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Les huit guerres d’Obama et le terrorisme US intitulé honteusement « contre-terrorisme »

mercredi 31 octobre 2012, par Robert Paris

Les huit guerres d’Obama et le terrorisme US intitulé honteusement « contre-terrorisme »

Trois personnes viennent d’être tuées dans le nord du Yémen, soupçonnées d’appartenir à Al Qaïda et visées par un drone américain. Bien entendu, comme dans tous ces « assassinats ciblés », rien ne prouvera jamais si l’information était exacte et si ce ne sont pas des civils qui ont été touchés. De toutes manières, il s’agit de suppressions d’individus sans déclaration de guerre, sans déclaration de quoique ce soit, sans autorisation du pays concerné et sans enquête ensuite pour déterminer la réalité des buts cherchés et des résultats. Sans compter bien entendu l’effet politique qu’ont ces assassinats ciblés sur la population et le nombre de réels terroristes que cette politique produit.

Obama a surtout marqué sa différence avec Bush par son affirmation de vouloir en finir avec les implications de troupes dans des guerres, sa volonté de ne pas lancer de nouvelles guerres et de retirer progressivement ses troupes d’Iran et d’Afghanistan. Cela ne signifie pas qu’il ait lancé moins de guerres que son prédécesseur.

En réalité, Obama a lancé plus de guerres que les USA n’en ont jamais menées :

Chaque mardi, Barack Obama préside à la Maison Blanche une réunion où est arrêtée la liste des membres d’Al-Qaida à "éliminer". L’information a été donnée le 29 mai par deux journalistes du New York Times, Jo Becker et Scott Shane. La Maison Blanche n’a pas démenti. Des journaux comme le quotidien Washington Post ou l’hebdomadaire Newsweek ont apporté des précisions.

Même ces fuites ont été calculées par la présidence pour augmenter la popularité du candidat Obama dans le grand public qui apprécie qu’on mène des guerres sans risquer (apparemment) des vies américaines. Sauf que des milliers d’innocents en sont victimes et que le premier résultat est que les peuples deviennent favorables aux terroristes.

« Un président américain ne devrait jamais hésiter à utiliser la force, même de manière unilatérale, pour protéger nos intérêts vitaux quand nous sommes attaqués ou sous le coup d’une menace imminente. » déclare Obama au Chicago Council on Global Affairs, le 23.04.07.

Il ne s’agit pas que de l’Afghanistan. En ce qui concerne l’Iran, Obama est sur le pont : « Jamais, écrit Sanger, depuis Lyndon Johnson et le choix des cibles à bombarder au Nord-Vietnam, un Président n’avait été impliqué d’aussi près dans l’escalade pas à pas d’une attaque contre les infrastructures d’une nation étrangère. »

Syrie, Côte d’Ivoire, Libye, Pakistan, Yémen et Somalie se rajoutent à celles qui continuent en Afghanistan et en Irak. Deux autres pays sont menacés par l’entrée en guerre des USA : Mali, Niger, Liban, Corée du Nord et Iran et ce ne sont pas les seuls ! Ce sont des guerres non déclarées mais qui font toutes les semaines de nombreux morts, que ce soit par des drones, ces robots volants, ou par des agents secrets. Certaines de ces attaques de drones ne font aucune publicité dans la presse, comme c’est le cas en Somalie où ces attaques ont été tellement nombreuses et fortes qu’elles ont complètement interrompu le trafic aérien commercial.

255 frappes au Pakistan, 38 au Yémen, 20 pour le seul mois d’avril (soit 6,5 fois plus que les 44 de Bush sans compter les 146 de Libye ou d’ailleurs), forces spéciales américaines dans 60 à 75 pays, attaques de drones dans pas moins de 5 pays étrangers (de l’Afghanistan à la Corne de l’Afrique), dommages collatéraux limités par nouvelle définition des impétrants (« tout individu d’âge militaire » y compris américain), liste secrète de cibles à liquider supervisée hebdomadairement et directement à la « cartes de baseball » par le président lui-même …

Quand il arrive à la Maison Blanche, en janvier 2009, le démocrate Obama dénonce le concept bushien de "guerre contre le terrorisme". Il est sceptique sur la réponse apportée aux attentats perpétrés par Al-Qaida aux Etats-Unis en septembre 2001. Il ne croit pas que les deux guerres d’occupation menées en Afghanistan et en Irak soient de nature à porter un coup fatal au terrorisme islamiste. Il s’emploie à retirer ses troupes d’Irak, puis d’Afghanistan. Mais il garde un programme hérité de son prédécesseur, George W. Bush : l’utilisation de drones pour assassiner tel ou tel responsable d’Al-Qaida repéré à l’étranger, au Pakistan notamment.

Le drone est un engin de mort précis et efficace. Moins onéreux qu’un avion avec pilote, lancé depuis les Etats-Unis ou d’une base à l’étranger, le drone ne met aucune vie américaine en danger. Il peut lâcher une bombe à fragmentation comme tirer un missile ; il est l’arme idéale pour mener une guerre aérienne clandestine. Obama va s’en servir - abondamment.

Au Pakistan, c’est Obama qui a lancé la guerre des drones comme le rapporte le journal Financial Times du 22 octobre 2012 :

« Mr Obama, un prix Nobel de la Paix, n’a pas inventé cette nouvelle politique militaire, mais il l’a accrue de manière dramatique. L’usage d’émilinations ciblées a été autorisé un week-end après l’attaque du 11 septembre 2001 et utilisé durant les sept années suivantes par l’administration de George W. Bush qui autorisé cinquante opérations. Mr Obama a pour sa part signé plus de trois cent cinquante de telles opérations. (…) Sous l’administration Obama, des drones ont tué des victimes ciblées au moins dans six pays : Afghanistan, Pakistan, Yémen, Irak, Somalie et Libye. Leur usage a été si généralisé en Somalie qu’il a fallu interrompre le trafic commercial aérien. (….) Selon la New York Foundation, les drones de la CIA au Pakistan ont tué entre 1907 et 3220 personnes depuis 2004, parmi lesquelles entre 1618 et 2765 personnes étaient déclarées par les USA comme militants. Cet institut a calculé que 15 à 16% des personnes tuées étaient officiellement des non-militants. (…) Pourtant, le seul endroit où les USA reconnaissent officiellement utiliser des drones est l’Afghanistan car, toujours officiellement, même au Pakistan ils ne sont pas en guerre. Et l’usage de drones dans des pays comme le Yémen ou la Somalie est du coup illégal selon la loi américaine. Il y a même des questions sur la légalité selon la loi américaine des décisions de la Maison Blanche sur le choix des personnes à éliminer. (…) John Brennan, le conseiller d’Obama pour le contre-terrorisme, devant la montée des pressions hostiles à cette politique, a donné deux conférences (…) dans lesquelles il justifie cette politique par le fait que les USA seraient « dans un conflit armé avec Al Qaïda, les Talibans et leurs alliés ». La Maison Blanche affirme ainsi utiliser les mêmes termes que l’administration Bush de « guerre contre le terrorisme » et prétend que cela donne une base légale à la poursuite des terroristes dans n’importe quels pays. (…) Le New York Times a rapporté que la liste des personnes visées intitulée « kill list » a été personnellement approuvée par Obama. Rosa Brooks de Georgetown University, spécialiste en droit, a écrit que « Cela revient, en pratique, à une revendication de la branche executive, d’un droit permanent et indiscutable, de tuer n’importe qui, n’importe où, n’importe quand, sur la base d’un secret complet de l’information à part une série d’individus anonymes et incontrôlables. » (…) Christof Heyns, rapporteur de l’ONU sur les assassinats extrajudiciaires, a affirmé cette année « qu’il est exact que des frappes secondaires de drones ont eu lieu pour frapper ceux qui voulaient porter secours aux blessés de la première attaque de drones, or ces deuxièmes attaques sont assimilables à un crime de guerre. » (…) Will McCants, ancien spécialiste du contre-terrorisme au Département d’Etat américain a affirmé que « La politique des drones et son rythme intense d’utilisation place la USA à la tête de la liste des pays les pires du monde. » (…) Anne-Marie Slaughter, qui dirigeait la politique américaine en la matière dans les deux premières années de l’administration Obama, compare la situation avec celle des premières années des armes nucléaires, quand les USA étaient les premiers à utiliser une arme que d’autres pays allaient rapidement être capables d’imiter : « Nous ne voulons pas d’un monde dans lequel nous pouvons comme cela nous chante décider qui peut être éliminé par un drone. »

Rappelons que ce qui suit a été écrit par le Financial Times et pas par une revue d’extrême gauche…

C’est la bourgeoisie en somme qui s’interroge sur les effets à long terme de cette politique qui permet dans l’immédiat à l’impérialisme US de pallier à l’impopularité de toute nouvelle guerre du fait des soldats US morts en Afghanistan et en Irak. Elle s’appuie davantage sur des pays comme la France (exemples : la Côte d’Ivoire et la Libye) pour mener ses guerres et elle se sert du contre-terrorisme, ce qui dépasse largement la question des drones. Elle envoie des armées secrètes et embauche des troupes sur place comme en Syrie.

Les effets à long terme sont déjà la montée de l’hostilité des populations contre les USA comme au Pakistan et au Yémen et donc le développement du recrutement du terrorisme à une plus grande échelle et sa justification au plan politique.

Cela suppose non seulement que l’impérialisme ne veut pas réellement supprimer le terrorisme mais qu’il souhaite polariser le monde grâce à cette prétendue guerre contre le terrorisme pour éviter d’avoir en face de lui un front social des opprimés à combattre sur le terrain de la lutte des classes…

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1 Message

  • Dans les medias américains certains commentateurs chevronnés se demandent si le président Barack Obama n’est pas en train de se transformer devant nos yeux déconcertés en George W. Bush. La chaîne de télévision de droite Fox News s’est délectée en comparant le discours de M. Obama à la tribune de l’ONU justifiant sa décision d’intervention militaire à celui de George W. Bush au même endroit pour pareille action. En effet, les deux présidents ont mobilisé des propos semblables, apocalyptiques, imprégnés de la même grandiloquence morale. De plus, le cadrage de l’image à la tribune avec l’arrière plan de marbre gris montre les deux présidents habillés exactement de la même façon.

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