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La république française, c’est pas nous, c’est le régime politique et social de nos pires ennemis

lundi 2 mai 2022, par Karob, Robert Paris

La démocratie dans la République française, c’est du pipeau !

MALGRÉ LE SUFFRAGE UNIVERSEL, LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, CE N’EST PAS NOUS ! C’EST SEULEMENT LA REPRÉSENTATION POLITIQUE DE NOS PIRES ENNEMIS !

LA RÉPUBLIQUE : UN RÉGIME FAVORABLE AUX CLASSES POSSÉDANTES !

La république française n’est pas le régime que prônent les travailleurs révolutionnaires. Et pour cause ! Derrière la fausse démocratie du suffrage universel, qui ne sert qu’à élire des personnes et non à prendre des décisions, se cache le régime qui favorise le un pourcent le plus riche de la population : les seuls possesseurs de capitaux. Les vrais problèmes de la population ne sont pas décidés par les concernés et ils s’aggravent sans cesse à grande vitesse. Bien sûr, certains diront que la démocratie bourgeoise n’est pas parfaite mais que c’est la seule dont on puisse disposer et c’est complètement faux. Il n’y a pas bien longtemps, la France elle-même a été couverte de comités de gilets jaunes, d’assemblées populaires, de groupes de piquets des ronds-points qui débattaient et décidaient et y donnaient ainsi une anticipation de ce que peut être une véritable démocratie des exploités. Inversement, la prétendue démocratie bourgeoise vient de montrer qu’elle mène les travailleurs à choisir… entre le candidat des banquiers Macron et la milliardaire Le Pen, entre la retraite à 65 ans et la retraite à 1000 euros, entre le prétendu centriste qui violente par ses forces de répression des gilets jaunes, ainsi que les femmes, les jeunes et les travailleurs qui manifestent et une soi-disant dirigeante qui serait pour le peuple mais au nom d’un populisme d’extrême droite ! Voilà ce qui est présenté comme le sommet de la démocratie électorale. Par contre, on n’a aucun droit de voter contre la politique soi-disant sanitaire qui a mené à 150.000 morts et des millions de blessés en France, contre la destruction de la santé et de l’hôpital public, contre la destruction de tous les services publics, contre la privatisation générale, contre les aides massives et publiques aux capitalistes, contre l’inflation massive produite par le « quoi qu’il en coûte » pour « sauver les entreprises » et en réalité faire durer à toute force un capitalisme qui ne fonctionne plus, contre la guerre impérialiste qui monte, contre l’enterrement sanglant de la population que prépare le pouvoir d’Etat en même temps que l’effondrement inexorable du système capitaliste. Ce vote là n’est pas possible en démocratie bourgeoise !

LA REPUBLIQUE CE N’EST PAS LE PEUPLE MAIS UN OUTIL DE DOMINATION SUR LE PEUPLE !

On l’a encore revu lors de l’élection présidentielle, tous les candidats et tous les partis disent adorer la république française et vouloir la présider. Tout au plus disent-ils avoir des conceptions différentes de celle-ci. Ils ne sont pas candidats pour être présidents du peuple qui vit et travaille en France mais pour être présidents de la république. Macron ne cesse de se draper dans la revendication de la défense de la République, mais il est loin d’être le seul. Le Pen se défend d’être contre cette même république et prétend qu’il n’existe aucun argument sérieux pour l’en accuser. Mélenchon affirme être pour la république mais pas la cinquième : la sixième, montrant ainsi qu’il est pour une nième république bourgeoise et n’est surtout pas pour une république des conseils de travailleurs qui serait la seconde en France, après la Commune de Paris de 1871. Roussel du PCF se revendique essentiellement de la République française de la résistance et de la libération, ainsi qu’aux autres époques où le PCF était au pouvoir. Comme si le régime avait alors cessé d’être la dictature du grand capital ! Même les groupes dits d’extrême gauche qui se présentent à ces élections affirment que les prolétaires peuvent s’y exprimer véritablement et que leur participation à cette mascarade de démocratie aurait un rôle important pour la lutte des classes, un mensonge grossier puisque jamais dans l’Histoire un tel rôle positif pour les travailleurs du suffrage dans le cadre bourgeois ne s’est révélé vrai et bien au contraire les élections des démocraties bourgeoises, en France comme dans le monde, sous des républiques ou pas, n’ont cessé de servir à tromper les travailleurs, les détournant d’une intervention politique directe sur des bases de classe. Aucun de ces partis ne dénonce vraiment le fait que le président de la république soit en fait un roi détenant bien plus de pouvoirs que les rois de France du passé !

Macron : « la République, ce régime politique de liberté sur lequel nous vivons depuis 150 ans ».

Le Pen : « Nous sommes les seuls protecteurs aujourd’hui de la République ».

Mélenchon : « la république c’est moi ».

Sarkozy : « La république, ce n’est pas la droite, ce n’est pas la gauche, ce sont tous les Français. »

Roussel : « J’appelle à une France qui porte haut et fort le drapeau de la République sociale, laïque, universaliste et qui ne cède à aucun intégrisme ».

Hollande : « La république, c’est un mouvement, c’est une construction, c’est une passion. Une passion généreuse. Une passion rationnelle. Une passion rassembleuse. Avec toujours le refus radical de la fatalité. »

A l’opposé Marx considérait que la république ne représentait pas les exploités : « Ce sont précisément les intérêts de la bourgeoisie, les conditions matérielles de sa domination et de son exploitation de classe qui forment le contenu de la République bourgeoise… La bourgeoisie n’a pas de roi, la vraie forme de sa domination est la République… Quelle classe restait-il alors comme point d’appui pour cette République ? La grande bourgeoisie. »

Source : https://www.marxists.org/francais/m...

Et bien des gens n’imaginent pas la démocratie autrement que d’élire tous les cinq ans un président dans le cadre des institutions capitalistes. En fait, historiquement, la république française n’a pas toujours été fondée sur l’élection d’un président sur la démocratie comme elle prétend, ni sur le respect des libertés, ni sur la fraternité et l’égalité, et n’a pas combattu contre la dictature, le fascisme et le terrorisme, bien au contraire.

LA 1ERE REPUBLIQUE BOURGEOISE CONTRE LA 1ERE COMMUNE REVOLUTIONNAIRE DE PARIS EN 1793 ET L’AUTO-ORGANISATION DE LA DEMOCRATIE DES SANS-CULOTTES !

Les débuts de la première république française sont même caractérisés par la terreur de Robespierre, des chefs jacobins et de la Convention. Prétendant représenter ainsi les intérêts du peuple révolutionnaire, la terreur des dirigeants politiques n’était faite que pour tromper la frange la plus radicale et populaire de la révolution, celle des plus pauvres des jacobins, celle des bras nus, celle des ouvriers et des domestiques, des femmes et des jeunes, toutes ces catégories auxquelles l’assemblée de la Convention se gardait bien de donner le droit de vote et dont l’auto-organisation sous forme notamment des comités de piques et des assemblées de femmes révolutionnaires allaient être combattus et dissous par Robespierre lui-même, qui voulait ramener l’ordre et même la rôle de la religion. S’il allait être lui-même victime de la réaction thermidorienne, celle-ci ne pouvait triompher que parce que Robespierre avait détruit les organisations autonomes du peuple travailleur révolutionnaire. C’est donc la première république française qui s’est chargée de briser le fer de lance de la révolution, menant aux diverses formes réactionnaires de l’Etat qui allaient suivre, allant vers la dictature de Napoléon.

LA DEUXIEME RÉPUBLIQUE ET L’ÉCRASEMENT DE LA POPULATION OUVRIÈRE

La deuxième république française, née de la révolution de 1848, récupérait la révolution sans en vouloir et elle commençait par arrêter le seul vrai dirigeant révolutionnaire Auguste Blanqui. Elle refusait de devenir réellement une république sociale, en dressait une caricature, celle des « ateliers nationaux » qui faisait semblant de donner du travail aux démunis de la capitale pour finir par les licencier massivement, provoquant sciemment les journées révolutionnaires de juin 1848 noyées dans le sang par les armées de la république et les gardes nationales bourgeoises, massacrant toute la population ouvrière de Paris.

C’est encore la deuxième république qui allait inaugurer l’élection au suffrage universel d’un président de la République, mais, loin d’être un pas vers la démocratie, c’est Louis Bonaparte, un candidat à la dictature « fasciste » ayant pris le pouvoir par un coup d’état réussi avec l’aide de bandes paramilitaires contre la révolution sociale qui allait en être le premier président, avant de dissoudre la république qui lui avait permis d’arriver au pouvoir et d’en faire sa dictature personnelle en se proclamant empereur Napoléon III !

LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE NÉE DANS LE SANG DES COMMUNARDS EN 1871 DONT ELLE ÉCRASE L’INSURRECTION RÉVOLUTIONNAIRE SE TRANSFORME EN RÉGIME DE VICHY

En 1870, si la France était revenue à la république (la troisième) après la chute de l’empire, vaincu par le retour de la révolution, elle le faisait sur la base d’un véritable bain de sang des prolétaires parisiens, l’écrasement de la Commune de Paris de 1871 et notamment lors de la boucherie des communards vaincus appelée « semaine sanglante ». Il faut remarquer qu’aucun des candidats aux élections françaises ne se réclame dans sa campagne électorale de la seule véritable démocratie née en France, celle des communards parisiens de 1871 et de leurs comités du peuple révolutionnaire, des jeunes, des femmes et des travailleurs, véritable anticipation du pouvoir aux soviets de l’époque des Lénine et Trotsky.

La troisième république a été plein de massacres de prolétaires comme les fusillades de Fourmies, de Villeneuve-Saint-Georges et de Draveil. Comme pour les autres républiques françaises, aux massacres d’ouvriers il faut rajouter les massacres coloniaux et esclavagistes. Certains voudraient bien faire croire que la république n’est bonne pour le peuple que lorsque la gauche y est majoritaire. Mais la troisième république, quand elle a été gouvernée par la gauche en 1936, sous le front populaire, ou encore quand la majorité était à gauche à la fin de la deuxième guerre mondiale, a encore démontré l’inverse. Elle a détruit le mouvement de grève de masse avec occupation d’usines qui menaçait la dictature capitaliste. Elle a fait tirer sur des manifestants ouvriers en 1938. Elle a intronisé les Daladier et Pétain (élu par la même chambre des députés que celle du front populaire) et mis en place le fascisme vichyste en France. Tout cela avec l’aide de la gauche.

LA CINQUIEME RÉPUBLIQUE, UNE MONARCHIE PRÉSIDENTIELLE ISSUE DE DEUX COUPS D’ETAT MILITAIRES : CELUI DES GÉNÉRAUX D’ALGÉRIE SUIVI DE CELUI DU GÉNÉRAL DE GAULLE.

Certes, Mélenchon, lui, propose une sixième république, comme si le fait de numéroter une nouvelle république permet d’effectuer un changement. Mais, au cours de l’histoire, on a certes changé de république mais on n’a jamais changé de classe dominante ni de mode de production, ni de relations entre les classes principales de la société. Aucune de ces républiques n’a été ni plus démocratique, ni moins répressive, ni moins hostile aux exploités que les autres. Ne se fondant nullement sur la lutte des classes, sur le renversement d’une classe au pouvoir par une classe opprimée, Mélenchon propose seulement de changer la forme politique pour ne rien changer au contenu social. Seul son bagout démagogique amène ses électeurs à croire le contraire. Quand il dit « un autre monde est possible », il ne dit un autre monde qui ne serait pas le capitalisme ! Ce n’est pas un hasard, il veut cacher que les véritables tâches de transformations nécessaires imposent non de changer de république bourgeoise mais de renverser la dictature bourgeoise.

LA RÉPUBLIQUE BOURGEOISE CONTRE LA RÉVOLUTION SOCIALE

Contrairement à bien des mensonges officiels et à bien des illusions populaires, la république bourgeoise, à l’époque où la révolution prolétarienne est d’actualité, ce n’est pas ou plus ce qui s’oppose à la royauté, mais ce qui s’oppose au peuple travailleur. « Liberté, égalité, fraternité », c’est le slogan affiché à l’entrée des prisons mais pas la réalité à l’intérieur et l’entreprise moderne est une prison même quand les travailleurs n’en ont pas conscience. Les gouvernants, pour leur part, ont parfaitement conscience de ce qui les oppose au peuple travailleur. Un François Hollande n’appelait-il pas haineusement ceux qui vivent de leur travail « les sans-dents » parce qu’il ne croyait pas possible de mouvement comme les gilets jaunes, dans lequel le peuple travailleur allait s’auto-organiser. Mais Macron, lui, a dû y faire face, découvrant que la révolution sociale qui frappait l’Algérie ou le Soudan, la Colombie ou la Liban, frappait aussi en France et il l’a frappée violemment à l’aide de ses forces de répression, matraquant, gazant, attaquant à la grenade de guerre, à l’arme de tir flash-ball les manifestants comme par la calomnie pour casser le mouvement. Et il s’est appuyé pour cela sur toutes les forces sociales qui se sont encore mobilisées récemment pour le faire réélire, y compris la gauche et les syndicats. La voilà la république, la voilà la démocratie, la voilà la liberté, la voilà la fraternité.

DE LA RÉPUBLIQUE BOURGEOISE AUX RÉGIMES AUTORITAIRES ET FASCISTES !

Et ce n’est pas particulier à Macron, ni à la France. C’est le cas dans toutes les situations critiques pour la classe possédante. La république allemande de Weimar a produit Hitler et la république gouvernée par des socialistes n’a rien fait pour combattre sa venue au pouvoir, pas plus que la république autrichienne gouvernée par des socialistes. Pas plus que la France gouvernée par le parlement du front populaire n’a empêché la venue au pouvoir de Pétain. Et dans le passé, il en va de même, la république a produit les dictatures de la Terreur, de Tiers en 1871, de Napoléon 1er et de Napoléon III.

Et, avec covid, on a vu que république ne rime nullement avec liberté, que l’armée est là en sentinelle, non contre les terrorismes, mais pour la terreur contre le peuple travailleur. La république bourgeoise est en guerre, non contre covid, non contre l’extrême droite (à laquelle elle donne des droits de s’exprimer que les travailleurs n’ont absolument pas), non contre le terrorisme (elle a favorisé celui des troupes paramilitaires ukrainiennes).

A LA RÉPUBLIQUE BOURGEOISE, NOUS OPPOSONS LA RÉPUBLIQUE DES SOVIETS !

Le régime que préconisent les travailleurs révolutionnaires n’est pas fondé sur le suffrage universel qui n’est pas véritablement démocratique dans une société divisée en classes sociales. Tant que la division en classes exploiteuses et classes exploitées, ainsi qu’une classe intermédiaire, il faut qu’il y ait un vote de classe. C’est aux exploités de voter en élisant en leur propre sein leurs délégués. Les révolutions ont compris que c’est cela le vote révolutionnaire et que le suffrage universel est le meilleur camouflage de la dictature de la minorité capitaliste car, au travers ce mode d’élection, qu’il s’agisse d’une république parlementaire ou d’une république présidentielle, la classe capitaliste manipule la classe moyenne et trompe la classe exploitée. En élisant les délégués sur le lieu de travail ou d’habitation, on forme des conseils du peuple travailleur, ce qu’on appelait autrefois des soviets.

Oui, la république que nous appelons à former, c’est celle des conseils du peuple travailleur. Aucune autre élection, qu’elle soit syndicale, associative, communale, départementale n’est réellement démocratique. Bien sûr, dans une société où l’essentiel des moyens matériels ne serait pas entre les mains d’une minorité d’exploiteurs, une telle forme d’organisation sociale ne serait plus nécessaire. Mais, pour y parvenir, la dictature du prolétariat au travers de conseils de travailleurs ôtant tout pouvoir à l’Etat capitaliste est une transition indispensable au socialisme.

Prétendre que la démocratie, même capitaliste, vaut mieux que toute dictature, même prolétarienne, c’est tromper les travailleurs et assassiner les luttes révolutionnaires de demain. Dans ce domaine, le discours de Mélenchon est aussi trompeur que celui de Macron, celui de Roussel pas moins que celui de Hollande ou de Sarkozy, en passant par ceux de Arthaud ou de Poutou. Il faut appeler un chat un chat : ou la dictature capitaliste ou la dictature du prolétariat.

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