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Maroc : l’explosion ouvrière

dimanche 31 décembre 2017

Multiplication des luttes ouvrières au Maroc

Jerada explose après Bouarfa, Figuig, Chlihat, Ait Bouayach, Imzouren, Hoceima, Taza, Imider, des communes de la région de Khénifra, Midelt, Khouribga, Sidi Ifni qui connaissent des révoltes et soulèvements ouvriers !

La contestation contre la pauvreté et l’exclusion prend de l’ampleur au Maroc. La colère des Rifains s’est propagée à Jerada, une petite ville minière située non loin de la frontière algérienne (60 km au sud d’Oujda), où la population sort régulièrement dans la rue pour dénoncer sa marginalisation et ses conditions de vie misérables.

Des manifestations de grande envergure ont encore eu lieu ce dimanche après la mort de deux ouvriers de 23 et 30 ans, vendredi, dans une mine de charbon clandestine ouverte en… 1927. Cette tragédie intervient quelques jours après un drame similaire dans la province de Chichaoua ; la population de cette localité, qui traverse une crise sociale aiguë, réclame également des indemnités pour les familles des deux victimes. Les deux jeunes qui effectuaient des prélèvements dans la mine de charbon sont morts noyés dans les galeries inondées après des pluies diluviennes. Les corps n’ont été extraits que le lendemain (samedi) en milieu d’après-midi.

Selon les témoignages, photos et vidéos postées sur les réseaux sociaux, les éléments de la protection civile sont intervenus, mais en petit nombre et sans matériel adéquat. Ce qui a attisé l’ire de la population.

D’après une source de la section locale de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH), citée par le magazine Telquel.ma, les familles des deux victimes refusent jusqu’à présent d’inhumer les corps. « Nous vivons dans une région sinistrée où une partie des habitants n’a d’autre choix que de creuser des puits pour subvenir à ses besoins », a déclaré Saïd Zeroual, membre de l’AMDH à Telquel.ma.

Une partie de la ville de Jerada survit grâce à l’exploitation de la mine fermée depuis l’année 2000. Mille à 3 000 personnes, selon les estimations, participent à cette activité clandestine. Le charbon est ensuite vendu dans la région et, parfois, transporté jusqu’à des villes éloignées. Les clients sont les briqueteries, les fours, les hammams et même des particuliers.

Selon la presse marocaine, « le travail dans les mines clandestines s’effectue au vu et au su des élus et des autorités locales ». De nombreux journalistes soutiennent l’idée qu’« il y a probablement des réseaux qui contrôlent ce business clandestin. Les conditions de travail sont très dures, voie inhumaines ou moyenâgeuses ». « Le danger est omniprésent, maladie ou accident, pouvant conduire au décès », soutiennent-ils.

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dimanche à Rabat, la capitale du Maroc, en solidarité avec les grèves et les mobilisations dans le Rif et de nombreuses villes marocaines. Les grévistes et les manifestants appellent exigent la libération de membres du « hirak », le mouvement de protestation contre la mort l’année dernière de Mouhcine Fikri aux mains des forces de l’ordre, dont les dirigeants ont été ciblés par des rafles de la police.

Les manifestants à Rabat étaient si nombreuse que le cortège compact s’étendait sur plus d’un kilomètre, selon les témoins. Les manifestants, parmi lesquels étaient présents des responsables syndicaux ainsi que de divers partis politiques, dénonçaient non seulement la répression mais aussi les inégalités criantes du régime chérifien. Ils scandaient des slogans dont « Libérez les prisonniers » et « Liberté, dignité, justice sociale ».

C’est le produit de plusieurs mois de manifestations, concentrées dans les villes autour d’Al Hoceïma dans le Rif, qui se sont répandues à divers moments à travers le pays pour s’opposer à la brutalité de la monarchie marocaine, mais aussi exiger plus d’hôpitaux ou d’emploi.

Fikri est mort en novembre 2016 au cours d’une confrontation avec la police et des responsables de l’administration qui voulaient lui confisquer un lot d’espadons qu’il avait acheté. Il a essayé de négocier avec les autorités pendant plusieurs heures afin d’éviter la destruction du poisson. Finalement, ils ont ordonné que ses poissons soient confisqués et détruits dans la benne d’un camion à ordures. Fikri et plusieurs amis sont montés dans la benne à ordures pour récupérer sa marchandise, mais la police a donné l’ordre d’activer la benne, et Fikri est mort écrasé.

Des dizaines de milliers de personnes avaient défilé à Al Hoceïma, mais aussi dans les principales villes du Maroc, dont Casablanca, la capitale Rabat, Fès, Marrakech et Agadir, pour les funérailles de Fikri en octobre. Beaucoup ont comparé sa mort au suicide de Mohamed Bouazizi, le jeune marchand dont l’immolation en guise de protestation contre la confiscation de ses fruits et légumes a déclenché les soulèvements qui en 2011 renversèrent le président tunisien Zine El Abedine Ben Ali et Hosni Moubarek en Egypte.

Le Rif est une des régions les plus pauvres du pays, et historiquement un centre de l’opposition à la colonisation française et espagnole du pays. Il est fortement militarisé depuis l’insurrection en 1958 contre la fermeture de la frontière avec l’Algérie voisine, pendant la guerre de l’Algérie pour son indépendance contre la France. Ce soulèvement fut écrasé par 30.000 hommes dirigée par le prince héritier Moulay Hassan, le futur Mohammed V, menant à la marginalisation durable du Rif. Al-Hoceïma avait aussi été un haut lieu des « émeutes du pain » en 1984.

Selon Pierre Vermeren, chercheur spécialiste du Maroc à l’université Paris-I, « Au moindre incident (un manifestant tué, une bavure policière), la situation peut dégénérer. Depuis toujours, le Palais surveille le Rif comme le lait sur le feu. La province est hypermilitarisée. Pour l’instant, la mobilisation reste cantonnée à Al-Hoceima, qui est somme toute une petite ville de province, mais si elle devait s’étendre aux grandes villes du Nord, en particulier Nador, peut-être trois fois plus grande et mal contrôlée par la police, les autorités commenceraient à paniquer. »

L’arrestation pour « atteinte à la sécurité intérieure » de la figure centrale de la contestation, Nasser Zefzafi, du mouvement « hirak », ainsi que d’une quarantaine d’autres membres, ont provoqué un large mécontentement populaire. Najib Ahmajik, numéro deux du "hirak", a lancé un appel à une grève générale sur les réseaux sociaux. Ils étaient près de 2.000 à exiger de nouveau la "libération des prisonniers", brandissant en tête de cortège une banderole avec le portrait de Zefzafi.

En milieu d’après-midi, la quasi-totalité des magasins du centre-ville ont observé une grève générale pour exiger la remise en liberté des chefs du "hirak". Depuis presque une semaine, les manifestants se rassemblent dans le quartier Sidi Abed, proche du centre-ville d’Al Hoceïma.

Des sit-in et rassemblements de "solidarité" ont été organisés ailleurs dans le royaume, dont plusieurs ont été dispersés violemment par la police, à Rabat, Casablanca et Meknès. A Nador, la presse a fait état de l’arrestation d’un journaliste algérien du journal El Watan. Après des heurts nocturnes avec les policiers pendant le week-end des arrestations, les manifestations se sont déroulées depuis lors sans violences.

La lutte des masses opprimées du Rif ont un impact aussi en Europe comme en France, en Belgique et aux Pays Bas où la communauté marocaine originaire du Rif se sont aussi rassemblés devant les consulats marocains en soutien aux rifains.

La nature explosive du conflit de classe en Afrique du Nord et ses implications révolutionnaires reviennent une fois de plus à la surface de la vie politique. Les luttes révolutionnaires de la classe ouvrière tunisienne et égyptienne en 2011 sont toujours à l’esprit de millions de gens, et la monarchie marocaine cherche désespérément à garder le contrôle de la situation et à limiter l’expression du mécontentement populaire.

L’arrivée au pouvoir de l’ancien régime en Tunisie sous la présidence de Caïd Essebsi et après le coup de Sissi en Égypte n’a pas résolu les questions essentielles qui avaient provoqué l’entrée en lutte révolutionnaire du prolétariat il y a six ans.

La stabilisation temporaire de la monarchie marocaine et de la Tunisie, sous la présidence d’Essebsi qui est un ancien responsable politique du parti de Ben Ali – grâce au rôle contre-révolutionnaire du Front populaire en Tunisie et du syndicat UGTT, ancien pilier du régime Ben Ali – croule sous l’impact d’une mobilisation des travailleurs et des masses opprimées. Ceux-ci se dressent à nouveau contre la répression de l’armée et de la garde nationale.

Ces manifestations au Maroc ont lieu en parallèle d’un mouvement social en Tunisie qui a commencé aux mois de mars dans la région de Tataouine, dans le sud du pays dont est parti la révolution il y a six ans.

La situation s’est extrêmement tendue depuis mi-mai : de violents affrontements se sont déroulés entre la garde nationale venue en renfort de l’armée et les masses tunisiennes, qui exigent « une part de pétrole » pour boucler leur budgets. Des manifestations de soutiens se sont déroulées dans d’autres villes, dont Tunis.

Les manifestations se sont poursuivies hier dans la ville marocaine d’Al Hoceima, où le poissonnier Mouhcine Fikri, 31 ans, a trouvé la mort après avoir été écrasé vendredi suite à une altercation avec la police marocaine dans la ville.

Des dizaines de milliers de personnes avaient défilé à Al Hoceima, mais aussi dans les principales villes du Maroc, dont Casablanca, la capitale Rabat, Fès, Marrakech et Agadir, pour les funérailles de Fikri au cours du week-end. Beaucoup ont comparé la mort de Fikri au suicide de Mohamed Bouazizi, le jeune marchand dont l’immolation en guise de protestation contre la confiscation policière de ses fruits et légumes a déclenché des manifestations de masse qui renversèrent le président tunisien Zine El Abedine Ben Ali en 2011. Fikri est mort au cours d’une confrontation avec la police et des responsables de l’administration qui voulaient confisquer un lot d’espadons qu’il avait acheté. Si la pêche de l’espadon en automne est interdite, Fikri avait néanmoins acheté les prises, qui auraient coûté environ 10 000 euros, au vu et au su des autorités portuaires, et a été scandalisé lorsque la police et les responsables des pêcheries ont tenté de les confisquer.

Fikri a essayé de négocier avec les autorités pendant plusieurs heures afin d’éviter la destruction du poisson. Finalement, cependant, ils ont ordonné que ses poissons soient confisqués et détruits dans la benne d’un camion à ordures. Fikri et plusieurs amis sont montés dans la benne à ordures pour récupérer sa marchandise.

Dans une scène horrible capturée par un passant sur son un téléphone portable, la vidéo montre les fonctionnaires donnant l’ordre d’activer le compacteur à déchets quand Fikri tente d’en sortir.

Des images du meurtre, avec la tête de Fikri et l’un de ses bras dépassant du compacteur, ont rapidement circulé sur l’Internet, et des manifestations de masse ont éclaté à travers le Maroc dimanche, le jour des funérailles de Fikri.

Les manifestants d’Al Hoceima ont défilé avec des slogans dont « Mouhcine est un martyr » et « À bas le Makhzen », c’est-à-dire le système politique marocain dirigé par la monarchie du roi Mohamed VI, soutenue par les États-Unis et l’Europe.

Ils ont défilé d’Al Hoceima, où Fikri a travaillé, à la municipalité voisine d’Imzouren, où sa famille était domiciliée.

Les manifestants portaient le drapeau berbère comme symbole de protestation dans la région du Rif, qui a souvent été témoin de manifestations contre la monarchie ethniquement arabe. Al Hoceima a été le lieu d’une révolte contre le régime colonial espagnol en 1920 et d’une insurrection en 1958 contre la fermeture de la frontière avec l’Algérie voisine, pendant la guerre de l’Algérie pour son indépendance contre la France. Ce soulèvement fut écrasé par une force de 30 000 hommes dirigée par le prince héritier Moulay Hassan, le futur Mohammed V, menant à la marginalisation durable de la région par le régime marocain.

Cependant, les manifestations se sont répandues bien au-delà de la région du Rif et se sont transformées en une expression de colère sociale contre les conditions au Maroc et d’opposition politique au Makhzen. « Ça aurait pu se passer dans n’importe quelle ville du pays, mais, ici à Al-Hoceima, ça a pris une dimension supplémentaire », a dit le journaliste Abdessamad Bencherif au Monde.

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les grandes villes du pays, exprimant leur opposition à la « hogra », c’est-à-dire l’impunité avec laquelle la monarchie et les autorités oppriment les citoyens.

La nature explosive du conflit de classe en Afrique du Nord et ses implications révolutionnaires reviennent une fois de plus à la surface de la vie politique. Avec les luttes révolutionnaires massives de la classe ouvrière tunisienne et égyptienne en 2011 toujours à l’esprit, la monarchie marocaine cherche désespérément à garder le contrôle de la situation et à limiter l’expression du mécontentement populaire.

Le roi Mohamed VI a envoyé le ministre de l’Intérieur Mohammed Hassad pour présenter ses condoléances à la famille du défunt. Le ministère de l’Intérieur a publié une déclaration promettant que : « Sa Majesté le roi ne veut pas que ce genre d’accidents se reproduise. Il a donné des ordres fermes pour que l’enquête la plus approfondie possible soit menée. Tous les responsables dont l’implication est avérée dans cet incident seront poursuivis et punis avec fermeté conformément à la loi ».

En même temps, le Premier ministre Abdelilah Bekirane a appelé à la fin des manifestations contre le meurtre. Le parti islamiste de Bekirane, le Parti de la justice et le développement (PJD), a exprimé ses « regrets pour cet incident regrettable », disant à ses membres de ne réagir « en aucune façon » aux appels à des manifestations.

Le Parti de l’Authenticité et de la Modernité (PAM), qui est directement aligné sur la monarchie, a qualifié cela de « tragédie » et a appelé à « punir ceux qui sont responsables ».

Les procureurs ont arrêté « deux agents de l’autorité publique, le délégué aux pêches maritimes, le chef de service de la délégation des pêches marines et le médecin en chef du service de médecine vétérinaire », selon un communiqué qu’ils ont remis à l’agence de presse officielle MAP.

Tout indique cependant que cette enquête servira probablement à blanchir non seulement les fonctionnaires locaux, mais surtout les conditions de pauvreté et d’oppression imposées à la population par la monarchie – l’un des instruments le plus complaisant de l’impérialisme américain et européen dans la région.

Tandis que les témoins présents sur les lieux accusaient les fonctionnaires de donner délibérément l’ordre d’activer le compacteur de déchets alors que Fikri se trouvait à l’intérieur, le parquet a affirmé que « les actes qui ont été commis prennent le caractère d’un homicide involontaire ».

Onze personnes ont finalement été placées en détention provisoire, accusées d’homicide involontaire et également de « fraude dans la préparation de documents publics », au motif que les ordres donnés à la benne d’ordures pour détruire les espadons de Fikri n’étaient pas rédigés de manière légale.

LIRE AUSSI :

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Et le Rif poursuit sa révolte sociale :

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9 Messages de forum

  • Après l’accident, les autorités marocaines ont agi avec un mépris non dissimulé pour la population active de Jerada. Les unités de protection civile qui sont arrivées sur les lieux ont refusé d’aider à trouver les corps, disant que la mine était trop dangereuse et qu’ils refusaient même d’y entrer.

    Les résidents de Jerada ont dû organiser eux-mêmes la recherche des corps à l’intérieur de la mine. Une fois qu’ils les ont trouvés, ils ont demandé que les autorités garantissent des pensions de retraite pour les épouses et les enfants de Houcine et de Jedouane avant l’enterrement des deux hommes. Cette demande a été refusée.

    Au lieu de cela, les autorités ont tenté secrètement d’enterrer les deux corps dans la nuit du 23 décembre, sans en informer la famille Daioui. « Quelqu’un du quartier a alerté la famille après avoir vu que deux tombes étaient creusées dans le cimetière, juste en face de la morgue », a déclaré Ahmed Bousmaha, de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH).

    Le 24 Décembre, la majeure partie de la ville s’est mobilisée lors d’une manifestation en présence de dizaines de milliers de personnes. Les manifestants ont scandé des slogans non seulement sur la mort des mineurs, mais sur les prix inabordables de l’électricité et de l’eau qui ont conduit les autorités à fermer des services publics dans la région, et pour exiger des emplois et un développement industriel dans la région.

    Cette nuit-là, des détachements de police fortement renforcés ont attaqué des jeunes qui montaient la garde du cimetière de Jerada contre toute nouvelle tentative des autorités d’enterrer illégalement les deux frères Dairoui.

    Le gouvernement central marocain a fait fi des demandes des manifestants. Interrogé sur Jerada le 25 décembre, le Premier ministre Saâd Eddine El Othmani a déclaré qu’une enquête judiciaire était en cours et qu’il refusait tout commentaire avant que cette dernière ait rendu une décision. Il a ajouté qu’il « rencontrerait des parlementaires de la région de l’Est pour discuter de cette tragédie qui a coûté la vie à certains de nos citoyens ».

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  • La grève des électroniciens de la sécurité aérienne (ESA) se poursuit depuis le 4 janvier. Pour la Fédération nationale des travaux publics et du transport (FNTPT) inscrite sous l’Union marocaine du travail (UMT), cette grève est justifiée par la mutation sans explication de son secrétaire général Mr Tijani Moulay Abdeljebarde. Les techniciens en sit-in aujourd’hui devant l’entrée de l’aéroport MohammedV continuent de protester également contre l’absence de dialogue social au sein de l’ONDA et demandent la mise en place d’un statut unifié pour les contrôleurs et les techniciens aériens.

    Les médecins-enseignants du CHU Mohamed VI mettent fin à la grève...

    Les techniciens aériens menacent de faire grève du 18 au 23 janvier 2018...

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  • Des milliers de personnes ont manifesté vendredi à Jerada (nord-est) où une grève générale a été observée, au lendemain de la mort d’un mineur dans un puits clandestin de charbon, selon des témoins. Les manifestants se sont rassemblés devant la morgue de l’hôpital de Jerada, pour exprimer leur colère après la mort d’Abderrahmane Zakaria, 32 ans, piégé dans une galerie désaffectée d’extraction de charbon. Sa mort porte à trois le nombre de victimes dans ces "mines de la mort" depuis décembre.

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  • Un simple bout de ficelle et un câble déroulé manuellement. Chaque jour, les mineurs de Jerada (Maroc) effectuent cette descente aux enfers. Image d’un autre âge que ces hommes qui disparaissent au fond de ces puits creusés à la main. Le charbon de l’extrême, unique moyen de survie. Ici, à quelques kilomètres de la frontière avec l’Algérie, ces petits tas noirs indiquent l’entrée des mines clandestines.

    Tout est aujourd’hui à l’arrêt, car les 2 000 hommes qui y travaillent quotidiennement ont posé leurs pelles et leur pioche pour dire leur désespoir de vivre ainsi. Une semaine plus tôt, l’un d’entre eux est mort piégé dans une galerie d’extraction. C’est le troisième en moins de deux mois. Ces gueules noires malgré elles dénoncent les "barons" qui possèdent le permis d’exploiter les mines de charbon. Carton jaune à la main, les habitants de Jerada réclament des usines et des emplois. Cette crise sociale n’est pas la première dans le pays, mais cette fois l’État marocain s’est empressé d’envoyer des ministres sur place avec la promesse de créer des emplois.

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  • Les habitants de Jerada, ancienne ville minière sinistrée du nord-est du Maroc, ont décidé de tenir tête aux autorités qui ont interdit toute manifestation. Ils demandent un nouveau plan d’économie et la libération de militants arrêtés.

    "Plutôt la mort que la soumission" : déterminés, des milliers d’habitants de Jerada ont poursuivi leur mobilisation, vendredi 16 mars, malgré l’interdiction de manifester imposée par les autorités. Ils exigent du gouvernement des mesures d’aide économique afin de lutter contre la pauvreté.

    À Jerada, commune déshéritée du nord-est du Maroc, le mouvement de protestation a vu le jour en décembre après la mort de deux mineurs dans un puits clandestin d’extraction de charbon. Un plan d’action économique proposé par les autorités avait permis une accalmie mais le mouvement a été relancé le weekend dernier, après une série d’arrestations.

    Pour réfréner ceux que les autorités considèrent comme des "agitateurs", toute "manifestation illégale" a été interdite en début de semaine. Mercredi, des heurts ont opposé forces de l’ordre et manifestants, faisant des blessés et des dégâts matériels.

    Ils ne sont pas les seuls : une grande partie du Maroc bouge malgré la répression et le pouvoir est débordé...

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  • Des heurts ont opposé mercredi manifestants et forces de l’ordre dans l’ancienne ville minière de Jerada, agitée par un mouvement de protestation depuis fin décembre.

    Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux par des militants ont montré des face-à-face tendus, alors qu’un nouveau sit-in était organisé dans cette ville économiquement sinistrée depuis la fermeture de ses mines à la fin des années 1990.

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  • Au terme de huit mois de procès, les manifestants marocains de 2016-2017 du Rif dans le nord du pays ont été condamnés à des peines allant jusqu’à vingt ans de prison.

    Espérons que cela condamne le régime définitivement et mortellement !!!

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  • Tous les accusés ont été emprisonnés et poursuivis pour leur participation au mouvement du « hirak », qui s’était déclenché après le 28 octobre 2016 dans la région du Rif. Ce jour-là, un jeune vendeur de poisson, Mohcine Fikri, de la ville côtière d’Al-Hoceima, avait trouvé la mort dans des conditions terribles : broyé par une benne à ordures au moment où il tentait d’empêcher la police de détruire sa marchandise, pêchée illégalement et tout juste saisie par des agents locaux. Dans cette région enclavée, rongée par le chômage, les circonstances de ce décès avaient déclenché un vaste mouvement populaire exigeant la justice mais aussi des projets de développement, du travail, la fin de l’arbitraire.

    Pendant près d’un an, les manifestations s’étaient succédé, mêlant des habitants de tous horizons, jeunes, hommes, femmes et enfants, confrontés aux mêmes difficultés de vie, jusqu’à ce qu’au printemps 2017, les autorités décident de mettre un terme au mouvement, arrêtant des centaines de personnes, faisant taire la contestation en déployant des milliers de policiers et militaires dans la zone. Le Monde, qui s’était rendu pour la troisième fois à Al-Hoceima en août 2017, avait découvert une ville vivant sous une chape de plomb.

    Si une partie des jeunes interpellés à cette époque ont été jugés à Al-Hoceima, ceux que les autorités considéraient comme les meneurs, ont été transférés à Casablanca et poursuivis pour de lourdes charges. Ces dernières semaines, une grande partie des accusés avaient décidé de boycotter le procès, dénonçant une justice inique.

    A l’annonce du verdict, dans la nuit de mardi à mercredi, plusieurs tentatives de manifestations ont été réprimées par la police à Al-Hoceima et à Imzouren, selon des sources locales. Sur les réseaux sociaux, beaucoup ne cachaient pas leur colère ou leur amertume face à un verdict d’une telle sévérité, et au moment où le pays est confronté à des revendications sociales grandissantes.

    Le verdict, rendu dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 juin par la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca, est d’une grande sévérité pour une partie des cinquante-trois accusés, dont Nasser Zefzafi, 40 ans, devenu la figure emblématique de ce mouvement.

    Vingt ans de prison. C’est la peine à laquelle ont été condamnés quatre des jeunes Rifains considérés comme les meneurs du « hirak » (« mouvance »), ce mouvement de contestation sociale qui avait agité le nord du Maroc en 2016-2017.

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  • L’opinion publique est sous le choc après les lourdes peines prononcées contre les activistes de la contestation dans le nord du royaume, mais aussi contre les journalistes qui couvraient les événements.

    Au terme d’un procès-fleuve de neuf mois devant la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca, la sanction réservée par la justice marocaine aux principaux acteurs du Hirak - le mouvement des protestataires du Rif - a fait l’effet d’un tremblement de terre dans l’opinion publique. La sentence qui a frappé les meneurs, mais aussi plusieurs journalistes de la région, confirmait les pires pronostics, provoquant cris, larmes et évanouissements dans l’enceinte et aux abords du tribunal.

    Parmi les quatre des 53 accusés qui ont écopé de vingt ans de prison pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’Etat », leur leader, Nasser Zefzafi, un chômeur de 40 ans, est la figure médiatique du mouvement. Les autres peines prononcées vont de un à cinq ans de prison pour des délits mineurs - de « participation à une manifestation non autorisée » à « outrage aux forces de l’ordre ». Dans la foulée, sept journalistes trinquent. Le plus célèbre, Hamid el-Mahdaoui, est condamné à trois ans de détention pour « non-dénonciation d’une tentative de nuire à la sécurité intérieure de l’Etat ». Rappelons que le Maroc occupe piteusement la 135e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse…

    Mohamed Aghnaj, un des avocats (une centaine…) mobilisés à travers le pays pour défendre les prévenus, chiffre cette vengeance d’Etat : « Trois cent soixante ans de prison, si on additionne les peines, pour avoir manifesté et réclamé une vie meilleure, justice et dignité ! Une justice d’abattage… » Il faut ajouter à cette triste comptabilité les centaines de condamnations prononcées au fil des mois : plus de 300 personnes,...
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