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Il était une fois… le « nouvel ordre mondial »...

lundi 4 mai 2026, par Robert Paris

Il était une fois… le « nouvel ordre mondial » de l’unification économique, contre la division en blocs, contre les dictatures et les terrorismes, déclarant mettre fin aux guerres et aux bains de sang des guerres civiles, ainsi qu’au… communisme !

Chacun a relevé qu’avec Trump on a changé d’ère. On en a fini avec la mondialisation économique, avec l’ère du libre échange et de l’unification du monde. On en a fini même avec les alliances pro-Usa du monde occidental car Trump attaque ses propres alliés. Il rompt les accords d’échange internationaux et impose des droits de douane de folie à ses propres alliés.

La politique de Trump fait suite à l’effondrement économique de 2007-2008 qui a marqué les limites d’un monde capitaliste qui était celui dit « de la mondialisation économique et politique » ou l’économie mondiale unifiée.

Vous ne vous en souvenez quasiment plus. Il y a eu un « nouvel ordre mondial » qui unifiait USA, Europe, Chine et Russie et le reste du monde ou prétendait le faire contre… les dictatures, les guerres et la révolution !

Ce nouvel ordre a été proclamé suite à l’entente USA-Chine et à la venue au pouvoir du leader russe pro-occidental Gorbatchev en 1985 puis à la chute de l’URSS en 1991. Il affirmait être une ère de prospérité et de paix indéfinie. On voit ce qu’il en est de ces mensonges…

La chute du « monde communiste » russe et européen de l’Est (notamment la chute du mur de Berlin et du régime de Ceaucescu en Roumanie) de 1989-1991 et le rapprochement américano-chinois avec des investissements américains massifs en Chine marquent cette période où le capitalisme s’affirme véritablement mondial.

Elle affirme à la fois la fin du communisme et celle des révolutions contre le système. La vague des révoltes et révolutions depuis 2010-2011 a eu raison de ces mensonges. Tout comme la division du monde en deux blocs irrémédiablement hostiles et se préparant à la guerre mondiale a eu raison du baratin sur le nouveau monde pacifique que le libéralisme mondial devait faire naitre durablement.

L’unité du monde était censée se bâtir sur la base des intérêts communs de tous les pays fondés sur le libre échange et des accords internationaux en vue du plus grand développement du commerce mondial unifié. Nous en sommes loin aujourd’hui avec les droits de douane de Trump comme avec les guerres qui se multiplient aux quatre coins du monde et qui opposent partout les deux blocs impérialistes. La fin des guerres, la fin des terrorismes, la fin des fascismes proclamait le nouvel ordre mondial. La machine capitaliste est repartie en sens inverse. Et il y a des raisons de fond à cela qui dépassent largement des seuls choix d’un président américain…

Ce n’est pas la rupture de la mondialisation qui détruit le capitalisme mondial mais l’inverse. En 2007-2008, on était en pleine mondialisation et l’économie s’est rompue au point qu’il a fallu en hâte sauver tous les capitalistes et financiers pour éviter de mettre immédiatement le mot « FIN » à l’histoire du capitalisme. Mais sur le fond rien n’a été réglé car la raison de la chute était justement l’existence d’une quantité trop grande capitaux et l’intervention financière des Etats et des banques centrales a encore augmenté le capital en circulation et aggravé le fossé entre la masse des capitaux totale et celle des capitaux investie dans la production de richesses réelles.

Le système capitaliste se dit alors à son pus haut sommet, affirme qu’il a vaincu définitivement le prolétariat et le Capital prétend avoir de moins en moins besoin du Travail ! Il l’affirme lors d’un sommet mondial à l’hôtel Fairmont à San Francisco en 1995. D’anciens dirigeants mondiaux expérimentés comme George Bush, George Schultz ou Margaret Thatcher y sont venus retrouver les nouveaux maîtres capitalistes de k’industrie, de la banque, de la finance, de l’informatique, de la technologie. "On n’aura pas besoin de plus de main-d’œuvre", estime le magnat Washington SyCip. Et ils annoncent non seulement la fin de leur dépendance du prolétariat mais la « fin du communisme » !

Il s’agit d’abaisser les frontières internationales, de stabiliser les situations politiques, de privilégier la diplomatie, de supprimer les affrontements mondiaux entre blocs et les guerres. La finance et le grand capital disent d’accord. On affirme aux peuples qu’ils ont tout à y gagner même si cela va signifier des pertes d’emplois productifs et des sacrifices sociaux, la fin du capitalisme d’Etat, etc.

L’unification économique, faisant semblant de suivre une unification politique, le commerce international a effectivement battu des records en 1994 et 1995. On a laissé croire que les démocraties allaient suivre le libéralisme économique mais cette équation là ne s’est pas révélée exacte. La liberté économique du grand capital n’a pas entrainé la liberté politique des peuples.

En 1995, prenant acte du ralliement du bloc ex-soviétique et de la Chine populaire au libéralisme économique, le GATT s’était fait remplacer par l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce). Celle-ci donna un coup d’accélérateur à la mondialisation des échanges (et par la même occasion aux émissions de gaz à effet de serre). En 2001, la Chine populaire fut accueillie à bras ouverts au sein de l’OMC en dépit de ce que le secteur bancaire et les grandes entreprises du pays demeuraient sous la coupe de l’État et du parti unique soi-disant communiste.

Dès sa création en 1995, l’OMC instaure de nouvelles règles et agrandit le champ des domaines de négociation. Tous les pays, y compris les PED, doivent désormais déclarer des droits de douane consolidés, les respecter et s’engager à consentir des réductions de ces droits d’un tiers ou d’un cinquième selon les pays. La procédure permettant à un pays d’établir des mesures antidumping est strictement encadrée, les subventions à l’exportation et certaines subventions à la production sont interdites et l’Organe de règlement des différends (ORD) est créé pour améliorer le processus de règlement des conflits commerciaux. Plusieurs domaines entrent dans le champ des négociations : l’agriculture, le textile, les services, qui doivent être progressivement libéralisés, et la propriété intellectuelle, qui sera désormais mieux protégée grâce à un accord spécifique qui n’existait pas dans le GATT. En revanche, les investissements directs étrangers (IDE) sont peu concernés par les règles de l’OMC, alors que la période qui s’ouvre va justement être marquée par une intensification sans précédent du processus de délocalisation de la production, dont vont largement profiter les firmes multinationales et les pays émergents, au premier rang desquels se trouve la Chine. Entre 1995 et 2008, un processus de libéralisation du commerce s’instaure, souvent en dehors du cadre de l’OMC, qui devient, dès le début, un lieu d’affrontements plutôt que d’entente, notamment lors de la conférence de Seattle (1999) qui se solde par un échec. Néanmoins, c’est bien la conférence de Doha (2001) qui autorise la Chine à adhérer à l’OMC et ouvre la porte aux produits chinois à bas prix, en particulier sur les marchés des États-Unis et des pays européens. La Chine se trouve désormais au centre du jeu, sa part dans les exportations mondiales de marchandises passant de 2,9 % en 1995 à 10,3 % en 2010, au détriment des États-Unis, du Japon et de l’Europe. Les nombreuses délocalisations d’usines depuis les pays avancés vers les pays émergents ou moins développés sont à l’origine de la mondialisation des processus et de nouveaux flux de marchandises. L’interdépendance économique des nations s’amplifie : le taux d’ouverture de l’économie mondiale (exportations mondiales/production mondiale) passe de 19,3 % en 1993 à 30,7 % en 2008. Entre le milieu des années 1990 et 2008, les pays émergents, désireux de bénéficier des produits et des capitaux des pays avancés, abaissent nettement leurs droits NPF, les divisant par quatre ou cinq en une quinzaine d’années. Ces droits restent encore supérieurs à ceux des pays avancés, mais s’en rapprochent.

Utilisée lors d’un discours prononcé au Congrès des États-Unis le 11 septembre 1990 par le président George H. W. Bush-, l’expression « nouvel ordre mondial » s’inscrit dans la lignée des formules exprimant l’idée de nouveauté dans la diplomatie américaine, après la « nouvelle donne » de 1932 et la « nouvelle frontière » de 1960. Suivant Bush, l’expression définit une politique étrangère américaine fondée sur le respect du droit international, la promotion de la paix et de la démocratie en s’appuyant sur l’ONU, dont le fonctionnement ne serait plus bloqué par l’antagonisme EU-URSS. Le symbole en aurait été la première guerre du Golfe en 1991.

« Nous nous trouvons aujourd’hui à un moment exceptionnel et extraordinaire. La crise dans le golfe Persique, malgré sa gravité, offre une occasion rare pour s’orienter vers une période historique de coopération. De cette période difficile, notre cinquième objectif, un nouvel ordre mondial, peut voir le jour : une nouvelle ère, moins menacée par la terreur, plus forte dans la recherche de la justice et plus sûre dans la quête de la paix. »

— Discours du président américain George H. W. Bush au Congrès le 11 septembre 1990.

Dans les relations internationales des années 1990 et 2000, les tenants de la thèse de l’« empire global » considèrent que l’emploi de cette expression par les politiques témoigne d’une volonté d’expansion de tout ce qui définissait schématiquement le modèle américain pendant la guerre froide : la démocratie et l’économie de marché. L’expression est reprise par certains altermondialistes et anticapitalistes pour dénoncer la mondialisation économique, qui serait dominée par la « pensée unique » libérale.

La nouvelle politique de Trump prend acte du fait que l’économie mondialisée finit par nuire à l’économie américaine. Eh bien, dans ce cas, pourquoi ne pas rompre ouvertement et volontairement tous les accords économiques mondiaux, tous les anciens engagements, toutes les alliances passées et la méthode même de gestion des relations économiques et politiques mondiales ?

Trump marque la rupture avec l’ancien « ordre mondial »…

https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/dgris/Evolutions%20politique%20d%C3%A9fense%20US_FRS_f%C3%A9vrier%202025.pdf

https://www.bbc.com/afrique/articles/cy8pj2ly70no

https://information.tv5monde.com/international/le-monde-en-peril-la-fin-de-la-pax-americana-comment-donald-trump-bouleverse-lordre-mondial-depuis-son-retour-2814910

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8493

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8531

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8595

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4377

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8215

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4714

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4818

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4254

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