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Staline, véritable coupable des procès de Moscou

jeudi 24 février 2022, par Robert Paris

Staline, véritable coupable des procès de Moscou, avec la complicité de la bourgeoisie mondiale…

Staline et ses complices condamnés

5 juillet 1938

Le texte du verdict de la commission internationale d’enquête a été publié sous le titre Not Guilty (Non coupables), verdict rendu nominalement sur Léon Trotsky et Léon Sédov, mais qui concerne en fait Staline et ses complices. Rappelons d’abord les noms des juges :

John Dewey, président de la Commission, philosophe américain connu, grand professeur à l’université de Columbia et qui fait autorité dans le monde entier sur les questions pédagogiques.

John Chamberlain [1] , avocat américain, critique littéraire au New York Times depuis de longues années, chargé de cours à l’université de Columbia pour le journalisme.

Edward Ross [2], le plus grand sociologue américain, professeur à l’université de Wisconsin.

Benjamin Stolberg [3], publiciste américain connu pour ses travaux sur les questions du mouvement ouvrier.

Carlo Tresca [4], chef de l’anarcho syndicalisme américain, éditeur du journal Il Martello, et qui a dirigé de nombreuses grèves.

Suzanne LaFollette [5], secrétaire de la commission, écrivain connu et rédactrice de publications radicales.

Alfred Rosmer, personnage important du mouvement ouvrier français, membre du comité exécutif du Comintern en 1920 1921 et rédacteur en chef de l’Humanité en 1923-1924.

Otto Rühle, depuis longtemps membre de l’aile gauche de la social-­démocratie allemande, compagnon d’armes de Karl Liebknecht, auteur d’une biographie de Karl Marx.

Wendelin Thomas [6], ancien dirigeant de la révolte des marins allemands du 7 novembre 1918, puis député au Reichstag (1920 1924).

Francisco Zamora [7] ancien membre du comité exécutif de la Confédération du Travail Mexicaine, professeur d’économie politique, éminent publiciste marxiste.

Le conseiller juridique de la commission était John Finerty [8] avocat libéral connu aux Etats Unis.

Tous les membres de la commission ont derrière eux un long passé méritant dans les divers domaines de la vie sociale, scientifique et politique. Ils ont tous défendu la révolution d’Octobre contre les calomnies de la réaction. Beaucoup d’entre eux ont participé à des campagnes contre les procès à sensation de Sacco et Vanzetti [9], de Tom Mooney etc. Sauf A. Rosmer, qui a été, à certains moments, très lié politiquement à L.D. Trotsky, tous les autres membres de la commission, aussi bien pour leur majorité libérale que pour leur minorité marxiste, tous ont toujours été et restent des adversaires du prétendu « trotskysme ».

La commission a travaillé sous pression pendant plus de huit mois ; elle a questionné de nombreux témoins, directement ou par l’intermédiaire d’une sous commission spéciale à Paris, elle a étudié des centaines de documents et formulé ses conclusions clans le verdict qui contient 422 pages d’une écriture serrée.

Chaque point de l’accusation contre Trotsky et Sédov, chacun des aveux des accusés, chaque témoignage, est repris de façon exhaustive dans des paragraphes différents. Le texte du verdict contient 247 de ces paragraphes.

Il est évidemment impossible de donner ici le contenu complet du livre qui restera toujours un monument d’honnêteté, de clairvoyance politique et juridique et d’application inlassable. Tous les faits, toutes les dates, tous les témoignages et arguments, disséminés dans les comptes rendus officiels des procès de Moscou comme dans les publications critiques et polémiques des amis ou des adversaires du G.P.U., ont été soumis à une analyse minutieuse. Tous les faits douteux ont été éliminés pour ne conserver que les faits indiscutables d’où sont tirées des conclusions tout aussi indiscutables. Vous les connaissez :

Le paragraphe 246 dit : « Sur la base de toutes les données examinées ici et de toutes les conclusions établies, nous décidons que les procès d’août 1936 et de janvier 1937 étaient des falsifications judiciaires. »

Le dernier paragraphe, le n°247, dit : « Sur la base de toutes les données examinées ici et de toutes les conclusions établies, nous déclarons Léon Trotsky et Léon Sédov non coupables. »

Aucune puissance ne pourra jamais soustraire ce livre aux courants de l’opinion publique mondiale. Les amis et avocats du G.P.U. se casseront les dents sur ces arguments indestructibles. Le verdict a été rendu et il n’y a pas d’appel. Le fer rouge a marqué le front de Staline : organisateur de la plus grande falsification judiciaire de l’histoire !

L.L. Sédov, qui a investi toutes ses forces dans la révélation de la vérité au sujet des procès de Moscou, n’a pas vécu assez longtemps pour voir la publication de ce livre historique. Il a eu au moins la satisfaction de prendre connaissance du résumé du verdict, publié le 20 septembre de l’année dernière. La vérité sur les accusateurs de Léon Sédov est enfin révélée. Il reste à faire la vérité sur ses assassins. Nous ne nous autoriserons aucun repos tant que cette tâche ne sera pas menée à bien.

Notes

[1] John Chamberlain (né en 1903) était notamment l’auteur de Farewell to Reform (Adieu à la Réforme).

[2] Edward Allsworth Ross (1886 1951) avait voyagé en Russie pendant la révolution et rencontré Trotsky qu’il avait même interviewé ; mais Trotsky ne s’était pas encore rendu compte que ce « commissaire » était l’homme qui l’avait interviewé autrefois.

[3] Benjamin Stolberg (1891 1951), d’origine allemande, avait, comme Ross, participé au comité de défense de Trotsky avant de rejoindre la commission d’enquête.

[4] Carlo Tresca (1879 1943), socialiste en Italie, émigré aux Etats Unis au début du siècle, devenu anarcho syndicaliste, avait été l’âme des I.W.W. au côté de Bill Haymood. Editeur d’Il Martello, périodique politique en italien de New York, il était connu pour son combat pour les Droits de l’Homme et la haine que lui portaient les fascistes. Il avait fait partie de la commission Dewey et dénoncé un début de l’année les crimes du G.P.U. en Espagne.

[5] Suzanne LaFolette (née en 1893), journaliste, nièce du fameux sénateur progressiste Robert M. LaFollette, avait dirigé pendant plusieurs années The New Freeman (Le Nouvel Homme Libre). Figure typique du « libéralisme » américain défenseur des libertés elle avait été secrétaire de la commission et avait effectué un énorme travail. Le 6 juillet Trotsky lui écrivait (8770) : « J’ai reçu le premier exemplaire de Not Guilty. Ce livre demeurera comme un monument d’intelligence, de passion et de patience. Acceptez mon admiration amicale » (avec la permission de la Houghton Library, traduit de l’anglais).

[6] Wendelin Thomas (né en 1884), avait été député au Reichstag puis fonctionnaire de l’I.C., et avait rompu avec le K.P.D. en 1933. Il avait émigré aux Etats Unis. C’est avec lui que Trotsky avait polémiqué au sujet de Cronstadt.

[7] Francisco Zamora Padilla (né en 1891) était un des personnages publics les plus connus du Mexique : Nicaraguayen de naissance, il avait été le grand journaliste de la révolution mexicaine, père du journalisme moderne avec la fondation d’El Universal. Economiste et professeur d’économie à Mexico, c’est lui qui avait introduit les idées de Marx dans le pays. Il avait milité à la C.T.M. avant que Lombardo Toledano soit gagné à Moscou et entretenait de bonnes relations avec Trotsky.

[8] John Finerty (1885 1967), avocat à Washington puis New York était passé du droit des affaires aux droits de l’Homme ; défendant précisément les victimes des plus célèbres procès « fabriqués » aux Etats Unis, Sacco, Vanzetti, Tom Mooney. Il était l’avocat de la commission.

[9] Nicola Sacco (1891 1927) et Bartolomeo Vanzetti (1888 1927) ouvriers italiens émigrés, anarchistes, avaient été condamnés à mort pour vol à main armée et un meurtre qu’ils n’avaient pas commis et furent exécutés sept ans après en dépit d’une campagne mondiale : ils ont été officiellement réhabilités il y a quelques années. Tom Mooney (1882 1942), militant ouvrier de la côte ouest, avait été condamné à mort en 1916 pour un attentat qui avait fait neuf victimes. Le dossier était plus que mince et il protestait de son innocence. Sa peine fut finalement commuée en détention à vie, et il fut libéré en 1939. Sa cause avait mobilisé des militants dans le monde entier.

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