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Accueil du site > 03 - Livre Trois : HISTOIRE > 3ème chapitre : Révolutions bourgeoises et populaires > 1382-1383 en France : la révolte des Maillotins

1382-1383 en France : la révolte des Maillotins

dimanche 4 avril 2010, par Robert Paris

3 janvier 1383

La révolte fiscale des Maillotins

Un mouvement qui s’est intercalé entre deux révolutions populaires et bourgeoises, celle d’Etienne Marcel et celle des cabochiens

CHRONOLOGIE

âques 1378 : révoltes anti-fiscales au Puy, Nîmes, Alès.

Octobre 1379 : émeutes anti-fiscales à Montpellier.

Octobre – novembre 1380 : agitation anti-fiscale dans la vallée de l’Oise, à Rouen et à Chartres. Agression d’agents fiscaux à Paris.

Décembre 1380 – février 1381 : les Etats généraux refusent le rétablissement du fouage, puis l’accepte sous la pression du gouvernement royal.

Février 1381 : émeutes anti-fiscales à Saint-Quentin et en Languedoc.

24 février 1382 : Harelle de Rouen.

1er mars 1382 : révolte des Maillotins de Paris suivie de révolte à Laon, Reims, Orléans et en Languedoc. Prise de Bruges par les Gantois.

Printemps-été 1382 : révolte générale dans le Nord de la France au cri de « vive Gand ! vive Paris ! » menée par « merdaille comme de dignans (= dinandier), drapiers (= salariés des deux confréries les plus hiérarchisées) et gens de povre estoffe, enforcés de caïmans et gens d’estrange besoigne » (= casseurs et pilleurs)

Novembre 1382 : défaite des Gantois à Roosebeke.

Eté - 11 janvier 1383 : reprise en main par le duc Jean sans Peur de Bourgogne : exécution des meneurs de la Harelle et des Maillotins, occupation de Paris et Rouen par l’armée royale. Les institutions municipales sont supprimées dans de nombreuses cités jusqu’en 1389. A Paris, la prévôté des marchands est supprimée. Le roi n’accorde son pardon que contre d’énormes amendes (800 000 francs en Auvergne).

HISTOIRE

Le 3 janvier 1383, les bourgeois de Paris, exaspérés par le poids des impôts et les désordres de la cour, s’arment de maillets de plomb (d’où leur surnom de « Maillotins ») et descendent dans la rue.

Ils en veulent tout particulièrement aux oncles du jeune roi Charles VI, qui exercent en son nom le conseil de régence et pillent les caisses de l’État. Mais ceux-ci instaurent la loi martiale et matent la révolte. Ils suppriment en représailles la prévôté des marchands, l’équivalent de la mairie de Paris.

Embellie au royaume de France

Sous le précédent règne, la France avait commencé à se remettre d’un douloureux conflit avec les Anglais grâce à Charles V le Sage et à son connétable, le breton Bertrand Du Guesclin. Elle avait été débarrassée des Anglais, qui ne tenaient plus que cinq ports : Calais, Cherbourg, Brest, Bordeaux et Bayonne, ainsi que des Grandes Compagnies, épuisées par la guerre en Espagne. C’était le début d’une longue embellie dont témoignent les enluminures des Très riches Heures du duc de Berry. Le conflit entre les monarchies anglaise et française aurait pu s’arrêter là.

Charles VI n’a pas tout à fait 12 ans quand il succède à son père, le 16 septembre 1380. Il est sacré à Reims selon l’antique coutume le 4 novembre 1380. Les habitants de la ville saluent le sacre par les cris de « Vive le roi de France ! Montjoie Saint Denis ! » C’est qu’ils viennent d’apprendre, à leur grande satisfaction, qu’est confirmée la suppression des fouages décidée à la fin du règne précédent (les fouages étaient un impôt extraordinaire perçu sur chaque ménage (on dit aussi feu ou foyer). Une régence détestée

Mais voilà, le roi étant encore mineur à son avènement, ses puissants oncles, Louis d’Anjou, Jean de Berry, Louis de Bourbon et Philippe de Bourgogne, assurent la régence. Ils profitent de leur pouvoir pour dilapider les ressources du royaume et instaurer de nouveaux impôts pour leur profit personnel. Plusieurs révoltes comme celle des Maillotins secouent le pays.

Enfin, en 1388, le roi Charles VI reprend en main les affaires du royaume. Il chasse ses oncles prévaricateurs et rappelle les sages conseillers de son père, gens de modeste extraction, que les princes surnomment avec mépris les « Marmousets ». Ce terme péjoratif désignait à l’époque les parvenus. Il vient du nom donné aux figures grotesques qui ornent les heurtoirs de portes.

Le jeune roi est alors appelé par ses sujets Charles VI le Bien-Aimé. Mais, contre toute attente, son règne, l’un des plus longs de l’Histoire de France, se terminera en 1422 dans les pires calamités à cause, tout simplement, de ce qu’il sera devenu fou et inapte à exercer son autorité. Effervescence sociale dans toute l’Europe

La révolte des Maillotins n’est pas un phénomène isolé en Europe. La brutale diminution de la population, après la Grande Peste de 1347, réduit la main-d’oeuvre disponible dans les campagnes et les villages. Les travailleurs de la terre et les artisans des villes en profitent pour multiplier les revendications sociales.

Dans le même temps, les très grosses dépenses dues à la guerre franco-anglaise poussent les nobles et les souverains à créer de nouvelles taxes. Il s’ensuit de nombreuses révoltes sociales qui annoncent la fin du Moyen Âge.

– En Angleterre, les paysans se révoltent en 1381 sous l’égide de Wat Tyler et menacent la monarchie. – En Flandre, sous la conduite de Philip Van Artevelde, les tisserands de Gand se soulèvent en 1382 contre le comte de Flandre et ses soutiens français. – En Hongrie, sous le règne du roi Sigismond, les paysans se révoltent contre les grands féodaux. Battus, ils retournent au servage... et se vengent en refusant leur concours aux seigneurs lorsque la Hongrie est envahie par les Turcs.

En Europe occidentale, cependant, en marge de révoltes spectaculaires et de troubles politiques, cette époque tragique se solde par une augmentation des salaires et des revenus, ainsi que par un renforcement des droits des travailleurs. Le servage disparaît sur presque toute l’étendue du continent, les seigneurs s’efforçant de retenir la main-d’oeuvre paysanne sur leurs terres en offrant de meilleures garanties que précédemment. De la même façon, les seigneurs multiplient les franchises communales pour encourager l’activité artisanale et le commerce sur leurs terres.

3 Messages de forum

  • 1382-1383 en France : la révolte des Maillotins 6 avril 2010 11:21, par MOSHE

    Le 3 janvier 1383, les bourgeois de Paris, exaspérés par le poids des impôts et les désordres de la cour, s’arment de maillets de plomb (d’où leur surnom de « Maillotins ») et descendent dans la rue.

    Ils en veulent tout particulièrement aux oncles du jeune roi Charles VI, qui exercent en son nom le conseil de régence et pillent les caisses de l’État. Mais ceux-ci instaurent la loi martiale et matent la révolte. Ils suppriment en représailles la prévôté des marchands, l’équivalent de la mairie de Paris.

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  • 1382-1383 en France : la révolte des Maillotins 6 avril 2010 11:22, par MOSHE

    En Europe occidentale, cependant, en marge de révoltes spectaculaires et de troubles politiques, cette époque tragique se solde par une augmentation des salaires et des revenus, ainsi que par un renforcement des droits des travailleurs. Le servage disparaît sur presque toute l’étendue du continent, les seigneurs s’efforçant de retenir la main-d’oeuvre paysanne sur leurs terres en offrant de meilleures garanties que précédemment. De la même façon, les seigneurs multiplient les franchises communales pour encourager l’activité artisanale et le commerce sur leurs terres.

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  • "Dans le même temps, les très grosses dépenses dues à la guerre franco-anglaise poussent les nobles et les souverains à créer de nouvelles taxes. Il s’ensuit de nombreuses révoltes sociales qui annoncent la fin du Moyen Âge"

    La fin du moyen age, la fin de la monarchie absolue, et la fin du capitalisme.
    La révolte au Kirghizistan‎ contre le pouvoir, dans un contexte de crise mondiale, sonne avec les révoltes en Iran, en Grèce, en Chine, en Haiti, aux Antilles, en Europe de l’Est, au Maroc, en Afrique du Sud,etc.. les limites du système économique et politique mondiale, donc unifié qu’est le capitalisme.

    Alors Socialisme ou barbarie ? mais le socialisme qui combat les bureaucraties ouvrières (de gauche , stalinienne ou d’extrème gauche), c’est à dire le socialisme révolutionnaire qui détruit l’appareil d’Etat de la classe dirigeante pour le remplacer par le pouvoir de la classe ouvrière, appelé dictature du prolétariat contre la bourgeoisie.

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