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Edito – Qui l’emportera ?

dimanche 23 août 2015, par Robert Paris

Edito – Qui l’emportera ?

Hollande et Valls l’ont clamé le 14 juillet dernier, en glorifiant les armées de la France en guerre tous azimuts, y compris sur le sol français, « La France est en guerre, à l’intérieur comme à l’extérieur », affirmant ainsi que tout cela est la même guerre, du Mali à Paris et de l’Irak à l’Aghanistan, en passant par le Niger, le Centrafrique ou la Syrie, ou encore le Yémen. Ils n’ont pas précisé s’ils estimaient que c’était aussi « la même guerre » contre la Russie ou contre la Chine ! Ils n’ont pas non plus expliqué ce que signifiait leur engagement aux côtés des USA, déclarant que « si l’accord nucléaire est rompu avec l’Iran, c’est la guerre ! »

« C’est la guerre ! », voilà un slogan qui fait dynamique pour un gouvernement qui se prétend en guerre contre le chômage, en guerre contre les déficits de l’Etat, en guerre contre l’effondrement de l’industrie, en guerre contre la crise paysanne, en guerre contre les retardataires qui refusent les réformes, en guerre contre tous ceux qui ne veulent pas accepter les sacrifices nécessaires pour… sauver les services publics que l’on sacrifie en fait comme l’hôpital public, comme Radio France, comme France Télévisions, comme EDF, comme la SNCF et tout cela pour sauver les patrons du secteur privé, celui des trusts pharmaceutiques auxquels on sacrifie l’hôpital public et la sécu, celui du bâtiment auquel on sacrifie tout l’argent public, celui des banques, celui des trusts, pour lesquels il y a toujours de l’argent comme on vient de le démontrer pour Areva…

« C’est la guerre ! » est en fait le mot d’ordre du grand capital, dont le gouvernement n’est que l’un des agents publics.

La guerre armée est prétendument là pour sauver la sécurité des Français et la guerre sociale est soi-disant là pour sauver l’emploi, l’économie, les salaires.

Quant à la « guerre contre le terrorisme » que proclament tous les Valls-Sarkozy-Hollande-Bush, elle est tout aussi mensongère puisque ce sont leurs guerres qui le produisent, l’entretiennent, l’arment et même le financent… L’impérialisme est le père de tous les terrorismes. Il n’y a quasiment aucun pays où le terrorisme se soit développé avant l’intervention impérialiste ou l’intervention violente de la bourgeoisie locale. Et les guerres extérieures ne font que mettre en cause la sécurité intérieure au lieu de la protéger.

En fait de défense de la sécurité des populations, c’est tout le contraire : les guerres extérieures de la France (comme celles des USA et autres puissances impérialistes) servent à susciter des terroristes sur le sol français. Elles causent des sacrifices des populations civiles de ces pays qui les contraignent à l’exil et les poussent sur les routes, exil que les gouvernement occidentaux dénoncent alors en bloquant militairement l’arrivée des migrants.

Les puissances occidentales disent lutter mondialement contre une vague de terrorisme mais leurs interventions armées dans le monde sont elles-mêmes une vague de terrorisme : bombardements des villes, destructions massives des installations, des maisons, des hôpitaux, des écoles, assassinats massifs de civils, méthodes de terreur et de torture qui valent largement celles des groupes terroristes.

C’est prétendument pour aider les peuples irakien, syrien, afghan, kurde, libyen, yéménite, etc., que nos gouvernants interviennent dans ces pays mais les immigrants venus de ces pays, ces mêmes gouvernants ne font pas même un geste pour leur donner à boire et à manger !!!

Et plus ils développent leurs prétendues « guerres contre le terrorisme », plus le terrorisme s’accroît dans le monde, et plus ils estiment que cela justifie d’augmenter la taille de ces guerres…

La gravité des conflits s’accroît, comme augmente la taille de la zone du monde en guerre permanente. Car aucune de ces guerres n’a de fin…

C’est désormais un territoire immense du monde qui est à feu et à sang et où les habitants doivent fuir pour essayer de survivre avec leurs familles, rejetés ensuite de partout, parqués comme des bêtes, affolés, affamés, assoiffés, sans ressource, sans espoir, sans abri.

Tout ce que les pays occidentaux, qui prétendaient exporter chez eux la démocratie, ont su faire, c’est leur apporter des bombardements, encore des bombardements, toujours des bombardements.

Ce territoire immense va du Mali à l’Afghanistan, en passant par le Niger, par la Libye, par la Palestine, par la Syrie, par l’Irak, par le Yémen et la Somalie et on en passe… Cela s’étend même à l’Ukraine et cela menace maintenant la mer de Chine…

Qu’est-ce qui fait que la guerre se propage comme le feu dans une forêt sèche ?

Est-ce que les pays occidentaux détestent tellement les dictatures des pays pauvres qu’ils se sont mis à ne plus les supporter ? Alors pourquoi continuent-ils de soutenir la plupart d’entre elles ?

Est-ce que ces mêmes pays occidentaux se sont mis à ne plus supporter les exactions des groupes dits de l’intégrisme radical se revendiquant de la religion musulmane pour exercer leur dictature ? Mais alors pourquoi les soutiennent-ils encore en Syrie et en Libye ou en Irak comme ils avaient soutenu Al Qaïda en Afghanistan ?

Le terrorisme, ils ne le détestent pas tant que cela puisqu’ils l’appuient quand cela les arrange et leurs méthodes militaires sont elles aussi du terrorisme puisque cela consiste à bombarder les populations civiles qu’ils prétendent sauver, à détruire les pays qu’ils affirment reconstruire.

Ils ont occupé des pays comme l’Irak, Haïti, le Kosovo ou l’Afghanistan mais où en est la reconstruction de ce qu’ils y ont détruit par leurs interventions ?

Et ce qu’ils ont détruit, ce n’est pas seulement des installations, des maisons, des hôpitaux mais toute l’infrastructure de la vie civile, la confiance des populations en elles-mêmes, tout l’édifice social de ces pays… C’est cela qui contraint les peuples à s’enfuir, à immigrer et amène ensuite une immigration plus massive que jamais vers les pays riches…

Oui, ce n’est pas seulement les USA ou la France qui s’affichent « en guerre ». Ce n’est pas seulement la Russie ou la Chine. C’est même le Japon et l’Allemagne qui réarment et affichent des volontés d’interventions extérieures, alors que, depuis la deuxième guerre mondiale, ces deux pays avaient affiché au contraire la volonté de ne jamais réarmer, de ne jamais recommencer d’opérations militaires extérieures.

Le ton guerrier monte entre la Russie et l’Europe, entre la Russie et les USA (notamment à propos de l’Ukraine mais pas seulement), mais aussi entre la Chine et le Japon, entre la Corée du sud et la Corée du nord.

Alors pourquoi la guerre monte-t-elle de manière apparemment inexorable dans le monde capitaliste alors que ce dernier avait affirmé que désormais, après la chute du mur de Berlin, l’Est (soi-disant communiste) et l’Ouest (soi-disant démocratique) n’étant plus en lutte et étant réunis sous la bannière du capitalisme, il n’y aurait plus d’affrontements mondiaux ?

Certains le justifient en prétendant que tout cela proviendrait d’une seule religion, d’une seule région du monde, celle des Musulmans. L’affrontement Est/Ouest serait ainsi remplacé par celui entre Islam et Occident, la fameuse « guerre des civilisations » dont se revendiquent Bush, Sarkozy et Valls…

Mais comment expliquent-ils que le terrorisme concerne les bouddhistes comme en Inde, au Cachemire, en Indonésie, qu’il concerne aussi les chrétiens comme au Centrafrique ou en Côte d’Ivoire, etc.

Comment expliquent-ils que l’occident dit démocratique soit aussi copain comme cochon des dictatures les plus islamistes de la planète comme l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes, la Turquie, l’Indonésie, le Pakistan ?

Comment expliquent-ils qu’ils soutiennent politiquement, arment et financent des groupes terroristes se revendiquant de l’Islam comme en Syrie, en Irak, en Afghanistan ?

Comment expliquent-ils que la partie du monde capitaliste qui se dit « l’occident » soit de plus en plus en guerre avec la Chine et la Russie, deux nations qui elles aussi affrontent des terroristes se revendiquant de l’Islam (Tchétchènes et Ouïghours notamment) ?

Tout cela est du pipeau pour alimenter la montée des sentiments nationalistes, xénophobes, racistes et fascistes.

La vraie cause d’une montée mondiale de la guerre, c’est la crise de la domination capitaliste sur l’économie mondiale, crise qui a frappé en 2007 sa principale métropole, les Etats-Unis avant de toucher toute la planète, crise qui est loin d’être résolue comme le montre l’affolement général face à la crise chinoise.

Oui, les guerres extérieures sont directement reliées aux guerres intérieures, c’est-à-dire à la lutte des classes !

C’est au moment où les classes dirigeantes savent qu’elles vont devoir s’attaquer violemment aux travailleurs qu’elles choisissent de détourner leur colère vers d’autres objectifs, contre les étrangers, contre les immigrés, contre les Roms, contre les sans papiers, contre les Musulmans ou contre les Russes, contre les Chinois…

Elles ont agi de même durant deux guerres mondiales, qui étaient également issues de deux crises mondiales du capitalisme. Car si le monde bascule dans la guerre, ce n’est pas à cause des rivalités entre impérialismes, qui, elles, sont permanentes et se règlent par des négociations et, éventuellement, des conflits localisés.

Non, si les classes dirigeantes choisissent la guerre mondiale, c’est pour détourner des risques de la luttes de classes en période de crise économique aigüe, une période où ces capitalistes ne peuvent plus compter sur l’appui de la classe moyenne, celle-ci étant menacée de basculer elle aussi dans la misère.

Si le grand capital étend sans cesse la partie du monde à feu et à sang, ce n’est pas pour sauver des peuples opprimés, mais pour sauver le système d’exploitation et d’oppression contre la révolution prolétarienne.

Inversement, si nous voulons nous soustraire aux horreurs que l’on nous prépare, ce n’est pas à la guerre contre des peuples qu’il faut nous préparer mais à la révolution sociale. Il n’y aura pas d’amélioration de cette société à attendre du capitalisme car celui-ci, ayant atteint ses limites, ne peut que nous réserver un avenir fait de violences sans fin.

Alors la seule guerre juste, c’est la guerre aux exploiteurs, la guerre aux licencieurs, la guerre aux ennemis des travailleurs et des peuples et aux Etats qui les défendent ! C’est la lutte des classes !

1 Message

  • Edito – Qui l’emportera ? 23 août 2015 08:24

    La France, des méthodes terroristes ?

    Au nom de la lutte contre le terrorisme, l’Etat français accélère ses opérations clandestines visant à exécuter des personnes ciblées sans forme de procès. François Hollande maintient une liste de cibles potentielles de personnes à tuer, qu’il discute régulièrement avec de hauts responsables de l’armée et du renseignement.

    Ce programme de meurtre d’Etat, qui viole des droits constitutionnels fondamentaux dans un pays où la peine de mort est illégale, souligne la dégénérescence profonde de la démocratie bourgeoise. Alors que les guerres impérialistes se généralisent dans l’ancien empire colonial français et que la crise sociale se généralise en France, l’Etat revient vers des niveaux de criminalité connus lors de la guerre d’Algérie et du régime de Vichy.
    La presse a révélé le programme d’assassinat mené par Paris – notamment dans les régions où la France a lancé des interventions militaires prétendument pour lutter contre le terrorisme, en Afrique et au Moyen Orient – et l’a applaudi.

    Dans un article du 8 août intitulé « Guerre contre le terrorisme - Permis de tuer », Le Point a insisté que la président français a le droit de tuer une personne qui n’a pas été accusée, et encore moins reconnue coupable, d’un crime. Le magazine écrit, « L’État de droit a sa part d’ombre. Le président de la République a le droit de tuer, malgré l’abolition de la peine de mort. Monarque républicain, le chef des armées possède la faculté de baisser le pouce en décidant, seul et de sang-froid, de faire passer un homme de vie à trépas ».
    Selon Le Point, « Ce droit est incontestable, parce qu’il n’est écrit nulle part. Et parce que son exercice n’est ni discuté, ni partagé, ni contrôlé ».

    Selon Slate, la liste de cibles à assassiner maintenue par Hollande « regroupe les noms des terroristes et autres ennemis déclarés dont le président de la République autorise l’élimination sans autre forme de procès. C’est à dire leur mise à mort, sans sommation, n’importe quand, dès que les services secrets ou les officiers du renseignement militaire seront parvenus à les localiser ».

    Ceci souligne la complicité de toute la classe politique bourgeoisie dans la création et la promotion en France d’un appareil étatique entraîné à commettre des assassinats politiques.

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