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Ni Dieu Ni Maître ! Le "Gilets jaunes" doivent-ils honorer Napoléon et son Arc de triomphe ?

jeudi 13 décembre 2018, par Alex

L’Arc de triomphe ! L’Arc de triomphe outragé ! L’Arc de triomphe brisé ! L’Arc de triomphe martyrisé ! mais l’Arc de triomphe libéré ! Libéré par les CRS contre les Gilets jaunes.

Pauvres gilets jaunes ! Après cela (comme avant d’ailleurs )ils sont injuriés, méprisés, outragés par le gouvernement autant que par les organisations d’extrême gauche (qui les soutiennent hypocritement) : fascistes, poujadistes, machistes, voire amateurs de Michel Sardou, c’est tout ce que seraient les Gilets jaunes tant qu’ils resteront autonomes !

Lors de la manifestation du 1er décembre, les gilets jaunes auraient « profané, souillé » l’Arc de triomphe. La statue de Marianne, symbole de la République, aurait été endommagée. Des journalistes parlent de « carnage » , eux qui glorifiaient la célébration de la guerre de 14-18 deux semaines plus tôt à l’occasion du 11 novembre, sans employer ce terme à propos de ce vrai carnage.

L’Arc de triomphe est un monument à la gloire des guerres Napoléoniennes, or que disait Napoléon ? Respectons son héritage en rappelant la signification sociale qu’il donnait lui-même à ses dernières guerres :

La guerre qui oppose l’Empire français à l’Empire russe offre des caractères très originaux qui contribuent, pour une large part, à expliquer son dénouement. Elle ne ressemble en rien aux campagnes classiques menées jusque-là par Napoléon, qui avaient pu se terminer victorieusement et, dans la plupart des cas, assez rapidement, par des moyens également classiques.

D’abord parce que que c’est une guerre nationale, ainsi que le fit remarquer, dès le début, Bagration. (« Ce n’est plus une guerre ordinaire, mais une guerre nationale » ). Sans doute, peut-on remarquer les analogies avec l’Espagne : sans oublier, toutefois, que le soulèvement espagnol ne commence qu’après l’occupation par les forces françaises d’une grande partie du territoire, et du Portugal. ici, dès les premières pénétrations en Lithuanie et en Russie blanche, l’attitude des paysans fut significative : ils évacuèrent fermes et villages et se réfugièrent dans les forêts (la viduité du pays frappa, dès les premiers jours, les soldats français). Il ne fallait pas compter, pour le ravitaillement, sur les ressources locales, qui furent détruites ou dissimulées ; non plus sur les renseignements que pouvaient donner les populations et les guides qu’elles auraient pu fournir. Peut-être y aurait-il eu la possibilité de rallier les serfs et les paysans pauvres en donnant à la guerre un caractère révolutionnaire, en abolissant le servage, en leur distribuant les terres.

Si Napoléon paraît y avoir songé, il ne soutint pas longtemps son projet. Quand, dès le début de l’invasion, il constitua une Grande Principauté de Lithuanie, les administrateurs désignés par lui furent à peu près exclusivement choisis dans la noblesse locale. A Mohilev, Davout expliqua que les « paysans resteraient comme par le passé soumis à leurs propriétaires ».

Ce recul devant l’emploi de moyens révolutionnaires, devant l’appel aux masses opprimées qui n’eût été que le retour au mot d’ordre ancien :« Guerre aux châteaux, paix aux chaumières ! », l’Empereur a lui-même expliqué pourquoi il se l’interdisait : « Je pouvais soulever la majeure partie de la population en proclamant la liberté des serfs. Mais lorsque j’appris dans quelle grossièreté restait cette classe du peuple russe, j’ai renoncé à une mesure qui qui vouait tant de familles à la mort et à la souffrance ». (Discours au Sénat, le 20 décembre 1812). Ce qui veut dire en clair que l’Empire français, avec ses structures sociales de plus en plus hiérarchisées, avec un nombre toujours plus grand de contre-révolutionnaires installés dans les structures politiques, était obligé d’adopter cette attitude de conservation. En tant que monarque, il se fût suicidé en adoptant une attitude révolutionnaire (cette impuissance se marquera , de manière plus grave encore, en 1814 et 1815)

Emile Tersen, Napoléon (1959)

Bref, Napoléon refusa d’être l’« Empereur de gueux » ! Or les gilets jaunes sont une peu la plèbe de la France de 2018. Ces nouveaux gueux trahiraient donc Napoléon s’ils lui rendaient hommage, car Napoléon fût un fossoyeur de la République jacobine et a exercé une dictature au profit de la partie la plus riche de la bourgeoisie. C’est lui qui a vraiment brisé Marianne !

La seule manière de respecter la mémoire de notre grand homme, c’est donc d’en prendre conscience : travailleurs en Gilets jaunes, qui vous voulez héritiers de la Révolution française, l’Arc célèbre le triomphe non de la « Nation », mais de la bourgeoisie, sur les os de de vos ancêtres. Donc à bas l’Arc de triomphe !

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