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Qu’est-ce qui est sûr en Sciences ?

vendredi 17 janvier 2020, par Robert Paris

Qu’est-ce qui est sûr en Sciences ?

Bien « sûr », les humoristes diront que ce qui est sûr, c’est que rien n’est sûr, même en sciences dites « dures » !!! Le pire, c’est qu’ils ont en partie raison. Les sciences évoluent et leurs affirmations s’affinent et parfois changent carrément. Les petits malins, les mystiques, les agnostiques, les religieux, les hermétistes et autres penseurs antiscientifiques en concluent que la science ne répondrait à aucune question fondamentale à part celle de faire fonctionner l’industrie et la technologie. Certains scientifiques eux-mêmes en sont persuadés ! Peu de philosophes sortent désormais d’un doute profond sur les produits de la pensée philosophique des sciences, qui est au plus bas, au point qu’elle ne s’enseigne plus ou ne s’enseignera bientôt plus ! Nous n’allons pas du tout dans ce sens de la relativisation des produits intellectuels de la science, et encore moins de leur dénigrement. Nous estimons que nous sommes aujourd’hui, au contraire, au stade où une nouvelle pensée philosophique sur le monde serait possible et est indispensable et que celle-ci ne consiste pas seulement dans le « nous ne savons rien » mais dans le « nous pouvons penser le monde ».

Tout d’abord, il faut comprendre pourquoi tout bouge, tout change dans les conceptions scientifiques et pourquoi la science, malgré tout, se donne une allure du rationnel pur, souvent peu discutable.

Il est certain que chaque conception fondamentale des sciences a une histoire au cours de laquelle elle a connu des chamboulements considérables. Ainsi, les conceptions sur la matière, la lumière et le vide, le mouvement et l’énergie, l’espace et le temps, l’ordre et le désordre, les rythmes et les structures, etc., ont été sans cesse chamboulées, mises à l’envers puis, à nouveau, renversés.

Aucune notion n’est restée identique à elle-même : ni l’atome, ni la molécule, ni le photon, ni la particule, ni le rayon lumineux, ni l’énergie, ni les interactions matière-matière et matière-lumière, ni les lois de chacun de ces domaines.

C’est au point qu’on pourrait se demander qu’est-ce qui ne pourrait pas encore être complètement remis en cause encore. Et les esprits antiscientifiques, notamment religieux, en tirent la conclusion que leurs enseignements, à eux, sont bien plus solides, alors qu’on avait prétendu les combattre à coups de décrets scientifiques !!!

Ce que ces antisciences feignent d’oublier, c’est qu’au cours de toutes ces révolutions de la pensée scientifiques, révolutions que les pensées mystiques, religieuses et autres ne connaitront jamais, les idées n’ont pas fait qu’être sans cesse renversées, elles se sont améliorées, elles se sont approfondies, les anciennes idées n’ayant pas été ridiculisées, mais contredites dialectiquement, c’est-à-dire dépassées.

Par exemple, si la notion de lumière particulaire de Newton a été abandonnée du fait du développement de la notion de lumière-onde, puis, à nouveau, la notion de lumière-onde abandonnée au profit d’une lumière quand même en un sens particulaire, cela ne veut pas dire que la notion d’onde soit à rayer d’un trait de plume ! Elle a été dépassée, contredite, mais est toujours nécessaire ! La particule lumière, le photon, a toujours besoin de la notion d’onde, d’une notion nouvelle d’onde !!!

Il existe extrêmement peu de notions scientifiques qui aient été abandonnées au point de paraître complètement bonne pour le musée des erreurs totales et inutiles. Quasi aucune même ! Chaque notion a eu un caractère historique et est ainsi devenue une étape indispensable de la pensée scientifique.

La science a ainsi démontré bien plus que quelques résultats satisfaisants : une démarche dans laquelle la contradiction amène des avancées, où le négatif a, dialectiquement, un effet positif. Bien entendu, les pensées mystiques, religieuses, antiscientifiques en général, sont indiscutables, non critiquables, pas du tout dialectiques et, ainsi, ne connaissent aucune de ces révolutions de la pensée qui progressent par sauts radicaux.

D’ailleurs, il est inexact de prétendre que « rien » n’est sûr car, négativement, la fausseté de la plupart des thèses imaginables est sure.

Par exemple, il nous semble sûr que les thèses suivantes sont fausses :

- l’espace et le temps sont indépendants de la matière-lumière-vide

- la matière-lumière est indépendante du vide quantique

- la matière et la lumière sont indépendants

- l’Univers est un continuum

- l’Univers a une histoire cyclique

- l’Univers matériel n’est qu’une vaste illusion

- l’Univers matériel coexiste à un autre univers : spirituel

- l’homme ou la conscience ne dépendent pas du monde de la matière-lumière-vide

- il y a une opposition diamétrale entre le monde de l’homme, disposant du libre arbitre, et le monde matériel n’en disposant pas

- la science ne peut pas connaître l’Univers du fait du blocage des connaissances par une puissance supérieure spirituellement au monde de la matière-lumière-vide

- la matière ne peut qu’être mesurée mais pas connue dans son fonctionnement fondamental

- l’Univers navigue vers une fin inéluctable du fait de l’entropie croissante

- la Vie est en contradiction avec les lois de la thermodynamique

Ces différentes affirmations sont très certainement fausses ! En voilà des certitudes pour ceux qui affirmaient que la science n’en délivre pas.

Il n’empêche que les scientifiques ont parfois commis des erreurs en étant trop affirmatifs sur l’éternité de leurs conceptions. Cela ne crédite pas du tout le point de vue antiscientifique et mystique qui, lui, est toujours complètement dans la croyance de l’éternité de ses conceptions.

Et cela ne signifie pas que le mode de pensée moderne sur la science doive être une espèce de relativisme, d’indéterminisme, de négationnisme, de pessimisme intellectuel qui amène à croire que la science ne fera jamais avancer la pensée sur le monde.

On pourra faire de grands pas dans les connaissances scientifiques mais ils n’effaceront certainement pas la physique quantique, la relativité, le chaos déterministe, l’astrophysique, la biologie, l’évolution des espèces, etc.

Quand des scientifiques remettent en cause tel ou tel point, y compris fondamental, de ces sciences, les mystiques et agnostiques nous disent : « vous voyez bien, ce n’était que des balivernes ! »

Un peu comme un sceptique qui dirait que l’eau que vous avez vue au loin, et qui vous faisait espérer un bon bain, n’était qu’un mirage et qui triompherait lorsque vous constateriez que l’eau est en fait trop froide pour se baigner, déclarant que votre vision n’était qu’illusion !

Le monde de la matière n’est pas qu’illusion, n’est pas que vision proprement humaine et nullement objective. On peut en être sûr !

Bien des interprétations peuvent être mises en cause mais pas les observations qui sont à leur base. Ainsi, le Big Bang n’est pas sûr, mais le décalage des raies vers le rouge est certain.

Dans le domaine de l’évolutionnisme, les rythmes de la spéciation et son mode de fonctionnement sont en débat mais pas la réalité de l’évolution darwinienne.

La signification des lois de la physique quantique se discute aussi mais pas leur réalité. Ces lois ne nécessitent nullement de croire en l’agnosticisme, l’indéterminisme ni les dualismes…

Les quanta existent-ils ? Oui, c’est sûr. Ce qui est sûr aussi, c’est qu’ils ne sont nullement du type des objets fixes que l’on croyait la base « solide » du monde, fondée sur la compacité, la fixité, la durabilité, la dureté, la continuité dans le temps et dans l’espace. Ce qui est sûr, c’est que toute cette ancienne image est fausse. Les quanta, il est également sûr que ce ne sont que des structures d’un monde en changement permanent, celui des particules et antiparticules du vide quantique. Mais la manière dont tout cela agit, les apparitions-disparitions de ces éléments virtuels du vide sont encore en discussion car il faut explorer un autre univers sous-jacent du vide : celui du virtuel de virtuel…

Bien sûr, là encore, les mystiques, les antimatérialistes, les spiritualistes, les religieux, les agnostiques, les indéterministes, les antiscientifiques, les penseurs magiques, les croyants, les dualistes tenteront de se fonder sur la difficulté de développer la compréhension du monde pour affirmer que le monde ne peut pas être compris, qu’il obéirait à un principe immatériel.

Là encore, ce qui est sûr, c’est que le principe immatériel n’a aucune base scientifique. Les poètes, les rêveurs, les imaginatifs ont parfaitement le droit de se raconter des histoires, mais ils ne peuvent pas dire que ces histoires découlent de la science et de la pensée scientifique sur le monde réel.

Ce qui est sûr aussi, c’est que le monde est beaucoup plus incertain que un et un font deux. L’image mathématique des sciences « dures » a faussé la vision de la réalité de la science. La science n’est certainement pas des seuls calculs. Car ce qu’oublient les fans des mathématiques, c’est qu’en sciences, avant de calculer, il faut définir des paramètres qui soient issus de concepts physiques, physico-chimiques ou biologiques réels et ce travail là est scientifique mais n’est pas seulement mathématique. Aucune mathématique ne peut dire si, dans un phénomène, ce qui est en jeu, c’est l’énergie, la puissance, le moment cinétique, l’énergie cinétique, l’accélération, la vitesse, la quantité de mouvement ou un autre paramètre. Il ne suffit pas seulement de mesurer et de calculer en sciences, il faut conceptualiser de manière juste et c’est loin d’être évident. Ainsi, en thermodynamique, on a fait l’essentiel d’un problème si on sait quel est le paramètre en jeu : enthalpie, entropie, énergie, énergie cinétique, pression, température, etc.

Ce qui est sûr aussi en sciences, c’est que l’univers est un mais qu’il ne peut être décrit scientifiquement qu’à chaque échelle et qu’il est différent quand on l’examine aux diverses échelles, d’où les problèmes de liaisons entre les diverses sciences.

Nous ne sommes pas certains… de la validité de la certitude

Est-on sûrs que la matière existe

Est-on sûrs de ce qu’est la matière

Est-on sûrs que l’univers est un

Est-on sûrs qu’il ne peut pas y avoir plusieurs mondes

Est-on sûrs que l’esprit n’est pas indépendant de la matière

Est-on sûrs que le monde est fait de quanta

Est-on sûrs que tout est fondé sur le vide quantique

Est-on sûrs que le temps existe

Est-on sûrs que l’atome existe

Est-on sûrs que la certitude des mathématiques n’est pas celle des sciences

Est-on sûrs que l’Univers est en mouvement

Est-on sûrs de nos idées sur la matière

Est-on sûrs que les sciences sont indépendantes de la philosophie

Est-on sûrs que la science détient la vérité

Est-on sûrs que la science ne s’est pas trompée

Est-on sûrs que la science est objective

Est-on sûrs que la science n’est pas dépassée

Est-on sûrs que la science ce sont des faits indiscutables

Est-on sûrs que l’évolution darwinienne des espèces est réelle

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