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Philippe Martinez, secrétaire de la CGT, le mythe de l’homme de la lutte des classes et la réalité de l’ascension d’un bureaucrate

mercredi 24 février 2021, par DD, Robert Paris

Philippe Martinez est présenté comme l’homme au couteau entre les dents, le bolchevik de la lutte des classes mais, en réalité, il a des soutiens dans le camp d’en face… Lire ici les témoignages divers cités en sa faveur dans le même journal Le Figaro :

« C’est un homme intelligent, qui a une vraie connaissance de l’industrie. »

« Il maîtrise parfaitement ses dossiers. »

« Il partage avec nous le constat de la nécessité de réformer les conventions du secteur. »

« Philippe Martinez se positionne sur une ligne favorable à un syndicalisme de lutte de classe, attentive aux exigences du Parti communiste. Mais une fois arrivé au pouvoir, rien ne dit qu’il ne composera pas davantage. »

D’ailleurs si on lit bien l’article "Philippe Martinez, l’homme qui veut mettre la France à genoux", on voit que la bourgeoisie comprend le jeu de Martinez et ne le lui reproche nullement

Martinez se comporte comme un patron dans "son" entreprise rapporte un témoin :

« Au royaume de la CGT. La résistible ascension de Philippe Martinez » de Jean-Bernard Gervais

Il est très à l’aise avec les autres patrons de bureaucraties syndicales :

Philippe Martinez, ou comment passe-t-on de syndiqué de base peu actif à secrétaire général de la CGT, l’ascension d’un bureaucrate syndical style collaboration de classe, qui se donne maintenant des couleurs de général des fausses mobilisations sociales, et qui n’a jamais été réellement un militant de la classe ouvrière

Philippe Martinez a longtemps travaillé au CTR (Renault Rueil) mais il ne s’y est jamais beaucoup mis en avant de manière militante. Durant la grande grève du CTR, débutant en mars 1995, grève remarquable par sa durée et la liaison bouses blanches – blouses bleues, il n’a jamais pris la parole alors qu’il y avait une assemblée générale tous les jours, ni écrit un tract, ni rien, personne ne l’a remarqué puisqu’il n’est pas intervenu du tout ! Philippe Martinez n’a jamais été délégué du personnel à Renault, ni délégué du CE, ni secrétaire du syndicat du CTR et il a été seulement candidat aux élections professionnelles sans être jamais élu ! Cela n’a rien de particulier ni de déshonorant, et pas même le fait de ne pas être militant, mais c’est très étonnant quand on voit, d’un seul coup, le même devenir délégué central CGT sur tout le trust Renault, puis diriger la Fédération CGT de la Métallurgie, enfin secrétaire général de la CGT. Ce n’est certainement pas ses qualités militantes qui ont prévalu… Encore faut-il savoir ce que c’est et c’est ce que nous voulons rappeler ici !

Philippe Martinez est présenté par les gouvernants, la presse et la bourgeoisie française comme un radical de la lutte des classes, ce qu’il n’est nullement. Il s’est débrouillé pour que la CGT ne participe pas au principal mouvement social de contestation du capitalisme : les gilets jaunes ! Et même il le condamne comme patronal, d’extrême droite, fasciste et raciste, rien que ça alors que c’est le principal mouvement social révolutionnaire depuis des décennies !!!

C’est sa proximité avec un responsable patronal de Renault Sciberras qui va le propulser dans les hautes sphères de la bureaucratie CGT…

Martinez : « Par essence, le syndicalisme est réformiste, à condition qu’on se mette d’accord sur ce qu’est une réforme. »

S’il compte sur Macron pour barrer la route au fascisme et au lepénisme, il voit du fascisme et de l’antisémitisme dans…. les Gilets jaunes !!! Philippe Martinez  : «  Parmi les Gilets jaunes, il y a des éléments d’extrême droite.  »

Il va jusqu’à prendre prétexte de la présence de lepénistes dans les cortèges pour refuser de manifester avec les gilets jaunes

Des militants CGT protestent contre la politique anti-gilets jaunes de la CGT

Un militant de la de la CGT interviewé sur les gilets jaunes à la manif CGT du 14 décembre : « Nous, ça fait des années qu’on fait des cortèges pépères et qu’on n’obtient rien. »

De nombreux militants de la CGT ont signé un appel publié sur le site de Libération appelant la confédération à ne « pas détourner le regard de cette colère sociale ».

« C’est vrai que c’est compliqué en interne, mais ça l’était déjà avant, souligne un militant CGT à la manif du 14 décembre. On fait des journées d’action à répétition mais, depuis 1995, on n’a pas obtenu de victoire éclatante. Ça crée de la frustration. »

En fait, le secrétaire de la CGT n’a pas attendu de voir qui il y aura dans ce mouvement auto-organisé : il est contre ce mouvement avant même qu’il ait pu donner sa mesure car il se sent menacé par l’auto-organisation. Le 16 novembre, Martinez de la CGT affirmait que « La CGT ne peut pas défiler aux côtés de ce genre d’individus ». Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, condamne la première manifestation du mouvement, qui a lieu le 17 novembre 2018, en évoquant un mouvement patronal. Aux Gilets jaunes, il rétorque : « Il faut apprendre à aimer nos impôts ».

Un syndicat a carrément, en pleine mobilisation sociale des plus démunis contre les impôts sur le revenus et contre les impôts indirects et taxes, diffusé dans les entreprises un quatre pages d’argumentations en faveur de… l’impôt !!! Selon ce syndicat, il faut non seulement défendre l’impôt mais le salariat ! Malheur : ce syndicat n’est pas la CFDT, n’est pas FO, n’est pas la CGC, n’est pas SUD et c’est… la CGT !

Tous les syndicats sont clairement contre les gilets jaunes : lire ici

S’il veut que des revendications aboutissent, c’est plutôt pour calmer le mouvement !!! Lire ici

Martinez déclare : « Le gouvernement a enfanté les gilets jaunes et ça leur revient à la figure parce qu’il n’y a pas d’interlocuteur, il n’y a pas d’organisation, mais il y a des vrais problèmes et il va falloir les régler. »

« Pas possible de courir ou marcher avec eux au niveau national, car il n’y a pas d’organisation, pas de ligne... »

Il « appelle les citoyens à ne pas laisser dévoyer leur colère » !!! Et qui dévoie la colère : les bureaucraties syndicales ou les gilets jaunes ?!!!

Pour wikipedia, Philippe Martinez est « Syndiqué depuis 1984, il devient délégué central CGT de Renault. » sans avoir conscience, semble-t-il, qu’il y a entre les deux un fossé de nombreuses années et aussi un fossé de « niveau » entre un simple syndiqué à Renault et un délégué central de la CGT !!!

Reste une énigme : comment Philippe Martinez est passé de la base aux plus hauts niveaux de l’appareil de la CGT, en sautant des crans intermédiaires, notamment ceux d’élu syndical (DP ou CE) ?

Avertissement

Si cet article se polarise sur le seul dirigeant de la CGT actuel, Philippe Martinez, en risquant de paraître lui attribuer une importance démesurée, nous ne lui attribuons absolument pas, à lui seul, la responsabilité de trahir ce qu’aurait pu être une CGT lutte de classes. Son prédécesseur, Lepaon, a défrayé la chronique et pas dans le domaine du combat prolétarien mais dans celui d’un rapport d’Etat initiant la privatisation de la SNCF ! Même Bernard Thibaut est devenu secrétaire général peu après avoir trahi une grève générale, celle de 1995.

Preuve que nous ne sommes pas polarisés par Martinez : nous avons attendu 2021 pour faire cet article !

Par contre, il y a bel et bien une énigme Martinez, que cet article se propose d’éclairer, car celui-ci est monté directement de la base au sommet sans passer par les crans habituels et sans qu’aucune activité militante remarquable ne justifie ce saut quantique ! Nous allons montrer pourquoi il est si difficile de savoir pourquoi Martinez a été distingué ainsi… Ce n’est pas très avouable puisqu’il s’agit d’avoir trahi non une mobilisation gréviste mais une lutte en justice contre le patron de Renault sous l’accusation de discrimination syndicale…

La seule chose que Martinez ait jamais mené à Renault, ce sont les négociations au sommet avec le patron de Renault pour signer un « accord » sur la discrimination, accord qui a sauvé le patron de l’obligation de payer des sommes assez considérables à un nombre lui aussi considérable de militants syndicalistes de l’entreprise automobile et a permis de donner quelques sommes copieuses à quelques dirigeants CGT Renault qui, eux, n’avaient mené aucune lutte juridique contre Renault…

Remarque : on pourrait se dire que la critique qui vient est de parti pris puisque nous sommes révolutionnaires et opposés au stalinisme et à tous les appareils bureaucratiques, syndicaux ou autres. Du coup, nos remarques peuvent sembler peu objectives.

Eh bien, nous allons commencer montrer quel est l’avis des militants syndicalistes du PCF comme lui, de la même entreprise. Lire ici la lettre qu’envoie Roger Silvain (responsable CGT et PCF à Renault) à Martinez et aux autres camarades de la CGT :

La lettre de Roger Silvain à Philippe Martinez :

On y apprend que, loin d’avoir obtenu réparation pour l’ensemble des militants syndicalistes de Renault discriminés dans leur salaire et leur carrière pour cause de délit de combat contre le patron, il n’a obtenu des sommes de compensation que pour des élus et pas tous les militants et avec engagement de ne plus attaquer Renault pour discrimination, engagement scandaleux ! On y apprend aussi que Martinez a des accointances avec le représentant du patron Sciberras. On y apprend enfin que Martinez exerce des pressions pour que les militants CGT n’aillent pas personnellement en justce pour obtenir justice contre la discrimination par Renault ! On y apprend pour terminer que Martinez a engagé une campagne de calomnies contre les militants CGT qui n’obtempèreraient pas et continueraient à vouloir aller en justice contre Renault, sous-entendant ainsi que ces militants agiraient ainsi contre la CGT !!!

On peut lire ici la signature par Martinez comme « délégué central CGT » (c’est la première fois qu’il détient ce titre et il le doit à son accord avec le représentant patronal Sciberras !) de l’accord avec le patron de Renault sur la discrimination syndicale.

Les négociations du bureaucrate Martinez avec le représentant patronal Sciberras de Renault n’ont pas supprimé les discriminations syndicales pour tous les militants non élus discriminés qui ne sont même pas reconnus. Voir dans le document suivant comment les salariés sont fichés pour activités ou opinions syndicales ou politiques :

Le cas du bureaucrate Martinez est exemplaire d’un nouveau degré dans la décomposition syndicale : celle d’un dirigeant qui a monté d’un seul coup, dans passer par les échelons intermédiaires de la bureaucratie CGT, seulement en se plaçant dans la foulée des bureaucrates Philippe Noël (à la CGT de Renault), et Thierry Lepaon à la CGT nationale, sans jamais faire œuvre de militant dans son entreprise (Renault CTR Rueil) ni dans son secteur d’activité l’Automobile, ce secteur où il travaillait n’ayant même pas entendu le son de sa voix dans un micro ou dans une assemblée. Et ce n’est pas faute qu’il y ait eu des rassemblements et des manifestations. En effet, il y en a eu de nombreuses puisque ce site a connu une révolte hors norme en 1995, révolte appelée par la presse celle « des blouses blanches », des techniciens automobiles ! En tout cas, ce n’est pas la grande activité militante de Martinez quand il était salarié de Renault CTR (Rueil) qui lui a permis de grimper dans l’appareil CGT !!! Il n’est pas devenu d’abord secrétaire de la CGT de Renault Rueil ou de la CGT Renault centrale ! Il n’a eu très longtemps aucun poste de haute responsabilité au sein de la CGT Renault avant de devenir d’un seul coup, sans étape avec responsabilité syndicale dans son entreprise, délégué central de Renault puis rapidement, il dirige depuis 2008 la fédération des métaux, déjà une montée spectaculaire et peu fréquente au sein de la CGT… On n’y a pas vu de militant, aussi remarquable soit-il et il ne l’est pas, passer de simple militant non élu à délégué central Renault puis patron CGT de la Métallurgie !

Peu avant sa nomination comme secrétaire général, la bourgeoisie, au travers du journal Le Figaro, ne cache pas son soutien au candidat Martinez pour le poste de secrétaire général.

Martinez va être choisi grâce à plusieurs manœuvres bureaucratiques… Il avait commencé par échouer car trop proche de Lepaon qui venait d’être discrédité et renvoyé…

Martinez estimait qu’il soutenait mieux Lepaon que… Macron !!!

Martinez : "il n’y a pas de différence avec Thierry Lepaon"...

Lepaon, c’est qui ?

Et Lepaon ?

Lors de son élection pour le poste de secrétaire général, ce qui fait basculer le scrutin en sa faveur c’est… sa compagne, Nathalie Gamiochipi, lui apporte les voix de la fédération CGT de la santé qu’elle dirige alors, tandis qu’elle était mandatée par sa fédération pour voter contre !!!

Pour avoir voté à l’encontre de son mandat et pour son compagnon Philippe Martinez, la numéro un de la fédération de la santé CGT, Nathalie Gamiochipi, a été débarquée de son poste à la CGT. Lire ici

On peut lire ainsi :

« Une première fois, mi-janvier, Philippe Martinez se propose pour prendre la relève. Mais le Comité confédéral national (CCN), composé de 200 dirigeants de fédérations ou de départements, ne veut pas de son équipe, trop proche du sortant. Pour Philippe Martinez, la catastrophe est proche. Il sait qu’il n’atteindra pas les deux tiers de voix indispensables pour être n°1, et surtout qu’il ne franchira pas la barre des 50%, perdant alors toute chance de devenir secrétaire général. Une petite manoeuvre laisse ses adversaires sans voix : la fédération de la santé, dirigée par sa compagne, vote pour lui, alors qu’elle a été mandatée pour faire le contraire. Philippe Martinez recueille 57,5% des suffrages. "Au moins, on a sauvé les meubles", entend-on dans son camp, lors d’une pause. A la CGT, cette fin janvier est délétère. Philippe Martinez, lui, y va au culot. Un nouveau vote doit se dérouler début février. Sans attendre le résultat, il s’installe dans le fameux bureau du secrétaire général, au 8e étage. Il se rend à l’Elysée, comme si de rien n’était, pour les voeux aux partenaires sociaux et tient, sans réelle légitimité, une conférence de presse au titre de possible futur n°1. Dans le syndicat, la fatigue l’emporte, on craint pour l’existence même de la CGT, qui enregistre des mauvais scores lors d’élections dans des bastions (La Poste, EDF, PSA...). Bien mieux que Thierry Lepaon, venu du comité régional de la Normandie, Philippe Martinez, jusque-là à la tête de la troisième fédération de la maison, connaît les arcanes, les alliances et les faiblesses de Montreuil. Début février, il est élu avec 93,4 % des suffrages. »

Source

Martinez est donc devenu secrétaire de la CGT le 3 février 2015, alors qu’il n’était membre de la commission exécutive de la confédération, l’exécutif élargi, que depuis le congrès de mars 2013 à Toulouse.

Martinez déclare alors : « Il n’y a pas un retour de l’antagonisme de classes, juste une continuité encore plus criante aujourd’hui qu’hier. » source

C’est ainsi que, devenu secrétaire de la CGT, Martinez est devenu aussi le général de toutes les défaites des travailleurs, faisant semblant de les suivre jusqu’au bout, bout qui est toujours une impasse !!!

Loi travail Hollande El Khomri (2016), ordonnances travail d’Emmanuel Macron (2017), réforme de la SNCF et fin du recrutement au statut de cheminot (2018) et encore tout récemment, réforme des retraites incluant la fin des régimes spéciaux particulièrement appréciés des agents de la RATP et de la SNCF, dans toutes ces luttes Martinez a mené de fausses mobilisations, faisant semblant de ne céder sur rien, de maintenir élevée la lutte sans bien entendu le faire et en restant cantonné aux journées d’inaction, et menant ainsi à des échecs cuisants… avec comme résultat… zéro virgule zéro, rien !!! Comme si on allait faire reculer la bourgeoisie en bloquant une centrale électrique, une centrale nucléaire ou des raffineries... et avec des journées d’inaction... Ce n’est pas Martinez qui veut jeter de l’huile sur le feu : Et de faire croire qu’il est efficace pour négocier... avec Macron... Martinez ne cesse jamais de négocier, même quand il affirme que les négociations sont bidon et que les manifestants affirment haut et fort que "rien n’est négociable !!!"

La CGT de Martinez est pour la combinaison lutte/négociations !! Dans la lutte contre la loi Travail, la rencontre du vendredi 17 juin entre le dirigeant de la CGT, Philippe Martinez, et la ministre Myriam El Khomri, s’est terminée sur un constat de désaccord. Soit. Mais ils auraient eu, selon Philippe Martinez, « un échange constructif » : « La ministre nous a écouté ». Déjà, le vendredi 10 juin, à l’annonce de sa future entrevue avec la ministre, Martinez déclarait qu’il entendait y discuter surtout l’article 2. Le 17 juin, il y venait avec des propositions sur cet article 2, mais quelques autres à « réécrire ou retirer » et une demande de report des débats à l’Assemblée nationale le temps de rediscuter le texte. Pendant ce temps, les manifestants déclaraient que la loi Travail n’était ni négociable ni amendable !

Lire ici

Lorsque les manifestants, y compris CGT, réclament clairement le retrait pur et simple de la loi El Khomri, Martinez répond à une interview :

« Question : Que voulez-vous ? La suspension, le retrait ?

Martinez : C’est au gouvernement de décider. On demande qu’il retire les cinq articles qui font la colonne vertébrale du texte. Et qu’on rediscute. C’est-à-dire l’article 2, celui sur les plans de sauvegarde de l’emploi, notamment. Il y a aussi la question du référendum d’entreprise et celle de la médecine du travail. »

Cela ne se rediscute pas disent les manifestants et Martinez ne réclame que… de renégocier !!!

Source

Le journal bourgeois de droite « Le Figaro » reconnaît l’utilité de Martinez tout en faisant semblant de croire qu’il veut réellement mobiliser les salariés. Dans un article intitulé « Philippe Martinez, l’homme qui veut mettre la France à genoux », Le Figaro prétend que « le leader de la CGT abat une à une toutes ses cartes pour faire plier le gouvernement sur le projet de loi travail, quitte à paralyser la France », et que « la détermination du patron de la CGT est totale : il veut le retrait du texte, et rien d’autre. Pour l’obtenir, il abat toutes ses cartes, une à une : d’abord les manifestations, puis, lorsque les cortèges sont moins fournis, les blocages de raffineries, les grèves à répétition dans les transports et maintenant la mise à l’arrêt des centrales nucléaires. Avec l’objectif final de paralyser le pays ».

Remarquons que Le Figaro souligne intelligemment que Martinez ne déploie « ses cartes » qu’une à une et donc sans risquer la lutte d’ensemble !!! La bourgeoisie a parfaitement conscience qu’il vaut infiniment mieux un Martiez à la tête des luttes des salariés que de voir ceux-ci s’auto-organiser comme les gilets jaunes !!!

Le même article du Figaro affirme cependant :

« Du temps où il dirigeait la Fédération CGT de la métallurgie, entre 2008 et 2015, c’était quelqu’un sachant négocier. Pendant la crise, il a accompagné la restructuration de la filière automobile. Il s’est montré un interlocuteur fiable du patronat du secteur, notamment pour canaliser l’ultragauche. » Une évocation de sa manière de gérer le syndicat CGT de PSA Aulnay !!!

« C’est un homme qui connaît le monde de l’entreprise pour y avoir travaillé, ce qui n’est pas le cas de tous les leaders syndicaux » souligne un de ses interlocuteurs du patronat (filière automobile)

Source

Lire aussi :

Les curieuses relations entre Martinez et Macron

Martinez et la lutte des classes

Martinez face aux gilets jaunes

Martinez signe avec FO un texte qui préconise la reprise du travail sous menace de covid : source

Martinez explique même que si Renault Sandouville n’ouvre pas pour cause de danger covid, c’est de la faute de la justice, pas de la CGT !!

Source

Interviewé en avril par Sud Radio, Martinez avait nié toute intention de s’opposer à une reprise du travail qui entraînerait une seconde vague du COVID-19 et des centaines de milliers de morts en Europe : « Non, non, je crois que je vous ai bien expliqué ; nous appelons à travailler tant que les conditions de protection sont réunies. » Alors que ces conditions de protection ne sont pas réunies, Martinez a indiqué de nouveau sur France Inter qu’il n’organiserait pas d’opposition à l’offensive capitaliste pour imposer un retour au travail qui met en péril des millions de vies.

Sommé sur France Inter de dire si la CGT lançait un appel national aux travailleurs non-essentiels pour exercer leur droit de retrait afin de rester chez eux et échapper à une seconde vague du COVID-19, Martinez a répondu : « Si la santé des enseignants et du personnel, de l’ensemble du personnel de l’éducation nationale n’est pas assuré, celle des enfants, et bien, il ne faut pas, on ne peut pas, aller travailler. Vous et d’ailleurs, là aussi, les maires refusent de rouvrir les écoles, c’est bien qu’il y a quelque chose qui n’est pas tout à fait pour la reprise des cours. »

En clair, la CGT accorde avec magnanimité aux travailleurs individuels isolés le droite de prendre une décision, sachant que la bourgeoisie ne paie peu ou rien aux travailleurs, aux indépendants et aux petites entreprises, comptant sur la faim ou l’endettement pour les forcer à reprendre le travail. Et tout en croisant les bras face aux travailleurs, les appareils syndicaux négocient et coordonnent étroitement avec le gouvernement Macron et le patronat la reprise du travail.

Comme pour le souligner, les reporters de France Inter lui ont demandé si « le syndicalisme du monde d’après sera dans le dialogue, la cogestion plutôt que dans l’opposition » au gouvernement. Martinez a d’abord esquivé en disant que « je pense qu’il faut poser le problème autrement », car en effet la CGT participe déjà à toutes les réunions de cogestion avec les autres appareils syndicaux, le patronat et le gouvernement.

Puis Martinez a confirmé qu’il aspire à organiser la cogestion, espérant que « le Président de la République se rende compte du rôle essentiel des syndicats, et je pense à tous les militants et toutes les militantes ». Il a évoqué ensuite les manifestations qui se déroulent depuis des années dans les hôpitaux. De manière totalement irréaliste, il a demandé un engagement de Macron « contre les fermetures de lits, contre les fermetures d’hôpitaux, pour plus d’emploi dans les hôpitaux, une meilleure reconnaissance des qualifications. »

Lire encore :

Georges Séguy à Martinez

Séguy et Martinez

L’accord contre la discrimination dont s’est glorifié Martinez était en réalité un accord syndicat-patron contre ceux, élus ou non, qui avaient subi une discrimination et qui voulaient porter plainte !!

L’accord chez Renault a été signé en décembre 2001 par les syndicats. La CGT s’y engageait à ne pas attaquer Renault en justice. Pourtant la CGT, principalement, savait que des salariés avaient l’intention d’aller au Prudhomme pour attaquer Renault pour discrimination.

C’était à la suite de la lutte de salariés discriminés contre Calvet chez Peugeot, et aussi de ceux de RVI.

A Renault Rueil, trois salariés Fabien, André et Jean-Claude, tous à la CGT, ont prévenu le syndicat de leurs intentions de faire passer Renault en justice pour discrimination. Dans un premier temps, les responsables ne se sont pas opposés (la CGT n’avait pas encore signé d’accord avec le patron de Renault qui menaçait de licenciement nombre de militants syndicalistes des usines de production), mais ils ont dit « attendez des discussions avec la direction sont en cours, attendez le résultat » Cela, c’était fin 1999 - début 2000.

Par la suite, lorsque la CGT Renault a signé par la plume de Martinez le fameux accord, ce dernier consistant à s’engager de ne pas aller en justice et engageant toute la CGT de Renault, la CGT a contacté ceux qui posaient des dossiers en justice pour les en dissuader. Ils sont même intervenus auprès d’une avocate de l’un d’entre eux, qui était avocate de la CGT afin qu’elle abandonne.

André, déclassé en 1972, passant de P1 Ajusteur à OS Affuteur dans une autre grille de salaire, la direction lui proposait, reconnaissant de fait une discrimination la modeste somme de 12 000 euros, en ayant évacué le déclassement, ce que les responsables syndicaux faisaient mine de ne pas comprendre. 12 000 euros sur 29 années de travail, cela revenait à accorder 414 euros par ans soit 34,50 euros par mois !

Son calcul était simple, il avait comparé avec des copains qui étaient dans la même situation que lui en 1971, additionné le montant annuel brut, multiplié par 30 ans et fait une soustraction entre eux et lui.

exemple :

• avec le plus payé ( des syndicalistes ) 75 000FR soit environ 120 000 euros

• avec le moins payé, 60 000 euros ont est loin du compte sans compter l’incidence sur la retraite

Ces trois salariés de Renault CTR sont allés au Prudhommes ; deux ont en partie obtenu gain de cause.

Pour le premier concerné, André, était accordé 108 000 euros sur les les 200 000 réclamés.

La direction faisant appel, le tribunal de Versailles a été dans le sens de Renault, à savoir qu’il y avait prescription, et les 108 000 euros devenaient 40 000 euros, mais l’entreprise Renault était une deuxième fois condamnée.

C’était encore trop pour Renault, non pas pour la somme, mais pour le PRINCIPE n’acceptant pas qu’un simple salarié militant CGT, ose l’attaquer !

Donc, Renault a été en Cassation, qui elle aussi a reconnu la discrimination, maintenant les 40 000 euros soit beaucoup plus que ne lui accordait l’accord signé par le syndicat CGT

Renault a donc été définitivement condamné pour discrimination.

Pour le deuxième dossier de discrimination, celui de Fabien, le prudhomme de Nanterre lui accordait 100 000 euros, sauf qu’il n’a pas pu les toucher, étant décédé à l’âge de 56 ans. Reconnu à titre posthume en maladie professionnelle.

Renault n’a pas osé faire appel dans le dossier de Fabien, pensant sans doute à juste titre avoir une part de responsabilité dans son décès lié à l’AMIANTE. Fabien en tout cas est décédé avant !

Les responsables syndicaux ont suivi de près le résultat de ces jugements, sans jamais les soutenir, ni aider les salariés qui se battaient sur ces dossiers alors qu’ils auraient pu disposer de nombreuses preuves et témoignages.

En ce qui concerne le premier dossier, celui d’André, le problème c’est la partie retraite qu’il aurait fallu développer.

17 ans P1, P2 en 1986, P3 en 1991, et ce n’est qu’en 1996 qu’André passe technicien à l’âge de 48 ans, dans un secteur en pointe : les Bancs d’essais moteurs.

Conséquence pratique, cotisation à la caisse des cadres de 96 à 2003.

Comparons André et Polux : Polux, technicien en 1980, cotisation 25 ans. Différence à la retraite, 1700 euros par mois pour l’un, 2100 pour l’autre, 400 euros par mois, 4800 par ans pour 20 ans de 55 à 75 ans espérance de vie pour ouvrier, cela fait 96 000 euros !

Nous parlons bien d’un salarié embauché en 1969 et mis en pré-retraite en 2003 gagnant 1700 euros par mois ! Le copain lui touche 2100 euros.

Alors c’est vrai que la direction a trouvé un syndicat « responsable » pour signer un sale accord réservé aux seuls élus, en arrosant copieusement au passage au détriment de tous les militants,connus pour leur engagement politique, syndical comme ceux de Billancourt, du Mans de Cléon et d’autres usines au temps où le PCF était le premier parti de France, qui avaient qu’on soit d’accord ou pas des militants, engagés dans l’usine dans leurs quartiers, engagés dans leurs villes qui vendaient l’Huma, la VO, aux portes de l’usine qui sont rentrés dans l’usine comme OS et en sont sortis plusieurs dizaines d’années après comme… OS.

CET ACCORD NE LES CONCERNE PAS

Alors OUI, cet accord signé est un accord discriminatoire, envers tous ceux qui ont refusé de baisser la tête, combattre les injustices.

Cet accord a été signé dans la même période où la CGT dénonçait les fichiers de la direction, au Mans à Rueil à Lardy dans le reste du groupe en 2001 , ou dans les fichiers la direction écrivait « attention c’est un rouge ,ne peut pas lui faire confiance discute avec les syndicats et j’en passe des meilleurs ...la direction de Renault à l’époque a réunit tous les cadres , toute s direction les ordinateurs ont été nettoyé , l’affaire a pris une tournure nationale, les journaux s’en sont emparé, c’était peu de temps avant la signature de cet accord...

Alors pas de quoi crier qu’un air de liberté flotte sur la marmite, comme l’écrit la CGT, dans un tract diffusé à Rueil !!!

Pas de quoi être fiers du tout neuf « délégué central CGT Renault » Martinez !!!

Et voilà comment on fabrique un secrétaire général à la CGT…

Accord syndicats/Renault sur la discrimination : Tract CGT de Martinez glorifiant la signature de l’accord des syndicats avec le patron de Renault : La discrimination concerne tous les salariés qui ont été militants et pas seulement les élus :

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