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Les syndicats à PSA : des méthodes qui n’ont rien à voir avec des méthodes de classe !

jeudi 25 avril 2013, par Robert Paris

Les syndicats à PSA : des méthodes qui n’ont rien à voir avec des méthodes de classe !

La grève contre les licenciements et la fermeture d’Aulnay contre le patronat de Peugeot - soutenu par le gouvernement (le ministre Montebourg, le même qui engueulait au début Peugeot, ne dit-il pas maintenant qu’il n’a qu’admiration pour le patron Varin ?) – est en train de se terminer en eau de boudin…

Le syndicat SUD de PSA Aulnay vient d’annoncer qu’il se retirait de la grève à durée illimitée à laquelle il participait aux côtés de la CGT d’Aulnay et contre un patron de combat qui agressait et menaçait les grévistes, menaçait plusieurs militants CGT et travailleurs de licenciement et mobilisait sa maîtrise pour casser la grève, pendant que tous les autres syndicats dénonçaient les grévistes et pas le patron !

Pour apprécier la situation qui se profile maintenant pour les salariés de PSA Aulnay et les politiques des centrales syndicales, il convient de rappeler brièvement les étapes du conflit.

Il y a de grandes différences entre les politiques des différents syndicats qui ont œuvré à PSA Aulnay face à l’annonce de licenciements massifs par PSA et à l’annonce de la fermeture du site d’Aulnay, de grandes différences qui n’empêchent pas qu’il n’y ait aucune centrale syndicale qui défende réellement les intérêts politiques et sociaux des travailleurs, non seulement ceux d’Aulnay mais ceux de toute la classe ouvrière.

Grande différence entre d’un côté le SIA et de l’autre la CGT ou SUD. Le SIA, c’est l’ancienne CFT, c’est-à-dire le syndicat mis en place par le patron Peugeot et auquel il imposait aux salariés d’adhérer pour être embauché, syndicat qui a cassé les grèves, détruit les tentatives de constitution de syndicats libres à Peugeot, à Aulnay comme ailleurs.

A l’inverse, c’est de haute lutte que les travailleurs d’Aulnay comme de Poissy ont imposé une CGT contre le patron qui faisait tout pour l’interdire et agissait de manière fasciste dans ce but.

Il est évident qu’à l’annonce de la fermeture par le patron, même le syndicat patronal se devait, s’il voulait conserver son influence, faire mine de s’opposer aux licenciements et à la fermeture. Cela ne veut pas dire qu’il fallait prendre cela pour argent comptant.

L’attitude de la CGT, souvent accusée de sectaire sous prétexte qu’elle est dirigée par des militants d’extrême gauche de Lutte Ouvrière, a au contraire été d’accepter le SIA parmi les syndicats qui disaient vouloir agir ensemble contre le plan patronal. Les militants CGT ont même organisé des tournées syndicales communes avec les militants SIA et les militants de LO en étaient si fiers qu’ils l’ont écrit comme un grand pas en avant dans les articles de leur journal politique ! C’est si bon se retrouver ensemble dans les ateliers avec les militants… du syndicat ex-fasciste !!!!!

Et l’intersyndicale, avec quasiment tous les syndicats, y compris les plus à droite, les plus liés à un encadrement et un patronat violemment hostiles aux travailleurs, a commencé à se réunir et à adopter des communiqués communs et des décisions communes. L’une de ces décisions déterminante a été de ne pas entrer en lutte sur le champ, de ne pas réagir « à chaud » aux licenciements et à l’annonce de fermeture qui avaient pourtant choqué l’ensemble de la classe ouvrière car c’était la première annonce de ce type et d’une longue liste de milliers de licenciements dans tous les secteurs d’activité qui allait suivre. L’autre décision de l’intersyndicale a consisté à faire appel à un audit des comptes, une « expertise indépendante » à la demande du CE et des syndicats et d’attendre (de faire attendre les salariés) le résultat de cette expertise qui soi-disant bloquait le plan patronal. Tout cela ouvertement dans le but commun de tous ces syndicats, hormis le syndicat SUD, de ne pas partir en grève avant les vacances, la CGT affirmant qu’il fallait garder ses forces intactes, que c’était un marathon et pas une course de vitesse, qu’on allait entrer en lutte et être cassés par les vacances, etc, etc… Les salariés ont entendu également les syndicats nationaux réagir de même en annonçant qu’ils réagiraient mais des mois après… après les vacances, quand la colère du monde du travail à cette annonce de Peugeot serait bien retombée. Et toutes les vacances, patronat et gouvernement ne sont pas restés, eux, à attendre tranquillement que vienne la grande lutte annoncée après les vacances par la menace qui grand chef de la CGT Aulnay : « nous allons être le cauchemar du patron », « nous allons transformer Aulnay en forteresse ouvrière ». Aulnay en forteresse, voilà qui signifiait que les travailleurs d’Aulnay défendaient seulement leur site alors qu’il y avait encore plus de licenciements dans l’ensemble des autres sites qu’à Aulnay seule et qu’ils se gardaient d’appeler à la lutte de l’ensemble du trust, unité absolument indispensable dans une attaque d’ensemble, unité que la confédération syndicale ne voulait surtout pas organiser. Le discours du chef syndical CGT d’Aulnay ne risquait pas préparer une lutte d’ensemble puisqu’il ne mobilisait que derrière une banderole « non à la fermeture d’Aulnay » et jamais derrière un « non aux licenciements à Peugeot » ! Et, d’autre part, l’objectif donné aux salariés était de répartir les productions entre les sites, ce qui sous-entendait qu’il fallait lutter pour produire à Aulnay, propagande qu’on se serait attendu à trouver dans la bouche de dirigeants staliniens ou réformistes mais pas de trotskystes de Lutte Ouvrière, du moins pas il y a quelques années… Mais, à force de pratiques syndicales pragmatiques, c’est-à-dire opportunistes on fait du chemin en marche arrière…

Donc les salariés se retrouvés conseillés de ne pas partir en grève avant les vacances, même si une minorité dont ceux de Sud auraient souhaité le faire et à laisser le terrain pendant tout le mois d’août à leurs adversaires. Les discours patronaux et gouvernementaux se sont chargés durant tout ce temps de leur casser le moral. Et, en faisant rentrer les salariés d’Aulnay une semaine après leurs camarades des autres usines pour leur démontrer que cette lutte qui aurait dû être la locomotive d’une lutte d’ensemble se retrouvait isolée.

Il a fallu attendre des mois ensuite pour que les travailleurs d’Aulnay qui avaient déjà vu leur moral cassé par des mois et des années pendant lesquelles la CGT s’était chargée par avance d’annoncer le projet de fermeture du patron. Quand on vous serine pendant des mois à longueur de déclaration du chef CGT que « le site d’Aulnay va fermer », sans autre développement de perspective de lutte, sans montrer en quoi cela concernait le reste de la classe ouvrière ou le reste des ouvriers de PSA, on ne peut pas dire que vous ayez le moral en entendant les chefs syndicaux.

Quand il devient évident que l’attaque ne concerne pas seulement Aulnay, pourquoi continuer à parler chacun de son site ? Est-ce la meilleure manière de faire reculer le patron ? Pourquoi accepter de négocier site par site ? Pourquoi ne contacter les salariés des autres entreprises que pour demander un soutien ? Une rencontre était organisée la semaine dernière à l’hôpital Tenon avec des ouvriers de PSA-Aulnay et une quête pour aider les grévistes. L’idée d’une rencontre est très juste, mais plus que pour simplement aider la caisse de grève, ce qui aurait été un objectif utile et intéressant aurait été que ces délégations d’ouvriers en lutte dans toutes les usines et entreprises aient eu lieu dès le début de l’attaque des patrons pour organiser la riposte en créant des formes d’organisation nouvelles inter-professionnelles. Les différentes centrales n’ont pas fait ce choix et ne nous ont jamais réunir que pour une promenade dans les rues de temps en temps. A l’avenir, ne comptons pas sur elles pour organiser ensemble les travailleurs de toutes les entreprises et comptons sur nous-mêmes pour nous contacter, nous organiser et préparer la riposte.

Pourquoi avoir fait croire que les salariés d’Aulnay, seuls, pouvaient faire reculer Peugeot ? Pourquoi avoir parlé dans ce sens de « transformer Aulnay en forteresse ouvrière » ? Pourquoi avoir prétendu que, luttant seuls, ils pouvaient « devenir le cauchemar du patron » ?

Et pourquoi avoir pendant des mois fait croire que les gouvernements de Sarkozy et Hollande devaient intervenir pour sauver les salariés des licenciements. Tous les syndicats ont fait croire cela. Cela fait certes parti des illusions des salariés mais pourquoi y compris des militants d’extrême gauche qui sont dans ces syndicats réformistes doivent-ils contribuer à ces illusions en prétendant « exiger d’être reçus par le président ou par le gouvernement » comme si l’Etat de la bourgeoisie allait intervenir contre la bourgeoisie !!

Les syndicats directement pro-patronaux oeuvrent à PSA, sans même parler du « syndicat-patron » SIA, ancien syndicat fasciste CFT qui n’a de syndicat que le nom alors que des générations de salariés se sont vus imposer leur adhésion pour être embauchés. Les centrales CGC ou CFDT ne condamnent que les grévistes, les manifestants, les grèves et pas le patron qui licencie ! Cela n’a pas empêché la CGT d’Aulnay de participer à une intersyndicale avec de tels appareils pourris à l’annonce par le patron d’un plan massif de suppressions d’emplois dont la fermeture d’Aulnay n’était que moins de la moitié… Ces différentes organisations ont fait semblant au début d’être ensemble contre les licenciements. Même les plus droitiers et pro-patronaux de ces centrales ont prétendu s’unir contre le patron. C’était une comédie. Cela n’est plus à l’ordre du jour, maintenant que ces syndicats ont prétendu demander au patron et aux flics de les sauver contre les syndicats CGT et SUD… Les salariés sont présentés par eux comme des victimes des grévistes qui empêcheraient les salariés de travailler ! Selon eux, le patron va fermer l’entreprise mais c’est CGT et SUD qui empêchent de travailler !

Et pourtant, ce que n’ont pas fait les syndicats, c’est de lancer la grève à l’annonce des licenciements par le patron, quinze jours avant les vacances…

Cependant, il y a aussi beaucoup à redire sur les syndicats qui sont pour la grève et sur la manière dont ils conçoivent la lutte. On vient encore d’en avoir un arrière-goût dans la manière dont ils négocient avec le patron. Le syndicat SUD de PSA-Aulnay vient de se désolidariser de la manière dont agit le syndicat CGT de PSA-Aulnay. Rapportons ce qu’il dénonce :

26 mars 2013 : conflit entre militants CGT et SUD devant le tribunal TGI de Versailles, avec insultes à l’avocat de SUD et coups de poings échangés.

9 avril 2013 : négociation clandestine entre la direction CGT (Mercier, Julien et Martinez) et la direction au siège de PSA pour discuter des modalités de fin de conflit.

10 avril 2013 : l’information circule parmi les salariés que la CGT négocie sans les informer. La CGT explique qu’elle ne fait que rappeler les revendications à la direction.

11 avril 2013 : Au TGI de Versailles, la CGT apparaît encore comme voulant trainer la direction en justice sur le plan patronal PSE.

15 avril 2013 : à la demande de la CGT, une nouvelle négociation à lieu avec la direction au siège, négociation décidée par le syndicat sans la présence d’aucun autre syndicat. Finalement, la CGT change de position et accepte la présence de la CFDT mais pas celle du SUD, curieusement puisque SUD a toujours été pour la grève avec la CGT mais pas la CFDT qui a dénoncé la grève et la CGT… La CGT a ouvertement marchandé pour que les quatre salariés licenciés par le patron sous de prétendues « fautes graves » ’’bénéficient’’ du PSE en échange du retrait de la plainte CGT en justice pour le plan PSE.

16 avril : en AG, la CGT confirme qu’elle est en négociation avec la direction de PSA et confirme aussi qu’elle exclue le syndicat SUD des négociations. Cette fois-ci, la CGT se couvre de démocratie en faisant voter par l’AG, où elle est majoritaire, le fait que SUD ne soit pas conviée aux négociations en arguant de la promesse que le projet de signature soit soumis à tous avant décision. SUD déclare : « Suite à cette dictature (de la CGT-LO), nous avons décidé de mettre fin à la grève et de cesser toute discussion avec la CGT. »

« Il y a un problème de fond avec la CGT, qui ne souhaite pas qu’on participe aux négociations pour l’accord de fin de conflit », a expliqué à l’AFP le secrétaire général du syndicat à Aulnay, Mohamed Khenniche, confirmant une information du Parisien. Selon lui, son syndicat a été écarté par le vote de l’assemblée générale des grévistes de trois réunions organisées depuis le 9 avril avec la direction centrale de PSA visant à négocier la sortie du conflit. « Le but, ce n’est pas de reprendre le travail pour produire des véhicules. On résiste contre la CGT, mais toujours contre le patronat », a souligné M. Khenniche.

« Cela fait plusieurs semaines que les grévistes ne voyaient plus M. Khenniche à l’usine » et il « a refusé de se soumettre aux décisions des assemblées générales », a déclaré de son côté Jean-Pierre Mercier, représentant CGT de l’usine. Selon lui, 200 ouvriers continuent la grève - 180 selon la direction - et « des échéances importantes sont attendues pour la semaine à venir ».

En somme, la direction lance une arnaque pour arrêter la grève et fait un chantage. La direction de la CGT tombe dans le panneau, accepte de négocier, en le cachant aux salariés, en refusant d’en informer, et ce que reproche surtout le syndicat Sud, c’est que la CGT ne les accepte pas aux négociations-arnaque !!! Par contre, que la CGT ait fondé sa politique sur un faux comité de grève qui ne décide de rien, SUD n’a rien contre. Que la lutte soit isolée sur le site d’Aulnay n’est pas pour SUD un motif de rupture. Pour punir la CGT, SUD arrête la grève… Pas fameux !!!

Ce qui a manqué tout au long aux salariés, ce n’est pas des syndicats, ils en ont de toutes les sortes ! Mais où est l’analyse de la politique du patron ? Pourquoi il licencie ? Pourquoi il ferme Aulnay ? Comment on pourrait le faire reculer ? Cela fait complètement défaut !

Les explications de la politique du patron, la CGT en a donné mais elles sont multiples et contradictoires :

- c’est la famille Peugeot, on les connaît, ils veulent profiter sur le dos des salariés en accroissant l’exploitation des ouvriers, ils n’ont aucun problème de crise, pas de difficulté, ils mentent, ils vont reporter la charge de travail sur les autres usines

- c’est le refus du contrat avec l’Iran, abandonné pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la production, avec le monde du travail

- c’est la concurrence des salariés mal payés des pays émergents qui amène PSA à délocaliser les emplois en Chine ou au Brésil

- c’est le gouvernement Sarkozy puis Hollande qui veulent frapper les salariés et soutenir les patrons

- c’est une attaque patronale qui consiste à faire payer aux salariés les frais de la crise alors que les patrons ont des finances qui se portent extrêmement bien

Quel lien entre les offensives patronales et l’attaque du patron de PSA ? Silence radio des syndicats !

Quel lien entre le désinvestissement productif et les investissements financiers ? Silence radio des syndicats !

Aucune analyse du fait que l’Etat français ait offert, sans condition, treize milliards et des poussières pour sauver la banque PSA. Comment se fait-il que cette banque pèse plus que le trust automobile tout entier n’est côté en bourse ? Aucune réponse ! Comment se fait-il que la CGT minimise cette aide de l’Etat et ne parle que de cinq milliards ? Aucune réponse !

Comment se fait-il que la CGT mette en place un comité de grève qui ne fait pas de déclarations publiques, qui ne signe pas les tracts, les banderoles, qui ne participe pas aux négociations, qui n’a aucune véritable décision en son pouvoir sur les suites de la grève, qui ne décide pas des négociations, qui n’est pas rendu réellement public dans les média notamment ? Comment se fait-il que la totale passivité des centrales syndicales face aux licenciements à Peugeot, y compris celle de la CGT, n’est pas dénoncée. Comment se fait-il que l’unité avec Renault proclamée dans une action à Flins en reste là ? Comment se fait-il que la seule unité de classe qu’organise la CGT consiste en des collectes d’argent pour la caisse de grève ? Est-ce que les 8250 suppressions d’emplois sont à combattre dans une lutte différente des suppressions d’emplois à PSA, à Goodyear, à Ford, à General Motors, ou dans les banques, à Sanofi, à IBM ou dans les services publics où on licencie massivement les précaires ?

Non ! La politique des centrales syndicales à PSA ne s’expliquent pas, ne se justifient pas par le rapport de forces difficile. L’isolement de la lutte d’Aulnay ne provient pas de la difficulté mais d’une politique consciemment menée en vue de ne pas se fâcher avec les responsables des centrales syndicales qui eux ont partie liée avec le gouvernement de gauche et qui lui a partie liée avec les patrons des trusts. En somme, les salariés sont trompés par leurs syndicats et doivent compter d’abord sur leurs propres forces et mettre en place de vrais comités de grève, responsables et indépendants de tous les appareils, patronaux comme syndicaux. Ces comités n’excluent bien entendu pas les militants du rang à condition que ceux-ci n’entendent pas jouer les éminences grises qui décideraient de tout dans le dos des grévistes en noyautant discrètement les comités comme ils ont noyauté le syndicat.

La politique qui est nécessaire à la classe ouvrière doit être défendue au grand jour. Ses militants doivent agir dans la clarté et pas en se cachant aux salariés eux-mêmes. A bas les états-majors clandestins qui se croient plus capables de décider que les ouvriers et qui ne nous préparent que des défaites !!! Même quand ces états-majors se disent d’extrême gauche….

La suite

4 Messages de forum

  • Nous allons être le cauchemar de Varin, disaient-ils...

    Neuf mois après l’annonce d’une restructuration massive chez PSA Peugeot-Citroën, le 12 juillet 2012, la direction et cinq des six syndicats du groupe (CFE-CGC, SIA, CFDT, CFTC et FO) devaient, signer lundi 29 avril, les mesures d’accompagnement longuement négociées de ce plan, qui prévoit le départ de 8 000 salariés, la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et la suppression d’un poste sur quatre à Rennes.

    La méthode employée par les dirigeants syndicaux n’était pas la bonne, même si les salariés d’Aulnay qui se sont battu ont le sentiment d’avoir fait tout leur possible.

    Les dirigeants syndicaux locaux se sont bien gardés de dire aux salariés que les responsables nationaux de leur syndicat comme des autres avaient accepté d’avance les licenciements à Peugeot et refusé de lever le petit doigt pour tenter une réaction ouvrière d’ensemble, la seule possible pour faire reculer l’ensemble des patrons, et ensuite Peugeot. Le contraire d’une politique consistant à faire croire qu’on allait obtenir des mesures favorables du gouvernement...

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  • Voilà comment les syndicats de PSA Rennes décrivent la situation et cela explique qu’ils n’appellent même pas à une grève !!!

    Le plan social du site PSA de La Janais, près de Rennes, qui prévoit la suppression de quelque 1.400 postes, est officiellement mis en œuvre ce jeudi 2 mai. Tous les salariés, en chômage technique jusqu’au 13 mai, recevront durant le mois prochain un courrier leur précisant les secteurs touchés par les suppressions de postes. Ils auront jusqu’au 31 décembre pour se positionner sur les offres de départ volontaire. Si le nombre escompté de départs volontaires n’est pas atteint d’ici décembre 2013, les départs devraient se traduire ensuite par des licenciements économiques.

    A La Janais, où travaillent quelque 5.500 personnes, dont 4.500 impliqués directement dans la production automobile, le plan de restructuration se traduit par la suppression de 1.364 postes, en principe sur la base de départs volontaires. La direction mise sur quelque 400 départs dans le cadre de la mobilité interne, autant dans le cadre de la réindustrialisation du site, et 600 départs dans le cadre de la mobilité vers l’extérieur. Parmi ces 1.364 personnes, 250 pourront partir dans le cadre d’un "congé senior", une mesure qui leur permettra de partir tout en bénéficiant pendant 36 mois maximum d’un salaire correspondant à 65% de leur salaire brut, le temps d’atteindre la date de leur retraite à taux plein.

    Concernant la réindustrialisation du site, son directeur Jean-Luc Perrard a indiqué que PSA avait pris "de l’ordre de 1.300 contacts en France et 210 au niveau international" pour l’implantation d’entreprises. "On a sept dossiers plutôt encourageants", a-t-il dit, ne citant que celui de la SNCF qui concerne un projet de rénovation de rames TGV. Quatre-vingts salariés seraient concernés et seraient mis à disposition de la SNCF "pendant 5 ans avec un minimum de 3 ans", a précisé M. Perrard. Le site de La Janais, d’où sortent les Peugeot 508 et les Citroën C5, assemblera la remplaçante de la C5 à partir de 2016.

    Michel Bourdon, délégué du syndicat CGT, majoritaire à La Janais tous collèges confondus, a déploré que "dans le plan, il n’y a rien, sauf le dossier SNCF. Et encore, ça ne concerne que 80 emplois". "On va passer à 4.000 et devenir une petite usine. Il n’y aura plus assez de monde pour relancer une activité soutenue", a-t-il estimé, interrogé par l’AFP. David Ruellan, du Syndicat indépendant de l’automobile (SIA), a fait part de son "sentiment de frustration". "On a connu le site de Rennes avec plus de 10.000 salariés", a-t-il commenté, "là, il y a un salarié sur 4 qui va partir, on se retrouve avec 4.000 salariés, il faut espérer que ceux qui vont rester n’auront plus à subir un nouveau plan". "Je ne peux pas dire que je suis confiant", a dit de son côté Pierre Contesse (FO). "Mais ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il y a des moyens qui ont été mis en oeuvre pour que les gens puissent réfléchir de manière sereine".

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  • La CGT arrête la grève à PSA Aulnay

    Vendredi dernier, la CGT a décidé d’arrêter la grève à PSA Aulnay sans que les suppressions d’emplois aient été annulées ni que les salariés soient garantis de trouver un autre poste en interne ni en externe. La CGT de PSA renonce à la procédure d’appel engagée contre le plan de restructuration.

    Le point que la CGT a estimé essentiel est seulement le retrait des sanctions contre quelques salariés pris comme otages par la direction. Le dirigeant CGT Mercier a expliqué aux média que le syndicat avait tout fait pour faire reculer le patron mais n’en avait pas trouvé la force. Il est vrai que les autres syndicats (à part SUD) ne voulaient même pas d’une grève et que la direction la combattait durement mais il n’est pas vrai que la CGT ait tout tenté. Elle a surtout écarté le lancement d’une grève dès l’annonce des licenciements par PSA. Elle a cherché uniquement à mettre un seul site en grève et pas mettre tout le trust en grève alors qu’il y a plus de suppressions d’emplois dans le reste du trust que dans le seul site d’Aulnay.

    Sur le seul mot d’ordre « non à la fermeture d’Aulnay » et « rapatrier la production des autres sites à Aulnay », au lieu d’avancer le mot d’ordre de la grève générale de Peugeot à étendre à l’Automobile et aux autres secteurs qui licencient, la CGT ne risquait pas d’étendre la grève d’autant que Mercier parlait de « transformer Aulnay en forteresse ouvrière » et de « faire d’Aulnay le cauchemar de Varin ». Pas de cauchemar donc dans la stratégie de la CGT pour Varin, pas plus que pour l’ensemble de tous les trusts productifs qui licencient tous sans avoir à faire face à la moindre tentative de lutte d’ensemble pour y faire face de la part des centrales syndicales.

    Quant à ceux qui faisaient croire qu’on pouvait lutter contre une vague de licenciements dans une seule usine, comme la CGT d’Aulnay qui prétendait « transformer Aulnay en forteresse ouvrière » ou « être le cauchemar de Varin », ils en sont pour leurs rodomontades. Les licenciements à PSA, il y en aura plus en dehors d’Aulnay que sur ce site, et on ne peut pas combattre l’ensemble des licenciements sur le seul slogan de la banderole « Non à la fermeture d’Aulnay » ! On ne gagnera pas les luttes actuelles, site par site, entreprise par entreprise, ni secteur par secteur, mais tous ensemble ou pas du tout !

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  • PSA comptait vendre pour 350 à 700 millions d’euros ses terrains de l’usine d’Aulnay sous bois. Malheureusement, le trust comptait sans la pollution massive des anciennes usines Citroën et nouvelle de PSA. De sorte que la plupart des projets de construction ne voient pas le jour et que les prix sont bien plus bas que prévu !!! Les licenciements massifs, ça rapporte aussi beaucoup moins que prévu ! Les profits sur le papier vont plus vite que les profits réels et il est risqué de suivre avec confiance les propos des directeurs, même pour des capitalistes et gros actionnaires !!!

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