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Les symptômes de la fin d’un monde, le monde capitaliste…

mardi 22 juin 2021, par Karob, Robert Paris

La hausse des décès et la baisse des naissances, l’écart entre riches et pauvres, la baisse des investissements productifs par rapport au total des capitaux en hausse, la confiance dans le système en chute, la hausse du chômage et des licenciements, la hausse des dettes publiques, la hausse des forces policières et militaires, la chute économique...

éditorial

Les symptômes de la fin d’un monde, le monde capitaliste…

On nous annonce à grands sons de trompette que les bourses remontent, suite aux interventions financières massives des Etats et des banques centrales, la dernière en date étant celle des USA. Et certains croient ou font semblant de croire que cela prouve que le capitalisme aurait parfaitement résisté au choc de la pandémie comme il aurait aussi résisté au choc de la chute de 2007-2008. Mais tout cela est parfaitement factice. Pire même, la montée des bourses quand l’économie s’effondre est un signe des plus clairs d’une situation qui va vers une impasse. Bien sûr, il peut y avoir une déconnexion momentanée entre les profits spéculatifs et les profits réels fondés sur des investissements productifs, mais, quand cela dure des décennies sans aucun répit, le gouffre entre la montée des bourses et la chute de l’économie ne faisant que se creuser, c’est que le système lui-même est définitivement enlisé pour ne pas dire coulé…

Bien sûr, la plupart des gens sont réticents à imaginer une « fin » de la civilisation capitaliste et ils pensent que le système s’est tiré des pires crises et qu’il trouvera moyen d’en faire autant cette fois. N’a-t-il pas réussi déjà à tenir de 2008 à 2021 ?!!!

C’est vrai mais encore faut-il rajouter que, de 2008 à 2021, il a fallu pour que le système reste en place que les Etats et les banques centrales s’endettent de plus en plus, follement même, au point de ne plus jamais pouvoir espérer revenir à flot, même en faisant payer cher les populations… Au point que les Etats et les banques centrales discutent sérieusement de s’annuler mutuellement toutes les dettes, tout en reconnaissant qu’ils ne savaient nullement comment procéder !!!

Plus les années passent, depuis 2007-2008 et plus le fossé entre l’accroissement des grandes fortunes et la baisse des investissements se creuse. Cela devient un véritable gouffre. Cela signifie que l’on distribue des bénéfices sans création de richesses réelles et que l’on ne peut que voir ce gouffre se creuser encore…

Ce gouffre est loin d’être le seul qui se creuse depuis 2007 : gouffre entre la chute de la natalité et la hausse de la mortalité, gouffre financier et social entre riches et pauvres qui s’accroit follement, gouffre entre les dépenses publiques folles pour aider les capitalistes et leur système et les restrictions sans cesse croissante de l’utilisation sociale des fonds publics, gouffre des dettes privées et publiques, gouffre entre la spéculation qui monte et la production de richesses qui baisse, gouffre entre la part de la population qui bénéficie un peu du système et celle qui en pâtit durement, gouffre entre les capacités techniques de la société qui continuent d’augmenter et les capacités sociales du système qui ne cessent de baisser, etc…

La crise permanente du covid n’est qu’un symptôme de plus de la chute, et pas la cause de celle-ci, cause qui date de 2007 et pas de 2019…

Il y a encore bien d’autres symptômes, qui sont davantage du domaine social et politique : appauvrissement global de la population, chute de la démocratie, effondrement des espérances sociales de la jeunesse, chute sociale massive de la petite bourgeoisie et sa conséquence directe, montée de l’extrême droite, montée des visées dictatoriales de la police et de l’armée. Oui, ce sont bel et bien des symptômes de la fin d’un monde, le monde capitaliste !!!

Et s’y rajoutent les crises morales, psychologiques, politiques, scientifiques, culturelles de toutes sortes qui accompagnent ce type d’effondrements systémiques !!! Personne ne peut plus faire confiance dans les institutions liées au système, même quand ce sont des institutions sanitaires ou scientifiques !!!

La pandémie actuelle n’est rien d’autre qu’un symptôme de plus de cette chute du capitalisme, annoncée depuis le début des années 2000 et qui trainera peut-être encore un peu mais sans pouvoir annuler cette échéance mortelle d’un système qui ne vit plus que par des moyens palliatifs :

https://www.matierevolution.fr/spip...

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Bien sûr, on entend déjà tous ceux qui croient que le capitalisme, contrairement à tous les anciens systèmes sociaux, serait éternel : « pas de souci, les capitalistes parviendront toujours à s’en tirer ». Mais c’est faux ! Il peut se tirer des crises classiques mais pas de l’effondrement des investissements productifs !

Quelque chose de fondamental distingue la chute de 2007 des dizaines de crises dites classiques du capitalisme : le fait que les anciennes crises permettaient de faire chuter les « canards boiteux », redonnant du dynamisme à l’ensemble du système, alors qu’en 2007-2008, les capitalistes et leurs gouvernants du monde entier sont tombés tous d’accord que, du fait des « risques systémiques » donc des risques de mort du système, on ne pouvait laisser faire faillite à aucune grande entreprise ou grande banque, grande assurance ou grand financier, grande bourse ou grande monnaie. En somme, le rôle régulateur des crises était définitivement terminé et depuis cette époque, aucune crise locale ou internationale n’a pas pu redevenir une crise classique, les Etats étant contraints partout de déverser des centaines de milliards pour « sauver » les capitalistes, redresser les bourses.

S’ils ont ainsi enrichi les capitalistes sans que ceux-ci aient à investir dans l’économie réelle, cela ne signifie nullement qu’un tel processus fou peut être éternel !

Les réactions ultra violentes des Etats des années 2000 contre toutes formes de contestation témoigne, elles aussi, que la situation n’a rien de « classique » !!! Les classes dirigeantes savent très bien qu’elles trônent sur un volcan en éruption dont on ne sait pas quand la lave va monter brutalement mais dont on sait que l’éruption menace à tout moment.

Il ne suffit pas que, grâce aux prétendues « politiques sanitaires », les gouvernants écrasent les réactions sociales, pour que les classes dirigeantes soient rassurées et cessent le feu contre les peuples ! Non ! Ils savent que, dès que le système commencera à chuter, les banques à fermer, les entreprises à faire faillite, la lutte des classes reprendra de la vigueur et elles tentent, d’ici-là, de détruire toute forme d’organisation, de contestation, de confiance sociale du prolétariat. Pour cela, la pandémie est pour elles une véritable bénédiction, au point qu’elles ont aidé au moins à sa propagation, si ce n’est à sa création…

Il ne faut pas croire que les efforts mondiaux pour pousser la population à se faire vacciner témoignent du contraire. En effet, loin de combattre la pandémie, les vaccins ont permis au virus de s’adapter aux anticorps humains, de les contourner, et le dernier avatar des variants indiens, dit delta, a atteint ce but d’être à l’abri des attaques des anticorps humains, ce qui signifie à l’abri de tous les vaccins !!! Seule la vaccination massive pouvait atteindre ce résultat et depuis de plus en plus de pays ont une vaccination massive et une pandémie qui est de plus en plus active cependant…

La pandémie, elle-même, est un symptôme de la chute du système. Les grandes maladies, et notamment les épidémies, ne se sont jamais développées dans des sociétés en plein développement, sans crise économique et sociale. Bien au contraire, tout le passé des épidémies démontre qu’elles ont lieu dans des sociétés en pleine crise et en guerre, civile ou militaire. L’un des exemples fameux est l’épidémie de grippe espagnole au beau milieu de la première guerre mondiale. Mais on a connu aussi des épidémies en pleine crise économique, sociale et révolutionnaire de l’Egypte antique ou de la Mésopotamie antique. Et ce ne sont pas les seuls exemples historiques fameux. Bien sûr dans ces cas très anciens ou plus modernes, personne n’a jamais incriminé l’effondrement du système et pourtant tel était le fondement de telles crises sanitaires massives. Par exemple, la peste athénienne, en réalité une fièvre thyphoïde, a atteint Athènes, en – 430 avant notre ère, en plein dans la crise de la domination de cette cité sur la Grèce, crise marquée par la guerre du Péloponnèse, contre Sparte, ayant pris la tête de toutes les villes qui contestaient la domination athénienne. La peste dite « antonine », en fait une variole, a atteint la Mésopotamie en 166 après notre ère, avant d’atteindre l’empire romain, durant la guerre contre les Parthes. La « peste de Justinien », de 540 de notre ère, est liée à la crise européenne qui a mené de l’empire au Moyen-Age. La « peste de Tunis » de 1270 est liée aux grands massacres des croisades (il s’agit là de la huitième croisade à Tunis)… La « peste noire » qui a frappé l’Europe depuis 1346, a débuté en Chine, elle-même en pleine guerre civile et guerre tout court… La variole a frappé les populations amérindiennes des Amériques, déjà écrasées par la répression et l’élimination systématique des conquérants occidentaux… Le choléra des années 1930 est devenu épidémique en Russie en pleine crise économique et sociale de l’époque stalinienne issue de la guerre civile et des politiques effroyables de la bureaucratie russe…

Les maladies ne frappent pas seulement par l’effet des bactéries et des virus. Quand elles prennent le caractère de pandémies, c’est que le système économique et social est déjà frappé ou menacé…

C’est ce qui se produit aujourd’hui encore. La crise systémique a frappé en 2007 alors que la pandémie date de 2019… Et chacun s’attendait à un effondrement économique et social en 2019 alors que personne n’avait prévu la pandémie covid !!!

On a constaté déjà que la chute économique actuelle n’a pas commencé avec la pandémie, et que la surmortalité elle-même ne l’a pas attendue. Les révolutions sociales, elles aussi, ne l’avaient pas attendu…

De nombreux auteurs ont souligné le rôle des pandémies pour produire des crises économiques et sociales, oubliant que celles-ci étaient d’abord et avant tout produites par des crises sociales et politiques, révolutionnaires, de la domination des classes possédantes. L’Egypte et la Mésopotamie antiques sont de grands exemples de telles liaisons entre des maladies massivement mortelles et la chute des systèmes économiques et sociaux dominants. Ces auteurs choisissent sciemment d’oublier qu’avant même que les maladies frappent les révolutions sociales avaient lieu, menaçant les classes possédantes et c’est vrai depuis l’Egypte et la Mésopotamie antiques et jusqu’à la vague des révolutions récentes, allant de l’Egypte et de la Tunisie, à l’Algérie et aux gilets jaunes de France, pour continuer au Soudan, au Liban et ailleurs…

Oui, ces révolutions sociales se placent avant la pandémie et elle n’en est nullement la cause. De même, la révolution sociale a frappé l’Egypte et la Mésopotamie antiques, avant les pandémies et pas après !!! Ou encore la France et l’Angleterre du Moyen-Age !! Et aussi l’Europe en pleine guerre mondiale, là encore AVANT les pandémies et pas après !!!

Depuis que le monde est divisé en classes sociales, la lutte des classes se place en amont des crises de la société et pas en aval !!! Ce ne sont pas les virus et les bactéries qui déterminent les sociétés humaines mais l’activité des classes sociales !!!

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