<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
	<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?id_rubrique=103&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
		<url>http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-32cbc.jpg?1776308407</url>
		<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce que l'intelligence &#233;motionnelle ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5759</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5759</guid>
		<dc:date>2020-02-19T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que l'intelligence &#233;motionnelle ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le syst&#232;me limbique, appel&#233; parfois cerveau limbique ou cerveau &#233;motionnel, est le nom donn&#233; &#224; un groupe de structures de l'enc&#233;phale jouant un r&#244;le tr&#232;s important dans le comportement et en particulier, dans diverses &#233;motions comme l'agressivit&#233;, la douleur morale, la peur, le plaisir ainsi que la formation de la m&#233;moire. &lt;br class='autobr' /&gt;
On consid&#232;re g&#233;n&#233;ralement que les principales composantes du syst&#232;me limbique sont les structures du cortex c&#233;r&#233;bral et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique103" rel="directory"&gt;Le cerveau, ou le pilotage du chaos des interactions neuronales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_14064 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/CVT_Le-cerveau-des-emotions_819.jpg' width=&#034;250&#034; height=&#034;391&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14063 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/519VVFWKS8L-_SX355_BO1_204_203_200_.jpg' width=&#034;357&#034; height=&#034;474&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que l'intelligence &#233;motionnelle ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me limbique, appel&#233; parfois cerveau limbique ou cerveau &#233;motionnel, est le nom donn&#233; &#224; un groupe de structures de l'enc&#233;phale jouant un r&#244;le tr&#232;s important dans le comportement et en particulier, dans diverses &#233;motions comme l'agressivit&#233;, la douleur morale, la peur, le plaisir ainsi que la formation de la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On consid&#232;re g&#233;n&#233;ralement que les principales composantes du syst&#232;me limbique sont les structures du cortex c&#233;r&#233;bral et subcorticales suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	l'hippocampe, notamment impliqu&#233; dans la formation de la m&#233;moire &#224; long terme ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	l'amygdale, notamment impliqu&#233;e dans l'agressivit&#233; et la peur ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	la circonvolution (ou gyrus) cingulaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	le fornix ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	l'hypothalamus.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cortex associatif pr&#233;frontal est le si&#232;ge de la vie &#233;motionnelle, consciente, de la possibilit&#233; de remise en activit&#233; des informations stock&#233;es en m&#233;moire, de la m&#233;morisation de longue s&#233;quence, de la r&#233;alisation de t&#226;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le sentiment conscient d'une &#233;motion n'est certainement pas indispensable au fonctionnement des syst&#232;mes &#233;motionnels. La plupart des r&#233;actions &#233;motionnelles sont g&#233;n&#233;r&#233;es inconsciemment. Freud avait parfaitement raison de comparer la conscience avec la partie &#233;merg&#233;e de l'iceberg mental. &#187; Le neurologue Joseph LeDoux dans &#171; Le cerveau &#233;motionnel &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph LeDoux &#233;crit dans son article &#034;Aborder le cerveau par la porte de derri&#232;re&#034; de l'ouvrage collectif de Bear, Connors et Paraidso intitul&#233; &#034;Neurosciences, &#224; la d&#233;couverte du cerveau&#034; qui r&#233;capitule l'ensemble des d&#233;couvertes r&#233;centes de ce domaine : &#034;L'une des choses les plus int&#233;ressantes que j'ai d&#233;couverte est que l'apprentissage des &#233;motions implique des informations sensorielles se projetant sans passer par le cortex sur l'amygdale lat&#233;rale. La plupart des chercheurs pensaient que le traitement des informations au niveau cortical &#233;tait indispensable pour prendre conscience de ces processus intentionnels. J'ai pu montrer que les informations sensorielles trait&#233;es au niveau sous-cortical &#233;tait suffisant pour proposer que l'amygdale puisse &#234;tre le si&#232;ge d'une forme de m&#233;moire &#233;motionnelle de carract&#232;re inconscient. Ainsi, votre cerveau en sait probablement plus sur le monde qui nous entoure que vous ne l'imaginiez.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous avons montr&#233; que des m&#233;moires &#233;motionnelles peuvent &#234;tre supprim&#233;es en deux &#233;tapes par des m&#233;canismes neuronaux : d'abord la suppression du message par le gyrus frontal inf&#233;rieur droit agissant sur des r&#233;gions qui sont concern&#233;es par les comportements sensoriels de la repr&#233;sentation de la m&#233;moire (cortex visuel, thalamus) suivi par une deuxi&#232;me &#233;tape dans laquelle le gyrus front m&#233;dial droit contr&#244;le des r&#233;gions concernant le comportement &#233;motionnel de la repr&#233;sentation de la m&#233;moire (hippocampe, amygdale) (...)&#034; Extrait de &#034;Les r&#233;gions pr&#233;frontales orchestrent la suppression de m&#233;moires &#233;motionnelles en deux phases&#034; par Brendan, Depue, Curran et Banich&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antonio R. Damasio rapporte le lien entre &#233;motion et amygdale et le lien entre conscience et &#233;motion : &#171; Il y a pr&#232;s de dix ans, une jeune femme, que je d&#233;signerai par S, attira mon attention en raison de ce que faisait appara&#238;tre la tomodensitom&#233;trie de son cerveau. De mani&#232;re tout &#224; fait inattendue, son scanner r&#233;v&#233;lait que les deux amygdales &#233;taient presque enti&#232;rement calcifi&#233;es. (&#8230;) Tout autour des deux amygdales, le cerveau de S &#233;tait parfaitement normal. (&#8230;) D'un c&#244;t&#233; S n'avait aucune difficult&#233; &#224; apprendre les faits. (&#8230;) D'un autre c&#244;t&#233;, son comportement social d&#233;montrait une d&#233;viation constante par rapport &#224; sa tonalit&#233; &#233;motionnelle dominante. C'est comme si les &#233;motions n&#233;gatives telles que la peur et la col&#232;re avaient disparu de son vocabulaire affectif, laissant les &#233;motions positives dominer sa vie. (&#8230;) Toutes ces suppositions devaient se transformer en faits lorsque Ralph Adolphs me rejoignit au laboratoire. En faisant appel &#224; toute une s&#233;rie de techniques (&#8230;) fut en mesure de sugg&#233;rer que la d&#233;viation affective &#233;tait la plupart du temps caus&#233;e par la d&#233;t&#233;rioration d'une &#233;motion : la peur. En utilisant une technique d'&#233;chelle multidimensionnelle, voici ce que montra Adolphs : S est en permanence incapable de lire l'expression de la peur sur le visage d'une autre personne (&#8230;) &#187; Il est remarquable que la sant&#233; consiste en l'existence d'&#233;motions positives et n&#233;gatives, l'&#233;tat pathologique consiste &#224; l'inhibition de la moiti&#233; de ces &#233;motions, de leurs contradictions, de la diminution du nombre de param&#232;tres de l'attracteur et la trop grande r&#233;gularit&#233; qui en d&#233;coule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Damasio &#233;crit dans &#171; L'erreur de Descartes &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Comme vous l'avez vu, j'ai combattu dans ce livre &#224; la fois la conception dualiste de Descartes selon laquelle l'esprit est distinct du cerveau et du corps et ses variantes modernes : selon l'une de ces derni&#232;res, il existe bien un rapport entre l'esprit et le cerveau, mais seulement dans le sens o&#249; l'esprit est une esp&#232;ce de programme informatique pouvant &#234;tre mis en &#339;uvre dans une esp&#232;ce d'ordinateur appel&#233; cerveau. (&#8230;) &#171; Je pense, donc je suis &#187;, cette formule peut-&#234;tre la plus c&#233;l&#232;bre de l'histoire de la philosophie, appara&#238;t en fran&#231;ais dans la quatri&#232;me partie du &#171; Discours de la M&#233;thode &#187; (1637), et en latin (&#171; Cogito, ergo sum &#187;) dans les &#171; Principes de philosophie &#187; (1644). Prise &#224; la lettre, cette formule illustre pr&#233;cis&#233;ment le contraire de ce que je crois &#234;tre la v&#233;rit&#233; concernant l'origine de l'esprit et les rapports entre esprit et corps. Elle sugg&#232;re que penser, et la conscience de penser, sont les fondements r&#233;els de l'&#234;tre. Et puisque nous savons que Descartes estimait que la pens&#233;e &#233;tait une activit&#233; compl&#232;tement s&#233;par&#233;e du corps, sa formule consacre la s&#233;paration de l'esprit, la &#171; chose pensante &#187; et du corps non pensant qui est caract&#233;ris&#233; par une &#171; &#233;tendue &#187; et des &#171; organes m&#233;caniques &#187;. (&#8230;) Descartes pr&#233;cise sa conception sans ambigu&#239;t&#233; : &#171; Je connus de l&#224; que j'&#233;tais une substance dont toute l'essence ou la nature n'est que de penser et qui, pour &#234;tre, n'a besoin d'aucun lieu ni d'aucune chose mat&#233;rielle, en sorte que ce moi, c'est-&#224;-dire l'&#226;me par laquelle je suis ce que je suis, est enti&#232;rement distincte du corps. &#187; C'est l&#224; qu'est l'erreur de Descartes : il a instaur&#233; une s&#233;paration cat&#233;gorique entre le corps, fait de mati&#232;re, dot&#233; de dimensions, m&#251; par des m&#233;canismes, d'un c&#244;t&#233;, et l'esprit, non mat&#233;riel, sans dimensions et exempt de tout m&#233;canisme, de l'autre ; il a sugg&#233;r&#233; que la raison et le jugement moral ainsi qu'un bouleversement &#233;motionnel et une souffrance provoqu&#233;e par une douleur physique pouvaient exister ind&#233;pendamment du corps. Et sp&#233;cifiquement, il a pos&#233; que les op&#233;rations de l'esprit les plus d&#233;licates n'avaient rien &#224; voir avec l'organisation et le fonctionnement d'un organisme biologique. (&#8230;) L'erreur de Descartes continue d'exercer une grande influence. (&#8230;) Il est int&#233;ressant de noter que, de fa&#231;on paradoxale, de nombreux sp&#233;cialistes des sciences cognitives qui estiment que l'on peut &#233;tudier les processus mentaux sans recourir &#224; la neurobiologie, ne se consid&#232;rent sans doute pas comme des dualistes. On peut aussi voir un certain dualisme cart&#233;sien (posant une s&#233;paration entre le cerveau et le corps) dans l'attitude des sp&#233;cialistes des neurosciences qui pensent que les processus mentaux peuvent &#234;tre expliqu&#233;s seulement en termes de ph&#233;nom&#232;nes c&#233;r&#233;braux, en laissant de c&#244;t&#233; le reste de l'organisme, ainsi que l'environnement physique et social &#8211; et en laissant aussi de c&#244;t&#233; le fait qu'une certaine partie de l'environnement est lui-m&#234;me le produit des actions ant&#233;rieures de l'organisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rita Carter explique dans &#171; Le cerveau &#187; : &#171; Dans certaines circonstances, la psychoth&#233;rapie donne de bons r&#233;sultats. Mais c'est probablement moins parce qu'elle lib&#232;re nos &#233;motions que parce qu'elle nous permet de les remonter dans le cortex o&#249; elles peuvent &#234;tre trait&#233;es de mani&#232;re consciente. (&#8230;) Parler, r&#233;fl&#233;chir sur nos &#233;motions nous permet de les contr&#244;ler, de nous d&#233;faire de leur emprise. &#187; Rita Carter examine notamment les m&#233;canismes c&#233;r&#233;braux des peurs irrationnelles : &#171; Selon Freud, ces peurs irrationnelles apparaissent parce que l'objet de phobie se substitue de mani&#232;re symbolique &#224; une entit&#233; r&#233;ellement effrayante, mais qui est, pour une raison ou une autre, trop g&#234;nante ou trop horrible pour &#234;tre reconnue. (&#8230;) Afin de mieux comprendre ce ph&#233;nom&#232;ne, nous allons examiner le parcours d'une information potentiellement effrayante lorsqu'elle p&#233;n&#232;tre dans le cerveau. (&#8230;) Toutes les information sensorielles parviennent d'abord au thalamus (&#8230;) Dans le cas des stimuli &#233;motionnels, (&#8230;) l'information est conduite &#224; l'amygdale (syst&#232;me d'alarme du cerveau et g&#233;n&#233;rateur de r&#233;ponses &#233;motionnelles). L'itin&#233;raire num&#233;ro un conduit &#224; l'arri&#232;re du cerveau, au cortex visuel qui analyse l'information et transmet ses conclusions. (&#8230;) Cet itin&#233;raire num&#233;ro un est long, sinueux et implique de nombreux arr&#234;ts. (&#8230;) C'est ici qu'intervient l'itin&#233;raire num&#233;ro deux. Le thalamus se situe pr&#232;s de l'amygdale, &#224; laquelle il est reli&#233; par un &#233;pais faisceau de neurones. L'amygdale, &#224; son tour, est &#233;troitement reli&#233;e &#224; l'hypothalamus qui contr&#244;le la r&#233;ponse corporelle &#8211; affrontement ou fuite. (&#8230;) L'information circule des yeux au corps en quelques milli&#232;mes de secondes. &#187; De ces remarques de Rita Carter, nous d&#233;duisons d'abord qu'il existe des circuits c&#233;r&#233;braux conscients qui passent pas le cortex et des circuits c&#233;r&#233;braux non conscients qui n'y passent pas. Nous remarquons ensuite que les diff&#233;rents circuits fonctionnent g&#233;n&#233;ralement en m&#234;me temps. Le conscient ne s'oppose pas au non-conscient. Enfin, nous remarquons que le circuit non-conscient est de loin le plus rapide. Enfin, une derni&#232;re remarque qui est tout aussi g&#233;n&#233;rale : le non-conscient li&#233; &#224; un m&#233;canisme de refoulement freudien implique g&#233;n&#233;ralement l'amygdale. Rita Carter rapporte ainsi : &#171; Des recherches r&#233;centes indiquent que les souvenirs inconscients seraient conserv&#233;s dans l'amygdale &#8211; une aire c&#233;r&#233;brale dont jamais, jusqu'alors, on n'avait imagin&#233; qu'elle pouvait &#234;tre un lieu de stockage de m&#233;moire. Selon LeDoux, l'amygdale enregistrerait les souvenirs inconscients de la m&#234;me mani&#232;re que l'hippocampe enregistre les souvenirs conscients. (&#8230;) Si le souvenir activ&#233; par l'amygdale est suffisamment intense, il peut devenir incontr&#244;lable et d&#233;clencher des r&#233;actions corporelles si spectaculaires que la personne revit le traumatisme r&#233;el avec toutes ses manifestations sensorielles. Cet &#233;tat psychique &#8211; un d&#233;sordre posttraumatique &#8211; est manifestement li&#233; &#224; une exp&#233;rience particuli&#232;rement terrifiante. Il arrive toutefois que ces souvenirs inconscients &#233;mergent de l'amygdale sans que surgissent simultan&#233;ment les souvenirs conscients qui pourraient les associer &#224; un &#233;v&#233;nement particulier. La peur irrationnelle alors ressentie peut rester vague &#8211; et g&#233;n&#233;rer une simple angoisse diffuse &#8211; ou exploser soudainement &#8211; et donner une crise de panique. Si le sentiment est provoqu&#233; par un stimulus conscient, il peut se r&#233;v&#233;ler &#234;tre une phobie. Les souvenirs inconscients se forment plus facilement lors d'&#233;v&#233;nements particuli&#232;rement stressants, car les hormones et les neurotransmetteurs qui se lib&#232;rent alors excitent l'amygdale &#8211; et affectent &#233;galement le traitement des souvenirs conscients. (&#8230;) LeDoux a montr&#233; &#8211; du moins, chez le rat &#8211; qu'un stimulus conditionn&#233; (g&#233;n&#233;rateur de peur) n'est pas n&#233;cessairement enregistr&#233; au niveau conscient. &#187; Rita Carter cite l'ouvrage du neurologue Joseph LeDoux intitul&#233; &#171; Le cerveau &#233;motionnel &#187; : &#171; Le sentiment conscient d'une &#233;motion n'est certainement pas indispensable au fonctionnement des syst&#232;mes &#233;motionnels. La plupart des r&#233;actions &#233;motionnelles sont g&#233;n&#233;r&#233;es inconsciemment. Freud avait parfaitement raison de comparer la conscience avec la partie immerg&#233;e de l'iceberg mental. (&#8230;) Les connexions reliant les syst&#232;mes &#233;motionnels aux syst&#232;mes cognitifs sont plus puissants que celles allant en sens inverse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Janet, dans &#171; Le Cerveau et la Pens&#233;e &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'apr&#232;s les phr&#233;nologues (et en cela les physiologistes leur donnent raison), les affections, les &#233;motions, les passions, ont leur si&#232;ge dans le cerveau : or il ne nous arrive jamais de les localiser l&#224; ; nous n'avons pas conscience d'aimer par la t&#234;te, mais par le c&#339;ur. Ce n'est cependant pas dans le c&#339;ur qu'est le si&#232;ge de l'affection. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph LeDoux dans &#171; Le cerveau des &#233;motions &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Plusieurs notions li&#233;es &#224; la nature des &#233;motions &#233;mergeront et reviendront&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est qu'une fonction psychologique s'&#233;tudie au mieux lorsqu'elle peut &#234;tre repr&#233;sent&#233;e dans le cerveau. Ce qui conduit &#224; une conclusion qui peut para&#238;tre &#233;trange de prime abord, &#224; savoir que le mot &#171; &#233;motion &#187; est juste une &#233;tiquette, un moyen pratique de parler de certains aspects du cerveau ou de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manuels de psychologie d&#233;composent souvent l'esprit en parties fonctionnelles telles que la perception, la m&#233;moire et l'&#233;motion. Elles sont utiles pour classer l'information en grands domaines de recherche mais ne renvoient pas &#224; des fonctions r&#233;elles. Par exemple, le cerveau n'a pas de syst&#232;me d&#233;volu &#224; la perception. Le mot &#171; perception &#187; d&#233;crit d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale ce qui arrive dans de nombreux syst&#232;mes neuronaux sp&#233;cifiques : nous voyons, entendons et sentons le monde avec nos syst&#232;mes visuel, auditif et olfactif. Chacun d'entre eux a &#233;volu&#233; pour r&#233;soudre un probl&#232;me auquel les animaux &#233;taient confront&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un m&#234;me ordre d'id&#233;es, les diff&#233;rentes classes d'&#233;motions passent par des syst&#232;mes neuronaux diff&#233;rents qui ont &#233;volu&#233; pour diff&#233;rentes raisons. Celui utilis&#233; pour se d&#233;fendre contre un danger est diff&#233;rent de celui requis pour procr&#233;er, et les sentiments r&#233;sultant de l'activation de ces syst&#232;mes, la peur et le plaisir sexuel, n'ont pas une origine commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de facult&#233; de type &#171; &#233;motion &#187;, pas plus qu'il n'y a de syst&#232;me c&#233;r&#233;bral unique consacr&#233; &#224; cette fonction imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous nous int&#233;ressons &#224; la compr&#233;hension des diff&#233;rents ph&#233;nom&#232;nes auxquels se r&#233;f&#232;re le terme &#171; &#233;motion &#187;, nous devons nous concentrer sur des classes sp&#233;cifiques d'&#233;motions. Nous ne devons donc pas m&#233;langer les r&#233;sultats de l'&#233;tude d'&#233;motions dont les origines sont diff&#233;rentes. C'est malheureusement ce qu'ont fait la plupart des travaux de psychologie et de neurosciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me notion est que les syst&#232;mes c&#233;r&#233;braux &#224; l'origine des comportements &#233;motionnels ont &#233;t&#233; tr&#232;s bien conserv&#233;s au cours de l'&#233;volution. Tous les animaux, homme compris, devaient satisfaire certaines conditions pour survivre et r&#233;pondre &#224; l'exigence biologique de transmettre leurs g&#232;nes &#224; leur descendance. Il leur fallait au minimum de la nourriture, un abri, se prot&#233;ger de dommages corporels, et procr&#233;er&#8230; Et parmi les animaux dot&#233;s d'une colonne vert&#233;brale et d'un cerveau (poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux et mammif&#232;res, dont l'homme), l'organisation nerveuse des syst&#232;mes de comportements &#233;motionnels &#8211; comme ceux de la peur, du sexe ou de la prise de nourriture &#8211; semble tr&#232;s proche d'une esp&#232;ce &#224; l'autre. Cela ne veut pas dire que toutes les esp&#232;ces ont le m&#234;me cerveau. Mais plut&#244;t que notre compr&#233;hension de l'humain passe par une appr&#233;ciation de la mani&#232;re dont nous nous rapprochons, ou diff&#233;rons, des autres animaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me notion est que si ces syst&#232;mes fonctionnent chez un animal pourvu de conscience, des sentiments &#233;motionnels conscients peuvent aussi se produire. C'est ce qui se passe &#224; l'&#233;vidence chez l'homme, mais personne n'est certain que d'autres animaux aient une telle capacit&#233;&#8230; Si nous n'avons pas besoin d'invoquer des sentiments conscients pour expliquer des comportements que nous dirions &#233;motionnels chez certains animaux, alors nous n'en avons pas besoin non plus pour les expliquer chez l'homme. Les r&#233;ponses &#233;motionnelles sont, dans une large mesure, inconscientes. Freud avait parfaitement raison quand il d&#233;crivait la conscience comme le sommet de l'iceberg mental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me notion est une cons&#233;quence directe de la pr&#233;c&#233;dente. Les sentiments conscients qui nous permettent d'appr&#233;hender et d'aimer (ou de ha&#239;r) nos &#233;motions ne peuvent que nous tromper ou nous d&#233;tourner de leur &#233;tude. Ce sera s&#251;rement difficile &#224; admettre &#224; premi&#232;re vue. Car, apr&#232;s tout, qu'est-ce qu'une &#233;motion si ce n'est un sentiment conscient ? Supprimez le registre subjectif de la peur et il ne reste plus grand-chose de l'exp&#233;rience d'un danger. Pourtant, je commencerai par essayer de montrer que cette id&#233;e est fausse, qu'une exp&#233;rience &#233;motionnelle est beaucoup plus que ce que l'on peut imaginer &#224; premi&#232;re vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sentiments de peur, par exemple, ne repr&#233;sentent qu'une part de la r&#233;action globale au danger. Ils n'en sont pas plus centraux que les r&#233;ponses comportementales ou physiologiques, elles aussi pr&#233;sentes, telles que le tremblement, la fuite, la transpiration et les palpitations cardiaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas tant besoin d'&#233;lucider l'&#233;tat conscient de peur ou les r&#233;ponses qui l'accompagnent que le syst&#232;me &#224; l'origine de la d&#233;tection du danger. Les sensations de peur et de c&#339;ur qui cogne sont toutes deux caus&#233;es par l'activit&#233; de ce syst&#232;me qui agit &#224; notre insu, avant m&#234;me que nous nous sachions r&#233;ellement en danger. Le syst&#232;me qui d&#233;tecte le danger est le m&#233;canisme fondamental de la peur et les manifestations comportementales, physiologiques et conscientes n'en sont que les r&#233;ponses de surface. Cela ne veut pas dire que les sentiments n'ont pas d'importance, mais que si nous voulons les comprendre il nous faut creuser un peu plus profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;mement, si sentiments et r&#233;ponses &#233;motionnelles sont vraiment dus &#224; l'activit&#233; d'un syst&#232;me commun sous-jacent, alors nous pouvons utiliser les secondes, mesur&#233;es de fa&#231;on objective, pour explorer leur m&#233;canisme en coulisse et avoir un aper&#231;u du syst&#232;me responsable de la g&#233;n&#233;ration des sentiments conscients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me c&#233;r&#233;bral &#224; l'origine des r&#233;ponses &#233;motionnelles &#233;tant similaire chez les animaux et les hommes, les &#233;tudes chez ceux-l&#224; seront aussi une &#233;tape cruciale dans la compr&#233;hension des m&#233;canismes &#233;motionnels chez ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude des bases nerveuses de l'&#233;motion est difficile, voire impossible chez l'homme pour des raisons &#224; la fois &#233;thiques et pratiques. L'exp&#233;rimentation chez l'animal est donc utile et n&#233;cessaire si nous voulons comprendre ce que sont les &#233;motions dans le cerveau humain. Cette compr&#233;hension est &#224; l'&#233;vidence importante quand on sait que la plupart des troubles mentaux sont aussi des troubles &#233;motionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sixi&#232;mement, les sentiments conscients tels qu'&#234;tre effray&#233;, en col&#232;re, content, amoureux ou d&#233;go&#251;t&#233;, ne sont en un sens pas diff&#233;rents d'autres &#233;tats de conscience, comme le fait de se rendre compte que l'objet arrondi et plut&#244;t rouge devant soi est une pomme, que la phrase que l'on vient d'entendre &#233;tait une langue &#233;trang&#232;re donn&#233;e, ou que l'on vient juste de trouver la solution d'un probl&#232;me de math&#233;matiques auparavant insoluble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise de conscience se produit quand le syst&#232;me de la conscience a connaissance de l'activit&#233; qui se d&#233;roule dans les syst&#232;mes de traitement inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui diff&#232;re entre l'&#233;tat o&#249; nous sommes effray&#233;s et celui o&#249; nous percevons la couleur rouge n'est pas le syst&#232;me qui repr&#233;sente le contenu conscient (la peur ou la couleur rouge), mais celui qui fournit les signaux au syst&#232;me de la prise de conscience. Ce dernier est unique et peut &#234;tre occup&#233; par des choses aussi bien anodines qu'&#224; forte teneur &#233;motionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;motions chassent rapidement les faits insignifiants, mais ne sont pas facilement remplac&#233;s par ce qui n'est pas &#233;motionnel, comme les pens&#233;es : il ne suffit pas de souhaiter que l'anxi&#233;t&#233; ou la d&#233;pression s'en aillent pour que cela soit le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septi&#232;mement, les &#233;motions sont des ph&#233;nom&#232;nes qui nous arrivent plut&#244;t qu'ils ne d&#233;pendent de notre volont&#233;. Bien que les gens se donnent en permanence des occasions d'influer sur leurs &#233;motions &#8211; aller au cin&#233;ma ou dans un parc d'attractions, faire un bon repas, consommer de l'alcool ou d'autres substances psychotropes -, les &#233;v&#233;nements ext&#233;rieurs sont simplement pr&#233;vus pour assurer la pr&#233;sence des stimuli qui d&#233;clencheront automatiquement les &#233;motions. Notre contr&#244;le direct des r&#233;actions &#233;motionnelles reste faible&#8230; Si le contr&#244;le conscient de nos &#233;motions est limit&#233;, celles-ci peuvent par contre submerger notre conscience. Car notre cerveau est &#224; un point de son &#233;volution o&#249; les connexions des syst&#232;mes &#233;motionnels vers ceux de la cognition sont plus fortes que dans le sens inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, une fois les &#233;motions produites, elles deviennent de puissants motivateurs pour de futurs comportements. Elles balisent le cours de nos actions, que celles-ci soient dans l'instant ou &#224; plus long terme. Elles peuvent aussi nous poser des probl&#232;mes. Quand la peur devient de l'anxi&#233;t&#233;, que le d&#233;sir c&#232;de la place &#224; l'avidit&#233; ou l'ennui &#224; la col&#232;re, la col&#232;re &#224; la haine, l'amiti&#233; &#224; l'envie, l'amour &#224; l'obsession, ou le plaisir &#224; la d&#233;pendance, nos &#233;motions se mettent &#224; jouer contre nous. La sant&#233; mentale est maintenue par une hygi&#232;ne &#233;motionnelle et les probl&#232;mes mentaux traduisent dans une large mesure la rupture de cet &#233;quilibre &#233;motionnel. Les &#233;motions peuvent avoir des cons&#233;quences aussi utiles que pathologiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;motions sont pour nous des exp&#233;riences conscientes. Mais quand nous commen&#231;ons &#224; les &#233;tudier dans le cerveau, nous les consid&#233;rons comme une partie, pas n&#233;cessairement centrale, des syst&#232;mes qui les engendrent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'amygdale et ses connexions d'entr&#233;e et de sortie, le cerveau est pr&#233;programm&#233; pour d&#233;tecter les dangers &#8211; ceux &#233;prouv&#233;s par nos anc&#234;tres et ceux appris par chacun d'entre nous &#8211; et produire des r&#233;ponses protectrices qui sont les plus efficaces pour le corps dont nous disposons et dans les anciennes conditions o&#249; elles ont &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;ponses pr&#233;conditionn&#233;es ont &#233;t&#233; model&#233;es par l'&#233;volution et se produisent automatiquement ou, comme Darwin l'a fait remarquer, involontairement. Elles ont lieu avant que le cerveau ne commence &#224; penser &#224; ce qu'il faut faire. Penser prend du temps, mais r&#233;pondre au danger exige souvent d'agir rapidement et de se d&#233;cider sans trop d'h&#233;sitation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous commencez &#224; explorer les alentours quand vous rep&#233;rez un lynx, que vous savez &#234;tre un s&#233;rieux ennemi. Imm&#233;diatement, vous cessez tout mouvement. Si figer est un cadeau de l'&#233;volution. Vous le faites sans avoir &#224; peser votre d&#233;cision. Cela se produit de soi-m&#234;me. La vue ou le son du f&#233;lin va directement &#224; votre amygdale d'o&#249; sort la r&#233;ponse d'immobilisation. Si vous aviez &#224; prendre une d&#233;cision d&#233;lib&#233;r&#233;e sur ce quil faut faire, vous devriez consid&#233;rer la probabilit&#233; de la r&#233;ussite ou de l'&#233;chec de chaque choix possible et vous pourriez vous enliser dans le processus au point d'&#234;tre mang&#233; avant d'avoir d&#233;cid&#233; quoi que ce soit&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rita Carter dans &#171; Atlas du cerveau &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que sont exactement ces &#233;motions ? Nous confondons souvent &#233;motion et sentiment. En fait, ce dernier terme est trompeur car il ne d&#233;crit qu'une moiti&#233; du processus &#8211; la moiti&#233; qui est effectivement le sentiment. Par essence, les &#233;motions sont, non pas les sentiments, mais un ensemble de m&#233;canismes de survie enracin&#233;s dans notre corps et dont la fonction est de nous d&#233;tourner du danger pour nous orienter vers ce qui peut nous &#234;tre b&#233;n&#233;fique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composante mentale &#8211; le sentiment &#8211; n'est qu'un perfectionnement de ce m&#233;canisme de base. Pour reprendre la formule de Joseph LeDoux, sp&#233;cialiste de la recherche sur les &#233;motions &#224; l'universit&#233; de New York, cette composante est la &#171; cerise sur le g&#226;teau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;motions humaines semblent plut&#244;t fonctionner comme les couleurs : il y aurait d'un c&#244;t&#233; un petit nombre d'&#233;motions primaires, et de l'autre, une large palette d'&#233;motions plus complexes obtenues par combinaison d'&#233;motions primaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon certains chercheurs, ces &#233;motions primaires seraient le d&#233;go&#251;t, la peur, la col&#232;re et l'amour parental. Ce sont les r&#233;actions que manifestent pratiquement tous les &#234;tres vivants dot&#233;s d'une certaine complexit&#233;. Les &#233;motions primaires n'exigent aucune intervention de la conscience : elles peuvent amener une personne &#224; foncer ou battre en retraite contre son propre gr&#233;. Avec, nous le verrons, un r&#233;sultat parfois catastrophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;motions complexes, en revanche, sont des constructions cognitives sophistiqu&#233;es qui r&#233;sultent d'un travail consid&#233;rable de l'esprit conscient et d'un &#233;change complexe d'informations entre les aires corticales conscientes et le syst&#232;me limbique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rez le plaisir m&#234;l&#233; de culpabilit&#233;, d'affection et d'irritation que vous pourriez ressentir en recevant une carte d'anniversaire d'un ami dont vous avez vous-m&#234;me oubli&#233; de f&#234;ter l'anniversaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perceptions isol&#233;es qui d&#233;clenchent les &#233;motions sont enregistr&#233;es au niveau conscient dans le cortex, o&#249; elles sont assembl&#233;es en un concept unique aux multiples facettes. Mais en lui-m&#234;me, ce concept ne garantit pas l'apparition d'une &#233;motion. Tant qu'il reste un assemblage purement cognitif, il constitue seulement de la connaissance. A ce stade du traitement &#233;motionnel, une personne regardant la carte dirait : &#171; Cela devrait produire un m&#233;lange de culpabilit&#233;, d'affection et d'irritation. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que l'&#233;motion apparaisse, il faut franchir une &#233;tape suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que l'esprit conscient per&#231;oit qu'une situation appelle une r&#233;action &#233;motionnelle, il envoie des signaux au syst&#232;me limbique &#8211; thalamus, amygdale, hippocampe, putamen, noyau caud&#233; et hypothalamus pour l'essentiel - et exige une action appropri&#233;e. Ce dernier transmet alors des messages au corps (via l'hypothalamus) afin de provoquer certains changements. Des neurotransmetteurs sont lib&#233;r&#233;s ou inhib&#233;s ; des hormones coulent &#224; flot ; des processus vitaux tels que le rythme cardiaque et la pression art&#233;rielle sont alt&#233;r&#233;s. Ces transformations sont ensuite enregistr&#233;es par l'hypothalamus, puis un message remonte au cortex : &#171; Nous avons une &#233;motion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements produits dans le corps ne sont pas sp&#233;cifiques de la combinaison culpabilit&#233;-affection-irritation &#233;labor&#233;e dans le cortex. Selon la situation, une pouss&#233;e d'adr&#233;naline sera associ&#233;e &#224; la col&#232;re ou &#224; la jubilation. Mais d&#232;s que le cerveau conscient enregistre les tremblements, les picotements, le trac, la respiration acc&#233;l&#233;r&#233;e et la tension des muscles, il les interpr&#232;te en fonction de ses propres pr&#233;conceptions et se dit : &#171; Je pense que je devrais ressentir de la col&#232;re &#187;, puis &#171; Oui ! Il me semble que je ressens quelque chose &#187;, enfin : &#171; Ce doit &#234;tre de la col&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me &#224; ce stade, l'&#233;motion n'est pas encore pleinement mature. Pour remplir son r&#244;le de m&#233;canisme de survie, elle doit &#234;tre exprim&#233;e &#8211; ce qui n&#233;cessite un autre cycle de traitement cognitif. L'expression d'une &#233;motion exige une action corporelle, par exemple un sanglot, un coup de poing, un mouvement de fuite ou simplement une infime inflexion de la voix dans une phrase au d&#233;bit par ailleurs parfaitement neutre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incapacit&#233; &#224; exprimer les &#233;motions ressenties r&#233;sulte probablement d'une rupture des connexions neuronales reliant les aires corticales responsables du traitement conscient des &#233;motions, aux aires c&#233;r&#233;brales contr&#244;lant l'expression faciale, la parole et les autres moyens physiques permettant d'exprimer les &#233;motions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, nos &#233;motions se doivent pr&#233;cis&#233;ment d'avoir un impact. Si les plus sommaires d'entre elles nous forcent &#224; frapper, fuir ou hurler, celles que nous ressentons la plupart du temps ont toutefois comme principal objectif de susciter des changements &#233;motionnels analogues dans notre entourage, afin de le pousser &#224; agir dans un sens qui nous est b&#233;n&#233;fique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour exercer leur influence sur autrui, les &#233;motions doivent &#234;tre exprim&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sentez-vous la contraction de vos muscles faciaux ? Bien. Vous avez compos&#233; sur votre visage le sourire social, l'une des sept-mille et quelques expressions faciales du r&#233;pertoire de l'esp&#232;ce humaine. Leur combinaison nous fournit une formidable panoplie d'outils facilitant les relations sociales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le cerveau conscient peut produire sur commande un large &#233;ventail d'expressions, celles-ci ne sont toutefois jamais tout &#224; fait identiques &#224; leurs &#233;quivalents automatiques : certains muscles faciaux &#233;chappent en effet au contr&#244;le du cortex&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s leur naissance, pratiquement, les enfants r&#233;agissent de mani&#232;re appropri&#233;e aux expressions faciales. Leurs r&#233;actions s'am&#233;liorent ensuite &#224; mesure que s'op&#232;re la maturation des lobes frontaux &#8211; les aires corticales responsables des &#233;motions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les expressions de peur sont collect&#233;es et identifi&#233;es par l'amygdale &#8211; un minuscule noyau de tissu enfoui dans l'aire limbique (inconsciente) du cerveau. La partie droite de l'amygdale r&#233;agit davantage aux expressions faciales, tandis que la partie gauche est plus sensible aux inflexions de la voix &#8211; aux tremblements r&#233;v&#233;lateurs, par exemple, de col&#232;re ou de peur. Il s'ensuit qu'une amygdale hypersensible g&#233;n&#232;re une personnalit&#233; plut&#244;t irritable ou facilement meurtrie, tandis qu'une amygdale lente &#224; r&#233;agir donne une personnalit&#233; effac&#233;e et indolente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le d&#233;go&#251;t s'exprime distinctement par un froncement du nez, un plissement des yeux et une moue des l&#232;vres. Une scanographie du cerveau montre que l'expression de d&#233;go&#251;t active le cortex insulaire ant&#233;rieur &#8211; une aire c&#233;r&#233;brale &#233;galement stimul&#233;e par les go&#251;ts d&#233;sagr&#233;ables. La vision d'une expression d'intense d&#233;go&#251;t active &#233;galement, dans le cerveau de l'observateur, un circuit reliant le cortex au syst&#232;me limbique. Cela sugg&#232;re que lorsque vous voyez une personne exprimer un l&#233;ger d&#233;go&#251;t, vous enregistrez cette &#233;motion dans votre seul cerveau conscient, tandis que si ce d&#233;go&#251;t est une r&#233;elle r&#233;pulsion, les aires &#233;motionnelles du cerveau entrent en sc&#232;ne et vous font &#233;prouver cette r&#233;pulsion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains gestes &#8211; hausser les &#233;paules en signe de m&#233;pris, avancer le bassin en signe de d&#233;fi, rel&#226;cher les &#233;paules en signe de r&#233;signation &#8211; semblent d&#233;clench&#233;s par les m&#234;mes processus c&#233;r&#233;braux qui g&#234;nent les expressions du visage et de la voix&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amygdale est le syst&#232;me d'alarme du cerveau &#8211; c'est elle qui g&#233;n&#232;re les &#233;tats mentaux qui se sont d&#233;velopp&#233;s pour favoriser notre survie face aux menaces. Stimulez une r&#233;gion de l'amygdale, vous obtenez la r&#233;action de peur typique : un sentiment de panique combin&#233; &#224; un d&#233;sir de fuite. Stimulez une autre r&#233;gion, vous g&#233;n&#233;rez ce que certaines personnes d&#233;crivent comme un comportement chaleureux, a&#233;rien et excessivement amical &#8211; la conciliation. L'activation d'une troisi&#232;me r&#233;gion provoque des acc&#232;s de fureur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La localisation des m&#233;canismes d&#233;clencheurs de ces trois strat&#233;gies de survie fondamentales &#8211; la fuite, l'affrontement et la conciliation &#8211; dans un unique petit noyau tissulaire offre l'avantage de pouvoir passer rapidement de l'une &#224; l'autre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contr&#244;ler les &#233;motions et en prendre conscience sont deux processus exactement inverses. L'amygdale re&#231;oit les premiers stimuli &#233;motionnels par l'interm&#233;diaire de ce que Joseph LeDoux nomme le &#171; petit raccourci d'urgence &#187;, qui permet d'obtenir une r&#233;action automatique presque instantan&#233;e &#8211; un sourire, un pas en arri&#232;re ou en avant. Un quart de seconde plus tard, toutefois, l'information atteint le cortex frontal qui la replace dans son contexte et con&#231;oit un plan d'action rationnel pour en tenir compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le bon sens affirme que l'une des trois strat&#233;gies de survie est en fait appropri&#233;e, la r&#233;action corporelle d&#233;j&#224; amorc&#233;e continue. Mais si la d&#233;cision rationnelle est de r&#233;pondre verbalement plut&#244;t que physiquement, le cortex envoie un ordre d'apaisement &#224; l'hypothalamus, qui &#224; son tour demande au corps de stopper ou d'inverser les r&#233;actions corporelles qu'il a amorc&#233;es. Une fois cette accalmie corporelle confirm&#233;e &#224; l'hypothalamus, celui-ci transmet des messages inhibiteurs &#224; l'amygdale, qui, &#224; son tour, r&#233;duit son activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#233;canisme de contr&#244;le des &#233;motions par les fonctions c&#233;r&#233;brales &#171; sup&#233;rieures &#187; s'av&#232;re g&#233;n&#233;ralement efficace chez la plupart des gens. Pourquoi, alors, une minorit&#233; d'&#234;tres humains subit-elle des explosions de col&#232;re apparemment incontr&#244;lables ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le &#233;motionnel est essentiellement expos&#233; &#224; deux d&#233;faillances. Soit les signaux transmis du cortex au syst&#232;me limbique sont trop faibles ou trop diffus pour endiguer l'activit&#233; se d&#233;veloppant dans l'amygdale ; soit l'amygdale est activ&#233;e par un stimulus externe qui n'active pas &#233;galement le cortex.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re d&#233;faillance est plus fr&#233;quente. C'est elle qui est &#224; l'origine des spectaculaires emportements &#233;motionnels des enfants. Cette absence de contr&#244;le des &#233;motions chez l'enfant s'explique pas le fait que les axones qui propagent les signaux du cortex au syst&#232;me limbique ne sont pas encore totalement d&#233;velopp&#233;s. En outre, les cellules du lobe pr&#233;frontal, o&#249; s'effectue le traitement rationnel des &#233;motions, n'atteignent leur pleine maturit&#233; qu'&#224; l'&#226;ge adulte. L'amygdale en revanche est plus ou moins mature d&#232;s la naissance, et donc totalement op&#233;rationnelle. Avec un cortex immature et une amygdale en pleine possession de ses moyens, le jeune cerveau souffre donc d'un d&#233;s&#233;quilibre fondamental&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une l&#233;sion de l'aire corticale responsable des &#233;motions peut &#233;galement r&#233;duire sa capacit&#233; &#224; inhiber l'activit&#233; de l'amygdale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines peurs potentielles semblent inscrites dans nos cerveaux, comme des souvenirs tr&#232;s affaiblis de dangers remontant &#224; un stade lointain de notre pass&#233; &#233;volutif&#8230; En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, les objets de phobie correspondent &#224; ce qui, autrefois, a repr&#233;sent&#233; les plus grands dangers du point de vue de l'esp&#232;ce. Pour les &#234;tres humains, cela concerne les reptiles, les araign&#233;es, les gros rapaces, les chiens et l'altitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'enracinement de ces dangers dans notre pass&#233; &#233;volutif est &#233;vident &#8211; les phobies associ&#233;es aux dangers actuels (par exemple, les voitures et les armes &#224; feu) sont bien plus rares&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les informations sensorielles parviennent d'abord au thalamus o&#249; elles subissent un tri avant d'&#234;tre transmises vers les aires de traitement appropri&#233;es. Dans le cas des stimulu &#233;motionnels &#8211; la vue d'un serpent dans l'herbe, par exemple -, l'information est dupliqu&#233;e, puis emprunte deux itin&#233;raires diff&#233;rents qui la conduisent &#224; l'amygdale (syst&#232;me d'alarme du cerveau et g&#233;n&#233;rateur de r&#233;ponses &#233;motionnelles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'itin&#233;raire num&#233;ro un conduit &#224; l'arri&#232;re du cerveau, au cortex visuel qui analyse l'information et transmet ses conclusions. A ce stade, il ne s'agit que d'une information grossi&#232;re &#8211; une chose longue, fine, avec des dessins sur le dos, qui se tortille, ici et maintenant. Les aires de reconnaissance du cerveau se mettent au travail afin d'identifier cette chose qui se tortille. L'information, maintenant baptis&#233;e &#171; serpent &#187;, d&#233;clenche &#224; sont tour le rappel de toutes les informations stock&#233;es sur les serpents &#8211; animal/ diff&#233;rentes esp&#232;ces/danger ? &#8211; dans la m&#233;moire &#224; long terme. Ces informations combin&#233;es cr&#233;ent alors un message &#171; Serpent ! Attention ! &#187; imm&#233;diatement transmis &#224; l'amygdale qui initie une r&#233;action corporelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit, cet itin&#233;raire num&#233;ro un est long, sinueux, et implique de nombreux arr&#234;ts. Etant donn&#233; l'urgence du danger &#8211; il faut une r&#233;action plus rapide. C'est ici qu'intervient l'itin&#233;raire num&#233;ro deux. Le thalamus se situe pr&#232;s de l'amygdale, &#224; laquelle il est reli&#233; par un &#233;pais faisceau de neurones. L'amygdale, &#224; son tour, est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'hypothalamus, qui contr&#244;le la r&#233;ponse corporelle &#8211; affrontement ou fuite. Ces connexions forment le &#171; petit raccourci d'urgence &#187; de Joseph LeDoux : l'information y circule des yeux au corps en quelques milli&#232;mes de seconde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1510&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D'o&#249; vient l'intelligence humaine ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article185&#034;&gt;Le cerveau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=lOzUy6Zt1ZYC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=le+cerveau+et+%C3%A9motions+damasio&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiEwKry-_7mAhWh3eAKHTp1AzYQ6AEIKzAA#v=onepage&amp;q=le%20cerveau%20et%20%C3%A9motions%20damasio&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le cerveau de la tristesse, de la joie et des &#233;motions &#187; de Antonio Damasio&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=gvss5LgdWGEC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=le+cerveau+et+%C3%A9motions+damasio&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiEwKry-_7mAhWh3eAKHTp1AzYQ6AEIQzAD#v=onepage&amp;q=le%20cerveau%20et%20%C3%A9motions%20damasio&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'erreur de Descartes &#8211; La raison des emotions &#187; de Antonio Damasio&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=IJD0DQAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=le+cerveau+des++%C3%A9motions+ledoux&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjctuSg-_7mAhVD4OAKHdgHCFUQ6AEIKzAA#v=onepage&amp;q=le%20cerveau%20des%20%20%C3%A9motions%20ledoux&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le cerveau des &#233;motions &#187; de Joseph Ledoux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=eq4C-eT1ZXQC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=le+cerveau+des++%C3%A9motions+ledoux&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjctuSg-_7mAhVD4OAKHdgHCFUQ6AEISjAE#v=onepage&amp;q=le%20cerveau%20des%20%20%C3%A9motions%20ledoux&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les &#233;motions de Elisabeth Vincent&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=sMTCCwAAQBAJ&amp;pg=PA93&amp;dq=le+cerveau+des++%C3%A9motions+ledoux&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjctuSg-_7mAhVD4OAKHdgHCFUQ6AEIUjAF#v=onepage&amp;q=le%20cerveau%20des%20%20%C3%A9motions%20ledoux&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Ph&#233;nom&#233;nologie des &#233;motions &#187; de Ond&#345;ej &#352;vec&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=3TSWDgAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=le+cerveau+et+%C3%A9motions+damasio&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiEwKry-_7mAhWh3eAKHTp1AzYQ6AEISzAE#v=onepage&amp;q=le%20cerveau%20et%20%C3%A9motions%20damasio&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La face cach&#233;e des &#233;motions &#187; de Sylvie Berthod et &#8206;Silvia Krauth-Gruber&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Retrouver le rythme du sommeil sans somnif&#232;res</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5153</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5153</guid>
		<dc:date>2019-05-27T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les troubles des rythmes circadiens &lt;br class='autobr' /&gt;
Rythme veille-sommeil irr&#233;gulier &lt;br class='autobr' /&gt;
Chronobiologie, les 24 heures chrono de l'organisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Chronobiologie, les 24 heures chrono de l'organisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Les alt&#233;rations du rythme du sommeil &lt;br class='autobr' /&gt;
Mille et un conseils pour dormir sans somnif&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
1&#176;) Le manque chronique de sommeil (ou l'insomnie, l'absence de sommeil) est un mal handicapant et tr&#232;s stressant qui est tr&#232;s r&#233;pandu et qui n'est pas &#224; prendre &#224; la l&#233;g&#232;re. Cependant, l'addiction aux somnif&#232;res l'est encore (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique103" rel="directory"&gt;Le cerveau, ou le pilotage du chaos des interactions neuronales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.douglas.qc.ca/info/troubles-rythmes-circadiens&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les troubles des rythmes circadiens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rythme_veille-sommeil_irr%C3%A9gulier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rythme veille-sommeil irr&#233;gulier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.inserm.fr/index.php/layout/set/print/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/chronobiologie-les-24-heures-chrono-de-l-organisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronobiologie, les 24 heures chrono de l'organisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.inserm.fr/index.php/layout/set/print/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/chronobiologie-les-24-heures-chrono-de-l-organisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronobiologie, les 24 heures chrono de l'organisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://sommeil.univ-lyon1.fr/articles/challamel/sommenf/alterations.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les alt&#233;rations du rythme du sommeil&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mille et un conseils pour dormir sans somnif&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Le manque chronique de sommeil (ou l'insomnie, l'absence de sommeil) est un mal handicapant et tr&#232;s stressant qui est tr&#232;s r&#233;pandu et qui n'est pas &#224; prendre &#224; la l&#233;g&#232;re. Cependant, l'addiction aux somnif&#232;res l'est encore bien plus, avec des effets psychologiques et physiologiques, et leur utilisation doit absolument &#234;tre encadr&#233;e m&#233;dicalement et limit&#233;e dans le temps. Il faut prendre une r&#233;solution pr&#233;cise de dur&#233;e et de quantit&#233; d&#232;s le d&#233;but de leur prise. Quel que soit l'&#226;ge, les m&#233;dicaments ne peuvent pas &#234;tre un mode de gestion de la vie de tous les jours, m&#234;me si les labos pharmaceutiques essaient d'en faire un des piliers de leurs profits, en minimisant les risques&#8230; Si la France est en t&#234;te pour la consommation de somnif&#232;res, ce n'est pas d&#251; &#224; une meilleure couverture sant&#233; mais &#224; des labos pharmaceutiques omnipr&#233;sents et tr&#232;s puissants !!! En r&#233;alit&#233;, les consommateurs de somnif&#232;res ont une probabilit&#233; de mourir au moins trois fois sup&#233;rieure &#224; la moyenne, et cela m&#234;me lorsque la consommation est inf&#233;rieure &#224; 18 pilules par an&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Il faut relativiser le risque de l'insomnie passag&#232;re : le sommeil est un besoin naturel qui va sans doute revenir et il ne faut pas y rajouter un stress qui g&#234;ne la reprise d'un sommeil normal. Il faut plut&#244;t activer les modes normaux de reprise du sommeil que de compter uniquement sur des modes compl&#232;tement artificiels qui nuisent au fonctionnement normal du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Les victimes du manque de sommeil sont tr&#232;s nombreuses et il ne faut pas prendre cet &#233;pisode d&#233;plaisant de mani&#232;re trop personnelle, au plan psychologique. Il ne faut pas s'affoler : &#171; je ne pourrais plus dormir normalement &#187;. Commencez par ne pas rajouter de la panique &#224; la fatigue et par compenser celle-ci en vous reposant et en vous d&#233;tendant un peu. Si possible, de courtes siestes d'apr&#232;s-midi. Un peu de d&#233;tente en marchant doucement ou en allant &#224; la piscine. Pas de sport violent. La nuit vous ne sous dites pas : &#171; il faut que je dorme &#187;. C'est contre-productif. Il faut au contraire se dire : &#171; aucune importance, il faut simplement que je me repose et je me d&#233;tende. Je laisse mon esprit vagabonder et je ne pense pas &#224; mon manque de sommeil. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Il y a parfois une origine &#233;vidente &#224; ce manque de sommeil : &#233;v&#233;nement pr&#233;occupant, stressant ou inqui&#233;tant. G&#233;n&#233;ralement, l'&#233;pisode pass&#233;, le sommeil revient. Mais il est aussi possible que la cause n'apparaisse pas de mani&#232;re claire. Dans ce cas, il ne faut pas craindre de changer des mauvaises habitudes de vie (ou de travail) qui peuvent nuire &#224; la reprise d'un bon sommeil. Il peut y avoir des m&#233;canismes naturels d'entr&#233;e dans le sommeil qui sont un peu d&#233;cal&#233;s et &#224; remettre en place. Ce n'est pas forc&#233;ment ni grave ni compliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Il faut que le travail reste cantonn&#233; dans son domaine et la vie priv&#233;e dans le sien, avec des plages de temps bien d&#233;limit&#233;es et des zones d'activit&#233; bien s&#233;par&#233;es. Le m&#233;lange des deux a un effet catastrophique sur le sommeil. Rien qui rappelle le travail dans les pi&#232;ces o&#249; on dort. Il faut d&#233;crocher des pr&#233;occupations du travail au moins une heure et demi avant l'heure pr&#233;vue du sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) Le cadre du sommeil doit &#234;tre soign&#233; en premier. Les draps chang&#233;s. Les occultants efficaces. La pi&#232;ce de sommeil a&#233;r&#233;e convenablement puis aspir&#233;e de toute poussi&#232;re. Le bruit chass&#233; (quitte &#224; s'habituer aux boules quies). Les acariens et moustiques aussi. Supprimer la t&#233;l&#233;vision, l'ordinateur, le t&#233;l&#233;phone portable de la pi&#232;ce o&#249; on dort. Le r&#233;veil-matin n'est pas le t&#233;l&#233;phone portable. On ne dort jamais avec de la musique dans les oreilles ou en regardant la t&#233;l&#233;vision, ni avec un ordinateur en fonction &#224; c&#244;t&#233;, m&#234;me en veille. On d&#233;connecte m&#234;me la wifi. M&#234;me dans la pi&#232;ce voisine, l'ordinateur doit &#234;tre &#233;teint. S'assurer qu'il n'y a pas un appareil &#233;lectrique qui envoie des ultra-sons et bien fermer les portes avant de se coucher. Aucune lumi&#232;re dans la pi&#232;ce o&#249; l'on dort. M&#234;me un point lumineurx peut g&#233;ner le sommeil sans que l'on s'en rende compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) Le sommeil est d'abord et avant tout un rythme de vie. Le meilleur moyen de le pr&#233;server est de rester tr&#232;s rythm&#233; dans son existence : repas &#224; heures quasiment fixes, travail et pauses &#224; heure quasiment fixes, sommeils &#224; heures quasiment fixes et pas trop tardifs. Pas de nuit blanche. Pas de couchage apr&#232;s minuit. Pas de sorties tardives tant que vous n'avez pas repris un rythme de sommeil r&#233;gulier et solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176;) La mise en &#233;tat de sommeil d&#233;bute par l'envoi dans le corps de deux neurotransmetteurs (mol&#233;cules biochimiques) du sommeil qui indiquent au corps qu'il doit se pr&#233;parer avant d'aller se coucher. Le moyen de les mettre en route est de commencer &#224; baisser les lumi&#232;res et &#224; interrompre toute activit&#233; devant un &#233;cran (ordinateur, t&#233;l&#233; ou t&#233;l&#233;phone), ou toute activit&#233; d'&#233;coute musicale, une heure et demi avant l'heure probable de coucher. Toute reprise de ces activit&#233;s, m&#234;me br&#232;ve du genre regarder une fois ses mails et ses messages juste avant de dormir, casse la mise en &#233;tat de dormir. Pas de lecture de travail avant de dormir, ni de lecture stressante. Eventuellement, un petit roman sympathique. L'important, c'est de d&#233;crocher des soucis avant de se coucher. M&#234;me si ces soucis sont tr&#232;s s&#233;rieux et inqui&#233;tants, on peut artificiellement les mettre de c&#244;t&#233; le temps de se reposer. Par contre, on peut au contraire avoir tendance &#224; se convaincre qu'on ne va surtout pas oublier le probl&#232;me, comme si cela aidait &#224; le r&#233;gler&#8230; Et c'est particuli&#232;rement nuisible au sommeil qui n&#233;cessite la baisse de l'attention et la mobilisation du cerveau, en m&#234;me temps qu'une baisse de la luminosit&#233;, et une baisse de la temp&#233;rature du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9&#176;) On doit commencer &#224; bailler, &#224; sentir ses paupi&#232;res lourdes, &#224; s'&#233;tirer avant d'avoir &#233;t&#233; se coucher.Normalement, c'est la baisse de luminosit&#233; et la baisse d'activit&#233;, la mise en repos, qui enclenchent ce mode de pr&#233;-sommeil. Si ce n'est pas le cas, il convient de prendre des aliments qui permettent au corps d'augmenter sa dose de ces neurotransmetteurs d'entr&#233;e dans le sommeil qui ont pour nom : la m&#233;latonine et la s&#233;rotonine, du compl&#233;ment alimentaire, le magn&#233;sium et de l'acide amin&#233;, la tryptophane. Tous existent dans les aliments et, sinon, peuvent &#234;tre pris en m&#233;dicaments. Aucun ne pr&#233;sente aucun danger et aucun n'est &#233;quivalent &#224; un anxiolytique ou &#224; des amph&#233;tamines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#176;) Les aliments qui contiennent ces &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires sont les noix, la banane, le miel, les cerises, le pain complet, les p&#226;tes, le riz, les c&#233;r&#233;ales, la pomme de terre, la salade, le lait chaud au miel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11&#176;) Si la prise de ces aliments n'est pas suffisante, on peut tout &#224; fait prendre des m&#233;dicaments contenant ces deux neurotransmetteurs (la m&#233;latonine et la s&#233;rotonine). Ce n'est absolument pas dangereux. Cela n'a aucun effet addictif. Ce ne sont pas des anxiolytiques ni des amph&#233;tamines. Il n'y a aucun danger. Il suffit d'une prescription m&#233;dicale que le m&#233;decin ne rechignera jamais &#224; donner, sachant que ces neurotransmetteurs n'occasionnent aucun danger, ni psychologique ni physiologique. On peut en prendre autant que l'on veut et s'arr&#234;ter comme on veut. Il peut suffire d'une petite dose pour que le rythme de production des neurotransmetteurs le soir se remette en route naturellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12&#176;) La digestion du soir est un facteur qui peut aider ou nuire au sommeil. Le repas du soir est important. Il doit &#234;tre l&#233;ger, ne contenir aucun aliment excitant qui g&#232;ne le sommeil. Il doit &#234;tre pris &#224; distance cons&#233;quente de l'heure du sommeil, deux &#224; trois heures avant de se coucher. A &#233;viter le soir les repas copieux, trop de viande rouge, la friture, une nourriture trop riche, grasse ou &#233;pic&#233;e, l'alcool, les jus d'orange, de citron, de pamplemousse, etc&#8230; Sauter un repas est mauvais pour l'&#233;quilibre et le rythme. Mieux vaut un repas l&#233;ger que pas de repas. A proscrire pour le repas du soir : frites, raclette, hamburger, plats en sauce, charcuterie, fritures et p&#226;tisseries...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13&#176;) Les boissons jouent &#233;galement un grand r&#244;le. Pas de boisson excitante d&#232;s le milieu d'apr&#232;s-midi : ni alcool, ni th&#233;, ni caf&#233;, et encore moins le soir. D'ailleurs, il faut bien boire de l'eau et des boissons le matin et &#224; midi afin de boire mod&#233;r&#233;ment d&#232;s le milieu d'apr&#232;s-midi car l'envie de pisser p&#232;se sur le bon sommeil. Pas de verre d'eau, ni de boisson, avant d'aller se coucher sauf une tisane nuit tranquille. Un exemple : m&#233;langez &#224; part &#233;gale aub&#233;pine, fleur d'oranger et camomille avant de verser une cuill&#232;re &#224; dessert de ce m&#233;lange dans 25 cl d'eau bouillante. Laissez infuser 10 minutes puis filtrez avant de boire. Si vous ne pouvez pas la boire sans sucre, ajoutez un quart de cuill&#232;re &#224; caf&#233; de miel. Autres exemples : tilleul, camomille, verveine, lavande, passiflore, val&#233;riane...Eventuellement, couper une insommnie par une nouvelle tisane nuit tranquille prise dans un environnement peu &#233;clair&#233;. Pas de tisane si vous avez d&#233;j&#224; tendance &#224; vous lever la nuit pour pisser&#8230; Si n&#233;cessaire, un petit doliprane avant de se coucher. L&#224; aussi, ce n'est pas un m&#233;dicament &#224; risque, m&#234;me si on en prend un tous les soirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14&#176;) Bon lit, bon oreiller, bons draps, bonne a&#233;ration de la pi&#232;ce sont aussi tr&#232;s importants. Se sentir bien suppose souvent d'avoir pris un bain chaud qui d&#233;tend plus qu'une douche (mais pas trop chaud) avant d'aller se coucher, d'avoir assez chaud en dormant (mais pas trop), d'avoir les pieds bien au chaud (par exemple des chaussettes de nuit diff&#233;rentes des chaussettes de jour). Il faut se brosser les dents avant d'aller se coucher : des dents sales fatiguent le c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15&#176;) D&#232;s que l'insomnie dure un peu, il faut absolument consulter un m&#233;decin ou un sp&#233;cialiste. Il ne faut pas laisser la situation s'installer. Mais il ne faut pas &#233;couter ceux qui vous disent que les amph&#233;tamines ou les anxiolytiques ne sont pas g&#234;nants, pas dangereux, et qu'ils sont efficaces. C'EST FAUX !!!! Ils sont tr&#232;s dangereux, ils entra&#238;nent une addiction, ils vous rendent d&#233;pendants, ils vous am&#232;nent des maladies suppl&#233;mentaires sans r&#233;ellement vous soigner, m&#234;me s'ils permettent aux trusts pharmaceutiques de se faire des profits fabuleux !!! Ces m&#233;dicaments peuvent &#234;tre pris, avec ordonnance et contr&#244;le m&#233;dical absolument indispensable, mais ils doivent &#234;tre limit&#233;s dans le temps et contr&#244;l&#233;s par vous sur le plan psychologique. Vous ne devez pas vous dire que vous en prendrez de mani&#232;re illimit&#233;e. On ne se drogue pas impun&#233;ment&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve767&#034;&gt;Les m&#233;faits des anxiolytiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A retenir si on doit prendre un m&#233;dicament, uniquement ceux contenant : s&#233;rotonine, m&#233;latonine, magn&#233;sium, doliprane et tryptophane. Tout somnif&#232;re ou amph&#233;tamine n&#233;cessite de voir un m&#233;decin et de ne pas d&#233;passer la dose prescrite ainsi que d'en limiter d'avance l'usage en quantit&#233; et en dur&#233;e&#8230;&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment am&#233;liorer son sommeil :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le sommeil n&#233;cessite un petit c&#233;r&#233;monial de pr&#233;paration que l'on ne doit pas n&#233;gliger. Il fait partie de l'entr&#233;e dans la perte de conscience. G&#233;n&#233;ralement, le manque de sommeil d&#233;coule d'un mode de vie qui exag&#232;re la place de la vie &#233;veill&#233;e, son importance, et rend le sommeil difficile. Pour notre bien-&#234;tre, le temps de sommeil est au moins aussi important que l'activit&#233; de jour. On ne perd pas du temps en dormant. Le sommeil a une importance consid&#233;rable pour le repos du corps et de l'esprit, pour la m&#233;moire, pour l'&#233;quilibre du conscient et de l'inconscient&#8230; M&#234;me si on fait des cauchemars la nuit et qu'on les craint, consciemment ou inconsciemment, c'est que ceux-ci sont n&#233;cessaires &#224; l'esprit et il ne faut pas que ceux-ci nous fassent craindre de nous endormir. Il est certes d&#233;sagr&#233;able de se r&#233;veiller en sursaut et en sueur, ou en &#233;tant aussi fatigu&#233; qu'avant de dormir. Cependant, m&#234;me un sommeil agit&#233; est indispensable et rester &#233;veill&#233; n'est pas une solution contre les mauvais r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Prendre l'habitude de se coucher t&#244;t syst&#233;matiquement, &#224; heure fixe, loin du dernier repas (pas trop lourd ni difficile &#224; dig&#233;rer, sans trop de viande, de gras, d'alcool). Ne pas avoir pris de caf&#233;, ni trop bu (y compris de l'eau) dans l'apr&#232;s-midi et la soir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Se pr&#233;parer au sommeil dans un contexte de repos (cesser les pr&#233;occupations, &#233;coutes musicales et &#233;cran ordinateur, smartphone et travaux au moins une heure avant de se coucher), de lumi&#232;re tamis&#233;e et descendante qui indique &#224; notre corps qu'on va vers la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Se coucher dans un cadre a&#233;r&#233;, frais, propre, agr&#233;able. Couverture ni trop chaude ni insuffisante. Pas de courant d'air. Pas de lumi&#232;re agressive. Pas de bruit ext&#233;rieur. Ne pas dormir devant un &#233;cran t&#233;l&#233;, ni avec des &#233;couteurs de musique ! Il ne faut pas s'abrutir pour dormir &#233;cras&#233; ! Ne pas dormir avec des v&#234;tements de jour : pyjamas et chaussettes sp&#233;cifiques pour la nuit. Une petite douche avant le sommeil d&#233;tend les muscles et l'esprit, et cela a un bon effet psychologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Une fois couch&#233;, on ne compte pas les moutons mais on &#233;vite de penser &#224; tous les soucis de la journ&#233;e et des jours suivants. Le mieux : on ne pense &#224; rien, on se repose. On ne se dit pas : il faut que je dorme. C'est une catastrophe si je ne m'endors pas. On ne se dit pas non plus : il faut que j'entende mon r&#233;veil ! On ne fait pas le tour de tout ce qu'il faudra faire le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Am&#233;liorer son couchage : changer matelas, coussin, draps. Eventuellement, coussins sp&#233;ciaux. En tout cas, coussins suffisamment haut pour &#233;viter les maux de cou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Relever l&#233;g&#232;rement les pieds en mettant un coussin ou boudin aux pieds, afin de diminuer le poids du corps qui p&#232;se sur le cou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) Si on a &#233;t&#233; oblig&#233; ponctuellement de prendre des m&#233;dicaments pour dormir, on en limite l'usage, on arr&#234;te d&#232;s que possible. De pr&#233;f&#233;rence, prendre uniquement de la m&#233;latonine pour se pr&#233;parer au sommeil ou du magn&#233;sium pour calmer les nerfs. Prendre une tisane nuit tranquille. Devenir d&#233;pendant de m&#233;dicaments lourds est rarement une n&#233;cessit&#233;. Si on y succombe, cela peut devenir une d&#233;pendance pire que le manque de sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) Une sieste courte (trois quarts d'heure &#224; une heure) en d&#233;but d'apr&#232;s-midi n'est pas mauvaise pour se reposer et se retrouver le soir en meilleure forme et meilleur moral afin de trouver le sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9) Il faut aussi songer &#224; la position dans le lit. Si on a du mal &#224; dormir, si on se r&#233;veille trop vite, si on a mal au cou, aux bras ou ailleurs dans le corps, il faut essayer une autre position, changer de c&#244;t&#233; du sommeil, puis se tenir &#224; cette position d&#232;s que cela marche. Ne pas dormir sur le ventre. Rappel : les pieds l&#233;g&#232;rement sur&#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10) Derni&#232;re remarque : pour bien dormir, il ne faut pas un jour trop dormir et pas assez le lendemain. Cela ne s'&#233;quilibre pas ainsi. Huit heures de sommeil est un bon point de rep&#232;re. Beaucoup plus de huit heures est aussi mauvais que beaucoup moins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Musique et fonctionnement du cerveau</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5088</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5088</guid>
		<dc:date>2019-02-12T23:57:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; La musique n'agit pas seulement sur la perception, la m&#233;moire et le corps, elle a aussi un impact sur le r&#233;seau &#233;motionnel et h&#233;donique. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Herv&#233; Platel, neuropsychologique &lt;br class='autobr' /&gt;
Musique et fonctionnement du cerveau &lt;br class='autobr' /&gt;
On peut lire sur le net diverses &#233;tudes dont nous citons des extraits ici. &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre sens musical est une des capacit&#233;s remarquables de notre cerveau. Il est probable que l'&#233;veil musical de l'homme soit devenu conscient bien avant ses capacit&#233;s de langage. La premi&#232;re fl&#251;te a &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique103" rel="directory"&gt;Le cerveau, ou le pilotage du chaos des interactions neuronales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La musique n'agit pas seulement sur la perception, la m&#233;moire et le corps, elle a aussi un impact sur le r&#233;seau &#233;motionnel et h&#233;donique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herv&#233; Platel, neuropsychologique&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Musique et fonctionnement du cerveau&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On peut lire sur le net diverses &#233;tudes dont nous citons des extraits ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre sens musical est une des capacit&#233;s remarquables de notre cerveau. Il est probable que l'&#233;veil musical de l'homme soit devenu conscient bien avant ses capacit&#233;s de langage. La premi&#232;re fl&#251;te a &#233;t&#233; produite par un homme de Neandertal il y a 43.000 ans alors les &#233;tudes sur l'origine des langues ne remontent que vers 35.000 ans. L'&#233;tude de la musique est l'une des mani&#232;res de l'homme de percevoir et d'&#233;changer des sentiments. Elle peut donner du plaisir et soigner des maladies mais aussi nous permettre de comprendre le fonctionnement c&#233;r&#233;bral. &#171; Elle se r&#233;v&#232;le aussi un mat&#233;riel de choix pour &#233;tudier et stimuler le cerveau &#187; explique Herv&#233; Platel, professeur de neuropsychologie, chercheur &#224; l'Universit&#233; de Caen et organiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la musique on dit bien souvent qu'elle est universelle ou qu'elle adoucit les m&#339;urs. Musicien ou non, nous avouons presque tous l'appr&#233;cier. Certaines m&#233;lodies peuvent susciter de vives &#233;motions ou les influencer. La musique s'av&#232;re parfois indispensable au bien-&#234;tre de l'homme et on l'int&#232;gre dans certaines th&#233;rapies. Pr&#233;sente au sein des soci&#233;t&#233;s humaines depuis des mill&#233;naires, savons-nous pour autant comment nous percevons la musique ? Comment cette information non verbale est-elle trait&#233;e par notre cerveau ? Avons-nous tous les m&#234;mes possibilit&#233;s pour la musique ? A l'occasion de la Semaine du Son, nous avons proc&#233;d&#233; &#224; la s&#233;lection de quelques documents qui vous permettront de mieux conna&#238;tre les liens de la musique et du cerveau ainsi que les nombreuses &#233;tudes dont ils font l'objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fonctionnement du cerveau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anatomie du cerveau est connue parfois au neurone pr&#232;s mais nous sommes loin encore d'identifier tous les composants des circuits neuronaux. Le traitement d'une information et son cheminement dans la jungle des neurones font l'objet de recherches toujours plus pointues. Essentiel au bon fonctionnement du corps et &#224; sa communication avec l'ext&#233;rieur, l'ensemble du syst&#232;me nerveux per&#231;oit les stimulations, qu'elles viennent de l'ext&#233;rieur ou de l'int&#233;rieur du corps. Ces stimulations sont conduites en un signal nerveux le long des nerfs jusqu'&#224; un centre de traitement : le cerveau. Ce dernier est s&#233;par&#233; en grandes zones et organis&#233; en aires fonctionnelles dont chacune est d&#233;di&#233;e au traitement d'un certain type d'informations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; La perception auditive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu d'une masse d'informations acoustiques entrem&#234;l&#233;es, le cerveau est capable de distinguer la musique des bruits ambiants ou des cris d'animaux. La musique qui nous entoure d&#232;s notre plus jeune &#226;ge fa&#231;onne notre perception. Notre r&#233;seau neuronal s'organise en fonction de cette structure musicale. Les &#233;tudes d'imagerie c&#233;r&#233;brale ont permis d'inventorier les diff&#233;rentes structures du cerveau impliqu&#233;es dans la perception de la tonalit&#233;. Elles montrent aussi que les circuits c&#233;r&#233;braux per&#231;oivent les aspects &#233;motionnels de la musique ind&#233;pendamment des aspects plus rationnels. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans de rares cas, des personnes pr&#233;sentent une incapacit&#233; &#224; reconna&#238;tre des airs entendus comme la dysmusie. Chez les musiciens poss&#233;dant une oreille absolue, les circuits d'identification des sons diff&#232;rent des autres musiciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le traitement de l'information musicale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La musique est pr&#233;sente dans toutes les cultures, quelle que soit sa forme. Partout on retrouve la m&#234;me attirance de l'homme pour les sons organis&#233;s. Celui-ci donne du sens &#224; des vibrations sonores. L'objectif de la psychologie cognitive de la musique consiste &#224; comprendre comment ce mat&#233;riau complexe est cod&#233;, trait&#233; et interpr&#233;t&#233; par l'esprit humain, qui per&#231;oit et ressent des &#233;motions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cerveau musicien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il du fonctionnement c&#233;r&#233;bral qui chapeaute l'ensemble de cette perception musicale ? L'observation de troubles s&#233;lectifs de la compr&#233;hension de la musique &#224; la suite de l&#233;sions, lors d'&#233;tudes cliniques, montre qu'il existe une atteinte dissoci&#233;e des fonctions langagi&#232;res et musicales du cerveau. On tente de comprendre si des r&#233;gions du cortex sont sp&#233;cialement d&#233;di&#233;es &#224; l'une ou l'autre de ces fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es 1960, on a soutenu une distinction de la localisation musique/langage dans les h&#233;misph&#232;res c&#233;r&#233;braux. Chacun peut y &#234;tre lat&#233;ralis&#233; diff&#233;remment. Depuis une vingtaine d'ann&#233;es, on module davantage la perception musicale et ses processus. En l'&#233;tat actuel des connaissances, il semble &#233;vident que la musique et les paroles sont trait&#233;es en grande partie de fa&#231;on ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, malgr&#233; des disparit&#233;s anatomiques et fonctionnelles &#224; l'&#233;coute de sons ou en raison de l'apprentissage de la musique, l'architecture cognitive pr&#233;sente de fortes similarit&#233;s entre musiciens et non musiciens. Tous ont un int&#233;r&#234;t prononc&#233; &#224; &#233;couter de la musique qui provient certainement du fait qu'elle peut susciter des &#233;motions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;motion musicale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;ponses &#233;motionnelles provoqu&#233;es par la musique sont aussi intenses que certaines stimulations biologiques, et extr&#234;mement rapides. Ce ph&#233;nom&#232;ne est d'autant plus vrai qu'il est identique pour les individus musicalement experts et novices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recherches en neurosciences attestent que la musique peut stimuler des fonctions vitales car elle active les circuits neuronaux de la gratification, elle r&#233;duit les activations des r&#233;gions c&#233;r&#233;brales en jeu dans les &#233;motions n&#233;gatives et augmente la r&#233;sistance au stress. Elle peut permettre d'affronter la mort avec courage ou de calmer les angoisses des b&#233;b&#233;s. De fait, elle est aussi utilis&#233;e, ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; des fins th&#233;rapeutiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La musique et la perception de la douleur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles &#233;tudes scientifiques sont men&#233;es en France depuis 2003 aupr&#232;s de patients douloureux. C'est une relaxation musicale personnalis&#233;e par le choix des styles et des instruments qui permet d'obtenir une d&#233;tente optimale. La diminution de la douleur ressentie par les patients peut aller de 40 &#224; 60%. Les usages &#224; domicile pour des affections au long cours permettent de diminuer l'usage d'antalgiques, d'anxiolytiques voire d'antid&#233;presseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Musique et cerveau, des liens &#233;troits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les processus de traitement de la musique par le cerveau ont fait l'objet d'un vaste champ d'exploration, dans de nombreuses disciplines. Pourtant, l'information musicale n'a pas encore d&#233;voil&#233; l'ensemble des cheminements qu'elle emprunte pour atteindre la conscience humaine. On constate ses effets sur le fonctionnement cortical - gr&#226;ce &#224; l'imagerie c&#233;r&#233;brale - et sur nos comportements - gr&#226;ce &#224; l'&#233;valuation des &#233;motions qu'elle induit. En cela la musique pr&#233;sente une caract&#233;ristique notable : objet culturel, elle n'en a pas moins des incidences biologiques. Cette capacit&#233; fait d'elle un langage - non verbal et donc universel - primordial pour le d&#233;veloppement de l'individu. Les chercheurs n'ont pas fini d'&#233;tudier ce r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un moyen th&#233;rapeutique connu de longue date&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'Antiquit&#233;, la musique est utilis&#233;e &#224; des fins th&#233;rapeutiques. Ainsi, Platon conseillait la musique et la danse pour ses effets calmants sur les angoisses. La musicoth&#233;rapie s'est constitu&#233;e en discipline lors de la deuxi&#232;me guerre mondiale, apr&#232;s qu'on ait constat&#233; ses vertus b&#233;n&#233;fiques aupr&#232;s des soldats pour soulager les traumatismes de la guerre. Outil th&#233;rapeutique permettant d'entrer en communication avec les patients en souffrance psychique, elle sert &#224; am&#233;liorer leur sant&#233; mentale, physique et &#233;motionnelle. Le Dr Rolando Benenzon, psychiatre, psychanalyste, musicien et compositeur, a fond&#233; la premi&#232;re facult&#233; de musicoth&#233;rapie &#224; Buenos Aires, en 1966. Il est le d&#233;couvreur d'une nouvelle voie en psychoth&#233;rapie, bas&#233;e sur la communication non verbale, &#224; destination notamment des personnes atteintes de la maladie Alzheimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La musique de Jean-S&#233;bastien Bach et de Claude Debussy aurait-elle des effets hypnotiques ? C'est la th&#232;se de St&#233;phane Ottin Pecchio, rhumatologue et musicoth&#233;rapeute : &#171; Le rythme accorde la respiration, induit une distorsion temporelle et fait entrer dans le temps musical. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le praticien exp&#233;rimente depuis une quinzaine d'ann&#233;es une th&#233;rapie &#171; Toucher et piano &#187; associant th&#233;rapie manuelle et improvisation chant&#233;e et jou&#233;e au clavier. L'utilisation simultan&#233;e de plusieurs langages (verbal, tactile, musical) permettrait d'atteindre plus facilement un &#233;tat d'hypnose susceptible de lib&#233;rer les &#233;motions et de calmer les souffrances psychosomatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voix pourrait &#234;tre notre instrument th&#233;rapeutique le plus efficace. Selon des &#233;tudes neurobiologiques et physiologiques, chanter entra&#238;ne la production d'endomorphines, les hormones du bien-&#234;tre. Thomas Blank et Karl Adamek, de l'Universit&#233; de M&#252;nster en Allemagne, ont trouv&#233; que les jeunes enfants de maternelle pratiquant le chant, notamment de fa&#231;on joyeuse, am&#233;lioraient leurs acquisitions langagi&#232;res et leur comportement social. Chanter en groupe permettrait &#233;galement de solliciter les neurones miroirs, qui s'activent lorsque l'on voit une action se r&#233;aliser, et ainsi d'aider les personnes aphasiques suite &#224; un accident c&#233;r&#233;bro-vasculaire &#224; r&#233;cup&#233;rer le langage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le psychologue am&#233;ricain Howard Gardner, la cr&#233;ativit&#233; musicale est l'une des fonctions fondamentales du cerveau, au m&#234;me titre que le langage et la logique math&#233;matique. Au Centre de neurobiologie de l'apprentissage et de la m&#233;moire de Californie, le physicien Gordon Shaw et la psychologue Frances Rauscher ont men&#233; une exp&#233;rience aupr&#232;s d'une cinquantaine d'enfants de 3 et 4 ans, r&#233;partis en trois groupes : pendant huit mois, le premier groupe a re&#231;u des cours individuels de piano et de chant ; le deuxi&#232;me, des cours d'informatique ; le troisi&#232;me n'a re&#231;u aucune formation sp&#233;cifique. Les enfants ont ensuite subi des tests de reconnaissance spatiale (arrangement de puzzles, assemblages de volumes, mise en couleurs d'&#233;l&#233;ments en perspective, etc.). Le groupe des pianistes en herbe a obtenu un r&#233;sultat sup&#233;rieur de 31 % &#224; celui des autres enfants ! L'apprentissage pr&#233;coce de la musique favoriserait donc le d&#233;veloppement des circuits neuronaux dans les zones de repr&#233;sentation spatiale du cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, une &#233;quipe de chercheurs chinois vient de d&#233;montrer qu'en stimulant la m&#233;moire, l'apprentissage de la musique favorisait celui du langage. Ces &#233;tudes montrent surtout que, au cours des premi&#232;res ann&#233;es de la vie, le cerveau &#8211; donc la fa&#231;on de penser, de r&#233;agir, de se comporter &#8211; ne se construit pas seulement &#224; partir des stimuli visuels et de l'ambiance familiale, mais aussi en fonction de l'environnement sonore. La mani&#232;re dont il est structur&#233; peut ainsi correspondre au style de certaines musiques. Par exemple, un cerveau &#171; logique &#187; et analytique se sent dans son &#233;l&#233;ment avec une musique dite &#171; intellectuelle &#187;. C'est pourquoi beaucoup de math&#233;maticiens adorent Bach ! Un cerveau &#171; intuitif &#187; ou &#171; &#233;motionnel &#187; est plut&#244;t touch&#233; par des musiques romantiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Initier les enfants &#224; la musique classique ne peut donc que leur &#234;tre profitable. S'il n'y a pas d'&#226;ge pour apprendre &#224; &#233;couter, il ne faut pas commencer par des &#339;uvres trop &#171; charg&#233;es &#187;. Choisir des &#339;uvres &#171; simples &#187; (Prokofiev ou Schumann ont aussi &#233;crit pour les enfants) et varier les styles pour voir celles qu'ils pr&#233;f&#232;rent. Il en va de m&#234;me pour l'apprentissage d'un instrument : la limite d'&#226;ge n'est fix&#233;e que par le d&#233;veloppement des capacit&#233;s motrices. D&#232;s qu'un enfant sait s'asseoir sur une chaise et se servir de ses mains, il peut, par exemple, apprendre le piano. Mais il faut lui laisser le temps de d&#233;couvrir l'instrument par lui-m&#234;me avant de l'envoyer chez un professeur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des effets psychologiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre notre fonctionnement mental, notre structure psychique est elle aussi influenc&#233;e par la musique. Depuis des ann&#233;es, des musicoth&#233;rapeutes tentent d'&#233;tablir une relation entre les types psychologiques et les formes musicales&#8230; en vain : les &#233;tudes statistiques r&#233;v&#232;lent que deux personnes au temp&#233;rament &#171; identique &#187; peuvent avoir des go&#251;ts musicaux tr&#232;s diff&#233;rents. En effet, comme pour la nourriture, c'est notre milieu familial et culturel qui fa&#231;onne nos go&#251;ts. En outre, la musique est porteuse de sens : un rythme sp&#233;cifique, une phrase m&#233;lodique, une &#339;uvre, une ambiance musicale particuli&#232;re ou un son peuvent &#234;tre associ&#233;s &#224; une exp&#233;rience ou &#224; une p&#233;riode pr&#233;cise de notre enfance. Une personne qui, petite, a &#233;t&#233; berc&#233;e par les chansons de Brel &#233;prouve certainement de grandes &#233;motions en l'&#233;coutant, adulte. Un enfant qui, un jour, a &#233;t&#233; effray&#233; par le bruit des tambours au passage d'une fanfare risque d'&#233;prouver toute sa vie une aversion irraisonn&#233;e pour ce genre de musique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parole et musique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; s'arr&#234;te le pouvoir des mots commence celui de la musique, disait Richard Wagner&#8230; Les effets d'une m&#233;lodie sur notre cerveau sont souvent &#233;tudi&#233;s &#224; la lumi&#232;re de ceux d'un mat&#233;riel sonore complexe mieux connu : le langage. Ces syst&#232;mes perceptifs sont li&#233;s, mais distincts. D'ailleurs, pr&#232;s de 5 % de la population est &#171; amusicale &#187; cong&#233;nitale : ces personnes n'ont aucun probl&#232;me cognitif ou de langage mais ont des probl&#232;mes de perception musicale. Par exemple, elles ne d&#233;tectent pas une fausse note. Depuis plusieurs ann&#233;es, les chercheurs de l'Institut de neurosciences cognitives de la M&#233;diterran&#233;e (INCM)2 &#224; Marseille effectuent des &#233;tudes comparatives entre langage et musique gr&#226;ce aux techniques d'imagerie, par &#233;lectroenc&#233;phalogramme (EEG) et par r&#233;sonance magn&#233;tique fonctionnelle (IRMf), celle-ci mesurant l'activit&#233; c&#233;r&#233;brale selon la consommation d'oxyg&#232;ne des zones du cerveau. Ainsi, selon Mireille Besson, directrice de recherche &#224; l'INCM, &#171; le rythme et les r&#232;gles de l'harmonie ou du contrepoint sollicitent des zones de l'h&#233;misph&#232;re gauche souvent attribu&#233;es au langage, en particulier &#224; la syntaxe. Mais le timbre de l'instrument stimulerait plut&#244;t l'h&#233;misph&#232;re droit. &#187; Bref, la perception du langage comme de la musique s'effectue par &#233;tapes, explique Daniele Sch&#246;n, chercheuse &#224; l'INCM. &#171; Par exemple, dans l'apprentissage d'une langue &#233;trang&#232;re, le cerveau segmente d'abord les informations sonores. Puis, du sens est attribu&#233; aux cha&#238;nes des sons. &#187; R&#233;sultat &#233;tonnant : la vitesse d'&#233;mergence d'un mot est multipli&#233;e par trois si l'information est chant&#233;e plut&#244;t que parl&#233;e ! &#171; D'o&#249; l'int&#233;r&#234;t des comptines destin&#233;es aux jeunes enfants &#187;, note Daniele Sch&#246;n. La quantit&#233; d'informations extraite est &#233;norme durant la premi&#232;re minute, puis elle augmente lentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une part de m&#233;moire &#224; court terme sp&#233;cifiquement auditive influe &#233;galement. Laurent Demany, chercheur au laboratoire bordelais &#171; Mouvement adaptation cognition &#187;5, a observ&#233; un ph&#233;nom&#232;ne paradoxal d&#251; &#224; cette m&#233;moire. Il a constat&#233; qu'il est possible d'entendre consciemment un mouvement m&#233;lodique (un changement de hauteur tonale) entre deux sons successifs&#8230; alors que pourtant le premier de ces sons a &#233;t&#233; masqu&#233; par un ensemble d'autres sons simultan&#233;s et n'a pas &#233;t&#233; per&#231;u consciemment ! &#171; Cela peut se produire m&#234;me si les deux sons successifs sont s&#233;par&#233;s par plusieurs secondes de silence, et s'ils ne sont pas pr&#233;sent&#233;s &#224; la m&#234;me oreille. Le cerveau relie automatiquement des sons dans le temps et d&#233;tecte des changements ind&#233;pendamment de l'attention et de la conscience &#187;, explique-t-il. &#171; Cette m&#233;moire auditive est hypersensible aux changements de fr&#233;quence, et donc de hauteur tonale &#187;, pr&#233;cise le chercheur : dans un d&#233;lai d'une demi-seconde &#224; deux secondes, la m&#233;moire &#224; court terme oublie plus vite l'intensit&#233; d'un son que sa hauteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quinze secondes d'&#233;coute d'un morceau musical, un autre processus de m&#233;moire entre en jeu, comme l'a montr&#233; Barbara Tillmann : il nous devient plus facile de discriminer avec pr&#233;cision les autres caract&#233;ristiques de cet extrait (m&#233;lodie, harmonie, etc.). Notre m&#233;moire musicale aurait donc tendance &#224; se bonifier avec le temps d'&#233;coute. Pour d&#233;tecter les capacit&#233;s d'apprentissage de notre cerveau, Barbara Tillmann a utilis&#233; avec B&#233;n&#233;dicte Poulin-Charronnat, chercheuse au LEAD &#224; Dijon, une nouvelle grammaire musicale &#233;tablissant des r&#232;gles d'&#233;criture de suites de notes. Elles ont cr&#233;&#233; des s&#233;quences de cinq et six notes, fr&#233;quentes ou impossibles d'apr&#232;s cette grammaire. Elles ont alors test&#233; la sensibilit&#233; de quarante personnes &#224; ces r&#232;gles musicales. &#171; Dans 60 % des cas, les transgressions aux r&#232;gles suivies sont d&#233;tect&#233;es en moins d'un quart d'heure d'&#233;coute. Les auditeurs ne s'en rendent pas compte, mais ils ont saisi certaines des caract&#233;ristiques de la nouvelle structure musicale &#187;, commente B&#233;n&#233;dicte Poulin-Charronnat. Cet apprentissage implicite existe au sein de chaque culture, o&#249; une musique environnante est omnipr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#233;moire entre en jeu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si plusieurs r&#233;seaux neuronaux sont impliqu&#233;s dans la perception de la musique, comment le cerveau parvient-il &#224; traiter la complexit&#233; de l'information musicale ? Les scientifiques savent aujourd'hui qu'il &#233;labore une strat&#233;gie bas&#233;e sur la familiarit&#233;, l'apprentissage implicite et la m&#233;moire. D&#233;monstration : Barbara Tillmann, charg&#233;e de recherche dans l'unit&#233; &#171; Neurosciences sensorielles, comportement, cognition &#187;3 de Lyon, s'est int&#233;ress&#233;e &#224; la reconnaissance de m&#233;lodies famili&#232;res. &#171; Apr&#232;s 500 millisecondes d'&#233;coute, les jugements de familiarit&#233; des auditeurs se diff&#233;rencient pour des morceaux musicaux connus ou non. &#187; Les r&#233;seaux neuronaux impliqu&#233;s lors de cette perception de la familiarit&#233; musicale sont similaires &#224; ceux activ&#233;s par les odeurs famili&#232;res, selon ses r&#233;sultats publi&#233;s en f&#233;vrier dans la revue Cerebral Cortex.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://coron.free.fr/revue/cerveau.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le cerveau musical&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3189&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Musique et inconscient&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment fonctionne le cerveau humain pour nous permettre de conna&#238;tre le monde ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5016</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5016</guid>
		<dc:date>2018-10-15T22:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Hegel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voir fonctionner le cerveau &lt;br class='autobr' /&gt;
Le cerveau vu par Jean-Pierre Changeux, en film &lt;br class='autobr' /&gt;
Cerveau et chaos d&#233;terministe, le film &lt;br class='autobr' /&gt;
L'IRM du cerveau ou voir le cerveau penser, le film &lt;br class='autobr' /&gt;
Le cerveau dynamique &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pilotage du chaos c&#233;r&#233;bral, un apprentissage &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;moire des neurones ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Du chaos dans les neurones &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment fonctionne le cerveau humain pour nous permettre de conna&#238;tre le monde ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses quelque cent milliards de neurones et connexions neuronales (et sans doute plus) font du cerveau l'organe (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique103" rel="directory"&gt;Le cerveau, ou le pilotage du chaos des interactions neuronales&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot169" rel="tag"&gt;Hegel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_10353 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/i02-7f537-6af36.gif' width=&#034;256&#034; height=&#034;256&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=21649&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir fonctionner le cerveau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10354 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/neurone_P-L-300297-1-53047.jpg' width=&#034;200&#034; height=&#034;150&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10355 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/hemisphere2-8777d-gif.jpg' width=&#034;330&#034; height=&#034;265&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10356 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/png/reseau-neurone-1c-00795.png' width=&#034;200&#034; height=&#034;150&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10357 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Cerveau-Humain-IRM-1-d49cb.jpg' width=&#034;382&#034; height=&#034;371&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10358 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/article2-mazoyer-c48c9.jpg' width=&#034;259&#034; height=&#034;192&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2000/qu_est_ce_que_la_vie/le_cerveau_de_la_biologie_moleculaire_aux_sciences_cognitives&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le cerveau vu par Jean-Pierre Changeux, en film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2002/les_interfaces/cerveau_chance_et_chaos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cerveau et chaos d&#233;terministe, le film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2002/les_interfaces/voir_le_cerveau_penser&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'IRM du cerveau ou voir le cerveau penser, le film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1856&#034;&gt;Le cerveau dynamique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique103&#034;&gt;Le pilotage du chaos c&#233;r&#233;bral, un apprentissage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://histoire-cnrs.revues.org/7333&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;moire des neurones ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://interstices.info/jcms/n_48652/du-chaos-dans-les-neurones&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Du chaos dans les neurones&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment fonctionne le cerveau humain pour nous permettre de conna&#238;tre le monde ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ses quelque cent milliards de neurones et connexions neuronales (et sans doute plus) font du cerveau l'organe le plus complexe du corps humain. Il r&#233;git notre comportement, nos actions et nos pens&#233;es, nos d&#233;sirs et nos instincts. Gr&#226;ce &#224; lui, nous pouvons voir, sentir ou entendre, parler et marcher, analyser et comprendre le monde qui nous entoure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre cerveau se modifie en permanence. Ces changements sont dus aux interactions avec l'environnement ext&#233;rieur ou &#224; des activit&#233;s internes &#224; l'organisme. Toute action, toute perception a un impact sur l'organisation de notre cerveau. Tout changement, m&#234;me local, a des r&#233;percussions locales mais aussi &#224; longue distance dans notre cerveau et notre corps tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En perp&#233;tuelle r&#233;organisation, le cerveau est un syst&#232;me dynamique non lin&#233;aire. La non lin&#233;arit&#233; provient de l'existence de seuils. Un neurone n'est excit&#233; que si un certain niveau d'excitation provenant d'autres neurones est d&#233;pass&#233;, et ce neurone &#224; son tour enverra une impulsion aux neurones auxquels il est connect&#233;. De cette non lin&#233;arit&#233; r&#233;sulte une caract&#233;ristique essentielle, la non pr&#233;dictibilit&#233;. Les effets d'un changement ne peuvent pas &#234;tre anticip&#233;s. Il n'y a pas une relation de cause &#224; effet unique et calculable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fonctionne par analogie, par comparaison, non pas &#224; l'identique mais au plus proche. Il ne cherche pas correspondre exactement au r&#233;el, seulement &#224; l'approcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il transforme des informations discontinues et partielles en une image continue du monde. C'est sa dynamique qui lui permet de cr&#233;er l'illusion du continu comme le film transforme les photos en apparent mouvement continu. Il ne se contente pas de l'information fournie par le monde ext&#233;rieur, il l'interpr&#232;te. Il r&#233;pond aux questions auxquelles nos informations ne permettent pas de r&#233;pondre. Il ne se contente pas des connaissances objectives : il brode. Il va au plus probable, fonctionne &#224; l'&#224; eu pr&#232;s. Il n'accepte pas d'ignorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fonctionne par transformation d'&#233;chelle du message &#233;lectrique des neurones. Ce message passe du neurone au groupe et au groupe de groupe, du local au groupe, &#224; la zone et &#224; l'interaction entre zones. Il peut ainsi passer tr&#232;s rapidement d'une image &#224; une autre et faire passer en m&#234;me temps de multiples sortes de messages. Les messages sont en permanence d&#233;truits et reconstruits. Il n'est pas une simple image du monde qu'il observe mais un monde nouveau. Selon Marvin Minsky lui-m&#234;me, l'activit&#233; principale du cerveau consiste en fait &#224; op&#233;rer en permanence des modifications sur lui-m&#234;me. Ce que nous vivons aujourd'hui influencera le rappel d'un souvenir qui, loin d'&#234;tre toujours le m&#234;me, sera une reconstruction &#224; partir de l'&#233;tat actuel du cerveau. Et ce souvenir reconstruit affectera in&#233;vitablement le fonctionnement subs&#233;quent du cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, contrairement &#224; une machine qui fabrique un objet qui n'a aucun effet sur le fonctionnement de la machine, le cerveau est une machine dont les processus modifient en permanence le fonctionnement subs&#233;quent de ladite machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref avec le cerveau, les r&#233;sultats des processus deviennent les processus eux-m&#234;mes. Au lieu de repr&#233;senter un monde ind&#233;pendant, on peut voir nos processus cognitifs comme faisant plut&#244;t &#233;merger un monde, comme quelque chose d'ins&#233;parable des structures dans lequel s'incarne le syst&#232;me cognitif. Voil&#224; ce qui a amen&#233; certains chercheurs &#224; mettre en doute s&#233;rieusement l'existence d'un monde pr&#233;donn&#233;, duquel le syst&#232;me cognitif devrait extraire de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les neuroscientifiques suspectaient depuis longtemps que le r&#233;seau de neurones de nos cerveaux pouvait &#234;tre connect&#233; de telle mani&#232;re &#224; ce qu'il existe un moyen de r&#233;aliser un &#233;tat de &#034;criticalit&#233; auto-organis&#233;e&#034; (CAO), dans lequel ils sont ni ordonn&#233;s ni al&#233;atoires, mais quelque-part entre les deux. Dans un tel &#233;tat, m&#234;me un changement mineur peut provoquer une r&#233;action importante : par exemple, un feu de for&#234;t, un tremblement de terre et une avalanche tendent &#224; se propager sous une CAO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, des neuroscientifiques ont montr&#233; que la propagation de signaux &#233;lectriques, dans la partie des tissus du cerveau d'un rat, suivait les mod&#232;les attendus dans un &#233;tat de CAO [1]. Pour voir si cela &#233;tait aussi vrai chez les &#234;tres humains, Ed Bullmore de l'Universit&#233; de Cambridge et ses coll&#232;gues ont cartographi&#233; l'activit&#233; &#233;lectrique du cerveau de 19 volontaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des marques de la criticalit&#233; auto-organis&#233;e est que les signaux devraient donner des mod&#232;les identiques &#224; toutes les fr&#233;quences, une propri&#233;t&#233; connue sous le nom d'invariance d'&#233;chelle. Lorsque l'&#233;quipe de Bullmore a mesur&#233; la p&#233;riode de temps de deux signaux &#233;lectriques, de r&#233;gions prises au hasard du cerveau, pour &#234;tre &#034;en phase&#034;, celle-ci &#233;tait identique &#224; toutes les fr&#233;quences de signaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mod&#232;les informatiques ont montr&#233; que quand les r&#233;seaux neuraux sont dans l'&#233;tat de criticalit&#233; auto-organis&#233;e, ils maximisent le processus et le stockage de l'information. &#034;Il se pourrait que cela soit en fait un avantage pour le cerveau&#034; conclut Bullmore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cerveau, rationnel ou irrationnel par James E. Alcock&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que nos cerveaux et nos syst&#232;mes nerveux constituent une machine &#224; g&#233;n&#233;rer des croyances, un engin qui produit des convictions sans &#233;gard particulier pour ce qui est r&#233;el et ce qui ne l'est pas. Cette machine &#224; croyances s&#233;lectionne les donn&#233;es dans son environnement, les fa&#231;onne, les combine avec des informations puis&#233;es dans les souvenirs et cr&#233;e des certitudes g&#233;n&#233;ralement conformes &#224; celles existant d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me est tout aussi capable de g&#233;n&#233;rer des convictions erron&#233;es que r&#233;elles. Elles guident les actions futures et, correctes ou absurdes, elles peuvent se r&#233;v&#233;ler pr&#233;cieuses pour l'individu qui les partage. Que le paradis pour les &#226;mes m&#233;ritantes existe r&#233;ellement ou non n'entame en rien l'utilit&#233; d'une telle certitude pour les gens qui cherchent un sens &#224; leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les croyances que l'on pourra consid&#233;rer comme &#171; irrationnelles &#187; ne diff&#232;rent fondamentalement en rien des autres, elles sont engendr&#233;es de la m&#234;me fa&#231;on. Nous ne disposons peut-&#234;tre pas de preuves suffisantes pour croire en des concepts irrationnels, mais nous n'en avons pas davantage pour la plupart de nos convictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un exemple. Vous pensez certainement qu'il est bon pour vous de vous brosser les dents, mais il est peu probable que vous ayez des preuves &#224; l'appui de cette certitude, &#224; moins d'&#234;tre dentiste. On vous l'a enseign&#233;, c'est assez logique, et vous n'avez jamais &#233;t&#233; amen&#233; &#224; vous poser des questions &#224; ce sujet. (&#8230;) L'unit&#233; d'apprentissage est la cl&#233; pour comprendre la machine &#224; croyances. Elle est li&#233;e &#224; l'architecture physique du cerveau et du syst&#232;me nerveux ; et sa nature m&#234;me nous condamne &#224; un processus virtuellement automatique de pens&#233;e magique. &#171; La pens&#233;e magique &#187; est l'interpr&#233;tation de deux &#233;v&#233;nements survenant de fa&#231;on rapproch&#233;e, comme si l'un &#233;tait provoqu&#233; par l'autre, sans aucune consid&#233;ration pour le lien causal. Par exemple, si vous pensez que le fait d'avoir crois&#233; les doigts vous a port&#233; chance, vous avez associ&#233; l'acte de croiser les doigts avec l'heureux &#233;v&#233;nement qui s'est ensuivi et leur avez attribu&#233; un lien causal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre cerveau et notre syst&#232;me nerveux ont &#233;volu&#233; pendant des millions d'ann&#233;es. Il est important de reconna&#238;tre que la s&#233;lection naturelle n'op&#232;re pas des choix directement en rapport avec la raison ou la v&#233;rit&#233; ; elle choisit dans le but de reproduire la r&#233;ussite. Rien ne permet &#224; notre appareil c&#233;r&#233;bral d'attribuer un statut particulier &#224; la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez un lapin dans l'herbe haute et, pour un instant, pr&#234;tez-lui un minimum d'intelligence et d'esprit logique. D&#233;tectant un bruissement dans l'herbe, et ayant appris par le pass&#233; que cela pouvait occasionnellement signaler la pr&#233;sence d'un renard affam&#233;, le lapin se demande s'il y a vraiment un renard cette fois ou si le bruissement a &#233;t&#233; provoqu&#233; par une rafale de vent. Il attend une preuve plus concluante. Bien que motiv&#233; par la recherche de la v&#233;rit&#233;, ce lapin ne vivra pas longtemps. Comparez ce lapin &#224; celui qui, par une r&#233;action puissante et autonome de soit syst&#232;me nerveux, d&#233;guerpit aussi vite qu'il le peut en percevant le bruissement. Il a plus de chances de vivre et de se reproduire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche de la v&#233;rit&#233; n'est pas toujours b&#233;n&#233;fique &#224; la survie, et la fuite, m&#234;me motiv&#233;e par des certitudes erron&#233;es, n'est pas toujours un si mauvais choix. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; d'apprentissage est constitu&#233;e de fa&#231;on que nous tirions tr&#232;s rapidement les enseignements de l'association de deux &#233;v&#233;nements marquants, comme toucher un four chaud et ressentir de la douleur. Elle est ainsi faite que des appariements significatifs produisent un effet durable alors que les non-appariements de deux &#233;v&#233;nements semblables sont loin d'avoir autant d'influence. Si un enfant touchait une fois un four chaud et se br&#251;lait, puis s'il le touchait de nouveau sans se br&#251;ler, l'association entre la douleur et le four ne serait pas automatiquement effac&#233;e. Cette asym&#233;trie essentielle &#8212; l'appariement de deux stimuli a un impact important alors que la pr&#233;sentation individuelle des stimuli a un effet bien moindre &#8212; est importante pour la survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dissym&#233;trie de l'apprentissage est &#233;galement en grande partie responsable de l'erreur qui fausse notre jugement lorsque certains &#233;v&#233;nements co&#239;ncident de temps &#224; autre. Par exemple, si nous pensons &#224; l'oncle Harry et qu'il nous t&#233;l&#233;phone quelques minutes plus tard, on pourrait croire que cela exige une explication relevant de la t&#233;l&#233;pathie ou de la pr&#233;cognition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, nous ne pouvons estimer correctement la relation entre ces deux faits que si nous consid&#233;rons aussi le nombre de fois o&#249; nous avons pens&#233; &#224; Harry sans qu'il appelle, ou celles o&#249; nous n'avons pas pens&#233; &#224; lui mais qu'il a appel&#233; quand m&#234;me. Ces derni&#232;res circonstances &#8212; non appari&#233;es &#8212;n'ont que peu d'impact sur notre syst&#232;me d'apprentissage. Comme nous sommes excessivement influenc&#233;s par l'appariement d'&#233;v&#233;nements marquants, nous voyons un lien &#8212; parfois m&#234;me causal &#8212; entre deux faits, m&#234;me s'il n'existe pas. Ainsi, les r&#234;ves ne peuvent correspondre &#224; des &#233;v&#233;nements ult&#233;rieurs que de temps en temps, par hasard. Et pourtant cet appariement peut avoir des cons&#233;quences dramatiques sur la croyance. Le monde qui nous entoure est rempli de co&#239;ncidences, certaines ont un sens mais la grande majorit&#233; n'en a pas. (...) &lt;br class='autobr' /&gt;
Si je vous disais qu'en rentrant chez moi hier soir, j'ai trouv&#233; une vache dans mon salon, vous seriez plus vraisemblablement enclins &#224; rire qu'&#224; me croire, m&#234;me s'il n'y a objectivement rien d'impossible &#224; cela. Si, au contraire, je vous disais que je suis entr&#233; dans mon salon, que j'ai &#233;t&#233; effray&#233; par une &#233;trange lueur au-dessus du fauteuil de mon d&#233;funt grand-p&#232;re et qu'il a soudain fait froid dans la pi&#232;ce, vous serez probablement moins sceptiques et ouvrirez grand vos oreilles afin de ne pas perdre un d&#233;tail, renon&#231;ant peut-&#234;tre au jugement critique que vous auriez port&#233; sur l'histoire de la vache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, une &#233;motion intense peut brouiller l'application de la r&#233;flexion critique. D'autres fois, nous sommes astucieusement dup&#233;s. La rationalit&#233; est souvent d&#233;savantag&#233;e au profit de la pens&#233;e intuitive. Le d&#233;funt psy- chologue Graham Reed donnait l'exemple du faux raisonnement du joueur. Supposez que vous observez un jeu de roulette. Le noir est sorti dix fois de suite, et une forte intuition vous envahit : le rouge va sortir incessamment. Le noir ne peut pas sortir ind&#233;finiment. Pourtant votre esprit rationnel vous dit que la roue n'a pas de m&#233;moire, que chaque tirage est ind&#233;pendant de ceux qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;. Dans ce cas, la bataille entre l'intuition et la rationalit&#233; n'est pas toujours remport&#233;e par la rationalit&#233;. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences assorties d'une forte &#233;motion impriment une in&#233;branlable croyance en l'explication, quelle qu'elle soit, &#224; laquelle l'individu a d&#251; recourir. Si quelqu'un est impressionn&#233; par un cas apparent de t&#233;l&#233;pathie ou d'ovni, la r&#233;flexion ult&#233;rieure sera certainement domin&#233;e par la conscience d'une intense r&#233;action &#233;motionnelle, menant &#224; la conclusion que quelque chose d'inhabituel s'est vraiment produit. Et, &#224; son tour, l'&#233;motion influencera directement la perception et l'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions &#233;motionnelles d&#233;clench&#233;es par un &#233;v&#233;nement peuvent nous amener &#224; l'interpr&#233;ter comme &#233;tant bizarre ou inhabituel. (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre cerveau est aussi capable de g&#233;n&#233;rer des exp&#233;riences perceptives merveilleuses et invraisemblables aux- quelles nous sommes rarement pr&#233;par&#233;s. Les exp&#233;riences hors du corps, les hallucinations, les exp&#233;riences proches de la mort, les exp&#233;riences extr&#234;mes, toutes sont susceptibles de provenir non pas d'une r&#233;alit&#233; transcendantale ext&#233;rieure, mais plut&#244;t du cerveau lui-m&#234;me. Nous ne sommes pas toujours en mesure de distinguer le mat&#233;riau &#233;manant du cerveau de celui &#233;manant du monde ext&#233;rieur, c'est pourquoi nous pouvons attribuer &#224; tort au monde ext&#233;rieur des perceptions et des exp&#233;riences cr&#233;&#233;es &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de notre cerveau. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que je l'ai d&#233;j&#224; mentionn&#233; plus haut, il arrive que les certitudes erron&#233;es soient encore plus utiles que celles qui reposent sur la v&#233;rit&#233;. Shelley Taylor, dans son livre &#171; Illusions positives &#187;, explique que les personnes l&#233;g&#232;rement d&#233;prim&#233;es sont souvent plus r&#233;alistes que les gens heureux. Les individus &#233;motionnellement bien portants vivent, en quelque sorte, en cr&#233;ant. de fausses croyances &#8212; les illusions &#8212; qui diminuent l'angoisse et renforcent le bien-&#234;tre, tandis que les individus d&#233;prim&#233;s per&#231;oivent le monde de fa&#231;on plus exacte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gens heureux sous-estiment la probabilit&#233; d'&#234;tre atteints d'un cancer ou d'&#234;tre tu&#233;s, et &#233;vitent peut-&#234;tre m&#234;me de penser &#224; l'ultime r&#233;alit&#233; qu'est la mort. Les &#234;tres d&#233;prim&#233;s, au contraire, sont plus sensibles &#224; ces inqui&#233;tudes. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons parfois les erreurs et la b&#234;tise dans les convictions des autres. Il est tr&#232;s difficile de les voir dans les n&#244;tres. (...) La r&#233;flexion critique, la logique, la raison, la science, tous ces termes s'appliquent d'une fa&#231;on ou d'une autre &#224; la tentative d&#233;lib&#233;r&#233;e de d&#233;busquer la v&#233;rit&#233; dans l'embrouillamini de l'intuition, de la fausse perception et de la m&#233;moire faillible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#233;moire par Rita Carter&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire est plurielle : elle est l'image qui nous vient &#224; l'esprit lorsque nous pensons &#224; la maison de notre enfance ; elle est la facult&#233; de sauter sur la selle d'un v&#233;lo et de p&#233;daler sans m&#234;me penser &#224; la fa&#231;on dont nous y parvenons ; le sentiment de malaise associ&#233; &#224; un endroit o&#249; nous avons jadis eu peur ; nos rep&#232;res sur un itin&#233;raire familier ; le fait de savoir que la tour Eiffel se trouve &#224; Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien d'&#233;tonnant, donc, qu'une fonction mentale aussi complexe et multiforme soit difficile &#224; identifier. Chaque type de souvenir est conserv&#233; et r&#233;cup&#233;r&#233; de mani&#232;re distincte, et des dizaines d'aires c&#233;r&#233;brales sont impliqu&#233;es, cr&#233;ant un r&#233;seau complexe d'interactions. (&#8230;) Un groupe de neurones s'activant ensemble dans le cortex auditif, par exemple, permettra d'entendre une certaine note de musique. Un autre circuit, dans une aire diff&#233;rente, produira un sentiment de peur ; ailleurs ce sera l'exp&#233;rience visuelle du bleu ; ailleurs encore l'astringence du tanin dans une gorg&#233;e de vin. Il en va de m&#234;me pour les souvenirs, &#224; cette diff&#233;rence pr&#232;s qu'ils restent grav&#233;s dans le cerveau une fois la stimulation originale disparue. Les souvenirs se constituent lorsque le m&#234;me mod&#232;le d'activit&#233; se r&#233;p&#232;te souvent, ou dans des circonstances qui en favorisent l'enregistrement. En effet, les neurones d'un groupe d&#233;veloppent leur propension &#224; s'activer ensemble chaque fois que ce ph&#233;nom&#232;ne se produit. Leur excitation synchronis&#233;e ressemble &#224; l'embrasement d'une tra&#238;n&#233;e de poudre. Mais la particularit&#233; des neurones est qu'ils peuvent s'embraser &#224; l'infini &#8211; lentement ou tr&#232;s rapidement. Plus l'activation est rapide, plus la charge &#233;lectrique impuls&#233;e est importante, ce qui favorise d'autant l'excitation du neurone voisin. D&#232;s que ce dernier est activ&#233;, une modification chimique intervient &#224; sa surface pour le rendre sensible &#224; la stimulation du premier neurone. On nomme ce m&#233;canisme potentialisation &#224; long terme. Si le deuxi&#232;me neurone n'est pas stimul&#233; &#224; nouveau, il restera r&#233;ceptif pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. Si le premier neurone s'active &#224; nouveau pendant cette p&#233;riode, son voisin r&#233;agira, m&#234;me si le niveau d'excitation du premier est relativement faible. Une deuxi&#232;me excitation le rendra plus r&#233;ceptif, et ainsi de suite. La r&#233;p&#233;tition d'excitations synchrones renforce le lien entre les neurones, &#224; tel point que la moindre activit&#233; de l'un d'eux stimule les neurones associ&#233;s. C'est ainsi qu'un souvenir se cr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La conception du cerveau cr&#233;ateur par J&#233;rome Graux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous admettons que les choses sont telles que nous les percevons. Pourtant, l'&#233;tude scientifique des illusions visuelles ou auditives nous montre que cette intuition est fausse. La repr&#233;sentation que nous avons du monde ne concorde pas de fa&#231;on absolue avec la r&#233;alit&#233;. Cette repr&#233;sentation est avant tout une construction dynamique de notre cerveau qui &#171; &#233;mule &#187; un monde dans lequel nous pouvons agir efficacement. L'hallucination est radicalement diff&#233;rente de l'illusion. D&#233;finie comme &#171; une perception sans objet &#224; percevoir &#187; par Henri Ey, l'hallucination peut toucher chacun de nos sens et s'accompagne souvent d'une profonde alt&#233;ration de la conscience de soi et du monde ext&#233;rieur. Sympt&#244;me de nombreuses pathologies neurologiques ou psychiatriques comme la schizophr&#233;nie, les hallucinations ont &#233;t&#233; l'objet de r&#233;centes &#233;tudes qui permettent d&#233;sormais de comprendre une partie de leurs m&#233;canismes c&#233;r&#233;braux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand le cerveau reconna&#238;t, il diffuse du bien &#234;tre et du malaise quand il ne reconna&#238;t pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il raisonne mais son raisonnement se base sur des propositions tout &#224; fait irrationnelles qui lui sont fournies de mani&#232;re ultra-rapides et non r&#233;fl&#233;chies, seulement ensuite tri&#233;es en fonction de ce qui semble compatible avec la mani&#232;re dont nous pensons le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; l'importance de la m&#233;moire qui nous permet de comparer. Et la premi&#232;re m&#233;moire est celle li&#233;e &#224; la perception de nos sens (la vision, l'audition, la gustation, l'olfaction et le toucher).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se mouvoir et survivre, l'homme, comme tous les animaux, doit &#234;tre inform&#233; sur le monde ext&#233;rieur dans lequel il organisme son comportement. C'est pourquoi il poss&#232;de des syst&#232;mes responsables de la perception qui lui permettent d'agir sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire est omnipr&#233;sente dans la vie quotidienne. Elle nous permet de retenir toute sorte d'informations (souvenirs personnels, connaissances culturelles, proc&#233;dures automatiques&#8230;) pendant une dur&#233;e plus ou moins longue (de quelques secondes &#224; toute une vie). La m&#233;moire verbale permet de m&#233;moriser par exemple une s&#233;rie de mots et de la rappeler apr&#232;s quelques minutes. Certaines personnes m&#233;morisent plus facilement du mat&#233;riel visuel que du mat&#233;riel verbal. Une fa&#231;on d'optimiser l'enregistrement et le rappel d'informations verbales est d'associer &#224; chaque mot &#224; m&#233;moriser une phrase ou une image cr&#233;&#233;e mentalement. La m&#233;moire visuelle est fortement tributaire de nos capacit&#233;s attentionnelles, car elle n&#233;cessite une analyse constante des &#233;l&#233;ments visuels qui nous entourent. Elle permet de retrouver sans probl&#232;me l'emplacement d'objets divers, de se souvenir pr&#233;cis&#233;ment des d&#233;tails d'un tableau qui vient d'&#234;tre vu ou de la tenue d'une personne qui vient d'&#234;tre crois&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attention est une fonction cognitive complexe qui est primordiale dans le comportement humain. La plupart des activit&#233;s c&#233;r&#233;brales requi&#232;rent une forte concentration, aussi bien pour la m&#233;morisation d'une information, la compr&#233;hension d'un texte, que la recherche d'une chose donn&#233;e. En effet, &#224; chaque instant, un nombre plus ou moins important d'informations de notre environnement se pr&#233;sente &#224; nos sens. Or, il est impossible de traiter en d&#233;tail toutes ces informations simultan&#233;ment. C'est l'attention s&#233;lective qui va permettre de s&#233;lectionner parmi toutes ces informations, celles &#224; traiter prioritairement, en fonction de leur pertinence pour l'action ou par rapport &#224; nos attentes. Elle permet de se focaliser sur un &#233;l&#233;ment en particulier en se coupant mentalement des autres &#233;l&#233;ments non pertinents, sans qu'il soit n&#233;cessaire pour autant de s'isoler physiquement. Elle est donc indispensable &#224; l'action et au fonctionnement cognitif en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonctions langagi&#232;res assurent une compr&#233;hension et une expression orale et &#233;crite, essentielles &#224; l'humain, notamment pour sa communication avec autrui. Par exemple, dans la compr&#233;hension d'un texte &#233;crit, nos capacit&#233;s de raisonnement d&#233;ductif et inductif sont impliqu&#233;es pour nous permettre d'extraire du sens sur ce qui n'est pas express&#233;ment &#233;crit. Ainsi, apr&#232;s lecture des phrases suivantes &#171; J'ai rentr&#233; le linge ce matin. Il &#233;tait tremp&#233; &#187;, on en d&#233;duit que le linge &#233;tait &#233;tendu dehors et qu'il a beaucoup plu durant la nuit. On cr&#233;e ce qu'on appelle des inf&#233;rences, c'est-&#224;-dire que gr&#226;ce au raisonnement, on part d'une id&#233;e pour arriver &#224; une autre id&#233;e qui lui est li&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les fonctions ex&#233;cutives correspondent &#224; des fonctions &#233;labor&#233;es de logique, de strat&#233;gie, de planification, de r&#233;solution de probl&#232;mes et de raisonnement hypoth&#233;tico-d&#233;ductif. La planification permet par exemple de d&#233;finir un programme d'actions et &#224; respecter des priorit&#233;s sans se disperser. Cette capacit&#233; permet de hi&#233;rarchiser ses priorit&#233;s en tenant compte des liens entre celles-ci et de la diversit&#233; des donn&#233;es concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on doit r&#233;soudre un probl&#232;me, on passe habituellement par diff&#233;rentes &#233;tapes logiques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; analyse du but que l'on cherche &#224; atteindre &lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; analyse des &#233;l&#233;ments &#224; prendre en compte tels que moyens disponibles, contraintes ou proc&#233;dures &#224; respecter &lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;valuation des obstacles ou incidents pouvant survenir &lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; recherche des m&#233;thodes auxquelles recourir pour traiter les diff&#233;rents facteurs &#224; int&#233;grer &lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;valuation compar&#233;e des effets probables des diverses solutions auxquelles on pense. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagerie mentale est tr&#232;s importante dans la strat&#233;gie, puisqu'elle permet de se transposer dans la situation virtuelle du futur afin d'imaginer ou d'anticiper les sc&#233;narios possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonctions visuo-spatiales permettent de s'orienter dans l'espace, de percevoir les objets de notre environnement et de les organiser en une sc&#232;ne visuelle coh&#233;rente, d'imaginer mentalement un objet physiquement absent. L'imagerie mentale, par exemple, intervient activement dans les processus de pens&#233;e, dans le r&#234;ve, dans la r&#233;solution de probl&#232;mes (comme le calcul mental), dans l'anticipation des &#233;v&#232;nements (comme dans le jeu d'&#233;checs), dans la m&#233;morisation (des itin&#233;raires par exemple), dans la compr&#233;hension d'une description verbale, dans le raisonnement, dans la reconnaissance d'objets pr&#233;sent&#233;s dans des orientations inhabituelles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire est la fonction cognitive la plus largement sollicit&#233;e dans la plupart de nos actes. Elle intervient pour enregistrer ou rappeler des informations aussi diverses qu'un num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone, ce que l'on a fait le dernier week-end, un rendez-vous, l'endroit o&#249; l'on a laiss&#233; ses cl&#233;s, le nom de tel ustensile ou de telle personne pr&#233;sent&#233;e il y a peu, une date de l'histoire de France...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle participe &#233;galement de fa&#231;on essentielle &#224; d'autres activit&#233;s cognitives telles que la lecture, le raisonnement, le calcul mental, la cr&#233;ation d'images mentales... Elle se trouve, en cons&#233;quence, continuellement mise &#224; contribution de fa&#231;on volontaire ou non, et permet de constituer en chacun de nous un stock de connaissances culturelles, de souvenirs personnels, de proc&#233;dures motrices...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire constitue le pass&#233; de chacun, ou plut&#244;t la connaissance de celui-ci, et permet ainsi &#224; quiconque de poss&#233;der une identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La vision expos&#233;e par Gilles Marchand&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les diff&#233;rentes activit&#233;s mentales, la perception visuelle est au centre de notre quotidien : comment le cerveau transforme-t-il les signaux sensoriels en une perception coh&#233;rente du monde ? Comment pouvons-nous reconna&#238;tre des personnes et des objets familiers ? Les donn&#233;es apport&#233;es par la neuroanatomie sur la perception visuelle exposent de mani&#232;re pr&#233;cise comment une image trait&#233;e par la r&#233;tine est transmise par les nerfs optiques jusqu'au cortex visuel primaire, dans le lobe occipital (&#224; l'arri&#232;re du cerveau). Une fois la description des aires visuelles effectu&#233;e, les physiologistes doivent d&#233;crire le r&#244;le de ces diff&#233;rentes aires. Certaines aires ou neurones sont-ils sp&#233;cialis&#233;s dans le traitement d'un type sp&#233;cifique d'information, ou le traitement est-il global ? Il appara&#238;t effectivement que certains neurones sont plus sensibles &#224; la couleur, d'autres &#224; l'orientation des lignes. Le versant neurologique permet ainsi d'apporter des informations pr&#233;cieuses sur les diff&#233;rentes localisations, dans le cerveau, des traitements n&#233;cessaires &#224; la vision. Les techniques d'imagerie c&#233;r&#233;brale, comme l'IRM (imagerie par r&#233;sonance magn&#233;tique), permettent de visualiser en temps r&#233;el l'activit&#233; du cerveau dans des t&#226;ches visuelles simples ou complexes. Mais le fait de comprendre les bases biologiques de cette activit&#233; ne suffit pas &#224; comprendre comment on peut aboutir &#224; la reconnaissance d'un objet, comment on arrive &#224; distinguer un fauteuil Voltaire recouvert de velours d'une voiture de sport italienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chercheurs en psychologie cognitive peuvent, par l'&#233;laboration de th&#233;ories et d'exp&#233;riences, apporter des r&#233;ponses. Le psychologue anglais David Marr a d&#233;velopp&#233; dans les ann&#233;es 80 un mod&#232;le de la reconnaissance visuelle des objets : d'un traitement des composantes des traits (obliques, courbes...), on aboutit &#224; une reconnaissance unifi&#233;e de l'objet, en deux puis en trois dimensions, d&#233;pendante puis ind&#233;pendante du point de vue de l'observateur, et enfin &#224; la recherche en m&#233;moire du concept auquel cette image va &#234;tre associ&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il existe diff&#233;rents types d'alt&#233;ration de la reconnaissance visuelle. L'un d'entre eux est caract&#233;ris&#233; par l'impossibilit&#233; de reconna&#238;tre les visages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quarante ans de mariage, un patient ne reconna&#238;t plus le visage de sa femme, le confond avec celui d'une autre personne et doit se baser sur sa voix, ou d'autres d&#233;tails perceptifs, comme l'odeur de son parfum pour l'identifier. C'est l'observation clinique qui permet dans ce cas d'apporter de nombreuses informations sur le fonctionnement cognitif et c&#233;r&#233;bral. De nombreux outils de recherche, comme les t&#226;ches exp&#233;rimentales ou les tests neuropsychologiques, compl&#232;tent alors les techniques m&#233;dicales. Face &#224; certains patients, les neuropsychologues vont analyser quels m&#233;canismes sont atteints, en utilisant entre autres les th&#233;ories de chercheurs comme D. Marr. Le patient ne reconna&#238;t-il pas les traits perceptifs du visage de sa femme, ou bien le probl&#232;me vient-il de l'association d'un visage avec les connaissances sur l'&#233;pouse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des cas cliniques isol&#233;s, la compr&#233;hension du fonctionnement mental provient aussi des &#233;tudes de groupe : de patients, mis en liaison par rapport &#224; leur atteinte c&#233;r&#233;brale ou leur comportement anormal. Mais il existe de nombreuses variations entre les individus : les r&#233;percussions comportementales peuvent &#234;tre diff&#233;rentes pour une m&#234;me l&#233;sion, tout comme un m&#234;me dysfonctionnement cognitif peut d&#233;couler de l&#233;sions localis&#233;es dans deux zones c&#233;r&#233;brales. De plus, deux l&#233;sions ne sont jamais strictement identiques. Toutes ces contraintes obligent les chercheurs &#224; s'int&#233;resser &#233;galement aux op&#233;rations mentales des personnes saines, aussi dans le cadre d'&#233;tudes de groupes, s&#233;lectionn&#233;s selon diff&#233;rents crit&#232;res (&#226;ge, sexe, cat&#233;gorie socioprofessionnelle, etc.). La conjonction des donn&#233;es issues de la neuroanatomie, la neurophysiologie, la psychologie cognitive et la neuropsychologie, permet d'augmenter notre connaissance sur le fonctionnement mental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cerveau n'est pas fig&#233; par Cyrille Vaillend&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour qu'un souvenir perdure, il faut r&#233;activer ces connexions entre les diff&#233;rentes composantes d'un souvenir ; il est possible aussi qu'une partie seulement s'efface, sans doute l'averse plus que la piq&#251;re dans notre exemple ! Le nombre de ramifications et de synapses d'un neurone n'est pas fig&#233;, bien au contraire : chaque neurone participant &#224; un apprentissage voit son nombre de ramifications se modifier ; le cerveau est &#171; plastique &#187;. On pense que certaines connexions sont renforc&#233;es, d'autres diminu&#233;es, ce qui pourrait expliquer que certains &#233;l&#233;ments d'un souvenir vont &#234;tre m&#233;moris&#233;s de mani&#232;re durable, tandis que d'autres vont &#234;tre oubli&#233;s, ou difficiles &#224; rappeler. Chez l'enfant de moins de 3 ans, cette explosion des connexions est spectaculaire ! Mais c'est en fait tout au long de la vie, et notamment au cours des processus d'apprentissage chez l'adulte, que des liens nouveaux se cr&#233;ent, disparaissent ou se transforment entre les neurones du cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les modifications des contacts entre neurones ne sont pas les seuls &#233;l&#233;ments &#171; plastiques &#187; du cerveau. On a longtemps cru que le nombre de neurones d'un individu ne pouvait que d&#233;cro&#238;tre, les neurones morts n'&#233;tant pas remplac&#233;s. Ceci n'est pas vrai : chez l'adulte, il na&#238;t environ 10.000 neurones par jour dans une zone du cerveau appel&#233;e l'hippocampe, et cette neurogen&#232;se semble pouvoir &#234;tre favoris&#233;e par l'activit&#233; physique et c&#233;r&#233;brale. Pour paraphraser un slogan bien connu : &#171; le cerveau ne s'use que si l'on ne s'en sert pas &#187; ! Pour maintenir son cerveau en forme, il faut le stimuler et favoriser ainsi le remodelage perp&#233;tuel des connexions synaptiques et la naissance de nouveaux neurones&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces processus d'apprentissage et de m&#233;moire sont li&#233;s &#224; la capacit&#233; du cerveau &#224; &#234;tre plastique - &#224; modifier constamment le nombre et l'efficacit&#233; des connexions entre neurones &#8211;le support biologique du retard mental repose-t-il sur une incapacit&#233; &#224; assurer cette plasticit&#233; ? Pour r&#233;pondre &#224; cette question, il est important de pr&#233;ciser le lien entre l'activit&#233; &#233;lectrique des neurones, les modifications de la forme et du nombre des synapses en fonction de cette activit&#233;, et les capacit&#233;s d'apprentissage et de m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cyrille Vaillend et ses coll&#232;gues travaillent sur des maladies g&#233;n&#233;tiques responsables d'un mauvais fonctionnement des synapses, qui emp&#234;che le cerveau de fonctionner correctement. Ils utilisent, comme on l'a dit, des souris g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es pr&#233;sentant tel ou tel comportement anormal, et tentent de d&#233;terminer la nature des m&#233;canismes d&#233;fectueux &#224; l'origine de ces perturbations. Les anomalies c&#233;r&#233;brales peuvent &#234;tre &#233;tudi&#233;es &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles d'observation. A l'&#233;chelle globale, par IRM on peut d&#233;terminer quelle zone du cerveau est malform&#233;e chez une souris malade ou encore gr&#226;ce &#224; l'IRM fonctionnelle, qui commence &#224; pouvoir s'appliquer sur de petits animaux comme la souris, on peut &#233;valuer quelle zone est moins bien activ&#233;e lors d'une t&#226;che donn&#233;e ou suite &#224; une activit&#233; &#233;lectrique localis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de la cellule, il est possible d'enregistrer l'activit&#233; &#233;lectrique des neurones et des synapses, et d'&#233;valuer les capacit&#233;s du cerveau &#224; augmenter ou diminuer de mani&#232;re plastique cette activit&#233;. Enfin, &#224; l'&#233;chelle microscopique, on peut &#233;tudier comment des variations de l'activit&#233; &#233;lectrique des neurones ou une situation d'apprentissage peuvent conduire &#224; la multiplication ou &#224; des changements de forme des synapses. L'&#233;tude des souris pr&#233;sentant des anomalies comportementales li&#233;es &#224; des g&#232;nes du retard mental nous a beaucoup appris sur ces ph&#233;nom&#232;nes et il est clair aujourd'hui que dans de nombreux mod&#232;les de ces pathologies, ce nombre de contacts synaptique est souvent diminu&#233;, ou les contacts pr&#233;sentent des malformations ou des dysfonctions. Dans de nombreux cas, le retard mental pourrait donc s'apparenter &#224; une &#171; maladie de la synapse &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment fonctionne le cerveau par Francisco Varela et Humberto Maturana&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#234;tres vivants sont caract&#233;ris&#233;s par le fait qu'ils sont continuellement en train de s'auto-produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me d'organisation est autopo&#239;&#233;tique. Ce qui caract&#233;rise les &#234;tres vivants, c'est que leur organisation est telle que leur seul produit est eux-m&#234;me, et l'absence de s&#233;paration entre le producteur et le produit. L'&#234;tre et le faire d'une unit&#233; autopo&#239;&#233;tique sont ins&#233;parables, et c'est l&#224; leur mode particulier d'organisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;volution est une d&#233;rive naturelle, un produit de la conservation de l'autopo&#239;&#232;se et de l'adaptation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution est en quelque sorte comme un bricoleur vagabond : il parcourt le monde collectant un fil ici, un morceau d'&#233;tain l&#224;, un morceau de bois l&#224;-bas, et il les combine en fonction de leur structure et des circonstances, sans aucune autre raison que la possibilit&#233; de leur combinaison. Et ainsi, au cours de son voyage, il produit des formes compliqu&#233;es. Elles sont compos&#233;es de parties harmonieusement interconnect&#233;es, produites non pas sous la contrainte du design mais &#224; l'occasion d'une d&#233;rive naturelle. Ainsi, nous aussi, sans autre loi que la conservation d'une identit&#233; et de la capacit&#233; de reproduction, nous avons tous pris vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me nerveux est un syst&#232;me en changement structural continuel. Les changements ont lieu dans les ramifications finales et dans les synapses. L&#224;, des changements mol&#233;culaires aboutissent &#224; des changements d'efficacit&#233; des interactions synaptiques pouvant modifier radicalement l'ensemble du r&#233;seau neuronal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comportement est la contrepartie externe de la danse des relations interne &#224; l'organisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan de l'op&#233;ration du syst&#232;me nerveux, il n'existe qu'une d&#233;rive structurale continue qui suive la voie dans laquelle se maintient, &#224; chaque instant, le couplage structural de l'organisme &#224; son milieu d'interactions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivre constitue l'acte de conna&#238;tre dans le domaine de l'existence. Vivre c'est conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'observateurs nous disons que des comportements sont &#034;communicatifs&#034; lorsqu'ils se produisent en couplage social, et nous d&#233;signons par communication la coordination comportementale observable qui en r&#233;sulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler ne veut pas dire que l'on sera entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communication a lieu chaque fois qu'il y a une coordination comportementale dans un domaine de couplage structural.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est notre histoire d'interactions r&#233;currentes qui rend possible notre d&#233;rive structurale ontog&#233;nique dans un couplage structural qui permet la coordination interpersonnelle d'actions. Cela prend place dans un monde que nous partageons, parce que nous l'avons sp&#233;cifi&#233; collectivement au travers de nos actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit n'est pas quelque chose qui se trouve &#224; l'int&#233;rieur de mon cerveau. La conscience et l'esprit appartiennent au domaine du couplage social. C'est le lieu m&#234;me de leur dynamique. Et comme parties de la dynamique sociale humaine, l'esprit et la conscience op&#232;rent comme des s&#233;lecteurs du chemin suivi par notre d&#233;rive structurale ontog&#233;n&#233;tique. De plus, comme nous existons dans le langage, les domaines de discours que nous g&#233;n&#233;rons deviennent une partie de notre domaine d'existence et constituent une partie de l'environnement dans lequel nous conservons notre identit&#233; et notre adaptation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous pr&#233;supposons l'existence d'un monde objectif, ind&#233;pendant des observateurs que nous sommes et accessible &#224; notre connaissance gr&#226;ce &#224; notre cerveau, nous ne pouvons comprendre comment notre syst&#232;me nerveux fonctionne dans sa structure dynamique et peut produire une repr&#233;sentation de ce monde ind&#233;pendant. Mais si nous ne pr&#233;supposons pas un monde ind&#233;pendant de nous en tant qu'observateur, il semble alors que nous acceptons que tout est relatif et tout est possible quand on nie l'existence de toute structure causale. Nous sommes par l&#224; confront&#233;s au probl&#232;me de comprendre comment notre exp&#233;rience la praxis de notre vie est coupl&#233;e &#224; un monde environnant apparemment rempli de r&#233;gularit&#233;s qui r&#233;sultent, &#224; chaque instant, de nos histoires sociales et biologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance de la connaissance nous oblige &#224; adopter une attitude de vigilance permanente &#224; l'&#233;gard de la tentation de la certitude. Elle nous oblige &#224; reconna&#238;tre que la certitude n'est pas une preuve de v&#233;rit&#233;, que le monde que chacun peut voir n'est pas le monde mais un monde que nous faisons &#233;merger avec les autres. Elle nous oblige &#224; nous rendre compte que le monde serait diff&#233;rent si nous vivions diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que nous avons dit dans ce livre, par notre connaissance de notre connaissance, implique une &#233;thique que nous ne pouvons &#233;luder, une &#233;thique dont le point de r&#233;f&#233;rence est dans la conscience de la structure biologique et sociale des &#234;tres humains, une &#233;thique qui d&#233;coule de la r&#233;flexion humaine et qui met la r&#233;flexion humaine au centre de la constitution de tout ph&#233;nom&#232;ne social. Si nous savons que notre monde est n&#233;cessairement le monde que nous faisons &#233;merger avec d'autres, &#224; chaque fois que nous sommes en conflit avec un autre &#234;tre humain avec qui nous souhaitons continuer de coexister, nous ne pouvons affirmer ce qui est pour nous certain (une v&#233;rit&#233; absolue) parce que cela reviendrait &#224; nier l'autre personne. Si nous voulons coexister avec l'autre personne, nous devons voir que sa certitude aussi ind&#233;sirable qu'elle puisse nous para&#238;tre est aussi l&#233;gitime et valable que la n&#244;tre parce que, comme la n&#244;tre, elle exprime sa conservation du couplage structural dans un domaine de l'existence aussi ind&#233;sirable qu'il puisse nous para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la seule possibilit&#233; de coexister est d'embrasser une perspective plus large, un domaine de l'existence dans lequel les deux parties s'accordent dans l'&#233;mergence d'un monde commun. Un conflit est toujours une n&#233;gation mutuelle. Il ne peut jamais se r&#233;soudre dans le domaine o&#249; il se d&#233;veloppe si les protagonistes restent cramponn&#233;s &#224; leurs certitudes. Il ne pourra &#234;tre d&#233;pass&#233; qu'en &#233;laborant un autre domaine o&#249; la coexistence est possible. La connaissance de cette connaissance repr&#233;sente l'imp&#233;ratif social d'une &#233;thique centr&#233;e sur l'humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout acte dans le langage fait &#233;merger un monde cr&#233;&#233; avec les autres dans l'acte de la coexistence qui donne naissance &#224; ce qui est humain. Tout ce qui sape l'acceptation des autres, depuis la comp&#233;tition jusqu'&#224; la possession de la v&#233;rit&#233; et d'une certitude id&#233;ologique, sape le processus social parce qu'il sape le processus biologique qui l'engendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que nous faisons est une danse structurale dans la chor&#233;graphie de la coexistence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous affirmons qu'au coeur des probl&#232;mes que nous rencontrons aujourd'hui se trouve notre ignorance de l'acte de conna&#238;tre. Ce n'est pas la connaissance, mais la connaissance de la connaissance qui nous y oblige. Ce n'est pas la connaissance qu'une bombe tue mais ce que nous voulons faire avec la bombe, qui d&#233;termine si nous allons l'utiliser ou non. Habituellement nous l'ignorons ou la rejetons, &#233;ludant la responsabilit&#233; de nos actions quotidiennes, alors que nos actions toutes sans exception participent au processus qui consiste &#224; faire &#233;merger le monde o&#249; nous devenons ce que nous devenons avec d'autres. Aveugles &#224; la transparence de nos actions, nous confondons l'image que nous voulons projeter avec l'&#234;tre que nous voulons devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sergecar.perso.neuf.fr/cours/consc_cerveau.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'image holographique du fonctionnement c&#233;r&#233;bral&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=cerveau+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D'autres articles sur le cerveau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;BIBLIOGRAPHIE&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_10374 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/LA-RECHERCHE-FEV-20111-a5fb1.jpg' width=&#034;154&#034; height=&#034;216&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10373 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/9782862608549FS-03d33.gif' width=&#034;360&#034; height=&#034;475&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10372 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/9782738119407_1_75-7dbec.jpg' width=&#034;250&#034; height=&#034;250&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10371 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Homme_neuronal-a0392.jpg' width=&#034;131&#034; height=&#034;200&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10370 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/_KGrHqZ_j_E2Kyghh_LBNsrWukz-__2-72db4.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;200&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10369 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/9782738114273-54ff9.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;612&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10368 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/750213-918148-e4e67.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;227&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10367 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/63738961-a789a.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;722&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10366 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/518WFrlCBmL-_SL500_AA300_-6bf4f.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10365 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/9782213630847-56640.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;617&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/9782738123268FS-47c57.gif' width=&#034;303&#034; height=&#034;475&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10363 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/9782738124524-14630.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;597&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10362 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/51R2ZFQENHL-_SL500_AA300_-e2182.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10361 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/2738103391-9aa3f.gif' width=&#034;132&#034; height=&#034;194&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/9782738111241-3118c.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;678&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Imaginer, une fonction c&#233;r&#233;brale spontan&#233;e et permanente</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4929</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4929</guid>
		<dc:date>2018-07-02T22:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Imaginer, une fonction c&#233;r&#233;brale spontan&#233;e et permanente &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre cerveau est sans cesse en train d'inventer, de broder, de proposer, de cr&#233;er, d'imaginer. Il suffit que nous soyons en train de taper un texte mot &#224; mot pour qu'il sugg&#232;re des propositions de mots qui n'y sont pas pour compl&#233;ter une phrase que nous n'avons pas fini de lire ou que nous avons lue sans attention suffisante. Il suffit que nous regardions des gens d'un peu loin pour qu'il nous sugg&#232;re que ce sont des personnes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique103" rel="directory"&gt;Le cerveau, ou le pilotage du chaos des interactions neuronales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_9839 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-4013.jpg' width=&#034;320&#034; height=&#034;320&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9840 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-4014.jpg' width=&#034;402&#034; height=&#034;270&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9841 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-4015.jpg' width=&#034;236&#034; height=&#034;236&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9842 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/png/-270.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/png/-270.png' width=&#034;850&#034; height=&#034;386&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9843 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-4016.jpg' width=&#034;660&#034; height=&#034;510&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9844 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/png/-271.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/png/-271.png' width=&#034;1025&#034; height=&#034;598&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9845 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/png/-272.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/png/-272.png' width=&#034;1200&#034; height=&#034;881&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9846 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/png/-273.png' width=&#034;623&#034; height=&#034;377&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Imaginer, une fonction c&#233;r&#233;brale spontan&#233;e et permanente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notre cerveau est sans cesse en train d'inventer, de broder, de proposer, de cr&#233;er, d'imaginer. Il suffit que nous soyons en train de taper un texte mot &#224; mot pour qu'il sugg&#232;re des propositions de mots qui n'y sont pas pour compl&#233;ter une phrase que nous n'avons pas fini de lire ou que nous avons lue sans attention suffisante. Il suffit que nous regardions des gens d'un peu loin pour qu'il nous sugg&#232;re que ce sont des personnes de notre connaissance. Il suffit que nous soyons dans une situation inattendue pour qu'il sugg&#232;re des interpr&#233;tations diverses pouvant l'expliquer. Il suffit que nous &#233;voquions la journ&#233;e qui va venir pour qu'il brode des sc&#233;narios possibles. Il suffit que nous recevions une lettre pour qu'il tente de d&#233;crypter les envoyeurs possibles. Nous ne cessons jamais de broder, d'inventer, de donner des r&#233;ponses aux questions alors que nous ne disposons pas r&#233;ellement de la r&#233;ponse, que nous compl&#233;tions ce qui manque dans nos donn&#233;es alors que nous ne pouvons pas r&#233;ellement le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un d&#233;faut de caract&#232;re. Cela ne signifie pas que vous soyez particuli&#232;rement imaginatif, m&#234;me si cela existe. Ce sont tous les &#234;tres poss&#233;dant un cerveau qui d&#233;tiennent cette particularit&#233; imaginative, m&#234;me si son degr&#233; peut varier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'abord, ce degr&#233; varie au cours de la journ&#233;e, car l'imagination est particuli&#232;rement d&#233;brid&#233;e durant les r&#234;ves, ce qui montre bien que ce n'est pas une volont&#233; de la conscience qui provoque cette imagination, mais qu'elle agit au contraire automatiquement et spontan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que l'imagination soit actionn&#233;e spontan&#233;ment et m&#234;me automatiquement est d&#233;montr&#233; aussi quand elle ne l'est pas. Ainsi, d&#232;s que nous voyons un visage humain ou son image, est actionn&#233; le mode de reconnaissance des visages qui imagine qui cela pourrait &#234;tre si c'&#233;tait quelqu'un de connu. Si ce visage est vu &#224; l'envers, ce mode de reconnaissance par la comparaison et l'imagination n'est pas actionn&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous nos sens ne se contentent pas de ce qu'ils voient. Ils sont pilot&#233;s par un cerveau qui interpr&#232;te, qui compl&#232;te les informations insuffisantes, qui rajoute des &#233;l&#233;ments manquants &#224; l'information, qui d&#233;cide la transformation des images, qui cr&#233;e de la continuit&#233; et du sens l&#224; o&#249; il n'y en a pas ou l&#224; il en manque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains auteurs affirment que nos sens nous placent au niveau des faits mais aucun de nos sens ne fonctionne bien s&#251;r ind&#233;pendamment du cerveau et ce dernier ne fonctionne jamais sur la seule base des faits. Un simple regard, un simple toucher, une simple odeur, une simple sensation de temp&#233;rature, une sensation de courant d'air, un simple son, etc., ne peut &#234;tre per&#231;u sans que le cerveau propose imm&#233;diatement d'y rajouter des remarques, des options, des explications, de broder sur ce qu'il sait de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination n'est pas un attribut secondaire mais une fonction essentielle du cerveau. En effet, c'est elle qui nous permet de &#171; voir &#187; ce que nous ne voyons pas vraiment, de penser sur l'inconnu, de mettre un nom sur un objet, de penser sur l'inconnu, d'&#233;laborer des hypoth&#232;ses, de nous pr&#233;parer &#224; des situations &#224; venir, de r&#234;ver, de construire des sc&#233;narios, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans l'imagination, nous ne pouvons pas penser &#224; un objet ou &#224; une situation qui n'est pas directement devant nous, que nous ne pouvons pas imm&#233;diatement voir, toucher, sentir, entendre&#8230; Sans l'imagination, nous ne pouvons pas, en restant immobiles et les yeux ferm&#233;s, repenser &#224; tout ce qui nous entoure. Sans l'imagination, nous ne pouvons pas penser le monde qui nous entoure, nous ne pouvons pas b&#226;tir des concepts, des raisonnements. D&#232;s que nous racontons &#224; quelqu'un ce qui nous est arriv&#233;, notre imagination nous conduit autant que les faits r&#233;els. Sans notre imagination, cela n'aurait aucun sens de discuter de faits qui ne sont pas devant nous, tout ce qui n'est pas dans notre champ direct cessant compl&#232;tement d'exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut imaginer toutes sortes de choses : des formes, des couleurs, des mouvements, des gestes, des situations, des sentiments, des pens&#233;es, des sons, des mots, des sc&#233;narios, des hypoth&#232;ses, etc. On a beaucoup discut&#233; sur la place de l'imagination dans les th&#233;ories et exp&#233;riences des savants (on doit imaginer les exp&#233;riences autant que les concepts, les param&#232;tres, les particules, les lois, etc.) et on sait sa place pour tous les artistes. Mais elle est n&#233;cessaire pour tous les humains. Elle leur est n&#233;cessaire pour vivre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#234;tres humains ont d&#233;velopp&#233; de multiples moyens pour stimuler leur imagination, comme ils peuvent aussi stimuler leurs sens ou d'autres fonctions. Ainsi, le manque de sommeil, l'exc&#232;s de caf&#233; ou les drogues peuvent favoriser cette fonction c&#233;r&#233;brale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction que nous appelons &#171; imagination &#187; n'agit pas librement sur nos images c&#233;r&#233;brales car cette fonction est combattue par une autre qui lui est coupl&#233;e et que l'on pourrait appeler &#171; raison &#187;. Cette derni&#232;re nous dit que telle ou telle proposition de l'imagination est &#224; rejeter car non conforme &#224; ce que nous pensons savoir du monde, &#224; ce que nous estimons possible, &#224; ce qui nous semble raisonnablement vraisemblable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couple contradictoire imagination/raison fonctionne sans cesse de mani&#232;re dialectique, chacun combattant l'autre, au cours de la journ&#233;e consciente des &#234;tres humains. La nuit, l'imagination semble seule au pouvoir dans les r&#234;ves. En r&#233;alit&#233;, c'est la fonction dominante du couple qui s'&#233;change. Dans les r&#234;ves, l'imagination domine et dans la journ&#233;e consciente, c'est la raison qui domine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous a permis d'en savoir plus sur la fonction &#171; imagination &#187;, ce sont tous les cas de dysfonctionnements du cerveau qu'ils soient de naissance ou dus &#224; des accidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il dans un cerveau sans imagination ou &#224; faible imagination ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginons&#8230; que nous en restions &#224; ce que nous savons vraiment. Il ne resterait pas grand-chose. Pour penser &#224; tel ou tel &#233;tat de nos fonctions c&#233;r&#233;brales il faut d'ailleurs une sacr&#233;e dose d'imagination ! Ce que nous sommes, nous humains, nous le devons grandement &#224; l'imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans l'imagination, nous ne pouvons pas, par exemple, mettre un nom sur les choses. La chosification du monde est d&#233;j&#224; un produit de l'imagination humaine. &#171; La chaise &#187;, &#171; la table &#187;, &#171; le repas &#187; ou encore &#171; le sommeil &#187; et m&#234;me &#171; le soleil &#187; e n sont des produits. Le soleil que l'on observe n'est pas le concept de soleil. D'ailleurs nous ne pouvons voir en continu le soleil et il n'existerait plus pour nous d&#232;s que nous clignons des yeux. Il y a discontinuit&#233; m&#234;me quand on croit sentir et vivre dans la continuit&#233;. C'est notre cerveau qui invente cette continuit&#233; apparente, qu'elle soit logique, spatiale ou temporelle, en fait partout o&#249; il y a discontinuit&#233; r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel m&#233;canisme c&#233;r&#233;bral est &#224; l'&#339;uvre dans cette fonction &#171; imagination &#187; ? Y a-t-il une zone c&#233;r&#233;brale ou un r&#233;seau neuronal que l'on pourrait appeler &#171; fabula &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re zone qui ait &#233;t&#233; d&#233;couverte en ce sens est le &#171; cingula &#187; ou aire cingulaire du cortex c&#233;r&#233;bral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d&#233;bat permanent &#224; l'int&#233;rieur de chaque cr&#226;ne humain. C'est m&#234;me le fondement de l'intelligence humaine. C'est de mani&#232;re automatique que notre cerveau r&#233;pond &#224; toute information par une interpr&#233;tation fournie par le cingula. Mais cette interpr&#233;tation n'a rien d'intelligente. Elle est g&#233;n&#233;ralement absurde. C'est la r&#233;ponse contradictoire du cerveau qui permet que cette interpr&#233;tation, apr&#232;s une s&#233;rie de contradictions et de confrontations avec tout ce que le cerveau croit savoir sur les circonstances.&lt;br class='autobr' /&gt;
La partie du cerveau appel&#233;e cingula proposerait sans cesse des interpr&#233;tations hurluberlus de tout ce que nous voyons et de tout ce qui nous arrive, les proposerait au cerveau qui les comparerait &#224; tout ce qu'il sait et &#224; tout ce dont il se souvient d'avoir v&#233;cu ou croit avoir compris. L'hypoth&#232;se serait rejet&#233;e si elle ne correspond pas &#224; plusieurs pr&#233;-&#233;tablis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie du cerveau appel&#233;e cingula proposerait sans cesse des interpr&#233;tations hurluberlus de tout ce que nous voyons et de tout ce qui nous arrive, les proposerait au cerveau qui les comparerait &#224; tout ce qu'il sait et &#224; tout ce dont il se souvient d'avoir v&#233;cu ou croit avoir compris. L'hypoth&#232;se serait rejet&#233;e si elle ne correspond pas &#224; plusieurs pr&#233;-&#233;tablis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; Science et vie &#187; de juin 2008, on peut lire que les fabulations sont une forme de faux souvenirs qui n'apparaissent que dans des situations pathologiques. Elles sont fr&#233;quemment observ&#233;es chez des patients amn&#233;siques mais peuvent l'&#234;tre &#233;galement chez les schizophr&#232;nes ou les malades d'Alzheimer par exemple. S'ils fabulent, c'est que ces patients ont perdu un des processus fondamentaux qui accompagne normalement la r&#233;cup&#233;ration des souvenirs. Selon Martin Conway, quand nous reconstruisons un souvenir, nous suivons deux imp&#233;ratifs : la coh&#233;rence de soi, mais aussi le principe de r&#233;alit&#233;. Ces deux principes agissent de mani&#232;re contradictoire mais aussi combin&#233;e. Ils produisent une m&#233;moire qui n'est pas une simple conservation mais une construction permanente et dynamique. Sous son action, le pass&#233; per&#231;u par notre m&#233;moire change sans cesse, est reconstruit en fonction du pr&#233;sent et du futur. Il permet de concevoir un futur. Ce dernier nous est indispensable car nous sommes un &#234;tre qui a besoin de se projeter dans l'avenir. La &#171; coh&#233;rence de soi &#187;, c'est celle des multiples r&#233;cits possibles invent&#233;s par notre imaginaire. D&#232;s qu'un fait nouveau se produit, l'automatisme de notre cerveau, en particulier le cingula, produit imm&#233;diatement un &#171; pourquoi &#187;. Ces divers &#171; pourquoi &#187; peuvent &#234;tre coh&#233;rents sans correspondre &#224; la r&#233;alit&#233; v&#233;cue. C'est l&#224; que se niche le &#171; principe de r&#233;alit&#233; &#187; qui &#233;carte les versions trop &#233;tranges. La contradiction entre logique interne et informations externes produit donc une dialectique dynamique. Ce n'est pas un simple dialogue mais une contradiction permanente dans laquelle l'essentiel des th&#232;ses produites par notre cerveau sont d&#233;truites et rejet&#233;es, ou au moins sont inhib&#233;es ou encore cach&#233;es et abandonn&#233;es momentan&#233;ment. Lorsque nous ne sommes plus capables de mener ce combat permanent, nous sommes livr&#233;s aux versions internes et &#224; leur logique ferm&#233;e. Pascale Piolino explique que &#171; les patients fabulateurs n'ont plus ce principe de r&#233;alit&#233; et acceptent tout ce qui leur vient de leur esprit. &#187; De l&#224; vient, aussi, le caract&#232;re obsessionnel de la maladie des parano&#239;aques. Ces malades sont parfaitement logiques de leur point de vue. Tous les &#233;v&#233;nements de leur vie ont une logique : on leur en veut. La r&#233;alit&#233; ne peut plus mener son combat dialectique. En effet, la contradiction n'est pas destructrice mais dialectique. Elle s&#233;lectionne parmi les multiples produits approximatifs et imaginaires du cingula ceux qui se conforment &#224; l'observation. En somme, la contradiction entre &#171; principe de r&#233;alit&#233; &#187; et &#171; coh&#233;rence de soi &#187; n'est pas pathologique. C'est son absence qui l'est. La fabulation provient du fait que l'influence externe est inhib&#233;e par la crainte. Les fabulations sont des versions invent&#233;es en interne sur des soi disant faits externes. Par contre, dans le fonctionnement normal, la coh&#233;rence interne, la conservation interne, n'est pas un objectif sens&#233; fonctionner seul mais de mani&#232;re contradictoire avec les informations li&#233;es &#224; l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, ces &#233;tudes nous apprennent que l'imaginaire, le mensonger &#233;ventuellement, n'est pas remise en cause de l'individu mais, au contraire, il vient rassurer, conforter l'individu. Il est aussi n&#233;cessaire que la r&#233;alit&#233;. Son absence serait tout aussi pathologique. L'imaginaire, la construction et m&#234;me l'invention du pass&#233;, est indispensable &#224; la construction de l'identit&#233; individuelle qui est tr&#232;s loin de ne se fonder que sur des faits r&#233;els. Nos souvenirs sont syst&#233;matiquement (par automatisme c&#233;r&#233;bral) infect&#233;s par des interpr&#233;tations et des introductions de faux souvenirs ou de fausses explications qui ont un r&#244;le, celui de donner une coh&#233;rence d'ensemble. La continuit&#233; n'a rien de r&#233;elle. Elle est un produit imaginaire. Elle rempli les trous. Non seulement ceux de la m&#233;moire des faits r&#233;els mais aussi les trous de la compr&#233;hension des &#233;v&#233;nements. Nous b&#226;tissons une logique continue du pass&#233;, l&#224; o&#249; nous ne percevons que des bribes dont les liens ne nous apparaissent pas. &#171; Notre m&#233;moire autobiographique &#8211; nos souvenirs, infid&#232;les au r&#233;el, impr&#233;gn&#233;s de fiction &#8211; est tout aussi essentielle &#224; notre &#171; moi de demain &#187;. C'est ce qu'a d&#233;montr&#233; l'utilisation de l'imagerie c&#233;r&#233;brale compl&#233;tant la psychologie cognitive. L'imagerie c&#233;r&#233;brale le montre sans appel : la m&#233;moire est le laboratoire o&#249; s'invente notre futur. Cela va &#224; l'encontre de l'image de r&#233;servoir fig&#233; que nous en avions. C'est le m&#234;me syst&#232;me neuro-cognitif qui sous-tendrait le voyage dans le temps, vers le pass&#233; et vers le futur, comme l'a montr&#233; l'&#233;quipe de Lilianne Manning. L'imagerie c&#233;r&#233;brale montre que ce sont les m&#234;mes zones qui sont activ&#233;es par des exercices d'&#233;vocation du pass&#233; et par des exercices d'imagination port&#233;e vers des actions futures. Ces exp&#233;riences montrent que &#171; sans notre r&#233;pertoire de souvenirs construits et reconstruits nous ne pouvons pas nous projeter dans l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous le pass&#233; n'est pas seulement du pass&#233;, quelque chose sur lequel on ne peut plus revenir, qu'on ne peut plus modifier, qui est fig&#233; et condamn&#233; &#224; se perdre progressivement. C'est une construction tourn&#233;e vers l'avenir. Il n'y pas de succession lin&#233;aire du pass&#233; vers le futur en passant par le pr&#233;sent mais une interp&#233;n&#233;tration contradictoire du pass&#233; et de l'avenir sans laquelle le pr&#233;sent n'aurait plus de sens. Le souvenir permet de r&#233;actualiser un &#233;v&#233;nement du pass&#233; que nous faisons semblant de revivre pour nous en approprier les apports. Mais il ne s'agit pas d'une simple &#233;vocation gratuite. C'est un besoin n&#233;cessit&#233; par les questions pr&#233;sentes et &#224; venir que pose notre cerveau. Le caract&#232;re dynamique du fonctionnement c&#233;r&#233;bral, fond&#233; sur le virtuel, sans cesse en construction, sans cesse en contradiction est donc g&#233;n&#233;ral. Le pass&#233; n'agit pas comme un substrat inerte, inchang&#233; et inchangeable. Nous pouvons agir sur notre pass&#233; afin de donner un sens au pr&#233;sent et de pr&#233;parer l'avenir, et nous ne cessons pas de le faire. Nos pertes de m&#233;moire li&#233;es &#224; l'&#226;ge peuvent parfaitement n'avoir rien de purement physiologique. Elles peuvent d&#233;couler du fait que l'individu ne se projette plus dans l'avenir, n'a plus de projets. Du coup, il cesse partiellement de faire appel &#224; ses souvenirs en vue d'actions futures. La m&#233;moire qui n'est plus reconstruite perd de plus d'&#233;l&#233;ments. On con&#231;oit ainsi qu'elle ne ressemble en rien &#224; une simple conservation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas d'amn&#233;sie s&#233;v&#232;re, ce n'est pas seulement le pass&#233; qui est affect&#233; : c'est le pr&#233;sent et le futur. L'individu malade ne dispose plus des r&#233;f&#233;rences indispensables Non seulement il peut ne plus reconna&#238;tre des individus, des situations mais il peut ne plus reconna&#238;tre des comportements simples et devenir indiff&#233;rent &#224; son entourage. Ce n'est pas seulement une connaissance du pass&#233; qui lui fait d&#233;faut. C'est la possibilit&#233; d'actionner le m&#233;canisme par lequel la m&#233;moire construit des fictions &#224; partir d'&#233;vocations du pass&#233; afin de r&#233;aliser des projets. Et sans cette possibilit&#233; de modifier le pass&#233; pas de possibilit&#233; de construire un avenir. Les anciens ne perdent pas le pass&#233;, ils le conservent et, en le conservant, ils se ferment la possibilit&#233; de se projeter vers le futur. C'est ce qu'a d&#233;montr&#233; notamment l'&#233;quipe de Lilianne Manning de neuropsychologie de Strasbourg, la psychologue canadienne Endel Tulving, le professeur Martin Conway de Leeds (Angleterre), Eleanore Maguire de Londres, Aikaterini Potopoulou de Londres, Pascale Piolino de Paris, le professeur Daniel Schacter de Harvard, les neuropsychologues am&#233;ricains Randy Buckner et Daniel Caroll, le professeur Martial Van Der Linden de Gen&#232;ve et le professeur Arnaud D'Argembeau de Li&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons les :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La possibilit&#233; d'utiliser des &#233;v&#233;nements du pass&#233; pour se projeter dans l'avenir est un fonction cruciale du cerveau. &#187; dit Lilianne Manning. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Tout le monde ne fabrique pas des faux souvenirs. Cela d&#233;pend notamment des capacit&#233;s d'imagerie mentale de chacun. Les individus chez qui elles sont importantes ont plus de mal &#224; faire la part des choses entre ce qu'ils ont imagin&#233; et ce qu'ils ont v&#233;cu. &#187; affirme Martial Van Der Linden. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous extrayons des &#233;l&#233;ments d'exp&#233;riences v&#233;cues et les recombinons pour simuler, imaginer notre futur. &#187; explique Arnaud d'Argembeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait dor&#233;navant que le r&#233;am&#233;nagement &#224; chaque moment de notre pass&#233;, de l'ensemble de nos connaissances et de nos exp&#233;riences m&#233;moris&#233;es (c'est-&#224;-dire qui ont &#233;t&#233; r&#233;&#233;voqu&#233;es dans un pass&#233; pas trop ancien) est un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant de notre personnalit&#233;. Une personne qui d&#233;pr&#233;cie sa propre valeur du fait d'une d&#233;pression va se souvenir de tous les faits du pass&#233; qui confirment sa mauvaise appr&#233;ciation d'elle-m&#234;me. Pascale Piolino explique que &#171; Nous compl&#233;tons nos souvenirs vagues en nous appuyant sur des choses que nous savons de nous-m&#234;mes, le but &#233;tant que le tout soit coh&#233;rent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des sp&#233;cialistes ont pu utiliser l'imagerie c&#233;r&#233;brale dans les exp&#233;riences de psychologie cognitive pour mettre en &#233;vidence des circuits concern&#233;s dans ce type de fonctionnement. Ils ont montr&#233; que le m&#234;me type de circuit est concern&#233; par l'&#233;vocation du pass&#233; que par celle du futur : un circuit passant par le cortex pr&#233;frontal ant&#233;ro-m&#233;dian et l'hippocampe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cingula est-il dans une zone &#171; faite pour &#187; imaginer ? Pas du tout ! Il semblerait m&#234;me que la fonction de base de sa zone soit dans la perception subjective de la douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le cortex cingulaire n'est pas le seul impliqu&#233; dans l'imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cortex pr&#233;frontal qui est reli&#233; d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale &#224; l'imagination. Cette fois, il s'agit de la fonction dialectiquement contraire. Le cortex pr&#233;frontal mod&#232;re, inhibe ou bloque notre imagination ! Le cortex pr&#233;frontal rostral (CPFR ou aire de Brodmann 10) g&#232;re particuli&#232;rement l'imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des scientifiques de l'universit&#233; de Dartmouth ont r&#233;alis&#233; des IRM sur des cerveaux de volontaires durant un exercice mental. Ils ont ainsi r&#233;ussi &#224; cr&#233;er une carte c&#233;r&#233;brale des r&#233;gions impliqu&#233;es lorsque ces sujets &#233;taient en plein processus imaginatif visuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ces travaux publi&#233;s dans la revue PNAS, les chercheurs ont men&#233; des examens IRM sur les cerveaux de 16 patients. Pendant ce temps, ils ont demand&#233; aux volontaires d'effectuer des exercices mentaux, consistants &#224; analyser des images et &#224; les recomposer mentalement, soit en les d&#233;structurant, soit pour en assembler de nouvelles. L'IRM a ainsi permis de cartographier quelles zones du cerveau &#233;taient activ&#233;es par cet exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nos r&#233;sultats nous rapprochent de la compr&#233;hension de l'organisation de notre cerveau, et comment il nous s&#233;pare des autres esp&#232;ces, et nous fournit un terrain intellectuel aussi riche pour pouvoir penser librement et de fa&#231;on cr&#233;ative&#034; explique dans un communiqu&#233; Alex Shlegel, auteur de l'&#233;tude. &#034;Comprendre ces diff&#233;rences nous donnera des indices sur l'origine de la cr&#233;ativit&#233; humaine et peut-&#234;tre nous permettra de r&#233;cr&#233;er ces sch&#233;mas chez les machines&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de &#034;l'espace de travail mental&#034; n'est pas nouvelle en neurosciences, mais elle est tr&#232;s difficile &#224; prouver. L'&#233;quipe s'est donc int&#233;ress&#233;e au penchant visuel de l'imagination, qui requiert la cr&#233;ation d'une image totalement nouvelle, et donc une activit&#233; c&#233;r&#233;brale puissante. Leurs r&#233;sultats ont permis de mettre en &#233;vidence de 11 r&#233;gions impliqu&#233;es dans ce processus. Parmi ces r&#233;gions, figurent notamment le lobe occipital et le pr&#233;cuneus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lobe occipital h&#233;berge la plus grande partie du cortex visuel et permet le traitement de l'information qui arrive par nos yeux. Mais en plus de cette fonction, celui-ci joue &#233;galement un r&#244;le dans la cr&#233;ation d'images mentales, expliquent les chercheurs. Le pr&#233;cuneus est lui, une r&#233;gion qui sert entre autres &#224; la repr&#233;sentation spatiale de l'environnement, et par exemple &#224; &#034;calculer&#034; &#224; l'avance nos mouvements. C'est une des r&#233;gions les plus connect&#233;es de notre cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;tudes ont d'ailleurs d&#233;montr&#233; que le pr&#233;cuneus &#233;tait plus gros chez l'humain que chez n'importe quel autre animal. Or, les IRM ont d&#233;montr&#233; que cette zone &#233;tait &#233;galement tr&#232;s impliqu&#233;e lors des exercices mentaux. Cette d&#233;couverte constitue ainsi une nouvelle avanc&#233;e vers la compr&#233;hension du processus complexe et unique qu'est l'imagination. Mais il faudra encore poursuivre les recherches avant de pouvoir pr&#233;ciser le r&#244;le jou&#233; par chacune de ces structures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inrees.com/articles/imaginaire-nouvelle-realite-scientifique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'imaginaire, nouvelle r&#233;alit&#233; scientifique ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cortex_pr%C3%A9frontal&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici sur le cortex pr&#233;frontal&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cortex_cingulaire_ant%C3%A9rieur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici sur le cortex cingulaire ant&#233;rieur responsable des la perception subjective de la douleur&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gyrus_cingulaire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici sur le gyrus cingulaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cortex_cingulaire_post%C3%A9rieur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi sur le cortex cingulaire post&#233;rieur&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_12/i_12_cr/i_12_cr_con/i_12_cr_con.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici sur la cartographie c&#233;r&#233;brale des &#233;tats de conscience&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cortex_insulaire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici sur le cortex insulaire ou insula&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1524&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment allons-nous comprendre le fonctionnement du cerveau ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4918</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4918</guid>
		<dc:date>2018-06-30T22:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Comment allons-nous comprendre le fonctionnement du cerveau ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le cerveau reste un grand inconnu dans la physiologie et la psychologie humaines et m&#234;me l'un des plus grands de toutes les questions scientifiques non r&#233;solues. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet organe principal de l'&#234;tre humain a &#233;t&#233; examin&#233; sous toutes les coutures depuis des d&#233;cennies et pourtant on peut dire que ses secrets essentiels de fonctionnement restent bien gard&#233;s. On ne sait m&#234;me pas d'o&#249; viendront les r&#233;v&#233;lations nouvelles, de quelles (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique103" rel="directory"&gt;Le cerveau, ou le pilotage du chaos des interactions neuronales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment allons-nous comprendre le fonctionnement du cerveau ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le cerveau reste un grand inconnu dans la physiologie et la psychologie humaines et m&#234;me l'un des plus grands de toutes les questions scientifiques non r&#233;solues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet organe principal de l'&#234;tre humain a &#233;t&#233; examin&#233; sous toutes les coutures depuis des d&#233;cennies et pourtant on peut dire que ses secrets essentiels de fonctionnement restent bien gard&#233;s. On ne sait m&#234;me pas d'o&#249; viendront les r&#233;v&#233;lations nouvelles, de quelles disciplines, de quelles observations, de quelles m&#233;thodes, de quel type de recherche. On est tout &#224; fait dans le noir de ce c&#244;t&#233;-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que cela proviendra de la compr&#233;hension des transmissions &#233;lectriques ou chimiques inter-neuronales, de l'&#233;tude de la structure des neurones, la visualisation des zones activ&#233;es du cerveau, de la compr&#233;hension du tissus qui couvre l'ensemble du cerveau, de la g&#233;n&#233;tique ou l'&#233;pig&#233;n&#233;tique du d&#233;veloppement du cerveau, de la mod&#233;lisation informatique des liaisons du cerveau, de l'&#233;tude des comportements des singes, de la comparaison des cerveaux de l'homo sapiens et des autres hominid&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essayons de rappeler ce que nous savons de fondamental ainsi que ce qui nous semble manquer dans notre compr&#233;hension du fonctionnement c&#233;r&#233;bral&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons que le cerveau d'un &#234;tre humain est un outil indispensable et que l'&#234;tre humain meurt s'il est s&#233;par&#233; du cerveau. Nous savons donc qu'il y a une unit&#233; corps-cerveau qui est produite au cours du d&#233;veloppement de l'embryon. Pas d'explication du cerveau qui soit s&#233;par&#233;e de celle de la construction du corps. Les deux se sont constitu&#233;s simultan&#233;ment en liaison l'un avec l'autre. Aucune partie du corps n'est s&#233;par&#233;e du cerveau. Toutes les parties du corps sont n&#233;es en m&#234;me temps que des parties du cerveau et r&#233;ciproquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons non seulement que l'ensemble corps/cerveau est un tout mais &#233;galement que le cerveau lui-m&#234;me est un tout, ce qui signifie qu'il y a des zones sp&#233;cifiques, des h&#233;misph&#232;res, des particularit&#233;s de chacune des couches en oignon, des particularit&#233;s des trois parties successives emboit&#233;es du cerveau qui semblent repr&#233;senter des &#233;tapes de l'&#233;volution, mais que toutes ces subdivisions ne signifient nullement des parties avec des s&#233;parations &#233;tanches, ind&#233;pendantes les unes des autres. Quand une zone d'un h&#233;misph&#232;re est vou&#233;e &#224; une activit&#233;, elle utilise d'autres zones du cerveau pour &#234;tre activ&#233;e, pour fonctionner. Quand un h&#233;misph&#232;re c&#233;r&#233;bral est particuli&#232;rement d&#233;di&#233; &#224; une fonction ou &#224; une capacit&#233;, cela ne veut pas dire que l'autre h&#233;misph&#232;re n'est pas concern&#233; par cette fonction ou cette capacit&#233;. Tout est connect&#233;. Le cerveau est un ensemble interconnect&#233;, interd&#233;pendant, un tout ins&#233;parable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons bien s&#251;r que l'unit&#233; de base des messages qui circulent dans le cerveau est le neurone et cependant nous savons aussi que le r&#233;ductionnisme du neurone ne fonctionne pas, et pas davantage le r&#233;ductionnisme du r&#233;seau neuronal, ni celui de la carte de relations inter-neuronales, ni encore le message &#233;lectrique seul (puisqu'existe &#233;galement le message chimique &#233;chang&#233; par les synapses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne savons pas lire les messages &#233;lectriques des neurones et pas davantage les messages chimiques. Nous avons certes distingu&#233;s divers rythmes de ces messages mais nous ne savons pas comment le cerveau les d&#233;crypte et aucune &#233;tude du cerveau n'est parvenue &#224; nous r&#233;pondre sur ce point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image du cerveau d&#233;coup&#233; en zones n'a pas davantage r&#233;solu le probl&#232;me que celle du cerveau-ordinateur, ou que celle du cerveau &#233;metteur-r&#233;cepteur de messages &#233;lectriques, ou encore celle des cartes de relations inter-r&#233;seaux neuronales, et on en passe des hypoth&#232;ses de fonctionnement c&#233;r&#233;bral qui ont &#233;t&#233; successivement abandonn&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est contraints de reconnaitre que le cerveau existe avec des niveaux d'organisation de structures multiples, int&#233;gr&#233;s, interactifs, interd&#233;pendants et pas avec un seul niveau fondamental. Le cerveau n'est ni tout neurone, ni tout r&#233;seau de neurones, ni tout carte neuronale, ni tout synapse, ni tout zone c&#233;r&#233;brale, ni tout couche c&#233;r&#233;brale, ni tout h&#233;misph&#232;re c&#233;r&#233;bral. Ces niveaux sont tous fondamentaux en un sens et le sont en m&#234;me temps. Et ces niveaux de structure sont &#233;galement reli&#233;s au niveau global. Le cerveau est lui-m&#234;me une unit&#233;, un niveau. Mais ce n'est pas non plus un niveau qui commande tout. Personne ne commande l'ensemble. Un h&#233;misph&#232;re est le plus souvent dominant mais pas toujours. Un h&#233;misph&#232;re a un r&#244;le fondamental dans telle ou telle fonction, dans telle ou telle capacit&#233;, mais pas tout le temps ni tout seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les actions, toutes les voies de celles-ci, toutes les m&#233;thodes d'action sont doubl&#233;es, tripl&#233;es, etc., le cerveau passant par plusieurs chemins pour faire la m&#234;me chose ou &#224; peu pr&#232;s. Le m&#233;canisme n'agit pas du tout &#224; l'&#233;conomie de moyens. Tout ce qui peut fonctionner, en &#233;tant nourri, en recevant de l'&#233;nergie, vivra et fonctionnera : voil&#224; le seul principe de construction et de fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lectricit&#233; qui parcourt les circuits neuronaux les nourrit, envoie aux neurones, ces cellules vivantes, de l'&#233;nergie, des moyens de subsistance et des messages de survie qui permettent &#224; la cellule nerveuse de ne pas s'auto-d&#233;truire par apoptose (ou suicide cellulaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capacit&#233; du corps humain de se b&#226;tir un cerveau, tout en b&#226;tissant un corps a &#233;t&#233; explicit&#233;e justement par l'apoptose. En effet, ce qu'Ameisen appelle &#171; la sculpture du corps par suicide cellulaire &#187; est le mode de construction fondamental du cerveau. En effet, la formation des liaisons neuronales n'est nullement programm&#233;e g&#233;n&#233;tiquement. Elle se constitue progressivement dans l'embryon au cours du d&#233;veloppement de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cellules nerveuses et leurs liaisons naissent et se d&#233;veloppent dans un grand d&#233;sordre et la plupart d'entre elles vont tr&#232;s rapidement dispara&#238;tre dans l'embryon parce qu'elles ne contribuent pas &#224; relier le cerveau au corps. C'est cette liaison qui va construire le plan du cerveau. Ce plan n'est pas inscrit dans les g&#232;nes, dans l'ADN, ni dans aucun niveau de structure pr&#233;existante au processus de fabrication de l'individu. Le cerveau est reconstruit pour chaque individu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation du cerveau humain est un processus auto-organis&#233; et le fonctionnement de celui-ci est un pilotage des lois du chaos d&#233;terministe !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article185&#034;&gt;Qu'est-ce que le cerveau humain&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1856&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce que le cerveau dynamique ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique103&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le cerveau, ou le pilotage du chaos des interactions neuronales&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1521&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment se construit un cerveau humain ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2016&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le dialogue des deux h&#233;misph&#232;res du cerveau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.books.fr/cerveau-cet-inconnu/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le cerveau, cet inconnu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://pratclif.com/brain/cerveau/cerveau.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce que nous savons et ne savons pas sur le cerveau humain et son fonctionnement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1510&#034;&gt;D'o&#249; vient l'intelligence humaine ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3189&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cerveau et dialectique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4905&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi les hommes n'ont pas envie de reconna&#238;tre que leur cerveau est un produit al&#233;atoire de l'&#233;volution&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2608&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pas d'&#233;volution lin&#233;aire de la taille du cerveau humain&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1900&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment fonctionne le cerveau humain pour nous permettre de conna&#238;tre le monde ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.com/search?tbm=bks&amp;q=conna%C3%AEtre+le+cerveau&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Albert Einstein a-t-il raison d'affirmer que nous n'utilisons que 10% des facult&#233;s de notre cerveau ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4049</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4049</guid>
		<dc:date>2016-07-04T23:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Albert Einstein a-t-il raison d'affirmer que nous n'utilisons que 10% des facult&#233;s de notre cerveau ? &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait une belle gal&#233;jade puisque nous savons aujourd'hui que notre cerveau est le plus grand consommateur &#233;nerg&#233;tique de tout notre corps (environ 20% de l'&#233;nergie produite chez l'adulte et jusqu'&#224; 60% chez l'enfant). &lt;br class='autobr' /&gt;
Si 90% de l'organe n'&#233;tait pas utilis&#233;, il serait tr&#232;s surprenant qu'il puise autant d'&#233;nergie si pr&#233;cieuse au fonctionnement des autres organes. Ceci aurait constitu&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique103" rel="directory"&gt;Le cerveau, ou le pilotage du chaos des interactions neuronales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Albert Einstein a-t-il raison d'affirmer que nous n'utilisons que 10% des facult&#233;s de notre cerveau ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une belle gal&#233;jade puisque nous savons aujourd'hui que notre cerveau est le plus grand consommateur &#233;nerg&#233;tique de tout notre corps (environ 20% de l'&#233;nergie produite chez l'adulte et jusqu'&#224; 60% chez l'enfant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si 90% de l'organe n'&#233;tait pas utilis&#233;, il serait tr&#232;s surprenant qu'il puise autant d'&#233;nergie si pr&#233;cieuse au fonctionnement des autres organes. Ceci aurait constitu&#233; une perte importante &#224; laquelle l'&#233;volution aurait rem&#233;di&#233; en faisant diminuer la taille du cerveau. Avec un organe plus petit, davantage d'&#233;nergie aurait &#233;t&#233; disponible, ce qui aurait constitu&#233; selon les scientifiques, un avantage &#233;volutif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, l'observation de notre enc&#233;phale a confirm&#233; son utilisation globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux h&#233;misph&#232;res c&#233;r&#233;braux sont activ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, tout le fonctionnement du cerveau est fond&#233; sur le fait que des neurones inactiv&#233;s meurent rapidement. Ils ne sont plus nourris car c'est le passage du courant neuronal qui nourrit le neurone ! Des zones inactiv&#233;es seraient d&#233;truites ou r&#233;attribu&#233;es &#224; d'autres fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.larecherche.fr/savoirs/dossier/nous-n-utilisons-10-notre-cerveau-01-10-2007-85581&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;ponse de La Recherche&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.maxisciences.com/cerveau/quel-pourcentage-de-notre-cerveau-utilisons-nous_art31935.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;ponse de Maxisciences&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.atlantico.fr/decryptage/desole-m-einstein-utilisons-bien-plus-que-10-capacites-notre-cerveau-michel-dib-1669826.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;ponse d'Atlantico&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mythe_de_l'utilisation_incompl%C3%A8te_du_cerveau&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;ponse de Wikipedia&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.20minutes.fr/sciences/1426463-20140807-utilise-vraiment-10-capacites-cerveau&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;ponse de 20Minutes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.podcastscience.fm/dossiers/2013/01/10/selon-einstein-lhome-nutilise-que-10-de-son-cerveau-info-ou-intox/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;ponse de Podcastsciences&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.charlatans.info/lecerveau.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;ponse de Charlatans&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.allo-medecins.fr/actualite/psychologie/22072014,non-nous-n8217utilisons-pas-seulement-10-de-notre-cerveau,587.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;ponse de Allo-m&#233;decins&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ressort clairement de tout cela que les fameux 10% d'Einstein &#233;taient un boutade non scientifique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augmenter les capacit&#233;s de notre cerveau, ce n'est nullement utiliser un plus grand pourcentage de son volume, ni de sa surface, ni de ses neurones, ni de ses r&#233;seaux. Nous les utilisons d&#233;j&#224; tous et l'homme primitif utilisait d&#233;j&#224; l'int&#233;gralit&#233; des siens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, utiliser plus efficacement notre cerveau, ce n'est pas l'uiliser plus en quantit&#233;. C'est am&#233;liorer ses performances, construire plus d'interactions entre ses h&#233;misph&#232;res, entre ses zones, m&#233;moriser nos activit&#233;s, les int&#233;grer dans l'ensemble des autres activit&#233;s c&#233;r&#233;brales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1510&#034;&gt;D'o&#249; vient l'intelligence humaine ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1627&#034;&gt;Quelques id&#233;es fausses sur l'intelligence humaine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1900&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment fonctionne le cerveau humain&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3387&#034;&gt;Imagerie c&#233;r&#233;brale et fonctionnement du cerveau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1856&#034;&gt;Qu'est-ce que le cerveau dynamique ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4374&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Est-ce notre cerveau qui a chang&#233; depuis que nous avons abandonn&#233; le stade chasseur-cueilleur ? Non !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique103&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le cerveau ou le pilotage du chaos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'y a-t-il de paradoxal dans le &#171; sommeil paradoxal &#187; ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3774</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3774</guid>
		<dc:date>2015-09-11T23:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le principal paradoxe du &#034;sommeil paradoxal&#034;, cette phase du sommeil o&#249; nous r&#234;vons, est le fait que le cerveau, pourtant en sommeil, est plus actif, plus dynamique, plus cr&#233;atif, plus agit&#233; que jamais, plus m&#234;me que lorsque nous sommes &#233;veill&#233;s... &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il n'&#233;tait donc plus question d'en faire un stade de sommeil l&#233;ger. Le r&#234;ve devenait le troisi&#232;me &#233;tat du cerveau, aussi diff&#233;rent du sommeil que le sommeil l'est de l'&#233;veil. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Sommeil et le R&#234;ve (1992), Histoire naturelle du r&#234;ve de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique103" rel="directory"&gt;Le cerveau, ou le pilotage du chaos des interactions neuronales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le principal paradoxe du &#034;sommeil paradoxal&#034;, cette phase du sommeil o&#249; nous r&#234;vons, est le fait que le cerveau, pourtant en sommeil, est plus actif, plus dynamique, plus cr&#233;atif, plus agit&#233; que jamais, plus m&#234;me que lorsque nous sommes &#233;veill&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5774 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-947.jpg' width=&#034;650&#034; height=&#034;201&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5776 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-946.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;199&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5777 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/-35.gif' width=&#034;701&#034; height=&#034;310&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il n'&#233;tait donc plus question d'en faire un stade de sommeil l&#233;ger. Le r&#234;ve devenait le troisi&#232;me &#233;tat du cerveau, aussi diff&#233;rent du sommeil que le sommeil l'est de l'&#233;veil. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sommeil et le R&#234;ve (1992), Histoire naturelle du r&#234;ve de Michel Jouvet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les p&#233;riodes de sommeil paradoxal o&#249; se produisent les r&#234;ves (ou l'essentiel des r&#234;ves, car il semble qu'il y avait des r&#234;ves en dehors) ont lieu en moyenne toutes les 90 minutes pendant une p&#233;riode de 15 &#224; 20 min.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de la conf&#233;rence de Michel Jouvet pour l'Universit&#233; de tous les savoirs du 4 f&#233;vrier 2000 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Que se passe-t-il quand nous sommes &#233;veill&#233;s ? Le cortex c&#233;r&#233;bral est excit&#233; par un r&#233;seau de neurones. Cette excitation provoque une activit&#233; &#233;lectrique rapide qui est n&#233;cessaire &#224; la conscience&#8230;. M&#234;me si l'on est inconscient de ce qui se passe autour de nous pendant le sommeil, il n'en existe pas moins une conscience automatique &#171; endog&#232;ne &#187;, d&#233;clench&#233;e p&#233;riodiquement au cours du sommeil, et que 80% d'entre nous ont exp&#233;riment&#233;e. (20% ne se rappellent pas de leurs r&#234;ves, ce qui ne veut nullement dire qu'ils ne r&#234;vent pas. Note M et R) Cette conscience onirique, ce sont les r&#234;ves. Les r&#234;ves apparaissent surtout au cours du sommeil paradoxal qui survient par p&#233;riodes de 20 minutes toutes les 90 minutes au cours du sommeil chez l'homme. On sait que le sommeil paradoxal n'existe pas chez les animaux qui ne r&#232;glent pas leur temp&#233;rature. C'est une acquisition de l'&#233;volution phylog&#233;n&#233;tique qui a &#233;t&#233; faite, il y a 65 millions d'ann&#233;es, pour des raisons qu'on ignore, par les oiseaux et les mammif&#232;res. Le sommeil paradoxal est tr&#232;s important apr&#232;s la naissance. Sa relation avec le &#171; sommeil sismique &#187;, qui existe chez le f&#339;tus (avant la naissance), est toujours discut&#233;e. Le sommeil orthodoxe (avec fuseaux et ondes lentes) part de l'hypothalamus ; le sommeil paradoxal d&#233;pend du pont et du bulbe. Il commande un syst&#232;me qui bloque les muscles. Lorsque nous r&#234;vons, que nous courons, nous envoyons des informations motrices &#224; notre moelle &#233;pini&#232;re, mais nous ne bougeons pas, parce qu'il y a un syst&#232;me qui vient bloquer nos mouvements. Un autre syst&#232;me active le cortex c&#233;r&#233;bral et surtout le syst&#232;me limbique qui est responsable des &#233;motions, de la m&#233;moire et de la programmation de l'individuation. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'y a-t-il de paradoxal dans le &#171; sommeil paradoxal &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a de nombreux paradoxes qui sont reli&#233;s au caract&#232;re contradictoire dialectiquement qui pilote le fonctionnement c&#233;r&#233;bral, et notamment le sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est reli&#233; &#224; son nom et est issu du paradoxe entre des signes de sommeil profond (inhibition provoquant une atonie musculaire) et des signes d'&#233;veil (ondes &#233;lectriques et mouvements oculaires rapides). En effet, le sommeil paradoxal est accompagn&#233; d'une activit&#233; onirique intense. Le sommeil paradoxal est connu notamment pour &#234;tre le moment privil&#233;gi&#233; du r&#234;ve. Il joue &#233;galement un r&#244;le primordial dans la maturation du syst&#232;me nerveux ainsi que dans l'augmentation des capacit&#233;s de stockage en m&#233;moire. Donc une grande passivit&#233; li&#233;e &#224; une intense activit&#233; : voil&#224; le premier paradoxe qu'il faut comprendre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second paradoxe, qui engendre le premier, tient au fait qu'il s'agit pour l'un d'une inhibition et pour l'autre d'une inhibition d'une inhibition engendrant une activation des fonctions cr&#233;atrices et des interactions entre id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc des ph&#233;nom&#232;nes de n&#233;gation de la n&#233;gation entre diverses fonctions c&#233;r&#233;brales et notamment entre sommeil et &#233;veil et entre inhibitions mais aussi entre cr&#233;ation et m&#233;morisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommeil paradoxal, avec son EEG semblable &#224; celui de l'&#233;veil, est le produit de l'interaction complexe entre des noyaux du tronc c&#233;r&#233;bral, des structures du syst&#232;me limbique et des aires corticales. D'autres de ses caract&#233;ristiques &#233;tonnantes ont aussi des m&#233;canismes qui ont pu &#234;tre localis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas des mouvements oculaires rapides qui surviennent durant le sommeil paradoxal et dont on ignore la fonction. Ils sont produits par la formation r&#233;ticulaire pontique et transmis aux couches motrices des colliculi sup&#233;rieurs. Les neurones colliculaires projettent &#224; leur tour sur la formation r&#233;ticulaire pontique param&#233;diane (FRPP) qui coordonne la dur&#233;e et la direction des mouvements oculaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre caract&#233;ristique singuli&#232;re du sommeil paradoxal dont on a localis&#233; la source : la paralysie quasi-totale du corps qui l'accompagne. L'activit&#233; nerveuse intense enregistr&#233;e durant le sommeil paradoxal excite en effet la grande majorit&#233; des neurones corticaux, y compris ceux du cortex moteur primaire. Ces neurones moteurs g&#233;n&#232;rent ainsi des s&#233;quences d'activit&#233; organis&#233;es commandant des mouvements du corps mais seul les muscles respiratoires, oculaires, ainsi que ceux de l'oreille interne pourront actualiser la commande motrice. Celle-ci ne parviendra jamais jusqu'aux motoneurones des membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le sommeil paradoxal, l'augmentation d'activit&#233; de neurones cholinergiques de la protub&#233;rance va exciter d'autres neurones de la formation r&#233;ticul&#233;e pontique qui utilisent le glutamate comme neurotransmetteur. Ceux-ci vont &#224; leur tour envoyer des projections vers le bulbe rachidien o&#249; ils vont activer des interneurones qui rel&#226;chent de la glycine. Ce sont ces interneurones des noyaux r&#233;ticul&#233;s bulbaires magnocellulaires, dont les axones descendent dans la moelle &#233;pini&#232;re, qui vont inhiber fortement les motoneurones en les hyperpolarisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Maquet explique dans &#171; La Recherche &#187; de janvier 2007 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; De nombreuses observations sugg&#233;raient d&#233;j&#224; que les deux phases du sommeil, le lent et le paradoxal, favorisent la m&#233;morisation. La preuve d'une relation causale est apport&#233;e par des neurologues de l'universit&#233; de L&#252;beck en Allemagne. (...) Le sommeil lent favorise la m&#233;moire explicite &#8211; celle des connaissances et des faits dont on a conscience de se souvenir. Le sommeil paradoxal consolide plut&#244;t la m&#233;moire implicite &#8211; celle des moyens n&#233;cessaires pour accomplir une t&#226;che. Ils sont sans doute li&#233;s &#224; deux ph&#233;nom&#232;nes se d&#233;roulant uniquement pendant le sommeil : un changement dans la quantit&#233; de neurom&#233;diateur produit par le cerveau et une oscillation sp&#233;cifique de son activit&#233; &#233;lectrique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sciences et avenir &#187; de juin 2008 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le cerveau sombre dans l'inconscience pour un repos bien m&#233;rit&#233;. Soudain, au bout de plusieurs dizaines de minutes, une partie du cortex c&#233;r&#233;bral jusque-l&#224; profond&#233;ment endormi se &#171; r&#233;veille &#187;. Hyper stimul&#233;, il se met &#224; g&#233;n&#233;rer des images, des sons, des sensations. Alors que le corps est paralys&#233;, des sc&#232;nes apparaissent, s'encha&#238;nent, composent un sc&#233;nario riche en d&#233;tails, en bruits, en &#233;motions, voire en odeurs. Une histoire prend forme, plus ou moins logique ou totalement fantasque, avec des rebondissements improbable et des personnages &#233;tranges. (&#8230;) Quelle est la fonction de ce ph&#233;nom&#232;ne c&#233;r&#233;bral &#233;trange ? (&#8230;) Aujourd'hui, gr&#226;ce aux progr&#232;s des neurosciences et de l'imagerie c&#233;r&#233;brale, de nouvelles th&#233;ories &#233;mergent et convergent &#224; propos de nos songes. (&#8230;) &#171; Le r&#234;ve est un syst&#232;me naturel de &#171; r&#233;alit&#233; virtuelle &#187; produit par le cerveau. &#187; expose Autti Revonsuo. (&#8230;) Le r&#234;ve serait un immense th&#233;&#226;tre o&#249; l'on affronterait des probl&#232;mes &#233;pineux pour apprendre &#224; les r&#233;soudre en toute s&#233;curit&#233;. (&#8230;) Cependant &#171; 15% seulement des r&#234;ves r&#233;currents d&#233;crivent une situation r&#233;aliste et probable. &#187; affirme Antonio Zadra. (&#8230;) En tout cas, le r&#234;ve est une activit&#233; psychique involontaire que tout le monde pratique en moyenne vingt minutes par nuit, fractionn&#233;e en plusieurs &#233;pisodes. (&#8230;) Il survient essentiellement durant le sommeil paradoxal ou sommeil REM. (&#8230;) En 1895, Sigmund Freud s'int&#233;resse le premier de pr&#232;s au r&#234;ve (&#8230;) Il y voit l'expression de nos d&#233;sirs refoul&#233;s dans l'inconscient par notre censure interne. En 1960, Michel Jouvet (&#8230;) affirme que l'&#233;veil permet au cerveau de reprogrammer les comportements fondamentaux de l'esp&#232;ce, la chasse chez le f&#233;lin par exemple. (&#8230;) Deux exp&#233;riences ont lieu en 1994, qui relancent la question. Avi Karni de l'universit&#233; Rehovot (Isra&#235;l) montre tout d'abord que la privation de sommeil REM entra&#238;ne une difficult&#233; &#224; se souvenir de t&#226;ches que les sujets ont apprise la veille. (&#8230;) Puis c'est Matthew Wilson, neurobiologiste du MIT (USA) qui fait une observation incroyable. Une souris r&#233;vise pendant son sommeil ce qu'elle a appris durant le jour. (&#8230;) En 2004, Pierre Maquet (&#8230;) teste l'hypoth&#232;se chez l'humain. (&#8230;) Comme pour la souris, les m&#234;mes zones c&#233;r&#233;brales se r&#233;activent durant le sommeil. Pierre Maquet ajoute que si l'on prive un individu de sommeil REM ses performances m&#233;morielles sont diminu&#233;es. Enfin, un individu qui sollicite fortement ses capacit&#233;s de m&#233;morisation conna&#238;t des phases de sommeil paradoxal plus longues qu'un individu qui n'est pas soumis &#224; un processus d'apprentissage. En novembre 2007, l'&#233;quipe belge enfonce le clou, au niveau cellulaire cette fois. Un apprentissage engendre de nouvelles connexions entre neurones qui sont fragiles et doivent &#234;tre renforc&#233;es pour devenir permanentes. L'&#233;quipe d&#233;montre alors que les premi&#232;res &#233;tapes de la consolidation des synapses surviennent dans les minutes et les heures apr&#232;s l'apprentissage, au niveau cellulaire, et que le sommeil REM favorise cette consolidation. Mieux, il la faciliterait &#224; long terme. (&#8230;) Malgr&#233; quelques voix discordantes, les neuroscientifiques semblent peu &#224; peu admettre que le sommeil en g&#233;n&#233;ral, et la phase paradoxale o&#249; se produit le plus le r&#234;ve en particulier, servent vraisemblablement &#224; consolider la m&#233;moire et stabiliser les souvenirs. D'autres vont plus loin. Le r&#234;ve serait utile pour &#233;tablir des connexions que le r&#234;veur ne ferait pas pendant l'&#233;veil. Le cortex pr&#233;frontal &#233;tant d&#233;sactiv&#233;, le r&#234;ve permettrait en effet des associations d'id&#233;es plus audacieuses qu'en pleine conscience. Un ph&#233;nom&#232;ne de lev&#233;e d'inhibition qui dans certains cas d&#233;clencherait &#171; l'insight &#187;, la r&#233;v&#233;lation, l'intuition, pour trouver la solution &#224; un probl&#232;me insoluble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommeil am&#233;liorerait le processus au cours duquel la cr&#233;ativit&#233; associe de nouvelles combinaisons qui sont utiles ou qui r&#233;pondent &#224; certaines exigences. Ceci se produirait dans le sommeil paradoxal, plut&#244;t que dans le sommeil lent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le sommeil paradoxal, les niveaux &#233;lev&#233;s d'ac&#233;tylcholine dans l'hippocampe suppriment les connexions de l'hippocampe vers le n&#233;ocortex. La noradr&#233;naline dans le n&#233;ocortex encouragerait la propagation de l'activit&#233; associative dans les zones du n&#233;ocortex sans contr&#244;le de l'hippocampe. Ceci est en contraste avec la conscience de veille, o&#249; des niveaux &#233;lev&#233;s de noradr&#233;naline et l'ac&#233;tylcholine inhibent connexions r&#233;currentes dans le n&#233;ocortex. Le sommeil paradoxal &#224; travers ce processus ajouterait la cr&#233;ativit&#233; en permettant &#224; des structures du n&#233;ocortex de r&#233;organiser les hi&#233;rarchies associatives, dans lesquelles les informations de l'hippocampe seraient r&#233;interpr&#233;t&#233;es par rapport &#224; des repr&#233;sentations ou des n&#339;uds s&#233;mantiques pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage d'un &#233;tat de conscience &#224; un autre est provoqu&#233; par une inhibition comme c'est le cas pour le sommeil. Il y a des passages d'un &#233;tat de conscience &#224; un autre (successivement et en boucle &#233;veil, sommeil lent et sommeil rapide). L'inhibition est l'action rapide qui interrompt une phase relativement plus longue. Par exemple, le sommeil lent est provoqu&#233; par l'inhibition des fibres ascendantes excitatrices responsables de l'&#233;veil. Du coup, les inter-neurones inhibiteurs du cortex diminuent leur activit&#233; et les neurones corticaux se synchronisent progressivement. C'est l'inhibition de cette inhibition qui provoque le sommeil paradoxal. C'est en cela que la r&#233;activation du cortex est un nouveau d&#233;sordre : une d&#233;synchronisation du cortex. Mais, en m&#234;me temps, le sommeil paradoxal est lui-m&#234;me une inhibition. Le g&#233;n&#233;rateur de sommeil paradoxal est inhibiteur des neurones de la moelle &#233;pini&#232;re charg&#233;s de la transduction des signaux moteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me r&#233;ticul&#233; activateur ascendant, terme barbare sous lequel on entend le syst&#232;me responsable de l'activation de l'&#233;veil, est form&#233; par l'interaction de trois zones : la formation r&#233;ticul&#233;e, le thalamus et le cortex. Et c'est cet ensemble qui donne le &#171; la &#187;, si l'on peut dire, de la transmission de base des neurones du cerveau &#233;veill&#233; au repos, le rythme alpha.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rythme alpha est d'environ 10 herz (soit dix cycles par seconde) fr&#233;quence autour de laquelle il y a un intervalle relativement vide d'&#233;v&#233;nements &#233;lectriques entourant un pic tr&#232;s net et intense. Cette &#233;troite bande de fr&#233;quence serait le signal &#233;lectrique &#233;mis par un syst&#232;me d'horlogerie dans le cerveau qui serait en rapport direct avec la limite inf&#233;rieure de notre temps de r&#233;action de l'ordre de 0,1 seconde. Holubar parle de pace-maker du cerveau car les personnes qui ont un rythme alpha lent ont une activit&#233; mentale ralentie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le second rythme est le rythme du sommeil paradoxal ou rythme b&#233;ta dont l'origine est le tronc c&#233;r&#233;bral et qui envoie des messages au thalamus et au cortex occipital. C'est une activit&#233; &#233;lectrique de fr&#233;quence environ 20 herz caract&#233;ris&#233;e notamment par des pointes de grande amplitude. Jean Louis Valatx, directeur de recherche &#224; l'Inserm a montr&#233; en juin 94 qu'on peut le consid&#233;rer comme un pace-maker du cerveau. C'est m&#234;me le premier car c'est celui du foetus et il contr&#244;le m&#234;me 90% de la vie du foetus. Le sommeil paradoxal est caract&#233;ris&#233; par des mouvements des yeux, une respiration irr&#233;guli&#232;re, l'&#233;rection p&#233;nienne et un &#233;lectrocardiogramme voisin de l'&#233;veil. Ce cycle serait le porteur de la m&#233;morisation de l'esp&#232;ce. En effet, le foetus command&#233; par ce seul rythme serait capable de toutes les mimiques faciales humaines qui ne seraient donc pas le r&#233;sultat de l'apprentissage social, du moins chez l'homme. On l'a m&#234;me appel&#233; le pace-maker onirog&#232;ne car il serait indispensable aux comportements oniriques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le troisi&#232;me, le rythme gamma, qui correspond &#224; une fr&#233;quence entre 35 et 75 herz, est consid&#233;r&#233; par Crick et Koch comme la base &#233;lectrique du processus de la conscience et serait reli&#233; &#224; la boucle hypothalamus, cortex neuro-v&#233;g&#233;tatif et tronc c&#233;r&#233;bral.&lt;br class='autobr' /&gt;
On trouve encore le rythme t&#233;ta &#224; environ 6 herz et le rythme delta &#224; environ 3 herz. Tous ces rythmes ne sont pas des rythmes r&#233;guli&#232;rement p&#233;riodiques qui seraient seulement agit&#233;s par le bruit des circuits mais des rythmes chaotiques, c'est-&#224;-dire fond&#233;s sur la dynamique hors de l'&#233;quilibre. Ce sont des rythmes fond&#233;s sur le &#171; bruit &#187; des circuits. C'est l'ordre issu du d&#233;sordre. L'attracteur &#233;trange du rythme alpha, visualis&#233; en trois dimensions et pr&#233;sent&#233; sous diff&#233;rents angles, montre que le rebouclage ne se fait pas exactement. Le fait qu'il soit en trois dimensions au moins est fondamental pour cela. En dessous de trois dimensions, les courbes se recouperaient et on atteindrait la p&#233;riodicit&#233; comme dans le cas de l'&#233;pilepsie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le neuroscientifique Antonio Damasio &#233;crit dans &#171; Le sentiment m&#234;me de soi &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rodolfo Liln&#224;s s'est servi de cette s&#233;rie de d&#233;couvertes pour sugg&#233;rer que la conscience, aussi bien dans l'&#233;tat de veille que dans celui du sommeil paradoxal est le produit d'une formation en boucle impliquant &#224; la fois le cortex c&#233;r&#233;bral, le thalamus et la formation r&#233;ticulaire du tronc c&#233;r&#233;bral. Une telle boucle suppose que le thalamus et la formation r&#233;ticulaire poss&#232;dent des neurones susceptibles d'&#233;mettre spontan&#233;ment des signaux &#233;lectriques. (&#8230;) Au cours des phases conscientes, la formation r&#233;ticulaire produit continuellement un barrage de signaux en direction du thalamus et du cortex c&#233;r&#233;bral suscitant par la m&#234;me la mise en place de certains sch&#233;mas g&#233;om&#233;triques de coh&#233;rence corticale. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &#171; Abstract-Psychiatrie &#187; de novembre 2006, le docteur Rapha&#235;l Gaillard &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lors de l'endormissement, les rythmes rapides alpha et b&#234;ta, caract&#233;ristiques des &#233;tats de veille, disparaissent pour laisser place &#224; des ondes lentes et de grande amplitude, les ondes gamma, caract&#233;ristiques du sommeil &#171; lent &#187;. A intervalles r&#233;guliers, environ toutes les 90 minutes, de brefs &#171; orages c&#233;r&#233;braux &#187;, ou sommeil paradoxal, s'accompagnent de mouvements rapides des yeux et d'une vive &#233;rection chez l'homme. (...) L'orage du sommeil paradoxal est d'une violence telle que l'on s'attend &#224; ce qu'il touche les centres moteurs et, par voie de cons&#233;quence, cause des mouvements chez le dormeur. En fait, ceux-ci n'apparaissent pas. Ils sont bloqu&#233;s dans la moelle &#233;pini&#232;re. &#187; Le sommeil paradoxal est assimilable au d&#233;lire : &#171; une composante al&#233;atoire s'ins&#232;re dans le discours comme la formation des mots. &#187; Deux composantes entrent dans le sommeil. Ce sont deux syst&#232;mes inhibiteurs. Le premier est syst&#232;me rostral qui agit sur le syst&#232;me r&#233;ticulaire activateur ascendant et inhibe les structures centrales du tronc (blocage des ondes lentes d'enc&#233;phalom&#233;senc&#233;phaliques). Le second est le syst&#232;me caudal inhibiteur qui agit sur les ondes gamma. C'est la base de l'activit&#233; paradoxale support de l'activit&#233; onirique. Cette activit&#233; ne peut &#234;tre provoqu&#233;e par des variations du milieu ext&#233;rieur, contrairement au syst&#232;me rostral inhibiteur. L'activation du sommeil est donc fond&#233;e sur deux inhibitions, lente et rapide. Il en r&#233;sulte des phases d'activit&#233; lente et rapide du cerveau dans le sommeil. Le biochimiste Ladislas Robert fait la m&#234;me remarque &#224; propos de la vison dans &#171; Les temps de la vie &#187;, l'existence de deux m&#233;canismes, un lent et un rapide, interactifs : &#171; Ainsi pour les r&#233;actions visuelles, on a not&#233; deux types de temps de r&#233;ponse, des r&#233;actions pr&#233;coces, transmises rapidement et des r&#233;actions plus lentes, plus soutenues. Ces deux types de r&#233;ponse temporelle paraissent correspondre &#224; deux voies emprunt&#233;es par la communication des stimuli visuels (voie dorsale pour les rapides, voie ventrale pour les lents). Le passage d'information concernant les mouvements et les positions spatiales dans le cortex des primates serait rapide ( 28 millisecondes) tandis que le passage des informations concernant la forme, la couleur serait plus lent ( 39 millisecondes). (...) Il existe des interf&#233;rences et des r&#233;gulations de type r&#233;troaction n&#233;gative ou positive (...) ce qui explique le temps de r&#233;action de 200 millisecondes mesur&#233;es pour l'homme pour la simple reconnaissance (de visage par exemple) (...). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie actuelle de Jean Paul Tassin, au Coll&#232;ge de France, est que le sommeil paradoxal sert &#224; incorporer dans la m&#233;moire du cerveau les &#233;v&#233;nements de la veille. Selon J.P. Tassin et ses collaborateurs, le r&#234;ve aurait lieu durant le temps infime qui suit l'&#233;v&#233;nement qui a provoqu&#233; le r&#233;veil. Durant le sommeil, la conscience s'&#233;vanouit, les neurones s&#233;rotoninergiques et noradr&#233;nergiques cessent de fonctionner, l'information nerveuse ne peut &#234;tre maintenue au-del&#224; de quelques millisecondes dans le cerveau. Sans l'activation de ces neurones, la vision du paysage et les &#233;motions associ&#233;es &#224; cette exp&#233;rience sont tellement &#233;ph&#233;m&#232;res qu'elles ne peuvent &#234;tre per&#231;ues de mani&#232;re consciente, ce sont des images subliminales inclues dans le r&#234;ve. Seulement pour qu'il y ait r&#234;ve, il faut qu'il y ait conscience, et m&#234;me si le cerveau est actif, il n'y a ni conscience ni r&#234;ve&#8230; Mais alors comment expliquer l'impression que l'on a tous d'avoir r&#234;v&#233; durant la nuit ? Lors d'une nuit de sommeil classique, on peut se r&#233;veiller plus de dix fois. Ce sont des micro-r&#233;veils, le cerveau est en &#233;tat d'&#233;veil durant un tr&#232;s court instant, si court qu'il est rare de s'en rappeler au matin. Nous pourrions alors nous souvenir d'un r&#234;ve sans avoir le souvenir de nous &#234;tre &#233;veill&#233;. Pour J. P. Tassin, le r&#234;ve appara&#238;trait donc dans ces phases de micro-r&#233;veil, il serait finalement d&#233;pendant du sommeil puisqu'il faut qu'il y ait eu sommeil pour qu'il y ait r&#233;veil. Et Freud dans tout &#231;a ? Le cerveau est capable de produire des dizaines d'images en moins d'une seconde, et cette dizaine d'images trait&#233;e consciemment suffit &#224; raconter une histoire paraissant durer quelques minutes. Mais qu'en est-il de la coh&#233;rence de cette histoire ? Le r&#234;ve entre en jeu, cr&#233;ant des sc&#233;narii irr&#233;el et illogiques, mais aussi &#171; non censur&#233;s &#187; comme l'a not&#233; Freud. Ces r&#233;cits viennent de l'exp&#233;rience diurne du r&#234;veur, suscitant des images inconscientes qui seraient remises bout &#224; bout pendant les quelques micro-r&#233;veils de la nuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors &#224; quoi servirait la phase paradoxale ? Durant cette phase, les ondes c&#233;r&#233;brales issues du cerveau profond se propagent dans le cortex frontal, r&#233;activant ce que nous avons appris dans la journ&#233;e, et consolidant souvenirs et gestes. Tout ceci est inconscient, et le r&#234;ve serait au plus, la prise de conscience fugace de ces m&#233;canismes. Le chat c&#233;r&#233;brol&#233;s&#233; par M. Jouvet ne faisait que reproduire les gestes appris dans la journ&#233;e, peux-t-on r&#233;ellement affirmer qu'il r&#234;vait ? Ce qui permet de les r&#233;activer, de les faire revenir &#224; la conscience lors du r&#233;veil. En stimulant ces traces biologiques lors du r&#233;veil cr&#233;pusculaire, au moment o&#249; l'on sort graduellement du sommeil profond pour revenir &#224; l'&#233;tat d'&#233;veil, l'&#233;lectricit&#233; c&#233;r&#233;brale donne des moments de r&#234;ve semi-conscients. &#171; Cela veut dire que le r&#234;ve se fabrique durant tous les stades du sommeil, sommeil paradoxal et sommeil lent, mais avec des natures de r&#234;ves diff&#233;rentes, analyse Boris Cyrulnik. L'&#233;lectrophysiologie confirme la th&#233;orie freudienne sans exclure celle de Michel Jouvet. &#187; Il y a encore bien d'autres neurophysiologistes qui confirment Freud&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=2bOhGQPhTZIC&amp;pg=PA107&amp;lpg=PA107&amp;dq=citation+sommeil+paradoxal+michel+jouvet&amp;source=bl&amp;ots=J07tJWezyY&amp;sig=6xLBiwf0ssKPSX5-jbU1J-HqlFc&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0CE0Q6AEwCmoVChMI3on99ouSxwIViJhyCh34wgga#v=onepage&amp;q&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire Michel Jouvet, d&#233;couvreur du sommeil paradoxal&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview de Michel Jouvet sur le sommeil paradoxal :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Afin de d&#233;couvrir les structures impliqu&#233;es dans l'habituation (&#034;le cortex pavlovien&#034; ou la &#034;formation r&#233;ticul&#233;e magounienne&#034;), nous d&#233;cid&#226;mes, avec Fran&#231;ois Michel, un jeune interne travaillant avec moi, d'&#233;tudier l'habituation, soit sur des chats d&#233;cortiqu&#233;s chroniques, soit sur des chats porteurs de larges l&#233;sions de la formation r&#233;ticul&#233;e, soit sur des chats m&#233;senc&#233;phaliques ou pontiques. Cela nous prit quelque temps pour conserver en bon &#233;tat et &#224; une temp&#233;rature corporelle normale des chats d&#233;cortiqu&#233;s ou m&#233;senc&#233;phaliques chroniques, mais nous ne pouvions pas d&#233;cider quelle th&#233;orie &#233;tait la bonne, parce que, m&#234;me lorsque les chats d&#233;cortiqu&#233;s &#233;taient endormis du point de vue comportemental, il &#233;tait impossible d'enregistrer des fuseaux ou des ondes lentes dans le thalamus ou dans la formation r&#233;ticul&#233;e comme chez les chats normaux. Cependant, il y avait encore des pointes hippocampiques. Nous f&#238;mes alors l'hypoth&#232;se que le cortex (ou le t&#233;lenc&#233;phale) &#233;tait responsable de l'activit&#233; d'ondes lentes corticales et thalamo-m&#233;senc&#233;phaliques au cours du sommeil &#224; ondes lentes, mais non du sommeil, puisque Ies chats d&#233;cortiqu&#233;s pr&#233;sentaient encore des pointes hippocampiques pendant des &#233;pisodes tr&#232;s brefs de sommeil comportemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme prochaine &#233;tape, nous d&#233;cid&#226;mes d'enregistrer l'activit&#233; musculaire gr&#226;ce &#224; l'&#233;lectromyographie (EMG), pour obtenir une r&#233;action motrice objective qui pourrait &#234;tre facilement un indice d'habituation chez le chat m&#233;senc&#233;phalique. Comme tout neurophysiologiste le sait, c'est dans les muscles du cou, tr&#232;s proches du cr&#226;ne, que l'implantation d'&#233;lectrodes &#233;lectromyographiques sous-corticales est la plus facile. Du fait que nous op&#233;rions sur des chats m&#233;senc&#233;phaliques et pontiques (dont toutes les structures nerveuses en avant du pont &#233;taient enlev&#233;es), les seuls endroits o&#249; implanter les &#233;lectrodes sous-corticales &#233;taient la formation r&#233;ticul&#233;e du pont. Par chance, nous implant&#226;mes les &#233;lectrodes dans ou pr&#232;s des noyaux du VI (le meilleur endroit pour enregistrer l'activit&#233; PGO, c'est-&#224;-dire les pointes ponto-g&#233;niculo-occipitales, qui sont sp&#233;cifiques du sommeil paradoxal et qui furent d&#233;crites dans mon laboratoire). Au d&#233;but, nous f&#251;mes tr&#232;s d&#233;&#231;us par notre exp&#233;rience. M&#234;me des stimulus auditifs tr&#232;s bruyants ne suscitaient gu&#232;re de r&#233;actions comportementales dans nos pr&#233;parations pontiques ou m&#233;senc&#233;phaliques et il &#233;tait presque impossible d'enregistrer la r&#233;action &#233;lectromyographique de sursaut, en raison de l'augmentation du tonus musculaire due &#224; la rigidit&#233; de d&#233;c&#233;r&#233;bration. Toutefois, durant des enregistrements &#233;lectroenc&#233;phalographiques de longue dur&#233;e, nous f&#251;mes surpris d'observer toutes les 30 &#224; 40 minutes, l'apparition p&#233;riodique d'activit&#233; semblable &#224; des fuseaux dans le pont, co&#239;ncidant avec la disparition totale de la r&#233;action de sursaut de la nuque. Ces curieux &#233;pisodes duraient environ six minutes et se produisaient p&#233;riodiquement toutes les cinquante minutes. Il y avait &#233;galement des mouvements des vibrisses et des yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apparemment donc, nous &#233;tions confront&#233;s &#224; une sorte de &#034;sommeil du cerveau post&#233;rieur (rhombenc&#233;phalique)&#034; qui contrastait avec le sommeil &#224; ondes lentes. Tr&#232;s rapidement, nous entrepr&#238;mes des enregistrements polygraphiques similaires chez le chat normal. Nous e&#251;mes la surprise de constater que l'activit&#233; corticale observ&#233;e au moment de la disparition totale de l'activit&#233; musculaire &#233;tait semblable &#224; celle de l'&#233;veil, mais que le seuil d'&#233;veil &#233;tait beaucoup augment&#233;. Cela &#233;tait une d&#233;couverte paradoxale. A cette &#233;poque, William C. Dement, un confr&#232;re am&#233;ricain de l'universit&#233; de Stanford, venait de publier son article classique (1958) sur le &#034;sommeil activ&#233;&#034;. Il devint &#233;vident que ce sommeil activ&#233; &#224; mouvements oculaires rapides &#233;tait en fait quelque chose de tr&#232;s diff&#233;rent du sommeil &#224; ondes lentes et qu'il constituait une phase ou un &#233;tat diff&#233;rent de sommeil. A notre grande surprise, nous d&#251;mes conclure que le r&#234;ve devait &#234;tre d&#233;clench&#233; par une structure situ&#233;e dans le tronc c&#233;r&#233;bral inf&#233;rieur qui activait le cortex c&#233;r&#233;bral et le syst&#232;me limbique qui devait &#234;tre responsable de l'imagerie onirique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du fait que le &#034;sommeil rhombenc&#233;phalique ou paradoxal&#034; pouvait &#234;tre reconnu facilement sur des crit&#232;res comportementaux (atonie et mouvements oculaires rapides) ou &#233;lectroenc&#233;phalographiques (activit&#233; PGO semblable &#224; des fuseaux dans le pont), il fut relativement facile de d&#233;limiter les structures responsables de son d&#233;clenchement par coagulation locale de la formation r&#233;ticul&#233;e pontique. Puis, avec une jeune &#233;tudiante en m&#233;decine, Dani&#232;le Mounier, qui devint ma premi&#232;re &#233;pouse en 1961, nous observ&#226;mes que les l&#233;sions d&#233;truisant la partie dorsolat&#233;rale du tegmenturn pontique pouvaient abolir s&#233;lectivement le sommeil paradoxal sans abolir le sommeil &#224; ondes lentes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apparemment, cet &#233;tat de sommeil &#233;tait un &#233;tat actif, puisque nous pouvions le d&#233;clencher en stimulant le pont pendant le sommeil &#224; ondes lentes. Mais les r&#233;sultats de la stimulation &#233;taient assez capricieux et nous appr&#238;mes bient&#244;t que le sommeil paradoxal ne pouvait &#234;tre induit ou augment&#233; &#224; volont&#233;, mais qu'il existait une &#034;p&#233;riode r&#233;fractaire&#034; apr&#232;s chaque &#233;pisode. Cela nous amena &#224; faire l'hypoth&#232;se d'un m&#233;canisme &#034;neuro-humoral&#034; qui se &#034;d&#233;chargerait&#034; p&#233;riodiquement pendant le sommeil. L'atropine ayant un effet de suppression puissant et s&#233;lectif et l'&#233;s&#233;rine un effet facilitateur sur le sommeil paradoxal, nous f&#238;mes l'hypoth&#232;se que des m&#233;canismes cholinergiques &#233;taient impliqu&#233;s d'une certaine fa&#231;on dans le sommeil paradoxal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisque le sommeil paradoxal existait encore chez les chats pontiques, il pouvait &#234;tre d&#233;crit comme sommeil rhombenc&#233;phalique, alors que le sommeil &#224; ondes lentes pouvait &#234;tre d&#233;crit comme sommeil t&#233;lenc&#233;phalique, puisqu'il pouvait &#234;tre reli&#233; &#224; une organisation complexe du n&#233;ocortex. Je publiai ces r&#233;sultats au symposium ClBA de Londres en 1961. J'eus une longue discussion avec Nathaniel Kleitman qui pr&#233;sentait les r&#233;sultats de William C. Dement. KIeitman pensait que le &#034;sommeil activ&#233;&#034; &#233;tait d&#251; &#224; un cycle de base activit&#233;-repos qui persistait aussi bien pendant l'&#233;veil que le sommeil. Lord Adrian pr&#233;sidait le symposium. La seule remarque qu'il fit sur le sommeil fut que &#171; son chat ronflait de temps en temps &#187;. Au bout du compte, l'hypoth&#232;se que le sommeil &#224; ondes lentes d&#233;pend du cortex et que sommeil paradoxal d&#233;pend du rhombenc&#233;phale est encore valide aujourd'hui. Le sommeil paradoxal est aussi pr&#233;sent chez les animaux sans yeux (comme la taupe) et chez des oiseaux qui ne bougent pas leurs yeux (comme les chouettes). C'est la raison pour laquelle je continue &#224; croire que l'expression de sommeil &#224; mouvements oculaires rapides (REM Sleep) n'est probablement pas la meilleure pour d&#233;crire cet &#233;trange &#233;tat de sommeil dont la fonction est encore inconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport y a-t-il entre le sommeil paradoxal et l'activit&#233; onirique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le sommeil sans r&#234;ve se caract&#233;rise par une activit&#233; &#233;lectrique compos&#233;e d'ondes lentes, l'&#233;lectroenc&#233;phalogramme d'un sujet r&#234;vant est, au contraire, compos&#233; d'ondes rapides, semblables &#224; celles que l'on peut recueillir chez un sujet &#233;veill&#233;. Cette &#233;trange caract&#233;ristique m'a conduit &#224; proposer l'expression de sommeil paradoxal pour d&#233;signer un &#233;tat physiologique o&#249; le sujet, bien qu'endormi, manifeste une activit&#233; mentale comparable &#224; celle de l'attention vigile. De nombreux indices concourent &#224; valider cette hypoth&#232;se. L'un des plus convaincants est celui obtenu en comparant la qualit&#233; et la pr&#233;cision des souvenirs de r&#234;ves chez des sujets r&#233;veill&#233;s pendant des phases de sommeil paradoxal ou non paradoxal. Ainsi, au d&#233;but des ann&#233;es 1960, un confr&#232;re am&#233;ricain de l'universit&#233; de Stanford, William Dement, a montr&#233; que, en moyenne, plus de 80 % des sujets r&#233;veill&#233;s en phase de sommeil paradoxal avaient des souvenirs oniriques tr&#232;s nets, alors que seulement 7% des sujets &#224; ondes lentes &#233;taient capables de faire des r&#233;cits oniriques d&#233;taill&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#234;ves auraient donc une fonction biologique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des probl&#232;mes majeurs de la physiologie du r&#234;ve est de comprendre pourquoi la &#171; machine onirique &#187; fonctionne de fa&#231;on discontinue. On pense que le r&#234;ve peut se d&#233;clencher lorsque l'activit&#233; des syst&#232;mes noradr&#233;nergique (locus c&#339;ruleus), s&#233;rotoninergique et histaminergique s'arr&#234;te, ce qui permet de mettre en jeu d'autres syst&#232;mes, notamment des syst&#232;mes cholinergiques responsables du sommeil paradoxal. Mais, plus que la discontinuit&#233; du sommeil &#224; r&#234;ve, c'est son caract&#232;re p&#233;riodique qui pose probl&#232;me. Chez l'homme, les p&#233;riodes de sommeil paradoxal surviennent environ toutes les 90 minutes et durent en moyenne 20 minutes. On a &#233;galement v&#233;rifi&#233; que chez la majorit&#233; des esp&#232;ces animales, le r&#234;ve occupe &#224; peu pr&#232;s le quart de sa p&#233;riode. Des exp&#233;riences men&#233;es dans notre laboratoire tendent &#224; accr&#233;diter l'id&#233;e d'une origine m&#233;tabolique de ce curieux nombre d'or de la physiologie du r&#234;ve. Ainsi a-t-on pu faire varier la p&#233;riodicit&#233; des r&#234;ves en modifiant l'&#233;nerg&#233;tique c&#233;r&#233;brale, c'est-&#224;-dire en agissant soit sur la temp&#233;rature interne, soit sur l'oxyg&#233;nation. Ce qui ressort de ces &#233;tudes, c'est que la conscience onirique d&#233;pense une quantit&#233; d'&#233;nergie, d'oxyg&#232;ne et de glucose plus importante que la conscience &#233;veill&#233;e. L'une des fonctions du sommeil pourrait &#234;tre ainsi de pr&#233;parer les conditions &#233;nerg&#233;tiques n&#233;cessaires &#224; l'irruption du r&#234;ve. Il faudrait donc consid&#233;rer le sommeil comme le gardien du r&#234;ve et non l'inverse, comme l'affirmait Freud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc propos&#233; d'expliquer la fonction du r&#234;ve, en consid&#233;rant le fait que le sommeil paradoxal appara&#238;t chez les hom&#233;othermes au moment o&#249; cesse la neurogen&#232;se, c'est-&#224;-dire l'organisation g&#233;n&#233;tiquement programm&#233;e du syst&#232;me nerveux central, alors que chez les animaux &#224; sang froid, il n'appara&#238;t pas parce que la neurogen&#232;se ne s'interrompt pas. Autrement dit, chez les animaux &#224; sang chaud, il n'existe aucun syst&#232;me neuronal d'entretien des donn&#233;es h&#233;r&#233;ditaires contenues dans les cellules nerveuses. D'o&#249; mon hypoth&#232;se que le sommeil paradoxal aurait pour fonction de relayer la neurogen&#232;se en assurant la programmation g&#233;n&#233;tique de l'individu. Non pas la programmation des comportements instinctifs de l'esp&#232;ce mis en place une fois pour toutes lors de la neurogen&#232;se, mais celle des comportements sp&#233;cifiques de l'individu. Les r&#234;ves seraient des moments de reprogrammations g&#233;n&#233;tiques qui maintiendraient fonctionnels les circuits synaptiques responsables de l'h&#233;r&#233;dit&#233; psychologique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/evolution_des_etats_du_sommeil.860&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La conf&#233;rence de Michel Jouvet pour l'Universit&#233; de tous les savoirs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/cerimes/etats_de_sommeil_chez_la_vache_et_le_cheval.9156&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sommeil paradoxal chez la vache et le cheval&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sommeil_paradoxal&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des films sur l'&#233;tude scientifique du cerveau humain</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3042</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3042</guid>
		<dc:date>2014-03-10T01:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Des films sur l'&#233;tude scientifique du cerveau humain &lt;br class='autobr' /&gt;
CHANGEUX Jean-Pierre &lt;br class='autobr' /&gt;
KARLI Pierre &lt;br class='autobr' /&gt;
LE BIHAN Denis &lt;br class='autobr' /&gt;
ZAVAGLIA David, HENRIOT Philippe MAZOYER Bernard &lt;br class='autobr' /&gt;
MAZOYER Bernard (2&#232;me film) &lt;br class='autobr' /&gt;
DEHAENE Stanislas &lt;br class='autobr' /&gt;
Denis LEBIHAN &lt;br class='autobr' /&gt;
William ROSTENE &lt;br class='autobr' /&gt;
HERV&#201;-MINVIELLE Anne, ROSTENE William &lt;br class='autobr' /&gt;
IMBERT Michel &lt;br class='autobr' /&gt;
KORN Henri &lt;br class='autobr' /&gt;
IAKIMOVA Galina &lt;br class='autobr' /&gt;
JEANNEROD Marc &lt;br class='autobr' /&gt;
TROCME-FABRE H&#233;l&#232;ne &lt;br class='autobr' /&gt;
TERNAY Jean-Fran&#231;ois, POUCHELET Marcel, ROSTENE William &lt;br class='autobr' /&gt;
COZZONE Patrick&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique103" rel="directory"&gt;Le cerveau, ou le pilotage du chaos des interactions neuronales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des films sur l'&#233;tude scientifique du cerveau humain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/le_cerveau_de_la_biologie_moleculaire_aux_sciences_cognitives.882&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CHANGEUX Jean-Pierre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/le_cerveau_des_affects_et_des_emotions.861&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;KARLI Pierre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/voir_le_cerveau_penser.1308&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LE BIHAN Denis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/biotv/dessine_moi_un_cerveau.1642&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ZAVAGLIA David, HENRIOT Philippe&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/la_cartographie_du_systeme_cerebral.1222&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;MAZOYER Bernard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/le_cerveau_de_la_connaissance_physiologie_de_la_cognition_et_images_du_cerveau.859&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;MAZOYER Bernard (2&#232;me film)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/connaissances_et_pensee_mathematiques_les_bases_cerebrales_de_l_intuition_numerique.1019&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;DEHAENE Stanislas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs_au_lycee/le_cerveau_denis_le_bihan.6501&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Denis LEBIHAN&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/biotv/voir_et_comprendre_les_dysfonctionnements_du_cerveau.1524&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;William ROSTENE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/biotv/voyage_initiatique_dans_notre_cerveau.1526&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;HERV&#201;-MINVIELLE Anne, ROSTENE William&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/conscience_et_cerveau.1249&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;IMBERT Michel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/cerveau_chance_et_chaos.1320&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;KORN Henri&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_nice_sophia_antipolis/cerveau_langage_et_neuroplasticite_nouvelles_perspectives_en_psychologie_galina_iakimova.5838&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;IAKIMOVA Galina&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/les_fonctions_cerebrales.857&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;JEANNEROD Marc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/cerimes/ne_pour_organiser_avec_francisco_varela.12133&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;TROCME-FABRE H&#233;l&#232;ne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/science_en_cours/le_temps_des_neurones.43&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;TERNAY Jean-Fran&#231;ois, POUCHELET Marcel, ROSTENE William&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/l_imagerie_medicale_par_resonance_magnetique.928&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;COZZONE Patrick&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les travaux de Jean-Pierre Changeux, un neurobiologiste d&#233;terministe mat&#233;rialiste et r&#233;ductionniste</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2804</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2804</guid>
		<dc:date>2013-07-04T08:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les travaux de Jean-Pierre Changeux, un neurobiologiste d&#233;terministe mat&#233;rialiste et r&#233;ductionniste&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique103" rel="directory"&gt;Le cerveau, ou le pilotage du chaos des interactions neuronales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3546&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les travaux de Jean-Pierre Changeux, un neurobiologiste d&#233;terministe mat&#233;rialiste et r&#233;ductionniste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
