait sur&lt;br class='autobr' /&gt;
sa figure ; voil&#224; une &#233;trange fille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous ne vous trompez pas, Guillaume, r&#233;pondit le juif d'un air&lt;br class='autobr' /&gt;
soucieux ; vous ne vous trompez pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pourquoi diable s'est-elle fourr&#233; dans la t&#234;te de sortir ce&lt;br class='autobr' /&gt;
soir ? demanda Sikes ; qu'en pensez-vous ? Voyons, vous devez la&lt;br class='autobr' /&gt;
conna&#238;tre mieux que moi : qu'est-ce que cela signifie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ent&#234;tement, je suppose, ent&#234;tement de femme, mon cher, r&#233;pondit&lt;br class='autobr' /&gt;
le juif en haussant les &#233;paules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est cela, je suppose, gronda Sikes Je croyais l'avoir dompt&#233;e,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais elle est aussi mauvaise que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elle est pire, dit le juif avec son air soucieux. Je ne l'ai&lt;br class='autobr' /&gt;
jamais vue dans un tel &#233;tat, pour si peu de chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ni moi non plus, dit Sikes ; je crois que c'est cette maudite&lt;br class='autobr' /&gt;
fi&#232;vre qu'elle aura gagn&#233;e aussi, et qui ne veut pas sortir. &#199;a se&lt;br class='autobr' /&gt;
pourrait bien, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est assez probable, r&#233;pondit le juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si cela lui reprend, dit Sikes, je lui ferai une petite saign&#233;e,&lt;br class='autobr' /&gt;
sans d&#233;ranger le m&#233;decin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juif fit un signe de t&#234;te qui voulait dire qu'il approuvait ce&lt;br class='autobr' /&gt;
mode de traitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand j'&#233;tais la, &#233;tendu sur le dos, elle &#233;tait nuit et jour &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
mon chevet ; et vous, vieux loup que vous &#234;tes, vous ne vous &#234;tes&lt;br class='autobr' /&gt;
pas montr&#233; une fois, dit Sikes. Nous avons &#233;t&#233; bien pauvres&lt;br class='autobr' /&gt;
pendant tout ce temps-l&#224;, et je pense que c'est l&#224; ce qui lui a&lt;br class='autobr' /&gt;
mis la t&#234;te &#224; l'envers ; elle est rest&#233;e si longtemps enferm&#233;e,&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il n'est pas &#233;tonnant qu'elle veuille prendre l'air, hein ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sans doute, mon cher, r&#233;pondit le juif &#224; voix basse. Chut ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il disait ces mots, la jeune fille reparut et alla s'asseoir&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la m&#234;me place qu'auparavant ; ses yeux &#233;taient rouges et gonfl&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle se mit &#224; se balancer, &#224; secouer la t&#234;te, et, un instant&lt;br class='autobr' /&gt;
apr&#232;s, elle partit d'un &#233;clat de rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Allons, la voil&#224; qui passe d'un extr&#234;me &#224; l'autre ! s'&#233;cria Sikes&lt;br class='autobr' /&gt;
en regardant son compagnon d'un air extr&#234;mement surpris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juif lui fit signe de ne pas insister davantage, et au bout de&lt;br class='autobr' /&gt;
quelques minutes, la jeune fille reprit sa contenance habituelle :&lt;br class='autobr' /&gt;
apr&#232;s avoir dit tout bas &#224; Sikes qu'il n'y avait pas pour elle de&lt;br class='autobr' /&gt;
rechute &#224; craindre, Fagin lui souhaita le bonsoir et prit son&lt;br class='autobr' /&gt;
chapeau ; il s'arr&#234;ta sur le seuil de la porte, et regardant autour&lt;br class='autobr' /&gt;
de lui, il demanda si personne ne voulait l'&#233;clairer jusqu'au bas&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'escalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#201;claire-le, dit Sikes en bourrant sa pipe. Ce serait dommage&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il se cass&#226;t le cou lui-m&#234;me au lieu de donner aux amateurs de&lt;br class='autobr' /&gt;
curiosit&#233;s le plaisir de le voir pendre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nancy suivit le vieillard jusqu'au bas de l'escalier, une&lt;br class='autobr' /&gt;
chandelle &#224; la main. Arriv&#233;s dans le passage, celui-ci mit un&lt;br class='autobr' /&gt;
doigt sur ses l&#232;vres, se rapprocha de la jeune fille et lui dit&lt;br class='autobr' /&gt;
tout bas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qu'y a-t-il donc, Nancy, ma ch&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que voulez-vous dire ? r&#233;pondit-elle sur le m&#234;me ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La raison de tout ceci ? reprit Fagin ; s'il est si dur pour toi&lt;br class='autobr' /&gt;
(en m&#234;me temps il montrait de son doigt rid&#233; le haut de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'escalier), car c'est une brute, Nancy, une b&#234;te brute...&lt;br class='autobr' /&gt;
pourquoi ne pas...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien ! dit-elle comme Fagin se taisait, la bouche contre son&lt;br class='autobr' /&gt;
oreille et les yeux fix&#233;s sur les siens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rien de plus pour le moment, dit le juif ; nous en reparlerons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu as en moi un ami, Nancy, un ami &#224; toute &#233;preuve ; j'ai un moyen&lt;br class='autobr' /&gt;
tout pr&#234;t, un moyen s&#251;r et sans danger ; si tu sens le besoin de te&lt;br class='autobr' /&gt;
venger de ceux qui te traitent comme un chien... Comme un&lt;br class='autobr' /&gt;
chien !... plus mal que son chien, car il est quelquefois de bonne&lt;br class='autobr' /&gt;
humeur avec le sien ;... adresse-toi &#224; moi... Je te le r&#233;p&#232;te,&lt;br class='autobr' /&gt;
adresse-toi &#224; moi : il n'est pour toi qu'une connaissance d'hier,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais tu me connais de longue date, Nancy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je vous connais bien, r&#233;pondit la jeune fille sans manifester la&lt;br class='autobr' /&gt;
moindre &#233;motion. Bonsoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fagin reprit le chemin de sa demeure, tout absorb&#233; par les pens&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
qui s'agitaient dans son cerveau. Il avait con&#231;u l'id&#233;e, non plus&lt;br class='autobr' /&gt;
seulement d'apr&#232;s ce qui venait de se passer, bien que cela n'e&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
fait que l'y affermir, mais lentement et par degr&#233;s, que Nancy,&lt;br class='autobr' /&gt;
fatigu&#233;e de la brutalit&#233; du brigand, s'&#233;tait prise d'affection&lt;br class='autobr' /&gt;
pour quelque nouvel ami ; le changement qui s'&#233;tait produit dans&lt;br class='autobr' /&gt;
son humeur, ses absences r&#233;p&#233;t&#233;es, son indiff&#233;rence pour les&lt;br class='autobr' /&gt;
int&#233;r&#234;ts de la bande, pour lesquels elle montrait jadis tant de&lt;br class='autobr' /&gt;
z&#232;le, et de plus, son impatient d&#233;sir de sortir ce soir-l&#224; &#224; une&lt;br class='autobr' /&gt;
heure d&#233;termin&#233;e, tout favorisait cette supposition, et m&#234;me, aux&lt;br class='autobr' /&gt;
yeux du juif du moins, la changeait en certitude. Ce n'&#233;tait pas&lt;br class='autobr' /&gt;
un de ses &#233;l&#232;ves qui &#233;tait l'objet de ce nouveau caprice : quel&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il f&#251;t, ce devait &#234;tre une pr&#233;cieuse acquisition, surtout avec&lt;br class='autobr' /&gt;
un auxiliaire de la trempe de Nancy, et il fallait absolument,&lt;br class='autobr' /&gt;
pensait Fagin, se l'attacher sur-le-champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y avait &#224; r&#233;soudre une autre question plus ardue. Sikes en&lt;br class='autobr' /&gt;
savait trop long, et ses sarcasmes grossiers avaient fait au juif&lt;br class='autobr' /&gt;
des blessures qui, pour &#234;tre cach&#233;es, n'en &#233;taient pas moins&lt;br class='autobr' /&gt;
profondes. Nancy doit bien savoir, se disait Fagin, que si elle le&lt;br class='autobr' /&gt;
quitte, elle ne sera jamais &#224; l'abri de sa fureur ; son nouvel&lt;br class='autobr' /&gt;
amant y passera, c'est chose s&#251;re ; il sera estropi&#233;, peut-&#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
tu&#233; : qu'y aurait-il d'&#233;tonnant, pour peu qu'on l'y pouss&#226;t, &#224; ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elle consentit &#224; empoisonner Sikes ? Il y a des femmes qui en&lt;br class='autobr' /&gt;
ont fait autant, et qui ont m&#234;me fait pis, en pareille occurrence.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'en aurais fini avec ce dangereux gredin, cet homme que je hais ;&lt;br class='autobr' /&gt;
un autre serait l&#224; pour le remplacer, et mon influence sur Nancy,&lt;br class='autobr' /&gt;
avec la connaissance que j'aurais de son crime, serait&lt;br class='autobr' /&gt;
irr&#233;sistible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;flexions s'&#233;taient fait jour dans l'esprit du juif pendant&lt;br class='autobr' /&gt;
le peu de temps qu'il &#233;tait rest&#233; seul dans la chambre du brigand ;&lt;br class='autobr' /&gt;
tout plein de ces pens&#233;es, il avait saisi la premi&#232;re occasion de&lt;br class='autobr' /&gt;
sonder les intentions de la jeune fille, et en la quittant, il lui&lt;br class='autobr' /&gt;
avait gliss&#233;, comme nous l'avons vu, quelques mots &#224; l'oreille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle n'en avait paru nullement surprise, et il &#233;tait impossible&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elle n'en e&#251;t pas saisi la port&#233;e. &#201;videmment elle avait&lt;br class='autobr' /&gt;
parfaitement compris de quoi il s'agissait : le coup d'oeil qu'elle&lt;br class='autobr' /&gt;
avait lanc&#233; &#224; Fagin en le quittant en &#233;tait la preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peut-&#234;tre h&#233;siterait-elle &#224; s'entendre avec lui pour faire&lt;br class='autobr' /&gt;
p&#233;rir Sikes, et c'&#233;tait pourtant l&#224; le principal but &#224; atteindre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment pourrai-je accro&#238;tre mon influence sur elle ? se disait le&lt;br class='autobr' /&gt;
juif en regagnant sa demeure &#224; pas de loup ; comment acqu&#233;rir&lt;br class='autobr' /&gt;
encore plus d'empire sur elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un esprit comme celui de Fagin &#233;tait f&#233;cond en exp&#233;dients : s'il&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvait, sans arracher directement un aveu &#224; la jeune fille, la&lt;br class='autobr' /&gt;
faire surveiller, et d&#233;couvrir la cause de son changement, puis la&lt;br class='autobr' /&gt;
menacer de tout r&#233;v&#233;ler &#224; Sikes dont elle avait si grand'peur, &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
moins qu'elle ne consentit &#224; entrer dans ses vues, ne pourrait-il&lt;br class='autobr' /&gt;
pas alors compter sur son ob&#233;issance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est s&#251;r, dit Fagin, presque &#224; haute voix. Elle n'oserait plus&lt;br class='autobr' /&gt;
alors me refuser ; non, pour rien au monde ; l'affaire est bonne, le&lt;br class='autobr' /&gt;
moyen est tout trouv&#233; et sera mis en oeuvre. Je te tiens, ma&lt;br class='autobr' /&gt;
mignonne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il jeta derri&#232;re lui un regard affreux, et fit un geste mena&#231;ant&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la direction de l'endroit o&#249; il avait laiss&#233; le brigand, puis&lt;br class='autobr' /&gt;
continua son chemin, agitant ses mains osseuses dans les poches de&lt;br class='autobr' /&gt;
sa vieille redingote, o&#249; il semblait &#224; chaque mouvement de ses&lt;br class='autobr' /&gt;
doigts crisp&#233;s, qu'il &#233;crasait un ennemi d&#233;test&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE XLV.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fagin confie &#224; No&#233; Claypole une mission secr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fagin se leva de bonne heure le lendemain matin, et attendit avec&lt;br class='autobr' /&gt;
impatience l'arriv&#233;e de son nouvel associ&#233;. Celui-ci, apr&#232;s un&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;lai que le juif trouva interminable, se pr&#233;senta enfin et&lt;br class='autobr' /&gt;
attaqua le d&#233;jeuner avec voracit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bolter, dit le juif en avan&#231;ant sa chaise et en s'asseyant en&lt;br class='autobr' /&gt;
face de Maurice Bolter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien ! me voici, r&#233;pondit No&#233; ; qu'y a-t-il ? ne me demandez pas&lt;br class='autobr' /&gt;
de rien faire avant d'avoir fini de manger, il n'y a pas moyen ; il&lt;br class='autobr' /&gt;
para&#238;t qu'ici on n'a pas seulement le temps d'avaler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous pouvez causer tout en mangeant, n'est-ce pas ? dit Fagin en&lt;br class='autobr' /&gt;
maudissant du fond du coeur la voracit&#233; de son jeune ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh ! oui, je peux causer, je n'en fonctionnerai que mieux, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
No&#233; en coupant un &#233;norme morceau de pain. O&#249; est Charlotte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elle est sortie, dit Fagin ; je l'ai envoy&#233;e dehors ce matin avec&lt;br class='autobr' /&gt;
l'autre jeune fille, parce que je voulais &#234;tre seul avec vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien ! dit No&#233;, vous auriez d&#251; d'abord lui faire faire des&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#244;ties. Continuez : cela ne me g&#232;ne pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No&#233; semblait, en effet, ne craindre aucune interruption, et il&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;tait &#233;videmment mis &#224; table avec la ferme r&#233;solution de ne pas&lt;br class='autobr' /&gt;
perdre un coup de dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous vous en &#234;tes joliment tir&#233; hier, mon cher, dit le juif ;&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est superbe, six shillings dix pence pour le premier jour ; vous&lt;br class='autobr' /&gt;
ferez fortune dans le commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N'oubliez pas de compter les trois pots d'&#233;tain et la boite &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
lait, dit M. Bolter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, non, mon cher, r&#233;pondit le juif, c'&#233;tait un trait de g&#233;nie&lt;br class='autobr' /&gt;
que de prendre les pots d'&#233;tain, mais c'est un v&#233;ritable coup de&lt;br class='autobr' /&gt;
ma&#238;tre que d'avoir escamot&#233; la bo&#238;te &#224; lait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce n'est pas mal, je pense, pour un commen&#231;ant, remarqua&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Bolter avec complaisance. J'ai pris les pots &#224; la devanture&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un sous-sol ; la bo&#238;te &#224; lait pendait &#224; la porte d'un cabaret,&lt;br class='autobr' /&gt;
j'ai pens&#233; qu'elle pourrait se rouiller &#224; la pluie ou attraper un&lt;br class='autobr' /&gt;
rhume, ha ! ha ! ha ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juif feignit de rire de tout son coeur, et M. Bolter, apr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
avoir bien ri de son c&#244;t&#233;, finit d'avaler gloutonnement sa tartine&lt;br class='autobr' /&gt;
de beurre, et se mit &#224; en faire une seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai besoin de vous, Bolter, dit Fagin en s'accoudant sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
table, j'ai besoin de vous pour une besogne qui exige beaucoup de&lt;br class='autobr' /&gt;
soin et de pr&#233;caution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah &#231;&#224; ! r&#233;pondit Bolter, n'allez pas me faire courir des risques&lt;br class='autobr' /&gt;
ni m'envoyer encore au bureau de police ; &#231;a ne me va pas, pas du&lt;br class='autobr' /&gt;
tout ; je ne vous dis que &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il n'y a aucun danger &#224; courir, dit le juif, pas l'ombre d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
danger. Il s'agit seulement de guetter une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une vieille femme ? demanda M. Bolter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une jeune femme, r&#233;pondit Fagin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je puis m'en acquitter fort bien, dit Bolter ; &#224; l'&#233;cole j'&#233;tais&lt;br class='autobr' /&gt;
un fameux rapporteur. Et pourquoi faut-il la guetter ? Pas pour...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour rien du tout, interrompit le juif ; seulement pour me dire&lt;br class='autobr' /&gt;
o&#249; elle va, qui elle voit, et autant que possible ce qu'elle dit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudra se souvenir de la rue, si c'est une rue, ou de la&lt;br class='autobr' /&gt;
maison, si c'est une maison, et me procurer tous les&lt;br class='autobr' /&gt;
renseignements possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Combien me donnerez-vous pour la peine ? demanda No&#233; en posant&lt;br class='autobr' /&gt;
son verre et en regardant le juif dans le blanc des yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si vous vous en acquittez bien, vous aurez une livre sterling,&lt;br class='autobr' /&gt;
mon cher, une grosse livre sterling, dit Fagin qui voulait&lt;br class='autobr' /&gt;
all&#233;cher No&#233; le plus possible. Et je n'ai jamais donn&#233; autant pour&lt;br class='autobr' /&gt;
n'importe quelle besogne o&#249; il n'y avait pas gros &#224; gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quelle est cette femme ? demanda No&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh ! oh ! dit No&#233; en se frottant le bout du nez, vous vous d&#233;fiez&lt;br class='autobr' /&gt;
d'elle, &#224; ce qu'il para&#238;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elle a fait quelques nouvelles connaissances, mon cher, et il&lt;br class='autobr' /&gt;
faut que je sois au courant, r&#233;pondit le juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Compris, dit No&#233; ; c'est tout bonnement pour avoir le plaisir de&lt;br class='autobr' /&gt;
faire aussi leur connaissance, si ce sont des gens respectables,&lt;br class='autobr' /&gt;
hein ? Ha ! ha ! ha ! Je suis votre homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J'en &#233;tais s&#251;r, dit Fagin enhardi par le succ&#232;s de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
proposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sans doute, sans doute, reprit No&#233;. O&#249; est-elle ? o&#249; faut-il&lt;br class='autobr' /&gt;
l'attendre ? quand faut-il me mettre en campagne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quant &#224; cela, mon cher, je vous tiendrai au courant ; je vous la&lt;br class='autobr' /&gt;
ferai voir quand il en sera temps, dit Fagin. Tenez-vous pr&#234;t et&lt;br class='autobr' /&gt;
laissez-moi faire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir-l&#224; et le lendemain et le surlendemain, l'espion resta&lt;br class='autobr' /&gt;
bott&#233; et accoutr&#233; de son costume de charretier, pr&#234;t &#224; sortir au&lt;br class='autobr' /&gt;
premier mot de Fagin. Six soir&#233;es se pass&#232;rent ainsi, six longues&lt;br class='autobr' /&gt;
et mortelles soir&#233;es, et chaque soir Fagin rentra avec un air&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;sappoint&#233;, et d&#233;clara s&#232;chement que le moment n'&#233;tait pas venu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le septi&#232;me jour, il rentra plus t&#244;t qu'&#224; l'ordinaire, et si&lt;br class='autobr' /&gt;
content qu'il ne put dissimuler sa satisfaction ; c'&#233;tait le&lt;br class='autobr' /&gt;
dimanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle sort ce soir, dit Fagin, et pour l'affaire en question j'en&lt;br class='autobr' /&gt;
suis s&#251;r, car elle est rest&#233;e seule toute la journ&#233;e, et l'homme&lt;br class='autobr' /&gt;
dont elle a peur ne rentrera gu&#232;re avant le jour. Venez avec moi ;&lt;br class='autobr' /&gt;
vite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No&#233; fut debout en un clin d'oeil sans dire un mot, car l'activit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
du juif l'avait gagn&#233;. Ils sortirent sans bruit de la maison,&lt;br class='autobr' /&gt;
franchirent rapidement un d&#233;dale de rues et arriv&#232;rent enfin &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
porte d'une taverne que No&#233; reconnut pour &#234;tre celle o&#249; il avait&lt;br class='autobr' /&gt;
couch&#233; le soir de son arriv&#233;e &#224; Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait onze heures pass&#233;es et la porte &#233;tait ferm&#233;e ; le juif&lt;br class='autobr' /&gt;
siffla l&#233;g&#232;rement et elle roula doucement sur ses gonds ; ils&lt;br class='autobr' /&gt;
entr&#232;rent sans bruit et la porte se referma derri&#232;re eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fagin et le jeune juif qui leur avait ouvert, osant &#224; peine&lt;br class='autobr' /&gt;
murmurer une parole, montr&#232;rent du doigt &#224; No&#233; une petite lucarne&lt;br class='autobr' /&gt;
et lui firent signe de grimper jusque-l&#224; et d'observer la personne&lt;br class='autobr' /&gt;
qui se trouvait dans la pi&#232;ce voisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Est-ce l&#224; la femme en question ? &#187; demanda-t-il d'une voix si basse&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'on pouvait &#224; peine l'entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juif fit signe que oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne vois pas bien sa figure, dit tout bas No&#233; ; elle a les yeux&lt;br class='autobr' /&gt;
fix&#233;s &#224; terre et la chandelle est derri&#232;re elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ne bougez pas, &#187; murmura Fagin ; il fit un signe &#224; Barney qui&lt;br class='autobr' /&gt;
disparut et se montra bient&#244;t dans la pi&#232;ce voisine. Sous pr&#233;texte&lt;br class='autobr' /&gt;
de moucher la chandelle, il la posa devant la jeune fille &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
laquelle il adressa quelques mots pour lui faire lever la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je la vois maintenant, dit l'espion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La voyez-vous bien ? demanda le juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je la reconna&#238;trais entre mille. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No&#233; quitta la lucarne, la porte s'ouvrit et la jeune fille sortit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fagin fit retirer No&#233; derri&#232;re un vitrage garni de rideaux, et ils&lt;br class='autobr' /&gt;
retinrent leur respiration au moment o&#249; Nancy passa &#224; quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
pieds de leur cachette, et sortit par la porte par laquelle ils&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;taient entr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Psit ! fit Barney qui tenait la porte ; voici le moment. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No&#233; &#233;changea un regard avec Fagin et s'&#233;lan&#231;a dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; gauche, lui dit tout bas Barney. Prenez le trottoir de l'autre&lt;br class='autobr' /&gt;
c&#244;t&#233; de la rue, et attention ! &#187; No&#233; ob&#233;it, et, &#224; la lueur du gaz,&lt;br class='autobr' /&gt;
il aper&#231;ut la jeune fille en marche &#224; quelque distance devant lui ;&lt;br class='autobr' /&gt;
il n'avan&#231;a qu'autant qu'il jugea prudent de le faire, et se tint&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'autre c&#244;t&#233; de la rue pour mieux observer les mouvements de&lt;br class='autobr' /&gt;
Nancy. &#192; plusieurs reprises elle regarda autour d'elle avec&lt;br class='autobr' /&gt;
inqui&#233;tude ; une fois m&#234;me elle s'arr&#234;ta pour laisser passer deux&lt;br class='autobr' /&gt;
hommes qui la suivaient de pr&#232;s. &#192; mesure qu'elle avan&#231;ait, elle&lt;br class='autobr' /&gt;
semblait reprendre courage et marchait d'un pas plus ferme et plus&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;solu. L'espion se tint toujours derri&#232;re elle, &#224; la m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
distance, et la suivit sans la quitter des yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE XLVI.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les horloges sonnaient onze heures trois quarts quand deux&lt;br class='autobr' /&gt;
personnes se montr&#232;rent sur le pont de Londres. L'une marchait&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un pas l&#233;ger et rapide : c'&#233;tait une femme qui regardait autour&lt;br class='autobr' /&gt;
d'elle d'un air empress&#233;, comme pour d&#233;couvrir quelqu'un qu'elle&lt;br class='autobr' /&gt;
attendait ; l'autre &#233;tait un homme qui se glissait dans l'ombre,&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;glant son pas sur celui de la femme, s'arr&#234;tant quand elle&lt;br class='autobr' /&gt;
s'arr&#234;tait, et s'avan&#231;ant rapidement d&#232;s qu'elle reprenait sa&lt;br class='autobr' /&gt;
marche, mais sans jamais la gagner de vitesse dans l'ardeur de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
poursuite. Ils travers&#232;rent ainsi le pont de la rive de Middlesex&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; celle de Surrey ; puis la femme revint sur ses pas d'un air&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;sappoint&#233;, comme si l'examen rapide qu'elle faisait des passants&lt;br class='autobr' /&gt;
e&#251;t &#233;t&#233; sans r&#233;sultat : ce mouvement fut brusque, mais ne trompa&lt;br class='autobr' /&gt;
pas la vigilance de celui qui la guettait. Il se posta dans un des&lt;br class='autobr' /&gt;
petite r&#233;duits qui surmontent les piles du pont, se pencha sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
parapet pour mieux cacher son visage, et la laissa passer sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
trottoir oppos&#233; ; quand il se trouva &#224; la m&#234;me distance d'elle&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'auparavant, il reprit tranquillement son allure de promeneur et&lt;br class='autobr' /&gt;
se remit &#224; la suivre. Arriv&#233;e au milieu du pont, elle s'arr&#234;ta.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme s'arr&#234;ta aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit &#233;tait tr&#232;s noire. La journ&#233;e avait &#233;t&#233; pluvieuse, et &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
cette heure, et dans ce lieu, il y avait peu de passants : ceux qui&lt;br class='autobr' /&gt;
regagnaient en h&#226;te leur demeure, traversaient vite sans faire&lt;br class='autobr' /&gt;
attention &#224; cette femme ni &#224; l'homme qui la suivait, et peut-&#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me sans les voir ; il n'y avait rien l&#224; qui d&#251;t attirer&lt;br class='autobr' /&gt;
l'attention des pauvres gens de ce quartier de Londres, qui&lt;br class='autobr' /&gt;
passaient le pont par hasard pour aller chercher un g&#238;te pour la&lt;br class='autobr' /&gt;
nuit sous une porte ou dans quelque masure abandonn&#233;e. Ils&lt;br class='autobr' /&gt;
restaient donc tous deux silencieux, sans &#233;changer une parole avec&lt;br class='autobr' /&gt;
aucun passant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rivi&#232;re &#233;tait couverte d'un &#233;pais brouillard au travers duquel&lt;br class='autobr' /&gt;
on apercevait &#224; peine la lueur rouge&#226;tre des feux allum&#233;s sur les&lt;br class='autobr' /&gt;
bateaux amarr&#233;s sous le pont ; il &#233;tait difficile de distinguer&lt;br class='autobr' /&gt;
dans l'obscurit&#233; les b&#226;timents noircis qui bordaient la Tamise. De&lt;br class='autobr' /&gt;
chaque c&#244;t&#233;, de vieux magasins entam&#233;s s'&#233;levaient d'une masse&lt;br class='autobr' /&gt;
confuse de toits et de pignons, et semblaient se pencher sur l'eau&lt;br class='autobr' /&gt;
trop sombre pour que leur forme ind&#233;cise p&#251;t s'y refl&#233;ter. On&lt;br class='autobr' /&gt;
apercevait dans l'ombre la tour antique de l'&#233;glise Saint-Sauveur&lt;br class='autobr' /&gt;
et la fl&#232;che de Saint-Magnus, ces s&#233;culaires gardiens du vieux&lt;br class='autobr' /&gt;
pont ; mais la for&#234;t de m&#226;ts des navires arr&#234;t&#233;s en aval et les&lt;br class='autobr' /&gt;
fl&#232;ches des autres &#233;glises &#233;taient presque enti&#232;rement cach&#233;es &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
la vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune fille, toujours surveill&#233;e par son espion cach&#233;, avait&lt;br class='autobr' /&gt;
arpent&#233; le pont &#224; plusieurs reprises quand la grosse cloche de&lt;br class='autobr' /&gt;
Saint-Paul annon&#231;a le d&#233;c&#232;s d'un jour de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Minuit sonnait sur la populeuse cit&#233;, pour les palais comme pour&lt;br class='autobr' /&gt;
la mansarde, pour la prison, pour l'h&#244;pital ; pour tous enfin il&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait minuit, pour ceux qui naissent et pour ceux qui meurent,&lt;br class='autobr' /&gt;
pour le cadavre glac&#233; comme pour l'enfant tranquillement endormi&lt;br class='autobr' /&gt;
dans son berceau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; l'heure finissait de sonner, une jeune demoiselle et&lt;br class='autobr' /&gt;
un vieux monsieur &#224; cheveux gris descendirent d'un fiacre, &#224; peu&lt;br class='autobr' /&gt;
de distance ; ils renvoy&#232;rent la voiture et vinrent droit au pont.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; peine avaient-ils mis le pied sur le trottoir que la jeune fille&lt;br class='autobr' /&gt;
tressaillit et se dirigea aussit&#244;t vers eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils s'avan&#231;aient en regardant autour d'eux de l'air de gens qui&lt;br class='autobr' /&gt;
attendent quelque chose sans avoir grande esp&#233;rance de trouver ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'ils attendent, quand ils furent tout &#224; coup rejoints par la&lt;br class='autobr' /&gt;
jeune fille ; ils s'arr&#234;t&#232;rent en poussant un cri de surprise&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'ils r&#233;prim&#232;rent aussit&#244;t, car, au m&#234;me instant, un individu en&lt;br class='autobr' /&gt;
costume de paysan passa tout pr&#232;s d'eux et les fr&#244;la m&#234;me en&lt;br class='autobr' /&gt;
passant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pas ici, dit Nancy d'un air effar&#233; ; j'ai peur de vous parler ici ;&lt;br class='autobr' /&gt;
venez l&#224;-bas, au pied de l'escalier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme elle disait ces mots et montrait du doigt la direction&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elle voulait prendre, le paysan tourna la t&#234;te, leur demanda&lt;br class='autobr' /&gt;
brusquement de quel droit ils occupaient tout le trottoir, et&lt;br class='autobr' /&gt;
continua son chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'escalier que d&#233;signait la jeune fille &#233;tait celui qui, du c&#244;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
de la rive de Surrey et de l'&#233;glise Saint-Sauveur, descend du pont&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la rivi&#232;re. L'homme v&#234;tu en paysan se dirigea vers ce lieu sans&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre remarqu&#233;, et, apr&#232;s avoir un instant examin&#233; les alentours,&lt;br class='autobr' /&gt;
se mit &#224; descendre les degr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet escalier est attenant au pont et se compose de trois parties ;&lt;br class='autobr' /&gt;
juste &#224; l'endroit o&#249; finit la seconde, le mur de gauche se termine&lt;br class='autobr' /&gt;
par un pilastre faisant face &#224; la Tamise. En cet endroit les&lt;br class='autobr' /&gt;
marches s'&#233;largissent, de sorte qu'une personne tournant l'angle&lt;br class='autobr' /&gt;
du mur ne peut &#234;tre vue de celles qui se trouvent au dessus, n'en&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#251;t-elle s&#233;par&#233;e que par une seule marche. Arriv&#233; en cet endroit,&lt;br class='autobr' /&gt;
le paysan jeta un regard rapide autour de lui, et, voyant qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
n'y avait pas de meilleure cachette et qu'il y avait beaucoup de&lt;br class='autobr' /&gt;
place, gr&#226;ce &#224; la mar&#233;e basse, il se blottit de c&#244;t&#233;, le dos&lt;br class='autobr' /&gt;
appuy&#233; contre le pilastre, et attendit, presque certain que les&lt;br class='autobr' /&gt;
trois interlocuteurs ne descendraient pas plus bas, et que, s'il&lt;br class='autobr' /&gt;
ne pouvait entendre leur conversation, il serait toujours &#224; m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
de les suivre en toute s&#251;ret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps lui parut si long dans cet endroit solitaire, et il &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
si avide de conna&#238;tre la cause d'une entrevue si diff&#233;rente de ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il attendait, que plus d'une fois il fut sur le point&lt;br class='autobr' /&gt;
d'abandonner la partie, et de croire que les trois personnages&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;taient arr&#234;t&#233;s beaucoup plus haut, ou qu'ils s'&#233;taient dirig&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
vers un endroit tout diff&#233;rent, pour s'y livrer &#224; leur myst&#233;rieux&lt;br class='autobr' /&gt;
entretien. Il allait sortir de sa cachette et remonter sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
pont, quand il entendit un bruit de pas, et presque au m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
instant la voix de personnes causant tout pr&#232;s de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se colla contre le mur, et respirant &#224; peine, il &#233;couta&lt;br class='autobr' /&gt;
attentivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est assez comme cela, dit une voix qui &#233;tait &#233;videmment celle&lt;br class='autobr' /&gt;
du monsieur, je ne souffrirai pas que cette jeune demoiselle aille&lt;br class='autobr' /&gt;
plus loin. Bien des gens n'auraient pas eu assez de confiance en&lt;br class='autobr' /&gt;
vous pour vous suivre jusqu'ici ; mais vous voyez que je veux vous&lt;br class='autobr' /&gt;
faire plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Me faire plaisir ! dit la jeune fille qui les conduisait ; vous&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tes bien obligeant, monsieur, en v&#233;rit&#233; ! me faire plaisir ! Bah !&lt;br class='autobr' /&gt;
ne parlons pas de cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien ! dit le monsieur d'un ton plus bienveillant, dans quelle&lt;br class='autobr' /&gt;
intention pouvez-vous nous avoir amen&#233;s en un lieu si &#233;trange ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ne pas nous avoir laiss&#233;s causer avec vous sur le pont,&lt;br class='autobr' /&gt;
o&#249; il fait clair, o&#249; il passe un peu de monde, au lieu de nous&lt;br class='autobr' /&gt;
amener dans cet affreux trou ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je vous ai d&#233;j&#224; dit, r&#233;pondit Nancy, que j'avais peur de vous&lt;br class='autobr' /&gt;
parler l&#224;-haut. Je ne sais pas pourquoi, ajouta-t-elle en&lt;br class='autobr' /&gt;
frissonnant, mais je suis en proie ce soir &#224; une telle terreur,&lt;br class='autobr' /&gt;
que je puis &#224; peine me tenir debout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et de quoi avez-vous peur ? demanda le monsieur, qui semblait&lt;br class='autobr' /&gt;
compatir &#224; son &#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne saurais trop dire de quoi, r&#233;pondit-elle ; je voudrais le&lt;br class='autobr' /&gt;
savoir. J'ai &#233;t&#233; toute la journ&#233;e pr&#233;occup&#233;e d'horribles pens&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
de mort et de linceuls sanglants ; j'avais ouvert un livre ce soir&lt;br class='autobr' /&gt;
pour passer le temps, et j'avais toujours les m&#234;mes objets devant&lt;br class='autobr' /&gt;
les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Effet de l'imagination, dit le monsieur en t&#226;chant de la calmer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce n'est pas de l'imagination, r&#233;pondit la jeune fille d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
voix sourde ; je jurerais que j'ai vu le mot &#171; cercueil &#187; &#233;crit &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
chaque page du livre, en gros caract&#232;res noirs, et qu'on en&lt;br class='autobr' /&gt;
portait un pr&#232;s de moi ce soir dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il n'y a rien d'&#233;tonnant &#224; cela, dit le monsieur ; j'en ai&lt;br class='autobr' /&gt;
rencontr&#233; souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; _De vrais cercueils_, r&#233;pliqua-t-elle, mais pas comme celui que&lt;br class='autobr' /&gt;
j'ai vu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait quelque chose de si &#233;trange dans le ton de la jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
fille, que l'espion cach&#233; frissonna et sentit son sang se glacer&lt;br class='autobr' /&gt;
dans ses veines. Il se remit en entendant la douce voix de la&lt;br class='autobr' /&gt;
jeune demoiselle qui demandait &#224; Nancy de se calmer, et de ne pas&lt;br class='autobr' /&gt;
laisser aller &#224; ces affreuses pens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Parlez-lui avec bont&#233;, dit-elle au monsieur qui l'accompagnait.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pauvre cr&#233;ature ! elle semble en avoir besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vos pasteurs orgueilleux m'auraient regard&#233; avec d&#233;dain dans&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;tat o&#249; je suis ce soir, et m'auraient pr&#234;ch&#233; flammes et&lt;br class='autobr' /&gt;
vengeance, dit Nancy. Oh ! ch&#232;re demoiselle, pourquoi ceux qui&lt;br class='autobr' /&gt;
s'arrogent le titre d'hommes de Dieu, ne sont-ils pas, pour nous&lt;br class='autobr' /&gt;
autres malheureuses, aussi bons et aussi bienveillants que vous&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#234;tes, vous qui ayant la beaut&#233; et tant de qualit&#233;s qui leur&lt;br class='autobr' /&gt;
manquent, pourriez &#234;tre un peu fi&#232;re, au lieu de les surpasser en&lt;br class='autobr' /&gt;
humilit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! oui, dit le monsieur ; le Turc, apr&#232;s avoir fait ses&lt;br class='autobr' /&gt;
ablutions, se tourne vers l'Orient pour dire ses pri&#232;res ; de m&#234;me,&lt;br class='autobr' /&gt;
ces bonnes gens, apr&#232;s avoir pris un maintien de circonstance,&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#232;vent les yeux au ciel pour l'implorer : entre le Musulman et le&lt;br class='autobr' /&gt;
Pharisien, mon choix est fait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces paroles semblaient s'adresser &#224; la jeune demoiselle, et&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;taient peut-&#234;tre destin&#233;es &#224; laisser &#224; Nancy le temps de se&lt;br class='autobr' /&gt;
remettre. Le vieux monsieur s'adressa bient&#244;t &#224; cette derni&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous n'&#234;tes pas venue ici dimanche dernier ? lui dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je n'ai pas pu venir, r&#233;pondit Nancy : on m'a retenue de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qui donc ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Guillaume... celui dont j'ai d&#233;j&#224; parl&#233; &#224; mademoiselle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous n'avez pas &#233;t&#233; soup&#231;onn&#233;e, j'esp&#232;re, d'&#234;tre en&lt;br class='autobr' /&gt;
communication avec qui que ce soit, &#224; propos de l'affaire qui nous&lt;br class='autobr' /&gt;
am&#232;ne ici ce soir ! demanda le monsieur d'un air inquiet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, r&#233;pondit la jeune fille en hochant la t&#234;te ; il ne m'est pas&lt;br class='autobr' /&gt;
tr&#232;s facile de sortir, &#224; moins de dire o&#249; je vais ; je n'aurais pu&lt;br class='autobr' /&gt;
aller voir mademoiselle, si je n'avais fait prendre &#224; Guillaume&lt;br class='autobr' /&gt;
une dose de laudanum avant de sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; S'est-il r&#233;veill&#233; avant votre retour ? demanda le monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non ; et ni lui, ni personne ne me soup&#231;onne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tant mieux, dit le monsieur. Maintenant, &#233;coutez-moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis pr&#234;te, r&#233;pondit Nancy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cette jeune demoiselle, dit le monsieur, m'a communiqu&#233;, ainsi&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'&#224; quelques amis en qui on peut avoir toute confiance, ce que&lt;br class='autobr' /&gt;
vous lui avez dit, il y a environ quinze jours. Je vous avoue que&lt;br class='autobr' /&gt;
j'ai d'abord h&#233;sit&#233; &#224; croire que vous m&#233;ritassiez confiance ; mais&lt;br class='autobr' /&gt;
maintenant je crois fermement que vous en &#234;tes digne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, dit vivement la jeune fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J'en suis convaincu, je vous le r&#233;p&#232;te. Pour vous prouver que je&lt;br class='autobr' /&gt;
suis dispos&#233; &#224; me fier &#224; vous, je vous avouerai, sans d&#233;tour, que&lt;br class='autobr' /&gt;
nous nous proposons d'arracher par la terreur, le secret, quel&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il soit, de cet individu qu'on appelle Monks ; mais, ajouta le&lt;br class='autobr' /&gt;
monsieur, si nous ne pouvons mettre la main sur lui, ou si nous ne&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvons tirer de lui ce que nous voulons, il faudra nous livrer le&lt;br class='autobr' /&gt;
juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fagin ! dit la jeune fille, en reculant d'un pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il faudra nous livrer cet homme, r&#233;p&#233;ta le monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne ferai pas cela, jamais, r&#233;pondit Nancy. C'est un d&#233;mon !&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est pis qu'un d&#233;mon ; mais je ne ferai pas cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous ne voulez pas ? dit le monsieur qui semblait s'attendre &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
cette r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jamais ! r&#233;partit Nancy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour une raison, r&#233;pondit la jeune fille avec fermet&#233;, pour une&lt;br class='autobr' /&gt;
raison que mademoiselle conna&#238;t et qu'elle admettra, je le sais,&lt;br class='autobr' /&gt;
car elle me l'a promis ; et pour une autre raison encore, c'est&lt;br class='autobr' /&gt;
que, s'il a men&#233; une vie criminelle, la mienne ne vaut pas mieux ;&lt;br class='autobr' /&gt;
beaucoup d'entre nous ont eu la m&#234;me existence, et je ne me&lt;br class='autobr' /&gt;
tournerai pas contre ceux, qui auraient pu... quelques-uns du&lt;br class='autobr' /&gt;
moins... se tourner contre moi, et qui ne l'ont pas fait, tout&lt;br class='autobr' /&gt;
pervers qu'ils sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien ! se h&#226;ta de dire le monsieur, comme si c'&#233;tait l&#224; o&#249; il&lt;br class='autobr' /&gt;
voulait en venir ; livrez-moi Monks, et laissez-moi en faire mon&lt;br class='autobr' /&gt;
affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et s'il vient &#224; d&#233;noncer les autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je vous promets que dans ce cas, si l'on obtient de lui la&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;rit&#233;, l'affaire en restera l&#224;. Il doit y avoir dans l'histoire&lt;br class='autobr' /&gt;
du petit Olivier des circonstances qu'il serait p&#233;nible d'exposer&lt;br class='autobr' /&gt;
aux yeux du public. Pourvu que nous sachions la v&#233;rit&#233;, nous n'en&lt;br class='autobr' /&gt;
demandons pas davantage, et la libert&#233; de personne ne sera&lt;br class='autobr' /&gt;
menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et s'il ne veut rien dire ? observa la jeune fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Alors, continua le monsieur, ce juif ne sera pas tra&#238;n&#233; en&lt;br class='autobr' /&gt;
justice sans votre consentement. Mais, dans une telle&lt;br class='autobr' /&gt;
circonstance, je pourrai faire valoir &#224; vos yeux des raisons qui,&lt;br class='autobr' /&gt;
je pense, vous d&#233;cideront &#224; le donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mademoiselle me donne-t-elle sa parole qu'il en sera ainsi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
demanda vivement la jeune fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, r&#233;pondit Rose ; j'en prends l'engagement formel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Monks ne saura jamais comment vous avez appris tout cela ? ajouta&lt;br class='autobr' /&gt;
Nancy, apr&#232;s un court silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jamais, r&#233;pondit le monsieur ; on s'y prendra de mani&#232;re qu'il ne&lt;br class='autobr' /&gt;
puisse se douter de rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J'ai souvent menti, et j'ai v&#233;cu depuis mon enfance avec des&lt;br class='autobr' /&gt;
menteurs, dit Nancy apr&#232;s un nouveau silence ; mais je compte sur&lt;br class='autobr' /&gt;
votre parole. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir re&#231;u encore une fois l'assurance qu'elle pouvait y&lt;br class='autobr' /&gt;
compter en toute s&#233;curit&#233;, elle commen&#231;a &#224; d&#233;crire en d&#233;tail le&lt;br class='autobr' /&gt;
cabaret d'o&#249; on l'avait suivie ce soir-l&#224; m&#234;me ; mais elle parlait&lt;br class='autobr' /&gt;
si bas, qu'il &#233;tait souvent difficile &#224; l'espion de saisir, m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
en gros, le fil de son r&#233;cit ; elle s'arr&#234;tait de temps en temps,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme si le monsieur prenait &#224; la h&#226;te quelques notes sur les&lt;br class='autobr' /&gt;
renseignements qu'elle lui fournissait. Apr&#232;s qu'elle eut d&#233;crit&lt;br class='autobr' /&gt;
minutieusement la localit&#233;, indiqu&#233; l'endroit d'o&#249; l'on pouvait le&lt;br class='autobr' /&gt;
mieux voir sans &#234;tre vu, et dit quel jour et &#224; quelle heure Monks&lt;br class='autobr' /&gt;
avait l'habitude de s'y rendre, elle parut r&#233;fl&#233;chir quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
instants comme pour mieux se rappeler les traits et l'ext&#233;rieur de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'homme dont elle donnait le signalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est grand, dit-elle, assez fort, mais pas tr&#232;s gros ; quand il&lt;br class='autobr' /&gt;
marche, il a toujours l'air d'&#234;tre aux aguets, et il regarde sans&lt;br class='autobr' /&gt;
cesse par-dessus son &#233;paule, d'abord d'un c&#244;t&#233;, puis de l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'oubliez pas cela, car personne n'a les yeux aussi enfonc&#233;s que&lt;br class='autobr' /&gt;
lui, et vous pourriez presque le reconna&#238;tre &#224; ce seul signe ; il a&lt;br class='autobr' /&gt;
le teint brun, les cheveux et les yeux noirs, mais, bien qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
n'ait pas plus de vingt-six ou vingt-huit ans, il a l'air vieux et&lt;br class='autobr' /&gt;
cass&#233; : ses livres portent souvent l'empreinte de ses dents, car il&lt;br class='autobr' /&gt;
a des acc&#232;s furieux, et il lui arrive m&#234;me de se mordre les mains&lt;br class='autobr' /&gt;
jusqu'au sang...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pourquoi tressaillez-vous ? dit la jeune fille, en s'arr&#234;tant&lt;br class='autobr' /&gt;
tout court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monsieur se h&#226;ta de r&#233;pondre que c'&#233;tait un mouvement&lt;br class='autobr' /&gt;
involontaire et la pria de continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Presque tous ces d&#233;tails, dit la jeune fille, je les ai appris au&lt;br class='autobr' /&gt;
cabaret dont je vous ai parl&#233; ; car je ne l'ai vu que deux fois, et&lt;br class='autobr' /&gt;
chaque fois il &#233;tait envelopp&#233; dans un grand manteau. Voil&#224;, je&lt;br class='autobr' /&gt;
crois, tous les d&#233;tails que je puis vous donner pour vous aider &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
le reconna&#238;tre. Attendez, ajouta-t-elle, sur le cou, et assez haut&lt;br class='autobr' /&gt;
pour qu'on puisse la voir sous sa cravate, quand il tourne la&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#234;te, il a...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une large marque rouge, comme une br&#251;lure, s'&#233;cria le monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quoi ! dit Nancy, vous le connaissez ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune demoiselle pousse un cri de surprise, et pendant quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
instants ils gard&#232;rent un tel silence que l'espion pouvait les&lt;br class='autobr' /&gt;
entendre respirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je crois que oui, dit le monsieur, d'apr&#232;s le signalement que&lt;br class='autobr' /&gt;
vous me donnez ; nous verrons... il y a parfois de singuli&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
ressemblances ; mais ce n'est peut-&#234;tre pas lui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il dit ces mots d'un air d'indiff&#233;rence, fit un pas du c&#244;t&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'espion cach&#233;, et celui-ci put l'entendre distinctement murmurer&lt;br class='autobr' /&gt;
ces mots : &#171; Ce doit &#234;tre lui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Maintenant, jeune fille, dit-il en se rapprochant de Nancy, vous&lt;br class='autobr' /&gt;
nous avez rendu un service signal&#233;, et je voudrais qu'il en&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;sult&#226;t quelque bien pour vous. En quoi puis-je vous &#234;tre utile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En rien, r&#233;pondit Nancy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ne parlez pas ainsi, dit le monsieur d'un ton de bont&#233; qui&lt;br class='autobr' /&gt;
aurait touch&#233; un coeur plus endurci. R&#233;fl&#233;chissez ; dites-moi ce&lt;br class='autobr' /&gt;
que je puis faire pour vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rien, monsieur, r&#233;p&#233;ta la jeune fille en pleurant ; vous ne&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvez rien pour moi ; Il n'y a plus pour moi d'esp&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous allez trop loin, dit le monsieur ; votre pass&#233; a &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
coupable ; vous avez mal employ&#233; cette &#233;nergie de la jeunesse, ces&lt;br class='autobr' /&gt;
tr&#233;sors inestimables que le Cr&#233;ateur ne nous prodigue qu'une fois ;&lt;br class='autobr' /&gt;
mais vous pouvez esp&#233;rer dans l'avenir. Je ne veux pas dire qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
soit en notre pouvoir de vous donner la paix du coeur et de l'&#226;me :&lt;br class='autobr' /&gt;
vous ne l'aurez que par vos propres efforts ; mais nous pouvons&lt;br class='autobr' /&gt;
vous offrir un asile paisible en Angleterre, ou, si vous craignez&lt;br class='autobr' /&gt;
d'y rester, dans quelque pays &#233;tranger ; cela, nous pouvons le&lt;br class='autobr' /&gt;
faire, et nous avons le plus vif d&#233;sir de vous mettre &#224; l'abri de&lt;br class='autobr' /&gt;
tout danger. Avant la fin de la nuit, avant que cette rivi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;claire des premi&#232;res lueurs du jour, vous pouvez vous trouver&lt;br class='autobr' /&gt;
bien loin de vos anciens compagnons, sans qu'il reste de vous plus&lt;br class='autobr' /&gt;
de traces que si vous n'&#233;tiez plus au monde. Voyons, n'&#233;changez&lt;br class='autobr' /&gt;
plus un mot avec aucun de vos anciens associ&#233;s, ne rentrez pas&lt;br class='autobr' /&gt;
dans votre taudis, ne respirez plus cet air qui vous corrompt et&lt;br class='autobr' /&gt;
qui vous tue, quittez-les tous quand il en est temps encore et que&lt;br class='autobr' /&gt;
l'occasion vous est favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elle se laissera convaincre, dit la jeune demoiselle ; elle&lt;br class='autobr' /&gt;
h&#233;site, j'en suis s&#251;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je crains que non, ma ch&#232;re, dit le monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, monsieur, je n'h&#233;site pas, r&#233;pondit Nancy apr&#232;s un instant&lt;br class='autobr' /&gt;
de lutte int&#233;rieure ; je suis encha&#238;n&#233;e &#224; mon ancienne vie ; je la&lt;br class='autobr' /&gt;
maudis, je la hais maintenant, mais je ne puis la quitter. J'ai&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;t&#233; trop loin pour revenir en arri&#232;re ; et pourtant je n'en sais&lt;br class='autobr' /&gt;
rien, car si vous m'aviez tenu ce langage il n'y a pas longtemps,&lt;br class='autobr' /&gt;
je vous aurais ri au nez. Mais, ajouta-t-elle en regardant avec&lt;br class='autobr' /&gt;
inqui&#233;tude autour d'elle, voici mes terreurs qui me reprennent, il&lt;br class='autobr' /&gt;
faut que je retourne chez moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Chez vous ! s'&#233;cria la jeune demoiselle avec tristesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Chez moi, mademoiselle, r&#233;p&#233;ta Nancy, il faut que je continue &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
mener l'existence que je me suis faite. Quittons-nous. Peut-&#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
ai-je &#233;t&#233; espionn&#233;e et vue. Laissez-moi : partez. Si je vous ai&lt;br class='autobr' /&gt;
rendu service, tout ce que je vous demande, c'est de me quitter et&lt;br class='autobr' /&gt;
de me laisser m'en aller seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je vois bien que tout est inutile, dit le monsieur avec un&lt;br class='autobr' /&gt;
soupir. Peut-&#234;tre compromettons-nous sa s&#251;ret&#233; en restant ici ;&lt;br class='autobr' /&gt;
nous l'avons retenue plus longtemps qu'elle ne s'y attendait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, oui, dit vivement Nancy, je devrais &#234;tre bien loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comment cette pauvre fille finira-t-elle ? s'&#233;cria Rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comment ? r&#233;p&#233;ta Nancy ; regardez devant vous, mademoiselle ;&lt;br class='autobr' /&gt;
regardez ces flots sombres : n'avez-vous pas souvent entendu dire&lt;br class='autobr' /&gt;
que des malheureuses comme nous se jettent &#224; l'eau sans que &#226;me&lt;br class='autobr' /&gt;
qui vive s'en inqui&#232;te ou les regrette ? Ce sera peut-&#234;tre dans des&lt;br class='autobr' /&gt;
ann&#233;es, peut-&#234;tre dans quelques mois, mais c'est comme cela que je&lt;br class='autobr' /&gt;
finirai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ne parlez pas ainsi, je vous en prie, dit la jeune demoiselle en&lt;br class='autobr' /&gt;
sanglotant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous n'en saurez rien, ch&#232;re demoiselle, r&#233;pondit Nancy, et Dieu&lt;br class='autobr' /&gt;
veuille que de telles horreurs n'arrivent jamais &#224; vos oreilles !&lt;br class='autobr' /&gt;
Adieu ! adieu !... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monsieur fit un pas pour s'&#233;loigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Prenez cette bourse, dit Rose ; prenez-la pour l'amour de moi,&lt;br class='autobr' /&gt;
afin d'avoir quelques ressources dans un moment de besoin ou&lt;br class='autobr' /&gt;
d'inqui&#233;tude ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, non, r&#233;pondit Nancy ; je n'ai pas fait cela pour de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'argent ; laissez-moi la satisfaction de penser que je n'ai pas&lt;br class='autobr' /&gt;
agi par int&#233;r&#234;t, et pourtant donnez-moi quelque objet que vous&lt;br class='autobr' /&gt;
ayez port&#233; : je voudrais avoir quelque chose... Non, non, pas une&lt;br class='autobr' /&gt;
bague... Vos gants ou votre mouchoir, quelque chose que je puisse&lt;br class='autobr' /&gt;
garder comme vous ayant appartenu, ma bonne demoiselle... C'est&lt;br class='autobr' /&gt;
cela ; merci ! Que Dieu vous b&#233;nisse ! Bonsoir ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nancy &#233;tait en proie &#224; une si violente agitation et semblait&lt;br class='autobr' /&gt;
tellement craindre d'&#234;tre d&#233;couverte que le monsieur se d&#233;cida &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
la quitter comme elle le demandait ; on entendit le bruit des pas&lt;br class='autobr' /&gt;
qui s'&#233;loignaient, et tout redevint silencieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune demoiselle et son compagnon arriv&#232;rent bient&#244;t sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
pont ; ils s'arr&#234;t&#232;rent au haut de l'escalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#201;coutez, dit Rose en pr&#234;tant l'oreille, n'a-t-elle pas appel&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai cru entendre sa voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, ma ch&#232;re, r&#233;pondit M. Brownlow en regardant tristement en&lt;br class='autobr' /&gt;
arri&#232;re ; elle n'a pas boug&#233; ; elle attend que nous soyons&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;loign&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rose Maylie &#233;tait navr&#233;e ; mais le vieux monsieur lui prit le bras,&lt;br class='autobr' /&gt;
le mit sous le sien et l'entra&#238;na doucement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'ils eurent disparu, Nancy se laissa tomber tout de son long&lt;br class='autobr' /&gt;
sur l'une des marches de pierre, et dans son angoisse versa des&lt;br class='autobr' /&gt;
larmes am&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t elle se releva, et d'un pas faible et chancelant gravit&lt;br class='autobr' /&gt;
les degr&#233;s pour regagner la rue. L'espion &#233;tonn&#233; resta immobile &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
son poste pendant quelques minutes, et, quand il eut acquis la&lt;br class='autobr' /&gt;
certitude qu'il &#233;tait tout &#224; fait seul, il sortit de sa cachette&lt;br class='autobr' /&gt;
et remonta sur le pont en rasant la muraille comme il l'avait fait&lt;br class='autobr' /&gt;
en descendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; aupr&#232;s de l'escalier, No&#233; Claypole regarda autour de lui &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
plusieurs reprises pour &#234;tre bien s&#251;r qu'il n'&#233;tait pas observ&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
puis il partit &#224; toutes jambes pour regagner la maison du juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE XLVII.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cons&#233;quences fatales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait environ deux heures avant l'aube du jour, &#224; cette heure&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'en automne on peut bien appeler le fort de la nuit, quand les&lt;br class='autobr' /&gt;
rues sont d&#233;sertes et silencieuses, que le bruit m&#234;me parait&lt;br class='autobr' /&gt;
sommeiller et que l'ivrogne et le d&#233;bauch&#233; ont regagn&#233; leur maison&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un pas chancelant. &#192; cette heure de calme et de silence, le juif&lt;br class='autobr' /&gt;
veillait dans son repaire, le visage si p&#226;le et si contract&#233;, les&lt;br class='autobr' /&gt;
yeux si rouges et si inject&#233;s de sang qu'il ressemblait moins &#224; un&lt;br class='autobr' /&gt;
homme qu'&#224; un hideux fant&#244;me &#233;chapp&#233; du tombeau et poursuivi par&lt;br class='autobr' /&gt;
un esprit malfaisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait accroupi devant son feu &#233;teint, envelopp&#233; dans une&lt;br class='autobr' /&gt;
vieille couverture d&#233;chir&#233;e et le visage tourn&#233; vers la chandelle&lt;br class='autobr' /&gt;
qui &#233;tait pos&#233;e sur la table, &#224; c&#244;t&#233; de lui. Il portait sa main&lt;br class='autobr' /&gt;
droite &#224; ses l&#232;vres et, absorb&#233; dans ses r&#233;flexions, il se mordait&lt;br class='autobr' /&gt;
les ongles et laissait voir ses gencives d&#233;garnies de dents et&lt;br class='autobr' /&gt;
arm&#233;es seulement de quelques crocs comme en aurait un chien ou un&lt;br class='autobr' /&gt;
rat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No&#233; Claypole dormait profond&#233;ment sur un matelas &#233;tendu sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
plancher. Parfois le vieillard tournait un instant ses regards&lt;br class='autobr' /&gt;
vers lui, puis les ramenait vers la chandelle dont la longue m&#232;che&lt;br class='autobr' /&gt;
br&#251;l&#233;e attestait, ainsi que les gouttes de suif qui tombaient sur&lt;br class='autobr' /&gt;
la table, que les pens&#233;es du juif &#233;taient occup&#233;es ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles l'&#233;taient en effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mortification de voir ses plans renvers&#233;s, haine contre la jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
fille qui avait os&#233; entrer en relation avec des &#233;trangers,&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;fiance profonde de sa sinc&#233;rit&#233; quand elle avait refus&#233; de le&lt;br class='autobr' /&gt;
trahir, amer d&#233;sappointement de perdre l'occasion de se venger de&lt;br class='autobr' /&gt;
Sikes, crainte d'&#234;tre d&#233;couvert, ruin&#233;, peut-&#234;tre pendu ; tout cela&lt;br class='autobr' /&gt;
lui donnait un acc&#232;s terrible de rage furieuse ; toutes ces&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;flexions se croisaient rapidement et se heurtaient dans l'esprit&lt;br class='autobr' /&gt;
de Fagin, et mille projets criminels plus noirs les uns que les&lt;br class='autobr' /&gt;
autres s'agitaient dans son coeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il resta ainsi compl&#232;tement immobile et sans avoir l'air de faire&lt;br class='autobr' /&gt;
la moindre attention au temps qui s'&#233;coulait, jusqu'&#224; ce qu'un&lt;br class='autobr' /&gt;
bruit de pas dans la rue vint frapper son oreille exerc&#233;e et&lt;br class='autobr' /&gt;
attirer son attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Enfin ! murmura-t-il en essuyant ses l&#232;vres s&#232;ches et agit&#233;es par&lt;br class='autobr' /&gt;
la fi&#232;vre ; enfin ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me instant un l&#233;ger coup de sonnette se fit entendre. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
grimpa l'escalier pour aller ouvrir et revint presque aussit&#244;t&lt;br class='autobr' /&gt;
accompagn&#233; d'un individu envelopp&#233; jusqu'au menton et qui portait&lt;br class='autobr' /&gt;
un papier sous le bras. Celui-ci s'assit, se d&#233;pouilla de son&lt;br class='autobr' /&gt;
manteau et laissa voir les formes athl&#233;tiques du brigand Sikes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tenez, dit-il en posant le paquet sur la table ; serrez cela et&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#226;chez d'en tirer le meilleur parti possible. J'ai eu assez de mal&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; me le procurer. Il y a trois heures que je devrais &#234;tre ici. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fagin mit la main sur le paquet, l'enferma dans l'armoire et se&lt;br class='autobr' /&gt;
rassit sans dire un mot. Mais il ne perdit pas de vue le brigand&lt;br class='autobr' /&gt;
un seul instant, et, quand ils furent assis de nouveau face &#224; face&lt;br class='autobr' /&gt;
et tout pr&#232;s l'un de l'autre, il le regarda fixement. Ses l&#232;vres&lt;br class='autobr' /&gt;
tremblaient si fort et ses traits &#233;taient si alt&#233;r&#233;s par l'&#233;motion&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; laquelle il &#233;tait en proie, que le brigand recula&lt;br class='autobr' /&gt;
involontairement sa chaise et examina Fagin d'un air effray&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Eh bien ! quoi ? dit Sikes ; qu'avez-vous &#224; me regarder ainsi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Allons, parlez ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juif leva la main droite et agita un doigt tremblant, puis sa&lt;br class='autobr' /&gt;
fureur &#233;tait telle qu'il fut hors d'&#233;tat d'articuler un seul mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Morbleu ! dit Sikes qui n'avait pas l'air trop rassur&#233;, il est&lt;br class='autobr' /&gt;
devenu fou ; il faut que je prenne garde &#224; moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, non, dit Fagin en retrouvant la voix, ce n'est pas... ce&lt;br class='autobr' /&gt;
n'est pas vous, Guillaume ; je n'ai rien... rien du tout &#224; vous&lt;br class='autobr' /&gt;
reprocher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh ! vraiment ! dit Sikes en le regardant d'un air sombre et en&lt;br class='autobr' /&gt;
mettant ostensiblement un pistolet dans une poche plus &#224; sa&lt;br class='autobr' /&gt;
port&#233;e. C'est heureux, pour l'un de nous du moins. Lequel est-ce,&lt;br class='autobr' /&gt;
peu importe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce que j'ai &#224; vous dire, Guillaume, dit le juif en rapprochant&lt;br class='autobr' /&gt;
sa chaise de celle du brigand, vous rendra encore plus furieux que&lt;br class='autobr' /&gt;
moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En v&#233;rit&#233; ? r&#233;pondit Sikes d'un air d'incr&#233;dulit&#233; ; parlez et&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;p&#234;chez-vous, ou Nancy me croira perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Perdu ! dit Fagin, elle s'est arrang&#233;e pour &#231;a, n'ayez pas peur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sikes regarda le juif d'un air tr&#232;s inquiet, et ne lisant sur ses&lt;br class='autobr' /&gt;
traits aucune explication satisfaisante, il lui mit sa grosse main&lt;br class='autobr' /&gt;
sur le collet et le secoua rudement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Voulez-vous parler, dit-il, ou je vous &#233;trangle. Desserrez les&lt;br class='autobr' /&gt;
dents et dites clairement ce que vous avez &#224; dire. Assez de&lt;br class='autobr' /&gt;
grimaces, vieux m&#226;tin que vous &#234;tes, finissons-en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Supposons, commen&#231;a Fagin, que ce gar&#231;on qui est l&#224; couch&#233;... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sikes se tourna vers l'endroit o&#249; No&#233; &#233;tait endormi, comme s'il ne&lt;br class='autobr' /&gt;
l'avait pas remarqu&#233; tout &#224; l'heure. &#171; Apr&#232;s ? dit-il en reprenant&lt;br class='autobr' /&gt;
sa premi&#232;re position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Supposons, continua Fagin, que ce gar&#231;on ait jas&#233; pour nous&lt;br class='autobr' /&gt;
perdre tous ; qu'il ait cherch&#233; d'abord les gens propres &#224; r&#233;aliser&lt;br class='autobr' /&gt;
ses vues, et qu'il ait eu avec eux un rendez-vous dans la rue pour&lt;br class='autobr' /&gt;
donner notre signalement, pour indiquer tous les signes auxquels&lt;br class='autobr' /&gt;
on pourrait nous reconna&#238;tre et les sourici&#232;res o&#249; l'on pourrait&lt;br class='autobr' /&gt;
le mieux nous prendre. Supposons qu'il ait voulu faire tout cela&lt;br class='autobr' /&gt;
de son plein gr&#233; sans &#234;tre arr&#234;t&#233;, interrog&#233;, espionn&#233; ou mis au&lt;br class='autobr' /&gt;
pain et &#224; l'eau pour faire des aveux : mais, de son plein gr&#233; ! pour&lt;br class='autobr' /&gt;
sa propre satisfaction ! allant r&#244;der la nuit pour rencontrer nos&lt;br class='autobr' /&gt;
ennemis d&#233;clar&#233;s et jasant avec eux ! m'entendez-vous, s'&#233;cria le&lt;br class='autobr' /&gt;
juif, dont les yeux lan&#231;aient des flammes. Supposons qu'il ait&lt;br class='autobr' /&gt;
fait tout cela, qu'arriverait-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce qui arriverait ! r&#233;pondit Sikes avec un affreux jurement. S'il&lt;br class='autobr' /&gt;
avait v&#233;cu jusqu'&#224; mon arriv&#233;e, je lui broierais le cr&#226;ne sous les&lt;br class='autobr' /&gt;
talons ferr&#233;s de mes bottes en autant de morceaux qu'il a de&lt;br class='autobr' /&gt;
cheveux sur la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et si _moi_ j'avais fait cela, hurla le juif, _moi_ qui en sais&lt;br class='autobr' /&gt;
si long et qui pourrais faire pendre tant de gens, sans me&lt;br class='autobr' /&gt;
compter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne sais, dit Sikes en grin&#231;ant des dents et en p&#226;lissant rien&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'&#224; l'id&#233;e d'une telle trahison : je ferais dans la prison quelque&lt;br class='autobr' /&gt;
chose qui me ferait mettre aux fers ; et si on me mettait en&lt;br class='autobr' /&gt;
jugement en m&#234;me temps que vous, je tomberais sur vous en plein&lt;br class='autobr' /&gt;
tribunal et je vous briserais le cr&#226;ne devant tout le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aurais assez de force, murmura le brigand en brandissant son&lt;br class='autobr' /&gt;
bras nerveux, j'aurais assez de force pour vous &#233;craser la t&#234;te&lt;br class='autobr' /&gt;
comme si une lourde charrette e&#251;t pass&#233; dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moi ! dit le brigand. Essayez. Et si c'&#233;tait Charlot, ou le&lt;br class='autobr' /&gt;
Matois, ou Betsy, ou...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Peu importe qui, interrompit Sikes avec col&#232;re. Celui-l&#224;, quel&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il soit, peut &#234;tre s&#251;r de son affaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fagin se remit &#224; consid&#233;rer fixement le brigand ; puis, lui faisant&lt;br class='autobr' /&gt;
signe de garder le silence, il se pencha vers le matelas o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
dormait No&#233; et secoua le dormeur pour l'&#233;veiller : Sikes, pench&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
aussi sur sa chaise et les mains appuy&#233;es sur les genoux,&lt;br class='autobr' /&gt;
regardait de tous ses yeux, comme s'il se demandait avec surprise&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; quoi allaient aboutir ce man&#232;ge et toutes ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bolter ! Bolter ! dit Fagin en levant la t&#234;te avec une expression&lt;br class='autobr' /&gt;
diabolique et en appuyant sur chaque parole. Le pauvre gar&#231;on ! il&lt;br class='autobr' /&gt;
est fatigu&#233;... fatigu&#233; d'avoir &#233;pi&#233; si longtemps les d&#233;marches de&lt;br class='autobr' /&gt;
cette fille... les d&#233;marches de cette fille, entendez-vous,&lt;br class='autobr' /&gt;
Guillaume ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que voulez-vous dire ? &#187; demanda Sikes en se redressant de toute&lt;br class='autobr' /&gt;
sa hauteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juif ne r&#233;pondit rien, mais se pencha de nouveau vers le&lt;br class='autobr' /&gt;
dormeur et le fit asseoir sur le matelas. Apr&#232;s s'&#234;tre fait&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;p&#233;ter plusieurs fois son nom d'emprunt, No&#233; se frotta les yeux&lt;br class='autobr' /&gt;
et regarda autour de lui en b&#226;illant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Redites-moi encore tout cela, encore une fois, pour qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
l'entende, dit le juif en montrant du doigt le brigand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Redire quoi ? demanda No&#233; &#224; demi endormi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce qui concerne... Nancy, dit le juif en saisissant le poignet&lt;br class='autobr' /&gt;
de Sikes, comme pour l'emp&#234;cher de s'en aller avant d'avoir tout&lt;br class='autobr' /&gt;
entendu. Vous l'avez suivie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jusqu'au pont de Londres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; O&#249; elle a rencontr&#233; deux personnes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un monsieur et une demoiselle qu'elle avait &#233;t&#233; trouver&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;c&#233;demment, de son propre mouvement : ils lui ont demand&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
livrer tous ses complices, &#224; commencer par Monks... ce qu'elle a&lt;br class='autobr' /&gt;
fait... de donner leur signalement... elle l'a donn&#233;... de dire o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
nous nous r&#233;unissions... elle l'a dit... et d'o&#249; l'on pouvait le&lt;br class='autobr' /&gt;
mieux nous guetter... elle l'a dit encore... et &#224; quel moment nous&lt;br class='autobr' /&gt;
avions l'habitude de nous y rendre... elle l'a indiqu&#233;. Voil&#224; ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elle a fait ; elle a cont&#233; tout cela d'un bout &#224; l'autre, sans&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'on lui f&#238;t une menace, sans la moindre h&#233;sitation. Est-ce vrai ?&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;cria le juif presque fou de col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Parfaitement vrai, r&#233;pondit No&#233; en se grattant la t&#234;te ; c'est&lt;br class='autobr' /&gt;
exactement comme cela que tout s'est pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et qu'ont-ils dit relativement &#224; dimanche dernier ? demanda le&lt;br class='autobr' /&gt;
juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Relativement &#224; dimanche dernier ! r&#233;pondit No&#233; en r&#233;fl&#233;chissant ;&lt;br class='autobr' /&gt;
je vous l'ai d&#233;j&#224; dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Redites-le ! redites-le ! s'&#233;cria Fagin &#233;cumant de rage en&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;treignant d'une main le bras de Sikes, et en brandissant l'autre&lt;br class='autobr' /&gt;
en l'air comme un furieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ils lui ont demand&#233;, dit No&#233; qui, mieux &#233;veill&#233;, semblait&lt;br class='autobr' /&gt;
commencer &#224; comprendre qui &#233;tait Sikes, ils lui ont demand&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
pourquoi elle n'&#233;tait pas venue le dimanche pr&#233;c&#233;dent comme elle&lt;br class='autobr' /&gt;
l'avait promis ; elle a r&#233;pondu qu'elle n'avait pas pu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et la cause, la cause ? interrompit le juif d'un air triomphant ;&lt;br class='autobr' /&gt;
contez-lui cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Parce qu'elle avait &#233;t&#233; retenue de force chez elle par&lt;br class='autobr' /&gt;
Guillaume, cet homme dont elle leur avait d&#233;j&#224; parl&#233; pr&#233;c&#233;demment,&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pondit No&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et puis encore ? s'&#233;cria le juif ; qu'a-t-elle dit encore de cet&lt;br class='autobr' /&gt;
homme dont elle leur avait d&#233;j&#224; parl&#233; pr&#233;c&#233;demment ? Contez-lui&lt;br class='autobr' /&gt;
cela ! contez-lui cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien, reprit No&#233;, elle a dit qu'il ne lui &#233;tait pas facile de&lt;br class='autobr' /&gt;
sortir &#224; moins que cet homme ne s&#251;t o&#249; elle allait ; et que la&lt;br class='autobr' /&gt;
premi&#232;re fois qu'elle &#233;tait sortie pour aller trouver la&lt;br class='autobr' /&gt;
demoiselle, elle... ha ! ha ! ha ! j'ai bien ri en entendant cela...&lt;br class='autobr' /&gt;
elle avait donn&#233; &#224; cet homme une dose de laudanum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mort et damnation ! s'&#233;cria Sikes en se d&#233;gageant brusquement de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;treinte du juif. Laissez-moi m'en aller ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il repoussa loin de lui le vieillard, s'&#233;lan&#231;a hors de la chambre&lt;br class='autobr' /&gt;
et escalada les degr&#233;s comme un furieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Guillaume ! Guillaume ! cria le juif en courant apr&#232;s lui. Un mot,&lt;br class='autobr' /&gt;
un mot seulement ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'aurait pas eu le temps d'&#233;changer un seul mot avec le&lt;br class='autobr' /&gt;
brigand, si celui-ci ne s'&#233;tait trouv&#233; dans l'impossibilit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
d'ouvrir la porte ; il &#233;tait l&#224;, jurant et blasph&#233;mant quand le&lt;br class='autobr' /&gt;
juif le rejoignit tout essouffl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Laissez-moi sortir, dit Sikes. Ne me parlez pas, si vous tenez &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
la vie. Laissez-moi sortir, vous dis-je.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un mot seulement, reprit Fagin en posant sa main sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
serrure... Ne soyez pas...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quoi ? dit l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ne soyez pas... trop violent, Guillaume, dit le juif avec des&lt;br class='autobr' /&gt;
larmes dans la voix. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour commen&#231;ait &#224; poindre, et il faisait assez clair pour que&lt;br class='autobr' /&gt;
les deux hommes pussent se voir ; ils &#233;chang&#232;rent un rapide coup&lt;br class='autobr' /&gt;
d'oeil ; leurs yeux brillaient d'un &#233;clat sinistre ; il n'y avait&lt;br class='autobr' /&gt;
pas &#224; se m&#233;prendre sur leur pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'entends par l&#224;, dit Fagin, jugeant inutile de d&#233;guiser plus&lt;br class='autobr' /&gt;
longtemps sa pens&#233;e, que vous ne devez pas &#234;tre trop violent...&lt;br class='autobr' /&gt;
par prudence : de la ruse, Guillaume, et pas d'esclandre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sikes ne r&#233;pondit rien, mais poussant vivement la porte d&#232;s que le&lt;br class='autobr' /&gt;
juif eut tourn&#233; la clef dans la serrure, il s'&#233;lan&#231;a dans la rue&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;serte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans s'arr&#234;ter, sans r&#233;fl&#233;chir un instant, sans tourner une seule&lt;br class='autobr' /&gt;
fois la t&#234;te &#224; droite ou &#224; gauche, sans lever les yeux vers le&lt;br class='autobr' /&gt;
ciel ni les baisser vers la terre, le brigand prit sa course,&lt;br class='autobr' /&gt;
l'oeil hagard et les dents si serr&#233;es qu'il en avait la m&#226;choire&lt;br class='autobr' /&gt;
saillante ; il ne murmura pas une parole, pas un de ses muscles ne&lt;br class='autobr' /&gt;
se d&#233;tendit, jusqu'&#224; ce qu'il eut gagn&#233; la porte de sa demeure. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
fit tourner doucement la clef dans la serrure, monta rapidement&lt;br class='autobr' /&gt;
l'escalier, entra dans sa chambre, ferma la porte &#224; double tour,&lt;br class='autobr' /&gt;
appuya une lourde table contre la porte et tira le rideau du lit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune fille &#233;tait couch&#233;e, &#224; demi v&#234;tue. L'entr&#233;e de Sikes&lt;br class='autobr' /&gt;
l'avait r&#233;veill&#233;e en sursaut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Debout, dit l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Est-ce toi, Guillaume ? dit-elle avec une expression de plaisir&lt;br class='autobr' /&gt;
en le voyant de retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, r&#233;pondit-il. Debout. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chandelle br&#251;lait pr&#232;s du lit ; l'homme l'&#244;ta vivement du&lt;br class='autobr' /&gt;
chandelier et la jeta dans la chemin&#233;e ; la jeune fille voyant que&lt;br class='autobr' /&gt;
le jour commen&#231;ait &#224; poindre, se leva pour tirer le rideau de la&lt;br class='autobr' /&gt;
fen&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Laisse-le, dit Sikes, en lui barrant le passage. Il fait assez&lt;br class='autobr' /&gt;
clair pour ce que j'ai &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Guillaume, dit Nancy d'une voix &#233;touff&#233;e par la terreur,&lt;br class='autobr' /&gt;
pourquoi me regardes-tu ainsi ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les narines gonfl&#233;es, la poitrine haletante, le brigand la&lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#233;ra quelques instants ; puis, la saisissant par la t&#234;te et&lt;br class='autobr' /&gt;
par le cou, il la tra&#238;na jusqu'au milieu de la chambre, et, jetant&lt;br class='autobr' /&gt;
un coup d'oeil vers la porte, il lui mit sa grosse main sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
bouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Guillaume, Guillaume !... dit la jeune fille d'une voix &#233;touff&#233;e,&lt;br class='autobr' /&gt;
en se d&#233;battant avec l'&#233;nergie que donne la crainte de la mort, je&lt;br class='autobr' /&gt;
ne crierai pas..., &#233;coute-moi..., parle-moi..., dis-moi ce que&lt;br class='autobr' /&gt;
j'ai fait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tu le sais bien mis&#233;rable ! r&#233;pliqua le brigand. Tu as &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
guett&#233;e cette nuit... Tout ce que tu as dit a &#233;t&#233; entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Alors &#233;pargne ma vie comme j'ai &#233;pargn&#233; la tienne, dit Nancy en&lt;br class='autobr' /&gt;
se cramponnant apr&#232;s lui. Guillaume, cher Guillaume, tu n'auras&lt;br class='autobr' /&gt;
pas le coeur de me tuer. Oh ! songe &#224; tout ce que j'ai refus&#233; cette&lt;br class='autobr' /&gt;
nuit &#224; cause de toi ! &#201;pargne-toi ce crime ; je ne te l&#226;cherai pas ;&lt;br class='autobr' /&gt;
tu ne pourras pas me faire l&#226;cher prise. Guillaume, pour l'amour&lt;br class='autobr' /&gt;
de Dieu, pour toi, pour moi, arr&#234;te, avant de verser mon sang. Sur&lt;br class='autobr' /&gt;
mon &#226;me, je ne t'ai pas trahi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme fit un violent effort pour d&#233;gager son bras ; mais la jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
fille l'&#233;treignait convulsivement, et il eut beau faire, il ne put&lt;br class='autobr' /&gt;
lui faire l&#226;cher prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Guillaume, criait-elle en s'effor&#231;ant d'appuyer sa t&#234;te sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
poitrine du brigand, ce monsieur et cette bonne demoiselle m'ont&lt;br class='autobr' /&gt;
propos&#233; cette nuit d'aller vivre &#224; l'&#233;tranger et d'y finir mes&lt;br class='autobr' /&gt;
jours dans la solitude et la tranquillit&#233;. Laisse-moi les revoir&lt;br class='autobr' /&gt;
et les supplier &#224; genoux d'avoir pour toi la m&#234;me bont&#233; ; nous&lt;br class='autobr' /&gt;
quitterons cet affreux s&#233;jour ; nous irons bien loin, chacun de&lt;br class='autobr' /&gt;
notre c&#244;t&#233;, mener une vie meilleure, et oublier, sauf dans nos&lt;br class='autobr' /&gt;
pri&#232;res, la vie que nous avons men&#233;e jusqu'ici : apr&#232;s cela, nous&lt;br class='autobr' /&gt;
ne nous reverrons jamais. Il n'est jamais trop tard pour se&lt;br class='autobr' /&gt;
repentir ; ils me l'ont dit... Je sais bien maintenant qu'ils&lt;br class='autobr' /&gt;
disaient vrai ; mais il nous faut du temps, un peu de temps !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le brigand d&#233;gagea un de ses bras et saisit son pistolet. La&lt;br class='autobr' /&gt;
pens&#233;e qu'il serait imm&#233;diatement d&#233;couvert s'il faisait feu, lui&lt;br class='autobr' /&gt;
traversa l'esprit malgr&#233; l'acc&#232;s de rage auquel il &#233;tait en proie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il frappa deux fois de toute sa force, avec la crosse du pistolet,&lt;br class='autobr' /&gt;
la t&#234;te de la jeune fille qui touchait presque la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle chancela et tomba, aveugl&#233;e par les flots de sang qui&lt;br class='autobr' /&gt;
jaillissaient de son front ; puis, parvenant avec peine &#224; se&lt;br class='autobr' /&gt;
soulever sur les genoux, elle tira de son sein un mouchoir blanc,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; celui que lui avait donn&#233; Rose Maylie, - et l'&#233;levant &#224; mains&lt;br class='autobr' /&gt;
jointes vers le ciel, aussi haut que ses forces d&#233;faillantes le&lt;br class='autobr' /&gt;
lui permettaient, elle murmura une pri&#232;re pour implorer la piti&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
du Cr&#233;ateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait un affreux spectacle. L'assassin gagna la muraille d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
pas chancelant ; puis, mettant sa main sur ses yeux, il se saisit&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un lourd gourdin et acheva sa victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE XLVIII.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fuite de Sikes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les actions coupables qui, &#224; la faveur des t&#233;n&#232;bres,&lt;br class='autobr' /&gt;
avaient &#233;t&#233; commises dans la vaste enceinte de Londres, depuis que&lt;br class='autobr' /&gt;
la nuit l'avait jamais envelopp&#233;e, celle-ci &#233;tait la plus&lt;br class='autobr' /&gt;
criminelle. De toutes les horreurs qui allaient empester de leur&lt;br class='autobr' /&gt;
odeur infecte l'air pur du matin, celle-ci &#233;tait la plus l&#226;che et&lt;br class='autobr' /&gt;
la plus odieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil brillant qui ne ram&#232;ne pas seulement avec lui la&lt;br class='autobr' /&gt;
lumi&#232;re, mais qui rend l'homme &#224; la vie et &#224; l'esp&#233;rance, le&lt;br class='autobr' /&gt;
soleil se levait radieux sur la populeuse cit&#233; ; ses rayons&lt;br class='autobr' /&gt;
tombaient &#233;galement sur les vitraux richement color&#233;s et sur les&lt;br class='autobr' /&gt;
mis&#233;rables vitres de la mansarde, sur le d&#244;me des cath&#233;drales et&lt;br class='autobr' /&gt;
sur les masures en ruines. Il &#233;clairait la chambre o&#249; gisait la&lt;br class='autobr' /&gt;
femme assassin&#233;e ; il l'&#233;clairait en d&#233;pit des efforts du brigand&lt;br class='autobr' /&gt;
pour emp&#234;cher ses rayons d'y p&#233;n&#233;trer : ils y p&#233;n&#233;traient &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
torrent. Si ce spectacle &#233;tait affreux dans le cr&#233;puscule du&lt;br class='autobr' /&gt;
matin, qu'&#233;tait-ce maintenant au milieu de cette &#233;clatante&lt;br class='autobr' /&gt;
lumi&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sikes n'avait pas chang&#233; de place : il avait eu peur de se sauver ;&lt;br class='autobr' /&gt;
sa victime avait pouss&#233; un g&#233;missement plaintif et remu&#233; la main.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, avec une rage que la terreur augmentait encore. Il avait&lt;br class='autobr' /&gt;
frapp&#233; &#224; coups redoubl&#233;s. Un instant il avait jet&#233; une couverture&lt;br class='autobr' /&gt;
sur le cadavre ; mais se repr&#233;senter les yeux de la victime,&lt;br class='autobr' /&gt;
s'imaginer qu'ils se tournaient vers lui, &#233;tait encore plus&lt;br class='autobr' /&gt;
insupportable que de les voir fix&#233;s, immobiles, pour regarder la&lt;br class='autobr' /&gt;
mare de sang qui tremblait et dansait au soleil, sur le plancher,&lt;br class='autobr' /&gt;
et il avait retir&#233; la couverture. Le corps &#233;tait l&#224; gisant ; un&lt;br class='autobr' /&gt;
corps, rien de plus, de la chair et du sang : mais quelle chair et&lt;br class='autobr' /&gt;
que de sang !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il battit le briquet, alluma du feu et y jeta le gourdin. Des&lt;br class='autobr' /&gt;
cheveux de femme &#233;taient rest&#233;s coll&#233;s &#224; l'extr&#233;mit&#233; ; ils&lt;br class='autobr' /&gt;
s'enflamm&#232;rent en p&#233;tillant et produisirent quelques l&#233;g&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tincelles que le courant d'air entra&#238;na rapidement dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
chemin&#233;e. Cela seul le remplit d'effroi, tout barbare qu'il &#233;tait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il continua pourtant &#224; tenir le gourdin, jusqu'&#224; ce que le feu&lt;br class='autobr' /&gt;
l'e&#251;t r&#233;duit en plusieurs morceaux ; il les r&#233;unit sur les charbons&lt;br class='autobr' /&gt;
pour les consumer enti&#232;rement et les r&#233;duire en cendres. Il se&lt;br class='autobr' /&gt;
lava les mains et frotta ses v&#234;tements ; il y avait des taches&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il ne put faire dispara&#238;tre ; il coupa les endroits tach&#233;s et&lt;br class='autobr' /&gt;
les jeta au feu. Toute la chambre &#233;tait teinte de sang : les pattes&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me du chien en &#233;taient pleines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant tout ce temps, il n'avait pas un instant tourn&#233; le dos au&lt;br class='autobr' /&gt;
cadavre. Apr&#232;s avoir termin&#233; ses pr&#233;paratifs, il gagna la porte &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
reculons, tirant le chien apr&#232;s lui. Il la ferma doucement, tourna&lt;br class='autobr' /&gt;
deux fois la clef dans la serrure, la retira et sortit de la&lt;br class='autobr' /&gt;
maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il traversa la rue et jeta un regard vers la fen&#234;tre, pour&lt;br class='autobr' /&gt;
s'assurer qu'on ne pouvait rien voir du dehors. Le rideau &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
toujours baiss&#233;, le rideau que Nancy avait voulu tirer pour&lt;br class='autobr' /&gt;
laisser p&#233;n&#233;trer ce jour qu'elle ne devait plus revoir. Elle &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
gisante tout pr&#232;s de la fen&#234;tre : l'assassin le savait. Dieu ! comme&lt;br class='autobr' /&gt;
le soleil dardait ses rayons dans cet endroit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sikes ne jeta sur la fen&#234;tre qu'un coup d'oeil rapide ; il se&lt;br class='autobr' /&gt;
sentit soulag&#233; en pensant qu'il avait pu sortir sans &#234;tre vu. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
siffla son chien et s'&#233;loigna rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il traversa Islington et gravit la colline de Highgate, o&#249; se&lt;br class='autobr' /&gt;
trouve le monument en l'honneur de Whittington ; mais il marchait &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'aventure et sans savoir o&#249; il irait. Il prit &#224; droite, suivit un&lt;br class='autobr' /&gt;
sentier &#224; travers champs, longea Caen-Wood, arriva &#224; la bruy&#232;re de&lt;br class='autobr' /&gt;
Hampstead, franchit la vall&#233;e au Val-de-Sant&#233;, puis gravit la&lt;br class='autobr' /&gt;
pente oppos&#233;e, et, traversant la route qui unit les villages de&lt;br class='autobr' /&gt;
Hampstead et de Highgate, il gagna les champs de North-End, et se&lt;br class='autobr' /&gt;
coucha le long d'une haie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'endormit ; mais bient&#244;t il fut debout de nouveau et se remit &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
marcher, non plus du c&#244;t&#233; de la campagne, mais dans la direction&lt;br class='autobr' /&gt;
de Londres, en suivant la grande route ; puis il revint encore sur&lt;br class='autobr' /&gt;
ses pas, refit le m&#234;me trajet qu'il venait de faire, et arpenta&lt;br class='autobr' /&gt;
les champs en tout sens, tant&#244;t se couchant au bord des foss&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
pour se reposer, tant&#244;t se remettant &#224; errer &#224; l'aventure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; trouver un endroit assez rapproch&#233; et pas trop fr&#233;quent&#233; pour&lt;br class='autobr' /&gt;
s'y procurer quelque nourriture ? S'il allait &#224; Hendon ? L'endroit&lt;br class='autobr' /&gt;
semblait propice, &#233;tant &#224; peu de distance et assez &#224; l'&#233;cart. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
se dirigea de ce c&#244;t&#233;, tant&#244;t courant, tant&#244;t, par une &#233;trange&lt;br class='autobr' /&gt;
contradiction, marchant comme une tortue, o&#249; s'arr&#234;tant tout &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
fait, et battant n&#233;gligemment les buissons avec sa canne. Mais &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Hendon, il lui sembla que tous les gens qu'il rencontrait, et&lt;br class='autobr' /&gt;
jusqu'aux enfants qui se tenaient sur les portes, le regardaient&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un air de soup&#231;on ; il revint sur ses pas, sans avoir le courage&lt;br class='autobr' /&gt;
de demander une goutte d'eau ou un morceau de pain, quoiqu'il f&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; jeun depuis la veille ; il reprit la route de Hampstead sans&lt;br class='autobr' /&gt;
savoir o&#249; se diriger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il erra ainsi sans s'arr&#234;ter, et revint &#224; son point de d&#233;part. La&lt;br class='autobr' /&gt;
matin&#233;e, l'apr&#232;s-midi, s'&#233;taient &#233;coul&#233;es ; le jour allait d&#233;cliner&lt;br class='autobr' /&gt;
et il &#233;tait toujours l&#224;, allant &#224; droite, &#224; gauche, en avant, en&lt;br class='autobr' /&gt;
arri&#232;re, et revenant toujours au m&#234;me endroit. Enfin il s'&#233;loigna&lt;br class='autobr' /&gt;
et se dirigea vers Hatfield.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; neuf heures du soir, il &#233;tait &#224; bout de forces, et son chien,&lt;br class='autobr' /&gt;
harass&#233; d'une course si extraordinaire, cheminait derri&#232;re lui en&lt;br class='autobr' /&gt;
boitant. Sikes descendit la colline, pr&#232;s de l'&#233;glise du village&lt;br class='autobr' /&gt;
silencieux, et, se tra&#238;nant le long d'une rue &#233;troite, se glissa&lt;br class='autobr' /&gt;
dans un petit cabaret o&#249; il apercevait un peu de lumi&#232;re. Quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
paysans en train de boire &#233;taient assis autour du foyer ; ils&lt;br class='autobr' /&gt;
firent place au nouveau venu : mais il alla s'asseoir au fond de la&lt;br class='autobr' /&gt;
salle pour y boire et manger seul, ou plut&#244;t avec son chien,&lt;br class='autobr' /&gt;
auquel il jetait de temps &#224; autre quelques bouch&#233;es de pain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans r&#233;unis en ce lieu s'entretenaient des terres et des&lt;br class='autobr' /&gt;
fermiers des environs. Quand ce sujet fut &#233;puis&#233;, ils se mirent &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
parler de l'&#226;ge auquel &#233;tait parvenu un vieillard qu'on avait&lt;br class='autobr' /&gt;
enterr&#233; le dimanche pr&#233;c&#233;dent. Les jeunes gens trouvaient qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait mort tr&#232;s vieux, tandis que les vieillards pr&#233;sents&lt;br class='autobr' /&gt;
soutenaient qu'il &#233;tait encore bien jeune. &#171; Il n'&#233;tait pas plus&lt;br class='autobr' /&gt;
&#226;g&#233; que moi, dit un vieux grand-p&#232;re &#224; la t&#234;te blanchie, et il&lt;br class='autobr' /&gt;
avait encore dix ou quinze ans au moins &#224; vivre... s'il avait pris&lt;br class='autobr' /&gt;
des pr&#233;cautions... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait rien dans tout cela qui p&#251;t attirer l'attention ou&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;veiller les craintes de Sikes. Il paya son &#233;cot et resta&lt;br class='autobr' /&gt;
silencieux et inaper&#231;u dans son coin ; il allait s'endormir&lt;br class='autobr' /&gt;
profond&#233;ment, quand il fut tir&#233; de son demi-sommeil par l'arriv&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un nouveau venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait un vieux routier, &#224; la fois colporteur et charlatan, qui&lt;br class='autobr' /&gt;
parcourait &#224; pied les campagnes pour vendre des pierres &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
repasser, des cuirs &#224; rasoir, des rasoirs, des savonnettes, du&lt;br class='autobr' /&gt;
cirage pour les harnais, des drogues pour les chiens et les&lt;br class='autobr' /&gt;
chevaux, de la parfumerie commune, du cosm&#233;tique et autres&lt;br class='autobr' /&gt;
articles semblables, contenus dans une balle qu'il portait sur son&lt;br class='autobr' /&gt;
dos. Son entr&#233;e fut salu&#233;e par les paysans de mille plaisanteries&lt;br class='autobr' /&gt;
qui ne tarirent pas jusqu'&#224; ce qu'il e&#251;t fini de souper. Alors il&lt;br class='autobr' /&gt;
eut l'id&#233;e ing&#233;nieuse d'unir l'utile &#224; l'agr&#233;able, et d&#233;balla sa&lt;br class='autobr' /&gt;
pacotille pour tenter les chalands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qu'est-ce que c'est que &#231;a, Henry ? est-ce bon &#224; manger ? demanda&lt;br class='autobr' /&gt;
un plaisant de village en montrant du doigt des tablettes de savon&lt;br class='autobr' /&gt;
pos&#233;es dans un coin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#199;a ? dit le colporteur, en en prenant une qu'il montra &#224; toute&lt;br class='autobr' /&gt;
l'assistance, c'est une composition infaillible et inappr&#233;ciable&lt;br class='autobr' /&gt;
pour enlever toutes les taches ; taches de rouille, taches de boue,&lt;br class='autobr' /&gt;
taches d'humidit&#233;, taches de toute sorte, petites ou grandes, sur&lt;br class='autobr' /&gt;
la soie, le satin, la batiste, la toile, le drap, le cr&#234;pe, les&lt;br class='autobr' /&gt;
tapis, le m&#233;rinos, la mousseline, et tous les tissus possibles ;&lt;br class='autobr' /&gt;
taches de vin, taches de fruits, taches de bi&#232;re, taches d'eau,&lt;br class='autobr' /&gt;
taches de peinture, taches de poix, taches quelconques,&lt;br class='autobr' /&gt;
disparaissent &#224; l'instant &#224; l'aide de cette infaillible et&lt;br class='autobr' /&gt;
inappr&#233;ciable composition. Une dame a-t-elle une tache &#224; son&lt;br class='autobr' /&gt;
honneur ? elle n'a qu'&#224; avaler une de ces tablettes, et elle est&lt;br class='autobr' /&gt;
gu&#233;rie pour toujours... car c'est du poison. Un monsieur, a-t-il&lt;br class='autobr' /&gt;
besoin de fournir une preuve du sien, il n'a qu'&#224; en prendre une&lt;br class='autobr' /&gt;
tablette, et son honneur est pour toujours hors de question... Le&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;sultat est tout aussi satisfaisant qu'avec une balle de&lt;br class='autobr' /&gt;
pistolet, et, comme la saveur en est bien plus d&#233;sagr&#233;able, il y a&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autant plus d'honneur &#224; s'en servir... Un penny la tablette !...&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#231;a pour la bagatelle d'un penny ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux acheteurs se pr&#233;sent&#232;rent aussit&#244;t ; le reste de l'auditoire&lt;br class='autobr' /&gt;
h&#233;sitait ; ce que voyant, le vendeur redoubla de loquacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On ne peut suffire &#224; en fabriquer assez, dit-il ; c'est enlev&#233; &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'instant. Quatorze moulins, six machines &#224; vapeur et une pile&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;lectrique, marchent sans s'arr&#234;ter, et &#231;a ne suffit pas. Les&lt;br class='autobr' /&gt;
ouvriers travaillent si fort qu'ils en cr&#232;vent, et leurs veuves&lt;br class='autobr' /&gt;
re&#231;oivent une pension annuelle de vingt livres sterling par&lt;br class='autobr' /&gt;
enfant, avec une prime de cinquante livres pour deux jumeaux. Un&lt;br class='autobr' /&gt;
penny la tablette !... ou un penny, si vous voulez...c'est tout&lt;br class='autobr' /&gt;
comme ; ou quatre pi&#232;ces de deux liards, &#231;a m'est &#233;gal. Un penny la&lt;br class='autobr' /&gt;
tablette ! Taches de vin, taches de fruits, taches de bi&#232;re, taches&lt;br class='autobr' /&gt;
d'eau, taches de peinture, taches de poix, taches de boue, taches&lt;br class='autobr' /&gt;
de sang... Voici une tache au chapeau de quelqu'un de la soci&#233;t&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
je vais la faire dispara&#238;tre avant qu'il ait eu le temps de me&lt;br class='autobr' /&gt;
faire servir une pinte de bi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Hol&#224; ! s'&#233;cria Sikes en tressaillant. Rendez-moi mon chapeau...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je vais vous le nettoyer, monsieur, r&#233;pondit le colporteur en&lt;br class='autobr' /&gt;
faisant signe de l'oeil &#224; la soci&#233;t&#233;, avant que vous ayez le temps&lt;br class='autobr' /&gt;
de traverser la salle pour le reprendre. Observez bien, messieurs,&lt;br class='autobr' /&gt;
cette tache noire sur le chapeau de monsieur : que ce soit une&lt;br class='autobr' /&gt;
tache de vin, une tache de fruit, une tache de bi&#232;re, une tache&lt;br class='autobr' /&gt;
d'eau, une tache de peinture, une tache de poix, une tache de&lt;br class='autobr' /&gt;
houe, ou une tache de sang... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne put continuer : car Sikes, en prof&#233;rant d'affreuses&lt;br class='autobr' /&gt;
impr&#233;cations, renversa la table, lui arracha le chapeau des mains,&lt;br class='autobr' /&gt;
et s'&#233;lan&#231;a hors du cabaret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouveau en proie &#224; l'irr&#233;solution qui l'avait tourment&#233;, malgr&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
lui, toute la journ&#233;e, le meurtrier, voyant qu'il n'&#233;tait pas&lt;br class='autobr' /&gt;
suivi et que probablement on l'avait pris pour un ivrogne de&lt;br class='autobr' /&gt;
mauvaise humeur, reprit le chemin de Londres ; il &#233;vita la lueur&lt;br class='autobr' /&gt;
des lanternes d'une diligence arr&#234;t&#233;e dans la rue, et il&lt;br class='autobr' /&gt;
poursuivait sa route, quand il s'aper&#231;ut que c'&#233;tait la malle&lt;br class='autobr' /&gt;
venant de Londres et qu'elle &#233;tait arr&#234;t&#233;e &#224; la porte du bureau de&lt;br class='autobr' /&gt;
poste. Il &#233;tait presque s&#251;r de ce qui allait se passer, mais il&lt;br class='autobr' /&gt;
s'arr&#234;ta pour &#233;couter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le courrier &#233;tait devant la porte, attendait le sac aux d&#233;p&#234;ches ;&lt;br class='autobr' /&gt;
survint un individu en costume de garde-chasse, auquel il remit un&lt;br class='autobr' /&gt;
panier d&#233;pos&#233; sur le trottoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Voici pour chez vous, dit le courrier. Ah &#231;a ! avez-vous bient&#244;t&lt;br class='autobr' /&gt;
fini, l&#224; dedans ? D&#233;j&#224;, avant-hier, vos maudites d&#233;p&#234;ches n'&#233;taient&lt;br class='autobr' /&gt;
pas pr&#234;tes ; &#231;a ne peut pas aller comme &#231;a, entendez-vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quoi de nouveau en ville, Benjamin ? demanda le garde-chasse en&lt;br class='autobr' /&gt;
regardant les chevaux avec admiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rien que je sache, r&#233;pondit l'autre en mettant ses gants. Le bl&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
est un peu en hausse. J'ai aussi entendu parler d'un assassinat du&lt;br class='autobr' /&gt;
cot&#233; de Spitalflelds, mais je n'y crois gu&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh ! ce n'est que trop vrai, dit un voyageur en mettant la t&#234;te &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
la porti&#232;re ; c'est un affreux assassinat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En v&#233;rit&#233;, monsieur ? reprit le courrier en mettant la main &#224; son&lt;br class='autobr' /&gt;
chapeau. Est-ce un homme ou une femme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est une femme, r&#233;pondit le voyageur ; on suppose que...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Allons, allons, Benjamin ! s'&#233;cria le postillon avec impatience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les maudites d&#233;p&#234;ches ! dit le courrier. Ah &#231;a ! dormez-vous, l&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
dedans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On y va, dit le directeur du bureau en apportant les lettres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On y va, on y va ! grommela le courrier... c'est comme la jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
millionnaire qui doit un jour avoir un caprice pour moi ; mais&lt;br class='autobr' /&gt;
quand ? je n'en sais rien. Allons, donnez vite !... En route ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sonna du cor et la voiture partit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sikes resta immobile dans la rue, indiff&#233;rent, en apparence, &#224; ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il venait d'entendre, et sans autre pr&#233;occupation que celle de&lt;br class='autobr' /&gt;
savoir o&#249; aller. &#192; la fin il revint encore une fois sur ses pas,&lt;br class='autobr' /&gt;
et prit la route qui m&#232;ne de Hatfield &#224; Saint-Albans. Il marchait&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un pas r&#233;solu ; mais quand il eut laiss&#233; Londres derri&#232;re lui et&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il se fut enfonc&#233; de plus en plus dans la solitude et les&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#233;n&#232;bres de la route, il se sentit gagn&#233; par un sentiment de&lt;br class='autobr' /&gt;
terreur et d'&#233;pouvante qui l'&#233;branla jusqu'au fond du coeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autour de lui tous les objets, r&#233;els ou imaginaires, immobiles ou&lt;br class='autobr' /&gt;
agit&#233;s, prenaient une apparence formidable ; mais ces craintes&lt;br class='autobr' /&gt;
n'&#233;taient rien au prix de ce que lui faisait &#233;prouver le souvenir&lt;br class='autobr' /&gt;
incessant de cet affreux cadavre du matin qu'il croyait sentir sur&lt;br class='autobr' /&gt;
ses talons. Il pouvait distinguer, jusque dans les moindres&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;tails, ses formes au milieu de l'ombre ; il le voyait s'avancer&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un air sinistre et solennel ; il entendait le fr&#244;lement des&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#234;tements de sa victime contre les buissons, et chaque souffle du&lt;br class='autobr' /&gt;
vent apportait &#224; son oreille le son de ce cri, supr&#234;me et &#233;touff&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
s'il s'arr&#234;tait, le fant&#244;me s'arr&#234;tait aussi ; s'il courait, le&lt;br class='autobr' /&gt;
fant&#244;me le suivait, non pas en courant : &#231;'aurait &#233;t&#233; une&lt;br class='autobr' /&gt;
consolation ; mais non, c'&#233;tait comme un cadavre encore dou&#233; du&lt;br class='autobr' /&gt;
simple m&#233;canisme de la vie, emport&#233; tout droit sur quelque vent&lt;br class='autobr' /&gt;
fun&#232;bre qui rasait le sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois il se retournait avec l'&#233;nergie du d&#233;sespoir, r&#233;solu &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;loigner de force le fant&#244;me, qu'il savait pourtant bien &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
priv&#233; de vie ; mais alors ses cheveux se dressaient sur sa t&#234;te et&lt;br class='autobr' /&gt;
son sang se gla&#231;ait dans ses veines ; le fant&#244;me avait suivi son&lt;br class='autobr' /&gt;
mouvement et se tenait toujours derri&#232;re lui ; ce cadavre qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
n'avait pas perdu de vue un instant, le matin, il l'avait&lt;br class='autobr' /&gt;
maintenant &#224; ses trousses, et sans rel&#226;che. Il s'adossa &#224; un&lt;br class='autobr' /&gt;
talus, le long de la route ; le fant&#244;me se posta au-dessus de lui,&lt;br class='autobr' /&gt;
et il le voyait parfaitement, malgr&#233; les t&#233;n&#232;bres ; il se jeta &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
terre, se coucha sur le dos ; le fant&#244;me se tint pr&#232;s de sa t&#234;te,&lt;br class='autobr' /&gt;
tout droit, silencieux et immobile, semblable &#224; une pierre&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;pulcrale avec l'&#233;pitaphe trac&#233;e en lettres de sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on ose parler apr&#232;s cela des assassins qui &#233;chappent &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
justice ! Qu'on vienne nous dire qu'il faut que la Providence&lt;br class='autobr' /&gt;
sommeille ! Une seule longue minute pass&#233;e dans ce paroxysme de&lt;br class='autobr' /&gt;
terreur ne valait-elle pas mille morts violentes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un champ, pr&#232;s de la route, il y avait un hangar qui lui&lt;br class='autobr' /&gt;
offrit un abri pour la nuit. Devant la porte &#233;taient plant&#233;s trois&lt;br class='autobr' /&gt;
grands peupliers dont le vent agitait les branches avec un&lt;br class='autobr' /&gt;
sifflement sinistre. Le brigand &#233;tait hors d'&#233;tat de continuer sa&lt;br class='autobr' /&gt;
route avant le retour du jour ; il se blottit contre le mur... Mais&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#224; de nouvelles tortures l'attendaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il eut une vision aussi obstin&#233;e et plus terrible que celle &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
laquelle il venait de se soustraire : ces yeux hagards et ternes,&lt;br class='autobr' /&gt;
que le matin il avait pr&#233;f&#233;r&#233; regarder plut&#244;t que de se les&lt;br class='autobr' /&gt;
figurer cach&#233;s sous la couverture, ses deux yeux lui apparurent au&lt;br class='autobr' /&gt;
milieu des t&#233;n&#232;bres ; ils brillaient, mais ne r&#233;pandaient autour&lt;br class='autobr' /&gt;
d'eux aucune clart&#233; ; il n'y en avait que deux, et ils &#233;taient&lt;br class='autobr' /&gt;
partout. Si lui-m&#234;me fermait les yeux, il voyait par la pens&#233;e la&lt;br class='autobr' /&gt;
chambre de la victime avec les moindres objets qu'elle renfermait,&lt;br class='autobr' /&gt;
et chacun d'eux &#224; sa place accoutum&#233;e. Le cadavre aussi &#233;tait &#224; sa&lt;br class='autobr' /&gt;
place, et les yeux &#233;taient tels qu'il les avait vus en quittant la&lt;br class='autobr' /&gt;
chambre. Il se leva et s'&#233;lan&#231;a dans les champs : l'apparition l'y&lt;br class='autobr' /&gt;
suivit ; il revint sous le hangar et se tapit de nouveau contre le&lt;br class='autobr' /&gt;
mur : avant qu'il e&#251;t eu le temps de s'&#233;tendre &#224; terre, les deux&lt;br class='autobr' /&gt;
yeux &#233;taient d&#233;j&#224; l&#224; devant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il resta ainsi en proie &#224; une terreur inexprimable, tremblant de&lt;br class='autobr' /&gt;
tous ses membres, une sueur froide s'&#233;chappant de tous ses pores.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#224; coup un tumulte lointain domina le bruit du vent et l'on&lt;br class='autobr' /&gt;
entendit des cris de d&#233;sespoir et des exclamations de surprise ; il&lt;br class='autobr' /&gt;
trouva quelque soulagement &#224; entendre des voix humaines dans ce&lt;br class='autobr' /&gt;
lieu solitaire, bien que ce fut pour lui une cause s&#233;rieuse&lt;br class='autobr' /&gt;
d'alarme. Il retrouva ses forces et son &#233;nergie en pr&#233;sence d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
danger personnel, et, se levant pr&#233;cipitamment, il s'&#233;lan&#231;a hors&lt;br class='autobr' /&gt;
du hangar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le ciel paraissait en feu ; des tourbillons de flammes&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;levaient dans l'air et, lan&#231;ant une pluie d'&#233;tincelles,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;clairaient l'atmosph&#232;re &#224; plusieurs milles &#224; la ronde, et&lt;br class='autobr' /&gt;
chassaient des nuages de fum&#233;e dans la direction du lieu o&#249; il se&lt;br class='autobr' /&gt;
trouvait. Les cris devinrent plus per&#231;ants &#224; mesure qu'ils &#233;taient&lt;br class='autobr' /&gt;
pouss&#233;s par plus de bouches, et il put entendre celui de : &#171; Au&lt;br class='autobr' /&gt;
feu ! &#187; m&#234;l&#233; aux tintements du tocsin, &#224; la chute bruyante des&lt;br class='autobr' /&gt;
poutres et des toitures, au craquement des flammes quand elles&lt;br class='autobr' /&gt;
s'enroulaient autour de quelque obstacle, et qu'elles s'&#233;lan&#231;aient&lt;br class='autobr' /&gt;
ensuite avec une nouvelle force pour continuer leurs ravages. Le&lt;br class='autobr' /&gt;
bruit augmentait de plus en plus ; il y avait foule autour de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'incendie, des hommes, des femmes, tous en mouvement. Ce fut pour&lt;br class='autobr' /&gt;
lui comme une nouvelle vie. Il s'&#233;lan&#231;a t&#234;te baiss&#233;e dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
direction du feu, se frayant un passage au milieu des ronces et&lt;br class='autobr' /&gt;
des &#233;pines, et escaladant comme un fou les haies et les cl&#244;tures,&lt;br class='autobr' /&gt;
tandis que son chien courait devant lui en aboyant de toutes ses&lt;br class='autobr' /&gt;
forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arriva bient&#244;t sur le th&#233;&#226;tre du sinistre, au milieu de gens &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
demi v&#234;tus, courant &#231;&#224; et l&#224;, les uns s'effor&#231;ant de tirer hors&lt;br class='autobr' /&gt;
des &#233;curies les chevaux terrifi&#233;s, d'autres faisant sortir les&lt;br class='autobr' /&gt;
bestiaux des cours et des &#233;tables, d'autres enfin arrivant charg&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
d'objets qu'ils avaient arrach&#233;s &#224; l'incendie en bravant une pluie&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#233;tincelles et la chute des poutres enflamm&#233;es. Par toutes les&lt;br class='autobr' /&gt;
ouvertures qui, une heure auparavant, &#233;taient des portes et des&lt;br class='autobr' /&gt;
fen&#234;tres, s'&#233;chappaient des torrents de flammes ; les murs&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;croulaient au milieu de la fournaise ; le plomb et le fer se&lt;br class='autobr' /&gt;
fondaient et coulaient en longs ruisseaux. Les femmes et les&lt;br class='autobr' /&gt;
enfants poussaient des cris affreux ; les hommes s'encourageaient&lt;br class='autobr' /&gt;
les uns les autres par de bruyantes exclamations ; le bruit des&lt;br class='autobr' /&gt;
pompes et le sifflement de l'eau tombant sur le bois embras&#233; se&lt;br class='autobr' /&gt;
joignaient &#224; ces sons discordants. L'assassin cria au feu, comme&lt;br class='autobr' /&gt;
les autres, de toute la force de ses poumons, et, oubliant un&lt;br class='autobr' /&gt;
instant sa position, se jeta au plus fort du tumulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il passa la nuit, tant&#244;t travaillant aux pompes, tant&#244;t s'&#233;lan&#231;ant&lt;br class='autobr' /&gt;
au travers des flammes et de la fum&#233;e, se montrant toujours l&#224; o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
il y avait le plus de bruit et le plus de monde. On le voyait en&lt;br class='autobr' /&gt;
haut et en bas des &#233;chelles, sur les toits, sur des planchers qui&lt;br class='autobr' /&gt;
mena&#231;aient ruine et tremblaient sous son poids, expos&#233; &#224; la chute&lt;br class='autobr' /&gt;
des briques et des pierres ; il &#233;tait partout, mais toujours&lt;br class='autobr' /&gt;
invuln&#233;rable ; il n'eut ni une contusion ni une &#233;gratignure ; enfin&lt;br class='autobr' /&gt;
l'aube du jour parut, et il ne resta plus que de la fum&#233;e et des&lt;br class='autobr' /&gt;
ruines noircies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces moments d'agitation fi&#233;vreuse, l'affreuse pens&#233;e de son&lt;br class='autobr' /&gt;
crime lui revint &#224; l'esprit avec encore plus de force. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
regardait autour de lui avec inqui&#233;tude : car il voyait des hommes&lt;br class='autobr' /&gt;
causer en groupe, et il craignait d'&#234;tre le sujet de leur&lt;br class='autobr' /&gt;
entretien. Le chien ob&#233;it &#224; un signe &#233;nergique qu'il lui fit, et&lt;br class='autobr' /&gt;
ils s'&#233;loign&#232;rent &#224; la d&#233;rob&#233;e. Quelques hommes assis pr&#232;s d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
pompe l'appel&#232;rent et l'invit&#232;rent &#224; se rafra&#238;chir avec eux ; il&lt;br class='autobr' /&gt;
mangea un peu de pain et de viande, et, comme il vidait un verre&lt;br class='autobr' /&gt;
de bi&#232;re, il entendit les pompiers qui venaient de Londres parler&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'assassinat. &#171; Il para&#238;t, dit l'un d'eux, qu'il s'est sauv&#233; &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Birmingham ; mais on l'attrapera bient&#244;t ; la police est &#224; ses&lt;br class='autobr' /&gt;
trousses, et avant demain soir il sera traqu&#233; dans tout le&lt;br class='autobr' /&gt;
royaume. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sikes s'&#233;loigna pr&#233;cipitamment et marcha jusqu'&#224; ce qu'il fut pr&#234;t&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; tomber de fatigue ; alors il se coucha au bord d'un sentier et&lt;br class='autobr' /&gt;
dormit longtemps, mais d'un sommeil agit&#233; et p&#233;nible. Il se remit&lt;br class='autobr' /&gt;
ensuite &#224; errer, toujours ind&#233;cis et irr&#233;solu, et saisi de terreur&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la pens&#233;e de passer la nuit tout seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; coup il prit un parti d&#233;sesp&#233;r&#233; : celui de retourner &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L&#224; du moins, pensa-t-il, j'aurai quelqu'un &#224; qui parler, quoi&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il arrive ; c'est un bon endroit pour se cacher, et on ne&lt;br class='autobr' /&gt;
s'avisera peut-&#234;tre pas de m'y chercher, apr&#232;s s'&#234;tre mis sur mes&lt;br class='autobr' /&gt;
traces dans la campagne. Ne puis-je pas y rester une semaine ou&lt;br class='autobr' /&gt;
deux, et forcer Fagin &#224; me donner de quoi gagner la France ? Ma&lt;br class='autobr' /&gt;
foi ! je risque cette chance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se mit sur-le-champ en devoir s'ex&#233;cuter son projet, et il se&lt;br class='autobr' /&gt;
rapprocha de Londres par les chemins les moins fr&#233;quent&#233;s ; il&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait d&#233;cid&#233; &#224; se cacher &#224; peu de distance de la capitale, pour y&lt;br class='autobr' /&gt;
rentrer &#224; la brune par une route d&#233;tourn&#233;e et aller droit au but&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il s'&#233;tait propos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le chien... on n'avait pas d&#251; oublier, en dressant son&lt;br class='autobr' /&gt;
signalement, de mentionner que son chien avait disparu et l'avait&lt;br class='autobr' /&gt;
probablement suivi. Cela pourrait contribuer &#224; le faire arr&#234;ter&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la rue. Il r&#233;solut de noyer son chien, et continua sa route&lt;br class='autobr' /&gt;
en cherchant des yeux un &#233;tang ; tout en marchant, il ramassa une&lt;br class='autobr' /&gt;
grosse pierre et l'attacha &#224; son mouchoir. L'animal regardait son&lt;br class='autobr' /&gt;
ma&#238;tre faire ces pr&#233;paratifs, et, soit que son instinct l'avert&#238;t&lt;br class='autobr' /&gt;
du danger qu'il courait, soit que le brigand le regard&#226;t d'un air&lt;br class='autobr' /&gt;
plus sinistre qu'&#224; l'ordinaire, il se tint prudemment un peu en&lt;br class='autobr' /&gt;
arri&#232;re : quand son ma&#238;tre s'arr&#234;ta au bord d'une mare et l'appela,&lt;br class='autobr' /&gt;
il s'arr&#234;ta court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ici ! m'entends-tu ? &#187; cria Sikes en sifflant son chien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'animal revint &#224; ce signal par la force de l'habitude ; mais quand&lt;br class='autobr' /&gt;
Sikes se baissa pour lui nouer le mouchoir autour du cou, il&lt;br class='autobr' /&gt;
poussa un grognement sourd et recula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ici ! &#187; dit le brigand en frappant du pied contre terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chien remua la queue, mais ne bougea pas ; Sikes fit un noeud&lt;br class='autobr' /&gt;
coulant et l'appela de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chien avan&#231;a, recula, s'arr&#234;ta un instant, puis se sauva au&lt;br class='autobr' /&gt;
plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sikes le siffla plusieurs fois, s'assit et attendit, pensant qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
reviendrait ; mais du chien point de nouvelles. Le brigand finit&lt;br class='autobr' /&gt;
par se mettre en route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE XLIX&lt;br class='autobr' /&gt;
Monks et M. Brownlow se rencontrent enfin. - Leur conversation. -&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils sont interrompus par M. Losberne, qui leur apporte des&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelles importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour commen&#231;ait &#224; baisser quand M. Brownlow descendit d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
fiacre devant la porte de sa maison et frappa doucement ; la porte&lt;br class='autobr' /&gt;
s'ouvrit, un homme robuste sortit de la voiture et se planta d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
c&#244;t&#233; du perron, tandis qu'un autre homme assis sur le si&#232;ge en&lt;br class='autobr' /&gt;
descendait et se pla&#231;ait de l'autre c&#244;t&#233;. Sur un signe de&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow, ils tir&#232;rent de la voiture un troisi&#232;me individu, le&lt;br class='autobr' /&gt;
mirent entre eux deux et le firent entrer de force dans la maison :&lt;br class='autobr' /&gt;
cet homme &#233;tait Monks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils mont&#232;rent de m&#234;me l'escalier sans dire un mot, ayant devant&lt;br class='autobr' /&gt;
eux M. Brownlow, qui les introduisit dans une chambre de derri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233; &#224; la porte de cette chambre, Monks, qui n'avan&#231;ait qu'&#224; son&lt;br class='autobr' /&gt;
corps d&#233;fendant, s'arr&#234;ta tout &#224; coup ; les deux hommes regard&#232;rent&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow, comme pour lui demander ce qu'il fallait faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il sait &#224; quelle alternative il est expos&#233;, dit M. Brownlow ; s'il&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;siste, s'il remue seulement le petit doigt sans votre ordre,&lt;br class='autobr' /&gt;
tra&#238;nez-le dans la rue, appelez la police &#224; votre aide, et faites-&lt;br class='autobr' /&gt;
le arr&#234;ter en mon nom comme faussaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comment osez-vous me nommer ainsi ? demanda Monks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et vous, jeune homme, comment osez-vous me pousser &#224; une telle&lt;br class='autobr' /&gt;
extr&#233;mit&#233; ? r&#233;pondit M. Brownlow en le regardant fixement. Seriez-&lt;br class='autobr' /&gt;
vous assez fou pour vouloir sortir de cette maison ? L&#226;chez-le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tenez, monsieur, vous &#234;tes libre de vous en aller, et nous de vous&lt;br class='autobr' /&gt;
suivre ; mais je vous d&#233;clare, au nom de tout ce qu'il y a de plus&lt;br class='autobr' /&gt;
sacr&#233;, qu'&#224; l'instant m&#234;me o&#249; vous mettrez le pied dans la rue, je&lt;br class='autobr' /&gt;
vous ferai arr&#234;ter pour fraude et escroquerie ; ma r&#233;solution est&lt;br class='autobr' /&gt;
in&#233;branlable. Si vous persistez dans votre r&#233;sistance, que votre&lt;br class='autobr' /&gt;
sang retombe sur votre t&#234;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De quelle autorit&#233; m'avez-vous fait empoigner dans la rue et&lt;br class='autobr' /&gt;
amener ici par ces gredins-l&#224; ? demanda Monks en regardant l'un&lt;br class='autobr' /&gt;
apr&#232;s l'autre les deux hommes qui se tenaient &#224; ses c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De ma propre autorit&#233;, r&#233;pondit M. Brownlow Je prends sur moi&lt;br class='autobr' /&gt;
toute la responsabilit&#233; de cet acte ; si vous vous plaignez d'&#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
priv&#233; de votre libert&#233;, adressez-vous, je vous le r&#233;p&#232;te, &#224; la loi&lt;br class='autobr' /&gt;
pour vous prot&#233;ger (vous auriez d&#233;j&#224; pu vous &#233;chapper durant le&lt;br class='autobr' /&gt;
trajet, mais vous avez jug&#233; plus prudent de vous tenir&lt;br class='autobr' /&gt;
tranquille) ; moi aussi, j'aurai recours &#224; la loi ; mais, si vous me&lt;br class='autobr' /&gt;
mettez dans l'impossibilit&#233; de reculer, ne comptez plus sur mon&lt;br class='autobr' /&gt;
intervention indulgente, quand vous serez entre les mains de la&lt;br class='autobr' /&gt;
justice, et ne dites pas alors que je vous ai pr&#233;cipit&#233; dans le&lt;br class='autobr' /&gt;
gouffre o&#249; vous vous serez jet&#233; vous-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monks avait l'air d&#233;concert&#233; et inquiet ; il h&#233;sitait...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#233;p&#234;chez-vous de prendre un parti, dit M. Brownlow d'un ton ferme&lt;br class='autobr' /&gt;
et calme ; si vous aimez mieux que je vous poursuive en justice et&lt;br class='autobr' /&gt;
que j'attire sur vous un ch&#226;timent dont la pens&#233;e seule me fait&lt;br class='autobr' /&gt;
fr&#233;mir, mais auquel je ne pourrais vous soustraire, encore une&lt;br class='autobr' /&gt;
fois, je vous le r&#233;p&#232;te, vous savez ce que vous avez &#224; faire ; si,&lt;br class='autobr' /&gt;
au contraire, vous faites appel &#224; mon indulgence et &#224; la piti&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
ceux envers lesquels vous avez tenu une conduite si criminelle,&lt;br class='autobr' /&gt;
asseyez-vous, sans mot dire, dans ce fauteuil. Il y a deux jours&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il vous attend. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monks murmura quelques paroles inintelligibles et resta ind&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#233;p&#234;chez-vous, dit M. Brownlow ; je n'ai qu'un mot &#224; dire, et il&lt;br class='autobr' /&gt;
sera trop tard pour vous d&#233;cider. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monks h&#233;sitait encore...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je n'ai pas l'intention de parlementer plus longtemps, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow, et m&#234;me, comme d&#233;fenseur d'int&#233;r&#234;ts sacr&#233;s qui ne&lt;br class='autobr' /&gt;
sont pas les miens, je n'en ai pas le droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N'y a-t-il pas... demanda Monks d'une voix tremblante, n'y a-t-&lt;br class='autobr' /&gt;
il pas... d'autre alternative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aucune, absolument aucune. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monks regarda le vieux monsieur d'un oeil inquiet ; mais, en voyant&lt;br class='autobr' /&gt;
son attitude s&#233;v&#232;re et r&#233;solue, il entra dans la chambre et&lt;br class='autobr' /&gt;
s'assit en haussant les &#233;paules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Fermez la porte &#224; clef en dehors, dit M. Brownlow aux&lt;br class='autobr' /&gt;
domestiques, et venez d&#232;s que je sonnerai. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ob&#233;irent, et les deux interlocuteurs rest&#232;rent seuls en&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour un vieil ami de mon p&#232;re, dit Monks en &#244;tant son chapeau et&lt;br class='autobr' /&gt;
son manteau, vous me traitez l&#224;, monsieur, d'une jolie mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jeune homme, c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que j'&#233;tais un vieil ami de&lt;br class='autobr' /&gt;
votre p&#232;re, r&#233;pondit M. Brownlow, c'est parce que les esp&#233;rances&lt;br class='autobr' /&gt;
des heureuses ann&#233;es de ma jeunesse reposaient sur lui et sur sa&lt;br class='autobr' /&gt;
soeur, cette charmante cr&#233;ature que Dieu a rappel&#233;e &#224; lui dans son&lt;br class='autobr' /&gt;
printemps, et qui m'a laiss&#233; ici-bas seul et isol&#233; ; c'est parce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il s'est agenouill&#233; avec moi pr&#232;s du lit de mort de cette soeur&lt;br class='autobr' /&gt;
ch&#233;rie le jour m&#234;me o&#249; elle devait s'unir &#224; moi... mais le ciel en&lt;br class='autobr' /&gt;
a dispos&#233; autrement... c'est parce que, depuis cette &#233;poque, mon&lt;br class='autobr' /&gt;
coeur bris&#233; s'est attach&#233; &#224; lui jusqu'&#224; sa mort, malgr&#233; ses fautes&lt;br class='autobr' /&gt;
et ses erreurs ; c'est parce que tous ces vieux souvenirs&lt;br class='autobr' /&gt;
remplissent encore mon &#226;me et que votre vue seule les ravive en&lt;br class='autobr' /&gt;
moi ; c'est pour tous ces motifs que je suis port&#233; &#224; vous m&#233;nager&lt;br class='autobr' /&gt;
maintenant, oui, &#201;douard Leeford, m&#234;me maintenant, et &#224; rougir de&lt;br class='autobr' /&gt;
vous voir d&#233;shonorer son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le nom ne fait rien &#224; l'affaire, dit l'autre, apr&#232;s avoir&lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#233;r&#233; en silence et avec surprise l'&#233;motion de son&lt;br class='autobr' /&gt;
interlocuteur. Qu'est-ce que cela me fait, le nom ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rien, je le sais, r&#233;pondit M. Brownlow, il ne vous fait rien &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
vous ; mais c'&#233;tait la nom de sa soeur, et, malgr&#233; un intervalle de&lt;br class='autobr' /&gt;
tant d'ann&#233;es, je n'oublierai jamais l'&#233;motion que j'&#233;prouvais&lt;br class='autobr' /&gt;
jadis &#224; l'entendre prononcer, m&#234;me par un &#233;tranger. Je suis&lt;br class='autobr' /&gt;
enchant&#233; que vous en ayez pris un autre, croyez-le bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tout cela est bel et bon, dit Monks (&#224; qui nous laissons encore&lt;br class='autobr' /&gt;
son nom d'emprunt), apr&#232;s un long silence durant lequel il faisait&lt;br class='autobr' /&gt;
des gestes de d&#233;fi furieux, pendant que M. Brownlow s'&#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
couvert le visage de ses mains. &#192; quoi voulez-vous en venir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous avez un fr&#232;re, dit M. Brownlow en ma&#238;trisant son &#233;motion,&lt;br class='autobr' /&gt;
un fr&#232;re dont je vous ai dit tout bas le nom &#224; l'oreille, quand je&lt;br class='autobr' /&gt;
vous suivais dans la rue, et que ce nom seul a suffi pour vous&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;cider &#224; m'accompagner ici, plein de surprise et de crainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je n'ai point de fr&#232;re, r&#233;pondit Monks : vous savez bien que&lt;br class='autobr' /&gt;
j'&#233;tais fils unique. Que venez-vous me parler d'un fr&#232;re ? vous&lt;br class='autobr' /&gt;
savez tout cela aussi bien que moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#201;coutez ce que j'ai &#224; vous dire, reprit M. Brownlow vous y&lt;br class='autobr' /&gt;
prendrez de l'int&#233;r&#234;t. Je sais parfaitement que vous &#234;tes le seul&lt;br class='autobr' /&gt;
et mis&#233;rable fruit d'une union fatale, que, par orgueil de famille&lt;br class='autobr' /&gt;
et par la plus m&#233;prisable ambition, on for&#231;a votre p&#232;re &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
contracter d&#232;s sa premi&#232;re jeunesse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Peu m'importent vos &#233;pith&#232;tes, interrompit Monks, avec un rire&lt;br class='autobr' /&gt;
effront&#233; ; vous reconnaissez le fait, et cela me suffit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui ; mais je sais aussi, continua le vieux monsieur, quels&lt;br class='autobr' /&gt;
malheurs, quelles suites de tortures, quelles angoisses&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;sult&#232;rent de cette union mal assortie ; je sais combien cette&lt;br class='autobr' /&gt;
cha&#238;ne fut lourde pour tous deux, et combien le bonheur de leur&lt;br class='autobr' /&gt;
vie fut empoisonn&#233; pour toujours. Je sais comment &#224; la froide&lt;br class='autobr' /&gt;
politesse succ&#233;d&#232;rent les disputes violentes ; comment&lt;br class='autobr' /&gt;
l'indiff&#233;rence fit place au d&#233;go&#251;t, le d&#233;go&#251;t &#224; la haine, et la&lt;br class='autobr' /&gt;
haine au d&#233;sespoir, jusqu'&#224; ce qu'enfin ils se s&#233;par&#232;rent et, ne&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvant rompre enti&#232;rement des liens que la mort seule devait&lt;br class='autobr' /&gt;
briser, ils les cach&#232;rent du moins aux yeux d'une soci&#233;t&#233; nouvelle&lt;br class='autobr' /&gt;
sous les dehors les plus gais qu'ils purent prendre. Votre m&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;ussit bient&#244;t &#224; tout oublier ; mais pendant bien des ann&#233;es votre&lt;br class='autobr' /&gt;
p&#232;re resta le coeur ulc&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Enfin, ils se s&#233;par&#232;rent, dit Monks ; eh bien ! apr&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quelque temps apr&#232;s leur s&#233;paration, reprit M. Brownlow, votre&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#232;re trouva sur le continent des distractions frivoles qui lui&lt;br class='autobr' /&gt;
firent oublier enti&#232;rement son mari, plus jeune qu'elle de dix ans&lt;br class='autobr' /&gt;
au moins, tandis que celui-ci, dont l'avenir &#233;tait fl&#233;tri, resta&lt;br class='autobr' /&gt;
en Angleterre et se fit de nouveaux amis. J'esp&#232;re que ce d&#233;tail&lt;br class='autobr' /&gt;
du moins ne vous est pas inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si, vraiment, r&#233;pondit Monks en d&#233;tournant la t&#234;te et en&lt;br class='autobr' /&gt;
frappant du pied contre le plancher, comme un homme r&#233;solu a tout&lt;br class='autobr' /&gt;
nier ; je l'ignore compl&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Votre ton aussi bien que vos actions, dit M. Brownlow, me&lt;br class='autobr' /&gt;
donnent la certitude que vous ne l'avez jamais oubli&#233; et que vous&lt;br class='autobr' /&gt;
n'avez jamais cess&#233; d'y penser avec amertume. Je vous parle l&#224; de&lt;br class='autobr' /&gt;
faits pass&#233;s depuis quinze ann&#233;es, quand vous n'aviez pas plus de&lt;br class='autobr' /&gt;
onze ans et que votre p&#232;re n'en avait que trente et un : car, je le&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;p&#232;te, c'&#233;tait presque encore un enfant quand son p&#232;re le for&#231;a&lt;br class='autobr' /&gt;
de se marier. Faut-il que je remonte &#224; des faits qui imprimeront&lt;br class='autobr' /&gt;
une tache &#224; la m&#233;moire de votre p&#232;re, ou voulez-vous m'&#233;pargner&lt;br class='autobr' /&gt;
ces d&#233;tails en me d&#233;voilant la v&#233;rit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je n'ai rien &#224; d&#233;voiler, r&#233;pondit Monks d'un air confus ; vous&lt;br class='autobr' /&gt;
n'avez qu'&#224; continuer si cela vous fait plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ces nouveaux amis de votre p&#232;re &#233;taient un officier de marine en&lt;br class='autobr' /&gt;
retraite, dont la femme &#233;tait morte six mois auparavant, et ses&lt;br class='autobr' /&gt;
deux enfants ; il en avait eu davantage, mais, de toute la famille,&lt;br class='autobr' /&gt;
il n'en restait heureusement que deux ; c'&#233;taient deux filles :&lt;br class='autobr' /&gt;
l'une, &#226;g&#233;e de dix-neuf ans et belle comme le jour ; l'autre, &#226;g&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
seulement de deux ou trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est-ce que tout cela me fait ? demanda Monks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ils habitaient, continua M. Brownlow, sans avoir l'air de&lt;br class='autobr' /&gt;
remarquer cette interruption, &#224; peu de distance de l'endroit o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
votre p&#232;re &#233;tait venu se fixer ; ils firent bient&#244;t connaissance et&lt;br class='autobr' /&gt;
se li&#232;rent intimement. Votre p&#232;re &#233;tait dou&#233; comme peu d'hommes le&lt;br class='autobr' /&gt;
sont : il avait l'esprit et la gr&#226;ce de sa soeur. Plus le vieil&lt;br class='autobr' /&gt;
officier le connut, plus il l'aima. Pl&#251;t &#224; Dieu qu'il e&#251;t &#233;t&#233; le&lt;br class='autobr' /&gt;
seul ! mais sa fille en fit autant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieux monsieur s'arr&#234;ta ; Monks se mordait les l&#232;vres et tenait&lt;br class='autobr' /&gt;
ses yeux fix&#233;s sur le plancher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Brownlow, &#224; cette vue, continua en ces termes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au bout d'un an, il avait contract&#233; des engagements solennels&lt;br class='autobr' /&gt;
envers cette jeune fille pure et na&#239;ve, dont il &#233;tait la premi&#232;re,&lt;br class='autobr' /&gt;
la seule et ardente passion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Votre histoire n'en finit pas, observa Monks en s'agitant sur sa&lt;br class='autobr' /&gt;
chaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est une histoire triste et douloureuse, jeune homme, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow, et d'ordinaire ces histoires sont longues. Si j'avais&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; vous faire le r&#233;cit d'un bonheur sans m&#233;lange, ce serait tr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
court. Enfin, un de ces riches parents dont on avait voulu&lt;br class='autobr' /&gt;
s'assurer la bienveillance et la protection en sacrifiant votre&lt;br class='autobr' /&gt;
p&#232;re (ces choses-l&#224; se voient souvent), vint &#224; mourir, et, pour&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;parer le mal dont il avait &#233;t&#233; la cause indirecte, il lui laissa&lt;br class='autobr' /&gt;
ce qu'il croyait une panac&#233;e contre tous les chagrins... de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'argent. Il fallut que votre p&#232;re all&#226;t sur-le-champ &#224; Rome, o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
ce parent &#233;tait all&#233; lui-m&#234;me pour r&#233;tablir sa sant&#233; et o&#249; il&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait mort, laissant des affaires fort embrouill&#233;es. Votre p&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
partit, fut atteint &#224; Rome d'une maladie mortelle, et, d&#232;s que&lt;br class='autobr' /&gt;
votre m&#232;re l'apprit &#224; Paris, elle le suivit et vous emmena avec&lt;br class='autobr' /&gt;
elle. Le lendemain de votre arriv&#233;e, votre p&#232;re mourut, ne&lt;br class='autobr' /&gt;
laissant pas de testament ; pas de testament, vous m'entendez, en&lt;br class='autobr' /&gt;
sorte que toute la fortune revint &#224; votre m&#232;re et &#224; vous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cet endroit du r&#233;cit, Monks ne soufflait plus et &#233;coutait d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
air singuli&#232;rement attentif, bien que ses yeux ne fussent pas&lt;br class='autobr' /&gt;
tourn&#233;s vers le narrateur. Quand M. Brownlow s'arr&#234;ta, il changea&lt;br class='autobr' /&gt;
de position comme un homme qui &#233;prouve un soulagement inattendu,&lt;br class='autobr' /&gt;
et passa les mains sur son visage br&#251;lant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avant de se mettre en route, votre p&#232;re avait pass&#233; par Londres,&lt;br class='autobr' /&gt;
dit M. Brownlow avec lenteur en regardant fixement son&lt;br class='autobr' /&gt;
interlocuteur ; il vint me voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je n'ai jamais entendu parler de cela, interrompit Monks d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
air d'incr&#233;dulit&#233; affect&#233;e, mais en &#233;prouvant la plus d&#233;sagr&#233;able&lt;br class='autobr' /&gt;
surprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il vint me voir et me laissa entre autres choses un portrait, un&lt;br class='autobr' /&gt;
portrait peint par lui-m&#234;me, de cette pauvre jeune fille ; il ne&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvait l'emporter avec lui et regrettait de le quitter. Il &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
min&#233; par les soucis et par les remords ; il me dit en termes vagues&lt;br class='autobr' /&gt;
et incoh&#233;rents qu'il avait perdu et d&#233;shonor&#233; une famille ; il me&lt;br class='autobr' /&gt;
confia l'intention qu'il avait de convertir &#224; tout prix sa fortune&lt;br class='autobr' /&gt;
en esp&#232;ces, d'assurer &#224; sa femme et &#224; vous une partie de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelle fortune et de s'expatrier pour toujours. Je ne devinai&lt;br class='autobr' /&gt;
que trop qu'il ne s'expatrierait pas seul. M&#234;me &#224; moi, son ami&lt;br class='autobr' /&gt;
d'enfance, dont l'attachement pour lui avait pris racine sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
tombe de sa soeur ch&#233;rie, m&#234;me &#224; moi, il ne fit aucun aveu plus&lt;br class='autobr' /&gt;
complet. Il me promit de m'&#233;crire, de tout me dire, et de venir&lt;br class='autobr' /&gt;
ensuite me voir encore une derni&#232;re fois avant de s'&#233;loigner pour&lt;br class='autobr' /&gt;
toujours. H&#233;las ! c'&#233;tait ce jour-l&#224; m&#234;me que je le voyais pour la&lt;br class='autobr' /&gt;
derni&#232;re fois. Je n'ai re&#231;u de lui aucune lettre, et je ne l'ai&lt;br class='autobr' /&gt;
plus revu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je me rendis, ajoute M. Brownlow, apr&#232;s un instant de silence, je&lt;br class='autobr' /&gt;
me rendis sur le th&#233;&#226;tre de son... (je puis parler ici le langage&lt;br class='autobr' /&gt;
du monde, car l'indulgence et la rigueur du monde ne lui font plus&lt;br class='autobr' /&gt;
rien &#224; pr&#233;sent)... sur le th&#233;&#226;tre de son coupable amour, d&#233;cid&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
si mes craintes se r&#233;alisaient, &#224; offrir &#224; cette pauvre enfant&lt;br class='autobr' /&gt;
abandonn&#233;e un foyer pour l'abriter et un coeur pour la plaindre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa famille avait quitt&#233; le pays huit jours auparavant ; ils avaient&lt;br class='autobr' /&gt;
acquitt&#233; quelques petites dettes courantes et &#233;taient partis&lt;br class='autobr' /&gt;
pendant la nuit : nul ne put me dire le motif ni le but de leur&lt;br class='autobr' /&gt;
voyage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monks respira plus librement et regarda autour de lui avec un&lt;br class='autobr' /&gt;
sourire de triomphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand votre fr&#232;re, dit M. Brownlow, en rapprochant sa chaise de&lt;br class='autobr' /&gt;
Monks, quand votre fr&#232;re, pauvre enfant abandonn&#233;, ch&#233;tif et&lt;br class='autobr' /&gt;
couvert de haillons, fut jet&#233; sur mon chemin, non par le hasard,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais par la Providence, et sauv&#233; par moi du vice et de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'infamie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quoi ! s'&#233;cria Monks en tressaillant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Par moi, dit M. Brownlow. Je vous disais bien que mon r&#233;cit&lt;br class='autobr' /&gt;
finirait par vous int&#233;resser. Je vois que le juif, votre rus&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
complice, ne vous a pas dit mon nom, quoique du reste il d&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
croire qu'il vous &#233;tait tout &#224; fait inconnu. Quand cet enfant eut&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;t&#233; sauv&#233; par moi et qu'il se r&#233;tablit chez moi de sa maladie, sa&lt;br class='autobr' /&gt;
ressemblance surprenante avec le portrait dont je vous parlais&lt;br class='autobr' /&gt;
tout &#224; l'heure me frappa d'&#233;tonnement. D&#232;s la premi&#232;re fois que je&lt;br class='autobr' /&gt;
le vis, malgr&#233; sa mis&#232;re et ses haillons, je remarquai sur son&lt;br class='autobr' /&gt;
visage une expression de langueur qui me rappela tout &#224; coup,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme dans un r&#234;ve, les traits de celle qui m'avait &#233;t&#233; si ch&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai pas besoin de vous raconter comment il fut enlev&#233; dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
rue avant que je connusse son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pourquoi ? demanda vivement Monks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Parce que vous connaissez tous ces d&#233;tails aussi bien que moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il serait inutile de chercher &#224; le nier, r&#233;pondit M. Brownlow ;&lt;br class='autobr' /&gt;
je vous montrerai que je sais encore bien d'autres choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous n'avez aucune preuve &#224; produire contre moi, balbutia Monks ;&lt;br class='autobr' /&gt;
je vous d&#233;fie d'en produire une !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous verrons, r&#233;pondit le vieux monsieur en jetant sur Monks un&lt;br class='autobr' /&gt;
regard scrutateur. Je perdis cet enfant, et tous mes efforts pour&lt;br class='autobr' /&gt;
le retrouver furent inutiles ; comme votre m&#232;re &#233;tait morte, je&lt;br class='autobr' /&gt;
savais que, si quelqu'un pouvait &#233;claircir ce myst&#232;re, c'&#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
vous seul. J'appris que vous &#233;tiez parti pour vos propri&#233;t&#233;s des&lt;br class='autobr' /&gt;
Indes occidentales, o&#249; vous vous &#234;tes rendu, ai-je besoin de le&lt;br class='autobr' /&gt;
dire ? apr&#232;s la mort de votre m&#232;re, pour &#233;viter ici de f&#226;cheuses&lt;br class='autobr' /&gt;
poursuites ; je fis le voyage. Vous aviez quitt&#233; les Indes depuis&lt;br class='autobr' /&gt;
quelques mois, et on supposait que vous &#233;tiez revenu &#224; Londres ;&lt;br class='autobr' /&gt;
mais personne ne pouvait m'indiquer votre adresse. Je revins en&lt;br class='autobr' /&gt;
Angleterre ; vos correspondants n'avaient aucune donn&#233;e sur le lieu&lt;br class='autobr' /&gt;
de votre r&#233;sidence ; vous alliez et veniez, me dirent-ils, d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
mani&#232;re aussi irr&#233;guli&#232;re que vous l'aviez toujours fait ;&lt;br class='autobr' /&gt;
quelquefois vous restiez plusieurs jours de suite, quelquefois&lt;br class='autobr' /&gt;
vous disparaissiez pendant des mois entiers. Vous hantiez, selon&lt;br class='autobr' /&gt;
toute apparence, les m&#234;mes lieux et les m&#234;mes compagnies,&lt;br class='autobr' /&gt;
compagnies inf&#226;mes dont vous aviez fait votre soci&#233;t&#233; quand vous&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tiez jeune et indomptable. Je les fatiguai de mes questions ; je&lt;br class='autobr' /&gt;
battis les rues nuit et jour ; mais, il n'y a pas plus de deux&lt;br class='autobr' /&gt;
heures, tous mes efforts &#233;taient rest&#233;s inutiles, et je ne vous&lt;br class='autobr' /&gt;
avais pas aper&#231;u une seule fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et maintenant vous me voyez tout &#224; votre aise, dit Monks en se&lt;br class='autobr' /&gt;
levant d'un air r&#233;solu. Eh bien ! apr&#232;s ? Vous parlez de fraude et&lt;br class='autobr' /&gt;
d'escroquerie ; ce sont l&#224; de grands mots, justifi&#233;s, &#224; ce que vous&lt;br class='autobr' /&gt;
paraissez croire, par je ne sais quelle ressemblance avec un petit&lt;br class='autobr' /&gt;
mis&#233;rable ; vous dites que c'est mon fr&#232;re ! mais vous ne savez&lt;br class='autobr' /&gt;
seulement pas si un enfant est r&#233;sult&#233; de ce beau couple ; vous&lt;br class='autobr' /&gt;
n'en avez aucune preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne le savais pas, repartit M. Brownlow en se levant aussi ;&lt;br class='autobr' /&gt;
mais depuis quinze jours j'ai tout appris. Vous avez un fr&#232;re,&lt;br class='autobr' /&gt;
vous le savez ; bien plus, vous le connaissez. Il y avait un&lt;br class='autobr' /&gt;
testament ; votre m&#232;re l'a d&#233;truit et vous a confi&#233; ce secret en&lt;br class='autobr' /&gt;
mourant. Il &#233;tait question dans ce testament d'un enfant qui &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;videmment le fruit de cette malheureuse liaison ; cet enfant, vous&lt;br class='autobr' /&gt;
l'avez rencontr&#233;, et sa ressemblance avec son p&#232;re a &#233;veill&#233; vos&lt;br class='autobr' /&gt;
soup&#231;ons. Vous vous &#234;tes rendu au lieu de sa naissance ; il y avait&lt;br class='autobr' /&gt;
des preuves (preuves longtemps cach&#233;es) de son origine et de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
parent&#233; avec vous ; ces preuves, vous les avez d&#233;truites, et voici&lt;br class='autobr' /&gt;
les propres paroles que vous avez dites au juif, votre inf&#226;me&lt;br class='autobr' /&gt;
complice : &#171; Les seules preuves de l'identit&#233; de l'enfant sont au&lt;br class='autobr' /&gt;
fond de la rivi&#232;re, et la vieille sorci&#232;re qui les tenait de la&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#232;re pourrit dans son cercueil. &#187; Fils d&#233;natur&#233;, l&#226;che, menteur que&lt;br class='autobr' /&gt;
vous &#234;tes, vous qui tenez des conciliabules la nuit, dans de&lt;br class='autobr' /&gt;
sombres bouges, avec des voleurs et des assassins ; vous dont les&lt;br class='autobr' /&gt;
inf&#226;mes complots ont caus&#233; la mort violente de quelqu'un qui&lt;br class='autobr' /&gt;
valait mille fois mieux que vous ; vous qui d&#232;s le berceau avez &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
une cause de chagrin et de d&#233;sespoir pour votre p&#232;re, et qui&lt;br class='autobr' /&gt;
portez sur votre visage, vrai miroir de votre &#226;me, les traces des&lt;br class='autobr' /&gt;
maladies honteuses que vous devez aux plus viles passions, au vice&lt;br class='autobr' /&gt;
et &#224; la d&#233;bauche... &#201;douard Leeford, me bravez-vous encore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, non, non ! r&#233;pondit le l&#226;che, accabl&#233; sous ces charges&lt;br class='autobr' /&gt;
multipli&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il n'y a pas un mot, s'&#233;cria le vieux monsieur, pas un seul mot&lt;br class='autobr' /&gt;
qui ne me soit connu. Ces ombres que vous avez vues sur le mur ont&lt;br class='autobr' /&gt;
recueilli vos secrets et me les ont rapport&#233;s &#224; l'oreille. La vue&lt;br class='autobr' /&gt;
de cet enfant pers&#233;cut&#233; a &#233;mu le vice lui-m&#234;me, et lui a donn&#233; le&lt;br class='autobr' /&gt;
courage, sinon les attributs de la vertu. Un assassinat a &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
commis, dont vous &#234;tes moralement, sinon r&#233;ellement le complice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, non, interrompit Monks ; je ne sais rien de ce qui s'est&lt;br class='autobr' /&gt;
pass&#233; ; j'allais m'enqu&#233;rir de la v&#233;rit&#233; du fait quand vous m'avez&lt;br class='autobr' /&gt;
surpris dans la rue ; je ne connaissais pas la cause du meurtre ; je&lt;br class='autobr' /&gt;
pensais que c'&#233;tait le r&#233;sultat d'une querelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cette femme a &#233;t&#233; assassin&#233;e pour avoir r&#233;v&#233;l&#233; une partie de vos&lt;br class='autobr' /&gt;
secrets, r&#233;pondit M. Brownlow. Voulez-vous me les r&#233;v&#233;ler tous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voulez-vous me dresser de votre main une reconnaissance sinc&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
des faits et les attester devant t&#233;moins ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, je le promets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voulez-vous rester ici tranquille jusqu'&#224; ce que ce document&lt;br class='autobr' /&gt;
soit r&#233;dig&#233;, et m'accompagner en tel lieu que je jugerai&lt;br class='autobr' /&gt;
convenable, pour y faire cet aveu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si vous y tenez, j'y consens aussi, r&#233;pondit Monks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous devez faire plus encore, dit M. Brownlow : restituer &#224; un&lt;br class='autobr' /&gt;
enfant innocent la fortune qui lui &#233;tait destin&#233;e. Vous n'avez pas&lt;br class='autobr' /&gt;
oubli&#233; les clauses du testament. Mettez-les &#224; ex&#233;cution en ce qui&lt;br class='autobr' /&gt;
concerne votre fr&#232;re, et allez ensuite o&#249; vous voudrez : nous&lt;br class='autobr' /&gt;
n'aurons plus besoin de nous revoir en ce monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monks, combattu entre la crainte et la haine, se promenait en long&lt;br class='autobr' /&gt;
et en large, en r&#233;fl&#233;chissant d'un air sombre &#224; la proposition qui&lt;br class='autobr' /&gt;
lui &#233;tait faite et &#224; la possibilit&#233; de l'&#233;luder, quand la porte&lt;br class='autobr' /&gt;
s'ouvrit brusquement, et M. Losberne entra dans la chambre, en&lt;br class='autobr' /&gt;
proie &#224; une violente agitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme sera pris, s'&#233;cria-t-il. Il sera pris ce soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'assassin ? demanda M. Brownlow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, oui, r&#233;pondit l'autre ; on a vu son chien errer aux environs&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une vieille masure, et sans nul doute son ma&#238;tre y est d&#233;j&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
cach&#233; ou viendra s'y cacher &#224; la faveur de la nuit. La police&lt;br class='autobr' /&gt;
veille de tous c&#244;t&#233;s : j'ai caus&#233; avec les hommes charg&#233;s de le&lt;br class='autobr' /&gt;
prendre, et ils m'ont dit qu'il est impossible qu'il s'&#233;chappe ; ce&lt;br class='autobr' /&gt;
soir, le gouvernement promet une r&#233;compense de cent livres&lt;br class='autobr' /&gt;
sterling &#224; qui le prendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J'en offre cinquante de plus, et je vais le publier moi-m&#234;me sur&lt;br class='autobr' /&gt;
les lieux, si j'arrive &#224; temps. O&#249; est M. Maylie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Henry ? r&#233;pondit le docteur. D&#232;s qu'il a vu votre ami ici pr&#233;sent&lt;br class='autobr' /&gt;
monter sain et sauf en voiture avec vous, il est parti au galop&lt;br class='autobr' /&gt;
pour se rendre &#224; l'endroit on l'on traque l'assassin et se joindre&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; ceux qui le poursuivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et le juif ? dit M. Brownlow ; quelles nouvelles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il n'&#233;tait pas encore pris, mais il le sera, sans nul doute ; il&lt;br class='autobr' /&gt;
l'est peut-&#234;tre d&#233;j&#224; : on est s&#251;r de l'avoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Avez-vous pris votre parti ? demanda M. Brownlow &#224; voix basse &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Monks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, r&#233;pondit celui-ci ; vous... vous me garderez le secret ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui ; restez ici jusqu'&#224; mon retour ; c'est votre unique chance de&lt;br class='autobr' /&gt;
salut. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Brownlow et le docteur sortirent et referm&#232;rent la porte &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
clef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Eh bien ! o&#249; en &#234;tes-vous ? Qu'avez-vous fait ? demanda tout bas le&lt;br class='autobr' /&gt;
docteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tout ce que j'esp&#233;rais, et m&#234;me davantage : en r&#233;unissant les&lt;br class='autobr' /&gt;
renseignements fournis par la jeune fille avec ceux que je&lt;br class='autobr' /&gt;
poss&#233;dais d&#233;j&#224;, je ne lui ai laiss&#233; aucune &#233;chappatoire, et je lui&lt;br class='autobr' /&gt;
ai montr&#233; clair comme le jour l'horreur de sa conduite. Veuillez&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;crire, je vous prie, et fixer le rendez-vous &#224; apr&#232;s-demain soir,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; sept heures ; nous serons l&#224; quelques heures d'avance, mais il&lt;br class='autobr' /&gt;
faudra se reposer, et surtout Mlle Rose, qui aura peut-&#234;tre besoin&lt;br class='autobr' /&gt;
de plus de courage que ni vous ni moi ne pouvons en ce moment le&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;voir. Mais mon sang bout dans mes veines &#224; la pens&#233;e de venger&lt;br class='autobr' /&gt;
cette pauvre fille assassin&#233;e ; quelle route ont-ils prise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Allez droit au bureau de police, et vous arriverez encore assez&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; temps, r&#233;pondit M. Losberne. Moi, je reste ici. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux amis se s&#233;par&#232;rent aussit&#244;t, en proie l'un et l'autre &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
une agitation violente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE L.&lt;br class='autobr' /&gt;
Poursuite et &#233;vasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bord de la Tamise, pr&#232;s de l'&#233;glise de Rotherhithe, &#224; l'endroit&lt;br class='autobr' /&gt;
o&#249; le fleuve est bord&#233; des masures les plus d&#233;labr&#233;es et o&#249; les&lt;br class='autobr' /&gt;
vaisseaux sont le plus noircis par la poussi&#232;re de la houille et&lt;br class='autobr' /&gt;
par la fum&#233;e qui s'&#233;chappe des toits abaiss&#233;s des maisons, se&lt;br class='autobr' /&gt;
trouve &#224; l'heure qu'il est la plus sale, la plus &#233;trange, la plus&lt;br class='autobr' /&gt;
extraordinaire des nombreuses localit&#233;s que rec&#232;le la ville de&lt;br class='autobr' /&gt;
Londres, compl&#232;tement inconnue, m&#234;me de nom, au plus grand nombre&lt;br class='autobr' /&gt;
des habitants de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour arriver dans cet endroit, le visiteur est oblig&#233; de parcourir&lt;br class='autobr' /&gt;
un d&#233;dale de rues &#233;troites et fangeuses, o&#249; est entass&#233;e la&lt;br class='autobr' /&gt;
population la plus mis&#233;rable et la plus grossi&#232;re des bords du&lt;br class='autobr' /&gt;
fleuve, et o&#249; l'on ne vend que les objets n&#233;cessaires &#224; la classe&lt;br class='autobr' /&gt;
indigente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vivres les moins chers et les plus grossiers sont entass&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
dans les boutiques ; les v&#234;tements les plus communs sont suspendus&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la porte du brocanteur ou accroch&#233;s aux fen&#234;tres. Coudoy&#233; par&lt;br class='autobr' /&gt;
des ouvriers sans ouvrage du plus bas &#233;tage, des porteurs de lest&lt;br class='autobr' /&gt;
et de charbon, des femmes effront&#233;es, des enfants en guenilles,&lt;br class='autobr' /&gt;
enfin par le rebut de la population voisine du fleuve, le visiteur&lt;br class='autobr' /&gt;
ne se fraye un chemin qu'avec peine, rebut&#233; par le spectacle&lt;br class='autobr' /&gt;
hideux et l'odeur infecte des all&#233;es &#233;troites qui se d&#233;tachent &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
droite et &#224; gauche de la rue principale, et assourdi par le bruit&lt;br class='autobr' /&gt;
des chariots lourdement charg&#233;s. Arriv&#233; enfin dans des rues plus&lt;br class='autobr' /&gt;
recul&#233;es et moins fr&#233;quent&#233;es que celles qu'il a travers&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
jusqu'ici, il s'avance entre des rang&#233;es de maisons dont les&lt;br class='autobr' /&gt;
fa&#231;ades chancelantes surplombent sur le trottoir, des murs&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#233;zard&#233;s qui semblent pr&#234;ts &#224; s'&#233;crouler, des chemin&#233;es en ruines&lt;br class='autobr' /&gt;
qui h&#233;sitent &#224; tomber tout &#224; fait, des fen&#234;tres garnies de barres&lt;br class='autobr' /&gt;
de fer rong&#233;es par la rouille et par le temps, enfin tout ce qu'on&lt;br class='autobr' /&gt;
peut imaginer de plus triste et de plus d&#233;grad&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cet affreux quartier, au del&#224; de _Dockhead_, dans le&lt;br class='autobr' /&gt;
faubourg de _Southtwark_, que se trouve l'&#238;le de Jacob, entour&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un foss&#233; fangeux, profond de six ou huit pieds, et large de&lt;br class='autobr' /&gt;
quinze ou vingt &#224; la mar&#233;e haute, qu'on appelait jadis _Mill-Pond&lt;br class='autobr' /&gt;
_et qui est connu maintenant sous le nom de _Folly-Ditch_. Ce&lt;br class='autobr' /&gt;
foss&#233; aboutit &#224; la Tamise et peut toujours &#234;tre rempli d'eau en&lt;br class='autobr' /&gt;
ouvrant les &#233;cluses de _Lead-Mills_, d'o&#249; lui venait son ancien&lt;br class='autobr' /&gt;
nom. Alors un &#233;tranger plac&#233; sur un des ponts de bois qui sont&lt;br class='autobr' /&gt;
jet&#233;s sur le foss&#233; &#224; _Mill-Lane_, pourrait voir les habitants des&lt;br class='autobr' /&gt;
maisons qui le bordent de chaque c&#244;t&#233; puiser l'eau dans des&lt;br class='autobr' /&gt;
baquets, des seaux, des ustensiles de tout genre, qui descendent&lt;br class='autobr' /&gt;
des portes ou des fen&#234;tres ; et, s'il porte ses regards sur les&lt;br class='autobr' /&gt;
maisons elles-m&#234;mes, son &#233;tonnement redoublera &#224; la vue du&lt;br class='autobr' /&gt;
spectacle &#233;tal&#233; devant lui ; des galeries de bois vermoulus&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;tendant derri&#232;re une demi-douzaine de maisons et perc&#233;es de&lt;br class='autobr' /&gt;
trous &#224; travers desquels on peut voir l'eau bourbeuse qui coule&lt;br class='autobr' /&gt;
au-dessous ; des fen&#234;tres faites de pi&#232;ces et de morceaux, laissant&lt;br class='autobr' /&gt;
passer des perches &#224; s&#233;cher le linge (comme s'il y avait du linge&lt;br class='autobr' /&gt;
dans ces parages) ; des chambres si &#233;troites, si resserr&#233;es et si&lt;br class='autobr' /&gt;
sales, que l'air s'y corrompt en y entrant ; des constructions en&lt;br class='autobr' /&gt;
bois qui penchent sur le foss&#233; et qui menacent d'y tomber pour&lt;br class='autobr' /&gt;
imiter les autres, qui ont d&#233;j&#224; pris ce parti ; des murs noircis,&lt;br class='autobr' /&gt;
des fondations d&#233;grad&#233;es ; enfin tout ce que la pauvret&#233; a de plus&lt;br class='autobr' /&gt;
repoussant : tels sont les objets qui ornent les bords de _Folly-&lt;br class='autobr' /&gt;
Ditch_.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#238;le de Jacob, les magasins sont vides et n'ont plus de&lt;br class='autobr' /&gt;
toits ; les murs s'&#233;croulent de toute part, les fen&#234;tres ne sont&lt;br class='autobr' /&gt;
plus des fen&#234;tres, les chemin&#233;es sont noires, mais il n'en sort&lt;br class='autobr' /&gt;
plus de fum&#233;e. Il y a trente ou quarante ans, c'&#233;tait un quartier&lt;br class='autobr' /&gt;
assez commer&#231;ant, maintenant ce n'est plus qu'un d&#233;sert ; les&lt;br class='autobr' /&gt;
maisons n'appartiennent &#224; personne et servent de retraite &#224; ceux&lt;br class='autobr' /&gt;
qui ont le courage d'y vivre et d'y mourir. Pour chercher un&lt;br class='autobr' /&gt;
refuge dans l'&#238;le de Jacob, il faut avoir de puissantes raisons de&lt;br class='autobr' /&gt;
se cacher ou &#234;tre r&#233;duit au plus affreux d&#233;n&#251;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une de ces maisons en ruine, dont les portes et les fen&#234;tres&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;taient solidement barricad&#233;es, et qui donnait par derri&#232;re sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
foss&#233;, comme nous venons de le d&#233;crire, &#233;taient r&#233;unis trois&lt;br class='autobr' /&gt;
hommes qui tant&#244;t &#233;changeaient entre eux des regards inquiets,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme s'ils &#233;taient dans l'attente de quelque grave &#233;v&#233;nement, et&lt;br class='autobr' /&gt;
tant&#244;t restaient immobiles et silencieux : c'&#233;taient Tobie Crackit,&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Chitling et un voleur &#226;g&#233; de cinquante ans au moins, qui avait&lt;br class='autobr' /&gt;
eu le nez bris&#233; dans quelque ancienne rixe, et dont le visage&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait d&#233;figur&#233; par une grande balafre, re&#231;ue probablement dans les&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;mes circonstances : cet individu &#233;tait un d&#233;port&#233; en rupture de&lt;br class='autobr' /&gt;
banc et se nommait Kags.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand vous avez d&#233;guerpi de nos anciens domiciles, parce que &#231;a&lt;br class='autobr' /&gt;
chauffait, vous auriez bien d&#251; chercher quelque autre tani&#232;re, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
Tobie en s'adressant &#224; M. Chitling, au lieu de venir ici, mon bel&lt;br class='autobr' /&gt;
ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et qui est-ce qui vous en emp&#234;chait, nigaud que vous &#234;tes ? dit&lt;br class='autobr' /&gt;
Kags.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je m'attendais &#224; &#234;tre mieux re&#231;u, r&#233;pondit M. Chitling d'un air&lt;br class='autobr' /&gt;
pensif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voyez-vous, jeune homme, dit Tobie, quand on se donne la peine&lt;br class='autobr' /&gt;
de vivre &#224; l'&#233;cart comme je le fais, et d'avoir un chez-soi o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
personne ne met le nez, il est peu r&#233;cr&#233;atif de recevoir la visite&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un jeune monsieur dans votre position, quelque agr&#233;ment qu'on&lt;br class='autobr' /&gt;
puisse avoir &#224; faire avec vous une partie de cartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Surtout, ajouta M. Kags, quand celui qui vit ainsi loin du&lt;br class='autobr' /&gt;
monde, a avec lui un ami, arriv&#233; de l'&#233;tranger &#224; l'improviste, et&lt;br class='autobr' /&gt;
trop modeste pour mettre sa carte chez les magistrats &#224; son&lt;br class='autobr' /&gt;
retour. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut un court moment de silence, apr&#232;s quoi Tobie Crackit,&lt;br class='autobr' /&gt;
sentant l'impossibilit&#233; de soutenir la conversation sur le ton&lt;br class='autobr' /&gt;
plaisant, se tourna vers Chitling et dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand Fagin a-t-il &#233;t&#233; pris ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Juste au moment du d&#238;ner, &#224; deux heures de l'apr&#232;s-midi : Charlot&lt;br class='autobr' /&gt;
et moi, nous avons eu la chance de nous &#233;chapper par une chemin&#233;e ;&lt;br class='autobr' /&gt;
quant &#224; Bolter, il avait retourn&#233; le cuvier et s'&#233;tait blotti&lt;br class='autobr' /&gt;
dessous ; mais ses longues &#233;chasses l'ont fait d&#233;couvrir, et il a&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;t&#233; pinc&#233; comme le juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et Betsy ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pauvre Betsy ! dit Chitling qui perdait de plus en plus&lt;br class='autobr' /&gt;
contenance ; elle est all&#233;e voir le cadavre et est sortie comme une&lt;br class='autobr' /&gt;
folle en criant et en se frappant la t&#234;te contre les murailles, de&lt;br class='autobr' /&gt;
sorte qu'on lui a mis la camisole de force, et qu'on l'a conduite&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'h&#244;pital, o&#249; elle est &#224; l'heure qu'il est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est devenu le jeune Charlot Bates ? demanda Kags.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il est &#224; r&#244;der quelque part aux environs, en attendant qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
fasse nuit noire, mais il sera bient&#244;t ici, r&#233;pondit Chitling. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
n'y a pas moyen d'aller ailleurs, car aux Trois Boiteux on a&lt;br class='autobr' /&gt;
arr&#234;t&#233; tout le monde ; c'est une sourici&#232;re ; il y a des mouchards&lt;br class='autobr' /&gt;
au comptoir ; je les ai vus de mes yeux, quand j'y suis all&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voil&#224; qui est diabolique, observa Tobie en se mordant les&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#232;vres ; il y en aura plus d'un qui y passera cette fois-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On tient les assises en ce moment, dit Kags ; si on instruit&lt;br class='autobr' /&gt;
l'affaire &#224; la vapeur, si Bolter charge Fagin, comme il le fera&lt;br class='autobr' /&gt;
sans doute, d'apr&#232;s ce qu'il a d&#233;j&#224; dit, on peut avoir la preuve&lt;br class='autobr' /&gt;
de la complicit&#233; du juif, et rendre la sentence vendredi ; et, dans&lt;br class='autobr' /&gt;
six jours d'ici, il dansera, morbleu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si vous aviez entendu la foule crier apr&#232;s lui ! dit Chitling ;&lt;br class='autobr' /&gt;
les agents de police ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de lutter comme des diables&lt;br class='autobr' /&gt;
pour emp&#234;cher qu'on ne le m&#238;t en pi&#232;ces ; il y eut un moment o&#249; on&lt;br class='autobr' /&gt;
le renversa, mais ils form&#232;rent un cercle autour de lui et&lt;br class='autobr' /&gt;
parvinrent &#224; se frayer un passage, Si vous l'aviez vu, couvert de&lt;br class='autobr' /&gt;
boue et de sang, jeter autour de lui des regards effar&#233;s et se&lt;br class='autobr' /&gt;
cramponner aux agents de police comme si c'&#233;taient ses meilleurs&lt;br class='autobr' /&gt;
amis ! je les vois encore, serr&#233;s de tous c&#244;t&#233;s par la foule, et&lt;br class='autobr' /&gt;
l'entra&#238;nant au milieu d'eux. Il y avait l&#224; des gens qui&lt;br class='autobr' /&gt;
n'auraient pas mieux demand&#233; que de le d&#233;chirer &#224; belles dents ; je&lt;br class='autobr' /&gt;
le vois encore la barbe et les cheveux pleins de sang ; j'entends&lt;br class='autobr' /&gt;
les cris affreux que poussaient les femmes, en jurant qu'elles lui&lt;br class='autobr' /&gt;
arracheraient le coeur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chitling, frapp&#233; d'horreur au souvenir de cette sc&#232;ne, mit ses&lt;br class='autobr' /&gt;
mains sur ses oreilles, et, les yeux ferm&#233;s, arpenta la chambre en&lt;br class='autobr' /&gt;
long et en large, comme un homme qui a perdu le sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis qu'il se livrait &#224; cet exercice et que les deux autres&lt;br class='autobr' /&gt;
restaient silencieux, les yeux fix&#233;s sur le plancher, un bruit&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;trange se fit entendre dans l'escalier, et le chien de Sikes&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;lan&#231;a dans la chambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils coururent &#224; la fen&#234;tre, descendirent l'escalier, regard&#232;rent&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la rue ; le chien avait p&#233;n&#233;tr&#233; dans la maison par une fen&#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
ouverte, il ne fit aucun mouvement pour les suivre : son ma&#238;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
n'&#233;tait pas avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qu'est-ce que &#231;a signifie ? dit Tobie, quand ils furent rentr&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la chambre ; il n'est pas possible qu'il vienne ici, je... je&lt;br class='autobr' /&gt;
compte bien qu'il ne viendra pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; S'il avait d&#251; venir, il serait venu avec le chien, dit Kags en&lt;br class='autobr' /&gt;
se penchant pour examiner l'animal, qui &#233;tait couch&#233; haletant sur&lt;br class='autobr' /&gt;
le plancher. Tenez, donnez-lui un peu d'eau, il est tout fatigu&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
d'avoir couru.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voyez ! il n'en a pas laiss&#233; une goutte, ajouta Kags, apr&#232;s avoir&lt;br class='autobr' /&gt;
regard&#233; le chien un instant sans rien dire ; il est couvert de&lt;br class='autobr' /&gt;
boue, il boite ; il faut qu'il ait fait une grande trotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'o&#249; peut-il venir ainsi ? s'&#233;cria Tobie ; il aura &#233;t&#233; sans doute&lt;br class='autobr' /&gt;
aux autres g&#238;tes, et, n'y trouvant que des inconnus, il sera venu&lt;br class='autobr' /&gt;
ici comme il l'a d&#233;j&#224; fait si souvent. Mais o&#249; a-t-il quitt&#233; son&lt;br class='autobr' /&gt;
ma&#238;tre et pourquoi arrive-t-il seul ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il n'est pas possible qu'il se soit tu&#233;, dit Chitling, sans oser&lt;br class='autobr' /&gt;
prononcer le nom de l'assassin. Qu'en pensez-vous ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tobie hocha la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'il s'&#233;tait tu&#233;, dit Kags, le chien aurait essay&#233; de nous&lt;br class='autobr' /&gt;
conduire pr&#232;s du corps de son ma&#238;tre. Non, je crois plut&#244;t qu'il a&lt;br class='autobr' /&gt;
trouv&#233; le moyen de quitter le pays et qu'il aura abandonn&#233; son&lt;br class='autobr' /&gt;
chien ; il faut qu'il l'ait plant&#233; l&#224; de mani&#232;re ou d'autre : sans&lt;br class='autobr' /&gt;
cela, l'animal n'aurait pas l'air si tranquille. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette supposition paraissant la plus probable fut adopt&#233;e sans&lt;br class='autobr' /&gt;
contestation : le chien, se glissant sous une chaise, s'y &#233;tablit&lt;br class='autobr' /&gt;
commod&#233;ment pour dormir, et personne ne fit plus attention &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit &#233;tait venue ; on ferma les volets et l'on alluma une&lt;br class='autobr' /&gt;
chandelle que l'on mit sur la table. Les terribles &#233;v&#233;nements qui&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;taient succ&#233;d&#233; depuis deux jours avaient fait sur nos trois&lt;br class='autobr' /&gt;
individus une profonde impression, accrue encore par le danger et&lt;br class='autobr' /&gt;
l'incertitude de leur propre position. Ils s'assirent tout pr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
les uns des autres, tressaillant au moindre bruit ; ils parlaient&lt;br class='autobr' /&gt;
peu et &#224; voix basse, et, &#224; les voir ainsi muets et terrifi&#233;s, on&lt;br class='autobr' /&gt;
e&#251;t cru que le cadavre de la femme assassin&#233;e gisait dans la pi&#232;ce&lt;br class='autobr' /&gt;
voisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;taient depuis quelque temps dans cette attitude, quand tout &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
coup on frappa &#224; la porte de la rue &#224; coups pr&#233;cipit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est le jeune Charlot, &#187; dit Kags en regardant avec col&#232;re autour&lt;br class='autobr' /&gt;
de lui pour se donner du courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On frappa de nouveau... Ce n'&#233;tait pas Charlot... il ne frappait&lt;br class='autobr' /&gt;
jamais ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crackit alla &#224; la fen&#234;tre, se pencha pour regarder et fit un bond&lt;br class='autobr' /&gt;
en arri&#232;re ; il n'y avait plus besoin de demander qui &#233;tait l&#224; : le&lt;br class='autobr' /&gt;
visage p&#226;le de Crackit le disait assez. Au m&#234;me instant, le chien&lt;br class='autobr' /&gt;
se remit sur ses pattes et courut vers la porte en grondant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut lui ouvrir, dit Tobie en prenant la chandelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le faut-il absolument ? demanda l'autre d'une voix &#233;touff&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, il faut le faire entrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ne nous laissez pas dans l'obscurit&#233;, &#187; dit Kags en prenant une&lt;br class='autobr' /&gt;
chandelle sur la chemin&#233;e et en l'allumant d'une main si&lt;br class='autobr' /&gt;
tremblante que l'on frappa encore deux fois avant qu'il e&#251;t fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crackit descendit ouvrir et rentra bient&#244;t, suivi d'un homme dont&lt;br class='autobr' /&gt;
la figure &#233;tait presque enti&#232;rement cach&#233;e par un mouchoir. Il le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;noua lestement et laissa voir un visage livide, des yeux&lt;br class='autobr' /&gt;
enfonc&#233;s, des joues caves, une barbe de trois jours : ce n'&#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
plus que l'ombre de Sikes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il posa la main sur le dos d'une chaise qui se trouvait au milieu&lt;br class='autobr' /&gt;
de la chambre, mais il tressaillit au moment de s'asseoir ; il eut&lt;br class='autobr' /&gt;
l'air de regarder par-dessus son &#233;paule et tira la chaise pr&#232;s du&lt;br class='autobr' /&gt;
mur... aussi pr&#232;s que possible... puis s'assit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas une parole n'avait &#233;t&#233; &#233;chang&#233;e ; il promenait silencieusement&lt;br class='autobr' /&gt;
ses regards sur les trois autres, qui se d&#233;tournaient avec effroi&lt;br class='autobr' /&gt;
chaque fois qu'ils rencontraient son oeil. Lorsque d'une voix&lt;br class='autobr' /&gt;
sourde il rompit le silence, tous trois tressaillirent : ils&lt;br class='autobr' /&gt;
n'avaient jamais entendu une voix pareille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comment ce chien est-il venu ici ? demanda-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Seul, il y a trois heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le journal de soir dit que Fagin est arr&#234;t&#233; ; est-ce vrai ou&lt;br class='autobr' /&gt;
faux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Parfaitement vrai. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouveau silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que le diable vous emporte tous ! dit Sikes en passant sa main sur&lt;br class='autobr' /&gt;
son front. N'avez-vous rien &#224; me dire ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se regard&#232;rent avec embarras, et personne ne r&#233;pondit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous qui &#234;tes ici chez vous, dit Sikes en s'adressant &#224; Crackit,&lt;br class='autobr' /&gt;
avez-vous l'intention de me livrer ou de me donner un asile pour&lt;br class='autobr' /&gt;
laisser passer l'orage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous pouvez rester ici si vous vous y trouvez en s&#251;ret&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pondit Crackit apr&#232;s quelque h&#233;sitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sikes dirigea lentement ses regards vers le mur auquel il &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
adoss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essayant plut&#244;t de tourner la t&#234;te qu'il ne la tournait&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;ellement, il dit : &#171; Le corps... est-il... enterr&#233;...? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils firent signe que non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pourquoi ne l'a-t-on pas enterr&#233; ? dit l'homme en regardant de&lt;br class='autobr' /&gt;
nouveau derri&#232;re lui. Pourquoi garder de ces vilaines choses-l&#224; en&lt;br class='autobr' /&gt;
vue ?... Qui est-ce qui frappe ainsi ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crackit sortit en faisant un geste qui indiquait qu'il n'y avait&lt;br class='autobr' /&gt;
rien &#224; craindre ; il rentra presque aussit&#244;t suivit de Charlot&lt;br class='autobr' /&gt;
Bates. Sikes &#233;tait assis en face de la porte, de sorte que sa&lt;br class='autobr' /&gt;
figure fut la premi&#232;re qui frappa les yeux du nouveau venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tobie ! dit Charlot en reculant d'horreur, pourquoi ne m'avoir pas&lt;br class='autobr' /&gt;
dit cela en bas ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait eu quelque chose de si sinistre dans l'accueil que lui&lt;br class='autobr' /&gt;
avaient fait les trois premiers interlocuteurs, que l'assassin&lt;br class='autobr' /&gt;
voulut se rendre favorable le nouveau venu, et fit mine de lui&lt;br class='autobr' /&gt;
tendre la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Laissez-moi passer dans une autre chambre, dit le jeune gar&#231;on en&lt;br class='autobr' /&gt;
reculant encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah &#231;a ! Charlot, dit Sikes en se rapprochant de lui, est-ce&lt;br class='autobr' /&gt;
que... tu ne me reconnais pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N'avancez pas, r&#233;pondit le jeune homme en regardant l'assassin&lt;br class='autobr' /&gt;
avec horreur. N'avancez pas, monstre que vous &#234;tes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme s'arr&#234;ta, et leurs yeux se rencontr&#232;rent ; mais bient&#244;t&lt;br class='autobr' /&gt;
l'assassin ne put soutenir ce regard et baissa les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Soyez t&#233;moins tous trois, s'&#233;cria Charlot en brandissant son&lt;br class='autobr' /&gt;
poing serr&#233;, et en s'animant de plus en plus, soyez t&#233;moins tous&lt;br class='autobr' /&gt;
trois... que je n'ai pas peur de lui... Si l'on vient le chercher&lt;br class='autobr' /&gt;
ici, je le d&#233;noncerai ; oui, je le d&#233;noncerai. Faites bien&lt;br class='autobr' /&gt;
attention &#224; ce que je dis l&#224; : il peut me tuer, s'il le veut ou&lt;br class='autobr' /&gt;
s'il l'ose ; mais, si je suis l&#224; quand la police viendra, je le&lt;br class='autobr' /&gt;
livrerai... Je le livrerai, quand il devrait &#234;tre br&#251;l&#233; &#224; petit&lt;br class='autobr' /&gt;
feu. Au meurtre ! au secours ! S'il y a parmi nous quelqu'un qui ait&lt;br class='autobr' /&gt;
du coeur, qu'il me seconde. &#192; l'assassin ! au secours ! mort &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'assassin ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En poussant ces cris et en les accompagnant de gestes violents,&lt;br class='autobr' /&gt;
Charlot se jeta, &#224; lui tout seul, sur le robuste Sikes, d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
mani&#232;re si impr&#233;vue et en m&#234;me temps si &#233;nergique, qu'il le fit&lt;br class='autobr' /&gt;
tomber lourdement &#224; terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois spectateurs furent stup&#233;faits. Ils n'intervinrent pas&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la lutte. Charlot et Sikes roul&#232;rent ensemble sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
plancher, sans que le premier se laiss&#226;t &#233;mouvoir des coups qui&lt;br class='autobr' /&gt;
pleuvaient sur lui ; il se cramponnait de plus en plus aux&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#234;tements du meurtrier, t&#226;chait de le prendre &#224; la gorge, et ne&lt;br class='autobr' /&gt;
cessait de crier au secours de toute la force de ses poumons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte &#233;tait cependant trop in&#233;gale pour se prolonger longtemps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sikes avait terrass&#233; son jeune adversaire et allait l'&#233;craser sous&lt;br class='autobr' /&gt;
ses pieds, quand Crackit vint le tirer par le bras d'un air&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;pouvant&#233; et lui montra du doigt la fen&#234;tre. Des lumi&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
brillaient dans la rue ; on entendait des cris confus, des&lt;br class='autobr' /&gt;
conversations anim&#233;es, le bruit des pas pr&#233;cipit&#233;s de la foule,&lt;br class='autobr' /&gt;
qui se pressait sur le pont de bois le plus proche. Il y avait&lt;br class='autobr' /&gt;
sans doute un cavalier, car on entendait les sabots d'un cheval&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;sonner sur le pav&#233;. L'&#233;clat des lumi&#232;res s'accrut, le bruit des&lt;br class='autobr' /&gt;
pas se rapprocha de plus en plus, puis on frappa vivement &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
porte, et toute la multitude se mit &#224; pousser des cris de fureur&lt;br class='autobr' /&gt;
qui auraient fait trembler l'homme le plus intr&#233;pide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au secours ! hurlait le jeune gar&#231;on de toute sa force. Il est&lt;br class='autobr' /&gt;
ici ! il est ici ! enfoncez la porte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ouvrez, au nom du roi ! disaient des voix du dehors ; et les&lt;br class='autobr' /&gt;
murmures et les cris de recommencer de plus belle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Enfoncez la porte ! criait Charlot. Je vous dis qu'on ne&lt;br class='autobr' /&gt;
l'ouvrira pas ; courez droit &#224; la chambre o&#249; vous voyez de la&lt;br class='autobr' /&gt;
lumi&#232;re. Enfoncez la porte ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des coups violents et r&#233;p&#233;t&#233;s &#233;branl&#232;rent en effet la porte et les&lt;br class='autobr' /&gt;
volets des fen&#234;tres du rez-de-chauss&#233;e. Toute la foule poussa un&lt;br class='autobr' /&gt;
hourra &#233;nergique, d'apr&#232;s lequel on put se faire une id&#233;e de la&lt;br class='autobr' /&gt;
masse compacte qui entourait la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ouvrez-moi une porte derri&#232;re laquelle je puisse enfermer &#224; clef&lt;br class='autobr' /&gt;
ce maudit braillard, dit Sikes furieux, courant &#231;&#224; et l&#224; et tirant&lt;br class='autobr' /&gt;
le jeune gar&#231;on apr&#232;s lui aussi ais&#233;ment qu'il e&#251;t fait d'un sac&lt;br class='autobr' /&gt;
vide. Ouvrez-moi cette porte, vite... &#187; Il y poussa Charlot, tira&lt;br class='autobr' /&gt;
le verrou et tourna la clef dans la serrure. &#171; La porte d'entr&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
est-elle bien ferm&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; double tour et &#224; la cha&#238;ne, r&#233;pondit Crackit, qui, ainsi que&lt;br class='autobr' /&gt;
ses deux compagnons, ne savait plus o&#249; donner de la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les panneaux sont-ils solides ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Doubl&#233;s de t&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et les fen&#234;tres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les fen&#234;tres aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que la foudre vous &#233;crase ! s'&#233;cria le brigand en levant le&lt;br class='autobr' /&gt;
ch&#226;ssis et en mena&#231;ant la foule ; faites, faites, vous ne me tenez&lt;br class='autobr' /&gt;
pas encore. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais oreilles mortelles n'entendirent un sabbat pareil &#224; celui&lt;br class='autobr' /&gt;
que fit alors cette multitude furieuse : les uns criaient &#224; ceux&lt;br class='autobr' /&gt;
qui &#233;taient le plus pr&#232;s de mettre le feu &#224; la maison ; d'autres&lt;br class='autobr' /&gt;
demandaient en tr&#233;pignant aux agents de police de faire feu sur&lt;br class='autobr' /&gt;
l'assassin. Nul ne montrait plus de fureur que l'individu &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
cheval ; il mit pied &#224; terre et, fendant la foule, il se fraya un&lt;br class='autobr' /&gt;
passage jusque sous la fen&#234;tre, et s'&#233;cria d'une voix qui dominait&lt;br class='autobr' /&gt;
toutes les autres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vingt guin&#233;es &#224; qui apportera une &#233;chelle... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui l'entouraient r&#233;p&#233;teront ce cri, qui fut bient&#244;t dans&lt;br class='autobr' /&gt;
toutes les bouches ; les uns demandaient des &#233;chelles ; les autres&lt;br class='autobr' /&gt;
des marteaux de forge ; d'autres couraient &#231;&#224; et l&#224; avec des&lt;br class='autobr' /&gt;
torches comme pour chercher ce que l'on demandait, puis revenaient&lt;br class='autobr' /&gt;
sur leurs pas et se remettaient &#224; crier. Ceux-ci s'&#233;puisaient en&lt;br class='autobr' /&gt;
mal&#233;dictions, ceux-l&#224; se pr&#233;cipitaient en avant comme des furieux,&lt;br class='autobr' /&gt;
et g&#234;naient ainsi les efforts des travailleurs. Les plus hardis&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#226;chaient de grimper le long du tuyau de d&#233;charge ou &#224; l'aide des&lt;br class='autobr' /&gt;
crevasses du mur. Cette foule ondulait dans l'obscurit&#233;, comme les&lt;br class='autobr' /&gt;
bl&#233;s agit&#233;s par un vent violent, et de temps &#224; autre, tous&lt;br class='autobr' /&gt;
ensemble poussaient un cri de fureur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La mar&#233;e, dit l'assassin, la mar&#233;e &#233;tait haute quand je suis&lt;br class='autobr' /&gt;
venu ; donnez-moi une corde, une longue corde ; ils sont tous devant&lt;br class='autobr' /&gt;
la maison ; je puis me laisser glisser dans le foss&#233; et m'&#233;vader&lt;br class='autobr' /&gt;
par l&#224;... Donnez-moi une corde, ou je commettrai encore trois&lt;br class='autobr' /&gt;
meurtres, et je me tuerai ensuite moi-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crackit et ses deux compagnons, saisis de terreur, lui indiqu&#232;rent&lt;br class='autobr' /&gt;
l'endroit o&#249; il en trouverait une. Il saisit vivement la plus&lt;br class='autobr' /&gt;
longue et la plus forte, et monta en courant au haut de la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les fen&#234;tres sur le derri&#232;re &#233;taient mur&#233;es depuis&lt;br class='autobr' /&gt;
longtemps, sauf une petite lucarne dans la chambre o&#249; Charlot&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait enferm&#233;, lucarne trop petite pour qu'il p&#251;t y passer la&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#234;te ; mais, par cette ouverture, il n'avait pas cess&#233; de crier &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
ceux du dehors de garder les derri&#232;res de la maison : de sorte que,&lt;br class='autobr' /&gt;
lorsque l'assassin parut sur le toit, de grands cris annonc&#232;rent&lt;br class='autobr' /&gt;
sa pr&#233;sence &#224; ceux qui se trouvaient par devant, et ils se mirent&lt;br class='autobr' /&gt;
aussit&#244;t &#224; faire le tour, s'avan&#231;ant &#224; flots press&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassin barricada la porte qui lui avait donn&#233; acc&#232;s sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
toit, de mani&#232;re qu'on ne p&#251;t l'ouvrir qu'&#224; grand'peine, glissa&lt;br class='autobr' /&gt;
jusqu'au bord de toit et regarda par-dessus la goutti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mar&#233;e s'&#233;tait retir&#233;e et le foss&#233; n'offrait plus qu'un lit&lt;br class='autobr' /&gt;
fangeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foule &#233;tait rest&#233;e silencieuse pendant quelques instants,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;piant ses mouvements et se demandant ce qu'il voulait faire. Mais&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#232;s qu'elle entrevit son projet et comprit qu'il &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
impraticable, elle poussa un cri de haine et de triomphe bien plus&lt;br class='autobr' /&gt;
fort que toutes les clameurs pr&#233;c&#233;dentes. Ceux qui &#233;taient trop&lt;br class='autobr' /&gt;
loin pour comprendre ce dont il s'agissait, r&#233;p&#233;taient pourtant&lt;br class='autobr' /&gt;
ces cris, qui trouvaient sans cesse un nouvel &#233;cho. On e&#251;t dit que&lt;br class='autobr' /&gt;
toute la population de Londres &#233;tait venue maudire l'assassin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers d'hommes venaient de la fa&#231;ade, tous enflamm&#233;s de&lt;br class='autobr' /&gt;
col&#232;re, et, &#224; la lueur de quelques torches qui brillaient &#231;&#224; et&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#224;, on pouvait lire sur leurs visages la haine et la fureur. Les&lt;br class='autobr' /&gt;
maisons situ&#233;es de l'autre c&#244;t&#233; du foss&#233; avaient &#233;t&#233; envahies par&lt;br class='autobr' /&gt;
la foule, qui aussit&#244;t levait ou brisait les ch&#226;ssis : on&lt;br class='autobr' /&gt;
s'entassait &#224; chaque fen&#234;tre, tous les toits &#233;taient encombr&#233;s de&lt;br class='autobr' /&gt;
monde ; les trois ponts de bois jet&#233;s sur le foss&#233; pliaient sous le&lt;br class='autobr' /&gt;
poids de la foule ; chacun voulait voir l'assassin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On le tient maintenant, s'&#233;cria un homme sur le pont le plus&lt;br class='autobr' /&gt;
rapproch&#233; ; hourra ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cris redoubl&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cinquante livres sterling ! s'&#233;cria un vieux monsieur, &#224; qui le&lt;br class='autobr' /&gt;
prendra vivant ; j'attendrai ici qu'on vienne r&#233;clamer la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;compense. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouveaux cris dans la foule...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment, le bruit se r&#233;pandit qu'on &#233;tait enfin parvenu &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
enfoncer la porte, et que celui qui, le premier, avait demand&#233; une&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;chelle, &#233;tait mont&#233; dans la chambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que cette nouvelle courut de bouche en bouche, la foule se&lt;br class='autobr' /&gt;
dirigea vers la porte ; les gens qui &#233;taient aux fen&#234;tres, voyant&lt;br class='autobr' /&gt;
les autres rebrousser chemin, s'&#233;lanc&#232;rent dans la rue, et tous se&lt;br class='autobr' /&gt;
ru&#232;rent p&#234;le-m&#234;le devant la maison pour voir passer le meurtrier,&lt;br class='autobr' /&gt;
quand il serait emmen&#233; par les agents de police. On se serrait &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;touffer ; les rues &#233;troites &#233;taient compl&#232;tement obstru&#233;es. En&lt;br class='autobr' /&gt;
ce moment, l'ardeur des uns &#224; revenir en courant sur le devant de&lt;br class='autobr' /&gt;
la maison, les efforts inutiles des autres pour se d&#233;gager de la&lt;br class='autobr' /&gt;
foule, firent perdre de vue l'assassin, quoique chacun f&#251;t plus&lt;br class='autobr' /&gt;
avide que jamais de voir op&#233;rer cette capture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intimid&#233; par les cris furieux de la multitude, Sikes, qui ne&lt;br class='autobr' /&gt;
voyait plus aucun moyen de s'&#233;vader, s'&#233;tait accroupi sur le toit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand il s'aper&#231;ut de la nouvelle direction que prenait la foule,&lt;br class='autobr' /&gt;
il se d&#233;cida &#224; profiter vite de l'occasion qui s'offrait, et se&lt;br class='autobr' /&gt;
releva, r&#233;solu &#224; faire un dernier effort pour sauver sa vie, en se&lt;br class='autobr' /&gt;
jetant dans le foss&#233; et en t&#226;chant, au risque de se noyer dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
vase, de s'&#233;chapper &#224; la faveur du d&#233;sordre et de l'obscurit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stimul&#233; par le bruit qu'il entendit dans la maison et qui&lt;br class='autobr' /&gt;
annon&#231;ait qu'on en avait forc&#233; l'entr&#233;e, il mit le pied contre une&lt;br class='autobr' /&gt;
chemin&#233;e pour se donner plus de force, afin d'attacher solidement&lt;br class='autobr' /&gt;
un des hauts de la corde au tuyau, et fit &#224; l'autre bout un noeud&lt;br class='autobr' /&gt;
coulant, &#224; l'aide de ses dents et de ses mains. Ce fut l'affaire&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une seconde. Il allait pouvoir descendre jusqu'&#224; quelques pieds&lt;br class='autobr' /&gt;
du sol, et il tenait &#224; sa main son couteau ouvert, pour couper la&lt;br class='autobr' /&gt;
corde d&#232;s qu'il serait en bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; il passait sa t&#234;te dans la noeud coulant pour la&lt;br class='autobr' /&gt;
fixer sous ses aisselles, et o&#249; le vieux monsieur, qui s'&#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
cramponn&#233; &#224; la balustrade du pont pour r&#233;sister &#224; la foule et&lt;br class='autobr' /&gt;
garder sa position, &#233;levait la voix pour d&#233;noncer &#224; ceux qui&lt;br class='autobr' /&gt;
l'entouraient cette tentative d'&#233;vasion ; en ce moment, disons-&lt;br class='autobr' /&gt;
nous, l'assassin, regardant derri&#232;re lui, &#233;leva ses bras au-dessus&lt;br class='autobr' /&gt;
de sa t&#234;te avec terreur et poussa un cri qui n'&#233;tait pas de ce&lt;br class='autobr' /&gt;
monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Encore ces yeux ! &#187; s'&#233;cria-t-il, il chancela, comme s'il &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
frapp&#233; de la foudre, perdit l'&#233;quilibre, et tomba pardessus le&lt;br class='autobr' /&gt;
parapet ; le noeud coulant &#233;tait autour de son cou ; la corde se&lt;br class='autobr' /&gt;
tendit sous son poids comme celle d'un arc ; avec la rapidit&#233; de la&lt;br class='autobr' /&gt;
fl&#232;che qu'il d&#233;coche, le brigand fit une chute de trente-cinq&lt;br class='autobr' /&gt;
pieds de haut. Il y eut une brusque secousse, un mouvement&lt;br class='autobr' /&gt;
convulsif de tous les membres, et l'assassin resta pendu, tenant&lt;br class='autobr' /&gt;
encore son couteau ouvert dans sa main crisp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vieille chemin&#233;e trembla du coup, mais r&#233;sista bravement au&lt;br class='autobr' /&gt;
choc. Le cadavre de Sikes se balan&#231;ait devant la lucarne de la&lt;br class='autobr' /&gt;
chambre o&#249; &#233;tait enferm&#233; Charlot, et celui-ci, &#233;cartant de la main&lt;br class='autobr' /&gt;
ce corps qui g&#234;nait sa vue, criait au secours et demandait en&lt;br class='autobr' /&gt;
gr&#226;ce qu'on v&#238;nt le d&#233;livrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chien, qui ne s'&#233;tait pas montr&#233; jusqu'alors, se mit &#224; courir&lt;br class='autobr' /&gt;
sur le bord du toit en poussant des cris plaintifs, et, prenant&lt;br class='autobr' /&gt;
son &#233;lan, sauta sur les &#233;paules du pendu ; il manqua son coup,&lt;br class='autobr' /&gt;
tomba dans le foss&#233;, sur le dos, et se brisa la t&#234;te contre une&lt;br class='autobr' /&gt;
pierre qui fit jaillir sa cervelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE LI.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus d'un myst&#232;re s'&#233;claircit. - Proposition de mariage o&#249; il&lt;br class='autobr' /&gt;
n'est question ni de dot ni d'&#233;pingles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours apr&#232;s les &#233;v&#233;nements racont&#233;s dans le pr&#233;c&#233;dent&lt;br class='autobr' /&gt;
chapitre, Olivier se trouvait, &#224; trois heures de l'apr&#232;s-midi,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans une berline de voyage et roulait rapidement vers sa ville&lt;br class='autobr' /&gt;
natale. Avec lui se trouvaient Mme Maylie, Rose, Mme Bedwin et le&lt;br class='autobr' /&gt;
bon docteur. M. Brownlow suivait dans une chaise de poste, en&lt;br class='autobr' /&gt;
compagnie d'un personnage dont il n'avait pas dit le nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conversation avait langui pendant le trajet, car Olivier &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
dans un &#233;tat d'agitation qui l'emp&#234;chait de r&#233;unir ses id&#233;es et&lt;br class='autobr' /&gt;
lui enlevait presque l'usage de la parole. Ceux qui&lt;br class='autobr' /&gt;
l'accompagnaient &#233;taient en proie &#224; la m&#234;me anxi&#233;t&#233; et ne&lt;br class='autobr' /&gt;
parlaient pas davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait &#233;t&#233;, ainsi que les deux dames, mis au courant par&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow de la nature des aveux arrach&#233;s &#224; Monks, et, bien&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'ils sussent que le but de leur voyage &#233;tait d'achever l'oeuvre&lt;br class='autobr' /&gt;
si bien commenc&#233;e, il y avait encore dans toute cette affaire&lt;br class='autobr' /&gt;
assez de myst&#232;re et d'obscurit&#233; pour les laisser dans une grande&lt;br class='autobr' /&gt;
perplexit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur ami d&#233;vou&#233; avait soigneusement emp&#234;ch&#233;, avec l'aide de&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Losberne, qu'ils n'apprissent rien des fatals &#233;v&#233;nements qui&lt;br class='autobr' /&gt;
venaient de s'accomplir. &#171; Il n'y a pas de doute, disait&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow, qu'ils les conna&#238;tront avant peu, mais le moment sera&lt;br class='autobr' /&gt;
peut-&#234;tre plus favorable qu'&#224; pr&#233;sent : il ne saurait &#234;tre pire. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils voyageaient donc en silence, l'esprit tout occup&#233; du but&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'ils poursuivaient en commun, sans &#234;tre dispos&#233;s le moins du&lt;br class='autobr' /&gt;
monde &#224; s'entretenir du sujet qui absorbait leurs pens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si Olivier &#233;tait rest&#233; silencieux et plong&#233; dans ses&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;flexions tant qu'il avait suivi une route qui lui &#233;tait inconnue&lt;br class='autobr' /&gt;
pour arriver &#224; sa ville natale, avec quelle vivacit&#233; se&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;veill&#232;rent en lui les souvenirs d'autrefois, et combien&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#233;motions lui firent battre le coeur, quand il se retrouva sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
chemin qu'il avait parcouru &#224; pied dans son enfance, pauvre&lt;br class='autobr' /&gt;
orphelin abandonn&#233;, sans un ami pour lui tendre la main, sans un&lt;br class='autobr' /&gt;
toit pour abriter sa t&#234;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Voyez, voyez, s'&#233;cria-t-il en serrant vivement la main de Rose et&lt;br class='autobr' /&gt;
en mettant la t&#234;te &#224; la porti&#232;re ; voici la barri&#232;re que j'ai&lt;br class='autobr' /&gt;
escalad&#233;e, voici les haies le long desquelles je me glissai en&lt;br class='autobr' /&gt;
rampant pour &#233;viter d'&#234;tre surpris et ramen&#233; de force chez le&lt;br class='autobr' /&gt;
fabricant de cercueils ; voici l&#224;-bas le sentier, &#224; travers champs,&lt;br class='autobr' /&gt;
qui m&#232;ne &#224; la vieille maison o&#249; j'ai pass&#233; mon enfance ! Oh !&lt;br class='autobr' /&gt;
Richard, Richard, mon cher ami d'autrefois, si seulement je&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvais te voir maintenant !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous le verrez bient&#244;t, dit Rose en prenant les mains d'Olivier ;&lt;br class='autobr' /&gt;
vous lui direz que vous &#234;tes heureux, que vous &#234;tes devenu riche,&lt;br class='autobr' /&gt;
et que votre plus grand bonheur est de venir le retrouver pour le&lt;br class='autobr' /&gt;
rendre heureux aussi !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, oui, dit Olivier ; et puis nous l'emm&#232;nerons avec nous, nous&lt;br class='autobr' /&gt;
le ferons habiller et instruire, et nous l'enverrons dans une&lt;br class='autobr' /&gt;
paisible campagne o&#249; il deviendra grand et fort, n'est-ce pas ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rose fit signe que oui, car elle ne pouvait parler en voyant&lt;br class='autobr' /&gt;
l'enfant sourire de bonheur &#224; travers ses larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous serez douce et bonne pour lui comme vous l'&#234;tes pour tout le&lt;br class='autobr' /&gt;
monde, dit Olivier ; les r&#233;cits qu'il vous fera vous serreront le&lt;br class='autobr' /&gt;
coeur, je le sais ; mais qu'importe ? tout cela sera bien loin et&lt;br class='autobr' /&gt;
vous sourirez de plaisir, j'en suis s&#251;r aussi, en songeant que&lt;br class='autobr' /&gt;
vous avez chang&#233; son sort, comme vous l'avez d&#233;j&#224; fait pour moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pauvre Richard ! il m'a si bien dit : &#171; Dieu te b&#233;nisse ! &#187; alors&lt;br class='autobr' /&gt;
que je me sauvais ; moi aussi, ajouta Olivier, en &#233;clatant en&lt;br class='autobr' /&gt;
sanglots, je lui dirai : &#171; Dieu te b&#233;nisse maintenant ! &#187; et je lui&lt;br class='autobr' /&gt;
montrerai combien ses paroles d'adieu m'ont &#233;t&#233; au coeur !... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ils approch&#232;rent de la ville et qu'ils se furent engag&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
dans ses rues &#233;troites, ce ne fut pas chose facile que de mod&#233;rer&lt;br class='autobr' /&gt;
les transports de l'enfant ; il revoyait la boutique de Sowerberry,&lt;br class='autobr' /&gt;
l'entrepreneur de pompes fun&#232;bres, telle qu'elle &#233;tait jadis, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
plus petite et moins imposante qu'elle ne l'&#233;tait dans ses&lt;br class='autobr' /&gt;
souvenirs ; il retrouvait les magasins, les maisons qu'il avait si&lt;br class='autobr' /&gt;
bien connus, et qui lui rappelaient &#224; chaque instant quelque petit&lt;br class='autobr' /&gt;
incident de sa vie d'enfant : la charrette de Gamfield, le&lt;br class='autobr' /&gt;
ramoneur, toujours la m&#234;me, arr&#234;t&#233;e &#224; la porte du cabaret ; le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;p&#244;t de mendicit&#233;, cette affreuse prison de son enfance, avec ses&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;troites fen&#234;tres donnant sur la rue ; sur le seuil de la porte, le&lt;br class='autobr' /&gt;
portier d'autrefois avec sa mine d&#233;charn&#233;e. En le voyant, Olivier&lt;br class='autobr' /&gt;
ne put r&#233;primer un sentiment de terreur, puis se mit &#224; rire de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
sottise, puis &#224; pleurer pour rire encore apr&#232;s ; il revoyait cent&lt;br class='autobr' /&gt;
figures de connaissance, tout enfin, comme s'il avait quitt&#233; ces&lt;br class='autobr' /&gt;
lieux la veille, et que son bonheur r&#233;cent ne fut qu'un songe&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;licieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce bonheur n'&#233;tait point un songe ; ils s'arr&#234;t&#232;rent &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
porte du meilleur h&#244;tel, devant lequel Olivier s'extasiait jadis,&lt;br class='autobr' /&gt;
le prenant pour un somptueux palais, mais qui lui parut maintenant&lt;br class='autobr' /&gt;
un peu d&#233;chu de sa grandeur et de son air imposant. M. Grimwig&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait l&#224;, pr&#234;t &#224; recevoir nos voyageurs ; il embrassa la jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
demoiselle et aussi la vieille dame, &#224; leur descente de voiture,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme s'il &#233;tait le grand-p&#232;re de toute la soci&#233;t&#233;. Aimable et&lt;br class='autobr' /&gt;
souriant, il n'offrit pas une seule fois &#171; de manger sa t&#234;te &#187;, pas&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me quand il soutint &#224; un vieux postillon qu'il connaissait mieux&lt;br class='autobr' /&gt;
que lui le plus court chemin pour aller &#224; Londres, bien qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
n'e&#251;t fait ce trajet qu'une seule fois, et encore en dormant tout&lt;br class='autobr' /&gt;
le temps. Le d&#238;ner &#233;tait servi, les chambres &#233;taient pr&#233;par&#233;es,&lt;br class='autobr' /&gt;
tout avait &#233;t&#233; dispos&#233; comme par enchantement pour les recevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, d&#232;s que la premi&#232;re agitation fut pass&#233;e, chacun&lt;br class='autobr' /&gt;
redevint silencieux et pr&#233;occup&#233; comme pendant le voyage.&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow ne vint pas les retrouver et se fit servir &#224; d&#238;ner&lt;br class='autobr' /&gt;
dans une chambre &#224; part. Les deux autres messieurs allaient et&lt;br class='autobr' /&gt;
venaient d'un air inquiet ou se parlaient &#224; l'oreille. On vint&lt;br class='autobr' /&gt;
avertir Mme Maylie, qui sortit de la chambre et revint au bout&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une heure avec les yeux rouges et gonfl&#233;s. Toutes ces&lt;br class='autobr' /&gt;
circonstances troublaient et alarmaient Rose et Olivier, qui&lt;br class='autobr' /&gt;
n'&#233;taient point dans le secret de ces nouvelles inqui&#233;tudes. Ils&lt;br class='autobr' /&gt;
restaient silencieux et &#233;tonn&#233;s, ou, s'ils &#233;changeaient quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
mots, c'&#233;tait &#224; voix basse, comme s'ils avaient peur d'entendre&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me le son de leur voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &#224; neuf heures, quand ils commen&#231;aient &#224; croire qu'ils ne&lt;br class='autobr' /&gt;
sauraient rien de plus ce jour-l&#224;, ils virent entrer M. Losberne&lt;br class='autobr' /&gt;
et M. Grimwig, suivis de M. Brownlow et d'un individu dont la vue&lt;br class='autobr' /&gt;
arracha presque &#224; Olivier un cri de surprise, car on lui dit que&lt;br class='autobr' /&gt;
c'&#233;tait son fr&#232;re, et c'&#233;tait ce m&#234;me homme qu'il avait rencontr&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
un jour de march&#233; &#224; la porte d'une auberge, et qu'il avait aper&#231;u&lt;br class='autobr' /&gt;
avec Fagin regardant &#224; travers la fen&#234;tre de sa petite chambre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet homme lan&#231;a &#224; l'enfant &#233;tonn&#233; un regard plein de haine et&lt;br class='autobr' /&gt;
s'assit pr&#232;s de la porte. M. Brownlow, tenant des papiers &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
main, se dirigea vers la table pr&#232;s de laquelle &#233;taient assis Rose&lt;br class='autobr' /&gt;
et Olivier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai &#224; remplir une p&#233;nible t&#226;che, dit-il ; mais il faut que ces&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;clarations, qui ont &#233;t&#233; sign&#233;es &#224; Londres, en pr&#233;sence de&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#233;moins, soient reproduites ici en substance ; j'aurais voulu vous&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;pargner cette ignominie, mais il faut que nous les entendions de&lt;br class='autobr' /&gt;
votre propre bouche : vous savez pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Continuer, dit en se d&#233;tournant l'individu auquel M. Brownlow&lt;br class='autobr' /&gt;
s'adressait. D&#233;p&#234;chons-nous ; j'en ai d&#233;j&#224; assez fait, ce me&lt;br class='autobr' /&gt;
semble ; n'allez pas me garder longtemps ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cet enfant, dit M. Brownlow en posant la main sur la t&#234;te&lt;br class='autobr' /&gt;
d'Olivier, cet enfant est votre fr&#232;re ; c'est le fils ill&#233;gitime de&lt;br class='autobr' /&gt;
votre p&#232;re, Edwin Leeford, auquel j'&#233;tais si attach&#233;, et de la&lt;br class='autobr' /&gt;
pauvre Agn&#232;s Fleming, qui mourut en lui donnant le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, dit Monks en regardant de travers Olivier qui tremblait de&lt;br class='autobr' /&gt;
tous ses membres, et dont on aurait pu entendre battre le coeur,&lt;br class='autobr' /&gt;
voil&#224; leur b&#226;tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le mot dont vous vous servez, dit s&#233;v&#232;rement M. Brownlow, est un&lt;br class='autobr' /&gt;
reproche adress&#233; &#224; deux &#234;tres que depuis longtemps la vaine&lt;br class='autobr' /&gt;
censure du monde ne peut plus atteindre ; c'est une insulte qui ne&lt;br class='autobr' /&gt;
peut plus d&#233;shonorer &#226;me qui vive, sinon vous qui vous en rendez&lt;br class='autobr' /&gt;
coupable. Cet enfant est n&#233; dans cette ville ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Au d&#233;p&#244;t de mendicit&#233;, r&#233;pondit Monks ; du reste, vous avez l&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
son histoire, ajouta-t-il avec impatience en montrant du doigt les&lt;br class='autobr' /&gt;
papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il faut que nous l'entendions de votre bouche, dit M. Brownlow&lt;br class='autobr' /&gt;
en promenant ses regards sur les t&#233;moins de cette sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Alors, &#233;coutez-moi, r&#233;pondit Monks ; mon p&#232;re &#233;tant tomb&#233; malade&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; Rome, comme vous le savez, ma m&#232;re, dont il &#233;tait depuis&lt;br class='autobr' /&gt;
longtemps s&#233;par&#233;, partit de Paris pour aller le rejoindre et&lt;br class='autobr' /&gt;
m'emmena avec elle : c'&#233;tait sans doute pour s'assurer la fortune&lt;br class='autobr' /&gt;
de mon p&#232;re, car elle n'avait pas grande affection pour lui, ni&lt;br class='autobr' /&gt;
lui pour elle ; il ne nous reconnut pas, il avait d&#233;j&#224; perdu&lt;br class='autobr' /&gt;
connaissance et resta assoupi jusqu'au lendemain, jour de sa mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi ses papiers, il y en avait deux dat&#233;s du jour o&#249; il &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
tomb&#233; malade et renferm&#233;s dans une lettre &#224; votre adresse. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
avait &#233;crit sur l'enveloppe qu'il ne fallait vous envoyer ces&lt;br class='autobr' /&gt;
papiers qu'apr&#232;s sa mort. L'un &#233;tait une lettre &#224; cette fille, &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Agn&#232;s, et l'autre un testament.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que disait-il dans cette lettre ? demanda M. Brownlow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La lettre ?... c'&#233;tait une feuille de papier &#233;crite dans tous les&lt;br class='autobr' /&gt;
sens, une esp&#232;ce de confession g&#233;n&#233;rale des torts qu'il se&lt;br class='autobr' /&gt;
reprochait, et des pri&#232;res au bon Dieu pour qu'il la pr&#238;t sous sa&lt;br class='autobr' /&gt;
protection ; il l'avait tromp&#233;e, &#224; ce qu'il para&#238;t, en lui disant&lt;br class='autobr' /&gt;
que certaines circonstances myst&#233;rieuses, qu'il lui expliquerait&lt;br class='autobr' /&gt;
plus tard, s'opposaient &#224; son mariage imm&#233;diat avec elle ; et alors&lt;br class='autobr' /&gt;
elle avait &#233;t&#233; bon train, s'&#233;tait fi&#233;e &#224; lui, et beaucoup trop,&lt;br class='autobr' /&gt;
car elle y avait perdu l'honneur, que personne ne pouvait plus lui&lt;br class='autobr' /&gt;
rendre. Elle n'avait plus que quelques mois pour accoucher. Il lui&lt;br class='autobr' /&gt;
disait tout ce qu'il avait l'intention de faire pour cacher sa&lt;br class='autobr' /&gt;
honte s'il avait v&#233;cu ; et il la conjurait, s'il venait &#224; mourir,&lt;br class='autobr' /&gt;
de ne pas maudire sa m&#233;moire et de ne pas croire que les&lt;br class='autobr' /&gt;
cons&#233;quences fatales de cette faute retomberaient sur elle ou sur&lt;br class='autobr' /&gt;
son enfant, parce qu'il n'y avait que lui de coupable. Il lui&lt;br class='autobr' /&gt;
rappelait le jour ou il lui avait donn&#233; un m&#233;daillon et une bague&lt;br class='autobr' /&gt;
sur laquelle il avait fait graver le nom de bapt&#234;me, laissant en&lt;br class='autobr' /&gt;
blanc la place o&#249; il esp&#233;rait un jour faire ajouter le nom de&lt;br class='autobr' /&gt;
famille... Il la priait de garder cette bague, de la porter&lt;br class='autobr' /&gt;
toujours sur son coeur, comme elle avait fait jusque-l&#224;, et il&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;p&#233;tait plusieurs fois les m&#234;mes mots, comme un homme qui a perdu&lt;br class='autobr' /&gt;
la t&#234;te, et je crois bien que c'&#233;tait vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quant au testament..., &#187; dit M. Brownlow en voyant Olivier&lt;br class='autobr' /&gt;
pleurer &#224; chaudes larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monks restait silencieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quant au testament, continua M. Brownlow &#224; sa place, il &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
con&#231;u dans le m&#234;me esprit que la lettre. Il y parlait des chagrins&lt;br class='autobr' /&gt;
que lui avait caus&#233;s sa femme, des penchants coupables, des&lt;br class='autobr' /&gt;
dispositions vicieuses qu'il avait reconnus en vous, son fils&lt;br class='autobr' /&gt;
unique, qui aviez &#233;t&#233; nourri dans la haine de votre p&#232;re. Il vous&lt;br class='autobr' /&gt;
laissait, ainsi qu'&#224; votre m&#232;re, une rente de huit cents livres&lt;br class='autobr' /&gt;
sterling. Il faisait de sa fortune deux parts &#233;gales, l'une pour&lt;br class='autobr' /&gt;
Agn&#232;s Fleming, et l'autre pour l'enfant auquel elle donnerait le&lt;br class='autobr' /&gt;
jour. Si c'&#233;tait une fille, la fortune lui revenait sans&lt;br class='autobr' /&gt;
conditions ; mais si c'&#233;tait un fils, il &#233;tait stipul&#233; qu'&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;poque de sa majorit&#233; il ne devait avoir souill&#233; son nom d'aucun&lt;br class='autobr' /&gt;
acte public de d&#233;shonneur, de bassesse, de l&#226;chet&#233; ou de&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;chancet&#233; ; il voulait par l&#224;, disait-il, montrer &#224; la m&#232;re la&lt;br class='autobr' /&gt;
confiance qu'il avait en elle et la conviction profonde o&#249; il&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait que son enfant tiendrait d'elle un coeur noble et une nature&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;lev&#233;e. S'il &#233;tait tromp&#233; dans son attente, alors il voulait que&lt;br class='autobr' /&gt;
la fortune vous rev&#238;nt : car, dans le cas, mais dans le cas&lt;br class='autobr' /&gt;
seulement o&#249; ses deux fils seraient &#233;galement pervers, il vous&lt;br class='autobr' /&gt;
reconnaissait un droit de priorit&#233; sur sa fortune, quoique vous&lt;br class='autobr' /&gt;
n'en eussiez aucun sur son coeur, puisque d&#232;s votre enfance vous&lt;br class='autobr' /&gt;
ne lui aviez jamais montr&#233; que de la froideur et de l'aversion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ma m&#232;re, dit Monks en &#233;levant la voix, fit ce que toute femme&lt;br class='autobr' /&gt;
e&#251;t fait &#224; sa place : elle br&#251;la le testament ; la lettre ne parvint&lt;br class='autobr' /&gt;
pas &#224; son adresse ; ma m&#232;re la garda, ainsi que d'autres preuves,&lt;br class='autobr' /&gt;
pour le cas o&#249; l'on essayerait de nier la faute de la jeune fille ;&lt;br class='autobr' /&gt;
elle instruisit de tout le p&#232;re d'Agn&#232;s, avec toutes les&lt;br class='autobr' /&gt;
circonstances aggravantes que lui dictait la haine violente dont&lt;br class='autobr' /&gt;
elle &#233;tait anim&#233;e et dont je la remercie. Le p&#232;re, au d&#233;sespoir,&lt;br class='autobr' /&gt;
se retira avec ses enfants au fond du pays de Galles, et changea&lt;br class='autobr' /&gt;
de nom pour que ses amis ne pussent jamais conna&#238;tre le lieu de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
retraite. Quelque temps apr&#232;s on le trouva mort dans son lit. Sa&lt;br class='autobr' /&gt;
fille s'&#233;tait enfuie secr&#232;tement quelques semaines auparavant ; il&lt;br class='autobr' /&gt;
avait parcouru &#224; pied les villes et les villages d'alentour, la&lt;br class='autobr' /&gt;
cherchant partout, et, persuad&#233; qu'elle avait mis fin &#224; ses jours&lt;br class='autobr' /&gt;
pour cacher son d&#233;shonneur, il &#233;tait revenu chez lui et &#233;tait mort&lt;br class='autobr' /&gt;
de chagrin le soir m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut ici un court moment de silence, jusqu'&#224; ce que&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow reprit le fil de la narration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quelques ann&#233;es plus tard, dit-il, je re&#231;us la visite de la m&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#201;douard Leeford, de cette homme ici pr&#233;sent... &#192; dix-huit ans,&lt;br class='autobr' /&gt;
il l'avait quitt&#233;e, lui avait vol&#233; ses bijoux et son argent,&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;tait fait joueur, escroc, faussaire, et s'&#233;tait sauv&#233; &#224; Londres&lt;br class='autobr' /&gt;
o&#249;, depuis deux ans, il ne fr&#233;quentait que les &#234;tres les plus&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;grad&#233;s. Elle &#233;tait atteinte d'une incurable et douloureuse&lt;br class='autobr' /&gt;
maladie, et d&#233;sirait le revoir avant de mourir. Apr&#232;s de longues&lt;br class='autobr' /&gt;
et inutiles recherches, on parvint enfin &#224; le d&#233;couvrir, et il&lt;br class='autobr' /&gt;
partit avec elle pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elle y mourut, dit Monks, apr&#232;s de cruelles souffrances ; &#224; son&lt;br class='autobr' /&gt;
lit de mort elle me r&#233;v&#233;la ses secrets et me l&#233;gua la haine&lt;br class='autobr' /&gt;
mortelle qu'elle avait vou&#233;e &#224; Agn&#232;s et &#224; son enfant. C'&#233;tait une&lt;br class='autobr' /&gt;
recommandation bien inutile, car il y avait d&#233;j&#224; longtemps que&lt;br class='autobr' /&gt;
j'avais h&#233;rit&#233; de cette haine. Elle ne croyait pas au suicide de&lt;br class='autobr' /&gt;
la jeune fille ; elle &#233;tait persuad&#233;e qu'Agn&#232;s avait eu un fils et&lt;br class='autobr' /&gt;
que ce fils &#233;tait vivant. Je lui jurai que, si jamais je le&lt;br class='autobr' /&gt;
rencontrais sur mon chemin, je le poursuivrais, je ne lui&lt;br class='autobr' /&gt;
laisserais ni paix ni tr&#234;ve, je m'acharnerais apr&#232;s lui avec une&lt;br class='autobr' /&gt;
infatigable animosit&#233;, j'assouvirais sur lui ma haine et je&lt;br class='autobr' /&gt;
foulerais aux pieds ce testament insultant, en tra&#238;nant le fils de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'adult&#232;re dans la boue de l'infamie, duss&#233;-je le conduire&lt;br class='autobr' /&gt;
jusqu'au pied de la potence. Il s'est enfin trouv&#233; sur mon chemin ;&lt;br class='autobr' /&gt;
j'avais bien commenc&#233;, et, sans les bavardages d'une coquine, je&lt;br class='autobr' /&gt;
serais arriv&#233; &#224; mon but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que le sc&#233;l&#233;rat exhalait sa rage impuissante en murmurant&lt;br class='autobr' /&gt;
d'affreuses impr&#233;cations, M. Brownlow, s'adressant aux t&#233;moins&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;pouvant&#233;s de cette sc&#232;ne, leur expliqua comment le juif avait &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
le complice et le confident de cet homme ; comment il avait re&#231;u,&lt;br class='autobr' /&gt;
pour faire tomber Olivier dans ses emb&#251;ches, une somme&lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#233;rable dont il devait restituer une partie dans le cas o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'enfant s'&#233;chapperait ; comme enfin, &#224; la suite d'une discussion &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
ce sujet, ils en &#233;taient venus &#224; s'assurer que c'&#233;tait bien&lt;br class='autobr' /&gt;
Olivier qui &#233;tait &#224; la campagne chez Mme Maylie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que sont devenus la bague et le m&#233;daillon ? dit M. Brownlow en&lt;br class='autobr' /&gt;
s'adressant &#224; Monks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ils m'ont &#233;t&#233; vendus par l'homme et la femme dont je vous ai&lt;br class='autobr' /&gt;
parl&#233;. Ils les avaient vol&#233;s &#224; une vieille infirmi&#232;re du d&#233;p&#244;t qui&lt;br class='autobr' /&gt;
les avait pris sur le cadavre d'Agn&#232;s, r&#233;pondit Monks sans lever&lt;br class='autobr' /&gt;
les yeux. Vous savez ce que j'en ai fait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Brownlow fit un signe &#224; M. Grimwig, qui sortit aussit&#244;t et&lt;br class='autobr' /&gt;
rentra bient&#244;t poussant, devant lui Mme Bumble et tirant apr&#232;s lui&lt;br class='autobr' /&gt;
son infortun&#233; mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En croirai-je mes yeux ? s'&#233;cria M. Bumble jouant sottement&lt;br class='autobr' /&gt;
l'enthousiasme. N'est-ce point le petit Olivier ?... Oh ! Olivier,&lt;br class='autobr' /&gt;
si vous saviez comme j'ai &#233;t&#233; en peine de vous !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Taisez-vous, imb&#233;cile ! murmura Mme Bumble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est plus fort que moi, c'est plus fort que moi, madame Bumble,&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pliqua le chef du d&#233;p&#244;t de mendicit&#233; ; je ne puis pas m'emp&#234;cher,&lt;br class='autobr' /&gt;
moi qui l'ai &#233;lev&#233; paroissialement, de sentir quelque chose en le&lt;br class='autobr' /&gt;
voyant ici, au milieu de dames et de messieurs d'une tournure si&lt;br class='autobr' /&gt;
distingu&#233;e ; j'ai toujours aim&#233; cet enfant-l&#224; comme s'il &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
mon... mon... mon grand-p&#232;re, dit M. Bumble en s'arr&#234;tant pour&lt;br class='autobr' /&gt;
chercher une comparaison exacte. Ma&#238;tre Olivier, mon ami, vous&lt;br class='autobr' /&gt;
souvenez-vous de ce brave monsieur en gilet blanc ? Ah !... il est&lt;br class='autobr' /&gt;
en paradis depuis huit jours... Nous l'avons port&#233; en terre dans&lt;br class='autobr' /&gt;
un cercueil de ch&#234;ne &#224; poign&#233;es d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Allons, monsieur, dit s&#233;v&#232;rement M. Grimwig, tr&#234;ve de sentiment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je t&#226;cherai de me mod&#233;rer, monsieur, r&#233;pondit M. Bumble. Comment&lt;br class='autobr' /&gt;
vous portez-vous, monsieur ? J'esp&#232;re que vous &#234;tes toujours en&lt;br class='autobr' /&gt;
parfaite sant&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce compliment s'adressait &#224; M. Brownlow, qui, s'approchant du&lt;br class='autobr' /&gt;
respectable couple, demanda en d&#233;signant Monks :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Connaissez-vous cet individu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, r&#233;pondit nettement Mme Bumble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous ne le connaissez probablement pas non plus ? dit M. Brownlow&lt;br class='autobr' /&gt;
en s'adressant au mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne l'ai jamais vu du ma vie, dit M. Bumble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et vous ne lui avez rien vendu sans doute ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, r&#233;pondit Mme Bumble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous n'avez sans doute jamais eu non plus en votre possession&lt;br class='autobr' /&gt;
certain m&#233;daillon d'or avec une bague ? dit M. Brownlow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non certainement, r&#233;pondit la matrone. Nous avez-vous fait venir&lt;br class='autobr' /&gt;
pour nous adresser de si sottes questions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Brownlow fit un nouveau signe &#224; M. Grimwig, qui sortit&lt;br class='autobr' /&gt;
aussit&#244;t, comme pr&#233;c&#233;demment : mais cette fois il ne ramena pas&lt;br class='autobr' /&gt;
avec lui un couple si vigoureux ; il &#233;tait suivi de deux vieilles&lt;br class='autobr' /&gt;
paralytiques qui chancelaient et tr&#233;buchaient &#224; chaque pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous avez eu soin de fermer la porte la nuit o&#249; mourut la vieille&lt;br class='autobr' /&gt;
Sally, dit la premi&#232;re des deux infirmes en levant sa main&lt;br class='autobr' /&gt;
tremblante, mais vous n'avez pas pu boucher les fentes de la porte&lt;br class='autobr' /&gt;
et nous emp&#234;cher d'entendre ce qui se disait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, non, dit l'autre en regardant autour d'elle et en remuant&lt;br class='autobr' /&gt;
ses m&#226;choires veuves de leurs dents, vous n'avez pas bien pris vos&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;cautions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous l'avons bien entendue, reprit la premi&#232;re, essayer de vous&lt;br class='autobr' /&gt;
dire ce qu'elle avait fait ; nous vous avons vue prendre un papier&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elle tenait &#224; la main, et le lendemain nous vous avons guett&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
quand vous avez &#233;t&#233; au mont-de-pi&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, ajouta la seconde, et on vous a remis un m&#233;daillon et une&lt;br class='autobr' /&gt;
bague d'or ; nous &#233;tions sur vos talons, oui, nous &#233;tions sur vos&lt;br class='autobr' /&gt;
talons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et nous en savons plus long encore, dit la premi&#232;re ; la vieille&lt;br class='autobr' /&gt;
Sally nous avait dit, longtemps auparavant, ce que cette jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
femme lui avait cont&#233;, &#224; savoir : qu'elle &#233;tait en route pour aller&lt;br class='autobr' /&gt;
mourir pr&#232;s de la tombe du p&#232;re de son enfant, car elle sentait&lt;br class='autobr' /&gt;
bien qu'elle ne survivrait pas &#224; son malheur, et c'est alors&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elle est accouch&#233;e au d&#233;p&#244;t de mendicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voulez-vous que l'on fasse venir le commissionnaire au mont-de-&lt;br class='autobr' /&gt;
pi&#233;t&#233; ? demanda M. Grimwig en faisant un pas vers la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, r&#233;pondit Mme Bumble. Puisque cet homme, dit-elle en&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;signant Monks, a eu la l&#226;chet&#233; de tout avouer, comme je n'en&lt;br class='autobr' /&gt;
doute pas, et que vous avez su tirer les vers du nez de ses&lt;br class='autobr' /&gt;
vieilles gueuses-l&#224;, je n'ai plus rien &#224; dire. Eh bien ! oui, j'ai&lt;br class='autobr' /&gt;
vendu ces objets, et ils sont quelque part o&#249; vous ne pourrez&lt;br class='autobr' /&gt;
jamais les retrouver ; et puis apr&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rien, r&#233;pondit M. Brownlow, sinon qu'&#224; pr&#233;sent c'est notre&lt;br class='autobr' /&gt;
affaire de veiller &#224; ce que vous n'occupiez, plus jamais, vous ou&lt;br class='autobr' /&gt;
votre mari, un poste de confiance. Vous pouvez vous retirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J'esp&#232;re, dit M. Bumble d'un air piteux, tandis que M. Grimwig&lt;br class='autobr' /&gt;
sortait avec les deux vieilles femmes, j'esp&#232;re que cette&lt;br class='autobr' /&gt;
malheureuse petite circonstance ne me privera pas de mes fonctions&lt;br class='autobr' /&gt;
paroissiales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si vraiment, r&#233;pondit M. Brownlow ; mettez-vous bien cela dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#234;te, et estimez-vous heureux qu'il n'en soit que cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est Mme Bumble qui a tout fait, dit l'ex-bedeau apr&#232;s s'&#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
prudemment assur&#233; que sa femme &#233;tait d&#233;j&#224; sortie ; c'est elle qui&lt;br class='autobr' /&gt;
l'a voulu absolument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce n'est pas une excuse, r&#233;pliqua M. Brownlow. Vous &#233;tiez&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sent quand ces objets ont &#233;t&#233; jet&#233;s dans la rivi&#232;re ; et&lt;br class='autobr' /&gt;
d'ailleurs, aux yeux de la loi, c'est vous qui &#234;tes le plus&lt;br class='autobr' /&gt;
coupable. La loi suppose que votre femme n'agit que d'apr&#232;s vos&lt;br class='autobr' /&gt;
conseils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si la loi suppose cela, dit M. Bumble en serrant son chapeau&lt;br class='autobr' /&gt;
entre ses mains, la loi n'est qu'une... une idiote. S'il en est&lt;br class='autobr' /&gt;
ainsi aux yeux de la loi, c'est qu'elle s'est pas mari&#233;e, et ce&lt;br class='autobr' /&gt;
que je puis lui souhaiter de pis, c'est d'en faire l'exp&#233;rience ;&lt;br class='autobr' /&gt;
cela lui ouvrirait les yeux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit en appuyant sur les mots, M. Bumble enfon&#231;a son chapeau&lt;br class='autobr' /&gt;
sur sa t&#234;te, mit ses mains dans ses poches et descendit retrouver&lt;br class='autobr' /&gt;
sa femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mademoiselle, dit M. Brownlow en s'adressant &#224; Rose, donnez-moi&lt;br class='autobr' /&gt;
la main ; n'ayez pas peur ; les quelques mots que j'ai encore &#224; vous&lt;br class='autobr' /&gt;
dire ne sont pas faits pour vous effrayer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; S'ils me concernent personnellement, dit Rose, bien que j'ignore&lt;br class='autobr' /&gt;
comment, laissez-moi, je vous prie, les entendre une autre fois ;&lt;br class='autobr' /&gt;
je n'ai plus ni force ni courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous avez plus d'&#233;nergie que cela, j'en suis s&#251;r, r&#233;pondit le&lt;br class='autobr' /&gt;
vieux monsieur en lui prenant le bras et en le passant sous le&lt;br class='autobr' /&gt;
sien. Connaissez-vous cette jeune demoiselle, monsieur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, r&#233;pondit Monks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne vous ai jamais vu, dit Rose d'une voix faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je vous ai vue souvent, r&#233;pliqua Monks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le p&#232;re de la malheureuse Agn&#232;s avait deux jeunes filles, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow ; qu'est devenue la seconde, celle qui &#233;tait encore&lt;br class='autobr' /&gt;
enfant, &#224; la mort de son p&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cette enfant, r&#233;pondit Monks, apr&#232;s avoir perdu son p&#232;re, dans&lt;br class='autobr' /&gt;
un pays o&#249; elle n'&#233;tait connue de personne, n'ayant pas une&lt;br class='autobr' /&gt;
lettre, pas un livre, pas un chiffon de papier qui p&#251;t la mettre&lt;br class='autobr' /&gt;
sur la trace de sa famille ou de ses amis, fut recueillie par de&lt;br class='autobr' /&gt;
pauvres paysans qui en prirent soin comme de leur propre fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Continuez, dit M. Brownlow en faisant signe &#224; Mme Maylie&lt;br class='autobr' /&gt;
d'approcher. Continuez !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il vous fut impossible de d&#233;couvrir sa retraite, dit Monks ; mais&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#224; o&#249; l'amiti&#233; &#233;choue, parfois la haine r&#233;ussit ; apr&#232;s une ann&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
de recherches, ma m&#232;re parvint &#224; d&#233;couvrir cette enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elle la prit avec elle, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non. Ces braves gens &#233;taient pauvres et commen&#231;aient, du moins&lt;br class='autobr' /&gt;
le mari, &#224; se lasser de leur humanit&#233; ; aussi leur laissa-t-elle&lt;br class='autobr' /&gt;
l'enfant, en leur donnant une petite somme d'argent avec laquelle&lt;br class='autobr' /&gt;
ils ne pouvaient pas aller loin, en leur promettant de leur en&lt;br class='autobr' /&gt;
envoyer davantage, mais bien d&#233;cid&#233;e &#224; n'en rien faire. Comme leur&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;contentement et leur mis&#232;re n'&#233;taient pas pour elle une garantie&lt;br class='autobr' /&gt;
suffisante du malheur de cette petite fille, elle leur conta&lt;br class='autobr' /&gt;
l'histoire du d&#233;shonneur de la soeur, en y ajoutant les d&#233;tails&lt;br class='autobr' /&gt;
les plus odieux, et les engagea &#224; surveiller l'enfant de pr&#232;s car&lt;br class='autobr' /&gt;
elle &#233;tait le fruit d'une union ill&#233;gitime, et tournerait mal t&#244;t&lt;br class='autobr' /&gt;
ou tard. Ces pauvres gens crurent &#224; ce r&#233;cit, et l'enfant tra&#238;na&lt;br class='autobr' /&gt;
une existence assez mis&#233;rable pour nous satisfaire, jusqu'&#224; ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'une dame veuve, qui habitait alors Chester, la vit par hasard,&lt;br class='autobr' /&gt;
en eut piti&#233;, et la prit avec elle. En d&#233;pit de tous nos efforts,&lt;br class='autobr' /&gt;
l'enfant resta pr&#232;s de cette dame et fut heureuse ; je la perdis de&lt;br class='autobr' /&gt;
vue il y a deux ou trois ans, et je n'ai retrouv&#233; ses traces que&lt;br class='autobr' /&gt;
depuis quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La voyez-vous maintenant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui ; elle est appuy&#233;e sur votre bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais elle n'en est pas moins ma ni&#232;ce, s'&#233;cria Mme Maylie en&lt;br class='autobr' /&gt;
serrant Rose sur son coeur ; elle n'en est pas moins mon enfant&lt;br class='autobr' /&gt;
bien-aim&#233;e ; je ne voudrais pas la perdre maintenant, pour tous les&lt;br class='autobr' /&gt;
tr&#233;sors du monde. Ma douce compagne, ma ch&#232;re fille...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous avez &#233;t&#233; ma seule amie, dit Rose, la plus affectueuse, la&lt;br class='autobr' /&gt;
meilleure des amies ; mon coeur est suffoqu&#233; par l'&#233;motion, je ne&lt;br class='autobr' /&gt;
puis supporter tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et vous, lui dit Mme Maylie en l'embrassant tendrement, vous&lt;br class='autobr' /&gt;
avez toujours &#233;t&#233; pour moi la meilleure et la plus charmante&lt;br class='autobr' /&gt;
fille, et vous avez toujours fait le bonheur de tous ceux qui vous&lt;br class='autobr' /&gt;
ont connue. Allons, mon amour, pensez aussi &#224; ce pauvre enfant,&lt;br class='autobr' /&gt;
qui veut vous serrer dans ses bras. Tenez ! tenez ! voyez-le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elle n'est pas pour moi une tante, dit Olivier en lui passant&lt;br class='autobr' /&gt;
ses bras autour du cou, mais une soeur, une soeur ch&#233;rie ; oh !&lt;br class='autobr' /&gt;
Rose, d&#232;s que je vous ai connue, mon coeur me disait que je devais&lt;br class='autobr' /&gt;
vous aimer ainsi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Respectons les larmes que vers&#232;rent ces deux orphelins, et les&lt;br class='autobr' /&gt;
paroles entrecoup&#233;es qu'ils &#233;chang&#232;rent en tombant dans les bras&lt;br class='autobr' /&gt;
l'un de l'autre : ils retrouvaient et perdaient au m&#234;me instant un&lt;br class='autobr' /&gt;
p&#232;re, une m&#232;re, une soeur ; leur joie &#233;tait m&#234;l&#233;e de douleur, et&lt;br class='autobr' /&gt;
pourtant leurs larmes n'&#233;taient pas am&#232;res : car la douleur m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
qui s'&#233;levait dans leur &#226;me &#233;tait si bien adoucie par les doux et&lt;br class='autobr' /&gt;
tendres souvenirs qui l'accompagnaient, qu'elle d&#233;pouillait toute&lt;br class='autobr' /&gt;
sensation de peine, pour devenir seulement un plaisir solennel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils rest&#232;rent longtemps seuls ; enfin on frappa doucement &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
porte ; Olivier l'ouvrit, et, s'&#233;loignant rapidement, c&#233;da la place&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; Henry Maylie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je sais tout, dit celui-ci, en s'asseyant pr&#232;s de l'aimable jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
fille. Ch&#232;re Rose, je sais tout. Je ne suis pas ici par hasard,&lt;br class='autobr' /&gt;
ajouta-t-il apr&#232;s un long silence ; ce n'est pas aujourd'hui que&lt;br class='autobr' /&gt;
j'ai tout appris, mais hier, seulement hier. Devinez-vous que je&lt;br class='autobr' /&gt;
suis venu pour vous faire souvenir de votre promesse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Arr&#234;tez, dit Rose ; vous savez tout, dites-vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tout. Vous m'avez permis de vous entretenir encore une fois du&lt;br class='autobr' /&gt;
sujet de notre derni&#232;re entrevue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je me suis engag&#233; &#224; ne pas insister pour modifier votre&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;termination et &#224; vous demander seulement de me la faire&lt;br class='autobr' /&gt;
conna&#238;tre encore une fois ; j'ai promis de mettre &#224; vos pieds ma&lt;br class='autobr' /&gt;
position et ma fortune, et de ne rien dire ni rien faire pour vous&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;branler, si vous persistiez dans votre premi&#232;re r&#233;solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les m&#234;mes motifs qui me d&#233;cid&#232;rent alors me d&#233;cident encore&lt;br class='autobr' /&gt;
maintenant, dit Rose avec fermet&#233; ; je comprends ce soir, mieux que&lt;br class='autobr' /&gt;
jamais, quels sont mes devoirs envers celle dont la bont&#233; m'a&lt;br class='autobr' /&gt;
arrach&#233;e aux souffrances et &#224; la mis&#232;re. C'est une lutte, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
Rose, mais c'est une lutte dont je suis fi&#232;re ; c'est un coup&lt;br class='autobr' /&gt;
cruel, mais mon coeur saura le supporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La d&#233;couverte de ce soir... commen&#231;a Henry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La d&#233;couverte de ce soir, reprit doucement Rose, me laisse, en&lt;br class='autobr' /&gt;
ce qui vous concerne, dans la m&#234;me position qu'auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous voulez endurcir votre coeur contre moi, Rose, dit le jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh ! Henry, Henry, dit la jeune fille en fondant en larmes, je&lt;br class='autobr' /&gt;
voudrais le pouvoir, je ne souffrirais pas tant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Alors, pourquoi vous infliger cette peine ? dit Henry en lui&lt;br class='autobr' /&gt;
prenant la main ; songez, ch&#232;re Rose, songez &#224; ce que vous avez&lt;br class='autobr' /&gt;
entendu ce soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et qu'ai-je entendu ? s'&#233;cria Rose ; que le sentiment du&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;shonneur de sa famille troubla tellement mon p&#232;re, qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
s'enfuit loin de tous ceux qu'il avait connus... Tenez, nous en&lt;br class='autobr' /&gt;
avons dit assez, Henry ; laissons l&#224; cet entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas encore, dit le jeune homme en la retenant au moment o&#249; elle&lt;br class='autobr' /&gt;
se levait ; esp&#233;rances, d&#233;sirs, projets, tout a chang&#233; pour moi,&lt;br class='autobr' /&gt;
except&#233; l'amour que je vous ai vou&#233; ; je ne vous offre plus un rang&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;lev&#233; au milieu des agitations du monde, de ce monde m&#233;chant et&lt;br class='autobr' /&gt;
envieux o&#249; l'on a &#224; rougir d'autre chose que de ce qui est&lt;br class='autobr' /&gt;
vraiment honteux. Mais je vous offre un foyer et un coeur ; oui,&lt;br class='autobr' /&gt;
ch&#232;re Rose, voil&#224; tout ce que j'ai maintenant &#224; vous offrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que signifie ce langage ? balbutia la jeune fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il signifie... que la derni&#232;re fois que je vous ai vue, je vous&lt;br class='autobr' /&gt;
ai quitt&#233;e avec la ferme r&#233;solution d'aplanir tous les obstacles&lt;br class='autobr' /&gt;
imaginaires qui s'&#233;levaient entre vous et moi, bien d&#233;cid&#233;, si le&lt;br class='autobr' /&gt;
monde dans lequel je vivais ne pouvait devenir le votre, &#224; le&lt;br class='autobr' /&gt;
quitter pour &#234;tre &#224; vous, et &#224; tourner le dos &#224; quiconque&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;priserait votre naissance : c'est ce que j'ai fait ; ceux qui se&lt;br class='autobr' /&gt;
sont &#233;loign&#233;s de moi pour ce motif, se sont &#233;loign&#233;s de vous, et&lt;br class='autobr' /&gt;
m'ont ainsi prouv&#233; que jusque-l&#224; vous aviez raison. Tel protecteur&lt;br class='autobr' /&gt;
puissant, tel parent influent qui me souriait alors, me regarde&lt;br class='autobr' /&gt;
maintenant avec froideur ; mais il y a en Angleterre de riantes&lt;br class='autobr' /&gt;
campagnes et de beaux ombrages, et &#224; c&#244;t&#233; d'une &#233;glise de village,&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'&#233;glise dont je suis le pasteur, s'&#233;l&#232;ve une habitation&lt;br class='autobr' /&gt;
rustique, o&#249; je serais plus fier de vivre avec vous, ch&#232;re Rose,&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'au milieu de toutes les splendeurs du monde ; voil&#224; mon rang,&lt;br class='autobr' /&gt;
voil&#224; ma position actuelle que je mets en ce moment &#224; vos pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * * * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est bien d&#233;sagr&#233;able pour un souper d'attendre apr&#232;s des&lt;br class='autobr' /&gt;
amoureux, dit M. Grimwig, qui venait de faire un somme, avec son&lt;br class='autobr' /&gt;
mouchoir de poche sur la t&#234;te. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; dire vrai, le souper attendait depuis un temps d&#233;raisonnable ; ni&lt;br class='autobr' /&gt;
Mme Maylie, ni Henry, ni Rose, qui entr&#232;rent tous au m&#234;me moment,&lt;br class='autobr' /&gt;
n'avaient la moindre excuse &#224; all&#233;guer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je songeais s&#233;rieusement &#224; manger ma t&#234;te ce soir, dit&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Grimwig : car je commen&#231;ais &#224; croire que je n'aurais pas autre&lt;br class='autobr' /&gt;
chose. Je prendrai la libert&#233;, avec votre permission, de faire mon&lt;br class='autobr' /&gt;
compliment &#224; la jeune fianc&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Grimwig, sans plus de c&#233;r&#233;monie, embrassa Rose, qui se mit &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
rougir ; l'exemple devint contagieux, et fut suivi par le docteur&lt;br class='autobr' /&gt;
et par M. Brownlow. Quelques personnes assurent qu'Henry Maylie en&lt;br class='autobr' /&gt;
avait d&#233;j&#224; fait autant dans la pi&#232;ce voisine ; mais les meilleures&lt;br class='autobr' /&gt;
autorit&#233;s s'accordent &#224; dire que c'est une m&#233;chancet&#233; pure ; il&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait si jeune, et un pasteur encore !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Olivier, mon enfant, dit Mme Maylie, d'o&#249; venez-vous, et pourquoi&lt;br class='autobr' /&gt;
avez-vous l'air si afflig&#233; ? Vous avez encore des larmes dans les&lt;br class='autobr' /&gt;
yeux ; qu'est-ce que vous avez donc ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que de d&#233;ceptions dans ce monde ! H&#233;las ! nos plus ch&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
esp&#233;rances, celles qui font le plus d'honneur &#224; notre nature, sont&lt;br class='autobr' /&gt;
souvent celles qui sont bris&#233;es les premi&#232;res. Le pauvre Richard&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait mort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE LII&lt;br class='autobr' /&gt;
La derni&#232;re nuit que le juif a encore &#224; vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cour d'assises, du plancher jusqu'au plafond, &#233;tait pav&#233;e de&lt;br class='autobr' /&gt;
figures humaines ; il n'y avait pas un pouce de terrain qui ne&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sent&#226;t une paire d'yeux tout grands ouverts. Depuis la barre&lt;br class='autobr' /&gt;
plac&#233;e devant le tribunal, jusqu'aux coins les plus recul&#233;s des&lt;br class='autobr' /&gt;
galeries, tous les regards &#233;taient fix&#233;s sur un seul homme... le&lt;br class='autobr' /&gt;
juif, devant lui, derri&#232;re lui, &#224; droite, &#224; gauche, en tout sens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait l&#224;, debout, encadr&#233; dans un firmament &#233;maill&#233; d'yeux&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tincelants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait l&#224;, au milieu de cette gloire de lumi&#232;re vivante, une&lt;br class='autobr' /&gt;
main appuy&#233;e sur la balustrade de bois plac&#233;e devant lui, l'autre&lt;br class='autobr' /&gt;
pos&#233;e derri&#232;re son oreille, la t&#234;te pench&#233;e en avant pour saisir&lt;br class='autobr' /&gt;
plus distinctement chaque mot prononc&#233; par le pr&#233;sident, qui&lt;br class='autobr' /&gt;
faisait le r&#233;sum&#233; de l'affaire ; parfois il dirigeait ses regards&lt;br class='autobr' /&gt;
vers les jur&#233;s, pour observer l'effet que produisait sur eux la&lt;br class='autobr' /&gt;
circonstance la plus l&#233;g&#232;re en sa faveur, et, quand les charges&lt;br class='autobr' /&gt;
qui pesaient sur lui &#233;taient prouv&#233;es avec une clart&#233; terrible, il&lt;br class='autobr' /&gt;
regardait son avocat comme pour lui adresser un appel muet et le&lt;br class='autobr' /&gt;
supplier de tenter encore un effort pour le sauver. C'&#233;tait sa&lt;br class='autobr' /&gt;
seule mani&#232;re de trahir son anxi&#233;t&#233;, car il ne faisait pas un&lt;br class='autobr' /&gt;
mouvement ; il n'avait presque pas boug&#233; depuis le commencement du&lt;br class='autobr' /&gt;
proc&#232;s, et, quand le pr&#233;sident cessa de parler, il garda la m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
attitude et resta immobile et attentif, les yeux toujours fix&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
sur lui, comme s'il l'&#233;coutait encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un l&#233;ger mouvement dans la cour le rappela au sentiment de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
position ; il regarda autour de lui. Les jur&#233;s &#233;taient r&#233;unis pour&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;lib&#233;rer. Il promena ses regards sur la galerie et put voir que&lt;br class='autobr' /&gt;
les gens montaient les uns sur les autres pour apercevoir sa&lt;br class='autobr' /&gt;
figure : ceux-ci braquaient sur lui leurs lorgnettes, tandis que&lt;br class='autobr' /&gt;
ceux-l&#224;, sur le visage desquels se peignaient l'horreur et le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;go&#251;t, s'entretenaient &#224; voix basse avec leurs voisins. Quelques-&lt;br class='autobr' /&gt;
uns, c'&#233;tait le petit nombre, semblaient ne pas faire attention &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
lui et attendre avec impatience le verdict du jury, en s'&#233;tonnant&lt;br class='autobr' /&gt;
de la lenteur de la d&#233;lib&#233;ration. Mais il n'y avait pas dans&lt;br class='autobr' /&gt;
l'auditoire, m&#234;me parmi les femmes qui se trouvaient l&#224; en grand&lt;br class='autobr' /&gt;
nombre, une seule figure sur laquelle il p&#251;t lire la moindre&lt;br class='autobr' /&gt;
sympathie pour lui, ou dont l'expression trahit autre chose que le&lt;br class='autobr' /&gt;
vif d&#233;sir de le voir condamner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis qu'il consid&#233;rait tout cela d'un oeil &#233;gar&#233;, un profond&lt;br class='autobr' /&gt;
silence se fit tout &#224; coup ; il regarda derri&#232;re lui et vit que les&lt;br class='autobr' /&gt;
jur&#233;s s'&#233;taient retourn&#233;s du c&#244;t&#233; du pr&#233;sident. C'&#233;tait seulement&lt;br class='autobr' /&gt;
pour demander la permission de se retirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il les consid&#233;ra attentivement, un &#224; un, &#224; mesure qu'ils&lt;br class='autobr' /&gt;
sortaient, pour t&#226;cher de deviner de quel c&#244;t&#233; pencherait la&lt;br class='autobr' /&gt;
majorit&#233; ; ce fut en vain. Le ge&#244;lier lui toucha l'&#233;paule ; il le&lt;br class='autobr' /&gt;
suivit machinalement jusqu'au pr&#233;toire et s'assit. Si on ne lui&lt;br class='autobr' /&gt;
avait montr&#233; le si&#232;ge plac&#233; devant lui, il ne l'e&#251;t pas aper&#231;u.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il regarda encore du c&#244;t&#233; de la galerie. Parmi les spectateurs,&lt;br class='autobr' /&gt;
les uns &#233;taient en train de manger, les autres s'&#233;ventaient avec&lt;br class='autobr' /&gt;
leurs mouchoirs, car il faisait tr&#232;s chaud dans la salle. Un jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
homme &#233;tait occup&#233; &#224; crayonner sur un album les traits de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'accus&#233; ; curieux de savoir si le croquis &#233;tait ressemblant, et,&lt;br class='autobr' /&gt;
profitant d'un moment o&#249; l'artiste &#233;tait occup&#233; &#224; tailler son&lt;br class='autobr' /&gt;
crayon, il se pencha pour regarder l'esquisse, comme e&#251;t pu le&lt;br class='autobr' /&gt;
faire un spectateur indiff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, quand il dirigeait ses regards vers le juge, il &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
tout occup&#233; d'examiner son costume en d&#233;tail, de rechercher ce que&lt;br class='autobr' /&gt;
&#231;a pouvait co&#251;ter, comment &#231;a se mettait, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avisa un vieux monsieur qui rentrait apr&#232;s une demi-heure&lt;br class='autobr' /&gt;
d'absence ; il se demanda si cet homme &#233;tait sorti pour aller&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#238;ner, o&#249; il avait &#233;t&#233;, ce qu'il s'&#233;tait fait servir, et continua&lt;br class='autobr' /&gt;
de se livrer &#224; ce genre de r&#233;flexions insouciantes, jusqu'&#224; ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'un nouvel objet attir&#226;t son attention, pour faire na&#238;tre en lui&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autres pens&#233;es tout aussi saugrenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'&#233;tait pas que, pendant tout ce temps, il e&#251;t pu se soustraire&lt;br class='autobr' /&gt;
un instant &#224; l'effroyable id&#233;e que sa fosse &#233;tait ouverte &#224; ses&lt;br class='autobr' /&gt;
pieds ; cette pens&#233;e &#233;tait toujours pr&#233;sente &#224; son esprit, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une mani&#232;re vague et g&#233;n&#233;rale, et il ne pouvait y arr&#234;ter son&lt;br class='autobr' /&gt;
esprit. Ainsi, tandis qu'il frissonnait de terreur et devenait&lt;br class='autobr' /&gt;
rouge comme le fer en songeant qu'il allait bient&#244;t mourir, il se&lt;br class='autobr' /&gt;
mettait involontairement &#224; compter les barreaux de la grille du&lt;br class='autobr' /&gt;
tribunal, s'&#233;tonnait d'en voir un cass&#233; et se demandait si on le&lt;br class='autobr' /&gt;
raccommoderait ou si on le laisserait comme &#231;a. Il songeait avec&lt;br class='autobr' /&gt;
horreur &#224; l'&#233;chafaud, &#224; la potence, puis s'arr&#234;tait pour regarder&lt;br class='autobr' /&gt;
un homme qui arrosait les dalles afin de les rafra&#238;chir, et&lt;br class='autobr' /&gt;
revenait ensuite &#224; ses sinistres pens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin on entendit crier : &#171; Silence ! &#187; et chacun retint sa&lt;br class='autobr' /&gt;
respiration en portant ses regards vers la porte. Les jur&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
rentr&#232;rent et pass&#232;rent tout pr&#232;s de lui ; il ne put rien lire sur&lt;br class='autobr' /&gt;
leurs visages : ils &#233;taient impassibles comme le marbre. Un profond&lt;br class='autobr' /&gt;
silence s'&#233;tablit... pas un mouvement... pas un souffle...&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'accus&#233; est coupable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cris fr&#233;n&#233;tiques &#233;clat&#232;rent dans tout l'auditoire, cris&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;p&#233;t&#233;s bient&#244;t par la foule qui encombrait les abords du&lt;br class='autobr' /&gt;
tribunal, par la populace enchant&#233;e d'apprendre que le juif serait&lt;br class='autobr' /&gt;
pendu le lundi suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tumulte s'apaisa, et on demanda au criminel s'il avait quelque&lt;br class='autobr' /&gt;
observation &#224; faire sur l'application de la peine. Il avait repris&lt;br class='autobr' /&gt;
son attitude attentive et regardait de tous ses yeux celui qui lui&lt;br class='autobr' /&gt;
adressait cette question ; il fallut pourtant la lui r&#233;p&#233;ter deux&lt;br class='autobr' /&gt;
fois avant qu'il e&#251;t l'air de l'entendre, et alors il murmura &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
voix basse qu'il &#233;tait... un vieillard... un vieillard... Il ne&lt;br class='autobr' /&gt;
put dire autre chose et redevint silencieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge se couvrit du bonnet noir ; le juif ne bougea pas ; il avait&lt;br class='autobr' /&gt;
conserv&#233; la m&#234;me indiff&#233;rence apparente. Cette sinistre formalit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
arracha un cri &#224; une femme de la galerie. Le juif regarda vivement&lt;br class='autobr' /&gt;
de ce c&#244;t&#233;, comme s'il &#233;tait f&#226;ch&#233; de cette interruption, et se&lt;br class='autobr' /&gt;
pencha en avant d'un air encore plus attentif. Les paroles qu'on&lt;br class='autobr' /&gt;
lui adressait &#233;taient solennelles et &#233;mouvantes, la sentence&lt;br class='autobr' /&gt;
horrible &#224; entendre ; mais il restait immobile comme une statue,&lt;br class='autobr' /&gt;
sans qu'un seul muscle de son visage se m&#238;t en jeu. L'oeil hagard,&lt;br class='autobr' /&gt;
il restait pench&#233; en avant, la m&#226;choire pendante, quand le ge&#244;lier&lt;br class='autobr' /&gt;
lui toucha le bras et lui fit signe de le suivre. Il regarda un&lt;br class='autobr' /&gt;
instant autour de lui d'un air h&#233;b&#233;t&#233;, et ob&#233;it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lui fit traverser une salle basse o&#249; quelques prisonniers&lt;br class='autobr' /&gt;
attendaient leur tour de passer en jugement, tandis que d'autres&lt;br class='autobr' /&gt;
causaient avec leurs amis, &#224; travers la grille qui donnait sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
cour. Il n'y avait l&#224; personne pour lui parler, &#224; lui, et quand il&lt;br class='autobr' /&gt;
passa, les prisonniers se recul&#232;rent, pour que les gens qui&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;taient accroch&#233;s &#224; la grille pussent mieux le voir. Ils&lt;br class='autobr' /&gt;
l'accabl&#232;rent d'injures, se mirent &#224; crier, &#224; siffler ; il leur&lt;br class='autobr' /&gt;
montrait le poing et leur aurait crach&#233; au visage, si ses gardiens&lt;br class='autobr' /&gt;
ne l'eussent entra&#238;n&#233; par un sombre couloir, &#224; peine &#233;clair&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
quelques quinquets, jusqu'&#224; l'int&#233;rieur de la prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, on le fouilla pour s'assurer qu'il n'avait rien sur lui qui&lt;br class='autobr' /&gt;
lui perm&#238;t de devancer son supplice ; puis on le mena dans une des&lt;br class='autobr' /&gt;
cellules des condamn&#233;s &#224; mort, et on l'y laissa... seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'assit sur un banc de pierre plac&#233; en face de la porte et qui&lt;br class='autobr' /&gt;
servait &#224; la fois de si&#232;ge et de lit ; puis, fixant &#224; terre ses&lt;br class='autobr' /&gt;
yeux inject&#233;s de sang, il essaya de rappeler ses souvenirs. Au&lt;br class='autobr' /&gt;
bout de quelque temps, il parvint &#224; recueillir quelques lambeaux&lt;br class='autobr' /&gt;
de phrases de l'allocution que lui avait adress&#233;e le juge, phrases&lt;br class='autobr' /&gt;
dont il avait cru, sur le moment, n'avoir pas entendu un mot. Peu&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; peu ses souvenirs se compl&#233;t&#232;rent, se coordonn&#232;rent dans sa&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#234;te : &#171; Condamn&#233; &#224; &#234;tre pendu par le cou jusqu'&#224; ce que mort&lt;br class='autobr' /&gt;
s'ensuive. &#187; C'&#233;taient bien l&#224; les derniers mots qu'on lui avait&lt;br class='autobr' /&gt;
adress&#233;s : &#171; condamn&#233; &#224; &#234;tre pendu par le cou jusqu'&#224; ce que mort&lt;br class='autobr' /&gt;
s'ensuive. &#187; Comme il commen&#231;ait &#224; faire nuit, il se mit &#224; penser &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
tous les gens qu'il avait connus qui &#233;taient morts sur&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;chafaud... quelques-uns par sa faute... Ils lui revenaient en&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;moire avec une telle rapidit&#233;, qu'il pouvait &#224; peine les&lt;br class='autobr' /&gt;
compter. Il y en avait qu'il avait vus mourir et dont il s'&#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
moqu&#233;, parce qu'ils &#233;taient morts avec une pri&#232;re sur les l&#232;vres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel dr&#244;le de bruit leurs pieds avaient fait en ratissant les&lt;br class='autobr' /&gt;
planches, quand ils avaient &#233;t&#233; lanc&#233;s dans l'espace ! Quel&lt;br class='autobr' /&gt;
changement soudain, quand un instant avait fait de ces hommes&lt;br class='autobr' /&gt;
forts et vigoureux une masse de chiffons, pendillant au bout d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
corde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques-uns d'entre eux avaient probablement occup&#233; cette&lt;br class='autobr' /&gt;
cellule... s'&#233;taient assis sur ce banc de pierre. Comme il fait&lt;br class='autobr' /&gt;
sombre ! pourquoi n'apporte-t'on pas de lumi&#232;re ? Il y a des si&#232;cles&lt;br class='autobr' /&gt;
que cette cellule est construite... combien d'hommes ont d&#251; y&lt;br class='autobr' /&gt;
passer leurs derni&#232;res heures ! On se croirait couch&#233; dans une cave&lt;br class='autobr' /&gt;
jonch&#233;e de cadavres... N'est-ce pas l&#224; le bonnet, le noeud&lt;br class='autobr' /&gt;
coulant, les bras garrott&#233;s, ces figures qu'il reconna&#238;t jusque&lt;br class='autobr' /&gt;
sous le voile hideux qui les cache ?... De la lumi&#232;re ! de la&lt;br class='autobr' /&gt;
lumi&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin, quand il se fut bien meurtri les mains &#224; force de&lt;br class='autobr' /&gt;
frapper contre la porte massive ou contre les murs, deux hommes&lt;br class='autobr' /&gt;
parurent, l'un tenant une chandelle qu'il fourra dans un&lt;br class='autobr' /&gt;
chandelier de fer fix&#233; &#224; la muraille, l'autre tra&#238;nant un matelas&lt;br class='autobr' /&gt;
sur lequel il passerait la nuit : car le prisonnier ne devait plus&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre perdu de vue un seul instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit vint... sombre, sinistre, silencieuse ; ceux qui veillent&lt;br class='autobr' /&gt;
aiment &#224; entendre sonner les horloges des &#233;glises, car elles leur&lt;br class='autobr' /&gt;
annoncent le r&#233;veil de la vie et l'approche du jour ; mais pour le&lt;br class='autobr' /&gt;
juif, elles n'annon&#231;aient que d&#233;sespoir. Tout son de cloche &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
un tintement d'agonie ; chaque coup apportait &#224; son oreille ce son&lt;br class='autobr' /&gt;
monotone, profond et sourd... _mort !_ &#192; quoi lui servaient le&lt;br class='autobr' /&gt;
bruit et le mouvement du joyeux r&#233;veil du jour, qui p&#233;n&#233;trait m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#224;, jusqu'&#224; lui ? ce n'&#233;tait qu'une autre forme de glas fun&#232;bre qui&lt;br class='autobr' /&gt;
lui rappelait sa fin, avec un carillon moqueur par-dessus le&lt;br class='autobr' /&gt;
march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour passe... un jour ? Il n'est pas possible que ce soit un&lt;br class='autobr' /&gt;
jour. Il est &#224; peine venu que le voil&#224; d&#233;j&#224; parti. La nuit vint &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
son tour, nuit &#224; la fois si longue par son affreux silence, et si&lt;br class='autobr' /&gt;
courte par la rapidit&#233; avec laquelle fuyaient les heures ! Tant&#244;t,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans son d&#233;lire, il s'emportait en blasph&#232;mes ; tant&#244;t il hurlait&lt;br class='autobr' /&gt;
et s'arrachait les cheveux. Des hommes respectables, de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
religion, &#233;taient venus prier pr&#232;s de lui ; il les avait chass&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
avec des impr&#233;cations ; ils renouvel&#232;rent leurs efforts&lt;br class='autobr' /&gt;
charitables, et il les chassa cette fois en les battant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vint le samedi soir ; il n'avait plus qu'une nuit &#224; vivre apr&#232;s ;&lt;br class='autobr' /&gt;
comme il y songeait, le jour parut ; on &#233;tait au dimanche. Ce ne&lt;br class='autobr' /&gt;
fut que le soir de ce dernier et terrible jour que la pens&#233;e de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e, et de l'effroyable d&#233;no&#251;ment auquel il&lt;br class='autobr' /&gt;
touchait, s'offrit &#224; son esprit dans toute son horreur : non qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
e&#251;t eu un seul instant l'espoir d'&#234;tre graci&#233; ; mais il n'avait&lt;br class='autobr' /&gt;
jusqu'alors entrevu que d'une mani&#232;re vague la possibilit&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
mourir sit&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'avait presque jamais adress&#233; la parole aux deux gardiens qui&lt;br class='autobr' /&gt;
se relevaient tour &#224; tour pour le surveiller, et qui, de leur&lt;br class='autobr' /&gt;
c&#244;t&#233;, ne faisaient rien pour attirer son attention. Il s'&#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
tenu immobile sur son banc, r&#234;vant tout &#233;veill&#233;. Maintenant il se&lt;br class='autobr' /&gt;
levait &#224; chaque instant, la peau br&#251;lante et l'&#233;cume &#224; la bouche,&lt;br class='autobr' /&gt;
et parcourait convulsivement son &#233;troite cellule dans un tel&lt;br class='autobr' /&gt;
paroxysme de terreur et de col&#232;re, que ses gardiens eux-m&#234;mes,&lt;br class='autobr' /&gt;
bien que familiaris&#233;s avec de tels spectacles, reculaient&lt;br class='autobr' /&gt;
d'horreur et d'&#233;pouvante. Enfin, il devint si effrayant qu'un seul&lt;br class='autobr' /&gt;
homme ne suff&#238;t plus pour le surveiller, et que les deux ge&#244;liers&lt;br class='autobr' /&gt;
rest&#232;rent ensemble pr&#232;s de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'&#233;tendit sur sa couche de pierre et pensa au pass&#233; ; il avait&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;t&#233; bless&#233;, le jour de sa capture, par quelques-uns des&lt;br class='autobr' /&gt;
projectiles que lui avait lanc&#233;s la foule ; sa t&#234;te &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
envelopp&#233;e de bandes ; ses cheveux roux retombaient sur son visage&lt;br class='autobr' /&gt;
livide, et sa barbe inculte &#233;tait hideuse &#224; voir ; ses yeux&lt;br class='autobr' /&gt;
brillaient d'un feu terrible ; sa peau rugueuse et sale &#233;tait toute&lt;br class='autobr' /&gt;
craquel&#233;e par la fi&#232;vre qui le consumait. Huit, neuf, dix heures :&lt;br class='autobr' /&gt;
si ce n'&#233;tait pas une farce qu'on lui faisait pour l'effrayer, si&lt;br class='autobr' /&gt;
c'&#233;taient bien de vraies heures qui sonnaient ainsi l'une apr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
l'autre, o&#249; serait-il quand les aiguilles auraient fait le tour du&lt;br class='autobr' /&gt;
cadran ? Onze heures. Le son de l'heure pr&#233;c&#233;dente vibrait encore &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
son oreille. Le lendemain, &#224; huit heures, il marcherait &#224; la mort,&lt;br class='autobr' /&gt;
sans autre ami pour suivre ses fun&#233;railles que lui-m&#234;me. Et &#224; onze&lt;br class='autobr' /&gt;
heures, ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces murs redoutables de Newgate, qui ont d&#233;rob&#233; tant de&lt;br class='autobr' /&gt;
souffrances, tant d'inexprimables angoisses, non seulement aux&lt;br class='autobr' /&gt;
yeux, mais encore et trop longtemps &#224; la pens&#233;e des hommes,&lt;br class='autobr' /&gt;
n'avaient jamais &#233;t&#233; t&#233;moins d'une sc&#232;ne pareille... Les gens qui&lt;br class='autobr' /&gt;
passaient le long de la prison, et qui se demandaient peut-&#234;tre ce&lt;br class='autobr' /&gt;
que faisait en ce moment le criminel qui devait &#234;tre pendu le&lt;br class='autobr' /&gt;
lendemain, n'en auraient pas ferm&#233; l'oeil de la nuit, s'ils&lt;br class='autobr' /&gt;
avaient pu seulement le voir tel qu'il &#233;tait alors au fond de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
cellule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant toute la soir&#233;e, de petits groupes de deux ou trois&lt;br class='autobr' /&gt;
personnes vinrent &#224; chaque instant, &#224; la porte de la prison,&lt;br class='autobr' /&gt;
demander d'un air inquiet si l'on avait re&#231;u avis d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
commutation de peine ; on leur r&#233;pondait que non, et ils se&lt;br class='autobr' /&gt;
h&#226;taient d'aller faire part de cette bonne nouvelle aux gens qui&lt;br class='autobr' /&gt;
stationnaient en foule dans la rue ; on se montrait la porte par o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
sortirait le condamn&#233;, l'endroit o&#249; s'&#233;l&#232;verait la potence. Vers&lt;br class='autobr' /&gt;
minuit, la foule s'&#233;coula comme &#224; regret, et peu &#224; peu la rue&lt;br class='autobr' /&gt;
redevint d&#233;serte et silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait fait &#233;vacuer les abords de Newgate, et dispos&#233; quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
solides barri&#232;res peintes en noir, pour contenir la foule sur&lt;br class='autobr' /&gt;
laquelle on comptait, quand M. Brownlow, accompagn&#233; d'Olivier, se&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;senta au guichet de la prison, et exhiba un permis de p&#233;n&#233;trer&lt;br class='autobr' /&gt;
jusqu'au condamn&#233;, sign&#233; d'un des sh&#233;riffs : on le fit entrer sur-&lt;br class='autobr' /&gt;
le-champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Est-ce que ce jeune monsieur vient avec vous ? demanda &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow l'homme charg&#233; de les conduire &#224; la cellule du juif ;&lt;br class='autobr' /&gt;
ce n'est pas un spectacle &#224; montrer &#224; un enfant, monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aussi ne venons-nous pas par curiosit&#233;, mon ami, r&#233;pondit&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow ; si je tiens &#224; &#234;tre introduit pr&#232;s du criminel, c'est&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; cause de cet enfant, qui l'a connu dans le temps qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
poursuivait avec succ&#232;s la carri&#232;re de ses forfaits. J'ai cru&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il &#233;tait bon de le lui faire voir en ce moment, d&#251;t-il en&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;prouver quelque peine et quelque frayeur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Brownlow avait dit ces quelques mots assez bas pour qu'Olivier&lt;br class='autobr' /&gt;
ne p&#251;t les entendre. L'homme porta la main &#224; son chapeau, et,&lt;br class='autobr' /&gt;
regardant les deux visiteurs avec une certaine curiosit&#233;, ouvrit&lt;br class='autobr' /&gt;
une porte en face de celle par laquelle ils &#233;taient entr&#233;s, et les&lt;br class='autobr' /&gt;
conduisit jusqu'aux cellules par des couloirs sombres et tortueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est par ici, dit-il en s'arr&#234;tant dans un endroit obscur o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
deux ouvriers &#233;taient en train de faire en silence quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;paratifs ; c'est par ici. qu'il doit passer. Vous pouvez voir&lt;br class='autobr' /&gt;
d'ici la porte par laquelle il doit sortir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il leur fit traverser une cuisine pav&#233;e, garnie de la batterie de&lt;br class='autobr' /&gt;
cuivre n&#233;cessaire pour pr&#233;parer la nourriture des prisonniers, et&lt;br class='autobr' /&gt;
leur montra du doigt une porte. Pr&#232;s de l&#224; &#233;tait, en haut, une&lt;br class='autobr' /&gt;
grille ouverte o&#249; l'on entendait des voix et des coups de&lt;br class='autobr' /&gt;
marteaux : on &#233;tait en train de monter l'&#233;chafaud. De l&#224;, ils&lt;br class='autobr' /&gt;
pass&#232;rent dans une cour, apr&#232;s avoir franchi plusieurs lourdes&lt;br class='autobr' /&gt;
portes &#224; chacune desquelles se trouvait un ge&#244;lier ; ils mont&#232;rent&lt;br class='autobr' /&gt;
quelques marches et arriv&#232;rent dans un corridor le long duquel on&lt;br class='autobr' /&gt;
voyait une rang&#233;e de portes massives. Le ge&#244;lier leur fit signe de&lt;br class='autobr' /&gt;
s'arr&#234;ter, et frappa &#224; une des cellules avec son trousseau de&lt;br class='autobr' /&gt;
clefs ; les deux gardiens du juif, apr&#232;s un court entretien &#224; voix&lt;br class='autobr' /&gt;
basse, sortirent dans le corridor en s'&#233;tirant les membres,&lt;br class='autobr' /&gt;
satisfaits d'avoir un moment de r&#233;pit, et firent signe aux&lt;br class='autobr' /&gt;
visiteurs de suivre le ge&#244;lier dans la cellule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le condamn&#233; &#233;tait assis sur son lit et se balan&#231;ait &#224; droite et &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
gauche, moins semblable &#224; un homme qu'&#224; une b&#234;te f&#233;roce ; il &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;videmment absorb&#233; par le souvenir de sa vie pass&#233;e, car il&lt;br class='autobr' /&gt;
continua &#224; marmotter des paroles incoh&#233;rentes, sans para&#238;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
s'apercevoir de la pr&#233;sence des nouveaux venus, qu'il prenait&lt;br class='autobr' /&gt;
sans doute pour des personnages imaginaires qui jouaient un r&#244;le&lt;br class='autobr' /&gt;
dans sa vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bravo ! Charlot, disait-il... c'est un coup de ma&#238;tre... et&lt;br class='autobr' /&gt;
Olivier donc... ah ! ah ! ah !... et Olivier donc... le voil&#224; devenu&lt;br class='autobr' /&gt;
un monsieur... Menez coucher cet enfant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ge&#244;lier prit la main d'Olivier, lui dit tout bas de n'avoir pas&lt;br class='autobr' /&gt;
peur, et continua &#224; regarder sans parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Menez-le coucher, dit le juif, m'entendez-vous ? il a &#233;t&#233;... la&lt;br class='autobr' /&gt;
cause indirecte de tout ceci...&#231;a me vaudra de l'argent d'en faire&lt;br class='autobr' /&gt;
un voleur... Guillaume, coupe la gorge &#224; Bolter... ne t'inqui&#232;te&lt;br class='autobr' /&gt;
pas de la jeune fille... coupe la gorge &#224; Bolter... enfonce tant&lt;br class='autobr' /&gt;
que tu pourras... scie-lui la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fagin ! dit le ge&#244;lier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Me voici, dit le juif, en reprenant aussit&#244;t l'air attentif&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il avait gard&#233; pendant son proc&#232;s ; je suis un vieillard,&lt;br class='autobr' /&gt;
milord, un pauvre vieillard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voici, dit le ge&#244;lier en lui posant la main sur la poitrine pour&lt;br class='autobr' /&gt;
le faire asseoir, voici quelqu'un qui veut vous voir et vous faire&lt;br class='autobr' /&gt;
quelques questions, je suppose. Fagin ! Fagin ! &#234;tes-vous un homme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne le serai plus longtemps, dit le juif en levant la t&#234;te&lt;br class='autobr' /&gt;
avec une expression de rage et de terreur. Mal&#233;diction sur eux&lt;br class='autobr' /&gt;
tous ! Quel droit ont-ils de m'envoyer &#224; la boucherie ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il disait ces mots, il aper&#231;ut Olivier et M. Brownlow, et se&lt;br class='autobr' /&gt;
reculant jusqu'au bout du banc, il demanda ce qu'ils faisaient l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Du calme, Fagin, dit le ge&#244;lier en le maintenant sur le banc,&lt;br class='autobr' /&gt;
Dites ce que vous voulez dire, monsieur ; mais d&#233;p&#234;chez-vous, s'il&lt;br class='autobr' /&gt;
vous pla&#238;t, car il devient de plus en plus furieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous avez des papiers, dit M. Brownlow en s'approchant, qui vous&lt;br class='autobr' /&gt;
ont &#233;t&#233; confi&#233;s pour plus de s&#251;ret&#233; par un individu appel&#233; Monks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est un mensonge tout du long, r&#233;pondit le juif ; je n'en ai&lt;br class='autobr' /&gt;
pas, je n'en ai jamais eu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour l'amour de Dieu, dit M. Brownlow d'un ton solennel, ne&lt;br class='autobr' /&gt;
parlez pas ainsi &#224; cette heure supr&#234;me, mais dites-moi o&#249; ils&lt;br class='autobr' /&gt;
sont. Vous savez que Sikes est mort, que Monks a tout avou&#233;, que&lt;br class='autobr' /&gt;
vous n'avez aucun int&#233;r&#234;t &#224; rien cacher. O&#249; sont ces papiers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Olivier, dit le juif, en faisant signe &#224; l'enfant, venez pr&#232;s de&lt;br class='autobr' /&gt;
moi, que je vous parle &#224; l'oreille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je n'ai pas peur, dit Olivier &#224; voix basse, en quittant la main&lt;br class='autobr' /&gt;
de M. Brownlow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les papiers, lui dit le juif en l'attirant pr&#232;s de lui, sont&lt;br class='autobr' /&gt;
dans un sac de toile, cach&#233; dans un trou, au-dessus de la chemin&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
de la chambre du premier &#233;tage. J'ai &#224; vous parler, mon ami ; je&lt;br class='autobr' /&gt;
veux vous dire un mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, oui, r&#233;pondit Olivier ; laissez-moi faire une pri&#232;re ;&lt;br class='autobr' /&gt;
faites-en seulement une &#224; genoux avec moi, et nous causerons&lt;br class='autobr' /&gt;
ensuite jusqu'au matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sortez, sortez, dit le juif en poussant l'enfant vers la porte&lt;br class='autobr' /&gt;
et en jetant autour de lui des regards effar&#233;s, dites que j'ai &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
me coucher pour dormir ; ils vous croiront. Vous...vous pouvez me&lt;br class='autobr' /&gt;
tirer d'ici... Vite, vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh ! que Dieu pardonne &#224; ce malheureux ! dit l'enfant en fondant&lt;br class='autobr' /&gt;
en larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est bien, nous y voil&#224;, dit le juif. Sortons d'abord par cette&lt;br class='autobr' /&gt;
porte... Si je frissonne et si je tremble en passant devant la&lt;br class='autobr' /&gt;
potence, n'y faites pas attention... Mais h&#226;tez le pas. Allons,&lt;br class='autobr' /&gt;
allons... d&#233;p&#234;chons-nous...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Avez-vous quelque autre question &#224; lui faire ? demanda le&lt;br class='autobr' /&gt;
ge&#244;lier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aucune, r&#233;pondit M. Brownlow. Si j'avais l'espoir de le rappeler&lt;br class='autobr' /&gt;
au sentiment de sa situation...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N'y comptez pas, monsieur, r&#233;pondit le ge&#244;lier en secouant la&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#234;te ; ce que vous avez de mieux &#224; faire, c'est de vous retirer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ouvrit la porte de la cellule, et les gardiens rentr&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#233;p&#234;chons-nous, d&#233;p&#234;chons-nous ! s'&#233;cria le juif ; plus vite, plus&lt;br class='autobr' /&gt;
vite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux gardiens se saisirent de lui, lui firent l&#226;cher Olivier&lt;br class='autobr' /&gt;
et le repouss&#232;rent vers le fond de la cellule. Il se mit &#224; se&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;battre et &#224; lutter avec l'&#233;nergie du d&#233;sespoir, en poussant des&lt;br class='autobr' /&gt;
cris si per&#231;ants, que, malgr&#233; l'&#233;paisseur des murs, M. Brownlow et&lt;br class='autobr' /&gt;
Olivier les entendirent jusque dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne purent quitter la prison sur-le-champ, car Olivier &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
presque sans connaissance apr&#232;s cette horrible sc&#232;ne, et si faible&lt;br class='autobr' /&gt;
que, pendant plus d'une heure, il ne put se soutenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il commen&#231;ait &#224; faire jour quand ils sortirent ; il y avait d&#233;j&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
foule sur la place ; les fen&#234;tres &#233;taient encombr&#233;es de gens&lt;br class='autobr' /&gt;
occup&#233;s &#224; fumer ou &#224; jouer aux cartes pour tuer le temps ; on se&lt;br class='autobr' /&gt;
bousculait dans la foule, on se querellait, on plaisantait : tout&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait vie et mouvement, sauf un amas d'objets sinistres qu'on&lt;br class='autobr' /&gt;
apercevait au centre de la place : la potence, la trappe fatale, la&lt;br class='autobr' /&gt;
corde, enfin tous les hideux appr&#234;ts de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE LIII.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sort de chacun des personnages qui ont figur&#233; dans ce r&#233;cit est&lt;br class='autobr' /&gt;
maintenant fix&#233;, et quelques lignes suffiront &#224; leur historien&lt;br class='autobr' /&gt;
pour achever de faire conna&#238;tre ce qui les concerne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins de trois mois apr&#232;s, Rose Fleming et Henry Maylie furent&lt;br class='autobr' /&gt;
mari&#233;s &#224; l'&#233;glise du village, th&#233;&#226;tre futur du z&#232;le pieux du jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
pasteur ; le m&#234;me jour ils prirent possession de leur nouvelle et&lt;br class='autobr' /&gt;
heureuse demeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mme Maylie vint se fixer pr&#232;s de son fils et de sa belle-fille,&lt;br class='autobr' /&gt;
pour jouir paisiblement, pendant ses derni&#232;res ann&#233;es, de la plus&lt;br class='autobr' /&gt;
grande f&#233;licit&#233; qui soit r&#233;serv&#233;e &#224; la vieillesse et &#224; la vertu :&lt;br class='autobr' /&gt;
celle de contempler le bonheur de ceux auxquels, pendant une vie&lt;br class='autobr' /&gt;
bien remplie, on a vou&#233; l'affection la plus vive, et auxquels on a&lt;br class='autobr' /&gt;
prodigu&#233; sans rel&#226;che les plus tendres soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t, d'apr&#232;s les renseignements les plus exacts, qu'en&lt;br class='autobr' /&gt;
partageant &#233;galement entre Olivier et Monks les d&#233;bris de la&lt;br class='autobr' /&gt;
fortune dont ce dernier s'&#233;tait empar&#233;, et qui n'avait jamais&lt;br class='autobr' /&gt;
prosp&#233;r&#233; dans ses mains, ni dans celles de sa m&#232;re, il devait leur&lt;br class='autobr' /&gt;
revenir &#224; chacun trois mille livres sterling. En vertu des&lt;br class='autobr' /&gt;
dispositions du testament de son p&#232;re, Olivier aurait eu le droit&lt;br class='autobr' /&gt;
de garder le tout ; mais M. Brownlow, pour ne pas enlever au fils&lt;br class='autobr' /&gt;
a&#238;n&#233; la seule chance qui lui rest&#226;t de s'arracher &#224; sa vie de&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;sordres et de vivre honn&#234;tement, proposa le partage &#233;gal de la&lt;br class='autobr' /&gt;
fortune, et son jeune pupille y consentit avec joie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monks garda son nom d'emprunt, partit pour l'Am&#233;rique, o&#249; il&lt;br class='autobr' /&gt;
dissipa bient&#244;t ses ressources, retomba dans ses anciens&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;portements, et, apr&#232;s avoir subi une longue d&#233;tention pour&lt;br class='autobr' /&gt;
quelques nouvelles escroqueries, fut repris d'un acc&#232;s de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
maladie d'autrefois, et mourut en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux membres de la bande de Fagin moururent aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
mis&#233;rablement, loin de leur patrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Brownlow adopta Olivier pour son fils et vint s'&#233;tablir avec&lt;br class='autobr' /&gt;
lui et sa vieille m&#233;nag&#232;re &#224; moins d'un mille du presbyt&#232;re o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
demeuraient ses bons amis ; il combla ainsi le seul voeu que p&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
former encore le coeur d&#233;vou&#233; et reconnaissant d'Olivier, et ils&lt;br class='autobr' /&gt;
form&#232;rent une petite soci&#233;t&#233; &#233;troitement unie et aussi heureuse&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il est possible de l'&#234;tre ici-bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s le mariage du jeune couple, le bon docteur retourna &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Chertsey, o&#249;, loin de ses vieux amis, il serait devenu chagrin et&lt;br class='autobr' /&gt;
maussade, si son temp&#233;rament et son humeur n'avaient pas r&#233;sist&#233; &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
cette &#233;preuve. Pendant deux ou trois mois il se contenta de donner&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; entendre qu'il craignait fort que l'air de Chertsey ne conv&#238;nt&lt;br class='autobr' /&gt;
pas &#224; sa sant&#233; ; puis, trouvant en effet que le pays n'avait plus&lt;br class='autobr' /&gt;
pour lui d'attrait, il c&#233;da sa client&#232;le &#224; un confr&#232;re, loua une&lt;br class='autobr' /&gt;
petite maison &#224; l'entr&#233;e du village o&#249; son jeune ami &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
pasteur, et retrouva comme par enchantement sa belle humeur et sa&lt;br class='autobr' /&gt;
sant&#233;. Il se mit &#224; jardiner, &#224; planter, &#224; p&#234;cher, &#224; faire de la&lt;br class='autobr' /&gt;
menuiserie avec cette imp&#233;tuosit&#233; qui faisait le fonds de son&lt;br class='autobr' /&gt;
caract&#232;re, et, dans chacun de ces exercices, il se fit une telle&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;putation &#224; dix lieues &#224; la ronde, qu'on venait le consulter&lt;br class='autobr' /&gt;
comme une autorit&#233; incontestable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de quitter Chertsey, il s'&#233;tait pris pour M. Grimwig d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
sinc&#232;re amiti&#233; que celui-ci lui rendit cordialement : aussi le bon&lt;br class='autobr' /&gt;
Grimwig vient-il le voir tr&#232;s souvent, et, dans chacune de ces&lt;br class='autobr' /&gt;
occasions, plante, p&#234;che et fait de la menuiserie avec grande&lt;br class='autobr' /&gt;
ardeur, mais toujours d'une mani&#232;re originale et qui n'appartient&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'&#224; lui, et il soutient toujours, en offrant de &#171; manger sa t&#234;te &#187;,&lt;br class='autobr' /&gt;
que sa m&#233;thode est la seule qui soit bonne. Les dimanches, il ne&lt;br class='autobr' /&gt;
manque pas de critiquer le sermon, &#224; la barbe du jeune pasteur,&lt;br class='autobr' /&gt;
bien qu'il avoue en confidence &#224; M. Losberne qu'il a trouv&#233; le&lt;br class='autobr' /&gt;
sermon excellent, mais qu'il aime autant ne pas le dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Brownlow s'amuse souvent &#224; le plaisanter sur l'horoscope qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
avait tir&#233; d'Olivier, et &#224; lui rappeler cette soir&#233;e o&#249; ils&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;taient assis devant une table, la montre entre eux deux, en&lt;br class='autobr' /&gt;
attendant le retour de l'enfant ; mais M. Grimwig soutient qu'il ne&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;tait pas tromp&#233;, &#224; preuve qu'au bout du compte Olivier ne&lt;br class='autobr' /&gt;
revint pas ; et l&#224;-dessus il part d'un grand &#233;clat de rire qui ne&lt;br class='autobr' /&gt;
fait qu'ajouter &#224; sa bonne humeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. No&#233; Claypole, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; graci&#233; pour avoir d&#233;nonc&#233; le&lt;br class='autobr' /&gt;
juif, s'aper&#231;ut que le m&#233;tier qu'il faisait n'&#233;tait pas tout &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
fait aussi s&#251;r qu'il aurait pu le d&#233;sirer, et songea aux moyens de&lt;br class='autobr' /&gt;
gagner sa vie sans pourtant se donner trop de peine ; tout&lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#233;r&#233;, il se mit dans la police secr&#232;te, et il se fait l&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
dedans une jolie petite existence. Voici comment il s'arrange : il&lt;br class='autobr' /&gt;
sort le dimanche, &#224; l'heure de l'office, en compagnie de Charlotte&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;cemment v&#234;tue ; celle-ci tomba en faiblesse &#224; la porte d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
cabaret ; No&#233;, pour la faire revenir &#224; elle, demande pour dix sous&lt;br class='autobr' /&gt;
d'eau-de-vie, que le cabaretier sert par bont&#233; d'&#226;me ; il verbalise&lt;br class='autobr' /&gt;
et assigne pour le lendemain le cabaretier philanthrope ; le sieur&lt;br class='autobr' /&gt;
No&#233; fait son rapport et empoche la moiti&#233; de l'amende. D'autres&lt;br class='autobr' /&gt;
fois, c'est lui qui s'&#233;vanouit, mais le r&#233;sultat est le m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. et Mme Bumble, apr&#232;s leur destitution, tomb&#232;rent peu &#224; peu dans&lt;br class='autobr' /&gt;
la derni&#232;re mis&#232;re et finirent par se faire admettre comme pauvres&lt;br class='autobr' /&gt;
dans ce m&#234;me d&#233;p&#244;t de mendicit&#233; o&#249; ils avaient jadis r&#233;gn&#233; en&lt;br class='autobr' /&gt;
ma&#238;tres. On a surpris M. Bumble &#224; dire que son malheur et sa&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;gradation ne lui laissaient pas m&#234;me la force de se r&#233;jouir&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#234;tre s&#233;par&#233; de sa femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; M. Giles et &#224; Brittles, ils sont toujours &#224; leur poste,&lt;br class='autobr' /&gt;
bien que le premier soit chauve et que le second ait blanchi. Ils&lt;br class='autobr' /&gt;
couchent au presbyt&#232;re ; mais ils partagent si &#233;galement leurs&lt;br class='autobr' /&gt;
soins entre Mme Maylie et ses enfants, Olivier, M. Brownlow et&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Losberne, que les habitants du village n'ont pas encore pu&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;couvrir au service de quel m&#233;nage ils sont particuli&#232;rement&lt;br class='autobr' /&gt;
attach&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre Charlot Bates, terrifi&#233; du crime de Sikes, se demanda si&lt;br class='autobr' /&gt;
apr&#232;s tout il ne valait pas mieux mener une vie honn&#234;te ; il rompit&lt;br class='autobr' /&gt;
avec son pass&#233; et r&#233;solut de l'effacer par une existence&lt;br class='autobr' /&gt;
laborieuse ; Il lutta et souffrit beaucoup dans les commencements !&lt;br class='autobr' /&gt;
mais, comme il savait se contenter de peu et qu'il avait de la&lt;br class='autobr' /&gt;
bonne volont&#233;, il finit par r&#233;ussir, et, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; gar&#231;on de&lt;br class='autobr' /&gt;
ferme et charretier, il est aujourd'hui le plus joyeux &#233;leveur du&lt;br class='autobr' /&gt;
Northamptonshire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant celui qui &#233;crit ces lignes regrette de toucher au&lt;br class='autobr' /&gt;
terme de sa t&#226;che et voudrait poursuivre encore le fil de cette&lt;br class='autobr' /&gt;
histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aimerais &#224; m'arr&#234;ter pr&#232;s de quelques-uns de ces personnages au&lt;br class='autobr' /&gt;
milieu desquels j'ai v&#233;cu si longtemps, et &#224; partager leur bonheur&lt;br class='autobr' /&gt;
en t&#226;chant de le d&#233;peindre. Je voudrais montrer au lecteur Rose&lt;br class='autobr' /&gt;
Maylie, dans toute la fleur et la gr&#226;ce d'une jeune m&#233;nag&#232;re,&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pandant au milieu du cercle qui l'entoure le bonheur et la joie,&lt;br class='autobr' /&gt;
animant de sa gaiet&#233; le coin du feu pendant l'hiver et les&lt;br class='autobr' /&gt;
causeries sous les arbres pendant l'&#233;t&#233;. Je voudrais la suivre au&lt;br class='autobr' /&gt;
milieu des champs et entendre sa douce voix pendant les promenades&lt;br class='autobr' /&gt;
du soir, au clair de la lune. Je voudrais la suivre, bonne et&lt;br class='autobr' /&gt;
charitable au dehors et s'acquittant chez elle, douce et&lt;br class='autobr' /&gt;
souriante, de ses devoirs domestiques ; je voudrais retracer&lt;br class='autobr' /&gt;
l'affection qu'elle portait &#224; l'enfant de sa pauvre soeur,&lt;br class='autobr' /&gt;
affection qu'Olivier lui rendait si bien pendant les longues&lt;br class='autobr' /&gt;
heures qu'ils passaient ensemble &#224; s'entretenir des amis qu'ils&lt;br class='autobr' /&gt;
avaient si tristement perdus ; je voudrais, une fois encore,&lt;br class='autobr' /&gt;
rappeler sous mes yeux ces bonnes et joyeuses petites figures&lt;br class='autobr' /&gt;
d'enfants group&#233;es autour de ses genoux, et &#233;couter leur joyeux&lt;br class='autobr' /&gt;
babil ; je voudrais &#233;voquer les &#233;clats de leur rire franc et pur,&lt;br class='autobr' /&gt;
avec, la larme de bonheur et d'&#233;motion qui brille dans les yeux&lt;br class='autobr' /&gt;
bleus de leur m&#232;re. Oh ! oui, toutes ces sc&#232;nes d&#233;licieuses, tous&lt;br class='autobr' /&gt;
ces regards, tous ces sourires, toutes ces pens&#233;es et ces paroles&lt;br class='autobr' /&gt;
innocentes... je voudrais les repasser encore sous ma plume l'une&lt;br class='autobr' /&gt;
apr&#232;s l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Brownlow s'attacha de plus en plus &#224; son fils adoptif, en&lt;br class='autobr' /&gt;
voyant tout ce que promettait sa bonne et g&#233;n&#233;reuse nature ; il&lt;br class='autobr' /&gt;
retrouvait en lui les traits de l'amie de sa jeunesse, et cette&lt;br class='autobr' /&gt;
ressemblance ravivait dans son coeur de vieux souvenirs, doux et&lt;br class='autobr' /&gt;
tristes &#224; la fois. Les deux orphelins, qui avaient connu&lt;br class='autobr' /&gt;
l'adversit&#233;, gard&#232;rent des rudes &#233;preuves de leur jeunesse un&lt;br class='autobr' /&gt;
sentiment de compassion pour les malheurs des autres, et de&lt;br class='autobr' /&gt;
fervente reconnaissance envers Dieu qui les avait prot&#233;g&#233;s et&lt;br class='autobr' /&gt;
sauv&#233;s, mais &#224; quoi bon ces d&#233;tails, puisque j'ai dit qu'ils&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;taient vraiment heureux ? Le bonheur est-il possible sans une&lt;br class='autobr' /&gt;
affection vive, sans ces sentiments d'humanit&#233; et de bont&#233; pour&lt;br class='autobr' /&gt;
nos semblables, et de reconnaissance envers l'&#202;tre dont la&lt;br class='autobr' /&gt;
mis&#233;ricorde et la bont&#233; s'&#233;tendent sur tout ce qui respire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de l'autel de la vieille &#233;glise du village se trouve une&lt;br class='autobr' /&gt;
table de marbre blanc sur laquelle on ne lit encore qu'un seul&lt;br class='autobr' /&gt;
nom : &#171; Agn&#232;s. &#187; Il n'y a point de cercueil sous cette tombe, et&lt;br class='autobr' /&gt;
puisse-t-il s'&#233;couler bien des ann&#233;es avant qu'on y inscrive&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autres noms ! Mais si les &#226;mes des morts redescendent sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
terre pour visiter les lieux consacr&#233;s par l'affection...&lt;br class='autobr' /&gt;
l'affection qui survit &#224; la mort, l'affection de ceux qu'ils ont&lt;br class='autobr' /&gt;
connus ici-bas, j'aime &#224; croire que l'ombre de cette pauvre jeune&lt;br class='autobr' /&gt;
fille vient souvent planer au-dessus de ce petit coin solennel ;&lt;br class='autobr' /&gt;
j'aime &#224; croire qu'il n'en est pas moins b&#233;ni parce qu'il est l&#224;,&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#232;s d'une &#233;glise aust&#232;re, et que la pauvre femme n'a &#233;t&#233; qu'une&lt;br class='autobr' /&gt;
brebis &#233;gar&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; [1] Environ 75 centimes.&lt;br class='autobr' /&gt; [2] Cent vingt cinq francs.&lt;br class='autobr' /&gt; [3] On donne le nom de muets (mates) &#224; des hommes&lt;br class='autobr' /&gt;
qui se tiennent &#224; la porte d'une maison mortuaire, et qui&lt;br class='autobr' /&gt;
accompagnent les convois.&lt;br class='autobr' /&gt; [4] Allusion au moulin que font tourner les&lt;br class='autobr' /&gt;
condamn&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; [5] Sorte de jeu de cartes fort usit&#233; en Angleterre.&lt;br class='autobr' /&gt; [6] Gateau particulier pour prendre le th&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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