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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Perturbations du rythme du sommeil et moyens d'&#233;viter les somnif&#232;res</title>
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		<dc:date>2016-03-18T13:56:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les troubles des rythmes circadiens &lt;br class='autobr' /&gt;
Rythme veille-sommeil irr&#233;gulier &lt;br class='autobr' /&gt;
Chronobiologie, les 24 heures chrono de l'organisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Chronobiologie, les 24 heures chrono de l'organisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Les alt&#233;rations du rythme du sommeil &lt;br class='autobr' /&gt; Mille et un conseils pour dormir sans somnif&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
1&#176;) Le manque chronique de sommeil (ou l'insomnie, l'absence de sommeil) est un mal handicapant et tr&#232;s stressant qui est tr&#232;s r&#233;pandu et qui n'est pas &#224; prendre &#224; la l&#233;g&#232;re. Cependant, l'addiction aux somnif&#232;res l'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique170" rel="directory"&gt;Rythmes du vivant&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.douglas.qc.ca/info/troubles-rythmes-circadiens&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les troubles des rythmes circadiens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rythme_veille-sommeil_irr%C3%A9gulier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rythme veille-sommeil irr&#233;gulier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.inserm.fr/index.php/layout/set/print/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/chronobiologie-les-24-heures-chrono-de-l-organisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronobiologie, les 24 heures chrono de l'organisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.inserm.fr/index.php/layout/set/print/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/chronobiologie-les-24-heures-chrono-de-l-organisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronobiologie, les 24 heures chrono de l'organisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://sommeil.univ-lyon1.fr/articles/challamel/sommenf/alterations.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les alt&#233;rations du rythme du sommeil&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6515 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1547.jpg' width=&#034;341&#034; height=&#034;549&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mille et un conseils pour dormir sans somnif&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Le manque chronique de sommeil (ou l'insomnie, l'absence de sommeil) est un mal handicapant et tr&#232;s stressant qui est tr&#232;s r&#233;pandu et qui n'est pas &#224; prendre &#224; la l&#233;g&#232;re. Cependant, l'addiction aux somnif&#232;res l'est encore bien plus, avec des effets psychologiques et physiologiques, et leur utilisation doit absolument &#234;tre encadr&#233;e m&#233;dicalement et limit&#233;e dans le temps. Il faut prendre une r&#233;solution pr&#233;cise de dur&#233;e et de quantit&#233; d&#232;s le d&#233;but de leur prise. Quel que soit l'&#226;ge, les m&#233;dicaments ne peuvent pas &#234;tre un mode de gestion de la vie de tous les jours, m&#234;me si les labos pharmaceutiques essaient d'en faire un des piliers de leurs profits, en minimisant les risques&#8230; Si la France est en t&#234;te pour la consommation de somnif&#232;res, ce n'est pas d&#251; &#224; une meilleure couverture sant&#233; mais &#224; des labos pharmaceutiques omnipr&#233;sents et tr&#232;s puissants !!! En r&#233;alit&#233;, les consommateurs de somnif&#232;res ont une probabilit&#233; de mourir au moins trois fois sup&#233;rieure &#224; la moyenne, et cela m&#234;me lorsque la consommation est inf&#233;rieure &#224; 18 pilules par an&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Il faut relativiser le risque de l'insomnie passag&#232;re : le sommeil est un besoin naturel qui va sans doute revenir et il ne faut pas y rajouter un stress qui g&#234;ne la reprise d'un sommeil normal. Il faut plut&#244;t activer les modes normaux de reprise du sommeil que de compter uniquement sur des modes compl&#232;tement artificiels qui nuisent au fonctionnement normal du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Les victimes du manque de sommeil sont tr&#232;s nombreuses et il ne faut pas prendre cet &#233;pisode d&#233;plaisant de mani&#232;re trop personnelle, au plan psychologique. Il ne faut pas s'affoler : &#171; je ne pourrais plus dormir normalement &#187;. Commencez par ne pas rajouter de la panique &#224; la fatigue et par compenser celle-ci en vous reposant et en vous d&#233;tendant un peu. Si possible, de courtes siestes d'apr&#232;s-midi. Un peu de d&#233;tente en marchant doucement ou en allant &#224; la piscine. Pas de sport violent. La nuit vous ne sous dites pas : &#171; il faut que je dorme &#187;. C'est contre-productif. Il faut au contraire se dire : &#171; aucune importance, il faut simplement que je me repose et je me d&#233;tende. Je laisse mon esprit vagabonder et je ne pense pas &#224; mon manque de sommeil. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Il y a parfois une origine &#233;vidente &#224; ce manque de sommeil : &#233;v&#233;nement pr&#233;occupant, stressant ou inqui&#233;tant. G&#233;n&#233;ralement, l'&#233;pisode pass&#233;, le sommeil revient. Mais il est aussi possible que la cause n'apparaisse pas de mani&#232;re claire. Dans ce cas, il ne faut pas craindre de changer des mauvaises habitudes de vie (ou de travail) qui peuvent nuire &#224; la reprise d'un bon sommeil. Il peut y avoir des m&#233;canismes naturels d'entr&#233;e dans le sommeil qui sont un peu d&#233;cal&#233;s et &#224; remettre en place. Ce n'est pas forc&#233;ment ni grave ni compliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Il faut que le travail reste cantonn&#233; dans son domaine et la vie priv&#233;e dans le sien, avec des plages de temps bien d&#233;limit&#233;es et des zones d'activit&#233; bien s&#233;par&#233;es. Le m&#233;lange des deux a un effet catastrophique sur le sommeil. Rien qui rappelle le travail dans les pi&#232;ces o&#249; on dort. Il faut d&#233;crocher des pr&#233;occupations du travail au moins une heure et demi avant l'heure pr&#233;vue du sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) Le cadre du sommeil doit &#234;tre soign&#233; en premier. Les draps chang&#233;s. Les occultants efficaces. La pi&#232;ce de sommeil a&#233;r&#233;e convenablement puis aspir&#233;e de toute poussi&#232;re. Le bruit chass&#233; (quitte &#224; s'habituer aux boules quies). Les acariens et moustiques aussi. Supprimer la t&#233;l&#233;vision, l'ordinateur, le t&#233;l&#233;phone portable de la pi&#232;ce o&#249; on dort. Le r&#233;veil-matin n'est pas le t&#233;l&#233;phone portable. On ne dort jamais avec de la musique dans les oreilles ou en regardant la t&#233;l&#233;vision, ni avec un ordinateur en fonction &#224; c&#244;t&#233;, m&#234;me en veille. On d&#233;connecte m&#234;me la wifi. M&#234;me dans la pi&#232;ce voisine, l'ordinateur doit &#234;tre &#233;teint. S'assurer qu'il n'y a pas un appareil &#233;lectrique qui envoie des ultra-sons et bien fermer les portes avant de se coucher. Aucune lumi&#232;re dans la pi&#232;ce o&#249; l'on dort. M&#234;me un point lumineurx peut g&#233;ner le sommeil sans que l'on s'en rende compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) Le sommeil est d'abord et avant tout un rythme de vie. Le meilleur moyen de le pr&#233;server est de rester tr&#232;s rythm&#233; dans son existence : repas &#224; heures quasiment fixes, travail et pauses &#224; heure quasiment fixes, sommeils &#224; heures quasiment fixes et pas trop tardifs. Pas de nuit blanche. Pas de couchage apr&#232;s minuit. Pas de sorties tardives tant que vous n'avez pas repris un rythme de sommeil r&#233;gulier et solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176;) La mise en &#233;tat de sommeil d&#233;bute par l'envoi dans le corps de deux neurotransmetteurs (mol&#233;cules biochimiques) du sommeil qui indiquent au corps qu'il doit se pr&#233;parer avant d'aller se coucher. Le moyen de les mettre en route est de commencer &#224; baisser les lumi&#232;res et &#224; interrompre toute activit&#233; devant un &#233;cran (ordinateur, t&#233;l&#233; ou t&#233;l&#233;phone), ou toute activit&#233; d'&#233;coute musicale, une heure et demi avant l'heure probable de coucher. Toute reprise de ces activit&#233;s, m&#234;me br&#232;ve du genre regarder une fois ses mails et ses messages juste avant de dormir, casse la mise en &#233;tat de dormir. Pas de lecture de travail avant de dormir, ni de lecture stressante. Eventuellement, un petit roman sympathique. L'important, c'est de d&#233;crocher des soucis avant de se coucher. M&#234;me si ces soucis sont tr&#232;s s&#233;rieux et inqui&#233;tants, on peut artificiellement les mettre de c&#244;t&#233; le temps de se reposer. Par contre, on peut au contraire avoir tendance &#224; se convaincre qu'on ne va surtout pas oublier le probl&#232;me, comme si cela aidait &#224; le r&#233;gler&#8230; Et c'est particuli&#232;rement nuisible au sommeil qui n&#233;cessite la baisse de l'attention et la mobilisation du cerveau, en m&#234;me temps qu'une baisse de la luminosit&#233;, et une baisse de la temp&#233;rature du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9&#176;) On doit commencer &#224; bailler, &#224; sentir ses paupi&#232;res lourdes, &#224; s'&#233;tirer avant d'avoir &#233;t&#233; se coucher.Normalement, c'est la baisse de luminosit&#233; et la baisse d'activit&#233;, la mise en repos, qui enclenchent ce mode de pr&#233;-sommeil. Si ce n'est pas le cas, il convient de prendre des aliments qui permettent au corps d'augmenter sa dose de ces neurotransmetteurs d'entr&#233;e dans le sommeil qui ont pour nom : la m&#233;latonine et la s&#233;rotonine, du compl&#233;ment alimentaire, le magn&#233;sium et de l'acide amin&#233;, la tryptophane. Tous existent dans les aliments et, sinon, peuvent &#234;tre pris en m&#233;dicaments. Aucun ne pr&#233;sente aucun danger et aucun n'est &#233;quivalent &#224; un anxiolytique ou &#224; des amph&#233;tamines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#176;) Les aliments qui contiennent ces &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires sont les noix, la banane, le miel, les cerises, le pain complet, les p&#226;tes, le riz, les c&#233;r&#233;ales, la pomme de terre, la salade, le lait chaud au miel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11&#176;) Si la prise de ces aliments n'est pas suffisante, on peut tout &#224; fait prendre des m&#233;dicaments contenant ces deux neurotransmetteurs (la m&#233;latonine et la s&#233;rotonine). Ce n'est absolument pas dangereux. Cela n'a aucun effet addictif. Ce ne sont pas des anxiolytiques ni des amph&#233;tamines. Il n'y a aucun danger. Il suffit d'une prescription m&#233;dicale que le m&#233;decin ne rechignera jamais &#224; donner, sachant que ces neurotransmetteurs n'occasionnent aucun danger, ni psychologique ni physiologique. On peut en prendre autant que l'on veut et s'arr&#234;ter comme on veut. Il peut suffire d'une petite dose pour que le rythme de production des neurotransmetteurs le soir se remette en route naturellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12&#176;) La digestion du soir est un facteur qui peut aider ou nuire au sommeil. Le repas du soir est important. Il doit &#234;tre l&#233;ger, ne contenir aucun aliment excitant qui g&#232;ne le sommeil. Il doit &#234;tre pris &#224; distance cons&#233;quente de l'heure du sommeil, deux &#224; trois heures avant de se coucher. A &#233;viter le soir les repas copieux, trop de viande rouge, la friture, une nourriture trop riche, grasse ou &#233;pic&#233;e, l'alcool, les jus d'orange, de citron, de pamplemousse, etc&#8230; Sauter un repas est mauvais pour l'&#233;quilibre et le rythme. Mieux vaut un repas l&#233;ger que pas de repas. A proscrire pour le repas du soir : frites, raclette, hamburger, plats en sauce, charcuterie, fritures et p&#226;tisseries...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13&#176;) Les boissons jouent &#233;galement un grand r&#244;le. Pas de boisson excitante d&#232;s le milieu d'apr&#232;s-midi : ni alcool, ni th&#233;, ni caf&#233;, et encore moins le soir. D'ailleurs, il faut bien boire de l'eau et des boissons le matin et &#224; midi afin de boire mod&#233;r&#233;ment d&#232;s le milieu d'apr&#232;s-midi car l'envie de pisser p&#232;se sur le bon sommeil. Pas de verre d'eau, ni de boisson, avant d'aller se coucher sauf une tisane nuit tranquille. Un exemple : m&#233;langez &#224; part &#233;gale aub&#233;pine, fleur d'oranger et camomille avant de verser une cuill&#232;re &#224; dessert de ce m&#233;lange dans 25 cl d'eau bouillante. Laissez infuser 10 minutes puis filtrez avant de boire. Si vous ne pouvez pas la boire sans sucre, ajoutez un quart de cuill&#232;re &#224; caf&#233; de miel. Autres exemples : tilleul, camomille, verveine, lavande, passiflore, val&#233;riane...Eventuellement, couper une insommnie par une nouvelle tisane nuit tranquille prise dans un environnement peu &#233;clair&#233;. Pas de tisane si vous avez d&#233;j&#224; tendance &#224; vous lever la nuit pour pisser&#8230; Si n&#233;cessaire, un petit doliprane avant de se coucher. L&#224; aussi, ce n'est pas un m&#233;dicament &#224; risque, m&#234;me si on en prend un tous les soirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14&#176;) Bon lit, bon oreiller, bons draps, bonne a&#233;ration de la pi&#232;ce sont aussi tr&#232;s importants. Se sentir bien suppose souvent d'avoir pris un bain chaud qui d&#233;tend plus qu'une douche (mais pas trop chaud) avant d'aller se coucher, d'avoir assez chaud en dormant (mais pas trop), d'avoir les pieds bien au chaud (par exemple des chaussettes de nuit diff&#233;rentes des chaussettes de jour). Il faut se brosser les dents avant d'aller se coucher : des dents sales fatiguent le c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15&#176;) D&#232;s que l'insomnie dure un peu, il faut absolument consulter un m&#233;decin ou un sp&#233;cialiste. Il ne faut pas laisser la situation s'installer. Mais il ne faut pas &#233;couter ceux qui vous disent que les amph&#233;tamines ou les anxiolytiques ne sont pas g&#234;nants, pas dangereux, et qu'ils sont efficaces. C'EST FAUX !!!! Ils sont tr&#232;s dangereux, ils entra&#238;nent une addiction, ils vous rendent d&#233;pendants, ils vous am&#232;nent des maladies suppl&#233;mentaires sans r&#233;ellement vous soigner, m&#234;me s'ils permettent aux trusts pharmaceutiques de se faire des profits fabuleux !!! Ces m&#233;dicaments peuvent &#234;tre pris, avec ordonnance et contr&#244;le m&#233;dical absolument indispensable, mais ils doivent &#234;tre limit&#233;s dans le temps et contr&#244;l&#233;s par vous sur le plan psychologique. Vous ne devez pas vous dire que vous en prendrez de mani&#232;re illimit&#233;e. On ne se drogue pas impun&#233;ment&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve767&#034;&gt;Les m&#233;faits des anxiolytiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A retenir si on doit prendre un m&#233;dicament, uniquement ceux contenant : s&#233;rotonine, m&#233;latonine, magn&#233;sium, doliprane et tryptophane. Tout somnif&#232;re ou amph&#233;tamine n&#233;cessite de voir un m&#233;decin et de ne pas d&#233;passer la dose prescrite ainsi que d'en limiter d'avance l'usage en quantit&#233; et en dur&#233;e&#8230;&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment am&#233;liorer son sommeil :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le sommeil n&#233;cessite un petit c&#233;r&#233;monial de pr&#233;paration que l'on ne doit pas n&#233;gliger. Il fait partie de l'entr&#233;e dans la perte de conscience. G&#233;n&#233;ralement, le manque de sommeil d&#233;coule d'un mode de vie qui exag&#232;re la place de la vie &#233;veill&#233;e, son importance, et rend le sommeil difficile. Pour notre bien-&#234;tre, le temps de sommeil est au moins aussi important que l'activit&#233; de jour. On ne perd pas du temps en dormant. Le sommeil a une importance consid&#233;rable pour le repos du corps et de l'esprit, pour la m&#233;moire, pour l'&#233;quilibre du conscient et de l'inconscient&#8230; M&#234;me si on fait des cauchemars la nuit et qu'on les craint, consciemment ou inconsciemment, c'est que ceux-ci sont n&#233;cessaires &#224; l'esprit et il ne faut pas que ceux-ci nous fassent craindre de nous endormir. Il est certes d&#233;sagr&#233;able de se r&#233;veiller en sursaut et en sueur, ou en &#233;tant aussi fatigu&#233; qu'avant de dormir. Cependant, m&#234;me un sommeil agit&#233; est indispensable et rester &#233;veill&#233; n'est pas une solution contre les mauvais r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Prendre l'habitude de se coucher t&#244;t syst&#233;matiquement, &#224; heure fixe, loin du dernier repas (pas trop lourd ni difficile &#224; dig&#233;rer, sans trop de viande, de gras, d'alcool). Ne pas avoir pris de caf&#233;, ni trop bu (y compris de l'eau) dans l'apr&#232;s-midi et la soir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Se pr&#233;parer au sommeil dans un contexte de repos (cesser les pr&#233;occupations, &#233;coutes musicales et &#233;cran ordinateur, smartphone et travaux au moins une heure avant de se coucher), de lumi&#232;re tamis&#233;e et descendante qui indique &#224; notre corps qu'on va vers la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Se coucher dans un cadre a&#233;r&#233;, frais, propre, agr&#233;able. Couverture ni trop chaude ni insuffisante. Pas de courant d'air. Pas de lumi&#232;re agressive. Pas de bruit ext&#233;rieur. Ne pas dormir devant un &#233;cran t&#233;l&#233;, ni avec des &#233;couteurs de musique ! Il ne faut pas s'abrutir pour dormir &#233;cras&#233; ! Ne pas dormir avec des v&#234;tements de jour : pyjamas et chaussettes sp&#233;cifiques pour la nuit. Une petite douche avant le sommeil d&#233;tend les muscles et l'esprit, et cela a un bon effet psychologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Une fois couch&#233;, on ne compte pas les moutons mais on &#233;vite de penser &#224; tous les soucis de la journ&#233;e et des jours suivants. Le mieux : on ne pense &#224; rien, on se repose. On ne se dit pas : il faut que je dorme. C'est une catastrophe si je ne m'endors pas. On ne se dit pas non plus : il faut que j'entende mon r&#233;veil ! On ne fait pas le tour de tout ce qu'il faudra faire le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Am&#233;liorer son couchage : changer matelas, coussin, draps. Eventuellement, coussins sp&#233;ciaux. En tout cas, coussins suffisamment haut pour &#233;viter les maux de cou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Relever l&#233;g&#232;rement les pieds en mettant un coussin ou boudin aux pieds, afin de diminuer le poids du corps qui p&#232;se sur le cou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) Si on a &#233;t&#233; oblig&#233; ponctuellement de prendre des m&#233;dicaments pour dormir, on en limite l'usage, on arr&#234;te d&#232;s que possible. De pr&#233;f&#233;rence, prendre uniquement de la m&#233;latonine pour se pr&#233;parer au sommeil ou du magn&#233;sium pour calmer les nerfs. Prendre une tisane nuit tranquille. Devenir d&#233;pendant de m&#233;dicaments lourds est rarement une n&#233;cessit&#233;. Si on y succombe, cela peut devenir une d&#233;pendance pire que le manque de sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) Une sieste courte (trois quarts d'heure &#224; une heure) en d&#233;but d'apr&#232;s-midi n'est pas mauvaise pour se reposer et se retrouver le soir en meilleure forme et meilleur moral afin de trouver le sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9) Il faut aussi songer &#224; la position dans le lit. Si on a du mal &#224; dormir, si on se r&#233;veille trop vite, si on a mal au cou, aux bras ou ailleurs dans le corps, il faut essayer une autre position, changer de c&#244;t&#233; du sommeil, puis se tenir &#224; cette position d&#232;s que cela marche. Ne pas dormir sur le ventre. Rappel : les pieds l&#233;g&#232;rement sur&#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10) Derni&#232;re remarque : pour bien dormir, il ne faut pas un jour trop dormir et pas assez le lendemain. Cela ne s'&#233;quilibre pas ainsi. Huit heures de sommeil est un bon point de rep&#232;re. Beaucoup plus de huit heures est aussi mauvais que beaucoup moins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Rythmes du vivant</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1798</link>
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		<dc:date>2010-11-30T17:17:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sommaire du site &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ce site ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nous &#233;crire, cliquez sur R&#233;pondre &#224; cet article &lt;br class='autobr' /&gt; A lire &#233;galement sur le site : &lt;br class='autobr' /&gt;
L'organisation collective des cellules &lt;br class='autobr' /&gt;
Continuit&#233; du vivant &lt;br class='autobr' /&gt;
Rythmes du c&#339;ur &lt;br class='autobr' /&gt;
Rythmes du cerveau &lt;br class='autobr' /&gt;
L'oscillateur Van der Pol R&#233;sum&#233; Les rythmes du vivant ne sont pas des rythmes fixes, fig&#233;s ni pr&#233;&#233;tablis. Ils sont fond&#233;s sur des interactions en boucle, des r&#233;troactions biochimiques avec effet feedback. Le caract&#232;re presque p&#233;riodique de certains de ces rythmes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique170" rel="directory"&gt;Rythmes du vivant&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article88&#034;&gt;Sommaire du site&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1&#034;&gt;Pourquoi ce site ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous &#233;crire, cliquez sur &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?page=forum&amp;id_article=48&#034;&gt;R&#233;pondre &#224; cet article&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A lire &#233;galement sur le site :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article47&#034;&gt;L'organisation collective des cellules&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article14&#034;&gt;Continuit&#233; du vivant&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article184&#034;&gt;Rythmes du c&#339;ur&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article185&#034;&gt;Rythmes du cerveau&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cax.free.fr/vdp/vdp.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'oscillateur Van der Pol&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les rythmes du vivant ne sont pas des rythmes fixes, fig&#233;s ni pr&#233;&#233;tablis. Ils sont fond&#233;s sur des interactions en boucle, des r&#233;troactions biochimiques avec effet feedback. Le caract&#232;re presque p&#233;riodique de certains de ces rythmes n'est pas le produit d'une constante pr&#233;d&#233;finie mais du caract&#232;re particulier de la dynamique, poss&#233;dant des fonctions de r&#233;gulation du chaos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PLAN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit historique de la th&#233;orie du chaos d&#233;terministe appliqu&#233; au coeur&lt;br class='autobr' /&gt;
Le m&#233;canisme du rythme cardiaque&lt;br class='autobr' /&gt;
L'analyse de la propagation de l'onde gr&#226;ce &#224; l'&#233;lectrocardiogramme&lt;br class='autobr' /&gt;
Les arguments principaux en faveur de la p&#233;riodicit&#233; et ceux en faveur du chaos cardiaque&lt;br class='autobr' /&gt;
Un moyen de soigner la maladie cardiaque de la fibrillation &lt;br class='autobr' /&gt;
Les cons&#233;quences concernant les pace-makers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cerveau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chaos d&#233;terministe de l'influx nerveux&lt;br class='autobr' /&gt;
Le neurone adaptable et fractal&lt;br class='autobr' /&gt;
Cerveau hi&#233;rarchique et boucles de r&#233;troaction&lt;br class='autobr' /&gt;
Neurosciences&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;mergence de structure constitu&#233;e par la relation entre trois pace-makers&lt;br class='autobr' /&gt;
Conclusions et r&#233;f&#233;rences&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rythmes biologiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La synchronisation des horloges du vivant fond&#233;e sur des boucles de r&#233;troaction biochimiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE C&#338;UR&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le plan sera le suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un petit historique de la mani&#232;re dont on a introduit cette notion &#224; propos du c&#339;ur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une description du mode de propagation de l'impulsion &#233;lectrique dans le c&#339;ur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une analyse de la propagation de l'onde gr&#226;ce &#224; l'&#233;lectrocardiogramme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les arguments principaux en faveur de la p&#233;riodicit&#233; du rythme cardiaque et ceux en faveur du chaos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les applications pour soigner une maladie cardiaque : la fibrillation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et enfin les cons&#233;quences concernant les pacemakers, les simulateurs artificiels du rythme cardiaque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme chacun le sait, le battement cardiaque nous est vital et sa fin est synonyme de mort. Mais d'o&#249; vient que nous ayons un tel rythme r&#233;gulier en nous ? La r&#233;ponse classique est de dire que la biologie contient certains rythmes d'horloge. Il s'agit d'une horloge tr&#232;s particuli&#232;re puisque le c&#339;ur peut changer brutalement de rythme, d&#232;s que nous changeons d'activit&#233;, d&#232;s que nous subissons une forte &#233;motion ou d&#232;s que les conditions ext&#233;rieures changent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors comment fait le c&#339;ur pour varier ainsi son m&#233;canisme d'horloge et pourquoi ce rythme s'alt&#232;re-t-il brusquement en cas de crise cardiaque ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; une th&#232;se &#224; priori assez surprenante : ce c&#339;ur que nous croyons g&#233;n&#233;ralement r&#233;gulier comme une horloge, serait en fait chaotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons un des principaux scientifiques qui a d&#233;velopp&#233; cette th&#232;se, Ary Goldberger : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; la sagesse m&#233;dicale classique attribuait la maladie et le vieillissement &#224; des forces qui d&#233;r&#233;glaient un syst&#232;me ordonn&#233; et automatique : on croyait qu'elles perturbaient le m&#233;canisme en introduisant des effets al&#233;atoires qui modifiaient les rythmes p&#233;riodiques normaux. Nous avons d&#233;couvert que le c&#339;ur jeune et sain peut avoir un comportement plus chaotique qu'un c&#339;ur vieux et malade. &#187; Le c&#339;ur ne deviendrait r&#233;gulier que lorsqu'il perd sa souplesse et sa capacit&#233; &#224; s'adapter. C'est-&#224;-dire qu'il est p&#233;riodique &#224; la limite de la crise cardiaque. En somme, le chaos, c'est la sant&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il ne s'agit donc pas d'&#233;tudier l'ensemble des processus du c&#339;ur, de sa physiologie et de ses maladies, des probl&#232;mes sanguins, ni des malformations du c&#339;ur, des valves ou des art&#232;res, ni des l&#233;sions mais seulement un domaine tr&#232;s particulier qu'est la transmission de l'excitation &#233;lectrique qui engendre le rythme cardiaque. L'objet de cette &#233;tude n'est pas le c&#339;ur machine m&#233;canique mais le c&#339;ur machine &#233;lectrique. La question qui est pos&#233;e est : le rythme cardiaque est-il p&#233;riodique ou chaotique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petit historique de la th&#233;orie du chaos d&#233;terministe appliqu&#233; au coeur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1914, chercheur &#224; l'universit&#233; Mac Gill de Montr&#233;al, Georges Mines con&#231;oit un appareil capable d'envoyer dans le c&#339;ur de petites impulsions &#233;lectriques bien r&#233;gl&#233;es. On le retrouvera atteint par une crise cardiaque due au fait qu'il a essay&#233; sur lui-m&#234;me son appareil. Mais ce qui en r&#233;sulte de mani&#232;re certaine, c'est qu'une petite impulsion peut entra&#238;ner un grand effet puisque le c&#339;ur s'arr&#234;te. Dans le cas de Mines, un petit choc a entra&#238;n&#233; une fibrillation. C'est une maladie cardiaque grave puisqu'elle entra&#238;ne la mort et les cardiologues peinent &#224; la combattre. Bien s&#251;r, Mines ne jouait pas &#224; s'&#233;lectrocuter. Sa grande id&#233;e et qu'il a d&#233;velopp&#233; th&#233;oriquement &#233;tait que si une petite impulsion peut d&#233;traquer le m&#233;canisme cardiaque, une autre peut le r&#233;tablir. Sur les pas de Mines, soixante ans plus tard, des centaines de chercheurs vont &#233;tudier le petit choc &#233;lectrique permettant d'entra&#238;ner une d&#233;fibrillation, c'est-&#224;-dire de ramener le c&#339;ur par un choc brutal &#224; l'&#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'&#233;tape suivante, c'est un mod&#232;le math&#233;matique du battement cardiaque. Ce sont les chercheurs Van der Pol et Van der Mark qui le trouvent en 1920. Il y a un petit point auquel personne ne pr&#234;tera attention &#224; l'&#233;poque : leur mod&#232;le entra&#238;ne le chaos &#224; certains moments.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans les ann&#233;es 70, Bernardo Huberman travaille &#224; l'universit&#233; Santa Cruz qui &#233;tait le plus r&#233;cent campus du complexe de l'universit&#233; de Californie et un v&#233;ritable laboratoire d'id&#233;es pour physiciens anticonformistes et brillants qui ont fait le succ&#232;s technique des grandes soci&#233;t&#233;s comme Bell Telephone et IBM. Dans ses travaux sur le mouvement oculaire des schizophr&#232;nes, Huberman d&#233;veloppe la premi&#232;re &#233;tude importante sur le chaos en physiologie. C'est &#224; lui que l'on doit l'id&#233;e que &#171; le chaos c'est la sant&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ses travaux sont repris par Arnold Mandell psychiatre et dynamicien de San Diego, qui non seulement prit la d&#233;fense d'Huberman mais montra en 1977 que certaines enzymes du cerveau avaient un comportement explicable seulement par le chaos et il en d&#233;duisit qu'il ne fallait pas rejeter les math&#233;matiques non lin&#233;aires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le principal th&#233;oricien du chaos cardiaque sera L&#233;on Glass, encore un chercheur de l'universit&#233; Mac Gill de Montr&#233;al. Glass va s'int&#233;resser aux nombres et &#224; leurs irr&#233;gularit&#233;s puis il travaille &#224; la Harvard Medical School. En 1981, il r&#233;sume dans la revue am&#233;ricaine &#171; Science &#187; ses travaux sur les agr&#233;gats de cellules cardiaques pr&#233;lev&#233;s sur des embryons de poulets &#226;g&#233;s d'une semaine. Plac&#233;s dans une coupelle puis agit&#233;s, ces agr&#233;gats trouvent spontan&#233;ment une pulsation commune sans intervention d'une vibration ext&#233;rieure. Puis il introduit une micro &#233;lectrode dans l'une des cellules et fait ainsi appara&#238;tre de nombreuses fr&#233;quences dans les agr&#233;gats. Il met ainsi en &#233;vidence un d&#233;doublement de p&#233;riode, ph&#233;nom&#232;ne caract&#233;ristique de la formation du chaos. &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Glass a montr&#233; que lorsque l'on perturbe m&#234;me de mani&#232;re p&#233;riodique des oscillateurs biologiques, on obtient du chaos. Cela signifie que le message qui commande ces ph&#233;nom&#232;nes est en fait chaotique et peut se traduire dans un grand nombre d'oscillations p&#233;riodiques avec des p&#233;riodes vari&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un autre grand nom du chaos cardiaque est Arthur Winfree, biologiste th&#233;oricien qui commen&#231;a par &#233;tudier les horloges biologiques avant de se tourner vers les rythmes cardiaques. En 1983, Winfree &#233;tudie la fibrillation &#224; l'aide de la th&#233;orie du chaos et publie un article dans la revue &#171; Scientific American &#187;. C'est Raymond Ideker, du Duke University Medical Center, qui devait tenter exp&#233;rimentalement d'appliquer les id&#233;es de Winfree deux ans plus tard. Il a mis au point des dispositifs &#233;lectriques pour bloquer la fibrillation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En m&#234;me temps, Richard Cohen, cardiologue et physicien, dans une &#233;tude de sciences m&#233;dicales conjointe au MIT et &#224; Harvard, va montrer dans le m&#233;canisme cardiaque un spectre de d&#233;doublement de p&#233;riode lors d'exp&#233;riences sur des chiens, or on sait que c'est ce d&#233;doublement de p&#233;riode qui reproduit plusieurs fois est un chemin de la p&#233;riodicit&#233; vers le chaos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ary Goldberger, codirecteur du laboratoire des arythmies cardiaques de l'h&#244;pital Beth Isra&#235;l de Boston, a &#233;tudi&#233; les bifurcations brutales dans le comportement cardiaque et ainsi mis en &#233;vidence que les mod&#232;les de type classique c'est-&#224;-dire lin&#233;aires ne pouvaient en rendre compte. C'est lui qui a mis en relations physiologistes et math&#233;maticiens pour les amener &#224; agir dans l'interdisciplinarit&#233;, ce que les uns et les autres &#233;taient r&#233;ticents &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les math&#233;maticiens du Courant Institute University de New York &#233;tudient le c&#339;ur artificiel dans les ann&#233;es 80 et s'attaquent au probl&#232;me des valvules artificielles. Celles-ci posent notamment de gros probl&#232;mes de turbulences pouvant entra&#238;ner la formation de caillots du sang, causant des attaques. C'est en observant la mani&#232;re dont le sang d&#233;formait les parois du c&#339;ur de mani&#232;re dynamique et non-lin&#233;aire qu'il ont pu comprendre ce qui emp&#234;chait cette formation de caillots dans le m&#233;canisme naturel. On a ainsi constat&#233; que, dans les appareils artificiels qui aident le c&#339;ur &#224; assurer son rythme, la non-lin&#233;arit&#233; est indispensable pour imiter les pace makers naturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le m&#233;canisme du rythme cardiaque&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Quels sont donc ces pace-makers naturels du c&#339;ur et quel est leur fonctionnement normal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comme chacun sait, le c&#339;ur est un muscle creux appel&#233; myocarde et constitu&#233; de quatre cavit&#233;s : deux oreillettes et deux ventricules, dont les contractions servent &#224; r&#233;aliser le m&#233;canisme de pompe qui permet la circulation sanguine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son fonctionnement est une succession r&#233;guli&#232;re de contractions, appel&#233;es les systoles et de rel&#226;chements, appel&#233;s les diastoles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les contractions sont transmises des oreillettes aux ventricules.&lt;br class='autobr' /&gt; La transmission se fait gr&#226;ce &#224; un tissu musculaire appel&#233; tissu nodal. Il ne s'agit pas de cellules nerveuses mais de cellules musculaires d'un type tr&#232;s particulier o&#249; la transmission de l'onde de contraction est tr&#232;s rapide et transmise quasi instantan&#233;ment &#224; tout le muscle ce qui permet &#224; toute une zone, appel&#233;e noeud, de vibrer en phase. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le tissu nodal est charg&#233; de la rythmicit&#233; et de l'automatisme de la contraction du muscle du myocarde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il forme trois zones : le noeud sino-auriculaire de l'oreillette droite, le noeud atrio-ventriculaire situ&#233; entre les deux oreillettes et enfin le faisceau de His qui se ramifie ensuite en forme de r&#233;seau. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le faisceau de His transmet la contraction des oreillettes aux ventricules. C'est une fonction essentielle. Toute interruption de ce faisceau n&#233;cessite la pose d'un pacemaker artificiel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rythme cardiaque vient de ces trois zones : les deux noeuds et le faisceau. &lt;br class='autobr' /&gt;
On a vu que le tissu nodal est caract&#233;ris&#233; par son automatisme. Cela signifie qu'il fonctionne spontan&#233;ment, sans &#234;tre stimul&#233;. M&#234;me si un c&#339;ur est isol&#233;, coup&#233; du reste du corps, dans un liquide maintenu &#224; bonne temp&#233;rature, il va continuer un certain temps &#224; maintenir son rythme, pendant des heures et m&#234;me des jours. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces trois zones sont donc non seulement les transmetteurs mais les producteurs d'un des rythmes essentiels &#224; la vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment se fait-il que le tissu nodal agisse automatiquement pour fabriquer le rythme ? Il est constitu&#233; de cellules interconnect&#233;es qui transportent des ions calcium, des ions potassium et des ions sodium. Le transfert d'ions entrant et sortant par les membranes des cellules signifie qu'entre les cellules se fait un transport d'&#233;lectricit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Le mouvement des ions entra&#238;ne des polarisations et d&#233;polarisations. Rappelons qu'en &#233;lectricit&#233;, on a un p&#244;le lorsqu'une zone est &#233;lectriquement positive d'un c&#244;t&#233; et n&#233;gative de l'autre, le total des deux charges &#233;lectriques &#233;tant nul.&lt;br class='autobr' /&gt; L'automatisme cardiaque est donc li&#233; au mouvement des ions entrant et sortant des membranes des cellules du tissu nodal. Ce mouvement cause une s&#233;rie de polarisations et de d&#233;polarisations de fa&#231;on rythmique et qui se propage dans tout le tissu nodal puis entra&#238;ne l'action de pompe du muscle myocarde par contraction musculaire puis rel&#226;chement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chacun des ions a une fonction bien particuli&#232;re dans le m&#233;canisme cardiaque. Le sodium contribue &#224; l'automatisme et exerce une action d&#233;pressive. Une diminution du potassium augmente l'excitabilit&#233; du myocarde. Enfin, le calcium renforce le tonus du myocarde et augmente l'amplitude et la dur&#233;e de la systole, c'est-&#224;-dire de la contraction du myocarde.&lt;br class='autobr' /&gt; L'essentiel dans le transfert d'&#233;lectricit&#233;, ce n'est pas la quantit&#233; mais le rythme. En effet, le muscle myocarde se contracte &#224; la plus petite stimulation. Par contre, le muscle a un temps de rel&#226;chement pendant lequel il ne peut se recontracter. Dans le cas d'un c&#339;ur sain, le rythme permet que le c&#339;ur ne re&#231;oive un ordre de contraction que lorsqu'il y a eu rel&#226;chement. La maladie signifie au contraire que des ordres de contraction arrivent au c&#339;ur &#224; des mauvais moments.&lt;br class='autobr' /&gt; Le point important est donc le rythme. Ce qui le commande, c'est l'onde, envoy&#233;e r&#233;guli&#232;rement par le noeud sino-auriculaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les &#233;tapes du cycle cardiaque sont les suivantes : &lt;br class='autobr' /&gt;
contraction de l'oreillette droite &lt;br class='autobr' /&gt;
puis de l'oreillette gauche puis des deux ventricules &lt;br class='autobr' /&gt;
puis rel&#226;chement&lt;br class='autobr' /&gt;
puis on recommence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D&#233;taillons un peu : &lt;br class='autobr' /&gt; 1&#176; Le noeud sino-auriculaire d&#233;clenche le cycle en &#233;mettant des ondes au rythme de 120 par minute en moyenne qui contractent imm&#233;diatement l'oreillette droite.&lt;br class='autobr' /&gt;
2&#176; L'onde gagne une zone appel&#233;e noeud atrio-ventriculaire, qui propage la contraction &#224; l'oreillette gauche. C'est la systole auriculaire&lt;br class='autobr' /&gt;
3&#176;) Puis, elle gagne le faisceau de His, une zone particuli&#232;rement importante qui conduit les impulsions &#233;lectriques des oreillettes aux deux cavit&#233;s ventriculaires. Celles-ci se contractent : c'est la systole ventriculaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque cycle correspond &#224; une contraction du c&#339;ur suivi d'un rel&#226;chement. &lt;br class='autobr' /&gt; Le rythme des contractions est, au repos, en moyenne pour un adulte de 65 &#224; 80 contractions par minute.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce rythme moyen d&#233;pend de l'&#226;ge : 120 &#224; 140 battements par minute chez le nouveau-n&#233;, 100 battements par minute chez le jeune enfant, 65 &#224; 80 battements par minute en moyenne chez l'adulte, 80 &#224; 90 battements par minute chez une personne &#226;g&#233;e. Et le rythme est environ de dix battements par minute de plus chez la femme que chez l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce qui est essentiel est que ce rythme change suivant les conditions ext&#233;rieures par exemple la temp&#233;rature et suivant les mouvements du corps comme un effort. Cela sous-entend une tr&#232;s grande adaptabilit&#233; du rythme cardiaque. Indiquons ainsi que du simple fait de passer de la position couch&#233;e &#224; la station debout, le rythme du c&#339;ur change spontan&#233;ment. Le syst&#232;me nerveux a une relation directe avec ce battement cardiaque. Recevoir un courrier avec une nouvelle alarmante ou &#233;nervante am&#232;ne le c&#339;ur &#224; changer tr&#232;s vite de rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'analyse de la propagation de l'onde,&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;alis&#233;e gr&#226;ce &#224; l'&#233;lectrocardiogramme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'une des meilleures sources de renseignement dont nous disposons sur le rythme cardiaque est l'&#233;lectrocardiogramme. Ce graphique nous indique les variations &#233;lectriques li&#233;es au mouvement de polarisation et de d&#233;polarisation &#233;lectrique du muscle cardiaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans un fonctionnement normal, la courbe est repr&#233;sent&#233;e comme suit : une petite bosse ronde qu'on appelle P, une petite cavit&#233; Q, une pointe R, une petite cavit&#233; S et &#224; nouveau une bosse ronde T. &lt;br class='autobr' /&gt; Que repr&#233;sentent ces oscillations en bosse ou en creux par rapport aux diff&#233;rents moments du cycle de la pompe cardiaque ?&lt;br class='autobr' /&gt; L'onde P est l'&#233;mission de l'excitation par le premier sinus, suivie de la contraction de l'oreillette droite. C'est cette onde de polarisation qui lance le cycle cardiaque et en donne le rythme.&lt;br class='autobr' /&gt; La s&#233;rie QRS est la phase de d&#233;polarisation correspondant &#224; la contraction des deux ventricules &lt;br class='autobr' /&gt; L'onde T est l'onde lente de repolarisation des ventricules.&lt;br class='autobr' /&gt; Une s&#233;rie PQRST correspond &#224; une systole (contraction du myocarde) suivi d'une diastole (rel&#226;chement du muscle cardiaque). &lt;br class='autobr' /&gt;
La systole ventriculaire dure du d&#233;but de Q &#224; la fin de T et la diastole dure de la fin de T &#224; la fin de P. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour que le cycle soit bien en phase, il faut que la repolarisation enclench&#233;e par le noeud sino-auriculaire commence juste quand a fini la d&#233;polarisation. C'est la fonction de pace-maker ou producteur de rythme.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette courbe PQRST se reproduisant apparemment identique &#224; elle m&#234;me, on a pu en conclure un peu rapidement que le c&#339;ur est p&#233;riodique et r&#233;p&#232;te r&#233;guli&#232;rement les m&#234;mes impulsions avec une r&#233;gularit&#233; d'horloge. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce serait m&#234;me le simple bon sens lorsque l'on observe sur un court laps de temps la courbe de base PQRST d'&#233;lectrocardiogramme qui se reproduit identique &#224; elle-m&#234;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a reproduction p&#233;riodique du mouvement et m&#234;me nous connaissons la source de cette oscillation : le sinus de l'oreillette droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les arguments principaux en faveur de la p&#233;riodicit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
et ceux en faveur du chaos d&#233;terministe&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mod&#232;le p&#233;riodique pose de nombreux probl&#232;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier est celui de la variation du rythme cardiaque. &lt;br class='autobr' /&gt;
On l'a dit, au long de la journ&#233;e le c&#339;ur change extr&#234;mement souvent de rythme. Cette capacit&#233; d'adaptation, comment peut-elle &#234;tre d&#233;crite par un simple mouvement de pendule ayant une seule p&#233;riode ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Autre question &#224; la conception p&#233;riodique : comment se fait-il que si on change une condition puis ont revient &#224; la condition initiale, on retrouve le m&#234;me rythme ? Ce n'est pas le cas pour un mouvement p&#233;riodique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Passons aux maladies cardiaques. On sait qu'une des m&#233;thodes exp&#233;rimentales pour soigner une perte de rythme est de provoquer un arr&#234;t instantan&#233; du c&#339;ur qui repart ensuite sur le bon rythme. C'est un effet de choc qui correspond tr&#232;s bien avec le chaos mais pas du tout avec le rythme p&#233;riodique. &lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#232;se p&#233;riodique souligne qu'il y a une seule source r&#233;guli&#232;re du battement cardiaque : le sinus auriculaire mais comment se fait-il que le sinus bat &#224; 120 alors que le c&#339;ur bat sur de nombreux rythmes et en moyenne de 65 &#224; 80 ?&lt;br class='autobr' /&gt;
A toutes ces questions le mod&#232;le d'un simple oscillateur p&#233;riodique est incapable de r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Posons maintenant quelques questions au mod&#232;le chaotique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-il y avoir chaos quand une seule source produit des ondes ? La r&#233;ponse est non. &lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-il y avoir chaos dans un mouvement d&#233;crit par un &#233;lectrocardiogramme c'est &#224; dire o&#249; deux variables interagissent comme sur notre classique courbe PQRST ? Encore une fois la r&#233;ponse est non. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'ailleurs le chaos est un d&#233;sordre apparent alors que l'&#233;lectrocardiogramme montre plut&#244;t apparemment un ordre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous allons r&#233;pondre &#224; chacune de ces objections mais d'abord pourquoi avoir pens&#233; au mod&#232;le chaotique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Examinons le battement cardiaque d'un foetus. On constate qu'au d&#233;part, le foetus n'a pas un battement cardiaque p&#233;riodique mais chaotique. Ce n'est que plus tard qu'il va apprendre &#224; passer de ce chaos &#224; la r&#233;gularit&#233; du type PQRST. Il faut donc une adaptation de l'organisme, une &#233;volution pour que le c&#339;ur devienne capable de lire dans ce message chaotique, divers messages p&#233;riodiques. &lt;br class='autobr' /&gt; La capacit&#233; d'adaptation du coeur est le r&#233;sultat d'un apprentissage. On le sait puisqu'un sportif peut apprendre &#224; baisser son rythme cardiaque de d&#233;part et arriver &#224; un rythme tr&#232;s &#233;lev&#233; au moment de l'effort. Il y a donc un v&#233;ritable entra&#238;nement &#224; la lecture du message cardiaque qui est un message complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un autre argument en faveur du chaos : c'est l'effet de choc &#233;lectrique qui permet de soigner des arythmies. Cela signifie que lorsque l'on interrompt brutalement un cycle, on revient au d&#233;but et il reprend sur un rythme normal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques caract&#233;ristiques chaotiques du fonctionnement du coeur : &lt;br class='autobr' /&gt;
1&#176;) l'autosimilarit&#233; est, rappelons le, la ressemblance d'allure de la courbe aux diff&#233;rentes &#233;chelles. On remarque que la courbe des battements cardiaques est du m&#234;me type aux diff&#233;rentes &#233;chelles. On indique l'intervalle entre des battements cardiaques sur diverses p&#233;riodes. On s'aper&#231;oit alors, contrairement &#224; l'&#233;lectrocardiogramme qui pouvait faire croire &#224; la p&#233;riodicit&#233;, que nous avons du d&#233;sordre mais que ce d&#233;sordre est autosimilaire et fractal. Un tel graphique a &#233;t&#233; reproduit par Ary Goldberger dans la revue &#171; Pour la science &#187; et montre qu'au del&#224; de l'irr&#233;gularit&#233; il y a similarit&#233; des courbes effectu&#233;es en changeant la distance de temps entre les relev&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; 2&#176;) le processus de feed-back dans le cycle de l'onde cardiaque qui passe du premier sinus au deuxi&#232;me, au faisceau de His, au r&#233;seau puis revient au premier sinus. Il y a un feed-back car il y a r&#233;introduction des donn&#233;es puisque c'est la fin du cycle qui indique au pace maker le moment pour relancer. Et il y a une fonction de contr&#244;le et de r&#233;gulation comme dans le chaos d&#233;terministe. Au contraire, un processus lin&#233;aire de feed-back, soumis &#224; un petit choc, tend &#224; modifier l&#233;g&#232;rement son &#233;volution alors qu'un processus non-lin&#233;aire tend &#224; revenir &#224; son point de d&#233;part. &lt;br class='autobr' /&gt;
3&#176;) la souplesse et l'interactivit&#233; du m&#233;canisme cardiaque qui change de rythme en cours de journ&#233;e, &#224; toute vitesse si n&#233;cessaire comme aucun m&#233;canisme p&#233;riodique n'est capable de le faire, le chaos en est capable.&lt;br class='autobr' /&gt; 4&#176;) l'effet de pointe puisqu'un petit choc entra&#238;ne une fibrillation (petite cause, grand effet)&lt;br class='autobr' /&gt;
5&#176;) la superposition de plusieurs modes ordonn&#233;s dont aucun ne pr&#233;domine ordinairement. &lt;br class='autobr' /&gt;
6&#176;) L'action conjointe d'au moins trois acteurs qui est n&#233;cessaire &#224; la production du chaos. &lt;br class='autobr' /&gt; En effet, il n'y a pas une &#233;mission mais trois. Les deux sinus et le faisceau de His sont &#224; la fois r&#233;cepteurs et &#233;metteurs de battements. &lt;br class='autobr' /&gt; On le sait car on peut interrompre l'&#233;mission du premier sinus, le deuxi&#232;me fonctionne &#224; un rythme diff&#233;rent. Et si on interrompt encore le deuxi&#232;me sinus, le faisceau de His &#233;met lui aussi avec un rythme encore diff&#233;rent. On a donc trois oscillateurs ce qui est la situation normale pour obtenir le chaos. Le premier sinus pulse &#224; 120 par minute mais il transmet de mani&#232;re beaucoup plus r&#233;duite soit une onde de contraction de 60 &#224; 80 par minute chez l'adulte au repos, le deuxi&#232;me sinus a un rythme naturel de 50 contractions par minute, le troisi&#232;me point rythmique, le faisceau de His, &#233;met de 30 &#224; 40 contractions par minute. &lt;br class='autobr' /&gt;
En fait il y a donc trois horloges qui ont non seulement des rythmes internes diff&#233;rents mais en plus sont des &#233;metteurs r&#233;cepteurs qui propagent les signaux &#224; des vitesses diff&#233;rentes : le premier sinus diffuse &#224; la vitesse de un m&#232;tre par seconde, le deuxi&#232;me &#224; 5 centim&#232;tre par seconde, le faisceau de His a une vitesse qui va de 2 &#224; 4 m&#232;tres par seconde et il propage ses contractions &#224; un r&#233;seau qui diffuse aux ventricules &#224; la vitesse de 0,4 m&#232;tre par seconde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment fait le c&#339;ur pour faire de tout cela une contraction r&#233;guli&#232;re de l'ensemble du c&#339;ur suivie d'une d&#233;contraction ? Comment le c&#339;ur peut-il fabriquer de l'ordre &#224; l'aide d'un tel total d'informations apparemment d&#233;sordonn&#233; ? Comment cela peut-il donner cette apparence p&#233;riodique que nous connaissons ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette capacit&#233; de faire du signal de trois horloges &#233;changeant sans cesse des &#233;nergies un signal unique p&#233;riodique, c'est ce que l'on appelle l'autor&#233;gulation des horloges. En effet, des horloges battant &#224; des rythmes diff&#233;rents mais qui &#233;changent des vibrations donc de l'&#233;nergie peuvent se coordonner sans intervention ext&#233;rieure. Elles constituent ainsi spontan&#233;ment ce fameux rythme complexe dont on parlait. Elles trouvent des accrochages de fr&#233;quence qui leur permettent d'avoir un battement d'ensemble. Ce ph&#233;nom&#232;ne a lieu spontan&#233;ment car la synchronisation des horloges permet de minimiser les &#233;changes d'&#233;nergie et c'est donc l'&#233;tat vers lequel va tendre spontan&#233;ment le syst&#232;me. C'est ce qui explique aussi que c'est un ph&#233;nom&#232;ne stable bien que dynamique et m&#234;me agit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais comment le c&#339;ur peut-il avoir une telle vari&#233;t&#233; de fr&#233;quences de battement et pourquoi cette vari&#233;t&#233; se r&#233;duit elle tout &#224; coup dans le cas de la fibrillation ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'explication vient du faisceau de His. En effet, il a une capacit&#233; de vibrer sur de nombreux modes et de passer de l'un &#224; l'autre gr&#226;ce &#224; sa forme fractale. Il a en effet une forme complexe, avec conservation des formes aux diff&#233;rentes &#233;chelles, forme qui lui permet de vibrer sur plusieurs modes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comparons le &#224; un arbre. Chacun a d&#233;j&#224; remarqu&#233; comment lors d'un courant d'air, on constate parfois qu'une branche s'agite extraordinairement alors que le reste de l'arbre est quasi immobile. La vibration de l'air entre alors en r&#233;sonance avec cette branche car elle a la forme convenable. La constitution fractale permet non seulement au faisceau de His de vibrer sur un tr&#232;s grand nombre de fr&#233;quences mais permet aussi qu'en cas de l&#233;sion, le faisceau continue &#224; fonctionner, &#224; recevoir et transmettre les impulsions.&lt;br class='autobr' /&gt; La th&#232;se d&#233;fendue ici souligne donc la capacit&#233; du c&#339;ur de r&#233;agir de mani&#232;re dynamique &#224; tous les incidents de l'existence et cette r&#233;action consiste dans la capacit&#233; de changer son rythme. C'est cette dynamique adaptative que l'homme peut perdre avec l'&#226;ge. Il se met alors sur un rythme p&#233;riodique mais qui est beaucoup plus instable car il est incapable de r&#233;agir &#224; un changement. Les rythmes pathologiques sont plus r&#233;guliers que les rythmes d'un individu sain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si on compare les diagrammes du rythme d'un individu proche de l'arr&#234;t cardiaque et le rythme cardiaque pathologique de type p&#233;riodique et en bas le rythme d'un individu sain, on remarque que c'est ce dernier qui, paradoxalement appara&#238;t le plus agit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un moyen de soigner la maladie cardiaque de la fibrillation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous allons voir maintenant que ces constatations et cette analyse ont de nombreuses implications et d'abord en ce qui concerne une maladie grave et mortelle : la fibrillation. Des m&#233;decins cherchent aujourd'hui une m&#233;thode pour supprimer les fibrillations ventriculaires, c'est-&#224;-dire les contractions irr&#233;guli&#232;res des cavit&#233;s sup&#233;rieures et inf&#233;rieures du c&#339;ur, irr&#233;gularit&#233;s qui emp&#234;chent le c&#339;ur de fonctionner efficacement. En effet, quand le rythme des contractions et rel&#226;chement n'est pas respect&#233;, le muscle myocarde n'est plus en &#233;tat de se recontracter et donc il ne peut plus pomper suffisamment le sang. La fibrillation ventriculaire est la plus dangereuse car elle entra&#238;ne g&#233;n&#233;ralement la mort subite. Elle se manifeste par des contractions compl&#232;tement anarchiques des ventricules n&#233;cessitant imm&#233;diatement une r&#233;animation. Le c&#339;ur en &#233;tat de fibrillation n'est ni vraiment contract&#233; ni vraiment rel&#226;ch&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une des caract&#233;ristiques intrigantes de la fibrillation est que les nombreux composants individuels du c&#339;ur peuvent tr&#232;s bien fonctionner normalement. Une autopsie ne r&#233;v&#232;le aucune d&#233;t&#233;rioration du tissu musculaire. Il ne s'agit donc pas d'une maladie due aux diff&#233;rents organes mais &#224; leur liaison, &#224; une perte de rythme des &#233;changes par les ondes &#233;lectriques. C'est l'ensemble en tant que complexe qui est d&#233;rang&#233; et non l'un de ses &#233;l&#233;ments. Ainsi les diff&#233;rents centres d'envoi d'ondes fonctionnent correctement, m&#234;me si le r&#233;sultat n'est pas un cycle normal du c&#339;ur. C'est ce qui a amen&#233; les th&#233;oriciens du chaos &#224; dire que c'est dans le chaos du syst&#232;me complexe que na&#238;t la maladie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la fibrillation auriculaire, l'oreillette est parcourue de multiples ondes &#233;lectriques qui se propagent de fa&#231;on anarchique &#224; une tr&#232;s grande vitesse, sup&#233;rieure &#224; 350 par minute, au lieu de 120 environ normalement. La plupart des ondes sont bloqu&#233;es au niveau du deuxi&#232;me noeud sinusal qui joue le r&#244;le de filtre et qui permet que les ventricules ne soient pas sujets &#224; la m&#234;me agitation que les oreillettes. Mais la contraction ventriculaire est irr&#233;guli&#232;re aboutissant &#224; une arythmie dans le mouvement du sang perceptible au niveau du pouls. Un choc &#233;lectrique externe est le moyen le plus efficace pour r&#233;tablir le rythme sinusal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me de la fibrillation, c'est qu'elle ne peut pas dispara&#238;tre d'elle m&#234;me. C'est un apparent d&#233;sordre tr&#232;s stable. Cependant on constate qu'avec un grand choc, on peut revenir &#224; l'ordre. Ce serait tr&#232;s &#233;tonnant et impressionnant pour un syst&#232;me p&#233;riodique mais tr&#232;s classique pour un syst&#232;me chaotique. La d&#233;charge &#233;quivaut &#224; une &#233;norme perturbation qui produit classiquement dans un chaos d&#233;terministe un retour au point de d&#233;part. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette technique de soin de la fibrillation est donc un argument en faveur du rythme chaotique du coeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais en m&#234;me temps, le fait que le c&#339;ur soit chaotique peut &#234;tre un moyen de le soigner, de r&#233;gler la d&#233;fibrillation.&lt;br class='autobr' /&gt; La d&#233;fibrillation consiste &#224; faire passer au travers du myocarde une d&#233;charge br&#232;ve de courant continu. L'action peut &#234;tre brusque et ponctuelle comme dans une op&#233;ration ou r&#233;guli&#232;re dans le cas de l'implantation d'un d&#233;fibrillateur dispos&#233; &#224; l'int&#233;rieur ou en surface.&lt;br class='autobr' /&gt; Le contr&#244;le du chaos peut nous faire esp&#233;rer demain de construire un d&#233;fibrillateur automatique. En effet, la machine pourrait r&#233;aliser ce qu'a fait en &#233;lectronique la m&#233;thode OGY, c'est-&#224;-dire que la machine saurait &#224; quel moment et avec quelle perturbation il faudrait intervenir sur l'&#233;mission chaotique pour retrouver l'orbite p&#233;riodique voulue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les cons&#233;quences concernant les pace-makers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos a une autre application dans le domaine des appareils pour pallier aux faiblesses cardiaques.&lt;br class='autobr' /&gt; La premi&#232;re exp&#233;rience de c&#339;ur artificiel a &#233;t&#233; celle de l'allemand &lt;strong&gt;Wilhelm Kolff en 1958. C'est dans ce laboratoire que sera exp&#233;riment&#233; le c&#339;ur artificiel de Jarvik le 1er d&#233;cembre 1982. Le malade survivra 112 jours mais avec de nombreuses interventions. Comme on le voit le c&#339;ur artificiel pose bien des probl&#232;mes. Bien des tentatives de c&#339;ur artificiel ont &#233;t&#233; des &#233;checs et on s'est aper&#231;u que cela &#233;tait d&#251; au fait que l'on voulait construire une pompe m&#233;canique r&#233;guli&#232;re alors que le c&#339;ur est chaotique. De nos jours, on est parvenu &#224; y pallier en implantant non un c&#339;ur artificiel mais le c&#339;ur d'un autre individu qui vient de mourir et on peut esp&#233;rer que la ma&#238;trise des d&#233;fenses immunitaires nous permettra &#224; l'avenir de faciliter les transplantations cardiaques et d'&#233;viter d'utiliser la technique du c&#339;ur artificiel.&lt;br class='autobr' /&gt; Par contre, le probl&#232;me du rythme chaotique s'est repos&#233; pour les troubles du rythme cardiaque, pour lesquels on a &#233;t&#233; conduit &#224; implanter des simulateurs &#233;lectriques qui remplacent le sinus naturel. Ce sont les pace-makers artificiels. C'est un des plus gros succ&#232;s dans les organes artificiels implantables. Ils sont charg&#233;s, devant la d&#233;ficience du sinus naturel, de provoquer une onde qui entra&#238;ne la contraction au rythme voulu.&lt;br class='autobr' /&gt; Mais les difficult&#233;s et les &#233;checs ont au d&#233;but &#233;t&#233; nombreux. Un des types d'&#233;checs a &#233;t&#233; d&#251; &#224; une surprise des chercheurs : un pacemaker &#224; rythme tout &#224; fait r&#233;gulier entra&#238;nait de nombreux &#233;checs alors qu'une certaine variation chaotique des &#233;missions &#233;tait beaucoup plus favorable ...&lt;br class='autobr' /&gt; Les derniers types de pacemakers ont, en plus de leur fonction de simulateur cardiaque donnant le rythme, une fonction de d&#233;fibrillation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE CERVEAU &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le premier &#233;l&#233;ment du cerveau est sa cellule vivante, le neurone. Chacun sait qu'elle est parcourue par l'influx nerveux qui est certainement reli&#233; &#224; nos sentiments, &#224; nos images, aux informations re&#231;ues par le cerveau sur l'&#233;tat int&#233;rieur et ext&#233;rieur du corps et aux informations que le cerveau envoie, ordres moteurs ou associations d'images. Et on aimerait bien savoir comment. Nous allons donc commencer par chercher o&#249; r&#233;side la non-lin&#233;arit&#233; du fonctionnement du neurone. Nous le ferons &#224; la fois en scrutant le fonctionnement &#233;lectrique, biochimique et &#233;galement en examinant la structure du neurone, sa forme, son mode de constitution, son &#233;volution adaptative. Puis nous verrons que cette structure est ins&#233;parable d'une autre qu'est la synapse, la petite v&#233;sicule qui sert de lien entre deux neurones et transforme des r&#233;actions biochimiques en transmissions &#233;lectriques. L&#224; encore nous ferons appel aux notions de non-lin&#233;arit&#233;. La transmission &#233;lectrique ne se passe pas &#224; un seul niveau de structure mais en concerne plusieurs : non seulement la synapse et le neurone mais des niveaux au dessus comme les circuits neuronaux et les interactions entre zones et des niveaux en dessous comme les neurotransmetteurs. Nous allons examiner ce cerveau hi&#233;rarchique et constater que cette hi&#233;rarchie se fonde sur une &#233;chelle de temps des diverses interactions. Le lien entre hi&#233;rarchie et rythmologie appara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc question de trouver dans le fonctionnement du cerveau de nombreuses horloges ou pace-makers, les fameux batteurs de rythmes. Nous les trouverons dans les m&#233;canismes de r&#233;troaction. Encore un terme dont il est n&#233;cessaire de pr&#233;ciser l'emploi dans la th&#233;orie du chaos. R&#233;troaction ne signifie pas action en arri&#232;re dans le temps mais action coupl&#233;e &#224; une r&#233;action qui intervient sur la source, soit de mani&#232;re positive dite excitatrice soit de mani&#232;re n&#233;gative dite inhibitrice. Dans les r&#233;gulations du corps qui sont contr&#244;l&#233;es par le cerveau nous trouvons maints exemples de ces r&#233;troactions. Prenons en un : un jeune cyclomotoriste qui a &#233;t&#233; renvers&#233; par une voiture ne s'est aper&#231;u qu'une fois retourn&#233; chez lui qu'il avait perdu son bras. En effet, pendant un certain temps un neurotransmetteur, l'endorphine, bloquait le passage du neurotransmetteur excitateur cens&#233; d&#233;clencher l'information sur la douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;troactions, nous allons les trouver &#224; tous les niveaux, depuis les g&#232;nes jusqu'aux relations entre zones du cerveau. Elles ont un m&#234;me type de m&#233;canisme, une boucle form&#233;e par un processus et un autre en sens inverse et qui d&#233;finit un rythme quasi-p&#233;riodique mais auto-r&#233;gul&#233; et interactif. C'est cette interactivit&#233; qui est fondamentale puisque ces pace-makers peuvent se coupler. Quand ils se couplent &#224; trois batteurs ayant des fr&#233;quences autonomes suffisamment diff&#233;rentes, ils d&#233;terminent un rythme commun chaotique. Derri&#232;re l'apparent d&#233;sordre se cache un ordre permettant un grand nombre de rythmes diff&#233;rents et capable de sauter brutalement d'un rythme &#224; l'autre. Cette dynamique permet de repr&#233;senter un tr&#232;s grand nombre d'&#233;tats diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, si trois batteurs ont des fr&#233;quences dont les rapports sont simples, par exemple des fr&#233;quences doubles les unes des autres, ils peuvent se synchroniser et d&#233;finir un rythme commun quasi-p&#233;riodique, c'est-&#224;-dire ayant une r&#233;gularit&#233; visible m&#234;me si elle n'est pas strictement p&#233;riodique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos cardiaque a &#233;tudi&#233; des interactions entre trois batteurs de rythme et montr&#233; qu'il n'y a pas simplement 1+1+1 mais une nouvelle structure constitu&#233;e par la boucle de r&#233;actions. Des propri&#233;t&#233;s nouvelles apparaissent qui n'existaient pas au niveau inf&#233;rieur et en particulier une nouvelle &#233;chelle de temps. Le cerveau est tout entier bas&#233; sur la rythmologie. Tout le fonctionnement c&#233;r&#233;bral peut &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme des couplages &#224; trois pace-makers comme c'est le cas pour le m&#233;canisme cardiaque. Des couplages &#224; trois fondent le rythme circadien qui indique &#224; notre corps la mesure de 24 heures aussi bien que des rythmes beaucoup plus rapides d'une seconde et m&#234;me moins. Nous montrerons &#233;galement des cycles &#224; trois batteurs r&#233;glant des fonctions sensorielles, motrices, hormonales, et &#233;galement les sentiments de plaisir ou de peur ou encore la m&#233;moire et la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de la partie suivante sera d'expliciter ce qui semble &#234;tre la loi du fonctionnement du cerveau. La question sera : comment ce message apparemment d&#233;sordonn&#233; peut &#234;tre compris par le cerveau et traduit en informations, en ordres ou en id&#233;es. En effet, le message que capte l'&#233;lectroenc&#233;phalogramme sur la surface du cr&#226;ne appara&#238;t tr&#232;s d&#233;sordonn&#233; et ne semble porteur d'aucune information coh&#233;rente. Pourtant nous savons que le cerveau se sert justement de ce message pour ses transmissions, ses informations comme ses ordres et ses raisonnements. Le d&#233;sordre du message, loin de nuire &#224; la pr&#233;cision des ordres, la facilite. Quant &#224; la r&#232;gle de base du fonctionnement, elle semble &#234;tre la suivante : plus le message est destin&#233; &#224; un grand nombre de niveaux de la structure, plus il a un degr&#233; &#233;lev&#233; de d&#233;sordre, ce qui &#233;quivaut &#224; un grand nombre de param&#232;tres. Plus le message est diffus&#233; dans une zone importante plus la dimension chaotique du message grandit. Un message porteur d'information part d'une source localis&#233;e comme par exemple un r&#233;cepteur sensoriel. C'est un message assez r&#233;gulier donc la dimension basse du message &#233;lectrique correspond &#224; l'occupation d'un petit niveau de structure. Il va &#234;tre diffus&#233; &#224; un nombre plus important de niveaux en perdant d'autant en r&#233;gularit&#233; donc en augmentant sa dimension chaotique. Cela revient &#224; dire que le nombre de param&#232;tres grandit. Un message tr&#232;s r&#233;gulier ne peut pas occuper une zone importante. C'est ce qui permet au cerveau de ne jamais &#234;tre bloqu&#233;. Il passe un grand nombre d'informations et d'ordres en m&#234;me temps dans ses circuits. Le cerveau est un appareil multit&#226;ches et il accomplit simultan&#233;ment de nombreuses fonctions. Si une information transitait trop longtemps dans une zone importante, elle bloquerait les autres ordres et informations qui doivent y passer et toutes nos fonctions pourraient en &#234;tre affect&#233;es. Le cerveau ne pourrait plus g&#233;rer les informations m&#234;me &#233;l&#233;mentaires. C'est la crise d'&#233;pilepsie. C'est ce que veulent dire les scientifiques comme Goldberger qui ont lanc&#233; la formule : &#171; le chaos c'est la sant&#233; &#187;. En effet, si un message trop r&#233;gulier, trop p&#233;riodique passe dans les circuits, il va pouvoir interagir avec de nombreux rythmes et donc passer dans une zone importante sans avoir perdu de sa r&#233;gularit&#233;. Il viole la loi que nous avons indiqu&#233;e pr&#233;c&#233;demment. Le m&#233;canisme d'auto-r&#233;gulation par d&#233;structuration ne fonctionne plus. Cette interpr&#233;tation de la crise d'&#233;pilepsie a eu tout r&#233;cemment un succ&#232;s important puisque l'on a montr&#233; qu'elle permettait de la pr&#233;voir et &#233;galement ouvrait la voie pour une th&#233;rapie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'entrer dans le vif du sujet, il est n&#233;cessaire d'expliciter la notion d'horloge chaotique. On trouve dans le commerce ce type d'objet de curiosit&#233; qui s'agite en tous sens sans jamais s'arr&#234;ter. Il s'agit d'un pendule qui oscille au dessus d'un socle en bois &#224; l'int&#233;rieur duquel on a dispos&#233; plus de trois aimants. D&#232;s qu'il y a trois aimants, le mouvement est extr&#234;mement agit&#233; en permanence sans jamais s'arr&#234;ter ni finir par se stabiliser et se r&#233;gulariser. Pourtant les forces de gravitation et du magn&#233;tisme auxquelles ob&#233;it le pendule sont bien connues et formulables par des lois math&#233;matiques. Des lois et cependant un apparent d&#233;sordre, il s'agit bien du chaos d&#233;terministe. On peut faire partir le pendule deux fois de suite quasiment du m&#234;me point et en peu de temps les deux suites de mouvements divergent compl&#232;tement. Le mouvement est impr&#233;dictible. Il est sensible aux conditions initiales. C'est une horloge chaotique. Parler d'horloge peut sembler curieux quand on voit cette agitation. Eh oui, malgr&#233; ce d&#233;sordre apparent il y a des rythmes et donc une mesure du temps. Cet ordre ne ressemble pas au tic tac de la bonne vieille horloge. Et pourtant l'horloge chaotique a une tr&#232;s grande pr&#233;cision. Notre cerveau en est un exemple. Il contient divers rythmes et peut mesurer des temps aussi bien par rapport &#224; un rythme de 24 heures que par rapport &#224; un rythme d'un milli&#232;me de seconde. Le cerveau dans son ensemble ayant plus de dix niveaux de r&#233;f&#233;rence est donc l'une des horloges biologiques les plus pr&#233;cises au monde ! Et en couplant ces rythmes de base, le cerveau est capable de constituer des milliards de milliards de rythmes repr&#233;sentant autant d'&#233;tats qui sont les images mentales pour les formes, les mouvements, les couleurs, les sentiments ou les id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chaos d&#233;terministe de l'influx nerveux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quittons donc le pendule chaotique pour parler du cerveau. On sait depuis longtemps que le cerveau est parcouru par des courants &#233;lectriques et on a pu les capter sur la surface du cr&#226;ne. L'&#233;lectroenc&#233;phalogramme t&#233;moigne d'une agitation d'autant plus &#233;tonnante du potentiel &#233;lectrique qu'il s'agit de celui d'une personne endormie. Les huit lignes repr&#233;sentent les mesures prises en huit points diff&#233;rents de la surface du cr&#226;ne. Le d&#233;sordre du message est &#233;vident. L'explication qui en a &#233;t&#233; donn&#233;e pendant longtemps est la suivante : l'absence de r&#233;gularit&#233; proviendrait d'un trop grand nombre de param&#232;tres. En effet, les neurones qui sont l'&#233;l&#233;ment de base des circuits &#233;lectriques sont au nombre d'environ cent milliards et les circuits qu'ils constituent sont encore des millions de fois plus nombreux, sans parler du nombre d'&#233;tats possibles de chacun d'eux. Une autre interpr&#233;tation de cette agitation a consist&#233; &#224; dire que le d&#233;sordre proviendrait du bruit des circuits, c'est-&#224;-dire du hasard. Mais, dans une conception comme dans l'autre, on ne parvient pas &#224; comprendre ce que fait le cerveau pour traduire ce message en ordres et informations pr&#233;cis. En fait, il suffit de trois param&#232;tres pour avoir un ph&#233;nom&#232;ne d'apparence d&#233;sordonn&#233;e. Et, pour le cerveau, il n'y aurait pas des milliers ni des millions mais seulement une dizaine de param&#232;tres du fonctionnement c&#233;r&#233;bral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par &#233;tudier la cellule vivante qui est adapt&#233;e &#224; cette fonction de transmission de l'influx &#233;lectrique, le neurone. Examinons une photo de neurones, un sch&#233;ma du fonctionnement de la cellule nerveuse et une coupe du r&#233;seau neuronal d'une zone du cerveau. Dans le neurone, le courant va toujours dans le m&#234;me sens : du corps du neurone et des branches, les dendrites, vers l'axone qui envoie le courant &#224; un autre neurone. Quand le neurone a &#233;t&#233; d&#233;couvert en 1871, on a d&#233;velopp&#233; une conception lin&#233;aire de son fonctionnement selon laquelle il ne serait qu'un simple additionneur des impulsions &#233;lectriques re&#231;ues et qu'il se contenterait de transmettre quand le total des potentiels re&#231;us d&#233;passe un certain seuil. Mais d'abord le neurone n'est pas un simple &#233;l&#233;ment de circuit &#233;lectrique qui se contenterait de transmettre les messages &#233;lectriques qu'il re&#231;oit. En 1952, les chercheurs Hodgkin et Huxley ont expliqu&#233; le m&#233;canisme qui permet au neurone d'&#234;tre un &#233;metteur et r&#233;cepteur d'influx &#233;lectrique autonome, c'est &#224; dire un oscillateur. Ce n'est donc pas un simple &#233;l&#233;ment de circuit mais une source d'impulsions r&#233;guli&#232;res. C'est une horloge. Et la question se pose alors : quel est le type de cette horloge, p&#233;riodique ou chaotique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait que le neurone &#233;met du courant &#233;lectrique, c'est que le milieu dans lequel il baigne n'est pas au m&#234;me potentiel &#233;lectrique que l'int&#233;rieur de la cellule. Si cette diff&#233;rence de potentiel est maintenue, le neurone est au repos. Dans ce cas, la membrane est imperm&#233;able aux mouvements d'ions sodium qui changeraient sa polarit&#233;. Mais si cet &#233;quilibre est d&#233;stabilis&#233;, si la diff&#233;rence de potentiel diminue, la membrane va s'ouvrir par un canal qui laisse passer s&#233;lectivement les ions sodium. Ce passage est brutal. Une grande quantit&#233; d'ions passent d'un seul coup et ce mouvement repr&#233;sente donc un courant &#233;lectrique, une d&#233;charge. L'onde de d&#233;polarisation du neurone se propage alors tr&#232;s rapidement dans son corps puis tout au long de l'axone. C'est la rafale &#233;lectrique du neurone. Elle se produit au coup par coup et tr&#232;s rapidement en environ un milli&#232;me de seconde. Soulignons qu'elle se produit quand le neurone n'est pas dans un &#233;tat d'&#233;quilibre. C'est toujours le m&#234;me stimulus qui se propage. L'amplitude ne varie pas. Par contre, ce qui peut changer c'est le temps qui s&#233;pare deux rafales, c'est-&#224;-dire la fr&#233;quence de l'influx. Le courant neuronal est donc en modulation de fr&#233;quence et non en modulation d'amplitude. De mani&#232;re autonome, sans &#234;tre excit&#233; de l'ext&#233;rieur, un neurone a son propre rythme d'&#233;mission de rafales. Il est d&#233;termin&#233; par un autre m&#233;canisme plus lent, de l'ordre de la seconde. Il s'agit cette fois des ions calcium et potassium qui ont un mouvement d'entr&#233;e et de sortie de la membrane. Et c'est ce mouvement cyclique qui d&#233;termine la fr&#233;quence des &#233;missions de rafales. Ce m&#233;canisme de trois ions qui entrent et sortent du neurone produit des &#233;missions &#233;lectriques avec une certaine rythmicit&#233; caus&#233;e par le fait que les canaux, qui s'ouvrent s&#233;lectivement dans la membrane aux ions calcium et potassium, r&#233;troagissent. Le canal du calcium est sensible au potentiel cr&#233;&#233; par les ions potassium et inversement. Cela fait que l'ouverture d'un canal provoque la fermeture de l'autre. Des m&#233;canismes de r&#233;troaction de ce type qui sont producteurs d'un rythme, nous allons en d&#233;crire de nombreux au fur et &#224; mesure que nous allons parcourir les diverses r&#233;actions qui r&#233;gulent les m&#233;canismes c&#233;r&#233;braux. C'est un pace-maker.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Pierre Changeux &#233;crit ainsi dans son ouvrage &#171; L'homme neuronal &#187; : &#171; chaque rafale se greffe sur un syst&#232;me g&#233;n&#233;rateur d'oscillations ou pace-maker qui fait fluctuer lentement le potentiel de la membrane &#187;. Ce cycle est-il p&#233;riodique ou chaotique ? Voil&#224; ce que r&#233;pond Changeux. &#171; Le m&#233;canisme &#233;change en permanence de l'&#233;nergie avec le monde ext&#233;rieur. Les oscillations ne se font jamais pr&#232;s de l'&#233;quilibre. Il faut que le syst&#232;me soit hors &#233;quilibre mais dans un &#233;tat stable, qu'il constitue en somme une structure dissipative. &#187; Et Changeux fait alors r&#233;f&#233;rence au th&#233;oricien du chaos, Prigogine : qui a montr&#233; que dans ce type de syst&#232;mes : &#171; des relations non-lin&#233;aires existent par couplage entre les r&#233;actions &#224; la suite d'une r&#233;troaction entre le produit final d'une cha&#238;ne de r&#233;actions et la r&#233;action d'entr&#233;e. Le d&#233;clenchement explosif de l'influx nerveux satisfait &#233;videmment &#224; cette condition de non-lin&#233;arit&#233;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, le physicien-chimiste Ilya Prigogine a &#233;tudi&#233; des m&#233;canismes de r&#233;actions chimiques r&#233;troactives coupl&#233;es et montr&#233; qu'elles &#233;taient des horloges chaotiques, c'est-&#224;-dire une structure stable fond&#233;e sur une dynamique loin de l'&#233;quilibre. C'&#233;tait une r&#233;volution puisqu'on trouvait des syst&#232;mes dans lesquels la stabilit&#233; pouvait se faire par un gain en terme de structure. C'&#233;tait contraire aux lois de la thermodynamique selon lesquelles un syst&#232;me abandonn&#233; &#224; lui-m&#234;me ne peut que perdre des niveaux d'organisation. Prigogine a montr&#233; que cette apparente contradiction n'en &#233;tait pas une : les syst&#232;mes chaotiques ne sont pas des syst&#232;mes ferm&#233;s. Au contraire ce sont des syst&#232;mes dissipatifs c'est-&#224;-dire qu'ils fonctionnent en perdant de l'&#233;nergie et se maintiennent parce qu'ils en re&#231;oivent de l'ext&#233;rieur. Et c'est justement ce qui se produit pour le neurone comme le souligne Changeux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les neurones, qui ont des formes et des fonctions multiples suivant la zone du cerveau ou du syst&#232;me nerveux &#224; laquelle ils appartiennent, fonctionnent sur ce m&#234;me mod&#232;le d&#233;couvert par Hodgkin et Huxley. Ces deux chercheurs ont m&#234;me r&#233;ussi &#224; &#233;crire les &#233;quations diff&#233;rentielles du neurone, c'est-&#224;-dire les &#233;quations qui contiennent les param&#232;tres et leur vitesse d'&#233;volution. Il s'agit d'&#233;quations non lin&#233;aires. De telles &#233;quations ne peuvent &#234;tre r&#233;solues car on ne peut en tirer la valeur d'un param&#232;tre en fonction du temps. D&#232;s qu'on a de plus de trois facteurs et de trois corps, il ne s'agit plus de fonctions lin&#233;aires et le math&#233;maticien et physicien Poincar&#233; a montr&#233; l'impossibilit&#233; de la r&#233;solution des &#233;quations diff&#233;rentielles. C'est ce que l'on appelle le probl&#232;me des trois corps. En 1980, les th&#233;oriciens du chaos Guttman, Lewis et Rinzel sont parvenus &#224; montrer qu'une fonction chaotique est un mod&#232;le tout &#224; fait correct pour la solution de l'&#233;quation du neurone. C'est un exemple tr&#232;s r&#233;ussi d'utilisation des mod&#233;lisations chaotiques pour passer au travers de la difficult&#233; : l'impossibilit&#233; de r&#233;soudre les &#233;quations diff&#233;rentielles non-lin&#233;aires. Nous verrons plus loin que la structure stable du neurone fond&#233;e sur la dynamique loin de l'&#233;quilibre a m&#234;me &#233;t&#233; visualis&#233;e par une courbe qui est la signature du chaos et que l'on appelle l'attracteur &#233;trange. Le neurone est donc un &#233;metteur spontan&#233; d'impulsions dont la rythmicit&#233; est de type chaotique. Mais il est &#233;galement r&#233;cepteur d'impulsions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment fonctionnent ces relations entre neurones ? L'influx parcourt le neurone puis l'axone et arrive &#224; son bout &#224; une v&#233;sicule appel&#233;e la synapse. C'est la synapse qui est proche du neurone voisin et va se charger de lui transmettre l'influx. La transmission est-elle lin&#233;aire ou &#224; nouveau chaotique ? Tout cela semble bien un m&#233;canisme lin&#233;aire et pourtant ce n'est pas le cas. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que l'on remarque d'abord c'est que la synapse ne transmet pas directement l'influx &#233;lectrique re&#231;u. Elle transforme cet influx en production de mol&#233;cules : les neurotransmetteurs qui vont ensuite eux-m&#234;mes provoquer le d&#233;clenchement d'un influx &#233;lectrique. Nous avons l&#224; un processus qui non seulement est une rupture de continuit&#233; dans le circuit &#233;lectrique entre deux neurones mais en plus ce m&#233;canisme de transmission biochimique de la synapse fonctionne &#224; un rythme diff&#233;rent de celui de l'influx &#233;lectrique. Quand la synapse produit suffisamment de neurotransmetteurs, ils en sortent pour se fixer sur des r&#233;cepteurs dans la membrane du neurone cible. Les neurotransmetteurs agissent sur les canaux ioniques du neurone cible, canaux qu'ils peuvent ouvrir, d&#233;clenchant ainsi un changement de potentiel et donc un influx &#233;lectrique dans le neurone cible. &lt;br class='autobr' /&gt;
A la base de ce m&#233;canisme nous trouvons &#224; nouveau une r&#233;troaction. En effet si certains neurotransmetteurs comme l'adr&#233;naline sont excitateurs et provoquent une ouverture des canaux, d'autres comme le GABA sont inhibiteurs et provoquent leur fermeture. De plus, comme pour les canaux ioniques, c'est encore un processus s&#233;lectif : certains neurones ont des r&#233;cepteurs pour tel ou tel neurotransmetteur. Et les neurones ont aussi entre eux un processus de r&#233;troaction : les neurones r&#233;ceptifs &#224; la dopamine r&#233;troagissent sur les neurones r&#233;ceptifs &#224; l'ac&#233;tylcholine. Enfin, un autre m&#233;canisme de r&#233;troaction se produit dans le r&#233;cepteur, c'est celui qui va d&#233;truire le neurotransmetteur une fois qu'il a atteint sa cible. Remarquons que tout le m&#233;canisme met en jeu en m&#234;me temps plusieurs niveaux et &#224; chaque niveau des m&#233;canismes de r&#233;gulation fond&#233;s sur des r&#233;troactions entre les neurotransmetteurs, les canaux, les r&#233;cepteurs, les synapses et les neurones. Ces r&#233;troactions fondent des rythmes mais qui sont sur des &#233;chelles de temps diff&#233;rentes et qui sont coupl&#233;s par des encha&#238;nements rythmiques de r&#233;actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le neurone adaptable et fractal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le fonctionnement du neurone, il faut signaler un rythme encore diff&#233;rent des pr&#233;c&#233;dents, c'est celui du m&#233;tabolisme interne du neurone. En effet, l'ion calcium ne se contente pas en entrant et en sortant de modifier le potentiel. Il joue un r&#244;le fondamental, en p&#233;n&#233;trant le noyau du neurone, pour la stimulation des g&#232;nes qu'il contient. Nous savons que les g&#232;nes peuvent produire des enzymes et synth&#233;tiser des prot&#233;ines. Mais cette production est elle aussi r&#233;gul&#233;e par r&#233;troaction car il y a des g&#232;nes qui bloquent ce processus. L'ion calcium sert &#224; activer les g&#232;nes d&#233;sactiv&#233;s. Cela permet au neurone de fabriquer les prot&#233;ines de la membrane, des r&#233;cepteurs ou des canaux. Ce processus a son propre rythme. Il ne s'agit plus de milli&#232;me, de dixi&#232;me de seconde ni de seconde mais de plusieurs dizaines de minutes. C'est un processus important pour la rythmologie mais &#233;galement pour la constitution du neurone qui peut ainsi &#233;voluer et s'adapter en d&#233;veloppant ses canaux, ses branchements dendritiques ou ses r&#233;cepteurs en fonction du message &#233;lectrique re&#231;u.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un neurone n'est pas une structure faite une fois pour toutes. Il se modifie et s'adapte en fonction de son utilisation c'est-&#224;-dire des multiples circuits &#233;lectriques auxquels il participe. Le nombre et l'arborescence de dendrites mais &#233;galement le nombre de synapses vont &#233;voluer en fonction de la quantit&#233; de messages et de la quantit&#233; de cibles. Les cellules du cerveau sont bien plus &#233;volutives qu'on ne le croyait. On sait maintenant que les neurones ne sont pas un capital acquis auquel on ne peut plus toucher. On a montr&#233; r&#233;cemment qu'il y a fabrication de nouveaux neurones chez l'adulte, par exemple dans l'hippocampe. Inversement les &#233;pines dendritiques d'un neurone qui n'est plus parcouru par des d&#233;charges &#233;lectriques s'atrophient. Un neurone qui ne re&#231;oit plus de messages &#233;lectriques meurt et coupe ainsi toute une s&#233;rie de circuits &#233;lectriques. Une zone enti&#232;re peut &#234;tre d&#233;connect&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le syst&#232;me nerveux est capable de se r&#233;parer lui-m&#234;me dans de nombreux cas quitte &#224; modifier les circuits, quitte d'ailleurs &#224; prendre des neurones d'autres zones et &#224; modifier leurs fonctions en cas de l&#233;sion d'une zone. Quand ce mode de r&#233;paration n'entre pas en fonction, c'est parce qu'il a lui aussi son mode de r&#233;gulation, avec des m&#233;canismes d'excitation et d'inhibition. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si le neurone est parcouru par de nombreux courants, il peut multiplier ses dendrites, c'est &#224; dire l'arborescence avec de multiples branches, sous-branches, brindilles et sous-brindilles qui s'&#233;tendent de tous les c&#244;t&#233;s. D'autre part au cours de l'&#233;volution de l'enfant, les arborescences dendritiques non seulement croissent mais multiplient leurs subdivisions en niveaux &#224; mesure que les fonctions c&#233;r&#233;brales croissent et se complexifient. Il y a un lien entre degr&#233; de l'arborescence et de la fonction. C'est ce que montre la comparaison du d&#233;veloppement du neurone du rat au cours de sa croissance. On peut &#233;galement comparer des neurones d'animaux ayant un d&#233;veloppement dendritique d'autant plus important qu'ils ont un m&#233;canisme c&#233;r&#233;bral plus d&#233;velopp&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre part, les neurones n'ont pas le m&#234;me nombre de niveaux d'arborisation suivant les zones du cerveau o&#249; on les trouve, c'est-&#224;-dire suivant le niveau de leurs fonctions. Les neurones qui ont le d&#233;veloppement dendritique le plus important, comme les neurones de Purkinje, sont ceux qui ont le plus grand nombre de connexions avec de nombreuses zones. On peut mesurer le degr&#233; de cette arborescence en terme de fractales. Comme dans un arbre que si on zoom sur une partie de l'arborescence, on en trouve une autre similaire. Les dendrites sont fractales et chaque type de neurone a un niveau de structuration appel&#233; sa dimension fractale, d&#233;termin&#233;e par le nombre de sous-structures autosimilaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
A quoi sert cette structure fractale du neurone dans sa fonction d'&#233;metteur-r&#233;cepteur ? Pour y r&#233;pondre, il faut d'abord pr&#233;ciser que les divers niveaux des branches et sous-branches par lesquels il re&#231;oit les influx venus des neurones voisins n'ont pas la m&#234;me efficacit&#233; dans la transmission d'influx au corps de la cellule. Il y a donc hi&#233;rarchisation du niveau de transmission. Et en modifiant la hi&#233;rarchie du niveau dendritique o&#249; arrivent les messages &#233;lectriques, le neurone peut jouer un r&#244;le de modulation. La modification du niveau de r&#233;ception dendritique des messages des neurones voisins est une transformation non-lin&#233;aire du message &#233;lectrique avec un facteur non pas additif mais de puissance, soit dans le sens de l'amplification soit dans celui de la r&#233;duction. Le r&#233;seau neuronal n'est donc pas un simple circuit &#233;lectrique qui se contente de porter les messages envoy&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;canismes nerveux ont une capacit&#233; spontan&#233;e d'adaptabilit&#233;. Un circuit qui est fr&#233;quemment utilis&#233; est plus efficace. L'arc r&#233;flexe qui permet d'&#244;ter sa main d'une plaque br&#251;lante avant m&#234;me que le cerveau soit inform&#233; de la br&#251;lure est de 250 milli&#232;mes de secondes mais se r&#233;duit &#224; 50 milli&#232;mes de secondes si on s'entra&#238;ne. Les circuits neuronaux fr&#233;quemment utilis&#233;s peuvent augmenter leur efficacit&#233;. On peut s'entra&#238;ner &#224; sauter &#224; la perche simplement en r&#233;fl&#233;chissant aux divers mouvements qui se succ&#232;dent dans cet exercice. On active en partie les m&#234;mes circuits en &#233;voquant un mouvement qu'en le r&#233;alisant. Il y a &#233;galement des &#233;volutions permettant de r&#233;duire le nombre de circuits ayant un r&#244;le identique. C'est ce que fait le cerveau pendant l'enfance. Il diminue ce qu'on appelle les redondances, c'est-&#224;-dire qu'il peut supprimer de lui-m&#234;me des circuits inutiles et qui se r&#233;p&#232;tent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;seau neuronal est un syst&#232;me souple et adaptable, capable de se transformer et de s'auto-&#233;duquer en fonction de ce qui lui arrive. Il est donc individualis&#233;. Le bagage g&#233;n&#233;tique de base ne suffit pas &#224; dire ce qui va se produire ensuite. L'exercice d'une fonction va la favoriser, la rendre plus efficace en poussant &#224; s&#233;lectionner pour elle les circuits les plus rapides et les circuits annexes pour la r&#233;guler finement. Et il en va de m&#234;me pour l'&#233;volution d'une esp&#232;ce que pour l'&#233;volution d'un individu. L'&#233;volution va am&#233;liorer les circuits qui sont tr&#232;s utilis&#233;s. Il y a aura un circuit de base sensoriel par exemple qui va se coupler &#224; un deuxi&#232;me circuit secondaire plus lent mais plus pr&#233;cis puis se coupler &#224; un autre circuit de r&#233;gulation encore plus fin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le caract&#232;re fractal du neurone a une autre importance encore plus grande pour son fonctionnement. C'est ce qu'on appelle la propri&#233;t&#233; de parall&#233;lisme. Les diverses dendrites constituent des courants parall&#232;les entrant dans la cellule. Or les m&#233;canismes d'ouverture et de fermeture des canaux qui d&#233;terminent les courants sont fond&#233;s sur la rythmicit&#233;. Le neurone est un appareil naturel de mesure des d&#233;calages de temps d'arriv&#233;e entre les courants venant de circuits parall&#232;les. Le neurone est donc sensible au d&#233;phasage entre deux messages r&#233;inject&#233;s quasi simultan&#233;ment. Prenons un exemple de m&#233;canisme utilisant ce principe. Il s'agit d'un des m&#233;canismes naturels les plus pr&#233;cis : le syst&#232;me auditif de la chouette. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#233;tude sur les neurones est expos&#233;e dans &#171; La Recherche &#187; de juin 98 par R&#233;my Lestienne, directeur de recherche de l'Institut de neurosciences de l'universit&#233; Paris VI. Il examine le mode de fonctionnement auditif de la chouette, un animal qui a des performances acoustiques exceptionnelles. La chouette est capable de d&#233;celer une diff&#233;rence de cheminement du son entre les deux oreilles de trois millioni&#232;mes de seconde en comparant les deux messages &#233;lectriques parall&#232;les et en mesurant le d&#233;phasage entre eux. Les neurones ne se contentent pas d'additionner les messages &#233;lectriques pour les transmettre quand la somme d&#233;passe un seuil, mais ils re&#231;oivent deux messages venant des deux oreilles simultan&#233;ment et les transmettent quand ils sont en phase. Le neurone est un appareil de mesure ultra pr&#233;cis des d&#233;phasages entre deux bouts de messages qui sont seulement d&#233;cal&#233;s dans le temps. C'est d&#251; &#224; son syst&#232;me d'ouverture et de fermeture des entr&#233;es de la membrane qui est sensible aux diff&#233;rences de rythmes d'arriv&#233;e des impulsions. Cela suppose de comparer les messages pass&#233;s dans deux circuits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or le neurone n'est jamais reli&#233; &#224; un seul circuit de transmission &#233;lectrique porteur d'information. Au contraire, il effectue toujours la comparaison entre des messages lanc&#233;s par une source neuronale sur des voies parall&#232;les et revenus &#224; leur point de d&#233;part, c'est-&#224;-dire apr&#232;s un cycle. Cette id&#233;e est extr&#234;mement importante car elle donne un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant aux m&#233;canismes en forme de r&#233;injection appel&#233;s feedback. Ce sont des r&#233;actions qui reviennent finalement &#224; la source du message pour relancer &#224; nouveau le m&#233;canisme ou au contraire pour le bloquer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et ce sont des ph&#233;nom&#232;nes non-lin&#233;aires. Les informations ne s'additionnent pas, contrairement aux courants dans un fil &#233;lectrique. Elles peuvent se multiplier comme dans la boucle de l'effet Larsen constitu&#233;e par le micro et le haut parleur o&#249; le son est amplifi&#233; &#224; chaque fois qu'il parcourt un cycle. Le message revient au point de d&#233;part o&#249; il r&#233;agit de nouveau avec la source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce type de fonctionnement, l'apparence d&#233;sordonn&#233;e est un avantage. La mesure d'un d&#233;phasage entre deux messages d&#233;cal&#233;s dans le temps est beaucoup plus pr&#233;cise entre deux messages chaotiques comme ceux du dessous, qu'entre deux messages presque p&#233;riodiques comme ceux du dessus. Le maximum de pr&#233;cision du d&#233;phasage dans le cas p&#233;riodique est le temps d'une p&#233;riode. Ce temps peut &#234;tre bien plus court pour un message d&#233;sordonn&#233; qui a des vibrations &#224; plusieurs &#233;chelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre sens des distances, des volumes et des trois dimensions de l'espace vient d'un m&#233;canisme identique &#224; celui de la chouette mais nous n'utilisons pas nos deux oreilles pour mesurer des d&#233;phasages. Ce sont nos deux yeux qui servent &#224; effectuer les comparaisons. Nos yeux sont en relation avec des centres c&#233;r&#233;braux avec lesquels ils &#233;changent en permanence des impulsions &#233;lectriques. La vision provoque des modifications de ces messages. C'est certaines zones du cerveau qui effectuent la comparaison en mesurant les d&#233;phasages. Comme le neurone, les zones sont fond&#233;es sur des m&#233;canismes d'auto-r&#233;gulation dynamiques, sensibles aux conditions ext&#233;rieures et pas sur une r&#233;gulation fig&#233;e, avec une p&#233;riodicit&#233; fix&#233;e d'avance par l'h&#233;ritage g&#233;n&#233;tique. L'enfant qui na&#238;t ne sait pas encore bien mesurer les distances et les profondeurs des volumes parce que ses m&#233;canismes chaotiques ne se sont pas encore coupl&#233;s avec pr&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, l'enfant apprendra &#233;galement &#224; distinguer les &#233;l&#233;ments d'un paysage, les formes, les couleurs, les mouvements. Chacun de ces &#233;l&#233;ments est envoy&#233; sur des circuits parall&#232;les puis recompos&#233; au niveau du cerveau, celui-ci filtrant les informations qui ne sont pas coh&#233;rentes. Sans cet apprentissage du cerveau nos yeux, nos oreilles, notre toucher ne peuvent nous donner les indications indispensables sur le monde ext&#233;rieur et notre motricit&#233; ne peut pas non plus agir avec la pr&#233;cision voulue. Et, n'h&#233;sitons pas &#224; le r&#233;p&#233;ter, apprendre c'est multiplier les exp&#233;riences de couplage entre des pace-makers dont le rythme n'est pas fix&#233; mais fond&#233; sur des m&#233;canismes de r&#233;troaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cerveau hi&#233;rarchique et boucles de r&#233;troaction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons longuement expliqu&#233; le caract&#232;re chaotique du fonctionnement du neurone d&#251; &#224; une r&#233;troaction entre ses canaux ioniques. On pourrait en faire de m&#234;me aux &#233;chelons inf&#233;rieurs comme sup&#233;rieurs de la structure. On trouve cinq niveaux diff&#233;rents mais dans le fonctionnement global du cerveau on peut distinguer une dizaine de niveaux, chacun &#233;tant fond&#233; physiologiquement par les interactions entre les niveaux pr&#233;c&#233;dents. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au niveau un, ce sont les g&#232;nes qui sont responsables de la production des enzymes, en la favorisant ou en la bloquant. Les enzymes, qui constituent le niveau deux, sont responsables de la formation des prot&#233;ines. Celles-ci sont le niveau trois de la structure et elles permettent de constituer la membrane, les r&#233;cepteurs, et les canaux ioniques de la cellule nerveuse. C'est le niveau quatre. Au niveau cinq on trouve les synapses puis au niveau six les neurones, au niveau sept les circuits neuronaux. Ceux-ci constituent, par leurs liens entrem&#234;l&#233;s, une v&#233;ritable cartographie qu'Edelman appelle les cartes neuronales. Au niveau neuf, ce sont les pace-makers de zone constitu&#233;s par ce qu'Edelman appelle les courants r&#233;entrants entre cartes neuronales. Puis on trouve les interactions en forme de boucle entre trois zones qui d&#233;terminent le niveau dix ; ce sont les fonctions &#233;l&#233;mentaires du cerveau. Enfin au niveau onze les fonctions sup&#233;rieures qui sont fond&#233;es sur des couplages entre trois boucles. Il ne s'agit ici bien s&#251;r que d'une image sch&#233;matique pour visualiser le caract&#232;re de ce fonctionnement et le nombre onze de niveaux est plut&#244;t un ordre de grandeur qu'une valeur &#233;tablie. Mais on le retrouvera lors de la mesure de la dimension du message &#233;lectrique qui parcourt ces niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception d&#233;velopp&#233;e ici se fonde sur ce caract&#232;re hi&#233;rarchique du cerveau qui suppose que chaque niveau n'est pas r&#233;ductible au niveau inf&#233;rieur et que les propri&#233;t&#233;s d'un niveau ne s'y retrouvent pas. Le niveau inf&#233;rieur n'est pas non plus simplement sous les ordres du sup&#233;rieur m&#234;me si le terme de hi&#233;rarchique peut pr&#234;ter &#224; confusion. Ainsi les activit&#233;s sup&#233;rieures conscientes et associatives du cortex ne sont qu'un niveau, tr&#232;s important, mais qui ne pilote pas l'ensemble. Le cerveau conscient ne se dit pas : &#171; j'envoie telle d&#233;charge &#224; telle synapse pour penser &#224; cette chaise &#187; ni &#171; lan&#231;ons les g&#232;nes inhibiteurs pour arr&#234;ter de produire telles prot&#233;ines &#187;, bien entendu ! Bien des circuits ne passent pas par ce niveau conscient. Et ce n'est pas seulement des actes r&#233;flexes. On conna&#238;t ainsi l'exemple des images subliminales trop rapidement vues pour &#234;tre analys&#233;es par notre conscience, mais que d'autres circuits de notre cerveau ont cependant visualis&#233;es. Aucun niveau n'est donc fondamental ni chef d'orchestre. Tous interagissent et il faut toujours trois zones ou trois corps pour r&#233;aliser une fonction et repr&#233;senter un &#233;tat mental. Ce n'est jamais un seul niveau mais trois au moins qui sont concern&#233;s dans le passage d'un message. La dimension trois est un minimum sauf en cas de maladie comme nous le verrons. Le neuroscientifique Antonio Damasio &#233;crit dans &#171; Le sentiment m&#234;me de soi &#187; : &#171; Rodolfo Liln&#224;s s'est servi de cette s&#233;rie de d&#233;couvertes pour sugg&#233;rer que la conscience, aussi bien dans l'&#233;tat de veille que dans celui du sommeil paradoxal est le produit d'une formation en boucle impliquant &#224; la fois le cortex c&#233;r&#233;bral, le thalamus et la formation r&#233;ticulaire du tronc c&#233;r&#233;bral. Une telle boucle suppose que le thalamus et la formation r&#233;ticulaire poss&#232;dent des neurones susceptibles d'&#233;mettre spontan&#233;ment des signaux &#233;lectriques. (&#8230;) Au cours des phases conscientes, la formation r&#233;ticulaire produit continuellement un barrage de signaux en direction du thalamus et du cortex c&#233;r&#233;bral suscitant par la m&#234;me la mise en place de certains sch&#233;mas g&#233;om&#233;triques de coh&#233;rence corticale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effort extr&#234;mement int&#233;ressant et important de Jean-Pierre Changeux dans &#171; L'homme neuronal &#187;, &#224; permis de souligner combien le m&#233;canisme &#233;lectrique et biochimique du fonctionnement neuronal est &#224; la base de tout le fonctionnement du cerveau, ce qui est maintenant incontestable. Mais Changeux ne s'en contente pas. Pour combattre les th&#232;ses dualistes comme celles de John Eccles, th&#232;se du clivage entre le cerveau spirituel et le cerveau mat&#233;riel, Changeux con&#231;oit &#171; l'homme neuronal &#187; c'est-&#224;-dire ram&#232;ne tous les niveaux &#224; un seul, celui du neurone, affirmant ainsi : &#171; l'identit&#233; entre &#233;tats mentaux et &#233;tats physiologiques ou physico-chimiques du cerveau s'impose en toute l&#233;gitimit&#233;. &#187; Il se revendique d'ailleurs courageusement de ce r&#233;ductionnisme neuronal : &#171; tout comportement mobilise des ensembles d&#233;finis de cellules nerveuses et c'est &#224; leur niveau que doit &#234;tre recherch&#233;e l'explication des conduites et des comportements. (...) Rien ne s'oppose plus &#224; ce que les conduites de l'homme soient d&#233;crites en termes d'activit&#233;s neuronales &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le r&#233;ductionnisme consiste &#224; dire que toute l'explication doit &#234;tre recherch&#233;e dans un &#233;l&#233;ment fondamental du substrat biochimique, on trouve une conception diam&#233;tralement oppos&#233;e &#224; ce point de vue et connue sous le nom de structuralisme que l'on pourrait sch&#233;matiquement repr&#233;senter par l'id&#233;e : &#171; le substrat ne compte pas, tout est dans la structure &#187;. Ce sont les travaux math&#233;matiques de Ren&#233; Thom sur la th&#233;orie des catastrophes puis ses travaux en psychophysiologie et les travaux de Christopher Zeeman sur les neurones et les changements brusques dans les images c&#233;r&#233;brales. Dans cette conception, toute la structure est math&#233;matique et non physiologique. Cette vision structuraliste a eu le m&#233;rite de consid&#233;rer les &#234;tres vivants comme un tout et non comme une somme d'&#233;l&#233;ments. Pour le structuralisme, seul compte le mode d'organisation et non les &#233;l&#233;ments r&#233;els physico-chimiques qui sont employ&#233;s. Dans son ouvrage intitul&#233; &#171; Stabilit&#233; structurelle et morphogen&#232;se &#187; Ren&#233; Thom &#233;crit : &#171; les formes sont ind&#233;pendantes des propri&#233;t&#233;s sp&#233;ciales de leurs substrats et de la nature des forces agissantes &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;orie du chaos c&#233;r&#233;bral peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme interm&#233;diaire entre la conception r&#233;ductionniste de Jean-Pierre Changeux et la conception structuraliste de Ren&#233; Thom et m&#234;me comme une synth&#232;se des deux. Elle souligne l'importance de la notion de structure et &#233;galement que l'on ne peut tout ramener &#224; un seul niveau. Le message c&#233;r&#233;bral occupe plusieurs niveaux et change sans cesse de dimension. C'est m&#234;me la base de son mode de fonctionnement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les niveaux de la structure ne sont pas ind&#233;pendants les uns des autres, ni ind&#233;pendants du message qui les parcourt. Il y a des r&#233;troactions entre les g&#232;nes, entre les neurotransmetteurs, entre les canaux ioniques, entre les synapses, entre les neurones, entre les circuits neuronaux, entre les cartes neuronales et enfin entre les boucles qui relient les zones. Certains m&#233;canismes sont excitateurs et d'autres inhibiteurs et ils fonctionnent coupl&#233;s. Un exemple de r&#233;troaction bien connu est celui du syst&#232;me nerveux sympathique coupl&#233; au syst&#232;me parasympathique. Le syst&#232;me sympathique est activateur, gr&#226;ce &#224; l'adr&#233;naline qui est une mol&#233;cule de liaison entre neurones ou neurotransmetteurs. Le syst&#232;me parasympathique lib&#232;re &#224; ses terminaisons nerveuses un neurotransmetteur ayant un effet inhibiteur, l'ac&#233;tylcholine. Il freine ainsi l'action du sympathique, provoquant le ralentissement du c&#339;ur, la constriction des bronches, le r&#233;tr&#233;cissement de la pupille, et bloque la s&#233;cr&#233;tion de l'estomac. &lt;br class='autobr' /&gt;
On trouve encore une boucle de r&#233;troaction entre les neurones r&#233;ceptifs &#224; l'ac&#233;tylcholine et les neurones r&#233;ceptifs &#224; un autre neurotransmetteur, la dopamine. Il y a aussi les multiples r&#233;troactions qui constituent une zone comme le bulbe olfactif. Chaque niveau de la structure a sa propre mesure du temps fond&#233;e sur de telles r&#233;troactions et qui n'est pas strictement p&#233;riodique mais sensible aux modifications ext&#233;rieures. Ainsi, le bulbe olfactif est soumis aux impulsions &#233;lectriques transmises par les capteurs du nez et donc sensible aux odeurs. La respiration est &#233;galement fond&#233;e sur une r&#233;troaction avec deux centres, un pour l'inspiration et un autre pour l'expiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Neurosciences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons maintenant aux neurosciences et &#224; la notion d'auto-organisation et d'&#233;mergence dans les fonctions cognitives.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'hypoth&#232;se expos&#233;e par Francisco Varela dans cet ouvrage est celle d'&#233;v&#233;nements mentaux fond&#233;s sur des ensembles neuronaux appel&#233;s assembl&#233;es cellulaires constitu&#233;s de cellules appartenant &#224; des zones diverses et ces cellules sont reli&#233;es par un point commun : le maintien transitoire en phase des diverses &#233;missions neuronales des neurones ainsi connect&#233;s dans l'assembl&#233;e cellulaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des points essentiels de cette conception est la relation r&#233;ciproque entre les neurones d'une m&#234;me assembl&#233;e cellulaire. C'est elle qui permet le contr&#244;le r&#233;ciproque au plan temporel c'est-&#224;-dire le contr&#244;le de la synchronisation des phases des &#233;missions neuronales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Varela explique ainsi que cette mod&#233;lisation du syst&#232;me cognitif se d&#233;marque dor&#233;navant de celle du cerveau con&#231;u comme une machine informatique :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une assembl&#233;e cellulaire peut &#234;tre activ&#233;e &#224; partir de n'importe quel sous ensemble. Un des principaux constats des neurosciences modernes est que les r&#233;gions du cerveau sont en effet interconnect&#233;es de mani&#232;re r&#233;ciproque. Le terme r&#233;ciproque est crucial ici. Ainsi, quelque soit le type de m&#233;canisme neuronal impliqu&#233; dans des t&#226;ches cognitives sp&#233;cifiques, ce sont n&#233;cessairement de larges r&#233;gions du cerveau, s&#233;par&#233;es g&#233;ographiquement, qui se trouvent concern&#233;es par ces t&#226;ches. Par ailleurs, on ne peut pas consid&#233;rer que ces r&#233;gions distinctes soient organis&#233;es selon un ordre s&#233;quentiel, comme si une activit&#233; cognitive pouvait na&#238;tre de la convergence graduelle de diff&#233;rentes modalit&#233;s sensorielles au niveau d'aires multimodales ou associatives, pour impliquer ensuite les aires frontales sup&#233;rieures responsables de la d&#233;cision et de la planification active des comportements. Cette conception s&#233;quentielle traditionnelle nous vient de l'&#233;poque o&#249; dominait la m&#233;taphore de l'informatique dont une des id&#233;es cl&#233; &#233;tait que le flux d'information allait dans une direction montante (de la p&#233;riph&#233;rie vers l'unit&#233; centrale de traitement. A l'oppos&#233;, nous mettons ici l'accent sur l'importance primordiale des propri&#233;t&#233;s de r&#233;seaux &#224; connexions r&#233;ciproques au sein desquels le caract&#232;re s&#233;quentiel est remplac&#233; par un processus de contr&#244;le temporel : la synchronisation des r&#233;seaux. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Varela remarque trois niveaux distincts d'&#233;mergence permettant de construire et de faire fonctionner les assembl&#233;es cellulaires :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	la formation des neurones et des circuits activ&#233;s entre eux lors de la construction du cerveau&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	la structuration par apprentissage des niveaux de connexions synaptiques entre les neurones, les neurones synchrones renfor&#231;ant leur liaison synaptique&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	la mise en place d'un temps rapide d'activation de l'assembl&#233;e pour atteindre une coh&#233;rence sans &#234;tre submerg&#233; par les messages voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varela postule qu'une assembl&#233;e sp&#233;cifique correspond &#224; un acte cognitif. Il pense &#233;galement que la d&#233;signation d'une assembl&#233;e particuli&#232;re provient d'un processus de synchronisation de message par des assembl&#233;es concurrentes. Pour qu'un processus de perception cognitive soit r&#233;alis&#233; il faut que l'assembl&#233;e ait eu le temps d'&#234;tre parcourue par plusieurs cycles. C'est ce que l'on appelle la synchronisation par verrouillage de phase et cela dure seulement une fraction de seconde (essentiellement gr&#226;ce &#224; des ondes gamma).&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que chaque processus cognitif individuel surgirait d'un processus d'&#233;mergence d'une assembl&#233;e de neurones. Cela constituerait une esp&#232;ce de conscience primaire qui serait la base des &#233;v&#233;nements mentaux-cognitifs qui seraient beaucoup moins synchronis&#233;s et coh&#233;rents. Cette base serait donc constitu&#233;e de ph&#233;nom&#232;nes de synchronisation transitoires et peu durables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres ph&#233;nom&#232;nes cognitifs seraient fond&#233;s sur cet espace constitu&#233; d'assembl&#233;es activ&#233;es de fa&#231;on coh&#233;rente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Varela expose en conclusion les diverses remarques fondamentales sur les &#233;tats mentaux :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; 1&#176;) Les espaces mentaux ont lieu dans un espace unitaire. Par exemple, il n'y a pas de fragmentation dans le v&#233;cu exp&#233;rientiel de diff&#233;rentes modalit&#233;s sensorielles, ni de rupture entre les sensations, les souvenirs et le tonus corporel&lt;br class='autobr' /&gt;
2&#176;) Les &#233;tats mentaux son transitoires dans le sens qu'aucun &#233;tat ne perdure au-del&#224; d'une certaine limite. Inversement, l'exp&#233;rience d'un &#233;tat mental requiert une dur&#233;e minimale. L'&#233;tat mental a donc un caract&#232;re fini, d'une dur&#233;e &#224; la fois incompressible et non-extensible&lt;br class='autobr' /&gt;
3&#176;) L'&#233;tat mental est toujours li&#233; au corps, &#224; un champ particulier de sensation&lt;br class='autobr' /&gt;
4&#176;) L'&#233;tat mental peut &#234;tre d&#233;clench&#233; par un &#233;v&#233;nement endog&#232;ne. Il peut &#233;galement arriver qu'un m&#234;me &#233;tat mental ait des cons&#233;quences perceptuelles et comportementales diff&#233;rentes. Le type d'&#233;v&#233;nements neuraux sous-jacents &#224; un &#233;tat mental doit rester distinct et &#234;tre facile &#224; distinguer d'autres types d &#8216;&#233;v&#233;nements neuraux de telle sorte que cette double relation reste valide. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;mergence de structure constitu&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
par la relation entre trois pace-makers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces r&#233;troactions sont des pace-makers qui fondent des rythmes quasi-p&#233;riodiques. Ces pace-makers peuvent eux-m&#234;mes se coupler par trois pour donner une horloge chaotique. Le rythme qui en r&#233;sultera d&#233;pend des rapports des trois rythmes entre eux. S'ils sont dans des rapports simples, c'est &#224; dire des nombres comme un demi ou deux tiers, les batteurs peuvent se synchroniser et donner un rythme quasi-p&#233;riodique. S'ils ont des rapports qui ne sont pas de ce type, cela donne le chaos avec cette apparence de d&#233;sordre qui correspond &#224; de multiples rythmes sans cesse changeants, comme c'&#233;tait le cas pour le pendule chaotique. En interagissant de mani&#232;re permanente, ils fondent un niveau sup&#233;rieur. On dira que l'on a une structure &#233;mergente car chaque niveau est li&#233; au pr&#233;c&#233;dent mais fonctionne avec des param&#232;tres diff&#233;rents et sur un mode diff&#233;rent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a similarit&#233; entre le fonctionnement des diff&#233;rents niveaux. Le m&#234;me sch&#233;ma a &#233;t&#233; trouv&#233; par le psychologue canadien Hebb pour les interactions entre &#233;v&#233;nements mentaux convient aussi aux circuits neuronaux et aux interactions entre zones du cerveau. Il y a seulement changement d'&#233;chelle de niveau physiologique et d'&#233;chelle du temps. C'est une propri&#233;t&#233; d'autosimilarit&#233;. C'est ce qui explique qu'un m&#234;me message &#233;lectrique puisse &#234;tre porteur de signification &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles comme nous le verrons plus loin. C'est l&#224; que se situe l'aspect purement structurel du fonctionnement qui ne d&#233;pend pas du type de m&#233;canisme &#233;lectrique ou biochimique mais seulement de sa rythmicit&#233; li&#233;e &#224; celle des niveaux sup&#233;rieurs ou inf&#233;rieurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un exemple simple est celui l'interaction entre trois pace-makers du syst&#232;me olfactif. L'odeur est per&#231;ue gr&#226;ce &#224; l'interaction entre bulbe, noyau ant&#233;rieur et cortex olfactif. L'&#233;lectroenc&#233;phalogramme indique comment cette boucle int&#232;gre au message de base quasi-p&#233;riodique (fond&#233; sur la r&#233;troaction inspiration/expiration) l'information du stimulus de l'odeur indiqu&#233; sur la courbe du milieu qui est celle du r&#233;cepteur nasal.&lt;br class='autobr' /&gt; Comment trois pace-makers peuvent-ils fonder une structure nouvelle, dite &#233;mergente ? Donnons deux exemples connus que sont le rythme cardiaque et, en dessous, le mod&#232;le de Lorenz pour la m&#233;t&#233;orologie. Dans ces deux cas, on trouve l'attracteur c'est-&#224;-dire de la courbe obtenue en prenant r&#233;guli&#232;rement les valeurs des param&#232;tres reli&#233;es aux valeurs qu'elles vont prendre un bref instant plus tard, mais sans faire figurer le temps comme param&#232;tre. Remarquons que la courbe n'est pas du hasard. Plus on prend de points et plus cette courbe se compl&#232;te. Elle est dans un domaine limit&#233;, ne remplit pas tout l'espace. Les diverses mani&#232;res de reboucler correspondent &#224; diff&#233;rents rythmes et on retrouve que le chaos d&#233;terministe &#224; trois param&#232;tres permet de repr&#233;senter un nombre consid&#233;rable d'&#233;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'exemple qui a servi &#224; Prigogine est celui de la r&#233;action chimique constitu&#233;e de deux r&#233;troactions coupl&#233;es qui fondent des structures changeantes et dynamiques. Dans ce mouvement chaotique, la trajectoire ne donne aucune indication sur la loi. L'attracteur &#233;trange de la r&#233;action chimique est figur&#233; juste en dessous et montre qu'il y a bien un ordre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'attracteur est une notion complexe tr&#232;s importante dans la th&#233;orie du chaos. Un attracteur est un point ou une courbe telle que si on s'en &#233;loigne un peu, on y est ramen&#233; n&#233;cessairement par l'&#233;volution spontan&#233;e de la dynamique du ph&#233;nom&#232;ne. C'est une notion que l'on conna&#238;t bien en g&#233;ographie avec les bassins d'attraction. En effet, dans un relief il y a des bassins d'attraction pour un fleuve ou pour un glacier. Il est form&#233; des zones o&#249; la tendance est de rejoindre l'attracteur qu'est le fleuve ou le glacier. Pour un pendule p&#233;riodique, le point correspondant &#224; la verticale est un point attracteur. Pour un pendule chaotique, il y a un tr&#232;s grand nombre de points attracteurs qui appartiennent &#224; un graphique appel&#233; l'attracteur &#233;trange et qui est un peu la signature du chaos. L'attracteur du pendule chaotique est compliqu&#233; mais on voit qu'il est structur&#233; et que ce n'est pas du hasard. Si on fait un agrandissement d'une zone on trouve une figure similaire ; l'attracteur &#233;trange est fractal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le neurone est lui aussi une horloge chaotique. Sur l'attracteur &#233;trange de l'axone g&#233;ant du calmar, on voit nettement que le rythme n'est pas fig&#233; et que la presque p&#233;riodicit&#233; est fond&#233;e sur des rebouclages comme pour les autres attracteurs chaotiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une courbe chaotique nous n'avons pas un &#233;tat mais de multiples &#233;tats possibles capables d'&#234;tre &#233;voqu&#233;s puis brutalement chang&#233;s. Le chaos est riche en information. Pour le cerveau, chaque &#233;tat mental est l'un des attracteurs de la courbe. Il compare par similitude et non par identit&#233;. S'il se trouve dans le bassin d'un attracteur, il d&#233;clenchera un m&#233;canisme de reconnaissance. La vision d'un objet de couleur verte s&#233;lectionne un &#233;tat proche du bassin qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; utilis&#233; pour un objet de couleur proche. On voit appara&#238;tre le lien entre le chaos et le m&#233;canisme de reconnaissance et de m&#233;morisation. &lt;br class='autobr' /&gt; Montrons d'abord que les rythmes du cerveau sont chaotiques, c'est-&#224;-dire fond&#233;s sur la capacit&#233; d'une boucle &#224; trois pace-makers de constituer des rythmes adaptatifs s'auto-&#233;duquant. En effet les rythmes du chaos ne sont pas pr&#233;-programm&#233;s contrairement &#224; l'ordinateur mais le r&#233;sultat d'une auto-r&#233;gulation qui s'obtient progressivement. L'enfant ne na&#238;t pas avec son rythme cardiaque adulte, pas plus qu'avec son futur rythme du sommeil. C'est la capacit&#233; des rythmes chaotiques de se coupler qui va les fonder. Et ils sont sensibles aux conditions initiales ce qui leur permet de se coupler avec d'autres rythmes, d'&#234;tre r&#233;gul&#233;s en fonction de la situation, de l'effort du corps, de la temp&#233;rature, de la luminosit&#233;, etc ...&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le cas de notre rythme circadien, de 24 heures, qui est un rythme autonome interne et ne n&#233;cessite pas la vue du soleil et l'alternance jour-nuit, comme le montrent les exp&#233;riences avec des sp&#233;l&#233;ologues. Ces derniers subissent des variations de la p&#233;riode de 24 heures li&#233;es aussi &#224; la temp&#233;rature mais maintiennent en gros le rythme. Et pourtant ce n'est pas d&#251; &#224; l'h&#233;ritage g&#233;n&#233;tique puisque le f&#339;tus a un rythme ultradien de 90 minutes et pas un rythme circadien. Notre rythme circadien, qui a une grande importance tant pour ce qui est du sommeil que pour les s&#233;cr&#233;tions diverses, est un m&#233;canisme que l'individu acquiert par couplage de trois pace-makers : deux dans le cerveau et un au dessus des reins. Il s'agit de trois glandes endocrines, c'est-&#224;-dire responsables de la s&#233;cr&#233;tion d'hormones. Ce sont le noyau suprachiasmatique de l'hypothalamus, la glande pin&#233;ale et sa production de m&#233;latonine et enfin la glande cortico-surr&#233;nale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Loin d'&#234;tre une exception, le rythme circadien n'est qu'un exemple de tous les m&#233;canismes de production d'hormones, tous li&#233;s &#224; des boucles &#224; trois corps : l'hypothalamus, l'hypophyse et la glande endocrine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre pace-maker chaotique du cerveau est responsable de la corr&#233;lation visuelle et serait fond&#233; sur une liaison entre le thalamus et les quatri&#232;mes et sixi&#232;mes couches du cortex. C'est encore une fois trois zones constituant un message unique par interaction. La vision va actionner d'autres cycles interactifs &#224; trois corps comme le filtrage affectif et &#233;motionnel des images, un circuit comprenant l'amygdale, les neurones cholinergiques de la base et le cortex. Les interactions fonctionnelles et sensorielles fonctionnent sur le m&#234;me mod&#232;le, cette fois avec interaction de l'hypothalamus, du syst&#232;me r&#233;ticulaire activateur et de l'activit&#233; sensorielle concern&#233;e, par exemple l'odorat. &lt;br class='autobr' /&gt;
La machine &#224; trois temps que constitue la vigilance, le sommeil et le r&#234;ve est bas&#233;e sur la liaison entre le bulbe, la formation r&#233;ticul&#233;e et les noyaux du m&#233;senc&#233;phale. Et ce cycle de base est lui-m&#234;me reli&#233; &#224; d'autres cycles &#224; trois corps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi ce que l'on appelle le syst&#232;me r&#233;ticul&#233; activateur ascendant, terme barbare sous lequel on entend le syst&#232;me responsable de l'activation de l'&#233;veil, est form&#233; par l'interaction de trois zones : la formation r&#233;ticul&#233;e, le thalamus et le cortex. Et c'est cet ensemble qui donne le &#171; la &#187;, si l'on peut dire, de la transmission de base des neurones du cerveau &#233;veill&#233; au repos, le rythme alpha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rythme alpha est d'environ 10 herz (soit dix cycles par seconde) fr&#233;quence autour de laquelle il y a un intervalle relativement vide d'&#233;v&#233;nements &#233;lectriques entourant un pic tr&#232;s net et intense. Cette &#233;troite bande de fr&#233;quence serait le signal &#233;lectrique &#233;mis par un syst&#232;me d'horlogerie dans le cerveau qui serait en rapport direct avec la limite inf&#233;rieure de notre temps de r&#233;action de l'ordre de 0,1 seconde. Holubar parle de pace-maker du cerveau car les personnes qui ont un rythme alpha lent ont une activit&#233; mentale ralentie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second rythme est le rythme du sommeil paradoxal ou rythme b&#233;ta dont l'origine est le tronc c&#233;r&#233;bral et qui envoie des messages au thalamus et au cortex occipital. C'est une activit&#233; &#233;lectrique de fr&#233;quence environ 20 herz caract&#233;ris&#233;e notamment par des pointes de grande amplitude. Jean Louis Valatx, directeur de recherche &#224; l'Inserm a montr&#233; en juin 94 qu'on peut le consid&#233;rer comme un pace-maker du cerveau. C'est m&#234;me le premier car c'est celui du foetus et il contr&#244;le m&#234;me 90% de la vie du foetus. Le sommeil paradoxal est caract&#233;ris&#233; par des mouvements des yeux, une respiration irr&#233;guli&#232;re, l'&#233;rection p&#233;nienne et un &#233;lectrocardiogramme voisin de l'&#233;veil. Ce cycle serait le porteur de la m&#233;morisation de l'esp&#232;ce. En effet, le foetus command&#233; par ce seul rythme serait capable de toutes les mimiques faciales humaines qui ne seraient donc pas le r&#233;sultat de l'apprentissage social, du moins chez l'homme. On l'a m&#234;me appel&#233; le pace-maker onirog&#232;ne car il serait indispensable aux comportements oniriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me, le rythme gamma, qui correspond &#224; une fr&#233;quence entre 35 et 75 herz, est consid&#233;r&#233; par Crick et Koch comme la base &#233;lectrique du processus de la conscience et serait reli&#233; &#224; la boucle hypothalamus, cortex neuro-v&#233;g&#233;tatif et tronc c&#233;r&#233;bral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve encore le rythme t&#233;ta &#224; environ 6 herz et le rythme delta &#224; environ 3 herz. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ces rythmes ne sont pas des rythmes r&#233;guli&#232;rement p&#233;riodiques qui seraient seulement agit&#233;s par le bruit des circuits mais des rythmes chaotiques, c'est-&#224;-dire fond&#233;s sur la dynamique hors de l'&#233;quilibre. Ce sont des rythmes fond&#233;s sur le &#171; bruit &#187; des circuits. C'est l'ordre issu du d&#233;sordre. L'attracteur &#233;trange du rythme alpha, visualis&#233; en trois dimensions et pr&#233;sent&#233; sous diff&#233;rents angles, montre que le rebouclage ne se fait pas exactement. Le fait qu'il soit en trois dimensions au moins est fondamental pour cela. En dessous de trois dimensions, les courbes se recouperaient et on atteindrait la p&#233;riodicit&#233; comme dans le cas de l'&#233;pilepsie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Message et structure :&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;sordre produit l'ordre et inversement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de la th&#233;orie du chaos d&#233;terministe il ne s'agit ni de d&#233;sordre ni de hasard, ni encore d'une complexit&#233; due &#224; un trop grand nombre de param&#232;tres mais d'une dynamique auto-structur&#233;e, dans laquelle l'auto-organisation a mis en &#233;vidence un petit nombre de param&#232;tres : moins de onze et pour une seule t&#226;che moins de sept et souvent trois. On est loin des milliards de milliards de facteurs de la th&#232;se du d&#233;sordre li&#233; au hasard !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en s'appuyant sur un message &#233;lectrique d&#233;sordonn&#233; que le cerveau parvient &#224; conna&#238;tre pr&#233;cis&#233;ment la r&#233;alit&#233; changeante du monde ext&#233;rieur et l'&#233;tat changeant lui aussi de notre corps, au point de donner des ordres pr&#233;cis que ce soit pour agir vers l'ext&#233;rieur ou encore pour modifier l'&#233;quilibre int&#233;rieur du corps. Sa pr&#233;cision et sa rapidit&#233; impressionnantes s'expliquent paradoxalement par le fait que le signal de base est chaotique. Et m&#234;me ce message suffisamment d&#233;sordonn&#233; est une condition indispensable &#224; la sant&#233;. S'il devient trop ordonn&#233; on a soit le diagramme plat, c'est-&#224;-dire le coma ou la mort, soit un message p&#233;riodique et c'est l'&#233;pilepsie. Le paradoxe est donc le suivant : la transmission d'ordre n&#233;cessite que le cerveau entretienne sans cesse le d&#233;sordre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Examinons maintenant la relation entre les rafales brutales &#233;mises par le neurone et ce message &#233;lectrique complexe qui parcourt le cerveau et active divers circuits. L'une des particularit&#233;s du neurone est de hi&#233;rarchiser le message re&#231;u gr&#226;ce &#224; sa structure fractale. Un m&#234;me message chaotique peut &#234;tre porteur de signification &#224; bien des niveaux auto-similaires les uns par rapport aux autres comme le sont les niveaux hi&#233;rarchiques du cerveau. Le message neuronal qui est au dessus a &#233;t&#233; math&#233;matiquement transform&#233; en ne conservant qu'une partie des fr&#233;quences puis chaque morceau est agrandit aux lignes du dessous. Chaque agrandissement est similaire au message dont il est issu. Le nombre moyen de niveaux d'autosimilarit&#233; du message est &#233;quivalent au nombre de param&#232;tres du syst&#232;me au cours d'un processus et peut &#234;tre calcul&#233; par la th&#233;orie math&#233;matique du chaos d&#233;terministe. C'est ce que l'on appelle la dimension de corr&#233;lation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment un tel message d'apparence d&#233;sordonn&#233;e peut-il se traduire en informations, en image, en ordres, telle est la principale question bien entendu et la th&#233;orie du chaos n'a pas fini d'en donner la r&#233;ponse. Cependant, il y a bien des &#233;l&#233;ments d'explication. Un travail r&#233;cent de Francisco Varela &#224; l'h&#244;pital de la Piti&#233; Salp&#233;tri&#232;re m&#233;rite d'&#234;tre cit&#233;. Il date de d&#233;but 1999 et a &#233;t&#233; publi&#233; en f&#233;vrier par la revue Nature. Varela s'inspire des math&#233;matiques du chaos pour &#233;tudier les ondes gamma entre 30 et 80 herz. Il a coupl&#233; cette &#233;tude avec une exp&#233;rience de reconnaissance des formes. Les figures d&#233;form&#233;es qui y sont indiqu&#233;es sont pr&#233;sent&#233;es jusqu'&#224; ce que la personne reconnaisse une image. Au moment o&#249; les sujets sont conscients de l'avoir reconnu, ils appuient sur un bouton. Varela montre que cela co&#239;ncide avec le moment o&#249; le message gamma est d&#233;structur&#233; brutalement et envoy&#233; &#224; d'autres zones. Tant que la forme n'est pas reconnue, le cortex pr&#233;frontal a la capacit&#233;, unique dans le cerveau, de conserver l'information. Notons que ce temps de maintien du message avant d&#233;structuration est une propri&#233;t&#233; essentielle qui diff&#232;re selon les animaux et les capacit&#233;s de m&#233;morisation et de conscience des animaux sont d'autant plus importantes que le temps de conservation du message structur&#233; est plus long. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette exp&#233;rience n'a pas seulement l'int&#233;r&#234;t de prouver le lien entre messages &#233;lectriques et images mentales. Bien d'autres exp&#233;riences, par exemple la tomographie qui permet de visualiser les zones impliqu&#233;es par un processus mental, s'en &#233;taient d&#233;j&#224; charg&#233;es et on avait m&#234;me pu montrer l'identit&#233; entre les t&#226;ches de zones impliqu&#233;es par la vision des objets et celles concern&#233;es par l'&#233;vocation mentale des m&#234;mes objets. Ou encore par l'acte et la pens&#233;e de celui-ci. Mais de plus cette exp&#233;rience permet de d&#233;voiler une partie du m&#233;canisme du cerveau encore inconnue. En effet, elle souligne d'une part le fonctionnement par comparaison entre des circuits parall&#232;les pour la reconnaissance utilisant la m&#233;thode par similitude qui est celle des bassins d'attraction. D'autre part elle r&#233;v&#232;le son mode de r&#233;gulation par d&#233;structuration du message apr&#232;s envoi &#224; d'autres zones. Un message &#233;lectrique porteur d'une information part d'une source et est envoy&#233; dans les &#233;tages de la structure. Son degr&#233; de d&#233;sordre augmente en m&#234;me temps. En utilisant un terme de la th&#233;orie du chaos, nous dirons que sa dimension de corr&#233;lation augmente. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'irr&#233;gularit&#233; du message de base est non seulement porteuse des informations mais de plus cette base chaotique permet aux neurones de filtrer les informations coh&#233;rentes. Au contraire si le message de base devient trop r&#233;gulier, il va correspondre en terme de fr&#233;quences &#224; de nombreuses possibilit&#233;s de passage des entr&#233;es neuronales. Si une impulsion &#233;lectrique trop r&#233;guli&#232;re se propage, elle va parvenir &#224; passer dans de nombreux circuits et occuper toute une zone du cerveau. Tous les autres ordres qui devraient y passer vont &#234;tre bloqu&#233;s. Le cerveau ne peut plus commander m&#234;me les ordres les plus simples de r&#233;gulation du corps ou les ordres moteurs. Et c'est la crise d'&#233;pilepsie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La th&#233;orie au service de la th&#233;rapie : l'&#233;pilepsie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son ouvrage intitul&#233; &#171; Entre le temps et l'&#233;ternit&#233; &#187; Prigogine &#233;crivait : &#171; l'&#233;pilepsie, loin d'&#234;tre assimilable &#224; un comportement irr&#233;gulier se caract&#233;riserait au contraire par une &#171; r&#233;gularit&#233; &#187; trop grande de l'activit&#233; c&#233;r&#233;brale. &#187; En 1991, Duke, sp&#233;cialiste &#224; l'institut d'Etat de Floride pour les recherches informatiques sur le message c&#233;r&#233;bral &#233;crit ainsi : &#171; plus il y a de chaos dans le message c&#233;r&#233;bral, meilleur c'est. &#187; L'&#233;pilepsie est une affection du syst&#232;me nerveux qui entra&#238;ne des d&#233;charges coh&#233;rentes importantes dans toute une zone du cerveau et provoque des mouvements convulsifs et une perte de connaissance de une ou deux minutes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme le soup&#231;onnait Prigogine, on sait aujourd'hui que l'&#233;pilepsie n'est pas une maladie due &#224; une l&#233;sion ou &#224; une d&#233;gradation physique du mat&#233;riau c&#233;r&#233;bral mais &#224; une perte de rythmicit&#233; chaotique du fait d'une trop grande r&#233;gularit&#233; du message c&#233;r&#233;bral. Trop de r&#233;gularit&#233;, c'est aussi ce qu'expliquait Lambert dans la &#171; Revue de morphopsychologie &#187; de janvier 1999 : &#171; Il convient de ne pas faire passer une troupe au pas cadenc&#233; sur un pont car la r&#233;p&#233;tition r&#233;guli&#232;re de chocs synchronis&#233;s entra&#238;ne une entr&#233;e en r&#233;sonance des structures de l'ouvrage qui peut aller jusqu'&#224; la rupture. Analogiquement, on peut penser que la crise d'&#233;pilepsie consiste en une sorte d'entr&#233;e en r&#233;sonance (de synchronisation) de l'activit&#233; c&#233;r&#233;brale naturellement chaotique &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, tout r&#233;cemment un travail de l'&#233;quipe du CNRS et de l'h&#244;pital de la Salp&#233;tri&#232;re de 1998 a montr&#233; que le fonctionnement normal du cerveau &#233;tait chaotique et que l'&#233;pilepsie pouvait &#234;tre d&#233;tect&#233;e par l'apparition d'un rythme r&#233;gulier et soign&#233;e par des impulsions &#233;lectriques permettant de revenir au fonctionnement normal chaotique fond&#233; sur un apparent d&#233;sordre. Dans la comparaison entre un rythme normal et un rythme c&#233;r&#233;bral d'un &#233;pileptique, on r&#233;alise la comparaison des deux attracteurs &#233;tranges. Elle montre que celui de l'&#233;pileptique s'approche du rythme p&#233;riodique et en dessous vous les rythmes repr&#233;sent&#233;s par le graphique dans le temps. On a compar&#233; des rythmes connus de l'&#233;veil et du sommeil comme les rythmes alpha et b&#232;ta. L&#224; aussi, il est visible que celui de l'&#233;pileptique est beaucoup plus r&#233;gulier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#233;tude a montr&#233; que l'on pouvait utiliser le mod&#232;le math&#233;matique du chaos pour soigner les malades atteints d'&#233;pilepsie. La revue &#171; Nature &#187; a publi&#233; en octobre 98 le compte rendu des travaux de l'un des responsables de cette recherche, Jacques Martinerie, qui, apr&#232;s avoir r&#233;ussi &#224; exhiber les courbes caract&#233;ristiques des indicateurs non-lin&#233;aires du cerveau, explique que la route vers la crise est synonyme d'&#233;volution vers la r&#233;gularit&#233;. Les diff&#233;rents enregistrements indiqu&#233;s en dessous montrent les &#233;tapes de la crise, depuis un rythme normal au dessus, puis un rythme trop r&#233;gulier pr&#233;c&#233;dant la crise et qui est suivi d'un rythme trop agit&#233;. Dans l'&#233;lectroenc&#233;phalogramme, on voit un message r&#233;gulier qui occupe toute une zone du cerveau. Cette &#233;tude donne une nouvelle interpr&#233;tation d'un fait que l'on connaissait : le sentiment de d&#233;tente qui pr&#233;c&#232;de la crise d'&#233;pilepsie et dans lequel le malade a, quelques minutes avant la crise, une hallucination visuelle en m&#234;me temps que le sentiment de sentir une odeur curieuse. C'est ce que l'on a appel&#233; l'aura et dont les &#233;pileptiques disent qu'elle donne un curieux sentiment de bien &#234;tre. Le message de l'&#233;pileptique montrait une baisse brutale de sa dimension de corr&#233;lation descendait bien en dessous de la normale. Cette baisse de dimension est synonyme d'une trop grande r&#233;gularit&#233; avec un nombre moyen de param&#232;tres du syst&#232;me descendant au dessous de trois. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude n'est pas seulement une interpr&#233;tation ou une explication mais offre une voie pour la th&#233;rapie. En effet le calcul des caract&#233;ristiques des graphiques permet de pr&#233;voir quelques minutes &#224; l'avance l'arriv&#233;e de la crise et, du coup, de l'&#233;viter en envoyant artificiellement une d&#233;charge qui d&#233;structure ce message r&#233;gulier. C'est donc une d&#233;couverte tr&#232;s importante pour soigner l'&#233;pilepsie. Jusque l&#224; on &#233;tait souvent d&#233;sarm&#233; dans cette grave maladie au point qu'il arrivait qu'on soit contraint de d&#233;brancher les deux h&#233;misph&#232;res c&#233;r&#233;braux ! C'est dire toute l'importance de cette d&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La th&#232;se est donc celle-ci : le cerveau est un m&#233;canisme d'horlogerie comme le pensaient les mat&#233;rialistes du Si&#232;cle des Lumi&#232;res, &#224; ceci pr&#232;s que les horloges ne sont nullement de simples tic tac sans variation ni &#233;volution, ne sont pas des m&#233;canismes sans histoire c'est-&#224;-dire pr&#233;dictibles et r&#233;versibles. Les horloges chaotiques sont capables de s'auto-r&#233;guler mais aussi d'apprendre et d'&#233;voluer et de constituer tout un &#233;chafaudage de rythmes adaptatifs. Cette &#233;volution a lieu au cours de la vie d'un individu mais aussi &#224; l'&#233;chelle de l'&#233;volution des esp&#232;ces. Ce qui le permet c'est cette propri&#233;t&#233; des fonctions chaotiques &#224; la fois d'&#234;tre sensibles aux conditions initiales tout en &#233;tant structurellement stables. C'est donc surtout au physicien Erwin Schr&#246;dinger que la recherche semble donner raison, lui qui &#233;crivait dans son passionnant ouvrage de 1967 &#171; Qu'est-ce que la vie ? &#187; : &#171; La vie est fond&#233;e sur des m&#233;canismes d'horlogerie capables de fonctionner dynamiquement &#187; et Schr&#246;dinger rajoutait qu'une horloge qui est soumise &#224; des lois dynamiques est capable non seulement de ne pas perdre en structuration mais m&#234;me d'augmenter spontan&#233;ment son niveau d'organisation. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'&#233;volution animale a &#233;t&#233; aussi l'&#233;volution vers le cerveau puis vers le cerveau humain. Le cerveau a non seulement grossi comme le montre l'&#233;volution des grands singes puis des homino&#239;des puis des hominid&#233;s puis des hommes. Mais surtout il s'est complexifi&#233;. Chacune des fonctions simples s'est accoupl&#233;e &#224; une fonction sup&#233;rieure puis s'est accoupl&#233;e &#224; des syst&#232;mes de r&#233;gulation de la fonction. Quand nous marchons, quand nous regardons un paysage, quand nous parlons, nous actionnons des circuits de notre cerveau. Nous actionnons d'abord des circuits grossiers qui ont une capacit&#233; faible de r&#233;solution puis ceux-ci en actionnent d'autres qui affinent le processus. Avec cette am&#233;lioration de la pr&#233;cision des fonctions nous avons successivement d&#233;velopp&#233; des centres de r&#233;gulation &#224; plusieurs niveaux et nous conservons en partie en nous ces &#233;tapes de l'&#233;volution animale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;RYTHMES BIOLOGIQUES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La synchronisation des horloges du vivant&lt;br class='autobr' /&gt;
fond&#233;e sur des boucles de r&#233;troaction biochimiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans leur ouvrage &#171; Les rythmes du vivant &#187;, Boissin et Canguilhem &#233;crivent : &#171; un des grands probl&#232;mes commun aux animaux et aux v&#233;g&#233;taux est l'anticipation c'est-&#224;-dire l'adaptation des &#234;tres vivants &#224; leur environnement par l'utilisation des horloges biologiques. &#187; Comme je l'avais rappel&#233; dans un expos&#233; pr&#233;c&#233;dent, les rythmes du type circadien (de 24 heures) se sont en effet av&#233;r&#233;s capables d'adaptation, d'interaction tant avec le milieu qu'entre eux. Mais ce ne sont pas les seuls &#224; fonctionner ainsi. Il en va de m&#234;me d'autres rythmes, comme ceux de la respiration, celui des excr&#233;tions par exemple ou encore le rythme d'alternance de la procr&#233;ation, de la vie et de la mort, au niveau de la cellule comme de l'individu. La dur&#233;e moyenne de vie d'un individu au sein d'une esp&#232;ce est souvent &#233;voqu&#233;e mais il convient aussi de noter qu'il y a &#233;galement une dur&#233;e de vie de l'esp&#232;ce elle-m&#234;me ou de la famille d'esp&#232;ces. On trouve en effet des dur&#233;es moyennes de vie pour les esp&#232;ces comme pour les familles ou les genres. Par exemple, chez les reptiles la dur&#233;e moyenne de vie d'une famille est de 55 millions d'ann&#233;es. Une famille de dinosaures dure 25 millions d'ann&#233;es. La famille &#224; laquelle appartiennent les crocodiles actuels a d&#233;j&#224; dur&#233; plus de cent millions d'ann&#233;es. Par contre, chez les dinosaures, un genre durait cinq ou six millions d'ann&#233;es. En moyenne trois ou quatre esp&#232;ces de dinosaures composent un genre et six &#224; douze genres, une famille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ces rythmes ont des caract&#233;ristiques &#224; chacun des niveaux : de l'individu, du groupe, de l'esp&#232;ce et des branches sup&#233;rieures, comme genre ou famille. Dans son ouvrage &#171; Le pt&#233;rodactyle rose &#187;, Robert Bakker, sp&#233;cialiste des dinosaures, a montr&#233; que ceux-ci devaient avoir le sang chaud et pour le d&#233;montrer, il a soulign&#233; le lien entre m&#233;tabolisme (ou rythme &#233;nerg&#233;tique), rythme de la croissance et rythme de l'&#233;volution. Et notamment il a expliqu&#233; que l'&#233;quilibre dynamique entre pr&#233;dateur et proie est d&#233;pendant du m&#233;tabolisme du pr&#233;dateur. En effet, ses besoins &#233;nerg&#233;tiques vont d&#233;pendre de son rythme interne. Ils vont entra&#238;ner en cons&#233;quence un plus moins grand besoin de proies. Des besoins &#233;nerg&#233;tiques trop importants peuvent m&#234;me entra&#238;ner la disparition des proies.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre d&#233;couverte rappelle le lien entre la rythmologie et l'&#233;volution. Des chercheurs ont montr&#233; en 1998 que des animaux aussi &#233;loign&#233;s dans le m&#233;canisme de l'&#233;volution que la souris et la mouche drosophile - deux animaux s&#233;par&#233;s en termes d'&#233;volution par 600 millions d'ann&#233;es - ont en commun un m&#233;canisme biologique qui fonde leur rythme circadien. Il s'agit l&#224; du m&#234;me cycle de r&#233;troaction qui produit les prot&#233;ines. On montre ainsi que ce rythme est interne et h&#233;rit&#233; des origines. On savait d&#233;j&#224; qu'il y avait une interaction entre rythme solaire et organes du corps, syst&#232;me oculaire, glande pin&#233;ale et noyau suprachiasmatique. En 1997, des chercheurs am&#233;ricains avaient montr&#233; que les mouches drosophiles ont d'innombrables horloges miniatures r&#233;parties sur l'ensemble du corps et pour lesquelles l'arriv&#233;e du jour repr&#233;sente une remise &#224; z&#233;ro. Cela montre que ce rythme circadien endog&#232;ne est li&#233; au m&#233;canisme g&#233;n&#233;tique lui-m&#234;me. D'autre part, des recherches de l'&#233;quipe Paolo Sassone-Corsi de l'Institut de g&#233;n&#233;tique et de biologie mol&#233;culaire de Strasbourg publi&#233;es au d&#233;but de l'ann&#233;e dans la revue &#171; Nature &#187; viennent de montrer que chacune des cellules du coeur et du rein du poisson-z&#232;bre poss&#232;dent une horloge circadienne qui fonctionne ind&#233;pendamment du rythme du corps. Cette horloge est li&#233;e &#224; un g&#232;ne et ce rythme se resynchronise brutalement par &#233;mission lumineuse re&#231;ue par les photor&#233;cepteurs de la membrane cellulaire et peut ainsi suivre l'alternance jour-nuit. On a trouv&#233; chez la souris &#233;galement un g&#232;ne correspondant &#224; un rythme circadien, ce qui laisse entendre que les horloges existent &#224; tous les niveaux, que la vie n'est rien d'autre que la synchronisation de nombreux rythmes de r&#233;actions biochimiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme le rythme circadien, les autres rythmes du vivant sont des rythmes endog&#232;nes, contr&#244;l&#233;s par des oscillateurs internes, reli&#233;s &#224; des synchroniseurs qui avancent ou retardent en permanence notre horloge physiologique. Ces rythmes sont en permanence en connexion avec des rythmes externes comme celui du jour et de la nuit. Arthur Winfree a soulign&#233; dans son ouvrage &#171; Les horloges de la vie &#187; combien la mod&#233;lisation par le chaos ouvre de perspectives &#224; la compr&#233;hension de ces rythmes et de leur capacit&#233; &#224; se synchroniser et &#224; se coordonner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis bien longtemps, on a compris que le vivant porte en lui de nombreux rythmes mais il reste &#224; d&#233;couvrir comment ils fonctionnent, sur quoi ils sont fond&#233;s et comment ils &#233;voluent. Ces rythmes sont-ils internes, ou d&#233;termin&#233;s par des facteurs ext&#233;rieurs comme les saisons, les climats, etc ...? L'horloge est-elle d&#233;termin&#233;e par une p&#233;riodicit&#233; fixe transmise g&#233;n&#233;tiquement ou, au contraire, est-elle le produit d'une dynamique &#233;volutive ? Ces rythmes sont-ils individuels ou propres &#224; l'esp&#232;ce, particuliers &#224; un groupe d'esp&#232;ces ou communs aux diverses esp&#232;ces vivantes ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Citons quelques exemples de rythmes biologiques. Des cigales ont des nymphes qui naissent &#224; peu pr&#232;s en m&#234;me temps tous les 17 ans, sans aucun contact entre elles et sans d&#233;pendre de facteurs externes comme le climat et les saisons. Une certaine esp&#232;ce de bambou est encore plus &#233;tonnante puisqu'elle fleurit tous les 120 ans, avec ce m&#234;me rythme aux quatre coins de la plan&#232;te, malgr&#233; la diversit&#233; des climats. C'est donc bien que la floraison d'une esp&#232;ce v&#233;g&#233;tale est r&#233;gl&#233;e par une horloge qui n'est pas impos&#233;e de l'ext&#233;rieur par l'environnement, mais qui est interne et caract&#233;ristique de l'esp&#232;ce. Cela suppose donc des r&#233;actions biochimiques capables de comptabiliser ... 120 ans. De m&#234;me que la dur&#233;e de vie d'un individu suppose une horloge biologique, celle d'une esp&#232;ce, ou la floraison li&#233;e &#224; celle-ci suppose &#233;galement des horloges biologiques de l'esp&#232;ce et pas seulement de l'individu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un exemple de dynamique chaotique a &#233;t&#233; &#233;tudi&#233; : le rythme de l'activit&#233; locomotrice des crevettes bouquets. C'est un double rythme &#224; la fois circadiatal (de 13 heures) proche de celui des mar&#233;es et circadien, li&#233; &#224; la rotation de la terre. Suivant le type de crevettes, l'une des horloges domine le rythme r&#233;sultant mais les deux coexistent. Dans aucun des deux cas, un rythme strictement p&#233;riodique n'existe. Il est donc fond&#233; en permanence sur des fluctuations al&#233;atoires, mais il reste cependant globalement stable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les propri&#233;t&#233;s de ces horloges fond&#233;es sur une agitation sous-jacente, leur capacit&#233; &#224; s'adapter et &#224; se synchroniser collectivement ont &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;s par les travaux d'Arthur Winfree, Steven Strogatz et Ian Stewart. Ils ont montr&#233; qu'il y a un rythme collectif qui est globalement stable, fond&#233; sur des r&#233;troactions. Le ph&#233;nom&#232;ne d'interactions entre les fr&#233;quences des oscillateurs coupl&#233;s est du m&#234;me type que de nombreux ph&#233;nom&#232;nes physiques, comme l'alignement collectif des mol&#233;cules dans un liquide congel&#233;. La perte de synchronisation qui a lieu continuellement dans ces rythmes est du m&#234;me type que la perte d'alignement du magn&#233;tisme d'un aimant chauff&#233;. En termes g&#233;n&#233;raux, on appelle tous ces ph&#233;nom&#232;nes des brisures de sym&#233;trie. Cela est synonyme de la formation d'un nouveau niveau de structuration ou de diminution du nombre de degr&#233;s de libert&#233;, qui sont les param&#232;tres de l'ordre global. Nous avons souvent affaire au m&#234;me type de ph&#233;nom&#232;ne dans l'&#233;tude du vivant. Des ruptures de sym&#233;trie peuvent &#234;tre observ&#233;es aussi bien au moment de la diversification des cellules que de l'apparition du bourgeon qui initie le membre. &lt;br class='autobr' /&gt; Comment expliquer les diff&#233;rences de rythmes entre divers animaux ? Ainsi lorsque l'on &#233;tudie les primates, on remarque des diff&#233;rences de rythme cardiaque mais on remarque aussi que ce rythme est en moyenne inversement proportionnel &#224; la dur&#233;e de vie. Ainsi un animal, dont le coeur bat deux fois plus vite, vit en moyenne deux fois moins longtemps : cela signifie que les primates ont en gros le m&#234;me nombre de battements dans une vie. Ce nombre est donc d&#233;termin&#233;, non pour un individu ou pour l'esp&#232;ce, mais pour tout le groupe des primates et cela alors que le mode de vie, les r&#233;gions et les climats peuvent &#234;tre tr&#232;s diff&#233;rents. Les individus ont une dur&#233;e de vie d&#233;termin&#233;e en moyenne par l'esp&#232;ce &#224; laquelle ils appartiennent, mesur&#233;e &#233;galement par une horloge : ces rythmes sont donc internes et non externes. Ce qui les d&#233;termine ce sont des cycles de transformation de produits biochimiques. &lt;br class='autobr' /&gt; On peut parler d'horloge puisque ces m&#233;canismes biochimiques d&#233;finissent un laps de temps. Une nouvelle science est m&#234;me apparue, la chronobiologie. Cette science a montr&#233; qu'une action chimique n'a pas la m&#234;me efficacit&#233; si elle se produit &#224; diff&#233;rents moments, correspondant &#224; des phases diff&#233;rentes du rythme de l'&#234;tre vivant. Par exemple, le corps ne r&#233;agit pas de la m&#234;me mani&#232;re au m&#234;me m&#233;dicament selon l'heure &#224; laquelle il est administr&#233;, si cela se produit durant des phases diff&#233;rentes du cycle vital. Les rythmes sont donc interactifs. Un cycle peut r&#233;agir sur un autre, entra&#238;nant des d&#233;calages de phase, ou des acc&#233;l&#233;rations de la r&#233;action car certains produits d'une r&#233;action chimique sont des enzymes, c'est-&#224;-dire des mol&#233;cules activatrices.&lt;br class='autobr' /&gt; Pour ces horloges biologiques, le temps n'est pas une p&#233;riode d&#233;finie une fois pour toutes. Il se construit &#224; chaque fois comme produit d'une s&#233;rie enchev&#234;tr&#233;e de r&#233;actions biochimiques interactives qui s'acc&#233;l&#232;rent ou s'inhibent entre elles. Ce n'est pas un tic-tac r&#233;gulier et p&#233;riodique, d&#233;fini une fois pour toutes mais, au contraire, un temps biologique construit par exp&#233;rience, interactif, &#233;volutif, sensible aux conditions aussi bien int&#233;rieures qu'ext&#233;rieures. Ainsi, le temps biologique sera chang&#233; pour des sp&#233;l&#233;ologues qui n'ont plus aucun contact avec la surface et ne connaissent plus le rythme solaire. Cependant leur temps circadien est presque maintenu. Mais, par exemple, ce temps sera modifi&#233; si la temp&#233;rature change car tous les m&#233;canismes du m&#233;tabolisme sont modifi&#233;s. C'est ce qu'ont montr&#233; les exp&#233;riences sur la mouche drosophile : un changement brutal de temp&#233;rature d&#233;passant un seuil de stabilit&#233; dans la r&#233;action de production de certaines prot&#233;ines entra&#238;ne un changement radical du type de stabilit&#233; globale, c'est-&#224;-dire la production d'une nouvelle esp&#232;ce. Et surtout, cette &#233;volution n'est pas seulement produite pour cet animal : elle est d&#233;sormais h&#233;r&#233;ditaire. Le changement brutal de temp&#233;rature cause donc un effet de choc, appel&#233; stress dans la biochimie mol&#233;culaire, entra&#238;nant la mise en place d'un nouvel &#233;quilibre. Le stress est un cycle biochimique qui interagit d'une part avec l'environnement et, d'autre part, avec le m&#233;canisme d'inhibition des variations. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un argument important en faveur de la th&#232;se du chaos d&#233;terministe qui est le seul type d'ordre que nous connaissions dans lequel un choc entra&#238;ne un nouvel &#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous allons montrer que les r&#233;actions biochimiques qui fondent ces rythmes chaotiques sont des boucles de r&#233;troaction ? Prigogine et Nicolis ont pens&#233; &#224; ce type de r&#233;actions pour fonder les rythmes du vivant parce que de telles boucles avaient &#233;t&#233; &#233;tudi&#233;es en chimie avec les r&#233;actions Bz, du nom de ses auteurs B&#233;louzov et Zhabotinsky et que l'on a pu prouver dans ce cas qu'il s'agissait de ph&#233;nom&#232;nes chaotiques produisant des rythmes.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette r&#233;action Bz a pu &#234;tre &#233;tudi&#233;e en repr&#233;sentant les courbes correspondant aux concentrations des divers produits La r&#233;action Bz est une r&#233;action d'oxydation de l'acide citrique par des ions bromates et catalys&#233;e par un couple oxydo-r&#233;ducteur d'ions. Elle a une particularit&#233; importante : c'est d'&#234;tre une r&#233;troaction, c'est-&#224;-dire que l'un des produits de la r&#233;action r&#233;agit sur son point de d&#233;part et l'active. Comme toutes les r&#233;actions chimiques dites de r&#233;action/diffusion (le terme diffusion d&#233;crit la mani&#232;re dont elles se propagent), on peut la mod&#233;liser par des &#233;quations math&#233;matiques chaotiques. Le graphique que l'on trouve est un attracteur &#233;trange et on retrouve la sensibilit&#233; aux conditions initiales. Cette r&#233;action am&#232;ne ses divers produits &#224; former des figures particuli&#232;res, visibles dans ce cas car les produits chimiques n'ont pas la m&#234;me coloration. La courbe temporelle indique les valeurs des concentrations de l'un des produits chimiques et l'on peut constater qu'il s'agit d'un apparent d&#233;sordre. Par contre, les courbes, qui indiquent en m&#234;me temps les valeurs des trois concentrations, donnent le type m&#234;me d'un attracteur &#233;trange du chaos, avec la caract&#233;ristique de la sensibilit&#233; aux conditions initiales, le caract&#232;re feuillet&#233; et autosimilaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action Bz a une grande importance en biochimie. Les spirales, les rayures et les divers motifs chimiques ressemblent &#224; divers motifs de la biologie du vivant, par exemple le pelage d'un animal ou encore l'agr&#233;gation d'amibes ou de cellules. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme l'&#233;crivait Christian Vidal en 1995 dans son article &#171; Le chaos d&#233;terministe en chimie &#187; : &#171; Lors de l'&#233;tude de cette r&#233;action on s'est aper&#231;u qu'une r&#233;action chimique n'&#233;tait susceptible d'osciller que si son m&#233;canisme comporte une boucle de r&#233;troaction. (...) L'effet renforce donc la cause qui lui donne naissance, c'est une auto-amplification Cette circonstance est rare, semble-t-il en chimie. Elle est beaucoup plus r&#233;pandue dans le monde du vivant. (...) Les r&#233;actions biochimiques oscillantes sont peut-&#234;tre la cl&#233; de la myst&#233;rieuse horloge interne qui r&#233;glerait les rythmes biologiques. On conna&#238;t depuis 1950, le caract&#232;re oscillant de certaines r&#233;actions du m&#233;tabolisme. Parmi celles-ci la glycolyse est peut-&#234;tre la plus importante (...) Elle constitue un mode essentiel et universel d'approvisionnement en &#233;nergie des cellules. Cette r&#233;action oscille avec une p&#233;riode de l'ordre de la minute. (...) Il reste &#224; comprendre comment les cellules d'un organisme parviendraient &#224; coordonner leur activit&#233; pour former cette horloge biologique. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
La vie a besoin d'un certain ordre li&#233; &#224; des valeurs comme la temp&#233;rature, la pression art&#233;rielle, la concentration de certains produits chimiques. Ces param&#232;tres doivent &#234;tre contraints par un m&#233;canisme de r&#233;gulation &#224; rester dans un intervalle limit&#233;. Le m&#233;canisme qui assure cette r&#233;gulation est l'hom&#233;ostasie. Ce n'est pas un &#233;quilibre stable mais produit par une cascade de r&#233;actions interactives. Ces rythmes ne sont ni fix&#233;s d'avance ni immuables mais s'&#233;tablissent par un processus d'interactions de r&#233;actions et, comme tels, sont adaptables. Ainsi, la forme g&#233;om&#233;trique que prennent des colonies de bact&#233;ries ressemble aux figures de givre ou &#224; d'autres ph&#233;nom&#232;nes de la physico-chimie hors du vivant et s'explique par les lois du chaos physique. Le processus a &#233;t&#233; mis en &#233;vidence en 1980 par Mitsugu Matsushita de l'Universit&#233; de Tokyo. C'est en bordure de la colonie que les bact&#233;ries adapt&#233;es se d&#233;veloppent. Le regroupement est favoris&#233; parce que les bact&#233;ries se servent des m&#234;mes mol&#233;cules qu'elles se transmettent et qui sont des signaux chimiques. Les amibes constituent les m&#234;mes figures &#233;galement par organisation collective li&#233;e &#224; la mise en commun des mol&#233;cules signaux. Par exemple, pour une amibe, c'est l'cAMP (ad&#233;nosine monophosphate cyclique) qui est la mol&#233;cule chimique servant de signal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son ouvrage &#171; Les bases mol&#233;culaires du comportement p&#233;riodique et chaotique &#187;, Goldbeter a d&#233;montr&#233; que le cAMP est un cycle chimique qui peut passer d'un comportement qu'on pourrait croire p&#233;riodique &#224; un comportement dans lequel une variation m&#234;me minime d'un des degr&#233;s de libert&#233; du syst&#232;me peut entra&#238;ner des modifications de comportement importantes, y compris au niveau macro-cellulaire. &lt;br class='autobr' /&gt; A la base de la vie, il y a une multiplicit&#233; de cascades de r&#233;actions chimiques qui sont li&#233;es les unes aux autres, en boucle. On trouve des cycles &#233;l&#233;mentaires comme le cycle de Krebs, la cha&#238;ne respiratoire ou le cycle de l'ATP. Est donc fondamentale dans le m&#233;canisme du vivant une auto-organisation de r&#233;actions chimiques en cha&#238;ne avec retour au point de d&#233;part. La concentration des produits de r&#233;action la r&#233;gule de fa&#231;on automatique. &lt;br class='autobr' /&gt; On a &#233;tudi&#233; deux autres r&#233;troactions : en haut celle entre cytoplasme et noyau de la cellule et en bas celle qui synchronise le rythme circadien endog&#232;ne avec les informations issues de l'&#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je r&#233;sume, il y a trois caract&#233;ristiques principales qui incitent &#224; une interpr&#233;tation en termes de chaos d&#233;terministe pour le fonctionnement l'&#233;volution du vivant :&lt;br class='autobr' /&gt;
la hi&#233;rarchisation avec interaction d'&#233;chelle&lt;br class='autobr' /&gt;
la discontinuit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
la contingence coupl&#233;e &#224; une loi (interp&#233;n&#233;tration du d&#233;terminisme et du hasard).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon cette conception, la vie est per&#231;ue comme un ph&#233;nom&#232;ne global qui permet la formation de s&#233;ries de boucles de r&#233;troaction interactives, auto-organis&#233;es et hi&#233;rarchis&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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