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Du Haut Karabach au Mali et au monde entier, un danger mortel pour les travailleurs : leurs armées nationales qui prétendent les sauver…

mercredi 7 octobre 2020, par Alex

Du Haut Karabach au Mali, en passant par les USA et la France, et au monde entier, un danger mortel pour les travailleurs : leurs armées nationales qui prétendent les sauver…

Malgré les effets liés aux « plans de relance » qui freinent la chute des PIBs en faussant les comptes, il est de plus en plus clair que la période actuelle est celle d’un blocage du système capitaliste mondial. Or pour le capitalisme, malgré le fait que les grands capitalistes n’aient jamais été aussi riches, stagnation veut dire effondrement. Le grand capital ne peut que croître ou chuter. La richesse insolente des multinationales permet aux organisations syndicales de donner l’espoir aux travailleurs que c’est le partage pacifique des profits dans le cadre d’un capitalisme « équitable » et « durable » qui reste à l’ordre du jour, alors que cet effondrement du capitalisme menace d’être bien plus radical que ceux de 1914 puis 1929 et 2017 : celui de toute une « civilisation », si le capitalisme n’est pas abattu politiquement et économiquement. Alors que la tâche de la classe ouvrière est plus que jamais de prendre le pouvoir à la tête de toutes les classes exploitées, sur les cinq continents. Ce pouvoir ouvrier, à l’échelle internationale, serait le levier d’expropriation des grands groupes capitalistes.

Que cette union des prolétaires de tous les pays, est une question vitale du moment, le seul danger mortel pour le pouvoir politique des gros capitalistes, est bien compris par les politiciens au service de l’impérialisme comme Macron.

Car, comme substitut à la solidarité internationale de la classe des travailleurs que nous devons construire, ils proposent aux exploités toutes les fausses solidarités interclassistes, ethniques, politiques ou religieuses : entre « vrais républicains », « progressistes », « démocrates », « laïques », « chrétiens », contre les « populismes », l’ « islamisme ». Le « bon français », le « bon immigré », sontactuellement invités à devenir des soldat de la future loi Macron « contre les séparatismes ».Et bien sûr l’idéal donné à ces citoyens en guerre, ce sont les armées, qu’on veut nous forcer à remercier à chaque catastrophe, du virus aux inondations. Ce sont les préfets, leurs policiers et leurs gendarmes qui sont en charge de la politique sanitaire. L’opération Résilience en mars-avril derniers nous invitait à admirer « nos » porte-hélicoptères, « nos » hélicoptère de combat, et même un avion de la Luftwaffe : tous ces engins de morts, on nous demande de les accepter comme substituts à un système hospitalier qui continue à être démantelé.

Partout les hiérarchies militaires se mettent à gouverner. Vous pensez bien entendu à des pays comme le Mali mais il faut aussi penser à des pays comme la France !En France, aussi la hiérarchie militaire se verrait bien gouverner en cas de crise grave et l’a déjà envisagé avant même la révolte des gilets jaunes.Autrefois chacun pensait qu’il y avait des pays de dictature et d’autres de démocratie. Aujourd’hui la France est gouvernée par des « conseils de défense » avec les généraux, Trump affirme que l’ordre doit être rétabli par l’armée et qu’une élection contestée doit être aussi tranchée par l’armée. Au Mali, Ba N’Daou, ancien ministre de la Défense et militaire à la retraite, vient d’être désigné président de transition par la junte !!! Il n’a bien entendu rien à voir avec la révolte sociale qui a précédé ni même avec les désirs des petits soldats révoltés !!! La junte militaire met à la présidence un faux civil, ancien aide de camp du président-dictateur Moussa Traoré !!!

Pas étonnant dans un monde qui se dit en guerre et qui voit surtout les forces armées comme arme de répression des révolutions sociales ! Trump n’est pas le seul à avoir voulu faire intervenir l’armée. Macron aussi en a eu envie et il le fait progressivement sous prétexte de pandémie à combattre. Les tanks pour faire reculer les virus, il fallait y penser !

De plus en plus la dictature sanitaire se dévoile comme une dictature antisociale et aussi comme une dictature militaire ! C’est d’autant plus vrai que le capitalisme ne parvient plus à gérer son propre système, celui-ci ayant atteint ses limites. Face à une population qui perd sa santé et son emploi, la force brute devient encore plus indispensable. Quelle solution face aux armées permanentes développées par les Etats capitalistes ? Les prolétaires sont-ils désarmés ? Oui, s’ils ne font pas confiance dans leur propre capacité à s’organiser. Mais, s’ils s’organiser partout en comités de travailleurs indépendants des institutions étatiques et de toutes les organisations qui y sont liées, alors ils peuvent aussi se lier à des comités de petits soldats et désarmer le bras militaire du grand capital. L’article 4 de la partie politique du parti ouvrier français d’avant 1914 proclamait : Abolition des armées permanentes et armement général du peuple !

Depuis plus d’une semaine la guerre a repris au Haut-Karabach. Dans cette région, zone traditionnelle de rivalités entre impérialismes russes, turcs, européens, iraniens, les grandes puissances et leurs multinationales ont pour souci avant tout de contrôler les puits de pétroles et des oléoducs, les routes maritimes stratégiques. C’est en soutenant alternativement les Kurdes, les arméniens, les turcs, les Grecs les uns contre les autres, en organisant méthodiquement massacres et contre massacres, depuis plus de cent ans, que les impérialismes et leur relais locaux imposent leur loi dans cette région.

C’est dans la lignée de cette politique que Macron a récemment célébré la proclamation du grand Liban par un général colonialiste français. Souvenons-nous qu’au même moment en 1920 c’est à Bakou en Azerbaïdjan qu’eût lieu un Congrès des Peuples d’Orient, auxquels participèrent des militants de la CGT française contre l’Union sacrée, des travailleurs arméniens, turcs, russes, juifs, azéris, musulmans, indiens et bien d’autres. Alors que le parti des Dashnaks en Arménie, le parti Musava en Azerbaïdjan, appelaient les Arméniens et Azéris à s’entre massacrer, comme le font les deux gouvernements actuels, une délégation de travailleurs arméniens déclara : « les travailleurs révolutionnaires d’Arménie doivent cimenter une alliance avec les travailleurs d’Azerbaïdjan contre les Dashnaks et les Musavats.

Les travailleurs arméniens savent que cela ne pourra se faire que si le pouvoir des impérialistes franco-anglais et de la bourgeoisie arménienne sont renversés, par le pouvoir des ouvriers et des paysans, indépendamment de leurs nationalités. Vive l’alliance des travailleurs révolutionnaires de l’orient et de l’occident ». Si les arméniens et les Azéris ont subi massacres et contre massacres jusqu’à aujourd’hui dans cette région, c’est que cet appel d’il y a 100 ans n’a pas abouti.Mais cet appel des travailleurs arméniens et azéris du congrès de Bakou reste plus que jamais d’actualité : prolétaires de tous les pays, unissons-nous contre toutes ces armées bourgeoises, dont l’armée française qui nous préparent de nouvelles boucheries impérialistes !

Bien des travailleurs, anesthésiés par des années de réformisme et de nationalisme politique et syndical, ne se voient pas remettre en cause « leur » armée nationale, « leur » Etat, « leur » police, « leurs » institutions plus ou moins démocratiques, dites nationales. Pourtant, ce que la situation va exiger, c’est qu’ils le fassent et le plus vite possible. Une course de vitesse est engagée entre le monde du Travail et le Capital. C’est une course qui mènera inévitablement à un affrontement sanglant. Les classes possédantes y sont prêtes. Aux travailleurs de s’y préparer !

Barta - LA LUTTE de CLASSES – n° 3 - 28 juillet 1944 :

La classe ouvrière ne peut pas s’émanciper sans briser l’armée permanente. Le principal moyen d’y arriver, c’est qu’elle organise tout d’abord ses propres milices ouvrières. En soutenant la lutte des travailleurs-soldats contre la conscription, le service militaire prolongé, les Cours martiales et le régime des casernes, et en s’armant elle-même, la classe ouvrière facilite aux soldats leur émancipation de l’armée permanente et les lie à la cause des exploités.

La milice ouvrière est l’organisation des travailleurs en armes pour la défense sur place de l’usine, du chantier, de la mine ou du village contre la bourgeoisie.

Le peuple en armes n’a besoin ni de casernes, ni d’officiers de métier ; il ne retire pas de la production toute une partie de la population : l’entraînement militaire se fait en dehors des heures de travail et les chefs sont élus par les combattants parmi les plus dévoués et les plus qualifiés.

La victoire ouvrière et la chute de la bourgeoisie supprimeront pour la classe ouvrière la nécessité d’être en armes ; c’est donc seulement en s’organisant en milice ouvrière que les masses parviendront à briser les armées permanentes, que la bourgeoisie entretient constamment pour la défense de ses intérêts impérialistes, contre les masses et sur leur dos.

Tandis que l’armée permanente est un chancre qui ronge toute la société, et l’instrument de l’asservissement du peuple par la bourgeoisie, la MILICE OUVRIERE, organisation des travailleurs en armes, est l’instrument de leur émancipation.

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