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La Voix des Travailleurs à la SNCF

jeudi 19 novembre 2015, par Robert Paris

Petits et grands fraudeurs

La SNCF investit 49 millions d’euros pour... faire croire que la fraude dans les transports est le principal responsable des trous dans les comptes !!! Pour la direction de la SNCF, ce qui plomberait les comptes, ce sont les fraudeurs ! Allons donc ! Des fraudeurs, il y en a toujours eu et les trous dans les comptes de la SNCF, et les comptes servent trop souvent à justifier des attaques contre les cheminots. C’est plutôt l’Etat qui les a fait pour mieux aider les banquiers et les capitalistes ! A moins que, pour Pépy, le terme « fraudeur » s’applique aussi aux patrons qui ne paient pas d’impôts, aux patrons qui obtiennent des tarifs trop avantageux de transport, aux patrons qui font payer trop cher les nouveaux matériels, aux banquiers qui prêtent à taux trop élevé à la SNCF alors que la banque centrale leur prête de façon illimité et à taux zéro !

Les nouveaux partageux

Le nouveau concept à la mode à la SNCF, c’est la « gare partagée » mais ce n’est pas avec les usagers qu’elle est partagée : il y a de moins en moins de sièges pour attendre, de trains qui partent à l’heure et sans incident de matériel, de moins en moins de train bon marché (malgré la propagande inverse de la direction). Non, la gare est partagée avec les sociétés privées d’alimentation, de vêtements, de sociétés de coworking, et autres entreprises privées afin de rentabiliser au maximum. Cela se fait aux dépens des usagers de même que l’opération rentabilité se fait aux dépens des agents. Pépy veut partager mais ce sont les bénéfices qu’il veut partager avec les capitalistes en accélérant la privatisation comme il s’était engagé à le faire lors de sa renomination.

Salariés en colère

Des coups de colère, il n’y en a pas eu qu’à Air France. A la SNCF aussi des salariés se sont mis en colère contre les mesures qui menacent leur emploi. Par exemple au Technicentre de Romilly. On a eu alors la surprise de voir un syndicaliste, ou prétendu tel, dénoncer le salarié qui avait été cause de l’incident ! Et ce syndicaliste n’appartenait même pas à un syndicat qui signe tous les accords… Il y en a qui voudraient qu’on soit menacés dans notre emploi, dans notre vie et qu’on reste zens !!! Il ne faut pas compter sur nous pour jouer les dindons et enfoncer notre tête dans le sable pour ne pas voir ce qui nous arrive !!!

Le rapport de la privatisation de la SNCF

Des collègues nous disent qu’ils n’ont pas eu l’occasion de lire le rapport de Lepaon sur la privatisation de la SNCF au Conseil Economique Social et Environnemental et comme la CGT, même lorsque Lepaon en était secrétaire général, ne faisait pas trop de publicité à ce texte historique, on en donne des extraits :

« Ce texte présente une grande unité de ton révélatrice d’un consensus assez fort sur le sens que devrait avoir une expérimentation (de privatisation de la SNCF), si l’Etat le décide, et sur les principes que doivent inspirer sa conduite pour concourir à son succès. J’ai employé à dessein le mot consensus et je souhaite maintenant dissiper toute erreur d’appréciation sur ce terme. Il n’aura échappé à personne dans cette assemblée que la locution « ouverture à la concurrence » appliquée à un noyau dur du service public peut agir immédiatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l’arrêt d’urgence notamment lorsqu’il s’agit d’une manœuvre. « Je dois dire que j’ai personnellement considéré comme un challenge de faire la preuve qu’il était possible, et même utile, de dépasser le stade de la réaction allergique afin de clarifier les idées en affrontant la réalité. Affronter la réalité, c’est toujours confronter les points de vue, polir ses arguments en les frottant, souvent vigoureusement, à ceux des autres. (…)Pour aller à l’essentiel, je voudrais maintenant présenter la méthode et le calendrier législatif et social que nous préconisons. J’insiste bien sur le fait que nous proposons d’abord une méthode car nous avons voulu mettre l’accent sur le « comment faire » et pas seulement sur le « quoi faire ». Cette méthode se décline en six recommandations qui tracent un chemin, c’est-à-dire un cap, une succession d’étapes et une méthode permettant de conduire à terme une telle expérimentation (en vue de la privatisation de la SNCF), si elle était décidée, et d’en tirer les enseignements. C’est ensuite à son heure que viendra le moment de la décision. Je l’ai dit, le thème de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional de voyageurs a donné lieu à de nombreuses initiales ayant produit des études et des rapports. Pour autant, notre contribution ne constitue pas une synthèse au sens de la compilation condensée et plus ou moins hiérarchisée des préconisations des rapports précités, et ce, malgré leur qualité. Ensuite, nous avons imaginé des évolutions possibles au plan social dans la perspective d’une ouverture à concurrence qui semble se dessiner. Cette idée prenant progressivement corps, elle s’est traduite en quelques scénarios descriptifs assez précis pour que l’on comprenne le sens de l’histoire qui pourrait s’écrire et suffisamment ouvert pour laisser toute sa place et sa créativité au dialogue social. J’en suis, mes Chers Collègues, pleinement convaincu : rien ne pourra aboutir sans le dialogue social et il s’agit là d’une première recommandation. Tout le monde connaît la combativité des cheminots, mais peu de gens ont une idée du rôle des relations collectives au sein de l’entreprise pour que ce grand système industriel de service puisse fonctionner. Lorsqu’on a compris que c’est le statut de l’entreprise qui a défini le statut des cheminots et non l’inverse, on comprend alors beaucoup d’autres choses. C’est en fonction de certaines obligations de résultat, notamment en matière de sécurité, qu’ont été définies l’organisation du travail, le régime du travail, y compris le régime de retraite. (…) Comme le dit le projet d’avis, si l’on veut que l’expérimentation d’une ouverture à la concurrence soit réussie, il convient de faire en sorte que l’opérateur historique et ses salariés s’y reconnaissent. »

Les risques sont publics et les profits privés

L’accident grave de la circulation en Gironde, qui a amené un car à flamber faisant de nombreuses victimes, a surtout rappelé que la route est plus dangereuse que le rail. Il vient juste après la décision gouvernementale d’imposer des lignes de cars privées à la place du rail public, décision affirmée par la loi Macron. Pépy avait pourtant affirmé qu’il n’était nullement hostile à cette décision, prétendant que la SNCF aussi avait des lignes de car concurrentiels. Pourquoi faire rouler les trains à bon marché sur des rails qui sont en place et avec des matériels qui sont au point puisqu’on peut faire rouler des cars plus chers et plus dangereux, avec des chauffeurs auxquels la loi Macron autorise des dérogations sur la limitation des heures de conduite des chauffeurs ? En somme, pourquoi se priver de faire du profit sur le dos des usagers et des agents ?

La « démocratie » des élections professionnelles

On est dans une période d’élections professionnelles où on nous dit que nous allons enfin pouvoir nous exprimer sur les politiques syndicales. On nous affirme que nos voix vont faire pencher la balance dans le sens que nous souhaitons. Mais, pour que cela soit vrai, encore faudrait-il que nous ayons voix au chapitre sur les candidatures or celles-ci ne sont pas libres. Encore faudrait-il que tous les cheminots puissent se présenter librement, ce qui n’est nullement le cas. Encore faudrait-il que nous ayons le droit de nous assembler, d’écrire nous-mêmes, d’afficher nos opinions, toutes choses qui sont parfaitement interdites, seuls les appareils syndicaux ayant le droit de s’exprimer au sein de l’entreprise. Encore faudrait-il aussi que ces appareils syndicaux aient le souci de connaître notre opinion. Or ils ne cessent de se réunir avec la direction et ne se réunissent jamais avec nous. Alors ce n’est pas cette élection professionnelle dont toutes les règles sont édictées par le patron, y compris le nombre d’élus de chaque secteur, qui vont nous permettre de choisir nos représentants.

Ce qu’ils méritent

Emmanuel Macron s’est dit favorable à l’instauration de primes au mérite pour les fonctionnaires. A chacun selon son mérite ? Alors, pourquoi retenir tous les coups de pieds au derrière que ce gouvernement de hauts fonctionnaires mérite de la classe ouvrière ?!!!

SA 2016 : ne nous faisons pas rouler !

La direction a diffusé en amont des commissions roulements des journées de services non montées en grille. Elle demandait aux conducteurs des roulements susceptibles d’avoir ces JS de se prononcer dessus. Elle a présenté cette initiative comme gage de sa bonne volonté de dialogue gagnant-gagnant avec les conducteurs. Résultat, les conducteurs des roulements les plus touchés avec l’ouverture de Rosa Parks feront selon les JS 26 km de plus soit une demi-heure de travail en plus. Les journées sont déjà blindées pour ne pas en rajouter. Il n’y a rien à négocier avec la direction. Pas un km, pas une minute de plus ! La hausse de la charge doit créer des JS et les embauches correspondantes !

Auvergne et Rhône-Alpes SNCF - Une incurie de plus en plus générale !

Depuis mardi dernier, le trafic ferroviaire entre Aurec-sur-Loire et Firminy, sur la ligne Puy-en-Velay/Saint-Etienne, a été coupé pour plusieurs jours et les trains ont été remplacés par des bus. En cause ? Les feuilles mortes ! En recouvrant les voies, elles seraient à l’origine d’un manque d’adhérence entre le rail et les roues des trains. Il faut dire que la chute des feuilles en automne est un phénomène imprévisible. Cela montre l’absence d’entretien, le manque de personnel et l’état d’abandon général des lignes secondaires de la SNCF.


« Dialogue social », le grand mot est lâché !

Hollande a une idée sur ce qui serait bon pour les salariés : accepter les gifles et dire merci du moment que celui qui vous frappe vous propose d’en discuter ou qu’il vous tend la main ! Si on vous impose de travailler plus en gagnant moins, en vous menaçant de licenciement si vous refusez, en vous traitant de « voyou » si vous vous révoltez, en venant vous arrêter à six heures du matin à votre domicile et en vous menaçant de cinq ans de prison ferme pour… avoir défendu votre emploi, votre salaire, votre famille, parce que vous estimez dangereux de conduire des centaines d’heures en plus des avions avec la responsabilité de la vie des passagers, aurez-vous envie de serrer la main qui vous frappe, de bavarder gentiment avec le patron qui vous fait subir ce chantage, avec le gouvernement qui le cautionne ?!! Ce n’est pas comme cela qu’on vous a posé le problème dans les média, dans le discours des gouvernants et des hommes politiques, c’est-à-dire des patrons et de leurs défenseurs. Certainement pas ! C’est à vous, salariés, de le poser ainsi parce que, n’en déplaise à tous les Hollande, à tous les défenseurs du « dialogue social », s’ils défendent le dialogue, c’est qu’il y a bel et bien deux camps en présence, les salariés et les patrons, et que chacun ne peut que choisir son camp ou être trompé par le discours selon lequel nous aurions tous les mêmes intérêts, qu’on soit patron ou salarié, selon lequel l’Etat et le gouvernement seraient impartiaux et seraient là pour équilibrer les deux camps. Et les deux camps, ce sont bel et bien les deux classes sociales fondamentales de la société, les travailleurs et les exploiteurs !

Dans l’affaire des licenciements à Air France, on a bien vu que le gouvernement a déclaré « être entièrement du côté du patron » ! De même qu’il était entièrement du côté du patron de l’APHP (hôpital public) qui veut supprimer des repos et des congés, qui veut surexploiter les personnels. De même qu’il était entièrement du côté du patron de Radio France qui démolit le service public de radio comme des patrons de France Télévisons ou de l’AFP qui font de même ou du PDG de la SNCF, chargé de détruire le service public du Rail, ou encore du côté du patron de Total ou d’Areva qui suppriment massivement des emplois, du patron de PSA qui licencie ou du patron de Renault qui bloque les salaires et supprime massivement des emplois.

Quand le gouvernement a développé des crédits d’impôts, quand il a commencé à casser le droit social, supprimant les pénalités des licenciements abusifs par exemple, où a-t-on vu un gouvernement faisant l’équilibre entre patrons et salariés, quand des patrons ont lancé des plans de licenciements comme à Peugeot, à Goodyear ou ailleurs, a-t-on vu le gouvernement s’opposer une seule fois aux licenciements en prenant le parti des salariés ? Nulle part ! A-t-on une raison de le croire quand il dit essayer d’éviter les licenciements à Air France alors qu’il veut seulement peser en faveur du chantage patronal, faire accepter des reculs sociaux et faire passer les licenciements comme une conséquence d’un manque de solidarité des syndicats et des salariés ? Mais est-il exact que les syndicats de salariés auraient refusé le dialogue social ? Même à Air France, n’est-ce pas les syndicats de pilotes qui ont forcé les pilotes à reprendre le travail, de même que ce sont les syndicats qui ont forcé les salariés à reprendre le travail dans la grève de Radio France, qui ont imposé aux agents de l’hôpital public la négociation alors que les personnels de l’APHP affirmaient qu’il n’était pas question de discuter avec Hirsch de sa réforme bidon !

Hollande et Sarkozy, comme les média, font semblant de s’en prendre à des syndicats radicaux et irresponsables, mais ce sont les travailleurs eux-mêmes et non les centrales syndicales, qu’ils visent en réalité. La lutte des classes, c’est exactement cela qui les motive pour agir ainsi. Ils défendent les intérêts de la même classe, qu’ils soient de partis bourgeois de droite, de gauche ou d’extrême droite, ce sont des partisans de la même classe, de la classe capitaliste et des adversaires déclarés des travailleurs.

Et, dans toutes ces affaires qui ont rythmé la vie sociale de ces dernières années, où a-t-on vu que les syndicats aient refusé de négocier jusqu’au bout et même de continuer à négocier après l’annonce des attaques scandaleuses, et même ensuite de négocier pour discuter de leur mise en place ? Nulle part !

Ce qui a manqué à Air France, ce serait paraît-il le dialogue social. C’est ce qu’affirme Hollande, applaudi par les syndicats patronaux. Selon lui, l’entreprise, l’économie, le pays, c’est une seule et même barque dans laquelle tout le monde, patronat, salariés et gouvernement, est embarqué et on ne peut pas s’en désolidariser. Il y aurait bien sûr des intérêts divergents mais la seule solution serait de négocier gentiment, de se comprendre et de s’entendre. Cela suppose d’accepter des réformes, traduisez des reculs sociaux causés paraît-il par les difficultés économiques. On a entendu ce discours à toutes les sauces dans la bouche des hommes politiques, des gouvernements, dans les média.

Mais qui refuse le dialogue social ? Certainement pas les syndicats de salariés ! Certes CGT et SUD ont, pour une fois, refusé symboliquement de participer à une mise en scène de la « concertation sociale » juste après une attaque en règle contre les salariés d’Air France. Mais de là à en tirer l’idée qu’ils refusent toute concertation, qu’ils mènent la lutte des classes, de manière radicale, il y a du chemin ! Ces deux syndicats continuent à négocier avec la direction de la SNCF alors que le plan de casse du service public du Rail est en chemin. Ces deux syndicats continuent à négocier à Radio France, à France Télévisions, et partout où les attaques contre le service public sont menées tambour battant. Ils avaient négocié malgré les huées des agents de l’hôpital public APHP lors de l’attaque contre la Santé menée par le PDG de l’APHP Hirsch. Tous les syndicats ont participé à la négociation sur les retraites complémentaires, comme ils l’avaient fait aussi sur le chômage, sur le plan de sauvegarde de l’emploi, les suppressions d’emploi à Areva ou à Mory Global, sur les blocages de salaire à Renault ou à la Société Générale, avec au bout de ces négociations la signature de certains syndicats mais la caution de tous puisque tous acceptaient le cadre des négociations !!! Mais oui, n’en déplaise à Hollande, les syndicats négocient, dialoguent, ne cessent de dialoguer et le niveau social recule, ne cesse de reculer, au rythme même des négociations. Même avec Sarkozy, les syndicats ne cessaient de dialoguer, de négocier…

C’est cette tromperie sociale qui mène, de négociation en négociation, à la réduction des aides sociales, des retraites, de la santé publique, de la sécu, de l’hôpital public, de l’école publique, des allocations chômage, du code du travail et de tout droit social. Tous les syndicats, qu’ils signent ou pas ces reculs, ont accepté de les négocier !

Même la CGT, présentée par Hollande comme un syndicat de lutte de classe radicale, comme les plus rouges des rouges, a sauvé le PDG d’Air France de la colère des salariés, a dénoncé les « violences » des salariés en colère « autant que celles des patrons », a revendiqué le « retour au dialogue social calme et responsable à Air France », de même que c’est la CGT qui a fait croire à l’époque du mouvement des retraites que la grève générale n’était pas à l’ordre du jour, que le seul moyen de défendre les retraites consistait à virer Sarkozy en faisant élire Hollande ! Et c’est encore la CGT qui se refuse à défendre les salariés arrêtés, menacés de prison et de licenciement, par le seul moyen de défense qu’aient les travailleurs : en appelant les salariés d’Air France à la grève générale. C’est encore la CGT qui menait des négociations clandestines à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, discrètes pour ne pas être dérangée par les agents hospitaliers en colère. C’est encore un dirigeant CGT, qui allait devenir par la suite le secrétaire général national du syndicat, et qui a fait le rapport au Conseil Economique, social et Environnemental en faveur de la privatisation de la SNCF ! C’est toujours la CGT qui a voté à Renault en faveur du plan social de Ghosn ou encore en faveur du PDG quand il était contesté notamment pour avoir accusé mensongèrement ses collaborateurs d’espionnage.

Non, aucune centrale syndicale ne défend la lutte des classes et moins encore le syndicalisme révolutionnaire, aucune ne défend le combat contre le système capitaliste, aucune ne défend même l’idée que l’entreprise ne serait pas le lieu d’une entente de classe, que l’on ne doit pas collaborer avec son ennemi. Aucune ne défend l’idée que les travailleurs sont porteurs d’une autre société, fondée sur l’intérêt collectif de la population et pas sur celui de l’infime minorité des possesseurs de capitaux. Aucune ne prône la suppression de la propriété privée des moyens de production. Aucune n’est pour en finir avec un Etat entièrement au service de la classe capitaliste. Aucune centrale syndicale ne vit essentiellement des rentrées d’argent des cotisations et pas des sommes données par le patronat et l’Etat. Toutes les centrales syndicales passent l’essentiel du temps de leurs militants à des réunions avec nos ennemis du patronat et du gouvernement.

Eh bien, si la classe ouvrière, si les salariés ont besoin d’un dialogue, c’est celui entre travailleurs et pas avec nos ennemis car nous n’avons rien dont nous puissions les convaincre par la discussion alors que nous avons absolument besoin d’échanger entre nous pour développer notre programme de défense face à l’attaque patronale et gouvernementale, pour unir nos luttes, pour préparer notre avenir face à un capitalisme en faillite qui ne peut que nous préparer comme avenir que des guerres, des terrorismes et des guerres civiles, que de la misère et des violences de toutes sortes.

Oui, dialoguons avec les travailleurs de nos bureaux, de nos ateliers, des services publics, des entreprises privées, du service d’à côté, de l’entreprise d’à côté, de nos voisins de palier, du quartier, pour préparer les liens qui nous permettront de nous informer mutuellement de nos revendications, de nos luttes, pour tisser un réseau nous permettant d’unifier nos luttes et de les organiser par nous-mêmes. Le véritable dialogue social est celui au sein de notre classe sociale, celle de tous ceux qui n’exploitent personne, qui ne licencient personne, qui n’expulsent personne, qui ne font fermer le compte en banque ni le courant de personne, qui ne cassent les salaires de personne, des travailleurs de toutes professions et de toutes catégories, c’est-à-dire de l’immense majorité de la population, celle qui fait fonctionner toute la société par son travail et qui en tire de moins en moins les bénéfices. Les seuls avec lesquels nous ne devons pas dialoguer mais que nous devons combattre sont ceux qui nous combattent, ceux qui préfèrent protéger leurs milliards de profits que nos emplois, que nos salaires, que nos vies. On ne dialogue pas avec les patrons bandits, les patrons maîtres chanteurs, les patrons preneurs d’otages, les patrons casseurs des emplois, les patrons qui précarisent, qui poussent au suicide, qui harcèlent, qui fliquent les salariés, qui les terrorisent, qui les exploitent, qui réduisent leur durée de vie, qui sont cause des morts au travail, qui détruisent les vies de famille, en somme toute la classe capitaliste et ses suppôts gouvernementaux.

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