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Le seul candidat des travailleurs aux élections : la grève de masse insurrectionnelle

mardi 14 décembre 2021, par Alex, Karob, Waraa

Le seul candidat des travailleurs aux élections : la grève de masse insurrectionnelle en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, en France et partout

Du point de vue des exploités, des travailleurs de France et d’ailleurs, tous les candidats aux élections présidentielles ont, chacun à leur manière, le même programme : la défense d’un système capitaliste à bout de souffle. C’est la défense des trusts sous prétexte de défense de l’emploi. C’est la défense des intérêts des labos pharmaceutiques sous prétexte de lutte contre covid-19. C’est la défense des capitalistes spéculateurs sous prétexte de lutte contre l’effondrement économique.

La pandémie de la Covid 19 a été une occasion rêvée que les gouvernements des pays les plus riches n’ont pas raté l’occasion d’exploiter pour frapper le peuple travailleur : « Nous décrétons la panique générale, en attendant que la science détermine s’il faut avoir peur » titre avec humour le Canard enchaîné. Mais tous les candidats sont dans l’Union sacrée « vacciniste ». Cependant la grève insurrectionnelle en Guadeloupe, dont l’étincelle dans le déclenchement a été l’obligation vaccinale et dont le fond est révolutionnaire sur le terrain politique et social, est venue perturber le ronron des élections. Plus précisément : des élections bourgeoises. Car cette grève en Guadeloupe, s’étendant ensuite en Martinique, en Guyane et dans d’autres territoires coloniaux de l’empire français, est venue rappeler que l’opposition fondamentale n’est pas entre élections et révolution. C’est l’opposition entre démocratie bourgeoise et démocratie des exploités. Pendant la grande Révolution française, les sans-culottes ne manifestaient pas tous les jours, mais ils transformèrent dès 1789 les bureaux de vote des élections féodales aux États-généraux en assemblées permanentes qui devinrent des sections de quartier. Les travailleurs peuvent juger les candidats par leur attitude envers l’insurrection Guadeloupéenne et Martiniquaise, plus que sur leurs programmes.

Car, par exemple, en Guadeloupe de nombreux comités, rassemblant des travailleurs, des jeunes chômeurs, des grévistes d’entreprises ou de secteurs en lutte se sont formés. Oui, c’est bien de la démocratie ouvrière qu’il s’agit, sous la forme des assemblées générales rassemblant des travailleurs en lutte et élisant la direction de leur grève. Ces comités préfigurent les Sections de la révolution française, la Commune de Paris de 1871, les soviets russes de 1905 et 1917, les « tanacs » hongrois de 1956, les chouras d’Iran en 1978, les comités de grèves MKS de Pologne en 1980 et bien d’autres.

Ces comités sont les cellules vivantes du mouvement, et leur aspiration est bien exprimée par le journal « Combat Ouvrier » en ces termes : « Des délégués élus par leurs camarades sur les barrages et dans les entreprises en grève devront être aussi présents dans les négociations lorsqu’elles se dérouleront. C’est cela la vraie démocratie ouvrière ! Même si les syndicats et leurs chefs sont présents, les travailleurs et les membres de la population en lutte doivent être représentés directement.

Pas de base qui suit et de chefs qui décident ! » C’est bien la plupart du temps dans de tels termes que la plu-part des travailleurs en lutte se posent la question de la direction de cette lutte. Car dans tout mouvement de grande envergure, l’immense majorité des travailleurs est non-syndiquée, et se méfie à juste titre de toutes les organisations. Malheureusement, ces lignes citées ont été écrites par des militants d’organisation politique et syndicale comme Combat Ouvrier ou la CGT Guadeloupe qui sont expérimentés, et tout travailleur qui a vécu un mouvement de lycéens, d’infirmières, de cheminots, d’enseignants, ou à des souvenirs directs ou transmis par des militants de Mai 68, sait que des révolutionnaires ou simplement des militants du mouvement ajoutent aussitôt : « les travailleurs en lutte doivent se constituer partout en assemblées générales souveraines, représentée chacune par un comité de grève, qui enverra des délégués dans une coordinations nationale des délégués ! Formons partout des comités, de grève en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, en Nouvelle Calédonie et… en métropole. »

Ne pas fixer cet objectif concret d’une coordination nationale, c’est duper les travailleurs ! Un des dirigeant de Combat ouvrier est aussi le dirigeant de la CGT Guadeloupe, Jean-Marie Nomertin. Or Jean-Marie Nomertin, qui le 30 novembre, avec Combat Ouvrier, appelle comme on l’a vu, à juste titre, bien que de manière incomplète à la défense de la « vraie démocratie ouvrière », signe ensuite des deux mains (une pour la CGT Guadeloupe, une autre pour Combat Ouvrier) le 10 décembre, l’accord avec l’État intitulé « Accord de méthode relatif aux négociations sur les revendications portées par le collectif des organisations en lutte face à la crise sanitaire, économique et sociale en Guadeloupe ». Dans la liste des signataires de cet accord, pas de trace claire des délégués des comités auto-organisés à la base. La « vraie démocratie ouvrière » prônée par Combat ouvrier est enterrée par Combat ouvrier avec l’aide de la CGTG. Parmi les parties prenantes mentionnées dans l’accord on trouve SUD PTT, Solidaires Guadeloupe, la FSU. Parmi toutes ces organisations syndicales, on trouve comme dans la CGT G / Combat Ouvrier des centaines de militants, cadres syndicaux qui en métropole se disent « radicaux », « révolutionnaire ». Aucune de ces organisations ne défend donc réellement la démocratie ouvrière. SUD et la FSU n’ont pas mis à leur agenda l’extension en métropole de la lutte de leurs camarades de Guadeloupe, ne serait-ce que pour soutenir leurs négociations avec l’État.

N’oublions pas que J-M Nomertin de la CGT Guadeloupe est le représentant en Guadeloupe d’une des candi-dates à l’élection qui se réclame du « camp des travailleurs », Nathalie Arthaud de Lutte ouvrière. A la lumière des événements des Guadeloupe, une conclusion malheureuse est à tirer, pour elle comme pour l’autre candidat lié au monde du travail, P. Poutou : leur programme est à peu de choses près celui des autres candidats, ils veulent sauver la « démocratie bourgeoise » en évitant qu’en Guadeloupe de vrais soviets se forment ! N. Arthaud a rendu visite récemment à l’Hôpital Saint-Antoine. Une chaîne d’information l’a accompagnée dans une réunion d’une dizaine de personnes. Pourquoi après leur avoir parlé salaire ne pas leur proposer de mettre en place un comité de travailleurs de Saint-Antoine pour l’augmentation des salaires Et la solidarité avec la Guadeloupe ? En Guadeloupe, un des moteurs du mouvement est la revendication d’accès à l’eau potable, de quoi rendre ce mouvement populaire dans les hôpitaux et ailleurs, tant c’est un problème de santé publique digne d’un pays du Tiers-Monde.

Pire, dans son éditorial des bulletins d’entreprises du 6 décembre intitulé « Contre l’extrême-droite, vive le camp des travailleurs ! », N. Arthaud ne mentionne pas la Guadeloupe, dont la grève insurrectionnelle est le combat actuel le plus remarquable, celui qui nous montre la voie, contre l’extrême-droite. Car en Guadeloupe, c’est l’armée française, les « petits blancs » racistes qui sont des troupes de l’extrême droite ! A bas l’armée française ! A bas le GIGN, bras armé de l’extrême droite coloniale et fasciste en Guadeloupe ! En ne donnant pas en exemple la grève de masse avec des objectifs pas seulement économiques mais politiques, N. Arthaud suit la gauche électorale dont l’ennemi n’est que l’extrême droite électorale Zemmour Le Pen. Le directeur de campagne de Zemmour est un militaire, ex-numéro 2 de l’armée de terre. L’extrême-droite est donc présente depuis longtemps aux sommets du pouvoir. Il est facile pour la gauche et l’extrême-gauche électoraliste (Arthaud-Poutou) de manifester contre Zemmour, il est plus difficile de soutenir le soulèvement des Guadeloupéens contre l’armée française.

Non, ce n’est pas en criant « vive nous ! », comme le propose la moraliste donneuse de leçon N. Arthaud que les travailleurs combattront le fascisme d’État. C’est en faisant le ménage dans « leur camp ». N. Arthaud qui ne s’est pas mise en grève pour soutenir les Guadeloupéens n’hésite pas à leur faire la leçon expliquant qu’ils ont perdu ce qu’ils avaient gagné en 2009 parce qu’ils avaient « baissé la garde » face au patronat. Contrairement aux propos frelatés d’Arthaud, les travailleurs de Guadeloupe sont en 2021 comme en 2009 bien plus un exemple de lutte anti-patronale et anticapitaliste pour nous que Lutte Ouvrière, l’extrême-gauche électoraliste et les syndicats corrompus dont elle est membre et dont nombre de ses camarades ont des postes de direction dans l’appareil syndical. Si les travailleurs ont bel et bien baissé la garde, c’est avant tout, non pas vis-à-vis du patronat ou de l’État, mais vis-vis de ces faux amis, de ces prétendus « révolutionnaires » reconvertis en cadre des appareils staliniens qui veulent faire une révolution sans pouvoir ouvrier, mais uniquement à travers les syndicats et associations tolérés par la bourgeoisie. Les syndicats et leurs chefs ne sont que les organes les plus ouvriers de la machine de l’État bourgeois.

Les travailleurs, s’ils veulent avancer sur la voie de la révolution sociale, n’ont vraiment rien à attendre de ces faux « révolutionnaires » qui ont été intégrés à l’appareil d’État Bourgeois et dont la politique est déterminée avant tout par la bureaucratie syndicale liée à la gauche de gouvernement (PS, PCF, Insoumis et tous les appareils qui leur sont liés). Dans son mensuel "Ensemble" des adhérents de la CGT, numéro de décembre, seule-ment 2-3 lignes consacrées à la Guadeloupe ; deux lignes qui reprennent quasiment un communiqué du ministère de l’intérieur concernant le couvre-feu. La CGT de métropole veut donc clairement étouffer par le silence ce mouvement. C’est ce qui explique et détermine presqu’entièrement la politique de l’extrême gauche dans son abandon de l’insurrection sociale aux Antilles qui est ainsi, derrière des paroles creuses, un soutien à l’État Colonial et Impérialiste pour écraser le peuple en lutte !

A contrario de ces « révolutionnaires » inféodés à la bureaucratie de l’appareil d’État Bourgeois qui font la leçon aux travailleurs, les révolutionnaires authentiques ont confiance dans la classe ouvrière. Ils se souvienne que lors de la vague de décolonisation, c’est parce que plusieurs fronts s’ouvrirent, de l’Indochine à l’Algérie, à l’Afrique noire que l’impérialisme français dut reculer face aux révoltes anticoloniales. Les Antillais se souviennent comment le 23 mars 1962, cet impérialisme français paniqua à nouveau lorsqu’une petite bande de jeunes nationalistes couvrit les murs de l’affiche : « La Martinique aux martiniquais ». Les luttes anticoloniales, dirigées par des nationalistes déguisés en révolutionnaires ont cependant échoué. Mais de la Guadeloupe au Mali, au Soudan, après le printemps arabe il y a 10 ans, des millions de travailleurs ont repris le chemin de la lutte contre l’impérialisme. Les pays dominés par l’impérialisme n’offrent aucun avenir à leur jeunesse. Les bourgeoisies impérialistes masquent le blocage définitif de leur système en évitant artificiellement l’écroulement du système bancaire en injectant massivement des liquidités, du capital fictif. Ces soins palliatifs ne peuvent empêcher des crises récurrentes, dont des soulèvements sous le signe du « On en a assez ! » comme en Guadeloupe. C’est en mettant en place à chaque occasion de véritables organes locaux de pouvoir des exploités, au travers de comités auto-organisés, que les exploités ouvriront la voie au but qui se cache derrière toutes ses méandres : une révolution socialiste mondiale.

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