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Les fractions soi-disant "trotskistes" du NPA (LO-l’Etincelle, Révolution permanente) oublient que, de Millerand à Mélenchon, les révolutionnaires se séparent des socialistes ministérialistes.

mardi 18 mai 2021, par Alex

Depuis sa naissance, pendant le processus même qui précéda cette naissance en 2009, le NPA est un parti que les marxistes peuvent qualifier de bourgeois, ou réformiste. Le changement de nom de LCR en NPA a fait disparaitre les termes Communiste et Révolutionnaire, les choses étaient déjà claires !

Le NPA apparait principalement dans les "mouvements" (ou plutôt journées d’inaction) organisées par les bureaucraties syndicales, ne dénonçant pas ces bureaucraties syndicales et n’impulsant pas l’auto-organisation des travailleurs dans ces mouvements.

Certes, des media classent le NPA à l’extrême gauche, tout comme ils présentent la CGT comme révolutionnaire en qualifiant la CFDT de « réformiste ». Mais le NPA, dans des écrits, ne donne pas l’illusion d’être un parti marxiste. Il n’y aurait donc quasiment pas lieu de commenter l’accord électoral récent pour les élections régionales du NPA avec le parti de J-L Mélenchon. La réaction fait son travail ! aurait dit Blanqui.

Le plus embêtant pour les marxistes révolutionnaires est que dans le NPA des tendances se réclament de Trotsky et veulent faire croire aux travailleurs que le NPA est un parti dont certes, seule leur tendance est vraiment révolutionnaire car marxiste (ces tendances s’ignorent l’une l’autre), mais que le reste du parti est cependant « révolutionnaire », et qu’on doit l’aider à comprendre que la seule manière de l’être vraiment est de devenir trotskiste.

Ou alors que les masses que le NPA attire doivent avoir la possibilité de rencontrer de vrais révolutionnaires. Cela s’appelle de l’entrisme, mais ces fractions ne se réclament pas de ce concept, mis en pratique par exemple par Trotski en France entre septembre 1934 et juin 1935.

Bref le NPA serait un tout « en devenir », terme qui est très Hegelien, donc qui fait très marxiste.

D’où en particulier la nécessaire dénonciation, malheureusement molle et tardive, par deux de ces tendances, des accords électoraux récents du NPA avec le parti de J-L Mélenchon, La France Insoumise (LFI).

La Fraction LO-l’Etincelle du NPA écrit par exemple :

les dirigeants du NPA se sont laissés entraîner sur un terrain qui est celui de LFI et pas du tout celui revendiqué par le NPA.

Revue Convergences, Accords NPA-LFI

Remarquons que pour LFI, la Fraction affirme que ce parti est sur son terrain, alors que pour le NPA, la Fraction écrit que ce programme n’est pas sur le terrain revendiqué par le NPA, laissant entendre que les déclarations révolutionnaires du NPA ne correspondent peut-être pas à la réalité, ce qui est bien vrai.

La tendance Révolution permanente (RP) du NPA est plus virulente dans dénonciation de cet accord NPA-LFI :

De ce point de vue donc, à mille lieues de mettre en avant une bataille de stratégies entre réformisme et anticapitalisme, c’est tout au contraire les frontières entre réformes et révolutions, entre bataille sur le terrain institutionnel et luttes de classe, qui sont brouillées, mélangées, voire confondues.

Régionales, site RP

Le titre de l’article de la tendance RP est plus clair que celui de la Fraction LO : « Pourquoi le NPA - Révolution Permanente s’oppose aux alliances avec LFI ».

Mais malgré les références plus explicites de RP à la lutte des classes, le dénominateur commun aux deux tendances est qu’elles sous-entendent que le NPA est toujours révolutionnaire et donc que cet accord électoral est une « erreur ».

Pourquoi ne pas envisager que des militants du NPA sont à 100% sur la même ligne que LFI ? Des militants du NPA sont déjà partis armes et bagages à LFI, il n’y aurait donc rien d’étonnant ni de nouveau en cela. Quand des militants font un choix, pourquoi ne pas supposer en premier lieu que ce choix est en accord avec leurs idées ?

Ce type de choix du NPA est-il nouveau ? Nous ne le pensons pas, il ne fait que rendre manifeste ce que ces fractions pseudo-trotskistes se refusaient à voir, ou savent depuis le début mais refusent encore de laisser voir aux travailleurs.

Mais puisque ces deux tendances sous-entendent que ces accords sont une rupture avec ce qu’était le NPA, elles devraient clairement expliquer ce retournement de la direction de leur parti : pourquoi des révolutionnaires ont-ils soudainement une politique réformiste ? Et dans cette dérive des dirigeants entrainent-ils une partie de la base ouvrière du NPA (s’il en a une) ?

Mais ces deux tendances ne se préoccupent en fait que de justifier leur persistance à militer au sein du NPA où elles ont trouvé refuge (un abri-bus, ironise la tendance de droite du NPA), tout en gardant leur pureté révolutionnaire (purement verbale), dénonçant donc ce type d’accord.

Mais de véritables Trotskistes ne se contentent pas de tels communiqués. Or ni l’une ni l’autre tendance ne justifie si après un tel pas du NPA il est encore valable ou non pour des minorités trotskistes de militer au NPA.

Ces deux tendances veulent faire croire qu’on a à faire avec une « petite erreur » (d’où le fait que même en tant que bolchéviks, ils ne scissionnent pas) d’une « tendance droitière » que le rôle des Trotskistes, est, comme l’a toujours fait Trotski, de tenter de convaincre tant qu’ils ne sont pas allés trop loin.

Malheureusement, ces deux fractions, qui, semble-t-il, redoutent surtout de se faire exclure du NPA, ne donnent pas des arguments tirés des acquis du marxisme contre l’accord NPA-LFI. Pire, ce n’est même pas du marxisme que ces fractions négligent les enseignements, c’est du mouvement ouvrier qui s’est incarné dans la IIème internationale, qui n’était qu’en partie marxiste.

Car avant de discuter de la tactique des accords, de disserter très savamment sur les liens dialectiques réforme/révolution, des marxistes révolutionnaires ne devraient-ils pas rappeler que le « grand chef » de LFI, Mélenchon n’a pas qu’un programme, il a un passé qu’il ne renie pas : celui de ministre d’un gouvernement bourgeois d’une puissance impérialiste ?

Cet aspect, Mélenchon ancien ministre, aspirant président ou a défaut ministre, est primordial pour caractériser le LFI. Il donne un premier angle d’attaque pour traiter la question des accords avec Mélenchon, il devrait être mentionné dans toute discussion.

Or les deux tendances « oublient » de rappeler que Mélenchon a été ministre de 2000 à 2002, aux côtés d’Hubert Védrine, un des artisans du génocide franco-rwandais de 1994. Bref Mélenchon, Mitterrandiste fier de l’être, est un ami de la Françafrique, un négationniste relativement au rôle de l’Etat français dans le génocide Rwandais. Le gouvernement Jospin qu’il a rejoint en 2000, mis en place en 1997, avait déjà à son actif parmi les pires crimes de la Françafrique, voir le chapitre : « Horreurs planifiées au Congo-Brazzaville », et tous les chapitres du livre Noir Silence de F-X Verschave (2000).

De même que Mélenchon serrait fraternellement la main à Védrine au sein du gouvernement Jospin, Millerand, le premier ministre socialiste, serrait celle du général Gallifet, bourreau de la Commune de Paris. Rappelons donc comment la II ème internationale a traité la question du ministérialisme.

Millerand, le premier socialiste ministre

Millerand est considéré comme le premier socialiste à être entré dans un gouvernement. Son entrée au gouvernement de Waldeck-Rousseau (1899) a été condamnée par les partis de la IIème internationale :

Un socialiste peut-il faire partie d’un gouvernement bourgeois ? Le débat engagé dans le mouvement socialiste français, puis européen, autour du ministérialisme, fut provoqué par l’entrée d’Alexandre Millerand dans le ministère Waldeck-Rousseau, le 22 juin 1899. Il apparaît à la fois comme une conséquence de l’importante poussée électorale socialiste des années quatre-vingt-dix et comme une réaction aux menaces que la droite faisait peser sur la démocratie, dans un climat marqué par l’affaire Dreyfus. En effet, l’insertion croissante du mouvement socialiste dans la gauche française renforce ceux qui estiment que l’État républicain est un lieu d’où il est possible d’agir dans le sens de la démocratie et de l’amélioration de la condition ouvrière. De plus, la rupture entre le syndicalisme révolutionnaire et le socialisme des partis contribue à augmenter la pression électoraliste et réformiste sur les organisations socialistes.

Condamné par Jules Guesde, Édouard Vaillant, Jean Allemane et l’aile gauche du socialisme français, Millerand fut cependant approuvé par Jean Jaurès. Mais ses actes au gouvernement, en particulier ses tentatives pour intégrer le mouvement syndical, désillusionnèrent rapidement tous ceux qui avaient cru en un ministère protecteur des ouvriers. Le groupe socialiste à la Chambre des députés le désavoue, puis l’exclut en 1904.

Le ministérialisme lui-même se verra condamné par le congrès de l’Internationale socialiste (1904). Jusqu’en 1914, où la S.F.I.O. se ralliera à l’Union sacrée, la participation socialiste ne se fera plus au niveau gouvernemental mais sur le plan parlementaire, avec l’adhésion au Bloc des gauches.

Paul CLAUDEL, « MINISTÉRIALISME », Encyclopædia Universalis [en ligne],

Rosa Luxembourg décrit en 1905 (année où les socialistes français, sous la pression de l’Internationale, s’unissent dans la SFIO), cet épisode :

Une première unification, bien qu’encore très lâche, des différentes organisations socialistes existant en France depuis longtemps avait eu lieu en 1899. Mais, la même année, l’un des députés socialistes, Millerand, accepta le portefeuille de ministre du Commerce dans le gouvernement bourgeois de Waldeck-Rousseau. Le motif invoqué était que la République française aurait été menacée par les cléricaux et les conservateurs visant à restaurer la monarchie en France et que, partant, tous les républicains sincères devaient s’unir pour défendre solidairement la République contre les attaques des monarchistes. Une partie des socialistes — les partisans de Jaurès — décida de soutenir le gouvernement « républicain » de Waldeck-Rousseau dans lequel, à côté du socialiste Millerand, prit place, en tant que ministre de la Guerre, le général de Galliffet, un de ceux qui, de la manière la plus sauvage et la plus cruelle, avaient écrasé, en 1871, la glorieuse insurrection des ouvriers : la Commune de Paris. Ces socialistes conclurent une alliance (dite « Bloc Républicain ») avec divers partis bourgeois radicaux, donc avec des ennemis de la classe ouvrière, et ils consentirent à la participation de Millerand au gouvernement bourgeois.

C’est alors que tous les socialistes révolutionnaires avec Guesde en tête, ayant compris le danger d’une pareille trahison des principes du socialisme, lesquels exigent une lutte de classe impitoyable et irréconciliable contre tout gouvernement bourgeois, même démocratique, rompirent leur alliance avec les partisans de Jaurès, alliance qui au départ était censée aboutir à la fusion totale des différentes fractions socialistes. Quelque temps après, les blanquistes dirigés par Vaillant rompirent également avec les jaurésistes et, en commun avec les guesdistes, créèrent le Parti socialiste de France. Ils déclarèrent une lutte sans merci aux fondateurs du Parti socialiste français dirigé par Jaurès et Millerand, partisans de la collusion avec les partis bourgeois et du « ministérialisme » — c’est-à-dire de la participation d’un socialiste à un gouvernement bourgeois.

Rappelons la formule la plus lapidaire, par laquelle Jules Guesde (qui devait trahir comme Millerand, en 1914) condamne la participation à un gouvernement :

La lutte des classes ne permet pas l’entrée d’un socialiste dans un gouvernement bourgeois.

(extrait d’un texte de Jules Guesde voté à un Congrès (décembre 1900) par 818 voix pour, 634 contre

Jules Guesde répond à une l’objection disant que les révolutionnaires ne « s’abstiennent pas » comme par exemple les anarchistes :

Le camarade Zévaès avait répondu à l’avance et triomphalement à cette objection et fait disparaître sur ce point toute confusion. Il avait dit :

" Partout où le prolétariat organisé en parti de classe, c’est-à-dire en parti de révolution, peut pénétrer dans une assemblée élective, partout où il peut pénétrer dans une citadelle ennemie, il a non seulement le droit, mais le devoir de faire la brèche et de mettre garnison socialiste dans la forteresse capitaliste ! " (Vifs applaudissements.) Mais là où on ne pénètre pas par la volonté ouvrière, là où on ne pénètre pas par la force socialiste, là où on ne pénètre que par le consentement, sur l’invitation, et par conséquent dans l’intérêt, de la classe capitaliste, le socialisme ne saurait entrer. (Nouveaux et vifs applaudissements sur un certain nombre de bancs.)

Il avait ainsi tracé la frontière que l’on ne franchit pas, entre la partie des pouvoirs publics que le prolétariat organisé doit conquérir en période même bourgeoise. et la partie des pouvoirs publics qu’il ne peut emporter qu’en période révolutionnaire, à coups de fusil ! (Applaudissements prolongés sur les mêmes bancs.)

(Jules Guesde, Discours au Congrès général des organisations socialistes françaises, 1899)

Un manifeste commun de plusieurs organisations avait déjà condamné en juillet 1899 la participation à un gouvernement :

Le Parti socialiste, parti de classe, ne saurait devenir, sous peine de suicide, un parti ministériel. Il n’a pas à partager le pouvoir avec la bourgeoisie dans les mains de laquelle l’Etat ne peut être qu’un instrument de conservation et d’oppression sociale.

Parti d’opposition nous sommes. Parti d’opposition nous devons rester, n’envoyant des nôtres dans les Parlements et autres Assemblées électives qu’à l’état d’ennemis pour combattre la classe ennemi et ses diverses représentations politiques.

Ou encore :

Le 18° Congrès du Parti Ouvrier français (20-21 septembre 1900) rappelle que, par conquête des pouvoirs publics, il faut entendre l’expropriation politique de la classe capitaliste, que cette expropriation ait lieu pacifiquement ou violemment.

Elle ne laisse place, par suite, en régime bourgeois, qu’à l’occupation des positions électives dont le parti peut s’emparer au moyen de ses propres forces, c’est-à-dire des travailleurs organisés en parti de classe, et interdit nécessairement toute participation socialiste aux gouvernements bourgeois contre lesquels les socialistes doivent rester à l’état d’opposition irréductible.

ou encore

Le Parti socialiste de France (...) parti de révolution et par conséquent, d’opposition à l’Etat bourgeois, s’il est de son devoir d’arracher toutes les réformes susceptibles d’améliorer les conditions de lutte de la classe ouvrière, il ne saurait en aucune circonstance, par la participation au pouvoir central, par le vote du budget, par des alliances avec des partis bourgeois , fournir aucun des moyens pouvant prolonger la domination sur la classe ouvrière

(Charte d’Ivry, 3 novembre 1901)

Rosa Luxemburg condamna Millerand, répondant par avance à l’argument de la Fraction LO-l’Etincelle qui insiste sur les traits personnels de Mélenchon (Mélenchon serait avant tout un politicien menteur). Ces traits sont secondaires, d’après Rosa :

Le caractère d’un gouvernement bourgeois n’est pas déterminé par le caractère personnel de ses membres, mais par sa fonction organique dans la société bourgeoise. Le gouvernement de l’Etat moderne est essentiellement une organisation de domination de classe dont la fonction régulière est une des conditions d’existence pour l’Etat de classe. Avec l’entrée d’un socialiste dans le gouvernement, la domination de classe continuant à exister, le gouvernement bourgeois ne se transforme pas en un gouvernement socialiste, mais un socialiste se transforme en un ministre bourgeois.

Après son titre de ministre, un autre aspect du programme de Mélenchon en Nouvelle Aquitaine est le protectionnisme. Celui là est dénoncé par par la Fraction l’Etincelle, il est moins polémique que la Françafrique. C’est un autre point que la IIème internationale avait condamné, citons à nouveau Jules Guesde :

J’étais, il y a quatorze mois environ, à Stuttgart, au Congrès de la démocratie socialiste allemande. Le protectionnisme était à l’ordre du jour. On se demandait si le socialisme pouvait réclamer pour l’industrie ou pour l’agriculture des tarifs protecteurs. La discussion a été longue et profonde. Des arguments pour et contre ont été produits. Mais il y en a eu un qui a fait pencher la balance, tellement il a paru décisif ; c’est celui-ci :

réclamer des tarifs douaniers, c’est aller contre l’union internationale des travailleurs, c’est coudre le prolétariat de chaque pays à la classe capitaliste de chaque pays, sous prétexte d’intérêt commun, au lieu d’associer, par-dessus les frontières, pour leur commune libération, les volés et exploités de partout, ne formant qu’une seule nation, contre les voleurs et les exploiteurs de partout. Et " considérant que les droits protecteurs vont contre la solidarité internationale du prolétariat ; en aggravant artificiellement entre les nations l’antagonisme des intérêts engendré par le régime de production et d’échange capitaliste, " le Congrès de Stuttgart (1904) écarta et condamna la politique protectionniste.

Voilà des principes qui constituaient le B. A. BA du socialisme dans la IIème internationale. Or ces principes restent d’actualités, ce n’est pas parce qu’ils ont pu s’instruire à l’école de Lénine et Trotsky que des marxistes d’aujourd’hui rejettent ou négligent tout ce que la IIème internationale nous a enseigné.

Lénine et Zinoviev écrivaient, après la trahison de cette IIème internationale en 1914 :

En proclamant la nécessité de créer une IIIème Internationale, renonçons-nous absolument, entièrement, à l’héritage de la IIème Internationale ? La tâche des révolutionnaires marxistes consiste à montrer que, pendant les 25 ans d’existence de la IIème Internationale, deux tendances essentielles s’y sont combattues avec des alternatives de succès et de revers : le marxisme et l’opportunisme. Nous ne voulons pas effacer toute l’histoire de la IIème internationale. Nous ne renions pas ce qu’il y avait en elle de marxiste. (...) la tendance marxiste révolutionnaire a toujours existé dans la IIème internationale. Pas une minute nous ne pensons à renoncer à son héritage.

G. Zinoviev, Contre le courant, Octobre 1916.

Conclusion

La critique des accords NPA-LFI aux régionales par deux des tendances du NPA qui se réclament de Trotski (malheureusement souvent seulement en postant sa photo sur leur site, sans référence réelle à ses textes) est faite sur un terrain très politicien.

Opposer réforme à révolution est certes juste, mais substituer systématiquement cette opposition en « oubliant » l’opposition fondamentale entre bourgeois et prolétaires, en « oubliant » le fait que concernant l’Etat, sa destruction (dont celle de son Parlement, de son gouvernement, de sa police et de son armée) est au programme des marxistes, est trop vague.

Pour conclure sur le type d’« oubli » qu’on trouve dans les textes de ces tendances, voici comment la Fraction reproche à Mélenchon son Mitterrandisme en « oubliant » Madagascar 1947, la guerre d’Algérie, le Rwanda 1994 :

Mélenchon a bien appris de Mitterrand pour jouer sur les mots et donner l’impression à ceux dont il réclame les suffrages – et rien d’autre d’ailleurs – d’être ce qu’il n’est pas, c’est-à-dire en rupture avec le capitalisme.

De telles « diatribes » contre Mélenchon sont bien gentilles, même de bon ton dans les salons de la gauche bourgeoise. Comme si le pire crime de Mitterrand était sa pseudo- éloquence d’avocat !

La fraction conclut son article par une mise en demeure solennelle au NPA (bien que ’indépendance’ devrait être remplacé par ’caractère ouvrier révolutionnaire’ et ’grands’ par ’partis bourgeois de gouvernement’) :

Sacrifier son indépendance et accepter que le NPA ne soit plus qu’un organisme végétant sous l’aile protectrice des « grands » et de leur bon-vouloir ?

N’est-ce pas un bon résumé de ce que toutes ces tendances soi-disant trotskistes font elles-mêmes au sein du « grand » NPA ?

3 Messages de forum

  • Les fractions soi-disant "trotskistes" du NPA (LO-l’Etincelle, Révolution permanente) oublient que, de Millerand à Mélenchon, les révolutionnaires se séparent des socialistes ministérialistes.

    Une tendance du NPA non citée dans cet article, qui dénonce les accords du NPA avec LFI, oublie également que Mélenchon a été ministre. C’est la tendance Claire dans cet article :

    https://tendanceclaire.org/article....
    Cet article mentionne pourtant « EELV, parti bourgeois ». Sous entendu, LFI ne serait donc pas un parti bourgeois, ce qui justifierait les longues discussions sur le programme de LFI.

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  • La France de Millerand et Gouraud contre les Palestiniens en 1920 (Traité de Sèvres et bataille de Meisaloun), vue par un ancien ministre du Liban :

    Le 20 mars 1920, un congrès de notables en Syrie se tint à Damas et offrit à Fayçal le trône de la Syrie « naturelle », c’est-à-dire la Syrie d’aujourd’hui augmentée de la Palestine. Au même moment commençaient les préparatifs de la conférence de San Remo, où Français et Anglais, préparant les clauses du traité de Sèvres, se partageaient les mandats. Lorsque les décisions de San Remo furent connues, Faiçal déclara n’être absolument tenu par elles. Il ne restait, pour résoudre le conflit, que le recours à la violence : le 14 juillet 1920, Gouraud adressa à Fayçal un ultimatum lui enjoignant de reconnaître le mandat français, de réduire son armée et de faciliter l’installation des troupes françaises. Le premier mouvement de Faiçal fut d’accepter cet ultimatum infamant, mais l’indignation de ses lieutenants le fit hésiter, et quand son acceptation parvint à Gouraud, le délai était expriré et les troupes françaises en route pour Damas. A Faiçal, Gouraud répondit par de nouvelles conditions, plus rigoureuses encore. Cette fois Faiçal ne put reculer davantage. Le 25 juillet, dans le défilé de Meisaloun, qui tient l’entrée de Damas, ses troupes furent mises en déroute par celles de Gouraud. Fayçal s’enfuit alors en Transjordanie auprès de son frère Abdallah qui attendait là le moment de se rendre en Irak dont il éspérait que les Anglais le feraient roi. Mais ce fut Faiçal qui prit la place.

    Jamais la Syrie n’oubliera Meisaloun qui, résultant d’une suite de malentendus diplomatiques, fit de Faiçal un héros de l’indépendance arabe. Etrangement inattentive au rôle équivoque que le même Faiçal devait jouer plus tard à Bagdad, toute une génération syrienne garda de lui le souvenir héroïque de l’homme qui sembla, un court moment d’Histoire, ressusciter le songe ommeyade.

    En tout cas, commencé dans la violence, le mandat français en Syrie parvint, plus mal encore que le mandat anglais en Irak, à se dégager de cette violence.

    Entre l’Islam et l’Arabisme - Les Arabes jusqu’en 1945, par Charles Rizk

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  • A propos de l’exclusion, ou du départ, de la tendance soi-disant trotskiste Révolution permanente du NPA, la Fraction l’Etincelle du NPA se félicite d’être dans un parti ou tout et son contraire (donc aussi à propos des accords avec les partis bourgeois comme LFI) est possible :

    Quelles que soient les critiques qu’on peut faire au NPA, il a jusqu’à présent offert à ses diverses tendances et fractions un cadre à la fois commun et non contraignant. Beaucoup le regrettent (pas nous !) qui voudraient contraindre… les autres ! C’est toujours les politiques et pratiques du voisin qu’on voudrait bannir.

    Ce n’est qu’un aurevoir ?, 14 juin 2021

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