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Marseille : la guerre de classes fait rage dans l’immobilier

dimanche 2 septembre 2018, par Robert Paris

Marseille des riches Marseille des pauvres

Marseille : la guerre de classes fait rage dans l’immobilier

Marseille est la seule grande ville de France où le centre-ville ne soit pas encore « squatté » par les riches et où les pauvres occupent, en location et pas en propriété évidemment, une grande partie des appartements des quartiers centraux. Et c’est également la ville de France où le fossé entre les très riches et les très pauvres est le plus important. En cause le chômage de masse dans les quartiers populaires malgré les grands travaux induits par la politique de réhabilitation de Marseille en vue du tourisme national et international, avec notamment la fondation du MUCEM et la réhabilitation du quartier du fort Saint Jean près du port, ainsi que de plusieurs quartiers pauvres.

De longue date, le centre-ville de Marseille a été abandonné aux pauvres, jamais la bourgeoisie n’ayant eu les reins assez solides pour se débarrasser de ses misérables. N’oublions pas que déjà Louis XIV avait débuté son règne en réprimant une révolte marseillaise à coups de canons, que la Commune avait commencé à Marseille bien avant celle de Paris de 1871 et celle de toutes les autres villes de France, que les luttes de classes ont toujours fait rage dans cette ville, même si elles étaient détournées par les syndicats et les staliniens. Aujourd’hui encore, les grèves sont plus radicales à Marseille qu’à Paris ou Lyon.

La mixité sociale, y compris en ce qui concerne les diverses origines raciales, nationales ou ethniques, a toujours marqué le caractère du centre de la ville et les mentalités marseillaises, malgré un mécontentement, voire une rage, marquée des riches contre les pauvres et un racisme violent.

Marseille a un seuil de pauvreté bien inférieur à celui de l’ensemble du pays, un taux de chômage des cités populaires bien supérieur, un taux de pauvreté aussi bien supérieur. Et, bien que la ville soit un peu partout en travaux comme le reste du pays, ce n’est pas en train de diminuer, bien au contraire !

« Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres ont vu leur revenu stagner ou se dégrader » n’est pas une réflexion d’un penseur radical ou révolutionnaire, mais le constat de Patrick Tanguy, responsable du Pôle développement économique et stratégie de l’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (Agam).

La pauvreté est particulièrement marquée à Marseille et ne concerne pas que les quartiers périphériques dits « quartiers nord ». Cinq arrondissements de Marseille (les 1er, 2e, 3e, 14e et 15e) sont classés parmi les sept communes les plus pauvres de France ! Parmi les 100 quartiers les plus pauvres de France, 25 sont à Marseille.

L’écart de revenus entre riches et pauvres est classé de 1 à 8 à Marseille, contre de 1 à 4,2 à Lille ou de 1 à 5,3 à Lyon. Certains quartiers étalant leur richesse, comme Roucas-Blanc, Marseille est la ville la plus inégalitaire du pays ! L’écart a toujours été grand à Marseille mais il continue à se creuser au point que l’on voit arriver le moment où cela prendra une tournure violente. Marseille bat aussi des records en termes de taux de pauvreté des quartiers dits « précaires », « sensibles » ou « prioritaires » : par exemple, 43,6% dans le 15e arrondissement. Par contre, 3 898 personnes sont assujetties à l’impôt sur la fortune (ISF). Elles ont à Marseille en moyenne un patrimoine imposable de 2,7 millions d’euros. L’évolution est clairement à l’accroissement de ce fossé : les riches de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres et le chômage permanent durablement installé qui s’accroît malgré les travaux et les progrès du tourisme.

La pauvreté est partout présente dans Marseille. Elle s’étale sur le flanc ouest de la Canebière, dès le quartier de Belsunce, où les hôtels sordides et les taudis insalubres pullulent. Elle hante le quartier Saint-Mauront, du côté de la cité Bellevue. Elle explose dans les quartiers nord, où les barres et les tours hérissent les collines jadis occupées par ces bastides traditionnelles appelées ici "campagnes". Elle s’incruste même au sud avec La Cayolle, cité bâtie aux portes des calanques sur d’anciens bidonvilles.

Des quartiers pauvres, comme le port, « la canebière », « la joliette », « Noailles », « la République » ou « le panier », sont en train ou doivent devenir petits-bourgeois et bourgeois. Malgré ces réhabilitations réalisées en faisant partir plus loin du centre les plus pauvres, ces derniers occupent encore l’essentiel du centre-ville où ils sont encore majoritaires, à la grande fureur des plus riches qui voient dans ces anciens quartiers pauvres des occasions extraordinaires de grandes spéculations immobilières avec des grands travaux de luxe. Occasions qui restent manquées tant que les pauvres sont trop présents et dégradent, aux yeux des plus riches, le style du quartier.

On a assisté il y a quelques années à plusieurs guerres locales pour l’occupation des lieux entre riches et pauvres, que ce soit à la République avec des incendies peu naturel d’immeubles pauvres et avec la guérilla entre riches et pauvres pour l’occupation de la plage des Catalans, riches et pauvres s’accusant mutuellement de la polluer (il s’est finalement avéré que c’était tantôt l’usine de sucre et tantôt le centre des nageurs des Catalans, soient deux points d’ancrage de la bourgeoisie, qui la polluaient !).

Bien entendu, ce sont les pauvres qui sont incriminés dans les incivilités, les viols, les crimes, le banditisme, la drogue, la mafia et on en passe… On oublie, bien entendu, que les grandes mafias, les gros possesseurs de drogue, les grands bandits, les blanchisseurs d’argent, eux, font partie du gratin de la ville, que les banques, la finance, le grand capital croquent allègrement de tous ces moyens peu licites ou illicites de s’enrichir et que la spéculation immobilière côtoie de très près les mafias !!!

Des quartiers entiers connaissent une forme de guérilla urbaine d’un genre nouveau, une véritable lutte de classes immobilière pour l’occupation du centre-ville : le quartier de la porte d’Aix, le quartier de la République, le quartier Noailles, le quartier Belsunse, etc., dans laquelle les riches sont les expulseurs et les pauvres s’accrochent à leurs logements et se défendent.

Une des manières de modifier les propriétés d’appartements et les locations, en favorisant bourgeois et petits bourgeois, a consisté à imposer des obligations aux propriétaires, afin que ceux-ci abandonnent les locations aux moins aisés, devenus non rentables dans les nouvelles conditions. On a par exemple imposé le ravalement systématique des façades avec des critères particulièrement sévères et couteux. On a également combattu les logements vides, par des attaques systématiques du service des impôts, et pas dans le but d’aider les pauvres à se loger, comme on s’en doute !!! L’application de normes rigoureuses dans les appartements a entraîné l’impossibilité de louer aux plus démunis, même si on n’a pas toujours trouvé des plus aisés pour les remplacer, le caractère d’un quartier ne changeant pas aisément et les riches n’ayant aucune envie de côtoyer des pauvres !!! Tout le centre ancien de la ville, le centre nord, un périmètre qui regroupe Noailles, Châpitre, Belsunce, Grands Carmes et Joliette et qui a été classé en Zone urbaine sensible (ZUS). Les immeubles les plus vétustes sont détruits, leurs locataires pauvres vont loger ailleurs, plus loin du centre...

Il y a eu également l’opération programmée d’amélioration de l’habitat (OPAH) menée dans le cadre d’Euroméditerranée, notamment dans le quartier République, qui certes amélioré l’habitat mais a aussi mené à l’éloignement des pauvres. Il s’agissait de transformer d’anciens immeubles type Haussmann dans une zone dite « sensible » donc habitée par des pauvres… C’était une opération de recolonisation des riches dans leurs anciens quartiers… Mais République ne suffit pas et on ne peut changer le caractère d’un seul quartier sans changer sa périphérie. C’est tout le centre que la bourgeoisie aimerait récupérer.

Les résidences pour très riches se sont multipliées, comme les Oréades, Talabot, la Cadenelle, Les Alpilles II, Thalassa, la Pointe-Rouge ou le boulevard Chancel. Quelques immeubles riches émaillent des rues plus pauvres du centre mais l’expulsion des pauvres traînant, les riches ne s’y installent pas…

Avec le lancement par l’opération « Euroméditerranée » d’un Marseille, grande ville internationale, centre touristique et culturel, l’effort pour en finir avec cet ancien Marseille socialement ouvert est accentué. Il n’est toujours pas question de lancement de logements sociaux en ville et les boutiques, de plus en plus tournées vers la bourgeoisie et la petite bourgeoisie, complètent le dispositif chargé de faire fuir les pauvres du centre ville, et y attirer des riches ou des cadres, ou des bobos.

Les réhabilitations d’immeubles sont synonymes d’expulsions pour les anciens locataires et les expulseurs marseillais utilisent des méthodes mafieuses… En voici un récit :

« De faux squatteurs ont envahi des immeubles, détruit les canalisations, pourri la vie des locataires attitrés. Ailleurs, des incendies ont éclaté. Ailleurs encore, on a glissé des enveloppes, etc. Et aussitôt l’appartement vidé, des « dévitaliseurs » entrent en action : « On casse les vitres, témoigne l’un d’eux, on casse les tubes, on casse les toilettes, tout ce qui est salle d’eau, pour éviter que les gens ne se relogent dedans. » explique un des agents payés par les expulseurs… »

Les locataires les moins riches ne se laissent pas faire. Ainsi, le collectif « Un centre-ville pour tous » s’organise contre les propriétaires gourmands, les expulseurs et les promoteurs sans scrupules…

Il ne faut pas croire en effet que les couches populaires se laissent faire, se laissent expulser des quartiers, se laissent envoyer de plus en plus loin du centre, se laissent exploiter à bas prix, se laissent impressionner par les riches ou par l’arrivée des quartiers petits-bourgeois : pas du tout, les pauvres se battent à Marseille, s’organisent, se dotent de moyens de se défendre et répondent à la guérilla des expulseurs par une contre-guérilla des anti-expulseurs, des squatteurs, des occupants sans ressources, des locataires pauvres.

Les familles pauvres s’organisent et se solidarisent contre la marginalisation, contre l’exclusion, contre la campagne de discrédit à l’égard des pauvres. Dans les immeubles où les propriétaires, les spéculateurs, les agences immobilières, les financiers tentent de donner un caractère plus petit-bourgeois, plus bourgeois, plus respectable, les pauvres tentent de contrer cette expulsion rampante par des marques de pauvreté, des tags par exemple, des fils qui traînent, des vitres zébrées, etc. Chaque camp de classe a ses marques spécifiques, qui indiquent l’appartenance du quartier à la bourgeoisie, à la petite bourgeoisie ou au prolétariat ! Et la lutte des signes de richesse bat son plein, dans les rues, dans les cages d’escalier, à l’entrée des immeubles, dans les magasins, partout… Gagner un quartier à la petite bourgeoisie ou à la bourgeoisie représente des sommes colossales pour tous ceux qui spéculent sur l’immobilier et un recul considérable pour les milieux populaires. C’est dire que la guerre fait rage : associations contre agences, collectifs contre cabinets immobiliers, comités contre financiers, groupes de familles contre banques, etc.

La lutte de la plage des Catalans a été une lutte ancienne et elle prend une nouvelle tournure avec la destruction programmée de l’ancienne usine de sucre, permettant d’augmenter la plage et de projeter d’en consacrer une partie au privé. Il y a eu dans le passé une plage des riches et une plage des pauvres et les projets actuels retournent à cette situation, alors qu’actuellement la plage est ouverte à tous ! La présence du CNM, le cercle des nageurs, très huppé, donne un caractère prétentieux au quartier et joue dans la concurrence entre riches et pauvres pour l’occupation de la plage. Mais les immeubles des Catalans connaissent le même combat : riches sur les façades extérieures qui donnent sur la mer avec les grands balcons et pauvres pour les appartements donnant sur cour intérieure. Mais cette division de classe ne suffit pas aux propriétaires qui aimeraient bien désormais se débarrasser des locataires pauvres des cours intérieures, mauvais payeurs, traités en parias, considérés comme mal parlant, se comportant mal, faisant du bruit, une population méprisée en somme… La lutte pour la mainmise sur les Catalans, le quartier détenant la seule plage de Marseille, fait rage…

Les grandes affaires de très gros financiers et investisseurs n’ont pas en face d’eux la moindre politique publique de défense des populations, les gouvernants et municipalités étant exclusivement au service du grand capital, bien entendu…

La lutte des classes bat son plein dans l’immobilier marseillais…

Marseille est au bord de l’explosion sociale. Les grèves en témoignent. Mais l’immobilier aussi peut très bien être la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! Et qui l’emportera, de la bourgeoisie ou du prolétariat, n’est pas encore inscrit...

Les usines de Marseille ferment les unes après les autres. Avec le chômage permanent de masse des cités populaires, la question sociale ne risque pas de se calmer !!!

22 Messages de forum

  • L’augmentation des effectifs de police à Marseille n’a pas diminué la criminalité et le nombre de morts : lire ici

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  • En décembre 2011, Marseille Aménagement revend de gré à gré le terrain voisin et une partie de celui indemnisé (dépollué et en partie aménagé à ses frais en 2013) à un groupe de promoteurs qui souhaite y construire le centre commercial Bleu Capelette. Il s’agit d’Icade (filiale de la Caisse des dépôts et des consignations) et de Sifer, une société dirigée par Éric Lasery, l’un des associés de Laser Propreté, qui n’a pourtant aucune expérience dans le domaine. À en croire les déclarations d’un cadre d’Icade, les deux affaires semblent avoir été négociées à peu près à la même période. « Il y a dix ans maintenant, nous avons imaginé un centre commercial avec une composante loisirs importante à l’entrée est de Marseille », a indiqué Antoine Nougarède, directeur de l’immobilier commercial chez Icade, dans La Provence en avril 2013. D’où les soupçons de favoritisme. Contacté, Éric Lasery parle d’« extrapolations ». « Le seul reproche de la CRC [qui concerne Sifer, ndlr] est de ne pas avoir mis en concurrence, mais ça il faut demander à Marseille Aménagement », rectifie-t-il. Avant de lâcher : « Tous les terrains sont vendus à Marseille sans concurrence, donc il n’y a pas eu d’exception pour nous. »

    L’affaire est symptomatique du fonctionnement opaque de la ville lorsqu’il s’agit d’immobilier. Dans son rapport sur Marseille Aménagement, la CRC a également épinglé la réhabilitation du centre-ville, confiée au privé à travers trois périmètres de rénovation immobilière (PRI) créés entre 1993 et 1995. Près de vingt ans et 60 millions d’euros de dépense communale plus tard, « 40 % des logements qui devaient être réhabilités dans les PRI Centre-ville et Thubaneau, n’avaient toujours pas fait l’objet de travaux à la date du 31 décembre 2009 », manque de s’étouffer la juridiction financière. Qui dresse un panorama aussi prévisible que désastreux de ces opérations : préemption des immeubles et revente à des investisseurs de gré à gré sans aucune transparence, défiscalisations massives et subventions à gogo sans contrôle de la réalité des travaux de rénovation.

    La rue de la République… Une artère haussmannienne de Marseille faisant l’objet de l’une des plus grandes réhabilitations d’Europe en centre-ville. Deux grands propriétaires privés se partagent plus de la moitié des immeubles et commerces de la rue, chacun y possède plus d’un millier de logements. En 2001, les pouvoirs publics regroupés sous l’égide de l’Etablissement Public d’Aménagement Euroméditerranée décident la mise en place d’une Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat, mesure incitative invitant les propriétaires à réhabiliter leur patrimoine. En effet, ces logements, dans une large partie, ne correspondent plus aux normes de confort actuelles, ou sont vacants, délabrés ou squattés. Au cœur de cette intervention publique, la question de la place des locataires est rapidement posée : un conflit émerge en 2004 autour d’une série de lettres de non-renouvellement de baux laissant présager une expulsion massive, adressées par l’un des deux propriétaires, le fonds d’investissement américain Lone Star. Soutenue par l’association Un Centre-Ville Pour Tous, une mobilisation voit le jour et s’inscrit rapidement dans le cadre d’une action collective visant à défendre le droit des locataires : le problème de la rue de la République prenait ainsi forme autour de CVPT, acteur incontournable concernant la question du logement et de la réhabilitation du centre-ville marseillais.

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  • Deux immeubles de douze logements se sont entièrement effondrés ce lundi matin dans le centre-ville de Marseille..

    Les immeubles en question occupent la rue d’Aubagne, plus précisément du numéro 60 au numéro 80, dans le quartier populaire de Noailles. D’après les marins-pompiers, citant le syndic de ces bâtiments, ces immeubles comprennent douze logements. Un troisième immeuble menace de s’effondrer. La rue d’Aubagne est totalement coupée afin de permettre l’intervention des secours.

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  • C’est la misère qui fait s’effondrer les quartiers populaires de Marseille !!!

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  • Il y aura avant peu la guerre civile de classes à Marseille !!!

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  • C’est vrai que la révolte sociale y gronde mais il faut aussi des perspectives sociales et politiques, que les exploités s’organisent de manière nouvelle.

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  • Un zone de Marseille résiste à la mairie et aux promoteurs immobiliers : lire ici

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  • A Marseille, 40.000 logements présentent un risque pour la santé ou la sécurité : lire ici

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  • Un immeuble s’est aussi effondré dans le centre-ville de Charleville-Mézières !!!! Le capitalisme tue aussi dans l’immobilier !!!

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  • De mémoire d’expert, jamais deux puis trois immeubles mitoyens ne s’étaient ainsi effondrés, comme cela a été le cas lundi 5 novembre à Marseille, où l’on déplorait mardi au moins trois victimes. Toutefois, à y regarder de plus près, des précédents, moins spectaculaires mais parfois mortels, existent. À Marseille, en plein centre-ville commerçant, en 2005, un immeuble de trois étages, dont la toiture s’était affaissée, s’était déjà écrasé sur une boutique de prêt-à-porter, tuant une femme. À Perpignan, le centre-ville ancien, où beaucoup de maisons n’ont pas de fondations, a déjà connu plusieurs effondrements. Si celui de janvier 2014 ou celui d’août 2006 n’ont pas fait de victime, celui de 2009, intervenu à la suite de travaux dans l’immeuble attenant, a tué un septuagénaire.Mais des précédents existent aussi ailleurs. À Romans-sur-Isère, dans la Drôme, en 2016, un immeuble de trois étages s’est écroulé, causant la mort d’une femme. À Montreuil, en Seine-Saint-Denis, en 2011, un immeuble en cours de réhabilitation s’est écroulé sur une maison, tuant une femme et deux enfants. À Elbeuf (Seine-Maritime), en 2009, un bâtiment fissuré, géré par une société HLM, s’est effondré, faisant un décès. En Corse, on trouve aussi trace d’effondrements à Ajaccio..

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  • En 2015, un rapport sur le logement insalubre à Marseille dénonçait un parc privé "indigne et dégradé d’une rare ampleur". Le rapporteur décrit des acteurs dépassés par le phénomène de dégradation. Le principal outil des élus pour lutter contre l’habitat dangereux est de déclarer un bâtiment en péril. Un dispositif trop peu utilisé selon le rapport de 2015. Un très grand nombre d’immeubles de Marseille sont en péril : fondements en sable ou insuffisants, intempéries, effets du vent et de l’eau de mer, petits séismes, et par dessus tout cela le profit des margoulins de l’immobilier et l’inconscience des criminels du profit à tout prix.

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  • Comment trois immeubles peuvent s’effondrer sans qu’on se soit aperçus du danger ?

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  • On s’en est aperçus mais tout a trainé !

    Quand il a été désigné par le juge des référés en décembre 2014 pour se rendre aux 63, 65 et 67 de la rue d’Aubagne - déjà les trois immeubles étaient ciblés -, l’expert en construction Bruno Pluchino ne savait pas ce qui se produirait trois ans plus tard. Remis le 18 décembre 2015, son rapport est accablant. Il livre des clés de compréhension qui font froid dans le dos. La première certitude est que la situation dégradée était connue de tous et depuis longtemps. Dès le 23 juin 2006, la mairie avait pris un arrêté de péril sur le 63. Il faut pourtant attendre sept ans pour que le syndicat des copropriétaires du 63, rue d’Aubagne vote, le 13 juin 2013, des travaux de réhabilitation. En juillet 2013, le tribunal déclare la carence du syndicat de copropriétaires. Le 10 octobre 2014, le 63 est déclaré d’utilité publique au profit de Marseille Habitat, désormais seul maître à bord avec le commerçant du rez-de-chaussée. En décembre 2014, le juge mandate un expert. Mais la consignation n’est pas payée. On va ainsi perdre presque un an. La visite technique a lieu le 23 septembre 2015, le rapport définitif sera rendu trois mois plus tard. Il accablant sur l’état de l’immeuble. Les ouvertures avaient alors été murées et une visite faite par les services de la mairie le jeudi précédent le drame avait été organisée. Constat avait été fait qu’aucune personne ne squattait les lieux. Mais quel risque d’effondrement présentait ce bâtiment délabré et muré ?
    Que s’est-il passé dans les immeubles voisins ? Les enquêteurs ont néanmoins pu recueillir des témoignages selon lesquels l’immeuble du numéro 65 avait bougé avant son effondrement. A 2 heures du matin ce 5 novembre, une locataire de cette copropriété privée avait appelé les pompiers pour signaler "l’augmentation d’une fissure qu’elle avait observé dans son appartement". Elle a finalement rappelé les secours pour leur dire "qu’il n’était pas nécessaire qu’ils interviennent", a détaillé le procureur. Enfin, le matin de la catastrophe, un locataire du troisième étage n’avait pu ouvrir la porte de son appartement et un autre était parti sans pouvoir fermer son appartement. L’immeuble du 65 semblait avoir bougé la veille de la catastrophe.

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  • À Marseille, la vétusté touche aussi les écoles !!!

    « certaines sont vétustes, d’autres en préfabriqués, certaines prennent l’eau, d’autres sont visitées par les rats et les cafards... ».

    Ce constat sans appel est celui du collectif des écoles publiques du 3e arrondissement de Marseille...

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  • Des milliers de Marseillais en colère ont marché pour les victimes des immeubles effondrés et ont encore subi la chute d’un balcon dans la rue !!!

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  • La classe possédante ne rève que d’une chose : faire fuir les prolétaires du centre ville et y implanter des immeubles de luxe. En attendant, ils découragent les habitants par des logements de misère et de mort !!!

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  • Dans une expertise établie en 2013, la société publique d’aménagement de la ville de Marseille rapportait que 48 pour cent des immeubles étaient indécents ou dégradés. 20 pour cent étaient en procédures d’insalubrité ou de péril. Seuls 11 pour cent se trouvaient dans un bon état structurel. Le manque d’investissement des autorités publiques dans les quartiers ouvriers contraste avec les milliards dépensés dans le réaménagement du quartier de la Joliette sur Marseille en centre d’affaire et de tourisme.

    L’Etat est aussi responsable que la municipalité dans la dégradation du parc immobilier. Un autre rapport daté de 2015 par l’administration du développement durable pointait du doigt l’état et la mairie qui mettaient de la mauvaise volonté dans l’habitat insalubre à Marseille.

    L’architecte urbaniste Eric Baudet parle du quartier de Noailles « d’une grande pauvreté » où « les locataires vivent de minimas sociaux, les propriétaires louent aux prix des APL et font le minimum de travaux, voire aucun. Et ça se dégrade lentement. La catastrophe de la rue d’Aubagne était prévisible ».

    L’effondrement des trois immeubles sur Marseille n’est pas un phénomène isolé. Au Royaume-Uni, des dizaines de travailleurs ont trouvé la mort dans l’effroyable incendie de la Tour Grenfell parce que le riche quartier Kensington de Londres où ils habitaient leur avait imposé un revêtement hautement inflammable afin de réduire les dépenses sociales. Comme à Marseille, les autorités publiques les laissaient vivre sans aucune sécurité, parfaitement conscients du danger imminent.

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  • Dans les crimes de l’immobilier mairies, syndics, grands propriétaires, agences immobilières, services habitat de l’Etat et justice se renvoient la balle !

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  • Quatre personnes dont deux enfants se sont défenestrées dimanche matin pour échapper à l’incendie de leur immeuble dans le centre de Marseille. La cage d’escalier s’est effondrée en raison de l’incendie. Encore !!!

    Oui, ce sont des victimes prolétariennes d’une guerre de classes !!!

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  • Un incendie fait 23 blessés dont 3 graves dans un immeuble à Sevran...

    La série continue...

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