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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>En sciences, il faut imaginer le monde...</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Science</dc:subject>
		<dc:subject>Physique</dc:subject>
		<dc:subject>Physique quantique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En sciences comme en philosophie et dans la vie quotidienne, il faudrait r&#233;habiliter l'imagination, une fonction c&#233;r&#233;brale fondamentale de l'intelligence humaine et des sentiments de notre esp&#232;ce, tr&#232;s largement d&#233;cri&#233;e, d&#233;valoris&#233;e, ni&#233;e et oubli&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt;
L'imagination a souvent &#233;t&#233; assimil&#233;e &#224; des constructions mentales fantasmagoriques, des dragons, des sorci&#232;res et autres mal&#233;fices, allant jusqu'aux constructions de mondes imaginaires et aux divagations religieuses. Du coup, la philosophie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot281" rel="tag"&gt;Science&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot282" rel="tag"&gt;Physique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Physique quantique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En sciences comme en philosophie et dans la vie quotidienne, il faudrait r&#233;habiliter l'imagination, une fonction c&#233;r&#233;brale fondamentale de l'intelligence humaine et des sentiments de notre esp&#232;ce, tr&#232;s largement d&#233;cri&#233;e, d&#233;valoris&#233;e, ni&#233;e et oubli&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'imagination a souvent &#233;t&#233; assimil&#233;e &#224; des constructions mentales fantasmagoriques, des dragons, des sorci&#232;res et autres mal&#233;fices, allant jusqu'aux constructions de mondes imaginaires et aux divagations religieuses. Du coup, la philosophie scientifique et dialectique s'en est &#233;cart&#233; pour pr&#244;ner une philosohie du r&#233;el. Mais l'imagination est seulement le contraire dialectique de la pens&#233;e raisonnant sur le monde r&#233;el et donc ins&#233;parable d'elle. Sans imagination, l'abstraction est impossible, la m&#233;moire aussi. Les concepts scientifiques et philosophiques, l'&#233;criture, les math&#233;matiques, l'art, l'apprentissage, les r&#234;ves, la cr&#233;ativit&#233;, les inventions et bien d'autres choses encore sont des produits de l'imagination humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui nient le r&#244;le de l'imagination pensent que la science permet la connaissance directe du r&#233;el. Ils se disent : &#171; le monde r&#233;el, je le touche, je le vois, je le mesure, je le sens, je le teste avec des instruments. &#187; La Physique contemporaine a montr&#233; depuis longtemps que ce n'est qu'une illusion. On ne voit rien directement, on ne touche rien directement, on ne sent rien directement, on n'observe rien directement. M&#234;me deux mati&#232;res ne se touchent pas directement. Les fermions n'&#233;changent que par l'interm&#233;diaire de bosons. Ils ne peuvent pas se toucher, deux fermions &#233;tant incapables d'&#234;tre au m&#234;me moment dans la m&#234;me position. Plus ils s'approchent, plus il leur est difficile de se rapprocher (in&#233;galit&#233;s d'Heisenberg et force de r&#233;pulsion du principe de Pauli). Quand elles s'approchent, les particules peuvent devenir indiscernables mais elles ne peuvent pas &#234;tre toutes deux au m&#234;me endroit. La mati&#232;re n'a connaissance d'une autre mati&#232;re qu'&#224; distance et pas directement par des interm&#233;diaires. Les liaisons aussi se font par des interm&#233;diaires. La mati&#232;re que l'on dit compacte ne l'est pas r&#233;ellement. Quant &#224; l'homme, ses exp&#233;riences et observations agissent sur la mati&#232;re au point qu'elles la modifient. Les exp&#233;riences quantiques d&#233;montrent que la mati&#232;re mesur&#233;e n'est plus la mati&#232;re que l'on voulait mesurer. Cela ne veut pas dire que l'on ne sait rien mais que les principes de Z&#233;non agissent &#224; l'&#233;chelle quantique. Il en r&#233;sulte que nous devons imaginer une compr&#233;hension de la particule et que cette compr&#233;hension ne peut provenir directement de l'observation. D'ailleurs, elle a commenc&#233; &#224; &#234;tre imagin&#233;e, une particule &#233;tant finalement un nuage d'une multitude de couples particule-antiparticule &#233;ph&#233;m&#232;res. On conviendra qu'il fallait beaucoup d'imagination pour en arriver l&#224; puisque personne ne peut observer directement une particule ou une antiparticule virtuelle &#233;ph&#233;m&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon ! Cela va au niveau quantique ! Mais &#224; l'&#233;chelle du monde o&#249; nous vivons tous les jours, en est-il de m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que les &#234;tres humains entrent directement en contact avec leur petit monde ? Pas du tout ! Nous n'avons pas le contact avec les pens&#233;es des autres &#234;tres humains ou des animaux domestiques qui nous entourent. Nous ne savons m&#234;me pas tout ce qui se passe dans notre propre t&#234;te. Nous sommes contraints d'imaginer ce qui nous fait agir sans &#234;tre s&#251;rs d'avoir raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science, pour se d&#233;velopper, a eu besoin de s'&#233;loigner de la philosophie, de la croyance, des mythes, des imaginations invraisemblables qui lui barraient le chemin. Du coup, la pens&#233;e scientifique a eu besoin de se d&#233;t&#226;cher d'abord de l'imagination. Mais, ensuite, elle a eu besoin d'y retourner pour se proposer des hypoth&#232;ses &#224; v&#233;rifier, des exp&#233;riences &#224; faire, des concepts dont il fallait v&#233;rifier la validit&#233;, des quantit&#233;s &#224; mesurer, etc. La nature n'a pas propos&#233; directement ces param&#232;tres, ces exp&#233;riences, ces mesures, ces v&#233;rifications, ces raisonnements de la science. C'est l'esprit humain qui l'a fait et il lui a fallu de l'imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut pas dire que nous vivons dans un monde imaginaire ou compl&#232;tement fabriqu&#233; par notre imagination. Pas plus que les particules &#233;ph&#233;m&#232;res soient virtuelles au sens o&#249; elles ne seraient pas une r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parce que l'univers est dialectiquement contradictoire de mani&#232;re intrins&#232;que (et non par l'erreur de notre perception ou de notre compr&#233;hension, ni du fait de nos observations) que l'imagination est indispensable car il s'agit d'apprender ce qui est contradictoire, donc contraire &#224; la logique formelle, sans tomber pour autant dans l'agnosticisme (affirmation selon laquelle le monde est d&#233;finitivement incompr&#233;hensible &#224; l'entendement humain). Il s'agit d'int&#233;grer la philosophie dialectique &#224; l'ensemble de la science, des sciences physiques, chimiques, biologiques, humaines, sociologiques, historiques et pr&#233;historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination n'est que le contraire dialectique de la conscience et du rationnel et il ne s'agit donc pas de choisir entre les deux mais de les associer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination n'est nullement le contraire diam&#233;tral du mat&#233;rialisme, de la science, de l'exp&#233;rience, du raisonnement scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour construire une image scientifique du fonctionnement du monde, il ne suffit pas d'observer, d'exp&#233;rimenter, de calculer, de raisonner. Il faut imaginer une th&#233;orie qui colle avec tout cela et c'est souvent par une construction mentale compl&#232;tement int&#233;rieure, imagin&#233;e par le savant, que l'on y parvient. Mais la d&#233;marche scientifique n'en reste bien entendu pas &#224; cette premi&#232;re image, elle la v&#233;rifie ensuite par la coh&#233;rence avec la th&#233;orie, avec l'exp&#233;rience, avec le raisonnement. Seule la confrontation avec la r&#233;alit&#233; conclut sur la validit&#233; des th&#233;ories imagin&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
La pens&#233;e sans imagination est simple routine, r&#233;p&#233;tition de formules apprises, de connaissances reconnues mais sans se les assimiler personnellement, simple utilisation de m&#233;thodes toutes faites sans acquisition de leur compr&#233;hension personnelle, sans possibilit&#233; d'am&#233;liorer ou de transformer la th&#233;orie. Dans ce dernier but, il faut s'autoriser &#224; ne pas penser comme avant, pas comme tout le monde, pas en suivant le consensus des savants pr&#233;c&#233;dents, pas en ob&#233;issant aux autorit&#233;s. Il faut &#234;tre pr&#234;t &#224; heurter les apparences, &#224; aller en sens inverse du courant de pens&#233;e dominant, des v&#233;rit&#233;s reconnues jusque l&#224;, non pas pour se singulariser mais parce que des probl&#232;mes subsistent qui n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;solus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination, c'est quand le cerveau s'autorise &#224; aller hors des sentiers battus, &#224; faire des voyages a priori impossibles, &#224; concevoir des mondes illogiques en apparence. Toute la science a progress&#233; ainsi. Quand Einstein, pour ne prendre qu'un exemple, a affirm&#233; que la lumi&#232;re, ce sont des corpuscules (les photons), c'est un peu comme s'il avait dit qu'on va traverser la Terre en train en passant par le noyau. Cela ne paraissait pas plus vraisemblable. Tout le monde savait (toujours le consensus des savants) que la lumi&#232;re c'est des ondes, alors que la mati&#232;re ce sont des corpuscules ! C'&#233;tait purement imaginaire ! Et quand la physique quantique a conclu que mati&#232;re et lumi&#232;re &#233;taient &#224; la fois des ondes et des corpuscules, c'est un peu comme si elle avait dit que l'homme est &#224; la fois mort et vivant, &#224; la fois ici et ailleurs, &#224; la fois pr&#233;sent et absent, &#224; la fois tel homme et tel autre, &#224; la fois homme et femme, ce genre de choses assez inattendues, vous voyez&#8230; Il faut pas mal d'imagination pour accepter&#8230; les contradictions de la r&#233;alit&#233; afin de les concevoir par la pens&#233;e ! Et l'imagination n'est pas seulement art, po&#233;sie, peinture, r&#232;veries, mais aussi th&#233;orie, pens&#233;e et philosophie scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination est une fonction c&#233;r&#233;brale fondamentale de l'intelligence humaine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/sciences/cerveau-imagination-aphantasie-pourquoi-certaines-personnes-ne-peuvent-pas-generer-images-mentales-cerveau-memoire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/sciences/cerveau-imagination-aphantasie-pourquoi-certaines-personnes-ne-peuvent-pas-generer-images-mentales-cerveau-memoire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://institutducerveau.org/actualites/imaginer-sans-images-mentales-enquete-sur-caracteristiques-personnes-aphantasiques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://institutducerveau.org/actualites/imaginer-sans-images-mentales-enquete-sur-caracteristiques-personnes-aphantasiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part de l'inconscient et de l'irrationnel dans la formation de la pens&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique165&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique165&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#244;le de l'inhibition et de l'inconscient, de la logique et de l'absurde, du rationnel et de la fable dans la formation de l'intelligence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1528&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1528&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;el et Rationnel, deux mondes ou un seul ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5085&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5085&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3035&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3035&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme ou l'esp&#232;ce fabulatrice ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5225&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5225&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nigme du r&#233;el&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5323&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5323&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique de la pens&#233;e humaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article9016&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article9016&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sciences et imagination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3072&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3072&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fondateur de la pens&#233;e scientifique, Bacon, reconnaissait le r&#244;le de l'imagination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bacon divise ainsi le savoir humain selon les facult&#233;s de m&#233;moire, d'imagination et de raison&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6578&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6578&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6414&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6414&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article3770&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article3770&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bacon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imagination a &#233;t&#233; donn&#233;e &#224; l'homme pour compenser ce qu'il n'est pas ; le sens de l'humour pour le consoler de ce qu'il est. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce sont de mauvais explorateurs qui pensent qu'il n'y a pas de terre, alors qu'ils ne voient que la mer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On peut en tirer un autre argument d'espoir : certaines inventions d&#233;j&#224; connues sont telles qu'avant leur d&#233;couverte, il aurait &#233;t&#233; difficilement concevable ; elles auraient &#233;t&#233; tout simplement jug&#233;es impossibles. Car, lorsqu'ils conjecturent sur le futur, les hommes se basent sur le pass&#233; et imaginent le nouveau avec une imagination influenc&#233;e par le pass&#233; ; or, cette mani&#232;re de se forger une opinion est tr&#232;s erron&#233;e, car les sources de la nature ne coulent pas toujours dans leur lit originel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'entendement humain est touch&#233; par les choses qui le frappent et p&#233;n&#232;trent l'esprit simultan&#233;ment et soudainement, et qui emplissent ainsi l'imagination ; et alors il feint et suppose que toutes les autres choses sont d'une mani&#232;re ou d'une autre, bien qu'il ne puisse voir comment, semblables &#224; ces quelques choses qui l'entourent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La v&#233;rit&#233; peut sans doute valoir une perle, qui brille de mille feux le jour ; mais elle n'atteindra jamais le prix d'un diamant ou d'un escarboucle, qui resplendissent sous diff&#233;rentes lumi&#232;res. Un soup&#231;on de mensonge procure toujours du plaisir. Quelqu'un doute-t-il que, si l'on &#244;tait aux hommes leurs vaines opinions, leurs espoirs illusoires, leurs estimations erron&#233;es, leurs imaginations d&#233;brid&#233;es et autres fantaisies, il ne resterait pas dans l'esprit de certains un esprit appauvri, empli de m&#233;lancolie et de malaise, et d&#233;plaisant &#224; eux-m&#234;mes ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel et l'imagination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La v&#233;ritable conscience de soi comprend les moments de m&#233;moire, d'imagination et de raison. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6566&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6566&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel : &#171; La pens&#233;e sp&#233;culative consiste seulement en ceci, que la pens&#233;e tient la Contradiction, et, dans la Contradiction, elle-m&#234;me, et non en ce qu'elle se laisse dominer par elle - comme il arrive &#224; l'imagination - ou laisse ses d&#233;terminations se r&#233;soudre en autre, ou en Rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7474&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7474&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est souvent le cas, Hegel n'emploie pas le mot &#171; imagination &#187; au sens que tout le monde emploie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La pens&#233;e sp&#233;culative consiste uniquement en ceci : la pens&#233;e s'accroche &#224; la Contradiction, et, dans la Contradiction, elle-m&#234;me, et non en ce qu'elle se laisse dominer par elle &#8211; comme cela arrive &#224; l'imagination &#8211; ou qu'elle laisse ses d&#233;terminations se r&#233;soudre en autre, ou en N&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel nous explique d'abord comment l'Imagination pense, et par Imagination (nous l'avons vue il y a quelques minutes), Hegel entend la pens&#233;e qui ne traite que de ce qui est familier. Remarquez le terme qu'il emploie : Imagination. &#192; premi&#232;re vue, cela semble incongru. Mais je pense qu'il veut l'opposer &#224; la m&#233;thode scientifique, &#224; l'analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas :&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, bien que l'imagination ait partout la contradiction pour contenu, elle n'en prend jamais conscience ; elle reste un reflet ext&#233;rieur, qui passe de la ressemblance &#224; la dissemblance&#8230; Elle maintient ces deux d&#233;terminations ext&#233;rieures l'une &#224; l'autre et n'a &#224; l'esprit que celles-ci, et non leur transition, qui est la mati&#232;re essentielle et contient la contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination per&#231;oit une multitude de choses, les distinguant par leurs similitudes et leurs diff&#233;rences, une vari&#233;t&#233; infinie. La r&#233;flexion, la compr&#233;hension, les relie et r&#233;v&#232;le leurs contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas un d&#233;faut, une imperfection, une insuffisance qu'une chose rec&#232;le une contradiction. C'est l&#224; son essence m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, la r&#233;flexion intelligente, si l'on peut dire, consiste &#224; comprendre et &#224; &#233;noncer la contradiction. Elle n'exprime pas le concept des choses et de leurs relations et ne dispose que de d&#233;terminations de l'imagination quant &#224; leur mati&#232;re et leur contenu ; mais elle les met n&#233;anmoins en relation, et cette relation contient leur contradiction, permettant ainsi &#224; leur concept de se manifester &#224; travers elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel maudit ceux pour qui l'id&#233;al r&#233;side dans leur propre imagination et leurs propres caprices. Comme il les d&#233;teste ! Pour lui, l'id&#233;e est si intimement li&#233;e au r&#233;el qu'on ne peut les dissocier. L'id&#233;al v&#233;ritable d'aujourd'hui est le r&#233;el de demain. Et c'est ainsi que se meuvent la vie et la logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1019&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1019&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Breton&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imagination, c'est l'art de donner vie &#224; ce qui n'existe pas, de persuader les autres d'accepter un monde qui n'est pas vraiment l&#224;. Il n'est de plaisir qu'en imagination. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ch&#232;re imagination, ce que j'aime surtout en toi, c'est que tu ne pardonnes pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imaginaire, c'est ce qui tend &#224; devenir r&#233;el. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, ce r&#234;veur d&#233;finitif. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La seule imagination me rend compte de ce qui peut &#234;tre, et c'est assez pour lever un peu le terrible interdit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je crois &#224; la r&#233;solution future de ces deux &#233;tats, en apparence si contradictoires, que sont le r&#234;ve et la r&#233;alit&#233;, en une sorte de r&#233;alit&#233; absolue, de surr&#233;alit&#233;, si l'on peut ainsi dire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6589&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6589&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e humaine d&#233;passe-t-elle la nature, est-elle seulement son reflet, ou bien d&#233;pend-elle d'un monde diff&#233;rent, celui de l'esprit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5061&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5061&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination et le r&#234;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5669&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5669&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2700&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2700&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233;, ce peuple du r&#234;ve...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5146&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5146&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3953&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3953&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diderot :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le po&#232;te a re&#231;u de la nature la qualit&#233; qui distingue l'homme de g&#233;nie : l'imagination. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ai-je rencontr&#233; un beau trait, je me promets de leur (&#224; mes amis) en faire part. Ai-je sous les yeux quelque spectacle enchanteur, sans m'en apercevoir je m&#233;dite le r&#233;cit pour eux. Je leur ai consacr&#233; l'usage de tous mes sens et de toutes mes facult&#233;s ; et c'est peut-&#234;tre la raison pour laquelle tout s'exag&#232;re, tout s'enrichit un peu dans mon imagination et dans mon discours. Ils m'en font quelquefois un reproche ; les ingrats ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand on &#233;crit, faut-il tout &#233;crire ? Quand on peint, faut-il tout peindre ? De gr&#226;ce, laissez quelque chose &#224; suppl&#233;er par mon imagination ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La nuit met l'imagination en jeu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6977&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6977&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s tout, nous n'avons pas invent&#233; le symbolisme ; c'est une activit&#233; universelle et ancestrale de l'imagination humaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Car il existe un chemin de retour de l'imagination &#224; la r&#233;alit&#233;, et ce chemin, c'est l'art. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le r&#234;ve ne pense ni ne calcule ; d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale il ne juge pas : il se contente de transformer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne peux envisager sereinement une vie sans travail ; le travail et le libre jeu de l'imagination sont pour moi une seule et m&#234;me chose, je ne trouve de plaisir dans rien d'autre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6485&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6485&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6314&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6314&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1489&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1489&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1490&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1490&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les imaginations de l'esprit indiquent plus les affects de notre Corps que la nature des corps ext&#233;rieurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'esprit, autant qu'il le peut, s'efforce d'imaginer ce qui augmente ou aide la puissance d'agir du Corps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous voyons donc que toutes les notions dont use ordinairement le vulgaire pour expliquer la nature ne sont que des mani&#232;res d'imaginer, et n'indiquent la nature d'aucune chose, mais seulement l'&#233;tat de l'imagination ; et puisqu'elles ont des noms qui se donnent pour ceux d'&#233;tants existant hors de l'imagination, je les appelle des &#233;tants non de raison, mais d'imagination. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Et ici, pour commencer &#224; indiquer ce qu'est l'erreur, je voudrais que vous notiez que les imaginations de l'Esprit consid&#233;r&#233;es en soi, ne contiennent pas d'erreur, autrement dit, que l'Esprit, s'il se trompe, ce n'est pas parce qu'il imagine, mais c'est seulement en tant qu'on le consid&#232;re manquer d'une id&#233;e qui exclue l'existence des choses qu'il imagine avoir en sa pr&#233;sence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'esprit, autant qu'il le peut, s'efforce d'imaginer ce qui augmente ou aide la puissance d'agir du Corps &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1488&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1488&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/enseditions/8621?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/enseditions/8621?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science, ce sont seulement des faits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3443&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3443&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre esp&#232;ce a besoin d'imagination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1524&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1524&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien Max Planck dans &#171; Initiations &#224; la Physique &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il serait ensens&#233; au plus haut point de s'imaginer que les lois concernant l'origine et l'&#233;volution des id&#233;es scientifiques pourront jamais se laisser r&#233;duire en formules exactes applicables &#224; la pr&#233;diction de l'avenir de la science. En derni&#232;re analyse, toute id&#233;e nouvelle proc&#232;de, en effet, de l'imagination cr&#233;atrice de son auteur ; c'est pourquoi toute recherche, m&#234;me en math&#233;matiques, la plus exacte pourtant de toutes les sciences, contient toujours quelque part un &#233;l&#233;ment irrationnel, cet &#233;l&#233;ment &#233;tant essentiellement inh&#233;rent &#224; la notion m&#234;me de personnalit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien Einstein dans &#171; L'&#233;volution des ides en physique &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; D'autre part, il ne faudrait pas s'imaginer que, m&#234;me dans la plus exacte de toutes les sciences, on puisse faire des progr&#232;s en ses passant d'une conception g&#233;n&#233;rale de l'Univers, c'est-&#224;-dire en d&#233;finitive d'hypoth&#232;ses ind&#233;montrables. (...) Ce que l'on ne voit pas, c'est &#224; quel point la difficult&#233; pour faire progresser la science, c'est que le savant ait la t&#233;nacit&#233; de maintenir son point de vue. (...) Bien plus, l'aust&#232;re recherche de la science ne peut progresser que par le libre jeu de l'imagination. Qui ne peut, &#224; l'occasion, ne serait-ce qu'une fois, concevoir des choses apparemment contraires &#224; la loi causale, jamais n'enrichira la science d'une id&#233;e nouvelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Einstein :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imagination est plus importante que le savoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La logique vous m&#232;nera de A &#224; B. L'imagination vous emm&#232;nera partout. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imagination est primordiale. Elle est un avant-go&#251;t des plaisirs &#224; venir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le don de l'imaginaire a compt&#233; davantage pour moi que mon talent pour absorber les connaissances positives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En physique quantique, le probl&#232;me a &#233;t&#233; d'imaginer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1999&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1999&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sciences, il faut aussi qu'intervienne l'imagination humaine, l'inconscient m&#234;me, le r&#234;ve. Les lois de Maxwell ne d&#233;coulent pas directement des observations ni des id&#233;es de ses pr&#233;d&#233;cesseurs mises bout &#224; bout, pas plus que les id&#233;es de Darwin, d'Einstein, de Planck, de Broglie, de Prigogine ou de Feynman, pour ne citer que ceux-l&#224;. Ce ne sont pas les seules connaissances qui les ont guid&#233;s mais ils ont construit des voies et moyens totalement novateurs, des nouvelles d&#233;marches, des nouvelles mani&#232;res de poser les probl&#232;mes, avant de demander aux observations si leurs th&#232;ses pouvaient se v&#233;rifier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, l'imagination humaine, l'invention, le r&#234;ve, l'innovation, l'inconscient comme le conscient, la cr&#233;ation, ce ne sont pas des qualit&#233;s des robots, des Big Data, de l'informatique. Demandez &#224; n'importe quelle machine : &#171; Vous r&#234;vez, que voyez-vous ? &#187;, il va r&#233;pondre en cherchant tout ce que d'autres &#234;tres humaines ont r&#234;v&#233; pr&#233;c&#233;demment et&#8230; c'est tout ! Et c'est bien peu s'agissant de r&#234;ver de nouvelles id&#233;es scientifiques&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le robot ne r&#234;ve pas, n'&#233;coute pas son inconscient, ne d&#233;veloppe pas son imagination, ne construit pas des sc&#233;narios virtuels de mani&#232;re non pilot&#233;e par le syst&#232;me central, contrairement &#224; l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chez l'homme, la conscience ne pilote pas tout. Le cerveau peut explorer des &#171; hypoth&#232;ses absurdes &#187;, contraires &#224; la logique, au bon sens et m&#234;me &#224; la raison, toutes les nuits d&#232;s qu'il r&#234;ve et m&#234;me le jour chez les humains particuli&#232;rement &#171; dans leur t&#234;te &#187;. Pas le robot ! Aucune sorte de robot et jamais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4965&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4965&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand physicien Feynman : &#171; L'exp&#233;rience est le seul juge de la &#171; v&#233;rit&#233; &#187; scientifique. Mais quelle est la source de la connaissance ? D'o&#249; viennent les lois &#224; tester ? L'exp&#233;rience, elle-m&#234;me, aide &#224; produire ces lois, dans le sens o&#249; elle nous donne des indices. Mais il faut aussi de l'imagination pour cr&#233;er &#224; partir de ces indications les grandes g&#233;n&#233;ralisations : deviner les motifs merveilleux, simples, mais tr&#232;s &#233;tranges, puis exp&#233;rimenter pour v&#233;rifier &#224; nouveau si nous avons bien devin&#233;. Ce processus d'imagination est si difficile qu'il existe une division du travail en physique : il existe des physiciens th&#233;oriciens qui imaginent, d&#233;duisent, et devinent de nouvelles lois, mais n'exp&#233;rimentent pas ; et puis il y a des physiciens exp&#233;rimentaux qui exp&#233;rimentent, imaginent, d&#233;duisent et devinent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5072&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5072&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe Feuerbach : &#171; Certes, les produits de l'imagination sont aussi ceux de la nature, car la puissance de l'imagination, pareille aux autres forces humaines, est en derni&#232;re analyse (zuletzt) par son essence m&#234;me et ses origines, une force de la nature ; l'homme est n&#233;anmoins un &#234;tre diff&#233;rent du soleil, de la lune et des &#233;toiles, des pierres, des animaux et des plantes, diff&#233;rent, en un mot, de tout ce qui est (Wesen) et &#224; quoi il applique le terme g&#233;n&#233;ral de nature. Les repr&#233;sentations (Bilder) que se fait l'homme du soleil, de la lune, des &#233;toiles et de tout ce qui est la nature (Naturwesen), sont donc aussi des produits de la nature, mais d'autres produits qui diff&#232;rent des objets qu'ils repr&#233;sentent. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Est ce qu'un homme n'est pas pour un autre, m&#234;me pour l'homme le plus proche, un objet d'imagination, un objet de repr&#233;sentation ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2773&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2773&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail humain de l'abstraction n&#233;cessite l'imagination&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2494&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2494&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne voit sous yeux, m&#234;me lors de l'exp&#233;rience la plus ing&#233;nieuse et bien mont&#233;e, agir l'&#233;nergie cin&#233;tique ou le potentiel, ni m&#234;me la masse et la charge ! Ces param&#232;tres ne sont pas des faits, ne sont pas des objets naturels, ne sont pas des r&#233;sultats directs de l'observation mais des produits du raisonnement humain et d'abord des cr&#233;ations de l'imagination des hommes. S'ils sont aujourd'hui &#224; la rationalit&#233; de notre &#233;poque, ils ont &#224; un moment ou &#224; autre dus &#234;tre invent&#233;s, c'est-&#224;-dire se heurter &#224; la rationalit&#233; des hommes d'une &#233;poque pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de remarquer que la physique contemporaine donne comme fondement &#224; l'ensemble de l'univers mat&#233;riel l'espace vide qui pourtant n'est observ&#233; et connu que depuis un tout petit nombre d'ann&#233;es. Les th&#233;ories sur le vide sont encore plus r&#233;centes et encore peu connues, y compris de l'ensemble des physiciens qui ne travaillent pas pr&#233;cis&#233;ment dans ce domaine. C'est dire que le fondement des sciences lui-m&#234;me n'est pas si largement diffus&#233; que le ferait croire une image tr&#232;s rationaliste des sciences physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte a besoin elle aussi de cette dimension irrationnelle de la pens&#233;e humaine, aussi bien pour proposer des solutions aux grands probl&#232;mes de sciences (les r&#233;ponses folles dont parlait Einstein) que pour fonder des concepts nouveaux dont on n'avait pas encore id&#233;e et qui ne peuvent na&#238;tre qu'&#224; l'aide de l'imagination humaine, l'observation et la mesure ne permettant de mesurer et d'observer que des choses que l'on a pr&#233;alablement imagin&#233; de mesurer et d'observer. Encore une fois, l'exp&#233;rience scientifique doit &#234;tre pens&#233;e avant d'&#234;tre r&#233;alis&#233;e et parfois m&#234;me le simple fait d'avoir &#233;t&#233; pens&#233;e donne une r&#233;ponse sans m&#234;me avoir r&#233;alis&#233; l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2832&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2832&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien Feynman : &#171; Notre science demande des prodiges d'imagination. Le degr&#233; d'imagination n&#233;cessaire est bien plus &#233;lev&#233; que celui exig&#233; par certaines des id&#233;es anciennes. Les id&#233;es modernes sont bien plus difficiles &#224; imaginer. Et cependant nous nous servons d'un grand nombre d'outils. Nous nous servons d'&#233;quations et de r&#232;gles math&#233;matiques, et nous faisons beaucoup de dessins. Je r&#233;alise maintenant, qu'en parlant du champ &#233;lectromagn&#233;tique dans l'espace, je vois une sorte de superposition de tous les diagrammes que j'en ai toujours vus trac&#233;s. Je ne vois pas courir des faisceaux de lignes de champ, car cela m'inqui&#232;te de penser que si je courais &#224; une vitesse diff&#233;rente, ces faisceaux dispara&#238;traient&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout le probl&#232;me de l'imagination en sciences est souvent incompris de ceux qui pratiquent d'autres disciplines. Ils essayent de mettre &#224; l'&#233;preuve notre imagination de la fa&#231;on suivante. Ils disent, &#171; voici un dessin de certaines personnes dans une certaine situation. Comment imaginez-vous ce qui va se produire ensuite ? &#187; Quand nous disons, &#171; je ne peux pas imaginer &#187;, ils peuvent penser que nous avons une bien faible imagination. Ils n&#233;gligent le fait que tout ce qui nous est permis d'imaginer en sciences doit &#234;tre compatible avec tout le reste de nos connaissances, que les champs &#233;lectriques et les ondes dont nous parlons ne sont pas simplement d'heureuses id&#233;es que nous sommes libres d'inventer, mais des id&#233;es qui doivent &#234;tre compatibles avec toutes les lois connues de la physique. Nous ne pouvons nous laisser &#224; imaginer s&#233;rieusement des choses qui sont de toute &#233;vidence en contradiction avec les lois connues de la nature. C'est ainsi que notre type d'imagination est un jeu bien difficile. On doit avoir de l'imagination pour penser &#224; quelque chose qui n'a jamais &#233;t&#233; vu avant, jamais entendu avant. Mais en m&#234;me temps, ces pens&#233;es sont restreintes dans un corset rigide, pour ainsi dire, et limit&#233;es par les conditions qui r&#233;sultent de notre connaissance de la nature telle qu'elle est r&#233;ellement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me de la cr&#233;ation de quelque chose de neuf, mais compatible avec tout ce qui est d&#233;j&#224; connu, est d'une extr&#234;me difficult&#233;&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3573&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3573&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien Lee Smolin : &#171; La science a besoin de visionnaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3850&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3850&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien Einstein : &#171; L'importante invention du champ &#233;lectromagn&#233;tique fait son apparition. Il fallait une imagination scientifique hardie pour r&#233;aliser pleinement que ce n'est pas le comportement des corps, mais le comportement de quelque chose qui se trouve entre eux, c'est-&#224;-dire le champ, qui pourrait &#234;tre essentiel pour ordonner et comprendre les &#233;v&#233;nements...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image repr&#233;sentative physique doit, a priori, satisfaire &#224; la condition, impos&#233;e par la logique, d'&#234;tre exempte de contradiction interne entre ses diverses parties. Une fois cette condition remplie, toute libert&#233; est laiss&#233;e &#224; l'artisan dans son travail descriptif. Il jouit d'une autonomie compl&#232;te et il n'a besoin d'imposer aucune contrainte &#224; son imagination. Ceci ne va pas, bien entendu, sans entra&#238;ner une forte dose d'arbitraire et d'incertitude ; c'est pourquoi la t&#226;che du physicien est beaucoup plus difficile qu'il ne pourrait le para&#238;tre au premier abord &#224; des esprits simplistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le libre pouvoir sp&#233;culatif du savant s'introduit d&#233;j&#224;, d&#232;s sa premi&#232;re d&#233;marche qui consiste &#224; int&#233;grer dans le domaine d'une loi uniquele r&#233;sultat de mesures qui lui sont donn&#233;es s&#233;par&#233;ment et sans coordination. Cette t&#226;che est analogue &#224; celle qui consiste &#224; relier par une courbe un certain nombre de points isol&#233;s et l'on sait qu'il existe une infinit&#233; de courbes passant par chacun de ces points. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien Max Planck : &#171; Nous sommes donc en pr&#233;sence d'une d&#233;marche intellectuelle, pour laquelle aucune logique n'est suffisante. S'il veut l'accomplir avec succ&#232;s, le physicien devra poss&#233;der deux qualit&#233;s : une connaissance approfondie de son sujet et une imagination cr&#233;atrice puissante. Il lui faut, en effet : premi&#232;rement, &#234;tre familier avec toutes sortes de mesures et, secondement, avoir une acuit&#233; intellectuelle suffisante pour rapprocher deux mesures diff&#233;rentes sous un point de vue commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute hypoth&#232;se f&#233;conde surgit de la combinaison de deux repr&#233;sentations sensibles, de nature diff&#233;rente. L'histoire nous offre de nombreux exemples de ces rapprochements : c'est d'abord Archim&#232;de rapprochant la perte de poids de la couronne d'or du tyran de Syracuse quand elle &#233;tait immerg&#233;e. C'est Newton, rapprochant la chute d'une pomme du mouvement de la Lune autour de la Terre. Plus tard, c'est Einstein, rapprochant le mouvement d'un corps soumis &#224; la gravitation, situ&#233; dans une enceinte en &#233;tat de repos, d'un corps soumis &#224; la gravitation, situ&#233; dans une enceinte en &#233;tat de repos, d'un corps &#233;chappant &#224; la gravitation et se trouvant dans une enceinte qui se d&#233;place vers le haut avec un mouvement acc&#233;l&#233;r&#233;. Enfin Bohr rapprocha le mouvement d'un &#233;lectron autour d'un noyau atomique du mouvement des plan&#232;tes autour du soleil. Il serait int&#233;ressant de suivre, &#224; propos de chaque hypoth&#232;se importante de la physique, le d&#233;tail des rapprochements d'id&#233;es auxquels elles ont d&#251; leur naissance&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a un fait tr&#232;s remarquable qui n'est pas sans rapport avec cet &#233;tat de choses : c'est que le progr&#232;s de la physique n'est pas une &#233;volution continue au cours de laquelle nos connaissances s'approfondiraient et s'affineraient peu &#224; peu ; il a au contraire un caract&#232;re discontinu et, en quelque sorte, explosif.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'apparition de chaque hypoth&#232;se nouvelle provoque comme une &#233;ruption subite ; elle est un saut dans l'inconnu, inexplicable logiquement. Ensuite sonne l'heure d'une th&#233;orie nouvelle qui, une fois venue au monde, se d&#233;veloppe d'une fa&#231;on continue ; mais toujours, en subissant plus ou moins des contraintes ext&#233;rieures, son sort &#233;tant, en fin de compte, r&#233;gl&#233; par les mesures. Tant que ces derni&#232;res lui demeurent favorables, l'hypoth&#232;se jouit d'une consid&#233;ration de plus en plus g&#233;n&#233;rale ; mais des difficult&#233;s viennent-elles &#224; surgir quelque part &#224; propos de l'interpr&#233;tation du r&#233;sultat de mesures, les doutes, les critiques et la m&#233;fiance ne tardent pas &#224; s'&#233;lever de toutes parts&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement &#224; ce que l'on soutient volontiers dans certains milieux de physiciens, il n'est pas exact que l'on ne puisse utiliser, pour l'&#233;laboration d'une hypoth&#232;se que des notions dont le sens puisse, a priori, &#234;tre d&#233;fini par des mesures, c'est-&#224;-dire, ind&#233;pendamment de toute th&#233;orie. En effet, premi&#232;rement, toute hypoth&#232;se, en tant que partie constituante de l'image repr&#233;sentative de l'univers, est un produit de la sp&#233;culation libre de l'esprit humain et, secondairement, il n'y a absolument aucune grandeur qui puisse &#234;tre mesur&#233;e directement. Une mesure ne re&#231;oit, au contraire, son sens physique qu'en vertu d'une interpr&#233;tation qui est le fait de la th&#233;orie&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Jamais des mesures ne pourront confirmer ni infirmer directement une hypoth&#232;se, elles pourront seulement en faire ressortir la convenance plus ou moins grande. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5085&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5085&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment Voltaire se repr&#233;sente l'imagination&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Encyclop%C3%A9die/1re_%C3%A9dition/IMAGINATION,_IMAGINER&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Encyclop%C3%A9die/1re_%C3%A9dition/IMAGINATION,_IMAGINER&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une tentative de d&#233;finition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Cours_de_philosophie/Le%C3%A7on_XXVI._L%27imagination&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Cours_de_philosophie/Le%C3%A7on_XXVI._L%27imagination&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gaston Bachelard est le plus grand philosophe scientifique de l'imagination :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La mani&#232;re dont on imagine est souvent plus instructive que ce qu'on imagine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imagination n'est pas, comme le sugg&#232;re l'&#233;tymologie, la facult&#233; de former des images de la r&#233;alit&#233; ; elle est la facult&#233; de former des images qui d&#233;passent la r&#233;alit&#233;, qui chantent la r&#233;alit&#233;. Elle est une facult&#233; de surhumanit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De notre point de vue tr&#232;s particulier, l'habitude est l'exacte antith&#232;se de l'imagination cr&#233;atrice. L'image habituelle arr&#234;te les forces imaginantes. L'image apprise dans les livres, surveill&#233;e et critiqu&#233;e par les professeurs, bloque l'imagination. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imagination trouve plus de r&#233;alit&#233; &#224; ce qui cache qu'&#224; ce qui se montre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Imaginer, c'est hausser le r&#233;el d'un ton. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; N'imagine pas qui veut ! Il ne s'agit pas d'imaginer n'importe quoi. La r&#233;volution euphorique se trouve au contraire devant cette t&#226;che difficile qu'est l'unit&#233; d'imagination. Pour gagner cette unit&#233; d'imagination, pour avoir le sch&#232;me dynamique directeur du bonheur, il faut donc revenir &#224; l'un des grands principes de l'imagination mat&#233;rielle. Ce n'est pas l&#224; une condition suffisante du bonheur, mais c'est une condition n&#233;cessaire. L'on ne peut &#234;tre heureux avec une imagination divis&#233;e. La sublimation &#8212; t&#226;che positive de l'imagination &#8212; ne peut &#234;tre occasionnelle, h&#233;t&#233;roclite, scintillante. Un principe de calme doit venir aur&#233;oler toutes les passions, m&#234;me les passions de la force. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imagination cr&#233;atrice a de tout autres fonctions que celles de l'imagination reproductrice. &#192; elle appartient cette fonction de ['irr&#233;el qui est psychiquement aussi utile que la fonction du r&#233;el si souvent &#233;voqu&#233;e par les psychologues pour caract&#233;riser l'adaptation d'un esprit &#224; une r&#233;alit&#233; estampill&#233;e par les valeurs sociales. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikiquote.org/wiki/Imagination&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikiquote.org/wiki/Imagination&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine, cit&#233; par Ren&#233; Crevel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si l'homme &#233;tait priv&#233; de sa facult&#233; de r&#234;ver, s'il ne pouvait parfois courir en avant et contempler par l'imagination l'&#339;uvre compl&#232;te qui commence &#224; se former sous ses mains, comment pourrait-il entreprendre et mener &#224; leur fin lointaine la vastitude &#233;puisante de ses travaux ? R&#234;vons, mais &#224; la condition de croire s&#233;rieusement en notre r&#234;ve, d'examiner attentivement la vie r&#233;elle, de confronter nos observations avec notre r&#234;ve, de r&#233;aliser scrupuleusement notre fantaisie. Il faut r&#234;ver. Et cette sorte de r&#234;ve est malheureusement trop rare dans notre mouvement par le fait de ceux-l&#224; m&#234;mes qui s'enorgueillissent le plus de leur bon sens et de leur exacte approximation des choses concr&#232;tes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le r&#233;sultat auquel le travail aboutit, pr&#233;existe id&#233;alement dans l'imagination du travailleur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand une id&#233;e s'empare des masses, elle devient force mat&#233;rielle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une araign&#233;e fait des op&#233;rations qui ressemblent &#224; celles du tisserand, et l'abeille confond par la structure de ses cellules de cire l'habilet&#233; de plus d'un architecte. Mais ce qui distingue d&#232;s l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il a construit la cellule dans sa t&#234;te avant de la construire dans la ruche. Le r&#233;sultat auquel le travail aboutit, pr&#233;existe id&#233;alement dans l'imagination du travailleur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les contes r&#233;els ont la m&#234;me existence que les dieux imaginaires. Un conte r&#233;el existe-t-il autrement que dans l'imagination, ne serait-ce que dans l'imagination commune de l'homme ? Apportez du papier-monnaie dans un pays o&#249; cet usage est inconnu, et tous se moqueront de votre imagination subjective. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les pr&#233;misses &#224; partir desquelles nous partons ne sont ni arbitraires, ni dogmatiques, mais des pr&#233;misses r&#233;elles dont l'abstraction ne peut se faire que par l'imagination. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La r&#233;surrection des morts, dans ces r&#233;volutions, servit par cons&#233;quent &#224; magnifier les nouvelles luttes, non &#224; parodier les anciennes, &#224; exag&#233;rer dans l'imagination la t&#226;che &#224; accomplir, non &#224; se soustraire &#224; leur solution en se r&#233;fugiant dans la r&#233;alit&#233;, &#224; retrouver l'esprit de la r&#233;volution et non &#224; &#233;voquer de nouveau son spectre&#8230; La r&#233;volution sociale du XIX&#176; si&#232;cle ne peut pas tirer sa po&#233;sie du pass&#233;, mais seulement de l'avenir. Elle ne peut pas commencer avec elle-m&#234;me avant d'avoir liquid&#233; compl&#232;tement toute superstition &#224; l'&#233;gard du pass&#233;. Les r&#233;volutions ant&#233;rieures avaient besoin de r&#233;miniscences historiques pour se dissimuler &#224; elles-m&#234;mes leur propre contenu. La r&#233;volution du XIX&#176; si&#232;cle doit laisser les morts enterrer leurs morts pour r&#233;aliser son propre objet. Autrefois, la phrase d&#233;bordait le contenu, maintenant, c'est le contenu qui d&#233;borde la phrase. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imagination et r&#234;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5669&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5669&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art et sciences&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3984&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3984&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Controverses scientifiques et dialectique</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7775</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7775</guid>
		<dc:date>2025-04-09T22:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Science</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'histoire des sciences est pleine de controverses entre points de vue diam&#233;tralement oppos&#233;s qui n'ont &#233;t&#233; valid&#233;s ni l'un ni l'autre et qui ont fini par se r&#233;soudre dans une dialectique mariant les contraires : &#233;nerg&#233;tisme contre m&#233;canisme &lt;br class='autobr' /&gt;
https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k11936924/f334.item &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nerg%C3%A9tisme &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9canisme_(philosophie) ondulatoire contre corpusculaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot281" rel="tag"&gt;Science&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'histoire des sciences est pleine de controverses entre points de vue diam&#233;tralement oppos&#233;s qui n'ont &#233;t&#233; valid&#233;s ni l'un ni l'autre et qui ont fini par se r&#233;soudre dans une dialectique mariant les contraires :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;nerg&#233;tisme contre m&#233;canisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k11936924/f334.item&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k11936924/f334.item&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nerg%C3%A9tisme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nerg%C3%A9tisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9canisme_(philosophie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9canisme_(philosophie&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ondulatoire contre corpusculaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article882&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article882&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5660&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5660&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#224; l'inverse de l'opposition classique entre l'hypoth&#232;se corpusculaire de Newton et l'hypoth&#232;se ondulatoire de Huygens, l'analyse de la lumi&#232;re fonde, selon Louis de Broglie, une dialectique onde-corpuscule. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/leportique/406&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/leportique/406&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;volution ontog&#233;nique contre &#233;volution phylog&#233;n&#233;tique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_r%C3%A9capitulation&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_r%C3%A9capitulation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; micro&#233;volution contre macro&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Critiques_des_th%C3%A9ories_de_l%27%C3%A9volution&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Critiques_des_th%C3%A9ories_de_l%27%C3%A9volution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; fixisme contre catastrophisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/editionscnrs/35542?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/editionscnrs/35542?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophisme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fixisme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fixisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - loi de corr&#233;lation des organes de Cuvier contre th&#233;orie des analogues de Geoffroy Saint-Hilaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mnhn.fr/fr/cuvier-geoffroy-saint-hilaire-la-querelle-de-deux-brillants-scientifiques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mnhn.fr/fr/cuvier-geoffroy-saint-hilaire-la-querelle-de-deux-brillants-scientifiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6199&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6199&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; r&#233;alisme d'Einstein contre physique quantique de l'&#233;cole de Copenhague&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6974&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6974&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4285&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4285&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; physique causale contre non causale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1698&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1698&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; jungisme contre freudisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2884&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2884&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; continuit&#233; contre discontinuit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2060&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2060&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2056&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2056&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5563&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5563&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2464&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2464&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; g&#233;n&#233;tique contre &#233;pig&#233;n&#233;tique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5698&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5698&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4308&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4308&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4879&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4879&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; positivisme contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4930&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4930&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5119&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5119&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article127&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article127&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article34&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article34&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; th&#232;se du progr&#232;s dans l'&#233;volution des esp&#232;ces contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4947&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4947&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4002&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4002&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; th&#233;ories du hasard contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5885&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5885&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4215&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4215&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article114&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article114&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; r&#233;chauffement global anthropique contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4142&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4142&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5748&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5748&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7554&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7554&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mati&#232;re locale d'Einstein contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://shs.hal.science/halshs-00167298/document&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.hal.science/halshs-00167298/document&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; eug&#233;nisme contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2009/08/medsci2009256-7p641/medsci2009256-7p641.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2009/08/medsci2009256-7p641/medsci2009256-7p641.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7244&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7244&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6096&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6096&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; supersym&#233;trie contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; dessein intelligent contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5789&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5789&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; gradualisme de l'&#233;volution contre changement brutal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article434&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article434&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; cognitivisme et ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.com/search?q=cognitivisme+pour+ou+contre&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;client=firefox-b&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.com/search?q=cognitivisme+pour+ou+contre&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;client=firefox-b&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; complexit&#233; et ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4959&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4959&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; chaos d&#233;terministe et ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4995&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4995&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;cole de Copenhague en physique quantique contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;terminisme contre ind&#233;terminisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4283&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4283&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; th&#233;orie de l'information et ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4086&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4086&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4460&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4460&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dialectique &#224; l'&#339;uvre en sciences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article29&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article29&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Incertitude et id&#233;alisme par Ted Grant et Alan Woods</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7627</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7627</guid>
		<dc:date>2025-04-02T22:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Physique quantique</dc:subject>
		<dc:subject>Mat&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le principe d'incertitude &lt;br class='autobr' /&gt;
Le glas de la m&#233;canique newtonienne a &#233;t&#233; sonn&#233; par Einstein, Schr&#246;dinger, Heisenberg et les autres scientifiques qui sont &#224; l'origine de la m&#233;canique quantique, au d&#233;but du XXe si&#232;cle. Le comportement des &#171; particules &#233;l&#233;mentaires &#187; ne pouvait pas &#234;tre expliqu&#233; par la m&#233;canique classique. De nouvelles math&#233;matiques devaient &#234;tre d&#233;velopp&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces math&#233;matiques comprennent des concepts tels que l'&#171; espace de phase &#187;, dans lequel un syst&#232;me est d&#233;fini comme un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le principe d'incertitude&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le glas de la m&#233;canique newtonienne a &#233;t&#233; sonn&#233; par Einstein, Schr&#246;dinger, Heisenberg et les autres scientifiques qui sont &#224; l'origine de la m&#233;canique quantique, au d&#233;but du XXe si&#232;cle. Le comportement des &#171; particules &#233;l&#233;mentaires &#187; ne pouvait pas &#234;tre expliqu&#233; par la m&#233;canique classique. De nouvelles math&#233;matiques devaient &#234;tre d&#233;velopp&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces math&#233;matiques comprennent des concepts tels que l'&#171; espace de phase &#187;, dans lequel un syst&#232;me est d&#233;fini comme un point dont les degr&#233;s de libert&#233; constituent les coordonn&#233;es ; les &#171; op&#233;rateurs &#187; &#8211; grandeurs qui sont incompatibles avec les grandeurs alg&#233;briques, en ce sens qu'elles s'apparentent plus &#224; des op&#233;rations qu'&#224; des grandeurs en tant que telles (elles expriment des relations plut&#244;t que des propri&#233;t&#233;s fixes) &#8211; y jouent un r&#244;le important. Les probabilit&#233;s sont &#233;galement primordiales, mais comprises comme des &#171; probabilit&#233;s intrins&#232;ques &#187;. C'est l'une des caract&#233;ristiques essentielles de la m&#233;canique quantique : l'&#233;tat des syst&#232;mes m&#233;caniques quantiques doit &#234;tre d&#233;crit comme la superposition de toutes les voies que ces syst&#232;mes peuvent potentiellement emprunter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syst&#232;mes quantiques ne peuvent &#234;tre d&#233;finis que comme un ensemble de relations internes entre leur &#233;tat &#171; actuel &#187; et leur &#233;tat &#171; virtuel &#187;. En ce sens, elles sont purement dialectiques. Effectuer une mesure sur un de ces syst&#232;mes quantiques ne peut nous r&#233;v&#233;ler que son &#233;tat &#171; actuel &#187;, qui n'est qu'un &#233;tat parmi d'autres (ce paradoxe est expliqu&#233; dans l'histoire populaire du &#171; chat de Schr&#246;dinger &#187;). Ce ph&#233;nom&#232;ne s'appelle l'&#171; effondrement de la fonction d'onde &#187; et s'exprime dans le principe d'ind&#233;termination de Heisenberg. La m&#233;canique quantique d&#233;veloppe une fa&#231;on enti&#232;rement nouvelle d'appr&#233;hender la r&#233;alit&#233; physique, fa&#231;on qui a longtemps &#233;t&#233; mise &#171; en quarantaine &#187; par les autres disciplines scientifiques. Elle &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme un genre de m&#233;canique exceptionnelle, qui ne pouvait servir qu'&#224; expliquer le comportement des particules &#233;l&#233;mentaires, autrement dit comme une exception &#224; la m&#233;canique classique, sans aucune esp&#232;ce d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, au lieu des vieilles certitudes, l'incertitude r&#233;gnait. Les mouvements apparemment hasardeux des particules subatomiques, ainsi que leur vitesse inimaginable, ne pouvaient pas &#234;tre exprim&#233;s dans les termes de la vieille m&#233;canique. Lorsqu'une science entre dans une impasse, lorsqu'elle n'est plus capable d'expliquer certains faits, le terrain est m&#251;r pour une r&#233;volution et l'&#233;mergence d'une nouvelle science. Cependant, dans sa forme initiale, la nouvelle science n'est pas encore compl&#232;tement d&#233;velopp&#233;e. Ce n'est qu'au bout d'un certain temps qu'elle &#233;merge sous sa forme compl&#232;te et d&#233;finitive. Ses d&#233;buts sont presque in&#233;vitablement marqu&#233;s par un degr&#233; d'improvisation, d'incertitude, ainsi que par des interpr&#233;tations diverses et souvent contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res d&#233;cennies, un d&#233;bat a &#233;clat&#233; entre l'interpr&#233;tation soi-disant stochastique (&#171; al&#233;atoire &#187;) de la nature &#8211; et le d&#233;terminisme. Le probl&#232;me fondamental, c'est que la n&#233;cessit&#233; et le hasard sont ici consid&#233;r&#233;s comme des absolus qui s'opposent et s'excluent mutuellement. On en arrive de cette mani&#232;re &#224; deux conceptions antagonistes, dont aucune ne permet d'expliquer les m&#233;canismes complexes et contradictoires de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien allemand Werner Heisenberg a d&#233;velopp&#233; sa propre version de la m&#233;canique quantique. En 1932, il a re&#231;u le Prix Nobel de physique pour son syst&#232;me de m&#233;canique matricielle, qui d&#233;crivait les niveaux d'&#233;nergie des orbites d'&#233;lectrons en termes purement math&#233;matiques, sans le secours d'aucune image. Il esp&#233;rait contourner le probl&#232;me de la contradiction entre &#171; ondes &#187; et &#171; particules &#187; en renon&#231;ant &#224; toute tentative de visualiser le ph&#233;nom&#232;ne, et en le traitant au moyen d'une pure abstraction math&#233;matique. La m&#233;canique ondulatoire d'Erwin Schr&#246;dinger, qui couvrait exactement le m&#234;me domaine que la m&#233;canique matricielle de Heisenberg, ne ressentait pas le besoin de se r&#233;fugier dans l'abstraction math&#233;matique absolue. La plupart des physiciens pr&#233;f&#233;raient &#224; juste titre l'approche de Schr&#246;dinger, qui semblait beaucoup moins abstraite. En 1944, le math&#233;maticien am&#233;ricano-hongrois John van Neumann a d&#233;montr&#233; que la m&#233;canique ondulatoire et la m&#233;canique matricielle &#233;taient math&#233;matiquement &#233;quivalentes et pouvaient parvenir exactement aux m&#234;mes r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heisenberg a r&#233;alis&#233; d'importantes avanc&#233;es en m&#233;canique quantique. Cependant, toute son approche est impr&#233;gn&#233;e d'une volont&#233; de tirer la nouvelle science vers l'id&#233;alisme philosophique. La soi-disant &#171; interpr&#233;tation de Copenhague &#187; de la m&#233;canique quantique en fut le prolongement. Il s'agissait en r&#233;alit&#233; d'une vari&#233;t&#233; d'id&#233;alisme subjectif grossi&#232;rement d&#233;guis&#233;e en &#233;cole de pens&#233;e scientifique. &#171; Werner Heisenberg &#187;, &#233;crivait Isaac Asimov, &#171; a pos&#233; une question profonde qui projetait les particules, et la physique elle-m&#234;me, dans le domaine de l'inconnaissable. &#187; [5] Inconnaissable est effectivement le mot qui convient. Nous ne parlons pas ici de l'inconnu. Celui-ci fait partie int&#233;grante de la science. Toute l'histoire de la science consiste en un progr&#232;s de l'inconnu vers le connu, de l'ignorance vers la connaissance. Mais de s&#233;rieux probl&#232;mes se posent lorsque des gens confondent l'inconnu et l'inconnaissable. Il y a une diff&#233;rence fondamentale entre les phrases : &#171; nous ne savons pas &#187; et &#171; nous ne pouvons pas savoir &#187;. La science repose sur ce principe &#233;l&#233;mentaire que le monde objectif existe et que nous pouvons le conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, toute l'histoire de la philosophie est marqu&#233;e par des tentatives r&#233;p&#233;t&#233;es de poser des limites &#224; la connaissance humaine, d'&#233;tablir qu'il y a certaines choses que, pour telle ou telle raison, &#171; nous ne pouvons pas conna&#238;tre &#187;. Ainsi, Kant pr&#233;tendait que nous ne pouvions conna&#238;tre que les apparences, et non les &#171; choses en soi &#187;. Ce faisant, il se pla&#231;ait dans la lign&#233;e du scepticisme de Hume, de l'id&#233;alisme subjectif de Berkeley et des sophistes, qui tous affirment : nous ne pouvons pas conna&#238;tre le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1927, Werner Heisenberg avan&#231;ait son c&#233;l&#232;bre &#171; principe d'ind&#233;termination &#187; &#8211; aussi appel&#233;, de mani&#232;re confuse, &#171; principe d'incertitude &#187; &#8211;, d'apr&#232;s lequel il est impossible de d&#233;terminer simultan&#233;ment la vitesse et la position d'une particule avec une pr&#233;cision satisfaisante. Plus la position d'une particule est d&#233;termin&#233;e, plus sa vitesse est ind&#233;termin&#233;e &#8211; et r&#233;ciproquement. (Le principe s'applique &#224; d'autres paires de propri&#233;t&#233;s.) La difficult&#233; de d&#233;terminer avec pr&#233;cision la position et la vitesse d'une particule qui se d&#233;place &#224; plus de 8 000 km &#224; la seconde dans diff&#233;rentes directions est &#233;vidente. N&#233;anmoins, il est compl&#232;tement erron&#233; d'en d&#233;duire &#8211; comme le fait Heisenberg &#8211; que la cause et l'effet (la causalit&#233;) en g&#233;n&#233;ral n'existent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heisenberg demande : comment d&#233;terminer la position d'un &#233;lectron ? En l'observant. Mais si on utilise un puissant microscope, on frappe l'&#233;lectron avec une particule de lumi&#232;re, un photon. La lumi&#232;re se comportant comme une particule, elle perturbera n&#233;cessairement la quantit&#233; de mouvement de la particule observ&#233;e. Par cons&#233;quent, on la change par l'acte m&#234;me de l'observation. La perturbation sera impr&#233;visible et incontr&#244;lable, puisque (tout du moins d'apr&#232;s la th&#233;orie quantique existante) il n'y a aucun moyen de conna&#238;tre ou de contr&#244;ler &#224; l'avance l'angle pr&#233;cis suivant lequel le quantum de lumi&#232;re sera diffus&#233; dans la lentille. Dans la mesure o&#249; une d&#233;termination pr&#233;cise de la position de l'&#233;lectron requiert l'usage d'une lumi&#232;re &#224; ondes courtes, une quantit&#233; de mouvement importante, mais impr&#233;visible et incontr&#244;lable, sera communiqu&#233;e &#224; l'&#233;lectron. D'un autre c&#244;t&#233;, une d&#233;termination pr&#233;cise de la quantit&#233; de mouvement de l'&#233;lectron requiert l'usage de quanta de lumi&#232;re de tr&#232;s faible quantit&#233; de mouvement (et par cons&#233;quent &#224; ondes longues), ce qui signifie un large angle de diffraction, et donc une mauvaise d&#233;finition de la position. Plus la d&#233;termination de la position est pr&#233;cise, moins la d&#233;termination de la quantit&#233; de mouvement peut &#234;tre pr&#233;cise &#8211; et vice versa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on r&#233;soudre ce probl&#232;me en d&#233;veloppant de nouveaux types de microscopes &#233;lectroniques ? Pas d'apr&#232;s la th&#233;orie de Heisenberg. D'apr&#232;s celle-ci, dans la mesure o&#249; toute &#233;nergie peut &#234;tre d&#233;compos&#233;e en quanta, et o&#249; toute mati&#232;re se comporte &#224; la fois comme une onde et une particule, tous les types d'appareils utilis&#233;s seront gouvern&#233;s par le principe d'incertitude (ou d'ind&#233;termination). De fait, le terme &#171; incertitude &#187; n'est pas exact : ce qu'affirme Heisenberg, ce n'est pas simplement que des probl&#232;mes de mesures nous &#244;tent toute certitude. Sa th&#233;orie implique que toutes les formes de la mati&#232;re sont, par leur nature m&#234;me, ind&#233;termin&#233;es. Comme l'&#233;crit David Bohm dans son livre Causality and Chance in Modern Physics :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ainsi, le renoncement &#224; la causalit&#233; dans l'interpr&#233;tation usuelle de la th&#233;orie quantique ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le simple r&#233;sultat de notre inaptitude &#224; mesurer les valeurs pr&#233;cises des variables qui entreraient dans l'expression de lois causales au niveau atomique ; il faut plut&#244;t le consid&#233;rer comme le reflet du fait que de telles lois n'existent pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'y voir un aspect particulier de la th&#233;orie quantique &#224; un stade d&#233;termin&#233; de son d&#233;veloppement, Heisenberg postule que l'ind&#233;termination est une loi fondamentale et universelle de la nature, et suppose que toutes les autres lois doivent &#234;tre compatibles avec elle. C'est l&#224; une approche compl&#232;tement diff&#233;rente de celle de la science lorsque, dans le pass&#233;, elle &#233;tait confront&#233;e &#224; des fluctuations irr&#233;guli&#232;res et un mouvement al&#233;atoire. Nul n'imagine qu'il est possible de d&#233;terminer le mouvement exact d'une mol&#233;cule individuelle de gaz, ou encore de pr&#233;dire tous les d&#233;tails d'un accident de voiture en particulier. Mais jamais on n'avait s&#233;rieusement tent&#233; d'en d&#233;duire la non-existence de la causalit&#233; en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; une telle conclusion qu'on nous invite &#224; parvenir &#224; partir du principe d'ind&#233;termination. Des scientifiques et des philosophes id&#233;alistes sont all&#233;s jusqu'&#224; avancer que la causalit&#233; en g&#233;n&#233;ral n'existe pas, autrement dit qu'il n'y a ni cause ni effet. La nature se pr&#233;sente alors comme priv&#233;e de cause et gouvern&#233;e par le hasard. Bohm a ainsi soutenu que l'univers tout entier est impr&#233;visible :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Nous ne pouvons &#234;tre certains de rien. Au contraire, on suppose que dans toute exp&#233;rience particuli&#232;re, le r&#233;sultat pr&#233;cis obtenu est compl&#232;tement arbitraire en ce sens qu'il n'a aucun rapport avec quoi que ce soit qui existe ou qui a jamais exist&#233; dans le monde. &#187; [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position est une n&#233;gation compl&#232;te, non seulement de la science, mais de la pens&#233;e rationnelle en g&#233;n&#233;ral. S'il n'y a ni cause ni effet en g&#233;n&#233;ral, il est non seulement impossible de pr&#233;dire quoi que ce soit, mais aussi d'expliquer quoi que ce soit. Nous devons alors nous limiter &#224; d&#233;crire les choses. Et en fait, m&#234;me cela devient impossible, puisque nous ne pouvons m&#234;me pas &#234;tre s&#251;rs que des choses existent en dehors de nous-m&#234;mes et de nos sens. Nous en revenons donc &#224; la philosophie de l'id&#233;alisme subjectif. Cela rappelle l'argument des philosophes sophistes de la Gr&#232;ce antique : &#171; Je ne peux rien conna&#238;tre du monde. Si je peux conna&#238;tre quelque chose, je ne peux le comprendre. Si je peux le comprendre, je ne peux l'exprimer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; principe d'ind&#233;termination &#187; correspond, en r&#233;alit&#233;, au caract&#232;re hautement insaisissable des particules subatomiques, pour lesquelles les &#233;quations et les mesures simplistes de la m&#233;canique classique sont inad&#233;quates. Nous ne remettons pas en cause la contribution de Heisenberg &#224; la physique. Le probl&#232;me, ce sont les conclusions philosophiques qu'il tire de la m&#233;canique quantique. Le fait que nous ne puissions pas mesurer exactement la position et la quantit&#233; de mouvement d'un &#233;lectron n'a rien &#224; voir avec un manque d'objectivit&#233;. La soi-disant &#233;cole de Copenhague en m&#233;canique quantique est impr&#233;gn&#233;e d'un mode de pens&#233;e subjectif. Niels Bohr est m&#234;me all&#233; jusqu'&#224; affirmer qu'&#171; il est faux de penser que la t&#226;che de la physique est de comprendre comment est la nature. La physique se pr&#233;occupe de ce que l'on peut dire de la nature. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien John Wheeler pr&#233;tend qu'&#171; aucun ph&#233;nom&#232;ne n'est un v&#233;ritable ph&#233;nom&#232;ne tant qu'il n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne observ&#233;. &#187; Et Max Born d&#233;veloppe la m&#234;me philosophie subjectiviste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; On a appris &#187; &#8211; &#224; tort, explique Born &#8211; &#171; &#224; la g&#233;n&#233;ration &#224; laquelle Einstein, Bohr et moi-m&#234;me appartenons, qu'un monde physique objectif existe, qui ob&#233;it &#224; des lois immuables ind&#233;pendantes de nous ; nous observerions ce processus comme des spectateurs regardent une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre. Einstein pense toujours que cela devrait &#234;tre la relation entre l'observateur scientifique et son objet. &#187; [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas l&#224; d'un jugement scientifique, mais d'une opinion philosophique refl&#233;tant une conception sp&#233;cifique du monde &#8211; celle de l'id&#233;alisme subjectif, qui impr&#232;gne toute l'interpr&#233;tation de Copenhague de la th&#233;orie quantique. Un certain nombre d'&#233;minents scientifiques se sont oppos&#233;s &#224; ce subjectivisme, qui est en compl&#232;te contradiction avec une vision et une m&#233;thode scientifiques, et c'est tout &#224; leur honneur. Parmi eux figurent Einstein, Max Planck, Louis de Broglie et Erwin Schr&#246;dinger, qui tous ont jou&#233; un r&#244;le au moins aussi important que Heisenberg dans le d&#233;veloppement de la nouvelle physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objectivisme contre subjectivisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fait aucun doute que l'interpr&#233;tation de Heisenberg de la m&#233;canique quantique &#233;tait fortement influenc&#233;e par ses id&#233;es philosophiques. Etudiant, il &#233;tait d&#233;j&#224; tr&#232;s consciemment id&#233;aliste ; il admettait &#234;tre tr&#232;s impressionn&#233; par le Tim&#233;e de Platon (o&#249; l'id&#233;alisme platonicien s'exprime sous la forme la plus obscurantiste) et se battait en 1919 dans les rangs des r&#233;actionnaires Freikorps contre les travailleurs allemands. Plus tard, il affirma qu'il &#233;tait &#171; beaucoup plus int&#233;ress&#233; par les id&#233;es philosophiques sous-jacentes que par tout le reste &#187;, et qu'il fallait &#171; se d&#233;tacher de l'id&#233;e de processus objectifs dans le temps et l'espace. &#187; En d'autres termes, son interpr&#233;tation philosophique de la m&#233;canique quantique &#233;tait loin d'&#234;tre le r&#233;sultat objectif de l'exp&#233;rience scientifique. Elle &#233;tait clairement li&#233;e &#224; sa philosophie id&#233;aliste, qu'il appliquait consciemment &#224; la physique et qui d&#233;terminait sa conception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle philosophie va &#224; l'encontre aussi bien de la science que de toute l'exp&#233;rience humaine. Non seulement elle est priv&#233;e de tout contenu scientifique, mais elle se r&#233;v&#232;le compl&#232;tement inutile d'un point de vue pratique. Les scientifiques qui aiment se fixer comme r&#232;gle d'&#233;viter les sp&#233;culations philosophiques font un signe poli en direction d'Heisenberg, puis reprennent simplement leurs recherches sur les lois de la nature, en tenant pour acquis que non seulement la nature existe, mais qu'en outre elle fonctionne suivant des lois d&#233;finies, y compris celles de la cause et de l'effet, et qu'avec un petit effort elle peut &#234;tre parfaitement comprise &#8211; et m&#234;me pr&#233;dite &#8211; par les hommes et les femmes. Les cons&#233;quences r&#233;actionnaires de l'id&#233;alisme subjectif se lisent dans le parcours d'Heisenberg. Il justifia sa collaboration avec les nazis en expliquant qu'&#171; il n'y a pas d'indications g&#233;n&#233;rales auxquelles nous puissions nous accrocher. Nous devons d&#233;cider pour nous-m&#234;mes, et nous ne pouvons dire &#224; l'avance si ce que nous faisons est juste ou non. &#187; [8]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erwin Schr&#246;dinger ne niait pas l'existence de ph&#233;nom&#232;nes al&#233;atoires dans la nature en g&#233;n&#233;ral ou dans la m&#233;canique quantique. Il mentionna sp&#233;cifiquement l'exemple de la combinaison de mol&#233;cules d'ADN au moment de la conception de l'enfant, pour laquelle la nature quantique des liaisons chimiques joue un r&#244;le. Cependant, il soutint l'id&#233;e que le monde existe ind&#233;pendamment de notre observation, s'opposant ainsi &#224; l'interpr&#233;tation classique faite par l'&#233;cole de Copenhague de l'exp&#233;rience dite des &#171; fentes de Young &#187; (selon laquelle la r&#233;duction des paquets d'ondes lors de cette exp&#233;rience signifie que nous devons renoncer &#224; l'objectivit&#233; du monde, hors du moment de mesure).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schr&#246;dinger ridiculisait l'affirmation de Heisenberg et de Bohr selon laquelle quand un &#233;lectron ou un photon ne sont pas observ&#233;s, ils n'ont &#171; pas de position &#187; &#8211; et ne se mat&#233;rialisent qu'&#224; un moment donn&#233;, suite &#224; une observation. Pour contrer cette id&#233;e, il imagina une c&#233;l&#232;bre &#171; exp&#233;rience de pens&#233;e. &#187; Prenez un chat et mettez-le dans une boite avec une fiole de cyanure. Lorsqu'un compteur Geiger d&#233;tecte la d&#233;sint&#233;gration d'un atome, cette fiole est bris&#233;e. D'apr&#232;s Heisenberg, l'atome ne &#171; sait &#187; pas qu'il s'est d&#233;sint&#233;gr&#233; tant qu'on ne l'a pas mesur&#233;. Par cons&#233;quent, d'apr&#232;s les id&#233;alistes, tant que l'on n'a pas ouvert la bo&#238;te, le chat n'est ni mort ni vivant ! Par cette anecdote, Schr&#246;dinger voulait souligner les contradictions absurdes qu'impliquait l'id&#233;alisme subjectif de Heisenberg. Les processus naturels se d&#233;roulent objectivement, ind&#233;pendamment du fait que des &#234;tres humains soient l&#224;, ou non, pour les observer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s l'interpr&#233;tation de Copenhague, la r&#233;alit&#233; n'existe que lorsque nous l'observons. Sans cela, elle existe comme une sorte de limbe, ou encore &#224; l'&#171; &#233;tat de superposition de fonctions d'onde &#187;, comme notre chat mort-et-vivant. L'interpr&#233;tation de Copenhague trace une ligne de d&#233;marcation nette entre l'observateur et l'observ&#233;. Sur la base de cette interpr&#233;tation, certains physiciens pensent que la conscience doit exister, mais qu'il ne peut y avoir de r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle sans la conscience. Tel est pr&#233;cis&#233;ment le point de vue de l'id&#233;alisme subjectif, auquel L&#233;nine a largement r&#233;pondu dans son livre Mat&#233;rialisme et empiriocriticisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme dialectique part du principe de l'objectivit&#233; de l'univers mat&#233;riel, lequel nous est donn&#233; par le biais de notre perception sensible. &#171; J'interpr&#232;te le monde par le biais de mes sens. &#187; C'est &#233;vident. Mais le monde existe ind&#233;pendamment de mes sens. C'est aussi &#233;vident, semble-t-il, mais pas pour la philosophie bourgeoise moderne ! L'une des principales tendances de la philosophie du XXe si&#232;cle est le positivisme logique, qui, pr&#233;cis&#233;ment, nie l'objectivit&#233; du monde mat&#233;riel. Plus exactement, il consid&#232;re la question de l'existence ou la non-existence du monde mat&#233;riel comme &#171; hors sujet &#187; et &#171; m&#233;taphysique &#187;. Le point de vue de l'id&#233;alisme subjectif a &#233;t&#233; compl&#232;tement min&#233; par les d&#233;couvertes scientifiques du XXe si&#232;cle. Une observation implique que nos yeux re&#231;oivent, &#224; partir d'une source ext&#233;rieure, une &#233;nergie sous la forme d'ondes lumineuses (photons). L&#233;nine l'a clairement expliqu&#233; en 1908-09 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Si la couleur n'est qu'une sensation d&#233;pendant de la r&#233;tine (comme vous obligent &#224; l'admettre les sciences de la nature), il s'ensuit que les rayons lumineux, en atteignant la r&#233;tine, produisent la sensation de couleur. Cela signifie qu'en dehors de nous, ind&#233;pendamment de nous et de notre conscience, il existe des mouvements de la mati&#232;re, disons des ondes d'&#233;ther d'une longueur et d'une vitesse d&#233;termin&#233;e, qui, en agissant sur la r&#233;tine, procurent &#224; l'homme la sensation de telle ou telle couleur. Tel est le point de vue des sciences de la nature. Elles expliquent les diff&#233;rentes sensations de couleur par la longueur diff&#233;rente des ondes lumineuses existant en dehors de la r&#233;tine humaine, en dehors de l'homme et ind&#233;pendamment de lui. Et c'est l&#224; la conception mat&#233;rialiste : la mati&#232;re produit la sensation en agissant sur nos organes sensitifs. La sensation d&#233;pend du cerveau, des nerfs, de la r&#233;tine, etc., c'est-&#224;-dire de la mati&#232;re organis&#233;e d'une fa&#231;on d&#233;termin&#233;e. L'existence de la mati&#232;re ne d&#233;pend pas des sensations. La mati&#232;re est premi&#232;re. La sensibilit&#233;, la pens&#233;e, la conscience sont les produits les plus &#233;lev&#233;s de la mati&#232;re organis&#233;e d'une certaine fa&#231;on. Telles sont les vues du mat&#233;rialisme en g&#233;n&#233;ral, et celles de Marx et Engels en particulier. &#187; [9]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature subjective et id&#233;aliste de la m&#233;thode de Heisenberg est assez explicite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Notre situation r&#233;elle dans nos travaux de recherche en physique atomique est g&#233;n&#233;ralement celle-ci : nous voulons comprendre un ph&#233;nom&#232;ne donn&#233; ; nous voulons comprendre comment ce ph&#233;nom&#232;ne d&#233;coule des lois g&#233;n&#233;rales de la nature. Par cons&#233;quent, la part de mati&#232;re ou de radiation qui entre en jeu dans ce ph&#233;nom&#232;ne est l'&#171; objet &#187; naturel du traitement th&#233;orique, et doit pour cette raison &#234;tre s&#233;par&#233; des outils que l'on utilise pour &#233;tudier le ph&#233;nom&#232;ne. Cela souligne, &#224; nouveau, l'&#233;l&#233;ment subjectif pr&#233;sent dans la description des ph&#233;nom&#232;nes atomiques, puisque l'appareil de mesure a &#233;t&#233; construit par l'observateur ; nous devons nous rappeler que ce que nous observons n'est pas la nature elle-m&#234;me mais la nature soumise &#224; notre m&#233;thode de questionnement. Notre travail scientifique, en physique, consiste &#224; poser des questions sur la nature dans le langage que nous poss&#233;dons et &#224; essayer d'obtenir des r&#233;ponses par les moyens qui sont &#224; notre disposition. &#187; [10]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant &#233;rigeait un mur infranchissable entre le monde des apparences et la r&#233;alit&#233; &#171; en soi &#187;. Heisenberg va encore plus loin. Il ne parle pas seulement de &#171; la nature en soi &#187;, mais soutient m&#234;me que nous ne pouvons pas vraiment conna&#238;tre cette partie du monde qui peut &#234;tre observ&#233;e, puisqu'on la change par l'acte m&#234;me de l'observation. Ce faisant, Heisenberg cherche &#224; abolir totalement le crit&#232;re de l'objectivit&#233; scientifique. Malheureusement, de nombreux scientifiques qui se d&#233;fendraient avec indignation de l'accusation de mysticisme ont assimil&#233; les id&#233;es philosophiques de Heisenberg, et ce simplement parce qu'ils ne veulent pas reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233; d'une conception philosophique de la nature fermement mat&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fond du probl&#232;me, c'est qu'au del&#224; de certaines limites, les lois de la logique formelle s'effondrent. Cela s'applique tout particuli&#232;rement aux ph&#233;nom&#232;nes du monde subatomique, o&#249; les lois de la contradiction, de l'identit&#233; et du tiers exclu ne peuvent &#234;tre appliqu&#233;es. Heisenberg d&#233;fend le point de vue de la logique formelle et de l'id&#233;alisme, et, par voie de cons&#233;quence, en arrive in&#233;vitablement &#224; la conclusion que les ph&#233;nom&#232;nes contradictoires du niveau subatomique ne peuvent absolument pas &#234;tre compris par l'esprit humain. Le probl&#232;me, cependant, ne se situe pas dans les ph&#233;nom&#232;nes observ&#233;s au niveau subatomique, mais dans le sch&#233;ma mental d&#233;sesp&#233;r&#233;ment archa&#239;que et inad&#233;quat de la logique formelle. C'est pr&#233;cis&#233;ment en cela que r&#233;sident les soi-disant &#171; paradoxes de la m&#233;canique quantique &#187;. Heisenberg ne peut accepter l'existence de contradictions dialectiques, et pr&#233;f&#232;re donc en revenir au mysticisme philosophique &#8211; &#171; nous ne pouvons pas savoir &#187;, et tout ce qui s'en suit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous trouvons l&#224; en pr&#233;sence d'une sorte de tour de prestidigitation philosophique, qui commence par confondre le concept de causalit&#233; avec le vieux d&#233;terminisme m&#233;caniste d&#233;fendu par des gens comme Laplace. Les limites de ce m&#233;canisme ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; expliqu&#233;es et critiqu&#233;es par Engels dans sa Dialectique de la nature. La d&#233;couverte de la m&#233;canique quantique a finalement d&#233;truit le vieux d&#233;terminisme m&#233;canique. Le type de pr&#233;dictions r&#233;alis&#233; par la m&#233;canique quantique est diff&#233;rent des pr&#233;dictions de la m&#233;canique classique. Cependant, la m&#233;canique quantique fait quand m&#234;me des pr&#233;dictions, et en obtient des r&#233;sultats pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hasard et causalit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des difficult&#233;s que rencontre celui qui &#233;tudie la philosophie ou la science r&#233;side dans le fait que certains termes y ont une signification diff&#233;rente de leur usage courant. Les rapports entre la n&#233;cessit&#233; et la libert&#233; sont l'une des questions fondamentales de l'histoire de la philosophie. C'est un probl&#232;me complexe, et qui ne le devient pas moins lorsqu'il est pr&#233;sent&#233; sous une autre forme &#8211; causalit&#233; et hasard, n&#233;cessit&#233; et accident, d&#233;terminisme et ind&#233;terminisme, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons tous, d'apr&#232;s notre exp&#233;rience quotidienne, ce que nous entendons par n&#233;cessit&#233;. Il y a n&#233;cessit&#233; lorsque, par exemple, nous devons faire quelque chose, que nous n'avons pas le choix : nous ne pouvons pas faire autrement. Le dictionnaire d&#233;finit la n&#233;cessit&#233; comme un ensemble de circonstances qui obligent quelque chose &#224; &#234;tre, ou &#224; &#234;tre r&#233;alis&#233;e, en particulier ce qui est soumis &#224; une loi de l'univers. Ces circonstances conditionnent et sont ins&#233;parables de la vie et de l'action humaines. L'id&#233;e de n&#233;cessit&#233; physique implique la notion de contrainte et de coercition. On la retrouve dans des expressions comme &#171; plier sous le poids de la n&#233;cessit&#233; &#187; &#8211; ou encore dans des proverbes tels que &#171; n&#233;cessit&#233; fait loi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens philosophique de la n&#233;cessit&#233; est &#233;troitement li&#233; &#224; celui de causalit&#233;, &#224; la relation entre cause et effet : telle action doit n&#233;cessairement donner lieu &#224; tel r&#233;sultat particulier. Par exemple, si je m'arr&#234;te de respirer trop longtemps, je vais mourir ; ou encore, si je frotte deux bouts de bois, je vais produire de la chaleur. La relation entre la cause et l'effet, attest&#233;e par une infinit&#233; d'observations et d'exp&#233;riences pratiques, joue un r&#244;le central dans la science. En revanche, l'accident est consid&#233;r&#233; comme un &#233;v&#233;nement inattendu, qui intervient sans cause apparente, comme lorsqu'on laisse tomber une tasse dans sa cuisine. En philosophie, cependant, l'accident d&#233;signe la propri&#233;t&#233; d'une chose qui en est simplement un attribut contingent, c'est-&#224;-dire qui ne fait pas partie de sa nature essentielle. Un accident est quelque chose qui n'existe pas n&#233;cessairement &#8211; et qui pourrait aussi bien ne pas &#234;tre ou se produire. Prenons un exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du fait de la gravit&#233;, si je l&#226;che une feuille de papier, elle doit normalement tomber par terre. C'est l&#224; un exemple de causalit&#233;, de n&#233;cessit&#233;. Mais si un courant d'air soudain fait s'envoler le papier, on consid&#233;rera que c'est le r&#233;sultat du hasard. La n&#233;cessit&#233; est donc gouvern&#233;e par une loi ; elle peut &#234;tre exprim&#233;e et pr&#233;dite scientifiquement. Les choses qui se produisent n&#233;cessairement sont les choses qui ne pouvaient pas se produire autrement. En revanche, les faits hasardeux, les contingences, sont des faits qui peuvent, ou non, se produire. Ils ne sont gouvern&#233;s par aucune loi qui puisse clairement &#234;tre formul&#233;e &#8211; et sont, par nature, impr&#233;dictibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience quotidienne nous apprend que la n&#233;cessit&#233;, comme le hasard, existent et jouent un r&#244;le. L'histoire des sciences et des soci&#233;t&#233;s nous montre exactement la m&#234;me chose. Toute l'histoire de la science est essentiellement une recherche des sch&#233;mas sous-jacents de la nature. T&#244;t dans notre vie, nous apprenons &#224; distinguer entre l'essentiel et le non essentiel, entre le n&#233;cessaire et le contingent. M&#234;me lorsque nous faisons face &#224; des conditions exceptionnelles, qui &#224; un stade donn&#233; de notre connaissance peuvent nous sembler &#171; irr&#233;guli&#232;res &#187;, il arrive souvent que les exp&#233;riences suivantes r&#233;v&#232;lent une autre forme de r&#233;gularit&#233; et des relations causales plus profondes, qui n'&#233;taient pas &#233;videntes imm&#233;diatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche d'une vision et d'une compr&#233;hension rationnelles du monde dans lequel nous vivons est intimement li&#233;e au besoin de d&#233;couvrir des causes. Dans le processus de connaissance du monde, un petit enfant ne cessera de demander &#171; pourquoi ? &#187; &#8211; au d&#233;sarroi de ses parents, qui sont souvent d&#233;pourvus de r&#233;ponse. Sur la base de l'observation et de l'exp&#233;rience, nous formulons une hypoth&#232;se sur ce qui peut &#234;tre la cause d'un ph&#233;nom&#232;ne donn&#233;. C'est la base de la compr&#233;hension rationnelle. G&#233;n&#233;ralement, ces hypoth&#232;ses donnent lieu, &#224; leur tour, &#224; des pr&#233;dictions sur des choses dont on n'a pas encore fait l'exp&#233;rience. Ces pr&#233;dictions font alors l'objet d'un test, soit par l'observation, soit par la pratique. Ici, nous ne d&#233;crivons pas seulement l'histoire de la science, mais aussi une part importante du d&#233;veloppement mental de tout &#234;tre humain depuis sa petite enfance. Cela recouvre donc le d&#233;veloppement intellectuel au sens le plus large du terme, depuis les processus cognitifs &#233;l&#233;mentaires d'un enfant jusqu'aux plus &#233;labor&#233;es des recherches sur l'univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tr&#232;s grand nombre d'observations d&#233;montrent l'existence de la causalit&#233;. Cela nous permet de faire d'importantes pr&#233;dictions, non seulement dans le domaine de la science, mais aussi dans notre vie quotidienne. Tout le monde sait qu'&#224; 100&#176;C l'eau se transforme en vapeur. C'est la base, non seulement de la pr&#233;paration d'une tasse de th&#233;, mais aussi de la r&#233;volution industrielle, sur laquelle reposent toutes les soci&#233;t&#233;s modernes. Et pourtant, il y a des philosophes et des scientifiques qui pr&#233;tendent s&#233;rieusement qu'on ne peut pas dire que le r&#233;chauffement de l'eau est la cause de la vapeur. Le fait m&#234;me que nous puissions faire des pr&#233;dictions sur un vaste ensemble de faits est la preuve que la causalit&#233; n'est pas simplement une mani&#232;re commode de d&#233;crire la r&#233;alit&#233; mais, comme le souligne David Bohm, un aspect inh&#233;rent et essentiel des choses. En effet, il est impossible ne serait-ce que de d&#233;finir les propri&#233;t&#233;s des choses sans recourir &#224; la causalit&#233;. Par exemple, lorsque nous disons qu'une chose est rouge, cela implique qu'elle r&#233;agira d'une certaine fa&#231;on lorsqu'elle sera soumise &#224; des conditions sp&#233;cifiques &#8211; un objet de couleur rouge est d&#233;fini par le fait qu'expos&#233; &#224; la lumi&#232;re blanche, il refl&#232;tera surtout la lumi&#232;re rouge. Pareillement, le fait que l'eau se transforme en vapeur lorsqu'elle est chauff&#233;e, et en glace lorsqu'elle est refroidie, est l'expression d'une relation causale qualitative qui fait partie des propri&#233;t&#233;s essentielles de ce liquide, sans lesquelles il ne pourrait &#234;tre de l'eau. Les lois math&#233;matiques g&#233;n&#233;rales du mouvement des corps sont &#233;galement des propri&#233;t&#233;s essentielles de ces corps, sans lesquelles ils ne pourraient &#234;tre ce qu'ils sont. On pourrait multiplier les exemples &#224; l'infini. Pour comprendre pourquoi et comment la causalit&#233; est &#233;troitement li&#233;e aux propri&#233;t&#233;s essentielles des choses, il ne suffit pas de les consid&#233;rer statiquement et isol&#233;ment. Il est n&#233;cessaire de les consid&#233;rer telles qu'elles sont, telles qu'elles ont &#233;t&#233; et telles qu'elles seront &#8211; c'est-&#224;-dire d'analyser les choses comme des processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre des &#233;v&#233;nements particuliers, il n'est pas n&#233;cessaire d'en sp&#233;cifier toutes les causes. D'ailleurs, ce n'est pas possible. Dans le passage suivant, Spinoza a r&#233;pondu par avance, et brillamment, au type de d&#233;terminisme absolu que d&#233;fendait Laplace :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Par exemple, si une pierre tombe d'un toit sur la t&#234;te de quelqu'un et le tue, ils d&#233;montreront de la mani&#232;re suivante que la pierre est tomb&#233;e pour tuer cet homme : si elle n'est pas tomb&#233;e &#224; cette fin par la volont&#233; de Dieu, comment tant de circonstances (et en effet il y a souvent le concours d'un grand nombre de circonstances) ont-elles pu se trouver par chance r&#233;unies ? Peut-&#234;tre direz-vous : &#034;Cela est arriv&#233; parce que le vent soufflait et que l'homme passait par l&#224;&#034;. Mais ils insisteront : &#034;Pourquoi le vent soufflait-il &#224; ce moment ? Et pourquoi l'homme passait-il par l&#224; &#224; ce m&#234;me instant ?&#034; Si vous r&#233;pondez alors : &#034;Le vent s'est lev&#233; parce que, la veille, par un temps encore calme, la mer avait commenc&#233; &#224; s'agiter ; et l'homme passait par l&#224; parce qu'il avait &#233;t&#233; invit&#233; par un ami&#034;, ils insisteront &#224; nouveau, car il n'y a pas de fin &#224; leurs interrogations : &#034;Pourquoi la mer &#233;tait-elle agit&#233;e ? Pourquoi l'homme a-t-il &#233;t&#233; invit&#233; pour tel moment ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Et ils continueront ainsi de vous interroger de cause en cause jusqu'&#224; ce que vous vous soyez r&#233;fugi&#233; dans la volont&#233; de Dieu, cet asile de l'ignorance. De m&#234;me, quand ils voient la structure du corps humain, ils sont frapp&#233;s d'un &#233;tonnement imb&#233;cile, et, de ce qu'ils ignorent les causes d'un si bel arrangement, ils concluent qu'il n'est pas form&#233; m&#233;caniquement, mais par un art divin ou surnaturel, et de telle fa&#231;on qu'aucune partie ne puisse nuire &#224; l'autre. Et ainsi arrive-t-il que quiconque cherche les vraies causes des prodiges et s'applique &#224; conna&#238;tre en savant les choses de la nature au lieu de s'en &#233;merveiller comme un sot, est souvent tenu pour h&#233;r&#233;tique et impie et proclam&#233; tel par ceux que le vulgaire adore comme des interpr&#232;tes de la Nature et des Dieux. Car ils savent bien que d&#233;truire l'ignorance, c'est d&#233;truire l'&#233;tonnement imb&#233;cile, c'est-&#224;-dire leur unique moyen de raisonner et de sauvegarder leur autorit&#233;. &#187; [11]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative d'&#233;liminer toute contingence de la nature m&#232;ne in&#233;vitablement &#224; un point de vue m&#233;caniste. Dans la philosophie m&#233;caniste du XIIIe si&#232;cle &#8211; repr&#233;sent&#233;e, en science, par Newton &#8211; l'id&#233;e de n&#233;cessit&#233; &#233;tait &#233;lev&#233;e au rang de principe absolu. Elle &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme parfaitement simple, libre de toute contradiction, sans irr&#233;gularit&#233; ni contre-courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que la nature est r&#233;gie par un ensemble de lois universelles est profond&#233;ment juste, mais insuffisante. Nous avons besoin d'une compr&#233;hension concr&#232;te de la fa&#231;on dont les lois de la nature op&#232;rent effectivement. Le point de vue m&#233;caniste a in&#233;vitablement abouti &#224; une conception unilat&#233;rale des ph&#233;nom&#232;nes naturels, ce qui refl&#233;tait le niveau r&#233;el du d&#233;veloppement scientifique de l'&#233;poque. Le plus haut accomplissement de cette conception fut la m&#233;canique classique, qui porte sur des processus relativement simples : la cause et l'effet (compris comme la simple action ext&#233;rieure d'un corps solide sur un autre), les leviers, l'&#233;quilibre, la masse, l'inertie, la pouss&#233;e, la pression, etc. Quelle que f&#251;t l'importance de ces d&#233;couvertes, elles &#233;taient incapables de fournir une id&#233;e pr&#233;cise du fonctionnement complexe de la nature. Plus tard, les d&#233;couvertes de la biologie, en particulier apr&#232;s la r&#233;volution darwinienne, ont permis d'&#233;laborer une nouvelle approche scientifique des ph&#233;nom&#232;nes, en ad&#233;quation avec les processus les plus flexibles et subtils de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#233;canique newtonienne classique, le mouvement est trait&#233; comme quelque chose de simple. Si, &#224; n'importe quel moment, on conna&#238;t les diff&#233;rentes forces qui s'appliquent sur un objet en mouvement donn&#233;, on peut pr&#233;dire son comportement futur avec exactitude. Cela m&#232;ne au d&#233;terminisme m&#233;caniste, dont le meilleur repr&#233;sentant &#233;tait Pierre Simon de Laplace, un math&#233;maticien fran&#231;ais du XVIIIe si&#232;cle. Sa th&#233;orie de l'univers est identique &#224; l'id&#233;e de pr&#233;destination que l'on trouve dans diff&#233;rentes religions, et notamment dans le calvinisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son Essai philosophique sur les probabilit&#233;s, Laplace &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; S'il existait un intellect qui, &#224; n'importe quel moment donn&#233;, connaissait toutes les forces qui animent la Nature et les positions mutuelles de tous les &#234;tres qui la composent, et si cet intellect &#233;tait suffisamment vaste pour soumettre toutes ces donn&#233;es &#224; l'analyse, il pourrait ramener &#224; une seule formule le mouvement des corps les plus grands de l'univers comme du plus petit atome. Pour un tel intellect, rien ne pourrait &#234;tre incertain, et le futur comme le pass&#233; se d&#233;voileraient &#224; ses yeux. &#187; [12]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la difficult&#233; vient de la m&#233;thode m&#233;caniste que la physique du XIXe si&#232;cle a h&#233;rit&#233;e du XVIIIe si&#232;cle. Le hasard et la n&#233;cessit&#233; &#233;taient alors per&#231;us comme deux extr&#234;mes oppos&#233;s, s'excluant mutuellement. Une chose ou un processus &#233;tait soit accidentel, soit n&#233;cessaire, mais ne pouvait &#234;tre les deux. Engels a soumis cette m&#233;thode &#224; une profonde analyse dans sa Dialectique de la nature, o&#249; il explique que le d&#233;terminisme m&#233;caniste de Laplace m&#232;ne in&#233;vitablement &#224; une conception mystique et fataliste de la nature :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Et l'on d&#233;clare ensuite que le n&#233;cessaire a seul de l'int&#233;r&#234;t pour la science et que le contingent lui est indiff&#233;rent. Autrement dit : ce qu'on peut ramener &#224; des lois, donc ce qu'on conna&#238;t, a de l'int&#233;r&#234;t ; ce qu'on ne peut ramener &#224; des lois, donc qu'on ne conna&#238;t pas, est sans int&#233;r&#234;t, peut &#234;tre laiss&#233; de c&#244;t&#233;. Et c'est la fin de toute science, car c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui nous est inconnu que la science doit explorer. En d'autres termes : ce que l'on peut ramener &#224; des lois g&#233;n&#233;rales passe pour n&#233;cessaire, ce que l'on ne peut ramener &#224; de telles lois passe pour contingent. Chacun voit que c'est l&#224; le m&#234;me genre de science que celle qui donne pour naturel ce qu'elle peut expliquer et impute &#224; des causes surnaturelles ce qu'elle est incapable d'expliquer ; que j'appelle la cause des ph&#233;nom&#232;nes inexplicables hasard ou Dieu, cela est totalement indiff&#233;rent au fond de la chose. Les deux expressions ne font que manifester mon ignorance et n'ont donc pas leur place dans la science. Celle-ci cesse l&#224; o&#249; la relation n&#233;cessaire est manquante. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels souligne que, dans la pratique, le d&#233;terminisme m&#233;caniste ram&#232;ne la n&#233;cessit&#233; au niveau du hasard. Si n'importe quel fait insignifiant est du m&#234;me ordre d'importance et de n&#233;cessit&#233; que la loi de la gravitation universelle, alors toutes les lois fondamentales sont au m&#234;me niveau de trivialit&#233;. Engels explique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Selon cette conception, il ne r&#232;gne dans la nature que la n&#233;cessit&#233; simple et imm&#233;diate. Que cette cosse de petits pois contienne 5 pois et non 4 ou 6, que la queue de ce chien fasse 12 centim&#232;tres et pas un millim&#232;tre de plus ou de moins, que cette fleur de tr&#232;fle-ci et non celle-l&#224; ait &#233;t&#233; f&#233;cond&#233;e cette ann&#233;e par une abeille et encore par telle abeille d&#233;termin&#233;e &#224; telle &#233;poque d&#233;termin&#233;e, que telle graine de pissenlit emport&#233;e par le vent ait lev&#233; et non telle autre, qu'une puce m'ait piqu&#233; la nuit derni&#232;re &#224; quatre heures du matin et non &#224; trois ou cinq, qui plus est &#224; l'&#233;paule droite et non au mollet gauche : tous ces faits sont le produit d'un encha&#238;nement immuable de causes et d'effets, d'une n&#233;cessit&#233; in&#233;branlable, la sph&#232;re gazeuse d'o&#249; est sorti le syst&#232;me solaire s'&#233;tant d&#233;j&#224; trouv&#233;e agenc&#233;e de telle fa&#231;on que ces &#233;v&#233;nements devaient se passer ainsi et non autrement. Avec une n&#233;cessit&#233; de ce genre, nous ne sortons toujours pas de la conception th&#233;ologique de la nature. Que nous appelions cela, avec Saint Augustin ou Calvin, le d&#233;cret &#233;ternel de la Providence, ou avec les Turcs le kismet, ou encore la n&#233;cessit&#233;, il importe peu &#224; la science. Dans aucun de ces cas il n'est question de suivre jusqu'&#224; son terme l'encha&#238;nement des causes ; nous sommes donc aussi avanc&#233;s dans un cas que dans l'autre ; la pr&#233;tendue n&#233;cessit&#233; reste une formule vide, et par suite&#8230; le hasard reste aussi ce qu'il &#233;tait. &#187; [13]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laplace pensait que s'il pouvait remonter aux causes de toutes choses dans l'univers, il pourrait compl&#232;tement abolir la contingence. Pendant longtemps, il a sembl&#233; que le fonctionnement de l'univers entier pouvait &#234;tre r&#233;duit &#224; quelques &#233;quations relativement simples. L'une des limites de la th&#233;orie m&#233;caniste classique r&#233;side dans le fait qu'elle affirme que le mouvement des corps particuliers ne subit aucune influence ext&#233;rieure. Or, en r&#233;alit&#233;, chaque corps est influenc&#233; et d&#233;termin&#233; par tous les autres corps. Rien ne peut &#234;tre pris isol&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les pr&#233;tentions de Laplace semblent d&#233;raisonnables et extravagantes. Cependant, on trouve des extravagances semblables &#224; toutes les &#233;tapes de l'histoire de la science, chaque g&#233;n&#233;ration croyant fermement &#234;tre en possession de l'&#171; ultime v&#233;rit&#233; &#187;. Ce n'est pas non plus compl&#232;tement faux. Les id&#233;es de chaque g&#233;n&#233;ration sont effectivement, &#224; leur &#233;poque, les v&#233;rit&#233;s ultimes. Mais une telle affirmation ne veut rien dire de plus que : &#171; Voila jusqu'o&#249; nous sommes parvenus dans notre connaissance de la nature, avec les informations et les moyens technologiques qui sont pour le moment &#224; notre disposition. &#187; Par cons&#233;quent, il n'est pas incorrect de pr&#233;tendre que ces v&#233;rit&#233;s sont absolues pour nous, &#224; ce moment donn&#233;, puisque nous ne pouvons nous baser sur aucune autre v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le XIXe si&#232;cle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, la m&#233;canique classique de Newton constituait un &#233;norme pas en avant. Les lois newtoniennes du mouvement permettaient, pour la premi&#232;re fois, d'effectuer des pr&#233;dictions quantitatives pr&#233;cises qui pouvaient &#234;tre confront&#233;es aux ph&#233;nom&#232;nes observ&#233;s. Cependant, c'est justement cette pr&#233;cision qui a soulev&#233; de nouveaux probl&#232;mes, lorsque Laplace et d'autres ont tent&#233; d'appliquer les lois de Newton &#224; l'ensemble de l'univers. Laplace &#233;tait convaincu que les lois de Newton &#233;taient absolument et universellement valides. Il se trompait. Il ne voyait pas que les lois de Newton &#233;taient des approximations ne s'appliquant que dans certaines circonstances. Il n'envisageait pas la possibilit&#233; que dans des circonstances diff&#233;rentes, dans des domaines que la physique n'avait pas encore &#233;tudi&#233;s, ces lois puissent n&#233;cessiter d'&#234;tre modifi&#233;es ou &#233;tendues. Le d&#233;terminisme m&#233;caniste de Laplace suppose que si l'on connaissait, &#224; n'importe quel instant donn&#233;, toutes les positions et vitesses des corps, le comportement futur de l'ensemble de l'univers pourrait &#234;tre d&#233;termin&#233; pour l'&#233;ternit&#233;. D'apr&#232;s cette th&#233;orie, toute la riche diversit&#233; des choses peut &#234;tre r&#233;duite &#224; un ensemble de lois quantitatives reposant sur quelques variables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;canique classique, telle que l'expriment les lois du mouvement de Newton, porte sur des causes et effets simples, par exemple l'action isol&#233;e d'un corps sur un autre. Cependant, dans la pratique, c'est impossible, puisqu'aucun syst&#232;me m&#233;canique n'est jamais compl&#232;tement isol&#233;. Des influences ext&#233;rieures d&#233;truisent in&#233;vitablement le caract&#232;re exclusif de cette interaction. M&#234;me si l'on isole le syst&#232;me, des perturbations na&#238;tront toujours des mouvements du niveau mol&#233;culaire, et d'autres perturbations issues de niveaux encore plus profonds de la m&#233;canique quantique. Comme le remarque Bohm :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; On ne conna&#238;t aucun cas d'ensemble de relations causales parfaites et exclusives qui permettrait, en principe, de r&#233;aliser des pr&#233;dictions d'une pr&#233;cision absolue, sans qu'il soit n&#233;cessaire de tenir compte de nouveaux ensembles de facteurs causaux existant en dehors du syst&#232;me en question ou &#224; d'autres niveaux. &#187; [14]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie-t-il que les pr&#233;dictions sont impossibles ? Pas du tout. Si l'on tire un coup de pistolet en visant un point donn&#233;, la balle n'atteindra pas pr&#233;cis&#233;ment le point pr&#233;dit par les lois de Newton. Cependant, un grand nombre de tirs seront regroup&#233;s dans une petite r&#233;gion situ&#233;e pr&#232;s du point. Ainsi, il est possible de faire des pr&#233;dictions tr&#232;s pr&#233;cises avec une certaine marge d'erreur, laquelle existe toujours. Si, dans notre exemple, nous voulions parvenir &#224; une pr&#233;cision absolue, nous d&#233;couvririons un nombre sans cesse croissant de facteurs qui influenceraient le r&#233;sultat &#8211; des irr&#233;gularit&#233;s dans la structure du pistolet et de la balle, de petites variations de temp&#233;rature, de pression, d'humidit&#233;, des courants d'air, et m&#234;me des mouvements mol&#233;culaires de tous ces facteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain degr&#233; d'approximation est n&#233;cessaire, lequel ne prend pas en compte l'infinit&#233; de facteurs que requiert une pr&#233;diction parfaitement pr&#233;cise d'un r&#233;sultat donn&#233;. Cela implique n&#233;cessairement une abstraction de la r&#233;alit&#233;, comme dans la m&#233;canique newtonienne. Cependant, la science avance continuellement, pas &#224; pas, en d&#233;couvrant des lois toujours plus profondes et pr&#233;cises qui nous permettent d'acqu&#233;rir une meilleure compr&#233;hension des processus naturels, et donc de faire des pr&#233;dictions plus pr&#233;cises. L'abandon du vieux d&#233;terminisme m&#233;canique de Newton et Laplace ne signifie pas une abolition de la causalit&#233;, mais plut&#244;t une compr&#233;hension plus profonde du fonctionnement r&#233;el de la causalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res br&#232;ches dans le mur de la science newtonienne sont apparues dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du XIXe si&#232;cle, en particulier avec la th&#233;orie darwinienne de l'&#233;volution et les travaux du physicien autrichien Ludwig Boltzmann sur une interpr&#233;tation statistique des processus thermodynamiques. Les physiciens s'effor&#231;aient de d&#233;crire avec des m&#233;thodes statistiques les syst&#232;mes de plusieurs particules, tels les gaz et les fluides. Ces statistiques, cependant, &#233;taient per&#231;ues comme un pis-aller dans les situations o&#249; il &#233;tait impossible, pour des raisons pratiques, de collecter des informations d&#233;taill&#233;es sur les propri&#233;t&#233;s du syst&#232;me (par exemple l'ensemble des positions et des vitesses des particules de gaz &#224; un instant donn&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le XIXe si&#232;cle a vu le d&#233;veloppement des statistiques, d'abord dans les sciences sociales, puis en physique, par exemple dans la th&#233;orie des gaz, o&#249; le mouvement des mol&#233;cules refl&#232;te &#224; la fois le hasard et la n&#233;cessit&#233;. D'un c&#244;t&#233;, les mol&#233;cules individuelles semblent se d&#233;placer de fa&#231;on enti&#232;rement al&#233;atoire. D'un autre c&#244;t&#233;, on observe que les tr&#232;s nombreuses mol&#233;cules constituant un gaz se comportent suivant des lois dynamiques pr&#233;cises. Comment expliquer cette contradiction ? Si le mouvement des mol&#233;cules individuelles constituant le gaz est hasardeux, et ne peut donc pas &#234;tre pr&#233;dit, le comportement du gaz doit s&#251;rement, lui aussi, &#234;tre impr&#233;visible ? Et pourtant, c'est loin d'&#234;tre le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution de ce probl&#232;me est fournie par la loi de la transformation de la quantit&#233; en qualit&#233;. A partir du mouvement apparemment hasardeux d'un grand nombre de mol&#233;cules &#233;mergent une r&#233;gularit&#233; et un sch&#233;ma qui peuvent &#234;tre exprim&#233;s par une loi scientifique. L'ordre &#233;merge du chaos. La science du XIXe si&#232;cle ignorait compl&#232;tement cette relation dialectique entre la libert&#233; et la n&#233;cessit&#233;, entre l'ordre et le chaos, entre le hasard et la d&#233;termination. Elle consid&#233;rait les lois gouvernant les ph&#233;nom&#232;nes al&#233;atoires (la statistique) comme enti&#232;rement distinctes des &#233;quations pr&#233;cises de la m&#233;canique classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Tout liquide ou gaz &#187;, &#233;crit Gleick, &#171; se compose de mol&#233;cules individuelles si nombreuses qu'on peut les consid&#233;rer en nombre infini. Si elles avaient chacune un mouvement ind&#233;pendant, le fluide poss&#233;derait une infinit&#233; de comportements possibles &#8211; un nombre de &#034;degr&#233;s de libert&#233;&#034; infini, dans le jargon des scientifiques &#8211; et les &#233;quations d&#233;crivant le mouvement du fluide contiendraient une infinit&#233; de variables. Mais chaque particule n'a pas de mouvement ind&#233;pendant : son mouvement d&#233;pend fortement de celui de ses voisines, de sorte que, dans un &#233;coulement r&#233;gulier, les degr&#233;s de libert&#233; peuvent &#234;tre en nombre r&#233;duit. &#187; [15]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, la m&#233;canique classique a tr&#232;s bien fonctionn&#233;. Elle a permis de r&#233;aliser d'importantes avanc&#233;es technologiques. Aujourd'hui encore, elle s'applique dans un grand nombre de cas. Cependant, on a fini par se rendre compte que, dans certains domaines, ses m&#233;thodes n'&#233;taient plus ad&#233;quates. Elles avaient atteint leurs limites. Le monde logique et parfaitement ordonn&#233; de la m&#233;canique classique d&#233;crit une partie de la nature &#8211; mais une partie seulement. Dans la nature, il y a de l'ordre, mais il y a aussi du d&#233;sordre. En m&#234;me temps que de l'organisation et de la stabilit&#233;, il y a de puissantes forces qui poussent dans des directions oppos&#233;es. Dans ce cas, nous devons recourir &#224; la dialectique, de fa&#231;on &#224; d&#233;terminer la relation entre le hasard et la n&#233;cessit&#233;, et &#224; montrer &#224; quel moment l'accumulation de changements quantitatifs apparemment insignifiants d&#233;bouche sur un saut qualitatif soudain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bohm a propos&#233; une reformulation radicale de la m&#233;canique quantique, ainsi qu'une nouvelle fa&#231;on de penser la relation entre le tout et les parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; A travers ces &#233;tudes [&#8230;.], il devint clair que m&#234;me un syst&#232;me &#224; un corps a un caract&#232;re non-m&#233;canique. En ce sens, lui et son environnement doivent &#234;tre per&#231;us comme un tout indivisible, pour lequel l'analyse classique &#8211; qui distingue radicalement le syst&#232;me de l'environnement &#8211; ne peut plus &#234;tre utilis&#233;e. &#187; Le rapport entre les parties &#171; d&#233;pend crucialement de l'&#233;tat du tout, d'une mani&#232;re qui ne peut &#234;tre exprim&#233;e en termes de propri&#233;t&#233;s des seules parties. En effet, les parties sont organis&#233;es d'une fa&#231;on qui d&#233;coule du tout. &#187; [16]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi dialectique de la transformation de la quantit&#233; en qualit&#233; exprime l'id&#233;e que la mati&#232;re se comporte diff&#233;remment &#224; ses diff&#233;rents niveaux. Ainsi, il y a le niveau mol&#233;culaire, dont les lois sont surtout &#233;tudi&#233;es par la chimie, et partiellement par la physique ; le niveau de la mati&#232;re vivante est essentiellement &#233;tudi&#233; par la biologie ; le niveau subatomique est l'objet de la m&#233;canique quantique ; enfin, actuellement, un niveau encore plus petit &#8211; celui des particules &#233;l&#233;mentaires &#8211; est en cours d'exploration par la physique des particules. Chacun de ces niveaux comprend de nombreuses subdivisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; prouv&#233; que les lois qui gouvernent le mouvement de la mati&#232;re &#224; chaque niveau ne sont pas les m&#234;mes. D&#232;s le XIXe, la th&#233;orie cin&#233;tique des gaz en a apport&#233; la preuve. Dans une bonbonne de gaz contenant des millions de mol&#233;cules se d&#233;pla&#231;ant de fa&#231;on irr&#233;guli&#232;re et s'entrechoquant sans cesse, il est clairement impossible de d&#233;terminer les mouvements pr&#233;cis de chaque mol&#233;cule individuelle. En premier lieu, ceci serait exclu d'un point de vue purement math&#233;matique. Cependant, m&#234;me si les probl&#232;mes math&#233;matiques soulev&#233;s par un tel calcul pouvaient &#234;tre r&#233;solus, il resterait impossible, dans la pratique, de d&#233;terminer la position et la vitesse initiales de chaque mol&#233;cule, ce dont on aurait besoin pour faire des pr&#233;dictions pr&#233;cises. Le moindre changement dans l'angle initial du mouvement d'une mol&#233;cule alt&#232;rerait sa direction, ce qui modifierait plus encore l'angle de sa prochaine collision, et ainsi de suite, ce qui am&#232;nerait finalement &#224; une grande erreur dans la pr&#233;diction du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, maintenant, on applique ce type de raisonnement au comportement des gaz au niveau macroscopique (&#171; normal &#187;), on pourrait croire qu'il est &#233;galement impossible de pr&#233;dire leur mouvement. Or il n'en est rien. A ce niveau, le comportement des gaz peut &#234;tre parfaitement pr&#233;dit. Comme le souligne Bohm :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Il est clair que l'on peut parler d'un niveau macroscopique poss&#233;dant un ensemble de caract&#233;ristiques relativement autonomes et satisfaisant un ensemble de relations relativement autonomes, qui dans les faits constituent un ensemble de lois causales macroscopiques. Par exemple, si on consid&#232;re une masse d'eau, nous savons d'apr&#232;s l'exp&#233;rience directe de grande &#233;chelle qu'elle poss&#232;de un certain nombre de caract&#233;ristiques propres en tant que liquide. Par cela, nous voulons dire qu'elle a toutes les caract&#233;ristiques macroscopiques associ&#233;es &#224; la liquidit&#233;. Par exemple, elle coule, elle &#034;mouille&#034; les choses, elle tend &#224; occuper un certain volume, etc. Son mouvement est gouvern&#233; par un ensemble d'&#233;quations hydrodynamiques de base, qui ne sont exprim&#233;es qu'en fonction des propri&#233;t&#233;s macroscopiques, comme la pression, la temp&#233;rature, la densit&#233; locale, la vitesse d'&#233;coulement locale, etc. Ainsi, pour comprendre les propri&#233;t&#233;s d'une masse d'eau, on ne la consid&#232;re pas comme un agr&#233;gat de mol&#233;cules, mais plut&#244;t comme une entit&#233; existant au niveau macroscopique, et qui ob&#233;it aux lois propres &#224; ce niveau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie pas que le comportement de l'eau n'a rien &#224; voir avec sa constitution mol&#233;culaire. Au contraire. Ce sont, par exemple, les relations entre ses mol&#233;cules qui d&#233;terminent si l'eau existe &#224; l'&#233;tat de liquide, de solide ou de vapeur. Cependant, comme l'explique Bohm en termes d'&#171; autonomie relative &#187;, la mati&#232;re se comporte diff&#233;remment &#224; diff&#233;rents niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il y a &#171; une certaine stabilit&#233; des caract&#233;ristiques du comportement macroscopique, lesquelles tendent &#224; rester les m&#234;mes non seulement plus ou moins ind&#233;pendamment du comportement des mol&#233;cules individuelles, mais aussi ind&#233;pendamment des diff&#233;rentes perturbations ext&#233;rieures auxquelles le syst&#232;me peut &#234;tre soumis. &#187; [17]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;diction est-elle possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on jette en l'air une pi&#232;ce de monnaie, la probabilit&#233; qu'elle retombe sur &#171; pile &#187; ou sur &#171; face &#187; est de 50-50. C'est un ph&#233;nom&#232;ne v&#233;ritablement al&#233;atoire, qui ne peut faire l'objet d'une pr&#233;diction. (Soit dit en passant, lorsque la pi&#232;ce tourne en l'air, elle n'est ni sur &#171; pile &#187;, ni sur &#171; face &#187; ; la dialectique &#8211; comme la physique moderne &#8211; dirait qu'elle est &#224; la fois sur &#171; pile &#187; et sur &#171; face &#187;.) Dans la mesure o&#249; il n'y a que deux r&#233;sultats possibles, c'est le hasard qui pr&#233;domine. Mais il n'en est plus du tout de m&#234;me lorsqu'on jette la pi&#232;ce un tr&#232;s grand nombre de fois. Les propri&#233;taires de casino savent qu'&#224; long terme, le 0 et le 00 [&#224; la roulette] sortiront autant de fois que n'importe quel autre chiffre, et c'est ce qui leur permet de faire de jolis et pr&#233;visibles profits. C'est aussi vrai des compagnies d'assurance, dont la fortune repose sur des statistiques pr&#233;cises, lesquelles constituent, en derni&#232;re analyse, des certitudes pratiques, bien que le sort des assur&#233;s individuels ne puisse pas &#234;tre pr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est connu sous le nom d'&#233;v&#233;nements al&#233;atoires de grande ampleur (&#171; mass random events &#187;) s'applique &#224; un grand nombre de domaines en physique, chimie, biologie et sciences sociales, du sexe des b&#233;b&#233;s &#224; la fr&#233;quence des d&#233;fauts dans une cha&#238;ne de production. Les lois de la probabilit&#233; ont une tr&#232;s longue histoire et ont &#233;t&#233; utilis&#233;es dans diff&#233;rents registres : dans la th&#233;orie des erreurs (Gauss), la question de la pr&#233;cision des tirs (Poisson, Laplace) et, surtout, en statistique. Par exemple, la &#171; loi des grands nombres &#187; &#233;tablit que l'effet combin&#233; d'un grand nombre de facteurs accidentels produit, pour une grande gamme de facteurs, des r&#233;sultats qui sont ind&#233;pendants du hasard. Cette id&#233;e a &#233;t&#233; exprim&#233;e d&#232;s 1713 par Bernoulli, dont la th&#233;orie a &#233;t&#233; ensuite g&#233;n&#233;ralis&#233;e par Poisson en 1837 et finalis&#233;e en 1867 par Tchebitchev. Tout ce que Heisenberg a fait a &#233;t&#233; de l'appliquer au mouvement des particules subatomiques, domaine dans lequel &#8211; sans surprise &#8211; l'&#233;l&#233;ment de hasard est rapidement &#233;limin&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; La m&#233;canique quantique a mis au jour des lois pr&#233;cises et merveilleuses qui gouvernent les probabilit&#233;s ; c'est gr&#226;ce &#224; des nombres que la science surmonte son handicapante ind&#233;termination initiale. C'est par ce moyen que la science pr&#233;dit avec assurance. Bien qu'elle reconnaisse aujourd'hui humblement ne pas pouvoir pr&#233;dire le comportement exact d'&#233;lectrons pris individuellement, ou de photons, ou d'autres particules &#233;l&#233;mentaires, elle peut vous dire avec une tr&#232;s grande certitude comment de grands nombres de ces particules vont pr&#233;cis&#233;ment se comporter. &#187; [18]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un sch&#233;ma &#233;merge du hasard apparent. C'est la recherche de ces sch&#233;mas, et donc de lois sous-jacentes, qui constitue la base de toute l'histoire des sciences. Bien &#233;videmment, s'il fallait accepter que tout ne soit que hasard, qu'il n'y ait pas de causalit&#233;, et que, de toute fa&#231;on, nous ne puissions rien conna&#238;tre car il y a des limites objectives &#224; notre connaissance, tout cela n'aurait &#233;t&#233; qu'une totale perte de temps. Heureusement, toute l'histoire des sciences d&#233;montre que de telles craintes sont absolument infond&#233;es. Dans la grande majorit&#233; des observations scientifiques, le degr&#233; d'ind&#233;termination est si petit que, pour des raisons pratiques, il peut &#234;tre ignor&#233;. Au quotidien, le principe d'incertitude se r&#233;v&#232;le absolument inutile. Ainsi, toutes les tentatives d'en tirer des conclusions philosophiques g&#233;n&#233;rales et de les appliquer au savoir et aux sciences en g&#233;n&#233;ral est une man&#339;uvre malhonn&#234;te. M&#234;me au niveau subatomique, ce principe ne veut pas dire que nous ne pouvons pas faire de pr&#233;dictions pr&#233;cises. Bien au contraire, c'est justement l'objet de la m&#233;canique quantique. Il est impossible d'atteindre un grand degr&#233; de certitude au sujet des coordonn&#233;es de particules individuelles, qui peuvent donc sembler al&#233;atoires. Mais, au bout du compte, l'ordre et l'uniformit&#233; &#233;mergent de ce hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accidents, les hasards, les contingences, etc., sont des ph&#233;nom&#232;nes qui ne peuvent pas simplement &#234;tre d&#233;finis selon les propri&#233;t&#233;s des objets consid&#233;r&#233;s. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'on ne peut pas les comprendre. Prenons le cas typique d'un &#233;v&#233;nement fortuit : un accident de voiture. Consid&#233;r&#233; de mani&#232;re isol&#233;e, un accident est d&#233;termin&#233; par une infinit&#233; d'&#233;v&#233;nements fortuits : si le conducteur &#233;tait parti une minute plus tard, s'il n'avait pas tourn&#233; la t&#234;te pendant une fraction de seconde, s'il avait roul&#233; plus lentement depuis une heure, si la vieille dame n'avait pas travers&#233;, etc., etc. Nous avons tous entendu de nombreuses fois ce genre de choses. Dans ce cas, le nombre de causes est, litt&#233;ralement, infini. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison que l'&#233;v&#233;nement n'est pas pr&#233;visible. C'est contingent et non n&#233;cessaire, car cela aurait pu ne pas se produire. De tels &#233;v&#233;nements, contrairement aux th&#233;ories de Laplace, sont d&#233;termin&#233;s par tant de facteurs ind&#233;pendants qu'ils ne peuvent pas du tout &#234;tre anticip&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, en consid&#233;rant un tr&#232;s grand nombre d'accidents de voiture, le tableau change radicalement. Il existe des tendances r&#233;guli&#232;res, qui peuvent &#234;tre pr&#233;cis&#233;ment calcul&#233;es et pr&#233;dites par ce que l'on appelle les lois de la statistique. Il est impossible de pr&#233;dire un accident, mais il est possible de pr&#233;dire avec une grande pr&#233;cision le nombre d'accidents qui se produiront dans une ville, au cours d'une p&#233;riode donn&#233;e. Et m&#234;me plus : il est possible d'introduire des lois et des r&#232;glements qui auront un impact pr&#233;cis sur ce nombre d'accidents. Il y a donc des lois qui gouvernent le hasard, et qui sont tout autant n&#233;cessaires que les lois de la causalit&#233; elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature de la relation entre le hasard et la causalit&#233; a &#233;t&#233; explicit&#233;e par Hegel, selon lequel la n&#233;cessit&#233; s'exprime &#224; travers l'accident. L'origine de la vie en est un bon exemple. Le scientifique russe Oparin a expliqu&#233; comment, dans les conditions complexes du d&#233;but de l'histoire de la terre, le mouvement al&#233;atoire des mol&#233;cules a tendu &#224; former des mol&#233;cules encore plus complexes par toutes sortes de combinaisons accidentelles. A un certain point, ce nombre &#233;norme de combinaisons accidentelles a donn&#233; lieu &#224; un saut qualitatif, &#224; l'&#233;mergence du vivant. A ce moment, le processus ne sera plus seulement une pure question de hasard : la mati&#232;re vivante va &#233;voluer selon certaines lois, refl&#233;tant le changement de conditions. Cette relation entre la n&#233;cessit&#233; et le hasard dans les sciences a &#233;t&#233; examin&#233;e par David Bohm :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Nous constatons donc le r&#244;le important du hasard. Pendant un certain temps, il rend possible, et m&#234;me in&#233;vitable, toutes sortes de combinaisons de choses. Une de ces combinaisons, qui met en mouvement d'irr&#233;versibles processus ou des lignes de d&#233;veloppement qui &#233;loignent le syst&#232;me de l'influence des fluctuations du hasard est donc finalement certaine de se produire. Et donc, un des effets du hasard est d'aider &#224; &#034;provoquer les choses&#034; de mani&#232;re &#224; provoquer l'amor&#231;age de lignes de d&#233;veloppement qualitativement nouvelles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pol&#233;miquant contre l'interpr&#233;tation id&#233;aliste subjective de la m&#233;canique quantique, Bohm prouve d&#233;finitivement qu'il existe une relation dialectique entre le hasard et la causalit&#233;. L'existence de la causalit&#233; a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e par toute l'histoire de la pens&#233;e humaine. Ce n'est pas une question de sp&#233;culation philosophique mais de pratique et de processus ind&#233;fini de la connaissance humaine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Les lois de la causalit&#233; d'un probl&#232;me sp&#233;cifique ne peuvent pas &#234;tre connues a priori ; elles doivent &#234;tre trouv&#233;es dans la nature. N&#233;anmoins, des m&#233;thodes bien d&#233;finies ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;es pour trouver ces lois, gr&#226;ce &#224; l'exp&#233;rience scientifique de nombreuses g&#233;n&#233;rations, dans le contexte g&#233;n&#233;ral d'une accumulation de savoir au cours d'innombrables si&#232;cles. La premi&#232;re chose qui sugg&#232;re l'existence de lois de causalit&#233; est, &#233;videmment, l'existence d'une relation r&#233;guli&#232;re qui perdure m&#234;me si les conditions varient amplement. Lorsque nous trouvons de telles r&#233;gularit&#233;s, nous n'en d&#233;duisons pas qu'elles sont apparues de fa&#231;on arbitraire, capricieuse ou fortuite, mais [&#8230;] nous en d&#233;duisons, du moins temporairement, qu'elles sont le r&#233;sultat de n&#233;cessaires relations causales. Concernant les irr&#233;gularit&#233;s, qui existent toujours parmi les r&#233;gularit&#233;s, l'exp&#233;rience scientifique nous pousse &#224; attendre que des ph&#233;nom&#232;nes puissent sembler compl&#232;tement irr&#233;guliers pour notre niveau de d&#233;veloppement de connaissances, mais se r&#233;v&#233;leront plus tard receler des formes plus subtiles de r&#233;gularit&#233;s, qui sugg&#233;reront &#224; leur tour l'existence de relations causales plus profondes. &#187; [19]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel sur la n&#233;cessit&#233; et l'accident&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de son analyse sur les diff&#233;rentes manifestations de l'&#234;tre, Hegel s'int&#233;resse &#224; la relation entre l'actuel et le possible, et &#233;galement entre la n&#233;cessit&#233; et l'accidentel (la &#171; contingence &#187;). A ce sujet, il est n&#233;cessaire de clarifier le sens d'une de ses plus c&#233;l&#232;bres citations : &#171; Ce qui est rationnel est r&#233;el, ce qui est r&#233;el est rationnel. &#187; [20] Au premier abord, cette d&#233;claration semble mystique, et aussi r&#233;actionnaire, puisqu'elle implique que tout ce qui est r&#233;el est rationnel, et donc justifi&#233;. Mais ce n'&#233;tait pas du tout ce que Hegel voulait dire, ainsi que l'explique Engels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Or, la r&#233;alit&#233; n'est aucunement, pour Hegel, un attribut qui revient de droit, en toute circonstance et en tout temps, &#224; un &#233;tat de chose sociale ou politique donn&#233;. Tout au contraire. La R&#233;publique romaine &#233;tait r&#233;elle, mais l'Empire romain qui la supplanta ne l'&#233;tait pas moins. En 1789, la monarchie fran&#231;aise &#233;tait devenue si irr&#233;elle, c'est-&#224;-dire si d&#233;nu&#233;e de toute n&#233;cessit&#233;, si irrationnelle, qu'elle dut &#234;tre n&#233;cessairement abolie par la grande R&#233;volution, dont Hegel parle toujours avec le plus grand enthousiasme. Ici la monarchie &#233;tait par cons&#233;quent l'irr&#233;el et la R&#233;volution le r&#233;el. Et ainsi, au cours du d&#233;veloppement, tout ce qui pr&#233;c&#233;demment &#233;tait r&#233;el devient irr&#233;el, perd sa n&#233;cessit&#233;, son droit &#224; l'existence, son caract&#232;re rationnel. A la r&#233;alit&#233; mourante se substitue une r&#233;alit&#233; nouvelle et viable &#8211; de fa&#231;on pacifique si l'ancien &#233;tat des choses est assez raisonnable pour mourir sans r&#233;sistance, de fa&#231;on violente s'il se regimbe contre cette n&#233;cessit&#233;. Et ainsi la th&#232;se de Hegel se tourne, par le jeu de la dialectique h&#233;g&#233;lienne elle-m&#234;me, en son contraire : tout ce qui est r&#233;el dans le domaine de l'histoire humaine devient, avec le temps, irrationnel, est donc d&#233;j&#224; pr&#233;destin&#233; &#224; &#234;tre irrationnel, est entach&#233; d'avance d'irrationalit&#233; ; et tout ce qui est rationnel dans la t&#234;te des hommes est destin&#233; &#224; devenir r&#233;el, aussi en contradiction que cela puisse &#234;tre avec la r&#233;alit&#233; apparemment existante. Conform&#233;ment &#224; toutes les r&#232;gles de la dialectique h&#233;g&#233;lienne, la th&#232;se de la rationalit&#233; de tout ce qui est r&#233;el se r&#233;sout en cette autre : tout ce qui existe m&#233;rite de p&#233;rir. &#187; [21]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une forme soci&#233;tale donn&#233;e est &#171; rationnelle &#187; dans la mesure o&#249; elle atteint ses buts, c'est-&#224;-dire dans la mesure o&#249; elle d&#233;veloppe les forces productives, augmente le niveau culturel et soutient le progr&#232;s humain. Quand elle &#233;choue, elle entre en contradiction avec elle-m&#234;me, et donc elle devient &#171; irrationnelle &#187; et &#171; irr&#233;elle &#187;, et n'a plus aucun droit &#224; exister. Ainsi, m&#234;me sous les &#233;nonc&#233;s apparemment les plus r&#233;actionnaires de Hegel, se cache une id&#233;e r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qui existe existe, de toute &#233;vidence, par n&#233;cessit&#233;. Mais tout ne peut pas exister. L'existence potentielle n'est pas une existence r&#233;elle. Dans la Science de la Logique, Hegel retrace soigneusement le processus au cours duquel quelque chose passe d'un &#233;tat de simple possibilit&#233; au point o&#249; la possibilit&#233; devient probabilit&#233;, qui devient elle-m&#234;me in&#233;vitable (&#171; n&#233;cessit&#233; &#187;). Vu l'&#233;norme confusion qui est apparue dans les sciences modernes au sujet de la notion de &#171; probabilit&#233; &#187;, l'&#233;tude des analyses profondes et compl&#232;tes que Hegel a faites &#224; ce sujet est hautement instructive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La potentialit&#233; et l'actualit&#233; refl&#232;tent le mouvement dialectique du monde r&#233;el, ainsi que les diff&#233;rentes &#233;tapes de l'&#233;mergence et du d&#233;veloppement des choses. Une chose qui existe potentiellement contient en elle la tendance objective au d&#233;veloppement, ou au moins l'absence de conditions qui l'emp&#234;cherait d'advenir. N&#233;anmoins, une diff&#233;rence existe entre la possibilit&#233; abstraite et le potentiel r&#233;el, et les deux sont r&#233;guli&#232;rement confondus. La possibilit&#233; formelle ou abstraite refl&#232;te simplement l'absence de toute condition qui pourrait exclure un ph&#233;nom&#232;ne particulier, mais cela ne suppose pas la pr&#233;sence de conditions qui rendrait son apparition in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela m&#232;ne &#224; une confusion sans fin, et constitue une astuce pour justifier toutes sortes d'id&#233;es absurdes et arbitraires. Par exemple, certains pr&#233;tendent que si un singe pouvait taper suffisamment longtemps sur une machine &#224; &#233;crire, il finirait par &#233;crire l'un des sonnets de Shakespeare. Cela semble bien modeste : pourquoi juste un sonnet et non les &#339;uvres compl&#232;tes ? Et pourquoi pas la litt&#233;rature mondiale, plus la th&#233;orie de la relativit&#233; et les symphonies de Beethoven ? La simple affirmation que c'est &#171; statistiquement possible &#187; ne nous m&#232;ne pas plus loin. Les processus complexes de la nature, des soci&#233;t&#233;s et de la pens&#233;e humaine ne peuvent pas &#234;tre r&#233;duits &#224; un traitement statistique ; les grandes &#339;uvres litt&#233;raires n'&#233;mergent pas par accident, peu importe le temps qu'on laisse au singe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que le possible devienne r&#233;el, il faut un concours de circonstances particulier. En outre, il ne s'agit pas seulement d'un processus lin&#233;aire, mais dialectique, au cours duquel l'accumulation de petits changements quantitatifs va finalement produire un saut qualitatif. Une possibilit&#233; r&#233;elle, en opposition &#224; une possibilit&#233; abstraite, implique la pr&#233;sence de tous les facteurs n&#233;cessaires, qui feront que le potentiel perdra son caract&#232;re provisoire et deviendra actuel. Et, comme l'explique Hegel, il ne restera actuel qu'aussi longtemps que les conditions existent, et pas plus longtemps. C'est vrai pour la vie d'un individu, pour une forme socio-&#233;conomique donn&#233;e, pour une th&#233;orie scientifique ou pour tout autre ph&#233;nom&#232;ne naturel. Le point &#224; partir duquel un changement devient in&#233;vitable peut &#234;tre d&#233;termin&#233; par la m&#233;thode invent&#233;e par Hegel et connue comme la &#171; ligne nodale des rapports de mesure &#187;. Si on consid&#232;re tout processus comme une ligne, on observe qu'il existe des points particuliers (les &#171; points nodaux &#187;) sur la ligne du d&#233;veloppement, o&#249; le processus est soumis &#224; une acc&#233;l&#233;ration soudaine ou &#224; un saut qualitatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans des cas isol&#233;s, il est facile d'identifier les causes et les effets, comme lorsque quelqu'un frappe une balle. Mais dans un contexte plus large, la notion de causalit&#233; devient bien plus compliqu&#233;e. Les causes et effets individuels se perdent dans un oc&#233;an d'interactions, o&#249; les causes se transforment en effets et r&#233;ciproquement. Essayez simplement de remonter aux &#171; causes ultimes &#187; du plus simple des &#233;v&#233;nements et vous verrez que l'&#233;ternit&#233; n'y suffira pas. Il y aura sans cesse de nouvelles causes, qui devront &#234;tre expliqu&#233;es &#224; leur tour, et ainsi de suite &#224; l'infini. Ce paradoxe est entr&#233; dans la conscience populaire &#224; travers des dictons tels que le suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cause d'un clou, on a perdu un fer ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cause d'un fer, on a perdu un cheval ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cause d'un cheval, on a perdu un cavalier ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cause d'un cavalier, on a perdu une bataille ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cause d'une bataille, on a perdu un royaume ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; tout cela &#224; cause d'un clou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impossibilit&#233; d'&#233;tablir une &#171; cause finale &#187; a men&#233; certaines personnes &#224; abandonner l'id&#233;e m&#234;me de cause et &#224; tout consid&#233;rer comme accidentel. Au XXe si&#232;cle, cette position a &#233;t&#233; adopt&#233;e, du moins en th&#233;orie, par de nombreux scientifiques qui se basaient sur une interpr&#233;tation erron&#233;e des r&#233;sultats de la physique quantique, et en particulier des positions philosophiques de Heisenberg. Hegel avait d&#233;j&#224; r&#233;pondu &#224; ces arguments, lorsqu'il a analys&#233; la relation dialectique entre accident et n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a expliqu&#233; que la causalit&#233;, comprise comme une cause et un effet isol&#233;s, n'a pas de sens. Chaque effet a un effet secondaire, et chaque action a une contre-action. L'id&#233;e d'une cause ou d'un effet isol&#233;s est une abstraction issue de la physique newtonienne, envers laquelle Hegel &#233;tait extr&#234;mement critique, malgr&#233; le prestige dont elle &#233;tait aur&#233;ol&#233;e &#224; son &#233;poque. De nouveau, Hegel &#233;tait en avance sur son temps. Plut&#244;t que les actions-r&#233;actions de la m&#233;canique, il a d&#233;fendu la notion de r&#233;ciprocit&#233;, d'interaction universelle. Tout influence tout, et, en retour, est influenc&#233; et d&#233;termin&#233; par tout. Hegel a donc r&#233;introduit le concept d'accident, qui avait &#233;t&#233; rigoureusement banni des sciences par la philosophie m&#233;caniste de Newton et Laplace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A premi&#232;re vue, on a l'impression d'&#234;tre perdu au milieu d'un grand nombre d'accidents, mais cette confusion n'est qu'apparente. Les ph&#233;nom&#232;nes accidentels qui traversent l'existence, comme les vagues &#224; la surface de l'oc&#233;an, expriment un processus plus profond, qui n'est pas accidentel mais n&#233;cessaire. A un moment d&#233;cisif, la n&#233;cessit&#233; se r&#233;v&#232;le &#224; travers l'accident. Cette id&#233;e de l'unit&#233; dialectique de la n&#233;cessit&#233; et de l'accident peut sembler &#233;trange, mais elle est confirm&#233;e de mani&#232;re frappante par toute une s&#233;rie d'observations dans des domaines tr&#232;s vari&#233;s des sciences et de la soci&#233;t&#233;. Le m&#233;canisme de s&#233;lection naturelle dans la th&#233;orie de l'&#233;volution en est l'exemple le plus connu. Mais il y en a de nombreux autres. Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, de nombreuses d&#233;couvertes ont &#233;t&#233; faites dans les th&#233;ories du chaos et de la complexit&#233;, qui d&#233;taillent pr&#233;cis&#233;ment comment &#171; l'ordre na&#238;t du chaos &#187;, ce qui avait &#233;t&#233; mis en lumi&#232;re par Hegel un si&#232;cle et demi plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons nous rappeler de ce que Hegel &#233;crivait, au d&#233;but du XIXe si&#232;cle, alors que la science &#233;tait enti&#232;rement domin&#233;e par la physique et la m&#233;canique classiques, un demi-si&#232;cle avant que Darwin ne d&#233;veloppe l'id&#233;e de la s&#233;lection naturelle par des mutations al&#233;atoires. Hegel n'avait aucune preuve scientifique pour appuyer sa th&#233;orie selon laquelle la n&#233;cessit&#233; s'exprime &#224; travers l'accident. Mais c'est bien une id&#233;e centrale des innovations scientifiques les plus r&#233;centes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi profonde est tout aussi n&#233;cessaire &#224; la compr&#233;hension de l'histoire. Comme Marx l'&#233;crivait &#224; Kugelmann en 1871 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Il serait &#233;videmment fort commode de faire l'histoire mondiale si l'on ne devait engager la lutte qu'avec des chances infailliblement favorables. L'histoire serait d'autre part d'une nature fort mystique si les &#034;accidents&#034; n'y jouaient aucun r&#244;le. Ces cas fortuits rentrent naturellement dans la marche g&#233;n&#233;rale de l'&#233;volution historique et se trouvent compens&#233;s par d'autres accidents. Mais l'acc&#233;l&#233;ration ou le ralentissement du mouvement d&#233;pendent beaucoup de semblables &#034;accidents&#034;, parmi lesquels figure aussi l'&#034;accident&#034; du caract&#232;re des hommes qui sont &#224; sa t&#234;te. &#187; [22]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels fit la m&#234;me remarque, quelques ann&#233;es plus tard, au sujet du r&#244;le historique des &#171; grands hommes &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Les hommes font eux-m&#234;mes leur histoire, mais jusqu'ici pas avec une volont&#233; g&#233;n&#233;rale suivant un plan d'ensemble, m&#234;me lorsqu'il s'agit d'une soci&#233;t&#233; donn&#233;e et tout &#224; fait isol&#233;e. Leurs efforts s'entrecroisent et, justement &#224; cause de cela, dans toutes ces soci&#233;t&#233;s domine la n&#233;cessit&#233; dont le hasard est le compl&#233;ment et la manifestation. La n&#233;cessit&#233; qui se fait jour &#224; travers tous les hasards, c'est de nouveau finalement la n&#233;cessit&#233; &#233;conomique. Ici il nous faut parler des soi-disant grands hommes. Que tel grand homme et pr&#233;cis&#233;ment celui-ci appara&#238;t &#224; tel moment, dans tel pays, cela n'est &#233;videmment que pur hasard. Mais supprimons-le, il y a demande pour son remplacement et ce remplacement se fait tant bien que mal, mais il se fait &#224; la longue. &#187; [23]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;terminisme et chaos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos &#233;tudie les processus naturels qui sont apparemment chaotiques ou al&#233;atoires. La d&#233;finition du chaos pourrait &#233;voquer le d&#233;sordre, la confusion, les al&#233;as ou le hasard : un mouvement al&#233;atoire, sans but, ni objectif, ni principe. Mais l'intervention du &#171; hasard &#187; dans un processus mat&#233;riel ouvre la voie &#224; des interpr&#233;tations faisant intervenir des facteurs non-physiques, et donc m&#233;taphysiques : des caprices, ou interventions divines ou spirituelles. La nouvelle science du chaos, comme elle s'int&#233;resse &#224; des &#233;v&#233;nements accidentels, a de profondes implications philosophiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d&#233;sormais prouv&#233; que des processus naturels, consid&#233;r&#233;s pr&#233;c&#233;demment comme al&#233;atoires ou chaotiques, sont soumis &#224; des lois scientifiques, ce qui implique des causes d&#233;terminantes. En outre, cette d&#233;couverte a une port&#233;e tellement large, pour ne pas dire universelle, qu'elle a engendr&#233; une science totalement nouvelle : l'&#233;tude du chaos. Elle a ouvert de nouvelles perspectives, une nouvelle m&#233;thodologie ; certains diront m&#234;me que c'est une r&#233;volution applicable &#224; toutes les autres sciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons deux exemples o&#249; la th&#233;orie du chaos s'applique. Lorsqu'un bloc m&#233;tallique est soumis &#224; un champ magn&#233;tique, il adopte un &#171; &#233;tat ordonn&#233; &#187;, dans lequel toutes les particules pointent dans la m&#234;me direction. Th&#233;oriquement, il est &#171; libre &#187; de s'orienter dans l'une ou l'autre direction ; en pratique, chaque petite partie m&#233;tallique prend la m&#234;me &#171; d&#233;cision &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un scientifique travaillant sur le chaos a mis au jour les r&#232;gles math&#233;matiques qui d&#233;crivent la &#171; g&#233;om&#233;trie fractale &#187; d'une feuille de foug&#232;re. Il a rentr&#233; cette information dans un ordinateur capable de g&#233;n&#233;rer des nombres al&#233;atoires, et programm&#233; pour construire un dessin en positionnant de mani&#232;re al&#233;atoire des points sur l'&#233;cran. Au cours de l'exp&#233;rience, il est impossible de pr&#233;dire o&#249; les points vont appara&#238;tre. Infailliblement, l'image d'une feuille appara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La similarit&#233; superficielle entre ces deux exp&#233;riences est &#233;vidente ; mais elle sugg&#232;re aussi un parall&#232;le plus profond. Tout comme l'ordinateur fondait sa s&#233;lection apparemment al&#233;atoire de points (et pour l'observateur, elle &#233;tait al&#233;atoire) sur des r&#232;gles math&#233;matiques bien d&#233;finies, le comportement des photons (et donc par extension de tous les &#233;v&#233;nements quantiques) est soumis &#224; des lois math&#233;matiques sous-jacentes qui d&#233;passent, pour le moment, la compr&#233;hension humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les marxistes, l'univers entier repose sur des forces et des processus mat&#233;riels. La conscience de l'homme n'est, en derni&#232;re analyse, que le reflet du monde ext&#233;rieur r&#233;el, un reflet fond&#233; sur les interactions physiques entre le corps humain et le monde mat&#233;riel. Dans le monde mat&#233;riel, il n'y a pas de discontinuit&#233;, pas d'interruption dans les interconnexions physiques des &#233;v&#233;nements et des processus. Il n'y a pas de place, pour le dire autrement, pour l'intervention de forces m&#233;taphysiques ou spirituelles. La dialectique mat&#233;rialiste, selon Engels, est la &#171; science des interconnexions universelles &#187;. L'interconnexion du monde physique est fond&#233;e sur le principe de causalit&#233;, selon lequel les processus et les &#233;v&#233;nements sont d&#233;termin&#233;s par des conditions et par des lois r&#233;gissant leurs interactions. Comme l'&#233;crivait Engels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; La premi&#232;re chose qui nous frappe lorsque nous observons de la mati&#232;re en mouvement, c'est la liaison r&#233;ciproque des mouvements individuels des corps individuels, leur conditionnement l'un par l'autre. Or nous trouvons non seulement que tel mouvement est suivi de tel autre, nous trouvons aussi que nous pouvons produire tel mouvement d&#233;termin&#233; en cr&#233;ant les conditions dans lesquelles il s'op&#232;re dans la nature ; et m&#234;me nous sommes en mesure de produire des mouvements qui ne se produisent pas du tout dans la nature (Industrie) &#8211; du moins pas de cette mani&#232;re &#8211; et nous pouvons donner &#224; ces mouvements une direction et une extension d&#233;termin&#233;es &#224; l'avance. C'est gr&#226;ce &#224; cela, gr&#226;ce &#224; l'activit&#233; de l'homme que s'&#233;tablit la repr&#233;sentation de la causalit&#233;, l'id&#233;e qu'un mouvement est la cause d'un autre. &#187; [24]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La complexit&#233; du monde peut cacher les causes et les effets, les rendre indistincts, mais cela n'affecte pas pour autant la logique sous-jacente. Engels explique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; cause et effet sont des repr&#233;sentations qui ne valent comme telles qu'appliqu&#233;es &#224; un cas particulier, mais que, d&#232;s que nous consid&#233;rons ce cas particulier dans sa connexion g&#233;n&#233;rale avec l'ensemble du monde, elles se fondent, elles se r&#233;solvent, dans la vue de l'action r&#233;ciproque universelle, o&#249; causes et effets permutent continuellement, o&#249; ce qui &#233;tait effet maintenant ou ici, devient cause ailleurs ou ensuite, et vice versa. &#187; [25]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos repr&#233;sente ind&#233;niablement une grande avanc&#233;e, mais des questions subsistent au sujet de certaines formulations. Le c&#233;l&#232;bre effet papillon, selon lequel le battement d'une aile de papillon &#224; Tokyo peut provoquer une temp&#234;te &#224; Chicago la semaine suivante, est sans conteste un exemple formidable, qui sert &#224; provoquer la controverse. N&#233;anmoins, sous cette forme, il est incorrect. Des changements qualitatifs ne peuvent se produire que s'il y a eu accumulation de changements quantitatifs. Un petit changement accidentel (les battements d'aile de papillon) ne peut produire un tel r&#233;sultat dramatique que si les conditions pour une temp&#234;te existaient d&#233;j&#224;. Dans ce cas, la n&#233;cessit&#233; peut s'exprimer &#224; travers un incident. Mais seulement dans ce cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation dialectique entre le hasard et la n&#233;cessit&#233; se r&#233;v&#232;le dans le processus de s&#233;lection naturelle. Le nombre de mutations al&#233;atoires dans l'organisme est infiniment grand. N&#233;anmoins, dans un environnement particulier, une de ces mutations peut &#234;tre plus utile &#224; l'organisme et sera conserv&#233;e, alors que les autres dispara&#238;tront. La n&#233;cessit&#233;, encore une fois, s'exprime par l'interm&#233;diaire du hasard. En un sens, l'apparition de la vie sur terre peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un &#171; accident &#187;. Rien ne pr&#233;voyait que la terre devait &#234;tre exactement &#224; la bonne distance du soleil, avec la bonne gravit&#233; et la bonne atmosph&#232;re. Mais, vu ce concours de circonstances, sur une p&#233;riode de temps, &#224; travers un nombre immense de r&#233;actions chimiques, la vie devait immanquablement &#233;merger. Ceci ne s'applique pas seulement &#224; notre plan&#232;te, mais &#233;galement &#224; un grand nombre de plan&#232;tes o&#249; des conditions similaires existent, en dehors de notre syst&#232;me solaire. Cependant, une fois que la vie a &#233;merg&#233;, elle cesse d'&#234;tre un accident et se d&#233;veloppe selon ses propres lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience n'est pas sortie d'un plan divin ; en un sens, elle a &#233;merg&#233; &#171; accidentellement &#187; du bip&#233;disme (la station debout), qui a lib&#233;r&#233; les mains et a permis aux hominid&#233;s d'&#233;voluer en animaux capables de fabriquer des outils. Il est probable que cette bizarrerie de l'&#233;volution soit le r&#233;sultat d'un changement climatique en Afrique de l'Est, qui a partiellement d&#233;truit l'habitat forestier de nos anc&#234;tres simiens. C'&#233;tait un accident. Comme Engels l'explique dans Le R&#244;le du travail dans la transformation du singe en homme, c'est la base sur laquelle la conscience humaine s'est d&#233;velopp&#233;e. Mais dans un sens plus large, l'&#233;mergence de la conscience &#8211; la mati&#232;re consciente d'elle-m&#234;me &#8211; ne peut pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un accident, mais comme un produit n&#233;cessaire de l'&#233;volution de la mati&#232;re, qui proc&#232;de des formes les plus simples aux plus complexes &#8211; et qui, lorsque les conditions existent, donne in&#233;luctablement naissance &#224; de la vie intelligente, &#224; des formes de conscience plus &#233;lev&#233;es, &#224; des soci&#233;t&#233;s complexes et &#224; ce que nous connaissons sous le nom de civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa M&#233;taphysique, Aristote consacre de nombreuses pages &#224; une discussion autour de la nature du n&#233;cessaire et de l'accidentel. Il nous donne l'exemple d'un mot maladroit qui m&#232;ne &#224; une dispute. Dans une situation tendue, par exemple un mariage en difficult&#233;, m&#234;me le commentaire le plus anodin peut mener &#224; une dispute. Mais il est &#233;vident que les mots prononc&#233;s ne sont pas &#224; l'origine de la dispute. Elle est le produit d'une accumulation de stress et de tensions, qui atteint t&#244;t ou tard un point de rupture. Lorsque ce point est atteint, la moindre chose peut provoquer une explosion. Nous pouvons observer le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne au travail : pendant des ann&#233;es, une main-d'&#339;uvre apparemment docile, craintive du ch&#244;mage, est pr&#234;te &#224; accepter tout ce qui lui est impos&#233; (r&#233;ductions salariales, licenciements de coll&#232;gues, conditions de travail d&#233;grad&#233;es, etc.). A la surface, rien ne se passe. Mais en r&#233;alit&#233;, le m&#233;contentement cro&#238;t sans cesse, et va, &#224; un certain moment, s'exprimer. Un jour, les travailleurs craquent : &#171; trop, c'est trop &#187;. A ce moment pr&#233;cis, m&#234;me le plus petit incident peut provoquer un d&#233;brayage. Toute la situation se transforme en son contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une forte analogie entre la lutte des classes et les conflits entre nations. En ao&#251;t 1914, l'archiduc d'Autriche-Hongrie &#233;tait assassin&#233; &#224; Sarajevo. On dit que cela a d&#233;clench&#233; la Premi&#232;re Guerre mondiale. En fait, c'est un accident historique qui pouvait se produire &#8211; ou pas. Avant 1914, plusieurs incidents semblables (comme le &#171; coup d'Agadir &#187;) auraient aussi bien pu mener &#224; la guerre. La v&#233;ritable cause de la Premi&#232;re Guerre mondiale fut l'accumulation de contradictions intenables entre les principales puissances imp&#233;rialistes &#8211; la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et la Russie. Lorsque ces contradictions ont atteint un point critique, l'ensemble du m&#233;lange explosif a pu &#234;tre allum&#233; par une simple &#233;tincelle dans les Balkans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous observons le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne dans l'&#233;conomie mondiale. Au moment o&#249; nous &#233;crivons ces lignes, la ville de Londres a &#233;t&#233; secou&#233;e par l'effondrement de la banque Barings. La faute a &#233;t&#233; imm&#233;diatement rejet&#233;e sur les activit&#233;s frauduleuses d'un employ&#233; &#224; Singapour. Mais l'effondrement de Barings n'&#233;tait que le dernier sympt&#244;me d'un malaise bien plus profond du syst&#232;me financier mondial. Les gros titres du journal The Independent indiquaient : Un accident qui n'attendait que de se produire. A l'&#233;chelle mondiale, 25 000 milliards de dollars sont aujourd'hui investis dans des produits financiers d&#233;riv&#233;s (sp&#233;culatifs). Ceci montre que le capitalisme repose de moins en moins sur la production &#8211; et de plus en plus sur des activit&#233;s sp&#233;culatives. Le fait que M. Leeson ait perdu beaucoup d'argent sur les march&#233;s boursiers japonais est li&#233; au tremblement de terre de Kobe ; mais les analystes &#233;conomiques s&#233;rieux comprennent que c'est surtout l'expression de la fragilit&#233; du syst&#232;me financier international. Avec ou sans M. Leeson, de tels effondrements futurs sont in&#233;vitables. Les grandes firmes internationales et les institutions financi&#232;res, qui sont toutes impliqu&#233;es dans ces magouilles, jouent avec le feu. Un effondrement financier majeur est in&#233;vitable, &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut y avoir plusieurs ph&#233;nom&#232;nes dont les processus sous-jacents et les relations causales ne sont pas enti&#232;rement compris &#8211; et qui apparaissent donc al&#233;atoires. Pour des raisons pratiques, ils ne peuvent donc &#234;tre trait&#233;s que statistiquement, comme la roulette du casino. Mais sous les &#233;v&#233;nements &#171; accidentels &#187;, il y a toujours des forces et des processus qui d&#233;terminent les r&#233;sultats finaux. Nous vivons dans un univers gouvern&#233; par le d&#233;terminisme dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme et la libert&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de la relation entre &#171; n&#233;cessit&#233; &#187; et &#171; libert&#233; &#187; est connu depuis Aristote et a &#233;t&#233; discut&#233; sans fin par les scolastiques du Moyen Age. Kant en fait l'une de ses c&#233;l&#232;bres &#171; antinomies &#187;, o&#249; cette contradiction est pr&#233;sent&#233;e comme insoluble. Aux XVIIe et XVIIIe si&#232;cles, ce probl&#232;me a ressurgi dans les math&#233;matiques sous la forme des th&#233;ories du hasard, en lien avec les paris d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation dialectique entre la n&#233;cessit&#233; et la libert&#233; est r&#233;apparue dans la th&#233;orie du chaos. Doyne Farmer, un physicien am&#233;ricain &#233;tudiant les ph&#233;nom&#232;nes dynamiques complexes, &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Au niveau philosophique, cela m'appar&#251;t comme un moyen op&#233;rationnel de d&#233;finir le libre arbitre, et de le d&#233;finir d'une mani&#232;re permettant de le r&#233;concilier avec le d&#233;terminisme. Le syst&#232;me est d&#233;terministe, mais vous ne pouvez pas dire ce qu'il va faire l'instant d'apr&#232;s. En m&#234;me temps, j'avais toujours eu l'impression que les probl&#232;mes importants, l&#224;, dans le monde, avaient &#224; voir avec la cr&#233;ation de l'organisation, dans la vie ou l'intelligence. Mais comment &#233;tudier cela ? Ce que faisaient les biologistes me semblait tellement appliqu&#233; et sp&#233;cifique, les chimistes ne l'&#233;tudiaient certainement pas, les math&#233;maticiens pas du tout, et c'&#233;tait une chose &#224; laquelle les physiciens ne touchaient pas. J'avais toujours senti que l'&#233;mergence spontan&#233;e de l'auto-organisation devait faire partie de la physique. C'&#233;tait comme les deux faces d'une pi&#232;ce de monnaie. D'un c&#244;t&#233; il y avait l'ordre, avec une &#233;mergence du hasard, et puis un pas plus loin il y avait le hasard avec son propre ordre sous-jacent. &#187; [26]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;terminisme dialectique n'a rien &#224; voir avec une approche m&#233;canique, et encore moins avec le fatalisme. De m&#234;me que des lois gouvernent la mati&#232;re organique et inorganique, des lois gouvernent l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; humaine. Les tendances qui peuvent &#234;tre observ&#233;es &#224; travers l'histoire ne sont pas du tout fortuites. Marx et Engels ont expliqu&#233; que la transition d'un syst&#232;me social &#224; un autre est d&#233;termin&#233;e, en derni&#232;re analyse, par le d&#233;veloppement des forces productives. Quand un syst&#232;me socio-&#233;conomique n'est plus capable de d&#233;velopper les forces productives, il entre en crise, ce qui pr&#233;pare le terrain pour un renversement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas du tout de nier le r&#244;le de l'individu dans l'histoire. Comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, les hommes et femmes font leur propre histoire ; mais ils ne sont des &#171; agents libres &#187; qui peuvent d&#233;terminer leur avenir uniquement sur la base de leur propre volont&#233;. Ils font face &#224; des conditions qui ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es ind&#233;pendamment de leur volont&#233; &#8211; des conditions &#233;conomiques, politiques, sociales, religieuses et culturelles. De ce point de vue, l'id&#233;e du libre arbitre est un non-sens. La v&#233;ritable position de Marx et Engels sur le r&#244;le de l'individu dans l'histoire est explicit&#233;e par la citation suivante, tir&#233;e de La Sainte famille :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; L'histoire ne fait rien, elle &#034;ne poss&#232;de pas de richesse &#233;norme&#034;, elle &#034;ne livre pas de combats&#034;. C'est au contraire l'homme, l'homme r&#233;el et vivant qui fait tout cela, poss&#232;de tout cela et livre tous ces combats ; ce n'est pas, soyez-en certains, l'&#034;Histoire&#034; qui se sert de l'homme comme moyen pour r&#233;aliser &#8211; comme si elle &#233;tait une personne &#224; part &#8211; ses fins &#224; elle ; elle n'est que l'activit&#233; de l'homme qui poursuit ses propres fins. &#187; [27]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes et les femmes ne sont pas des marionnettes du destin, incapables de changer leur propre destin&#233;e. N&#233;anmoins, les hommes et femmes r&#233;els, qui vivent dans le monde r&#233;el que Marx et Engels d&#233;crivaient, ne se situent pas, et ne peuvent pas se situer, hors de la soci&#233;t&#233; dans laquelle ils vivent. Hegel a un jour &#233;crit que &#171; les int&#233;r&#234;ts gouvernent la vie des peuples &#187;. Consciemment ou non, les acteurs individuels, sur la sc&#232;ne de l'histoire, refl&#232;tent les int&#233;r&#234;ts, les opinions, les pr&#233;jug&#233;s, la morale et les aspirations d'une classe ou d'un groupe social particulier. Cela appara&#238;t clairement, m&#234;me en regardant superficiellement l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'illusion du &#171; libre arbitre &#187; persiste. Le philosophe allemand Leibniz affirmait qu'une aiguille magn&#233;tique, si elle pouvait penser, penserait sans doute qu'elle pointe le nord car elle a choisi de le faire. Au XXe si&#232;cle, Sigmund Freud a totalement d&#233;moli la croyance selon laquelle les hommes et femmes contr&#244;lent leurs propres pens&#233;es. Les lapsus et actes manqu&#233;s sont un parfait exemple de la relation dialectique entre accident et n&#233;cessit&#233;. Freud donne de nombreux exemples d'erreurs, d'&#171; oublis &#187; et autres &#171; accidents &#187; qui, dans bien des cas, r&#233;v&#232;lent des processus psychologiques profonds. Il expliquait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Certaines insuffisances de notre fonctionnement psychique [&#8230;] et certains actes en apparence non-intentionnels se r&#233;v&#232;lent, lorsqu'on les livre &#224; l'examen psychanalytique, comme parfaitement motiv&#233;s et d&#233;termin&#233;s par des raisons qui &#233;chappent &#224; la conscience. &#187; [28]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'aucun comportement humain n'est accidentel est un principe fondamental de l'approche freudienne. Les petites erreurs de la vie quotidienne, les r&#234;ves et les sympt&#244;mes n&#233;vrotiques ne sont pas dus au &#171; hasard &#187;. Par d&#233;finition, l'esprit humain n'est pas inform&#233; de ces processus inconscients. Freud s'est rapidement saisi du principe g&#233;n&#233;ral selon lequel ces processus inconscients se r&#233;v&#232;lent (et peuvent donc &#234;tre &#233;tudi&#233;s) dans les fragments de comportement que l'esprit conscient &#233;carte, les consid&#233;rant comme de vulgaires erreurs ou des accidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il possible d'atteindre la libert&#233; ? Si ce que l'on comprend par &#171; acte libre &#187;, c'est un acte qui n'est ni caus&#233;, ni d&#233;termin&#233;, il faut dire tr&#232;s franchement que de tels actes n'ont jamais exist&#233; et n'existeront jamais. Une &#171; libert&#233; &#187; imaginaire de ce type rel&#232;ve de la sp&#233;culation m&#233;taphysique. Hegel expliquait que la libert&#233; r&#233;elle est la connaissance de la n&#233;cessit&#233;. Dans la mesure o&#249; les hommes et les femmes comprendront les lois qui gouvernent la nature et la soci&#233;t&#233;, ils seront dans une position o&#249; ils pourront ma&#238;triser ces lois et les tourner &#224; leur avantage. La base mat&#233;rielle gr&#226;ce &#224; laquelle l'humanit&#233; peut devenir libre a &#233;t&#233; &#233;tablie par le d&#233;veloppement de l'industrie, des sciences et de la technique. Dans un syst&#232;me social rationnel, un syst&#232;me dans lequel les moyens de production seront planifi&#233;s harmonieusement et contr&#244;l&#233;s consciemment, nous pourrons vraiment parler de d&#233;veloppement humain libre. Selon les mots d'Engels, ce serait &#171; le saut de l'humanit&#233; du r&#232;gne de la n&#233;cessit&#233; dans le r&#232;gne de la libert&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Asimov I. - New Guide to Science - p. 375.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Bohm D. - Causality and Chance in Modern Physics - p. 86 et 87.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Ferris T. - The World Treasury of Physics, Astronomy, and Mathematics - p. 103 et 106.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Lerner E. - The Big Bang Never Happened - p. 362-3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] LCW, Vol. 14, p. 55.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Ferris T. - op. cit. - pp. 95-6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Spinoza - L'Ethique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Cit&#233; dans Stewart, I. - Does God Play Dice ? - p. 10-2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Engels F. - Dialectique de la Nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Bohm D. - op. cit. - p. 20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Gleick J. - Chaos, Making a New Science - p. 124.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Bohm D. - op. cit. - pp. x et xi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Bohm D. - op. cit. - pp. 50-1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Hoffmann B. - op. cit. - p. 152.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Bohm D. - op. cit. - p. 25 et 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Hegel G. - Principes de la Philosophie du Droit - p. 10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] MESW, Vol. 3 - pp. 338-9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] MESC, Marx &#224; Kugelmann, le 17 avril 1871 - p. 264.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] MESC, Engels &#224; Starkenburg, le 25 janvier 1894 - p. 467.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] Engels F. - Dialectique de la Nature&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] Engels F. - Anti-D&#252;hring&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Cit&#233; dans Gleick - op. cit. - p. 251-2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Marx K. et Engels F. - Collected Works, Vol. 4, p. 93&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Freud S. - Psychopathologie de la vie quotidienne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La &#034;nature&#034; et les illusions du &#034;bon sens&#034;</title>
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		<dc:date>2025-03-22T23:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Marx dans Le Capital Livre III : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Toute science serait superflue s'il y avait co&#239;ncidence imm&#233;diate entre la forme ph&#233;nom&#233;nale et l'essence des choses. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Marx : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les v&#233;rit&#233;s scientifiques sont toujours paradoxales si l'on raisonne en se fondant sur l'exp&#233;rience quotidienne, laquelle ne saisit que l'apparence trompeuse des choses. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
La &#034;nature&#034; et les illusions du &#034;bon sens&#034; Le bons sens n'est qu'illusions d'optique produites par notre cerveau, notre id&#233;ologie et nos pr&#233;jug&#233;s. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Marx dans Le Capital Livre III :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Toute science serait superflue s'il y avait co&#239;ncidence imm&#233;diate entre la forme ph&#233;nom&#233;nale et l'essence des choses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les v&#233;rit&#233;s scientifiques sont toujours paradoxales si l'on raisonne en se fondant sur l'exp&#233;rience quotidienne, laquelle ne saisit que l'apparence trompeuse des choses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La &#034;nature&#034; et les illusions du &#034;bon sens&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le bons sens n'est qu'illusions d'optique produites par notre cerveau, notre id&#233;ologie et nos pr&#233;jug&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Descartes, la raison humaine, c'est le bon sens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La puissance de bien juger, de distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens, ou la raison, est naturellement &#233;gale en tous les hommes.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; Descartes dans le &#034;Discours de la m&#233;thode&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Kant, il en va de m&#234;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le bon sens est la facult&#233; de la connaissance et de l'emploi des r&#232;gles in concreto l'entendement sp&#233;culatif.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Kant dans &#034;Prol&#233;gom&#232;nes &#224; toute m&#233;taphysique future&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Einstein, lui, disait : &#034;Le bon sens est la collection de pr&#233;jug&#233;s acquis &#224; l'&#226;ge de dix-huit.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le bon sens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le bon sens, l'actuel est la totalit&#233; du r&#233;el. Le pass&#233; et le futur ne sont pas pr&#233;sents. Le virtuel est consid&#233;r&#233; comme imaginaire - donc non-r&#233;el. La non-contradiction semble au bon sens une n&#233;cessit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui, la logique formelle fonctionne sans cesse. Oui ou non, le tiers est exclus. Ou on a une particule ou on n'en a pas. Ou on a un photon lumineux ou on n'en a pas. Ou on a un atome en un endroit et un temps donn&#233; ou on n'en a pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re est constitu&#233;e d'objets, c'est-&#224;-dire des choses qui existent par eux-m&#234;mes, ind&#233;pendamment du milieu avec lequel ils interagissent et de l'observateur ou du mode d'observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re solide est ... solide. La mati&#232;re est compacte, palpable, attach&#233;e, permanente, en contact, d&#233;termin&#233;e en termes de position, de vitesse, de forme, de couleur, permanente, continue, se d&#233;pla&#231;ant dans un espace-temps d&#233;termin&#233;, fixe, continu, permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les positions, les vitesses, les &#233;nergies, les &#233;tats d'une particule, d'un atome, d'une mol&#233;cule sont d&#233;termin&#233;s &#224; un instant donn&#233; et se succ&#232;dent de mani&#232;re continue et lin&#233;aire. Un objet mat&#233;riel se d&#233;place dans l'espace vide sans transformer cet espace. Il est toujours lui-m&#234;me. il n'appara&#238;t pas et ne disparait pas. L'espace est sans forme, sans histoire, identique &#224; lui-m&#234;me. Tout niveau de la mati&#232;re ob&#233;it &#224; la fl&#232;che du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re (ou fermions) et la lumi&#232;re (ou bosons) sont des contraires diam&#233;traux. La mati&#232;re et le vide sont des contraires diam&#233;traux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mati&#232;re, le contact est le mode d'interaction des particules, des atomes ou des mol&#233;cules comme des objets macroscopiques (&#224; notre &#233;chelle). Dans l'atome, les particules sont attach&#233;es. Dans la mol&#233;cule, les atomes sont attach&#233;s. Particules, atomes et mol&#233;cules rebondissent les uns contre les autres en se touchant et &#233;changent ainsi des &#233;nergies cin&#233;tiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout ce qui vient d'&#234;tre &#233;crit, absolument tout, est contredit par la physique moderne, quantique, relativiste et du chaos d&#233;terministe. On peut et on doit prendre le contrepied de chacune des id&#233;es erron&#233;es &#233;crites pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de ces conceptions fig&#233;es, anti-historiques, non-dynamiques, non-interactives, m&#233;taphysiques, continues, lin&#233;aires, il convient de comprendre une vision philosophique dialectique, discontinue, non-lin&#233;aire, interactive d'une r&#233;alit&#233; qui ne se d&#233;crit pas en termes d'objets sans &#234;tre non-mat&#233;rialiste, qui ne se d&#233;crit pas seulement en termes d'ordres tout en &#233;tant d&#233;terministe, qui int&#232;gre le d&#233;sordre souvent appel&#233; hasard tout en ob&#233;issant &#224; des lois, qui est fond&#233;e sur l'&#233;mergence et pas la pr&#233;-existence...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re existe mais son existence est sans cesse remise en cause et reconstitu&#233;e. Elle n'existe pas une fois pour toutes. Elle est &#224; la fois r&#233;elle et virtuelle, et les deux interagissent sans cesse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle existe dans le vide (mati&#232;re virtuelle) et la mati&#232;re &#233;change sans cesse avec le vide. La mati&#232;re appara&#238;t et disparait. l'&#233;nergie apparait et disparait. Deux mati&#232;res n'entrent jamais en contact car elles ne peuvent annuler leur s&#233;paration sans disparaitre et se transformer en &#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re contient seulement du vide avec des niveaux d'interactions et d'organisations emboit&#233;s. La mati&#232;re est donc du vide et le vide est de la mati&#232;re virtuelle, c'est-&#224;-dire existant sur des dur&#233;es infra-quantiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les erreurs du bon sens s'appellent permanence, continuit&#233;, chosification de la mati&#232;re, mythification de l'univers, fixit&#233; de l'&#233;coulement du temps, croyance en l'instantan&#233;it&#233;, causalit&#233; lin&#233;aire (oppos&#233;e &#224; boucles de r&#233;troaction), existence abstraite, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophies &#224; combattre sont notamment celles d'Aristote, de Hume, de Kant et de Descartes....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;suite &#224; venir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Logique formelle et dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage suivant de Trotsky r&#233;sume brillamment la ligne d'argumentation de Hegel au sujet de la loi de l'identit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je vais tenter ici de cerner, de la fa&#231;on la plus concise possible, l'essentiel de la question. La logique aristot&#233;licienne du syllogise simple part de la proposition que &#034; A &#034; est &#233;gal &#224; &#034; A &#034;. Ce postulat est accept&#233; comme un axiome pour quantit&#233; d'actions humaines pratiques et pour des g&#233;n&#233;ralisations &#233;l&#233;mentaires. Mais en r&#233;alit&#233;, &#034; A &#034; n'est pas &#233;gal &#224; &#034; A &#034;. C'est facile &#224; d&#233;montrer, ne fut-ce qu'en regardant ces deux lettres &#224; la loupe : elles diff&#232;rent sensiblement l'une de l'autre. Mais, peut-t-on objecter, il ne s'agit pas de la dimension ni de la forme des lettres, puisqu'elles ne sont que des symboles de quantit&#233;s &#233;gales, par exemple une livre de sucre. L'objection ne tient pas : en r&#233;alit&#233;, une livre de sucre n'est jamais &#233;gale &#224; une livre de sucre &#8211; et des balances plus pr&#233;cises d&#233;c&#232;lent toujours une diff&#233;rence. On pourra encore objecter : une livre de sucre est &#233;gale &#224; elle-m&#234;me. C'est aussi faux : tous les corps changent constamment de dimension, de poids, de couleur, etc. Ils ne sont jamais &#233;gaux &#224; eux-m&#234;mes. Un sophiste r&#233;pondra qu'une livre de sucre est &#233;gale &#224; elle-m&#234;me &#034; &#224; un instant donn&#233; &#034;. Sans m&#234;me parler de la valeur pratique, bien douteuse, d'un tel &#034; axiome &#034;, il ne r&#233;siste pas davantage &#224; la critique th&#233;orique. Comment, en effet, comprendre le mot &#034; instant &#034; ? S'il s'agit d'une fraction infinit&#233;simale de temps, la livre de sucre subira in&#233;vitablement des changements pendant cet &#034; instant &#034;. Ou bien l'instant n'est-il qu'une pure abstraction math&#233;matique, c'est-&#224;-dire repr&#233;sente un z&#233;ro de temps ? Mais tout existe dans le temps et l'existence elle-m&#234;me n'est qu'un processus ininterrompu de transformation : le temps est par cons&#233;quent un &#233;l&#233;ment fondamental de l'existence. Ainsi l'axiome &#034; A &#034; &#233;gale &#034; A &#034; signifie que toute chose est &#233;gale &#224; elle-m&#234;me quand elle ne change pas, c'est-&#224;-dire quand elle n'existe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut sembler au premier abord que ces &#034; subtilit&#233;s &#034; ne sont d'aucune utilit&#233;. Elles ont en r&#233;alit&#233; une importance d&#233;cisive. L'axiome &#034; A &#034; &#233;gale &#034; A &#034; est, d'une part, le point de d&#233;part de toutes nos connaissances et, d'autre part, la source de toutes les erreurs dans nos connaissances. On ne peut manier impun&#233;ment l'axiome &#034; A = A &#034; que dans des limites d&#233;termin&#233;es. Lorsque les changements quantitatifs de &#034; A &#034; sont n&#233;gligeables pour la t&#226;che qui nous int&#233;resse, nous pouvons admettre que &#034; A = A &#034;. C'est ainsi par exemple que l'acheteur et le vendeur consid&#232;rent une livre de sucre. Ainsi consid&#233;rons-nous la temp&#233;rature du soleil. Ainsi consid&#233;rions-nous jusqu'&#224; r&#233;cemment le pouvoir d'achat du dollar. Mais les changements quantitatifs, au-del&#224; d'une certaine limite, se convertissent en changements qualitatifs. Une livre de sucre arros&#233;e d'eau ou d'essence cesse d'&#234;tre une livre de sucre. Un dollar, soumis &#224; l'action du pr&#233;sident, cesse d'&#234;tre un dollar. Dans tous les domaines de la connaissance, y compris la sociologie, l'une des t&#226;ches les plus importantes et les plus difficiles consiste &#224; saisir, au moment pr&#233;cis, le point critique o&#249; la quantit&#233; se change en qualit&#233;. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e dialectique est &#224; la pens&#233;e vulgaire ce que le cin&#233;ma est &#224; la photographie. Le cin&#233;ma ne rejette pas les images fixes de la photographie, mais les combine en une s&#233;rie suivant les lois du mouvement. La dialectique ne rejette pas le syllogisme, mais elle nous enseigne &#224; combiner les syllogismes de fa&#231;on &#224; rapprocher notre connaissance de la r&#233;alit&#233; toujours changeante. Dans sa Logique, Hegel &#233;tablit une s&#233;rie de lois &#8211; le changement de la quantit&#233; en qualit&#233;, le d&#233;veloppement &#224; travers des contradictions, le conflit entre la forme et le contenu, l'interruption de la continuit&#233;, le passage du possible au n&#233;cessaire, etc. &#8211; qui sont aussi importantes pour la pens&#233;e th&#233;orique que le simple syllogisme pour les t&#226;ches les plus &#233;l&#233;mentaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne crois que ce que je vois &#187;, l'ancien adage d'un ancien bon sens mat&#233;rialiste ou r&#233;aliste est-il toujours valable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4994&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4994&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la mati&#232;re &#233;chappe &#224; l'intuition et au bon sens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2865&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2865&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les erreurs du bon sens en thermodynamique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3104&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3104&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adieu au bon sens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.letemps.ch/sciences/ladieu-sens&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.letemps.ch/sciences/ladieu-sens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est-il virtuel ? La mati&#232;re n'existe-t-elle que pour une conscience humaine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5023&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5023&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; physique et nos images humaines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4578&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4578&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la physique quantique nous pose autant de probl&#232;mes philosophiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2265&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2265&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce qu'un effet en Physique ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7624</link>
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		<dc:date>2025-03-06T23:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Physique</dc:subject>
		<dc:subject>Physique quantique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'un effet en Physique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Larousse &#233;crit qu'un effet en Physique est une &#171; manifestation d'un ph&#233;nom&#232;ne pr&#233;dit par la th&#233;orie, qu'un dispositif exp&#233;rimental ad&#233;quat r&#233;v&#232;le imm&#233;diatement. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/effet/27916 &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une vision int&#233;ressante mais &#224; discuter sur de nombreux plans. Et tout d'abord, bien des effets ont &#233;t&#233; d&#233;couverts sans qu'existe une th&#233;orie pour le pr&#233;dire et m&#234;me certains effets n'ont toujours pas de th&#233;orie pour les&#8230; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot282" rel="tag"&gt;Physique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Physique quantique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce qu'un effet en Physique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Larousse &#233;crit qu'un effet en Physique est une &#171; manifestation d'un ph&#233;nom&#232;ne pr&#233;dit par la th&#233;orie, qu'un dispositif exp&#233;rimental ad&#233;quat r&#233;v&#232;le imm&#233;diatement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/effet/27916&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/effet/27916&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une vision int&#233;ressante mais &#224; discuter sur de nombreux plans. Et tout d'abord, bien des effets ont &#233;t&#233; d&#233;couverts sans qu'existe une th&#233;orie pour le pr&#233;dire et m&#234;me certains effets n'ont toujours pas de th&#233;orie pour les&#8230; expliquer ! La plupart des effets physiques ont &#233;t&#233; constat&#233;s et non d&#233;couverts par une th&#233;orie qui les pr&#233;disait. Ils sont donc issus des exp&#233;riences et ce sont les th&#233;ories qui sont venues parfois en aval et pas en amont. M&#234;me s'il y a un peu des deux, de l'aval et de l'amont, on ne peut pas dire que l'effet ait &#233;t&#233; pr&#233;dit par avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; manifestation d'un ph&#233;nom&#232;ne &#187; ? Mais qu'est-ce qu'un ph&#233;nom&#232;ne physique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3118&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3118&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Larousse cite comme exemples l'effet Joule et l'effet Zeeman. Des exemples d'effets pr&#233;dits par la th&#233;orie ? Pas du tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet Joule : &#171; Le r&#233;sultat final n'&#233;tait nullement vis&#233;, ni m&#234;me anticip&#233; au d&#233;part. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/rhs_0151-4105_1979_num_32_4_1640&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/rhs_0151-4105_1979_num_32_4_1640&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet Zeeman : la th&#233;orie est venue apr&#232;s l'exp&#233;rience. &#171; L'inspiration de cette exp&#233;rience lui vient de l'essai rat&#233; de Michael Faraday (racont&#233; par James Clerk Maxwell) &#224; r&#233;aliser la m&#234;me exp&#233;rience. Zeeman d&#233;cide alors d'essayer &#224; nouveau avec des &#233;quipements plus modernes et r&#233;ussit. Lorenz, apr&#232;s avoir pris connaissance des r&#233;sultats de Zeeman, d&#233;veloppe une th&#233;orie qui pr&#233;dit que l'&#233;largissement est en fait d&#251; &#224; la s&#233;paration de la raie spectrale en plusieurs composantes ayant des polarisations sp&#233;cifiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pieter_Zeeman&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pieter_Zeeman&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wikipedia &#233;crit : &#171; Un effet est un &#233;l&#233;ment qui r&#233;sulte d'une cause. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi, c'est une d&#233;finition int&#233;ressante mais elle est tr&#232;s discutable car on ne sait pas comment discerner une cause d'un effet. Etre &#171; cause &#187; ou &#234;tre &#171; effet &#187; n'est pas une propri&#233;t&#233; inh&#233;rente au ph&#233;nom&#232;ne mais seulement relative et temporelle, de l'un par rapoort &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://theses.hal.science/tel-03815855v1/document&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://theses.hal.science/tel-03815855v1/document&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cause&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cause&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wikipedia rajoute que dans les effets physiques, l'&#233;l&#233;ment &#171; effet &#187; qui r&#233;sulte d'une cause est mat&#233;riel. On ne sait pas si wiki englobe dans &#171; mat&#233;riel &#187; aussi bien la lumi&#232;re que la mati&#232;re (et aussi le vide quantique) ? S'il ne le fait pas, c'est parfaitement faux. S'il le fait, alors ce n'est pas la peine de dire que c'est mat&#233;riel car la mati&#232;re con&#231;ue ainsi englobe le tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que nous en pensons&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un effet n'est pas la cons&#233;quence d'une cause mais est le contraire dialectique d'une cause. Il n'y a pas de cause qui ne soit en m&#234;me temps un effet et pas d'effet qui ne soit pas en m&#234;me temps une cause. Mais dans la relation entre un effet et une cause, ceux-ci ne sont pas identiques. Contradictoires et imbriqu&#233;s, ce sont donc bel et bien des oppos&#233;s dialectiques car l'effet se change en cause et la cause en effet !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien souvent, en Physique, l'effet est connu mais la cause est inconnue : la gravitation est un effet d&#233;couvert par Newton mais la cause reste inconnue, de m&#234;me que l'expansion de l'Univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mati&#232;re noire et &#233;nergie noire sont des interpr&#233;tations possibles d'effets (au niveau des &#233;toiles et des galaxies) dont la cause est inconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve825&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve825&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2579&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2579&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La masse des particules, que l'on croyait une propri&#233;t&#233; attach&#233;e &#224; la mati&#232;re, s'est r&#233;v&#233;l&#233;e &#234;tre un effet d'une action sans mati&#232;re (le boson de Higgs) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6226&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6226&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1468&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1468&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement mat&#233;riel se r&#233;v&#232;le lui aussi non une propri&#233;t&#233; de la mati&#232;re mais un simple effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3581&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3581&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparence de continuit&#233; des trajectoires mat&#233;rielles &#233;galement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4027&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4027&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5563&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5563&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re dite &#171; r&#233;elle &#187; n'est elle-m&#234;me qu'un effet issu de la mati&#232;re dite virtuelle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1324&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1324&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1469&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1469&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ondes et les corpuscules se sont eux aussi r&#233;v&#233;l&#233;s &#234;tre seulement des effets et pas des objets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4339&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4339&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article882&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article882&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement brownien des mol&#233;cules n'est qu'un effet de l'agitation du vide quantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4123&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4123&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article838&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article838&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude scientifique ob&#233;it-elle &#224; la &#171; relation de cause &#224; effet &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la conception de cette relation, la cause est cens&#233;e intervenir &#171; avant &#187; l'effet. Cela impose d'introduire la notion de temps et son intervention entre la cause et l'effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets peuvent-ils pr&#233;c&#233;der les causes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7159&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7159&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science-et-vie.com/article-magazine/au-dela-du-quantique-les-effets-peuvent-preceder-les-causes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science-et-vie.com/article-magazine/au-dela-du-quantique-les-effets-peuvent-preceder-les-causes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.numerama.com/sciences/723311-dans-le-monde-quantique-passe-et-futur-pourraient-se-melanger.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.numerama.com/sciences/723311-dans-le-monde-quantique-passe-et-futur-pourraient-se-melanger.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela suppose une deuxi&#232;me chose qui n'est pas si simple que cela : que la m&#234;me cause produise le m&#234;me effet. La th&#233;orie du chaos d&#233;montre que ce n'est pas n&#233;cessairement le cas&#8230; Ou plus exactement, il est parfois impossible d'avoir exactement la m&#234;me cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4351&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4351&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article474&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article474&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose enfin que la cause soit &#171; une raison &#187; de l'effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels exposait : &#171; Pour le m&#233;taphysicien, les choses et leurs reflets dans la pens&#233;e, les concepts, sont des objets d'&#233;tude isol&#233;s, &#224; consid&#233;rer l'un apr&#232;s l'autre et l'un sans l'autre, fixes, rigides, donn&#233;s une fois pour toutes. Il ne pense que par antith&#232;ses sans moyen terme : il dit oui, oui, non, non ; ce qui va au-del&#224; ne vaut rien. Pour lui, ou bien une chose existe, ou bien elle n'existe pas ; une chose ne peut pas non plus &#234;tre &#224; la fois elle-m&#234;me et une autre. Le positif et le n&#233;gatif s'excluent absolument ; la cause et l'effet s'opposent de fa&#231;on tout aussi rigide. Si ce mode de penser nous para&#238;t au premier abord tout &#224; fait plausible, c'est qu'il est celui de ce qu'on appelle le bon sens. Mais si respectable que soit ce compagnon tant qu'il reste cantonn&#233; dans le domaine prosa&#239;que de ses quatre murs, le bon sens conna&#238;t des aventures tout &#224; fait &#233;tonnantes d&#232;s qu'il se risque dans le vaste monde de la recherche, et la mani&#232;re de voir m&#233;taphysique, si justifi&#233;e et si n&#233;cessaire soit-elle dans de vastes domaines dont l'&#233;tendue varie selon la nature de l'objet, se heurte toujours, t&#244;t ou tard, &#224; une barri&#232;re au-del&#224; de laquelle elle devient &#233;troite, born&#233;e, abstraite, et se perd en contradictions insolubles : la raison en est que, devant les objets singuliers, elle oublie leur encha&#238;nement ; devant leur &#234;tre, leur devenir et leur p&#233;rir ; devant leur repos, leur mouvement ; les arbres l'emp&#234;chent de voir la for&#234;t. Pour les besoins de tous les jours, nous savons, par exemple, et nous pouvons dire avec certitude, si un animal existe ou non ; mais une &#233;tude plus pr&#233;cise nous fait trouver que ce probl&#232;me est parfois des plus embrouill&#233;s, et les juristes le savent tr&#232;s bien, qui se sont &#233;vertu&#233;s en vain &#224; d&#233;couvrir la limite rationnelle &#224; partir de laquelle tuer un enfant dans le sein de sa m&#232;re est un meurtre ; et il est tout aussi impossible de constater le moment de la mort, car la physiologie d&#233;montre que la mort n'est pas un &#233;v&#233;nement unique et instantan&#233;, mais un processus de tr&#232;s longue dur&#233;e. Pareillement, tout &#234;tre organique est, &#224; chaque instant, le m&#234;me et non le m&#234;me ; &#224; chaque instant, il assimile des mati&#232;res &#233;trang&#232;res et en &#233;limine d'autres, &#224; chaque instant des cellules de son corps d&#233;p&#233;rissent et d'autres se forment ; au bout d'un temps plus ou moins long, la substance de ce corps s'est totalement renouvel&#233;e, elle a &#233;t&#233; remplac&#233;e par d'autres atomes de mati&#232;re, de sorte que tout &#234;tre organis&#233; est constamment le m&#234;me et cependant un autre. A consid&#233;rer les choses d'un peu pr&#232;s, nous trouvons encore que les deux p&#244;les d'une contradiction, comme positif et n&#233;gatif, sont tout aussi ins&#233;parables qu'oppos&#233;s et qu'en d&#233;pit de toute leur valeur d'antith&#232;se, ils se p&#233;n&#232;trent mutuellement ; pareillement, que cause et effet sont des repr&#233;sentations qui ne valent comme telles qu'appliqu&#233;es &#224; un cas particulier, mais que, d&#232;s que nous consid&#233;rons ce cas particulier dans sa connexion g&#233;n&#233;rale avec l'ensemble du monde, elles se fondent, elles se r&#233;solvent dans la vue de l'action r&#233;ciproque universelle, o&#249; causes et effets permutent continuellement, o&#249; ce qui &#233;tait effet maintenant ou ici, devient cause ailleurs ou ensuite, et vice versa. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611c.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611c.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir ici le probl&#232;me de la notion de &#171; relation de cause &#224; effet &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2579&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2579&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde mat&#233;riel aurait-il des &#171; causes premi&#232;res &#187;, le reste &#233;tant des effets ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souvient que la fondation de la Physique, rompant avec la M&#233;taphysique du Moyen-Age, visait justement entre autres &#224; rompre avec la notion de &#171; causes premi&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cause_premi%C3%A8re&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cause_premi%C3%A8re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faudrait pas que, par la bande, par exemple avec les particules &#233;l&#233;mentaires, on r&#233;introduise ces fameuses &#171; causes premi&#232;res &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Particule_%C3%A9l%C3%A9mentaire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Particule_%C3%A9l%C3%A9mentaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3319&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3319&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4021&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4021&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3572&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3572&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Physique n'a ni besoin de causes premi&#232;res ni de r&#233;ductionnisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5711&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5711&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2906&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2906&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4030&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4030&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons lumi&#232;re et mati&#232;re, voici deux mondes emboit&#233;s, interagissant sans cesse et contradictoires autant qu'ins&#233;parables, mais ni l'un ni l'autre n'est seulement un effet ni seulement une cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3767&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3767&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article46&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article46&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; causes &#187; et les &#171; effets &#187; s'enchainent dans un cycle permanent d'interactions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://mesplaisirs.com/le-cycle-infini-de-cause-et-effet/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://mesplaisirs.com/le-cycle-infini-de-cause-et-effet/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liste d'effets scientifiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27effets_scientifiques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27effets_scientifiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet tunnel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3126&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3126&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet Hall&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4221&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4221&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet Z&#233;non&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2695&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2695&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet papillon contre effet de serre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5518&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5518&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effets de pointe de la m&#233;t&#233;orologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4548&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4548&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet de serre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3894&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3894&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article647&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article647&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4019&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet Casimir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5233&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5233&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concluons avec Marx : &#171; Comme les corps c&#233;lestes une fois lanc&#233;s dans leurs orbes les d&#233;crivent pour un temps ind&#233;fini, de m&#234;me la production sociale une fois jet&#233;e dans ce mouvement alternatif d'expansion et de contraction le r&#233;p&#232;te par une n&#233;cessit&#233; m&#233;canique. Les effets deviennent causes &#224; leur tour, et des p&#233;rip&#233;ties, d'abord irr&#233;guli&#232;res et en apparence accidentelles, affectent de plus en plus la forme d'une p&#233;riodicit&#233; normale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-25-3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-25-3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les nombres d&#233;crivent-ils toute la r&#233;alit&#233; ? Le monde mat&#233;riel est-il totalement math&#233;matique ?</title>
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		<dc:date>2025-02-28T23:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les nombres d&#233;crivent-ils toute la r&#233;alit&#233; ? Le monde mat&#233;riel est-il totalement math&#233;matique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est certain que l'&#233;tude de la r&#233;alit&#233; (mat&#233;rielle comme humaine et sociale) sugg&#232;re l'emploi du d&#233;nombrement et des math&#233;matiques pour classer, pour comparer, pour d&#233;crire, pour &#233;tudier l'&#233;volution, pour interpr&#233;ter, pour choisir les hypoth&#232;ses et les v&#233;rifier. Cela est attest&#233; par le fait que des civilisations, des cultures diff&#233;rentes et sans liaison entre elles ont employ&#233; diff&#233;rents (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les nombres d&#233;crivent-ils toute la r&#233;alit&#233; ? Le monde mat&#233;riel est-il totalement math&#233;matique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que l'&#233;tude de la r&#233;alit&#233; (mat&#233;rielle comme humaine et sociale) sugg&#232;re l'emploi du d&#233;nombrement et des math&#233;matiques pour classer, pour comparer, pour d&#233;crire, pour &#233;tudier l'&#233;volution, pour interpr&#233;ter, pour choisir les hypoth&#232;ses et les v&#233;rifier. Cela est attest&#233; par le fait que des civilisations, des cultures diff&#233;rentes et sans liaison entre elles ont employ&#233; diff&#233;rents moyens pour mettre sur pied un mode de d&#233;nombrement et une math&#233;matique visant &#224; ce but commun : d&#233;crire quantitativement la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il convient de remarquer qu'on ne peut d&#233;crire aucun ph&#233;nom&#232;ne, qu'il soit naturel, humain ou social, par les seuls nombres, par les seules math&#233;matiques. Le quantitatif est incapable de se substituer au qualitatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, la d&#233;mographie utilise sans cesse des statistiques mais les nombres n'y sont pas employ&#233;s tous seuls. Il faut y rajouter des qualit&#233;s comme : hommes, femmes, enfants, de tel ou tel pays, de telle ou telle r&#233;gion, de telle ou telle profession ou secteur d'activit&#233;, de telle ou telle fortune, de tel ou tel cursus scolaire, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette remarque n'est nullement particuli&#232;re &#224; la d&#233;mographie. On peut en dire tout autant en Physique, en Chimie, en Astronomie, en G&#233;ologie, en Evolution et D&#233;veloppement, en Biologie, en Pharmacie, en M&#233;decine, en Climatologie, en Vulcanologie, en Psychanalyse, en Psychiatrie, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comparer des objets, des situations, pour d&#233;crire une &#233;volution, pour &#233;tablir une loi, il faut non seulement des quantit&#233;s mais aussi des qualit&#233;s et les diff&#233;rences entre ces qualit&#233;s ne se ram&#232;nent nullement &#224; des diff&#233;rences quantitatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distinguer un homme et une femme ne peut pas se faire en se contentant de comparer des quantit&#233;s, pas plus que pour comparer un type d'&#233;toile et un autre ou une &#233;toile et une plan&#232;te, ou encore une plan&#232;te et une autre, un &#233;lectron et un proton (et il n'y a pas de diff&#233;rence num&#233;rique entre particules du m&#234;me type), ou un noyau atomique et un autre, une mol&#233;cule et une autre, une roche et une autre, un individu vivant et un autre, une ville ou un pays d'un autre, etc. On ne peut pas d&#233;crire un tableau de peintre par les seuls nombres et encore moins le riche tableau de la nature&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour utiliser les math&#233;matiques en sciences, il ne faut pas seulement disposer des bons outils math&#233;matiques (ceux ad&#233;quats &#224; cette science, car ce ne sont pas les m&#234;mes outils qui servent dans diff&#233;rentes questions de sciences et certains outils math&#233;matiques ont m&#234;me &#233;t&#233; fabriqu&#233;s sp&#233;cialement pour aider &#224; r&#233;soudre telle ou telle question scientifique). Il faut encore disposer d'une th&#233;orie de cette science qui ait adopt&#233; des param&#232;tres (ceux auxquels on va attribuer ces valeurs num&#233;riques) et disposer encore d'unit&#233;s de mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une taille, un poids, une dur&#233;e, une charge &#233;lectrique, ces param&#232;tres ne sont pas des nombres sans unit&#233;s. Et les seules valeurs num&#233;riques pures sont des rapports entre deux param&#232;tres du m&#234;me type avec les m&#234;mes unit&#233;s. En effet, aucun objet n'a de mesure qui vaut 3 ni 5,2 ni 1,574. Les mesures sont 3 m&#232;tres, 5,2 kilos ou 1,574 km/h. Et avant d'effectuer ces mesures, il est indispensable de disposer des concepts de distance, de poids et de vitesse. Ces param&#232;tres doivent &#234;tre d'abord d&#233;finis par une th&#233;orie (pas seulement par des valeurs num&#233;riques) et par des m&#233;thodes de mesure reconnues, v&#233;rifi&#233;es, &#233;talon&#233;es, avec des m&#233;thodes techniques reconnues, la marge d'erreur &#233;tant &#233;tudi&#233;e et calcul&#233;e, l'incertitude sur la valeur r&#233;elle accept&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'essentiel, c'est que le param&#232;tre n'apparait pas de mani&#232;re directe dans l'observation. C'est une conception th&#233;orique qui le fait naitre, et m&#234;me je dirais, c'est une philosophie, c'est-&#224;-dire une pens&#233;e abstraite, d&#233;tach&#233;e de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; n'agit pas par une op&#233;ration num&#233;rique (ni g&#233;om&#233;trique, ni math&#233;matique, qu'elle soit simple ou complexe). Certes, un mouton plus un mouton, cela fait deux moutons, mais aucune op&#233;ration math&#233;matique ne fait&#8230; un mouton ! Pas plus qu'aucune op&#233;ration math&#233;matique ne fabrique un &#233;lectron, une particule, un atome, une mol&#233;cule, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, l'op&#233;ration d'addition entraine souvent une surprise au bout de quelques additions&#8230; D&#233;j&#224; un &#233;lectron plus un &#233;lectron (qui restent proches), cela fait autre chose que deux &#233;lectrons (ils mettent de l'&#233;nergie en commun&#8230;). Et l'addition d'un grand nombre de mol&#233;cules donne tout autre chose qu'une simple somme (par exemple une plan&#232;te ou une &#233;toile ou autre chose encore).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me l'emploi des math&#233;matiques de telle ou telle mani&#232;re (faut-il des chiffres, des nombres positifs, n&#233;gatifs ou relatifs, r&#233;els ou complexes, des vecteurs, des matrices, des espaces de quel type, etc.), ce n'est pas les math&#233;matiques elles-m&#234;mes qui peuvent donner la r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas d'observer et de calculer pour comprendre la nature et tout le monde r&#233;el, il faut une pens&#233;e humaine, il faut une philosophie, eh oui ! Il faut que cette pens&#233;e soit capable de construire des abstractions qui ne sont pas seulement math&#233;matiques. Les concepts qu'utilise par exemple la physique sont des cr&#233;ations de ce type : &#233;nergie, mati&#232;re, lumi&#232;re, interactions, &#233;mergence de structure, interaction d'&#233;chelle, niveaux d'organisation, structuration, chaos d&#233;terministe, relativit&#233;, vide, charge, champ, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type des concepts choisi a &#233;t&#233; le produit de longues r&#233;flexions et discussions et &#233;t&#233; l'objet de nombreux changements, de tout un processus de pens&#233;e qui reste inachev&#233;. Dans toute cette production d'abstractions visant &#224; d&#233;crire la r&#233;alit&#233;, le calcul math&#233;matique ne joue qu'un tout petit r&#244;le. Les raisonnements utilis&#233;s par les scientifiques pour y parvenir sont du domaine de la philosophie et pas de ceux du raisonnement math&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type de logique de la science n'est pas celui des math&#233;matiques. L'univers des concepts scientifiques n'est pas identique &#224; un univers math&#233;matique : pas le m&#234;me type de v&#233;rit&#233;, pas le m&#234;me type de v&#233;rification, pas la m&#234;me logique, pas le m&#234;me espace, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me lorsqu'il s'agit du type de math&#233;matiques qu'il faut employer dans une quesiton scientifique, la r&#233;ponse ne peut pas &#234;tre donn&#233;e par les math&#233;matiques qui ne peuvent pas trancher entre leurs diverses sortes d'outils. Ainsi, s'agit-il d'une math&#233;matique avec des infinis ou pas, d'une math&#233;matique du continu ou du discontinu, d'une math&#233;matique de logique pure ou dialectique, etc., c'est la science en question qui peut le dire et pas les math&#233;matiques eux-m&#234;mes, cela provient des propr&#233;it&#233;s du r&#233;el qu'il s'agit de d&#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; consid&#233;rer que la nature serait purement math&#233;matique, ne contenant donc aucun autre concept ou raisonnement humain, c'est parfaitement impossible, pas plus que de penser que la r&#233;alit&#233; serait &#171; num&#233;rique &#187; au sens informatique. C'est une philosophie erron&#233;e et qui ne m&#232;ne qu'&#224; une impasse. La nature n'est pas seulement le d&#233;veloppement d'une th&#233;orie de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4482&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4482&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4071&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4071&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3099&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3099&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2228&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2228&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4588&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4588&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2024&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2024&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2008&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2008&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5623&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5623&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1134&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1134&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5439&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5439&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article761&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article761&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve253&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve253&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2511&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2511&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1999&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1999&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4086&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4086&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6054&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6054&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2398&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2398&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6261&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6261&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5361&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5361&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1828&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1828&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5910&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5910&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4174&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4174&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2494&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2494&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4140&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4140&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3379&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3379&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7412&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7412&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4045&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4045&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2282&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2282&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1969_num_67_95_5502&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1969_num_67_95_5502&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://ditdactique.hypotheses.org/221&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ditdactique.hypotheses.org/221&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.quora.com/La-physique-est-elle-une-branche-des-math%C3%A9matiques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.quora.com/La-physique-est-elle-une-branche-des-math%C3%A9matiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des th&#232;ses diff&#233;rentes des n&#244;tres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pythagore et ses disciples pensaient que le secret du monde tenait en quelques mots : &#171; Toute chose est nombre. &#187; Aujourd'hui, la science est parfois tent&#233;e de reprendre l'id&#233;e pythagoricienne en l'&#233;tendant sous la forme &#171; Tout est math&#233;matique &#187;, ce que Galil&#233;e disait d&#233;j&#224; : &#171; Le livre de la nature est &#233;crit en langage math&#233;matique. &#187; Le sens et la port&#233;e de ces liens entre la science et les math&#233;matiques sont un permanent sujet d'int&#233;r&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cas de la physique est frappant : plus que toute autre discipline, la physique s'appuie sur les math&#233;matiques. La question est alors : les entit&#233;s que les math&#233;matiques d&#233;crivent (les groupes, les vari&#233;t&#233;s, les fonctions...) sont-elles diff&#233;rentes de celles dont la physique affirme l'existence (les &#233;lectrons, les champs magn&#233;tiques, les photons...). Cette interrogation est centrale si nous voulons comprendre ce que le physicien Eugene Wigner (1902-1995) a appel&#233; &#171; La d&#233;raisonnable efficacit&#233; des math&#233;matiques dans les sciences de la nature &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour expliquer la d&#233;raisonnable efficacit&#233; des math&#233;matiques, Max Tegmark sugg&#232;re une m&#233;thode radicale : consid&#233;rer que le monde physique est purement math&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/mathematiques/l-univers-est-il-mathematique-2176.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/mathematiques/l-univers-est-il-mathematique-2176.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le monde est-il math&#233;matique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
de John D. Barrow,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://thomas.lepeltier.free.fr/cr/barrow.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://thomas.lepeltier.free.fr/cr/barrow.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le math&#233;maticien nous rend compte de l'impression tr&#232;s forte que donnent les math&#233;matiques d'exister comme un monde ind&#233;pendant de l'homme et pr&#233;existant &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/chaines/les-amphis-de-france-5/sciences-et-philosophie/le-monde-est-il-mathematique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.canal-u.tv/chaines/les-amphis-de-france-5/sciences-et-philosophie/le-monde-est-il-mathematique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' &#171; Hypoth&#232;se de l'univers math&#233;matique &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypoth%C3%A8se_de_l%27univers_math%C3%A9matique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypoth%C3%A8se_de_l%27univers_math%C3%A9matique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout dans l'univers, y compris les humains, fait parti d'une structure math&#233;matique &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon le cosmologiste Max Tegmark&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.developpez.com/actu/68130/-Tout-dans-l-univers-y-compris-les-humains-fait-parti-d-une-structure-mathematique-selon-le-cosmologiste-Max-Tegmark/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.developpez.com/actu/68130/-Tout-dans-l-univers-y-compris-les-humains-fait-parti-d-une-structure-mathematique-selon-le-cosmologiste-Max-Tegmark/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;raisonnable efficacit&#233; des math&#233;matiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.insmi.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/la-deraisonnable-efficacite-des-mathematiques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.insmi.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/la-deraisonnable-efficacite-des-mathematiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Physique quantique et Dialectique</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629</guid>
		<dc:date>2025-01-29T23:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Hegel</dc:subject>
		<dc:subject>Physique quantique</dc:subject>
		<dc:subject>Contradiction</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Physique quantique et Dialectique &lt;br class='autobr' /&gt;
La dialectique, c'est quoi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424 &lt;br class='autobr' /&gt;
La physique quantique, c'est quoi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article568 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5361 &lt;br class='autobr' /&gt;
Quel rapport peut-il bien y avoir entre la dialectique de Hegel (ramen&#233;e au mat&#233;rialisme par Marx) et la physique quantique (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot169" rel="tag"&gt;Hegel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Physique quantique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot315" rel="tag"&gt;Contradiction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Physique quantique et Dialectique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La dialectique, c'est quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique quantique, c'est quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article568&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article568&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5361&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5361&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport peut-il bien y avoir entre la dialectique de Hegel (ramen&#233;e au mat&#233;rialisme par Marx) et la physique quantique ? Le simple fait de poser la question montre bien le foss&#233; qu'on a sciemment entretenu pendant des ann&#233;es entre science et philosophie et entre la dialectique et l'opinion commune. La dialectique, philosophie r&#233;volutionnaire, ne convient pas &#224; la physique quantique ? Non, elle ne convient pas &#224; classe exploiteuse. C'est la science de la r&#233;volution, non seulement de la pens&#233;e mais aussi de la r&#233;alit&#233;, y compris de la mati&#232;re, m&#234;me si bien des scientifiques, quantiques ou pas, l'ignorent. Les probl&#232;mes philosophiques nombreux que pose la physique quantique &#224; l'entendement humain proviennent tous du manque de connaissance en la philosophie dialectique au sens de Hegel car ce sont ceux des oppos&#233;s non diam&#233;traux : onde/corpscule, mati&#232;re/antimati&#232;re, r&#233;el/virtuel, espace/temps, &#233;ph&#233;m&#232;re/durable, continu/discontinu, n&#233;gatif/positif, quantit&#233;/qualit&#233;/ mati&#232;re/&#233;nergie, fermions/bosons, ordre/d&#233;sordre, d&#233;terminisme/ind&#233;terminisme, mati&#232;re/vide, mati&#232;re/lumi&#232;re, structur&#233;/d&#233;structur&#233;, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des interpr&#233;tations philosophiques de la Physique quantique ne discutent m&#234;me pas de la dialectique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.implications-philosophiques.org/les-interpretations-de-la-mecanique-quantique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.implications-philosophiques.org/les-interpretations-de-la-mecanique-quantique/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5660&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5660&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant quantique et dialectique riment tout &#224; fait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1443&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1443&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3573&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3573&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6427&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6427&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-les-etudes-philosophiques-2006-4-page-537.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-les-etudes-philosophiques-2006-4-page-537.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lpem.espci.fr/sites/www.lpem.espci.fr/IMG/pdf/10_fevr_EXPOSE_Havemann_Hegel_dialectique_mecaQ_conf_25_01_13-2.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lpem.espci.fr/sites/www.lpem.espci.fr/IMG/pdf/10_fevr_EXPOSE_Havemann_Hegel_dialectique_mecaQ_conf_25_01_13-2.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/grant/works/1995/05/grant6.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/grant/works/1995/05/grant6.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4371&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4371&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-d-histoire-des-sciences-2010-1-page-221.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-d-histoire-des-sciences-2010-1-page-221.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4557&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4557&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5108&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5108&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5032&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5032&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6440&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2453&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2453&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7520&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7520&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5451&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5451&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article5126&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article5126&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2773&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2773&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article7439&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article7439&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4134&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4134&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1324&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1324&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5300&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5300&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article36&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article36&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article5717&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article5717&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2710&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2710&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4994&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4994&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2265&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2265&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La relativit&#233; de l'espace</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6235</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6235</guid>
		<dc:date>2025-01-03T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Physique</dc:subject>
		<dc:subject>Relativit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire aussi &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire ici : Le vide mat&#233;riel, ou la mati&#232;re cr&#233;e l'espace de Michel Paty &lt;br class='autobr' /&gt;
Espace, Relativit&#233; d'Einstein et vide quantique &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres lectures sur mati&#232;re et vide &lt;br class='autobr' /&gt;
Poincar&#233; dans Science et M&#233;thode&#034; : &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est impossible de se repr&#233;senter l'espace vide ; tous nos efforts pour imaginer un espace pur, d'o&#249; seraient exclues les images changeantes des objets mat&#233;riels, ne peuvent aboutir qu'&#224; une repr&#233;sentation o&#249; les surfaces fortement color&#233;es, par exemple, sont remplac&#233;es par des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot282" rel="tag"&gt;Physique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot298" rel="tag"&gt;Relativit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=l%27espace+cr%C3%A9%C3%A9+par+la+vide+quantique+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/17/73/56/PDF/PatyM-1998d-VideMat.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici : Le vide mat&#233;riel,&lt;br class='autobr' /&gt;
ou la mati&#232;re cr&#233;e l'espace de Michel Paty&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5176&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Espace, Relativit&#233; d'Einstein et vide quantique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=vide+mati%C3%A8re+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D'autres lectures sur mati&#232;re et vide&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Poincar&#233; dans Science et M&#233;thode&#034; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est impossible de se repr&#233;senter l'espace vide ; tous nos efforts pour imaginer un espace pur, d'o&#249; seraient exclues les images changeantes des objets mat&#233;riels, ne peuvent aboutir qu'&#224; une repr&#233;sentation o&#249; les surfaces fortement color&#233;es, par exemple, sont remplac&#233;es par des lignes &#224; faible coloration et l'on ne pourrait aller jusqu'au bout dans cette voie, sans que tout s'&#233;vanouisse et aboutisse au n&#233;ant. C'est de l&#224; que provient la relativit&#233; irr&#233;ductible de l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque parle de l'espace absolu, emploie un mot vide de sens. C'est l&#224; une v&#233;rit&#233; qui a &#233;t&#233; proclam&#233;e depuis longtemps par tous ceux qui ont r&#233;fl&#233;chi &#224; la question, mais qu'on est trop souvent port&#233; &#224; oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en un point d&#233;termin&#233; de Paris, place du Panth&#233;on, par exemple, et je dis : je reviendrai ici demain. Si l'on me demande : Entendez-vous que vous reviendrez au m&#234;me point de l'espace ; je serai tent&#233; de r&#233;pondre : Oui ; et cependant j'aurai tort, puisque d'ici &#224; demain la Terre aura march&#233;, entra&#238;nant avec elle la place du Panth&#233;on, qui aura parcouru plus de 2 millions de kilom&#232;tres. Et, si je voulais pr&#233;ciser mon langage, je n'y gagnerais rien, puisque ces 2 millions de kilom&#232;tres, notre globe les a parcourus dans son mouvement par rapport au soleil, que le soleil se d&#233;place &#224; son tour par rapport &#224; la Voie Lact&#233;e, que la Voie Lact&#233;e elle-m&#234;me est sans doute en mouvement sans que nous puissions conna&#238;tre sa vitesse. De sorte que nous ignorons compl&#232;tement et que nous ignorerons toujours de combien la place du Panth&#233;on se d&#233;place en un jour. En somme, j'ai voulu dire : Demain je verrai de nouveau le d&#244;me et le fronton du Panth&#233;on, et s'il n'y avait pas de Panth&#233;on, ma phrase n'aurait aucun sens et l'espace s'&#233;vanouirait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une des formes les plus banales du principe de la relativit&#233; de l'espace ; mais il en est une autre, sur laquelle Delbeuf a particuli&#232;rement insist&#233;. Supposons que, dans une nuit, toutes les dimensions de l'univers deviennent mille fois plus grandes ; le monde sera rest&#233; semblable &#224; lui-m&#234;me, en donnant au mot de similitude le m&#234;me sens qu'au troisi&#232;me livre de g&#233;om&#233;trie. Seulement, ce qui avait un m&#232;tre de long mesurera d&#233;sormais un kilom&#232;tre, ce qui &#233;tait long d'un millim&#232;tre deviendra long d'un m&#232;tre. Le lit o&#249; je suis couch&#233; et mon corps lui-m&#234;me se seront agrandis dans la m&#234;me proportion. Quand je me r&#233;veillerai, le lendemain matin, quel sentiment &#233;prouverai-je en pr&#233;sence d'une aussi &#233;tonnante transformation ? Eh bien, je ne m'apercevrai de rien du tout. Les mesures les plus pr&#233;cises seront incapables de me rien r&#233;v&#233;ler de cet immense bouleversement, puisque les m&#232;tres dont je me servirai auront vari&#233; pr&#233;cis&#233;ment dans les m&#234;mes proportions que les objets que je chercherai &#224; mesurer. En r&#233;alit&#233;, ce bouleversement n'existe que pour ceux qui raisonnent comme si l'espace &#233;tait absolu. Si j'ai raisonn&#233; un instant comme eux, c'est pour mieux faire voir que leur fa&#231;on de voir implique contradiction. En r&#233;alit&#233;, il vaudrait mieux dire que l'espace &#233;tant relatif, il ne s'est rien pass&#233; du tout et que c'est pour cela que nous ne nous sommes aper&#231;us de rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A-t-on le droit, en cons&#233;quence, de dire que l'on conna&#238;t la distance entre deux points ? Non, puisque cette distance pourrait subir d'&#233;normes variations sans que nous puissions nous en apercevoir, pourvu que les autres distances aient vari&#233; dans les m&#234;mes proportions. Tout &#224; l'heure, nous avions vu que quand je dis : Je serai ici demain, cela ne voulait par dire : Je serai demain au point de l'espace o&#249; je suis aujourd'hui, mais : Je serai demain &#224; la m&#234;me distance du Panth&#233;on qu'aujourd'hui. Et voici que cet &#233;nonc&#233; n'est plus suffisant et que je dois dire : Demain et aujourd'hui, ma distance du Panth&#233;on sera &#233;gale &#224; un m&#234;me nombre de fois la longueur de mon corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout, j'ai suppos&#233; que les dimensions du monde variaient, mais que du moins ce monde restait toujours semblable &#224; lui-m&#234;me. On peut aller beaucoup plus loin et une des th&#233;ories les plus &#233;tonnantes des physiciens modernes va nous en fournir l'occasion. D'apr&#232;s Lorentz et Fitzgerald, tous les corps entra&#238;n&#233;s dans le mouvement de la Terre subissent une d&#233;formation. Cette d&#233;formation est, &#224; la v&#233;rit&#233;, tr&#232;s faible, puisque toutes les dimensions parall&#232;les au mouvement de la Terre diminueraient d'un cent millioni&#232;me, tandis que les dimensions perpendiculaires &#224; ce mouvement ne seraient pas alt&#233;r&#233;es. Mais peu importe qu'elle soit faible, il suffit qu'elle existe pour la conclusion que j'en vais bient&#244;t tirer. Et d'ailleurs, j'ai dit qu'elle &#233;tait faible, mais, en r&#233;alit&#233;, je n'en sais rien du tout ; j'ai &#233;t&#233; victime moi-m&#234;me de l'illusion tenace qui nous fait croire que nous pensons un espace absolu ; j'ai pens&#233; au mouvement de la terre sur son orbite elliptique autour du Soleil, et j'ai admis 30 kilom&#232;tres pour sa vitesse. Mais, sa v&#233;ritable vitesse (j'entends, cette fois, non sa vitesse absolue qui n'a aucun sens, mais sa vitesse par rapport &#224; l'&#233;ther), je ne la connais pas, je n'ai aucun moyen de la conna&#238;tre : elle est peut-&#234;tre 10, 100 fois plus grande et alors la d&#233;formation sera 100, 10.000 fois plus forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvons-nous mettre en &#233;vidence cette d&#233;formation ? Evidemment non ; voici un cube qui a 1 m&#232;tre de c&#244;t&#233; ; par suite du d&#233;placement de la terre, il se d&#233;forme, l'une de ses ar&#234;tes, celle qui est parall&#232;le au mouvement, devient plus petite, les autres ne varient pas. Si je veux m'en assurer &#224; l'aide d'un m&#232;tre, je mesurerai d'abord l'une des ar&#234;tes perpendiculaires au mouvement et je constaterai que mon m&#232;tre s'applique exactement sur cette ar&#234;te ; et, en effet, ni l'une ni l'antre de ces deux longueurs n'est alt&#233;r&#233;e, puisqu'elles sont, toutes deux, perpendiculaires au mouvement. Je veux mesurer, ensuite, l'autre ar&#234;te, celle qui est parall&#232;le au mouvement ; pour cela je d&#233;place mon m&#232;tre et le fais tourner de fa&#231;on &#224; l'appliquer sur mon ar&#234;te. Mais le m&#232;tre ayant chang&#233; d'orientation, et &#233;tant devenu parall&#232;le au mouvement, a subi, &#224; son tour, la d&#233;formation, de sorte que bien que l'ar&#234;te n'ait plus un m&#232;tre de longueur, il s'y appliquera exactement, je ne me serai aper&#231;u de rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On me demandera alors quelle est l'utilit&#233; de l'hypoth&#232;se de Lorentz et de Fitzgerald si aucune exp&#233;rience ne peut permettre de la v&#233;rifier ? c'est que mon exposition a &#233;t&#233; incompl&#232;te ; je n'ai parl&#233; que des mesures que l'on peut faire avec un m&#232;tre ; mais on peut mesurer aussi une longueur par le temps que la lumi&#232;re met &#224; la parcourir, &#224; la condition que l'on admette que la vitesse de la lumi&#232;re est constante et ind&#233;pendante de la direction. Lorentz aurait pu rendre compte des faits en supposant que la vitesse de la lumi&#232;re est plus grande dans la direction du mouvement de la terre que dans la direction perpendiculaire. Il a pr&#233;f&#233;r&#233; admettre que la vitesse est la m&#234;me dans ces diverses directions, mais que les corps sont plus petits dans les unes que dans les autres. Si les surfaces d'onde de la lumi&#232;re avaient subi les m&#232;nes d&#233;formations que les corps mat&#233;riels, nous ne nous serions pas aper&#231;us de la d&#233;formation de Lorentz-Fitzgerald.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un cas comme dans l'autre, il ne peut &#234;tre question de grandeur absolue, mais de la mesure de cette grandeur par le moyen d'un instrument quelconque ; cet instrument peut &#234;tre un m&#232;tre, ou le chemin parcouru par la lumi&#232;re ; c'est seulement le rapport de la grandeur &#224; l'instrument que nous mesurons ; et si ce rapport est alt&#233;r&#233;, nous n'avons aucun moyen de savoir si c'est la grandeur ou bien l'instrument qui a vari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce que je veux faire voir, c'est que, dans cette d&#233;formation, le monde n'est pas demeur&#233; semblable &#224; lui-m&#232;ne ; les carr&#233;s sont devenus des rectangles ou des parall&#233;logrammes, les cercles des ellipses, les sph&#232;res des ellipso&#239;des. Et cependant nous n'avons aucun moyen de savoir si cette d&#233;formation est r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident qu'on pourrait aller beaucoup plus loin : au lieu de la d&#233;formation de Lorentz-Fitzgerald dont les lois sont particuli&#232;rement simples, on pourrait imaginer une d&#233;formation tout &#224; fait quelconque. Les corps pourraient se d&#233;former d'apr&#232;s des lois quelconques, aussi compliqu&#233;es que nous voudrions, nous ne nous en apercevrions pas pourvu que tous les corps sans exception se d&#233;forment suivant les m&#232;nes lois. En disant : tous les corps sans exception, j'y comprends, bien entendu, notre corps lui-m&#234;me, et les rayons lumineux &#233;man&#233;s des divers objets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous regardions le monde dans un de ces miroirs de forme compliqu&#233;e qui d&#233;forment les objets d'une fa&#231;on bizarre, les rapports mutuels des diverses parties de ce monde n'en seraient pas alt&#233;r&#233;s ; si, en effet, deux objets r&#233;els se touchent, leurs images semblent &#233;galement se toucher. A vrai dire, quand nous regardons dans un pareil miroir, nous nous apercevons bien de la d&#233;formation, mais c'est parce que le monde r&#233;el subsiste &#224; c&#244;t&#233; de son image d&#233;form&#233;e ; et alors m&#234;me que ce monde r&#233;el nous serait cach&#233;, il y a quelque chose que l'on ne saurait nous cacher, c'est nous-m&#234;me ; nous ne pouvons cesser de voir, ou tout au moins de sentir, notre corps et nos membres qui n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;form&#233;s et qui continuent &#224; nous servir d'instruments de mesure. Mais si nous imaginons que notre corps soit d&#233;form&#233; lui-m&#234;me, et de la m&#234;me fa&#231;on que s'il &#233;tait vu dans le miroir, ces instruments de mesure &#224; leur tour nous feront d&#233;faut et la d&#233;formation ne pourra plus &#234;tre constat&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici de m&#234;me deux univers qui sont l'image l'un de l'autre ; &#224; chaque objet P de l'univers A correspond dans l'univers B un objet P' qui est son image ; les coordonn&#233;es de cette image P' sont des fonctions d&#233;termin&#233;es de celles de l'objet P ; ces fonctions peuvent d'ailleurs &#234;tre tout &#224; fait quelconques ; je suppose seulement qu'on les ait choisies une fois pour toutes. Entre la position de P et celle de P', il y a une relation constante ; quelle est cette relation, peu importe ; il suffit qu'elle soit constante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, ces deux univers seront indiscernables l'un de l'autre. Je veux dire que le premier sera pour ses habitants ce que le second est pour les siens. Et il en serait ainsi tant que les deux univers resteraient &#233;trangers l'un &#224; l'autre. Supposons que nous habitions l'univers A, nous aurons construit notre science et en particulier notre g&#233;om&#233;trie : pendant ce temps les habitants de l'univers B auront construit une science, et comme leur monde est l'image du n&#244;tre, leur g&#233;om&#233;trie sera aussi l'image de la n&#244;tre ou, pour mieux dire, ce sera la m&#234;me. Mais si un jour une fen&#234;tre nous est ouverte sur l'univers B, nous les prendrons en piti&#233; : &#171; Les malheureux, dirons-nous, ils croient avoir fait une g&#233;om&#233;trie, mais ce qu'ils appellent ainsi n'est qu'une image grotesque de la n&#244;tre ; leurs droites sont toutes tordues, leurs cercles sont bossus, leurs sph&#232;res ont de capricieuses in&#233;galit&#233;s &#187;. Et nous ne nous douterons pas qu'ils en disent autant de nous, et qu'on ne saura jamais qui a raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit dans quel sens large doit &#234;tre entendue la relativit&#233; de l'espace ; l'espace est en r&#233;alit&#233; amorphe et les choses qui sont dedans lui donnent seules une forme. Que doit-on penser alors de cette intuition directe que nous aurions de la droite ou de la distance ? Nous avons si peu l'intuition de la distance en soi que, dans une nuit, nous l'avons dit, une distance pourrait devenir mille fois plus grande sans que nous puissions nous en apercevoir, si toutes les autres distances avaient subi la m&#234;me alt&#233;ration. Et m&#234;me en une nuit l'univers B pourrait s'&#234;tre substitu&#233; &#224; l'univers A sans que nous eussions aucun moyen de le savoir, et alors les lignes droites d'hier auraient cess&#233; d'&#234;tre droites et nous ne nous apercevrions de rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de l'espace n'est pas par elle-m&#234;me et au sens absolu du mot &#233;gale &#224; une autre partie de l'espace ; car si elle l'est pour nous, elle ne le sera pas pour les habitants de l'univers B ; et ceux-ci ont pr&#233;cis&#233;ment autant de droits de rejeter notre opinion que nous en avons de condamner la leur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai montr&#233; ailleurs quelles sont les cons&#233;quences de ces faits au point de vue de l'id&#233;e que nous devons nous faire de la g&#233;om&#233;trie non-euclidienne et d'autres g&#233;om&#233;tries analogues ; je ne veux pas y revenir ; et aujourd'hui je me placerai &#224; un point de vue un peu diff&#233;rent.&lt;br class='autobr' /&gt;
II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette intuition de la distance, de la direction, de la ligne droite, si cette intuition directe de l'espace en un mot n'existe pas, d'o&#249; vient que nous croyons l'avoir ? Si ce n'est l&#224; qu'une illusion, d'o&#249; vient que cette illusion est si tenace ? C'est ce qu'il convient d'examiner. Il n'y a pas d'intuition directe de la grandeur, avons-nous dit, et nous ne pouvons atteindre que le rapport de cette grandeur &#224; nos instruments de mesure. Nous n'aurions donc pas pu construire l'espace si nous n'avions eu un instrument pour le mesurer ; eh bien, cet instrument auquel nous rapportons tout, celui dont nous nous servons instinctivement, c'est notre propre corps. C'est par rapport &#224; notre corps que nous situons les objets ext&#233;rieurs, et les seules relations spatiales de ces objets que nous puissions nous repr&#233;senter, ce sont leurs relations avec notre corps. C'est notre corps qui nous sert, pour ainsi dire, de syst&#232;me d'axes de coordonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple &#224; un instant &#945;, la pr&#233;sence de l'objet A m'est r&#233;v&#233;l&#233;e par le sens de la vue ; &#224; un autre instant &#946;, la pr&#233;sence d'un autre objet B m'est r&#233;v&#233;l&#233;e par un autre sens, celui de l'ouie ou du toucher, par exemple. Je juge que cet objet B occupe la m&#234;me place que l'objet A. Qu'est-ce que cela veut dire ? D'abord cela ne signifie pas que ces deux objets occupent, &#224; deux instants diff&#233;rents, un m&#234;me point d'un espace absolu, qui m&#234;me, s'il existait, &#233;chapperait &#224; notre connaissance, puisque, entre les instants &#945; et &#946;, le syst&#232;me solaire s'est d&#233;plac&#233; et que nous ne pouvons conna&#238;tre son d&#233;placement. Cela veut dire que ces deux objets occupent la m&#234;me position relative par rapport &#224; notre corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela m&#234;me, qu'est-ce que cela veut dire ? Les impressions qui nous sont venues de ces objets ont suivi des chemins absolument diff&#233;rents, le nerf optique pour l'objet A, le nerf acoustique pour l'objet B. Elles n'ont rien de commun au point de vue qualitatif. Les repr&#233;sentations que nous pouvons nous faire de ces deux objets sont absolument h&#233;t&#233;rog&#232;nes, irr&#233;ductibles l'une &#224; l'autre. Seulement je sais que, pour atteindre l'objet A, je n'ai qu'&#224; &#233;tendre le bras droit d'une certaine mani&#232;re ; lors m&#234;me que je m'abstiens de le faire, je me repr&#233;sente les sensations musculaires et autres sensations analogues qui accompagneraient cette extension, et cette repr&#233;sentation est associ&#233;e &#224; celle de l'objet A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, je sais &#233;galement que je puis atteindre l'objet B en &#233;tendant le bras droit de la m&#234;me mani&#232;re, extension accompagn&#233;e du m&#234;me cort&#232;ge de sensations musculaires. Et quand je dis que ces deux objets occupent la m&#234;me position, je ne veux pas dire autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais aussi que j'aurais pu atteindre l'objet A par un autre mouvement appropri&#233; du bras gauche et je me repr&#233;sente les sensations musculaires qui auraient accompagn&#233; ce mouvement ; et, par ce m&#234;me mouvement du bras gauche accompagn&#233; des m&#234;mes sensations, j'aurais pu &#233;galement atteindre l'objet B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela est tr&#232;s important, puisque c'est de cette fa&#231;on que je pourrai me d&#233;fendre contre les dangers dont pourraient me menacer soit l'objet A, soit l'objet B. A chacun des coups dont nous pouvons &#234;tre frapp&#233;s, la nature a associ&#233; une ou plusieurs parades qui nous permettent de nous en pr&#233;server. Une m&#234;me parade peut r&#233;pondre &#224; plusieurs coups ; c'est ainsi, par exemple, qu'un m&#234;me mouvement du bras droit nous aurait permis de nous d&#233;fendre &#224; l'instant &#945; contre l'objet A et &#224; l'instant &#946; contre l'objet B. De m&#234;me, un m&#234;me coup peut &#234;tre par&#233; de plusieurs mani&#232;res, et nous avons dit, par exemple, qu'on pouvait atteindre indiff&#233;remment l'objet A, soit par un certain mouvement du bras droit, soit par un certain mouvement du bras gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces parades n'ont rien de commun entre elles, sinon qu'elles permettent de se garer d'un m&#234;me coup, et c'est cela, et rien que cela, que nous entendons quand nous disons que ce sont des mouvements aboutissant &#224; un m&#234;me point de l'espace. De m&#234;me, ces objets, dont nous disons qu'ils occupent un m&#234;me point de l'espace, n'ont rien de commun, sinon qu'une m&#234;me parade peut permettre de se d&#233;fendre contre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou, si l'on aime mieux, que l'on se repr&#233;sente d'innombrables fils t&#233;l&#233;graphiques, les uns centrip&#232;tes, les autres centrifuges. Les fils centrip&#232;tes nous pr&#233;viennent des accidents qui se produisent au dehors, les fils centrifuges doivent y apporter le rem&#232;de. Des connexions sont &#233;tablies de telle fa&#231;on que quand l'un des fils centrip&#232;tes est parcouru par un courant, ce courant agit sur un relais et provoque ainsi un courant dans l'un des fils centrifuges, et les choses sont arrang&#233;es pour que plusieurs fils centrip&#232;tes puissent agir sur un m&#234;me fil centrifuge, si un m&#234;me rem&#232;de convient &#224; plusieurs maux, et qu'un fil centrip&#232;te puisse &#233;branler divers fils centrifuges, soit simultan&#233;ment, soit &#224; d&#233;faut l'un de l'autre, toutes les fois qu'un m&#234;me mal peut &#234;tre gu&#233;ri par plusieurs rem&#232;des.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce syst&#232;me complexe d'associations, c'est ce tableau de distribution, pour ainsi dire, qui est toute notre g&#233;om&#233;trie, ou, si l'on veut, tout ce que notre g&#233;om&#233;trie a d'instinctif. Ce que nous appelons notre intuition de la ligne droite ou de la distance, c'est la conscience que nous avons de ces associations et de leur caract&#232;re imp&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'o&#249; vient ce caract&#232;re imp&#233;rieux lui-m&#234;me, il est ais&#233; de le comprendre. Une association nous para&#238;tra d'autant plus indestructible qu'elle sera plus ancienne. Mais ces associations ne sont pas, pour la plupart, des conqu&#234;tes de l'individu, puisqu'on en voit la trace chez l'enfant qui vient de na&#238;tre : ce sont des conqu&#234;tes de la race. La s&#233;lection naturelle a d&#251; amener ces conqu&#234;tes d'autant plus vite qu'elles &#233;taient plus n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce compte, celles dont nous parlons ont d&#251; &#234;tre des premi&#232;res en date, puisque sans elles la d&#233;fense de l'organisme &#233;t&#233; impossible. Des que les cellules n'ont plus &#233;t&#233; purement juxtapos&#233;es, et qu'elles ont &#233;t&#233; appel&#233;es &#224; se porter un mutuel secours, il a bien fallu que s'organise un m&#233;canisme analogue &#224; celui que nous venons de d&#233;crire pour que ce secours ne se trompe pas de chemin et aille au-devant du p&#233;ril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand une grenouille est d&#233;capit&#233;e, et qu'une goutte d'acide est d&#233;pos&#233;e en un point de la peau, elle cherche &#224; essuyer l'acide avec la patte la plus rapproch&#233;e, et, si cette patte est amput&#233;e, elle l'enl&#232;ve avec la patte du cot&#233; oppos&#233;. Voil&#224; bien cette double parade dont je parlais tout &#224; l'heure, permettant de combattre un mal par un second rem&#232;de, si le premier fait d&#233;faut. Et c'est cette multiplicit&#233; des parades, et la coordination qui en r&#233;sulte, qui est l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit &#224; quelle profondeur de l'inconscient il faut descendre pour trouver les premi&#232;res traces de ces associations spatiales, puisque les parties les plus inf&#233;rieures du syst&#232;me nerveux entrent seules en jeu. Comment s'&#233;tonner, d&#232;s lors, de la r&#233;sistance que nous opposons &#224; toute tentative faite pour dissocier ce qui depuis si longtemps est associ&#233; ? Or, c'est cette r&#233;sistance m&#234;me que nous appelons l'&#233;vidence des v&#233;rit&#233;s g&#233;om&#233;triques ; cette &#233;vidence n'est autre chose que la r&#233;pugnance que l'on &#233;prouve &#224; rompre avec de tr&#232;s vieilles habitudes, dont on s'est toujours bien trouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace ainsi cr&#233;&#233; n'est qu'un petit espace qui ne s'&#233;tend pas plus loin que ce que mon bras peut atteindre ; l'intervention de la m&#233;moire est n&#233;cessaire pour en reculer les limites. Il y a des points qui resteront hors de ma port&#233;e, quelque effort que je fasse pour &#233;tendre la main ; si j'&#233;tais clou&#233; au sol comme un polype hydraire, par exemple, qui ne peut qu'&#233;tendre ses tentacules, tous ces points seraient en dehors de l'espace, puisque les sensations que nous pourrions &#233;prouver par l'action des corps qui y seraient plac&#233;s, ne seraient associ&#233;es &#224; l'id&#233;e d'aucun mouvement nous permettant de les atteindre, d'aucune parade appropri&#233;e. Ces sensations ne nous sembleraient avoir aucun caract&#232;re spatial et nous ne chercherions pas &#224; les localiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous ne sommes pas fix&#233;s au sol comme les animaux inf&#233;rieurs ; nous pouvons, si l'ennemi est trop loin, marcher &#224; lui d'abord et &#233;tendre la main quand nous sommes assez pr&#232;s. C'est encore une parade, mais une parade &#224; longue port&#233;e. D'autre part, c'est une parade complexe, et dans la repr&#233;sentation que nous nous en faisons entrent la repr&#233;sentation des sensations musculaires caus&#233;es par les mouvements des jambes, celle des sensations musculaires caus&#233;es par le mouvement final du bras, celle des sensations des canaux semi-circulaires, etc. Nous devons, d'ailleurs, nous repr&#233;senter, non pas un complexus de sensations simultan&#233;es, mais un complexus de sensations successives, et se suivant dans un ordre d&#233;termin&#233;, et c'est pour cela que j'ai dit tout &#224; l'heure que l'intervention de la m&#233;moire &#233;tait n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Observons encore que, pour aller &#224; un m&#234;me point, je puis m'approcher plus pr&#233;s du but &#224; atteindre, pour avoir moins &#224; &#233;tendre la main ; que sais-je encore ? Ce n'est pas une, c'est mille parades que je puis opposer &#224; un m&#234;me danger. Toutes ces parades sont form&#233;es de sensations qui peuvent n'avoir rien de commun et cependant nous les regarderons comme d&#233;finissant un m&#234;me point de l'espace, parce qu'elles peuvent r&#233;pondre &#224; ce m&#234;me danger et qu'elles sont les unes et les autres associ&#233;es &#224; la notion de ce danger. C'est la possibilit&#233; de parer un m&#234;me coup, qui fait l'unit&#233; de ces parades diverses, comme c'est la possibilit&#233; d'&#234;tre par&#233;s de la m&#234;me fa&#231;on qui fait l'unit&#233; des coups de nature si diverse, qui peuvent nous menacer d'un m&#234;me point de l'espace. C'est cette double unit&#233; qui fait l'individualit&#233; de chaque point de l'espace, et, dans la notion de point, il n'y a pas autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace que j'envisageais dans le paragraphe pr&#233;c&#233;dent, et que je pourrais appeler lespace restreint, &#233;tait rapport&#233; &#224; des axes de coordonn&#233;es li&#233;s &#224; mon corps ; ces axes &#233;taient fixes, puisque mon corps ne bougeait pas et que mes membres seuls se d&#233;pla&#231;aient. Quels sont les axes auxquels se rapporte naturellement lespace &#233;tendu ? c'est-&#224;-dire le nouvel espace que je viens de d&#233;finir. Nous d&#233;finissons un point par la suite de mouvements qu'il convient de faire pour l'atteindre &#224; partir d'une certaine position initiale du corps. Les axes sont donc li&#233;s &#224; cette position initiale du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la position que j'appelle initiale peut &#234;tre arbitrairement choisie parmi toutes les positions que mon corps a successivement occup&#233;es ; si la m&#233;moire plus ou moins inconsciente de ces positions successives est n&#233;cessaire &#224; la gen&#232;se de la notion d'espace, cette m&#233;moire petit remonter plus ou moins loin dans le pass&#233;. De l&#224; r&#233;sulte dans la d&#233;finition m&#234;me de l'espace une certaine ind&#233;termination et c'est pr&#233;cis&#233;ment cette ind&#233;termination qui constitue sa relativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a plus d'espace absolu, il y a seulement l'espace relatif &#224; une certaine position initiale du corps. Pour un &#234;tre conscient, qui serait fix&#233; au sol comme les animaux inf&#233;rieurs, et qui, par cons&#233;quent, ne conna&#238;trait que l'espace restreint, l'espace serait encore relatif (puisqu'il se rapporterait &#224; son corps), mais cet &#234;tre n'aurait pas conscience de cette relativit&#233;, parce que les axes auxquels il rapporterait cet espace restreint ne changeraient pas ! Sans doute, le rocher auquel cet &#234;tre serait encha&#238;n&#233; ne serait pas immobile, puisqu'il serait entra&#238;n&#233; dans le mouvement de notre plan&#232;te ; pour nous, par cons&#233;quent, ces axes changeraient &#224; chaque instant ; mais, pour lui, ils ne changeraient pas. Nous avons la facult&#233; de rapporter notre espace &#233;tendu tant&#244;t &#224; la position A de notre corps, consid&#233;r&#233;e comme initiale, tant&#244;t &#224; la position B, qu'il avait quelques instants, apr&#232;s, et que nous sommes libres de regarder &#224; son tour comme initiale ; nous faisons donc &#224; chaque instant des changements inconscients de coordonn&#233;es. Cette facult&#233; ferait d&#233;faut &#224; notre &#234;tre imaginaire, et, faute d'avoir voyag&#233;, il croirait l'espace absolu. A chaque instant, son syst&#232;me d'axes lui serait impos&#233; ; ce syst&#232;me aurait beau changer en r&#233;alit&#233;, pour lui, il serait toujours le m&#234;me, puisqu'il serait toujours le syst&#232;me unique. Il n'en est pas de m&#234;me pour nous qui, &#224; chaque instant, poss&#233;dons plusieurs syst&#232;mes entre lesquels nous pouvons choisir &#224; volont&#233; et &#224; la condition de remonter par la m&#233;moire plus ou moins loin dans le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas tout, l'espace restreint ne serait pas homog&#232;ne ; les divers points de cet espace ne pourraient &#234;tre regard&#233;s comme &#233;quivalents, puisque les uns ne pourraient &#234;tre atteints qu'au prix des plus grands efforts, tandis que d'autres le seraient facilement. Au contraire, notre espace &#233;tendu nous appara&#238;t comme homog&#232;ne, et nous disons que tous les points en sont &#233;quivalents. Qu'est-ce que cela veut dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous partons d'une certaine position A, nous pouvons, &#224; partir de cette position, effectuer certains mouvements M, caract&#233;ris&#233;s par un certain complexus de sensations musculaires. Mais, &#224; partir d'une autre position B, nous pourrons ex&#233;cuter des mouvements M' qui seront caract&#233;ris&#233;s par les m&#234;mes sensations musculaires. Soit alors a la situation d'un certain point du corps, du bout de l'index de la main droite, par exemple, dans la position initiale A, soit b la situation de ce m&#234;me index quand, partant de cette position A, on a ex&#233;cut&#233; les mouvements M. Soit ensuite a la situation de cet index dans la position B, et b sa situation quand, partant de la position B, on a ex&#233;cut&#233; les mouvements M'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien ! j'ai coutume de dire que les points de l'espace a et b sont entre eux comme les points a et b et cela veut dire simplement que les deux s&#233;ries de mouvements M et M' sont accompagn&#233;es des m&#234;mes sensations musculaires. Et comme j'ai conscience que, en passant de la position A &#224; la position B, mon corps est rest&#233; capable des m&#234;mes mouvements, je sais qu'il y a un point de l'espace qui est au point a, ce qu'un point b quelconque est au point a, de sorte que les deux points a et a sont &#233;quivalents. C'est cela qu'on appelle l'homog&#233;n&#233;it&#233; de l'espace. Et, en m&#234;me temps, c'est pour cela que l'espace est relatif, puisque ses propri&#233;t&#233;s restent les m&#234;mes, qu'on le rapporte aux axes A ou aux axes B. De sorte que la relativit&#233; de l'espace et son homog&#233;n&#233;it&#233; sont une seule et m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, si je veux passer au grand espace, qui ne sert plus seulement pour moi, mais o&#249; je peux loger l'univers, j'y arriverai par un acte d'imagination. Je m'imaginerai ce qu'&#233;prouverait un g&#233;ant qui pourrait atteindre les plan&#232;tes en quelques pas ; ou, si l'on aime mieux, ce que je sentirais moi-m&#234;me en pr&#233;sence d'un monde en miniature o&#249; ces plan&#232;tes seraient remplac&#233;es par de petites boules, tandis que sur l'une de ces petites boules s'agiterait un lilliputien que j'appellerais moi. Mais cet acte d'imagination me serait impossible, si je n'avais pr&#233;alablement construit mon espace restreint et mon espace &#233;tendu pour mon usage personnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
IV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi maintenant tous ces espaces ont-ils trois dimensions ? Reportons-nous au &#171; tableau de distribution &#187; dont nous parlions plus haut. Nous avons d'un c&#244;t&#233; la liste des diff&#233;rents dangers possibles ; d&#233;signons-les par A 1, A 2, etc. ; et, de l'autre c&#244;t&#233;, la liste des diff&#233;rents rem&#232;des que j'appellerai de m&#234;me B 1, B 2, etc. Nous avons ensuite des connexions entre les plots de la premi&#232;re liste et ceux de la deuxi&#232;me, de telle fa&#231;on que quand, par exemple, l'avertisseur du danger A 3 fonctionnera, il mettra ou pourra mettre en branle le relais correspondant &#224; la parade B 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme j'ai parl&#233; plus haut de fils centrip&#232;tes ou centrifuges, je crains qu'on ne voie dans tout ceci, non une simple comparaison, mais une description du syst&#232;me nerveux. Telle n'est pas ma pens&#233;e, et cela pour plusieurs raisons : d'abord, je ne me permettrais pas d'&#233;noncer une opinion sur la structure du syst&#232;me nerveux que je ne connais pas, tandis que ceux qui l'ont &#233;tudi&#233; ne le font qu'avec circonspection ; ensuite parce que, malgr&#233; mon incomp&#233;tence, je sens bien que ce sch&#233;ma serait par trop simpliste ; et enfin, parce que, sur ma liste de parades, il en figure de tr&#232;s complexes, qui peuvent m&#234;me, dans le cas de l'espace &#233;tendu, comme nous l'avons vu plus haut, &#234;tre form&#233;es de plusieurs pas suivis d'un mouvement du bras. Il ne s'agit donc pas de connexion physique entre deux conducteurs r&#233;els, mais d'association psychologique entre deux s&#233;ries de sensations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si A 1 et A 2 par exemple sont l'un et l'autre associ&#233;s &#224; la parade B 1, et si A 1 est &#233;galement associ&#233; &#224; la parade B 2, il arrivera g&#233;n&#233;ralement que A 2 et B 2 seront eux aussi associ&#233;s. Si cette loi fondamentale, n'&#233;tait pas g&#233;n&#233;ralement vraie, il n'y aurait qu'une immense confusion et il n'y aurait rien qui p&#251;t ressembler &#224; une conception de l'espace ou &#224; une g&#233;om&#233;trie. Comment, en effet, avons-nous d&#233;fini un point de l'espace. Nous l'avons fait de deux fa&#231;ons : c'est d'une part l'ensemble des avertisseurs A qui sont en connexion avec une m&#234;me parade B ; c'est d'autre part l'ensemble des parades B qui sont en connexion avec un m&#234;me avertisseur A. Si notre loi n'&#233;tait pas vraie, on devrait dire que A 1 et A 2 correspondent &#224; un m&#234;me point puisqu'ils sont tous deux en connexion avec B 1 ; mais on devrait dire &#233;galement qu'ils ne correspondent pas &#224; un m&#234;me point, puisque A 1 serait en connexion avec B 2 et qu'il n'en serait pas de m&#234;me de A 2. Ce serait une contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d'un autre c&#244;t&#233;, si la loi &#233;tait rigoureusement et toujours vraie, l'espace serait tout diff&#233;rent de ce qu'il est. Nous aurions des cat&#233;gories bien tranch&#233;es entre lesquelles se r&#233;partiraient d'une part les avertisseurs A, d'autre part les parades B ; ces cat&#233;gories seraient excessivement nombreuses, mais elles seraient enti&#232;rement s&#233;par&#233;es les unes des autres. L'espace serait form&#233; de points tr&#232;s nombreux, mais discrets, il serait discontinu. Il n'y aurait pas de raison pour ranger ces points dans un ordre plut&#244;t que dans un autre, ni par cons&#233;quent pour attribuer &#224; l'espace trois dimensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'en est pas ainsi ; qu'on me permette de reprendre un instant le langage des gens qui savent d&#233;j&#224; la g&#233;om&#233;trie ; il le faut bien puisque c'est la langue qu'entendent le mieux ceux de qui je cherche &#224; me faire comprendre. Quand je veux parer le coup, je cherche &#224; atteindre le point d'o&#249; vient ce coup, mais il suffit que j'en approche assez pr&#232;s. Alors la parade B 1 pourra r&#233;pondre &#224; A 1 et &#224; A 2 si le point qui correspond &#224; B 1 est suffisamment pr&#232;s &#224; la fois de celui qui correspond &#224; A 1 et de celui qui correspond &#224; A 2. Mais il pourra se faire que le point qui correspond &#224; une autre parade B 2 soit assez voisin du point correspondant &#224; A 1, et ne le soit pas assez du point correspondant &#224; A 2. De sorte que la parade B 2 pourra r&#233;pondre &#224; A 1 sans pouvoir r&#233;pondre &#224; A 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour celui qui ne sait pas encore la g&#233;om&#233;trie, cela se traduira simplement par une d&#233;rogation &#224; la loi &#233;nonc&#233;e plus haut. Et alors, les choses se passeront de la fa&#231;on suivante. Deux parades B 1 et B 2 seront associ&#233;es &#224; un m&#234;me avertissement A 1 et &#224; un tr&#232;s grand nombre d'avertissements que nous rangerons dans la m&#234;me cat&#233;gorie que A 1 et que nous ferons correspondre &#224; un m&#234;me point de l'espace. Mais nous pourrons trouver des avertissements A 2 qui seront associ&#233;s &#224; B 2 sans l'&#234;tre &#224; B 1, et qui en revanche le seront &#224; B 3, lequel B 3 n'&#233;tait pas associ&#233; &#224; A 1, et ainsi de suite, de sorte que noua pouvons &#233;crire la suite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B1, A1, B2, A2, B3, A3, B4, A4,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o&#249; chaque terme est associ&#233; au suivant et au pr&#233;c&#233;dent, mais ne l'est pas aux termes qui sont distants de plusieurs rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile d'ajouter que chacun des termes de ces suites n'est pas isol&#233;, mais fait partie d'une tr&#232;s nombreuse cat&#233;gorie d'autres avertisseurs ou d'autres parades qui a les m&#234;mes connexions que lui, et que l'on peut regarder comme appartenant &#224; un m&#234;me point de l'espace. La loi fondamentale, tout en comportant des exceptions, reste donc presque toujours vraie. Seulement, par suite de ces exceptions, ces cat&#233;gories, au lieu d'&#234;tre enti&#232;rement s&#233;par&#233;es, empi&#232;tent partiellement les unes sur les autres et se p&#233;n&#232;trent mutuellement dans une certaine mesure, de sorte que l'espace devient continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, l'ordre dans lequel ces cat&#233;gories doivent &#234;tre rang&#233;es n'est plus arbitraire et si l'on se reporte &#224; la suite pr&#233;c&#233;dente, on voit bien qu'il faut ranger B 2 entre A 1 et A 2 et par cons&#233;quent entre B 1 et B 3 et qu'on ne saurait par exemple le placer entre B 3 et B 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un ordre dans lequel se rangent naturellement nos cat&#233;gories qui correspondent aux points de l'espace, et l'exp&#233;rience nous apprend que cet ordre se pr&#233;sente sous la forme d'un tableau &#224; triple entr&#233;e, et c'est pour cela que l'espace a trois dimensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la propri&#233;t&#233; caract&#233;ristique de l'espace, celle d'avoir trois dimensions, n'est qu'une propri&#233;t&#233; de notre tableau de distribution, une propri&#233;t&#233; interne de l'intelligence humaine pour ainsi dire. Il suffirait de d&#233;truire quelques-unes de ces connexions, c'est-&#224;-dire de ces associations d'id&#233;es pour avoir un tableau de distribution diff&#233;rent, et cela pourrait &#234;tre assez pour que l'espace acquit une quatri&#232;me dimension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques personnes s'&#233;tonneront d'un pareil r&#233;sultat. Le monde ext&#233;rieur, penseront-elles, doit bien y &#234;tre pour quelque chose. Si le nombre des dimensions vient de la mani&#232;re dont nous sommes faits, il pourrait y avoir des &#234;tres pensants qui vivraient dans notre monde, mais qui seraient faits autrement que nous et qui croiraient que l'espace a plus ou moins de trois dimensions. M. de Cyon n'a-t-il pas dit que les souris japonaises, n'ayant que deux paires de canaux semi-circulaires, croyaient que l'espace a deux dimensions ? Et alors cet &#234;tre pensant, s'il est capable de construire une physique, ne va-t-il pas faire une physique &#224; deux ou &#224; quatre dimensions, et qui en un sens sera cependant la m&#234;me que la n&#244;tre, puisque ce sera la description du m&#234;me monde dans un autre langage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble bien en effet qu'il serait possible de traduire notre physique dans le langage de la g&#233;om&#233;trie &#224; quatre dimensions ; tenter cette traduction ce serait se donner beaucoup de mal pour peu de profit, et je me bornerai &#224; citer la m&#233;canique de Hertz o&#249; l'on voit quelque chose d'analogue. Cependant, il semble que la traduction serait toujours moins simple que le texte, et qu'elle aurait toujours l'air d'une traduction, que la langue des trois dimensions semble la mieux appropri&#233;e &#224; la description de notre monde, encore que cette description puisse se faire &#224; la rigueur dans un autre idiome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, ce n'est pas par hasard que notre tableau de distribution s'est constitu&#233;. Il y a connexion entre l'avertissement A 1 et la parade B 1, cela est une propri&#233;t&#233; interne de notre intelligence ; mais pourquoi cette connexion ? c'est parce que la parade B 1 permet effectivement de se d&#233;fendre contre le danger A 1 ; et cela c'est un fait ext&#233;rieur &#224; nous, c'est une propri&#233;t&#233; du monde ext&#233;rieur. Notre tableau de distribution n'est donc que la traduction d'un ensemble de faits ext&#233;rieurs ; s'il a trois dimensions, c'est parce qu'il s'est adapt&#233; &#224; un monde qui avait certaines propri&#233;t&#233;s ; et la principale de ces propri&#233;t&#233;s c'est qu'il y existe des solides naturels dont les d&#233;placements se font sensiblement suivant les lois que nous appelons lois du mouvement des solides invariables. Si donc la langue des trois dimensions est celle qui nous permet le plus facilement de d&#233;crire notre monde, nous ne devons pas nous en &#233;tonner ; cette langue est calqu&#233;e sur notre tableau de distribution ; et c'est afin de pouvoir vivre dans ce monde que ce tableau a &#233;t&#233; &#233;tabli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai dit que nous pourrions concevoir, vivant dans notre monde, des &#234;tres pensants dont le tableau de distribution serait &#224; quatre dimensions et qui par cons&#233;quent penseraient dans l'hyperespace. Il n'est pas certain toutefois que de pareils &#234;tres, en admettant qu'ils y naissent, pourraient y vivre et s'y d&#233;fendre contre les mille dangers dont ils y seraient assaillis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques remarques pour finir. Il y a un contraste frappant entre la grossi&#232;ret&#233; de cette g&#233;om&#233;trie primitive qui se r&#233;duit &#224; ce que j'appelle un tableau de distribution, et la pr&#233;cision infinie de la g&#233;om&#233;trie des g&#233;om&#232;tres. Et cependant celle-ci est n&#233;e de celle-l&#224; ; mais pas de celle-l&#224; seule ; il a fallu qu'elle f&#251;t f&#233;cond&#233;e par la facult&#233; que nous avons de construire des concepts math&#233;matiques, tels que celui de groupe par exemple ; il a fallu chercher parmi les concepts purs celui qui s'adaptait le mieux &#224; cet espace grossier, dont j'ai essay&#233; d'expliquer la gen&#232;se dans les pages pr&#233;c&#233;dentes et qui nous est commun avec les animaux sup&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vidence de certains postulats g&#233;om&#233;triques n'est, avons-nous dit, que notre r&#233;pugnance &#224; renoncer &#224; de tr&#232;s vieilles habitudes. Mais ces postulats sont infiniment pr&#233;cis, tandis que ces habitudes ont quelque chose d'essentiellement flou. D&#232;s que nous voulons penser, il nous faut bien des postulats infiniment pr&#233;cis, puisque c'est le seul moyen d'&#233;viter la contradiction ; mais parmi tous les syst&#232;mes de postulats possibles, il en est que nous r&#233;pugnerions &#224; choisir, parce qu'ils ne s'accorderaient pas suffisamment avec nos habitudes ; si floues, si &#233;lastiques qu'elles soient, celles-ci ont une limite d'&#233;lasticit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit que si la g&#233;om&#233;trie n'est pas une science exp&#233;rimentale, c'est une science n&#233;e &#224; propos de l'exp&#233;rience, que nous avons cr&#233;&#233; l'espace qu'elle &#233;tudie, mais en l'adaptant au monde o&#249; nous vivons. Nous avons choisi l'espace le plus commode, mais c'est l'exp&#233;rience qui a guid&#233; notre choix ; comme ce choix a &#233;t&#233; inconscient, il nous semble qu'il nous est impos&#233; ; les uns disent que c'est l'exp&#233;rience qui nous l'impose, les autres que nous naissons avec notre espace tout fait ; on voit, d'apr&#232;s les consid&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes, quelle est dans ces deux opinions la part de la v&#233;rit&#233; et la part de l'erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette &#233;ducation progressive qui a abouti &#224; la construction de l'espace, quelle est la part de l'individu, et quelle est celle de la race, c'est ce qu'il est bien difficile de d&#233;terminer. Dans quelle mesure un de nous, transport&#233; d&#232;s sa naissance dans un monde enti&#232;rement diff&#233;rent, o&#249; par exemple domineraient des corps se d&#233;pla&#231;ant conform&#233;ment aux lois de mouvement des solides non-euclidiens, dans quelle mesure, dis-je, pourrait-il renoncer &#224; l'espace ancestral pour b&#226;tir un espace compl&#232;tement nouveau ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part de la race semble bien pr&#233;pond&#233;rante ; cependant, si c'est &#224; elle que nous devons l'espace grossier, l'espace flou dont je parlais tout &#224; l'heure, l'espace des animaux sup&#233;rieurs, n'est-ce pas &#224; l'exp&#233;rience inconsciente de l'individu que nous devons l'espace infiniment pr&#233;cis du g&#233;om&#232;tre ? C'est une question malais&#233;e &#224; r&#233;soudre. Citons cependant un fait qui montre que l'espace que nous ont l&#233;gu&#233; nos anc&#234;tres conserve encore une certaine plasticit&#233;. Certains chasseurs apprennent &#224; tirer des poissons sous l'eau, bien que l'image de ces poissons soit relev&#233;e par la r&#233;fraction. Ils le font d'ailleurs instinctivement : ils ont donc appris &#224; modifier leur ancien instinct de la direction ; ou si l'on veut &#224; substituer &#224; l'association A 1, B 1 une autre association A 1, B 2, parce que l'exp&#233;rience leur a montr&#233; que la premi&#232;re ne r&#233;ussissait pas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Paul Langevin dans &#034;L'aspect g&#233;n&#233;ral de la th&#233;orie de la relativit&#233; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'aspect g&#233;n&#233;ral de la th&#233;orie de la relativit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Conf&#233;rence faite le 30 Mars 1922, &#224; l'Association G&#233;n&#233;rale des &#201;tudiants, par M. Paul Langevin, Professeur au Coll&#232;ge de France en pr&#233;sence de M. Albert Einstein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesdames, Messieurs, Mes chers camarades, Quand j'ai accept&#233;, il y a deux mois, de venir vous parler de la th&#233;orie de la relativit&#233;, je ne pensais pas que ce serait pr&#233;cis&#233;ment la veille du jour o&#249; M. Einstein doit donner, au Coll&#232;ge de France, la premi&#232;re des Conf&#233;rences dans lesquelles il a bien voulu accepter de venir exposer lui-m&#234;me et discuter ses id&#233;es. Je n'ai cependant pas cru devoir d&#233;placer la mienne parce qu'elle me fournit l'occasion de vous dire pourquoi nous avons invit&#233; M. Einstein et quelle est l'importance du remaniement auquel il a soumis les notions les plus fondamentales de la Physique et de la G&#233;om&#233;trie. Je vais m'efforcer de vous donner un aper&#231;u d'ensemble d'une &#339;uvre poursuivie sans rel&#226;che depuis dix-sept ans, puisque c'est en 1905 que M. Einstein a publi&#233; son premier m&#233;moire sur ce sujet. Il avait alors vingt-cinq ans. En fait, il s'agit ici de plus qu'une d&#233;couverte, d'un changement de point vue comparable seulement &#224; celui qu'a introduit Copernic quand il a mis la Terre &#224; sa place dans le syst&#232;me du monde. Pour vous en donner une id&#233;e, il est n&#233;cessaire que je vous rappelle tout d'abord comment &#233;tait constitu&#233; l'ensemble de nos th&#233;ories physiques avant la Relativit&#233;. Cet ensemble peut se repr&#233;senter par la classification des Sciences telle qu'Auguste Comte l'a codifi&#233;e de mani&#232;re qu'il croyait d&#233;finitive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sommet, ou &#224; la base, comme vous voudrez, il y avait la G&#233;om&#233;trie, c'est-&#224;-dire la Science de l'espace. On imaginait que tous les ph&#233;nom&#232;nes se d&#233;roulaient au cours du temps dans un espace &#224; trois dimensions dont les propri&#233;t&#233;s, d&#233;termin&#233;es a priori et de mani&#232;re intangible, &#233;taient r&#233;gies par les lois de la G&#233;om&#233;trie Euclidienne, telles qu'on nous les a enseign&#233;es. Ces lois se d&#233;duisaient d'une mani&#232;re tr&#232;s pr&#233;cise d'un certain nombre d'axiomes et de postulats. Parmi ces derniers un r&#244;le essentiel &#233;tait jou&#233; par le fameux postulatum d'Euclide d'apr&#232;s lequel par tout point on peut mener une parall&#232;le &#224; une droite quelconque et on n'en peut mener qu'une seule. Toutes les Sciences sous-jacentes, M&#233;canique, Astronomie, Physique, Chimie, Biologie, etc&#8230;, &#233;tudient des ph&#233;nom&#232;nes qui sont situ&#233;s dans l'Espace ainsi d&#233;fini. Elles respectent et conservent les lois de la G&#233;om&#233;trie Euclidienne auxquelles elles sont soumises. Il n'&#233;tait venu &#224; l'esprit de personne que les propri&#233;t&#233;s de l'Espace, c'est-&#224;-dire les lois de la G&#233;om&#233;trie, puissent d&#233;pendre de ce qui s'y trouve, c'est-&#224;-dire de toute la Physique, au sens le plus g&#233;n&#233;ral de ce mot. Et cependant, quelle r&#233;ponse ferions-nous si l'on nous posait a priori cette question : Les propri&#233;t&#233;s de l'Espace, c'est-&#224;-dire les propri&#233;t&#233;s des figures que nous pouvons construire avec des objets mat&#233;riels, des r&#232;gles par exemple, seront-elles ind&#233;pendantes de l'endroit o&#249; nous serons plac&#233;s, &#224; proximit&#233; plus ou moins grande d'une masse importante de mati&#232;re comme la Terre ou le Soleil ou m&#234;me l'int&#233;rieur de cette masse ? L'espace est-il vraiment absolu, rigide, intangible comme la G&#233;om&#233;trie Euclidienne nous l'enseigne, ou bien, ses propri&#233;t&#233;s ne d&#233;pendent-elles pas plut&#244;t de la quantit&#233; et de la distribution de la mati&#232;re pr&#233;sente. C'est la conclusion m&#234;me de la th&#233;orie de la Relativit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e que les propri&#233;t&#233;s m&#234;me g&#233;om&#233;triques de l'Univers sont d&#233;termin&#233;es par la mati&#232;re ou par l'&#201;nergie pr&#233;sente, sont relatives &#224; ce qui s'y trouve ou &#224; ce qui s'y passe. Des lois aussi fondamentales que celles de la G&#233;om&#233;trie ne sont pas donn&#233;es a priori par un d&#233;cret de la Nature ant&#233;rieur &#224; l'existence de toute mati&#232;re et de tout ph&#233;nom&#232;ne, mais sont au contraire, comme il semble plus naturel, d&#233;termin&#233;es en tout lieu et &#224; tout instant, par toute la r&#233;alit&#233; pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception n'aurait &#233;videmment aucun sens s'il &#233;tait exact, comme on l'a cru pendant longtemps que la G&#233;om&#233;trie Euclidienne soit la seule possible. C'est le m&#233;rite des pr&#233;curseurs comme Lobatchewsky, Gauss, Riemann, d'avoir montr&#233; qu'on pouvait tr&#232;s bien, sans aucune contradiction logique, imaginer d'autres G&#233;om&#233;tries que celle d'Euclide. Henri Poincar&#233; a compl&#233;t&#233; leur &#339;uvre en y introduisant une extraordinaire clart&#233;. Il suffit en effet, d'abandonner le postulatum d'Euclide et de le remplacer par un autre pour obtenir une G&#233;om&#233;trie non Euclidienne aussi l&#233;gitime, a priori, que l'ancienne. C'est &#224; l'exp&#233;rience de montrer laquelle des G&#233;om&#233;tries ainsi constitu&#233;es s'adapte le mieux &#224; la repr&#233;sentation des r&#233;alit&#233;s physiques. En admettant, par exemple, que par un point on ne peut pas mener de parall&#232;le &#224; une droite on obtient la G&#233;om&#233;trie de Riemann, et si l'on admet au contraire qu'on en peut mener une infinit&#233;, on obtient la G&#233;om&#233;trie de Lobatchewsky. On obtient des g&#233;om&#233;tries plus g&#233;n&#233;rales encore en abandonnant d'autres postulats, par exemple celui de l'homog&#233;n&#233;it&#233; de l'espace. Ces constructions sont rest&#233;es tr&#232;s abstraites jusqu'&#224; ce qu'on se soit aper&#231;u avec Henri Poincar&#233; que les G&#233;om&#233;tries non Euclidiennes sont pr&#233;cis&#233;ment, dans le cas de deux dimensions, celles qui r&#233;gissent les propri&#233;t&#233;s des lignes trac&#233;es sur les surfaces lorsqu'il s'agit de surfaces non d&#233;veloppables, c'est-&#224;-dire non applicables sur un plan par d&#233;roulement. La G&#233;om&#233;trie de Riemann est celle qui r&#233;git les propri&#233;t&#233;s des lignes trac&#233;es sur la sph&#232;re, celle de Lobatchewsky correspond &#224; une autre famille de surfaces simples et pour une surface quelconque, la G&#233;om&#233;trie est non euclidienne et plus compliqu&#233;e en g&#233;n&#233;ral que celles de Riemann-Lobatchewsky. Pour une surface d&#233;veloppable comme le cylindre ou le c&#244;ne, qu'on peut ouvrir et appliquer sur un plan, les propri&#233;t&#233;s des lignes trac&#233;es sur la surface sont &#233;videmment les m&#234;mes que pour un plan, ce sont celles qu'&#233;tudie la g&#233;om&#233;trie plane ordinaire, la G&#233;om&#233;trie Euclidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diverses surfaces n'ont pas, au point de vue pratique une &#233;gale importance ; apr&#232;s celle du plan, vous avez &#233;tudi&#233; la G&#233;om&#233;trie de la sph&#232;re mais vous n'avez pas envisag&#233; celle des lignes trac&#233;es sur la surface de cette carafe parce qu'elle est tr&#232;s compliqu&#233;e et d&#233;pourvue d'applications. Il n'en est pas moins vrai que sur une surface quelconque on peut tracer des lignes et que parmi celles-ci il en est qui jouent un r&#244;le privil&#233;gi&#233; analogue &#224; celui que joue la droite dans le plan ou, sur le cylindre, l'h&#233;lice que devient la droite du plan apr&#232;s l'enroulement. Ces lignes privil&#233;gi&#233;es s'appellent g&#233;od&#233;siques. Chacune d'elles repr&#233;sente sur la surface le plus court chemin entre deux de ses points. C'est encore, si l'on veut, la ligne suivant laquelle un fil tendu s'applique sur la surface. Dans le cas de la sph&#232;re, ces lignes sont les grands cercles, c'est-&#224;-dire les circonf&#233;rences dont le plan passe par le centre de la sph&#232;re. Pour aller d'un point &#224; un autre sur la Terre, par exemple, le plus court chemin consiste &#224; suivre l'arc de grand cercle suivant lequel la sph&#232;re est coup&#233;e par le plan qui contient les deux points et le centre. Quand on prend une g&#233;od&#233;sique et un point situ&#233; en dehors d'elle sur la surface peut-on, par ce point, faire passer des g&#233;od&#233;siques qui ne rencontrent pas la premi&#232;re, c'est-&#224;-dire des parall&#232;les &#224; celle-ci ? La r&#233;ponse &#224; cette question d&#233;pend de la surface consid&#233;r&#233;e. Sur le plan Euclidien ou sur la surface d&#233;veloppable, il y a une parall&#232;le et une seule conform&#233;ment au postulatum d'Euclide. Vous savez que sur la sph&#232;re deux grands cercles quelconques se rencontrent en deux points diam&#233;tralement oppos&#233;s ; il n'y a donc pas de parall&#232;les sur la sph&#232;re, bien que tous les axiomes ou postulats de la G&#233;om&#233;trie plane autres que le postulatum d'Euclide y soient encore v&#233;rifi&#233;s. En fait, Beltrami et Poincar&#233; ont montr&#233; que la G&#233;om&#233;trie des lignes trac&#233;es sur la sph&#232;re n'est pas autre chose que la G&#233;om&#233;trie de Riemann dans laquelle on suppose que par un point on ne peut pas mener de parall&#232;le &#224; une droite donn&#233;e. Il suffit dans les r&#233;sultats de cette G&#233;om&#233;trie de remplacer le mot droite par celui de grand cercle pour obtenir exactement la G&#233;om&#233;trie sph&#233;rique. Pour d'autres surfaces au contraire, on peut par un point quelconque faire passer une infinit&#233; de g&#233;od&#233;siques ne rencontrant pas une g&#233;od&#233;sique donn&#233;e et pour lesquelles cependant les autres axiomes de la G&#233;om&#233;trie ordinaire subsistent. La G&#233;om&#233;trie des lignes trac&#233;es sur ces surfaces est pr&#233;cis&#233;ment celle de Lobatchewsky &#224; condition de remplacer dans les &#233;nonc&#233;s de celle-ci le mot de droite par celui de G&#233;od&#233;sique ce qui ne change &#233;videmment rien &#224; sa structure ni &#224; son contenu. Ainsi les g&#233;om&#233;tries non Euclidiennes &#224; deux dimensions sortent de leurs limbes et prennent une signification concr&#232;te pr&#233;cise : ce sont les G&#233;om&#233;tries des lignes trac&#233;es sur des surfaces qu'on peut envisager dans un espace Euclidien &#224; trois dimensions. Riemann est all&#233; plus loin et a imagin&#233; un espace &#224; trois dimensions comme l'espace Euclidien mais qui en diff&#233;rerait cependant par le fait que les parall&#232;les n'y existeraient pas, ou au contraire parce qu'on pourrait mener par un point une infinit&#233; de parall&#232;les &#224; une droite ou plus exactement &#224; une g&#233;od&#233;sique de cet espace d&#233;finie comme ligne de plus courte distance entre deux quelconques de ses points. De semblables G&#233;om&#233;tries se d&#233;veloppent sans aucune contradiction et leur expression math&#233;matique ou analytique est tout simplement une transposition de la G&#233;om&#233;trie des surfaces ordinaires dans le cas d'un plus grand nombre de dimensions. C'est l&#224; un jeu de formules qui ne pr&#233;sente aucune difficult&#233; mais dont nous ne pouvons plus suivre la signification aussi facilement que dans le cas des surfaces ordinaires parce qu'un espace quelconque de Riemann ne peut &#234;tre con&#231;u comme une surface &#224; trois dimensions trac&#233;e dans un espace Euclidien que si celui-ci est &#224; six dimensions. Comme un tel espace ne nous est pas familier, il est beaucoup plus simple d'&#233;tudier les propri&#233;t&#233;s de l'espace Riemannien sans en sortir, comme Gauss a montr&#233; qu'on pouvait &#233;tudier de mani&#232;re intrins&#232;que la G&#233;om&#233;trie des lignes trac&#233;es sur une surface, sans sortir de celle-ci et sans la supposer situ&#233;e dans un espace euclidien &#224; trois dimensions. Gauss construit toute la th&#233;orie des surfaces en supposant qu'elle est euclidienne dans l'infiniment petit, c'est-&#224;-dire que la surface se confond au voisinage de chaque point avec son plan tangent. L'ensemble de la surface est ainsi constitu&#233; par la juxtaposition d'une infinit&#233; de facettes planes infiniment petites dont l'ensemble n'est pas euclidien, c'est-&#224;-dire n'est pas applicable sur un plan. De m&#234;me pour Riemann, l'espace &#224; trois dimensions peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme euclidien dans une r&#233;gion infiniment petite autour de chacun de ses points o&#249; il se confond, pour ainsi dire, avec un espace euclidien tangent, mais celui-ci change d'un point &#224; l'autre comme le plan tangent &#224; la surface de Gauss et l'ensemble est non euclidien. Nous verrons que cette conception de Gauss et de Riemann est &#224; la base de toute la th&#233;orie de Relativit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Pour celle-ci, l'Univers r&#233;el est non-Euclidien, mais il poss&#232;de au voisinage imm&#233;diat de chacun de ses &#233;l&#233;ments un Univers Euclidien tangent dont la conception r&#233;sumera la premi&#232;re &#233;tape du d&#233;veloppement de la th&#233;orie, celle que nous d&#233;signerons sous le nom de Relativit&#233; restreinte. Tout ceci n'est qu'un pr&#233;ambule destin&#233; &#224; vous rappeler ce qu'&#233;tait la G&#233;om&#233;trie et ce qu'elle pouvait devenir, puisque des math&#233;maticiens avaient montr&#233; la possibilit&#233; de construire d'autres G&#233;om&#233;tries que celle d'Euclide, la seule connue depuis les Grecs. Or, jusqu'&#224; Einstein, les physiciens et avec eux les plus grands des math&#233;maticiens comme Henri Poincar&#233;, ont toujours cru qu'ils n'avaient pas besoin, pour repr&#233;senter les lois de la Nature d'autres G&#233;om&#233;tries que celle d'Euclide. Ils voyaient dans les G&#233;om&#233;tries non euclidiennes &#224; plus de deux dimensions des jeux de l'esprit sans applications pratiques. En fait les math&#233;maticiens sont des artistes qui s'amusent ainsi &#224; construire des syst&#232;mes &#224; cause de leur beaut&#233; sans se pr&#233;occuper de savoir s'ils pourront servir &#224; quelque chose. Nous devons leur en savoir gr&#233;, parce qu'en travaillant de la sorte, ils nous ont fourni des instruments admirables dont Einstein a montr&#233; qu'il &#233;tait non seulement possible mais encore n&#233;cessaire de se servir pour repr&#233;senter la r&#233;alit&#233; physique. Ce travail spontan&#233; des math&#233;maticiens joue au point de vue des applications &#224; la Physique le m&#234;me r&#244;le que la recherche d&#233;sint&#233;ress&#233;e des Physiciens, pouss&#233;s uniquement par souci de comprendre, joue par rapport aux applications pratiques. Les d&#233;couvertes les plus utiles &#224; ce dernier point de vue ont &#233;t&#233; faites sans aucun souci d'utilit&#233; imm&#233;diate ; on st&#233;rilise la recherche scientifique en l'obligeant pr&#233;matur&#233;ment &#224; s'occuper d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la structure ancienne de l'&#233;difice des Sciences, &#224; c&#244;t&#233; des notions fondamentales de la G&#233;om&#233;trie Euclidienne et peut-&#234;tre au-dessus, se trouvait plac&#233; le temps absolu, le vieux Temps avec sa faux, souverain absolu du Monde. Ce temps absolu poss&#233;dait des propri&#233;t&#233;s qu'on lui attribuait a priori sans avoir beaucoup r&#233;fl&#233;chi &#224; leur signification exp&#233;rimentale pr&#233;cise. On croyait savoir par exemple ce qu'on voulait dire en parlant de la simultan&#233;it&#233; de deux &#233;v&#233;nements qui se passent en des lieux diff&#233;rents ; on attribuait &#224; cette notion une signification absolue, de m&#234;me qu'&#224; celle d'ordre de succession dans le temps pour des &#233;v&#233;nements distants dans l'espace. Pour des &#233;v&#233;nements qui se passent en un m&#234;me lieu, &#224; notre contact, par exemple, ces notions de simultan&#233;it&#233; et d'ordre de succession ont un sens bien d&#233;fini, une signification absolue. Quand deux &#233;v&#233;nements tels que les pr&#233;sences de deux portions de mati&#232;re se produisent au m&#234;me lieu et au m&#234;me instant, cette co&#239;ncidence &#224; la fois dans l'espace et dans le temps peut se traduire par un ph&#233;nom&#232;ne, le choc des deux portions de mati&#232;re par exemple et tous les observateurs quels que soient leurs mouvements les uns par rapport aux autres et quels que soient les proc&#233;d&#233;s qu'ils emploient pour rep&#233;rer les positions des &#233;v&#233;nements seront n&#233;cessairement d'accord sur cette co&#239;ncidence. De m&#234;me si deux &#233;v&#233;nements se succ&#232;dent dans une m&#234;me portion de mati&#232;re le premier d&#233;termine ou influe sur les conditions dans lesquelles l'autre se produit, il intervient comme cause. Cette liaison ayant un sens absolu, tous les observateurs doivent &#234;tre d'accord sur l'ordre de succession des deux &#233;v&#233;nements dans le temps ; pour personne la cause ne peut &#234;tre post&#233;rieure &#224; l'effet. L'id&#233;e a priori qu'il doit en &#234;tre de m&#234;me pour des &#233;v&#233;nements distants dans l'espace tient &#233;videmment &#224; ce que nous imaginons toujours la possibilit&#233; d'une action possible d'un de ces &#233;v&#233;nements sur l'autre, d'un lien causal &#233;tabli entre eux par l'interm&#233;diaire d'une action &#224; distance par signal ou par messager. Pour qu'il en soit ainsi quelle que grande que soit la distance entre les &#233;v&#233;nements et quelque petit que soit leur intervalle dans le temps, il faudrait que nous disposions d'un moyen d'agir ou de signaler instantan&#233;ment &#224; distance. La notion de temps absolu se pr&#233;sente ainsi comme solidaire des notions d'action instantan&#233;e &#224; distance, d'existence d'ondes se propageant ou de mobile se d&#233;pla&#231;ant avec une vitesse infinie. La notion de solide invariable c'est-&#224;-dire d'un solide qu'on peut mettre instantan&#233;ment en mouvement dans toute son &#233;tendue ou, ce qui revient au m&#234;me, dans lequel les ondes &#233;lastiques se propagent avec une vitesse infinie, la notion analogue de fil ou de cordon de sonnette inextensible au moyen duquel on pourrait signaler instantan&#233;ment &#224; distance sont &#233;videmment connexes de la notion de temps absolu. Cette derni&#232;re n'aurait de sens exp&#233;rimental que si les autres correspondaient &#224; des r&#233;alit&#233;s et nous savons bien qu'il n'en est pas ainsi. C'est l&#224; un point qu'il importe de souligner tout d'abord pour montrer la faiblesse de cette construction ancienne o&#249; le temps absolu jouait un r&#244;le essentiel sans qu'on ait jamais analys&#233; le contenu de cette id&#233;e, ni montr&#233; sa connexit&#233; avec la possibilit&#233; sans caract&#232;re exp&#233;rimental d'action instantan&#233;e &#224; distance. Vous savez au contraire comment on proc&#232;de en r&#233;alit&#233; pour &#233;tablir la concordance des temps en des lieux diff&#233;rents, pour r&#233;gler les unes par rapport aux autres des horloges plac&#233;es en diff&#233;rents points de la Terre. On &#233;change entre les observatoires ou sont plac&#233;es ces horloges des signaux r&#233;els au moyen de la lumi&#232;re ou des ondes hertziennes. C'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; le travail dont s'occupent en ce moment les g&#233;od&#233;siens en utilisant la t&#233;l&#233;graphie sans fil. C'est la tour Eiffel qui est le centre de ce r&#233;seau d'horloges dont la concordance est obtenue de la mani&#232;re suivante : Des horloges astronomiques sont &#233;tablies &#224; Paris et dans les autres lieux, &#224; New-York par exemple. Ces horloges sont tout d'abord r&#233;gl&#233;es de mani&#232;re &#224; avoir la m&#234;me marche compar&#233;e au mouvement des &#233;toiles. On pourrait d'ailleurs, si la Terre &#233;tait couverte de nuages, se dispenser d'observer des &#233;toiles en envoyant de Paris des signaux p&#233;riodiques &#224; intervalles &#233;gaux &#224; l'unit&#233; de temps, et l'horloge de New-York devrait &#234;tre r&#233;gl&#233;e de mani&#232;re que son unit&#233; de temps concorde avec l'intervalle d'arriv&#233;e de deux signaux cons&#233;cutifs. Il s'agit ensuite de savoir quelle position on doit donner aux aiguilles de l'horloge de New-York pour r&#233;aliser la concordance du temps de cette horloge avec celle de Paris. Pour cela nous enverrons de Paris &#224; midi un signal hertzien et nous noterons l'heure de son arriv&#233;e &#224; l'horloge de New-York. Nous recommencerons la m&#234;me op&#233;ration en sens inverse en notant l'heure d'arriv&#233;e &#224; l'horloge de Paris d'un signal hertzien &#233;mis par New-York &#224; une heure bien d&#233;termin&#233;e de son horloge. Nous d&#233;duirons de ces indications la quantit&#233; dont on doit avancer ou retarder l'horloge de New-York pour que les dur&#233;es de propagation des deux signaux de sens oppos&#233;s soient &#233;gales, la dur&#233;e de propagation de chaque signal &#233;tant mesur&#233;e par la diff&#233;rence entre l'heure de son arriv&#233;e &#224; l'horloge du point d'arriv&#233;e et l'heure de son d&#233;part &#224; l'horloge du point de d&#233;part. Si la marche des horloges a &#233;t&#233; bien r&#233;gl&#233;e la condition ainsi r&#233;alis&#233;e subsistera au cours du temps ; on pourra d'ailleurs s'en assurer en faisant, comme l'on dit, une remise &#224; l'heure de temps en temps. Nous &#233;tablissons la concordance des temps en posant comme condition essentielle que les signaux lumineux ou hertziens doivent mettre le m&#234;me temps pour parcourir une m&#234;me distance dans des sens oppos&#233;s. Nous admettons ainsi que la lumi&#232;re ou les ondes hertziennes se propagent dans toutes les directions avec une m&#234;me vitesse que des exp&#233;riences du genre de la pr&#233;c&#233;dente montrent &#233;gale &#224; trois cent mille kilom&#232;tres par seconde. L'exp&#233;rience montre d'ailleurs que la concordance ainsi &#233;tablie sur un syst&#232;me tel que la Terre est parfaitement coh&#233;rente, c'est-&#224;-dire que deux horloges dont les indications concordent avec celles d'une troisi&#232;me sont concordantes entre elles. Si on a r&#233;gl&#233; New-York et P&#233;kin sur Paris, des signaux &#233;chang&#233;s entre P&#233;kin et New-York v&#233;rifient le r&#233;glage de ces deux postes l'un par rapport &#224; l'autre. On obtient un r&#233;seau complet d'horloges concordantes par simple r&#233;glage au moyen d'une horloge centrale, celle de Paris par exemple. Ce r&#233;sultat n'est nullement &#233;vident a priori. Nous verrons qu'il ne subsiste pas lorsque la rotation du syst&#232;me mat&#233;riel sur lequel on effectue le r&#233;glage devient suffisamment rapide. ou de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale lorsque ce syst&#232;me est plac&#233; dans un champ de gravitation. Ce fait fondamental que v&#233;rifie l'exp&#233;rience c'est l'axiome d'Einstein sur la possibilit&#233; d'obtenir, au moyen de signaux lumineux de vitesse constante, la concordance des temps entre des horloges port&#233;es par un syst&#232;me mat&#233;riel en mouvement de translation rectiligne et uniforme par rapport aux axes d'inertie, pour lesquels les lois de la m&#233;canique sont exactes, c'est-&#224;-dire par rapport &#224; un syst&#232;me dans lequel un mobile abandonn&#233; &#224; lui-m&#234;me se meut d'un mouvement rectiligne et uniforme. Ceci suppose pr&#233;cis&#233;ment l'absence de rotation des axes ou de champ de gravitation. La faible rotation de la Terre n'exerce ici aucune influence sensible sur la propagation de la lumi&#232;re ou des ondes de T. S. F. Tout ceci est parfaitement clair et a, de plus, l'avantage sur l'ancienne notion du temps absolu d'avoir un sens exp&#233;rimental pr&#233;cis. Jusqu'ici quand on op&#233;rait de la sorte, on ne mettait pas en doute que la concordance des temps ainsi r&#233;alis&#233;e donne effectivement le temps absolu. On avait recours, il est vrai, &#224; des signaux de vitesse finie, mais comme on tenait compte du temps de propagation on ne doutait pas que le r&#233;glage obtenu reste l&#233;gitime pour des observateurs qui ne seraient pas li&#233;s &#224; la Terre et seraient en mouvement par rapport &#224; celle-ci. Les lois exp&#233;rimentales de l'&#233;lectromagn&#233;tisme et de l'Optique vont nous imposer la conclusion contraire et nous montrer le caract&#232;re relatif de la concordance des temps obtenue par l'interm&#233;diaire de signaux lumineux. Nous serons conduits &#224; poser en principe qu'aucun autre moyen accessible exp&#233;rimentalement ne nous permettrait d'aboutir &#224; un r&#233;sultat diff&#233;rent et d'obtenir une autre d&#233;finition du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la g&#233;om&#233;trie, apr&#232;s le temps, il y a ce qu'on appelle la cin&#233;matique, c'est-&#224;-dire l'&#233;tude de la succession des &#233;v&#233;nements dans le temps, l'&#233;tude des trajectoires des mobiles. Cette &#233;tude fait intervenir non seulement des points comme t'espace et des instants comme le temps, mais des &#233;v&#233;nements qui se passent en des points successifs &#224; des instants diff&#233;rents. Nous avons ici affaire non plus &#224; un ensemble &#224; trois dimensions comme l'espace ou &#224; un ensemble &#224; une dimension comme le temps, dont les instants se succ&#232;dent en quelque sorte en s&#233;rie lin&#233;aire, mais nous avons affaire &#224; un ensemble d'&#233;v&#233;nements, &#224; ce que nous appelons une multiplicit&#233; qui est en r&#233;alit&#233; &#224; quatre dimensions. Il faut bien nous entendre. Cela veut dire que, pour fixer un &#233;v&#233;nement, il faut savoir o&#249; il se passe, ce qui exige trais coordonn&#233;es d'espace, et quand il se passe (et alors il faut une quatri&#232;me variable qui est le temps). Nous ne disons pas du tout que le temps est une quatri&#232;me dimension de l'espace, cela n'aurait aucun sens. Nous disons que la cin&#233;matique s'occupe des &#233;v&#233;nements, et que pour fixer un &#233;v&#233;nement, il faut conna&#238;tre quatre quantit&#233;s : trois coordonn&#233;es d'espace (par exemple &#224; quelles distances des murs de cette salle se passe cet &#233;v&#233;nement, dans trois directions perpendiculaires), et une quatri&#232;me coordonn&#233;e, l'instant o&#249; il se passe. La cin&#233;matique est donc la partie de la science qui s'occupe de la multiplicit&#233; des &#233;v&#233;nements, et qui &#233;tudie les mouvements des points sur les trajectoires, les notions d&#233;riv&#233;es de vitesse, d'acc&#233;l&#233;ration, etc&#8230; Ceci est parfaitement simple. Nous avons, dans l'hypoth&#232;se du temps absolu et de la g&#233;om&#233;trie euclidienne une cin&#233;matique parfaitement d&#233;finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette cin&#233;matique, vient la dynamique. C'est la vieille m&#233;canique rationnelle de Newton, qui a &#233;t&#233; construite &#224; grand-peine, et dont la valeur est immense puisqu'elle repr&#233;sente encore une approximation excellente pour tous les ph&#233;nom&#232;nes qui nous int&#233;ressent au point de vue pratique. Cette dynamique introduit de nouvelles conceptions, de nouveaux absolus. Nous avions d&#233;j&#224; l'espace euclidien, le temps absolu. Newton a introduit explicitement la notion de la masse absolue pour pr&#233;ciser l'id&#233;e qu'un corps manifeste une r&#233;sistance aux changements de vitesse. Quand on veut lui communiquer ce que nous appelons une acc&#233;l&#233;ration. en faisant agir sur lui une force, il c&#232;de plus ou moins volontiers &#224; l'action de cette force. Pour une m&#234;me action, il prendra un mouvement plus ou moins rapide, sa vitesse changera plus ou moins lentement suivant qu'il sera plus ou moins inerte. Un gros corps r&#233;sistera plus, se mettra en mouvement moins facilement qu'un petit, cette propri&#233;t&#233; d'inertie &#233;tant caract&#233;ris&#233;e par ce que Newton a appel&#233; la masse du corps. Cette masse est con&#231;ue comme caract&#233;ristique de la quantit&#233; de mati&#232;re que contient le corps et comme &#233;tant a priori invariable quelles que soient les modifications int&#233;rieures que le corps peut subir. Ce qui caract&#233;rise la notion de masse absolue, c'est l'id&#233;e que les propri&#233;t&#233;s m&#233;caniques d'une portion de mati&#232;re sont ind&#233;pendantes de l'&#233;tat dans lequel peut &#234;tre cette portion de mati&#232;re. Qu'un corps soit froid ou qu'il soit chaud, qu'il contienne de l'eau ou que j'y comprime l'oxyg&#232;ne et l'hydrog&#232;ne qui r&#233;sultent de la d&#233;composition de l'eau, au point de vue newtonien la mani&#232;re dont ce corps r&#233;siste aux changements de vitesse serait exactement la m&#234;me. Il en serait &#233;galement ainsi que le corps soit en repos ou qu'il soit en mouvement. C'est une notion fondamentale en m&#233;canique que l'effet de la vitesse est ind&#233;pendant du mouvement ant&#233;rieurement acquis. La masse sera la m&#234;me si le corps est en repos ou s'il est en mouvement : c'est la masse absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au dessous de cette m&#233;canique, dans la classification d'Auguste Comte, nous avons la physique ancienne, avec des compartiments divers : pesanteur, hydrostatique, acoustique, &#233;lectricit&#233;, magn&#233;tisme, optique, etc&#8230; L'id&#233;al d&#233;j&#224; anciennement introduit &#233;tait d'essayer d'expliquer la physique par la m&#233;canique, de repr&#233;senter les lois relatives aux diff&#233;rents compartiments de la physique &#224; partir de la m&#233;canique. L'id&#233;al cart&#233;sien est pr&#233;cis&#233;ment cela : ramener tout &#224; la mati&#232;re et au mouvement. La t&#226;che &#233;tait immense, mais le but &#233;tait clair : introduire en somme de l'unit&#233; dans toute cette diversit&#233; des ph&#233;nom&#232;nes physiques en essayant de les ramener tous &#224; des ph&#233;nom&#232;nes consid&#233;r&#233;s comme simples, en atteignant ce qu'on appelle une explication. Ce qu'on a d&#233;sign&#233; du nom de m&#233;canisme, c'&#233;tait la croyance &#224; la possibilit&#233; d'expliquer les ph&#233;nom&#232;nes physiques au moyen de la m&#233;canique. C'&#233;tait une id&#233;e naturelle. Expliquer un ph&#233;nom&#232;ne, c'est montrer qu'il r&#233;sulte d'une combinaison, d'une complication de ph&#233;nom&#232;nes plus simples, et l'on avait l'impression que c'&#233;taient les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;caniques qui &#233;taient les plus simples. Ces ph&#233;nom&#232;nes de mouvement, d'inertie, sont des ph&#233;nom&#232;nes tr&#232;s anciennement connus, que nous avons pour ainsi dire dans la peau. L'ouvrier le moins instruit a la notion de l'inertie. Il sait tr&#232;s bien que pour arr&#234;ter un volant qui est en marche il faut faire un effort, que ce volant r&#233;siste aux changements de vitesse. Il a le sens de l'inertie. Nous avons en quelque sorte l'intuition de la m&#233;canique, ce qui nous fait consid&#233;rer les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;caniques comme simples, et, ces ph&#233;nom&#232;nes &#233;tant simples, c'est &#224; partir d'eux que nous devons essayer d'expliquer les autres, ceux qui en principe nous apparaissent compliqu&#233;s. Cette tendance a &#233;t&#233; jusqu'&#224; un certain point justifi&#233;e par les premiers succ&#232;s du m&#233;canisme. Vous savez par exemple qu'on peut se repr&#233;senter la chaleur (les anciens l'avaient d&#233;j&#224; dit, Descartes l'a dit de fa&#231;on plus pr&#233;cise et ce que nous appelons la th&#233;orie cin&#233;tique l'a pour ainsi dire d&#233;montr&#233;) comme r&#233;sultant de l'agitation plus ou moins violente des particules, des mol&#233;cules dont les corps sont constitu&#233;s. La th&#233;orie cin&#233;tique des gaz n'est pas autre chose que l'explication des propri&#233;t&#233;s des gaz par l'application de la m&#233;canique ordinaire aux particules dont ces gaz sont compos&#233;s. Dans ce domaine de la th&#233;orie cin&#233;tique, le succ&#232;s du m&#233;canisme a &#233;t&#233; consid&#233;rable. Il a &#233;t&#233; peut-&#234;tre plus consid&#233;rable encore dans la m&#233;canique c&#233;leste. Vous savez comment Newton a introduit la loi de gravitation, en vertu de laquelle les corps pr&#233;sents dans notre espace euclidien, invariable, intangible, exercent des actions les uns sur les autres, c'est-&#224;-dire que la pr&#233;sence de l'un modifie le mouvement de l'autre. L'id&#233;e de Newton &#233;tait que ces actions se transmettent instantan&#233;ment &#224; distance, id&#233;e qui n'a pas &#233;t&#233; accueillie tr&#232;s volontiers par ses contemporains, mais que ses successeurs, devant l'extraordinaire succ&#232;s de la th&#233;orie newtonienne, ont consid&#233;r&#233;e comme naturelle. Ils &#233;taient, si j'ose dire, contamin&#233;s par l'habitude ; ils ont pris l'habitude de penser avec Newton que des corps, comme le Soleil et La Terre, pouvaient instantan&#233;ment agir l'un sur l'autre &#224; distance, conception qui, comme je le disais tout &#224; l'heure, &#233;tait tout &#224; fait ad&#233;quate &#224; celle du temps absolu. Huyghens avait grogn&#233;, et nous verrons que Faraday a grogn&#233; de nouveau, et beaucoup plus fort I C'est lui que nous retrouvons maintenant &#224; travers Maxwell, Lorentz et Einstein. Newton, en introduisant cette action instantan&#233;e &#224; distance dans la gravitation a pu constituer &#8212; et ses continuateurs, Leverrier, etc&#8230;, l'ont d&#233;velopp&#233; &#8212; la m&#233;canique c&#233;leste. Je n'ai pas besoin de vous raconter tout cela. Ainsi, c'est le succ&#232;s de la th&#233;orie cin&#233;tique et de la m&#233;canique c&#233;leste qui ont donn&#233; confiance. On a march&#233; d&#232;s lors dans cette voie-l&#224;. Toute l'histoire de la physique, &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle et pendant une grande partie du XIXe si&#232;cle, a consist&#233; simplement &#224; d&#233;velopper les autres parties de la physique sur le mod&#232;le de la th&#233;orie newtonienne de la gravitation, sur le mod&#232;le de la m&#233;canique c&#233;leste. Quand Coulomb a dit que des corps &#233;lectris&#233;s agissent l'un sur l'autre &#224; distance en raison inverse du carre de leur distance, il imaginait aussi une loi d'attraction instantan&#233;e du type newtonien, et toute l'&#233;lectrostatique a &#233;t&#233; construite l&#224;-dessus. Quand on a &#233;tudi&#233; l'action des aimants, quand Laplace a donn&#233; la loi d'action d'un courant sur les aimants, c'&#233;tait aussi une loi d'attraction instantan&#233;e. Quand Amp&#232;re a constitu&#233; l'&#233;lectrodynamique, il en &#233;tait encore de m&#234;me. Il &#233;tait naturel, en effet, d'essayer de d&#233;velopper les autres parties de la physique sur le mod&#232;le de ce qui avait r&#233;ussi en th&#233;orie cin&#233;tique ou en m&#233;canique c&#233;leste, et au d&#233;but cela a r&#233;ussi. Puis, cela n'a plus march&#233;. Cela n'a plus march&#233; tout d'abord en optique. Vous savez, en effet, que Huyghens, qui avait grogn&#233; contre l'id&#233;e d'action instantan&#233;e &#224; distance, a montr&#233; le premier que l'optique peut s'expliquer autrement que par la th&#233;orie de l'&#233;mission de Newton. Newton voyait simplement dans la lumi&#232;re une &#233;mission de particules se propageant, se d&#233;pla&#231;ant avec une vitesse tr&#232;s grande : Huyghens y voyait une propagation d'ondes s'effectuant avec une vitesse finie par l'interm&#233;diaire d'un milieu. Huyghens avait ainsi commenc&#233; &#224; introduire l'id&#233;e d'un milieu, l'&#233;ther, propageant les ondes lumineuses. Fresnel a montr&#233; que cola rendait compte d'un grand nombre de ph&#233;nom&#232;nes ; et cependant, malgr&#233; des efforts consid&#233;rables, de Fresnel lui-m&#234;me et de ses continuateurs qui se sont &#233;puis&#233;s &#224; essayer de pr&#233;ciser les propri&#233;t&#233;s de l'&#233;ther, on n'est jamais arriv&#233; &#224; d&#233;finir les propri&#233;t&#233;s &#233;lastiques de l'&#233;ther sur un mod&#232;le analogue aux propri&#233;t&#233;s &#233;lastiques d'un morceau de fer, d'un corps mat&#233;riel. Dans ce domaine, on doit dire que Fresnel a &#233;chou&#233;, comme ont compl&#232;tement &#233;chou&#233; aussi ses continuateurs dont les plus illustres sont Stokes et Lord Kelvin. Il y a eu des tentatives extr&#234;mement int&#233;ressantes, notamment l'&#233;ther gyroscopique de Kelvin. Larmor, qui est &#233;galement &#224; l'origine d'un autre mouvement, a &#233;t&#233; le dernier des grands sacrifi&#233;s &#224; la tentative d'expliquer les propri&#233;t&#233;s de l'&#233;ther par la m&#233;canique newtonienne au moyen de l'&#233;lasticit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas march&#233; non plus en &#233;lectricit&#233;, en magn&#233;tisme. Les lois de Coulomb, de Laplace, d'Amp&#232;re, dont je vous parlais tout &#224; l'heure, ont pu repr&#233;senter les propri&#233;t&#233;s de ce qu'on appelle les courants ferm&#233;s ou courants quasi-stationnaires, qui varient lentement et se ferment sur eux-m&#234;mes ; mais les propri&#233;t&#233;s de ce qu'on appelle courants ouverts, des ph&#233;nom&#232;nes de d&#233;charge de condensateurs ou de corps &#233;lectris&#233;s tels qu'on les utilise couramment en T. S. F., ne se sont pas laiss&#233;s expliquer de cette mani&#232;re. Nous n'avons pu &#224; grand-peine en avoir une repr&#233;sentation pr&#233;cise qu'en suivant une voie tout &#224; fait diff&#233;rente de la voie m&#233;canique, celle qui fut ouverte par Faraday. Faraday, qui &#233;tait ouvrier relieur, n'avait pas re&#231;u d'instruction math&#233;matique, et n'avait pas absorb&#233; le virus newtonien, si j'ose dire, dans son &#233;ducation. Il avait une r&#233;pugnance infinie &#224; admettre l'id&#233;e que les actions &#233;lectriques, par exemple, puissent, comme on le croyait pour les actions de gravitation, s'exercer instantan&#233;ment &#224; distance ; et dans son bon sens de praticien, et surtout d'exp&#233;rimentateur admirable &#8212; c'est peut-&#234;tre le plus grand exp&#233;rimentateur qui ait jamais exist&#233; &#8212; il a construit une repr&#233;sentation, un peu fruste d'abord, des ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectriques. Cette repr&#233;sentation, qui n'avait rien de commun avec la m&#233;canique, &#233;tait bas&#233;e surtout sur l'id&#233;e que les actions &#233;lectriques ne se transmettaient pas du tout instantan&#233;ment, mais ne pouvaient se transmettre que de proche en proche &#224; travers un milieu. Ainsi, &#224; la base des id&#233;es de Faraday se trouve cette notion de la transmission de proche en proche ; tandis qu'&#224; la base d'une m&#233;canique du type newtonien il y a l'id&#233;e de la propagation instantan&#233;e &#224; distance, solidaire comme nous l'avons vu de celle du temps absolu. Puis, sur les id&#233;es de Faraday, Maxwell a mis des math&#233;matiques. Avec une intuition g&#233;niale, guid&#233; par cette conception de Faraday, il a introduit dans ce que nous appelons les &#233;quations de l'&#233;lectromagn&#233;tisme un terme. le terme de courants de d&#233;placement, qui n'a rien de commun avec le m&#233;canisme, qui est tout &#224; fait inad&#233;quat &#224; la m&#233;canique, et qui, une fois introduit, a donn&#233; une interpr&#233;tation quantitative pr&#233;cise de tous les ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectromagn&#233;tiques. Rien qu'en lisant les cons&#233;quences de ces &#233;quations de Maxwell, on pr&#233;voyait qu'autour d'un syst&#232;me &#233;lectris&#233; qu'on d&#233;charge doit se propager une onde avec une m&#234;me vitesse dans toutes les directions dans le vide. On pr&#233;voyait aussi que cette vitesse serait celle de la lumi&#232;re. Hertz a eu la gloire de v&#233;rifier l'exactitude de cette pr&#233;vision. Il &#233;tait naturel de supposer que la lumi&#232;re, puisqu'elle se propage avec la m&#234;me vitesse, et qu'elle pr&#233;sente les m&#234;mes caract&#232;res que les ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectromagn&#233;tiques, n'est, elle-m&#234;me, qu'un ph&#233;nom&#232;ne &#233;lectromagn&#233;tique. De sorte que ce domaine de l'optique, sur lequel les m&#233;caniciens s'&#233;taient cass&#233; les dents &#8212; il y en a eu beaucoup de cass&#233;es et des meilleures ! &#8212; ce domaine de l'optique qui avait enti&#232;rement r&#233;sist&#233; &#224; la m&#233;canique a imm&#233;diatement c&#233;d&#233; &#224; l'&#233;lectromagn&#233;tisme. Il a suffi de lire en langage d'optique les &#233;quations de Maxwell pour y trouver exactement l'explication de tous les ph&#233;nom&#232;nes optiques. Cela n'a souffert aucune difficult&#233;. Ainsi, alors que cette tendance &#224; l'unit&#233;, cette tendance &#224; l'explication de la physique par la m&#233;canique avait &#233;chou&#233;, on peut le dire, avec des efforts consid&#233;rables perdus, voil&#224; au contraire un autre domaine enti&#232;rement ind&#233;pendant, celui de l'&#233;lectromagn&#233;tisme, avec Faraday &#224; l'origine, qui d&#233;velopp&#233; par Maxwell, vient tout de suite absorber l'optique. La conqu&#234;te ne s'est pas arr&#234;t&#233;e l&#224;, et tout ce qui se passe actuellement n'est que la continuation des conqu&#234;tes de l'&#233;lectromagn&#233;tisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est assez curieux que cette &#233;volution soit exactement contraire &#224; ce qu'on imaginait. Les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;caniques, consid&#233;r&#233;s comme simples parce qu'ils &#233;taient familiers, devaient servir &#224; expliquer les autres. Voil&#224;, au contraire que ce sont les ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectriques aussi peu familiers que possible, puisque ce sont les derniers que nous avons d&#233;couverts (nous n'avons pas de sens qui nous permette de percevoir l'&#233;lectricit&#233;, et le magn&#233;tisme encore moins), ce sont ces ph&#233;nom&#232;nes myst&#233;rieux encore, per&#231;us seulement par l'interm&#233;diaire d'instruments plus ou moins compliqu&#233;s, qui se pr&#233;sentent comme ayant un pouvoir d'explication absolument extraordinaire. Il y a quelque chose d'extr&#234;mement instructif dans l'histoire de la physique. Ce n'est d'ailleurs pas un fait isol&#233;. Si l'on y regarde de pr&#232;s, on voit que dans toutes les branches de la physique, il en est de m&#234;me. On voit que ce ne sont pas du tout les ph&#233;nom&#232;nes les plus anciennement connus et les plus familiers qui sont les plus simples, au point de vue d'une construction th&#233;orique explicative. Je vous en rappellerai rapidement des exemples. Pour ne prendre que l'optique, vous savez qu'au d&#233;but, dans tous les trait&#233;s d'optique, on nous parle de la propagation rectiligne de la lumi&#232;re. C'est le ph&#233;nom&#232;ne optique par excellence, le plus vieux ph&#233;nom&#232;ne optique. La th&#233;orie de l'&#233;mission de Newton &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment &#233;tablie en prenant ce ph&#233;nom&#232;ne comme fondamental. Un rayon lumineux, c'&#233;tait un projectile qui se d&#233;place. Tandis qu'avec la th&#233;orie de Fresnel, qui reste encore dans son aspect cin&#233;matique &#224; la base de notre interpr&#233;tation de l'optique. la propagation rectiligne est la chose la plus difficile &#224; obtenir ; c'est par l'interm&#233;diaire de la diffraction, de ph&#233;nom&#232;nes compliqu&#233;s, que nous expliquons la propagation rectiligne. De m&#234;me, en &#233;lectrostatique, le vieux ph&#233;nom&#232;ne, c'est le ph&#233;nom&#232;ne de Thal&#232;s de Milet : c'est l'attraction des corps l&#233;gers par de l'ambre frott&#233; qu'on approche. Actuellement, dans l'&#233;lectrostatique telle qu'elle est construite et telle qu'elle repr&#233;sente admirablement les ph&#233;nom&#232;nes, ce ph&#233;nom&#232;ne est celui que nous appelons l'attraction des di&#233;lectriques polaris&#233;s par les corps &#233;lectris&#233;s. C'est le dernier des ph&#233;nom&#232;nes, celui que nous expliquons en dernier lieu, et qui est le plus complexe de tous. De m&#234;me encore, lorsque nous prenons l'&#233;lectromagn&#233;tisme, l'&#233;tude des aimants et des courants, le vieux ph&#233;nom&#232;ne est le ph&#233;nom&#232;ne des aimants, connu d&#232;s l'antiquit&#233;. Aujourd'hui encore on est tent&#233; de s'en servir pour expliquer les autres, pour introduire dans les autres les notions fondamentales de champ et de moment magn&#233;tiques. En fait, nous sommes arriv&#233;s &#224; cette constatation que le ph&#233;nom&#232;ne des aimants est un ph&#233;nom&#232;ne compliqu&#233;, et que le ph&#233;nom&#232;ne simple, c'est le ph&#233;nom&#232;ne du courant de d&#233;placement introduit par Maxwell par une voie d&#233;tourn&#233;e. &#192; partir des lois du courant de d&#233;placement, on pr&#233;voit l'existence du courant de convection, c'est-&#224;-dire la production d'actions magn&#233;tiques par des particules &#233;lectris&#233;es en mouvement. Le courant ordinaire ou courant de conduction est consid&#233;r&#233; lui-m&#234;me comme constitu&#233; par l'ensemble d'un nombre &#233;norme de courants de convection particulaires. L'aimant est un syst&#232;me plus complexe encore dans lequel il y a dans chaque atome ou mol&#233;cule des particules &#233;lectris&#233;es qui tournent, des courants de convection suivant des orbites ferm&#233;es intramol&#233;culaires. Ce ph&#233;nom&#232;ne de l'aimant est ainsi le dernier des ph&#233;nom&#232;nes expliqu&#233;s en &#233;lectromagn&#233;tisme ; c'est le premier connu et le dernier expliqu&#233;, quand on veut avoir une explication coh&#233;rente. Ce qui se passe dans chaque compartiment de la physique se passe aussi pour la physique enti&#232;re. Ce ne sont pas les ph&#233;nom&#232;nes les plus familiers, les plus anciens, qui doivent &#234;tre utilis&#233;s pour expliquer les autres, mais ce sont au contraire les derniers venus, les ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectromagn&#233;tiques, les plus difficiles &#224; atteindre, qui sont en r&#233;alit&#233; les plus simples et qui doivent nous servir &#224; expliquer les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; o&#249; nous en &#233;tions avant la p&#233;riode de la relativit&#233;, Nous avions, d'une part une th&#233;orie m&#233;canique qui interpr&#233;tait des ph&#233;nom&#232;nes m&#233;caniques et qui avait &#233;chou&#233; &#224; expliquer les autres ; nous avions, d'autre part, une th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique dont le d&#233;veloppement avait permis d'expliquer enti&#232;rement l'optique. On n'avait tout de mime pas perdu l'espoir de raccorder l'&#233;lectromagn&#233;tisme avec la m&#233;canique, et le conflit restait en quelque sorte sous-jacent. On c'&#233;tait pas tr&#232;s s&#251;r que les deux th&#233;ories, l'une, la m&#233;canique, bas&#233;e sur l'id&#233;e de la propagation instantan&#233;e, l'autre, l'&#233;lectromagn&#233;tisme, bas&#233; depuis Faraday sur l'id&#233;e de la propagation de proche en proche, n'arriveraient pas &#224; se concilier. Il a fallu l'introduction du principe de relativit&#233; pour montrer, d'une part que les deux conceptions &#233;taient incompatibles, et d'autre part que c'&#233;tait la seconde qui permettait vraiment d'obtenir l'explication des ph&#233;nom&#232;nes de la physique. Cela a &#233;t&#233; la premi&#232;re p&#233;riode, celle que nous appelons la relativit&#233; restreinte. Le conflit est devenu aigu lorsqu'on a eu une exp&#233;rience cruciale pour confronter les deux points de vue. Tant qu'on &#233;tait dans des ph&#233;nom&#232;nes assez compliqu&#233;s, on pouvait toujours un peu tergiverser et esp&#233;rer. Au contraire, le ph&#233;nom&#232;ne crucial est apparu lorsqu'on a &#233;tudie ce qu'on a appel&#233; l'&#233;lectrodynamique ou l'optique des corps en mouvement quand on s'est pr&#233;occup&#233; de l'influence qu'exer&#231;ait le mouvement des corps sur les ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectriques ou optiques qui s'y passent. Je vous &#233;nonce tout de suite le r&#233;sultat contenu dans ce qu'on appelle le principe de relativit&#233; restreinte et qui est le suivant : lorsqu'un syst&#232;me mat&#233;riel est en &#233;tat de translation rectiligne et uniforme, le mouvement d'ensemble de ce syst&#232;me n'influe pas sur les ph&#233;nom&#232;nes qui peuvent se passer &#224; son int&#233;rieur, quels que soient ces ph&#233;nom&#232;nes. Prenons deux syst&#232;mes mat&#233;riels ayant des mouvements de translation uniforme diff&#233;rents. Le meilleur exemple qu'on en puisse prendre, c'est la Terre &#224; six mois d'intervalle. Si nous prenons la Terre sur son orbite &#224; six mois d'intervalle, elle est dans deux positions diam&#233;tralement oppos&#233;es. Le mouvement relatif du globe terrestre dans ces deux positions est connu : il est de 60 kilom&#232;tres par seconde. Eh bien, on a pu naturellement reproduire les m&#234;mes exp&#233;riences dans les m&#234;mes conditions sur ces deux syst&#232;mes mat&#233;riels constitu&#233;s par la Terre dans ces deux positions se d&#233;pla&#231;ant l'une par rapport &#224; l'autre &#224; la vitesse de 60 kilom&#232;tres par seconde, et l'on a constat&#233; qu'il n'y a aucune diff&#233;rence dans les deux cas. Jamais un physicien travaillant dans son laboratoire n'a besoin de se demander, pour pr&#233;voir ce qui va se passer, pour l'expliquer, &#224; quel moment de l'ann&#233;e il est, quel est le mouvement d'ensemble de la Terre par rapport au Soleil, ou &#224; une position de la Terre &#224; un autre moment, ou encore par rapport &#224; tels ou tels axes plus ou moins absolus qu'on voudra imaginer. L'exp&#233;rience la plus constante des physiciens montre que le mouvement de translation uniforme d'ensemble d'un syst&#232;me mat&#233;riel n'a aucune influence sur les ph&#233;nom&#232;nes observ&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de ce syst&#232;me. En ce qui concerne les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;caniques, vous savez que ceci s'interpr&#232;te tr&#232;s bien au point de vue de la m&#233;canique ancienne. Le fait que la fa&#231;on dont un corps se comporte sous l'action d'une force est la m&#234;me, que ce corps soit dans un wagon se d&#233;pla&#231;ant par rapport au sol, ou immobile par rapport &#224; celui-ci, c'est-&#224;-dire cette relativit&#233;, cette ind&#233;pendance des lois du mouvement des corps et d'une translation d'ensemble s'interpr&#232;te naturellement au point de vue m&#233;canique. Mais les exp&#233;riences m&#233;caniques sont assez grossi&#232;res ; elles ne sont pas comparables &#224; beaucoup pr&#232;s aux exp&#233;riences d'optique. On a repris les exp&#233;riences d'optique les plus d&#233;licates, en faisant expr&#232;s d'op&#233;rer sur la Terre &#224; diff&#233;rentes &#233;poques, avec diff&#233;rentes orientations du syst&#232;me optique, et l'on a constat&#233; qu'il n'y avait aucune esp&#232;ce d'effet d&#251; au changement dans le mouvement d'ensemble. Le ph&#233;nom&#232;ne le plus int&#233;ressant &#224; ce point de vue est le ph&#233;nom&#232;ne de la propagation uniforme de la lumi&#232;re dans le vide ou dans l'air autour d'une source. La th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique nous donne comme cons&#233;quence n&#233;cessaire que la perturbation &#233;lectrique en lumineuse autour d'une source se propage avec une m&#234;me vitesse dans toutes les directions. Cette cons&#233;quence de la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique, nous pouvons la v&#233;rifier avec une extr&#234;me pr&#233;cision. La fameuse exp&#233;rience de Michelson n'a pr&#233;cis&#233;ment pas d'autre but que de v&#233;rifier que la lumi&#232;re se propage avec la m&#234;me vitesse dans toutes les directions. Il est plus commode de comparer des directions horizontales que des directions verticales, a cause de la pesanteur. Mais, en se limitant aux directions horizontales, l'exp&#233;rience de Michelson nous permet de v&#233;rifier que dans le laboratoire la propagation de la lumi&#232;re se fait bien ainsi. On a l'id&#233;e en Am&#233;rique de faire cette v&#233;rification au sommet des montagnes, en supposant que l'exp&#233;rience puisse &#234;tre troubl&#233;e dans un laboratoire trop pr&#232;s de la Terre, par entra&#238;nement de l'&#233;ther. On a r&#233;p&#233;t&#233; cette exp&#233;rience dans des endroits tr&#232;s divers et toujours avec le m&#234;me r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience est simple. Elle consiste &#224; prendre un faisceau lumineux horizontal et &#224; le partager en deux faisceaux horizontaux perpendiculaires au moyen d'une lame transparente inclin&#233;e &#224; 45&#176; sur sa direction de propagation. La lumi&#232;re incidente en partie se r&#233;fl&#233;chit et en partie traverse la lame. Le faisceau r&#233;fl&#233;chi va sur un miroir qui lui est perpendiculaire, s'y r&#233;fl&#233;chit &#224; nouveau et revient traverser la lame inclin&#233;e &#224; 45&#176; pour tomber dans une lunette. L'autre faisceau, qui avait travers&#233; la lame, se r&#233;fl&#233;chira sur un autre miroir, reviendra sur la lame, et, se r&#233;fl&#233;chissant en partie, viendra interf&#233;rer, se superposer dans la lunette avec le premier faisceau. On r&#232;gle les miroirs de mani&#232;re &#224; avoir dans la lunette ce qu'on appelle la frange centrale d'interf&#233;rence sur la crois&#233;e des fils du r&#233;ticule, ce qui nous assure que les deux faisceaux ont mis le m&#234;me temps pour effectuer leur parcours. Nous avons ainsi un moyen tr&#232;s pr&#233;cis, en faisant interf&#233;rer les deux faisceaux, de nous rendre compte si la dur&#233;e de propagation aller et retour dans les deux directions est ou non la m&#234;me. R&#233;glons la position des miroirs pour qu'elle le soit. Si la vitesse n'&#233;tait pas la m&#234;me dans les deux directions, il est &#233;vident que les distances auxquelles les miroirs se trouvent de la lame &#224; 45&#176; devraient &#234;tre diff&#233;rentes. Si la lumi&#232;re allait plus vite dans une direction que dans l'autre, un des miroirs devrait &#234;tre plus &#233;loign&#233; de la lame que l'autre. je suppose que nous ayons ainsi r&#233;alis&#233; l'&#233;galit&#233; des temps. Puis nous faisons tourner de 90&#176; tout le syst&#232;me en substituant la distance la plus longue &#224; la plus courte et r&#233;ciproquement, c'est maintenant la distance la plus longue qui va &#234;tre dans la direction o&#249; la vitesse est la plus petite, tandis que c'est la distance la plus courte qui va &#234;tre dans la direction o&#249; la vitesse est la plus grande. Par cons&#233;quent, l'&#233;galit&#233; des temps employ&#233;s par la lumi&#232;re pour parcourir ces deux distances doit dispara&#238;tre si les vitesses ne sont pas les m&#234;mes dans ces directions. Or, on peut, en faisant tourner progressivement le syst&#232;me, constater qu'il n'y a aucun changement, que toutes les directions se valent, et que la vitesse de propagation est exactement la m&#234;me dans toutes les directions. Nous v&#233;rifions par l&#224; une cons&#233;quence de la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique. J'insiste sur ce point que ce ph&#233;nom&#232;ne de propagation isotrope de la lumi&#232;re est conforme aux th&#233;ories &#233;lectromagn&#233;tiques de Maxwell et Lorentz telles qu'elles se sont impos&#233;es par tout l'ensemble des exp&#233;riences &#233;lectromagn&#233;tiques. L'exp&#233;rience de Michelson n'est pas une exp&#233;rience isol&#233;e sur laquelle on a ensuite b&#226;ti tout un syst&#232;me un peu en l'air ; elle n'est pour ainsi dire qu'une v&#233;rification extr&#234;mement pr&#233;cise des cons&#233;quences d'une th&#233;orie, la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique, bas&#233;e, comme je l'ai dit, sur tout l'ensemble des ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectromagn&#233;tiques. C'est donc une base solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on reprend cette exp&#233;rience de Michelson &#224; toutes les &#233;poques de l'ann&#233;e, on constate qu'elle donne toujours les m&#234;mes r&#233;sultats, aussi bien maintenant que dans six mois, alors qu'&#224; ce moment la vitesse de la terre par rapport a notre position actuelle sera de 60 kilom&#232;tres par seconde : la lumi&#232;re se propage toujours avec la m&#234;me vitesse dans toutes les directions. Si l'on envisage cela au point de vue de l'ancienne cin&#233;matique, c'est absurde, parce que cela nous conduit &#224; dire que si nous prenons une onde lumineuse qui va se propager avec une vitesse ind&#233;pendante de la direction, elle sera toujours de 300.000 kilom&#232;tres par seconde, qu'elle soit observ&#233;e par un observateur li&#233; &#224; la Terre, ou qu'elle le soit par un observateur ayant par rapport &#224; nous une vitesse de 60 kilom&#232;tres par seconde dans la direction de propagation de l'onde. Dans l'ancienne cin&#233;matique, elle devrait avoir une vitesse de 300.000 plus ou moins 60 kilom&#232;tres par seconde, suivant le sens. Eh bien, c'est d&#233;concertant. Cela a beaucoup troubl&#233; les physiciens, et l'on a essay&#233; d'y rem&#233;dier en introduisant ce qu'on a appel&#233; la contraction de Lorentz en admettant que les dimensions d'un syst&#232;me mat&#233;riel en mouvement comme celui de Michelson avaient cette propri&#233;t&#233; curieuse de changer de longueur quand on changeait leur direction. C'est une interpr&#233;tation qui semblait a priori assez compliqu&#233;e, jusqu'&#224; ce que Lorentz ait montr&#233; qu'elle s'accordait en somme assez bien avec la structure m&#234;me de la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique. Mais cette contraction de Lorentz ne suffisait pas &#224; expliquer compl&#232;tement pour tous les ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectromagn&#233;tiques et optiques, l'absence d'influence d'un mouvement de translation d'ensemble. Si on conserve la notion du temps absolu, si on suppose que l'intervalle de temps entre deux &#233;v&#233;nements est mesur&#233; de la m&#234;me mani&#232;re par des observateurs en translation uniforme les uns par rapport aux autres, il est impossible de mettre la th&#233;orie d'accord avec le fait exp&#233;rimental traduit par le principe de relativit&#233; et de faite en sorte que les lois de l'&#233;lectromagn&#233;tisme exprim&#233;es par les &#233;quations de Maxwell-Lorentz, se pr&#233;sentent sous la m&#234;me forme pour des observations en translation uniforme les uns par rapport aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine du d&#233;veloppement de la th&#233;orie de relativit&#233;, en 1905, Einstein a apport&#233; une autre explication assez audacieuse qui consiste &#224; dire ceci : si le fait exp&#233;rimental donn&#233; par l'exp&#233;rience de Michelson est en somme d'accord avec la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique, et cependant n'est pas en accord avec l'ancienne cin&#233;matique, avec notre ancienne conception de l'espace et du temps et de la composition des vitesses qui s'en d&#233;duit, c'est peut-&#234;tre bien l'ancienne cin&#233;matique qui a tort. Pour arranger les choses, au lieu de construire la cin&#233;matique &#224; partir du temps absolu, peut-&#234;tre pouvons-nous reconstruire la notion du temps en lui donnant une base exp&#233;rimentale, c'est-&#224;-dire en supposant que chacun des observateurs qui sont li&#233;s &#224; la Terre, soit maintenant, soit plus tard, d&#233;finissent le temps, &#233;tablissent la concordance des temps comme je l'ai dit tout &#224; l'heure, par des &#233;changes de signaux lumineux. On admet ainsi l'&#233;gale vitesse de la lumi&#232;re dans toutes les directions &#224; la fois pour tous les observateurs en translation uniforme les uns par rapport aux autres. Alors, la difficult&#233; que soul&#232;ve l'exp&#233;rience de Michelson s'interpr&#232;te d'elle-m&#234;me, mais il r&#233;sulte de cette d&#233;finition m&#234;me du temps &#224; partir de la propagation isotrope de la lumi&#232;re que le temps des deux syst&#232;mes n'est pas le m&#234;me, qu'ils ne mesurent pas de la m&#234;me mani&#232;re l'intervalle de temps entre deux &#233;v&#233;nements. Il n'y a plus de simultan&#233;it&#233; absolue. Nous avons affaire &#224; une nouvelle cin&#233;matique. C'est une voie qui peut para&#238;tre un peu d&#233;tourn&#233;e. Nous avons d&#251; passer par l'exp&#233;rience de Michelson qui est venue confirmer une pr&#233;vision de la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique. Nous avons constat&#233; que cette exp&#233;rience donnait le m&#234;me r&#233;sultat sur tous les syst&#232;mes en translation les uns par rapport aux autres. Nous avons constat&#233; qu'elle n'est pas compatible avec l'ancienne cin&#233;matique, et nous avons construit une cin&#233;matique nouvelle simplement en donnant &#224; la notion de temps une base exp&#233;rimentale par les signaux lumineux, au lieu de l'ancienne base a priori. On aurait pu se passer au fond de cette complication, en constatant, comme l'avait fait Lorentz, sans bien se rendre compte de la signification profonde de sa d&#233;couverte que la nouvelle cin&#233;matique du temps relatif est la seule qui permette aux &#233;quations de la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique de conserver leur forme, quand on passe d'un syst&#232;me d'observateurs &#224; un autre, &#224; condition d'&#233;tablir des relations convenables entre les mesures faites par les uns et les autres, mesures &#233;lectriques, mesures d'espace, mesures de temps. Ce r&#233;sultat, &#224; savoir que la forme des &#233;quations &#233;lectromagn&#233;tiques &#233;tait la m&#234;me pour les deux observateurs, gr&#226;ce &#224; une correspondance convenable entre les mesures, expliquait la relativit&#233; des ph&#233;nom&#232;nes optiques, puisque le fait que les lois prennent la m&#234;me forme veut dire que les ph&#233;nom&#232;nes ont le m&#234;me aspect, que l'expression des lois de la physique, des ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectriques en particulier, est la m&#234;me pour les observateurs, quel que soit le mouvement qu'ils ont les uns par rapport aux autres. Les &#233;quations de la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique admettaient comme on dit un groupe de transformation, pouvaient redevenir les m&#234;mes quand on passait de mesures faites par les uns aux mesures faites par les autres, &#224; condition d'une certaine transformation, d'un certain passage, d'une certaine correspondance entre ces mesures. Et, pour ce qui concerne les mesures d'espace et de temps, c'&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment cette cin&#233;matique nouvelle, cette cin&#233;matique dans laquelle le temps n'est pas absolu, dans laquelle l'intervalle de temps entre deux &#233;v&#233;nements n'est pas le m&#234;me pour des observateurs en mouvement les uns par rapport aux autres, c'&#233;tait cette cin&#233;matique qui &#233;tait n&#233;cessaire pour que les &#233;quations de Lorentz conservent leur forme quand on passe d'un syst&#232;me d'observateurs &#224; un autre en mouvement de translation uniforme par rapport au premier. Tout le d&#233;tour fait par l'exp&#233;rience de Michelson aurait pu &#234;tre &#233;vit&#233; si l'on avait eu confiance en ceci que les &#233;quations de la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique repr&#233;sentent toutes exp&#233;riences &#233;lectromagn&#233;tiques et que la propri&#233;t&#233; de ces &#233;quations de conserver leur forme pour certaines transformations repr&#233;sente le fait exp&#233;rimental de la relativit&#233;. On aurait vu que ces r&#233;sultats impliquent une certaine cin&#233;matique qui n'est pas celle du temps absolu. De leur c&#244;t&#233;, les &#233;quations de la m&#233;canique se conservent aussi, interpr&#232;tent les ph&#233;nom&#232;nes de relativit&#233; pour les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;caniques. Mais la transformation qui permet de passer d'un syst&#232;me d'observateurs &#224; un autre, quand on conserve les &#233;quations de la m&#233;canique, correspond &#224; l'ancienne cin&#233;matique. Alors, cette simple constatation que les deux syst&#232;mes d'&#233;quations, (les &#233;quations de l'&#233;lectromagn&#233;tisme fond&#233;es sur l'id&#233;e d'une propagation de proche en proche les &#233;quations de la m&#233;canique fond&#233;es sur l'id&#233;e d'une action instantan&#233;e &#224; distance) admettent toutes deux une transformation qui les conserve mais pour des cin&#233;matiques diff&#233;rentes, suffit &#224; montrer qu'elles sont incompatibles, qu'on aura beau combiner les &#233;quations de la m&#233;canique, on ne fera jamais que les relations d&#233;duites de cette combinaison conservent leur forme pour les transformations de la cin&#233;matique nouvelle. Cette simple constatation aurait permis d'affirmer qu'on ne trouverait jamais le moyen de concilier l'ancienne m&#233;canique et la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me r&#233;sume. Nous sommes ici en pr&#233;sence de deux th&#233;ories rivales dont nous sommes certains maintenant qu'elles sont en conflit. Ces deux th&#233;ories se traduisent d'une part par les lois de la m&#233;canique avec le temps absolu et de l'autre par les lois de l'&#233;lectromagn&#233;tisme avec la conception initiale de Faraday &#224; la base. Ces deux th&#233;ories sont incompatibles. L'une exige la cin&#233;matique du temps absolu, l'autre exige la cin&#233;matique qu'on obtient en utilisant les signaux lumineux pour &#233;tablir la concordance des temps et en admettant la propagation isotrope de la lumi&#232;re, conform&#233;ment &#224; l'exp&#233;rience. Puisqu'elles sont incompatibles, il n'y en a qu'une qui puisse avoir raison. Pour d&#233;terminer laquelle, nous voyons d'une part que l'&#233;lectromagn&#233;tisme nous explique des quantit&#233;s de choses d'une mani&#232;re infiniment plus pr&#233;cise que la m&#233;canique, et d'autres choses que la m&#233;canique n'explique pas. D'autre part, cet &#233;lectromagn&#233;tisme va-t-il nous expliquer la m&#233;canique ? La m&#233;canique ordinaire n'est-elle qu'une th&#233;orie de premi&#232;re approximation, une th&#233;orie assez grossi&#232;re dont l'autre th&#233;orie va nous donner une seconde approximation beaucoup plus pr&#233;cise ? C'est effectivement ce qui s'est pass&#233;. Tout d'abord, la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique compatible avec la nouvelle cin&#233;matique a expliqu&#233; toute l'optique, et, en particulier, avec une facilit&#233; admirable, un ph&#233;nom&#232;ne qui paraissait complexe, ce qu'on a appel&#233; le ph&#233;nom&#232;ne d'entrainement des ondes. Quand de la lumi&#232;re se propage dans un corps transparent en mouvement, la vitesse de la lumi&#232;re dans ce corps n'est pas du tout ce qu'on obtiendrait en composant d'apr&#232;s l'ancienne cin&#233;matique la vitesse des ondes par rapport au corps, et la vitesse de ce corps par rapport aux observateurs. Il n'y a pas entra&#238;nement total des ondes, mais seulement entra&#238;nement partiel. Cet entra&#238;nement partiel avait &#233;t&#233; pr&#233;vu par Fresnel et v&#233;rifi&#233; par Fizeau, mais sans correspondre &#224; rien de th&#233;orique. Au contraire, Einstein a montr&#233; qu'il suffit d'appliquer la loi de composition des vitesses qui correspond &#224; la nouvelle cin&#233;matique pour pr&#233;voir imm&#233;diatement le ph&#233;nom&#232;ne d'entra&#238;nement des ondes. Cela vous donne une id&#233;e de la puissance d'explication de ces nouvelles th&#233;ories, puisque ce qui &#233;tait un ph&#233;nom&#232;ne extraordinairement compliqu&#233; et difficile &#224; comprendre devient simplement de la cin&#233;matique. il n'y a qu'&#224; composer au nouveau sens cin&#233;matique la vitesse de la lumi&#232;re par rapport au corps transparent avec la vitesse de ce corps par rapport aux observateurs pour avoir la vitesse des ondes par rapport &#224; ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plus. Sur cette cin&#233;matique nouvelle se fonde une dynamique nouvelle. Je vous indiquerai simplement ici qu'il est possible de fonder la dynamique, d'&#233;tablir les lois de la m&#233;canique sans postuler la masse absolue. C'est un fait tout &#224; fait int&#233;ressant. Je vous ai dit tout &#224; l'heure que, dans l'&#233;dification de la science ancienne, nous avions d'une part le temps absolu avec ses auxiliaires, le solide invariable et le fil inextensible, et la propagation instantan&#233;e, et d'autre part, introduite par Newton, la masse absolue qui se pr&#233;sentait comme un absolu ind&#233;pendant. Or, si l'on place la dynamique sur une base physique, on s'aper&#231;oit que la notion de masse absolue est connexe de la notion de temps absolu, que c'est le vieux temps absolu qui est responsable de tout ; il est ad&#233;quat &#224; la propagation instantan&#233;e et il exige une masse absolue. On peut fonder toute la dynamique en prenant comme bases exp&#233;rimentales d'une part le principe de conservation de l'&#233;nergie que personne ne met en doute (vous en avez entendu parler ; les ph&#233;nom&#232;nes que nous observons ne sont que des transformations d'&#233;nergie s'accompagnant d'&#233;changes d'&#233;nergie entre les corps sans &#233;change de mati&#232;re au sens ordinaire du mot) ; et, d'autre part, le principe de relativit&#233; pris dans son sens exp&#233;rimental, le fait, que personne non plus ne conteste, que le mouvement de translation d'ensemble d'un syst&#232;me mat&#233;riel ne modifie pas les ph&#233;nom&#232;nes qu'on y observe. Si, &#224; ces deux principes, qui sont vraiment les piliers, la quintessence d'exp&#233;rience sur lesquelles la physique est construite, nous associons la cin&#233;matique ancienne, celle du temps absolu, nous obtenons la m&#233;canique rationnelle ancienne. On en d&#233;duit que l'&#233;nergie cin&#233;tique est proportionnelle au carr&#233; de la vitesse, que la quantit&#233; de mouvement se conserve sous la forme habituelle, que la masse se conserve, qu'elle doit avoir le caract&#232;re de masse absolue pour &#234;tre ad&#233;quate &#224; l'ancienne cin&#233;matique. Si l'on remplace au contraire l'ancienne cin&#233;matique du temps absolu par la nouvelle cin&#233;matique &#8212; en changeant seulement la superstructure &#8212; et en conservant comme bases fondamentales les deux principes de conservation de l'&#233;nergie et de relativit&#233;, nous obtenons une autre dynamique dans laquelle la masse n'est plus invariable. En particulier, la masse change avec la vitesse ; &#224; mesure qu'un corps va plus vite, son inertie augmente ; il se laisse moins facilement d&#233;placer &#224; mesure qu'il va plus vite ; la m&#234;me action &#233;lectrique par exemple d'un corps voisin lui donnera une acc&#233;l&#233;ration moindre s'il va vite que s'il va lentement. Ainsi, la masse devient variable en suivant une loi connue, une loi qu'on peut &#233;crire. Nous arrivons &#224; une masse variable avec la vitesse, ce qui est tout &#224; fait &#233;tranger &#224; l'ancienne m&#233;canique, et l'on a pu v&#233;rifier directement cette variation de la masse avec la vitesse. Naturellement, on l'aurait d&#233;j&#224; constat&#233;e ant&#233;rieurement si cette variation &#233;tait importante, si elle &#233;tait sensible aux vitesses ordinaires, m&#234;me aux vitesses d'artillerie. En fait, la th&#233;orie montre qu'elle ne devient sensible qu'aux vitesses qui ont une valeur notable par rapport &#224; la vitesse de la lumi&#232;re, &#224; partir de 20.000 kilom&#232;tres par seconde &#224; peu pr&#232;s. Les exp&#233;riences faites sur les projectiles ayant cette vitesse l'ont montr&#233;, et nous connaissons de tels projectiles. Les rayons cathodiques, les particules n&#233;gatives qui sont lanc&#233;es dans un tube produisant des rayons R&#246;ntgen, par exemple, vont &#224; des vitesses qui peuvent atteindre jusqu'&#224; 150.000 kilom&#232;tres par seconde, la moiti&#233; de la vitesse de la lumi&#232;re ; et parmi les rayons du radium, les rayons vont plus loin encore, jusqu'&#224; 298.000 kilom&#232;tres par seconde. &#192; ces vitesses, la th&#233;orie pr&#233;voit que la masse va devenir 10 fois plus grande que la masse ordinaire &#8212; et l'exp&#233;rience le v&#233;rifie &#8212; et l'on trouve bien, par des proc&#233;d&#233;s que je n'ai pas &#224; vous d&#233;crire, en &#233;tudiant la mani&#232;re dont ces projectiles sont d&#233;vi&#233;s par des actions &#233;lectriques ou magn&#233;tiques, une masse dix fois plus grande que la masse ordinaire. C'est pour l'ancienne m&#233;canique quelque chose d'&#233;trange et d'incompatible avec ses lois. Voil&#224; donc une v&#233;rification tr&#232;s importante. Une autre v&#233;rification non moins impressionnante vient de ce que nous savons maintenant, gr&#226;ce &#224; ce qu'on appelle la th&#233;orie de Bohr, pr&#233;voir les spectres lumineux &#233;mis par les atomes. Des particules cathodiques analogues &#224; celles que nous observons dans les tubes de Crookes, ou dans les rayons beta du radium, sont pr&#233;sentes dans les atomes dont elles constituent tout le syst&#232;me plan&#233;taire en quelque sorte. Quand on leur applique les lois de la m&#233;canique ancienne, les principes de la th&#233;orie de Bohr permettent de pr&#233;voir exactement le spectre de l'hydrog&#232;ne, par exemple, avec les positions de ses raies. Seulement, ces lois m&#233;caniques ne donnent exactement que des raies pures, une fr&#233;quence bien d&#233;finie pour chacune des raies, alors que l'exp&#233;rience montre que ces raies de l'hydrog&#232;ne ont une structure, c'est-&#224;-dire qu'elles ne sont pas simples en y regardant de pr&#232;s, on voit qu'elles ont des composantes tr&#232;s rapproch&#233;es les unes des autres. M. Sommerfeld s'est dit que, si la m&#233;canique ancienne &#233;tait impuissante &#224; nous faire pr&#233;voir la structure des raies de l'hydrog&#232;ne, les particules vont peut-&#234;tre bien assez vite pour qu'il faille leur appliquer la nouvelle dynamique. Il l'a appliqu&#233;e, et il a trouv&#233; exactement la structure exp&#233;rimentale des raies de l'hydrog&#232;ne. Ainsi, toutes les fois que les corps vont vite, ce n'est plus l'ancienne m&#233;canique qu'il faut appliquer. Donnant des r&#233;sultats suffisamment approch&#233;s aux faibles vitesses, elle ne donne plus rien d'exact quand on arrive &#224; des vitesses de 20.000, de 150.000 ou de 298.000 kilom&#232;tres par seconde. Au contraire, la nouvelle m&#233;canique s'applique, et admirablement : elle est ainsi impos&#233;e par l'exp&#233;rience et par cons&#233;quent aussi la nouvelle cin&#233;matique sur laquelle elle est fond&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'autres confirmations encore plus impressionnantes. On aurait pu craindre que cette nouvelle m&#233;canique ne f&#251;t plus compliqu&#233;e que l'ancienne. Au contraire, elle est plus simple. Dans l'ancienne m&#233;canique, &#224; c&#244;t&#233; de la notion du temps absolu, nous avions la conservation de la masse, la conservation de la quantit&#233; de mouvement, et la conservation de l'&#233;nergie. La nouvelle dynamique nous dit au contraire : que la notion de masse se confond avec celle d'&#233;nergie et qu'un corps est inerte en proportion de l'&#233;nergie interne qu'il contient. Quand on augmente cette &#233;nergie, soit en chauffant ce corps, soit en lui communiquant de la vitesse, l'inertie augmente ; l'inertie est proportionnelle &#224; l'&#233;nergie interne. Il n'y a plus de conservation de la masse ind&#233;pendante de la conservation de l'&#233;nergie. Il y a un seul principe, le principe de la conservation de l'&#233;nergie. Quant au principe de la conservation de la quantit&#233; de mouvement qui, dans la m&#233;canique ancienne, est parall&#232;le au principe de la conservation de l'&#233;nergie il devient dans la nouvelle dynamique un des aspects du m&#234;me principe. L'&#233;nergie et la quantit&#233; de mouvement ne sont que les composantes d'une m&#234;me quantit&#233; qui est un vecteur &#224; quatre dimensions, l'impulsion d'Univers, et qui se conserve dans tout syst&#232;me mat&#233;riel isol&#233;. De sorte que dans la nouvelle m&#233;canique, au lieu d'avoir plusieurs principes de conservation, nous n'avons plus qu'un seul principe de conservation, que nous appelons le principe de la conservation de l'impulsion d'univers, qui comprend les deux notions de la conservation de l'&#233;nergie, ou de la masse (ce qui est la m&#234;me chose), et de la conservation de la quantit&#233; de mouvement, sous une nouvelle forme. Cette conception a re&#231;u une confirmation exp&#233;rimentale. Elle permet d'expliquer ces petits &#233;carts qui existent entre les masses atomiques et les multiples entiers de la masse de l'hydrog&#232;ne, qui ont tant embarrass&#233; les chimistes, et rendu impossible pendant longtemps le d&#233;veloppement de la th&#233;orie de l'unit&#233; de la mati&#232;re. Nous comprenons aujourd'hui la raison de ces &#233;carts. L'h&#233;lium, par exemple, a pour masse atomique 4, alors que l'hydrog&#232;ne a pour masse atomique 1,008. Nous pouvons cependant affirmer que l'atome d'h&#233;lium est certainement le r&#233;sultat de la condensation de quatre atomes d'hydrog&#232;ne. Pourquoi n'a-t-il pas une masse atomique qui soit le produit de 1,008 par 4, c'est-&#224;-dire 4,032 ? C'est parce que l'hydrog&#232;ne s'&#233;tant condens&#233; pour former l'h&#233;lium, il y a eu perte d'&#233;nergie. La mati&#232;re est rest&#233;e la m&#234;me au point de vue des corpuscules positifs et n&#233;gatifs qui constituent les atomes, mais l'&#233;nergie interne ayant diminu&#233;, la masse a diminu&#233;, et la diminution nous permet de mesurer la quantit&#233; de chaleur qui a d&#251; &#234;tre d&#233;gag&#233;e. C'est l&#224; que M. Perrin voit l'origine de la chaleur solaire ; ceci nous permet de donner satisfaction aux g&#233;ologues qui demandent un milliard d'ann&#233;es ou deux pour la formation de la Terre. Les Anciens nous expliquaient la chaleur solaire par la chute de m&#233;t&#233;ores, ce qui ne nous donnait que quelques mis&#233;rables centaines de milliers d'ann&#233;es ; tandis que si l'on admet que le Soleil est form&#233; d'hydrog&#232;ne et que cet hydrog&#232;ne se condense pour former l'h&#233;lium, on peut admettre une p&#233;riode d'activit&#233; solaire de 80 milliards d'ann&#233;es. C'est d&#233;j&#224; quelque chose ! C'est une grosse satisfaction donn&#233;e aux g&#233;ologues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, je n'ai pas le temps de suivre tous les d&#233;tails de cette admirable synth&#232;se. Mais ceci vous montre quels avantages on obtient lorsqu'au lieu d'introduire la complication des postulats et des notions a priori, on reste fid&#232;le &#224; l'exp&#233;rience, lorsqu'au lieu d'introduire des souverains absolus comme le vieux p&#232;re Saturne dont je vous parlais au d&#233;but, on cherche &#224; donner aux notions fondamentales de la physique un caract&#232;re v&#233;ritablement exp&#233;rimental, lorsqu'on reprend contact avec la r&#233;alit&#233;. Comme le vieil Ant&#233;e, lorsqu'il avait touch&#233; la Terre, on y puise de nouvelles forces pour expliquer et pr&#233;voir les ph&#233;nom&#232;nes. La th&#233;orie nouvelle permet de comprendre dans une seule synth&#232;se un ensemble &#233;norme de faits, puisque nous y faisons entrer maintenant non seulement l'&#233;lectromagn&#233;tisme qui a conquis l'optique, mais toute la m&#233;canique, toute la th&#233;orie cin&#233;tique, l'hydrodynamique, la thermodynamique et l'&#233;lasticit&#233;. Au fond, toute la physique est unifi&#233;e et simplifi&#233;e. On a pu non seulement expliquer tout ce qu'on connaissait, mais encore pr&#233;voir des choses nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas le temps d'insister sur les aspects singuliers de la nouvelle notion du temps, le fait que la simultan&#233;it&#233; a un sens relatif, que deux &#233;v&#233;nements qui sont simultan&#233;s pour des observateurs ne le sont pas pour d'autres qui se d&#233;placent par rapport &#224; eux. Cela ne pr&#233;sente aucune difficult&#233; au point de vue exp&#233;rimental ni au point de vue logique. Les seuls couples d'&#233;v&#233;nements dont on peut intervertir l'ordre de succession par un changement du syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence, sont compos&#233;s d'&#233;v&#233;nements tels qu'ils ne peuvent pas agir l'un sur l'autre parce qu'ils sont trop &#233;loign&#233;s dans l'espace. Dans ces conditions, lorsqu'il n'y a pas d'action causale possible de l'un sur l'autre, il n'y a aucun inconv&#233;nient &#224; ce qu'on les consid&#232;re comme se succ&#233;dant indiff&#233;remment dans un sens ou dans l'autre. Au contraire, tous les couples d'&#233;v&#233;nements qui sont assez rapproch&#233;s dans l'espace pour qu'un signal lumineux parti du premier puisse arriver avant le second &#224; la portion de mati&#232;re dans laquelle celui-ci se produit, auront un ordre de succession invariable. Il n'y a l&#224; aucune difficult&#233;. Il y a aussi le fait qu'on pourrait s'emp&#234;cher de vieillir en allant se promener. Je n'ai pas le temps de vous en parler. Cela ne pr&#233;sente aucune contradiction avec aucun fait exp&#233;rimental. Cela nous donne simplement un aspect du monde qui est plus s&#233;duisant que l'ancien parce qu'il semble nous laisser des possibilit&#233;s inesp&#233;r&#233;es. Tout de m&#234;me, en y regardant de pr&#232;s, on voit qu'il y a de gros ses difficult&#233;s &#224; mettre en pratique cette possibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la premi&#232;re &#233;tape. Il nous reste la seconde, qui n'est pas la moins difficile &#224; comprendre, et pour l'exposition de laquelle je vous demande un peu d'indulgence. Je vais essayer de franchir maintenant avec vous le dernier stade des d&#233;couvertes de M. Einstein, l'&#233;tape qui constitue la partie la plus extraordinaire et la plus g&#233;niale de sa th&#233;orie. Jusqu'ici nous avons bien introduit le temps relatif, mais nous avons respect&#233; l'espace euclidien. Cette derni&#232;re &#233;tape a exig&#233; un v&#233;ritable r&#233;tablissement qui a remis en question des postulats conserv&#233;s en relativit&#233; restreinte. L'univers auquel nous venons d'aboutir, l'univers &#233;lectromagn&#233;tique, si je puis dire, est euclidien, c'est-&#224;-dire que l'espace reste l'espace d&#233;crit par la g&#233;om&#233;trie euclidienne ; bien que le temps ait chang&#233; de caract&#232;re, l'espace a conserv&#233; son caract&#232;re euclidien. Cet univers euclidien de la relativit&#233; restreinte est caract&#233;ris&#233; par le fait que la lumi&#232;re s'y propage en ligne droite avec la m&#234;me vitesse dans toutes les directions, qu'un mobile abandonn&#233; &#224; lui-m&#234;me s'y meut d'un mouvement rectiligne et uniforme. Dans cet univers de la relativit&#233; restreinte, nous connaissons les lois de l'&#233;lectromagn&#233;tisme, de l'optique, de la dynamique. Pour obtenir la synth&#232;se correspondante, nous avons sacrifi&#233; le postulat du temps absolu puis le postulat de la masse absolue, et celui du mouvement absolu qui &#233;tait connexe. En proc&#233;dant ainsi, nous avons gagn&#233; &#233;norm&#233;ment ; peut-&#234;tre qu'en sacrifiant encore quelque chose d'a priori, d'absolu, nous gagnerons encore ? C'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui est arriv&#233;. Dans notre synth&#232;se, que je viens d'esquisser rapidement, il y a deux lacunes : d'abord le fait que l'ind&#233;pendance du mouvement d'ensemble d'un syst&#232;me et de l'aspect des ph&#233;nom&#232;nes est restreinte au cas des mouvements de translation uniforme ; puis le fait que dans tout ceci il n'est pas question de la gravitation. La gravitation est un ph&#233;nom&#232;ne sui generis qu'on a bien essay&#233; d'interpr&#233;ter d'abord m&#233;caniquement (il y a les vieilles th&#233;ories de Lesage, les corpuscules ultra-mondains, etc.), puis par l'&#233;lectromagn&#233;tisme. Lorentz, en particulier, a tent&#233; de donner une explication &#233;lectromagn&#233;tique de la gravitation. Cela n'a pas march&#233;. Et cependant l'&#233;lectromagn&#233;tisme avait l'air d'expliquer tout. Nous avons vu qu'il expliquait la m&#233;canique. Il explique les ph&#233;nom&#232;nes de coh&#233;sion : on est certain que la coh&#233;sion des corpuscules, des particules des corps unies dans les solides est due &#224; des force d'origine &#233;lectromagn&#233;tique. Les ph&#233;nom&#232;nes chimiques aussi r&#233;sultent d'&#233;changes de particules &#233;lectris&#233;es entre des atomes pour constituer des mol&#233;cules. Tout cela c'est de l'&#233;lectromagn&#233;tisme. Il reste donc deux choses en pr&#233;sence, l'&#233;lectromagn&#233;tisme sur lequel est bas&#233;e la synth&#232;se pr&#233;c&#233;dente et la gravitation, qui ne rentre pas dans cette synth&#232;se. Celle-ci limite la relativit&#233; aux syst&#232;mes aux mouvements en translation uniforme et ne comprend pas la gravitation. Le grand m&#233;rite d'Einstein a &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment de montrer que ces lacunes sont connexes, et qu'en comblant l'une, on comble l'autre. Il est arriv&#233; ainsi &#224; la relativit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e, gr&#226;ce &#224; laquelle on fait rentrer la gravitation dans notre synth&#232;se en m&#234;me temps qu'on &#233;tend le principe de relativit&#233; &#224; des observateurs en mouvement quelconque les uns par rapport aux autres. Le succ&#232;s d'Einstein est venu de ce qu'il a &#233;t&#233; d&#232;s l'abord convaincu qu'on devait pouvoir obtenir une relativit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e, c'est &#224; dire qu'on devait pouvoir construire une th&#233;orie de la physique telle que les lois de la physique fussent les m&#234;mes non seulement pour des syst&#232;mes en translation uniforme les uns par rapport aux autres, mais pour des syst&#232;mes quelconques, aussi bien pour des observateurs li&#233;s &#224; un corps en rotation que pour des observateurs utilisant, pour fixer la notation des &#233;v&#233;nements, des syst&#232;mes de coordonn&#233;es, des syst&#232;mes de r&#233;f&#233;rence, absolument quelconques &#233;quivalant pour l'univers aux coordonn&#233;es curvilignes que les math&#233;maticiens emploient sur les surfaces et dans l'espace. Cette conviction &#233;tait bas&#233;e sur le fait suivant. J'ai distingu&#233; tout &#224; l'heure ce que nous avons appel&#233; co&#239;ncidences absolues, c'est-&#224;-dire les co&#239;ncidences qui ont lieu &#224; la fois dans l'espace et dans le temps et qui ont un sens absolu. Au contraire, les co&#239;ncidences dans l'espace &#224; des instants diff&#233;rents comme les co&#239;ncidences dans le temps en des lieux diff&#233;rents n'ont qu'un sens relatif. Deux &#233;v&#233;nements se passent au m&#234;me endroit pour nous, &#224; des instants diff&#233;rents. Pour des gens qui passeront, qui se d&#233;placeront par rapport &#224; nous, les deux &#233;v&#233;nements, par exemple les pr&#233;sences de deux corps, ne se passeront pas au m&#234;me point. Je reprends mon vieil exemple du wagon qui a un trou et qui se meut sur une voie de chemin de fer. Je laisse tomber successivement deux corps par le trou, Ce sont l&#224; deux &#233;v&#232;nements qui, pour moi, se passent au m&#234;me point, si je suis dans le wagon. Mais, pour des gens qui sont sur la voie, ces deux &#233;v&#232;nements se passent en des points diff&#233;rents puisque dans l'intervalle de temps des deux sorties des corps par le trou du wagon, celui-ci s'est d&#233;plac&#233; par rapport &#224; la voie. Pour d'autres observateurs que ceux qui sont dans le wagon, ces &#233;v&#233;nements qui co&#239;ncidaient dans l'espace n'y co&#239;ncident plus. Ce qu'a introduit la relativit&#233; restreinte, c'est que la co&#239;ncidence dans le temps, quand il s'agit de lieux diff&#233;rents, n'a non plus, qu'un sens relatif. La relativit&#233; restreinte a r&#233;tabli l'harmonie, la sym&#233;trie entre l'espace et le temps, puisque la co&#239;ncidence dans l'espace n'avait qu'un sens relatif tandis que la co&#239;ncidence dans le temps avait un sens absolu. En relativit&#233; restreinte, ni l'une ni l'autre n'ont de sens absolu, seule la co&#239;ncidence &#224; la fois dans l'espace et dans le temps a un sens absolu. C'est la co&#239;ncidence absolue. Et cela est vrai non seulement pour des observateurs qui seront en translation les uns par rapport aux autres, mais aussi pour des gens en rotation par exemple. S'ils voient deux objets se cogner, ils ne nieront pas que les pr&#233;sences de ces objets ont co&#239;ncid&#233; dans l'espace et dans le temps. Tous les observateurs seront d'accord &#224; ce sujet quels que soient leurs mouvements les uns par rapport aux autres. D'autre part, il est bien certain que toutes nos exp&#233;riences sont fond&#233;es sur l'observation de semblables co&#239;ncidences absolues. Quand nous observons le passage d'une &#233;toile dans une lunette, ce que nous observons, c'est la co&#239;ncidence absolue de l'image de l'&#233;toile avec la crois&#233;e des fils du r&#233;ticule, ou, pour &#234;tre plus strict, c'est la co&#239;ncidence absolue de l'image de l'&#233;toile et de la crois&#233;e des fils du r&#233;ticule avec un certain &#233;l&#233;ment sensible de notre r&#233;tine. Toute observation se ram&#232;ne &#224; des co&#239;ncidences absolues avec nos organes de sensations tactiles, visuelles, etc. Les lois de la physique ne sont que l'affirmation d'encha&#238;nement de semblables co&#239;ncidences absolues. J'observerai telle chose, telle co&#239;ncidence absolue, si je r&#233;alise telles conditions, c'est-&#224;-dire si je r&#233;alise des co&#239;ncidences absolues successives. Et, puisque ces co&#239;ncidences absolues sont admises par tous les observateurs, quels que soient les moyens qu'ils emploient pour rep&#233;rer les &#233;v&#232;nements, les lois elles-m&#234;mes doivent avoir une signification ind&#233;pendante de la mani&#232;re dont les &#233;v&#232;nements sont rep&#233;r&#233;s et par cons&#233;quent il doit &#234;tre possible d'&#233;noncer ces lois sous une forme qui n'implique pas le syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence. De m&#234;me la g&#233;om&#233;trie nous donne les moyens d'&#233;noncer les propri&#233;t&#233;s des figures sans parler du syst&#232;me de coordonn&#233;es. II s'agit de faire pour la physique ce que la g&#233;om&#233;trie a fait pour l'espace, je veux dire la g&#233;om&#233;trie proprement dite, la g&#233;om&#233;trie pure par opposition avec la g&#233;om&#233;trie analytique. Du moment que cela est possible, il faut le r&#233;aliser ou plut&#244;t l'imposer comme condition primordiale &#224; remplir par toute th&#233;orie physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'a fait Einstein. Cela a &#233;t&#233; possible parce que les deux lacunes, de la relativit&#233; restreinte, d'une part, et de l'absence de gravitation dans notre syst&#232;me, d'autre part, &#233;taient connexes. En effet, qu'est-ce qui caract&#233;rise la gravitation, qui lui donne son aspect tellement particulier ? C'est ceci. Si nous abandonnons un corps &#224; lui-m&#234;me, non plus, comme le principe d'inertie le supposait, loin de toute mati&#232;re (ce qui est encore plut&#244;t une abstraction ! Il y a l&#224; encore pour ainsi dire un absolu &#224; la base ! D&#233;finir les lois fondamentales de la m&#233;canique en se mettant en dehors de toute m&#233;canique, en supposant qu'on s'en va &#224; l'infini, ce n'est pas satisfaisant ! Ceux qui ont r&#233;fl&#233;chi quand on a commenc&#233; &#224; leur enseigner la m&#233;canique ont &#233;t&#233; choqu&#233;s de ce fait que, pour expliquer au d&#233;but des choses difficiles, on donne un &#233;nonc&#233; qui n'a pas de sens exp&#233;rimental), mais si nous abandonnons un corps &#224; lui-m&#234;me en le lan&#231;ant, au voisinage de la Terre, nous savons tr&#232;s bien qu'il ne va pas se mouvoir d'un mouvement rectiligne et uniforme ; il aura un mouvement parabolique uniforme dans le sens horizontal et uniform&#233;ment vari&#233; dans le sens vertical. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que ce mouvement sous l'action de la gravitation va &#234;tre le m&#234;me pour tous les corps, pourvu qu'ils aient &#233;t&#233; lanc&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re, et qu'il suffit de conna&#238;tre un point o&#249; le corps passera et avec quelle vitesse il y passera pour savoir quel sera son mouvement ult&#233;rieur. Il n'y a pas besoin pour cela de savoir ce qu'il est. Tous les corps se comportent exactement de la m&#234;me mani&#232;re dans un champ de pesanteur ou de gravitation. Eh bien, si nous regardons maintenant ce qui se passe quand nous observons les corps &#224; partir d'un autre observatoire que nos observatoires en translation, (si par exemple nous sommes sur un observatoire en rotation &#8212; c'est le cas pour la Terre &#8212; nous avons pu n&#233;gliger sa rotation pour les ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectromagn&#233;tiques qui y sont tr&#232;s peu sensibles ; mais, pour la m&#233;canique, nous ne le pouvons pas), nous allons observer des effets exactement semblables &#224; ceux que produit un champ de gravitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons assis sur une plateforme tournante ce que va devenir un corps lanc&#233;. Supposons que son mouvement soit suffisamment rapide pour qu'il ne soit pas sensiblement influenc&#233; par la gravitation et que sa trajectoire soit une ligne droite pour des observateurs li&#233;s aux &#233;toiles, immobiles, ou en translation uniforme par rapport aux &#233;toiles. Si nous sommes sur une plateforme en rotation, nous le voyons d&#233;crire une trajectoire compliqu&#233;e. Pour nous et pour tout syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence qui n'est pas en translation rectiligne et uniforme par rapport aux &#233;toiles, le principe de l'inertie n'est pas exact. Un corps abandonn&#233; &#224; lui-m&#234;me ne se meut pas en ligne droite : il suit un mouvement compliqu&#233;, qui d&#233;pend du syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence mais qui est ind&#233;pendant du corps. Cela donne le m&#234;me aspect que les lois de la gravitation. Sous l'action de la gravitation, le mouvement se produit de la m&#234;me fa&#231;on pour tous les corps. Quand je change le syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence, le mouvement spontan&#233; n'est plus rectiligne et uniforme, et s'en &#233;carte de la m&#234;me mani&#232;re pour tous les corps. C'est cette parent&#233; de la gravitation et des effets d'un mouvement d'ensemble qui sauta aux yeux d'Einstein plus violemment qu'aux yeux de tout autre physicien avant lui. Il remarqua qu'on peut par un mouvement convenable du syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence, produire des effets analogues &#224; ceux de la gravitation. C'est l&#224; ce qu'il appelle le principe d'&#233;quivalence d'un mouvement d'ensemble non uniforme et d'un champ de gravitation. Voyons ce qui se passe dans une cage d'ascenseur en chute libre ou dans le boulet de Jules Verne. Le syst&#232;me du boulet de Jules Verne est un syst&#232;me qui n'est pas en translation rectiligne et uniforme par rapport aux &#233;toiles ; il tombe par rapport &#224; la Terre sous l'action de la pesanteur. Supposons qu'il soit en chute libre apr&#232;s avoir &#233;t&#233; lanc&#233; vers le haut. Sa fa&#231;on de tomber, c'est de continuer &#224; monter, et ensuite de retomber, ou, s'il a &#233;t&#233; lanc&#233; avec une force suffisante dans l'espace, sa fa&#231;on de tomber serait de tourner autour de la Terre, comme la Lune. Newton a montr&#233; que le mouvement des astres repr&#233;sente leur fa&#231;on de tomber. Imaginons des corps situ&#233;s &#224; l'int&#233;rieur du boulet de jules Verne. Il n'y a plus de gravitation puisque ces corps, tombant en m&#234;me temps que lui n'ont aucune acc&#233;l&#233;ration par rapport au boulet de Jules Verne. D&#232;s qu'il est libre, qu'il est en train de tomber, il n'y a plus de pesanteur &#224; son int&#233;rieur ; les corps laiss&#233;s au milieu du boulet resteraient au milieu ; lanc&#233;s &#224; son int&#233;rieur ils se mouvraient de fa&#231;on rectiligne et uniforme par rapport &#224; lui. &#192; son int&#233;rieur, l'eau ne prendrait pas de sur-face libre horizontale, elle se r&#233;pandrait par capillarit&#233; le long des parois. Toute la physique prendrait des aspects assez diff&#233;rents.. Nous avons compens&#233; en quelque sorte le champ de gravitation par un champ de force d'inertie en rapportant le mouvement &#224; des axes en mouvement. Le changement acc&#233;l&#233;r&#233; du mouvement du syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence est &#233;quivalent &#224; un changement du champ de gravitation qu'on peut faire appara&#238;tre ou dispara&#238;tre &#224; volont&#233;. Einstein a &#233;nonc&#233; ce qu'il a appel&#233; le principe d'&#233;quivalence : un champ de gravitation est &#233;quivalent &#224; un champ de force d'inertie, c'est-&#224;-dire &#224; l'utilisation d'un syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence convenablement choisi. Si l'on peut ainsi faire dispara&#238;tre le champ de gravitation par l'emploi du boulet de Jules Verne, on peut aussi y faire appara&#238;tre un champ de gravitation tr&#232;s intense, en le tirant tr&#232;s violemment de mani&#232;re &#224; lui communiquer une acc&#233;l&#233;ration &#233;norme. Tout se passerait pour des gens plac&#233;s &#224; l'int&#233;rieur comme s'ils &#233;taient soumis &#224; l'action d'un champ de pesanteur &#233;norme ; ils seraient &#233;cras&#233;s contre le fond du boulet, tout se passerait pour eux, comme si la pesanteur avait extraordinairement augment&#233;. Si l'on peut ainsi, par l'emploi d'un syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence convenable, faire appara&#238;tre ou dispara&#238;tre le champ de gravitation, n'est-il pas possible de choisir convenablement nos coordonn&#233;es, et le mouvement des observateurs, de fa&#231;on &#224; faire dispara&#238;tre partout la gravitation ? S'il y a &#233;quivalence, on doit pouvoir se d&#233;barrasser de la gravitation, ce qui serait assez commode, faire comme si nous &#233;tions dans un boulet de Jules Verne. On peut dire que si cela avait &#233;t&#233; possible, il est probable qu'on n'aurait pas attendu Einstein pour le faire. Cette suppression de la gravitation en tous lieux par un choix convenable du syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence o&#249; des observateurs feraient appara&#238;tre l'Univers comme euclidien dans toute son &#233;tendue, puisque, en tout lieu et &#224; tout instant, la physique serait celle de la Relativit&#233; restreinte. De m&#234;me que Copernic a dit qu'il &#233;tait beaucoup plus simple de choisir des coordonn&#233;es h&#233;liocentriques, de rapporter le mouvement au Soleil au lieu de le rapporter &#224; la Terre, on aurait dit qu'il &#233;tait plus simple de prendre tel ou tel syst&#232;me de rep&#233;rage entre les &#233;v&#233;nements qui vaudrait pour tout l'Univers, et qui nous d&#233;barrasserait de cette g&#234;nante gravitation. Au point de vue th&#233;orique, nous ne pouvons nous emp&#234;cher d'&#234;tre sur la Terre et plac&#233;s dans un champ de gravitation quand nous rapportons les &#233;v&#233;nements &#224; des axes li&#233;s &#224; la Terre, mais si nous pouvions admettre que nous sommes en mouvement par rapport &#224; un syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence convenablement choisi dans lequel la gravitation aurait disparu, cela serait bien plus commode. En fait, on s'aper&#231;oit que ce n'est pas possible, et Einstein a bien vu qu'il en &#233;tait ainsi. On ne peut faire dispara&#238;tre partout le champ de gravitation, mais seulement dans une petite r&#233;gion. Pour des observateurs qui sont dans le boulet de Jules Verne, qui sont en train de tomber avec lui, la gravitation a disparu &#224; leur voisinage imm&#233;diat. Ils sont tranquilles, tant qu'ils n'arrivent pas en bas. Mais s'ils avaient un moyen de communication par signaux hertziens avec des gens qui sont de l'autre c&#244;t&#233; de la Terre, ils se rendraient compte que, par rapport &#224; eux, ces gens-l&#224; suppos&#233;s en chute libre, ont une acc&#233;l&#233;ration double de celle de la pesanteur ; de sorte que nous avons pu effacer localement la gravitation mais que nous n'avons pas pu l'effacer partout, qu'au contraire nous l'avons exag&#233;r&#233;e ailleurs. Einstein consid&#232;re qu'on ne peut pas effacer la gravitation partout, qu'on peut l'effacer localement, qu'on peut trouver un univers euclidien qui est tangent, qui co&#239;ncide dans une petite &#233;tendue avec l'univers r&#233;el, mais qu'on ne peut pas rendre tout l'Univers euclidien par un choix convenable de coordonn&#233;es. C'est tout &#224; fait analogue &#224; ce fait que, lorsque nous prenons une surface comme celle de cette carafe, qui n'est pas d&#233;veloppable, dont la g&#233;om&#233;trie n'est pas euclidienne, nous pouvons la faire co&#239;ncider sur une petite &#233;tendue avec un plan ou une surface d&#233;veloppable. C'est l&#224; la base de la th&#233;orie des surfaces de Gauss. C'est l'hypoth&#232;se que la surface est euclidienne dans l'infiniment petit. Mais nous ne pouvons pas rendre euclidienne toute la g&#233;om&#233;trie de la surface. Nous ne pouvons pas d&#233;velopper toutes les surfaces sur un plan sans les d&#233;chirer, sans les modifier profond&#233;ment. Eh bien, Einstein a reconnu que la situation &#233;tait exactement la m&#234;me pour l'Univers. Nous constatons par l'exp&#233;rience du boulet de Jules Verne qu'en tous points de l'Univers et &#224; tous instants, il y a un Univers euclidien tangent : c'est l'univers du boulet qui tombe en cet endroit ; mais seulement tangentiellement. Dans son ensemble, l'Univers n'est pas euclidien. On ne peut pas faire dispara&#238;tre partout la gravitation. On con&#231;oit donc, de cette fa&#231;on, la gravitation comme &#233;tant en quelque sorte la manifestation du caract&#232;re non euclidien de l'espace, de m&#234;me que la courbure totale de Gauss pour les surfaces est la manifestation du caract&#232;re non euclidien de la surface. La gravitation serait ainsi ce qui &#233;carte l'Univers d'&#234;tre euclidien. Il peut para&#238;tre bien extraordinaire de ramener la physique de la gravitation &#224; quelque chose d'analogue &#224; la courbure des surfaces, de ramener la gravitation &#224; une courbure d'espace, &#224; une d&#233;formation de l'espace &#224; partir des propri&#233;t&#233;s euclidiennes, comme une surface non d&#233;veloppable r&#233;sulte d'une d&#233;formation &#224; partir d'une surface d&#233;veloppable. La gravitation est con&#231;ue ici comme un aspect de la g&#233;om&#233;trie, et le mouvement spontan&#233; que prend un corps comme une manifestation de cette g&#233;om&#233;trie, le mouvement spontan&#233; des corps (qui dans l'espace euclidien et rectiligne et uniforme) jouant dans cette conception le m&#234;me r&#244;le que la ligne g&#233;od&#233;sique sur la surface par rapport &#224; la ligne droite sur le plan. La ligne de plus court chemin, c'est la ligne droite dans l'Univers euclidien, et le mouvement spontan&#233;, c'est le mouvement rectiligne et uniforme. Sur une surface incurv&#233;e, quel sera l'analogue de la ligne droite ? c'est la g&#233;od&#233;sique ; et le mouvement spontan&#233; d'un mobile assujetti &#224; rester sur la surface se fera suivant une ligne g&#233;od&#233;sique de cette surface. Si je prends un mobile qui soit oblig&#233; de rester sur cette surface, et que je le lance, le principe m&#234;me d'inertie me dit qu'il parcourra une g&#233;od&#233;sique de la surface. Pour Einstein, le mouvement spontan&#233; des corps suit pr&#233;cis&#233;ment une g&#233;od&#233;sique de notre Univers. Si l'Univers est euclidien, c'est un mouvement rectiligne et uniforme ; s'il ne l'est pas, c'est autre chose, autre chose qui s'&#233;carte du mouvement rectiligne et uniforme dans la mesure o&#249; notre Univers s'&#233;carte d'&#234;tre euclidien. Le mouvement de chute libre de notre corps nous prouve que l'espace et le temps (puisque c'est l'ensemble qui intervient ici dans l'Univers), n'ont pas le caract&#232;re euclidien, et la gravitation manifeste justement cette non-euclidianit&#233; de l'Univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'une &#233;tape franchie, car nous savons bien que la gravitation est due &#224; la pr&#233;sence des corps, qu'il y a au moins une partie de ce que nous observons sous le nom de gravitation que nous ne pourrons faire dispara&#238;tre, que nous observerons toujours un champ de gravitation quel que soit le syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence que nous aurons choisi, et que ce sera au voisinage de la mati&#232;re que ce champ de gravitation se manifestera de la mani&#232;re la plus marqu&#233;e. Si donc nous concevons la gravitation comme une courbure de l'espace, analogue &#224; une courbure d'une surface, et si nous affirmons que les mouvements spontan&#233;s des corps qui tombent sur la Terre et des astres qui tournent autour du Soleil ne sont pas d&#251;s &#224; des attractions dans un espace euclidien, mais qu'ils sont simplement des mouvements g&#233;od&#233;siques dans un Univers non euclidien, ce caract&#232;re non euclidien tient &#224; ce qu'il y a de la mati&#232;re dans l'espace. De quelle mani&#232;re la mati&#232;re va-t-elle d&#233;terminer les propri&#233;t&#233;s de l'espace ? Eh bien, Einstein a pu d&#233;velopper enti&#232;rement la th&#233;orie, nous donner les lois suivant lesquelles c'est la mati&#232;re, ou plus exactement l'&#233;nergie pr&#233;sente dans l'Univers, puisque nous avons ramen&#233; tout &#224; l'heure l'une des notions &#224; l'autre, qui d&#233;termine la courbure de l'espace et le mouvement spontan&#233;. C'est un retournement. Vous voyez comment au fond on peut dire que cela devient presque naturel. C'est presque une autre fa&#231;on de dire la m&#234;me chose. Au lieu de dire que le mouvement de la Lune autour de la Terre r&#233;sulte de l'attraction que la Terre exerce sur la Lune dans un Univers euclidien, nous disons que l'Univers n'est pas euclidien, qu'il s'en.&#233;carte &#224; cause de la pr&#233;sence de la Terre en quelque sorte, et que c'est cette modification ds propri&#233;t&#233;s de l'espace que la Terre produit autour d'elle qui fait que le mouvement spontan&#233; de la Lune n'est pas un mouvement rectiligne et uniforme, mais un mouvement de circulation. Ce n'est pas plus malin que cela, &#233;videmment ; mais c'est g&#233;nial. Quand on applique cette th&#233;orie au cas du Soleil et de la plan&#232;te Mercure, on trouve qu'elle explique exactement un r&#233;sidu de la th&#233;orie Newtonienne, que les astronomes n'avaient jamais pu interpr&#233;ter, et que Leverrier avait cru expliquer par l'hypoth&#232;se de Vulcain, plan&#232;te intra-mercurielle. Les astronomes s'&#233;taient crev&#233; inutilement les yeux pour voir passer Vulcain sur le Soleil. Il suffit de d&#233;velopper les cons&#233;quences des &#233;quations d'Einstein pour obtenir imm&#233;diatement le mouvement de Mercure tel que les astronomes l'observent. C'est d&#233;j&#224; une sanction qui est &#233;quivalente &#224; celle de l'entra&#238;nement des ondes pour la relativit&#233; restreinte. On a pu aller plus loin encore. Du moment o&#249; notre Univers est con&#231;u comme modifi&#233; par la pr&#233;sence de la mati&#232;re et de l'&#233;nergie en g&#233;n&#233;ral, non seulement un corps, en suivant sa g&#233;od&#233;sique, ne s'y d&#233;placera pas en ligne droite d'un mouvement uniforme, mais encore la lumi&#232;re qui repr&#233;sente de l'&#233;nergie et qui, dans l'Univers euclidien se propage en ligne droite, n'&#233;tant plus dans un Univers euclidien, ne se propagera plus en ligne droite : d'o&#249; la d&#233;viation de la lumi&#232;re venant d'une &#233;toile, quand elle passe dans la r&#233;gion de l'Univers fortement perturb&#233;e qui se trouve au voisinage du Soleil. On peut calculer de combien l'&#233;toile para&#238;tra plus &#233;cart&#233;e du Soleil qu'elle ne l'est r&#233;ellement, &#224; cause de cette d&#233;viation de la lumi&#232;re due &#224; la forte courbure de l'Univers au voisinage du Soleil, et l'exp&#233;rience a confirm&#233; exactement les pr&#233;visions quantitatives de la th&#233;orie. De m&#234;me, dans un domaine encore plus &#233;loign&#233;, si je puis dire, c'est non seulement l'espace qui est modifi&#233;, mais c'est aussi le temps. Non seulement les propri&#233;t&#233;s de l'espace d&#233;pendent de ce qui s'y trouve, mais les propri&#233;t&#233;s du temps d&#233;pendent aussi de ce qui y passe. Et, du fait de la pr&#233;sence du Soleil, les horloges, quelles qu'elles soient, marcheront autrement qu'en son absence ; par exemple les atomes qui sont sur le Soleil n'ont pas les fr&#233;quences lumineuses, n'&#233;mettent pas le m&#234;me spectre que lorsqu'ils sont sur la Terre. Effectivement, nous pouvons constater que les raies du spectre solaire dues &#224; certaines substances sont d&#233;plac&#233;es par rapport aux raies des m&#234;mes substances &#233;mises sur la Terre et que le d&#233;placement est exactement celui pr&#233;vu par la th&#233;orie. Il est tr&#232;s petit, mais les opticiens ont le moyen de le d&#233;celer, et la v&#233;rification exp&#233;rimentale est parfaite. Le d&#233;placement des raies pr&#233;vu par la nouvelle th&#233;orie est enti&#232;rement conforme aux r&#233;sultats de l'exp&#233;rience. L'explication de l'anomalie de la plan&#232;te Mercure, la d&#233;viation de la lumi&#232;re dans le voisinage du Soleil, le d&#233;placement des raies du spectre solaire, voil&#224; des pr&#233;visions tout &#224; fait inattendues, qui ont enrichi notre domaine exp&#233;rimental, et prouv&#233; que la nouvelle th&#233;orie est non seulement la seule qui rend compte enti&#232;rement des faits, mais qui permet encore d'en pr&#233;voir de nouveaux. Nous n'avons rien actuellement qui puisse lui &#234;tre compar&#233; &#224; ce point de vue, pas plus qu'au point de vue de la beaut&#233; int&#233;rieure, de la n&#233;cessit&#233; logique et de la fid&#233;lit&#233; &#224; ce que doit &#234;tre toute physique, une construction th&#233;orique sur une base exclusivement exp&#233;rimentale. En &#233;liminant le temps absolu, la masse absolue, nous avons gagn&#233; l'univers euclidien qui ne comprenait pas la gravitation. En &#233;liminant le caract&#232;re euclidien de la g&#233;om&#233;trie, nous avons gagn&#233; l'interpr&#233;tation de la gravitation et la relativit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e, c'est-&#224;-dire la possibilit&#233;, moyennant l'introduction d'un champ de gravitation convenablement distribu&#233;, de donner aux lois de physique une forme ind&#233;pendante du syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence, comme le raisonnement de tout &#224; l'heure sur les enchainements de co&#239;ncidences absolues nous obligeait &#224; le faire. Vous voyez donc qu'il y a non seulement interpr&#233;tation de l'ensemble des ph&#233;nom&#232;nes connus et puissance de pr&#233;vision v&#233;ritablement extraordinaire, mais encore concordance avec les prescriptions de la th&#233;orie de la connaissance. Du moment que nous n'observons que des encha&#238;nements de co&#239;ncidences absolues, nous devons pouvoir, et nous pouvons maintenant &#233;noncer les lois physiques sous une forme ind&#233;pendante du syst&#232;me que nous employons pour rep&#233;rer les &#233;v&#233;nements, exactement comme les lois de la g&#233;om&#233;trie sont ind&#233;pendantes du syst&#232;me de coordonn&#233;es qu'on emploie pour fixer la position des points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pourrais m'arr&#234;ter l&#224;. Mais je veux ajouter quelques mots sur la cosmogonie, pour vous montrer qu'il est possible d'aller plus loin encore. Non seulement nous avons vu qu'au voisinage du Soleil les corps ne prennent pas un mouvement rectiligne et uniforme, mais qu'ils tournent autour en suivant leur g&#233;od&#233;sique, et que la lumi&#232;re s'y propage autrement qu'en ligne droite, mais encore on constate que la masse du corps ou son &#233;nergie interne est modifi&#233;e par la pr&#233;sence du Soleil d'une quantit&#233; qui d&#233;pend de la masse du Soleil et de sa proximit&#233;, et qui est tr&#232;s petite d'ailleurs. Il y a quelque chose qui a g&#234;n&#233; Einstein. Dans la masse du corps telle que je l'observe, je suis oblig&#233; de faire deux parties, l'une qui est fondamentale, qui existerait si nous &#233;tions infiniment loin, et une autre due au voisinage du Soleil. Cela n'est pas homog&#232;ne. Quand on a certaines exigences de propret&#233; th&#233;orique, on n'aime pas que deux parties d'un m&#234;me effet soient expliqu&#233;es de fa&#231;ons aussi divergentes. Il y avait superposition d'une propri&#233;t&#233; absolue : l'existence d'une inertie fondamentale ind&#233;pendante de la proximit&#233; de toute mati&#232;re et d'une autre partie de l'inertie qui avait exactement les m&#234;mes caract&#232;res, mais qui &#233;tait li&#233;e &#224; la pr&#233;sence de la mati&#232;re voisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Einstein s'est dit, comme Mach l'avait suppos&#233; ant&#233;rieurement : Il est beaucoup plus vraisemblable que toute l'inertie est due &#224; la mati&#232;re pr&#233;sente, non pas seulement &#224; celle qui est tout pr&#232;s de nous, dans le syst&#232;me solaire ou dans la Voie Lact&#233;e, mais &#224; tout l'ensemble de la mati&#232;re cosmique. C'est parce qu'il y a d'autre mati&#232;re, qu'une portion quelconque de mati&#232;re est inerte, c'est parce qu'il y en a d'autre, que quand cette mati&#232;re tourne, il s'y produit des effets de force centrifuge, qu'un corps qui lui est attach&#233; se met &#224; tendre le fil qui l'attache, et qu'il appara&#238;t un champ de force d'inertie. Et en effet, s'il n'y avait pas d'autre mati&#232;re, cela n'aurait pas de sens de dire que ceci tourne par rapport &#224; cela ! Par cons&#233;quent, l'existence m&#234;me des effets d'inertie sugg&#232;re d'une fa&#231;on n&#233;cessaire qu'on doive les expliquer par le fait, qu'il y a d'autre mati&#232;re. Les effets de la rotation n'ont de sens qu'&#224; cause de l'existence d'autre mati&#232;re que celle du corps qui tourne, d'autre mati&#232;re par rapport &#224; quoi le corps peut tourner. Si toute l'inertie est due &#224; la pr&#233;sence de mati&#232;re, le d&#233;veloppement de la th&#233;orie montre que n&#233;cessairement la quantit&#233; totale de mati&#232;re doit &#234;tre finie, et que l'Univers &#233;galement doit &#234;tre fini, c'est &#224; dire que cet Univers doit &#234;tre pour les trois dimensions de l'espace l'&#233;quivalent de ce qu'est la sph&#232;re &#224; deux dimensions. Nous concevons tr&#232;s bien une surface comme la sph&#232;re qui soit finie, mais sans limites, telle que toutes ses r&#233;gions s'&#233;quivalent, mais qui n'ait pas de points qui soient infiniment &#233;loign&#233;s les uns des autres, et sur cette sph&#232;re dont tous les points s'&#233;quivalent, des &#234;tres qui seraient &#224; deux dimensions constateraient que leur g&#233;om&#233;trie ne serait pas euclidienne ; ce serait la g&#233;om&#233;trie de Riemann, et quand ils s'en iraient dans une m&#234;me direction, et toujours dans cette m&#234;me direction, ils reviendraient &#224; leur point de d&#233;part. Eh bien, si l'on donne aux &#233;quations d'Einstein une forme convenable pour interpr&#233;ter cette inertie totale due &#224; la mati&#232;re pr&#233;sente, on peut en d&#233;duire ce que doit &#234;tre le rayon de courbure d'un univers &#224; trois dimensions fini, mais sans limites. On peut concevoir que, si nous nous &#233;loignons toujours dans la m&#234;me direction, nous pourrons revenir au point de d&#233;part, exactement comme cela a lieu &#224; deux dimensions sur la sph&#232;re. Imaginez-vous quelque chose &#224; trois dimensions &#233;quivalant &#224; la sph&#232;re &#224; deux dimensions, un Univers qui ait, &#224; trois dimensions, une rotondit&#233; analogue &#224; celle de la Terre. On a constat&#233; qu'en s'en allant toujours dans la m&#234;me direction et en restant sur la Terre &#224; deux dimensions on revenait au point de d&#233;part. Einstein a pr&#233;cis&#233;ment montr&#233; que la m&#234;me chose se passait &#224; trois dimensions et qu'on devait revenir toujours au point de d&#233;part en se d&#233;pla&#231;ant dans une m&#234;me direction. Nous pouvons, en vertu de ces &#233;quations, connaissant en m&#234;me temps la densit&#233; moyenne de la mati&#232;re en tenant compte des n&#233;buleuses, &#233;valuer ce que serait le chemin parcouru avant de revenir au point de d&#233;part dans ce tour de l'Univers. On peut affirmer qu'il est de l'ordre d'un milliard d'ann&#233;es de lumi&#232;re, ce qui fait : 1 milliard x 365 jours x 24 heures x 3.600 secondes x 300.000 kilom&#232;tres. Il est incontestable que cette &#233;valuation n'introduit aucune g&#234;ne dans notre existence. Nous n'avons pas &#224; craindre de crise du logement dans un tel espace, nous sommes bien tranquilles. En m&#234;me temps, nous sommes bien chez nous ; nous avons, en effet, un univers dont nous pouvons concevoir les limites, alors que l'infinitude est quelque chose d'assez d&#233;concertant. Je me rappelle, &#233;tant enfant, avoir essay&#233; vainement de m'imaginer ce que c'est que l'infinitude. Ici, au contraire, nous compl&#233;tons la synth&#232;se en affirmant la finitude de l'Univers, en faisant l'&#233;valuation du rayon de cet Univers, et en concevant que c'est la mati&#232;re pr&#233;sente dans cet Univers qui en d&#233;termine les propri&#233;t&#233;s et qui, en particulier, d&#233;termine la g&#233;om&#233;trie, d&#233;termine le mouvement spontan&#233; que prendront les corps. Cet Univers est, en gros, sph&#233;rique &#224; trois dimensions. Seulement, il y a des bosses dessus ! Le Soleil d&#233;termine une de ces bosses, et la Terre dans son mouvement annuel, suit les g&#233;od&#233;siques de cette bosse. Si vous imaginez une bosse sur une surface et sur cette bosse une g&#233;od&#233;sique, au sens g&#233;om&#233;trique sensible pour nous, c'est-&#224;-dire une ligne qui tourne autour de cette petite bosse la trajectoire de la Terre autour du Soleil est l'analogue de la trajectoire g&#233;od&#233;sique que suivrait sur cette surface un point lanc&#233;, mais li&#233; &#224; la surface. La bosse sur laquelle tourne la Terre est une modification locale produite par le Soleil sur l'Univers, sensiblement sph&#233;rique avec un rayon d'un milliard d'ann&#233;es de lumi&#232;re. Sur cet Univers &#224; courbure moyenne constante, les r&#233;gions de grande densit&#233;, comme le voisinage du Soleil, cr&#233;ent ainsi des bosses analogues &#224; ce que sont les montagnes sur la Terre, des in&#233;galit&#233;s locales compar&#233;es &#224; la courbure moyenne g&#233;n&#233;rale de la Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; o&#249; nous en sommes. En sacrifiant des postulats, nous avons gagn&#233; une structure th&#233;orique extraordinairement harmonieuse. Au lieu d'avoir l'&#233;chafaudage rigide ancien, l'espace intangible euclidien, le temps absolu et la masse absolue, nous avons une science beaucoup plus homog&#232;ne, nous avons une g&#233;om&#233;trie qui est d&#233;termin&#233;e par la physique, ou plus exactement la g&#233;om&#233;trie et la physique ne font qu'un tout qui est une g&#233;om&#233;trie d'ordre sup&#233;rieur, la gravitation n'&#233;tant qu'un des aspects de cette g&#233;om&#233;trie. Les physiciens esp&#232;rent qu'on pourra de m&#234;me faire rentrer dans cette g&#233;om&#233;trie l'&#233;lectromagn&#233;tisme, qui constitue maintenant la physique. D&#233;j&#224; la gravitation s'est s&#233;par&#233;e de l'&#233;lectromagn&#233;tisme et est rentr&#233;e dans la g&#233;om&#233;trie en la d&#233;formant ; la g&#233;om&#233;trie l'a enclav&#233;e. Nous avons encore &#224; y faire rentrer l'&#233;lectromagn&#233;tisme et ses diff&#233;rents aspects. Ce qu'esp&#232;rent certains physiciens, c'est de pouvoir faire rentrer dans la m&#234;me synth&#232;se ce qui reste de la physique, et par cons&#233;quence toutes les autres sciences, en constituant une g&#233;om&#233;trie plus g&#233;n&#233;rale que celle d'Einstein, qui comprendrait l'&#233;lectromagn&#233;tisme et la gravitation comme des aspects particuliers. Mais, pour nous en tenir &#224; la synth&#232;se actuelle, elle est d&#233;j&#224; assez importante, elle bouleverse assez de principes, elle change suffisamment notre conception de la nature m&#234;me des choses, pour que nous ayons le droit de dire que cette p&#233;riode glorieuse marque un instant d&#233;cisif dans l'histoire de la pens&#233;e, que M. Einstein, en v&#233;rit&#233;, nous a ouvert ce que j'appellerai une fen&#234;tre nouvelle sur l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LIRE AUSSI :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Derni%C3%A8res_pens%C3%A9es/Chapitre_2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Poincar&#233;, L'espace et le temps dans &#034;Derni&#232;res pens&#233;es&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/la_relativite_generale.1035&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La relativit&#233; g&#233;n&#233;rale, conf&#233;rence&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.com/search?tbm=bks&amp;q=la+relativit%C3%A9+de+l%27espace&amp;spell=1&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjF2vzdntXwAhUVqBQKHUtWAzAQBQgtKAA&amp;biw=1112&amp;bih=873&amp;dpr=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La science v&#233;ritable est un d&#233;bat permanent et ne craint pas la contestation ni les remises en question des v&#233;rit&#233;s admises, la science d'Etat est tout le contraire, elle a besoin d'autorit&#233; et de consensus inattaquable et in&#233;branlable&#8230;</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7793</link>
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		<dc:date>2024-12-24T23:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Science</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La science v&#233;ritable est un d&#233;bat permanent et ne craint pas la contestation ni les remises en question des v&#233;rit&#233;s admises, la science d'Etat est tout le contraire, elle a besoin d'autorit&#233; et de consensus inattaquable et in&#233;branlable&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Remarquons d'abord que les plus grands scientifiques ont dit certaines choses qui ont &#233;t&#233; r&#233;fut&#233;es par la suite. Tous ont &#233;t&#233; contredits sur un point ou un autre. Ce n'est pas la manifestation d'une faiblesse de la science mais de son caract&#232;re profond&#233;ment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot281" rel="tag"&gt;Science&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La science v&#233;ritable est un d&#233;bat permanent et ne craint pas la contestation ni les remises en question des v&#233;rit&#233;s admises, la science d'Etat est tout le contraire, elle a besoin d'autorit&#233; et de consensus inattaquable et in&#233;branlable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons d'abord que les plus grands scientifiques ont dit certaines choses qui ont &#233;t&#233; r&#233;fut&#233;es par la suite. Tous ont &#233;t&#233; contredits sur un point ou un autre. Ce n'est pas la manifestation d'une faiblesse de la science mais de son caract&#232;re profond&#233;ment dynamique et m&#234;me r&#233;volutionnaire&#8230; La science, ce n'est pas l'ordre &#233;tabli mais la remise en cause permanente. Tr&#232;s diff&#233;rent de la science d'Etat qui s'impose du fait du pouvoir. La parole d'Etat refuse la contestation, y compris quand elle parle au nom de la science. Mais cela ne prouve qu'une chose : la science d'Etat, ce n'est pas de la science !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir veut pr&#233;sider la science (pourtant mati&#232;re r&#233;volutionnaire) mais il ne gouverne que la science d'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cnrs.fr/fr/actualite/un-nouveau-conseil-presidentiel-de-la-science&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cnrs.fr/fr/actualite/un-nouveau-conseil-presidentiel-de-la-science&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir veut imposer une &#171; v&#233;rit&#233; scientifique ind&#233;passable &#187; que la science n'a jamais pr&#233;tendu d&#233;tenir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://atlantico.fr/article/decryptage/interdire-le-doute-et-forcer-une-verite-officielle---ce-preoccupant-defi-a-la-rationalite-scientifique-pose-par-emmanuel-macron-emmerder-les-non-vaccines-covid-19-pandemie-crise-sanitaire-vaccination-france-jean-paul-oury&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://atlantico.fr/article/decryptage/interdire-le-doute-et-forcer-une-verite-officielle---ce-preoccupant-defi-a-la-rationalite-scientifique-pose-par-emmanuel-macron-emmerder-les-non-vaccines-covid-19-pandemie-crise-sanitaire-vaccination-france-jean-paul-oury&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conseils scientifiques d'Etat se sont surtout plant&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1068&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1068&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5834&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5834&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes institutions scientifiques intergouvernementales aussi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5775&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5775&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4737&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4737&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve283&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve283&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve198&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve198&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique, un domaine du consensus ou de l'affrontement des id&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://matierevolution.fr/spip.php?article4054&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://matierevolution.fr/spip.php?article4054&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science, ce sont seulement des faits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3443&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3443&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute science est humaine et sociale, et aussi discutable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5439&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5439&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands d&#233;bats pass&#233;s et actuels de la Science&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4995&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4995&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science n'est pas objective, pas neutre, elle est une des formes de la pens&#233;e humaine, pas une expression directe d'une r&#233;alit&#233; certaine et indiscutable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4344&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4344&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science se passe-t-elle de th&#233;oriser et se limite-t-elle &#224; constater les faits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2869&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2869&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique, un d&#233;bat permanent qui d&#233;passe la seule observation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2546&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2546&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui est s&#251;r en Sciences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le consensus scientifique n'est pas&#8230; scientifique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/opinion/idees/623304/idees-le-concept-de-consensus-scientifique-est-il-vraiment-scientifique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ledevoir.com/opinion/idees/623304/idees-le-concept-de-consensus-scientifique-est-il-vraiment-scientifique&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, voici une d&#233;fense intelligente du consensus scientifique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.larecherche.fr/histoire-des-sciences/%C2%AB-le-consensus-scientifique-est-le-meilleur-indicateur-de-v%C3%A9rit%C3%A9-que-nous-ayons-%C2%BB&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.larecherche.fr/histoire-des-sciences/%C2%AB-le-consensus-scientifique-est-le-meilleur-indicateur-de-v%C3%A9rit%C3%A9-que-nous-ayons-%C2%BB&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas certains&#8230; de la validit&#233; de la certitude&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4907&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4907&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science progresse par contradictions r&#233;volutionnaires d'individus et non par accord de la collectivit&#233; des scientifiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3655&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3655&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Science progresse par r&#233;volutions plut&#244;t que par &#233;volutions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce principe fondamental de la physique des particules pourrait &#234;tre boulevers&#233; par une d&#233;couverte scientifique majeure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://portail.free.fr/actualites/monde/ce-principe-fondamental-de-la-physique-des-particules-pourrait-etre-bouleverse-par-une-decouverte-scientifique-majeure/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://portail.free.fr/actualites/monde/ce-principe-fondamental-de-la-physique-des-particules-pourrait-etre-bouleverse-par-une-decouverte-scientifique-majeure/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/sciences/decouverte-scientifique-pourrait-bouleverser-principe-fondamental-de-la-physique-des-particules-force-electrostatique-219096&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/sciences/decouverte-scientifique-pourrait-bouleverser-principe-fondamental-de-la-physique-des-particules-force-electrostatique-219096&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Einstein critiquait la physique quantique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6215&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6215&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une th&#233;orie qui conteste Einstein&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/archives/article/2004/02/12/une-theorie-qui-conteste-einstein_352763_1819218.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/archives/article/2004/02/12/une-theorie-qui-conteste-einstein_352763_1819218.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Critiques_de_la_th%C3%A9orie_de_la_relativit%C3%A9&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Critiques_de_la_th%C3%A9orie_de_la_relativit%C3%A9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://lesnouveauxprincipes.fr/critique/1-mecanique-generale/critique-detaillee-physique-quantique-et-relativite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://lesnouveauxprincipes.fr/critique/1-mecanique-generale/critique-detaillee-physique-quantique-et-relativite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.20minutes.fr/high-tech/793332-20110923-theorie-relativite-remise-question&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.20minutes.fr/high-tech/793332-20110923-theorie-relativite-remise-question&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.forbes.fr/technologie/une-etude-remet-en-question-la-theorie-de-la-relativite-deinstein/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.forbes.fr/technologie/une-etude-remet-en-question-la-theorie-de-la-relativite-deinstein/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des th&#233;oriciens contestent la th&#233;orie des cordes et des supercordes et celle de la gravit&#233; quantique &#224; boucle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3850&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3850&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-test-gravitation-quantique-boucles-supercordes-fermi-20213/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-test-gravitation-quantique-boucles-supercordes-fermi-20213/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supercordes et Gravit&#233; quantique &#224; boucle se contredisent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.quora.com/La-th%C3%A9orie-de-la-gravit%C3%A9-quantique-%C3%A0-boucle-est-elle-prouvable-exp%C3%A9rimentalement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.quora.com/La-th%C3%A9orie-de-la-gravit%C3%A9-quantique-%C3%A0-boucle-est-elle-prouvable-exp%C3%A9rimentalement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des scientifiques contestent la th&#233;orie du Big Bang&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4885&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4885&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de l'information est aussi discutable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4086&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4086&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur quelles bases remettre en question des th&#233;ories ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.quora.com/Quest-ce-qui-permet-%C3%A0-quelquun-de-remettre-en-question-la-science&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.quora.com/Quest-ce-qui-permet-%C3%A0-quelquun-de-remettre-en-question-la-science&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on remettre en question le r&#233;chauffement global anthropique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article57&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article57&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le consensus scientifique sur le r&#233;chauffement anthropique et l'effet de serre est contestable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7554&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7554&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve283&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve283&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le consensus scientifique sur les vaccins covid est contestable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6680&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6680&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6364&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6364&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7569&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7569&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le consensus scientifique sur les m&#233;dicaments n'est pas fiable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2498&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2498&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;futer les id&#233;es de Hawking ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4889&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4889&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science est r&#233;futable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-pourquoi-du-comment-science/le-pourquoi-du-comment-science-du-mardi-27-septembre-2022-4367349&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-pourquoi-du-comment-science/le-pourquoi-du-comment-science-du-mardi-27-septembre-2022-4367349&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science est le domaine qui a le plus besoin de pouvoir se remettre en question&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cite-sciences.fr/fr/ressources/conferences-en-replay/saisons/saison-2017-2018/quand-la-science-se-remet-en-question&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cite-sciences.fr/fr/ressources/conferences-en-replay/saisons/saison-2017-2018/quand-la-science-se-remet-en-question&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pass&#233;, la science a subi de v&#233;ritables remises en question fondamentales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.philomag.com/articles/michel-bitbol-la-physique-quantique-remet-en-question-tout-ce-que-nous-pensions-savoir&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.philomag.com/articles/michel-bitbol-la-physique-quantique-remet-en-question-tout-ce-que-nous-pensions-savoir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi les erreurs scientifiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Erreur_scientifique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Erreur_scientifique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d'autant plus remettre en question les r&#233;ponses pass&#233;es qu'elles ne r&#233;pondent pas &#224; toutes les questions : par exemple l'unification de la physique quantique et de la relativit&#233; reste &#224; r&#233;aliser&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.echosciences-grenoble.fr/communautes/le-master-cst/articles/reunir-relativite-generale-mecanique-quantique-l-enjeu-de-la-physique-theorique-du-21eme-siecle-pour-comprendre-les-mysteres-de-l-univers&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.echosciences-grenoble.fr/communautes/le-master-cst/articles/reunir-relativite-generale-mecanique-quantique-l-enjeu-de-la-physique-theorique-du-21eme-siecle-pour-comprendre-les-mysteres-de-l-univers&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;futabilit&#233; par la falsifiabilit&#233; de Popper de la th&#233;orie est-elle le crit&#232;re de base&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1708&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1708&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur, fondement de&#8230; la v&#233;rit&#233; scientifique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3515&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3515&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels crit&#232;res de rationalit&#233; de la pens&#233;e scientifique et quelle autorit&#233; accorder &#224; la communaut&#233; scientifique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2397&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2397&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science n'est pas objective, pas neutre, elle est une des formes de la pens&#233;e humaine, pas une expression directe d'une r&#233;alit&#233; certaine et indiscutable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4344&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4344&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Science peut-elle se tromper lourdement du fait de pr&#233;jug&#233;s sociaux, d'int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques ou de pressions du pouvoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4102&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4102&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement du capitalisme multiplie les arnaques pseudo-scientifiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5919&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5919&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas repenser l'ensemble de la r&#233;alit&#233; sans r&#233;volutionner le monde et on ne peut pas r&#233;volutionner le monde sans repenser l'ensemble de la r&#233;alit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3655&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3655&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7537&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7537&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Donnez moi une &#233;quation et je soul&#232;verai le monde. Les limites des capacit&#233;s des math&#233;matiques &#224; comprendre le monde.</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7557</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7557</guid>
		<dc:date>2024-12-23T23:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Donnez moi une &#233;quation et je soul&#232;verai le monde. Les limites des capacit&#233;s des math&#233;matiques &#224; comprendre le monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne suffit pas d'&#233;quations (ni une seule ni plusieurs) pour &#233;tudier la r&#233;alit&#233;, qu'elle soit physique, vivante, humaine ou sociale. Eh oui ! M&#234;me la Physique n'est pas purement math&#233;matique, contrairement &#224; ce qui est souvent dit, y compris la physique quantique qui est tr&#232;s loin d'&#234;tre uniquement en &#233;quations et qui ne r&#233;pugne pas tant que cela aux descriptions des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Donnez moi une &#233;quation et je soul&#232;verai le monde. Les limites des capacit&#233;s des math&#233;matiques &#224; comprendre le monde.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas d'&#233;quations (ni une seule ni plusieurs) pour &#233;tudier la r&#233;alit&#233;, qu'elle soit physique, vivante, humaine ou sociale. Eh oui ! M&#234;me la Physique n'est pas purement math&#233;matique, contrairement &#224; ce qui est souvent dit, y compris la physique quantique qui est tr&#232;s loin d'&#234;tre uniquement en &#233;quations et qui ne r&#233;pugne pas tant que cela aux descriptions des ph&#233;nom&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut une conception scientifique pour explorer le fonctionnement du monde, vision d'ensemble qui n&#233;cessite &#224; la fois des concepts, des analyses, des descriptions utilisant les pr&#233;c&#233;dents et permettant d'interpr&#233;ter les ph&#233;nom&#232;nes, des moyens de v&#233;rifier la validit&#233; de ces descriptions, v&#233;rifications &#224; la fois qualitatives et quantitatives, enfin des lois g&#233;n&#233;ralisant les r&#233;sultats pr&#233;c&#233;dents, lois &#224; la fois qualitatives et quantitatives. Nous pensons que cet ensemble doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme aussi philosophique que scientifique. La philosophie est un ensemble de conceptions g&#233;n&#233;rales &#233;tay&#233; par des concepts et des raisonnements. Elle est reli&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233; et l'est tout particuli&#232;rement lorsqu'il s'agit d'une philosophie mat&#233;rialiste qui reconnait l'importance d&#233;cisive des exp&#233;riences, la n&#233;cessit&#233; d'une th&#233;orie de la mesure, une vision d'ensemble du fonctionnement du monde mat&#233;riel ainsi que la pr&#233;&#233;minence et la supr&#233;matie du monde mat&#233;riel sur celui des id&#233;es. La mati&#232;re a autant besoin d'une telle philosophie que l'&#233;tude de l'homme, de son cerveau, de son comportement et des soci&#233;t&#233;s qu'il fonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord que le simple fait d'affirmer que la r&#233;alit&#233; ob&#233;irait &#224; des &#233;quations math&#233;matiques est une conception philosophique id&#233;aliste. Les math&#233;matiques, ce sont des id&#233;es. Les faits peuvent &#234;tre d&#233;crits avec des math&#233;matiques &#224; condition de choisir des param&#232;tres et de les d&#233;finir scientifiquement c'est-&#224;-dire par leur relation avec les autres concepts scientifiques au sein d'un raisonnement. Et ce raisonnement ne se ram&#232;ne jamais seulement &#224; un calcul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concluons : les &#233;quations ne disent pas tout sur la r&#233;alit&#233;, il faut des concepts, une philosophie, une raison, une histoire, une logique, une description des m&#233;canismes (et m&#234;me un r&#233;cit qui en retrace la dynamique), une description des objets et de leur fonctionnement et il faut un expos&#233; qui relie tout cela comme un ensemble logique ce qui suppose une philosophie logique. La coh&#233;rence de l'ensemble est un point fondamental. Bien entendu, chaque hypoth&#232;se doit ensuite &#234;tre v&#233;rifi&#233;e par des mesures, des observations et les &#233;quations qui relient ces quantit&#233;s sont un point important mais tout ne s'y ram&#232;ne pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Croire que la r&#233;solution d'une &#233;quation r&#233;soudrait le myst&#232;re du monde est d'une na&#239;vet&#233; confondante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nikola Tesla : &#171; Aujourd'hui les scientifiques ont substitu&#233;s les math&#233;matiques aux exp&#233;riences, Alors ils errent d'&#233;quation en &#233;quation, cr&#233;ant &#233;ventuellement une structure qui n'a aucun lien avec la r&#233;alit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Von Neumann : &#171; En math&#233;matiques, on ne comprend pas les choses, on s'y habitue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georg Cantor : &#171; L'essence des math&#233;matiques, c'est la libert&#233;. &#187; Mais les lois du r&#233;el, c'est la contrainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Copernic : &#171; Les math&#233;matiques ne sont &#233;crites que pour les math&#233;maticiens. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Dirac : &#171; Les math&#233;matiques sont l'outil sp&#233;cialement adapt&#233; pour traiter des concepts abstraits de toute nature et il n'y a pas de limite &#224; sa puissance dans ce domaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Einstein expose dans &#171; La g&#233;om&#233;trie et l'exp&#233;rience &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Parmi toutes les sciences, les math&#233;matiques jouissent d'un prestige particulier qui tient &#224; une raison unique : leurs propositions ont un caract&#232;re de certitude absolue et incontestable, alors que celles de toutes les autres sciences sont discutables jusqu'&#224; un certain point et risquent toujours d'&#234;tre r&#233;fut&#233;es par la d&#233;couverte de faits nouveaux. Le chercheur d'une autre discipline n'aurait pas lieu pour autant d'envier le math&#233;maticien si les propositions de ce dernier ne portaient que sur de purs produits de notre imagination et non sur des objets r&#233;els. Il n'est pas &#233;tonnant en effet que l'on parvienne &#224; des conclusions logiques concordantes, une fois que l'on s'est mis d'accord sur les propositions fondamentales (axiomes) ainsi que sur les m&#233;thodes &#224; suivre pour d&#233;duire de ces propositions fondamentales d'autres propositions ; mais le prestiges de math&#233;matiques tient, par ailleurs, au fait que ce sont &#233;galement elles qui conf&#232;rent aux sciences exactes de la nature un certain degr&#233; de certitude, que celles-ci ne pourraient atteindre autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici surgit une &#233;nigme qui, de tout temps, a fortement troubl&#233; les chercheurs. Comment est-il possible que les math&#233;matiques, qui sont issues de la pens&#233;e humaine ind&#233;pendamment de toute exp&#233;rience, s'appliquent si parfaitement aux objets de la r&#233;alit&#233; ? La raison humaine ne peut-elle donc, sans l'aide de l'exp&#233;rience, par sa seule activit&#233; pensante, d&#233;couvrir les propri&#233;t&#233;s des choses r&#233;elles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble qu'&#224; cela on ne peut r&#233;pondre qu'une seule chose : pour autant que les propositions math&#233;matiques se rapportent &#224; la r&#233;alit&#233;, elles ne sont pas certaines, et, pour autant qu'elles sont certaines, elles ne se rapportent pas &#224; la r&#233;alit&#233;. (&#8230;) Interpr&#233;tation ancienne : tout le monde sait ce qu'est une droite et ce qu'est un point. (&#8230;) Interpr&#233;tation nouvelle : la g&#233;om&#233;trie traite d'objets qui sont d&#233;sign&#233;s au moyen de termes &#171; droite &#187;, &#171; point &#187;, etc. On ne pr&#233;suppose pas une quelconque connaissance ou intuition de ces objets, mais seulement la validit&#233; d'axiomes (&#8230;) Ces axiomes sont des cr&#233;ations libres de l'esprit humain. (&#8230;) Ce sont les axiomes qui d&#233;finissent en premier lieu les objets dont traite la g&#233;om&#233;trie. (&#8230;) Pourquoi Poincar&#233; et d'autres chercheurs rejettent-ils l'&#233;quivalence naturelle entre le corps pratiquement rigide de l'exp&#233;rience et le corps de la g&#233;om&#233;trie ? Tout simplement parce qu'un examen un peu pr&#233;cis r&#233;v&#232;le que les corps solides r&#233;els de la nature ne sont pas rigides, &#233;tant donn&#233; que leur comportement g&#233;om&#233;trique, c'est-&#224;-dire les diverses positions relatives qu'ils peuvent occuper, est fonction de la temp&#233;rature, des forces ext&#233;rieures, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Barrow explique dans &#171; La grande th&#233;orie &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est avec des images, des mots et des id&#233;es, non des nombres, des symboles et des formules, que commence et que s'ach&#232;ve (ou le devrait) toute d&#233;marche scientifique, jusques et y compris dans une discipline aussi formalis&#233;e que la physique th&#233;orique. (..) Le grand livre de la Nature, nous dit Galil&#233;e, est &#233;crit en langue math&#233;matique ; c'est l&#224; certes, un programme radical et f&#233;cond dans la pratique scientifique. Mais cet &#233;nonc&#233; ne doit pas faire illusion : il s'agit l&#224;, au mieux, du livre de comptes de la Nature, non de son livre de contes. Et la narration, n&#233;cessaire &#224; la compr&#233;hension, ne saurait s'assimiler &#224; une traduction, trahison consentie d'une pr&#233;tendue v&#233;rit&#233; math&#233;matique du monde (..) &#187; &#233;crit Jean-Marc L&#233;vy-Leblond dans &#171; Aux contraires &#187;. &#171; Nous avons d&#233;couvert de nombreuses op&#233;rations math&#233;matiques non-calculables, ce qui am&#232;ne les physiciens &#224; jeter quelques soup&#231;ons sur la partie des math&#233;matiques couramment mise &#224; contribution dans la description du monde. (..) Donc, si au niveau le plus fondamental les choses &#233;taient discr&#232;tes et discontinues, nous nous engagerions dans les sables mouvants du non-calculable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les math&#233;matiques ne se contentent pas de fournir des outils de calcul ; ils pr&#233;supposent une certaine philosophie : par exemple, la lin&#233;arit&#233;, la continuit&#233;, la stabilit&#233;, la fixit&#233;, l'&#233;quilibre, &#8230; Les math&#233;matiques sont des pr&#233;suppos&#233;s logiques et philosophiques. L'ancienne math&#233;matique utilis&#233;e de Newton &#224; Einstein sont logiques et non dialectiques, continues et lin&#233;aires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heisenberg expose ainsi le probl&#232;me dans &#171; Physique et philosophie &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Newton commence ses &#171; Principia &#187; par un groupe de d&#233;finitions et d'axiomes li&#233;s entre eux de telle mani&#232;re qu'ils forment ce qu'on pourrait appeler un &#171; syst&#232;me ferm&#233; &#187; ; chaque concept peut &#234;tre repr&#233;sent&#233; par un symbole math&#233;matique et les rapports entre les diff&#233;rents concepts sont alors repr&#233;sent&#233;s par des &#233;quations math&#233;matiques exprim&#233;es par des symboles ; l'image math&#233;matique de ce syst&#232;me assure qu'aucune contradiction interne ne puisse s'y produire. Ainsi, les mouvements possibles des corps sous l'influence des forces qui s'exercent sont repr&#233;sent&#233;s par les solutions possibles des &#233;quations. Le syst&#232;me de d&#233;finitions et d'axiomes pouvant se traduire par un ensemble d'&#233;quations math&#233;matiques est consid&#233;r&#233; comme d&#233;crivant une structure &#233;ternelle de la Nature, structure ind&#233;pendante des valeurs particuli&#232;res de l'espace ou du temps. Les diff&#233;rents concepts sont si &#233;troitement li&#233;s &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me qu'en g&#233;n&#233;ral l'on ne pourrait changer aucun d'entre eux sans d&#233;truire le syst&#232;me tout entier. (&#8230;) En physique th&#233;orique, nous essayons de comprendre des groupes de ph&#233;nom&#232;nes en introduisant des symboles math&#233;matiques pouvant se lier aux faits, c'est-&#224;-dire aux r&#233;sultats des mesures ; comme symboles, nous utilisons des noms qui mettent en &#233;vidence leur corr&#233;lation avec la mesure, rattachant ainsi les symboles au langage ; puis ces symboles sont reli&#233;s entre eux par un syst&#232;me rigoureux de d&#233;finitions et d'axiomes et, pour finir, les lois de la Nature sont exprim&#233;es sous forme d'&#233;quations entre les symboles. L'infinie vari&#233;t&#233; des solutions de ces &#233;quations correspond alors &#224; l'infinie vari&#233;t&#233; des ph&#233;nom&#232;nes particuliers possibles dans ce domaine de la Nature. C'est ainsi que l'ensemble math&#233;matique repr&#233;sente le groupe de ph&#233;nom&#232;nes, dans la mesure o&#249; la corr&#233;lation entre symboles et mesures est valable. C'est cette corr&#233;lation qui permet l'expression de lois concr&#232;tes &#224; l'aide du langage ordinaire puisque nos exp&#233;riences, consistant en actions et observations, peuvent toujours se d&#233;crire en langage ordinaire. Mais en m&#234;me temps que s'accroissent les connaissances scientifiques, le langage s'enrichit lui aussi ; de nouveaux termes sont introduits et les anciens termes sont appliqu&#233;s &#224; un domaine qui s'&#233;largit, ou d'une fa&#231;on qui diff&#232;re du langage ordinaire. Des termes comme &#171; &#233;nergie &#187;, &#171; &#233;lectricit&#233; &#187;, &#171; entropie &#187;, en sont des exemples &#233;vidents. (&#8230;) C'est dans cet &#233;tat assez calme de la physique qu'&#233;clat&#232;rent les bombes de la th&#233;orie quantique et de la th&#233;orie de la relativit&#233; restreinte, qui d&#233;clench&#232;rent un glissement d'abord assez lent, puis de plus en plus rapide des bases m&#234;me des sciences de la Nature. (&#8230;) Le vrai probl&#232;me &#233;tait qu'il n'existait aucun langage dans lequel exprimer de fa&#231;on coh&#233;rente la nouvelle situation. (&#8230;) En th&#233;orie de la relativit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e, l'id&#233;e d'une g&#233;om&#233;trie non euclidienne dans l'espace r&#233;el fut contredite avec &#233;nergie par certains philosophes qui faisaient remarquer que toute notre m&#233;thode de pr&#233;paration des exp&#233;riences pr&#233;supposait d&#233;j&#224; la g&#233;om&#233;trie euclidienne. (&#8230;) Mais c'est la th&#233;orie quantique qui soul&#232;ve le plus de difficult&#233;s concernant l'emploi du langage. Nous n'avons l&#224; au premier abord aucun guide simple pour relier les symboles math&#233;matiques et les concepts du langage ordinaire ; et la seule chose que nous sachions au d&#233;part, c'est que nos concepts habituels ne peuvent s'appliquer &#224; la structure des atomes. Le point de d&#233;part qui s'impose pour l'interpr&#233;tation physique du formalisme semble &#234;tre, encore une fois, le fait que l'ensemble math&#233;matique de la m&#233;canique quantique se rapproche de la m&#233;canique classique pour des dimensions qui sont grandes compar&#233;es &#224; celles des atomes. (&#8230;) M&#234;me dans la limite des grandes dimensions, la corr&#233;lation entre symboles math&#233;matiques, mesures et concepts ordinaires n'est aucunement &#224; n&#233;gliger. (&#8230;) En fait, je crois que le langage effectivement utilis&#233; par les physiciens lorsqu'ils parlent des ph&#233;nom&#232;nes atomiques &#233;quivaut &#224; celle de &#171; potentia &#187;. (&#8230;) Certains physiciens ont fait des tentatives pour d&#233;finir un autre langage pr&#233;cis qui suivrait des modes logiques d&#233;finis en totale conformit&#233; avec le sch&#233;ma math&#233;matique de la th&#233;orie quantique. Le r&#233;sultat de ces tentatives de Birkhoff et Neumann et, plus r&#233;cemment, de Weizs&#228;cher, peut s'exprimer en disant que le formalisme math&#233;matique de la th&#233;orie quantique peut s'exprimer comme une extension ou modification de la logique classique. Il existe en particulier un principe fondamental de logique classique qui semble avoir besoin d'&#234;tre modifi&#233; : en logique classique, si une affirmation a le moindre sens, on suppose que soit elle soit sa n&#233;gation qui doit &#234;tre vraie. (&#8230;) En th&#233;orie quantique, il faut modifier cette loi du &#171; tiers exclu &#187;. (&#8230;) La modification possible du mode de logique classique s'appliquerait alors tout d'abord au niveau qui concerne les objets. (&#8230;) Dans les exp&#233;riences sur les ph&#233;nom&#232;nes atomiques, nous avons affaire &#224; des choses et &#224; des faits, &#224; des ph&#233;nom&#232;nes qui sont tout aussi r&#233;els que les ph&#233;nom&#232;nes de la vie quotidienne. Mais les atomes ou les particules &#233;l&#233;mentaires ne sont pas aussi r&#233;els ; ils forment un monde de potentialit&#233;s ou de possibilit&#233;s plut&#244;t qu'un monde de choses ou de faits. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les math&#233;matiques partent d'axiomes, alors que les sciences partent des ph&#233;nom&#232;nes consid&#233;r&#233;s comme paradigmatiques, comme le pendule pour la p&#233;riodicit&#233; ou le d&#233;placement d'un v&#233;hicule pour la m&#233;canique. Ce sont ces ph&#233;nom&#232;nes qui sont mod&#233;lis&#233;s en sciences. La d&#233;marche est tr&#232;s diff&#233;rente d&#232;s le d&#233;part. Les mod&#232;les des sciences sont souvent math&#233;matis&#233;s ? Mais les math&#233;matiques n'interviennent l&#224; qu'apr&#232;s la conceptualisation du paradigme scientifique en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche math&#233;matique est diff&#233;rente elle aussi. En math&#233;matiques comme en sciences, on utilise des fonctions, mais les math&#233;matiques pures n'ont pas &#224; d&#233;finir le statut des variables. Inversement, en sciences, le premier pas n'a pas encore &#233;t&#233; fait tant que le statut des param&#232;tres et leur validit&#233; pour l'exp&#233;rience n'ont pas &#233;t&#233; explicit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les math&#233;matiques sont fond&#233;es sur le d&#233;montrable. Ce n'est pas le cas des sciences. Les math&#233;matiques suivent des cheminements logiques. Ce n'est pas toujours le cas en sciences. Par exemple, la physique quantique, &#231;a marche, &#231;a colle avec l'exp&#233;rience mais on ne sait pas pourquoi. Ce n'est pas toujours rigoureux. On a utilis&#233; la m&#233;thode de renormalisation bien avant d'avoir la moindre explication des raisons de sa validit&#233;, raisons qui sont encore en discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La validit&#233; des th&#233;ories scientifique n'est pas n&#233;cessairement d&#233;montrable. Il existe extr&#234;mement peu de faits absolument av&#233;r&#233;s dans les th&#233;ories scientifiques. Bien s&#251;r, l'ind&#233;montrable peut exister dans certains &#233;nonc&#233;s math&#233;matiques. Mais, en sciences, c'est de d&#233;montrable qui est rare. Et m&#234;me, la d&#233;monstration math&#233;matique est-elle du m&#234;me ordre de preuve que la d&#233;monstration scientifique ? Pas n&#233;cessairement. Il y a des &#233;nonc&#233;s scientifiques qui n'ont aucune traduction math&#233;matique. Et m&#234;me ceux qui s'expriment math&#233;matiquement, et plus encore ceux qui sont fond&#233;s sur des calculs, ne se ram&#232;nent pas n&#233;cessairement &#224; de simples calculs. En effet, on ne doit jamais oublier que les sciences portent sur des interactions donc sur des propri&#233;t&#233;s de la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re ne peut &#234;tre ramen&#233;e seulement &#224; des nombres. Trois n'est pas identique &#224; trois &#233;lectrons ou trois mol&#233;cules d'hydrog&#232;ne. Trois ne poss&#232;de qu'une propri&#233;t&#233; num&#233;rique, soit un plus un plus un. On ne peut rien dire dessus de plus que &#171; trois &#187;. Par contre, trois &#233;lectrons ne sont pas seulement un &#233;lectron plus un &#233;lectron plus un &#233;lectron. Ils poss&#232;dent des propri&#233;t&#233;s d'interactions entre &#233;lectrons ainsi qu'avec le reste de l'environnement. De m&#234;me trois plan&#232;tes ou trois &#233;toiles. Une conclusion math&#233;matique peut &#234;tre purement num&#233;rique mais pas une conclusion scientifique. On ne pourra jamais ramen&#233; la nature &#224; un simple examen de nombres ou d'autres abstractions math&#233;matiques, m&#234;me si ces derni&#232;res sont d'une grande utilit&#233;. Il n'est pas dit que les grandeurs physiques soient de m&#234;me nature que les nombres des math&#233;matiques, qu'ils soient entiers, d&#233;cimaux ou &#171; r&#233;els &#187;. En effet, les nombres math&#233;matiques sont fixes, exactement d&#233;termin&#233;s, toujours identiques &#224; eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures physiques ne poss&#232;dent pas de telles propri&#233;t&#233;s. Une grandeur math&#233;matique peut avoir une incertitude, une valeur approch&#233;e par exemple, mais pas d'incertitude fondamentale. Par contre, une mesure physique peut fondamentalement &#234;tre incertaine. Il ne s'agit pas seulement d'approximations mais de ph&#233;nom&#232;nes qui ne sont pas fond&#233;s sur le certain ou m&#234;me de ph&#233;nom&#232;nes qui sont fond&#233;s sur l'al&#233;atoire. Comme le rapporte Ilya Prigogine dans &#171; Les lois du chaos &#187;, &#171; ce qui nous int&#233;resse aujourd'hui, ce n'est pas n&#233;cessairement ce que nous pouvons pr&#233;dire avec certitude. La physique classique s'int&#233;ressait avant tout aux horloges, la physique d'aujourd'hui plut&#244;t aux nuages. &#187; D'ailleurs, la notion de certitude de la logique formelle et math&#233;matique n'est n&#233;cessairement pas identique &#224; la notion de certitude dans l'&#233;tude des lois de la nature. La philosophie logique n'admet pas la contradiction, et accepte par contre le principe du tiers exclus. Ce n'est pas le cas en physique. L'exemple bien connu de la dualit&#233; onde/particule signifie qu'une particule poss&#232;de &#224; la fois des propri&#233;t&#233;s contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie math&#233;matisable d'un ph&#233;nom&#232;ne n'est pas la totalit&#233; de celui-ci. C'est plut&#244;t sa part d'ordre mais il ne faut jamais omettre qu'il y a &#233;galement une part de d&#233;sordre sans laquelle ce ph&#233;nom&#232;ne serait d&#233;connect&#233; du reste de l'univers, ne pourrait pas changer d'&#233;tat, la loi n'&#233;tant valable que pour un seul &#233;tat. L'&#233;quation physique n'est jamais ind&#233;pendante du reste de l'univers et ne peut jamais, contrairement &#224; l'&#233;quation math&#233;matique, &#234;tre con&#231;ue comme une r&#233;ponse isol&#233;e, une solution &#224; un probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les math&#233;matiques partent du d&#233;sincarn&#233; (le nombre, la variable, la courbe, la fonction&#8230;) et arrivent &#233;galement au d&#233;sincarn&#233; (propri&#233;t&#233;s de la fonction, de la courbe, de la moyenne, &#8230;). Elles passent parfois, en interm&#233;diaire, par des faits r&#233;els qui &#233;taient le choix des fonctions, des outils math&#233;matiques (les matrices pour la physique quantique, l'espace &#224; quatre dimensions pour la relativit&#233;,&#8230;). Inversement, les sciences partent des faits r&#233;els et concluent sur des jugements sur ces faits r&#233;els. Une conclusion purement math&#233;matique en sciences n'aurait aucun sens. Les math&#233;matiques n'y sont qu'un interm&#233;diaire, un outil. Le calcul, m&#234;me s'il joue un r&#244;le essentiel de d&#233;monstration, n'est pas un &#233;l&#233;ment de r&#233;alit&#233; et ne remplace pas la v&#233;rification r&#233;elle, ce dont les math&#233;matiques se passent fort bien. On peut imaginer tous les outils math&#233;matiques que l'on veut sans prouver qu'ils fonctionnent sur des objets r&#233;els. Ils ont seulement besoin de coh&#233;sion logique interne. Les outils physiques peuvent &#234;tre accept&#233;s par les scientifiques m&#234;me s'il leur manque une coh&#233;sion logique, ce qui est le cas par exemple pour la physique quantique. Les sciences n'ont pas besoin de coh&#233;sion logique d'ensemble pour continuer d'avancer. Par exemple, les divers domaines des sciences ne sont pas coh&#233;rents comme la quantique et la relativit&#233; ou la microphysique et l'astrophysique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le statut des nombres n'est pas le m&#234;me en math&#233;matiques et en sciences. Le nombre est &#233;gal &#224; lui-m&#234;me en math&#233;matiques mais il n'en va pas de m&#234;me en sciences. Un c'est un. Une particule, cela peut &#234;tre deux particules ou z&#233;ro particules. Le nombre de particules n'est pas un invariant de la physique quantique. Les cr&#233;ations et annihilations am&#232;nent ce type de situations invraisemblables dans le monde macroscopique. Pire, le nombre de particules dites &#171; r&#233;elles &#187; d&#233;pend de l'observateur et de son acc&#233;l&#233;ration. On ne raisonne plus sur un nombre d'objets. La mesure, elle aussi, n'est pas un nombre au sens math&#233;matique. En effet, une mesure est influenc&#233;e par d'autres mesures, corr&#233;l&#233;es, en physique quantique. On ne peut pas dire d'un param&#232;tre qu'il vaut telle ou telle valeur. Le nombre fixe n'a donc pas cours et il ne peut s'agit non plus d'une &#233;volution r&#233;guli&#232;re d'une mesure du type d'une fonction. Il n'y a tout simplement pas une valeur attach&#233;e &#224; la particule mesur&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas seulement le cas en physique quantique. C'est la situation qui pr&#233;vaut &#233;galement &#224; chaque fois que l'on passe du d&#233;sordre &#224; l'ordre. La fonction math&#233;matique ne d&#233;crit que l'ordre d'un &#233;tat mais pas le passage d'un &#233;tat &#224; un autre &#233;tat. En sciences, il n'existe jamais un &#233;tat qui ne peut pas passer &#224; un autre &#233;tat, qualitativement. Et cette derni&#232;re expression signifie justement que la description quantitative ne suffit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi math&#233;matique, c'est l'ordre. Bien s&#251;r, &#224; partir de ces lois math&#233;matiques, on peut produire des descriptions du d&#233;sordre comme celles du hasard, des &#171; vols de L&#233;vy &#187;, des lois du mouvement brownien, de la percolation, des lois du type de Mandelbrot, des lois du chaos d&#233;terministe&#8230; Mais elles consistent toujours &#224; passer de l'ordre au d&#233;sordre alors que la d&#233;marche de la science est toujours de montrer comment le d&#233;sordre a pu produire un ordre. C'est ce que l'on constate dans l'ordre du cristal, dans l'apparition d'un magn&#233;tisme, la formation d'une &#233;toile, d'un nuage, etc&#8230; Dans chacun de ces cas, les sciences montrent que l'ordre est issu du d&#233;sordre. Les math&#233;matiques savent mod&#233;liser les sym&#233;tries mais elles ont beaucoup plus de mal &#224; mod&#233;liser des sym&#233;tries qui sont tr&#232;s l&#233;g&#232;rement bris&#233;es comme c'est le cas g&#233;n&#233;ral en sciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; L'&#233;volution des id&#233;es en physique &#187;, Einstein et Infeld remarquaient : &#171; Les ouvrages scientifiques sont remplis de formules math&#233;matiques compliqu&#233;es. Mais c'est la pens&#233;e, ce sont les id&#233;es qui sont &#224; l'origine de toute th&#233;orie physique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prouvez-moi que la science n'est pas qu'exp&#233;rience, mesure et calcul et qu'elle est d'abord philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2282&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2282&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les math&#233;matiques peuvent-elles trancher elles-m&#234;mes sur la validit&#233; de leurs pr&#233;suppos&#233;s philosophiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2228&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2228&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est cette fameuse r&#233;alit&#233; de la mati&#232;re qui serait ou pas descriptible par les math&#233;matiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2024&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2024&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Math&#233;matiques et la Physique&lt;br class='autobr' /&gt;
Etant donn&#233; que bien des textes qui suivent d&#233;fendent l'id&#233;e de la convergence entre math&#233;matiques et physique, de leurs interactions fructueuses, de leur interd&#233;pendance m&#234;me, nous nous en tiendrons &#224; souligner les divergences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4588&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4588&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Math&#233;matiques et r&#233;alit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4071&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4071&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre la Physique sans &#233;quations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5223&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5223&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre, simplement et sans &#233;quations, la Relativit&#233; d'Einstein&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4580&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4580&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre les bases de la Physique Quantique sans connaissances math&#233;matiques pr&#233;alables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5361&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5361&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les math&#233;matiques ob&#233;issent-elles aux lois des contradictions dialectiques de la r&#233;alit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2609&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2609&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Oui ou non &#187; (exclusif) de la logique formelle (ou des math&#233;matiques) est-il valable en Sciences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6109&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6109&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi s&#251;r que un plus un &#233;gale deux ? Les math&#233;matiques sont-elles exemptes des paradoxes et contradictions de la physique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2008&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2008&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la physique quantique nous pose autant de probl&#232;mes philosophiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2265&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2265&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique quantique nous condamne-t-elle &#224; ne pas d&#233;crire du tout la r&#233;alit&#233; sous-jacente aux lois de la physique et &#224; seulement calculer une probabilit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3835&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3835&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique quantique et philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1443&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1443&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science, ce sont seulement des faits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3443&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3443&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2869&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2869&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique qui n'est pas pure math&#233;matique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4482&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4482&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un outil principal et un objectif premier pour le physicien Einstein : la philosophie !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1999&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1999&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Albert Einstein : quelle r&#233;volution de la pens&#233;e en physique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4050&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4050&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul monde, une seule science&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui fait que la physique fondamentale contemporaine appara&#238;t purement math&#233;matique et plus conceptuelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1828&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1828&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie des math&#233;matiques et celle des sciences ne sont pas identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1134&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1134&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve253&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve253&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique, mat&#233;rialisme et dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2340&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2340&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et mat&#233;rialisme dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article659&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article659&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re est elle-m&#234;me intrins&#232;quement dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique quantique a eu le grand m&#233;rite de d&#233;truire une image solidement ancr&#233;e et qui bloquait toute &#233;volution conceptuelle de la compr&#233;hension du ph&#233;nom&#232;ne mat&#233;riel. Tant que l'on voyait l'univers qui nous entoure comme des objets fixes se d&#233;pla&#231;ant dans un espace vide avec lequel ils n'interagissent pas, on ne risquait pas de saisir le caract&#232;re discontinu, fond&#233; sur l'agitation permanente, non lin&#233;aire, &#233;mergent, sautant sans cesse d'un &#233;tat &#224; un autre, contradictoire au sens dialectique de l'univers mati&#232;re/vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2932&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2932&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'univers ob&#233;it-il &#224; la loi des nombres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3099&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3099&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Univers, un calculateur g&#233;ant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3379&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3379&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La physique n'est pas seulement un calcul mais une pens&#233;e, et m&#234;me une pens&#233;e mat&#233;rialiste dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4174&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4174&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'un concept en Sciences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4140&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4140&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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