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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La discontinuit&#233; dans la conception de Friedrich Hegel</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Discontinuit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Hegel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La discontinuit&#233; dans la conception de Friedrich Hegel &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On dit que la nature ignore les bonds (...) or le changement n'est pas seulement quantitatif mais aussi qualitatif et consiste dans quelque chose de nouveau, d'autre, dans la rupture de la forme ancienne de l'&#234;tre. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Hegel dans &#171; Science de la Logique &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; D'une part, la disparition appara&#238;t comme inattendue quand on peut changer la quantit&#233; sans toucher &#224; la qualit&#233; et &#224; la mesure, - d'autre part, on croit la rendre intelligible (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;La nature fait des sauts (ou le r&#232;gne universel de la discontinuit&#233;)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Discontinuit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot169" rel="tag"&gt;Hegel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La discontinuit&#233; dans la conception de Friedrich Hegel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; On dit que la nature ignore les bonds (...) or le changement n'est pas seulement quantitatif mais aussi qualitatif et consiste dans quelque chose de nouveau, d'autre, dans la rupture de la forme ancienne de l'&#234;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel dans &#171; Science de la Logique &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'une part, la disparition appara&#238;t comme inattendue quand on peut changer la quantit&#233; sans toucher &#224; la qualit&#233; et &#224; la mesure, - d'autre part, on croit la rendre intelligible par l'id&#233;e de gradualit&#233;. On se rabat avec tant de facilit&#233; sur cette cat&#233;gorie pour repr&#233;senter ou pour expliquer la disparition d'une qualit&#233; ou de quelque chose, parce que de cette fa&#231;on la disparition semble s'accomplir devant vos yeux ; en effet, la quantit&#233; &#233;tant d&#233;termin&#233;e comme limite ext&#233;rieure, la transformation purement quantitative se comprend d'elle-m&#234;me. Mais en fait on n'explique rien ; la transformation est essentiellement le passage d'une qualit&#233; en une autre. (...) Ce qui est faux, c'est le comportement ... de notre conscience ordinaire qui consid&#232;re une quantit&#233; comme une limite indiff&#233;rente seulement... La ruse du concept consiste &#224; saisir un &#234;tre d&#233;termin&#233; par le c&#244;t&#233; o&#249; sa qualit&#233; ne semble pas entrer en jeu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel dans &#171; La Grande Logique &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On dit que la nature ignore les bonds (...) or le changement n'est pas seulement quantitatif mais aussi qualitatif et consiste dans quelque chose de nouveau, d'autre, dans la rupture de la forme ancienne de l'&#234;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel dans &#171; La Grande Logique &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Expliquer une naissance ou une disparition par la gradualit&#233; du changement entra&#238;ne l'ennui d'une tautologie ; une telle explication pr&#233;suppose que le naissant ou le disparaissant sont pr&#234;ts d'avance, le changement devient un simple d&#233;placement d'une diff&#233;rence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel dans &#171; Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophes avaient, de longue date, remarqu&#233; les paradoxes logiques du grain et du tas de grains et autres paradoxes du continu/discontinu, qui ont fait partie des grandes d&#233;couvertes philosophiques et scientifiques de Z&#233;non d'El&#233;e comme de celles de Friedrich Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Z&#233;non comme Hegel ne renvoyaient pas dos &#224; dos discontinuit&#233; et continuum et tous deux reconnaissaient le caract&#232;re fondamental et universel de la discontinuit&#233;, du saut, du changement radical et brutal comme de la quantification de l'univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En employant la rupture en deux parties de la dichotomie, Z&#233;non rompait sans cesse tous les continuums apparents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Hegel soulignait que continu et discontinu &#233;taient deux parties ins&#233;parables de la contradiction, il retenait que l'univers fonctionnait pas des sauts et donnait &#224; la discontinuit&#233;, celle de la r&#233;alit&#233; comme de son changement, du domaine mat&#233;riel comme de celui de la pens&#233;e, son caract&#232;re universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le philosophe G.W.F Hegel qui a incontestablement &#233;t&#233; le fondateur de la plus importante philosophie du discontinu, la dialectique. Hegel &#233;crit dans &#171; Science de la Logique &#187; : &#171; La nature ne fait pas de bond &#187;, dit-on ; et l'opinion ordinaire, quand il s'agit de comprendre l'av&#232;nement ou la disparition, s'imagine (...) les comprendre en se les repr&#233;sentant comme av&#232;nement ou disparition graduels. Mais il s'est d&#233;j&#224; manifest&#233; que les changements de l'&#234;tre ne sont pas le passage d'une quantit&#233; en une autre quantit&#233;, mais le passage du qualitatif au quantitatif, et inversement, la transition en un autre qui est une interruption du graduel et un changement qualitatif par rapport &#224; l'&#234;tre d&#233;termin&#233; ant&#233;rieur. L'eau refroidie ne devient pas peu &#224; peu dure (...) L'Etat a une mesure de sa grandeur quantitative au-del&#224; de laquelle il s'&#233;croule int&#233;rieurement sous la m&#234;me constitution qui, avant son extension, faisait son bonheur et sa force. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La philosophie d'Hegel montre que le mouvement et le changement ne peuvent s'interpr&#233;ter que comme l'action des contradictions internes pr&#233;existantes et menant &#224; une rupture avec changement qualitatif, le syst&#232;me pouvant sauter d'un ordre &#224; un autre parce que ses contradictions internes basculent brutalement d'une forme &#224; une autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Hegel &#233;crit dans sa &#171; Logique &#187; que &#171; Quand on veut se repr&#233;senter l'apparition ou la disparition de quelque chose, on se les repr&#233;sente ordinairement comme une apparition ou une disparition graduelles. Pourtant, les transformations de l'&#234;tre sont non seulement le passage d'une quantit&#233; &#224; une autre, mais aussi le passage de la quantit&#233; &#224; la qualit&#233; et inversement, passage qui entra&#238;ne la substitution d'un ph&#233;nom&#232;ne &#224; un autre, est une rupture de progressivit&#233;. &#187; Il remarque que cette constatation a un caract&#232;re universel, allant de la nature &#224; la soci&#233;t&#233;. Dans tous ces domaines, il d&#233;montre la n&#233;cessit&#233; de philosopher sur la transformation qualitative et de ne pas se contenter d'une philosophie de l'observation d'objets fixes en d&#233;placement. Le lien entre changement qualitatif et quantitatif, dans les deux sens, signifie reconna&#238;tre l'interaction d'&#233;chelle. Le mouvement est ins&#233;parable du changement, car il est impossible qu'il y ait un d&#233;placement s'il n'y a pas un changement d'&#233;tat. Le changement et le mouvement n&#233;cessitent d'&#234;tre &#233;tudi&#233;s &#224; l'aide de concepts int&#233;grant cette capacit&#233; de transformation, donc des concepts qui ne soient ni absolus ni &#233;ternels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etudier les sciences, ce n'est pas seulement mesurer et trouver des transformations num&#233;riques. C'est d&#233;voiler la source de cette capacit&#233; de la nature de produire du neuf, spontan&#233;ment et sans action ext&#233;rieure. La mutation de philosophie est consid&#233;rable. Hegel rompt avec les notions m&#233;taphysiques. L'interaction remplace la notion ancienne de &#171; force &#187;, dans laquelle l'action &#233;tait forc&#233;ment ext&#233;rieure. Le mouvement n'est pas le produit d'un &#233;nerg&#233;tisme ni la vie d'un vitalisme. La constance est con&#231;ue comme le produit de la transformation et elle a pour produit une transformation. L'adaptation est guid&#233;e par le m&#233;canisme de conservation et non par un but de transformation. C'est &#233;galement la conservation qui contraint aux transformations brutales en ayant accumul&#233; des contradictions. Le n&#233;gatif est au sein du positif et le positif au sein du n&#233;gatif. La n&#233;gation est indispensable &#224; la construction. Ce qui existe m&#233;rite de p&#233;rir parce qu'il contient d&#233;j&#224; les contradictions qui causeront sa perte. Hegel &#233;crit dans &#171; Histoire de la philosophie &#187; : &#171; Il faut rendre justice &#224; l'aspect n&#233;gatif ... On doit reconna&#238;tre la contradiction pr&#233;sente dans l'existence (...). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel, lui-m&#234;me, a parfaitement conscience que dire cela c'est faire l'&#233;loge de la r&#233;volution puisqu'il encha&#238;ne sur la r&#233;volution fran&#231;aise de 1789 de la mani&#232;re suivante : &#171; Les vieilles institutions n'avaient plus de place dans le sentiment d&#233;velopp&#233; de la libert&#233; consciente (...). On se comporta destructivement contre ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; d&#233;truit int&#233;rieurement. &#187; A l'image de la r&#233;volution fran&#231;aise, le processus d&#233;crit par Hegel est un d&#233;veloppement des contradictions internes du syst&#232;me qui, atteignant un seuil, abolissent brutalement l'ancien ordre. Hegel ne cesse de l'affirmer : l'ordre social, lui-m&#234;me, contient ses propres contradictions comme toute autre structure. Karl Marx soulignait ce caract&#232;re r&#233;volutionnaire de la philosophie d'Hegel : &#171; Sous sa forme rationnelle, la dialectique n'est, aux yeux de la bourgeoisie et de ses th&#233;oriciens, que scandale et horreur, parce que, outre la compr&#233;hension positive de ce qui existe, elle englobe &#233;galement la compr&#233;hension de la n&#233;gation, de la disparition in&#233;vitable de l'&#233;tat des choses existant ; parce qu'elle consid&#232;re toute forme sous l'aspect du mouvement, par cons&#233;quent aussi sous son aspect transitoire ; parce qu'elle ne s'incline devant rien et qu'elle est, par son essence, critique et r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devons nous interroger un philosophe comme Hegel pour r&#233;fl&#233;chir aux propri&#233;t&#233;s de la nature comme la continuit&#233; ou la discontinuit&#233; ? Ne suffit-il pas d'observer scientifiquement les ph&#233;nom&#232;nes physiques ? L'univers est-il un ph&#233;nom&#232;ne rationnel ou irrationnel, d&#233;terministe ou ind&#233;terministe, r&#233;versible ou irr&#233;versible, fini ou infini, lin&#233;aire ou non-lin&#233;aire, moniste ou dualiste, r&#233;ductionniste ou holiste, agissant par action positive ou par n&#233;gation ? La r&#233;ponse n&#233;cessite une &#233;tude scientifique mais aussi une r&#233;flexion philosophique. Les concepts qu'utilise la science n'ont pas &#233;t&#233; cueillis dans la nature mais dans la philosophie. Les param&#232;tres que l'on mesure lors des exp&#233;riences ont &#233;t&#233; con&#231;us par les scientifiques et ne sont pas impos&#233;s directement par la nature. Les raisonnements sur la nature n'ont pas &#233;t&#233; &#233;crits sous la dict&#233;e des conditions naturelles mais dans celles de la pens&#233;e humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science examine le monde, mais elle est oblig&#233;e de supputer, de raisonner, de b&#226;tir des m&#233;canismes de pens&#233;e que la nature n'a pas directement dict&#233;s. Certains auteurs continuent &#224; pr&#233;tendre que la science de la nature, ou que la math&#233;matique, est fond&#233;e sur des propositions indiscutables. C'est faux. La science de la nature n'est pas n&#233;cessairement plus objective que les autres domaines de la pens&#233;e et de la soci&#233;t&#233; humaine. M&#234;me les &#233;l&#233;ments de sciences apparemment les plus ind&#233;pendants de la pens&#233;e et les sciences apparemment ind&#233;pendantes des objets de la nature, comme les math&#233;matiques, ne le sont pas. Beaucoup affirment qu'Hegel lui-m&#234;me ne pourrait pas contredire que &#171; un plus un &#233;gale deux &#187;. Et pourtant, le nombre &#171; un &#187; est d&#233;j&#224; un concept philosophique et non une simple observation de la nature. Et dans la nature, un plus un peut faire plus que deux ! Les sciences s'appuient sur un grand nombre d'a priori philosophiques, sans n&#233;cessairement en avoir conscience, ni les remettre r&#233;guli&#232;rement en question. M&#234;me si les sciences sont r&#233;put&#233;es objectives, nous avons absolument besoin de concepts philosophiques pour raisonner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continu ou discontinu, gradualiste ou saltationniste, voil&#224; deux autres questions philosophiques que nous posons &#224; l'univers. Pr&#233;tendre que le gradualisme et le continuisme, selon lesquels le monde &#233;volue doucement et r&#233;guli&#232;rement, seraient des constatations issues directement de l'observation est aussi faux que d'affirmer que ce serait la discontinuit&#233; qui fonderait l'univers de fa&#231;on &#233;vidente. Au fait, pourquoi le monde ne serait-il pas parfois continu et, &#224; d'autres moments, discontinu ? C'est un probl&#232;me que nous allons &#233;galement examiner et nous constaterons que les deux conceptions sont antith&#233;tiques : l'univers est continu ou discontinu mais pas l'un des deux suivant les circonstances. Le pr&#233;jug&#233; selon lequel &#171; la nature ne fait pas de bonds &#187; a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; longtemps comme une &#233;vidence sans m&#234;me qu'il y ait des preuves scientifiques et a &#233;t&#233; ouvertement pr&#233;sent&#233; par les scientifiques eux-m&#234;mes comme un choix philosophique. Un des arguments de Lyell, en faveur du graduel et de la continu, dans ses &#171; Principes de g&#233;ologie &#187; est justement le manque de connaissance : &#171; Dans notre ignorance de l'origine et de la nature du feu volcanique, il semble plus conforme &#224; la prudence philosophique de croire qu'il n'y a point d'instabilit&#233; dans cette partie du syst&#232;me terrestre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; des contradictions du continu et du discontinu pour Hegel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/La_science_universelle/a_PvDwAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=Hegel+discontinu&amp;pg=PT95&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/La_science_universelle/a_PvDwAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=Hegel+discontinu&amp;pg=PT95&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La th&#233;orie des catastrophes</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6187</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La th&#233;orie des catastrophes &lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Lochak &lt;br class='autobr' /&gt;
Ren&#233; Thom &lt;br class='autobr' /&gt;
Ivar Ekeland &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Zin &lt;br class='autobr' /&gt;
Simon Diner &lt;br class='autobr' /&gt;
Wikipedia &lt;br class='autobr' /&gt;
Vladimir Arnold &lt;br class='autobr' /&gt;
Peter W. Michor &lt;br class='autobr' /&gt;
Marc Chaperon &lt;br class='autobr' /&gt;
J. Petitot &lt;br class='autobr' /&gt;
Thom et Petitot &lt;br class='autobr' /&gt;
Ouvrage collectif &lt;br class='autobr' /&gt;
Ren&#233; Thom &lt;br class='autobr' /&gt;
Etienne Ghys &lt;br class='autobr' /&gt;
Aur&#233;lien Barrau &lt;br class='autobr' /&gt;
S. Frontier &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire encore &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire aussi&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;La nature fait des sauts (ou le r&#232;gne universel de la discontinuit&#233;)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_15726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/cata1.jpg' width=&#034;411&#034; height=&#034;376&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/cata2.jpg' width=&#034;296&#034; height=&#034;399&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15728 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/cata3.jpg' width=&#034;292&#034; height=&#034;399&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15729 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/cata4.gif' width=&#034;407&#034; height=&#034;457&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La th&#233;orie des catastrophes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://aflb.minesparis.psl.eu/AFLB-274/aflb274p565.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Georges Lochak&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://aflb.minesparis.psl.eu/AFLB-274/aflb274p575.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ren&#233; Thom&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://pst.chez-alice.fr/TCIvarEk.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ivar Ekeland&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://jeanzin.fr/ecorevo/philo/pretapen/thom.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean Zin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article444&#034;&gt;Simon Diner&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_catastrophes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wikipedia&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=Cz71CAAAQBAJ&amp;redir_esc=y&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vladimir Arnold&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mat.univie.ac.at/~michor/catastrophes.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Peter W. Michor&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://webusers.imj-prg.fr/~marc.chaperon/ChaperonUNESCO.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marc Chaperon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.numdam.org/article/MSH_1977__59__3_0.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J. Petitot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/S%C3%A9miotique_et_th%C3%A9orie_des_catastrophes/lKY5mV-ue4UC?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=inauthor:%22Ren%C3%A9+Thom%22&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thom et Petitot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/La_Querelle_du_d%C3%A9terminisme/-aimAgAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=inauthor:%22Ren%C3%A9+Thom%22&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ouvrage collectif&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.academia.edu/4457696/Ren%C3%A9_Thom_De_la_Th%C3%A9orie_des_Catastrophes_%C3%A0_la_M%C3%A9taphysique?auto=download&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ren&#233; Thom&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://ghys.perso.math.cnrs.fr/exposes/catastrophes.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Etienne Ghys&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/leportique/2053&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Aur&#233;lien Barrau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/pleins_textes_6/colloques2/31967.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S. Frontier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://data.bnf.fr/fr/13162790/catastrophes__theorie_des/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article17&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La mati&#232;re : un monde en transitions</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5680</link>
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		<dc:date>2020-10-11T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que chacun a retenu des &#233;tats de la mati&#232;re est l'existence de trois &#233;tats : solide, liquide et gaz, mais il faut aller bien au-del&#224; de ces oppositions et on va voir que des &#233;tats, la mati&#232;re en conna&#238;t bien d'autres. Le fondement de ces divisions n'est pas compr&#233;hensible si on se contente de ces trois &#233;tats. La mani&#232;re la plus fondamentale de poser le probl&#232;me oppose d'ailleurs deux &#233;tats qui sont non seulement oppos&#233;s mais unis au sein d'un m&#234;me complexe dialectique. Ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;La nature fait des sauts (ou le r&#232;gne universel de la discontinuit&#233;)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que chacun a retenu des &#233;tats de la mati&#232;re est l'existence de trois &#233;tats : solide, liquide et gaz, mais il faut aller bien au-del&#224; de ces oppositions et on va voir que des &#233;tats, la mati&#232;re en conna&#238;t bien d'autres. Le fondement de ces divisions n'est pas compr&#233;hensible si on se contente de ces trois &#233;tats. La mani&#232;re la plus fondamentale de poser le probl&#232;me oppose d'ailleurs deux &#233;tats qui sont non seulement oppos&#233;s mais unis au sein d'un m&#234;me complexe dialectique. Ces deux l&#224; sont l'ordre et le d&#233;sordre.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, ce qui distingue les &#233;tats n'est pas la composition ni la forme des mol&#233;cules mais leurs interactions dues &#224; la concentration de la mati&#232;re. C'est la densit&#233; de mati&#232;re qui compte et engendre des propri&#233;t&#233;s et des structures. Or cette densit&#233; de mati&#232;re qui semblerait &#224; premi&#232;re vue continue et uniforme ne l'est nullement. Elle est discontinue et d&#233;pend de l'&#233;chelle de grandeur o&#249; on l'observe, ce qui change compl&#232;tement l'image que l'on a de la mati&#232;re. La meilleure preuve de cette discontinuit&#233; et inhomog&#233;n&#233;it&#233; qui cause le changement de densit&#233; suivant l'ordre de grandeur o&#249; on l'&#233;tudie est le ciel bleu. Si la densit&#233; &#233;tait continue et uniforme, ind&#233;pendante des &#233;chelles jusqu'au niveau submicroscopique, nous verrions au dessus de nos t&#234;tes un ciel noir comme le voient les cosmonautes qui se retrouvent dans l'espace loin de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changement de densit&#233; suivant les &#233;chelles suppose un m&#233;lange d'ordre et de d&#233;sordre. Ordre parce que la mati&#232;re est discontinue, atomique, mol&#233;culaire et que ces atomes et ces mol&#233;cules sont entour&#233;s par un tr&#232;s grand vide. Plus il est grand plus il y a de d&#233;sordre. Plus il est petit, plus il y a d'ordre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re est un complexe d'ordre et de d&#233;sordre. L'ordre est conservation de liaisons et de structures. Le d&#233;sordre est agitation et modification des liaisons et des structures. On n'a jamais l'un sans l'autre. Chaque structure est issue de l'agitation. Chaque ordre est issu du d&#233;sordre. C'est le d&#233;sordre mol&#233;culaire qui permet la formation la plus ordonn&#233;e : celle du cristal. Ce dernier est en effet le remplissage dans tous les &#171; trous &#187; de mol&#233;cules, remplissage r&#233;alis&#233; gr&#226;ce &#224; l'agitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre en termes d'&#233;tats est le solide cristallis&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;sordre en termes d'&#233;tat est soit liquide, soit gaz, soit solide amorphe, soit plasma, ce qui est d&#233;j&#224; bien plus large que les seuls fluides (liquide ou gaz).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces divisions n'emp&#234;chent pas que l'ordre et le d&#233;sordre soient sans cesse imbriqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'autre part remarquer les changements permanents au sein d'une structure ou d'un mat&#233;riau. Ils sont indispensables y compris pour obtenir la conservation globale d'un &#233;tat, d'une transition entre deux &#233;tats ou de la stabilit&#233; d'un mat&#233;riau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ordres et les d&#233;sordres sont sans cesse interagissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ordres proviennent d'interactions qui sont elles-m&#234;mes du d&#233;sordre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classification des diff&#233;rents &#233;tats de la mati&#232;re a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en consid&#233;rant essentiellement la densit&#233; de mati&#232;re. La raison en est que cette densit&#233; conduit &#224; une importance plus ou moins grande des interactions entre mol&#233;cules, &#224; un parcours plus ou moins &#171; libre &#187; des mol&#233;cules. On appelle donc d&#233;sordre un &#233;tat dans lequel les mol&#233;cules s'ignorent le plus mutuellement et ordre un &#233;tat dans lequel elles ne peuvent pas du tout se placer &#171; librement &#187; ou ind&#233;pendamment&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les deux, il y a de multiples de degr&#233;s et modes d'organisation qui couplent ordre et d&#233;sordre, qui couplent m&#234;me deux ou plusieurs &#233;tats coexistant et dont l'opposition est une interaction. L'&#233;quilibre d'une surface d'eau s&#233;parant les deux phases liquide et gaz est le produit de mol&#233;cules qui s'&#233;loignent de la surface et d'autres qui y retournent, le tout dans un mouvement permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le montre l'exemple de la neige, le changement d'organisation est la base m&#234;me de toute la dynamique&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Changement_de_phase&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce qu'un changement d'&#233;tat de la mati&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un monde mat&#233;riel sans cesse en transition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re peut se pr&#233;senter sous plusieurs &#233;tats sans que les mol&#233;cules qui la constituent ne changent. Chacun conna&#238;t les ordres mat&#233;riels qui ont pour nom solide, liquide ou gaz et on sait aussi que l'on peut passer d'un &#233;tat &#224; un autre, ce que l'on appelle une transition de phase. Il y a la phase liquide, la phase solide et la phase gazeuse et cela d&#233;pend de la temp&#233;rature, de la pression et du volume. Ces choses l&#224; sont bien connues mais elles pourraient donner une image fausse de la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On imagine de la glace dans une casserole en train de bouillir : elle passe de l'&#233;tat solide &#224; l'&#233;tat liquide puis &#224; l'&#233;tat gazeux sous l'action ext&#233;rieure de la chaleur. Donc on est amen&#233;s &#224; penser que &#171; naturellement &#187; la mati&#232;re ne changerait pas d'&#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser aussi qu'une mati&#232;re existant enti&#232;rement &#224; l'&#233;tat solide passe globalement et enti&#232;rement &#224; l'&#233;tat liquide puis gazeux. Or, en g&#233;n&#233;ral, toute mati&#232;re existe simultan&#233;ment dans plusieurs phases et des portions d'elle passent sans cesse d'un &#233;tat &#224; un autre. En somme, on doit passer d'une image statique &#224; une image dynamique. Nous devons bien s&#251;r nous rappeler que c'est la m&#234;me mol&#233;cule d'eau qui appartient &#224; ces diff&#233;rents &#233;tats et donc ce n'est pas le contenu en termes d'atomes de la mol&#233;cule qui change d'un &#233;tat &#224; l'autre mais les interactions entre mol&#233;cules. L'&#233;tat est donc un effet collectif auto-organis&#233;. L'&#233;tat est &#233;mergent. D'autre part, il faut prendre conscience que, m&#234;me s'il y a bel et bien un saut d'un &#233;tat &#224; un autre, on peut tr&#232;s bien se maintenir dans un &#233;tat alors que l'on devrait &#234;tre dans un autre. Pour l'eau, par exemple, on aura la surfusion si on a un liquide maintenu dans cet &#233;tat alors que les conditions de temp&#233;rature et de pression indiqueraient le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons donc plusieurs raisons de ne pas consid&#233;rer les &#233;tats de la mati&#232;re comme des situations enti&#232;rement s&#233;par&#233;es, distinctes : nous devons les consid&#233;rer comme des contraires dialectiques, d&#233;pendants les uns des autres, transposables les uns dans les autres, capables de coexister au sein d'un mat&#233;riau, d&#233;pendant d'une m&#234;me dynamique. Les passages d'un &#233;tat &#224; un autre sont des sauts qui ne sont pas n&#233;cessairement r&#233;versibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui distingue l'&#233;tat solide, c'est la cristallisation. Il n'y a pas seulement des mol&#233;cules plus ou moins proches les unes des autres, cognant les unes sur les autres du fait du mouvement brownien. Ces mol&#233;cules constituent alors une structure d'ensemble qui reproduit des motifs g&#233;om&#233;triques qui sont la forme la plus &#233;conomique, l'attracteur de la dynamique alors que cela n'est pas le cas pour le liquide ou le gaz. Mais l'existence de motifs g&#233;om&#233;triques particuli&#232;rement sym&#233;triques, repr&#233;sentant des minimums d'&#233;nergie et donc des attracteurs stables ou du moins durables de la structure, a une autre cons&#233;quence : le fait qu'il peut y avoir plusieurs sortes de motifs structurels sym&#233;triques. Cela d&#233;pend du type de mol&#233;cule et des motifs que cela permet de r&#233;aliser. Du coup, le solide peut avoir de multiples formes possibles et sauter d'une &#224; une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple bien connu de l'eau. Nous la connaissons bien sous ses trois formes. Il est solide sous forme de glace ou de neige. Il est liquide sous la forme que nous utilisons le plus souvent. Si on le chauffe, on voit sortir de la vapeur d'eau, sa forme gazeuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la r&#233;alit&#233; n'est pas simplement ou solide ou liquide ou gaz. Par exemple, au sein d'un nuage, les trois phases coexistent. Le nuage est m&#234;me la structure globale permettant aux trois phases de coexister. Dans les mers polaires, les trois phases coexistent aussi. Il y a des glaces flottantes dans l'eau et, juste au dessus de la surface de l'eau, il y a aussi de la vapeur d'eau produite par les effets de la chaleur des rayons du soleil. Dans un &#233;tat dynamique, des groupes de mol&#233;cules sont sans cesse en train de changer d'&#233;tat. C'est le cas dans un nuage, volume de m&#233;lange de gaz, de solide et de liquide, en pleines interactions. Mais c'est le cas aussi dans une mer, interaction entre &#233;tats gazeux, liquide et solides qui est bien sans cesse en train de sauter d'un ordre &#224; un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me ainsi, cette image de l'eau est fausse car l'eau solide n'est pas la glace comme une forme unique mais sous de multiples formes avec une capacit&#233; de sauter brutalement d'une forme &#224; une autre en fonction de la temp&#233;rature, de la pression et du volume. Il y a plusieurs formes de glace et plusieurs formes de neige. Il y a aussi de la glace qui, du fait des consid&#233;rations de temp&#233;rature, de pression et de volume, devrait d&#233;j&#224; &#234;tre fondue et ne l'est pas. Il y a des m&#233;langes complexes qui ne sont pas tout &#224; fait de la glace et pas tout &#224; fait du liquide et qui ne constituent pas du tout le lien continu entre glace et liquide&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet univers des transitions de phase se caract&#233;rise par la discontinuit&#233; et on peut s'&#233;tonner de voir que l'on repr&#233;sente les discontinuit&#233;s par des mesures continues comme celles de la pression ou de la temp&#233;rature. Mais il faut savoir que ces param&#232;tres sont issus de moyennes sur des ph&#233;nom&#232;nes r&#233;els et pas de mesures directes de ph&#233;nom&#232;nes fondamentaux. Un mat&#233;riau n'a pas globalement de temp&#233;rature donn&#233;e ni de pression donn&#233;e. Et des moyennes peuvent parfaitement &#233;voluer &#224; peu pr&#232;s contin&#251;ment au plan math&#233;matique m&#234;me dans un monde o&#249; il n'y a rien de continu. Aucune continuit&#233; entre mol&#233;cules. Aucune temp&#233;rature propre &#224; une mol&#233;cule ou &#224; un petit nombre d'entre elles. Mais une moyenne de l'agitation mol&#233;culaire et des chocs sur des surfaces ce qui donne un libre parcours moyen, une temp&#233;rature et une pression. Temp&#233;rature et pression sont des &#034;param&#232;tres d'ordre&#034;. Et pourtant, cet ordre est issu du d&#233;sordre : de l'agitation et des chocs inter-mol&#233;culaires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un param&#232;tre d'ordre est une quantit&#233; qui caract&#233;rise l'&#233;tat d'un syst&#232;me physique au cours d'une transition de phase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la th&#233;orie de Landau des transitions de phase, la phase d&#233;sordonn&#233;e est invariante par un groupe de transformation G, tandis que la phase ordonn&#233;e est seulement invariante sous l'action d'un sous-groupe G' du groupe G. Le param&#232;tre d'ordre est une quantit&#233; invariante sous l'action du sous groupe G' mais pas du groupe G tout entier. La phase d&#233;sordonn&#233;e &#233;tant invariante sous l'action du groupe G tout entier, le param&#232;tre d'ordre doit n&#233;cessairement avoir une valeur nulle dans cette phase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une transition de phase (par exemple la transition liquide-solide), cette quantit&#233; passe d'une valeur nulle dans la phase d&#233;sordonn&#233;e (ex : liquide) &#224; une valeur non nulle dans la phase dite ordonn&#233;e (ex : solide). Dans l'exemple de la transition liquide solide, la phase liquide est invariante sous l'action du groupe des isom&#233;tries de l'espace euclidien, alors que la phase solide n'est invariante que sous l'action d'un des 230 groupes d'espace. Une propri&#233;t&#233; importante des transitions avec param&#232;tre d'ordre, dans la th&#233;orie de Landau, est que comme la sym&#233;trie est soit pr&#233;sente soit absente il n'est pas possible de passer continument de la phase d&#233;sordonn&#233;e &#224; la phase ordonn&#233;e. En particulier, une ligne de transition solide-liquide ne peut pas se terminer par un point critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas d'une transition liquide-gaz, au contraire, la phase de haute temp&#233;rature (le gaz) et la phase de basse temp&#233;rature (le liquide) poss&#232;dent toutes les deux l'invariance par le groupe des isom&#233;tries. Strictement parlant, il n'existe donc pas de param&#232;tre d'ordre pour la transition liquide-gaz. Du fait de l'absence de brisure de sym&#233;trie dans la transition liquide-gaz, il est possible de passer continument de l'un de ces &#233;tats de la mati&#232;re &#224; l'autre. C'est pourquoi la ligne de transition liquide gaz se termine par un point critique. Il est possible de passer continument de l'&#233;tat liquide &#224; l'&#233;tat gazeux par un chemin thermodynamique qui contourne ce point critique. On consid&#232;re donc l'&#233;tat gazeux et l'&#233;tat liquide du point de vue de la sym&#233;trie comme un m&#234;me &#233;tat de la mati&#232;re, l'&#233;tat fluide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la transition liquide-gaz &#233;tant &#224; suffisamment basse pression une transition du premier ordre, la masse volumique du fluide varie de fa&#231;on discontinue &#224; travers le point de transition. On peut donc, math&#233;matiquement parlant, associer &#224; cette transition de phase un param&#232;tre d'ordre &#233;gal &#224; la diff&#233;rence entre la masse volumique du fluide et celle du gaz. Ce param&#232;tre d'ordre est par d&#233;finition nul dans le gaz, non-nul dans le liquide. Il est alors possible de d&#233;velopper une th&#233;orie de la transition liquide gaz qui math&#233;matiquement parlant est analogue &#224; la th&#233;orie de la transition entre l'&#233;tat ferromagn&#233;tique et l'&#233;tat paramagn&#233;tique dans un syst&#232;me uniaxe sous champ. C'est l'analogie bien connue entre le mod&#232;le du gaz sur r&#233;seau et le mod&#232;le d'Ising. Pour le syst&#232;me magn&#233;tique, l'absence de diff&#233;rence de sym&#233;trie entre la phase ferromagn&#233;tique et la phase paramagn&#233;tique vient de la pr&#233;sence d'un champ magn&#233;tique qui cr&#233;e une aimantation non-nulle dans la phase paramagn&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Glace&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir les transitions de phase de l'eau solide avec les diverses phases de glace&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.wsl.ch/fe/schnee/projekte/schneemetamorphose/index_FR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Transformation de la neige&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1305&#034;&gt;Transition de phase de l'eau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article563&#034;&gt;L'eau : un exemple de chaos d&#233;terministe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'existence de multiples formes interm&#233;diaires entre liquide et solide, la notion d'&#233;tat entra&#238;ne celle de saut entre deux &#233;tats avec &#233;change d'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les facteurs ne sont donc pas seulement la temp&#233;rature et la pression. Puisque l'un des &#233;tats est cristallin, son existence d&#233;pend de l'existence de noyaux de cristallisation. En leur absence, un mat&#233;riau qui devrait cristalliser va rester liquide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, l'&#233;tat est collectif. Ce n'est pas l'&#233;tat d'une seule mol&#233;cule mais d'un grand groupe de mol&#233;cules. Cela signifie que l'&#233;tat d&#233;pend de celui des parties voisines. L&#224; o&#249; une masse de neige, par exemple, n'a pas encore fondu, un paquet de neige qui lui est coll&#233; a beaucoup moins de chance de parvenir &#224; fondre. L&#224; encore ce n'est pas une simple question de temp&#233;rature et de pression comme semble le dire la th&#233;orie thermodynamique. Il est beaucoup plus difficile et couteux en &#233;nergie de fondre une grande masse de glace qu'une petite. Cela signifie que l'on ne doit jamais oublier qu'il s'agit d'un ordre collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore plus vrai en ce qui concerne la cristallisation. Au voisinage d'une certaine cristallisation d'une structure donn&#233;e, la structure la plus favoris&#233;e est la m&#234;me structure de cristallisation sous la m&#234;me forme. Il y a un effet d'attracteur. La loi, qui semblerait dire qu'une autre forme de cristallisation est plus &#233;conomique et donc devrait &#234;tre l'attracteur de la dynamique, se retrouve prise en d&#233;faut si, dans la zone, une forme de cristallisation s'est d&#233;j&#224; form&#233;e. C'est celle-ci qui va &#234;tre en d&#233;finitive favoris&#233;e par la dynamique et consid&#233;r&#233;e comme moins d&#233;pensi&#232;re en &#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la dynamique des sauts d'&#233;tats, &#224; celle de l'&#233;mergence de multiples formes de cristallisation, aux interactions entre &#233;tats coexistant dans la transition de phase, il convient de rajouter d'autres &#233;l&#233;ments comme le polymorphisme, l'existence de plusieurs formes durables des interactions des mol&#233;cules entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les structures mol&#233;culaires, un atome peut avoir diverses positions durables (ou stables) et sauter d'une position &#224; une autre. Cette fois il s'agit d'un changement brutal d'ordre qui n'est pas seulement un ordre des interactions mais un ordre de la mol&#233;cule elle-m&#234;me. Ces sauts de position d'un atome au sein de la structure se produisent de mani&#232;re extr&#234;mement rapide (de l'ordre de la picoseconde). Cela explique qu'on les a longtemps ignor&#233;s. Sautant d'une forme &#224; une forme sym&#233;trique, la mol&#233;cule peut passer d'un &#233;tat &#224; un autre tout aussi stable, ce type de changement n'est pas couteux en &#233;nergie et permet des modifications des interactions possibles au sein d'une dynamique. L'&#233;tat des interactions &#233;lectroniques peut &#234;tre modifi&#233;, les liaisons avec d'autres atomes aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'allotropie (du grec allos autre et tropos mani&#232;re) est, en chimie, en min&#233;ralogie et en science des mat&#233;riaux, la facult&#233; de certains corps simples d'exister sous plusieurs formes cristallines ou mol&#233;culaires diff&#233;rentes. C'est l'&#233;quivalent du polymorphisme des corps compos&#233;s pour ce qui est des diff&#233;rentes formes cristallines (organisation des m&#234;mes atomes dans diff&#233;rentes vari&#233;t&#233;s cristallines), ou de l'isom&#233;rie pour ce qui est des diff&#233;rentes formes mol&#233;culaires (organisation des m&#234;mes atomes dans une autre mol&#233;cule). Par exemple, le carbone amorphe, le graphite, le diamant, la lonsdal&#233;ite, la chaoite, le fuller&#232;ne et la nanomousse sont les vari&#233;t&#233;s allotropiques du carbone au sens o&#249; ce sont diff&#233;rentes formes cristallines du corps simple correspondant &#224; l'&#233;l&#233;ment chimique carbone. Le dioxyg&#232;ne et le trioxyg&#232;ne (ou ozone) sont &#233;galement des vari&#233;t&#233;s allotropiques du corps simple correspondant &#224; l'&#233;l&#233;ment chimique oxyg&#232;ne, mais cette fois au sens o&#249; ce sont diff&#233;rentes formes mol&#233;culaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le concept d'allotropie se r&#233;f&#232;re uniquement aux diff&#233;rentes formes d'un &#233;l&#233;ment chimique au sein de la m&#234;me phase ou &#233;tat de la mati&#232;re (solide, liquide, gaz). Les changements de phase d'un &#233;l&#233;ment ne sont pas associ&#233;s, par d&#233;finition, &#224; un changement de forme allotropique (par exemple l'oxyg&#232;ne liquide et le dioxyg&#232;ne gaz ne sont pas deux formes allotropiques). Pour certains &#233;l&#233;ments chimiques, les formes allotropiques peuvent exister dans diff&#233;rentes phases ; par exemple, les deux formes allotropiques de l'oxyg&#232;ne, le dioxyg&#232;ne et l'ozone peuvent exister dans les phases solide, liquide et gazeuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion d'allotropie a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e par le chimiste su&#233;dois J&#246;ns Jacob Berzelius.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois &#233;tats les plus classiques de la mati&#232;re sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	l'&#233;tat gazeux ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	l'&#233;tat liquide ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	l'&#233;tat solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette classification est cependant incompl&#232;te. On peut y ajouter diff&#233;rents &#233;tats plus exotiques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	l'&#233;tat m&#233;somorphe ou &#233;tat cristal liquide, un &#233;tat interm&#233;diaire entre liquide et solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	le condensat de Bose-Einstein (condensation de bosons dans le niveau de plus basse &#233;nergie), par exemple : le superfluide ou le condensat de rubidium (voir refroidissement d'atomes par laser) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	l'&#233;tat plasma (ionisation d'un gaz) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	l'&#233;tat supercritique (&#233;quilibre liquide-gaz obtenu par augmentation de la pression) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	L'existence d'un &#233;tat supersolide est controvers&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve aussi un &#233;tat granulaire et divers &#233;tats du type mousse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les comportements de la mati&#232;re ne sont pas toujours uniformes au sein d'un m&#234;me &#233;tat. Ainsi existe-t-il des &#233;tats interm&#233;diaires o&#249; l'on observe un solide se comporter comme un fluide (mati&#232;re pulv&#233;rulente ou granuleuse) ou au contraire un liquide avoir certaines propri&#233;t&#233;s propres aux solides. Ces comportements peuvent &#234;tre issus de m&#233;langes plus ou moins intimes entre plusieurs phases, appel&#233;s &#233;tats polyphasiques (&#233;mulsions, ...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut aussi rencontrer la mati&#232;re dans un &#233;tat hors &#233;quilibre thermodynamique ; les propri&#233;t&#233;s du mat&#233;riau d&#233;pendent alors du temps, car le mat&#233;riau se relaxe, sans jamais atteindre l'&#233;quilibre thermodynamique. Tout mat&#233;riau spatialement h&#233;t&#233;rog&#232;ne va rentrer dans cette d&#233;finition dans la mesure o&#249; ces h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;s spatiales vont se traduire par des contraintes internes impliquant ainsi un &#233;tat non stable thermodynamiquement. N&#233;anmoins, les temps de relaxation de tels syst&#232;mes peuvent atteindre des dur&#233;es tellement longues qu'ils sont inobservables exp&#233;rimentalement (allant jusqu'&#224; plusieurs dizaines de milliers d'ann&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces mat&#233;riaux on trouve de nombreux syst&#232;mes de la mati&#232;re molle, ni solide, ni liquide tels que les verres, les gels ou bien les p&#226;tes. Il n'est plus alors possible de parler de diagramme de phases (faisant r&#233;f&#233;rence &#224; un &#233;tat de la mati&#232;re thermodynamiquement stable), le terme employ&#233; alors &#233;tant celui de diagramme d'&#233;tat. Des diagrammes d'&#233;tat unifiant les comportements des syst&#232;mes encombr&#233;s ont &#233;t&#233; &#233;tablis pour de nombreux syst&#232;mes avec des interactions de type r&#233;pulsif (granulaire, verres avec interaction de type volume exclu&#8230;) par Liu et Nagel en 1998, ainsi que pour les syst&#232;mes avec interaction de type attractif par Trappe, Prasad, Cipelletti, Segre, et Weitz, en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un diagramme de phase est une repr&#233;sentation graphique utilis&#233;e en thermodynamique (voir Phase), g&#233;n&#233;ralement &#224; deux ou trois dimensions, repr&#233;sentant les domaines de l'&#233;tat physique (ou phasenote 1) d'un syst&#232;me (corps pur ou m&#233;lange de corps purs), en fonction de variables, choisies pour faciliter la compr&#233;hension des ph&#233;nom&#232;nes &#233;tudi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diagrammes les plus simples concernent un corps pur avec pour variables la temp&#233;rature et la pression ; les autres variables souvent utilis&#233;es sont l'enthalpie, l'entropie, le volume massique, ainsi que la concentration en masse ou en volume d'un des corps purs constituant un m&#233;lange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le syst&#232;me &#233;tudi&#233; est un m&#233;lange de n corps purs, son &#233;tat physique est d&#233;fini par les (n-1) proportions ind&#233;pendantes de ses composants, ainsi que par la temp&#233;rature et la pression. Ainsi, un diagramme &#224; deux variables ne peut donc &#234;tre &#233;tabli qu'en fixant (n-1) variables du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un diagramme associ&#233; &#224; un &#233;quilibre qui ne permet pas de d&#233;crire un syst&#232;me dans un &#233;tat m&#233;tastable comme l'eau liquide &#224; une temp&#233;rature inf&#233;rieure &#224; 0 &#176;C sous la pression atmosph&#233;rique normale (surfusion). D&#233;but 2009, tous les diagrammes de phases des &#233;l&#233;ments simples l&#233;gers &#233;taient &#233;tablis sauf celui du bore, qui devrait &#234;tre rapidement disponible suite &#224; la synth&#232;se r&#233;ussie d'une nouvelle forme de bore dite &#171; bore gamma &#187; (partiellement ionique, mais forme la plus dure et dense du bore).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article565&#034;&gt;Qu'est-ce qu'une transition de phase ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=auto-organisation+mati%C3%A8re+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur l'auto-organisation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2615&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des structures issu&#233;es de l'auto-organisation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article571&#034;&gt;Qu'est-ce que l'&#233;mergence ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur l'&#233;mergence d'organisation de structure&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Transition_de_phase&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur les transitions de phase&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Polymorphisme_%28chimie%29&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur le polymorphisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1196&#034;&gt;La physique de l'&#233;tat granulaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce que le passage dialectique de la quantit&#233; &#224; la qualit&#233; ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5717</link>
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		<dc:date>2020-07-04T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Discontinuit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Physique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que le passage dialectique de la quantit&#233; &#224; la qualit&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien des gens ont tendance &#224; affirmer que la science, physique, chimie, biologie notamment, serait math&#233;matisable au sens o&#249; tout y serait quantitatif. Faux : ces sciences sont d'abord qualitatives car les diff&#233;rences entre particules, atomes, mol&#233;cules, ondes, et &#233;nergies ne sont pas seulement quantitatives mais qualitatives. &lt;br class='autobr' /&gt;
La diff&#233;rence entre une particule virtuelle et une particule r&#233;elle n'est pas seulement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;La nature fait des sauts (ou le r&#232;gne universel de la discontinuit&#233;)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Discontinuit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot282" rel="tag"&gt;Physique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que le passage dialectique de la quantit&#233; &#224; la qualit&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien des gens ont tendance &#224; affirmer que la science, physique, chimie, biologie notamment, serait math&#233;matisable au sens o&#249; tout y serait quantitatif. Faux : ces sciences sont d'abord qualitatives car les diff&#233;rences entre particules, atomes, mol&#233;cules, ondes, et &#233;nergies ne sont pas seulement quantitatives mais qualitatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence entre une particule virtuelle et une particule r&#233;elle n'est pas seulement quantitative puisqu'il faut capter un boson de Higgs. La diff&#233;rence entre deux atomes de m&#234;me type est le nombre d'&#233;lectrons mais la diff&#233;rence produite est qualitative : la capacit&#233; de l'atome &#224; capter ou perdre un &#233;lectron qui change qualitativement les propri&#233;t&#233;s chimiques de l'atome, les capacit&#233;s de se lier avec d'autres atomes pour former ou pas des mol&#233;cules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on examine l'atome plus en interne, la diff&#233;rence entre deux noyaux d'atomes, diff&#233;rences qui d&#233;termine les types d'atomes, la nature de l'atome, atome d'hydrog&#232;ne, atome d'oxyg&#232;ne, atome de chlore, etc., c'est le nombre de nucl&#233;ons (protons et neutrons) et si on ajoute (ou on retranche) un nucl&#233;on &#224; une structure atomique existante, on saute qualitativement d'un noyau d'un &#233;l&#233;ment chimique &#224; un autre, saut qualitatif car toutes les propri&#233;t&#233;s chimiques changent radicalement et qualitativement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein d'une dynamique chaotique (chaos d&#233;terministe, c'est-&#224;-dire l'essentiel des dynamiques non-lin&#233;aires) d'un syst&#232;me physique ou chimique, un petit changement quantitatif fait passer le syst&#232;me, et m&#234;me sauter, d'une situation stable &#224; une situation chaotique ressemblant au d&#233;sordre, au &#171; pur hasard &#187;, puis une un nouveau changement quantitatif (m&#234;me tout petit) ram&#232;ne &#224; une situation stable. Tous les syst&#232;mes d&#233;pendant des lois du chaos d&#233;terministe pr&#233;sentent des exemples de saut qualitatif, suite &#224; une petite augmentation ou diminution quantitative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Vivant est &#233;videmment le si&#232;ge de tels sauts qualitatifs produits par un changement quantitatif. Par exemple, telle ou telle mol&#233;cule peut &#234;tre totalement inactive dans une certaine quantit&#233;, puis b&#233;n&#233;fique dans une autre quantit&#233;, puis, &#224; un seuil, devenir nuisible et m&#234;me mortelle. C'est vrai de multiples mol&#233;cules, pas seulement de poisons, de produits dangereux. C'est vrai m&#234;me de produits aussi simples que l'eau et le sel. C'est quasiment vrai de l'essentiel des mol&#233;cules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement qualitatif, &#224; un seuil quantitatif d'intervention, est &#233;galement le propre de la relation mati&#232;re/&#233;nergie. L'&#233;nergie peut &#234;tre inactive qualitativement &#224; un certain niveau quantitatif, puis, en augmentant ce niveau, elle peut &#234;tre absorb&#233;e, modifiant seulement la structure &#233;lectronique, et, &#224; un nouveau seuil, elle peut modifier la structure du noyau, et, &#224; un dernier seuil, elle peut casser l'atome, et m&#234;me transformer une partie de la mati&#232;re en &#233;nergie, en rayonnement, en photons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chocs mati&#232;re/mati&#232;re sont &#233;galement du m&#234;me type : &#224; un certain seuil, la quantit&#233; se transforme en qualit&#233;. Les chocs peuvent laisser indiff&#233;rente la mati&#232;re, ou la propulser, ou encore la transformer, par exemple la faisant passer de particules virtuelles &#224; particules r&#233;elles, ou enfin le choc peut faire exploser les structures mat&#233;rielles ou faire fusionner les noyaux, saut qualitatif s'il en est puisque les atomes qui en r&#233;sultent n'ont pas du tout les m&#234;mes propri&#233;t&#233;s que ceux d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me des &#233;tats de la mati&#232;re : encore des exemples multiples de sauts qualitatifs d'un &#233;tat &#224; un autre. Ce sont m&#234;me les plus fameux de ces types de sauts qualitatifs appel&#233;s &#171; transitions de phase &#187;, comme le passage de l'eau gazeuse &#224; l'eau liquide et &#224; l'eau solide. Ces changements quantitatifs qui causent les changements qualitatifs sont des changements d'origine multiple : pression, temp&#233;rature, nombre de mol&#233;cules, modification du r&#233;cipient, champ gravitationnel, champ magn&#233;tique, &#233;nergie, mouvement, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout l'univers de la mati&#232;re-lumi&#232;re-vide est sujet &#224; de telles transitions de phase qui sont des sauts qualitatifs se produisant &#224; un certain seuil quantitatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'histoire de l'Univers est le r&#233;cit de telles transitions de phase comme la lib&#233;ration de la lumi&#232;re (univers transparent au rayonnement) produite par un changement quantitatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'histoire d'une &#233;toile ou d'une galaxie est parsem&#233;e de quelques transitions de phase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on examine simplement une surface neigeuse, celle-ci subit sans cesse de telles transitions de phase, la neige pouvant exister sous diverses structures qualitativement diff&#233;rentes et sautant de l'une &#224; l'autre suivant la temp&#233;rature, la pression, le rayonnement, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute masse de mati&#232;re ne peut se contenter de voir ses param&#232;tres quantitatifs augmenter ou diminuer &#224; l'infini sans subir des sauts qualitatifs, changeant compl&#232;tement de structure et m&#234;me de nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si on enl&#232;ve ou si on ajoute de l'&#233;nergie &#224; toute structure mat&#233;rielle, elle finit par changer compl&#232;tement et qualitativement de structure ou de nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison en est que la mati&#232;re-lumi&#232;re-vide est un monde qui n'existe pas seulement &#224; une &#233;chelle, &#224; un niveau hi&#233;rarchique d'organisation, mais &#224; plusieurs successifs, emboit&#233;s, coexistant et interagissant sans cesse, s'influen&#231;ant sans arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; sauts &#187; qualitatifs ne sont pas des petits miracles inexplicables car ils ne cr&#233;ent de nouvelle r&#233;alit&#233; qu'&#224; un niveau hi&#233;rarchique et aux autres niveaux il peut n'y avoir aucun saut ! Par exemple, les atomes peuvent &#234;tre individuellement insensibles aux transitions de phase thermodynamiques (entre &#233;tats de la mati&#232;re).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les particules et antiparticules virtuelles du vide quantique peuvent &#234;tre individuellement insensibles aux changements qualitatifs de l'&#233;tat d'une particule r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler que toutes les particules de mati&#232;re, r&#233;elles comme virtuelles, subissent elles aussi des transitions de phase qui modifient leur structure. C'est le cas aussi bien des &#233;lectrons, des protons, des neutrons qui subissent les fameux &#171; sauts quantiques &#187; qui ont tant perturb&#233; les physiciens lors de la fondation de la physique quantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;ations/annihilation de particules dans le vide quantique sont &#233;galement des transitions de phase qui ob&#233;issent aux lois de transformation de la quantit&#233; en qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces lois sont d&#233;rangeantes, ce n'est pas pour l'image d'un univers dont la dynamique &#224; plusieurs niveaux hi&#233;rarchiques ob&#233;it &#224; des lois dialectiques dont les contradictions sont non seulement destructrices mais capables d'&#234;tre constructrices d'un nouvel ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule g&#234;ne, c'est que l'immense majorit&#233; des physiciens, depuis la naissance de la physique, ignore pour l'essentiel l'existence et l'int&#233;r&#234;t de la pens&#233;e dialectique, alors que tout l'&#233;difice de la physique en est le d&#233;veloppement et l'illustration ! Et cela pour une raison qui n'a rien de scientifique ou m&#234;me de philosophique et qui est sociale : le saut qualitatif auquel la soci&#233;t&#233; dominante, &#224; laquelle les sommets de la science appartiennent, rejette de toutes ses forces un saut qualitatif qui la menace, le saut du capitalisme au socialisme, encore une &#171; transition de phase &#187;, un changement de structure arrivant &#224; un certain seuil quantitatif, celui de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, et celui des investissements productifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la science sociale est amen&#233;e elle aussi &#224; reconna&#238;tre des transitions de phase et pas seulement des progressions r&#233;guli&#232;res et continues, quantitatives. Oui, les changements sociaux historiques, les r&#233;volutions sociales sont des passages dialectiques de la quantit&#233; &#224; la qualit&#233;. Toute l'histoire des soci&#233;t&#233;s humaines est pleine de tels changements que la science universitaire et acad&#233;mique s'&#233;vertue &#224; effacer, &#224; cacher, &#224; nier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dialectique, mode de fonctionnement g&#233;n&#233;ral du changement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4902&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dialectique des transitions de phase&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article9&#034;&gt;Les sauts qualitatifs de la mati&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4302&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les sauts qualitatifs des structures de la glace&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1838&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ls &#233;tats de la mati&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article20&#034;&gt;Une mati&#232;re &#224; plusieurs niveaux hi&#233;rarchiques d'organisation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3793&#034;&gt;Pourquoi la mati&#232;re s'organise spontan&#233;ment et de mani&#232;re stable ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article20&#034;&gt;Discontinuit&#233; de l'univers et structures hi&#233;rarchiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La mati&#232;re, la lumi&#232;re et la discontinuit&#233; selon le physicien Paul Langevin</title>
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		<dc:creator>Max</dc:creator>



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&lt;p&gt;La mati&#232;re, la lumi&#232;re et la discontinuit&#233; selon le physicien Paul Langevin &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; (&#8230;) L'exp&#233;rience et la th&#233;orie sont d'accord pour voir dans le rayonnement et dans la mati&#232;re les deux constituants essentiels de l'univers physique, et pour les opposer l'une &#224; l'autre sous une forme qui s'est singuli&#232;rement modifi&#233;e depuis trente ans. L'examen de cette &#233;volution me permettra de souligner certains traits essentiels dans l'orientation de la physique moderne. &lt;br class='autobr' /&gt;
On croyait autrefois que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;La nature fait des sauts (ou le r&#232;gne universel de la discontinuit&#233;)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La mati&#232;re, la lumi&#232;re et la discontinuit&#233; selon le physicien Paul Langevin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; (&#8230;) L'exp&#233;rience et la th&#233;orie sont d'accord pour voir dans le rayonnement et dans la mati&#232;re les deux constituants essentiels de l'univers physique, et pour les opposer l'une &#224; l'autre sous une forme qui s'est singuli&#232;rement modifi&#233;e depuis trente ans. L'examen de cette &#233;volution me permettra de souligner certains traits essentiels dans l'orientation de la physique moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On croyait autrefois que la propri&#233;t&#233; la plus fondamentale et la plus caract&#233;ristique de la mati&#232;re &#233;tait d'&#234;tre &#224; la fois pesante et inerte, de mani&#232;re invariable pour chaque portion de mati&#232;re &#224; travers tous les changements physique ou chimique qu'elle pouvait subir. Cette double propri&#233;t&#233; de pesanteur et d'inertie &#233;tait caract&#233;ris&#233;e par une seule et m&#234;me grandeur appel&#233;e la masse. Cette masse mesurait &#233;galement la capacit&#233; de la mati&#232;re comme v&#233;hicule d'&#233;nergie cin&#233;tique, proportionnelle au carr&#233; de la vitesse, et de quantit&#233; de mouvement, proportionnelle &#224; la vitesse. Le rayonnement, au contraire, &#233;tait consid&#233;r&#233; comme impond&#233;rable, et comme transportant uniquement de l'&#233;nergie &#224; l'exclusion de quantit&#233; de mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique en pr&#233;voyant l'existence, confirm&#233;e par l'exp&#233;rience, d'une pression exerc&#233;e par le rayonnement sur les obstacles mat&#233;riels qu'il rencontre, a fait consid&#233;rer celui-ci comme v&#233;hicule de quantit&#233; de mouvement aussi bien que d'&#233;nergie. Nous savons aussi, depuis la relativit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e, que le rayonnement est pesant, que la lumi&#232;re est d&#233;vi&#233;e, comme le serait un projectile mat&#233;riel, au voisinage d'une masse importante, celle du soleil par exemple. Nous savons aussi qu'un corps change de poids en m&#234;me temps que d'inertie lorsqu'il absorbe ou &#233;met du rayonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapprochement s'est donc effectu&#233;, &#224; ce point de vue d&#233;j&#224;, entre la mati&#232;re et le rayonnement qui sont tous deux pesants, tous deux v&#233;hicules d'&#233;nergie et de quantit&#233; de mouvement. Ind&#233;pendamment de toute question de structure, une seule diff&#233;rence, profonde il est vrai, subsiste entre eux au point de vue m&#233;canique : la mati&#232;re peut prendre, par rapport &#224; nous, des vitesses variables de mani&#232;re continue, depuis la valeur nulle correspondant au repos, jusqu'&#224; une limite sup&#233;rieure que nous savons aujourd'hui &#234;tre &#233;gale &#224; la vitesse de la lumi&#232;re dans le vide. Le rayonnement, au contraire, ne se propage dans le vide qu'avec une seule et m&#234;me vitesse pour toutes les fr&#233;quences, la vitesse de la lumi&#232;re. Cette limite, impossible &#224; atteindre pour la mati&#232;re sans une d&#233;pense infinie d'&#233;nergie, est sensiblement &#233;gale &#224; trois cent mille kilom&#232;tres par seconde, c'est-&#224;-dire consid&#233;rable par rapport aux vitesses avec lesquelles la mati&#232;re, m&#234;me en astronomie, se pr&#233;sente d'ordinaire &#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point de vue de l'id&#233;e que nous nous faisons de leur structure, l'opposition entre la lumi&#232;re et la mati&#232;re se rattache &#224; celle qui existe entre les notions th&#233;oriques du continu et du discontinu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re opposition est vieille comme le monde ou plut&#244;t comme l'esprit ; l'histoire des math&#233;matiques est domin&#233;e par les efforts faits pour la pr&#233;ciser et pour la r&#233;soudre, et elle joue dans le d&#233;veloppement des th&#233;ories physiques un r&#244;le non moins important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e du continu et de l'infiniment divisible est &#224; la base de notre repr&#233;sentation spatio-temporelle. La permanence d'un individu ou d'un objet ne ce con&#231;oit qu'&#224; travers une succession continue d'&#233;tats au cours du temps, et le mouvement d'un objet dont l'individualit&#233; se conserve nous appara&#238;t comme li&#233; &#224; une s&#233;rie continue de positions dans l'espace. Le calcul diff&#233;rentiel, en pr&#233;cisant la notion d'infiniment petit, a donn&#233; son expression compl&#232;te &#224; l'id&#233;e de continuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discontinu, qui prend &#233;galement son origine dans la notion d'individu ou d'objet s'opposant au milieu qui l'entoure ou aux autres objets, trouve son expression abstraite dans les notions de l'un et du nombre ; son domaine le plus pur est l'arithm&#233;tique ; l'effort des math&#233;maticiens pour arithm&#233;tiser la g&#233;om&#233;trie et l'analyse, pour construire, gr&#226;ce &#224; la notion d'incommensurable, le continu &#224; partir du discontinu, ne peut &#234;tre encore consid&#233;r&#233; comme ayant compl&#232;tement abouti. Il est remarquable que les physiciens se trouvent confront&#233;s aujourd'hui avec la n&#233;cessit&#233; d'une synth&#232;se analogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons cru, il y a trente ans, pouvoir &#233;viter le conflit en r&#233;servant &#224; chacun des deux termes de cette opposition son domaine en physique : au continu celui du rayonnement et au discontinu celui de la mati&#232;re. Nous pensions ainsi pouvoir interpr&#233;ter la nature profonde des deux oppositions, rayonnement et mati&#232;re, continu et discontinu, en les ramenant &#224; une seule, et en les interpr&#233;tant l'une par l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le XIXe si&#232;cle s'achevait en effet par le triomphe de la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique et ondulatoire du rayonnement, d'une part, de la th&#233;orie atomique, d'autre part, o&#249; la mati&#232;re apparaissait comme construite &#224; partir de grains d'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la th&#233;orie de l'&#233;mission de Newton qui attribuait &#224; la lumi&#232;re une structure discontinue, s'&#233;tait victorieusement oppos&#233;e la conception d'Huyghens, reprise par Fresnel, Maxwell et Herz, selon laquelle le rayonnement r&#233;sulte de la propagation, avec une vitesse, d&#233;finie dans le milieu, d'une perturbation de structure continue, d&#233;composable en une infinit&#233; continue d'ondes p&#233;riodiques simples de diverses fr&#233;quences. La perturbation y est caract&#233;ris&#233;e en chaque point de l'espace et &#224; chaque instant par les deux vecteurs champ &#233;lectrique et champ magn&#233;tique qui d&#233;terminent l'&#233;tat du milieu ainsi que la distribution, continue dans l'espace, de l'&#233;nergie et de la quantit&#233; de mouvement transport&#233;s par le rayonnement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la m&#234;me &#233;poque, d&#233;but du si&#232;cle actuel, comme cons&#233;quence des succ&#232;s de la th&#233;orie cin&#233;tique et de la d&#233;couverte de l'&#233;lectron, nous &#233;tions conduits &#224; attribuer &#224; la mati&#232;re une structure essentiellement granulaire et discontinue. L'&#233;tude exp&#233;rimentale des relations entre la mati&#232;re et l'&#233;lectricit&#233; avait montr&#233; que les charges &#233;lectriques s'y comportent toujours comme compos&#233;es de grains, tous identiques entre eux pour chaque signe des charges, &#233;lectrons pour les n&#233;gatives et protons pour les positives, chacun de ces grains poss&#233;dant, outre son &#233;lectrisation, les attributs fondamentaux de la mati&#232;re, inertie et pesanteur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux &#233;l&#233;ments fondamentaux nous paraissaient suffisants pour construire la mati&#232;re sous ses formes infiniment diverses, constitu&#233;es les unes et les autres par des agr&#233;gats de protons et d'&#233;lectrons, chaque particule &#233;lectriquement, atome, mol&#233;cule ou ensemble plus complexe contenant des nombres &#233;gaux d'&#233;lectrons et de protons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception d'un rayonnement compos&#233; d'ondes &#233;lectromagn&#233;tiques continues et d'une mati&#232;re form&#233;e de grains &#233;lectris&#233;s discontinus, semblait ainsi pouvoir rendre compte, non seulement des caract&#232;res oppos&#233;s de l'un et de l'autre, mais encore de leurs actions r&#233;ciproques, de l'absorption et de l'&#233;mission du rayonnement par la mati&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu tr&#232;s vite renoncer l'espoir que je viens d'&#233;voquer : deux crises successives qui compteront parmi les plus importantes dans l'histoire de la physique, la crise de la relativit&#233; et surtout celle des quanta, sont venues nous montrer combien nous &#233;tions encore loin d'une repr&#233;sentation satisfaisante des faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des exp&#233;riences concernant &#224; la fois la mati&#232;re et le rayonnement qui se trouvent &#224; l'origine de chacune de ces crises&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre plus complexe, la nouvelle m&#233;canique (relativiste) s'est montr&#233;e plus simple que l'ancienne. Elle comporte en effet, comme cons&#233;quence essentielle, l'identification de la notion de masse avec celle d'&#233;nergie. Alors que l'ancienne m&#233;canique devait, pour &#234;tre cons&#233;quente avec elle-m&#234;me, introduire une masse invariable lorsque l'&#233;tat du corps et par cons&#233;quent son &#233;nergie interne varie, la nouvelle m&#233;canique affirme l'inertie de l'&#233;nergie, c'est-&#224;-dire la variation de la masse d'un corps proportionnellement &#224; l'&#233;nergie interne de celui-ci, unissant en une seule les deux notions de masse et d'&#233;nergie, qui &#233;taient autrefois distinctes et faisaient l'objet de deux principes de conservation enti&#232;rement ind&#233;pendants. On sait combien cette d&#233;couverte de l'inertie de l'&#233;nergie s'est montr&#233;e f&#233;conde puisqu'elle a permis, en particulier, de comprendre l'origine des petits &#233;carts entre les poids atomiques rapport&#233;s &#224; celui de l'hydrog&#232;ne et les nombre entiers, de faire triompher la doctrine de l'unit&#233; de la mati&#232;re, et de conna&#238;tre, pr&#233;cis&#233;ment par l'interm&#233;diaire de ces petits &#233;carts, l'&#233;nergie lib&#233;r&#233;e quand l'hydrog&#232;ne se condense pour donner naissance aux autres &#233;l&#233;ments chimiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liaison entre l'inertie et la pesanteur que r&#233;v&#232;le l'identit&#233; de la masse inerte et de la masse pesante devait faire pr&#233;valoir, &#224; partir de l'inertie de l'&#233;nergie, la pesanteur de l'&#233;nergie, la pesanteur de la lumi&#232;re &#224; partir de l'inertie de la lumi&#232;re. C'est tout d'abord par cette voie qu'Einstein a &#233;t&#233; conduit &#224; passer de la relativit&#233; restreinte &#224; la relativit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise des quanta, en pleine &#233;volution, est plus grave encore que celle de la relativit&#233; et pr&#233;sente, au point de vue philosophique, une signification &#233;galement profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle aussi est issue de l'exp&#233;rience optique, qui concerne &#224; la fois la mati&#232;re et le rayonnement ; mais au lieu d'exiger, comme la confrontation de la cin&#233;matique ancienne avec les faits, toute la pr&#233;cision des m&#233;thodes interf&#233;rentielles de mesure comme dans l'exp&#233;rience de Michelson, l'opposition de la th&#233;orie avec l'exp&#233;rience se pr&#233;sente ici sous une forme aig&#252;e, violente, que permet de constater l'exp&#233;rience la plus imm&#233;diate dans le domaine du rayonnement thermique ou de la photo&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit ici de ph&#233;nom&#232;nes qui concernent plus particuli&#232;rement les &#233;changes d'&#233;nergie entre la mati&#232;re et le rayonnement, &#233;changes que comme je l'ai dit tout &#224; l'heure, la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique se repr&#233;sentait sous l'aspect de processus continus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction flagrante dont il s'agit ici (&#233;mission du corps noir) entre l'exp&#233;rience et la th&#233;orie qui admet des &#233;changes continus entre la mati&#232;re et le rayonnement, s'est impos&#233;e de mani&#232;re aig&#252;e &#224; l'attention des physiciens depuis plus de trente ans, et surtout depuis que Max Planck a montr&#233;, en 1900, que les raisonnements statistiques donnent au contraire un r&#233;sultat conforme &#224; l'exp&#233;rience si l'on suppose, en contradiction avec la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique, que les &#233;changes d'&#233;nergie, l'absorption et l'&#233;mission du rayonnement par la mati&#232;re, se font de mani&#232;re discontinue, par quantit&#233;s finies ou quanta, de grandeur proportionnelle &#224; la fr&#233;quence du rayonnement &#233;mis ou absorb&#233;, avec un coefficient de proportionnalit&#233; connu depuis sous les nom de constante de h de Planck&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Einstein a montr&#233;, quelques ann&#233;es plus tard, qu'il fallait, pour comprendre les lois des p&#233;hnom&#232;nes photo&#233;lectriques, d&#233;couverts par herts il y a un epue plus de quarante ans, non seulement introduire cette discontinuit&#233; dans les &#233;changes entre la mati&#232;re et le rayonnement, mais encore renoncer &#224; la structure continue du rayonnement lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ph&#233;nom&#232;nes consistent en une &#233;mission d'&#233;lectricit&#233; n&#233;gative par la mati&#232;re sous l'action du rayonnement, en une &#233;mission d'&#233;lectrons, par toute mati&#232;re lorsqu'elle est soumise &#224; l'action d'un rayonnement de fr&#233;quence suffisamment &#233;lev&#233;e. L'exp&#233;rience montre que chaque &#233;lectron ainsi arrach&#233; par une radiation de fr&#233;quence d&#233;termin&#233;e, re&#231;oit du rayonnement, une &#233;nergie pr&#233;cis&#233;ment &#233;gale au quantum de Planck, proportionnelle &#224; la fr&#233;quence avec le m&#234;me coefficient h n&#233;cessaire pour interpr&#233;ter les lois du rayonnement thermique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait remarquable est que l'&#233;nergie prise ainsi par un seul &#233;lectron pour une fr&#233;quence donn&#233;e du rayonnement est toujours la m&#234;me quelle que sit l'intensit&#233;, forte ou faible, de ce rayonnement, quelle que soit aussi la mati&#232;re dont l'&#233;lectron est arrach&#233;. Cette &#233;nergie ne d&#233;pend absolument que de la fr&#233;quence incidente. Ce r&#233;sultat est inconciliable avec l'id&#233;e que l'&#233;nergie du rayonnement est distribu&#233;e de mani&#232;re continue dans l'espace avec une densit&#233; proportionnelle &#224; l'intensit&#233; du rayonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut, au contraire, comme l'a montr&#233; Einstein, la supposer concentr&#233;e en grains discontinus ou photons, transportant chacun avec la vitesse de la lumi&#232;re une &#233;nergie &#233;gale au quantum de Planck et une quantit&#233; de mouvement &#233;gale au quotient de ce quantum par la vitesse de la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par photons entiers que se fait l'absorption et l'&#233;mission du rayonnement par la mati&#232;re et c'est la rencontre d'un photon avec un &#233;lectron qui, transmettant &#224; celui-ci l'&#233;nergie du photon, donne lieu &#224; l'effet photo&#233;lectrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'introduction, par le photon, d'une structire discontinue du rayonnement, est venue interpr&#233;ter un nombre consid&#233;rable de ph&#233;nom&#232;nes nouveaux, concernant toujours les &#233;changes entre la mati&#232;re et la lumi&#232;re, en particulier ceux qui sont connus sous les noms d'effet Compton et d'effet Raman&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le double aspect, ondulatoire et corpusculaire, de l'exp&#233;rience optique semble imposer &#224; la fois une conception continue et une conception discontinue de la structure du rayonnement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait remarquable est que le rayonnement se pr&#233;sente &#224; nous sous ce double aspect ondulatoire et corpusculaire et qu'une synth&#232;se est n&#233;cessaire entre les deux conceptions continue et discontinue autrefois oppos&#233;es l'une &#224; l'autre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me n&#233;cessit&#233; d'associer, dans la lumi&#232;re, &#224; l'&#233;l&#233;ment ondulatoire et continu un &#233;l&#233;ment corpusculaire et discontinu, aux ondes de Fresnel, des photons qu'elles pilotent, s'est impos&#233;e dans l'ordre inverse &#233;galement &#224; la mati&#232;re. Il a fallu, en effet, au cours du d&#233;veloppement r&#233;cent de la crise des quanta, constituer une m&#233;canique ondulatoire, associer aux grains de la conception ancienne, &#233;lectrons, protons, atomes ou mol&#233;cules, des ondes d'un type nouveau, les ondes de De Broglie et de Schr&#246;dinger. Comme les ondes lumineuses par rapport aux photons, les ondes nouvelles sont unies aux corpuscule mat&#233;riels par un lien dont nous ne connaissons encore que l'aspect statistique : les ondes nouvelles, d&#233;terminant la probabilit&#233; de pr&#233;sence des grains de mati&#232;re comme les ondes &#233;lectromagn&#233;tiques d&#233;terminent la distribution des grains de lumi&#232;re ou photons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition entre rayonnement et mati&#232;re cesse ainsi de se confondre avec l'opposition entre le continu et le discontinu. Du c&#244;t&#233; du rayonnement, comme du c&#244;t&#233; de la mati&#232;re, il est n&#233;cessaire, au moins pour l'instant d'associer un &#233;l&#233;ment continu, ondulatoire, &#224; un &#233;l&#233;ment discontinu, corpusculaire. (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conf&#233;rence de Paul Langevin, &#171; L'orientation actuelle de la physique &#187; (1930)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; (&#8230;) Vous savez &#8211; Jean Perrin vous le rappelait tout &#224; l'heure &#8211; que notre confiance n'a fait que cro&#238;tre dans la repr&#233;sentation atomique ou corpusculaire, qui a &#233;volu&#233; depuis que les philosophes grecs ont imagin&#233; la mati&#232;re qui nous entoure comme compos&#233;e de petits grains extr&#234;mement durs et comparables aux objets individualisables dont nous avons l'habitude, mais infiniment plus t&#233;nus et repr&#233;sentant la limite de la divisibilit&#233;. Cette notion a pris, au cours des deux derniers si&#232;cles, une importance consid&#233;rable, surtout &#224; cause du d&#233;veloppement de la Chimie. Perrin revendiquait tout &#224; l'heure pour la Chimie le domaine de la discontinuit&#233;. Effectivement, c'est bien la Chimie qui a introduit dans nos connaissances le caract&#232;re de discontinuit&#233; que pr&#233;sentent ses combinaisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; s'est impos&#233;e ainsi de consid&#233;rer les divers &#233;l&#233;ments isol&#233;s par les chimistes comme constitu&#233;s par des atomes, tous identiques entre eux, ou plus exactement, depuis que les physiciens s'en sont occup&#233;s, chacun de ces &#233;l&#233;ments comme un m&#233;lange d'isotopes, chaque isotope repr&#233;sentant un groupe d'atomes, tous identiques entre eux. Ces atomes s'associent pour former des mol&#233;cules suivant des lois discontinues, et sont eux-m&#234;mes construits &#224; partir de corpuscules &#233;lectris&#233;s, dont la d&#233;couverte remonte aux trente et quelques derni&#232;res ann&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la m&#234;me &#233;poque o&#249; J. J. Thomson identifiait le corpuscule cathodique ou &#233;lectron n&#233;gatif comme particule de masse connue, la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique, entre les mains de Lorenz et de ses continuateurs, arrivait aux m&#234;mes conceptions, &#224; la n&#233;cessit&#233; d'une structure granulaire &#233;lectris&#233;e de la mati&#232;re, et interpr&#233;tait par l&#224;, en particulier, le ph&#233;nom&#232;ne de Zeeman&#8230; L'existence de l'&#233;lectron dans tous les atomes se trouvait par l&#224; confirm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez que le d&#233;veloppement admirable de la spectroscopie, depuis la d&#233;couverte du ph&#233;nom&#232;ne de Zeeman, a montr&#233; que ce ph&#233;nom&#232;ne se pr&#233;sente sous une forme plus complexe que ne l'imaginait Lorentz et que, pour l'interpr&#233;ter, il fallait attribuer &#224; l'&#233;lectron n&#233;gatif non seulement une charge &#233;lectrique, mais encore un moment magn&#233;tique &#8211; un spin, comme on dit aujourd'hui en utilisant un terme anglais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte du spin a introduit l'id&#233;e que cette petite sph&#232;re &#233;lectris&#233;e pivotait sur elle-m&#234;me pour donner naissance au moment magn&#233;tique que nous devons attribuer &#224; l'&#233;lectron&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette croyance, singuli&#232;rement f&#233;conde, dans l'existence de corpuscules individuels et individualisables, s'est trouv&#233;e encore confirm&#233;e par les admirables exp&#233;riences de C.T. R. Wilson, exp&#233;riences qu'on a appel&#233;es les plus belles du monde &#8211; je crois qu'elles le m&#233;ritent. Elles nous ont permis, en utilisant la condensation de la vapeur d'eau rendue sursaturante par d&#233;tente dans un gaz conducteur, de voir les ions dont, jusque l&#224;, nous avions parl&#233;, que nous avions vus avec les yeux de l'esprit, et de voir aussi les trajectoires des corpuscules &#233;lectris&#233;s, de ces &#233;lectrons que nous imaginions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie que nous examinions tout &#224; l'heure semble bien sugg&#233;rer cette conception de la structure granulaire du rayonnement, de l'existence du photon, comme nous le disons, parce que l&#224; o&#249; appara&#238;t un &#233;lectron photo&#233;lectrique, une mol&#233;cule que rien, a priori, ne diff&#233;renciait des autres mol&#233;cules du gaz, est l'objet de la part du rayonnement, d'une action tout &#224; fait exceptionnelle. Vous avez vu le tr&#232;s petit nombre de ces effets d'&#233;nergie, alors que les voisines ne s'aper&#231;oivent de rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela sugg&#232;re l'id&#233;e que le rayonnement se comporte comme s'il &#233;tait compos&#233; de grains d'&#233;nergie qui, par un ph&#233;nom&#232;ne analogue &#224; un choc, rencontrent certaines mol&#233;cules et sont capt&#233;es par celles-ci, leur &#233;nergie &#233;tant utilis&#233;e d'abord pour arracher l'&#233;lectron, et ensuite pour communiquer &#224; celui-ci l'&#233;nergie cin&#233;tique avec laquelle il est lanc&#233; et gr&#226;ce &#224; laquelle il ionise le gaz sur son parcours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e du corpuscule se g&#233;n&#233;ralise ainsi et passe de la mati&#232;re &#224; la lumi&#232;re. Cette conception corpusculaire de la lumi&#232;re s'est trouv&#233;e encore confirm&#233;e par la d&#233;couverte de ce que nous appelons l'effet Compton&#8230; Cet effet Compton apporte une confirmation exp&#233;rimentale tr&#232;s pr&#233;cise &#224; la structure corpusculaire non seulement de la mati&#232;re par les &#233;lectrons, mais aussi de la lumi&#232;re par les photons qui peuvent rencontrer les &#233;lectrons, en observant toutes les lois habituelles de conservation de l'&#233;nergie et de la quantit&#233; de mouvement dans le choc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conf&#233;rence de Paul Langevin, &#171; La Notion de corpuscules et d'atomes &#187; (16 octobre 1933)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA PHYSIQUE DU DISCONTINU&lt;br class='autobr' /&gt;
Le changement profond qui s'est produit r&#233;cemment en Physique est caract&#233;ris&#233; surtout par la p&#233;n&#233;tration, dans tous les domaines de notre science, de la notion fondamentale de discontinuit&#233;. Nous devons aujourd'hui fonder notre conception du monde et notre pr&#233;vision des ph&#233;nom&#232;nes sur l'existence des mol&#233;cules, des atomes et des &#233;lectrons. Il semble bien aussi n&#233;cessaire d'admettre que les moments magn&#233;tiques sont tous des multiples entiers d'un &#233;l&#233;ment commun, le magn&#233;ton, et que la mati&#232;re ne peut &#233;mettre de rayonnement &#233;lectromagn&#233;tique que de mani&#232;re discontinue, par quanta d'&#233;nergie de grandeur proportionnelle &#224; la fr&#233;quence. Nous ne connaissons encore que tr&#232;s imparfaitement les lois exactes, individuelles, qui r&#233;gissent tous ces &#233;l&#233;ments ainsi que leurs relations les uns avec les autres. Il est probable m&#234;me que la plupart de ces lois ne pourront pas s'exprimer dans le langage du calcul diff&#233;rentiel et int&#233;gral, cr&#233;&#233; pour traduire analytiquement la notion de continuit&#233;. Cet admirable instrument ne convient qu'&#224; l'&#233;tude des syst&#232;mes accessibles &#224; nos sens et qui sont en g&#233;n&#233;ral compos&#233;s d'un nombre &#233;norme d'&#233;l&#233;ments. Les grandeurs qu'atteignent nos moyens de mesure int&#233;ressent d'ordinaire tant d'&#233;l&#233;ments &#224; la fois par somme ou par moyenne des grandeurs individuelles, que nous pouvons, sans erreur sensible, les traiter comme continues. Mais les propri&#233;t&#233;s de pareils ensembles sont n&#233;cessairement d&#233;termin&#233;es par les lois &#233;l&#233;mentaires sous-jacentes et nous ne pouvons esp&#233;rer comprendre l'aspect superficiel des choses qu'&#224; condition de le raccorder avec l'aspect profond que l'exp&#233;rience vient de nous r&#233;v&#233;ler. C'est la t&#226;che qui s'impose actuellement &#224; nous : &#233;tablir la liaison entre le fond et la surface, entre les propri&#233;t&#233;s du grain et celles de l'agr&#233;gat, pour expliquer les faits d'ensemble quand les lois &#233;l&#233;mentaires sont connues ou plus souvent encore pour essayer d'atteindre ces derni&#232;res &#224; partir des &#233;chos lointains qui seuls nous sont perceptibles. Nous ne pouvons &#233;luder cette n&#233;cessit&#233; : l'existence des &#233;l&#233;ments est certaine, un monde nouveau nous est r&#233;v&#233;l&#233; dont les lois dominent toute la Physique. Nous devons tenter de remonter jusqu'&#224; elles et pouvons esp&#233;rer les trouver plus simples que leurs cons&#233;quences lointaines, que les r&#233;sultats moyens ou statistiques auxquels nous sommes habitu&#233;s. Il arrive souvent aussi que la forme particuli&#232;re des lois individuelles s'&#233;limine, dispara&#238;t, quand on passe aux propri&#233;t&#233;s de l'ensemble dont certaines r&#233;sultent uniquement du tr&#232;s grand nombre des &#233;l&#233;ments pr&#233;sents, ont le caract&#232;re de lois purement statistiques. Il semble bien, par exemple, que le principe de Carnot, la loi de destruction spontan&#233;e des substances radioactives, la loi d'action de masse et bien d'autres appartiennent &#224; cette cat&#233;gorie et soient uniquement des lois de grands nombres. Nul ne contestera que dans ce cas nous atteignons d'embl&#233;e l'explication compl&#232;te de ces lois, la compr&#233;hension profonde de leur signification. Bien plus, nous pr&#233;voyons par l&#224; qu'elles doivent, comme toutes les lois de grands nombres, donner lieu &#224; des &#233;carts, &#224; des fluctuations d'autant plus importantes qu'on les applique &#224; des syst&#232;mes plus simples, comprenant un moindre nombre d'&#233;l&#233;ments. Vous savez tous que l'observation de ces &#233;carts, dans des directions tr&#232;s vari&#233;es, est venue apporter des arguments d&#233;cisifs en faveur de l'existence des &#233;l&#233;ments discontinus, ainsi qu'une m&#233;thode g&#233;n&#233;rale et pr&#233;cise pour atteindre le nombre et la grandeur de ces &#233;l&#233;ments. Pour constituer cette Physique du discontinu qui s'impose aujourd'hui, nous devons n&#233;cessairement faire usage de raisonnements statistiques, nous servir constamment du calcul des probabilit&#233;s qui est le seul lien possible entre le monde des atomes et nous, entre les lois &#233;l&#233;mentaires et nos observations. L'introduction du calcul des probabilit&#233;s en Physique fut r&#233;alis&#233;e pour la premi&#232;re fois de mani&#232;re explicite par Maxwell &#224; propos de la th&#233;orie cin&#233;tique des gaz. Comme on l'imagine ais&#233;ment, l'adaptation &#224; un domaine nouveau d'un mode de raisonnement souvent fort d&#233;licat ne fut pas imm&#233;diate : il reste m&#234;me : encore beaucoup &#224; faire dans ce sens. Les premiers raisonnements de Maxwell manquaient de rigueur et soulev&#232;rent des objections qui, autant que la difficult&#233; des calculs, emp&#234;ch&#232;rent la majorit&#233; des physiciens d'accorder &#224; la th&#233;orie cin&#233;tique l'attention qu'elle m&#233;ritait et de reconna&#238;tre la beaut&#233; des r&#233;sultats obtenus. Ce fut Boltzmann qui compl&#233;ta l'&#339;uvre de Maxwell, et vit pleinement l'importance que devaient prendre en Physique mol&#233;culaire les consid&#233;rations de probabilit&#233;s. En m&#234;me temps que Gibbs et avec plus de pr&#233;cision, je crois, il r&#233;ussit &#224; fonder une m&#233;canique statistique en montrant comment il faut d&#233;finir la probabilit&#233;, pour un syst&#232;me dynamique, de se trouver dans un &#233;tat donn&#233; compatible avec les conditions qui lui sont impos&#233;es. Dans toutes ces questions, la difficult&#233; principale est, comme nous le verrons, de donner une d&#233;finition correcte et claire : de la probabilit&#233;. Le reste est surtout affaire de calcul. Ce pas d&#233;cisif franchi, Boltzmann put atteindre l'interpr&#233;tation statistique du principe de Carnot et le sens cach&#233; de la notion fondamentale d'entropie. Gr&#226;ce &#224; l'impulsion donn&#233;e par Boltzmann et aux efforts de ses continuateurs les raisonnements statistiques ont p&#233;n&#233;tr&#233; maintenant dans tous les domaines de la Physique et y joueront bient&#244;t, pour les raisons que j'ai dites, un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant. Malgr&#233; l'extr&#234;me diversit&#233; de leurs applications, les raisonnements sont en g&#233;n&#233;ral tr&#232;s simples et je voudrais essayer de montrer sur des exemples que la plupart d'entre eux se ram&#232;nent &#224; deux types principaux bien connus des math&#233;maticiens et qui se sont introduits tout naturellement d&#232;s la cr&#233;ation du calcul des probabilit&#233;s. Dans un premier groupe de questions, il s'agit de chercher la distribution ou la configuration la plus probable que peut prendre un syst&#232;me de particules ou d'&#233;l&#233;ments soumis &#224; des conditions donn&#233;es. C'est essentiellement le probl&#232;me des &#233;tats d'&#233;quilibre et des r&#233;gimes permanents (&#233;quations des fluides, statique des gaz, th&#233;ories du magn&#233;tisme et des ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectro&#8212; et magn&#233;to-optiques, th&#233;orie du rayonnement et des chaleurs sp&#233;cifiques, interpr&#233;tation statistique des lois de la Thermodynamique). Je montrerai que certaines questions comme celles de l'&#233;quation d'&#233;tat des fluides ou de la pression osmotique n'attendent pour &#234;tre compl&#232;tement &#233;lucid&#233;es que la solution d'un probl&#232;me bien d&#233;fini de probabilit&#233;s g&#233;om&#233;triques et de distribution probable. Dans un second groupe de questions, on cherche &#224; pr&#233;voir l'importance des fluctuations spontan&#233;es du syst&#232;me autour de cette distribution ou de cette configuration qui est la plus probable mais non la seule possible et ne s'observe qu'en moyenne. Ce fr&#233;missement universel autour des configurations rigides pr&#233;vues par la thermodynamique est intimement li&#233; &#224; la discontinuit&#233; de structure, au fait que nos syst&#232;mes sont compos&#233;s d'un nombre fini, quoique tr&#232;s grand, d'&#233;l&#233;ments et son observation a pris une importance particuli&#232;re parce qu'elle nous apporte une m&#233;thode g&#233;n&#233;rale pour atteindre ces &#233;l&#233;ments et les soumettre &#224; la mesure. Pour mieux faire comprendre comment les raisonnements, toujours les m&#234;mes, du calcul des probabilit&#233;s, peuvent s'appliquer &#224; des probl&#232;mes de Physique si nombreux et si vari&#233;s, je commencerai par examiner le m&#233;canisme de ces raisonnements sur des cas particuli&#232;rement simples o&#249; leur emploi est familier &#224; tous, sur des exemples tir&#233;s des jeux de hasard tels que celui de pile ou face ou de la roulette. Il para&#238;tra moins singulier qu'on puisse, pour ainsi dire, jouer &#224; pile ou face la solution des questions de Physique, quand on aura bien vu que toute th&#233;orie de probabilit&#233;, si simple soit-elle, a en r&#233;alit&#233; la m&#234;me structure que toutes nos th&#233;ories et qu'on fait d&#233;j&#224; de la Physique en &#233;tudiant les probl&#232;mes pos&#233;s par les jeux de hasard. On a dit, par boutade, que tout le monde croit aux lois du hasard, les math&#233;maticiens parce qu'ils y voient un r&#233;sultat de physique et les physiciens parce qu'ils les prennent pour des th&#233;or&#232;mes de math&#233;matiques. En r&#233;alit&#233; ces lois sont d&#233;duites, par des raisonnements parfaitement rigoureux, de postulats tr&#232;s simples introduits &#224; priori dans la d&#233;finition des probabilit&#233;s et affirmant en g&#233;n&#233;ral l'&#233;quivalence de diverses circonstances possibles, l'absence de cause qui favorise les unes &#224; l'exception des autres, l'&#233;gale probabilit&#233; que la roulette s'arr&#234;te sur la rouge ou la noire et que la pi&#232;ce lanc&#233;e retombe pile ou face. Ces postulats jouent ici exactement le m&#234;me r&#244;le que nos hypoth&#232;ses, plac&#233;es &#224; la base des th&#233;ories physiques, et dont nous essayons, par une analyse aussi rigoureuse que possible, de d&#233;duire des cons&#233;quences dont la comparaison avec l'exp&#233;rience nous permettra de savoir si ces hypoth&#232;ses sont justifi&#233;es ou non, si nous pouvons continuer &#224; nous en servir pour &#233;difier notre repr&#233;sentation du monde. De m&#234;me la comparaison avec les faits des lois de grands nombres li&#233;es rigoureusement &#224; nos postulats nous permettra de savoir si ceux-ci sont exacts, si la roulette n'est pas truqu&#233;e ou la pi&#232;ce plomb&#233;e d'un c&#244;t&#233;. Tout raisonnement de probabilit&#233;s est destin&#233; &#224; permettre la confrontation des postulats avec les faits, comme nos th&#233;ories physiques permettent la confrontation des hypoth&#232;ses avec l'exp&#233;rience. Dans un cas comme dans l'autre, la rigueur n'existe qu'entre les postulats ou hypoth&#232;ses et les lois qui s'en d&#233;duisent. L'accord des lois pr&#233;vues avec les faits ne se produit pas n&#233;cessairement et la comparaison seule nous permet de'd&#233;cider dans quelle mesure nos points de d&#233;part peuvent &#234;tre conserv&#233;s. On fait de la Physique en d&#233;duisant d'une exp&#233;rience de pile ou face dans laquelle les coups pile pr&#233;dominent de mani&#232;re exag&#233;r&#233;e, que la pi&#232;ce est dissym&#233;trique et doit avoir &#233;t&#233; plomb&#233;e du c&#244;t&#233; face. Il vaudra mieux m&#234;me, comme en Physique, recommencer plusieurs fois l'exp&#233;rience si l'on veut pouvoir remonter des faits aux causes avec quelque s&#233;curit&#233;. Et tout se termine, en Physique comme au jeu, par une question de probabilit&#233; des causes du genre de celle que posait Henri Poincar&#233; : je joue &#224; l'&#233;cart&#233; avec un monsieur que je ne connais pas, et il retourne trois fois de suite le roi ; quelle est la probabilit&#233; pour que ce soit un tricheur ? Le d&#233;saccord entre l'exp&#233;rience et les cons&#233;quences d&#233;duites par le calcul des probabilit&#233;s du postulat que le jeu est honn&#234;te indiquera dans quelle mesure ce postulat est l&#233;gitime, et la certitude viendra si l'exp&#233;rience donne toujours le m&#234;me r&#233;sultat. Notre certitude en Physique est tout &#224; fait de m&#234;me nature : nous avons confiance dans nos repr&#233;sentations et dans nos hypoth&#232;ses en raison de l'accord constant de leurs cons&#233;quences math&#233;matiques avec l'exp&#233;rience. Dans les raisonnements de probabilit&#233;s, on fait des math&#233;matiques entre les postulats et les lois du hasard et de la Physique quand on compare celles-ci aux faits pour en d&#233;duire des conclusions relatives aux postulats. Outre la plus grande clart&#233; tenant &#224; ce que les postulats de d&#233;finition des probabilit&#233;s y sont intuitifs et simples, nous trouverons un autre avantage &#224; &#233;tudier d'abord les questions pos&#233;es par les jeux de hasard. Elles font intervenir des consid&#233;rations de probabilit&#233;s discontinues, o&#249; les divers cas possibles sont en nombre limit&#233; sans qu'on puisse passer de l'un &#224; l'autre de mani&#232;re continue. Par exemple, sur un nombre total donn&#233; de coups jou&#233;s &#224; la roulette, le nombre des fois qu'elle tombe dans une case noire ne peut varier que de mani&#232;re discontinue puisqu'il est n&#233;cessairement entier. Il semble au contraire, au premier abord, que la Physique nous pose uniquement des probl&#232;mes de probabilit&#233;s continues, o&#249; le nombre des cas possibles est infini et forme une s&#233;rie continue. Il en est ainsi, par exemple, de la position dans un intervalle de temps donn&#233; d'un &#233;v&#233;nement tel que la destruction spontan&#233;e d'un atome radioactif : les instants o&#249; l'explosion peut se produire sont en nombre infini ou plut&#244;t transfini puisque leur ensemble est continu. Il en est de m&#234;me, au moins en apparence, pour l'ensemble des configurations que peut prendre un : syst&#232;me dynamique. Les lois relatives aux probabilit&#233;s continues se pr&#233;senteront &#224; nous tomme les formes limites vers lesquelles tendent les r&#233;sultats des probl&#232;mes discontinus quand on y suppose que le nombre des cas possibles augmente ind&#233;finiment. On pourrait obtenir de mani&#232;re plus simple, et par des raisonnements directs, les formules applicables aux probl&#232;mes continus ; mais il nous sera utile d'avoir &#224; notre disposition les formes plus g&#233;n&#233;rales relatives au cas de la discontinuit&#233; entre les cas possibles. En effet, un des r&#233;sultats les plus surprenants, et les plus &#233;nigmatiques d'ailleurs, que la comparaison avec l'exp&#233;rience nous ait r&#233;v&#233;l&#233;s, c'est que, dans un grand nombre de probl&#232;mes tels que ceux du rayonnement thermique d'&#233;quilibre ou des chaleurs sp&#233;cifiques, les lois exp&#233;rimentales s'accordent avec l'hypoth&#232;se de la probabilit&#233; discontinue et pas du tout avec les.cons&#233;quences d&#233;duites, en toute rigueur du postulat de continuit&#233;. C'est l&#224; un aspect nouveau et singulier de la Physique du discontinu, celui des quanta, d'apr&#232;s lequel non seulement nous devons pour comprendre les faits appliquer des raisonnements de probabilit&#233;s aux &#233;l&#233;ments multiples et discrets dont la mati&#232;re est compos&#233;e, mais encore ces raisonnements eux-m&#234;mes doivent tenir compte de discontinuit&#233;s d'un autre ordre et proc&#233;der comme si les configurations que ces syst&#232;mes d'&#233;l&#233;ments peuvent prendre ne variaient elles aussi que de mani&#232;re discontinue. &lt;br class='autobr' /&gt;
PREMIER PROBL&#200;ME. &lt;br class='autobr' /&gt;
La probabilit&#233; d'une distribution. &#8212; Une des premi&#232;res questions qui se posent &#224; propos d'un jeu comme la roulette est celui de la distribution des coups o&#249; sort une certaine couleur, la noire par exemple, entre des intervalles successifs pendant chacun desquels un m&#234;me nombre total de coups est jou&#233;. Nous prendrons le probl&#232;me tout d'abord sous la forme suivante : &#233;tant donn&#233; que, dans l'ensemble de m intervalles de ce genre, la noire est sortie au total N fois, quelle est la probabilit&#233; pour que, dans un intervalle particulier, elle soit sortie un nombre donn&#233; de fois, n ? Pour trouver cette probabilit&#233;, d&#233;finie comme &#224; l'ordinaire par le rapport du nombre des cas favorables au nombre total des cas possibles, il faut calculer chacun de ces deux nombres &#224; partir des postulats. Nous remarquerons que chaque coup de roulette poss&#232;de une individualit&#233; caract&#233;ris&#233;e par les circonstances, variables d'un coup &#224; l'autre, qui l'ont accompagn&#233; et ont d&#233;termin&#233; la couleur sortie. Nous d&#233;signerons par les symboles alpha, beta, gamma,&#8230;, zeta, en nombre &#233;gal &#224; N, les groupes de circonstances qui ont d&#233;termin&#233; les N coups pour lesquels la noire est sortie. Nous ignorons le d&#233;tail de ces circonstances sans quoi nous aurions pu dans chaque cas pr&#233;voir ce qui allait se passer, mais nous introduirons comme postulat fonda-mental que chacun de ces groupes de circonstances peut se produire indiff&#233;remment dans l'un quelconque des m intervalles. et nous admettons aussi, naturellement, comme second postulat, que ces groupes sont compl&#232;tement ind&#233;pendants les uns des autres que les coups de roulette se succ&#232;dent sans exercer aucune influence mutuelle, que l'apparition d'un groupe particulier de circonstances dans un intervalle d&#233;termin&#233; n'a aucune r&#233;percussion sur la position des autres groupes parmi les intervalles.. Chacun de ceux-ci, qui comporte toujours un m&#234;me nombre total de coups,.est consid&#233;r&#233; comme &#233;quivalent aux autres au point de vue de la possibilit&#233; de production &#224; son int&#233;rieur d'un groupe d&#233;termin&#233; de circonstances, alpha par exemple. En langage ordinaire, ces groupes sont suppos&#233;s distribu&#233;s au hasard entre les intervalles. Toutes les distributions possibles de ces N groupes entre les m intervalles sont consid&#233;r&#233;es comme &#233;quivalentes, comme &#233;galement probables par d&#233;finition. Le nombre de ces distributions ou nombre des cas possibles est facile &#224; &#233;valuer. Si le groupe alpha se produit dans un intervalle d&#233;termin&#233;, nous affecterons alpha d'un indice &#233;gal au rang de cet intervalle, cet indice pouvant &#234;tre Indiff&#233;remment 1, 2, 3,&#8230; jusqu'&#224; m. Le nombre des mani&#232;res diff&#233;rentes de distribuer les m indices entre les N groupes, ou les groupes entre les intervalles est &#233;videmment m^N. C'est l&#224; le nombre des cas possibles. Si nous voulons la probabilit&#233; pour que, sur les N, n coups se produisent dans le premier intervalle, nous devons chercher le nombre des distributions dans lesquelles n des symboles alpha, beta,&#8230; porteront l'indice 1, les autres indices &#233;tant diff&#233;rents de 1 et d'ailleurs quelconques. Ceci nous donnera le nombre des cas favorables. Les n symboles portant l'indice 1 dans une distribution formeront une des combinaisons n &#224; n des N symboles diff&#233;rents. A cette combinaison particuli&#232;re peuvent &#234;tre associ&#233;es toutes les distributions des m-1 indices restants entre les N-n autres symboles ; elles sont en nombre (m-1)^(N-n), et comme il y a N ! /[(n !)*(N-n) ! ] combinaisons diff&#233;rentes, cela fait au total : &lt;br class='autobr' /&gt;
[N ! /[(n !)*(N-n) ! ]]*[(m-1)^(N-n)] &lt;br class='autobr' /&gt;
pour le nombre des cas favorables ; d'o&#249; pour la probabilit&#233; cherch&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt;
(1) P(n)=N ! /[(n !)*(N-n) ! ]*[(1/m)^(n)]*[1-1/m]^(N-n) &lt;br class='autobr' /&gt;
On v&#233;rifierait ais&#233;ment que, comme cela doit &#234;tre, la somme des probabilit&#233;s obtenues pour les diverses valeurs possibles de n, depuis z&#233;ro jusqu'&#224; N, est bien &#233;gale &#224; 1, puisque la somme des P(n) n'est autre chose que le d&#233;veloppement suivant la formule du binome de &lt;br class='autobr' /&gt;
((1/m)+1-(1/m))^(N) &lt;br class='autobr' /&gt;
c'est-&#224;-dire identiquement l'unit&#233;. On v&#233;rifierait ais&#233;ment aussi que P(n) est maximum pour une valeur de n &#233;gale au plus grand entier contenu dans (N+1)/m, c'est-&#224;-dire pr&#233;cis&#233;ment &#233;gale au nombre moyen nu=N/m de coups par intervalle si ce nombre est entier. Ce r&#233;sultat pouvait &#234;tre ais&#233;ment pr&#233;vu puisque la distribution la plus probable des N coups entre m intervalles &#233;quivalents par d&#233;finition est &#233;videmment la distribution uniforme &#224; raison de nu par intervalle. Ce qui int&#233;resse le joueur, ce sont pr&#233;cis&#233;ment les variations autour de cette moyenne, variations dont la formule (1) nous donne la probabilit&#233;. C'est de ces variations que d&#233;pend son b&#233;n&#233;fice ou sa perte. La formule peut se mettre sous une forme plus simple quand on suppose que la moyenne nu correspond &#224; un nombre m tr&#232;s grand d'intervalles. On trouve ais&#233;ment comme forme limite de (1) pour m tr&#232;s grand : &lt;br class='autobr' /&gt;
(2) P(n)=exp(-nu)*((nu^n)/(n !))&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probabilit&#233;s correspondantes aux diverses valeurs de n s'obtiennent en multipliant exp(-nu) par les termes successifs du d&#233;veloppement en s&#233;rie de exp(nu). La somme est bien encore &#233;gale &#224; 1 et le maximum a lieu pour n = nu si nu est entier ou sinon pour le plus grand entier que contient nu. Au jeu de roulette, si la rouge et la noire sont &#233;galement probables, ce qui est un postulat ind&#233;pendant de ceux que nous avons faits, la moyenne nu des noires portant sur un grand nombre d'intervalles est &#233;videmment &#233;gale &#224; la moiti&#233; du nombre des coups jou&#233;s dans chacun de ces intervalles. &lt;br class='autobr' /&gt;
La loi des &#233;carts. &#8212;Si nous introduisons dans la formule, au lieu du nombre n, l'&#233;cart delta = n-nu &#224; partir de la moyenne, et si nous supposons n assez grand pour qu'on puisse remplacer n ! par la formule bien connue de Stirling, la probabilit&#233; d'un &#233;cart delta prend la forme &lt;br class='autobr' /&gt;
(3) P = [1/sqrt(2*Pi*nu)]*exp(-(delta^2)/(2*nu)) &lt;br class='autobr' /&gt;
qui rappelle exactement la loi des erreurs de Gauss. Si au lieu de l'&#233;cart absolu, nous introduisons l'&#233;cart relatif epsilon = delta/nu, il vient : &lt;br class='autobr' /&gt;
(4) P = [1/sqrt(2*Pi*nu)]*exp(-nu*(epsilon^2)/2) &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette derni&#232;re forme met en &#233;vidence un fait fondamental sur lequel je reviendrai tout &#224; l'heure &#224; propos de la th&#233;orie des fluctuations : c'est que la probabilit&#233; d'un &#233;cart relatif donn&#233; epsilon est d'autant plus faible que nu est plus grand, qu'il y a en moyenne un plus grand nombre de coups dans chaque intervalle. D'o&#249; la possibilit&#233; de d&#233;duire ce nombre de coups de l'observation des &#233;carts. Nous allons retrouver ce m&#234;me fait sous une autre forme en calculant sur la formule g&#233;n&#233;rale (1) la valeur probable du carr&#233; moyen de l'&#233;cart relatif epsilon, en posant toujours : &lt;br class='autobr' /&gt;
epsilon = delta/nu = (n-nu)/nu. &lt;br class='autobr' /&gt;
La probabilit&#233; de l'&#233;cart epsilon &#233;tant P(n), il en r&#233;sulte pour la valeur probable du carr&#233; moyen : &lt;br class='autobr' /&gt;
(epsilon^2)(moyen) = sum (1&#8230;infini) (P(n)*(epsilon^2)) &lt;br class='autobr' /&gt;
Un calcul simple donne, si l'on remplace P(n) par la valeur (1) : &lt;br class='autobr' /&gt;
(5) (epsilon^2)(moyen) = 1/nu &#8212; 1/N &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on introduit, au lieu du carr&#233; moyen, la somme Sigma(epsilon^2) des carr&#233;s des &#233;carts dans les m intervalles &#224; partir de la moyenne, la valeur probable de cette somme est m*(epsilon^2)(moyen) et satisfait &#224; la relation &lt;br class='autobr' /&gt;
(6) Sigma(epsilon^2)/(m-1) = (1/nu) &lt;br class='autobr' /&gt;
On voit que les &#233;carts relatifs, les fluctuations de n autour de sa moyenne, doivent diminuer d'importance &#224; mesure que cette valeur moyenne augmente. Ainsi que je l'ai dit tout &#224; l'heure, la v&#233;ritable signification de ces r&#233;sultats est la suivante : ils repr&#233;sentent l'aboutissement d'une th&#233;orie bas&#233;e sur des hypoth&#232;ses et nous permettront, par comparaison avec l'exp&#233;rience, de savoir si ces hypoth&#232;ses peuvent &#234;tre conserv&#233;es. Le joueur qui voudra s'assurer de la sinc&#233;rit&#233; du jeu se servira d'eux comme nous nous servons de nos th&#233;ories physiques pour contr&#244;ler, par comparaison de leurs r&#233;sultats avec l'exp&#233;rience, la l&#233;gitimit&#233; de nos repr&#233;sentations. La constance de l'accord nous donnera la seule certitude que nous puissions atteindre, au jeu comme en Physique, relativement aux causes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Autre m&#233;thode. &#8212; Nous pouvons retrouver les formules fondamentales (5) et (6) en nous pla&#231;ant &#224; un autre point de vue et en cherchant, non plus la probabilit&#233; pour que, sur les N coups, il y ait un nombre d&#233;termin&#233; n dans l'un des m intervalles &#233;quivalents, mais la probabilit&#233; pour que les N coups se distribuent d'une mani&#232;re d&#233;termin&#233;e n(1), n(2),&#8230;, n(m) entre les intervalles, pour qu'il y ait en m&#234;me temps n(1) coups dans le premier intervalle, n(2) dans le second, etc. Nous ne pouvons appliquer ici le th&#233;or&#232;me des probabilit&#233;s compos&#233;es et nous servir de la formule (1) en calculant P(n(1)), P(n(2)),&#8230; et multipliant ces probabilit&#233;s. En effet, les n(1), n(2),&#8230; ne sont pas ind&#233;pendants puisque leur somme doit &#234;tre &#233;gale &#224; N. Nous pouvons cependant utiliser la formule (1) en proc&#233;dant de la mani&#232;re suivante : la probabilit&#233; pour qu'il y ait n(1) coups dans le premier intervalle est bien : &lt;br class='autobr' /&gt;
N ! /[n(1) ! *(N-n(1)) ! ]*[(1/m)^(n(1))]*[(1-(1/m))^(N-n(1)] &lt;br class='autobr' /&gt;
Les m-1 autres intervalles ne peuvent contenir que N-n coups, et la probabilit&#233; pour que le premier d'entre eux contienne n(2), est de la m&#234;me mani&#232;re : &lt;br class='autobr' /&gt;
[(N-n(1)) ! /[(n(2) !)*(N-n(1)-n(2)) !)]]*[(1/(m-1))^(n(2))]*[(1-1/(m-1))^(N-n(1)-n(2))] &lt;br class='autobr' /&gt;
et ainsi de suite. Si l'on fait maintenant, comme il est correct, le produit de toutes les probabilit&#233;s composantes, on obtient pour la probabilit&#233; cherch&#233;e : &lt;br class='autobr' /&gt;
(1/(m^N))*[N ! /(n(1)) ! *(n(2)) ! *&#8230;*(n(m)) ! ] &lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement dit, puisque le nombre total des distributions possibles est (m^N), le nombre de mani&#232;res dont on peut obtenir dans les diff&#233;rents intervalles les nombres de coups assign&#233;s est : &lt;br class='autobr' /&gt;
(7) W = N ! /[(n(1)) ! *(n(2)) ! *&#8230;*(n(m)) ! ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurions pu obtenir ce r&#233;sultat plus directement en cherchant de combien de mani&#232;res il est possible de distribuer entre les N symboles de groupes alpha, beta,&#8230; zeta, des nombres d&#233;termin&#233;s d'indices de chaque sorte, n(1) indices 1, n(2) indices 2,&#8230;., n(m) indices &#233;gaux &#224; m. Chaque distribution correspond &#224; un des ordres dans lesquels on peut ranger ces N indices qui ne sont pas tous diff&#233;rents, &#224; une des permutations de ces indices. Le nombre cherch&#233; est celui des permutations compl&#232;tes de N objets dont n(1) d'une m&#234;me esp&#232;ce, n(2) d'une autre, etc. Il est bien donn&#233; par la formule (7). Ce nombre W de mani&#232;res dont on peut r&#233;aliser une distribution donn&#233;e (n(1), n(2),&#8230;, n(m)) des N symboles entre m intervalles &#233;quivalents, au point de vue de la pr&#233;sence possible de chacun d'eux, est proportionnel avec le coefficient 1/(m^N) &#224; la probabilit&#233; de cette distribution. Nous pourrons souvent prendre W comme mesure de cette probabilit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
On voit ais&#233;ment que, pour une valeur donn&#233;e de N, W est maximum quand les n sont tous &#233;gaux. Nous voyons ainsi d'une autre mani&#232;re que la distribution la plus probable est celle qui se fait &#233;galement entre les divers intervalles, du moins lorsque aucune condition suppl&#233;mentaire n'est impos&#233;e qui pourrait venir exclure certaines distributions. Nous allons traiter dans un instant un probl&#232;me o&#249; s'introduiront de semblables exclusions. Les m-1 autres intervalles ne peuvent contenir que N-n coups, et la probabilit&#233; pour que le premier d'entre eux contienne n(2), est de la m&#234;me mani&#232;re : &lt;br class='autobr' /&gt;
[(N-n(1)) ! /[(n(2) !)*(N-n(1)-n(2)) !)]]*[(1/(m-1))^(n(2))]*[(1-1/(m-1))^(N-n(1)-n(2))] &lt;br class='autobr' /&gt;
et ainsi de suite. Si l'on fait maintenant, comme il est correct, le produit de toutes les probabilit&#233;s composantes, on obtient pour la probabilit&#233; cherch&#233;e : &lt;br class='autobr' /&gt;
(1/(m^N))*[N ! /(n(1)) ! *(n(2)) ! *&#8230;*(n(m)) ! ] &lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement dit, puisque le nombre total des distributions possibles est (m^N), le nombre de mani&#232;res dont on peut obtenir dans les diff&#233;rents intervalles les nombres de coups assign&#233;s est : &lt;br class='autobr' /&gt;
(7) W = N ! /[(n(1)) ! *(n(2)) ! *&#8230;*(n(m)) ! ] &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous aurions pu obtenir ce r&#233;sultat plus directement en cherchant de combien de mani&#232;res il est possible de distribuer entre les N symboles de groupes alpha, beta,&#8230; zeta, des nombres d&#233;termin&#233;s d'indices de chaque sorte, n(1) indices 1, n(2) indices 2,&#8230;., n(m) indices &#233;gaux &#224; m. Chaque distribution correspond &#224; un des ordres dans lesquels on peut ranger ces N indices qui ne sont pas tous diff&#233;rents, &#224; une des permutations de ces indices. Le nombre cherch&#233; est celui des permutations compl&#232;tes de N objets dont n(1) d'une m&#234;me esp&#232;ce, n(2) d'une autre, etc. Il est bien donn&#233; par la formule (7). Ce nombre W de mani&#232;res dont on peut r&#233;aliser une distribution donn&#233;e (n(1), n(2),&#8230;, n(m)) des N symboles entre m intervalles &#233;quivalents, au point de vue de la pr&#233;sence possible de chacun d'eux, est proportionnel avec le coefficient 1/(m^N) &#224; la probabilit&#233; de cette distribution. Nous pourrons souvent prendre W comme mesure de cette probabilit&#233;. On voit ais&#233;ment que, pour une valeur donn&#233;e de N, W est maximum quand les n sont tous &#233;gaux. Nous voyons ainsi d'une autre mani&#232;re que la distribution la plus probable est celle qui se fait &#233;galement entre les divers intervalles, du moins lorsque aucune condition suppl&#233;mentaire n'est impos&#233;e qui pourrait venir exclure certaines distributions. Nous allons traiter dans un instant un probl&#232;me o&#249; s'introduiront de semblables exclusions. &lt;br class='autobr' /&gt;
La formule (7) donne &#233;galement le moyen de calculer les &#233;carts &#224; forum partir de la distribution uniforme de probabilit&#233; maximum. Soit en effet nu la valeur moyenne N/m du nombre des coups par intervalle, et soient epsilon(1), epsilon(2),&#8230; epsilon(m) les &#233;carts relatifs &#224; partir de cette valeur dans une distribution quelconque : &lt;br class='autobr' /&gt;
n(1) = nu*(1+epsilon(1)), n(2) = nu*(1+epsilon(2)),&#8230;, n(m) = nu*(1+epsilon(m)). &lt;br class='autobr' /&gt;
Les epsilon sont nuls dans la distribution la plus probable et sont dans tous les cas, puisque le nombre total N est donn&#233;, soumis &#224; la condition Sigma(epsilon) = 0. En prenant le logarithme des deux membres de (7), rempla&#231;ant chaque factorielle par la formule asymptotique de Stirling, &lt;br class='autobr' /&gt;
n ! = (sqrt(2*Pi*n))*((n/e)^n) &lt;br class='autobr' /&gt;
et n&#233;gligeant le logarithme de chaque grand nombre tel que n par rapport &#224; celui-ci, on obtient, C &#233;tant une constante qui d&#233;pend seulement de N : &lt;br class='autobr' /&gt;
(8) log W = C &#8212; sum(1&#8230;n) (n*log(n)) &lt;br class='autobr' /&gt;
Rempla&#231;ant n par nu(1+epsilon) et d&#233;veloppant log(1+epsilon) suivant les puissances de epsilon, il vient, si l'on tient compte de la condition Sigma(epsilon) = 0, et si on limite le d&#233;veloppement aux termes du second ordre : &lt;br class='autobr' /&gt;
log W = log (W(0)) &#8212; nu*(Sigma(epsilon^2))/2 &lt;br class='autobr' /&gt;
ou &lt;br class='autobr' /&gt;
W = W(0)*exp(-nu*Sigma(epsilon^2)/2), &lt;br class='autobr' /&gt;
W(0) &#233;tant la probabilit&#233; maximum, celle qui correspond &#224; la distribution uniforme. Ayant ainsi la probabilit&#233; qui correspond &#224; chaque syst&#232;me de valeurs des epsilon, on calcule ais&#233;ment la valeur moyenne d'une expression quelconque x telle que Sigma(epsilon^2) par : &lt;br class='autobr' /&gt;
Sigma(W*x)/Sigma(W). &lt;br class='autobr' /&gt;
En rempla&#231;ant chacune des deux sommes par une int&#233;grale et en tenant compte de la condition Sigma(epsilon) = 0, on retrouve ais&#233;ment la formule (6) : &lt;br class='autobr' /&gt;
Sigma(epsilon^2)/(m-1) = 1/nu, &lt;br class='autobr' /&gt;
en moyenne. Bien que ce second mode de raisonnement soit moins direct que le premier et ne s'applique qu'au cas des grands nombres, il &#233;tait important de le rappeler parce qu'il envisage les choses sous un nouvel aspect et pr&#233;pare la voie pour la solution des autres probl&#232;mes dont nous aurons &#224; nous occuper. &lt;br class='autobr' /&gt;
Applications. &#8212; On peut faire, au jeu comme en Physique, deux sortes d'applications de la relation (6). Tout d'abord, comme je l'ai d&#233;j&#224; dit, on peut l'utiliser pour v&#233;rifier, par sa concordance avec les faits, si les postulats d'ind&#233;pendance et d'indiff&#233;rence plac&#233;s &#224; la base de nos raisonnements sont l&#233;gitimes. Le joueur qui voudra se rendre compte de la sinc&#233;rit&#233; du jeu observera les nombres de coups sortis dans m intervalles &#233;quivalents, calculera la moyenne nu et les &#233;carts relatifs individuels epsilon, et verra dans quelle mesure la relation (6) est v&#233;rifi&#233;e. Cette v&#233;rification doit &#234;tre d'autant plus exacte que le nombre m d'intervalles consid&#233;r&#233;s est plus grand. On peut &#233;galement s'en servir pour d&#233;terminer le nombre moyen nu et par cons&#233;quent N quand on conna&#238;t seulement les &#233;carts relatifs epsilon. Par exemple on se donne, pour chacun de m jours cons&#233;cutifs &#233;quivalents, la somme totale gagn&#233;e par un joueur sans en retrancher les pertes. Quel est le nombre des coups jou&#233;s chaque jour et quelle est la mise ? La connaissance des gains quotidiens entra&#238;ne celle des &#233;carts relatifs et celle-ci suffit &#224; conna&#238;tre le nombre des coups jou&#233;s &#224; l'aide de la formule (6). Celle-ci traduit quantitativement le fait que les &#233;carts relatifs entre les gains quotidiens sont d'autant plus faibles que le nombre des coups jou&#233;s chaque jour est plus grand. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette question est tout &#224; fait comparable &#224; celles qu'on se pose en Physique quand on cherche &#224; d&#233;duire le nombre des mol&#233;cules et les grandeurs mol&#233;culaires de l'observation des &#233;carts relatifs sur les grandeurs mesurables, de la mesure des fluctuations ou de leurs cons&#233;quences. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fluctuations radioactives et fluctuations de concentration. &#8212; Donnons d'abord quelques exemples de questions de Physique o&#249; les r&#233;sultats qui pr&#233;c&#232;dent trouvent une application imm&#233;diate. Prenons une substance radioactive de vie assez longue pour que nous puissions consid&#233;rer son activit&#233; comme constante pendant toute la dur&#233;e de nos exp&#233;riences et comptons, parmi les particules alpha qu'elle &#233;met, celles qui tombent sur un &#233;cran ou traversent un appareil de num&#233;ration pendant des intervalles de temps successifs &#233;gaux entre eux. Nos postulats fondamentaux, parall&#232;les aux pr&#233;c&#233;dents, seront que les circonstances, tant int&#233;rieures qu'ext&#233;rieures &#224; l'atome radioactif, qui permettent l'arriv&#233;e d'une particule a, peuvent se produire indiff&#233;remment &#224; un instant quelconque, dans l'un quelconque de nos intervalles de temps &#233;gaux, et de plus qu'il y a ind&#233;pendance compl&#232;te entre les groupes de circonstances qui correspondent &#224; deux particules diff&#233;rentes, que les circonstances d&#233;terminant l'explosion d'un atome dans des conditions favorables &#224; l'arriv&#233;e d'une particule n'influent en rien sur celles qui d&#233;termineront ou accompagneront l'explosion d'un autre atome. La l&#233;gitimation de ces postulats, par v&#233;rification de leurs cons&#233;quences, a une tr&#232;s grosse importance pour la th&#233;orie des ph&#233;nom&#232;nes radioactifs. Le premier, pour ce qui concerne les circonstances int&#233;rieures &#224; l'atome qui d&#233;terminent son explosion, signifie que ces circonstances peuvent se produire indiff&#233;remment &#224; un instant ou &#224; un autre, que les chances pour l'atome de continuer &#224; vivre sont ind&#233;pendantes du temps pendant lequel il a d&#233;j&#224; v&#233;cu ; en d'autres termes qu'il ne vieillit pas, et qu'il meurt seulement par suite d'accidents dus &#224; un hasard interne. Je dis interne parce qu'il semble bien qu'aucune circonstance externe, du moins parmi celles que nous pouvons modifier, n'influe sur la vitesse de transformation des substances radioactives. Si nos postulats sont exacts et si nous recevons au total N particules alpha pendant m intervalles de temps &#233;gaux, la probabilit&#233; pour qu'il arrive n particules pendant un de ces intervalles est donn&#233;e par la formule (1), les &#233;carts &#224; partir de la moyenne N/m = nu doivent satisfaire &#224; la relation (6). Ce r&#233;sultat a &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233; de mani&#232;re tr&#232;s exacte dans les exp&#233;riences de M. Rutherford. Nous en rencontrerons plus loin un autre du m&#234;me genre et de plus grande importance au point de vue de la num&#233;ration des particules. Il y a bient&#244;t quinze ans que M. Smoluchowski a pr&#233;vu de la m&#234;me mani&#232;re les fluctuations spontan&#233;es qui doivent se produire dans la distribution des mol&#233;cules d'un gaz entre les diverses portions du volume qu'il occupe, les fluctuations de concentration. Pour que nous puissions appliquer &#224; ce probl&#232;me les r&#233;sultats obtenus, il nous faut partir des postulats suivants : la pr&#233;sence d'une mol&#233;cule particuli&#232;re est &#233;galement possible dans des portions &#233;gales du volume total ; ceci est intuitif et nous conduit &#224; remplacer nos m intervalles par m r&#233;gions d'&#233;gal volume. et contenant chacune en moyenne nu mol&#233;cules. De plus nous devons admettre que la pr&#233;sence d'une mol&#233;cule dans une de ces r&#233;gions n'influe en rien sur la pr&#233;sence possible d'une autre, ce qui nous oblige &#224; n&#233;gliger les actions mutuelles entre ces mol&#233;cules ou le volume de chacune d'elles par rapport au volume total. Le gaz doit donc &#234;tre suppos&#233; suffisamment rare. Quand le fluide est dense, les fluctuations peuvent &#234;tre tr&#232;s diff&#233;rentes de ce que nous allons pr&#233;voir, ou beaucoup moindres si les mol&#233;cules sont serr&#233;es au point d'occuper la plus grande partie du volume total, de fa&#231;on &#224; exercer entre elles surtout des actions r&#233;pulsives, ou beau-coup plus importantes si les actions attractives l'emportent, comme c'est le cas pour les fluides au voisinage d'un &#233;tat critique. Pour un gaz peu dense, tel que l'atmosph&#232;re, les formules (1), (2) et (3) s'appliquent &#224; la probabilit&#233; pour qu'une portion du volume contienne n mol&#233;cules si m portions &#233;gales en contiennent N au total. Ici encore les fluctuations spontan&#233;es seront d'autant plus importantes que le nombre moyen de mol&#233;cules sera plus faible. Nous trouverons l'application de ces r&#233;sultats dans la th&#233;orie du bleu c&#233;leste. M. Svedberg a pens&#233; pouvoir mettre en &#233;vidence les fluctuations spontan&#233;es de concentration qui doivent se produire de la m&#234;me mani&#232;re dans une solution &#233;tendue en observant les fluctuations du nombre des particules alpha &#233;mises par une solution radioactive quand on s'arrange de mani&#232;re &#224; ne recevoir sur un &#233;cran que les particules &#233;mises par une petite fraction du volume total de la solution. Il pensait que, les hasards de distribution des atomes radioactifs dans le volume s'ajoutant aux hasards internes qui d&#233;terminent l'explosion, on devrait observer des fluctuations plus importantes qu'avec une mati&#232;re radioactive solide, et a effectivement obtenu, pour le m&#234;me nombre moyen de particules re&#231;ues dans chaque intervalle de temps, un carr&#233; moyen des &#233;carts relatifs double environ de celui que pr&#233;voit la formule (5). Le raisonnement g&#233;n&#233;ral par lequel nous avons obtenu cette formule montre que s'il y a bien, conform&#233;ment au second postulat, ind&#233;pendance entre toutes les circonstances qui d&#233;terminent les arriv&#233;es sur l'&#233;cran de deux particules alpha, le r&#233;sultat de M. Svedberg ne peut pas &#234;tre exact. En raisonnant sur les groupes de circonstances qui permettent l'arriv&#233;e d'une particule alpha sur l'&#233;cran comme nous l'avons fait pour les groupes de circonstances qui d&#233;terminent la sortie d'une noire &#224; la roulette, on verra que la formule donnant l'&#233;cart relatif moyen en fonction du nombre moyen des coups reste applicable sous les deux postulats d'indiff&#233;rence et d'ind&#233;pendance. La superposition du hasard de distribution des atomes radioactifs dans le liquide au hasard interne qui d&#233;termine l'explosion augmente simplement la complexit&#233; des circonstances favorables, complexit&#233; dont la formule est ind&#233;pendante. Si de nouvelles exp&#233;riences confirment les observations faites par M. Svedberg, cela prouvera, ou bien que l'explosion d'un atome peut influer sur celle d'un atome voisin, et ceci est en contradiction avec le fait que la radioactivit&#233; globale d'une substance s'est montr&#233;e jusqu'ici tout &#224; fait ind&#233;pendante de sa concentration, ou bien que la pr&#233;sence dans une r&#233;gion d'un atome radioactif entra&#238;ne aussi celle d'autres atomes radioactifs dans cette m&#234;me r&#233;gion ; autrement dit que les atomes dissous vont par groupes associ&#233;s, que la solution de M. Svedberg &#233;tait collo&#239;dale. De toute. mani&#232;re son r&#233;sultat, s'il est exact, n'a rien &#224; voir avec les fluctuations spontan&#233;es de concentration dont nous avons parl&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Grandeurs mol&#233;culaires. &#8212; Voyons maintenant quelques exemples d'application de la formule (6) &#224; la d&#233;termination des grandeurs mol&#233;culaires par l'interm&#233;diaire des fluctuations auxquelles cette formule s'applique, comme celles des &#233;missions radioactives ou de concentration dans les milieux dilu&#233;s, cas o&#249; les postulats d'indiff&#233;rence et d'ind&#233;pendance se trouvent v&#233;rifi&#233;s. Avant qu'on s&#251;t faire les num&#233;rations de particules par la m&#233;thode des scintillations ou par l'&#233;l&#233;gant proc&#233;d&#233; de Rutherford, M. v. Schweidler avait observ&#233; que le courant d'ionisation produit par les rayons alpha &#233;tait soumis &#224; d'importantes fluctuations. Pendant des intervalles de temps &#233;gaux entre eux, les quantit&#233;s d'&#233;lectricit&#233; lib&#233;r&#233;es dans une chambre d'ionisation par l'&#233;lectrom&#232;tre sont proportionnelles aux nombres de particules alpha &#233;mises pendant ces intervalles, de sorte que les &#233;carts relatifs entre ces quantit&#233;s et leur moyenne donnent les &#233;carts relatifs entre les nombres de particules et leur moyenne ; d'o&#249; la possibilit&#233; de calculer cette derni&#232;re moyenne &#224; partir des &#233;carts relatifs observ&#233;s &#224; l'&#233;lectrom&#232;tre en appliquant la relation (6). De mani&#232;re plus indirecte, on peut comprendre comment la diffusion de la lumi&#232;re par l'atmosph&#232;re est due aux fluctuations spontan&#233;es de concentrations de l'air pr&#233;vues par Smoluchowski et comment la mesure de l'&#233;clat du ciel permet de remonter aux grandeurs mol&#233;culaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
En raison de ces fluctuations, du fr&#233;missement continuel de l'atmosph&#232;re autour de la distribution uniforme de ses mol&#233;cules en volume, l'air se comporte au point de vue optique comme un milieu trouble et diffuse la lumi&#232;re solaire. De l'importance des fluctuations r&#233;gie par les lois de probabilit&#233;, on peut d&#233;duire la proportion de lumi&#232;re diffus&#233;e pour chaque longueur d'onde et par suite le rapport de l'&#233;clat du ciel &#224; celui du Soleil. On con&#231;oit d'ailleurs que cette proportion augmente &#224; mesure que la longueur d'onde diminue et que le ciel soit bleu ; en effet, pour une lumi&#232;re de longueur d'onde donn&#233;e, la proportion d'&#233;nergie diffus&#233;e est d&#233;termin&#233;e par le degr&#233; d'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; du milieu &#224; l'&#233;chelle de la longueur d'onde, c'est-&#224;-dire par les fluctuations relatives de concentration dans un cube ayant pour c&#244;t&#233; la longueur d'onde, et comme le nombre moyen des mol&#233;cules pr&#233;sentes dans ce cube est proportionnel au cube de cette longueur d'onde, on con&#231;oit que le milieu se comporte comme d'au-tant plus trouble et plus diffusant que la longueur d'onde est plus courte. Inversement, la comparaison exp&#233;rimentale de l'&#233;clat du ciel &#224; celui du Soleil pour une longueur d'onde quelconque d&#233;termine l'importance relative des fluctuations, dans un cube de c&#244;t&#233; &#233;gal &#224; cette longueur d'onde, et, par application de la formule (6), permet de remonter au nombre des mol&#233;cules pr&#233;sentes en moyenne dans un tel volume. Quand le milieu est dense, les actions mutuelles interviennent et changent l'importance relative des fluctuations. Pour traiter le probl&#232;me dans le cas g&#233;n&#233;ral il va nous falloir aboutir &#224; la m&#233;canique statistique en analysant de nouveaux probl&#232;mes de probabilit&#233;s au double point de vue de la distribution la plus probable et des fluctuations spontan&#233;es autour de celle-ci. &lt;br class='autobr' /&gt;
DEUXI&#200;ME PROBL&#200;ME. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me des s&#233;ries de coups. &#8212; Une des questions qui int&#233;ressent le plus les joueurs est celle de la distribution des coups d'une m&#234;me couleur en s&#233;ries. Nous allons voir que ce probl&#232;me est &#233;troitement li&#233; &#224; celui de la m&#233;canique statistique, aux applications les plus importantes qui aient &#233;t&#233; faites du calcul des probabilit&#233;s &#224; la Physique. Posons-nous la question suivante : &#201;tant donn&#233; que, sur un nombre total N + R de coups de roulette, la noire est sortie N fois et la rouge R fois, quelle est la probabilit&#233; pour que les coups rouges, par exemple, soient distribu&#233;s d'une mani&#232;re donn&#233;e en s&#233;ries, qu'il y ait n, coups rouges isol&#233;s, n., s&#233;ries de deux coups cons&#233;cutifs, n, de trois coups, et ainsi de suite. Le nombre total des rouges &#233;tant R on a &#233;videmment : &lt;br class='autobr' /&gt;
(8) n(1) + 2*n(2) + 3*n(3) +&#8230; = R. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque s&#233;rie de rouges est situ&#233;e dans un des intervalles entre deux noires cons&#233;cutives ou &#224; chacune des deux extr&#233;mit&#233;s de l'ensemble des coups, de sorte que, si nous d&#233;signons par no et appelons nombre des s&#233;ries rouges d'ordre 0, le nombre des intervalles entre les noires o&#249; ne se trouve aucune rouge, nous devons avoir n(0) + n(1) + n(2) +&#8230;, &#233;gal &#224; N + 1, d'o&#249; &lt;br class='autobr' /&gt;
(9) n(0) + n(1) + n(2) +&#8230; = N + 1. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le postulat d'ind&#233;pendance entre les coups nous permet d'affirmer que chaque intervalle entre deux noires peut indiff&#233;remment renfermer une s&#233;rie d'ordre 0, 1, 2, 3,&#8230;, puisque la couleur d'un coup n'est nullement conditionn&#233;e par la couleur du coup qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;. Il y aura donc autant de mani&#232;res de r&#233;aliser la distribution donn&#233;e des rouges en N + 1 s&#233;ries qu'il y a de mani&#232;res diff&#233;rentes de ranger ces s&#233;ries, de distribuer entre elles n(0) indices 0, n(1) indices 1, n(2) indices 2, etc, l'indice attribu&#233; &#224; une s&#233;rie indiquant l'ordre auquel elle appartient. C'est, comme tout &#224; l'heure, le nombre des permutations compl&#232;tes des N s&#233;ries donn&#233;es : &lt;br class='autobr' /&gt;
(10) W = (N + 1) ! /[(n(0)) ! *(n(1)) !&#8230;] &lt;br class='autobr' /&gt;
La probabilit&#233; de la distribution donn&#233;e est proportionnelle &#224; cette quantit&#233;, au nombre de cas favorables, c'est-&#224;-dire au nombre de mani&#232;res dont on peut la r&#233;aliser, mais contrairement &#224; ce qui se passait dans le probl&#232;me pr&#233;c&#233;dent, les nombres n ne sont pas seulement assujettis &#224; la condition d'avoir une somme donn&#233;e &#233;gale ici &#224; N + 1, mais doivent encore satisfaire &#224; la relation (8). C'est elle qui limite maintenant le nombre des cas possibles comme, dans le probl&#232;me pr&#233;c&#233;dent, ce nombre &#233;tait limit&#233; par la condition, absente ici, qu'il y ait m indices diff&#233;rents. Un raisonnement simple montre que ce nombre total des cas possibles est &#233;gal au nombre des permutations compl&#232;tes qu'on peut former avec les N noires et les R rouges, c'est-&#224;-dire &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
(N + R) ! /(N ! *R !) &lt;br class='autobr' /&gt;
d'o&#249; l'on d&#233;duit ais&#233;ment, en divisant (10) par (11), l'expression cherch&#233;e pour la probabilit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La distribution la plus probable. &#8212; Dans le probl&#232;me pr&#233;c&#233;dent, la probabilit&#233; maximum correspondait &#224; la distribution uniforme ; &#224; cause de la liaison impos&#233;e par la relation (8), la distribution la plus probable des N s&#233;ries entre les divers ordres ne sera pas uniforme. Pour l'obtenir il nous faut chercher les valeurs de n(0), n(1), n(2), satisfaisant &#224; la fois aux relations (8) et (9) et donnant la plus grande valeur possible &#224; l'expression (10) de W. Cette question peut &#234;tre r&#233;solue de mani&#232;re simple quand on suppose les nombres n assez grands pour que chaque factorielle puisse &#234;tre remplac&#233;e par la formule de Stirling : &lt;br class='autobr' /&gt;
n ! = [sqrt(2*Pi*n)]*[(n/e)^(n)] &lt;br class='autobr' /&gt;
Prenant le logarithme de W et laissant de c&#244;t&#233; des termes n&#233;gligeables dans l'hypoth&#232;se o&#249; les n sont grands, plus exactement en remarquant que le logarithme d'un grand nombre est n&#233;gligeable devant celui-ci, on obtient : &lt;br class='autobr' /&gt;
(12) log W = C &#8212; (n(0)*log(n(0) + n(1)*log(n(1)) +&#8230;) = C &#8212; Sigma(n*ln(n)) &lt;br class='autobr' /&gt;
C &#233;tant une constante qui a la m&#234;me, valeur pour toutes les distributions dont on veut comparer'les probabilit&#233;s. Puisque les n et par cons&#233;quent N sont tr&#232;s grands, nous pouvons n&#233;gliger l'unit&#233; dans la condition (9) et chercher le maximum de (12) sous les conditions (8) et (9). On trouve imm&#233;diatement que ce maximum correspond &#224; la distribution repr&#233;sent&#233;e par la loi &lt;br class='autobr' /&gt;
(13) n(i) = [(N^2)/(R+N)]*[R/R+N]^(i) &lt;br class='autobr' /&gt;
i pouvant prendre les valeurs enti&#232;res 0, 1, 2,&#8230; On voit que la distribution la plus probable des rouges en s&#233;ries correspond &#224; des nombres de s&#233;ries qui varient suivant une progression g&#233;om&#233;trique d&#233;croissante de raison R/(R+N) &#224; mesure que l'ordre i de la s&#233;rie augmente. Quel que soit le nombre moyen des coups dans les s&#233;ries, ce sont toujours les petites s&#233;ries qui seront les plus fr&#233;quentes, mais la diminution de fr&#233;quence avec l'ordre i est d'autant plus lente que R/N, ordre moyen des s&#233;ries, augmente, puisque la raison tend vers l'unit&#233; quand R/N augmente. Si le jeu de roulette est tel que sur un grand nombre de coups, il y ait autant de rouges que de noires, la raison de la progression est &#233;gale &#224; 1/2 et l'on a, en faisant R = N, &lt;br class='autobr' /&gt;
n(0) = N/2, n(1) = N/4, n(2) = N/8,&#8230;, n(i) = N/(2^(i)). &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est donc probable que les coups rouges isol&#233;s seront deux fois plus fr&#233;quents que les s&#233;ries de deux coups, celles-ci deux fois plus fr&#233;quentes que les s&#233;ries de trois coups, et ainsi de suite. La v&#233;rification de ce r&#233;sultat pourra servir &#224; ceux qui jouent la s&#233;rie &#224; s'assurer que le jeu est honn&#234;te et conforme aux postulats que nous avons admis. Si le jeu est combin&#233; de mani&#232;re que R soit diff&#233;rent de N, si par exemple le nombre des cases rouges est diff&#233;rent de celui des noires, la distribution la plus probable des s&#233;ries se fera avec une raison R/(R+N) diff&#233;rente de 1/2. Si nous avions eu uniquement en vue la recherche de la distribution la plus probable des s&#233;ries entre les diverses valeurs possibles et non celle de la probabilit&#233; d'une distribution quelconque, n&#233;cessaire pour l'&#233;tude des fluctuations autour de la plus probable, nous aurions pu aboutir beaucoup plus rapidement en raisonnant de la mani&#232;re suivante : Chaque fois qu'un nouveau coup est jou&#233;, les chances de sortie de la rouge et de la noire sont entre elles comme R est &#224; N. Une s&#233;rie &#233;tant commenc&#233;e, elle se prolonge si la rouge sort et se termine si c'est la noire. Les chances qu'a une s&#233;rie quelconque de se prolonger sont donc &#224; celles qu'elle a de se terminer comme R est &#224; N. Ceci se traduit par l'&#233;quation, valable quel que soit i dans la distribution la plus probable des s&#233;ries : &lt;br class='autobr' /&gt;
(n(i))/(n(i+1)+n(i+2)+&#8230;) = N+R &lt;br class='autobr' /&gt;
ou &lt;br class='autobr' /&gt;
(n(i))/(n(i)+n(i+1)+&#8230;) = N/(R+N), &lt;br class='autobr' /&gt;
et comme &lt;br class='autobr' /&gt;
n(i-1)/(n(i)+n(i+1)+&#8230;) = N/R, &lt;br class='autobr' /&gt;
on obtient par division la relation de r&#233;currence : &lt;br class='autobr' /&gt;
n(i)/(n(i-1)) = R/(R+N), &lt;br class='autobr' /&gt;
d'o&#249; la relation (13) si l'on tient compte de (9). &lt;br class='autobr' /&gt;
Probabilit&#233;s continues et probabilit&#233;s discontinues. &#8212; Nous pouvons mettre encore nos r&#233;sultats sous une autre forme qui va nous permettre de passer au cas limite des probabilit&#233;s continues. Supposons que les coups de roulette soient jou&#233;s uniform&#233;ment dans le temps ; l'intervalle de temps entre deux coups cons&#233;cutifs &#233;tant constant et &#233;gal &#224; epsilon. La dur&#233;e d'une s&#233;rie d'ordre i sera t = i*(epsilon) e t la dur&#233;e totale de nos s&#233;ries est donn&#233;e &#233;gale &#224; R*(epsilon), autrement dit la dur&#233;e moyenne est donn&#233;e &#233;gale &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
t(barre) = (R/N)*(epsilon). &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque s&#233;rie ne pouvant contenir qu'un nombre entier i de coups, sa dur&#233;e t ne peut &#234;tre qu'un multiple entier de epsilon. Nous avons bien affaire &#224; un probl&#232;me de probabilit&#233;s discontinues avec un domaine &#233;l&#233;mentaire de probabilit&#233;s epsilon fini. La relation (13) peut encore s'&#233;crire &lt;br class='autobr' /&gt;
(14) n(i) = [(N^2)/(R+N)]*exp(-t/tau) = C*exp(-t/tau), &lt;br class='autobr' /&gt;
en posant &lt;br class='autobr' /&gt;
(15) exp(-epsilon/tau) = R/(R+N) = t(barre)/(t(barre)+epsilon), &lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci revient &#224; remarquer que les points obtenus en portant en abscisses les valeurs de i et en ordonn&#233;es les valeurs correspondantes de n dans la distribution la plus probable se trouvent sur une courbe exponentielle dont l'&#233;quation est donn&#233;e par (14). La valeur du module tau est d&#233;termin&#233;e par la relation (15). Nous verrons que ce module joue dans la question actuelle le m&#234;me r&#244;le que joue la temp&#233;rature dans les distributions les plus probables que pr&#233;voit la m&#233;canique statistique et nous pourrions l'appeler la temp&#233;rature de notre distribution probable des s&#233;ries. Ceci va nous appara&#238;tre en examinant de plus pr&#232;s la relation entre ce module et la dur&#233;e moyenne des s&#233;ries. On peut en effet &#233;crire la relation (15), en la r&#233;solvant par rapport &#224; t(barre) : &lt;br class='autobr' /&gt;
(16) t(barre) = epsilon/(exp(epsilon/tau)-1), &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette relation est repr&#233;sent&#233;e par la courbe I (fig. 1) qui part de l'origine avec une tangente horizontale et monte ensuite en tendant vers l'asymptote t = tau &#8212; epsilon/2. Cette courbe pr&#233;sente une analogie frappante avec celle qui repr&#233;sente la variation en fonction de la temp&#233;rature de l'&#233;nergie thermique n&#233;cessaire pour porter un corps solide du z&#233;ro absolu &#224; la temp&#233;rature T, telle qu'elle r&#233;sulte des recherches exp&#233;rimentales de M. Nernst et de ses collaborateurs ; au lieu de l'&#233;nergie thermique totale on peut envisager aussi bien l'&#233;nergie moyenne epsilon(barre) d'une mol&#233;cule en fonction de la temp&#233;rature (courbe II, fig. 1). Plus exacte encore quantitativement est l'identit&#233; de notre courbe avec celle qui repr&#233;sente la distribution de l'&#233;nergie du rayonnement noir en fonction de la longueur d'onde et de la temp&#233;rature. On sait que l'&#233;nergie contenue dans l'unit&#233; de volume d'une cavit&#233; en &#233;quilibre thermique est repr&#233;sent&#233;e, d'apr&#232;s les lois de Boltzmann et de Wien, pour la partie comprise entre les longueurs d'onde lambda et lambda + d(lambda), par &lt;br class='autobr' /&gt;
(1/(lambda^5))*F(lambda*T)*d(lambda). &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mesures les plus pr&#233;cises faites dans un intervalle consid&#233;rable de longueurs d'onde ont conduit pour la fonction F &#224; la forme : &lt;br class='autobr' /&gt;
F (lambda*T) = C/(exp(c/lambda*T)-1) &lt;br class='autobr' /&gt;
C et c &#233;tant des constantes. Si nous portons en abscisses la variable (lambda*T) et en ordonn&#233;es la fonction F (lambda*T) telle que l'exp&#233;rience la fournit, nous obtenons une courbe qui, pour un choix convenable d'&#233;chelle, co&#239;ncide exactement avec la n&#244;tre (courbe III, fig. 1). L'analogie devient encore plus frappante quand on passe au cas limite des probabilit&#233;s continues. Si nous supposons que les coups de roulette se pr&#233;cipitent de plus en plus, se succ&#232;dent &#224; des intervalles epsilon de plus en plus petits, les s&#233;ries de dur&#233;e observable contiendront un tr&#232;s grand nombre de coups et n'existeront que si R est tr&#232;s grand par rapport &#224; N, c'est-&#224;-dire t(barre) et par cons&#233;quent tau par rapport &#224; epsilon. Notre probl&#232;me devient celui de la distribution la plus probable des intervalles de temps t entre N &#233;v&#233;nements cons&#233;cutifs (les coups noirs) qui se produisent au hasard, la valeur de l'intervalle moyen entre eux &#233;tant donn&#233;e. Si dans la formule (16), nous faisons tendre epsilon vers 0, nous obtenons &lt;br class='autobr' /&gt;
t(barre) = tau, &lt;br class='autobr' /&gt;
et (14) devient &lt;br class='autobr' /&gt;
(17) dn = (N/tau)*exp(-t/tau)*dt, &lt;br class='autobr' /&gt;
dn &#233;tant le nombre des intervalles dont la longueur est comprise entre t et t+dt. &lt;br class='autobr' /&gt;
La loi exponentielle subsiste ainsi dans le cas des probabilit&#233;s continues ; ce sont toujours les intervalles les plus courts qui sont les plus fr&#233;quents, mais nous avons ce caract&#232;re particulier que la dur&#233;e moyenne devient &#233;gale au module et que la courbe I est remplac&#233;e par la droite t(barre) = tau, parall&#232;le &#224; l'asymptote pr&#233;c&#233;dente. Or nous verrons que l'application des probabilit&#233;s continues &#224; la Thermodynamique conduit &#224; pr&#233;voir, pour l'&#233;nergie moyenne d'une mol&#233;cule dans un solide, une valeur proportionnelle &#224; la temp&#233;rature, conforme &#224; la loi de Dulong et Petit, et repr&#233;sent&#233;e par une droite analogue &#224; la pr&#233;c&#233;dente, parall&#232;le &#224; l'asymptote de la courbe exp&#233;rimentale. De m&#234;me, l'application des probabilit&#233;s continues &#224; la th&#233;orie du rayonnement conduit &#224; une loi, donn&#233;e par Lord Rayleigh, d'apr&#232;s laquelle la fonction F(lambda*T) est proportionnelle &#224; (lambda*T) et l'exp&#233;rience confirme cette loi pour les grandes valeurs de (lambda*T), c'est-&#224;-dire que la droite passant par l'origine que pr&#233;voit la probabilit&#233; continue est encore parall&#232;le &#224; l'asymptote de la courbe exp&#233;rimentale. La conclusion qui s'impose, et dont M. Planck a eu la gloire de montrer la n&#233;cessit&#233; en cr&#233;ant sa th&#233;orie des quanta, c'est que nous ne pouvons esp&#233;rer repr&#233;senter les faits relatifs au rayonnement noir ou aux chaleurs sp&#233;cifiques des solides qu'en introduisant la discontinuit&#233; jusque dans l'application des probabilit&#233;s &#224; la Physique, en tenant compte de l'&#233;tendue finie que doivent avoir les domaines &#233;l&#233;mentaires de probabilit&#233;. Bien d'autres faits sont venus depuis confirmer cette conclusion. Nous verrons tout &#224; l'heure quelles doivent &#234;tre la nature et la grandeur de ces domaines &#233;l&#233;mentaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
La distribution des libres parcours. &#8212; Faisons de suite quelques applications &#224; la Physique de la loi de distribution (17) relative aux probabilit&#233;s continues. Nous aurions pu obtenir cette loi de mani&#232;re plus directe et plus rapide si je n'avais eu le souci, pour les raisons qui pr&#233;c&#232;dent, de la raccorder avec la loi plus g&#233;n&#233;rale des probabilit&#233;s discontinues. Si N+1 points sont distribu&#233;s au hasard sur une droite, sous la condition que leur intervalle moyen soit &#233;gal &#224; lambda, le nombre d'intervalles entre deux points cons&#233;cutifs dont la longueur est comprise entre l et l + dl devra &#234;tre, dans la distribution la plus probable donn&#233;e par (17) : &lt;br class='autobr' /&gt;
dn = (N/lambda)*exp(-t/lambda)*dl. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le hasard correspond ici aux postulats que la position d'un point quelconque peut se trouver indiff&#233;remment dans l'un quelconque des intervalles &#233;gaux, si petits qu'ils soient, dans lesquels on peut d&#233;composer la droite, et que les positions des divers points sont consid&#233;r&#233;es comme absolument ind&#233;pendantes les unes des autres. Des &#233;carts pourront se produire autour de cette distribution la plus probable, mais, comme toujours, leur importance relative diminuera &#224; mesure que le nombre des points consid&#233;r&#233;s sera plus grand. La m&#234;me formule nous donnera la distribution des libres parcours d'une mol&#233;cule gazeuse entre les diverses valeurs possibles l lorsque le libre parcours moyen est &#233;gal &#224; lambda. Les postulats qui la rendent applicable sont ici que chaque choc contre une mol&#233;cule particuli&#232;re peut se produire indiff&#233;remment en un point quelconque du parcours total et qu'un choc n'influe en rien sur le temps qui peut s'&#233;couler avant qu'un autre se produise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les intervalles d'&#233;mission des particules alpha. &#8212; Une application importante de cette m&#234;me formule est relative &#224; la distribution des intervalles de temps entre les &#233;missions radioactives lorsque l'intervalle moyen est &#233;gal &#224; tau, c'est-&#224;-dire lorsque N+1 &#233;missions se distribuent sur un temps total donn&#233; N*tau. Le moyen le plus simple pour v&#233;rifier l'exactitude de la loi est d'enregistrer au moyen d'un &#233;lectrom&#232;tre, comme l'a fait Mme Curie, les arriv&#233;es des particules individuelles sur une bande photographique d&#233;roul&#233;e &#224; vitesse constante. On compte le nombre de ceux des intervalles d'une s&#233;rie dont la longueur est sup&#233;rieure &#224; l. Si la formule est exacte, c'est-&#224;-dire si le hasard seul, interne ou externe, d&#233;termine l'explosion radioactive, on doit avoir pour ce nombre : &lt;br class='autobr' /&gt;
N(l) = (N/lambda)*sum(l&#8230;infini) exp(-l/lambda)*dl = N*exp(-t/tau), &lt;br class='autobr' /&gt;
dans la distribution la plus probable. L'exp&#233;rience montre qu'il en est bien ainsi avec des &#233;carts qui ne d&#233;passent pas en, moyenne ce que peut, pr&#233;voir le calcul des probabilit&#233;s. Si l'on porte l en abscisses et en ordonn&#233;es le logarithme de N(l), les points obtenus se rangent bien sur une droite dont l'inclinaison d&#233;termine lambda et l'ordonn&#233;e &#224; l'origine le logarithme de N (fig. 2). Seuls ceux qui sont relatifs aux tr&#232;s petites valeurs de l restent quelquefois au-dessous de la droite et ceci s'explique par le fait que, les &#233;missions cons&#233;cutives devenant indiscernables quand les intervalles sont trop petits, il a &#233;t&#233; en r&#233;alit&#233; &#233;mis un peu plus de particules qu'on n'en a compt&#233;es. On peut corriger cette erreur et d&#233;terminer exactement le nombre total des particules &#233;mises en se servant de la loi pr&#233;c&#233;dente puisque l'ordonn&#233;e &#224; l'origine doit donner la valeur exacte de log N. On peut ainsi v&#233;rifier l'importante et remarquable loi du hasard interne qui r&#233;git les explosions radioactives et apporter plus de pr&#233;cision dans les num&#233;rations de particules alpha qui fournissent actuellement la meilleure m&#233;thode pour la d&#233;termination des grandeurs mol&#233;culaires. La s&#233;rie repr&#233;sent&#233;e par la figure 2 comprenait 10 000 intervalles. La loi des transformations radioactives. En r&#233;alit&#233;, les substances radioactives que nous avons suppos&#233;es constantes, dans les applications faites jusqu'ici, se d&#233;truisent par les explosions atomiques et leur activit&#233; diminue au cours du temps suivant une loi exponentielle qui est celle des r&#233;actions chimiques monomol&#233;culaires. Si N atomes radioactifs sont pr&#233;sents &#224; l'origine du temps, le nombre de ceux qui se d&#233;truisent entre les instants t et t + dt est donn&#233; par : &lt;br class='autobr' /&gt;
dN = (N/tau)*exp(-t/tau)*dt, &lt;br class='autobr' /&gt;
tau &#233;tant la p&#233;riode de la transformation ou la vie moyenne d'un atome, ou, ce qui revient au m&#234;me en raison de la forme particuli&#232;re de la loi, sa dur&#233;e moyenne compt&#233;e &#224; partir d'un instant quelconque et non plus &#224; partir de sa production par un atome g&#233;n&#233;rateur. Ce fait, qui semble paradoxal, tient pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'intervention du hasard&#8222; au fait que la dur&#233;e ult&#233;rieure probable d'un atome est ind&#233;pendante du temps pendant lequel il a d&#233;j&#224; v&#233;cu. La concordance. de la loi exp&#233;rimentale avec notre formule (17) montre que la destruction d'un nombre donn&#233; d'atomes, radioactifs se fait suivant la loi la plus probable qui soit compatible avec une vie moyenne donn&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
La formule du nivellement barom&#233;trique. &#8212; Consid&#233;rons une colonne cylindrique de gaz que nous supposerons &#224; temp&#233;rature uniforme T. Si aucune condition n'est impos&#233;e &#224; la distribution du gaz dans le volume qui lui est offert, celle qui s'&#233;tablira sera la plus probable au sens de notre premier probl&#232;me : elle sera uniforme aux fluctuations pr&#232;s dont nous avons parl&#233; et qui seront sensibles seulement dans, de tr&#232;s petites portions du volume total en raison du nombre &#233;norme des mol&#233;cules. La densit&#233; du gaz sera la m&#234;me partout et ind&#233;pendante de l'altitude z au-dessus du fond. Mais, si le gaz est pesant, nous savons que la densit&#233; variera avec l'altitude suivant une loi bien connue qu'on obtient de la mani&#232;re suivante : Si p est la pression en un point o&#249; la concentration est c en mol&#233;cules-gramme par unit&#233; de volume, on a : &lt;br class='autobr' /&gt;
p = R*T*c, &lt;br class='autobr' /&gt;
R &#233;tant la constante des gaz parfaits. Si M est la masse mol&#233;culaire la densit&#233; au point consid&#233;r&#233; est M*c et la loi fondamentale de statique des fluides donne : &lt;br class='autobr' /&gt;
dp = &#8212; M*c*g*dz &lt;br class='autobr' /&gt;
d'o&#249; &lt;br class='autobr' /&gt;
c = c(0)*exp(-M*g*z/R*T). &lt;br class='autobr' /&gt;
Si N est le nombre d'Avogadro, nombre de mol&#233;cules dans une mol&#233;cule-gramme, et m la masse d'une mol&#233;cule, on peut &#233;crire, en posant &lt;br class='autobr' /&gt;
k = R/N, &lt;br class='autobr' /&gt;
la relation pr&#233;c&#233;dente : &lt;br class='autobr' /&gt;
(18) c = c(0)*exp(-m*g*z/k*T), &lt;br class='autobr' /&gt;
c(0) &#233;tant la concentration pour l'altitude z&#233;ro. Le nombre dn de mol&#233;cules comprises en moyenne entre les altitudes z et z + dz sera de la forme &lt;br class='autobr' /&gt;
dn = C*exp(-m*g*z/k*T)*dz. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'analogie de cette loi avec notre formule (17) nous montre que la distribution qui s'&#233;tablit dans un gaz sous l'action de la pesanteur est la plus probable qui soit compatible avec une altitude moyenne donn&#233;e z = k*T/m*g (quand la colonne est suppos&#233;e limit&#233;e en hauteur), c'est-&#224;-dire avec une hauteur donn&#233;e du centre de gravit&#233;, si l'on introduit comme postulats de probabilit&#233; que la pr&#233;sence d'une mol&#233;cule est indiff&#233;remment possible dans des couches d'&#233;gale &#233;paisseur et que la pr&#233;sence d'une mol&#233;cule &#224; une certaine hauteur n'exerce aucune influence sur la possibilit&#233; de pr&#233;sence des autres, ce qui suppose le gaz assez rare, comme nous avons d&#251; le faire d'ailleurs pour appliquer la loi des gaz parfaits. Si nous remarquons que m*g*z repr&#233;sente l'&#233;nergie potentielle Psi de pesanteur d'une mol&#233;cule situ&#233;e &#224; l'altitude z, la formule devient : &lt;br class='autobr' /&gt;
(18)' dn = C*exp(-Psi/k*T)*dz. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'exp&#233;rience nous montre, sur le cas particulier de la distribution d'un gaz pesant en hauteur, que celui-ci se distribue spontan&#233;ment de la mani&#232;re la plus probable qui soit compatible avec une &#233;nergie potentielle donn&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
LA M&#201;CANIQUE STATISTIQUE. &lt;br class='autobr' /&gt;
La loi de Boltzmann. &#8212; C'est l'&#339;uvre essentielle de Boltzmann que d'avoir g&#233;n&#233;ralis&#233; de mani&#232;re compl&#232;te le r&#233;sultat pr&#233;c&#233;dent et montr&#233; que la configuration d'&#233;quilibre pr&#233;vue par la Thermodynamique pour un syst&#232;me mat&#233;riel quelconque est toujours la plus probable qui soit compatible avec son &#233;nergie totale, potentielle et cin&#233;-tique. Pour donner un sens pr&#233;cis &#224; cet &#233;nonc&#233;, il faut indiquer nettement quels sont les postulats fondamentaux dans la d&#233;finition des probabilit&#233;s. On y parvient par la notion d'extension en phase qu'introduisirent Boltzmann et Gibbs et qui est &#224; la base de la m&#233;canique statistique. La configuration et la position d'un syst&#232;me mat&#233;riel, qui peut d'ailleurs ne contenir qu'une seule mol&#233;cule, sont d&#233;termin&#233;es par certaines coordonn&#233;es q(1), q(2),&#8230; q(r) en nombre &#233;gal &#224; celui des degr&#233;s de libert&#233; du syst&#232;me, et son &#233;tat de mouvement par les moments ou quantit&#233;s de mouvement correspondants, p(1), p(2),&#8230;, p(r). En prenant les coordonn&#233;es et les moments comme d&#233;terminant la position d'un point dans un espace g&#233;n&#233;ralis&#233; &#224; 2*r dimensions, ou extension en phase, on peut repr&#233;senter chaque configuration dynamique d'un tel syst&#232;me par un point de cet espace et ses changements au cours du temps par une ligne ou trajectoire ; par chaque point passe d'ailleurs une trajectoire et une seule. Les diverses configurations possibles du syst&#232;me correspondent aux diff&#233;rents points de l'extension en phase comme les diverses positions possibles du centre d'une mol&#233;cule dans un r&#233;cipient correspondaient aux diff&#233;rents points du volume int&#233;rieur &#224; ce r&#233;cipient. Pour d&#233;finir les probabilit&#233;s dans le cas de la distribution en volume, nous avons consid&#233;r&#233; comme &#233;quivalentes des portions d'&#233;gale &#233;tendue du volume total. Nous pouvons aussi partager notre espace g&#233;n&#233;ralis&#233; en &#233;l&#233;ments d'&#233;gale extension d(omega) et un th&#233;or&#232;me fondamental d&#251; &#224; Liouville montre que, si notre syst&#232;me est r&#233;gi par des &#233;quations analogues &#224; celles de la Dynamique et r&#233;ductibles &#224; la forme Hamiltonienne, ces &#233;l&#233;ments d'&#233;gale extension, comme tout &#224; l'heure nos &#233;l&#233;ments &#233;gaux de volume, doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme &#233;quivalents au point de vue de la probabilit&#233;, au point de vue de la pr&#233;sence possible &#224; leur int&#233;rieur du point repr&#233;sentatif de la configuration de notre syst&#232;me. En effet, le th&#233;or&#232;me de Liouville consiste en ceci que, si nous suivons au cours du temps des syst&#232;mes dont les points repr&#233;sentatifs sont situ&#233;s initialement dans un &#233;l&#233;ment donn&#233; de l'extension en phase, l'&#233;l&#233;ment se d&#233;place et se d&#233;forme dans l'espace g&#233;n&#233;ralis&#233;, mais en conservant une &#233;tendue constante. Donc la pr&#233;sence initiale du point repr&#233;sentatif dans un &#233;l&#233;ment est exactement aussi probable que sa pr&#233;sence ult&#233;rieure dans un &#233;l&#233;ment d'&#233;gale &#233;tendue ; deux &#233;l&#233;ments d'&#233;gale &#233;tendue doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme &#233;quivalents au point de vue de la pr&#233;sence possible du point repr&#233;sentatif, au m&#234;me titre que deux &#233;l&#233;ments &#233;gaux du volume ordinaire au point de vue de la pr&#233;sence possible des mol&#233;cules. Ce sera l&#224; notre postulat fondamental de d&#233;finition des probabilit&#233;s et, comme toujours, il trouvera sa justification compl&#232;te dans l'accord de ses cons&#233;quences avec les faits. Consid&#233;rons un ensemble compos&#233; d'un grand nombre N de syst&#232;mes identiques au pr&#233;c&#233;dent, comme un gaz est compos&#233; d'un grand nombre de mol&#233;cules semblables. A tout &#233;tat dynamique de l'ensemble, &#224; toute distribution des N syst&#232;mes qui le composent entre les diverses configurations possibles, correspond une distribution donn&#233;e des N points repr&#233;sentatifs dans l'extension en phase. Pour calculer la probabilit&#233; de cette distribution, d&#233;coupons l'extension en phase en &#233;l&#233;ments &#233;quivalents delta(omega) d'&#233;gale &#233;tendue que nous supposerons pouvoir diminuer ind&#233;finiment dans l'hypoth&#232;se des probabilit&#233;s continues. Si delta(n(1)), delta(n(2)),&#8230; sont les nombres de points repr&#233;sentatifs pr&#233;sents dans ces &#233;l&#233;ments pour la distribution consid&#233;r&#233;e, et si nous faisons de plus le postula analogue &#224; celui de la raret&#233; du gaz, de l'ind&#233;pendance mutuelle des positions des divers points, nous obtenons pour le nombre W de mani&#232;res dont la distribution consid&#233;r&#233;e peut &#234;tre r&#233;alis&#233;e, nombre proportionnel &#224; sa probabilit&#233; : &lt;br class='autobr' /&gt;
(19) W = N ! /[(delta(n(1))) ! (delta(n(2))) !&#8230;] &lt;br class='autobr' /&gt;
Si maintenant nous supposons donn&#233;e l'&#233;nergie totale U de l'ensemble, somme des &#233;nergies individuelles E dont la valeur est d&#233;termin&#233;e pour chaque syst&#232;me par le point repr&#233;sentatif de sa configuration, les distributions possibles sont assujetties &#224; la condition, comparable &#224; (8) : &lt;br class='autobr' /&gt;
(20) E(1)*delta(n(1)) + E(2)*delta(n(2)) +&#8230; = U, &lt;br class='autobr' /&gt;
E1, E2,&#8230; &#233;tant les &#233;nergies qui correspondent &#224; la position de points repr&#233;sentatifs dans les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments &#233;quivalents d'extension. La distribution de probabilit&#233; maximum sera repr&#233;sent&#233;e, comme il r&#233;sulte d'un calcul comparable &#224; celui qui nous a donn&#233; la relation (14), par : &lt;br class='autobr' /&gt;
delta(n) = C*exp(-E/Th&#234;ta)*delta(omega). &lt;br class='autobr' /&gt;
La densit&#233; en phase rho = delta(n)/delta(omega) qui correspond &#224; la distribution la plus probable de nos N syst&#232;mes est donc donn&#233;e par la loi des ensembles canoniques de Gibbs &lt;br class='autobr' /&gt;
(21) rho = C*exp(-E/Th&#234;ta).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le module Th&#234;ta de la distribution et le coefficient C sont d&#233;termin&#233;s par les conditions &#233;quivalentes &#224; (8) et (9) et que j'&#233;cris en notation diff&#233;rentielle pour passer au cas limite des probabilit&#233;s continues &lt;br class='autobr' /&gt;
(22) C*sum(E*exp(-E/Th&#234;ta)*d(omega) = U et C*sum(exp(-E/Th&#234;ta)*d(omega) = N. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous allons montrer que cette distribution la plus probable compatible. avec les conditions impos&#233;es &#224; notre ensemble de N syst&#232;mes est pr&#233;cis&#233;ment celle qui correspond &#224; la configuration d'&#233;quilibre pr&#233;vue par la Thermodynamique. En m&#234;me temps se d&#233;gagera la signification profonde au point de vue statistique des diverses notions fondamentales de la Thermodynamique : de m&#234;me que l'&#233;nergie totale U repr&#233;sente l'&#233;nergie interne de notre ensemble. de N syst&#232;mes (de N mol&#233;cules par exemple), nous allons &#234;tre conduits &#224; consid&#233;rer la temp&#233;rature absolue comme proportionnelle au module Th&#234;ta de la distribution ; l'entropie et l'&#233;nergie utilisable seront proportionnelles respectivement aux logarithmes de la probabilit&#233; W et de la constante C. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cas d'un gaz pesant. &#8212; Appliquons tout d'abord notre loi g&#233;n&#233;rale de distribution la plus probable au cas d'un gaz pesant compos&#233; de mol&#233;cules identiques les unes aux autres et de masse m. Chaque mol&#233;cule repr&#233;sentera l'un de nos syst&#232;mes et le gaz tout entier repr&#233;sentera l'ensemble dont nous cherchons la distribution. Admettons de plus qu'il s'agisse d'un gaz monoatomique dans lequel nous n'aurons pas &#224; introduire de rotations des mol&#233;cules ; chacune de celles-ci sera assimilable &#224; un point mat&#233;riel avec seulement trois degr&#233;s de libert&#233; de translation auxquels correspondront les coordonn&#233;es x, y, z et les composantes u, v, w de la vitesse. L'&#233;nergie E d'un syst&#232;me, somme de l'&#233;nergie cin&#233;tique et de l'&#233;nergie potentielle de pesanteur d'une mol&#233;cule, a pour expression &lt;br class='autobr' /&gt;
E = (1/2)*m*(u^2 + v^2 + w^2) + m*g*z. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'espace g&#233;n&#233;ralis&#233; ou extension en phase est ici &#224; six dimensions, trois pour les coordonn&#233;es x, y, z et trois pour les moments ou quantit&#233;s de mouvement correspondants, m*u, m*v, m*w, de sorte que chaque &#233;tat possible d&#034;une mol&#233;cule, comme position et mouvement., est repr&#233;sent&#233; par un point distinct, dans cet espace g&#233;n&#233;ralis&#233;, dont l'&#233;l&#233;ment d(omega) a pour valeur &lt;br class='autobr' /&gt;
d(omega) = (m^3)*dx*dy*dz*du*dv*dw. &lt;br class='autobr' /&gt;
La distribution des points qui dans cet espace repr&#233;sentent &#224; un moment donn&#233; l'&#233;tat des mol&#233;cules de l'ensemble nous donne &#224; la fois la r&#233;partition de ces mol&#233;cules entre les diverses positions et les diverses vitesses possibles. Dans la distribution la plus probable, compatible avec une &#233;nergie totale donn&#233;e, la densit&#233; de ces points est donn&#233;e par &lt;br class='autobr' /&gt;
(23) rho = C*exp(-m/(2*Th&#234;ta))*(u^2 + v^2 + w^2) &#8212; m*g*z/Th&#234;ta. &lt;br class='autobr' /&gt;
On reconna&#238;t, pour ce qui concerne les vitesses, la loi de distribution de Maxwell. On d&#233;duit imm&#233;diatement de cette formule que l'&#233;nergie cin&#233;tique correspondant &#224; un degr&#233; de libert&#233;, (1/2)*m*(u^2) par exemple, a pour valeur moyenne Th&#234;ta/2, quel que soit le degr&#233; de libert&#233; consid&#233;r&#233;. Il en serait encore de m&#234;me si nous avions suppos&#233; la mol&#233;cule susceptible de rotations ou de d&#233;formations l'&#233;nergie cin&#233;tique d'une mol&#233;cule &#233;tant mise sous forme d'une somme de carr&#233;s correspondant chacun &#224; un degr&#233; de libert&#233;, la valeur moyenne, dans la distribution la plus probable, est la m&#234;me pour chacun de ces termes et a pour valeur Th&#234;ta/2. C'est le th&#233;or&#232;me bien connu d'&#233;quipartition, qu'on &#233;tendrait sans peine au cas d'un m&#233;lange de diverses esp&#232;ces de mol&#233;cules par des consid&#233;rations de probabilit&#233;s analogues aux pr&#233;c&#233;dentes. Il est &#224; remarquer que l'&#233;nergie cin&#233;tique moyenne pour un degr&#233; de libert&#233; reste la m&#234;me Th&#234;ta/2 quand, au lieu de la calculer pour l'ensemble de toutes les mol&#233;cules, on consid&#232;re seulement celles qui sont contenues dans un &#233;l&#233;ment de volume de l'espace ordinaire dx, dy, dz, ou dans une tranche dz de la colonne cylindrique dans laquelle nous pouvons supposer notre gaz renferm&#233;. La distribution des vitesses entre les mol&#233;cules d'un gaz pesant, et par cons&#233;quent l'&#233;nergie cin&#233;-tique moyenne, est la m&#234;me &#224; toutes les altitudes. D'apr&#232;s la th&#233;orie cin&#233;tique, la pression d'un gaz est proportionnelle &#224; l'&#233;nergie cin&#233;tique moyenne de ses mol&#233;cules. Si c'est la concentration du gaz &#224; l'altitude z, en mol&#233;cules-gramme par unit&#233; de volume, et N le nombre d'Avogadro, la valeur Th&#234;ta/2 pour l'&#233;nergie moyenne d'un degr&#233; de libert&#233; conduit pour la pression &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
p = N*c*Th&#234;ta. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'identification avec la loi des gaz p = R*c*T donne la relation &lt;br class='autobr' /&gt;
(24) Th&#234;ta = (R/N)*T = k*T. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le module Th&#234;ta de la distribution la plus probable est donc proportionnel &#224; la temp&#233;rature absolue et donne la signification statistique de la notion de temp&#233;rature. La distribution la plus probable d'un gaz, comme d'un ensemble quelconque d'ailleurs, est la distribution isotherme. Si nous cherchons maintenant la variation de densit&#233; du gaz avec l'altitude dans la distribution donn&#233;e par la formule (23), en tenant compte de la relation (24), apr&#232;s int&#233;gration de &#8212;rho*d(omega) par rapport &#224; u, v, w, entre les limites &#8212;infini et +infini, nous retrouvons pr&#233;cis&#233;ment la loi repr&#233;sent&#233;e par la formule (18), c'est-&#224;-dire la loi du nivellement barom&#233;trique. C'est l&#224; une justification, sur cet exemple particulier, de la mani&#232;re dont nous avons d&#233;fini la probabilit&#233; d'une configuration de notre ensemble de syst&#232;mes, &#224; partir du postulat d'&#233;quivalence des &#233;l&#233;ments &#233;gaux d'extension en phase. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entropie et probabilit&#233;. &#8212; Pour obtenir l'interpr&#233;tation statistique du principe de Carnot, examinons tout d'abord le cas des transformations r&#233;versibles. Pour r&#233;aliser une semblable transformation, nous supposerons qu'on fait varier les conditions impos&#233;es &#224; notre ensemble de syst&#232;mes (grandeur de l'&#233;nergie totale U, forces ext&#233;rieures exerc&#233;es sur chaque syst&#232;me) assez lentement pour qu'&#224; chaque instant l'ensemble ait le temps de prendre la distribution la plus probable qui soit compatible avec les conditions actuelles. Nous aurons donc &#224; chaque instant une distribution de la forme (21) avec des constantes C et Th&#234;ta qui varieront d'un instant &#224; l'autre. La quantit&#233; W, donn&#233;e par la formule (19) et que nous appellerons la probabilit&#233;, aura &#224; chaque instant la plus grande valeur compatible avec les conditions impos&#233;es, et cette valeur variera au cours de la transformation. Cherchons de quelle mani&#232;re. L'extension en phase &#233;tant partag&#233;e en &#233;l&#233;ments delta(omega) tous &#233;gaux entre eux, tr&#232;s petits mais cependant assez grands pour que chacun d'eux renferme un grand nombre delta(n) = rho*delta(omega) de points repr&#233;sentatifs, nous pouvons, en appliquant la formule de Stirling &#224; chacune des factorielles qui entrent dans l'expression de W et en ne conservant que les termes importants, &#233;crire &lt;br class='autobr' /&gt;
log(W) = N*(log(N) &#8212; Iog(delta(omega)) &#8212; Sigma(rho*log(rho))*delta(omega). &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier terme est constant au cours de la transformation, le second varie avec la distribution. En rempla&#231;ant par une int&#233;grale la somme qui figure dans ce terme et qui est &#233;tendue &#224; tous les &#233;l&#233;ments d'extension en phase, nous obtenons, en repr&#233;sentant le premier terme par une constante A : &lt;br class='autobr' /&gt;
log(W) = A &#8212; sum(rho*log(rho)*d(omega)). &lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous admettons qu'&#224; chaque instant soit r&#233;alis&#233;e la distribution la plus probable, nous pouvons remplacer p par l'expression (21) et il vient, en tenant compte des conditions (22) : &lt;br class='autobr' /&gt;
(25) log(W) = A + U/Th&#234;ta &#8212; N*log(C). &lt;br class='autobr' /&gt;
Diff&#233;rentions cette derni&#232;re relation &lt;br class='autobr' /&gt;
d(log(W)) = dU/Th&#234;ta &#8212; U/((Th&#234;ta)^2)*d(Th&#234;ta) &#8212; N*(dC/C). &lt;br class='autobr' /&gt;
Diff&#233;rentions &#233;galement la seconde des conditions (22) ; elle donne &lt;br class='autobr' /&gt;
N*(dC/C) + (U/(Th&#234;ta^2))*d(Th&#234;ta) &#8212; (C/Th&#234;ta)*sum(exp(-E/Th&#234;ta))*dE*d(omega) = 0, &lt;br class='autobr' /&gt;
d'o&#249; &lt;br class='autobr' /&gt;
d(log(W)) = dU/Th&#234;ta &#8212; (1/Th&#234;ta)*sum(rho*d(omega)*dE). &lt;br class='autobr' /&gt;
Or l'int&#233;grale sum(rho*d(omega)*dE) repr&#233;sente l'accroissement d'&#233;nergie potentielle de l'ensemble r&#233;sultant du changement des conditions ext&#233;rieures, c'est-&#224;-dire le travail d(tau) fourni &#224; l'ensemble pendant l'&#233;l&#233;ment de transformation r&#233;versible. Donc &lt;br class='autobr' /&gt;
d(log(W)) = (dU &#8212; d(tau))/Th&#234;ta. &lt;br class='autobr' /&gt;
La diff&#233;rence dU &#8212; d(tau) entre l'accroissement d'&#233;nergie interne et le travail fourni est la quantit&#233; de chaleur dQ fournie &#224; l'ensemble ; en tenant compte de la relation (24), il vient : &lt;br class='autobr' /&gt;
dQ/T = k*d*log(W) = d(k*log(W)). &lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, pour une transformation consistant en une succession d'&#233;tats de probabilit&#233; maximum, le quotient de la chaleur fournie dQ par la temp&#233;rature absolue est une diff&#233;rentielle exacte. C'est un des &#233;nonc&#233;s du principe de Carnot appliqu&#233; aux transformations r&#233;versibles. Nous d&#233;montrons ainsi que les distributions mol&#233;culaires de probabilit&#233; maximum jouissent de toutes les propri&#233;t&#233;s impos&#233;es par la Thermodynamique aux configurations d'&#233;quilibre, et donnons, gr&#226;ce &#224; la d&#233;finition dynamique des probabilit&#233;s par l'introduction de l'extension en phase, un sens pr&#233;cis &#224; la notion intuitive que la distribution mol&#233;culaire la plus probable, se r&#233;alisant par l&#224; m&#234;me incomparablement plus souvent que toutes les autres en raison de la complexit&#233; de l'ensemble, doit repr&#233;senter la configuration d'&#233;quilibre de celui-ci sous les conditions donn&#233;es. On d&#233;duit aussi la signification statistique de l'entropie des r&#233;sultats pr&#233;c&#233;dents : &lt;br class='autobr' /&gt;
dS = d(k log W), &lt;br class='autobr' /&gt;
ou, &#224; une constante pr&#232;s : &lt;br class='autobr' /&gt;
(26) S = k log W. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'entropie, dans le cas o&#249; la Thermodynamique permet de la d&#233;finir, c'est-&#224;-dire dans le cas des transformations r&#233;versibles, se trouve donc proportionnelle au logarithme de la probabilit&#233; de la configuration d'&#233;quilibre, c'est-&#224;-dire de la configuration la plus probable compatible avec les conditions impos&#233;es &#224; l'ensemble consid&#233;r&#233;. Nous obtenons en m&#234;me temps le moyen de g&#233;n&#233;raliser la notion quantitative d'entropie et de l'&#233;tendre aux configurations qui ne peuvent faire partie d'une transformation r&#233;versible. Comme nous savons par (19) d&#233;finir la probabilit&#233; W pour une configuration quelconque de notre ensemble, il suffit de consid&#233;rer comme g&#233;n&#233;rale la relation (26) pour obtenir une d&#233;finition g&#233;n&#233;rale de l'entropie et pour atteindre la signification profonde, purement statistique, de cette notion autrement si obscure. Le fait qu'un ensemble tend spontan&#233;ment vers la configuration la plus probable compatible avec les conditions qui lui sont impos&#233;es g&#233;n&#233;ralise et &#233;claire profond&#233;ment le th&#233;or&#232;me de Clausius d'apr&#232;s lequel l'entropie tend vers un maximum &#224; &#233;nergie interne donn&#233;e. La cons&#233;quence la plus importante peut-&#234;tre de ce r&#233;sultat est que la configuration d'&#233;quilibre pr&#233;vue par la Thermodynamique, la configuration d'entropie maximum, nous appara&#238;t maintenant comme la plus probable, mais non la seule possible pour l'ensemble. Celui-ci prend au cours du temps toutes les configurations possibles dans la proportion de leurs probabilit&#233;s. La plus probable est seulement la plus fr&#233;quente et pr&#233;domine d'autant plus que l'ensemble est plus complexe, que le nombre N des syst&#232;mes qui le composent est plus grand. Mais des fluctuations doivent se produire autour de cette configuration la plus probable ; nous verrons tout &#224; l'heure comment la relation (26) g&#233;n&#233;ralis&#233;e permet d'en pr&#233;voir l'importance dans tous les cas et comment l'observation directe de ces fluctuations est venue confirmer de la mani&#232;re la plus compl&#232;te ces cons&#233;quences du point de vue statistique et apporter des moyens nouveaux, en nombre illimit&#233;, pour atteindre les grandeurs mol&#233;culaires par l'interm&#233;diaire de ces fluctuations. Le principe de Carnot perd ainsi sa signification absolue : les configurations d'&#233;quilibre qu'il permet de pr&#233;voir et qu'il pr&#233;sente comme rigides ne correspondent en r&#233;alit&#233; qu'&#224; un aspect moyen autour duquel la mati&#232;re est en fr&#233;missement continuel et effectue des fluctuations d'autant plus importantes relativement que le nombre des mol&#233;cules pr&#233;sentes est plus faible. En tenant compte des relations (24) et (26) et en choisissant convenablement la constante arbitraire dans l'expression de l'entropie, nous pouvons &#233;crire l'&#233;quation (25) sous la forme &lt;br class='autobr' /&gt;
U-TS = N*Th&#234;ta*log(C) = R*T*log(C), &lt;br class='autobr' /&gt;
si R est la constante des gaz pour un nombre N de mol&#233;cules &#233;gal au nombre des syst&#232;mes de notre ensemble. Nous obtenons ainsi l'expression de l'&#233;nergie utilisable et sa relation avec la constante C de la loi de distribution la plus probable &lt;br class='autobr' /&gt;
Psi = R*T*(log(C)), &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme la temp&#233;rature, l'&#233;nergie utilisable n'a de sens que pour une distribution d'&#233;quilibre, de probabilit&#233; maximum, puisque ces notions sont d&#233;finies &#224; partir des constantes Th&#234;ta et C caract&#233;ristiques d'une telle distribution. L'entropie au contraire est susceptible d'une d&#233;finition plus g&#233;n&#233;rale puisqu'elle est reli&#233;e &#224; la probabilit&#233; W dont la relation (19) donne l'expression pour une configuration quelconque de l'ensemble. Ceci montre l'importance particuli&#232;re qui s'attache &#224; cette notion d'entropie dont l'introduction s'est impos&#233;e longtemps avant qu'on en v&#238;t clairement les raisons profondes. Il est bien &#233;vident, d'ailleurs, que lorsqu'un ensemble complexe ne se trouve pas en &#233;quilibre thermodynamique, lorsque sa temp&#233;rature n'est pas uniforme par exemple, on peut le d&#233;composer en ensembles plus simples, en &#233;l&#233;ments de volume, au sens ordinaire du mot, pour chacun desquels l'&#233;quilibre est au moins approximative-ment r&#233;alis&#233;, pour chacun desquels on peut d&#233;finir une temp&#233;rature et une &#233;nergie utilisable, et calculer l'entropie au sens thermodynamique de sa d&#233;finition. Cette remarque trouve son application dans nombre de raisonnements relatifs aux fluctuations. Nous venons d'obtenir une interpr&#233;tation statistique de la Thermodynamique en suivant la voie ouverte par Boltzmann ; on peut avec Gibbs se placer &#224; un point de vile un peu diff&#233;rent, mais le fond des raisonnements reste le m&#234;me et je n'insisterai pas sur les diff&#233;rences entre les deux m&#233;thodes. Celle de Boltzmann me para&#238;t, du reste, la plus claire et la plus f&#233;conde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les lois d'actions mol&#233;culaires. &#8212; Nous venons de voir dans la Thermodynamique un aspect des r&#233;sultats de la M&#233;canique statistique. Celle-ci est beaucoup plus riche de contenu et beaucoup plus profonde que celle-l&#224;, puisqu'elle en compl&#232;te les &#233;nonc&#233;s en m&#234;me temps qu'elle en donne la signification v&#233;ritable. Non seulement elle permet de pr&#233;voir les fluctuations spontan&#233;es que la Thermodynamique ignore compl&#232;tement ou plus exactement dont la Thermodynamique nie la possibilit&#233;, mais encore elle seule permet d'atteindre les propri&#233;t&#233;s des ensembles mol&#233;culaires o&#249; se refl&#232;tent les lois profondes d'actions individuelles exerc&#233;es sur les mol&#233;cules ou par les mol&#233;cules les unes sur les autres. J'ai rappel&#233; au d&#233;but que certaines propri&#233;t&#233;s des ensembles sont ind&#233;pendantes de ces lois individuelles et ne contiennent rien de plus que l'affirmation de la complexit&#233; de l'ensemble et du r&#244;le qu'y joue la probabilit&#233;. Celles qu'on d&#233;duit de l'application du principe de Carnot, de la Thermodynamique, appartiennent &#224; cette cat&#233;gorie. Elles expriment uniquement ceci que la configuration d'&#233;quilibre ordinairement observ&#233;e est la plus probable de toutes celles dont l'ensemble est susceptible, et la grossi&#232;ret&#233; habituelle de nos moyens d'observation fait que cette probabilit&#233; se change progressivement en certitude &#224; mesure que l'ensemble devient plus complexe, ou plut&#244;t parce que les ensembles observ&#233;s sont g&#233;n&#233;ralement tr&#232;s complexes. Ces propri&#233;t&#233;s thermodynamiques, en retour, ne permettent pas d'atteindre les lois individuelles dont elles sont ind&#233;pendantes. Au contraire, la'loi de distribution la plus probable donn&#233;e par la formule (in) fait intervenir ces lois individuelles par l'interm&#233;diaire de l'&#233;nergie E relative &#224; chaque syst&#232;me et permet d'obtenir par int&#233;gration des propri&#233;t&#233;s de la configuration d'&#233;quilibre, des lois accessibles &#224; nos mesures o&#249; interviennent les lois d'actions mol&#233;culaires et dont l'observation doit nous permettre de remonter &#224; celles-ci. De l&#224; r&#233;sulte une puissance nouvelle d'investigation que nous commen&#231;ons &#224; peine &#224; savoir mettre en valeur. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'orientation mol&#233;culaire. &#8212; Je citerai, comme premier exemple, la th&#233;orie d'orientation mol&#233;culaire dont j'ai montr&#233; toute l'importance pour rendre compte des ph&#233;nom&#232;nes de paramagn&#233;tisme et de bir&#233;fringence &#233;lectrique et magn&#233;tique. Lorsque, sous l'action d'un champ ext&#233;rieur, chaque mol&#233;cule est soumise &#224; un couple tendant &#224; l'orienter, l'&#233;nergie E relative &#224; une mol&#233;cule contient un terme qui repr&#233;sente le travail effectu&#233; par ce couple et la formule (21) d&#233;termine la mani&#232;re dont les mol&#233;cules s'orientent, dont elles se distribuent entre les diverses orientations possibles dans la configuration la plus probable de l'ensemble. Cette formule traduit l'effet superpos&#233; de l'agitation thermique tendant &#224; r&#233;aliser la distribution isotrope et de l'action directrice du champ qui tend &#224; disposer parall&#232;lement toutes les mol&#233;cules dans l'orientation d'&#233;nergie minimum. &lt;br class='autobr' /&gt;
La distribution d'&#233;quilibre &#233;tant ainsi connue, une simple int&#233;gration donne la grandeur mesurable, moment magn&#233;tique r&#233;sultant dans le cas du paramagn&#233;tisme ou indice de r&#233;fraction dans le cas de la bir&#233;fringence. On peut alors, ainsi que je l'ai montr&#233;, remonter de l'observation au moment magn&#233;tique mol&#233;culaire ou &#224; la dissym&#233;trie optique de chaque mol&#233;cule. Le cas est beaucoup plus complexe o&#249; le couple directeur qui s'exerce sur une mol&#233;cule d&#233;pend, non plus seulement du champ ext&#233;rieur et de l'orientation par rapport &#224; lui de la mol&#233;cule consid&#233;r&#233;e, comme pour les substances paramagn&#233;tiques dilu&#233;es par exemple, mais r&#233;sulte des actions mutuelles entre mol&#233;cules. L'&#233;nergie U de l'ensemble fait alors intervenir des termes o&#249; figurent &#224; la fois les orientations de deux ou plusieurs mol&#233;cules, et le calcul de la con-figuration de probabilit&#233; maximum compatible avec une valeur donn&#233;e de U devient beaucoup plus difficile. C'est ainsi que la question se pose pour les substances ferromagn&#233;tiques ou pour les cristaux liquides o&#249; les actions directrices mutuelles jouent le r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant. On sait quels progr&#232;s ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s dans l'&#233;tude du ferromagn&#233;tisme, gr&#226;ce &#224; l'hypoth&#232;se du champ mol&#233;culaire par laquelle M. Pierre Weiss a propos&#233; de traduire la r&#233;sultante des actions mutuelles exerc&#233;es sur une mol&#233;cule. Les r&#233;sultats donn&#233;s par cette simplification du probl&#232;me font pr&#233;voir de quelle importance serait la solution compl&#232;te. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;quations d'&#233;tat. &#8212; Les choses se pr&#233;sentent plus simplement lorsque au lieu d'actions mutuelles d'orientation on suppose seulement entre les mol&#233;cules des forces centrales, s'exer&#231;ant suivant une loi donn&#233;e en fonction de leur distance. L'&#233;quation d'&#233;tat d'un fluide compos&#233; de semblables mol&#233;cules s'obtiendrait de mani&#232;re compl&#232;te par la voie statistique si l'on savait r&#233;soudre le probl&#232;me suivant, de nature purement g&#233;om&#233;trique : N points &#233;tant distribu&#233;s au hasard dans un volume donn&#233;, quelle est la probabilit&#233; pour que les &#224; distances mutuelles entre ces points, en nombre &#233;gal &#224; [N*(N-1)]/2, soient distribu&#233;es d'une mani&#232;re donn&#233;e entre les diverses valeurs possibles ? Ce probl&#232;me r&#233;solu, l'&#233;quation d'&#233;tat s'obtient imm&#233;diatement et fait intervenir, naturellement, la loi d'action mutuelle entre deux mol&#233;cules. Cette &#233;quation permettrait, inversement, de remonter &#224; la loi d'action &#224; partir des isothermes obtenues exp&#233;rimentalement pour le fluide consid&#233;r&#233;. Il y a l&#224; une question fondamentale de coh&#233;sion et je signale, &#224; l'attention des math&#233;maticiens, le probl&#232;me de probabilit&#233;s purement g&#233;om&#233;trique dont d&#233;pend toute sa solution. Ce m&#234;me probl&#232;me domine &#233;galement toute la th&#233;orie des m&#233;langes de fluides et de la pression osmotique en particulier. De m&#234;me que, par son interm&#233;diaire, l'&#233;quation d'&#233;tat d'un fluide pur donnerait la loi d'action entre mol&#233;cules identiques, les propri&#233;t&#233;s bien connues des m&#233;langes donneraient la loi d'action entre mol&#233;cules d'esp&#232;ces diff&#233;rentes. Ici encore, les progr&#232;s de la Physique d&#233;pendent de la solution d'un probl&#232;me de probabilit&#233;s. Il s'agit toujours de trouver la distribution la plus probable compatible avec des conditions donn&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me g&#233;n&#233;ral des fluctuations. &#8212; Dans ces premiers exemples d'applications des raisonnements g&#233;n&#233;raux de la M&#233;canique statistique, nous avons consid&#233;r&#233; seulement la distribution la plus probable autour de laquelle nos ensembles effectuent constamment des fluctuations, g&#233;n&#233;ralement insensibles &#224; cause de la grande complexit&#233; des ensembles de mol&#233;cules sur lesquels portent nos observations. Mais ces fluctuations peuvent devenir accessibles &#224; l'exp&#233;rience, lorsque le nombre des mol&#233;cules contenues dans le syst&#232;me diminue (mouvement brownien de petites particules ou diffusion de la lumi&#232;re, d&#233;termin&#233;e par les fluctuations de concentration dans des petits volumes de l'ordre du cube de la longueur d'onde). Nous avons vu comment on peut pr&#233;voir leur importance par des raisonnements tr&#232;s simples de probabilit&#233;s dans le cas des fluctuations de concentration de gaz peu denses ou de solutions dilu&#233;es o&#249; les positions des diverses mol&#233;cules peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme ind&#233;pendantes les unes des autres. La question est alors purement g&#233;om&#233;trique. Si les actions mutuelles interviennent pour diminuer les fluctuations quand ces actions sont r&#233;pulsives ou pour les augmenter quand elles sont attractives, il n'y a plus ind&#233;pendance et la question, devenue dynamique, ne peut &#234;tre r&#233;solue que par les consid&#233;rations nouvelles de probabilit&#233;s qu'introduit la M&#233;canique statistique. Dans le probl&#232;me g&#233;n&#233;ral des fluctuations, il s'agit d'&#233;tudier les variations spontan&#233;es d'une grandeur observable x caract&#233;ristique du syst&#232;me (altitude ou vitesse d'un granule brownien, densit&#233; du fluide dans un petit volume, intensit&#233; du courant dans un circuit, etc.) autour de la valeur x(0) qui correspond &#224; l'&#233;tat le plus probable (altitude du point le plus bas qu'il puisse occuper et vitesse nulle pour le granule, densit&#233; correspondante &#224; la distribution uniforme d'un fluide, valeur nulle du courant si le circuit ne comporte pas de force &#233;lectromotrice, etc.). La question revient en somme &#224; chercher la probabilit&#233; W(x)*dx pour que la grandeur consid&#233;r&#233;e soit comprise entre x et x+dx. Cette probabilit&#233; connue, on en d&#233;duira ais&#233;ment la valeur moyenne d'une fonction quelconque de x-x(0) ou les effets produits par les fluctuations sur la propagation de la lumi&#232;re par exemple, la fr&#233;quence avec laquelle se pr&#233;sente l'&#233;cart x-x(0) &#233;tant, comme dans tout ce qui pr&#233;c&#232;de, proportionnelle au coefficient de probabilit&#233; W(x). Deux proc&#233;d&#233;s diff&#233;rents peuvent &#234;tre employ&#233;s pour atteindre cette probabilit&#233;. On peut tout d'abord supposer isol&#233; le syst&#232;me complexe form&#233; par notre ensemble de mol&#233;cules, c'est-&#224;-dire supposer son &#233;nergie interne constante et utiliser la formule (19) pour calculer la probabilit&#233; d'une configuration quelconque soumise &#224; la condition d'&#233;nergie donn&#233;e. En ajoutant les probabilit&#233;s ainsi obtenues pour toutes les configurations telles que la grandeur observable soit comprise entre x et x+dx, on aura pr&#233;cis&#233;ment W(x)*dx. On obtient ainsi ce que nous pouvons appeler les fluctuations &#224; &#233;nergie constante. Bien qu'il soul&#232;ve des difficult&#233;s, le raisonnement suivant, d&#251; &#224; M. Einstein, permet d'arriver tr&#232;s vite au r&#233;sultat. A chaque valeur de x correspond, au sens thermodynamique, une valeur de l'entropie S de notre syst&#232;me qui prend son maximum So pour x= xo. En g&#233;n&#233;ralisant la relation de Boltzmann (26) entre l'entropie et la probabilit&#233;, nous pouvons admettre, entre S et la valeur correspondante du coefficient W(x), la relation &lt;br class='autobr' /&gt;
S = k log W, &lt;br class='autobr' /&gt;
ou, ce qui &#233;limine la constante arbitraire non &#233;crite dans cette &#233;quation, &lt;br class='autobr' /&gt;
S-S(0) = k*log(W/W(0)), &lt;br class='autobr' /&gt;
ou encore &lt;br class='autobr' /&gt;
(27) W = W(0)*exp((S-S(0))/k). &lt;br class='autobr' /&gt;
On peut encore &#233;crire cette formule autrement. Comme notre syst&#232;me est complexe et que la grandeur x est un seul des param&#232;tres en nombre &#233;norme n&#233;cessaires pour la description compl&#232;te de l'&#233;tat du syst&#232;me, la variation de x dans les limites que les fluctuations pourront atteindre ne modifiera pas appr&#233;ciablement la temp&#233;rature du syst&#232;me qui correspond &#224; une &#233;nergie interne donn&#233;e. Autrement dit, la configuration la plus probable sous les conditions que U ait la valeur donn&#233;e et que x soit compris entre x et x+dx correspond &#224; un module Th&#234;ta et par cons&#233;quent &#224; une temp&#233;rature T sensiblement ind&#233;pendante de x. Dans ces conditions, si Psi et Psi(0) sont les valeurs de l'&#233;nergie utilisable qui correspondent &#224; x et x(0) sous cette temp&#233;rature, on a, l'&#233;nergie interne restant fixe : &lt;br class='autobr' /&gt;
S &#8212; S(0) = (Psi(0) &#8212; Psi)/T, &lt;br class='autobr' /&gt;
et l'on peut &#233;crire la relation (27) sous la forme &lt;br class='autobr' /&gt;
(28) W = A*exp(-Psi/(k*T)), &lt;br class='autobr' /&gt;
A &#233;tant une constante. Nous pouvons retrouver ce m&#234;me r&#233;sultat par une autre voie, gr&#226;ce &#224; la remarque suivante : la tr&#232;s faible variation de temp&#233;rature qui accompagne les fluctuations &#224; &#233;nergie constante &#224; cause de la complexit&#233; du syst&#232;me fait que ces fluctuations restent les m&#234;mes quand ce syst&#232;me, au lieu d'&#234;tre isol&#233;, fait partie d'un ensemble de syst&#232;mes complexes analogues avec lesquels il peut &#233;changer de l'&#233;nergie, c'est-&#224;-dire quand on consid&#232;re les fluctuations comme isothermes'au lieu de les consid&#233;rer comme s'effectuant &#224; &#233;nergie constante. On voit imm&#233;diatement que l'&#233;tude de ces fluctuations isothermes se ram&#232;ne &#224; celle de la distribution la plus probable des diverses configurations possibles dans un ensemble de syst&#232;mes complexes. C'est un probl&#232;me tout &#224; fait analogue &#224; celui que r&#233;sout la formule (21), &#224; ceci pr&#232;s que, au lieu d'avoir une seule mol&#233;cule pour chacun des syst&#232;mes dont est compos&#233; l'ensemble, chaque syst&#232;me est lui-m&#234;me compos&#233; d'un grand nombre de mol&#233;cules. De sorte que l'extension en phase doit avoir maintenant un nombre &#233;norme de dimensions, puisque chaque syst&#232;me complexe contient N fois plus de param&#232;tres que chacune des mol&#233;cules dont il est compos&#233;. La distribution cherch&#233;e est d&#233;termin&#233;e par une formule analogue &#224; (21), mais o&#249; E repr&#233;sente, non plus l'&#233;nergie d'une mol&#233;cule, mais celle de notre ensemble de N mol&#233;cules en fonction de tous les param&#232;tres qui fixent la configuration de cet ensemble. Si d(Omega) est un &#233;l&#233;ment de la nouvelle extension en phase, la probabilit&#233; pour que le point repr&#233;sentatif se trouve contenu dans cet &#233;l&#233;ment sera &lt;br class='autobr' /&gt;
(29) C*exp(-E/Th&#234;ta)*d(Omega), &lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous voulons &#233;tudier les fluctuations relatives &#224; un certain param&#232;tre x, accessible &#224; nos mesures, c'est-&#224;-dire chercher la probabilit&#233; pour que ce param&#232;tre soit compris entre x et x+dx, nous devons chercher la portion de l'extension Omega qui contient les points repr&#233;sentatifs pour lesquels la grandeur x est comprise entre les limites indiqu&#233;es. En int&#233;grant dans cette portion l'expression (29) nous obtiendrons la probabilit&#233; cherch&#233;e sous la forme &lt;br class='autobr' /&gt;
W(x)*dx. &lt;br class='autobr' /&gt;
En se reportant &#224; la d&#233;finition statistique que nous avons obtenue pour l'&#233;nergie utilisable, on d&#233;montre que la probabilit&#233; pr&#233;c&#233;dente peut s'&#233;crire : &lt;br class='autobr' /&gt;
W(x)*dx = A*exp(-Psi(x)/Th&#234;ta)*dx, &lt;br class='autobr' /&gt;
A d&#233;pendant de x, mais de fa&#231;on &#224; varier d'ordinaire tr&#232;s peu en valeur relative quand x varie autour de x(0). On peut alors consid&#233;rer A comme une constante, et la connaissance de Psi(x) suffit, c'est-&#224;-dire de l'&#233;nergie utilisable du syst&#232;me relative &#224; la grandeur x, et &#224; la temp&#233;rature T, le module Th&#234;ta &#233;tant pris &#233;gal &#224; k*T. Nous retrouvons bien la formule (28), obtenue en supposant les fluctuations adiabatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit ainsi que l'&#233;tude des fluctuations isothermes d'un syst&#232;me complexe, comme notre ensemble primitif de N mol&#233;cules, autour de sa configuration la plus probable, se ram&#232;ne &#224; l'&#233;tude de la distribution la plus probable d'un ensemble de syst&#232;mes complexes, identiques au premier, entre les diverses configurations possibles. C'est l&#224; un fait g&#233;n&#233;ral en calcul des probabilit&#233;s, les &#233;carts &#224; partir d'une distribution probable s'obtenant par la consid&#233;ration de la distribution la plus probable d'un ensemble plus complexe que le premier. Voyons maintenant quelques applications de la formule (28) &#224; la Physique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mouvement Brownien et distribution de granules. &#8212; Si le syst&#232;me complexe est constitu&#233; par un granule et le fluide qui l'environne, nous pouvons prendre pour grandeur x soit la vitesse du mouvement d'ensemble du granule suivant une direction, soit son altitude. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le premier cas Psi est &#233;gal &#224; l'&#233;nergie cin&#233;tique correspondante &#224; la direction consid&#233;r&#233;e et proportionnelle au carr&#233; de la vitesse. L'application de (28) donne, pour valeur moyenne de cette &#233;nergie cin&#233;tique, Th&#234;ta/2 ou k*T/2. Nous retrouvons ainsi sous un nouvel aspect, applicable aux mouvements visibles, le th&#233;or&#232;me d'&#233;quipartition de l'&#233;nergie cin&#233;tique entre les degr&#233;s de libert&#233; d'un syst&#232;me complexe. J'ai montr&#233; comment ce th&#233;or&#232;me permet de retrouver tr&#232;s simplement la formule c&#233;l&#232;bre donn&#233;e par M. Einstein pour les d&#233;placements d'un granule par mouvement Brownien de translation ou de rotation. On retrouve cette &#233;quipartition sous une forme g&#233;n&#233;ralis&#233;e toutes les fois que l'&#233;nergie utilisable Psi est une fonction continue de la grandeur x. En effet Psi(0), valeur qui correspond &#224; la configuration d'&#233;quilibre, devant &#234;tre un minimum pour Psi, on peut &#233;crire, en limitant le d&#233;veloppement &#224; cause de la faible amplitude des variations spontan&#233;es : &lt;br class='autobr' /&gt;
Psi &#8212; Psi(0) = alpha*((x-x(0))^2), &lt;br class='autobr' /&gt;
alpha &#233;tant une constante. L'application de (28) montre encore que la valeur moyenne de Psi &#8212; Psi(0) est &#233;gale &#224; k*T/2, c'est-&#224;-dire que les fluctuations correspondent, pour chaque param&#232;tre tel que x, &#224; un &#233;cart moyen d'&#233;nergie utilisable &#233;gal &#224; l'&#233;nergie cin&#233;tique moyenne k*T/ 2 d'une mol&#233;cule par degr&#233; de libert&#233; &#224; la m&#234;me temp&#233;rature ; c'est dire la petitesse de telles fluctuations. On con&#231;oit la g&#233;n&#233;ralit&#233; des applications possibles de ce r&#233;sultat aux d&#233;formations spontan&#233;es d'un corps &#233;lastique tel qu'un diapason, &#224; la charge spontan&#233;e d'un condensateur dont les plateaux sont r&#233;unis par un fil et dont l'&#233;nergie &#233;lectrostatique aura la valeur moyenne k*T/2 aux fluctuations de courant dans un circuit dont l'&#233;nergie de self-induction aura cette m&#234;me valeur moyenne, etc. Dans tout syst&#232;me susceptible d'effectuer des vibrations p&#233;riodiques comme le diapason ou le condensateur ferm&#233;, la valeur moyenne de l'&#233;nergie potentielle est &#233;gale &#224; k*T/2 comme la valeur moyenne de l'&#233;nergie cin&#233;tique (ou magn&#233;tique). La valeur moyenne de l'&#233;nergie totale doit donc &#234;tre &#233;gale &#224; k*T pour chaque mode possible de vibration. Ce r&#233;sultat cesse d'&#234;tre exact quand l'&#233;nergie utilisable n'est pas une fonction continue de la variable x. Il en est ainsi par exemple dans le cas des fluctuations d'altitude d'un granule pesant. Si m est sa masse, Delta sa densit&#233;, delta celle du fluide dans lequel il est plong&#233; et z son altitude au-dessus du fond du vase, on a &lt;br class='autobr' /&gt;
Psi = m*g*(1-delta/Delta)*z, &lt;br class='autobr' /&gt;
pour z &gt; 0, et Psi pratiquement infini pour z n&#233;gatif puisqu'il faudrait d&#233;former le fond du vase pour faire descendre le granule au-dessous de z=0. Psi est donc bien minimum pour z=0, mais le d&#233;veloppement n'a plus la m&#234;me forme que pr&#233;c&#233;demment. W est nul pour z n&#233;gatif en vertu de (28) et pour z positif &#233;gal &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
W = W(0)*exp(-(m*g/k*T)*(1-delta/Delta)*z), &lt;br class='autobr' /&gt;
on reconna&#238;t la loi de distribution v&#233;rifi&#233;e exp&#233;rimentalement par M. Perrin. La Thermodynamique pr&#233;voit la position d'&#233;quilibre z = 0 pour laquelle l'&#233;nergie utilisable est minimum et la pr&#233;sence des granules dans le liquide au-dessus du fond correspond &#224; des fluctuations d'altitude r&#233;gies par la loi de probabilit&#233; que nous venons d'obtenir. On reconna&#238;t encore, sur cet exemple, qu'un m&#234;me probl&#232;me peut &#234;tre envisag&#233; soit comme un probl&#232;me de distribution la plus probable, soit comme un probl&#232;me de fluctuations. Si l'on calcule dans le cas actuel la valeur moyenne de ou des fluctuations d'&#233;nergie utilisable correspondant &#224; la variable z, on trouve, &#224; cause de la forme particuli&#232;re de cette fonction, la valeur k*T au lieu de k*T/2. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fluctuations de concentration. &#8212; Le cas des fluctuations de concentration, dans un fluide dont les mol&#233;cules agissent les unes sur les autres, rentre dans le cas g&#233;n&#233;ral. Pour un petit volume donn&#233; au milieu d'un fluide, la concentration moyenne varie autour de celle qui correspond &#224; la distribution uniforme du fluide. L'&#233;cart Psi &#8212; Psi(0) est proportionnel, en premi&#232;re approximation, au carr&#233; des variations de concentration et celles-ci sont donc telles que la valeur moyenne de Psi &#8212; Psi(0) soit &#233;gale &#224; k*T/2. Cela suffit pour donner toute la th&#233;orie quantitative de l'opalescence critique puisque l'on conna&#238;t le degr&#233; de trouble du fluide &#224; toutes les &#233;chelles de grandeur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Probabilit&#233;s continues et probabilit&#233;s discontinues. &#8212; Nous avons vu qu'&#224; tout mode possible de vibration p&#233;riodique dans un syst&#232;me, la M&#233;canique statistique telle que nous l'avons obtenue pr&#233;voit une &#233;nergie moyenne totale &#233;gale &#224; k*T. Ce r&#233;sultat, appliqu&#233; aux mol&#233;cules d'un solide, conduit &#224; pr&#233;voir pour le solide une chaleur sp&#233;cifique constante &#224; toutes temp&#233;ratures et, appliqu&#233; aux r&#233;sonateurs &#233;lectromagn&#233;tiques de M. Planck, conduit &#224; la loi de Rayleigh pour la distribution d'&#233;nergie dans le rayonnement noir. L'exp&#233;rience est en contradiction formelle avec ces cons&#233;quences. D'o&#249; viennent ces difficult&#233;s ? Dans nos raisonnements de M&#233;canique statistique, et en particulier dans le calcul des valeurs moyennes qui nous a conduits au th&#233;or&#232;me d'&#233;quipartition, nous avons implicitement admis qu'il s'agissait de probabilit&#233;s continues et remplac&#233; partout les sommations par des int&#233;grations, ce qui revient &#224; consid&#233;rer comme infiniment petit le domaine &#233;l&#233;mentaire d'extension en phase delta(omega) que nous avons introduit pour d&#233;finir la probabilit&#233;. Or ce passage &#224; la limite soul&#232;ve de grosses difficult&#233;s. En dehors du fait que des &#233;l&#233;ments d'extension en phase &#233;vanescents cesseront de contenir des nombres delta(n) de points repr&#233;sentatifs assez grands pour qu'on puisse continuer &#224; utiliser la formule de Stirling, nous pouvons remarquer que la constante A de la formule (25) qui donne le logarithme de la probabilit&#233; contient le terme log(delta(omega)) qui devient infini quand delta(omega) tend vers z&#233;ro. On &#233;vite ces difficult&#233;s en m&#234;me temps qu'on rend compte des lois exp&#233;rimentales des chaleurs sp&#233;cifiques et du rayonnement noir en admettant avec M. Planck une &#233;tendue finie et d&#233;termin&#233;e pour le domaine &#233;l&#233;mentaire delta(omega), c'est-&#224;-dire en rempla&#231;ant les probabilit&#233;s continues par des probabilit&#233;s discontinues. La loi de distribution la plus probable est toujours donn&#233;e par la formule (21) de m&#234;me que dans notre premi&#232;re partie la formule analogue (14) s'applique dans tous les cas. Mais la relation est chang&#233;e entre le module Th&#234;ta ou tau et la valeur moyenne de la variable E ou t. Les probabilit&#233;s continues nous ont donn&#233; t = tau, pour la dur&#233;e moyenne des s&#233;ries comme elles nous donnent E = Th&#234;ta pour l'&#233;nergie moyenne d'un r&#233;sonateur. L'introduction des probabilit&#233;s discontinues donne la formule (16) et M. Planck a montr&#233; que, dans le cas du r&#233;sonateur, si h est la valeur impos&#233;e au domaine &#233;l&#233;mentaire d'extension en phase, la variation d'&#233;nergie qui lui correspond est epsilon = h*nu, nu &#233;tant la fr&#233;quence du r&#233;sonateur, et l'on obtient la formule tout &#224; fait comparable &#224; (16) &lt;br class='autobr' /&gt;
(30) E(barre) = epsilon/(exp(epsilon/Th&#234;ta)-1) &lt;br class='autobr' /&gt;
On peut, au moyen de ce r&#233;sultat, repr&#233;senter au degr&#233; de pr&#233;cision des mesures la variation de capacit&#233; calorifique des solides avec la temp&#233;rature et la distribution de l'&#233;nergie dans le rayonnement noir. En effet notre r&#233;sonateur est en &#233;quilibre avec un rayonnement repr&#233;sent&#233; exactement par la loi exp&#233;rimentale rappel&#233;e ant&#233;rieurement : &lt;br class='autobr' /&gt;
F(lambda*T) = C/(exp(c/lambda*T)-1) &lt;br class='autobr' /&gt;
en posant : &lt;br class='autobr' /&gt;
c/(lambda*T) = epsilon/Th&#234;ta = (h*nu)/(k*T), &lt;br class='autobr' /&gt;
ou, si V est la vitesse de la lumi&#232;re : &lt;br class='autobr' /&gt;
c = h*V/k. &lt;br class='autobr' /&gt;
La constante h, qui vient de s'introduire comme mesurant l'&#233;tendue du domaine &#233;l&#233;mentaire de probabilit&#233; dans le probl&#232;me du r&#233;sonateur, semble bien avoir une importance capitale en Physique et figurer dans les lois d'un grand nombre de ph&#233;nom&#232;nes. On con&#231;oit qu'il en doive &#234;tre ainsi puisque cette m&#234;me constante d&#233;termine probablement le domaine &#233;l&#233;mentaire de probabilit&#233; dans toutes les questions de M&#233;canique statistique, quelle que soit la complexit&#233; du syst&#232;me &#233;tudi&#233;. L'exp&#233;rience a confirm&#233; son intervention, non seulement dans la th&#233;orie du rayonnement noir, mais encore dans celles de l'&#233;mission des rayons de R&#246;ntgen, des rayons cathodiques secondaires, des ph&#233;nom&#232;nes photo&#233;lectriques et jusque dans les lois de la M&#233;canique chimique. Il para&#238;t &#233;galement certain qu'elle d&#233;termine la grandeur du magn&#233;ton ou &#233;l&#233;ment discontinu de moment magn&#233;tique mol&#233;culaire. Ainsi le discontinu semble de tous c&#244;t&#233;s dominer la Physique. Non seulement nous devons admettre des &#233;l&#233;ments structuraux discrets, &#233;lectrons, atomes ou mol&#233;cules, mais encore il semble bien que nous devions introduire un &#233;l&#233;ment nouveau de discontinuit&#233; dans les raisonnements statistiques par lesquels nous passons pour construire une image du monde &#224; partir de ces &#233;l&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Langevin, &#171; La physique depuis vingt ans &#187; (1923)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Peut-on fonder math&#233;matiquement la notion de continuit&#233;</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5625</link>
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		<dc:date>2019-12-16T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Discontinuit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une fonction qui n'est continue en aucun point &lt;br class='autobr' /&gt;
Une fonction discontinue en un point La question de la continuit&#233; a &#233;t&#233; reli&#233;e par les math&#233;maticiens avec celle de l'ensemble des nombres (entiers, rationnels ou r&#233;els) et de leurs infinis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cantor-Dedekind-Hilbert ont voulu, &#224; toute force et passionn&#233;ment, fonder math&#233;matiquement la notion de continuit&#233; et ont d&#233;montr&#233;&#8230; que c'&#233;tait impossible &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Dieudonn&#233; dans &#171; Math&#233;matiques vides et significatives &#187; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Des math&#233;maticiens ont pass&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;La nature fait des sauts (ou le r&#232;gne universel de la discontinuit&#233;)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Discontinuit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une fonction qui n'est continue en aucun point&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13846 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/png/480px-WeierstrassFunction-svg.png' width=&#034;480&#034; height=&#034;305&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une fonction discontinue en un point&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13847 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/discontinue.gif' width=&#034;467&#034; height=&#034;368&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_13920 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/x2cos1sx.gif' width=&#034;319&#034; height=&#034;257&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13918 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/xsin1sx_zoom.gif' width=&#034;400&#034; height=&#034;324&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La question de la continuit&#233; a &#233;t&#233; reli&#233;e par les math&#233;maticiens avec celle de l'ensemble des nombres (entiers, rationnels ou r&#233;els) et de leurs infinis.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13921 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/png/Definition-cardinal-ensemble-infini.png' width=&#034;300&#034; height=&#034;226&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13917 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/3e43837dc7_32357_12086-014-01.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/3e43837dc7_32357_12086-014-01.jpg' width=&#034;484&#034; height=&#034;1024&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13916 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/png/Ensembles21.png' width=&#034;352&#034; height=&#034;250&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13915 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/Cantor2.gif' width=&#034;478&#034; height=&#034;372&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13922 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Hypothese_du_continu.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Hypothese_du_continu.jpg' width=&#034;960&#034; height=&#034;720&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cantor-Dedekind-Hilbert ont voulu, &#224; toute force et passionn&#233;ment, fonder math&#233;matiquement la notion de continuit&#233; et ont d&#233;montr&#233;&#8230; que c'&#233;tait impossible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jean Dieudonn&#233; dans &#171; Math&#233;matiques vides et significatives &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des math&#233;maticiens ont pass&#233; des ann&#233;es de leur vie &#224; essayer de d&#233;montrer l'hypoth&#232;se du continu, probl&#232;me qui les a tourment&#233;s pendant tr&#232;s longtemps. Je me souviens d'avoir entendu dire &#224; mon ma&#238;tre Polya, qui le tenait lui-m&#234;me d'Alexandroff, qu'Alexandroff avait pendant un an travaill&#233; &#224; la d&#233;monstration de l'hypoth&#232;se du continu et puis qu'il avait arr&#234;t&#233; parce qu'il se sentait devenir fou. Il a bien fait. Alors, quand G&#246;del et Cohen sont venus nous dire qu'il &#233;tait inutile de nous tracasser les m&#233;ninges et que jamais nous ne d&#233;montrerions ni l'hypoth&#232;se du continu ni sa contradiction, nous avons dit : &#171; Ouf ! Quelle veine ! On n'aura plus &#224; s'occuper de cet abominable probl&#232;me &#187;&#8230; Donc, en r&#233;alit&#233;, il y a l&#224; un peu un recul de beaucoup de math&#233;maticiens ; mais pourquoi ce recul ? Dans ma jeunesse, nous &#233;tions tr&#232;s enthousiastes de l'&#233;cole de Cantor&#8230; Apr&#232;s G&#246;del et Cohen, nous savons maintenant &#8230; qu'il y a autant de math&#233;matiques que vous voulez&#8230; Pour le moment, il semble qu'il n'y ait aucune esp&#232;ce de raison d'en choisir une plut&#244;t qu'une autre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger Ap&#233;ry dans &#171; Math&#233;matique constructive &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Trois illusions contribuent &#224; l'adoption du continu classique : la &#171; continuit&#233; &#187; des grandeurs physiques, l'intuition g&#233;om&#233;trique, les constructions math&#233;matiques de Cauchy, Weierstrass, Dedekind ou Cantor. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Gonseth dans &#171; Les fondements des math&#233;matiques &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Conclusions - Au courant de l'&#233;tude que nous venons de clore, un fait est apparu de fa&#231;on de plus en plus pr&#233;cise : c'est que la m&#233;thode axiomatique &#8211; pour n&#233;cessaire qu'elle soit &#8211; ne peut suffire &#224; fonder la Math&#233;matique sur un terrain d'absolue s&#233;curit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Remarque : Cantor-Dedekind-Hilbert comptaient fonder le continu et l'infini actuel sur la base d'une axiomatique.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus grands math&#233;maticiens se sont cass&#233;s les dents sur la notion de continuit&#233; arithm&#233;tique, alg&#233;brique, g&#233;om&#233;trique, analytique. Certains essaient encore de nous faire croire qu'elle a &#233;t&#233; fond&#233;e de mani&#232;re rationnelle mais c'est faux. Certes, les math&#233;matiques utilisent sans cesse la notion de continuit&#233; mais ce n'est pas parce qu'elle a &#233;t&#233; construite de mani&#232;re solide. C'est parce que l'illusion du continu est une image extr&#234;mement pratique pour math&#233;matiser des situations en les simplifiant. En g&#233;n&#233;ral, aucune situation r&#233;elle n'est pourtant du continu : c'est la moyenne ou la statistique d'un tr&#232;s grand nombre de mesures qui ob&#233;it parfois, en lissant les valeurs, &#224; une &#233;volution apparemment continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que veut dire continu et que veut dire discontinu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous connaissons quelques exemples d'ensembles apparemment continus en math&#233;matiques : la droite des points ou la droite des nombres r&#233;els ou encore le plan g&#233;om&#233;trique ou le plan complexe, les surfaces, les graphiques sans coupure comme la sinuso&#239;de par exemple, les fonctions num&#233;riques sans rupture, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous connaissons aussi des ensembles discontinus : l'ensemble des nombres entiers ou fractionnaires, tout ensemble discret de points, des pointill&#233;s, les fonctions de variables enti&#232;res ou fractionnaires, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, on n'a rien dit de la d&#233;finition de la continuit&#233;. Or celle-ci pose de grands probl&#232;mes et posera encore probl&#232;me lorsque les plus grands math&#233;maticiens seront pass&#233;s dessus, m&#234;me s'ils ont d'abord cru avoir r&#233;solu la question&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'&#233;tait pas seulement celle du continu mais aussi de l' &#171; infini actuel &#187; soutenue, pour des raisons th&#233;ologiques, par Leibniz et que Cantor va faire des pieds et des mains pour &#233;tayer sans jamais y parvenir&#8230; La religion consid&#232;re dieu comme un infini actuel ! L'autre notion possible d'infini est celle d'une grandeur qui ne cesse d'augmenter : l' &#171; infini potentiel &#187; dans lequel l'infini n'est jamais atteint. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; pour Cantor de d&#233;nombrer et comparer le nombre d'&#233;l&#233;ments d'ensembles ayant une infinit&#233; d'&#233;l&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les math&#233;maticiens devaient reconna&#238;tre deux infiniment grands : le d&#233;nombrable (c'est-&#224;-dire un ensemble dont l'on peut num&#233;roter les objets par des nombres entiers) et le non-d&#233;nombrable (l'ensemble des points de la droite ou l'ensemble des nombres r&#233;els). Le non-d&#233;nombrable est appel&#233; l'infini du continu. L' &#171; hypoth&#232;se du continu &#187; affirme que le non-d&#233;nombrable des nombres r&#233;els est le premier infini sup&#233;rieur &#224; l'infini d&#233;nombrable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georg Cantor &#233;tait tr&#232;s s&#251;r pourtant de sa th&#233;orie de l'infini, des dimensions et du continu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ma th&#233;orie est aussi solide que le roc et toute fl&#232;che dirig&#233;e contre elle se retournera rapidement contre celui qui l'a lanc&#233;e. Pourquoi ai-je une telle conviction ? Parce que j'ai &#233;tudi&#233; tous ses aspects pendant des ann&#233;es examin&#233; toutes les critiques que l'on peut faire aux nombres infinis et, par-dessus tout, parce que j'ai, si l'on peut dire, tir&#233; les racines de cette th&#233;orie de la cause premi&#232;re de toutes les choses cr&#233;&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le math&#233;maticien Roger Ap&#233;ry, concluant sur l'ensemble de tous ces travaux sur la continuit&#233;, contredit cette affirmation rassurante : &#171; La d&#233;finition du r&#233;el par les coupures de Dedekind ou les suites de Cauchy est insuffisante puisque, d'apr&#232;s le th&#233;or&#232;me de Cohen, l'hypoth&#232;se du continu (de Cantor) ou sa n&#233;gation peut &#234;tre ajout&#233;e comme axiome (...). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons comment on en est arriv&#233;s l&#224;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude de l'ensemble des nombres a &#233;t&#233; la pierre angulaire de l'&#233;difice, &#233;tude des ensembles des nombres entiers, des nombres fractionnaires, des nombres r&#233;els. Ces &#233;tudes ont men&#233; &#224; la notion de dimension d'un ensemble, &#224; la notion d'infini, &#224; la notion de principe de continuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une lettre de Cantor &#224; Dedekind dat&#233;e du 7 d&#233;cembre 1873, publi&#233;e l'ann&#233;e suivante au Journal de Crellesous le titre &#171; Sur une propri&#233;t&#233; de la collection de tous les nombres alg&#233;briques &#187;, annonce la non-d&#233;nombrabilit&#233; de l'ensemble des nombres r&#233;els (on ne peut pas compter &#224; l'aide d'entiers l'ensemble des nombres r&#233;els).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lettre de R. Dedekind &#224; R. Lipschitz du 27 juin 1876 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les principes euclidiens, seuls, sans adjonction du principe de continuit&#233;, qui n'est pas contenu en eux, sont incapables de fonder une th&#233;orie compl&#232;te des nombre r&#233;els comme rapports de grandeurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dedekind &#224; Cantor :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai &#233;tudi&#233; votre d&#233;monstration avec soin et je n'y ai rencontr&#233; qu'un d&#233;tail qui pourrait soulever le doute&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dedekind &#224; Cantor :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si le feuillet sur le concept du continu vous tombe sous la main, n'oubliez pas de biffer le dernier passage, car il repose sur une erreur&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 juin 1877, Georg Cantor, envoie une lettre &#224; son fid&#232;le confident Richard Dedekind. Il lui avoue ses inqui&#233;tudes quant &#224; la validit&#233; du concept m&#234;me de dimension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dedekind &#224; Cantor :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous &#234;tes oblig&#233; d'introduire dans la correspondance une discontinuit&#233; &#224; donner le vertige, qui r&#233;duit tout en atomes, telle que toute partie contin&#251;ment connexe, si petite soit-elle, de l'un des domaines a une image compl&#232;tement d&#233;chir&#233;e, discontinue. &#187; (juin 1877)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au r&#233;sultat de la d&#233;monstration de Cantor, il n'est pas moins surprenant : il n'y a pas plus de points dans une surface continue que dans une droite continue. Il n'y a qu'un seul cardinal du continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cantor, lui-m&#234;me, en est surpris &#233;crivant &#224; Dedekind : &#171; Je ne le crois pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La supposition de l'existence du continu m&#232;ne &#224; de multiples contradictions mais les math&#233;maticiens n'y renonceront jamais tout en admettant que cette existence math&#233;matique elle-m&#234;me soul&#232;ve des doutes. Sans parler bien s&#251;r de l'existence du continu dans la nature que la math&#233;matique pr&#233;tend d&#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dedekind le mit en garde, faisant observer, dans une lettre du 2 juillet 1877, que la bijection qu'il avait construite entre le carr&#233; et la ligne &#233;tait &#171; n&#233;cessairement partout discontinue &#187;, &#171; &#224; donner le vertige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dedekind et Cantor allaient conclure toute une correspondance en reconnaissant, entre eux seulement, que la tentative avait &#233;chou&#233; et en affirmant que la continuit&#233; n'&#233;tait pas solidement fond&#233;e mais que personne ne s'en apercevrait !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de remarquer que, s'il &#233;tait indispensable &#224; Cantor de d&#233;velopper une telle conception de l'infini, c'&#233;tait pour des raisons&#8230; m&#233;taphysiques et non math&#233;matiques ou scientifiques&#8230; Eh oui ! C'est Cantor lui-m&#234;me qui l'a indiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cantor :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sans un petit grain de m&#233;taphysique, il n'est pas possible, &#224; mon avis, de fonder une science exacte. La m&#233;taphysique, telle que je le con&#231;ois, est la science de ce qui &#171; est &#187;, c'est-&#224;-dire ce de ce qui &#171; existe &#187;, donc du monde tel qu'il est en soi et pas tel qu'il nous appara&#238;t &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La plus haute perfection de Dieu est la possibilit&#233; de cr&#233;er un ensemble infini et son immense bont&#233; le conduit &#224; le cr&#233;er. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, le continu et l'infini sont indispensables non aux math&#233;matiques ou aux sciences mais&#8230; &#224; la croyance en dieu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger Ap&#233;ry dans &#034;Penser les math&#233;matiques&#034; (ouvrage collectif) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La doctrine de l'infini actuel soutenue par Leibniz et &#233;tendue par Cantor l'a &#233;t&#233; pour des raisons m&#233;taphysiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sans un petit grain de m&#233;taphysique, il n'est pas possible, &#224; mon avis, de fonder une science exacte. &#187; (Cantor)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La plus haute perfection de Dieu est la possibilit&#233; de cr&#233;er un ensemble infini et son immense bont&#233; le conduit &#224; le cr&#233;er. &#187; (Cantor)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans votre concept de transfini ainsi con&#231;u, pour ce que j'en puis voir jusqu'&#224; pr&#233;sent, il n'y a aucun danger pour les v&#233;rit&#233;s religieuses. &#187; (Lettre de Franzelin &#224; Cantor, 26 janvier 1886)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1872, Georg Cantor (1845-1918) rencontre Richard Dedekind (1831-1916) en Suisse et commence avec lui ses travaux sur les nombres irrationnels et sur la th&#233;orie des ensembles. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'intuition de Cantor l'am&#232;ne &#224; consid&#233;rer l'axiome suivant : la droite g&#233;om&#233;trique repr&#233;sente le continu et peut &#234;tre mise en bijection avec l'ensemble des grandeurs num&#233;riques - dans la mesure o&#249; chaque point M de la droite correspond &#224; un unique nombre, l'abscisse de M, distance alg&#233;brique (+ou-) du point M &#224; un point O fix&#233;, l'origine. Cantor nomme r&#233;els (1883) ces grandeurs num&#233;riques (rationnels, irrationnels ou transcendants) et s'engage &#224; d&#233;finir analytiquement l'ensemble not&#233; IR des nombres r&#233;els, caract&#233;ris&#233; par le continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1872, Dedekind s'&#233;tait d&#233;j&#224; pench&#233; sur la question du continu dans son Stetgkeit und irrationale Zahlen, o&#249; il donne la d&#233;finition d'un ensemble infini : est dit infini tout ensemble qui peut &#234;tre mis en bijection avec l'une de ses parties - contrapos&#233;e de l'axiome d'Euclide qui affirme que tout ensemble est plus grand que sa partie, ce qui reste valable pour les ensembles finis. Concernant la construction de l'ensemble continu des nombres r&#233;els, l'approche de Dedekind est arithm&#233;tico-alg&#233;brique : il traite toute sorte de probl&#232;mes math&#233;matiques en termes de structures. Il part des pr&#233; requis suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1) IQ est ferm&#233; pour les 4 op&#233;rations ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2) il existe une relation d'ordre total dans IQ ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3) IQ est dense, c'est &#224; dire qu'il existe au moins un rationnel entre deux rationnels quelconques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, il effectue des coupures dans IQ et d&#233;finit ainsi, &#224; l'aide de la relation d'ordre, l'ensemble des irrationnels contenant IQ. C'est la premi&#232;re d&#233;finition du continu portant sur les nombres, mais elle est difficile &#224; appr&#233;hender d'une point de vue intuitif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche de Cantor est g&#233;om&#233;trico-analytique : il proc&#232;de par passage &#224; la limite des suites de Cauchy. L'id&#233;e de Cantor est de montrer que les suites de Cauchy non convergentes dans IQ, convergent vers des nombres irrationnels ou transcendants : il compl&#232;te ainsi l'ensemble IQ par ces nombres et montre donc que toute suite de Cauchy qui converge admet une limite dans IR. Cette d&#233;monstration d&#233;finit non seulement l'ensemble de toutes les grandeurs num&#233;riques connues, les nombres r&#233;els, mais aussi elle d&#233;finit la continuit&#233; de l'ensemble IR, puisque entre deux nombres r&#233;els quelconques, il existe au moins un autre nombre r&#233;el, d&#233;fini comme limite d'une suite de Cauchy convergente. Et c'est en 1883, ann&#233;e de publication des Grundlagen, Fondements d'une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale des ensembles, que Cantor pr&#233;sente sa construction de IR, comme compl&#233;tion de IQ : La bijection entre la droite r&#233;elle et l'ensemble des nombres r&#233;els est donc &#233;tablie. Reste que ce nouvel ensemble d&#233;finit aussi le continu et que cette notion appelle un approfondissement. Cantor se propose alors de continuer sa construction de la th&#233;orie des ensembles, afin de caract&#233;riser les propri&#233;t&#233;s inh&#233;rentes aux diff&#233;rents ensembles de nombres (IN, Z, ID, IQ, IR).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance du continu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son premier travail consiste &#224; nommer le nombre d'&#233;l&#233;ments contenus dans un ensemble : le cardinal. Il constate que l'ensemble IN des entiers naturels est non seulement infini, au sens de Dedekind, mais qu'il est aussi d&#233;nombrable, en ce sens que l'on pourrait d&#233;nombrer, compter le nombre d'&#233;l&#233;ments qu'il contient (dans l'absolu). L'ensemble IN est alors qualifi&#233; de d&#233;nombrable et il lui assigne le symbole w pour d&#233;signer son cardinal. Puis Cantor se met en t&#234;te de d&#233;montrer que IR n'est pas d&#233;nombrable, c'est &#224; dire qu'il n'existe pas de bijection entre IN et IR, ceci afin de caract&#233;riser plus pr&#233;cis&#233;ment le continu de IR comme l'ind&#233;nombrable, l'indivisible, l'incommensurable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet effet, on peut rappeler l'exp&#233;rience de Z&#233;non d'El&#233;e lorsque celui-ci d&#233;compose ou divise le mouvement, donc la continuit&#233;, en instants, de telle sorte &#224; montrer l'impossibilit&#233; du mouvement. Dans ce que rapporte Aristote de cette exp&#233;rience, soulignons que Z&#233;non consid&#233;rait le continu comme une suite d'instants divisibles et c'est cette conception erron&#233;e qui lui fit aboutir &#224; un paradoxe. En effet, le temps s'&#233;coule contin&#251;ment, chaque instant n'&#233;tant pas s&#233;par&#233; de l'instant suivant. C'est le continu physique (temps et espace) o&#249; le tout et les parties tiennent ensemble, sans possibilit&#233; de discrimination, sans trou, sans s&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cantor encha&#238;ne les d&#233;finitions de sa th&#233;orie des ensembles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1) L'ensemble IN des entiers naturels est infini et est qualifi&#233; de d&#233;nombrable tout ensemble qui peut &#234;tre mis en bijection avec IN ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2) Est dit continu tout ensemble qui n'est pas d&#233;nombrable, qui n'a pas de &#171; trou &#187;, qui n'est pas divisible, et qui peut &#234;tre mis en bijection avec l'unique exemplaire &#224; disposition, &#224; savoir IR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cantor d&#233;montre d'abord que l'ensemble IQ et celui des nombres alg&#233;briques sont d&#233;nombrables et il soumet &#224; Dedekind une premi&#232;re d&#233;monstration (par l'absurde) de la non d&#233;nombrabilit&#233; de IR en 1873, mais cette d&#233;monstration est tr&#232;s compliqu&#233; et ne satisfait pas enti&#232;rement Cantor (esth&#233;tique de la d&#233;monstration oblige).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En poursuivant ses recherches sur l'ensemble IR, Cantor emprunte &#224; la g&#233;om&#233;trie projective (et plus particuli&#232;rement &#224; Jacob Steiner, 1796-1863) le terme de &#171; puissance &#187; : deux figures ont m&#234;me puissance si elles sont en bijection par une projection. Il se propose alors de caract&#233;riser pr&#233;cis&#233;ment la puissance du continu, c'est &#224; dire le cardinal de IR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, Cantor &#233;tablit qu'il n'existe pas de bijection entre IN et l'intervalle [0,1]. Or, IR est en bijection avec l'intervalle [0 ;1] donc il n'existe pas de bijection entre IN et IR et finalement IR est non d&#233;nombrable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il consid&#232;re tout nombre r&#233;el de l'intervalle [0,1] comme une suite infinie d'entiers du type 0,x1x2x3x4 ... . Cette suite x1x2x3x4 ... o&#249; chaque xi est un entier, peut &#234;tre repr&#233;sent&#233;e par une partie de IN. Or, si ? est la cardinal de IN, alors l'ensemble des parties de IN, qui s'&#233;crit P(IN), a un cardinal &#233;gal &#224; 2 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en d&#233;duit que IR et P(IN) ont m&#234;me puissance et &#233;crit la puissance du continu, c &#233;gal &#224; 2 ? .&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en fait en 1893 que Cantor utilisera la notation ? , pour d&#233;signer le cardinal de IN ; ? (aleph) est la premi&#232;re lettre de l'alphabet h&#233;breu et d&#233;signe &#233;galement le chiffre 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nombres transfinis - la suite des aleph&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivant ses travaux, entre deux s&#233;jours en h&#244;pital psychiatrique, il affirme qu' &#171; il n'existe aucun ensemble infini qui ne soit d&#233;nombrable ni continu, entendu que la puissance du continu est imm&#233;diatement sup&#233;rieure &#224; celle du d&#233;nombrable &#187;. C'est ce que l'on appelle l'hypoth&#232;se du continu, qui fera plancher nombre de math&#233;maticiens et qui fera l'objet de d'un des 15 probl&#232;mes que Hilbert posera au nouveau si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensant pouvoir exhiber d'autres puissances successives de c, Cantor poursuit ses travaux. C'est alors qu'il exhibe, &#224; son grand &#233;tonnement, une bijection entre IR et IR x IR et entre [0,1] et [0,1] x [0,1]. Les d&#233;monstrations sont tr&#232;s compliqu&#233;es, mais la rigueur de Cantor ne le fait pas douter qu'il a trouv&#233; l&#224; quelque chose de totalement in&#233;dit : une surface continue peut donc &#234;tre mise en bijection avec un segment continu ; la surface, de dimension 2, et le segment, de dimension 1, ont donc m&#234;me puissance. Avec cette approche g&#233;om&#233;trique, Cantor fait de la topologie, en ce sens qu'il &#233;tudie la possibilit&#233; de mettre en bijection une surface et une courbe, et montre que la continuit&#233; assure l'invariance de la puissance. A propos de cette d&#233;couverte, il &#233;crit en 1877 &#224; Dedekind : &#171; Je le vois mais je ne le crois pas &#187;, en fran&#231;ais dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Cantor, la d&#233;ception puis la maladie et la mort le contraignent &#224; abandonner sa recherche de la continuit&#233; math&#233;matique. L'&#233;difice reste inachev&#233;. Cantor a d&#233;couvert ce qui se passe lorsqu'on tente de lin&#233;ariser une s&#233;rie discontinue de changements. Dans une lettre &#224; David Hilbert de septembre 1897, il montre que la tentative de lin&#233;ariser les nombres a &#233;chou&#233; : &#171; Il y a plusieurs ann&#233;es, j'ai attribu&#233; le terme &#171; d'infini absolu &#187; &#224; des totalit&#233;s que nous ne pouvons pas concevoir comme ensembles (...) &#187; Comment passe-t-on des rationnels aux r&#233;els ? Y a-t-il un cha&#238;non manquant ? Ou un saut discontinu ? La continuit&#233; est-elle bien d&#233;finie ? La logique alg&#233;brique, analytique, g&#233;om&#233;trique, l'axiomatique des nombres se refusent &#224; r&#233;pondre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://psychanalyse-paris.com/La-puissance-du-Continu.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1883, Cantor &#233;crivit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ne pas simplement consid&#233;rer l'infiniment grand sous la forme de ce qui croit sans limite, mais &#233;galement le fixer de fa&#231;on math&#233;matique par des nombres, cette pens&#233;e s'est impos&#233;e &#224; moi logiquement, presque contre ma volont&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cantor montre que le nombre de points sur une droite est plus infini (transfini, disait-il) que l'infini des nombres entiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la &#171; puissance du continu &#187;, disait-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'infini a-t-il une r&#233;alit&#233;, ou bien est-il une fiction utile au calcul comme le pensait Leibnitz ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cantor donna une autre id&#233;e de l'infini :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le seul ensemble infini &#8221; en acte &#8220;, pouvant &#234;tre &#233;quivalent &#224; des parties de lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, G&#246;del et Cohen ont d&#233;montr&#233; que l'hypoth&#232;se du continu de Cantor appartient &#224; cette sph&#232;re des propositions ind&#233;cidables, non seulement impossibles &#224; d&#233;montrer mais ind&#233;cidable car la n&#233;gation est tout aussi acceptable que l'affirmation !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mathinees-lacaniennes.net/images/stories/articles/berkover.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article18&#034;&gt;La continuit&#233;, une propri&#233;t&#233; math&#233;matique ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article15&#034;&gt;Des objets math&#233;matiques continus ou discontinus ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article19&#034;&gt;Continuit&#233; et discontinuit&#233; sont incompatibles&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article11&#034;&gt;Qu'est-ce que la continuit&#233; et la discontinuit&#233; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2464&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment la discontinuit&#233;, g&#233;n&#233;rale et fondamentale, produit l'apparence de continuit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve252&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A nouveau sur continuit&#233; et discontinuit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article17&#034;&gt;Pourquoi la notion de continu fait de la r&#233;sistance ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article5325&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La discontinuit&#233; universelle peut-elle &#234;tre remise en cause en Physique ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article12&#034;&gt;La discontinuit&#233;, un tr&#232;s vieux probl&#232;me ... qui revient&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article627&#034;&gt;Discontinuit&#233; et mouvement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypoth%C3%A8se_du_continu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La notion d'&#233;mergence en sciences, cela n'a rien &#224; voir avec du cr&#233;ationnisme</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5131</link>
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		<dc:date>2019-03-24T23:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Discontinuit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Emergence</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La notion d'&#233;mergence en sciences, cela n'a rien &#224; voir avec du cr&#233;ationnisme &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;mergence suppose non seulement une discontinuit&#233;, un saut, mais, de plus, un tel changement qualitatif tel que la nouvelle structure n'est pas une simple somme des propri&#233;t&#233;s ni des &#233;l&#233;ments de l'ancienne ou des anciennes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons un nombre consid&#233;rable d'exemples de telles &#233;mergences en sciences et je peux m&#234;me dire que toutes les structures dont parlent les sciences sont &#233;mergentes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si elles ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;La nature fait des sauts (ou le r&#232;gne universel de la discontinuit&#233;)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Discontinuit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot271" rel="tag"&gt;Emergence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La notion d'&#233;mergence en sciences, cela n'a rien &#224; voir avec du cr&#233;ationnisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence suppose non seulement une discontinuit&#233;, un saut, mais, de plus, un tel changement qualitatif tel que la nouvelle structure n'est pas une simple somme des propri&#233;t&#233;s ni des &#233;l&#233;ments de l'ancienne ou des anciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons un nombre consid&#233;rable d'exemples de telles &#233;mergences en sciences et je peux m&#234;me dire que toutes les structures dont parlent les sciences sont &#233;mergentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elles ne l'&#233;taient pas, il faudrait qu'elles d&#233;coulent simplement d'additions ou de soustractions d'&#233;l&#233;ments &#224; partir des anciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on a longtemps d&#233;fendu en sciences de telles hypoth&#232;ses dites r&#233;ductionnistes du genre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'atome est la somme du noyau et des &#233;lectrons (et, en plus, des photons d'interaction)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le noyau est la somme des protons et des neutrons (ou de quelques &#233;l&#233;ments suppl&#233;mentaires comme les gluons)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la mol&#233;cule est la somme des atomes (avec les interactions entre eux)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'&#233;toile est la somme des grandes masses de gaz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la galaxie est la somme des &#233;toiles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'amas de galaxies est la somme des galaxies&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le cerveau est la somme des neurones&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'&#234;tre vivant est la somme des organes et de leurs interactions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'ADN est la somme des g&#232;nes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la soci&#233;t&#233; humaine est la somme des individus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;etc, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'en finirait pas de citer les exemples de l'ancien r&#233;ductionnisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ses anciens adages, notamment ceux pr&#233;c&#233;demment cit&#233;s, se sont r&#233;v&#233;l&#233;s faux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement, on a &#233;t&#233; contraints de rajouter toutes les interactions aux choses, mais les additions en question n'existent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous additionnez des individus, vous n'avez pas une soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous additionnez un noyau et des &#233;lectrons, vous ne construisez pas un atome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proc&#233;dure &#171; addition &#187; n'existe par r&#233;ellement. La mati&#232;re, la vie, la soci&#233;t&#233; n'additionnent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des sauts qui ne sont pas d&#233;crits par la proc&#233;dure d'addition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophes de l'Antiquit&#233; l'avaient d&#233;j&#224; compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre des grains de sable et un tas de sable, il y a un saut qualitatif qui n'est simplement dans le fait de chiffrer le seuil, mais dans la diff&#233;rence de type de r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un arbre n'est pas une addition d'un tronc, de branches et de feuilles. C'est un processus qui passe par des sauts qualitatifs et pas une addition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une for&#234;t n'est pas l'addition d'un grand nombre d'arbres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ville n'est pas l'addition d'un grand nombre d'habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le saut qualitatif nous pose probl&#232;me mais nous sommes oblig&#233;s d'admettre qu'il y a partout dans tout ce qui nous entoure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute structure, qu'elle soit naturelle ou sociale, qu'elle soit mat&#233;rielle ou vivante, est issue de sauts, de bonds qualitatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son apparition a &#233;t&#233; brutale, a apport&#233; un changement consid&#233;rable, n'a pas simplement mis bout &#224; bout des propri&#233;t&#233;s ou des objets qui existaient pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les scientifiques et les philosophes craignent toujours que l'on cherche &#224; leur faire passer en douce de la camelote magique, mystique, des arnaques pseudo-scientifiques, mais ce n'est nullement le cas pour l'&#233;mergence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re a &#233;merg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lumi&#232;re a &#233;merg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie a &#233;merg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme a &#233;merg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; humaine a &#233;merg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas magique, ce n'est pas divin, ce n'est pas inexplicable, ce n'est pas antiscientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature, &#224; toutes les &#233;chelles et dans tous les domaines, fonctionne exclusivement par sauts, des sauts quantiques aux sauts de syst&#232;mes sociaux, par r&#233;volutions, ce qui ne signifie pas qu'il y ait aucun miracle l&#224;-dedans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article571&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce que l'&#233;mergence ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2346&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le tout n'est pas la somme des parties&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3793&#034;&gt;Pourquoi la mati&#232;re s'organise spontan&#233;ment et de mani&#232;re stable ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi la notion d'&#233;mergence d'organisation nous semble indispensable pour comprendre celle de structure en sciences ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4519&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce que l'&#233;mergence de la mati&#232;re au sein du vide quantique ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique102&#034;&gt;Le coeur, ou l'&#233;mergence de rythmes issus du d&#233;sordre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3943&#034;&gt;Encore et &#224; nouveau sur l'&#233;mergence&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4030&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;mergence dans la Physique de Robert B. Laughlin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4232&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;mergence de l'homme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2906&#034;&gt;Ce qui s'oppose &#224; l'&#233;mergence, c'est le r&#233;ductionnisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article449&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;mergence d'un au sein du d&#233;sordre ou auto-organisation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3403&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment les interactions physiques font-elles &#233;merger les niveaux hi&#233;rarchiques des structures mat&#233;rielles ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5638&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le lien dialectique entre &#233;mergence d'espace-temps et &#233;mergence de mati&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4643&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Emergence du Vivant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3650&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une nouvelle forme du cr&#233;ationnisme : le principe anthropique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2375&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi la notion d'&#233;mergence d'organisation nous semble indispensable pour comprendre celle de structure en sciences ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4519&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce que l'&#233;mergence de la mati&#232;re au sein du vide quantique ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article37&#034;&gt;La mati&#232;re, &#233;mergence de structure au sein du vide&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=discontinuit%C3%A9+de+l%27%C3%A9volution+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Emergence de nouvelles esp&#232;ces vivantes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3945&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Emergence des structures de la mati&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique102&#034;&gt;Le coeur, ou l'&#233;mergence de rythmes issus du d&#233;sordre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article56&#034;&gt;Emergence de l'homme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2906&#034;&gt;Qu'est-ce que le r&#233;ductionnisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article449&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'auto-organisation ou l'ordre spontan&#233;ment issu du d&#233;sordre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4665&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La vie, l'homme et la conscience s'opposent-ils aux lois physiques de la mati&#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3942&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;What is Emergence ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article334&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Particle of matter or emergence of structure in the vacuum&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4672&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Ways of Matter to Build New Structures&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Continuity and discontinuity</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4941</link>
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		<dc:date>2018-08-21T22:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Discontinuit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Read here : &lt;br class='autobr' /&gt;
What is continuity and discontinuity ? &lt;br class='autobr' /&gt; Read also : &lt;br class='autobr' /&gt;
Here &lt;br class='autobr' /&gt;
Another reading &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire encore en fran&#231;ais avec bande de traduction au-dessus : &lt;br class='autobr' /&gt;
http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot61&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;La nature fait des sauts (ou le r&#232;gne universel de la discontinuit&#233;)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Discontinuit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Read here :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article11&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;What is continuity and discontinuity ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Read also :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4260&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Here&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://translate.google.fr/translate?u=https://www.matierevolution.org%2Fspip.php?article4216&amp;sl=fr&amp;tl=en&amp;hl=fr&amp;ie=UTF-8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Another reading&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore en fran&#231;ais avec bande de traduction au-dessus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot61&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot61&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le cheminement discontinu de la nature</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4940</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4940</guid>
		<dc:date>2018-08-06T22:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Discontinuit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le cheminement discontinu : l'&#233;clair, l'image, le courant &#233;lectrique, la lumi&#232;re, la mati&#232;re, l'histoire, le &#034;je&#034; (individuel, social et historique), le mouvement.... &lt;br class='autobr' /&gt;
On a fr&#233;quemment tendance &#224; assimiler les ruptures &#224; des accidents de parcours, des exceptions en somme. De temps &#224; autre, rarement d'ailleurs, on assiste &#224; un tremblement de terre, on subit une crise cardiaque, on a une rupture d'an&#233;vrisme ou l'&#233;conomie subit une chute brutale. Ces cas sont consid&#233;r&#233;s comme des sp&#233;cificit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;La nature fait des sauts (ou le r&#232;gne universel de la discontinuit&#233;)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Discontinuit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cheminement discontinu : l'&#233;clair, l'image, le courant &#233;lectrique, la lumi&#232;re, la mati&#232;re, l'histoire, le &#034;je&#034; (individuel, social et historique), le mouvement.... &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On a fr&#233;quemment tendance &#224; assimiler les ruptures &#224; des accidents de parcours, des exceptions en somme. De temps &#224; autre, rarement d'ailleurs, on assiste &#224; un tremblement de terre, on subit une crise cardiaque, on a une rupture d'an&#233;vrisme ou l'&#233;conomie subit une chute brutale. Ces cas sont consid&#233;r&#233;s comme des sp&#233;cificit&#233;s d'un &#171; fonctionnement normal &#187; qui, lui, serait sans rupture, sans choc, sans discontinuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette image n'est pas seulement une erreur scientifique, une erreur philosophique, une erreur de vision sociale. Ce n'est pas une simple illusion. C'est aussi un produit du fonctionnement n&#233;cessaire de notre cerveau. Nous avons besoin physiquement, moralement, mentalement, psychologiquement de ce sentiment de continuit&#233; au point que toute discontinuit&#233; nous fait mal. D&#232;s que, pour cause de vieillesse (ou d'enfance) ou de maladie, de choc physique ou psychologique, nous ressentons des ruptures, celles-ci sont ressenties douloureusement. Elles se manifestent par des ruptures de perception ou de m&#233;moire. Qui suis-je, que m'est-il arriv&#233;, pourquoi suis-je l&#224;, quel jour on est, quelle heure il est, qui &#234;tes-vous, pourquoi j'ai mal, toutes ces questions peuvent revenir sans r&#233;ponse. La continuit&#233; est rompue. C'est du moins ce que nous ressentons. On parle de trou de m&#233;moire, de lapsus, de troubles passager de l'&#233;quilibre, de la m&#233;moire ou des relations avec les autres. Mais quel est alors le &#171; fonctionnement normal &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il aussi continu qu'on le pr&#233;tend ? Il n'est pas n&#233;cessaire d'&#234;tre malade pour ressentir ce type de trous de la continuit&#233; de la conscience. Il suffit d'&#234;tre fatigu&#233;, perturb&#233;, drogu&#233;, alcoolis&#233;, choqu&#233;&#8230;. Dans ces diff&#233;rents cas, ce qui arrive n'est pas une interruption d'un fonctionnement normal continu mais une interruption de la capacit&#233; c&#233;r&#233;brale &#224; effacer les petites ruptures r&#233;guli&#232;res. Imaginez que vous suivez un film. Vous avez un sentiment de continuit&#233; de l'image et ce sentiment est tr&#232;s important pour redonner l'impression de la vraie vie. Vous savez pourtant que l'on ne fait que vous projeter des images suffisamment proches dans le temps pour que votre capacit&#233; de les distinguer soit insuffisante pour aller aussi vite que le d&#233;roulement des images. Mais si c'est votre cerveau qui est le moteur qui r&#232;gle la vitesse de projection des images dans votre conscience et que votre cerveau est fatigu&#233;, que se passe-t-il ? La vitesse de projection est alors ralentie au niveau de votre conscience et vous ressentez les discontinuit&#233;s. Cela perturbe de fa&#231;on douloureuse votre vision du monde alentour parce que vous ressentez maintenant la discontinuit&#233;. Elle existait d&#233;j&#224; objectivement mais vous ne la ressentiez pas. La fatigue n'a fait que mettre en &#233;vidence la discontinuit&#233; du ph&#233;nom&#232;ne qui &#233;tait seulement masqu&#233;e. Le &#171; trou &#187; existait d&#233;j&#224; mais il est devenu sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des fois, ce sentiment de trou peut &#234;tre parvenu &#224; notre conscience, momentan&#233;ment insuffisamment active. Il suffit de l&#233;g&#232;rement s'assoupir en conduisant sur une route monotone ou une autoroute. Non seulement nous risquons de perdre l'attention indispensable &#224; la conduite au risque de notre vie mais, m&#234;me si ce n'est pas &#224; ce point, nous avons parfois des sursauts dans lesquels, pendant une fraction de seconde, nous ne savons plus si nous sommes sur la bonne route et nous devons nous interroger sur l'objectif de notre trajet.&lt;br class='autobr' /&gt;
A certains moments de notre vie, ces interrogations dues &#224; des ruptures physiques, peuvent nous frapper durement. Des vieux perdent la m&#233;moire de leurs proches ou leur identit&#233;. Des adolescents subissent des bouff&#233;es d&#233;lirantes dans lesquelles ils ont brutalement une perte d'identit&#233; ou une impression de changement brutal d'identit&#233; dans laquelle ils ne se reconnaissent plus, ne reconnaissent plus leurs parents ou leurs proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas exactement des ruptures d'une r&#233;gularit&#233;. C'est une interruption d'un m&#233;canisme c&#233;r&#233;bral pour masquer les discontinuit&#233;s, processus n&#233;cessaire sans doute &#224; l'animal que nous &#233;tions au d&#233;but de l'esp&#232;ce. Dans la vie de notre esp&#232;ce &#224; ses d&#233;buts, il y avait la n&#233;cessit&#233; pour la survie de l'esp&#232;ce, menac&#233;e tous les jours par des animaux sauvages, d'un m&#233;canisme d'attention capable de rappeler en continu o&#249; nous sommes, quelles sont les issues, les plans de fuite possible, o&#249; est la bande, o&#249; sont les caches, quelles sont las tactiques de fuite. Ces m&#233;canismes &#233;taient vitaux pour &#233;chapper &#224; des animaux carnassiers bien plus puissants que l'homme. L'image visuelle en continu est une illusion qui est indispensable dans cet environnement hostile n&#233;cessitant des r&#233;actions rapides et fond&#233;es sur une connaissance acquise de l'environnement et de ses comportements. Bien entendu, observer en continu l'ensemble du paysage qui nous entoure n&#233;cessiterait un effort visuel et c&#233;r&#233;bral exag&#233;r&#233;. Le m&#233;canisme choisi consiste &#224; concentrer son attention sur ce qui change ou bouge dans le paysage et non sur ce qui, dans ce paysage, reste immobile ou inchang&#233;. Notre vision, notre attention ou notre audition ne per&#231;oivent donc que les discontinuit&#233;s, les ruptures, les changements brutaux et qualitatifs. Un changement trop petit, trop lent, est imperceptible. Il faut une discontinuit&#233; suffisante pour que l'&#339;il en soit frapp&#233; et aussi le cerveau. Deux images proches lui semblent identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cerveau qui va se charger de transformer cet ensemble d'images discontinues fournies par des yeux qui clignent, qui ne regardent qu'une partie de l'image, qui envoient diverses parties de l'image &#224; diverses parties du cerveau, en une seule image consciente changeant apparemment en continu. Cette apparence est donc un produit du fonctionnement c&#233;r&#233;bral et non une observation directe de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une image perturb&#233;e, discontinue, donnerait une vision floue de la r&#233;alit&#233; et nuirait &#224; la capacit&#233; de pr&#233;voir, de se d&#233;placer, de r&#233;agir et donc de survivre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout ph&#233;nom&#232;ne, y compris ceux qui sont apparemment continus, il n'y a pas un seul ph&#233;nom&#232;ne &#224; l'oeuvre. Il y en a au moins deux. Dans la nature, tout m&#233;canisme de marche est coupl&#233; &#224; un m&#233;canisme d'arr&#234;t. Si une r&#233;action se poursuit, c'est qu'on lui fournit &#224; nouveau de l'&#233;nergie et de la mati&#232;re. le m&#233;canisme qui le fait vient se surajouter au ph&#233;nom&#232;ne et le r&#233;gule ou l'arr&#234;te. Il n'y a pas du coup de fonctionnement positif sans fonctionnement n&#233;gatif. Pas d'attraction sans r&#233;pulsion. Pas de mode de liaison sans mode de coupure. pas d'action sans r&#233;action. pas de sym&#233;trie sans rupture de sym&#233;trie. Les deux m&#233;canismes contraires coexistent et sont coupl&#233;s. Si ce n'&#233;tait pas le cas, les forces seraient infinies... donc impossible car n&#233;cessitant aussi des &#233;nergies infinies !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; la vitesse semble d&#233;crire la continuit&#233; (par exemple, des changements r&#233;guliers au cours du temps), il y a un autre temps qui intervient : temps des transitions virtuelles, temps de transmission, temps de reconstitution, temps de r&#233;approvisionnement en mati&#232;re ou en &#233;nergie, temps d'inhibition, temps de pause, temps d'&#233;mergence de structure, temps de saut de hi&#233;rarchie de structure, temps de relaxation, temps de disparition et de r&#233;apparition, etc..., qui fait que la dynamique est fondamentalement discontinue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1- L'&#233;clair de la foudre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait du Cours Electromagn&#233;tisme tome un de Feynman&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#034;Nous allons d&#233;crire seulement le cas ordinaire d'un nuage dont le bas est n&#233;gatif, au-dessus d'une r&#233;gion plate. Son potentiel est beaucoup plus n&#233;gatif que celui de le la terre au-dessous, donc les &#233;lectrons n&#233;gatifs seront acc&#233;l&#233;r&#233;s vers la Terre. Voici ce qui se passe : tout commence par quelque chose que nous appellerons un &#034;pr&#233;curseur&#034; qui n'est pas aussi brillant que l'&#233;clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les photographies on peut voir un petit point brillant au d&#233;but qui part du nuage et descend tr&#232;s rapidement - au sixi&#232;me de la vitesse de la lumi&#232;re ! Il parcourt 50 m&#232;tre environ et s'arr&#234;te. Il marque une pause d'environ 50 microsecondes, puis fait un nouveau pas. Il s'arr&#234;te de nouveau, puis fait un nouveau pas, et ainsi de suite. Il se d&#233;place par une s&#233;rie de pas vers le sol, d&#233;crivant un trajet en zigzag.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pr&#233;curseur, il y a des charges n&#233;gatives provenant du nuage ; la colonne enti&#232;re est pleine de charges n&#233;gatives. De plus, l'air est ionis&#233; par les charges en mouvement rapide qui produisent le pr&#233;curseur, ainsi l'air devient conducteur le long du trajet ainsi trac&#233;. A l'instant o&#249; le pr&#233;curseur touche le sol, nous avons un &#034;fil&#034; conducteur qui conduit jusqu'au nuage et qui est plein de charges n&#233;gatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La charge n&#233;gative du nuage peut alors enfin s'&#233;chapper. Les &#233;lectrons du bas du pr&#233;curseur sont les premiers &#224; s'en apercevoir ; ils se d&#233;versent laissant derri&#232;re eux une charge positive qui attire d'autres charges n&#233;gatives d'un peu plus haut dans le pr&#233;curseur, charges qui &#224; leur tour s'&#233;coulent, et ainsi de suite.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2- L'image visuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision n'est ni instantan&#233;e ni fluide, mais elle se fait de mani&#232;re ponctuelle et rapide (de l'ordre du 1/40 de seconde). Le train d'informations visuelles passe depuis la r&#233;tine par les nerfs optiques pour &#234;tre achemin&#233; vers les aires corticales de la vision &#224; l'arri&#232;re du cerveau. La fa&#231;on dont le cerveau traite ces informations fait l'objet de nombreuses &#233;tudes en neurosciences cognitives, notamment depuis les travaux des Prix Nobel Hubel et Wiesel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du syst&#232;me visuel, il a &#233;t&#233; d&#233;crit de nombreuses voies qui forment une architecture complexe charg&#233;e de traiter les informations de forme, le mouvement, l'identification des objets, la reconnaissance des visages, etc. Ainsi, par exemple, la sensation de relief n'est per&#231;ue qu'au travers de la vision combin&#233;e des deux yeux, trait&#233;e pour cela par le cerveau qui reconstitue le relief &#224; partir de deux images l&#233;g&#232;rement d&#233;cal&#233;es. Ce ph&#233;nom&#232;ne est exploit&#233; par la technique de la st&#233;r&#233;oscopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a longtemps cru que le cin&#233;ma se servait simplement de la persistance r&#233;tinienne pour donner l'illusion du mouvement. En r&#233;alit&#233; le mouvement observ&#233; sur un &#233;cran semble essentiellement &#234;tre une cr&#233;ation du cerveau. On distingue quatre ph&#233;nom&#232;nes dans cette illusion :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * Effet de continuit&#233; cr&#233;&#233; par la succession rapide des images (12 images/seconde pour les films d'animation et 18 images/seconde pour les films muets - pass&#233;s &#224; 24 images/seconde avec le cin&#233;ma sonore uniquement pour permettre une intelligibilit&#233; suffisante de la bande son). Mais le mouvement n'a l'air tout &#224; fait fluide que vers 50 images/seconde. Par exemple, quand au cin&#233;ma il y a un panorama assez rapide, on peut percevoir que le mouvement est saccad&#233;, ce qui refl&#232;te la succession des images. Cela est aussi d&#251; au fait que l'obturateur s'ouvre et se ferme 48 fois par seconde, ce qui signifie que chaque image est pr&#233;sent&#233;e deux fois, cela pour &#233;viter le papillotement ou scintillement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * Les premiers films de synth&#232;se, dont chaque image &#233;tait nette, cr&#233;aient une impression peu naturelle. On s'aper&#231;ut vers 1980 que l'introduction d'un flou artificiel proportionnel au mouvement, comme sur une &#034;vraie&#034; pellicule, donnait paradoxalement un effet plus r&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * Disparition du scintillement. On obtient cet effet en vision centrale vers 50 images/seconde. C'est le cas, par exemple, de la t&#233;l&#233;vision &#224; tube cathodique et &#224; affichage entrelac&#233; (2x25 ou 2x30 images/seconde). Mais si l'on regarde en vision p&#233;riph&#233;rique (il suffit de regarder &#224; c&#244;t&#233; de l'&#233;cran tout en portant son attention sur celui-ci), il y a encore un scintillement. C'est seulement vers 75 Hz qu'il dispara&#238;t et &#224; 85 Hz l'image est totalement stable. Il est recommand&#233; de r&#233;gler le taux de rafra&#238;chissement d'un &#233;cran &#224; tube cathodique &#224; ces fr&#233;quences pour &#233;viter la fatigue des yeux (et de la t&#234;te). Le probl&#232;me du scintillement ne se pose pas avec les &#233;crans LCD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * Effet phi qui a lieu m&#234;me avec une succession peu rapide d'images (10 images/seconde). Si l'on dessine une animation sur un carnet et qu'on feuillette les pages, on peut obtenir une illusion de mouvement. Par exemple, les dessins anim&#233;s ont parfois peu d'images/seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;3- Le courant &#233;lectrique&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La continuit&#233; d'un courant &#233;lectrique est aussi illusoire que celle d'un courant d'eau. Non seulement, le courant est port&#233; par des &#233;lectrons, particules discr&#232;tes, mais il est fond&#233; sur l'&#233;mission et l'absorption d'un &#233;lectron par un atome, ph&#233;nom&#232;ne tout &#224; fait discontinu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparente continuit&#233; est un produit de l'action dynamique collective de l'ensemble du nuage d'&#233;lectrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lectrons dans un m&#233;tal forment un gaz d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; o&#249; l'extension de leur fonction d'onde est plus grande que la distance qui les s&#233;pare : ils sont en quelque sorte fondus les uns dans les autres. Pour cette raison, le caract&#232;re discontinu du courant &#233;lectrique est masqu&#233; dans un m&#233;tal et m&#234;me dans un semi-conducteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le contr&#244;le du passage des &#233;lectrons un par un, est n&#233;anmoins possible en combinant deux ph&#233;nom&#232;nes : le franchissement d'une barri&#232;re de potentiel par effet tunnel et la r&#233;pulsion coulombienne entre &#233;lectrons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le circuit &#233;l&#233;mentaire, appel&#233; &#034;bo&#238;te &#224; &#233;lectrons&#034;, permettant de contr&#244;ler leur passage est repr&#233;sent&#233; sur la figure 1. Ce circuit se compose d'une jonction tunnel reli&#233;e &#224; une capacit&#233; Cs&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#244;le de la jonction tunnel est de permettre la s&#233;paration d'un &#233;lectron du reste du gaz &#233;lectronique du m&#233;tal, les &#233;lectrons passant un &#224; un &#224; travers la barri&#232;re isolante. La partie comprise entre les deux capacit&#233;s s'appelle une &#238;le. Sa charge q est proportionnelle au nombre n d'&#233;lectrons ayant franchi la barri&#232;re tunnel : q = ne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Basiquement, on peut d&#233;finir l'&#233;lectromigration comme le d&#233;placement d'atomes dans un conducteur induit par un flux d'&#233;lectron. Ce m&#233;canisme n'apparait que dans les applications o&#249; l'on observe de tr&#232;s forte densit&#233; de courant comme en micro&#233;lectronique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on applique une diff&#233;rence de potentiels &#224; une interconnexion, les &#233;lectrons circulent du plus faible potentiel (cathode) vers le plus haut potentiel (anode). Les atomes de m&#233;taux commencent alors &#224; se d&#233;placer sous l'influence du flux d'&#233;lectrons qui entre en interaction avec le r&#233;seau cristallin. Ce ph&#233;nom&#232;ne est appel&#233; &#233;change de quantit&#233; de mouvement (momentum exchange en anglais). Le d&#233;placement des atomes est facilit&#233; par la pr&#233;sence d'imperfections dans le cristal. Les r&#233;gions de discontinuit&#233;s dans la structure cristalline (dislocation) ou les interfaces entre les cristaux (joint de grains) sont, par exemple, des zones privil&#233;gi&#233;es pour la diffusion des atomes de m&#233;tal. Quand une interconnexion est termin&#233;e par une barri&#232;re de diffusion comme le tungst&#232;ne (W) ou le tantale (Ta), le d&#233;placement des atomes provoque une contrainte de traction au niveau de la cathode o&#249; les atomes d&#233;sertent et une contrainte de compression au niveau de l'anode o&#249; les atomes s'accumulent. Le gradient de stress r&#233;sultant induit une force m&#233;canique qui s'oppose &#224; la force &#171; &#233;lectronique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diffusion est un processus activ&#233; thermiquement qui varie exponentiellement avec la temp&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diffusion des atomes de m&#233;tal n'est pas un probl&#232;me en soit. Pour qu'un d&#233;faut apparaisse il faut que la quantit&#233; de mati&#232;re arrivant dans une r&#233;gion soit sup&#233;rieure ou inf&#233;rieure &#224; la quantit&#233; de mati&#232;re la quittant. Si plus de mati&#232;re arrive qu'il n'en part, l'accumulation de mati&#232;re peut aboutir &#224; un court-circuit ou &#224; la rupture de la couche de passivation provoquant ainsi une opportunit&#233; de corrosion. Si plus de mati&#232;re part qu'il n'en arrive, on observe une augmentation de la r&#233;sistance de la ligne voir une ouverture de la ligne. Dans les lignes, les d&#233;fauts apparaissent donc dans les zones de discontinuit&#233; du flux de mati&#232;re comme les contacts avec le silicium ou aux vias (connexions entre les diff&#233;rents niveaux de m&#233;tallisation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;placement des atomes est facilit&#233; par la pr&#233;sence d'imperfections dans le cristal. Les r&#233;gions de discontinuit&#233;s dans la structure cristalline (dislocation) ou les interfaces entre les cristaux (joint de grains) sont, par exemple, des zones privil&#233;gi&#233;es pour la diffusion des atomes de m&#233;tal. Quand une interconnexion est termin&#233;e par une barri&#232;re de diffusion comme le tungst&#232;ne (W) ou le tantale (Ta), le d&#233;placement des atomes provoque une contrainte de traction au niveau de la cathode o&#249; les atomes d&#233;sertent et une contrainte de compression au niveau de l'anode o&#249; les atomes s'accumulent. Le gradient de stress r&#233;sultant induit une force m&#233;canique qui s'oppose &#224; la force &#233;lectronique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://aflb.ensmp.fr/AFLB-253/aflb253p275.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici sur la discontinuit&#233; du courant &#233;lectrique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;4- La lumi&#232;re &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La spectroscopie est l'&#233;tude de l'interaction entre les radiations &#233;lectromagn&#233;tique et la mati&#232;re. On constate que les atomes et les mol&#233;cules absorbent les radiations de fa&#231;on tr&#232;s particuli&#232;re : seules certaines fr&#233;quences de radiation sont absorb&#233;es et ces fr&#233;quences sont caract&#233;ristiques de l'atome ou de la mol&#233;cule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article938&#034;&gt;Lire ici sur la discontinuit&#233; de la lumi&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5- La mati&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article531&#034;&gt;Lire ici sur les discontinuit&#233;s de la mati&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6- Le mouvement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article627&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7- L'Histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article211&#034;&gt;Lire ici sur les discontinuit&#233;s de l'Histoire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8- Le &#034;je&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons de multiples occasions de v&#233;rifier que les intermittences de la conscience ne sont pas des accidents mais un fonctionnement de celle-ci.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord, cette conscience d&#233;pend de l'attention qui n'est pas permanente. Les absences sont des ph&#233;nom&#232;nes parfois perceptibles lorsqu'elles sont longues mais toujours existantes pendant des p&#233;riodes courtes et peu perceptibles du coup. Cependant, il est toujours possible de v&#233;rifier que la conscience n'est pas dans l'instant. Que pensions-nous il y a une seconde ? Rien ! Il faut un minimum de temps pour faire une pens&#233;e. Une pens&#233;e trop br&#232;ve est inconsciente. Du coup le continuit&#233; de la conscience ne veut rien dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ont tenu &#224; cette continuit&#233; de la conscience &#233;taient les id&#233;alistes. Pour eux, c'est la conscience qui faisait l'&#234;tre humain (je pense donc je suis de Descartes) et, du coup, comme je ne peut pas exister par intermittence en tant qu'&#234;tre, c'est que je pense de mani&#232;re non intermittente. Et on a ainsi consid&#233;r&#233; que la seulement interruption ne pouvait &#234;tre qu'une mort d&#233;finitive alors que la vie est sans cesse interruptions comme la mati&#232;re, comme la soci&#233;t&#233;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a sans cesse des trous. La pens&#233;e &#233;tant fond&#233;e sur des petits segments de conscience, ceux-ci ne sont pas accol&#233;s mais se suivent seulement apr&#232;s un temps de relaxation&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
On vit dans le flou de tes pens&#233;es, et le flou de notre conscience est une invention pour lisser la r&#233;alit&#233; de l'espace temps, fait de ruptures permanentes... &lt;br class='autobr' /&gt;
La preuve est que si tu regardes en toi et cherches &#224; imaginer ce que tu vis dans le moment pr&#233;sent, tu ne verras absolument rien. Nous sommes une m&#233;moire vive ouverte sur le monde ext&#233;rieure, mais avec une tr&#232;s faible capacit&#233; d'appr&#233;hension du moment. La seule fa&#231;on que nous avons d'appr&#233;hender le monde est en s'exprimant, et en &#233;crivant. Mais ce sont dans les actes d'expressions et d'&#233;critures qu'apparaissent les pens&#233;es, et c'est en s'&#233;coutant ou en relisant que l'on &#034;voit&#034; qui nous sommes. On ne vit que dans des d&#233;calages, et la conscience du moment pr&#233;sent est impossible. &lt;br class='autobr' /&gt; La conscience humaine entretien l'illusion que notre existence serait permanente pour &#233;viter les souffrances des ruptures d'existence et, du coup, entretient aussi l'illusion que la mati&#232;re, l'espace et le temps sont lisses, comme des traits continus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la r&#233;alit&#233; est tout autre. Les ruptures sont permanentes &#224; ceux qui savent les lire. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;calage des lois quantiques. Le d&#233;calage des lois quantiques est l'apparition des lois de l'infiniment petit dans l'univers des grands. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces d&#233;calages apparaissent dans la vie des v&#233;g&#233;taux, des animaux, des syst&#232;mes enzymatiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais est-ce que ces d&#233;calages apparaissent aussi dans la vie de l'homme ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pens&#233;es, la conscience comme la connaissance humaines sont fond&#233;es sur les m&#233;canismes neuronaux qui ne connaissent nullement la continuit&#233;. Ce sont des ph&#233;nom&#232;nes quantiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des sp&#233;cialistes comme Ronan Sandford ont montr&#233; que les r&#233;seaux neuronaux quantiques pouvaient mod&#233;liser la conscience. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jusque l&#224; on savait que les neurones avaient une activit&#233; &#233;lectrique mais pas un r&#233;seau &#233;lectrique lin&#233;aire continu et une activit&#233; chimique brutale et discontinue (par les synapses). Mais on a d&#233;couvert ensuite que les neurones avaient une activit&#233; magn&#233;tique. Les r&#233;seaux neuronaux d&#233;pendent donc de l'&#233;lectromagn&#233;tisme et on ne s'&#233;tonnera ps du coup si leur activit&#233; est quantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que cela implique comme changement ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord, cela veut dire qu'il n'y a pas de continuit&#233; mais des activit&#233;s discr&#232;tes &#8211; par unit&#233;s -.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela signifie ensuite qu'il n'y a pas des individualit&#233;s bien s&#233;par&#233;es mais des interactions permanentes et la constitution de syst&#232;mes collectifs. Et entre ces syst&#232;mes, les &#233;tats sautent (le fameux saut quantique).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais au fait, mes neurones justement, comment communiquent-ils entre eux ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le point de contact est appel&#233; synapse et la transmission est de nature chimique : un neurone &#233;met au niveau de la synapse des mol&#233;cules, des neurotransmetteurs. Ceux-ci sont r&#233;ceptionn&#233;s par l'autre neurone et ils provoquent telle ou telle r&#233;action en fonction du neurotransmetteur &#233;mis. C'est gr&#226;ce &#224; ce m&#233;canisme que circule l'information entre neurones. Tout le fonctionnement de notre cerveau repose l&#224;-dessus : activit&#233; consciente et inconsciente, m&#233;moire, interpr&#233;tation, &#233;motion, sentiment, d&#233;cision. Sans neurotransmetteurs, rien. Cette &#233;mission de neurotransmetteurs s'appelle une exocytose. Joli nom, non ? Cette exocytose suppose l'ouverture de petites v&#233;sicules qui contiennent les mol&#233;cules &#224; &#233;mettre. Jusque l&#224;, rien de bien troublant. Oui, mais ces v&#233;sicules sont tellement petites, les quantit&#233;s &#233;mises tellement faibles, que l'on se trouve dans les ordres de grandeur o&#249; il faut appliquer la m&#233;canique quantique : d&#232;s que l'on analyse la transmission synaptique, on doit passer &#224; une approche probabiliste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi derri&#232;re chacune de nos &#233;motions, chacun de nos r&#233;flexes, chacune de nos pens&#233;es, il y a un peu du principe d'incertitude. &lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de cette information, on peut jouer au jeu du &#171; cerveau quantique &#187; :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nos pens&#233;es sont partout et nulle part &#224; la fois : il est impossible de les localiser et de savoir o&#249; elles vont. Si je sais &#224; quoi je pense, je ne sais pas o&#249; cela va me conduire. Si je sais o&#249; cela va me conduire, je ne sais pas pourquoi. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Chacune de nos pens&#233;es est intra&#231;able : on ne peut conna&#238;tre que le flux global des pens&#233;es et non pas les suivre, une par une.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tout confinement conduit &#224; l'agitation : toute tentative d'enfermer un raisonnement dans un cadre &#233;troit provoquera un bouillonnement de la pens&#233;e qui permettra au sujet de s'&#233;chapper,&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce caract&#232;re quantique explique bien des faits : la non localisation par exemple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus vous essayez de localiser une pens&#233;e, plus elle vous &#233;chappe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus vous essayez de la pr&#233;ciser dans le temps : &#224; quel moment vous est-elle pass&#233;e par la t&#234;te &#224; la seconde pr&#232;s, plus elle s'&#233;tale&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Prenons l'exemple de la pens&#233;e li&#233;e &#224; une musique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les suites de notes provoquent en nous une &#233;motion mais il serait impossible de dire que cette &#233;motion est purement instantan&#233;e. Il faut &#224; cette &#233;motion un appel au pass&#233;, &#224; la m&#233;moire des &#233;motions et des musiques, m&#233;moire qui a un temps d'intervention bien diff&#233;rent du temps de l'&#233;coute. Une par une les notes ne provoquent pas la m&#234;me &#233;motion que le succession. Ce n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne par addition. Les notes &#233;voquent des r&#233;seaux neuronaux et un certain arrangement des interactions de certains circuits bien pr&#233;cis qui &#233;voquent le plaisir, la douceur ou la tristesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prenons un tout autre domaine : celui des maladies. On y constate des interruptions de conscience. C'est le cas du petit enfant ou du vieillard. C'est le cas aussi de la personne malade.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s que notre fonctionnement a des probl&#232;mes, notre mani&#232;re de masquer les ruptures de conscience ne nous permet plus de ne pas les percevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un adulte a appris &#224; r&#233;guler les interruptions de la conscience de mani&#232;re &#224; ne plus les ressentir. Ainsi, il prot&#232;ge l'illusion d'une identit&#233; en continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d&#232;s que nous sommes malades, nous percevons qu'il y a sans cesse des interruptions.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est notre fonctionnement corporel et celui de notre m&#233;moire qui nous permettent de cacher les ruptures en ayant un fonctionnement automatique pendant celles-ci&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu comme un pilote d'avion qui mettrait le pilote automatique dans les brefs instants de somnolence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre d&#232;s qu'on est malade, ce n'est pas forc&#233;ment la maladie qui cr&#233;e les interruptions de conscience mais le fonctionnement du malade ne lui permet plus de masquer de br&#232;ves interruptions de conscience qui se manifestent notamment par une fixit&#233; visage, une absence capacit&#233; r&#233;actionnelle ou motrice, une perte passag&#232;re de la m&#233;moire et de la conscience. &lt;br class='autobr' /&gt;
On la qualifie de simple ou de complexe, suivant qu'elle est accompagn&#233;e ou non de signes neurologiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle peut &#234;tre caus&#233;e par une intoxication, un exc&#232;s de fatigue ou un trouble passager d&#251; &#224; une mauvaise irrigation du cerveau. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est aussi une manifestation mineure de l'&#233;pilepsie g&#233;n&#233;ralis&#233;e (ou petit mal) qui consiste en une br&#232;ve interruption de la conscience et de toute activit&#233;, s'accompagnant de p&#226;leur, fixit&#233; du regard, myoclonies (contractions musculaires brutales et involontaires) et parfois d'amn&#233;sie compl&#232;te (diminution, voire perte totale de la m&#233;moire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article192&#034;&gt;Lire ici sur la discontinuit&#233; de la conscience&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9- Le mouvement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article627&#034;&gt;Lire ici sur la discontinuit&#233; du mouvement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=discontinu+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite du discontinu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'&#233;volution darwinienne des esp&#232;ces est-elle continue, r&#233;guli&#232;re, progressive, graduelle ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4947</link>
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		<dc:date>2018-06-29T22:28:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Evolution des esp&#232;ces</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Stephen Jay Gould : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Si l'on n'invoque pas le changement discontinu par de petites modifications dans les taux de d&#233;veloppement, je ne vois pas comment peuvent s'accomplir la plupart des principales transitions de l'&#233;volution. Peu de syst&#232;mes pr&#233;sentent une r&#233;sistance plus grande au changement que les adultes complexes, fortement diff&#233;renci&#233;s, des animaux &#171; sup&#233;rieurs &#187;. Comment pourrait-on convertir un rhinoc&#233;ros adulte ou un moustique en quelque chose de fonci&#232;rement diff&#233;rent ? &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;La nature fait des sauts (ou le r&#232;gne universel de la discontinuit&#233;)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot297" rel="tag"&gt;Evolution des esp&#232;ces&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Stephen Jay Gould :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Si l'on n'invoque pas le changement discontinu par de petites modifications dans les taux de d&#233;veloppement, je ne vois pas comment peuvent s'accomplir la plupart des principales transitions de l'&#233;volution. Peu de syst&#232;mes pr&#233;sentent une r&#233;sistance plus grande au changement que les adultes complexes, fortement diff&#233;renci&#233;s, des animaux &#171; sup&#233;rieurs &#187;. Comment pourrait-on convertir un rhinoc&#233;ros adulte ou un moustique en quelque chose de fonci&#232;rement diff&#233;rent ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment et pourquoi Darwin a d&#233;fendu l'hypoth&#232;se de la continuit&#233; dans l'&#233;volution des esp&#232;ces et pourquoi et comment le darwinisme contemporain s'en d&#233;tache tout en conservant l'id&#233;e principale de Darwin&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le gradualisme que d&#233;fendait Darwin :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le gradualisme repr&#233;sente peut-&#234;tre la conviction la plus centrale de Darwin, r&#233;sidant &#224; la fois au sein de sa pens&#233;e et la sous-tendant totalement. Cette notion l'a guid&#233; dans le choix de ses sujets d'&#233;tude bien avant qu'il ne se pr&#233;occupe de la s&#233;lection naturelle et l'a conduit &#224; se pencher sur des th&#232;mes situ&#233;s largement au-del&#224; de cette derni&#232;re. Le gradualisme constitue le cadre explicatif de son premier livre important qui traitait des r&#233;cifs coralliens (1842) et celui de son dernier ouvrage sur la formation des sols arables et la modification de la topographie par les vers de terre (1881), deux volumes qui ne font pratiquement pas r&#233;f&#233;rence &#224; la s&#233;lection naturelle. Le principal ma&#238;tre &#224; penser de Darwin, Charles Lyell, avait pos&#233; le signe &#233;gal entre gradualisme et rationalit&#233;. Tous les historiens et les &#233;volutionnistes ont remarqu&#233; l'importance centrale du gradualisme, &#224; la fois dans l'ontogen&#232;se (Gruber et Barrett, 1974) et dans la logique (Mayr, 1991) de la pens&#233;e de Darwin. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;lection ne devient cr&#233;ative qu'&#224; la condition d'imprimer une direction &#224; l'&#233;volution, ce qu'elle fait en pr&#233;sidant &#224; la lente et constante accumulation des variations favorables retenues au sein de l'ensemble isotrope des variations. Si le gradualisme n'accompagne pas ce processus de changement, la s&#233;lection doit renoncer &#224; ce r&#244;le cr&#233;atif, et alors le darwinisme ne peut pas rendre compte de l'innovation &#233;volutive. Si d'importantes nouvelles caract&#233;ristiques, ou de nouveaux taxa entiers apparaissent gr&#226;ce &#224; des variations discontinues de grande ampleur, alors la cr&#233;ativit&#233; r&#233;side dans le gen&#232;se de la variation elle-m&#234;me. La s&#233;lection naturelle n'engendre plus d&#233;sormais l'&#233;volution, et se cantonne dans le r&#244;le d'ex&#233;cuteur des hautes &#339;uvres &#233;liminant l'inadapt&#233;, ne faisant donc que faciliter des changements apparus d'autre fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gradualisme est donc la cons&#233;quence logique de la mise en &#339;uvre de la s&#233;lection naturelle sur le mode cr&#233;atif envisag&#233; par Darwin. Il impr&#232;gne aussi totalement la m&#233;thodologie g&#233;nialement invent&#233;e par Darwin, parce que la th&#232;se uniformitariste de l'extrapolation ne peut fonctionner si le changement &#224; la plus grande des &#233;chelles ne se r&#233;alis&#233; pas par la sommation au cours du temps de petites variations, imm&#233;diates et appr&#233;hendables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gradualisme, pour Darwin, repr&#233;sente une doctrine complexe, pr&#233;sentant diff&#233;rents niveaux de sens, tous interreli&#233;s, bien que restant ind&#233;pendants de certaines fa&#231;ons cruciales. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau le plus large, le gradualisme est un concept qui soutient simplement qu'un lien historique continu relie des anc&#234;tres et des descendants, sans mention du mode ou du rythme avec lequel s'effectue la transition des uns aux autres. Si les nouvelles esp&#232;ces apparaissent en tant que cr&#233;ation ex nihilo par l'intervention divine, alors qu'il n'y aurait pas de lien unissant des anc&#234;tres et des descendants. Dans ce sens le plus large, l'affirmation du gradualisme revient &#224; celle de l'&#233;volution en tant que fait. Cette assertion &#233;tait bien entendu vitale pour fonder la r&#233;volution promue par Darwin, mais le sens ainsi consid&#233;r&#233; du gradualisme ne se r&#233;f&#232;re qu'&#224; l'existence de l'&#233;volution, et ne dit rien de la fa&#231;on dont elle se d&#233;roule ; le lien logique entre gradualisme et s&#233;lection naturelle ne peut pas se situer &#224; ce niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains &#233;volutionnistes de notre &#233;poque ont commis l'erreur de croire que les d&#233;bats contemporains au sujet du gradualisme portaient sur ce premier sens, de nos jours allant de soi et nullement sujet &#224; controverse&#8230; Qui peut penser s&#233;rieusement que les partisans de l'&#233;quilibre ponctu&#233;, ou que n'importe quel scientifique d'ailleurs, voudraient nier la notion de continuit&#233; historique d'anc&#234;tres &#224; descendants ? (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, ce premier sens, &#171; trop grand &#187;, du gradualisme atteste l'existence de l'&#233;volution elle-m&#234;me (par opposition au cr&#233;ationnisme), mais ne caract&#233;rise pas le m&#233;canisme propos&#233; par Darwin, ou pour qui que ce soit d'autre, en mati&#232;re de changement &#233;volutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons maintenant cerner un sens du gradualisme serrant de pr&#232;s la fa&#231;on dont proc&#232;de la s&#233;lection naturelle. Cette seconde fa&#231;on, &#171; juste comme il faut &#187;, de comprendre le gradualisme ne porte pas sur la dur&#233;e que doit prendre une transition, ou sur la variabilit&#233; &#233;ventuelle de la vitesse du changement. Dans ce second sens, le concept de gradualisme stipule simplement que, en passant d'un &#233;tat A &#224; un autre B, substantiellement diff&#233;rent, l'&#233;volution doit n&#233;cessairement parcourir une longue s&#233;rie d'&#233;tapes interm&#233;diaires qui diff&#232;rent insensiblement les unes des autres. En d'autres termes, un anc&#234;tre et un descendant doivent &#234;tre reli&#233;s par une s&#233;rie de changements, chacun se situant dans la gamme de ce que peut &#233;difier la s&#233;lection naturelle &#224; partir de la variabilit&#233; ordinaire. Sans le gradualisme consid&#233;r&#233; sous cette forme, de grandes variations sur le mode morphologique discontinu pourraient fournir la force cr&#233;ative du changement &#233;volutif, au lieu que ce r&#244;le revienne &#224; la s&#233;lection naturelle. Mais si la minuscule augmentation apport&#233;e par chaque &#233;tape demeure peu importante par elle-m&#234;me, alors la capacit&#233; cr&#233;ative doit n&#233;cessairement r&#233;sider dans la sommation de ces &#233;tapes en quelque chose d'important : or, la s&#233;lection naturelle, selon la th&#233;orie de Darwin, intervient pr&#233;cis&#233;ment en tant qu'agent d'accumulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sens du gradualisme sous-tend l'invocation souvent formul&#233;e par Darwin du vieil aphorisme de Leibniz et de Linn&#233; : &#171; Natura non facit saltum &#187; (&#171; la nature ne fait pas de saut &#187;). Cet attachement &#224; ce postulat ne peut que nous frapper comme immod&#233;r&#233; et, au regard des normes d'aujourd'hui, comme tellement exag&#233;r&#233;. Ainsi Darwin &#233;crit dans &#171; L'Origine des esp&#232;ces &#187; : &lt;i&gt;&#171; Si l'on arrivait &#224; d&#233;montrer qu'il existe un organe complexe qui n'a pas pu se former par une s&#233;rie de nombreuses modifications graduelles et l&#233;g&#232;res, ma th&#233;orie ne pourrait certes plus se d&#233;fendre. &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, de crainte que nous doutions que &#171; ma th&#233;orie &#187; se r&#233;f&#232;re sp&#233;cifiquement au m&#233;canisme de la s&#233;lection naturelle (et non simplement &#224; l'affirmation de l'&#233;volution), Darwin pose souvent un lien explicite entre la s&#233;lection comme agent cr&#233;atif et le gradualisme comme cons&#233;quence n&#233;cessaire : &lt;i&gt;&#171; Indubitablement, rien ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233; par le biais de la s&#233;lection naturelle, si ce n'est l'addition de changements infiniment petits ; et si l'on pouvait montrer que (&#8230;) les stades de transition sont irr&#233;alisables, la th&#233;orie s'effondrerait. &#187; (dans Natural Selection, voir Stauffer, 1975, p250).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, dans le chapitre de conclusion de l' &#171; Origine des esp&#232;ces &#187; : &#171; Comme la s&#233;lection naturelle n'agit qu'en accumulant des variations l&#233;g&#232;res, successives et favorables, elle ne peut pas produire de modifications consid&#233;rables ou subites ; elle ne peut agir qu'&#224; pas lents et courts. Cette th&#233;orie rend facile &#224; comprendre l'axiome : &#171; Natura non facit saltum &#187;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais est-il vrai que la th&#233;orie de la s&#233;lection naturelle &#171; ne pourrait certes plus se d&#233;fendre &#187; si un seul organe (sans parler d'un organisme entier) pouvait appara&#238;tre par des changements de grandes dimensions et discontinus ? Est-il vrai que le darwinisme demande d'ob&#233;ir &#224; la formulation extr&#234;me suivante : &lt;i&gt;&#171; La s&#233;lection naturelle n'agit que par la conservation et par l'accumulation d'infimes modifications h&#233;r&#233;ditaires &#187; (&#171; L'Origine des esp&#232;ces &#187;) (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposez (comme cela doit arriver souvent) qu'une h&#233;t&#233;rochronie de d&#233;veloppement d&#233;termine un changement majeur de forme et de fonction en deux ou trois &#233;tapes sans formes interm&#233;diaires. La plupart du temps, la dimension de ces stades peut se situer hors de la &#171; gamme normale &#187; de variation pour la majorit&#233; des populations, mais non au-del&#224; des possibilit&#233;s d'un programme g&#233;n&#233;tique de d&#233;veloppement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de la s&#233;lection naturelle s'effondrerait-elle si les changements sur ce mode &#233;taient fr&#233;quents ? Je ne le crois pas. La th&#233;orie darwinienne demanderait quelques ajustements et quelques compromis (en particulier elle devrait &#234;tre plus tol&#233;rante sur le non-respect de l'isotropie des variations et prendre beaucoup plus en compte la notion de contrainte interne dans le domaine de la g&#233;n&#233;tique et du d&#233;veloppement, mais la s&#233;lection naturelle jouirait encore d'un statut bien plus &#233;lev&#233; que celui de simple bourreau. Un nouvel organe ne fait pas une nouvelle esp&#232;ce ; et une nouvelle morphologie doit n&#233;cessairement subir un processus d'int&#233;gration fonctionnelle (ce qui demande une adaptation suppl&#233;mentaire et une mise au point fine, probablement &#233;labor&#233;e par le biais de la s&#233;lection naturelle, quelle qu'ait &#233;t&#233; l'ampleur de l'&#233;tape initiale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense donc que la d&#233;fense vigoureuse, voire pugnace, du gradualisme strict par Darwin refl&#232;te une prise de position syst&#233;matique, de port&#233;e bien plus vaste que la simple reconnaissance d'un corollaire logique de la s&#233;lection naturelle. En fait, je crois que cette conviction forte correspondait &#224; une attitude g&#233;n&#233;rale, qui recouvrait l'adh&#233;sion &#224; la th&#232;se de Lyell selon laquelle le gradualisme allait de pair avec la rationalit&#233; et refl&#233;tait aussi le penchant culturel pour le gradualisme &#224; l'&#233;poque o&#249; la Grande-Bretagne connaissait sa plus grande p&#233;riode d'expansion industrielle et coloniale (Gould, 1984a). Le jugement perspicace de Huxley &#224; propos de l'Origine des esp&#232;ces r&#233;sonne encore de nos jours d'un accent de v&#233;rit&#233;. Dans sa c&#233;l&#232;bre lettre &#224; Darwin, &#233;crite juste apr&#232;s que cet ouvrage ait &#233;t&#233; publi&#233;, il se disait pr&#234;t &#224; &#171; monter sur le b&#251;cher &#187; pour d&#233;fendre les conceptions de Darwin, mais il y avait aussi avanc&#233; sa critique majeure : &lt;i&gt;&#171; Vous vous &#234;tes impos&#233; une difficult&#233; qui &#233;tait superflue en adoptant avec si peu de r&#233;serve la formule &#171; Natura non facit saltum &#187;. &#187;&lt;/i&gt; (dans L. Huxley, 1901)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, Darwin a persist&#233; dans ce sens. Nombreux sont les lecteurs de l' &#171; Origine des esp&#232;ces &#187; qui ne s'aper&#231;oivent pas qu'une grande partie de ce livre est consacr&#233;e &#224; pr&#233;senter le gradualisme plut&#244;t qu'&#224; d&#233;fendre la s&#233;lection naturelle. Un exemple frappant illustre bien cette assertion : Darwin fait dans cet ouvrage une fameuse (et pratiquement unique) d&#233;claration au sujet de l'&#233;volution humaine ; or, celle-ci mentionne le gradualisme, et non l'&#233;volution naturelle, comme m&#233;canisme ayant augment&#233; les capacit&#233;s mentales au cours de l'&#233;volution, et il faudra en tenir compte, nous dit Darwin, dans notre qu&#234;te socratique pour nous conna&#238;tre nous-m&#234;mes &lt;i&gt;&#171; La psychologie s'&#233;tablira sur de nouvelles bases, celles de l'acquisition n&#233;cessairement graduelle de toutes les aptitudes mentales, ce qui jettera une vive lumi&#232;re sur l'origine de l'homme et sur son histoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre sur les preuves g&#233;ologiques, o&#249; le lecteur non initi&#233; pourrait s'attendre &#224; trouver de puissants arguments en faveur de l'&#233;volution &#224; partir des donn&#233;es les plus directement r&#233;v&#233;latrices &#8211; celles des archives fossiles &#8211; r&#233;v&#232;le en lieu et place de cela une longue argumentation visant (l&#233;gitimement) &#224; excuser une discordance grave entre les donn&#233;es et la th&#233;orie : les archives fossiles sont domin&#233;es &#224; premi&#232;re vue par des lacunes et des discontinuit&#233;s, alors que la th&#233;orie de la s&#233;lection naturelle demanderait des transitions insensibles. Darwin, avec l'honn&#234;tet&#233; qui le caract&#233;rise, &#233;nonce le probl&#232;me sans d&#233;tour ; il &#233;voque bri&#232;vement sa m&#233;thodologie selon laquelle les &#233;tapes successives du changement au cours du temps n'ont pas d&#251; &#234;tre plus grandes que les diff&#233;rences observ&#233;es entre les vari&#233;t&#233;s des esp&#232;ces contemporaines : &lt;i&gt;&#171; Toutes les esp&#232;ces vivantes, d'apr&#232;s la th&#233;orie de la s&#233;lection naturelle, se rattachent &#224; la souche m&#232;re de chaque genre, par des diff&#233;rences qui ne sont pas plus consid&#233;rables que celles que nous constatons actuellement entre les vari&#233;t&#233;s d'une m&#234;me esp&#232;ce &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darwin, tout le monde le sait, a r&#233;solu cette discordance en qualifiant les archives d'extr&#234;mement imparfaites (tel un livre qui n'aurait plus que quelques pages et seulement quelques lettres pr&#233;serv&#233;es sur chaque page), au point que toute continuit&#233; v&#233;ritablement insensible est largement effac&#233;e pour donner l'apparence, dans les traces restantes, d'une s&#233;rie de sauts abrupts :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pourquoi donc chaque formation g&#233;ologique, dans chacune des couches qui la composent, ne regorge-t-elle pas de ces formes interm&#233;diaires ? La g&#233;ologie ne r&#233;v&#232;le assur&#233;ment pas une s&#233;rie organique si bien gradu&#233;e, et c'est en cela, peut-&#234;tre, que consiste l'objection la plus s&#233;rieuse que l'on puisse faire &#224; ma th&#233;orie. Je crois que l'explication se trouve dans l'extr&#234;me insuffisance des documents g&#233;ologiques. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darwin s'est aussi fait l'avocat de la forme la plus contraignante du gradualisme : selon cette troisi&#232;me fa&#231;on de comprendre ce concept, celui-ci ne supposait pas simplement que l'information f&#251;t transmise contin&#251;ment de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration, et pas simplement que le passage entre les innombrables &#233;tapes de transition f&#251;t insensible. Il demandait aussi que le changement f&#251;t graduel m&#234;me &#224; la plus vaste &#233;chelle des temps g&#233;ologiques et que le mouvement continu (avec des variations de rythme, bien s&#251;r) repr&#233;sent&#226;t une caract&#233;ristique habituelle de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette acception du gradualisme, aux vastes vis&#233;es, n'est pas &#233;troitement li&#233;e, sur le plan logique, au m&#233;canisme de la s&#233;lection naturelle. Le changement pourrait se faire de fa&#231;on &#233;pisodique et brutale, &#224; l'&#233;chelle des temps g&#233;ologiques, mais n&#233;anmoins se r&#233;aliser par d'insensibles &#233;tapes interm&#233;diaires, vues sous l'angle de la succession des g&#233;n&#233;rations, car, en vertu du principe crucial relatif aux changements d'&#233;chelle, la dur&#233;e correspondant &#224; la succession des milliers de g&#233;n&#233;rations ne repr&#233;sente qu'un petit moment &#224; l'&#233;chelle des temps g&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison qu'Eldredge et moi-m&#234;me n'avons jamais consid&#233;r&#233; que la th&#233;orie de l'&#233;quilibre ponctu&#233;, qui r&#233;fute effectivement cette troisi&#232;me acceptation du gradualisme, mettait en question la capacit&#233; cr&#233;ative de la s&#233;lection naturelle elle-m&#234;me (Eldredge et Gould, 1972 ; Gould et Eldredge, 1977, 1993). La th&#233;orie de l'&#233;quilibre ponctu&#233; conteste la th&#233;orie de la s&#233;lection naturelle sur deux points compl&#232;tement diff&#233;rents de cette question de la capacit&#233; cr&#233;ative de la s&#233;lection naturelle, puisque, se fondant sur la configuration g&#233;om&#233;trique des ponctuations, elle explique les tendances s'exprimant au niveau des clades en fonction du succ&#232;s diff&#233;rentiel entre esp&#232;ces (au lieu de faire appel &#224; une extrapolation de l'anagen&#232;se) et souligne la fr&#233;quence &#233;lev&#233;e de la s&#233;lection darwinienne s'exer&#231;ant exclusivement au niveau des organismes. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darwin exprime son credo sous la forme d'un r&#233;sum&#233; concis : &lt;i&gt;&#171; La nature agit uniform&#233;ment et lentement durant de vastes p&#233;riodes de temps sur l'ensemble de l'organisation, de toutes les fa&#231;ons pouvant b&#233;n&#233;ficier &#224; chaque organisme &#187;&lt;/i&gt;. Remarquez comment le fondateur de l'&#233;volutionnisme r&#233;unit en aussi peu de mots un aussi grand nombre de ses convictions centrales : le gradualisme, l'adaptationnisme, le niveau d'action de la s&#233;lection (les organismes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'attachement de Darwin &#224; cette troisi&#232;me fa&#231;on d'envisager le gradualisme, en tant que mouvement continu et lent &#224; toutes les &#233;chelles de temps, s'aper&#231;oit le mieux dans plusieurs erreurs bien apparentes dans l' &#171; Origine des esp&#232;ces &#187;, toutes fond&#233;es sur la conviction que le changement s'op&#232;re toujours &#224; un rythme r&#233;gulier (gradualisme dans ce troisi&#232;me sens) et non sur la conception de transitions insensibles entre &#233;tapes interm&#233;diaires, comme le demande v&#233;ritablement la th&#233;orie de la s&#233;lection naturelle (gradualisme dans le second sens), ni sur celle de la simple continuit&#233; de l'information historique, n&#233;cessaire &#224; prouver le fait de l'&#233;volution lui-m&#234;me (gradualisme dans le premier sens). (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici un exemple mettant en lumi&#232;re l'hostilit&#233; de Darwin &#224; envisager des &#233;pisodes de diversification &#171; explosive &#187; (il invoquait son argument habituel sur l'imperfection des archives fossiles pour nier la fa&#231;on dont ces &#233;pisodes s'observent &#224; l'&#233;tat brut dans ces derni&#232;res et pour en donner ainsi une interpr&#233;tation qui &#233;talait dans le temps l'apparition des taxa) : Darwin pr&#233;dit que l'on finirait par montrer que l'explosion cambrienne &#233;tait un art&#233;fact et que les organismes multicellulaires complexes avaient d&#251; fourmiller tout au long des vastes dur&#233;es du Pr&#233;cambrien, pour atteindre graduellement la complexit&#233; des formes observables &#224; la base du Cambrien&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pal&#233;ontologues ont maintenant de bonnes connaissances sur les &#234;tres vivants du Pr&#233;cambrien. Ceux-ci fourmill&#232;rent, en effet, mais ne comprirent que des formes unicellulaires ou des algues multicellulaires jusqu'&#224; la toute derni&#232;re p&#233;riode du Pr&#233;cambrien (&#224; partir de 600 millions d'ann&#233;es avant notre &#233;poque) au cours de laquelle se d&#233;pos&#232;rent les couches du niveau d'Ediacara, peupl&#233;es de la faune du m&#234;me nom. L'explosion de la vie multicellulaire au Cambrien semble aujourd'hui toujours aussi explosive, et d'autant plus explosive que ce ph&#233;nom&#232;ne est mis en lumi&#232;re par l'abondance de la vie pr&#233;cambrienne maintenant connue, et non par un manque de fossiles pouvant &#234;tre attribu&#233; &#224; l'imperfection des archives g&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darwin, pour sa part, avait pr&#233;dit que l'existence des organismes multicellulaires remonterait tr&#232;s loin dans le Pr&#233;cambrien. Il a &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; Je ne doute pas que tous les trilobites siluriens (cambriens) descendent de quelque crustac&#233; qui doit avoir v&#233;cu longtemps avant le Silurien (Cambrien) &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darwin fit &#233;galement l'hypoth&#232;se, l&#224; aussi erron&#233;e, que le vert&#233;br&#233; ancestral, animal dont le ph&#233;notype devait ressembler au Bauplan embryologique commun de tous les vert&#233;br&#233;s actuels, avait d&#251; vivre longtemps avant l'aube des temps cambriens : &lt;i&gt;&#171; Il est vain de rechercher des animaux adultes ayant des caract&#233;ristiques embryologiques communes &#224; tous les vert&#233;br&#233;s tant que l'on n'a pas d&#233;couvert de strates tr&#232;s loin en dessous des couches siluriennes les plus basses. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La s&#233;lection naturelle n'agit que par la conservation et l'accumulation de petites modifications h&#233;r&#233;ditaires, dont chacune est profitable &#224; l'individu conserv&#233; ; or, de m&#234;me que la g&#233;ologie moderne, quand il s'agit d'expliquer l'excavation d'une grande vague diluvienne, de m&#234;me aussi la s&#233;lection naturelle tendra &#224; faire dispara&#238;tre la croyance &#224; la cr&#233;ation continue de nouveaux &#234;tres organis&#233;s ou &#224; de grandes et soudaines modifications de leur structure. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois contraintes pos&#233;es par Darwin sur la nature de la variation s'inscrivent dans la logique d'un seul et m&#234;me concept ; la variation n'est qu'un facteur pr&#233;alable au changement &#233;volutif, lui fournissant seulement un mat&#233;riau brut et ne lui imposant pas de direction par elle-m&#234;me, ni ne l'engendrant. L'option en faveur du gradualisme, dans le second sens de l'insensibilit&#233; de transition entre les &#233;tapes interm&#233;diaires, conduit ensuite &#224; stipuler que le facteur positif de modification proc&#232;de par minuscules pas. Par cons&#233;quent, l'explication d'un changement &#233;volutif donn&#233; doit alors consister &#224; sp&#233;cifier ses m&#233;canismes, ce qui conduit n&#233;cessairement &#224; se concentrer sur l'adaptation puisque la nature g&#233;n&#233;ral du changement r&#233;pond au mod&#232;le gradualiste et que l'on a &#233;limin&#233; la possibilit&#233; pour le changement &#233;volutif d'&#234;tre d&#233;termin&#233; de fa&#231;on interne par la variation elle-m&#234;me (isotropie des variations). Dans ces conditions, le changement &#233;volutif ne peut, en effet, se r&#233;aliser que par l'interaction entre les conditions externes (&#224; la fois biotiques et abiotiques) et le mat&#233;riau brut &#233;quipotentiel constitu&#233; par la variation. Et l'ajustement graduel de l'un &#224; l'autre a n&#233;cessairement l'adaptation pour r&#233;sultat primordial. (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les th&#232;ses fondamentales de l'&#233;quilibre ponctu&#233; de Stephen Jay Gould :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La th&#233;orie de l'Equilibre ponctu&#233; ne concerne pas toutes les formes de changement rapide en biologie, se produisant &#224; n'importe quelle &#233;chelle ou &#224; n'importe quel niveau. Elle porte sur l'apparition et le d&#233;ploiement des esp&#232;ces &#224; l'&#233;chelle des temps g&#233;ologiques. D'autres ph&#233;nom&#232;nes, prenant place &#224; d'autres &#233;chelles, sont aussi de type ponctuationniste : c'est le cas, par exemple, des extinctions de masse catastrophiques plan&#233;taires d&#233;clench&#233;es par la collision de la Terre avec des m&#233;t&#233;orites&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de l'&#233;quilibre ponctu&#233; essaie d'expliquer le r&#244;le macro&#233;volutif des esp&#232;ces et de la sp&#233;ciation dans le cadre des temps g&#233;ologiques. Les phases de changement rapide et de stabilit&#233; qu'elle d&#233;crit se rapportent &#224; l'histoire des esp&#232;ces individuelles ; et les rythmes et les types de changement qu'elle prend en compte concernent le d&#233;ploiement de ces histoires individuelles dans un domaine qui nous est familier, celui du &#171; temps profond &#187;, autrement dit des temps g&#233;ologiques, &#224; l'&#233;chelle desquels la dur&#233;e de vie humaine est un infiniment petit absolument impossible &#224; mesurer, et la dur&#233;e de l'histoire enti&#232;re de la civilisation humaine par rapport &#224; celle de la phylogen&#232;se des primates comparable &#224; la dur&#233;e d'un battement de paupi&#232;re par rapport &#224; celle de la vie humaine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception fondamentale de l'&#233;quilibre ponctu&#233; comporte trois notions dont il est n&#233;cessaire de d&#233;finir le sens de fa&#231;on op&#233;rationnelle et pr&#233;cise : la stase, la ponctuation et la fr&#233;quence relative dominante&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La stase ne signifie pas une &#171; stabilit&#233; de granite &#187;, autrement dit une totale invariance des valeurs moyennes de tous les traits tout le temps. Dans le contexte macro&#233;volutif de l'&#233;quilibre ponctu&#233;, il est n&#233;cessaire de savoir, par-dessus tout, si le changement morphologique tend ou non &#224; progresser de fa&#231;on cumulative au long de l'existence g&#233;ologique d'une esp&#232;ce et, si oui, quelle fraction de la diff&#233;rence moyenne entre une esp&#232;ce ancestrale et une esp&#232;ce descendante peut &#234;tre attribu&#233;e au changement cumulatif subi par l'anc&#234;tre au cours de son &#233;volution anag&#233;n&#233;tique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque l'existence de la stase se fonde sur des donn&#233;es, tandis que la ponctuation correspond g&#233;n&#233;ralement &#224; une transition qu'il est impossible de d&#233;tailler par le moyen classique de la distribution des fossiles au fil du temps g&#233;ologique, il est n&#233;cessaire de formuler une d&#233;finition appropri&#233;e de la rapidit&#233;&#8230; En premi&#232;re approximation, la dur&#233;e correspondant &#224; un plan de stratification d&#233;finit la limite pratique impos&#233;e &#224; la possibilit&#233; de distinguer l'un de l'autre deux ph&#233;nom&#232;nes survenus dans le temps g&#233;ologique. Tout &#233;pisode de sp&#233;ciation qui se produit en un intervalle de temps correspondant &#224; la dur&#233;e g&#233;n&#233;ralement n&#233;cessaire &#224; la r&#233;alisation d'un plan de stratification se trouvera ramass&#233; en une seule couche stratigraphique mince, repr&#233;sentant un &#171; instant &#187; &#224; l'&#233;chelle des temps g&#233;ologiques, et ne pourra donc g&#233;n&#233;ralement pas &#234;tre analys&#233; de fa&#231;on d&#233;taill&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc d&#233;finir les ponctuations par rapport &#224; la dur&#233;e de la stase des esp&#232;ces qui en sont issues : car la th&#233;orie de l'&#233;quilibre ponctu&#233;, envisageant le d&#233;roulement dans le temps de phases de dur&#233;e diff&#233;rente, soutient que les esp&#232;ces acqui&#232;rent r&#233;ellement leurs caract&#232;res distinctifs au &#171; moment de leur naissance &#187;, et qu'elles le gardent ensuite en stase durant la dur&#233;e de leur longue existence g&#233;ologique. Ces questions de dur&#233;es relatives jouent un r&#244;le important dans la d&#233;finition des esp&#232;ces en tant qu'individus darwiniens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de l'&#233;quilibre ponctu&#233; soutient, et c'est sa th&#232;se la plus importante, que cette forme d'&#233;volution est dominante en termes de fr&#233;quence relative, et ne dit donc pas seulement que ce ph&#233;nom&#232;ne existe&#8230; La th&#233;orie de l'&#233;quilibre ponctu&#233; n'affirme pas simplement que ce ph&#233;nom&#232;ne existe, mais avance la th&#232;se plus ambitieuse selon laquelle il joue un r&#244;le dominant en tant que forme prise par la macro&#233;volution dans le cadre des temps g&#233;ologiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eldredge et moi-m&#234;me avons forg&#233; le terme d'&#233;quilibre ponctu&#233; dans une communication orale originellement pr&#233;sent&#233;e lors d'un colloque intitul&#233; &#171; Mod&#232;les en pal&#233;obiologie &#187;, qui s'est d&#233;roul&#233; en 1971 dans le cadre de la r&#233;union annuelle de la Soci&#233;t&#233; g&#233;ologique d'Am&#233;rique&#8230; C'est ce qui a donn&#233; notre article original sur l'&#233;quilibre ponctu&#233; &#8211; Eldredge et Gould, 1972&#8230; Un probl&#232;me nous avait particuli&#232;rement agac&#233;s, c'&#233;tait le difficult&#233; de mettre la main sur des s&#233;quences gradualistes dans les archives fossiles, afin de pouvoir leur appliquer des techniques statistiques et autres m&#233;thodes quantitatives&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que nous ayons propos&#233; la th&#233;orie de l'&#233;quilibre ponctu&#233;, la plupart des pal&#233;ontologistes pensaient que, pour sa plus grande part, le changement &#233;volutif proc&#233;dait sur le mode de l'anagen&#232;se, autrement dit par transformation continue au cours du temps d'une population donn&#233;e dans son ensemble. C'est pourquoi la plus grande partie des discussions en pal&#233;ontologie concernant les esp&#232;ces tournait alors autour d'une question litigieuse, nomm&#233;ment ce qu'on appelle le probl&#232;me de l'esp&#232;ce en pal&#233;ontologie, lequel a sans cesse &#233;t&#233; remis sur le chantier dans notre litt&#233;rature (voir Imbrie 1957 ; Weller, 1961 ; McAlester, 1962 ; Shaw, 1969) et a m&#234;me conduit &#224; des colloques entiers consacr&#233;s aux solutions &#233;ventuelles (voir Sylvester-Bradley, 1956).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pr&#233;tendu probl&#232;me rel&#232;ve plus de la th&#233;orie abstraite et des d&#233;finitions que des faits observ&#233;s, car il s'appuie sur l'id&#233;e selon laquelle l'anagen&#232;se serait dominante dans la r&#233;alit&#233;. En tout cas, c'est bien dans le cadre du gradualisme qu'il se pose, parce qu'un vrai continuum ne peut &#234;tre divis&#233; avec certitude absolue en segments auxquels peuvent &#234;tre attribu&#233;s des noms distincts. Si une population A change si compl&#232;tement par le biais de l'anagen&#232;se que l'on se sent oblig&#233; de donner &#224; la population en r&#233;sultant une nouvelle d&#233;nomination linn&#233;enne (esp&#232;ce B), o&#249; faut-il placer le point de d&#233;marcation entre A et B ? Toute limite de ce genre ne peut &#234;tre qu'arbitraire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de l'&#233;quilibre ponctu&#233; a adopt&#233; une approche radicalement diff&#233;rente : elle a admis que, dans les conditions ainsi d&#233;finies, il &#233;tait, en effet, impossible de trouver une limite nette de s&#233;paration entre esp&#232;ce parentale et esp&#232;ce descendante ; mais elle a alors ni&#233; la pr&#233;misse empirique pr&#233;cise selon laquelle les nouvelles esp&#232;ces naissent g&#233;n&#233;ralement (ou m&#234;me souvent) par le biais de l'anagen&#232;se gradualiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, Eldredge et moi-m&#234;me avons soutenu que la vaste majorit&#233; des esp&#232;ces naissent &#224; l'issue d'une scission, et que le rythme normal de la sp&#233;ciation, tel qu'il s'exprime dans les temps g&#233;ologiques, conduit &#224; l'apparition d'une nouvelle esp&#232;ce en un instant g&#233;ologique, celles-ci persistant ensuite de fa&#231;on prolong&#233;e en stase&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les partisans du gradualisme ne niaient pas que la sp&#233;ciation se produisit souvent pas scission. Mais ils ne pensaient pas que ce processus de scission jou&#226;t un r&#244;le quelconque dans la macro&#233;volution, cela pour trois raisons. Premi&#232;rement, ils concevaient la sp&#233;ciation seulement comme un m&#233;canisme engendrant de la diversit&#233;, non comme un facteur de changement de la morphologie moyenne au sein d'un clade (autrement dit, comme un facteur responsable de ce ph&#233;nom&#232;ne macro&#233;volutif crucial que sont les tendances &#233;volutives)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, ils n'accordaient que peu de place au processus de sp&#233;ciation (naissance des esp&#232;ces r&#233;sultant d'une scission) par rapport &#224; l'anagen&#232;se dans l'ensemble du changement &#233;volutif&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, lorsqu'il leur arrivait d'&#233;voquer un ph&#233;nom&#232;ne de sp&#233;ciation par scission, ils d&#233;peignaient ce processus comme deux &#233;pisodes d'anagen&#232;se au-del&#224; de la scission, se d&#233;roulant chacun selon le rythme lent caract&#233;ristique de cette forme d'&#233;volution. Ainsi, ils n'apercevaient rien de fondamentalement diff&#233;rent dans le changement &#233;volutif r&#233;alis&#233; par sp&#233;ciation. En raison de certains accident de l'histoire, soutenaient-ils, une population se scindait en deux unit&#233;s s&#233;par&#233;es, chacune &#233;voluant alors selon le mode anag&#233;n&#233;tique habituel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de l'&#233;quilibre ponctu&#233;, d'un autre c&#244;t&#233;, propose que le rythme de r&#233;alisation de la sp&#233;ciation, appr&#233;ci&#233; &#224; l'&#233;chelle des temps g&#233;ologiques, diff&#232;re radicalement de celui de l'anagen&#232;se gradualiste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, la th&#233;orie de l'&#233;quilibre ponctu&#233; assure l'expansion hi&#233;rarchique de la th&#233;orie s&#233;lectionniste au niveau de l'esp&#232;ce, ce qui permet de d&#233;passer le choix qu'avait fait Darwin de restreindre dans les faits les m&#233;canismes causals de l'&#233;volution au seul niveau des organismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, en d&#233;finissant les esp&#232;ces comme les unit&#233;s fondamentales (ou les atomes) de la macro&#233;volution (autrement dit, comme les entit&#233;s stables &#8211; des individus darwiniens &#8211; et non comme des parties arbitrairement d&#233;limit&#233;es au sein de processus continus), la th&#233;orie de l'&#233;quilibre ponctu&#233; interdit d'expliquer la totalit&#233; des aspects &#224; grande &#233;chelle de l'&#233;volution par simple extrapolation des r&#233;sultats de la micro&#233;volution obtenus sur des populations locales, &#224; l'&#233;chelle du temps humain et au niveau organismisque ou m&#234;me &#224; des niveaux inf&#233;rieurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le rythme &#233;volutif, les &#233;quilibres ponctu&#233;s renversent la vision fondamentale. Il faut abandonner la notion d'un changement constant, qui op&#233;rerait sur un rythme bien net et important, et caract&#233;riserait l'&#233;tat normal d'une entit&#233; en train d'&#233;voluer. Il faut donc proc&#233;der &#224; une r&#233;vision et voir d&#233;sormais le changement &#233;volutif sous la forme d'une s&#233;rie de rares &#233;pisodes, de dur&#233;e br&#232;ve par comparaison &#224; celle des p&#233;riodes de stase qui les s&#233;parent. La stabilit&#233; est d&#233;sormais l'&#233;tat normal d'un lignage, tandis que le changement est &#224; pr&#233;sent con&#231;u comme un ph&#233;nom&#232;ne se produisant rarement et dans une p&#233;riode de temps limit&#233;e, mais rendant compte n&#233;anmoins de la phylogen&#232;se par le biais d'une s&#233;rie d'&#233;pisodes additionn&#233;s au cours du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;vision fondamentale dans la fa&#231;on d'appr&#233;hender les choses peut trouver des &#233;chos dans toutes sortes de domaines, des plus imm&#233;diatement pratiques jusqu'aux plus globalement philosophiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un cadre concernant plus imm&#233;diatement la biologie, la m&#234;me r&#233;vision fondamentale dans la fa&#231;on d'appr&#233;hender les choses conduit in&#233;luctablement &#224; mettre l'accent davantage sur le hasard et la contingence que sur la pr&#233;dictibilit&#233; fond&#233;e sur l'extrapolation : car l'&#233;tat ordinaire de stase ne permet gu&#232;re de savoir quand et comment va se produire la ponctuation suivante, tandis que la nature fractale du gradualisme conduit &#224; penser que les causes du changement &#224; n'importe quel moment peuvent, par extrapolation, permettre de pr&#233;dire et d'expliquer les vastes effets observ&#233;s par l'accumulation des petits changements au fil des longues dur&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De nombreuses recherches men&#233;es dans le domaine des sciences sociales, des arts et de la litt&#233;rature, la th&#233;orie des r&#233;volutions scientifiques de Thomas Kuhn &#233;tant la plus connue et la plus influente, ainsi que de nombreux &#233;v&#233;nements de la fin du XXe si&#232;cle se sont combin&#233;s pour susciter une prise de conscience aig&#252;e du caract&#232;re insatisfaisant du gradualisme et de l'acceptabilit&#233; g&#233;n&#233;rale du changement ponctuationniste, au point d'en faire presque une orthodoxie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es de l'observation scientifique ont aussi contribu&#233; au d&#233;veloppement de ce mouvement g&#233;n&#233;ral en fournissant des mod&#232;les et des v&#233;rifications pratiques &#224; diff&#233;rents niveaux d'analyse et pour plusieurs syst&#232;mes. Dans ce cadre, la pal&#233;ontologie a fourni un apport bien connu, celui d'une th&#233;orie d'extinction de masse catastrophique&#8230;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; La structure de la th&#233;orie de l'&#233;volution &#187; de Stephen Jay Gould&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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