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En souvenir de 1943, une révolution il y a 70 ans !

dimanche 7 juillet 2013, par Robert Paris

6 Messages de forum

  • N’est-il pas injuste d’accuser les organisations bourgeoises juives de n’avoir pas prévenus les Juifs de leur possible extermination puisque personne ne pouvait la prévoir ?

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  • En souvenir de 1943, une révolution il y a 70 ans ! 10 juillet 2013 16:23, par Robert Paris

    Pour ceux qui estiment que le massacre des Juifs d’Europe de l’Est était imprédictible : il faut lire les écrits de Trotsky :

    Décembre 1938 : « La bourgeoisie juive est restée fidèle au principe : ne rien donner. (Il s’agissait du refus de donner de l’argent à la lutte révolutionnaire y compris la lutte contre le fascisme - note M et R) Même aujourd’hui, quand c’est de sa tête qu’il s’agit. Étouffant dans ses contradictions, le capitalisme dirige des coups forcenés contre les Juifs et en outre une partie de ces coups tombe sur la bourgeoisie juive en dépit de tous ses “ services ” passés rendus au capitalisme. Des mesures de nature philanthropique pour les réfugiés deviennent de moins en moins efficaces en comparaison de l’immensité des maux qui accablent le peuple juif. (…) Le nombre de pays qui expulsent les Juifs ne cesse de croître. Le nombre de pays capables de les accueillir diminue. En même temps la lutte ne fait que s’exacerber. Il est possible d’imaginer sans difficulté ce qui attend les Juifs dès le début de la future guerre mondiale. Mais, même sans guerre, le prochain développement de la réaction mondiale signifie presque avec certitude l’extermination physique des Juifs. (…)Les éléments progressistes et perspicaces du peuple juif doivent venir au secours de l’avant garde révolutionnaire. Le temps presse. Un jour, aujourd’hui, équivaut à un mois ou même à une année. Ce que tu fais, fais le vite ! »
    Trotsky dans « La bourgeoisie juive et la lutte révolutionnaire »

    En mai 1940, il écrivait :

    « A l’époque de sa montée, le capitalisme a sorti le peuple juif du ghetto et en a fait l’instrument de son expansion commerciale. Aujourd’hui, la société capitaliste en déclin essaie de presser le peuple juif par tous ses pores : dix-sept millions d’individus sur les deux milliards qui habitent la terre, c’est-à-dire moins de 1% ne peuvent plus trouver de place sur notre planète ! »

    Trotsky dans le Manifeste pour la conférence d’alarme de la quatrième internationale
    En février 1934, il déclarait déjà dans une interview pour Class Struggle :

    « L’Etat fasciste allemand tout comme le conflit judéo-arabe confirment avec évidence le principe que la question juive ne peut être résolue dans le cadre du système capitaliste. J’ignore si la population juive sera reconstituée en tant que nation. En tout cas, il ne fait aucun doute que les conditions matérielles nécessaires à l’existence des juifs en tant que nation indépendante ne pourraient être offertes que par la révolution prolétarienne. L’idée qu’une nation peut prétendre plus qu’une autre au droit à un pays nous est complètement étrangère.
    On ne peut concevoir cette installation de base territoriale pour les juifs en Palestine ou dans tout autre pays qui ne s’accompagne de migrations d’importantes masses humaines. Seul le socialisme victorieux peut se charger de pareille tâche. On peut prévoir que cela se produira soit sur la base d’une compréhension mutuelle, soit avec l’aide d’une sorte de tribunal prolétarien international qui pourrait prendre en main cette question et la résoudre.
    La voie sans issue où se trouve engagée la population juive en Allemagne, est, tout comme le sionisme, indissolublement liée à la voie sans issue du capitalisme mondial dans son ensemble. Les travailleurs juifs ne seront préservés du pessimisme et du désespoir que lorsqu’ils auront une vision claire de cette interrelation. »

    Trotsky ne risquait pas de croire, comme tous les démocrates, que la montée de l’antisémitisme était due à l’opinion publique, lui qui cassait cette fausse idée de « l’opinion raciste » déjà en novembre 1913. voir ici

    Trotsky avait été un des rares à saluer la première réaction des Juifs contre les nazis même si celle-ci s’était faite par la voie du terrorisme que Trotsky désapprouvait d’une manière générale : voir ici

    Quand Staline et Hitler se sont partagé la Pologne, Trotsky ne diffusait aucune illusion sur la différence entre la domination stalinienne et la domination nazie : voir son texte sur les étoiles jumelles dans lequel il traité Staline et Hitler de jumeaux. Cela en dit long puisque, dès le 19 septembre 1939, Heydrich, adjoint de Himmler, avait annoncé la décision de “nettoyer les Juifs, l’intelligentsia, le clergé et la noblesse” en Pologne. Le 9 octobre, 550 000 Juifs étaient déportés à l’Est de la Vistule. Le 9 novembre, étudiants et enseignants de l’Université de Cracovie étaient envoyés au camp de Sachsenhausen.
    Quant à l’antisémitisme de Staline, Trotsky ne laissait aucun doute, écrivant même dans son ouvrage « Staline » :

    « Mentionnant la prédominance des juifs dans la fraction menchéviste au congrès de Londres en 1907, Koba écrivit : « A ce sujet, un des bolchéviks remarqua en plaisantant (je crois que c’était le camarade Alexinsky) que les menchéviks étaient une fraction juive, tandis que les bolchéviks étaient une fraction vraie-russe et que nous, bolchéviks, nous aurions peut-être à faire un pogrome dans le parti » Il est impossible de ne pas s’étonner, même aujourd’hui, que dans un article destiné aux ouvriers du Caucase, où l’atmosphère était empoisonnée de différences nationales, Staline ait jugé possible de citer une plaisanterie d’un goût aussi douteux. » voir ici

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  • Voilà qui me rappelle une conversation avec un ami qui nous disait :

    - rien de dialectique dans le génocide des Juifs. C’est un mal qui n’est le produit d’aucune contradiction et qui n’a connu aucune contradiction s’y opposant

    - c’est faux : le génocide est le produit de son contraire, la révolution sociale et a produit son contraire : la révolution sociale

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  • Sur la révolution des Juifs des camps :
    Erich Maria Remarque dans « L’étincelle de vie » ou « Le combat des survivants » :

    « Le SS Weber lui donna une bourrade : - signe, fumier ! Le prisonnier 509 (une des « vétérans » du camp, survivant des premières années) en avait assez lu : « Le soussigné se déclare volontaire… ». Il laissa retomber la feuille sur la table… - Je ne me déclare pas volontaire, prononça le 509… Il y eut un silence complet. – Quoi ? demanda alors Weber incrédule. Le 509 reprit son souffle. – Je ne me déclare pas volontaire. – Tu refuses de signer ? – Oui… Weber le fit basculer en avant et lui monta sur le dos…Le 509 poussa un cri et ne bougea plus. – Enlevez-moi ça… Bucher tremblait. Il ne voulait pas trembler, mais c’était plus fort que lui. Il était tout seul maintenant. Le 509 n’était plus là. Tout s’effondrait en lui. Il fallait faire vite comme le 509, sinon ce serait trop tard et il obéirait comme un automate. – Je ne signe pas non plus, balbutia-t-il. Weber ricana. – Regardez-moi ça ! Encore un. On se croirait revenu aux bons jours du début ! Bucher sentit à peine le coup. Il sombra dans des ténèbres pleines de craquements… Lorsqu’il revint à lui il était couché tout trempé près du 509 sur un sol en ciment… Lewinsky s’approcha. Il aperçut Goldstein près de lui. – Ils ont refusé. Tu aurais cru cela, toi ? – Non, pas de la part de prisonniers du petit camp… - Va trouver Werner, murmura-t-il. Va lui dire cela. Dis-lui aussi que celui qui nous demandait de ne pas oublier est revenu vivant. L’homme aquiesca et disparut en rasant le mur de la baraque… Lewinsky et Goldstein suivaient des yeux le convoi des brancardiers portant les corps des deux hommes encore en vie. – Cela représente un certain courage de la part de deux cadavres vivants de se révolter purement et simplement, non ? dit Goldstein. Je n’aurai jamais attendu cela d’un des hommes de la section des crevés. – Moi non plus. Lewinsky avait toujours les yeux fixés sur le petit groupe qui s’éloignait. – il faut qu’ils restent en vie, dit-il alors. Il ne faut pas qu’ils crèvent. Tu comprends pourquoi ? – Oui, s’ils crèvent, tout sera oublié dès demain. Sinon… « Sinon, ils seront pour le camp une preuve vivante qu’il y a quelque chose de changé », pensa Lewinsky. Mais il n’exprima pas sa pensée. – Nous avons besoin de cela, dit-il. Surtout maintenant. Ça aide à tenir. Goldstein approuva… - Il faut que quelques-uns d’entre nous demeurent, murmura le 509. Pour plus tard. Tout cela ne doit pas avoir été inutile. Quelques-uns qui ne soient pas brisés. Il s’étendit, épuisé. Penser le fatiguait autant que de courir… Le lendemain soir ils pouvaient parler. Leurs visages étaient si amaigris que toute enflure était réduite à peu de chose. Ils étaient couverts de tâches bleuet noir, mais leurs yeux s’ouvraient et leurs lèvres n’étaient que déchiquetées… - Quelques uns qui ne soient pas brisés et qui veuillent ne pas oublier… Lewinsky mit un paquet dans la main de Berger. – Tiens. C’est pour eux. – Quoi ? – De l’iode, de l’aspirine et du coton. Voici un rouleau de gze. Et ça, c’est de l’eau oxygénée. – Mais c’est toute une pharmacie, dit Berger, étonné. Où as-tu pris cela ? – Volé à l’hôpital. C’est l’un des nôtres qui nettoie. – Bon. Ça va être utile. – Voici du sucre. En morceaux. Donne-le leur dans de l’eau. C’est excellent, le sucre. – Du sucre ? demanda Lebenthal. Comment te l’es-tu procuré ? – Je ne peux pas te dire d’où il vient. C’est un homme de la baraque 9 qui l’a apporté…. La baraque 11 leur envoie ces six cigarettes… - Quand nous sortirons d’ici, dit-il, les gens ne vont pas tomber à genoux devant nous. On va vouloir tout oublier et tout repousser dans le passé. Nous avec le reste. Et beaucoup d’entre nous vont vouloir aussi oublier. – Je n’oublierai pas, dit sombrement Bucher. Ni cela, ni rien. – Bien. La vague d’épuisement allait le submerger… Lewinsky regardait avec étonnement le triangle rouge sur la veste du 509. Il ne s’attendait pas à cela. – Communiste ? demanda-t-il. Le 509 secoua la tête. – Socialiste ? – Non. – Alors quoi ? Il faut bien que tu aies été quelque chose ? Le 509 le regarda au visage. Ses orbites étaient encore marquées par les hémorragies. Ses yeux en étaient plus clairs encore ; ils semblaient ne pas faire partie de son visage détruit et noir. – Un bout d’humanité, si tu veux. – Quoi ? – Ça va, rien du tout. Lewinsky avait tout d’abord tiqué. – Ah, je vois un idéaliste, dit-il avec une nuance de mépris indulgent. Oh, après tout, ça m’est égal. Du moment qu’on peut compter sur vous. – Vous pouvez… Tu as fait partie du mouvement autrefois ? – Qu’est-ce que ça fait maintenant ? »

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  • En souvenir de 1943, une révolution il y a 70 ans ! 1er octobre 2014 09:04, par Robert Paris

    Oui, dans des milliers d’endroits, des Juifs ne se sont pas laissés faire. Le « Livre noir sur l’extermination des Juifs », par exemple, rapporte qu’une expression était née en Ukraine : celle de « village juif résistant », dans lequel les gens s’armaient, répliquaient aux forces d’assassinat spéciales de l’armée allemande et étaient tuées les armes à la main, pas en se résignant. Le livre noir, comme bien d’autres, contient le récit de soulèvements survenus dans plusieurs ghettos et camps de concentration : à Bialystok, Varsovie, Treblinka, Sobibor et dans bien d’autres. Les cas d’insurrection armée ne concernent pas seulement les ghettos et les camps de la mort. Un peu partout des Juifs, aidés d’autres habitants, ont bâti des résistances, mené des révoltes et même des révolutions. L’image du Juif résigné et fataliste n’est pas la représentation de la réalité historique mais une thèse qui arrange ceux qui veulent justifier l’inaction et justifier aussi leur refus de la révolution sociale face au fascisme, pourtant la seule réponse possible. Les classses dirigeantes, y compris, juives, ont toujours considéré qu’il fallait s’écraser et que réagir ne faisait que provoquer l’adversaire. La leçon vaut bien au-delà des seuls Juifs. Quand les couteaux sont tirés du côté des classes dirigeantes, il ne sert à rien d’enterrer a hache de guerre du seul côté des opprimés, cela ne calme même pas nos adversaires…

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  • Le 25 février 1941 un événement eut lieu sous l’occupation nazie à Amsterdam qui portera plus tard le nom de « grève de février. » En apprenant la déportation de quelque 425 Juifs néerlandais du quartier juif d’Amsterdam, des centaines de milliers de travailleurs néerlandais arrêtèrent le travail, quittèrent leur poste et firent une grève sauvage.

    Les conducteurs de tramway locaux furent les premiers à rejoindre la grève organisée par le Parti communiste néerlandais interdit et peu après, à mesure que la grève s’étendait dans toute la ville, les dockers du chantier naval local d’Amsterdam-Noord rejoignirent la protestation et débrayèrent en masse. La grève s’étendit à d’autres villes hollandaises voisines dont Utrecht et Zaanstad.

    La protestation des travailleurs contre la persécution de la population juive locale par les forces militaires d’occupation allemandes fut violemment écrasée par l’occupant nazi le lendemain. Trois communistes locaux furent fusillés immédiatement après la répression de la grève et douze autres furent envoyés dans les prisons allemandes. La grève néerlandaise de février resta la seule protestation de ce genre organisée par des non-Juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale.

    Dans les jours précédant la grève, il y avait eu des combats de rue entre les nervis nazis locaux du WA (Weerbaarheidsafdeling) et les groupes d’autodéfense juifs, pendant lesquels un membre du WA avait été mortellement blessé. Le 12 février, le commandement allemand stationna des militaires aux entrées du quartier juif dont l’accès était interdit aux non-juifs. D’autres affrontements violents eurent lieu jusqu’à ce que les autorités allemandes organisent un pogrom à grande échelle le 22 février où 425 jeunes juifs furent pris en otage, puis déportés.

    Avant le déclenchement de la guerre en 1940, environ 80 000 Juifs habitaient à Amsterdam. La plupart vivaient dans le quartier juif de la ville (Jodenbuurt). Dès février 1941 cependant, les occupants nazis avaient encerclé le secteur juif de la ville avec des barbelés et transformé le quartier en ghetto.

    Après qu’un groupe de résistants hollandais eut brûlé le registre des naissances à Amsterdam pour entraver les recherches des troupes allemandes, les juifs ont été emmenés de chez eux par ordre alphabétique, puis rassemblés et enregistrés dans le théâtre Hollandsche Schouwberg. Presque tous les adultes entrés dans ce théâtre furent plus tard assassinés dans les camps de concentration nazis en Pologne occupée.

    La quasi-totalité de la communauté juive d’avant-guerre aux Pays-Bas, 140.000 personnes, a été transportée vers les camps de la mort nazis, dont la jeune Anne Frank dont les parents vivaient à l’extérieur du quartier juif. Seule la Pologne a perdu une proportion plus grande de ses citoyens juifs que les Pays-Bas pendant l’Holocauste.

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