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1967-68 : un tournant pour la domination mondiale des USA

mardi 19 février 2019, par Robert Paris

1967-68 : un tournant pour la domination mondiale des USA

Le pouvoir mondial des USA reçoit un certain nombre de coups dans cette période et l’impérialisme US doit changer de politique : début du multilatéralisme, ouverture vers la Chine, ouverture du marché mondial…

- de la part du mouvement noir

• 17 mai : affaire des « Neuf de Catonsville » (Catonsville Nine). Neuf personnes, dont les prêtres catholiques Daniel Berrigan et son frère Philip, s’emparent de registres dans un bureau d’incorporation du Maryland pour y mettre le feu.

• Mai 67 : émeutes raciales à Nashville (Tennessee) et Houston. Le mouvement s’étend à plus de cent villes et atteint son paroxysme en juillet. Près de 300 personnes y laissent la vie.

• 12 juin 67 : l’arrêt Loving v. Virginia déclare anti-constitutionnelle la loi de Virginie qui interdit les mariages entre personnes de « race noire » et « blanche »

• 12-17 juillet 67 : début de violentes émeutes dans les quartiers noirs de Newark.

• 23-28 juillet 67 : émeutes raciales à Détroit (12th Street riot, 43 morts).

• 4 avril 68 : Martin Luther King, pasteur baptiste et homme politique américain est assassiné à Memphis Tennessee. Des émeutes éclatent dans la plupart des grandes villes, dont Washington. Trente-neuf personnes, dont trente-cinq Noirs, sont tuées.

• 11 avril 68 : le président Johnson signe la loi sur les droits civiques.

(voir aussi ici)

- de la part du peuple vietnamien, du peuple US (mouvement contre la guerre) et des soldats américains (démoralisation, drogue et syndrome de la grenade)

En 1967, il y a 400 000 hommes au Vietnam. 15 000 soldats américains morts en Indochine. La guerre coûte 20 milliards de dollars par an.

• 6 janvier 67 : début de l’opération militaire américaine Deckhouse Five sur le delta du Mékong.

• Août 67 : le secrétaire américain à la Défense, Robert McNamara, émet des doutes sur la stratégie suivie au Vietnam.

• Octobre 67 : opération nationale de « retour à l’envoyeur » des convocations d’incorporation.

• 21 octobre 67 : manifestation du Pentagone contre la guerre du Viêt Nam.

• 19 mai 67 : l’aviation américaine bombarde pour la première fois Hanoi.

• 5 décembre 67 ; massacre de Dak Son

• Mai 68 : révoltes estudiantines en Amérique du Nord, au Japon et en Europe.

• 31 janvier 68 : Viêt Nam : Le Việt Cộng et les nord-Vietnamiens déclenchent l’Offensive du Têt au Viêt Nam contre les grandes villes du Sud. Prise de Hué, combats à Saïgon. Le gouvernement du Viêt Nam du Sud ne peut plus compter sur un soutien populaire ni assurer la sécurité sur son propre territoire, et encore moins vaincre le Nord. Les Américains se ressaisissent, font bombarder les périphéries urbaines et reprennent du terrain.

• 7 février 68 : bataille de Lang Vei.

• 8 février 68 : mort de trois étudiants américains en Caroline du Sud lors de manifestations pour les droits civiques.

• 1er mars 68 : démission du secrétaire d’État à la Défense Robert McNamara.

• 16 mars 68 : massacre de 450 à 500 civils vietnamiens dans le hameau de Mỹ Lai par des soldats américains.

• 31 mars 68 : le président Lyndon Johnson annonce sa décision de ne pas se représenter aux élections.

• 8 juin 68 : Lyndon Johnson décide le retrait de 25 000 hommes du Viêt Nam.

• 22-30 août 68 : affrontements à Chicago entre des étudiants et les forces de l’ordre lors de la Convention du Parti démocrate. Les étudiants américains s’insurgent contre la guerre du Viêt Nam et remettent en cause le modèle de vie américain (American way of life).

• 21-8 avril 68 (Viêt Nam) : bataille de Khe Sanh. Début de l’Opération Igloo White.

- alerte pour le dollar américain et renoncement à l’hégémonie économique des USA

• 10 mai (GATT) : accords de Genève abaissant de 35 % les tarifs douaniers de certains produits industriels.

• 16 mai : fin du Kennedy Round dans le cadre du GATT : baisse des tarifs douaniers de 40 % pour 50 pays.

• 17 janvier 68 : dans son message aux États de l’Union, le président Johnson annonce la fin de la convertibilité du dollar en or.

• 30 mars 68 : une réforme du Système monétaire international permet la création des Droits de tirage spéciaux (D.T.S.) qui sont constitués d’un panier de 5 devises (dollar, mark, yen, franc français + livre sterling) afin de tenter de mettre fin à la crise monétaire internationale provoquée par la fin de la convertibilité du dollar.

Au seuil des années 1960, le problème du déficit extérieur se pose de manière assez aiguë pour que le gouvernement des États-Unis renonce à la "douce insouciance". Il tente de freiner les sorties de capitaux américains (instauration d’une taxe spécifique en 1963, appel aux "restrictions volontaires" en 1965), mais cette action "interne" reste d’efficacité limitée. En même temps, les États-Unis exercent diverses pressions internationales sur leurs partenaires. Dans le domaine monétaire, leurs pressions sur la RFA et les Pays-Bas, qui bénéficient d’excédents extérieurs chroniques, obtiennent, en 1961, une réévaluation (modeste) du DM et du florin. Dans le domaine commercial, ils cherchent à obtenir un maximum de concessions en échange de l’atténuation de leur propre protectionnisme : le Kennedy Round n’aboutira qu’au terme de trois ans de difficiles négociations. Mais surtout le gouvernement américain demande à ses alliés de contribuer au soutien du dollar. D’abord en continuant à accumuler des réserves en dollars, sans demander leur conversion en or. De plus, huit banques centrales s’engagent à approvisionner dans des proportions déterminées le marché libre de l’or (à Londres), lorsque la demande tend à dépasser l’offre, afin d’éviter que le cours de l’or ne dépasse son prix officiel de 35 dollars l’once : c’est le "pool de l’or", qui fonctionne de 1961 à 1968, et parvient à résister à plusieurs reprises durant cette période aux attaques de la spéculation.

Mais le problème de fond du déficit extérieur américain n’est pas réglé pour autant. Les réserves d’or des États-Unis, malgré la solidarité de leurs partenaires (notamment la RFA), diminuent régulièrement : 23 milliards de dollars en 1957, 18 en 1960, 15 en 1964, moins de 12 en 1967. La France du général de Gaulle, sous l’inspiration des thèses de J. Rueff, accentue la pression sur le stock d’or américain, en demandant en 1965 le remboursement en or d’une partie de ses avoirs en dollars (à concurrence de 900 millions de $) : la France se démarque de la solidarité occidentale pour contester, dans son principe même, la position privilégiée du dollar au sein du système monétaire international, et la possibilité de déficit permanent - le "déficit sans pleurs" - qui en résulte pour les États-Unis. En fait, le déficit de la balance de base, chronique mais à peu près stabilisé jusqu’au milieu des années 1960, augmente brusquement à partir de 1965. La signification même de ce déficit s’est modifiée par rapport aux années 1950 : il n’est plus seulement imputable à l’aide gouvernementale et aux investissements extérieurs privés (peu affectés au demeurant par les mesures de freinage), mais correspond aussi à une grave détérioration de la balance commerciale elle-même. L’excédent commercial subit une brusque érosion dès 1965-1967, et un déficit - sans précédent aux États-Unis depuis la fin du XIX^e siècle - tend à s’instaurer vers 1968-1971. La brutalité du retournement s’explique par les dépenses de la guerre du Viêt-nam, mais il traduit aussi, pour certaines branches industrielles, l’amorce d’un déclin de la compétitivité américaine. JC. Asselain, Histoire Economique du XXeme siècle

La masse de dollars dans le monde atteint alors 53 milliards de dollars, ce qui constitue plus de cinq fois les stocks d’or du Trésor américain. La quantité de dollars détenus dans le monde ne peut augmenter que si la convertibilité est abolie. Nixon, conscient des difficultés américaines à maintenir la confiance dans le dollar, annonce en août 1971 la fin de la convertibilité et, en quelques sorte, la fin du système monétaire de Bretton Woods (voir Accords de la Jamaïque de 1976). Parallèlement à cette décision, et pour faire face à la récession, Nixon annonce également un gel des salaires et des prix, ainsi que des réductions d’impôt et une surtaxe sur les produits importés.

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