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WSWS : Un programme de la classe ouvrière pour lutter contre l’inflation

mardi 19 avril 2022, par Robert Paris

Un programme de la classe ouvrière pour lutter contre l’inflation

Jerry White

La forte hausse du coût des denrées alimentaires, du carburant, du logement et d’autres produits de première nécessité fait payer un lourd tribut aux travailleurs aux États-Unis et dans le monde entier, menaçant de plonger des millions de personnes dans la pauvreté et la détresse.

Aux États-Unis, les prix à la consommation ont augmenté de 8,5 pour cent au cours des 12 mois qui se terminent le 31 mars, selon le rapport du Bureau américain des statistiques du travail publié mardi. C’est la plus forte augmentation de l’indice des prix à la consommation depuis 1981.

Les prix du carburant comptent pour plus de la moitié de l’augmentation. Le prix de l’essence a bondi de 18,3 pour cent le mois dernier dans un pays où des millions de personnes sont obligées de parcourir 80 km ou plus pour aller travailler. Au cours des 12 derniers mois, le prix de l’essence a augmenté de 48 pour cent. Le coût du plein d’une berline moyenne est passé de 51,48 dollars (47,54 euros) en mars 2021 à 76,14 dollars (70,31 euros) le mois dernier, tandis que le plein d’un VUS ou d’une camionnette est passé de 74,36 dollars à 110 dollars (de 68,68 euros à 101,60 euros).

D’autres prix de l’énergie ont également augmenté. Le prix du carburant diesel a augmenté de 62 pour cent, celui du fioul domestique de 58 pour cent, celui du gaz naturel de 21,6 pour cent et celui de l’électricité de 11,1 pour cent. Le prix du pétrole est annoncé à plus de 1,30$ le litre (un euro le litre) le 28 février 2022, à Los Angeles (AP Photo/Marcio Jose Sanchez)

À l’épicerie, les consommateurs paient plus cher et repartent avec moins dans leur panier. Le prix des denrées alimentaires a encore augmenté de 1,5 pour cent en mars et de 10 pour cent au cours de l’année dernière. L’indice des viandes, volailles, poissons et œufs a augmenté de 13,7 pour cent par rapport à l’année dernière, celui du bœuf de 16 pour cent et celui des produits laitiers et connexes de 7 pour cent. Les loyers, les frais médicaux, l’assurance automobile et d’autres dépenses courantes sont également en hausse.

« Le prix de l’essence et de la nourriture est fou », a déclaré une jeune ouvrière de l’industrie automobile de Detroit au WSWS. « Tout ce que vous pouvez faire, c’est aller au travail et revenir à la maison », a-t-elle ajouté, notant que les nouveaux travailleurs de son usine ne rapportent que 600 dollars par semaine. En d’autres termes, on estime que la hausse des prix a coûté 327 dollars (302 euros) supplémentaires à un travailleur le mois dernier, soit près de 4.000 dollars par an (3,694 euros). Cela équivaut à une réduction stupéfiante de 14 pour cent du revenu des ouvriers de l’automobile qui commencent dans l’industrie.

Le président Biden a imputé la hausse de l’inflation à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la qualifiant de « hausse des prix de Poutine ». Mais les prix ont augmenté bien avant la guerre, et 95 pour cent de la population rejette les affirmations de Biden, selon les sondages.

La flambée des prix est le résultat des politiques menées par les démocrates et les républicains, en particulier depuis le krach financier de 2008, consistant à imprimer des quantités massives d’argent pour soutenir les marchés financiers et accroître la fortune des super-riches. L’inflation massive de la valeur des actions à la Bourse de New York – qui a augmenté de 300 pour cent depuis 2009 – explose maintenant dans toute l’économie.

La guerre par procuration des États-Unis et de l’OTAN contre la Russie et les sanctions économiques contre Moscou ont encore alimenté l’inflation et les pénuries alimentaires et énergétiques dans le monde entier. La classe dirigeante est déterminée à faire payer à la classe ouvrière les sauvetages des riches et le coût énorme de la guerre, qu’elle ne cesse d’intensifier.

Une action urgente de la classe ouvrière est nécessaire pour défendre le niveau de vie. Le Parti de l’égalité socialiste appelle les travailleurs à former des organisations indépendantes de lutte, des comités de base, sur chaque lieu de travail et dans chaque quartier. Ces comités doivent préparer des grèves, des manifestations de masse et d’autres actions de la classe ouvrière pour obtenir les revendications d’urgence suivantes :

Augmenter le salaire horaire de base de 40 pour cent pour compenser la baisse du revenu réel au cours des cinq dernières années.Deux tiers des travailleurs américains vivent de salaire en salaire. Les travailleurs ont subi plus de quatre décennies de stagnation du revenu réel, avec une augmentation moyenne de 0,7 pour cent du salaire réel annuel depuis 1979.

Indexer immédiatement tous les salaires au niveau de l’inflation actuelle et introduire une indexation mensuelle automatique de l’ajustement du coût de la vie (COLA) pour suivre l’augmentation des dépenses.Le salaire horaire moyen réel a encore diminué de 2,7 pour cent entre mars 2021 et mars 2022. La hausse de 3,4 pour cent des salaires prévue cette année, due à la persistance d’une forte demande de main-d’œuvre, a incité la Réserve fédérale américaine à relever ses taux d’intérêt et à recourir au chômage de masse pour combattre l’« inflation salariale ».

Augmenter toutes les prestations médicales et de retraite payée par l’employeur en fonction de l’inflation.La flambée des coûts des soins de santé est un autre facteur important de la baisse des salaires réels. Pour ne citer qu’un exemple, les travailleurs du pétrole de Chevron en grève en Californie ont vu leurs frais médicaux augmenter de 23 pour cent l’année dernière. Les retraités doivent régulièrement choisir entre l’achat de nourriture ou de médicaments.

Augmenter fortement les prestations de Medicaid, Medicare et de la sécurité sociale financées par le gouvernement pour protéger les travailleurs retraités et leurs conjoints.Le Wall Street Journala récemment demandé à Biden et aux dirigeants des pays de l’OTAN de dépenser plus d’argent pour les armes et moins pour le beurre, en appelant à des coupes sombres dans les programmes gouvernementaux destinés aux personnes âgées.

Mettre fin à l’extorsion exercée par les monopoles de l’énergie et ramener les prix au niveau de novembre 2020, soit 0,30$ dollar le litre (0,24 euro le litre). Chevron, ExxonMobil, Marathon et les autres géants du pétrole ont fait 205 milliards de dollars de bénéfices en 2021 et en font encore plus en raison de la crise de la guerre et des mesures qui visent à retirer le pétrole et le gaz russes du marché mondial. Ces immenses profits doivent être récupérés pour répondre aux besoins sociaux, et l’industrie de l’énergie doit être nationalisée sous propriété publique et contrôle démocratique.

La réalisation de ces mesures nécessite une attaque frontale contre la richesse de l’élite capitaliste dirigeante. L’appauvrissement des masses de travailleurs est l’autre facette du vaste enrichissement de l’oligarchie patronale et financière.

La 36e liste annuelle des milliardaires de Forbes, publiée la semaine dernière, a montré que les 2.668 personnes les plus riches du monde valent désormais 12.700 milliards de dollars, soit une augmentation de 58 pour cent par rapport à mars 2020. Elon Musk, Jeff Bezos, Bill Gates, Warren Buffett et leurs collègues milliardaires américains ont augmenté leur valeur nette de 62 pour cent depuis le début de la pandémie.

On doit mettre en place un impôt progressif sur le revenu qui fasse peser la charge fiscale sur les riches, tout en réduisant les impôts pour la grande majorité de la population. Les fortunes colossales des milliardaires américains doivent être expropriées pour financer une forte augmentation des salaires des travailleurs et des programmes sociaux vitaux, notamment l’éducation publique, les soins de santé et la protection des travailleurs et de leurs familles contre la COVID-19.

Le développement d’une contre-offensive dans la classe ouvrière soulève trois questions fondamentales.

Premièrement, elle doit être complètement indépendante des syndicats pro-patronat, qui fonctionnent comme une police du travail pour imposer les diktats des grandes entreprises. Cela nécessite la formation des comités de base qui permet d’unir toutes les sections de la classe ouvrière dans une lutte commune.

Au cours des deux dernières années, la bureaucratie de l’AFL-CIO a imposé des accords de travail de quatre et cinq ans à Volvo Trucks, Dana, John Deere, Kaiser Permanente, dans la production cinématographique et télévisuelle, l’industrie pétrolière, les districts scolaires et d’innombrables autres lieux de travail comportant des augmentations annuelles de 2 à 3 pour cent, sachant pertinemment que cela laisserait les travailleurs vulnérables aux ravages de l’inflation. En fait, les travailleurs syndiqués n’ont reçu que 2,6 pour cent d’augmentation annuelle moyenne, soit moins que les 3,1 pour cent que les travailleurs non syndiqués ont obtenus.

Deuxièmement, il doit être développé comme un mouvement international, qui unit les travailleurs du monde entier qui font face aux mêmes conditions et à la même crise capitaliste. Au Royaume-Uni, l’inflation, qui est actuellement de 6,7 pour cent, devrait atteindre près de 9 pour cent d’ici la fin de l’année et les prévisionnistes du gouvernement anticipent que le niveau de vie connaîtra sa plus forte baisse depuis les années 1950. La hausse des prix et les pénuries de nourriture et d’énergie ont provoqué une vague de manifestations et de grèves de masse, du Sri Lanka à l’Inde et à la Grèce, en passant par le Liban, la Tunisie et le Pérou.

L’année dernière, le Comité international de la Quatrième Internationale a lancé l’Alliance ouvrière internationale des comités de base (IWA-RFC) dans le but d’unir les travailleurs à l’échelle internationale en opposition à la pandémie et au sacrifice de la vie des travailleurs, indépendamment des syndicats contrôlés par le patronat.

Troisièmement, la logique des luttes des travailleurs soulève la nécessité d’une offensive politique de la classe ouvrière contre le gouvernement Biden, les deux partis des grandes entreprises et tous les gouvernements capitalistes du monde. L’appauvrissement massif, la mort de masse due à la pandémie de COVID-19 et le danger croissant de la troisième guerre mondiale sont tous des produits du système capitaliste qui subordonne les besoins sociaux au profit privé et à la richesse de la classe dirigeante.

C’est pourquoi la lutte pour protéger le niveau de vie aujourd’hui est une lutte politique, qui ne peut être résolue que par une prise du pouvoir par les travailleurs et la réorganisation socialiste de l’économie mondiale.

Pour construire la direction nécessaire à cette lutte, nous invitons les travailleurs à participer au rassemblement international en ligne du 1er mai et à rejoindre le Parti de l’égalité socialiste.

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