English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES > La grande offensive contre l’hôpital et la santé publics

La grande offensive contre l’hôpital et la santé publics

dimanche 4 février 2018, par Robert Paris

La grande offensive contre l’hôpital et la santé publics

La grande retraite des EPHAD

Les personnels des EPHAD sont en lutte contre la maltraitance organisée par manque de personnels et manque de moyens. Le plan d’Agnès Buzyn pour les maisons de retraite, c’est plus d’austérité, moins de moyens et moins de personnel, contrairement à ce qu’elle prétend ! Buzyn, étrangle les personnels des EPHAD ! Au lieu de laisser les EPHAD lutter seuls, pourquoi ne mettons-nous pas l’hôpital public et la psychiatrie ensemble en grève ?!!!

Les grands stratèges syndicaux ne montrent pas la voie !

Les EPHAD, actuellement en lutte, ne sont pas les seuls à connaître une situation explosive et catastrophique en termes d’effectifs et de moyens : c’est le cas de tout l’hôpital public. Et tout ce que les centrales syndicales savent faire dans ces circonstances, c’est de se réunir pour… demander des nouvelles négociations au lieu de mettre en place un plan de lutte en réunissant les personnels !! Ils veulent un « Grenelle de l’hôpital » !!! Comme s’il suffisait de négocier sans créer un rapport de forces. Comme si la meilleure des idées, c’était de laisser les personnels des EPPHAD lutter seuls et être battus séparément !!!

Ce qu’Hirsch… vœux

Dans ses vœux de nouvel an, Hirsch annonce qu’il soutiendra contre quiconque les cadres qui défendent sa politique ! Il ne dit pas ce qu’il fera aux cadres qui rechigneraient… Des menaces en guise de vœux, c’est original !

Suppressions de postes de fonctionnaires

Le gouvernement prévoit de mettre en place des procédures de licenciements collectifs de fonctionnaires déguisés en « départs volontaires ». On les connaît déjà dans le privé, ces départs « volontaires » de salariés qui sont poussés dehors par leur patron, par leur hiérarchie, à coups de pression, de harcèlement, de stress… On les a vus à Renault, à Peugeot, etc. Bien entendu, le ministère a déclaré vouloir embaucher à la place des fonctionnaires de nouveaux salariés qui n’auront plus le statut de fonctionnaires et pourront être précaires, avec des contrats spécifiques, sans les droits des salariés qu’ils remplacent et aussi sans leur formation !!! En supprimant des fonctionnaires, le gouvernement s’attaque à toute la population car il détruit le service public !!!

Ses « solutions » n’en sont pas

Le Magasin de Saint Antoine va être contraint, en juin prochain, d’accueillir le magasin de Trousseau. Il faudra gérer cette activité supplémentaire sans supplément de place, sans supplément de personnel, sans aucun moyen supplémentaire ! Non seulement, cela sera épuisant, mais aussi irréaliste ! Ce sera du flux tendu tout le temps avec ce que cela cause : fatigue, stress, et pépins ! En fait, cela coûtera plus cher du fait de l’emploi de transporteurs privés pour emmener le matériel depuis Saint Antoine !!!

Les hôpitaux des Antilles sont en danger

Si la situation de l’hôpital public s’aggrave en métropole, elle est déjà en pleine catastrophe aux Antilles. C’est au point que ceux qui en ont les moyens envoient les malades directement d’une île à une autre et même… en métropole pour se faire soigner !!! Les incidents et les accidents qui se multiplient ne font que souligner que le fond même de l’état du système hospitalier antillais est radicalement démoli… Ainsi, c’est la vétusté qui a amené un incendie à détruire un local technique au CHU de Point-à-Pitre, contraignant de déplacer les patients vers des hôpitaux et des cliniques incapables d’absorber ce surcroît de malades, y compris en envoyant ceux qui le pouvaient, en affrétant des avions, vers la Martinique où, là aussi, les moyens de les accueillir n’étaient pas suffisants. C’est au point que des infirmières sont contraintes, aux Antilles, de remplacer les médecins quand ceux-ci sont absents ou en vacances !!!

Quand l’APHP change son siège…

L’APHP ne se contente pas de revendre son siège soit les bâtiments de Victoria et Saint Martin, elle en profite pour supprimer des postes ! Et elle dépense des sommes importantes pour construire (merci les trusts du Bâtiment !) un bâtiment neuf sur le site de Saint Antoine, bâtiment où il sera imposé aux personnels des bureaux collectifs en open space, que l’on sait source de stress et de suicides !!!

On est majeurs et vaccinés (ou pas !)

Buzyn continue de vouloir nous imposer ses vaccins. Non seulement elle les impose aux enfants mais elle envoie les cadres pour les imposer aux personnels ! La ministre, qui est en plein conflit d’intérêt par son mari, a prétendu que les polémiques sur les risques des vaccins, seraient un « luxe d’enfants gâtés des pays riches » !!! Si elle continue à vouloir nous imposer des piqures à répétition, c’est pour subventionner à fonds publics l’industrie pharmaceutique qui est toujours maintenue en vie par l’argent de nos impôts, tout comme l’est le secteur du Bâtiment, en ponctionnant l’argent de l’hôpital public comme de l’enseignement, de la recherche, etc.

« Nous », c’est… eux

La direction continue de nous inonder avec ses bulletins type « La Voix de son Maître », frauduleusement intitulés « Nous » comme s’ils exprimaient la voix du personnel des hôpitaux. Ainsi, au travers de ce torchon, la direction continue de faire la pub de son « plan blanc » psychiatrique qui aurait pris en charge les victimes lors des attentats. Balivernes ! Si elle veut diffuser son discours patronal, elle n’a pas besoin de se cacher derrière « Nous » ! Nous, on ne se cache pas derrière les patrons pour éditer « La Voix des Travailleurs » ! Chacun son camp !

Bon cœur avec peu de moyens ?

Dans son Magazine des Hôpitaux Universitaires de l’Est parisien, la direction faisait la pub du service de cardiologie du professeur Cohen qui travaille en même sur deux sites : Saint-Antoine et Tenon. Il s’agit de réponses aux urgences cardiologiques ! Qui n’a pas conscience que la mutuellisation des moyens entre deux hôpitaux nuit à l’urgence !

Chantage à la fermeture

Un nombre de plus en plus grand d’hôpitaux se voient menacés de fermeture pour faillite par les ARS. C’est leur gestion par les ARS qui les a amenés dans « le rouge » ! Et c’est encore les ARS qui décident de les « regrouper », de les fermer, de leur imposer de nouveaux plans d’austérité, avec des suppressions d’emplois bien entendu, avec des charges de travail accrues pour les personnels, une diminution ou une mutuellisation des moyens, etc. La gestion qui mène dans le rouge, celle notamment de la T2A, loin d’être remise en question, est aggravée ! Il y en a assez de la rentabilisation de l’Hôpital public et de la Santé !!!

Carence de jour…

Dès le 1er janvier 2018, le gouvernement a imposé le « jour de carence » aux personnels qui s’arrêtent, « jour » qui avait été supprimé en 2014 parce que cela « diminuait les arrêts maladie de deux jours » !!! Cela n’est donc même pas rentable de leur point de vue. C’est donc seulement une manière de désigner du doigt les fonctionnaires en les présentant comme des privilégiés qui protestent alors qu’ils seraient mieux traités que les salariés du privé qui ont trois jours de carence…

Lactalis : des profits criminels avec la complicité de l’Etat et… notre passivité…

Qu’un grand trust fabricant des produits laitiers pour les enfants vende sciemment des produits contaminés ! Que les responsables de l’Etat choisissent sciemment de cacher cette situation, quitte à continuer d’infecter les enfants ! Que cela se déjà produit sans qu’on leur interdise de continuer ! Que tous ces gens-là se couvrent, s’estiment non coupables, se blanchissent, essaient de faire taire les critiques à coups de sous, qu’ils soient encore au pouvoir ou libres de continuer à produire leurs infections pour enfants, qu’on ne leur interdise même pas le droit de commercer désormais ! Les vrais coupables, voulez-vous savoir la vérité, c’est nous ! C’est nous qui nous racontons des histoires, des contes pour enfants selon lesquels on pourrait faire confiance à ces gens-là, des contes pour enfants selon lesquels c’est la seule manière de faire marcher la société, que le profit privé doit dicter sa loi à la santé publique, fût-ce celle de nos enfants ! Il n’y a pas plus sourd et aveugle que celui qui a décidé de se laisser faire passivement… Si nous ne comptons pas défendre nos vies et celles de nos enfants, inutile de pleurnicher ! La seule manière de changer cela, c’est d’en finir avec la société qui roule pour le seul profit privé, celle où les richesses sont détenues par les possesseurs de capitaux ! Le reste, c’est des mensonges, c’est pure hypocrisie !

Artemis, artemisia

Les labos pharmaceutiques ne veulent pas que les pays d’Afrique leur fassent concurrence. Ainsi ils cherchent par tous les moyens à empêcher les populations de se soigner par eux-mêmes. L’artemisia, plante facile à cultiver, permettrait de guérir complètement le paludisme, et serait accessible au plus grand nombre, par rapport au médicament classique. Sauf que les labos cherchent coûte que coûte à empêcher cela, allant jusqu’à empoisonner un des médecins africains qui avait démontrer l’efficacité de l’artémisia. L’intérêt de ces laboratoires c’est de pouvoir vendre leurs produits et s’enrichir aussi sur la pauvreté, l’épidémie.....

Dans le rouge !

Le déficit de l’hôpital public est inquiétant. Il va atteindre 1,3 milliard, et on nous demande en plus 1,6 milliard d’économie…Mais les dépenses de construction de bâtiments neufs sont organisées de manière folle partout et par les mêmes qui disent qu’il faut économiser sur les effectifs et sur les moyens pour soigner et pour accueillir les patients !!!

La dénonciation bat son plein

C’est inédit dans l’histoire des hôpitaux. Plus de mille médecins et cadres de santé, venant de toutes sortes d’établissements ont signé un appel s’alarmant de la situation dramatique des hôpitaux français et pointant un système de financement, avec la tarification à l’activité (T2A), devenant une menace pour la qualité des soins. Que ce soit cette pétition ou les dénonciations du type « balance ton hosto » ou l’AG inter-hôpitaux appelée par SUD, on voit bien qu’il serait temps de passer de la dénonciation à… l’organisation des personnels. Et ce qui est nécessaire, c’est de dépasser l’organisation de type syndicale pour passer à l’organisation des personnels par eux-mêmes et par-delà les limites des hôpitaux, des corporations, des centrales, en organisant ensemble les travailleurs du service public. Là, les gouvernants commenceraient à s’inquiéter !!!

Si on réanimait… l’hôpital public ?!!!

Cela a été la catastrophe au niveau des lits de réanimation sur toute l’APHP pendant les fêtes car beaucoup fermés par manque de lits, de personnel, et plus encore pendant les vacances. Il devenait extrêmement compliqué de trouver un lit de réanimation disponible sur Paris, et après ils disent qu’ils mettent en place un plan hivernal, un plan attentat ou autre alors que c’est la gestion permanente de la pénurie.

Haro sur l’hôpital public !

Hirsch, PDG de l’hôpital public APHP déclare : « L’hôpital, grand hôtel ou l’on vient dormir et se faire soigner, n’est plus le modèle dominant ». Dans la même lignée, Buzyn s’est fixée pour objectif que sept patients sur dix soient ainsi opérés en ambulatoire d’ici cinq ans. Le motif numéro un : la chirurgie ambulatoire est intéressante financièrement pour les hôpitaux ! Avec deux patients en une journée au lieu d’un seul et pas de personnel de nuit, cela paraît rentable. En réalité, cela nécessiterait d’augmenter le nombre de soignants pour compenser la lourdeur de la charge de travail laissée par le glissement de l’activité vers l’ambulatoire.

La direction de la Santé n’a même pas réagi !!!

Un infirmier de l’hôpital de Denain (Nord) s’est donné la mort. Il a été retrouvé pendu à son domicile. La direction a trop rapidement conclu que l’hôpital n’avait pas de responsabilité. En moins d’un mois, une tentative de suicide et un suicide ont touché l’hôpital de Denain. La direction, elle, rejette l’idée d’un lien entre les deux drames. Le jour même de son suicide, il avait eu un entretien avec sa hiérarchie !

C’est fou !

Dans plusieurs hôpitaux, les soignants en psychiatrie dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail et le manque de moyens, qui arrivent à un stade catastrophique alors que les plans d’austérité se succèdent et ne cessent d’aggraver la situation. Dans beaucoup d’hôpitaux psychiatriques, les centres d’accueil et centres de crise sont fermés la nuit et en week-end, faute de médecins, pourtant les pires périodes pour les malades. C’est de la folie !

Arrêtons le jeu de massacre !

Voilà un suicide, celui d’un neurochirurgien du CHU de Grenoble, pour lequel la direction de la Santé ne fait pas la sourde oreille, tant le caractère scandaleux de la politique de la direction de ce CHU est connu du fait de son agressivité à l’égard de tous les personnels. Il faut que ce soit particulièrement catastrophique dans cet hôpital pour que la ministre de la Santé Agnès Buzyn dénonce des "situations graves de harcèlement" : « Le style de management, qui maintient de manière permanente une certaine pression sur les équipes et qui priorise le résultat doit s’infléchir » !!! Mais la ministre, saisie de la situation, n’est pas intervenue pour éviter la catastrophe. Pour marquer leur révolte, une grande partie des personnels se sont mis en maladie ou en grève. La direction de la Santé fait silence sur un autre suicide : celui d’une aide-soignante de l’hôpital de Toulouse !

Cherchez ce qui grippe

Avec l’épidémie de grippe, l’hôpital déborde ! Le plan « épidémies hivernales » est, nous disent gouvernement et APHP, renforcé dans les hôpitaux parisiens ? Mais renforcé sur le papier et avec des effectifs en berne, des lits fermés, des services sans moyens, que voulez-vous renforcer ?

L’hôpital, un lieu de maltraitance des soignants

Pour de tous les personnels, cette souffrance est surtout liée à la rentabilisation et notamment à l’instauration, à partir de 2007, de la tarification à l’activité (T2A). « Avant, à l’hôpital, on prodiguait des soins. Désormais, on ‘‘produit’’ des soins sur le modèle d’une entreprise, avec une logique uniquement financière et comptable. L’hôpital est devenu un lieu déshumanisé où les médecins sont poussés à être en compétition les uns avec les autres sans que le travail n’ait plus de sens », affirme Marie Pezé, docteur en psychologie, psychanalyste et spécialiste de la souffrance au travail. Tant qu’on ne se fâchera pas sérieusement et collectivement, on continuera… d’en parler…

L’APHP veut des licenciements économiques !

La possibilité de procéder à des licenciements économiques dans les hôpitaux publics existe depuis 1986. Elle est prévue dans les statuts de la fonction publique hospitalière. Mais cette disposition est peu pratiquée, notamment par l’absence d’un décret. C’est l’un des projets du gouvernement Macron que révèle le syndicat FO : le gouvernement s’apprêterait à faire paraître un décret fixant les modalités de licenciement économique dans les hôpitaux publics…

Vive l’APHP robotisée !

Les logiciels nouveaux de gestion se suivent et sont pires les uns que les autres ! Cette fois-ci, c’est Orbis que l’hôpital public a acheté sur toute l’APHP comme logiciel pour gérer le séjour, les examens, le dossier du patient et on en passe. Belle affaire pour le vendeur privé ! Tous les informaticiens vous diront que c’est un logiciel complètement obsolète. Il y a aussi le logiciel GAM, pour la facturation au patient des séjours et consultations. C’est pratique : GAM multiplie quasiment par trois le temps de travail en multipliant les bugs et en envoyant par erreur des lettres automatiques de menace d’huissier ! Et, pour les ordinateurs, il y a toujours de l’argent de renouvellement des matériels ! C’est de la bêtise (et pas de l’intelligence)… artificielle !

Sécurité antisociale

La Sécu va désormais se servir de ses informations médicales sur les malades, leurs arrêts, leurs médicaments pour informer les patrons de la nature de la maladie de leurs salariés !!! Rupture du secret médical, pressions aggravée pour faire reprendre le travail, chasse aux « faux malades », possibilités de pressions sur le salarié : voilà la nouvelle réforme !!!

Service public : qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage !

Pour nos gouvernants, le « modèle » du service public est dépassé, qu’il s’agisse de maisons de retraite, d’hôpital public, de trains ou de recherche : leur modèle, c’est le profit privé !!! Résultat, tout l’argent public va aux trusts du Bâtiment, des Banques, de l’Informatique, du Médicament, de la Santé et de l’Armement ! Plus un sou public pour les emplois et les moyens du service public qui est dénoncé comme un résidu du passé !!! Tout l’argent pour faire cadeau de leurs impôts et taxes aux trusts qui licencient !!! C’est ce que dénoncent les personnels en grève de l’Hôpital public, des EPHAD, de la Psychiatrie, de la Gérontologie aux Urgences !! En lutte de manière séparée malheureusement, même si l’hôpital Lyon Sud en grève massive appelle à un mouvement national des Hôpitaux…

Il en va de même du secteur du Rail qui est attaqué, démantelé et menacé par la privatisation. Les couacs, accidents et dysfonctionnements graves de la SNCF et l’absence de communication de sa direction pendant des mois sont au centre des préoccupations médiatiques et ce n’est pas un hasard. Il s’agit de dénoncer le service public du Rail afin de mieux imposer sa prétendue « réforme » qui est, en réalité, sa casse organisée par ceux-là même qui organisent actuellement le désordre ferroviaire, en supprimant des postes de fonctionnaires, en réduisant les effectifs et des moyens, quitte à prendre le risque de la dégradation et même d’accidents graves.

Sous l’égide du PDG Pépy, la casse du service public du Rail est ouvertement planifiée et la campagne de publicité sur OuiSNCF (une soi-disant rénovation de la vieille SNCF) ne cherche qu’à le masquer. Une image dégradée de la SNCF (service public) tombe en réalité à point nommé pour Pépy. Il peut ainsi affirmer que ce serait justement pour pallier à tous ces problèmes qu’il mène sa politique de rentabilisation, de restriction, de casse des droits des salariés et finalement de privatisation, mensongèrement appelée ouverture. Quiconque refuserait ses réformes serait du coup accusé de vouloir maintenir le chaos actuel pour des motifs réactionnaires, puisque la politique de privatisation se pare de la prétention d’être moderniste.

Et ce qui montre que les « incidents » de la SNCF sont exploités par ceux-là même qui en sont la cause, c’est que la même méthode est appliquée à tous les services publics, non seulement au rail mais aux transports publics en général, à La Poste, à l’Hôpital public, l’APHP notamment, à l’Enseignement, à tous les niveaux, et à la Recherche. Tous sont « réformés », rentabilisés, mis à la portion congrue, leurs effectifs baissés drastiquement, et leur casse organisée au nom de la « modernisation », toute contestation étant traitée de réactionnaire et accrochée à des privilèges.

Un exemple récent de cette politique concerne France Télévisions. A peine le président Macron avait affirmé que la télévision publique était « la honte de la République » qu’on apprenait qu’elle était en voie de réforme drastique, imposée sur le dos des personnels.

Et qui se charge de dénoncer le service public sinon ses propres responsables ?!!! C’est le responsable de Radio France qui avait attaqué ce service public, tout comme le responsable de l’APHP attaque les infirmières ou les aides soignantes ou encore le responsable de La Poste qui attaque les postiers. Quand ce n’est pas le président lui-même qui sonne la charge contre le service public, lui qui ne se cache nullement d’être un partisan actif de la privatisation de tous les services publics. Il déclare publiquement, à qui veut l’entendre, que le statut de fonctionnaire n’est qu’un témoignage du passé, que la SNCF n’est qu’un « vieux modèle dépassé », que la télévision publique est une horreur, que la SNCF dysfonctionne de manière scandaleuse, et on en passe… Le patron de l’Hôpital public Hirsch parle lui aussi de « modèle dépassé » et voudrait virer tous les lits d’hôpital et les postes qui vont avec !

Les fonctionnaires sont présentés dans ce discours comme des privilégiés accrochés à des avantages d’une époque dépassée, des incompétents, des causes de l’absence de progrès dans le fonctionnement public et de trous dans les comptes de l’Etat. Dans la réalité, les prétendus avantages et même privilèges ne concernent justement que ceux qui les dénoncent : les hauts fonctionnaires qui dirigent ces services publics et le gouvernement. Ce sont eux qui ont des salaires et des avantages scandaleux, pas l’infirmière, le cheminot, le postier, l’éboueur, ni l’instituteur ou le guichetier !!!

Les énormes trous dans les finances publiques ne sont nullement le fait des minimes « avantages » des salariés du public mais des gros privilèges des hauts fonctionnaires du public qui, non seulement se servent eux-mêmes au passage mais servent exclusivement les intérêts du privé. Ces hauts fonctionnaires, des patrons des services publics aux ministres et au président sont tous liés aux trusts et à la finance privée. Ils ont bourse ouverte pour eux et dépensent des sommes folles pour les « sauver » de la chute économique depuis qu’elle a pris un tour catastrophique en 2007-2008. C’est là qu’est la source de la faillite du secteur public et pas dans les soi-disant « privilèges » des petits fonctionnaires !!!

Ce qui prend l’eau, qui coule même de manière irréversible, ce n’est pas le secteur public mais le secteur privé capitaliste ! Ce qui ponctionne l’argent des impôts, ce sont les entreprises capitalistes et les banques ! Ceux qui sont sans cesse aidés, en causant des trous gigantesques dans les comptes publics, ce sont les patrons du privé !

Ce sont les hauts fonctionnaires du public qui dénoncent le service et qui le plombent par leur politique comme par leurs déclarations. Et les média font circuler les mensonges des hauts fonctionnaires des services publics comme Pépy, Gallet, et autres Hirsch, les casseurs du service public qui font semblant de défendre le public contre le service….

Curieusement, le modèle et la méthode que suivent ces dirigeants du public, y compris le président, qui vivent de l’argent public et le détournent tout en se déclarant partisans du secteur libéral et de la baisse des investissements publics dans tous les services, est tiré non d’une philosophie du libéralisme mais du… stalinisme sur sa fin !!!

Les services publics français n’ont jamais plus mal fonctionné que depuis qu’on prévoit leur rentabilisation, leur prétendue réforme et leur privatisation. La SNCF est loin d’être la seule à se dégrader, même si ces derniers temps les média se fixent sur elle parce qu’il s’agit de s’attaquer aux cheminots et de faire en sorte que ceux-ci ne recueillent pas le soutien et la sympathie du public, s’ils entrent en lutte contre la privatisation, contre la casse de leur statut et de leurs retraites, contre la dégradation de leurs conditions de travail.

Les dysfonctionnements multiples de la SNCF sont un effet des politiques menant à la rentabilisation et à la privatisation, qui passent par la diminution des effectifs. Pépy vient encore d’annoncer des centaines de suppressions de postes de cheminots, qu’il s’agisse de conducteurs de trains, de techniciens et d’ouvriers de maintenance des technicentres, en fait de toutes sortes de professions du rail. Il n’y a rien d’étonnant que cela se traduise par une chute considérable de la sécurité, de la régularité et de la qualité du service. Mais accuser le service public de ces dysfonctionnements, c’est culotté car c’est la destruction du service public qui les produit !

La direction de la SNCF, loin de défendre le service public qu’elle dirige, loin de défendre les cheminots, contribue à les faire accuser par le grand public et à faire croire que ce seraient les salariés qui dégraderaient tous les fonctionnements du rail !!!

Quant aux divers manquements au service public qui ont été constatés, comme aux responsabilités dans des accidents, ou dans des suicides d’agents ou encore dans des méthodes antisociales contre les agents, contre le droit de grève, contre les personnels épuisés, accidentés ou stressés par des méthodes de direction agressives, scandales divers, relevés ou pas par la justice, par les média, par les syndicats, la direction de la SNCF joue invariablement le négationnisme, de la même manière que le fait la direction de l’APHP dans les hôpitaux ou encore ceux de La Poste, de l’enseignement public…

Attaquer le statut du cheminot, y compris le caractère de fonctionnaire de l’agent de conduite, attaquer le service public du rail, le salaire, les horaires, les conditions de travail des cheminots, voire leur retraite aurait dû donner lieu à des luttes de classes d’ampleur, d’autant qu’on aurait pu imaginer les cheminots en profiter pour relier leur combat à celui de tous les fonctionnaires attaqués eux aussi, dénoncés et calomniés par leurs directions, stressés par des politiques agressives de l’encadrement, pressionnés pour augmenter le rendement, perdant des droits sociaux multiples.

Eh bien, rien de tout cela ne s’est produit : ni une grande lutte pour défendre le service public du Rail et contre la privatisation, ni pour défendre le statut du cheminot, ni contre les autres attaques antisociales des méthodes de direction violentes, et surtout rien qui propose aux cheminots d’étendre leur lutte aux autres catégories de travailleurs du service public, même pas aux travailleurs de la RATP, du RER, des trams, des bus et autres. Ni des enseignants, ni des hospitaliers, ni des postiers, ni des éboueurs, ni des fonctionnaires territoriaux, ni…, ni… !!!

Certains auraient cru que la CGT au moins serait capable de proposer une lutte radicale contre toutes ces politiques antisociales. Eh bien, c’est qu’ils n’avaient écouté que leurs espoirs et leurs illusions. Pourtant, il y avait un bon moyen de réaliser par avance que la CGT n’allait certainement pas mener de lutte contre la privatisation du service public du Rail. Avant que la « réforme de la SNCF » n’entre en action, c’est un responsable de la CGT, un nommé Lepaon, qui a été chargé du rapport d’Etat pour la privatisation du Rail au Conseil Economique Social et Environnemental, le CESE et son rapport en faveur de la privatisation a été voté par les représentants patronaux et gouvernementaux.

La casse du rail public, comme la casse de tous les services publics, loin d’être le premier signe de l’impuissance et de la trahison qui marque la stratégie réformiste des centrales syndicales en période de crise systémique du capitalisme, en est le dernier symptôme. Il y a déjà eu la casse des retraites, des impôts, du code du travail, des droits sociaux, des chômeurs, de la démocratie bourgeoise, des banlieues et on en passe…

C’est un des points essentiels qui permettent aujourd’hui aux classes dirigeantes de revenir en arrière sur tous les avantages de la démocratie bourgeoise sans avoir à faire face, pour le moment, à une lutte de classe déterminée, amenant avec elle une prise de conscience correspondante et le développement des organisations de classe des travailleurs (comités, conseils, coordinations, élections de délégués de la lutte, etc…)

On ne peut pas combattre la casse du rail public sans combattre la casse de l’hôpital public, sans La Poste (service public), sans de l’enseignement et de la recherche publics, sans les services publics communaux. L’attaque de la bourgeoisie contre les travailleurs est un tout qui nécessite une réaction d’ensemble et de classe et pas des réactions corporatives ou secteur par secteur.

Les classes dirigeantes suppriment le code du travail bourgeois, les services publics bourgeois, la démocratie bourgeoise, les aides sociales bourgeoises, et on ne les fera pas revenir en arrière. Il faut aller de l’avant : vers un code du travail prolétarien, des services publics prolétariens, une démocratie prolétarienne et un gouvernement prolétarien. C’est la seule perspective d’avenir face à une société bourgeoise sans avenir.

4 Messages de forum

  • Séparément ou tous ensemble ?

    Les grèves dans les hôpitaux ont lieu séparément, un par un : une fois Longjumeau, une fois Lyon, une fois Laval, une fois Lisieux, une fois Rennes, une fois Amiens, une fois Toulouse. Pas de liaison entre ces luttes. Pas de tentative de jonction, d’actions communes, de coordination. Pourtant, les problèmes sont les mêmes et la victoire ne peut qu’être celle d’une lutte commune.

    Répondre à ce message

  • L’hôpital public mis à la réforme !

    En déplacement au Centre hospitalier Simone-Veil d’Eaubonne, dans le Val-d’Oise, le premier ministre a annoncé vouloir modifier complètement le fonctionnement des hôpitaux publics. Sachant comment il s’attaque déjà aux droits sociaux, on imagine très bien dans quel sens, qu’il appelle libéralisme, il va proposer de « réformer » une fois de plus, avec comme objectif de s’attaquer au déficit financier : suppression de 30% des actes médicaux jugés « inutiles » par le gouvernement, regrouper les hôpitaux, supprimer le lit d’hôpital, etc. Et, bien entendu, les suppressions massives de postes avec notamment les « départs volontaires » !

    Répondre à ce message

  • Comme de nombreux hôpitaux français, l’hôpital d’Orléans (1 752 lits en 2016 et 5 354 employés) est confronté à des difficultés budgétaires en partie dues aux économies demandées chaque année par les gouvernements successifs (1,6 milliard d’économies demandé pour 2018). Dès février, un plan de retour à l’équilibre va entraîner à Orléans la suppression de 75 postes, dont 50 de soignants. « Nous n’avons pas le choix, assure le directeur de l’hôpital, Olivier Boyer. Si nous ne revenons pas à l’équilibre [financier], nous ne serons plus maîtres de la situation. »

    Répondre à ce message

  • L’argent… « L’argent du matin au soir » : le docteur Willy Mfam en est écœuré. Pour ce chef de service anesthésie-réanimation, l’hôpital public n’est « vu que comme une charge », et les soignants comme « la variable d’ajustement ». Pour lui, comme pour ses collègues, ce sont avant tout les valeurs du service public – égalité dans l’accès et face aux soins – qui sont attaquées par les réformes successives de l’hôpital.

    « Qu’est-ce que le service public de la santé ? » C’est à cette question que Willy Mfam attend désormais une réponse précise de la part du gouvernement. A défaut, « ça va craquer », prédit Canan Ozsancak. « Et on n’a pas de parachute. »

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0