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La nouvelle situation internationale nécessite une nouvelle internationale révolutionnaire des travailleurs

jeudi 9 avril 2026, par Alex, Waraa

Les IVèmes internationales sont mortes. Face à la guerre, il faut bâtir la "Vème Internationale, parti mondial de la révolution socialiste"

Dans deux articles consacrés à la préparation de la fondation de la IVe Internationale, qui aura lieu en 1938, Trotsky écrivait :

Les bolchéviks-léninistes se considèrent comme une fraction de l’internationale qui se bâtit
« Étiquettes » et « Numéros » (7 août 1935)

Dans un écrit du 14 juillet 1935, Trotsky avait déterminé le nom de la IVe Internationale :

Il me semble que le seul nom qui convienne pour notre Internationale soit parti mondial de la révolution socialiste.

Parti mondial de la révolution socialiste (14 juillet 1935)

Ces deux textes, ignorés de tous les partis qui prétendent "reconstruire la IV° Internationale" et qui se qualifient de "trotskistes", avec la bénédiction des media bourgeois, sont d’actualité pour poser la question de la nécessité d’une nouvelle internationale communiste, marxiste, la Vème, contre celle des partis qui comme LO, les NPAs, RP se réclament de la "IVème internaltionale" fondée par Trotsky, mais qui n’ont plus rien de commun avec Trotsky.

Marceau Pivert, le modèle de l’extrême-gauche française

L’un des deux textes de Trotksy cité plus est une lettre répondant à celle de Marceau Pivert, membre de l’aile gauche de la SFIO de Léon Blum, dont le parti venait d’exclure les partisans de Trotsky :

La lettre de Marceau Pivert sur les exclusions des chefs de la jeunesse révolutionnaire de la Seine, malgré son but louable, renferme un certain nombre d’idées inexactes qui, dans leur développement, peuvent conduire à de sérieuses erreurs. Prévenir les jeunes camarades contre ces erreurs est le vrai devoir d’un marxiste.

Pivert lui-même accuse nos amis de commettre une grande « erreur psychologique » en prenant le nom de bolcheviks-léninistes. Puisque le « bolchevisme initial », selon Pivert, niait la structure démocratique du parti, l’égalité (?) pour toutes les tendances, etc. par leur nom même, les bolcheviks-léninistes donnent à la bureaucratie. du parti une arme contre eux-mêmes. En d’autres termes, l’ « erreur psychologique » consiste en une adaptation insuffisante à la psychologie de la bureaucratie du parti.

Les partisans de Trotsky en France étaient entrés à la SFIO, le parti socialiste de l’époque, adoptant le titre de Fraction bolchévique-léniniste. C’est ce dernier qualificatif que Pivert dénigre, le présentant comme "faisant mal aux oreilles".

Bolchéviks-leninistes, c’est ce que nous sommes en 2026 !

Ce reproche pivertiste, les groupes français d’extrême-gauche l’ont intégré à leur langage, à leur identité : aucun d’eux ne se réclame du "bolchevisme-léninisme". Ils reprennent le terme de "trotskiste", raccourci certes commode, mais bien moins précis.

Trotsky continue sa lettre :

Ce jugement de Pivert représente une « erreur politique » très sérieuse, et même une série d’erreurs. Il n’est pas vrai que le « bolchevisme initial » niait la structure démocratique du parti. J’avance l’affirmation absolument contraire : il n’y a pas eu et il n’y a pas de parti plus démocratique que celui de Lénine. Ce parti s’était formé par en bas. Il dépendait seulement des ouvriers avan­cés. Il ne connaissait pas la dictature cachée, masquée, mais d’au­tant plus néfaste, des « amis » bourgeois du prolétariat, des parle­mentaires carriéristes, des maires affairistes, des journalistes de salon, de toute cette confrérie parasitaire qui permet à la base du parti de parler « librement », démocratiquement », mais se maintient elle-même avec ténacité à l’appareil et, en fin de compte, fait ce qu’elle veut. Ce genre de « démocratie » dans le parti n’est rien d’autre qu’une copie de l’État démocratique-bourgeois, qui lui aussi permet au peuple de parler « librement », puis laisse le pouvoir réel à une poignée de capitalistes. Pivert commet une très grande erreur politique en idéalisant et en embellissant la « démocratie » hypo­crite et mensongère de la S.F.I.O. qui, en fait, freine et paralyse l’éducation révolutionnaire des ouvriers en étouffant leur voix par le chœur des conseillers municipaux, des parlementaires et autres qui sont imprégnés jusqu’à la moelle d’intérêts petits-bourgeois égoïstes et de préjugés réactionnaires. La tâche du révolutionnaire, même si la marche du développement le contraint à travailler dans la même orga­nisation que les réformistes, ces exploiteurs politiques du prolétariat, consiste non pas à prendre l’attitude du protégé et à faire sienne celle de l’amitié mensongère pour ces agents de la bourgeoisie, mais à s’opposer en face des masses le plus clairement, le plus âprement, le plus implacablement possible aux opportunistes, aux patriotes, aux « socialistes » absolument bourgeois.

« S’opposer en face des masses le plus clairement, le plus âprement, le plus implacablement possible aux opportunistes, aux patriotes, aux « socialistes » absolument bourgeois » est ce que ne font jamais des partis comme LO, les NPAs et RP.

Le rappel historique de Trotsky « Ce parti s’était formé par en bas. Il dépendait seulement des ouvriers avan­cés. »
est pour nous fondamental. C’est en s’appuyant sur des noyaux ouvriers, qu’une direction révolutionnaire deviendra un embryon, une fraction d’un futur parti ouvrier.

Or la tactique de ces groupes d’extrême-gauche, c’est d’obtenir des étiquettes bureaucratiques syndicales pour leurs militants, les présenter aux élections locales et nationales, ce qui leur permettra de revendiquer à nouveau des étiquettes bureaucratiques syndicales et ainsi de suite.

Ces groupuscules qui se veulent tous les moins sectaires du monde sont incapables de se réunir comme différentes fractions d’un même parti, car ils sont en concurrence auprès des bureaucraties syndicales. « les réformistes, ces exploiteurs politiques du prolétariat », qui ne sont jamais désignés sous ces noms.

« Prendre l’attitude du protégé et à faire sienne celle de l’amitié mensongère pour ces agents de la bourgeoisie » est donc exactement ce que font LO le NPA-R et RP vis-à-vis de LFI, la CGT ou Sud Solidaires. Car « agents de la bourgeoisie » est pour les bolchéviks-léninistes d’aujourd’hui le seul qualificatif juste à appliquer à LFI, la CGT ou Sud Solidaires, et c’est ce que ne font jamais ces groupuscules.

Le manque de confiance en la classe ouvrière, c’est ce qui caractérise ces groupuscules. Pourtant, Trotsky rappelait que pour les marxistes, c’est la classe ouvrière, non pas les "personnalités" en qui réside le facteur décisif :

ceux qui choisiront et qui trancheront, ce seront, en fin de compte, non les Blum et les Zyromski, mais les masses, les millions d’exploités. C’est. sur eux qu’il faut s’aligner, c’est pour eux qu’il faut bâtir un parti. Le malheur de Pivert, c’est que jusqu’à maintenant il n’a pas rompu le cordon ombilical qui le relie au petit monde des Blum et des Zyromski

Certes ces groupes dénoncent des personnalités comme JL Mélenchon mais pas comme des ennemis de classe, des agents de la bourgeoisie, seulement comme des "institutionnels", donc modérés, et pour mettre en avant des "personnalités", JP Mercier, N. Arthaud, se coulant dans le moule de la politique bourgeoise, qui sélectionne des "moulins à parole" qui "parlent bien".

Nous sommes des bolchéviks-léninistes

Il est temps de reprendre ce nom. C’est celui que Trotsky choisit pour ses partisans en France. Les partis LO et NPA-R répètent d’un ton solennel : nous sommes pour la construction d’un parti communiste révolutionnaire. Mais ce terme abstrait a toujours été revendiqué par les « prétendus communistes » :

A chaque occasion nouvelle, [Pivert] regarde ses « amis » et leur tâte le pouls avec inquiétude. Et c’est cette politique fausse, illusoire, non réaliste, qu’il réclame des bolcheviks-léninistes ! Ils doivent, paraît-il, renoncer à leur propre nom. Pourquoi ? Est-ce que ce nom effraie les ouvriers ? Au contraire. Si les prétendus « communistes », malgré toutes les trahisons et tous les crimes qu’ils ont commis, retiennent sous leur drapeau une partie importante du prolétariat, c’est uniquement parce qu’ils se présentent aux masses comme les porteurs des traditions de la révolution d’Octobre. Les ouvriers ne craignent ni le bolchevisme ni le léninisme. Ils demandent seulement (et ils font bien) : « Sont-ils de véritables bolcheviks, ou de faux ? » Le devoir des révolutionnaires prolétariens conséquents est, non pas de renoncer au nom de bolcheviks, mais de montrer dans les faits aux masses leur bolchevisme, c’est-à-dire l’esprit révolutionnaire conséquent et le dévouement absolu, à la cause des opprimés.

Le terme de bolchévisme-léninisme fait clairement référence à Octobre 1917, à la dictature du prolétariat, comme Trotsky l’expliquait :

Mais pourquoi donc, insiste Pivert, se coller sur le nombril une étiquette (?) au lieu de « suivre les enseignements qu’elle comporte » ? Mais Pivert lui-même ne porte-t-il pas l’ « étiquette » de socialiste ? Dans le domaine de la politique tout comme les autres domaines de l’activité humaine, il est impossible de procéder sans « étiquettes », c’est-à-dire sans dénominations et qualificatifs aussi précis que possible. Le nom de « socialiste » est non seulement insuffisant mais absolument trompeur, car s’intitulent « socialistes » en France tous ceux qui en ont envie. Par leur nom, les bolcheviks-léninistes disent à tous et à chacun que leur théorie, c’est le « marxisme », que c’est non pas le « marxisme » dénaturé et prostitué des réformistes (à la Paul Faure, Jean Longuet, Séverac, etc.) mais le véritable marxisme restauré par Lénine et appliqué par lui aux questions fondamentales de l’époque de l’impérialisme ; qu’ils s’appuient sur l’expérience de la révolution d’Octobre, développée dans les décisions des quatre premiers congrès de l’Internationale communiste ; qu’ils sont solidaires du travail théorique et politique accompli par l’ « opposition de gauche » de l’Internationale communiste (1923-1932) ; enfin qu’ils se rangent sous le drapeau de la IV° Internationale. En politique, le « nom », c’est le « drapeau ». Celui qui renonce aujourd’hui à un nom révolutionnaire pour le bon plaisir de Léon Blum et consorts, celui-là renoncera aussi facilement demain au drapeau rouge pour le drapeau tricolore

« L’expérience de la révolution d’Octobre, développée dans les décisions des quatre premiers congrès de l’Internationale communiste ; (...) [le] travail théorique et politique accompli par l’ « opposition de gauche » de l’Internationale communiste (1923-1932) » sont des références jamais invoquées par ces groupuscules d’extrême-gauche.

Concernant les 4 premiers congrès : les célèbres "21 conditions" qui y furent énoncées en 1920, ces partis n’en remplissent aucune, c’est la raison pour laquelle ils ne se réclament plus de ces textes.

Concernant l’Opposition de gauche : quand en 1929 Trotsky fut expulsé d’URSS par la bureaucratie contre-révolutionnaire, il rassembla autour de trois points l’ « opposition de gauche » internationale, un de de ces points étant la dénonciation de la collaboration de Staline avec les directions syndicales britanniques dans le cadre du Comité anglo-russe. Or la collaboration avec les directions syndicales françaises, c’est l’alpha et l’oméga de la "tactique" de nos groupes d’extrême-gauche. Leurs porte-parole sont systématiquement des délégués syndicaux fidèles à la direction qui les a nommés : Sud-Solidaires pour JP Mercier (LO), Anasse Kazibe (RP) et Gaël Quirante (NPA-R).

Affirmer que LO, RP et NPA-R ont trahi les idéaux de la IVème internationale serait donc déjà les flatter : c’est de la IIIème internationale de 1919-1922, de l’opposition de gauche au stalinisme dans les PC en 1923-1933, que ces groupuscules ne sont en rien les héritiers. Ils se rangent parmi cette pléiade de groupuscules non staliniens qui se disaient socialistes ou communistes, mais irrécupérables et contre lesquels Trotsky polémiqua.

La 5ème internationale est d’actualité

A propos des numéros, Trotsky répondait à Pivert :

Pivert proclame le droit de tout socialiste d’espérer en une meilleure Internationale « avec ou sans changement de numéro ». Cette ironie un peu déplacée sur le « numéro » représente une erreur politique du même type que l’ironie sur l’« étiquette ». Politiquement, la question se pose ainsi : le prolétariat mondial peut-il arriver à lutter avec succès contre la guerre, le fascisme, le capitalisme, sous la direction des réformistes ou des staliniens - c’est-à-dire de la diplomatie soviétique ? Nous répondons : il ne le peut pas. La II° et la III° Internationales ont épuisé leur contenu et sont devenues des obstacles sur la voie révolutionnaire. Les « réformer » est impossible, car toute leur direction est radicalement hostile aux tâches et aux méthodes de la révolution prolétarienne. Celui qui n’a pas compris jusqu’au bout l’effondrement des deux Internationales, celui-là ne peut pas lever le drapeau de la Nouvelle Internationale. « Avec ou sans changement de numéro » ? Cette phrase est dénuée de sens. Ce n’est pas par hasard que les trois anciennes Internationales se sont trouvées numérotées. Chaque « numéro » correspond à une époque déterminée, un programme et des méthodes d’action.

Le constat de Trotsky est malheureusement d’actualité : « Les IV° Internationales (issues de scissions de celle fondée par Trotsky) ont épuisé leur contenu et sont devenues des obstacles sur la voie révolutionnaire. Les « réformer » est impossible, car toute leur direction est radicalement hostile aux tâches et aux méthodes de la révolution prolétarienne. »

Le fait qu’il y ait actuellement plusieurs IVème internationale est analogue au fait qu’il y avait à l’époque où Trotsky écrivait, la IIème et la IIIème. Ces internationales, dont celle du NPA-A et NPA-R (ces partis s’excommunient en France mais se congratulent mutuellement au niveau international dans leur organisation commune, comme Marion Aubry tombe dans les bras de Van der Leyen au parlement européen !) sont « deux cadavres dont faire la somme serait vain, leur négation étant la voie à suivre » :

La Nouvelle Internationale doit être non pas la somme des deux cadavres, comme le rêve le vieux social-patriote Zyromski, surpris dans sa reconnaissance inattendue de la « défense de l’U. R. S. S. », mais la « négation » vivante de ces cadavres et, en même temps, la « continuation » du travail historique accompli par les Internationales précédentes. En d’autres termes, il s’agit de la IV° Internationale. Le « numéro » signifie ici une perspective et un programme déterminés, c’est-à-dire un « drapeau ». Que les philistins ironisent là-dessus. Il ne faut pas les imiter.

Trotsky fonda la IVème internationale, dans la continuité de la IIIème qui elle-même fut fondée en opposition aux socio-patriotes. Pour LO, les NPAs, RP, le terme même de "social-patriote" n’existe pas ! En ce sens, ces partis ne sont même plus dignes de l’aile gauche de la IIème internationale, où Rosa Luxemburg inaugura la lutte des marxistes contre ces socio-patriote,s en fondant son journal polonais "La cause ouvrière" dès 1893.

Trotsky fonda la IVème Internationale contre les politiques de Fronts populaires mises en place par l’Internationale de Staline en 1935 lors de son VIIème (et dernier) congrès. Or le NPA-A en 2024 a rejoint le nouveau Front Populaire. Le NPA-R l’a dénoncé, mais a voulu gardé sa place dans la même IVème internationale que le NPA-A. Le NFP des NPA-s en 2024 est comparable aux FP de 1935 pour les PC.

Etre une direction révolutionnaire c’est décider

L’argument typique de LO ou du NPA-R, c’est le "manque de conscience des travailleurs". Cet argument est typiquement stalinien, déjà bien connu de Trotsky :

L’aversion pour les « étiquettes » et les « numéros » en politique est aussi dangereuse que l’aversion pour les définitions précises dans le domaine scientifique. Dans un cas comme dans l’autre, nous avons là le symptôme infaillible d’un manque de clarté dans les idées elles-mêmes. Invoquer les « masses » ne sert, dans de tels cas, qu’à couvrir ses propres hésitations. L’ouvrier qui croit encore à Vandervelde ou à Staline sera sans doute adversaire de la IV° Internationale. L’ouvrier qui a compris que la II° et la III° Internationales sont mortes à la cause de la révolution se rangera immédiatement sous notre drapeau. C’est précisément pourquoi il est criminel de cacher ce drapeau sous la table.

Mépris hautin et brutal envers le prétendu manque de conscience des travailleurs ; au contraire modestie obséquieuse envers le réformisme lorsqu’il s’agit de prendre ses responsabilités, ce sont deux de pôles entre lesquels les centristes oscillent.

L’extrême-gauche dans l’Union sacrée

La IIIème internationale connut son congrès fondateur en 1919, mais c’est la trahison de la IIème internationale, entrée dans l’Union sacrée qui avait rendu nécessaire d’annoncer sa fondation dès 1914.

La IVème internationale fut fondée en 1938, mais c’est dès 1933, face à la capitulation des partis staliniens après la prise du pouvoir par Hitler, que sa nécessité avait été proclamée par Trotsky. Par la déclaration Staline-Laval, le PC français entra ouvertement dans l’Union sacrée en 1935, l’équivalent pour les PC de l’août 1914 pour les PS.

Le premier mensonge de l’extrême-gauche française est de blanchir les directions réformistes en faisant croire qu’elle ne sont plus dans l’Union sacrée. Comme si après chaque guerre, on repartait à zéro, en attendant la prochaine. Or la question n’est pas celle posée régulièrement par ces partis, de savoir si ces directions entreront à nouveau dans l’Union sacrée lors de la prochaine guerre. La CGT et le PS (comme son avatar LFI) y sont depuis 1914, et ne l’ont jamais quittée. Le PC y est depuis 1935.

En répétant à l’envi que « l’on se dirige vers l’Union sacrée », ces organisations cachent le fait qu’on y est déjà, se posent en aile "vigilante" d’extrême-gauche de Sud-Solidaires et de la CGT, les cautionnant par leur « soutien critique ». Le soutien sans participation est la pire des formes, car la plus hypocrite, de soutien au gouvernement bourgeois. Ce fut la politique de la CGT en 1936 face au gouvernement de Front populaire.

Les directions de la CGT et de Sud sont dans l’Union sacrée, et leurs politiques sont de plus en plus ouvertement réactionnaires.

Une des formes que prend la guerre, c’est le racket fiscal exercé contre les travailleurs à travers les impôts indirects qui sont une des composantes de l’inflation.

Alors que le Parti ouvrier français, dont le programme fut écrit sous le contrôle de Marx vers 1880, comprenait dans sa partie économique : abolition des impôts indirects, les organisations d’extrême-gauche dénoncent ce genre de mesure comme "une diversion", imitant les directions syndicales qui veulent cantonner la classe ouvrière à des augmentations de salaires symboliques augmentées lors des NAO. Les augmentations de salaires sont des revendications purement économiques, la question des taxes est une revendication politique. Non seulement la suppression des taxes sur les carburants serait une augmentation quasiment sans précédent du niveau de vie de la majorité des travailleurs, mais la classe ouvrière en s’emparant de ce mot d’ordre entrainerait derrière les classe moyennes préssurées par ces taxes. Etouffer politiquement et économiquement le prolétariat, c’est ce que signifie ce ralliement de l’extrême-gauche opportuniste à la seule question des salaires, sous couvert d’orthodoxie marxiste. C’est pour payer leur part au racket fiscal que les travailleurs devraient demander des augmentations de salaire !

Covid, sanctions contre la Russie, guerre contre l’Iran, droits de douanes, dette publique, tous ces moyens extra-économiques pour tirer des profits sont typiques d’une période de guerre :

La guerre a fait subir au capitalisme une évolution. Le pressurage systématique de la plus-value qui fut jadis pour l’entrepreneur la seule source de revenu, semble à présent une occupation trop fade aux messieurs les bourgeois qui ont pris l’habitude de doubler, de décupler leurs dividendes dans l’espace de quelques jours, au moyen de spéculations savantes basées sur le brigandage international. Le bourgeois a rejeté quelques préjugés qui le gênaient et acquis par contre un certain coup de main qui lui manquait jusqu’ici. La guerre l’a accoutumé, comme aux actes les plus ordinaires, à réduire par le blocus des pays entiers à la famine, à bombarder et incendier des villes et villages pacifiques, à infecter les sources et les rivières en y jetant des cultures du choléra, à transporter de la dynamite dans des valises diplomatiques, à émettre des billets de banque faux imitant ceux de l’ennemi, à employer la corruption, l’espionnage et la contrebande dans des proportions jusque-là inouïes. Les moyens d’action appliqués à la guerre restèrent en vigueur dans le monde commercial après la conclusion de la paix. Les opérations commerciales de quelque importance s’effectuent sous l’égide de l’État. Ce dernier est devenu semblable à une association de malfaiteurs armés jusqu’aux dents. Le terrain de la production mondiale se rétrécit chaque jour davantage et la mainmise sur la production devient d’autant plus frénétique et revient d’autant plus chère. Empêcher : voilà le dernier mot de la politique du capitalisme, la devise qui remplace le protectionnisme et le libre-échangisme !

En dénonçant le mot d’ordre d’« Abolition des taxes (accise et TVA) sur les carburants ! » comme "diversion du RN", alors que c’était le programme de Marx, un parti comme LO s’engage dans une voie réactionnaire, demandant aux travailleurs de "gagner la bataille de la taxation", comme le PC leur demandait de gagner la "bataille de la production" d’après-guerre. Ces soi-disant héritiers de Trotsky s’opposent à la lutte du prolétariat pour sa survie économique.

Le coup de semonce qui annonça ce capitalisme de guerre fut la crise financière de 2008. Aucune des grandes organisations d’extrême-gauche n’y vit l’effondrement du capitalisme. Or les prémisses de la révolution sont essentiellement économiques.

Conclusion : l’entrée en guerre est d’actualité

Les partis pseudo-trotskistes deviennent politiquement de plus en plus ouvertement des satellites de LFI et de l’Etat bourgeois. La récente manifestation de soutien au maire LFI de Saint-Denis marque un pas de plus dans cette ligne. Le maire d’une grande ville ne serait plus un agent de la bourgeoisie, car il est "à un autre niveau" ; il n’est plus l’ennemi des travailleurs, mais "quelqu’un qui ne changera pas grand-chose" ; l’antiracisme en défense des pauvres remplace la lutte des classes, c’est avec de telles balivernes que LO justifie son soutien à LFI :

Ce beau monde s’est ainsi retrouvé non seulement contre Bally Bagayoko, mais surtout contre la population pauvre d’une ville ouvrière. Même si l’élection d’un maire insoumis ne changera pas grand-chose à ce que vivent les habitants des cités, tant ses problèmes se situent à un tout autre niveau, cette campagne immonde est bien significative de la volonté de la bourgeoisie et de son personnel politique de faire taire tout ce qui peut ressembler à une contestation de sa politique.

Pour le NPA-R qui est dans la même ligne, le drapeau français de la mairie de Saint-Denis, remplace le drapeau rouge :

Contre le racisme venu d’en haut

Or la marche à la guerre s’accélère. N’est-il pas temps de planter le drapeau d’un Vème internationale, en renouvelant le constat de Trotsky :

Les bolchéviks-léninistes se considèrent comme une fraction de l’internationale qui se bâtit. Il me semble que le seul nom qui convienne pour notre Internationale soit parti mondial de la révolution socialiste.

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