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Les élections sont au coeur de toute révolution.
mercredi 2 septembre 2026, par ,
Les élections sont au coeur de toute révolution.
Une telle affirmation semble démentie par toutes les proclamations des partis « trotskistes » officiels tels LO, RP et NPA-R. Il n’est pas étonnant que ces partis se voient attribuer par les médias bourgeois un écho démesuré relativement à leur influence dans la classe ouvrière, qui est quasiment nulle.
Le refrain pseudo-révolutionnaire de ces partis est l’opposition systématique : élection contre révolution.
Seule la révolution peut changer les choses, ce n’est donc pas par les élections que les choses changeront ! Cela semble d’une logique imparable. Comme la révolution n’a pas lieu, ces révolutionnaires justifient leur participation aux élections.
Or les élections, pour paraphraser Marx, jouèrent un rôle éminemment révolutionnaire dans l’histoire. C’est parce que ces partis comme LO, le NPA-R et RP n’ont rien de révolutionnaire qu’ils minimisent le rôle des élections, passant leur temps à les préparer, tout en prétendant qu’elles ne servent à rien.
Elire, c’est choisir. Ne plus obéir aux « hiérarchies » incarnant la soumission à l’Etat et ses organismes auxiliaires, c’est choisir par les élections. Toute révolution n’est révolution que lorsque des organes mis en place par les opprimés remplacent les institutions étatiques.
Au printemps 1647, pour faire pièce à la dissolution du Parlement, les troupes de Cromwell élirent des « agitators » chargés de représenter les simples soldats. Un Conseil de l’armée, fut mis en place composé sur la base de deux soldats ou sous-officiers élus, et de deux officiers nommés par régiment. Par le manifeste de Newmarket Heath, le 4 juin 1647, ce Comité se proclama représentant de l’armée des hommes libres du peuple d’Angleterre.
Pendant la Révolution française la Commune de Paris constitua le mode de manifestation le plus pur du point de vue de classe du mouvement révolutionnaire affrontant l’ordre social féodal. A l’origine du mouvement des communes, qui marqua la révolution française, se trouve l’élection à deux degrés aux Etats généraux, organisée dans les 60 quartiers de Paris, pour désigner des électeurs chargés à leur tour d’élire les représentants parisiens du Tiers-Etat. Cette assemblée fut rendue permanente et forma un conseil municipal révolutionnaire, la Commune de Paris. En avril 1790, les 60 quartiers de la capitale furent remplacés par 48 sections, dont les élus constituèrent, dès lors, une commune de facto.
La révolution de 1830 par laquelle les ouvriers parisiens armés renversèrent le roi d’extrême-droite Charles X furent une conséquence politique des élections parlementaires programmées pour juin-juillet, suite à la défaite électorale du roi en 1827. Les ouvriers intervinrent en faveur et sous la direction de la fraction parlementaire de Guizot. Leurs erreurs politiques à cette occasion firent naître définitivement un mouvement politique indépendant, le communisme révolutionnaire incarné par Blanqui. De l’autre côté de la Manche en Angleterre le mouvement ouvrier s’est politisé également à propos d’une loi électorale, celle de 1832. Le mouvement chartiste qui fit comprendre à Engels puis Marx la force révolutionnaire de la classe ouvrière fut fondé sur la Charte de 1838, dont les 6 points .... concernent les élections.
Outre des conseils ouvriers, la révolution de 1905 vit surgir des conseils de députés paysans et soldats qui se multiplièrent en 1917. Ce sont les élections dans les Soviets qui indiquèrent aux bolchéviks qu’à partir de septembre 1917, devenant majoritaires dans les Soviets, leur devoir était d’organiser l’insurrection d’Octobre, la mise en place de la dictature du prolétariat.
En 1931, les élections municipales aboutissent à la chute du roi en Espagne, la révolution a commencé !
Les « révolutionnaires » de LO, NPA-R et RP font croire que ces comités élus caractérisent justement les périodes révolutionnaires, alors qu’aujourd’hui nous serions dans une « période de recul ». Pourquoi nient-ils en pratique la possibilité actuelle d’auto-organisation, le rôle fondamental du vote dans des assemblées de travailleurs ?
Premièrement, ces partis choisissent comme porte-parole des bureaucrates syndicaux. JP Mercier, A. Kazibe et G. Quirante se présentent comme « syndicalistes », arborant des titres de « délégué syndical ». Or ces délégués syndicaux ne sont pas des délégués élus des travailleurs. Le délégué syndical est une institution bourgeoise. Les structures syndicales, c’est le premier organe de la démocratie bourgeoise qu’affronte un travailleur. La bourgeoisie donne aux syndicats le monopole de l’expression ouvrière. Elle paye des délégués, des représentants. Organiser de véritables élections dans le cadre syndical, c’est affronter les agents de la bourgeoisie dans le mouvement ouvrier. Lorsque les « révolutionnaires » répètent à l’envi : « les élections ne servent à rien ! », ils ne font qu’assurer aux directions syndicales qu’ils n’organiseront pas de tendance révolutionnaire dans les syndicats. Organiser une telle fraction contestant les appareils bureaucratiques signifierait d’abord organiser régulièrement des assemblées de syndiqués, y faire voter des motions, même et surtout en dehors des « mouvements », lesquels, organisés par les directions syndicales, ne sont que des promenades inoffensives.
Nos « révolutionnaires » ne disent pas un mot des élections professionnelles qui leur permettent souvent d’obtenir des directions syndicales leurs « titres » de délégués : quels sont les mots d’ordre de leurs professions de foi électorales ? Une fois élus, quelles motions présentent-ils hors période électorale ?
N. Arthaud se vante d’être une travailleuse en tant qu’enseignante. Elle est donc appelée du 3 au 10 décembre 2026, à voter pour désigner les représentants du personnel. Ces élections concernent les agents des ministères chargés de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche ainsi que de la jeunesse et des sports. La campagne est déjà lancée, au moins autant que celle pour les présidentielles ! Des milliers de petits-bourgeois, cadres de l’extrême-gauche politique sont enseignants, animent les syndicats d’enseignants, bénéficient de milliers d’heures de décharges de service. Qu’en font-ils ?
Passant sous silence ces élections, N. Arthaud se plaint de n’avoir pas été invitée par le Medef :
« Le premier débat de la présidentielle s’est déroulé, jeudi dernier, à Roland-Garros, à l’invitation du Medef. Plus qu’un symbole, c’est l’aveu que la mission du prochain président de la République sera de servir ce grand patronat.
(...) Je suis candidate à la Présidentielle pour affirmer les intérêts des travailleurs contre ceux du grand patronat. Le Medef l’a bien compris, il ne m’a pas invitée à son débat. »
Mais N. Arthaud ne fait que participer au mensonge diffusé largement par les médias bourgeois : nous serions en campagnes. Combien de travailleurs ne sont pas inscrits sur les listes, combien comptent s’abstenir ? Les sondages oublient de le mentionner. De plus officiellement, rien du tout n’a commencé. On lit sur les sites de l’Etat :
« Les dates de l’élection présidentielle sont désormais connues. Les Français sont appelés aux urnes le dimanche 18 avril 2027 pour le premier tour, puis le dimanche 2 mai 2027 pour le second tour. Des dates arrêtées par le gouvernement lors du Conseil des ministres du 1er juillet 2026.
(...) Dimanche 7 février 2027 au plus tard : le décret qui lance la procédure
Prochaine étape : les électeurs doivent être officiellement convoqués par décret. Celui-ci doit être publié au moins dix semaines avant le premier tour, soit le 7 février 2027 au plus tard pour un premier tour le 18 avril.
La publication du décret est importante : elle déclenche notamment l’envoi des formulaires de présentation aux élus habilités à parrainer un candidat. Ces formulaires et les enveloppes prévues pour leur acheminement sont adressés par l’administration à compter de la publication du décret convoquant les électeurs. »
Donc LO comme le NPA-R et RP participent à la propagande de la bourgeoisie : la campagne a commencé !
Ensuite, la complainte e LO vis-à-vis du Medef est injustifiée : le Medef n’est pas un organisme public, c’est un syndicat de patrons, petits et grands. Ses adhérents font ce qu’ils veulent. Un parti révolutionnaire a certes le droit de critiquer une organisation professionnelle, mais doit balayer devant sa porte : pourquoi les fédérations, UD, confédérations syndicales de travailleurs n’organisent-elles pas une telle « audience » des candidats à l’élection présidentielles ? Pourquoi JP Mercier, vedette de la métallurgie chez Sud, n’invite-t-il pas Arthaud face à Mélenchon et Roussel ?
Si N. Arthaud veut d’adresser au Medef, pourquoi ne mentionne-t-elle pas les rencontres entre le Medef et les organisations syndicales de travailleurs au sein de l’OIT ? Cet organisme mis en place par le Traité de Versailles fut dénoncé par les syndicalistes révolutionnaires P. Monatte et A. Rosmer, camarades de Lénine et Trotsky. N. Arthaud se garde bien de dénoncer ces réunions fraternelles entre les bureaucrates patronaux et ouvriers ! Mais JP Mercier est le protégé des bureaucrates de Sud, il perdrait son poste de délégué avec de telles critiques. JP Mercier a même peur de nommer sa confédération syndicale Sud dans sa brochure électorale :
« De l’extrême droite jusqu’à LFI et au PCF, tous nous présentent le protectionnisme comme la solution miracle. C’est aussi la politique
prônée par les confédérations syndicales, à commencer par la CGT,
qui ne rate pas une occasion de dénoncer la concurrence chinoise. »
N. Arthaud non plus ne critique jamais Sud- Solidaires ! Taper sur le Medef permet à tous ces révolutionnaires de masquer leur soumission politique à Sud- Solidaires.
Et leurs centaines de milliers d’électeurs des élections passées ? Pourquoi ces trois partis ne les invitent-ils pas à de telles discussions ? Et les Gilets jaunes dont tous se réclament ? Et les cahiers que ceux-ci rédigèrent et qui sont maintenant accessible ? Pourquoi ne pas reprendre les mesures qui conviennent, critiquer celles concernant par exemple l’exaltation des « référendums » ?
La candidate pseudo-révolutionnaire N. Arthaud ne fait que reprendre le rêve petit-bourgeois de la « participation aux bénéfices » :
« C’est en prenant sur les profits qu’on pourra répartir le travail entre tous et permettre à chaque travailleur de s’en sortir avec un salaire, un revenu ou une pension d’au moins 2 200 euros net. »
Lénine et Trotsky dénonçaient ce discours réformiste :
« Pour distraire l’attention des ouvriers de leurs tâches immédiates et éveiller en eux des velléités petites-bourgeoises, on met en avant l’idée de la participation des ouvriers aux bénéfices, c’est-à-dire de la restitution aux ouvriers d’une faible partie de la plus-value créée par eux ; ce mot d’ordre de perversion ouvrière doit recevoir sa critique sévère et implacable : « Pas de participation aux bénéfices. La destruction des bénéfices capitalistes. », tel est le mot d’ordre des syndicats révolutionnaires. »
Lénine et Trotsky mentionnaient donc les "syndicats révolutionnaires", concepts que nos « révolutionnaires » ne mettent jamais en avant, même dans les syndicats qu’ils prétendent diriger sur le papier. Ces révolutionnaires se disent « syndicalistes », jamais syndicalistes révolutionnaires ! Révolutionnaires dans leur micro-réunion fin de semaine et jours fériés, sans étiquette c’est-à-dire réformistes en semaine !
C’est le slogan de dictature du prolétariat qui permet de poser correctement la question des élections. Les révolutionnaires défendent la perspective de mise en place des soviets, organismes de la dictature du prolétariat, avec élection et révocabilité des délégués, droit de vote réservé aux exploités :
« Les syndicats révolutionnaires qui luttent pour améliorer les conditions du travail, élever le niveau de subsistance des masses, établir le contrôle ouvrier, doivent constamment se rendre compte que dans le cadre du capitalisme tous ces problèmes ne sauraient être résolus ; aussi doivent-ils, tout en arrachant pas à pas des concessions aux classes dominantes, tout en les obligeant à appliquer la législation sociale, mettre clairement les masses ouvrières en face de ce fait que seul le renversement du capitalisme et l’instauration de la dictature du prolétariat sont capables de résoudre la question sociale. Aussi, pas une action partielle, pas une grève partielle ni le moindre conflit ne doivent passer sans laisser de traces à ce point de vue. Les syndicats révolutionnaires doivent généraliser ces conflits en élevant constamment la mentalité des masses ouvrières jusqu’à la nécessité et à l’inéluctabilité de la révolution sociale et de la dictature du prolétariat. »
Dénigrer toutes les élections sur un ton pseudo-révolutionnaire, c’est rejeter les soviets, et permet à l’extrême-gauche électoraliste de se présenter aux élections sans programme sérieux, dans le seul but de mettre en valeur des « vedettes syndicales », achetant leur place auprès des directions syndicales, qui ainsi les tolèrent, leur donnant des miettes.
Des candidats révolutionnaires ? JP Mercier, A. Kazibe et G. Quirante qui sont tous les 3 liés à Sud-Solidaires et ne critiquent jamais la direction de Sud-Solidaires ? Un courant ouvrier révolutionnaire pourrait être représenté dans les différentes élections, il ne l’est absolument pas aujourd’hui, ni dans les élections politiques, ni dans les élections professionnelles !
En avant donc pour les élections, dans un pays comme dans le monde entier, des délégués des conseils du peuple travailleur et pour la prise du pouvoir par l’assemblée des conseils de travailleurs. Exclus du pouvoir politique ceux qui ne vivent pas de leur travail mais de l’exploitation de celui des autres. Exclus aussi ces profiteurs de toutes influence à l’avenir sur les médias, sur les institutions, sur toutes les décisions de la société.
Messages
1. Les élections sont au coeur de toute révolution., 3 septembre, 05:33, par Florent
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Eh oui ! pour paraphraser Marx...
Dans sa première ébauche de l’Adresse sur la guerre civile à propos de la Commune de Paris de 1871, Marx écrit à ce propos : « Sur la base existante de son organisation militaire, Paris édifia une fédération politique, selon un plan très simple. Elle consistait en une association de toute la Garde nationale, unie en toutes ses parties par les délégués de chaque compagnie, désignant à leur tour les délégués de bataillons, qui, à leur tour, désignaient des délégués généraux, les généraux de légion - chacun d’eux devant représenter un arrondissement et coopérer avec les délégués des 19 autres arrondissements. Ces 20 délégués, élus à la majorité par les bataillons de la Garde nationale, composaient le Comité central, qui, le 18 mars, prit l’initiative de la plus grande révolution de notre siècle... »
Et puis une deuxième élection : celle de la Commune de Paris de 1871 !
Marx écrit dans La guerre civile en France : "Quand la Commune de Paris prit la direction de la révolution entre ses propres mains ; quand de simples ouvriers, pour la première fois, osèrent toucher au privilège gouvernemental de leurs « supérieurs naturels », les possédants, et, dans des circonstances d’une difficulté sans exemple, accomplirent leur oeuvre modestement, consciencieusement et efficacement (et l’accomplirent pour des salaires dont le plus élevé atteignait à peine le cinquième de ce qui, à en croire une haute autorité scientifique, le professeur Huxley, est le minimum requis pour un secrétaire du conseil de l’instruction publique de Londres), le vieux monde se tordit dans des convulsions de rage à la vue du drapeau rouge, symbole de la République du travail, flottant sur l’Hôtel de Ville."
2. Les élections sont au coeur de toute révolution., 11 septembre, 05:15, par Laurence
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Seuls des misérables ou des benêts peuvent croire que le prolétariat doit d’abord conquérir la majorité en participant aux élections organisées sous le joug de la bourgeoisie, sous le joug de l’esclavage salarié, et après seulement conquérir le pouvoir.
matierevolution.fr/spip.php ?article8251
Quelles élections peuvent changer la vie des exploités ? Celles qu’ils organiseront eux-mêmes !
https://matierevolution.fr/spip.php?article7333
Les élections contre ... la vraie démocratie
https://matierevolution.fr/spip.php?article1771
Les élections présidentielles ne sont pas les nôtres. Voter oui, mais pour nos propres représentants de classe…
https://matierevolution.fr/spip.php?article2200
La démocratie, ce n’est pas de voter au sein d’un système antidémocratique…
https://matierevolution.fr/spip.php?article5351
Voter au sein de la société bourgeoise ou la renverser, il faut choisir…
https://matierevolution.fr/spip.php?article2063
La présidence élue au suffrage universel, une belle caricature de démocratie !
https://matierevolution.fr/spip.php?article2271
https://www.matierevolution.org/spip.php?article2267
En période de crise aigue, la classe possédante sacrifie la démocratie bourgeoise…
https://matierevolution.fr/spip.php?article4188
https://matierevolution.fr/spip.php?article6011
La seule démocratie possible, en période de crise aïgue de la domination capitaliste, est d’arracher à la bourgeoisie ses instruments de domination
https://matierevolution.fr/spip.php?article6420