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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Fourier et la psychanalyse</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

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&lt;p&gt;Extraits de Le Personnage, Charles Fourrier, par Simone Debout-Oleszkiewicz &lt;br class='autobr' /&gt;
Fourier et la psychanalyse &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous dites que (l'attraction) nous porte au mal, &#233;crit Fourier, c'est une accusation vague, elle nous pousse au bien comme au mal selon les chances ... L'homme d&#233;pend de l'&#233;v&#233;nement autant que de lui-m&#234;me. La vie est un drame r&#233;ussi ou manqu&#233; &#8211; selon les chances &#8211; et les &#233;lans, &#233;touff&#233;s par une vie &#233;troite limit&#233;e par les bornes o&#249; la naissance, la pauvret&#233;, le m&#233;tier enferment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique186" rel="directory"&gt;Initiateurs de la psychanalyse&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extraits de Le Personnage, Charles Fourrier, par Simone Debout-Oleszkiewicz&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fourier et la psychanalyse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous dites que (l'attraction) nous porte au mal, &#233;crit Fourier, c'est une accusation vague, elle nous pousse au bien comme au mal selon les chances ... L'homme d&#233;pend de l'&#233;v&#233;nement autant que de lui-m&#234;me. La vie est un drame r&#233;ussi ou manqu&#233; &#8211; selon les chances &#8211; et les &#233;lans, &#233;touff&#233;s par une vie &#233;troite limit&#233;e par les bornes o&#249; la naissance, la pauvret&#233;, le m&#233;tier enferment l'individu, refr&#233;n&#233;s par les conventions, d&#233;g&#233;n&#233;reront ou se d&#233;velopperont en actes aberrants. Le crime m&#234;me est une d&#233;viation accidentelle. N&#233;ron n'&#233;tait pas un criminel-n&#233;, mais son ma&#238;tre S&#233;n&#232;que ignora la forme particuli&#232;re de ses d&#233;sirs. Il pr&#233;tendit endiguer ses impulsions au lieu de les orienter vers des &#339;uvres utiles &#224; tous . Il ne faut donc pas changer la nature des passions, mais leur aliment .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour Fourier comme pour les psychanalystes, il y a parall&#233;lisme entre l'accomplissement du sujet et la constitution des objets : changer les voies d'essor, c'est transformer les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos passions n'ayant pas de buts fixes, notre existence est ouverte ; elle appelle la raison. Mais l'intelligence au lieu d'&#234;tre fid&#232;le &#224; l'&#233;lan spontan&#233; a voulu le borner, favoriser telle passion et bannir telle autre. Or seul le mouvement plein pr&#233;pare l'ordre ; les trois distributives nous indiquent que les passions r&#233;prouv&#233;es peuvent &#234;tre mari&#233;es &#224; la v&#233;rit&#233; de la vie, int&#233;gr&#233;es &#224; l'harmonie sociale. Mais on les consid&#232;re comme des vices car les s&#233;ries ne se formant pas dans l'ordre civilis&#233;, les trois passions distributives n'y ont aucun emploi, y sont tr&#232;s nuisibles et n'y causent que le d&#233;sordre . Quant aux autres passions s&#233;par&#233;es, elles ne sont que tigres d&#233;cha&#238;n&#233;s . Les passions hors de l'&#233;tat soci&#233;taire sont en discorde g&#233;n&#233;rale et entra&#238;nent la perdition de l'individu qu'elles dirigent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La boussole doit &#234;tre la dualit&#233; du mouvement ! Tous les individus comme N&#233;ron sont sujets au d&#233;veloppement subversif comme au vertueux et harmonique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque les passions n'ont pas une fin d&#233;termin&#233;e, nous pouvons prendre du champ par rapport &#224; leurs manifestations. Nous ne sommes pas enlis&#233;s dans nos affections, nous pouvons les juger sur leur contenu intentionnel. Il est possible non de r&#233;primer l'&#233;lan initial, mais de transf&#233;rer son &#233;nergie d'un objet &#224; un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant changer l'aliment des passions, conduire le dynamisme individuel selon l'ordre total, est-ce accomplir une sublimation ? Fourier admet que le d&#233;sir puisse gagner de la hauteur selon le contenu qu'il conquiert. Il appelle les hommes &#224; inventer leurs fins, &#224; se d&#233;passer peut-&#234;tre, mais il reste obstin&#233;ment fid&#232;le &#224; la plus humble origine. Il affirme que la satisfaction du mat&#233;riel est condition de la libert&#233; spirituelle. Plut&#244;t qu'une sublimation, il sugg&#232;re donc une &#233;trange communication entre la chaleur de la vie et nos mouvements transcendants. Il imagine un syst&#232;me o&#249; l'homme participe tout entier, o&#249; les hauteurs spirituelles ne soient plus en guerre avec les app&#233;tits du corps, mais ent&#233;s sur eux, et gagnent, de ces rapports maintenus, un approfondissement illimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les intuitions de Fourier semblent donc &#224; la fois annoncer la psychanalyse et en pr&#233;parer la critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inconscience de soi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud rappelle que la pathologie enseigne : Tout processus contient les germes d'une disposition pathologique en tant qu'il peut &#234;tre inhib&#233;, retard&#233; ou entrav&#233; dans son cours. De m&#234;me, pour Fourier, les aberrations et les crimes r&#233;sultent des passions inhib&#233;es ou, pis encore, inconscientes d'elles-m&#234;mes. Ainsi, dans les Cahiers in&#233;dits, il rapporte l'histoire d'une dame Strogonoff, qui faisait torturer et torturait elle-m&#234;me une jeune et belle esclave. Quel &#233;tait, dit-il, le v&#233;ritable motif de ses cruaut&#233;s ? &#201;tait-ce bien la jalousie ? Non, affirme Fourier, c'&#233;tait le saphisme. La dite dame &#233;tait saphienne sans le savoir ; elle pers&#233;cutait l'objet dont elle aurait d&#251; jouir, et cette fureur &#233;tait d'autant plus grande que l'engorgement venait des pr&#233;jug&#233;s qui, cachant &#224; cette dame le v&#233;ritable but de sa passion, ne lui laissait pas m&#234;me d'essor id&#233;al .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, Fourier semble pressentir ce que Freud nommera sublimation. Mais l'essor id&#233;al est un pis-aller. Il faut accomplir le mouvement vrai de la passion. Cependant, il note : Les privations forc&#233;es mais reconnues n'engendrent pas de telles fureurs que les &#233;lans dont on ignore le but. Et il ajoute : D'autres exercent en sens collectif les atrocit&#233;s que Mme Strogonoff exer&#231;ait individuellement : guerres, oppressions, carnages, peuvent avoir leur source en de tels d&#233;sirs inconscients .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le complexe d'Oedipe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre passage, Fourier, critiquant la famille civilis&#233;e, d&#233;crit le complexe d'&#338;dipe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi, dit-il, une jalousie des enfants au p&#232;re car le mariage tel qu'il est pratiqu&#233;, le droit de propri&#233;t&#233; exclusive que la loi donne &#224; l'&#233;poux sur sa femme en fait un rival des enfants. &#171; Le Semeur &#187;, journal du temps, comprit fort bien ce passage : Fourier, dit-il, travestit l'asile de tendre piti&#233; qu'est le c&#339;ur d'une m&#232;re en une chose &#233;pouvantable et la voix s'effraie &#224; r&#233;p&#233;ter ces incestes de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vrai, Fourier vise aussi un aspect essentiel du complexe d'&#338;dipe : le refus de la loi, coercitive et absolue que repr&#233;sente le p&#232;re. Mais ce ph&#233;nom&#232;ne est relatif : Notre syst&#232;me social cr&#233;e &#224; chaque p&#232;re dans ses fils une troupe de conspirateurs intentionnels. Il vit donc ce que la sociologie contemporaine aper&#231;oit : dans une soci&#233;t&#233; o&#249; le p&#232;re n'aurait pas une pr&#233;pond&#233;rance exclusive, le complexe d'&#338;dipe n'existerait pas. C'est pourquoi la compr&#233;hension se prolonge imm&#233;diatement, pour Fourier, en un projet de r&#233;novation totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychanalyse en acte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut trouver le n&#339;ud de chaque c&#339;ur, les v&#233;rit&#233;s individuelles et les activit&#233;s multiples o&#249; elles s'exprimeront. Ces deux cr&#233;ations d'ailleurs n'en font qu'une, car c'est dans la vie, dans l'action que l'individu se d&#233;couvrira et ach&#232;vera sa forme propre. Si le principe est bien le m&#234;me que celui de la psychanalyse, la m&#233;thode donc diff&#232;re. Comme Freud, Fourier pense qu'un individu est une constellation particuli&#232;re de d&#233;sirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut respecter tous ces aspects concrets des passions primitives. Dire individu, en effet, pour Fourier comme pour les psychanalystes, c'est dire un &#234;tre qui d&#233;bat avec le monde une question, peut-&#234;tre unique. Si une fois on l'a reconnu, on ne doit plus songer &#224; normaliser les individus, ni les adapter &#224; un monde tout fait, mais plut&#244;t &#224; les orienter vers leurs horizons propres. Pour ce faire, la psychanalyse n'a qu'un moyen : le langage. Non qu'elle tire ses r&#233;ussites du seul pouvoir cathartique de l'expression, mais de la fonction significative de la parole. Pendant la cure, l'effort du langage vise &#224; d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; d'une histoire obscure et, par l'intelligence de soi, &#224; lib&#233;rer le sujet, d&#233;voy&#233;, de ses fantasmes et de ses ali&#233;nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la cr&#233;ation du sens n'est pas essentielle pour Fourier. Les individus en essor subversif ne retrouveront pas leur &#234;tre harmonique chez un sp&#233;cialiste qui, avec eux, &#233;l&#232;vera &#224; la lumi&#232;re et &#224; la v&#233;rit&#233; leurs probl&#232;mes et de ce seul fait ruinera les ombres mythiques o&#249; ils se fourvoient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fourier ne veut pas seulement &#233;clairer mais accomplir, lancer les sujets vers tous les objets qu'ils appellent et les liens humains qu'ils sont capables de susciter. Il sugg&#232;re donc une critique de la m&#233;thode psychanalytique, proche semble-t-il de celle &#224; laquelle pr&#233;tendit un praticien comme Moreno qui, lui, partit effectivement de la pens&#233;e de Freud . Moreno d&#233;clare en effet : la n&#233;vrose n'est jamais strictement individuelle mais ph&#233;nom&#232;ne &#224; plusieurs. Ceci ne serait pas nouveau s'il s'agissait seulement de comprendre le r&#244;le d'autrui dans la n&#233;vrose, car le psychanalyste lui fait droit ; les autres interviennent partout dans le r&#233;cit du sujet et la compr&#233;hension du sympt&#244;me. Mais Moreno va plus loin : une sublimation, pense-t-il, ne peut r&#233;soudre les conflits o&#249; d'autres sont parties. Il faut, dans le psychodrame ou le sociodrame, faire intervenir cet autrui essentiel. Il appara&#238;tra donc, tant&#244;t au seul titre d'egos auxiliaires rempla&#231;ant les v&#233;ritables int&#233;ress&#233;s et pr&#233;cipitant la mise au jour des conflits interindividuels, tant&#244;t &#8211; et c'est l'affaire principale &#8211; en tant qu'acteurs r&#233;els qui, pour un instant, joueront leur vie : un mari et une femme, par exemple, montent en sc&#232;ne, ou bien un noir et un blanc. Mais cet effort vers la solution r&#233;elle tourne court. Car Moreno agit au mieux en de petits groupes eux-m&#234;mes conditionn&#233;s par une soci&#233;t&#233; qui demeure hors des prises du gu&#233;risseur, inchang&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fourier a saisi plus profond&#233;ment la m&#234;me id&#233;e et ses cons&#233;quences : la recr&#233;ation de l'individu doit se faire dans une intersubjectivit&#233;. Le devenir individuel doit s'appuyer sur le devenir de tous. Il faut donc refondre la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re. Alors seulement, l'individu trouvera le milieu nouveau o&#249; pourront s'&#233;panouir ses puissances. Moreno, ambitieux et l&#233;ger, pr&#233;tend que son analyse sociale fera l'&#233;conomie d'une r&#233;volution. Fourier voit profond&#233;ment la n&#233;cessit&#233; de cette r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moreno partait vigoureusement en guerre contre ce qu'il appelle les conserves culturelles, toutes les v&#233;rit&#233;s faites et apprises, contre la pr&#233;gnance d'un seul r&#244;le o&#249; s'enferme l'homme, ondoyant et divers. Il voulait rendre &#224; chacun le sens du recommencement individuel, de la cr&#233;ation journali&#232;re. Mais, all&#233;grement lanc&#233;, il en arrive tout bonnement &#224; justifier la norme, l'Am&#233;ricain type, bien adapt&#233; &#224; sa vie. On se demande comment cette capitulation fut possible. C'est que Moreno ne poursuivit pas les cons&#233;quences r&#233;volutionnaires de ses pr&#233;mices. Pourtant il voulut &#234;tre efficace. Il ne lui restait d&#232;s lors qu'une ressource : reconditionner l'individu qu'il traitait, l'adapter au r&#233;el qu'il ne pouvait transformer. Il s'allia donc avec la force anonyme d'une masse convaincue de son droit. Une Fran&#231;aise qui &#233;levait ses enfants en Am&#233;rique disait dr&#244;lement : Je ne sais comment les pr&#233;server de ce monde. On ne leur fait pas de mal, on ne les exclut pas. On efface &#224; la gomme leurs diff&#233;rences. De m&#234;me, Moreno en arrive &#224; limer les asp&#233;rit&#233;s individuelles au nom de la r&#233;alit&#233; ambiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce leitmotiv du r&#233;el que l'on retrouve en nombre d'ouvrages psychanalytiques n'est pas n&#233;gligeable. Il s'introduit au point fragile de la th&#233;rapeutique psychanalytique. S'il va &#224; l'encontre de l'inspiration psychanalytique, c'est que le r&#233;el dont on parle est un donn&#233;. Comment, alors, concilier l'adaptation et l'effort d'une analyse qui tend &#224; lib&#233;rer le malade d'un drame subi, &#224; le remettre en face de lui-m&#234;me et de sa libert&#233; ? Si l'on veut faire droit &#224; ces exigences peu conscientes d'elles-m&#234;mes, le seul moyen est de transformer, comme le r&#234;va Fourier, le r&#233;el de donn&#233; en proposition, et l'histoire individuelle d'&#233;v&#233;nements subis en actes &#224; accomplir. Il faut changer la vie et non seulement la compr&#233;hension de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la psychanalyse s'appuie sur une transformation existentielle : le transfert sous-tend la communication du m&#233;decin et du malade. Il est un rapport affectif ambigu dont la chance ultime est de se d&#233;passer vers une relation unique o&#249; la recherche commune n'implique plus de domination : le psychanalyste ne doit &#234;tre ni juge ni omniscient. Il agit moins par la direction qu'il donne aux entretiens que par sa seule pr&#233;sence alli&#233;e. Or c'est une telle relation que Fourier imagine entre les individus et ceux qui r&#233;gleront les rouages d'Harmonie. Ce r&#244;le id&#233;al du psychanalyste sera celui des &#233;ducateurs harmoniens. Mais ceux-ci ne se contenteront pas de parler d'une libert&#233; concr&#232;te, ils lui offriront toutes ses chances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines r&#233;sistances &#224; la cure psychanalytique sont un refus de l'op&#233;ration purement subjective qui ruine les &#234;tres mythiques que le malade s'est donn&#233;s sans autre compensation que celle de recouvrer une libert&#233; autrefois ali&#233;n&#233;e, il est vrai, mais aujourd'hui vide. Un roman d'Italo Svevo montre une telle mauvaise foi voulue. Le h&#233;ros Zeno oppose sa vie au traitement et &#224; la signification qu'on lui propose. Puisqu'il ne peut changer ses proches et le monde o&#249; il se situe, il pr&#233;f&#232;re ses fantasmes &#224; l'&#233;chec. Ses sentiments sont absurdes qui se r&#233;f&#232;rent &#224; des morts ou &#224; des &#234;tres qui lui &#233;chappent. Du moins, lui font-ils comme une vie imaginaire. Son probl&#232;me est de satisfaire ses d&#233;sirs et non de les tuer. Depuis son enfance, quelque frustration int&#233;rieure le domine et le prive d'une adaptation normale, dit le psychanalyste ; mais sa vie, en marge, et la n&#233;vrose m&#234;me sont une esp&#232;ce d'adaptation &#224; des conditions ext&#233;rieures qu'il ne peut transformer. Le m&#233;decin voit peut-&#234;tre l'origine de son ali&#233;nation, il ne peut lui fournir les objets vivants de son d&#233;sir. Si Zeno consentait &#224; l'interpr&#233;tation psychanalytique, il deviendrait diff&#233;rent de lui-m&#234;me. Il ne serait peut-&#234;tre plus rien. La cure peut r&#233;ussir superficiellement et, les premiers sympt&#244;mes disparus, d'autres pourront r&#233;appara&#238;tre dont la fonction est analogue. C'est un cas fr&#233;quent, mais quand elle r&#233;ussit, le sujet gu&#233;ri livre un doute radical sur la valeur vitale du traitement. Ainsi Leiris &#233;crit : Je vais mieux, semble-t-il, et ne suis plus hant&#233; aussi contin&#251;ment par le tragique et par l'id&#233;e que je ne puis rien faire dont je ne doive rougir. Je mesure mes actes et mes go&#251;ts &#224; leur juste valeur. Je ne me livre plus gu&#232;re &#224; ces burlesques incartades, mais tout se passe exactement comme si les constructions fallacieuses sur lesquelles je vivais avaient &#233;t&#233; sap&#233;es &#224; la base sans que rien n'ait &#233;t&#233; donn&#233; qui puisse les remplacer. Il en r&#233;sulte que j'agis certes avec plus de sagacit&#233;, mais que le vide o&#249; je me meus en est d'autant plus accus&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de Fourier est pr&#233;cis&#233;ment de pr&#233;venir ce d&#233;lire d'inutilit&#233; &#224; quoi aboutit peut-&#234;tre aussi bien la cure psychanalytique que l'&#233;chec r&#233;it&#233;r&#233; ou la faiblesse. Cette tristesse qui d&#233;pr&#233;cie favorise les cataclysmes (guerres, oppressions, carnages) . Le m&#234;me Leiris note avec honte qu'il en &#233;tait arriv&#233; &#224; souhaiter le renouvellement par l'ext&#233;rieur que repr&#233;sentait pour lui la guerre &#8211; &#233;v&#233;nement qui, de force, vous tire de la vie quotidienne . L'ennui n'est pas &#233;tranger sans doute au consentement &#224; la catastrophe. Les cadres sociaux, cages de l'individu, s'ouvrent au temps des guerres et c'est le renouveau radical et d'abord une vacance que les hommes saisissent. Andr&#233; Breton relevait ainsi avec effroi l'esp&#232;ce d'all&#233;gresse qui, en 1939, jeta dans la rue tous les habitants d'un quartier pauvre &#224; l'annonce de la guerre .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fourier lutte contre cette absurdit&#233;. Il pr&#233;tend saper le monde inhumain, cr&#233;er les conditions de l'aventure joyeuse &#224; mener par tous chaque jour, non seulement d&#233;livrer mais animer les libert&#233;s concr&#232;tes, agir en somme sur le hasard dont chacun d&#233;pend, multiplier &#224; tel point les rencontres que puissent &#224; tout moment surgir la privil&#233;gi&#233;e, le quasi-miracle de la jonction du d&#233;sir et de son objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Harmonie, aucun &#234;tre ne reste jamais dans le vide, tendu vers un objet qui se d&#233;robe. Par exemple, aux arm&#233;es industrielles, puisque tous les pr&#233;tendants des vestales ne peuvent &#234;tre &#233;lus, les bacchants et les bacchantes ont la fonction d'aller chaque matin relever les bless&#233;s... ils essuient le premier choc, les clameurs de perfidie et d'ingratitude et pour consoler prodiguent leur &#233;loquence et leurs charmes . Certes, leur procession avec le myrte annonciateur de la mauvaise nouvelle fait sourire. Ce sont l&#224; des amusettes, comme dit Fourier, mais dont l'intention est claire. Il s'agit de pr&#233;venir l'amertume des abandonn&#233;s ou leur &#233;vasion en quelque fantasme. Ils ont manqu&#233; un premier amour, il faut leur montrer que tous les possibles subsistent. Les bacchants et les bacchantes valent pour l'essence vivante de ce qui a &#233;t&#233; perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est qu'un moyen noble et s&#251;r &#224; la fois (de gu&#233;rir et d&#233;passer un mouvement malheureux), dit Fourier : c'est la substitution d'une passion &#224; une autre, qu'elle absorbe pleinement . Il faut apporter au bless&#233; un nouvel avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre y a-t-il quelque grossi&#232;ret&#233; en cette volont&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;e de r&#233;duire le chagrin, mais il faut se rappeler que, pour Fourier, un amour non r&#233;ciproque est le plus bas accord, germe plut&#244;t que r&#233;alit&#233;. Les amants &#233;conduits n'ont eu que des espoirs chim&#233;riques ; une ancienne l&#233;gende germanique rapport&#233;e par Novalis a le m&#234;me sens : Dieu, nous conte-t-elle, &#233;tait tenu d'accorder aux jeunes gens purs l'objet de leur d&#233;sir. Si quelque sot lui demandait une jeune fille qui ne pouvait l'aimer, Dieu, oblig&#233; par sa promesse, la lui accordait ; mais, afin de m&#233;nager l'union pr&#233;destin&#233;e de la jeune fille avec un autre, le jeune homme abus&#233; devait mourir. Fourier est moins cruel, envers ceux qui se trompent, que le vieux conteur ou le psychanalyste. Il ne veut pas seulement ruiner la valeur des objets illusoires, c'est-&#224;-dire l'&#234;tre pass&#233; de l'individu, mais pr&#233;venir l'apparition des ersatz aberrants, offrir &#224; chacun ce qui lui r&#233;pond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi bien quand il s'agit d'un accord v&#233;ritable, d'un amour ou de toute autre passion qui vise exactement son but, le Nouveau Monde soci&#233;taire lui donnera toute faveur. La multiplicit&#233; des biens offerts assure le succ&#232;s de l'ambitieux qui d&#233;couvre ses fins, la destruction des pr&#233;jug&#233;s et des r&#232;gles arbitraires rend possible tout lien qui fait le bien de plusieurs et ne nuit &#224; personne . Fourier propose &#224; chacun d'imposer sa diff&#233;rence &#8211; les &#233;changes, en Harmonie, ne seront donc plus d&#233;finis qu'&#224; partir des mouvements individuels ; l'ordre nouveau balaie les r&#232;gles les plus universelles si elles doivent restreindre quelque essor particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de la prohibition de l'inceste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fourier effrite jusqu'&#224; la prohibition de l'inceste. De m&#234;me que les amours saphiennes sont de pr&#233;cieux liens de transition de l'amour &#224; l'amiti&#233;, l'inceste est un ambigu qui engr&#232;ne de l'amour au famillisme . Si universelle que soit la prohibition de l'inceste, elle est un ph&#233;nom&#232;ne de culture et non de nature, car elle varie selon les temps et les lieux. On accommode, dit Fourier, sur les incestes collat&#233;raux, en &#233;tablissant leurs prix fixes, comme pour les petits p&#226;t&#233;s ; cette ran&#231;on pay&#233;e aux autorit&#233;s atteste le caract&#232;re conventionnel de la prohibition, qui fut peut-&#234;tre n&#233;cessaire autrefois pour assurer les &#233;changes sociaux et pr&#233;venir la constitution de blocs familiaux ferm&#233;s les uns aux autres ; elle n'a plus de sens en un monde o&#249; les &#233;changes sont &#224; tel point multipli&#233;s que les familles s'ouvrent largement et se prolongent jusqu'aux limites du phalanst&#232;re et au-del&#224;. Pour bannir cette r&#232;gle, il n'est plus d&#233;sormais que d'attendre l'&#233;volution des m&#339;urs. On innovera successivement et proportionnellement aux convenances du temps et des m&#339;urs .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cet exemple ultime, nous constatons que Fourier d&#233;passe encore notre actuelle conception de la libert&#233; individuelle et de la libert&#233; des amours. Il voit fort bien que, permettre &#224; chacun de donner libre cours &#224; sa sensibilit&#233; intime, c'est accomplir une r&#233;volution totale : transformer l'&#233;conomie et changer la vie, pr&#233;parer aussi un avenir in&#233;dit. L'uniformit&#233;, en effet, stup&#233;fie l'esprit et si les grandes cr&#233;ations se firent jour &#224; travers les &#226;ges &#224; partir des oppositions et du choc vivifiant des cultures diff&#233;rentes, quand s'instaure la chance d'une unification mondiale les individus singuliers sont appel&#233;s &#224; prendre la rel&#232;ve des humanit&#233;s diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les anc&#234;tres de la psychanalyse de Freud</title>
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		<dc:date>2019-09-28T22:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Freud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les anc&#234;tres de la psychanalyse de Freud &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement : trouver des anc&#234;tres aux id&#233;es de Freud, ce n'est nullement diminuer son apport. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour wikipedia, &#171; L'histoire de la psychanalyse commence avec Sigmund Freud et se continue de nos jours, avec plusieurs &#233;coles et th&#233;ories concurrentes qui coexistent. &#187; Nous voudrions montrer dans ce texte que ce n'est pas exact et que, si Freud lui-m&#234;me a eu tendance &#224; brouiller les pistes des origines de sa psychanalyse pour &#234;tre auteur d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique186" rel="directory"&gt;Initiateurs de la psychanalyse&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot170" rel="tag"&gt;Freud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les anc&#234;tres de la psychanalyse de Freud&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : trouver des anc&#234;tres aux id&#233;es de Freud, ce n'est nullement diminuer son apport.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour wikipedia, &lt;i&gt;&#171; L'histoire de la psychanalyse commence avec Sigmund Freud et se continue de nos jours, avec plusieurs &#233;coles et th&#233;ories concurrentes qui coexistent. &#187; &lt;/i&gt; Nous voudrions montrer dans ce texte que ce n'est pas exact et que, si Freud lui-m&#234;me a eu tendance &#224; brouiller les pistes des origines de sa psychanalyse pour &#234;tre auteur d'une th&#232;se enti&#232;rement nouvelle, sa faute est relativement b&#233;nigne. Elle n'entache nullement la validit&#233; de son &#339;uvre qui reste &#233;minemment originale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anc&#234;tres de la psychanalyse de Freud (1856-1939) sont multiples : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; depuis les peuples animistes ayant des psychoth&#233;rapies du r&#234;ve (&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2013&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir ici&lt;/a&gt;),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3449&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Socrate&lt;/a&gt; (cinqui&#232;me si&#232;cle avant J.-C.) et sa ma&#239;eutique &#224; accoucher les &#226;mes dans laquelle Lacan voit la premi&#232;re analyse,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article683&#034;&gt;Denis Diderot&lt;/a&gt; (1713-1784) plus connu pour son Encyclop&#233;die et qui a pourtant r&#233;fl&#233;chi &#224; nombre de questions scientifiques dont les n&#233;vroses notamment dans son ouvrage &#171; Mystification &#187;, l'inconscient qui parle pendant les r&#234;ves (&#171; Le r&#234;ve de D'Alembert &#187;) ou la psychologie (&#171; Le neveu de Rameau &#187;),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Schopenhauer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Arthur Schopenhauer&lt;/a&gt; (1788-1860),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Robert_Eduard_von_Hartmann&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Karl Robert Eduard von Hartmann&lt;/a&gt; (1842-1906),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/William_James&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;William James&lt;/a&gt; (1842-1910) qui d&#233;veloppe une th&#233;orie des &#233;motions et &#233;tudie l'inconscient et la r&#233;tention d'informations,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Moritz_Benedikt&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Moriz Benedikt&lt;/a&gt; (1835-1920),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Franz-Anton_Mesmer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Franz Anton Mesmer&lt;/a&gt; (1734-1815) qui inventa le magn&#233;tisme sans mysticisme,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Joseph_Gassner&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Joseph Gassner&lt;/a&gt; (1727-1779) qui extirpa la religion des exorcismes th&#233;rapeutiques,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Gotthilf_Heinrich_von_Schubert&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gotthilf Heinrich von Schubert&lt;/a&gt; (1780-1860) qui &#233;tudia le triple fondement de l'esprit, le r&#244;le des r&#234;ves, l'amour de soi (narcissisme) et la nostalgie de la mort,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Hippolyte_Bernheim&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hippolyte Bernheim&lt;/a&gt; (1734-1815) qui analysa l'hypnose en liaison avec la psychoth&#233;rapie (qu'il invente) et effectue des recherches sur la suggestion et l'effet placebo,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Binet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alfred Binet&lt;/a&gt; (1857-1911),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Janet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre Janet&lt;/a&gt; (1859-1947) psychologue qui invente le terme de subconscient et l'un des th&#233;oriciens de l'hypnoth&#233;rapie,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Briquet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre Briquet&lt;/a&gt; (1796-1881) qui, le premier, &#233;tudie l'hyst&#233;rie de mani&#232;re scientifique et forme notamment Charcot,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Martin_Charcot&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean Martin Charcot&lt;/a&gt; (1825-1893) - avec l'&#233;cole de la Salpetri&#232;re &#8211; avec ses &#233;tudes notamment sur l'&#233;tiologie traumatique de l'hyst&#233;rie, qui d&#233;couvrit que des repr&#233;sentations inconscientes &#233;taient le noyau de certaines n&#233;vroses,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Gustav_Carus&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Carl Gustav Carus&lt;/a&gt; (1789-1869),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Gustav_Fechner&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gustav Fechner&lt;/a&gt; (1801-1887) avec ses &#233;tudes sur plaisir-d&#233;plaisir et &#233;nergie mentale,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Jakob_Bachofen&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Johann Jacob Bachofen&lt;/a&gt; (1815-1887) et ses th&#232;ses sur les mythes d'Oreste et d'&#338;dipe du passage du matriarcat au patriarcat,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri-%C3%89tienne_Beaunis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Henri-&#201;tienne Beaunis&lt;/a&gt; (1830-1921),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ambroise-Auguste_Li%C3%A9beault&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ambroise-Auguste Li&#233;beault&lt;/a&gt; (1823-1904),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste_Forel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Auguste Forel&lt;/a&gt; (1848-1931),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Delb%C5%93uf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Joseph R&#233;mi L&#233;opold Delb&#339;uf&lt;/a&gt; (1831-1896),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_F%C3%A9r%C3%A9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Charles F&#233;r&#233;&lt;/a&gt; (1852-1907),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul-Louis_Ladame&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paul-Louis Ladame&lt;/a&gt; (1842-1919),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Josef_Breuer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Josef Breuer&lt;/a&gt; (1842-1925),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/G._Stanley_Hall&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Granville Stanley Hall&lt;/a&gt; (1844 - 1924),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Abraham_A._Brill&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Abraham Arden Brill&lt;/a&gt; (1874-1948), (1874-1948),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Theodor_Hermann_Meynert&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Theodor Hermann Meynert&lt;/a&gt; (1833-1892) qui d&#233;veloppe une classification des troubles mentaux bas&#233;e sur leurs corollaires anatomo-pathologiques,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Wernicke&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Carl Wernicke&lt;/a&gt; (1848-1905) qui fut comme Freud l'&#233;l&#232;ve de Meynert et d&#233;buta du coup sur des bases proches et en psychiatrie avant de se lancer en neurologie du cerveau, sujet sur lequel il sera mondialement connu,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Jones&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ernest Jones&lt;/a&gt; (1879 - 1958),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Theodor_Lipps&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Theodor Lipps&lt;/a&gt; (1851-1914) qui d&#233;veloppa la notion d'empathie,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A1ndor_Ferenczi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S&#225;ndor Ferenczi&lt;/a&gt; (1873-1933) qui &#233;tudie notamment les pathologies narcissiques de l'enfance,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Wilhelm_Fliess&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wilhelm Fliess&lt;/a&gt; (1858-1928) qui &#233;tudie particuli&#232;rement la sexualit&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;et la liste n'est pas close...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud a travaill&#233; avec certains d'entre eux quand il n'en &#233;tait encore qu'&#224; ses d&#233;buts, comme avec Meynert, Charcot, Janet, Breuer, Fliess, Leopold L&#246;wenfeld, Lipps, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;v&#232;nement fondateur de ce qui va devenir la psychanalyse a &#233;t&#233; la participation de Freud aux travaux du neurologue Jean-Martin Charcot sur l'hyst&#233;rie (dysfonctionnement du corps sans origine physiologique), avec notamment l'utilisation de l'hypnose. Freud pratique l'hypnose au d&#233;but de sa carri&#232;re de neurologue, mais la met ensuite de c&#244;t&#233; pour &#233;laborer la pratique psychanalytique. Avec Josef Breuer, dans leur ouvrage les &#233;tudes sur l'hyst&#233;rie, ils concluent que l'hyst&#233;rique souffre de &#171; r&#233;miniscences &#187;, suivant l'exemple de Pierre Janet et &#171; faisant du d&#233;doublement mental et de la dissociation de la personnalit&#233; le pivot de notre th&#233;orie &#187; (Cinq le&#231;ons sur la psychanalyse, Payot p. 23). Freud rompt avec la psychologie dynamique de Janet consid&#233;rant qu'&#171; elle repose sur les doctrines admises en France relative au r&#244;le de l'h&#233;r&#233;dit&#233; et de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence dans l'origine des maladies &#187; (Cinq le&#231;ons sur la psychanalyse, Payot p. 24). Freud cesse de recourir &#224; l'hypnose pour explorer le psychisme (remplacer par la pression des pouces sur le front puis l'association libre pure et simple). Il se d&#233;marque de Breuer en mettant en avant l'importance de la libido dans le d&#233;veloppement de la psychopathologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que croit le grand public, l'inconscient n'a pas &#233;t&#233; d&#233;couvert par Freud. En 1890, alors qu'on ne parlait pas encore de psychanalyse, William James, dans son monumental trait&#233; de psychologie (1400 pages), examinait la fa&#231;on dont Schopenhauer, von Hartmann, Janet, Binet et d'autres avaient utilis&#233; les termes &#034;inconscient&#034; et &#034;subconscient&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses premi&#232;res publications, Freud reconna&#238;t sa dette &#224; l'&#233;gard de Benedikt quant &#224; l'explication des troubles par des conflits int&#233;rieurs enracin&#233;s dans le pass&#233;, la th&#233;rapie par la rem&#233;moration de conflits et l'importance d'analyser des fantasmes et des r&#234;veries diurnes. Voir &#034;Gesammelte Werke&#034;, Fischer, 1, p. 86 ( 1894) 2, p. 495 ( 1900). S'il n'a pas continu&#233; &#224; le citer, c'est peut-&#234;tre pour para&#238;tre lui-m&#234;me plus original qu'il ne l'&#233;tait et sans doute parce que Benedikt avait publi&#233; une critique acerbe du livre de Fliess &#8220;Les Relations entre le nez et les organes g&#233;nitaux f&#233;minins&#8221;, dont Freud avait dit, lors de sa publication, qu'il constituait &#171; le socle m&#234;me de la psychanalyse &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.scienceshumaines.com/sigmund-freud-1856-1939-les-trois-sources-de-la-psychanalyse_fr_22577.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D'autres sources&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#233;galement citer les influences philosophiques et litt&#233;raires comme Wier, Sophocle (le complexe d'&#338;dipe) et Shakespeare. Et aussi Schpenhauer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.societe-psychanalytique-de-paris.net/wp/?publication_cdl=les-revenants-de-la-memoire-freud-et-shakespeare&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir ici Shakespeare&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://books.google.fr/books?id=mx2s035uzlYC&amp;pg=PA130&amp;lpg=PA130&amp;dq=qui+a+inspir%C3%A9+freud&amp;source=bl&amp;ots=bc2D-aEjwj&amp;sig=_qmgavzQQK2RjGsV8irJj02xd6A&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ei=Io93VKHmGsTuaJyzgogG&amp;ved=0CCAQ6AEwADgU#v=onepage&amp;q=qui%20a%20inspir%C3%A9%20freud&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir encore : de Schopenhauer &#224; Freud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jean Wier, un des auteurs dont Freud s'est particuli&#232;rement revendiqu&#233; dans son combat contre le caract&#232;re diabolique, mythique ou mystique pr&#234;t&#233; &#224; la &#171; folie &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jean Wier (ou Johann Weyer, Johannes Weier, en latin Joannes Wierus ou le pseudonyme Piscinarius)1 (n&#233; en 1515 ou 1516 &#224; Grave dans le Duch&#233; de Brabant et mort en 1588 &#224; Tecklenburg) &#233;tait un m&#233;decin et opposant &#224; la chasse aux sorci&#232;res2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fils d'un prosp&#232;re marchand en gros de charbons, d'ardoises et de houblon, il suivit &#224; partir de 1532 des &#233;tudes de latin &#224; Bois-le-Duc, Louvain et &#224; partir de 1532 &#224; Bonn. L'influence de son professeur Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim se retrouve dans toute son &#339;uvre2. Il &#233;tudia la m&#233;decine &#224; Paris, avant 1535, lors d'un s&#233;jour en France. On ne sait pas de quelle universit&#233; il tient son dipl&#244;me de m&#233;decine, ni m&#234;me s'il l'a effectivement obtenu2. Il exerce en tout cas la m&#233;decine &#224; son retour de France dans la r&#233;gion de Grave, puis &#224; partir de 1545 &#224; Arnheim, o&#249; en 1548 il intervient pour la premi&#232;re fois comme m&#233;decin dans un proc&#232;s en sorcellerie contre un voyant2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la recommandation de l'humaniste Konrad Heresbach, il devint en 1550 le m&#233;decin personnel du duc Guillaume de Cl&#232;ves. Au sein de cette cour ouverte &#224; l'influence humaniste d'&#201;rasme et tol&#233;rante en mati&#232;re de religion, on ne sait pas si Wier resta catholique ou devint calviniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa position de m&#233;decin de cour Jean Wier r&#233;digea et publia en 1563 &#224; B&#226;le son &#339;uvre principale, le De praestigiis daemonum (Des illusions des d&#233;mons), puis d'autres trait&#233;s de pharmacologie, de psychiatrie et de m&#233;decine. En 1578, il laissa sa position du m&#233;decin personnel du duc &#224; son fils Galenus. Il continua n&#233;anmoins &#224; reprendre ses ouvrages jusqu'&#224; sa mort en 1588.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commenc&#233;es dans la premi&#232;re moiti&#233; du XVe si&#232;cle, les grandes chasses aux sorci&#232;res eurent une pause &#224; partir des ann&#233;es 1520 du fait des troubles li&#233;es la R&#233;forme protestante, et reprirent dans les ann&#233;es 1560. Un des enjeux est la question qui opposent alors ceux, majoritaires qui tiennent au &#171; transport r&#233;el et corporel &#187; des adeptes du d&#233;mon lors du Sabbat, et ceux qui, s'appuyant sur un texte du IXe si&#232;cle le Canon Episcopi, affirment sur les sorcelleries ne sont que des illusions du Diable3.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son De Praestigiis daemonum et incantationibus ac venificiis libri V, publi&#233; en 1563, dans lequel il s'oppose au Malleus Maleficarum (Le marteau des sorci&#232;res), Jean Wier y fait la distinction entre les &#171; magiciens inf&#226;mes &#187;, r&#233;ellement coupables de crimes diaboliques, et les sorci&#232;res, qui sont elles la proie d'illusions maladives3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le m&#233;decin Jean Wier, les illusions des sens sont le r&#233;sultat d'un d&#233;r&#232;glement des &#171; humeurs &#187;, en particulier de la bile noire suppos&#233;e &#234;tre &#224; l'origine de la m&#233;lancolie et &#171; qui infecte le si&#232;ge de l'esprit &#187;, et ce qu'il appelle leur &#171; vertu imaginative &#187;, &#171; phantasie &#187; ou &#171; imagination &#187;. Les &#171; m&#233;lancoliques &#187; croient voir des &#171; monstres phantastiques &#187; pendant leur r&#234;ves, ou m&#234;me &#233;veill&#233;s en plein jour dans les pires des cas3. Cette th&#233;orie m&#233;dicale des r&#232;ves remonte au XIIe si&#232;cle et le Liber de spiritu et anima d'Alcher de Clairvaux, et se retrouve &#233;galement chez d'autres auteurs de la m&#234;me &#233;poque4. Dans certains cas, reprenant des id&#233;es &#233;mises par Marsile Ficin c'est m&#234;me la seule &#171; force de l'imagination &#187; qui peut &#234;tre la source des illusions3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'influence du diable est cependant loin d'&#234;tre syst&#233;matiquement ni&#233;e, car les humeurs ou l'imagination seule peuvent engendrer ces fantasmes, &#171; Le diable donc n'en poura-il pas bien faire autant, luy qui est esprit, lequel se peut par la permission de Dieu, entremesler dedans les instruments des sens, esmouvoir les humeurs &amp; vapeurs qui luy sont commodes, ou envoyer un vent idoine dedans les instruments, principalement apr&#232;s avoir choisi la complexion, l'age, le sexe, ou autres causes interieures &amp; exterieures[...] &#187;. Le d&#233;mon profite dans sa malice des faiblesses humaines et s'attaque donc surtout aux m&#233;lancoliques, aux h&#233;r&#233;tiques, aux m&#233;chants, et surtout aux femmes : &#171; Le diable [&#8230;] induit volontiers le sexe f&#233;minin, lequel est inconstant &#224; raison de sa complexion, de legere croyance, malicieux, impatient &amp; melancolique pour ne pouvoir commander &#224; ses affections : &amp; principallement les vieilles debilles, stupides &amp; d'esprit chancellant &#187;3. C'est cette origine commune qui explique les similarit&#233;s des aveux des pr&#233;tendus sorci&#232;res, croyant de fa&#231;on illusoire se rendre Sabbat. Cette th&#232;se se trouvait d&#233;j&#224; &#224; la fin du XVe si&#232;cle chez Ulrich Molitor, qui s'inspirait du Commentaire des Sentences (1252-1254) de Thomas d'Aquin 5&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte connu de nombreuses r&#233;&#233;ditions. Traduit en allemand d&#232;s 1565, il le fut en fran&#231;ais d&#232;s 1567 par le m&#233;decin Jacques Gr&#233;vin sous le titre Cinq livres de l'imposture et tromperie des diables, des enchantements et sorcelleries6, et une nouvelle &#233;dition augment&#233;e parut en 1579. Il fut traduit en anglais en 1584 par Reginald Scot dans sa Discoverie of witchcraft.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre fut attaqu&#233; par Thomas Erastus, avec lequel Wier correspondit, et auquel il r&#233;pondit en 1577 dans son De lamiis (Des sorci&#232;res), qui est en fait un abr&#233;g&#233; de ses th&#232;ses. Des attaques bien plus violentes furent le fait du juriste fran&#231;ais Jean Bodin dans sa D&#233;monomanie des Sorciers (1580), dans lequel il ridiculise les arguments juridiques de Wier, et l'accuse d'&#234;tre un mage d&#233;moniaque, et par le j&#233;suite espagnol Mart&#237;n Antonio Delr&#237;o, dans son Disquisitionum magicarum Controverses et recherches magiques 1599) qui le surnomma &#171; Wierus hereticus &#187;7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre fut br&#251;l&#233; par l'Universit&#233; luth&#233;rienne de Marbourg et mis &#224; l'Index par le gouverneur catholique des Pays-Bas, le duc d'Albe Ferdinand Alvare de Tol&#232;de8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses arguments furent la base des opposants &#224; la chasse aux sorci&#232;res repris par Jodocus Hocker (1569) Johann Ewich (1584), Johann Georg G&#246;delmann et Hermann Witekind (1597), jusqu'&#224; Friedrich Spee von Langenfeld (1631).2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1577, Jean Wier ajoute en appendice &#224; son ouvrage, la Pseudomonarchia Daemonum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Pseudomonarchia daemonum appara&#238;t pour la premi&#232;re fois en 1577, en appendice de la cinqui&#232;me &#233;dition du De praestigiis daemonum du m&#233;decin Johann Weyer (la premi&#232;re &#233;dition dont le titre complet est De Praestigiis daemonum et Incantationibus ac Venificiis date de 1563, et fut traduite en fran&#231;ais d&#232;s 1567 par le m&#233;decin Jacques Gr&#233;vin sous le titre Cinq livres de l'imposture et tromperie des diables, des enchantements et sorcelleries). L'existence des d&#233;mons et le probl&#232;me de la sorcellerie furent largement d&#233;battus dans la seconde moiti&#233; du XVIe si&#232;cle. Le trait&#233; de Weyer qui avait &#233;t&#233; l'&#233;l&#232;ve de Corn&#233;lius Agrippa, est un vigoureux plaidoyer contre le Malleus Maleficarum (1487) de l'inquisiteur Heinrich, tentant de s&#233;parer la magie r&#233;ellement mal&#233;fique et la sorcellerie assimil&#233;e &#224; une pathologie mentale, la folie ou la m&#233;lancolie. L'ouvrage de Weyer fut largement r&#233;&#233;dit&#233; et traduit. En 1580 le juriste fran&#231;ais Jean Bodin le condamna pour des raisons juridiques dans sa D&#233;monomanie des sorciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	&#171; Wier &#187; (ou &#171; Wihr &#187;) est une forme ancienne, ant&#233;rieure &#224; la diphtongaison bavaroise (dite en allemand neuhochdeutsche Diphthongierung), de l'actuel &#171; Weiher &#187;, qui signifie en allemand moderne &#171; &#233;tang &#187;. Elle s'est conserv&#233;e dans de nombreux dialectes, comme l'alsacien : le toponyme &#171; Riquewihr &#187; correspond &#224; &#171; Reichenweier &#187; de l'&#233;poque allemande. Pour ce ph&#233;nom&#232;ne compliqu&#233; on consultera chez Thorsten Roelcke, Sprachtypologie des Deutschen : historische, regionale und funktionale Variation, pp. 62 et suiv. la section &#171; Monophthonge und Diphthonge &#187;. &#201;d. Walter De Gruyter Inc, 1997, ISBN 3-11-015276-2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. a, b, c, d et e (de) Thomas Meyer, &#171; Weyer,Johann &#187; [archive], dans Biographisch-Bibliographisches Kirchenlexikon (BBKL) , Band 20, Nordhausen 2002 (ISBN 3-8830-9091-3), Sp.1537&#8211;1544.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. a, b, c, d, e et f Thibaut Maus de Rolley Jean Wier et la fabrique de l'illusion diabolique [archive] Trac&#233;s. Revue de Sciences humaines, n&#176; 8, L'illusion, avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.	Scipion Dupleix Les causes de la veille et du sommeil, des songes, &amp; de la vie &amp; de la mort, Paris, Sonius, 1606 - Anselme Julian, De l'Art et jugement des songes, &amp; visions nocturnes [&#8230;], Lyon, Benoist Rigaye, 1572 - Pierre de La Primaudaye, Suite de l'Academie fran&#231;oise [&#8230;], Paris, Guillaume Chaudiere, 1580&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.	Ulrich Molitor De lamiis et phitonicis mulieribus (&#171; Des sorci&#232;res et des devineresses &#187;, Cologne, 1489)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.	Cinq livres de l'imposture et tromperie des diables, des enchantements et sorcelleries, trad. Jacques Gr&#233;vin, Paris, in 8&#176;, Jacques du Puys 1567 sur googlebooks [archive]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7.	Binz pp 167-168&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. a et b John Waller p. 170&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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