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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Pourquoi nous dormons</title>
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		<dc:date>2019-03-03T23:45:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pourquoi nous dormons ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement : Les r&#233;ponses &#224; cette question sont aussi diverses que vari&#233;es et cependant nous allons en donner une nouvelle. Nous dormons parce que nous sommes vivants, le sommeil &#233;tant l'&#233;tat de base de la vie !!! Bien des travaux ont &#233;tudi&#233; la mani&#232;re dont nous entrons en sommeil en consid&#233;rant l'&#233;veil comme le fonctionnement de base du vivant. Des &#233;tudes r&#233;centes inversent ce point de vue et consid&#232;rent que le sommeil est le mode fondamental de fonctionnement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique104" rel="directory"&gt;Les rythmes biologiques, un processus dynamique et des structures auto-organis&#233;es et &#233;mergentes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi nous dormons ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Les r&#233;ponses &#224; cette question sont aussi diverses que vari&#233;es et cependant nous allons en donner une nouvelle. Nous dormons parce que nous sommes vivants, le sommeil &#233;tant l'&#233;tat de base de la vie !!! Bien des travaux ont &#233;tudi&#233; la mani&#232;re dont nous entrons en sommeil en consid&#233;rant l'&#233;veil comme le fonctionnement de base du vivant. Des &#233;tudes r&#233;centes inversent ce point de vue et consid&#232;rent que le sommeil est le mode fondamental de fonctionnement du vivant ! Un renversement de point de vue impressionnant ! Le fonctionnement du cerveau est encore loin d'avoir &#233;t&#233; d&#233;crypt&#233;, sans son mode d'&#233;veil comme dans son mode de repos. Les id&#233;es sur ces questions changent rapidement. Nous allons voir que la conception du sommeil, de son r&#244;le, ne s'en tient plus aux diverses phases du sommeil, aux types d'ondes, au r&#244;le du sommeil paradoxal et que la phase du repos est en train d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le mode de fonctionnement de base sur laquelle peut se d&#233;velopper le mode en phase active et consciente.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jean-Didier Vincent, dans &#171; Voyage extraordinaire au centre du cerveau :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Deux conditions pour dormir : la s&#233;curit&#233; et la peau &#224; 27&#176;C. Ces conditions remplies, le sujet peut s'endormir, mais il ne dort pas encore&#8230; Les yeux ferm&#233;s, le sujet sur lui s'accro&#238;tre la pression du besoin de dormir&#8230; Il ne s'enfonce pas progressivement dans le sommeil ; l'&#233;veil le quitte brusquement : une v&#233;ritable chute dans la nuit de la conscience&#8230; Il s'agit d'un commutateur &#224; bascule qui lorsqu'on appuie sur un versant supprime l'inhibition venant du versant oppos&#233;. Nous verrons qu'il s'agit d'un syst&#232;me s&#233;curis&#233;, gardien aussi bien du sommeil que de la veille selon l'adage qu'il est un temps pour dormir et un temps pour &#234;tre &#233;veill&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Patrick Berque, &#171; Les sortil&#232;ges du cerveau &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le sommeil fait partie des rythmes circadiens d&#233;terminant l'alternance des phases de repos et d'&#233;veil. Il rythme nos vies quotidiennement. Il nous force &#224; dormir avec une puissance imp&#233;rative. Il est indispensable &#224; la vie. Sa privation entra&#238;ne une baisse de perspicacit&#233;, une maladresse et une impression d'&#234;tre diminu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le retrouve chez toutes les esp&#232;ces vivantes, insectes araign&#233;es, vers de terre, poissons, reptiles, oiseaux, mammif&#232;res, primates et l'homme. Nul n'y &#233;chappe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se mettre au repos est une des premi&#232;res choses qu'apprend le cerveau. D&#232;s la vingti&#232;me semaine de la grossesse, le sommeil appara&#238;t chez le f&#339;tus, avec des alternances d'immobilit&#233; et d'agitation selon une p&#233;riodicit&#233; de 50 &#224; 60 minutes, similaire &#224; celle du sommeil observ&#233; chez le nouveau-n&#233; qui dort dix-huit heures par jour. A l'&#226;ge adulte, sa dur&#233;e est d'environ 7 &#224; 8 heures chez l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-il pas &#233;trange que nous passions un tiers de notre vie inconscients, &#224; dormir et souvent &#224; r&#234;ver !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ? A quoi cela sert-il ? Ce myst&#232;re a intrigu&#233; d&#232;s l'Antiquit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La privation compl&#232;te de sommeil chez l'animal entra&#238;ne la mort en deux &#224; trois semaines. Chez l'homme, la plupart des gens s'effondrent apr&#232;s trois jours &#224; une semaine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte du noyau c&#233;r&#233;bral du sommeil, le thalamus, a &#233;t&#233; faite par Walter Hess, prix Nobel 1949, en d&#233;clenchant un sommeil imm&#233;diat par insertion d'une &#233;lectrode dans l'hippocampe d'un chat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dean Burnett dans &#171; Le cerveau, cet imb&#233;cile &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous ne connaissons toujours pas le but du sommeil ! Nous l'avons observ&#233; chez presque toutes les esp&#232;ces animales, m&#234;me les plus simples comme les n&#233;matodes, des vers parasites tr&#232;s courants. Certains animaux, comme les m&#233;duses et les &#233;ponges, ne montrent aucun signe de sommeil, mais elles n'ont pas de cerveau donc on ne peut pas vraiment se fier au fait qu'elles &#171; font &#187; quoique ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins des phases de sommeil, ou disons des p&#233;riodes d'inactivit&#233; r&#233;guli&#232;res, sont observ&#233;es chez une grande vari&#233;t&#233; d'esp&#232;ces radicalement diff&#233;rentes. Il est clair que c'est une activit&#233; importante, profond&#233;ment enracin&#233;e dans l'&#233;volution. Les mammif&#232;res aquatiques ont des m&#233;thodes de sommeil n'impliquant que la moiti&#233; du cerveau parce que s'ils dormaient compl&#232;tement, ils arr&#234;teraient de nager et risqueraient de couler et de se noyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommeil est tellement important qu'il est plus fort que &#171; ne pas se noyer &#187;, et pourtant nous ne savons pas pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe de nombreuses th&#233;ories, comme celle de la gu&#233;rison. On a d&#233;couvert que les rats priv&#233;s de sommeil mettaient beaucoup plus de temps &#224; se remettre de leurs blessures et que, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, ils ne vivent pas aussi longtemps que les rats qui dorment suffisamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon une autre th&#233;orie, le sommeil r&#233;duit l'importance des liaisons neurologiques faibles afin de pouvoir les supprimer plus facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d'autres, le sommeil permet d'amoindrir les &#233;motions n&#233;gatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s l'une des th&#233;ories les plus bizarres, le sommeil est venu de la n&#233;cessit&#233; de nous pr&#233;server des pr&#233;dateurs. Beaucoup de pr&#233;dateurs sont actifs la nuit et les hommes n'ont pas besoin d'&#234;tre actifs vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour subvenir &#224; leurs besoins, donc le sommeil offre des p&#233;riodes prolong&#233;es d'inertie durant lesquelles le corps ne lib&#232;re pas les signaux permettant aux pr&#233;dateurs de le trouver&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommeil sert &#224; se reposer, &#224; donner au corps et au cerveau le temps de se recharger apr&#232;s une journ&#233;e &#233;puisante. Eh oui, quand nous avons fait quelque chose de particuli&#232;rement fatigant, une p&#233;riode d'inactivit&#233; prolong&#233;e aide notre organisme &#224; se remettre et &#224; refaire le plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si le sommeil n'est li&#233; qu'au repos, pourquoi dormons-nous presque toujours des dur&#233;es identiques, que nous ayons pass&#233; la journ&#233;e &#224; soulever des briques ou &#224; regarder des dessins anim&#233;s en pyjama ? Les deux activit&#233;s n'exigent pas la m&#234;me r&#233;cup&#233;ration. Et l'activit&#233; m&#233;tabolique du corps pendant le sommeil ne baisse que de 5 &#224; 10%. Ce n'est pas un ralentissement tr&#232;s fort ; &#231;a revient &#224; passer de 100 &#224; 0 kilom&#232;tres &#224; l'heure quand vous avez de la fum&#233;e qui s'&#233;chappe du moteur de la voiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fatigue ne dicte pas directement notre sommeil, c'est pourquoi les gens ne s'endorment jamais pendant qu'ils courent un marathon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le d&#233;clenchement et la dur&#233;e du sommeil sont d&#233;termin&#233;s par notre rythme cardiaque, lui-m&#234;me cal&#233; sur des m&#233;canismes internes pr&#233;cis. Il y a la glande pin&#233;ale qui r&#233;gule notre sommeil en s&#233;cr&#233;tant de la m&#233;latonine, une hormone qui nous d&#233;tend et nous rend paisibles. La glande pin&#233;ale r&#233;agit aux niveaux de lumi&#232;re. Les r&#233;tines de nos yeux d&#233;tectent la lumi&#232;re et envoient des signaux &#224; la glande pin&#233;ale, et plus celle-ci re&#231;oit de signaux, moins elle lib&#232;re de m&#233;latonine (mais sans jamais s'arr&#234;ter compl&#232;tement d'en rel&#226;cher).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les niveaux de m&#233;latonine dans notre corps augmentent progressivement au cours de la journ&#233;e et ils s'accroissent plus rapidement lorsque la nuit tombe, d'o&#249; le fait que notre rythme cardiaque s'adapte aux heures de la journ&#233;e et que nous soyons plus alertes le matin et fatigu&#233;s le soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce m&#233;canisme qui sous-tend le &#171; jet-lag &#187;, la fatigue due au d&#233;calage horaire. Voyager, passer d'un cr&#233;neau horaire &#224; un autre, c'est s'exposer &#224; des niveaux de lumi&#232;re compl&#232;tement diff&#233;rents, et vous avez une lumi&#232;re de 11 heures du matin alors que votre cerveau pense qu'il est 20 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos cycles de sommeil sont pr&#233;cis&#233;ment r&#233;gl&#233;s et ce bousculement des niveaux de m&#233;latonine les d&#233;traque. Et il est beaucoup plus dur de &#171; rattraper le sommeil &#187; qu'on ne peut le penser ; notre cerveau et notre corps sont li&#233;s au rythme cardiaque, de sorte qu'il est difficile de forcer le sommeil &#224; un moment o&#249; il n'est pas attendu (m&#234;me si ce n'est pas impossible). Quelques jours d'exposition au nouveau cycle de lumi&#232;re et notre rythme s'ajuste miraculeusement&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre temp&#233;rature corporelle change elle aussi en fonction de ces rythmes, variant entre 36 et 37 degr&#233;s (ce qui est une grosse variation pour un mammif&#232;re)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se selon laquelle le sommeil n'est li&#233; qu'au repos et &#224; la conservation d'&#233;nergie est encore plus mise &#224; mal par le fait qu'on a observ&#233; le sommeil chez des animaux en hibernation&#8230; L'hibernation n'est pas la m&#234;me chose que le sommeil ; le m&#233;tabolisme et la temp&#233;rature corporelle diminuent beaucoup plus ; la dur&#233;e est beaucoup plus longue ; en r&#233;alit&#233;, cela ressemble plus au coma qu'au sommeil. Mais les animaux en hibernation entrent r&#233;guli&#232;rement en &#233;tat de sommeil, de sorte qu'il leur faut d&#233;penser davantage d'&#233;nergie pour dormir. L'id&#233;e que le sommeil n'est li&#233; qu'au repos est &#224; l'&#233;vidence trop limit&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre th&#233;orie affirme que le sommeil est essentiel pour que le cerveau &#233;vacue les d&#233;chets qu'il produit. Les processus cellulaires complexes du cerveau cr&#233;ent une grande quantit&#233; de rebuts dont il faut se d&#233;barrasser, et des &#233;tudes ont montr&#233; que cela a lieu beaucoup plus souvent quand nous dormons ; pour le cerveau, le sommeil serait l'&#233;quivalent des heures de fermeture l'apr&#232;s-midi d'un restaurant, o&#249; le personnel met de l'ordre entre deux services ; il y a autant d'activit&#233; mais elle est diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle qu'en soit la vraie raison, le sommeil est essentiel pour le fonctionnement normal du cerveau. Les gens priv&#233;s de sommeil, en particulier de la phase REM, &#233;prouvent rapidement un d&#233;clin de leur attention et de leurs facult&#233;s &#224; r&#233;soudre des probl&#232;mes, une augmentation du stress et une chute g&#233;n&#233;rale de leurs performances&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous passez trop de temps sans dormir, votre cerveau commence &#224; initier des &#171; micro-siestes &#187;, o&#249; il attrape des bribes de sommeil de quelques minutes, voire secondes d'affil&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre &#233;volution a rendu n&#233;cessaires de longues p&#233;riodes d'inconscience et nous ne savons pas vraiment faire avec quelques miettes ici et l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si nous r&#233;ussissons &#224; fonctionner avec les probl&#232;mes cognitifs pos&#233;s par le manque de sommeil, il r&#233;duit l'efficacit&#233; du syst&#232;me immunitaire et est associ&#233; &#224; l'ob&#233;sit&#233;, au stress et aux probl&#232;mes cardiaques&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Stanislas Dehaene et Marcus Raichle, &#171; Pas de repos pour le cerveau &#187;, dans &#171; C3RV34U &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nos neurones sont en &#233;bullition permanente. M&#234;me lorsque nous nous reposons, nos aires c&#233;r&#233;brales communiquent et discutent entre elles. De nombreuses &#233;tudes r&#233;centes de neuro-imagerie l'ont d&#233;montr&#233; : notre cerveau a une vie int&#233;rieure&#8230; Bien que nous commencions seulement &#224; comprendre pourquoi notre cerveau d&#233;pense une telle &#233;nergie &#224; vagabonder, l'&#233;tude de l'activit&#233; intrins&#232;que pourrait fournir une des cl&#233;s pour l'explication des troubles neurologiques, et m&#234;me pour la connaissance de ce ph&#233;nom&#232;ne appel&#233; &#171; conscience &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; c&#233;r&#233;brale d'une personne qui &#171; ne fait rien &#187; est loin d'&#234;tre n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait maintenant que lorsque l'esprit est au repos &#8211; lorsqu'on r&#234;vasse tranquillement dans une chaise, qu'on est endormi dans un lit ou anesth&#233;si&#233; lors d'une op&#233;ration chirurgicale &#8211; diverses aires c&#233;r&#233;brales bavardent entre elles. Et l'&#233;nergie consomm&#233;e par cette discussion permanente, connue sous l'expression &#171; mode par d&#233;faut &#187; du cerveau, est environ vingt fois celle utilis&#233;e consciemment pour chasser une mouche avec un journal ou &#224; tout autre stimulus ext&#233;rieur. En effet, la plupart des choses que l'on fait consciemment, que ce soit de s'asseoir pour d&#238;ner ou pr&#233;parer un discours, constituent une petite d&#233;viation de l'actitivr&#233; de base du mode par d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;couverte cl&#233; pour la compr&#233;hension du mode par d&#233;faut du cerveau a &#233;t&#233; celle d'un syst&#232;me c&#233;r&#233;bral jusqu'ici inconnu, baptis&#233; le &#171; r&#233;seau du mode par d&#233;faut &#187;. Son r&#244;le exact dans l'organisation de l'activit&#233; c&#233;r&#233;brale fait toujours l'objet de recherches, mais on pense qu'il orchestre la fa&#231;on dont le cerveau organise les souvenirs et g&#232;re les diff&#233;rents syst&#232;mes qui ont besoin de se pr&#233;parer aux &#233;v&#233;nements futurs : le syst&#232;me moteur doit &#234;tre pr&#234;t &#224; r&#233;agir au quart de tour lorsque vous sentez le chatouillement de la mouche sur votre bras&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que le cerveau est en constante &#233;bullition n'est pas nouvelle. Hans Berger, l'inventeur de l'&#233;lectroenc&#233;phalogramme fut un pionnier de cette notion. Dans un des articles fondateur sur ses d&#233;couvertes en 1929, Berger d&#233;duisait des oscillations &#233;lectriques incessantes d&#233;tect&#233;es par sa machine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous devons faire l'hypoth&#232;se que le syst&#232;me nerveux central est en permanence, et pas seulement durant les phases d'&#233;veil, dans un &#233;tat d'activit&#233; consid&#233;rable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant ses id&#233;es sur le fonctionnement c&#233;r&#233;bral furent largement ignor&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines aires du cerveau sont tr&#232;s actives, &#224; la fois au repos et dans les conditions d'activit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des analyses pouss&#233;es ont montr&#233; que r&#233;aliser une t&#226;che sp&#233;cifique augmente d'au moins 5% la consommation &#233;nerg&#233;tique du cerveau par rapport &#224; sa consommation de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une large proportion de l'activit&#233; totale du cerveau &#8211; de 60 &#224; 80% de l'&#233;nergie totale qu'il utilise &#8211; provient de circuits qui ne sont pas li&#233;s au traitement des &#233;v&#233;nements ext&#233;rieurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les indices de l'existence d'une vie int&#233;rieure du cerveau &#233;tant bien &#233;tablis, il &#233;tait n&#233;cessaire de comprendre la physiologie de cette activit&#233; intrins&#232;que du cerveau &#8211; et comment elle pouvait influencer la perception et le comportement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 1990, nous avons remarqu&#233; de mani&#232;re presque accidentelle que certaines r&#233;gions du cerveau, &#224; notre grande surprise, subissent une diminution de leur niveau d'activit&#233; par rapport &#224; l'&#233;tat de repos lorsque les sujets r&#233;alisent une t&#226;che. Ces aires &#8211; en particulier une zone du cortex pari&#233;tal m&#233;dian (r&#233;gion proche du milieu du cerveau impliqu&#233;e, entre autres, dans la capacit&#233; &#224; se souvenir des &#233;v&#233;nements propre de sa vie) &#8211; montrent cette baisse d'activit&#233; lorsque d'autres r&#233;gions sont engag&#233;es dans la r&#233;alisation d'une t&#226;che particuli&#232;re, telle la lecture &#224; voix haute. D&#233;concert&#233;s, nous avons surnomm&#233; &#171; aire pari&#233;tale myst&#233;rieuse &#187; la zone montrant la diminution d'activit&#233; la plus forte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, notre &#171; aire myst&#233;rieuse &#187; reste constamment active, m&#234;me lorsqu'elle n'est pas engag&#233;e dans une t&#226;che pr&#233;cise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats ont &#233;t&#233; confirm&#233;s, tant pour le cortex pari&#233;tal m&#233;dian que pour le cortex pr&#233;frontal m&#233;dian. Ces deux aires qui permettent d'&#233;voquer des souvenirs et des images mentales personnelles, mais &#233;galement de nous repr&#233;senter ce que les autres pensent et ressentent, sont aujourd'hui consid&#233;r&#233;es comme des n&#339;uds centraux du r&#233;seau du mode par d&#233;faut&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation frappante de cette activit&#233; c&#233;r&#233;brale observ&#233;e sous anesth&#233;sie g&#233;n&#233;rale ou durant le sommeil sugg&#232;re qu'elle repr&#233;sente une composante fondamentale du fonctionnement c&#233;r&#233;bral et non pas seulement &#171; du bruit &#187;&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Michel Jouvet, dans &#171; Les myst&#232;res du sommeil &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le sommeil paradoxal serait une sorte de reprogrammeur effa&#231;ant (oubli) ou renfor&#231;ant (m&#233;moire) les acquisitions du jour en accord avec l'individuation g&#233;n&#233;tique. En bref, nous ne r&#234;verions pas mais &#171; nous serions r&#234;v&#233;s &#187;. Pendant cette reprogrammation interne, le cerveau serait coup&#233; de l'ext&#233;rieur. Des entr&#233;es stochastiques seraient assur&#233;es par des activations g&#233;n&#233;r&#233;es au niveau du pont, s&#233;lectionnant les nouveaux r&#233;cepteurs synaptiques synth&#233;tis&#233;s pendant le sommeil lent&#8230; Une &#233;norme quantit&#233; d'&#233;nergie est n&#233;cessaire pour que les cent minutes de sommeil paradoxal soient capables de remanier la circuiterie synaptique initi&#233;e pendant les 600 minutes d'&#233;veil. Le sommeil lent serait alors indispensable au sommeil paradoxal en assurant une r&#233;serve d'&#233;nergie sous forme de glycog&#232;ne dans la glie. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://eugrafal.free.fr/Marcus-Raichle-Lafargue.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;ei=6Q06XKLCEsmugwe3-5HICQ&amp;q=sommeil+paradoxal+cerveau+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;oq=sommeil+paradoxal+cerveau+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;gs_l=psy-ab.3...12780.14336..14596...0.0..0.97.659.8......0....1..gws-wiz.MG2IyLiO_wo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lejournal.cnrs.fr/billets/pourquoi-dormons-nous&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi et comment les rythmes biologiques r&#233;v&#232;lent une discontinuit&#233; fondamentale ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1925</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1925</guid>
		<dc:date>2011-02-20T15:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Temps</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; Le passage d'une resynchronisation impaire &#224; une resynchronisation paire, c'est-&#224;-dire le passage d'une boucle autour du trou central du tore (repr&#233;sentation de l'espace des &#233;tats sur un &#233;quivalent topologique de la chambre &#224; air) &#224; une boucle ne traversant pas ce trou, ne peut pas s'effectuer de mani&#232;re continue. (...) A partir d'une valeur critique de la phase, lorsque le stimulus est assez intense, la nouvelle phase d&#233;croche. Le mot &#034;d&#233;croche&#034; peut sembler abusif car il faut imaginer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique104" rel="directory"&gt;Les rythmes biologiques, un processus dynamique et des structures auto-organis&#233;es et &#233;mergentes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot311" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le passage d'une resynchronisation impaire &#224; une resynchronisation paire, c'est-&#224;-dire le passage d'une boucle autour du trou central du tore (repr&#233;sentation de l'espace des &#233;tats sur un &#233;quivalent topologique de la chambre &#224; air) &#224; une boucle ne traversant pas ce trou, ne peut pas s'effectuer de mani&#232;re continue. (...) A partir d'une valeur critique de la phase, lorsque le stimulus est assez intense, la nouvelle phase d&#233;croche. Le mot &#034;d&#233;croche&#034; peut sembler abusif car il faut imaginer une discontinuit&#233; et, hormis les &#233;v&#233;nements mol&#233;culaires ou relevant de la m&#233;canique quantique, les changements temporels (en biologie) semblent continus, bien que parfois tr&#232;s rapides. Les v&#233;ritables discontinuit&#233;s (en biologie) sont des ph&#233;nom&#232;nes rares et inobservables. (...) Mais, dans le cas auquel nous faisons r&#233;f&#233;rence, la discontinuit&#233; est un imp&#233;ratif topologique. Pour transformer une boucle entourant le trou d'un tore en une boucle ne l'entourant pas, il faut n&#233;cessairement d&#233;former la boucle de fa&#231;on discontinue.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arthur Winfree dans &#034;Les horloges de la vie&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme du vivant est ins&#233;parable de &#034;cycles&#034;, c'est-&#224;-dire de ph&#233;nom&#232;nes qui suivent des cycles mais la question reste ouverte pour savoir s'il s'agit d'une alternance rapide de phases oppos&#233;es ou de modes continus d'&#233;volution. Dans le premier cas, cela signifie que le ph&#233;nom&#232;ne repose sur des changements d'&#233;tats de type quantique (on ne peut pas descendre en dessous d'un minimum et chaque saut a une dur&#233;e minimum, le saut &#233;tant franchi lors du passage d'un seuil quantitatif). Pour bien des auteurs, rythmes p&#233;riodiques est encore synonyme de continuit&#233; sur le mode des ondes. Pourtant, une alternance de phases oppos&#233;es avec coupure peut sembler continue si les temps de coupure sont courts mais &#234;tre discontinus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression oscillateurs ne tranche pas davantage la question. Des rythmes fond&#233;s sur la discontinuit&#233; peuvent &#234;tre p&#233;riodiques ou quasi p&#233;riodiques et &#234;tre issus de ph&#233;nom&#232;nes singuliers, fond&#233;s sur des sauts. Deux quantit&#233;s caract&#233;risent la rythmologie des cycles : la p&#233;riode et la phase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple typique de ph&#233;nom&#232;ne cyclique est la balan&#231;oire (par exemple, l'horloge &#224; balancier). La p&#233;riode indique le temps n&#233;cessaire pour faire un aller et retour complet du mouvement pendulaire et la phase indique la position de la balan&#231;oire par rapport &#224; la position la plus basse. La fr&#233;quence est le nombre de cycle par unit&#233; de temps. De mani&#232;re cyclique, le mouvement fait repasser la balan&#231;oire par n'importe quelle phase. Il pourrait sembler que le ph&#233;nom&#232;ne de la balan&#231;oire est la meilleure d&#233;monstration du caract&#232;re continu et lin&#233;aire du mouvement oscillatoire. Rien n'est plus faux. La balan&#231;oire n'est proche de la lin&#233;arit&#233; que pour des petits angles du mouvement. La balan&#231;oire simple s'arr&#234;te rapidement du fait des frottements. Il faut donc qu'elle soit entretenue par communication d'&#233;nergie. Or, la balan&#231;oire amortie (frottement) et entretenue est non lin&#233;aire et du domaine du chaos d&#233;terministe&#8230; Cela signifie que des petits changements discontinus peuvent provoquer des changements brutaux : des sauts. Le type de rythmologie, continu ou discontinu, lin&#233;aire ou non lin&#233;aire, n'est pas ais&#233; &#224; trancher et pourtant, c'est l'un des points fondamentaux&#8230; La non-lin&#233;arit&#233;, en effet, est productrice de rythme oscillatoires si un ph&#233;nom&#232;ne peut grandir jusqu'&#224; un point o&#249; c'est le ph&#233;nom&#232;ne inverse qui l'emporte et inversement. Il y a alors d'abord croissance par r&#233;troaction positive puis, &#224; un seuil, renversement avec d&#233;croissance par r&#233;troaction n&#233;gative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe &#233;galement de distinguer des rythmes d'un seul oscillateur et d'autres fond&#233;s sur l'&#233;mergence issue des interactions d'un grand nombre d'oscillateurs. L&#224; aussi, il est difficile de discriminer. Les rythmes &#233;mergents sont tr&#232;s diff&#233;rents pourtant des rythmes propres d'un seul oscillateur. Notamment, l'une des propri&#233;t&#233;s fondamentale des rythmes &#233;mergents est qu'ils proviennent d'un apprentissage et ne sont pas donn&#233;s par le mat&#233;riel physique d&#232;s qu'il est constitu&#233;, ce qui est tr&#232;s diff&#233;rent. A sa naissance, un c&#339;ur, un cerveau, un neurone ne savent pas fonctionner avec leur environnement : ils apprennent. Or, leur fonctionnement ce sont justement des rythmes. Tout notre corps est fond&#233; sur des rythmes fond&#233;s sur un apprentissage. Il ne suffit pas de savoir produire de prot&#233;ines, produire des d&#233;charges &#233;lectriques ou produire des s&#233;parations cellulaires. Il faut savoir dans quelles conditions et &#224; quel moment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment peut se produire l'interaction d'un tr&#232;s grand nombre de rythmes menant &#224; l'&#233;mergence d'un rythme collectif ? C'est &#233;galement l'un des objets d'&#233;tude qui suscite de nombreuses questions. Nous savons d&#233;j&#224; qu'un rythme &#224; p&#233;riode unique, fixe, ne peut interagir qu'avec des rythmes de p&#233;riode ayant un rapport rationnel simple avec lui. C'est ce que l'on appelle la r&#233;sonance. Des oscillateurs ne peuvent &#234;tre dynamiques et modifier collectivement leur p&#233;riode que si celle-ci &#233;tait non fixe, si ces oscillateurs &#233;taient non-lin&#233;aires et fond&#233;s sur des sauts. Or, le vivant est clairement sujet &#224; des rythmes interactifs et nous verrons qu'ils sont capables de trouver collectivement des rythmes par interaction, ce qui tranche une partie du d&#233;bat. Or, le vivant ce n'est pas seulement des rythmes isol&#233;s les uns des autres, c'est plut&#244;t un immense r&#233;seau d'interaction entre des rythmes proches mais aussi entre des rythmes tr&#232;s diff&#233;rents sur une large palette de niveaux des &#233;chelles du temps. Les mati&#232;res interagissent entre elles mais les rythmes aussi. Il suffit de changer la rythmologie d'interaction des g&#232;nes sans changer le contenu des g&#232;nes de la mol&#233;cule ADN pour modifier les prot&#233;ines produites, les organes fabriqu&#233;s et changer d'esp&#232;ce&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse aux questions pos&#233;es (continu ou singulier, lin&#233;aire ou non-lin&#233;aire, rythmes fixes ou &#233;mergents, individuels ou collectifs, ne se contente pas d'observation. Le film montre clairement que des images singuli&#232;res se succ&#233;dant rapidement a toute l'apparence du continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rythmes biologiques jouent un r&#244;le majeur dans le fonctionnement des organismes vivant (pulsations cardiaques, mouvements de paupi&#232;res ou respiratoires, rythme repas/digestion, &#233;tats altern&#233;s de veille et sommeil, cycles de l'ovulation, floraison et fructification des plantes, fructification saisonni&#232;re des champignons, migration animales, etc.). Ils sont importants dans la construction de nos comportements habituels (alimentation, sommeil&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a r&#233;cemment d&#233;couvert diff&#233;rents types d' &#171; oscillateurs mol&#233;culaires &#187;, y compris chez des champignons (chez Neurospora crassa, organisme-mod&#232;le de laboratoire) et un rythme circadien bact&#233;rien a m&#234;me &#233;t&#233; mis en &#233;vidence, et en grande partie expliqu&#233;, chez des bact&#233;ries photosynth&#233;tiques (Cyanophyc&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Albert Goldbeter &#233;crit dans &#171; La vie oscillatoire &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Battements du c&#339;ur, respiration, alternance des phases d'&#233;veil et du sommeil, cycle ovarien, migrations animales, floraison des plantes : la vie est rythmes. (&#8230;) De nombreux processus p&#233;riodiques sont &#224; l'&#339;uvre, de mani&#232;re imperceptible au sein de nos cellules. Ainsi, une horloge biologique contr&#244;le le cycle de division cellulaire, des premiers stades de l'embryon jusqu'&#224; la formation de l'organisme adulte au sein duquel elle poursuit son action tout au long de la vie. L'action des neurones est sous-tendue par des rythmes. D'autres exemples nous sont donn&#233;s par l'alternance p&#233;riodique des diff&#233;rentes phases du sommeil, les nombreux rythmes hormonaux et les oscillations dans les communications intercellulaires. (&#8230;) Parmi les multiples rythmes qui scandent la physiologie des organismes, certains sont li&#233;s &#224; la p&#233;riodicit&#233; de l'environnement. Ainsi des rythmes circadiens, d'une p&#233;riode proche de 24 heures, permettent aux &#234;tres vivants de s'adapter &#224; l'alternance du jour et de la nuit, r&#233;sultent de la rotation de la Terre sur son axe. D'autres rythmes sont li&#233;s au cycle annuel des saisons, comme la floraison, l'hibernation, les migrations ou la reproduction chez de nombreuses esp&#232;ces animales. (&#8230;) Les rythmes biologiques les plus rapides caract&#233;risent l'activit&#233; &#233;lectrique des cellules nerveuses ou musculaires. Leur p&#233;riode peut varier du centi&#232;me de seconde &#224; une dizaine de seconde ou plus. (&#8230;) Le cerveau est un organe rythmique par excellence, tout comme le c&#339;ur. (&#8230;) Les m&#233;canismes qui sous-tendent la p&#233;riodicit&#233; cyclique au niveau cellulaire sont similaires aux m&#233;canismes des rythmes neuronaux. A c&#244;t&#233; des oscillations d'origine &#233;lectrique qui forment une classe majeure parmi les rythmes biologiques, il en existe de nombreux autres de nature non &#233;lectrique. Ainsi, des oscillations sont observ&#233;es dans les voies de communication entre cellules, par exemple de nature hormonale, et dans le cycle de division cellulaire dont la p&#233;riode varie d'une dizaine de minutes pour certaines cellules embryonnaires &#224; 24 heures ou plus pour les cellules de l'organisme adulte. D'autres rythmes sont observ&#233;s au sein de la cellule. Ainsi, des oscillations de calcium surviennent avec une p&#233;riode de quelques secondes ou de quelques minutes dans des cellules stimul&#233;es par une hormone ou un neurotransmetteur. (&#8230;) Un bel exemple de rythme dans les communications intercellulaires est fourni par des amibes dites &#171; sociales &#187;, qui communiquent entre elles par des signaux pulsatiles dont la fr&#233;quence est de l'ordre d'une pulsation toutes les 5 ou 10 minutes. De m&#234;me, la plupart des hormones sont s&#233;cr&#233;t&#233;es de mani&#232;re pulsatile avec une p&#233;riodicit&#233; allant d'une dizaine de minutes pour l'insuline &#224; une heure pour l'hormone qui induit la s&#233;cr&#233;tion des hormones gonadotropes impliqu&#233;es dans le contr&#244;le de la reproduction et de trois &#224; cinq heures pour l'hormone de la croissance. (&#8230;) D'autres rythmes proc&#232;dent d'un m&#233;canisme supracellulaire faisant intervenir des interactions r&#233;gulatrices entre les diff&#233;rents organes. Ainsi, cycle ovarien, chez la femme, prend la forme du cycle menstruel d'une p&#233;riode proche de 28 jours et fait intervenir les s&#233;cr&#233;tions hormonales de l'hypothalamus, de l'hypophyse et des ovaires. A un niveau &#233;cologique d&#233;passant celui des organismes, les interactions entre populations animales donnent lieu &#224; des oscillations de p&#233;riode encore plus longue. (&#8230;) Les oscillations dans les populations de pr&#233;dateurs et de proies repr&#233;sentent un exemple classique de rythme en &#233;cologie, avec une p&#233;riode pouvant atteindre plusieurs ann&#233;es. (&#8230;) Parmi les rythmes multiannuels remarquables, ceux dont la p&#233;riode est la plus longue dans le r&#232;gne animal caract&#233;risent le cycle de la vie de certaines cigales qui &#233;mergent du sol, dans l'Est des Etats-Unis, tous les 13 ou 17 ans. Enfin, dans le r&#232;gne v&#233;g&#233;tal, certaines esp&#232;ces de bambou fleurissent avec une p&#233;riodicit&#233; qui peut atteindre la centaine d'ann&#233;es. Dans la plupart des exemples connus exp&#233;rimentalement la non-lin&#233;arit&#233; responsable de l'existence d'oscillations est associ&#233;e &#224; la pr&#233;sence d'une &#233;tape de nature auto-catalytique, c'est-&#224;-dire auto-amplifi&#233;e, en raison d'une r&#233;troaction positive. Souvent des r&#233;troactions positives et n&#233;gatives entrem&#234;l&#233;es sont &#224; la base du comportement oscillant. Ces conditions d'ouverture et de non-lin&#233;arit&#233; sont pr&#233;cis&#233;ment celles qui caract&#233;risent la chimie des &#234;tres vivants. (&#8230;) Une observation parmi les plus &#233;nigmatiques au sujet des rythmes circadiens est la possibilit&#233; de les supprimer de mani&#232;re permanente par une br&#232;ve impulsion lumineuse. Tout aussi myst&#233;rieuse est la restauration du rythme par une seconde impulsion identique &#224; la premi&#232;re. Ce ph&#233;nom&#232;ne, observ&#233; chez la drosophile et chez certains mammif&#232;res comme le cochon d'Inde, (&#8230;) a re&#231;u une interpr&#233;tation par Arthur Winfree. (&#8230;) Winfree suppose que les rythmes circadiens se produisent sous forme d'oscillations de type cycle limite autour d'un &#233;tat stationnaire instable. L'effet de la perturbation lumineuse est de ramener chaque cellule oscillante &#224; son &#233;tat stationnaire. Il est n&#233;cessaire pour cela que la perturbation poss&#232;de une amplitude pr&#233;cise et soit appliqu&#233;e &#224; une phase particuli&#232;re des oscillations. Comme l'&#233;tat stationnaire est instable, les cellules finissent par le quitter et retournent chacune au cycle limite. Toutefois, la phase des oscillations est ind&#233;finie, et chaque cellule rejoint le cycle &#224; une phase al&#233;atoire. La d&#233;synchronisation qui en r&#233;sulte abolit l'&#233;mergence d'un rythme circadien global, au moins pendant un certain temps. L'effet de la perturbation lumineuse pendant ce laps de temps est de supprimer le rythme circadien. (&#8230;) Le but premier de ce livre a &#233;t&#233; de rechercher le m&#233;canisme &#224; l'origine des principaux rythmes du vivant. La plupart du temps, ce m&#233;canisme est de nature cellulaire et repose sur des processus de contr&#244;le impliquant la r&#233;gulation de g&#232;nes, de r&#233;cepteurs, de canaux ioniques ou d'enzymes. (&#8230;) Pour que le rythme s'&#233;tablisse de mani&#232;re robuste au niveau d'un tissu, d'un organisme ou d'une population, il faut encore que les oscillateurs se synchronisent entre eux. (&#8230;) Nous avons rencontr&#233; de multiples exemples de synchronisation des rythmes : oscillations glycolytique dans une population de levures, agr&#233;gation p&#233;riodique des amibes sociales, mise en phase d'oscillateurs neuronaux sous-tendant l'activit&#233; rythmique du cerveau, s&#233;cr&#233;tion coordonn&#233;e des pulsations d'insuline par les cellules b&#233;ta du pancr&#233;as, &#233;mergence du rythme cardiaque au sein des cellules du n&#339;ud sinusal et des rythmes circadiens dans des cultures des cellules des noyaux supraschiasmatiques. Dans chacun de ces exemples, des cellules oscillantes se synchronisent entre elles. (&#8230;) Le couplage et la synchronisation jouent un r&#244;le cl&#233; dans la dynamique des syst&#232;mes du vivant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2422 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/1568157_3399804.jpg' width=&#034;542&#034; height=&#034;600&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Arthur Wifree dans &#034;Les horloges de la vie&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; Rien ne nous semble plus ordinaire que l'alternance du sommeil et de la veille, qui rythme inlassablement notre vie. Tandis que tourne la Terre, notre conscience poursuit ses propres r&#233;volutions, passant du r&#234;ve, myst&#233;rieux et solitaire, &#224; l'&#233;veil, avec ses activit&#233;s sociales et professionnelles. A l'occasion, nous avons tous modifi&#233; le rythme quotidien de nos activit&#233;s et nous savons que notre rythme interne n'est pas strictement synchronis&#233; sur l'alternance du jour et de la nuit. Nous savons &#233;galement que nous ne pouvons &#233;chapper au sommeil bien longtemps. Le rythme de l'horloge g&#233;ophysique est inscrit en nous ; ce n'est pas seulement le fruit d'une longue habitude, contract&#233;e d&#232;s la naissance, mais un h&#233;ritage physiologique. (&#8230;) La temp&#233;rature interne varie imperturbablement, avec une p&#233;riode de 25 heures (appel&#233; rythme circadien par opposition au rythme diurne de 24 heures &#8211; circadien veut dire proche du rythme des jours). En d&#233;couvrant la r&#233;gularit&#233; du cycle des temp&#233;ratures internes, Jurgen Aschoff, directeur de l'Institut Max Planck d'Andechs, a ainsi d&#233;montr&#233; l'existence d'une horloge circadienne interne. La p&#233;riode de l'alternance sommeil-veille d'un homme est de 24 heures mais elle se poursuit selon sa p&#233;riode naturelle, &#233;gale &#224; 25 heures, quand l'homme a &#233;t&#233; isol&#233;, soustrait &#224; l'influence de la lumi&#232;re. (&#8230;.) On ne connait le rythme interne de la p&#233;riode que depuis 20 ans. D'autres primates poss&#232;dent &#233;galement ce rythme. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2462 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/F1-small.gif' width=&#034;200&#034; height=&#034;156&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un exemple de rythme circadien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout notre environnement varie selon un rythme &#171; civil &#187; de 24 heures et nos fonctions physiologiques acc&#233;l&#232;rent ou ralentissent ainsi de concert avec le cycle du sommeil. Les cons&#233;quences m&#233;dicales de cet asservissement sont aujourd'hui connues. (&#8230;) On supporte mieux la douleur l'apr&#232;s-midi que le matin. Les anesth&#233;sies sont particuli&#232;rement efficaces en d&#233;but d'apr&#232;s-midi et les doses n&#233;cessaires le matin peuvent &#234;tre excessives en fin de journ&#233;e. Les sujets allergiques sont beaucoup plus sensibles juste apr&#232;s minuit que dans l'apr&#232;s-midi. Le foie m&#233;tabolise bien plus vite l'alcool en d&#233;but de soir&#233;e que le matin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;decins doivent tenir compte des rythmes biologiques pour l'interpr&#233;tation des examens biologiques et l'&#233;tablissement des diagnostics. Une temp&#233;rature &#233;gale &#224; 37 degr&#233;s pendant la nuit est anormale ;l &#224; trois heures du matin, cette valeur indique que le patient est fi&#233;vreux, alors qu'en fin d'apr&#232;s-midi, elle n'est pas inqui&#233;tante. (&#8230;) En fait, c'est non seulement pour le diagnostic, mais aussi pour le traitement que le m&#233;decin doit tenir compte des rythmes circadiens. Comme la r&#233;plication de l'ADN, dans de nombreux types de cellules, s'effectue de pr&#233;f&#233;rence &#224; certaines heures de la journ&#233;e, les radioth&#233;rapies ou les chimioth&#233;rapies sont beaucoup plus efficaces &#224; des moments pr&#233;cis de la journ&#233;e. On observe parfois que 80% des cellules d'une population r&#233;sistent au traitement &#224; un moment de la journ&#233;e alors que la m&#234;me dose est fatale &#224; 80% de la population quelques heures plus tard. (&#8230;) Les endocrinologues et les v&#233;t&#233;rinaires connaissent depuis longtemps l'importance de l'heure d'administration des hormones. On traite les insuffisances surr&#233;naliennes humaines, par exemple, en administrant plut&#244;t la cortisone le matin lorsque l'activit&#233; de la glande cortico-surr&#233;nale est maximale. (&#8230;) On a &#233;galement observ&#233; que les troubles du sommeil et diverses maladies psychiatriques plus graves, notamment des d&#233;pressions, sont synchronis&#233;es avec la lib&#233;ration d'hormones dans le cerveau : ces maladies, jusqu'ici incurables, pourraient &#234;tre des effets secondaires de troubles des rythmes circadiens ; des expositions convenablement programm&#233;es &#224; la lumi&#232;re (celle du soleil ou celle de lampes intenses) permettent de traiter certaines formes de d&#233;pression). On suppose que l'exposition &#224; la lumi&#232;re modifie la s&#233;cr&#233;tion de m&#233;latonine, une neuro-hormone associ&#233;e au cycle circadien. (&#8230;) Bien que le rythme naturel de notre horloge soit plus lent d'une heure par jour environ que le rythme de rotation de la Terre, notre horloge est entrain&#233;e par les variations lumineuses et sa p&#233;riode est ainsi r&#233;gl&#233;e sur 24 heures. Un enfant poss&#232;de d'abord un rythme naturel de p&#233;riode &#233;gale &#224; 25 heures, puis il s'adapte au rythme de son entourage. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une horloge ne sert &#224; rien si on ne peut la remettre &#224; l'heure ; de m&#234;me une horloge biologique qui ne se resynchroniserait pas serait inutile, sauf si sa p&#233;riode &#233;tait exactement celle de la Terre. Elle devrait en outre &#234;tre insensible au froid, au chaud, aux &#233;motions et aux variations hormonales. La moindre diff&#233;rence entre sa p&#233;riode interne et la p&#233;riode externe la mettrait hors d'usage : m&#234;me si le d&#233;calage &#233;tait seulement d'une minute par jour les animaux diurnes que nous sommes seraient, en deux ans, des animaux nocturnes s'&#233;veillant au cr&#233;puscule, se couchant &#224; l'aube : deux ans plus tard, nous serions &#224; nouveau en phase avec le Soleil et, deux ans plus tard encore, nous serions &#224; nouveau plong&#233;s dans la nuit. (&#8230;.) Pour demeurer accord&#233;s &#224; l'environnement, il nous faudrait vivre en nomades, et faire le tour de la Terre (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2463 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/heure.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;400&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Pour rester synchronis&#233;e, notre horloge interne doit battre &#224; un rythme peu diff&#233;rent de celui de la Terre et se recaler quotidiennement. Cette possibilit&#233; de resynchronisation est essentielle au fonctionnement de toute horloge biologique : l'animal qui la poss&#232;de demeure ainsi dans sa zone horaire d'origine sans devoir voyager pour compenser l'in&#233;vitable d&#233;calage. La resynchronisation r&#233;sulte d'un entrainement. Un cycle est ainsi entrain&#233; par un autre cycle, gr&#226;ce &#224; des signaux r&#233;guliers, &#224; la fa&#231;on des danseurs qui suivent le rythme d'une musique. Le cycle des saisons, par exemple, entraine celui de la floraison et de la fructification de nombreux arbres ; la pousse des bois du cerf est soumise &#224; la m&#234;me r&#233;gulation. Dans le cas des rythmes circadiens, le signal de commande est g&#233;n&#233;ralement la dur&#233;e quotidienne du jour. Selon les cas, la lumi&#232;re retarde ou avance l&#233;g&#232;rement l'horloge interne. Il existe bien d'autres syst&#232;mes de resynchronisation des horloges biologiques, mais la grande majorit&#233; des esp&#232;ces vivantes se fondent sur l'&#233;v&#233;nement quotidien qui se r&#233;p&#232;te le plus r&#233;guli&#232;rement : l'alternance du jour et de la nuit ; c'est &#224; ce signal que leurs horloges circadiennes sont devenues les plus sensibles. (&#8230;) Comment s'effectue cette resynchronisation ? (&#8230;) Les stimuli (une exposition &#224; la lumi&#232;re blanche pendant 14 heures, par exemple) agissent diff&#233;remment selon la phase du cycle interne &#224; partir duquel on les applique. En premi&#232;re approximation, ces stimuli n'engendrent qu'un d&#233;calage : une p&#233;riode apr&#232;s le d&#233;but de la stimulation, l'horloge n'est plus &#224; la phase qu'elle aurait eu sans la stimulation, mais &#224; une nouvelle phase. (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
On rencontre souvent en physiologie le d&#233;clenchement d'un &#233;v&#233;nement discontinu, par exemple le passage du sommeil &#224; l'&#233;tat de veille, qui r&#233;sulte d'un processus comportant un ph&#233;nom&#232;ne de seuil et que ce seuil soit lui-m&#234;me le produit d'un rythme. Le fonctionnement passe par une phase critique. En termes de rythmes, le passage d'une resynchronisation paire &#224; impaire et inversement est une discontinuit&#233; fondamentale. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les organismes subissent une resynchronisation impaire lorsque les stimuli sont tr&#232;s faibles ; &#224; la limite (stimuli nul), la nouvelle phase est &#233;gale &#224; l'ancienne. Ces m&#234;mes organismes ont-ils une resynchronisation impaire quand on les stimule davantage ? (&#8230;) Quand la dur&#233;e d'exposition p&#233;riodique &#224; la lumi&#232;re passe de 7,5 minutes &#224; 2 heures, (&#8230;) la resynchronisation d'impaire devient paire. Ce changement n'a pas seulement lieu quand on multiplie par 16 la dur&#233;e de stimulation : on pourrait le cerner bien plus pr&#233;cis&#233;ment en augmentant progressivement la dur&#233;e des stimulations dans diverses exp&#233;riences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette simple remarque suffit &#224; r&#233;futer l'id&#233;e selon laquelle les diff&#233;rents types topologiques de resynchronisation r&#233;sulteraient de m&#233;canismes d'horloge diff&#233;rents ou de types de stimuli particuliers. Au contraire, les diff&#233;rentes resynchronisations semblent dues &#224; un m&#233;canisme universel ! Cette observation fait surgir un nouveau probl&#232;me : quel que soit l'organisme consid&#233;r&#233; et quelle que soit la phase &#224; laquelle on le stimule, (&#8230;) le passage d'une resynchronisation impaire &#224; une resynchronisation paire, c'est-&#224;-dire le passage d'une boucle autour du trou central du tore (repr&#233;sentation de l'espace des &#233;tats sur un &#233;quivalent topologique de la chambre &#224; air) &#224; une boucle ne traversant pas ce trou, ne peut pas s'effectuer de mani&#232;re continue. (...) Pour les moustiques Culex, par exemple, le renforcement de la stimulation finit par modifier brusquement la courbe de resynchronisation : tandis qu'elle d&#233;crivait toutes les valeurs de la nouvelle phase, un intervalle complet de valeurs est maintenant &#233;pargn&#233;. A partir d'une valeur critique de la phase, lorsque le stimulus est assez intense, la nouvelle phase d&#233;croche. Le mot &#034;d&#233;croche&#034; peut sembler abusif car il faut imaginer une discontinuit&#233; et, hormis les &#233;v&#233;nements mol&#233;culaires ou relevant de la m&#233;canique quantique, les changements temporels (en biologie) semblent continus, bien que parfois tr&#232;s rapides. Les v&#233;ritables discontinuit&#233;s (en biologie) sont des ph&#233;nom&#232;nes rares et inobservables. Comment prouver que la cause est r&#233;ellement inf&#233;rieure &#224; n'importe quelle valeur finie (c'est-&#224;-dire prouver la continuit&#233;) ? Pourtant dans le cas pr&#233;sent, la nouvelle phase semble bien changer d'une quantit&#233; finie, alors que l'ancienne phase ne change que d'une fa&#231;on infinit&#233;simale. Serions-nous dans le cas exceptionnel d'une v&#233;ritable discontinuit&#233; ? Oui, car, dans le ph&#233;nom&#232;ne consid&#233;r&#233;, la discontinuit&#233; est un imp&#233;ratif topologique. Pour transformer une boucle entourant le trou d'un tore en une boucle ne l'entourant pas, il faut n&#233;cessairement d&#233;former la boucle de fa&#231;on discontinue. Lorsque le stimulus atteint la valeur critique, la boucle doit &#234;tre coup&#233;e, d&#233;plac&#233;e, puis recoll&#233;e. La topologie ne d&#233;crit pas la discontinuit&#233;, mais elle pr&#233;voit un ph&#233;nom&#232;ne &#224; d&#233;couvrir : il doit exister une singularit&#233; physiologique. Il y a 20 ans seulement, on ne soup&#231;onnait m&#234;me pas l'existence de cette singularit&#233;, mais les exp&#233;riences o&#249; l'on observait un d&#233;phasage variant contin&#251;ment en fonction des conditions exp&#233;rimentales auraient d&#251; nous mettre sur la voie de la singularit&#233; inobserv&#233;e. La topologie a indiqu&#233; la m&#233;thode &#224; suivre pour trouver exp&#233;rimentalement le point singulier et, rapidement, le protocole de pi&#233;geage de singularit&#233; a &#233;t&#233; mis en &#339;uvre pour la recherche de la phase singuli&#232;re d'une horloge biologique. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'examen raisonn&#233; des resynchronisations observ&#233;es suffit &#224; d&#233;duire les propri&#233;t&#233;s essentielles des horloges biologiques. Cet examen est favoris&#233; par une pr&#233;sentation g&#233;om&#233;trique, intuitive, fond&#233;e sur des diagrammes de phase color&#233;s. Sur ces diagrammes apparaissent directement les surprenantes cons&#233;quences de la d&#233;couverte des resynchronisations paires. (&#8230;) A la limite de la resynchronisation impaire, la nouvelle phase est strictement &#233;gale &#224; l'ancienne ; &#224; la limite de la resynchronisation impaire, la nouvelle phase est constante, quelle que soit l'ancienne phase. (&#8230;) Construisons alors un graphique rectangulaire o&#249; apparaissent tous les types de stimulations possibles : en abscisses, nous portons les anciennes phases, &#224; partir desquelles les horloges sont stimul&#233;es, en ordonn&#233;e, nous portons les intensit&#233;s de stimulation. En chaque point de ce rectangle, nous indiquons le r&#233;sultat de l'exp&#233;rience (la nouvelle phase) par un code de couleur. (&#8230;) Repr&#233;sentons la phase nulle par la couleur rouge et convenons que les phases croissantes soient successivement repr&#233;sent&#233;es par le violet, le pourpre, le bleu, le vert, le jaune, l'orange et de nouveau le rouge. (&#8230;) Selon l'hypoth&#232;se de continuit&#233;, la couleur en chaque point doit &#234;tre voisine de la couleur des points voisins. Une zone jaune, par exemple, ne peut &#234;tre voisine d'une zone bleue : entre les deux doit appara&#238;tre soit une zone verte, soit une succession de zones orange, rouge, pourpre, violette. (&#8230;) Faites l'exp&#233;rience, vous n'&#233;viterez pas une zone o&#249; toutes les couleurs se m&#233;langent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conclusion est biologiquement importante : pour un point correspondant &#224; un couple pr&#233;cis d'ancienne phase et d'intensit&#233; du stimulus, la nouvelle phase est ind&#233;termin&#233;e, bien que les points tr&#232;s voisins soient de toutes les couleurs. Ce point est une singularit&#233; de phase.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acquis de la recherche sur les rythmes biologiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; a) L'homme a un rythme circadien d'environ 25 heures.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce rythme subit un recalage avec la lumi&#232;re du jour.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans les mouvements p&#233;riodiques (rythmes des mar&#233;es, passage de fuseaux horaires, etc..) il y a des points de convergences, appel&#233;s points amphidromiques pour les mar&#233;es ou singularit&#233; de phase.&lt;br class='autobr' /&gt; De nombreuses fonctions physiologiques varient suivant le rythme circadien :&lt;br class='autobr' /&gt; la temp&#233;rature corporelle&lt;br class='autobr' /&gt; le seuil de sensibilit&#233; au froid&lt;br class='autobr' /&gt; la sensibilit&#233; au courant &#233;lectrique&lt;br class='autobr' /&gt; La dur&#233;e de l'anesth&#233;sie&lt;br class='autobr' /&gt; la concentration du cortisol dans le sang&lt;br class='autobr' /&gt; l'efficacit&#233; des chimioth&#233;rapies et des radioth&#233;rapies&lt;br class='autobr' /&gt;
Lumi&#233;re et m&#233;latonine&lt;br class='autobr' /&gt;
La resynchronisation&lt;br class='autobr' /&gt; utilisation d'un tore&lt;br class='autobr' /&gt; resynchronisations paire et impaires&lt;br class='autobr' /&gt; horloges simples : toujours paire.&lt;br class='autobr' /&gt; resynchrisation suivant l'intensit&#233; de la stimulation&lt;br class='autobr' /&gt;
Le coeur et les singularit&#233; de phase&lt;br class='autobr' /&gt;
Les communaut&#233;s d'horloges.&lt;br class='autobr' /&gt; Compromis de phase entre les horloges coupl&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt; Coloriage du tore&lt;br class='autobr' /&gt;
Trajectoires dans l'espace des phases. (Ref1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Arthur Winfree Les horloges de la vie : les math&#233;matiques des rythmes biologiques Pour la science (BELIN) 1997&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Arthur Winfree The geometry of biological time. Springer-Verlag 1980&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Steven Strogatz SYNC : the emergeous science of spontaneous order. Hyperion 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Mich&#232;le Teboul et Franck Delaunay Ni ma&#238;tre ni esclave chez les horloges biologiques M&#233;decine-Sciences Juillet-Aout 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Hugues Dardente. Redondance g&#233;n&#233;tique et synchronisation cellulaire dans les horloges circadiennes. Medecine-Sciences. Mars 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6- Albert Goldbeter. La vie oscillatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7- Gilbert Simondon &#8211; Les rythmes comme cycles de l'ontogen&#232;se ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NE PAS CONFONDRE L'ETUDE DES RYTHMES BIOLOGIQES AVEC LA SUPERSTITION DES &#171; BIORYTHMES &#187; SUR L'INFLUENCE DES ETOILES, DES PLANETES OU DES ARBRES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Winfree &#233;crit : &#034;Selon cette th&#233;orie farfelue, nous serions tous sous l'influence de cycles, comparables aux cycles menstruels, mais beaucoup plus pr&#233;cis : contrairement aux cycles menstruels dont la p&#233;riode d&#233;pend des femmes et de leur environnement, les capacit&#233;s physiques varieraient selon un cycle de 23 jours exactement ; le tonus &#233;motionnel suivant un cycle de 28 jours et l'activit&#233; intellectuelle suivant un cycle de 33 jours&#034; &#034;Quelle est la validit&#233; des biorythmes ? Dans les ann&#233;es 1970, les r&#233;sultats d'une douzaine d'&#233;tudes ind&#233;pendantes ont &#233;t&#233; publi&#233;s. Plus de 40 000 cas de suicides et d'accidents divers ont &#233;t&#233; &#233;tudi&#233;s en d&#233;tail et confront&#233;s aux pr&#233;visions de la th&#233;orie des biorythmes. Aucune corr&#233;lation n'est apparue, et l'une des &#233;tudes concluait : chacun d'entre nous a ses bons et ses mauvais jours, mais les biorythmes ne permettent pas de les pr&#233;voir.&#034; Tout le monde ressent des variations d'humeur (en positif ou en n&#233;gatif) qui peuvent &#234;tre induites par un grand nombre d'&#233;v&#233;nements. Mais la th&#233;orie des biorythmes n'est qu'une superstition populaire.&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout commence par la capacit&#233; dont l'&#234;tre est dot&#233; de se d&#233;phaser. L'&#234;tre poss&#232;de une nature dynamique, en partie latente en partie manifest&#233;e, qui fait qu'il n'est jamais un, ni donn&#233; &#224; lui-m&#234;me, ni fond&#233; sur lui-m&#234;me, mais toujours en mouvement, en d&#233;calage ou en d&#233;phasage d'avec lui-m&#234;me : &#171; Le devenir est l'&#234;tre comme pr&#233;sent en tant qu'il se d&#233;phase actuellement en pass&#233; et avenir, trouvant le sens de lui-m&#234;me en ce d&#233;phasage bipolaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dynamisme de l'&#234;tre, qui propulse l'individuation, n'implique pas, toutefois, que celle-ci constituerait un simple flux liquide ; il faut, au contraire, lui attribuer une certaine organisation. Simondon le souligne : &#171; L'individuation ne s'effectue pas de mani&#232;re continue, ce qui aurait pour r&#233;sultat de faire qu'une individuation ne pourrait &#234;tre que totale ou nulle. &#187; Elle est organis&#233;e dans le temps par des &#171; discontinuit&#233;s &#187;. En m&#234;me temps, ces discontinuit&#233;s ne sont pas de simples arr&#234;ts ind&#233;pendants les uns des autres. Le &#171; discontinu &#187; de l'&#234;tre en voie d'individuation n'est pas &#171; un discontinu spatial ou &#233;nerg&#233;tique &#187;, comme &#171; celui des particules &#233;l&#233;mentaires de la physique et de la chimie &#187;, mais &#171; un discontinu de phases &#187;, id&#233;e n&#233;cessairement &#171; jointe &#224; l'hypoth&#232;se de la compatibilit&#233; des phases successives de l'&#234;tre &#187;. Il me semble qu'on est l&#224; au plus pr&#232;s de ce que j'entends, quant &#224; moi, par &#171; rythme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#234;tre ne se d&#233;phase pas suivant une seule ligne, comme une succession binaire d'&#233;tats simplement oppos&#233;s. Il y a une pluralit&#233; latente dans l'&#234;tre qui n'est pas semblable &#224; une pluralit&#233; de parties et qui peut lui permettre de se d&#233;phaser suivant de multiples lignes : &#171; L'&#234;tre n'est pas seulement ce qu'il est en tant que manifest&#233;, car cette manifestation n'est l'ent&#233;l&#233;chie que d'une seule phase ; pendant que cette phase s'actualise, d'autres phases latentes et r&#233;elles, actuelles m&#234;me en tant que potentiel &#233;nerg&#233;tiquement pr&#233;sent, existent et l'&#234;tre consiste en elles autant que dans sa phase par laquelle il atteint l'ent&#233;l&#233;chie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individu qui r&#233;sulte de ces processus de polyd&#233;phasage n'est donc jamais un, ni jamais stable, mais il n'en dispose pas moins d'une unit&#233; fluctuante qui est une moyenne des fluctuations : &#171; Il n'est un que par rapport &#224; d'autres individus, selon un hic et nunc tr&#232;s superficiel. En fait l'individu est multiple en tant que polyphas&#233;, multiple non comme s'il recelait en lui une pluralit&#233; d'individus secondaires plus localis&#233;s et plus momentan&#233;s, mais parce qu'il est extension de plusieurs phases &#224; partir de l'unit&#233;. L'unit&#233; de l'individu est la phase centrale et moyenne de l'&#234;tre, &#224; partir de laquelle naissent et s'&#233;cartent les autres phases en une bipolarit&#233; unidimensionnelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; ces conditions ontologiques, on comprend que l'individuation ne doive pas &#234;tre vue comme si elle &#233;tait le fruit du devenir d'un individu pr&#233;existant (qu'il soit singulier ou collectif), mais, au contraire, qu'il faille expliquer l'individu par l'individuation. C'est pourquoi, d&#232;s l'introduction de son livre, Simondon annonce son intention &#171; de saisir l'ontogen&#232;se dans tout le d&#233;veloppement de sa r&#233;alit&#233;, et de conna&#238;tre l'individu &#224; travers l'individuation plut&#244;t que l'individuation &#224; partir de l'individu &#187;. L'individu est toujours en devenir et ce devenir n'est pas celui d'une entit&#233; substantielle, une alt&#233;ration ou une succession d'&#233;tats comparable &#224; un simple d&#233;veloppement s&#233;riel. Le devenir de l'individu est un d&#233;ploiement qui s'effectue &#224; partir du centre de l'&#234;tre au pr&#233;sent : &#171; Le devenir est r&#233;solution perp&#233;tu&#233;e et renouvel&#233;e, r&#233;solution incorporante, proc&#233;dant par crises, et telle que son sens est en son centre, non &#224; son origine ou en sa fin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela me semble tout &#224; fait recevable et fournit quelques &#233;l&#233;ments de fondement ontologique &#224; la th&#233;orie de l'individuation singuli&#232;re et collective. Ce qui suit para&#238;t, en revanche, plus probl&#233;matique. Simondon propose, nous le voyons, une th&#233;orie de l'individuation qui insiste sur son aspect processuel, tout en sugg&#233;rant que les processus qui la constituent ne sont pas totalement erratiques. Il propose m&#234;me un d&#233;but de conceptualisation de leur organisation sous la forme oxymorique de la &#171; discontinuit&#233; de phases compatibles entre elles &#187;. Mais cette repr&#233;sentation reste insuffisante et demeure, d'une mani&#232;re subtile, encore li&#233;e &#224; une pens&#233;e de type &#233;l&#233;atique. Selon Simondon, l'individuation proc&#232;de en effet par bonds ou par crises successives, par &#171; une suite de r&#233;solutions incorporantes des &#233;tats probl&#233;matiques successifs &#187; dans lesquels se trouvent les milieux ou les domaines o&#249; elle se produit, &#171; une suite d'acc&#232;s d'individuation avan&#231;ant de m&#233;tastabilit&#233; en m&#233;tastabilit&#233; &#187;, l'&#234;tre recevant alors, au lieu d'une seule forme donn&#233;e d'avance, &#171; des informations successives qui sont autant de structures et de fonctions r&#233;ciproques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, bien qu'il prenne la peine de remotiver la notion de discontinuit&#233; par sa doctrine de la pluralit&#233; latente et de la compatibilit&#233; des phases de l'&#234;tre &#8211; pluralit&#233;-unit&#233; qui vient diviser l'axe des discontinuit&#233;s en un faisceau de trajectoires multiples dont les d&#233;roulements ne sont pas forc&#233;ment synchrones mais restent li&#233;s, d'une certaine mani&#232;re, les uns aux autres &#8211;, Simondon se repr&#233;sente malgr&#233; tout les rythmes de l'individuation comme de simples stops and goes, des alternances r&#233;p&#233;t&#233;es entre des moments de stabilit&#233; structurale atteinte par un domaine, des moments de d&#233;phasage par augmentation des tensions internes de ce domaine, puis des moments de restructuration violente et rapide de celui-ci sous l'effet de l'introduction d'un &#171; germe &#187; capable d'y enclencher une &#171; modulation transductive &#187; qui le r&#233;am&#233;nage de proche en proche. Le flux de l'individuation reste organis&#233; par des cycles, m&#234;me si ces cycles peuvent &#234;tre multiples et non-synchrones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette description correspond au mod&#232;le physique de la cristallisation provoqu&#233;e par l'introduction d'un germe dans une solution sursatur&#233;e de soufre &#224; partir duquel la pens&#233;e de Simondon s'est construite ; elle correspond encore assez bien, semble-t-il, au mod&#232;le biologique de l'individuation des organismes vivants ; mais elle est loin de pouvoir rendre compte de la g&#233;n&#233;ralit&#233; des cas qui concerne le domaine psycho-social humain. Il n'y a gu&#232;re que les soci&#233;t&#233;s archa&#239;ques, si l'on en croit les anthropologues, qui seraient susceptibles de r&#233;pondre &#224; ce mod&#232;le &#8211; encore ne le feraient-elles que sur le plan morphologique. Toutes les soci&#233;t&#233;s modernes, en revanche, en particulier les soci&#233;t&#233;s fluidifi&#233;es qui ont commenc&#233; &#224; appara&#238;tre au XIXe si&#232;cle, ne r&#233;pondent plus &#224; ce type de description des rythmes de l'individuation. Leurs rythmes doivent &#234;tre th&#233;oris&#233;s sur d'autres bases que des bases m&#233;triques ou cycliques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons, pour finir, que ce retour du dualisme m&#233;trique et d'une compr&#233;hension trop &#233;troite du concept d'organisation de l'individuation n'est probablement pas sans rapports avec une autre difficult&#233; que soul&#232;ve la th&#233;orie simondonienne. Simondon attribue, en effet, la capacit&#233; que poss&#232;de l'&#234;tre de se d&#233;phaser, au moins l'&#234;tre des &#234;tres vivants, &#224; une notion tr&#232;s myst&#233;rieuse qu'il nomme le &#171; pr&#233;individuel &#187;. Selon lui, l'&#233;tat pr&#233;individuel de l'&#234;tre serait caract&#233;ris&#233; par &#171; l'existence de potentiels, qui [sont] la cause de l'incompatibilit&#233; et de la non-stabilit&#233; de cet &#233;tat &#187;. Ainsi, c'est cette r&#233;alit&#233; pr&#233;individuelle qui serait la source permanente des processus de d&#233;phasage entra&#238;nant l'individuation : &#171; L'entr&#233;e dans le collectif doit &#234;tre con&#231;ue comme une individuation suppl&#233;mentaire, faisant appel &#224; une charge de nature pr&#233;individuelle qui est port&#233;e par les &#234;tres vivants. Rien ne permet en effet d'affirmer que toute la r&#233;alit&#233; des &#234;tres vivants est incorpor&#233;e &#224; leur individualit&#233; constitu&#233;e ; on peut consid&#233;rer l'&#234;tre comme form&#233; de r&#233;alit&#233; individu&#233;e et de r&#233;alit&#233; pr&#233;individuelle : c'est la r&#233;alit&#233; pr&#233;individuelle qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme r&#233;alit&#233; fondant la transindividualit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascal Michon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilbert Simondon &#8211; Les rythmes comme cycles de l'ontogen&#232;se ?&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des discontinuit&#233;s dans l'&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son premier grand livre, Ontogeny and Phylogeny (1977), Gould &#233;tudie les m&#233;canismes possibles de tels changements discontinus au niveau de l'ontogen&#232;se, c'est-&#224;-dire du d&#233;veloppement de l'individu : les ph&#233;nom&#232;nes d'h&#233;t&#233;rochronie (et notamment la n&#233;ot&#233;nie, c'est-&#224;-dire la r&#233;tention, &#224; l'&#226;ge adulte, de caract&#233;ristiques infantiles ou f&#339;tales) pourraient &#234;tre une des cl&#233;s pour comprendre les modalit&#233;s du devenir phylog&#233;n&#233;tique : l'homme lui-m&#234;me pourrait bien &#234;tre un animal n&#233;ot&#233;nique, d&#233;rivant d'un anc&#234;tre du chimpanz&#233; qui n'aurait pas atteint sa forme adulte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les rythmes biologiques</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article186</link>
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		<dc:date>2010-04-14T06:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#034;Les enzymes consommant de l'&#233;nergie (ATP) seraient activ&#233;es &#224; des valeurs &#233;lev&#233;es en charge d'adeylique, par l'ATP et inhib&#233;es par un exc&#232;s d'ADP et AMP. (...) Ces oscillations m&#233;taboliques pourraient repr&#233;senter une des horloges &#233;l&#233;mentaires de la cellule. Il appara&#238;t que ces oscillations sont &#224; leur tour &#034;entra&#238;n&#233;es&#034; par d'autres rythmes, plus lents caract&#233;risant le domaine &#233;pig&#233;n&#233;tique de la cellule - biosynth&#232;se des macro-mol&#233;cules, leurs interactions - comme le sugg&#232;re les travaux sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique104" rel="directory"&gt;Les rythmes biologiques, un processus dynamique et des structures auto-organis&#233;es et &#233;mergentes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Les enzymes consommant de l'&#233;nergie (ATP) seraient activ&#233;es &#224; des valeurs &#233;lev&#233;es en charge d'adeylique, par l'ATP et inhib&#233;es par un exc&#232;s d'ADP et AMP. (...) Ces oscillations m&#233;taboliques pourraient repr&#233;senter une des horloges &#233;l&#233;mentaires de la cellule. Il appara&#238;t que ces oscillations sont &#224; leur tour &#034;entra&#238;n&#233;es&#034; par d'autres rythmes, plus lents caract&#233;risant le domaine &#233;pig&#233;n&#233;tique de la cellule - biosynth&#232;se des macro-mol&#233;cules, leurs interactions - comme le sugg&#232;re les travaux sur les amibes de Lloyd et Edwards. (...) Le couplage &#233;troit des r&#233;actions rapides et lentes, m&#233;di&#233; par des cofacteurs et m&#233;tabolites interm&#233;diaires permet ainsi &#224; la cellule d'ajuster ses oscillations m&#233;taboliques &#224; la demande &#233;nerg&#233;tique au lieu de suivre sa capacit&#233; maximale de g&#233;n&#233;ration d'&#233;nergie. (...) Certaines horloges peuvent &#234;tre synchronis&#233;es, &#034;entra&#238;n&#233;es&#034; sur un rythme compatible avec la survie optimale de la cellule ou de l'oganisme, d'autres ph&#233;nom&#232;nes suivent un rythme fortement d&#233;pendant de facteurs intrins&#232;ques comme par exemple l'utilisation du glucose pour g&#233;n&#233;rer l'&#233;nergie indipensable &#224; la vie ainsi que son action d&#233;l&#233;t&#232;re sur les prot&#233;ines de structure.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ladislas Robert dans &#034;Le temps et sa fl&#232;che&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canalu.tv/canalu/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2000/chimie_minerale/morphogeneses_chimiques_les_reactions_creatrices_de_rythmes_et_de_formes_patrick_de_kepper&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les r&#233;actions cr&#233;atrices de rythmes, le film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/i02.gif' width=&#034;256&#034; height=&#034;256&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme la mati&#232;re, la vie c'est d'abord des rythmes. Ici, celui du cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/figure4.jpg' width=&#034;444&#034; height=&#034;377&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;SITE : Mati&#232;re et r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;www.matierevolution.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article88&#034;&gt;Sommaire du site&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1&#034;&gt;Pourquoi ce site ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous &#233;crire, cliquez sur &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?page=forum&amp;id_article=186&#034;&gt;R&#233;pondre &#224; cet article&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A lire &#233;galement sur le site :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article47&#034;&gt;L'organisation collective des cellules&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article14&#034;&gt;Continuit&#233; du vivant&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article184&#034;&gt;Rythmes du c&#339;ur&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article185&#034;&gt;Rythmes du cerveau&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/050608-2158-potage1neur1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH253/050608-2158-potage1neur1-cc53a.jpg?1777553777' width='500' height='253' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;....... DE l'UNIVERS AU SYSTEME NERVEUX ......&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Pratiquement toutes les manifestations biologiques suivent des rythmes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Certains rapides, d'autres lents. mais pratiquement aucun ph&#233;nom&#232;ne biologique ne se d&#233;roule selon une cin&#233;tique continue et lin&#233;aire.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ladislas Robert&lt;/strong&gt; dans &#034;Le temps en biologie&#034;, extrait de &#034;Le temps et sa fl&#232;che&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La synchronisation des horloges du vivant fond&#233;e sur des boucles de r&#233;troaction biochimiques&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur ouvrage &#171; Les rythmes du vivant &#187;, &lt;strong&gt;Boissin et Canguilhem&lt;/strong&gt; &#233;crivent : &#171; un des grands probl&#232;mes commun aux animaux et aux v&#233;g&#233;taux est l'anticipation c'est-&#224;-dire l'adaptation des &#234;tres vivants &#224; leur environnement par l'utilisation des horloges biologiques. &#187; Comme je l'avais rappel&#233; dans un expos&#233; pr&#233;c&#233;dent, les rythmes du type circadien (de 24 heures) se sont en effet av&#233;r&#233;s capables d'adaptation, d'interaction tant avec le milieu qu'entre eux. Mais ce ne sont pas les seuls &#224; fonctionner ainsi. Il en va de m&#234;me d'autres rythmes, comme ceux de la respiration, celui des excr&#233;tions par exemple ou encore le rythme d'alternance de la procr&#233;ation, de la vie et de la mort, au niveau de la cellule comme de l'individu. La dur&#233;e moyenne de vie d'un individu au sein d'une esp&#232;ce est souvent &#233;voqu&#233;e mais il convient aussi de noter qu'il y a &#233;galement une dur&#233;e de vie de l'esp&#232;ce elle-m&#234;me ou de la famille d'esp&#232;ces. On trouve en effet des dur&#233;es moyennes de vie pour les esp&#232;ces comme pour les familles ou les genres. Par exemple, chez les reptiles la dur&#233;e moyenne de vie d'une famille est de 55 millions d'ann&#233;es. Une famille de dinosaures dure 25 millions d'ann&#233;es. La famille &#224; laquelle appartiennent les crocodiles actuels a d&#233;j&#224; dur&#233; plus de cent millions d'ann&#233;es. Par contre, chez les dinosaures, un genre durait cinq ou six millions d'ann&#233;es. En moyenne trois ou quatre esp&#232;ces de dinosaures composent un genre et six &#224; douze genres, une famille. Tous ces rythmes ont des caract&#233;ristiques &#224; chacun des niveaux : de l'individu, du groupe, de l'esp&#232;ce et des branches sup&#233;rieures, comme genre ou famille. Dans son ouvrage &#171; Le pt&#233;rodactyle rose &#187;, Robert Bakker, sp&#233;cialiste des dinosaures, a montr&#233; que ceux-ci devaient avoir le sang chaud et pour le d&#233;montrer, il a soulign&#233; le lien entre m&#233;tabolisme (ou rythme &#233;nerg&#233;tique), rythme de la croissance et rythme de l'&#233;volution. Et notamment il a expliqu&#233; que l'&#233;quilibre dynamique entre pr&#233;dateur et proie est d&#233;pendant du m&#233;tabolisme du pr&#233;dateur. En effet, ses besoins &#233;nerg&#233;tiques vont d&#233;pendre de son rythme interne. Ils vont entra&#238;ner en cons&#233;quence un plus moins grand besoin de proies. Des besoins &#233;nerg&#233;tiques trop importants peuvent m&#234;me entra&#238;ner la disparition des proies. Une autre d&#233;couverte rappelle le lien entre la rythmologie et l'&#233;volution. Des chercheurs ont montr&#233; en 1998 que des animaux aussi &#233;loign&#233;s dans le m&#233;canisme de l'&#233;volution que la souris et la mouche drosophile - deux animaux s&#233;par&#233;s en termes d'&#233;volution par 600 millions d'ann&#233;es - ont en commun un m&#233;canisme biologique qui fonde leur rythme circadien. Il s'agit l&#224; du m&#234;me cycle de r&#233;troaction qui produit les prot&#233;ines. On montre ainsi que ce rythme est interne et h&#233;rit&#233; des origines. On savait d&#233;j&#224; qu'il y avait une interaction entre rythme solaire et organes du corps, syst&#232;me oculaire, glande pin&#233;ale et noyau suprachiasmatique. En 1997, des chercheurs am&#233;ricains avaient montr&#233; que les mouches drosophiles ont d'innombrables horloges miniatures r&#233;parties sur l'ensemble du corps et pour lesquelles l'arriv&#233;e du jour repr&#233;sente une remise &#224; z&#233;ro. Cela montre que ce rythme circadien endog&#232;ne est li&#233; au m&#233;canisme g&#233;n&#233;tique lui-m&#234;me. D'autre part, des recherches de l'&#233;quipe Paolo Sassone-Corsi de l'Institut de g&#233;n&#233;tique et de biologie mol&#233;culaire de Strasbourg publi&#233;es au d&#233;but de l'ann&#233;e dans la revue &#171; Nature &#187; viennent de montrer que chacune des cellules du coeur et du rein du poisson-z&#232;bre poss&#232;dent une horloge circadienne qui fonctionne ind&#233;pendamment du rythme du corps. Cette horloge est li&#233;e &#224; un g&#232;ne et ce rythme se resynchronise brutalement par &#233;mission lumineuse re&#231;ue par les photor&#233;cepteurs de la membrane cellulaire et peut ainsi suivre l'alternance jour-nuit. On a trouv&#233; chez la souris &#233;galement un g&#232;ne correspondant &#224; un rythme circadien, ce qui laisse entendre que les horloges existent &#224; tous les niveaux, que la vie n'est rien d'autre que la synchronisation de nombreux rythmes de r&#233;actions biochimiques. Comme le rythme circadien, les autres rythmes du vivant sont des rythmes endog&#232;nes, contr&#244;l&#233;s par des oscillateurs internes, reli&#233;s &#224; des synchroniseurs qui avancent ou retardent en permanence notre horloge physiologique. Ces rythmes sont en permanence en connexion avec des rythmes externes comme celui du jour et de la nuit. Arthur Winfree a soulign&#233; dans son ouvrage &#171; Les horloges de la vie &#187; combien la mod&#233;lisation par le chaos ouvre de perspectives &#224; la compr&#233;hension de ces rythmes et de leur capacit&#233; &#224; se synchroniser et &#224; se coordonner. Depuis bien longtemps, on a compris que le vivant porte en lui de nombreux rythmes mais il reste &#224; d&#233;couvrir comment ils fonctionnent, sur quoi ils sont fond&#233;s et comment ils &#233;voluent. Ces rythmes sont-ils internes, ou d&#233;termin&#233;s par des facteurs ext&#233;rieurs comme les saisons, les climats, etc ... ? L'horloge est-elle d&#233;termin&#233;e par une p&#233;riodicit&#233; fixe transmise g&#233;n&#233;tiquement ou, au contraire, est-elle le produit d'une dynamique &#233;volutive ? Ces rythmes sont-ils individuels ou propres &#224; l'esp&#232;ce, particuliers &#224; un groupe d'esp&#232;ces ou communs aux diverses esp&#232;ces vivantes ? Citons quelques exemples de rythmes biologiques. Des cigales ont des nymphes qui naissent &#224; peu pr&#232;s en m&#234;me temps tous les 17 ans, sans aucun contact entre elles et sans d&#233;pendre de facteurs externes comme le climat et les saisons. Une certaine esp&#232;ce de bambou est encore plus &#233;tonnante puisqu'elle fleurit tous les 120 ans, avec ce m&#234;me rythme aux quatre coins de la plan&#232;te, malgr&#233; la diversit&#233; des climats. C'est donc bien que la floraison d'une esp&#232;ce v&#233;g&#233;tale est r&#233;gl&#233;e par une horloge qui n'est pas impos&#233;e de l'ext&#233;rieur par l'environnement, mais qui est interne et caract&#233;ristique de l'esp&#232;ce. Cela suppose donc des r&#233;actions biochimiques capables de comptabiliser ... 120 ans. De m&#234;me que la dur&#233;e de vie d'un individu suppose une horloge biologique, celle d'une esp&#232;ce, ou la floraison li&#233;e &#224; celle-ci suppose &#233;galement des horloges biologiques de l'esp&#232;ce et pas seulement de l'individu. Un exemple de dynamique chaotique a &#233;t&#233; &#233;tudi&#233; : le rythme de l'activit&#233; locomotrice des crevettes bouquets. C'est un double rythme &#224; la fois circadiatal (de 13 heures) proche de celui des mar&#233;es et circadien, li&#233; &#224; la rotation de la terre. Suivant le type de crevettes, l'une des horloges domine le rythme r&#233;sultant mais les deux coexistent. Dans aucun des deux cas, un rythme strictement p&#233;riodique n'existe. Il est donc fond&#233; en permanence sur des fluctuations al&#233;atoires, mais il reste cependant globalement stable. Les propri&#233;t&#233;s de ces horloges fond&#233;es sur une agitation sous-jacente, leur capacit&#233; &#224; s'adapter et &#224; se synchroniser collectivement ont &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;s par les travaux d'Arthur Winfree, Steven Strogatz et Ian Stewart. Ils ont montr&#233; qu'il y a un rythme collectif qui est globalement stable, fond&#233; sur des r&#233;troactions. Le ph&#233;nom&#232;ne d'interactions entre les fr&#233;quences des oscillateurs coupl&#233;s est du m&#234;me type que de nombreux ph&#233;nom&#232;nes physiques, comme l'alignement collectif des mol&#233;cules dans un liquide congel&#233;. La perte de synchronisation qui a lieu continuellement dans ces rythmes est du m&#234;me type que la perte d'alignement du magn&#233;tisme d'un aimant chauff&#233;. En termes g&#233;n&#233;raux, on appelle tous ces ph&#233;nom&#232;nes des brisures de sym&#233;trie. Cela est synonyme de la formation d'un nouveau niveau de structuration ou de diminution du nombre de degr&#233;s de libert&#233;, qui sont les param&#232;tres de l'ordre global. Nous avons souvent affaire au m&#234;me type de ph&#233;nom&#232;ne dans l'&#233;tude du vivant. Des ruptures de sym&#233;trie peuvent &#234;tre observ&#233;es aussi bien au moment de la diversification des cellules que de l'apparition du bourgeon qui initie le membre. Comment expliquer les diff&#233;rences de rythmes entre divers animaux ? Ainsi lorsque l'on &#233;tudie les primates, on remarque des diff&#233;rences de rythme cardiaque mais on remarque aussi que ce rythme est en moyenne inversement proportionnel &#224; la dur&#233;e de vie. Ainsi un animal, dont le coeur bat deux fois plus vite, vit en moyenne deux fois moins longtemps : cela signifie que les primates ont en gros le m&#234;me nombre de battements dans une vie. Ce nombre est donc d&#233;termin&#233;, non pour un individu ou pour l'esp&#232;ce, mais pour tout le groupe des primates et cela alors que le mode de vie, les r&#233;gions et les climats peuvent &#234;tre tr&#232;s diff&#233;rents. Les individus ont une dur&#233;e de vie d&#233;termin&#233;e en moyenne par l'esp&#232;ce &#224; laquelle ils appartiennent, mesur&#233;e &#233;galement par une horloge : ces rythmes sont donc internes et non externes. Ce qui les d&#233;termine ce sont des cycles de transformation de produits biochimiques. On peut parler d'horloge puisque ces m&#233;canismes biochimiques d&#233;finissent un laps de temps. Une nouvelle science est m&#234;me apparue, la chronobiologie. Cette science a montr&#233; qu'une action chimique n'a pas la m&#234;me efficacit&#233; si elle se produit &#224; diff&#233;rents moments, correspondant &#224; des phases diff&#233;rentes du rythme de l'&#234;tre vivant. Par exemple, le corps ne r&#233;agit pas de la m&#234;me mani&#232;re au m&#234;me m&#233;dicament selon l'heure &#224; laquelle il est administr&#233;, si cela se produit durant des phases diff&#233;rentes du cycle vital. Les rythmes sont donc interactifs. Un cycle peut r&#233;agir sur un autre, entra&#238;nant des d&#233;calages de phase, ou des acc&#233;l&#233;rations de la r&#233;action car certains produits d'une r&#233;action chimique sont des enzymes, c'est-&#224;-dire des mol&#233;cules activatrices. Pour ces horloges biologiques, le temps n'est pas une p&#233;riode d&#233;finie une fois pour toutes. Il se construit &#224; chaque fois comme produit d'une s&#233;rie enchev&#234;tr&#233;e de r&#233;actions biochimiques interactives qui s'acc&#233;l&#232;rent ou s'inhibent entre elles. Ce n'est pas un tic-tac r&#233;gulier et p&#233;riodique, d&#233;fini une fois pour toutes mais, au contraire, un temps biologique construit par exp&#233;rience, interactif, &#233;volutif, sensible aux conditions aussi bien int&#233;rieures qu'ext&#233;rieures. Ainsi, le temps biologique sera chang&#233; pour des sp&#233;l&#233;ologues qui n'ont plus aucun contact avec la surface et ne connaissent plus le rythme solaire. Cependant leur temps circadien est presque maintenu. Mais, par exemple, ce temps sera modifi&#233; si la temp&#233;rature change car tous les m&#233;canismes du m&#233;tabolisme sont modifi&#233;s. C'est ce qu'ont montr&#233; les exp&#233;riences sur la mouche drosophile : un changement brutal de temp&#233;rature d&#233;passant un seuil de stabilit&#233; dans la r&#233;action de production de certaines prot&#233;ines entra&#238;ne un changement radical du type de stabilit&#233; globale, c'est-&#224;-dire la production d'une nouvelle esp&#232;ce. Et surtout, cette &#233;volution n'est pas seulement produite pour cet animal : elle est d&#233;sormais h&#233;r&#233;ditaire. Le changement brutal de temp&#233;rature cause donc un effet de choc, appel&#233; stress dans la biochimie mol&#233;culaire, entra&#238;nant la mise en place d'un nouvel &#233;quilibre. Le stress est un cycle biochimique qui interagit d'une part avec l'environnement et, d'autre part, avec le m&#233;canisme d'inhibition des variations. C'est un argument important en faveur de la th&#232;se du chaos d&#233;terministe qui est le seul type d'ordre que nous connaissions dans lequel un choc entra&#238;ne un nouvel &#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons montrer que les r&#233;actions biochimiques qui fondent ces rythmes chaotiques sont des boucles de r&#233;troaction ? Prigogine et Nicolis ont pens&#233; &#224; ce type de r&#233;actions pour fonder les rythmes du vivant parce que de telles boucles avaient &#233;t&#233; &#233;tudi&#233;es en chimie avec les r&#233;actions Bz, du nom de ses auteurs B&#233;louzov et Zhabotinsky et que l'on a pu prouver dans ce cas qu'il s'agissait de ph&#233;nom&#232;nes chaotiques produisant des rythmes. Cette r&#233;action Bz a pu &#234;tre &#233;tudi&#233;e en repr&#233;sentant les courbes correspondant aux concentrations des divers produits La r&#233;action Bz est une r&#233;action d'oxydation de l'acide citrique par des ions bromates et catalys&#233;e par un couple oxydo-r&#233;ducteur d'ions. Elle a une particularit&#233; importante : c'est d'&#234;tre une r&#233;troaction, c'est-&#224;-dire que l'un des produits de la r&#233;action r&#233;agit sur son point de d&#233;part et l'active. Comme toutes les r&#233;actions chimiques dites de r&#233;action/diffusion (le terme diffusion d&#233;crit la mani&#232;re dont elles se propagent), on peut la mod&#233;liser par des &#233;quations math&#233;matiques chaotiques. Le graphique que l'on trouve est un attracteur &#233;trange et on retrouve la sensibilit&#233; aux conditions initiales. Cette r&#233;action am&#232;ne ses divers produits &#224; former des figures particuli&#232;res, visibles dans ce cas car les produits chimiques n'ont pas la m&#234;me coloration. La courbe temporelle indique les valeurs des concentrations de l'un des produits chimiques et l'on peut constater qu'il s'agit d'un apparent d&#233;sordre. Par contre, les courbes, qui indiquent en m&#234;me temps les valeurs des trois concentrations, donnent le type m&#234;me d'un attracteur &#233;trange du chaos, avec la caract&#233;ristique de la sensibilit&#233; aux conditions initiales, le caract&#232;re feuillet&#233; et autosimilaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action Bz a une grande importance en biochimie. Les spirales, les rayures et les divers motifs chimiques ressemblent &#224; divers motifs de la biologie du vivant, par exemple le pelage d'un animal ou encore l'agr&#233;gation d'amibes ou de cellules. Comme l'&#233;crivait Christian Vidal en 1995 dans son article &#171; Le chaos d&#233;terministe en chimie &#187; : &#171; Lors de l'&#233;tude de cette r&#233;action on s'est aper&#231;u qu'une r&#233;action chimique n'&#233;tait susceptible d'osciller que si son m&#233;canisme comporte une boucle de r&#233;troaction. (...) L'effet renforce donc la cause qui lui donne naissance, c'est une auto-amplification Cette circonstance est rare, semble-t-il en chimie. Elle est beaucoup plus r&#233;pandue dans le monde du vivant. (...) Les r&#233;actions biochimiques oscillantes sont peut-&#234;tre la cl&#233; de la myst&#233;rieuse horloge interne qui r&#233;glerait les rythmes biologiques. On conna&#238;t depuis 1950, le caract&#232;re oscillant de certaines r&#233;actions du m&#233;tabolisme. Parmi celles-ci la glycolyse est peut-&#234;tre la plus importante (...) Elle constitue un mode essentiel et universel d'approvisionnement en &#233;nergie des cellules. Cette r&#233;action oscille avec une p&#233;riode de l'ordre de la minute. (...) Il reste &#224; comprendre comment les cellules d'un organisme parviendraient &#224; coordonner leur activit&#233; pour former cette horloge biologique. &#187; La vie a besoin d'un certain ordre li&#233; &#224; des valeurs comme la temp&#233;rature, la pression art&#233;rielle, la concentration de certains produits chimiques. Ces param&#232;tres doivent &#234;tre contraints par un m&#233;canisme de r&#233;gulation &#224; rester dans un intervalle limit&#233;. Le m&#233;canisme qui assure cette r&#233;gulation est l'hom&#233;ostasie. Ce n'est pas un &#233;quilibre stable mais produit par une cascade de r&#233;actions interactives. Ces rythmes ne sont ni fix&#233;s d'avance ni immuables mais s'&#233;tablissent par un processus d'interactions de r&#233;actions et, comme tels, sont adaptables. Ainsi, la forme g&#233;om&#233;trique que prennent des colonies de bact&#233;ries ressemble aux figures de givre ou &#224; d'autres ph&#233;nom&#232;nes de la physico-chimie hors du vivant et s'explique par les lois du chaos physique. Le processus a &#233;t&#233; mis en &#233;vidence en 1980 par Mitsugu Matsushita de l'Universit&#233; de Tokyo. C'est en bordure de la colonie que les bact&#233;ries adapt&#233;es se d&#233;veloppent. Le regroupement est favoris&#233; parce que les bact&#233;ries se servent des m&#234;mes mol&#233;cules qu'elles se transmettent et qui sont des signaux chimiques. Les amibes constituent les m&#234;mes figures &#233;galement par organisation collective li&#233;e &#224; la mise en commun des mol&#233;cules signaux. Par exemple, pour une amibe, c'est l'cAMP (ad&#233;nosine monophosphate cyclique) qui est la mol&#233;cule chimique servant de signal. Dans son ouvrage &#171; Les bases mol&#233;culaires du comportement p&#233;riodique et chaotique &#187;, Goldbeter a d&#233;montr&#233; que le cAMP est un cycle chimique qui peut passer d'un comportement qu'on pourrait croire p&#233;riodique &#224; un comportement dans lequel une variation m&#234;me minime d'un des degr&#233;s de libert&#233; du syst&#232;me peut entra&#238;ner des modifications de comportement importantes, y compris au niveau macro-cellulaire. A la base de la vie, il y a une multiplicit&#233; de cascades de r&#233;actions chimiques qui sont li&#233;es les unes aux autres, en boucle. On trouve des cycles &#233;l&#233;mentaires comme le cycle de Krebs, la cha&#238;ne respiratoire ou le cycle de l'ATP. Est donc fondamentale dans le m&#233;canisme du vivant une auto-organisation de r&#233;actions chimiques en cha&#238;ne avec retour au point de d&#233;part. La concentration des produits de r&#233;action la r&#233;gule de fa&#231;on automatique. On a &#233;tudi&#233; deux autres r&#233;troactions : en haut celle entre cytoplasme et noyau de la cellule et en bas celle qui synchronise le rythme circadien endog&#232;ne avec les informations issues de l'&#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je r&#233;sume, il y a trois caract&#233;ristiques principales qui incitent &#224; une interpr&#233;tation en termes de chaos d&#233;terministe pour le fonctionnement l'&#233;volution du vivant : la hi&#233;rarchisation avec interaction d'&#233;chelle la discontinuit&#233; la contingence coupl&#233;e &#224; une loi (interp&#233;n&#233;tration du d&#233;terminisme et du hasard).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon cette conception, la vie est per&#231;ue comme un ph&#233;nom&#232;ne global qui permet la formation de s&#233;ries de boucles de r&#233;troaction interactives, auto-organis&#233;es et hi&#233;rarchis&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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