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Qui savait quoi ? L’extermination des juifs 1941-1945 ( Stéphane Courtois et Adam Rayski)

jeudi 7 janvier 2010, par Robert Paris

Qui savait quoi ? L’extermination des juifs 1941-1945 ( Stéphane Courtois et Adam Rayski)

Ce livre est publié chez La Découverte, 1987.

Après avoir lu sur ce site le commentaire sur le livre « Jan Karski » de Yannick Haenel, un camarade s’est étonné, (voir son commentaire), d’être tombé sur un article de Stéphane Courtois à propos de Jan Karski. Comment l’anticommuniste Stéphane Courtois, auteur du « Livre noir du Communisme » peut-il faire la publicité du Juste Jan Karski ?

La réponse est à mon avis dans son livre « Qui savait quoi ? L’extermination des juifs 1941-1945 »

1) Coté pile ce livre est intéressant car il se pose une question simple et apporte les réponse en bon universitaire : comment l’extermination des juifs mise en route par Hiltler a t-elle été évoquée dans la presse clandestine de la résistance en France ? Courtois écrit en bon scientifique : il recense différents courants de la résistance, cite leurs publications, donne des dates, des extraits et la réponse est sans appel : tous ces courants (au moins les dirigeants et les responsables de la presse) connaissaient l’existence des camps d’extermination, très rapidement.

2) Côté face il constate un décalage entre la prise de conscience de l’extermination des juifs qui était en cours pendant la guerre, mais le fait que l’empêcher n’ait pas été un des thèmes principaux d’aucun courant de la resistance, excepté la section juive du PC français.

Et sur cette question Courtois donne ses explications psychologiques : le monde n’a pas pris conscience de ce qu’il savait. De tous les témoignages de cette connaissance qui n’en est pas une, le plus frappant reste la « découverte », au printemps 1945, des camps de concentration par les armées alliées. Surpris, bouleversé, le général Eisenhower demande qu’une douzaine de parlementaires américains et les rédacteurs des grands journaux viennent sur place pour que l’on ne puisse pas douter de la véracité des reportages. L’émotion qui s’empara de tous ces nouveaux témoins de l’horreur des camps de concentration, alors qu’ils avaient lu et parfois publié des informations sur les camps d’extermination dans les années de guerre en dit long sur les aveuglements du passé ! (p.42)

Ici, Courtois n’écrit plus en bon universitaire scientifique, car il ne cite aucun écrit de l’époque, par exemple du général Eisenhower, de Churchill ou de De Gaulle qui auraient dit : on m’avait parlé des camps d’extermination, mais je n’ai rien cru, j’ai eu tort de ne pas en faire un de mes buts de guerre. C’est lui qui invente une justification.

Et bien sûr, Courtois souligne à juste titre le silence du PC français : à partir d’octobre 1942, c’est-à-dire au moment ou précisément les premières informations commençaient à filtrer sur le génocide, la presse centrale du PCF n’a plus consacré un seul article à la persécution des juifs, n’y a même pas fait une simple allusion (p.105)

Courtois reconnait tout de même que c’est la section juive du PCF, et la MOI (Rayski y jouait un rôle dirigeant), qui ont tiré le signal d’alarme en permanence.

Mais le fait que la Résistance n’ait pas fait, d’empêcher l’extermination des juifs, un de ses objectifs est encore justifié par Courtois sans aucune référence : Peut-être était-ce inévitable, ne serait-ce que parce que, dans sa presse, la Résistance devait se faire l’écho des multiples préoccupations des français et privilégier l’objectif de la libération du pays (p. 101) Ici encore aucune citation, la référence à « les français » sous-entend une unanimité qui est absurde, Courtois invente ses propres justifications, il ne donne aucune référence des écrits de la Résistance.

Et en opposant la « libération du pays » à la question de l’extermination des juifs, Courtois sous-entend que ce génocide des juifs de France ne constitue pas un des aspects de « l’asservissement du pays » !

En savoir plus sur l’extermination des Juifs d’Europe de l’Est et ses causes

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