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Que signifie le « Ne mange pas le fruit de l’arbre de la connaissance ! » de l’Ancien Testament ?

mardi 17 mars 2020, par Robert Paris

Que signifie le « Ne mange pas le fruit de l’arbre de la connaissance ! » de l’Ancien Testament ?

« Le serpent dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? » La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.” » Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea.

Le Seigneur Dieu dit ensuite à la femme : « Je multiplierai la peine de tes grossesses ; c’est dans la peine que tu enfanteras des fils. Ton désir te portera vers ton mari, et celui-ci dominera sur toi. » Il dit enfin à l’homme : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé le fruit de l’arbre que je t’avais interdit de manger : maudit soit le sol à cause de toi ! C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture, tous les jours de ta vie. De lui-même, il te donnera épines et chardons, mais tu auras ta nourriture en cultivant les champs. C’est à la sueur de ton visage que tu gagneras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu proviens ; car tu es poussière, et à la poussière tu retourneras. »

Pourquoi les anciens Hébreux ont-ils affirmé que le premier péché du premier humain, Adam, qui a ensuite été puni pour tous ses descendants, a consisté à refuser le commandement de dieu lui interdisant de « manger le fruit de l’arbre de la connaissance » ? Ce péché, on s’en souvient, a été commis sur l’instigation de la première femme, Eve, elle-même trompée et attirée par le serpent, symbole du démon. Ce péché a amené la réprobation divine et la punition sévère : « tu travailleras à la sueur de ton front ainsi que tes enfants et les enfants de tes enfants ».

Qu’est-ce que, dans l’esprit des anciens Hébreux, l’homme ne devait pas apprendre de l’arbre de la connaissance et pourquoi ce péché était-il transmis à sa descendance ? Qu’est-ce qu’un « arbre de la connaissance » ? Qu’est-ce qu’un « jardin d’Eden » ? Où réside le péché consistant à manger la pomme ?

La connaissance du mystère du pommier qui réside dans la pomme, c’est le pépin ! C’est la fabrication d’un nouveau pommier en plantant le pépin. La connaissance du mystère des plantes, c’est leur procréation. L’action de l’homme rompant la création naturelle, c’est la culture des plantes. La connaissance, c’est la possibilité de ne pas se contenter des plantes produites naturellement et de cultiver la terre. L’action de la femme pour détourner l’homme de s’en tenir aux fruits offerts par la nature, c’est la découverte de la culture des plantes et de l’ensemencement.

Ce qui est accusé dans le mythe biblique d’Adam et d’Eve, ou du « jardin d’Eden », c’est la révolution de l’agriculture produite par l’homme et qui rompt avec l’ancien monde où les êtres humains se contentaient de cueillir les fruits que leur offrait la nature. L’homme est ainsi passé de cueilleur à producteur, une profonde et radicale révolution sociale qui a révolutionné les modes de production mais aussi la place de l’homme par rapport à la nature, et sa conception de l’univers, bouleversant également les croyances. Une des nouveautés produites par cette nouvelle société des agriculteurs, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme : « tu travailleras à la sueur de ton front ». Cela signifie que la Terre a cessé d’être nature pour devenir bien d’échange et d’accumulation des grands propriétaires terriens qui sont devenus propriétaires d’esclaves et exploiteurs de serfs.

L’Ancien Testament affirme donc que la société des producteurs, exploitant la terre et exploitant les hommes proviendrait d’une rupture idéologique avec dieu, d’une rupture avec les traditions patriarcales. Cela ne veut pas dire que les rabbins de Juda qui ont écrit l’Ancien Testament veuillent revenir au mode de production des chasseurs-cueilleurs mais seulement à celui des éleveurs nomades. Ils prônent la supériorité des traditions patriarcales des bergers de Juda contre les agriculteurs-commerçants d’Israël.

Ils prétendent que cette rupture avec les commandements du dieu des Hébreux aurait conduit non seulement à changer le mode de production, le mode de vie des humains mais aussi les mœurs, en produisant la tolérance vis-à-vis des autres religions, un libéralisme vis-à-vis des femmes, des autres civilisations, libéralisme indispensable au grand commerce pratiqué par Israël au contraire de l’ancienne société patriarcale de Juda. Cette division des Hébreux avait entraîné des affrontements et même des guerres entre les deux sociétés des Juifs de Palestine. C’est pourquoi l’ennemi le plus dénoncé par l’Ancien Testament n’est pas le Pharaon d’Egypte ni les Babyloniens mais les Hébreux d’Israël accusés d’adorer le veau d’or et d’avoir mangé la pomme !

On se souvient que d’autres mythes de l’Ancien Testament parlent de cet affrontement entre éleveurs et agriculteurs, à commencer par celui de Caïn et Abel qui est une image de la guerre entre Juda et Israël.

Bien sûr, le mythe du jardin d’Eden sert aussi à justifier la soumission nécessaire de la femme puisque l’homme qui suit et écoute sa femme ne peut que subir toutes les tentations contre la volonté de dieu.

En faisant miroiter de nombreuses richesses, cultiver la terre amène à des catastrophes, comme de rompre les règles divines des relations entre êtres humains et entre l’homme et la terre, voilà le message des anciens Hébreux de Juda. C’est un message contre la révolution du néolithique, contre la croyance dans les capacités de l’homme, et, en ce sens, contre la connaissance humaine et pour s’en tenir à la connaissance divine, contre la nature modelée par la main de l’homme.

L’expression « jardin » signifie une création. Le « jardin d’Eden » était une création divine. En rompant le secret de la création des plantes, Adam l’a transformé en création par l’homme.

Ce mythe a été repris des conceptions sumériennes, beaucoup plus anciennes que celles des Hébreux et que l’Ancien Testament. Ce mythe sumérien a été utilisé par les rabbins de Juda dans un but différent qui était de justifier leur différence avec les juifs d’Israël.

Origine sumérienne du jardin d’Eden

Bible hébraïque et le Dilmun sumérien se rapprochent.

Enki et Ninhursag est un mythe sumérien datant de 3000 ans av. J.-C. Il se situe sur l’île mythique de Dilmun, que les archéologues s’accordent à placer sur l’actuelle île de Bahreïn.

Il y a différentes versions du mythe, mais toutes concordent sur l’histoire d’une faute commise par le dieu sumérien Enki envers sa femme Ninhursag.

L’histoire racontée par le mythe est la suivante :

Dilmun est une île paradisiaque créée par le dieu Enki, seigneur des eaux douces. Un jour la femme d’Enki, Ninhursag, fait pousser huit plantes merveilleuses dans le jardin.

Enki, qui n’a jamais vu ces plantes auparavant, est envahi d’une curiosité maladive et goûte les créations de sa femme jusqu’à les saccager complètement.

A la vue du désastre, Ninhursag est emplie d’une immense colère et blesse son mari en 8 parties de son corps, le laissant ainsi à l’agonie. Les autres dieux sont affligés par le sort d’Enki et tentent de convaincre Ninhursag de revenir sur sa décision de laisser mourir Enki. Ninhursag se laisse convaincre et pardonne à Enki. De chaque organe malade, elle fait jaillir un dieu ou une déesse capable de soigner le mal de son mari...

Les historiens des religions pensent que ce mythe a inspiré les mythes postérieurs concernant les jardins paradisiaques, et en particulier le mythe du Jardin d’Eden.

Le mythe d’Enki et Ninhursag expliquerait également pourquoi, dans la Bible, il est fait mention d’Eve sortant de la côte d’Adam. En effet, l’une des parties malades du corps d’Enki était la côte. Il est donc possible que l’on ait interprété la déesse sortant de la côte d’Enki comme "la vie sortant de la côte".

L’origine du terme hébreu : עֵדֶן « Éden » — qui signifie « délice » en hébreu — pourrait être le terme akkadien « edinu », qui lui-même dérive du sumérien « e-din ». Ces deux mots désignent en akkadien « plaine » ou « steppe ».

Or le verbe akkadien namu — qui signifie « qui habite la steppe » — rend très plausible un usage littéraire figuré : l’écriture mésopotamienne du mot recourt à l’association NA-ME « homme-être » ou au signe NAM2. Le sens propre de ce signe NAM(-TAR) renvoie « aux destins » qui, selon la mythologie mésopotamienne, sont inscrits par les dieux sur une tablette.

Cependant, la critique moderne pointe le fait que l’emploi de la tournure « à l’orient d’Éden » ou « à l’orient, en Éden » semble privilégier un usage géographique du terme plutôt que métaphorique.

Le scribe hébreux qui a rédigé le Livre de la Genèse a simplement pris un texte sumérien intitulé Enki et Ninhursag, antérieur d’au moins 1500 ans à la naissance de l’écriture hébraïque, et en a modifié toute la structure pour l’adapter à « ses » besoins.

Enki et Ninhursag est un mythe sumérien, mettant en scène deux grandes divinités, Enki maître de la sagesse, le porteur d’eau, et sa parèdre Ninhursag appelée aussi Damkina. Le récit se passe sur l’île de Dilmun, probablement l’actuel Bahreïn, qui entretient durant la haute Antiquité d’intenses relations avec la Mésopotamie.

Ce mythe raconte comment Enki a fait de cette contrée, au départ désertique, une région disposant d’abondantes ressources pour le bonheur de Sumer.

Dilmun est mentionnée dans de nombreux textes mythologiques mésopotamiens, en particulier dans Enki et Ninhursag qui attribue la création de Dilmun au dieu sumérien Enki.

« Yahvé Dieu planta un jardin, en Eden, du côté de l’Orient, et il y plaça l’homme qu’il avait formé. Un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin. Il se divisait en quatre bras. Le nom du premier est Pichon. C’est lui qui contourne le pays de Hawilah, où se trouve l’or, et l’or du pays est bon ; le second est Guihon ; le nom du troisième est Hiddeqel, c’est celui qui coule à l’Orient d’Assur ; le quatrième fleuve est l’Euphrate. » (Genèse II, 8-14.)

Les Sumériens croyaient que l’univers était gouverné par un panthéon comprenant un groupe d’êtres vivants, de forme humaine mais immortels, et possédant des pouvoirs surhumains. Ces êtres, invisibles aux yeux des mortels, guidaient et contrôlaient le cosmos selon des plans bien définis et des lois dûment prescrites. Les Sumériens avaient quatre divinités principales : AN, le dieu du Ciel, KI, la déesse de la Terre, ENLIL, le dieu de l’Air et ENKI, le dieu de l’Eau. Le ciel, la terre, l’air et l’eau étaient considérés comme les quatre composants majeurs de l’univers.

Après les divinités créatrices, on trouvait les trois divinités du ciel, NANNA, le dieu de la Lune, UTU, le dieu du Soleil et INANNA, la reine des cieux et la déesse de l’Amour, de la Procréation et de la Guerre. Certaines divinités parrainaient une ou plusieurs cités sumériennes. Des temples étaient alors érigés au nom du dieu qui était honoré en tant que maître et protecteur divin de la cité. Les rites du temple étaient dirigés par un grand nombre de prêtres, prêtresses, chanteurs, musiciens, prostituées sacrées et eunuques. Des sacrifices étaient offerts tous les jours.

Les Sumériens croyaient que les êtres humains étaient faits d’argile et avaient été créés pour fournir aux dieux la nourriture, la boisson et un toit, de façon que les dieux puissent consacrer leur temps à leurs activités divines. La vie était considérée comme le bien le plus précieux de l’humanité, malgré les incertitudes et l’insécurité, car ils pensaient qu’après leur mort, les esprits des hommes descendaient vers les enfers, où la vie est plus pénible que sur la terre.

ENLIL et ENKI semblent marcher sur l’eau. ENLIL est connu pour avoir provoqué le Déluge et avoir facilité l’invasion et la destruction de la civilisation de Sumer. On retrouve cette histoire dans les mythes égyptiens avec HORUS et son demi-frère ANUBIS, avec le Dieu THOT et SETH, mais aussi chez les amérindiens dans la légende du serpent à plume !

Du point de vue biblique, ENKI a créé Adam et Eve avec l’aide de sa demi-sœur, NINKI (Nin-khursag) et ENLIL a créé " Edin " (Eden) le serpent dans le jardin, qui a exhorté les " Adam et Eve " de manger du fruit de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal. ENLIL les chassa de Edin, tandis que ENKI était là pour les aider. En d’autres termes, ENKI est le dieu de la sagesse, une figure du Dieu singe THOT l’Egyptien et son côté sombre est ENLIL (Seth).

Dans l’hébreu du texte original, ce Dieu était EL le dieu principal du panthéon cananéen, le dieu du temps, EL serait ENLIL et YAHVE serait ENKI (ou EA) chez les sumériens. Par transformations linguistiques successives ENLIL (sumérien primitif) se transforma en " Ellil "(akkadien) puis devint EL. On peut aussi identifier EL à un avatar de HORUS en SATURNE chez les Egyptiens. ENLIL était le dieu du vent chez les sumériens, chez les akkadiens, il était aussi le dieu de l’air et du ciel. Ces deux figurent sont des avatars des Dieux THOT (Enki) et SETH (Enlil), nos deux pères.

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