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Arbres associés, enlacés, emmêlés, amoureux, interactifs, coopérant, échangeant, s’entraidant ou se volant mutuellement

vendredi 9 août 2013, par Robert Paris

Ce sont des arbres qui permettent à d’autres arbres d’exister et de se développer. Ainsi, dans la forêt d’Europe de l’ouest, les pins préparent le terrain, suivis des hêtres qui fondent l’humus nécessaire aux chênes... Certaines graines vont même pousser dans le tronc d’un arbre mort !

Arbres associés, enlacés, emmêlés, amoureux, interactifs, coopérant, échangeant, s’entraidant ou se volant mutuellement

La revue Imagine Magazine publie un article passionnant de Pablo Sevigne : Imaginez une vallée alpine où coexistent deux espèces d’arbres, le pin à écorce blanche (Pinus albicaulis) et le sapin des Rocheuses (Abies lasiocarpa). En bas de la vallée, là où il fait bon vivre, leur distribution est aléatoire. En haut, là où les conditions de vie sont plus difficiles, on ne trouve les sapins qu’autour des pins. Mieux, il a été mesuré qu’en bas de la vallée, lorsqu’un pin meurt, les sapins voisins poussent mieux. En haut, lorsqu’un pin meurt, les sapins poussent moins bien… Cette expérience, réalisée dans les années 90, est l’une des premières qui ont fait l’objet de mesures. Poursuivant leurs travaux, les pionniers de la « facilitation » chez les plantes (voir encadré Concept), ont fait le tour du globe pour voir s’ils pouvaient tirer de ces observations une règle générale. Réponse en 2002 dans la revue Nature : sur 11 sites aussi différents que l’Arctique, les déserts ou les forêts tropicales, où l’on trouvait un gradient de conditions faciles-difficiles, et sur 115 espèces de plantes, les chercheurs ont observé de la compétition dans les endroits où il fait bon vivre (9 sur 11) et de la coopération là où les conditions se gâtent (11 sur 11). C’est ainsi que l’écologie (des plantes) redécouvre officiellement l’autre grande loi de la jungle : l’entraide."

Les arbres s’entraident et communiquent

Des arbres qui communiquent par leurs racines

Des arbres qui communiquent entre eux grâce aux champignons

Pour déraciner quelques idées fausses sur les arbres

7 Messages de forum

  • J’ai vu de mes yeux en forêt de région parisienne, deux arbres distants de 2m, haut de 15m, relié l’un à l’autre par 1 seule branche qui a poussé sur le coté du tronc pour se reprendre sur l’autre tronc ! j’ai pris la photo et suis resté perplexe autant qu’ébahis par le phénomène.

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  • De Federico Garcia Lorca :

    A l’oreille d’une jeune fille.

    Je n’ai rien voulu

    Rien voulu te dire

    J’ai vu dans tes yeux deux jeunes arbres

    fous de brise, de rire et d’or,

    qui remuaient.

    je n’ai rien voulu rien voulu te dire

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  • Les arbres s’entraident à l’aide de leur racines qui ont suturés ensembles. Si l’un manque d’eau, une longue chaîene d’entraide souterraine, sous forme racinale acheminera de l’eau à l’arbre en difficulté.

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  • Selon la biologiste Lynn Margulis, célèbre pour son travail sur l’endosymbiose, la symbiose est un facteur clé de l’évolution des espèces. Elle considère que la théorie darwinienne, axée sur la compétition, est incomplète, et affirme qu’au contraire, l’évolution est orientée par des phénomènes de coopération, d‘interaction et de dépendance mutuelle entre organismes vivants.

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  • Un exemple : le parc du château de la Malmaison présente un platane vivant en symbiose avec un marronnier noir. Ils sont enchevêtrés, se nourrissent des mêmes éléments. Si l’un meurt, l’autre mourra également.

    D’autres cas de symbioses entre arbres :

    1°) Le peuplier profite de la fixation de l’azote réalisé chez l’Aulne. Ce dernier ne
    pouvant tout assimiler enrichit le sol en azote.

    2°) La mycorhization est identique entre le pin douglas et le bouleau. Flux net
    en direction du pin douglas car le pin douglas à des besoins plus important
    que le bouleau. On parle alors de « plante puits ».
    Le transfert des sucres 14C et 13C à leur niveau qui vont circuler d’un arbre à l’autre.
    Pour le prouver on plante un arbre qui ne fait pas mycorhizes, entre les deux arbres (c’est un témoin négatif).

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  • Par exemple, suivant les époques, on a trouvé divers couples d’arbres dans le Haut Jura :

    Il y a 10.000 ans, le couple pin/bouleau

    Il y a 8000 ans, le couple noisetier/hêtre

    Il y a 6000 ans, le couple hêtre/chêne

    Il y a 4000 ans, le couple orme/chêne

    Actuellement le couple sapin/épicéa en partie supérieure et le couple mélèze/arole en partie inférieure

    Le Jura, comme d’autres forêts, a donc connu une série de changements radicaux avec des dominations de plusieurs couples d’espèces d’arbres…

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  • Un arbre comme le hêtre a besoin d’être bien entouré. Par leurs racines, les arbres ne captent pas seulement l’eau du sol, ils communiquent, s’échangent de quoi se nourrir. Ils savent qu’à plusieurs, ils seront plus forts pour faire face à la météo par exemple.

    Cela vaut aussi pour les attaques d’insectes. Cette petite chenille qui grignote un morceau de feuilles ? L’arbre ne va pas se laisser faire comme ça. Il commence par produire un gaz qui va repousser les insectes. Ce gaz, les arbres voisins le sentent eux aussi et vont en produire à leur tour. Sauf que la portée de celui-ci n’est pas très grande. Mieux vaut donc utiliser des moyens de communication plus fiables.

    Les racines et les champignons sont tout indiqués. Les champignons sont la fibre internet de la forêt. Dans une cuillère à soupe, des chercheurs ont trouvé plusieurs kilomètres de réseaux filaires. Ainsi, l’arbre prévient ses congénères du danger tout proche. Bien sûr, cette protection n’est pas infaillible mais l’entraide leur permet de survivre.

    Cette entraide vaut aussi quand un arbre de la même espèce est malade. Ses congénères vont l’aider à se rétablir jusqu’au bout, en lui donnant de quoi se nourrir par les racines. Impossible de s’arrêter avant qu’il soit rétabli ou qu’il meure. Là encore, un tronc qui paraît mort peut encore vivre grâce à la solidarité des arbres pendant plusieurs années, a remarqué le forestier allemand.

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