English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS > Editorial 03-01-2010 - Le grand emprunt de l’Etat... dans la poche des (...)

Editorial 03-01-2010 - Le grand emprunt de l’Etat... dans la poche des travailleurs

dimanche 3 janvier 2010, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx

L’Etat fait un « grand emprunt »... dans la poche des travailleurs

L’Etat français, gauche et droite unis pour l’occasion, de Juppé à Rocard, a décidé d’un "grand emprunt national" de 35 milliards d’euros, dont 22 milliards seront levés sur les marchés. L’Etat ne va plus cesser de payer des intérêts aux financiers qui seront les prêteurs. Cet emprunt est donc un cadeau de plus au système bancaire et financier, auquel l’Etat offre des intérêts colossaux pour ses prêts. Il est d’autant plus phénoménal que, depuis la crise, c’est l’Etat qui prête de l’argent quasiment sans intérêt à ces mêmes banques, qui, elles, le prêtent ensuite à intérêt aux particuliers, aux sociétés… et maintenant à l’Etat !!! Et ce dernier, de plus en plus endetté, refuse pourtant de faire payer les trusts automobiles aidés par lui et qui annoncent des profits records, pas question non plus de demander aux trusts pharmaceutiques de payer pour les dépenses scandaleuses des vaccins et du tamiflu ! Pas question de faire payer aux spéculateurs leurs frasques lors de la crise ! Non, c’est aux travailleurs de payer par les attaques sur les salaires, les retraites, et surtout les emplois ! Aux travailleurs de payer ensuite l’addition par une ponction générale sur toute l’activité sociale, puisqu’il sera d’abord financé en supprimant des emplois dans les services publics, en supprimant des enseignants, des cheminots, des infirmières ! Santé, retraite, Sécu transport et éducation seront frappés.

Rocard et Juppé ont conjointement proposé un emballage pour ce cadeau au grand patronat : faire croire que l’argent de l’emprunt irait surtout à la recherche et l’enseignement supérieur. En réalité, il s’agit seulement de 11 sur les 60 milliards de l’emprunt et, d’ailleurs, l’université, le CNRS et les instituts de recherche ne toucheront pas ces sommes. Elles seront placées comme un capital financier et ce sont seulement les intérêts de ce placement, soit des sommes très faibles, qui seront à la disposition des instituts de science et d’enseignement. Et, même là, l’argent soi-disant donné à la recherche et à l’enseignement servira à subventionner des « secteurs d’excellence », traduisez des secteurs rentables.

Quant au reste de l’emprunt, l’Etat va servir encore et à nouveau à aider des trusts. En effet, l’Etat va mettre en place le haut débit à la place des trusts de la téléphonie, malgré les bénéfices de ces sociétés. C’est encore l’emprunt qui est censé aider les trusts de la bio-industrie à développer les bio-technologies. Tout cela sans aucune contrepartie ni aucun engagement des sociétés aidées, ni sur le plan de l’emploi, ni sur celui des investissements privés qui sont seulement évalués par le gouvernement et « souhaités ».

L’Etat va aider… Areva et autres trusts du nucléaire, déjà très riches, pour développer le nucléaire, présenté par Sarkozy comme une industrie propre sous prétexte qu’elle ne produit pas de CO² !!! Or, même si le sommet de Copenhague voudrait nous faire croire le contraire, le nuage de Tchernobyl, c’est autrement plus dangereux que les gaz à effet de serre.

Contrairement à Obama, Sarkozy essaie de faire croire que ce n’est pas un nouveau plan de relance. Pourtant, la cause de cet emprunt est bel et bien le fait que le capitalisme n’est pas relancé et que, depuis 2008, la machine n’est pas repartie et que les capitaux privés ne s’investissent pas.

Pour sauver les capitalistes, les Etats iront jusqu’au bout des sommes qu’ils sont capables de débourser, c’est-à-dire jusqu’à se mettre en faillite comme l’Etat islandais, ukrainien, grec ou espagnol. Après nous avoir expliqué que la crise de 2008 provenait d’exagérations dans l’endettement, on nous propose … d’augmenter l’endettement des Etats. Jusqu’où ? L’Etat français a déjà mis dans le rouge EDF, la SNCF, les hôpitaux, la caisse des dépôts, la caisse d’épargne. A quand la faillite de l’Etat ?

Il est vrai que bien des travailleurs ont cru que, lors d’une grave crise, l’Etat jouerait un rôle de défenseur de l’intérêt général. La crise du système capitaliste dévoile, au contraire, que l’Etat n’est qu’une arme de guerre au service des classes dominantes, prête à s’attaquer durement à la classe ouvrière. Capitalistes et gouvernants défendent des intérêts de classe et certains d’entre eux ne se privent pas de le dire haut et clair. La deuxième fortune mondiale, Warren Buffett, déclarait ainsi : « Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner. »

Oui, il y a bien deux classes aux intérêts diamétralement opposés. Oui, il est plus que temps que nos mobilisations se fassent sur la base de nos intérêts de travailleurs et pas secteur par secteur, entreprise par entreprise. Au lieu d’être défaits les uns après les autres, à nous travailleurs de la mener, la lutte de classe !

10 Messages de forum

  • 353 personnes sans domicile fixe sont mortes en France depuis le début de l’année

    Selon le collectif des « Morts de la rue », 399 personnes sont mortes « dans la rue et de la rue » en 2008. Cette année, ce chiffre est en passe d’être égalé puisque le collectif a déjà dénombré 353 personnes décédées depuis le début de l’année. Cette liste macabre et scandaleuse n’est que partielle et donc non exhaustive.

    Beaucoup périssent dans la rue, dans les abris de fortune qu’ils ont pu trouver – leur voiture parfois – d’autres meurent à l’hôpital.

    A l’approche de l’hiver, l’on parle un peu plus des victimes du froid. Mais c’est toute l’année que des sans-domicile-fixe meurent, de misère tout simplement…

    La dure réalité est que c’est cette société capitaliste qui les condamne à mourir ainsi.

    Répondre à ce message

  • Oui, il y a bien deux classes aux intérêts diamétralement opposés. Oui, il est plus que temps que nos mobilisations se fassent sur la base de nos intérêts de travailleurs et pas secteur par secteur, entreprise par entreprise. Au lieu d’être défaits les uns après les autres, à nous travailleurs de la mener, la lutte de classe !

    Répondre à ce message

    • Ce qui manque à mon sens dans cet éditorial est l’idée que l’Etat est l’état de la bourgeoisie, et ainsi, depuis que la révolution bourgeoise a créé l’état de la bourgeoisie, cet état est au service et a toujours été au service du système capitaliste, du grand capital, des capitalistes, et de la haute finance.

      Cette idée est l’idée de Lénine de l’Etat et la révolution qu’il serait intéressant d’intégrer dans le texte.

      Tout ce qui est décrit va dans ce sens, pourquoi ne pas livrer notre point de vue jusqu’au bout ?

      La plupart des travailleurs à qui nous nous adressons considèrent l’état à la manière de kautsky : un arbitrage entre les classes -quand ils ne pensent pas que c’est le leur... Or, l’état est l’ennemi des travailleurs. C’est cela à mon sens l’idée essentielle qu’il faudrait faire passer.

      En l’état, l’éditorial ne le fait pas. Est-il possible de le modifier dans ce sens ?

      Si non pourquoi ?

      Répondre à ce message

  • Une grosse modification serait à prévoir à mon sens. En l’état, l’éditorial ne se démarque pas assez de certaines idées majoritaires dans la tête d’ouvriers et de beaucoup de militants, en clair, il n’est pas assez léniniste à mon goût.

    En effet, il manque l’idée que l’état est le moyen des capitaliste pour organiser le marché, le système et ... la production en cas de crise.

    Peut-être une seule phrase suffirait.

    Par exemple à la fin de l’avant-dernier paragraphe :

    "...certains d’entre eux ne se privent pas de le dire haut et clair.

    [Qui plus est, l’état, cet outil de la bourgeoisie pour organiser l’exploitation et l’oppression de la classe ouvrière, ne se prive pas pour agir, comme il se fait toujours, pour protéger les intérêts des capitalistes, à la mesure de la crise que les capitalistes minimisent lorsqu’il s’adressent à nous, mais dont ils tirent toutes les conséquences pratiques pour sauver leur système, leur mode de production et leurs affaires.]"

    Ce n’est qu’un premier jet, il est modifiable, car la phrase est un peu longue, mais à mon avis, on ne doit pas laisser l’éditorial en l’état.

    Merci d’en prendre compte.

    Répondre à ce message

    • Tout à fait. on peut souligner que l’Etat est au service des capitalistes et que les uns et les autres se moquent bien d’un quelconque intérêt général.

      Répondre à ce message

      • la gauche et la droite ne peuvent pas se diviser quand il s’agit de défendre les intérêts du patronat.

        Répondre à ce message

        • Tout dépend du contexte, camarade Dac Dac.

          A certains moments, gauche et droite sont prête à se diviser. En ce moment, elles font semblant de se diviser, sur la forme plutôt que sur le fond.

          Sur la priorité des débats concernant la question nationale, par exemple, droite et gauche sont tellement profondément d’accord, que la gauche prétend s’opposer au gouvernement sur le fait d’éviter la discussion "pour ne pas se diviser" !

          C’est justement qu’il faut paraître différent pour faire fonctionner le jeu électoral, alors que les différences sont loin d’être visibles par ailleurs, parce qu’elles n’existent pas fondamentalement.

          La différence entre droite et gauche n’existe que sur le mode, sur le style, pas sur la question de fond : droite et gauche servent la bourgeoisie, pas la classe ouvrière.

          Droite et gauche sont les deux branches du même arbre qui reste à abattre : les gestionnaires politiques du mode de production capitaliste, défenseurs de la bourgeoisie, personnel politique, vivier de recrutement pour le fonctionnement de l’Etat.

          Et pour cela droite et gauche affutent l’arme qui est à leur disposition en permanence : l’État avec toutes ses succursales que sont les collectivités locales.

          Droite et gauche ont toutes deux le sang sur les mains des guerres et des génocides : Algérie, Viet-Nam, Rwanda, Afghanistan, pour ne citer que quelques guerres des 60 dernières années.

          Et l’arme continue à être utilisée, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. La crise économique confirme cette vision que droite et gauche sont simplement le personnel politique de la classe qu’elle servent :

          « La crise du système capitaliste dévoile, au contraire, que l’État n’est qu’une arme de guerre au service des classes dominantes, prête à s’attaquer durement à la classe ouvrière. »

          L’éditorial en ce sens est beaucoup plus clair.

          Répondre à ce message

      • « La crise du système capitaliste dévoile, au contraire, que l’État n’est qu’une arme de guerre au service des classes dominantes, prête à s’attaquer durement à la classe ouvrière. »

        Très bon ! Merci pour le changement.

        Il découle de l’idée formulée dans cet éditorial que c’est précisément parce que l’État est une machine de guerre contre les travailleurs, et à terme contre toutes les populations civiles, que, pour survivre, la population, avec, à sa tête la classe ouvrière doit casser cette machine de guerre qu’est l’État.

        Car cette machine, l’Etat, est l’ennemi de la classe ouvrière et le faux-ami des "classes moyennes" que sont la petite-bourgeoisie ou les paysans, artisans, commerçants, médecins, pharmaciens, avocats, petits patrons (de SARL ou de TPE comme ils disent aujourd’hui), travailleurs sous statut d’auto-employeur, travailleurs en freelance, consultants de toutes sorte, tous assimilés sous diverses formes à la classe moyenne, alors qu’ils sont, au fond, des travailleurs, certes bien payés parfois, voire souvent, car bien formés pour négocier leur place dans le système.

        Pourtant, à terme, comme on l’a vu dans les années 30, en cas de grave crise, et très probablement suite à la crise actuelle, toute cette frange aisée de la population va se retrouver à la rue et à la soupe populaire, comme tout travailleur, comme tous ces prolétaires que beaucoup méprisent, profitant, directement ou indirectement de leur travail.

        Directement, en les employant ; indirectement, parce que l’Etat, les communes ou conseils généraux ou régionaux les font travailler par le moyen d’entreprises sous-traitantes. Actuellement cette situation perdure.

        Mais bientôt, quand cette couche aisée de la population ne pourra plus tirer le tout petit profit qu’elle tire du travail des prolétaires, tout simplement parce que le système, déjà bien grippé, n’emploiera plus les prolétaires pour faire fonctionner la machine à plus-value, à ce moment-là, elle viendra rejoindre le rang des prolétaires.

        C’est pour cela que toute cette "classe moyenne" aux intérêts apparemment disparates, confus entre intérêts de la classe ouvrière (en tant qu’elle vend sa force de travail) et intérêts de la bourgeoisie (en tant qu’elle est à des postes de responsabilité, tirant profit de son petit capital, en même temps que employabilité, et du coût de sa main-d’œuvre, et ainsi vivant très confortablement) a totalement intérêt à se ranger du côté de la classe ouvrière, ce qu’elle fait trop rarement, parce que trop souvent aveuglée par son intérêt immédiat.

        C’est toute la responsabilité de la classe ouvrière donc d’entraîner ces travailleurs aux intérêts confus derrière elle pour abattre l’État, cette machine de guerre au service des classes dominantes, prêtes à frapper très fort contre toute la population.

        Répondre à ce message

  • Lénine écrit dans "Notre plus proche tâche" (été 1989) :

    "Qu’est-ce que la lutte des classes ? Quand les ouvriers d’une seule usine ou d’une profession particulière engagent la lutte contre leur patron ou contre leurs patrons respectifs, est-ce là lutte de classes ? Non, ce n’en sont que de faibles débuts. La lutte d’ouvriers ne devient lutte de classes qu’au moment où tous les représentants les plus avancés de la classe ouvrière du pays prennent conscience de former une classe ouvrière unie et où ils commencent à mener une lutte, non pas chacun contre son patron à lui, mais contre la classe capitaliste tout entière et contre le gouvernement qui la soutient. Ce n’est qu’au moment où chaque ouvrier prend conscience de faire partie de toute la classe laborieuse et qu’il considère sa lutte quotidienne contre un patron, contre un fonctionnaire de l’Etat comme la lutte contre toute la bourgeoisie et contre le gouvernement tout entier, ce n’est qu’à ce moment que sa lutte devient lutte de classes."

    Et Lénine insistait ensuite sur la grande différence entre des syndicalistes honnêtes et des militants révolutionnaires : ces derniers tendant à transformer toute lutte ouvrière en une lutte de classes et à développer la vision politique des éléments les plus avancés au lieu de s’en tenir à leur faire faire du syndicalisme...

    Que ceux qui sont concernés aujourd’hui se reconnaissent là....

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0