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Il y a deux mondes, il y a deux classes, il y a deux perspectives...

mercredi 9 mai 2012, par Robert Paris

Il y a deux mondes, il y a deux classes, il y a deux perspectives... Ce n’est pas la gauche et la droite. Ce n’est la démocratie et la dictature. Ce n’est pas l’hunanisme et le fascisme. Ce n’est pas l’égalité et l’injustice. Ce n’est pas la morale et l’immoralité. Ce n’est pas le bien et le mal.

C’est la bourgeoisie impérialiste et le prolétariat révolutionnaire !

Ce ne sont pas des différences sociologiques. Ce ne sont pas des catégories statistiques.

Ce sont deux tendances historiques de l’histoire de notre époque.

Toute la propagande des politiciens et de commentateurs politiques consiste à faire croire qu’en période de crise il faudrait que tout le pays s’unisse face à la crise, sans distinction de classe alors que c’est exactement le contraire : il est plus que jamais vital que les travailleurs apparaissent comme une force qui est indépendante des autres classes sociales et indépendante de l’Etat bourgeois. Toute la tromperie de la gauche consiste à faire croire que la classe ouvrière serait représentée au pouvoir. Cette tromperie est favorisée par les bonnes relations de cette gauche avec les dirigeants des centrales syndicales. Cela a pour résultat d’empêcher la classe ouvrière d’apparaître comme une alternative quand les classes dirigeantes auront usé tout leur crédit.

A l’inverse, plus les travailleurs auront montré qu’ils ne se sentent nullement liés à ces gouvernements social-démocrates de crise, plus ils pourront attirer à eux les classes moyennes paupérisées.

La crise de domination du capitalisme n’est pas la cause de la fissure séparant les classes sociales mais elle est un révélateur. Avec la misère et le chômage de masse, avec les licenciements massifs, l’existence d’une classe qui vit dans le luxe choque de plus en plus. La crise va également jeter les classes moyennes dans le prolétariat et même dans le sous-prolétariat. Le fardeau des riches apparaît ainsi insupportable à accepter au plus grand nombre. Ensuite, la crise ne se contente plus de séparer la société entre exploiteurs et exploités, elle la divise de plus en plus entre ceux qui crèvent et ceux qui se gobergent dans le luxe, et, dans sa dernière phase, entre ceux qui vivent et ceux qui meurent, entre ceux qui tuent et ceux qui sont tués. Il devient donc urgent aux classes dirigeantes de produire elles-mêmes un socialisme détourné de peur que les opprimés se tournent vers une véritable alternative révolutionnaire. C’est l’un des rôles de la démagogie fasciste mais aussi de la tromperie social-démocrate. Cette dernière reste encore au début le meilleur moyen de détourner le mécontentement en évitant les dangers des affrontements sociaux violents.

Tant que les classes dirigeantes le peuvent, elles évitent les risques d’une lutte de classes exacerbée. Elles font tout pour faire croire à des solutions possibles pour les peuples face à la crise. Mais, devant l’évidence du mensonge, elles détournent la colère. La Grèce en est un exemple : on désigne du doigt des ennemis imaginaires comme l’Etranger, l’Europe, les immigrés… Le nationalisme est présenté comme la solution de manière aussi mensongère que l’on avait présenté l’Europe comme la solution. Tout faire pour éviter l’affrontement de classe, telle est la politique des classes dirigeantes. Et, plus on s’enfoncera petit à petit ou brutalement dans le crise, plus la démocratie bourgeoise se convaincra de la nécessité du fascisme et de la guerre.

Dans la phase précédente, l’illusion dans le réformisme des partis de gauche, dans leur capacité d’éviter la crise révolutionnaire, sera la pire des politiques, la plus dangereuse, car la seule capable de détourner la force révolutionnaire du prolétariat. En ce sens, les faux amis seront plus dangereux que les ennemis déclarés…

Aucune des « solutions » réformistes n’est crédible face à l’effondrement actuel car il est impossible de réformer le capitalisme et il ne peut que retarder les échéances en aggravant la situation. La Grèce est une belle démonstration que toutes ces fameuses solutions n’ont été que des délais qui ont permis d’éviter l’affrontement social et de laisser se développer le découragement et le fascisme. En retardant l’effondrement, les politiques réformistes ont eu aussi pour effet de développer la catastrophe sociale, produisant une démoralisation profonde parmi les exploités avec les licenciements massifs, les ponctions sur les salaires et les retraites et la destruction des services publics. Il n’y a rien d’étonnant que l’extrême droite en ait profité : c’était tout le calcul des classes dirigeantes et de l’appareil d’Etat. Et la Grèce est en train d’être suivie par l’Espagne, le Portugal et l’Italie puis… la France !

Ce qui compte pour les travailleurs, c’est de ne pas chercher les sauveurs ou les solutions et de se contenter de compter sur leurs propres forces, c’est de conserver la boussole de classe : quiconque pactise avec le pouvoir bourgeois pactise avec nos ennemis, quels que soient ses beaux discours par ailleurs…

Pour les militants communistes, une chose est essentielle même aux pires moments et c’est la plus difficile : ne pas tomber dans les pièges des soi-disant solutions, des fausses actions, des perspectives mensongères et conserver confiance dans le prolétariat révolutionnaire même quand celui-ci nous démontre qu’il n’y a pas d’espoir apparemment de ce côté. Le prolétariat restera réformiste jusqu’à la dernière minute mais lui seul est un espoir pour l’humanité...

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