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Y a-t-il un avenir à la société humaine permettant de sortir du monde capitaliste en train de couler ?

mercredi 27 mars 2013, par Robert Paris

Y a-t-il un avenir à la société humaine permettant de sortir du monde capitaliste en train de couler ?

Comment croire à un tel avenir alors que l’idéal communiste semble avoir fait faillite à l’Est ?

Bien sûr, l’effondrement du stalinisme semble un mur de Berlin érigé pour protéger les classes dirigeantes contre tout retour d’une vague révolutionnaire communiste et il pèse encore sur les consciences et les organisations. Cependant, la réalité du monde est bien plus forte que les idéologies passées, y compris celle de la superpuissance du capitalisme. Ce dernier ne pourrait pas subsister au-delà de sa mort, de l’interruption de son fonctionnement, même si tous les peuples l’en croyaient capables !

Comment les exploités peuvent-ils être porteurs d’une nouvelle société, eux qui sont, comme nous tous, infectés par l’ancienne ?

Cette question comme toutes celles qui en découlent sur la démarche, sur les étapes, sur les moyens, sur les buts des révolutions ne peuvent pas être compris tant que l’on reste dans la philosophie du monde anciennement dominant, celle de la domination des détenteurs du savoir, des détenteurs du pouvoir, des dominants en termes d’argent, de pouvoir social et de pouvoir d’organisation. La réalité des situations révolutionnaires est justement celle où les opprimés sont beaucoup plus puissants objectivement que toutes les classes dirigeantes et toutes leurs formes d’organisation même si elles n’en ont jamais encore conscience et celle où les classes dirigeantes ont complètement épuisé toutes les cartes même si le grand public l’ignore encore. L’ingéniosité des masses, qui leur servait hier encore pour tirer quelques miettes de plus de l’exploitation, devient dès lors un véritable ferment révolutionnaire d’idées, de stratégies et de prodiges d’organisation.

D’où viendra le prolétariat révolutionnaire ?

Pas des grandes actions d’éclat et des grandes stratégies des activistes politiques et syndicaux de tous poils qui prétendent mobiliser les masses et les encadrer mais de réunions toutes simples par lesquelles les prolétaires, conscients que l’édifice mondial qui avait tant écrasé et impressionné leurs pères s’est de lui-même réduit en cendres et n’est plus aujourd’hui qu’une illusion passagère, échangeront leurs avis sur les suites à donner à leur propre histoire sans se limiter par les préjugés de la période précédente faites de superstitions d’esclaves par rapport à leur propre esclavage.

D’où viendra le parti révolutionnaire ?

Pas de l’admiration devant la force prétendue des grands groupes, grands partis et grands syndicats mais de la rencontre de tout petits groupes de jeunes prolétaires révolutionnaires ayant totalement cessé de croire à l’ordre établi, à toutes les institutions, y compris les Etats, les gouvernements et les syndicats avec les idées révolutionnaires non ossifiées, non transformées en dogmes.

D’où viendront les idées révolutionnaires ?

Du marxisme, de la dialectique, de la science et de la philosophie mêlées en un tout inséparable mais pas des détenteurs institutionnels du savoir marxiste, du savoir dialectique, du savoir scientifique, du savoir philosophique, perdus dans leurs calculs politiques sociaux, noyés avec la société, mais de rêveurs capables de vivre leurs idées, de croire à leurs utopies, de penser le futur malgré la réalité des vraies horreurs et des fausses perspectives que donne cette société.

D’où viendront les révolutions ?

De la rencontre de ces deux mouvements : la situation concrète par laquelle les classes dirigeantes perdent réellement pied et n’ont plus la direction économique et sociale de la société et l’avancée des idées révolutionnaires, prise de conscience de la nouveauté de cette situation et du rôle nouveau qu’y jouent les prolétaires.

Quels actes révolutionnaires ?

D’aucune action d’éclat mais de l’acte le plus révolutionnaire, par lequel les prolétaires commencent réellement à sortir leurs armes propres, est la constitution de réunions toutes simples, dans les quartiers et les entreprises, au travers desquelles les salariés, les chômeurs, les précaires, les jeunes, les femmes, tous les opprimés décident de se réunir pour discuter, oui simplement pour discuter. Les classes dirigeantes le savent, c’est l’acte fondateur d’une classe qui ne veut plus de l’avenir hideux qui lui est réservé. Tant que les partis et syndicats liés au système retarderont ce jour, il y aura encore un espoir pour les classes dirigeantes.

Quelle étincelle allumera la mèche ?

Ce n’est pas à nous de construire la bombe qui fera sauter le vieux monde, les classes dirigeantes et leur effondrement économique et social s’en chargent tous les jours. Ce n’est pas à nous de provoquer la situation par laquelle les masses décideront que trop c’est trop. Là aussi les exactions des classes dirigeantes, trop soucieuses de tenter de se sauver de la catastrophe sur le dos des prolétaires s’en chargeront. Faire éclater l’étincelle n’est pas non plus nécessaire car ce sont l’une des milliers de révoltes produites par toutes les oppressions modernes et antiques sur lequel s’appuie le système qui s’en chargera : cela peut être la révolte des ouvriers mais aussi celle des femmes, des jeunes, celles contre le racisme, l’ethnisme ou toute forme d’oppression. Toute étincelle venant au bon moment peut susciter une réaction erronée des classes dirigeantes et de leurs pouvoirs qui enclenchera la chaîne ininterrompue des réactions populaires indiquant que nous sommes entrés dans le processus de révolution permanente.

Quels rôles, alors, pour ceux qui se considèrent dès aujourd’hui comme des militants révolutionnaires ?

Tout d’abord aucun rôle par lequel ces petits groupes (ou grands groupes) s’imagineraient se substituer à l’action, à la prise de décision, à la prise de conscience des masses elles-mêmes. C’est le point essentiel qui distingue des vrais révolutionnaires des faux, les encadreurs du peuple !

Qui sont les révolutionnaires ?

Ceux qui ont totalement cessé de croire à l’ordre établi, à toutes ses valeurs à toutes ses institutions, que ce soit l’Etat, sa justice, son droit, ses tribunaux, ses lois, ses règles, ses ordres, ses forces de l’ordre, ses appareils divers jusqu’à l’appareil d’enseignement, jusqu’à l’appareil universitaire, jusqu’à l’appareil religieux, jusqu’à l’appareil administratif, jusqu’à l’appareil démocratique, ses partis, ses élections, ses prétendues alternances, etc…

Qui sont les révolutionnaires socialistes ?

Ce sont ceux, parmi les révolutionnaires, qui considèrent que le socialisme ne sera pas l’oeuvre d’un Etat, d’un parti, d’une institution mais des prolétaires eux-mêmes tirant la nouvelle société de leur propre expérience.

Qui sont les communistes ?

Ce sont ceux des prolétaires socialistes qui se battent pour une société totalement débarrassée des classes sociales, y compris des prolétaires en tant que classe et, pour cela, qui luttent pour la suppression de la propriété privée des moyens de production, fondement objectif de l’exploitation de l’homme.

Qui sont les militants communistes révolutionnaires ?

Ce sont les militants communistes qui ont compris que l’Etat, au services des classes dirigeantes, ne peut être réformé mais doit non seulement voir son pouvoir renversé mais détruit de fond en comble, dans toutes ses institutions, y compris celles prétendument démocratiques, sa justice, ses assemblées, son administration, son mode de gestion des services publics, ses forces de l’ordre, sa justice, ses élections bourgeoises, sa prétendue démocratie dans laquelle les masses populaires n’ont aucune participation réelle aux décisions et les travailleurs aucun droit réel sur le lieu de travail.

Qu’est-ce qui caractérise les trotskystes ?

Nous ne parlons pas ici des groupes trotskystes officiels aussi loin que possible de la pensée de Léon Trotsky. Les militants trotskystes sont, parmi les communistes révolutionnaires, ceux qui défendent la conception de la révolution permanente, celle qui donne au prolétariat le maximum d’armes pour prendre la tête de toutes les couches et groupes opprimés au sein du monde capitaliste, y compris lorsque la lutte contre ces formes d’oppression sont féodales et auraient dû être supprimées sous la domination bourgeoise et capitaliste mais ne l’a pas été. Loin de rejeter les luttes des couches petites bourgeoises, des groupes sociaux, raciaux, régionaux, ethniques, religieux opprimées en les considérant comme dépassées par l’Histoire, le prolétariat a tout intérêt à s’en emparer car, s’il prend la tête de toutes les couches opprimées, le prolétariat devient la classe d’avenir pour l’ensemble de la société et, conscientes de ce rôle, les masses prolétariennes, minoritaires, deviennent une force inattaquable.

Quels besoins théoriques pour le prolétariat révolutionnaire ?

Les opprimés n’ont pas seulement besoin de courage, de détermination ou de dévouement dans leur combat. Ils ont besoin de la claire conscience des situations, des forces et faiblesses de leur classe, comme de ses adversaires. Pour cela, il leur faut une philosophie capable d’appréhender les changements brutaux, c’est-à-dire une philosophie scientifique dialectique. Celle-ci n’est nullement enseignée dans les universités et autres institutions de la bourgeoisie et a encore moins cours « naturellement » au sein du prolétariat, de ses organisations syndicales ou politiques classiques, de la gauche et de la « gauche de la gauche » qui se dit parfois d’extrême gauche. La dialectique est la philosophie indispensable aux militants révolutionnaires à la fois pour comprendre le passage rapide d’une situation à son inverse, pour comprendre aussi les contradictions au sein des classes dirigeantes et la manière dont les prolétaires peuvent s’en servir. Toutes ces nécessités théoriques et politiques signifient que le prolétariat ne peut pas vaincre sans avoir réussi à réaliser la liaison des militants prolétariens communistes révolutionnaires et des idées révolutionnaires.

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