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Le terrorisme, un terme flou. Terreur blanche et terreur rouge sont les seuls concepts corrects.

samedi 14 octobre 2023

Une tempête dans le verre d’eau de la scène politicienne bourgeoise française, a lieu à l’occasion de l’attaque "terroriste" du Hamas contre Israel, à laquelle répond l’attaque "terroriste" d’Etat de l’armée d’Israël contre la population de la bande de Gaza.

Des politiciens de LFI se voient "sommés" par des journalistes de dénoncer comme "terroriste" l’opération du Hamas. LFI et le NPA sont vilipendés par des media. Face à ce "refus d’obtempérer", le chanteur Enrico Macias, préparant sans doute sa chanson "Qu’ils sont beaux les flics de mon pays", en hommage, peut-être, à l’assassinat récent du jeune Nahel appelle à les "dégommer physiquement", il veut relancer la guerre d’Algérie.

Des militants d’extrême gauche comme ceux du NPA-Fraction l’Etincelle, paniquant face à ces menaces (mais surtout vexés de ne pas être reconnus comme NPA par les media bourgeois), croient voire arriver Juillet 1917 lorsque les bolchéviks défendirent Kérenski contre Kornilov. La Fraction propose au NPA de Poutou et à Mélenchon de les défendre ! Alors que le NPA de la Fraction est née en décembre 2022 contre le NPA de Poutou, qui serait trop proche de Mélenchon, la Fraction est prête à retourner au bercail pour défendre les deux.

Rassurons la Fraction, Mélenchon n’est pas menacé par l’Etat bourgeois, il est plutôt mis en avant par cet Etat qui lui fait de la publicité.

Car le fond de l’histoire est que "terrorisme" est un concept mis en avant comme "réchauffement climatique", "biodiversité" etc, est utilisé à toutes les sauces, mais est trop vague pour servir d’outil d’analyse, voire comme outil juridique.

Les théoriciens bourgeois sérieux ne prennent pas au sérieux ce concept utilisé seul, les marxistes non plus. Il y a un accord entre les théoricien bourgeois et les marxistes à ce propos.

Roger TRINQUIER, dans La Guerre Moderne, relativise la notion de terrorisme

Rappelons que RT est un des quatre colonels organisateur de la bataille d’Alger, un anticommuniste d’extrême-droite, un tortionnaire des "terroristes" algériens, un des fondateurs et grands théoriciens de l’Ecole de guerre contre révolutionnaire française, qui sévit de la Bataille d’Alger au génocide des Tutsis (Rwanda, 1994). A lire absolument.

Or, RT ce "maître" de la lutte "anti-terroriste" ne croit pas en ce concept de terrorisme comme outil servant à excommunier certains soldats alors qu’on bénit les autres :

Le terrorisme est une arme de guerre. (...) Le terroriste ne doit donc plus être considéré isolément comme un criminel ordinaire. Il se bat, en effet, dan le cadre de son organisation, sans intérêt personnel, pour une cause qu’il estime noble, et un idéal respectable, comme tous les soldats de armées qui s’affrontent. Il tue sans haine, sur l’ordre de ses chefs, des individus qui lui sont inconnus. Les victimes sont souvent des femmes et enfants, presque toujours des individus surpris sans défense. Mais à une époque où le bombardement des ville ouvertes est admis, où pour hâter la fin de la guerre dans le Pacifique nos alliés n’ont pas hésité à raser deux villes japonaises avec la bombe atomique, on ne peut valablement le lui reprocher.

Le terroriste est en fait devenu un soldat, comme l’aviateur, le fantassin ou l’artilleur.

La Guerre Moderne (Chapitre 4 : le terrorisme, arme capitale de la guerre moderne)

Le livre de Trinquier va-t-il être interdit pour apologie du terrorisme ? Bien sûr que non ! Il est préfacé et publié par des bourgeois, dont des militaires fascisant respectables (du point de vue bourgeois).

Henry LAURENS et Mireille DELMAS-MARTY - Terrorisme, Histoire et Droit

Dans son livre Terrorisme. Histoire et droit l’universitaire, professeur au Collège de France, HL rejoint le point de vue de RT, en rappelant comment le terme de terrorisme est impossible à définir clairement :

Vue l’accumulation de conventions internationales et régionales et les corps de droit interne, le terorisme est un crime. Le problème est que cet imposant corps juridique donne de ce crime des définitions extrêmement variées, voire contradictoire.
(...) En prenant le terrorisme comme personnage historique, comme Braudel l’a fait pour la Méditerranée au temps de Philippe II, on essaye de faire une description du phénomène à la fois en tant qu’il est un crime, une technique, et en ce qu’il révèle sur la période concernée. Il ne s’agit pas de se prononcer pour ou contre, mais d’en expliquer les logiques.
(...) La seule analyse juridique acceptable consisterait donc à considérer le concept de terrorisme comme un concept appelé à disparaitre (...)
(...) A terme, la solution serait de supprimer l’incrimination pénale du terrorisme.

Ni pour ni contre le terrorisme ! Dépénaliser le terrorisme ! Le Collège de France est-il infiltré par le Hamas, le bolchévisme ? Pas à notre connaissance. HL qui a publié son livre aux éditions du CNRS, va-il être expulsé pour apologie du terrorisme, le CNRS poursuivi comme Besancenot ? A notre connaissance, aucun autodafé de ce livre n’a été organisé.

Trotsky - Défense du terrorisme

Les éditions Babelio font l’apologie de ce livre :

La dictature est indispensable parce qu’il ne s’agit pas de modifications partielles, mais de l’existence même de la bourgeoisie. Sur ce terrain, aucun accord n’est possible. La force seule peut décider.
(...)
Qui renonce par principe au terrorisme, c’est-à-dire aux mesures d’intimidation et de répression à l’égard de la contre-révolution acharnée et armée, doit également renoncer à la domination politique de la classe ouvrière, à sa dictature révolutionnaire. Qui renonce à la dictature du prolétariat renonce à la révolution sociale et fait une croix sur le socialisme.

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