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Accueil du site > 12- Livre Douze : OU EN SONT LES GROUPES REVOLUTIONNAIRES ? > Débat sur la guerre d’Ukraine avec des groupes anarchistes

Débat sur la guerre d’Ukraine avec des groupes anarchistes

samedi 2 avril 2022, par Karob, Robert Paris

Word - 1.4 Mo

Nous appelons avec des militants anarchistes regroupés autour de la Grotte Pictave et la revue La Grande Goule à un débat sur la situation en Ukraine et mondiale !

Leur appel à la réunion :

https://poitiers.demosphere.net/rv/3457

Il nous semble primordiale au regard de la gravité que les militants se réclamant de la révolution, de la lutte anti-impérialiste et du défaitisme révolutionnaire débattent entre-eux de cette situation le plus largement possible mais aussi avec la population ! C’est pourquoi nous appelons le plus grand nombre à venir à cette réunion débat qui doit permettre d’avancer vers un programme concret de lutte contre la guerre inter-impérialiste et la misère que nous subirons encore plus de plein fouet avec des économies de guerre qui signifie avant tout, tout pour la guerre, et rien pour le peuple !

Depuis deux semaines, le monde vit au rythme de la guerre en Ukraine et des développements. Aucun des impérialismes qui s’affrontent ne défend en réalité le sort des ukrainiens ou des populations russophones dans l’est de l’Ukraine ! La dénazification mise en avant par Poutine pour justifier son intervention militaire alors qu’il s’appuie également sur des groupes fascistes comme Wagner n’est que pure mensonge ! Comme n’est que pure mensonge la propagande des États-Unis et de leurs alliés quant à la défense de la démocratie ukrainienne aux mains d’oligarques (acoquinée à des troupes fascistes) ou l’aide généreuse des gouvernements occidentaux aux réfugiés ukrainiens !

Cette guerre, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, n’est pas le résultat de la seule décision de Poutine qui serait fou ou sur le point de le devenir. Cela n’a rien à voir avec la folie présumée d’un homme qui menacerait seule la paix mondiale et la stabilité du monde ! C’est ce que veulent nous faire croire les élites dirigeantes du capitalisme ! La situation en Ukraine mais dans le monde entier est à rattacher avant tout à un système économique mondiale à bout de souffle, qui ne survit qu’artificiellement grâce aux milliards d’aides publics, et cherche une issue guerrière à ses propres contradictions au travers d’un conflit inter-impérialiste !

La guerre en Ukraine oppose un bloc composé notamment de la Chine et de la Russie d’un côté et un autre bloc composé notamment des États-Unis et de la France ! S’ils se sont jusqu’à maintenant affrontés de manière interposée comme en Syrie, le risque d’un affrontement direct déclenchant une troisième guerre mondiale se fait toujours plus menaçant ! La guerre déclenchée en Ukraine est le résultat de la montée des tensions entre ces différentes puissances impérialistes ! Ces tensions s’enracinent dans le recul économique de l’impérialisme américain face aux nouvelles puissances impérialistes que sont la Chine et la Russie et qu’il cherche à contenir par la guerre afin de maintenir par la force militaire son rôle de puissance dominante ! Quant à un vieil impérialisme comme la France c’est en partie la perte de sa sphère de domination en Afrique au profit de la Russie et de la Chine qui explique son engagement auprès de l’Impérialisme américain et son déploiement de troupe en Europe de l’Est (Roumanie et Estonie).

Mais ce ne sont pas les seules raisons à l’affrontement inter-impérialiste ! Ce risque de guerre mondiale est à relier à l’effondrement économique de 2008 dont le capitalisme ne s’est pas toujours remis ! Et comme pour les deux premières guerres mondiales dont les racines plongent dans les deux premières grandes dépressions économiques, la marche à la guerre mondiale actuelle s’enracine dans cet effondrement ! Or c’est dans ces moments d’effondrement économique profonds que surgissent des situations révolutionnaires ! Et quel meilleur moyen comme en 1914 ou 1939 alors que nous assistons depuis plusieurs années à une résurgence de lutte de classe à l’échelle mondiale que de dévoyer cette lutte de classe dans la guerre mondiale ! La marche à la guerre mondiale est donc tout aussi inéluctable que la marche à la révolution sociale ! Et la guerre mondiale est un moyen de s’en prémunir pour les classes dirigeantes !

La propagande des divers impérialismes qui s’affrontent en Ukraine, s’ils veulent enrégimenter les peuples, doit d’abord cacher les vraies raisons de leurs buts de guerre et en inventer : ici la dénazification de l’Ukraine, là, la défense de la démocratie ! Comme pendant les deux premières guerres mondiales, les classes dirigeantes respectives doivent mentir pour enrégimenter leur peuple et les mener à la guerre ! La propagande et la marche à la guerre (cela peut durer un moment) servent déjà à forger l’union sacrée des peuples à leur impérialisme, autrement dit une union avec ses classes dirigeantes, présentant les autres classes dirigeantes comme une menace plus grande ! L’union sacrée est la politique qui doit mettre aux pas les peuples et faire taire au nom de la guerre extérieure toutes contestations intérieures tant sociale que politique ! Guerre extérieure et intérieure sont intiment liées pour envoyer les peuples une nouvelle fois à la boucherie mondiale ! Dans cette situation, nous ne pouvons que nous attendre à un renforcement autoritaire, dictatorial, dans les vieilles démocraties capitalistes si ce n’est la mise en place de fascismes pour nous mettre au pas ! Et ce ne sont pas les élections à venir qui pourront nous en prémunir !

Nous sommes entraînés dans cette guerre, cette guerre de classe que nous mènent les classes dirigeantes ! Ce n’est pas en choisissant un camp contre un autre ou en appelant les fauteurs de guerre à la désescalade que nous éviterons la guerre mondiale à venir ! Seule une politique anti-impérialiste et défaitiste (l’ennemi est notre propre classe dirigeante), une lutte résolue pour la révolution sociale peut renverser les fauteurs de guerre capitalistes ! Seule la révolution sociale en 1917 en Russie puis en Allemagne en 1918 ont mis fin à la guerre mondiale ! Nous entrons dans une nouvelle période de guerres et révolutions à l’échelle mondiale ! Et c’est dans cette perspective que nous proposons de débattre d’un programme de lutte contre la guerre et la misère afin de s’armer politiquement dans la période à venir, à savoir une nouvelle période de guerres et révolutions, et de défendre un tel programme auprès du peuple !

1 Message

  • Une affirmation avec laquelle je ne suis pas d’accord, répond ce militant anrachiste :

    « Le capitalisme n’est plus en expansion, il s’effondre sous le poids de ses propres
    contradictions ! Et c’est cette situation qui rend inéluctable la guerre mondiale entre
    impérialisme ! Ils n’ont d’autres choix que détruire le surplus de capital par la guerre et
    notamment la guerre mondiale ! »

    Je ne pense pas que le capitalisme ne soit plus en expansion. Il n’en finit pas de trouver de
    nouveaux secteurs qu’il peut transformer en marchandise et exploiter : la force de travail
    bien sûr, les espaces de production, puis la culture et les esprits, les loisirs, l’air, l’eau,
    l’espace etc.. Bien sûr il y aura une fin, mais en attendant, il rencontre de nombreuses
    difficultés/crises qu’il lui faut surmonter. Et pour l’instant il y est toujours parvenu et rien ne
    dit qu’il n’y parviendra plus dans un avenir plus ou moins proche. La référence à l’inéluctable
    crise est un marronnier dans le mouvement ouvrier, ou du moins dans ses avant-gardes
    proclamées, qui en dit plus sur l’impuissance et les désillutions de ces dernières à pouvoir
    agir efficacement et qui trouvent leur bonheur dans « la crise qui vient » ; Certains
    pensaient, après la seconde guerre mondiale, que la classe ouvrière était en diminution. Je
    pense qu’au contraire elle est en expansion si on se situe au niveau planétaire. Au cours des
    70 dernières années elle a transformé en prolétaire/ouvriers des parties entières de la
    population qui n’étaient pas dans le circuit capitaliste. Et il en reste encore beaucoup,
    chaque année des millions de paysans gagnent les mégapoles pour se vendre et vivre
    misérablement. L’impression que le monde ouvrier était en déperdition vient du fait que
    dans l’ensemble le mouvement ouvrier était essentiellement attaché à décrire la situation
    dans le monde dit développé industriel et que le monde ouvrier ne pouvait qu’être borné
    entre Oural et Méditerranée. Théorie qui soit dit en passant était liée à l’idée que la
    révolution ne pouvait venir QUE des ouvriers et que par conséquent le programme pour la
    révolution c’était de développer les forces productives dans les zones où la paysannerie
    (considérée par essence comme réactionnaire) était largement majoritaire.
    Ceci dit je ne suis pas certain que ces questions, pour intéressantes et importantes qu’elles
    soient déterminantes dans les processus révolutionnaires, sauf à penser que ces derniers
    dépendent largement des analyses programmatiques de groupes ou partis d’avant-garde. Ce
    que je ne pense pas et qui est sans doute une question qui me questionne dans le texte.

    Une affirmation avec laquelle je ne suis pas d’accord, répond ce militant anrachiste :

    « Le capitalisme n’est plus en expansion, il s’effondre sous le poids de ses propres
    contradictions ! Et c’est cette situation qui rend inéluctable la guerre mondiale entre
    impérialisme ! Ils n’ont d’autres choix que détruire le surplus de capital par la guerre et
    notamment la guerre mondiale ! »

    Je ne pense pas que le capitalisme ne soit plus en expansion. Il n’en finit pas de trouver de
    nouveaux secteurs qu’il peut transformer en marchandise et exploiter : la force de travail
    bien sûr, les espaces de production, puis la culture et les esprits, les loisirs, l’air, l’eau,
    l’espace etc.. Bien sûr il y aura une fin, mais en attendant, il rencontre de nombreuses
    difficultés/crises qu’il lui faut surmonter. Et pour l’instant il y est toujours parvenu et rien ne
    dit qu’il n’y parviendra plus dans un avenir plus ou moins proche. La référence à l’inéluctable
    crise est un marronnier dans le mouvement ouvrier, ou du moins dans ses avant-gardes
    proclamées, qui en dit plus sur l’impuissance et les désillutions de ces dernières à pouvoir
    agir efficacement et qui trouvent leur bonheur dans « la crise qui vient » ; Certains
    pensaient, après la seconde guerre mondiale, que la classe ouvrière était en diminution. Je
    pense qu’au contraire elle est en expansion si on se situe au niveau planétaire. Au cours des
    70 dernières années elle a transformé en prolétaire/ouvriers des parties entières de la
    population qui n’étaient pas dans le circuit capitaliste. Et il en reste encore beaucoup,
    chaque année des millions de paysans gagnent les mégapoles pour se vendre et vivre
    misérablement. L’impression que le monde ouvrier était en déperdition vient du fait que
    dans l’ensemble le mouvement ouvrier était essentiellement attaché à décrire la situation
    dans le monde dit développé industriel et que le monde ouvrier ne pouvait qu’être borné
    entre Oural et Méditerranée. Théorie qui soit dit en passant était liée à l’idée que la
    révolution ne pouvait venir QUE des ouvriers et que par conséquent le programme pour la
    révolution c’était de développer les forces productives dans les zones où la paysannerie
    (considérée par essence comme réactionnaire) était largement majoritaire.
    Ceci dit je ne suis pas certain que ces questions, pour intéressantes et importantes qu’elles
    soient déterminantes dans les processus révolutionnaires, sauf à penser que ces derniers
    dépendent largement des analyses programmatiques de groupes ou partis d’avant-garde. Ce
    que je ne pense pas et qui est sans doute une question qui me questionne dans le texte.

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