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Ce que nous devons à la mémoire de Clément : poursuivre son combat pour éradiquer les véritables racines du fascisme

vendredi 7 juin 2013, par Robert Paris

Après l’assassinat de Clément, la lutte contre le fascisme est plus d’actualité que jamais !

Non ! Ce n’est pas « un accident » !

Non ! Ce n’est pas une bête « bagarre entre gamins » !

Non ! Ce n’est pas « un acte involontaire faisant suite à des provocations mutuelles » !

Non ! La réponse n’est pas "une indignation qui doit dépasser les clivages politiques" !

Non ! Ce n’est pas « la violence d’extrême gauche face à la violence d’extrême droite » !

Non ! La gauche et la droite ne sont pas « des adversaires de la violence d’où qu’elle vienne » !

Non ! Ce n’est pas le gouvernement de gauche de Hollande qui empêchera la montée de l’extrême droite en France, bien au contraire !

Non ! La gauche n’est pas plus antifasciste que la droite ! Mille fois, la gauche a fait le lit de l’extrême droite ! François Mitterrand, son leader emblématique reconnu par tous les dirigeants de gauche, a été trois fois fasciste, décoré par Pétain, massacreur de l’Algérie, génocidaire du Rwanda !

Non ! Ce n’est pas sur l’Etat de Hollande et sur la police de Valls qu’on peut compter pour régler le problème ! Tous les jours les attaques de Valls-Hollande contre les Roms, contre les sans-papiers, contre les immigrés, contre les travailleurs font monter les sentiments d’extrême droite !

Non ! Ce n’est pas Valls qui refuse d’arrêter les groupes d’extrême droite qui occupent des mosquées, qui assassinent des immigrés, qui agressent des homosexuels, qui attaquent des militants, etc, ce n’est pas lui qui combattra le racisme, le fascisme. Bien au contraire, du fait de ses origines de gauche, il est même un des plus sûrs ferments de racisme en France !

Non ! Ce n’est pas l’Etat bourgeois qui a jamais combattu le fascisme ! Pas plus l’Etat de Léon Blum que l’Etat de Salvador Allende, l’Etat de la gauche allemande en 1918 ou en 1930, l’Etat autrichien récemment, l’Etat grec, ou encore l’Etat italien avec gauche et extrême droite dans le même gouvernement !

Non ! L’extrême droite ne se combat pas par la démocratie bourgeoise car la bourgeoisie tient à conserver sa carte fasciste et plus que jamais en période d’effondrement du capitalisme !

Non ! La complicité avec le fascisme n’est pas l’apanage de la droite, la gauche est bien mouillée aussi, elle qui fait élire Pétain chef de l’Etat, elle qui a choisi Pinochet chef d’Etat-Major des armées chiliennes, elle qui a produit les Doriot et les Mussolini, elle qui a fait élire le maréchal Hindenburg président du Reich, soi-disant pour barrer la route à Hitler, alors que celui-ci a nommé Hitler chancelier, elle qui cautionne les lois racistes et les fait appliquer, elle qui produit le discours selon lequel les problèmes économiques et sociaux seraient entièrement de la faute de l’étranger. Pas de la bourgeoisie française bien sûr !

Non ! Ce n’est pas dans le cadre de la république bourgeoise que l’on peut éradiquer le racisme et le fascisme car ceux-ci sont parfaitement inséparables du capitalisme !

Non ! Ce n’est pas vrai qu’il n’y a que quelques petits groupuscules fascistes ! Tout l’appareil d’Etat (police, armée, forces spéciales, églises, justice, administration, etc), est gangréné par le racisme et le fascisme.

Non ! Ce n’est pas vrai que le Front National n’a rien à voir avec les groupuscules violents ! On a vu maintes fois Le Pen père et fille avec les nazis nostalgiques du nazisme dans toute l’Europe et ils appartiennent à des regroupements européens des nazis !

Non ! Ce n’est pas vrai qu’on combat le fascisme seulement par la police et la justice ! L’Allemagne d’avant Hitler avait une police et une justice et même une démocratie bourgeoise. L’Italie d’avant Mussolini aussi. La France de Léon Blum pas moins. Ou encore le Chili d’Allende. Cela n’a rien empêché.

Non ! Ce qui fait que le fascisme devient un danger mortel, c’est la crise de domination du système capitaliste. C’est lorsque la classe dirigeante craint la classe exploitée qu’elle peut faire appel à ses forces supplétives pour encadrer la petite bourgeoisie, une partie des chômeurs et des forces armées et de police pour exercer des violences directes contre les travailleurs, les forces classiques de l’Etat n’y suffisant pas. Dans ce cas, compter sur les forces organisées de la bourgeoisie alors que c’est elle qui a besoin du fascisme, c’est compter sur les bandits pour lutter contre le banditisme !

Non ! On ne peut pas se contenter de dire « non à la violence », « non à l’extrémisme », « non à l’action illégale », « non au combat contre la république bourgeoise », « non aux extrêmes », et autres discours des prétendus démocrates. Où est leur pacifisme à ces gens-là quand la France fait la guerre aux quatre coins du monde du Mali à la Côte d’Ivoire et de la Syrie à l’Afghanistan ? Où était le pacifisme de la république française quand elle a organisé le génocide rwandais ? Où étaient les partis de gauche et de la gauche de la gauche qui ont signé ensuite le rapport Quilès selon lequel la France était blanche dans le crime du Rwanda ? Qui peut oublier les crimes de la république française en Algérie, en Afrique, en Yougoslavie, etc ?

Non ! La gauche n’est pas davantage antifasciste que la droite ! C’est la gauche réformiste et stalinienne qui a assassiné la révolution espagnole de 1936, la livrant ensuite à Franco ! C’est la gauche européenne qui a acheté les fascistes espagnols, portugais, grecs, autrichiens pour qu’ils s’intègrent, momentanément, à l’Europe. Mais le fascisme remonte partout en Europe, de la Hongrie à la Roumanie, de l’Allemagne à la Grèce et la France de Hollande se garde bien de la combattre ! Pas un mot de Hollande sur l’Aube Dorée qui, en Grèce, prétend expulser immédiatement tous les immigrés et assassiner au sabre tous les immigrés qu’elle verra dans les rues ! Pas un mot du Parti socialiste sur ces crimes de l’extrême droite en Grèce qui sont couverts par une armée et une police grecs complètement gangrénés par le fascisme. Au contraire, les dirigeants de l’Etat grecs sont les bons copains des dirigeants social-démocrates français !

Non ! Ce n’est pas sur le terrain légal que se déroulera le combat mais sur celui de la lutte des classes ! Ce n’est pas ou la gauche ou la droite et l’extrême droite ! C’est le prolétariat ou la bourgeoisie ! C’est le socialisme ou la barbarie !

Non ! A l’avenir, il n’y aura plus de démocratie bourgeoise parce que la bourgeoisie n’a plus d’avenir à proposer, plus d’emplois, plus de salaires, plus de services publics, mais seulement la faillite, le désespoir, la misère, y compris dans les pays riches ! C’est cela la base du fascisme ! Et son fondement est l’exacerbation des haines parce que la crise de la société provoque les peurs, les rancoeurs, les divisions, les faillites y compris dans les couches petites bourgeoises qui, si elles ne sont pas gagnées par un prolétariat offensif, peuvent aisément être manipulées contre le communisme, contre les travailleurs, contre les étrangers.

Non ! Ce n’est pas un gouvernement qui aide les patrons à licencier, à précariser les emplois, qui envoie ses policiers contre les travailleurs en grève, qui désigne du doigt les Roms, les immigrés, les sans-papiers qui combattra le racisme et le fascisme !

Non ! Ce n’est pas un gouvernement qui prône le nationalisme économique, qui mène des guerres partout dans le monde au nom de la « lutte contre les Musulmans » qui va en France combattre racisme et fascisme ! Non ce n’est pas un gouvernement qui ne s’attaque pas à un groupuscule d’extrême droite qui occupe des mosquées et qui interdit aux Musulmans pacifiques et antiracistes de manifester qui va empêcher la montée raciste-fasciste !

Non ! Ce n’est pas la gauche qui va empêcher la montée d’extrême droite car, au contraire, elle se sert de cette montée pour faire oublier l’impopularité de sa politique anti-sociale, d’aide aux capitalistes, aux trusts, aux financiers, aux bourses, aux assurances, à tous les capitalistes et de destruction de tous les acquis sociaux ! N’oublions pas que Mitterrand reconnaissait avoir aidé à la médiatisation de Le Pen père, pour affaiblir électoralement la droite. Instrumentaliser la droite avec le mariage gay, instrumentaliser l’extrême droite en prétendant être indispensable pour la combattre est un moyen pour la gauche gouvernementale de faire croire qu’elle continue à représenter une nécessité pour les milieux populaires qui ne veulent pas que la société française vire à la droite dure… Mais cela est faux : c’est la politique de la gauche qui fait et qui fera toujours le lit de l’extrême droite !

Non ! Ce n’est pas l’Etat qui colonise l’Afrique, y assassine impunément, qui combattra racisme et fascisme !

Non ! Ce n’est pas l’Etat qui maintient les Antilles, la Réunion, la Nouvelle Calédonie, un bout des Comores notamment sous sa domination coloniale des anciens colons esclavagistes qui combattra racisme et fascisme !

Non ! Ce n’est pas l’Etat qui traite comme des chiens les travailleurs immigrés contraints de quitter leur pays pillé par l’impérialisme français qui combattra racisme et fascisme !

Non ! Ce n’est pas l’Etat qui maintient dans ses « forces de l’ordre » la majorité des nazis de la population française qui combattra fascisme et racisme !

Non ! Le seul moyen de combattre la montée de l’extrême droite, c’est la montée des luttes des travailleurs, des jeunes, des femmes, des chômeurs, des précaires, des sans-papiers, unis dans la lutte ! N’oublions pas que l’extrême droite qui montait en France en 1934 a été momentanément arrêtée par la grève générale ouvrière de 1936 mais que sa montée a repris dès que la gauche et les syndicats ont arrêté la montée ouvrière et fait reprendre le travail, avant de casser le mouvement ouvrier. C’est la gauche qui a endormi les travailleurs avant que l’extrême droite vichyste les frappe.

Tant que les travailleurs compteront sagement sur la gauche et les syndicats, ils seront désarmés face aux attaques de la bourgeoisie dont le fascisme est l’un des risques mortels.

La prétendue banalisation de l’extrême droite par les élections et la démocratie n’est qu’un leurre que préconisent les démocrates bourgeois mais qui permet à la bourgeoisie de garder à disposition un fort parti nazi qui peut demain gouverner l’Etat bourgeois comme l’ont montré récemment l’Italie, la Grèce, ou l’Autriche.

Combattre le fascisme n’est pas séparable de combattre la bourgeoisie et l’impérialisme !

L’assassinat de Clément nécessite la poursuite de son combat et aucun des mensonges de bien des courants politiques et sociaux bourgeois qui ont prétendu être indignés ne doit être toléré dans ce combat !

Clément, non seulement nous ne t’oublierons pas mais nous ne tomberons dans aucun des pièges qui tu souhaitais combattre !

Ce n’est seulement par notre combat contre la domination de la bourgeoisie et de son Etat que nous poursuivrons ta lutte !

Et nous devons jamais accepter de nous laisser désarmer politiquement par de soi-disant démocrates anti-racistes ou anti-fascistes mais qui refusent de combattre la vraie cause de fascisme qu’est le pourrissement et l’effondrement de la domination capitaliste sur le monde ! Ces gens-là prétendent souvent établir un signe égale entre « les extrémismes », entre les violences politiques, prétendant oublier que c’est la violence sociale de la bourgeoisie qui est à l’origine des toutes les violences, la violence des patrons qui licencient, la violence des Etats qui lancent des guerres, la violence des gouvernements qui précarisent et cassent les services publics, la violence des bourgeoisies qui jettent dans la misère, expulsent des habitants, des sans-papiers, matraquent des travailleurs licenciés. Cette violence là est inséparable de la violence fasciste car l’une est le pendant de l’autre.

Non ! Nous ne nous contenterons pas de quelques arrestations ou d’une petite interdiction d’un groupuscule alors qu’il en existe des centaines ! Non ! Nous ne compterons pas sur ceux qui sèment les germes du fascisme pour le combattre ! Comme Clément, nous compterons sur nos propres forces et sur notre capacité à combattre le monde capitaliste dans son ensemble par la révolution sociale !

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