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La femme est plus que pour moitié dans l’émergence et l’évolution de l’homme !
samedi 28 mars 2026, par
La femme (de l’homo sapiens) est plus que pour moitié dans l’émergence et l’évolution de… l’homme (homo sapiens) !
Nous sommes souvent triomphants d’annoncer que seule notre espèce (homo sapiens) a survécu mais il faut bien préciser que nous n’avons pas encore vécu aussi longtemps que nos prédécesseurs !
Durée d’existence de l’homo habilis : 1,1 millions d’années
Durée d’existence de l’homo erectus : 1,8 millions d’années
Durée d’existence de l’homo neanderthal : 400.000 ans
Durée d’existence de l’homo sapiens : 200.000 ans
Et c’est sans doute parce que nous sommes croisés avec des néanderthaliens que nous sommes survivants…
D’autre part, il semble bien que ce soit grâce à la femme sapiens que cela se soit produit…
Josef H. Reichholf dans « L’émergence de l’homme » :
« L’évolution qui a mené à l’apparition de l’homme ne peut pas reposer sur un enchaînement de purs hasards. Jamais l’évolution ne produit d’élément nouveau sans raison, sans contrainte, sans « pression évolutionniste ». Tant que l’état de choses existant convient et qu’il n’est pas prouvé qu’un changement opèrera une amélioration, la sélection naturelle ne peut pas agir dans le sens du changement. Si l’environnement demeure constant, il exerce un effet de stabilisation, qui fait disparaître ce qui s’écarte de la norme et perpétue ce qui s’est révélé valable. Il n’en sort rien de neuf.
L’évolution ne « joue » pas librement avec toutes les possibilités, elle ne le fait que dans le cadre d’un rapport d’interaction avec l’environnement. Seules les transformations de l’environnement, surtout lorsque le nouvel état des choses s’établit assez rapidement, canalisent le hasard et confèrent au processus évolutionniste son orientation…
Du point de vue génétique, les femmes ont apporté autant de caractères héréditaires que la lignée masculine.
Or d’après Alan Wilson, qui a eu l’idée géniale de rechercher l’origine de l’homme par l’intermédiaire des nouvelles possibilités qu’offrait la génétique, cette contribution des femmes représente justement un petit peu plus que celle des hommes. Et jusqu’à présent ce « léger plus » étaot tout simplement resté ignoré parce qu’on ne lui avait accordé aucune signification. Il faut dire qu’il ne se trouve pas inscrit dans la véritable information génétique concentrée dans le noyai cellulaire, le génome, mais contenu dans d’infimes petites particules réparties sur l’ensemble du corps cellulaire. Nous voulons parler de ces curieuses structures, les mitochondries, qui ont dû attendre pour être découvertes que fussent mis au point des microscopes assez puissants…
Ce sont des composants indispensables de la cellule que l’on a très judicieusement appelés les « centrales de la cellule » parce que les processus qui se déroulent dans les mitochondries sont d’une importance vitale. Elles transforment l’énergie par des moyens chimiques pour l’adapter aux besoins des processus biologiques qui se déroulent à l’intérieur de la cellule. La cellule est donc dépendante du fonctionnement des mitochondries.
Ces dernières ne font pourtant pas véritablement partie de la cellule. Ce seraient plutôt les descendantes de minuscules bactéries qui, à un moment ou à un autre du passé le plus reculé de l’histoire géologique, ont été absorbées par les cellules qui existaient alors isolément…
En tout cas, les mitochondries ne font pas partie des composants cellulaires que la cellule produit elle-même. C’est pourquoi la biologie moderne tend à penser que les mitochondries sont des corps étrangers à la cellule qui participent à son fonctionnement et qui croissent et se développent à l’intérieur de la cellule dans des conditions contrôlées…
Les mitochondries possèdent un patrimoine héréditaire propre, indépendant du patrimoine génétique de la cellule, lequel est concentré dans le noyau sous la forme de chromosomes…
Une fois que les mitochondries ont rassemblé suffisamment de matériau autour d’elles, elles se divisent et donnent à chacune de leurs parties une copie intégrale de leur patrimoine génétique…
Le patrimoine génétique des mitochondries se copie donc inlassablemen, des milliers de fois dans la vie d’une cellule, des millions et des millions de fois au cours de l’histoire des êtres vivants. Ce faisant, il reste totalement indépendant du patrimoine génétique des cellules hôtes. C’est là l’élément essentiel. Car il suit son propre chemin.
Ce « chemin » suivi tout au long de l’histoire de l’homme est précisément l’aspect significatif, derrière lequel se cachait la découverte scientifique sensationnelle. L’information génétique contenue dans les mitochondries se modifie avec le temps : elle subit une mutation. Les finesses de la composition se modifient légèrement, particule par particule. C’est ce que l’on appelle le « tic-tac de l’horloge moléculaire », en voulant dire par là que sur de longues périodes, les structures moléculaires les plus fines du génotype, les plus petites liaisons chimiques, mutent…
Les chercheurs réunis autour de Jim Wainscoat de l’université d’Oxford se sont dit que si l’on comparait la variation de l’ADN des mitochondries chez les différentes races et chez les différents groupes humains, les résultats devraient permettre de déterminer si l’homme moderne avait fait son apparition en plusieurs endroits, autrement dit s’il était issu d’une « espèce de précurseurs », répandu sur un vaste éventail géographique, ou bien s’il avait fait son apparition en un seul endroit précis.
En admettant que la première hypothèse soit juste, la variation de l’ADN des mitochondries devrait être à peu près équivalente chez les représentants de l’espèce humaine d’origines géographiques différentes. Mais si c’est la deuxième hypothèse qui est juste, la variation doit se réduire au fur et à mesure que l’éloignement de l’origine augmente dans l’espace et dans le temps.
Or c’est précisément ce qu’ont montré les résultats des recherches. Mieux encore : on a pu distinguer deux groupes. L’un se caractérise par une haute variabilité : ce sont les Africains. L’autre réunit tous les autres hommes. Ils présentent une variabilité sensiblement plus restreinte en ce qui concerne les différences d’ADN des mitochondries. On dirait même qu’il s’est formé une sorte de « goulot » qui assure la transition entre la multitude de variations dans la population africaine et un taux de variations bien moindre au sein des groupes humains extérieurs à l’Afrique. Plus ces groupes sont éloignés du continent africain, plus les différences s’accentuent, et plus la période qui doit être écoulée pour produire ces différences doit être longue… Une seule explication est conciliable avec ce phénomène : l’homme est né en Afrique… Toutes les découvertes semblent montrer que c’est un petit groupe d’hommes qui quitta initialement l’Afrique et conquit ensuite le monde par sa dispersion. »
“On sait depuis 2010 qu’il y a eu des métissages entre Homo sapiens – également appelé ‘homme moderne’ – et Neandertal après que quelques membres de notre espèce ont quitté l’Afrique pour l’Eurasie”, rappelle New Scientist. Et ces métissages ont été si fréquents qu’aujourd’hui “tous les humains non africains possèdent de l’ADN de Neandertal”. La nature des relations entre ces deux hominidés fait couler beaucoup d’encre et suscite de nombreux fantasmes. On peut parier que ce n’est pas fini : des chercheurs, dont les résultats de l’étude viennent de paraître dans Science, montrent en effet l’existence d’un biais sexuel étonnant.
Ce qui a conduit l’équipe de Sarah Tishkoff, de l’université de Pennsylvanie, aux États-Unis, à se plonger dans ce travail, c’est la volonté de “trouver l’explication la plus plausible à la quasi-absence d’ADN néandertalien sur le chromosome X des humains modernes”, indique le journal québécois.
Pour expliquer les “déserts néandertaliens” du chromosome X – c’est-à-dire la présence de vastes régions sans ADN néandertalien sur ce chromosome sexuel –, à la différence des autosomes (les chromosomes non sexuels) qui, eux, ont conservé des traces d’ADN néandertalien, “l’hypothèse qui circulait avançait que le génome de l’humain moderne était meilleur que celui de Neandertal pour ces régions”, explique à IFLScience Alexander Platt, premier auteur de l’étude. Autrement dit, les individus hybrides qui possédaient de l’ADN néandertalien sur le chromosome X n’auraient par exemple vécu pas assez longtemps pour se reproduire. “Je détestais cette hypothèse”, lance le jeune chercheur.
Pour les auteurs, “la meilleure explication est que les néandertaliens et les humains modernes avaient des préférences marquées pour leurs partenaires sexuels”, révèle The New York Times. Avant de détailler : “Les humaines modernes auraient eu des préférences pour les hommes descendants de Neandertal – lesquels transmettent en moyenne un chromosome X à la moitié de leur descendance.” Les mâles transmettent en effet à leur progéniture soit un chromosome sexuel X, soit un chromosome sexuel Y, tandis que les femelles transmettent seulement un chromosome X. “Au fil du temps, il y a eu de moins en moins d’ADN néandertalien dans les chromosomes X des humains modernes”, explique le journal américain.
New Scientist rappelle quant à lui que la préférence d’accouplement entre mâles d’ascendance principalement néandertalienne et femelles d’ascendance principalement humaine moderne peut avoir eu diverses raisons. “Peut-être que les mâles Neandertal aimaient plus les femelles Sapiens que celles de leur propre espèce, ou peut-être que c’étaient les femelles Sapiens qui étaient plus attirées par les Neandertal, ou les deux.”
“Je pense qu’on peut affirmer très peu de choses”, commente Alexander Platt. On ne peut pas dire par exemple si les rapports étaient consentis ou forcés. Le chercheur confie à l’hebdomadaire britannique :
“Ce que l’on sait, en revanche, c’est que [ce phénomène de préférence] s’est produit sur plusieurs générations.”
“Pendant au moins 200 000 ans”, complète Le Devoir.
Que Néanderthal et Sapiens soient deux espèces différentes ou deux sous-espèces, il est certain qu’ils se sont croisés en donnant des enfants viables. D’autre part, il est certain que les êtres humains ont connu des transformations très différentes en formant d’une part Néanderthal et d’autre part Sapiens. Et aussi que leur apparition est un changement brutal et radical. Enfin, il semble bien que le croisement des deux n’ait pas été anecdotique et soit pour quelque chose dans la disparition de Néanderthal. Les enfants de femmes sapiens nés du croisement ont eu une supériorité dans leur immunité que les enfants de femmes Néanderthal. Les hommes néanderthaliens semblent avoir été particulièrement portés sexuellement vers les femmes sapiens, ce qui aurait eu des conséquences déterminantes pour les enfants. En effet, il semble bien que joue un rôle important le fait que le changement d’espèce soit porté plutôt par la femme que par l’homme. Le fait que l’enfant soit porté dans le ventre de la femme entraine qu’elle a une bien plus grande influence que l’homme en termes d’épigénétique. Cette dernière est la contradiction interne de l’héritage des parents chez les enfants. En ce qui concerne les mitochondries, l’influence féminine est de 100% et 0% pour l’homme. Cela signifie que la présence des mitochondries au sein de la cellule vivante est déjà une contradiction interne. Or les mitochondries peuvent évoluer rapidement et notamment subir l’influence d’un changement brutal et radical en termes de météorologie ou d’environnement des autres éléments du vivant.
Tout d’abord, il convient de rappeler une question philosophique concernant l’évolution des espèces. « Normalement », une espèce (conçue de manière non contradictoire) ne devrait pas évoluer. En effet, deux parents de la même espèce ne devraient pas pouvoir donner des enfants d’une autre espèce. Deuxièmement, deux parents de deux espèces différentes ne devraient pas pouvoir avoir d’enfants viables capables eux-mêmes d’enfanter. La génétique de deux espèces différentes ne devrait pas pouvoir se croiser. A moins que les changements soient infinitésimaux et sans grand effet. Donc le changement radical et brutal serait exclu. Il n’y aurait que des tout petits changements neutres et qui ne donneraient une évolution que très lentement et par la sélection darwinienne sur de très longues périodes.
Un petit problème pour cette thèse non dialectique en ce qui concerne par exemple l’évolution des humains. Il semble bien qu’elle se soit faite par des étapes brutales de changement radical, directement d’une espèce à une autre sans passer par toutes les étapes intermédiaires.
En fait, l’évolution n’est possible que si on comprend que le système appelé à évoluer contient en lui-même des capacités de changement brutal que l’on peut appeler des contradictions internes.
Pourquoi parler d’une dialectique à propos de l’évo-dévo ? Parce que cette dynamique oppose sans cesse la conservation et la transformation, ne cesse de construire et de détruire des formes nouvelles, refuse le changement et l’organise sans cesse, crée et supprime la diversité en permanence…
C’est à la fois la dialectique de l’individu et de l’espèce, la dialectique du rapide et du lent, la dialectique des sauts dans les échelles de la matière, dialectique de l’émergence, dialectique de la forme et du contenu, dialectique des patterns (canevas) et process (mécanismes), dialectique du continu et du discontinu, du réductionnisme et du holisme, dialectique de l’anagenèse et de la cladogenèse, dialectique du micromonde et du marcomonde, dialectique du saltationnisme et du gradualisme, etc.
Evolution et développement sont deux modes de transformation des êtres vivants. Le premier agit sur les espèces et le second sur les individus. Mais ils agissent nécessairement en même temps et de manière interactive. Il est impossible d’étudier l’un sans l’autre, de les considérer séparément ou indépendamment.
Par exemple, si on s’en tient à la génétique de l’ADN des cellules vivantes, on ne peut pas avoir de changement radical et brutal parce que les enfants ont simplement la moitié des gènes du père et la moitié des gènes de la mère à condition que les deux parents soient de la même espèce et les enfants sont donc aussi de la même espèce.
C’est seulement si on examine au-delà du contenu biochimique des gènes les modes de régulation de leur activation, ce qu’on appelle l’« épigénétique », que l’on a cette contradiction dialectique qui permet l’évolution. Que l’épigénétique soit indispensable pour piloter la génétique ouvre la possibilité d’influencer l’évolution génétique de l’extérieur et de permettre des changements radicaux et brutaux.
L’apport de l’homme (du père) et de la femme (de la mère) est de même type en termes de génétique de l’enfant, mais il est plus important du côté de la femme en termes d’épigénétique.
Prenons l’exemple des mitochondries. Les premiers êtres vivants, qui regroupent les bactéries et les algues cyanophycées, sont structuralement plus simples, et n’ont pas d’organites dans leur cellule – ni noyau, ni mitochondries.
On considère que l’accroissement de complexité représenté par le passage des procaryotes aux eucaryotes est fondamental, en partie parce que l’on estime que l’organisation eucaryote est le facteur crucial qui a conditionné l’apparition évolutive ultérieure des organismes multicellulaires.
Pour ne citer qu’un seul argument classique : l’évolution darwinienne productrice de complexité a besoin d’abondantes variations dans les caractéristiques des organismes, ceci afin de fournir le matériau nécessaire à la sélection naturelle ; la plupart de ces variations se forment grâce à la reproduction sexuelle, car celle-ci assure le mélange de deux systèmes génétiques différents chez chaque rejeton ; la reproduction sexuelle nécessite un mécanisme pour réaliser de façon exacte la division du matériel génétique, de telle sorte que chaque parent fournissant 50%, les 100% sont reconstitués chez le rejeton ; la méiose, avec sa division réductionnelle des paires de chromosomes, est l’invention biologique qui a permis la division du patrimoine génétique de chaque parent en deux moitiés égales ; les procaryotes, dépourvus de paires de chromosomes et d’autres organites, ne peuvent réaliser une division génétique exacte.
Nous comprenons bien que les organismes multicellulaires avaient besoin de l’apparition évolutive des organites, mais les unicellulaires eucaryotes sont apparus au moins 800 millions d’années avant les animaux multicellulaires - de sorte que le progrès dans la complexification représentée par la vie multicellulaire ne peut avoir été la source de l’apparition des organites.
Il existe une théorie en vogue pour expliquer l’apparition évolutive de certains organites (les mitochondries et les chloroplastes), mais, hélas, pas le noyau - Il n’y a, actuellement, pas de théorie satisfaisante pour celui-ci -. Elle fait appel à un processus de symbiose.
Les mitochondries et les chloroplastes ressemblent de manière étrange à des organismes procaryotes complets (ils possèdent leur propre ADN et ont les mêmes dimensions que les bactéries).
Il est presque certain qu’ils ont dû commencer par être des symbiontes au sein des cellules d’autres espèces bactériennes, et se sont intégrés plus tard à celles-ci de façon plus étroite, ce qui a donné la cellule eucaryote (de telle sorte qu’actuellement chaque cellule de notre corps a le statut évolutif de ces anciennes colonies).
Or, on peut soutenir que les ancêtres des mitochondries ont entamé une vie en symbiose parce qu’ils y ont été poussés par le processus local.
Ces bactéries ont ainsi obtenu une protection ou quelque autre avantage, et n’ont donc pas pénétré dans les cellules eucaryotes primitives afin de permettre à la vie multicellulaire complexe d’apparaître par évolution un milliard d’années plus tard.
La symbiose a été réalisée pour des raisons darwiniennes immédiates ; puis la roue a tourné et le caoutchouc de la symbiose a permis de faire les premiers pas en direction de la vie multicellulaire complexe. »
A l’origine de l’ « épigénétique », il y a la découverte du fait que l’hérédité n’est pas entièrement contenue dans les molécules d’ADN, d’ARN et de protéines. En effet, les gènes situés dans l’ADN peuvent être inactivés ou activés à des moments différents pour des raisons qui ne sont pas inhérentes au contenu moléculaire de l’ADN ou d’autres molécules cités précédemment. Un exemple : le mode d’enroulement de l’ADN autour des histones, qui sont des protéines, peut modifier les gènes de l’ADN qui sont activés et ceux qui sont inactivés. Tant que les histones ne se détachent pas de l’ADN, les gènes sont inactivés et leur activation dépend donc du type de liens entre histones et ADN, types qui sont héréditaires. Deuxième exemple d’hérédité épigénétique : la méthylisation de l’ADN au niveau des cytosines. Troisième exemple : des petits ARN dits non codants qui interviennent dans l’état d’activation des gènes. Quatrième exemple de l’importance de l’épigénétique dans le mécanisme cellulaire : toutes les cellules d’un même individu contiennent le même ADN et pourtant elles sont spécialisées, les unes étant neuronales, les autres musculaires ou sanguines. Ce qui les différencie n’est pas le contenu génétique mais le fonctionnement épigénétique du mode d’expression de tels ou tels gènes et pas tels autres au sein de la bibliothèque des gènes que représente l’ADN. Aucun gène qui n’y figure pas ne peut s’exprimer. Par contre, la plupart des gènes est naturellement inactivé s’il n’est pas activé par les protéines et encore faut-il que celles-ci puissent y accéder en fonction de la disposition de l’ADN dans l’espace et de son enveloppement par les molécules de protection spécialisées. Il y a des marqueurs épigénétiques (des enzymes) qui indiquent que tel ou tel gène est activé et tel ou tel autre inactivé. Et, lors de la division cellulaire, ces propriétés sont transmises également : l’épigénétique fait donc partie de l’hérédité.
Les mécanismes de régulation des gènes homéotiques interviennent dans les trois dimensions de l’espace. Expliquons l’importance de la forme des protéines, également en trois dimensions. En effet, les molécules auxquelles elles peuvent se lier pour jouer le rôle d’enzyme des réactions sont celles qui ont une forme volumique où la protéine s’emboîte exactement. Or, on constate que les protéines ont une surface fractale, propriété démontrée par Michelle Lewis et exposée dans un numéro du magazine américain « Science » datant de 1985. Ce phénomène est épigénétique c’est-à-dire en surface du génétique. Cela signifie que ce qui compte n’est pas seulement le contenu chimique des gènes mais la forme des macromolécules. On se trouve en présence d’une cascade d’interactions entre différenciation et forme : une différenciation entraîne une modification de la forme qui produit une nouvelle différenciation, etc... C’est un contrôle épigénétique du développement. Cette interaction avec influence de la forme est une régulation topo-biologique, comme le dit Edelman. On est très loin de l’idée de programmation du type ordinateur qui avait été utilisée pour représenter l’ADN. Un programme informatique est quelque chose de figé et qui n’évolue pas. Le processus est programmé parce qu’il agit sous la dépendance de gènes. Pourtant il est fondé sur un processus aléatoire à un niveau différent, celui des interactions cellulaires et moléculaires. Avec la diversification, le même ADN, le même programme génétique peut produire des cellules diverses suivant les messages reçus des autres cellules. Donc l’histoire suivie par les cellules n’est pas strictement déterminée par les gènes.
Le rôle de l’ADN, en tant que programme, se trouve très relativisé au profit de l’épigénétique, impliquant des interactions moléculaires et tissulaires. Cela change l’histoire des tissus, entraîne l’apparition d’une forme, d’une morphogenèse en trois dimensions conçue comme brisure spontanée de symétrie. On appelle brisure de symétrie l’apparition d’une nouvelle dimension dans un phénomène. C’est par exemple le cas dans la segmentation du corps embryonnaire. C’est encore le cas lors de l’apparition des bras puis des doigts qui sont des brisures de symétrie. C’est ce qui explique comment dans la multiplication cellulaire apparemment identique dans toutes les directions, une orientation particulière est donnée à la forme.
L’épigénétique rajoute aux habituelles molécules génétiques (ADN, ARN et protéines) d’autres molécules influentes elles aussi dans les procédures héréditaires : chromatine, cytosine, histones, etc, qui ne contiennent aucun élément génétique et qui sont déterminants pour savoir si un gène peut ou ne peut pas être accessible à des enzymes appelés « facteurs de transcription » et sans lesquels les gènes ne s’expriment pas même s’ils sont en bon état et présents au bon endroit dans l’ADN.
Le génome mitochondrial humain
https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nome_mitochondrial_humain
L’ADN mitochondrial
https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/genetique-adn-mitochondrial-4449/
L’apport des hommes et des femmes dans l’héritage biologique des enfants est il identique ?
https://www.wishforababy.be/actus/epigenetique/
Les mitochondries se transmettent par les femmes…
Au cours de l’évolution, les mitochondries ont conservé leur propre génome, qui, bien que très réduit par rapport à celui d’une bactérie, est essentiel au bon fonctionnement de ces organites. Confiné à l’intérieur des mitochondries, organites qui produisent l’énergie cellulaire, le génome mitochondrial (ADNmt) est distinct de l’ADN contenu dans le noyau. La transmission de cet ADN est non mendélienne car il est uniquement transmis par la mère. Mais il existe de nombreuses exceptions chez les plantes, les champignons et même chez les animaux.
Le génome mitochondrial est particulièrement utilisé en génétique des populations humaines, ou en agronomie, comme marqueur génétique pour la biologie évolutive (« marqueur direct et non ambigu de la généalogie maternelle et de la structuration géographique au sein d’une espèce, ainsi que des échanges génétiques entre populations, entre sous-espèces »[1]). Il se distingue du reste du génome des cellules eucaryotes par son asexualité, qui est à l’origine du phénomène de « stérilité mâle cytoplasmique ».
https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nome_mitochondrial
Quel croisement Néanderthal/Sapiens ?
Les mitochondries ne se transmettant que par les mères, ces études sur l’ADN mitochondrial suggèrent qu’il n’y aurait pas de femmes de Néandertal parmi nos ancêtres. Mais il pourrait y avoir eu croisement entre des hommes de Néanderthal et des femmes Sapiens !
« Néandertal et Sapiens ont eu des relations sexuelles, et des enfants, il y a 80 000 ans, au Proche-Orient. C’est ce que suggère l’analyse de l’ADN néandertalien publiée aujourd’hui dans la revue « Science ». »
« Ce serait donc lors de sa sortie d’Afrique, qu’Homo sapiens aurait rencontré sur sa route des populations néandertaliennes, avant de se répandre dans tout l’ancien monde. « C’est finalement la région où les traces de cohabitation sont les plus claires », estime Pascal Depaepe, archéologue spécialiste de Néandertal, directeur scientifique de l’Institut national de recherches archéologiques préventive. Les sites archéologiques du Proche-Orient montrent que les deux espèces ont partagé cet espace durant plus de 30 000 ans. A l’époque, d’ailleurs, « ils avaient la même technologie lithique [de la pierre, ndlr], le moustérien, et rien ne permettait de le distinguer d’un point de vue culturel alors que leurs différences anatomiques sont évidentes », souligne Depaepe. »
Publiant leurs travaux dans PLoS Genetics, des chercheurs allemands et américains ont pu dater (approximativement) le dernier passage de gènes entre Néandertal et l’Homme anatomiquement moderne. Ils confirment que ces croisements ont eu lieu lorsque le second est sorti d’Afrique pour coloniser l’Eurasie, où il a rencontré le premier. Des recherches antérieures ont mis en évidence, chez les Eurasiens actuels, des traces génétiques issues de l’Homme de Néandertal, attestant d’accouplements anciens entre les deux espèces. La rareté de ces gènes néandertaliens chez les Africains actuels laissait supposer que ce phénomène s’était produit au moment ou Homo sapiens, sortant d’Afrique vers -70 000 à -50 000 ans, avait rencontré au Moyen-Orient son cousin Néandertal. Cependant, il existait aussi une deuxième possibilité. Cet épisode pouvait également avoir eu lieu bien plus tôt, il y a plusieurs centaines de milliers d’années, alors que les ancêtres de chacune des deux espèces cohabitaient encore en Afrique. Lles croisements n’auraient alors concerné qu’une partie de la population sapiens, celle ayant par la suite quitté le continent noir. Pour en avoir le cœur net, des chercheurs de l’Université de Harvard (Massachussetts) et de l’Institut Max Planck (Allemagne) ont estimé à quand remontait le dernier ancêtre commun aux Néandertaliens et aux Européens modernes. Pour ce faire, le Dr Sriram Sankararaman et ses collègues ont mesuré la longueur des fragments d’ADN communs aux deux génomes, et tenu compte de la réduction de taille des gènes qui, à chaque génération, survient lors de la recombinaison chromosomique. En effet, plus les gènes sont anciens, plus ils ont eu le temps de ‘raccourcir’. Résultats : Néandertaliens et Hommes modernes auraient eu leur dernier échange génétique il y a entre 37.000 et 86.000 ans, une fourchette de dates qui corrobore la première des 2 hypothèses, celle du métissage hors d’Afrique il y a quelques dizaines de milliers d’années ‘seulement’.
Alors que de plus en plus de preuves génétiques du croisement entre les homo-sapiens et les néandertaliens sont découvertes, leurs ossements restent désespérément muets. Une étude sur deux espèces de singes d’Amérique Centrale montre que l’hybridation entre primates donne ici des individus qu’il n’est pas possible de distinguer à l’œil nu. Seul leur ADN permet de révéler leurs origines. Pourquoi ne trouve-t-on pas de traces physiques de l’hybridation entre les homo-sapiens et les hommes et femmes de Neandertal ? Cette question reste la plus vive au sujet de la dernière époque où plusieurs espèces du genre homo ont coexisté. Si la génétique a montré de bonnes preuves, l’étude des ossements n’a pour l’instant rien donné. Pour cause une étude, publiée le 7 décembre dans American Journal of Physical Anthropology, indique grâce à deux espèces de singes hurleurs qu’il risque d’être compliqué de découvrir et d’identifier un individu hybride autrement que par son ADN.Entre 1998 et 2008, des populations mexicaines et guatémaltèques de singes hurleurs à manteau, alouatta palliata, et de singes hurleurs du Guatemala, alouatta pigra, ont été soigneusement étudiées par une équipe de l’université du Michigan. Ces deux espèces se sont différenciées il y a trois millions et ne se retrouvent en contact que dans une petite zone partagée dans l’État de Tabasco où des mélanges de population ont lieu. Des hybrides que l’on ne distingue pas à l’œil nuPar analyse génétique, 128 individus hybrides ont pu être identifiés grâce à leur ADN mitochondrial ou nucléaire. Ces singes ont un ADN qui reste pourtant loin d’être réparti équitablement, il est toujours extrêmement proche d’une seule des deux espèces. Visuellement, il est impossible aux chercheurs de distinguer ces hybrides des autres."Ces résultats impliquent que les caractéristiques physiques ne sont pas toujours fiables pour identifier les individus dont les ancêtres étaient des hybrides, conclu Liliana Cortés-Ortiz de l’université du Michigan. Du coup, il est possible que l’hybridation ait été sous-estimée lors de l’étude de fossiles humains."Le génome de l’homme de Neandertal a enfin été séquencé en 2010, ce qui avait permis aux chercheurs de constater qu’1 à 4 % de l’ADN des hommes modernes provenait bien de ce lointain cousin, disparus il y a 30 000 ans. Reste à savoir si cela est bien dû à des croisements car, comme l’affirment certains chercheurs, une telle reproduction n’aurait eu qu’un succès statistiquement très faible.
Les généticiens ont étudié l’ADN d’une néandertalienne retrouvée dans la grotte de l’Altaï, où ont déjà été trouvés des restes d’une autres espèce (appelée pour l’instant l’Homme de Denisova).
L’équipe a isolé le chromosome 21 issu de l’ADN de cette néandertalienne de Sibérie et l’a comparé avec le chromosome 21 de l’ADN de l’homme moderne et celui de deux autres Néandertaliens (grotte El Sidrón, en Espagne, et grotte Vindija, en Croatie). Le résultat est inattendu puisque le Néandertalien de l’Altaï partage plus d’ADN avec les hommes modernes qu’avec les deux autres Néandertaliens européens ! Au global, les chercheurs ont trouvé qu’environ 1 % à 7,1 % de l’ADN de cette néandertalienne sibérienne de 50 000 ans avait des traces d’ADN d’Homo sapiens.
Les précédentes études génétiques montraient que les premiers hommes modernes et les Néandertaliens s’étaient mélangés il y a environ 47 000 à 65 000 ans. La preuve de métissage paléolithique a été découverte lorsque les chercheurs ont trouvé des traces de l’ADN néandertalien dans celui de l’homme moderne. Aujourd’hui, on estime qu’environ 1,5 % à 4% du génome des non-Africains est composé ADN de Néandertal.
Avec cette nouvelle étude, il apparaît que les premiers métissages ont eu lieu il y a bien plus longtemps. Lorsque les premiers groupes d’humains modernes se sont déplacés hors de l’Afrique, ils ont pu rencontrer et s’accoupler avec des Néandertaliens il y a un peu plus de 100 000 ans. Cette rencontre a pu se faire dans la riche vallée du Nil, le long des collines côtières du Moyen-Orient, ou dans la péninsule arabique. Lorsque Homo sapiens s’est répandu ensuite en Eurasie, il portait déjà en lui de l’ADN de Néandertal dans ses cellules.
Ce premier groupe d’hommes modernes s’est ensuite éteint, mais son ADN a persisté dans la Néandertaliens qui ont migré en Sibérie. Il y a 50 000 ans, un autre groupe d’hommes modernes a quitté l’Afrique et a croisé à nouveau les Néandertaliens d’Eurasie. A nouveau les deux espèces ont eu des rapports sexuels féconds.
En résumé, Homo sapiens s’est métissé au moins à deux reprises avec les Néandertaliens puis, ensuite, avec l’Homme de Denisova. Ce dernier, par ailleurs, porte également en lui de l’ADN archaïque d’un hominidé que certains chercheurs identifient comme Homo erectus.
On savait l’histoire de l’humanité buissonnante, avec des rameaux qui naissent et d’autres qui disparaissent. On découvre maintenant avec la génétique que plusieurs espèces ont été suffisamment proches pour se métisser et disséminer quelques morceaux d’ADN...
Pour que l’évolution ait lieu, il faut un choc appelé « stress » qui suspend les mécanismes de conservation internes comme les hsp ou les mécanismes immunologiques qui sélectionnent le soi et éliminent le non-soi. Les chocs climatiques, environnementaux (comme l’apparition d’une atmosphère d’oxygène, les changements des pôles ou celle des plantes ou encore un volcanisme intense) sont la cause de ces agressions qui mobilisent les mécanismes de conservation et libèrent les tendances spontanées du matériel génétique à produire de la diversité. Une espèce ou une série d’espèces se voient ainsi capables de produire, brutalement donc sans grand changement du matériel génétique de base, des espèces nouvelles. Ce n’est nullement un changement lent et continu mais une spéciation brutale d’une ou plusieurs espèces et chaque espèce pouvant ouvrir une ou plusieurs voies nouvelles. Dans le cas de l’homme, il semble bien qu’il se soit agi d’une évolution en buisson avec plusieurs voies différentes ouvertes en même temps. Donc il n’y a pas eu évolution des pré-singes vers les pré-hommes mais multiplication des évolutions des pré-singes vers toutes sortes de singes nouveaux dont les humanoïdes. Ces nouvelles espèces semblent bel et bien s’être croisées et notamment on remarque que les lignées humaines ont des points communs avec les lignées orang-outan, les lignées chimpanzés et les lignées gorilles. Aucune de ces quatre lignées, homme compris, n’est directement issue d’un arbre précédent. Il y a eu recroisement entre les pré-espèces. C’est ce type de phénomène que l’on peut à bon droit appeler développement inégal et combiné. Les transformations sont inégales et se recombinent ensuite.
Les néandertaliens ont mené une existence nomade en Europe et en Asie occidentale pendant 200.000 ans avant de disparaître de façon assez brutale et jusqu’ici inexpliquée malgré des tentatives d’hypothèses invérifiées. On est sûr d’une seule chose : ils ont coexisté avec les Cro-Magnon, dans certaines régions, sur certains sites, aux mêmes époques. On a pu récupérer des ossements néandertaliens vieux par exemple de 30.000 ans et y récupérer l’ADN. Cela a été fait pour la première fois en 1997. Grâce à la technique de réaction de polymérisation en chaîne, les chercheurs ont pu amplifier un million de fois une séquence de 378 nucléotides d’ADN mitochondrial néandertalien. La réponse de cette étude a été : pas de séquence commune dans l’ADN et donc pas de croisement. Cependant on a depuis réussi à trouver une séquence du génome néandertalien réalisée par Svante Pääbo (2010. Science. 328 :710-721), qui suggère plutôt 2% de croisements. C’est très faible mais pas nul. Comment sait-on que ce n’est pas des gènes communs dus à l’ancêtre commun ? Simplement par le fait que la plupart des humains n’ont pas ces gènes communs. Ils ne proviennent donc pas des ancêtres communs au Cro-Magnon et au Néandertalien. Ils ne peuvent provenir que de croisements. La proximité géographique, historique et morphologique permet de ne pas s’étonner de la possibilité de tels croisements, surtout en nombre faible. La seule chose qui reste inconnu, c’est si ces croisements sont à la racine de la disparition des Néandertaliens, par exemple du fait que les hommes néandertaliens auraient pu préférer enlever des femmes Cro-Magnon, plus fines. Dans ce cas, les femmes néandertaliennes n’auraient plus eu de descendance et les quelques gènes communs seraient le seul reste actuel de l’existence des Néandertaliens. D’après les études du génome, les principaux caractères néandertaliens apparaissent dès 350.000 ans mais l’ensemble des caractères ne sont acquis que vers 130.000 ans. Les plus anciens pré-néandertaliens ont entre 500.000 et 350.000 ans. Lorsque des évolutions génétiques se retrouvent chez les néandertaliens et pas les prénéandertaliens, et qu’on les retrouve chez CroMagnon, on peut être sûr qu’il y a eu croisement. On pourrait aussi penser que Néandertal est tout simplement notre ancêtre mais on a dû renoncer à cette idée du fait de la découverte dans l’ADN mitochondrial de paires de base qui diffèrent des nôtres (sapiens sapiens). Actuellement, une majorité de chercheurs estiment au vu des résultats des analyses génétiques que le matériel commun (et non commun aux pré-néandertaliens et pré-sapiens) serait entre 12% et 25%. La plupart des chercheurs penchent plutôt pour 12%.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2981
Les liens entre Néanderthal et Sapiens
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6600
Différentes espèces humaines se sont bel et bien croisées…
Pourquoi Néanderthal a disparu ? On a remarqué notamment la plus grande attractivité physique des femmes sapiens sapiens pour les hommes néandertaliens, celles-ci étant plus fines et élégantes.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5470
L’enfant de Lapedo, le squelette qui renforce la théorie du croisement entre Néandertaliens et humains
Âgé d’environ 4 ans, ce squelette a été enterré sur ce site du Portugal il y a environ vingt-neuf mille ans.
La particularité de son corps a attiré l’attention des archéologues qui ont commencé à fouiller le site.
"L’anatomie de l’enfant avait quelque chose d’étrange. Lorsque nous avons trouvé la mâchoire, nous savions qu’il s’agissait d’un humain moderne, mais lorsque nous avons exposé le squelette complet (...) nous avons vu qu’il avait les proportions corporelles d’un Néandertalien", a expliqué à la BBC João Zilhão, archéologue et chef de l’équipe qui a travaillé sur la découverte.
https://www.bbc.com/afrique/monde-67532838
On a cessé de renier nos ancêtres néandertaliens !
https://www.matierevolution.org/spip.php?article1940
On sait aujourd’hui que les humains et les Néandertaliens se sont croisés pendant plusieurs milliers d’années.
Il y a 150 000 à 300 000 ans, des unions entre des hommes modernes et des femmes néandertaliennes auraient conduit au remplacement du chromosome sexuel mâle néandertalien par celui de « sapiens », montre une étude dans « Science ».
"Certains gènes de notre génome, notamment des gènes impliqués dans l’immunité et plus précisément des gènes impliqués dans l’immunité innée, c’est-à-dire notre première ligne de défense contre les pathogènes, seraient hautement enrichis en Néandertal. Et chez les Européens, certains gènes auraient jusqu’à 60% d’héritage de Néandertal, notamment des gènes impliqués dans la réponse aux infections virales", explique Lluis Quintana-Murci, directeur de recherche à l’Institut Pasteur-CNRS. C’est en partie grâce à ce métissage qu’Homo sapiens a pu poursuivre sa colonisation de l’Europe et de l’Asie.
En 2010, des scientifiques ont décrypté le génome de l’homme de Néandertal à partir d’ADN, une étude majeure qui a confirmé que les Homo Sapiens et les Néandertaliens s’étaient effectivement croisés.
La plupart des gens vivant aujourd’hui possèdent quelques fragments résiduels d’ADN de cette espèce disparue, hérités d’un métissage qui a eu lieu entre les deux espèces.
Les recherches indiquent que les deux groupes descendent d’une population installée en Afrique il y a quelques millions d’années. Au fil de centaines de millénaires, les migrations humaines ont entraîné des métissages entre les deux groupes.
Pourtant, les humains modernes présentent peu ou pas d’ADN néandertalien sur le chromosome X, l’un des deux chromosomes humains qui déterminent le sexe du fœtus.
On supposait que cela résultait de la sélection naturelle. Mais une nouvelle étude menée par l’université de Pennsylvanie suggère que ce phénomène résulterait en fait de « préférences de reproduction ».
L’équipe a analysé de l’ADN humain moderne préservé chez un homme de Néandertal et a constaté qu’il était particulièrement abondant sur le chromosome X, exactement l’inverse de ce que l’on observe chez l’humain.
Ce résultat leur a permis d’écarter l’idée d’une incompatibilité reproductive entre les espèces.
Au contraire, le flux génétique « s’est produit principalement entre des mâles néandertaliens et des femelles humaines anatomiquement modernes », explique Alexander Platt, chercheur principal de l’étude.
Étant donné que les femmes possèdent deux chromosomes X et les hommes un seul, alors si les mâles néandertaliens et les femelles humaines modernes s’accouplaient plus fréquemment, davantage de chromosomes X humains pénétraient le pool génétique néandertalien et moins de chromosomes X néandertaliens se retrouvaient dans les populations humaines.
D’autres raisons pouvaient être avancées, mais ces pratiques d’accouplement anciennes « fournissent l’explication la plus simple », affirme Alexander Platt.
Une autre question subsiste : pourquoi ? Les hommes de Néandertal et les femmes humaines auraient pu avoir des relations par choix, violence ou contrainte.
Les chercheurs espèrent désormais analyser les raisons qui pourraient nous aider à mieux comprendre comment ce modèle d’accouplement s’est développé.
Parmi les possibilités, les dynamiques entre les hommes et les femmes dans la société néandertalienne ou les habitudes migratoires. Il est possible, par exemple, que les hommes aient été plus enclins à quitter leur communauté tandis que les femmes restaient avec leurs familles.
L’étude de l’évolution de l’ADN mitochondrial a permis de dater avec plus de précision les échanges entre Néanderthal et Sapiens…
Il y a 150 000 à 300 000 ans, des unions entre des hommes modernes et des femmes néandertaliennes auraient conduit au remplacement du chromosome sexuel mâle néandertalien par celui de sapiens. On savait déjà, en 2010, qu’il y avait rencontre entre 40 000 et 60 000, car des traces de 1% à 4% de notre ADN sont héritées de Néandertal, qui lui a disparu il y a 30 000 ans.
L’histoire génétique des Européens est en partie dévoilée grâce à une étude génétique de grande ampleur sur l’ADN européen ancien. Les scientifiques ont séquencé le génome complet de 51 humains ayant vécu entre - 45 000 et - 7000 et ils ont démontré que jusque vers -14 000, tous les européens étaient issus de la même population fondatrice elle même divisée en deux branches distinctes. Cette étude montre aussi que différentes branches de cette population fondatrice ont contribué à l’ADN des européens actuels. Elle montre également une diminution de 6 à 2% de la composante néandertalienne dans le génome des premiers européens et cette diminution résulterait d’un processus de sélection négative vis a vis de cet ADN.
Une nouvelle étude d’ADN montre que les femmes humaines avaient un faible pour les hommes de Neandertal
L’Homme de Néandertal était-il le Roméo de la préhistoire ?
Unions préhistoriques : les hommes néandertaliens se tournaient davantage vers les femmes Homo sapiens
Loin d’être anecdotiques, les unions entre Néandertaliens et humains modernes ont marqué durablement notre évolution. Une nouvelle étude vient aujourd’hui démontrer que ces relations obéissaient à un schéma précis, où le sexe des partenaires jouait un rôle clé. Ce qui expliquerait une absence intrigante dans notre patrimoine génétique.
De nouvelles analyses génétiques, dont les résultats ont été publiés jeudi 26 février dans la revue Science, viennent de révéler un déséquilibre frappant dans ces unions préhistoriques. "Nous avons observé un schéma indiquant une prédominance des croisements entre les sexes", expose le Dr Alexander Platt, auteur principal et chercheur à l’Université de Pennsylvanie.
Ces "croisements" se faisaient principalement entre des hommes de Néandertal et des femmes Homo sapiens. Beaucoup plus rarement entre des Néandertaliennes et des hommes de Cro-Magnon. Un modèle de reproduction ancestral qui a laissé une trace jusque dans notre ADN, car très peu de séquences néandertaliennes se retrouvent dans le chromosome X humain.
Les Néandertaliens mâles se seraient davantage accouplés avec des femmes sapiens !
L’histoire du métissage entre les "homo sapiens" et les hommes de Néandertal éclairée par deux études
Croisement de néanderthal et sapiens : c’est la femme sapiens qui aurait gagné la partie en se croisant avec les hommes néanderthaliens, et en permettant ainsi à l’immunité des sapiens de s’enrichir.