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Thermidor 1794 de la Révolution française ! Pourquoi la direction bourgeoise de la révolution s’est chargée de lancer la contre-révolution ?

lundi 26 février 2018, par Robert Paris

« Le Thermidor de 1794 réalisa le déplacement du pouvoir de certains groupes de la Convention à d’autres groupes, de certaines couches du "peuple" victorieux à d’autres couches. Thermidor était-il la contre-révolution ? La réponse à cette question dépend de l’étendue que nous donnons, dans le cas présent, à la notion de "contre-révolution". La révolution sociale de 1789-1793 avait un caractère bourgeois. Son essence pouvait se ramener au remplacement de la propriété féodale enchaînée par la "libre" propriété bourgeoise. La contre-révolution qui eût été le pendant de cette révolution aurait dû accomplir le rétablissement de la propriété féodale. Mais Thermidor n’a même pas tenté pareille chose. Robespierre voulait s’appuyer sur les artisans, le Directoire sur la bourgeoisie moyenne. Bonaparte se lia aux banques. Tous ces changements, qui eurent, bien entendu, une importance non seulement politique, mais aussi sociale, s’accomplirent, pourtant, sur la base de la nouvelle société bourgeoise et du nouvel Etat bourgeois. Thermidor fut, sur la base sociale de la Révolution, un acte de la réaction… Le coup d’Etat du 9 Thermidor ne liquida pas les conquêtes de la révolution bourgeoise, mais il fit passer le pouvoir dans les mains des jacobins les plus modérés et les plus conservateurs, dans les mains des éléments les plus fortunés de la société bourgeoise… C’est le même sens qu’eut le 18 Brumaire de Bonaparte, nouvelle étape importante dans la voie de la réaction. Dans les deux cas il s’agissait non du rétablissement des anciennes formes de propriété ni du pouvoir des anciennes couches dominantes, mais de la répartition des avantages du nouveau régime social entre les différentes fractions du "Tiers Etat" victorieux. La bourgeoisie prit toujours plus en main la propriété et le pouvoir (directement et immédiatement ou par l’entremise de certains agents tels que Bonaparte), sans attenter nullement aux conquêtes sociales de la Révolution —au contraire, en les affermissant, en les ordonnant, en les stabilisant soigneusement. Napoléon défendit la propriété bourgeoise, y compris la propriété paysanne, aussi bien contre la "plèbe" que contre les prétentions des propriétaires expropriés. L’Europe féodale haïssait Napoléon comme l’incarnation vivante de la Révolution, et à sa manière elle avait raison. »

Léon Trotsky, « L’Etat ouvrier, Thermidor et Bonapartisme »

Thermidor 1794 de la Révolution française ! Pourquoi la direction bourgeoise de la révolution s’est chargée de lancer la contre-révolution ?

Pour bien des auteurs, le 9 thermidor (27 juillet 1794), Robespierre fut renversé et ce jour inaugure une période de réaction qui débouche sur le Premier Empire. Ce n’est pas exact : c’est Robespierre lui-même qui lance la contre-révolution dès la fin de 1793.

Comment comprendre que la contre-révolution ait été lancée par le gouvernement Robespierre-Saint Just qui était le gouvernement révolutionnaire le plus radical de toute l’histoire de la Révolution française ? Comment comprendre qu’elle ait démarré par l’éradication des forces révolutionnaires qui avaient justement porté les Robespierre et les Saint Just, c’est-à-dire par l’interdiction, la condamnation, l’arrestation et l’élimination physique des leaders les plus radicaux du mouvement populaire et les organisations qui les soutenaient ? Bien avant que les thermidoriens ne profitent de la situation pour se débarrasser aussi de Robespierre et des robespierristes, pour réaliser à fond la contre-révolution politique, ce sont les dirigeants les plus révolutionnaires de l’aile radicale de la bourgeoisie qui gouvernaient sans partage et qui ont, eux-mêmes sans y être poussés par personne, lancé l’attaque contre les bases mêmes de la force révolutionnaire dans les milieux populaires et prolétariens : les sans-culottes, les bras-nus, la plèbe, les ouvriers, les domestiques, les radicaux qui les soutenaient.

Ce ne sont pas des combats de personne qui ont été déterminants dans ce tournant, contrairement à ce que l’on nous dit souvent : Robespierre contre Danton, ou Robespierre contre Camille Desmoulins. Ce n’est pas le goût du pouvoir qui leur est monté à la tête. Ce n’est pas le pouvoir qui les a corrompus ou transformés, contrairement à ce que l’on entendu aussi. Ce n’est pas la transformation des personnalités, devenues hommes de pouvoir, qui les changés de révolutionnaires en contre-révolutionnaires, en dictateurs mêmes une fois le pouvoir obtenu.

Non, c’est la loi même qui régit les révolutions qui a contraint les Robespierre à combattre les forces sur lesquelles il s’appuyait, sachant par avance que cela allait le faire basculer lui aussi… Cette loi qui domine les révolutions, c’est celle de la lutte des classes. Une force politique et sociale ne peut pas dépasser les capacités de la classe sociale qui la dirige et la met en oeuvre. Celle des dirigeants bourgeois, fussent-ils révolutionnaires et les plus révolutionnaires, ne pouvait pas dépasser les limites sociales et politiques de la bourgeoisie et Robespierre a effectivement été jusqu’à ces limites… Arrivé à ce point, il ne pouvait que reconnaître que les forces populaires devenaient un véritable danger social, plus dangereux même que la réaction de l’Ancien régime, plus dangereux que la noblesse et les forces coalisées des féodalités européennes. Si cette force populaire, organisée dans les sections, dans les comités de piques, dans les sociétés populaires, dans les clubs fréquentés par les plus démunis, dans les associations les plus radicales, celles des faubourgs révolutionnaires, des quartiers populaires de Paris, à commencer par la Commune insurrectionnelle de Paris, avait été nécessaire, indispensable même pour faire avancer la révolution, pour renverser l’ordre ancien, pour éradiquer les anciennes classes possédantes et la royauté, elles devenaient une force de plus en plus menaçante pour le pouvoir bourgeois qui devait sans cesse se défendre contre des masses qui menaçaient de se révolter contre le pouvoir de Robespierre lui-même en tentant déjà de renverser l’Etat bourgeois.

Bien sûr, la bourgeoisie au pouvoir – et ce sont les classes au pouvoir qui font l’Histoire – présente tout autrement l’histoire de la Révolution française. Elle parle de révolution démocratique, pour esquiver la question sociale. Elle ne parle pas de classes sociales et encore moins de luttes de classes au sein même de la révolution française, d’oppositions de classe dans le camp révolutionnaire…

Robespierre est celui qui a réussi à porter le plus loin l’accord entre la bourgeoisie et les bras-nus mais, plus on approche de Thermidor, et plus cet accord devient impossible, cet équilibre entre les deux forces de la révolution est déstabilisé de manière irrémédiable, les bras-nus se radicalisant socialement pendant que la bourgeoisie leur est de plus en plus hostile.

Les sections révolutionnaires, les communes, les comités de piques, les associations révolutionnaires, les groupes radicaux (partisans de Marat, déchristianisateurs, enragés, hébertistes, égaux, babouvistes, féministes révolutionnaires républicains radicaux, communistes et bien d’autres…) deviennent dangereux. Il faut les faire taire, les étouffer, les dénoncer, les discréditer, les arrêter, les condamner, les supprimer…

La révolution permanente, dynamique de la Révolution française, avait balayé successivement toutes les forces politiques et sociales les moins révolutionnaires risquait de finir par balayer la bourgeoisie révolutionnaire elle-même en donnant le pouvoir, fût-ce de manière provisoire, à l’aile radicale des milieux populaires. C’est ce que Robespierre est parvenu à éviter. Mais il l’a fait au prix de son pouvoir et de sa vie…

Voici ce que rapporte Daniel Guérin dans « Bourgeois et bras-nus » :

« Le recul de novembre 1793

« Même au plus fort de la tempête révolutionnaire, à l’apogée du mouvement de l’avant-garde populaire, la réalité du pouvoir demeura, depuis le 5 avril 1793, date d’entrée en fonction du premier Comité de Salut public, entre les mains de quelques techniciens de la bourgeoisie révolutionnaire, à savoir : Cambon, qui avait en mains les finances ; Carnot qui dirigea la guerre ; Prieur (de la Côte-d’Or), qui dirigea les armements ; Lindet, qui dirigea les subsistances ; Jeanbon Saint-André, qui dirigea la marine ; Barère, qui se spécialisa dans les questions militaires et diplomatiques et fut le porte-parole à la Convention de ces « technocrates » avant la lettre. La vague de fond populaire qu’ils s’étaient résignés à laisser déferler ; car la révolution bourgeoise ne pouvait triompher autrement, n’avait pas leur sympathie et même leur inspirait de la crainte. Ils se tinrent donc aussi éloignés que possible du contact des masses, du tumulte de la rue. Ils courbèrent la tête sous l’orage, ils veillèrent à ne pas se compromettre dans l’action directe ; ils s’enfouirent dans leurs spécialités, dans leurs bureaux, où ils se savaient irremplaçables donc invulnérables.

S’ils affectèrent de se détourner de la politique et de se cantonner dans leur spécialité, ils n’en détinrent pas moins les leviers de commande essentiels, ceux dont dépendaient tous les autres ; et, maîtres de ces leviers, ils purent sans peine imposer à leurs collègues non spécialisés et incompétents en telle ou telle matière les solutions soi-disant techniques, mais en réalité éminemment politiques, qui correspondaient à leurs intérêts de classe.

Par leurs origines, les grands spécialistes appartenaient les uns et les autres à la haute bourgeoisie, certains même avaient des attaches avec l’Ancien Régime. Joseph Cambon et André Jeanbon étaient fils de gros manufacturiers, Bertrand Barère, d’un homme de loi, Lazare Carnot, d’un notaire connu, Claude Prieur, d’un receveur des Finances, Robert Lindet, d’un négociant devenu avocat et procureur du roi. Barère s’appelait en réalité Barère de Vieuzac ; il possédait des biens nobles – le fief de Vieuzac, dans les Hautes-Pyrénées – et était titulaire de redevances féodales. Prieur avait pour nom Prieur du Vernois. Il était « gentilhomme » avec certificat de noblesse. Carnot et Prieur étaient tous deux d’anciens de l’armée royale, le premier décoré de la croix de Saint-Louis.

Ces hommes d’Etat étaient, certes, capables, audacieux, décidés, énergiques, novateurs, adversaires de la routine. Mais ces qualités réelles ne les empêchaient pas d’être, au fond, des conservateurs autoritaires, ennemis jurés de la « plèbe » et résolus à gouverner par en haut. Les bras-nus ne s’y trompèrent point. Ils ne cessèrent d’avoir l’œil sur eux, de les observer avec méfiance et de les dénoncer comme dangereux pour la révolution.

Les « technocrates » n’auraient pu se maintenir en place si un homme ne les avait pas cautionnés, n’avait pas joué constamment le rôle de médiateur entre eux et l’avant-garde populaire : Robespierre. Il était dépourvu – de son aveu – de toutes connaissances techniques. Il n’entendait rien à l’économie, aux finances, à l’art militaire. Son association avec les « technocrates » répondait, de part et d’autre, à une nécessité…

Ensemble les « technocrates » et le démagogue Robespierre avaient conçu un plan hardi, téméraire au point que la Gironde le dénonça comme conduisant à l’ « anarchie » : faire des concessions aux bras-nus sans rien leur céder d’essentiel. Ils s’étaient fixés un but, assigné des limites. Mais ce plan n’allait-il pas être bousculé, ces milites dépassées ? Le torrent populaire n’allait-il pas s’engouffrer dans des écluses aussi imprudemment ouvertes ?

Un instant, on a pu croire que la Montagne était débordée. Un instant, le flot populaire déferla avec une violence qui dépassait toutes les prévisions, qui menaçait de tout emporter. L’application des mesures de circonstance destinées à pallier, dans une certaine mesure, les effets douloureux de l’inflation, allait-elle conduire à une nationalisation de l’économie, à la mort du commerce privé, à la contrainte révolutionnaire, à la contrainte révolutionnaire des sans-culottes armés ? Dérivé de sa direction première, le torrent venant battre violemment les murs de l’Eglise menaçait non plus directement la propriété, mais tout de même les « bases morales » de la société bourgeoise, indispensables au maintien de l’ordre. Le plan conçu par la bourgeoisie montagnarde n’allait-il pas se retourner contre elle-même ? (…)

L’avant-garde populaire n’était pas encore assez consciente et la bourgeoisie révolutionnaire était supérieurement consciente. L’avant-garde populaire était encore incapable de s’emparer du pouvoir et la bourgeoisie révolutionnaire, au plus fort de la tempête, conservait en main, avec une souple fermeté, les rênes du pouvoir. Elle ne les lâcha pas une seconde. On a pu croire un instant qu’elle les lâchait. On avait mal regardé. Ses doigts nerveux gardaient leur prise.

La bourgeoisie réussit d’autant plus aisément sa manœuvre que les conditions matérielles de l’époque ne permettaient pas à la révolution d’aller plus loin. Sur tous les plans : politique, économique, religieux, la révolution bourgeoise avait atteint, et parfois même un peu dépassé, ses limites. Le mouvement révolutionnaire ne pouvait que refluer. Il y avait correspondance entre la volonté subjective de la bourgeoisie d’arrêter le mouvement et l’incapacité objective de la révolution de pousser davantage vers l’avant.

Depuis quatre ans, par bonds successifs, avec des haltes, des reculs, suivis de nouveaux bonds en avant, la révolution avait toujours avancé. Nous voici au point culminant, au sommet de la courbe. Après un instant d’équilibre instable, elle va redescendre. Quand et comment ? A la faveur de quelles circonstance ?

Le recul a commencé à la fin de novembre 1793, quand Robespierre, réconcilié avec Danton, s’engagea avec celui-ci dans la voie de l’ « indulgence » à l’égard des contre-révolutionnaires, lorsqu’il déclara la guerre aux déchristianisateurs.

Pourquoi le demi-tour se produisit-il à cette date et non à une autre ? (…) Le grand tournant s’est produit à la date indiquée et non à une autre parce qu’à l’automne 1793 la fortune des armes a commencé de sourire à la république. Elle a rétabli une situation compromise, remporté ses premiers succès. Succès à l’intérieur. En octobre, le prétendu « fédéralisme » était partout battu. (…) Le 15-16 octobre, par une manœuvre hardie, Carnot débloquait Maubeuge, battait les Coalisés à Wattignies. La reprise de Toulon, le 19 décembre, acheva de raffermir la république.

Ces succès déterminèrent la bourgeoisie révolutionnaire à reprendre aux bras-nus une partie du terrain qu’elle leur avait abandonné. Elle les avait appelés à l’aide quand elle désespérait de son salut. Elle leur avait fait des concessions, quand seule l’énergie plébéienne pouvait sauver la république. Le péril extrême était maintenant passé. (…) La guerre plébéienne, la guerre par en bas prenait fin. La guerre bourgeoise, la guerre par en haut commençait…

Robespierre, de tous les personnages de la révolution, était le plus populaire. Les bras-nus ne soupçonnaient pas en lui l’homme d’ordre. Seuls quelques « enragés » du genre de Leclerc s’étaient enhardis à soulever le masque. Inutile sacrilège : on ne les avait pas crus.

La bourgeoisie révolutionnaire, les « technocrates », restèrent prudemment à l’arrière-plan. Ils poussèrent Robespierre sur l’avant-scène. Ils lui laissèrent le soin d’arrêter la révolution. Personne d’autre que lui ne le pouvait, car personne ne s’était autant que lui identifié avec elle.

Dès qu’il commença à se démasquer, il se coupa d’une partie de l’avant-garde populaire ; il se mit à dos les plébéiens hébertistes. Contre ces derniers, un contrepoids lui était indispensable. Il lui fallait s’allier à des hommes connus du peuple, exercés dans le maniement des masses, à des tribuns habiles à retourner les foules, disposant d’un capital politique et entraînant derrière eux de larges courants d’opinion. Robespierre se rapprocha des dantonistes. (…)

Comme Robespierre, Danton jouait le rôle de médiateur entre bourgeois et bras-nus. Comme lui, il était double, bourgeois et plébéien, tourné vers les possédants et tourné vers le peuple. Comme lui, il excellait à amortir les heurts entre les deux classes, à capter la fougue révolutionnaire des sans-culottes pour la mettre au service de la révolution bourgeoise. L’un et l’autre étaient des jacobins, c’est-à-dire des hommes qui s’appuyaient sur la plèbe, qui n’hésitaient pas à faire appel à l’énergie populaire, quand celle-ci servait leurs intérêts. L’un et l’autre étaient des agitateurs, mais l’un et l’autre étaient, en même temps, des hommes d’ordre…

Après le 10 août 1792, Danton excita la Commune insurrectionnelle, quand d’autre cherchaient à la calmer, à la résistance contre l’Assemblée. Ministre de la Justice, il laissa s’accomplir les massacres de Septembre, s’écriant : « Je me fous bien des prisonniers ! » A la veille du 30 mai 1793, il donna de grands coups de gueule contre la Gironde.

Mais s’il criait si fort, c’était pour mieux abuser le peuple. Son cynisme en faisait un démagogue d’un tout autre type que Robespierre. Maximilien était un médiateur plein de finesse, de mesure et d’astuce. Il ne méprisait pas le peuple. Il parlait à sa raison. Il le persuadait habilement de ne pas séparer son sort de celui de la bourgeoisie révolutionnaire. Danton, au plus profond de lui-même, méprisait les masses…

A l’automne 1793, une fraction importante des possédants voulait donner un coup de frein à la révolution, en finir avec la Terreur et la guerre, pour pouvoir, à leur aise, profiter de la vie…

Les bourgeois qui avaient acheté des biens nationaux et qui s’étaient enrichis dans les fournitures de guerre aspiraient à jouir en paix du butin accumulé. Ils étaient las des contraintes économiques et financières, ils en avaient assez de subir les volontés de la plèbe. Ils aspiraient au retour de « la liberté », au rétablissement de « l’ordre ». Si un certain nombre d’entre eux s’étaient détachés de la Gironde pour rejoindre la Montagne, ils s’étaient gagnés à nouveau par la psychose girondine : l’horreur de l’ « anarchie ». Ils misèrent sur Danton, le tribun assagi…

Danton et Robespierre conclurent une alliance provisoire ; Danton posa ses conditions. Pour obtenir son concours, Robespierre paya le prix. Il passa l’éponge, n’hésita pas, le 16 novembre, à mettre le tribun hors de cause dans le scandale de la Compagnie des Indes (dans lequel Danton était réellement mêlé)…

Le 22 novembre, Danton fit sa réapparition à la tribune de la Convention : « Je demande l’économie du sang des hommes ! »

Le 2 décembre, il apostropha brutalement un sans-culotte qui, admis à la barre, commençait la lecture d’un poème à la louange de Marat : « Il est inutile d’entendre tous les jours son éloge funèbre et des discours ampoulés sur le même sujet »…

Le 3, aux Jacobins, un membre de la société du Havre avait demandé l’envoi dans le département de l’Armée révolutionnaire avec la guillotine, pour arrêter et punir les rebelles échappés de Vendée, qui causaient du désordre. Danton, assuré du soutien de Robespierre, se dressa pour combattre cette proposition : « Je demande que l’on se défie de ceux qui veulent porter le peuple au-delà des bornes de la révolution et qui proposent des mesures ultra-révolutionnaires ! » Le mot était lancé, la guerre déclarée au gauchisme…

La question religieuse fut le terrain sur lequel fut engagée l’offensive contre le gauchisme : c’était, en effet, le plus menacé, celui sur lequel le mouvement des masses avait déferlé avec le plus de violence, celui qui exigeait les mesures de défense les plus urgentes ; et c’était celui sur lequel les hébertistes avaient cru pouvoir le plus aisément engager leur manœuvre contre le gouvernement de salut public. Robespierre comprit qu’il fallait tout d’abord les battre sur le terrain qu’ils avaient eux-mêmes choisi. Aussi, fort de son alliance avec Danton, déclara-t-il soudain la guerre aux déchristianisateurs…

Le 21 novembre au soir, aux Jacobins, Robespierre, levant le masque, déclara soudain la guerre aux déchristianisateurs. « De quel droit viendraient-ils troubler la liberté des cultes au nom de la liberté et attaquer le fanatisme par un fanatisme nouveau ? »… Et il déclara insensé l’homme public, le législateur qui ferait de l’irréligion un système : « La Convention nationale l’abhorre ! »

Le 26, Danton prit, à son tour, l’offensive contre les déchristianisateurs et, au-delà de ceux-ci, contre l’avant-garde populaire elle-même, en des termes très voisins de ceux de Robespierre : « Je demande qu’il n’y ait plus de mascarades antireligieuses dans le sein de la Convention. »

Le 28, aux Jacobins, Robespierre reprit le langage de Danton : il osa traiter de contre-révolutionnaires les délégations de bras-nus qui étaient venues célébrer joyeusement à la barre de la Convention la mort du fanatisme et, déjà, il agita contre elles les foudres de la répression…

Le 5 décembre, Robespierre fit adopter par l’Assemblée une « Réponse aux manifestes des rois ligués contre la république » : « Le peuple français et ses représentants respectent la liberté de tous les cultes et n’en proscrivent aucun. »

Et le 6, un décret : « La convention nationale… défend toutes violences ou menaces contraires à la liberté des cultes. » (…)

Le fanatisme, momentanément comprimé, explosa…

De tous les effets produits par le coup de théâtre de fin novembre 1793, le plus lourd de conséquences fut que Robespierre, en se retournant brusquement contre les déchristianisateurs, affaiblit, désorganisa, disloqua un mouvement de masses qui s’était engagé impétueusement dans la lutte contre les prêtres et contre l’Eglise… La révolution ne se remit jamais du coup qui lui avait été porté… Ce ne fut pas seulement la déchristianisation qui eut du plomb dans l’aile, mais la révolution elle-même…

La révolution interrompit sa marche en avant, la réaction commença, non pas le 9 thermidor, le 27 juillet 1794, comme on le croit généralement, ou à la fin de mars 1794 comme d’autres se l’imaginent, mais dès le soir du 21 novembre 1793, quand Robespierre, du haut de la tribune des Jacobins, appuyé par Danton, et, dans la coulisse, par les « technocrates », déclara la guerre aux déchristianisateurs.

Du moment où la bourgeoisie se mettait en travers du torrent populaire, elle devait se forger une arme lui permettant de résister à la pression des bras-nus : le renforcement du pouvoir central… Le grand décret, par lequel furent mis définitivement en place les premiers éléments d’un pouvoir central fort, est du 4 décembre…

Le 26 janvier 1794, le Comité de Salut public explicitait ses intentions : « Il s’agit moins aujourd’hui de révolutionner que de monter le gouvernement révolutionnaire »…

Le décret plaçait « sous la surveillance du Comité de Salut public » tous les corps constitués ; c’est-à-dire que le pouvoir central mettait en tutelle les pouvoirs locaux…

En application du décret du 4 décembre, le procureur syndic de la Commune de Paris, Chaumette, dut prendre le titre d’agent national (comme tel, soumis directement aux ordres du Comité de Salut public)… Chaumette n’était plus l’élu des sans-culottes parisiens, il devenait le domestique du pouvoir central. C’était, en fait, la déchéance du pouvoir populaire à Paris. Ainsi prenait fin la vieille rivalité entre le pouvoir central et la Commune. La subordination de la seconde au premier renforçait singulièrement l’autorité du Comité de Salut public. La Commune, en effet, avait été maîtresse absolue de la seule force armée organisée qu’il y eût à Paris : la garde nationale ; elle avait eu en main toute la police de la capitale ; elle avait ainsi tenu à sa merci le gouvernement central.

Le décret du 4 décembre stipulait, par ailleurs, que les comités révolutionnaires relèveraient directement et sans aucun intermédiaire du Comité de Sûreté générale. Ils devenaient des organes subalternes de la police, des rouages d’Etat.

Les communes, dans toute l’étendue de la France, et, du même coup, leurs sociétés populaires, leurs comités révolutionnaires, se virent interdire toutes relations directes entre eux, toute réunion dite centrale englobant plusieurs localités ou plusieurs départements…

Ces réunions centrales, c’était l’ébauche d’une libre union des conseils populaires locaux, l’embryon d’un nouveau pouvoir qui pouvait prétendre rivaliser avec le pouvoir central bourgeois…

Carnot avait fait adopter par l’Assemblée un règlement de l’Armée révolutionnaire calqué sur les règlements militaires ordinaires. Ce règlement stipulait notamment que les états-majors des bataillons, c’est-à-dire les officiers supérieurs, ne seraient pas élus par leurs hommes, mais nommés par le Conseil exécutif provisoire et confirmés par le Comité de Salut public…

Les militants d’avant-garde ne se méprirent pas sur le sens du renforcement du pouvoir central, dont les premiers signes s’étaient manifestés dès l’été 1793. Ils comprirent que le gouvernement fort qui peu à peu ; s’établissait avait une pointe dirigée contre l’avant-garde populaire.

Les enragés, les premiers, avaient dénoncé l’évolution qui se dessinait…. Ils constataient avec stupeur que la Terreur, dont ils avaient tant de fois réclamé l’institution n’était plus la terreur par en bas mais une terreur par en haut qui broyait indistinctement la contre-révolution et la révolution militante.

Les hébertistes, qui voyaient le Conseil exécutif, où ils étaient influents, réduit par la dictature à un rôle subalterne, avaient aperçus, eux aussi, le danger, et l’avaient dénoncé…

A partir de mars 1794, nous entrons dans une phase de réaction ouverte. Le pouvoir central ne tente même plus de dissimuler son jeu. Il se démasque. Il frappe. La bourgeoisie révolutionnaire ne vise plus seulement à contenir le mouvement des masses, mais à le paralyser et à le décapiter…

L’avant-garde populaire, loin de se laisser refouler, se radicalisa et son agitation prit un caractère alarmant pour la bourgeoisie. L’avant-garde – l’élite des sans-culottes de la capitale et d’un certain nombre de villes de province – n’avait pas déposé les armes. Le mouvement de masses s’était rétréci. Ce qu’il avait perdu en étendue, il l’avait gagné en profondeur… Il avait retrouvé la forme d’un mouvement principalement économique, d’une protestation contre la disette et la vie chère. Ce renouveau de l’agitation pour les subsistances était d’ailleurs motivé par une aggravation très nette de la situation alimentaire. A partir de fin décembre 1793, la contrainte se relâchant, le ravitaillement de la capitale avait empiré et la taxation avait cessé d’être observée. Les sans-culottes recommencèrent, comme de février à septembre 1793, à « crier au pain », à passer à l’action directe…

La bourgeoisie montagnarde tenta de briser le mouvement en le privant de ceux qu’elle considérait comme ses meneurs… Elle liquida les hébertistes comme elle avait liquidé les enragés… Les Hébert, les Chaumette qui avaient aidé la bourgeoisie à venir à bout des Jacques Roux, des Leclerc et des Varlet étaient, à leur tour, traités d’enragés, confondus avec les enragés, liquidés comme des enragés…

Néanmoins, c’était faire beaucoup d’honneur aux hébertistes que de les confondre avec les enragés. S’ils lâchèrent imprudemment le mot d’« insurrection », ils envisagèrent une simple « journée » du genre de celle du 5 septembre, qui leur ouvrirait à eux, plébéiens, l’accès du pouvoir. Et encore il ne semble pas qu’ils s’y soient préparés sérieusement…

Dans la nuit du 13 au 14 mars, Hébert et ses partisans se laissèrent prendre sans avoir tenté un geste de résistance…

L’avant-garde populaire comprit la véritable signification de l’événement. Elle aperçut que, malgré les faiblesses, les inconséquences de l’hébertisme, sa chute renversait le rapport des forces entre bourgeois et bras-nus. Au-delà des plébéiens, c’était la classe laborieuse, c’était la révolution même qui venaient d’être frappées. Après le premier instant de stupeur, elle réagit.

Une vive effervescence se manifesta dans les sociétés populaires des sections. Beaucoup de travailleurs dirent bien haut leur sympathie pour les inculpés…

L’exécution des hébertistes ne fut pas seulement la défaite d’une faction politique, mais aussi et surtout celle des bras-nus. Et tout d’abord, le 24 mars sonna le glas de la démocratie populaire…

La bourgeoisie révolutionnaire profita de la chute des hébertistes pour en finir, une fois pour toutes, avec le spectre de la démocratie directe. Un à un, tous les organes du pouvoir populaire durent épurés, châtrés, domestiqués.

En premier lieu, les sections. De très nombreuses arrestations furent opérées à celle de Marat, fief de Momoro, de Bonne-Nouvelle, à la Section Révolutionnaire, etc. Les comités révolutionnaires des sections furent particulièrement visés…

Le 12 mai, Collot d’Herbois dénonça les sociétés sectionnaires comme des foyers d’opposition. Le 15, la Société des Jacobins arrêta qu’elle n’admettrait plus des députations des sociétés sectionnaires et que tous ceux de ses membres, qui le seraient aussi de ces sociétés particulières, seraient tenus d’en sortir dans le délai de dix jours, sous peine d’être exclus des Jacobins. Les sociétés populaires comprirent qu’on les invitait à se supprimer elles-mêmes…

La Convention vota, le 13 mars, un décret permettant au pouvoir central de destituer les délégués des sections au Conseil Général, considérés désormais comme des fonctionnaires publics, et de les remplacer par voie d’autorité… La Commune n’était plus qu’un rouage du gouvernement central. Les bras-nus ne se reconnurent plus en elle…

Le 27 mars, Barère demanda à la Convention et obtint d’elle le licenciement pur et simple de l’armée révolutionnaire…

Marat, à qui les bras-nus avaient voué un culte, fut désacralisé… Son portrait fut traîné dans la boue… Les habitants des communes voisines de Paris dirent que, s’il était possible que Marat les eût trompés, ils ne pouvaient plus faire confiance à personne…

L’assouplissement du maximum et la hausse des prix qui en fut la conséquence provoquèrent de vives réactions parmi les salariés… La classe ouvrière tenta de réagir. Ses réactions furent brutalement réprimées…

Le 12 décembre, le Comité de Salut public arrêta : « Toutes coalitions ou rassemblements d’ouvriers sont défendus ; les communications que le travail peut rendre utiles ou nécessaires entre les ouvriers de différents ateliers n’auront lieu que par l’intermédiaire ou avec la permission expresse de l’administration dont chaque atelier dépend… Le travail ne pourra être suspendu sous aucun prétexte… Dans aucun cas, les ouvriers ne pourront s’attrouper pour porter leurs plaintes ; les attroupements qui pourraient se former seront dissipés ; les auteurs et les instigateurs seront mis en état d’arrestation et punis suivant les lois. »

Pendant l’hiver et le printemps 1794, les conflits du travail furent incessants, leur répression de plus en plus rigoureuse…

Le 17 février, le Comité de Salut public arrêta que ceux qui persisteraient à exiger un salaire supérieur au maximum seraient regardés comme suspects et traités comme tels… La Terreur était retournée contre les ouvriers…

Sous le nom de Barère, les ouvriers en grève écrivaient « anthropophage » et sous les noms de Prieur et de Lindet, « trompeur du peuple », « toujours bête et stupide »…

A partir du mois de juin, le pouvoir central s’oriente de plus en plus nettement vers une politique de compression des salaires et de répression des grèves…

Robespierre prend ouvertement fait et cause pour le retour au libéralisme économique. Dans son ultime discours du 26 juillet 1794, il déclare, s’en prenant à la mémoire des hébertistes : « Les conspirateurs nous ont précipités malgré nous dans des mesures violentes, que leurs crimes seuls ont rendu nécessaires, et réduit la république à la plus affreuse disette… »

La réaction thermidorienne était en germe dans la retraite économique du début de 1794…

La double liquidation des hébertistes et des dantonistes, ce que l’on a appelé la « chute des factions » n’avait renforcé qu’en apparence le gouvernement de salut public. De cette sanglante opération, il sortait, en réalité, dangereusement affaibli. Il avait scié lui-même la branche qui le supportait…

Par la suite, le pouvoir frappa à l’aveuglette, confondant pêle-mêle dans sa répression l’avant-garde populaire, la contre-révolution, les débris de l’hébertisme et ceux du dantonisme, happant au passage de pauvres gens…

Le 22 juillet, devant les deux Comités (gouvernement) réunis, Billaud-Varenne chargea à fond contre Robespierre, parla de le mettre en accusation…

Le 26 juillet (8 thermidor), Robespierre parut à la tribune de la Convention, une épaisse liasse de papiers à la main… L’attaque était dirigée essentiellement contre les « technocrates » : Carnot, Barère, Cambon. En termes à peine voilés, il demandait leurs têtes…

Dès le soir du 26 juillet, Robespierre avait perdu la partie sur le plan parlementaire…

En fin d’après-midi, Hanriot avait parcouru les rues à cheval, essayant d’émouvoir les foules en criant : « Le peuple est perdu car son protecteur Robespierre est opprimé »… IL avait invité les ouvriers à quitter le travail, à courir aux armes… Après quoi les ouvriers se remirent au travail. Les sections hésitèrent, restèrent neutres… Les robespierristes finirent comme de vulgaires hors-la-loi qu’on cueille dans leur repaire…

Après le 9 thermidor, la façon dont la bourgeoisie s’était jouée des sans-culottes apparut dans toute sa clarté. Pendant la Terreur, les rapports entre bourgeois et bras-nus avaient été plus ou moins camouflés. Les deux classes avaient pu paraître associées dans la lutte pour le triomphe de la révolution. Mais, après Thermidor, aucune illusion ne fut plus possible. La façon brusque don la bourgeoisie traita les bras-nus après les avoir cajolés, leur avoir susurré les doux noms de liberté, égalité, fraternité, la manière dont elle les remercia du service incommensurable qu’ils venaient de lui rendre sautèrent aux yeux…

Le 9 décembre 1794, la Convention décréta l’abolition pure et simple du maximum. Tandis que le barrage opposé à la hausse des prix était définitivement levé, la banqueroute monétaire provoquait une hausse catastrophique du coût de la vie… Puis vint la banqueroute monétaire, l’aveu officiel que la révolution bourgeoise avait financé sa guerre en détroussant les pauvres gens…

Le 6 janvier 1795, la Convention vota la suppression de la Commission du Commerce et des approvisionnements, marquant ainsi qu’elle condamnait mes velléités de nationalisation, d’ailleurs bien timides, qui s’étaient manifestées sous le régime antérieur…

En même temps qu’on lui enlevai le pain de la bouche, on frustrait la sans-culotterie d’une de ses conquêtes essentielles : la liberté politique. L’un après l’autre les organes du pouvoir populaire furent détruits.

Le 20 août 1794, les comités révolutionnaires (ou de surveillance) furent pratiquement supprimés…

Le 16 octobre, un premier coup de hache fut porté contre les sociétés populaires…

Pour en finir avec les jacobins, les thermidoriens employèrent les grands moyens. Une expédition punitive fut organisée. Les 9 et 11 novembre 1794, les muscadins armés de gourdins, envahirent la salle des séances du club, rue Saint-Honoré, assommèrent les hommes et fouettèrent les femmes. La police rejetant la responsabilité du scandale sur les agressés, les Comités de gouvernement décidèrent de suspendre les séances de la Société et de fermer la salle. La Convention, le 12, ratifia la mesure prise…

Le 29 mai, un décret élimina les bras-nus de la garde nationale…

Le 23 août, la Convention décréta sans débats que tous les clubs ou sociétés populaires étaient dissous. Le 9 octobre, les assemblées des sections furent interdites…

La Constitution de l’an III, promulguée le 22 août, remplaça le suffrage universel par le suffrage censitaire…

Le 30 mai 1795, un décret rendit aux cultes tous les temples aliénés…

A l’automne de 1795, Babeuf décrivit en ces termes l’opinion populaire : « On nous a dit que c’était une belle chose que la République. Nous l’avons cru, tellement cru que, pour l’obtenir, nous avons fait des efforts surnaturels. L’expérience ne justifie pas ces merveilleuses annonces… Mais ô scélérats, depuis que vous, vous étant emparé du sublime mouvement révolutionnaire, vous avez fait connaître au peuple le sens que vous donniez à ces expressions : égalité, liberté… »

L’agitation des bras nus atteignit son paroxysme le 20 mai (1er prairial). Les bras nus s’étaient rendus maîtres de l’Assemblée… Du pain ! Du pain ! criaient les femmes dans les tribunes… La manifestation se terminait en insurrection…

Les insurgés lançaient leur proclamation du 20 mai : « Le peuple, considérant que le gouvernement le fait mourir inhumainement de faim, arrête ce qui suit : aujourd’hui, sans plus tarder, les citoyens et les citoyennes de Paris se porteront en masse à la Convention nationale pour lui demander 1°) du pain ; 2°) l’abolition de « gouvernement révolutionnaire » dont chaque faction abusa à son tour pour ruiner, pour affamer et pour asservir le peuple ; 3°) la proclamation et l’établissement sur-le-champ de la constitution démocratique de 1793 ; 4°) la destitution du gouvernement actuel et l’arrestation de ses membres. »

Lorsque les troupes thermidoriennes les eurent délogés de la Convention, les insurgés firent de la Commune le centre de leur pouvoir… La Garde nationale bourgeoise, qui avait été massée autour de la Convention, accueillit le peuple à coups de baïonnettes. Les insurgés se retranchèrent par la suite dans Notre-Dame. Mais les troupes de Pichegru enfoncèrent les portes de la cathédrale et le massacre des ouvriers commença…

Après Prairial, le mouvement des masses fut écrasé pour longtemps… »

Daniel Guérin, dans « Bourgeois et bras-nus »

Que s’est-il passé lors de la chute de Robespierre en Thermidor 1794 ?

Discours du 8 thermidor an II (Robespierre)

Discours de Louis Antoine Léon de Saint-Just le 27 juillet 1794 pour la défense de Robespierre

Chute de Robespierre le 9 thermidor an II (26 juillet 1784)

Le point de vue des ennemis de Robespierre

Le point de vue de Kropotkine

Le point de vue de Jean Jaurès

Le point de vue de Jules Michelet

Le point de vue d’Edgar Quinet

Le point de vue d’Adolphe Thiers

Le point de vue d’Albert Mathiez

Le point de vue de Louis Blanc

Le point de vue de François-Joseph Deschiens

Le point de vue de Buonarroti

Luttes de classes dans la Révolution française

Révolution permanente dans la Révolution française

Robespierre, défenseur de la politique révolutionnaire de la bourgeoisie française

Les Montagnards, Robespierre et les Jacobins étaient-ils l’aile marchante de la révolution française ?

La Révolution française, c’est la mobilisation des masses et leur auto-organisation

Quand la Révolution française anticipait la démocratie des travailleurs révolutionnairement organisés en comités

Paris pendant la réaction thermidorienne

Paris en 1794

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Les divisions dans les comités du gouvernement à la veille du 9 thermidor

La Convention thermidorienne

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