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Deux génocides du 20ème siècle, deux implications de l’Etat français, deux films

mardi 13 avril 2010, par Alex

Deux films qui omettent autant de choses qu’ils en dénoncent

Le film La rafle retrace la rafle du Veld’hiv qui eut lieu le 16 juillet 1942, aboutit à la déportation de « juifs étrangers » avec leurs enfants. Ligne de front est l’histoire d’un journaliste français travaillant au Rwanda en 1994 pendant le génocide des Tutsis.

Les deux films sont des films qui dénoncent clairement le rôle de l’Etat Français dans ces deux génocides. Il est bon de les voir rien que pour les faits qu’ils rappellent.

Mais ce qu’on peut attendre de tels films, n’est-ce pas de décrire complètement ces épisodes ? et par la même donner au spectateur des repères bien solides pour essayer de commencer à comprendre comment de telles horreurs ont pu arriver, et pourront encore arriver ? C’est là que ces films pêchent. Jouent-ils un rôle positif dans l’éveil de la conscience de ceux qui voudront empêcher les prochaines horreurs programmées ? Le caractère fortement émotionnel de leur dénonciation peut donner du crédit aux thèses qu’ils sous entendent. Ce crédit peut avoir un côté néfaste, car ces thèses sont en fait quasiment celles de la version officieuse que les politiciens parlant au nom de l’Etat mettent dans les têtes. Ceci bien que ces films dénoncent l’Etat français, ou plutôt ce qui est présenté non comme l’essence de cet Etat, mais ses "erreurs" ses "errements".

En ce qui concerne la complicité de l’Etat français dans la déportation des juifs vers les camps d’extermination : Le 16 juillet 1995, le président de la République Jacques Chirac reconnut officiellement les responsabilités de la France, dans un discours lors du 53e anniversaire de la rafle du Vélodrome d’Hiver : « Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français. Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 450 policiers et gendarmes français, sous l’autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis. »

Le film La rafle illustre parfaitement cet extrait du discours de Chirac. Mais ce qui est beaucoup moins connu, reste tabou, c’est que De Gaulle à peine rentré en France, décore la police parisienne. cette même police qui fit la rafle. Il est impossible pour quelqu’un qui visite le centre historique de Paris de ne pas voir ces nombreuses plaques commémoratives de policiers parisiens "héros de la libération". Montrer comment des policiers responsables de la rafle ont été décorés, comment Bousquet, lié d’amitié avec Mitterrand et Papon ont paisiblement continué leurs carrière aurait été un choc politique salutaire. Rien de cela dans le film. La police de Vichy est monstrueuse, mais elle est vraiment différente de celle de l’Etat français actuel, c’est ce que grave dans les têtes ce film. L’explication de l’Histoire est très axée sur les "grands-hommes" : Laval est antisémite, Pétain est faible et le suit. Dans son discours du 16 jullet, Chirac expose la thèse des deux Etats français : le bon et le mauvais : J’aime à penser qu’un mois plus tôt, à Bir Hakeim, les Français libres de Koenig avaient héroïquement tenu, deux semaines durant, face aux divisions allemandes et italiennes. Certes, il y a les erreurs commises, il y a les fautes, il y a une faute collective. Mais il y a aussi la France, une certaine idée de la France, droite, généreuse, fidèle à ses traditions, à son génie. Cette France n’a jamais été à Vichy. Elle n’est plus, et depuis longtemps, à Paris. Elle est dans les sables libyens et partout où se battent des Français libres. Elle est à Londres, incarnée par le Général de Gaulle. Or une partie de ces officiers de la France libre seront ceux qui seront les bourreaux des peuples d’Indochine et d’Algérie lors des guerres de décolonisation. Certains seront des théoriciens et praticiens de la torture lors de la Bataille d’Alger (1957).

Lignes de front dénonce l’amitié de la France avec le pouvoir hutu qui organise le génocide, et le fait que les soldats français n’ont sauvé Hutu. Rien sur le soutien, l’encadrement, quasiment la direction de l’armée hutu pendant les années avant 1994. Le journaliste dénonce l’indifférence de s ses collègues, la presse veut vendre, c’est tout, et un génocide ca fait la une un soir, mais pas plus. Or la presse a joué un rôle en coopération étroite avec les services secrets français. De même il dénonce « l’indifférence des politiques ». Or des politiques français ont été des artisans de ce génocide. Quasi aucun rappel factuel, aucun visage de ces politiques, le génocide est une horreur incompréhensible. Donc la France est dénoncée, mais la profondeur de son implication ne l’est pas. La version qui ressort est finalement celle que l’on entend en permanece : la France a laissé faire. Or cette version sert à dire ensuite : il ne faut pas refaire la même erreur qu’au Rwanda : il faut intervenir pour empêcher les prochaines horreurs. C’est le devoir d’ingérence.

Bref ce qui manque à ces films, c’est de donner l’idée de ce qu’est un état comme l’état français, la base politique de la terreur et des meurtres de masse. Même sans faire une grande théorie, montrer les faits, nommer les acteurs serait une contribution. Que ces exterminations de population sont des guerres sociales que les Etats sont prêtes à faire.

Comme disait Clausewitz, la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Or monter l’horreur (réelle) de ces génocides en en faisant un épisode "irrationel" "incompréhensible" va contre cette idée, qui est fondamentale pour se préparer aux prochaines guerres sociales dont une des formes est pour une classe dominante le massacre de masse.

4 Messages de forum

  • Des révélations qui ne surprennent personne
    Un nouveau document publié par l’’avocat Serge Klarsfeld tendrait à prouver l’implication de Pétain dans la l’instauration de lois antisémites discriminant la population juive en France pendant la Seconde guerre mondiale. Cela va à l’encontre de la thèse officielle qui veut que Pétain et l’appareil d’État français aurait dû accepter à leur corps défendant des lois imposées par les nazis.

    L’antisémitisme, la discrimination contre les tsiganes, la chasse aux communistes n’ont pas existé qu’en Allemagne. Quand il s’agit de défendre les intérêts de la bourgeoisie, les politiciens de son camp sont prêts aux pires ignominies. C’était vrai hier, ça l’est toujours aujourd’hui.

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  • Oui Sarkozy en maréchal c’est électoralement payant, surtout dans une période ou la gauche de la gauche prépare les esprits aux bienfaits des fronts populaires.

    Maintenant le document qui montre les consignes données aux préfets sur les restrictions et la politique de discriminiations par rapport aux juifs, est quand même très important pour discuter.

    Déjà que l’Etat est une machine contre la population et non pas le produit de la volonté des citoyens.
    L’etat en tant que machine est au service d’un "maître" et la gauche ou la droite politique s’unissent pour en être l’intermédiaire, les gestionnaires.

    Le maître de cette machine est la bourgoisie, classe sociale qui est arrivée au pouvoir lors des dernières périodes révolutionaires, qui ont permis le renversement des anciens régimes et classes régnantes datant du moyen age.

    Pétain est donc comme Papon, ou Madame de Maintenon (épouse de Louis 14) pour le code noir, Mittérand pour le génocide Rwandais, des excécutant au service d’un Etat et d’une classe sociale.

    Document datant de 1940

    Code noir

    expulsions des roms en 2011

    Contrairement à d’autres Etats, celui français a besoin d’énormément de douments écrits pour fonctionner...mais c’est la seule différence car sinon le racisme, l’ethnisme,et toutes les discriminations possibles ne sont pas une cause mais plus une conséquence politique du maintient au pouvoir d’une classe sociale menacée par un système économique et social arrivé à une limite et peut être la dernière.

    Le massacre des protestants en 1572, un tournant social et économique.
    Lire sur M&R ici

    Extrait de l’article "les révolutions en Chine antique" sur M&R

    "Le souverain fondera ainsi la dynastie des Qin, le premier état unifié, multiethnique et centralisé dans l’histoire de la Chine.

    Ying Zheng se donnera le titre de Shi Huang Di (premier empereur) dans l’intention de transmettre son pouvoir de génération en génération. Il remplacera l’ancien système d’inféodation par une division administrative du pouvoir en 36 préfectures divisées en districts, gérées par un appareil bureaucratique centralisé placé sous le contrôle direct de l’empereur. Ce dernier promulguera des lois basées sur les anciens règlements du royaume des Qin et certaines réglementations des six royaumes annexés. L’abolition des aristocraties héréditaires permettra de nommer des gouverneurs compétents et soumis.

    Préférant l’agriculture au commerce, l’empereur encouragera la propriété privée des terres. Il donnera l’ordre, en 216 avant Jésus-Christ, de protéger celles qui étaient détenues par les propriétaires fonciers et les cultivateurs, à condition que ceux-ci paient convenablement les impôts. Il unifiera les mesures de poids et de longueur, les monnaies, et généralisera les caractères de style sigillaire. Il dotera le pays d’un réseau de routes impériales et de canaux d’irrigation.

    Le Confucianisme sera écarté au profit du légisme qui donnera naissance à une réglementation pénale unique pour l’ensemble des activités et permettra l’enrichissement de l’Etat. Le légisme sera notamment défendu par Li Si, réformateur du royaume Qin et par le philosophe Han Fei. Les autres écoles de philosophie deviendront hors-la-loi. Che Houang Ti fera brûler les ouvrages qui pouvaient promouvoir une culture contraire en 216 avant Jésus-Christ, notamment le "Livre des Odes" et le "Livre de l’Histoire", ainsi que différents ouvrages philosophiques. Les livres pratiques seront épargnés. Le souverain interdira les écoles privées et fera enterrer vivants à Xianyang, capitale des Qin, quatre cents lettrés et alchimistes."

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