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1676 à Jamestone : la révolte de Bacon
mardi 11 août 2026, par
Révolte de Nathaniel Bacon en 1676 en Virginie, la première insurrection armée à grande échelle en Amérique coloniale
Une révolte qui anticipait une révolution...
Ce qui a commencé comme un conflit entre les colons et les Indiens à la frontière entre la Virginie et le Maryland à l’automne 1675 a rapidement dégénéré en une rébellion à grande échelle menée par Nathaniel Bacon contre le gouverneur Sir William Berkeley, un riche planteur, et son gouvernement l’année suivante.
À la fin du XVIIe siècle, les planteurs d’élite de Virginie dépendaient du travail des domestiques sous contrat. Après leur service, ces individus s’en allèrent plus loin à l’intérieur des terres, au-delà de la région de Tidewater, entrant souvent en conflit avec les Amérindiens lors de leur avancée dans le Piémont. Craignant la multiplication des incursions indiennes et frustrés par des années de bas prix du tabac et de taxes élevées, les colons se rallièrent à Nathaniel Bacon.
Bacon, cousin par alliance du gouverneur Berkeley, était un homme influent récemment arrivé dans la colonie. Bacon défia les tentatives de Berkeley de négocier la paix entre les colons et les tribus amérindiennes. Lui et ses partisans cherchèrent à acquérir davantage de terres en chassant complètement les Amérindiens de Virginie.
La violence s’intensifia rapidement. Confrontée à la perte continue de ses terres, la tribu Doeg attaqua les colonies européennes. Les colons ripostèrent, mais attaquèrent par erreur la paisible tribu Susquehannock, ce qui provoqua de nouveaux conflits. Ces raids, souvent menés par Bacon lui-même, se soldèrent par la mort de nombreux Amérindiens. Selon les archives historiques, la tribu Pamunkey, dirigée par sa reine Cockacoeske, s’enfuit dans les marais où elle serait plus difficile à traquer pour les rebelles.
Durant ces mois, le gouverneur Berkeley tenta, en vain, de négocier la paix. Il finit par ordonner la construction de nouveaux forts et restreindre le commerce avec les Amérindiens. Cependant, ces décisions furent perçues comme limitant encore davantage le pouvoir des Blancs pauvres et augmentant leurs impôts (fonds nécessaires au financement des nouvelles fortifications). Bacon, fraîchement nommé membre du Conseil de Virginie, lança un appel au peuple en août 1676 dans une critique virulente du régime de Berkeley et de la corruption de l’élite fortunée. Berkeley déclara à son tour Bacon rebelle et rassembla des forces pour s’opposer à lui.
Le 30 juillet, Bacon et ses 600 partisans publièrent la « Déclaration du peuple de Virginie », affirmant que Berkeley « maltraitait et méprisait les magistrats de la justice, en érigeant en magistrats des favoris scandaleux et ignorants ». Le 19 septembre, ils entrèrent dans la capitale, Jamestown, et l’incendient tandis que Berkeley s’enfuyait. Le mois suivant, Bacon mourut de la dysenterie. Privé de son chef charismatique, la rébellion perdit de son élan. Les loyalistes de Berkeley vainquirent les rebelles en janvier 1677.
La rébellion de Bacon fut la plus grave contestation de l’autorité royale avant la Révolution américaine. Les historiens associent souvent cet événement au déclin de l’engagement et à la montée concomitante de l’esclavage dans les colonies britanniques d’Amérique.
La révolte éclate à propos de la menace amérindienne dans un contexte de crise agricole et de misère. Les Blancs de la Frontière estiment que le gouverneur de Jamestown, William Berkeley, doit mener une guerre totale contre les Doegs (en) qui se sont lancés dans des actions de guérilla à la suite de différends avec les colons. Nathaniel Bacon, élu à la chambre des Bourgeois de Virginie au printemps, et cousin de Frances Culpeper, la femme du gouverneur William Berkeley, prône la mise en place de détachements armés pour combattre les Amérindiens. Le gouverneur l’accuse de rébellion et le fait emprisonner. Deux mille colons de Virginie marchent immédiatement sur Jamestown pour lui apporter leur soutien[1].
Berkeley fait libérer Bacon après une promesse de repentance publique. Mais Bacon s’échappe, reforme ses milices et se met à harceler les Amérindiens. En juillet, il rédige une « Déclaration du Peuple » qui reproche à l’administration ses impôts injustes, son favoritisme, sa mainmise sur le commerce des fourrures et son abandon des fermiers confrontés aux Amérindiens. Bacon attaque alors les Amérindiens Pamunkey (en), considérés comme inoffensifs, en tue huit, fait des prisonniers et s’empare de leurs biens[1] . À l’automne, il tombe malade et meurt à l’âge de 29 ans. Un navire de trente canons, commandé par Thomas Grantham est chargé par la couronne britannique de mater la révolte. Vingt-trois chefs rebelles sont pendus. L’Assemblée de Virginie amnistiera la plupart des Blancs qui ont participé à la révolte, mais pas les Noirs.
L’un de ses conseillers était William Drummond, gouverneur de la Caroline dix ans plus tôt, mais tombé en disgrâce après des protestations des colons de la colonie d’Albemarle contre le régime de taxes et de commerce. Il fut exécuté peu après la fin de la révolte. Il avait promis à Nathaniel Bacon que les colons de la Caroline du Nord, en particulier de la colonie d’Albemarle pourraient le soutenir[2].
Notes et références
•1 Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis, Marseille, Agone, 2014, 811 p. (ISBN 978-2-910846-79-4), p. 53
•2 Grizzard et Smith 2007, p. 62.
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_Nathaniel_Bacon
Lire encore :
La rébellion de Bacon est souvent considérée comme un précurseur important de la Révolution américaine, car elle fut le premier soulèvement majeur contre le pouvoir colonial britannique dans les treize colonies.
Le manifeste de Bacon