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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Le rire comme arme r&#233;volutionnaire</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Engels</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Il faut rire avant que d'&#234;tre heureux, de peur de mourir sans avoir ri ! &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Que vient faire cet adage de La Bruy&#232;re dans un site d&#233;di&#233; au caract&#232;re r&#233;volutionnaire de la pens&#233;e scientifique sur le monde, me direz-vous ? En quoi rire est r&#233;volutionnaire ? Et il faut effectivement r&#233;pondre &#224; cette question d'autant plus que cet humour est totalement absent des sites d'extr&#234;me gauche qui se disent r&#233;volutionnaires comme de la parole de leurs reprsentants syndicaux bureaucratis&#233;s&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'humour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;5- La formation de la conscience de classe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Engels&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &#171; Il faut rire avant que d'&#234;tre heureux, de peur de mourir sans avoir ri ! &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que vient faire cet adage de La Bruy&#232;re dans un site d&#233;di&#233; au caract&#232;re r&#233;volutionnaire de la pens&#233;e scientifique sur le monde, me direz-vous ? En quoi rire est r&#233;volutionnaire ? Et il faut effectivement r&#233;pondre &#224; cette question d'autant plus que cet humour est totalement absent des sites d'extr&#234;me gauche qui se disent r&#233;volutionnaires comme de la parole de leurs reprsentants syndicaux bureaucratis&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'humour est r&#233;volutionnaire quand il nous fait rire &#224; mourir de&#8230; leur monde mort et mortif&#232;re.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a beaucoup &#224; dire et &#224; redire sur l'absence d'humour chez ces pr&#233;tendus r&#233;volutionnaires actuels des extr&#234;mes gauches opportunistes et d'abord en relevant combien Marx et Engels ne concevaient pas la critique du syst&#232;me sans un humour corrosif de la parole r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Karl Marx, le rire est une arme politique fondamentale : il n'est pas un simple divertissement, mais le moyen par lequel l'humanit&#233; se lib&#232;re d&#233;finitivement des fant&#244;mes de son pass&#233;. Pour Marx, les classes dominantes (l'aristocratie, puis la bourgeoisie) maintiennent leur pouvoir en s'entourant d'une aura de s&#233;rieux, de morale et de sacralit&#233;. Rire du pouvoir, c'est &#244;ter le masque id&#233;ologique des dominants pour r&#233;v&#233;ler la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle de leur exploitation. Le rire d&#233;sacralise l'autorit&#233;, d&#233;truit la peur et montre que les institutions pr&#233;tendument &#171; &#233;ternelles &#187; ou &#171; divines &#187; ne sont que des constructions humaines obsol&#232;tes. Marx lui-m&#234;me &#233;tait un auteur profond&#233;ment satirique et ironique. Dans ses pamphlets, il utilise le Witz (le mot d'esprit) et le sarcasme pour d&#233;molir ses adversaires capitalistes ou les philosophes id&#233;alistes. En traitant les &#171; choses s&#233;rieuses &#187; de la bourgeoisie sur le ton du ridicule, il applique une m&#233;thode mat&#233;rialiste : rabaisser les grandes abstractions c&#233;lestes des dominants vers la r&#233;alit&#233; concr&#232;te et terre-&#224;-terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet humour profond&#233;ment contestataire qu'ils employaient m&#234;me entre eux Marx et Engels y tenaient profond&#233;ment, eux qui &#233;taient des adeptes de l'intelligence profond&#233;ment satirique de Fourier, de Shakespeare, de Moli&#232;re et de Dickens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Shakespeare Marx retenait par exemple le fameux &#171; Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark &#187; et cette phrase d'Hamlet pour l'&#233;clairer :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un monde d&#233;traqu&#233; ! Maudit souci d'&#234;tre n&#233; pour le redresser ! &#187; C'&#233;tait ce &#224; quoi s'attelait Marx qui maniait autantla d&#233;rision que l'auto-d&#233;rision !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore Shakespeare du Timon d'Ath&#232;nes : &#171; &#171; De l'or ! De l'or jaune, &#233;tincelant, pr&#233;cieux !... Allons, m&#233;tal maudit, putain commune &#224; toute l'humanit&#233;, toi qui mets la discorde parmi la foule des nations... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'analyse la plus s&#233;rieuse, l'ironie caustique &#233;tait une arme de combat : &#171; Ce n'est pas la bourgeoisie fran&#231;aise qui r&#233;gnait sous Louis-Philippe, mais une fraction de celle-ci : banquiers, rois de la Bourse, rois des chemins de fer, propri&#233;taires des mines de charbon et de fer, propri&#233;taires de for&#234;ts et la partie de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re ralli&#233;e &#224; eux, ce qu'on appelle l'aristocratie financi&#232;re. Install&#233;e sur le tr&#244;ne, elle dictait les lois aux Chambres, distribuait les charges publiques, depuis les minist&#232;res jusqu'aux bureaux de tabac. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore ici dans un ouvrage s&#233;rieux sur la philosophie r&#233;volutionnaire d'Hegel : &#171; La critique de la religion s'ach&#232;ve par la le&#231;on que l'homme est, pour l'homme, l'&#234;tre supr&#234;me, donc par l'imp&#233;ratif cat&#233;gorique de bouleverser tous les rapports o&#249; l'homme est un &#234;tre d&#233;grad&#233;, asservi, abandonn&#233;, m&#233;prisable ; ces rapports, on ne saurait mieux les rendre que par l'exclamation d'un Fran&#231;ais &#224; l'annonce d'un projet d'imp&#244;t sur les chiens : pauvres chiens ! On veut vous traiter comme des hommes ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx et Friedrich Engels utilisaient r&#233;guli&#232;rement l'humour corrosif, l'ironie mordante, le sarcasme et la satire f&#233;roce comme armes politiques et litt&#233;raires pour terrasser leurs adversaires, comme dans &#171; Mis&#232;re de la philosophie &#187;, titre de leur ouvrage r&#233;pondant &#224; &#171; Philosophie de la mis&#232;re &#187; de Proudhon !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien face au coup d'&#233;tat du 18 Brumaire que Marx ne cesse de satiriser :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lorsque, sans cesse invoqu&#233; et conjur&#233; par les contre-r&#233;volutionnaires, le &#171; spectre rouge &#187; appara&#238;t enfin, il ne se pr&#233;sente pas coiff&#233; du bonnet phrygien de l'anarchie, mais dans l'uniforme de l'ordre, en pantalon rouge. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La bourgeoisie avait fait l'apoth&#233;ose du sabre ; et le sabre la domine. Elle avait an&#233;anti la presse r&#233;volutionnaire, et sa propre presse est an&#233;antie. [...] Elle avait impos&#233; l'&#233;tat de si&#232;ge, et l'&#233;tat de si&#232;ge lui est impos&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le parti de l'ordre retire ses &#233;paules, laisse les r&#233;publicains-bourgeois tomber par terre &#224; la renverse et se juche lui-m&#234;me sur les &#233;paules de la force arm&#233;e. Il croit encore reposer sur ses &#233;paules, quand il remarque un beau matin, que les &#233;paules se sont transform&#233;es en ba&#239;onnettes. Chaque parti frappe par-derri&#232;re celui qui veut le pousser en avant et s'appuie par-devant sur celui qui le pousse en arri&#232;re. Rien d'&#233;tonnant que, dans cette position ridicule il perde l'&#233;quilibre, et qu'apr&#232;s d'in&#233;vitables grimaces, il s'&#233;croule dans d'&#233;tranges cabrioles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La lie de la soci&#233;t&#233; bourgeoise constitue finalement la phalange sacr&#233;e de l'ordre, et le h&#233;ros Crapulinsky fait son entr&#233;e aux Tuileries comme &#171; sauveur de la soci&#233;t&#233; &#187;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il ne manquait plus qu'une seule chose pour compl&#233;ter la v&#233;ritable figure de cette R&#233;publique : rendre ses vacances permanentes et remplacer sa devise : Libert&#233;, Egalit&#233;, Fraternit&#233; ! par les termes non &#233;quivoques de : Infanterie, Cavalerie, Artillerie ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'un simple divertissement, cet humour corrosif servait &#224; d&#233;cortiquer les contradictions du capitalisme et &#224; exposer le d&#233;calage risible entre les grands discours des puissants et la r&#233;alit&#233; de leurs int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la d&#233;rision est une mani&#232;re de ramener &#224; ses justes proportions un ennemi de classe qui se fait passer pour surpuissant face &#224; des faux amis d&#233;mocrates et r&#233;formistes qui refusent le combat et enchainent les prol&#233;taires &#224; leurs d&#233;missions et leurs d&#233;couragements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour discr&#233;diter Adolphe Tiers : &#171; Il n'y a rien de plus horrible dans le grotesque qu'un Tom Pouce qui affecte de jouer les Tamerlans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour discr&#233;diter le futur Napol&#233;on III : &#171; Ce qui distingue principalement l'&#232;re nouvelle de l'&#232;re ancienne, c'est que le fouet commence &#224; se croire g&#233;nial. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx et Engels ont parfaitement conscience que le drame de l'Histoire se change par moments en com&#233;die ! Et aussi que le langage comique, satirique ou ironique d'un Moli&#232;re ou d'un Shakespeare peut tout &#224; fait rendre le caract&#232;re dramatique de la situation historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans la famille, l'homme est le bourgeois ; la femme joue le r&#244;le du prol&#233;tariat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La propri&#233;t&#233; priv&#233;e nous a rendus si stupides et si born&#233;s qu'un objet est &#224; nous seulement quand nous en sommes propri&#233;taires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ridiculiser par exemple les r&#233;formistes, Marx &#233;crit : &#171; Qui veut battre son adversaire ne discute pas avec lui les frais de la guerre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une feuille anglaise archi-bourgeoise rapporte que des associations ouvri&#232;res peuvent conduire et administrer avec succ&#232;s des boutiques, des fabriques dans toutes les branches de l'industrie, et en m&#234;me temps am&#233;liorer extraordinairement la condition des travailleurs, mais !&#8230; mais on ne voit pas bien quelle place elles laissent au capitaliste. Quelle horreur ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, aux r&#233;formistes qui veulent convaincre la classe poss&#233;dante du bienfait de leurs r&#233;formes : &#171; Quand on cherche &#224; convaincre quelqu'un, c'est qu'on le reconna&#238;t ma&#238;tre de la situation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx se moque de ceux qui accusent de tous les maux de la terre le dernier gouvernement en date en oubliant les maux des pr&#233;c&#233;dents : &#171; Hier, j'ai parl&#233; avec un marchant fran&#231;ais qui arrivait de Paris. Les affaires, mauvaises. Et tu sais ce que dit cet abruti ? Bonaparte fait pire que la r&#233;publique. Les affaires allaient mieux. C'est une vraie chance que les bourgeois fran&#231;ais fassent toujours porter &#224; leur gouvernement la responsabilit&#233; des crises commerciales. C'est sans doute aussi Bonaparte qui est la cause du ch&#244;mage &#224; New York et des banqueroutes &#224; Londres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour discr&#233;diter le syst&#232;me, l'ironie est tout aussi importante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s moi le d&#233;luge ! Telle est la devise de tout capitaliste et de toute nation capitaliste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mange tes g&#233;linottes, bourgeois, et que la derni&#232;re bouch&#233;e t'&#233;touffe ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le dernier capitaliste que nous pendrons sera celui qui nous aura vendu la corde ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Marx, l'humour de la parole ou de l'&#233;crit, ce n'est pas seulement pour rire de ses adversaires ou de ses ennemis mais pour les d&#233;molir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Guerre &#224; l'&#233;tat social allemand ! Evidemment ! Cet &#233;tat est au-dessous du niveau de l'histoire, il est au-dessous de toute critique, mais il n'en reste pas moins un objet de la critique, tout comme le criminel, qui est au-dessous du niveau de l'humanit&#233;, reste l'objet du bourreau. En lutte contre cet &#233;tat social, la critique n'est pas une passion de la t&#234;te, mais la t&#234;te de la passion. Elle n'est pas un bistouri, mais une arme. Son objet, c'est son ennemi, qu'elle veut, non pas r&#233;futer, mais an&#233;antir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Manifeste communiste lui-m&#234;me commence par la d&#233;rision et l'auto-d&#233;rision : &#171; Un spectre hante l'Europe &#8212; le spectre du communisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour saper les fondements m&#234;mes de la soci&#233;t&#233; dominante que Marx exerce le plus son arme de l'humour et de la satire : &#171; Vous &#234;tes saisis d'horreur parce que nous voulons abolir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Mais, dans votre soci&#233;t&#233;, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e est abolie pour les neuf dixi&#232;mes de ses membres. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle n'existe pas pour ces neuf dixi&#232;mes qu'elle existe pour vous. Vous nous reprochez donc de vouloir abolir une forme de propri&#233;t&#233; qui ne peut se constituer qu'&#224; la condition de priver l'immense majorit&#233; de la soci&#233;t&#233; de toute propri&#233;t&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une satire de combat : &#171; Si l'argent, comme dit Augier, &#171; vient au monde avec des taches de sang naturelles sur une joue &#187;, le capital quant &#224; lui vient au monde d&#233;goulinant de sang et de salet&#233; par tous ses pores, de la t&#234;te aux pieds. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Marx traite avec humour la r&#233;volution elle-m&#234;me dont il d&#233;crit ainsi le travail sous-jacent, invisible, aveugle, sourd et muet mais n&#233;anmoins si important : &#171; Bien creus&#233; vieille taupe ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-autodidactproject-org.translate.goog/quote/marx-comedy.html?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-autodidactproject-org.translate.goog/quote/marx-comedy.html?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le rire a un caract&#232;re neurophysiologique de critique, de refus et m&#234;me parfois de rejet.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le rire n'est pas seulement une r&#233;action de gaiet&#233; ; il poss&#232;de une fonction neurophysiologique et sociale de rupture, de critique et de rejet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous sommes face &#224; une situation absurde ou une blague, notre cortex pr&#233;frontal (qui g&#232;re la logique et les pr&#233;dictions) est pris de court. Il y a une rupture du sc&#233;nario attendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cerveau traite cette anomalie en envoyant un signal de &#034;fausse alerte&#034; au syst&#232;me limbique (le si&#232;ge des &#233;motions). Ce refus d'int&#233;grer la situation de mani&#232;re s&#233;rieuse se traduit par une d&#233;charge motrice et neurophysiologique : les secousses du diaphragme, les vocalisations et la lib&#233;ration d'endorphines. Le rire est, en soi, une r&#233;action physique qui dit &#034;stop&#034; au traitement rationnel ou dramatique d'une information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le principe de l'humour noir ou de l'humour de r&#233;sistance. Face &#224; une situation tragique ou une figure d'autorit&#233; &#233;crasante, le rire brise le respect ou la terreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En riant, le cerveau refuse le caract&#232;re sacr&#233; ou intouchable d'un &#233;v&#233;nement. On rabaisse ce qui est &#034;haut&#034; (un politicien, une r&#232;gle stricte, une peur existentielle) pour le ramener &#224; un niveau humain et contr&#244;lable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rire est donc une v&#233;ritable r&#233;volte biologique et intellectuelle. C'est un m&#233;canisme r&#233;flexe qui nous permet de dire &#034;non&#034;, de contester la r&#233;alit&#233; telle qu'elle se pr&#233;sente, et de marquer une distance critique indispensable &#224; notre &#233;quilibre psychologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On croit souvent que l'humour sert seulement &#224; faire rire. Pourtant, dans la litt&#233;rature comme dans les arts, il peut &#234;tre une arme redoutable. Une arme contre l'hypocrisie, contre les injustices, contre le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, Moli&#232;re (1622-1673) est sans doute le ma&#238;tre du th&#233;&#226;tre comique fran&#231;ais. Dans ses pi&#232;ces, il utilise le rire pour montrer les travers de la soci&#233;t&#233; de son temps : les m&#233;decins ignorants, les faux d&#233;vots, les p&#232;res autoritaires, les bourgeois pr&#233;tentieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons Le Tartuffe : la pi&#232;ce d&#233;nonce l'hypocrisie religieuse, &#224; travers un personnage qui se cache derri&#232;re la foi pour manipuler un homme cr&#233;dule. Ce qui est dr&#244;le, c'est l'exc&#232;s de confiance du p&#232;re Orgon envers le personnage &#233;ponyme et les situations absurdes. Mais ce qui est s&#233;rieux, c'est le message : attention &#224; ceux qui se servent de la religion pour dominer les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez William Shakespeare, le rire ne sert pas seulement &#224; divertir : il poss&#232;de un puissant caract&#232;re de critique sociale. Contrairement &#224; la satire frontale, l'auteur utilise le comique pour contourner la censure et exposer les hypocrisies, les rigidit&#233;s morales et l'absurdit&#233; des hi&#233;rarchies de l'&#233;poque &#233;lisab&#233;thaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rire shakespearien s'attaque tr&#232;s souvent au patriarcat et aux mariages arrang&#233;s impos&#233;s par la haute soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand la r&#233;volution sociale gagne l'arm&#233;e</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7747</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1905</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;volte du cuirass&#233; Potemkine au cours de la r&#233;volution russe de 1905 &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volte du cuirass&#233; Potemkine en 1905 n'a pas &#233;t&#233; un simple &#233;pisode h&#233;ro&#239;que et mythique mais le moyen enfin trouv&#233; pour le peuple travailleur de Russie de renverser le tsarisme en prenant le pouvoir &#224; la faveur d'une guerre inter-imp&#233;rialismes : l'union r&#233;volutionnaire des ouvriers, des paysans et des petits soldats, moyen qui sera employ&#233; par la r&#233;volution de 1917. &lt;br class='autobr' /&gt;
En mai 1905, la flotte russe envoy&#233;e de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;5- La formation de la conscience de classe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;1905&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volte du cuirass&#233; Potemkine au cours de la r&#233;volution russe de 1905&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte du cuirass&#233; Potemkine en 1905 n'a pas &#233;t&#233; un simple &#233;pisode h&#233;ro&#239;que et mythique mais le moyen enfin trouv&#233; pour le peuple travailleur de Russie de renverser le tsarisme en prenant le pouvoir &#224; la faveur d'une guerre inter-imp&#233;rialismes : l'union r&#233;volutionnaire des ouvriers, des paysans et des petits soldats, moyen qui sera employ&#233; par la r&#233;volution de 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1905, la flotte russe envoy&#233;e de la Baltique vers le Japon, en un vaste tour du monde, est &#233;cras&#233;e par la flotte japonaise &#224; Tsou-Shima. La d&#233;faite suscite une nouvelle vague d'indignation et de gr&#232;ves, tant elle souligne l'incurie du r&#233;gime. Le 14 juin 1905, les matelots du cuirass&#233; Potemkine se mutinent et jettent leurs officiers &#224; la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations social-d&#233;mocrates furent le centre dirigeant du vaste mouvement de gr&#232;ve qui commen&#231;a &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Odessa en mai ; elles tent&#232;rent de donner au mouvement le caract&#232;re d'un soul&#232;vement politique en y associant les troupes locales et 1' &#233;quipage du cuirass&#233; Potemkine, arriv&#233; &#224; Odessa, et &#224; la t&#234;te duquel se trouvaient les membres du groupe social-d&#233;mocrate local, Cyrille et Feldman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explosion insurrectionnelle sur le cuirass&#233; Potemkine, &#224; laquelle les &#233;quipages de plusieurs navires d&#233;cid&#232;rent de s'associer, fut le produit de 1' activit&#233; d'agitation intensive de l'Union de Crim&#233;e du parti et de son organisation des marins, qui rassemblait des dizaines de marins sur les divers navires de la flotte de la mer Noire ; malgr&#233; l'influence de l'Union, qui tentait de la freiner, l'organisation des marins pr&#233;parait une insurrection g&#233;n&#233;rale sur la flotte. Mais, comme d'habitude lors les complots dans le milieu militaire, l'agitation nourrie par le m&#233;contentement des membres d'&#233;quipage contre le corps des officiers et par l'effondrement de la discipline a suscit&#233; un mouvement trop puissant pour qu'une organisation clandestine puisse la diriger. Le heurt quotidien entre les membres d'&#233;quipage et le corps des officiers sur le Potemkine a provoqu&#233; une &#034;&#233;meute&#034;, qui a remis le cuirass&#233; entre les mains de l'&#233;quipage. Les matelots sociaux-d&#233;mocrates ont alors form&#233; un comit&#233; pour assumer la direction politique du mouvement et l'&#233;tendre sur toute la c&#244;te de la mer Noire. Cette tentative n'a pas &#233;t&#233; couronn&#233;e de succ&#232;s, on le sait, mais sa port&#233;e agitative a &#233;t&#233; &#233;norme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Auparavant, &#224; la Nouvelle Alexandrie, une tentative de soul&#232;vement militaire tout aussi inattendue pour la direction du mouvement avait &#233;t&#233; &#233;cras&#233;e dans l'&#339;uf.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ici a agi aussi &#034;1' organisation militaire r&#233;volutionnaire&#034; associ&#233;e au Parti social-d&#233;mocrate, &#224; laquelle appartenait le soldat Bourobine, tu&#233; pendant la tentative de soul&#232;vement militaire ; les autres ont r&#233;ussi &#224; se cacher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n25/cmo_025.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n25/cmo_025.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky : &#171; L'histoire de la mutinerie du cuirass&#233; Potemkine, en 1905 repose int&#233;gralement sur les relations r&#233;ciproques entre ces trois couches, c'est-&#224;-dire la lutte des couches extr&#234;mes, prol&#233;tarienne et petite-bourgeoise r&#233;actionnaire, pour exercer l'influence dominante sur la couche paysanne interm&#233;diaire, la plus nombreuse. Celui qui n'a pas compris ce probl&#232;me, qui constitua l'axe du mouvement r&#233;volutionnaire dans la flotte, ferait mieux de taire sur les probl&#232;mes de la r&#233;volution russe en g&#233;n&#233;ral. Car elle fut tout enti&#232;re, et, pour une large part, elle est encore aujourd'hui une lutte entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie pour influencer de fa&#231;on d&#233;cisive la classe paysanne. La bourgeoisie, durant la p&#233;riode sovi&#233;tique, s'est pr&#233;sent&#233;e surtout dans la personne des koulaks, c'est-&#224;-dire des sommets de la petite bourgeoisie, de l'intelligentsia &#171; socialiste &#187;, et, maintenant sous la forme de la bureaucratie &#171; communiste &#187;. Telle est la m&#233;canique fondamentale de la r&#233;volution &#224; toutes ses &#233;tapes. Dans la flotte, cette m&#233;canique a pris une expression plus concentr&#233;e, et par l&#224; plus dramatique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/01/lt19380115.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/01/lt19380115.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des textes sur la mutinerie du cuirass&#233; Potemkine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/rakovsky/works/1905/00/Potemkine.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/rakovsky/works/1905/00/Potemkine.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 octobre 1904, le cuirass&#233; Kniaz-Potemkine a &#233;t&#233; mis en service. Constamment, l'&#233;quipage a d&#251; souffrir toutes sortes d'iniquit&#233;s. La nourriture &#233;tait particuli&#232;rement mauvaise. A plusieurs reprises, les matelots ont demand&#233; une am&#233;lioration de l'ordinaire, mais leurs r&#233;clamations n'ont pas &#233;t&#233; prises en consid&#233;ration, sans que pour cela les &#233;quipages se r&#233;voltassent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 12 juin 1005, le cuirass&#233; se trouvait dans le Golfe Tendrovski (Tendra) pour y faire des exercices de tir. Le 13 juin on apportait d'Odessa de la viande de tr&#232;s mauvaise qualit&#233; et qu'il &#233;tait impossible de manger tant pour son odeur infecte que pour les vers qui y pullulaient. Cependant, on la pr&#233;para pour les matelots. Quand, le 14 juin, &#224; deux heures de l'apr&#232;s-midi l'&#233;quipage apprit que la viande serait servie, tout le monde refusa d'y toucher. Chacun se contenta de manger dans son coin un morceau de pain en buvant un peu d'eau. Mais, quand le commandant (le capitaine de vaisseau Evgu&#233;ni Golikov) fut inform&#233; que l'&#233;quipage refusait la viande, il donna l'ordre de nous r&#233;unir, ce qui fut fait. L'&#233;quipage fut r&#233;uni sur le pont &#224; l'arri&#232;re. Le commandant commen&#231;a par demander pour quelles raisons les matelots refusaient de manger. L'&#233;quipage r&#233;pondit en montrant la qualit&#233; de la viande qu'on lui servait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors le commandant et son second (le capitaine de fr&#233;gate Ippolite Giliarovsky) commenc&#232;rent &#224; demander quels &#233;taient ceux qui ne voulaient pas manger de cette viande, en les mena&#231;ant d'interpr&#233;ter leur refus comme une d&#233;rogation &#224; la discipline. Les plus timides parmi les matelots sortirent des rangs pour montrer qu'ils consentaient &#224; manger cette soupe pr&#233;par&#233;e avec de la viande pourrie. Le reste de l'&#233;quipag&#233; fut divis&#233; en petits groupes et la garde de service fut appel&#233;e d'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors le second donna l'ordre &#224; la garde de tirer, ce que cette derni&#232;re refusa de faire. L'officier, ayant observ&#233; cette d&#233;sob&#233;issance, prit l'arme du marin le plus proche et tira lui-m&#234;me sur le matelot Gr&#233;goire Vakoulintchuk (et non Omultchouk, comme on a &#233;crit par erreur), qui tomba mort. C'est alors que l'&#233;quipage, devant cet acte de cruaut&#233;, prit les armes pour se d&#233;fendre. Au premier coup de feu, les matelots, affol&#233;s par ce spectacle sanglant, se jet&#232;rent sur les r&#226;teliers d'armes et, en quelques secondes, des salves &#233;clat&#232;rent. Quelques officiers s'enfuirent dans leurs cabines, d'autres se jet&#232;rent &#224; la mer pour se sauver sur le torpilleur N&#176;267, qui nous accompagnait. Le second a &#233;t&#233; fusill&#233; sur le pont &#224; l'arri&#232;re et son cadavre jet&#233; &#224; la mer. Ensuite on fit monter l&#233; commandant du vaisseau et on l'ex&#233;cuta de la m&#234;me mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ont &#233;t&#233; tu&#233;s, les officiers lieutenant N&#233;oupokoev, le lieutenant Tan (Wilhem Tonn), Smirnov, le m&#233;decin en chef. Le midshipman (enseigne de vaisseau) Vakhtin&#233; a &#233;t&#233; bless&#233;. Le sort de l'officier Leventsev est rest&#233; inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont rest&#233;s vivants le capitaine Gourine, le premier m&#233;canicien Tsvetkov, les lieutenants Tsarsk&#233;vitch, Praporscheski, Alex&#233;ev &#233;t Iastr&#233;bov, le m&#233;canicien Khark&#233;vitch, le midshipman Makarof, le commandant du torpilleur N&#176;267 baron Klodt, le lieutenant Nazarov, l'aum&#244;nier Parm&#233;n et le lieutenant Kaliujni, qui tous se sont d&#233;clar&#233;s solidaires d&#233; l'&#233;quipage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905_18.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905_18.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analysant les &#233;v&#233;nements d'Odessa dans un article publi&#233; par le journal bolch&#233;vik le Prol&#233;taire, L&#233;nine &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immense port&#233;e des r&#233;cents &#233;v&#233;nements d'Odessa est que, pour la premi&#232;re fois, une puissante unit&#233; des forces navales du tsarisme &#8212; un cuirass&#233; entier &#8212; est pass&#233; ouvertement &#224; la R&#233;volution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est du sein de l'arm&#233;e elle-m&#234;me que jaillissent les bataillons r&#233;volutionnaires. La t&#226;che de ces l&#233;gions est de proclamer l'insurrection, de donner aux masses une direction militaire, indispensable dans la guerre civile comme dans toute autre guerre, de cr&#233;er des points d'appui pour une lutte d&#233;clar&#233;e et g&#233;n&#233;rale du peuple tout entier, d '&#233;tendre le soul&#232;vement aux r&#233;gions voisines, d 'assurer, ne serait-ce, au d&#233;but, que sur une petite portion du territoire, une victoire politique compl&#232;te, de proc&#233;der &#224; la refonte r&#233;volutionnaire du r&#233;gime autocratique gangren&#233;, de d&#233;velopper dans toute son ampleur l'effort cr&#233;ateur des masses populaires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... L'arm&#233;e r&#233;volutionnaire est indispensable parce&lt;br class='autobr' /&gt;
que les grands probl&#232;mes historiques ne peuvent &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;solus que par la force &#8212; d&#233;clare L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissez-moi vous raconter en d&#233;tail un petit &#233;pisode de cette r&#233;volte de la mer Noire afin que vous ayez une id&#233;e nette de ces &#233;v&#233;nements parvenus au point culminant de leur d&#233;veloppement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des r&#233;unions d'ouvriers et de matelots r&#233;volutionnaires &#233;taient organis&#233;es de plus en plus souvent. Comme on emp&#234;chait les soldats d'assister en foule aux meetings ouvriers, ce furent les masses ouvri&#232;res qui se mirent &#224; assister en foule aux meetings de soldats. Des milliers d'hommes s'y r&#233;unissaient. Et l'id&#233;e d'une action commune y trouva un vif &#233;cho. Des d&#233;put&#233;s furent &#233;lus dans les unit&#233;s militaires les plus conscientes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s essay&#232;rent de r&#233;agir. Mais les discours &#171; patriotiques &#187; que certains officiers tent&#232;rent de prononcer produisirent les r&#233;sultats les plus lamentables : les matelots, entra&#238;n&#233;s aux discussions, acculaient leurs chefs &#224; se sauver l&#226;chement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin du 24 novembre 1905, une section fut post&#233;e en tenue de combat, aux portes des casernes de la flotte. Le contre-amiral Pissarevski avait ordonn&#233; bien haut, de fa&#231;on que tout le monde entend&#238;t : &#171; Ne laissez sortir personne des casernes ! En cas de refus d 'ob&#233;ir, tirez ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des rangs de la section qui avait re&#231;u cet ordre, sortit le matelot P&#233;trov ; il chargea son fusil sous les yeux de tous et tua le lieutenant-colonel Ste&#238;n, du r&#233;giment de Brest-Litovsk, et blessa d'un deuxi&#232;me coup de fusil le contre-amiral Pissarevski. Un officier ordonna : &#171; Arr&#234;tez-le ! &#187; Personne ne bougea. P&#233;troy avait jet&#233; son fusil par terre. &#171; Qu attendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;tez-moi ! Il fut arr&#234;t&#233;. Mais les matelots accourus de toutes parts exig&#232;rent violemment qu'on le remit en libert&#233; en d&#233;clarant qu'ils se portaient garants de lui. L'excitation &#233;tait &#224; son comble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; P&#233;trov, c'est un coup de feu qne tu as tir&#233; par&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;garde, n'est-cc pas ? demanda l'officier, pour trouver une issue &#224; la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Par m&#233;garde ? Mais je suis sorti du rang, j'ai charg&#233; et vis&#233;, vous appelez &#231;a par m&#233;garde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ils r&#233;clament ta lib&#233;ration...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;trov fut rel&#226;ch&#233;. Mais les matelots ne s'en content&#232;rent pas ; tous les officiers de service furent arr&#234;t&#233;s, d&#233;sarm&#233;s et conduits aux bureaux... Les d&#233;l&#233;gu&#233;s des matelots conf&#233;r&#232;rent pendant toute la nuit. On d&#233;cida de rel&#226;cher les officiers et de ne plus les laisser p&#233;n&#233;trer dans les casernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/general/kanatchikov/potemkine.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/general/kanatchikov/potemkine.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte s'est aggrav&#233;e au point de se transformer en insurrection. Le r&#244;le abject de bourreau de la libert&#233;, le r&#244;le auxiliaire de la police qu'on lui faisait jouer, ne pouvait manquer d'ouvrir peu &#224; peu les yeux &#224; l'arm&#233;e du tsar elle-m&#234;me. L'arm&#233;e a commenc&#233; &#224; h&#233;siter. Ce furent d'abord des cas isol&#233;s de d&#233;sob&#233;issance, des mutineries de r&#233;servistes, des protestations d'officiers, l'agitation parmi les soldats, les refus de compagnies ou de r&#233;giments entiers d'ouvrir le feu sur leurs fr&#232;res ouvriers. Puis ce fut le passage d'une partie de l'arm&#233;e du c&#244;t&#233; de l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;norme importance des derniers &#233;v&#233;nements d'Odessa vient pr&#233;cis&#233;ment de ce que, pour la premi&#232;re fois, une grande unit&#233; des forces arm&#233;es du tsarisme, tout un cuirass&#233;, a pass&#233; ouvertement &#224; la r&#233;volution. Le gouvernement a fait des efforts d&#233;sesp&#233;r&#233;s, us&#233; de tous les exp&#233;dients imaginables afin de cacher cet &#233;v&#233;nement au peuple et d'&#233;touffer, d&#232;s le d&#233;but, le soul&#232;vement des marins. Tout a &#233;t&#233; vain. Les &#233;quipages des navires de guerre envoy&#233;s contre le cuirass&#233; r&#233;volutionnaire Potemkine ont refus&#233; de combattre leurs camarades. En r&#233;pandant en Europe la nouvelle de la reddition du Potemkine et l'ordre du tsar de couler le cuirass&#233; r&#233;volutionnaire, le gouvernement autocratique n'a fait que se d&#233;shonorer &#224; jamais aux yeux de l'univers. L'escadre une fois rentr&#233;e &#224; S&#233;bastopol, le gouvernement s'empresse de licencier les &#233;quipages, de d&#233;sarmer les navires de guerre ; des rumeurs circulent sur la d&#233;mission en masse des officiers de la flotte de la mer Noire ; des troubles ont recommenc&#233; sur le cuirass&#233; Georges Pobi&#233;donossetz qui s'est rendu. &#192; Libau et &#224; Cronstadt, les marins se r&#233;voltent aussi ; les collisions avec la troupe se multiplient ; les marins et les ouvriers se battent sur les barricades contre les soldats (Libau). La presse &#233;trang&#232;re annonce des troubles &#224; bord d'un certain nombre d'autres vaisseaux de guerre (le Minine, l'Alexandre II, et autres). Le gouvernement du tsar est rest&#233; sans flotte. C'est tout au plus s'il a r&#233;ussi, pour le moment, &#224; emp&#234;cher la flotte de passer activement &#224; la r&#233;volution. Quant au cuirass&#233; Potemkine il est demeur&#233; le territoire invaincu de la r&#233;volution et, quel que soit son sort ult&#233;rieur, nous sommes devant un fait ind&#233;niable et symptomatique au plus haut point : la tentative de former le noyau d'une arm&#233;e r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aucune r&#233;pression, aucun succ&#232;s partiel remport&#233; sur la r&#233;volution n'annuleront la port&#233;e de cet &#233;v&#233;nement. Le premier pas est fait. Le Rubicon est franchi. Le passage de l'arm&#233;e &#224; la r&#233;volution est d&#233;j&#224; un fait acquis pour toute la Russie et pour le monde entier. De nouvelles tentatives, plus &#233;nergiques encore, de former une arm&#233;e r&#233;volutionnaire suivront immanquablement les &#233;v&#233;nements survenus dans la flotte de la mer Noire. Notre devoir est maintenant de soutenir de toutes nos forces ces tentatives ; d'expliquer aux plus larges masses du prol&#233;tariat et de la paysannerie l'importance que pr&#233;sente pour tout le peuple, dans la lutte pour la libert&#233;, l'existence d'une arm&#233;e r&#233;volutionnaire ; d'aider les d&#233;tachements de cette arm&#233;e &#224; hisser le drapeau de la libert&#233; cher au peuple entier, susceptible de rallier la masse ; de les aider &#224; grouper les forces capables d'&#233;craser l'autocratie tsariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1905/07/vil19050710.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1905/07/vil19050710.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7191&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7191&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6112&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6112&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3697&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3697&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La conception marxiste du droit</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8242</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8242</guid>
		<dc:date>2026-07-18T22:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Engels</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le &#034;droit &#233;gal&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1875/05/18750500a.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
Le socialisme de juristes &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/engels/works/1886/12/fe18861200.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
La critique de La philosophie du droit de Hegel &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430000.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;bats sur la loi relative au vol de bois &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1842/11/vol_de_bois.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la question de la d&#233;mocratie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;5- La formation de la conscience de classe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Engels&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le &#034;droit &#233;gal&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1875/05/18750500a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1875/05/18750500a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme de juristes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1886/12/fe18861200.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1886/12/fe18861200.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique de La philosophie du droit de Hegel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bats sur la loi relative au vol de bois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1842/11/vol_de_bois.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1842/11/vol_de_bois.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question de la d&#233;mocratie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6373&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6373&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5351&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5351&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2165&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2165&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quel droit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4493&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4493&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : le plaidoyer de Karl Marx au proc&#232;s contre le Comit&#233; d'arrondissement des d&#233;mocrates [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Messieurs les jur&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le proc&#232;s en cours avait &#233;t&#233; intent&#233; avant le 5 d&#233;cembre, je comprendrais l'accusation du minist&#232;re public. Maintenant, apr&#232;s le 5 d&#233;cembre, je ne comprends pas comment ce minist&#232;re peut encore invoquer contre nous des lois que la Couronne elle-m&#234;me a foul&#233;es aux pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur quoi le minist&#232;re public a-t-il fond&#233; sa critique de l'Assembl&#233;e nationale, sa critique de la d&#233;cision de refus des imp&#244;ts ? Sur les lois des 6 et 8 avril 1848. Et qu'a fait le gouvernement lorsque le 5 d&#233;cembre il a despotiquement octroy&#233; une Constitution et impos&#233; au pays une nouvelle loi &#233;lectorale ? Il a mis en lambeaux les lois des 6 et 8 avril 1848. Pour les partisans du gouvernement ces lois n'existent plus ; existeraient-elles encore pour ses adversaires ? Le 5 d&#233;cembre, le gouvernement s'est plac&#233; sur un terrain r&#233;volutionnaire, &#224; savoir, un terrain contre-r&#233;volutionnaire. Il n'a plus devant lui que des r&#233;volutionnaires ou des complices. Il a transform&#233; lui-m&#234;me en insurg&#233;s la masse des citoyens se mouvant sur le terrain des lois en vigueur et d&#233;fendant la loi existante face &#224; la violation de la loi. Avant le 5 d&#233;cembre, on pouvait avoir des opinions diff&#233;rentes sur le transfert et la dissolution de l'Assembl&#233;e nationale, sur l'&#233;tat de si&#232;ge &#224; Berlin. Apr&#232;s le 5 d&#233;cembre, il est incontestable que ces mesures devaient introduire la contre-r&#233;volution et qu'en cons&#233;quence, tous les moyens &#233;taient bons contre une fraction qui ne reconnaissait m&#234;me plus les conditions dans lesquelles elle constituait un gouvernement qui, par cons&#233;quent, ne pouvait pas davantage constituer un gouvernement reconnu par le pays. Messieurs ! La Couronne pouvait au moins sauver l'apparence de l&#233;galit&#233; ; elle a d&#233;daign&#233; de le faire. Elle pouvait disperser l'Assembl&#233;e nationale et faire dire au minist&#232;re devant le pays : &#171; Nous avons risqu&#233; un coup d'&#201;tat, la situation nous y a contraints. Nous nous sommes plac&#233;s formellement en dehors de la loi, mais il y a des moments de crise o&#249; l'existence de l'&#201;tat lui-m&#234;me est en jeu. &#192; de pareils moments, il n'y a qu'une loi inviolable, l'existence de l'&#201;tat. Quand nous avons dissous l'Assembl&#233;e, il n'y avait pas de Constitution. Nous ne pouvions donc pas violer la Constitution. En revanche, il existe deux lois organiques, les lois des 6 et 8 avril 1848. En effet, il n'existe &#224; vrai dire qu'une seule et unique loi organique, la loi &#233;lectorale. Nous sommons le pays de proc&#233;der selon cette loi &#224; de nouvelles &#233;lections. Nous, minist&#232;re responsable, nous nous pr&#233;senterons &#224; cette assembl&#233;e issue de ce scrutin. Cette assembl&#233;e, nous l'esp&#233;rons, reconna&#238;tra dans le coup d'&#201;tat l'action salvatrice impos&#233;e par la n&#233;cessit&#233; des circonstances. Elle sanctionnera a posteriori ce coup d'&#201;tat. Elle d&#233;clarera que nous avons viol&#233; une formule l&#233;gale pour sauver la patrie. Qu'elle d&#233;cide de notre sort ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le minist&#232;re avait agi ainsi, il pourrait, avec quelque vraisemblance, nous envoyer devant votre tribunal. La Couronne aurait sauv&#233; l'apparence de l&#233;galit&#233;. Elle ne l'a pas pu, elle ne l'a pas voulu .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux de la Couronne, la r&#233;volution de mars &#233;tait un fait brutal. Un fait brutal ne peut &#234;tre effac&#233; que par un autre fait brutal. En annulant les nouvelles &#233;lections en vertu de la loi d'avril 1848, le minist&#232;re a reni&#233; sa responsabilit&#233;, il a r&#233;cus&#233; le tribunal m&#234;me devant qui il &#233;tait responsable. C'est ainsi que, d'embl&#233;e, il a fait de l'appel de l'Assembl&#233;e nationale au peuple une pure illusion, une fiction, une tromperie. Lorsque le minist&#232;re a cr&#233;&#233; une premi&#232;re Chambre censitaire, faisant partie int&#233;grante de l'Assembl&#233;e l&#233;gislative, il a d&#233;chir&#233; les lois organiques, il a abandonn&#233; le terrain juridique, il a falsifi&#233; le scrutin populaire, il a coup&#233; court &#224; tout jugement qu'aurait pu prononcer le peuple sur &#171; l'action salvatrice &#187; de la Couronne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc impossible de nier le fait ; aucun historien &#224; venir ne le niera : la Couronne a fait une r&#233;volution, elle a fait fi de la situation juridique existante, elle ne peut pas en appeler aux lois qu'elle a elle-m&#234;me abolies si honteusement. Quand on r&#233;ussit une r&#233;volution, on peut pendre ses adver&#173;saires, on ne peut pas les condamner. On peut les &#233;carter du chemin comme des ennemis vaincus, on ne peut pas les juger comme criminels. La r&#233;volution ou la contre-r&#233;volution une fois accomplies, on ne peut pas utiliser les lois abolies contre les d&#233;fenseurs de ces lois. C'est un l&#226;che simulacre de l&#233;galit&#233; que votre sentence, Messieurs, ne sanctionnera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous ai dit, Messieurs, que le gouvernement avait fauss&#233; le jugement du peuple sur &#171; l'action salvatrice &#187; de la Couronne. Et pourtant le peuple a d&#233;j&#224; tranch&#233; en faveur de l'Assembl&#233;e nationale, contre la Couronne. Les &#233;lections &#224; la seconde Chambre sont les seules l&#233;gales parce qu'elles sont les seules &#224; s'&#234;tre d&#233;roul&#233;es en vertu de la loi du 8 avril 1848. Et presque tous ceux qui ont refus&#233; l'imp&#244;t ont &#233;t&#233; r&#233;&#233;lus &#224; la seconde Chambre, certains deux et trois fois. Mon co-accus&#233; lui-m&#234;me, Schneider II, est d&#233;put&#233; de Cologne. Le peuple a donc en fait d&#233;j&#224; tranch&#233; la question de savoir si l'Assembl&#233;e nationale avait le droit ou non de d&#233;cider le refus de l'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans parler de cette sentence supr&#234;me, vous m'accorderez tous, Messieurs, qu'on ne peut ici rien imputer &#224; crime au sens ordinaire du terme, qu'il n'y a aucun conflit avec la loi qui soit de votre ressort. La force publique est normalement charg&#233;e de l'ex&#233;cution des lois existantes. Est criminel quiconque enfreint la loi ou s'oppose par la violence &#224; la force publique dans l'exercice de ses fonctions. Dans notre cas un pouvoir public a enfreint la loi ; l'autre - peu importe lequel - l'a soutenue. La lutte entre deux pouvoirs publics n'est ni du ressort du droit priv&#233;, ni de celui du droit criminel. La question de savoir qui, de la Couronne ou de l'Assembl&#233;e nationale avait raison, est une question d'histoire. Tous les jurys, tous les tribunaux de Prusse r&#233;unis ne peuvent la trancher. Une seule puissance la r&#233;soudra, l'histoire. C'est pourquoi je ne comprends pas comment on a pu, sur la base du Code p&#233;nal, nous placer au banc des accus&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse ici d'une lutte entre deux forces, et que dans ce cas, seule la force puisse d&#233;cider, voil&#224;, Messieurs, ce que la presse r&#233;volutionnaire et la presse contre-r&#233;volutionnaire ont &#233;galement &#233;nonc&#233;. Un organe du gouvernement lui-m&#234;me l'a proclam&#233; peu avant l'issue de la lutte. La Neue preussische Zeitung, l'organe de l'actuel minist&#232;re, l'avait bien reconnu. Quelques jours avant la crise, il d&#233;clarait &#224; peu pr&#232;s ceci : il ne s'agit plus maintenant de droit mais de force, et l'on verra que la vieille royaut&#233; de droit divin a encore le pouvoir. La Neue preussische Zeitung avait exactement compris la situation. Force contre force. La victoire devait trancher entre les deux. La contre-r&#233;volution a vaincu, mais seul le premier acte du drame est termin&#233;. En Angleterre, la lutte a dur&#233; plus de vingt ans. Charles I&#176; fut vainqueur &#224; plusieurs reprises, il a quand m&#234;me fini par monter sur l'&#233;chafaud. Et qui vous garantit, Messieurs, que le minist&#232;re actuel, que ces fonctionnaires qui s'en sont fait et s'en font l'instrument, ne seront pas un jour condamn&#233;s pour haute trahison par la Chambre actuelle ou par celles qui lui succ&#233;deront ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Messieurs ! Le minist&#232;re public a tent&#233; de fonder son accusation sur les lois des 6 et 8 avril. Je n'ai pu faire autrement que de vous d&#233;montrer que ces lois justement nous relaxaient. Mais je ne vous cache pas que je n'ai jamais reconnu ces lois, que je ne les reconna&#238;trai jamais. Elles n'ont jamais eu de valeur pour les d&#233;put&#233;s issus du scrutin populaire ; elles pouvaient encore moins tracer la voie &#224; la r&#233;volution de mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment sont n&#233;es les lois des 6 et 8 avril ? De l'entente du gouvernement avec la Di&#232;te unifi&#233;e. On voulait ainsi renouer avec l'ancien &#233;tat de choses et escamoter la r&#233;volution qui avait justement supprim&#233; cet &#233;tat de choses. Des hommes comme Camphausen et autres tenaient beaucoup &#224; sauver l'apparence d'un progr&#232;s l&#233;gal. Et comment ont-ils sauv&#233; cette apparence ? Par une s&#233;rie de contradictions flagrantes et absurdes. Placez-vous un moment, Messieurs, au point de vue de l'ancienne l&#233;gislation ! La simple existence du minist&#232;re Camphausen, d'un minist&#232;re responsable, d'un minist&#232;re sans carri&#232;re administrative n'&#233;tait-elle pas une ill&#233;galit&#233; ? La situation de Camphausen, du premier ministre responsable, &#233;tait ill&#233;gale. Ce fonctionnaire qui n'a pas d'existence l&#233;gale, convoque la Di&#232;te unifi&#233;e pour lui faire d&#233;cr&#233;ter des lois, alors que cette m&#234;me Di&#232;te n'&#233;tait pas habilit&#233;e l&#233;galement &#224; les d&#233;cr&#233;ter. Et on appelait progr&#232;s, d&#233;fense du terrain juridique, ce jeu formel qui se contredisait et se d&#233;truisait lui-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ne nous occupons plus de la forme, Messieurs ! Qu'&#233;tait la Di&#232;te unifi&#233;e ? L'&#233;manation de conditions sociales anciennes et d&#233;cadentes. La r&#233;volution avait justement &#233;clat&#233; contre ces conditions. Et l'on soumet aux repr&#233;sentants de la soci&#233;t&#233; vaincue des lois organiques qui doivent reconna&#238;tre, r&#233;gler, organiser la r&#233;volution qui s'est produite contre cette vieille soci&#233;t&#233; ? Quelle contradiction inepte ! La Di&#232;te a &#233;t&#233; renvers&#233;e avec la vieille royaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette occasion, Messieurs, regardons, les yeux dans les yeux, ce qu'on appelle le terrain juridique. Je suis d'autant plus oblig&#233; de m'&#233;tendre sur ce point que nous passons &#224; juste titre pour des ennemis du terrain juridique et que ces lois des 6 et 8 avril ne doivent leur existence qu'&#224; une reconnaissance formelle du terrain juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Di&#232;te repr&#233;sentait surtout la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. La grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re constituait r&#233;ellement la base de la soci&#233;t&#233; f&#233;odale et moyen&#226;geuse. La soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne, notre soci&#233;t&#233;, repose en revanche sur le commerce et l'industrie. La propri&#233;t&#233; fonci&#232;re elle-m&#234;me a perdu ses anciennes conditions d'existence, elle a &#233;t&#233; plac&#233;e sous la d&#233;pendance du commerce et de l'industrie. De ce fait l'agriculture est &#224; l'heure actuelle pratiqu&#233;e industriellement et les anciens seigneurs f&#233;odaux sont tomb&#233;s au rang de fabricants de b&#233;tail, de laine, de bl&#233;, de betteraves, d'eau de vie, etc. ; au rang de gens qui n&#233;gocient des produits industriels comme tout commer&#231;ant ! Ils ont beau tenir &#224; leurs anciens pr&#233;jug&#233;s, ils ne s'en transforment pas moins pratiquement en bourgeois produisant le plus possible et au minimum de frais possible, achetant au meilleur march&#233;, et vendant au plus offrant. Le mode de vie, de production, d'acquisition de ces Messieurs, fait appara&#238;tre le mensonge des chim&#232;res ambitieuses qui leur ont &#233;t&#233; transmises. La propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, &#233;l&#233;ment social dominant, sous-entend un mode de production et de transport moyen&#226;geux. La Di&#232;te unifi&#233;e repr&#233;sentait ce mode de production et de transport moyen&#226;geux qui avait cess&#233; depuis longtemps d'exister et dont les repr&#233;sentants, bien que tenant beaucoup &#224; leurs anciens privil&#232;ges, jouissent des avantages de la soci&#233;t&#233; nouvelle et les exploitent. La soci&#233;t&#233; bourgeoise, soci&#233;t&#233; nouvelle, reposant sur de tout autres bases, sur un mode de production transform&#233;, dut &#233;galement s'emparer du pouvoir politique ; il lui fallut l'arracher des mains qui repr&#233;sentaient les int&#233;r&#234;ts de la soci&#233;t&#233; en train de sombrer, un pouvoir politique dont toute l'organisation &#233;tait issue de rapports sociaux et mat&#233;riels enti&#232;rement diff&#233;rents. Voil&#224; le pourquoi de la r&#233;volution. La r&#233;volution &#233;tait de ce fait autant dirig&#233;e contre la royaut&#233; absolue, expression politique supr&#234;me de l'ancienne soci&#233;t&#233;, que contre la repr&#233;sentation par ordres qui traduisait une organisation sociale depuis longtemps an&#233;antie par l'industrie moderne, ou repr&#233;sentait tout au plus les ruines encore arrogantes d'ordres refoul&#233;s &#224; l'arri&#232;re-plan, d&#233;pass&#233;s de jour en jour par la soci&#233;t&#233; bourgeoise et en compl&#232;te d&#233;sagr&#233;gation. Comment peut-on avoir eu l'id&#233;e de faire dicter des lois par la Di&#232;te unifi&#233;e repr&#233;sentante de l'ancienne soci&#233;t&#233;, &#224; la soci&#233;t&#233; nouvelle ayant acquis des droits gr&#226;ce &#224; la r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soi-disant pour maintenir le terrain juridique. Mais, Messieurs, que comprenez-vous par : maintenir le terrain juridique ? Maintenir des lois d'une p&#233;riode sociale pass&#233;e, des lois faites par les repr&#233;sentants d'int&#233;r&#234;ts sociaux disparus ou en train de dispara&#238;tre, donner par cons&#233;quent force de loi &#224; ces int&#233;r&#234;ts en contradiction avec les besoins de tous. Or la soci&#233;t&#233; ne repose pas sur la loi. C'est une illusion de juristes. C'est au contraire la loi qui repose sur la soci&#233;t&#233;, qui doit &#234;tre l'expression de ses int&#233;r&#234;ts et des besoins communs issus chaque fois du mode de production mat&#233;riel contre l'arbitraire individuel. Voici le Code Napol&#233;on, je l'ai &#224; la main, il n'a pas engendr&#233; la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne. Bien au contraire, la soci&#233;t&#233; bourgeoise, n&#233;e au XVIII&#176; si&#232;cle, trouve dans ce Code son expression l&#233;gale. D&#232;s qu'il ne correspondra plus aux rapports sociaux, il ne sera plus qu'un tas de papier. Vous &#234;tes aussi peu en mesure de faire des anciennes lois la base de la nouvelle &#233;volution sociale que ces lois anciennes l'ont &#233;t&#233; de faire l'ancienne situation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont n&#233;es de cette ancienne situation, elles doivent dispara&#238;tre avec elle. Elles se transforment n&#233;cessairement avec le d&#233;veloppement des conditions d'existence. Maintenir les lois anciennes en d&#233;pit des revendications et des besoins nouveaux de l'&#233;volution sociale n'est au fond rien d'autre que maintenir hypocritement des int&#233;r&#234;ts particuliers inactuels contre des int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux actuels. Maintenir le terrain juridique c'est vouloir faire de ces int&#233;r&#234;ts particuliers des int&#233;r&#234;ts dominants alors qu'ils ne dominent plus, c'est vouloir imposer &#224; la soci&#233;t&#233; des lois qui sont condamn&#233;es par les conditions d'existence de cette soci&#233;t&#233;, par son mode d'acqui&#173;sition, son trafic, sa production mat&#233;rielle elle-m&#234;me ; c'est vouloir maintenir dans leurs fonctions des l&#233;gislateurs qui ne poursuivent plus que des int&#233;r&#234;ts particuliers, c'est abuser du pouvoir de l'&#201;tat pour subordonner, par la force, les int&#233;r&#234;ts de la majorit&#233; &#224; ceux de la minorit&#233;. C'est donc entrer &#224; chaque instant en contradiction avec les besoins pr&#233;sents, c'est paralyser le trafic, l'industrie, c'est pr&#233;parer des crises sociales qui &#233;clatent sous forme de r&#233;volutions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le vrai sens de l'attachement au terrain juridique ; c'est sur ces mots de terrain juridique qui reposent soit sur une tromperie consciente, soit sur une illusion inconsciente que l'on s'est appuy&#233; pour convoquer la Di&#232;te unifi&#233;e, qu'on lui a fait fabriquer des lois organiques pour l'Assembl&#233;e nationale, rendue n&#233;cessaire et engendr&#233;e par la r&#233;volution. Et c'est d'apr&#232;s ces lois que l'on veut juger l'Assembl&#233;e nationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e nationale repr&#233;sentait la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne, face &#224; la soci&#233;t&#233; f&#233;odale repr&#233;sent&#233;e par la Di&#232;te unifi&#233;e. Elle &#233;tait &#233;lue par le peuple pour &#233;tablir, en toute ind&#233;pendance, une Constitution qui corresponde aux conditions d'existence entr&#233;es en conflit avec l'organisation politique et les lois d'alors. Elle &#233;tait de prime abord souveraine et constituante. Si elle condescendait toutefois &#224; adopter le point de vue des ententistes, c'&#233;tait par politesse purement formelle &#224; l'&#233;gard de la Couronne, par pur c&#233;r&#233;monial. Je n'ai pas ici &#224; examiner si l'Assembl&#233;e avait le droit vis-&#224;-vis du peuple d'adopter le point de vue des ententistes. &#192; leur avis, la bonne volont&#233; des deux parties devait &#233;viter le heurt avec la Couronne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qu'il y a de certain, c'est que les lois des 6 et 8 avril, issues de l'entente avec la Di&#232;te unifi&#233;e, &#233;taient formellement sans valeur. Elles n'ont mat&#233;riellement pas d'autre signification que de prononcer et de fixer les conditions dans lesquelles l'Assembl&#233;e nationale pouvait &#234;tre l'expression v&#233;ritable de la souverainet&#233; populaire. La l&#233;gislation de la Di&#232;te unifi&#233;e n'&#233;tait qu'un moyen formel &#233;vitant &#224; la Couronne l'humiliation de proclamer : je suis vaincue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, Messieurs, je passe &#224; l'examen approfondi de l'expos&#233; du minist&#232;re public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re public a dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; La Couronne a ali&#233;n&#233; une partie du pouvoir qu'elle d&#233;tenait en totalit&#233;. M&#234;me dans la vie courante mon acte de renonciation ne va pas au-del&#224; des termes pr&#233;cis par lesquels je renonce. Or la loi du 8 avril ne conc&#232;de pas &#224; l'Assembl&#233;e nationale le droit de refuser des imp&#244;ts, pas plus qu'elle ne fixe n&#233;cessairement Berlin pour r&#233;sidence &#224; l'Assembl&#233;e nationale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Messieurs ! La Couronne avait en main un pouvoir bris&#233; ; elle se dessaisit du pouvoir pour en sauver les miettes. Vous vous rappelez, Messieurs, comment le roi, peu apr&#232;s son accession au tr&#244;ne, avait donn&#233; sa parole d'honneur &#224; K&#339;nigberg et &#224; Berlin, de ne pas conc&#233;der de Constitution. Vous vous rappelez comment, en 1847, &#224; la s&#233;ance d'ouverture de la Di&#232;te unifi&#233;e, le roi jura ses grands dieux de ne tol&#233;rer aucun chiffon de papier entre lui et son peuple. Apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de mars 1848, le roi s'est lui-m&#234;me proclam&#233; constitutionnel dans le cadre de la Constitution octroy&#233;e. Il a gliss&#233; entre lui et son peuple cette babiole abstraite d'origine fran&#231;aise, ce chiffon de papier. Le minist&#232;re public osera-t-il pr&#233;tendre que c'est volontairement que le roi a donn&#233; un d&#233;menti aussi flagrant &#224; ses affirmations solennelles, que c'est volontairement qu'il s'est rendu coupable devant toute l'Europe de cette insupportable incons&#233;quence : approuver l'entente ou la Constitution ! Le roi a fait les concessions auxquelles il a &#233;t&#233; contraint par la r&#233;volution. Ni plus, ni moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;taphore populaire du minist&#232;re public ne prouve malheureusement rien. Certes ! Si je renonce, je ne renonce &#224; rien de plus qu'&#224; ce &#224; quoi je renonce express&#233;ment. Si je vous fais un don, ce serait vraiment impudent de votre part de vouloir obtenir de moi d'autres avantages sur la base de ma donation. Or, apr&#232;s la r&#233;volution, c'&#233;tait justement le peuple qui donnait, et la Couronne qui recevait, et il va de soi qu'il faut interpr&#233;ter le don au sens du donateur et non au sens du b&#233;n&#233;ficiaire, au sens du peuple et non au sens de la Couronne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir absolu de la Couronne &#233;tait bris&#233;. Le peuple avait vaincu. Tous deux ont conclu un armistice et le peuple fut dup&#233;. Qu'il ait &#233;t&#233; bern&#233;, Messieurs, le minist&#232;re public lui-m&#234;me a pris la peine de vous le d&#233;montrer en d&#233;tail. Pour disputer &#224; l'Assembl&#233;e nationale le droit de refuser les imp&#244;ts, le minist&#232;re public vous a expliqu&#233; en long et en large que si dans la loi du 6 avril 1848 on pouvait trouver quelque chose de ce genre, il n'en &#233;tait pas de m&#234;me en tout cas dans la loi du 8 avril 1848. On a donc utilis&#233; cet intervalle pour retirer deux jours plus tard aux repr&#233;sentants du peuple les droits qu'on leur avait conc&#233;d&#233;s deux jours plus t&#244;t. Le minist&#232;re public pouvait-il compromettre avec plus d'&#233;clat la loyaut&#233; de la Couronne, pouvait-il prouver plus irr&#233;futablement qu'on voulait duper le peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re public dit encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le droit de transf&#233;rer et d'ajourner l'Assembl&#233;e nationale est une &#233;manation du pouvoir ex&#233;cutif ; il est reconnu dans tous les pays constitutionnels. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le droit du pouvoir ex&#233;cutif de transf&#233;rer les Chambres l&#233;gislatives, je somme le minist&#232;re public de citer une seule loi, un seul exemple &#224; l'appui de cette affirmation. En Angleterre par exemple, le roi pourrait, suivant un antique droit historique, convoquer le Parlement o&#249; bon lui semble. Il n'existe aucune loi o&#249; la r&#233;sidence l&#233;gale du Parlement serait &#233;tablie &#224; Londres. Vous savez Messieurs, qu'en g&#233;n&#233;ral en Angleterre les plus grandes libert&#233;s comme par exemple la libert&#233; de la presse sont sanctionn&#233;es par le droit coutumier et non par le droit &#233;crit. Mais qu'un minist&#232;re anglais ait l'id&#233;e de transf&#233;rer le Parlement de Londres &#224; Windsor ou &#224; Richmond - il suffit d'en parler pour en voir l'impossibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes ! Dans les pays constitutionnels, la Couronne a le droit d'ajourner les Chambres. Mais n'oubliez pas que d'autre part dans toutes les Constitutions, il est pr&#233;cis&#233; pour combien de temps les Chambres peuvent &#234;tre ajourn&#233;es et apr&#232;s quel d&#233;lai elles doivent &#234;tre convoqu&#233;es &#224; nouveau. En Prusse, il n'y avait pas de Constitution, il a d'abord fallu la faire ; il n'y avait aucun terme l&#233;gal &#224; la convocation de la Chambre ajourn&#233;e ; la Couronne n'avait donc aucun droit d'ajourner la Chambre. Sinon la Couronne pouvait ajourner la Chambre pour dix jours, pour dix ans, pour l'&#233;ternit&#233;. Quelles garanties avait-on que les Chambres puissent jamais &#234;tre convoqu&#233;es ou si&#233;ger ? C'&#233;tait confier au bon plaisir de la Couronne la coexistence avec les Chambres, le pouvoir l&#233;gislatif &#233;tait devenu une fiction, si m&#234;me il peut &#234;tre question ici de pouvoir l&#233;gislatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Messieurs ! Cet exemple vous montre o&#249; cela m&#232;ne de vouloir mesurer le conflit entre la Couronne prussienne et l'Assembl&#233;e nationale prussienne &#224; l'aune des pays constitutionnels. Cela m&#232;ne &#224; l'affirmation de la royaut&#233; absolue. D'une part, on revendique pour la Couronne les droits d'un pouvoir ex&#233;cutif constitutionnel, d'autre part, il n'existe aucune loi, aucun us, aucune institution organique qui lui impose les limitations du pouvoir ex&#233;cutif constitutionnel. On exige de la repr&#233;sentation populaire qu'elle joue le r&#244;le d'une Chambre constitutionnelle, face &#224; un roi absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il n&#233;cessaire de d&#233;velopper longuement pour voir que dans le cas pr&#233;sent aucun pouvoir ex&#233;cutif ne se dressait en face du pouvoir l&#233;gislatif, que la s&#233;paration constitutionnelle des pouvoirs ne peut s'appliquer &#224; l'Assembl&#233;e nationale prussienne et &#224; la Couronne prussienne ? Faites abstraction de la r&#233;volution, tenez-vous-en &#224; la th&#233;orie officielle de l'entente. Selon cette tb&#233;orie elle-m&#234;me, deux pouvoirs souverains se dressaient face &#224; face. Aucun doute ! L'un de ces deux pouvoirs devait d&#233;truire l'autre. Deux pouvoirs souverains ne peuvent fonctionner conjointement et simultan&#233;ment dans un m&#234;me &#201;tat. C'est un non-sens comme la quadrature du cercle [2] . Il a fallu que la force mat&#233;rielle tranche entre les deux souverainet&#233;s. Mais nous, nous n'avons pas &#224; examiner si l'entente est possible ou non. Bref ! Deux puissances sont entr&#233;es en contact pour conclure un accord. Camphausen lui-m&#234;me consid&#233;rait comme improbable que l'accord ne se f&#238;t pas. De la tribune, il attira l'attention des ententistes sur le danger qui mena&#231;ait le pays si l'on ne parvenait pas &#224; un compromis. Ce danger existait d&#233;j&#224; &#224; l'origine des premiers rapports de l'Assembl&#233;e nationale ententiste et de la Couronne, et l'on veut, apr&#232;s coup, rendre l'Assembl&#233;e nationale responsable de ce danger en reniant cette situation premi&#232;re, en transformant l'Assembl&#233;e nationale en Chambre constitu&#173;tionnelle. On veut r&#233;soudre la difficult&#233; en en faisant abstraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois vous avoir prouv&#233;, Messieurs, que la Couronne n'avait le droit, ni de transf&#233;rer, ni d'ajourner l'Assembl&#233;e ententiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le minist&#232;re public ne s'est pas content&#233; d'examiner si la Couronne &#233;tait en droit de transf&#233;rer l'Assembl&#233;e nationale, il cherche &#224; prouver que ce transfert &#233;tait opportun. &#171; N'aurait-il pas &#233;t&#233; opportun &#187;, s'&#233;crie-t-il &#171; que l'Assembl&#233;e nationale ait obtemp&#233;r&#233; et soit all&#233;e &#224; Brandebourg ? &#187; Le minist&#232;re public trouve un fondement &#224; cette opportunit&#233; dans la situation de la Chambre elle-m&#234;me, soutenant que la Chambre n'&#233;tait pas libre &#224; Berlin, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intention de la Couronne n'&#233;clate-t-elle pas au grand jour &#224; l'occasion de ce transfert ? N'a-t-elle pas d&#233;pouill&#233; de tout faux-semblant tous les motifs all&#233;gu&#233;s officiellement de ce transfert ? Il ne s'agissait pas de la libert&#233; de d&#233;lib&#233;ration, mais de renvoyer l'Assembl&#233;e dans ses foyers et d'octroyer une Constitution, ou bien, en convoquant des repr&#233;sentants dociles, de cr&#233;er un semblant de repr&#233;sentation. Lorsque contre toute attente, il se trouva &#224; Brandebourg un nombre suffisant de d&#233;put&#233;s, alors on renon&#231;a &#224; tout simulacre, et l'on d&#233;clara dissoute l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, il va de soi que la Couronne n'avait pas le droit de d&#233;clarer l'Assembl&#233;e nationale libre ou non. Personne d'autre que l'Assembl&#233;e nationale elle-m&#234;me ne pouvait d&#233;cider si elle jouissait ou non de l'indispensable libert&#233; de d&#233;lib&#233;ration. Rien de plus commode pour la Couronne que de d&#233;clarer que l'Assembl&#233;e nationale n'est pas libre, qu'elle est irresponsable, et de l'interdire chaque fois que celle-ci prendrait un d&#233;cret qui ne lui plairait pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re public a parl&#233; aussi du devoir qu'aurait le gouvernement de d&#233;fendre la dignit&#233; de l'Assembl&#233;e nationale contre le terrorisme de la population berlinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet argument prend l'allure d'une satire du gouvernement. Je ne parlerai pas de l'attitude &#224; l'encontre des personnes, ces personnes &#233;tant, quoi qu'il en soit, les repr&#233;sentants &#233;lus du peuple. On a cherch&#233; &#224; les humilier de toutes les fa&#231;ons, ou les a poursuivies de la mani&#232;re la plus inf&#226;me, on a en quelque sorte, d&#233;clench&#233; contre elles une chasse infernale. Laissons les personnes. Comment a-t-on conserv&#233; la dignit&#233; des travaux de l'Assembl&#233;e nationale ? Ses archives ont &#233;t&#233; livr&#233;es &#224; la soldatesque qui a transform&#233; les documents des commissions, les messages royaux, les projets de loi, les travaux pr&#233;alables, en papier &#224; allumer le feu, en combustible pour chauffer le po&#234;le, on les a pi&#233;tin&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a m&#234;me pas observ&#233; les formes d'une saisie l&#233;gale, on s'est empar&#233; des archives, sans en faire l'inventaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On projetait d'an&#233;antir ces travaux qui avaient co&#251;t&#233; si cher au peuple, pour mieux calomnier l'Assembl&#233;e nationale, pour rayer du monde des plans de r&#233;forme si d&#233;test&#233;s du gouvernement et des aristocrates. Et apr&#232;s tout cela n'est-il pas vraiment ridicule de pr&#233;tendre que par un d&#233;licat souci de la dignit&#233; de l'Assembl&#233;e nationale le gouvernement l'a transf&#233;r&#233;e de Berlin &#224; Brandebourg ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en viens maintenant &#224; l'expos&#233; du minist&#232;re public sur la valeur formelle du d&#233;cret de refus des imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour donner &#224; ce d&#233;cret la valeur d'un d&#233;cret en bonne et due forme, dit le minist&#232;re, l'Assembl&#233;e devait le soumettre &#224; la sanction de la Couronne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Messieurs ! La Couronne ne s'opposait pas en personne &#224; l'Assembl&#233;e, elle s'y opposait par le truchement du minist&#232;re Brandenburg. L'Assembl&#233;e aurait donc d&#251; s'entendre avec le minist&#232;re Brandenburg pour proclamer ce minist&#232;re coupable de haute trahison et lui refuser les imp&#244;ts. C'est cette absurdit&#233; que r&#233;clame l'accusation publique ! Que signifie cette exigence, sinon que l'Assembl&#233;e nationale devait se d&#233;cider &#224; se soumettre sans conditions &#224; chaque volont&#233; du minist&#232;re Brandenburg ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;cret de refus des imp&#244;ts n'&#233;tait pas non plus valable dans sa forme - dit le minist&#232;re public - puisque c'est &#224; la seconde lecture qu'un projet peut prendre force de loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, on ne respecte pas les formes essentielles auxquelles on &#233;tait astreint vis-&#224;-vis de l'Assembl&#233;e nationale, d'autre part, on exige de l'Assembl&#233;e nationale qu'elle observe des formalit&#233;s les plus d&#233;nu&#233;es d'importance. Rien de plus simple. Un projet d&#233;plaisant &#224; la Couronne passe en premi&#232;re lecture ; on emp&#234;che la seconde lecture manu militari, la loi est et reste sans valeur, la seconde lecture n'ayant pas eu lieu. Le minist&#232;re public n&#233;glige la situation exceptionnelle dans laquelle les repr&#233;sentants du peuple ont pris ce d&#233;cret, dans la salle des s&#233;ances, sous la menace des ba&#239;onnettes. Le gouvernement perp&#232;tre coup de force sur coup de force. Il viole sans m&#233;nagement les lois les plus fondamentales - l'habeas corpus [3] , la loi sur la milice civique [4] ; il introduit arbitrairement un despotisme militaire sans limites sous l'&#233;tiquette de l'&#233;tat de si&#232;ge. Il envoie au diable les repr&#233;sentants du peuple. Et tandis que d'un c&#244;t&#233; on viole sans vergogne toutes les lois, on exige de l'autre l'observance la plus stricte m&#234;me d'un r&#232;glement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais, Messieurs, si c'est falsification volontaire - je suis bien loin de pr&#234;ter une telle intention au minist&#232;re public - ou ignorance quand il dit : &#171; L'Assembl&#233;e nationale n'a pas voulu de conciliation, elle n'a pas cherch&#233; de concilialion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le peuple fait quelque reproche &#224; l'Assembl&#233;e nationale, c'est celui de sa fr&#233;n&#233;sie de conciliation. Si des membres de cette Assembl&#233;e elle-m&#234;me se repentent, ce sera de leur manie d'entente. C'est cette manie d'entente qui, peu &#224; peu, a d&#233;tourn&#233; d'elle le peuple, qui lui a fait perdre ses positions, qui l'a finalement expos&#233;e aux attaques de la Couronne, sans avoir une nation derri&#232;re elle. Lorsqu'enfin elle a voulu affirmer sa volont&#233;, elle s'est retrouv&#233;e isol&#233;e, impuissante, justement parce qu'elle n'a pas su manifester et affirmer sa volont&#233; au bon moment. Elle a montr&#233; d'abord cette manie d'entente lorsqu'elle a reni&#233; la r&#233;volution et approuv&#233; la th&#233;orie de l'entente, lorsqu'elle s'est abaiss&#233;e, elle qui &#233;tait une Assembl&#233;e nationale r&#233;volutionnaire, jusqu'&#224; devenir une soci&#233;t&#233; &#233;quivoque d'ententistes. Elle a pouss&#233; &#224; l'extr&#234;me sa tendance &#224; la conciliation lorsqu'elle a donn&#233; &#224; Pfuel son plein accord, alors qu'il faisait seulement semblant de reconna&#238;tre l'ordre du jour &#224; l'arm&#233;e de Stein. La proclamation de cet ordre du jour elle-m&#234;me avait l'allure d'une farce, alors que celui-ci ne pouvait &#234;tre rien d'autre qu'un &#233;cho bouffon &#224; l'ordre du jour de Wrangel. Et pourtant, au lieu de passer &#224; la suite, l'Assembl&#233;e saisit &#224; deux mains la traduction qu'en pr&#233;sentait le minist&#232;re Pfuel, qui l'affaiblissait et la vidait compl&#232;tement de son contenu. Pour &#233;viter tout conflit s&#233;rieux avec la Couronne, elle tint pour une manifestation r&#233;elle la p&#226;le apparence de manifestation contre la vieille arm&#233;e r&#233;actionnaire. Elle fit semblant de prendre au s&#233;rieux pour la v&#233;ritable solution du conflit, ce qui n'en &#233;tait qu'une apparence. Voil&#224; &#224; quel point cette Assembl&#233;e que le minist&#232;re public pr&#233;sente comme &#233;tant toujours &#224; l'aff&#251;t de querelles, &#233;tait bien peu belliqueuse et toujours pr&#234;te &#224; la conciliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dois-je indiquer encore un sympt&#244;me de la nature avide de conciliation de cette Chambre ? Rappelez-vous, Messieurs, l'entente de l'Assembl&#233;e nationale et de Pfuel sur la loi suspendant le rachat [5] . Si l'Assembl&#233;e n'avait pas su &#233;craser l'ennemi dans l'arm&#233;e il s'agissait alors de gagner l'amiti&#233; de la classe paysanne. Elle y renon&#231;a aussi. Jouer la conciliatrice, &#233;viter le conflit avec la Couronne, l'&#233;viter &#224; tout prix, lui importait plus que tout, plus que les int&#233;r&#234;ts de sa propre survie. Et l'on reproche &#224; cette Assembl&#233;e de ne pas avoir voulu de conciliation, de ne pas avoir cherch&#233; de conciliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle recherchait encore la conciliation alors que le conflit avait d&#233;j&#224; &#233;clat&#233;. Vous connaissez, Messieurs, la brochure d'Unruh [6] , un homme du centre. En la lisant vous avez not&#233; tout ce qu'on avait tent&#233; pour &#233;viter la rupture : les d&#233;l&#233;gations envoy&#233;es &#224; la Couronne et qui ne furent pas re&#231;ues, les d&#233;put&#233;s qui individuellement cherch&#232;rent &#224; persuader les ministres qui les repouss&#232;rent avec une arrogance de grands seigneurs, les concessions que l'on voulait faire et qui furent tourn&#233;es en d&#233;rision. M&#234;me &#224; ce moment encore, l'Assembl&#233;e voulait conclure la paix, alors qu'il ne s'agissait plus que de pr&#233;parer la guerre. Et c'est cette Assembl&#233;e que le minist&#232;re public accuse de ne pas avoir voulu, de ne pas avoir cherch&#233; de conciliation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e nationale de Berlin s'est manifestement abandonn&#233;e &#224; la plus grande des illusions ; elle n'a compris ni sa propre position, ni ses propres conditions d'existence lorsque, avant et pendant le conflit, elle estimait encore possible un accord &#224; l'amiable et une conciliation avec la Couronne, et qu'elle cherchait encore &#224; les mettre en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Couronne ne voulait pas de conciliation, elle ne pouvait pas le vouloir. Messieurs les jur&#233;s, ne nous faisons pas d'illusions sur la nature de la lutte qui a &#233;clat&#233; en mars et qui a &#233;t&#233; men&#233;e ensuite entre l'Assembl&#233;e nationale et la Couronne. Il ne s'agissait pas ici d'un conflit ordinaire entre un minist&#232;re et une opposition parlementaire, il ne s'agissait pas d'un conflit entre gens qui &#233;taient ministres et gens qui voulaient le devenir, il ne s'agissait pas ici de la lutte partisane de deux fractions politiques dans une Chambre l&#233;gislative. Il est possible que des membres de l'Assembl&#233;e nationale, qu'ils appartiennent &#224; la minorit&#233; ou &#224; la majorit&#233;, se soient imagin&#233; cela. Ce qui est seul d&#233;cisif ici, ce n'est pas l'opinion des ententistes, c'est la position historique r&#233;elle de l'Assembl&#233;e nationale issue de la r&#233;volution europ&#233;enne et de la r&#233;volution de mars qui en est une cons&#233;quence. On n'avait pas affaire ici &#224; un conflit politique de deux fractions sur le terrain d'une soci&#233;t&#233;, mais au conflit de deux soci&#233;t&#233;s elles-m&#234;mes, &#224; un conflit social ayant pris une forme politique, c'&#233;tait la lutte de la vieille soci&#233;t&#233; f&#233;odale et bureaucratique et de la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne, la lutte entre la soci&#233;t&#233; de la libre concurrence et la soci&#233;t&#233; des corporations, entre la soci&#233;t&#233; de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et la soci&#233;t&#233; de l'industrie, entre la soci&#233;t&#233; de la foi et celle du savoir. L'expression politique correspondant &#224; la vieille soci&#233;t&#233;, c'&#233;tait la Couronne de droit divin, la bureaucratie tut&#233;laire, l'arm&#233;e autonome. La base sociale correspondant &#224; cette ancienne puissance politique, c'&#233;tait la noblesse fonci&#232;re privil&#233;gi&#233;e avec ses paysans serfs ou &#224; demi serfs, la petite industrie patriarcale ou corporative, les ordres sociaux s&#233;par&#233;s les uns des autres, la brutale opposition de la ville et de la campagne, et surtout la domination de la campagne sur la ville. L'ancienne puissance politique - la Couronne de droit divin, la bureaucratie tut&#233;laire, l'arm&#233;e autonome - voyait sa propre base mat&#233;rielle se d&#233;rober sous ses pieds d&#232;s que l'on touchait &#224; la base de la vieille soci&#233;t&#233;, &#224; la noblesse fonci&#232;re privil&#233;gi&#233;e, &#224; la noblesse elle-m&#234;me, &#224; la domination de la campagne sur la ville, &#224; la d&#233;pendance de la paysannerie et &#224; la l&#233;gislation correspondant &#224; la situation : organisation communale, l&#233;gislation criminelle, etc. L'Assembl&#233;e nationale commit cet attentat. D'autre part, cette vieille soci&#233;t&#233; se voyait arracher des mains le pouvoir politique d&#232;s que la Couronne, la bureaucratie et l'arm&#233;e perdaient leurs privil&#232;ges f&#233;odaux. Or l'Assembl&#233;e nationale voulait briser ces privil&#232;ges. Donc, rien d'&#233;tonnant &#224; ce que l'arm&#233;e, la bureaucratie, la noblesse r&#233;unies aient pouss&#233; la Couronne &#224; un coup de force, rien d'&#233;tonnant &#224; ce que la Couronne qui savait son propre int&#233;r&#234;t &#233;troitement li&#233; &#224; celui de la vieille soci&#233;t&#233; f&#233;odale et bureaucratique, se laiss&#226;t entra&#238;ner &#224; un coup d'&#201;tat. La Couronne &#233;tait justement la repr&#233;sentante de la soci&#233;t&#233; f&#233;odale aristocratique, tout comme l'Assembl&#233;e nationale &#233;tait la repr&#233;sentante de la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne. Les conditions d'existence de cette derni&#232;re exigent que la bureaucratie et l'arm&#233;e, auparavant ma&#238;tresses du commerce et de l'industrie, soient abaiss&#233;es &#224; n'&#234;tre que leur instrument, soient transform&#233;es en de simples organes du trafic bourgeois. Elle ne peut pas supporter que l'agriculture soit limit&#233;e par des privil&#232;ges f&#233;odaux et l'industrie par la tutelle de la bureaucratie. C'est contraire au principe vital de la libre concurrence. Elle ne petit supporter que la situation du commerce ext&#233;rieur soit r&#233;gl&#233;e par des consid&#233;rations d'une politique internationale des cours princi&#232;res au lieu de l'&#234;tre par les int&#233;r&#234;ts de la production nationale. Elle doit subordonner l'administration des finances aux besoins de la production tandis que l'ancien &#201;tat subordonnait la production aux besoins de la Couronne de droit divin et &#224; la r&#233;paration des murs royaux, des piliers sociaux de cette Couronne. Si l'industrie moderne pratique le nivellement, la soci&#233;t&#233; moderne doit d&#233;molir toute barri&#232;re l&#233;gale et politique entre la ville et la campagne. Elle compte encore des classes, mais plus d'ordres ; son d&#233;veloppement r&#233;sulte de la lutte de ces classes, mais celles-ci sont unies face aux ordres et &#224; leur royaut&#233; de droit divin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La royaut&#233; de droit divin, l'expression politique supr&#234;me, la repr&#233;sentation politique supr&#234;me de la vieille soci&#233;t&#233; f&#233;odale bureaucratique ne peut donc pas faire des concessions sinc&#232;res &#224; la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne. Son propre instinct de conservation, la soci&#233;t&#233; qui se tient derri&#232;re elle et sur laquelle elle s'appuie, la pousseront toujours &#224; nouveau &#224; reprendre les concessions accord&#233;es, &#224; affirmer son caract&#232;re f&#233;odal, &#224; risquer la contre-r&#233;volution ! Apr&#232;s une r&#233;volution, la contre-r&#233;volution constitue la condition d'existence toujours renouvel&#233;e de la Couronne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la soci&#233;t&#233; moderne non plus ne peut pas s'arr&#234;ter aussi longtemps qu'elle n'aura pas ruin&#233; et &#233;cart&#233; le pouvoir officiel traditionnel gr&#226;ce auquel la vieille soci&#233;t&#233; se maintenait encore par la force, elle et son pouvoir politique. La domination de la Couronne de droit divin c'est justement la domination de ces &#233;l&#233;ments sociaux vieillis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, pas de paix entre ces deux soci&#233;t&#233;s. Leurs int&#233;r&#234;ts et leurs besoins mat&#233;riels suscitent une lutte in&#233;luctable et sans merci : l'une doit vaincre, l'autre succomber. Voil&#224; la seule conciliation possible entre les deux. Donc, pas de paix entre les repr&#233;sentations politiques supr&#234;mes de ces deux soci&#233;t&#233;s, entre la Couronne et la repr&#233;sentation populaire. L'Assembl&#233;e nationale n'avait donc pas &#224; choisir entre c&#233;der devant la vieille soci&#233;t&#233; ou affronter la Couronne en sa qualit&#233; de puissance ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Messieurs ! Le minist&#232;re public qualifie le refus des imp&#244;ts de mesure &#171; &#233;branlant les fondements de la soci&#233;t&#233; &#187;. Le refus des imp&#244;ts n'a rien &#224; faire avec les fondements de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient-il d'ailleurs, Messieurs, que les imp&#244;ts, l'approbation ou le refus des imp&#244;ts, jouent un si grand r&#244;le dans l'histoire du constitutionalisme ? La raison en est tr&#232;s simple. Si les serfs ont achet&#233; aux barons f&#233;odaux leurs privil&#232;ges en argent comptant, des peuples entiers en ont fait autant avec leurs rois f&#233;odaux. Les rois avaient besoin d'argent pour leurs guerres avec des peuples &#233;trangers et notamment dans leurs luttes contre les seigneurs f&#233;odaux. Plus le commerce et l'industrie se d&#233;veloppaient, plus ils avaient besoin d'argent. Mais le tiers &#233;tat, la bourgeoisie, se d&#233;veloppait dans la m&#234;me proportion et avait &#224; sa disposition des sommes d'argent d'autant plus fortes. Au moyen des imp&#244;ts, il achetait au roi d'autant plus de libert&#233;s. Pour s'assurer ces libert&#233;s, il se gardait le droit de renouveler les prestations en argent &#224; certaines dates - le droit d'approuver ou de rejeter les imp&#244;ts. Vous pouvez suivre cette &#233;volution en d&#233;tail dans l'histoire anglaise, notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, dans la soci&#233;t&#233; moyen&#226;geuse, les imp&#244;ts &#233;taient le seul lien entre la soci&#233;t&#233; bourgeoise montante et l'&#201;tat f&#233;odal dominant, le lien qui contraignait ce dernier &#224; faire &#224; l'autre des concessions, &#224; tol&#233;rer son d&#233;veloppement et &#224; s'accommoder de ses besoins. Dans les &#201;tats modernes, le droit d'approuver ou de refuser les imp&#244;ts s'est transform&#233; en un contr&#244;le de la soci&#233;t&#233; bourgeoise sur la direction administrative de ses int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux, le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous vous apercevez donc, que le refus partiel des imp&#244;ts est partie int&#233;grante de tout m&#233;canisme constitutionnel. Cette sorte de refus des imp&#244;ts a lieu chaque fois que le budget est rejet&#233;. Le budget en cours n'est accord&#233; que pour une dur&#233;e d&#233;termin&#233;e. D'ailleurs les Chambres, d&#232;s qu'elles sont ajourn&#233;es, doivent &#234;tre convoqu&#233;es &#224; nouveau &#224; des intervalles tr&#232;s rapproch&#233;s. Toute tentative d'ind&#233;pendance de la Couronne est donc vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Les imp&#244;ts sont d&#233;finitivement refus&#233;s par le rejet d'un budget d&#232;s que la nouvelle Chambre n'apporte pas de majorit&#233; au minist&#232;re ou que la Couronne ne nomme pas un minist&#232;re correspondant &#224; l'esprit de la nouvelle Chambre. Le rejet du budget n'est donc que la forme parlementaire du refus des imp&#244;ts. Cette forme n'&#233;tait pas applicable dans le conflit qui nous occupe parce que la Constitution n'existait pas encore, et qu'il fallait commencer par l'&#233;tablir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le refus des imp&#244;ts, tel qu'il se pr&#233;sente &#224; nous, un refus des imp&#244;ts qui, non seulement rejette le nouveau budget, mais qui interdit m&#234;me le recouvrement des imp&#244;ts en cours, lui non plus, n'a rien d'extraordinaire. C'&#233;tait un fait tr&#232;s fr&#233;quent au moyen-&#226;ge. M&#234;me la vieille Di&#232;te allemande et les anciens &#201;tats provinciaux du Brandebourg f&#233;odal ont pris des d&#233;crets refusant les imp&#244;ts. Et dans les pays constitutionnels modernes, les exemples ne manquent pas. En 1832, le refus des imp&#244;ts amena en Angleterre la chute du minist&#232;re Wellington [7] . Pensez-y bien Messieurs ! Ce n'est pas le Parlement qui avait d&#233;cid&#233; le refus des imp&#244;ts en Angleterre, c'est le peuple qui le proclama et l'ex&#233;cuta de son propre chef. Or l'Angleterre est le pays historique du constitutionalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis bien loin de le nier. la r&#233;volution anglaise qui conduisit Charles I&#176; sur l'&#233;chafaud d&#233;buta par le refus des imp&#244;ts. En Prusse aussi le refus des imp&#244;ts peut &#234;tre avant-coureur d'&#233;v&#233;nements tr&#232;s f&#226;cheux. Mais ce n'est pas John Hampden qui mena Charles I&#176; &#224; l'&#233;chafaud, ce fut l'ent&#234;tement du monarque, sa d&#233;pendance des ordres f&#233;odaux, sa fatuit&#233; &#224; vouloir r&#233;primer par la violence les exigences imp&#233;rieuses de la nouvelle soci&#233;t&#233;. Le refus des imp&#244;ts n'est qu'un sympt&#244;me de la dissension entre la Couronne et le peuple, une preuve que le conflit entre le gouvernement et le peuple a d&#233;j&#224; atteint un degr&#233; &#233;lev&#233; et mena&#231;ant. Il n'engendre ni la dissension ni le conflit. Il n'exprime que l'existence d'un fait. Au pire il sera suivi de la chute du gouvernement, de la forme actuelle de l'&#201;tat. Les fondements de la soci&#233;t&#233; n'en seront pas atteints. Dans le cas pr&#233;sent, le refus des imp&#244;ts repr&#233;sente justement la l&#233;gitime d&#233;fense de la soci&#233;t&#233; contre le gouvernement qui la mena&#231;ait dans ses fondements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le minist&#232;re public nous reproche, dans le document incrimin&#233;, d'avoir &#233;t&#233; plus loin que l'Assembl&#233;e nationale elle-m&#234;me : &#171; l'Assembl&#233;e nationale n'a pas &#233;t&#233; jusqu'&#224; publier son d&#233;cret. &#187; Dois-je vous r&#233;pondre s&#233;rieusement, Messieurs, que le d&#233;cret de refus des imp&#244;ts n'a m&#234;me pas &#233;t&#233; publi&#233; par le bulletin officiel des lois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite l'Assembl&#233;e nationale qui n'a pas &#233;t&#233; pouss&#233;e comme nous &#224; la violence n'a pas foul&#233; comme nous le terrain r&#233;volutionnaire, elle a voulu s'en tenir &#224; la l&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, le minist&#232;re public a pr&#233;sent&#233; l'Assembl&#233;e nationale comme un organisme ill&#233;gal, maintenant, il le pr&#233;sente comme un organisme l&#233;gal, les deux fois pour nous pr&#233;senter, nous, comme des criminels. &#192; partir du moment o&#249; le recouvrement des imp&#244;ts est d&#233;clar&#233; ill&#233;gal, ne doisje pas repousser par la violence, l'exercice brutal de l'ill&#233;galit&#233; ? M&#234;me de ce point de vue, nous &#233;tions de ce fait en droit de r&#233;pondre &#224; la violence par la violence. Il est d'ailleurs parfaitement exact que l'Assembl&#233;e nationale voulait se maintenir sur un terrain purement l&#233;gal, sur le terrain de la r&#233;sistance passive. Deux voies s'offraient : la voie r&#233;volutionnaire - elle ne l'a pas prise, ces Messieurs ne voulaient pas risquer leur t&#234;te - ou le refus des imp&#244;ts qui en restait &#224; la r&#233;sistance passive. Elle emprunta cette voie. Mais le peuple, pour pratiquer le refus des imp&#244;ts dut se placer lui sur le terrain r&#233;volutionnaire. L'attitude de l'Assembl&#233;e nationale n'&#233;tait pas du tout d&#233;terminante pour le peuple. L'Assembl&#233;e n'a pas de droits propres, le peuple n'a fait que la charger de d&#233;fendre ses droits &#224; lui. Son mandat expire si elle ne le remplit pas. Alors le peuple entre personnellement en sc&#232;ne, et agit de son propre chef. Si, par exemple, l'Assembl&#233;e nationale &#233;tait vendue &#224; un gouvernement tra&#238;tre, le peuple devrait chasser &#224; la fois le gouvernement et l'Assembl&#233;e nationale. Si la Couronne fait une contre-r&#233;volution, le peuple lui r&#233;pond &#224; bon droit par une r&#233;volution. Il n'a pas besoin de l'agr&#233;ment d'une Assembl&#233;e nationale. Or, l'Assembl&#233;e nationale a d&#233;clar&#233; elle-m&#234;me que le gouvernement prussien avait tent&#233; de commettre un crime de haute trahison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me r&#233;sume bri&#232;vement, Messieurs les jur&#233;s ; le minist&#232;re public ne peut pas invoquer contre nous les lois des 6 et 8 avril 1848, apr&#232;s que la Couronne elle-m&#234;me les ait d&#233;chir&#233;es. En elles-m&#234;mes ces lois ne d&#233;cident de rien parce qu'elles sont des produits arbitraires de la Di&#232;te unifi&#233;e. Le d&#233;cret de refus des imp&#244;ts pris par l'Assembl&#233;e nationale &#233;tait formellement et mat&#233;riellement valable. Dans notre appel, nous sommes all&#233;s plus loin que l'Assembl&#233;e nationale. C'&#233;tait notre droit et notre devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, je r&#233;p&#232;te que le premier acte du drame est maintenant termin&#233;. La lutte des deux soci&#233;t&#233;s - de la soci&#233;t&#233; moyen&#226;geuse et de la soci&#233;t&#233; bourgeoise - sera men&#233;e &#224; nouveau dans des formes politiques. Les m&#234;mes conflits rena&#238;tront d&#232;s que l'Assembl&#233;e se r&#233;unira. La Neue preussische Zeitung , l'organe du minist&#232;re, le proclame d&#233;j&#224; : ce sont les m&#234;mes gens qui ont vot&#233;, il sera n&#233;cessaire de disperser l'Assembl&#233;e une deuxi&#232;me fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or quelle que soit la voie nouvelle qu'empruntera la nouvelle Assembl&#233;e nationale, le r&#233;sultat sera n&#233;cessairement la victoire compl&#232;te de la contre-r&#233;volution ou une nouvelle r&#233;volution victorieuse. La victoire de la r&#233;volution n'est peut-&#234;tre possible qu'une fois accomplie la contre-r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le proc&#232;s contre le comit&#233; rh&#233;nan des d&#233;mocrates se d&#233;roula le 8 f&#233;vrier 1849. Karl Marx, Karl Schapper et l'avocat Schneider II comparurent devant les Assises de Cologne. Ils &#233;taient accus&#233;s d'incitation &#224; la r&#233;bellion en liaison avec l'appel du comit&#233; du 18 novembre 1848 concernant le refus des imp&#244;ts. Le jury acquitta les accus&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] La quadrature est la r&#233;duction d'une figure g&#233;om&#233;trique quelconque en un carr&#233; de m&#234;me surface. La quadrature du cercle est impossible. Chercher la quadrature du cercle signifie poursuivre une entreprise fonci&#232;rement chim&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Par analogie avec la loi anglaise de 1679 interdisant l'arrestation de citoyens sans ordre judiciaire, on appelait Habeas corpus Act la loi sur la protection de la libert&#233; personnelle adopt&#233;e par l'Assembl&#233;e nationale prussienne le 28 ao&#251;t 1848. Cette loi fut grossi&#232;rement viol&#233;e par le gouvernement prussien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] La loi sur la cr&#233;ation de la milice civique du 17 octobre 1848, vot&#233;e par l'Assembl&#233;e nationale prussienne, le 13 octobre 1848, pla&#231;ait la milice civique sous la d&#233;pendance &#233;troite du gouvernement. Malgr&#233; cela, la milice civique parut encore dangereuse &#224; la contre-r&#233;volution. Le 11 novembre 1848, apr&#232;s l'entr&#233;e des troupes de Wrangel &#224; Berlin, la milice civique de Berlin fut dissoute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le projet du d&#233;put&#233; Hanow fut confi&#233; aux Commissions pour qu'elles en discutent, le 5 juin 1848. Le 21 juin 1848 un rapport sur ce projet et un projet de loi correspondant furent soumis &#224; l'Assembl&#233;e nationale par la commission centrale. &#192; la s&#233;ance du 30 septembre 1848, un second rapport sur le projet du d&#233;put&#233; Hanow fut soumis &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Le projet de loi fut accept&#233; et le d&#233;cret fut pris par le roi le 9 octobre 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] UNRUH : Skizzen aus Preussens neuester Geschichte (Esquisses de l'histoire r&#233;cente de la Prusse) Magdebourg, 1849.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Refus des imp&#244;ts en Angleterre, 1832. Le minist&#232;re whig pr&#233;sid&#233; par Grey qui succ&#233;da au minist&#232;re tory de Wellington en 1830 d&#233;posa en 1831 un projet de loi de r&#233;forme du Parlement ; il fut approuv&#233; par la Chambre basse, mais la r&#233;sistance des lords le fit &#233;chouer &#224; la Chambre haute. En 1832, le gouvernement exigea du roi qu'il permette l'adoption de la loi par la Chambre haute en nommant un nombre correspondant de pairs. Le roi refusa et le minist&#232;re Grey d&#233;missionna. Une temp&#234;te de protestations s'&#233;leva dans tout le pays. Des p&#233;titions adress&#233;es &#224; la Chambre des Communes lui demandaient de refuser de nouveaux cr&#233;dits tant que la r&#233;forme n'aurait pas &#233;t&#233; vot&#233;e. Cette situation provoqua l'&#233;chec de la tentative de Wellington de former un nouveau gouvernement. Le minist&#232;re Grey reprit la direction des affaires, et le 7 juin 1832, la r&#233;forme fut adopt&#233;e avec l'approbation du Parlement et celle du roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple : L' amendement de Stupp&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cologne, 20 juin 1848&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Stupp, de Cologne, a d&#233;pos&#233;e un amendement &#224; la loi sur l'immunit&#233; parlementaire ; cet amendement n'est pas venu en discussion &#224; l'Assembl&#233;e ententiste, mais pourrait ne pas &#234;tre sans int&#233;r&#234;t pour les concitoyens colonais de M. Stupp. Nous ne voulons pas vous priver du plaisir sans m&#233;lange que procure cette &#339;uvre d'art l&#233;gislative.&lt;br class='autobr' /&gt;
Amendement du d&#233;put&#233; Stupp&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1. &#171; Aucun membre de l'Assembl&#233;e ne peut &#234;tre amen&#233; &#224; rendre un compte quelconque de ses votes, ou des paroles et des opinions exprim&#233;es en sa qualit&#233; de d&#233;put&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amendement. &#171; Suppression du mot &#171; paroles &#187; &#224; la troisi&#232;me ligne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Motif. &#171; Il suffit que le d&#233;put&#233; puisse exprimer librement son opinion. L'expression &#171; paroles &#187; peut impliquer des outrages qui fonderaient l'offens&#233; &#224; d&#233;poser une plainte civile. Mettre les d&#233;put&#233;s &#224; l'abri de telles plaintes me para&#238;t &#234;tre en contradiction avec le prestige et l'honneur de l'Assembl&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit que le d&#233;put&#233; n'exprime absolument aucune opinion, mais tambourine en signe de d&#233;sapprobation et vote. Car pourquoi ne pas supprimer aussi &#171; l'opinion &#187; puisque les opinions doivent &#234;tre exprim&#233;es avec des &#171; paroles &#187; et que ces paroles peuvent &#234;tre &#171; outrageantes &#187;, puisque l'expression &#171; opinion &#187; peut impliquer aussi des opinions outrageantes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 2. &#171; Aucun membre de l'Assembl&#233;e ne peut, pendant la dur&#233;e de celle-ci, et sans son assentiment, &#234;tre rendu responsable ni &#234;tre arr&#234;t&#233; pour un acte passible de sanctions, &#224; moins qu'il ne soit arr&#234;t&#233; en flagrant d&#233;lit dans les 24 heures qui suivent. Un tel assentiment est n&#233;cessaire lors d'une arrestation pour dettes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amendement. &#171; Suppression de la phrase de conclusion - Un tel assentiment est n&#233;cessaire lors d'une arrestation pour dettes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Motif. &#171; Il s'agit ici d'une atteinte aux droits priv&#233;s des citoyens dont la sanction me para&#238;t contestable. Si grand que puisse &#234;tre l'int&#233;r&#234;t pour l'Assembl&#233;e de compter dans ses rangs tel ou tel d&#233;put&#233;, j'estime cependant que le respect des droits priv&#233;s doit pr&#233;valoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut consid&#233;rer en particulier que nous votons cette loi non pour l'avenir, c'est-&#224;-dire non pour les membres d'une Chambre future, mais pour nous. &#192; supposer qu'il y ait parmi nous des d&#233;put&#233;s qui aient &#224; redouter d'&#234;tre arr&#234;t&#233;s pour dettes, cela ferait certainement mauvaise impression sur nos &#233;lecteurs, si nous voulions nous prot&#233;ger contre les poursuites l&#233;gales de nos cr&#233;anciers par une loi que nous aurions nous-m&#234;mes vot&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou plut&#244;t, inversement ! Cela fait mauvaise impression sur M. Stupp que les &#233;lecteurs aient envoy&#233; &#171; parmi nous &#187; des d&#233;put&#233;s qui puissent &#234;tre arr&#234;t&#233;s pour dettes. Quelle chance pour Mirabeau et Fox qu'ils n'aient pas v&#233;cu sous la l&#233;gislation Stupp. Une seule difficult&#233; arr&#234;te un instant M. Stupp, c'est &#171; l'int&#233;r&#234;t pour l'Assembl&#233;e de compter dans ses rangs tel ou tel d&#233;put&#233; &#187;. L'int&#233;r&#234;t du peuple - qui donc en parlera ? Il s'agit ici de l'int&#233;r&#234;t d'une &#171; soci&#233;t&#233; ferm&#233;e &#187; qui veut garder dans ses rangs, celui qu'un cr&#233;ancier souhaite en prison. Heurt de deux int&#233;r&#234;ts importants ! M. Stupp pouvait donner &#224; son amendement une r&#233;daction plus pertinente. Pour &#234;tre &#233;lus repr&#233;sentants du peuple, des individus grev&#233;s de dettes doivent avoir l'autorisation de leurs cr&#233;anciers respectifs. Ils sont &#224; tout moment r&#233;vocables par leurs cr&#233;anciers. Et en derni&#232;re instance, l'Assembl&#233;e et le gouvernement sont soumis &#224; la d&#233;cision supr&#234;me des cr&#233;anciers de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me amendement au &#167; 2. &#171; Aucun membre de l'Assembl&#233;e ne peut, sans l'assentiment de celle-ci, et pendant la dur&#233;e de ses s&#233;ances, &#234;tre poursuivi d'office ni arr&#234;t&#233; pour un acte r&#233;pr&#233;hensible, &#224; moins d'un flagrant d&#233;lit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Motif. &#171; &#192; la premi&#232;re ligne, le mot Assembl&#233;e est pris dans le sens de corps constitu&#233;, l'expression - dur&#233;e de celle-ci - ne me para&#238;t donc pas convenir, et je propose &#171; dur&#233;e des s&#233;ances de celle-ci &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la place d'&#171; acte passible d'une peine &#187;, &#171; acte r&#233;pr&#233;hensible &#187; me semble mieux convenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis d'avis que nous n'avons pas le droit d'exclure les plaintes civiles concernant des actes r&#233;pr&#233;hensibles, car nous nous permettrions ainsi une atteinte aux droits priv&#233;s. De l&#224; l'adjonction &#171; d'office &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'adjonction : &#171; ou dans les 24 heures qui suivent, etc... &#187; subsiste, le juge peut arr&#234;ter un d&#233;put&#233; durant les 24 heures qui suivent tout d&#233;lit. &#187;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de loi garantit l'immunit&#233; parlementaire pendant la dur&#233;e de l'Assembl&#233;e, l'amendement de M. Stupp pendant &#171; la dur&#233;e des s&#233;ances &#187;, c'est-&#224;-dire pendant 6 heures par jour, 12 heures au maximum. Et quel sagace expos&#233; des motifs. On peut parler de la dur&#233;e d'une s&#233;ance, mais la dur&#233;e d'un Corps constitu&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans l'assentiment de l'Assembl&#233;e M. Stupp ne veut exposer aucun d&#233;put&#233; &#224; une poursuite ou une arrestation d'office. Il se permet donc une atteinte au droit criminel. Mais au nom de la plainte civile ! Surtout pas d'atteinte au droit civil, vive le droit civil ! Ce qui n'est pas de la comp&#233;tence de l'&#201;tat, doit &#234;tre de la comp&#233;tence du citoyen priv&#233; ! La plainte civile au-dessus de tout ! La plainte civile est l'id&#233;e fixe de M. Stupp. Le droit civil c'est Mo&#239;se et les proph&#232;tes ! Jurez sur le droit civil, sp&#233;cialement sur la plainte civile. Peuple, fais preuve de respect devant le Saint des Saints !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit priv&#233; n'empi&#232;te pas sur le droit public, mais il y a de &#171; graves &#187; empi&#233;tements du droit public sur le droit priv&#233;. Pourquoi m&#234;me avoir une Constitution puisque nous poss&#233;dons le Code civil,des cours de justice et des avocats ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 3. &#171; Toute proc&#233;dure criminelle contre un membre de l'Assembl&#233;e et toute d&#233;tention est suspendue pour la dur&#233;e de la s&#233;ance si l'Assembl&#233;e le d&#233;cide. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proposition de modification de la r&#233;daction du &#167; 3 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Toute proc&#233;dure criminelle contre un membre de l'Assembl&#233;e et toute arrestation effectu&#233;e en cons&#233;quence de cette proc&#233;dure, si elle n'a pas eu lieu en vertu d'un jugement en forme, doit &#234;tre imm&#233;diatement suspendue si l'Assembl&#233;e le d&#233;cide. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Motif : &#171; Il n'est sans doute pas dans l'esprit du texte de lib&#233;rer de la maison d'arr&#234;t des d&#233;put&#233;s d&#233;j&#224; condamn&#233;s par un jugement en forme &#224; une peine de prison. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si l'amendement passe, ceci vaut aussi pour ceux qui sont incarc&#233;r&#233;s pour dettes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e pourrait-elle nourrir le dessein, qui serait de haute trahison, d'amoindrir la &#171; vertu d'un jugement en forme &#187; ou m&#234;me d'appeler en son sein un homme &#171; incarc&#233;r&#233; &#187; pour dettes ? M. Stupp tremble &#224; l'id&#233;e de cet attentat contre la plainte civile et la vertu d'un jugement en forme. Toutes les questions concernant la souverainet&#233; du peuple sont maintenant r&#233;gl&#233;es : M. Stupp a proclam&#233; la souverainet&#233; de la plainte civile et du droit civil. Quelle cruaut&#233; d'arracher un tel homme &#224; la pratique du droit civil et de le pr&#233;cipiter dans la sph&#232;re inf&#233;rieure du pouvoir l&#233;gislatif ? Le peuple souverain a commis ce &#171; grave &#187; empi&#233;tement sur le &#171; droit priv&#233; &#187;. M. Stupp intente donc une action civile contre la souverainet&#233; du peuple et le droit public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le tsar Nicolas peut tranquillement rebrousser chemin. &#192; la premi&#232;re violation de la fronti&#232;re prussienne, le d&#233;put&#233; Stupp l'affrontera, la &#171; plainte civile &#187; d'une main, et &#171; le jugement en forme &#187; de l'autre. Car, d&#233;montre-t-il avec la solennit&#233; de mise : La guerre, qu'est-ce que la guerre ? Un grave empi&#233;tement sur le droit priv&#233; ! Un grave empi&#233;tement sur le droit priv&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un objectif : former des militants socialistes et pas des activistes (m&#234;me tr&#232;s radicaux) ou des opportunistes (m&#234;me tr&#232;s actifs)</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7663</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7663</guid>
		<dc:date>2025-10-23T22:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Socialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;William Morris dans &#034; O&#249; nous en sommes ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ceux qui sont s&#233;rieusement engag&#233;s dans un mouvement de luttes, il est bon de regarder en arri&#232;re de temps &#224; autre, afin d'examiner le chemin parcouru ; cela suppose aussi d'examiner autour de nous l'effet qu'il produit sur ceux qui n'y participent pas. De multiples raisons justifient cet examen, la meilleure &#233;tant que les individus engag&#233;s dans une telle activit&#233; se laissent facilement confiner dans une atmosph&#232;re artificielle qui les s&#233;pare (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;5- La formation de la conscience de classe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;William Morris dans &#034; O&#249; nous en sommes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui sont s&#233;rieusement engag&#233;s dans un mouvement de luttes, il est bon de regarder en arri&#232;re de temps &#224; autre, afin d'examiner le chemin parcouru ; cela suppose aussi d'examiner autour de nous l'effet qu'il produit sur ceux qui n'y participent pas. De multiples raisons justifient cet examen, la meilleure &#233;tant que les individus engag&#233;s dans une telle activit&#233; se laissent facilement confiner dans une atmosph&#232;re artificielle qui les s&#233;pare du monde ext&#233;rieur, les emp&#234;che de distinguer ce qui s'y passe r&#233;ellement et d'orienter &#224; bon escient la poursuite de leur action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; maintenant sept ans que le socialisme a refait surface dans ce pays. Le temps a pu sembler long &#224; certains, tant cette p&#233;riode fut riche d'esp&#233;rances et de d&#233;ceptions. Cependant, sept ann&#233;es ne repr&#233;sentent qu'un laps de temps tr&#232;s court dans l'histoire d'un mouvement s&#233;rieux ; peu de causes ont autant progress&#233;, et en si peu de temps, que le socialisme ne l'a fait &#224; sa mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cherchons-nous &#224; accomplir ? Changer l'organisation sociale sur laquelle repose la prodigieuse structure de la civilisation, qui s'est construite au cours de si&#232;cles de conflits, au sein de syst&#232;mes vieillissants ou moribonds, conflits dont l'issue fut la victoire de la civilisation moderne sur les conditions naturelles de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept ann&#233;es pouvaient-elles suffire &#224; faire visiblement progresser vers sa r&#233;alisation un projet d'une telle ampleur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rez de surcro&#238;t les qualit&#233;s de ceux qui s'attel&#232;rent &#224; cette t&#226;che de renverser les bases de la soci&#233;t&#233; moderne. O&#249; sont les individus d'&#201;tat qui ont abord&#233; les questions capitales que posaient les socialistes anglais &#224; l'Angleterre du XIXe si&#232;cle ? O&#249; sont les grands th&#233;ologiens qui, du haut de leurs chaires, ont pr&#234;ch&#233; la bonne nouvelle du bonheur &#224; venir ? O&#249; sont les physiciens qui ont exprim&#233; leur joie ou leur esp&#233;rance face &#224; l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; qui saurait au moins utiliser leurs d&#233;couvertes extraordinaires pour le bien de l'humanit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile de mettre la main &#224; la plume pour transcrire leurs noms. Le voyageur (c'est-&#224;-dire le travailleur) est tomb&#233; aux mains des voleurs, et le pr&#234;tre ou le l&#233;vite ont pass&#233; leur chemin ; ou peut-&#234;tre, dans notre cas, ont-ils m&#234;me jet&#233; une pierre ou deux &#224; l'individu bless&#233; : il fallut pour l'aider un samaritain, un paria, un personne peu respectable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qui &#233;taient-ils, ceux qui entreprirent de &#171; faire la r&#233;volution &#187; &#8212; c'est-&#224;-dire, comme je l'ai dit, de donner &#224; la soci&#233;t&#233; une base nouvelle diam&#233;tralement oppos&#233;e &#224; la n&#244;tre ? Quelques ouvriers, plus durement atteints encore dans leurs mis&#233;rables conditions de travail que leurs compagnons ; quelques &#233;l&#233;ments &#233;pars du prol&#233;tariat cultiv&#233; dont le ralliement &#224; la cause socialiste devait ruiner les maigres chances de r&#233;ussite ; un ou deux d&#233;class&#233;s du monde politique ; quelques &#233;trangers fuyant la tyrannie bureaucratique de leurs gouvernements ; enfin, ici et l&#224;, un &#233;crivain ou un artiste, chim&#233;riques et plus ou moins cingl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et malgr&#233; tout, ils &#233;taient assez nombreux pour agir. Contrairement &#224; toute pr&#233;vision, ce mouvement vers la libert&#233; qui existe depuis sept ans, &#224; travers eux si ce n'est gr&#226;ce &#224; eux, a profond&#233;ment grav&#233; dans son &#233;poque l'id&#233;e de socialisme. Certes, les travailleurs n'ont pas encore r&#233;colt&#233; le b&#233;n&#233;fice de leur action mais c'&#233;tait impossible qu'ils le pussent : aucun profit mat&#233;riel et durable ne peut leur &#234;tre acquis tant que le socialisme reste une simple cause et n'est pas parvenu &#224; fonder une nouvelle soci&#233;t&#233;. Mais comme je l'ai &#233;crit la semaine derni&#232;re, ce mouvement a du moins r&#233;ussi en ceci qu'aucun individu conscient n'est satisfait des choses comme elles sont. Si les exclamations de triomphe glorifiant la civilisation &#233;touffaient autrefois les r&#233;criminations des plus pauvres (il y a tout au plus une dizaine d'ann&#233;es), elles ont maintenant tourn&#233; &#224; l'apologie mal assur&#233;e de l'horreur et de la stupidit&#233; du syst&#232;me existant, que nous supportons faute de mieux (c'est la seule justification de son maintien), jusqu'&#224; ce que nous ayons trouv&#233; les moyens de le jeter aux oubliettes. Et les ouvriers, dont on pensait &#224; l'&#233;poque de la &#171; prosp&#233;rit&#233; galopante &#187; qu'ils avaient atteint le bout du rouleau et qu'ils se satisferaient d'une sorte de paradis terrestre pour subalternes, montrent maintenant qu'ils n'en resteront pas l&#224;, quoi qu'il arrive. Les principes du socialisme commencent &#224; &#234;tre si bien assimil&#233;s que, pour certains d'entre nous qui les ont entendu &#233;noncer tr&#232;s souvent, ils font figure de lieux communs sur lesquels il semble inutile de s'appesantir ; jugement que je ne peux cependant en aucun cas partager, comme je vais tout de suite m'en expliquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est du pass&#233;. Comment ? Et pourquoi ? Est-ce en vertu des qualit&#233;s de ceux qui sont &#224; l'origine du mouvement ? Cette petite bande d'excentriques qui a fait siennes les th&#232;ses socialistes au cours des derni&#232;res ann&#233;es, valait-elle mieux que ne le laissaient croire les apparences ? Nous avons pour la plupart fait preuve d'humanit&#233;, certes, mais on ne peut pas dire que se soient d&#233;velopp&#233;s parmi nous de grands ou d'inattendus talents pour la gestion et la conduite des affaires, ou de grandes qualit&#233;s de pr&#233;voyance. Nous avons &#233;t&#233; ce que nous paraissions, du moins aux yeux de nos amis, et c'&#233;tait la moindre des choses. Nous avons commis dans nos rapports internes autant d'erreurs que n'importe quel parti dans un laps de temps &#233;quivalent. Plus souvent qu'&#224; notre tour, nous avons vid&#233; des querelles et parfois aussi, par crainte de celles-ci, nous avons acquiesc&#233; &#224; ce avec quoi nous &#233;tions en d&#233;saccord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons connu l'&#233;go&#239;sme, la vanit&#233;, la fain&#233;antise et l'irr&#233;flexion jusque dans nos rangs, ainsi, tout de m&#234;me, que le courage et le d&#233;vouement. Lorsque j'ai rejoint le mouvement, j'esp&#233;rais tout d'abord que se r&#233;v&#233;leraient un ou m&#234;me plusieurs meneurs, issus du milieu ouvrier, et qu'ils deviendraient, en repoussant toute aide de la bourgeoisie, de grands personnages historiques. Je garderais bien cet espoir s'il semblait proche de se concr&#233;tiser, car il me tient &#224; c&#339;ur en v&#233;rit&#233; ; mais, en toute franchise, cela ne para&#238;t pas en prendre le chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, je le r&#233;p&#232;te, malgr&#233; tous les obstacles, nous avons obtenu des r&#233;sultats. Pourquoi ? Mon propos ci-dessus a d&#233;j&#224; fourni une partie de la r&#233;ponse mais il faut en r&#233;p&#233;ter la teneur : parce que l'infrastructure de la soci&#233;t&#233; moderne qui semblait inexpugnable va &#224; la ruine. Elle a fait son temps et va se transformer en autre chose. Voil&#224; donc la raison qui, en d&#233;pit de nos erreurs, nous a permis d'agir. Je ne crois pas non plus que puissent se r&#233;unir les moyens du grand changement sans que parall&#232;lement se d&#233;veloppe la capacit&#233; des piliers de la soci&#233;t&#233; (c'est-&#224;-dire des ouvriers) &#224; prendre en charge ce changement et &#224; construire le nouvel ordre qui en sortira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; du moins de quoi nous encourager. Certaines d'entre nous ne sont-ils pas d&#233;&#231;us, malgr&#233; la fa&#231;on nouvelle dont le socialisme est g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233; ? Cette d&#233;ception n'est que trop naturelle. Lorsque au d&#233;but nous avons commenc&#233; &#224; nous unir, presque rien n'&#233;tait exprim&#233; en dehors des grands id&#233;aux du socialisme. Et sa r&#233;alisation nous semblait tellement lointaine que nous ne pouvions gu&#232;re envisager les moyens de sa mise en &#339;uvre, si ce n'est sous la forme de grands &#233;v&#233;nements dramatiques qui auraient certes transform&#233; nos vies en trag&#233;dies, mais nous auraient extirp&#233;s de la &#171; paix &#187; sordide qu'est la civilisation. Avec l'influence croissante du socialisme, cela aussi a chang&#233;. Notre succ&#232;s m&#234;me a estomp&#233; les grands id&#233;aux qui nous guidaient alors, car l'espoir d'une r&#233;alisation partielle et, pour ainsi dire, vulgaris&#233;e du socialisme nous a rendu impatients. Nous sommes tous convaincus, je pense, qu'il se r&#233;alisera ; il n'est donc pas extraordinaire que nous mourrions d'envie de le voir se r&#233;aliser de notre vivant. Par cons&#233;quent, ce sont les m&#233;thodes pour y parvenir plut&#244;t que les grands id&#233;aux qui nous pr&#233;occupent. Mais il est inutile de parler de m&#233;thode si elle n'est pas, du moins en partie, imm&#233;diatement applicable ; et c'est dans la nature m&#234;me de telles m&#233;thodes partielles d'&#234;tre prosa&#239;ques et d&#233;courageantes, bien qu'elles soient n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux tendances coexistent &#224; propos de ces m&#233;thodes : d'un c&#244;t&#233;, notre vieille connaissance qu'est le r&#233;formisme, qui prend aujourd'hui beaucoup plus d'importance qu'auparavant en raison du m&#233;contentement grandissant et des nets progr&#232;s du socialisme ; de l'autre, la r&#233;volte, ou plut&#244;t l'&#233;meute, limit&#233;e, dirig&#233;e contre les autorit&#233;s qui r&#232;gnent absolument et sans partage et qui peuvent ais&#233;ment la r&#233;primer : elle est donc n&#233;cessairement vaine et incons&#233;quente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;sapprouve les deux m&#233;thodes : principalement parce que les palliatifs que sont les r&#233;formes doivent &#234;tre mendi&#233;s et que les &#233;meutes sont le fait d'individus qui ne savent rien du socialisme et ignorent totalement quelle pourrait &#234;tre l'&#233;tape suivante si, contrairement &#224; toute pr&#233;vision, leur lutte &#233;tait victorieuse. Par cons&#233;quent, nos ma&#238;tres, au mieux, seraient toujours les ma&#238;tres car rien ne les remplacerait. Nous ne sommes pas pr&#234;ts pour un tel changement ! Les autorit&#233;s pourraient &#234;tre un peu bouscul&#233;es sans doute et l&#233;g&#232;rement plus enclines &#224; c&#233;der du terrain face aux revendications des esclaves, mais ceux-ci le demeureraient : car les individus resteront assujettis tant qu'ils ne seront pas pr&#233;par&#233;s &#224; prendre eux-m&#234;mes leurs affaires en main. Je pense m&#234;me que l'utilisation de moyens violents et partiels n'&#233;branlera pas du tout le pouvoir des autorit&#233;s mais au contraire le renforcera car les timides de toutes les classes, qui ensemble font la masse des individus, se rallieront alors &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je viens d'&#233;voquer les deux directions que ceux que j'appelle les partisans de l'impatience d&#233;clarent ouvertes. Avant de d&#233;crire la seule m&#233;thode qui puisse convenir &#224; certains d'entre nous, je veux exprimer, aussi bri&#232;vement que possible, mon avis sur l'&#233;tat actuel de notre mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui sont plus ou moins attir&#233;s par le socialisme, sans &#234;tre vraiment socialistes, se tournent g&#233;n&#233;ralement vers le nouveau syndicalisme ou le r&#233;formisme. Ces individus estiment qu'ils peuvent arracher aux capitalistes quelques lambeaux de leurs profits et privil&#232;ges. Les ma&#238;tres croient aussi, &#224; en juger d'apr&#232;s leurs r&#233;centes menaces de coalition, que cela pourrait advenir. Mais ces avantages ne seraient que tr&#232;s partiels, et nous, socialistes, contrairement &#224; d'autres, savons bien que les gens ne pourraient pas en rester l&#224; si cela arrivait. Passons l&#224;-dessus pour le moment. L'aspect parlementaire de la lutte semble &#234;tre actuellement en suspens et il a fait place &#224; l'aspect syndical. Mais, bien entendu, il r&#233;appara&#238;tra. Et, en son temps, si rien ne vient entraver le cours logique des &#233;v&#233;nements, une loi finira par proclamer la journ&#233;e l&#233;gale de huit heures, sans que cela ne change grand-chose pour les travailleurs et leurs ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, je crois que le socialisme d'&#201;tat n'est ni d&#233;sirable en soi, ni surtout possible comme projet global. Cependant, une r&#233;alisation quelconque en sera certainement tent&#233;e et, &#224; mon avis, cette tentative pr&#233;c&#233;dera toute &#233;dification du nouvel ordre des choses. A ce propos, le succ&#232;s de l'utopie de monsieur Bellamy, aussi mortellement ennuyeuse soit-elle, prouve que son ouvrage est dans l'air du temps. Et l'attention g&#233;n&#233;rale que l'on porte &#224; ces gens habiles que sont nos amis conf&#233;renciers et pamphl&#233;taires fabiens20 n'est pas due &#224; leurs talents litt&#233;raires : les gens ont r&#233;ellement le regard plus ou moins tourn&#233; dans leur direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui les gens sont m&#233;contents, ils con&#231;oivent l'espoir d'am&#233;liorer leurs conditions de travail, et pourtant les moyens d'atteindre ce but restent incertains, ou plut&#244;t on confond le commencement de l'emploi de ces moyens et la fin elle-m&#234;me ; et c'est justement parce que les gens s'enthousiasment pour un socialisme dont ils ignorent souvent &#224; peu pr&#232;s tout qu'il faut mettre en avant ses principes &#233;l&#233;mentaires, sans aucun souci de politique &#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lecteurs saisiront mieux mon propos si j'ajoute que je m'adresse &#224; ceux qui sont r&#233;ellement socialistes, aux communistes donc. Pour nous, maintenant, la t&#226;che essentielle est de former des socialistes, et je ne crois pas que nous puissions mener d'activit&#233; plus utile aujourd'hui. Ceux qui ne sont pas de vrais socialistes &#8212; les syndicalistes, les fauteurs de troubles, que sais-je &#8212; feront ce qu'ils sont contraints de faire et nous n'y pouvons rien. Quelque chose de bon se d&#233;gagera peut-&#234;tre de leur action, mais nous n'avons nul besoin de travailler de concert avec eux &#8212; d'ailleurs nous ne pourrions le faire de gaiet&#233; de c&#339;ur puisque nous savons que leurs m&#233;thodes ne m&#232;nent pas dans la bonne direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons, je le r&#233;p&#232;te, former des socialistes, c'est-&#224;-dire convaincre les gens que le socialisme est b&#233;n&#233;fique et qu'il est r&#233;alisable. Lorsque nous aurons r&#233;uni assez d'individus autour de cette conviction, ils d&#233;couvriront d'eux-m&#234;mes le type d'action n&#233;cessaire pour pratiquer leurs id&#233;es. Tant qu'aucune prise de conscience massive n'existe, l'action en vue d'un changement total qui profiterait &#224; toute la population est impossible. En sommes-nous l&#224;, en approchons-nous ? Certainement pas. Si nous nous &#233;loignions de cette atmosph&#232;re ensorceleuse qui &#233;mane du combat militant, nous verrions clairement ceci : aussi nombreux soient ceux qui croient possible de contraindre par quelque moyen les ma&#238;tres &#224; mieux se comporter vis-&#224;-vis d'eux et qui sont impatients de les y forcer (par des moyens pr&#233;tendument pacifiques comme la gr&#232;ve, par exemple), aucun d'entre eux, except&#233; une toute petite minorit&#233;, n'est pr&#234;t &#224; se passer de ma&#238;tres. Ils ne se sentent pas capables de prendre leurs affaires en main et de devenir responsables de leurs vies dans ce monde. Lorsqu'ils y seront pr&#234;ts, le socialisme sera alors r&#233;alis&#233; mais sinon rien ne peut raccourcir ce d&#233;lai, ne serait-ce que d'un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formons par cons&#233;quent des socialistes. Nous ne pourrons rien faire de plus utile, et propager sans cesse nos id&#233;es n'est pas un moyen d&#233;pass&#233;. Au contraire, pour ceux qui comme moi ne croient pas au socialisme d'&#201;tat, c'est le seul moyen rationnel d'arriver &#224; un nouvel ordre des choses.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;nine dans &#034;Que faire ?&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La conscience politique de classe ne peut &#234;tre apport&#233;e &#224; l'ouvrier que de l'ext&#233;rieur, c'est-&#224;-dire de l'ext&#233;rieur de la lutte &#233;conomique, de l'ext&#233;rieur de la sph&#232;re des rapports entre ouvriers et patrons. Le seul domaine o&#249; l'on pourrait puiser cette connaissance est celui des rapports de toutes les classes et couches de la population avec l'Etat et le gouvernement, le domaine des rapports de toutes les classes entre elles. C'est pourquoi, &#224; la question : que faire pour apporter aux ouvriers les connaissances politiques ? - on ne saurait donner simplement la r&#233;ponse dont se contentent, la plupart du temps, les praticiens, sans parler de ceux qui penchent vers l'&#233;conomisme, &#224; savoir &#8220;aller aux ouvriers&#8221;. Pour apporter aux ouvriers les connaissances politiques, les social-d&#233;mocrates doivent aller dans toutes les classes de la population, ils doivent envoyer dans toutes les directions des d&#233;tachements de leur arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous avons choisi cette formule anguleuse, si notre langage est ac&#233;r&#233;, simplifi&#233; &#224; dessein, ce n'est nullement pour le plaisir d'&#233;noncer des paradoxes, mais bien pour &#8220;faire penser&#8221; les &#233;conomistes aux t&#226;ches qu'ils d&#233;daignent de fa&#231;on aussi impardonnable, &#226; la diff&#233;rence existant entre la politique trade-unioniste et la politique social-d&#233;mocrate et qu'ils ne veulent pas comprendre. Aussi demanderons-nous au lecteur de ne pas s'impatienter, et de nous suivre attentivement jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rez le type de cercle social-d&#233;mocrate le plus r&#233;pandu depuis quelques ann&#233;es, et voyez-le &#224; l'&#339;uvre. Il a des &#8220;liaisons avec les ouvriers&#8221; et s'en tient l&#224;, &#233;ditant des feuilles volantes o&#249; il flagelle les abus dans les usines, le parti pris du gouvernement pour les capitalistes et les violences de la police. Dans les r&#233;unions avec les ouvriers, c'est sur ces sujets que roule ordinairement la conversation, elle ne sort presque pas de l&#224; ; les conf&#233;rences et causeries sur l'histoire du mouvement r&#233;volutionnaire, sur la politique int&#233;rieure et ext&#233;rieure de notre gouvernement, sur l'&#233;volution &#233;conomique de la Russie et de l'Europe, sur la situation de telles ou telles classes dans la soci&#233;t&#233; contemporaine, etc., sont d'une extr&#234;me raret&#233;, et personne ne songe &#224; nouer et &#224; d&#233;velopper syst&#233;matiquement des relations au sein des autres classes de la soci&#233;t&#233;. A dire vrai, l'id&#233;al du militant, pour les membres d'un pareil cercle, se rapproche la plupart du temps beaucoup plus du secr&#233;taire de trade-union que du chef politique socialiste. En effet, le secr&#233;taire d'une trade-union anglaise, par exemple, aide constamment les ouvriers &#224; mener la lutte &#233;conomique, il organise des r&#233;v&#233;lations sur la vie de l'usine, explique l'injustice des lois et dispositions entravant la libert&#233; de gr&#232;ve, la libert&#233; de piquetage (pour pr&#233;venir tous et chacun qu'il y a gr&#232;ve dans une usine donn&#233;e) ; il montre le parti pris de l'arbitre qui appartient aux classes bourgeoises, etc., etc. En un mot, tout secr&#233;taire de trade-union m&#232;ne et aide &#224; mener la &#8220;lutte &#233;conomique contre le patronat et le gouvernement&#8221;. Et l'on ne saurait trop insister que ce n'est pas encore l&#224; du social-d&#233;mocratisme ; que le social-d&#233;mocrate ne doit pas avoir pour id&#233;al le secr&#233;taire de trade-union, mais le tribun populaire sachant r&#233;agir contre toute manifestation d'arbitraire et d'oppression, o&#249; qu'elle se produise, quelle que soit la classe ou la couche sociale qui ait &#224; en souffrir, sachant g&#233;n&#233;raliser tous ces faits pour en composer un tableau complet de la violence polici&#232;re et de l'exploitation capitaliste, sachant profiter de la moindre occasion pour exposer devant tous ses convictions socialistes et ses revendications d&#233;mocratiques, pour expliquer &#224; tous et &#224; chacun la port&#233;e historique et mondiale de la lutte &#233;mancipatrice du prol&#233;tariat. Comparez, par exemple, des militants comme Robert Knight (le secr&#233;taire et leader bien connu de l'Union des chaudronniers, une des trade-unions les plus puissantes d'Angleterre) et Wilhelm Liebknecht . Essayez de leur appliquer les oppositions auxquelles Martynov r&#233;duit ses divergences avec l'Iskra. Vous verrez - je commence &#224; feuilleter l'article de Martynov - que R. Knight a beaucoup plus &#8220;appel&#233; les masses &#224; des actions concr&#232;tes d&#233;termin&#233;es&#8221; (p. 39), et que W. Liebknecht s'est occup&#233; davantage de &#8220;pr&#233;senter en r&#233;volutionnaire tout le r&#233;gime actuel ou ses manifestations partielles&#8221; (pp. 38-39) ; que R. Knight a &#034;formul&#233; les revendications imm&#233;diates du prol&#233;tariat et indiqu&#233; les moyens de les faire aboutir&#8221; (p. 41), et que W. Liebknecht, en s'acquittant de cette t&#226;che &#233;galement, ne s'est pas refus&#233; non plus &#224; &#8220;diriger en m&#234;me temps l'action des diff&#233;rentes couches de l'opposition&#8221;, &#224; &#8220;leur dicter un programme d'action positif [1]&#8220; (p. 41) ; que R. Knight s'est efforc&#233; pr&#233;cis&#233;ment de &#8220;donner autant que possible &#224; la lutte &#233;conomique elle-m&#234;me un caract&#232;re politique&#8221; (p. 42) et a parfaitement su &#034;poser au gouvernement des revendications concr&#232;tes promettant des r&#233;sultats tangibles&#8221; (p. 43), alors que W. Liebknecht s'est beaucoup plus occup&#233; de &#8220;r&#233;v&#233;lations&#8221; &#8220;&#233;troites&#8221; (p. 40) ; que R. Knight a accord&#233; plus d'importance &#224; &#034;la marche progressive de la lutte obscure, quotidienne&#8221; (p. 61), et W. Liebknecht &#224; la &#8220;propagande d'id&#233;es brillantes et achev&#233;es&#8221; (p. 61) ; que W. Liebknecht a fait du journal qu'il dirigeait, pr&#233;cis&#233;ment &#8220;l'organe de l'opposition r&#233;volutionnaire, d&#233;non&#231;ant notre r&#233;gime, et principalement le r&#233;gime politique, celui-ci &#233;tant en opposition avec les int&#233;r&#234;ts des couches les plus diverses de la population&#8221; (p. 63) ; tandis que R. Knight &#8220;a travaill&#233; pour la cause ouvri&#232;re en liaison organique &#233;troite avec la lutte prol&#233;tarienne&#8221; (p. 63), Si l'on entend la &#8220;liaison &#233;troite et organique&#8221; dans le sens de ce culte de la spontan&#233;it&#233; que nous avons &#233;tudi&#233; plus haut &#224; propos de Kritchevski et de Martynov, - et il a &#8220;restreint la sph&#232;re de son influence&#8221;, naturellement persuad&#233; comme Martynov que &#8220;par l&#224; m&#234;me il accentuait cette influence&#8221; (p. 63). En un mot, vous verrez que, de facto, Martynov rabaisse la social-d&#233;mocratie au niveau du trade-unionisme, non pas sans doute faute de vouloir du bien &#224; la social-d&#233;mocratie, mais simplement parce qu'il s'est un peu trop h&#226;t&#233; d'approfondir Plekhanov au lieu de se donner la peine de le comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; notre expos&#233;. S'il est, autrement qu'en paroles, pour le d&#233;veloppement int&#233;gral de la conscience politique du prol&#233;tariat, le social-d&#233;mocrate, avons-nous dit, doit &#8220;aller dans toutes les classes de la population&#8221;. La question se pose comment faire ? Avons-nous des forces suffisantes pour cela ? Existe-t-il un terrain pour ce travail dans toutes les autres classes ? Cela ne sera-t-il pas ou n'am&#232;nera-t-il pas un recul du point de vue de classe ? Arr&#234;tons-nous &#224; ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons &#8220;aller dans toutes les classes de la population&#8221; comme th&#233;oriciens, comme propagandistes, comme agitateurs et comme organisateurs. Nul ne doute que le travail th&#233;orique des social-d&#233;mocrates doit s'orienter vers l'&#233;tude de toutes les particularit&#233;s de la situation sociale et politique des diff&#233;rentes classes. Mais on fait tr&#232;s, tr&#232;s peu sous ce rapport, beaucoup moins qu'on ne fait pour l'&#233;tude des particularit&#233;s de la vie &#224; l'usine. Dans les comit&#233;s et les cercles, on rencontre des gens qui se sp&#233;cialisent dans l'&#233;tude de quelque production sid&#233;rurgique, mais on ne rencontre presque pas d'exemples de membres d'organisation qui (oblig&#233;s, comme cela arrive souvent, de quitter pour telle ou telle raison l'action pratique) s'occuperaient sp&#233;cialement de recueillir des documents sur une question d'actualit&#233; de notre vie sociale et politique, pouvant fournir &#224; la social-d&#233;mocratie l'occasion de travailler dans les autres cat&#233;gories de la population. Quand on parle de la faible pr&#233;paration de la plupart des dirigeants actuels du mouvement ouvrier, on ne peut s'emp&#234;cher de rappeler &#233;galement la pr&#233;paration dans ce sens, car elle aussi est due &#226; la compr&#233;hension &#8220;&#233;conomiste&#8221; de la &#8220;liaison organique &#233;troite avec la lutte prol&#233;tarienne&#8221;. Mais le principal, &#233;videmment, c'est la propagande et l'agitation dans toutes les couches du peuple. Pour le social-d&#233;mocrate d'Occident, cette t&#226;che est facilit&#233;e par les r&#233;unions et assembl&#233;es populaires auxquelles assistent tous ceux qui le d&#233;sirent, par l'existence du parlement, o&#249; il parle devant les d&#233;put&#233;s de toutes les classes. Nous n'avons ni Parlement, ni libert&#233; de r&#233;union, mais nous savons n&#233;anmoins organiser des r&#233;unions avec les ouvriers qui veulent entendre un social-d&#233;mocrate. Nous devons savoir aussi organiser des assembl&#233;es avec les repr&#233;sentants de toutes les classes de la population qui d&#233;sireraient entendre un d&#233;mocrate. Car n'est pas social-d&#233;mocrate quiconque oublie pratiquement que &#8220;les communistes appuient tout mouvement r&#233;volutionnaire&#8221;, que nous devons par cons&#233;quent exposer et souligner les t&#226;ches d&#233;mocratiques g&#233;n&#233;rales devant tout le peuple, sans dissimuler un seul instant nos convictions socialistes. N'est pas social-d&#233;mocrate quiconque oublie pratiquement que son devoir est d'&#234;tre le premier &#224; poser, aiguiser et r&#233;soudre toute question d&#233;mocratique d'ordre g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Mais tous, sans exception, sont d'accord l&#224;-dessus !&#8221; interrompt le lecteur impatient - et la nouvelle instruction &#224; la r&#233;daction du Rabotch&#233;&#239;&#233; Di&#233;lo, adopt&#233;e au dernier congr&#232;s de l'Union, d&#233;clare tout net : &#8220;Doivent &#234;tre utilis&#233;s pour la propagande et l'agitation politique tous les ph&#233;nom&#232;nes et &#233;v&#233;nements de la vie sociale et politique qui touchent le prol&#233;tariat soit directement comme classe &#224; part, soit comme avant-garde de toutes les forces r&#233;volutionnaires en lutte pour la libert&#233;.&#8221; (Deux congr&#232;s, p. 17, soulign&#233; par nous). Ce sont l&#224;, en effet, d'excellentes et tr&#232;s justes paroles, et nous nous tiendrions pour enti&#232;rement satisfaits si le Rabotch&#233;&#239;&#233; Di&#233;lo les comprenait, s'il n'en &#233;mettait pas en m&#234;me temps d'autres qui les contredisent. Il ne suffit pas de se dire &#8220;avant-garde&#8221;, d&#233;tachement avanc&#233;, - il faut faire en sorte que tous les autres d&#233;tachements se rendent compte et soient oblig&#233;s de reconna&#238;tre que nous marchons en t&#234;te. Nous demandons donc au lecteur : les repr&#233;sentants des autres &#8220;d&#233;tachements&#8221; seraient-ils donc de imb&#233;ciles au point de nous croire sur parole en ce qui concerne &#8220;l'avant-garde&#8221; ? Imaginez seulement ce tableau concret. Un social-d&#233;mocrate se pr&#233;sente dans le &#8220;d&#233;tachement&#8221; des radicaux russes instruits ou des constitutionnalistes lib&#233;raux, et dit : Nous sommes l'avant-garde ; &#8220;maintenant une t&#226;che se pose &#224; nous : comment conf&#233;rer, autant que possible, &#224; la lutte &#233;conomique elle-m&#234;me un caract&#232;re politique&#8221;. Un radical ou un constitutionnaliste tant soit peu intelligent (il y a pourtant beaucoup d'hommes intelligents parmi les radicaux et les constitutionnalistes russes) ne fera que sourire en entendant ce propos, et il dira (&#224; part soi, bien entendu, car c'est la plupart du temps un diplomate exp&#233;riment&#233;) : faut-il donc qu'elle soit simpliste, cette &#8220;avant-garde&#8221; ! Elle ne comprend m&#234;me pas que c'est l&#224; notre t&#226;che - la t&#226;che des repr&#233;sentants avanc&#233;s de la d&#233;mocratie bourgeoise, - de conf&#233;rer &#224; la lutte &#233;conomique m&#234;me des ouvriers un caract&#232;re politique. C'est que nous aussi, de m&#234;me que tous les bourgeois d'Europe occidentale, nous voulons entra&#238;ner les ouvriers &#224; la politique, mais seulement &#224; la trade-unioniste, et non social-d&#233;mocrate. La politique trade-unioniste de la classe ouvri&#232;re est pr&#233;cis&#233;ment la politique bourgeoise de la classe ouvri&#232;re. Et formuler sa t&#226;che pour cette &#8220;avant-garde&#8221;, c'est justement formuler une politique trade-unioniste. Aussi peuvent-ils se dire social-d&#233;mocrates tant qu'ils veulent. Je ne suis tout de m&#234;me pas un enfant pour m'emporter sur les &#233;tiquettes ! Mais qu'ils ne se laissent pas entra&#238;ner par ces malfaisants dogmatistes orthodoxes ; qu'ils laissent &#8220;la libert&#233; de critique&#8221; &#226; ceux qui tra&#238;nent inconsciemment la social-d&#233;mocratie dans le sillage du trade-unionisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le l&#233;ger sourire d'ironie de notre constitutionnaliste se change en un &#233;clat de rire hom&#233;rique, lorsqu'il apprend que les social-d&#233;mocrates qui parlent de l'avant-garde de la social-d&#233;mocratie, en cette p&#233;riode de domination &#224; peu pr&#232;s compl&#232;te de la spontan&#233;it&#233; dans notre mouvement, craignent par-dessus tout de voir &#8220;minimiser l'&#233;l&#233;ment spontan&#233;&#8221;, de voir &#8220;diminuer le r&#244;le de la marche progressive de cette lutte obscure, quotidienne par rapport &#224; la propagande des id&#233;es brillantes, achev&#233;es&#8221;, etc., etc. ! Le d&#233;tachement &#8220;avanc&#233;&#8221; qui craint de voir la conscience gagner de vitesse la spontan&#233;it&#233;, qui craint de formuler un &#8220;plan&#8221; hardi qui force la reconnaissance g&#233;n&#233;rale m&#234;me parmi ceux qui pensent autrement ! Confondraient-ils par hasard le mot avant-garde avec le mot arri&#232;re-garde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, examinez de pr&#232;s le raisonnement que voici, de Martynov. Il d&#233;clare (p. 40) que la tactique accusatrice de l'Iskra est unilat&#233;rale, que &#8220;quelles que soient la m&#233;fiance et la haine que nous semions envers le gouvernement, nous n'atteindrons pas notre but tant que nous n'aurons pas d&#233;velopp&#233; une &#233;nergie sociale suffisamment active pour son renversement&#8221;. Voil&#224; bien, soit dit entre parenth&#232;ses, la pr&#233;occupation - que nous connaissons d&#233;j&#224; - d'intensifier l'activit&#233; des masses et de vouloir restreindre la sienne propre. Mais la question n'est pas l&#224;, maintenant. Donc, Martynov parle ici d'&#233;nergie r&#233;volutionnaire (&#8220;pour le renversement&#8221;). A quelle conclusion arrive-t-il donc ? Comme en temps ordinaire les diff&#233;rentes couches sociales tirent in&#233;vitablement chacune de son c&#244;t&#233;, &#8220;il est clair par cons&#233;quent que nous, social-d&#233;mocrates, ne pouvons pas simultan&#233;ment diriger l'activit&#233; intense des diverses couches d'opposition, nous ne pouvons pas leur dicter un programme d'action positif, nous ne pouvons pas leur indiquer les moyens de lutter de jour en jour pour leurs int&#233;r&#234;ts... Les couches lib&#233;rales s'occuperont elles-m&#234;mes de cette lutte active pour leurs int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats, qui les mettra face &#224; face avec notre r&#233;gime politique&#8221; (p. 41). Ainsi donc, apr&#232;s avoir parl&#233; d'&#233;nergie r&#233;volutionnaire, de lutte active pour le renversement de l'autocratie, Martynov d&#233;vie aussit&#244;t vers l'&#233;nergie professionnelle, vers la lutte active pour les int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats ! Il va de soi que nous ne pouvons diriger la lutte des &#233;tudiants, des lib&#233;raux, etc., pour leurs &#8220;int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats&#8221; ; mais ce n'est pas de cela qu'il s'agissait, tr&#232;s respectable &#233;conomiste ! Il s'agissait de la participation possible et n&#233;cessaire des diff&#233;rentes couches sociales au renversement de l'autocratie ; et cette &#8220;activit&#233; intense des diverses couches d'opposition&#8221;, non seulement nous pouvons mais nous devons absolument la diriger, si nous voulons &#234;tre l'&#8220;avant-garde&#8221;. Quant &#224; mettre nos &#233;tudiants, nos lib&#233;raux, etc., &#8220;face &#224; face avec notre r&#233;gime politique&#8221;, ils ne seront pas seuls &#224; y pourvoir ; c'est surtout la police et les fonctionnaires de l'autocratie qui s'en chargeront. Mais &#8220;nous&#8221;, si nous voulons &#234;tre des d&#233;mocrates avanc&#233;s, nous devons avoir soin de faire penser ceux qui, proprement, ne sont m&#233;contents que du r&#233;gime universitaire, ou seulement du r&#233;gime des zemstvos, etc., &#224; ceci que tout le r&#233;gime politique ne vaut rien. Nous devons assumer l'organisation d'une ample lutte politique sous la direction de notre parti, afin que toutes les couches d'opposition, quelles qu'elles soient, puissent pr&#234;ter et pr&#234;tent effectivement &#224; cette lutte, ainsi qu'&#224; notre parti, l'aide dont elles sont capables. Des praticiens social-d&#233;mocrates, nous devons former des chefs politiques sachant diriger toutes les manifestations de cette lutte aux multiples aspects, sachant au moment utile &#8220;dicter un programme d'action positif&#8221; aux &#233;tudiants en effervescence, aux zemtsy m&#233;contents, aux sectaires indign&#233;s, aux instituteurs l&#233;s&#233;s, etc., etc. C'est pourquoi Martynov a tout &#224; fait tort quand il affirme que &#8220;&#224; leur &#233;gard, nous ne pouvons jouer qu'un r&#244;le n&#233;gatif de d&#233;nonciateur du r&#233;gime... Nous ne pouvons que dissiper leurs espoirs dans les diff&#233;rentes commissions gouvernementales&#8221; (soulign&#233; par nous). Ce disant, Martynov montre qu'il ne comprend rien de rien au r&#244;le v&#233;ritable de l'&#8220;avant-garde&#8221; r&#233;volutionnaire. Et si le lecteur prend cela en consid&#233;ration, il comprendra le sens v&#233;ritable de la conclusion suivante de Martynov : &#8220;L'Iskra est l'organe de l'opposition r&#233;volutionnaire, elle d&#233;nonce notre r&#233;gime, et principalement notre r&#233;gime politique, celui-ci heurtant les int&#233;r&#234;ts des diverses couches de la population. Quant &#224; nous, nous travaillons et travaillerons pour la cause ouvri&#232;re en liaison organique &#233;troite avec la lutte prol&#233;tarienne. En restreignant la sph&#232;re de notre influence, nous accentuons par l&#224; l'influence elle-m&#234;me&#8221;(p. 63). Le sens v&#233;ritable de cette conclusion est celui-ci l'Iskra veut &#233;lever la politique trade-unioniste de la classe ouvri&#232;re (politique &#224; laquelle, par malentendu, par impr&#233;paration ou par conviction, se bornent si souvent chez nous les praticiens) au niveau de la politique social-d&#233;mocrate. Or le Rabotch&#233;&#239;&#233; Di&#233;lo veut abaisser la politique social-d&#233;mocrate au niveau de la politique trade-unioniste. Et il assure encore &#224; tous et &#224; chacun que &#8220;ce sont des positions parfaitement compatibles dans l'&#339;uvre commune&#8221; (p. 63). O sancta simplicitas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivons. Avons-nous assez de forces pour pousser notre propagande et notre agitation dans toutes les classes de la population ? Certes, oui. Nos &#233;conomistes, qui sont souvent port&#233;s &#224; le nier, perdent de vue le pas de g&#233;ant accompli par notre mouvement de 1894 (environ) &#224; 1901. En v&#233;ritables &#8220;suiveurs&#8221; qu'ils sont, ils vivent souvent avec les id&#233;es de la p&#233;riode, depuis longtemps r&#233;volue, du d&#233;but de notre mouvement. En effet, nous &#233;tions alors &#233;tonnamment faibles, notre r&#233;solution &#233;tait naturelle et l&#233;gitime &#226; vouloir nous consacrer enti&#232;rement au travail parmi les ouvriers et &#224; condamner s&#233;v&#232;rement toute d&#233;viation de cette ligne ; car il s'agissait alors uniquement de nous consolider dans la classe ouvri&#232;re. Maintenant une masse prodigieuse de forces est entra&#238;n&#233;e dans le mouvement ; nous voyons venir &#224; nous les meilleurs repr&#233;sentants de la jeune g&#233;n&#233;ration des classes instruites ; partout et toujours, sont oblig&#233;s de r&#233;sider dans les provinces des gens qui ont d&#233;j&#224; pris ou veulent prendre part au mouvement, et qui tendent vers la social-d&#233;mocratie (tandis qu'en 1894 on pouvait compter sur ses doigts les social-d&#233;mocrates russes). Un de plus graves d&#233;fauts de notre mouvement - en politique et en mati&#232;re d'organisation - est que nous ne savons pas occuper toutes ces forces, leur assigner le travail qui leur convient (nous reviendrons d'ailleurs l&#224;-dessus dans le chapitre suivant). L'immense majorit&#233; de ces forces est dans l'impossibilit&#233; totale &#8220;d'aller aux ouvriers&#8221;, de sorte qu'il ne saurait &#234;tre question du danger de voir d&#233;tourner des forces de notre oeuvre essentielle. Et pour fournir aux ouvriers une initiation politique v&#233;ritable, compl&#232;te et pratique, il faut que nous ayons &#034;nos hommes&#034;, des social-d&#233;mocrates, dans toutes les couches sociales, sur toutes les positions permettant de conna&#238;tre les ressorts int&#233;rieurs du m&#233;canisme de notre Etat. Et il nous faut ces hommes-l&#224;, non seulement pour la propagande et l'agitation, mais encore et surtout pour l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Existe-t-il un terrain pour agir dans toutes les classes de la population ? Ceux qui ne voient pas cela montrent que leur conscience retarde sur l'&#233;lan spontan&#233; des masses. Chez les uns, le mouvement ouvrier a suscit&#233; et continue de susciter le m&#233;contentement ; chez les autres, il &#233;veille l'espoir en l'appui de l'opposition ; &#224; d'autres enfin, il donne la conscience de l'impossibilit&#233; du r&#233;gime autocratique, de sa faillite certaine. Nous ne serions des &#034;politiques&#8221; et des social-d&#233;mocrates qu'en paroles (comme cela se produit tr&#232;s souvent dans la r&#233;alit&#233;), si nous ne comprenions pas que notre t&#226;che est d'utiliser toutes les manifestations de m&#233;contentement, de rassembler et d'&#233;tudier, d'&#233;laborer jusqu'aux moindres &#233;l&#233;ments d'une protestation, f&#251;t-elle embryonnaire. Sans compter que des millions et des millions de paysans travailleurs, de petits producteurs, de petits artisans, etc., &#233;couteraient toujours avidement la propagande d'un social-d&#233;mocrate tant soit peu avis&#233;. Mais est-il une seule classe de la population o&#249; il n'y ait pas des hommes, des cercles et des groupes m&#233;contents de la servitude et de l'arbitraire et, par suite, accessibles &#224; la propagande du social-d&#233;mocrate, interpr&#232;te des aspirations d&#233;mocratiques les plus urgentes ? A qui voudra se repr&#233;senter concr&#232;tement cette agitation politique du social-d&#233;mocrate dans toutes les classes et cat&#233;gories de la population, nous indiquerons les r&#233;v&#233;lations politiques. au sens large du mot, comme principal moyen de cette agitation (mais pas le seul, bien entendu).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8220;Nous devons, &#233;crivais-je dans mon article &#8220;Par o&#249; commencer ?&#8221;(Iskra n&#176; 4, mai 1901) dont nous aurons &#224; parler plus loin en d&#233;tail, &#233;veiller dans toutes les couches tant soit peu conscientes du peuple, la passion des r&#233;v&#233;lations politiques. Si les voix qui se l&#232;vent pour d&#233;noncer le r&#233;gime sont politiquement si faibles, si rares et si timides actuellement, nous ne devons pas nous en &#233;mouvoir. La cause n'en est nullement dans une r&#233;signation g&#233;n&#233;rale &#224; l'arbitraire policier. La cause en est que les gens capables de faire des r&#233;v&#233;lations et pr&#234;ts &#224; les faire, n'ont pas de tribune d'o&#249; ils pourraient parler, pas d'auditoire qui &#233;couterait passionn&#233;ment et encouragerait les orateurs ; qu'ils ne voient nulle part dans le peuple une force &#224; laquelle il vaille la peine de porter plainte contre le &#8220;tout-puissant&#8221; gouvernement russe... Nous sommes en mesure maintenant et nous avons le devoir de cr&#233;er une tribune pour d&#233;noncer le gouvernement tsariste devant le peuple entier ; et cette tribune doit &#234;tre un journal social-d&#233;mocrate [2].&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet auditoire id&#233;al pour les r&#233;v&#233;lations politiques est pr&#233;cis&#233;ment la classe ouvri&#232;re, qui a besoin avant et par-dessus tout de connaissances politiques &#233;tendues et vivantes, et qui est la plus capable de profiter de ces connaissances pour entreprendre une lutte active, d&#251;t-elle ne promettre aucun &#034;r&#233;sultat tangible&#034;. Or la tribune pour ces r&#233;v&#233;lations devant le peuple tout entier, ce ne peut &#234;tre qu'un journal int&#233;ressant toute la Russie. &#8220;Sans un organe politique, on ne saurait concevoir dans l'Europe actuelle un mouvement m&#233;ritant le nom de mouvement politique&#034;. Et la Russie, de ce point de vue, se rattache incontestablement &#224; l'Europe actuelle. La presse est depuis longtemps devenue chez nous une force ; sinon le gouvernement ne d&#233;penserait pas des dizaines de milliers de roubles &#224; l'acheter et &#224; subventionner toute sortes de Katkov et de Mechtcherski. Et le fait n'est pas nouveau que, dans la Russie autocratique, la presse ill&#233;gale parvenait &#224; enfoncer les barri&#232;res de la censure et obligeait les organes l&#233;gaux et conservateurs &#224; parler d'elle ouvertement. Il en a &#233;t&#233; ainsi entre 1870 et 1880 et m&#234;me entre 1850 et 1860. Or combien plus larges et plus profondes sont aujourd'hui les couches populaires pr&#234;tes &#224; lire la presse ill&#233;gale et &#224; y apprendre &#8220;&#224; vivre et &#224; mourir&#8221;, pour employer l'expression d'un ouvrier, auteur d'une lettre adress&#233;e &#224; l'Iskra (n&#176; 7). Les r&#233;v&#233;lations politiques sont une d&#233;claration de guerre au gouvernement au m&#234;me titre que les r&#233;v&#233;lations &#233;conomiques sont une d&#233;claration de guerre aux fabricants. Et cette d&#233;claration de guerre a une port&#233;e morale d'autant plus grande que la campagne de d&#233;nonciations est plus vaste et plus vigoureuse, que la classe sociale qui d&#233;clare la guerre pour commencer la guerre, est plus nombreuse et plus d&#233;cid&#233;e. C'est pourquoi les r&#233;v&#233;lations politiques sont par elles-m&#234;mes un moyen puissant pour d&#233;composer le r&#233;gime adverse, un moyen pour d&#233;tacher de l'ennemi ses alli&#233;s fortuits ou temporaires, un moyen pour semer l'hostilit&#233; et la m&#233;fiance entre les participants permanents au pouvoir autocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le parti qui organisera v&#233;ritablement des r&#233;v&#233;lations int&#233;ressant le peuple entier pourra devenir, de nos jours, l'avant-garde des forces r&#233;volutionnaires. Or ces mots : &#8220;int&#233;ressant le peuple entier&#8221; ont un contenu tr&#232;s vaste. L'immense majorit&#233; des r&#233;v&#233;lateurs qui n'appartiennent pas &#224; la classe ouvri&#232;re (car pour &#234;tre une avant-garde, il faut justement entra&#238;ner les autres classes) sont des politiques lucides et des hommes de sang-froid et de sens pratique. Ils savent parfaitement combien il est dangereux de &#8220;se plaindre&#8221; m&#234;me d'un petit fonctionnaire, &#224; plus forte raison du &#8220;tout-puissant&#8221; gouvernement russe. Et ils ne nous adresseront leur plainte que lorsqu'ils verront qu'elle peut vraiment avoir un effet, que nous sommes une force politique. Pour devenir aux yeux du public une force politique, il ne suffit pas de coller l'&#233;tiquette &#8220;avant-garde&#8221; sur une th&#233;orie et une pratique d'arri&#232;re-garde ; il faut travailler beaucoup et avec opini&#226;tret&#233; &#226; &#233;lever notre conscience, notre esprit d'initiative et notre &#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, nous demandera et nous demande le partisan follement z&#233;l&#233; de la &#8220;liaison organique &#233;troite avec la lutte prol&#233;tarienne&#8221;, si nous devons prendre sur nous d'organiser contre le gouvernement des r&#233;v&#233;lations int&#233;ressant v&#233;ritablement le peuple entier, en quoi donc se manifestera le caract&#232;re de classe de notre mouvement ? Justement en ce que l'organisation de ces r&#233;v&#233;lations sera notre oeuvre &#224; nous, social-d&#233;mocrates ; en ce que tous les probl&#232;mes soulev&#233;s par le travail d'agitation seront &#233;clair&#233;s dans un esprit social-d&#233;mocrate constant et sans la moindre concession aux d&#233;formations, volontaires ou non, du marxisme ; en ce que cette ample agitation politique sera men&#233;e par un parti unissant en un tout indissoluble l'offensive contre le gouvernement au nom de tout le peuple, l'&#233;ducation r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat en m&#234;me temps que la sauvegarde de son ind&#233;pendance politique, la direction de la lutte &#233;conomique de la classe ouvri&#232;re, l'utilisation des collisions spontan&#233;es avec ses exploiteurs, collisions qui dressent et am&#232;nent sans cesse dans notre camp de nouvelles couches du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'un des traits les plus caract&#233;ristiques de l'&#233;conomisme est pr&#233;cis&#233;ment qu'il ne comprend pas cette liaison, bien plus, cette co&#239;ncidence du besoin le plus urgent du prol&#233;tariat (ample &#233;ducation politique au moyen des r&#233;v&#233;lations et de l'agitation politiques) avec les n&#233;cessit&#233;s de l'ensemble du mouvement d&#233;mocratique. Cette incompr&#233;hension se manifeste non seulement dans les phrases &#8220;&#224; la Martynov&#8221;, mais aussi dans diff&#233;rents passages de signification absolument identique, o&#249; les &#233;conomistes se r&#233;f&#232;rent &#226; un soi-disant point de vue de classe. Voici, par exemple, comment s'expriment les auteurs de la lettre &#8220;&#233;conomiste&#8221; publi&#233;e dans le n&#176; 12 de l'Iskra [3] : &#8220;Ce m&#234;me d&#233;faut fondamental de l'Iskra (surestimation de l'id&#233;ologie) est la cause de son incons&#233;quence en ce qui touche l'attitude de la social-d&#233;mocratie envers les diff&#233;rentes classes et tendances sociales. Arriv&#233; au moyen de constructions th&#233;oriques&#8221;... (et non par suite de &#8220;l'accroissement des t&#226;ches du Parti qui croissent en m&#234;me temps que lui&#8221;. ..) &#8220;&#224; la n&#233;cessit&#233; d'engager imm&#233;diatement la lutte contre l'absolutisme, et sentant probablement toute la difficult&#233; de cette t&#226;che pour les ouvriers dans la situation actuelle .... (pas seulement sentant, mais sachant fort bien que cette t&#226;che para&#238;t moins difficile aux ouvriers qu'aux intellectuels &#8220;&#233;conomistes&#8221; - qui les traitent en petits enfants - puisque les ouvriers sont pr&#234;ts &#224; se battre m&#234;me pour des revendications ne promettant, pour parler la langue de l'inoubliable Martynov, aucun &#8220;r&#233;sultat tangible&#8221;) ... &#8220;mais n'ayant pas la patience d'attendre que des forces suffisantes pour cette lutte se soient accumul&#233;es, l'Iskra commence &#224; chercher des alli&#233;s dans les rangs des lib&#233;raux et des intellectuels&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, oui, nous avons en effet perdu toute &#8220;patience&#8221; pour &#8220;attendre&#8221; le temps heureux, que nous promettent depuis longtemps les &#8220;conciliateurs&#8221; de toute sorte, o&#249; nos &#233;conomistes cesseront de rejeter la faute de leur propre retard sur les ouvriers, de justifier leur propre manque d'&#233;nergie par la pr&#233;tendue insuffisance de forces chez les ouvriers. En quoi, demanderons-nous &#224; nos &#233;conomistes, doit consister &#8220;l'accumulation de forces par les ouvriers en vue de cette lutte&#8221; ? N'est-il pas &#233;vident que c'est dans l'&#233;ducation politique des ouvriers, dans la d&#233;nonciation, devant eux, de tous les aspects de notre odieuse autocratie ? Et n'est-il pas clair que, justement pour ce travail, il nous faut &#8220;dans les rangs des lib&#233;raux et des intellectuels&#8221;, des &#8220;alli&#233;s&#8221; pr&#234;ts &#224; nous apporter leurs r&#233;v&#233;lations sur la campagne politique men&#233;e contre les &#233;l&#233;ments actifs des zemstvos, les instituteurs, les statisticiens, les &#233;tudiants, etc. ? Est-il vraiment si difficile de comprendre cette &#8220;savante m&#233;canique&#8221; ? P. Axelrod ne vous r&#233;p&#232;te-t-il pas depuis 1897 : &#8220;La conqu&#234;te par les social-d&#233;mocrates russes de partisans et d'alli&#233;s directs ou indirects parmi les classes non prol&#233;tariennes est d&#233;termin&#233;e avant tout et principalement par le caract&#232;re que prend la propagande parmi le prol&#233;tariat m&#234;me&#8221; ? Or, Martynov et les autres &#233;conomistes se figurent encore maintenant que les ouvriers doivent d'abord &#8220;par la lutte &#233;conomique contre le patronat et le gouvernement&#8221; accumuler des forces (pour la politique trade-unioniste) et ensuite seulement &#8220;passer&#8221; - sans doute de &#8220;la pr&#233;paration&#8221; trade-unioniste de l'&#8220;activit&#233;&#8221;, &#224; l'activit&#233; social-d&#233;mocrate !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;... Dans ses recherches, continuent les &#233;conomistes, l'Iskra s'&#233;carte souvent du point de vue de classe ; elle estompe les antagonismes de classe et met au premier plan la communaut&#233; de m&#233;contentement contre le gouvernement, quoique les causes et le degr&#233; de ce m&#233;contentement soient tr&#232;s diff&#233;rents chez les &#8220;alli&#233;s&#8221;. Il en est ainsi, par exemple, de l'attitude de l'Iskra envers les zemstvos ... . L'Iskra soi-disant &#8220;promet aux nobles m&#233;contents des aum&#244;nes gouvernementales, l'aide de la classe ouvri&#232;re, cela sans souffler mot de l'antagonisme de classe qui s&#233;pare ces deux couches de la population&#8221;. Que le lecteur se reporte aux articles &#8220;L'autocratie et les zemstvos&#8221; (n&#176; 2 et 4 de l'Iskra) auxquels, vraisemblablement, les auteurs de cette lettre font allusion, et il verra que ces articles [4] sont consacr&#233;s &#224; l'attitude du gouvernement envers la &#8220;molle agitation du zemstvo bureaucratique censitaire&#8221;, envers &#8220;l'initiative des classes poss&#233;dantes elles-m&#234;mes&#8221;. Dans cet article il est dit que l'ouvrier ne saurait rester indiff&#233;rent &#224; la lutte du gouvernement contre le zemstvo, et les &#233;l&#233;ments actifs des zemstvos sont invit&#233;s &#224; laisser l&#224; leurs discours anodins et &#224; prononcer des paroles fermes et cat&#233;goriques, lorsque la social-d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire se dressera de toute sa taille devant le gouvernement. Avec quoi ne sont pas d'accord les auteurs de la lettre ? On ne saurait le dire. Pensent-ils que l'ouvrier &#8220;ne comprendra pas&#8221; les mots &#8220;classes poss&#233;dantes&#8221; et &#8220;zemstvo bureaucratique censitaire&#8221; ? Que le fait de pousser les &#233;l&#233;ments actifs des zemstvos &#224; abandonner les discours anodins pour des paroles fermes soit une &#8220;surestimation de l'id&#233;ologie&#8221; ? S'imaginent-ils que les ouvriers peuvent &#034;accumuler des forces&#8221; pour la lutte contre l'absolutisme s'ils ne connaissent pas l'attitude de l'absolutisme &#233;galement envers le zemstvo ? Encore une fois on ne saurait le dire. Une chose est claire, c'est que les auteurs n'ont qu'une id&#233;e tr&#232;s vague des t&#226;ches politiques de la social-d&#233;mocratie. Cela ressort avec encore plus de clart&#233; de la phrase que voici : &#8220;Telle est &#233;galement (c'est-&#224;-dire &#8220;voilant&#8221; aussi &#8221;les antagonismes de classes&#8221;) l'attitude de l'Iskra envers le mouvement des &#233;tudiants.&#8221; Au lieu d'exhorter les ouvriers &#224; affirmer par une manifestation publique que le v&#233;ritable foyer de violences, d'arbitraire et de d&#233;pravation n'est pas la jeunesse universitaire, mais le gouvernement russe (Iskra n&#176; 2 [5]) nous aurions d&#251;, vraisemblablement, publier des d&#233;veloppements inspir&#233;s de la Rabotcha&#239;a Mysl ! Et ce sont ces opinions-l&#224; qu'&#233;mettent des social-d&#233;mocrates en automne 1901, apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de f&#233;vrier et de mars, &#224; la veille d'un nouvel essor du mouvement d'&#233;tudiants, essor qui montre bien que, dans ce domaine aussi la protestation &#8220;spontan&#233;e&#8221; contre l'autocratie devance la direction consciente du mouvement par la social-d&#233;mocratie. L'impulsion instinctive qui pousse les ouvriers &#224; d&#233;fendre les &#233;tudiants pass&#233;s &#224; tabac par l&#224; police et les cosaques devance l'activit&#233; consciente de l'organisation social-d&#233;mocrate !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Cependant, dans d'autres articles, continuent les auteurs de la lettre, l'Iskra condamne en termes &#233;nergiques tout compromis et prend la d&#233;fense, par exemple, de l'intol&#233;rance des guesdistes.&#8221; Nous conseillons &#224; ceux qui soutiennent d'ordinaire avec tant de pr&#233;somption et de l&#233;g&#232;ret&#233;, que les divergences de vues parmi les social-d&#233;mocrates d'aujourd'hui ne sont pas essentielles et ne justifient pas une scission, - de m&#233;diter s&#233;rieusement ces paroles. Les gens qui affirment que nous n'avons presque rien fait encore pour montrer l'hostilit&#233; de l'autocratie envers les classes les plus diverses, pour r&#233;v&#233;ler aux ouvriers l'opposition des cat&#233;gories les plus diff&#233;rentes de la population &#224; l'autocratie, - ces gens peuvent-ils travailler utilement dans une m&#234;me organisation avec des gens qui voient dans cette t&#226;che &#8220;un compromis&#8221;, vraisemblablement un compromis avec la th&#233;orie de la &#8220;lutte &#233;conomique contre le patronat et le gouvernement&#8221; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#224; l'occasion du quaranti&#232;me anniversaire de l'affranchissement des paysans parl&#233; de la n&#233;cessit&#233; d'introduire la lutte de classe dans les campagnes (n&#176; 3 [6]) et &#224; propos du m&#233;moire secret de Witte, nous avons d&#233;crit l'incompatibilit&#233; qui existe entre l'autonomie administrative et l'autocratie (n&#176; 4) ; nous avons, &#224; propos de la nouvelle loi, attaqu&#233; le servagisme des propri&#233;taires terriens et du gouvernement qui les sert (n&#176; 8 [7]), et acclam&#233; le congres ill&#233;gal des zemstvos, en encourageant les &#233;l&#233;ments des zemtsvos &#224; abandonner les d&#233;marches humiliantes pour passer &#224; la lutte (n&#176; 8 [8]) ; nous avons encourag&#233; les &#233;tudiants qui commen&#231;aient &#224; comprendre la n&#233;cessit&#233; de la lutte politique et l'ont entreprise (n&#176; 3) et, en m&#234;me temps, nous avons fustig&#233; &#8220;l'inintelligence ph&#233;nom&#233;nale&#8221; des partisans du mouvement &#8220;exclusivement estudiantin&#8221;, lesquels exhortaient les &#233;tudiants &#224; ne pas participer aux manifestations de rue (n&#176; 3, &#224; propos du message du Comit&#233; ex&#233;cutif des &#233;tudiants de Moscou, du 25 f&#233;vrier) ; nous avons d&#233;nonc&#233; les &#8220;r&#234;ves absurdes&#8221;, le &#8220;mensonge et l'hypocrisie&#8221; des fripons lib&#233;raux du journal Russie (n&#176; 5) et en m&#234;me temps nous avons signal&#233; la fureur du gouvernement des ge&#244;liers qui &#8220;r&#233;glait leur compte &#224; de paisibles litt&#233;rateurs, &#224; de vieux professeurs et savants, &#224; des lib&#233;raux notoires des zemstvos&#8221; (n&#176; 5 : &#8220;Un raid de police contre la litt&#233;rature&#8221;) ; nous avons r&#233;v&#233;l&#233; le sens v&#233;ritable du programme &#8220;d'am&#233;lioration par l'Etat des conditions de vie des ouvriers&#8221; et salu&#233; l'&#8220;aveu pr&#233;cieux&#8221; : &#8220;il vaut mieux par des r&#233;formes d'en haut pr&#233;venir les revendications d'en bas, que d'attendre cette derni&#232;re &#233;ventualit&#233;&#8221; (n&#176; 6 [9]), nous avons encourag&#233; les statisticiens protestataires (n&#176; 7) et bl&#226;m&#233; les statisticiens briseurs de gr&#232;ve (n&#176; 9). Voir dans cette tactique un obscurcissement de la conscience de classe du prol&#233;tariat et un compromis avec le lib&#233;ralisme, c'est montrer qu'on ne comprend absolument rien au v&#233;ritable sens du programme du Credo et de facto appliquer pr&#233;cis&#233;ment ce programme, qu'on a beau r&#233;pudier ! En effet, par l&#224; m&#234;me, on tra&#238;ne la social-d&#233;mocratie &#224; &#8220;la lutte &#233;conomique contre le patronat et le gouvernement&#8221;, et l'on bat en retraite devant le lib&#233;ralisme, en renon&#231;ant &#224; intervenir activement et &#224; d&#233;finir son attitude, son attitude social-d&#233;mocrate dans chaque question &#8220;lib&#233;rale&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Ainsi, pendant la guerre franco-allemande, Liebknecht dicta un programme d'action &#224; toute la d&#233;mocratie, comme l'avaient fait, dans une mesure plus large encore, Marx et Engels en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Voir L&#233;nine oeuvres, 4' &#233;d. russe, t. 5, pp. 9-10. (N.R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le manque de place ne nous a pas permis de donner dans l'Iskra une ample r&#233;ponse &#224; cette lettre extr&#234;mement caract&#233;ristique pour des &#233;conomistes. Nous avons &#233;t&#233; tr&#232;s heureux de sa publication, car il y avait d&#233;j&#224; longtemps que nous entendions dire de diff&#233;rents c&#244;t&#233;s que l'Iskra d&#233;viait du point de vue de classe, et nous n'attendions que l'occasion favorable ou l'expression pr&#233;cise de cette accusation courante pour y r&#233;pondre. Or, ce n'est pas par la d&#233;fensive, mais par des contre-attaques que nous avons coutume de riposter aux attaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Entre ces articles, l'Iskra (n&#176; 3) a publi&#233; un article sp&#233;cial sur les antagonismes de classe dans nos campagnes. (Voir L&#233;nine oeuvres, 4&#176; &#233;d. russe, t. 4, pp. 394-401. N.R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Voir L&#233;nine : oeuvres. 4&#176; &#233;d. russe. t. 4, pp. 388-393 (N.R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Voir L&#233;nine Oeuvres, 4&#176; &#233;d. russe, t. 4, pp. 394-401. (N.R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Voir L&#233;nine Oeuvres, 4&#176; &#233;d. russe, t.5, pp. 78-83. (N.R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Voir L&#233;nine Oeuvres, 4&#176; &#233;d. russe, t.5, pp. 84-85. (N.R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Voir L&#233;nine Oeuvres, 4&#176; &#233;d. russe, t.5, pp. 71-72. (N.R.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le proc&#232;s des r&#233;volutionnaires transform&#233; en proc&#232;s de la classe dirigeante</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8201</link>
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		<dc:date>2025-08-28T22:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Proc&#232;s du Comit&#233; de Salut Public d&#233;fendu par Robespierre &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www-marxists-org.translate.goog/history/france/revolution/robespierre/1793/defense-committee.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc &lt;br class='autobr' /&gt;
Proc&#232;s de Danton &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.justice.gouv.fr/actualites/actualite/proces-danton &lt;br class='autobr' /&gt;
Proc&#232;s de Babeuf &#224; Vend&#244;me &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6555 &lt;br class='autobr' /&gt;
Proc&#232;s de Karl Marx &#224; Cologne (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;5- La formation de la conscience de classe&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Proc&#232;s du Comit&#233; de Salut Public d&#233;fendu par Robespierre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/france/revolution/robespierre/1793/defense-committee.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/france/revolution/robespierre/1793/defense-committee.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proc&#232;s de Danton&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.justice.gouv.fr/actualites/actualite/proces-danton&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.justice.gouv.fr/actualites/actualite/proces-danton&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proc&#232;s de Babeuf &#224; Vend&#244;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6555&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6555&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proc&#232;s de Karl Marx &#224; Cologne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Karl_Marx_devant_les_jur%C3%A9s_de_Cologne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Karl_Marx_devant_les_jur%C3%A9s_de_Cologne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proc&#232;s de Blanqui &#224; Bourges&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1849/audience.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1849/audience.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proc&#232;s des communistes &#224; Cologne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1852/12/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1852/12/index.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4826&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4826&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proc&#232;s de Trotsky et du Soviet de 1905&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905_2_3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905_2_3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905_2_2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905_2_2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proc&#232;s des bolcheviks face au tsarisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/general/tchernomordik/juges.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/general/tchernomordik/juges.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proc&#232;s de Rosa Luxemburg &#224; Francfort&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1914/02/lux_19140220.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1914/02/lux_19140220.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2014/02/rosa-f20.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2014/02/rosa-f20.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proc&#232;s de Trotsky contre Staline&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7696&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7696&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proc&#232;s de Cannon &#224; Minn&#233;apolis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cannon/works/1941/11/cannon2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cannon/works/1941/11/cannon2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;volte prol&#233;tarienne au Kenya</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7887</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7887</guid>
		<dc:date>2024-08-23T22:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Kenya</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous diffusons ici non pas un article de Voix des Travailleurs mais un texte que nous transmet le groupe &#171; Guerre de classe &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volte prol&#233;tarienne au Kenya &#8211; Contre toutes les falsifications bourgeoises ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation de &#171; Guerre de classe &#187; : &lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte que nous pr&#233;sentons ici sur la tr&#232;s r&#233;cente vague de lutte de classe qui a balay&#233; le Kenya (et qui le balaye toujours au moment o&#249; nous &#233;crivons) ne pr&#233;tend pas &#234;tre &#171; complet &#187;, ni &#234;tre une analyse &#171; s&#233;rieuse &#187;, &#171; objective &#187; et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;5- La formation de la conscience de classe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot152" rel="tag"&gt;Kenya&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous diffusons ici non pas un article de Voix des Travailleurs mais un texte que nous transmet le groupe &#171; Guerre de classe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volte prol&#233;tarienne au Kenya &#8211; Contre toutes les falsifications bourgeoises !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation de &#171; Guerre de classe &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte que nous pr&#233;sentons ici sur la tr&#232;s r&#233;cente vague de lutte de classe qui a balay&#233; le Kenya (et qui le balaye toujours au moment o&#249; nous &#233;crivons) ne pr&#233;tend pas &#234;tre &#171; complet &#187;, ni &#234;tre une analyse &#171; s&#233;rieuse &#187;, &#171; objective &#187; et p&#233;dante de la situation. Nous ne sommes pas l&#224; pour faire un simple diagnostic des maux du Capital, nous sommes l&#224; pour en &#234;tre le fossoyeur ! Nous n'avons que faire des &#171; savantes &#187; et &#171; brillantes &#187; analyses de l'&#233;conomie politique bourgeoise, tant pris&#233;es par toutes les couleurs et les nuances du prisme de la gauche et de l'extr&#234;me gauche du capital, analyses qui &#233;crasent du poids de leurs chiffres, de leurs pourcentages, de leurs graphiques, de leurs courbes, de leur logorrh&#233;e&#8230; toute expression de la vie de notre classe et de sa lutte, toute manifestation du vivant. Pour ce qui nous concerne, nous adressons simplement et modestement un vibrant et chaleureux salut &#224; nos fr&#232;res et s&#339;urs de classe en lutte au Kenya, comme partout ailleurs dans cet enfer capitaliste qui s'impose &#224; notre humanit&#233;, et nous les appelons &#224; tenir t&#234;te, apr&#232;s l'avoir relev&#233;e, &#224; s'organiser toujours plus puisement pour les luttes &#224; venir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 juin 2024, les manifestations ont commenc&#233; &#224; Nairobi, avec l'occupation de la place devant le Parlement national et, d&#232;s le d&#233;but, des affrontements avec les forces r&#233;pressives de l'&#201;tat. L'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur de ces manifestations &#233;tait la proposition du projet de loi de finances 2024 par le pr&#233;sident du Kenya, M. Ruto. Son adoption entra&#238;nerait une augmentation des prix d'un large &#233;ventail de produits de base, allant du pain, des &#339;ufs, des l&#233;gumes et de l'huile de cuisson &#224; l'essence et aux produits d'hygi&#232;ne n&#233;cessaires aux femmes et aux enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, en raison de la nature de l'organisation du capital au Kenya, si on souhaite obtenir un emploi dans &#171; l'&#233;conomie du secteur des services urbains &#187;, on n'a pas d'autre choix que de devenir ce que l'on appelle un &#171; auto-entrepreneur &#187; et on doit acheter son propre &#233;quipement, sa propre essence et payer les taxes &#224; l'&#201;tat, m&#234;me si on travaille ensuite pour une grande entreprise technologique, une soci&#233;t&#233; de m&#233;dias sociaux ou une agence locale de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a incit&#233; les prol&#233;taires dont l'appartenance de classe est masqu&#233;e par l'id&#233;ologie bourgeoise, qui leur donne l'illusion d'&#234;tre des &#171; entrepreneurs priv&#233;s &#187;, et qui &#233;taient les plus touch&#233;s par les changements, &#224; devenir les initiateurs des protestations. Et tout comme dans le cas du mouvement des Gilets Jaunes en France, les grands m&#233;dias aussi bien que la gauche du capital &#224; l'id&#233;ologie ouvri&#233;riste ont saut&#233; sur l'occasion pour interpr&#233;ter les manifestations comme un mouvement &#171; petit bourgeois &#187;, &#171; contre la corruption du gouvernement &#187;, &#171; la fiscalit&#233; injuste &#187;, &#171; pour plus de d&#233;mocratie &#187;, etc. Tout comme dans le cas des Gilets Jaunes, nous voulons souligner la nature prol&#233;tarienne du mouvement qui s'exprime et se confirme dans l'expropriation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des marchandises, les attaques contre l'infrastructure et les symboles de l'&#201;tat et le refus de toute m&#233;diation bourgeoise, malgr&#233; l'occasionnel &#171; citoyen enrag&#233; &#187; qui pleurniche sur TikTok que la nouvelle loi &#171; nuit &#224; ses affaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet arrangement, o&#249; la classe des capitalistes est capable de profiter des circonstances locales et de d&#233;charger une partie des co&#251;ts des moyens de production sur les &#233;paules du prol&#233;tariat, n'a rien de nouveau ni d'extraordinaire. Cela ne change en rien le fait que la force de travail du prol&#233;tariat est exploit&#233;e par le rapport social d&#233;sincarn&#233; qu'est le Capital ; pas plus que lorsque les ouvriers qui construisaient le chemin de fer &#224; travers le Midwest am&#233;ricain &#233;taient oblig&#233;s d'acheter &#171; leurs propres &#187; pelles et &#171; leur propre &#187; dynamite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuelle explosion sociale survient pr&#232;s d'un an apr&#232;s qu'un projet de loi similaire, ayant pour effet d'augmenter drastiquement le co&#251;t de la vie pour les prolos au Kenya, ait entra&#238;n&#233; plusieurs jours d'&#233;meutes endommageant l'autoroute et plusieurs gares ferroviaires de Nairobi. Entre-temps, le Kenya a &#233;galement connu des manifestations contre les coupures d'eau et d'&#233;lectricit&#233;, l'occupation de l'universit&#233; de Meru par ses &#233;tudiants et, r&#233;cemment, une gr&#232;ve de deux mois des travailleurs du secteur de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux manifestations pr&#233;c&#233;dentes, o&#249; les milliardaires Odinga, Kenyatta et quelques autres pouvaient au moins faire semblant de repr&#233;senter le mouvement et essayer d'exploiter ses contradictions internes et ses illusions pour obtenir un certain soutien &#233;lectoral, cette fois-ci, au grand dam des m&#233;dias, aucune figure pouvant pr&#233;tendre au titre de &#171; leader &#187; ne peut &#234;tre trouv&#233;e. Bien s&#251;r, si le mouvement fait preuve d'un degr&#233; &#233;lev&#233; de &#171; spontan&#233;it&#233; &#187; dans le sens o&#249; les prol&#233;taires en lutte, o&#249; qu'ils soient, comprennent qui est leur ennemi de classe et n'ont pas besoin de d&#233;lib&#233;rer pendant des jours pour choisir leurs cibles, cela n'implique pas l'absence d'organisation. Les m&#233;thodes adopt&#233;es par le mouvement consistent &#224; s'organiser &#224; la fois en ligne et au niveau des quartiers et impliquent &#224; la fois des structures pr&#233;existantes actives dans les luttes pr&#233;c&#233;dentes et des structures nouvellement cr&#233;&#233;es qui donnent une direction au mouvement. Le crowd sourcing est utilis&#233; pour les d&#233;penses m&#233;dicales ainsi que les frais d'avocat et certains m&#233;decins ont rejoint le mouvement et soignent les bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Nairobi, les manifestations se sont rapidement &#233;tendues &#224; Kisumu, Eldoret, Mombasa, Lamu et &#224; d'autres grandes villes ainsi qu'&#224; de nombreuses petites localit&#233;s. Les revendications &#171; &#233;conomiques &#187; initiales ont fusionn&#233; organiquement avec la rage prol&#233;tarienne contre les bouchers en uniforme, rage accumul&#233;e au cours des ann&#233;es de r&#233;pression brutale de tout mouvement de protestation et renforc&#233;e par leurs tentatives d'&#233;touffer le soul&#232;vement actuel. Des dizaines de personnes ont &#233;t&#233; assassin&#233;es par les flics, des centaines ont &#233;t&#233; bless&#233;es et des centaines d'autres ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es ou sont port&#233;es &#171; disparus &#187;. La tactique de terreur de masse, d&#233;ploy&#233;e par l'&#201;tat au Kenya tant de fois auparavant, s'est toutefois retourn&#233;e contre lui cette fois-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, lorsque les flics ont tent&#233; de briser les barrages dress&#233;s par les manifestants sur l'autoroute reliant Nairobi &#224; Mombasa en lan&#231;ant des vol&#233;es de gaz lacrymog&#232;nes, de balles en caoutchouc et de balles r&#233;elles, les jeunes prolos des bidonvilles situ&#233;s le long de l'autoroute se sont insurg&#233;s et ont rejoint les &#233;meutiers. Le champ des protestations s'est &#233;galement &#233;largi aux probl&#232;mes d'approvisionnement en eau et en &#233;lectricit&#233;, qui avaient d&#233;j&#224; d&#233;clench&#233; des manifestations de col&#232;re par le pass&#233;. Le 25 juin, apr&#232;s une bataille contre les flics, les manifestants ont pris d'assaut le Parlement national du Kenya, l'ont mis &#224; sac et l'ont partiellement incendi&#233;. Cela a incit&#233; Ruto &#224; d&#233;ployer l'arm&#233;e dans les rues et &#224; restreindre l'acc&#232;s &#224; Internet, mais sans l'effet pacificateur que lui et le reste de la bourgeoisie escomptaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tactiques offensives du mouvement contre les forces r&#233;pressives ne sont pas rest&#233;es limit&#233;es au cadre des affrontements lors des manifestations. Les photos, les cartes d'identit&#233;, les num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone et les adresses des flics violents ont &#233;t&#233; dox&#233;s &#8211; rendus publics en ligne &#8211; et certains d'entre eux ont pu faire l'exp&#233;rience directe de la justice prol&#233;tarienne. Alors que de plus en plus de carnages sont commis par les forces de r&#233;pression &#8211; y compris la d&#233;couverte r&#233;cente de dizaines de femmes assassin&#233;es dans une carri&#232;re &#224; la p&#233;riph&#233;rie de Nairobi, juste &#224; c&#244;t&#233; du commissariat de police &#8211; la ligne de confrontation du mouvement se poursuit. Et ce, au moment m&#234;me o&#249; les forces sp&#233;ciales de la police kenyane sont d&#233;ploy&#233;es en Ha&#239;ti pour y &#233;craser la r&#233;sistance prol&#233;tarienne, sous pr&#233;texte de lutter contre les gangs. Des signes de fissures apparaissent au sein m&#234;me des corps de la police et de l'arm&#233;e et certains flics et soldats ont chang&#233; de camp et rejoint les manifestations, m&#234;me si c'est encore tr&#232;s (trop) rare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les tentatives d'apaisement, d'isolement et de canalisation du mouvement se poursuivent &#233;galement. Ruto a supprim&#233; le projet de loi, au moins temporairement, ce qui n'a pas eu d'effet. Le r&#233;cent limogeage du chef de la police, Japhet Koome, n'a pas non plus eu d'effet. La derni&#232;re tentative en date est la cr&#233;ation du &#171; Forum national multisectoriel pour le dialogue &#187;, une tentative d&#233;sesp&#233;r&#233;e de transformer la lutte des classes en &#171; dialogue civil &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les concurrents politiques traditionnels de Ruto, comme Odinga, sont silencieux cette fois-ci, divers &#171; influenceurs &#187; ainsi que les staliniens du soi-disant &#171; Parti communiste du Kenya &#187; tentent d'intervenir. La critique de l'orientation pro-FMI et pro-OTAN de Ruto est un th&#232;me majeur des partisans de leurs concurrents prochinois. Les syndicats, fid&#232;les &#224; leur pratique historique, ont annonc&#233; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pacificatrice, mais n'ont m&#234;me pas donn&#233; suite &#224; sa r&#233;alisation effective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, comme pour tout autre mouvement prol&#233;tarien r&#233;el, les limites apparaissent dans son orientation g&#233;n&#233;rale &#171; anti-Ruto &#187;, sans beaucoup de critiques envers l'opposition, dans ses illusions sur la d&#233;mocratie et le &#171; peuple &#187;, sans conscience de classe exprim&#233;e, dans son manque de perspective au-del&#224; des besoins imm&#233;diats et de sa col&#232;re envers les forces r&#233;pressives. Nous n'avons vu aucun mat&#233;riel militant &#8211; tracts, affiches, pancartes, textes en ligne, etc. &#8211; qui exprimerait une critique du capitalisme au-del&#224; de la col&#232;re contre la pauvret&#233; et les violences polici&#232;res ou au-del&#224; des plaintes concernant le style de gestion capitaliste, c'est-&#224;-dire la &#171; corruption &#187;. Il faut dire que nous n'avons aucun contact militant au Kenya et que nous ne parlons aucune des langues locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant dit, rien n'est encore termin&#233; au Kenya malgr&#233; le r&#233;cent d&#233;clin de la lutte ; et l'une des expressions du d&#233;passement potentiel de ces limites, pour la solidarit&#233; prol&#233;tarienne internationaliste, est sa position claire contre l'envoi des flics kenyans en Ha&#239;ti ainsi que d'autres op&#233;rations de &#171; maintien de la paix &#187;. En outre, il semble que la r&#233;volte prol&#233;tarienne au Kenya serve d'inspiration et de point de r&#233;f&#233;rence pour les r&#233;centes manifestations violentes en Ouganda et au Nigeria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que communistes, nous voyons dans chaque lutte prol&#233;tarienne autonome une bribe de la guerre sociale que le prol&#233;tariat m&#232;ne contre la bourgeoisie, une expression de la lutte historique du prol&#233;tariat en tant que classe pour la r&#233;volution contre le capitalisme et pour la communaut&#233; mondiale sans classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que communistes, nous voulons donc souligner la nature prol&#233;tarienne du mouvement au Kenya contre tous les falsificateurs bourgeois :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	qu'il s'agisse des racistes qui tentent d'attiser les divisions raciales au sein de notre classe entre &#171; Africains &#187; et &#171; Europ&#233;ens &#187; ou &#171; Asiatiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	qu'il s'agisse de ceux qui tentent de limiter la substance du mouvement &#224; ses pr&#233;misses initiales ou superficielles &#8211; en tant que mouvement anti-corruption, mouvement anti-taxes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	qu'il s'agisse des partisans de la &#171; lib&#233;ration nationale &#187; qui d&#233;fendent le droit des nations &#224; r&#233;primer &#171; leurs &#187; prol&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	qu'il s'agisse des soi-disant &#171; communistes &#187; qui divisent la soci&#233;t&#233; capitaliste mondiale en pays &#171; centraux &#187; et &#171; p&#233;riph&#233;riques &#187; et pr&#233;tendent que la lutte du prol&#233;tariat dans ces derniers a moins d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montrons notre solidarit&#233; pratique avec le prol&#233;tariat en lutte au Kenya en ajoutant les int&#233;r&#234;ts de la fraction capitaliste locale &#224; notre liste de cibles &#8211; qu'il s'agisse de l'&#201;tat kenyan ou de soci&#233;t&#233;s comme Safaricom, KTDA, East African Breweries !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la guerre capitaliste et contre la paix capitaliste &#8211; Contre les efforts de militarisation globale, dont les forces exp&#233;ditionnaires kenyanes font partie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de cl&#244;turer ce court texte sur les luttes de notre classe au Kenya, nous parviennent comme un &#233;cho amplifi&#233; les clameurs des &#171; Jours de Rage &#187; qui enflamment le Nig&#233;ria, aliment&#233;s par le refus de la mis&#232;re, de l'esclavage, de la d&#233;shumanisation, et toujours selon le m&#234;me sc&#233;nario : manifestations, r&#233;pression, &#233;meutes, attaques de commissariats de police, mise &#224; sac de b&#226;timents gouvernementaux, pillages, etc. Avec toujours les m&#234;mes forces mais aussi les m&#234;mes faiblesses : d&#233;termination &#224; saccager tout ce qui rend notre vie invivable, d'un c&#244;t&#233;, et critique limit&#233;e de la &#171; mauvaise gouvernance &#187;, de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendons hommage &#233;galement, et saluons la lutte que nos fr&#232;res et s&#339;urs de classe m&#232;nent depuis plusieurs semaines, sous d'autres latitudes, au Bangladesh ; luttes qui ne sont pas que la &#233;ni&#232;me tentative du prol&#233;tariat de tout renverser mais qui sont aussi, semble-t-il, un saut qualitatif dans la d&#233;termination de celui-ci, dans sa d&#233;j&#224; tr&#232;s longue histoire d'affrontements d'avec les capitalistes, &#224; &#171; rendre l'affaire non rentable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, saluons les prol&#233;taires en lutte au Pakistan, et tout particuli&#232;rement dans la ville portuaire de Gwadar, gigantesque concentration ouvri&#232;re, tant utile au d&#233;veloppement du capitalisme chinois. Depuis des ann&#233;es, ces prol&#233;taires impulsent un affrontement sans borne face aux exploiteurs, et cela malgr&#233; tous les efforts des r&#233;formistes de tout poil de les enfermer dans le cadre d'une &#171; lutte de lib&#233;ration nationale du peuple baloutche &#187;, dont le prol&#233;tariat doit absolument faire la critique par sa lutte d&#233;termin&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#344;&#205;DN&#205; V&#193;LKA # CLASS WAR # GUERRE DE CLASSE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une morale ? Oui, mais pas celle de nos ennemis...</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7410</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7410</guid>
		<dc:date>2024-07-29T22:09:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une morale ? Oui, mais pas celle de nos ennemis de classe ! A bas le moralisme, couverture hypocrite des int&#233;r&#234;ts de classe des poss&#233;dants ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Marx dans &#171; Le Manifeste communiste &#187; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les lois, la morale, la religion sont &#224; ses yeux autant de pr&#233;jug&#233;s bourgeois derri&#232;re lesquels se cachent autant d'int&#233;r&#234;ts bourgeois. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000a.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
Marx dans &#171; Manuscrits de 1844 &#187; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La religion, la famille, l'&#201;tat, le droit, la morale, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;5- La formation de la conscience de classe&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une morale ? Oui, mais pas celle de nos ennemis de classe ! A bas le moralisme, couverture hypocrite des int&#233;r&#234;ts de classe des poss&#233;dants !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Marx dans &#171; Le Manifeste communiste &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les lois, la morale, la religion sont &#224; ses yeux autant de pr&#233;jug&#233;s bourgeois derri&#232;re lesquels se cachent autant d'int&#233;r&#234;ts bourgeois. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx dans &#171; Manuscrits de 1844 &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La religion, la famille, l'&#201;tat, le droit, la morale, la scien&#172;ce, l'art, etc., ne sont que des modes particuliers de la production et tombent sous sa loi g&#233;n&#233;&#172;rale. L'abolition positive de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, l'appropriation de la vie humaine, signifie donc la suppression positive de toute ali&#233;nation, par cons&#233;quent le retour de l'homme hors de la religion, de la famille, de l'&#201;tat, etc., &#224; son existence humaine, c'est-&#224;-dire sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/00/km18440000/km18440000_5.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/00/km18440000/km18440000_5.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx sur la morale de Robespierre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la s&#233;ance de la Convention du 5 f&#233;vrier 1794, discutant les principes de la morale publique, Robespierre demande : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quel est le principe fondamental du gouvernement d&#233;mocratique ou populaire ? La vertu ; je parle de la vertu publique qui op&#233;ra tant de prodiges en Gr&#232;ce et &#224; Rome, et qui doit en produire de bien plus &#233;tonnants dans la France r&#233;publicaine ; de cette vertu qui n'est autre chose que l'amour de la patrie et de ses lois. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robespierre, Saint-Just et leur parti ont succomb&#233; parce qu'ils ont confondu la soci&#233;t&#233; &#224; d&#233;mocratie r&#233;aliste de l'Antiquit&#233;, reposant sur la base de l'esclavage r&#233;el, avec l'&#201;tat repr&#233;sentatif moderne &#224; d&#233;mocratie spiritualiste, qui repose sur l'esclavage &#233;mancip&#233;, sur la soci&#233;t&#233; bourgeoise. &#202;tre oblig&#233; de reconna&#238;tre et de sanctionner, dans les droits de l'homme, la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne, la soci&#233;t&#233; de l'industrie, de la concurrence universelle, des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s qui poursuivent librement leurs fins, ce r&#233;gime de l'anarchie, de l'individualisme naturel et spirituel devenu &#233;tranger &#224; lui-m&#234;me ; vouloir en m&#234;me temps annuler apr&#232;s coup pour tel ou tel individu particulier les manifestations vitales de cette soci&#233;t&#233; tout en pr&#233;tendant fa&#231;onner &#224; l'antique la t&#234;te politique de cette soci&#233;t&#233; : quelle colossale illusion !&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le tragique de cette illusion &#233;clate le jour o&#249; Saint-Just, marchant &#224; la guillotine, montre le grand tableau des Droits de l'Homme accroch&#233; dans la salle de la Conciergerie et s'&#233;crie avec fiert&#233; : &#171; C'est pourtant moi qui ai fait cela ! &#187; Ce tableau, pr&#233;cis&#233;ment, proclamait le droit d'un homme qui ne saurait &#234;tre l'homme de la soci&#233;t&#233; antique, pas plus que les conditions &#233;conomiques et industrielles o&#249; il vit ne sont celles de l'antiquit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas ici le lieu de justifier historiquement l'illusion des hommes de la Terreur.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Apr&#232;s la chute de Robespierre, les esprits &#233;clair&#233;s et le mouvement politique s'acheminent &#224; grands pas vers le point o&#249; ils allaient devenir la proie de Napol&#233;on qui, peu apr&#232;s le 18 brumaire, pouvait dire : Avec mes pr&#233;fets, mes gendarmes et mes cur&#233;s, je puis faire de la France ce que je veux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900u.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900u.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx dans Critique de l'&#233;ducation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De l'aveu de toutes les autorit&#233;s, en particulier de la Commission sur l'em-&lt;br class='autobr' /&gt;
ploi des enfants, les &#233;coles ne contribuent &#224; peu pr&#232;s en rien &#224; la moralit&#233; de la&lt;br class='autobr' /&gt;
classe laborieuse. La bourgeoisie anglaise est si impitoyable, si stupide et si&lt;br class='autobr' /&gt;
born&#233;e dans son &#233;go&#239;sme, qu'elle ne se donne pas m&#234;me la peine d'inculquer&lt;br class='autobr' /&gt;
aux ouvriers la morale actuelle, que la bourgeoisie s'est pourtant confectionn&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
dans son propre int&#233;r&#234;t et pour sa propre d&#233;fense ! M&#234;me cette pr&#233;occupation&lt;br class='autobr' /&gt;
d'elle-m&#234;me semble donner trop de peine &#224; cette bourgeoisie qui est de plus en&lt;br class='autobr' /&gt;
plus avachie et veule ; m&#234;me cela lui semble superflu. Certes, il viendra un&lt;br class='autobr' /&gt;
moment o&#249; elle regrettera &#8211; trop tard &#8211; sa n&#233;gligence 1. Mais elle n'a pas le&lt;br class='autobr' /&gt;
droit de se plaindre si les travailleurs ignorent cette morale et n'en tiennent pas&lt;br class='autobr' /&gt;
compte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/enseignement/critique_enseignement.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/enseignement/critique_enseignement.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels dans l' Anti-D&#252;hring :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230;il est remarquable que c'est pr&#233;cis&#233;ment dans ce domaine que nous rencontrons le plus souvent les v&#233;rit&#233;s dites &#233;ternelles, les v&#233;rit&#233;s d&#233;finitives en derni&#232;re analyse, etc. Le fait que deux fois deux font quatre, que les oiseaux ont des becs, et d'autres faits du m&#234;me genre ne seront proclam&#233;s v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles que par l'homme qui nourrit l'intention de tirer de l'existence de v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles en g&#233;n&#233;ral la conclusion qu'il y a aussi dans le domaine de l'histoire humaine des v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles, une morale &#233;ternelle, une justice &#233;ternelle, etc., revendiquant une validit&#233; et une port&#233;e analogues &#224; celles des intellections ou des applications de la math&#233;matique. D&#232;s lors, nous pouvons compter avec certitude que le m&#234;me philanthrope nous expliquera &#224; la premi&#232;re occasion que tous ses pr&#233;d&#233;cesseurs en fabrication de v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles &#233;taient plus ou moins des &#226;nes et des charlatans, que tous &#233;taient emp&#234;tr&#233;s dans l'erreur, que tous avaient failli ; mais l'existence de leur erreur et de leur faillibilit&#233; est naturelle et d&#233;montre la pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233; et du juste chez lui ; lui, le proph&#232;te qui vient de na&#238;tre, porte toute pr&#234;te en poche la v&#233;rit&#233; d&#233;finitive en derni&#232;re analyse, la morale &#233;ternelle, la justice &#233;ternelle. Le cas s'est d&#233;j&#224; produit tant et tant de fois que l'on ne peut que s'&#233;tonner qu'il y ait encore des hommes assez cr&#233;dules pour croire cela non pas d'autrui, mais d'eux-m&#234;mes. Pourtant, ne voyons-nous pas, ici encore, l'un de ces proph&#232;tes, d'ailleurs prompt comme &#224; l'ordinaire &#224; tomber dans une col&#232;re ultra-morale lorsque d'autres gens nient qu'un individu quelconque soit en mesure de fournir la v&#233;rit&#233; d&#233;finitive en derni&#232;re analyse ? Une telle n&#233;gation, voire le simple doute, sont &#233;tat de faiblesse, confusion inextricable, n&#233;ant, scepticisme dissolvant, pire que le simple nihilisme, chaos confus et autres amabilit&#233;s du m&#234;me genre. Comme chez tous les proph&#232;tes, on n'examine pas et on ne juge pas d'un point de vue scientifique et critique, mais on brandit les foudres de la morale sans autre forme de proc&#232;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611k.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611k.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur morale et la n&#244;tre de Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Evaporation de la morale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On voit, dans les &#233;poques de r&#233;action triomphante, MM. les d&#233;mocrates, sociaux-d&#233;mocrates, anarchistes et autres repr&#233;sentants de la gauche, s&#233;cr&#233;ter de la morale en quantit&#233; double, de m&#234;me que les gens transpirent davantage quand ils ont peur. R&#233;p&#233;tant &#224; leur fa&#231;on les dix commandements ou le sermon sur la montagne, ces moralistes s'adressent moins &#224; la r&#233;action triomphante qu'aux r&#233;volutionnaires traqu&#233;s, dont les &#034;exc&#232;s&#034; et les principes &#034;amoraux&#034; &#034;provoquent&#034; la r&#233;action et lui fournissent une justification morale. Il y aurait cependant un moyen &#233;l&#233;mentaire, mais s&#251;r, d'&#233;viter la r&#233;action : l'effort int&#233;rieur, la renaissance morale. Des &#233;chantillons de perfection &#233;thique sont distribu&#233;s gratuitement dans toutes les r&#233;dactions int&#233;ress&#233;es. Cette pr&#233;dication aussi ampoul&#233;e que fausse a sa base sociale &#8212; de classe &#8212; dans la petite bourgeoisie intellectuelle. Sa base politique est dans l'impuissance et le d&#233;sarroi devant la r&#233;action. Base psychologique : le d&#233;sir de surmonter sa propre inconsistance en se mettant une fausse barbe de proph&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#233;d&#233; favori du philistin moralisateur consiste &#224; identifier les fa&#231;ons d'agir de la r&#233;volution et de la r&#233;action. Des analogies formelles en assurent le succ&#232;s. Le tsarisme et le bolchevisme deviennent des jumeaux. On peut d&#233;couvrir &#233;galement des jumeaux dans le fascisme et le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dresser la liste des caract&#232;res communs au catholicisme ou au j&#233;suitisme et au communisme. De leur c&#244;t&#233;, Hitler et Mussolini, usant d'une m&#233;thode tout &#224; fait semblable, d&#233;montrent que le lib&#233;ralisme, la d&#233;mocratie et le bolchevisme ne sont que les diverses manifestations d'un m&#234;me mal. L'id&#233;e que le stalinisme et le trotskysme sont &#034;au fond identiques&#034; rencontre aujourd'hui la plus large audience. Elle r&#233;unit les lib&#233;raux, les d&#233;mocrates, les pieux catholiques, les id&#233;alistes, les pragmatistes, les anarchistes et les fascistes. Si les staliniens n'ont pas la possibilit&#233; de se joindre &#224; ce &#034;Front populaire&#034;-l&#224;, c'est seulement par un effet du hasard : ils sont pr&#233;cis&#233;ment absorb&#233;s par l'extermination des trotskystes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces rapprochements et ces identifications sont essentiellement caract&#233;ris&#233;s par l'ignorance compl&#232;te des assises mat&#233;rielles des diverses tendances, c'est-&#224;-dire de leur nature sociale et, d&#232;s lors, de leur r&#244;le historique objectif. On y appr&#233;cie et classe par contre les diverses tendances d'apr&#232;s des indices ext&#233;rieurs et secondaires, le plus souvent d'apr&#232;s leur attitude envers tel ou tel principe abstrait auquel le classificateur attribue professionnellement une signification particuli&#232;re. Pour le pape, les francs-ma&#231;ons, les darwinistes, les marxistes et les anarchistes sont fr&#232;res en le sacril&#232;ge puisqu'ils repoussent tous l'Immacul&#233;e Conception. Pour Hitler, le lib&#233;ralisme et le marxisme, ignorant l'un et l'autre &#034;le sang et l'honneur&#034;, sont des jumeaux. Jumeaux pour le d&#233;mocrate, le fascisme et le bolchevisme puisqu'ils refusent de s'incliner devant le suffrage universel. Et c&#230;tera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les traits communs aux tendances ainsi rapproch&#233;es sont ind&#233;niables. Mais le d&#233;veloppement de l'esp&#232;ce humaine n'est &#233;puis&#233; ni par le suffrage universel ni par &#034;le sang et l'honneur&#034;, ni par le dogme de l'Immacul&#233;e Conception ; &#8212; tout est l&#224;. Le devenir historique est avant tout lutte des classes, et il arrive que des classes diff&#233;rentes usent, &#224; des fins diff&#233;rentes, de moyens analogues. Il ne saurait en &#234;tre autrement. Les arm&#233;es bellig&#233;rantes sont toujours plus ou moins sym&#233;triques ; s'il n'y avait rien de commun dans leurs fa&#231;ons de combattre, elles ne pourraient pas se heurter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paysan ou le boutiquier inculte, s'il se trouve entre deux feux, sans comprendre les causes et la port&#233;e du combat engag&#233; entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie, consid&#232;re les deux partis en pr&#233;sence avec une haine &#233;gale. Mais que sont tous ces moralistes d&#233;mocrates ? Les id&#233;ologues des couches moyennes tomb&#233;es, ou qui craignent de tomber, entre deux feux. Les proph&#232;tes de ce genre sont surtout caract&#233;ris&#233;s par leur &#233;loignement des grands mouvements de l'histoire, par le conservatisme r&#233;trograde de leur pens&#233;e, par le contentement de leur m&#233;diocrit&#233; et par la pusillanimit&#233; politique la plus primitive. Les moralistes souhaitent par dessus tout que l'histoire les laisse en paix avec leurs bouquins, leurs petites revues, leurs abonn&#233;s, leur bon sens et leurs r&#232;gles. Mais l'histoire ne les laisse pas en paix. Tant&#244;t de gauche, tant&#244;t de droite, elle leur bourre les c&#244;tes. Evidemment : r&#233;volution et r&#233;action, tsarisme et bolchevisme, stalinisme et trotskysme sont fr&#232;res jumeaux ! Que celui qui en doute veuille bien palper, sur les cr&#226;nes des moralistes, les bosses sym&#233;triques de droite et de gauche...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amoralisme marxiste et v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reproche le plus commun et le plus impressionnant que l'on adresse &#224; l'&#034;amoralisme&#034; bolchevik emprunte sa force &#224; la pr&#233;tendue r&#232;gle j&#233;suitique du bolchevisme : La fin justifie les moyens. De l&#224;, ais&#233;ment, la conclusion suivante : les trotskystes, comme tous les bolcheviks (ou marxistes), n'admettant pas les principes de la morale, il n'y a pas de diff&#233;rence essentielle entre trotskysme et stalinisme. Ce qu'il fallait d&#233;montrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un hebdomadaire am&#233;ricain, passablement vulgaire et cynique par ailleurs, a ouvert sur la morale du bolchevisme une petite enqu&#234;te destin&#233;e, selon l'usage, &#224; servir &#224; la fois la morale et la publicit&#233;. L'inimitable Herbert Wells, dont l'hom&#233;rique suffisance d&#233;passa toujours l'imagination extraordinaire, s'est empress&#233; de se solidariser avec les snobs r&#233;actionnaires de &#034;Common Sense&#034;. C'est dans l'ordre des choses. Mais ceux-l&#224; m&#234;mes qui ont r&#233;pondu &#224; l'enqu&#234;te en prenant la d&#233;fense du bolchevisme ne l'ont pas fait sans de timides r&#233;serves. Les principes marxistes sont, bien s&#251;r, mauvais, mais on trouve n&#233;anmoins parmi les bolcheviks des hommes excellents (Eastman). En v&#233;rit&#233;, il est des &#034;amis&#034; plus dangereux que les ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulions prendre MM. nos censeurs au s&#233;rieux, nous devrions tout d'abord leur demander quels sont leurs propres principes de morale. Question qui resterait sans doute sans r&#233;ponse... Admettons que ni la fin personnelle ni la fin sociale ne puissent justifier les moyens. Il faudrait alors chercher d'autres crit&#233;riums en dehors de la soci&#233;t&#233; telle que l'histoire la fait et des fins suscit&#233;es par son d&#233;veloppement. O&#249; ? Au ciel si ce n'est sur la terre. Les pr&#234;tres ont depuis longtemps d&#233;couvert dans la r&#233;v&#233;lation divine les canons infaillibles de la morale. Les petits pr&#234;tres la&#239;cs traitent des v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles de la morale sans indiquer leur r&#233;f&#233;rence premi&#232;re. Nous sommes en droit de conclure que si ces v&#233;rit&#233;s sont &#233;ternelles, elles sont ant&#233;rieures &#224; l'apparition du pith&#233;canthrope sur la terre et m&#234;me &#224; la formation du syst&#232;me solaire. Mais d'o&#249; viennent-elles donc ? La th&#233;orie de la morale &#233;ternelle ne peut pas se passer de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moralistes du type anglo-saxon, dans la mesure o&#249; ils ne se contentent pas d'un utilitarisme rationaliste &#8212; de l'&#233;thique du comptable bourgeois &#8212; se pr&#233;sentent comme les disciples conscients ou inconscients du vicomte de Shaftesbury qui &#8212; au d&#233;but du XVIIIe si&#232;cle &#8212; d&#233;duisait les jugements moraux d'un sens particulier, le sens moral inn&#233; &#224; l'homme. Situ&#233;e au-dessus des classes, la morale conduit in&#233;vitablement &#224; l'admission d'une substance particuli&#232;re, d'un sens moral absolu qui n'est que le timide pseudonyme philosophique de Dieu. La morale ind&#233;pendante des &#034;fins&#034;, c'est-&#224;-dire de la soci&#233;t&#233; &#8212; qu'on la d&#233;duise des v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles ou de la &#034;nature humaine&#034; &#8212; n'est au bout du compte qu'un aspect de la &#034;th&#233;ologie naturelle&#034;. Les cieux demeurent la seule position fortifi&#233;e d'o&#249; l'on puisse combattre le mat&#233;rialisme dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute une &#233;cole &#034;marxiste&#034; se forma en Russie &#224; la fin du si&#232;cle dernier, qui entendait compl&#233;ter la doctrine de Marx en lui ajoutant un principe moral autonome, sup&#233;rieur aux classes (Strouv&#233;, Berdiaeff, Boulgakov et autres...). Ses tenants commen&#231;aient naturellement par Kant et son imp&#233;ratif cat&#233;gorique. Comment finirent-ils ? Strouv&#233; est aujourd'hui un ancien ministre du baron de Wrangel et un bon fils de l'Eglise ; Boulgakov est pr&#234;tre orthodoxe ; Berdiaeff interpr&#232;te en plusieurs langues l'Apocalypse. Des m&#233;tamorphoses aussi inattendues &#224; premi&#232;re vue ne s'expliquent pas par &#034;l'&#226;me slave&#034; &#8212; l'&#226;me de Strouv&#233; &#233;tant du reste germanique &#8212; mais par l'envergure de la lutte sociale en Russie. L'orientation essentielle de cette m&#233;tamorphose est en r&#233;alit&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme classique en philosophie, dans la mesure o&#249; il tendait &#224; s&#233;culariser la morale, c'est-&#224;-dire &#224; l'&#233;manciper de la sanction religieuse, fut un immense progr&#232;s (Hegel). Mais, d&#233;tach&#233;e des cieux, la morale avait besoin de racines terrestres. La d&#233;couverte de ces racines fut l'une des t&#226;ches du mat&#233;rialisme. Apr&#232;s Shaftesbury, il y eut Darwin, apr&#232;s Hegel, Marx. Invoquer de nos jours les &#034;v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles&#034; de la morale, c'est tenter de faire r&#233;trograder la pens&#233;e. L'id&#233;alisme philosophique n'est qu'une &#233;tape : de la religion au mat&#233;rialisme ou, au contraire, du mat&#233;rialisme &#224; la religion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Les moralistes du type anglo-saxon, dans la mesure o&#249; ils ne se contentent pas d'un utilitarisme rationaliste &#8212; de l'&#233;thique du comptable bourgeois &#8212; se pr&#233;sentent comme les disciples conscients ou inconscients du vicomte de Shaftesbury qui &#8212; au d&#233;but du XVIIIe si&#232;cle &#8212; d&#233;duisait les jugements moraux d'un sens particulier, le sens moral inn&#233; &#224; l'homme. Situ&#233;e au-dessus des classes, la morale conduit in&#233;vitablement &#224; l'admission d'une substance particuli&#232;re, d'un sens moral absolu qui n'est que le timide pseudonyme philosophique de Dieu. La morale ind&#233;pendante des &#034;fins&#034;, c'est-&#224;-dire de la soci&#233;t&#233; &#8212; qu'on la d&#233;duise des v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles ou de la &#034;nature humaine&#034; &#8212; n'est au bout du compte qu'un aspect de la &#034;th&#233;ologie naturelle&#034;. Les cieux demeurent la seule position fortifi&#233;e d'o&#249; l'on puisse combattre le mat&#233;rialisme dialectique. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme classique en philosophie, dans la mesure o&#249; il tendait &#224; s&#233;culariser la morale, c'est-&#224;-dire &#224; l'&#233;manciper de la sanction religieuse, fut un immense progr&#232;s (Hegel). Mais, d&#233;tach&#233;e des cieux, la morale avait besoin de racines terrestres. La d&#233;couverte de ces racines fut l'une des t&#226;ches du mat&#233;rialisme. Apr&#232;s Shaftesbury, il y eut Darwin, apr&#232;s Hegel, Marx. Invoquer de nos jours les &#034;v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles&#034; de la morale, c'est tenter de faire r&#233;trograder la pens&#233;e. L'id&#233;alisme philosophique n'est qu'une &#233;tape : de la religion au mat&#233;rialisme ou, au contraire, du mat&#233;rialisme &#224; la religion. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volutionnisme bourgeois s'arr&#234;te, frapp&#233; d'impuissance, sur le seuil de la soci&#233;t&#233; historique, ne voulant pas admettre que la lutte des classes soit le ressort principal de l'&#233;volution des formes sociales. La morale n'est qu'une des fonctions id&#233;ologiques de cette lutte. La classe dominante impose ses fins &#224; la soci&#233;t&#233; et l'accoutume &#224; consid&#233;rer comme immoraux les moyens qui vont &#224; l'encontre de ces fins. Telle est la mission essentielle de la morale officielle. Elle poursuit &#034;le plus grand bonheur possible&#034;, non du plus grand nombre, mais d'une minorit&#233; sans cesse d&#233;croissante. Un semblable r&#233;gime, fond&#233; sur la seule contrainte, ne durerait pas une semaine. Le ciment de l'&#233;thique lui est indispensable. La fabrication de ce ciment incombe aux th&#233;oriciens et aux moralistes petits-bourgeois. Ils peuvent faire jouer toutes les couleurs de l'arc-en-ciel ; ils ne sont, tout compte fait, que les ap&#244;tres de l'esclavage et de la soumission. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie, dont la conscience de classe est tr&#232;s sup&#233;rieure, par sa pl&#233;nitude et son intransigeance, &#224; celle du prol&#233;tariat, a un int&#233;r&#234;t vital &#224; imposer &#034;sa&#034; morale aux classes exploit&#233;es. Les normes concr&#232;tes du cat&#233;chisme bourgeois sont camoufl&#233;es &#224; l'aide d'abstractions morales plac&#233;es elles-m&#234;mes sous l'&#233;gide de la religion, de la philosophie ou de cette chose hybride qu'on appelle le &#034;bon sens&#034;. L'invocation des normes abstraites n'est pas une erreur d&#233;sint&#233;ress&#233;e de la philosophie, mais un &#233;l&#233;ment n&#233;cessaire du m&#233;canisme de la lutte des classes. Faire ressortir cette duperie, dont la tradition remonte &#224; des mill&#233;naires, est le premier devoir du r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie et la morale &#034;g&#233;n&#233;ralement admise&#034; ne sont pas les seules victimes de l'imp&#233;rialisme. Le bon sens &#034;inn&#233; &#224; tous les hommes&#034; est sa troisi&#232;me victime. Cette forme inf&#233;rieure de l'intellect, n&#233;cessaire dans toutes les conditions, est aussi suffisante dans certaines conditions. Le capital principal du bon sens est fait de conclusions &#233;l&#233;mentaires tir&#233;es de l'exp&#233;rience humaine : Ne mettez pas vos doigts dans le feu, suivez de pr&#233;f&#233;rence la ligne droite, ne taquinez pas les chiens m&#233;chants... et c&#230;tera, et c&#230;tera. Dans un milieu social stable, le bon sens se r&#233;v&#232;le suffisant pour faire du commerce, soigner des malades, &#233;crire des articles, diriger un syndicat, voter au parlement, fonder une famille, cro&#238;tre et multiplier. Mais sit&#244;t qu'il tente de sortir de ses limites naturelles pour intervenir sur le terrain des g&#233;n&#233;ralisations plus complexes, il n'est plus que le conglom&#233;rat des pr&#233;jug&#233;s d'une certaine classe &#224; une certaine &#233;poque. La simple crise du capitalisme le d&#233;contenance ; devant les catastrophes telles que les r&#233;volutions, les contre-r&#233;volutions et les guerres, le bon sens n'est plus qu'un imb&#233;cile tout rond. Il faut, pour conna&#238;tre les troubles &#034;catastrophiques&#034; du cours &#034;normal&#034; des choses de plus hautes qualit&#233;s intellectuelles, dont l'expression philosophique n'a &#233;t&#233; donn&#233;e jusqu'ici que par le mat&#233;rialisme dialectique. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne manque pas, parmi les lib&#233;raux et les radicaux, de gens ayant assimil&#233; les m&#233;thodes mat&#233;rialistes de l'interpr&#233;tation des &#233;v&#233;nements et qui se consid&#232;rent comme marxistes, ce qui ne les emp&#234;che pas de demeurer des journalistes, des professeurs ou des hommes politiques bourgeois. Le bolchevik ne se con&#231;oit pas, cela va sans dire, sans m&#233;thode mat&#233;rialiste, en morale comme ailleurs. Mais cette m&#233;thode ne lui sert pas seulement &#224; interpr&#233;ter les &#233;v&#233;nements, elle lui sert aussi &#224; former le parti r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, t&#226;che qui ne peut &#234;tre accomplie que dans une ind&#233;pendance compl&#232;te &#224; l'&#233;gard de la bourgeoisie et de sa morale. Or l'opinion publique bourgeoise domine en fait, pleinement, le mouvement ouvrier officiel, de William Green aux Etats-Unis &#224; Garcia Oliver en Espagne en passant par L&#233;on Blum et Maurice Thorez en France. Le caract&#232;re r&#233;actionnaire de la p&#233;riode pr&#233;sente trouve dans ce fait son expression la plus profonde. Le marxiste r&#233;volutionnaire ne saurait aborder sa t&#226;che historique sans avoir rompu moralement avec l'opinion publique de la bourgeoisie et de ses agents au sein du prol&#233;tariat. (&#8230;) Leur fa&#231;on d'identifier la morale bourgeoise avec la morale &#034;en g&#233;n&#233;ral&#034; se v&#233;rifie sans doute le mieux &#224; l'extr&#234;me gauche de la petite-bourgeoisie. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centristes &#034;admettent&#034; la r&#233;volution prol&#233;tarienne comme les kantiens l'imp&#233;ratif cat&#233;gorique, c'est-&#224;-dire comme un principe sacr&#233; inapplicable dans la vie quotidienne. En politique pratique, ils s'unissent aux pires ennemis de la r&#233;volution, r&#233;formistes et staliniens, contre nous. Leur pens&#233;e est p&#233;n&#233;tr&#233;e de duplicit&#233; et d'hypocrisie. S'ils ne s'&#233;l&#232;vent pas, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, &#224; des crimes saisissants, c'est parce qu'ils demeurent toujours &#224; l'arri&#232;re-plan de la politique : ce sont en quelque sorte les pickpockets de l'histoire, et c'est justement pourquoi ils se croient appel&#233;s &#224; doter le mouvement ouvrier d'une nouvelle morale. (&#8230;) Le mat&#233;rialisme dialectique ne s&#233;pare par la fin des moyens. La fin se d&#233;duit tout naturellement du devenir historique. Les moyens sont organiquement subordonn&#233;s &#224; la fin. La fin imm&#233;diate devient le moyen de la fin ult&#233;rieure... Ferdinand Lassalle fait dire dans son drame, &#034;Franz van Sickingen&#034;, &#224; l'un de ses personnages :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne montre pas seulement le but, montre aussi le chemin,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le but et le chemin sont tellement unis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'un change avec l'autre et se meut avec lui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'un nouveau chemin r&#233;v&#232;le un autre but. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mancipation des ouvriers ne peut &#234;tre l'oeuvre que des ouvriers eux-m&#234;mes. Il n'y a donc pas de plus grand crime que de tromper les masses, de faire passer des d&#233;faites pour des victoires, des amis pour des ennemis, d'acheter des chefs, de fabriquer des l&#233;gendes, de monter des proc&#232;s d'imposture, &#8212; de faire en un mot ce que font les staliniens. Ces moyens ne peuvent servir qu'&#224; une fin : prolonger la domination d'une coterie d&#233;j&#224; condamn&#233;e par l'histoire. Ils ne peuvent pas servir &#224; l'&#233;mancipation des masses. Voil&#224; pourquoi la IVe Internationale soutient contre le stalinisme une lutte &#224; mort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, &#171; Leur morale et la n&#244;tre &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire la suite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/morale/morale.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/morale/morale.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diderot et la morale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/Diderot_denis/voyage_bougainville/voyage_bougainville.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://classiques.uqac.ca/classiques/Diderot_denis/voyage_bougainville/voyage_bougainville.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx et la morale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-cahiers-philosophiques1-2015-1-page-82.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-cahiers-philosophiques1-2015-1-page-82.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moralistes et sycophantes contre le Marxisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6979&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6979&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A-t-on raison de dire le marxisme r&#233;volutionnaire amoral ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3663&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3663&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La morale des communistes r&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6016&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6016&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur morale, de Mac Mahon &#224; Macron, contre la n&#244;tre, de la Commune de Paris &#224; la Gilet jaunisation du monde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6184&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6184&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mat&#233;rialisme et moralisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5488&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5488&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cigale et la fourmi, le moralisme du travail...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4796&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4796&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand trop de morale p&#233;n&#232;tre la compr&#233;hension de l'Histoire, celle-ci n'est plus analysable de mani&#232;re rationnelle. &#187; dit Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5564&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5564&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que veut dire le &#171; Ni rire, ni pleurer mais comprendre &#187; de Spinoza&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4716&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4716&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politique et morale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3835&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3835&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ordre et la Morale, chez le colonisateur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2150&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2150&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eglise catholique et p&#233;dophilie : une morale &#233;troite et arri&#233;r&#233;e n'&#233;vite pas les d&#233;rives...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve268&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve268&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques contre-v&#233;rit&#233;s antiscientifiques de l'id&#233;ologie morale que l'on nomme &#233;cologique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1790&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1790&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'indignation morale ne s'attaque pas aux fondements de la tromperie sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2688&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2688&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin du blabla moralisateur sur le travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve809&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve809&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on moraliser un Etat, des partis qui sont avant tout des patrons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3367&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3367&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques grands moralistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Moralistes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Moralistes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Encyclop%C3%A9die/1re_%C3%A9dition/MORALISTE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Encyclop%C3%A9die/1re_%C3%A9dition/MORALISTE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la morale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Encyclop%C3%A9die/1re_%C3%A9dition/MORALE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Encyclop%C3%A9die/1re_%C3%A9dition/MORALE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'entends par morale ce qui nous permet de dire qu'une action est bonne ou mauvaise &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.fabula.org/colloques/document1347.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.fabula.org/colloques/document1347.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bossuet moraliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Bossuet_moraliste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Bossuet_moraliste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dumas moraliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/La_Vie_litt%C3%A9raire/1/M._Alexandre_Dumas_moraliste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/La_Vie_litt%C3%A9raire/1/M._Alexandre_Dumas_moraliste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zola et les moralistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Mes_haines/Les_Moralistes_fran%C3%A7ais&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Mes_haines/Les_Moralistes_fran%C3%A7ais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stahl moraliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Esquisses_litt%C3%A9raires_-_Un_conteur_moraliste,_P.-J._Stahl&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Esquisses_litt%C3%A9raires_-_Un_conteur_moraliste,_P.-J._Stahl&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Po&#232;tes Moralistes de la Gr&#232;ce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Po%C3%A8tes_Moralistes_de_la_Gr%C3%A8ce&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Po%C3%A8tes_Moralistes_de_la_Gr%C3%A8ce&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moralists petits-bourgeois et le parti proletarien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/defmarx/dma8.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/defmarx/dma8.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La parole au peuple de Mauritanie</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7809</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7809</guid>
		<dc:date>2024-06-17T22:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karim, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Mauritanie</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le train de la mine de Zou&#233;rate (400 wagons) transporte des richesses (minerais de fer) qui suffiraient &#224; subvenir aux besoins de tout le peuple travailleur de Mauritanie. &lt;br class='autobr' /&gt;
La gr&#232;ve de Zou&#233;rate en 2015 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://cridem.org/C_Info.php?article=669183 &lt;br class='autobr' /&gt;
La parole au peuple travailleur de Mauritanie &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quand on entre &#224; la mine, il y a des travailleurs noirs et d'autres blancs. Quand on en sort, on est tous des mineurs noirs ! &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le chargement d'un seul convoi ferroviaire de minerais (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;5- La formation de la conscience de classe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot223" rel="tag"&gt;Mauritanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le train de la mine de Zou&#233;rate (400 wagons) transporte des richesses (minerais de fer) qui suffiraient &#224; subvenir aux besoins de tout le peuple travailleur de Mauritanie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/11916811.jpg' width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de Zou&#233;rate en 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://cridem.org/C_Info.php?article=669183&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cridem.org/C_Info.php?article=669183&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17137 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/snim330.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/snim330.jpg' width=&#034;960&#034; height=&#034;540&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La parole au peuple travailleur de Mauritanie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand on entre &#224; la mine, il y a des travailleurs noirs et d'autres blancs. Quand on en sort, on est tous des mineurs noirs ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le chargement d'un seul convoi ferroviaire de minerais suffirait &#224; faire vivre tout le peuple travailleur de Mauritanie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a une poign&#233;e de riches mauritaniens et &#233;trangers qui profitent des minerais de Mauritanie et tout le peuple paie cher pour cela, mineurs et habitants proches des mines. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Officiellement, il n'y a plus d'esclaves en Mauritanie mais, en fait, c'est juste un ravalement de fa&#231;ade et l'esclavage n'a fait que changer de nom. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Plus on trouve de richesses en Mauritanie et plus on y trouve&#8230; de la pauvret&#233; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On peut se tromper une fois sur les mensonges des politiciens, des chefs militaires et des classes poss&#233;dantes. Pas deux ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ordre &#233;tabli, c'est celui des ennemis du peuple travailleur. La seule issue pour ce dernier, c'est l'insurrection. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui porte pr&#233;judice au peuple travailleur doit &#234;tre simplement interdit par lui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les pr&#233;tendus hommes puissants ont quelqu'un de plus puissant qu'eux : le peuple travailleur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre seul appui : compter sur ceux qui sont comme nous et pas sur ceux qui d&#233;tiennent le pouvoir et l'argent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les poss&#233;dants peuvent acheter des individus issus du peuple travailleur mais pas d&#233;tourner ce dernier de son chemin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ami des profiteurs des classes poss&#233;dantes n'est pas notre ami. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La parole des politiciens et autres vendeurs de balivernes qui pr&#233;tendent nous sauver n'engage que celui qui y croit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Celui que tu pr&#233;tends ton esclave ou ton salari&#233; surexploit&#233; est un homme libre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les riches se disent des lions mais le peuple travailleur ensemble triomphe du lion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ceux qui nous disent que l'avenir est dans le travail et pas dans la lutte sont ceux qui ne travaillent pas et font travailler les autres pour eux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les riches se disent forts et les travailleurs se disent forts. Il faut inverser les r&#244;les. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Celui qui refuse toute confiance en son camarade de travail et se fie &#224; son patron n'aura que le salaire de la tromperie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Celui qui tire les plus grandes richesses de la mine et de la mer n'en profite pas parce que d'autres pr&#233;tendent &#234;tre propri&#233;taires des richesses issues de l'activit&#233; des travailleurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Faire confiance aux &#233;lections pour am&#233;liorer son sort sans lutter, c'est comme esp&#233;rer tirer des poissons de la mer sans jeter son filet ou des produits de la terre sans semer ni arroser. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand les classes dirigeantes se cachent derri&#232;re la d&#233;mocratie, cherchez derri&#232;re le masque et vous trouverez toujours les riches et les chefs militaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A qui profite la division entre noirs et blancs, &#224; ceux qui en ont profit&#233; depuis que la Mauritanie a &#233;t&#233; invent&#233;e : aux riches ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est quand la vraie ind&#233;pendance apr&#232;s le colonialisme et le n&#233;o-colonialisme, quand les exploit&#233;s cesseront d'&#234;tre d&#233;pendants des exploiteurs et de leurs soutiens politiques et militaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Mauritanie aujourd'hui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fini le racisme d'Etat ? Finie la dictature militaire ? Finis les coups d'Etat ? Fini l'esclavage des noirs ? Fini le partage in&#233;gal des richesses entre riches et pauvres, entre noirs et blancs, entre travailleurs et profiteurs ? Finie la mainmise n&#233;ocoloniale ? Certainement pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de nombreux minerais : fer, or,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_nationale_industrielle_et_mini%C3%A8re&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_nationale_industrielle_et_mini%C3%A8re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mine_de_Tasiast&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mine_de_Tasiast&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.agenceecofin.com/or/1502-116224-la-plus-grande-mine-d-or-de-mauritanie-a-livre-17-6-tonnes-d-or-en-2023-en-hausse-de-15&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.agenceecofin.com/or/1502-116224-la-plus-grande-mine-d-or-de-mauritanie-a-livre-17-6-tonnes-d-or-en-2023-en-hausse-de-15&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Mauritanie rec&#232;le d'importantes potentialit&#233;s mini&#232;res avec plus de neuf cents (900) indices miniers et min&#233;raux r&#233;pertori&#233;s notamment pour le fer, le cuivre, l'or, le phosphate, le quartz, le diamant, le chrome, le mangan&#232;se, le plomb, le zinc, les &#233;l&#233;ments du groupe de platine, les terres rares, les sables noirs, ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://petrole.gov.mr/?Opportunites-d-Investissement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://petrole.gov.mr/?Opportunites-d-Investissement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a m&#234;me du p&#233;trole&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_du_p%C3%A9trole_de_la_Mauritanie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_du_p%C3%A9trole_de_la_Mauritanie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais le peuple travailleur ne poss&#232;de rien&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La valeur d'un seul chargement ferroviaire de minerais suffirait &#224; subvenir aux besoins de la population de tout le pays mais le peuple n'en re&#231;oit pas une miette&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une infime partie de la population profite des richesses (mines, p&#232;che, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/psorbonne/106187?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/psorbonne/106187?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mauritanie : selon un rapport de l'ONU, les trois quarts du pays vivent dans une extr&#234;me pauvret&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com/mag/446442/societe/mauritanie-selon-rapport-de-lonu-trois-quarts-pays-vivent-extreme-pauvrete/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jeuneafrique.com/mag/446442/societe/mauritanie-selon-rapport-de-lonu-trois-quarts-pays-vivent-extreme-pauvrete/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mineurs ont seulement droit aux risques mortels (maladies respiratoires, explosions qui d&#233;truisent l'audition, pollution pour leurs familles, accidents du travail, retraite au cimeti&#232;re, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La race reste encore d&#233;terminante pour la consid&#233;ration, le poste, le revenu, la richesse, les biens d&#233;tenus, le traitement par l'appareil d'Etat, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nations Unies d&#233;clarent : &#171; Les Haratines et les N&#233;gro-Mauritaniens sont syst&#233;matiquement absents de toutes les positions de pouvoir r&#233;el et sont continuellement exclus de nombreux aspects de la vie &#233;conomique et sociale &#187;, a dit l'expert. &#171; Ces groupes repr&#233;sentent plus des deux tiers de la population, mais diverses politiques servent &#224; rendre leurs besoins et leurs droits invisibles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2016/05/mauritania-risks-instability-if-its-wealth-not-better-shared-un-expert&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2016/05/mauritania-risks-instability-if-its-wealth-not-better-shared-un-expert&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le racisme dans la Mauritanie aujourd'hui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encadrement des forces arm&#233;es (officiers et sous-officiers) affiche le racisme du pays. Les Hratines et les N&#233;gro-africains sont rel&#233;gu&#233;s aux postes de soldats subalternes et &#224; la limite de sous-officiers alors que plus de 95% des postes d'officier sont r&#233;serv&#233;s aux Arabo-berb&#232;res. Il suffit pourtant de la moindre lucidit&#233; pour savoir que si ce sont g&#233;n&#233;ralement les officiers qui font les coups d'Etat, les r&#233;voltes des soldats se traduisent toujours par des cons&#233;quences encore plus dramatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire des autorisations d'ouverture de radios et de t&#233;l&#233;visions (licence) depuis qu'il a &#233;t&#233; vot&#233; la loi de lib&#233;ralisation des ondes ? Dans le groupe de ceux qui furent autoris&#233;s &#224; ouvrir des chaines de radio ou de t&#233;l&#233;vision, il n'y a pas un seul Noir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mourabitounes &#187; est le nom donn&#233; &#224; l'&#233;quipe nationale de football de Mauritanie. Les Maurabitounes sont des tribus arabo-berb&#232;res qui au 11&#232;me si&#232;cle ont propag&#233; l'Islam du nord au sud de la Mauritanie en esclavagisant les noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hymne national qui n'est qu'en arabe, exclut symboliquement les N&#233;gro-africains qui sont r&#233;ellement exclus par l'Etat mauritanien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.afriquesenlutte.org/afrique-du-nord/mauritanie-55/article/les-signes-ostentatoires-du&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.afriquesenlutte.org/afrique-du-nord/mauritanie-55/article/les-signes-ostentatoires-du&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le racisme d'Etat reste pr&#233;sent en Mauritanie et aussi l'esclavage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2019/08/DAUM/60147&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.monde-diplomatique.fr/2019/08/DAUM/60147&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5639&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5639&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3524&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3524&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7563&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7563&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6138&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6138&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2739&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2739&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://irafrance-mauritanie.org/2023/01/24/mauritanie-plusieurs-mineurs-en-esclavage-et-deni-publi/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://irafrance-mauritanie.org/2023/01/24/mauritanie-plusieurs-mineurs-en-esclavage-et-deni-publi/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bbc.com/afrique/region-60037714&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bbc.com/afrique/region-60037714&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://haratine.com/Site/?p=kscnfgibo&amp;paged=43&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://haratine.com/Site/?p=kscnfgibo&amp;paged=43&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://senalioune.com/mauritanie-cet-esclavage-quon-ne-saurait-voir/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://senalioune.com/mauritanie-cet-esclavage-quon-ne-saurait-voir/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/09/mauritanie-ma-revolte-contre-le-systeme-esclavagiste/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/09/mauritanie-ma-revolte-contre-le-systeme-esclavagiste/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/jafr_0399-0346_2000_num_70_1_1232&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/jafr_0399-0346_2000_num_70_1_1232&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terreur d'Etat en Mauritanie en avril 1994&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/legacy/french/reports/mauritania/mauritania.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.hrw.org/legacy/french/reports/mauritania/mauritania.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A part la p&#234;che, l'&#233;conomie de la Mauritanie est fond&#233;e sur l'extraction des minerais (fer, or, cuivre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_la_Mauritanie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_la_Mauritanie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Mauritanie d'aujourd'hui est riche en minerais et en&#8230; pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ritimo.org/Une-precarite-persistante-malgre-des-richesses-naturelles&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ritimo.org/Une-precarite-persistante-malgre-des-richesses-naturelles&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mis&#232;re et ses cons&#233;quences en Mauritanie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.voaafrique.com/a/la-mauritanie-a-toujours-un-taux-de-mortalite-maternelle-extremement-eleve/3321868.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.voaafrique.com/a/la-mauritanie-a-toujours-un-taux-de-mortalite-maternelle-extremement-eleve/3321868.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.oxfam.org/fr/decouvrir/pays/mauritanie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.oxfam.org/fr/decouvrir/pays/mauritanie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mai 2015, les travailleurs de la grande mine de fer de Zou&#233;rate en Mauritanie ont manifest&#233; au coude &#224; coude apr&#232;s une longue gr&#232;ve que ni le patronat ni le gouvernement n'ont r&#233;ussi &#224; briser. Quatre jours auparavant ils avaient obtenu la r&#233;int&#233;gration du dernier gr&#233;viste que la direction de la mine s'obstinait &#224; vouloir licencier, au m&#233;pris de tous ses engagements, Ahmed Vall ould Cheibany.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant plus de deux mois (du 28 janvier au 3 avril), la SNIM (Soci&#233;t&#233; nationale industrielle et mini&#232;re) a &#233;t&#233; paralys&#233;e par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. C'est la plus longue gr&#232;ve qu'ait connue cette soci&#233;t&#233; depuis sa cr&#233;ation. Elle a &#233;t&#233; tr&#232;s largement suivie par l'ensemble des travailleurs de cette entreprise qui exploite les mines de fer de Zou&#233;rate et dont l'&#201;tat mauritanien d&#233;tient pr&#232;s de 80 % du capital. Elle compte quelque 6 000 emplois directs, dont 4 500 &#224; Zou&#233;rate. C'est le deuxi&#232;me employeur du pays apr&#232;s l'&#201;tat. C'est aussi la principale source de devises du pays avant les activit&#233;s de la p&#234;che et l'extraction du p&#233;trole. Plus du quart du budget de l'&#201;tat mauritanien provient des activit&#233;s de la SNIM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a mis les travailleurs en gr&#232;ve, c'est le m&#233;pris avec lequel la direction de la SNIM a refus&#233; d'appliquer un accord qu'elle avait pourtant sign&#233; en mai 2014 avec les syndicats des travailleurs pour un rel&#232;vement des salaires et des primes de rendement, entre autres. Elle croyait que les travailleurs resteraient sans r&#233;agir, mal lui en a pris. La col&#232;re a &#233;t&#233; telle que les ouvriers se sont mobilis&#233;s avec une vitesse et une force auxquelles la direction ne s'attendait probablement pas. Les gr&#233;vistes ont affirm&#233; haut et fort qu'ils &#233;taient &#171; pr&#234;ts &#224; aller jusqu'au bout &#187;, jusqu'&#224; la satisfaction de leurs revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, la direction a voulu jouer aux gros bras en licenciant d'un seul coup 400 gr&#233;vistes. Loin de mettre fin au mouvement, cette sanction n'a fait que renforcer la combativit&#233;. Du coup, la r&#233;int&#233;gration de gr&#233;vistes licenci&#233;s a &#233;t&#233; inscrite dans la plateforme revendicative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, la direction a jou&#233; sur le pourrissement de la gr&#232;ve et sur la d&#233;moralisation des gr&#233;vistes, mais ceux-ci ont tenu bon malgr&#233; la fatigue et le manque d'argent, gr&#226;ce &#224; leur solidarit&#233; et au soutien de leurs familles. Ils ont fait des marches et des rassemblements devant la mairie pour sensibiliser les habitants et pour faire pression sur les autorit&#233;s politiques. Ils ont envoy&#233; une d&#233;l&#233;gation dans le port min&#233;ralier de Nouadhibou, o&#249; est achemin&#233; le minerai par le chemin de fer partant de Zou&#233;rate. Les ouvriers du port ont alors rejoint le mouvement de gr&#232;ve. C'est alors seulement que le gouvernement, ayant eu peur que le mouvement n'atteigne d'autres cat&#233;gories de travailleurs dans la capitale, a d&#233;cid&#233; d'intervenir pour obliger la direction de la SNIM &#224; reprendre les n&#233;gociations avec les d&#233;l&#233;gations syndicales &#171; sous 48 heures &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs ont obtenu la r&#233;int&#233;gration des 400 gr&#233;vistes et le paiement des deux mois de gr&#232;ve, un mois pay&#233; par l'&#201;tat et l'autre par la SNIM sous forme &#171; d'avance sur production &#187;. D&#232;s que le pr&#233;sident mauritanien a annonc&#233; la reprise des n&#233;gociations entre les repr&#233;sentants des travailleurs et la direction de la SNIM, ce fut une explosion de joie parmi les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, ils ont repris le travail la t&#234;te haute, mais ils ne sont pas pr&#232;s d'oublier que m&#234;me si la direction signe des engagements pour l'am&#233;lioration des salaires et des primes, elle ne les appliquera que si elle est contrainte par la mobilisation des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/hebdo/20150403-mauritanie-soci%C3%A9t%C3%A9-nationale-industrielle-mini%C3%A8re-snim-greve-depuis-2-mois-cgtm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rfi.fr/fr/hebdo/20150403-mauritanie-soci%C3%A9t%C3%A9-nationale-industrielle-mini%C3%A8re-snim-greve-depuis-2-mois-cgtm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/emission/20150323-mauritanie-greve-mineurs-snim&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rfi.fr/fr/emission/20150323-mauritanie-greve-mineurs-snim&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.industriall-union.org/fr/la-greve-massive-des-mineurs-galvanise-la-mauritanie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.industriall-union.org/fr/la-greve-massive-des-mineurs-galvanise-la-mauritanie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.industriall-union.org/fr/mauritanie-issue-heureuse-a-la-greve-des-mineurs&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.industriall-union.org/fr/mauritanie-issue-heureuse-a-la-greve-des-mineurs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le site minier de Tasiast, la production de l'or a &#233;t&#233; totalement bloqu&#233;e durant 18 jours &#224; la suite d'une importante gr&#232;ve des travailleurs. Cette mine d'or et son usine de production, situ&#233;e &#224; environ 250 kilom&#232;tres au nord de la capitale mauritanienne, Nouakchott, est l'une des plus importantes de l'Afrique de l'Ouest. L'entreprise emploie au total 2 600 salari&#233;s. Rien que sur son site de production il y a plus d'un millier de travailleurs &#171; permanents &#187;, sans compter les &#171; non permanents &#187; et les sous-traitants. Elle appartient depuis 2010 &#224; une soci&#233;t&#233; canadienne, Kinross Gold Corporation, par l'entremise d'une filiale locale, Tasiast Mauritanie Limited SA (TML SA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve a &#233;clat&#233; le 23 mai dernier &#224; la suite d'une d&#233;cision de la direction de r&#233;duire les prestations de ses salari&#233;s pour augmenter ses profits. Abdallahi Nehah, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des travailleurs de Mauritanie (CGTM), une des centrales syndicales qui dirige le mouvement, explique : &#171; La soci&#233;t&#233; a d&#233;cid&#233; notamment de r&#233;duire, &#224; compter du 15 mai 2016, la prise en charge de l'assurance-maladie de 100 % &#224; 80 %, de l'imp&#244;t sur les salaires de 75 % &#224; 25 % et le bonus trimestriel de l'&#233;quivalent d'un mois de salaire &#224; cinq jours seulement [&#8230;] Ces avantages sont devenus des acquis salariaux et ne sauraient &#234;tre diminu&#233;s sans n&#233;gociations et accord entre les deux parties. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;cision est la goutte d'eau qui a fait d&#233;border le vase. Le m&#233;contentement couve depuis longtemps. En ao&#251;t 2013, une gr&#232;ve avait &#233;clat&#233; autour d'une plate-forme revendicative en plusieurs points concernant notamment les salaires et la couverture m&#233;dicale. En octobre 2015, il y a eu aussi un mouvement de col&#232;re suite &#224; une suppression d'emplois. Les travailleurs n'ont pas oubli&#233; la promesse faite par la direction, quelques ann&#233;es plus t&#244;t, d'embaucher 4 000 salari&#233;s. Or depuis 2013, il y a d&#233;j&#224; eu deux plans de licenciements : 300 salari&#233;s licenci&#233;s en 2013 et 148 en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la soif des dirigeants de toujours augmenter leurs profits tout en diminuant le nombre de salari&#233;s et en rognant sur les prestations sociales qui a provoqu&#233; la derni&#232;re gr&#232;ve. La col&#232;re des travailleurs est d'autant plus grande qu'ils voient chaque jour une quantit&#233; importante d'or qui sort de l'usine gr&#226;ce &#224; leur travail alors que la direction veut diminuer le peu qu'ils per&#231;oivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de 18 jours de gr&#232;ve, durant laquelle l'usine a &#233;t&#233; compl&#232;tement bloqu&#233;e, la direction a fini par faire marche arri&#232;re. Dans un premier temps, elle a essay&#233; de casser le mouvement en tentant de remplacer les gr&#233;vistes par des sous-traitants. Mais sa tentative a &#233;chou&#233; et elle a &#233;t&#233; contrainte de faire appel &#224; la n&#233;gociation avec les repr&#233;sentants des gr&#233;vistes. Elle a officiellement annonc&#233; qu'elle suspendait les mesures prises contre les salari&#233;s et qu'elle les soumettrait &#224; la n&#233;gociation avec les syndicats. Ceux-ci ont alors appel&#233; &#224; la reprise du travail apr&#232;s avoir obtenu la promesse qu'aucun gr&#233;viste ne sera licenci&#233; et qu'aucune mesure ne sera prise sans n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne garantit cependant que la direction a d&#233;finitivement renonc&#233; &#224; son plan de r&#233;duire les prestations. Elle reviendra certainement &#224; la charge lorsqu'elle sentira que les travailleurs auront baiss&#233; la garde. Son objectif est avant tout d'augmenter les profits pour enrichir les actionnaires de la mine d'or. Mais par leur gr&#232;ve, les travailleurs ont fait la d&#233;monstration de leur force collective et ont montr&#233; &#224; la direction qu'ils sauront se d&#233;fendre contre d'&#233;ventuelles mesures sc&#233;l&#233;rates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.voaafrique.com/a/mauritanie-accord-pour-la-reprise-du-travail-dans-une-important-mine-d-or-apres-18-jours/3371976.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.voaafrique.com/a/mauritanie-accord-pour-la-reprise-du-travail-dans-une-important-mine-d-or-apres-18-jours/3371976.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestations en 2023&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://observers.france24.com/fr/afrique/20230602-mauritanie-manifestations-mort-oumar-diop-police-colere&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://observers.france24.com/fr/afrique/20230602-mauritanie-manifestations-mort-oumar-diop-police-colere&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2023/05/31/mort-dun-jeune-au-poste-de-police-affrontements-a-boghe-29-mai-2023/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2023/05/31/mort-dun-jeune-au-poste-de-police-affrontements-a-boghe-29-mai-2023/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emeutes en 2023&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/afrique/20230602-mauritanie-ce-que-r%C3%A9v%C3%A8lent-les-tensions-apr%C3%A8s-la-mort-d-oumar-diop-un-jeune-noir&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rfi.fr/fr/afrique/20230602-mauritanie-ce-que-r%C3%A9v%C3%A8lent-les-tensions-apr%C3%A8s-la-mort-d-oumar-diop-un-jeune-noir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.saba.ye/fr/news3243818.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.saba.ye/fr/news3243818.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emeutes de l'eau et de l'&#233;lectricit&#233; en 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2021/07/07/emeutes-de-leau-et-de-lelectricite-a-kobeni-1-juillet-2021/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2021/07/07/emeutes-de-leau-et-de-lelectricite-a-kobeni-1-juillet-2021/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2021/09/24/emeutes-de-lelectricite-a-rkiz-22septembre-2021/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2021/09/24/emeutes-de-lelectricite-a-rkiz-22septembre-2021/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve &#224; la mine de Tasiast en 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.financialafrik.com/2020/05/05/les-employes-de-tasiast-sen-vont-en-greve/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.financialafrik.com/2020/05/05/les-employes-de-tasiast-sen-vont-en-greve/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.voaafrique.com/a/des-mineurs-en-greve-illimitee-en-mauritanie/3344034.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.voaafrique.com/a/des-mineurs-en-greve-illimitee-en-mauritanie/3344034.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve &#224; la mine de la SNIM le 8 mai 2019&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.saharamedias.net/mauritanie-les-travailleurs-de-la-snim-deposent-un-avis-de-greve-des-le-8-mai/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.saharamedias.net/mauritanie-les-travailleurs-de-la-snim-deposent-un-avis-de-greve-des-le-8-mai/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Col&#232;re populaire en 2019&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/afrique/20190623-reportage-mauritanie-montee-colere-quartiers-populaires&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rfi.fr/fr/afrique/20190623-reportage-mauritanie-montee-colere-quartiers-populaires&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affrontements avec les dockers en 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2016/11/08/dockers-affrontements-a-nouakchott-7-novembre-2016/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2016/11/08/dockers-affrontements-a-nouakchott-7-novembre-2016/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pression des squaters en 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2016/06/30/expulsion-affrontements-a-nouakchott-29-huin-2016/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2016/06/30/expulsion-affrontements-a-nouakchott-29-huin-2016/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affrontements contre le racisme et l'esclavagisme en 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2015/01/16/condamnation-de-militants-anti-esclavagistes-affrontements-a-nouakchott-15-janvier-2015/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2015/01/16/condamnation-de-militants-anti-esclavagistes-affrontements-a-nouakchott-15-janvier-2015/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affrontements contre le racisme et l'esclavagisme en 2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2014/11/13/mouvement-antiesclavagiste-ira-emeute-a-nouakchott-11-novembre-2014/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2014/11/13/mouvement-antiesclavagiste-ira-emeute-a-nouakchott-11-novembre-2014/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve &#224; Nouakchott en 2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3378&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3378&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affrontements &#224; Zou&#233;rate en 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2667&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2667&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affrontements &#224; Aioun en 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2013/05/27/conflit-social-affrontements-a-aioun-26-mai-2013/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2013/05/27/conflit-social-affrontements-a-aioun-26-mai-2013/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affrontements avec les dockers en 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2013/04/22/conflit-social-affrontement-au-port-de-nouakchott-21-avril-2013/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2013/04/22/conflit-social-affrontement-au-port-de-nouakchott-21-avril-2013/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2013/04/23/dockers-affrontements-a-nouakchott-22-avril-2013/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2013/04/23/dockers-affrontements-a-nouakchott-22-avril-2013/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affrontements avec les mineurs en 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2012/07/23/mineurs-affrontements-a-akjoujt-22-juillet-2012/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2012/07/23/mineurs-affrontements-a-akjoujt-22-juillet-2012/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve des mineurs en 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2012/07/16/greve-des-mineurs-a-akjoujt-un-mort-15-juillet-2012/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2012/07/16/greve-des-mineurs-a-akjoujt-un-mort-15-juillet-2012/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; printemps &#187; de Mauritanie en 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve468&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve468&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Contestation_en_Mauritanie_en_2011&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Contestation_en_Mauritanie_en_2011&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2011/03/12/emeutes-a-nouakchott-7-mars-2011/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2011/03/12/emeutes-a-nouakchott-7-mars-2011/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2011/03/27/affrontements-a-nouakchott-26-mars-2011/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2011/03/27/affrontements-a-nouakchott-26-mars-2011/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emeute sociale &#224; Zou&#233;rate en 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2011/04/27/emeute-ouvriere-a-%d8%a7%d9%84%d8%b2%d9%88%d9%8a%d8%b1%d8%a7%d8%aa-zouerate-26-avril-2011/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2011/04/27/emeute-ouvriere-a-%d8%a7%d9%84%d8%b2%d9%88%d9%8a%d8%b1%d8%a7%d8%aa-zouerate-26-avril-2011/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2011/07/19/conflit-social-affrontement-a-zouerate-17-juillet-2011/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2011/07/19/conflit-social-affrontement-a-zouerate-17-juillet-2011/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emeutes en 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2009/05/26/emutes-a-nouakchott-mai-209/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2009/05/26/emutes-a-nouakchott-mai-209/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emeutes de la faim en 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article352&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article352&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve des dockers en 2002&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve239&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve239&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve et r&#233;volte de la mine de Zou&#233;rate, 1968&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7778&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7778&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 mai 1968, Mauritanie. Comm&#233;moration des martyrs de Zou&#233;rate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.labourstart.org/fr/wordpress/29-mai-1968-mauritanie-commemoration-des-martyrs-de-zouerate/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.labourstart.org/fr/wordpress/29-mai-1968-mauritanie-commemoration-des-martyrs-de-zouerate/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, qu'est le premier mai ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7319</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7319</guid>
		<dc:date>2024-04-29T22:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce n'est certainement pas la &#034;journ&#233;e du travail&#034; (voir ici ce que pensait Marx du travail : https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6087) d&#233;cid&#233;e par les gouvernants et leurs agents au sein de la classe ouvri&#232;re comme ceux de la bourgeoisie ni le jour de la promenade syndicale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Non ! C'est la r&#233;f&#233;rence historique au caract&#232;re international de l'insurrection ouvri&#232;re ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cela se r&#233;f&#232;re &#224; quoi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'affirmation que l'avenir de l'humanit&#233; est entre les mains du prol&#233;tairat (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;5- La formation de la conscience de classe&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce n'est certainement pas la &#034;journ&#233;e du travail&#034; (voir ici ce que pensait Marx du travail : &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6087&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6087&lt;/a&gt;) d&#233;cid&#233;e par les gouvernants et leurs agents au sein de la classe ouvri&#232;re comme ceux de la bourgeoisie ni le jour de la promenade syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non ! C'est la r&#233;f&#233;rence historique au caract&#232;re international de l'insurrection ouvri&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela se r&#233;f&#232;re &#224; quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'affirmation que l'avenir de l'humanit&#233; est entre les mains du prol&#233;tairat r&#233;volutionnaire s'il ne se contente pas de revendiquer mais prend la t&#234;te de toutes les luttes et les m&#232;ne au renversement du pouvoir capitaliste et &#224; l'av&#232;nement du pouvoir des comit&#233;s et consiels du peuple travailleur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6207&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6207&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire du premier mai :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5786&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5786&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6519&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6519&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on TROTSKY, Vive le 1er Mai ! Vive le Communisme ! Aux travailleurs de tous les pays&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1919/05/lt19190501.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1919/05/lt19190501.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier mai des prol&#233;taires quand ceux-ci cesseront de se laisser amuser par les bonimenteurs r&#233;formistes de tous poils&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2022&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2022&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les origines du premier mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4012&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4012&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier mai et conscience ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article952&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article952&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier mai de lutte de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1734&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1734&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux travailleurs de tous les pays pour le premier mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5722&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5722&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tract du premier mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1097&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1097&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive le 1er mai ouvrier ! A bas les 1er mai bourgeois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7254&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7254&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale interprofessionnelle du 1er mai &#224; Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3671&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3671&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers un nouveau Mai 1966, Mai 1968... ou Mai 1906 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;galit&#233; est une revendication trompeuse&#8230;</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7699</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7699</guid>
		<dc:date>2024-03-23T23:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Engels</dc:subject>
		<dc:subject>Marxisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;galit&#233; est une revendication trompeuse&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, nous sommes contre les in&#233;galit&#233;s entre riches et pauvres, entre hommes et femmes, entre nationaux et immigr&#233;s, etc, mais cela ne signifie pas que l'&#233;galit&#233; soit un objectif g&#233;n&#233;ral, le but m&#234;me de notre combat. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;galit&#233;, cela a un petit air radical et m&#234;me r&#233;volutionnaire et communiste mais cela ne l'est pas tant que cela&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les utopistes du si&#232;cle des Lumi&#232;res ou les r&#233;volutionnaires de 1789-1795 pouvaient croire que l'&#233;galit&#233; &#233;tait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;5- La formation de la conscience de classe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Engels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot93" rel="tag"&gt;Marxisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;galit&#233; est une revendication trompeuse&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, nous sommes contre les in&#233;galit&#233;s entre riches et pauvres, entre hommes et femmes, entre nationaux et immigr&#233;s, etc, mais cela ne signifie pas que l'&#233;galit&#233; soit un objectif g&#233;n&#233;ral, le but m&#234;me de notre combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;galit&#233;, cela a un petit air radical et m&#234;me r&#233;volutionnaire et communiste mais cela ne l'est pas tant que cela&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les utopistes du si&#232;cle des Lumi&#232;res ou les r&#233;volutionnaires de 1789-1795 pouvaient croire que l'&#233;galit&#233; &#233;tait la revendication la plus r&#233;volutionnaire. Les r&#233;volutionnaires d'aujourd'hui ne le peuvent pas m&#234;me si nombre de groupes r&#233;volutionnaires le pr&#233;tendent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.poteapote.com/Soci%C3%A9t%C3%A9/Nathalie-Arthaud-r%C3%A9pond-aux-10-propositions-pour-faire-de-l%C3%A9galit%C3%A9-une-r%C3%A9alit%C3%A9&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.poteapote.com/Soci%C3%A9t%C3%A9/Nathalie-Arthaud-r%C3%A9pond-aux-10-propositions-pour-faire-de-l%C3%A9galit%C3%A9-une-r%C3%A9alit%C3%A9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de l'&#233;galit&#233; une r&#233;alit&#233; ? Mais est-ce que cela a un sens ?!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de l'&#233;galit&#233; l'objectif premier d'une organisation communiste r&#233;volutionnaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/special/library/fondations-us/62.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/special/library/fondations-us/62.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons rappeler dans cet article que la revendication de l'&#233;galit&#233; n'est ni communiste ni r&#233;volutionnaire, m&#234;me si des militants qui se voudraient r&#233;volutionnaires en font leur objectif premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;galit&#233;, la bourgeoisie y a donn&#233; un certain sens et le capitalisme aussi, mais ces derniers sont loin de s'opposer aux in&#233;galit&#233;s et aux divisions au sein de la soci&#233;t&#233;. Devant le march&#233; des marchandises, tous sont apparemment &#233;gaux comme devant le march&#233; du travail. L'&#233;galit&#233; juridique (ou &#233;galit&#233; devant la loi) est aussi revendiqu&#233;e par la soci&#233;t&#233; bourgeoise. L'&#233;galit&#233; devant le vote aussi. Mais tout cela n'est que de la poudre aux yeux tant que subsiste la division fondamentale, celle entre une classe possesseuse des capitaux et une autre qui en est d&#233;pourvue ! Bien s&#251;r, la soci&#233;t&#233; bourgeoise, l'Etat bourgeois, la justice bourgeoise n'accordent nullement des droits &#233;gaux aux exploiteurs et aux exploit&#233;s. C'est seulement une &#233;galit&#233; formelle et purement th&#233;orique et abstraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan de l'aspiration &#224; l'&#233;galit&#233; (celui des Lumi&#232;res et de la R&#233;volution fran&#231;aise) est ainsi tir&#233; par Engels dans l' &#171; Anti-D&#252;hring &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous savons aujourd'hui que ce r&#232;gne de la raison n'&#233;tait rien d'autre que le r&#232;gne id&#233;alis&#233; de la bourgeoisie ; que la justice &#233;ternelle trouva sa r&#233;alisation dans la justice bourgeoise ; que l'&#233;galit&#233; aboutit &#224; l'&#233;galit&#233; bourgeoise devant la loi ; que l'on proclama comme l'un des droits essentiels de l'homme... la propri&#233;t&#233; bourgeoise ; et que l'&#201;tat rationnel, le contrat social de Rousseau ne vint au monde, et ne pouvait venir au monde, que sous la forme d'une R&#233;publique d&#233;mocratique bourgeoise. Pas plus qu'aucun de leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, les grands penseurs du XVIII&#176; si&#232;cle ne pouvaient transgresser les barri&#232;res que leur propre &#233;poque leur avait fix&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611c.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611c.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx dans Gundrisse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;change de valeurs d'&#233;change est la base r&#233;elle qui produit toute &#233;galit&#233; et toute libert&#233;. En tant qu'id&#233;es pures, elles n'en sont que des expressions id&#233;alis&#233;es ; en tant qu'elles se d&#233;veloppent en relations juridiques, politiques et sociales, elles ne sont que cette base &#224; une autre puissance. &#187;&#8239;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La valeur d'&#233;change ou de fa&#231;on plus proche le syst&#232;me de l'argent est dans le fait le syst&#232;me de l'&#233;galit&#233; et de la libert&#233;, et ce qui s'y oppose en les perturbant dans le d&#233;veloppement plus pr&#233;cis du syst&#232;me, ce sont des perturbations qui lui sont immanentes, c'est justement la r&#233;alisation de l'&#233;galit&#233; et de la libert&#233; qui se font conna&#238;tre en se manifestant comme in&#233;galit&#233; et non-libert&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ne r&#232;gnent ici que la Libert&#233;, l'&#201;galit&#233;, la Propri&#233;t&#233; et Bentham. Libert&#233; ! Car l'acheteur et le vendeur d'une marchandise, par exemple de la force de travail, ne sont d&#233;termin&#233;s que par leur libre volont&#233;. Ils passent contrat en tant que personnes libres, &#224; parit&#233; de droits. Le contrat est le r&#233;sultat final dans lequel leurs volont&#233;s se donnent une expression juridique commune. &#201;galit&#233; ! Car ils ne se rapportent l'un &#224; l'autre qu'en tant que possesseurs de marchandise et &#233;changent &#233;quivalent contre &#233;quivalent. Propri&#233;t&#233; ! Car chacun ne dispose que du sien. Bentham ! Car pour chacun d'eux il ne s'agit que de lui-m&#234;me. La seule puissance qui les r&#233;unisse et les mette en rapport est celle de leur &#233;go&#239;sme, de leur avantage particulier, de leurs int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. Et c'est justement parce qu'ainsi chacun ne s'affaire que pour lui et personne ne s'occupe de l'autre, que tous, en cons&#233;quence d'une harmonie pr&#233;&#233;tablie des choses ou sous les auspices d'une providence tr&#232;s fut&#233;e, accomplissent seulement l'&#339;uvre de leur avantage r&#233;ciproque, de l'utilit&#233; commune, de l'int&#233;r&#234;t global. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;galit&#233; semble bien une notion purement &#233;conomique alors que le pouvoir capitaliste est politique. Quelle &#233;galit&#233; est-elle possible entre ceux qui ont la totalit&#233; du pouvoir et ceux qui n'en ont aucune part ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;galit&#233; politique a-t-elle un sens ? Certainement pas quand les moyens politiques sont aux mains de ceux qui poss&#232;dent l'argent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;galit&#233; sociale a-t-elle un sens ? Quelle &#233;galit&#233; peut-il y avoir entre des capitalistes qui ont les armes et les prol&#233;taires qui n'en poss&#232;dent pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me l'&#233;galit&#233; &#233;conomique n'a aucun sens ! Quelle &#233;galit&#233; peut-il y avoir entre le profit et le salaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle &#233;galit&#233; est possible entre possesseurs des entreprises et ceux qui ne font qu'y travailler ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socialiste ou communiste au sens de Marx, la revendication d'&#233;galit&#233; ? Certainement pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etablir pr&#233;tendument un signe d'&#233;galit&#233; entre capitalistes et prol&#233;taires, cela n'a rien de communiste ni de socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx s'est sans cesse d&#233;marqu&#233; de la revendication illusoire d'&#233;galit&#233;, qu'il s'agisse de droit &#233;gal, de salaire &#233;gal, de r&#233;partition &#233;gale des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels rel&#232;ve dans l'anti-D&#252;ring, &#034;Le contenu r&#233;el de la revendication prol&#233;tarienne d'&#233;galit&#233; est la revendication de l'abolition des classes.&#034;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels, Le gentlemen r&#233;volutionnaire (lettre a A. Bebel, 1875) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Se repr&#233;senter la soci&#233;t&#233; socialiste comme l'Empire de l'&#233;galit&#233; est une conception fran&#231;aise trop &#233;troite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#034;Socialisme scientifique et socialisme utopique&#034; de Friedrich Engels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Quant &#224; attendre du mode de production capitaliste une autre r&#233;partition des produits, ce serait demander aux &#233;lectrodes d'une batterie qu'elles ne d&#233;composent pas l'eau et qu'elles ne d&#233;veloppent pas de l'oxyg&#232;ne au p&#244;le positif et de l'hydrog&#232;ne ne au p&#244;le n&#233;gatif alors qu'elles sont reli&#233;es &#224; la batterie.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#034;la critique du programme de Gotha&#034; de Karl Marx : &#034;Qu'est-ce que le &#171; partage &#233;quitable &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les bourgeois ne soutiennent-ils pas que le partage actuel est &#171; &#233;quitable &#187; ? Et, en fait, sur la base du mode actuel de production, n'est-ce pas le seul partage &#171; &#233;quitable &#187; ? Les rapports &#233;conomiques sont-ils r&#233;gl&#233;s par des id&#233;es juridiques ou n'est-ce pas, &#224; l'inverse, les rapports juridiques qui naissent des rapports &#233;conomiques ? Les socialistes des sectes n'ont-ils pas, eux aussi, les conceptions les plus diverses de ce partage &#171; &#233;quitable &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour savoir ce qu'il faut entendre en l'occurrence par cette expression creuse de &#171; partage &#233;quitable &#187;, nous devons confronter le premier paragraphe avec celui-ci. Ce dernier suppose une soci&#233;t&#233; dans laquelle &#171; les instruments de travail sont patrimoine commun et o&#249; le travail collectif est r&#233;glement&#233; par la communaut&#233; &#187;, tandis que le premier paragraphe nous montre que &#171; le produit appartient int&#233;gralement, par droit &#233;gal, &#224; tous les membres de la soci&#233;t&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; A tous les membres de la soci&#233;t&#233; &#187; ? M&#234;me &#224; ceux qui ne travaillent pas ? Que devient alors le &#171; produit int&#233;gral du travail &#187; ? - Aux seuls membres de la soci&#233;t&#233; qui travaillent ? Que devient alors le &#171; droit &#233;gal &#187; de tous les membres de la soci&#233;t&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais &#171; tous les membres de la soci&#233;t&#233; &#187; et le &#171; droit &#233;gal &#187; ne sont manifestement que des fa&#231;ons de parler. Le fond consiste en ceci que, dans cette soci&#233;t&#233; communiste, chaque travailleur doit recevoir, &#224; la mode lassalienne, un &#171; produit int&#233;gral du travail &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2930&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2930&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#034;droit &#233;gal&#034;, dit Marx, nous l'avons ici, en effet, mais c'est encore le &#034;droit bourgeois&#034; qui, comme tout droit pr&#233;suppose l'in&#233;galit&#233;. Tout droit consiste dans l'application d'une r&#232;gle unique &#224; des gens diff&#233;rents , &#224; des gens qui, en fait, ne sont ni identiques, ni &#233;gaux. Aussi le &#034;droit &#233;gal&#034; &#233;quivaut-il &#224; une violation de l'&#233;galit&#233;, &#224; une injustice. En effet, chacun re&#231;oit, pour une part &#233;gale de travail social fourni par lui, une part &#233;gale du produit social (avec les d&#233;falcations indiqu&#233;es plus haut). &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, les individus ne sont pas &#233;gaux : l'un est plus fort l'autre plus faible ; l'un est mari&#233;, l'autre non ; l'un a plus d'enfants, l'autre en a moins, etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
...&#034;A &#233;galit&#233; de travail, conclut Marx, et, par cons&#233;quent, &#224; &#233;galit&#233; de participation au fond social de consommation, l'un re&#231;oit donc effectivement plus que l'autre, l'un est plus riche que l'autre, etc. Pour &#233;viter tous ces inconv&#233;nients, le droit devrait &#234;tre non pas &#233;gal, mais in&#233;gal.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
La justice et l'&#233;galit&#233;, la premi&#232;re phase du communisme ne peut donc pas encore les r&#233;aliser ; des diff&#233;rences subsisteront quant &#224; la richesse, et des diff&#233;rences injustes, mais l'exploitation de l'homme par l'homme sera impossible, car on ne pourra s'emparer, &#224; titre de propri&#233;t&#233; priv&#233;e, des moyens de production, fabriques, machines, terre, etc. En r&#233;futant la formule confuse et petite-bourgeoise de Lassalle sur l'&#034;&#233;galit&#233;&#034; et la &#034;justice&#034; en g&#233;n&#233;ral, Marx montre le cours du d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; communiste, oblig&#233;e de commencer par d&#233;truire uniquement cette &#034;injustice&#034; qu'est l'appropriation des moyens de production par des individus, mais incapable de d&#233;truire d'embl&#233;e l'autre injustice : la r&#233;partition des objets de consommation &#034;selon le travail&#034; (et non selon les besoins). &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;conomistes vulgaires, et parmi eux les professeurs bourgeois, &#034;notre&#034; Tougan y compris, font constamment aux socialistes le reproche d'oublier l'in&#233;galit&#233; des hommes et d'en &#034;r&#234;ver&#034; la suppression. Ce reproche, on le voit, prouve simplement l'ignorance extr&#234;me de messieurs les id&#233;ologues bourgeois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Marx tient rigoureusement compte non seulement de l'in&#233;vitable in&#233;galit&#233; des hommes entre eux, mais aussi du fait que la transformation des moyens de production en propri&#233;t&#233; commune de la soci&#233;t&#233; enti&#232;re (le au sens habituel du mot) ne supprime pas &#224; elle seule les d&#233;fauts de la r&#233;partition et l'in&#233;galit&#233; du &#034;droit bourgeois&#034;, qui continue de r&#233;gner, puisque les produits sont r&#233;partis &#034;selon le travail &#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Mais, poursuit Marx, ces d&#233;fauts sont in&#233;vitables dans la premi&#232;re phase de la soci&#233;t&#233; communiste, telle qu'elle vient de sortir de la soci&#233;t&#233; capitaliste, apr&#232;s un long et douloureux enfantement. Le droit ne peut jamais &#234;tre plus &#233;lev&#233; que l'&#233;tat &#233;conomique de la soci&#233;t&#233; et que le degr&#233; de civilisation qui y correspond.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, dans la premi&#232;re phase de la soci&#233;t&#233; communiste (que l'on appelle ordinairement socialisme), le &#034;droit bourgeois&#034; est aboli non pas compl&#232;tement, mais seulement en partie, seulement dans la mesure o&#249; la r&#233;volution &#233;conomique a &#233;t&#233; faite, c'est-&#224;-dire seulement en ce qui concerne &lt;br class='autobr' /&gt;
les moyens de production. Le &#034;droit bourgeois&#034; en reconna&#238;t la propri&#233;t&#233; priv&#233;e aux individus. Le socialisme en fait une propri&#233;t&#233; commune. C'est dans cette mesure, mais dans cette mesure seulement, que le &#034;droit bourgeois&#034; se trouve aboli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er5.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er5.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous connaissons maintenant le mode et la mani&#232;re dont se d&#233;termine la valeur pay&#233;e au propri&#233;taire de cette marchandise originale, la force de travail. La valeur d'usage qu'il donne en &#233;change &#224; l'acheteur ne se montre que dans l'emploi m&#234;me, c'est &#224; dire dans la consommation de sa force. Toutes les choses n&#233;cessaires &#224; l'accomplissement de cette &#339;uvre, mati&#232;res premi&#232;res, etc., sont achet&#233;es sur le march&#233; des produits par l'homme aux &#233;cus et pay&#233;es &#224; leur juste prix. La consommation de la force de travail est en m&#234;me temps production de marchandises et de plus value. Elle se fait comme la consommation de toute autre marchandise, en dehors du march&#233; ou de la sph&#232;re de circulation. Nous allons donc, en m&#234;me temps que le possesseur d'argent et le possesseur de force de travail, quitter cette sph&#232;re bruyante o&#249; tout se passe &#224; la surface et aux regards de tous, pour les suivre tous deux dans le laboratoire secret de la production, sur le seuil duquel il est &#233;crit : No admittance except on business. L&#224;, nous allons voir non seulement comment le capital produit, mais encore comment il est produit lui-m&#234;me. La fabrication de la plus value, ce grand secret de la soci&#233;t&#233; moderne, va enfin se d&#233;voiler.&lt;br class='autobr' /&gt;
La sph&#232;re de la circulation des marchandises, o&#249; s'accomplissent la vente et l'achat de la force de travail, est en r&#233;alit&#233; un v&#233;ritable Eden des droits naturels de l'homme et du citoyen. Ce qui y r&#232;gne seul, c'est Libert&#233;, Egalit&#233;, Propri&#233;t&#233; et Bentham. Libert&#233; ! car ni l'acheteur ni le vendeur d'une marchandise n'agissent par contrainte ; au contraire ils ne sont d&#233;termin&#233;s que par leur libre arbitre. Ils passent contrat ensemble en qualit&#233; de personnes libres et poss&#233;dant les m&#234;mes droits. Le contrat est le libre produit dans lequel leurs volont&#233;s se donnent une expression juridique commune. Egalit&#233; ! car ils n'entrent en rapport l'un avec l'autre qu'&#224; titre de possesseurs de marchandise, et ils &#233;changent &#233;quivalent contre &#233;quivalent. Propri&#233;t&#233; ! car chacun ne dispose que de ce qui lui appartient. Bentham ! car pour chacun d'eux il ne s'agit que de lui-m&#234;me. La seule force qui les mette en pr&#233;sence rapport est celle de leur &#233;go&#239;sme, de leur profit particulier, de leurs int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. Chacun ne pense qu'&#224; lui, personne ne s'inqui&#232;te de l'autre, et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela qu'en vertu d'une harmonie pr&#233;&#233;tablie des choses, ou sous les auspices d'une providence tout ing&#233;nieuse, travaillant chacun pour soi, chacun chez soi, ils travaillent du m&#234;me coup &#224; l'utilit&#233; g&#233;n&#233;rale, &#224; l'int&#233;r&#234;t commun. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-6.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-6.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx : &#171; La revendication de l'&#233;galit&#233; des salaires repose par cons&#233;quent sur une erreur, sur un d&#233;sir insens&#233; qui ne sera jamais satisfait. Elle a sa source dans ce radicalisme faux et superficiel qui accepte les pr&#233;misses et cherche &#224; se d&#233;rober aux conclusions. Sous le r&#233;gime du salariat, la valeur de la force de travail se d&#233;termine comme celle de toute autre marchandise. Et comme les diff&#233;rentes sortes de travail ont des valeurs diff&#233;rentes, c'est-&#224;-dire n&#233;cessitent pour leur production des quantit&#233;s de travail diff&#233;rentes, elles doivent n&#233;cessairement avoir des prix diff&#233;rents sur le march&#233; du travail. R&#233;clamer une r&#233;mun&#233;ration &#233;gale ou m&#234;me &#233;quitable sous le r&#233;gime du salariat &#233;quivaut &#224; r&#233;clamer la libert&#233; sous le r&#233;gime de l'esclavage. Ce que vous consid&#233;rez comme juste et &#233;quitable n'entre donc pas en ligne de compte. La question qui se pose est la suivante : Qu'est-ce qui est n&#233;cessaire et in&#233;vitable au sein d'un syst&#232;me de production donn&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626h.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626h.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx : &#171; M. Proudhon est-il forc&#233; de recourir &#224; une fiction, pour vous expliquer le d&#233;veloppement. II s'imagine, que la division du travail, le cr&#233;dit, les machines etc., que tout a &#233;t&#233; invent&#233; au service de son id&#233;e fixe, de l'id&#233;e de l'&#233;galit&#233;, Son explication est d'une na&#239;vet&#233; sublime. Ou a invent&#233; ces choses pour l'&#233;galit&#233;, mais malheureusement se sont tourn&#233;es contre l'&#233;galit&#233;. C'est l&#224; tout son raisonnement. C-&#224;-d., il fait une suppo&#172;sition gratuite, et parce que le d&#233;veloppement r&#233;el et sa fiction se contre&#172;disent sur chaque pas, il en conclut qu'il y a contradiction. Il nous dissimule, qu'il y a seulement contradiction entre ses id&#233;es fixes et le mouvement r&#233;el. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1846/12/kmfe18461228.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1846/12/kmfe18461228.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voulons-nous l'&#233;galit&#233; politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah non ! Enlever la totalit&#233; du pouvoir &#224; la classe capitaliste et donner la totalit&#233; au prol&#233;tariat, telle est la prem&#232;re &#233;tape de la r&#233;volution communiste et elle ne peut nullement &#234;tre r&#233;sum&#233;e par le terme d' &#171; &#233;galit&#233; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;galit&#233; ne se r&#233;f&#232;re qu'&#224; la r&#233;partition des richesses et pas &#224; leur mode de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il changer la r&#233;partition des richesses ou changer d'abord le mode de production de celles-ci ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4267&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4267&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il exiger un &#171; juste partage des richesses &#187; au sein du syst&#232;me ou renverser le mode de production capitaliste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7365&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7365&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on supprimer d'abord les in&#233;galit&#233;s sans supprimer la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, sans supprimer &#233;galement la production en vue du profit, sans supprimer encore le pouvoir aux mains des capitalistes, sans supprimer toujours la division en classes sociales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, l'&#233;galit&#233; entre salari&#233;s et patrons est impossible, il faut supprimer l'exploitation de l'homme par l'homme : l'objectif est plus de patrons et plus d'ouvriers et pas l'&#233;galit&#233; entre eux !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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