Accueil > 09 - Livre Neuf : RELIGION > Nos thèses sur Révolutionnaires et Religions...
Nos thèses sur Révolutionnaires et Religions...
vendredi 12 décembre 2025, par ,
Nos thèses sur Révolutionnaires et Religions
Pourquoi abattre le capitalisme et changer le monde nécessitent de se débarrasser en cours de route des anciennes idéologies religieuses ?
Partout dans le monde, les gouvernants dirigent les religions et les soutiennent pour influencer les consciences afin de défendre les exactions de la société d’exploitation de l’homme. Retirons leur cette arme organisationnelle, idéologique, financière, éducationnelle, morale et psychologique !
Partout dans le monde, les religions tiennent à s’adresser à de très jeunes enfants, pour influencer des personnalités malléables, obéissantes, n’ayant pas la capacité de refuser leur influence et les religieux en profitent pour les tromper. Les enfants ne doivent pas être livrés aux religieux !
Partout dans le monde, les religieux sont corrompus par l’argent des riches et des puissants et partout les religions cautionnent la propriété privée des exploiteurs et conseillent la soumission aux exploités et aux opprimés. N’écoutons pas leurs discours de soumission, de patience et de fatalisme !
Partout dans le monde, les religions sont des ennemies des femmes et justifient leur soumission et leur oppression.
Partout dans le monde, les religions ont servi à justifier l’exploitation et l’oppression des peuples colonisés et servi aussi à justifier l’impérialisme, le racisme et le fascisme.
Partout et à toutes les époques, les religions ont été les ennemies des révolutions sociales et les amies de ceux qui les écrasaient. Elles choisissent leur camp, choisissons le nôtre !
Retirons leur cette arme ! Tant qu’ils la détiennent, ils s’en serviront contre la révolution et les révolutionnaires, ainsi que l’ensemble des travailleurs.
Et surtout ne nous contentons pas de dire que nous ne croquons pas de la religion. Cela ne suffit pas ! Il faut la combattre, il faut la démolir, mais c’est aux croyants eux-mêmes issus du peuple travailleur de le faire et pas à des anti-religions agissant de l’extérieur sans que ce soit lié à l’action prolétarienne révolutionnaire pour changer le monde.
La fin de l’opium du peuple n’est que l’un des pas sur le chemin du peuple travailleur en révolution. Un pas indispensable certes, mais qui n’est pas à placer au premier rang. Ce qui décide de la manière dont le peuple travailleur s’attaquera à ses ennemis des religions sera déterminé par la lutte des classes elle-même et pas par des décisions préconçues et de type idéologique.
Le droit individuel à adopter une religion ne sera pas remis en question par la révolution prolétarienne, mais le seront certainement le droit des religions à prendre barre sur les esprits enfantins en dehors du cercle familial strict, le droit des religions à se soumettre des individus dans le cadre d’institutions organisées de manière quasi militaire, mafieuse, dans lesquelles la confession donne droit d’effacer des crimes et de les blanchir, le droit d’organiser secrètement les relations entre membres de la hiérarchie des religions, le droit des religions de mettre sous leur coupe les membres des organisations politiques et sociales, le droit de détourner de l’argent public, le droit de faire payer au public les activités et travaux au services des religions, le droit de cloitrer des femmes, le droit de soumettre des enfants, etc. Tous ces faux droits, qui n’ont rien à voir avec le droit à des convictions personnelles et qui sont des crimes, seront balayés par la révolution.
Bien sûr, cela ne veut pas dire que les croyants de n’importe quelle religion soient les ennemis des travailleurs révolutionnaires. Au contraire, les révolutionnaires considèrent que la lutte des classes nécessite l’union des exploités quelque soient leurs origines, leurs nationalités, leurs croyances, leurs ethnies, leurs couleurs de peau, etc. La société n’est pas fondamentalement divisée par les idéologies, contrairement à ce qu’affirment les classes exploiteuses du monde qui essaient de nous faire croire qu’un exploité serait plus proche d’un exploiteur de même religion ou de même origine que d’un autre exploité issu d’une toute autre origine et reconnaissant une autre idéologie ou d’autres coutumes.
Nous devons combattre cette tendance déplorable des exploités à adopter les idéologies construites et diffusées par leurs exploiteurs « locaux », « nationaux », « ethniques » et correligionnaires selon laquelle on se comprendrait mieux entre gens du « même monde » comme si un milliardaire de même origine serait du même monde qu’un exploité de même croyance.
Quoiqu’on nous dise, les exploités du monde entier, quelque soit leur niveau économique et social, sont « du même monde » qui n’a rien à voir avec celui de leurs exploiteurs. L’idéologie des exploités, même trompés, même endoctrinés, même enrégimentés, n’a pas les mêmes critères, les mêmes buts, les mêmes motivations que celle de leurs exploiteurs, que soit sur le terrain politique, social ou idéologique. Même s’ils n’en ont aps souvent conscience, ils ne veulent absolument aps les mêmes choses. L’idéologie religieuse partagée n’est donc qu’un masque trompeur qui unit faussement exploiteurs et exploités, oppresseurs et opprimés. Et c’est déjà une raison fondamentale pour la révolution sociale de se débarrasser du vieux fatras des religions.
Ce n’est pas les croyants que nous combattons mais les croyances et, derrière ces idéologies, la réalité sociale et politique des religions qui est d’être des piliers de l’ordre établi, ce qui explique cet ordre fasse autant d’effort pour maintenir en place les institutions religieuses et les lier au pouvoir.
Certes, les croyants défendent souvent encore les religions avec becs et ongles et, sans la force transformatrice de la révolution sociale, il n’y a aucune chance que les peuples travailleurs se débarrassent de ces vieux mensonges. En effet, la révolution est l’occasion pour les religions de prendre parti aux côtés des exploiteurs contre la révolution sociale et pour la contre-révolution et de se démasquer ainsi aux yeux du peuple travailleur et de pousser ainsi les exploités à se départir de leurs anciennes croyances et à se battre contre les religions qui s’arment contre la révolution. Ce n’est pas un simple lutte d’idéologies et c’est même souvent un combat les armes à la main. Les religions ne sont pas que des armes idéologiques mais aussi organisationnelles et même militantes et militaires…
Contre l’impérialisme, la révolution sociale peut prendre la tête de la lutte révolutionnaire des peuples opprimés sur le terrain national, ethnique et même religieux, s’allier à des croyants opprimés, persécutés, violentés au nom de leur religion, mais elle ne peut pas soutenir cette religion opprimée, ni faire croire au caractère révolutionnaire pas plus de cette religion que du nationalisme ou de l’ethnisme, pas plus que de combattre un racisme ne signifie soutenir une race, fût-elle opprimée.
Les religions sont des institutions des classes possédantes et de leurs états et elles défendent ouvertement ou discrétement le système d’exploitation et d’oppression. Cela signifie qu’aucun opportunisme à l’égard d’une quelconque religion et quelques soient les criconstances n’est tolérable de la part de révolutionnaires prolétariens dignes de ce nom.
Les révolutionnaires ne peuvent pas considérer la religion comme un simple choix des individus dans lequel la politique révolutionnaire n’aurait pas à mettre son nez. Ce ne sont pas les individus qui ont construit les religions, ni leurs idéologies, ni leurs institutions, ni leurs choix politiques et sociaux qui ne sont pas qu’affaire de croyances personnelles.
Les partis, les organisations syndicales, sociales, les associations, les institutions, que ce soient celles des exploiteurs ou celles mises en place par les conseils révolutionnaires des exploités, aucune ne peut rester indifférente à l’égard des religions car ces dernières ne se situent ni en dehors ni au-dessus de la société. La laîcité, comme une espèce de neutralité d’état, n’est qu’hypocrisie qui sert à cacher derrière une neutralité de façade une réelle tolérance générale envers les tromperies religieuses et un besoin de leur soutien. La laïcité, ce n’est ni le matérialisme, ni l’athéisme, ni la négation des religions, ni le combat contre elles.
Tous les combats contre les religions ne sont pas nécessairement compatibles avec celui que mène le prolétariat. De nombreux courants d’extrême droite par exemple cachent leurs buts fascistes derrière un prétendu combat contre les religions. L’athéisme militant n’a pas forcément un rapport quelconque avec le socialisme révolutionnaire. Ceux qui placent l’athéisme en premier dans le programme révolutionnaire se trompent de lutte ou nous trompent sciemment. La lutte contre les religions n’est pas en première place dans le combat du prolétariat révolutionnaire qui est déterminée d’abord par la lutte politique de classe. Mais cela ne signifie pas que les organisations révolutionnaires doivent oublier de mener un combat politique permanent contre les religions, se servir de toutes les occasions pour les dénoncer, les discréditer, les amoindrir, les présenter pour ce qu’elles sont : des organisations scandaleusement mensongères, hypocrites, oppressives, violentes, ennemies des plus opprimés et des plus exploités sur lesquels elles prétendent exercer leur compassion.
Le combat contre les religions prend une nouvelle tournure et une nouvelle importance dans la période des révolutions (et des contre-révolutions). Les religions sont forcément contre-révolutionnaires et d’abord parce que dans une telle période les classes possédantes et leurs représentants politiques, sociaux et idéologiques mobilisent toutes leurs forces contre la révolution qui les menace mortellement. Les religions deviennent alors de grands accusateurs contre les révolutionnaires, et elles font tout pour détourner leurs fidèles de la révolution sociale présentée comme ennemie mortelle des croyants.
Les défenseurs attitrès du fatalisme et d’un ordre « supérieur », venu des cieux, sont particulièrement motivés à combattre une révolution qui renverse ce fatalisme et met aux mains des hommes et des femmes la responsabilité de leur propre avenir. Les religieux y voient ce qu’ils n’avaient pas vu dans les buts des classes possédantes : la haine, l’ambition exacerbée, la jalousie du bien d’autrui et la violence. Le communisme est leur ennemi préféré alors que dans le capitalisme ils n’ont vu que des défauts humains.
La question de l’oppression des femmes, qui est forcément au premier plan dans les révolutions, est une raison supplémentaire de leur caractère contre-révolutionnaire. En effet, les religions se sont toujours efforcées de placer les femmes au second rang, de leur imposer silence et respect du patriarcat dominant.
La réaction politique et sociale se réfugie forcément dans les religions pour repartir à l’assaut de la la société au nom de l’union des classes sociales contre le changement radical et contre le communisme. L’union des croyants lui sert de camouflage idéologique et organisationnel.
La thèse dominante des religions est que les défauts du système social ne sont que le reflet des défauts des individus, influencés par le diable, et que tenter de changer radicalement de sysème social, c’est la plus grande prétention et la plus dangereuse de la part d’êtres humains perfectibles et mauvais par nature. Cest ce discours moralisateur qui a toujours servi aux religions pour soutenir à fond les classes exploiteuses. En période révolutionnaire, les religions deviennent des centres contre-révolutionnaires.
Il n’y a pas de religions meilleures les unes que les autres, plus aimables, plus bonnes aux êtres humains, aux femmes, aux enfants, plus démocratiques, plus progressistes, plus respectables, moins machistes, moins liées aux exploiteurs, moins fatalistes, moins sexistes, moins réactionnaires que d’autres. On ne donc pas combattre particulièrement une religion mais on a souvent affaire à la religion dominante du pays et c’est elle qui se bat en premier contre la révolution et tout particulièrement dans les pays impérialistes. Elle joue alors un rôle particulier et nécessite une attention particulière de la part des révolutionnaires, ce qui veut dire un combat plus aigue. Cela ne signifie jamais que cette lutte tient lieu et place de la lutte des classes. La religion n’est un ennemi direct que comme allié des exploiteurs et de leurs états, pas seulement du fait du caractère réactionnaire de leurs idéologies. C’est la lutte révolutionnaire, la lutte des classes au stade aigue, et pas seulement la lutte des idées qui s’oppose aux religions. Ceux qui combattent les religions mais ne combattent pas l’exploitation et ne recherchent pas la mise au pouvoir des conseils de travailleurs ne doivent pas être considérés ni comme des camarades, ni comme des alliés, ni comme des soutiens. Ils ne marchent pas du tout dans le même sens que les travailleurs révolutionnaires.
Jamais les réformistes et les opportunistes des institutions, des partis politiques, des universités, des syndicats et des associations, ne combattront les religions à la manière des travailleurs révolutionnaires car, contrairement à la révolution sociale, ils ne sont nullement mobilisés par la nécessité d’en finir avec l’oordre capitaliste avant que celui-ci n’en finisse avec l’humanité. Ils pactisent trop avec l’ordre capitaliste pour s’en prendre vraiment aux idéologies et aux institutions qui en sont les piliers.
Le combat contre les religions ne doit pas s’en tenir à de grands principes, à des bases philosophiques justes, à des considérations théoriques, à des raisonnements. Il doit s’appuyer sur des faits historiques comme actuels. Il doit rappeler le rôle des religions dans le colonialisme massacreur des peuples, leur rôle dans les fascismes, leur rôle dans les grands massacres, leur rôle contre-révolutionnaire encore dans les guerres civiles, leur rôle dans l’oppression des femmes, leur rôle dans les violences (sexuelles ou pas) faites aux enfants sous prétexte d’éducation religieuse, leur rôle dans l’élimination des enfants indigènes, leur rôle dans l’enlèvement des enfants lors des dictatures, leur rôle dans la défense du machisme et de l’homophobie, et bien d’autres faits anciens ou récents qui caractérisent les horreurs des religions.
La religion étant une arme de combat des exploiteurs et des oppresseurs, négliger la lutte contre elle dans les combats à venir du prolétariat et dans le travail des révolutionnaires est une grave erreur politique et sociale qui dénote une incapacité à faire face aux tâches d’avenir du prolétariat révolutionnaire.
Quelle lutte contre les obscurantismes religieux, leur idéologie, leurs institutions, leur prétention à moraliser et diriger la société, leur hiérarchie, leur oppression, leur influence sur les enfants ? Pas celle des institutions capitalistes soi-disant laïques ! Pas celle des racistes et fascistes anti-musulmans ! Celle du socialisme contre l’anti-féminisme, l’ethnisme, la religion de l’ordre social et le fatalisme des religions !
Références
Texte du Garap intitulé "Pour en finir avec le règne de Dieu" :
https://garap.org/communiques/communique105.php
Les hommes ont imaginé leurs dieux à leur image et les classes dirigeantes les ont transformés pour justifier leur pouvoir
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7591
Toutes les religions sont au service des classes dirigeantes
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5076
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7591
Religions, classes possédantes et pouvoir d’Etat : des liens indéfectibles
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5076
Les religions se battent d’abord contre la révolution sociale
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6077
La religion, ce n’est jamais seulement… religieux...
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8084
Prêtres pédophiles, le scandale de la complicité d’Etat continue…
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6806
https://www.huffingtonpost.fr/pretres-pedophiles/?page=1
L’Etat continue d’accepter le silence de l’Eglise qui absout les criminels !
Les religions se pardonnent elles-mêmes leurs crimes !
https://www.20minutes.fr/monde/4090792-20240513-vatican-sort-guidépratiquéfairépardonner-peches
L’Etat français, laïquement hypocrite ou hypocritement laïque ?
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3168
Le combat à mener contre les religions et, en particulier, celle qui domine dans un pays…
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7764
On n’en finira donc jamais avec l’opium du peuple ?
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3827
Guerre de religions et guerre de classes
https://journals.openedition.org/asterion/1485
https://www.matierevolution.org/spip.php?article7282
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article403
Que fait l’extrême gauche ?
L’extrême gauche opportuniste de France se refuse à mener un combat contre les religions et, en particulier, celle qui domine dans ce pays…
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7764
Le confusionnisme pseudo d’extrême gauche antiraciste tombe dans l’islamophilie…
https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1114
Anti-islamophobie : un bourbier réactionnaire où s’enlisent des "trotskistes" du NPA
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3737
Ni islamophobie, ni islamophilie :
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2876
Discutons avec Lutte ouvrière sur « Les religions, l’athéisme et le matérialisme » : nous combattons cette manière complètement morte et désincarnée d’exprimer le combat du marxisme (et même de Hegel) contre les religions.
Il n’y a pas un mot dans le texte précédent pour dire comment le prolétariat, en donnant le pouvoir à ses soviets, va mettre à bas l’édifice antique des religions et ses liens avec le pouvoir capitaliste, comment la révolution va se débarrasser des institutions (et pas seulement de l’idéologie) des religions, pourquoi le peuple travailleur va absolument avoir besoin de le faire et comment dès aujourd’hui on peut combattre les institutions religieuses.
En particulier, il n’y a pas un mot dans ce texte qui prône l’idée que les matérialistes marxistes doivent combattre les religions pour… le faire. Pas un mot pour discréditer l’Eglise catholique, pédophile et violente contre les enfants des écoles catholiques, par exemple. Pas un mot pour raconter que l’Eglise d’aujourd’hui est un noyau de construction de la réaction, de la contre-révolution et du fascisme. Pas un mot pour dévoiler comment l’Eglise intervient pour pénétrer le pouvoir. Etc, etc.
Lutte ouvrière ne mène aucun combat réel contre les religions ! Aucun combat dans les syndicats, aucun combat dans les entreprises, aucun combat dans la jeunesse, aucun combat parmi les femmes.
Rien pour dire que les religions monothéistes sont un crime permanent contre les femmes !
Seuls de véritables révolutionnaires peuvent mener ce combat !