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Comment les socialistes israéliens ont cautionné le fascisme en Israël ?

samedi 14 février 2026, par Robert Paris

Comment les socialistes israéliens ont cautionné le fascisme en Israël ?

Aujourd’hui, l’extrême droite est incontestée sur le plan électoral même si elle l’est dans la rue. C’est le fasciste Nétanyahou qui dirige tout !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8190

Cette extrême droite nazie vient du… terrorisme…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3559

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4381

Il faut dire qu’à plusieurs reprises, la gauche a pactisé avec l’extrême droite au pouvoir, la rendant encore plus crédible…

Il faut d’abord remarquer que la gauche israélienne s’est tellement sabordé qu’elle n’existe quasiment plus alors qu’à l’origine et pour de longues années elle a été hégémonique !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_partis_politiques_en_Isra%C3%ABl

Jusqu’en 1977, tous les premiers ministres étaient « travaillistes ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_travailliste_isra%C3%A9lien

Voici comment le parti travailliste a participé à la montée de l’extrême droite qui a conduit au fasciste Nétanyahou…

Lors des élections législatives de 1977, le Parti travailliste passa pour la première fois dans l’opposition. Il échoua à reprendre le pouvoir quatre ans plus tard, mais après les élections de 1984, il fut capable de rejoindre le gouvernement d’union nationale avec le Likoud, le poste de Premier ministre tournant entre les deux partis.

Le rôle du Parti travailliste devint pour une grande part lié au controversé processus d’Oslo, basé sur le principe de la « terre pour la paix ». Les accords d’Oslo conduisirent à un vote de confiance devant la Knesset, que le gouvernement remporta avec 61 votes contre 50 (8 abstentions). De nombreux représentants à la Knesset issus des partis du gouvernement refusèrent de le soutenir, mais d’un autre côté, les partis arabes vinrent le soutenir. En raison de l’absence de constitution en Israël, le gouvernement put mettre en œuvre les accords avec une marge étroite.

La décision d’Yitzhak Rabin d’avancer les pourparlers de paix avec les Palestiniens jusqu’à signer les accords d’Oslo conduisit à son assassinat par Yigal Amir en 1995. Shimon Peres décida la tenue d’élections anticipées en 1996 pour obtenir un mandat lui permettant de faire avancer le processus de paix. Cependant, son projet échoua : bien que le Parti travailliste remportât une majorité de sièges lors de l’élection pour la Knesset, il perdit les élections pour le poste de Premier ministre face à Benyamin Netanyahou après une vague d’attentats-suicides par le Hamas. Benyamin Netanyahou et le Likoud purent ainsi former un gouvernement.

2001-2004 : la gauche perd les élections et cautionne l’extrême droite au pouvoir en y participant…

À la suite des émeutes d’octobre 2000 et de la seconde intifada, Ehud Barak démissionne de son mandat. Il perd ensuite l’élection extraordinaire du Premier ministre en 2001 face à Ariel Sharon du Likoud. Cependant, le Parti travailliste reste au sein de la coalition d’Ariel Sharon, ce dernier ayant formé un gouvernement d’unité nationale avec le Likoud, le Parti travailliste, le Shass, l’Yisrael Ba’aliyah et le Yahadut Hatorah, et obtient deux portefeuilles ministériels majeurs : Shimon Peres est nommé ministre des Affaires étrangères, et Binyamin Ben-Eliezer, ministre de la Défense. Le Parti travailliste soutient l’opération Rempart, menée en avril 2002 contre les Palestiniens en Cisjordanie. Après les critiques dures émises à l’encontre de Shimon Peres et Binyamin Ben-Eliezer, qualifiés de « marionnettes » d’Ariel Sharon et soupçonnés de ne pas soutenir le processus de paix, le Parti travailliste quitte le gouvernement en 2003.

Avant les élections législatives de 2003, Amram Mitzna remporte les primaires du parti, et conduit la liste lors de ce scrutin, avec une plate-forme électorale comprenant le retrait unilatéral de la bande de Gaza. Le parti subit une défaite, ne remportant que 19 sièges (son plus bas historique), tandis que le Likoud mené par Ariel Sharon en remporte 38 (puis passe à 40 après que l’Yisrael Ba’aliyah a fusionné au sein de son parti). En conséquence, en raison de l’opposition interne, Amram Mitzna démissionne de la présidence du parti et est remplacé peu après par Shimon Peres. Bien qu’il ne fait pas partie de la coalition de droite originelle, Ariel Sharon invite le Parti travailliste à rejoindre le gouvernement afin d’étayer le plan de désengagement (politique prônée par Amram Mitzna qu’il avait vilipendée auparavant) après que l’Union nationale et le Parti national religieux ont quitté le gouvernement.

Le 8 novembre 2005, Shimon Peres est remplacé à la tête du parti par le chef du syndicat de gauche Histadrout Amir Peretz lors d’un scrutin interne. Le Parti travailliste avait délaissé son héritage socialiste au fil des ans en faveur des élites économiques et financières. Cet héritage faisait alors partie de son passé, et le parti avait abandonné son rôle de défenseur des défavorisés aux partis de droite et religieux. Amir Peretz annonce son intention de recentrer le parti autour de ses valeurs traditionnelles et quitte la coalition gouvernementale, obligeant à Ariel Sharon à démissionner et à convoquer de nouvelles élections qui ont lieu en 2006. Juste avant ces élections, le paysage politique est redessiné : Ariel Sharon et la majorité des représentants à la Knesset du Likoud, avec une partie des représentants du Parti travailliste (y compris Shimon Peres), et d’autres provenant d’autres partis encore, forment un nouveau parti, Kadima. Le parti travailliste rejoint le gouvernement dirigé par Ehud Olmert de Kadima, Amir Peretz ayant le portefeuille de la Défense. La principale demande à la coalition et promesse de campagne du Parti travailliste est l’augmentation du salaire minimum.

Le 28 mai 2007, un scrutin interne pour la direction du parti voit Ehud Barak et Ami Ayalon battre Amir Peretz qui ne prend que la troisième place. Lors du deuxième tour (rendu nécessaire, puisque ni Ehud Barak ni Ami Ayalon n’obtiennent 40 % des suffrages), Ehud Barak est réélu président du parti. Malgré le fait qu’il ait indiqué qu’il retirerait le parti du gouvernement à moins qu’Ehud Olmert démissionne, Ehud Barak reste au gouvernement comme ministre de la Défense.

Avant les élections législatives de 2009, le Parti travailliste et le Meimad mettent un terme à leur alliance, le Meimad concourt finalement sur une liste commune avec le Mouvement vert (qui ne passe pas le seuil électoral). Plusieurs membres du parti le quittent, comme Ami Ayalon et Efraim Sneh (qui fonde Yisrael Hazaka). Le Parti travailliste est alors réduit à 13 sièges, en faisant le 4e parti derrière Kadima, le Likoud et Israel Beytenou.

Analysant la chute de ce qui fut le parti dominant de la politique israélienne, Efraim Inbar du Begin-Sadat Center for Strategic Studies en relève plusieurs facteurs. En délaissant son identification à la fondation et à la construction de l’État d’Israël, symbolisée par un soutien à la conscription et la colonisation de la Terre d’Israël, le Parti travailliste perd la majeure partie de son assise électorale. Abandonner le symbole sioniste que constitue Jérusalem en affichant la volonté d’en céder une partie aux Palestiniens est une erreur désastreuse. Lorsque les valeurs cosmopolites et individualistes font leur chemin au sein du parti, il s’éloigne de l’éthique collectiviste qui fut cruciale et qui reste largement répandue en Israël. Des facteurs démographiques jouent aussi contre le Parti travailliste, comme l’augmentation de la population séfarade, ainsi que l’arrivée des nouveaux immigrants russes juifs qui votent massivement pour d’autres partis. Essayer de capter les électeurs arabes israéliens nuisit à l’image du parti sans apporter de résultat concret.

Le 17 janvier 2011, le chef du parti, Ehud Barak, déçu des résultats de son soutien à la coalition, particulièrement sur le processus de paix, quitta le Parti travailliste avec 4 autres représentants à la Knesset afin de fonder un nouveau parti « centriste, sioniste et démocratique », Indépendance. Ce départ conduisit tous les ministres travaillistes du gouvernement à démissionner. Le 22 septembre, l’ancienne journaliste Shelly Yachimovich, qui fait de la question sociale sa priorité, est élue présidente du parti, avec 54 % des voix contre l’ancien dirigeant et ministre de la Défense, Amir Peretz. Elle est ainsi la première femme, depuis Golda Meir, à prendre la direction de la formation travailliste. Elle est battue en novembre 2013 par Isaac Herzog qui devient le nouveau président du parti.

En vue des élections législatives de 2015, le Parti travailliste s’allie avec Hatnuah et le Mouvement vert pour former une coalition de centre-gauche appelée Union sioniste. La coalition arrive en deuxième position avec 24 sièges.

Avi Gabbay est élu président du parti en 2017. Fin décembre 2018, le premier ministre annonce de la tenue d’élections législatives anticipées pour avril 2019. Quelques jours plus tard, Gabbay annonce la dissolution de l’Union sioniste.

Les élections législatives anticipées d’avril 2019 sont un échec pour le parti qui obtient 4,4 % des voix et 6 députés à la Knesset, le plus mauvais score de son histoire. Gabbay se met en retrait de la politique et ne se représente donc pas à l’élection pour la direction du parti de juillet 2019. Plusieurs personnalités du parti candidatent : Amir Peretz, déjà président du parti entre 2005 et 2007, Stav Shaffir et Itzik Shmuli, deux jeunes personnalités du parti. Peretz est élu avec 47 % des voix devant Shaffir (26,9 %) et Shmuli (26,3 %). Les élections législatives de septembre 2019 et de 2020 sont encore des échecs. Les travaillistes décident alors de participer au gouvernement d’union nationale dirigé par Netanyahou et Benny Gantz.

Les élections législatives de 2022 ne lui donnent que 7 députés.

En décembre 2023, Merav Michaeli annonce qu’elle ne se représente pas à la présidence du Parti travailliste lors de l’élection de 2024 et qu’elle va quitter la vie politique. Yaïr Golan, ancien député du Meretz lui succède le 28 mai 2024. Il s’engage à « unifier tous les partis de gauche en Israël » en un seul bloc.

Effectivement, la fusion de Meretz et de Avoda est annoncée le 30 juin 2024 puis validée le 12 juillet, le nouveau parti s’appelant « Les Démocrates » sous la direction de Yaïr Golan.

La gauche social-démocrate israélienne a disparu, autodissoute, cessant de se considérer même comme « de gauche »…

Le Parti travailliste (ou plutôt son prédécesseur) fut donc plus « faucon » dans les questions de sécurité et de défense qu’aujourd’hui. Durant les années où le mouvement travailliste fut aux affaires, Israël participa à la crise de Suez (ou guerre du Sinaï de 1956 pour les Israéliens), à la guerre des Six Jours et à la guerre du Kippour.

Jusqu’en 2005, le Parti travailliste est un parti centriste. Il n’était plus considéré comme socialiste ou social-démocrate (bien qu’il reste membre de l’Internationale socialiste) mais comme une plate-forme centriste, similaire à la Troisième voie du Parti travailliste britannique sous Tony Blair. La politique économique d’Israël étant âprement débattue même au sein des partis principaux, son application dépend plus des services publics que des idéologies politiques. Néanmoins, la politique économique menée par le Parti travailliste ne différa pas significativement de celle de son rival, le Likoud.

Concernant le conflit israélo-palestinien, le parti travailliste connaît des oppositions internes. Certains (comme Amram Mitzna, Avraham Burg, Yuli Tamir) soutiennent les négociations de paix avec les Palestiniens et prônent le démantèlement des colonies israéliennes dans les territoires occupés. Ils critiquent pour la plupart la tactique militaire actuelle utilisée contre les Palestiniens, principalement les « assassinats ciblés » des chefs terroristes. En 2003, le parti a d’ailleurs connu une scission lorsque ses anciens membres Yossi Beilin et Yael Dayan ont créé un nouveau et éphémère petit parti qui s’est associé par la suite au Meretz. Certains à l’instar de Shimon Peres et Binyamin Ben-Eliezer militent en faveur de négociations avec les Palestiniens à condition de l’arrêt du terrorisme et du remplacement de l’actuel gouvernement palestinien par un gouvernement « non-violent qui serait en faveur de la paix ». Ils soutiennent l’érection de la barrière de séparation israélienne dont l’objectif est d’empêcher les attentats en Israël, ainsi qu’un retrait unilatéral des territoires occupés par Israël. Ils sont néanmoins en faveur d’une « guerre contre le terrorisme », et donc en faveur des « assassinats ciblés ». Ils souhaitent la mise en place d’un gouvernement d’Union nationale avec le Likoud à la condition que le gouvernement promeuve le processus de paix et le retrait des colonies.

En novembre 2005, Amir Peretz, dirigeant de Une Nation qui avait fusionné dans le Parti travailliste, fut élu président du parti en battant Shimon Peres. Sous Amir Peretz, et spécialement lors de la campagne électorale de 2006, le parti prit un tournant idéologique, mettant les questions sociales et économiques en haut de ses préoccupations, et plaidant pour une approche sociale-démocrate modérée (comprenant une hausse du salaire minimum et des prestations sociales), en contraste net avec la politique néolibérale conduite par l’ancien ministre des Finances Benyamin Netanyahou.

En 2006, plusieurs membres du Parti travailliste quittèrent le parti pour rejoindre le groupe centriste Kadima, comme Shimon Peres, Haïm Ramon, et Dalia Itzik.

Comment l’extrême droite a pris le dessus…

Le Likoud s’inspire très largement de l’idéologie du Parti révisionniste (créé en 1925 par Vladimir Jabotinsky) puis du Herout (créé en 1948 par Menahem Begin), dont il apparaît comme le successeur. Il est créé en 1973, sous la direction de Menahem Begin, jusqu’alors responsable du Herout. Il remporte les élections en 1977 et met ainsi fin à un demi-siècle de domination du Mapaï sur le Yichouv puis sur l’État d’Israël.

Il participe à tous les gouvernements israéliens de 1977 à la fin 2005, sauf entre 1992 et 1996, puis entre 1999 et 2001. Le Premier ministre de ces gouvernements a toujours appartenu au Likoud (sauf entre 1984 et 1986, où il participe au gouvernement de Shimon Peres). Ariel Sharon est la figure emblématique du Likoud jusqu’à ce qu’il fonde Kadima, fin 2005. À la suite de cette scission, le Likoud ne fait plus partie des trois partis politiques dominants en Israël, mais il revient sur le devant de la scène en 2009, avec la nomination de son chef, Benyamin Netanyahou, au poste de Premier ministre, fonction qu’il occupe jusqu’en 2021.

Lors du retour au pouvoir de Benyamin Netanyahou à la fin de l’année 2022, la coalition qu’il forme est qualifiée par de nombreux observateurs de « coalition la plus à droite de l’histoire d’Israël », en raison de l’alliance conclue avec plusieurs partis d’extrême droite israéliens.

Le Likoud est créé en 1973, quand le Gahal (Hérout + parti libéral) et le La’am décident de se rassembler pour les élections législatives. Le La’am regroupe 3 petits groupes relativement marginaux : le « Centre libre » (dissidents du Hérout), la « Liste d’État » (dissidents travaillistes) et le « mouvements pour le grand Israël » (dissidents travaillistes). le Likoud correspond donc surtout à l’ancien Gahal.

Ariel Sharon a joué un rôle important dans la création du nouveau parti, mais le quitte rapidement. Il le rejoindra en 1977.

Dès 1973, le nouveau responsable du parti est Menahem Begin, ancien chef de l’Irgoun et du Hérout. Le programme est celui des révisionnistes depuis 1925. Le grand Israël est toujours revendiqué, mais redéfini : la Jordanie n’est plus revendiquée. Ce sont les zones occupées par Israël après la guerre des Six Jours qui sont maintenant au cœur des revendications territoriales du Likoud.

Du fait des nombreuses factions que comportaient déjà les partis fondateurs, il faudra attendre 1988 pour que le Likoud devienne un véritable parti unitaire.

Dès 1973, le nouveau parti confirme sa percée, avec 30,2 % des suffrages.

Menahem Begin devient Premier ministre d’Israël en 1977, mettant fin à la domination des travaillistes qui datait de la période du Yichouv. Le Likoud a obtenu 33,4 % des suffrages et 43 sièges (sur 120). Il est immédiatement renforcé par la fusion avec le petit parti Shlomzion (deux sièges) de Ariel Sharon.

La victoire a été rendue possible par plusieurs phénomènes :

• l’image de parti de gouvernement crédible obtenue par la participation au gouvernement travailliste de 1967-1970 ;

• la crédibilité nouvelle du vieux projet de Grand Israël : après la guerre des Six Jours de 1967, il n’est plus question de conquérir des territoires jordaniens ou égyptiens, il suffit de conserver les terres déjà conquises ;

• le ralliement des sionistes religieux du PNR : traditionnellement, ceux-ci étaient des alliés des travaillistes. Après 1967, on voit apparaître une « faction des jeunes », qui considère que le « grand Israël » est un devoir religieux. En 1977, cette faction l’emporte : le PNR inverse les alliances et rallie le Likoud ;

• le ralliement des religieux non-sionistes : le parti des ultra-orthodoxes juifs est le parti Agoudat Israel. Il était dans l’opposition depuis 1952, mais avait toujours refusé de se lier à la droite nationaliste, entre autres par réticence face au sionisme et à son « culte » de l’État (perçu comme de l’idolâtrie). Menahem Begin va créer une alliance forte en acceptant de nombreuses lois de coercitions religieuses (sur le respect du Shabbat, par exemple), et en augmentant fortement les transferts de fonds étatiques vers les institutions religieuses Agoudat ;

• le ralliement de l’électorat séfarade : les juifs des pays arabes ont immigré en masse dans les années 1950 (voir les articles Alya et Réfugiés juifs des pays arabes). Ils ont mal vécu leur statut social défavorisé (lié à un niveau d’éducation « moderne » assez faible), mais aussi la dévalorisation de leurs traditions culturelles par l’establishment travailliste d’origine européenne et ashkénaze. Le danger d’« orientalisation » d’Israël a parfois été dénoncé en des termes particulièrement brutaux, et perçus comme humiliants par les intéressés. Dans les années 1970, le rejet des travaillistes devient très fort dans cette communauté ;

• Les conséquences de la guerre du Kippour de 1973 : l’armée israélienne a été prise par surprise par les armées égyptiennes et syriennes. La situation a été finalement rétablie, mais la responsabilité du gouvernement travailliste a été mise en cause ;

• l’usure du pouvoir : la gauche sioniste domine le Yichouv puis Israël depuis le début des années 1930. Un certain besoin de nouveauté se fait jour dans l’électorat. C’est ainsi qu’un parti recrutant plutôt à gauche, comme le Dash a choisi l’alliance avec le Likoud.

En 1978, le gouvernement israélien décide d’occuper le sud du Liban pour servir de zone tampon entre Israël et les zones dont l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) s’était emparée au Liban à la suite de la guerre civile commencée en 1975.

En 1982, une invasion de grande envergure est décidée au-delà de la zone contrôlée par Israël, et ce afin de détruire l’infrastructure de l’OLP dans la région, qui menait des attaques en Israël et contre l’armée israélienne. Menahem Begin souhaitait une opération relativement limitée. Mais Ariel Sharon, ministre de la Défense et membre du Likoud a un projet plus vaste : porter au pouvoir Bachir Gemayel et les phalanges chrétiennes, et faire du Liban un allié d’Israël.

Sans en référer à Begin, Ariel Sharon pousse l’Armée israélienne jusqu’à Beyrouth. L’OLP, l’armée libanaise et l’armée syrienne, qui tentent de s’y opposer, sont balayés.

Bechir Gemayel devient effectivement président, mais est assassiné presque tout de suite. Israël se retrouve à occuper un vaste territoire avec une forte opposition de certaines populations locales, sans perspective politique. Ariel Sharon démissionne en 1982, après les massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila opérés par les phalanges chrétiennes avec la complicité de l’armée israélienne. En 1983, Menahem Begin, fatigué et malade, se retire.

La guerre du Liban n’a pas permis de bâtir une alliance avec le Liban. Elle a éliminé l’infrastructure militaire de l’OLP, mais celle-ci est remplacée par un mouvement armé plus actif encore : le Hezbollah chiite, proche de l’Iran et de la Syrie. Enfin, une partie de l’opinion publique israélienne se déclare contre la « sale guerre », qui fait plusieurs centaines de tués entre 1982 et 1985 au sein de Tsahal.

Après sa démission, Menahem Begin est remplacé par Yitzhak Shamir, autre membre du Likoud. Lors des élections législatives de 1984, les travaillistes et le Likoud font jeu égal, avec une très légère avance aux travaillistes. La crise économique et la guerre du Liban expliquent cette remontée travailliste, même si le Likoud a bien résisté, avec 31,9 % des voix.

Les deux partis sont obligés de s’entendre. Un accord de « rotation » est mis en place : les travaillistes et le Likoud gouverneront ensemble. Le premier ministre sera pendant deux ans Shimon Peres, puis pendant deux ans Yitzhak Shamir. Le gouvernement évacue la plus grande partie du Liban en 1985, sans avoir obtenu d’accord politique. L’occupation du Liban Sud est maintenue, occupation contre laquelle le Hezbollah ne va cesser de se battre, jusqu’au retrait israélien unilatéral de 2000.

La colonisation continue à se développer, mais des divergences existent entre les deux partis : les travaillistes souhaitent le renforcement des colonies israéliennes se trouvant dans des zones peu peuplées par les arabes palestiniens, zones qu’ils souhaitent annexer. Le Likoud souhaite conserver l’intégralité de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, et donc développer des colonies en profondeur dans les zones peuplées palestiniennes. La différence n’est pas dans le principe des annexions, ni sur leur légitimité (pour les deux partis, tout Eretz Israël appartient de droit au peuple juif). La divergence porte sur la démographie arabe : pour les travaillistes, elle s’oppose à de larges annexions : Israël doit rester un pays avec une large majorité juive. Pour le Likoud, la présence d’une très forte minorité arabe (potentiellement majoritaire compte tenu de sa natalité) est acceptable : le projet du Likoud est d’accorder un certain degré d’autonomie (mal défini) aux populations arabes de Cisjordanie et de la bande de Gaza, mais de ne pas leur donner le droit de vote aux élections nationales. Ce qui est dénoncé comme de l’apartheid par les opposants à ce projet. Une grande immigration juive venue d’URSS ou des pays occidentaux est aussi espérée, immigration qui permettrait aux juifs de devenir définitivement majoritaires dans le « grand Israël ».

La tension entre ces deux stratégies fera échouer la tentative de rapprochement de Shimon Peres avec la Jordanie pour un compromis territorial, menée en 1985-1986.

À partir de décembre 1987 éclate la première intifada (le soulèvement des populations palestiniennes). Les élections de 1988 portent donc largement sur la pertinence d’un projet politique (le grand Israël) intégrant ces populations au sein d’un État juif. Le Likoud obtient un certain avantage, et Yitzhak Shamir reste Premier ministre. Faute de majorité claire, le gouvernement d’Union nationale est prolongé, mais les divergences stratégiques entre Likoud et travaillistes sur la question palestinienne augmentent. En 1990, c’est la rupture. Les travaillistes quittent la coalition.

Yitzhak Shamir était bien moins lié que Menahem Begin aux religieux. Contrairement à ce dernier, il ne montre aucun intérêt particulier pour la religion. Il parvient quand même, avec quelques difficultés, à maintenir l’alliance avec eux, et reste Premier ministre. Il relance fortement la colonisation, quelque peu freinée par les travaillistes (au moins dans les zones à majorité arabe, qui n’intéressent pas les travaillistes). Il y a 100 000 colons (en dehors de Jérusalem-Est) à la fin de son mandat, en 1992.

En 1991, soumis à de fortes pressions américaines, Shamir accepte de participer à la négociation de Madrid, qui devait préparer la paix au Moyen-Orient. Mais toujours partisan du grand Israël, il refuse de s’engager réellement dans des négociations, lesquelles mènent obligatoirement à des demandes de retrait de la Cisjordanie.

En 1992, il n’obtient que 24,9 % des voix, et est battu par les travaillistes. Ceux-ci signent les accords d’Oslo avec l’OLP en 1993.

Le Likoud rentre alors dans l’opposition. Très réticent aux accords d’Oslo, il entame un tournant vers un libéralisme économique plus marqué, sous l’influence de son nouveau leader à partir de 1993, Benyamin Netanyahou.

En 1996, Netanyahou devient Premier ministre d’Israël, et affiche clairement ses visées expansionnistes[32]. Il donne un coup d’arrêt au processus de paix. Les accords d’Oslo ne sont pas remis en cause, mais interprétés à minima. Les négociations sur le statut final des territoires palestiniens, qui devaient s’engager à l’été 1996, ne démarrent pas. La colonisation est relancée vigoureusement. Il y aura ainsi 200 000 colons juifs en 2000 dans les territoires palestiniens (surtout en Cisjordanie), hors Jérusalem-Est.

Parallèlement, Benyamin Netanyahou lance une politique économique d’inspiration anglo-saxonne, bien plus libérale que celles des précédents gouvernements Likoud. Cette politique heurte l’électorat populaire du parti (La droite israélienne a un double électorat : l’un est issu des classes moyennes et de la bourgeoisie ; il est libéral, aisé et plutôt ashkénaze. L’autre est un électorat plus pauvre, plus populaire, et plutôt sépharade. Ces deux électorats sont unis par leur nationalisme et leur attachement à la thématique du grand Israël. Mais la politique économique très libérale qu’impulse Benyamin Netanyahou est assez mal perçue dans ces milieux populaires).

En 1999, le travailliste Ehud Barak remporte les élections et devient Premier ministre. Avec 14,1 % de suffrages, le Likoud réalise le plus mauvais score de son histoire, abandonné par une partie de son électorat populaire. Benyamin Netanyahou doit démissionner, et le parti se choisit alors un nouveau leader, Ariel Sharon, considéré comme un « faucon » (favorable au recours à la guerre).

En 2000, Ehud Barak engage des négociations avec les Palestiniens. Celles-ci échouent : les Israéliens ont demandé l’annexion d’environ 10 % des territoires palestiniens et de Jérusalem-Est, demandes refusées par l’Autorité palestinienne. La seconde intifada éclate et en quelques semaines, il y a des dizaines de morts, dont 40 % d’enfants et d’adolescents.

Fin 2000, les organisations palestiniennes basculent dans le terrorisme. Des attentats commencent à être commis, en particulier contre des civils israéliens : c’est la seconde intifada.

Fragilisé, Ehud Barak convoque des élections au poste de Premier ministre (mais sans élections législatives), qu’il perd en janvier 2001.

Ariel Sharon devient Premier ministre. Rapidement, il montre une évolution importante par rapport aux principes qui fondent la droite sioniste depuis 1925.

Ariel Sharon évoque dès 2001 la possibilité d’un État palestinien sur une partie de la Cisjordanie et sur la bande de Gaza. Le territoire laissé aux Palestiniens serait inacceptable pour ceux-ci : il s’agit des zones A et B issues des accords d’Oslo, soit 42 % de la Cisjordanie et 60 % de la bande de Gaza. Mais il s’agit d’une rupture symbolique importante.

Rapidement aussi, Ariel Sharon commence la construction d’une « barrière de sécurité » rattachant de fait les grosses colonies de Cisjordanie au territoire israélien. Fin 2005, elle englobe 7,5 % du territoire palestinien. Proposée à l’origine par la gauche, critiquée par les palestiniens et par des extrémistes sionistes accusent Sharon de « diviser la terre d’Israël ».

En 2003, Ariel Sharon va plus loin. Considérant qu’une négociation avec Yasser Arafat n’est ni acceptable ni possible, il propose de tracer unilatéralement les frontières, et d’évacuer les territoires palestiniens les plus peuplés, en commençant par la bande de Gaza.

Le retrait suscite l’opposition de la majorité du parti qui refusent d’abandonner la bande de Gaza, et des nationalistes qui considèrent que l’abandon est acceptable, mais pas sans contreparties palestiniennes. Un référendum interne au Likoud rejette le plan, et la majorité de la direction du parti aussi.

Ariel Sharon passe outre, et réalise l’évacuation de la bande de Gaza en septembre 2005. Devant l’opposition grandissante du parti, il quitte celui-ci le 21 novembre 2005, pour fonder son propre parti, Kadima. La direction de ce nouveau parti est reprise par Ehud Olmert en janvier 2006, après l’accident vasculaire cérébral qui plonge Ariel Sharon dans le coma.
Si elle est rejetée par le Likoud, l’idée d’une séparation radicale d’avec les palestiniens est devenue populaire dans le pays. L’idée du grand Israël est de plus en plus perçue comme créant de fait un État judéo-arabe dont la majorité ne veut plus. Les sondages sont donc favorables à Kadima.

L’homme fort du Likoud redevient Benyamin Netanyahou qui gagne les élections primaires du parti, le 19 décembre 2005. Prenant en compte l’évolution de l’opinion publique israélienne, il renonce de fait au grand Israël en proposant début 2006 un État palestinien réduit à 40 % de la Cisjordanie.

Les élections générales de la fin mars 2006 confirment les sondages. Le Likoud n’obtient que 9 % des voix, et s’installe dans l’opposition. Après les défaites de 1999 et celle de 2006, la direction de Benyamin Netanyahou devient très contestée au sein du parti.

Benyamin Netanyahou retrouve une grande part de sa popularité perdue. Fin septembre 2006, il caracole en tête des sondages, et le Likoud semble presque assuré de remporter d’éventuelles élections anticipées.

Consolidé par ces nouveaux sondages, Benyamin Netanyahou est réélu le 14 août 2007, à la présidence du parti. Son adversaire Moshe Feiglin, candidat de la droite dure religieuse, a obtenu 23 % des voix.

En juillet 2014, Israel Beytenou quitte l’alliance avec le Likoud, tout en restant dans la coalition gouvernementale ; les deux partis reprennent ainsi leur liberté de vote au Parlement.

En mars 2015, le parti crée la surprise en gagnant les élections avec 23,4 % des voix. Le parti bat donc son principal concurrent, l’Union sioniste qui gagne 18,7 % des voix. Son président Benyamin Netanyahou est reconduit au poste de premier ministre et construit une coalition avec les partis : Koulanou, Le Foyer juif, Judaïsme unifié de la Torah et Shas.

En 2016, l’ancien ministre de la Défense Moshe Ya’alon, déclare qu’« Il est regrettable que de dangereux éléments extrémistes contrôlent Israël et le Likoud. Ce n’est plus le parti auquel j’ai adhéré. ». Certains commentateurs politiques notifient une dérive vers l’extrême droite sous la direction de Netanyahou.

Après les élections législatives de novembre 2022, Benyamin Netanyahou forme un gouvernement de coalition réunissant son parti de droite, le Likoud, trois formations d’extrême droite — le Parti sioniste religieux, Force juive et Noam — et deux partis ultraorthodoxes — Shass et Judaïsme unifié de la Torah —, ce qui en fait, selon de nombreux observateurs, « la coalition la plus à droite de l’histoire d’Israël » , voire directement un gouvernement d’extrême droite.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Likoud

L’extrême droite en Israël

https://fr.wikipedia.org/wiki/Extr%C3%AAme_droite_en_Isra%C3%ABl

La dernière horreur de Nétanyahou est bien entendu la « guerre de Gaza », un massacre contre un peuple désarmé…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8190

La contestation contre Nétanyahou va être sans cesse limitée à des protestations pacifiques par les travaillistes et autres réformistes « de gauche » au sein du mouvement.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7213

https://fr.wikipedia.org/wiki/Manifestations_de_2023_en_Isra%C3%ABl

Et aussi quand le « printemps arabe » gagnait les Israéliens en 2011…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_isra%C3%A9lien_pour_des_logements_accessibles

En agressant violemment Gaza, Nétanyahou tente de protèger la sécurité de sa réelection et celle de ses classes dirigeantes… du mécontentement social des Israéliens appauvris, mais la gauche n’en a pas profité pour le renverser…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2519

Et aussi dans les manifestations israëliennes contre Nétanyahou pour le retour des otages

https://www.lemonde.fr/international/article/2025/08/27/israel-les-images-des-manifestations-d-ampleur-pour-un-accord-sur-les-otages_6636113_3210.html

Mais le moment le plus remarquable où la gauche réformiste israélienne a le plus agi pour empêcher les Israéliens d’en découdre avec leurs propres classes dirigeantes est le mouvement "la paix maintenant"...

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Paix_maintenant

Pour conclure sur la question palestinienne et la question israélienne : Tant que les peuples ne mènent pas la lutte dans le sens d’une lutte de classe contre toutes les bourgeoisies de la région, il n’y aura que des désillusions.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3345

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