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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Musique et inconscient</title>
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		<dc:date>2020-10-03T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;Myers &#233;crit : &#171; La musique appara&#238;t moins comme un produit de nos besoins terrestres et de la s&#233;lection naturelle que comme une aptitude subliminale se manifestant de fa&#231;on accidentelle, ind&#233;pendante des influences externes et du moi supraliminal&#8230; Elle est quelque chose qui se d&#233;couvre plut&#244;t qu'un produit qui se fabrique. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Bazaillas Albert rajoute dans &#171; Musique et inconscience &#187; : &#171; Mais &#224; ce titre, elle exprime imm&#233;diatement, comme une m&#233;thode de synth&#232;se naturelle, les proc&#233;d&#233;s de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique189" rel="directory"&gt;Musique et inconscient&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Myers &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; La musique appara&#238;t moins comme un produit de nos besoins terrestres et de la s&#233;lection naturelle que comme une aptitude subliminale se manifestant de fa&#231;on accidentelle, ind&#233;pendante des influences externes et du moi supraliminal&#8230; Elle est quelque chose qui se d&#233;couvre plut&#244;t qu'un produit qui se fabrique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bazaillas Albert rajoute dans &#171; Musique et inconscience &#187; : &lt;i&gt;&#171; Mais &#224; ce titre, elle exprime imm&#233;diatement, comme une m&#233;thode de synth&#232;se naturelle, les proc&#233;d&#233;s de l'inconscient. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15014 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/hqdefault-10.jpg' width=&#034;480&#034; height=&#034;360&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Musique et inconscient&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien des professeurs de musique ont demand&#233; &#224; leurs &#233;l&#232;ves comme aux auditeurs &#224; quoi ils pensaient en &#233;coutant la musique, &#224; quoi ils pensaient quand une musique les touchait, les troublait, les faisait pleurer. Et ils &#233;taient perturb&#233;s en entendant la r&#233;ponse presque invariable malgr&#233; l'effort pour se souvenir de leurs pens&#233;es : &#171; je ne pensais &#224; rien &#187;. Des classes enti&#232;res d'&#233;l&#232;ves qui aiment la musique, qu'elle touche, ont r&#233;pondu &#224; des professeurs persuad&#233;s de la th&#232;se inverse de la musique repr&#233;sentative, qu'ils ne voyaient rien, ne pensaient &#224; rien de conscient, quand ils &#233;coutaient ou jouaient de la musique&#8230;. Ils &#233;taient eux-m&#234;mes &#233;tonn&#233;s de n'avoir pens&#233; &#224;... absolument rien comme s'ils avaient eu un blanc de la conscience !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La musique produit donc un effet de r&#234;ve &#233;veill&#233; qui n'est pas pour &#233;tonner si on sait que l'on a sans cesse des instants de ce type en mode de conscience dit normal... Certains en retirent des impressions de flash-back mais la plupart disent ne se souvenir de rien de ce qui leur est pass&#233; par la t&#234;te durant une p&#233;riode o&#249; ils &#233;taient plong&#233;s dans la musique sauf un sentiment &#233;ventuel de bien-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecoutons Romain Rolland lorsque Jean-Christophe, tra&#238;n&#233; par son grand-p&#232;re dans l'ennuyeuse &#233;glise, &lt;i&gt;&#034; b&#226;ille &#224; s'en d&#233;crocher la m&#226;choire. Soudain, une cataracte de sons : l'orgue joue. Un frisson lui court le long de l'&#233;chine (...) Il ne comprend rien &#224; ce bruit, il ne sait pas ce que cela veut dire : cela brille, cela tourbillonne, on ne peut rien distinguer, mais c'est bon. (...) et quand le fleuve de sons ruisselle d'un bout &#224; l'autre de l'&#233;glise, remplissant les vo&#251;tes, rejaillissant contre les murs, on est emport&#233; avec lui, on vole &#224; tire-d'aile de-ci de-l&#224;, on n'a qu'&#224; se laisser faire. On est libre. On est heureux. &#034; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est heureux sans savoir pourquoi, sans avoir pens&#233; &#224; quelque chose en particulier. Tout au plus est-on capable de commentaires plats comme &#034;c'&#233;tait beau&#034;, &#034;tel instrument m'a plu&#034; ou autre r&#233;flexion que nous estimons tr&#232;s ext&#233;rieure en la faisant. Nous sommes incapables de parler de nos &#233;tats mentaux durant la musique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains patients en s&#233;ance de musicoth&#233;rapie r&#233;ceptive apr&#232;s l'&#233;coute de certaines musiques : &#034;c'&#233;tait agr&#233;able, j'&#233;tais d&#233;tendue, comme berc&#233; par la musique &#034; ou encore &#034;J'&#233;tais dans la musique&#034; ou &#034; c'est comme si la musique et moi ne faisions qu'un, &#224; tel point que par moment je ne l'entendais plus &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que la partie du cerveau impliqu&#233;e dans l'&#233;motion musicale est plut&#244;t li&#233;e &#224; l'inconscient&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a &#233;galement remarqu&#233; que des personnes affect&#233;es par des maux psychologiques li&#233;s &#224; une vie trop rationnelle dans laquelle l'inconscient finit par se r&#233;volter pour exiger sa part pouvaient soigner leur maladie en jouant d'un instrument. D&#232;s lors, pendant qu'ils jouent, ils ne subissent plus cette pression d'une vie trop gouvern&#233;e par le rationnel. Soigner des maux psychologiques par la pratique de la musique est une m&#233;thode d&#233;sormais reconnue. La th&#233;rapie par la musique peut par exemple soigner une d&#233;pression ou un blocage moteur psycho-physiologique. C'est un autre signe que la musique fait appel dans le cerveau &#224; l'inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, certains auteurs ont cherch&#233; leur inspiration dans la vie mat&#233;rielle, dans les sources, dans les animaux, dans le vent, dans la pluie, dans la cascade et leur musique peut &#233;voquer ces situations. Cependant, le plus souvent la musique n'est pas repr&#233;sentative d'un monde mat&#233;riel bien d&#233;fini. Celui qui &#233;coute est touch&#233; et il ne sait pas ce qui fait qu'il est touch&#233;. La rythmologie musicale a interpr&#233;t&#233;e par le cerveau comme une &#233;vocation de la rythmologie des circuits neuronaux. Nul ne sait comment&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive qu'une personne pleure &#224; chaudes larmes en &#233;coutant une musique qu'elle ne se souvient pas avoir &#233;cout&#233; sans qu'elle sache quels sentiments cette musique a bien pu &#233;voquer, quelle &#233;poque ou quelle situation son cerveau l'a amen&#233; &#224; retrouver. Encore une manifestation du lien entre musique et inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fabrique de musique elle-m&#234;me en est une manifestation chez le compositeur. Nombre de compositeurs croient entendre cette musique directement dans leur cerveau plus qu'il ne leur semble composer de mani&#232;re consciente, voulue par eux, con&#231;ue par leur conscience. Une fois encore, il semble bien que l'inconscient soit &#224; l'&#339;uvre. On constate m&#234;me une consid&#233;rable diff&#233;rence entre le caract&#232;re des compositeurs et le caract&#232;re de leur musique. Comme disait Mozart, &#171; je suis grossier mais ma musique ne l'est pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r cela suppose un niveau de l'inconscient capable d'atteindre la conscience, comme dans les r&#234;ves, dans les psychoses, dans les maladies d'origine psychologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point remarquable : chez les personnes d&#233;mentes, les actes conscients sont rares mais la m&#233;moire de la musique reste un acte possible. Marine Cygler explique ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Mes travaux ont une double facette : la recherche clinique, avec les r&#233;sidents d'une maison de retraite m&#233;dicalis&#233;e, et la recherche fondamentale, qui veut r&#233;pondre &#224; la question : &#034;Pourquoi les capacit&#233;s musicales sont-elles conserv&#233;es dans un cerveau d&#233;ment ?&#034; &#171; Tout a commenc&#233; par une observation spectaculaire. Des personnes &#226;g&#233;es, atteintes de la maladie d'Alzheimer &#224; un stade si avanc&#233; qu'elles ne se souvenaient plus de ce qu'elles avaient fait dans le quart d'heure pr&#233;c&#233;dent, &#233;taient capables d'apprendre de nouvelles chansons. C'&#233;tait il y a cinq ans. J'&#233;tudiais alors les zones du cerveau qui permettent de percevoir et de se souvenir de la musique chez des volontaires jeunes et sains. &#171; Aujourd'hui, des ateliers d'apprentissage de &#034;chants nouveaux&#034;, mis en place par le docteur Odile Letortu, ont lieu aux Pervenches, une institution proche de Caen (Calvados). L&#224;, des patients atteints d'Alzheimer, des femmes, pour la grande majorit&#233;, apprennent des chansons qui leur sont totalement inconnues, comme J'ai demand&#233; &#224; la lune, d'Indochine. Apr&#232;s plusieurs s&#233;ances, elles sont certes toujours incapables de r&#233;citer le texte, mais elles reproduisent la m&#233;lodie spontan&#233;ment. Mieux : elles s'en souviennent - m&#234;me plus de deux mois sans l'avoir entendue -, ce qui repr&#233;sente &#034;des ann&#233;es&#034; &#224; l'&#233;chelle de la maladie d'Alzheimer. Evidemment, elles ne savent pas quand elles l'ont apprise, elles estiment souvent que c'est un chant de leur enfance, p&#233;riode pour laquelle les souvenirs sont les plus vivaces quand on est atteint de cette maladie. &#171; Avec cette exp&#233;rience, on montre &#233;galement la sp&#233;cificit&#233; de la musique et sa capacit&#233; &#224; se maintenir dans la m&#233;moire malgr&#233; les d&#233;faillances du cerveau. Nous faisons l'hypoth&#232;se que cette capacit&#233; surprenante serait le r&#233;sultat du statut mobilisateur de la musique, qui touche notre perception, nos &#233;motions et nos mouvements puisque souvent, &#224; l'&#233;coute d'une musique entra&#238;nante, nos pieds ou nos mains tapent le rythme. &#171; Finalement, c'est comme un sport tr&#232;s complet qui fait fonctionner beaucoup de r&#233;gions c&#233;r&#233;brales. Nous avons en effet d&#233;j&#224; montr&#233;, gr&#226;ce &#224; la neuroimagerie, que la m&#233;morisation des airs musicaux mettait en jeu des r&#233;gions c&#233;r&#233;brales plus diffuses que le langage. En somme, pour la musique, il n'y a pas une seule et unique mani&#232;re de s'imprimer dans le cerveau, contrairement au langage qui repose sur un r&#233;seau de neurones tr&#232;s sp&#233;cifique et donc beaucoup plus vuln&#233;rable. &#171; Par ailleurs, gr&#226;ce &#224; ces patients atteints d'Alzheimer, nous entrouvrons une porte sur un fonctionnement peu accessible de la m&#233;moire : la m&#233;moire inconsciente. Celle-ci est en effet masqu&#233;e par la m&#233;moire consciente, qu'on appelle d&#233;clarative, chez la personne saine. &#171; Nous esp&#233;rons d&#233;couvrir, gr&#226;ce &#224; la neuroimagerie, ce qui se passe dans le cerveau de ces patients lorsque nous leur pr&#233;sentons des informations plus ou moins famili&#232;res, comme les chansons r&#233;cemment apprises. Et ainsi, identifier les r&#233;seaux de neurones qui sont stimul&#233;s quand la m&#233;moire inconsciente entre en jeu. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre type de preuve du niveau inconscient de l'&#233;veil &#224; la musique est la constatation que l'enfant en train de se d&#233;velopper dans le ventre de sa m&#232;re reste marqu&#233; par la musique qu'il a pu entendre ou pas dans cette p&#233;riode o&#249; sa conscience n'est pas encore v&#233;ritablement &#224; l'&#339;uvre&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, une personne dans un coma dans lequel le cerveau continue &#224; fonctionner est sensible &#224; la musique alors que sa conscience est endormie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne s'&#233;tonnera pas du coup que la musique soit reli&#233;e aux &#233;motions humaines et nous semble les exprimer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, un individu cultive au cours de sa vie une certaine culture musicale particuli&#232;re, des go&#251;ts particuliers, reli&#233;s aux go&#251;ts de son entourage, de son &#233;poque ou de la soci&#233;t&#233; o&#249; il vit. La musique fait donc partie de la culture qui est reli&#233;e &#224; la conscience que d&#233;veloppe la collectivit&#233; et l'individu. Mais cette derni&#232;re n'est possible que parce que notre cerveau est sensible &#224; la musique et cette sensibilit&#233; semble bien provenir de l'inconscient bien plus que du niveau conscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus l'Homme d&#233;veloppe le culte de sa domination, de sa technicit&#233; et de son intelligence, plus le besoin de son inconscient d'avoir des plages de libert&#233; peut devenir important, le besoin de d&#233;brancher, de ne plus penser &#224; rien, de r&#234;ver, d'&#234;tre dans l'inconscient, de se livrer &#224; l'irrationnel. Le trop pilot&#233;, le trop conscient peut causer de v&#233;ritables maladies graves. Chaque individu a un besoin de garder sa part de r&#234;ve &#233;veill&#233;. Nier cette part de notre individu peut amener de v&#233;ritables explosions d&#233;pressives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonctionnement humain est un m&#233;lange complexe de ces deux contraires, le conscient et l'inconscient. Les deux se combattent l'influence mais ils ont en m&#234;me temps besoin de s'interp&#233;n&#233;trer. &lt;br class='autobr' /&gt;
La musique est un moyen pour l'individu de d&#233;brancher, de d&#233;connecter le trop conscient, le trop dirig&#233; de la vie quotidienne, de laisser de la place pour le cerveau inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine, on peut dire que la musique est aussi interp&#233;n&#233;tration de conscient et d'inconscient. Par exemple, avec la chanson, la musique se couple avec un domaine conscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sublimation des sentiments conscients r&#233;alis&#233;e par la musique a &#233;t&#233; plusieurs fois analys&#233;e et soulign&#233;e. Cette sublimation est en relation avec l'inconscient. Cette sublimation explique que la musique ait &#233;t&#233; utilis&#233;e pour &#233;voquer l'&#233;l&#233;vation des sentiments que la religion veut provoquer. L'autre lien entre mysticisme et religion provient du caract&#232;re myst&#233;rieux de la cr&#233;ation et de l'impression musicale qui semble venir du dedans sans &#234;tre pilot&#233;e par l'individu, par sa volont&#233; et ses liens avec le monde ext&#233;rieur. Il y a un automatisme interne de musique chez le compositeur. Schopenhauer &#233;crit que la musique est le r&#233;sultat d'un processus qui se d&#233;roule &#224; l'int&#233;rieur du musicien, surtout quand celui-ci cr&#233;e sur le vif. La musique est le r&#233;sultat d'un processus et est elle-m&#234;me un processus, mais elle est le r&#233;sultat d'un processus qui n'a rien &#224; voir avec la musique. Ce processus est, fondamentalement et profond&#233;ment, en l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wagner dit dans ses M&#233;moires : &#171; j'ai compris que mon vertige m'entra&#238;nait vers une nouvelle forme musicale &#187; On voit que l'irrationnel de l'inspiration conduit l'artiste vers une n&#233;cessit&#233; de mise en forme pour transmettre l'inspiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud &#233;tait un grand th&#233;oricien de l'inconscient mais il avait visiblement une inhibition de ce c&#244;t&#233; puisqu'il refusait de se laisser aller &#224; la musique au point de refuser d'en entendre m&#234;me occasionnellement ! Son attitude vis-&#224;-vis de la musique est plus un refus violent qu'une insensibilit&#233; comme on l'a dit parfois &#224; tort. L&#224;, ce n'est pas la th&#233;orie de Freud qui est en cause mais son analyse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Max Graf rapporte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Progressivement, Freud rassemblait autour de lui un cercle d'&#233;l&#232;ves int&#233;ress&#233;s et inspir&#233;s. Un jour, il me surprit en m'annon&#231;ant qu'il aimerait avoir une r&#233;union dans sa maison une fois par semaine ; il souhaitait la pr&#233;sence non seulement d'un nombre de ses &#233;l&#232;ves, mais aussi de quelques personnalit&#233;s venant d'autres domaines de pr&#233;occupation intellectuelle. Il mentionna devant moi Herman Bahr, l'&#233;crivain qui &#233;tait alors le chef du courant moderne chez les artistes &#224; Vienne, et qui avait une vive sensibilit&#233; pour toutes les tendances intellectuelles nouvelles. Freud voulait que ses th&#233;ories soient discut&#233;es de tous les points de vue possibles. Il me demanda si j'&#233;tais int&#233;ress&#233; par une telle entreprise. Je fus ainsi pendant plusieurs ann&#233;es membre de ce groupe d'amis qui se rencontraient chaque mercredi dans la maison de Freud. La majorit&#233; de ce groupe &#233;tait naturellement compos&#233;e des m&#233;decins qui &#233;taient familiaris&#233;s avec la nouvelle psychologie freudienne. Il y avait quelques &#233;crivains, moi-m&#234;me qui &#233;tais critique musical, et Leher, le musicologue de l'Acad&#233;mie de musique d'&#201;tat &#224; Vienne. J'entrepris la t&#226;che d'&#233;tudier la psychologie des grands musiciens et le processus de composition en musique en me servant de la psychanalyse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous r&#233;unissions dans le bureau de Freud chaque mercredi soir. Freud &#233;tait assis au bout d'une longue table, &#233;coutant, prenant part &#224; la discussion, fumant son cigare, et pesant chaque mot d'un regard grave et p&#233;n&#233;trant. A sa droite &#233;tait assis Alfred Adler, dont la parole emportait la conviction &#224; cause de sa pond&#233;ration, de son r&#233;el s&#233;rieux et de sa sobri&#233;t&#233;. A la gauche de Freud se tenait Wilhelm Stekel, l'homme &#224; propos duquel Freud publia plus tard une critique ac&#233;r&#233;e, mais qui, a ce moment-l&#224;, &#233;tait actif et plein d'id&#233;es. Parmi les m&#233;decins du cercle de Freud je rencontrais Paul Federn, un des &#233;l&#232;ves de Freud les plus loyaux, et qui repr&#233;sente, avec succ&#232;s, les tendances orthodoxes de l'&#233;cole de Freud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;unions suivaient un rituel d&#233;termin&#233;. D'abord un des membres pr&#233;sentait une communication. Puis, on servait du caf&#233; noir et des g&#226;teaux ; des cigares et des cigarettes &#233;taient sur la table et on en consommait une grande quantit&#233;. Apr&#232;s un quart d'heure de convivialit&#233;, la discussion commen&#231;ait. Le dernier mot, d&#233;cisif &#233;tait toujours prononc&#233; par Freud lui-m&#234;me. Il y avait dans cette pi&#232;ce l'atmosph&#232;re de la fondation d'une religion. Freud lui-m&#234;me &#233;tait son nouveau proph&#232;te qui faisait appara&#238;tre comme superficielles les m&#233;thodes d'&#233;tude psychologique qui avaient pr&#233;valu pr&#233;c&#233;demment. Les &#233;l&#232;ves de Freud, tous inspir&#233;s et convaincus, &#233;taient ses disciples. En d&#233;pit du fait que 'Le contraste entre les personnalit&#233;s de ce cercle d'&#233;l&#232;ves &#233;tait grand, &#224; cette premi&#232;re p&#233;riode de la recherche freudienne, tous &#233;taient unis dans leur respect et leur inspiration avec Freud.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pendant ces r&#233;unions du mercredi que j'ai pr&#233;sent&#233; des expos&#233;s sur les processus psychologiques dans l'&#233;criture musicale de Beethoven et de Richard Wagner. Il est surprenant &#224; quel point la nouvelle psychologie de&lt;br class='autobr' /&gt;
Freud se d&#233;montra utile dans l'analyse du travail artistique. Le m&#233;canisme du r&#234;ve et ceux de l'imagination artistique &#233;taient semblables ; l'inconscient et le conscient agissaient ensemble conform&#233;ment aux lois formul&#233;es par Freud ; le jeu et le contre-jeu des affects, des inhibitions, les transformations des affects, tout devenait intelligible. Un jour j'ai apport&#233; &#224; Freud un essai d'analyse du Hollandais volant de Richard Wagner ; ces figures po&#233;tiques de Wagner se rattachaient &#224; des impressions d'enfance. Freud me dit qu'il ne retournerait pas ce travail (le premier de son genre) ; il le publia dans ses Textes de psychologie appliqu&#233;e (Vienne, par Deuticke). Dans un autre livre, intitul&#233; l'Atelier int&#233;rieur du musicien (publi&#233; par Ferdinand Enke &#224; Stuttgart) j'ai utilis&#233; les th&#233;ories freudiennes pour l'interpr&#233;tation du travail cr&#233;ateur musical.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans &#034;Souvenirs du Professeur Freud&#034; (1942)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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