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Bulletin La Voix des Travailleurs de l’Hôpital Saint-Antoine

jeudi 14 novembre 2013, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx


Infecte, la direction !

Malgré toutes les infections avec germes multirésistants qui s’accroît et sont difficiles à éradiquer, malgré toutes les informations que l’on nous a rabâché à longueur de journée et les lettres du CLIN (Comité de Lutte des Infections Nosocomiales) pour que le personnel prenne les précautions adéquates, malgré tous ces discours, rien de changé ! Et d’abord les matériels manquants : les draps, les protections, les gants, les masques manquants et surtout les blouses manquantes et amenant les personnels à travailler plusieurs jours et même semaines d’affilée dans la même…

La simple information réelle des personnels et des patients ainsi que de leurs visiteurs n’est pas faite. Pourquoi la direction ne se préoccupe-t-elle pas d’informer du danger pour les personnes en contact avec les malades atteints qui auraient des proches soignés aux antibiotiques ? A-t-on jamais demandé à une infirmière ou une aide-soignante s’occupant de ces malades : êtes-vous soigné aux antibiotiques ou avez-vous un proche qui l’est ? C’est pourtant là qu’est le principal danger.

On demande aux personnels de se laver les mains avec un produit désinfectant mais on ne dit pas que ces désinfectants ne peuvent nullement éradiquer les maladies en question. On demande de porter des blouses aux personnels et aux visiteurs mais on omet de leur dire où est le principal danger : par exemple le lit et les vêtements du malade, les urines et matières fécales. Les visiteurs mettent la blouse puis embrassent ou serrent la main du malade !!! Quant aux personnels, dans la mesure où ils sont contraints d’aller d’un malade de ce type vers d’autres, la propagation est inévitable ! En réalité, l’objectif des campagnes de la direction est de se couvrir et d’accuser les pratiques des personnels.

Au secours, on est bloqués !

Certains ascenseurs de Caroli ont été changés. Il était temps ! Les pannes à répétition s’étaient multipliées. Et un progrès étonnant a été réalisé : ces ascenseurs ont la parole. Et cette innovation pourrait s’étendre. Imaginez que les autres ascenseurs de l’hôpital apprennent : on entendrait un peu partout des cris d’alarme : sauvez-nous, on est bloqués !

La direction manque de tenue

Les tenues à l’hôpital ont de plus en plus de mal à arriver dans les services. Parfois on est obligés de rester plusieurs jours avec la même tenue quand on ne trouve pas de tenue papier. Certaines personnes sont obligées de laver les tenues chez elles (avec tous les risques que cela comporte d’importer des maladies à la maison) pour s’assurer de disposer de leur tenue. Risques aggravés si on a des enfants en bas âge ou des personnes immunodépressives à son domicile. Une direction pareille ne se sent pas tenue… à grand-chose.

Compte-épargne pénibilité : les infirmières du public en sont privées

Alors que le gouvernement se félicite de prendre en compte la pénibilité dans sa nouvelle réforme des retraites, cette mesure ne fait que diviser les travailleurs. En effet, le compte-épargne pénibilité ne concerne que les IDE du privé ! Pourquoi ? On nous répondra que les IDE du public bénéficient déjà d’une prise en compte de la pénibilité lorsqu’elles sont en catégorie B (bonification d’un an pour dix ans travaillés). Oui mais c’est une catégorie qui est amenée à disparaître du fait de l’embauche systématique des nouveaux IDE en catégorie A (emploi sédentaire) et des départs massifs à la retraite dans les années à venir. Alors, on a d’un côté l’IDE du privé qui pourra partir plus tôt grâce à son compte-épargne pénibilité et de l’autre l’IDE du public en catégorie A (dit sédentaire) qui travaillera jusqu’à 60 ans ou plus. C’est pas la même pénibilité ?

Baratin gouvernemental

Lundi 4 novembre, une manifestation a eu lieu devant l’Hôtel-Dieu pour dénoncer la fermeture des urgences et le double discours du gouvernement. En effet, ce lundi 4 novembre, la dernière caserne de pompiers a amené le dernier patient. C’est donc bien ce lundi que le service d’urgence ferme. Les cas graves iront ailleurs. La direction a essayé sans succès de récupérer le mobilier des urgences et le personnel s’y est opposé. Elle propose plusieurs fois par semaine aux personnels d’être mutés ailleurs. La décision prise par la ministre de la Santé de repousser la fermeture des urgences n’était donc que de la poudre aux yeux. Les urgences déjà saturées des autres hôpitaux (Cochin, La Pitié, Saint-Antoine, etc…) devront donc accueillir de plus en plus de patients. Or, plus on attend aux urgences, plus la mortalité grandit.

Grève passée sous silence

Les sages-femmes sont en grève illimitée depuis le 16 octobre pour réclamer une réforme de leur statut, une meilleure reconnaissance de leurs années d’études et des augmentations de salaires. Alors que ce mouvement est très suivi (environ 70% et parfois 100%), les média en parlent le moins possible. Bien entendu, les réquisitions sont monnaie courante, non seulement par souci de la sécurité des patients, mais parce que la direction se fonde là-dessus pour casser les grèves. Au point qu’on se retrouve parfois plus nombreux à travailler en période de grève qu’en temps normal !! Voilà sur quoi compte la direction pour supprimer les mouvements. Jusqu’au jour où la colère sera telle que l’hôpital public, toutes professions confondues sera en ébullition et où ses petites manœuvres seront inutiles…


Après Quimper, se mobiliser mais avec qui et contre qui ?

Les patrons d’entreprises petites et moyennes de Bretagne affirment être victimes du fisc et devoir, à cause de cela, fermer boutique ou licencier. Et il est vrai que les annonces de suppressions d’emplois, en Bretagne et dans bien d’autres régions du pays se multiplient et que leurs patrons et leurs salariés se joignent à une fronde antifiscale qui reproche au gouvernement de gauche d’augmenter les taxes et autres impôts. D’où la mobilisation des « bonnets rouges » en Bretagne qui pourrait bien se propager dans le reste du pays. Unir les travailleurs et les autres victimes du capitalisme et de l’Etat bourgeois, pourquoi pas mais encore faut-il le faire en se battant avec de vrais alliés et contre de vrais ennemis et pas en cédant au chantage au licenciement ni en manifestant aux côtés de patrons licencieurs.

Tout d’abord, il faut combattre la démagogie qui prétend que les entreprises licencient parce qu’elles seraient plombées par l’Etat. Si l’économie s’effondre, ce n’est pas l’Etat français qui l’a plombée mais la crise mondiale du capitalisme débutée en 2007 et qui, à l’échelle mondiale, n’a pas eu de fin.

Dans la crise de 2007-2008, les Etats, loin de faire chuter les entreprises, ont dépensé des milliers de milliards de fonds d’état ou des banques centrales pour aider les patrons privés sans même réclamer des contreparties ni en termes d’emplois sauvés ni en termes de nationalisation de l’économie. Cela n’empêche pas les démagogues d’affirmer aujourd’hui que ce sont les Etats qui plombent les économies !!!

Hollande avait démagogiquement affirmé qu’il ferait payer les spéculateurs, les capitalistes qui cachent leurs revenus au fisc et autres financiers qui misent sur les dettes de l’Etat, sur la chute de l’économie, sur la chute de la monnaie, sur l’effondrement du pays ou qui cachent leurs revenus dans des paradis fiscaux. Eh bien, pas plus Hollande que Sarkozy, pas plus Fillon que Le Pen, pas plus Borloo que Mélenchon ne veulent vraiment s’en prendre au grand capital.

Et il leur reste forcément à s’en prendre aux travailleurs, aux milieux populaires et aussi finalement aux milieux de la petite bourgeoisie. Si les ministres des finances, que ce soit Moscovici ou Cahuzac ou encore Woerth, sont toujours prêts à accepter que des grands patrons ne paient pas d’impôts. C’est même le gouvernement lui-même qui leur suggère les moyens d’échapper au fisc comme le crédit impôts-compétitivité-emploi. Loin de calmer les revendications patronales, tous les reculs gouvernementaux ne font qu’augmenter les exigences patronales qu’ils appuient toujours sur des menaces de suppressions d’emploi, comme viennent par exemple de le faire les patrons de Peugeot et Renault.

Bien sûr, le cas des petits patrons est différent. Ils ne sont pas sauvés par l’Etat dans la crise. Ce ne sont pas eux les responsables de la société, ni les spéculateurs qui ont plombé l’économie. Certains d’entre eux travaillent et sont réellement parmi les victimes de la crise du capitalisme. Nous, travailleurs, pouvons effectivement nous retrouver dans la rue avec les couches petites bourgeoises mais à condition que ce soit contre des adversaires clairs et sur des objectifs clairs, et pas pour être les dindons de la farce et pour tirer les marrons du feu pour d’autres !

Nous pouvons manifester ensemble, avec des petits paysans, des petits artisans, des petits commerçants et même des petits entrepreneurs, mais pour faire payer Total et autres trusts du CAC 40, pour faire payer les banquiers et les spéculateurs, les gros actionnaires et les profiteurs, et pas sous la menace du chantage aux licenciements de ces petits bourgeois. Nous ne pouvons pas prendre partie pour nos exploiteurs, même pour lutter contre l’Etat bourgeois. Les salariés des entreprises qui licencient ont besoin de rassemblements régionaux qui les unifient avec d’autres salariés menacés de licenciements et même avec d’autres couches sociales qui sont révoltées comme les petits paysans ou les transporteurs, mais à condition que cette mobilisation soit tournée contre le grand capital, à condition qu’elle dénonce l’Etat parce qu’il aide les grands capitalistes et pas parce qu’il ne les aiderait pas assez.

Les travailleurs n’ont aucune raison d’accepter d’être ponctionnés alors que tout l’argent est distribué au grand capital et n’est plus investi pour la santé, l’éducation, la recherche, les transports, les postes, les communications et l’énergie publics.

Alors que l’Etat menace les chômeurs et les retraités, les petits épargnants, les petits paysans, les petits commerçants, les petits pêcheurs, il est urgent d’unir ces couches sociales dans un grand mouvement mais il faut que se soient les travailleurs organisés dans des comités autonomes qui le dirigent et qu’il soit mené contre nos vrais adversaires : les banquiers, les patrons des trusts, les spéculateurs, les financiers.

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  • « En cinq ans, les agressions contre le personnel de santé dans les services d’urgence ont augmenté de plus de 80 % et la hausse atteint presque 100% au cours de la dernière année selon l’Observatoire des Violences en milieu de Santé (ONVS), avec 11.344 atteintes aux biens (29 % du total) et surtout aux personnes (71 %) déclarées par les établissements de santé en 2012, contre 5760 en 2011. En effet, les temps d’attente et les conditions d’accueil aux urgences, en partie liés aux coupes de personnel, font l’objet de très nombreux reproches et sont le principal facteur de violence : la plupart du temps, les agresseurs sont des patients qui n’ont pas supporté d’attendre et s’en sont pris aux soignants. La promiscuité, l’angoisse, l’attente de soins dans un espace confiné, facilitent l’expression des personnalités et des comportements individuels… On a fait du patient usager désormais, une sorte de client. Parce qu’il conteste la décision médicale, ou bien parce que le praticien refuse une prescription, un arrêt de travail, le patient peut faire preuve de violence... Protéger les personnels soignants est un devoir prioritaire des responsables du système hospitalier et des maisons de retraite. Être protégé sur son lieu de travail est d’ailleurs un droit élémentaire reconnu par la loi. » Philippe Billet, Directeur Général Ascom France.

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