Accueil > 03 - Livre Trois : HISTOIRE > 1er chapitre : La marque sociale des révolutions > L’Egypte, le grand pays des révolutions !
L’Egypte, le grand pays des révolutions !
lundi 16 mars 2026, par ,
Le mythe d’un pouvoir qui a tenu sans rupture et sans contestation...
L’Egypte est le pays des premières grèves et révolutions sociales des exploités et opprimés de l’Histoire !
De nombreuses ruptures dans la civilisation égyptienne...
Révolution de 1919
Révolution du wafd
Révolution de 2011 : ouvriers en tête
Révoltes et révolutions de l’Egypte, des temps anciens à l’époque contemporaine : contre l’image pharaonique trompeuse d’un peuple doux et soumis.
Contrairement à l’image d’un peuple de serfs heureux et obéissants sous les Pharaons, l’Egypte est un pays qui a connu plus de révolutions sous les Pharaons comme avant et après que… la France !
Egypte antique : l’Etat et la Révolution !
L’Etat n’y est pas né pour permettre l’irrigation du Nil, mais pour permettre la stabilité sociale. Le Pharaon disait : je lutte contre le chaos. Quel chaos ? Aucune armée voisine ne menaçait l’Egypte à cette époque.
Le chaos qui menaçait sans cesse les riches des grandes villes avait un autre nom : la révolution sociale qui emportait régulièrement la société...
L’Etat s’est bâti pour éradiquer la révolution... Parce que la révolution sociale est apparue bien avant l’Etat. Plusieurs civilisations sont nées en Egypte avant l’Etat des Pharaons et ont chuté par la révolution.
C’est un contre-sens de confondre la fondation de l’Etat des Pharaons avec la formation de la civilisation en Egypte et une erreur d’attribuer la civilisation à une création des Pharaons. Les classes riches d’Egypte n’ont pas attendu l’apparition de l’Etat central pour mettre en place l’exploitation, pour développer l’économie agraire, l’artisanat, le commerce et les villes. Les pyramides et autres palais ne sont pas un témoignage du progrès, de l’art, de la religion, une source d’admiration. Elles sont avant tout une démonstration de force, en vue du maintien de l’oppression et de la dictature, et une énorme ponction sur les capacités économiques des paysans par des travaux forcés qui ne sont justifiés que par la nécessité d’un pouvoir écrasant, visant à impressionner, s’imposant aux exploités « du haut de ces pyramides ». Le pouvoir d’Etat s’est imposé aussi aux classes dirigeantes dès lors que les classes dirigeantes n’étaient pas capables de se faire obéir des exploités. D’ailleurs, ce n’est pas la civilisation qui a produit directement (et comme une nécessité d’évidence) l’Etat, et encore moins l’Etat qui aurait produit la civilisation. Entre la naissance de la civilisation et la naissance de l’Etat, il y a généralement plusieurs centaines et même milliers d’années. Et parfois, la civilisation ne donne pas naissance à l’Etat et disparaît avant que l’Etat n’apparaisse. La réalisation principale de l’Etat est un appareil de stabilisation de la société et d’oppression des classes populaires. L’égyptologue Dominique Valbelle écrit dans l’ouvrage collectif « L’Egypte ancienne, les secrets du Haut-Nil » : « L’administration égyptienne est indissociable d’un Etat égyptien, né avec elle. Elle en est l’âme. Elle a été mise à mal lorsque celui-là était menacé. Elle a été reconstituée en même temps que le pouvoir pharaonique. Elle représente donc un facteur de stabilité et l’assurance d’une continuité des institutions. » Mais ce facteur de stabilisation est loin d’être né immédiatement en Egypte comme dans le reste du monde. Il n’est pas le premier pas de la civilisation. Celle-ci est née du développement de l’activité agricole, puis, grâce à celle-ci de l’accumulation de la plus value, de l’accroissement des capacités techniques de l’homme, de la division du travail, du développement d’un grand commerce, de la naissance des villes, de la culture, de la naissance d’une classe dirigeante et des inégalités sociales. Ce bond en avant n’a pas eu besoin de l’Etat. Ainsi, tout le développement des villes et de la civilisation grecques ne connaît pas l’Etat qui ne fait une première tentative d’apparition que sur la fin. Par contre, le développement de l’agriculture, de l’artisanat, et du commerce a permis l’émergence d’une importante classe de citadins, d’artisans, de commerçants, de banquiers, une véritable bourgeoisie. C’est elle qui est domine la ville. La première dynamique sociale de la civilisation est le produit de la division entre villes et campagnes. La seconde est celle qui oppose riches et pauvres dans les villes. Enfin, l’apparition et le développement de l’Etat va mener à de nouvelles oppositions : entre guerriers, religieux et bourgeoisie. La relation entre classes dominantes et Etat est contradictoire. Les classes riches des villes ont fini par être menacées par les exploités et elles ont ressenti le besoin de se protéger derrière le bouclier de l’Etat. Mais cette nécessité n’était pas sans réticences. Partout dans le monde, la civilisation des villes avait préexisté à l’Etat. C’est à ses dépens que l’Etat a développé ses prérogatives. La ville a parfois résisté durement à la mise en place de la domination étatique. La lutte entre les classes riches des villes, prenant parfois la tête des pauvres, et le pouvoir royal a même été un des axes essentiels de la lutte politique et sociale dans l’Antiquité.
C’est la révolution sociale qui a rendu nécessaire la formation de l’Etat, inévitable même. Indispensable, du moins, aux classes dirigeantes qui, sous la menace des opprimés, ont dû se séparer, en faveur de cet organe de centralisation des décisions et des forces de répression, d’une grande partie de leur pouvoir local urbain, de leurs privilèges et de leurs revenus. Et cet ordre n’a pas été synonyme de progrès mais seulement de conservation sociale. C’est la transformation qui avait, bien avant l’apparition de l’Etat, entraîné un certain progrès, relatif. La concentration dans les villes des richesses, des moyens techniques, des connaissances et des personnages les plus influents et les plus riches suppose une accumulation primitive considérable de richesses tirées du travail agraire. Loin de dater du Moyen Age, les villes sont d’une apparition très ancienne dans l’Antiquité. Par exemple, en Mésopotamie Ur, Uruk, Lagash et Umma datent entre -4000 av JC et -3500 av JC, alors que le premier empire date de -2340 avant JC (empire akkadien). Même l’Etat-cité y date de -2340 avant JC (dynasties archaïques). Les civilisations sont le saut qualitatif, révolutionnaire, une structure émergente produite par le succès de l’économie agraire, qui a permis un grand développement de l’artisanat et du commerce, de multiples succès dans lequel l’Etat n’a eu aucune part. L’apparition de l’agriculture, son amélioration technique, l’irrigation, la spécialisation professionnelle et l’organisation du travail collectif, par exemple, qui sont d’immenses progrès de l’homme ne datent pas de l’apparition de l’Etat mais de bien avant. L’image de l’Etat organisateur de la production agricole et de l’irrigation n’est pas totalement fausse, mais elle est beaucoup plus récente ; elle ne fait que succéder, beaucoup plus tard, à une époque où les classes dirigeantes locales, qui ont succédé à la société tribale et villageoise, ont elles-mêmes mis en place ces activités.
Qu’est-ce qui avait poussé, lors de la fondation de l’Etat, les classes dirigeantes à se dessaisir de leur pouvoir sur chaque ville au profit d’un pouvoir supérieur, centralisé, celui d’un roi divinisé ? Bien sûr, l’une des origines de cette centralisation est la conquête militaire. Vers -3000 avant J.-C, le royaume de Haute Egypte conquiert celui de Basse Egypte, fondant le « royaume du double pays ». Mais, le choix des classes dirigeantes de se mettre sous la coupe d’un pharaon est bien plus ancien et a une toute autre origine que la guerre. Guy Rachet l’expose dans son « Dictionnaire de la civilisation égyptienne » que « L’isolement de la vallée du Nil, séparée du reste du monde par de vastes déserts, a fait que, de l’époque préthinite à la fin du Moyen Empire, la civilisation égyptienne a évolué en vase clos (...) On oublie trop souvent de souligner que, depuis l’unification de l’Egypte, qui voit éclore l’empire thinite, jusqu’à la fin de l’Ancien Empire, le peuple égyptien connaît un millénaire de paix continue ! » Alors que l’Etat est né en Egypte plus de 3000 ans avant J.-C, c’est seulement en 608 avant J.-C que l’Etat égyptien aura à se heurter à un puissant voisin, Babylone. Auparavant, il n’aura eu affaire qu’aux maigres troupes des bédouins, n’ayant eu aucun contact avant Nagada II avec un pays voisin et n’ayant connu d’invasion qu’à partir de 1300 avant J.-C. Par contre, les révoltes sociales et politiques ont débuté bien avant la fondation d’un Etat au Nord, au Sud puis unifié. Les classes dirigeantes n’ont été convaincues de se soumettre à l’Etat, de renoncer à leurs privilèges locaux, que, contraintes et forcées, par la nécessité de détenir une forme d’organisation militaire permanente face aux révoltes des opprimés. Et, même alors cette conscience des classes dirigeantes n’a pas été sans heurts et résistances, sans retours en arrière. On connaît l’exemple de la révolte de la ville d’Hermopolis contre la formation d’un Etat unifié à Héliopolis. Ce ne sont donc pas les voisins menaçants militairement qui expliquent la nécessité d’élever un tel édifice étatique si coûteux. L’ennemi dangereux pour ces riches, c’est le peuple, prompt à se révolter contre son exploitation et les travaux forcés qui s’y rajoutent. Si l’idéologie dominante explique que l’ordre sur terre ne se maintient que par l’intercession de ce roi-dieu, ce n’est pas simplement le produit d’une croyance, mais aussi d’une réalité : l’édifice social ne subsiste que si le régime du pharaon tient debout. Dès que le régime central perd de son pouvoir, non seulement la classe dirigeante, momentanément matée, redresse la tête, cesse d’obéir, revendique des revenus et des pouvoirs, mais les classes pauvres se révoltent, convaincant à nouveau les riches (noblesse, gouverneurs, bourgeoisie, chefs militaires, chefs religieux, et hauts fonctionnaires) de se jeter sous la protection de la dictature pharaonique. La nécessité de l’appareil d’Etat est apparue d’abord pour éviter que la lutte des classes ne finisse par faire chuter l’édifice social. Les révolutions ont préexisté à l’Etat égyptien et même aux divers états régionaux. Les sociétés diverses égyptiennes, appelées par les archéologues Nagada 1, 2 et 3, ont successivement chuté sous les coups des contradictions sociales. Il n’y a pas eu de continuité, mais plusieurs tentatives avant que des rois égyptiens ne fassent leur apparition, avant qu’apparaissent des policiers, des militaires, des fonctionnaires d’un Etat centralisé. La révolution sociale va continuer à marquer l’Etat égyptien et à le modeler. Et tout particulièrement la principale révolution, celle de moins 2260 avant J.-C qui est rapportée par Guy Rachet : « Le pays fut le théâtre d’une véritable révolution sociale qui mit un terme à l’Ancien Empire. A la fin du long règne de Pépi II, dernier roi de la Vie dynastie, le pouvoir royal s’était amenuisé et les nomarques de Haute Egypte s’étaient rendus indépendants. Une révolution populaire d’une violence inouïe éclata alors, dirigée contre la noblesse et le roi. Si les documents officiels restent muets sur ces événements, la littérature contemporaine ou à peine postérieure est pleine d’échos significatifs. (...) ». C’est dans les « Admonitions d’un sage Egyptien » qu’on trouve le tableau le plus complet de la révolution : ’’Le pays est pleine ébullition et le laboureur porte un bouclier. Les lois de la Salle de justice sont dispersées (...) les portes et les murailles sont incendiées (...) les pauvres sont riches et les riches sont dépouillés (...) les fils de nobles sont jetés à la rue (...) le roi est enlevé par les pauvres (...) des hommes de rien ont renversé la royauté, ils ont osé se révolter contre l’uraeus défenseur de Rê.(...)’’ Cette haine fantastique contre le pharaon s’est reportée contre toute la lignée des rois de l’Ancien Empire et c’est ce qui explique les sarcophages des pyramides brisés et vidés de leurs restes humains, et surtout les statues des rois jetées au fond de puits ou cassées jusqu’à être réduites en minuscules morceaux. Si cette révolution ouvre l’époque d’anarchie de la première période intermédiaire, si elle brise toutes les structures sociales de l’Ancien Empire, ses conséquences pour la vie morale du peuple égyptien sont sans doute incommensurables : le privilège de l’immortalité solaire, qui n’appartenait qu’au pharaon et à ceux que sa volonté royale avait élus, est donné désormais à tout Egyptien à quelque classe qu’il appartienne. » La « démocratisation » juridique, administrative, politique et religieuse est une conséquence institutionnelle de la révolution. Désormais les paysans vont pouvoir aller en justice contre leur noble. Ils seront protégés par les temples auxquels ils n’avaient autrefois aucun accès. La classe moyenne est développée en nombre et en moyens, car il faut élargir l’assise du régime. Les gouverneurs qui, par corruption, ne maintiendraient pas les greniers à grains pour les cas de famine seraient condamnés à avoir la tête coupée. Mais en même temps, le régime met en place pour la première fois une armée permanente contre tout nouveau risque révolutionnaire. Jusque là, l’armée était d’assez peu d’utilité n’ayant aucun concurrent dangereux au voisinage et ne servant qu’à faire des razzias en Nubie, en Palestine ou en Libye, notamment pour ramener des esclaves (seulement 2% de la population). La police n’avait en effet pas suffi à contenir la révolution sociale.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222
Les grands monuments des Pharaons, et notamment les pyramides ou les sphynx et autres grands monuments, n’ont d’autre but que d’impressionner le peuple exploité et opprimé et de lui laisser penser que le régime est lié aux dieux et donc inattaquable…
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7811
Révoltes et révolutions qui ont renversé plusieurs civilisations qui ont précédé les Pharaons
Avant 7000 ans avant J.-C., il y a trois régions où se développent trois sociétés différentes, trois civilisations :
* une économie produisant des poteries à Khartoum (Haute-Nubie)
* la société dite de Nabta Playa 1 en Basse-Nubie
* la société dite Garounien au Fayoum
de 6900 ans avant J.-C. à 6400 avant J.-C., civilisation de Nabta Playa 2 en Basse-Nubie
puis un "trou" de 600 ans au moins, dans lequel on ne trouve plus aucune trace de civilisation... sans qu’il y ait une trace qu’une guerre, qu’une invasion ait détruit les sociétés précédentes.
Au 6ème millénaire, une phase aride, avec baisse considérable du niveau du Nil, entraîne la chute de la civilisation, probablement par révolte sociale et déstabilisation politique.
de 5800 à 5400 ans avant J.-C., civilisation néolithique du Fayoum
de 5400 à 5000 ans avant J.-C., civilisation de Mérindé Beni Salamé, au nord de la vallée du Nil
de 5000 à 4500 ans avant J.-C., il y a simultanément deux civilisations différentes :
*Celle d’El Omari au nord de la vallée du Nil
* celle néolithique de Khartoum en Haute-Nubie
de 4200 à 3800 ans avant J.-C., la culture dite de Badari dans le sud de la Moyenne-Egypte, ensemble culturel homogène dont le matériel funéraire révèle déjà une société complexe et inégalitaire.
de 3800 à 3500 ans avant J.-C., la civilisation Nagada 1 ou Amratien, en Haute-Egypte a une aire d’occupation qui s’étend vers le Sud, l’agriculture céréalière s’intensifie et le phénomène de hiérarchisation s’accélère. Cette phase porte le nom d’Amratien (du site d’El Amrah) ou Nagada I.
À la même époque en Basse-Égypte se développe une culture de pasteurs-agriculteurs entretenant des relations privilégiées avec le Proche-Orient. En revanche, les importations de Haute-Égypte sont très modestes.
Deux autres sociétés coexistaient en Egypte avec Nagada 1 :
de 4000 à 3300 ans avant J.-C., la culture dite du "groupe A" de Basse-Nubie
de 4100 à 3500 ans avant J.-C., les cultures du nord de la vallée du Nil avec les villes de Maadi, Ouadi Digla, Héliopolis et Bouto
de 3500 à 3400 ans avant J.-C., la civilisation Nagada 2 au nord de la vallée du Nil (Maadi). La situation change au milieu du IVe millénaire. Les chefferies nagadiennes s’étendent vers le Nord jusqu’au-delà du Delta et vers le Sud jusqu’à la deuxième cataracte. Le processus de hiérarchisation s’accentue, les tombes de l’élite révèlent des objets luxueux : poignards au manche décoré, bijoux, palettes à fard... On donne à cette phase le nom de Gerzéen (du site de Gerzeh) ou Nagada II.
Le Gerzéen, c’est 3500 ans avant J.-C. en Nubie (actuel sud Egypte et Soudan) soit 350 ans avant le premier roi et 800 ans avant le premier Pharaon ! Et ce n’étaient pas les premiers à développer une civilisation en Egypte...
à partir de 3000 ans avant J.-C., la civilisation dite Nagada s’unifie dans la vallée du Nil et le delta. C’est Nagada 3. Elle est marquée par le début de l’écriture et le développement de la direction politique de la société.
C’est une société très civilisée, très riche déjà, qui fait du grand commerce, qui connaît quasi toutes les techniques, arts et artisanat qui seront ceux de l’Egypte des Pharaons. Elle se développe pendant deux cent ans, mais elle est menacée par une nouvelle crise sociale révolutionnaire du type de celles qui ont détruit de multiples civilisations en Egypte précédemment.
3000 ans avant J.-C., développement des villes de This, Memphis, Saqqarah avec constructions en brique crue et pierres de taille
à partir de 3100 ans avant J.-C., les première tentatives de construire un ordre social stable en créant une direction centralisée commencent. Ce sont les souverains de Hiérakonpolis qui tentent de gouverner à la fois la haute et la basse Egypte
à partir de 2700 ans avant J.-C., naissance de l’Etat pharaonique de l’Ancien Empire
2600 ans avant J.-C., structuration de l’administration
2480 ans avant J.-C., renforcement de la hiérarchie du clergé et développement de la bureaucratie
2260 ans avant J.-C., la révolution sociale renverse pour 150 ans l’Etat pharaonique
2110 ans avant J.-C., naissance du deuxième empire pharaonique dit Moyen Empire
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2102
L’Egypte avant l’Etat
Vers 4000-3500 av. J.-C. : cultures du nord de la vallée du Nil : Ouadi Digla, Héliopolis, Maadi-Bouto.
Vers 3800-3500 av. J.-C. : culture de Nagada I ou El-Amratien en Haute-Égypte. Un système de canaux et de digues d’irrigation aurait été mis en place dès cette époque, que suggéreraient des motifs retrouvés sur les peintures des vases.
Vers 3800-3100 av. J.-C. : la culture du groupe « A » en Basse-Nubie, entre la Ire et la IIe cataracte du Nil apparaît à la fin de la période de Nagada I et adopte nombre de ses traits culturels. Civilisation semi-nomade, elle est un relais des échanges égyptiens vers l’Afrique, notamment avec le Néolithique de Khartoum.
Le site de Khor Dahoud (vers 3500-3400 av. J.-C.), est le lieu d’échange entre l’Égypte des époques de Nagada II et III et la culture du groupe A de Basse-Nubie. 578 silos, de nombreuses jarres attestent l’intensité du commerce du vin, bière, huiles, des poteries nagadiennes contre l’ivoire, l’ébène (heben), l’encens, l’or, les peaux de félins probablement.
Vers 3500-3200 av. J.-C. : culture de Nagada II ou Gerzéen en Égypte ; évolution et extension progressive des traits culturels de Nagada au nord de la vallée (culture de Maadi-Bouto).
Apparition des premières cités de la vallée du Nil, bâties sur des éminences (kôms) naturelles échappant à la crue, se structurant architecturalement à l’intérieur d’enceintes (El Kab, Nekhen, Île Éléphantine, Abydos). Un célèbre couteau ouvragé d’ivoire et de silex de cette époque conservé au musée du Louvre a été découvert à Gebel el-Arak près d’Abydos.
Vers 3300-3100 av. J.-C. : culture de Nagada III en Égypte ; unification des traits culturels dans la vallée du Nil et le delta. Premiers hiéroglyphes dans la tombe Uj du cimetière d’Oumm el-Qa’ab[9]. La gestion des travaux d’irrigation nécessite un pouvoir centralisé : le plus ancien témoignage est celui gravé sur la tête de massue du roi Scorpion II (dynastie 0), découverte à Nekhen, représentant le roi ouvrant un canal avec une houe.
3100-2675 av. J.-C. : période thinite en Égypte. Elle regroupe les deux premières dynasties, associées à la ville de This en Haute-Égypte. La palette de Narmer témoigne de l’unification politique du pays.
https://fr.wikipedia.org/wiki/IVe_mill%C3%A9naire_av._J.-C.
Des révolutions ont fait chuter les civilisations dites Nagada I puis Nagada II puis Nagada III, la dernière en moins 3150 avant J.-C., la précédente en moins 3500 avant J.-C. et encore avant en moins 3650 avant J.-C.
Encore avant, la civlisation badarienne avait chuté en 3900
Auparavant, une révolution avait fait chuter la civilisation Nabta Playa 2 en moins 6400 avant J.-C.
https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_pr%C3%A9dynastique_%C3%A9gyptienne
Quatre révolutions et quelques révoltes au temps des Pharaons les ont durablement fait disparaitre : -2260 avant J.-C. ; -1735 avant J.-C. ; -1200 avant J.-C. ; 1069 avant J.-C.
Exemples de troubles en Egypte antique :
1102-1099 av. J.-C. (an 9 à 12 du règne de Ramsès XI) : le vice-roi de Nubie Panéhésy intervient militairement en Égypte. Il entre à Thèbes sous le prétexte de rétablir l’ordre après les troubles du début du règne (insécurité, pillages, famine) et y réside plusieurs années. Le Grand prêtre d’Amon Amenhotep, qui s’était arrogé de grands pouvoirs, est déposé. Les troupes nubiennes semblent se livrer à des exactions (meurtre, pillages de tombes). Panéhésy lance un raid sur Hardaï (Cynopolis) à 400 km au nord et saccage la ville. L’an 19 du règne (1092 av. J.-C.) il semble que Panéhésy soit chassé de Thèbes par le général Hérihor et refoulé en Nubie. Il conserve son titre de vice-roi de Nubie où il affirme de plus en plus son indépendance.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ann%C3%A9es_1100_av._J.-C.
1169 av. J.-C. :
Ta est nommé vizir de Haute et Basse-Égypte en l’an 29 du règne de Ramsès III. Il est chargé d’organiser le jubilé (Fête-Sed). Il doit affronter cette même année la première grève de l’histoire, à Deir el-Médineh. Les ouvriers chargés de la décoration des monuments de la Vallée des Rois pour le jubilé protestent contre le retard de ravitaillement.
À la fin du règne de Ramsès III, le vizir de Basse Égypte tente de s’emparer du pouvoir à Athribis avec l’aide des habitants de la ville, qui occupent le temple d’Horus, dont ils chassent le personnel et tentent d’administrer le domaine. Le pharaon réagit énergiquement et donne raison au clergé du temple.
1166 av. J.-C. : un autre complot est fomenté dans le harem royal par la reine Tiy, qui essaye de faire accéder au trône son fils Pentaour. Elle monte une conjuration avec de hauts dignitaires de l’entourage du roi, par l’entremise de leurs épouses. Une révolution, hors du palais, doit accompagner le complot interne. On se livre dans le harem, à des envoûtements à l’aide de statuettes de cire. Mais le complot est éventé, et selon les minutes des procès Ramsès n’est probablement pas tué (?), mais l’étude de sa momie révèle qu’il est mort égorgé. Les conspirateurs, jugés, sont condamnés à mort. Le sort de la reine Tiy n’est pas connu.
Le règne de Ramsès IV, après des années de difficultés intérieures, semble être bien accueilli, et le nouveau roi rétablit un temps la cohésion du pays et une certaine confiance dans le pouvoir royal. Puis l’empire se décompose moralement et matériellement : mauvaises récoltes, misère, hausse des prix, corruption du clergé et des fonctionnaires, révoltes dans le delta (Libyens), pillage des tombes royales à partir du règne de Ramsès IX, ruine de Pi-Ramsès et influence croissante du clergé d’Amon, dirigée par la même famille de Ramsès IV à Ramsès XI, qui mène à la crise définitive (cf. 1085 av. J.-C.). Roi bâtisseur, Ramsès IV organise quelques expéditions au Ouadi Hammamat (carrières) et au Sinaï (turquoises). Mais peu à peu, la prospérité diminue. Les tributs des pays de l’empire ne sont plus versés régulièrement. L’argent manque pour mener des expéditions en Nubie ou en Syrie. Les Phéniciens et les Hébreux drainent alors la majeure partie du commerce de la mer Rouge par le port d’Asiongaber (Eilath).
1166-1085 av. J.-C. : règnes en Égypte du pharaon Ramsès IV et de ses successeurs. Ramsès IV, fils de Ramsès III et d’Isis, règne 6 ans (1166-1160 av. J.-C.) ; Ramsès V, fils de Ramsès IV, règne 4 ans (1160-1156 av. J.-C.) ; Ramsès VI, fils de Ramsès III et d’Isis, règne 8 ans (1156-1148 av. J.-C.) ; Ramsès VII, règne 7 ans ; Ramsès VIII, fils de Ramsès III et d’Isis ; Ramsès IX, Ramsès X, Ramsès XI (19 ans) règnent encore pendant une cinquantaine d’années. Ramsesnakht, puis Nesiamon et Amenhotep, grand prêtre d’Amon.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ann%C3%A9es_1160_av._J.-C.
2134-2040 av. J.-C. :
IXe et Xe dynasties d’Héracléopolis. Règnes de Khéty Ier, premier pharaon d’Héracléopolis, puis de Mérikarê et Khéty II (IXe dynastie). Les noms de plusieurs rois sont perdus. Règnes de Neferkarê, Khéty III et Mérikarê II (IXe dynastie). L’absence de pouvoir central régulateur ne permet plus de pallier les insuffisances de la crue du Nil, ce qui provoque des famines et des mouvements de révolte. L’Enseignement pour Mérikarê fournit les renseignements les plus détaillés sur la période. L’autobiographie du nomarque Ânkhtyfy, retrouvée dans sa tombe de Mo’alla, texte contemporain, atteste des rivalités et des troubles économiques.
https://fr.wikipedia.org/wiki/XXIIe_si%C3%A8cle_av._J.-C.
Lors de plusieurs grandes vagues de révolution sociale et politique, le peuple travailleur d’Egypte a non seulement renversé le roi mais renversé aussi le régime pharaonique et tout le système d’exploitation. Mais les peuples guerriers voisins en ont souvent profité pour envahir militairement et conquérir l’Egypte. Toutes les attaques militaires extérieures qui ont réussi ont correspondu à des crises intérieures économiques, sociales et politiques.
Vers 2260 avant notre ère, l’Egypte se morcelle, une révolution brutale et sanglante éclate, les riches sont ruinés, leurs biens pillés, leurs tombeaux détruits et livrés aux pilleurs de tombes. « La résidence royale a été ravagée en une heure », écrit un scribe. « Je médite, raconte un autre scribe, sur les événements. Des changements s’opèrent, ce n’est déjà plus comme l’an dernier, chaque année est plus pesante que l’autre. Le pays est bouleversé. » Le pharaon, si proche des dieux, croyait-on avec certitude quelques années auparavant, a perdu peu à peu beaucoup de son prestige. Si certains Egyptiens se lamentent de ces bouleversements, cette révolution est bénéfique pour d’autres. Profitant des troubles, le peuple s’approprie les procédés rituels et magiques des rites funéraires, jusqu’alors réservés au roi et aux grands, et accède à son tour à l’immortalité : De nouvelles notions religieuses et morales se font jour dans le pays : la diffusion du culte d’Osiris, parti de Bousiris dans le Delta, s’étend sur tout le territoire ; le peuple voit aussi s’ouvrir devant lui l’accès aux charges de l’Etat. Des rois sans pouvoir se bousculent pour le trône et se succèdent à un rythme effréné. "Soixante-dix rois en soixante-dix jours", écrira, des siècles plus tard, l’historien Manéthon dans son Histoire d’Egypte, dont seuls quelques fragments, transcrits par des historiens plus tardifs, nous sont parvenus. Plus on s’éloigne de Memphis, plus les princes refusent obéissance au pharaon.
Les époques de crise et d’insurrections populaires sont intitulées « âges sombres » pour la chute de la civilisation de l’Indus, « troubles intérieurs » (en Mésopotamie en –1750) ou « interrègne » (à propos du renversement du régime des pharaons d’Egypte, en – 2260), ou encore « période sombre » (pour les révolutions de la Grèce antique en –1200). Il ne s’agit pas d’événements sans grande importance puisqu’à chaque fois la destruction est de grande ampleur, la civilisation est balayée, le régime détruit et l’est souvent pour des durées considérables, sinon à jamais.
Guy Rachet, qui le cite, raconte ainsi : « Le pays fut le théâtre d’une véritable révolution sociale qui mit un terme à l’Ancien Empire. (...) Une révolution d’une violence inouïe éclata alors contre la noblesse et le roi. » Et de citer certains textes d’époque : « Il n’y a plus de droit et le Mal siège dans la chambre du conseil. (…) Il advint ce qui ne s’était jamais vu. On forge des lances en cuivre pour gagner son pain dans le sang. » Rachet commente ainsi les événements : « Cette haine fanatique contre le pharaon s’est reportée sur toute la lignée des rois de l’Ancien Empire et c’est ce qui explique les sarcophages des pyramides brisés et vidés de leurs restes humains et surtout les statues des rois jetées au fond des puits ou cassées jusqu’à être réduites en minuscules morceaux. Si cette révolution ouvre l’époque d’anarchie de la première période intermédiaire, si elle brise toutes les structures sociales de l’Ancien Empire, ses conséquences pour la vie morale du peuple égyptien sont sans doute incommensurables : le privilège de l’immortalité solaire, qui n’appartenait qu’au pharaon et à ceux que sa volonté royale avait élu, est donné désormais à tout Egyptien à quelque classe qu’il appartienne. Le renversement des institutions politiques fut un acte transitoire, mais la démocratisation des croyances funéraires fit sentir son effet dans toute la suite de l’histoire de l’Egypte. » Les pharaons, connaissant les capacités révolutionnaires du peuple et apprendront désormais à s’en méfier et à les combattre, comme le montrent « Les enseignements pour Mérikaré » cités par Guy Rachet : « Le roi enseigne à son fils le métier de roi « qui reste une bonne fonction ». Après avoir décrit la crise sociale qui suivit la révolution de la fin de l’Ancien Empire, le souverain expose comment le roi doit agir pour rétablir l’ordre et rendre son lustre à la monarchie. « L’homme violent jette le désordre dans la cité et crée des partis chez les jeunes gens. (...) Si tu rencontres un fauteur de désordre, supprime-le. » Beaucoup plus tard, le Nouvel Empire succéda au Moyen Empire après de nouveaux troubles ayant fait chuter le régime, un interrègne attribué à tort aux envahisseurs asiatiques (qui avaient, au contraire, su rétablir un pharaon), et les mêmes enseignements étaient donnés alors par le pharaon Amnénémès à son jeune fils, cités par Rachet : « Ecoute ce que je te dis maintenant que tu es roi de la terre, maintenant que tu règnes sur les trois régions, afin que tu puisse être meilleur que tes prédécesseurs. Arme-toi contre tous tes subordonnés. Le peuple donne son attention à celui qui le terrorise. Ne t’approche pas seul de lui. » Renverser Pharaon, ce n’est pas seulement balayer un chef de gouvernement mais casser un Etat. A l’époque, Pharaon n’est pas le nom d’un roi, mais le nom de la « maison » royale, c’est-à-dire des fonctionnaires. Ils sont l’œil du pouvoir dans la population et contre elle. Ils s’assurent que les exploités produisent suffisamment. Ils vérifient qu’ils ne complotent pas. Ils démontrent au peuple qu’il est sans cesse surveillé. C’est ce que l’on appellerait aujourd’hui l’appareil d’Etat.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222
– Moins 2260 av J.-C.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire
– Moins 1735 av J.-C. : l’invasion Hyksos ne peut se produire que parce que le peuple se révolte contre l’ordre social et politique…
https://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire
– Moins 1200 av J.-C.
– Moins 1069 avant J.-C.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire
Révolte en moins 215 avant J.-C.
En 215 avant notre ère, Thèbes et la Haute-Égypte se révoltent contre le pouvoir d’Alexandrie. Il faut attendre -186 pour voir le pouvoir ptolémaïque s’imposer de nouveau dans le sud du pays. Cette grande révolte pousse les Lagides à réformer le sud de l’Égypte et à y appliquer l’organisation de la Basse-Égypte.
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte_antique
La grande révolte thébaine est un soulèvement de la Thébaïde à la fin du IIIe siècle av. J.-C. contre l’autorité de la dynastie ptolémaïque contrôlant alors l’Égypte.
Contrairement à d’autres révoltes rapidement réprimées par les Ptolémées, cette révolte se distingue par son maintien sur la durée et sur une grande partie de la Haute-Égypte. La grande révolte thébaine s’illustre également par l’instauration d’un véritable État, basé sur les institutions de Égypte pharaonique, les leaders s’étant d’ailleurs fait couronner pharaon. Après vingt ans d’existence, l’État pharaonique créé durant ce soulèvement est défait par les Ptolémées qui récupèrent le contrôle total de l’Égypte.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_r%C3%A9volte_th%C3%A9baine
La première grève ouvrière connue a eu lieu en 1155 avant J.-C. en Egypte sous le Pharaon Ramsès III
Ce mouvement social se place dans une phase de déstabilisation du régime. Qu’il y ait eu une crise économique, au sens moderne du terme, peut expliquer une partie des événements (Grandet, 1997). Pharaon doit remplacer ses vizirs. L’administration ne fonctionne plus bien. Mais Ramsès se rend responsable de la situation. Un complot visant à l’assassiner, tramé par Tiyi, seconde épouse royale, est même découvert [7]"Le harem n’est pas seulement un lieu de plaisir, mais également un lieu de pouvoir et d’éducation, où les maîtresses rivalisent d’adresse pour étendre leurs privilèges et essayer de placer leurs enfants à des postes importants". http://www.egypte-bd.com. C’est cette idée de décadence qui a conduit les égyptologues à voir dans l’épisode de la conspiration, l’aboutissement inéluctable du long règne de Ramsès III (Grimal, 1998).
Des ouvriers, les « hommes de la tombe », comme on les appelait, obtinrent un accord avec les autorités devant lesquelles ils réclamaient de la nourriture, des boissons et des vêtements, et que leurs réclamations soient portées avec la plus grande urgence devant les hautes hiérarchies de l’État, le Premier ministre (Vizir [9]“Vizir”, bien que ce terme ne soit pas égyptien, il désigne aussi le premier magistrat, tjaty en égyptien, second personnage après le pharaon, dans l’Égypte antique.) et le Pharaon. Selon le Papyrus dénommé de la grève et d’après quelques ostraca trouvés à Deir el-Médineh (gardés dans les musées du Caire, de Berlin et d’autres villes), la grève a commencé le 10 du mois de Péret dans l’année 29 de Ramsès III à cause d’un retard de paiement par le Gouverneur de l’ouest de Thèbes.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1901
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_ouvriers_de_Deir-el-Medineh
Bien sûr, ce ne sont pas des films d’époque…
https://www.youtube.com/watch?v=Gi2i9UxL_t8
https://www.youtube.com/watch?v=1K9svs7N3O8
L’exploitation de l’homme dans l’Egypte antique…
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5117
Révolte copte en 832
En 831, une révolte copte éclate en Haute-Égypte. Le roi de Makurie, Zacharie III Israël en profite pour cesser de payer tribut, mais il doit reprendre les versements à la suite d’une intervention armée du pouvoir de Bagdad. De même, en 854, des affrontements ont lieu entre l’Égypte et les nomades Bedjas.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%89gypte
Révoltes au temps de Napoléon 1er
Napoléon, en emmenant l’armée française en Egypte, a fait un calcul politique très avancé : battre le colonialisme anglais en soulevant une révolution panarabe et islamiste !
https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/napoleon-et-lislam-lanti-croisade/
Comment les Égyptiens vont-ils accueillir l’arrivée des Français dans leur pays ? Pour répondre, il convient d’examiner d’abord ce que Bonaparte va leur offrir. Le premier manifeste adressé au peuple d’Égypte promet :
1) l’élimination du pouvoir des Turco-circassiens qui occupent, exploitent et oppriment le pays,
2) la participation des Egyptiens dans les affaires de leur pays,
3) le respect des traditions religieuses,
4) une amélioration des conditions économiques et sociales.
Voilà un programme qui ne peut que satisfaire les aspirations égyptiennes. Pourtant, dès le début, il y a une contradiction entre les buts réels de la conquête et les promesses. De l’entreprise coloniale, telle qu’elle est définie dans les instructions du Directoire, à l’idéologie révolutionnaire dans ce qu’elle a de généreux, les interprétations prêtent à embarras.
Il n’y a aucun doute que les Égyptiens sont séduits par la perspective d’une libération du joug des mamelouks, mais les réalités de la guerre les inquiètent. Il y a les militaires et il y a l’Institut. Le trait d’union est uniquement le général Bonaparte qui insiste sur son titre officiel de commandant en chef et de membre de l’Institut.
Cet embarras est bien ressenti par Michelet quand il écrit : « La France, à travers ses tragédies internes et son épopée militaire, se complaisait dans l’idée de la libération universelle. C’est en ce moment que le grand enchanteur lui montra l’inconnu, l’Asie, l’Égypte et le réveil d’un monde ».
Confier aux Égyptiens la direction de leurs affaires est une décision politique qui en définitive est la seule possible. Bonaparte s’explique là-dessus en écrivant : « Pour les diriger, nous avons besoin d’avoir des intermédiaires. Nous devons leur donner des chefs, sans quoi ils s’en donneront eux-mêmes ».
Or, une telle promesse prend aussitôt une signification qui engage le commandant en chef, le contraint d’écarter à tout prix la tentation de se substituer à ceux qu’il qualifie d’exploiteurs et d’oppresseurs.
L’élimination des Turco-circassiens signifie l’élimination des non arabes. Les Égyptiens saisissent l’occasion au vol. Et voilà semés les germes d’un nationalisme qui est prêt de dépasser les limites de l’Égypte.
Réveiller chez les Arabes l’idéal de leur grandeur passée c’est agir dans la perspective de la fin de l’empire ottoman. Ainsi s’amorce la première tentative de soulèvement du monde arabe, conçue dans l’intention d’acquérir un soutien pour une initiative de colonisation.
Les contemporains des événements ont-ils mesuré la portée de la révolution qui s’accomplit à leurs yeux ? Pris entre les promesses françaises et la propagande turco-anglaise, écrasés sous le poids d’une guerre qui fait de leur pays un champ de bataille, ils ne voient d’abord dans l’expédition française qu’un cataclysme qui s’abat sur le pays. Ainsi, Djabarti, le chroniqueur de l’époque, représentant type de l’élite musulmane des Ulémas, élevé dans la plus stricte tradition coranique de l’Université millénaire d’Al-Azhar, nous fait des événements le tableau suivant : « L’an mil deux cent treize (de l’Hégire : 1798) est le commencement de grandes batailles, d’événements terribles, de faits désastreux, de calamités épouvantables, en un mot c’est le commencement d’une série de grands malheurs ». Et le pieux cheikh conclut dans un verset coranique : « Le Seigneur n’anéantit point injustement les cités dont les habitants sont justes ».
Mais, une fois qu’il entre dans le détail, Djabarti change d’optique ; aux visions apocalyptiques succèdent des faits qu’il apprécie avec intégrité. Ce membre du Divan à l’époque de Menou est un honnête homme. Il a un tel souci de la vérité qu’il finit par mécontenter tout le monde. Par les Français il est traité de fanatique, par les Turcs il est regardé comme pro-français. Après sa mort, ses chroniques seront censurées par Mohammed-Ali dont il dénonce l’arbitraire ; elles ne verront le jour qu’à la fin du XIXe siècle.
Quelle est la réaction des élites égyptiennes, c’est-à-dire des cheikhs et des fonctionnaires coptes après l’entrée du général Bonaparte au Caire ?
Les cheikhs d’abord. Le commandant en chef les décrit ainsi : « Ils ont des moeurs douces, aiment la justice, sont riches et animés de bons principes de morale. Ce sont les plus honnêtes gens du pays. Ils ne savent pas monter à cheval, n’ont l’habitude d’aucune manoeuvre militaire, sont peu propres à figurer à la tête d’un mouvement armé. Ils ont été le canal dont je me suis servi pour gouverner le pays. J’ai accru leur fortune, je leur ai fait rendre les honneurs militaires ».
Voyons maintenant ces cheikhs à l’oeuvre. Aussitôt entré au Caire, Bonaparte constitue un Divan, composé de cheikhs et de Coptes. Le mot Divan signifie administration, ministère ; en l’occurrence il a, dans la phraséologie turco-arabe, le sens d’un conseil des ministres.
Ce Divan choisit le cheikh Abdallah-Al-Charkawi comme président. Qui est donc Charkawi ? Il est issu d’un milieu fort modeste ; à force de travail et de persévérance, il gravit péniblement tous les échelons qui mènent à la plus grande charge de l’université d’Al-Azhar ; à l’arrivée des Français il est le chef de la vénérable institution. Djabarti, qui ne l’aime pas, nous apprend qu’une fois parvenu à la dignité de cheikh, il s’élance dans une course éperdue aux richesses. Le peuple raille son turban, car il l’agrandit si démesurément que les Cairotes disent ironiquement « grand comme le turban du cheikh ». Le peintre Rigo a reproduit fidèlement ce détail.
A l’arrivée des Français il a dépassé la soixantaine. Bonaparte le comble de faveurs. Mais le président du Divan reste sur la défensive. Un jour, le commandant en chef fait venir les cheikhs ; il sort un instant et revient portant à la main des écharpes tricolores ; il en met une sur l’épaule de Charkawi, celui-ci la rejette brusquement en rougissant de colère et donne sa démission. L’interprète a beau expliquer aux cheikhs réunis que le commandant en chef veut les honorer en leur faisant porter les mêmes insignes que lui, ils lui répondent : « Nous serons déconsidérés devant Dieu et dans le coeur de nos coreligionnaires ».
Pour bien comprendre cette attitude, il faut remonter un peu plus haut, aux débuts de la Révolution. Ce serait une erreur de croire que les événements de France n’avaient pas eu d’échos au Caire. Dès 1790, de violentes divisions déchirent les Français en Egypte. Faisant l’intérim de Mure, consul de France, Butet écrit : « Le fléau de l’insubordination et de la licence a voulu propager ses ravages dans ces Echelles. Ces troubles se concentrent sur l’affaire de la cocarde tricolore et la célébration du 14 juillet ».
Les uns refusent de porter la cocarde ; ceux qui l’acceptent ne veulent pas prendre part au Te Deum dans la chapelle consulaire. Butet tente des compromis ; un banquet réunira tous les Français et l’on boira successivement à la Nation, à la Loy et au Roy. Sa suggestion est repoussée. Ainsi, avant le débarquement de Bonaparte, est propagé un préjugé assimilant le port de la cocarde à une attitude anti-religieuse.
Le commandant en chef en souffrira. Autant le programme nationaliste coloré de romantisme historique paraît séduire, autant sa politique musulmane suscite des réserves. Ainsi, Djabarti ne cache pas son scepticisme quant à la sincérité des intentions pro-musulmanes de Bonaparte. Un autre chroniqueur de l’époque, Nicolas Turk, partage la même opinion : « Bonaparte leur promettait d’embrasser leur religion, de faire construire une mosquée en son nom et de faire tout le bien possible à la religion musulmane. Les Ulémas n’étaient pas séduits par ces paroles. Ce sont des mensonges, disaient-ils, qu’il profère pour s’établir en Egypte ».
Avec une patience à toute épreuve, Bonaparte continue à rechercher l’amitié de Charkawi. Celui-ci la lui rend, mais à sa façon. Il accepte avec empressement la partie nationaliste du programme politique du commandant en chef, mais est sur la réserve pour tout ce qui viserait à une substitution de la domination française à la domination turque. Charkawi montre pourtant une grande confiance dans les promesses de Bonaparte. Jamais, comme en Égypte, ce dernier ne fera preuve d’autant de bonne volonté. Il accueille les membres du Divan avec le sourire, s’asseoit au milieu d’eux sur des tapis étendus à terre. Pendant des heures il discute avec eux, dans un langage fleuri entrecoupé de citations coraniques.
Charkawi et ses collègues sont fascinés par ces égards auxquels depuis de longs siècles, les Egyptiens ne sont plus habitués. Ils offrent au commandant en chef banquet sur banquet. Bonaparte qui n’a jamais supporté que des repas pris à la hâte, s’impose l’épreuve d’interminables dîners. Plats de viande, de poisson, de légumes, de volailles, de douceurs orientales se succèdent des heures durant. Mais si le Divan est séduit, dans la cour de l’université millénaire, cheikhs, Ulémas et étudiants murmurent. Ils ne sont pas loin de traiter leur chef de « renégat qui veut avilir l’âme musulmane en se laissant gagner par de l’argent ».
En dépit du premier soulèvement du Caire, les rapports restent amicaux entre le Divan bientôt rétabli et le général Bonaparte. Ce n’est qu’après son départ que le climat changera brutalement. Aux liens personnels succèdent des rapports dérivés uniquement des froides réalités de la guerre. Avec Kléber, il n’est plus question d’exotisme romantique. Charkawi devient suspect ; ses collègues sont accusés de duplicité.
Sa carrière ne souffrira pas du départ des Français. Bien au contraire, sa position auprès des Turcs, plus tard de Mohammed-Ali, en sortira renforcée. L’armée française ayant détruit la puissance militaire des mamelouks, Charkawi et ses collègues sont alors la seule autorité politique susceptible de tenir le pays. La promesse du général Bonaparte de confier aux Egyptiens les affaires de leur pays devient une réalité, mais après le départ des Français. De l’échec militaire de la Campagne d’Egypte naît le succès du programme politique. Bientôt les cheikhs de l’ancien Divan imposeront à l’empire ottoman la nomination de Mohammed-Ali. L’Egypte gravit lentement depuis lors le douloureux chemin qui va la mener à l’indépendance.
Charkawi meurt en 1812. Décrivant ses funérailles, Djabarti note ironiquement : « on mit sur sa tombe un turban encore plus grand que celui qu’il portait pendant sa vie : étoffe de coton vert entourée d’un chale de cachemire rouge ». Le tableau peint par Rigo a donné au turban du cheikh une couleur blanche.
Le cheikh Aboul-Anouar Al-Sadate. Si Charkawi sort d’un milieu modeste, Sadate, lui, appartient à la bourgeoisie aisée. Le personnage est fier et Bonaparte l’entoure de grands égards. Mais Sadate est sur la réserve. A un dîner qu’il offre au commandant en chef, celui-ci lui demande : « pourquoi les Arabes qui avaient cultivé jadis les sciences et les arts, sont-ils aujourd’hui dans une si profonde ignorance ? » Sadate se sent blessé par cette brutale question. « Il leur reste le Coran, ce Livre contient toutes les vérités », répond Sadate. Bonaparte agacé rétorque : « Enseigne-t-il à fondre le canon ? ».
Après le départ de Bonaparte, Sadate devient suspect aux autorités françaises. On l’accuse d’avoir encouragé l’insurrection du Caire. Rien n’est plus injuste ; bien au contraire, on peut mesurer l’honnêteté du personnage par le fait suivant : un messager turc vient lui demander de soutenir le soulèvement contre les Français, après le retrait des troupes ottomanes du Caire ; voici la réponse de Sadate, telle qu’elle est rapportée par Djabarti :
« Tu as violé la parole en obéissant à de vils tyrans et en t’associant à leurs forfaits. La licence de vos soldats était sans bornes. Pour eux la guerre est le pillage ou les amusements dans les lieux prohibés. A cause d’eux les Musulmans sont accablés de tous les maux, la ruine, la famine, l’incendie, la mort du commerce. Quel échec pour votre armée ! mais il n’en pouvait être autrement, car les chefs mêmes de cette armée disputaient aux artisans le fruit de leur travail, aux ouvriers leurs salaires, aux petits marchands leurs biens. La ville jouissait de la paix et de la sécurité, vous y avez introduit le feu de l’insurrection. Puis vous vous êtes sauvés comme des souris poursuivies par un chat, laissant le pauvre peuple à la merci des vainqueurs » !
Voilà bien un langage nouveau ! Ce rejet de l’arbitraire tel qu’il est formulé dans cette lettre est, en fait, le rejet de tout le système qui sévissait avant l’arrivée des Français.
Reproduisant cette lettre, Djabarti établit des parallèles entre deux styles de gouvernement. Il souligne que les Français refusent de faire usage de la corvée ; qu’ils paient les ouvriers qu’ils embauchent. Mais ce qui surtout le remplit d’admiration est l’application de la loi pour tous.
Le jour où un soldat français coupable de pillage et de violence a été exécuté, une véritable révolution s’est opérée dans les esprits. Le châtiment pouvait donc s’abattre sans discrimination, même quand il s’agit de la caste militaire conquérante. Cette innovation était impensable sous le régime turc et elle ressort de la lettre de Sadate de façon très claire.
Sadate ne se retirera des affaires qu’en 1817, après avoir désigné son successeur pour lui succéder à la tête de la secte des Nobles. Il mourra peu après.
La suite :
Napoléon 1er mise sur la révolte des Egyptiens contre les occupants mamelouks mais Le Caire se révolte aussi contre l’occupation française…
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_du_Caire
La révolte Urabi est un soulèvement nationaliste en Égypte de 1879 à 1882.
Ahmed Urabi, un officier de l’armée natif non européen, s’élève dans l’armée au rang de colonel. En raison de son éducation paysanne et de sa formation traditionnelle, il en vient à être considéré par beaucoup comme la voix authentique du peuple égyptien. Pour eux, il représente une population paysanne frustrée par les étrangers exonérés d’impôts et les riches propriétaires locaux. Urabi impose le respect et le soutien non seulement de la paysannerie, mais aussi d’une grande partie de l’armée égyptienne.
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_%CA%BBUrabi
Révoltes et révolutions sous les occupations romaine et byzantine
Les émeutes antijuives d’Alexandrie ont eu lieu à Alexandrie, dans la province romaine d’Égypte, en 38 apr. J.-C.
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_antijuives_d%27Alexandrie
La « guerre de Kitos ou révolte des exilés » (115-117), qui avait pris naissance dans l’Empire parthe, s’étend rapidement à toutes les grandes cités du pourtour méditerranéen où résident d’importantes colonies juives. Paysans grecs et égyptiens prennent alors les armes contre les Juifs dont la communauté d’Alexandrie est presque complètement anéantie
Le successeur de Trajan, Hadrien (r. 117 – 138), doit faire face à une révolte promptement supprimée en 122.
Pendant que la peste antonine ravage le pays (165 à 180), une révolte de la population égyptienne qui avait débuté en 171 n’est écrasée qu’en 175 par le gouverneur de la Syrie romaine voisine, Avidius Cassius, lui-même fils d’un ancien préfet d’Égypte, lequel se hâte de se faire proclamer empereur par ses troupes alors que se répand la rumeur de la mort de l’empereur Marc Aurèle (r. 161 – 180). Déclaré « ennemi public » par le Sénat de Rome, Avidius Cassius s’apprête à faire face aux forces rassemblés par l’empereur lorsqu’il est tué par l’un de ses propres soldats.
Avec l’assassinat de Caracalla, c’est un Berbère venant de Maurétanie césarienne (aujourd’hui l’Algérie), Macrin (r. 217 - 218), qui monte sur le trône. Premier empereur à être issu de la classe équestre, il rompt avec la tradition, et probablement pour se concilier le Sénat, nomme à la fois un nouveau praefectus Aegypti ainsi qu’un sénateur pour gouverner l’Égypte. Sitôt Macrin et son fils Diaduménien renversés, la population d’Alexandrie se révolte, tue le sénateur et évince le préfet.
En août 262, Alexandrie est la proie d’une guerre civile entre les partisans d’Aemilianus et de Gallien, combats qui voient la disparition des deux-tiers de la population de la ville.
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte_romaine_et_byzantine
Révolte de l’Egypte sous Dioclétien
https://www.persee.fr/doc/mefr_0223-4874_1938_num_55_1_7286
Révolutions égyptiennes sous les Lagides
Révolution populaire dite « du wafd » en 1919
La révolution égyptienne éclata en mars 1919 après que les Britanniques eurent arrêté Sa’d Zaghloul, le chef du parti Wafd, le principal parti nationaliste égyptien, et plusieurs autres wafdistes. Ils furent ensuite déportés à Malte. L’exil de ces dirigeants populaires provoqua des manifestations étudiantes qui dégénérèrent rapidement en grèves massives d’étudiants, de fonctionnaires, de professionnels, de femmes et de travailleurs des transports. Le mécontentement nationaliste avait été alimenté par le protectorat établi par les Britanniques au début de la guerre, les pénuries de produits de première nécessité, l’augmentation des prix, la conscription forcée des paysans comme ouvriers militaires et la présence d’un grand nombre de soldats occidentaux en Égypte.
Le Wafd était le principal parti politique égyptien depuis sa création en 1918 jusqu’à la révolution militaire de 1952. À l’automne 1918, peu avant la fin de la Première Guerre mondiale, une délégation, ou Wafd, de nationalistes égyptiens, dirigée par Saad Zaghloul, rencontra Reginald Wingate, le haut-commissaire britannique, pour discuter de l’avenir de l’Égypte. Au cours de la réunion, les délégués exigèrent l’indépendance complète (Istiqlal Tam). Wingate informa les délégués que la question serait soumise aux autorités de Londres et, dans sa correspondance avec le ministère des Affaires étrangères, il recommanda la tenue de négociations. Cependant, le ministère des Affaires étrangères était occupé par des questions plus urgentes concernant l’Allemagne et ce qui devait être fait en Europe après la guerre, et le gouvernement n’était pas disposé à abandonner son contrôle sur le canal de Suez.
Les demandes du Wafd furent catégoriquement rejetées et les délégués se virent refuser l’autorisation d’assister à la Conférence de paix de Paris. Lorsque Zaghloul et d’autres furent arrêtés et déportés au printemps 1919, des manifestations éclatèrent dans tout le pays. Une révolution massive à grande échelle en résulta, les Égyptiens de toutes les classes, des deux sexes, de toutes les religions et de toutes les professions se joignant à des grèves, des boycotts et des manifestations exigeant l’indépendance et la libération des dirigeants du Wafd.
Des centaines de personnes furent tuées et les Britanniques furent obligés d’envoyer des renforts de troupes pour réprimer la révolte.
https://kiosquedz.net/fr/2025/03/26/le-wafd-et-la-revolution-egyptienne/
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_%C3%A9gyptienne_de_1919
De 1919 à 1952...
https://www.marxists.org/francais/baer/works/1952/01/egypte.htm
Révoltes et révolutions au temps de Farouk et de Nasser
La domination colonialiste de l’Angleterre (et même de la France) sur l’Egypte et la dictature corrompue sont, avec la grande misère du peuple face à la richesse de la haute société multinationale qui vit au Caire et à Alexandrie, la cause d’une grande révolte populaire dont vont profiter Nasser et les « officiers libres ». Mais ces derniers vont accéder au pouvoir en prenant bien garde de ne le faire que par des coups d’état et en arrêtant la révolution et en emprisonnant les militants ouvriers et communistes (les staliniens vont aussi en prison bien qu’ils ont soutenu le coup d’état militaire, jetant à la poubelle leur costume communiste, mais les trotskistes eux aussi sont arrêtés, souvent donnés à la police par leurs annemis staliniens).
Nasser a supprimé la dictature royale et la mainmise coloniale anglaise mais il a confisqué une révolution prolétarienne et communiste qui montait.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1758
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article450
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4530
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1760
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1607
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1759
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5633
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1761
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1907
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article206
https://www.marxists.org/francais/baer/works/1952/08/egypte.htm
https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_1952_en_%C3%89gypte
https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%89gypte_depuis_1952
Révoltes et révolutions en 1968
La situation de l’Egypte devient très dangereuse pour le régime de Nasser avec la vague gauchiste mondiale de 1968 et plus encore du fait de la défaite cuisante de l’armée égyptienne face à Israël lors de la guerre des six jours…
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5034
Le Caire, février 1968. La ville sort de trois jours d’affrontements avec la police, entre pavés et gaz lacrymogènes, après l’occupation de l’Institut Polytechnique par des étudiants. La vague de protestation a commencé quelques jours plus tôt, après que des ouvriers d’Helwan aient occupé un poste de police près du siège du parti de Nasser. Malgré la répression, les étudiants de l’Université du Caire les rejoignent dans plusieurs manifestations devant les bureaux d’Al-Ahram, le palais présidentiel ou encore l’Assemblée Nationale.
Quelques années après la Révolution de 1952, l’esprit de révolte est encore présent en Egypte, mais les protestations de 1968 sont d’abord la conséquence de la défaite de 1967. Contraint de lâcher du lest face à Israël, Nasser est vivement critiqué. En février 1968, les traîtres militaires de 67 sont jugés condamnés à des peines très indulgentes ; c’est l’étincelle qui déclenche le mouvement.
Nasser accède aux demandes des étudiants et augmente les salaires, tout en prononçant quelques discours à la gloire des luttes du peuple palestinien. Il parvient ainsi à maintenir le calme jusqu’en décembre 68, où une incursion de l’armée de l’air israélienne entraîne une coupure d’électricité dans tout le sud de l’Egypte. Les soulèvements reprennent et l’URSS fournit l’armée égyptienne en dispositifs anti-émeutes. A Alexandrie, les étudiants occupent l’université et kidnappent le gouverneur pour obtenir la libération de leurs camarades arrêtés.
https://lepetitjournal.com/le-caire/actualites/societe-mai-68-vu-degypte-8721
Les manifestations de 1968 en Égypte ont donné lieu à des grèves générales et à des protestations contre le gouvernement de Gamal Abdel Nasser, exigeant la fin de la corruption. Le 9 juin 1967, Nasser avait démissionné après la défaite de l’Égypte face à Israël lors de la guerre des Six Jours. Le lendemain, des centaines de milliers de ses partisans se sont ralliés à lui pour qu’il reste au pouvoir. Les manifestations ont débuté à Helwan en février 1968 et se sont rapidement propagées à tout le pays. Les troubles ont duré jusqu’en mars, date à laquelle l’armée les a réprimés.
https://en.wikipedia.org/wiki/1968_protests_in_Egypt
Révoltes et révolutions en Egypte dans les années 2000
En 2011, le « printemps arabe » qui va parcourir le monde commence notamment en Egypte…
Mais, en fait, il a démarré dans ce pays bien avant 2011 sur le terrain social et même prolétarien…
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_%C3%A9gyptienne_de_2011
Lutte des classes en Egypte en 2006-2009 - C’est la classe ouvrière qui a commencé à ébranler le régime et c’est elle qui peut le remplacer au pouvoir…
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1900
Le 6 avril 2008, des manifestations avaient dégénéré en affrontements dans la cité industrielle de Mahalla al-Kobra, un foyer de la contestation sociale situé dans le delta du Nil, faisant trois morts et des dizaines de blessés. Plus de 300 personnes avaient été arrêtées.
Elles étaient intervenues dans un climat de forte tension en raison d’une flambée des prix et d’une crise du pain subventionné, les ouvriers de l’usine textile de Mahalla réclamant une augmentation des salaires et d’autres mesures pour combattre la cherté de la vie.
La majorité des condamnés sont ainsi des ouvriers de ce secteur, âgés de 30 à 40 ans, a précisé le responsable de la sécurité.
En 2006, la même usine avait été le point de départ d’un grand mouvement de contestation qui avait gagné le secteur textile public, le second au sein de l’industrie égyptienne, concentré dans le nord du pays.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article834
Avril 2008 : les ouvriers égyptiens et la population défient le régime de Moubarak…
Les travailleurs de l’usine de textile Ghazl El-ahalla en Égypte on organisé une manifestation de masse dimanche dernier (17 février 2008), appelant à la fin du régime, appuyé par les USA, de Hosni Moubarak.
L’usine de textile est la plus grande du Moyen-Orient. Ses 27 000 -travailleurs ont joué un rôle déterminant pour amener le régime à des concessions économiques.
Les travailleurs sont sortis en masse de leur usine de chantant : "À bas, à bas Moubarak ! Ton régime, c’est la merde ! ". Tandis qu’ils se répandaient dans cette ville du Delta du Nil ville, ils ont été rejoints par environ 10 000 habitants.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article315
Répression policière en 2006
Au cours de ces trois dernières années, l’Egypte a connu une puissante vague de grèves, visant principalement à lutter contre la privatisation, par le gouvernement Moubarak, de plusieurs compagnies d’Etat. Toutes ces grèves sont « illégales ». Fin 2004, elles ont d’abord affecté le secteur textile, puis se sont étendues à d’autres industries, les salariés ayant été encouragés par le fait que la plupart de ces grèves se soldent par des victoires. Elles sont souvent accompagnées d’occupations. Depuis la fin de l’année 2006, cette vague de grèves a atteint un niveau particulièrement élevé. Comme à son habitude, le gouvernement tente de trouver un bouc-émissaire. Dans un certain nombre de villes, il a pris des mesures contre le Centre de Services pour les Syndicats et les Ouvriers (CTUWS). Le CTUWS est une structure indépendante du gouvernement, qui défend les travailleurs et les informe de leurs droits. Un article publié dans Al-Ahram, un hebdomadaire anglophone publié en Egypte, prétend qu’un « complot communiste » est derrière ce mouvement. Les bureaucrates du gouvernement, la police et les tortionnaires des services secrets souscrivent tous à cette théorie du complot. Ils accusent également les Islamistes. Pour eux, il n’est pas imaginable que des ouvriers puissent avoir d’authentiques revendications, et que la dégradation de leurs conditions de vie les pousse à se mobiliser. Il doit forcément y avoir un conspirateur secret, un agitateur communiste ou islamiste derrière tout cela ! Cependant, pour quiconque regarde les choses en face, les racines du mouvement actuel sont évidentes. La majeure partie de l’industrie égyptienne avait été nationalisée par Nasser, dans les années 60. Mais au cours des années 90, le gouvernement Moubarak, suivant les « conseils » du FMI, a mis en œuvre un programme de privatisation massive de l’industrie égyptienne. Depuis 1999, plus de 100 entreprises publiques ont été vendues. L’un des secteurs les plus touchés fut l’industrie textile : le secteur privé contrôle 58 % du filage du coton, contre 8 % avant les privatisations. Récemment, le gouvernement a lancé une deuxième vague de privatisations, qui fut la cause directe de l’actuel mouvement de grèves. Les ouvriers craignent de perdre leur statut de travailleurs du secteur public, avec les avantages et la sécurité d’emploi qui y sont associés. Le site internet du Middle East Report Online (MERIP) a publié un compte-rendu très intéressant d’une grève qui a éclaté, en décembre 2006, dans une importante entreprise textile, à Mahallah Al-Kubra, dans le delta du Nil. La grève a commencé lorsque les 24 000 ouvriers ont appris qu’une prime, qui leur avait été promise par le gouvernement, ne leur serait finalement pas payée. La grève a duré quatre jours et fut accompagnée d’une occupation de l’usine. Quand la police est intervenue, le deuxième jour du mouvement, les ouvriers en appelèrent à la solidarité des autres ouvriers et de la population de la localité. En réponse, 20 000 personnes encerclèrent l’entreprise pour défendre les grévistes. La police a du battre en retraite, et les grévistes l’emportèrent. Il est intéressant de noter le rôle crucial qu’ont joué les femmes, dans cette grève. De fait, elles ont été encore plus militantes que les hommes. La grève a commencé lorsque 3000 ouvrières ont quitté leur poste et parcouru l’usine en chantant : « Où sont les hommes ? Voici les femmes ! » Un témoin relate : « les femmes étaient encore plus déterminées que les hommes. Elles ont été l’objet d’intimidations et de menaces, mais elles ont tenu bon. » Lorsqu’un mouvement mobilise les couches les plus opprimées – et habituellement les plus passives –, c’est un indice clair de sa profondeur et de son caractère potentiellement révolutionnaire. La victoire des grévistes de Mahallah a encouragé d’autres ouvriers à passer à l’action. Dans les mois qui ont suivi, des dizaines de milliers d’ouvriers du textile se sont mobilisés, dans le delta du Nil et à Alexandrie. Cette magnifique grève eut également des répercussions dans d’autres secteurs industriels que le textile, malgré l’absence d’une véritable coordination. En décembre, les travailleurs de cimenteries, à Helwan et Tura, se mirent en grève, de même que les salariés de l’industrie automobile, à Mahallah. En janvier, ce fut le tour des cheminots, qui bloquèrent le train de première classe reliant le Caire à Alexandrie, et furent spontanément soutenus par les conducteurs du métro du Caire. Les grévistes expliquèrent qu’ils avaient été encouragés par la victoire des travailleurs de Mahallah. Des « grèves sauvages » ont également éclaté chez les éboueurs, les conducteurs de minibus et de camions, ainsi que dans d’autres secteurs de la fonction publique. Les grévistes ont protesté contre l’accusation du gouvernement selon laquelle les islamistes étaient derrière leur mouvement. Les ouvriers d’une usine, à Kafr EL-Dawwar, « ont énergiquement nié toute implication des Frères Musulmans », selon le compte-rendu du MERIP. Mais l’une des caractéristiques les plus intéressantes de ces mouvements réside dans le fait que les ouvriers se rendent compte qu’ils ne luttent pas seulement pour des revendications immédiates, mais aussi, plus généralement, contre la politique du gouvernement. C’est probablement pour cette raison que, dans plusieurs endroits – y compris à Mahallah –, les travailleurs s’efforcent de construire leurs propres organisations indépendantes, défiant les « syndicats » affiliés à l’Etat. Le MERIP rapporte : « Il y a des signes clairs indiquant que les militants ouvriers du textile travaillent à l’élaboration d’un système de coordination nationale de leurs luttes. Un mois après la victoire de la grève à Kafr Al-Dawwar, un texte signé par les Ouvriers de Kafr Al-Dawwar pour un Changement a été distribué, dans l’usine, et en appelait à " l’extension de la collaboration entre les ouvriers des entreprises qui ont fait grève, de façon à créer des liens de solidarité et de partager notre expérience " ». Voilà ce qui inquiète le plus le gouvernement. C’est pour cela que, tout en faisant des concessions aux revendications des grévistes, il s’attaque à toute organisation susceptible de faciliter la coordination de l’action des travailleurs. Les bureaux du CTUWS, à Najaa Hamadi et Mahalah, ont été fermés, et la police a arrêté des militants ouvriers dans tout le pays. L’image générale qui émerge de ces conflits est celle d’une classe ouvrière en plein essor, qui gagne en confiance et commence à tirer de sérieuses conclusions politiques. Selon Saber Barakat, du Comité de Coordination des Ouvriers, « l’Egypte est au seuil d’une situation révolutionnaire. Le régime est affaibli. Moubarak est occupé à organiser sa succession au profit de son fils, Gamal, mais pour la première fois depuis longtemps, nous pouvons dire avec confiance qu’une révolution ouvrière pointe à l’horizon. » Y. Malek
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article164
Avril 2008. "De cette révolte du pain pourrait naître une révolution"
Dimanche, dans une ville du nord-est de l’Egypte, ce qui devait n’être qu’une simple grève de travailleurs a tourné à l’émeute, causant la mort d’une personne et provoquant au moins 150 arrestations. Un témoin de ces incidents et un membre des Frères musulmans égyptiens commentent ce que les médias ont déjà surnommé "la révolte du pain".
Tout est parti d’un préavis de grève, lancé par des ouvriers de Mahalla el-Kobra, pour demander l’augmentation du salaire minimum - actuellement de 115 livres égyptiennes (environ 15 euros). La grève n’a finalement pas eu lieu, mais elle a mis sous tension une population déjà exaspérée par la vie chère. Les émeutes ont éclaté ce dimanche. Elles se sont calmées aujourd’hui, mais semblent pouvoir reprendre à tout moment.
"C’est de ce type de révolte populaire que peut naître une révolution"
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article794
Avant 2011, l’Egypte ouvrière a déjà initié l’auto-organisation…
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1886
Déploiements policiers massifs, gaz lacrymogènes, bastonnades, arrestations : dimanche 6 avril, la "Journée de colère" doublée d’une grève générale…
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1606
En Egypte, en 2008, ce sont les ouvriers du textile qui lançaient pour la première fois des mouvements de révolte contre la dictature via internet...
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6948
La révolution contre la dictature de Moubarak
25 janvier 2011. Journée de révolte en Egypte : le commencement de la fin pour Moubarak ? Environ 15.000 personnes ont défilé mardi dans les rues du Caire où la police a tiré des gaz lacrymogènes. D’autres rassemblements ont eu lieu dans tout le pays.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1875
29 janvier 2011. Il y a le feu à la maison Moubarak…
Moubarak déclare : "J’ai pleinement conscience des aspirations légitimes du peuple et je connais bien l’ampleur de leurs préoccupations et de leurs souffrances. (... ) La jeunesse d’Egypte est son atout le plus précieux." Mais selon lui, "la frontière est mince entre la liberté et le chaos, et je penche pour la liberté des gens à exprimer leurs opinions autant que je tiens à la nécessité de maintenir la sécurité et la stabilité de l’Egypte".
Des propos qui n’ont pas suffit à calmer les rues du Caire, où soldats et habitants continuaient d’arpenter les rues après la forte mobilisation et les troubles de la journée.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1882
30 janvier 2011. L’anarchie règne sur Le Caire après des manifestations meurtrières
Des soldats faisant des "V" de la victoire à l’adresse des manifestants, des scènes de pillages, des blessés qui affluent dans les hôpitaux : l’anarchie régnait vendredi soir dans la capitale égyptienne après une journée de manifestations meurtrières.
Quelques heures après l’imposition d’un couvre-feu par le président égyptien Hosni Moubarak, des camions militaires circulaient dans le centre-ville du Caire, près de la place de l’Opéra, et des militaires faisaient des "V" de la victoire à la population, recueillant des applaudissements.
Des manifestants sont même montés sur des chars avec des militaires, et des policiers ont serré la main de manifestants, a constaté un journaliste de l’AFP.
"Nous ne voulons plus de Moubarak, nous ne voulons plus de ce gouvernement. Mais nous aimons l’armée, les Egyptiens aiment leur armée", a déclaré Ehab Aley, un jeune manifestant, dont les propos ont reçu l’assentiment des jeunes aux alentours.
"Nous ne savons pas encore de quel côté est l’armée (. . . )", a ajouté un autre manifestant qui marchait avec des milliers d’autres dans le quartier Dokki deux heures après l’imposition du couvre-feu à 18H00 (16H00 GMT).
L’armée a bouclé le centre du Caire avec des chars d’assaut. "L’armée doit choisir entre l’Egypte et Moubarak", pouvait-on lire sur une grande banderole déployée dans le centre-ville.
https://matierevolution.fr/spip.php?article1885
Le 1er février 2011, date clef, l’Egypte populaire s’est soulevée contre Moubarak, le pouvoir et l’impérialisme sont débordés... Le peuple travailleur doit dicter sa loi et s’organiser dans ce but !!!
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1892
Egypte : la révolte sociale doit libérer les soldats pour gagner... L’armée du côté du peuple, c’est l’organisation des soldats indépendante des officiers !!!
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1891
Soldats, cessez d’obéir à un pouvoir assassin !
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1885
Egypte : La dernière manoeuvre sanglante du pharaon... Le régime manipule des faux manifestants "pro-Moubarak", des policiers en civil ont chargé les manifestants à coups de bâton et de couteau, ou à cheval et à dos de dromadaire. Ce sont des assassins policiers et forces spéciales en civil qui attaquent violemment les manifestants.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1896
En Egypte, le pouvoir fabrique le chaos et se présente comme la seule garantie face au chaos ! Une seule issue : casser l’unité de l’armée, entraîner les soldats avec le peuple travailleur, organisés tous les deux en comités populaires.
Le pouvoir a lâché ses assassins contre le peuple révolté, mensongèrement appelés "manifestants pro-Moubarak comme si des manifestants vont arriver tous en même temps avec la même fabrique de drapeaux, avec les mêmes armes, des machettes et des grenades lacrymogènes (où de simples citoyens auraient pris ces armes ?) et il nous joue la comédie selon laquelle il est en train d’essayer de séparer les combattants..... !
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1899
Les flammes de la colère se répandent à travers toute l’Egypte, et rien ne peut les arrêter. Le sort du régime de Moubarak est en jeu. La seule perspective : gouvernement ouvrier en Egypte !
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1902
C’est une crise sociale qui traverse le Maghreb et le monde arabe et elle ne va pas être résolue seulement en changeant quelques têtes gouvernantes. il faut un changement social radical. Seuls les travailleurs et les jeunes peuvent, en s’unissant aux soldats, offrir une issue ... le pouvoir aux travailleurs !!!!
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1903
Egypte : le maréchal Tantaoui, nouveau pharaon d’Egypte, prétend interdire les grèves ouvrières mais l’Egypte entière est en train de se mettre en grève. Il veut manipuler les soldats contre le peuple travailleur et il faut que les soldats, eux aussi, entrent en grève...
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1929
La révolution "tunisienne" atteint l’Egypte. Le régime de Moubarak vascille. Faisons le chuter !!! Dehors les généraux assassins !!! Dehors les exploiteurs !!! Dehors le dictateur et dehors l’impérialisme !!!!
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1926
Egypte : multiplication des grèves ouvrières dans la foulée des manifestations contre Moubarak. La classe ouvrière donne un tour nouveau à la lutte. La première grève de six mille travailleurs du canal de Suez a notamment commencé... et tous les secteurs sont concernés : Textile, Tourisme, Santé, Employés, Ouvriers agricoles, Aéroport du Caire, Télécommunications, journalistes, etc... Le prolétariat est en marche. Nul ne peut dire jusqu’où il va aller....
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1918
Mobilisation monstre en Egypte le mardi 8 février 2011. Cet après-midi, des dizaines de milliers de manifestants étaient de nouveau rassemblés place Tahrir ("Libération"). Cette place du centre du Caire est devenue l’épicentre d’un mouvement de contestation sans précédent qui réclame le départ du président Moubarak. La révolte populaire entre dans sa troisième semaine.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1916
La mobilisation populaire dirige fermement Moubarak vers la sortie, qu’il le veuille ou pas... Dehors le dictateur mais surtout dehors la dictature !
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1910
Ce qui est en jeu, ce n’est pas le sort du seul dictateur qu’il s’appelle Moubarak ou Ben Ali qui importe, c’est celui de la domination des classes dirigeantes sur l’Egypte, le monde arabe, le Maghreb et même le monde...
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1912
Le prolétariat d’Egypte a fait chuter Pharaon Moubarak - Lui seul peut en finir avec le système - Ce n’est qu’un début, le combat continue...
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1925
Première victoire de la révolution en Egypte. Mensonges, mythes, calomnies et pièges sur la révolution qui a dégagé Moubarak. Rire, pleurer mais aussi comprendre...
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1922
Moubarak est dégagé mais la révolution ne fait que commencer !!!! Moubarak a quitté Le Caire avec sa famille et il a quitté le pouvoir. C’est une grande victoire mais rien n’est réglé. L’armée est toujours au pouvoir ainsi que les exploiteurs. L’Egypte est à la frontière entre une révolution sociale s’attaquant aux classes dirigeantes et détruisant l’Etat dictatorial de la bourgeoisie et une contre-révolution sanglante de l’armée... On ne peut pas rester longtemps devant un tel abime...
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1921
Les grèves ouvrières face au pouvoir militaire !
Grève partout ...
Des grèves ont éclaté dans toutes les branches de l’industrie : chez les travailleurs des télécom, les mécaniciens du secteur ferroviaire, dans les arsenaux de Port-Saïd, et aussi grèves de plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers d’usines de charbon, de coton, de textile, de médicaments, de ciment, etc.
L’armée égyptienne, aux commandes du pays depuis que le président Hosni Moubarak a démissionné et lui a remis le pouvoir, a appelé lundi citoyens et syndicats à cesser les grèves, au moment où les mouvements sociaux prenaient de l’ampleur.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1929
Dehors Maréchal Tataoui ! Dehors le Pharaon ! L’armée dehors du pouvoir !! Le pouvoir au peuple ! Dégage ! Dégage !!!
« Le peuple veut la chute du Moushir [maréchal] ! » entonnaient hier matin quelques centaines d’entre eux, visant directement le maréchal Tantawi, à la tête du conseil militaire et pendant vingt ans ministre de la Défense sous Moubarak. D’autres pointaient du doigt les policiers. « Ils emploient les mêmes méthodes que sous Moubarak. "Le régime militaire est mort, est mort", crient les manifestants. "Liberté, liberté !" entend-on aussi. "Dégage !", "Que tombe le gouvernement des militaires !", "Révolution, révolution, jusqu’à la victoire !" et "Ni Tantawi, ni Ganzouri !".
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2152
Egypte : à bas le pouvoir militaire ! A bas la répression ! Tout le pouvoir au peuple travailleur !
L’armée a chargé samedi à la matraque des manifestants sur la place Tahrir du Caire au lendemain de graves violences qui ont fait neuf morts et plus de 300 blessés en plein processus électoral en Egypte.
Ces violences montrent que la tension ne retombe dans le pays arabe le plus peuplé, dix mois après la chute de Hosni Moubarak.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2181
Août 2017. Des milliers de travailleurs du textile en Égypte font grève pour des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail en défiant la dictature brutale du général Abdel Fatah al-Sissi qui est soutenue par l’Occident.
Jeudi, le site d’information Middle East Eye a rapporté qu’au moins 16 000 travailleurs sont impliqués dans le débrayage à l’usine Misr Spinning and Weaving Company (MSWC), la plus importante usine textile d’Égypte qui est située dans la ville de Mahalla al-Kubra, dans le Delta du Nil. MSWC emploi au total plus de 25 000 travailleurs.
Six mille travailleurs ont débrayé le 5 août pour exiger une augmentation des salaires et des avantages sociaux ainsi que le versement de primes dues. Le 8 août, 10 000 travailleurs supplémentaires rejoignaient la grève en refusant de reprendre le travail après que la direction ait rencontré des représentants des travailleurs et offert une hausse de 10 pour cent du salaire de base. Les travailleurs ont rejeté cette offre et ont déclaré ne mettre fin à la grève que si leurs revendications, qui incluent également une augmentation de leur participation aux bénéfices de la société, une augmentation de la contribution alimentaire et des changements dans la politique de promotion au sein de l’entreprise, étaient respectées.
Un des travailleurs en grève, qui a parlé sous couvert de l’anonymat au journal en ligne égyptien Mada Masr, a signalé que la grève s’était étendue dans toute l’entreprise, dont huit filatures, sept usines de fabrication de vêtements, une usine de filage de laine, un atelier, 11 usines de textile, ainsi que les services en charge du parc de véhicules, de l’électricité et de l’eau.
Lors d’un entretien avec le quotidien égyptien Al Ahram, Faisal Loksha, un dirigeant de la grève, a décrit la grève comme une « dernière escalade ». Il a dit : « Au cours de ces dernières semaines, nous avons organisé à l’intérieur de l’usine, en dehors des heures de travail, des rassemblements de courte durée pour exiger ces augmentations. Nos demandes n’ayant pas été respectées, nous avons décidé de faire une grève totale à l’usine. »
Mahalla al-Kubra est un centre historique de la lutte ouvrière en Égypte. Les travailleurs de MSWC avaient organisé en 2006 et en 2008 des grèves massives contre le régime de l’ancien dictateur Hosni Moubarak en jouant un rôle clé dans les luttes révolutionnaires de masse en 2011 qui ont fait chuter Moubarak. En décembre 2012, en plein milieu de l’opposition croissante de la classe ouvrière au président islamiste Mohamed Morsi, les travailleurs et les étudiants de Mahalla s’étaient déclarés « indépendants » de ce qu’ils ont appelé « l’État des Frères musulmans » de Morsi.
L’actuelle grève à Mahalla reflète l’opposition croissante de la classe ouvrière à la dictature militaire contre-révolutionnaire d’al-Sissi qui, depuis le coup d’État militaire de juillet 2013 contre Morsi, a tué et emprisonné des dizaines de milliers d’opposants politiques et s’apprête maintenant à perpétrer une attaque généralisée contre la classe ouvrière. Le 22 mai, les forces de sécurité avaient violemment dispersé une grève sur le tas à l’usine de ciment Tourah Cement Company au sud du Caire. 32 travailleurs de cette usine privée furent emprisonnés pour avoir exigé des contrats à temps plein.
https://matierevolution.fr/spip.php?breve610
A un an du début de la révolution, alors que Moubarak est jugé pour ses violences contre le peuple, la répression violente est toujours exercée par le pouvoir militaire qui lui a succédé. Le pouvoir tue plus que jamais les révoltés d’Egypte...
L’armée cherche aujourd’hui à s’attribuer le mérite d’avoir renversé Moubarak alors qu’elle ne pouvait à l’époque réprimer sans prendre le risque d’une révolte des soldats et d’une révolution prolétarienne dans les entreprises. C’est mensonger de prétendre que la hiérarchie militaire ait pris le parti des manifestants ! Ils ont fait la part des choses : plutôt lâcher Moubarak pour garder le pouvoir politique et économique ! C’est aussi le choix que leur conseillait l’impérialisme...
Le conseil militaire qui dirige l’Egypte depuis la chute de Moubarak est l’organisateur de la répression à grande échelle contre quiconque prétend le renverser. Il n’a fait chuter le Raïs que parce celui-ci provoquait un soulèvement qui dépassait largement la jeunesse et était en train de s’étendre massivement à toute la classe ouvrière. En s’appuyant sur les syndicats, en lâchant du lest sur le terrain social, en proposant aux islamistes de gouverner, en s’acoquinant avec quelques "démocrates", la classe dirigeante espère se sortir de la révolution. Il s’agit de ramener le peuple travailleur à l’époque où la peur faisait taire, où le peuple ne s’exprimait pas, ne s’organisait pas.
La lutte qui a été menée contre Moubarak d’abord puis contre l’armée ne peut pas s’arrêter aux portes du pouvoir. Elle dépasse le cadre d’une "démocratisation" du régime et de la société égyptienne.
La lutte de l’armée contre le peuple dépasse, elle aussi, une simple remise à l’ordre. Elle vise l’écrasement du peuple travailleur et de la jeunesse.
Les méthodes sont la répression et une campagne de discrédit contre les révolutionnaires taxés d’être vendus à des forces étrangères. D’où les enquêtes et arrestations de militants pour fabriquer une thèse du complot contre l’Egypte. Le haut conseil militaire défend ainsi les intérêts de la classe dirigeante dont il est une part importante, l’armée égyptienne s’étant sous Sadate et Moubarak, emparée des entreprises les plus juteuses du pays...
Les forces armées ont trouvé un point d’appui solide pour maintenir leur ordre en la personne des organisations islamistes. Celles-ci ont encore un certain crédit populaire et ont profité de l’absence d’autres organisations auprès des masses les plus démunies. Elles ont profité aussi du réformisme des organisations syndicales qui les amène à refuser tout rôle politique indépendant à la classe ouvrière. Résultat : les islamistes accèdent au pouvoir progressivement en acceptant le gouvernement imposé par la conseil des forces armées et en discutant avec la bourgeoisie égyptienne et l’impérialisme américain ! Voilà un beau soutien à l’exploitation et à l’oppression. Les forces islamistes se donnent souvent un petit air radical et populaire, mais elles n’ont jamais remis en cause la bourgeoisie et sa domination. Elles se présentent en Egypte en sauveur du pouvoir bourgeois. Cela doit être souligné.
La révolution en Egypte a encore bien des moyens de nous surprendre. Les analystes, ne l’oublions pas, avaient affirmé que Ben Ali pouvait tomber mais pas Moubarak. Aujourd’hui ils minimisent la part prise par les grèves ouvrières dans la décision des autorités d’écarter Moubarak et aujourd’hui de la juger.
La classe dirigeante, elle, ne minimise pas le risque de révolution prolétarienne dans un pays dont la capitale est l’une des plus prolétarisées du monde ! Mais elle a d’autant plus de raison de ne rien céder sur le fond...
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2192
Egypte en 2012
L’apparente opposition des chefs militaires à la venue au pouvoir des Frères Musulmans, leur semblant d’hésitation, leur refus d’entériner le parlement islamiste, leur acceptation apparemment forcée du nouveau président, est indispensable à l’armée pour faire de cette opposition une véritable base de la société. C’est là le jeu des chefs militaires contre la révolution. Les Frères Musulmans sont, les militaires le savent, favorables aux classes dirigeantes, même s’ils ont une véritable base populaire et ils sont hostiles au prolétariat. Ils peuvent servir aux classes dirigeantes, en grande partie d’origine militaire, de paravent et détourner une partie du mécontentement populaire, du moins dans un premier temps. Ensuite, quand ils se seront suffisamment discrédités, les militaires estiment que la révolution sera assez découragée et déboussolée pour qu’ils puissent reprendre leur dictature sous une forme classique ou en remplaçant le président par une émanation de la caste militaire. Ils ne savent pas eux-mêmes si un tel stratagème sera vraiment suffisant pour calmer le volcan politique et social que représente l’Egypte post-Moubarak. Ils ne savaient pas hier s’il aurait suffi de lâcher le Raïs et aujourd’hui ils ignorent s’il suffira de développer un jeu à deux avec les islamistes.
Ce qui est certain, c’est qu’aucun des problèmes économiques, politiques et sociaux du pays ne peuvent être réglés dans le cadre que les islamistes sont appelés à gérer. Et ce pour plusieurs raisons fondamentales. La première est que la révolution d’Egypte n’est pas fondée seulement sur une hostilité à Moubarak ni même sur une simple aspiration à plus de liberté. Il y a une demande sociale profonde, et même prolétarienne, dans toute la révolution du Maghreb et du monde arabe et aussi une perte générale de confiance dans les perspectives offertes par les classes dirigeantes dans le cadre d’un capitalisme en crise.
https://www.matierevolution.org/spip.php?article2416
Le président islamiste Morsi et le parti des frères musulmans au gouvernement ont échoué à rétablir le calme en Egypte, échoué à faire repartir l’économie, échoué à obtenir le soutien de la population des villes, échoué à satisfaire les aspirations des milieux populaires, échoué à réduire le chômage et la misère, échoué à écraser les manifestants malgré des moyens de répression impressionnants, échoué en somme à détourner la révolution sociale commencée par la chute de Moubarak. Cela ne veut pas dire que la révolution n’ait pas encore devant elle de nombreuses tromperies et surtout celle de l’armée. L’armée pourrait en effet en profiter pour présenter le général Sissi comme un recours et comme un leader populaire, ce que le général Tantaoui n’avait jamais été depuis la chute de Moubarak…
En réalité, l’incapacité des frères musulmans à accoucher d’un programme socio-économique authentique, différent et en même temps alternatif à celui de la défunte oligarchie de Moubarak, se fait de plus en plus sentir dans les milieux populaires. Elle provient justement du fait qu’ils ne sont que le cache-sexe de la dictature économique des cadres de l’armée, patrons des trusts égyptiens. C’est pour ce rôle que les dirigeants de l’armée les ont laissé se discréditer au pouvoir en pensant clairement : ils vont s’y user…. Et après, on verra bien, on pourra toujours les renverser !
Les islamistes et les forces policières se sont seulement discrédités aux yeux des révoltés des grandes villes d’Egypte. La répression féroce avec des viols systématiques des manifestantes organisés par des bandes de tueurs payés par les services d’Etats, tout cela a contribué à semer encore plus la haine du nouveau pouvoir…
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2635
Pourquoi la révolution doit continuer en Egypte...
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1955
Les ouvriers égyptiens sont toujours contre le pouvoir…
https://www.youtube.com/watch?v=qlDRFWAWJZg
C’est toujours de la classe ouvrière que le pouvoir égyptien a eu peur…



