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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Trotsky en 1927 : &#171; La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. &#187;</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


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&lt;p&gt;Trotsky en 1927 : &#171; La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
Nouvelle &#233;tape &lt;br class='autobr' /&gt;
Fin d&#233;cembre 1927 &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. Celle-ci a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par la modification des rapports de classe. Le fait que l'Opposition soit en minorit&#233; &#224; l'int&#233;rieur du parti et ait &#224; subir des attaques constantes refl&#232;te la pression de la bourgeoisie russe et de la bourgeoisie mondiale sur l'appareil du gouvernement, de l'appareil (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique191" rel="directory"&gt;8- La contre-r&#233;volution&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;1927&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trotsky en 1927 : &#171; La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle &#233;tape&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin d&#233;cembre 1927&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. Celle-ci a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par la modification des rapports de classe. Le fait que l'Opposition soit en minorit&#233; &#224; l'int&#233;rieur du parti et ait &#224; subir des attaques constantes refl&#232;te la pression de la bourgeoisie russe et de la bourgeoisie mondiale sur l'appareil du gouvernement, de l'appareil d'&#201;tat sur celui du parti et de l'appareil du parti sur l'aile gauche, prol&#233;tarienne, du parti. L'Opposition est aujourd'hui le point sur lequel se concentrent les plus puissantes pressions contre la r&#233;volution &#224; l'&#233;chelle du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Danger de Thermidor&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dictature prol&#233;tarienne ou Thermidor ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Boukharine pose la question de cette fa&#231;on : si c'est une dictature prol&#233;tarienne, nous devons soutenir inconditionnellement tout ce qui est fait sous son nom. Si c'est Thermidor, alors nous devons mener contre tout cela une lutte sans merci. En fait, les &#233;l&#233;ments de Thermidor &#8211; en liaison avec l'ensemble de la situation internationale &#8211; se sont d&#233;velopp&#233;s dans le pays au cours des derni&#232;res ann&#233;es bien plus vite que les &#233;l&#233;ments de la dictature. La d&#233;fense de la dictature signifie la lutte contre les &#233;l&#233;ments de Thermidor, pas seulement dans le pays tout entier, mais dans l'appareil d'&#201;tat et les couches influentes du parti lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, m&#234;me dans un processus de retour en arri&#232;re, il doit venir un point critique o&#249; la quantit&#233; se change en qualit&#233;, c'est-&#224;-dire le moment o&#249; le pouvoir d'&#201;tat change de nature de classe et devient un pouvoir bourgeois ? Ce point n'est-il pas d&#233;j&#224; atteint ? Un ouvrier, individuellement et tirant les le&#231;ons de sa vie quotidienne, peut en arriver &#224; la conclusion que le pouvoir n'est plus aux mains de la classe ouvri&#232;re : &#224; l'usine, l'autorit&#233; supr&#234;me est le &#171; triangle &#187;, la critique a &#233;t&#233; interdite et, dans le parti, l'appareil est tout-puissant ; dans le dos des organisations sovi&#233;tiques, ce sont des bureaucrates qui donnent les ordres, etc. Mais il suffit d'examiner cette question du point de vue des classes bourgeoises &#224; la ville et &#224; la campagne pour voir tout &#224; fait clairement que le pouvoir n'est pas entre leurs mains. Ce qui est en train de se passer, c'est la concentration du pouvoir entre les mains de ces organes bureaucratiques qui reposent sur la classe ouvri&#232;re, mais qui tendent toujours plus vers les couches sup&#233;rieures de la petite bourgeoisie des villes et des campagnes et se m&#233;langent partiellement avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le danger de Thermidor est une lutte de classe. La lutte pour arracher le pouvoir des mains d'une autre classe est une lutte r&#233;volutionnaire. La lutte pour des changements &#8211; parfois d&#233;cisifs, mais toujours sous le r&#232;gne de la m&#234;me classe &#8211; est une lutte r&#233;formiste. Le pouvoir n'a pas encore &#233;t&#233; arrach&#233; des mains du prol&#233;tariat. Il est encore possible de redresser notre ligne politique actuelle, d'&#233;carter les &#233;l&#233;ments de dualit&#233; de pouvoir et de renforcer la dictature par des mesures de type r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;&#233;minence, dans le parti et par cons&#233;quent dans le pays &#233;galement, est aux mains de la fraction de Staline qui poss&#232;de tous les traits du centrisme &#8211; et, qui plus est, d'un centrisme dans une p&#233;riode de recul, pas de mont&#233;e. Cela signifie de petits zigzags &#224; gauche et de grands zigzags &#224; droite. Il n'est pas douteux que le dernier geste &#224; gauche (le manifeste pour l'anniversaire) va obliger &#224; apaiser la droite et ceux qui sont les vraies sources de son soutien dans le pays &#8211; en fait, pas en paroles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zigzags &#224; gauche ne s'expriment pas seulement par des manifestes b&#226;cl&#233;s d'anniversaire. L'insurrection de Canton est indiscutablement un zigzag aventuriste de l'I.C. &#224; gauche, apr&#232;s qu'aient &#233;t&#233; pleinement r&#233;v&#233;l&#233;es les cons&#233;quences d&#233;sastreuses de la politique menchevique suivie en Chine. L'&#233;pisode de Canton constitue une r&#233;p&#233;tition, en pire et en plus pernicieux du putsch d'Esthonie en 1924, apr&#232;s qu'on e&#251;t laiss&#233; passer la situation r&#233;volutionnaire de 1923 en Allemagne. Le menchevisme plus l'aventurisme bureaucratique ont port&#233; &#224; la r&#233;volution chinoise un double coup : il n'est pas douteux que le prix de l'insurrection de Canton sera un nouveau zigzag, beaucoup plus ample, &#224; droite, dans le domaine de la politique internationale et particuli&#232;rement en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che objective d'un r&#233;gime thermidorien serait de transf&#233;rer les leviers de commande politiques principaux aux mains de la gauche des nouvelles classes poss&#233;dantes. La condition la plus importante &#8211; mais pas la seule &#8211; de la victoire de Thermidor serait un &#233;crasement de l'Opposition tel qu'il n'y aurait plus &#224; en avoir &#171; peur &#187;. Dans les appareils du parti et de l'&#201;tat, les brasseurs d'affaires qui ont r&#233;ussi, en utilisant tous les fils, &#224; s'unir par toutes sortes de liens avec la soci&#233;t&#233; bourgeoise nouvelle, prendraient le pas sur les politiques purs, les centristes, les gens de l'appareil stalinien qui effraient les ouvriers avec l'opposition, pr&#233;servant ainsi temporairement leur &#171; ind&#233;pendance &#187;. Quant &#224; ce que deviendraient alors les centristes de l'esp&#232;ce stalinienne, c'est une question secondaire. Peut-&#234;tre quelques-uns d'entre eux se d&#233;tacheraient-ils pour se porter &#224; gauche. Le reste, bien plus nombreux, se retirerait purement et simplement du jeu. Une troisi&#232;me cat&#233;gorie renoncerait &#224; l'ind&#233;pendance imaginaire actuelle du centrisme et ses hommes entreraient dans la nouvelle combinaison, purement thermidorienne. Voil&#224; ce que serait la premi&#232;re &#233;tape de la marche au pouvoir de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui provoque le reflux ? La pression des forces de classe anti-prol&#233;tariennes sur l'&#201;tat sovi&#233;tique pouvait rencontrer une r&#233;sistance organis&#233;e seulement de la part des vieux cadres du parti et de la partie ouvri&#232;re de l'appareil de l'&#201;tat et du parti. Cependant, la partie ouvri&#232;re de l'appareil d'&#201;tat qui, autrefois, se s&#233;parait nettement des cadres des anciens intellectuels bourgeois et n'avait pas confiance en eux, s'est, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, d&#233;tach&#233;e toujours plus de la classe ouvri&#232;re, se rapprochant, par ses conditions de vie et d'existence, des couches intellectuelles de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, et elle est devenue plus complaisante &#224; l'&#233;gard de l'influence des ennemis de classe. D'autre part, le gros du prol&#233;tariat, qui avait donn&#233; son avant-garde &#224; l'appareil bureaucratique de l'&#201;tat, apr&#232;s la formidable tension des premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution, a manifest&#233; une grande passivit&#233; politique. Au cours de la p&#233;riode de reconstruction, quand sa situation mat&#233;rielle s'est am&#233;lior&#233;e rapidement, les d&#233;faites de la r&#233;volution au plan international ont pes&#233; lourd dans ce sens. Il faut ajouter l'influence du r&#233;gime du parti. Le prol&#233;tariat charrie encore largement avec lui l'h&#233;ritage du pass&#233; capitaliste. Les premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution ont port&#233; au premier plan les &#233;l&#233;ments les plus actifs de la classe, les plus r&#233;volutionnaires, les plus bolcheviques. A l'heure actuelle, ceux qui sont devant, ce sont l'&#233;lite des domestiques, de ceux qui savent courber l'&#233;chine. Les &#233;l&#233;ments &#171; remuants &#187; sont mis &#224; l'&#233;cart et pourchass&#233;s et c'est une source d'affaiblissement du parti et de la classe. Cela les d&#233;sarme devant l'ennemi. Ainsi la pression grandissante des forces bourgeoises sur l'&#201;tat ouvrier s'est-elle jusqu'&#224; pr&#233;sent exerc&#233;e sans se heurter &#224; une r&#233;sistance active de la masse essentielle du prol&#233;tariat. Une telle situation ne peut se prolonger ind&#233;finiment. Il y a tout lieu de penser que l'int&#233;r&#234;t manifest&#233; par les masses des ouvriers sans-parti pour la discussion d'avant le 15e congr&#232;s en liaison avec la campagne des contrats collectifs, montre que de larges masses ouvri&#232;res commencent &#224; s'&#233;veiller et &#224; s'int&#233;resser aux probl&#232;mes politiques fondamentaux d'aujourd'hui en m&#234;me temps que commence &#224; s'emparer d'eux l'inqui&#233;tude pour le sort de la dictature prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure que grandira l'activit&#233; du prol&#233;tariat, la demande adress&#233;e &#224; l'opposition dans les milieux ouvriers grandira &#233;galement. Au cours des ann&#233;es o&#249; elle a lutt&#233; contre le reflux &#224; l'int&#233;rieur du parti (1923-1927), l'Opposition n'a pu que freiner ce processus. On ne peut s&#233;rieusement arr&#234;ter semblable processus autrement que par le d&#233;veloppement de la lutte de classe du prol&#233;tariat, dirig&#233;e contre la nouvelle bourgeoisie, contre les influences non prol&#233;tariennes qui s'exercent sur l'&#201;tat ouvrier, et contre l'imp&#233;rialisme mondial. Le prol&#233;tariat est habitu&#233; &#224; prendre conscience des dangers et &#224; r&#233;agir contre eux par l'interm&#233;diaire de son parti. Le monopole dont le parti jouit depuis 1917 a encore renforc&#233; son r&#244;le. La gravit&#233; de la situation consiste en ce que le r&#233;gime du parti freine et paralyse l'activit&#233; du prol&#233;tariat en m&#234;me temps que la th&#233;orie officielle du parti le tranquillise et l'endort. C'est pour cette raison et dans de telles conditions que l'Opposition porte une grande responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oustrialovisme et menchevisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boukharine op&#232;re un rapprochement entre le point de vue de l'Opposition et celui d'Oustrialov. En quoi est-ce le clou du caract&#232;re charlatanesque de cette th&#233;orie ? Oustrialov parle ouvertement du caract&#232;re in&#233;luctable de Thermidor, &#233;tape du salut dans le d&#233;veloppement national de la r&#233;volution d'Octobre. L'Opposition, elle, parle du danger de Thermidor et montre la voie de la lutte contre ce danger. Comme il glisse vers la droite, le centrisme est oblig&#233; de se fermer les yeux devant le danger et de nier m&#234;me sa possibilit&#233;. Il n'est pas possible de rendre &#224; Thermidor un service plus grand que de nier la r&#233;alit&#233; du danger thermidorien. La tentative de rapprocher le point de vue de l'Opposition sur Thermidor de celui des mencheviks n'est pas moins charlatanesque. Les mencheviks estiment que le danger bonapartiste a sa source essentielle dans le r&#233;gime de la dictature prol&#233;tarienne, que l'erreur principale est de compter sur la r&#233;volution mondiale, qu'une politique juste exige un repli dans les limites &#233;conomiques et politiques de la bourgeoisie et que, pour se sauver de Thermidor et du bonapartisme, il faut revenir &#224; la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire au r&#233;gime parlementaire bourgeois. L'Opposition, pour sa part, ne nie nullement le danger de Thermidor, mais, bien au contraire, s'efforce de concentrer sur lui l'attention de l'avant-garde prol&#233;tarienne, car elle pense que la source politique principale de ce danger r&#233;side dans le comportement insuffisamment ferme de la dictature prol&#233;tarienne, l'insuffisance des liens avec la r&#233;volution mondiale, un esprit de conciliation excessif &#224; l'&#233;gard de la bourgeoisie, de l'int&#233;rieur comme de l'ext&#233;rieur. La d&#233;mocratie parlementaire n'est pour nous qu'une des formes de la domination du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le menchevisme est thermidorien d'un bout &#224; l'autre. Oustrialov, dans son thermidorianisme, est r&#233;aliste. Le menchevisme est utopique d'un bout &#224; l'autre. Est-il vraisemblable en effet qu'en cas de d&#233;faite de la dictature, celle-ci se transforme en d&#233;mocratie bourgeoise ? Non. C'est la moins vraisemblable de toutes les variantes. Jamais encore dans l'Histoire la dictature r&#233;volutionnaire n'a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la d&#233;mocratie. Thermidor, par son essence m&#234;me, est un r&#233;gime de transition de kerenskysme &#224; rebours. Le kerenskysme de 1917 a couvert la dualit&#233; du pouvoir, s'est d&#233;battu dans son cadre et, contre son gr&#233;, a servi au prol&#233;tariat pour arracher le pouvoir des mains de la bourgeoisie. L'av&#232;nement du r&#233;gime thermidorien signifierait d&#233;cr&#233;ter &#224; nouveau la dualit&#233; du pouvoir &#8211; avec pr&#233;pond&#233;rance de la bourgeoisie &#8211; et, de nouveau, ce r&#233;gime, contre son gr&#233;, aiderait la bourgeoisie &#224; arracher le pouvoir des mains du prol&#233;tariat. Le r&#233;gime thermidorien, par nature, ne pourrait durer ind&#233;finiment. Son r&#244;le objectif consisterait &#224; couvrir l'accession au pouvoir de la bourgeoisie &#224; travers les organismes sovi&#233;tiques familiers aux travailleurs. Mais la r&#233;sistance du prol&#233;tariat, ses tentatives de se maintenir ou de regagner les positions perdues, deviendraient in&#233;vitables. Pour venir &#224; bout &#238;le telles tentatives et se renforcer v&#233;ritablement, la bourgeoisie &#233;prouverait d'urgence le besoin, non d'un r&#233;gime thermidorien, mais d'un r&#233;gime bien plus fort, beaucoup plus r&#233;solu, le plus vraisemblablement du bonapartisme, ou, plus actuel, du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mencheviks, en tant qu'aile gauche de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, combattraient sous le bonapartisme pour la l&#233;galit&#233;. Ce faisant, ils serviraient de soupape de s&#251;ret&#233; pour le r&#233;gime bourgeois. Les bolcheviks-l&#233;ninistes, cependant, combattraient pour la conqu&#234;te du pouvoir sous la forme de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du &#171; d&#233;lai &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question g&#233;n&#233;rale du danger thermidorien soul&#232;ve des questions plus concr&#232;tes. Quelle est la proximit&#233; de ce danger ? Thermidor n'a-t-il pas d&#233;j&#224; commenc&#233; ? Quels sont les indices r&#233;els sur son accomplissement ou non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du rythme auquel se produisent les divers changements est tr&#232;s importante pour notre tactique. Le rythme des nouveaux alignements politiques &#224; l'int&#233;rieur des classes et entre elles est beaucoup plus difficile &#224; d&#233;terminer que le rythme des processus &#233;conomiques dans le pays. En tout cas, ceux qui s'attendent &#224; ce que le processus de recul se poursuive au rythme actuel pendant des ann&#233;es font une grosse erreur. C'est, de toutes les perspectives, la plus improbable. Dans le processus de d&#233;clin, il pourra y avoir, et il y aura, des mouvements tr&#232;s brusques sous la pression des forces bourgeoisies de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur. Le temps qu'ils prendront, on ne peut le pr&#233;dire. Ce pourrait &#234;tre plus bref que nous le pensons. Ceux qui ne veulent pas s'en rendre compte, qui repoussent cette id&#233;e, seront in&#233;vitablement pris &#224; l'improviste. Il n'est pas besoin de rappeler que la capitulation de Zinoviev et Kamenev les a confront&#233;s, d&#232;s le tout d&#233;but, &#224; la n&#233;cessit&#233; d'enjoliver la situation, de minimiser le danger et d'endormir la gauche du parti. Quelques camarades ont li&#233; la question du rythme de Thermidor avec la question de la composition du C.C. en tant qu'incarnation de l'autorit&#233; du pouvoir et de la r&#233;volution. Aussi longtemps que les Oppositionnels ont &#233;t&#233; tol&#233;r&#233;s au C.C., ils ont jou&#233; le r&#244;le de frein sur ceux qui reculaient et la politique du C.C., selon les termes de Tomsky, n'&#233;tait &#171; ni chair ni poisson &#187;, c'est-&#224;-dire que le recul vers Thermidor rencontrait de la r&#233;sistance &#224; l'int&#233;rieur. L'&#233;limination du C.C. des Oppositionnels &#8211; c'est ce que pensaient les camarades que j'ai mentionn&#233;s &#8211; signifierait que ceux qui op&#232;rent cette retraite ne pouvaient plus collaborer avec les repr&#233;sentants de la ligne prol&#233;tarienne internationale. Cela signifierait donc le d&#233;but officiel de Thermidor. Cette mani&#232;re de poser la question est pour le moins incompl&#232;te et, pour cette raison, ne peut conduire qu'&#224; des conclusions fausses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force de l'Opposition consiste en ce que, arm&#233;e de la m&#233;thode marxiste, elle peut pr&#233;voir le cours du d&#233;veloppement et mettre en garde. La &#171; force &#187; de la fraction stalinienne consiste dans son abandon de l'orientation marxiste : la fraction stalinienne joue aujourd'hui un r&#244;le que ne peuvent jouer que des gens qui portent des &#339;ill&#232;res, se dispensent de regarder &#224; gauche et &#224; droite et ne regardent pas devant eux les cons&#233;quences &#224; venir. La fraction stalinienne consid&#232;re les pr&#233;dictions marxistes de l'Opposition comme des injures personnelles, des calomnies, etc., r&#233;v&#233;lant en cela les caract&#232;res typiques de son &#233;troitesse d'esprit petite-bourgeoise. Et c'est pourquoi elle attaque l'Opposition avec une fureur redoubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie-t-il toutefois que l'exclusion et m&#234;me l'amputation de l'Opposition tout enti&#232;re constitue le passage &#224; Thermidor, devenu un fait accompli ? Non, il s'agit seulement de la pr&#233;paration &#224; Thermidor dans le cadre du parti. La fraction stalinienne, en abattant la barri&#232;re prol&#233;tarienne de gauche, est en train, contre son propre gr&#233;, de paver la voie &#224; la marche au pouvoir de la bourgeoisie. Mais ce ph&#233;nom&#232;ne n'est pas encore accompli, ni en politique, ni dans l'&#233;conomie, ni dans la culture, ni dans la vie quotidienne. Pour assurer dans la r&#233;alit&#233; la victoire de Thermidor, il est n&#233;cessaire en premier lieu de supprimer (ou de limiter) le monopole du commerce ext&#233;rieur, de r&#233;viser les instructions &#233;lectorales, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de pression thermidoriennes de m&#234;me que les forces de r&#233;sistance prol&#233;tariennes, pourront seulement se r&#233;v&#233;ler dans le proc&#232;s de la lutte r&#233;elle des classes. C'est pourquoi on ne peut pas consid&#233;rer la mise de l'Opposition hors du parti comme l'accomplissement d&#233;j&#224; effectu&#233; de Thermidor. A vrai dire, une telle appr&#233;ciation pourrait &#234;tre juste si la marche ult&#233;rieure des &#233;v&#233;nements montrait que, de l'int&#233;rieur du parti, il ne peut plus venir de nouveaux &#233;l&#233;ments &#224; l'Opposition et que, dans la classe ouvri&#232;re, il ne saurait surgir de nouvelles forces pour r&#233;sister &#224; l'assaut de la bourgeoisie, et que par suite, l'intervention d'une Opposition peu nombreuse ne serait que le dernier bouillonnement de la vague d'Octobre. On ne peut formuler une telle appr&#233;ciation parce qu'il n'y a pas de causes pour penser que le prol&#233;tariat, en d&#233;pit des ph&#233;nom&#232;nes de passivit&#233; et de luttes avort&#233;es, ph&#233;nom&#232;nes qui se sont manifest&#233;s dans son sein au cours de la p&#233;riode &#233;coul&#233;e, n'est pas capable de &#238;le fendre les conqu&#234;tes d'Octobre contre la bourgeoisie int&#233;rieure et ext&#233;rieure, ce qui signifierait capituler avant la lutte et sans lutte. Il est absolument hors de doute que la pouss&#233;e ult&#233;rieure &#224; droite grossira le flux vers l'Opposition des &#233;l&#233;ments ouvriers du parti, et augmentera l'influence de ses id&#233;es sur la classe ouvri&#232;re. La question du d&#233;lai dans lequel peut se produire Thermidor, et les chances de son succ&#232;s ou de son insucc&#232;s, cela, en g&#233;n&#233;ral, n'est pas et ne peut pas &#234;tre une question de pure analyse th&#233;orique ou de pronostic. Il s'agit de la lutte de forces vives. Le r&#233;sultat doit &#234;tre d&#233;termin&#233; dans l'action elle-m&#234;me. La lutte int&#233;rieure du parti, malgr&#233; toute son acuit&#233;, n'est qu'un pr&#233;lude &#224; l'&#233;poque des combats de classe. Toutes les t&#226;ches sont encore enti&#232;rement devant nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair, qu'en cas de marche plus rapide et plus favorable du mouvement r&#233;volutionnaire en Occident et en Orient, l'Opposition accomplira beaucoup plus facilement sa t&#226;che historique. Mais au cas o&#249; la R&#233;volution mondiale serait diff&#233;r&#233;e, la lutte ne serait nullement sans espoir. L'Opposition ne se chargera certes pas de construire le socialisme dans un seul pays. Si l'on part du fait que l'imp&#233;rialisme demeurera victorieux en Occident et en Orient pendant plusieurs ann&#233;es, ce serait un pur enfantillage de penser que le prol&#233;tariat en U.R.S.S. pourrait garder le pouvoir et construire le socialisme contre l'imp&#233;rialisme mondial victorieux. Mais une telle sorte de perspective mondiale n'est en rien fond&#233;e. Les contradictions de l'&#233;conomie mondiale ne s'adoucissent pas, mais s'aiguisent. Ce ne seront pas les grandes commotions qui manqueront. Cela, l'Opposition l'a pr&#233;cis&#233;ment enseign&#233;, par exemple, lors des &#233;v&#233;nements de Chine, du Comit&#233; anglo-russe etc. Les succ&#232;s dans cette voie sont seulement possibles &#224; condition que soient assur&#233;es la d&#233;fense et la pratique du bolchevisme v&#233;ritable, f&#251;t-ce, pour un temps, &#224; titre de petite minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si m&#234;me tout le d&#233;veloppement de la lutte dans la prochaine p&#233;riode se montrait enti&#232;rement d&#233;favorable &#224; la dictature du prol&#233;tariat en U.R.S.S., et aboutissait &#224; sa chute, alors, m&#234;me dans ce cas, le travail de l'Opposition garderait toute son importance. L'ach&#232;vement de Thermidor signifierait in&#233;luctablement la scission du parti. L'Opposition serait l'expression des cadres r&#233;volutionnaires, et dans ce cas formerait, non &#171; un deuxi&#232;me parti &#187;, mais le prolongement historique du parti bolchevique. Le &#171; deuxi&#232;me &#187; parti serait form&#233; par l'union des &#233;l&#233;ments bureaucratiques et propri&#233;taires, poss&#233;dant d&#233;j&#224; leur point d'appui sur le flanc droit. Le deuxi&#232;me parti ne serait, &#224; vrai dire, qu'une &#233;tape pour la bourgeoisie imp&#233;rialiste int&#233;rieure et &#233;trang&#232;re. La t&#226;che du parti bolchevique, apr&#232;s la r&#233;volution bourgeoise, consisterait &#224; pr&#233;parer la deuxi&#232;me r&#233;volution prol&#233;tarienne. Aujourd'hui, toutefois, il s'agit de pr&#233;venir un tel d&#233;veloppement, en ayant recours au noyau prol&#233;tarien du parti et &#224; la classe ouvri&#232;re dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perspectives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti une fois formellement amput&#233; de l'Opposition, les classes non prol&#233;tariennes se sentiront beaucoup plus d'assurance. Leur pression se renforcera encore. Les formes et m&#233;thodes de cette pression se feront toujours plus vari&#233;es et plus enveloppantes : depuis la pression du chef d'&#233;quipe sur les ouvriers &#224; l'usine jusqu'&#224; la pression de la bourgeoisie europ&#233;enne et am&#233;ricaine dans la question du monopole du commerce ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si m&#234;me nous prenons comme point de d&#233;part cette supposition que la pression de la bourgeoisie int&#233;rieure et internationale doit se terminer victorieusement, (mais ceci n'est nullement r&#233;solu par avance) alors, m&#234;me en ce cas, il est impossible de s'imaginer que tout va se passer sans heurts, par le moyen d'un glissement acc&#233;l&#233;r&#233;, sans obstacles, sans tentatives de contre-pression prol&#233;tarienne de la part de la gauche. Pr&#233;cis&#233;ment, l'offensive croissante des classes non prol&#233;tariennes doit pousser des couches de plus en plus larges sur la voie de la lutte active. Pour &#171; diriger &#187; la d&#233;fense du noyau ouvrier du parti, aussi bien que de la classe ouvri&#232;re dans son ensemble, elles ont besoin de l'Opposition, m&#234;me en cas de d&#233;veloppement tr&#232;s d&#233;favorable des &#233;v&#233;nements. Il est inutile d'expliquer que le noyau prol&#233;tarien du parti et la classe ouvri&#232;re ne se tourneront vers l'Opposition que si celle-ci sait, dans toutes les questions de la vie et de la lutte des masses, montrer que ses points de vue correspondent aux int&#233;r&#234;ts m&#234;me du prol&#233;tariat. Cela suppose de l'activit&#233; de la part de l'Opposition, son intervention permanente dans tous les proc&#232;s &#233;conomiques, politiques et culturels de la vie ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction Staline se trouve non seulement sous la menace de la pression croissante venant de droite, mais aussi de l'in&#233;luctable r&#233;sistance de la gauche. Les stalinistes fulminent contre l'Opposition, esp&#233;rant se rendre eux-m&#234;mes ma&#238;tres de l'in&#233;luctable r&#233;sistance de la gauche contre les forces qui surgissent de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments de l'aile droite du parti, de m&#234;me que les &#233;l&#233;ments oustrialovistes de l'appareil d'&#201;tat, comprennent la n&#233;cessit&#233; de certaines man&#339;uvres vers la gauche, mais ils craignent que ces man&#339;uvres puissent aller trop loin. Les d&#233;ments du flanc droit, qui, appartenant ou non au parti, participent &#224; la solution de toutes les questions du parti, sont caract&#233;ris&#233;s par leur liaison organique avec les nouveaux propri&#233;taires. Ils ne peuvent accepter que des man&#339;uvres qui, si elles comportent certains &#171; sacrifices &#187; en faveur du prol&#233;tariat, ne compromettent pas la situation mat&#233;rielle des classes exploiteuses et ne r&#233;tr&#233;cissent pas leur r&#244;le politique. C'est pr&#233;cis&#233;ment de ce point de vue que se pose pour eux la question de la journ&#233;e de sept heures, la question des salaires, l'aide aux pauvres de la campagne, etc. Les man&#339;uvres de gauche ne sauveront pas la politique de Staline. La queue va frapper la t&#234;te. La croissance de l'aile droite s'exprime dans l'imm&#233;diat par la pr&#233;pond&#233;rance croissante de l'appareil de l'&#201;tat sur l'appareil du parti. Il est possible de suivre clairement la croissance de ce proc&#232;s au cours des deux ann&#233;es qui se sont &#233;coul&#233;es entre le 14e et le 15e Congr&#232;s. Le 14e Congr&#232;s du parti fut l'apog&#233;e de l'appareil du parti et en m&#234;me temps de Staline. Le 15e Congr&#232;s a r&#233;v&#233;l&#233; un s&#233;rieux d&#233;placement des forces vers la droite. Les fi&#232;res d&#233;clarations des fonctionnaires de l'appareil centriste, selon lesquelles ils vont d&#233;truire en passant l'aile droite aussi, ne se sont pas r&#233;alis&#233;es. Le bureau politique est demeur&#233; aussi oscillant qu'il l'&#233;tait avant le 15e Congr&#232;s. La composition du nouveau comit&#233; central et de la nouvelle commission centrale de contr&#244;le a introduit de nouvelles figures qui y sont entr&#233;es exclusivement en qualit&#233; de fonctionnaires. Le 15e Congr&#232;s a r&#233;v&#233;l&#233; l'affaiblissement de l'appareil du parti dans le syst&#232;me g&#233;n&#233;ral du r&#233;gime sovi&#233;tique. La lutte Staline-Rykov refl&#232;te dans une large mesure la lutte des deux appareils o&#249; se r&#233;fracte &#224; son tour la lutte de classe. La pression des classes non prol&#233;tariennes, largement et directement, se manifeste &#224; travers l'appareil d'&#201;tat. Cela ne signifie pas, toutefois, qu'elle se meut dans des cadres de classe bien clairs. Dans l'avenir, quand la politique de &#171; sur place &#187;, la politique qui consiste &#224; &#233;luder les questions, &#224; attendre, deviendra impossible, Staline pourra, avec succ&#232;s, enfourcher le cheval de droite et liquider Rykov. Tout simplement se mettre &#224; sa place. Mais m&#234;me cette question ne peut &#234;tre r&#233;solue sans de nouveaux d&#233;placements de forces et sans de profondes secousses dans le parti. Les difficult&#233;s &#233;conomiques s'approchent et menacent avec une force inexorable. L'Opposition a eu raison, aussi bien dans la compr&#233;hension de la situation &#233;conomique du pays que dans ses pr&#233;visions concernant la marche future des &#233;v&#233;nements. Les &#233;checs graves dans la r&#233;quisition de bl&#233; pendant le premier trimestre sont l'indication d'une atteinte s&#233;rieuse &#224; l'&#233;quilibre de toute l'&#233;conomie de l'U.R.S.S. Une entorse s&#233;rieuse a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; faite au plan d'exportation et par suite au plan d'importation. Le manque de produits alimentaires a d&#233;j&#224; contraint des centres ouvriers parmi les plus importants, comme L&#233;ningrad, &#224; passer au syst&#232;me de la carte de rationnement. La cause sp&#233;cifique des difficult&#233;s &#233;conomiques pour l'ann&#233;e 1927-1928 r&#233;side dans l'inflation mon&#233;taire. Celle-ci a aggrav&#233; les difficult&#233;s de notre &#233;conomie qui sont la cons&#233;quence du retard de l'industrie, de la disproportion etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inflation mon&#233;taire a &#233;t&#233; tout d'abord l'expression de ce fait que les d&#233;penses r&#233;elles de l'&#233;conomie d'&#201;tat sont devenues beaucoup plus fortes que ses revenus r&#233;els ; et deuxi&#232;mement qu'une telle situation dans notre pays m&#232;ne in&#233;luctablement &#224; porter atteinte &#224; la liaison entre la ville et la campagne. Il n'est possible d'obtenir les moyens r&#233;els d'industrialiser plus vite le pays qu'en ayant recours &#224; une s&#233;rieuse r&#233;vision de la r&#233;partition des revenus nationaux, r&#233;vision effectu&#233;e au b&#233;n&#233;fice des &#233;l&#233;ments socialistes de notre &#233;conomie. Faute de cela, m&#234;me le plan actuellement en cours d'ex&#233;cution pour les d&#233;penses de capital a d&#233;termin&#233; une situation tr&#232;s tendue des possibilit&#233;s d'&#233;mission de papier-monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte actuellement men&#233;e contre les difficult&#233;s &#233;conomiques (renforcement du ravitaillement des campagnes en marchandises industrielles en privant le march&#233; des villes) peut conduire &#224; des succ&#232;s partiels dans des compartiments s&#233;par&#233;s, au prix de nouvelles difficult&#233;s dans d'autres endroits. Toute la situation &#233;conomique r&#233;v&#232;le la faillite de la politique actuelle qui consiste &#224; trouver des solutions au coup par coup en fonction d'une ligne g&#233;n&#233;rale fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan de l'Opposition a &#233;t&#233; repouss&#233; ; le groupe Staline n'a aucun plan, tandis que les &#233;l&#233;ments de droite ont peur de parler &#224; haute voix de leurs v&#233;ritables intentions : telle est la situation de la direction &#233;conomique en ce moment. Ce qui est le plus vraisemblable, c'est que la situation &#233;conomique ult&#233;rieure devenant plus aigu&#235;, la ligne de la droite triomphera, et cela, la plate-forme de l'Opposition l'a pr&#233;vu d'une mani&#232;re absolument juste. A la base de la crise aigu&#235; qui se manifeste actuellement dans la situation &#233;conomique, il y a, comme racine, la disproportion entre l'&#233;conomie industrielle et l'&#233;conomie paysanne. Il n'est possible de faire dispara&#238;tre cette disproportion que de deux mani&#232;res : soit par les m&#233;thodes de r&#233;gulation du plan et par une politique appropri&#233;e des imp&#244;ts, des prix, des cr&#233;dits, etc., soit par les moyens &#233;l&#233;mentaires du march&#233;, non seulement du march&#233; int&#233;rieur qui, pour cela, est certainement insuffisant, mais aussi par les moyens du march&#233; ext&#233;rieur. La premi&#232;re voie, c'est la voie de la plus juste r&#233;partition des revenus nationaux. La seconde, c'est celle qui consiste &#224; supprimer aussi le monopole du commerce ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cl&#233; de la situation, c'est la question du monopole du commerce ext&#233;rieur. Il est hors de doute que la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur, ou sa limitation, qui toucherait &#224; son essence m&#234;me, m&#232;nerait dans les premiers temps &#224; une augmentation importante des forces productives. Les marchandises deviendraient meilleur march&#233;. Les salaires s'&#233;l&#232;veraient. Le pouvoir d'achat du rouble paysan grandirait. Mais l'ensemble signifierait la marche acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'&#233;conomie nationale vers la liaison avec le capital mondial Dans ces conditions, la dictature du prol&#233;tariat ne pourrait &#234;tre maintenue que pendant un court d&#233;lai, ne pouvant pas s'&#233;valuer en ann&#233;es. La restauration de la servitude capitaliste signifierait le partage, direct ou indirect, de la Russie en sph&#232;res d'influences ; elle serait entra&#238;n&#233;e dans la politique des secousses guerri&#232;res de l'imp&#233;rialisme mondial, avec la perspective de la ruine et du d&#233;p&#233;rissement, comme en Chine. Dans la premi&#232;re p&#233;riode, la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur donnerait indubitablement une impulsion aux forces productrices et une &#233;l&#233;vation temporaire du bien-&#234;tre des masses travailleuses. C'est pr&#233;cis&#233;ment dans ce sens qu'exerce sa pression le koulak, qui ne l&#226;che pas son bl&#233;, de m&#234;me que le capitaliste am&#233;ricain ne l&#226;che aucun cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas n&#233;cessaire de penser que la droite lancera le mot d'ordre de la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur. Il y a beaucoup de moyens d&#233;tourn&#233;s et partiels comme l'a montr&#233; l'Histoire, lors des instructions pour les &#233;lections aux soviets. Dans les premiers temps, la pression s'exercera par ces voies d&#233;tourn&#233;es. La revendication de la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur peut &#234;tre assez rapidement pr&#233;sent&#233;e sous sa forme la plus large. On dira aux ouvriers : &#171; Certes, L&#233;nine &#233;tait pour le monopole, mais tout d&#233;pend des conditions de temps et de lieu. Notre doctrine n'est pas un dogme. La situation a chang&#233;. Le d&#233;veloppement des forces productives exige aussi quelque chose d'autre. &#187; La politique actuelle, qui m&#232;ne &#224; une impasse, se prolongeant, il est absolument hors de doute que le mot d'ordre de la suppression par degr&#233;s du monopole du commerce ext&#233;rieur peut entra&#238;ner derri&#232;re lui une partie de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression de la droite s'exercera simultan&#233;ment dans plusieurs directions. La pr&#233;vision du syst&#232;me des &#233;lections vient de nouveau &#224; l'ordre du jour. La politique fiscale, les droits de l'administration sur les usines et fabriques, la politique des cr&#233;dits, et particuli&#232;rement dans les campagnes, etc., etc., toutes ces questions se poseront de nouveau sous la pression de la droite. Staline et son appareil se heurteront demain &#224; cette pression et r&#233;v&#233;leront leur impuissance devant elle. On peut &#233;carter les rykovistes et pr&#233;parer la destitution de Rykov lui-m&#234;me. Ces plaisanteries bureaucratiques ne r&#233;solvent pas la question. La pression de droite ne se r&#233;fracte pas seulement &#224; travers le groupe Rykov. Cette pression est elle-m&#234;me beaucoup plus profonde que la fraction Rykov. Elle provient des nouveaux poss&#233;dants et des bureaucrates qui lui sont li&#233;s. Il faut, ou bien s'appuyer sur ces nouveaux poss&#233;dants contre les ouvriers, ou bien s'appuyer sur les ouvriers contre leurs pr&#233;tentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela r&#233;uni signifie que la formation des fractions se fera scion un rythme puissant sur l'aile droite, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur du parti qu'en dehors. Le cercle de l'appareil ne viendra pas &#224; bout de la pression de classe. La logique de la situation est telle que le 15e Congr&#232;s, conform&#233;ment &#224; toutes les donn&#233;es, constitue le d&#233;but de la pouss&#233;e fractionnelle de droite du parti. Dans ces conditions, le r&#244;le de l'aile gauche sera d&#233;cisif pour le sort du parti et de la dictature du prol&#233;tariat. La critique de l'opportunisme, une juste orientation de classe, de justes mots d'ordre, l'&#233;ducation des meilleurs &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires du parti, ce travail est particuli&#232;rement n&#233;cessaire et obligatoire en tout temps et &#224; chaque occasion. La t&#226;che de l'Opposition consiste &#224; assurer la continuit&#233; du parti bolchevique authentique. Pendant une certaine p&#233;riode, cela signifiera aller contre le courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Opposition et l'Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du 15e congr&#232;s, d'apr&#232;s le compte rendu du comit&#233; central dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le moment pr&#233;sent, en Europe, le reflux, d'une faible dur&#233;e, de la vague r&#233;volutionnaire (apr&#232;s la d&#233;faite de la R&#233;volution allemande de 1923) se change de nouveau en une vague montante par l'&#233;l&#233;vation de l'activit&#233; combative du prol&#233;tariat, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons de cette fa&#231;on le premier aveu officiel fait ouvertement de ce qu'apr&#232;s la d&#233;faite de la r&#233;volution allemande en l'ann&#233;e 1923, le mouvement ouvrier a reflu&#233; en Europe &#8211; au moins sur le continent d'Europe &#8211; pendant environ quatre ann&#233;es. Que l'on allait avoir &#224; faire face &#224; ce reflux, cela pouvait et devait &#234;tre pr&#233;vu d&#233;j&#224; en novembre-d&#233;cembre 1923. C'est pr&#233;cis&#233;ment dans cette p&#233;riode que l'Opposition a pr&#233;dit que viendrait in&#233;luctablement une certaine &#171; pacification &#187; dans les rapports capitalistes, qu'on assisterait in&#233;luctablement &#224; une invasion croissante de la part de l'Am&#233;rique dans le domaine de l'&#233;conomie et de la politique europ&#233;enne, et que, parall&#232;lement &#224; cel&#224;, se produirait in&#233;luctablement un renforcement temporaire de la social-d&#233;mocratie au d&#233;triment du communisme. Alors, ce pronostic marxiste fut qualifi&#233; de liquidateur. Le 5e Congr&#232;s de l'Internationale, r&#233;uni en 1924, fut conduit, dans l'ensemble, de ce point de vue que la vague r&#233;volutionnaire continuerait probablement &#224; monter et que de l&#224; d&#233;coulait la t&#226;che d' &#171; organiser &#187; imm&#233;diatement la r&#233;volution. L'insurrection d'Estonie fut l'un des fruits les plus apparents de cette mani&#232;re d'envisager les choses. Ce que l'on a appel&#233; la &#171; bolchevisation &#187; des partis de l'Internationale, proclam&#233; par le 5e Congr&#232;s, en liaison avec la tendance &#224; &#233;carter des &#233;l&#233;ments r&#233;ellement indignes et corrompus, comportait aussi la lutte contre une juste appr&#233;ciation marxiste des phases de l'&#233;poque imp&#233;rialiste et de ses flux et reflux, appr&#233;ciation sans laquelle, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire du bolchevisme est impossible. La position fausse prise par le 5e Congr&#232;s a in&#233;vitablement aliment&#233; les erreurs et les tendances ultra-gauchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le reflux, au moment o&#249; il se produisit, e&#251;t r&#233;v&#233;l&#233; toute sa profondeur, la nouvelle direction de l'Internationale, devenue sage apr&#232;s coup, frappa les &#233;l&#233;ments de gauche des partis communistes. Le syst&#232;me de la permanence des dirigeants mis en pratique ces derni&#232;res ann&#233;es, n'a cess&#233; de se renforcer dans l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che la plus importante du 6e Congr&#232;s est d'appr&#233;cier d'une mani&#232;re juste les erreurs fondamentales de la position prise par le 5e Congr&#232;s et de condamner d'une mani&#232;re d&#233;cisive cette direction dont l'incurie et le suivisme en pr&#233;sence de chaque tournant brusque des &#233;v&#233;nements met sens dessus dessous les comit&#233;s centraux des sections nationales des partis et ainsi ne permet pas de former des cadres dirigeants capables de s'orienter dans le changement des p&#233;riodes de flux et de reflux du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la classe ouvri&#232;re d'Europe, on observe indubitablement un d&#233;placement vers la gauche. Il s'exprime par le renforcement de la lutte gr&#233;viste et l'augmentation des voix communistes, mais ce n'est que la premi&#232;re &#233;tape de ce d&#233;veloppement. Le nombre des voix social-d&#233;mocrates augmente parall&#232;lement &#224; celui des voix communistes, distan&#231;ant m&#234;me en partie ces derniers. Si ce processus se d&#233;veloppe et s'approfondit, une seconde phase se produira alors, avec le d&#233;but du d&#233;placement de la social-d&#233;mocratie vers le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simultan&#233;ment il faudra renforcer l'organisation des partis communistes, renforcement qu'il n'est pas encore possible de constater aujourd'hui. Un des plus grands obstacles &#224; la croissance et au renforcement des partis communistes, c'est l'orientation politique de l'Internationale et son r&#233;gime interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poursuite de l'attaque contre la gauche va entra&#238;ner un nouvel &#233;cart des ciseaux entre le cours droitier du parti et le d&#233;placement &#224; gauche de la classe ouvri&#232;re. Une situation r&#233;volutionnaire peut, dans une des plus prochaines &#233;tapes, se d&#233;clarer ouvertement dans les pays d'Europe avec la m&#234;me force et la m&#234;me acuit&#233; qu'&#224; Vienne. Toute la question r&#233;side dans la force des partis de l'Internationale communiste, dans leur ligne politique, dans leur direction. Les &#233;v&#233;nements r&#233;cents de Canton, compl&#233;ment aventurier de la politique menchevique, montrent que ce serait le plus grand crime de se cr&#233;er &#224; soi-m&#234;me quelque illusion que ce soit sur la ligne politique actuelle de la direction dans les questions internationales. Seule l'Opposition, par un travail syst&#233;matique, opini&#226;tre, pers&#233;v&#233;rant et ininterrompu, est capable d'aider les partis communistes d'Occident et d'Orient &#224; aller sur la voie bolchevique et &#224; se montrer &#224; la hauteur des situations r&#233;volutionnaires qui ne manqueront pas dans les ann&#233;es qui viennent. L'Opposition en U.R.S.S. ne peut remplir sa t&#226;che que comme facteur r&#233;volutionnaire. La rupture de Kamenev et de Zinoviev avec la gauche de l'Internationale n'en est que plus inadmissible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des deux partis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte officielle contre l'Opposition se m&#232;ne sous deux mots d'ordres essentiels : contre deux partis et contre le &#171; trotskysme &#187;. La pr&#233;tendue lutte de Staline contre deux partis masque la formation d'une dualit&#233; de pouvoir dans le pays et la formation d'un parti bourgeois sur le flanc droit du parti russe et sous le couvert de son drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute une s&#233;rie d'institutions et dans les bureaux des secr&#233;tariats, ont lieu des conf&#233;rences secr&#232;tes des membres de l'appareil du parti avec les sp&#233;cialistes et les professeurs partisans d'Oustrialov en vue d'&#233;laborer les m&#233;thodes et les mots d'ordre pour lutter contre l'Opposition. &#199;a, c'est la formation clandestine d'un deuxi&#232;me parti qui, par tous les moyens, s'efforce de subordonner, et, partiellement, subordonne le noyau prol&#233;tarien de notre parti en m&#234;me temps qu'il menace son aile gauche. Tout en masquant la formation de ce deuxi&#232;me parti, l'appareil accuse l'Opposition de s'efforcer de cr&#233;er un deuxi&#232;me parti, et cela pr&#233;cis&#233;ment parce que l'Opposition s'efforce de soustraire &#224; la pression croissante de la bourgeoisie le noyau prol&#233;tarien du parti (faute de quoi il serait en g&#233;n&#233;ral impossible de sauver l'unit&#233; du parti bolchevique). Ce serait pure illusion de penser qu'il est possible de maintenir la dictature du prol&#233;tariat, seulement par des adjurations verbales en faveur d'un parti indivisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question : un ou deux partis &#8211; pos&#233;e d'un point de vue concret, d'un point de vue de classe, et non d'un point de vue d'agitation verbale &#8211; sera r&#233;solue pr&#233;cis&#233;ment par la question de savoir si on r&#233;ussira &#224; &#233;veiller et &#224; mobiliser les forces de r&#233;sistance dans le parti et dans le prol&#233;tariat. L'Opposition ne peut atteindre ce but que si elle ne se laisse pas intimider par l'&#233;pouvantail des deux partis et par le charlatanisme en ce qui concerne le &#171; trotskysme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les th&#232;ses du camarade Zinoviev intitul&#233;es &#171; Bilan du pl&#233;num de juillet &#187;, il est dit ce qui suit &#224; propos de la question de deux partis :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si Staline exclut par paquets les oppositionnels du parti, il peut passer demain &#224; des exclusions bien plus massives. Oui, c'est ainsi. Et n&#233;anmoins, cela ne nous fait en aucun cas aboutir au &#171; mot d'ordre &#187; des &#171; deux partis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire se complique du fait que, sous le r&#233;gime de Staline, il n'est pas possible de lutter pour les id&#233;es de L&#233;nine autrement qu'en courant le risque d'&#234;tre exclu du parti. C'est tout &#224; fait indiscutable. Celui qui n'a pas r&#233;gl&#233; cette question pour lui-m&#234;me et se dit que tout vaut mieux que d'&#234;tre exclu du parti, ne peut, dans les conditions actuelles, combattre v&#233;ritablement pour le l&#233;ninisme ni prendre une position ferme d'&#171; oppositionnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il peut tr&#232;s bien arriver que des groupes importants d'Oppositionnels (et au nombre de ceux-ci tous les &#233;l&#233;ments dirigeants de l'Opposition), soient dans quelque temps chass&#233;s du parti. Et cependant, leur t&#226;che sera de continuer leur travail et quoique n'&#233;tant plus formellement membres du parti, de ne pas s'&#233;loigner d'un iota des enseignements de L&#233;nine. Leur t&#226;che sera, dans cette p&#233;riode particuli&#232;rement difficile, non pas de s'orienter vers la formation d'un deuxi&#232;me parti, mais de continuer &#224; s'orienter vers le redressement du parti, vers la correction de la ligne politique. Disons-le sans phrases : il est extr&#234;mement difficile pour un l&#233;niniste exclu du parti de coordonner son travail avec celui des l&#233;ninistes demeur&#233;s dans le parti. Mais faire cela est absolument n&#233;cessaire du point de vue de nos buts essentiels. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus loin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ainsi que l'atteste toute l'exp&#233;rience de la lutte, l'Opposition est unanime &#224; consid&#233;rer que la lutte pour l'unit&#233; du parti sur la base l&#233;niniste ne doit, en aucun cas, se r&#233;duire &#224; se mettre &#224; l'unisson de l'appareil, &#224; att&#233;nuer les divergences et &#224; baisser le ton politiquement. Lorsque les camarades se d&#233;tachent de l'opposition pour aller &#224; droite, ils n'invoquent pas pour expliquer leur d&#233;part, leur propre glissement vers le point de vue de Staline sur les questions int&#233;rieures et internationales, mais ils accusent l'Opposition de s'orienter vers le deuxi&#232;me parti. En d'autres termes, ils ne font que r&#233;p&#233;ter l'accusation lanc&#233;e par Staline afin de masquer leur propre reculade. &#187; (p. 14 et 15)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que nous ne sommes pas maintenant en juillet mais en d&#233;cembre ; ces lignes conservent pourtant aujourd'hui toute leur force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;p&#233;tons-le une fois encore. Si la droite, &#224; l'int&#233;rieur du parti et autour, se rassemblait et gagnait &#224; ses id&#233;es, au cours de la p&#233;riode prochaine, une fraction importante du noyau prol&#233;tarien du parti, la cr&#233;ation d'un second parti deviendrait in&#233;vitable, ce qui signifierait la chute de la dictature et par cons&#233;quent la d&#233;faite des travailleurs. C'est la voie politique de la victoire des oustrialovistes. La voie oppos&#233;e ne peut &#234;tre imagin&#233;e que sous la forme de l'isolement de l'aile droite au moyen de la lutte oppositionnelle contre le centrisme de l'appareil et pour gagner l'influence sur le noyau prol&#233;tarien du parti. La dictature du prol&#233;tariat ne peut pas se maintenir longtemps sur la base de d&#233;faites successives de la gauche prol&#233;tarienne. Au contraire, la dictature, non seulement est compatible avec l'isolement et la liquidation politique de l'aile droite, mais elle exige imp&#233;rieusement une telle liquidation. C'est pourquoi capituler devant le centrisme de l'appareil, au nom d'on ne sait qu'elle unit&#233; du parti, signifierait travailler directement et v&#233;ritablement pour l'existence de deux partis, c'est-&#224;-dire pour l'&#233;croulement de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation de Zinoviev et Kamenev&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'Opposition avait fait au congr&#232;s une d&#233;claration ferme et loyale &#8211; une d&#233;claration et non une demi-douzaine &#8211; si, sur aucune question politique, et en particulier, sur les causes du fractionnisme, elle n'avait agi contre sa conscience, notre situation serait incomparablement plus favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les h&#233;sitations dans les rangs de l'Opposition se sont produites, non pas &#224; la base, mais au sommet. La conduite des camarades Zinoviev et Kamenev constitue un fait absolument inou&#239; dans l'histoire du mouvement r&#233;volutionnaire, et m&#234;me, si l'on veut, dans l'histoire de la lutte politique en g&#233;n&#233;ral. Zinoviev et Kamenev ont formellement pris comme point de d&#233;part l'unit&#233; du parti consid&#233;r&#233;e comme le crit&#232;re supr&#234;me et, par leur conduite, ils ont affirm&#233; qu'on ne pouvait obtenir cette unit&#233; en luttant pour ses id&#233;es, mais seulement par une reculade sur le terrain des id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est pour le parti le bl&#226;me le plus impitoyable qu'on puisse imaginer. Cette conduite en effet contribue non &#224; pr&#233;server l'unit&#233; du parti, mais &#224; le d&#233;moraliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle justifie en quelque sorte les &#233;l&#233;ments de carri&#233;risme, de duplicit&#233;, de poursuite d'int&#233;r&#234;ts personnels. Refuser de d&#233;fendre ses positions revient &#224; justifier en particulier le comportement de cette large couche de membres du parti corrompus et born&#233;s qui pensent comme l'Opposition mais votent comme la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reculade de Zinoviev et de Kamenev r&#233;sulte de cette croyance mensong&#232;re selon laquelle il serait possible, dans n'importe quelle situation historique, de se tirer d'affaire en recourant &#224; d'astucieuses man&#339;uvres, au lieu de se maintenir sur une ligne politique principielle. C'est la pire caricature du l&#233;ninisme. Caract&#233;risant la politique de man&#339;uvre de L&#233;nine, nous disons dans notre plate-forme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De son temps (du temps de L&#233;nine), le parti a toujours connu les causes de la man&#339;uvre, sa signification, ses limites, la ligne en de&#231;&#224; de laquelle il ne faut pas reculer, et les positions desquelles doit partir &#224; nouveau l'offensive prol&#233;tarienne... Gr&#226;ce &#224; cela, l'arm&#233;e, tout en man&#339;uvrant, a toujours maintenu sa coh&#233;sion, et la conscience de ses buts. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces conditions de la man&#339;uvre l&#233;niniste ont &#233;t&#233; foul&#233;es aux pieds d'une mani&#232;re qui viole tous les principes, par Zinoviev et par Kamenev. Nourrir l'espoir que, dans quelques mois, le document capitulard sera &#171; enfoui &#187; sous de nouveaux &#233;v&#233;nements et sous de nouvelles luttes, c'est se tromper soi-m&#234;me de fa&#231;on pitoyable. Assur&#233;ment, les &#233;l&#233;ments indiff&#233;rents du parti passeront outre &#224; ce document, mais les cadres de la fraction staliniste, de m&#234;me que l'Opposition, ne l'oublieront pas et, au prochain tournant, l'&#233;voqueront devant la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation politique de Zinoviev et de Kamenev s'explique par la tentative de passer d'une position r&#233;volutionnaire &#224; une position centriste de gauche faisant contrepoids &#224; la position centriste de droite occup&#233;e par Staline. Le centrisme peut se maintenir longtemps dans une &#233;poque de d&#233;veloppement lent (le kautskysme avant la guerre) ; dans les conditions de l'&#233;poque actuelle, le centrisme est oblig&#233; d'abandonner rapidement ses positions et d'aller, soit &#224; gauche, soit &#224; droite. Lors de la mont&#233;e du mouvement ouvrier, il n'est pas rare de voir le centrisme de gauche constituer un pont menant vers la position r&#233;volutionnaire. Lors d'une p&#233;riode de d&#233;pression, comme c'est le cas actuellement, le centrisme de gauche n'est qu'un pont conduisant de l'Opposition vers Staline. Le groupe Zinoviev-Kamenev ne pourra jouer aucun r&#244;le ind&#233;pendant. Sa capitulation est un d&#233;placement de forces au sommet sous l'&#233;norme pression exerc&#233;e de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur sur l'aile r&#233;volutionnaire du parti russe et de l'Internationale. Les &#233;v&#233;nements &#171; enfouiront &#187; la d&#233;claration capitularde du 18 d&#233;cembre en ce sens seulement qu'ils enjamberont le groupe Zinoviev-Kamenev.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le &#171; Trotskysme &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zinoviev et Kamenev, qui ont pris une part dirigeante dans la cr&#233;ation de la l&#233;gende sur le trotskysme au cours des ann&#233;es 1924 et 1925, ont dit dans la d&#233;claration de juillet 1926 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A l'heure actuelle, personne ne peut plus mettre en doute que le noyau essentiel de l'Opposition de 1923 a justement mis en garde contre le danger d'un &#233;cart hors de la ligne prol&#233;tarienne et contre l'av&#232;nement mena&#231;ant du r&#233;gime de l'appareil. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est absolument clair que si l'Opposition de 1923 a, depuis plus de deux ans, mis en garde contre les dangers essentiels mena&#231;ant le parti et la dictature du prol&#233;tariat, accuser cette Opposition de ce que l'on a nomm&#233; le &#171; trotskysme &#187;, n'a pu que fournir une base pour les erreurs les plus graves dans la mani&#232;re de comprendre la situation ainsi que les t&#226;ches qui en d&#233;coulent. Conjointement avec les dirigeants de l'Opposition de 1923, Zinoviev et Kamenev ont &#233;labor&#233; les documents essentiels de l'Opposition, et parmi eux, le plus important de tous : la plate-forme Il est clair que les accusations de d&#233;viations petites-bourgeoises, de &#171; trotskysme &#187;, etc. se trouvent par l&#224; m&#234;me r&#233;duites en poussi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative attard&#233;e de relancer la lutte contre une &#171; rechute &#187; du trotskysme ne repr&#233;sente rien d'autre qu'une lamentable rechute de Zinoviev et Kamenev dans leurs propres erreurs de 1923, erreurs qui ont aid&#233; &#224; d&#233;placer le r&#233;gime du parti de la voie l&#233;niniste sur une voie glissant vers le mar&#233;cage du centrisme et de l'opportunisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan du bloc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation de Zinoviev et de Kamenev pose de nouveau la question de savoir si le bloc ne fut pas, dans l'ensemble, une erreur. Les divers camarades qui sont enclins &#224; formuler une telle conclusion, ne consid&#232;rent pas l'histoire du bloc dans son ensemble, mais seulement le maillon final de cette histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Opposition de 1923 a pris naissance &#224; Moscou, et celle de 1925-1926 &#224; L&#233;ningrad. L'aile droite du parti poss&#232;de sa base d'appui dans le Caucase du Nord, o&#249; la lutte entre les stalinistes et les rykovistes s'est d&#233;roul&#233;e sous sa forme la plus claire et la plus pr&#233;cise. Cette r&#233;partition des groupes politiques n'est pas due au hasard, et &#224; elle seule, elle explique le bloc entre Moscou et L&#233;ningrad, c'est-&#224;-dire le bloc entre les deux centres prol&#233;tariens les plus importants de notre Union. En d&#233;pit de telles ou telles vacillations se produisant au sommet, le bloc a &#233;t&#233; provoqu&#233; par de profondes pressions de classe. Parler dans ces conditions d'un &#171; bloc &#187; sans principes, c'est de la vulgaire m&#233;disance. Et, sur le plan des id&#233;es, l'Opposition de L&#233;ningrad, pr&#233;cis&#233;ment gr&#226;ce &#224; sa base prol&#233;tarienne hautement qualifi&#233;e, a introduit dans le bloc des &#233;l&#233;ments de tr&#232;s grande valeur. Le rapprochement entre les &#233;l&#233;ments ouvriers d'avant-garde de Moscou et de L&#233;ningrad, continuera, en d&#233;pit du fait que les &#233;l&#233;ments dirigeants de l'Opposition de L&#233;ningrad sont devenus des ren&#233;gats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire de m&#234;me en ce qui concerne l'Opposition dans l'Internationale. Les &#233;l&#233;ments les plus r&#233;volutionnaires, apr&#232;s les h&#233;sitations et les oscillations provoqu&#233;es dans une large mesure par les fameuses d&#233;cisions du 5e Congr&#232;s mondial, se trouveront progressivement les uns les autres. Les meilleurs &#233;l&#233;ments de l'Opposition de 1923 et de l'Opposition de 1925-1926 s'uniront &#224; l'&#233;chelle internationale. Le d&#233;part de Zinoviev et de Kamenev n'emp&#234;chera pas ce processus de s'accomplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appr&#233;ciation de la tactique de l'Opposition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire du bloc oppositionnel, on peut distinguer trois p&#233;riodes : a) d'avril 1926 au 16 octobre ; b) du 16 octobre 1926 au 8 ao&#251;t 1927 ; c) du 8 ao&#251;t au 15e Congr&#232;s. Chacune de ces p&#233;riodes est caract&#233;ris&#233;e par une mont&#233;e de l'activit&#233; oppositionnelle, puis, lorsque celle-ci atteint un niveau critique, par un ralentissement plus ou moins important accompagn&#233; de d&#233;clarations de refus d'une activit&#233; fractionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; caract&#232;re cyclique &#187; original de la tactique oppositionnelle am&#232;ne &#224; penser qu'il s'agit en l'esp&#232;ce de quelques causes d'ordre g&#233;n&#233;ral. II est n&#233;cessaire de les rechercher d'une part dans les conditions g&#233;n&#233;rales de la dictature prol&#233;tarienne au sein d'un pays o&#249; la paysannerie est nombreuse, et, d'autre part, dans les conditions particuli&#232;res cr&#233;&#233;es par le reflux de la vague r&#233;volutionnaire et sa lutte contre l'aile gauche, l'appareil est arm&#233; de toutes les m&#233;thodes et de tous les moyens de la dictature. L'Opposition ne dispose comme arme que de la propagande. Les discours, l'utilisation du &#171; prestige &#187; des individualit&#233;s, la &#171; soudure &#187; avec les sans-parti, l'occupation de locaux de r&#233;unions, les mots d'ordre lanc&#233;s, ainsi que les pancartes dans les rues, lors du 7 novembre, tout cela, ce sont les formes diverses de la propagande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appareil tente de transformer ces armes de propagande en formes embryonnaires de fraction d'abord, puis de parti et de guerre civile. L'Opposition refuse de s'engager sur cette voie. Elle atteint chaque fois la limite o&#249; l'appareil la place devant la n&#233;cessit&#233; de renoncer aux m&#233;thodes et proc&#233;d&#233;s de propagande qu'elle utilisait. Les trois d&#233;clarations de l'Opposition, 16 octobre, 8 ao&#251;t et celle de novembre-d&#233;cembre, ont eu pour but de montrer encore et toujours &#224; la masse du parti que l'Opposition se fixe comme t&#226;che, non le deuxi&#232;me parti et la guerre civile, mais le redressement de la ligne suivie par le parti et par l'&#201;tat par une r&#233;forme profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui critiquent la tactique suivie par l'Opposition, un instant, sur son caract&#232;re de &#171; marche en zig-zag &#187;, raisonnent comme si l'Opposition d&#233;terminait librement sa tactique, et font abstraction de la pression fr&#233;n&#233;tique d'une masse d'ennemis, de l'omnipotence de l'appareil, du glissement politique de la direction, de la passivit&#233; relative des masses ouvri&#232;res etc. Il n'est possible de comprendre la tactique de l'Opposition, avec ses in&#233;luctables contradictions internes, que si l'on n'oublie pas que l'Opposition nage contre le courant, luttant contre les difficult&#233;s et des obstacles jusque-l&#224; inconnus dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les cas o&#249; ceux qui critiquent ne se bornent pas &#224; des consid&#233;rations fragmentaires et partielles, parfois fond&#233;es et parfois non fond&#233;es, mais tentent d'opposer &#224; notre tactique, issue des conditions pos&#233;es par la r&#233;alit&#233;, telle autre tactique, ils donnent habituellement et tout simplement un point d'appui pour l'appel &#224; la capitulation. Quant aux v&#233;ritables capitulards, ceux-ci tentent de caract&#233;riser la tactique actuelle de l'Opposition par cette formule : &#171; Ni paix, ni guerre. &#187; Par la &#171; paix &#187;, ils entendent la capitulation ; par la &#171; guerre &#187; ils entendent deux partis. Mais les th&#232;ses de Zinoviev lui-m&#234;me sur le bilan du pl&#233;num de juillet 1927, d'un bout &#224; l'autre, sont impr&#233;gn&#233;es de cette pens&#233;e : Ni capitulation, ni deuxi&#232;me parti. Telle fut toute la ligne suivie par l'Opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux l&#226;cheurs, il arrive toujours de cracher sur ce qu'ils ont fait la veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun manuel n'enseigne les moyens de redresser une dictature prol&#233;tarienne plac&#233;e sous le coup de Thermidor. Il faut chercher la m&#233;thode en partant de la situation r&#233;elle. Ces moyens seront trouv&#233;s si l'orientation fondamentale est juste. Quelques conseils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. &#8211; L'auto-&#233;ducation th&#233;orique est une t&#226;che essentielle pour chaque oppositionnel et l'unique gage s&#233;rieux de sa fermet&#233;. L'&#233;tude du compte-rendu st&#233;nographique du 15e Congr&#232;s du parti &#224; la lumi&#232;re des contre-th&#232;ses de l'Opposition et des faits nouveaux de la vie politique et &#233;conomique doit constituer le contenu principal du travail de tout oppositionnel dans la dispersion qui a succ&#233;d&#233; &#224; la dissolution de la fraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. &#8211; Un oppositionnel, ind&#233;pendamment du fait qu'il demeure dans le parti ou en soit exclu, doit militer activement dans toutes les organisations prol&#233;tariennes et sovi&#233;tiques en g&#233;n&#233;ral (parti, syndicats, soviets, clubs, etc.). &#201;tant donn&#233; cela, un oppositionnel ne peut, en aucun cas, limiter son r&#244;le &#224; la critique ; il doit accomplir le travail positif mieux et plus consciencieusement que les fonctionnaires salari&#233;s. C'est seulement sur cette base que la critique faite du point de vue des principes trouvera acc&#232;s dans la conscience des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. &#8211; Il est n&#233;cessaire d'en appeler &#224; l'Internationale pour chercher &#224; poser devant le 16e Congr&#232;s la question de l'Opposition dans toute sa pl&#233;nitude.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>The Struggle of Revolution for State Power</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8347</link>
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		<dc:date>2025-08-22T05:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>1927</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Leon Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
The Struggle for State Power &lt;br class='autobr' /&gt;
(1917) &lt;br class='autobr' /&gt;
Peace and Reaction (May 1917) &lt;br class='autobr' /&gt;
In a session of the National Duma held March 3, 1916 M. Miliukov replied as follows to a Criticism from the left : &#8220;I do not know for certain whether the government is leading us to defeat &#8211; but I do know that a revolution in Russia will unquestionably lead us to a defeat, and our enemies, therefore, have good reason to thirst for it. If anyone should say to me that to organize Russia for victory is (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;1927&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Leon Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Struggle for State Power&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1917)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peace and Reaction&lt;br class='autobr' /&gt;
(May 1917)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In a session of the National Duma held March 3, 1916 M. Miliukov replied as follows to a Criticism from the left : &#8220;I do not know for certain whether the government is leading us to defeat &#8211; but I do know that a revolution in Russia will unquestionably lead us to a defeat, and our enemies, therefore, have good reason to thirst for it. If anyone should say to me that to organize Russia for victory is equivalent to organizing her for revolution, I should answer : It is better, for the duration of the war, to leave her unorganized, as she is.&#8221; This quotation is interesting in two ways. It is not only a proof that, as late as last year, M. Miliukov considered pro-German interests to be at work not in internationalism alone, but in any revolution at all ; it is also a typical expression of liberal sycophancy. Extremely interesting is M. Miliukov's prediction : &#8220;I know that revolution in Russia will unquestionably lead us to defeat.&#8221; Why this certainty ? As an historian, M. Miliukov must know that there have been revolutions that led to victory. But as an imperialist statesman, M. Miliukov cannot help seeing that the idea of the conquest of Constantinople, Armenia and Galicia is not capable of arousing the spirit of the revolutionary masses. M. Miliukov felt, and even knew, that in his war, revolution could not bring victory with it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To be sure, when the revolution broke out M. Miliukov at once attempted to harness it to the chariot of allied imperialism. That is the reason why he was greeted with delight by the sonorous, metallic reverberations of all the bank-vaults of London, Paris and New York. But this attempt met with the almost instinctive resistance of the workers and the soldiers. M. Miliukov was thrown out of the Ministry : the Revolution evidently, did not mean victory for him.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miliukov went, but the war remained. A coalition government was formed, consisting of petty bourgeois democrats and those representatives of the bourgeoisie that had hitherto concealed, for a time, their imperialist claws. Perhaps nowhere did this combination display its counter-revolutionary character better than in the domain of international politics, that is, above all, in the war. The big bourgeoisie sent its representatives to the cabinet in the name of &#8220;an offensive on the front and unalterable fidelity to our allies&#8221; (resolution of the Cadet Conference). The petty bourgeois democrats, who call themselves &#8220;Socialists&#8221;, entered the Cabinet in order, &#8220;without tearing themselves away&#8221; from the big bourgeoisie and their world allies, to conclude the war in the quickest possible manner and with the least possible offence to all the participants : without annexations, without indemnities and contributions, and even with a guarantee of national self-determination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The capitalist ministers renounced annexations, until a more favourable time ; in return for this purely verbal concession they received from their petty bourgeois democratic colleagues a binding promise not to desert the ranks of the allies, to reinvigorate the army and make it capable of resuming the offensive. In renouncing Constantinople (for the moment) the imperialists were making a rather worthless sacrifice, for, in the course of three years of war, the road to Constantinople had become not shorter, but longer. But the democrats, to compensate the purely platonic renunciation of a very doubtful Constantinople by the Liberals, took over the whole heritage of the Czarist government, recognized all the treaties which that government had concluded, and put all the authority and prestige of the revolution in the service of discipline and the offensive. This bargain involved, first of all, a renunciation, on the part of the &#8220;leaders&#8221; of the Revolution, of any such thing as an independent international policy : this conclusion was only natural to the petty bourgeois party, which when it was in the majority, willingly surrendered all its power. Having handed over to Prince Lvov the duty of creating a revolutionary administration ; to M. Shingariev the task of re-making the finances of the Revolution, to M. Konovalov, that of organizing industry ; petty bourgeois democracy could not help handing over to Messrs. Ribot, Lloyd George and Wilson the charge of the international interests of revolutionary Russia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Even though the Revolution, in its present phase, has not therefore altered the character of the war, it has nevertheless exerted a profound influence on the living agent of the war, namely, the army. The soldier began asking himself what it was for which he was shedding his blood, upon which he now set a higher price than under Czarism. And immediately the question of the secret treaties came up and became imperative. To restore the &#8220;preparedness&#8221; of the army under these circumstances meant breaking up the revolutionary-democratic resistance of the soldiers, putting to sleep again their newly-awakened political sense, and, until the &#8220;revision&#8221; of the old treaties should be announced as a principle, placing the revolutionary army in the service of the same old objects. This task was more than a match for the Octobrist-Bourbon Guchkov, who broke down under it. Nothing less than a &#8220;socialist&#8221; would do for this purpose. And he was found in the person of the &#8220;most popular&#8221; of the ministers, Kerensky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citizen Kerensky exposed his theoretical equipment at one of the first sessions of the All-Russian Congress. One can hardly imagine anything more insipid than his provincial, complacent truisms on the French Revolution and on Marxism. Citizen Kerensky's political formulas were characterized neither by originality nor by depth. But he possesses, indisputably, the talent of bestowing on Philistine reaction the necessary revolutionary trimmings. In the person of Kerensky the intelligent and semi-intelligent bourgeoisie recognized themselves, in more &#8220;representative&#8221; form, and in surroundings which are not those of everyday, but rather the trappings of melodrama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By lavishly exploiting his popularity in accelerating the preparedness for an offensive (on the entire imperialistic front of the Allies), Kerensky naturally becomes the darling of the possessing classes. Not only does Minister of Foreign Affairs Tereschenko express himself approvingly of the high esteem in which our Allies hold the &#8220;labours&#8221;of Kerensky ; not only does Riech, which so severely criticizes the Ministers of the Left, continually emphasize its favouritism toward the Minister of the Army and Navy, Kerensky &#8211; but even Rodzianko considers it his duty to point out &#8220;the noble, patriotic endeavours&#8221; which our Minister of the Army and Navy, Kerensky, is engaged in : &#8220;this young man&#8221; (to quote the words of Rodzianko, the Octobrist Chairman of the Duma) &#8220;experiences (?) daily a new lease of life, for the benefit of his country and of constructive work.&#8221; Which glorious circumstance does not, however, in any way prevent Rodzianko from hoping that when the &#8220;constructive work&#8221; of Kerensky shall have attained the proper eminence, it may be succeeded by Ouchkov's labours instead.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meanwhile, Tereschenko's Department of Foreign Affairs is endeavouring to persuade the Allies to sacrifice their imperialist appetites on the altar of revolutionary democracy. It would be difficult to imagine any undertaking more fruitless, and &#8211; in spite of all the tragic humiliation of it &#8211; more ridiculous than this ! When M. Tereschenko in the manner of the provincial newspaper editorial of the democratic variety, endeavours to explain to the hardened ring-leaders of the international plunderbund that the Russian Revolution is really a &#8220;powerful intellectual movement, expressive of the will of the Russian people in its struggle for equality,&#8221; etc., etc. &#8211; when he furthermore &#8220;does not doubt&#8221; that &#8220;a close union between Russia and her allies (the hardened ring-leaders of the international plunderbund) will assure in the fullest measure an agreement on all the questions involved in the principles proclaimed by the Russian Revolution,&#8221; it is difficult to free one's self from a feeling of disgust at this medley of impotence, hypocrisy and stupidity.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The bourgeoisie secured for itself, in this document of Tereschenko's, it appears, all the decisive words : &#8220;unfaltering fidelity to the general cause of the allies,&#8221;&#8220;inviolability of the agreement not to make a separate peace,&#8221;and a postponement of the revision of the aims of the war until &#8220;a favourable opportunity&#8221; ; which amounts to asking the Russian soldier, until this &#8220;favourable opportunity&#8221; arrives, to shed his blood for those same imperialist aims of the war which it seems so undesirable to publish, so undesirable to revise. And Tseretelli's whole political horizon is revealed in the complacent smugness with which he recommended to the attention of the All-Russian Congress this diplomatic document in which &#8220;there is clear and open speech, in the language of a revolutionary government, concerning the strivings of the Russian Revolution.&#8221; One thing cannot be denied : the cowardly and impotent appeals addressed to Lloyd George and Wilson are couched in the same terms as the appeals of the Soviet Executive Committee addressed to Albert Thomas, the Scheidemanns and the Hendersons. In both there is all along the line an identity of purpose, and &#8211; who knows ? &#8211; perhaps even an identity of authorship. [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A perfect appreciation of these latest diplomatic notes of the Tereschenko-Tseretelli combination we shall find in a place where we might at first not expect to find it, namely, in L'Entente, a newspaper published in French in Petrograd, and the organ of those very Allies to whom Tereschenko and Chernov swear an &#8220;unfaltering allegiance&#8221;. &#8220;We readily admit,&#8221; says this paper, &#8220;that in diplomatic circles the appearance of this note was awaited with a certain concern ...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In fact it is not easy, as this official organ admits, to find a formulation of the conflicting aims of the Allies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;As far as Russia is concerned, particularly, the position of the Provisional Government was rather delicate and full of danger. On the one hand, it was necessary to reckon with the standpoint of the Council of Workers' and Soldiers' Delegates, and, as far as possible, to represent this standpoint : on the other hand, it was necessary to handle with kid gloves the international relations and the friendly powers, upon whom it was impossible to force the decision of the Council.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;And the Provisional Government has come out of the quandary shining and stainless ...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the document before us, therefore, we have the main points of the revolutionary catechism set down, registered and sealed with the authority of the Provisional Government. There is no lack of any essential. All the lovely dreams, all the fine words of the dictionary, are properly mobilized. You will find there equality, liberty and justice in international relations &#8211; Donc tout yest [&#8220;everything is there&#8221; &#8211; Ed.] at least in words. The reddest of the comrades can make no reply ; from this quarter the Provisional Government has nothing to fear ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;But &#8211; how about the Allies ?&#8221; asks L'Entente. &#8220;With the aid of close study and reading between the lines (!), with the aid of goodwill and friendship for the young Russian democracy, the Allies will be able to find at various points in the note certain pleasant words which are of a nature to reassure their somewhat waning confidence. They well know that the position of the Provisional Government is not an easy one, and that its efforts in prose must not be taken too literally ... The fundamental guarantee that the Government gives to the Allies consists in the fact that the agreement signed at London on September 5, 1914 (pledging no separate peace) is not to be revised. That completely satisfies us for the present.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And us too. As a matter of fact it would be difficult to utter a more contemptuous judgement on the Tereschenko-Tseretelli &#8220;prose&#8221; than that published by the official L'Entente, which draws its inspiration from the French Embassy. This estimate, which it is by no means unfriendly to Tereschenko or to those who stand behind him, is positively murderous to the &#8220;constructive labours&#8221; of Tseretelli, who has so warmly recommended to us the &#8220;plain, open language&#8221; of this document. &#8220;Nothing has been left out,&#8221; he swears before the Congress, &#8220;it will satisfy the conscience of the reddest comrades.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But they are mistaken, these adepts in diplomatic prose : they don't satisfy anybody. Isn't it significant that the facts of actual life should answer the appeals of Kerensky and the remonstrances and threats of Tseretelli with such an awful blow as the revolt of the Black Sea sailors ? We had been previously told that there among these sailors was Kerensky's citadel, the home of the &#8220;patriotism&#8221; that demanded an offensive. The facts once more administered a merciless correction. By adhering to the position of the old imperialist agreements and obligations in external politics, and in internal politics, capitulating before the propertied classes, it was impossible to unite the army through a combination of revolutionary enthusiasm and discipline. And Kerensky's &#8220;big stick&#8221; has fortunately thus far been too short.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No, this path, truly, leads nowhere.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;May 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. In the first flush of the Revolution, the moderates in the Soviets through the Executive Committee appealed to the Socialists and the proletariat of the belligerent countries to break with their imperialist governments ; but gradually this revolutionary policy was abandoned, and the Executive Committee cooperated with the infamous gathering of the Social Patriots at Stockholm, against the protests of the Bolsheviks. It required only this to emphasize the non-revolutionary character of the Executive Committee, that they joined hands with Scheidemann, Albert Thomas of France, Henderson of England, and the other Social Patriots. Moderate Socialism acted as the commis voyageur [travelling salesman] of bourgeois diplomacy. One of the secret documents published after the Bolsheviks came to power shows the true character of the Stockholm Conference with which, by the way, the Independent Socialists of Germany refused to have any dealings : it is a telegram dated August 18th, 1917, from the Russian Ambassador in Stockholm to the Provisional Government, reporting a conversation with Branting, one of the social-patriotic organizers of the Conference, who declared that he was willing to drop the Conference if Kerensky considered it untimely and that Branting would use his influence with the Dutch-Scandinavian Committee to this end. The telegram concludes by asking secrecy, in order not to compromise Branting, as otherwise a valuable source of information would be lost. The Socialist Conference the willing tool of diplomacy ! No wonder it was a miserable failure. &#8211; L.C.F.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Farce of Dual Power&lt;br class='autobr' /&gt;
(June 1917)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The war conditions are twisting and obscuring the action of the internal forces of the Revolution. But none the less the course of the Revolution will be determined by these same internal forces, namely, the classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The revolution which has been gathering strength from 1912 on, was, at first, broken off by the war, and later, owing to the heroic intervention of an infuriated army, was quickened into an unprecedented aggressiveness. The power of resistance on the part of the old regime had been, once for all undermined by the progress of the war. The political parties which might have taken up the function of mediators between the monarchy and the people suddenly found themselves hanging in the air, owing to powerful blows from below, and were obliged at the last moment to accomplish the dangerous leap to the secure shores of the Revolution. This imparted to the Revolution, for a time, the outward appearance of complete national harmony. For the first time in its entire history, bourgeois liberalism felt itself &#8220;bound up&#8221; with the masses &#8211; and it is this that must have given them the idea of utilizing the &#8220;universal&#8221; revolutionary spirit in the service of the war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The conditions, the aims, the participants of the war did not change. Guchkov and Miliukov, the most outspoken of the imperialists on the political staff of the old regime, were now the managers of the destinies of revolutionary Russia. Naturally, the war, the fundamental character of which remained the same as it had been under Czarism &#8211; against the same enemy, with the same allies, and the same international obligations &#8211; now had to be transformed into a &#8220;war for the Revolution.&#8221; For the capitalist classes, this task was equivalent to a moblization of the Revolution, and of the powers and passions it had stimulated, in the interests of imperialism. The Miliukovs magnanimously consented to call the &#8220;red rag&#8221; a sacred emblem &#8211; if only the working masses would show their readiness to die with ecstasy under this red rag, for Constantinople and the Straits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But the imperialist cloven hoof of Miliukov was sticking out too plainly. In order to win over the awakened masses and guide their revolutionary energy into the channel of an offensive on the external front, more intricate methods were required &#8211; but, chiefly, different political parties were needed, with platforms that had not yet been compromised, and reputations that had not yet been sullied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;They were found. In the years of counter-revolution, and particularly in the period of the latest industrial boom, capital had subjected to itself and had mentally tamed many thousands of revolutionists of 1905, being in no wise concerned about their Labourite or Marxist &#8220;notions&#8221;. And among the &#8220;Socialistic&#8221; intellectuals there were therefore rather numerous groups whose palms were itching to take part in the checking of the class struggle and in the training of the masses for &#8220;patriotic&#8221; ends. Hand in hand with the intelligentsia, which had been brought into prominence in the counter-revolutionary epoch, went the compromise-workers, who had been frightened definitely and finally by the failure of the 1905 Revolution, and had since then developed in themselves the sole talent of being agreeable to all sides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The opposition of the bourgeois classes to Czarism &#8211; upon an imperialist foundation, however &#8211; had, even before the Revolution, provided the necessary basis for a rapprochement between the opportunist Socialists and the propertied classes. In the Duma, Kerensky and Chkheidze built up their policy as an annex to the progressive bloc and the &#8220;Socialistic&#8221; Gvozdievs and Bogdanovs merged with the Guchkovs on the War Industry Committees. But the existence of Czarism made an open advocacy of the &#8220;government&#8221; patriotism standpoint very difficult. The Revolution cleared away all obstacles of this nature. Capitulating to the capitalist parties was now called &#8220;a democratic unity&#8221;, and the discipline of the bourgeois state suddenly became &#8220;revolutionary discipline,&#8221; and finally, participation in a capitalist war was looked upon as a defence of the Revolution from external defeat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This nationalist intelligentsia, which the social-patriot Struve had prophesied, invoked and trained, in his paper Vyekhi, suddenly met with an unexpectedly generous support in the helpessness of the most backward masses of the people, who had been forcibly organized as an army.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was only because the Revolution broke out in the course of a war that the petty bourgeois elements of city and country at once automatically took on the appearance of an organized force, and began to exert, upon the personnel of the Council of Workers' and Soldiers' Delegates, an influence which could have been far beyond the powers of these scattered and backward classes in any but war times. The Menshevik-populist intelligentsia found in this great number of backwoods, provincial, for the most part as yet hardly awakened persons, a support that was at first entirely natural. By leading the petty bourgeois classes on to the path of an agreement with capitalist liberalism, which had again beautifully demonstrated its inability to guide the masses of the people independently, the Menshevik-populist intelligentsia, through the pressure of the masses, acquired a certain position even among the proletarian sections, which had been momentarily relegated to a secondary position by the numerical impressiveness of the army.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It might at first seem that all class contradictions had been destroyed, that all social fixtures had been patched up with fragments of a populist-Menshevik ideology, and that, thanks to the &#8220;constructive labours&#8221;of Kerensky, Chkheidse and Dan, a national Burgfrieden [1] truce between the classes had been realized. Therefore, the unparalleled surprise and wonder when an independent proletarian policy again asserted itself, and therefore the savage, in truth, disgusting wail against the revolutionary Socialists, the destroyers of the universal harmony.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The petty bourgeois intellectuals, after they had been raised by the Soviet of Workers' and Soldiers' Delegates to heights for which they were entirely unprepared, were frightened more by the idea of responsibility than by anything else, and therefore respectfully handed over their power to the capitalist-feudal government which had issued forth from the womb of the Duma of June 3. The organic terror of the petty bourgeois in the presence of the sanctity of state power, which was transparent in the case of the populists (Labourites), was veiled, in the case of the Menshevik-patriots, by doctrinaire notions as to the inadmissibility of having Socialists assume the burden of power in a bourgeois revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thus there came about the &#8220;dual power&#8221;, which might with much more truth be termed a Dual Impotence. The bourgeoisie assumed authority in the name of order and of a war for victory ; yet, without the Soviets, it could not rule ; the latter's relation to the government was that of an awed half-confidence, combined with a fear lest the revolutionary proletariat might, in some unguarded gesture, upset the whole business.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The cynically provocative foreign policy of Miliukov brought forth a crisis. Being aware of the full extent of the panic in the ranks of the petty bourgeois leaders when confronted with problems of power, the bourgeois party began availing itself, in this domain, of downright blackmail : by threatening a government strike, that is, to resign any participation in authority, they demanded that the Soviet furnish them with a number of decoy Socialists, whose function in the coalition ministry was to be the general strengthening of confidence in the government on the part of the masses, and, in his way, the cessation of &#8220;dual power.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Before the pistol-point of ultimatum, the Menshevik patriots hastened to slough off their last vestiges of Marxist prejudice against participation in a bourgeois government, and brought on to the same path the Labourite &#8220;leaders&#8221; of the Soviet, who were not embarrassed by any super-cargo of principle or prejudice. This was most manifest in the person of Chernov, who came back from the Zimmerwald and Kienthal Conferences where he had excommunicated Vandervelde, Guesde and Sembat out of Socialism &#8211; only to enter the ministry of Prince Lvov and Shingariev. To be sure, the Russian Menshevik patriots did point out that Russian ministerialism had nothing in common with French and Belgian ministerialism, being an outgrowth of very exceptional circumstances, as had been foreseen in the resolution against ministerialism of the Amsterdam Socialist Congress (1904). Yet they were merely repeating, in parrot fashion, the arguments of French and Belgian ministerialism, while they continued constantly invoking the &#8220;exceptional nature of the circumstances&#8221;. Kerensky, under whose wordy theatricality there are nevertheless, some traces of reality, very appropriately classed Russian Ministerialism in the same category as that of Western Europe, and stated in his Helsingfors speech, that thanks chiefly to him, Kerensky, the Russian Socialists had in two months travelled a distance that it had taken the West-European Socialists ten years to accomplish. Truly, Marx was not wrong when he called revolution the locomotive of history !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The coalition government had been sentenced by History before it was established. If it had been formed immediately after the downfall of Czarism, as an expression of the &#8220;revolutionary unity of the nation&#8221;, it might possibly have held in check, for a time, the struggle of the forces of the Revolution. But the first government was the Guchkov-Miliukov governnment. It was permitted to exist only long enough to expose the full falsity of &#8220;national unity&#8221; and to awaken the revolutionary resistance of the proletariat against the bourgeois propaganda to prostitute the Revolution in the interests of Imperialism. The obviously makeshift coalition ministry could not, under these circumstances, stave off a calamity ; it was itself destined to become the chief bone of contention, the chief source of schism and divergence in the ranks of &#8220;revolutionary democracy.&#8221; Its political existence &#8211; for of its &#8220;activities&#8221; we shall not speak &#8211; is simply one long dissolution, decently enveloped in vast quantities of words.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To contend against a complete breakdown on the economic and, particularly, on the food question, the Economic Department of the Executive Committee of the Soviets worked out a plan for an extensive system of state management in the most important branches of industry. The members of the Economic Department differ from the political managers of the Soviet not so much in their political tendencies as in a serious acquaintance with the economic situation of the country. For this very reason they were led to conclusions of a profoundly revolutionary character. The only thing their structure lacks is the driving force of a revolutionary policy. The government, for the most part capitalist, could not possibly give birth to a system that was diametrically opposed to the selfish interests of the propertied classes. If Skobeley, the Menshevik Minister of Labour, did not understand this, it was fully understood by the serious and efficient Konovaloy, the representative of trade and industry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Konovalov's resignation was an irreparable blow to the coalition ministry. The whole bourgeois press gave unmistakeable expression to this fact. Then began anew the exploitation of the panic terror of the present leaders of the Soviet : the bourgeoisie threatened to lay the babe of power at their door. The &#8220;leaders&#8221; answered by making believe that nothing special had happened. If the responsible representative of capital has left us, let us invite M. Buryshkin. But Buryshkin ostentatiously refused to have anything to do with surgical operations on private property. And then began the search for an &#8220;independent&#8221; minister of commerce and industry, a man behind whom stood nothing and nobody, and who might serve as an inoffensive letter-box, in which the opposing demands of labour and capital might be dropped. Meanwhile the economic expenses continue on their course, and the government activity assumed the form, chiefly, of the printing of paper-money, assignats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Having as his senior colleagues, Messrs. Lvov and Shingariev, it turned out that Chernov was prevented from revealing, in the domain of agrarian matters, even the radicalism of words only, which is so characteristic of this typical representative of the petty bourgeoisie. Fully aware of the role that was assigned to him, Chernoy introduced himself to society as the representative, not of the agrarian revolution, but of agrarian statistics ! According to the liberal bourgeois interpretation, which the Socialist ministers also made their own, revolution must be suspended among the masses in a passive waiting for the convocation of the Constituent Assembly, and as soon as the Social-Revolutionists enter the ministry of the land-holders and manufacturers, the attacks of the peasants against the feudal agricultural system are stigmatized as anarchy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the field of international policy, the collapse of the &#8220;peace programmes&#8221; proclaimed by the coalition government came about more swiftly and more catastrophically than could possibly have been expected. M. Ribot, the Premier of France, not only categorically and unceremoniously rejected the Russian peace formula and pompously reiterated the absolute necessity of continuing the war until a &#8220;complete victory&#8221; should be secured, but also denied the patriotic French Socialists their passports to the Stockholm Conference, which had been arranged with the cooperation of M. Ribot's colleagues and allies, the Russian Socialist Ministers. The Italian Government, whose policy of colonial conquests has always been distinguished by exceptional shamelessness, by a &#8220;Holy Egotism&#8221;, replied to the formula of a &#8220;peace without annexations&#8221; with its separate annexation of Albania. Our government, and that includes the Socialist ministers, held up for two weeks the publication of the answers of the Allies, evidently trusting in the efficacy of such petty devices to stave off the bankruptcy of their policy. In short order, the question as to the international situation of Russia, the question of what it is that the Russian soldier should be ready to fight and die for, is still just as acute as on the day when the portfolio of Minister of Foreign Affairs was washed from the hands of Miliukov.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the Army and Navy Department, which is still eating up the lion's share of the national powers and of the national resources, the policy of prose and rhetoric holds undisputed sway. The material and psychological causes for the condition of the army are too deep to be disposed of by ministerial prose and poetry. The substitution of General Srussilov for General Alexeyev meant a change of these two officers, no doubt, but not a change in the army. The working up of the popular mind and of the army into an &#8220;offensive&#8221;, and then the sudden dropping of this catchword in favour of the less definite catchword of a &#8220;preparation for an offensive&#8221;, show that the Army and Navy Ministry is still as little capable of leading the nation to victory, as M. Tereschenko's Department was of leading the nation to peace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The picture of the impotence of the Provisional Government reaches its climax in the labour of the Ministry of Foreign Affairs, which, to use the words of the most loyal Soviet of Peasants' Delegates, &#8220;with partiality&#8221; filled the offices of the local administrations with feudal landholders. The efforts of the active portion of the population which gain for them the communal self-governments, by right of conquest, and without waiting for the Constituent Assembly, are immediately stigmatized in the state-police jargon of the Dans as anarchy, and are greeted by the energetic opposition of the government which, by its very composition, is fully protected against all energetic action when it is really of creative character.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the course of the last few days, this policy of general bankruptcy has found its most repulsive expression in the Kronstadt incident.[2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The vile and out-and-out corrupt campaign of the bourgeois press against Kronstadt, which is for them the symbol of revolutionary internationalism and of distrust in the government coalition, both of which are emblems of the independent policy of the great masses of the people, not only took possession of the government and of the Soviet leaders, but turned Tseretelli and Skobolev into ring-leaders in the disgusting persecution of the Kronstadt sailors, soldiers and workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At a moment when revolutionary internationalism was systematically displacing patriotic Socialism in the factories and workshops and among the soldiers at the front, the Socialists in the ministry, obedient to their masters were risking the hazardous game of overthrowing the revolutionary proletarian advance-guard with one single blow, and thus preparing the &#8220;psychological moment&#8221; for the session of the All Russian Congress of Soviets. To rally the peasant-petty bourgeois democracy around the banner of bourgeois liberalism that ally and captive of Anglo-French and American capital, politically to isolate and &#8220;discipline&#8221; the proletariat &#8211; that is now the principal task in the realization of which the government bloc of Mensheviks and Social-Revolutionists is expending all its energies. An essential part of this policy is found in the shameless threats of bloody repressions and the provocations of open violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The death agony of the coalition ministry began on the day of its birth. Revolutionary Socialism must do everything in its power to prevent this death agony from terminating in the convulsion of civil war. The only way to do this is not by a policy of yielding and dodging, which merely whets the appetite of the fresh-baked statesmen, but rather a policy of aggressive action all along the line. We must not permit them to isolate themselves : we must isolate them. We must answer the wretched and contemptible actions of the Coalition government by making clear even to the most backward among the labouring masses the full meaning of this hostile alliance which masquerades publicly in the name of the Revolution. To the methods of the propertied classes and of their Menshevik-Social Revolutionist appendage in dealing with the questions of food, of industry, of agriculture, of war, we must oppose the methods of the proletariat. Only in this way can liberalism be isolated and a leading influence be assured to the revolutionary proletariat over the urban and rural masses. Together with the inevitable downfall of the present government will come the downfall of the present leaders of the Soviet of Workers' and Soldiers' Delegates. To preserve the authority of the Soviet as a representative of the Revolution, and to secure for it a continuance of its functions as a directive power, is now within the power only of the present minority of the Soviet. This will become clearer every day. The epoch of Dual Impotence, with the government able and the Soviet not daring, is inevitably culminating in a crisis of unheard-of severity. It is our part to husband our energies for this moment, so that the question of power may be met with in all its proportions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;June 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &#8220;Party Truce&#8221;. At the outbreak of the First World War, the German Social Democracy declared a &#8220;Burgfieden&#8221; truce with the bourgeoisie and gave up all opposition to the Kaiser's Government. The French Socialists had their &#8220;L'Union Sacr&#233;e&#8221;or Sacred Union of the Nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Early in June the sailors of the Baltic Fleet and the Kronstadt masses generally rose against the Provisional Government : the mildest epithet used against them, in the Russian and foreign press, was &#8220;anarchists&#8221;. The Kronstadt Council of Workers and Soldiers had, by a vote of 210 to 40, repudiated the Provisional Government, declaring that it recognized only the authority of the Petrograd Council. This action was distorted into an attempt to secede from Russia. The Baltic sailors were an active revolutionary force in all stages of the Revolution &#8211; against Czarism, against the Provisional Government, and in the overthrow of Kerensky by the Bolsheviks. &#8211; L.C.F.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Democracy, Pacifism and Imperialism&lt;br class='autobr' /&gt;
(June 30, 1917)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There have never been so many pacifists as at this moment, when people are slaying each other on all the great highways of our planet. Each epoch has not only its own technology and political forms, but also its own style of hypocrisy. Time was when the nations destroyed each other for the glory of Christ's teachings and the love of one's neighbour. Now Christ is invoked only by backward governments. The advanced nations cut each other's throats under the banners of pacifism a league of nations and a durable peace. Kerensky and Tseretelli shout for an offensive, in the name of an &#8220;early conclusion of peace.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There is no Juvenal for this epoch, to depict it with biting satire. Yet we are forced to admit that even the most powerful satire would appear weak and insignificant in the presence of blatant baseness and cringing stupidity, two of the elements which have been released by the present war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pacifism springs from the same historical roots as democracy. The bourgeoisie made a gigantic effort to rationalize human relations, that is, to supplant a blind and stupid tradition by a system of critical reason. The guild restrictions on industry, class privileges, monarchic autocracy these were the traditional heritage of the middle ages. Bourgeois democracy demanded legal equality, free competition and parliamentary methods in the conduct of public affairs. Naturally, its rationalistic criteria were applied also in the field of international relations. Here it hit upon war, which appeared to it as a method of solving questions that was a complete denial of all &#8220;reason&#8221;. So bourgeois democracy began to point out to the nations &#8211; with the tongues of poesy, moral philosophy and certified accounting that they would profit more by the establishment of a condition of eternal peace. Such were the logical roots of bourgeois pacifism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From the time of its birth pacifism was afflicted, however, with fundamental defect, one which is characteristic of bourgeois democracy ; its pointed criticisms addressed themselves to the surface of political phenomena, not daring to penetrate to their economic causes. At the hands of capitalist reality the idea of eternal peace, on the basis of a &#8220;reasonable&#8221; agreement, has fared even more badly then the ideas of liberty, equality and fraternity. For Capitalism, when it rationalized industrial conditions, did not rationalize the social organization of ownership, and thus prepared instruments of destruction such as even the &#8220;barbarous&#8221; Middle Ages never dreamed of.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The constant embitterment of international relations and the ceaseless growth of militarism completely undermined the basis of reality under the feet of pacifism. Yet it was from these very things that pacifism took a new lease of life, a life which differed from its earlier phase as the blood and purple sunset differs from the rosy-fingered dawn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The decades preceding the present war have been well designated as a period of armed peace. During this whole period campaigns were in uninterrupted progress and battles were being fought, but they were in the colonies alone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proceeding, as they did, in the territories of backward and powerless peoples, these wars led to a division of Africa, Polynesia and Asia, and prepared the way for the present world war. As, however, there were no wars in Europe after 1871 &#8211; in spite of a long series of sharp conflicts &#8211; the general opinion in petty bourgeois circles began gradually to behold in the growth of armies a guarantee of peace, which was destined ultimately to be established by international law with every institutional sanction. Capitalist governments and munition kings naturally had no objections to this &#8220;pacifist&#8221; interpretation of militarism. But the causes of world conflicts were accumulating and the present cataclysm was getting under way.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Theoretically and politically, pacifism stands on the same foundation as does the theory of the harmony of social interests. The antagonisms between capitalist nations have the same economic roots as the antagonisms between the classes. And if we admit the possibility of a progressive blunting of the edge of the class struggle, it requires but a single step further to accept a gradual softening and regulating of international relations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The source of the ideology of democracy, with all its traditions and illusions, is the petty bourgeoisie. In the second half of the nineteenth century, it suffered a complete internal transformation, but was by no means eliminated from political life. At the very moment that the development of capitalist technology was inexorably undermining its economic function, the general suffrage right and universal military service were still giving to the petty bourgeoisie, thanks to its numerical strength, an appearance of political importance. Big capital, in so far as it did not wipe out this class, subordinated it to its own ends by means of the applications of the credit system. All that remained for the political representatives of big capital to do was to subjugate the petty bourgeoisie, in the political arena, for their purposes, by opening fictitious credit to the declared theories and prejudices of this class. It is for this reason that, in the decade preceding the war, we witnessed, side by side with the gigantic efforts of a reactionary-imperialist policy, a deceptive flowering of bourgeois democracy with its accompanying reformism and pacifism. Capital was making use of the petty bourgeoisie for the prosecution of capital's imperialist purposes by exploiting the ideologic prejudices of the petty bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Probably there is no other country in which this double process was so unmistakably accomplishing itself as in France. France is the classic land of finance capital, which leans for its support on the petty bourgeoisie of the cities and the towns, the most conservative class of the kind in the world, and numerically very strong. Thanks to foreign loans, to the colonies, to the alliance of France with Russia and England, the financial upper crust of the Third Republic found itself involved in all the interests and conflicts of world politics. And yet, the French petty bourgeois is an out-and-out provincial. He has always shown an instinctive aversion to geography and all his life has feared war as the very devil &#8211; if only for the reason that he has, in most cases, but one son, who is to inherit his business, together with his chattels. This petty bourgeois sends to Parliament a radical who has promised him to preserve peace &#8211; on the one hand, by means of a league of nations and compulsory international arbitration, and on the other, with the cooperation of the Russian Cossacks, who are to hold the German Kaiser in check. This radical depute, drawn from the provincial lawyer class, goes to Paris not only with the best intentions, but also without the slightest conception of the location of the Persian Gulf, and of the use, and to whom, of the Baghdad Railway. This radical-&#8220;pacifist&#8221; bloc of deputies gives birth to a radical ministry, which at once finds itself bound hand and foot by all the diplomatic and military obligations and financial interests of the French bourse in Russia, Africa and Asia. Never ceasing to pronounce the proper pacifist sentences, the ministry and the parliament automatically continue to carry on a world policy which involves France in war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;English and American pacifism, in spite of the differences in social and ideological forms (or in the absence of such, as in America), is carrying on, at bottom, the same task ; it offers to the petty and the middle bourgeoisie an expression for their fears of world cataclysms in which they may lose their last remnants of independence ; their pacifism chloroforms their consciences &#8211; by means of impotent ideas of disarmament, international law and world courts &#8211; only to deliver them up body and soul, at the decisive moment, to imperialism, which now mobilizes everything for its own purposes : industry, the church, art, bourgeois pacifism and patriotic &#8220;Socialism.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;We have always been opposed to war : our representatives, our ministry have been opposed to war&#8221;, says the French citoyen, &#8220;therefore the war must have been forced upon us, and in the name of our pacifist ideals we must fight it to the finish.&#8221; And the leader of the French pacifists, Baron d'Estournelles de Constant, endorses this pacifist philosophy of an imperialist war with a pompous jusq'au bout. [To the end &#8211; Ed.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The English Stock Exchange, in its prosecution of the war, has need first of all of pacifists of the Asquith (Liberal) and Lloyd George (radical demagogue) type. &#8220;If these people go in for war,&#8221; say the English masses, &#8220;right must be on our side.&#8221; Thus a responsible function is allotted to pacifism in the economy of warfare, by the side of suffocating gases and inflated government loans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;More evident still is the subordinate role played by petty bourgeois pacifism with regard to Imperialism in the United States. The actual policy is there more prominently dictated by banks and trusts than anywhere else. Even before the war the United States, owing to the gigantic development of its industry and its foreign commerce, was being systematically driven in the direction of world interests and world policies. The European war imparted to this imperialistic development a speed that was positively feverish. At a time when many well-meaning persons were hoping that the horrors of the European slaughter might inspire the American bourgeoisie with a hatred of militarism, the actual influence of European events was bearing on American policy not in psychological channels, but in material ones, and was having precisely the opposite effect. The exports of the United States, which in 1913 amounted to 2,466 million dollars, rose in 1916 to 5,481 millions ! Of course, the lion's share of this export fell to the lot of the war industries. The sudden breaking off of exports to the Allied nations after the declaration of unrestricted submarine warfare meant not only the stoppage of a flow of monstrous profits, but threatened with an unprecedented crisis the whole of American industry, which had been organized on a war footing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was impossible for this thing to go on without some resistance from the masses of the people. To overcome their unorganized dissatisfaction and to turn it into channels of patriotic cooperation with the government was therefore the first great task of the internal diplomacy of the United States during the first quarter of the war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And it is the irony of history that orncial &#8220;pacifism&#8221;, as well as &#8220;oppositional pacifism&#8221;, should be the chief instruments for the accomplishment of this task : the education of the masses to military ideals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bryan rashly and noisily expressed the natural aversion of the farmers and of the &#8220;small man&#8221;generally to all such things as world-policy, military service and higher taxes. Yet, at the same time that he was sending wagonloads of petitions, as well as deputations, to his pacifist colleagues at the head of the government, Bryan did everything in his power to break the revolutionary edge of the whole movement. &#8220;If war should come,&#8221; Bryan telegraphed on the occasion of an anti-war meeting in Chicago last February, &#8220;we will all support the goverment of course ; yet at this moment it is our sacred duty to do all in our power to preserve the nation from the horrors of war.&#8221;These few words contain the entire programme of petty bourgeois pacifism : &#8220;to do everything in our power against the war&#8221; means to afford the voice of popular indignation an outlet in the form of harmless demonstration, after having previously given the government a guarantee that it will meet with no serious opposition, in the case of war, from the pacifist faction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Official pacifism could have desired nothing better. It could now give satisfactory assurance of imperialist &#8220;preparedness&#8221;. After Bryan's own declaration, only one thing was necessary to dispose of his noisy opposition to war, and that was, simply, to declare war. And Bryan rolled right over into the government camp. And not only the petty bourgeoisie, but also the broad masses of the workers, said to themselves : &#8220;If our government, with such an out-spoken pacifist as Wilson at the head, declares war, and if even Bryan supports the government in the war, it must be an unavoidable and righteous war ...&#8221; It is now evident why the sanctimonious, Quaker-like pacifism of the bourgeois demagogues is in such high favour in financial and war industry circles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Our Menshevik and Social-Revolutionist pacifism, in spite of apparent differences, is in reality, playing the same part as American pacifism. The resolution on war passed by the majority of the All Russian Congress of Soviets of Workers, Soldiers and Peasants, condemns the war not only from a pacifist stand-point, but also because of the imperialist character of the war. The Congress declares the struggle for an early conclusion of the war to be &#8220;the most important task of revolutionary democracy&#8221;. But all these premises are merely mobilized so that they may lead to the conclusion : &#8220;until such time as the war may be ended by the international forces of democracy, the Russian revolutionary democracy will be obliged in every possible way to cooperate in strengthening the fighting power of our army and rendering it efficient for both offensive and defensive action.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The revision of the old international treaties, the Congress, like the Provisional Government, would make dependent on a voluntary agreement of Allied diplomacy, which in its very nature, neither desires nor is able to relinquish the imperialist aims of the war. The Congress, following its leaders, makes the &#8220;international forces of democracy&#8221; depend on the will of the social-patriots, who are bound by iron chains to their imperialist governments. Voluntarily restricitng themselves in the question of &#8220;an early end of the war to this charmed circle, the majority of the Congress naturally arrives at a very definite conclusion in the domain of practical politics : an offensive on the military front. This &#8220;pacifism&#8221;, which solidifies and disciplines the petty bourgeois democracy and induces it to support an offensive, ought manifestly to be on most friendly terms not only with the Russian imperialists, but also with those of the Allied nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miliukov says : &#8220;In the name of our fidelity to our Allies and to the old (diplomatic) treaties, we must have an offensive.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kerensky and Tseretelli say : &#8220;Although the old (diplomatic) treaties have not yet been revised, we must have an offensive.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The argument may differ ; the policy is the same. Nor could it be otherwise, since Kerensky and Tseretelli are indissolubly bound up in the government with the party of Miliukov. As a matter of fact, the social-patriotic pacifism of the Dans, as well as the Quaker pacifism of the Bryans, are both operating in the service of Imperialism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In view of this state of affairs, the chief task of Russian diplomacy is not to make Allied diplomacy refrain from this act or that or to revise this thing or that, but to make Allied diplomacy believe that the Russian Revolution is safe and sound and solvent. The Russian Ambassador, Bakhmetiev, in his speech before the Congress of the United States, delivered on June 10, characterized the Provisional Government chiefly from this point of view.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;All these circumstances,&#8221; said the Ambassador, &#8220;point to the fact that the power and significance of the Provisional Government are growing day by day, that with each passing moment the Provisional Government is becoming better able to cope with all those elements that mean disaster, whether they take the form of reactionary propaganda or that of an agitation by the members of the extreme left. At the present time the Provisional Government is determined to take the most drastic steps in this direction, resorting to force, if need be, in spite of its constant ndeavours for a peaceful solution of all questions.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There is no doubt that the &#8220;national honour&#8221; of our &#8220;defenders&#8221; remains absolutely unruffled while the Ambassador of &#8220;revolutionary democracy&#8221; fervently persuades the parliament of the American plutocracy of the readiness of the Russian government to pour out the blood of the Russian proletariat in the name of &#8220;order&#8221;, the chief ingredient of which is its fidelity to Allied Capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And at the very moment when Bakhmetiev stood hat in hand, a humiliating speech passing over his lips, in the presence of the representives of Capitalism, Tseretelli and Kerensky were explaining to the &#8220;revolutionary democracy&#8221; how impossible it was to dispense with armed force in its fight with &#8220;the anarchy of the left&#8221;, and threatening to disarm the workers of Petrograd and the regiment which made common cause with them. We know that these threats came just in the nick of time ; they served as a strong argument in favour of the Russian Loan in Wall Street. You see, Mr. Bakhmetiev was in a position to say : &#8220;our revolutionary pacifism differs in no respect from your own brand of pacifism, and if you put your faith in Bryan, there is no reason why you should distrust Tseretelli.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There remains to us only the necessity of putting one question : How much Russian flesh and Russian blood will it take, on theexternal front as well as in the interior, in order to secure the Russian Loan, which, in its turn, is to guarantee our continued fidelity to the Allies ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;June 30, 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The July Uprising&lt;br class='autobr' /&gt;
(July 1917)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blood has flowed in the streets of Petrograd. A tragic chapter has been added to the Russian Revolution. Who is to blame ? &#8220;The Bolsheviks,&#8221; says the man in the street, repeating what his newspapers tell him. The sum total of these tragic happenings is exhausted, as far as the bourgeoisie and the time-serving politicians are concerned, in the words : Arrest the ringleaders and disarm the masses. And the object of this action is to establish &#8220;revolutionary order&#8221;. The Social-Revolutionists and the Mensheviks, in arresting and disarming the Bolsheviks, are prepared to establish &#8220;order&#8221;. There is only one question : What kind of order, and for whom ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Revolution aroused great hopes in the masses. Among the masses of Petrograd, who played a leading role in the Revolution, these hopes and expectations were cherished with exceptional earnestness. It was the task of the Social-Democratic Party to transform these hopes and expectations into clearly-defined political programmes to direct the revolutionary impatience of the masses in the channel of a planful political action. The Revolution was brought face to face with the question of state power. We, as well as the Bolshevik organization, stood for a handing over of all power to the Central Committee of the Councils of Workers', Soldiers' and Peasants' Delegates. The upper classes, and among them we must include the Social-Revolutionists and the Mensheviks, exhorted the masses to support the Miliukov-Guchkov government. Up to the last moment, that is, up to the time when these more distinctly imperialist figures of the first Provisional Government resigned, both the above-mentioned parties were firmly united with the government all along the line. Only after the reconstruction of the government did the masses learn from their own newspapers that they had not been told the whole truth, that they had been deceived. They were then told they must trust the new &#8220;coalition&#8221; government. The revolutionary Social Democracy predicted that the new government would not differ essentially from the old, that it would not make any concessions to the Revolution and would again betray the hopes of the masses. And so it came to pass. After two months of a policy of weakness, of demands for confidence, of verbose exhortations, the government's position of beclouding the issues could no longer be concealed. It became clear that the masses had once more &#8211; and this time more cruelly than ever before &#8211; been deceived.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The impatience and the mistrust of the great body of workers and soldiers in Petrograd was increasing, not day by day, but hour by hour. These feelings, fed by the prolonged war, so hopeless for all participating in it, by economic disorganization, by an invisible setting up of a general cessation of the most important branches of production, found their immediate political expression in the slogan : &#8220;All Power to the Soviets !&#8221; The retirement of the Cadets and the definite proof of the internal bankruptcy of the Provisional Government convinced the masses still more thoroughly that they were in the right as opposed to the official leaders of the Soviets. The vacillations of the Social-Revolutionists and the Mensheviks simply added oil to the flames. The demands, almost persecution, addressed to the Petrograd garrison, requiring them to inaugurate an offensive, had a similar effect. An explosion became inevitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All parties, including the Bolsheviks, took every step to prevent the masses from making the demonstration of July 16 ; but the masses did demonstrate, and with weapons in their hands, moreover. All the agitators, all the district representatives declared on the evening of July 16 that the July 17 demonstration, since the question of power remained unsettled, was bound to take place, and that no measures could hold back the people. That is the only reason why the Bolshevik Party, and with it our organization, decided not to stand aloof and wash its hands of the consequences, but to do everything in its power to change the July 17 affair into a peaceful mass demonstration. No other was the meaning of the July 17 appeal. It was, of course, clear, in view of the certain intervention of counter-revolutionary gangs, that bloody conflicts would arise. It would have been possible, it is true, to deprive the masses of any political guidance, to decapitate them politically, as it were, and, by refusing to direct them, to leave them to their fate. But we, being the Workers' Party, neither could nor would follow Pilate's tactics : we decided to join in with the masses and to stick to them, in order to introduce into their elemental turmoil the greatest measure of organization attainable under the circumstances, and thus to reduce to a minimum the number of probable victims. The facts are well known. Blood has been spilled. And now the &#8220;influential&#8221; press of the bourgeoisie, and other newspapers serving the bourgeoisie, are attempting to put on our shoulders the entire burden of responsibility for the consequences &#8211; for the poverty, the exhaustion, the disaffection and the rebelliousness of the masses. To accomplish this end, to complete this labour of counter-revolutionary mobilization against the party of the proletariat, there issue forth rascals of anonymous, semi-anonymous or publicly branded varieties, who circulate accusations of bribery : blood has flowed because of the Bolsheviks, and the Bolsheviks were acting under the orders of Wilhelm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We are at present passing through days of trial. The steadfastness of the masses, their self-control, the fidelity of their &#8220;friends&#8221;, all these things are being put to the acid-test. We are also being subjected to this test, and we shall emerge from it more strengthened, more united, than from any previous trial. Life is with us and fighting for us. The new reconstruction of power, dictated by an inescapable situation, and by the miserable half-heartedness of the ruling parties, will change nothing and will solve nothing. We must have a radical change of the whole system. We need revolutionary power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Tseretelli-Kerensky policy is directly intended to disarm and weaken the left wing of the Revolution. If, with the aid of these methods, they succeed in establishing &#8220;order&#8221;, they will be the first &#8211; after us, of course &#8211; to fall victims of this &#8220;order&#8221;. But they will not succeed. The contradiction is too profound, the problems are too enormous to be disposed of by mere police measures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;After the days of trial will come the days of progress and victory.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;July 1917&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;And Now ? What Struggle for the State Power ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;The number one goal of the revolutionary workers : the soviets and their seizure of power&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No other perspective for the world than the revolutionary power of workers organized in soviets (which requires the destruction of capitalist state power)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;With all due respect to the lackeys of capitalism, the reactionaries, the reformists, the pessimists, the skeptics, the anti-communists, the anti-Bolsheviks, the anti-Trotskyists, the false Trotskyists, the opportunists, the leftists and the anarchists, the only way out for the working people of the world is to organize themselves into soviets with a view to seizing state power and destroying all state powers in the world, starting with those of the imperialist powers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Some will say that the revolution is not yet topical and that this question is not of burning urgency. For them, it is useless to utter ultra-radical sentences, far too advanced in relation to the situation and misunderstood by the workers, and they are mistaken (and deceive us) seriously and gravely. On the contrary, what must constantly guide our daily political, union and social activity as well as our action is to guide the working class towards its principal task : to seize state power. How can we conceive that this is topical when workers' struggles are not at all insurrectional and the union apparatuses do not even have difficulty controlling them ? Well, even simple strikes, demonstrations or rallies, but even any problem in the company must be the occasion for meetings, even informal ones, of employees, even the drafting of a leaflet by employees can be the occasion for collective discussions and decisions. However, as Pierre Bois, a Trotskyist activist in the Barta group, a worker at Renault Billancourt and organizer of the 1947 strike committee that defeated the French Stalinist bureaucracy at the highest level of its power, explained, &#034;every revolutionary worker must consider each meeting of workers as a soviet and the soviet is nothing other than the embryo of the workers' state.&#034; This is exactly what we no longer understand at all and what we no longer defend in the false opportunist extreme left (including the false heir of Pierre Bois, linked to the union apparatuses (which leave them a small place and a small role) and to bourgeois elections (which allow the bourgeois State to finance them and them to make people believe in democratic expression under capitalism !) In conclusion, there is no need for insurrectional situations to constantly campaign for the self-organization of workers, on the contrary, this must be the compass of the daily life of the worker activist, the one which first distinguishes the revolutionary from the reformist and the opportunist, the worker activist from the bureaucrat or guarantor of the bureaucrats : no leaflet without discussion between workers, no strike without a decision by workers organized at the base, no demonstration or other action without the most organized collective decision possible by workers on the goals, methods, slogans, demands, no support for the bureaucracy, no guarantor for the negotiators. Those who spend their time in meetings with our enemies are not our friends. Those who do without the workers' point of view and collective decision are our false friends.The strategies of conquest of the trade union apparatuses by small so-called revolutionary groups are camouflages of opportunism (defined by Engels as the betrayal of revolutionary goals due to the attempt to succeed faster than the progress of the exploited class allows).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It will be noted that the opportunist pseudo-revolutionaries talk a lot about the general denunciation of capitalism, about the revolution to be made (while remaining vague about the consequences in militant activity), about communism for distant days, about the necessity of overthrowing capitalism at a later date, about the revolutionary party to be built from now on and, on all this, they have no direct contradiction with the trade union and state apparatuses. They are careful not to reason as we do above : to center their compass on the North (the role of workers' councils as future leaders of the workers' state).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What also characterizes bourgeois politicians, from the right as well as the left or the left of the left, or union or association leaders, is their attachment to the state apparatus : no more statist than M&#233;lenchon ! And none of them in any way envisages the objective of overthrowing the bourgeois state, not to mention its replacement by the state of workers' soviets (they prefer to pretend that defending this would be Stalinism and that they are hostile to it because they are democrats !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And curiously, it turns out that on one point, from the most reactionary to the most &#034;left-wing,&#034; they happen to converge with the false revolutionaries... It is on the question, fundamental above all, of the workers' state. The extreme left are also its adversaries, in fact even more so than in theory. For them, the state necessarily has the character of a power outside the working class and, if they try to take power there, is bound to turn against it, as was the case with Stalinism. Bureaucratization seems to them to flow naturally from the constitution of the soviets as the basis of the state. This is the case whether they are bourgeois politicians, anarchists, left communists, councilists, Luxemburgists, Bordigists, supporters of Pannekoek or Korsch, etc. In any case, all call on workers to turn away from any objective of a workers' state. Others, like the fake Trotskyists, say they are in favor but assert that it is not time to talk about a Soviet state or about soviets, that we must talk about a revolutionary party that campaigns to overthrow capitalism, without talking about building soviets, without talking about breaking the capitalist state, without talking about giving power to workers' councils, implying that a party that leads the unions, managing to seize the reins of the state, could be perfectly fine. The French organization Lutte Ouvri&#232;re, falsely Trotskyist, is, for example, navigating in this type of muddy waters.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Of course, being in favor of the Soviet state does not guarantee against all problems, especially against the risks of bureaucratization. There is no magic formula that protects against real problems, especially the isolation of the proletarian revolution in one of the most backward countries in the capitalist world.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Of course, state power in the hands of the workers means that we are still in barbarism, that the exploiting social classes still exist and that a class war must still be waged against them and that the workers' state is the instrument of this fight. But to overcome the barbaric stages, we must not reject the only weapons that the proletariat can have, state power. Nevertheless, we revolutionary Marxists have always agreed on one point with the anarchists : the existence of the state, even the workers' state, is still barbarism and the final objective is the total disappearance of the state. It is for Stalinism that the workers' state is not, as for Lenin, a state in the process of disappearing, that the &#034;socialist&#034; state is the nec plus ultra, that communism is combined with the strengthening of the power of the state and not with its weakening with the undisguised objective of its disappearance, as Lenin explained more than clearly in &#034;The State and Revolution&#034;. And the workers' state is a &#034;dictatorship of the proletariat&#034; and not a dictatorship against the proletariat. It is a dictatorship only against the tiny minority of capitalists and their armed supporters.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anarchists, left-wing communists of all kinds, and other socialist purists do not explain to us how to successfully combat the armed forces of imperialism and capitalism without equipping ourselves with the weapon of the State, how to make the Soviets triumph without the State of Soviets.&lt;br class='autobr' /&gt;
What is the workers' state ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Whether it is called &#034;dictatorship of the proletariat,&#034; &#034;workers' state,&#034; &#034;commune state,&#034; &#034;soviet power,&#034; or &#034;power to the workers,&#034; the goal was affirmed and clearly claimed by Marx and Engels as an inevitable step on the road to socialism. However, this notion is no longer defended in a Marxist manner by today's so-called Marxist far left.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Between capitalist society and communist society lies the period of revolutionary transformation of the former into the latter. This corresponds to a period of political transition in which the State cannot be anything other than the revolutionary dictatorship of the proletariat.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er5.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er5.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Friedrich Engels : &#034;The social-democratic philistine was recently seized with a salutary terror on hearing the word dictatorship of the proletariat. Well, gentlemen, do you want to know what this dictatorship looks like ? Look at the Paris Commune. That was the dictatorship of the proletariat.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx : &#034;When the Paris Commune took the direction of the revolution into its own hands ; when ordinary workers, for the first time, dared to touch the governmental privilege of their 'natural superiors,' the propertied class, and, under circumstances of unparalleled difficulty, carried out their work modestly, conscientiously, and efficiently (and carried it out for wages the highest of which barely reached one-fifth of what, according to a high scientific authority, Professor Huxley, is the minimum required for a secretary to the London Board of Education), the old world writhed in convulsions of rage at the sight of the red flag, the symbol of the Republic of Labor, waving over the H&#244;tel de Ville.&lt;br class='autobr' /&gt;
And yet, it was the first revolution in which the working class was openly recognized as the only one still capable of social initiative, even by the great mass of the middle class of Paris&#8212;shopkeepers, tradesmen, merchants&#8212;the rich capitalists being the only ones excepted.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx and Friedrich Engels, on the dictatorship of the proletariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6870&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6870&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin : &#034;The Soviets of Workers', Soldiers', Peasants', etc., Deputies remain misunderstood in the sense that most people do not have a clear idea of the class significance, of the role of the Soviets in the Russian Revolution. But what is also not understood is that they represent a new form of state, or more precisely a new type of state.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article416&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article416&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin : &#034;All power to the Soviets&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article7426&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article7426&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article5189&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article5189&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin in &#034;The State and Revolution&#034; : &#034;The workers' state, that is to say, the proletariat organized as a ruling class.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article155&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article155&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What did the Soviets do when they took power in Russia ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1583&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1583&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The dictatorship of the proletariat, according to Leon Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1465&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1465&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;How workers can organize themselves and decide the future of society as a whole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7443&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7443&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The exploited and oppressed class (the proletariat) can no longer free itself from the class which exploits and oppresses it (the bourgeoisie) without at the same time and forever freeing the whole of society from exploitation, oppression and class struggle ; this central idea belongs solely and exclusively to Marx,&#034; wrote Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/english/engels/works/1883/06/fe18830628.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/english/engels/works/1883/06/fe18830628.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The historical mission of the proletariat : to seize state power not to preserve it but to move towards socialism by moving towards the abolition of social classes and states.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/loriot/works/1928/04/loriot_19280401.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/loriot/works/1928/04/loriot_19280401.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seize power by establishing the dictatorship of the proletariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/dictature/dictature_du_proletariat.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/dictature/dictature_du_proletariat.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Only one army worth building : the International Workers' Red Army&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7602&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7602&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The world of work must govern itself !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Workers' power and socialism are vital necessities for humanity&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The state that the Workers' Struggle organization wants to establish is not the power of workers' soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Why rejecting the workers' state and the bourgeois state back to back amounts to... supporting the latter&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7492&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7492&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Our main difference with the French far left : they are not clear about the nature of the capitalist state !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The question of power is certainly the most important question of any revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5189&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5189&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rejecting the workers' state disarms even the most dynamic of proletarian revolutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2430&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2430&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4795&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4795&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revolution is an open showdown between social forces struggling for power. The state is not an end in itself. It is only a machine in the hands of the dominant social forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1434&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1434&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The State and Revolution, by Lenin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article140&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article140&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Power to the workers after October&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6453&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6453&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The only possible democracy, in a period of acute crisis of capitalist domination, is to wrest from the bourgeoisie its instruments of domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6420&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6420&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faced with the current collapse of capitalism, the class politics of the proletariat leads it to take the leadership of the working people in order to seize state power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5907&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5907&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This does not mean that socialism is statism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article373&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article373&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article148&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article148&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pannekoek and Bourrinet against the workers' state&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5270&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5270&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bordiga against the workers' state&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pcint.org/04_PC/102/102_programme-revolutionnaire.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pcint.org/04_PC/102/102_programme-revolutionnaire.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Olivier against the workers' state&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5478&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5478&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anarchists against the workers' state&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7433&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7433&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article280&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article280&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Luxemburgists against the workers' state&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1280&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1280&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The NPA against the workers' state&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://npa-lanticapitaliste.org/actualite/politique/letat-la-democratie-et-la-revolution-retour-sur-lenine-et-1917&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa-lanticapitaliste.org/actualite/politique/letat-la-democratie-et-la-revolution-retour-sur-lenine-et-1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Workers' Struggle against the Workers' State organization&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The PCF against the workers' state&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1976/01/proletariat.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1976/01/proletariat.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;lenchon against the workers' state&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=bz-CyIdVdYg&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=bz-CyIdVdYg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The world's first experiment with a workers' state : the Paris Commune of 1871&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3402&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3402&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1185&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1185&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Russia : Soviets in power&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/03/vil31031919.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/03/vil31031919.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spain : Soviets who manage but do not move towards power&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2430&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2430&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3709&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3709&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;However, it is not enough for the Soviets to take power to move towards socialism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7423&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7423&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
What is the greatest global danger ? War, nuclear power, climate change, pollution, racism, fascism, immigration ? No ! Let the proletarians lose the opportunity to take control of all of society !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce que le trotskysme en 1927 ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7387</link>
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		<dc:date>2025-05-16T22:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1927</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky : &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord, deux mots sur ce qu'on appelle le &#171; trotskysme &#187;. Par ce terme, tout opportuniste cherche &#224; couvrir sa nudit&#233;. Pour fabriquer le &#171; trotskysme &#187;, une usine de falsification travaille &#224; fond avec trois &#233;quipes de rechange. A ce propos, j'ai &#233;crit r&#233;cemment, &#224; l'Institut Historique du Parti, une lettre qui renferme une cinquantaine de citations et de documents, et qui prend l'&#233;cole th&#233;orique et historique qui pr&#233;domine en ce moment, en flagrant d&#233;lit de tripotage, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;6- L'organisation du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;1927&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, deux mots sur ce qu'on appelle le &#171; trotskysme &#187;. Par ce terme, tout opportuniste cherche &#224; couvrir sa nudit&#233;. Pour fabriquer le &#171; trotskysme &#187;, une usine de falsification travaille &#224; fond avec trois &#233;quipes de rechange. A ce propos, j'ai &#233;crit r&#233;cemment, &#224; l'Institut Historique du Parti, une lettre qui renferme une cinquantaine de citations et de documents, et qui prend l'&#233;cole th&#233;orique et historique qui pr&#233;domine en ce moment, en flagrant d&#233;lit de tripotage, de d&#233;formation, de dissimulation de documents et de faits, de d&#233;figuration de la pens&#233;e de L&#233;nine &#8211; le tout dans le but de combattre ledit &#171; trotskysme &#187;. J'ai demand&#233; qu'on envoy&#226;t cette lettre aux membres du Plenum r&#233;uni. Cela n'a pas &#233;t&#233; fait. Cependant, la lettre ne renferme, pour ainsi dire, que des documents et des citations. J'enverrai cette lettre &#224; la &#171; Feuille de discussion &#187;. Je crois que, l&#224; aussi, on la cachera au Parti, car les faits et les documents que j'y produis sont trop accablants pour l'&#233;cole stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention de Trotsky au Plenum du C.C. et de la C.C.C. d'octobre 1927&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1927/10/lt_19271023.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1927/10/lt_19271023.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Plateforme trotskyste de 1927&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;I. Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine, au dernier Congr&#232;s du Parti auquel il assistait, disait dans son discours : &#171; Voil&#224; encore une ann&#233;e de v&#233;cue ! L'&#201;tat est entre nos mains, mais dans le domaine de l'&#233;conomie politique, tout, durant cette ann&#233;e, n'a pas march&#233; selon notre volont&#233;. Nous ne voulons pas le reconna&#238;tre. Non ! Or, comment la machine a-t-elle fonctionn&#233; ? La machine roule, non pas dans la direction dans laquelle nous la dirigeons, mais dans la direction o&#249; la dirige quelqu'un. Ce quelqu'un, c'est peut-&#234;tre les ill&#233;gaux, les irresponsables, les gens venus Dieu sait d'o&#249; : les sp&#233;culateurs, les capitalistes petits propri&#233;taires. Peut-&#234;tre les uns et les autres. La machine roule tout &#224; fait autrement, surtout autrement que celui qui est au volant se le repr&#233;sente. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces paroles indiquent comment il faut examiner les questions fondamentales de notre politique. O&#249; va la machine, o&#249; va l'&#201;tat, o&#249; va le pouvoir ? Vont-ils l&#224; o&#249;, nous autres communistes, qui exprimons les int&#233;r&#234;ts et la volont&#233; de la classe ouvri&#232;re et de l'immense majorit&#233; de la paysannerie, le voudrions, ou non, ou peut-&#234;tre pas tout &#224; fait par l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es qui se sont &#233;coul&#233;es depuis la mort de L&#233;nine, nous avons essay&#233; plus d'une fois d'attirer l'attention des institutions centrales du Parti et par la suite du parti tout entier, sur le fait qu'en raison d'une fausse politique, les dangers signal&#233;s par L&#233;nine se sont multipli&#233;s ; la machine ne va pas dans la direction o&#249; les int&#233;r&#234;ts des ouvriers et des paysans exigent qu'elle aille. A la veille du nouveau congr&#232;s du Parti nous pensons de notre devoir, malgr&#233; toutes les poursuites auxquelles nous sommes expos&#233;s, d'indiquer ceci au Parti, avec une force redoubl&#233;e, car nous sommes convaincus que cet &#233;tat de choses peut-&#234;tre corrig&#233; et qu'il peut-&#234;tre redress&#233; par le parti lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand L&#233;nine disait que la machine allait souvent l&#224; o&#249; elle &#233;tait dirig&#233;e par des forces hostiles, il voulait en m&#234;me temps attirer l'attention de nous tous sur deux circonstances les plus importantes. Premi&#232;rement, que dans notre structure sociale existent des forces hostiles &#224; notre cause : le koulak, le nepman, le bureaucrate qui utilisent, contre nous et notre &#201;tat arri&#233;r&#233;, les fautes de notre politique et qui s'appuient effectivement sur tout le capitalisme mondial. Deuxi&#232;mement : que ces forces hostiles ont une telle importance qu'elles peuvent pousser notre machine d'&#201;tat et notre machine &#233;conomique l&#224; o&#249; il ne faut pas qu'elles aillent et, dans l'avenir, m&#234;me essayer, sous une forme d'abord d&#233;guis&#233;e, de s'emparer du volant de cette machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paroles de L&#233;nine nous obligeaient tous :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#193; suivre attentivement la croissance des forces ennemies : le koulak, le nepman, le bureaucrate ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#193; nous rendre compte que, dans la mesure du rel&#232;vement g&#233;n&#233;ral du pays, ces forces vont chercher &#224; s'assembler, &#224; apporter leurs &#171; modifications &#187; &#224; nos plans, &#224; renforcer leur pression sur notre politique, &#224; d&#233;fendre &#224; travers nos diff&#233;rents appareils leurs propres int&#233;r&#234;ts ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#193; prendre les mesures n&#233;cessaires pour, de toute mani&#232;re, affaiblir la croissance, le rassemblement et la pression de ces forces ennemies en emp&#234;chant qu'elles puissent cr&#233;er une situation qui, tout en &#233;tant cach&#233;e, constitue n&#233;anmoins en fait une dualit&#233; de pouvoir vers laquelle elles aspirent ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#193; faire part de ces processus de classes &#224; la classe ouvri&#232;re et &#224; dire l'enti&#232;re v&#233;rit&#233; &#224; tous les travailleurs. C'est en cela que consiste actuellement l'axe de la question en ce qui concerne le danger &#171; thermidorien &#187; et la lutte contre lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que L&#233;nine a donn&#233; cet avertissement, beaucoup de choses se sont am&#233;lior&#233;es chez nous, mais beaucoup ont empir&#233;. L'influence de l'appareil d'&#201;tat grandit et avec lui grandissent les alt&#233;rations bureaucratiques de l'&#201;tat ouvrier. La croissance absolue et relative du capitalisme &#224; la campagne et sa croissance absolue &#224; la ville commencent &#224; entra&#238;ner l'accroissement chez les &#233;l&#233;ments bourgeois de notre pays de la conscience de leur force politique. Ces &#233;l&#233;ments cherchent &#224; d&#233;moraliser, souvent non sans succ&#232;s, m&#234;me une partie des communistes avec lesquels ils sont continuellement en contact, soit dans le travail, soit au cours de la vie quotidienne. Le mot d'ordre lanc&#233; par Staline, lors du XIV&#176; Congr&#232;s du Parti : Feu &#224; gauche ! n'a pu que faciliter le rassemblement des &#233;l&#233;ments de droite dans le Parti et des &#233;l&#233;ments bourgeois-oustrialovistes dans le pays. La question de savoir qui des deux aura le dessus se r&#233;sout par une lutte de classe continuelle sur tous les secteurs des fronts &#233;conomique, politique et culturel - pour un d&#233;veloppement socialiste ou pour un d&#233;veloppement capitaliste, pour la r&#233;partition du revenu national selon l'une ou l'autre voie emprunt&#233;e, pour la pl&#233;nitude du pouvoir prol&#233;tarien ou pour le partage de ce pouvoir avec la nouvelle bourgeoisie. Dans le pays, o&#249; l'&#233;crasante majorit&#233; de la population est constitu&#233;e par la petite et la toute petite paysannerie, et en g&#233;n&#233;ral, la toute petite propri&#233;t&#233;, les processus principaux de cette lutte s'accomplissent souterrainement &#231;a et l&#224;, de jour en jour, jusqu'&#224; ce que d'une mani&#232;re soudaine et inattendue, ils fassent irruption &#224; l'ext&#233;rieur. L'&#233;l&#233;ment capitaliste trouve avant tout son expression dans la diff&#233;renciation de la campagne et dans la croissance de, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Les gros bonnets de la campagne, comme les &#233;l&#233;ments bourgeois des villes, s'entrelient plus &#233;troitement avec les diff&#233;rents cha&#238;nons de l'appareil &#233;conomique d'&#201;tat. Il arrive assez souvent que cet appareil permet &#224; la nouvelle bourgeoisie d'enve&#173;lopper dans des statistiques n&#233;buleuses sa lutte efficace en faveur de l'augmentation de sa part du revenu national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appareil commercial de l'&#201;tat, de la coop&#233;ration et des particuliers absorbe une immense partie du revenu national : plus d'un dixi&#232;me de la production brute. D'autre part, le capital priv&#233;, dans le roulement du capital de circulation industrielle, occupe ces derni&#232;res ann&#233;es sensiblement plus d'un cinqui&#232;me du roulement dont le chiffre total atteint plus de 5 milliards de recettes par an. Jusqu'&#224; maintenant, la masse des consommateurs re&#231;oit plus de 50 %. des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; des mains du commerce priv&#233;. C'est ici que le commerce priv&#233; trouve sa source de profits et d'accumulation. La diff&#233;rence (ciseaux) entre les prix de la production agricole et ceux de la production industrielle, la diff&#233;rence entre les prix de gros et de d&#233;tail, ce que l'on appelle la &#171; rupture &#187; des prix, selon les diverses branches de l'&#233;conomie rurale, selon les secteurs, selon les saisons, selon la diff&#233;rence entre les prix int&#233;rieurs et les prix mondiaux (contrebande), tout cela repr&#233;sente pour le capital priv&#233; une source continuelle d'enrichissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital priv&#233; recueille un int&#233;r&#234;t usuraire sur les hypoth&#232;ques et s'enrichit sur les emprunts d'&#201;tat. Le r&#244;le de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e est aussi tr&#232;s important dans l'industrie. Si, ces derniers temps, il a une tendance &#224; diminuer d'une fa&#231;on relative, dans sa totalit&#233; il grandit. L'industrie capitaliste priv&#233;e, soumise au contr&#244;le de l'&#201;tat, a une production brute de 400 millions par an. La petite industrie &#224; domicile et l'artisanat ont une production annuelle de 1 800 millions. La production non &#233;tatique, prise dans son ensemble, repr&#233;sente plus de 20 % de toute la production industrielle marchande et pr&#232;s de 40 % des marchandises vendues sur l'ensemble du march&#233;. La grande masse de cette industrie est li&#233;e d'une fa&#231;on ou d'une autre au capital priv&#233;. Les formes multiples, aussi bien apparentes que cach&#233;es, de l'exploitation des masses artisanales par le capital commercial et par le capital de l'industrie &#224; domicile, sont la source, extr&#234;mement importante et toujours grandissante, de l'accumulation de la nouvelle bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les imp&#244;ts, les salaires, les prix, le cr&#233;dit sont, dans notre r&#233;gime, les leviers essentiels pour la r&#233;partition du revenu national, le renforcement de certaines classes et l'affaiblissement des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#244;t agricole &#224; la campagne, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, se r&#233;partit progressivement &#224; rebours : lourdement sur les pauvres, l&#233;g&#232;rement sur les paysans riches et les paysans &#233;conomiquement forts. D'apr&#232;s des calculs approximatifs, 34 % de l'&#233;conomie rurale pauvre de l'URSS (m&#234;me en dehors des r&#233;gions o&#249; la diff&#233;renciation est d&#233;j&#224; tr&#232;s accentu&#233;e, comme en Ukraine, dans le Caucase du Nord, en Sib&#233;rie) poss&#232;dent 18 % du revenu net conventionnel ; cette m&#234;me proportion de 18 % de revenus est poss&#233;d&#233;e par le groupe des paysans riches qui embrasse 7,5 % de l'&#233;conomie rurale, alors que chacun de ces groupes paie &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me quantit&#233;, soit environ 20 % du total des imp&#244;ts. Il est clair que l'imp&#244;t p&#232;se beaucoup plus lourdement sur chaque &#233;conomie rurale pauvre que sur chaque &#233;conomie koulak, ou que sur chaque &#233;conomie de paysans ais&#233;s. Contrairement aux craintes des dirigeants du XlV&#176; Congr&#232;s, notre politique en mati&#232;re d'imp&#244;ts est loin de &#171; d&#233;shabiller &#187; le koulak et elle ne met nulle entrave &#224; la concentration entre ses mains de r&#233;serves en argent et en nature de plus en plus fortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des imp&#244;ts indirects, dans notre budget, grandit de fa&#231;on mena&#231;ante aux d&#233;pens des imp&#244;ts directs. De ce fait m&#234;me, le poids des imp&#244;ts se d&#233;place automatiquement des couches sup&#233;rieures sur les couches inf&#233;rieures. Les imp&#244;ts sur les ouvriers ont &#233;t&#233;, en 1925-1926, deux fois plus &#233;lev&#233;s que dans l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, alors que les imp&#244;ts sur le reste de l&#224; population des villes ont diminu&#233; de 6 % ( Courrier financier, 1927, n&#176; 2, page 52) : l'imp&#244;t sur l'alcool est un fardeau de plus en plus insupportable, surtout dans les r&#233;gions industrielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation du revenu par t&#234;te en 1926, par rapport &#224; 1925 est, d'apr&#232;s certains calculs approximatifs, pour les paysans de 19 % pour les ouvriers de 26 % pour les commer&#231;ants et industriels de 46 %. Si on divisait les &#171; paysans &#187; en trois groupes principaux, on d&#233;couvrirait de fa&#231;on indiscutable que chez le koulak le revenu s'est beaucoup plus accru que chez l'ouvrier Les revenus des commer&#231;ants et des industriels, qui sont calcul&#233;s d'apr&#232;s les donn&#233;es des imp&#244;ts sont, sans aucun doute, sous-estim&#233;s (en dessous de la r&#233;alit&#233;). Cependant, ces chiffres embellis t&#233;moignent clairement de l'accroissement des antagonismes de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cart des prix entre les produits agricoles et industriels est devenu encore plus grand depuis un an et demi. Pour ses produits, le paysan ne recevait pas plus de 125 % des prix d'avant-guerre ; et pour les produits manufactur&#233;s, il ne payait pas moins de 220 % des prix d'avant-guerre. Le surplus que paye la paysannerie se r&#233;partit principalement sur les couches inf&#233;rieures et il s'est &#233;lev&#233;, pour l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e, &#224; plus d'un milliard de roubles. Ceci entra&#238;ne non seulement l'aggravation des contradictions entre l'&#233;conomie rurale et l'industrie, mais accentue fortement la diff&#233;renciation de la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cart entre les prix de gros et de d&#233;tail occasionne des pertes &#224; l'&#201;tat et aux consommateurs ; il y a un tiers qui gagne, c'est le particulier, c'est-&#224;-dire le capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salaire r&#233;el, en 1927, est dans le meilleur cas, au m&#234;me niveau que dans l'automne 1925. Mais ce qui est indiscutable c'est que, pendant ces deux ann&#233;es, notre pays s'est enrichi, le revenu g&#233;n&#233;ral s'est accru, les gros bonnets de la campagne, les koulaks, ont augment&#233; leurs r&#233;serves avec une rapidit&#233; &#233;norme. L'accumulation du capitalisme priv&#233;, du commer&#231;ant, du sp&#233;culateur grandit extraordinairement. Il est clair que la part de la classe ouvri&#232;re dans le revenu g&#233;n&#233;ral du pays diminue en m&#234;me temps que la part des autres classes grandit. C'est le fait le plus important pour l'appr&#233;ciation de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut affirmer que fournir des indications publiques sur les contradictions du d&#233;veloppement et de l'accroissement des forces hostiles, c'est de la panique et du pessimisme ; le font ceux qui, au fond d'eux-m&#234;mes, trouvent que notre classe ouvri&#232;re et notre parti ne pourront pas surmonter les difficult&#233;s et les dangers. Nous ne partageons pas ce point de vue. Il faut voir clairement les dangers. Nous les indiquons avec pr&#233;cision pour lutter plus s&#251;rement contre eux et pour les vaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque de la Nep, un certain accroissement des forces qui nous sont hostiles - koulaks, nepmans, bureaucrates - est in&#233;vitable. Ces forces ne peuvent &#234;tre supprim&#233;es par des mesures administratives ou par une simple pression &#233;conomique. En instaurant la Nep et en la r&#233;alisant, nous avons nous-m&#234;mes fait une certaine place aux rapports capitalistes dans notre pays. Et, pendant un laps de temps encore assez long, nous devrons reconna&#238;tre que leur existence est in&#233;vitable. L&#233;nine n'a fait que rappeler une v&#233;rit&#233; banale et n&#233;cessaire aux ouvriers quand il a dit : &#171; Tant que nous vivrons dans un pays &#224; majorit&#233; petite paysanne, il existera toujours en Russie, pour le capitalisme, une base beaucoup plus solide que pour le communisme ; il est n&#233;cessaire de s'en souvenir... nous n'avons pas extirp&#233; les racines du capitalisme et le fondement et la base de l'ennemi int&#233;rieur ne sont pas &#233;branl&#233;s. &#187; (T. XVII, page 427). Ce fait social le plus important, indiqu&#233; par L&#233;nine, ne peut pas, comme il le dit, &#234;tre simplement ray&#233; d'un trait de plume, mais on peut surmonter les difficult&#233;s et les vaincre par une politique juste, syst&#233;matique et m&#233;thodique de la part de la classe ouvri&#232;re, s'appuyant sur la paysannerie pauvre et en s'alliant avec la paysannerie moyenne. Cette politique consiste principalement dans le renforcement de toutes les positions sociales du prol&#233;tariat, dans le rel&#232;vement aussi rapide que possible des positions de commandement du socialisme, en liaison la plus &#233;troite avec la pr&#233;paration et le d&#233;veloppement de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique l&#233;niniste juste comprend aussi l'utilisation de la man&#339;uvre dans la lutte contre les forces du capitalisme. L&#233;nine a us&#233; maintes fois du moyen des concessions particuli&#232;res afin de contourner l'ennemi, des reculs temporaires dans le but d'avancer avec plus de s&#251;ret&#233; par la suite. La strat&#233;gie de la man&#339;uvre est encore actuellement n&#233;cessaire. Il ne faut pas louvoyer, mais man&#339;uvrer l'ennemi quand on ne peut pas le renverser par une attaque directe. L&#233;nine est rest&#233; invariablement dans la ligne de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. De son temps, le parti connaissait toujours les causes de la man&#339;uvre, le sens de celle-ci, les limites au-del&#224; desquelles on ne pouvait plus reculer et les positions d'o&#249; on recommencera l'offensive prol&#233;tarienne. La retraite du temps de L&#233;nine s'appelait la retraite, une concession une concession. Gr&#226;ce &#224; cela, l'arm&#233;e prol&#233;tarienne conservait toujours dans la man&#339;uvre sa formation compacte, son esprit combatif, et la compr&#233;hension du but &#224; atteindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant cette derni&#232;re p&#233;riode, la direction du parti s'est &#233;cart&#233;e de la ligne trac&#233;e par L&#233;nine. Le groupe Staline m&#232;ne le parti &#224; l'aveuglette, cachant les forces de l'ennemi, donnant &#224; tout une apparence toute superficielle de succ&#232;s. Il ne donne aucune perspective au prol&#233;tariat, ou, ce qui est pire, il lui donne une perspective fausse. Il avance en zigzags, s'adaptant aux &#233;l&#233;ments hostiles, affaiblissant et embrouillant les forces de l'arm&#233;e prol&#233;tarienne. Il favorise la croissance et la passivit&#233;, la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de la direction, la d&#233;fiance dans les forces de la r&#233;volution. Se r&#233;f&#233;rant &#224; la strat&#233;gie manoeuvri&#232;re de L&#233;nine, il cache ses oscillations sans principes et inattendues pour le Parti, oscillations qui d&#233;composent ce dernier et n'ont d'autre r&#233;sultat que de faire gagner du temps &#224; l'ennemi et de lui permettre de prendre de l'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;chantillons les plus &#171; classiques &#187; des man&#339;uvres de Staline, Boukharine et Rykov, sur l'ar&#232;ne internationale, sont la politique chinoise et la politique envers le Comit&#233; anglo-russe, et, &#224; l'int&#233;rieur du pays, leur politique envers le koulak. Dans toutes ces questions le parti et la classe ouvri&#232;re n'ont su la v&#233;rit&#233; ou une partie de celle-ci que lorsque se sont abattues sur leurs t&#234;tes les lourdes cons&#233;quences d'une ligne fausse &#224; sa base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s que le groupe Staline ait effectivement d&#233;termin&#233; la politique des institutions centrales du Parti, on petit consid&#233;rer comme compl&#232;tement prouv&#233; que la politique de ce groupe a &#233;t&#233; impuissante &#224; &#233;viter : 1&#176; la croissance d&#233;mesur&#233;e des forces qui veulent orienter le d&#233;veloppement de notre pays dans la voie capitaliste ; 2&#176; l'affaiblissement de la situation de la classe ouvri&#232;re et de la paysannerie pauvre en face de la force grandissante du koulak, du nepman et du bureaucrate ; 3&#176; l'affaiblissement de la situation g&#233;n&#233;rale de l'&#201;tat ouvrier dans sa lutte contre le capitalisme mondial, l'aggravation de la situation internationale de l'URSS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faute directe du groupe de Staline, c'est qu'au lieu de dire au Parti, &#224; la classe ouvri&#232;re et &#224; la paysannerie, toute la v&#233;rit&#233; sur la situation, il a cach&#233; cette v&#233;rit&#233; en pr&#233;sentant, sous une forme &#233;triqu&#233;e, la croissance des forces ennemies en fermant la bouche &#224; ceux qui r&#233;clamaient et d&#233;couvraient la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concentration du feu &#224; gauche alors que toute la situation est caract&#233;ris&#233;e par des dangers de droite, l'&#233;touffement grossi&#232;rement m&#233;canique de toute critique exprimant les craintes l&#233;gitimes du prol&#233;tariat quant &#224; la destin&#233;e de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, l'acquiescement &#224; toute d&#233;viation de droite, l'affaiblissement de l'influence prol&#233;tarienne et du vieux noyau bolchevik dans le parti : tout ceci affaiblit et d&#233;sarme la classe ouvri&#232;re ait moment o&#249; l'activit&#233; du prol&#233;tariat, la vigilance et la coh&#233;sion du Parti, ainsi que la fid&#233;lit&#233; aux v&#233;ritables commandements de L&#233;nine, sont les plus n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;forme L&#233;nine, on le corrige, on l'interpr&#232;te, on le compl&#232;te selon les besoins de la cause pour couvrir les fautes successives. Depuis la mort de L&#233;nine, on a cr&#233;&#233; toute une s&#233;rie de nouvelles th&#233;ories, simplement pour justifier, th&#233;oriquement, l'&#233;loigne&#173;ment du groupe Staline de la voie de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Les mencheviks et la presse capitaliste voient et acclament, dans la politique et les nouvelles th&#233;ories de Staline-Boukharine-Martinov, une marche en avant selon la th&#233;orie d'Oustrialov &#171; plus en avant que L&#233;nine &#187;, la sagesse d'hommes d'&#201;tat, le &#171; r&#233;alisme &#187;, le renoncement aux &#171; utopies &#187; du bolchevisme r&#233;volutionnaire. Dans l'&#233;loignement de la direction du parti de toute une s&#233;rie de disciples de L&#233;nine, ils voient les premiers pas vers le passage &#224; une nouvelle voie et s'en f&#233;licitent ouvertement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le processus &#233;l&#233;mentaire de la Nep, non frein&#233;e et non dirig&#233;e par une ferme politique de classe, pr&#233;pare de nouveaux glissements dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 millions de petites &#233;conomies rurales sont la source principale des tendances capitalistes. La couche sup&#233;rieure des koulaks qui na&#238;t de cette masse, r&#233;alise le processus de l'accumulation primitive du capitalisme qui mine profond&#233;ment les positions du socialisme. Le sort ult&#233;rieur de ce processus d&#233;pend en dernier lieu des rapports entre la croissance des &#233;conomies &#233;tatiques et des &#233;conomies priv&#233;es. Le retard de l'industrie augmente le rythme cl&#233; la diff&#233;renciation de la paysannerie et multiplie les dangers politiques qui en d&#233;coulent. &#171; Les koulaks, &#233;crivait L&#233;nine, ont plus d'une fois, dans l'histoire des autres pays, restaur&#233; le pouvoir des f&#233;odaux, des tzars, des cur&#233;s et des capitalistes. Il en fut ainsi dans toutes les r&#233;volutions europ&#233;ennes pass&#233;es, lorsque les koulaks, en raison de la faiblesse des ouvriers, r&#233;ussissaient &#224; faire r&#233;gresser la r&#233;publique vers la monarchie, le pouvoir des travailleurs vers la domination des exploiteurs, des riches, des parasites ! On peut tr&#232;s facilement r&#233;concilier le koulak avec les f&#233;odaux, les tzars et les cur&#233;s, m&#234;me s'ils s'&#233;taient querell&#233;s ant&#233;rieurement, mais avec la classe ouvri&#232;re, jamais. &#187; (L&#233;nine, Camarades ouvriers, marchons &#224; la lutte finale, &#233;dition de l'Institut L&#233;nine, pages 1 et 2). Celui qui n'a pas compris cela, celui qui pense que l'on peut &#171; int&#233;grer &#187; le koulak dans notre socialisme n'est capable que d'une seule chose : &#171; c'est de faire &#233;chouer la R&#233;volution &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pays existent deux positions essentielles, s'excluant r&#233;ciproquement : l'une - position prol&#233;tarienne construisant le socialisme, l'autre - position de la bourgeoisie qui tend &#224; entra&#238;ner le d&#233;veloppement vers une voie capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camp de la bourgeoisie, et des couches de la petite bourgeoisie qui sont &#224; sa remorque, met tous ses espoirs dans l'initiative priv&#233;e et l'int&#233;r&#234;t individuel. Ce camp mise sur le pays &#171; &#233;conomiquement fort &#187; afin que la coop&#233;ration, l'industrie et le commerce ext&#233;rieur servent ses propres int&#233;r&#234;ts. Ce camp consid&#232;re que l'industrie socialiste ne doit pas compter sur le budget d'&#201;tat. Le rythme du d&#233;veloppement de l'industrie ne doit pas contrecarrer les int&#233;r&#234;ts de l'accumulation capitaliste agraire. La lutte pour l'augmentation du rendement de la production signifie, pour la petite bourgeoisie qui se renforce quotidiennement, une pression sur les muscles et les nerfs des ouvriers. La lutte pour la baisse des prix signifie, pour elle, la diminution de l'accumulation de l'industrie socialiste dans l'int&#233;r&#234;t du capital commercial ; la lutte avec le bureaucratisme signifie, pour le petit-bourgeois, la dispersion de l'industrie, l'affaiblissement des d&#233;buts collectifs de l'industrie, la mise au dernier plan de l'industrie lourde, c'est-&#224;-dire l'adaptation aux paysans &#233;conomiquement forts, avec la perspective prochaine de la liquidation du monopole du commerce ext&#233;rieur. C'est le chemin des oustrialovistes. Cela s'appelle : le capitalisme &#224; &#233;ch&#233;ances. Cette tendance dans le pays influence m&#234;me certains cercles du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie prol&#233;tarienne est exprim&#233;e dans les paroles suivantes de L&#233;nine : &#171; La victoire du socialisme sur le capitalisme, l'affermissement du socialisme, peut &#234;tre seulement consid&#233;r&#233;e comme assur&#233;e quand le pouvoir gouvernemental prol&#233;tarien, ayant d&#233;finitivement r&#233;prim&#233; toute r&#233;sistance des exploiteurs, et assur&#233; son plein &#233;quilibre et son autorit&#233;, aura r&#233;organis&#233; toute l'industrie sur la base d'une grosse production collective et sur un nouveau fondement technique (&#233;lectrification dans toutes les branches principales de l'&#233;conomie). Cette r&#233;organisation peut seule donner la possibilit&#233; de fournir aux campagnes arri&#233;r&#233;es et dispers&#233;es, une aide radicale technique et sociale cr&#233;ant ainsi une base mat&#233;rielle pour un accroissement consid&#233;rable de la productivit&#233; du travail agricole et du travail g&#233;n&#233;ral &#224; la campagne, contraignant ainsi les petits cultivateurs, par la force de l'exemple et leur propre int&#233;r&#234;t, &#224; passer de la petite production &#224; la grande culture collective m&#233;canique. &#187; (R&#233;solution du II&#176; Congr&#232;s de l'IC). C'est sous cet angle que doit &#234;tre &#233;difi&#233;e toute la politique du Parti (imp&#244;ts, industries, &#233;conomies rurales, commerce ext&#233;rieur et int&#233;rieur, etc.). Telle est la position essentielle de l'Opposition. C'est le chemin vers le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre ces deux positions, se trouve, toujours plus pr&#232;s de la premi&#232;re, la ligne de Staline, compos&#233;e de courts zigzags &#224; gauche et de larges zigzags &#224; droite. Le chemin de L&#233;nine signifie le d&#233;veloppement socialiste des forces productives dans la lutte continuelle contre les &#233;l&#233;ments capitalistes. La voie d'Oustrialov signifie le d&#233;veloppement sur des bases capitalistes, par le moyen de l'annulation progressive des conqu&#234;tes d'Octobre. Le chemin de Staline conduit en r&#233;alit&#233; &#224; freiner le d&#233;veloppement des forces productives, &#224; diminuer le poids sp&#233;cifique des &#233;l&#233;ments du socialisme et par l&#224; m&#234;me &#224; pr&#233;parer la victoire de la voie d'Oustrialov. Le cours de Staline est d'autant plus dangereux et d'autant plus n&#233;faste qu'il cache les d&#233;viations r&#233;elles sous des mots simples et des expressions courantes. L'accomplissement du processus de reconstruction a pos&#233; d'une fa&#231;on aigu&#235; les t&#226;ches essentielles du d&#233;veloppement &#233;conomique et, par l&#224; m&#234;me, sap&#233; la position de Staline, qui ne convient pas aux grandes questions ; que ce soit la question chinoise ou la reconstruction du capital de base de l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la tension de la situation, qui est rendue extr&#234;mement aigu&#235; par les fautes grossi&#232;res de la direction actuelle, cet &#233;tat de choses est tout &#224; fait r&#233;parable. Mais il faut, pour cela, changer radicalement la ligne de la direction du parti, dans le sens de la ligne trac&#233;e par L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. La situation de la classe ouvri&#232;re et les syndicats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution d'Octobre a, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, transform&#233; le prol&#233;tariat en classe dirigeante d'un immense pays. La nationalisation des moyens de production signifiait un premier pas d&#233;cisif vers la reconstruction socialiste de tout le syst&#232;me social b&#226;ti sur l'exploitation de l'homme par l'homme. L'introduction de la loi sur les huit heures a &#233;t&#233; un pas en avant dans la voie de la transformation compl&#232;te des conditions vitales et culturelles d'existence de la classe ouvri&#232;re. Malgr&#233; la pauvret&#233; du pays, le Code du Travail a &#233;tabli pour les ouvriers - et parmi eux pour les couches les plus arri&#233;r&#233;es qui, dans le pass&#233;, &#233;taient absolument sans d&#233;fense - des garanties juridiques qui n'avaient &#233;t&#233; et ne seront jamais accord&#233;es par l'&#201;tat capitaliste le plus riche. Les syndicats professionnels ont &#233;t&#233; &#233;lev&#233;s jusqu'au niveau de l'arme la plus importante entre les mains de la classe dirigeante ; ils ont re&#231;u la possibilit&#233;, d'une part, d'englober de larges masses qui, dans d'autres conditions sociales, leur auraient &#233;chapp&#233; et, d'autre part, d'influencer directement et sans interm&#233;diaire, toute la marche de la politique de l'&#201;tat ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che du Parti consiste &#224; assurer l'application de ces grandioses conqu&#234;tes historiques en leur donnant leur plein contenu. Le succ&#232;s dans cette voie d&#233;pend, d'une part, des conditions objectives nationales et internationales ; d'autre part, de la justesse de la ligne et du savoir-faire de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments d&#233;cisifs pour la marche de notre pays dans la voie socialiste et non capitaliste sont li&#233;s &#233;troitement aux am&#233;liorations dans le domaine de l'existence de la classe ouvri&#232;re. Ces am&#233;liorations doivent trouver leur expression dans le domaine mat&#233;riel : le nombre des ouvriers occup&#233;s dans les industries, le niveau du salaire r&#233;el, le caract&#232;re du budget ouvrier, les conditions locatives des travailleurs, l'assistance m&#233;dicale, etc. ; dans le domaine politique le Parti, les syndicats, les Soviets, les jeunesses ; enfin, dans le domaine culturel : l'&#233;cole, la litt&#233;rature, le journal, le th&#233;&#226;tre. La tendance &#224; repousser &#224; l'arri&#232;re-plan les int&#233;r&#234;ts vitaux des ouvriers et, sous le nom m&#233;prisant d'&#171; esprit d'atelier &#187;, &#224; les opposer aux aspirations historiques de leur classe repr&#233;sente une tendance th&#233;oriquement fausse et politiquement dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accaparement par l'&#201;tat prol&#233;tarien de la plus-value n'est &#233;videmment pas de l'exploitation. Mais nous avons : 1&#176; l'&#201;tat ouvrier avec des d&#233;formations bureaucratiques, l'appareil privil&#233;gi&#233; de direction d&#233;mesur&#233;ment grossi absorbant une tr&#232;s grande part de la plus-value ; 2&#176; la bourgeoisie grandissante qui, par le commerce et par suite de l'&#233;cart des prix, accapare une partie de la plus-value provenant de l'industrie d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, pendant la p&#233;riode de reconstruction, les effectifs des ouvriers et les conditions de leur existence grandissaient non seulement d'une fa&#231;on absolue, mais m&#234;me relativement &#224; la croissance des autres classes, alors que, dans la derni&#232;re p&#233;riode, c'est le contraire qui s'est produit : la croissance des effectifs ouvriers, l'am&#233;lioration de leur sort marquent un temps d'arr&#234;t, tandis que, pendant cette m&#234;me p&#233;riode, les forces ennemies continuent &#224; grandir d'une fa&#231;on acc&#233;l&#233;r&#233;e, ce qui non seulement fait empirer in&#233;vitablement la situation des ouvriers &#224; l'usine, mais diminue le poids du prol&#233;tariat dans la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mencheviks, les agents de la bourgeoisie dans les milieux ouvriers montrent perfidement les difficult&#233;s mat&#233;rielles de nos ouvriers, essayant d'opposer le prol&#233;tariat &#224; l'&#201;tat sovi&#233;tique et d'amener les ouvriers &#224; accepter leurs th&#233;ories petites-bourgeoises et de &#171; marche arri&#232;re vers le capitalisme &#187;. Les fonctionnaires, contents d'eux-m&#234;mes, qui aper&#231;oivent le &#171; mench&#233;visme &#187; dans la fa&#231;on dont l'Opposition pose cr&#251;ment la question des conditions mat&#233;rielles des ouvriers, apportent de cette fa&#231;on le meilleur appui au mench&#233;visme, en poussant les ouvriers sous la banni&#232;re jaune de celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vaincre les difficult&#233;s, il faut les conna&#238;tre. Il faut v&#233;rifier consciencieusement et d'une fa&#231;on juste nos succ&#232;s et nos &#233;checs en examinant la v&#233;ritable situation des masses travailleuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation des ouvriers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;poque de reconstruction fut l'&#233;poque d'une augmentation assez rapide du salaire jusqu'&#224; l'automne 1925. Une sensible diminution du salaire r&#233;el a commenc&#233; en 1926 et a &#233;t&#233; surmont&#233;e seulement au d&#233;but de 1927. Le salaire d'un mois, pendant le premier semestre de l'ann&#233;e &#233;conomique 1926-1927, repr&#233;sentait en moyenne, dans la grande industrie, en roubles conventionnels de la r&#233;gion de Moscou, 30 roubles 67 kopecks et 30 roubles 33 kopecks pendant l'automne 1925. Pendant le troisi&#232;me trimestre de l'ann&#233;e &#233;conomique, selon des pr&#233;visions approximatives, le salaire atteignait 31 roubles 62 kopecks. On voit de cette fa&#231;on que pendant cette ann&#233;e, le salaire r&#233;el marqua un temps d'arr&#234;t &#224; peu pr&#232;s au niveau du salaire de l'automne 1925.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain, d'une part, que le salaire et le niveau mat&#233;riel moyens de certaines cat&#233;gories d'ouvriers, dans certains districts, avant tout dans les capitales comme Moscou et Leningrad, sont d'une mani&#232;re indiscutable au-dessus du niveau moyen indiqu&#233; plus haut ; mais, d'autre part, le niveau mat&#233;riel moyen d'autres larges couches d'ouvriers est sensiblement au-dessous m&#234;me de ces chiffres modestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les donn&#233;es indiquent que l'augmentation du salaire ne suit pas l'augmentation du rendement. L'intensification du travail grandit, les mauvaises conditions de travail restent toujours les m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation du salaire est de plus en plus subordonn&#233;e &#224; l'intensification du rendement. Cette tendance qui ne peut s'accorder avec le cours socialiste a &#233;t&#233; confirm&#233;e par le CC dans sa fameuse r&#233;solution sur la rationalisation (Pravda, 25 mars 1927). Cette r&#233;solution a &#233;t&#233; adopt&#233;e par le IV&#176; Congr&#232;s des Soviets. Cette politique signifie que l'augmentation des richesses publiques, gr&#226;ce au d&#233;veloppement de la technique (le rendement des entreprises), n'entra&#238;ne en aucune fa&#231;on une augmentation des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faible croissance des effectifs ouvriers diminue dans les m&#233;nages ouvriers le nombre de ceux qui travaillent. En roubles r&#233;els, le budget des d&#233;penses d'une famille ouvri&#232;re, depuis 1924-1925, s'est r&#233;tr&#233;ci. L'augmentation du prix des loyers oblige les ouvriers &#224; sous-louer une partie de leur logis. Les sans-travail, directement ou indirectement, p&#232;sent sur le budget ouvrier. La consommation grandissante des boissons alcooliques p&#232;se &#233;galement sur le budget ouvrier. En somme, tout ceci entra&#238;ne une diminution du niveau de vie des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rationalisation industrielle entra&#238;ne in&#233;vitablement l'aggravation du sort de la classe ouvri&#232;re, lorsqu'elle n'est pas accompagn&#233;e par un d&#233;veloppement de l'industrie des transports, etc., qui permette d'utiliser les ouvriers licenci&#233;s. Pratiquement, la rationalisation se traduit souvent par l'&#171; expulsion &#187; de certains groupes d'ouvriers et par l'aggravation du sort mat&#233;riel des autres. Ceci entra&#238;ne in&#233;vitablement une m&#233;fiance des ouvriers &#224; l'&#233;gard de la rationalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une pression sur les conditions de travail est exerc&#233;e, ce sont toujours les groupes les plus faibles des travailleurs : man&#339;uvres, ouvriers saisonniers, femmes et jeunes, qui en p&#226;tissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1926, dans presque toutes les branches de l'industrie, une diminution du salaire de l'ouvri&#232;re s'est produite par rapport &#224; celui de l'ouvrier. Dans maintes branches d'industrie, le salaire des man&#339;uvres femmes repr&#233;sentait, en mars 1926, 51,8 %, 61,7 %, 83 % du salaire de l'homme. Les mesures n&#233;cessaires de protection du travail f&#233;minin, dans les branches industrielles, comme l'exploitation de la tourbe, les travaux de d&#233;chargement et de chargement, etc., ne sont pas prises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salaire des jeunes, par rapport aux salaires des ouvriers adultes, diminue continuellement : en 1923, il formait 47,19 % ; en 1924, 45 % ; en 1925, 43,4 % ; en 1926, 40,5 % du salaire de l'adulte (Revue de la situation &#233;conomique des jeunes en 1924-1925, 1925-1926). En mars 1926, 49,5 % des jeunes gagnaient moins de 20 roubles par mois (Bureau central de statistiques). Le nombre des jeunes sans travail augmente tous les jours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ouvriers agricoles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le chiffre global de 3 millions et demi de la main-d'&#339;uvre agricole, les ouvriers et ouvri&#232;res agricoles sont au nombre de 1 600 000. Seulement 20 % de ceux-ci font partie d'organisations syndicales. L'enregistrement des contrats de travail, presque tous esclavagistes, est &#224; peine commenc&#233;. Le salaire des ouvriers agricoles est, habituellement et m&#234;me dans les entreprises &#233;tatiques, au-dessous du minimum fix&#233; par l'&#201;tat Le salaire actuel r&#233;el ne d&#233;passe pas, en moyenne, 63 % du salaire d'avant-guerre. La journ&#233;e de travail est rarement au-dessous de 10 heures ; en g&#233;n&#233;ral la journ&#233;e de travail des ouvriers agricoles n'est pas d&#233;limit&#233;e. Le salaire est pay&#233; irr&#233;guli&#232;rement et avec beaucoup de retard. La situation des plus difficiles dans laquelle se trouvent les ouvriers agricoles ne provient pas uniquement des difficult&#233;s de la construction socialiste dans un pays agricole arri&#233;r&#233;, mais provient aussi, certainement, d'un cours erron&#233; qui, en pratique, dans la vie et dans la triste r&#233;alit&#233;, se pr&#233;occupe surtout des couches favoris&#233;es de la campagne au lieu de s'occuper des couches d&#233;favoris&#233;es. Il est n&#233;cessaire de d&#233;fendre syst&#233;matiquement, partout, les int&#233;r&#234;ts des ouvriers agricoles contre les koulaks et contre les soi-disant paysans &#233;conomiquement forts.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question du logement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surface d'habitation pour les ouvriers est habituellement au-dessous de la moyenne de celle du reste de la population des villes. Les ouvriers des plus grandes villes industrielles sont la partie de la population la moins favoris&#233;e dans la question du logement. La r&#233;partition de la surface d'habitation, selon les groupes sociaux, dans les villes o&#249; un travail statistique a eu lieu, se traduit par les chiffres suivants : ouvriers, 5 &#224; 6 m&#232;tres carr&#233;s ; employ&#233;s, 6 &#224; 9 ; artisans, 7,6 ; professions lib&#233;rales, 10,9 ; &#233;l&#233;ments qui ne travaillent pas, 7,1. Ceci d&#233;montre que les ouvriers occupent la derni&#232;re place. La surface d'habitation des ouvriers diminue d'ann&#233;e en ann&#233;e. En m&#234;me temps, les couches non prol&#233;tariennes voient leur surface d'habitation augmenter. La situation g&#233;n&#233;rale, par rapport &#224; la construction des locaux d'habitation, menace le d&#233;veloppement futur de l'industrie. N&#233;anmoins, on reconna&#238;t, selon le plan quinquennal de construction de la Commission du plan d'&#201;tat, que d'ici 5 ans, la situation locative sera encore plus mauvaise qu'actuellement : la surface d'habitation moyenne vers la fin de 1926, qui &#233;tait de 11,3 m&#232;tres carr&#233;s, tombera, selon la Commission, vers la fin de 1931, &#224; 10,6.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ch&#244;mage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement lent de l'industrialisation se fait sentir surtout d'une fa&#231;on aigu&#235; dans la question du ch&#244;mage, qui a p&#233;n&#233;tr&#233; m&#234;me parmi les cadres les plus importants du prol&#233;tariat industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre officiel des ch&#244;meurs enregistr&#233;s pour le 1&#176; avril 1927 est de 1 656 000, le nombre r&#233;el des ch&#244;meurs atteint en r&#233;alit&#233; le chiffre de 2 millions. Le nombre des ch&#244;meurs grandit incontestablement plus vite que le nombre des ouvriers absorb&#233;s par l'industrie. Le nombre des ch&#244;meurs augmente rapidement parmi les ouvriers industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les pr&#233;visions du Plan quinquennal d'&#201;tat, l'industrie augmentera pendant cette p&#233;riode sa main-d'&#339;uvre de 400 000 ouvriers. &#201;tant donn&#233; l'afflux de la main&#173; d'&#339;uvre de la campagne, cela signifie que le nombre des ch&#244;meurs, vers la fin de 1931, s'accro&#238;tra pour atteindre au moins le chiffre de 3 millions. Les cons&#233;quences de cet &#233;tat de choses sont le d&#233;veloppement de la mendicit&#233;, de la prostitution et des sans-abri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ch&#244;meurs se plaignent &#224; juste titre de la fa&#231;on dont ils sont servis par les Caisses d'assurances. La moyenne des secours allou&#233;s est de 11,9 roubles (&#224; peu pr&#232;s 5 roubles d'avant-guerre). Les secours allou&#233;s par les syndicats &#224; leurs membres ne d&#233;passent pas 6,5 &#224; 7 roubles. Seulement 20 % des syndiqu&#233;s ch&#244;meurs b&#233;n&#233;ficient des secours allou&#233;s par les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Code du Travail a &#233;t&#233; soumis &#224; une telle multitude d'explications que celles-ci d&#233;passent de plusieurs fois le nombre des paragraphes qui existaient primitivement et dont un nombre assez important est supprim&#233;. C'est la d&#233;fense juridique des ouvriers saisonniers qui a empir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne men&#233;e pour les Contrats collectifs se caract&#233;rise surtout presque partout par une diminution des garanties juridiques, une pression accrue sur le rendement et la fixation des prix. C'est ainsi que le droit accord&#233; aux organes &#233;conomiques de recourir &#224; l'arbitrage obligatoire a m&#234;me d&#233;truit dans son essence le contrat collectif, accord entre deux parties contractantes, qui devient une simple disposition administrative (Troud, 4 juillet 1927).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sommes, allou&#233;es &#224; l'industrie pour la protection du travail, sont tout &#224; fait insuffisantes. Selon les donn&#233;es du Commissariat du Travail de la RSFSR, pendant l'ann&#233;e &#233;conomique 1925-1926, sur 1 000 ouvriers travaillant dans de grosses entreprises, il se produisait en moyenne 97,6 accidents de travail entra&#238;nant une incapacit&#233; de travail. Un ouvrier sur 10, au cours de l'ann&#233;e, est sujet &#224; un accident de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res ann&#233;es sont marqu&#233;es par une augmentation des conflits. La solution des conflits, en r&#233;alit&#233;, n'a pas un caract&#232;re de conciliation, mais au contraire plut&#244;t de contrainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime int&#233;rieur dans les entreprises s'aggrave. L'administration cherche de plus en plus &#224; introduire dans les entreprises son pouvoir illimit&#233;. L'embauchage et le d&#233;bauchage, en fait, ne d&#233;pendent que de l'administration. Il n'est pas rare de voir entre les contrema&#238;tres et les ouvriers s'instaurer des rapports tout &#224; fait identiques &#224; ceux d'avant-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conf&#233;rences de production tendent &#224; dispara&#238;tre. La majeure partie des propositions pratiques des ouvriers concernant la production ne re&#231;oit aucune suite. Une partie des ouvriers est actuellement dress&#233;e contre ces conf&#233;rences de production, car les am&#233;liorations qui en r&#233;sultent entra&#238;nent la diminution du personnel. Tout ceci contribue &#224; une faible participation des ouvriers aux conf&#233;rences de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut faire ressortir dans le domaine des questions culturelles et d'existence les questions relatives &#224; l'&#233;cole. Il devient de plus en plus difficile aux ouvriers de donner &#224; leurs enfants non seulement des connaissances professionnelles, mais m&#234;me de leur fournir une instruction &#233;l&#233;mentaire. Dans presque tous les districts ouvriers, l'insuffisance des &#233;coles se fait sentir d'une fa&#231;on aigu&#235;. Ce syst&#232;me qui consiste &#224; prendre chez les parents des sommes destin&#233;es &#224; divers besoins de l'&#233;cole supprime pratiquement l'enseignement gratuit. Le manque d'&#233;coles et de jardins d'enfants laisse une grande partie des enfants ouvriers &#224; la merci de la rue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les organisations syndicales. Les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines divergences d'int&#233;r&#234;ts dans les questions des conditions de travail des entreprises (telles qu'elles furent reconnues dans une r&#233;solution du XI&#176; Congr&#232;s) ont grandi &#233;norm&#233;ment pendant les derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les derni&#232;res ann&#233;es, la politique du parti et des dirigeants syndicaux a amen&#233; les syndicats &#224; une situation telle que, m&#234;me de l'aveu du XIV&#176; Congr&#232;s du parti, &#171; les syndicats n'ont pas pu accomplir tout le travail qui leur &#233;tait fix&#233;, d&#233;montrant ainsi leur &#233;troitesse d'esprit, rel&#233;guant au second plan leurs t&#226;ches primordiales essentielles de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des masses qu'ils englobent et de rel&#232;vement de leur niveau mat&#233;riel et moral &#187;. La situation apr&#232;s le XIV&#176; Congr&#232;s ne s'est pas am&#233;lior&#233;e, bien au contraire. La bureaucratisation des syndicats a fait un pas en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre des ouvriers travaillant &#224; l'usine ou des militants sans parti est insignifiant dans les organes dirigeants d'une dizaine de syndicats industriels (12 &#224; 13 %). L'immense majorit&#233; des d&#233;l&#233;gu&#233;s, dans les congr&#232;s syndicaux, est faite d'&#233;l&#233;ments, qui ne travaillent plus &#224; l'usine (Pravda, 23 juillet 1927). Jamais la classe ouvri&#232;re et les syndicats n'ont &#233;t&#233; aussi &#233;loign&#233;s de la direction de l'industrie socialiste qu'en ce moment. L'activit&#233; propre des organisations syndicales, expression des larges masses ouvri&#232;res, est remplac&#233;e par l'accord entre le secr&#233;taire de la cellule, le directeur de l'usine et le pr&#233;sident du Comit&#233; d'usine. Les Comit&#233;s d'usines inspirent une certaine m&#233;fiance aux ouvriers. La participation de ceux-ci aux r&#233;unions est tr&#232;s faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement que l'ouvrier ne peut exprimer au syndicat, l'oblige &#224; se taire. &#171; Il nous est d&#233;fendu d'&#234;tre trop actifs. Si tu veux manger du pain, parle le moins possible. &#187; Ces d&#233;clarations sont g&#233;n&#233;rales. (Documents du Comit&#233; r&#233;gional de Moscou. Les r&#233;sultats des larges conf&#233;rences ouvri&#232;res. Revue d'informations, p. 30 et autres). On enregistre actuellement des tendances parmi les ouvriers &#224; am&#233;liorer leur sort en dehors des organisations syndicales. Cela d&#233;j&#224; nous d&#233;montre qu'il faut changer radicalement le r&#233;gime actuel des syndicats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Propositions concr&#232;tes les plus importantes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le domaine de la situation mat&#233;rielle des ouvriers&lt;br class='autobr' /&gt; Couper court &#224; toute tentative d'allonger la journ&#233;e de travail (d&#233;fense des huit heures). Ne tol&#233;rer les heures suppl&#233;mentaires que dans les cas de n&#233;cessit&#233; absolue. Ne pas tol&#233;rer les abus dans l'embauche de la main-d'&#339;uvre auxiliaire et dans le d&#233;classement des ouvriers titulaires dans les cat&#233;gories dites auxiliaires. Interdire toutes les prolongations de la journ&#233;e de travail dans les industries insalubres, autoris&#233;es actuellement uniquement gr&#226;ce &#224; la r&#233;vision des anciennes lois.&lt;br class='autobr' /&gt; Une des premi&#232;res t&#226;ches, c'est d'augmenter les salaires, tout au moins en rapport avec le rendement industriel actuel. Il faut s'efforcer que l'augmentation syst&#233;matique du salaire r&#233;el marche de pair avec l'augmentation du rendement de l'industrie. Il est n&#233;cessaire d'effectuer un plus grand rapprochement entre les divers groupes des salaires ouvriers, en relevant continuellement les bas salaires, sans pouf cela baisser les salaires des groupes mieux pay&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est n&#233;cessaire d'arr&#234;ter les alt&#233;rations bureaucratiques dans le domaine de la rationalisalion. La rationalisation doit &#234;tre intimement li&#233;e &#224; un d&#233;veloppement cons&#233;quent de l'industrie, &#224; une r&#233;partition, selon un plan, de la main-d'&#339;uvre et &#224; la lutte contre le gaspillage des forces productives de la classe ouvri&#232;re, eu particulier contre la diss&#233;mination des cadres des ouvriers qualifi&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; Pour adoucir les cons&#233;quences du ch&#244;mage, il faut : a) calculer les secours allou&#233;s aux ouvriers en fonction du salaire moyen de la r&#233;gion en question ; b) ne pas tol&#233;rer la diminution des versements (par l'industrie) pour les assurances sociales et mener une lutte pour emp&#234;cher que ces sommes ne soient pas pay&#233;es en fait aux int&#233;ress&#233;s ; c) supprimer les d&#233;penses des caisses d'assurances ouvri&#232;res au profit des caisses d'assurances publiques ; d) mener Une lutte &#233;nergique, contre les &#233;conomies faites sur le dos des assur&#233;s ; e) supprimer toutes les d&#233;cisions qui ont permis, pour divers motifs, d'enlever les secours et de rayer des listes d'inscription des Bourses du Travail de v&#233;ritables ch&#244;meurs ; f) tendre les efforts pour augmenter les secours allou&#233;s aux ch&#244;meurs, en premier lieu &#224; ceux de l'industrie.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est n&#233;cessaire d'&#233;tudier m&#251;rement des travaux de longue dur&#233;e pour lesquels on pourrait utiliser les ch&#244;meurs, pour le plus grand bien du d&#233;veloppement &#233;conomique et culturel de notre pays.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est n&#233;cessaire d'am&#233;liorer continuellement les conditions locatives des ouvriers. Dans ce domaine, il faut r&#233;solument appliquer une stricte ligne de classe. Il ne faut pas tol&#233;rer que les &#233;l&#233;ments non prol&#233;tariens am&#233;liorent leurs conditions locatives aux d&#233;pens des ouvriers. Il ne faut pas permettre l'expulsion de leur logement des ouvriers licenci&#233;s des entreprises.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut, par des moyens &#233;nergiques, am&#233;liorer la coop&#233;rative d'habitation. Il faut la mettre &#224; la port&#233;e des couches inf&#233;rieures des ouvriers. Il ne faut pas tol&#233;rer que les couches sup&#233;rieures des employ&#233;s accaparent les logements destin&#233;s aux ouvriers. Il faut repousser les pr&#233;visions du plan d'&#201;tat dans les questions de logement comme perspectives contredisant grossi&#232;rement la politique socialiste. Obliger les entreprises &#224; augmenter les d&#233;penses pour la construction de logements ouvriers. Augmenter dans le budget les sommes allou&#233;es &#224; ce chapitre afin d'arriver, d'ici cinq ans, &#224; un changement radical dans ce domaine, en am&#233;liorant les conditions de logement des ouvriers.&lt;br class='autobr' /&gt; Les contrats collectifs doivent &#234;tre r&#233;ellement discut&#233;s et accept&#233;s dans les assembl&#233;es ouvri&#232;res. Proposer au prochain congr&#232;s du Parti d'annuler toutes les d&#233;cisions accordant aux organes &#233;conomiques le droit de recourir &#224; l'arbitrage obligatoire. Le Code du Travail doit &#234;tre compris non comme le maximum, mais bien comme le minimum fixant les conditions de travail. Les contrats collectifs doivent servir en eux-m&#234;mes de garanties contre le licenciement possible d'une partie du personnel (les licenciements probables doivent &#234;tre mentionn&#233;es s&#233;par&#233;ment). La norme du rendement individuel doit &#234;tre fix&#233;e, non selon le rendement du meilleur ouvrier, mais selon les capacit&#233;s moyennes, et pour le laps de temps fix&#233; par les accords concernant les prix. Reconna&#238;tre comme inadmissible tout contrat collectif qui, en comparaison avec les pr&#233;c&#233;dents, aggrave la situation des ouvriers.&lt;br class='autobr' /&gt; Mettre sous le contr&#244;le plus &#233;troit des organisations syndicales et des ouvriers, l'activit&#233; des Bourses du Travail : mettre fin aux changements continuels dans la fixation des prix et du rendement individuel.&lt;br class='autobr' /&gt; Augmenter les sommes allou&#233;es pour la protection du travail et l'am&#233;lioration des conditions de travail. Augmentation des peines juridiques pour infraction aux lois concernant la protection du travail. Pour les ouvri&#232;res &#171; &#224; travail &#233;gal, salaire &#233;gal &#187;. &#201;lever la qualification du travail f&#233;minin.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est inadmissible d'instaurer l'apprentissage non r&#233;tribu&#233;. Il faut mettre fin &#224; la diminution continuelle du salaire des jeunes. Prendre les mesures qui s'imposent pour l'am&#233;lioration des conditions de travail de la jeunesse laborieuse.&lt;br class='autobr' /&gt; Le r&#233;gime d'&#233;conomies ne doit pas se traduire dans la vie par une aggravation des int&#233;r&#234;ts vitaux des ouvriers. Il est n&#233;cessaire de rendre aux ouvriers les &#171; bagatelles &#187; supprim&#233;es (cr&#232;ches, billets de trams, vacances plus longues, etc.).&lt;br class='autobr' /&gt; Les syndicats doivent s'occuper un peu plus des ouvriers saisonniers.&lt;br class='autobr' /&gt; Augmenter les secours m&#233;dicaux &#224; l'usine (dispensaires, h&#244;pitaux, etc.).&lt;br class='autobr' /&gt; Dans les districts ouvriers, augmenter le nombre des &#233;coles pour les enfants des travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt; Renforcer, par divers mesures &#233;tatiques, la situation de la coop&#233;ration ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans le domaine du travail syndical.&lt;br class='autobr' /&gt; La valeur du travail accompli par les syndicats d&#233;pend avant tout du degr&#233; de leur d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et culturels de la classe ouvri&#232;re dans le cadre des possibilit&#233;s &#233;conomiques donn&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt; Les organisations du Parti, quand elles examinent les mesures &#224; prendre concernant les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques vitaux et les int&#233;r&#234;ts culturels des masses ouvri&#232;res, doivent pr&#234;ter l'oreille aux opinions &#233;mises sur ces questions par les fractions communistes des organisations syndicales.&lt;br class='autobr' /&gt; Les syndicats doivent proc&#233;der &#224; la d&#233;signation aux postes syndicaux, par des &#233;lections r&#233;elles, publiquement faites, dont ils doivent rendre compte et prendre la responsabilit&#233; &#224; tous les degr&#233;s de l'organisation.&lt;br class='autobr' /&gt; Tous les organes dirigeants de l'industrie doivent &#234;tre form&#233;s en accord r&#233;el avec les organisations syndicales correspondantes.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans les congr&#232;s des syndicats industriels (m&#234;me de toute l'Union), dans tous les organes &#233;li&#173;gibles, m&#234;me &#224; la CE de la CGT, la majorit&#233; doit &#234;tre r&#233;serv&#233;e aux ouvriers qui travaillent &#224; l'usine.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut que les &#233;l&#233;ments ouvriers sans-parti parti&#173;cipent plus largement &#224; ces organes, de telle fa&#231;on qu'ils en constituent au moins un tiers.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut r&#233;guli&#232;rement renvoyer &#224; l'usine une certaine partie des membres de l'appareil syndical.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut, dans le travail syndical, employer un peu plus les camarades non r&#233;tribu&#233;s, utiliser les bonnes volont&#233;s, en attirant au travail syndical les ouvriers des usines.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est inadmissible de d&#233;placer d'un poste syndical &#233;lu des camarades pour des d&#233;saccords int&#233;rieurs au Parti.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut assurer la pleine ind&#233;pendance des Comit&#233;s d'usines et des Comit&#233;s locaux vis-&#224;-vis des administrations. L'embauchage et le d&#233;bauchage ainsi que les changements de travail pour une dur&#233;e de plus de 15 jours ne doivent &#234;tre faits qu'en accord avec le Comit&#233; d'usine, Il faut lutter contre les abus dans ce domaine en utilisant le droit qu'&#224; le Comit&#233; d'usine de protester contre une d&#233;cision de l'adminis&#173;tration aupr&#232;s de l'organisation syndicale corres&#173;pondant aux commissions des conflits.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut garantir certains droits des corres&#173;pondants ouvriers et punir sans piti&#233; ceux qui les poursuivent pour des divulgations. Dans le code p&#233;nal, il faut introduire un paragraphe punissant comme crime contre l'&#201;tat n'importe quelle brimade contre les ouvriers pour cause de critique, de propo&#173;sition personnelle ou de vote.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut pratiquement &#233;largir le champ d'action des commissions de contr&#244;le des conf&#233;rences de pro&#173;duction, en leur donnant la possibilit&#233; de contr&#244;ler l'ex&#233;cution des d&#233;cisions et la sauvegarde et la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut laisser intactes les d&#233;cisions, inspir&#233;es par L&#233;nine au XI&#176; Congr&#232;s du parti concernant le droit de gr&#232;ve dans les industries d'&#201;tat. En ce qui concerne le droit de gr&#232;ve dans les industries conc&#233;d&#233;es, il faut le mettre sui, le m&#234;me plan que s'il s'agissait d'un particulier.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut v&#233;rifier et rajuster tout le syst&#232;me de la statistique du travail qui, dans son &#233;tat actuel, donne un faux tableau de la situation &#233;conomique .et de la vie de la classe ouvri&#232;re, emp&#234;chant ainsi m&#234;me tout le travail dans le domaine de la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation difficile de la classe ouvri&#232;re au X&#176; anniversaire de la R&#233;volution d'Octobre s'explique &#233;videmment aussi, en dernier lieu, par la pauvret&#233; du pays, fruit des interventions militaires, du blocus, et par la lutte du milieu capitaliste qui entoure le premier &#201;tat prol&#233;tarien. On ne peut pas changer la situation d'un coup de baguette magique. Mais on peut et on doit changer la situation en suivant une ligne juste. La t&#226;che des bolcheviks ne consiste pas &#224; se vanter et &#224; embellir les r&#233;sultats acquis (il en existe &#233;videmment), mais &#224; poser carr&#233;ment la question de ce qui n'est pas encore fait, de ce qu'il faut faire, de ce qu'on petit faire en avant une ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. La paysannerie, la question agraire et la construction socialiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La petite production engendre toujours, quotidiennement, &#224; tout moment, en masse le capitalisme et la bourgeoisie. &#187; (L&#233;nine, 1920, t. XVII, page 118). Ou bien l'&#201;tat prol&#233;tarien s'appuyant sur une industrie hautement d&#233;velopp&#233;e et &#233;lectrifi&#233;e saura vaincre le retard technique des millions de petites et de toutes petites &#233;conomies rurales, les organisant sur des bases collectivistes de grosse production, ou bien le capitalisme, retranch&#233; &#224; la campagne, rongera les fondements socialistes dans les villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du l&#233;ninisme, la paysannerie, dont la masse essentielle n'exploite pas le travail d'autrui, est cet alli&#233; d'o&#249; d&#233;pendent, en fonction des rapports avec celui-ci, la solidit&#233; de la dictature du prol&#233;tariat et les destin&#233;es de la r&#233;volution socialiste. Dans les quelques mots suivants, L&#233;nine formulait d'une fa&#231;on pr&#233;cise les t&#226;ches vis-&#224;-vis de la paysannerie, pour l'&#233;tape que nous traversons actuellement : &#171; Savoir aboutir &#224; un accord avec le paysan moyen - sans renoncer une minute &#224; la lutte contre le koulak et ne s'appuyer solidement que sur le paysan pauvre. &#187; (T. XV, p. 564).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;vision du l&#233;ninisme par le groupe Staline-Boukharine, dans la question paysanne, se caract&#233;rise par les traits essentiels suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La n&#233;gation d'un des principes fondamentaux du marxisme qui dit que seule une forte industrie socialiste peut aider la paysannerie &#224; transformer l'&#233;conomie rurale sur des bases collectivistes ;&lt;br class='autobr' /&gt; La sous-estimation des ouvriers agricoles et des paysans pauvres, comme base sociale de la dictature prol&#233;tarienne &#224; la campagne ;&lt;br class='autobr' /&gt; La tendance &#224; s'orienter dans l'&#233;conomie rurale sur le soi-disant paysan &#171; &#233;conomiquement fort &#187;, en r&#233;alit&#233; sur le koulak ;&lt;br class='autobr' /&gt; La volont&#233; d'ignorer ou de nier le caract&#232;re petit-bourgeois de la propri&#233;t&#233; paysanne et des &#233;conomies paysannes. Cela signifie une n&#233;gation du marxisme, et un rapprochement vers les th&#233;ories des socialistes-r&#233;volutionnaires ;&lt;br class='autobr' /&gt; La sous-estimation du d&#233;veloppement des &#233;l&#233;ments capitalistes &#224; la campagne dans la p&#233;riode actuelle et l'att&#233;nuation de la diff&#233;renciation de la paysannerie ;&lt;br class='autobr' /&gt; La cr&#233;ation d'une th&#233;orie &#224; dormir debout selon laquelle &#171; le koulak et les organisations des koulaks ne pourront aller l&#224; o&#249; ils veulent, car les cadres de tout d&#233;veloppement dans notre pays sont par avance d&#233;limit&#233;s par le syst&#232;me social de la dictature prol&#233;tarienne &#187; (Boukharine, le Chemin vers le socialisme et le bloc ouvrier et paysan, page 491) ;&lt;br class='autobr' /&gt; Des th&#233;ories sur la possibilit&#233; de greffer &#171; les nids coop&#233;ratifs des koulaks dans notre syst&#232;me social &#187; (Boukharine). &#171; Le probl&#232;me se pose de cette fa&#231;on, il faut d&#233;velopper les moyens &#233;conomiques des koulaks &#187; (Pravda, 24 avril 1925) ;&lt;br class='autobr' /&gt; Des tentatives d'opposer le &#171; plan coop&#233;ratif &#187; de L&#233;nine au plan d'&#233;lectrification de L&#233;nine. Selon L&#233;nine, on garantit le passage au socialisme &#224; la seule condition d'unir ces deux plans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'appuyant sur ces tendances r&#233;visionnistes du cours officiel, les repr&#233;sentants de la nouvelle bourgeoisie, qui se sont entrem&#234;l&#233;s &#224; certains cha&#238;nons de notre appareil d'&#201;tat, cherchent ouvertement &#224; influencer notre politique &#224; l'&#233;gard de la campagne, pour l'amener sur une voie capitaliste. Les koulaks et leurs id&#233;ologues cachent leurs pr&#233;tentions derri&#232;re la pr&#233;occupation de d&#233;velopper les forces productives et d'accro&#238;tre la quantit&#233; des marchandises &#171; en g&#233;n&#233;ral &#187;, etc. En fait, le d&#233;veloppement dans la direction des koulaks, des forces productives et de la quantit&#233; des marchandises am&#232;nerait le ralentissement du d&#233;veloppement des forces productives du reste des larges masses paysannes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; un processus assez rapide de reconstruction &#224; la campagne, la quantit&#233; de produits agricoles dont les paysans disposent, pour le march&#233;, est tr&#232;s petite. En 1925-1926, l'arrivage sur le march&#233; ne forme que 64 % de celui d'avant-guerre ; l'exportation forme seulement 24 % par rapport &#224; 1913. La raison de cet &#233;tat de choses provient, en dehors de l'augmentation de la consommation de la population rurale (augmentation de la population, non seulement des &#233;conomies rurales, sans oublier que 38 % de celles-ci, dans les zones productrices, ach&#232;tent du bl&#233; pour leur propre consommation), des &#233;carts dans les prix entre les produits agricoles, et les produits industriels et de l'accumulation, en nature, par les koulaks. M&#234;me dans les pr&#233;visions du plan quinquennal d'&#201;tat, on est oblig&#233; de reconna&#238;tre que, &#171; en g&#233;n&#233;ral, la disette de marchandises industrielles entrave dans une large mesure un &#233;change &#233;quivalent entre la ville et la campagne, abaissant ainsi l'afflux sur le march&#233; des produits agricoles &#187; (p. 177). De cette fa&#231;on, le retard dans le d&#233;veloppement de l'industrie a ralenti le d&#233;veloppement de l'agriculture, diminu&#233;, les possibilit&#233;s de vente des produits agricoles, entrav&#233; l'union entre la ville et la campagne, et amen&#233; une diff&#233;renciation rapide de la paysannerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opinions &#233;mises par l'Opposition sur toutes les questions litigieuses de la politique paysanne ont &#233;t&#233; en entier confirm&#233;es par les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les retouches partielles, apport&#233;es &#224; la ligne g&#233;n&#233;rale, sous la pression et la critique violente de l'Opposition, n'emp&#234;chent nullement la politique officielle de s'&#233;loigner continuellement vers la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des paysans &#171; &#233;conomiquement forts &#187;. Il suffit de se rappeler que le IV&#176; Congr&#232;s des Soviets, sur le rapport du camarade Kalinine, n'a pas fait une seule allusion &#224; la diff&#233;renciation de la campagne et &#224; la croissance du koulak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat d'une telle politique ne peut &#234;tre que de perdre le paysan pauvre et de ne pas gagner le paysan moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces derni&#232;res ann&#233;es, la diff&#233;renciation capitaliste &#224; la campagne a parcouru un grand chemin.&lt;br class='autobr' /&gt;
La diff&#233;renciation de la paysannerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces quatre ans, les groupes de paysans qui n'ensemen&#231;aient pas du tout on tr&#232;s peu ont diminu&#233; dans la proportion de 30 &#224; 45 % ; les groupes qui ensemen&#231;aient de 6 &#224; 10 d&#233;ciatines, pendant le m&#234;me laps de temps, ont augment&#233; dans la proportion de 100 &#224; 120 % ; les groupes qui ensemen&#231;aient 10 d&#233;ciatines et plus ont augment&#233; dans la proportion de 150 &#224; 300 %. La disparition de groupes de paysans qui ensemen&#231;aient tr&#232;s peu ou pas du tout provient g&#233;n&#233;ralement de la ruine de ces &#233;conomies rurales ou de leur disparition. Ainsi, en Sib&#233;rie, pendant une ann&#233;e, ont disparu 15,8 % d'&#233;conomies rurales n'ensemen&#231;ant pas, et 3,8 % parmi celles qui ensemen&#231;aient jusqu'&#224; deux d&#233;ciatines ; dans le Nord du Caucase, 14,1 % de la premi&#232;re cat&#233;gorie et 3,8 % de la deuxi&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomies paysannes d&#233;munies d'outillage et de chevaux, s'&#233;l&#232;vent tr&#232;s lentement au niveau inf&#233;rieur des couches des paysans moyens. Il existe encore actuellement, dans toute l'Union sovi&#233;tique, 30 &#224; 40 % d'&#233;conomies rurales d&#233;munies d'outillage et de chevaux. La majeure partie de ces &#233;conomies rurales se trouve parmi les groupes de paysans ensemen&#231;ant tr&#232;s peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Nord du Caucase, la r&#233;partition de l'outillage agricole indispensable est la suivante : 50 % des &#233;conomies rurales les plus faibles d&#233;tiennent 15 % de l'outillage agricole indispensable : 35 % des &#233;conomies rurales moyennes d&#233;tiennent % de l'outillage agricole, et 15 % de l'&#233;conomie rurale riche d&#233;tiennent 50 % de l'outillage agricole indispensable. Le m&#234;me tableau de la r&#233;partition de l'outillage agricole indispensable est constat&#233;, dans d'autres r&#233;gions (Sib&#233;rie, Ukraine. etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que la r&#233;partition des terrains ense&#173;menc&#233;s et de l'outillage agricole n'est pas &#233;quitable, de m&#234;me la r&#233;partition des r&#233;serves de bl&#233; entre les divers groupes d'&#233;conomies paysannes n'est pas &#233;quitable. Au l&#176; avril 1926, on constate que 53 % de toutes les r&#233;serves de bl&#233;, sont concentr&#233;es entre les mains de 6 % des &#233;conomies paysannes (la Revue de statistiques, n&#176; 4, 1927).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fermage des terres prend chaque ann&#233;e des proportions plus importantes. Le fermage des terres est surtout fait par les &#233;conomies paysannes fortes, qui ensemencent beaucoup, qui poss&#232;dent l'outillage agricole. Pour &#233;chapper aux imp&#244;ts, on cache continuellement le fermage des terres. Les paysans, qui n'ensemencent pas, qui sont d&#233;nu&#233;s d'outillage agricole et de b&#233;tail, sont oblig&#233;s pour cultiver leurs terres, de louer le b&#233;tail et l'outillage indispensables. C'est le r&#232;gne des conditions esclavagistes pour la location de l'outillage, de m&#234;me que pour le fermage des terres. En m&#234;me temps que grandit la location d'outillage et de b&#233;tail, contre une r&#233;mun&#233;ration en nature, grandit la r&#233;mun&#233;ration en argent qui prend des proportions usuri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de morcellement des &#233;conomies paysannes n'affaiblit pas mais renforce le processus de diff&#233;renciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les machines et le cr&#233;dit, au lieu de servir de levier &#224; la collectivisation de la campagne, presque continuellement tombent entre les mains des koulaks et des paysans ais&#233;s et aident ainsi ces derniers &#224; renforcer leur exploitation des ouvriers agricoles, des paysans pauvres et des paysans moyens &#233;conomiquement faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que s'op&#232;re la concentration des terres et des moyens de production entre les mains des gros bonnets de la campagne, ces derniers utilisent de plus en plus la main-d'&#339;uvre salari&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;conomies rurales pauvres, ainsi que certaines &#233;conomies rurales moyennes disparaissent soit &#224; cause de la ruine de leurs propri&#233;taires, soit liquid&#233;es par ces derniers. En m&#234;me temps, il se produit parmi ces groupes une croissance de main-d'&#339;uvre qui ne trouve pas &#224; s'employer &#224; la campagne, et cette main-d'&#339;uvre, asservie par les koulaks et par les paysans &#233;conomiquement forts, s'en va dans les villes o&#249;, dans une grande proportion, elle ne trouve pas de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tous les processus signal&#233;s, les paysans moyens restent toujours le groupe le plus nombreux et le plus important de la campagne. Une des t&#226;ches les plus importantes de la dictature du prol&#233;tariat est d'amener le paysan moyen &#224; la politique socialiste dans les questions de l'agriculture. Miser sur le paysan &#171; &#233;conomiquement fort &#187; signifie en fait continuer une politique qui aboutit &#224; la disparition des couches moyennes et pauvres de la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en s'int&#233;ressant, comme il le faut, &#224; la situation des ouvriers agricoles, en s'orientant vers le paysan pauvre et vers son alliance avec le paysan moyen, ce n'est qu'en menant une lutte d&#233;cisive contre le koulak, en orientant l'industrialisation du pays dans une voie socialiste, en mettant sur une ligne de classe la coop&#233;ration et les cr&#233;dits destin&#233;s &#224; l'agriculture, que s'ouvriront de larges possibilit&#233;s pour attirer le paysan moyen dans le travail de transformation de l'agriculture actuelle sur des bases socialistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les propositions pratiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la lutte de classes qui se d&#233;roule &#224; la campagne, le Parti doit, non seulement en paroles, mais par ses actes, se mettre &#224; la t&#234;te des ouvriers agricoles, (les paysans pauvres, des masses fondamentales des paysans moyens et les organiser pour la lutte contre les tendances capitalistes des koulaks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour renforcer les positions de classe du prol&#233;tariat agricole, partie int&#233;grante de la classe ouvri&#232;re, il est n&#233;cessaire de prendre vis-&#224;-vis de ce prol&#233;tariat les m&#234;mes mesures que celles qui r&#233;gissent la situation des ouvriers industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cr&#233;dit agricole ne doit pas &#234;tre utilis&#233; pour le plus grand bien des couches ais&#233;es de la campagne. Il faut mettre un terme &#224; la situation actuelle, o&#249; les fonds destin&#233;s aux paysans pauvres, tr&#232;s minimes en eux-m&#234;mes, sont dilapid&#233;s assez souvent, non l&#224; o&#249; ils &#233;taient destin&#233;s primitivement, mais au profit des couches ais&#233;es de la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut opposer au fermage la croissance plus rapide des communaut&#233;s agricoles. Il est indispensable d'allouer, syst&#233;matiquement d'ann&#233;e en ann&#233;e, de plus grosses sommes aux paysans pauvres faisant partie de communaut&#233;s agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; cela, il est n&#233;cessaire d'apporter une aide plus syst&#233;matique aux &#233;conomies rurales pauvres qui ne font pas partie des communaut&#233;s agricoles, en les exon&#233;rant compl&#232;tement de l'imp&#244;t, en faisant une politique de r&#233;organisation agricole correspondant &#224; leurs int&#233;r&#234;ts, en les faisant participer aux cr&#233;dits, en leur donnant ainsi la possibilit&#233; de se procurer l'outillage indispensable, en les attirant dans la coop&#233;ration agricole, etc. Au mot d'ordre, d&#233;nu&#233; de contenu de classe de Staline-Molotov : &#171; Cr&#233;ation de cadres actifs de paysans sans-parti en vivifiant la vie des soviets &#187;, qui, en fait, se traduit par le renforcement du r&#244;le dirigeant des gros bonnets de la campagne, il faut opposer le mot d'ordre de la cr&#233;ation de cadres actifs sans-parti d'ouvriers agricoles, des paysans pauvres et des couches inf&#233;rieures des paysans moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire d'avoir une r&#233;elle organisation de paysans pauvres qui s'occuperait des questions politiques et &#233;conomiques vitales, des machines agricoles, de la r&#233;organisation de l'agriculture, de son utilisation, de la coop&#233;ration, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti doit prendre toute mesure utile pour aider au rel&#232;vement &#233;conomique des paysans moyens par une politique juste dans la fixation des prix, en mettant des cr&#233;dits &#224; leur port&#233;e, par la coop&#233;ration, en amenant petit &#224; petit cette partie, la plus nombreuse de la paysannerie, au passage &#224; une production collective, au moyen de machines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les t&#226;ches du Parti doivent &#234;tre, par rapport &#224; la croissance des couches koulaks de la campagne, de limiter les aspirations capitalistes de celles-ci. Il est inadmissible de r&#233;viser la Constitution qui enl&#232;ve tout droit &#233;lectoral aux &#233;l&#233;ments des campagnes qui exploitent le travail d'autrui. Il est n&#233;cessaire de cr&#233;er une imposition tr&#232;s progressive, prendre, par le moyen des lois, la d&#233;fense des salari&#233;s, fixer un taux minimum du salaire des ouvriers agricoles. En ce qui concerne la terre, par une juste politique de classe, mettre fin aux app&#233;tits grandissants du koulak, et &#233;viter, dans le domaine de l'approvisionnement de la campagne en tracteurs, que ces derniers ne tombent pas en majorit&#233; entre les mains des koulaks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fermage des terres de plus en plus d&#233;velopp&#233; l'ordre existant de la jouissance des terres, quand, en dehors de tout contr&#244;le et direction sovi&#233;tiques, les soci&#233;t&#233;s agricoles, soumises de plus en plus &#224; l'influence des koulaks, disposent, selon leurs vues, des terres ; les d&#233;cisions du IV&#176; Congr&#232;s des Soviets &#171; d'indemniser &#187; les int&#233;ress&#233;s quand il y a des nouvelles r&#233;partitions des terres (Porodiel), tout ceci contribue &#224; miner, &#224; la base m&#234;me, la nationalisation des terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des mesures les plus efficaces, pour renforcer la nationalisation des terres, doit &#234;tre la subordination des soci&#233;t&#233;s agricoles aux pouvoirs locaux, l'institution d'un contr&#244;le s&#233;rieux, de la part des soviets locaux, d&#233;barrass&#233;s des koulaks, sur la fa&#231;on dont sont r&#233;solues les questions concernant la jouissance des terres, l'organisation de l'agriculture afin de pouvoir, efficacement, d&#233;fendre, les int&#233;r&#234;ts des paysans pauvres et des paysans moyens &#233;conomiquement faibles, contre l'usurpation des koulaks. Il est n&#233;cessaire, en particulier, d'arriver &#224; ce que le koulak, en tant que fermier, soit soumis &#224; une surveillance compl&#232;te, &#224; un contr&#244;le &#233;troit, de la part des organes du pouvoir sovi&#233;tique &#224; la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti doit repousser victorieusement toutes les tendances visant, soit &#224; supprimer, soit &#224; miner la nationalisation de la terre - une des bases principales de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me existant de l'unique imp&#244;t agricole doit &#234;tre modifi&#233;, dans le sens d'exon&#233;rer de l'imp&#244;t 40 &#224; 50 % des &#233;conomies paysannes pauvres ou faibles, sans pour cela augmenter les imp&#244;ts de la masse essentielle des paysans moyens. Les dates de rentr&#233;e des imp&#244;ts doivent &#234;tre coordonn&#233;es aux int&#233;r&#234;ts des groupes inf&#233;rieurs des contribuables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut accorder des ressources plus importantes pour le d&#233;veloppement des sovkhoz et des kolkhoz. Il faut accorder de plus larges exemptions aux kolkhoz, nouvellement cr&#233;&#233;s et aux autres formes du collectivisme agricole. Ne doivent pouvoir faire partie des kolkhoz les &#233;l&#233;ments priv&#233;s du droit de vote. La t&#226;che de transformer la petite production en grosse production collective doit influencer tout le travail de la coop&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut entreprendre, exclusivement au compte de l'&#201;tat, des travaux pour l'organisation de l'agriculture ; en premier lieu doivent &#234;tre organis&#233;es les terres des kolkhoz et celles des paysans pauvres et sauvegarder ait maximum leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prix du pain et d'autres produits agricoles doivent garantir, aux paysans pauvres et &#224; la masse principale des paysans moyens, la possibilit&#233; tout au moins de maintenir leurs &#233;conomies au m&#234;me niveau et de les am&#233;liorer petit &#224; petit. On doit prendre les mesures qui s'imposent pour &#233;viter &#171; la rupture &#187; des prix du printemps et de l'automne, car cette &#171; rupture des prix &#187; p&#232;se lourdement sur les couches pauvres de la campagne en donnant la possibilit&#233; aux gros bonnets d'en &#234;tre les seuls b&#233;n&#233;ficiaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est urgent, non seulement d'augmenter sensiblement les fonds destin&#233;s aux paysans pauvres, mais de changer radicalement l'orientation du cr&#233;dit agricole. Celui-ci doit &#234;tre soutenu, &#224; bon march&#233;, pour une longue p&#233;riode, et &#234;tre ainsi accessible aux paysans pauvres et aux paysans moyens &#233;conomiquement faibles. Il faut de m&#234;me changer le syst&#232;me existant concernant les garanties et les cautions exig&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la coop&#233;ration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che de la construction socialiste &#224; la campagne est la r&#233;organisation de l'agriculture sur la base des grosses &#233;conomies collectivis&#233;es. Pour la masse essentielle de la paysannerie, le chemin le plus simple pour y arriver est la coop&#233;ration - comme l'a &#233;crit L&#233;nine dans son &#339;uvre sur la &#171; Coop&#233;ration &#187;. C'est un grand privil&#232;ge qui est accord&#233; &#224; la paysannerie par la dictature du prol&#233;tariat et par le r&#233;gime sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le processus d'augmentation progressive de l'industrialisation de l'agriculture peut cr&#233;er une base toujours plus large pour la coop&#233;ration socialiste de production, pour le collectivisme. Sans la r&#233;volution technique, m&#234;me dans le domaine des moyens de production, sans machine agricole, sans le changement dans le syst&#232;me de la culture de la terre, sans les engrais chimiques, etc., tout travail profond ayant des chances de r&#233;ussite pour la collectivisation de l'agriculture est impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. L'industrie &#233;tatique et l'&#233;dification du socialisme&lt;br class='autobr' /&gt;
Rythme du d&#233;veloppement de l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La seule base mat&#233;rielle du socialisme ne peut &#234;tre que la grande industrie m&#233;canique, capable de r&#233;organiser l'agriculture &#187; (L&#233;nine, T. 18, premi&#232;re partie, page 316).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition indispensable de notre d&#233;veloppement socialiste, dans sa p&#233;riode primitive actuelle, dans la situation historique du moment, c'est-&#224;-dire dans l'entourage capitaliste et avec le retard de la r&#233;volution mondiale, consiste en un rythme d'industrialisation qui apporterait pour la p&#233;riode prochaine tout au moins la solution aux probl&#232;mes suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les positions mat&#233;rielles du prol&#233;tariat de notre pays doivent, dans certains domaines, se renforcer de fa&#231;on absolue et dans d'autres de fa&#231;on relative (augmentation du nombre des ouvriers occup&#233;s, diminution du nombre des sans-travail, &#233;l&#233;vation du niveau mat&#233;riel des ouvriers et en particulier augmentation de la surface habitable par personne &#224; la norme sanitaire) ;&lt;br class='autobr' /&gt; Le travail de l'industrie, des transports et des stations &#233;lectriques doit, pour le moins, grandir de fa&#231;on &#224; ne pas retarder sur les n&#233;cessit&#233;s grandissantes et les ressources du pays dans leur ensemble ;&lt;br class='autobr' /&gt; L'agriculture doit en arriver &#224; passer insensi&#173;blement &#224; une base technique plus &#233;lev&#233;e et garantir &#224; l'industrie une base de mati&#232;res premi&#232;res agri&#173;coles toujours grandissante ;&lt;br class='autobr' /&gt; Dans le domaine du niveau du d&#233;veloppement des forces productives, de la technique, de la croissance du bien-&#234;tre mat&#233;riel des ouvriers et des travailleurs en g&#233;n&#233;ral de l'URSS, il faut que, d&#232;s les prochaines ann&#233;es, noirs ne retardions pas sur les pays capitalistes, mais que nous les rattrapions ;&lt;br class='autobr' /&gt; L'industrialisation doit garantir la d&#233;fense du pays et en particulier le d&#233;veloppement convenable, de l'industrie de guerre ;&lt;br class='autobr' /&gt; Les &#233;l&#233;ments socialistes de l'&#233;conomie d'&#201;tat, de la coop&#233;ration doivent grandir syst&#233;matiquement, &#233;liminant certains &#233;l&#233;ments de l'&#233;conomie pr&#233;socialiste (capitalistes et pr&#233;-capitalistes), se soumettant et transformant les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les progr&#232;s importants dans le domaine de l'industrie de l'&#233;lectrification et des transports, l'industrialisation est loin d'avoir atteint le niveau de d&#233;veloppement indispensable et possible. Le rythme suivi actuellement dans l'industrialisation et celui trac&#233; pour les ann&#233;es prochaines sont nettement insuffisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident qu'il n'existe et ne peut exister une politique qui permette d'un seul coup de vaincre toutes les difficult&#233;s et de sauter par-dessus une longue p&#233;riode de d&#233;veloppement de l'&#233;conomie et de la culture. Mais la situation arri&#233;r&#233;e de notre &#233;conomie et de notre culture exige une tension extraordinaire de nos forces et de nos moyens, une mobilisation rationnelle et opportune de toutes les r&#233;serves, une utilisation juste de toutes les ressources en vue de l'industrialisation rapide du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retard chronique de notre industrie, ainsi que des transports, de l'&#233;lectrification et de la construction sur les demandes et les besoins de la population, de l'&#233;conomie nationale et du syst&#232;me social de l'URSS dans son ensemble, paralyse tout le roulement &#233;conomique, r&#233;tr&#233;cit la r&#233;alisation de la partie commerciale de la production agricole et de son exportation, maintient l'importation dans un cadre restreint, fait monter les prix au-dessus du prix de revient, cr&#233;e l'instabilit&#233; du tchervonetz, enraye le d&#233;veloppement des forces productives, retarde la croissance du bien-&#234;tre mat&#233;riel des masses ouvri&#232;res et paysannes, provoque un accroissement dangereux des sans-travail et une aggravation des conditions de logement, nuit &#224; la soudure entre l'industrie et l'&#233;conomie agricole et affaiblit la capacit&#233; de d&#233;fense du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rythme insuffisant du d&#233;veloppement de l'industrie provoque &#224; son tour un retard dans la croissance de l'&#233;conomie rurale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune industrialisation n'est possible sans un rel&#232;vement d&#233;cisif des forces productives agricoles et une augmentation de ses capacit&#233;s commerciales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe et ne peut exister un rythme convenable de l'industrialisation en dehors d'une diminution syst&#233;matique et sans rel&#226;che des prix de revient ainsi que des prix de fabrique et de ceux de d&#233;tail pour les marchandises industrielles et sans leur rapprochement des prix mondiaux. C'est en cela que consiste un progr&#232;s r&#233;el, tant au point de vue du passage du travail &#224; une base technique plus &#233;lev&#233;e, qu'&#224; une plus grande satisfaction des besoins des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps d'en finir avec ces cris imb&#233;ciles et ind&#233;cents qui consistent &#224; faire dire &#224; l'Opposition qu'elle veut une augmentation des prix. Le Parti est compl&#232;tement unanime dans son aspiration &#224; la baisse des prix. Mais cette aspiration &#224; elle seule est insuffisante. On ne juge pas une politique &#224; ses intentions, mais &#224; ses r&#233;sultats. Les r&#233;sultats de la lutte actuelle pour la diminution des prix ont oblig&#233; plus d'une fois, m&#234;me les responsables de la direction, &#224; poser la question de savoir si cette politique n'avait pas comme cons&#233;quence la perte de tr&#232;s grosses sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; O&#249; est pass&#233; le milliard ? &#187; demandait en janvier de cette ann&#233;e le camarade Boukharine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; O&#249; passe la diff&#233;rence entre les prix de gros et ceux de d&#233;tail ? &#187; demandait apr&#232;s lui, sur cette m&#234;me question. le camarade Roudzoutak, (st&#233;nographie du BP du 3 mars 1927, pp. 220-21). Dans un moment d'insuffisance chronique de marchandises, la baisse incoh&#233;rente des prix de fabrique, par un bureaucratisme incapable, dans la mesure o&#249;, dans la plupart des cas, cette baisse n'est nullement ressentie par les ouvriers et les paysans, a comme cons&#233;quence une perte pour l'industrie d'&#201;tat Cette perte s'&#233;l&#232;ve &#224; des centaines de millions de roubles. La diff&#233;rence croissante entre les prix de gros et de d&#233;tail qui en d&#233;coule, surtout dans le commerce priv&#233;, est si monstrueuse que l'on peut absolument admettre qu'avec une politique juste, il serait possible de retenir une partie de ces centaines de millions de roubles entre les mains de l'industrie d'&#201;tat. La conclusion incontestable de toute l'exp&#233;rience de l'&#233;conomie de ces derni&#232;res ann&#233;es exige une rapide diminution de ces disproportions par l'augmentation de la masse commerciale de l'industrie, l'acc&#233;l&#233;ration du rythme du d&#233;veloppement de l'industrie. C'est l&#224; la voie fondamentale vers une baisse des prix de revient qui, ces derni&#232;res ann&#233;es, ont montr&#233; plut&#244;t une tendance &#224; l'augmentation qu'&#224; une diminution.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plan quinquennal (1926-1927 - 1930-1931).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question concernant un plan quinquennal de d&#233;veloppement de l'&#233;conomie nationale qui figure &#224; l'ordre du jour du XV&#176; Congr&#232;s doit retenir, avec raison, le centre de l'attention du Parti. Le projet de la Commission du plan d'&#201;tat n'est pas encore officiellement adopt&#233; et il est peu probable qu'il le soit dans sa forme actuelle. Mais il r&#233;v&#232;le, n&#233;anmoins, l'expression la plus syst&#233;matique et la plus achev&#233;e de la ligne essentielle de la direction de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les investissements de capitaux dans l'industrie, d'apr&#232;s le plan, n'augmentent presque pas d'ann&#233;e en ann&#233;e (1 142 millions pour l'aim&#233;e prochaine, 1 205 millions pour 1931) et par rapport &#224; la somme totale investie dans l'&#233;conomie nationale, ils tombent de 36,4 % &#224; 27,8 %. Les sommes pr&#233;lev&#233;es sur le budget de l'&#201;tat et vers&#233;es dans l'industrie tombent au cours de ces ann&#233;es &#224; peu pr&#232;s de 200 millions &#224; 90 millions de roubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation de la production est pr&#233;vue &#224; un rythme de 4 &#224; 9 % chaque ann&#233;e comparativement &#224; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, ce qui est le rythme des pays capitalistes dans une p&#233;riode de rel&#232;vement rapide. Les avantages gigantesques de la nationalisation des terres, des moyens de production, des banques et de la centralisation des directions, c'est-&#224;-dire les avantages de la r&#233;volution socialiste n'ont presque pas influenc&#233; le plan quinquennal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consommation individuelle en marchandises industrielles, mis&#233;rable &#224; l'heure actuelle, ne doit grandir au cours de 5 ans que dans la proportion de 12 %. La consommation de tissus de coton, en 1931, qui repr&#233;sentera 97 % de celle d'avant-guerre, sera de cinq fois inf&#233;rieure &#224; celle des &#201;tats-Unis en 1923 ; la consommation de fonte sera de plus de 4 fois inf&#233;rieure &#224; celle de l'Allemagne, de 11 &#189; fois inf&#233;rieure &#224; celle des &#201;tats-Unis ; la production de l'&#233;nergie &#233;lectrique sera trois fois moindre qu'en Allemagne, 7 fois moindre qu'aux &#201;tats-Unis ; la consommation du papier repr&#233;sentera, vers la fin des cinq ans, 83 % d'avant-guerre. Et tout cela 15 ans apr&#232;s Octobre. La pr&#233;sentation, &#224; l'occasion du 10&#176; anniversaire de la R&#233;volution d'Octobre, d'un plan aussi &#233;triqu&#233;, tout impr&#233;gn&#233; de pessimisme, &#233;quivaut &#224; travailler contre le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La baisse des prix de d&#233;tail, projet&#233;e par le plan d'&#201;tat, dans la mesure de 17 % pour 5 ans, m&#234;me dans le cas o&#249; elle se r&#233;aliserait, ne pourrait avoir que peu de chances de s'exprimer dans les rapports entre nos prix et les prix mondiaux qui sont de deux fois et demi &#224; trois fois au-dessous des n&#244;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le plan quinquennal, malgr&#233; la diminution insignifiante des prix (ceci n'est qu'&#224; l'&#233;tat de projet), il manquera pour couvrir la demande annuelle du march&#233; int&#233;rieur, pour 400 millions de roubles de marchandises manufactur&#233;es. Si, par exemple, on pr&#233;sume que les prix fantastiques actuels diminueront pendant ces cinq ann&#233;es de 22 % - diminution plus que modeste - cela provoquera un manque de marchandises manufactur&#233;es de 1 milliard de roubles. La disproportion, de cette fa&#231;on reste intacte et est la source de la croissance des prix de d&#233;tail. Le plan quinquennal promet aux paysans, pour 1931, &#224; peu pr&#232;s une quantit&#233; &#233;quivalente &#224; celle d'avant-guerre de marchandises manufactur&#233;es &#224; un prix une fois et demi plus grand que celui d'avant-guerre. Ce plan promet &#224; l'ouvrier de la grande industrie une augmentation, pendant cinq ans, de son salaire nominal de 33 % et fait miroiter devant les yeux des ouvriers des esp&#233;rances peu fond&#233;es sur la diminution des prix. La disproportion entre la demande et l'offre sera, selon les intentions du plan d'&#201;tat, contrebalanc&#233;e par l'augmentation des prix des loyers ouvriers de 200 &#224; 250 % par rapport aux prix actuels, ce qui, grosso modo, rapporterait 400 millions de roubles par an. Parce que la partie ais&#233;e de la population a de grosses possibilit&#233;s d'achat qui ne peuvent pas &#234;tre satisfaites par le march&#233; int&#233;rieur, les fonctionnaires du plan d'&#201;tat cherchent &#224; modifier cet &#233;tat de choses en diminuant le salaire r&#233;el des ouvriers. Il est vraiment, difficile de croire qu'un tel moyen pour &#233;quilibrer le march&#233; int&#233;rieur soit propos&#233; par les organes responsables de l'&#201;tat ouvrier ! En donnant aux consommateurs de si fausses perspectives, on les pousse volontairement sur le terrain dangereux et faux de la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction pendant ces cinq ans de 6 &#224; 7 mille verstes de voie ferr&#233;e - contre 14 mille verstes construites, par exemple, de 1895 &#224; 1900 - est dangereusement insuffisante non seulement au point de vue de l'industrialisation socialiste, mais aussi du point de vue des besoins &#233;conomiques &#233;l&#233;mentaires des principales r&#233;gions &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est avec des &#233;carts, soit d'un c&#244;t&#233;, soit de l'autre la position r&#233;elle des organes d'&#201;tat qui, effectivement, dirigent le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie de notre pays. C'est ainsi que s'&#233;carte de la r&#233;alit&#233; la ligne actuelle de la direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'URSS et l'&#233;conomie capitaliste mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'issue de la longue lutte de deux syst&#232;mes sociaux, ennemis inconciliables - celui du capitalisme et du socialisme - se d&#233;termine en dernier lieu par les rapports de force dans la productivit&#233; du travail de ces deux syst&#232;mes. Dans les rapports actuels du march&#233;, ceci se traduit par les rapports des prix int&#233;rieurs avec les prix mondiaux. L&#233;nine avait en vue justement cette question essentielle, quand, dans un de ses derniers discours, il pr&#233;venait le Parti que celui-ci devrait se trouver, d'ici peu, devant &#171; un examen que lui feront subir le march&#233; russe et le march&#233; mondial avec lequel nous sommes li&#233;s, dont nous d&#233;pendons et avec lequel nous ne pouvons pas rompre &#187; (L&#233;nine, T. XVIII, 2&#176; partie, page 83). Voil&#224; pourquoi l'id&#233;e de Boukharine que nous pouvons atteindre le socialisme &#224; &#171; pas de tortue &#187; repr&#233;sente une banalit&#233; petite-bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut se soustraire &#224; l'encerclement capitaliste sous le toit d'une &#233;conomie nationale limit&#233;e &#224; ses fronti&#232;res, car une telle limitation nous obligerait &#224; avancer avec une lenteur excessive et par cons&#233;quent &#224; supporter non une faible pression, mais, au contraire, une forte pression non seulement des arm&#233;es et de la flotte capitalistes (interventions arm&#233;es) mais avant tout la pression qui sera exerc&#233;e sur nous par les produits capitalistes manufactur&#233;s &#224; bon march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monopole du commerce ext&#233;rieur est l'arme indispensable de la construction socialiste dans la situation o&#249; les pays capitalistes poss&#232;dent une base technique plus d&#233;velopp&#233;e. Mais le monopole ne peut prot&#233;ger l'&#233;conomie socialiste qui se b&#226;tit qu'&#224; la condition que, dans le domaine de la technique, du prix de revient, de la qualit&#233; et des prix des produits manufactur&#233;s, on se rapproche continuellement du niveau de l'&#233;conomie mondiale. Le but de la cr&#233;ation &#233;conomique ne doit pas &#234;tre une &#233;conomie nationale limit&#233;e &#224; ses fronti&#232;res, ce qui diminuerait sensiblement le rythme de son d&#233;veloppement et son niveau, mais au contraire doit consister &#224; augmenter notre poids sp&#233;cifique sur le march&#233; mondial, en r&#233;alisant le rythme le plus acc&#233;l&#233;r&#233; dans notre d&#233;veloppement &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;aliser ceci, il faut comprendre la signification &#233;norme de notre exportation qui retarde actuellement, d'une fa&#231;on inqui&#233;tante, sur le reste de l'&#233;conomie prise en bloc (la participation de l'URSS dans les &#233;changes sur le march&#233; mondial est tomb&#233;e de 4.32 % en 1913 &#224; 0,97 %) ; changer, dans une certaine mesure notre politique vis-&#224;&#173;-vis du koulak, car celle-ci lui a donn&#233; la possibilit&#233; de nuire, par son accumulation usuri&#232;re en nature, &#224; l'exportation socialiste ; d&#233;velopper les rapports avec l'&#233;conomie mondiale en ayant toujours comme but le d&#233;veloppement maximum de l'industrialisation et le renforcement des &#233;l&#233;ments socialistes dans l'&#233;conomie pour contre-balancer les &#233;l&#233;ments capitalistes ; ne pas disperser, pendant les ann&#233;es qui vont suivre, une accumulation restreinte, mais passer progressivement et selon un plan, &#224; de nouvelles formes de production, en garantissant en premier lieu la production massive des machines indispensables ; utiliser, avec habilet&#233; et prudence, dans notre propre industrie, les conqu&#234;tes mondiales, de la technique capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miser sur un d&#233;veloppement socialiste isol&#233; et sur un rythme du d&#233;veloppement &#233;conomique ind&#233;pendamment de l'&#233;conomie mondiale, alt&#232;re toute perspective juste, fait d&#233;vier de sa voie tout le travail d'ensemble, ne donne pas le fil conducteur pour r&#233;gulariser nos rapports avec l'&#233;conomie mondiale. Le r&#233;sultat sera que nous ne saurons plus ce que nous pourrons construire nous-m&#234;mes et ce que nous devons importer de l'&#233;tranger. Repousser cat&#233;goriquement la th&#233;orie de l'&#233;conomie socialiste isol&#233;e, signifiera, dans les ann&#233;es qui vont suivre, une utilisation beaucoup plus rationnelle de nos ressources, une industrialisation plus rapide, une croissance beaucoup plus vigoureuse et continuelle de notre propre construction de machines, la croissance plus rapide du nombre des ouvriers occup&#233;s, une r&#233;elle diminution des prix, le renforcement v&#233;ritable de l'URSS dans les conditions de son encerclement capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement des rapports mondiaux ne cache-t-il pas des dangers de blocus et de guerre ? La r&#233;ponse &#224; cette question d&#233;coule de tout ce qui a &#233;t&#233; dit plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;paration de la guerre exige, &#233;videmment, la cr&#233;ation de r&#233;serves de mati&#232;res premi&#232;res indispensables provenant de l'&#233;tranger, ainsi que la cr&#233;ation, suffisamment &#224; temps, de nouvelles industries indispensables, exemple : usinage de l'aluminium, etc. Mais ce qui est le plus important, en cas de guerre difficile et longue, c'est de poss&#233;der une industrie d&#233;velopp&#233;e dans la plus large mesure possible, capable de produire d'une fa&#231;on massive et de passer rapidement d'une forme de production &#224; une autre. Le pass&#233; nous a d&#233;montr&#233; qu'un pays hautement industriel comme l'Allemagne, li&#233; intimement avec le march&#233; mondial, malgr&#233; la guerre et le blocus qui l'a coup&#233;, d'un seul coup, du reste du monde, a montr&#233; une vitalit&#233;, et, une force extraordinaires. Si, avec les privil&#232;ges incontestables de notre ordre social nous savons, pendant la p&#233;riode de &#171; paix &#187;, utiliser le march&#233; mondial pour accentuer notre d&#233;veloppement, &#233;conomique, nous serons beaucoup plus arm&#233;s et plus aptes &#224; supporter le blocus et n'importe quelle intervention arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune politique int&#233;rieure ne peut nous &#233;viter &#224; elle seule les dangers &#233;conomiques, politiques et militaires provenant de l'encerclement capitaliste. La t&#226;che int&#233;rieure se ram&#232;ne &#224; se renforcer par une politique de classe juste, par des rapports justes de la classe ouvri&#232;re avec la paysannerie et par un acheminement continuel dans la voie de la construction socialiste. Les ressources int&#233;rieures de l'URSS sont innombrables et rendent la chose tout &#224; fait possible. En utilisant en m&#234;me temps, dans ce but, le march&#233; capitaliste mondial, nous lions nos futures destin&#233;es historiques au d&#233;veloppement ult&#233;rieur de la r&#233;volution mondiale. La victoire de la R&#233;volution mondiale dans les pays avanc&#233;s rompra l'encerclement capitaliste, nous lib&#233;rera de lourdes obligations militaires, nous renforcera largement dans le domaine de la technique, accentuera la rapidit&#233; de notre d&#233;veloppement &#224; la ville, &#224; la campagne, &#224; l'usine, &#224; l'&#233;cole, etc., nous donnera la possibilit&#233; de construire le socialisme, autrement dit, la soci&#233;t&#233; o&#249; les classes disparaissent, soci&#233;t&#233; ayant comme base une technique perfectionn&#233;e, une &#233;galit&#233; r&#233;elle de tous ses membres dans le travail et la r&#233;partition des produits du travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; trouver les ressources ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la question : &#171; O&#249; trouver les ressources indispensables pour r&#233;soudre plus &#233;nergiquement, &#224; la mani&#232;re r&#233;volutionnaire, les t&#226;ches d'une r&#233;elle industrialisation, pour accentuer le d&#233;veloppement culturel des masses d'o&#249; d&#233;coulent les destin&#233;es de la dictature socialiste ? &#187;, l'Opposition r&#233;pond :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La source principale pour trouver les fonds indispensables est une nouvelle r&#233;partition du revenu national, une utilisation rationnelle du budget, des cr&#233;dits, des prix. Une juste utilisation des rapports avec l'&#233;conomie mondiale doit nous fournir les ressources suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Selon les pr&#233;visions du Plan quinquennal d'&#201;tat, le budget local et de l'&#201;tat s'&#233;l&#232;vera, pendant cette p&#233;riode, de 6 &#224; 8,9 milliards de roubles et en 1931 constituera 16 % du revenu national, c'est-&#224;-dire que le budget absorbera une partie plus petite du revenu national que le budget d'avant-guerre du tzarisme (18 %). Le budget d'un &#201;tat ouvrier, non seulement peut mais doit occuper une plus grande place, dans le revenu national, qu'un budget bourgeois, &#224; la condition &#233;videmment qu'il soit r&#233;ellement socialiste, qu'il attribue des sommes plus importantes &#224; l'instruction publique et des sommes encore plus grandes &#224; l'industrialisation du pays. Les sommes allou&#233;es dans le budget aux besoins de l'industrialisation peuvent et doivent atteindre, d'ici cinq ans, 500 &#224; 1 000 millions de roubles par an.&lt;br class='autobr' /&gt; Le syst&#232;me des imp&#244;ts ne suit pas la courbe ascendante de l'accumulation des gros bonnets de la campagne et de la nouvelle bourgeoisie en g&#233;n&#233;ral. Il est n&#233;cessaire : a) de pr&#233;lever un imp&#244;t r&#233;el sur les super-b&#233;n&#233;fices du capital priv&#233;, au moins dans la mesure de 150-200 millions de roubles contre les 5 millions pr&#233;lev&#233;s actuellement ; b) de prendre, &#224; titre d'emprunt, dans le but de garantir et de renforcer les exportations, chez les couches ais&#233;es et les koulaks - qui forment environ 10 % des &#233;conomies paysannes - an moins 150 millions de pouds de bl&#233; accumul&#233;s sur les 800-900 millions de pouds que ces couches ont accumul&#233;s d&#233;j&#224; en 1926-1927.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut r&#233;aliser syst&#233;matiquement une politique continuelle de baisse des prix de gros et de d&#233;tail. Le rapprochement des &#171; ciseaux &#187; entre les prix de gros et de d&#233;tail doit se faire de telle mani&#232;re que la diminution des prix atteigne, avant tout, les produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, consomm&#233;s par les larges masses des ouvriers et des paysans (sans pour cela diminuer, comme on le fait actuellement, la qualit&#233; des produits manufactur&#233;s qui est d&#233;j&#224; suffisamment mauvaise), que cette baisse n'entrave, en aucune mesure, l'accumulation indispensable de l'industrie d'&#201;tat, mais se fasse, en g&#233;n&#233;ral, par l'augmentation de la quantit&#233; des marchandises manufactur&#233;es, en diminuant les prix de revient, en diminuant les faux frais, par la compression de l'appareil bureaucratique, etc.&lt;br class='autobr' /&gt; Une politique souple de baisse des prix de gros, qui tienne compte des conditions du march&#233;, des fluctuations commerciales des diff&#233;rentes marchandises, peut conserver &#224; l'industrie d'&#201;tat des sommes &#233;normes qui, actuellement, ne servent qu'&#224; alimenter le capital priv&#233; et le parasitisme commercial en g&#233;n&#233;ral.&lt;br class='autobr' /&gt; Le r&#233;gime d'&#233;conomies qui, selon le manifeste de l'ann&#233;e pass&#233;e de Staline-Rykov, devait donner 300 &#224; 400 millions de roubles par an, en r&#233;alit&#233; n'a fourni que des r&#233;sultats insignifiants. Le r&#233;gime d'&#233;conomies est li&#233; &#224; la politique de classe et ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233; que sous la pression directe des masses. Pour cela les ouvriers doivent oser exercer la pression n&#233;cessaire. Diminuer de 400 millions de roubles par an les d&#233;penses non productives est une chose r&#233;alisable.&lt;br class='autobr' /&gt; L'utilisation intelligente d'armes comme le monopole du commerce ext&#233;rieur, les cr&#233;dits de l'&#233;tranger, les concessions, les accords pour une aide technique, etc., peut fournir partiellement de nouvelles ressources, mais surtout augmenter le caract&#232;re opportun de nos propres d&#233;penses et leur rendement par une nouvelle technique, en acc&#233;l&#233;rant la marche de notre d&#233;veloppement et, de cette mani&#232;re, renforcer r&#233;ellement notre ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de l'encerclement capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt; La question du choix des hommes - de haut en bas - et des rapports mutuels entre eux n'est pas, en dernier ressort, une question financi&#232;re. Plus le choix est mauvais, plus il faut de ressources financi&#232;res. Le r&#233;gime bureaucratique s'oppose au choix judicieux des hommes et de leurs rapports mutuels.&lt;br class='autobr' /&gt; La politique &#224; retardement, dans la direction &#233;conomique, signifie des pertes atteignant des dizaines de millions, ran&#231;on d'une politique d&#233;cousue, sans suite, sans perspectives, &#224; la remorque.&lt;br class='autobr' /&gt; Les ressources qui proviennent des imp&#244;ts ne peuvent pas faire face aux exigences croissantes de l'&#233;conomie nationale. De plus en plus, le cr&#233;dit doit devenir le levier de la nouvelle r&#233;partition du revenu national dans l'&#339;uvre de la construction socialiste, mais avant tout il est sous-entendu qu'il faut renforcer le r&#233;gime de stabilit&#233; de la monnaie et d'une circulation mon&#233;taire saine.&lt;br class='autobr' /&gt; Une politique &#233;conomique de classe plus stricte, qui permettra de restreindre le champ d'action des sp&#233;culateurs et des usuriers, facilitera la mobilisation des capitaux priv&#233;s par les institutions de cr&#233;dit de l'&#201;tat et permettra de financer l'industrie beaucoup plus largement que maintenant sous la forme de cr&#233;dits &#224; long terme.&lt;br class='autobr' /&gt; Le monopole de la vente de la vodka a &#233;t&#233; introduit primitivement &#224; titre d'essai, attendu que la part principale des b&#233;n&#233;fices qui en r&#233;sulterait serait utilis&#233;e pour relever l'industrie m&#233;tallurgique. En r&#233;alit&#233;, la cause de l'industrialisation n'a fait que perdre au monopole de la vodka. L'exp&#233;rience a &#233;t&#233; tout &#224; fait n&#233;gative. Dans le r&#233;gime sovi&#233;tique, le monopole de la vente de la vodka non seulement se r&#233;percuta, comme du temps du tzarisme, d'une fa&#231;on n&#233;gative sur les &#233;conomies priv&#233;es, mais la consommation de la vodka a provoqu&#233;, surtout de la part des ouvriers, la n&#233;gligence dans le travail, a amen&#233; une augmentation du nombre des heures perdues et de la n&#233;gligence dans l'entretien des machines ; elle a caus&#233; ainsi une augmentation des accidents, des incendies, des bagarres, des blessures, etc. Tout ceci, pendant un an, a provoqu&#233; des pertes &#233;valu&#233;es &#224; des centaines de millions de roubles. Les b&#233;n&#233;fices fournis au budget, par la vente de la vodka, ont &#233;t&#233; absorb&#233;s enti&#232;rement par les pertes occasionn&#233;es &#224; l'industrie &#233;tatique par son emploi. L'industrie &#233;tatique perd par l'alcool au moins autant que l'alcool ne rapporte au budget et bien plus que l'industrie ne re&#231;oit elle-m&#234;me du budget. La suppression de la vente de la vodka, dans un laps de temps tr&#232;s court (2 &#224; 3 ans), &#233;l&#232;verait automatiquement les ressources mat&#233;rielles et morales de l'industrialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la r&#233;ponse &#224; la question : o&#249; faut-il prendre les ressources indispensables ? Il est faux de d&#233;clarer que le rythme du d&#233;veloppement de l'industrialisation est influenc&#233; directement par le manque de ressources. Les ressources ne sont pas grandes, mais elles existent. Il faut avoir une politique juste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de Plan quiquennal d'&#201;tat doit &#234;tre rejet&#233; et condamn&#233; comme incapable de s'accorder avec la t&#226;che de &#171; transformation de la Russie de la Nep en Russie socialiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire d'imposer, d'une mani&#232;re plus juste, les diff&#233;rentes classes : le koulak et le nepman doivent payer davantage. Les imp&#244;ts des ouvriers et des paysans pauvres doivent &#234;tre abaiss&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut diminuer le poids sp&#233;cifique des imp&#244;ts directs, liquider, dans les ann&#233;es qui vont suivre, le monopole de la vente de la vodka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre de l'ordre dans les finances des chemins de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre de l'ordre dans les finances de l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assainir l'industrie foresti&#232;re abandonn&#233;e, qui peut et doit &#234;tre une source de gros b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut garantir la stabilit&#233; absolue de l'unit&#233; mon&#233;taire. La stabilit&#233; du tchervonetz exige d'une part la diminution des prix, et d'autre part un budget &#233;quilibr&#233;. Il est inadmissible de recourir &#224; de nouvelles &#233;missions pour couvrir le d&#233;ficit du budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut un budget d'ensemble, sans d&#233;ficit, s&#233;v&#232;re, sans exag&#233;ration et non pas bas&#233; sur des &#233;l&#233;ments occasionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le budget de 1927-1928, il faut augmenter les ressources pour la d&#233;fense (surtout pour l'industrie qui travaille pour la guerre), pour l'industrie en g&#233;n&#233;ral, pour l'&#233;lectrification, pour les transports, pour la construction de logements, pour la collectivisation de l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repousser &#233;nergiquement toutes les tentatives tendant &#224; supprimer le monopole du commerce ext&#233;rieur. S'engager fermement dans la voie de l'industrialisation, de l'&#233;lectrification, de la rationalisation, dans celle de l'&#233;l&#233;vation de la force technique de l'&#233;conomie, dans la voie de l'am&#233;lioration de la situation mat&#233;rielle des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. Les soviets&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appareil bureaucratique de n'importe quel &#201;tat bourgeois, ind&#233;pendamment de sa forme, domine la population, lie &#233;troitement la caste dirigeante, inculque aux travailleurs le respect et la peur du Gouvernement. La R&#233;volution d'Octobre, qui rempla&#231;a l'ancienne structure de l'&#201;tat par les Soviets des ouvriers, des paysans et des soldats, porta le coup le plus terrible qu'ait enregistr&#233; l'Histoire au gouvernement bureaucratique. Le programme du parti dit &#224; ce propos :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le PCR, en menant la lutte la plus &#233;nergique contre le bureaucratisme, pour vaincre compl&#232;tement ce fl&#233;au, prend les mesures suivantes : 1&#176; attirer chaque membre des soviets dans l'accomplissement d'un certain travail de direction de l'&#201;tat ; 2&#176; afin de familiariser les membres des soviets avec tous les domaines du travail de direction de l'&#201;tat, chacun, &#224; tour de r&#244;le, occupera les diff&#233;rentes fonctions ; 3&#176; attirer, petit &#224; petit, toute la population laborieuse &#224; la direction de l'&#201;tat. L'application int&#233;grale de ces diff&#233;rentes mesures nous donne la possibilit&#233; de faire un pas en avant dans la voie d&#233;j&#224; t c&#233;e par la Commune de Paris, qui conduit &#224; la simplification de l'appareil de direction au fur et &#224; mesure que le niveau culturel des travailleurs s'&#233;l&#232;ve ; ces mesures nous m&#232;nent vers la suppression du pouvoir &#233;tatique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bureaucratisme sovi&#233;tique ne se manifeste pas exclusivement dans la lenteur administrative, le nombre exag&#233;r&#233; des fonctionnaires, etc., mais il joue un r&#244;le de classe, par ses liaisons, ses amiti&#233;s, sa force, ses privil&#232;ges, ses rapports avec le nepman et le man&#339;uvre, l'intellectuel et l'illettr&#233;, la femme d'un &#171; haut &#187; fonctionnaire et la simple paysanne, etc. Qui est soutenu par le fonctionnaire ? Telle est la question primordiale qui se pose journellement devant des millions de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore &#224; la veille de la R&#233;volution d'Octobre, L&#233;nine s'appuyant sur l'analyse faite par Marx de la Commune de Paris soutenait fortement cette id&#233;e que dans un &#201;tat socialiste les gens occupant des fonctions publiques cesseront d'&#234;tre des &#171; bureaucrates &#187;, des &#171; fonctionnaires &#187;, dans la mesure o&#249; on introduira, entre l'&#233;ligibilit&#233;, le droit d'&#234;tre remplac&#233;, &#224; n'importe quel moment ; dans la mesure o&#249; on abaissera le salaire au niveau du salaire moyen des ouvriers ; dans la mesure o&#249; on remplacera les institutions parlementaires par des institutions qui &#233;dictent les lois et les appliquent elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle voie emprunte, dans ces derniers temps, le d&#233;veloppement de l'appareil d'&#201;tat sovi&#233;tique ? Est-ce celle des simplifications, de la diminution des d&#233;penses, de la prol&#233;tarisation, du rapprochement des travailleurs des villes et des campagnes, de la diminution de la &#171; distance &#187; entre les gouvernants et les gouvern&#233;s ? O&#249; en est-on dans le domaine de l'&#233;galit&#233; des conditions de vie, des droits et des devoirs ? Avons-nous, dans ce domaine, fait un pas en avant ? Il est clair qu'on ne petit r&#233;pondre par l'affirmative &#224; aucune de ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident quela r&#233;alisation de l'&#233;galit&#233; compl&#232;te et r&#233;elle n'est possible que dans les conditions de la disparition des classes. A l'&#233;poque de la Nep, la r&#233;alisation de l'&#233;galit&#233; est plus difficile, elle est ralentie mais ne dispara&#238;t pas. La Nep, pour nous, est le chemin vers le socialisme et non vers le capitalisme ; par cons&#233;quent, une des t&#226;ches principales du parti reste, pendant la Nep, d'attirer progressivement au travail de direction de l'&#201;tat toute la population laborieuse et de lutter syst&#233;matiquement pour une &#233;galit&#233; plus grande. Cette lutte ne sera victorieuse qu'&#224; la condition que l'industrialisation du pays se d&#233;veloppe et que le r&#244;le dirigeant du prol&#233;tariat grandisse dans tous les domaines de l'&#233;dification &#233;conomique et culturelle. La lutte pour une &#233;galit&#233; plus grande n'exclut pas, dans la p&#233;riode transitoire actuelle, une r&#233;mun&#233;ration plus grande des sp&#233;cialistes de l'industrie, de m&#234;me qu'elle n'exclut pas une meilleure r&#233;mun&#233;ration des ouvriers qualifi&#233;s, l'&#233;l&#233;vation des conditions de vie &#224; un niveau sup&#233;rieur &#224; celui des pays bourgeois, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut qu'on se rende compte clairement que, chez nous, ces derniers temps, l'arm&#233;e des fonctionnaires a grandi et qu'elle se soude int&#233;rieurement, s'&#233;l&#232;ve au-dessus des administr&#233;s, se lie aux couches ais&#233;es des villes et des campagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1925, les &#171; instructions &#187; &#233;lectorales accordant des droits &#233;lectoraux &#224; des &#233;l&#233;ments capitalistes fort nombreux, d&#233;montrent d'une mani&#232;re &#233;clatante la fa&#231;on dont l'appareil bureaucratique, y compris sa t&#234;te, r&#233;pond aux exigences des couches sup&#233;rieures, des riches, de ceux qui accumulent et s'enrichissent. L'annulation de ces &#171; instructions &#187; qui, en fait, violaient la Constitution sovi&#233;tique, a &#233;t&#233; prononc&#233;e - cela ne fait aucun doute - par suite des critiques de l'Opposition. Mais, d&#233;j&#224;, les premi&#232;res r&#233;&#233;lections qui se sont faites, selon les nouvelles instructions, ont d&#233;montr&#233; que, dans divers endroits, existe une tendance, encourag&#233;e d'en haut, &#224; enlever au plus petit nombre possible des couches ais&#233;es les droits &#233;lectoraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ceci n'est plus le centre de la question. Le poids sp&#233;cifique de la nouvelle bourgeoisie et des koulaks grandit sans cesse, ils se rapprochent des bureaucrates et, aid&#233;s par les fautes de la direction, le koulak et le nepman, m&#234;me n'avant plus de droits politiques, gardent n&#233;anmoins la possibilit&#233; d'influencer, tout en restant derri&#232;re les coulisses, la composition et la politique des organes de base du pouvoir sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;n&#233;tration des &#233;l&#233;ments koulaks, &#171; sous-koulaks &#187; et de la petite bourgeoisie des villes dans les soviets de base, p&#233;n&#233;tration qui a commenc&#233; en 1925 et fut partiellement arr&#234;t&#233;e par la r&#233;sistance de l'Opposition, repr&#233;sente un processus politique tr&#232;s important. Les cons&#233;quences les plus funestes pour la dictature du prol&#233;tariat peuvent r&#233;sulter de la n&#233;gligence ou de la dissimulation de ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soviets des villes, arme principale pour attirer les ouvriers et en g&#233;n&#233;ral les travailleurs &#224; la direction de l'&#201;tat, s'&#233;loignent, ces derni&#232;res ann&#233;es, de leur but, refl&#233;tant de cette fa&#231;on un regroupement dans les rapports de classe aux d&#233;pens du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut combattre ces ph&#233;nom&#232;nes par une &#171; activisation &#187; administrative des soviets, mais seulement par une ferme ligne de classe, en menant la lutte contre les nouveaux exploiteurs, en augmentant l'activit&#233; et l'influence du prol&#233;tariat et des paysans pauvres dans toutes les institutions sovi&#233;tiques sans exception ainsi que dans tous les organes de l'&#201;tat sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; th&#233;orie &#187; de Molotov, qui dit qu'on ne peut pas exiger le rapprochement des ouvriers de l'&#201;tat et l'&#201;tat des ouvriers car, dit-il, notre &#201;tat est d&#233;j&#224; un &#201;tat ouvrier (Pravda, 13-12-1925), repr&#233;sente une formule malsaine du bureaucratisme, car elle couvre d'avance toutes les alt&#233;rations bureaucratiques. La critique de la &#171; th&#233;orie &#187; anti-l&#233;niniste de Molotov, qui trouve un appui tacite de la part de larges cercles des administrations sovi&#233;tiques, est repr&#233;sent&#233;e par le cours actuel comme une d&#233;viation social-d&#233;mocrate, alors que la lutte la plus cat&#233;gorique contre une telle &#171; th&#233;orie &#187; et des &#171; th&#233;ories &#187; semblables est le seul moyen de lutter effectivement contre le bureaucratisme, non pas en transformant un certain nombre d'ouvriers en fonctionnaires, mais en rapprochant les couches inf&#233;rieures des ouvriers et des pays de tout l'appareil d'&#201;tat, dans toutes ses fonctions quotidiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte officielle contre le bureaucratisme, qui ne s'appuie pas sur l'activit&#233; de classe du prol&#233;tariat et qui essaie de la remplacer par les efforts de l'appareil lui-m&#234;me, ne donne pas et ne peut donner de r&#233;sultats appr&#233;ciables et dans beaucoup de cas renforce le bureaucratisme existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vie int&#233;rieure des soviets se sont manifest&#233;s, pendant cette derni&#232;re p&#233;riode, divers processus &#224; caract&#232;re n&#233;gatif. Les soviets s'&#233;cartent de plus en plus des solutions des probl&#232;mes politiques, &#233;conomiques et culturels essentiels, et deviennent des adjonctions aux Comit&#233;s ex&#233;cutifs et aux bureaux de ceux&#173;-ci. Tout le travail de direction est concentr&#233; dans les mains de ces derniers. L'examen des questions dans les pl&#233;nums des soviets n'a qu'un caract&#232;re de pure exhibition. En m&#234;me temps, on prolonge les d&#233;lais fix&#233;s par les r&#233;&#233;lections des organes sovi&#233;tiques, on augmente l'ind&#233;pendance de ces derniers vis-&#224;-vis des larges masses ouvri&#232;res. Tout ceci renforce &#233;trangement le poids des fonctionnaires dans les solutions des diverses questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les camarades &#233;lus &#224; des postes tr&#232;s importants sont remplac&#233;s, au premier diff&#233;rend avec le pr&#233;sident du Soviet, et encore plus vite si ce diff&#233;rend se produit avec le secr&#233;taire du Comit&#233; R&#233;gional du Parti ; de cette mani&#232;re, l'&#233;ligibilit&#233;, en fait, est supprim&#233;e ; la responsabilit&#233; directe, vis-&#224;-vis des ouvriers, diminue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De prendre une ligne ferme, l&#233;niniste, dans la lutte contre le fonctionnarisme, en limitant les aspirations capitalistes de la nouvelle bourgeoisie et des koulaks, en introduisant progressivement la d&#233;mocratie ouvri&#232;re dans le parti, les syndicats et les soviets.&lt;br class='autobr' /&gt; D'appliquer le mot d'ordre de rapprochement des ouvriers, des ouvriers agricoles, des paysans pauvres et des paysans moyens de l'&#201;tat, en subordonnant l'appareil d'&#201;tat aux exigences vitales des larges masses travailleuses.&lt;br class='autobr' /&gt; D'activer les soviets et d'&#233;lever l'activit&#233; politique de classe des ouvriers, des ouvriers agricoles, des paysans pauvres et moyens.&lt;br class='autobr' /&gt; De transformer les soviets des villes en de v&#233;ritables organes du pouvoir prol&#233;tarien, instruments destin&#233;s &#224; entra&#238;ner les larges masses des travailleurs &#224; la t&#226;che de direction dans la construction socialiste. R&#233;aliser, non en paroles, mais en fait le contr&#244;le de la part des soviets des villes sur le travail du Comit&#233; Ex&#233;cutif d&#233;partemental et des organes qui leur sont subordonn&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; Cesser d&#233;finitivement d'&#233;carter des camarades &#233;lus aux postes de direction du travail sovi&#233;tique, &#224; l'exception des cas vraiment indispensables, susceptibles d'&#234;tre compris par les &#233;lecteurs.&lt;br class='autobr' /&gt; De tenter d'arriver &#224; ce que n'importe quel man&#339;uvre ou n'importe quelle paysanne soient convaincus, l'exp&#233;rience aidant, que dans n'importe quelle institution sovi&#233;tique ils trouveront de l'attention, des conseils et un soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI. La question nationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ralentissement g&#233;n&#233;ral du rythme du d&#233;veloppement socialiste, la croissance de la nouvelle bourgeoisie &#224; la ville et &#224; la campagne, le renforcement des intellectuels bourgeois, le d&#233;veloppement du bureaucratisme dans les organes d'&#201;tat, le mauvais r&#233;gime int&#233;rieur du parti, le d&#233;veloppement qui en d&#233;coule, le chauvinisme et, en g&#233;n&#233;ral, le nationalisme, ont des r&#233;percussions n&#233;fastes dans les r&#233;gions et les r&#233;publiques nationales et elles s'aggravent encore des survivances pr&#233;-capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque de la Nep, le r&#244;le du capital grandit surtout dans les r&#233;gions &#233;loign&#233;es du Centre, retardataires du point de vue industriel. Les organes &#233;conomiques misent, l&#224;-bas, assez souvent sur le capital priv&#233; ; ils fixent les prix sans tenir compte de la v&#233;ritable situation des masses paysannes pauvres et moyennes ; ils baissent artificiellement les salaires des ouvriers agricoles, &#233;largissent le syst&#232;me des interm&#233;diaires priv&#233;s et bureaucratis&#233;s entre l'industrie et les paysans, fournisseurs des mati&#232;res premi&#232;res. Ils dirigent la coop&#233;ration dans une voie surtout profitable aux couches ais&#233;es (le la campagne, d&#233;daignent de se pr&#233;occuper des int&#233;r&#234;ts des couches arri&#233;r&#233;es, des &#233;leveurs et des &#233;leveurs partiels de b&#233;tail. On laisse compl&#232;tement &#224; l'&#233;cart la t&#226;che essentielle de la r&#233;alisation d'un plan de construction industrielle dans les r&#233;gions autonomes, surtout le plan de transformation industrielle des mati&#232;res premi&#232;res provenant de l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bureaucratisme, s'appuyant sur le chauvinisme, a r&#233;ussi &#224; transformer la centralisation sovi&#233;tique en une source de frictions pour le partage des si&#232;ges de fonctionnaires entre diverses nationalit&#233;s (F&#233;d&#233;ration transcaucasienne) ; il a r&#233;ussi &#224; g&#226;ter les rapports entre le Centre et les r&#233;gions &#233;loign&#233;es et a, en fait, an&#233;anti le Soviet des nationalit&#233;s ; il est devenu &#224; un tel point le tuteur des R&#233;publiques autonomes que celles-ci n'ont m&#234;me plus le droit de r&#233;soudre les conflits concernant les terres, qui surgissent entre les populations indig&#232;ne et russe. Jusqu'&#224; aujourd'hui, le chauvinisme, surtout quand il se manifeste par l'interm&#233;diaire de l'appareil d'&#201;tat, reste le principal ennemi du rapprochement et de l'union des masses travailleuses des diverses nationalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien v&#233;ritable de la paysannerie pauvre, le rapprochement de la masse essentielle des paysans moyens avec les paysans pauvres et les ouvriers agricoles et l'organisation de ces derniers en force de classe ind&#233;pendante, rev&#234;tent une signification particuli&#232;re dans les R&#233;publiques et r&#233;gions nationales. Sans une organisation v&#233;ritable des ouvriers agricoles, sans une organisation coop&#233;rative unissant les paysans pauvres, nous risquons de laisser la campagne orientale dans son &#233;tat d'esclavage traditionnel et nos cellules du Parti sans de v&#233;ritables &#233;l&#233;ments de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che des communistes et de ceux des nationalit&#233;s arri&#233;r&#233;es qui s'&#233;veillent doit consister &#224; diriger le processus de l'&#233;veil national sur la voie sovi&#233;tique socialiste, en attirant les masses travailleuses &#224; la construction &#233;conomique et culturelle, en particulier en aidant &#224; d&#233;velopper la langue indig&#232;ne, les &#233;coles et la &#171; nationalisation &#187; de l'appareil sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; se produisent des frictions avec d'autres nationalit&#233;s et les minorit&#233;s nationales, le nationalisme, par suite de la croissance des &#233;l&#233;ments bourgeois, devient souvent directement agressif. Dans ces conditions, la &#171; nationalisation &#187; de l'appareil sovi&#233;tique local se fait aux d&#233;pens des minorit&#233;s nationales. Les questions concernant les fronti&#232;res des r&#233;publiques et r&#233;gions autonomes deviennent des sujets de discussions &#233;ternelles. L'atmosph&#232;re du travail du Parti, des soviets et des syndicats est empoisonn&#233;e par le nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ukrainisation &#187;, la &#171; turkm&#233;nisation &#187;, etc. ne peuvent &#234;tre justement appliqu&#233;es qu'&#224; la condition de surmonter les habitudes bureaucratiques et &#171; grand-&#233;tatistes &#187; des institutions et des organes de l'Union, seulement &#224; la condition que le prol&#233;tariat, dans les r&#233;publiques nationales, joue le r&#244;le principal, seulement &#224; la condition, d'une part, de s'appuyer sur les couches inf&#233;rioris&#233;es de la campagne et, d'autre part, de lutter sans merci contre les &#233;l&#233;ments koulaks et les &#233;l&#233;ments chauvins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions rev&#234;tent une importance particuli&#232;re lorsqu'on parle du Bassin du Don ou de Bakou, o&#249; la population prol&#233;tarienne, pour la plus grande partie, n'est pas de la m&#234;me nationalit&#233; que celle des habitants des campagnes environnantes. Dans ces conditions, les rapports politiques et culturels mutuels entre la ville et la campagne ne sont possibles qu'&#224; la condition :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'accorder une attention fraternelle toute particuli&#232;re de la ville envers les besoins mat&#233;riels et moraux de la campagne dont la nationalit&#233; de la population est diff&#233;rente de celle des villes ;&lt;br class='autobr' /&gt; D'emp&#234;cher fermement toute tentative de la part de la bourgeoisie pour s'interposer entre la ville et la campagne, soit qu'elle cherche &#224; cr&#233;er un &#233;tat d'esprit bureaucratique et de m&#233;pris de la ville envers la campagne, soit qu'elle cherche &#224; cr&#233;er, &#224; la campagne, une jalousie koulak, r&#233;actionnaire envers la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime bureaucratique met entre les mains des fonctionnaires, des sp&#233;cialistes, des instituteurs petits-bourgeois, la &#171; nationalisation &#187; superficielle, &#224; caract&#232;re d'exhibition, de l'appareil d'&#201;tat. Ces &#233;l&#233;ments sont li&#233;s par de multiples liens sociaux avec les couches sup&#233;rieures des villes et des campagnes et ils adaptent leur politique &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de ces groupes. Ceci &#233;loigne la paysannerie locale pauvre du Parti, du pouvoir sovi&#233;tique et, en m&#234;me temps, la lance dans les bras de la bourgeoisie commer&#231;ante locale, des usuriers, du clerg&#233; r&#233;actionnaire, des &#233;l&#233;ments du f&#233;odalisme patriarcal. En m&#234;me temps, le r&#233;gime bureaucratique repousse au dernier plan les v&#233;ritables tendances communistes concernant la question des nationalit&#233;s, d&#233;clarant souvent que ce sont des &#171; d&#233;viations &#187;, en pers&#233;cutant les auteurs de toutes ses forces. Ceci s'est pass&#233;, &#224; titre d'exemple, avec un groupe important de vieux bolchevik g&#233;orgiens qui ont &#233;t&#233; mis en disgr&#226;ce par le groupe Staline, mais qui avaient &#233;t&#233; chaleureusement d&#233;fendus par L&#233;nine durant la derni&#232;re p&#233;riode de sa vie. Le soul&#232;vement des masses travailleuses des r&#233;publiques et r&#233;gions &#224; minorit&#233;s nationales, concr&#233;tis&#233; par la R&#233;volution d'Octobre, provient de ce que ces masses aspirent &#224; participer directement et ind&#233;pendamment &#224; la construction pratique, tandis que le r&#233;gime bureaucratique paralyse ces aspirations en cherchant &#224; les intimider en agitant le danger du nationalisme local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le XII&#176; Congr&#232;s du PC (Bolchevik) a reconnu la n&#233;cessit&#233; de la lutte contre les &#171; survivances &#187; chauvines et grand-&#233;tatistes, contre &#171; l'in&#233;galit&#233; &#233;conomique et culturelle des diverses nationalit&#233;s de l'Union &#187;, contre &#171; les survivances &#187; nationalistes qui se font jour clans les diverses minorit&#233;s nationales qui ont subi une oppression nationale terrible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La IV&#176; Conf&#233;rence (1923), avec les dirigeants responsables des diverses r&#233;publiques et r&#233;gions &#224; minorit&#233;s nationales, a d&#233;montr&#233; &#171; qu'une des t&#226;ches primordiales du parti est de faire cro&#238;tre et de d&#233;velopper, parmi les &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens et semi-prol&#233;tariens, les organisations communistes des r&#233;publiques et r&#233;gions &#224; minorit&#233;s nationales &#187;. La Conf&#233;rence a reconnu &#224; l'unanimit&#233; que les communistes envoy&#233;s du Centre dans les r&#233;publiques et les r&#233;gions arri&#233;r&#233;es doivent jouer &#171; non un r&#244;le de p&#233;dagogues, de bonnes d'enfants, mais remplir le r&#244;le de collaborateurs &#187; (L&#233;nine). Malgr&#233; cela, pendant les derni&#232;res ann&#233;es, le travail s'est d&#233;velopp&#233; pr&#233;cis&#233;ment dans un sens oppos&#233;. Les sommets de l'appareil du Parti, dans les r&#233;publiques ou les r&#233;gions nationales, nomm&#233;s par le Secr&#233;tariat du CC r&#233;solvent eux-m&#234;mes toutes les questions d'ordre sovi&#233;tique ou de parti, &#233;liminent les militants indig&#232;nes, estim&#233;s par eux comme des communistes de deuxi&#232;me classe, attir&#233;s &#224; l'accomplissement de t&#226;ches &#171; pour la forme &#187; (Crim&#233;e, Transcaucasie, Turkestan, Gorsky Obiasty, R&#233;gions montagneuses, Caucase du Nord, etc.). La division artificielle des militants locaux en &#171; droitiers &#187; et &#171; gauchistes &#187; est un syst&#232;me qui permet aux secr&#233;taires nomm&#233;s par le Centre de diriger, sans aucun contr&#244;le, les deux groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine de la politique nationale, ainsi que dans d'autres domaines, il faut revenir &#224; la position de L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Accomplir plus syst&#233;matiquement, avec plus de continuit&#233; et d'&#233;nergie, le travail pour surmonter les frictions nationales parmi les ouvriers de diverses nationalit&#233;s. Entourer de soins particuliers les nouveaux &#233;l&#233;ments ouvriers indig&#232;nes, en augmentant la qualification de leur travail, en am&#233;liorant leurs conditions de logement, de vie, etc.&lt;br class='autobr' /&gt; Se rappeler fermement que le levier indispensable pour attirer &#224; la construction sovi&#233;tique la campagne indig&#232;ne arri&#233;r&#233;e est la cr&#233;ation et l'&#233;ducation des cadres prol&#233;taires de la population indig&#232;ne.&lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;viser le plan &#233;conomique quinquennal dans le sens de l'acc&#233;l&#233;ration du rythme d'industrialisation des r&#233;gions &#233;loign&#233;es qui, industriellement, sont retardataires, et &#233;laborer un plan g&#233;n&#233;ral pour 15 ans en tenant compte des int&#233;r&#234;ts des r&#233;publiques et des r&#233;gions &#224; minorit&#233;s nationales. Accorder la politique d'approvisionnement &#224; la t&#226;che du d&#233;veloppement des cultures sp&#233;ciales des &#233;conomies pauvres et moyennes (kapok en Asie Mineure, tabac en Crim&#233;e, en Abhasie, etc.). La coop&#233;ration, la politique des cr&#233;dits doivent &#234;tre inspir&#233;es en Asie Mineure, Transcaucasie, etc. par la stricte ligne de classe, en rapport avec les t&#226;ches essentielles de la construction socialiste. Accorder une plus grande attention &#224; la coop&#233;rative d'&#233;levage. Il faut r&#233;aliser sur place, en tenant compte des conditions particuli&#232;res, la transformation industrielle des mati&#232;res premi&#232;res provenant de l'agriculture.&lt;br class='autobr' /&gt; La politique d'&#233;migration doit &#234;tre r&#233;vis&#233;e en tenant compte de la juste ligne dans la question nationale.&lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;aliser avec bonne foi la &#171; nationalisation &#187; de l'appareil sovi&#233;tique, de celui du Parti, des syndicats et des coop&#233;ratives, en tenant compte des rapports mutuels des diverses minorit&#233;s nationales. Lutter avec force contre les d&#233;viations colonialistes dans l'activit&#233; des organes d'&#201;tat, des coop&#233;ratives, etc. Diminuer le r&#244;le des interm&#233;diaires bureaucratiques dans les rapports entre les r&#233;gions &#233;loign&#233;es et le Centre. Voir, en s'appuyant sur l'exp&#233;rience de la F&#233;d&#233;ration transcaucasienne, si le travail accompli par elle concorde avec le d&#233;veloppement des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et culturels des minorit&#233;s nationales transcaucasiennes.&lt;br class='autobr' /&gt; Surmonter syst&#233;matiquement toutes les difficult&#233;s pour pouvoir r&#233;aliser au plus haut point le rapprochement et l'union des travailleurs des diverses nationalit&#233;s de l'URSS autour de la construction socialiste et de la r&#233;volution mondiale. Lutter contre l'obligation pour les ouvriers et les paysans d'une nationalit&#233; de se servir de la langue d'une nationalit&#233; pr&#233;pond&#233;rante ; dans cette question, les masses travailleuses doivent &#234;tre libres de choisir leur langue. Garantir les droits r&#233;els de chaque minorit&#233; nationale, dans les ordres des r&#233;publiques et r&#233;gions nationales. Exiger que dans ce travail on tienne compte des rapports entre les nations opprim&#233;es et les nations qui, avant, &#233;taient des nations oppresseuses.&lt;br class='autobr' /&gt; Instaurer progressivement la d&#233;mocratie int&#233;rieure du Parti dans toutes les r&#233;publiques et les r&#233;gions nationales. Il faut renoncer compl&#232;tement &#224; commander les militants indig&#232;nes, &#224; continuer la politique de nomination d'office et celle de l'exil. Il faut renoncer &#224; la politique de classement arbitraire des communistes indig&#232;nes en &#171; droitiers &#187; et &#171; gauchistes &#187;. Il faut s'occuper s&#233;rieusement d'&#233;duquer et de faire sortir du rang les militants obscurs des milieux prol&#233;tariens, semi&#173;-prol&#233;tariens, d'ouvriers agricoles et de paysans (luttant contre les koulaks).&lt;br class='autobr' /&gt; Lutter contre les tendances oustrialovistes et &#171; grand-&#233;tatistes &#187;, surtout dans les commissariats centraux et dans l'appareil d'&#201;tat en g&#233;n&#233;ral. Il faut lutter id&#233;ologiquement contre le nationalisme local en r&#233;alisant, avec clart&#233; et d'une fa&#231;on suivie, une politique de classe dans la question nationale.&lt;br class='autobr' /&gt; Transformer le Soviet des nationalit&#233;s en v&#233;ritable organe travaillant en liaison avec les r&#233;publiques et les r&#233;gions et pouvant d&#233;fendre effectivement leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;br class='autobr' /&gt; Accorder l'attention n&#233;cessaire au c&#244;t&#233; national du travail syndical. Se pr&#233;occuper de la formation des cadres du prol&#233;tariat indig&#232;ne. Le travail des syndicats doit se faire dans la langue maternelle en sauvegardant les int&#233;r&#234;ts de toutes les nationalit&#233;s et des minorit&#233;s nationales.&lt;br class='autobr' /&gt; Enlever absolument &#224; tous les &#233;l&#233;ments exploiteurs les droits &#233;lectoraux.&lt;br class='autobr' /&gt; Convoquer la V&#176; Conf&#233;rence des Nationalit&#233;s en y faisant participer r&#233;ellement les repr&#233;sentants de la &#171; base &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Publier dans la presse les lettres de L&#233;nine sur la question nationale, qui contiennent en elles-m&#234;mes la critique de la ligne de Staline dans la question nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII. Le Parti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun parti n'a encore remport&#233;, au cours de toute l'histoire mondiale, des succ&#232;s tels que le n&#244;tre qui depuis 10 ans d&#233;j&#224; se trouve &#224; la t&#234;te du prol&#233;tariat r&#233;alisant sa dictature. Le PC de l'URSS est le levier principal de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Il est le Parti le plus important de l'Internationale Communiste. Aucun autre n'assume de telles responsabilit&#233;s politiques mondiales. C'est pour ces raisons m&#234;mes que notre Parti, d&#233;tenant le pouvoir, doit sans crainte critiquer ses fautes, ne doit cacher aucun de ses c&#244;t&#233;s sombres, doit voir clairement le danger direct de d&#233;g&#233;n&#233;rescence, afin de prendre &#224; temps les mesures n&#233;cessaires. Il en &#233;tait toujours ainsi du temps de L&#233;nine qui mettait en garde contre la transformation possible du Parti en &#171; Parti qui s'est enorgueilli &#187; (L&#233;nine, tome XVII, page 112).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En exposant plus loin l'&#233;tat actuel du Parti avec tous ses c&#244;t&#233;s sombres, nous, oppositionnels, esp&#233;rons fermement qu'avec une ligne l&#233;niniste juste, le Parti vaincra toutes ses maladies et sera &#224; la hauteur de ses t&#226;ches historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La composition sociale du Parti s'aggrave de plus en plus au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es. Au ler janvier 1927, on compte dans notre Parti (en chiffres ronds) :&lt;br class='autobr' /&gt;
Ouvriers de l'industrie et des transports (&#224; l'usine) 430 000&lt;br class='autobr' /&gt;
Ouvriers agricoles 15 700&lt;br class='autobr' /&gt;
Paysans (dont plus de la moiti&#233; actuel&#173;lement fonctionnaires) 303 000&lt;br class='autobr' /&gt;
Employ&#233;s (dont plus de la moiti&#233; ex&#173;-ouvriers) 462 000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, nous avons dans notre Parti, au I&#176; jan&#173;vier 1927, un tiers d'ouvriers &#224; l'usine (m&#234;me moins : 31 %) et deux tiers de paysans, employ&#233;s, ex-ouvriers et &#171; autres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Notre Parti a perdu, au cours de ces derniers 18 mois, environ 100 000 ouvriers d'usine. La &#171; sortie m&#233;canique &#187; au cours de l'ann&#233;e 1926 s'&#233;l&#232;ve au nombre de 95 000 communistes du rang, parmi lesquels 76,5 % d'ouvriers d'usine (Izvestia du CC, n&#176; 21-25).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cente &#171; tamisation &#187;, ainsi qu'on a nomm&#233; l'&#233;puration faite &#224; l'occasion du r&#233;enregistrement, des membres, a occasionn&#233;, selon les donn&#233;es officielles (certainement att&#233;nu&#233;es), une sortie d'environ 80 000 membres du Parti dont l'immense majorit&#233; sont des ouvriers. D'apr&#232;s les chiffres &#233;tablis, le recensement a englob&#233; 93,5 % des effectifs du parti de l'ann&#233;e courante (Izvestia du CC, n&#176; 24-25). Ainsi donc, &#224; l'occasion d'un simple r&#233;enregistrement, 6,5 % du chiffre global des membres du Parti ont &#233;t&#233; &#171; tamis&#233;s &#187; (ce qui repr&#233;sente environ 80 000 hommes). Parmi les &#171; tamis&#233;s &#187; se trouvent environ 50 % d'ouvriers qualifi&#233;s et de 1/3 de man&#339;uvres sp&#233;cialis&#233;s. Les tentatives de l'appareil du CC de diminuer tendancieusement les donn&#233;es d&#233;j&#224; att&#233;nu&#233;es ne tiennent pas. C'est ainsi que le recrutement de L&#233;nine est remplac&#233; par la &#171; tamisation &#187; de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, 100 000 nouveaux paysans ont &#233;t&#233; admis dans le Parti depuis le XIV&#176; Congr&#232;s, dont la majorit&#233; appartient aux couches ais&#233;es ; la proportion des ouvriers agricoles est insignifiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La composition sociale des organismes dirigeants du Parti s'est encore plus aggrav&#233;e. Dans les Comit&#233;s de district, les paysans (d'origine) repr&#233;sentent 20,5 % les emplov&#233;s et autres 24,4 % ; 81,6 % des membres de ces comit&#233;s sont des fonctionnaires d'Ftat. La proportion des ouvriers d'usine dans les organismes dirigeants du Parti est insignifiante : Comit&#233;s r&#233;gionaux, 13,2 % ; comit&#233;s de district, de 9,8 % &#224; 16,1 % (voir les statistiques du d&#233;partement des statistiques du CC et du PC de l'URSS du 10 juin 1927).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble du Parti, on compte environ un tiers d'ouvriers d'usines, et dans les organismes d&#233;lib&#233;ratifs cet &#233;l&#233;ment ne s'y trouve plus que dans la proportion d'environ un dixi&#232;me. Cette situation repr&#233;sente un danger imminent pour le parti. Les syndicats ont suivi le m&#234;me chemin (voir le chapitre : La situation de la classe ouvri&#232;re et les syndicats). Cela indique dans quelle mesure les &#171; dirigeants &#187; provenant des couches petites-bourgeoises et la bureaucratie &#171; ouvri&#232;re &#187; nous enl&#232;vent le pouvoir. C'est l&#224; le chemin le plus s&#251;r vers la &#171; d&#233;polarisation &#187; du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le r&#244;le des &#171; ci-devant &#187; socialistes-r&#233;volution&#173;naires et mencheviks dans l'appareil du Parti et en g&#233;n&#233;ral dans les postes dirigeants a grandi. Au moment du XIV&#176; Congr&#232;s, 38 % des collaborateurs responsables de la presse Sovi&#233;tique &#233;taient d'anciens membres d'autres partis (proc&#232;s-verbal du XIV&#176; Congr&#232;s, page 83). Cette situation a encore empir&#233; depuis lors. La direction de la presse du Parti est actuellement entre les mains soit de l'&#233;cole r&#233;visionniste des &#171; jeunes &#187; (Slepkov, Stetsky, Maretsky et autres), soit des &#171; ci-devant &#187;. Un quart environ des cadres sup&#233;rieurs de l'actif du parti est compos&#233; d'anciens socialistes-r&#233;volutionnaires ou mencheviks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le bureaucratisme grandit dans tous les domaines, mais o&#249; sa croissance est particuli&#232;rement pernicieuse, c'est dans le Parti. Aujourd'hui, le bureaucrate &#171; dirigeant &#187; du Parti raisonne de la fa&#231;on suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Nous avons des membres du Parti qui ne comprennent pas encore clairement ce qu'est le Parti, ce qu'il repr&#233;sente. Ils pensent que le point de d&#233;part du Parti c'est la cellule, que la cellule est la premi&#232;re brique, qu'ensuite vient le Comit&#233; de rayon, puis les autres comit&#233;s se superposant jusqu'au CC. Mais il n'en est pas ainsi. Notre parti doit &#234;tre consid&#233;r&#233; d'en haut. Et cet ordre doit &#234;tre respect&#233; dans les rapports r&#233;ciproques pratiques et dans tout le travail. &#187; (&#171; Molot &#187;, 27&#173;5-1927, discours du camarade Jivov, secr&#233;taire adjoint du Comit&#233; r&#233;gional du Caucase du Nord.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition de la d&#233;mocratie int&#233;rieure du Parti donn&#233;e par d'autres camarades plus responsables encore, tels que les camarades Ouglanov, Molotov, Kaganovitch (Pravda, 4 juin 1926, 13 juin 1926, etc.) a le m&#234;me sens. Cette &#171; nouvelle &#187; structure du Parti porte en elle de gros dangers. Si nous acceptions r&#233;ellement que &#171; le parti doit &#234;tre consid&#233;r&#233; d'en haut &#187; cela signifierait que le parti de L&#233;nine, le parti des masses ouvri&#232;res n'existe plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Ces derni&#232;res ann&#233;es, l'an&#233;antissement de la d&#233;mocratie int&#233;rieure du Parti s'est poursuivi syst&#233;matiquement, &#224; l'encontre de tout le pass&#233; du Parti bolchevik, &#224; l'encontre de d&#233;cisions pr&#233;cises de toute une s&#233;rie de congr&#232;s du Parti, Le syst&#232;me de l'&#233;ligibilit&#233; dispara&#238;t. Les principes d'organisation du bolchevisme sont d&#233;natur&#233;s &#224; chaque pas. Les statuts du Parti sont syst&#233;matiquement modifi&#233;s dans le sens d'une augmentation des droits des organismes sup&#233;rieurs et d'une diminution des droits des cellules de base. La dur&#233;e du mandat des Comit&#233;s de districts, de rayons, de r&#233;gions, du CC se prolonge d'un ou de deux ans et plus. Les bureaux des comit&#233;s r&#233;gionaux du parti, des soviets, des syndicats, etc. sont en fait inamovibles pendant 3 et 5 ans. Le droit de chaque membre du Parti, de chaque groupe &#171; de porter les divergences de principe devant tout le Parti &#187; (L&#233;nine) est en fait aboli. Les congr&#232;s et les conf&#233;rences sont convoqu&#233;s sans que les questions aient &#233;t&#233; librement discut&#233;es par l'ensemble du Parti, ainsi qu'il en &#233;tait du temps de L&#233;nine, et le fait de r&#233;clamer de telles discussions est consid&#233;r&#233; comme une violation de la discipline du Parti. Les paroles de L&#233;nine d&#233;clarant que l'&#171; &#201;tat-major &#187; doit s'appuyer effectivement sur la bonne volont&#233; consciente de l'arm&#233;e qui suit son &#171; &#201;tat-major &#187; en m&#234;me temps qu'elle dirige (tome IV, page 318) sont compl&#232;tement oubli&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En liaison &#233;troite avec le cours g&#233;n&#233;ral actuel, un processus extr&#234;mement important s'accomplit &#224; l'int&#233;rieur du Parti, qui consiste &#224; &#233;vincer les vieux membres qui ont pass&#233; par le travail ill&#233;gal ou au moins par la guerre civile, plus particuli&#232;rement capables de d&#233;fendre leurs opinions et de les remplacer par de nouveaux &#233;l&#233;ments, faisant surtout preuve d'ob&#233;issance passive. Cette ob&#233;issance, encourag&#233;e par la direction sous le couvert d'une discipline r&#233;volutionnaire, n'a en r&#233;alit&#233; rien de commun avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive souvent que les nouveaux membres du Parti, qui viennent de la cat&#233;gorie des ouvriers qui, autrefois, se distinguaient par leur soumission compl&#232;te aux anciens gouvernants, sont actuellement pouss&#233;s &#224; des postes dirigeants dans les cellules ouvri&#232;res ainsi que dans l'administration. Ces &#233;l&#233;ments t&#226;chent de rentrer dans les bonnes gr&#226;ces, en affichant d&#233;monstrativement leur vive animosit&#233; envers les vieux ouvriers - militants du parti guides de la classe ouvri&#232;re dans les moments les plus difficiles de la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;viations, sous une forme beaucoup plus r&#233;pugnante, sont transport&#233;es dans l'appareil de l'&#201;tat. On y trouve souvent le sp&#233;cimen accompli du fonctionnaire sovi&#233;tique &#171; membre du Parti &#187;, jurant dans les moments solennels par Octobre, accomplissant, avec une indiff&#233;rence compl&#232;te, la t&#226;che qui lui est fix&#233;e, s'enracinant dans les milieux petits-bourgeois, ergotant, dans la vie priv&#233;e, sur les dirigeants et, le jour r&#233;serv&#233; aux r&#233;unions du Parti, y attaquant l'Opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les droits r&#233;els des membres du Parti haut plac&#233;s (en premier lieu du secr&#233;taire) sont beaucoup plus grands que les droits r&#233;els des centaines de communistes de la base. Petit &#224; petit, l'appareil s'empare de tout le travail du Parti et laisse celui-ci &#224; l'arri&#232;re-plan. Ceci est couronn&#233; par une &#171; th&#233;orie &#187; de Staline qui nie la position de L&#233;nine - indiscutable pour chaque bolchevik - disant que la dictature du prol&#233;tariat ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233;e que par la dictature du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'an&#233;antissement de la d&#233;mocratie int&#233;rieure du parti m&#232;ne &#224; l'an&#233;antissement de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re en g&#233;n&#233;ral, dans les syndicats et dans d'autres organisations sans parti de masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;forme les divergences int&#233;rieures du Parti. Durant des mois et des ann&#233;es on m&#232;ne une pol&#233;mique empoisonn&#233;e contre le point de vue des bolcheviks qui sont class&#233;s comme &#171; opposition &#187;. On ne leur donne pas la possibilit&#233; de faire conna&#238;tre leur point de vue dans la presse du Parti. Les mench&#233;viks, cadets, socialistes &#173;r&#233;volutionnaires, les bundistes, les scissionnistes d'hier pol&#233;miquent dans les colonnes de la Pravda contre les documents envoy&#233;s au CC par ses membres, maquillant et d&#233;formant certaines phrases s&#233;par&#233;es du contexte. Mais les documents eux-m&#234;mes ne sont jamais publi&#233;s. On oblige les cellules du Parti &#224; voter ou &#224; &#171; condamner &#187; les documents qu'elles ne connaissent m&#234;me pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti est oblig&#233; de juger des divergences sur des documents maquill&#233;s de l'Opposition, sur les id&#233;es fausses et grossi&#232;rement mensong&#232;res qu'on lui attribue. Les paroles de L&#233;nine : &#171; qui croit sur simple parole est un idiot incurable &#187;, sont remplac&#233;es par cette nouvelle formule : &#171; qui ne croit pas sur simple parole est un oppositionnel &#187;. Les ouvriers d'usine qui partagent le point de vue de l'Opposition paient pour leurs id&#233;es par le ch&#244;mage. Un membre du Parti du rang ne peut pas manifester ouvertement son opinion. Les vieux militants du Parti ne peuvent s'exprimer ni dans la presse, ni dans les r&#233;unions du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On accuse perfidement les bolcheviks qui d&#233;fendent les id&#233;es de L&#233;nine de vouloir cr&#233;er un &#171; deuxi&#232;me parti &#187;. Cette derni&#232;re accusation a &#233;t&#233; agit&#233;e dans le but de dresser les ouvriers contre l'Opposition qui, chose tout &#224; fait naturelle, d&#233;fend de toutes ses forces l'unit&#233; du Parti. N'importe quelle critique dirig&#233;e contre les fautes mench&#233;vistes grossi&#232;res de Staline (dans les questions de la R&#233;volution chinoise, du Comit&#233; anglo-russe, etc.) est repr&#233;sent&#233;e comme &#171; anti-parti &#187;, alors que Staline n'a jamais demand&#233; l'avis du Parti sur sa politique chinoise et sur d'autres questions essentielles. Les accusations contre l'Opposition de vouloir cr&#233;er un &#171; deuxi&#232;me parti &#187; sont lanc&#233;es par ceux qui voudraient pouvoir &#233;loigner du Parti les bolcheviks-l&#233;ninistes, et avoir les &#171; mains libres &#187; pour suivre leur ligne opportuniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Actuellement, presque toute l'&#233;ducation du Parti et tout le travail &#233;l&#233;mentaire d'&#233;ducation politique est ramen&#233; &#224; mettre continuellement sur la sellette l'Opposition. La m&#233;thode qui consiste &#224; convaincre est remplac&#233;e par celle qui consiste &#224; forcer et, en outre, la m&#233;thode qui consiste &#224; &#233;garer le parti est &#224; l'honneur. Depuis que l'&#233;ducation &#233;l&#233;mentaire politique est faite de cette mani&#232;re, les militants du parti s'en d&#233;tournent. La participation aux &#233;coles du Parti et aux cercles dans lesquels on s'occupe continuellement de l'Opposition est tr&#232;s minime. Le Parti oppose une r&#233;sistance passive au cours officiel faux de l'appareil du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Durant ces derniers temps, non seulement le carri&#233;risme, le bureaucratisme, l'in&#233;galit&#233; grandissent dans le Parti, mais des &#233;l&#233;ments hostiles, qui n'ont rien de commun avec sa composition de classe, font p&#233;n&#233;trer dans ses rangs l'antis&#233;mitisme. Une lutte sans merci contre de telles tendances est n&#233;cessaire, pour &#234;tre &#224; m&#234;me de conserver le Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Pendant ce temps, le feu de la r&#233;pression est dirig&#233; exclusivement &#224; gauche. Les exclusions d'oppositionnels sont chose commune et sont faites pour des motifs divers ; intervention dans sa propre cellule, interruption violente, tentatives de rendre public le testament de L&#233;nine. Il n'est pas rare de constater que par leur niveau politique et par leur attachement au parti les exclus d&#233;passent de beaucoup ceux qui les ont exclus. Ces camarades qui sont mis en dehors du Parti parce qu'ils manquaient de &#171; confiance &#187; et &#233;taient &#171; pessimistes &#187; au sujet de Tchang Ka&#239;-chek et Purcell, vivent toujours la vie du Parti et lui sont beaucoup plus fid&#232;les que de nombreux fonc&#173;tionnaires du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. L'avalanche de mesures r&#233;pressives, de menaces qui, de toute &#233;vidence, augmentent dans la mesure ou la date du XV&#176; Congr&#232;s approche, a pour but d'intimider encore davantage le Parti et signifie que le groupe uni de Staline-Rykov, pour cacher les fautes politiques commises, utilise les pires mesures, mettant le Parti toujours devant le fait accompli. La ligne politique du CC (qui a &#233;t&#233; instaur&#233;e au XlV&#176; Congr&#232;s par une solidarisation de principe avec Staline) est fausse. Le noyau actuel du CC, en vacillant, va continuellement &#224; droite. L'an&#233;antis&#173;sement de la d&#233;mocratie int&#233;rieure du parti est provoqu&#233; par une fausse ligne dans son essence m&#234;me. Cette ligne, dans la mesure o&#249; elle refl&#232;te la pres&#173;sion des &#233;l&#233;ments petits-bourgeois et l'influence des couches non-prol&#233;tariennes qui enveloppent notre Parti, ne peut &#234;tre appliqu&#233;e que par une pression d'en haut. En ce qui concerne le domaine th&#233;orique, le monopole se trouve entre les mains de l'&#171; &#233;cole des jeunes &#187;, autrement dit, entre les mains des r&#233;vision&#173;nistes, qui, &#224; n'importe quel moment sont pr&#234;ts &#224; accomplir les t&#226;ches litt&#233;raires qui leur sont fix&#233;es par l'appareil. En m&#234;me temps, les meilleurs &#233;l&#233;ments de la jeunesse bolchevique, qui sont impr&#233;gn&#233;s de la v&#233;ritable tradition du Parti bolchevik, non seulement sont &#233;loign&#233;s de l'accomplissement de ce travail, mais sont soumis &#224; des poursuites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine de l'organisation, depuis longtemps, le Bureau politique d&#233;pend compl&#232;tement du Secr&#233;tariat. Il en est de m&#234;me du Secr&#233;tariat envers le Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. Ainsi s'est r&#233;alis&#233; ce que L&#233;nine craignait le plus et qu'il a formul&#233; dans son testament. Staline ne sera pas suffisamment loyal, il n'utilisera pas seulement pour le bien du Parti le &#171; pouvoir illimit&#233; &#187; qu'il a &#171; concentr&#233; entre ses mains &#187; (lettres de L&#233;nine ait 25 d&#233;cembre 1922 et du 4 janvier 1923).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, au CC comme dans d'autres organes du Parti et de l'&#201;tat il existe trois tendances fondamentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re tendance. - Incontestable d&#233;viation de droite. Cette tendance elle-m&#234;me est compos&#233;e de deux groupes : un de ceux-ci, par son opportunisme, refl&#232;te dans une large mesure les tendances du paysan moyen, &#171; &#233;conomiquement fort, &#187;, il mise sur lui et s'inspire de ses d&#233;sirs. Ce groupe est celui des camarades Rykov, Smirnov, A. P. Kalinine, G. Petrovsky, Tchoubar, Kaminsky et autres. A c&#244;t&#233; d'eux, tout &#224; fait pr&#232;s, travaillent les &#171; sans-parti &#187; Kondratiev, Sadirine, Tchayanov et autres &#171; hommes d'affaires &#187; politiques de la paysannerie ais&#233;e qui pr&#234;chent plus on moins ouvertement les id&#233;es oustrialovistes. Chaque d&#233;partement, quelquefois chaque district, a actuellement ses petits Kondratiev et Sadirine, ayant entre leurs mains un brin de pouvoir et poss&#233;dant un peu d'influence. L'autre groupe est compos&#233; des couches de fonctionnaires sup&#233;rieurs des syndicats, qui misent sur les couches mieux r&#233;tribu&#233;es des ouvriers et des employ&#233;s. Ce groupe, en particulier, a pour caract&#233;ristique ses aspirations de rapprochement avec les Amsterdamiens. Il est personnifi&#233; par Tomsky, Melnitchansky, Dogadov et autres. Entre ces deux groupes se produisent des frictions, mais ils sont li&#233;s par la volont&#233; commune de donner un coup de barre &#224; droite &#224; la ligne du Parti et de l'&#201;tat dans la politique internationale et int&#233;rieure. Ils se distinguent tous deux par le fait qu'ils font abstraction des th&#233;ories l&#233;ninistes et qu'ils rejettent la tactique de la r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seconde tendance, &#171; centriste &#187; et de l'appareil. Le groupe a comme chefs les camarades Staline, Molotov, Ouglanov, Kaganovitch, Mikoyan, Kirov. Ils sont le v&#233;ritable Bureau Politique. Boukharine, en se balan&#231;ant tant&#244;t d'un c&#244;t&#233;, tant&#244;t de l'autre, &#171; unifie &#187; la politique de ce groupe. Le groupe centriste et de l'appareil, comme tel, ne traduit pas l'esprit des masses, mais tente, non sans succ&#232;s de se faire passer pour le Parti lui&#173;m&#234;me. Les &#171; dirigeants &#187; du Parti, des syndicats, des organes &#233;conomiques de la coop&#233;ration, de l'appareil d'&#201;tat se comptent actuellement par dizaines de milliers. Dans cette couche il y a un nombre respectable de bureaucrates &#171; ouvriers &#187;, transfuges des milieux ouvriers et qui ont perdu tout lien avec ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est inutile de dire que, dans les organes dirigeants, qui ont une importance formidable pour les destin&#233;es de la R&#233;volution, travaillent des milliers et des milliers de r&#233;volutionnaires in&#233;branlables, d'ouvriers qui n'ont pas rompu leurs liens avec les masses, qui s'adonnent compl&#232;tement &#224; la cause des ouvriers. C'est sur eux que s'appuie le travail v&#233;ritablement communiste dans ces organes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alt&#233;ration de la ligne politique et du r&#233;gime int&#233;rieur du parti provoque une v&#233;ritable bureaucratie dans de nombreuses couches. Le pouvoir r&#233;el de ces couches est formidable. C'est justement cette cat&#233;gorie de &#171; dirigeants &#187; qui exige la &#171; tranquillit&#233; &#187;, &#171; un bon travail &#187; et est toujours &#171; contre la discussion &#187;. C'est justement elle qui est pr&#233;dispos&#233;e &#224; d&#233;clarer avec satisfaction (et parfois en le croyant sinc&#232;rement) que chez nous &#171; on en est presque au socialisme &#187;, que nous avons rempli les &#171; neuf dixi&#232;mes du programme &#187; de la r&#233;volution socialiste. Cette couche tend &#224; regarder de haut le Parti et plus encore les ouvriers, les man&#339;uvres, les ch&#244;meurs, les ouvriers agricoles. Elle voit l'ennemi principal &#224; gauche, dans les r&#233;volutionnaires l&#233;ninistes et lance le mot d'ordre &#171; Feu &#224; gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, les groupes de droite et du &#171; centre &#187; sont unis par leur haine commune de l'Opposition. L'exclusion de celle-ci ne ferait que h&#226;ter la lutte entre ces deux groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me tendance : Opposition. Elle repr&#233;sente l'aile l&#233;niniste dans le Parti. Les mis&#233;rables tentatives de la repr&#233;senter comme une opposition de droite (en lui attribuant des d&#233;viations social-d&#233;mocrates, etc.) sont faites dans le but de cacher le propre opportunisme de la majorit&#233;. L'Opposition est pour l'unit&#233; du Parti. Pour r&#233;aliser son programme d'exclusion de l'Opposition, Staline l'accuse de vouloir constituer un &#171; deuxi&#232;me parti &#187;. A ceci, l'Opposition r&#233;pond : &#171; Unit&#233; du PC l&#233;niniste de l'URSS &#224; tout prix &#187;, La plate-forme de l'Opposition est int&#233;gralement expos&#233;e ici. Les ouvriers du Parti et les v&#233;ritables &#233;l&#233;ments bolcheviks-l&#233;ninistes la soutiendront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les conditions actuelles, des plus difficiles, o&#249; l'Opposition doit lutter pour la cause de L&#233;nine, il est in&#233;vitable que des individualit&#233;s quittent les rangs de l'Opposition. Des changements d'individualit&#233;s auront lieu dans les trois tendances dirigeantes, mais cela ne changera absolument rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Tout ceci, pris en bloc, cr&#233;e la crise du parti. Les divergences int&#233;rieures du parti, depuis la mort de L&#233;nine, s'approfondissent, prennent de l'ampleur, touchent des questions essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; primordiale des masses du Parti est l'unit&#233;. Le r&#233;gime actuel les emp&#234;che de comprendre d'o&#249; vient le v&#233;ritable danger qui menace l'unit&#233; du Parti. Toutes les machinations de Staline ont pour but de mettre la masse du parti, dans n'importe quelle question essentielle et br&#251;lante, devant ce dilemme : &#171; ne plus d&#233;fendre son opinion ou &#234;tre accus&#233; de vouloir la scission &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre t&#226;che consiste &#224; maintenir l'unit&#233; du Parti &#224; tout prix, &#224; repousser toute tentative de scission, d'amputation, d'exclusion, etc., et en m&#234;me temps &#224; donner au Parti la possibilit&#233; d'examiner et de r&#233;soudre librement les questions litigieuses dans les cadres d'un parti unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;montrant les fautes et les anomalies qui existent actuellement dans le Parti, l'Opposition est profond&#233;ment convaincue que la masse ouvri&#232;re essentielle du Parti saura, malgr&#233; tout, ramener &#224; nouveau le Parti dans la voie l&#233;niniste. La besogne essentielle de l'Opposition est de l'aider dans cette t&#226;che.&lt;br class='autobr' /&gt;
Propositions concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De pr&#233;parer le XV&#176; Congr&#232;s en r&#233;tablissant une r&#233;elle d&#233;mocratie int&#233;rieure du Parti, comme du temps de L&#233;nine. &#171; Il faut - comme l'&#233;crivait L&#233;nine - que tous les membres du Parti, avec le sang-froid n&#233;cessaire, &#233;tudient consciencieusement, premi&#232;rement la nature des divergences et deuxi&#232;mement le d&#233;veloppement de la lutte dans le Parti... Il faut &#233;tudier les deux choses, en exigeant la publication exacte des documents mis &#224; la port&#233;e de tous, et dont l'authenticit&#233; ne fasse aucun doute. &#187; (L&#233;nine, T. XVII, paragraphe 1, page 29.) Le CC doit donner la possibilit&#233; &#224; tous les membres du Parti d'&#233;tudier la nature des divergences, la marche et le d&#233;veloppement de la lutte dans le parti, en publiant dans la presse, dans les revues sp&#233;ciales, etc. tous les documents qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, ont &#233;t&#233; cach&#233;s au Parti.&lt;br class='autobr' /&gt; Chaque camarade et chaque groupe de camarades doivent avoir la possibilit&#233; de d&#233;fendre leur point de vue devant le Parti, dans sa presse, dans les r&#233;unions, etc. Les projets de th&#232;ses (plate-forme) du CC, des organisations locales, de membres on de groupes de membres du parti doivent &#234;tre publi&#233;s dans la Pravda (ou dans le suppl&#233;ment de la Pravda), ainsi que dans la presse locale du parti, au moins deux mois avant le XV&#176; Congr&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt; La pol&#233;mique ne doit pas d&#233;passer les cadres s&#233;v&#232;res de travail et de camaraderie, sans exag&#233;ration, sans violences. Le mot d'ordre principal de toute la pr&#233;paration du XV&#176; Congr&#232;s doit &#234;tre : pour l'unit&#233; du PC de l'URSS et de toute l'Internationale Communiste.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est n&#233;cessaire de prendre diverses mesures pour am&#233;liorer le contenu social du Parti et de ses organes dirigeants. Confirmer pour ces buts la d&#233;cision du XII&#176; Congr&#232;s : &#171; Les rangs du parti doivent &#234;tre compos&#233;s, en grande majorit&#233;, d'ouvriers occup&#233;s dans l'industrie &#187;. Pendant les deux ou trois ann&#233;es qui vont suivre avoir pour r&#232;gle g&#233;n&#233;rale de n'accepter au parti que des adh&#233;sions d'ouvriers et d'ouvri&#232;res travaillant &#224; l'usine, d'ouvriers et d'ouvri&#232;res agricoles ; en ce qui concerne les autres groupes sociaux, ne les accepter dans le parti qu'apr&#232;s un s&#233;v&#232;re examen individuel. Les soldats et les marins rouges ne pourront devenir membres du parti qu'&#224; la condition qu'ils viennent de milieux ouvriers, d'ouvriers agricoles ou de paysans pauvres. Les paysans pauvres, &#233;conomiquement faibles, ne seront admis qu'apr&#232;s examen de leur activit&#233; publique et politique pendant les deux derni&#232;res ann&#233;es. Ne plus accepter d'adh&#233;sions de transfuges des autres partis.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est n&#233;cessaire d'appliquer les d&#233;cisions du XII&#176; Congr&#232;s qui, en fait, ont &#233;t&#233; annul&#233;es par le XlV&#176; Congr&#232;s (malgr&#233; l'opinion de l'Opposition) concernant les effectifs des rayons, r&#233;gions, etc., effectifs qui doivent &#234;tre compos&#233;s au moins de 50 % d'ouvriers travaillant &#224; l'usine. Dans les centres industriels, il faut tendre les efforts en vue de poss&#233;der une majorit&#233; absolue (au moins les &#190; des effectifs). Dans les comit&#233;s de rayons il faut avoir la m&#234;me majorit&#233; d'ouvriers, d'ouvriers agricoles et de paysans pauvres.&lt;br class='autobr' /&gt; Confirmer et appliquer les r&#233;solutions concernant la d&#233;mocratie int&#233;rieure du Parti adopt&#233;es par le X&#176; Congr&#232;s du Parti ; par le CC et la CCC le 5-12-1923 et la XII&#176; Conf&#233;rence du Parti ; par le XIII&#176; Congr&#232;s du Parti.&lt;br class='autobr' /&gt; Confirmer, au nom de tout le Parti, malgr&#233; la diffusion de nouvelles id&#233;es anti-l&#233;ninistes concernant la d&#233;mocratie int&#233;rieure du parti (Ouglanov, Molotov, Kaganovitch, Jivov et autres), que la d&#233;mocratie ouvri&#232;re signifie la libert&#233;, pour tous les membres du Parti, d'examiner ouvertement les questions essentielles de la vie du Parti et la libert&#233; d'en discuter, ainsi que l'&#233;ligibilit&#233; aux postes de direction et dans les coll&#232;ges du bas en haut (XIII&#176; Congr&#232;s).&lt;br class='autobr' /&gt; Sanctionner ceux qui, en fait, violent le droit &#233;l&#233;mentaire de chaque membre du Parti.&lt;br class='autobr' /&gt; Le point de vue de la minorit&#233; du Parti, dans n'importe quelle question de principe, doit, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, &#234;tre communiqu&#233; &#224; tous les membres du Parti par la presse, etc. Des exceptions sont possibles &#224; la condition que les questions touch&#233;es soient de nature confidentielle. &#201;videmment, lorsque des d&#233;cisions sont prises, elles doivent &#234;tre appliqu&#233;es avec la discipline de fer bolchevique.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut augmenter le nombre des clubs de discussion du Parti, assurer dans la presse du Parti la possibilit&#233; r&#233;elle de critiquer les fautes de la direction du Parti (une page doit &#234;tre r&#233;serv&#233;e &#224; cet effet dans les journaux, revues, etc.). Supprimer les paragraphes des statuts qui ont &#233;t&#233; inclus par le XIV&#176; Congr&#232;s et par la suite et qui aggravent le r&#233;gime int&#233;rieur du Parti. (Paragraphes 25, 33, 37, 42, 60, etc.)&lt;br class='autobr' /&gt; Tendre les efforts en vue de la prol&#233;tarisation de l'appareil du Parti dans son ensemble. Les ouvriers d'usine - l'avant-garde - qui sont populaires parmi les masses du Parti et les sans-parti, les prol&#233;taires communistes doivent composer la majorit&#233; absolue de tout l'appareil du Parti, qui, en aucun cas, ne doit &#234;tre form&#233; en entier par des camarades r&#233;tribu&#233;s. P&#233;riodiquement, d'autres ouvriers doivent y entrer. Le budget des organisations locales (y compris les Comit&#233;s d&#233;partementaux et r&#233;gionaux) doit &#234;tre principalement aliment&#233; par les cotisations. Les organisations locales doivent non seulement en parole, mais en fait, rendre compte aux larges masses du Parti de leurs recettes et de leurs d&#233;penses. Le budget excessif actuel du Parti doit &#234;tre diminu&#233; dans une large mesure. Il faut agir de m&#234;me pour l'appareil r&#233;tribu&#233;. On peut et on doit accomplir une grosse partie du travail du Parti sans r&#233;tribuer ceux qui le font, en en chargeant les camarades apr&#232;s leur journ&#233;e de travail. Une des t&#226;ches principales pour donner de nouvelles forces &#224; l'appareil du Parti doit &#234;tre d'envoyer syst&#233;matiquement les camarades de l'appareil &#224; l'usine ou de leur faire accomplir un travail de base. Il faut lutter contre le r&#233;gime des &#171; secr&#233;taires &#224; perp&#233;tuit&#233; &#187;. Il faut lutter sans merci contre la d&#233;composition directe des &#233;l&#233;ments haut plac&#233;s, contre le &#171; pistonnage &#187;, etc. (Exemple : Sizrane, Kersone, Irkoutsk, Tchita, etc.)&lt;br class='autobr' /&gt; D&#233;j&#224; la X&#176; Conf&#233;rence du Parti, sous la direction de L&#233;nine, a pris diverses d&#233;cisions concernant la n&#233;cessit&#233; d'une &#233;galit&#233; plus grande &#224; l'int&#233;rieur du Parti, ainsi qu'&#224; l'int&#233;rieur des masses travailleuses. Le XII&#176; Congr&#232;s du Parti a d&#233;j&#224; soulign&#233; le danger &#171; de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence provoqu&#233;e par la NEP, de militants qui sont oblig&#233;s, par leur travail, d'&#234;tre en contact &#233;troit avec les milieux bourgeois &#187;. Il est n&#233;cessaire d'&#233;laborer des mesures pratiques valables pour &#233;liminer l'in&#233;galit&#233; (dans les conditions de vie, de salaires) d'une part entre les sp&#233;cialistes et les militants responsables et les masses travailleuses. D'autre part, cette in&#233;galit&#233; d&#233;truit le d&#233;mocratisme et est la source de la d&#233;composition du Parti et de l'abaissement de l'autorit&#233; des communistes (r&#233;solution de la X&#176; Conf&#233;rence du Parti, paragraphe 18). En tenant compte que l'in&#233;galit&#233; pendant ces derni&#232;res ann&#233;es s'est encore accentu&#233;e dans une large mesure, il est n&#233;cessaire de traiter cette question d'une mani&#232;re r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est urgent de r&#233;organiser le syst&#232;me d'&#233;ducation du Parti, en prenant comme base l'&#233;tude des &#339;uvres de Marx, Engels et L&#233;nine, en repoussant toutes les fausses interpr&#233;tations du marxisme et du l&#233;ninisme, qui, actuellement, sont pratiqu&#233;es dans une tr&#232;s large mesure.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est de toute n&#233;cessit&#233; de r&#233;int&#233;grer dans le Parti tous les oppositionnels exclus.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut r&#233;organiser la CCC dans le sens indiqu&#233; par L&#233;nine. Les membres de la CCC doivent &#234;tre :&lt;br class='autobr' /&gt; Li&#233;s &#224; la base.&lt;br class='autobr' /&gt; Ind&#233;pendants de l'&#171; appareil &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Avoir de l'autorit&#233; dans le Parti.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est seulement dans ces conditions que la CCC aura l'autorit&#233; n&#233;cessaire et reconquerra la confiance du parti.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut tenir compte des indications de L&#233;nine au sujet de la composition du CC et de la CCC et de leurs organes respectifs, indications qu'on trouve dans ses lettres des 26 d&#233;cembre 1922, 25 d&#233;cembre 1922 et 4 janvier 1923 (testament). Ces lettres doivent &#234;tre publi&#233;es pour que chaque membre du Parti en prenne connaissance. Dans sa lettre du 26 d&#233;cembre 1922, L&#233;nine disait : &#171; Comme membres du CC doivent entrer principalement les ouvriers qui, sur l'&#233;chelle sociale, se trouvent au-dessous des couches d'employ&#233;s (celles-ci, durant ces cinq derni&#232;res ann&#233;es, ont gravi l'&#233;chelle sociale), ainsi que ceux qui appartiennent aux couches sociales plac&#233;es pr&#232;s des simples ouvriers du rang et des paysans et qui, dans aucun cas, ne peuvent &#234;tre indirectement ou directement class&#233;s comme exploiteurs. Selon moi les ouvriers qui entreront au CC ne doivent pas &#234;tre principalement ceux ayant d&#233;j&#224; accompli, depuis longtemps, des emplois sovi&#233;tiques... parce que ces ouvriers ont une certaine tradition et une certaine mentalit&#233; contre lesquelles il serait bon de lutter &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Ces lettres de L&#233;nine ont &#233;t&#233;, &#233;crites en m&#234;me temps qu'il donnait ses derniers conseils au Parti, sur les questions essentielles de la R&#233;volution &#171; Moins mais mieux &#187;, &#171; Comment r&#233;organiserons-nous l'inspection ouvri&#232;re et paysanne ? &#187;, &#171; Sur la coop&#233;ration &#187;).&lt;br class='autobr' /&gt; Le XV&#176; Congr&#232;s doit former le CC en s'appuyant sur les indications formul&#233;es par L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIII. Les Jeunesses Communistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a transport&#233; enti&#232;rement dans les Jeunesses Communistes - m&#234;me quelquefois en l'aggravant la fausse ligne politique et l'arbitraire. L'&#233;ducation internationaliste de la jeunesse ouvri&#232;re est mise de plus en plus au second plan. Toute manifestation critique est &#233;touff&#233;e et pourchass&#233;e. l'es organisations du parti exigent, avant tout, des candidats &#224; la direction des organismes des Jeunesses Communistes qu'ils se &#171; soumettent &#187;compl&#232;tement aux organisations du parti et qu'ils soient bien pr&#234;ts &#224; traquer l'Opposition. Un tel r&#233;gime supprime compl&#232;tement dans les Jeunesses le r&#244;le des militants ouvriers de base, &#233;l&#233;ments qui, en g&#233;n&#233;ral, sont tr&#232;s sains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fausse ligne - dict&#233;e d'en haut ouvre, dans les Jeunesses - et dans une plus large mesure que dans le parti - la porte aux influences petites&#173;-bourgeoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les derni&#232;res ann&#233;es, les Jeunesses communistes ont augment&#233; rapidement leurs effectifs, mais aux d&#233;pens de leur composition sociale. Depuis le XIII&#176; Congr&#232;s du Parti, le niveau prol&#233;tarien des Jeunesses est tomb&#233; de 41,1 % &#224; 34,4 % tandis que le niveau de la jeunesse ouvri&#232;re, travaillant &#224; l'usine, est tomb&#233; de 49,8 % &#224; 47 %. L'activit&#233; politique des jeunes ouvriers se ralentit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, les fautes les plus grossi&#232;res - capables de d&#233;tacher les Jeunesses Communistes de la Jeunesse ouvri&#232;re - sont les derni&#232;res dispositions aggravant, malgr&#233; les d&#233;cisions du XIV&#176; Congr&#232;s du parti, la situation de la jeunesse ouvri&#232;re (parmi ces d&#233;cisions, il faut indiquer la tentative d'instaurer l'apprentissage non r&#233;tribu&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Jeunesses &#224; la campagne s'appuient de moins en moins sur les ouvriers agricoles et les paysans pauvres. Le travail culturel et &#233;conomique est dirig&#233; de plus en plus sur une voie fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poids sp&#233;cifique des couches pauvres diminue partout, dans les cellules de villages, chez les militants, parmi les membres du parti appartenant aux Jeunesses. En m&#234;me temps qu'on enregistre dans les villes une diminution constante d'adh&#233;sions de jeunes ouvriers, &#224; la campagne les couches de paysans moyens et ais&#233;s forment de plus en plus la majorit&#233; des Jeunesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la ville comme &#224; la campagne on assiste &#224; des tentatives de leur part pour accaparer la direction ; un r&#244;le plus important est jou&#233; dans les Jeunesses, surtout &#224; la campagne, par les groupes compos&#233;s d'employ&#233;s et autres &#233;l&#233;ments non prol&#233;tariens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36 % des nouveaux adh&#233;rents du parti viennent des Jeunesses communistes (Pravda, 14-7-1927). Les membres du parti appartenant aux Jeunesses sont dans la proportion de 1/4 &#224; 1/3 des &#233;l&#233;ments non prol&#233;tariens tandis qu'&#224; la campagne, la composition sociale des membres du parti, appartenant aux Jeunesses, se transforme assez rapidement au profit des paysans moyens et aux d&#233;pens des ouvriers agricoles et des paysans pauvres (20 % de paysans moyens en 1925 ; 32,5 % en 1927). De cette fa&#231;on, les Jeunesses communistes deviennent un des canaux par lesquels les &#233;l&#233;ments petits-bourgeois p&#233;n&#232;trent dans le parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin que la direction des Jeunesses reste entre les mains des &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens, pour &#233;viter leur affaiblissement continuel, leur &#233;limination par les transfuges sortis des milieux intellectuels, des employ&#233;s et des couches paysannes ais&#233;es, ce qui am&#232;nerait in&#233;vitablement une d&#233;g&#233;n&#233;rescence petite-bourgeoise des Jeunesses, il faut :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Entraver imm&#233;diatement toute tentative d'enlever &#224; la jeunesse travailleuse ses acquisitions r&#233;volutionnaires dans le domaine de l'&#233;ducation et du travail. Il faut supprimer toutes les nouvelles dispositions qui aggravent les conditions de travail des jeunes. Ceci est tr&#232;s important car ces mesures doivent pr&#233;c&#233;der la lutte contre les ph&#233;nom&#232;nes anormaux qui se produisent dans les Jeunesses (ivrognes, apaches, etc.) ;&lt;br class='autobr' /&gt; Relever syst&#233;matiquement et sans d&#233;faillance le niveau culturel et mat&#233;riel de la jeunesse ouvri&#232;re, par rapport &#224; l'am&#233;lioration g&#233;n&#233;rale des conditions de vie des ouvriers, en augmentant les salaires, en d&#233;veloppant le nombre des &#233;coles, des facult&#233;s ouvri&#232;res, des cours professionnels et en relevant la qualification du travail de la Jeunesse ouvri&#232;re ;&lt;br class='autobr' /&gt; Arriver, dans les ann&#233;es prochaines, &#224; mettre &#224; ex&#233;cution les d&#233;cisions des anciens congr&#232;s du Parti et des Jeunesses disant que 100 % de la jeunesse ouvri&#232;re des villes et de la campagne (ouvriers agricoles) doivent &#234;tre attir&#233;s dans les organisations de Jeunesses ;&lt;br class='autobr' /&gt; Renforcer, non en paroles, mais en fait, l'absorption par les Jeunesses des jeunes paysans pauvres ;&lt;br class='autobr' /&gt; Attirer dans les JC les paysans moyens &#233;conomiquement faibles et ceux des paysans moyens qui, dans la vie publique, ont donn&#233; des garanties par leurs luttes contre le koulak ;&lt;br class='autobr' /&gt; Assurer la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des paysans pauvres en dirigeant le travail des Jeunesses dans la voie de la construction de la campagne nouvelle, non sur la voie de l'enrichissement individuel, mais par le canal de la coop&#233;ration et de la collectivisation de l'agriculture ;&lt;br class='autobr' /&gt; Am&#233;liorer le contenu social des membres du parti appartenant aux Jeunesses en n'acceptant au parti, pendant deux ans, que des adh&#233;sions d'ouvriers, d'ouvriers agricoles et de paysans pauvres ;&lt;br class='autobr' /&gt; Par des mesures &#233;nergiques, prol&#233;tariser le noyau dirigeant les Jeunesses en attirant au travail de direction les ouvriers agricoles et les paysans pauvres. Il faut d&#233;cider que, dans les grands centres industriels, la composition des organismes de Jeunesses (comit&#233;s r&#233;gionaux, comit&#233;s de rayons) doit &#234;tre faite d'une majorit&#233; &#233;crasante d'ouvriers travaillant &#224; l'usine et attirer ces &#233;l&#233;ments &#224; la participation r&#233;elle du travail de direction.&lt;br class='autobr' /&gt; Mener une lutte s&#233;rieuse contre le bureaucratisme. Il faut restreindre au minimum l'appareil r&#233;mun&#233;r&#233;. Le travail doit &#234;tre assur&#233; b&#233;n&#233;volement au moins pour moiti&#233;, et dans les grands centres industriels aux trois quarts, par les membres des Jeunesses communistes. Les militants de base doivent &#234;tre associ&#233;s &#224; l'accomplissement de ces t&#226;ches ;&lt;br class='autobr' /&gt; Le travail d'&#233;ducation des Jeunesses communistes doit &#234;tre intensifi&#233; et &#233;troitement li&#233; &#224; leur travail pratique quotidien, ainsi qu'&#224; la vie politique et &#224; la vie du Parti (Soviets, syndicats, coop&#233;ratives, etc.) ;&lt;br class='autobr' /&gt; Changer radicalement les m&#233;thodes d'&#233;ducation existantes : &#233;tudier s&#233;rieusement le marxisme et le l&#233;ninisme en employant la m&#233;thode vivante : examiner les probl&#232;mes en commun, les discuter dans une atmosph&#232;re de camaraderie, acqu&#233;rir, non pour la forme mais en r&#233;alit&#233;, les connaissances n&#233;cessaires ;&lt;br class='autobr' /&gt; Instaurer, non en paroles, mais en r&#233;alit&#233;, le r&#233;gime de d&#233;mocratie des Jeunesses communistes, supprimer l'arbitraire el l'expulsion des Jeunesses de ceux qui ne pensent pas de la m&#234;me fa&#231;on sur les probl&#232;mes touchant le parti et les Jeunesses. Respecter strictement les statuts concernant la convocation des conf&#233;rences et congr&#232;s de rayons, de districts, de r&#233;gions, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IX. Notre situation internationale et les dangers de guerre. La situation de l'URSS sur l'ar&#232;ne internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre des imp&#233;rialistes contre l'URSS est non seulement probable mais in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retarder le plus possible ce danger, gagner le plus possible de temps pour le renforcement de l'URSS pour unir le prol&#233;tariat mondial r&#233;volutionnaire, ce doit &#234;tre une de nos t&#226;ches pratiques les plus importantes. Seule la r&#233;volution prol&#233;tarienne victorieuse dans les principaux pays peut &#233;loigner ce danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dangers d'une guerre mondiale s'accroissent parce que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quelques ann&#233;es de luttes du capitalisme pour son renforcement et les succ&#232;s partiels remport&#233;s dans ce domaine posent, devant les principaux pays capitalistes, d'une fa&#231;on aigu&#235;, la question des march&#233;s ;&lt;br class='autobr' /&gt; La bourgeoisie imp&#233;rialiste s'est convaincue de la croissance indiscutable de la force &#233;conomique de l'URSS, elle a vu que la dictature prol&#233;tarienne, second&#233;e par le monopole du commerce ext&#233;rieur, ne donnera pas la possibilit&#233; au capitalisme de trouver un march&#233; &#171; libre &#187; en Russie ;&lt;br class='autobr' /&gt; La bourgeoisie internationale sp&#233;cule sur les difficult&#233;s int&#233;rieures de l'URSS ;&lt;br class='autobr' /&gt; La d&#233;faite de la r&#233;volution chinoise, ainsi que les pr&#233;c&#233;dentes d&#233;faites des gr&#232;ves anglaises donnent confiance aux capitalistes dans leurs possibilit&#233;s d'abattre l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture des relations diplomatiques entre l'Angleterre et l'URSS se pr&#233;parait de longue main, mais la d&#233;faite de la r&#233;volution chinoise a pr&#233;cipit&#233; les &#233;v&#233;nements. En ce sens, la rupture des relations diplomatiques est la r&#233;tribution pay&#233;e au Comit&#233; Central du PC de l'URSS pour son refus d'appliquer en Chine une v&#233;ritable politique bolchevique. Il serait compl&#232;tement faux de croire que la rupture, en fait, ne se r&#233;duit qu'aux changements de forme du commerce entre l'Angleterre et nous (&#171; faire du commerce comme on en fait avec l'Am&#233;rique &#187;). Actuellement, il est plus clair que l'Angleterre imp&#233;rialiste a un plan d'action beaucoup plus vaste. Elle pr&#233;pare la guerre contre l'URSS, ayant un mandat moral de la bourgeoisie de quelques pays et escomptant pouvoir d'une mani&#232;re ou d'une autre, entra&#238;ner dans cette guerre contre nous la Pologne, la Roumanie, les Pays baltes, peut&#173;-&#234;tre m&#234;me la Yougoslavie, l'Italie, la Hongrie, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Pologne, cela est visible, pr&#233;f&#233;rerait avoir encore un certain d&#233;lai pour la pr&#233;paration de la guerre contre nous. Il n'est pas impossible que l'Angleterre l'oblige &#224; faire la guerre avant qu'elle ne le veuille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la pression anglaise, en vue d'un front contre nous, trouve un appui dans la partie influente de la bourgeoisie qui devient de plus en plus exigeante dans ses pr&#233;tentions et qui, &#233;videmment, &#224; un moment favorable pour elle, ne s'arr&#234;tera pas devant la rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devient de plus en plus clair qu'en fait, malgr&#233; les &#171; courtoisies &#187; de la diplomatie allemande, ces derniers temps, l'Allemagne s'oriente vers l'Ouest. La bourgeoisie allemande dit d&#233;j&#224; ouvertement qu'en cas de guerre contre l'URSS, elle restera, les premiers temps, &#171; neutre &#187; (&#224; la mani&#232;re de l'Am&#233;rique en 1914), pour pouvoir s'enrichir le plus possible &#224; la faveur de la guerre, et pour vendre, par la suite, &#224; un prix tr&#232;s &#233;lev&#233;, ouvertement sa neutralit&#233; aux imp&#233;rialistes d'Occident. Rien ne peut &#234;tre plus malsain pour les int&#233;r&#234;ts vitaux de l'URSS que de dissimuler le changement de la bourgeoisie allemande dans le sens d'une &#171; orientation &#187;, vers l'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, un coup inattendu de la part de l'Allemagne bourgeoise peut avoir une port&#233;e d&#233;cisive. Ce n'est qu'en disant ouvertement &#171; ce qui est &#187;, ce n'est qu'en tenant &#233;veill&#233;e la vigilance des ouvriers de l'URSS et celle des ouvriers allemands, que nous pouvons nous pr&#233;server contre un tel coup, ou tout an moins emp&#234;cher la bourgeoisie allemande de le porter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie japonaise manceuvre vis-&#224;-vis de l'URSS non moins habilement que celle de l'Allemagne. Elle sait tr&#232;s habilement cacher ses intentions, se donnant pour une &#171; amie &#187;. Elle a m&#234;me, pendant un certain temps, emp&#234;ch&#233; Tchang-Tso-Lin de mettre la main sur le chemin de fer de l'Est chinois. Cela ne l'emp&#234;che nullement, en cachette, de tendre les relations entre la Chine et l'URSS, et le temps viendra, peut-&#234;tre bient&#244;t, o&#249; elle jettera bas le masque dans ses v&#233;ritables rapports envers nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Proche-Orient (Turquie, Perse), nous n'avons, en tout cas, pas acquis une situation qui puisse garantir &#224; l'URSS m&#234;me une simple neutralit&#233; ferme en cas d'une attaque des imp&#233;rialistes contre nous. Il faut plut&#244;t s'attendre, dans ce cas, &#224; ce que les gouvernements de ces &#201;tats, sous la pression des imp&#233;rialistes, soient pr&#234;ts &#224; fournir leur aide contre l'URSS .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas d'agression contre nous, l'Am&#233;rique, qui conserve enti&#232;rement ses rapports d'hostilit&#233; &#224; l'&#233;gard de l'URSS, sera l'&#171; arri&#232;re &#187; imp&#233;rialiste dont l'importance sera d'autant plus grande que c'est justement elle qui peut garantir les fonds n&#233;cessaires pour la guerre contre l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, si les ann&#233;es 1923-1925 furent les ann&#233;es de notre reconnaissance par un certain nombre d'&#201;tats bourgeois, actuellement c'est la p&#233;riode des ruptures,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1923-1925, la p&#233;riode de reconnaissance ne signifiait pas en soi que la paix f&#251;t garantie, qu'on pouvait, pour une longue p&#233;riode, reprendre haleine. La p&#233;riode actuelle des ruptures ne signifie pas en soi que la guerre est in&#233;vitable dans le plus bref d&#233;lai. Ce qui est certain, c'est que nous entrons dans une &#233;poque o&#249; la situation internationale est tr&#232;s tendue. Cette &#233;poque est grosse d'agressions contre l'URSS. Les contradictions &#224; l'int&#233;rieur du monde capitaliste sont grandes. La r&#233;alisation d'un front uni de la bourgeoisie mondiale contre nous, pour une longue p&#233;riode, est tr&#232;s difficile, mais l'union de quelques &#201;tats bourgeois contre nous, pour un certain laps de temps, est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci, pris en bloc, doit obliger notre parti : 1&#176; &#193; reconna&#238;tre la situation internationale comme dangereuse ; 2&#176; &#193; remettre de nouveau en avant, au premier plan, devant les larges masses, la question de la politique internationale ; 3&#176; &#193; mener de la fa&#231;on la plus s&#233;rieuse une pr&#233;paration, dans tous les domaines, de la d&#233;fense de l'URSS en cas de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis de la bourgeoisie, y compris la social-d&#233;mocratie officielle, cherchent par tous les moyens &#224; tromper le peuple sur le v&#233;ritable caract&#232;re de cette guerre que les imp&#233;rialistes pr&#233;parent contre l'URSS Notre t&#226;che consiste &#224; commencer d&#232;s maintenant &#224; expliquer aux masses les plus larges des peuples du monde entier, ce que sera la guerre des imp&#233;rialistes du monde entier, ce que sera la guerre des imp&#233;rialistes et des marchands d'esclaves contre le premier &#201;tat de la dictature du prol&#233;tariat - la guerre du capitalisme contre le socialisme. Dans cette guerre, les imp&#233;rialistes lutteront pour sauvegarder tout le syst&#232;me de l'esclavage capitaliste ; l'URSS luttera pour les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat mondial, pour les int&#233;r&#234;ts des colonies et des semi-colonies, des pays opprim&#233;s, pour la r&#233;volution mondiale, pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s maintenant, toute notre agitation doit &#234;tre men&#233;e sur les mots d'ordre suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#193; bas la guerre des imp&#233;rialistes contre l'&#201;tat de la dictature du prol&#233;tariat ;&lt;br class='autobr' /&gt; Transformation de la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile dans tous les pays participant &#224; l'agression contre l'URSS ;&lt;br class='autobr' /&gt; D&#233;faite de tous les &#201;tats bourgeois en guerre contre l'URSS. Le prol&#233;tariat de chaque pays capitaliste doit lutter activement pour la d&#233;faite de &#171; son gouvernement &#187; ;&lt;br class='autobr' /&gt; Passage du c&#244;t&#233; de l'Arm&#233;e Rouge de chaque soldat &#233;tranger qui ne veut pas aider les marchands d'esclaves de &#171; son pays &#187;. L'URSS est la patrie de tous les travailleurs ;&lt;br class='autobr' /&gt; Le mot d'ordre de la &#171; d&#233;fense de la patrie &#187; sera une fausse fa&#231;ade pour cacher les int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes dans tous les pays bourgeois, sauf pour les pays coloniaux et semi-coloniaux qui m&#232;nent la guerre r&#233;volutionnaire d'&#233;mancipation nationale contre l'imp&#233;rialisme. En URSS, le mot d'ordre de la d&#233;fense de la patrie sera juste, car nous d&#233;fendons la patrie socialiste, fondement du mouvement ouvrier, international ;&lt;br class='autobr' /&gt; Nous sommes pour la d&#233;fense de la patrie depuis le 7 novembre 1917. Notre guerre &#171; pour la patrie &#187; (L&#233;nine) sera la guerre &#171; pour la R&#233;publique sovi&#233;tique - un des d&#233;tachements avanc&#233;s de l'arm&#233;e mondiale du socialisme &#187;. Notre guerre &#171; pour la patrie &#187; n'est pas une issue vers l'&#201;tat bourgeois, mais &#171; une issue vers la r&#233;volution socialiste mondiale &#187; (L&#233;nine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre d&#233;fense de la patrie est la d&#233;fense de la dictature du prol&#233;tariat. Notre guerre sera men&#233;e par l'ouvrier et l'ouvrier agricole, avec l'appui du paysan pauvre, avec comme alli&#233; le paysan moyen, et contre &#171; notre &#187; koulak, le nouveau bourgeois, le bureaucrate, le sp&#233;cialiste oustrialoviste, et l'&#233;migr&#233; blanc. Notre guerre est une guerre r&#233;ellement juste. Qui n'est pas pour la d&#233;fense de l'URSS est, sans objection possible, tra&#238;tre au prol&#233;tariat mondial.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;faite de la R&#233;volution chinoise. Ses raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite de la r&#233;volution chinoise change le rapport r&#233;el des forces au profit de l'imp&#233;rialisme - &#233;videmment, seulement pour un certain temps. De nouvelles batailles r&#233;volutionnaires, une nouvelle r&#233;volution en Chine sont in&#233;vitables. Ceci est d&#233;montr&#233; par toute la situation de la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants opportunistes tentent, apr&#232;s coup, expliquer leur propre banqueroute par les soi-disant &#171; rapports objectifs des forces &#187;, oubliant qu'ils proph&#233;tisaient encore hier au sujet de l'approche de la r&#233;volution socialiste en Chine, qui devait grandir par suite du m&#234;me rapport des forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sort d&#233;favorable de la r&#233;volution chinoise dans le stade actuel provient - dans sa racine m&#234;me - de la fausse direction du Parti communiste de l'URSS et de l'Internationale qui fut surtout la cause que, au moment le plus d&#233;cisif en Chine, il n'y avait pas, en r&#233;alit&#233;, de v&#233;ritable parti bolchevik. Mettre les fautes seulement sur le dos des communistes chinois, c'est agir de fa&#231;on superficielle et peu digne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons eu en Chine un essai classique d'application de la tactique menchevique pendant une r&#233;volution bourgeoise d&#233;mocratique. Voil&#224; la raison pour laquelle le prol&#233;tariat chinois, non seulement n'a pas conquis son &#171; 1905 &#187; victorieux (L&#233;nine), mais a jou&#233; jusqu'&#224; maintenant, en r&#233;alit&#233;, le m&#234;me r&#244;le que le prol&#233;tariat europ&#233;en pendant les r&#233;volutions de 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La particularit&#233; de la r&#233;volution chinoise, dans la situation internationale actuelle, n'est pas l'existence de la soi-disant bourgeoisie &#171; lib&#233;rale-r&#233;volutionnaire &#187; sur laquelle reposait, pleine d'esp&#233;rance, toute la ligne essentielle de Staline-Martinov- Boukharine - la particularit&#233; est la suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La paysannerie chinoise, qui est encore plus &#233;cras&#233;e que la paysannerie russe &#224; l'&#233;poque du tzarisme et g&#233;mit sous le joug, non seulement de ses propres oppresseurs, mais de ceux de l'&#233;tranger, aurait pu se r&#233;volter et s'est r&#233;volt&#233;e plus fortement que la paysannerie russe &#224; l'&#233;poque de la R&#233;volution de 1905.&lt;br class='autobr' /&gt; Le mot d'ordre des soviets, mis en avant d&#233;j&#224; en 1920 par L&#233;nine pour la Chine, avait sans aucun doute sa valeur dans les conditions chinoises de 1926-1927. Les soviets en Chine pouvaient devenir le moyen de grouper, sous la direction du prol&#233;tariat, les forces de la paysannerie, devenir de v&#233;ritables organes de la dictature r&#233;volutionnaire d&#233;mocratique du prol&#233;tariat et de la paysannerie et les organes de la v&#233;ritable r&#233;sistance au Kuomintang bourgeois et aux Cavaignacs chinois sortis de ses rangs.&lt;br class='autobr' /&gt; L'enseignement de L&#233;nine dit que la r&#233;volution bourgeoise d&#233;mocratique ne peut &#234;tre men&#233;e jusqu'au bout que par l'alliance de la classe ouvri&#232;re et de la paysannerie (sous la direction du prol&#233;tariat) contre la bourgeoisie. Elle est non seulement applicable &#224; la Chine et aux pays coloniaux et semi-coloniaux, mais elle indique le seul chemin possible pour remporter la victoire dans ces pays.&lt;br class='autobr' /&gt; De l&#224; d&#233;coule que la dictature r&#233;volutionnaire d&#233;mocratique du prol&#233;tariat, s'exprimant sous la forme des soviets en Chine, &#224; l'&#233;poque actuelle de guerres imp&#233;rialistes et de r&#233;volutions prol&#233;tariennes et de l'existence de l'URSS, aurait eu toutes les chances de se transformer, de fa&#231;on relativement rapide, en r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de ce chemin, il ne reste que la voie menchevique d'alliance avec la bourgeoisie lib&#233;rale qui m&#232;ne in&#233;vitablement &#224; la d&#233;faite de la classe ouvri&#232;re. C'est ce qui s'est pass&#233; en Chine en 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les d&#233;cisions des III&#176; et IV&#176; Congr&#232;s mondiaux de l'Internationale Communiste concernant les soviets en Orient, la pleine ind&#233;pendance des partis communistes ouvriers dans les pays avec un mouvement national-r&#233;volutionnaire, l'union de la classe ouvri&#232;re avec la paysannerie contre &#171; sa &#187; bourgeoisie et l'imp&#233;rialisme &#233;tranger, ont &#233;t&#233; oubli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du 7&#176; Plenum &#233;largi de l'Ex&#233;cutif de l'lC (novembre 1926) non seulement n'a pas fait l'examen l&#233;niniste du d&#233;veloppement, d&#233;j&#224; grandiose &#224; l'&#233;poque, des &#233;v&#233;nements de Chine. mais, en entier, glissa sur la voie mench&#233;vique de Martinov. Ce Plenum, si incroyable que cela puisse para&#238;tre, n'a rien dit dans sa r&#233;solution, ni sur le premier coup d'&#201;tat de Tchang Ka&#239;-chek en mars 1926, ni sur les fusillades des ouvriers et paysans et les autres r&#233;pressions effectu&#233;es par le pouvoir de Canton, qui ont eu lieu pendant l'&#233;t&#233; et l'automne 1926 en divers endroits, ni sur l'arbitrage obligatoire qui est dirig&#233; en fait contre les ouvriers, ni sur l'&#233;crasement des gr&#232;ves ouvri&#232;res par le gouvernement de Canton, ni sur la protection accord&#233;e par le gouvernement cantonais aux organisations jaunes soudoy&#233;es par les industriels, ni sur les efforts du gouvernement de Canton en vue d'&#233;touffer le mouvement paysan, de le limiter, de ne pas le laisser se d&#233;velopper et grandir. Dans la r&#233;solution du 7&#176; Plenum, pas de mot d'ordre pour l'armement g&#233;n&#233;ral des ouvriers, pas d'appel &#224; la lutte contre les officiers contre-r&#233;volutionnaires ; les troupes de Tchang Ka&#239;-chek sont repr&#233;sent&#233;es comme des troupes r&#233;volutionnaires. Il n'y a pas d'indication pour cr&#233;er une presse communiste quotidienne et il n'est pas dit clairement, &#224; pleine voix, la n&#233;cessit&#233; d'une v&#233;ritable ind&#233;pendance du Parti communiste. Le comble, c'est que le 7&#176; Plenum &#233;largi du CE de l'IC pousse les communistes &#224; entrer dans le gouvernement national, ce qui, dans la situation qui s'&#233;tait cr&#233;&#233;e, ne pouvait que cr&#233;er un pr&#233;judice &#233;norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;solution du CE de l'IC, il est dit que &#171; l'appareil du gouvernement national-r&#233;volutionnaire (ce qui veut dire de Tchang Ka&#239;-chek) offre le v&#233;ritable chemin pour se rapprocher de la paysannerie &#187; et en m&#234;me temps on proph&#233;tise (en novembre 1926) que &#171; m&#234;me certaines couches de la grande bourgeoisie (!) peuvent encore, pendant un certain temps, marcher avec la r&#233;volution &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du 7&#176; Plenum a pass&#233; sous silence le fait que le CC du Parti communiste chinois, apr&#232;s mars 1926, a pris l'engagement de ne pas critiquer le Sun-Yat&#173;-Senisme, a renonc&#233; &#224; tous les droits &#233;l&#233;mentaires d'un parti ouvrier ind&#233;pendant, a mis en avant le programme agraire des cadets, et enfin, que le secr&#233;taire du CC Chen&#173;Du-Siu, dans une lettre ouverte du 4 juillet 1926, reconnaissait le Sun-Yat-Senisme comme &#171; la foi commune des ouvriers et des bourgeois dans le mouvement national &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peu pr&#232;s au m&#234;me moment, les camarades russes les plus responsables donnaient des conseils dans ce sens que le d&#233;veloppement de la guerre civile &#224; la campagne peut affaiblir la combativit&#233; du Kuomintang, en d'autres termes, ils interdisaient le d&#233;veloppement de la r&#233;volution agraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 avril 1927, quand il apparaissait que la situation &#233;tait d&#233;j&#224; suffisamment clarifi&#233;e, le camarade Staline, &#224; la r&#233;union des cadres du Parti de l'organisation de Moscou, tenue dans la salle des Colonnes, d&#233;clara que Tchang Ka&#239;-chek &#233;tait le champion de la lutte contre l'imp&#233;rialisme, que Tchang Ka&#239;-chek se soumettait &#224; la discipline du Kuomintang et qu'il &#233;tait, de ce fait, le plus s&#251;r alli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du mois de mai 1927, alors que la situation s'&#233;tait encore plus clarifi&#233;e, le camarade Staline d&#233;clara que le Kuomintang de Wouhan est &#171; le Kuomintang r&#233;volutionnaire, d&#233;barrass&#233; des &#233;l&#233;ments de droite du Kuomintang, qu'il est le centre r&#233;volutionnaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8&#176; Plenum &#233;largi du CE de l'IC (mai 19271) ne trouva pas les forces n&#233;cessaires pour corriger toutes ces fautes mench&#233;viques. L'Opposition apporta devant le 8&#176; Plenum du CE de l'IC la proposition suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le Plenum agirait d'une fa&#231;on juste en mettant une croix sur la r&#233;solution de Boukharine et en la rempla&#231;ant par une r&#233;solution de quelques lignes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Il ne faut pas que les paysans et les ouvriers placent leur confiance dans les chefs du Kuomintang de gauche, mais qu'ils constituent leurs soviets en s'unissant avec les soldats. Les soviets doivent armer les ouvriers et les paysans avanc&#233;s. Il faut garantir au Parti communiste sa pleine ind&#233;pendance, cr&#233;er une presse quotidienne et lui assurer la direction dans la cr&#233;ation des soviets. La terre doit imm&#233;diatement &#234;tre prise aux propri&#233;taires fonciers. La bureaucratie contre-&#173;r&#233;volutionnaire doit &#234;tre imm&#233;diatement r&#233;prim&#233;e. Il faut ch&#226;tier sur place les g&#233;n&#233;raux qui trahissent et agir ainsi, en g&#233;n&#233;ral, avec tous les contre-r&#233;volutionnaires. Il faut tendre tous les efforts pour instaurer la dictature d&#233;mocratique par les soviets de d&#233;put&#233;s ouvriers et paysans &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tentatives faites par l'Opposition, pour pr&#233;venir le parti sur ce qu'est le &#171; Kuomintang de Wouhan &#187;, qui n'est nullement un Kuomintang r&#233;volutionnaire, sont d&#233;clar&#233;es par Staline et Boukharine comme &#233;tant une &#171; lutte contre le parti &#187;, une &#171; attaque contre la r&#233;volution chinoise &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communications, bas&#233;es sur des faits, concernant la marche r&#233;elle de la r&#233;volution et de la contre-r&#233;volution en Chine, &#233;taient ou cach&#233;es ou d&#233;form&#233;es. L'affaire est all&#233;e tellement loin que l'organe central de notre parti (Pravda, 3 juillet 1927) parlait, &#224; propos du d&#233;sarmement des ouvriers par les g&#233;n&#233;raux chinois, de la &#171; fraternisation des soldats avec les ouvriers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline, se moquant des enseignements de L&#233;nine, essayait de prouver que le mot d'ordre des Soviets en Chine signifiait &#171; lancer le mot d'ordre du passage &#224; la dictature du prol&#233;tariat &#187;, tandis qu'en r&#233;alit&#233;, L&#233;nine lan&#231;ait, pendant la r&#233;volution de 1905, le mot d'ordre des soviets comme organes de la dictature d&#233;mocratique des ouvriers et des paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot d'ordre des soviets en Chine, lanc&#233; en temps opportun par l'Opposition, provoqua, de la part de Staline et de Boukharine, l'accusation qu'elle &#171; aidait la contre-&#173;r&#233;volution &#187;, etc. Quand les foyers du mouvement ouvrier et paysan furent d&#233;truits par &#171; nos &#187; g&#233;n&#233;raux &#171; r&#233;volutionnaires &#187;, Staline et Boukharine, pour cacher leur banqueroute, lanc&#232;rent d'une mani&#232;re inattendue le mot d'ordre des soviets en Chine, pour l'oublier le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, le Parti communiste chinois &#233;tait d&#233;clar&#233; &#171; la section mod&#232;le de l'Internationale Communiste &#187; et la plus petite critique formul&#233;e par l'Opposition - au moment o&#249; ses fautes pouvaient &#234;tre corrig&#233;es - &#233;tait stigmatis&#233;e comme des &#171; attaques perfides &#187; contre le PC chinois. Ensuite, lorsque la banqueroute de Martinov, Staline et Boukharine apparut d'une fa&#231;on trop &#233;clatante, on essaya de mettre toutes les fautes commises sur le dos du jeune parti chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord on misa sur Tchang Ka&#239;-chek, ensuite sur Tan Tchen-Tsi, puis sur Fen You-Hsiang enfin sur le &#171; fid&#232;le &#187; Wan Tin Wei. Tour &#224; tour, tous ces bourreaux d'ouvriers et de paysans furent proclam&#233;s des &#171; champions anti-imp&#233;rialistes &#187; et &#171; nos alli&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique mench&#233;vique est couronn&#233;e maintenant, ouvertement, par l'&#171; expulsion &#187; du sens r&#233;volutionnaire de l'enseignement de L&#233;nine. Staline, Boukharine et &#171; l'&#233;cole des jeunes &#187; sont occup&#233;s &#224; &#171; prouver &#187; que l'enseignement de L&#233;nine sur les &#171; mouvements nationaux r&#233;volutionnaires &#187; aboutit au serment de &#171; l'alliance avec la bourgeoisie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore en 1920, au II&#176; Congr&#232;s de l'Internationale Communiste, L&#233;nine disait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Entre la bourgeoisie exploiteuse et la bourgeoisie des pays coloniaux il s'est produit un certain rapprochement. Ainsi tr&#232;s souvent, probablement dans la majorit&#233; des cas, la bourgeoisie des pays opprim&#233;s, en m&#234;me temps qu'elle soutient les mouvements nationaux, est d'accord avec la bourgeoisie imp&#233;rialiste et, avec elle, lutte contre tous les mouvements r&#233;volutionnaires et les classes r&#233;volutionnaires (T. XXVII, pages 275-276). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment L&#233;nine stigmatiserait-il les gens qui se permettent, actuellement, de s'en r&#233;f&#233;rer &#224; lui pour se disculper de leur politique mench&#233;vique et de l'alliance avec les Tchang Ka&#239;-chek, les Wan Tin Wei, etc. ? L&#233;nine l'a indiqu&#233; lui-m&#234;me au mois de mars 1917 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Notre r&#233;volution est bourgeoise, voil&#224; pourquoi les ouvriers doivent soutenir la bourgeoisie - disent les politiciens du camp des liquidateurs. Notre r&#233;volution est bourgeoise - disons-nous, nous les marxistes - voil&#224; pourquoi les ouvriers doivent ouvrir les yeux du peuple sur les mensonges des politiciens bourgeois, lui apprendre &#224; ne pas croire aux belles phrases, &#224; se fier uniquement &#224; ses propres forces, &#224; son organisation, &#224; son unit&#233;, &#224; son armement. &#187; (T. XIV,premi&#232;re partie, page 11.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de plus grand crime que de pr&#233;senter L&#233;nine devant le prol&#233;tariat mondial comme un ap&#244;tre de &#171; l'alliance avec la bourgeoisie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire de la lutte r&#233;volutionnaire, il est rare de trouver des cas o&#249; les pr&#233;visions marxistes se confirment aussi vite et d'une mani&#232;re aussi exacte que se sont confirm&#233;es les vues de l'Opposition sur les probl&#232;mes de la r&#233;volution chinoise en 1926-1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che des communistes du monde entier est d'&#233;tudier la marche des &#233;v&#233;nements de la R&#233;volution chinoise et les raisons de sa d&#233;faite. Ces questions, d&#232;s demain, seront des questions de vie ou de mort pour la classe ouvri&#232;re, non seulement de Chine, mais des Indes et des autres pays de l'Orient et, par suite, des questions de vie ou de mort pour le prol&#233;tariat international. C'est de la discussion de ces questions, qui portent sur les bases m&#234;me du marxisme, que surgiront les v&#233;ritables cadres bolcheviks des r&#233;volutions futures.&lt;br class='autobr' /&gt;
La stabilisation partielle du capitalisme et la tactique de l'Internationale Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des th&#232;ses fondamentales du bolchevisme dit que l'&#233;poque actuelle, engendr&#233;e par la guerre mondiale et par notre r&#233;volution, est l'&#233;poque de la r&#233;volution socialiste. L'Internationale Communiste a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en tant que &#171; parti de la r&#233;volution mondiale &#187;. Ceci &#233;tait inscrit dans &#171; les 21 conditions &#187; et, d&#232;s le d&#233;but, sur cette th&#232;se, s'est produite la s&#233;lection entre communistes et sociaux-d&#233;mocrates, &#171; ind&#233;pendants &#187;, mench&#233;viks de tous poils et de toutes couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconna&#238;tre que la guerre et la R&#233;volution d'Octobre ont ouvert l'&#233;poque de la r&#233;volution mondiale ne veut pas dire qu'&#224; n'importe quel moment nous avons une situation directement r&#233;volutionnaire. Dans certaines p&#233;riodes, dans divers pays, et dans diverses branches de production &#171; le capitalisme d&#233;clinant &#187; (L&#233;nine) est capable de relever partiellement l'&#233;conomie et m&#234;me de d&#233;velopper les forces productives. L'&#233;poque de la r&#233;volution mondiale a ses hauts et ses bas. Les possibilit&#233;s de combat de la classe ouvri&#232;re et de son parti, le degr&#233; d'influence de la social-d&#233;mocratie contre-r&#233;volutionnaire, une juste direction de la part de l'Internationale Communiste jouent, dans ce sens, un r&#244;le immense. Mais les flux et les reflux ne changent pas l'appr&#233;ciation l&#233;niniste fondamentale de l'&#233;poque historique actuelle, prise dans son ensemble. Cette appr&#233;ciation peut seulement servir de base pour la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire de l'Internationale Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; une s&#233;rie de d&#233;faites du mouvement r&#233;volutionnaire international et les tendances au d&#233;couragement qu'elles ont fait na&#238;tre, le groupe Staline, sans s'en apercevoir, en est venu &#224; une appr&#233;ciation compl&#232;tement &#171; nouvelle &#187;, en r&#233;alit&#233; social-d&#233;mocrate, de l'&#233;poque actuelle. Toute la &#171; th&#233;orie &#187; du socialisme dans un seul pays provient de ce qu'il croit que la &#171; stabilisation &#187; capitaliste peut durer des dizaines d'ann&#233;es. Cette &#171; th&#233;orie &#187; est le produit de tendances pourries (&#171; stabilisationnistes &#187;). Ce n'est pas par hasard que les socialistes-r&#233;volutionnaires de &#171; gauche &#187; et de droite ont acclam&#233; la &#171; th&#233;orie &#187; du socialisme dans un seul pays. Tchernov &#233;crivait justement &#224; ce sujet en parlant des tendances &#171; communistes-narodnikistes &#187; de Staline et Boukharine. L'organe des socialistes-r&#233;volutionnaires &#171; de gauche &#187; s'&#233;criait : &#171; Staline et Boukharine posent le probl&#232;me comme les Narodniki, que le socialisme vaincra dans un seul pays &#187;. (Le Drapeau de la Lutte, n&#176; 16-17, 1926). Les socialistes-r&#233;volutionnaires soutiennent cette th&#233;orie car ils y voient le renoncement &#224; la tactique de la R&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;solution du XIV&#176; Congr&#232;s, adopt&#233;e sur le rapport du camarade Staline, il est dit faussement : &#171; Dans le domaine des rapports mondiaux, il appara&#238;t clairement, d'apr&#232;s la situation mondiale, que la p&#233;riode de &#171; r&#233;pit &#187; se prolonge, se transforme en v&#233;ritable &#233;poque &#187;. (Proc&#232;s-verbaux du XIV&#176; Congr&#232;s, page 957.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au VII&#176; Plenum &#233;largi du CE de l'IC, Staline (dans un rapport pr&#233;sent&#233; le 7 d&#233;cembre 1926) a b&#226;ti toute la politique de l'Internationale sur l'appr&#233;ciation fausse - &#224; sa base m&#234;me - de la situation internationale (compte rendu st&#233;nographique, 11, page 12). Cette appr&#233;ciation est compl&#232;tement fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du Plenum du CE de l'IC et de la CCC (juillet-ao&#251;t 1927) parle d&#233;j&#224; sans aucune restriction de la stabilisation technique, &#233;conomique et politique du capitalisme. Elle nous montre mieux encore le rapprochement entre les appr&#233;ciations staliniennes de la situation internationale et la position des chefs de la II&#176; Internationale : Otto Bauer, Hilferding, Kautsky et autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus d'un an et demi s'est &#233;coul&#233; depuis le XIV&#176; Congr&#232;s. Durant cette p&#233;riode ont eu lieu - pour ne citer que les &#233;v&#233;nements les plus importants - la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Angleterre, les &#233;v&#233;nements gigantesques de la R&#233;volution chinoise, l'insurrection ouvri&#232;re de Vienne. Tous ces &#233;v&#233;nements sont &#233;troitement li&#233;s &#224; la &#171; stabilisation &#187; actuelle, ils nous d&#233;montrent combien d'explosifs le capitalisme accumule, combien sa &#171; stabilisation &#187; est peu solide. Tous ces &#233;v&#233;nements r&#233;duisent &#224; n&#233;ant la &#171; th&#233;orie &#187; du socialisme dans un seul pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#244;t&#233; n&#233;gatif de la &#171; stabilisation &#187; capitaliste, ce, sont les 20 millions de ch&#244;meurs, I'immense appareil de production ne travaillant pas &#224; plein rendement, la croissance folle des armements, l'instabilit&#233; des rapports &#233;conomiques mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne d&#233;truit mieux les illusions sur une longue p&#233;riode d'accalmie que les dangers de guerre sus&#173;pendus sur l'Europe. Les petits-bourgeois se font des illusions sur la stabilisation &#171; pour des dizaines d'ann&#233;es &#187;, &#233;tant &#233;blouis par les &#171; victoires &#187; du capitalisme sur les ouvriers et aveugl&#233;s par ses succ&#232;s techniques, &#233;conomiques et politiques. La r&#233;alit&#233;, cependant est tout autre ; on va vers la guerre - vers l'explosion qui an&#233;antira toute &#171; stabi&#173;lisation &#187;. La classe ouvri&#232;re, ainsi que les masses asservies d'Orient, l'une apr&#232;s l'autre, portent un coup terrible &#224; la &#171; stabilisation &#187;, comme par exemple en Angleterre, en Chine, &#224; Vienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale anglaise, et seulement cinq mille membres dans le Parti communiste britannique. A Vienne, insurrection des ouvriers avec des pertes telles qu'elles auraient suffi &#224; faire toute une r&#233;volution, et seulement six mille membres dans le parti autrichien ! Un soul&#232;vement grandiose des niasses ouvri&#232;res et paysannes en Chine, mais le CC du Parti chinois est partie int&#233;grante de la direction bourgeoise du Kuomintang ! Telles sont les contradictions les plus criantes de la situation internationale actuelle. Voil&#224; ce qui soutient et prolonge la &#171; stabilisation &#187; du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che principale consiste &#224; aider les partis communistes &#224; s'&#233;lever au niveau des exigences formidables de l'&#233;poque actuelle. Ce n'est possible que si l'Internationale communiste appr&#233;cie d'une mani&#232;re juste le caract&#232;re de la situation internationale. La t&#226;che de notre Parti communiste mondial (l'Internationale Communiste) est d'entra&#238;ner le prol&#233;tariat du monde entier dans la lutte pour l'&#233;loignement des dangers de guerre, pour la d&#233;fense de l'URSS pour la transformation de la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile, pour le socialisme. Pour y arriver, l'ouvrier communiste doit, avant tout, gagner les ouvriers avant d&#233;j&#224; des sentiments r&#233;volutionnaires, parmi les sans-parti, les sociaux-d&#233;mocrates, les anarcho-syndicalistes, les trade-unionistes, ainsi que les ouvriers honn&#234;tes qui font partie encore d'organisations purement bourgeoises Il faut comprendre la signification de l'&#171; unit&#233;, du front ouvrier &#187;, l'unit&#233; de tous les travailleurs qui veulent lutter contre le capitalisme, y compris les ouvriers qui suivent encore les anarcho-syndicalistes, etc. Dans les pays latins, le nombre de ces ouvriers est encore assez important. C'est ainsi que, du temps de L&#233;nine, en d&#233;cida le IV&#176; Congr&#232;s. Aujourd'hui, cette d&#233;cision garde toute sa valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, par leur attitude, les cercles dirigeants de la II&#176; Internationale et de l'Internationale d'Amsterdam montrent que, pendant la guerre qui vient, leur conduite sera pire que celle qu'ils ont adopt&#233;e en 1914-1918. Paul-Boncour (France) se charge de faire voter une loi qui, pendant la guerre, met par avance les ouvriers compl&#232;tement &#224; la merci de la bourgeoisie. Le Conseil G&#233;n&#233;ral (Angleterre) d&#233;fend les assassins de Volkov et b&#233;nit l'envoi de troupes en Chine. Kautsky (Allemagne) appela &#224; l'insurrection arm&#233;e contre le pouvoir sovi&#233;tique en Russie, et le CC de la social-d&#233;mocratie allemande organise la campagne des &#171; bombes &#187;, exaltant le terrorisme, Les ministres sociaux-d&#233;mocrates de Finlande et de Lettonie, les dirigeants du PPS en Pologne, sont &#171; toujours pr&#234;ts &#187; &#224; soutenir la guerre contre l'URSS. Les dirigeants des syndicats officiels am&#233;ricains agissent en v&#233;ritables r&#233;actionnaires et luttent m&#234;me contre la reconnaissance de l'URSS. Les &#171; socialistes &#187; balkaniques soutiennent les bourreaux de &#171; leurs &#187; ouvriers et soutiendront toujours la guerre contre les ouvriers &#171; &#233;trangers &#187; (URSS). En paroles, les sociaux-d&#233;mocrates autrichiens sont &#171; pour l'URSS &#187;, mais ceux qui ont aid&#233;. &#171; leurs &#187; fascistes &#224; noyer dans le sang l'insurrection ouvri&#232;re de Vienne, au moment d&#233;cisif, seront avec les capitalistes. Les mench&#233;viks et les socialistes-r&#233;volutionnaires russes ne sont pas partisans de l'intervention arm&#233;e contre l'URSS, jusqu'au moment o&#249; il y aura de puissants interventionnistes. Les chefs de la soi-disant &#171; gauche &#187; social-d&#233;mocrate qui sert &#224; dissimuler l'essence contre-r&#233;volutionnaire de la social-d&#233;mocratie repr&#233;sente le danger principal, car c'est elle qui emp&#234;che les ouvriers, qui suivent encore la social-d&#233;mocratie, de rompre d&#233;finitivement avec les agents de la bourgeoisie dans le mouvement ouvrier. Un r&#244;le semblable est jou&#233; par d'anciens membres de l'IC ( Korsch, Katz, Rosenberg) qui, par suite de leurs conceptions ultra-gauches, en sont venus &#224; la rupture avec le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu continuel, fonci&#232;rement anti-r&#233;volutionnaire, avec les dirigeants sociaux-d&#233;mocrates, devient &#224; mesure que la guerre approche, des plus dangereux. La tactique du front unique ne doit en aucun cas &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme un bloc avec les tra&#238;tres du Conseil g&#233;n&#233;ral, comme un rapprochement avec Amsterdam, car une telle politique affaiblit et &#233;gare la classe ouvri&#232;re, redonne de l'autorit&#233; aux tra&#238;tres et rend le rassemblement de nos forces plus difficile,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cours fonci&#232;rement faux de Staline du &#171; feu &#224; gauche &#187;, pendant ces deux derni&#232;res ann&#233;es, a abouti au passage de la direction des principales sections de l'Internationale Communiste - contre la volont&#233; des ouvriers communistes - entre les mains de l'aile droite (Allemagne, Pologne, Tch&#233;coslovaquie, France, Angleterre, Italie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique des dirigeants de droite m&#232;ne &#224; l'exclusion de l'aile gauche de l'Internationale Communiste, &#224; l'affaiblissement des forces de l'IC et &#224; la dissimulation d'immenses dangers. En particulier, l'exclusion du groupe Urbahns en Allemagne est dict&#233;e par toute la politique d'exclusion de l'aile gauche de l'Internationale. En s'attachant aux formes parfois trop brutales de la pol&#233;mique des gauches, qui viennent de ce que les partisans d'Urbahns-Maslov sont traqu&#233;s et accus&#233;s, avec mauvaise foi, d'&#234;tre des &#171; ren&#233;gats &#187;, des &#171; contre-r&#233;volutionnaires &#187;, des &#171; agents de Chamberlain &#187; etc., le groupe Staline pousse avec obstination les &#233;l&#233;ments de gauche d'Allemagne &#224; former un deuxi&#232;me parti, et cherche &#224; provoquer la scission parmi les communistes allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le groupe d'Urbahns, dans toutes les questions principales du mouvement ouvrier mondial, d&#233;fend le point de vue de L&#233;nine. Ce groupe d&#233;fend et d&#233;fendra au moment d&#233;cisif jusqu'au bout l'URSS. Ce groupe a parmi ses partisans des centaines de vieux ouvriers bolcheviks, li&#233;s aux larges masses ouvri&#232;res. Il poss&#232;de parmi les ouvriers communistes, encore membres du Parti communiste allemand, des milliers de sympathisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour au sein de l'Internationale Communiste de tous les camarades exclus qui approuvent les d&#233;cisions des congr&#232;s mondiaux, en premier lieu la r&#233;int&#233;gration du groupe Urbahns, est le premier pas pour r&#233;parer les tentatives faites par Staline en vue de faire la scission dans l'Internationale Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Maladie infantile, L&#233;nine, d&#233;non&#231;ant les fautes r&#233;elles des ultra-gauches, &#233;crivait que le principal ennemi du bolchevisme, &#224; l'int&#233;rieur du mouvement ouvrier, reste l'opportunisme : &#171; cet ennemi reste l'ennemi principal &#224; l'&#233;chelle internationale &#187; (L&#233;nine, T. XVII, page 1241). Au II&#176; Congr&#232;s de l'IC, L&#233;nine ajoutait qu'&#171; en comparaison avec cette t&#226;che, le redressement des &#171; fautes &#187; du courant de gauche du communisme sera chose facile &#187;. (T. XVII, page 267.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlant des &#171; gauches &#187;, L&#233;nine visait les &#171; ultragauches &#187;, tandis que, maintenant, Staline, parlant de la lutte contre les &#171; ultra-gauches &#187; vise les r&#233;volutionnaires l&#233;ninistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine appelait &#224; la lutte d&#233;cisive contre le courant opportuniste de droite, en tant qu'ennemi principal et au redressement des fautes du courant &#171; de gauche &#187; ! Nous appelons les oppositionnels &#224;faire ce que L&#233;nine a enseign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dernier lieu, la force de l'opportunisme &#171; socialiste &#187; est, celle du capitalisme. Dans les premi&#232;res ann&#233;es apr&#232;s la guerre imp&#233;rialiste (1918-1921), alors que le capitalisme roulait rapidement vers l'ab&#238;me, en m&#234;me temps que lui s'affaiblissait et croulait la social-d&#233;mocratie officielle. Les ann&#233;es de stabilisation partielle du capitalisme apportent avec elles un renforcement passager de la social&#173;-d&#233;mocratie. La d&#233;faite des ouvriers italiens en 1920-1921, du prol&#233;tariat allemand en 1921-1923, la d&#233;faite des grandes gr&#232;ves anglaises en 1926 et celle de la R&#233;volution chinoise, en 1927, quelles qu'en soient les raisons, diminuent les tendances r&#233;volutionnaires des couches avanc&#233;es du prol&#233;tariat, renforcent pour une certaine p&#233;riode la social-d&#233;mocratie aux d&#233;pens des communistes et, &#224; l'int&#233;rieur du parti, donnent plus de poids &#224; l'aile droite sur l'aile gauche. Actuellement, le r&#244;le de l'aristocratie ouvri&#232;re, de la bureaucratie ouvri&#232;re et des petits-bourgeois est extr&#234;mement r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces processus, dans une certaine mesure, n'ont pas pu ne pas influencer le PC de l'Union sovi&#233;tique. L'appareil &#171; central &#187; &#171; ouvre le feu &#187; exclusivement &#224; gauche et, par des moyens m&#233;caniques, cr&#233;e artificiellement un nouveau rapport des forces aux d&#233;pens de l'aile gauche l&#233;niniste. En fait, dans la situation actuelle, ce n'est pas le parti qui se prononce, mais son appareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles sont les raisons qui, momentan&#233;ment, ont affaibli l'influence de l'aile l&#233;niniste dans la politique de l'Internationale Communiste, du PC de l'URSS et de l'&#201;tat sovi&#233;tique. En m&#234;me temps, les &#233;l&#233;ments de droite, semi-social-d&#233;mocrate - ceux-l&#224; m&#234;mes qui, apr&#232;s la R&#233;volution d'Octobre, &#233;taient dans le camp de l'ennemi - parlent au nom de l'IC toujours davantage. Par la suite, ils furent admis dans les rangs de l'lC (tels Martinov, Smeral, Raf&#232;s, D. Petrovsky, Pepper et autres), ainsi que des aventuriers dans le genre d'Hans Neumann et d'autres semblables &#224; lui. Des &#233;l&#233;ments d'un nouveau coup de barre &#224; gauche, de nouvelles tendances r&#233;volutionnaires se font jour dans les masses. Th&#233;oriquement et pratiquement, l'Opposition pr&#233;pare l'avenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Conclusions importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans les cercles dirigeants de la majorit&#233; influenc&#233;s par la rupture des relations diplomatiques russo-anglaises et par d'autres difficult&#233;s d'ordre international el national, se fait jour une tendance &#224; :&lt;br class='autobr' /&gt; Reconna&#238;tre les dettes&lt;br class='autobr' /&gt; Liquider plus on moins le monopole du commerce ext&#233;rieur ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Sortir &#187; de Chine, ce qui signifie se refuser &#171; pour un certain temps &#187; &#224; soutenir la r&#233;volution chinoise et, en g&#233;n&#233;ral, tous les mouvements nationaux&#173;r&#233;volutionnaires ;&lt;br class='autobr' /&gt; Faire, &#224; l'int&#233;rieur du pays, une man&#339;uvre &#224; droite - &#233;largir encore, dans une certaine mesure, la Nep. A ce prix, on esp&#232;re &#233;carter les dangers de guerre, am&#233;liorer la situation internationale de l'URSS et aplanir les difficult&#233;s int&#233;rieures. Tout ce &#171; plan &#187; est b&#226;ti sur l'appr&#233;ciation fausse selon laquelle la stabilisation du capitalisme est assur&#233;e pour des dizaines d'ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt; En fait, ceci signifierait non &#171; une man&#339;uvre &#187; &#224; droite mais, dans la situation pr&#233;sente, une capitulation compl&#232;te du pouvoir sovi&#233;tique et, par la &#171; nep politique &#187;, &#171; la n&#233;o-nep &#187;, reculer vers le capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt; Les imp&#233;rialistes accepteraient toutes les concessions qui leur seraient faites, d'autant plus vite que celles-ci leur permettraient de passer &#224; une nouvelle offensive allant jusqu'&#224; la guerre. Apr&#232;s avoir enregistr&#233; les concessions faites, le koulak, le nepman et le bureaucrate organiseraient, avec plus de pers&#233;v&#233;rance, toutes les forces anti-sovi&#233;tiques contre notre Parti. Une telle &#171; tactique &#187; de notre part ne pourrait que r&#233;aliser une union plus &#233;troite entre notre nouvelle bourgeoisie et celle de l'&#233;tranger. Le d&#233;veloppement &#233;conomique de l'URSS tomberait sous le contr&#244;le absolu du capitalisme mondial - par des emprunts insignifiants &#224; des conditions esclavagistes, tandis que la classe ouvri&#232;re et la masse essentielle de la paysannerie perdraient leur foi dans la force du pouvoir sovi&#233;tique et se demanderaient si le pouvoir sovi&#233;tique sait bien o&#249; il veut mener le peuple.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous devons tenter, si cela est possible, de &#171; payer une ran&#231;on &#187; pour &#233;viter la guerre. Mais pour le faire, nous devons &#234;tre forts, unis, et d&#233;fendre sans r&#233;pit la tactique de la r&#233;volution mondiale, renforcer l'Internationale Communiste. Ce n'est que dans ces conditions que nous aurons des chances s&#233;rieuses d'aboutir &#224; retarder la guerre sans affaiblir en quoi que ce soit les fondements du pouvoir sovi&#233;tique et, au cas o&#249; la guerre serait in&#233;vitable, d'&#234;tre soutenus par le prol&#233;tariat mondial et de vaincre.&lt;br class='autobr' /&gt; L&#233;nine autorisait, pour &#233;viter la guerre, &#224; faire certaines concessions &#233;conomiques aux imp&#233;rialistes, ou &#224; attirer, &#224; des conditions acceptables, le capital &#233;tranger. L&#233;nine, dans n'importe quelle situation, m&#234;me pendant les ann&#233;es les plus difficiles de la r&#233;volution, n'autorisait pas l'id&#233;e m&#234;me de la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur, de la remise de droits politiques aux koulaks, de la diminution du soutien &#224; la r&#233;volution mondiale et, en g&#233;n&#233;ral, de l'affaiblissement de la tactique de la r&#233;volution mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est avant tout n&#233;cessaire de confirmer pleinement notre attachement &#224; la r&#233;volution mondiale et &#224; son renforcement, de repousser cat&#233;goriquement toutes les tendances de &#171; stabilisation &#187;, d'&#171; int&#233;r&#234;t d'&#201;tat &#187; qui am&#232;nent &#224; dire qu'&#171; il ne fallait pas aller en Chine &#187;, &#171; qu'il faut en sortir au plus vite &#187;, que si notre conduite est &#171; raisonnable &#187;, on nous laissera en paix, etc. La &#171; th&#233;orie &#187; du socialisme dans un seul pays a actuellement un r&#244;le directement n&#233;faste, emp&#234;chant le regroupement des forces du prol&#233;tariat mondial autour de l'URSS ; car cette th&#233;orie l'endort et l'emp&#234;che de voir le danger.&lt;br class='autobr' /&gt; La t&#226;che qui a une importance aussi grande est de serrer plus &#233;troitement les rangs de notre parti, de mettre fin &#224; la sp&#233;culation directe de la bourgeoisie imp&#233;rialiste et des chefs sociaux-d&#233;mocrates sur les possibilit&#233;s de scission, d'exclusion de l'Opposition, etc. Ceci est en liaison directe avec les dangers de guerre, car, actuellement, la bourgeoisie cherche &#224; t&#226;ter le terrain et, pour cela, joue sur nos divergences int&#233;rieures.&lt;br class='autobr' /&gt; Tous les organes de la bourgeoisie internationale et de la social-d&#233;mocratie s'int&#233;ressent beaucoup aux divergences surgies &#224; l'int&#233;rieur de notre parti et, ouvertement, poussent et encouragent la majorit&#233; actuelle du CC &#224; exclure l'Opposition des organes dirigeants du parti et, si possible, du parti lui&#173;-m&#234;me ; ils poussent m&#234;me au lynchage de l'Opposition. En commen&#231;ant par le journal le plus riche, le New York Times, et en terminant par le journal le plus habile de la II&#176; Internationale, la Wiener Arbeiter Zeitung (Otto Bauer), tous les organes de la bourgeoisie et de la social-d&#233;mocratie acclament &#171; le gouvernement de Staline &#187; pour sa lutte contre l'Opposition et en appellent &#224; lui pour qu'il prouve, encore une fois, son &#171; esprit d'homme d'&#201;tat &#187; en rompant avec les oppositionnels &#171; propagandistes de la r&#233;volution mondiale &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Toutes les autres conditions &#233;tant &#233;gales, la guerre, viendra d'autant plus tard que les esp&#233;rances de l'ennemi dans la scission et dans la rupture entre la majorit&#233; et l'Opposition ne se r&#233;aliseront pas. Nous ne pourrons nous racheter de la guerre - si cela est possible - et triompher dans la guerre - si nous sommes oblig&#233;s de la faire - que dans la mesure o&#249; nous conserverons l'unit&#233; absolue de notre parti, si, avant tout, nous trompons les esp&#233;rances des imp&#233;rialistes dans la scission et dans les exclusions. Ces derni&#232;res mesures ne sont utiles qu'aux capi&#173;talistes.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est n&#233;cessaire de redresser notre ligne de classe dans le mouvement ouvrier international, de cesser la lutte contre l'aile gauche de l'Internationale Communiste, de r&#233;int&#233;grer dans l'IC ceux des exclus qui reconnaissent les d&#233;cisions des Congr&#232;s de l'IC, et de mettre fin, une fois pour toutes, aux &#171; rapports cordiaux &#187; avec les chefs tra&#238;tres du Conseil G&#233;n&#233;ral des Trade Unions. Dans la situation pr&#233;sente, la rupture du bloc avec le Conseil G&#233;n&#233;ral a la m&#234;me signification qu'en 1914, la rupture avec le Bureau Socialiste International de la II&#176; internationale. L&#233;nine exigeait, d'une mani&#232;re ultimatiste cette rupture de la part de chaque r&#233;volutionnaire. Rester dans le bloc avec le Conseil G&#233;n&#233;ral signifie, encore maintenant, aider les chefs contre-r&#233;volutionnaires de la II&#176; Internationale.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est n&#233;cessaire de redresser r&#233;solument, notre ligne concernant les mouvements nationaux-r&#233;volutionnaires. Il faut le faire avant tout en Chine, ainsi que dans d'autres pays. Il est urgent de liquider la ligne Martinov-Staline-Boukharine et de revenir &#224; la ligne trac&#233;e par L&#233;nine, ainsi qu'aux d&#233;cisions des III&#176; et IV&#176; Congr&#232;s mondiaux de l'Internationale Communiste. Autrement, au lieu d'&#234;tre les animateurs des mouvements nationaux-r&#233;volutionnaires, nous deviendrons un frein pour ceux-&#173;ci et nous perdrons in&#233;vitablement les sympathies des ouvriers et des paysans de l'Orient. Le Parti communiste chinois doit se lib&#233;rer de toute d&#233;pendance d'ordre politique ou organisationnel envers le Kuomintang et l'IC doit chasser le Kuomintang de ses rangs.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est n&#233;cessaire de mener la lutte pour la paix d'une fa&#231;on suivie et syst&#233;matique, avec la plus grande pers&#233;v&#233;rance. Il faut chercher &#224; retarder la guerre, &#224; payer ran&#231;on pour &#233;viter la guerre qui approche - tout ce qui est possible doit &#234;tre fait dans ce domaine (voir paragraphe 1). En m&#234;me temps, d&#232;s maintenant, il faut se pr&#233;parer, sans rel&#226;che, &#224; la guerre et en premier lieu mettre fin aux parlotes et dire si les dangers d'une guerre prochaine sont r&#233;els.&lt;br class='autobr' /&gt; Redresser d'une main ferme la ligne de classe dans notre politique int&#233;rieure. Si la guerre est in&#233;vitable, seule peut vaincre la stricte ligne bolchevique. L'ouvrier et l'ouvrier agricole, appuy&#233;s sur les paysans pauvres et alli&#233;s aux paysans moyens contre le koulak, le nepman, le bureaucrate.&lt;br class='autobr' /&gt; Pr&#233;parer au maximum toute l'&#233;conomie, le budget.. etc., en pr&#233;vision d'une guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme rentre &#224; nouveau dans une p&#233;riode de secousses. La guerre avec l'URSS, comme la guerre en Chine, portent en elles, pour le capitalisme mondial, une s&#233;rie de catastrophes. La guerre de 1914-1918 a &#233;t&#233; un grand &#171; &#233;l&#233;ment d'acc&#233;l&#233;ration &#187; (L&#233;nine) pour les r&#233;volutions socialistes. Les nouvelles guerres, surtout la guerre contre l'URSS, vers laquelle - si une politique juste est appliqu&#233;e par nous - viendront les sympathies des travailleurs du monde entier, peuvent devenir d'encore plus grands &#171; &#233;l&#233;ments d'acc&#233;l&#233;ration &#187; pour la mort du capitalisme mondial. Les r&#233;volutions socialistes grandiront m&#234;me sans de nouvelles guerres. Mais les nouvelles guerres entra&#238;neront in&#233;vitablement des r&#233;volutions socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X. L'arm&#233;e et la flotte rouges&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation internationale met de plus en plus au premier plan la question de la d&#233;fense de l'Union sovi&#233;tique. Le Parti, la classe ouvri&#232;re et la paysannerie doivent &#224; nouveau s'occuper s&#233;rieusement de l'arm&#233;e et de la flotte rouges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette d&#233;fense, il faut tenir compte de tous les facteurs, &#233;conomiques, politiques, culturels. L'arm&#233;e fait partie de tout le syst&#232;me social. Elle refl&#232;te d'une fa&#231;on beaucoup plus nette, non seulement les c&#244;t&#233;s forts, mais aussi les c&#244;t&#233;s faibles du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience nous montre que dans ce domaine il est inadmissible de tenir compte uniquement de ce qui est visible. C'est justement dans cette question qu'il est pr&#233;f&#233;rable de tout examiner trois fois, d'exag&#233;rer sa propre critique plut&#244;t que de se borner tout simplement &#224; la confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique juste dans les rapports mutuels entre les diff&#233;rentes classes du pays est d&#233;cisive pour avoir une arm&#233;e unie et de bons rapports entre les cadres dirigeants de l'arm&#233;e et la masse des soldats rouges. La question de l'industrialisation est d&#233;cisive pour assurer les ressources techniques indispensables pour la d&#233;fense. Toutes les mesures, qui sont propos&#233;es dans cette plate-forme, concernant la politique internationale, le mouvement ouvrier mondial, l'industrie, l'&#233;conomie rurale, le syst&#232;me sovi&#233;tique, la question nationale, le Parti et les Jeunesses communistes, ont une signification primordiale pour le renforcement de l'arm&#233;e et de la flotte rouges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos propositions pratiques concernant cette question ont &#233;t&#233; soumises au Bureau Politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XI. Divergences r&#233;elles et divergences imagin&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien ne t&#233;moigne avec une mesure aussi grande du caract&#232;re erron&#233; de la politique du groupe Staline que sa tendance continuelle &#224; pol&#233;miquer non contre nos v&#233;ritables points de vue, mais contre des points de vue imaginaires que nous n'avons jamais partag&#233;s et que nous ne partageons pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les bolcheviks discutaient avec les mench&#233;viks, avec les S-R et d'autres tendances petites-bourgeoises, ils &#233;non&#231;aient devant les travailleurs le v&#233;ritable syst&#232;me form&#233; par les points de vue de leurs adversaires. Mais lorsque les mench&#233;viks et les S-R menaient la discussion contre les bolcheviks, ils ne r&#233;futaient pas les points de vue r&#233;els de ceux-ci, mais imputaient aux bolcheviks ce qu'ils n'avaient pas dit. Les mench&#233;viks ne pouvaient, en aucune mesure, &#233;noncer d'une mani&#232;re v&#233;ridique les points de vue des bolcheviks devant les ouvriers, parce que alors les ouvriers auraient soutenu les bolcheviks. Tout le m&#233;canisme de la lutte des classes amenait les groupes petits-bourgeois &#224; la n&#233;cessit&#233; de combattre les bolcheviks comme des &#171; conspirateurs &#187;, des &#171; auxiliaires de la contre-r&#233;volution &#187;, et plus tard des &#171; agents de Guillaume &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, &#224; pr&#233;sent, la d&#233;viation petite-bourgeoise dans notre propre parti ne peut combattre notre point de vue l&#233;niniste, autrement qu'en nous imputant ce que nous n'avons jamais ni dit, ni pens&#233;. Le groupe Staline sait parfaitement bien que si nous pouvions, dans quelque mesure que ce soit, d&#233;fendre librement notre point de vue politique, l'&#233;norme majorit&#233; des membres de notre parti nous soutiendrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions &#233;l&#233;mentaires d'une discussion loyale &#224; l'int&#233;rieur du parti ne sont pas observ&#233;es. Sur la question d'une importance mondiale de la r&#233;volution chinoise, le CC, jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'a pas publi&#233; une ligne de ce que dit l'Opposition. Fermant herm&#233;ti&#173;quement le parti &#224; toute discussion, coupant &#224; l'Opposition toute possibilit&#233;, d'&#233;crire dans la presse, le groupe Staline m&#232;ne contre nous une discussion d&#233;cousue, nous imputant, un jour apr&#232;s l'autre, les plus grands vices et les plus grands crimes. Mais les membres du parti croient de moins en moins &#224; ces accusations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lorsque nous avons dit que la stabilisation du capitalisme n'est pas une stabilisation pour des d&#233;cennies, que notre &#233;poque reste l'&#233;poque de la guerre imp&#233;rialiste et de la r&#233;volution sociale (L&#233;nine), le groupe Staline nous impute la n&#233;gation de tous les &#233;l&#233;ments de la stabilisation capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque, imm&#233;diatement apr&#232;s L&#233;nine, nous disons que pour achever de construire la soci&#233;t&#233; socialiste dans notre pays, la victoire de la r&#233;volution prol&#233;tarienne est n&#233;cessaire dans un ou plusieurs pays capitalistes avanc&#233;s, que la victoire d&#233;finitive du socialisme dans un seul pays - d'ailleurs arri&#233;r&#233; - est impossible, comme l'ont d&#233;montr&#233; Marx, Engels et L&#233;nine, le groupe Staline nous attribue le point de vue que nous &#171; ne croyons pas &#187; au socialisme et &#224; l'&#233;dification du socialisme en URSS.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque, imm&#233;diatement apr&#232;s L&#233;nine, nous signalons la croissance des d&#233;formations bureaucratiques de notre &#201;tat ouvrier, le groupe Staline nous attribue, en pens&#233;e, qu'en g&#233;n&#233;ral nous estimerions que notre &#201;tat sovi&#233;tique n'est pas un &#201;tat prol&#233;tarien. Lorsque, &#224; la face de toute l'lnternationale communiste, nous d&#233;clarons (voir la d&#233;claration sign&#233;e par Zinoviev, Kamenev et Trotsky, en date du 15 d&#233;cembre 1926 au 7&#176; Ex&#233;cutif &#233;largi de l'IC) : &#171; Tous ceux qui, essayant directement ou indirectement de se solidariser avec nous, nieront en m&#234;me temps le caract&#232;re prol&#233;tarien de notre parti et de notre &#201;tat ainsi que le caract&#232;re socialiste de l'&#233;dification socialiste en URSS rencontreront, par avance, de notre part, une r&#233;sistance acharn&#233;e &#187;, le groupe Staline cache notre d&#233;claration et continue &#224; nous calomnier.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque nous signalons que dans le pays croissent des &#233;l&#233;ments thermidoriens poss&#233;dant une base sociale assez s&#233;rieuse ; lorsque nous exigeons que la direction du parti oppose &#224; ces ph&#233;nom&#232;nes et &#224; leur influence sur certains cercles de notre parti une r&#233;sistance plus syst&#233;matique, plus ferme, et tout un syst&#232;me de mesures mieux &#233;tudi&#233;es, le groupe Staline nous attribue la pens&#233;e que nous d&#233;clarons le parti thermidorien et la r&#233;volution prol&#233;tarienne en d&#233;g&#233;n&#233;rescence. Lorsque, &#224; la face de toute l'Internationale communiste (voir la d&#233;claration indiqu&#233;e ci-dessus, paragraphe 14), nous &#233;crivons : &#171; Il n'est pas vrai que nous accusions de d&#233;viations de droite la majorit&#233;, de notre parti. Nous pensons seulement que dans le PC de l'URSS il y a des courants et des groupes de droite qui, d'une mani&#232;re disproportionn&#233;e, jouissent d'une grande influence, influence que le parti surmontera cependant &#187;, le groupe Staline cache notre d&#233;claration et continue &#224; nous calomnier.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque nous signalons l'&#233;norme croissance du koulak, lorsque, imm&#233;diatement apr&#232;s L&#233;nine, nous continuons d'affirmer que le koulak ne peut pas paisiblement &#171; se d&#233;velopper vers le socialisme &#187;, qu'il est le plus pernicieux ennemi de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, le groupe Staline nous accuse de vouloir &#171; d&#233;pouiller la paysannerie &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque nous attirons l'attention de notre parti sur le renforcement de la position du capital priv&#233;, sur la croissance d&#233;mesur&#233;e de son accumulation et de son influence dans le pays, le groupe Staline nous accuse d'intervenir, para&#238;t-il, contre la Nep et d'exiger le retour au communisme de guerre.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque nous signalons le caract&#232;re erron&#233; de la politique suivie dans le domaine de la situation mat&#233;rielle des ouvriers, l'insuffisance des mesures prises pour lutter contre le ch&#244;mage et contre la crise du logement, lorsque nous signalons enfin que la part des couches non prol&#233;tariennes dans le revenu national s'accro&#238;t d&#233;mesur&#233;ment, on nous dit que nous sommes coupables de d&#233;viations &#171; corporatives &#187; et de &#171; d&#233;magogie &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque nous signalons le retard de notre industrie sur les besoins de l'&#233;conomie populaire ainsi que toutes les cons&#233;quences qui en d&#233;coulent : disproportion, disette de marchandises, tort caus&#233; &#224; la liaison entre le prol&#233;tariat et la paysannerie, on nous donne le nom de super-industrialisateurs.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque nous signalons le caract&#232;re erron&#233; de la politique des prix, politique n'abaissant pas le co&#251;t de la vie, mais aboutissant &#224; des profits fr&#233;n&#233;tiques pour le commerce priv&#233;, le groupe Staline, nous accuse d'&#234;tre pour une politique d'&#233;l&#233;vation des prix. Lorsque, il y a un an, nous avons dit d'avance &#224; toute l'Internationale Communiste (voir la d&#233;claration d&#233;j&#224; indiqu&#233;e ci-dessus, paragraphe 5) : &#171; l'Opposition, dans aucune de ses interventions, n'a exig&#233; ni n'a propos&#233; l'&#233;l&#233;vation des prix : mais les erreurs principales de notre politique &#233;conomique ont conduit pr&#233;cis&#233;ment &#224; ce que cette politique ne se dirige pas avec l'&#233;nergie n&#233;cessaire vers la diminution de la disette des marchandises industrielles, &#224; laquelle sont li&#233;s in&#233;luctablement des prix de d&#233;tail &#233;lev&#233;s &#187;, cette d&#233;claration a &#233;t&#233; cach&#233;e au parti et on continue de nous calomnier.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque nous intervenons contre l'&#171; entente cordiale &#187; avec les tra&#238;tres &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et les contre-r&#233;volutionnaires du Conseil G&#233;n&#233;ral, jouant ouvertement le r&#244;le d'agents de Chamberlain, on nous accuse d'&#234;tre, para&#238;t-il, contre le travail des communistes dans les syndicats et contre la tactique du front unique.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque nous intervenons contre l'entr&#233;e des syndicats de l'URSS dans Amsterdam et contre le fait de s'attarder si peu que ce soit &#224; jouer avec les couches sup&#233;rieures de la II&#176; Internationale, on nous accuse de &#171; d&#233;viations social-d&#233;mocrates &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque nous intervenons contre le fait de miser sur les g&#233;n&#233;raux chinois, contre la subordination de la classe ouvri&#232;re &#224; la bourgeoisie du Kuomintang, contre la tactique mench&#233;vique de Martinov, on nous accuse d'&#234;tre &#171; contre la r&#233;volution agraire en Chine &#187;, comme si irons &#233;tions &#171; d'accord avec Tchang Ka&#239;-chek &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque, sur la base de l'appr&#233;ciation de la situation mondiale, nous en venons &#224; cette conclusion que la guerre approche, et lorsque nous le signalons au parti, on avance contre nous cette accusation d&#233;loyale que &#171; nous voudrions la guerre &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque, fid&#232;les &#224; l'enseignement de L&#233;nine, nous montrons que l'approche de la guerre, requiert, d'une rnani&#232;re particuli&#232;rement pressante, une ligne politique claire, vigoureuse, marqu&#233;e fortement au coin de la lutte des classes, on nous accuse sans vergogne de ne pas vouloir d&#233;fendre l'URSS d'&#234;tre des &#171; d&#233;fenseurs conditionnels &#187;, des demi-d&#233;faitistes, etc.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque nous signalons ce fait absolument incontestable que, dans le monde entier toute la presse capitaliste et social-d&#233;mocrate soutient la lutte de Staline contre l'Opposition dans le PC de Staline de louanges pour sa r&#233;pression contre l'Opposition, et l'appelle &#224; en finir avec l'Opposition, &#224; l'exclure du CC et du Parti, la Pravda et toute la presse du Parti, ainsi que toute la presse sovi&#233;tique qui lui embo&#238;te le pas, d&#233;montrent jour par jour, frauduleusement, que la bourgeoisie et la social-d&#233;mocratie seraient pour &#171; l'Opposition &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque nous intervenons contre le transfert de la direction de l'Internationale Communiste entre les mains de la droite, contre l'exclusion de l'Internationale Communiste de centaines et de milliers d'ouvriers bolcheviks, on nous accuse de pr&#233;parer la scission de l'Internationale Communiste.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsque, en pr&#233;sence du r&#233;gime actuel du parti qui en fausse tout le fonctionnement, les oppositionnels essaient de porter &#224; la connaissance du parti leur v&#233;ritable point de vue, on chasse du PC de l'URSS des membres d&#233;vou&#233;s du parti, on les accuse de &#171; fractionnisme &#187;, on cr&#233;e des &#171; proc&#232;s &#187; relatifs &#224; de pr&#233;tendues d&#233;marches scissionnistes, on enfouit sous les ordures les divergences les plus importantes du parti.&lt;br class='autobr' /&gt; Mais une accusation a fait particuli&#232;rement fureur ces temps derniers : c'est l'accusation de &#171; trotskysme &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Face &#224; toute l'Internationale Communiste (voir la d&#233;claration du 13 d&#233;cembre 1923 cit&#233;e plus haut), nous avons d&#233;clar&#233;, sous les signatures de Zinoviev, Kamenev et Trotsky : &#171; Il est faux que nous d&#233;fendions le trotskysme. Trotsky a d&#233;clar&#233; devant toute l'Internationale Communiste que, sur toutes les questions de principe, quelles qu'elles fussent, o&#249; il a controvers&#233;, avec L&#233;nine, c'est L&#233;nine qui a eu raison, et en particulier sur la question de la r&#233;volution permanente et de la paysannerie &#187;. Cette d&#233;claration faite devant toute l'Internationale Communiste, le groupe Staline ne l'a pas publi&#233;e et il continue &#224; nous accuser de &#171; trotskysme &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette d&#233;claration a trait seulement, cela va de soi, aux divergences pass&#233;es avec L&#233;nine et non &#224; ces &#171; divergences &#187; que, de mauvaise foi. inventent Staline et Boukharine, divergences artificiellement reli&#233;es, en retournant vers le pass&#233;, aux divergences surgies au cours de la R&#233;volution d'Octobre.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous balayons comme un essai tent&#233; par de mis&#233;rables moyens les efforts du groupe Staline pour &#171; escamoter &#187; le point de vue de l'Opposition &#233;nonc&#233; dans la pr&#233;sente plate-forme, en le couvrant du rappel des divergences qui ont exist&#233; entre divers groupes de 1923 &#224; 1925. Ces divergences se sont maintenant r&#233;solues sur les bases du l&#233;ninisme. Les erreurs et les exag&#233;rations commises par les deux groupes de bolcheviks dans les discussions de 1923-1924, par suite d'une s&#233;rie d'obscurit&#233;s relatives &#224; l'&#233;tat des choses dans le parti et dans le pays, sont maintenant corrig&#233;es et ne constituent pas un obstacle pour lutter en commun, unis par les liens de l'amiti&#233; contre l'opportunisme et pour le l&#233;ninisme.&lt;br class='autobr' /&gt; Au moyen de citations s&#233;par&#233;es, arrach&#233;es &#224; leur contexte, au moyen d'une utilisation grossi&#232;re et d&#233;loyale d'anciens passages pol&#233;miques de L&#233;nine, assembl&#233;s avec partialit&#233; et en cachant au peuple d'autres passages beaucoup plus r&#233;cents, au moyen d'une v&#233;ritable falsification de l'histoire du parti et de faits datant d'hier, et enfin - ce qui est beaucoup plus important - en mutilant et en escamotant v&#233;ritablement les questions actuellement en discussion, le groupe Staline-Boukharine, s'&#233;loignant de plus en plus de L&#233;nine, s'efforce d'induire en erreur le Parti en lui faisant croire qu'il s'agit de la lutte entre le trotskysme et le l&#233;ninisme, alors qu'il s'agit en r&#233;alit&#233; de la lutte entre le l&#233;ninisme et l'opportunisme stalinien. Ainsi, les r&#233;visionnistes, sous l'apparence de lutter contre le &#171; blanquisme &#187; ont en fait combattu le marxisme.&lt;br class='autobr' /&gt; Notre travail amical en commun contre le cours stalinien s'est r&#233;v&#233;l&#233; possible parce que nous tous, d'un c&#339;ur et d'un esprit absolument unanimes, voulons d&#233;fendre et d&#233;fendrons v&#233;ritablement la ligne de conduite prol&#233;tarienne et l&#233;niniste.&lt;br class='autobr' /&gt; La meilleure r&#233;ponse &#224; l'accusation de &#171; trotskysme &#187; lanc&#233;e contre l'Opposition, c'est la pr&#233;sente plateforme. Tous ceux qui la liront seront convaincus que, de la premi&#232;re &#224; la derni&#232;re ligne, elle repose sur l'enseignement de L&#233;nine et qu'elle est p&#233;n&#233;tr&#233;e de l'esprit du bolchevisme authentique.&lt;br class='autobr' /&gt; Que le parti donc connaisse notre v&#233;ritable point de vue ! Que par des documents authentiques, il prenne connaissance de nos divergences, L&#233;nine nous a appris, lorsqu'il s'agit de divergences effectives, non &#224; croire aux paroles, mais &#224; exiger les documents, &#224; entendre dans la discussion les parties en pr&#233;sence, &#224; analyser de la mani&#232;re la plus consciencieuse les divergences r&#233;elles, en laissant de c&#244;t&#233; ce qui est imagin&#233;. Ce conseil de L&#233;nine, nous le r&#233;p&#233;tons, nous, les oppositionnels.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut, une fois pour toutes, rendre &#224; jamais absolument impossible ce qui s'est pass&#233; au moment du XIV&#176; Congr&#232;s, lorsque les divergences tomb&#232;rent sur la t&#234;te du parti &#224; quelques jours du congr&#232;s. Il faut cr&#233;er les conditions n&#233;cessaires pour une discussion loyale et une solution loyale des divergences r&#233;elles, comme cela fut toujours du temps de L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XII. Contre l'opportunisme, pour l'unit&#233; du Parti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons expos&#233; ouvertement notre point de vue sur les lourdes fautes commises par la majorit&#233; du CC dans tous les domaines fondamentaux de la politique int&#233;rieure et ext&#233;rieure. Nous avons montr&#233; combien &#233;tait affaibli, gr&#226;ce &#224; ces fautes de la majorit&#233; du CC, le levier fondamental de la R&#233;volution. Nous avons, en m&#234;me temps, indiqu&#233;, que, malgr&#233; tout, la politique du Parti peut &#234;tre corrig&#233;e de l'int&#233;rieur. Mais pour la corriger, il est indispensable de poser la question du caract&#232;re des fautes commises par la direction du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces fautes sont des fautes opportunistes. L'opportunisme dans sa forme d&#233;velopp&#233;e - selon la d&#233;finition classique de L&#233;nine - c'est le bloc du sommet de la classe ouvri&#232;re avec la bourgeoisie, dirig&#233; contre la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re. Dans les conditions o&#249; se trouve actuellement l'URSS, l'opportunisme pouss&#233; &#224; son terme consisterait dans l'aspiration de la couche sup&#233;rieure de la classe ouvri&#232;re &#224; un accord avec la nouvelle bourgeoisie renaissante, avec le koulak et le nepman, ainsi qu'avec le capitalisme mondial, au d&#233;triment des int&#233;r&#234;ts de la masse ouvri&#232;re et de la paysannerie pauvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous marquons la pr&#233;sence de telles tendances dans certains cercles de notre Parti, que nous en indiquons les premi&#232;res manifestations et leur d&#233;veloppement, il est absurde de nous accuser, &#224; cette occasion, de calomnier le Parti, car c'est pr&#233;cis&#233;ment au Parti que nous en appelons contre ces tendances qui le menacent. Il est tout aussi absurde de dire que nous accusons telle ou telle fraction du Parti ou le CC de trahison de la r&#233;volution, de trahison des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat. Une ligne politique fausse peut &#234;tre dict&#233;e par un souci sinc&#232;re des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re. Les repr&#233;sentants les plus &#233;minents de l'aile droite de notre Parti sont convaincus que l'accord qu'ils sont pr&#234;ts &#224; conclure avec les &#233;l&#233;ments bourgeois est n&#233;cessaire aux int&#233;r&#234;ts des ouvriers et des paysans, qu'il repr&#233;sente une de ces man&#339;uvres consid&#233;r&#233;es par L&#233;nine comme absolument admissibles. M&#234;me le groupe de droite, qui repr&#233;sente une tendance ouverte &#224; la d&#233;viation, repousse l'id&#233;e d'un thermidor. Cela s'adresse d'autant plus au &#171; centre &#187; qui fait une politique typique d'illusions, d'apaisement et de leurre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline et ses plus proches partisans sont convaincus qu'en s'appuyant sur leur formidable appareil, ils l'emporteront en ruse sur les forces de la bourgeoisie, au lieu de les vaincre par la lutte. Les staliniens ont, sans aucun doute, pens&#233; sinc&#232;rement qu'ils &#171; jouaient &#187; provisoirement avec les g&#233;n&#233;raux chinois et qu'ils les rejetteraient ensuite comme des citrons dont on a exprim&#233; le jus, apr&#232;s les avoir utilis&#233;s, dans l'int&#233;r&#234;t de la R&#233;volution, Staline et les staliniens ont pens&#233; sinc&#232;rement qu'ils &#171; jouaient &#187; avec Purcell et non que Purcell &#171; jouait &#187; avec eux. Staline et les staliniens pensent sinc&#232;rement qu'ils peuvent &#171; librement &#187; faire des concessions &#224; &#171; leur &#187; bourgeoisie et qu'ils pourront retirer ensuite ces concessions sans aucune cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur suffisance bureaucratique les staliniens &#171; facilitent &#187; la man&#339;uvre en &#233;liminant en fait le parti de toute participation aux d&#233;cisions afin d'&#233;viter sa r&#233;sistance. La direction stalinienne d&#233;cide, agit et laisse au Parti le soin d'&#171; avaler &#187;. Mais cette fa&#231;on d'agir affaiblit, sinon paralyse, les forces qu'une man&#339;uvre politique juste, si elle est n&#233;cessaire et opportune, pourrait utiliser. Ou bien elle les affaiblit et dissimule les cons&#233;quences des man&#339;uvres manifestement fausses de la direction. C'est ainsi que s'accumulent les r&#233;sultats des tendances opportunistes de l'aile droite du CC du Parti et des manceuvres de son groupe centriste r&#233;sultats qui dans leur ensemble signifient : affaiblissement de la situation internationale de l'URSS, affaiblissement de la situation du prol&#233;tariat par rapport aux autres classes de l'URSS, aggravation relative de sa situation mat&#233;rielle, affaiblissement de sa liaison avec la paysannerie pauvre, mena&#231;ant par l&#224; l'union avec les paysans moyens ; affaiblissement de son r&#244;le dans l'appareil d'&#201;tat ; ralentissement du rythme de l'industrialisation. Ce sont ces cons&#233;quences de la politique de la majorit&#233; du CC et non ses intentions qu'avait en vue l'Opposition lorsqu'elle posait la question des dangers thermidoriens ; c'est-&#224;-dire le glissement de la politique prol&#233;tarienne vers une politique petite-bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immense diff&#233;rence politique et de nature qui s&#233;pare notre parti de ceux de la II&#176; Internationale est claire pour tout le monde. Le PC de l'URSS a &#233;t&#233; forg&#233; au feu de trois r&#233;volutions, il a conquis le pouvoir contre un monde d'ennemis, il a organis&#233; la III&#176; Internationale. Sa destin&#233;e, c'est la destin&#233;e de la premi&#232;re r&#233;volution prol&#233;tarienne triomphante. C'est par la R&#233;volution elle-m&#234;me que se d&#233;finit le rythme de sa vie int&#233;rieure. Tous les processus id&#233;ologiques de la R&#233;volution, qui s'accomplissent sous l'influence d'un mouvement de classe &#233;lev&#233;, ont une tendance &#224; un d&#233;veloppement et une maturation rapides. C'est pourquoi il est particuli&#232;rement n&#233;cessaire que dans notre Parti une lutte r&#233;solue soit men&#233;e &#224; temps contre tout &#233;cart de la ligne l&#233;niniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dangers opportunistes dans le PC de l'URSS ont, dans les conditions actuelles, des sources objectives profondes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'entourage bourgeois mondial, la stabilisation temporaire et partielle du capitalisme cr&#233;ent un &#233;tat d'esprit de &#171; stabilisation &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Indiscutablement n&#233;cessaire en tant que chemin vers le socialisme, la Nep, par le fait qu'elle fait rena&#238;tre partiellement le capitalisme, anime par l&#224; m&#234;me les forces ennemies (hostiles plut&#244;t) au socialisme.&lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;l&#233;ment petit-bourgeois dans le pays qui compte une grosse majorit&#233; de paysans ne peut pas ne pas se r&#233;percuter non seulement dans les soviets, mais aussi dans le Parti.&lt;br class='autobr' /&gt; La situation de parti unique qu'occupe le PC de l'URSS, situation absolument indispensable &#224; la R&#233;volution, cr&#233;e aussi une s&#233;rie de dangers particuliers. Le XI&#176; Congr&#232;s, du vivant de L&#233;nine, indiquait ouvertement qu'il existait &#224; cette &#233;poque d&#233;j&#224; des groupes importants de gens (parmi les paysans riches, les couches sup&#233;rieures de fonctionnaires, les intellectuels) qui appartiendraient aux partis socialistes-r&#233;volutionnaires, mench&#233;viks, si ces partis &#233;taient l&#233;gaux.&lt;br class='autobr' /&gt; L'appareil d'&#201;tat, que dirige notre Parti, y introduit &#224; son tour beaucoup d'esprit bourgeois et petit-bourgeois, l'infectant d'opportunisme.&lt;br class='autobr' /&gt; Les sp&#233;cialistes, les cat&#233;gories sup&#233;rieures des fonctionnaires et des intellectuels, indispensables &#224; notre &#233;dification, font p&#233;n&#233;trer dans nos appareils d'&#201;tat, &#233;conomique, et du Parti, une influence non prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; la raison pour laquelle l'aile l&#233;niniste oppositionnelle du Parti sonne l'alarme avec tant d'insistance &#224; propos des d&#233;viations &#233;videntes et de plus en plus dangereuses dit groupe stalinien. Il est criminel et pu&#233;ril d'affirmer que le pass&#233; h&#233;ro&#239;que du Parti et ses vieux cadres sont immunis&#233;s, pour tous les temps et dans n'importe quelles circonstances, contre les dangers de d&#233;g&#233;n&#233;rescence opportuniste. C'est l&#224; un point de vue qui n'a rien de commun avec le marxisme. Ce n'est pas cela que nous a enseign&#233; L&#233;nine. A l'occasion du XI&#176; congr&#232;s, il disait : &#171; L'Histoire conna&#238;t des conversions de toutes sortes ; s'en rapporter aux convictions, &#224; la fid&#233;lit&#233; et autres qualit&#233;s morales est une chose peu s&#233;rieuse en politique &#187; (T. XVIII ou XXIII, 2&#176; partie, page 42).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers, qui formaient la grosse majorit&#233; des partis socialistes de l'Occident, avant la guerre, &#233;taient incontestablement adversaires des d&#233;viations opportunistes. Mais ils n'ont pas su vaincre &#224; temps des fautes opportunistes peu importantes &#224; l'&#233;poque. Ils en ont sous-estim&#233; l'importance. Ils n'ont pas compris que le premier et s&#233;rieux &#233;branlement historique, survenant apr&#232;s une longue p&#233;riode de d&#233;veloppement pacifique qui avait cr&#233;&#233; une forte bureaucratie ouvri&#232;re, obligerait non seulement les opportunistes, mais m&#234;me les centristes, &#224; capituler devant la bourgeoisie et que la masse pouvait, &#224; ce moment-l&#224;, se trouver d&#233;sarm&#233;e. Si l'on peut accuser les r&#233;volutionnaires marxistes, repr&#233;sentant l'aile gauche dans la II&#176; Internationale avant la guerre, de quelque chose, ce n'est pas d'avoir exag&#233;r&#233; le danger opportuniste quand ils le qualifiaient de politique nationale-lib&#233;rale ouvri&#232;re, mais bien de s'&#234;tre repos&#233;s sur la composition ouvri&#232;re des partis politiques de l'&#233;poque, sur l'instinct r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, sur les antagonismes de classes. Ils ont en fait sous-estim&#233; le danger et n'ont pas mobilis&#233; assez &#233;nergiquement les masses r&#233;volutionnaires contre lui. Nous ne r&#233;p&#233;terons pas cette faute r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nous posant comme t&#226;che de redresser &#224; temps la ligne de la direction, nous d&#233;truisons par l&#224; m&#234;me le reproche qu'on nous fait de travailler &#224; la scission du Parti el &#224; la cr&#233;ation d'un nouveau parti. La dictature du prol&#233;tariat exige imp&#233;rativement qu'il n'existe qu'un seul Parti prol&#233;tarien uni, comme dirigeant des masses ouvri&#232;res et paysannes. L'unit&#233; du Parti, une unit&#233; non affaiblie par les luttes de tendances, est une chose absolument n&#233;cessaire au prol&#233;tariat pour l'accomplissement de sa mission. Cette unit&#233; ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233;e que sur la base des enseignements de L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1928/07/ogi192807.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1928/07/ogi192807.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;claration des 83 de l'Opposition bolch&#233;vique unifi&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;claration des 83&lt;br class='autobr' /&gt;
Opposition bolch&#233;vique unifi&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grosses fautes commises et tol&#233;r&#233;es dans la direction de la r&#233;volution chinoise ont contribu&#233; &#224; une lourde d&#233;faite. Nous ne sortirons de cette situation qu'en empruntant le chemin trac&#233; par L&#233;nine. Les conditions tr&#232;s anormales, dans lesquelles on examine les questions li&#233;es &#224; la r&#233;volution chinoise, cr&#233;ent dans le parti une tr&#232;s grande tension. La &#171; discussion &#187; unilat&#233;rale qui est men&#233;e dans les colonnes de la Pravda et du Bolchevik est une d&#233;formation voulue du point de vue de l'opposition (par ex. on attribue &#224; l'opposition la demande de la sortie du PC du Kuomintang) ; cela marque la volont&#233; du groupe dirigeant du Comit&#233; Central de cacher ses fautes derri&#232;re la chasse &#224; l'opposition. Tout ceci dirige l'attention du Parti sur une fausse voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion et en rapport avec la fausse ligne du CC dans les questions essentielles de la politique du Parti, nous nous adressons, par cette d&#233;claration, au Comit&#233; Central.&lt;br class='autobr' /&gt;
1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait n'est pas seulement que nous avons subi une immense d&#233;faite en Chine, mais il faut voir comment et pourquoi nous l'avons subie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que nous avons en Chine d&#233;j&#224; une puissante classe ouvri&#232;re, bien que le prol&#233;tariat de Shangha&#239; dans une situation des plus difficiles ait su se r&#233;volter et &#234;tre le ma&#238;tre de la ville, bien que le prol&#233;tariat chinois ait, en Chine, une aide puissante de la part de la paysannerie qui se r&#233;volte, bref, qu'il y ait eu toutes les donn&#233;es pour la victoire &#171; du 1905 chinois &#187; (L&#233;nine), il en est r&#233;sulte que les ouvriers chinois tiraient les marrons du feu pour la bourgeoisie, jouant en fait jusqu'&#224; maintenant le m&#234;me r&#244;le que celui auquel &#233;taient condamn&#233;s les ouvriers pendant les r&#233;volutions de 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait toutes les donn&#233;es pour armer les ouvriers chinois (en premier lieu ceux de Shangha&#239; et de Hank&#233;ou). Et malgr&#233; cela, le prol&#233;tariat h&#233;ro&#239;que de Shangha&#239; s'est trouv&#233;, d&#233;sarm&#233; et les ouvriers de Hank&#233;ou ne le sont plus &#224; l'heure actuelle bien que Hank&#233;ou se trouve entre les mains du Kuomintang &#171; de gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La ligne &#187; en Chine, en fait, s'est traduite ainsi : on ne devait pas armer les ouvriers, on ne devait pas organiser de gr&#232;ves r&#233;volutionnaires, il ne fallait pas soulever compl&#232;tement les paysans contre les propri&#233;taires, on ne pouvait pas &#233;diter un quotidien communiste, on ne devait pas critiquer Messieurs les bourgeois bourgeois du Kuomintang de &#171; gauche &#187;, on ne devait pas cr&#233;er des cellules communistes dans les arm&#233;es de Tchang Ka&#239;-chek, on ne devait pas lancer le mot d'ordre des soviets pour ne pas &#171; repousser &#187; la bourgeoisie, pour ne pas &#171; faire peur &#187; &#224; la petite bourgeoisie, pour ne pas &#233;branler le gouvernement du &#171; Bloc des 4 classes &#187;. En guise de r&#233;ponse, et pour nous remercier d'une telle politique, la bourgeoisie nationale chinoise ainsi qu'il fallait s'y attendre choisissant le moment propice, fusille les ouvriers chinois et appelle &#224; l'aide aujourd'hui les imp&#233;rialistes japonais, demain les imp&#233;rialistes am&#233;ricains, apr&#232;s-demain les imp&#233;rialistes anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les partis communistes du monde entier (ainsi que dans les larges cercles du PC de l'URSS) en liaison avec la d&#233;faite chinoise, r&#232;gne une compl&#232;te incertitude. Encore hier, on prouvait &#224; tout le monde que les arm&#233;es nationales en Chine &#233;taient en r&#233;alit&#233; des arm&#233;es rouges, des arm&#233;es r&#233;volutionnaires, que Tchang Ka&#239;-chek &#233;tait leur guide r&#233;volutionnaire, que la Chine aujourd'hui ou au plus tard demain marcherait sur la voie &#171; non capitaliste &#187; de son d&#233;veloppement. Tandis qu'aujourd'hui, dans la lutte contre la v&#233;ritable ligne l&#233;niniste du bolchevisme, on publie de pauvres articles et discours o&#249; il est dit qu'en Chine, il n'y a pas du tout d'industrie, qu'il n'y a pas de chemins de fer, que la Chine traverse une &#233;poque qui est presque le d&#233;but du f&#233;odalisme, que les Chinois sont illettr&#233;s, etc., qu'en Chine il est trop t&#244;t pour lancer le programme de la dictature r&#233;volutionnaire-d&#233;mocratique du prol&#233;tariat et de la paysannerie, ainsi que pour cr&#233;er des soviets. Au lieu de corriger les fautes, on les redouble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite chinoise peut avoir des r&#233;percussions directes sur l'avenir prochain de l'URSS. Si les imp&#233;rialistes r&#233;ussissent, pour un laps de temps assez long, &#224; &#171; museler &#187; la Chine, ils marcheront apr&#232;s sur nous, sur l'URSS. La d&#233;faite de la R&#233;volution chinoise peut &#233;trangement rapprocher la guerre contre l'URSS. Pendant ce temps, le parti est mis dans l'impossibilit&#233; d'examiner le probl&#232;me chinois qui se trouve, pour lui, le premier parti de l'Internationale Communiste, le probl&#232;me essentiel. En m&#234;me temps, une violente discussion venant d'un seul c&#244;t&#233; est men&#233;e d&#233;j&#224; actuellement par le groupe dirigeant du CC. Cette discussion est plus exactement une chasse &#224; courre contre l'opposition pour cacher les fautes commises par le groupe dirigeant du Comit&#233; Central.&lt;br class='autobr' /&gt;
2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de l'an pass&#233; en Angleterre, trahie et vendue par le Conseil g&#233;n&#233;ral, a subi la d&#233;faite. La gr&#232;ve s'est termin&#233;e par la d&#233;faite des mineurs. Malgr&#233; une grandiose &#233;volution des masses &#224; gauche touchant quelques millions d'ouvriers, bien que jamais encore la tra&#238;trise, la fausset&#233; du r&#233;formisme n'ait &#233;t&#233; mise aussi en lumi&#232;re que pendant les grandes gr&#232;ves anglaises, l'aile r&#233;volutionnaire organis&#233;e du mouvement ouvrier anglais a gagn&#233; tr&#232;s peu en influence. La cause principale de cet &#233;tat de choses provient de notre double attitude et du fait que la direction de notre c&#244;t&#233; &#233;tait pleine de contradictions et d'ind&#233;cision. L'aide financi&#232;re accord&#233;e par les ouvriers russes aux mineurs anglais fut merveilleuse. Mais la tactique du CC dans la question du Comit&#233; anglo-russe a &#233;t&#233; compl&#232;tement fausse. Nous avons soutenu l'autorit&#233; des tra&#238;tres du Conseil g&#233;n&#233;ral dans la p&#233;riode la plus critique pour ceux-ci pendant les semaines et les mois de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et de la gr&#232;ve des mineurs. Nous les avons aid&#233;s &#224; se maintenir sur leurs jambes. Nous avons termin&#233; en capitulant devant eux &#224; la derni&#232;re conf&#233;rence de Berlin, reconnaissant le Conseil g&#233;n&#233;ral comme le seul repr&#233;sentant du prol&#233;tariat anglais (et m&#234;me comme le seul repr&#233;sentant de son point de vue) et engageant notre signature concernant le principe de ne pas nous m&#234;ler des affaires int&#233;rieures du mouvement ouvrier anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le fond des &#233;v&#233;nements de Chine les derni&#232;res d&#233;cisions du Comit&#233; anglo-russe prennent un caract&#232;re sinistre. Dans toute la presse internationale, le camarade Tomsky et les autres repr&#233;sentants de la CGT panrusse ont d&#233;clar&#233; que la Conf&#233;rence de Berlin a eu &#171; un caract&#232;re cordial &#187;, que toutes les d&#233;cisions ont &#233;t&#233; prises &#171; &#224; l'unanimit&#233; &#187; et que ces d&#233;cisions sont soi-disant la victoire du prol&#233;tariat mondial, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci est faux et mensonger, et, ainsi, on ne peut que conduire le prol&#233;tariat anglais &#224; de nouvelles d&#233;faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;rence de Berlin du Comit&#233; anglo-russe n'a pas dit un mot sur le r&#244;le de bandit que joue l'imp&#233;rialisme britannique en Chine, elle n'a m&#234;me pas demand&#233; le retrait des troupes imp&#233;rialistes de Chine. Au moment m&#234;me o&#249; s'ouvrait en Chine une guerre directe des imp&#233;rialistes contre la r&#233;volution chinoise, le Comit&#233; anglo-russe s'est tu, comme un coupable, ou autrement dit, il a fait le jeu de la bourgeoisie anglaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'on peut douter une minute que ceux qui, devant le monde entier, trahissent ouvertement les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat anglais, m&#234;me dans une question aussi grave que la libert&#233; du mouvement syndical en Angleterre, demain, en cas de guerre contre l'URSS, ne joueront pas le m&#234;me r&#244;le de tra&#238;tres et de canailles ainsi que ces Messieurs l'ont fait en 1914 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la fausse ligne suivie en Chine et la fausse ligne suivie dans la question du Comit&#233; anglo-russe, il y a la liaison int&#233;rieure la plus &#233;troite. La m&#234;me ligne passe &#224; travers la politique de l'Internationale Communiste. En Allemagne, on exclut des centaines et des centaines de prol&#233;taires de gauche, l'avant&#173;garde, pour la simple raison qu'ils se sont solidaris&#233;s avec l'opposition russe. Les &#233;l&#233;ments de droite ont de plus en plus d'influence dans tous les partis. Des fautes de droite les plus grossi&#232;res (en Allemagne, en Pologne, en France et ailleurs ) restent impunies ; n'importe quelle critique venant de gauche, m&#232;ne &#224; l'amputation. L'autorit&#233; du PC de l'URSS et de la R&#233;volution d'Octobre est utilis&#233;e pour faire d&#233;vier les partis communistes &#224; droite de la ligne l&#233;niniste. Tout ceci, pris en bloc, emp&#234;che l'IC de pr&#233;parer et de mener, &#224; la mani&#232;re de L&#233;nine, la lutte contre la guerre.&lt;br class='autobr' /&gt;
3&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour n'importe quel marxiste, il est indiscutable que la fausse ligne en Chine et dans la question du comit&#233; anglo-russe n'est pas fortuite. Elle prolonge et compl&#232;te la fausse ligne dans la politique int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie de l'Union sovi&#233;tique en g&#233;n&#233;ral a termin&#233; sa p&#233;riode de reconstitution. Pendant cette p&#233;riode, on a enregistr&#233; dans la construction &#233;conomique des victoires s&#233;rieuses. L'industrie, l'&#233;conomie rurale et d'autres branches de l'&#233;conomie sont pr&#234;tes &#224; atteindre le niveau d'avant-guerre et m&#234;me le d&#233;passent (dans le domaine de la coop&#233;ration on enregistre des succ&#232;s analogues). Ces victoires sont les meilleures preuves de la justesse de la formule de la nouvelle politique &#233;conomique, proclam&#233;e par L&#233;nine et la meilleure r&#233;ponse aux ennemis de la R&#233;volution d'Octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays de la dictature prol&#233;tarienne s'est r&#233;v&#233;l&#233; tout &#224; fait capable de travailler &#224; la construction socialiste, il a d&#233;montr&#233; les premiers succ&#232;s dans ce domaine, pr&#233;parant ainsi avec le prol&#233;tariat d'autres pays la victoire d&#233;finitive du socialisme dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bilan de l'&#233;poque de reconstruction, on constate, en m&#234;me temps que des acquisitions s&#233;rieuses, de grosses difficult&#233;s. Ces difficult&#233;s proviennent de l'insuffisance du d&#233;veloppement des forces productives et de notre retard &#233;conomique. Elles sont renforc&#233;es du fait qu'on les cache aux larges masses du parti. Au lieu d'une analyse marxiste de la situation r&#233;elle de la dictature prol&#233;tarienne en URSS, on apporte au parti une fausse th&#233;orie petite-bourgeoisie, &#171; th&#233;orie du socialisme dans un seul pays &#187;, qui n'a absolument rien de commun avec le marxisme et le l&#233;ninisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce grossier recul du marxisme fait que le parti a plus de difficult&#233;s &#224; voir le contenu de classe des processus &#233;conomiques qui se produisent actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ph&#233;nom&#232;nes n&#233;gatifs de l'&#233;poque de la r&#233;volution que nous visons sont concr&#233;tis&#233;s par la situation tr&#232;s p&#233;nible des larges masses de la population et par des regroupements de classes hostiles au prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions des salaires et du ch&#244;mage prennent un caract&#232;re plus aigu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fausse politique acc&#233;l&#232;re la croissance des forces hostiles &#224; la dictature prol&#233;tarienne : les koulaks, nepmans, bureaucrates. Ceci m&#232;ne &#224; l'impossibilit&#233; d'utiliser dans la mesure voulue et dans la mesure due les ressources mat&#233;rielles qu'il y a dans le pays pour l'industrie et pour l'&#233;conomie d'&#201;tat. Le retard de la grosse industrie sur les demandes qui lui proviennent de la part de l'&#233;conomie nationale (disette de marchandises, hauts prix, ch&#244;mage) et de tout le syst&#232;me sovi&#233;tique en entier (la d&#233;fense du pays) am&#232;ne le renforcement des &#233;l&#233;ments capitalistes dans l'&#233;conomie de l'Union sovi&#233;tique, surtout &#224; la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance des salaires s'est arr&#234;t&#233;e, il y a m&#234;me des tendances &#224; les baisser, pour certains groupes d'ouvriers. A la place du syst&#232;me qui existait avant et qui consistait &#224; augmenter les salaires suivant la croissance de la production, actuellement, on applique comme r&#232;gle g&#233;n&#233;rale que les salaires ne peuvent augmenter qu'&#224; condition de l'augmentation du rendement de l'ouvrier (intensification du travail : voir &#167; 2 de la d&#233;cision du Congr&#232;s des Soviets sur le rapport du camarade Kouibichev). En conclusion, l'ouvrier en URSS ne peut, &#224; l'heure actuelle, am&#233;liorer son bien-&#234;tre, non suivant le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie du pays et de la technique comme autrefois, mais il ne peut le faire qu'&#224; la condition de se d&#233;penser davantage et de fournir un plus grand effort physique. C'est pour la premi&#232;re fois qu'on pose ainsi le probl&#232;me, au moment o&#249; l'intensification du travail en g&#233;n&#233;ral, &#224; l'heure actuelle, a atteint le niveau d'avant-guerre et par endroits l'a d&#233;pass&#233;, une telle politique atteint les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ch&#244;mage grandit, non seulement aliment&#233; par les &#233;l&#233;ments paysans qui quittent la campagne, mais il englobe aussi les cadres du prol&#233;tariat industriel, L'augmentation de l'arm&#233;e des sans-travail empire en g&#233;n&#233;ral la situation &#233;conomique de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions locatives des ouvriers, dans divers endroits, empirent dans le sens du surpeuplement et de la restriction des droits locatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dangers grandissants provenant de cet &#233;tat de choses sont clairs, car les rapports entre le parti et la classe ouvri&#232;re sont les &#233;l&#233;ments d&#233;cisifs pour l'avenir de notre &#201;tat ouvrier,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La baisse des prix sur les marchandises manufactur&#233;es n'a &#233;t&#233; acquise que dans une petite proportion. Malgr&#233; le vote de l'opposition au plenum en f&#233;vrier de cette ann&#233;e pour la r&#233;solution qui se pronon&#231;ait pour la baisse des prix, toute l'agitation officielle est employ&#233;e &#224; accuser l'opposition de ne pas vouloir la baisse des prix. Une telle agitation induit en erreur le parti et &#233;loigne son attention des probl&#232;mes essentiels de notre politique &#233;conomique. Tandis que le m&#233;contentement et l'impatience &#224; la ville et &#224; la campagne grandissent, le probl&#232;me de la baisse des prix par ces moyens n'avance pas du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;renciation de la paysannerie va de plus en plus vite. Du mot d'ordre : &#171; Enrichissez-vous &#187;, de l'invitation aux koulaks &#224; &#171; s'int&#233;grer dans le socialisme &#187;, le groupe dirigeant du CC en est arriv&#233; &#224; passer sous silence le processus de diff&#233;renciation &#224; la campagne, &#224; sous-estimer ce facteur d'une part, et d'autre part, dans la pratique, sa politique a consist&#233; &#224; s'appuyer sur le paysan &#233;conomiquement fort. Au 10&#176; anniversaire de la R&#233;volution d'Octobre, la situation est la suivante : plus de 3 millions d'ouvriers agricoles jouent un r&#244;le infime dans les soviets, la coop&#233;ration et les cellules communistes ; l'attention et l'aide apport&#233;es aux paysans pauvres sont je encore insuffisantes. La r&#233;solution du dernier Congr&#232;s des Soviets sur l'&#233;conomie agricole ne dit mot de la diff&#233;renciation &#224; la campagne. C'est-&#224;-dire qu'elle se Lait sur la question essentielle du d&#233;veloppement &#233;conomique, et politique de la campagne. Tout ceci affaiblit notre soutien &#224; la campagne et entrave l'union de la classe ouvri&#232;re et de la paysannerie pauvre avec le paysan moyen. Cette union peut se d&#233;velopper et se renforcer uniquement dans la lutte syst&#233;matique contre les aspirations exploiteuses des koulaks. On sous-estime chez nous la croissance et le r&#244;le jou&#233; par le koulak. Une telle politique a ses dangers qui s'accumulent et qui peuvent subitement exploser. Cependant, l'appareil officiel du parti et des soviets frappe &#224; gauche, et ouvre ainsi largement les portes au v&#233;ritable danger de classe qui vient de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition d'exon&#233;rer de l'imp&#244;t agricole 50 % des &#233;conomies rurales, c'est-&#224;-dire les paysans pauvres et peu ais&#233;s, est condamn&#233;e avec acharnement bien que la situation politique et &#233;conomique de la campagne la confirme compl&#232;tement. Quelques dizaines de millions de roubles sur un budget de 5 milliards sont d'une importance tout &#224; fait minime, alors que prendre cette somme sur les &#233;conomies rurales peu ais&#233;es, c'est acc&#233;l&#233;rer la diff&#233;renciation &#224; la campagne et affaiblir les positions de la dictature du prol&#233;tariat &#224; la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Savoir se mettre d'accord avec les paysans moyens, sans renoncer un seul instant &#224; la lutte contre les koulaks et tout en s'appuyant solidement seulement sur les paysans pauvres &#187; (L&#233;nine), voil&#224; quelle doit &#234;tre la ligne essentielle de notre politique &#224; la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre dernier, nous avons lu un appel sign&#233; de trois camarades occupant des postes les plus importants (Rykov, Staline et Kouibichev), disant que soi-disant l'opposition, c'est-&#224;-dire une partie de notre propre parti et une partie de notre CC, veut &#171; voler &#187; la paysannerie. Cet appel promettait, par le moyen du r&#233;gime des &#233;conomies, de diminuer les d&#233;penses non productives de 3 &#224; 400 millions de roubles par an. En r&#233;alit&#233; cette lutte pour les &#233;conomies men&#233;e d'une fa&#231;on bureaucratique a conduit &#224; de nouveaux tiraillements contre les ouvriers et n'a donn&#233; aucun r&#233;sultat positif et palpable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rationalisation de l'industrie n'a pas &#233;t&#233; faite d'apr&#232;s un plan d'ensemble et r&#233;fl&#233;chi et a conduit de nouveaux groupes d'ouvriers dans les rangs des sans-travail, sans amener la diminution du prix de revient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire de souligner toutes les d&#233;cisions des deux derni&#232;res ann&#233;es qui aggravent la situation des ouvriers et de d&#233;terminer avec force que sans une am&#233;lioration syst&#233;matique d'apr&#232;s un plan d'ensemble, am&#233;lioration lente au d&#233;but, des conditions de la classe ouvri&#232;re, &#171; cette force productive principale &#187; (Marx), il est impossible, dans la situation actuelle, de relever ni l'&#233;conomie ni la construction socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pouvoir r&#233;soudre ces questions du domaine de la construction &#233;conomique qui se posent actuellement devant le parti dans la situation de rapports de classe compliqu&#233;s et enchev&#234;tr&#233;s &#224; l'int&#233;rieur du pays, alors que s'accro&#238;t l'offensive ext&#233;rieure ennemie contre l'URSS et que la R&#233;volution mondiale est retard&#233;e, il faut donner vie et force &#224; la d&#233;mocratie int&#233;rieure du parti et renforcer la liaison r&#233;elle, vivante et directe du parti avec la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons besoin d'une discipline de fer dans le parti comme au temps de L&#233;nine. Tout le parti, du haut en bas, &#224; la mani&#232;re bolchevique, doit &#234;tre id&#233;ologiquement et organiquement &#171; une force collective &#187; fortement soud&#233;e, participant r&#233;ellement et non officiellement, en bloc, &#224; la solution de toutes les questions qui se posent devant le parti, devant la classe ouvri&#232;re et le pays tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime int&#233;rieur du Parti, dans ces derniers temps, provoque une baisse immense de l'activit&#233; du Parti, cette force dirigeante de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Dans les larges masses de la base du Parti se r&#233;tr&#233;cissent les possibilit&#233;s de discuter et de r&#233;soudre, en pleine conscience, les questions essentielles de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Ceci n'a pas pu ne pas se refl&#233;ter et se faire sentir avec ses c&#244;t&#233;s n&#233;gatifs dans les rapports de la classe ouvri&#232;re et du Parti et dans l'activit&#233; de toute la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime qui s'est instaur&#233; dans le Parti a &#233;t&#233; transport&#233; largement dans les syndicats. La classe ouvri&#232;re russe, ayant derri&#232;re elle l'exp&#233;rience de trois r&#233;volutions faites sous la direction du Parti bolchevik et de L&#233;nine, classe qui a ciment&#233; les fondations du gouvernement sovi&#233;tique avec le sang de ses meilleurs fils, qui a fait des miracles d'h&#233;ro&#239;sme et d'organisation, a toutes les donn&#233;es pour d&#233;velopper largement ses forces cr&#233;atrices et ses facult&#233;s d'organisation. Mais le r&#233;gime qui s'instaure actuellement g&#234;ne le d&#233;veloppement de toute l'activit&#233; de la classe ouvri&#232;re, l'emp&#234;che de mettre la main &#224; la construction socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dictature prol&#233;tarienne s'affaiblit dans sa propre base de classe. Pendant le Xl&#176; congr&#232;s, Vladimir Ilitch disait au Parti que la t&#226;che principale du travail &#233;conomique est de savoir justement choisir les hommes, alors que la ligne actuelle est la n&#233;gation compl&#232;te de ses indications. Dans la pratique, il arrive, en divers endroits, qu'on &#233;vince des usines les ouvriers du Parti les plus ind&#233;pendants et les plus qualifi&#233;s, ayant de l'initiative dans les questions &#233;conomiques, et on les remplace presque toujours par des &#233;l&#233;ments qui ne travaillent pas pour le socialisme, mais qui font les larbins aupr&#232;s de leurs chefs imm&#233;diats. La fausset&#233; criante du r&#233;gime int&#233;rieur du Parti se r&#233;percute ainsi sur les int&#233;r&#234;ts les plus douteux de plusieurs millions d'ouvriers.&lt;br class='autobr' /&gt;
4&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation internationale devient de plus en plus tendue. Les dangers de guerre augmentent chaque jour. La t&#226;che centrale du PC de l'URSS et de l'avant-garde du prol&#233;tariat mondial est de conjurer &#171; ou m&#234;me d'&#233;loigner, pour le plus de temps possible &#187; la guerre afin de soutenir et de d&#233;fendre co&#251;te que co&#251;te la politique de paix que seuls sont capables de mener jusqu'au bout notre Parti et le pouvoir sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les t&#226;ches de l'URSS sont les t&#226;ches du prol&#233;tariat mondial. D&#233;tourner les dangers d'une nouvelle guerre suspendus sur la t&#234;te de l'URSS est la t&#226;che la plus importante du prol&#233;tariat mondial. Mais nous ne pourrons r&#233;aliser ceci en nous engageant, dans la voie du bloc avec les tra&#238;tres du Conseil g&#233;n&#233;ral. Aucune lutte s&#233;rieuse pour conjurer la guerre n'est possible avec les Purcell et les Citrine. Nous rapprocher des ouvriers social-d&#233;mocrates et sans-parti et les entra&#238;ner dans la lutte contre la guerre, nous ne pouvons le faire que par-dessus la t&#234;te de ces chefs tra&#238;tres, qu'en luttant contre eux. Nous demandons que le Comit&#233; Central aide le futur Plenum de l'Ex&#233;cutif &#233;largi de l'IC &#224; &#233;tudier, dans les d&#233;tails, saris parti pris, se basant sur des documents, les derniers &#233;v&#233;nements de Chine. (Il faut appeler &#224; ce travail les camarades qui ont d&#233;fendu notre point de vue). D'autre part, il faut que le Comit&#233; ex&#233;cutif de l'IC mette &#224; l'ordre du jour les questions chinoise, anglaise et russe dans toute leur ampleur, que dans la presse de notre parti, que dans la presse communiste internationale, on donne la possibilit&#233; d'&#233;tudier en d&#233;tail ces probl&#232;mes, &#233;videmment avec la prudence n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renforcement international de l'URSS exige le renforcement de la ligne r&#233;volutionnaire prol&#233;tarienne &#224; l'int&#233;rieur de l'URSS. Nous sommes affaiblis par la r&#233;glementation des salaires, par l'aggravation des conditions locatives des ouvriers et par la croissance continue du ch&#244;mage. Nous sommes affaiblis &#224; cause de la fausse politique envers les paysans pauvres. Les fautes dans notre politique &#233;conomique nous affaiblissent de la m&#234;me fa&#231;on. Nous sommes affaiblis par la d&#233;faite des ouvriers anglais et de la r&#233;volution chinoise. Nous sommes affaiblis par un mauvais r&#233;gime int&#233;rieur du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute notre politique souffre de la direction &#224; droite qu'on lui a donn&#233;e. Si le nouveau coup pr&#233;par&#233; contre la gauche, contre l'opposition est ex&#233;cut&#233;, ceci d&#233;liera compl&#232;tement les mains aux &#233;l&#233;ments de droite, &#233;l&#233;ments non prol&#233;tariens, anti-prol&#233;tariens. Les coups sur les gauches auront pour conclusion logique la victoire des Oustr&#239;alov [1]. Un tel coup sur l'opposition est d&#233;j&#224; depuis longtemps demand&#233; par Oustr&#239;alov au nom de la th&#233;orie de la N&#233;o-Nep. Oustr&#239;alov est l'ennemi le plus acharn&#233; du bolchevisme, le plus logique, ayant des principes. Les administrateurs contents d'eux-m&#234;mes, les bureaucrates, les petits-bourgeois qui sont arriv&#233;s aux postes de commandement, qui regardent la masse d'en haut, sentent le terrain de plus en plus ferme sous leurs pieds. Ce sont tous des &#233;l&#233;ments de N&#233;o-Nep. Derri&#232;re eux se tiennent les Oustra&#239;lov sp&#233;cialistes et dans une rang&#233;e plus loin les nepmans et les koulaks, ces derniers sous l'enseigne de paysans &#233;conomiquement forts. C'est de ce c&#244;t&#233; que vient le v&#233;ritable danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;viations ne sont pas aussi visibles dans les questions int&#233;rieures, car les processus int&#233;rieurs se d&#233;veloppent beaucoup moins vite que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale anglaise et la r&#233;volution chinoise. Mais les tendances essentielles de cette politique sont les m&#234;mes l&#224;-bas qu'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine d&#233;finissait l'&#201;tat sovi&#233;tique comme un &#201;tat ouvrier avec une d&#233;formation bureaucratique dans un pays o&#249; la majorit&#233; de la population est compos&#233;e de paysans. Ceci a &#233;t&#233; dit en 1921. Celle d&#233;finition de L&#233;nine est plus juste aujourd'hui que jamais. Pendant les ann&#233;es de la Nep, la nouvelle bourgeoisie des villes et des campagnes s'est transform&#233;e en force r&#233;elle. Dans une telle situation, porter un coup contre l'opposition, ne veut rien dire d'autre qu'essayer parmi les cris hypocrites sur l'unit&#233; (&#171; les initiateurs de toute scission crient toujours le plus fort pour l'unit&#233; &#187;, disait Engels), de discr&#233;diter et de d&#233;truire l'aile gauche prol&#233;tarienne, l&#233;niniste, de notre parti. Une telle destruction signifierait le renforcement rapide, in&#233;vitable, de l'aile droite du PC de l'URSS ainsi que la subordination des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat aux int&#233;r&#234;ts des autres classes.&lt;br class='autobr' /&gt;
5&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons toujours besoin de l'unit&#233; du Parti, surtout dans les conditions pr&#233;sentes. A l'&#233;cole de L&#233;nine, nous avons appris que le bolchevik doit tendre ses efforts pour l'unit&#233; sur la base de la ligne politique r&#233;volutionnaire et prol&#233;tarienne. Dans les conditions historiques les plus p&#233;nibles, pendant les ann&#233;es d'ill&#233;galit&#233; ; apr&#232;s, en 1917, quand, en pleine guerre, nous luttions pour le pouvoir ; en 1918, quand dans une situation des plus difficiles et sans pr&#233;c&#233;dent on examinait la question de la paix de Brest-Litovsk et dans les ann&#233;es qui suivirent, du temps de L&#233;nine, le Parti discutait ouvertement les points litigieux et trouvait le bon chemin vers une v&#233;ritable unit&#233;, non factice. Ceci nous a sauv&#233;s dans des situations beaucoup plus difficiles que celle de maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger principal provient de ce qu'on cache les v&#233;ritables divergences au Parti et &#224; la classe ouvri&#232;re. Toutes tentatives de poser des questions litigieuses devant le Parti sont proclam&#233;es comme un attentat &#224; l'unit&#233; du Parti. La fausse ligne est soud&#233;e, en haut, m&#233;caniquement. C'est de cette fa&#231;on que se cr&#233;e officiellement l'unit&#233; factice et le &#171; tout va bien &#187;. En r&#233;alit&#233;, cet &#233;tat de choses affaiblit les positions du Parti dans la classe ouvri&#232;re et affaiblit les positions de la classe ouvri&#232;re dans la lutte contre ses ennemis de classe. Une telle situation, cr&#233;ant un immense obstacle pour la croissance politique de notre parti et pour une juste direction l&#233;niniste, doit in&#233;vitablement nous mener &#224; des dangers extr&#234;mement s&#233;rieux pour notre Parti, au premier tournant brusque, au premier coup s&#233;rieux, et dans le cas d'un bouleversement int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons clairement ces dangers et trouvons qu'il est de notre devoir de pr&#233;venir le Comit&#233; Central pr&#233;cis&#233;ment pour rassembler les rangs du Parti sur la base de la politique l&#233;niniste dans les questions internationales et int&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment &#233;liminer les divergences, comment redresser la ligne de classe sans nuire, dans la plus petite mesure, &#224; la t&#226;che de l'unit&#233; du Parti ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme cela se faisait toujours du temps de L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons que le CC d&#233;cide les choses suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pas plus tard que trois mois avant le XV&#176; Congr&#232;s du Parti, on convoquera le Plenum du CC pour examiner &#224; l'avance toutes les questions dit XV&#176; Congr&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce Plenum devra faire tout son possible pour &#233;laborer des d&#233;cisions unanimes, ce qui permettrait de garantir le maximum d'unit&#233; du Parti et de liquider les luttes intestines dans le Parti ;&lt;br class='autobr' /&gt; Le Plenum en question devra charger la d&#233;l&#233;gation du PC de l'URSS &#224; l'IC de prendre l'initiative d'ex&#233;cuter dans l'Internationale diverses mesures pour faire r&#233;int&#233;grer dans le Parti ceux des camarades exclus qui le demanderont &#224; l'lC et qui sont toujours sur la plateforme de l'IC (il est &#233;vident que ceci ne concerne nullement Katz et Korsch) ;&lt;br class='autobr' /&gt; Si n&#233;anmoins, au sein de ce Plenum sp&#233;cial du CC, se font jour des divergences de principe, elles devront &#234;tre, en temps voulu, formul&#233;es et publi&#233;es. Chaque camarade devra avoir la possibilit&#233; de d&#233;fendre son point de vue devant le Parti, dans sa presse et dans les r&#233;unions, comme ceci existait du temps de L&#233;nine ;&lt;br class='autobr' /&gt; La pol&#233;mique devra &#234;tre men&#233;e dans les cadres stricts de camaraderie et de travail sans qu'elle soit aiguis&#233;e et exag&#233;r&#233;e ;&lt;br class='autobr' /&gt; Les projets de th&#232;ses du CC, des organisations de membres du Parti ou de groupes de ceux-ci, devront &#234;tre publi&#233;s dans la Pravda (ou dans l'annexe de la Pravda), ainsi que dans toute la presse du Parti de province, environ deux ou trois mois avant le XV&#176; Congr&#232;s du Parti ;&lt;br class='autobr' /&gt; Le mot d'ordre principal pour la pr&#233;paration du XV&#176; Congr&#232;s de notre Parti devra &#234;tre l'unit&#233;, une unit&#233; r&#233;elle, l&#233;niniste du PC de l'URSS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre d&#233;claration ayant &#233;t&#233; retard&#233;e par la collection des signatures, nous sommes oblig&#233;s de la faire au moment m&#234;me o&#249;, d'en haut, on soul&#232;ve une campagne contre le camarade Zinoviev sous pr&#233;texte qu'il a pris la parole le 9 mai dans une r&#233;union soi-disant de sans-partis. Ceux parmi nous, qui ont entendu le discours du camarade Zinoviev ou qui ont eu la possibilit&#233; de prendre connaissance du st&#233;nogramme, sont pr&#234;ts &#224; mettre leur signature, sans h&#233;sitation, au bas de son discours. Celui-ci, dans sa forme mod&#233;r&#233;e et inattaquable, a traduit l'&#233;tat d'esprit de larges cercles du Parti qui poussent le cri d'alarme contre l'envahissement de la Pravda par la tendance de Martynovn. Le discours du camarade Zinoviev a servi de pr&#233;texte pour recommencer la chasse &#224; courre contre lui. Comme il est d&#233;montr&#233; dans notre r&#233;solution, cette chasse contre l'opposition a commenc&#233; au moment m&#234;me o&#249; arrivaient les nouvelles de la d&#233;faite chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon nos pr&#233;visions, le but de la campagne men&#233;e contre le camarade Zinoviev, c'est la tentative de l'&#233;loigner avant le Congr&#232;s et, en dehors du Congr&#232;s, du Comit&#233; Central afin de se d&#233;barrasser d'un des critiqueurs de la ligne fausse. Ceci permettrait, pendant l'&#233;poque de la pr&#233;paration du XV&#176; Congr&#232;s du Parti et du VI&#176; Congr&#232;s mondial, d'&#234;tre d&#233;barrass&#233; d'un critiqueur g&#234;nant de la fausse ligne du Parti. La m&#234;me chose pourrait demain se r&#233;p&#233;ter avec d'autres membres du CC. De tels moyens ne peuvent que faire du mal au Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mesure prise sous la pression du Bureau Politique et qui a consist&#233; &#224; interdire la participation du camarade Zinoviev au Plenum de l'IC n'a jamais eu de pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire de l'Internationale Communiste. On a &#233;loign&#233; un des fondateurs de l'IC, son premier pr&#233;sident &#233;lu sur la proposition de L&#233;nine. L'&#233;loignement des travaux de l'IC du camarade Zinoviev, qui est toujours membre de l'Ex&#233;cutif au moment o&#249; on examinait les probl&#232;mes les plus importants du mouvement ouvrier international, ne peut &#234;tre expliqu&#233; que par le manque de courage politique de ceux qui pr&#233;f&#232;rent &#224; la lutte id&#233;ologique des mesures administratives. Ce fait, en dehors de sa signification politique, est en m&#234;me temps une violation grossi&#232;re des droits formels du camarade Zinoviev qui est membre de l'Ex&#233;cutif et qui fut &#233;lu &#224; l'unanimit&#233; au V&#176; Congr&#232;s mondial. Le chemin de l'&#233;loignement des l&#233;ninistes n'est pas le chemin pour l'unit&#233; de l'IC. Il est fort probable que cette d&#233;claration servira de preuves pour nous accuser de travail fractionnel. Vont se d&#233;penser surtout les fonctionnaires qui sont pr&#234;ts &#224; tout, les &#171; litt&#233;rateurs &#187; de la &#171; nouvelle &#233;cole &#187; des &#171; jeunes &#187;. Mais entre autres, cette lettre est dirig&#233;e aussi contre eux, car parmi eux, il y a des gens qui, au moment du danger, seront les premiers &#224; abandonner la cause du prol&#233;tariat. En envoyant cette d&#233;claration, nous faisons notre devoir de r&#233;volutionnaires et de membres du Parti, comme cela a &#233;t&#233; toujours compris dans les rangs des v&#233;ritables bolcheviks-l&#233;ninistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous cette d&#233;claration, nous avons ramass&#233;, dans un laps de temps tr&#232;s court, quelques dizaines de signatures de vieux bolcheviks. Nous ne doutons pas une seule minute que d'autres vieux bolcheviks se trouvant un peu partout, en URSS ainsi qu'&#224; l'&#233;tranger, connaissant la teneur de notre d&#233;claration, lui auraient donn&#233; leur signature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne doutons pas une seule minute que le point de vue expos&#233; dans ce document est partag&#233; par la majorit&#233; de notre parti, surtout par sa partie ouvri&#232;re. Pour qui conna&#238;t les ouvriers, membres de notre parti, c'est une preuve que ceci est juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Oustrialov : politicien lib&#233;ral qui avait soutenu L&#233;nine lors de la promulgation de la NEP, y voyant l'amorce de la restauration du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1927/ogi_19270500.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1927/ogi_19270500.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Victor Serge sur la r&#233;volution prol&#233;tarienne chinoise de 1925-1927</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6883</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6883</guid>
		<dc:date>2023-12-31T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Chine China</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>1927</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Victor Serge</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Victor Serge sur la r&#233;volution prol&#233;tarienne chinoise de 1925-1927 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 3 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 4 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 5 &lt;br class='autobr' /&gt;
Textes de Trotsky sur la r&#233;volution chinoise 1925-1927 &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire encore &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire encore &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire toujours &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire enfin&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;Chine China&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;1927&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot108" rel="tag"&gt;Victor Serge&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Victor Serge sur la r&#233;volution prol&#233;tarienne chinoise de 1925-1927&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/serge/works/1927/12/revolution-chinoise.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/serge/works/1927/12/revolution-chinoise.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1491&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article290&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/serge/1927/china/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=Trotsky+sur+la+r%C3%A9volution+chinoise+1925-1927+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Textes de Trotsky sur la r&#233;volution chinoise 1925-1927&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?q=r%C3%A9volution+chinoise+1925-1927+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;hl=fr&amp;ei=Ww7pYpqCMavhlwSZgJqQBw&amp;ved=0ahUKEwjam-G6iqj5AhWr8IUKHRmABnIQ4dUDCA0&amp;uact=5&amp;oq=r%C3%A9volution+chinoise+1925-1927+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;gs_lcp=Cgdnd3Mtd2l6EANKBAhBGAFKBAhGGABQsgVYsgVgyQdoAXAAeACAAQCIAQCSAQCYAQCgAQHAAQE&amp;sclient=gws-wiz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article24449&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Shanghai&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire toujours&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://chineenquestion.wordpress.com/2011/05/06/revolution-chinoise-de-1925-1927/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire enfin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>Trotsky's answer to Stalin</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7549</link>
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		<dc:date>2023-12-13T11:43:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>English</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>1927</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trotsky's answer to Stalin &lt;br class='autobr' /&gt;
November 1926 &lt;br class='autobr' /&gt;
The following speech was delivered by Trotsky at the Seventh Plenum of the Executive Committee of the Communist International in November 1926. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comrades! The resolution accuses the Opposition including me, of a social democratic deviation. I have thought over all the points of contention which have divided us, the minority of the CC from the majority during the period just past, that is, the period in which the designation &#8220;Opposition bloc&#8221; has (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;English&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;1927&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trotsky's answer to Stalin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;November 1926&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The following speech was delivered by Trotsky at the Seventh Plenum of the Executive Committee of the Communist International in November 1926.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comrades! The resolution accuses the Opposition including me, of a social democratic deviation. I have thought over all the points of contention which have divided us, the minority of the CC from the majority during the period just past, that is, the period in which the designation &#8220;Opposition bloc&#8221; has been in use. I must place on record that the points of contention, and our standpoint with respect to the point of contention, offer no basis for the accusation of a &#8220;social democratic deviation.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The question upon which we have disagreed most, comrades, is that which asks which danger threatens us during the present epoch: the danger that our state industry remains backward, or that it rushes too hastily forward. The Opposition &#8211; in which I am included &#8211; has proved that the real danger threatening us is that our state industry may remain behind the development of the national economy as a whole. We have pointed out that the policy being pursued in the distribution of national income involves the further growth of the disproportion. For some reason or other this has been named &#8220;pessimism.&#8221; Comrades, arithmetic knows neither pessimism nor optimism, neither discouragement nor capitulation. Figures are figures. If you examine the control figures of our planned economics you will find that these figures show the disproportion, or more exactly expressed, the shortage of industrial goods, to have reached the amount of 380 million roubles last year, while this year the figure will be 500 million, that is, the original figures of the planning commission show the disproportion to have increased by 25 per cent. Comrade Rykov states in his thesis that we might hope (merely hope) that the disproportion will not increase this year. What justification is there for this &#8220;hope&#8221;? The fact is that the harvest is not so favorable as we all expected. Were I to follow in the false tracks of our critics, I might say that Comrade Rykov's theses welcome the fact that the unfavorable conditions obtaining at harvest time detracted from crops which were otherwise not bad, since, had the harvest been greater, the result would have been a greater disproportion. (Comrade Rykov: &#8220;I am of a different opinion.&#8221;) The figures speak for themselves. (A voice: &#8220;Why did you not take part in the discussion on Comrade Rykov's report?&#8221;) Comrade Kamenev has here told you why he did not. Because I could not have added anything to this special economic report, in the form of amendments or arguments, that we had not brought forward at the April plenum. The amendments and other proposals submitted by me and other comrades to the April plenum remain in full force today. But the economic experience gained since April is obviously too small to give us room for hope that at the present stage the comrades present at this conference will be convinced. To bring up these points of contention again, before the actual course of economic life has tested them, would arouse useless discussion. These questions will be more acceptable to the party when they can be answered by the statistics based on the latest experience; for objective economic experience does not decide whether figures are optimistic or pessimistic, but solely whether they are right or wrong. I believe our standpoint on the disproportion has been right.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We have disagreed on the rate of our industrialization, and I have been among those comrades who have pointed out that the present rate is insufficient, and that precisely this insufficient speed in industrialization imparts the greatest importance to the differentiation process going on in the villages. To be sure, it is no catastrophe that the kulak raises his head or &#8211; this is the other aspect of the same subject &#8211; that the poorer peasantry no longer preponderates. These are some of the serious accompaniments of the period of transition. They are unhealthy signs. It need not be said that they give no cause for &#8220;alarm.&#8221; But they are phenomena which must be correctly estimated. And I have been among those comrades who have maintained that the process of differentiation of the village may assume a dangerous form if industry lags behind, that is, if the disproportion increases. The Opposition maintains that it is our duty to lessen the disproportion year by year. I see nothing social democratic in this.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We have insisted that the differentiation of the village demands a more elastic taxation policy with respect to the various strata of the peasantry, a reduction of taxation for the poorer middle strata of the peasantry, and increased taxation for the well to do middle strata, and an energetic pressure upon the kulak, especially in his relations to trading capital. We have proposed that 40 per cent of the poor peasantry should be freed from taxation altogether. Are we right or not? I believe that we are right; you believe we are wrong. But what is &#8220;social democratic&#8221; about this is a mystery to me (laughter).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question of the Peasantry&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We have asserted that the increasing differentiation among the peasantry, taking place under the conditions imposed by the backwardness of our industry, brings with it the necessity of double safeguards in the field of politics, that is, we were entirely unable to agree with the extension of the franchise with respect to the kulak, the employer and exploiter, if only on a small scale. We raised the alarm when the election inspectorates extended the suffrage among the petty bourgeoisie. Were we right or not? You consider that our alarm was &#8220;exaggerated.&#8221; Well, even assuming that it was, there is nothing social democratic about it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We demanded and proposed that the course being taken by the agricultural cooperatives toward the &#8220;highly productive middle farmer,&#8221; under which name we generally find the kulak, should be severely condemned. We proposed that the tendency of the credit cooperatives toward the side of the well to do peasantry should be condemned. I cannot comprehend, comrades, what you find &#8220;social democratic&#8221; in this.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There have been differences of opinion in the question of wages. In substance these differences consist of our being of the opinion that at the given stage of development of our industry and economics, and at our present level of economics, the wage question must not be settled on the assumption that the worker must first increase the productivity of labor, which will then raise the wages, but that the contrary must be the rule, that is, a rise in wages, however modest, must be the prerequisite for an increased productivity of labor. (A voice: &#8220;And where is the money coming from?&#8221;) This may be right or it may not, but it is not &#8220;social democratic.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We have pointed out the connection between various well known aspects of our inner party life and the growth of bureaucratism. I believe there is nothing &#8220;social democratic&#8221; about this either.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We have further opposed an overestimation of the economic elements of the capitalist stabilization and the underestimation of its political elements. If we inquire, for instance: What does the economic stabilization consist of in England at the present time? then it appears that England is going to ruin, that its trade balance is adverse, that its foreign trade returns are falling off, that its production is declining. This is the &#8220;economic stabilization&#8221; of England. But to whom is bourgeois England clinging? Not to Baldwin, not to Thomas, but to Purcell. Purcellism is the pseudonym of the present &#8220;stabilization&#8221; in England. We are therefore of the opinion that it is fundamentally wrong, in consideration of the working masses who carried out the general strike, to combine either directly or indirectly with Purcell. This is the reason why we have demanded the dissolution of the Anglo-Russian Committee. I see nothing &#8220;social democratic&#8221; in this.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We have insisted upon a fresh revision of our trade union statutes, upon which subject I reported to the CC. A revision of those statutes from which the word &#8220;Profintern&#8221; was struck out last year and replaced by &#8220;International Trade Union Association,&#8221; under which it is impossible to understand anything else than &#8220;Amsterdam.&#8221; I am glad to say that this revision of last year's revision has been accomplished, and the word &#8220;Profintern&#8221; has been rejected in our trade union statutes. But why was our uneasiness on the subject &#8220;social democratic?&#8221; That, comrades, is something which I entirely fail to understand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I should like, as briefly as possible, to enumerate the main points of the differences of opinion, which have arisen of late. Our standpoint in the questions concerned has been that we have observed the dangers likely to threaten the class line of the party and of the workers' state under the conditions imposed by a long continuance of the NEP, and our encirclement by international capitalism. But these differences of opinion, and the standpoint adopted by us in the defense of our opinions, cannot be construed into a &#8220;social democratic deviation&#8221; by the most complicated logical or even scholastic methods.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Past Differences&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It has therefore been found necessary to leave these actual and serious differences of opinion, engendered by the given epoch of our economic and political development, and to go back into the past in order to construe differences in the conception of the &#8220;character of our revolution&#8221; in general &#8211; not in the given period of our revolution, not with regard to the given concrete task, but with regard to the character of the revolution in general, or as expressed in the theses, the revolution &#8220;in itself,&#8221; the revolution &#8220;in its substance.&#8221; When a German speaks of a thing &#8220;in itself,&#8221; he is using a metaphysical term placing the revolution outside of all connection with the real world around it; it is abstracted from yesterday and tomorrow, and regarded as a &#8220;substance&#8221; from which everything will proceed. Now, then, in the question of the actual &#8220;substance&#8221; of revolution, I have been found guilty, in the ninth year of our revolution, of having denied the socialist character of our revolution! No more and no less! I discovered this for the first time in this resolution itself. If the comrades find it necessary for some reason to construct a resolution on quotations from my writings &#8211; and the main portion of the resolution, pushing into the foreground the theory of original sin (&#8220;Trotskyism&#8221;), is built upon quotations from my writings between 1917 and 1922 &#8211; then it would at least be advisable to select the essential from all I have written on the character of our revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;You will excuse me, comrades, but it is no pleasure to have to set aside the actual subject and to retail where and when I wrote this or that. But this resolution, in substantiating the &#8220;social democratic&#8221; deviation, refers to passages from my writings, and I am obliged to give the information. In 1922 I was commissioned by the party to write the book, Terrorism and Communism, against Kautsky, against the characterization of our revolution by Kautsky as a non-proletarian and non-socialist revolution. A large number of editions of this book were distributed both at home and abroad by the Comintern. The book met with no hostile reception among our nearest comrades, nor from Lenin. This book is not quoted in the resolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1922 I was commissioned by the Political Bureau to write the book entitled Between Imperialism and Revolution. In this book I utilized the special experience gained in Georgia, in the form of a refutation of the standpoint of those international social democrats who were using the Georgian rising as material against us, for the purpose of subjecting to a fresh examination the main questions of that proletarian revolution which has a right to tear down not only petty bourgeois prejudices, but also petty bourgeois institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At Comintern Congresses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the third congress of the Comintern I gave a report, on behalf of the CC, declaring in substance that we had entered on an epoch of unstable balance. I opposed Comrade Bucharin, who at that time was of the opinion that we should pass through an uninterrupted series of revolutions and crises until the victory of socialism in the whole world, and that there would not and could not be any &#8220;stabilization.&#8221; At the time Comrade Bucharin accused me of a Right deviation (perhaps social democratic too?). In full agreement with Lenin I defended at the third congress the theses which I had formulated. The import of the theses was that we, despite the slower speed of the revolution, would pass successfully through this epoch by developing the socialist elements of our economics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the fourth world congress in 1923 I was commissioned by the CC to follow Lenin with a report on the NEP. What did I prove? I proved that the NEP merely signifies a change in the forms and methods of socialist development. And now, instead of taking these works of mine, which may have been good or bad, but were at least fundamental, and in which, on behalf of the party, I defined the character of our revolution in the years between 1920 and 1923, you seize upon a few little passages, each only two or three lines, out of a preface and a postscript written at the same period.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I repeat that none of the passages quoted is from a fundamental work. These four little quotations (1917 to 1922) form the sole foundation for the accusation that I deny the socialist character of our revolution. The structure of the accusation thus being completed, every imaginable original sin is added to it, even the sin of the Opposition of 1925. The demand for a more rapid industrialization and the proposal to increase the taxation of the kulaks, all arise from these four passages. (A voice: &#8220;Form no fractions!&#8221;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comrades, I regret having to take your time, but I must quote a few more passages &#8211; I could adduce hundreds &#8211; in confutation of all that the resolution ascribes to me. First of all I must draw your attention to the fact that the four quotations upon which the theory of my original sin is based, have all been taken from writings of mine between 1917 and 1922. Everything that I have said since appears to have been swept away by the wind. Nobody knows whether I subsequently regarded our revolution as socialist or not. Today, at the end of 1926, the present standpoint of the so-called Opposition in the leading questions of economics and politics is sought in passages from my personal writings between 1917 and 1922, and not even in passages from my chief works, but in works written for some quite chance occasion. I shall return to these quotations and answer for every one of them. But first permit me to adduce some quotations of a more essential character, written at the same period:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For instance, the following is an extract from my speech at the conference of the Moscow Trade Union Council on October 28, 1921, after the introduction of the NEP:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We have reorganized our economic policy in anticipation of a slow development of out economics. We reckon with the possibility that the revolution in Europe, though developing and growing, is developing more slowly than we expected. The bourgeoisie has proved more tenacious. Even in our own country we are obliged to reckon with a slower transition to socialism, for we are surrounded by capitalist countries. We must concentrate our forces on the largest and best equipped undertakings. At the same time we must not forget that the taxation in kind among the peasantry, and the increase of leased undertakings form a basis for the development of the economics of commodities, for the accumulation of capital, and for the rise of a new bourgeoisie. At the same time the socialist economy will be built up on the narrower but firmer basis of big industry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At a members' meeting of the CP of the SU, on November 10 of the same year, in the Moscow district of Sokolniki, I stated:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What have we now? We have now the process of socialist revolution, in the first place in a state and in the second place in a state which is the most backward of all, both economically and culturally, and surrounded on all sides by capitalist countries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What conclusion did I draw from this? Did I propose capitulation? I proposed the following:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is our task to make socialism prove its advances. The peasants will be the judge who pronounces on the advantages or drawbacks of the socialist state. We are competing with capitalism in the peasant market ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is the present basis for our conviction that we shall be victorious? There are many reasons justifying our belief. These lie both in the international situation and in the development of the Communist Party; in the fact that we retain the power in our hands, and in the fact that we permit free trade solely within the limits which we deem necessary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This, comrades, was said in 1921, and not in 1926!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In my report at the IV World Congress (directed against Otto Bauer, to whom my relationship has now been discovered) I spoke as follows:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Our main weapon in the economic struggle, as based on the market, is state power. Only shortsighted reformists are unable to grasp the importance of this instrument. The bourgeoisie knows it well. That is proved by its whole history.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Other tools in the hands of the proletariat are: the possession of the most important productive forces of the country, of all economic traffic, of all mines, of the undertakings working up raw materials. These are subject to the immediate economic control of the working class. At the same time the working class owns the land and the peasant gives hundreds of millions of poods of grain for it every year, in the form of taxation in kind.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The frontiers of the country are in the hands of the workers' state; foreign goods, and foreign capital, can only be imported into the country to the extent approved by the workers' state.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These are the instruments and means for building up socialism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In a booklet published by me in 1923 under the title of Questions of Daily Life, you may read on this subject:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What has the working class actually attained and secured by its struggle up to now?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; The dictatorship of the proletariat (with the aid of the workers' and peasants' state led by the Communist Party).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; The Red Army as the material support of the proletarian dictatorship.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; The socialization of the most important means of production, without which the dictatorship of the proletariat would be an empty form, without meaning.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; The monopoly of foreign trade, a necessary premise for the building up of socialism in a country surrounded by capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These four elements, irrevocably gained, form the steel framework of our work. Thanks to this framework, every further economic or cultural success which we achieve &#8211; provided it is a real and not a supposed success &#8211; will necessarily become a constituent part of our socialist structure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This same booklet contains another and even more definite formulation:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The easier the revolutionary upheaval has been &#8211; relatively speaking &#8211; to the Russian proletariat, the more difficult is its task of establishing the socialist state of society. But the framework of our new social life, welded by the revolution, supported by four fundamental pillars (see beginning of chapter) imparts to every sincere and sensibly directed effort in economics and culture and objectively socialist character. In the bourgeois state of society the worker, unconsciously and unintentionally, enriches the bourgeoisie more and more the better he works. In the Soviet state the good and conscientious worker, without thinking of it or troubling himself about it (if he is a non-political worker), performs socialist work and increases the means of the working class. This is the actual import of the October revolution and in this sense the New Economic Policy brings no change whatever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toward Capitalism or Socialism?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I could prolong this chain of quotations indefinitely, for I never have and never could characterize our revolution differently. I shall confine myself, however, to one more passage, from a book quoted by Comrade Stalin (Toward Capitalism or Socialism?). This book was published for the first time in 1925 and was printed originally as feuilleton in the Pravda. The editors of our central organ have never drawn my attention to any heresies in this book with respect to the character of our revolution. This year the second edition of the book was issued. It has been translated into different languages by the Comintern and it is the first time that I hear that it gives a false idea of our economic development. Comrade Stalin has read you a few lines picked out arbitrarily in order to show that this is &#8220;unclearly formulated,&#8221; I am thus obliged to read a somewhat longer passage, in order to prove that the idea in question is quite clearly formulated. The following is stated in the preface, devoted to a criticism of our bourgeois and social democratic critics, above all, Kautsky and Otto Bauer. Here you may read:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These judgments (formed by the enemies of our economics) assume two forms: in the first place they assert that in building up socialist economics we are ruining the country; but in the second place they assert thai in developing the forces of production we are really returning to capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The former of these two criticisms is characteristic of the mentality of the bourgeoisie. The second is peculiar to social democracy, that is, to the bourgeois mentality socialistically veiled. There is no strict boundary between these two descriptions of criticism, and very frequently interchange of arguments between them, without either of them noticing that he is using his neighbor's weapon, in the enthusiasm of the old way against &#8220;communist barbarity.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The present booklet hopes to serve the object of showing the unprejudiced reader that both are deceivers &#8211; both the openly big bourgeois and the petty bourgeois masquerading as socialist. They lie when they say that the Bolsheviki have ruined Russia ... They lie when they say that the development of productive forces is the road to capitalism; the role played by state economics in industry, in transport and traffic service, trade, finance and credit does not lessen with the growth of productive forces, but on the contrary increases within the collective economics of the country. Facts and figures prove this beyond all doubt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In agriculture the matter is much more complicated. To a Marxist there is nothing unexpected in this. The transition from the &#8220;atomized&#8221; individual farming system of agriculture to socialist agriculture is only conceivable after a number of steps have been surmounted in technics, economics and cultivation. The fundamental premise for this transition is that the power remain in the hands of the class anxious to lead society to socialism, and becoming increasingly capable of influencing the peasant population by means of slate industry, by means of technical improvements in agriculture, and thereby furnishing the prerequisites for the collectivisation of agricultural work.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The draft of the resolution on the Opposition states that Trotsky's standpoint closely approaches that of Otto Bauer, who had said that: &#8220;In Russia, where the proletariat represents only a small minority of the nation, the proletariat can only maintain its rule temporarily, and is bound to lose it again as soon as the peasant majority of the nation has become culturally mature enough to take over the rule itself.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the first place, comrades, who could entertain the idea that so absurd a formulation could occur to any one of us? Whatever is to be understood by: &#8220;as soon as the peasant majority of the nation has become culturally mature enough&#8221;? What does this mean? What are we to understand by &#8220;culture&#8221;? Under capitalist conditions the peasantry have no independent culture. As far as culture is concerned, the peasantry may mature under the influence of the proletariat or of the bourgeoisie. These are the only two possibilities existing for the cultural advance of the peasantry. To a Marxist, the idea that the &#8220;culturally matured&#8221; peasantry, having overthrown the proletariat, could take over power on its own account, is a wildly prejudiced absurdity. The experience of two revolutions has taught us that the peasantry, should it come into conflict with the proletariat and overthrow the proletarian power, simply forms a bridge &#8211; through Bonapartism &#8211; for the bourgeoisie. An independent peasant state founded neither on proletarian nor bourgeois culture is impossible. This whole construction of Otto Bauer's collapses into a lamentable petty bourgeois absurdity.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We are told that we have not believed in the establishment of socialism. And at the same time we are accused of wanting to pillage the peasantry (not the kulaks, but the peasantry!).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I think, comrades, that these are not words out of our dictionary at all. The communists cannot propose to the workers' state to &#8220;plunder&#8221; the peasantry, and it is precisely with the peasantry that we are concerned. A proposal to free 40 per cent of the poor peasantry from all taxation, and to lay these taxes upon the kulak, may be right or it may be wrong, but it can never be interpreted as a proposal to &#8220;plunder&#8221; the peasantry,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I ask you: If we have no faith in the establishment of socialism in our country, or (as is said of me) we propose that the European revolution be passively awaited, then why do we propose to &#8220;plunder&#8221; the peasantry? To what end? That is incomprehensible. We are of the opinion that industrialization &#8211; the basis of socialization &#8211; is proceeding too slowly, and that this places the peasantry at a disadvantage. If, let us say, the quantity of agricultural products put upon the market this year be 20 per cent more than last &#8211; I take these figures with a reservation &#8211; and at the same time the grain price has sunk by 18 per cent and the prices of various industrial products have risen by 16 per cent, as has been the case, then the peasant gains less than when his crops are poorer and the retail prices for industrial products lower. The acceleration of industrialization, made possible to a great extent by the increased taxation of the kulak, will result in the production of a larger quantity of goods, reducing the retail prices, to the advantage of the workers and of the greater part of the peasantry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Struggle of Two Tendencies&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is possible that you do not agree with this. But nobody can deny that it is a system of views on the development of our economics. How can you assert that we do not believe in the possibility of socialist development, and yet at the same time that we demand the plundering of the mujik? With what object? For what purpose? Nobody can explain this. Again, I have often asked myself why the dissolution of the Anglo-Russian Committee can be supposed to imply a call to leave the trade unions? And why does the non-entry into the Amsterdam International not constitute an appeal to the workers not to join the Amsterdam trade unions? (A voice: &#8220;That will be explained to you!&#8221;) I have never received an answer to this question, and never will. (A voice: &#8220;You will get your answer.&#8221;) Neither shall I receive a reply to the question of how we contrive to disbelieve in the realization of socialism and yet endeavor to &#8220;plunder&#8221; the peasantry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The book of mine from which I last quoted speaks in detail of the importance of the correct distribution of our national income, since our economic development is proceeding amidst the struggle of two tendencies: the socialist and the capitalist tendency.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The issue of the struggle depends on the rate of development of these tendencies. In other words, should state industry develop more slowly than agriculture; should the opposite poles of capitalist farmer &#8220;on top&#8221; and proletariat &#8220;at bottom&#8221; separate more widely and rapidly in the course of development &#8211; then the process would of course lead to the restoration of capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But our enemies may do their best to prove the inevitability of this possibility. Even if they go about it much more skillfully than the unfortunate Kautsky (or MacDonald), they will burn their fingers. Is the possibility just indicated entirely excluded? Theoretically it is not. If the ruling party were to commit one error after another, both in politics and economics, if it should thus hamper the development of industry now so promising, and if it were to relinquish control of the political and economic development of the peasantry, then, of course, the cause of socialism in our country would be lost. But we have not the slightest reason to adopt such premises for our prognosis. How to lose power, how to throw away the achievements of the proletariat, and how to work for capitalism, these are points which were made brilliantly clear by Kautsky and his friends to the international proletariat after November 9, 1918. Nobody needs to add anything on this subject.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Our tasks, our aims, and our methods are very different. What we want to show is the way to maintain and firmly establish the power once seized and the way in which the proletarian form of state is to be given the economic content of socialism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The whole content of this book (A voice: &#8220;There is nothing about the cooperatives in it!&#8221;) &#8211; I shall come to the cooperatives &#8211; the whole content of this book is devoted to the subject of how the proletarian form of state is to be given the economic content of socialism. It may be said (insinuations have already been made in this direction): Yes, you believed that we were moving toward socialism so long as the process of reconstruction was going on, and so long as industry developed at a speed of 45 or 35 per cent year, but now that we have arrived at a crisis of foundation capital and you see the difficulties of extending foundation capital, you have been seized with a so-called &#8220;panic.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I cannot quote the whole of the chapter on: The Rate of Development, Its Material Possibilities and Its Limits. It points out the four elements characterizing the advantages of our system over capitalism and draws the following conclusion:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Taken all in all, these four advantages &#8211; properly applied &#8211; will enable us to increase the coefficient of our industrial growth, not only to double the per cent of the pre-war period, but to triple this, or even more.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If I am not mistaken, the coefficient of our industrial growth will amount, according to the plans, to 18 per cent. In this there are, of course, still reconstruction elements. But in any case the extremely rough statistical prognosis which I made as an example eighteen months ago coincides fairly well with our actual speed this year.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1926/11/answer.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1926/11/answer.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;You ask: What is the explanation of those frightful passages quoted in the resolution. I shall have to answer this question. I must first, however, repeat that no single word has been quoted from the fundamental works which I wrote on the character of the revolution between 1917 and 1922, and complete silence is preserved on everything that I have written since 1922, even on that written last year and this year. Four passages are quoted. Comrade Stalin has dealt with them in detail, and they are referred to in the resolution, so you will permit me to devote some words to them as well.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The workers' movement is victorious in the democratic revolution. The bourgeoisie becomes counter-revolutionary. Among the peasantry the well-to-do elements, as well as a considerable section of the middle farmers, will become more &#8220;sensible,&#8221; quieted down, and go over to the counter-revolution, in order that they may snatch the power out of the hands of the proletariat and the poor peasantry ... The struggle would be almost helpless for the Russian proletariat alone, and its defeat would be inevitable ... were the European socialist proletariat not to hasten to the aid of the Russian proletariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I am afraid, comrades, that if anyone told you that these lines represented a malicious product of Trotskyism, many comrades would believe it. But this passage is Lenin's. The Lenin portfolio contains a draft of a pamphlet which Lenin intended to write at the end of 1905. Here this possible situation is described: The workers are victorious in the democratic revolution, the well-to-do section of the peasantry go over to counter-revolution. I may say that this passage is quoted in the last number of the Bolshevik, on page 68, but unfortunately with a grave misrepresentation, although the quotation is given in inverted commas: the words referring to the considerable section of the middle farmers are simply left out. I call upon you to compare the fifth Lenin portfolio, page 451, with the last number of the Bolshevik, page 68.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I could quote dozens of such passages from Lenin's works: Vol. VI, page 398; Vol. IX, page 410; vol. VIII, page 192. (I have not the time to read them, but anyone may look up the references for himself.) I shall only quote one passage from Vol. IX, page 415:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Russian revolution (he is referring to the democratic revolution) cannot maintain and firmly establish its achievements by its own powers ... if there is no revolution in the West. Without this prerequisite a restoration of the old order is unavoidable, both in communalization and in the distribution of land, for the small farmer will always form a support of restoration of any form of property or ownership. After the complete victory of the proletariat, the small farmer will inevitably turn against the proletariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(A voice: &#8220;We have introduced the NEP.&#8221;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;True, I shall refer to that presently.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let us now turn to that passage which I wrote in 1922, in order that we may see how my standpoint on the revolution in the epoch of 1904&#8211;05 had developed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I have no intention, comrades, of raising the question of the theory of permanent revolution. This theory &#8211; both in respect of what has been right in it and of what has been incomplete and wrong &#8211; has nothing whatever to do with our present contentions. In any case this theory of permanent revolution, to which so much attention has been devoted of late, is not to the smallest extent among the responsibilities of either the opposition of 1925 nor the opposition of 1923, and even I myself regard it as a question which has long been settled ad acta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But let us return to the passage quoted in the resolution. (This I wrote in 1922, but from the standpoint of 1905&#8211;06.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;After seizing power, the proletariat will come into hostile conflict with not only all those groups of the bourgeoisie which supported it at the commencement of its revolutionary struggle, but with the broad masses of the peasantry, with whose help it came into power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Although this was written in 1922, it is put into the future tense: The proletariat will come into conflict with the bourgeoisie, etc., since pre-revolutionary views are being described. I ask you: Has Lenin's prognosis of 1905&#8211;06, that the middle peasantry will go over to counter-revolution to a great extent, proved true? I maintain that it has proved true in part. (Voices: In part? When? Disturbance.) Yes, under the leadership of the party and above all under Lenin's leadership, the division between us and the peasantry was bridged over by the new economic policy. This is indisputable. (Disturbance) If any of you imagine, comrades, that in 1926 I do not grasp the meaning of the new economic policy, you are mistaken. I grasp the meaning of the new economic policy in 1926, perhaps not so well as other comrades, but still I grasp it. But you must remember that at that time, before there was any New Economic Policy, before there had been a revolution of 1917, and we were sketching the first outlines of possible developments, utilizing the experience won in previous revolutions &#8211; the great French revolution and the revolution of 1848 &#8211; at that time all Marxists, not omitting Lenin (I have given quotations), were of the opinion that after the democratic revolution was completed and the land given to the peasantry, the proletariat would encounter opposition from not only the big peasants, but from a considerable section of the middle peasants, who would represent a hostile and even counter-revolutionary force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Have there been signs among us of the truth of this prognosis? Yes, there have been signs, and fairly distinct ones. For instance, when the Machno movement in the Ukraine helped the White Guards to sweep away the Soviet power this was one proof of the correctness of Lenin's prognosis. The Antonov rising, the rising in Siberia, the rising on the Volga, the rising in Ural, the Kronstadt revolt, when the &#8220;middle peasantry&#8221; expressed their opinions to the Soviet power by means of ships' cannon &#8211; does not all this prove that Lenin's forecast was correct for a certain stage of development in the revolution? (Comrade Moyssenyenko: &#8220;And what did you propose?&#8221;) Is it not perfectly clear that the passage written by me in 1922 on the division between us and the peasantry was simply a statement of these facts?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We bridged over the schism between us and the peasantry by means of the NEP. And were there differences between us during the transition to the NEP? There were no differences during the transition to the NEP. (Disturbance) There were differences in the trade union question before the transition to the NEP, whilst the party was still seeking a means of escape from the blind alley. These differences were of serious importance. But in the question of the NEP, when Lenin submitted the NEP standpoint to the X Party Congress, we all voted unanimously for this standpoint. And when the new trade union resolution arose as a result of the New Economic Policy &#8211; a few months after the X Party Congress &#8211; we again voted unanimously for this resolution in the CC. But during the period of transition &#8211; and the change wrought by it was no small one &#8211; the peasants declared: &#8220;We are for the Bolsheviki, but against the Communists.&#8221; What does this mean? It means a peculiarly Russian form of desertion from the proletarian revolution on the part of the middle peasantry at a given stage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I am reproached with having said that it is &#8220;hopeless to suppose that Revolutionary Russia can maintain itself in opposition to a conservative Europe.&#8221; This I wrote in August, 1917, and I believe that it was perfectly right. Have we maintained ourselves against a conservative Europe? Let us consider the facts. At the moment when Germany concluded the peace treaty with the Entente, the danger was especially great. Had the German revolution not broken out at this point &#8211; that German revolution which remained incompleted, suffocated by the social democrats, yet still sufficing to overthrow the old regime and to demoralize the Hohenzollern army &#8211; had, I repeat, the German revolution, such as it was, not broken out, then we should have been overthrown. It is not by accident that the passage contains the phrase &#8220;in opposition to a conservative Europe,&#8221; and not &#8220;in opposition to a capitalist &#8220;Europe.&#8221; Against a conservative Europe, maintaining its whole apparatus, and in particular its armies. I ask you: Could we maintain ourselves under these circumstances, or could we not? (A voice: &#8220;Are you talking to children?&#8221;) That we still continue to exist is due to the fact that Europe has not remained what it was. Lenin wrote as follows on this subject:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We are living not only in one state, but in a system of states, and the continued existence of the Soviet Republic side by side with imperialist states is unthinkable as a permanency. In the end either one system or the other will win.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When did Lenin say this? On March 18, 1919, that is two years after the October Revolution. My words of 1917 signified that if our revolution did not shake Europe, did not move it, then we were lost. Is this not in substance the same? I ask all the older comrades, who thought politically before and during 1917: What was your conception of the revolution and its consequences?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When I try to recollect this, I can find no other formulation than approximately the following:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We believed: either the international revolution will hasten to our aid and then our victory is perfectly secure, or we shall perform our modest revolutionary work in the consciousness that even if we are defeated we have served the cause of revolution, and that our experience will be useful for later revolutions. It was clear to us that the victory of the proletarian revolution is impossible without the support of the international, the world revolution. Both before and after the revolution we believed: Now, or at least very soon, the revolution will break out in the other highly developed capitalist countries, or, should this not be the case, we are lost.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This was our conception of the fate of the revolution. Who said this? (Comrade Moyssenyenko: &#8220;Lenin!&#8221; A voice: &#8220;And what did he say later on?&#8221;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin said this in 1921, whilst the passage quoted from me dates from 1917. I have thus a right to refer to what Lenin said in 1921. (A voice: &#8220;And what did Lenin say later on?) Later on I too said something different. (Laughter) Both before the revolution, and after it, we believed that:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Now, or at least very soon, the revolution will break out in the other highly developed capitalist countries, or, should this not be the case, we are lost.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But in spite of this:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We exerted every effort to maintain the Soviet system at all costs, for we were aware that we were not only working for ourselves, but for the international revolution. We knew this, and we expressed this conviction both before the October Revolution and after it, and at the time when the Brest-Litovsk peace was concluded. And speaking generally, we were right.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This passage goes on to say that our path has become more intricate and winding, but that in all essentials our prognosis was correct. As I have already said, we went over to the NEP unanimously, without any differences whatever. (Comrade Moyssenyenko: &#8220;To save us from utter ruin!&#8221;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;True, just for that reason, to save us from utter ruin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comrades, I beg you to extend the time allotted for my speech. I should like to speak on the theory of socialism in one country. I ask for another half hour. (Disturbance)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comrades, in the question of the relations between the proletariat and the peasantry ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chairman: Please wait till we have decided. I submit three proposals: firstly, to adhere to the original time allotted to Comrade Trotsky; secondly: a prolongation of half an hour; thirdly, a prolongation of a quarter of an hour. (On a vote being taken there is a majority for the half hour prolongation.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relations to the Peasantry&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The next passage quoted from my writings has brought me the reproach that: Whilst Lenin said: ten to twenty years of correct relations with the peasantry, and our victory is assured on an international scale; Trotskyism, on the contrary, assumes that the proletariat cannot enter into any correct relations with the peasantry until the world revolution has been accomplished. First of all I must ask the actual meaning of the passage quoted. Lenin speaks of ten to twenty years of correct relations to the peasantry. This means that Lenin did not expect socialism to be established within ten to twenty years. Why? Because under socialism we must understand a state of society in which there is neither proletariat nor peasantry, or any classes whatever. Socialism abolishes the opposition between town and country. Thus the term of twenty years is set before us, in the course of which we must pursue a political line leading to correct relations between the proletariat and the peasantry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It has been asserted, however, that Trotskyism is of the opinion that there can be no correct relations between the proletariat and the peasantry until the world revolution has been accomplished. I am thus alleged to lay down a law according to which incorrect relations must be maintained with the peasantry as far as possible, until international revolution has been victorious. (Laughter) Apparently it was not intended to express this idea here, as there is no sense in it whatever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What was the NEP? The NEP has been a process of shunting onto a new track, precisely for the establishment of correct relations between the proletariat and the peasantry. Were there differences between us on this subject? No, there were none. What we are quarreling about now is the taxation of the kulak, and the forms and methods to be adopted in allying the proletariat with the village poor. What is the actual matter in hand? The best method of establishing correct relations between the peasantry and the proletariat. You have the right to disagree with individual proposals of ours, but you must recognize that the whole ideological struggle revolves around the question of what relations are correct at the present stage of development.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Were there differences between us in 1917 on the peasant question? No. The peasant decree, the &#8220;social revolutionary&#8221; peasant decree, was adopted unanimously by us as our basis. The land decree, drawn up by Lenin, was accepted by us unanimously and gave rise to no differences in our circles. Did the policy of &#8220;de-kulakization&#8221; afford any cause for differences? No, there were no differences on this. (A voice: &#8220;And Brest?&#8221;) Did the struggle commenced by Lenin, for winning over the middle peasantry, give rise to differences? No, it gave rise to none. I do not assert that there were no differences whatever, but I definitely maintain that however great the differences of opinion may have been in various and even important questions, there were no differences of opinion in the matter of the main line of policy to be pursued with regard to the peasantry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1919 there were rumors abroad of differences on this question. And what did Lenin write on the subject? Let us look back. I was asked at that time by the peasant Gulov: &#8220;What are the differences of opinion between you and Ilyitsch?&#8221; and I replied to this question both in the Pravda and in Izvestia. Lenin wrote as follows on the matter, both in Pravda and Izvestia, in February, 1919:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Izvestia of February 2, 1919, published a letter from a peasant named Gulov, who raises the question of the relations between our workers' and peasants' government and the middle peasantry, and states that there are rumors spread about to the effect that there is no harmony between Lenin and Trotsky, that there are great differences of opinion between them, and precisely in the question of the middle peasantry. Comrade Trotsky has already replied in his Letter to the Middle Peasants, published in the Izvestia on February 7. Comrade Trotsky states in his letter than the rumors of differences between me and him are the most monstrous and wicked lies, spread abroad by the landowners and capitalists or their willing and unwilling accomplices. I for my part fully endorse the declaration thus made by Comrade Trotsky. There are no differences between us, and with reference to the middle peasants there are not only no differences between me and Trotsky, but no differences in the whole Communist Party, of which we are both members. Comrade Trotsky explains in his letter, clearly and in detail, why the Communist Party and the present workers' and peasants' government, elected by the Soviets and composed of members of the party, do not regard the middle peasantry as their enemies. I give my signature doubly to everything said by Comrade Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This was before the NEP. Then came the transition to the NEP. I repeat once more that the transition to the NEP gave rise to no differences. On the NEP question I gave a report before the IV World Congress, in the course of which I polemized against Otto Bauer. Later I wrote as follows:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The NEP is regarded by the bourgeoisie and the Mensheviki as a necessary (but of course &#8220;insufficient&#8221;) step toward the release of productive forces. The Menshevist theoreticians both of the Kautsky and the Otto Bauer variety, have welcomed the NEP as the dawn of capitalist restoration in Russia. They add: Either the NEP will destroy the Bolshevist dictatorship (favorable result) or the Bolshevist dictatorship will destroy the NEP (regrettable result.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The whole of my report at the IV Party Congress went to prove that the NEP will not destroy the Bolshevist dictatorship, but that the Bolshevist dictatorship, under the conditions given by the NEP, will secure the supremacy of the socialist elements of economics over the capitalist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin on Socialism in One Country&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Another passage from my works has been brought up against me &#8211; and here I come to the question of the possibility of the victory of socialism in one country &#8211; which reads as follows:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The contradictions in the position of the workers' government in a backward country with an overwhelming agrarian population can only be solved on an international scale and in the arena of the proletarian world revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This was said in 1922. The accusing resolution makes the following statement:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The conference places on record that such views as these on the part of Comrade Trotsky and his followers, in the fundamental question of the character and prospects of our revolution, have nothing in common with the views of our party, with Leninism.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If it had been stated that a shade of difference existed &#8211; I do not find this even today &#8211; or that these views have not yet been precisely formulated (and I do not see the precise formulation). But it is stated quite flatly: these views &#8220;have nothing in common with the views of the party, with Leninism.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Here I must quote a few lines closely related to Leninism:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The complete victory of the socialist revolution in one country is unthinkable, and demands the active co-operation of at least some advanced countries, among which we cannot count Russia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was not I who said this, but one greater than I. Lenin said this November 8, 1918. Not before the October Revolution, but on November 8, 1918, one year after we had seized power. If he had said nothing else but this, we could easily infer what we liked from it by tearing one sentence or the other out of its context. (A voice: &#8220;He was speaking of the final victory!&#8221;) No, pardon me, he said: &#8220;demands the active cooperation.&#8221; Here it is impossible to sidetrack from the main question to the question of &#8220;intervention,&#8221; for it is plainly stated that the victory of socialism demands &#8211; not merely protection against intervention &#8211; but the cooperation of &#8220;at least some advanced countries, among which we cannot count Russia.&#8221; (Voices: &#8220;And what follows from that?&#8221;) This is not the only passage in which we see that not merely an intervention is meant. And thus the conclusion to be drawn is the fact that the standpoint which I have defended, to the effect that the internal contradictions arising out of the backwardness of our country must be solved by international revolution, is not my exclusive property, but that Lenin defended these same views, only incomparably more definitely and categorically.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We are told that this applied to the epoch in which the law of the unequal development of the capitalist countries is supposed to have been still unknown, that is, the epoch before imperialism. I cannot go thoroughly into this. But I must unfortunately place on record that Comrade Stalin commits a great theoretical and historical error here. The law of the unequal development of capitalism is older than imperialism. Capitalism is developing very unequally today in the various countries. But in the nineteenth century this inequality was greater than in the twentieth. At that time England was lord of the world, while Japan on the other hand was a feudal state closely confined within its own limits. At the time when serfdom was abolished among us, Japan began to adapt itself to capitalist civilization. China was, however, still wrapped in the deepest slumber. And so forth. At this time the inequality of capitalist development was greater than now. Those inequalities were as well known to Marx and Engels as they are to us. Imperialism has developed a more &#8220;leveling tendency than has pre-imperialist capitalism, for the reason that financial capital is the most elastic form of capital. It is, however, indisputable that today, too, there are great inequalities in development. But if it is maintained that in the nineteenth century, before imperialism, capitalism developed less unequally, and the theory of the possibility of socialism in one country was therefore wrong at that time, whilst today, now that imperialism has increased the heterogeneity of development, the theory of socialism in one country has become correct, then this assertion contradicts all historical experience, and completely reverses fact. No, this will not do; other and more serious arguments must be sought: Comrade Stalin has written:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Those who deny the possibility of the establishment of socialism in one country must deny at the same time the justifiability of the October Revolution. (Stalin, Problems of Leninism, p. 215)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But in 1918 we heard from Lenin that the establishment of socialism requires the direct cooperation of some advanced countries, &#8220;among which we cannot count Russia.&#8221; Yet Lenin did not deny the justifiability of the October Revolution. And he wrote as follows regarding this in 1918:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I know that there are some ingenious people (this was written against the adherents of Kautsky and Suchanov), who think themselves very clever, and even call themselves socialists; these maintain that we should not have seized power until revolution had broken out in all countries. They are not aware that in speaking thus they are deviating from revolution and going over to the bourgeoisie. To wait until the working masses accomplish the international revolution is to wait till we are stiff and rigid, to wait till we are frozen to death. This is nonsense ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I am sorry, but it goes on as follows:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is nonsense. The difficulty of revolution is known to all of us. For the final victory can only be on an international scale, and can only be brought about by the joint exertions of the workers of all countries. (Lenin, Vol. 15, page 287, written on May 14, 1918.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Despite this, Lenin did not deny the &#8220;justifiability&#8221; of the October Revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And further. In 1921 &#8211; not in 1914, but in 1921 &#8211; Lenin wrote:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the advanced capitalist countries there is a class of agricultural laborers, created by decades of wage work. It is only in countries where this class is sufficiently developed that the transition from capitalism to socialism is possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Here it is not a question of intervention but of the level of economic development and of the development of the class relations of the country.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In many of our works, and in all of our utterances in the press, we have emphasized that this is not the case in Russia, that in Russia the industrial workers are in the minority, and that the overwhelming majority are small farmers. Social revolution in such a country as this can only be finally successful under two conditions: firstly, the condition that it is supported at the right time by the social revolution in one or several more advanced countries ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The other condition is the understanding between the proletariat and the majority of the peasant population ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We know that only an understanding with the peasantry can save the socialist revolution in Russia, so long as social revolution has not broken out in other countries. This must be stated openly at all meetings, and in the whole press. (Lenin, speech at the Xth Party Congress of the RCP, 1921)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin did not state that the understanding with the peasantry sufficed, enabling us to build up socialism independent of the fate of the international proletariat. No, this understanding is only one of the conditions. The other condition is the support to be given the revolution by other countries. He combines these two conditions with each other, emphasizing their special necessity for us as we live in a backward country.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And finally, it is brought up against me that I have stated that &#8220;a real advance of socialist economy in Russia is only possible after the victory of the proletariat in the most important countries of Europe.&#8221; It is probable, comrades, that we have become inaccurate in the use of various terms. What do we understand under &#8220;socialist economy&#8221; in the strict sense of the term? We have great successes to record, and are naturally proud of these. I have endeavored to describe them in my booklet, Toward Socialism or Capitalism, for the benefit of extent of these successes. Comrade Rykov's theses state that we are approaching the pre-war level. But this is not quite accurate. Is our population the same as before the war? No, it is larger. And the average consumption of industrial goods per head is considerably less than in 1913. The people's Supreme Economic Council calculates that in this respect we shall not regain the pre-war level until 1930. And then, what was the level of 1913? It was the level of misery, of backwardness, of barbarism. If we speak of socialist economy, and of a real advance in socialist economy, we mean: no antagonism between town and country, general content, prosperity, culture. This is what we understand under the real advance of socialist economy. And we are still far indeed from this goal. We have destitute children, we have unemployed, from the villages there come three million superfluous workers every year, half a million of whom seek work in the cities, where the industries cannot absorb more than 1,100,000 yearly. We have a right to be proud of what we have achieved, but we must not distort the historical perspective. What we have accomplished is not yet a real advance of socialist economy, but only the first serious steps on that long bridge leading from capitalism to socialism. Is this the same thing? By no means. The passage quoted against me stated the truth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1922 Lenin wrote:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But we have not yet even completed the foundation of our socialist economy, and the hostile forces of expiring capitalism may even yet deprive us of it again This must be clearly recognized and openly admitted, for there is nothing so dangerous as illusions and dizziness, especially at great heights. And there is nothing &#8220;frightful,&#8221; nothing which can give the slightest cause for despair, in the recognition of this bitter truth, for we have always proclaimed and repeated that elementary truth of Marxism, that the joint efforts of the workers of some advanced countries are necessary for the victory of socialism.&#8221; (Lenin, Complete Works, Russian edition, Vol. XX/2, page 487.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The question here is therefore not of intervention, but of the joint efforts of several advanced countries for the establishment of socialism. Or was this written by Lenin before the epoch of imperialism, before the law of unequal development was known? No, he wrote this in 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There is, however, another passage, in the article on cooperatives, one single passage, which is set up against everything else that Lenin wrote, or rather the attempt is made so to oppose it. (A voice: &#8220;Accidentally!&#8221;) Not by any means accidentally. I am in full agreement with the sentence. It must be understood properly. The passage is as follows:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As a matter of fact, all the great means of production are in the possession of the state, the state power is in the hands of the proletariat: the alliance of this proletariat with the many millions of poor and poorest peasantry, the security of the leadership of this proletariat over the peasantry, etc.; is then this not everything which we require to enable us to build up out of the cooperatives, of the cooperatives alone, which we treated at one time in a step-motherly manner, as petty tradesman affairs and which we are now justified to a certain extent in so treating under the NEP &#8211; to build up out of the cooperatives alone the complete socialist state of society? This is not yet the establishment of the socialist state of society, but it is everything which is necessary and sufficient for this realization ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(A voice: &#8220;You read much too quickly.&#8221; Laughter) Then you must give me a few minutes more, comrades. (Laughter. A voice: &#8220;Right!&#8221;) Right? I am agreed. (A voice: &#8220;That is just what we want.&#8221;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is the question here? What elements are here enumerated? In the first place, the possession of the means of production; in the second, the power of the proletariat; thirdly, the alliance between the proletariat and the peasantry; fourthly, the proletarian leadership of the peasantry, and fifthly, the cooperatives. I ask you: does any one of you believe that socialism can be established in one single isolated country? Could perchance the proletariat in Bulgaria alone, if it had the peasantry behind it, seize power, build up the cooperatives and establish socialism? No, that would be impossible. Consequently further elements are required in addition to the above: the geographical situation, natural wealth, techniques culture. Lenin enumerates here the conditions of the state power, property relations and the organizatory forms of the cooperatives. Nothing more. And he says that we, in order to establish socialism, need not proletarianize the peasantry, nor need we any fresh revolutions, but that we are able, with power in our hands, in alliance with the peasantry, and with the aid of the cooperatives, to carry our task to completion through the agency of these state and social forms and methods.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But, comrades, we know another definition which Lenin gave of socialism. According to this definition, socialism is equal to soviet power plus electrification. Is electrification cancelled in the passage just quoted? No, it is not cancelled. Everything which Lenin otherwise said about the establishment of socialism &#8211; and I have adduced clear formulations above &#8211; is supplemented by this quotation, but not cancelled. For electrification is not something to be carried out in a vacuum, but under certain conditions, under the conditions imposed by the world market and the world economy, which are very tangible facts. The world economy is not mere theoretical generalization, but a definite and powerful reality, whose laws encompass us; a fact of which every year of our development convinces us.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The New Theory&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Before dealing with this in detail, I should like to remind you of the following: Some of our comrades, before they created an entirely new theory, and in my opinion an entirely wrong one, based on a one-sided interpretation of Lenin's article on the cooperatives, held quite a different standpoint. In 1924 Comrade Stalin did not say the same as he does today. This was pointed out at the XIV Party Congress, but the passage quoted did not disappear on that account, but remains fully maintained even in 1926.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let us read:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Is it possible to attain the final victory of socialism in one single country without the joint efforts of the proletariats of several advanced countries? No, it is impossible. The exertions of a single country suffice to overthrow the bourgeoisie &#8211; this is shown by the history of our revolution. But for the final victory of socialism, for the organization of socialist production, the efforts of one single country, especially of such an agrarian country as Russia, are not sufficient &#8211; for this the efforts of the proletariats of several advanced countries are necessary. (The Principles of Leninism, April 1924.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This was written by Stalin in 1924, but the resolution quotes me only up to 1922. (Laughter) Yes, this is what was said in 1924: For the organization of socialist economy &#8211; not for protection against intervention, not as guarantee against the restoration of the capitalist order, no, no, but for &#8220;the organization of socialist production,&#8221; the efforts of one single country, especially such an agrarian country as Russia, do not suffice. Comrade Stalin has given up this standpoint. He has of course a right to do so.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In his book, Problems of Leninism, he says:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What are the defects of this formulation? They consist of the fact that it throws two different questions together: the question of the possibility of the establishment of socialism in one country, by its own unaided efforts &#8211; to which an affirmative reply must be given; and the question of whether a country in which the dictatorship of the proletariat has been established can be considered as completely secure against intervention, and consequently as completely secure against the restoration of the capitalist order, unless a victorious revolution has taken place in a number of other countries &#8211; to which a negative reply must be given. (Stalin, Problems of Leninism, page 44, 1926.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But if you will allow me to say so, we do not find these two questions confused with one another in the first passage quoted, dating from 1924. Here it is not a question of intervention, but solely of the impossibility of the complete organization of a completely socialized production by the unaided efforts of such a peasant country as Russia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And truly, comrades, can the whole question be reduced to one of intervention? Can we simply imagine that we are establishing socialism here in this house, while the enemies outside in the street are throwing stones through the window panes? The matter is not so simple. Intervention is war, and war is a continuation of politics, but with other weapons. But politics are applied economics. Hence the whole question is one of the economic relations between the Soviet Union and the capitalist countries. These relations are not exhausted in that one form known as intervention. They possess a much more continuous and profound character. Comrade Bucharin has stated in so many words that the sole danger of intervention consists of the fact that in the event that no intervention comes:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... we can work toward socialism even on this wretched technical basis (we can work toward it, that is true. &#8211; L.T.), that this growth of socialism will be much slower, that we shall move forward at a snail's pace; but all the same we shall work toward socialism, and we shall realize it. (At the XIV Party Congress)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;That we are working toward socialism is true. That we shall realize it hand in hand with the world proletariat is incontestable. (Laughter) In my opinion it is out of place at a communist conference to laugh when the realization of socialism hand in hand with the international proletariat is spoken of. (Laughter. Voices: &#8220;No demagogy!&#8221; &#8220;You cannot catch us with that!!&#8221;) But I tell you that we shall never realize socialism at a snail's pace, for the world's markets keep too sharp a control over us. (A voice: &#8220;You are quite alarmed!&#8221;) How does Comrade Bucharin imagine this realization? In his last article in The Bolshevik, which I must say is the most scholastic work which has ever issued from Bucharin's pen (laughter), he says:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The question is whether we can work toward socialism, and establish it, if we abstract this from the international questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Just listen to this: &#8220;If we can work toward socialism, and establish it, if we abstract this question from the international questions.&#8221; If we accomplish this &#8220;abstraction,&#8221; then of course the rest is easy. But we cannot. That is the whole point. (Laughter)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is possible to walk naked in the streets of Moscow in January, if we can abstract ourselves from the weather and the police. (Laughter) But I am afraid that this abstraction would fail, both with respect to weather and to police, were we to make the attempt. (Laughter)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1926/11/answer2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1926/11/answer2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;We repeat once more: it is a question of internal forces and not of the dangers connected with abroad. It is therefore a question of the character of the revolution. (Bucharin, No. 19/20 of The Bolshevik)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The character of our revolution, independent of international relations I Since when has this self-sufficing character of our revolution existed? I maintain that our revolution, as we know it, would not exist at all but for two international prerequisites: firstly, the factor of financial capital, which, in its greed, has fertilized our economic development, and secondly, Marxism, the theoretical quintessence of the international labor movement, which has fertilized our proletarian struggle. This means that the revolution was being prepared, before 1917, at those cross-roads where the great forces of the world encounter one another. Out of this clash of forces arose the great war, and out of this the October Revolution. And now we are told to abstract ourselves from the international situation and to construct our socialism at home for ourselves. That is a metaphysical method of thought. There is no possibility of abstraction from world economics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is export? An internal or an international affair? The goods to be exported must be produced at home, thus it is an internal matter. But they must be exported abroad, hence it is an international transaction. And what is import? Import is international! The goods have to be purchased abroad. But they have to be brought into the country, so it is a home affair after all. (Laughter) This example of import and export alone suffices to cause the collapse of Comrade Bucharin's whole theory, which proposes an &#8220;abstraction&#8221; from the international situation. The success of socialist construction depends on the speed of economic development, and this speed is now being determined directly and more sharply than ever by the imports of raw materials and machinery. To be sure, we can abstract ourselves from the shortage of foreign securities, and order more cotton and machines But we can only do that once. A second time we shall not be able to accomplish this abstraction. (Laughter) The whole of our constructive work is determined by international conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If I am asked whether our state is proletarian, I can only reply that the question is out of place. If you do not wish to form your judgment on two or three words picked at random from an uncorrected stenographic report, but on what I have said and written in dozens of speeches and articles &#8211; and this is the only way in which we should form a judgment on one another's views &#8211; if we do not wish to trip one another up with an uncorrected sentence, but seek to understand one another's real opinions, then you must admit without hesitation that I join with you in regarding our state as a proletarian state. I have already replied by several quotations to the question of whether this state is building up socialism. If you ask whether there are in this country sufficient forces and means to carry out completely the establishment of socialism within thirty or fifty years, quite independent of what is going on in the world outside, then I must answer that the question is put in an entirely wrong form. We have at our disposal adequate forces for the furtherance of the work of socialization, and thereby also to aid the international revolutionary proletariat, which has no less prospect of gaining power in ten, twenty or thirty years, than we have of establishing socialism; in no way less prospect, but much greater prospect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I ask you, comrades &#8211; and this is the axis upon which the whole question turns &#8211; what will be going on in Europe while we are working at our socialization? You reply: We shall establish socialism in our country, independent of what is going on all over the world. Good.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;How much time shall we require for the establishment of socialism? Lenin was of the opinion that we shall not have established socialism in twenty years, since our agrarian country is so backward. And in thirty years we shall not have established it either. Let us take thirty to fifty years as a minimum. What will be happening in Europe during all this time? I cannot make a prognosis for our country without including a prognosis for Europe. There may be some variations. If you say that the European proletariat will certainly have come into power within the next thirty to fifty years, then there is no longer any question in the matter. For if the European proletariat captures power in the next ten, twenty or thirty years, then the position of socialism is secured, both in our country and internationally. But you are probably of the opinion that we must assume a future in which the European proletariat does not come into power? Otherwise why your whole prognosis? Therefore, I ask what you suppose will be happening in Europe in this time? From the purely theoretical standpoint, three variations are possible. Europe will either vacillate around about the pre-war level, as at present, the proletariat and the bourgeoisie balancing to and fro and just maintaining an equilibrium. We must however designate this &#8220;equilibrium&#8221; as inconstant, for it is extremely so. This situation cannot last for twenty, thirty or forty years. It must be decided one way or the other.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Do you believe that capitalism will find a renewed dynamical equilibrium? Do you believe that capitalism can secure a fresh period of ascendancy, a new and extended reproduction of that process which took place before the imperialist war? If you believe that this is possible (I myself do not believe that capitalism has any such prospect before it), if you permit it even theoretically for one moment, this would mean that capitalism has not yet fulfilled its historical mission in Europe and the rest of the world, and that present-day capitalism is not an imperialist and decaying capitalism, but a capitalism still on the upgrade, developing economics and culture. And this would mean that we have appeared too early on the scene.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chairman: Comrade Trotsky has more than exceeded the time allotted him. He has been speaking for more than one and a half hours. He asks for a further five minutes. I shall take your vote. Who is in favor? Who is against? Does anybody demand that a fresh vote be taken?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comrade Trotsky: I ask for a fresh vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chairman: Who is in favor of Comrade Trotsky's being given five minutes more? Who is against? The majority is against.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comrade Trotsky: I wished to utilize these five minutes for a brief summary of conclusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chairman: I shall take the vote again. Who is in favor of Comrade Trotsky's time being extended by five minutes? Those in favor hold up their delegate's tickets. Who is against? The majority is in favor. It is better to prolong the time than to count votes for five minutes. Comrade Trotsky will continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comrade Trotsky: If it is assumed that during the next thirty to fifty years which we require for the establishment of socialism, European capitalism will be developing upward, then we must come to the conclusion that we shall certainly be strangled or crushed, for ascending capitalism will certainly possess, besides everything else, correspondingly improved technics of war. We are, moreover, aware that a capitalism with a rapidly rising prosperity is well able to draw the masses into war, aided by the labor aristocracy which it is able to create. These gloomy prospects are, in my opinion, impossible of fulfillment; the international economic situation offers no basis. In any case we have no need to base the future of socialism in our country on this supposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There remains the second possibility of a declining and decaying capitalism. And this is precisely the basis upon which the European proletariat is learning, slowly but surely, the art of making revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Is it possible to imagine that European capitalism will continue a process of decay for thirty to fifty years, and the proletariat will meanwhile remain incapable of accomplishing revolution? I ask why I should accept this assumption, which can only be designated as the assumption of an unfounded and most profound pessimism with respect to the European proletariat, and at the same time of an uncritical optimism with respect to the establishment of socialism by the unaided forces of our country? In what way can it be the theoretical or political, duty of a communist to accept the premise that the European proletariat will not have seized power within the next forty to fifty years? (Should it seize power, then the point of dispute vanishes.) I maintain that I see no theoretical or political reason for believing that we shall build up socialism with the cooperation of the peasantry more easily than the proletariat of Europe will seize power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No. The European proletariat has the greater chances. And if this is the case, then I ask you: Why are these two elements opposed to one another, instead of being combined like the &#8220;two conditions&#8221; of Lenin? Why is the theoretical recognition of the establishment of socialism in one country demanded? What gave rise to this standpoint? Why was this question never brought forward by anyone before 1925? (A voice: &#8220;It was!&#8221;) That is not the case, it was never brought forward. Even Comrade Stalin wrote in 1924 that the efforts of an agrarian country were insufficient for the establishment of socialism. I am today still firm in my belief that the victory of socialism in our country is only possible in conjunction with the victorious revolution of the European proletariat. This does not mean that we are not working toward the socialist state of society, or that we should not continue this work with all possible energy. Just as the German worker is preparing to seize power, we are preparing the socialism of the future, and every success which we can record facilitates the struggle of the German proletariat, just as its struggle facilitates our socialist progress. This is the sole true international view to be taken of our work for the realization of the socialist state of society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In conclusion I repeat the words which I spoke at the Plenum of the CC: Did we not believe that our state is a proletarian state, though with bureaucratic deformations, that is, a state which should be brought into much closer contact with the working class, despite many wrong bureaucratic opinions to the contrary; did we not believe that our development is socialist; did we not believe that our country possesses adequate means for the furtherance of socialist economics; were we not convinced of our complete and final victory: then, it need not be said, our place would not be in the ranks of a Communist Party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Opposition can and must be estimated by these two criteria: it can accept the one line or the other. Those who believe that our state is not a proletarian state, and that our development is not socialist, must lead the proletariat against such a state and must found another party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But those who believe that our state is a proletarian state, but with bureaucratic deformations formed under the pressure of the petty bourgeois elements and the capitalist encirclement; who believe that our development is socialist, but that our economic policy does not sufficiently secure the necessary redistribution of national income; these must combat with party methods and party means that which they hold to be wrong, mistaken or dangerous, but must share at the same time the full responsibility for the whole policy of the party and of the workers' state. (The chairman rings.) I am almost finished. A minute and a half more.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is incontestable that the inner party contentions have been characterized of late by extreme acuteness of form, and by the fractional attitude. It is incontestable that this fractional aggravation of the contention on the part of the Opposition &#8211; no matter by what premises it was called forth &#8211; could be taken, and has been taken by a wide section of the party members, to mean that the differences of opinion had reached a point rendering joint work impossible, that is, that they could lead to a split. This means an obvious discrepancy between the means and the aims, that is, between those aims for which the Opposition has been anxious to fight, and the means which it has employed for one reason or another. It is for that reason we have recognized this means &#8211; the fraction &#8211; as being faulty,and not for any reason arising out of present consideration. (A voice: &#8220;Your forces were inadequate; you have been defeated!&#8221;) We recognize this in consideration of the whole inner party situation. The aim and object of the declaration of October 16 was to defend the views which we hold, but to do this under the observance of the confines set by our joint work and our solidarity of responsibility for the whole policy of the party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comrades, what is the objective danger involved in the resolution on the social democratic deviation? The danger lies in the fact that it attributes to us views which would necessarily lead, not merely to a fractional policy, but to a policy of two parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This resolution has the objective tendency of transforming both the declaration of October 16 and the communiqu&#233; of the CC into fragments of paper that with satisfaction ... (A voice: &#8220;Is that a threat?&#8221;) No, comrades, that is no threat. It is my last thought to utter any threat. (A voice: &#8220;Why raise that again?&#8221;) You will hear in a moment. Only a few words more.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In our opinion the acceptance of this resolution will be detrimental, but in so far as I can judge of the attitude of the so-called Opposition, especially of the leading comrades, the acceptance of this resolution will not cause us to depart from the line of the declaration of October 16. We do not accept the views forced upon us. We have no intention of artificially enlarging the differences, or of aggravating them and of thus preparing for a relapse into the fractional struggle. On the contrary, each one of us, without seeking to minimize the existing difference of opinion, will exert every endeavor to adapt these differences within the confines of our continued work and our joint responsibility for the policy of the party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1926/11/answer3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1926/11/answer3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;December 1928&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To the Central Committee of the Communist Party of the Soviet Union!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To the Executive Committee of the Communist International!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Today, December 16th, the representative of the Council of the G.P.U. Volinsky transmitted the following ultimatum to me orally:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The work of your own colleagues in the country&#8221; &#8211; he declared almost literally &#8211; &#8220;has lately assumed an open counter-revolutionary character. The conditions under which you live in Alma Alta give you full possibilities to direct this work. On this ground the Council of the G.P.U. has decided to demand of you the categorical promise to discontinue this work, or else the Council will be obliged to change your conditions of existence in the sense of a complete isolation from political life. In connection with this the question of changing your place of residence is also raised.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I declared to the representative of the G.P.U. that I would only give him a written answer to a written formulation. My refusal to give an oral reply to the G.P.U. was called forth by experiences of previous times; my words would be maliciously distorted in order to mislead the working masses of the U.S.S.R. and the whole world.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nevertheless, irrespective of the further steps to be undertaken by the G.P.U., which after all plays no independent role in this matter but only carries out technically the old decision of the narrow Stalin faction which I have known for some time, I consider it necessary to submit the following to the Central Committee of the Communist Party of the Soviet Union and the Executive Committee of the Comintern:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To demand that I renounce my political activity is to demand that I abjure the struggle for the interests of the international proletariat, a struggle 1 have been conducting without interruption for thirty-two years, that is, during my whole conscious life. The attempt to represent this activity of mine as &#8220;counter-revolutionary&#8221; emanates from those whom I accuse before the international proletariat of trampling under foot the basic teachings of Marx and Lenin, of injuring the historical interests of the world revolution, of breaking with the traditions and the heritage of the October, of the unconscious &#8211; and therefore the more dangerous &#8211; preparation for the Thermidor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To renounce political activity would mean to give up the struggle against the blindness of the present leadership which heaps upon the objective difficulties of socialist construction ever greater political difficulties that arise out of the opportunist incapacity to conduct a proletarian policy on A large historical scale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It would mean the renunciation of the struggle against the stifling regime in the Party which reflects the growing pressure of the enemy classes upon the proletarian vanguard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It would mean to be passively reconciled to the economic policy of opportunism, a policy which undermines and destroys the foundations of the proletarian dictatorship, which hampers the material and cultural growth of this dictatorship and at the same time deals heavy blows at the alliance of the workers and the working peasants, the basis of the Soviet power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The renunciation of political activity would mean to cover with silence the disastrous policy of the International leadership which, in Germany, 1923, led to the surrender of great revolutionary positions without a struggle; a policy which attempted to cover up its opportunistic mistakes with the adventures in Esthonia and Bulgaria; which falsely estimated the international situation at the Fifth Congress and gave the Parties directives which only weakened and split them, a policy which, through the Anglo-Russian Committee, supported the British General Council, the bulwark of imperialist reaction, in the most difficult months for the traitorous reformists; which in Poland, at the sharp internal turning point, transformed the vanguard of the proletariat into a rearguard of Pilsudski; which in China carried out to the end the historical line of Menshevism and thereby helped the bourgeoisie to demolish, to bleed and to behead the revolutionary proletariat; which weakened the Comintern everywhere and squandered its ideological capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To cease political activity would mean to submit passively to the blunting and the direct falsification of our most important weapon: the Marxist method, and the strategical lessons we acquired in struggle under the leadership of Lenin and with the aid of this method.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It would mean to be reconciled passively &#8211; by bearing the responsibility for them &#8211; to the theory of the Kulak's growing into Socialism, to the myth about the revolutionary mission of the colonial bourgeoisie, to the slogan of the &#8220;combined workers' and peasants' parties&#8221; for the East, a slogan which breaks with the foundations of class theory, and finally to that which is the crowning point of all these reactionary fables and many others, the theory of socialism in a single country, the greatest crime against revolutionary internationalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Leninist wing of the Party has endured blows since 1923, that is, since the unprecedented defeat of the German revolution. The force of these blows has increased with every successive defeat of the international and the Russian proletariat as a result of the opportunist leadership.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Theoretical understanding and political experience teach us that a period of retreat, of retrogression, that is, of reaction, can take place not only after bourgeois revolutions, but also after proletarian revolutions. For six years we have lived in the U.S.S.R. under conditions of growing reaction against the October, and with it the clearing of the road for the Thermidor. The most open and consummate expression of this reaction within the Party is the wild persecution and the organised smashing of the Left wing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In its last attempts to resist the open Thermidorians, the Stalin faction had to borrow the &#8220;rubbish&#8221; and the &#8220;remnants&#8221; of the ideas of the Opposition. Creatively, it is impotent. The struggle against the Left deprives it of all firmness. Its practical policy is unbalanced, false, contradictory and unworthy of confidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The campaign against the Right Danger, undertaken with such clamor, remains three-quarters only a sham campaign and serves above all to coyer up the real war of annihilation against the Bolshevik-Leninists before the masses. The world bourgeoisie and international menshevism. have both blessed this war: these judges have long ago awarded the &#8220;historical right&#8221; to Stalin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If this blind, cowardly, incompetent policy of adaptation to the bureaucracy and the petty bourgeoisie had not been followed, the situation of the working masses in the twelfth year of the dictatorship would be far more favorable; the military defense far firmer and more trustworthy; the Comintern would be in quite a different position and would not have to retreat step by step before the traitorous and bribed social democracy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The incurable weakness of this apparatus reaction in the Party, despite all its apparent power, lies in the fact that it does not know what it is doing. It is carrying out the command of the enemy classes. There can be no greater historical curse for a faction that arose out of the Revolution and is now undermining it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The great historical strength of the Opposition, despite its momentary weakness, lies in the fact that it feels the pulse of world historical processes, that it clearly perceives the dynamics of class forces, that it foresees the future and prepares for it consciously. Te renounce political activity would be to renounce the preparations for the coming day.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The threat to change my conditions of existence and to isolate me from political activity sounds as though I am not separated by 2,500 miles from Moscow and by 150 miles from the nearest railroad and by approximately the same distance from the border of the desolate Western provinces of China, where the fiercest malaria shares its dominion with leprosy and pestilence. As though the Stalin faction, whose direct organ is the G.P.U., had not done everything in its power to isolate me not only from political life, but from any other form of life as well. The Moscow newspapers arrive here only after a delay of ten days to a month, sometimes more. Letters get to me only in exceptional cases, after they have lain around for two or three months in the drawers of the G.P.U. and the Secretariat of the Central Committee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Two of my closest co-workers since the civil war, comrades Sermouks and Fosnansky, who accompanied me voluntarily to my place of exile, were arrested immediately upon their arrival, thrown into a cellar with common criminals, and then sent away to the remotest corners of the North. A letter from my hopelessly sick daughter, whom you expelled from the Party and kept from all work, took seventy-three days to get to me from the hospital, so that my answer found her no longer alive. Another letter on the serious illness of my second daughter, whom you also expelled from the Party and drove from all work, I received a month ago from Moscow, forty-three days after it was mailed. Telegraphic inquiries about health hardly ever reach their destination. In a similar or far worse position are thousands of the best Bolshevik-Leninists, whose services to the October revolution and to the international proletariat are infinitely greater than the services of those who exiled or imprisoned them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In preparing still more cruel repressions against the Opposition, true narrow faction of Stalin, whom Lenin characterised in his Testament as rude and disloyal, (at a time when these characteristics had not yet reached a one-hundredth part of their present development), is attempting with the help of the G.P.U. to lay at the door of the Opposition some kind of &#8220;connection&#8221; with the enemies of the dictatorship. Among themselves the present leaders say: &#8220;We have to do this for the masses.&#8221; And very often even more cynically: &#8220;That is for the simpletons.&#8221; My close co-worker, Georgi Vassilievitch Butov, secretary of the Revolutionary War Council during all the years of the civil war, was arrested and detained under unheard of conditions. From this upright and modest man and irreproachable Party comrade they tried to extort confirmation of their consciously concocted and false accusations in the Thermidorian spirit. Butov answered with his heroic hunger strike which lasted fifty days and brought on his death in prison in September of this year. Violence, blows, torture &#8211; physical and moral &#8211; are applied to the best worker-Bolsheviks for their loyalty to the October.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These are the general conditions which according to the Council of the G.P.U. &#8220;offer no obstacle at all&#8221; to the political activity of the Opposition in general and of myself in particular.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The miserable threat to change these conditions in the sense of a stricter isolation simply signifies that the Stalin faction has decided to replace exile by imprisonment. This decision, as is mentioned above, is nothing new to me. Already adopted as a perspective in 1924, this decision has been gradually converted into deed over a series of stages, in order to accustom the crushed and deceived Party in a roundabout manner to the methods of Stalin, whose rule disloyalty has today matured to the most venomous bureaucratic dishonesty.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the Declaration to the Sixth Congress of the Comintern, where we refuted the slanders which besmirch only their authors, we made known our unshakable readiness to fight within the framework of the Party with all the methods of Party democracy for the ideas of Marx and Lenin without which the Party suffocates, petrifies and crumbles. Once more we made known our unflinching readiness to help the proletarian kernel of the Party with word and deed to change the political course, to restore the health of the Party and the Soviet power with united forces &#8211; without convulsions or catastrophes. We will stand firm by these words. To the accusation of factional work we answered that it can be liquidated immediately only when Article 58 [1] perfidiously applies to us, is recalled and we are taken back into the Party again, not as repentant sinners but as revolutionary fighters who are not betraying their banner. As though we had foreseen the ultimatum presented to us today, we wrote literally in the Declaration:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Only a bureaucracy corrupted to its roots can demand this renunciation (from political activity, that is, from service to the Party and the international proletariat). Only contemptible renegades can give such a promise.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I can change nothing in these words. I submit them again to the Central Committee of the Communist Party of the Soviet Union and the Executive Committee of the Comintern which bear the full responsibility for the work of the G.P.U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Each to his own part! You want to continue to carry out the promptings of the class forces hostile to the proletariat. We know our duty. We will carry it out to the end.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.D. TROTSKY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;December 16, 1928, Alma Alta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1928/12/reply.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1928/12/reply.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1933&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the past year a new bit of gossip emanating from Moscow was put into circulation Lenin declared Trotsky to be a &#8220;Judas.&#8221; When? Where? Why? At first, the European Stalinists were a little disturbed about telling this filthy rot to the face of the advanced workers. But when the defeat of the German proletariat entered another crime, the most terrible of all, into the inventory of the exploits of the Staliinst bureaucracy, they had to take recourse in very stiff measures. They now began to circulate the gossip about a &#8220;Judas&#8221; with increasing frequency.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is it based upon? Two years before the war, in one of the moments of the accentuation of the emigrant struggle, Lenin angrily called Trotsky a &#8220;yudushka&#8221; in a note which he wrote. Whoever is even slightly acquainted with Russian literature knows that &#8220;Yudushka&#8221; (Golovlev) is a literary type, the hero of the Russian satirist Saltykov-Shtshedrin. In the emigrant struggle of those days one could find in almost every polemical article &#8220;digs&#8221; borrowed from Saltykov. In the case before us, it was not even an article, but a note written in a moment of anger. At all events, Yudushka Golovlev has no relation at all to the Judas of the Evangels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In connection with the unavoidable exaggerations in the polemical letters of Lenin, Stalin taking up the defense of the attitudes of Zinoviev-Kamenev in October 1917, wrote in 1924:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Lenin sometimes deliberately runs ahead in his letters, pushes into the foreground such possible mistakes as may be made, and criticizes them in advance with the aim of warning the party and insuring it against mistakes, or else he sometimes puffs up trifles and makes &#8216;an elephant out of a gnat' towards the same pedagogical aim ... To draw from such letters of Lenin (and there are not a few of such letters by him) a conclusion about &#8216;tragic' differences of opinion, and to make a big to-do about it, means not to understand Lenin's letters, not to know Lenin.&#8221; (Trotskyism or Leninism? &#8211; 1924)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These deductions of Stalin, which stand up very badly as a justification for the conduct of Zinoviev-Kamenev in October 1917 &#8211; it was not a question of a &#8220;trifle&#8221;' at that time, nor a &#8220;gnat&#8221; &#8211; can nevertheless be completely applied to that third-rate episode which produced Lenin's note from exile on Yudushka Golovlev.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;That Lenin had violent encounters with Trotsky in the years of emigration, is known to everyone. But all that was a number of years before the October revolution, the civil war, the upbuilding of the Soviet state and the founding of the Communist International. The true relations between Lenin and Trotsky are, it would appear, set down in later and more authoritative documents than that of a note resulting from a conflict in the emigration. What do the professional calumniators want to say when they throw the comparison with &#8220;Judas&#8221; into the debate: that Lenin did not trust Trotsky politically? Or that he did not trust him morally? Out of hundreds of utterances of Lenin, we cite two or three.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On November 1, 1917, Lenin said at a session of the Petrograd party committee:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;I cannot even speak seriously about it. Trotsky has long said that the unification (with the Mensheviks) is impossible. Trotsky has grasped this and since then there has not been a better Bolshevik.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the days of the civil war, when Trotsky by himself had to make decisions of extraordinary scope, Lenin, on his own initiative, handed him a blank sheet of paper with the following inscription at the bottom:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Comrades! I know the rigorous character of the orders of comrade Trotsky, but I am so convinced, convinced to such an absolute degree of the correctness, the expediency and the necessity of the order issued by comrade Trotsky in the interest of the cause, that I completely support the order &#8211; V. Ulianov-Lenin&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If the first of the two declarations cited above gives a clear enough political evaluation, the second one reveals the degree of moral confidence. It is hardly necessary to quote the dozens of citations from the articles and speeches of Lenin where he expresses his attitude toward Trotsky, or to reproduce here once more the correspondence of Lenin-Trotsky on the national question or on the question of the foreign trade monopoly. We will confine ourselves only to recalling that letter which N.K. Krupskaia, Lenin's companion for so many years, addressed to Trotsky a few days after Lenin's death:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Dear Lev Davidovitch: I am writing to tell you how Vladmir Illitch, about a month before his death, stopped, in reading through your book, at the passage where you gave a characterization of Marx and Lenin, and he asked me to read the passage to him, how attentively he listened and then how he himself read it over again. And there is another thing I want to tell you: the feelings which Lenin conceived for you when you came to us in London from Siberia, had not change to his dying day. I wish you, Lev Davidovitch, strength and health, and I embrace you warmly. &#8211; N. Krupskaia&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The overzealous agents of Stalin would have acted more prudently had they not raised the question of moral confidence. Already ill, Lenin urged Trotsky not to come to an agreement with Stalin: &#8220;Stalin will make a rotten compromise and then he will deceive.&#8221; In his Testament, Lenin urged the removal of Stalin from his post as general secretary, giving as his motivation the disloyalty of Stalin. Finally, the last document dictated by Lenin the day before his second attack, was his letter to Stalin in which he broke off &#8220;all personal and comradely relations&#8221; with him.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Will this perhaps suffice, Messrs. Calumniators?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1933/xx/falsify.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1933/xx/falsify.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1935&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conditions now permit us to elucidate briefly the latest episodes of the investigation relating to the assassination of Kirov as well as the amalgams (or more exactly, series of amalgams) interwoven with, this affair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. The mysterious consul has now turned out to be a Latvian consul: our supposition that a petty consul of a tiny nation would be chosen for the amalgam has been fully confirmed. However, it become necessary to name the consul. &#8211; obviously because of diplomatic pressure &#8211; and this necessity threatened to blast the amalgam: for, who would believe that a consul of Latvia is the organizer of world intervention against the U.S.S.R. A new version had to be found: the Latvian consul was, as a matter of fact, the agent of Hitler. Quite possible. But, how then to connect Trotsky with Hitler? Stalin did not even attempt to provide an explanation. He left his hirelings abroad to extricate themselves as best they could. But the hirelings are incapable of giving more than nature has endowed them with.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Why Was Zinoviev Arrested?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. The Zinoviev group was arrested in connection with the Kirov assassination. Yet the indictment does not so much as let out a peep concerning a single one of the Zinovievists arrested in Moscow. But why then are they arrested? The foreign lackeys now besmirch Zinoviev with mud as shamelessly as in 1928-25 they crawled on their bellies before him.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. What charge, politically, may be brought against Zinoviev, Kamenev and their friends? Their capitulation. By this act of political cowardice, they drove the revolutionary youth into a blind alley. The youth has been left without perspectives. At the same time, under the ponderous lid of bureaucratism the youth is not permitted to think, live, or breathe. Under precisely such conditions are terrorist moods bred. Only the growth of genuine Bolshevism, on a world scale, can instil new hopes into the Soviet revolutionary youth and safeguard it from taking the road of despair and adventurism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1926 Platform of Russian Opposition Cited&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. The gap between the terrorist group and Zinoviev and his friends was to be bridged by the &#8220;platform of the Left Opposition&#8221; of the year 1926. Citing one of the accused, who obviously mouths the formula of the G.P.U. examining magistrate, the indictment proclaims the &#8220;ideological&#8221; succession from the &#8220;new opposition&#8221; of 1926 (the Zinoviev faction) to the Nicolaiev group. But how to link this up with the consul, intervention and the terrorist act?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The &#8220;platform&#8221; of 1926 has been published in every language. The attitude towards the U.S.S.R. was there set forth with exhaustive clarity. The lackeys, it is true, do not have to bother pondering over this. But class conscious workers, even at this date, can profit, much by acquainting themselves with the 1926 document. Upon acquainting themselves with it, they will draw the specific conclusion that while the bureaucracy did appropriate the most progressive measures from the program it had vilified, the Leningrad terrorists could never derive from this Marxist document any justification for senseless adventurism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. There is a specific historical stench to this attempt at connecting the Left Opposition with the idea of intervention. In 1917, Miliukov, Kerensky and Co. accused Lenin, Trotsky and other Bolsheviks of being agents of the German General staff, and serving the interventionist plans of the Hohenzollern. In its time, this moronic calumny made a tour of the entire world. Stalin has been unable to think up a single new word. He slavishly repeats the hoary calumny about the leaders of Bolshevism. He is only the pupil of Miliukov and Kerensky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. When, in March 1917, I was arrested by the British naval authorities and incarcerated in a concentration camp in Canada, Lenin wrote in Pravda (No. 34, April 1917):&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Can one for a moment believe in the veracity of the dispatch which the British government: has received, and which purports that TROTSKY, the former chairman of the Petersburg Soviet of Workers' Deputies, in 1905, a revolutionist, who has unselfishly devoted himself for decades to the service of the revolution &#8211; that this man is involved in a plan subsidized by the German government? This is indeed a deliberate, and unheard-of, and unconscionable vilification of a revolutionist!&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These words were written before I joined with Lenin, prior to my election as chairman of the Bolshevik Soviet in 1917, prior to the October revolution, the civil war, the creation of the Third International, and the founding of the Soviet state. Today, after a lapse of eighteen years no agents of British counter-espionage, but Stalinists are repeating this very same &#8220;deliberate, and unheard-of, and unconscionable vilification of a revolutionist!&#8221; This simple juxtaposition reveals best of all the poison of lies, vilification and fraud which the Stalinist bureaucracy is pouring into the world working class movement!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;We Do Not Believe the Indictment&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. The fourteen who were accused in connection with the Kirov assassination were all shot. Did they all participate in the terrorist act? The indictment answers this question in the affirmative, but does not adduce even the semblance of proof. We do not believe the indictment. We have seen with what brazen and cowardly tendenciousness it has injected the name of Trotsky into its text; and how deliberately it passes in silence over what happened to the consul's provocation regarding the &#8220;letter&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is much easier to implicate in the affair a dozen or so Leningrad Y.C.L.ers than to implicate Trotsky. Who are these Y.C.L.ers? We do not know. There is not much difficulty in executing unknown Y.C.L. ers. Among the number there must have also been G.P.U. agents: the very ones who had arranged to bring Nicolaiev together with the &#8220;consul&#8221; and who had prepared the amalgam, but who, at the last moment, proved negligent, and allowed Nicolaiev to fire the fatal shot. The physical elimination of these agents became necessary in order to remove embarrassing participants in and witnesses of the amalgam. But among those shot there may also have been Y.C.L.ers who were simply critically minded. The task of the amalgam was: to terrorize completely the youth, which was thirsting for independence, by showing it that the slightest doubt about the divine blessings which flow from Stalin, or about the immaculate conception of Kaganovich would meet, hereafter, with the same penalty as terrorist acts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. The foreign agents of the G.P.U., who often pass themselves off for friends of the U.S.S.R., and who compromise the real friends of the U.S.S.R., accuse everyone of being in sympathy with (!) the terrorists, who has a critical attitude towards the repressions which have taken place. A revolutionist, can feel nothing but contempt for these toadying methods. It is indubitable that the enemies and stealthy opponents of the October revolution utilize to the utmost, for their own aims, the confused and contradictory statements, as well as the summary measures of repression. But this circumstance should not at all impel us to blind ourselves to the dual role of the Soviet bureaucracy, which, on the one hand, guards (in its own fashion) the conquests of the October revolution against the class enemies; and which, on the other hand, tigerishly defends its own economic and political privileges against criticisms and protests by the advanced workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G.P.U. Is Tool of Bureaucracy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As a tool of the bureaucracy, the G.P.U. directs the weapon of terror both against, the counter-revolutionists, who threaten the workers' state, and against the Y.C.L.ers who are dissatisfied with the absolutism of the uncontrolled bureaucracy. Identifying itself with the workers' state &#8211; in accordance with the ancient formula, &#8220;I am the state!&#8221; &#8211; the bureaucratic upper crust portrays the terror against the party and the Y.C.L. as terror against the counter-revolution. This is the very goal that the venomous amalgams are intended to achieve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. What is here involved is not so much the struggle of the Soviet bureaucracy against Trotsky and the &#8220;Trotskyists&#8221;; but the question of the moral atmosphere of the world working class movement. The vile amalgam constructed around the &#8220;consul&#8221; who, apparently, was in the simultaneous employ of three governments, stands today as one of a number of ordinary and normal measures utilized by the Stalinist bureaucracy in the struggle for its caste positions. In 1921, warning his most intimate comrades against electing Stalin as general secretary, Lenin said, &#8220;This cook will prepare only peppery dishes.&#8221; At that time there could, of course, be no reference as yet to the poisoned dishes of the amalgams. To whom are they being offered today? To the workers. The Stalinists are systematically poisoning the world proletarian vanguard with lies. Can the interests of the workers' state possibly demand this? Never! But this is demanded by the rapacious interests of the uncontrolled bureaucracy, which seeks to guard at all costs its prestige, its power, and its privileges, by means of terror against everyone in the ranks of the proletariat who thinks and criticizes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Real Devotion to Soviet Union Means Struggle Against Bureaucracy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. However passionate may be one's devotion to the Soviet Union, it must not be blind; or else it is worthless. The development of the workers' state proceeds through contradictions, internal and external. The forms and the methods of the workers' state have already changed several times, and they will continue to change in the future. The bureaucratic stage, for which there were objective causes, is exhausted.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The absolutism of the bureaucracy has become the greatest brake upon the further cultural and economic growth of the Soviets. The lackeys of the bureaucracy who deify its regime play a reactionary role. The Marxists &#8211; revolutionists set as their task to free the world proletarian vanguard from the fatal influence of the uncontrolled bureaucratic clique, in order subsequently to aid the workers in the U.S.S.R. to regenerate the party and the Soviets, not by means of terrorist adventures which are doomed beforehand, but by means of the class conscious mass movement against bureaucratic absolutism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1935/01/amalgam.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1935/01/amalgam.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Read also&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Stalin School of Falsification, 1937&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1937/ssf/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1937/ssf/index.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalin on His Own Frame-Ups, 1937&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1937/10/stalin1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1937/10/stalin1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1937/10/stalin2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1937/10/stalin2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;moires d'un r&#233;volutionnaire de Victor Serge</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6482</link>
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		<dc:date>2023-06-20T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>1917-1919</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>1927</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Victor Serge</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;M&#233;moires d'un r&#233;volutionnaire, de Victor Serge &lt;br class='autobr' /&gt;
En fran&#231;ais : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://funambule.org/lectures/anarchisme/Victor%20Serge/Memoires%20d%27un%20revolutionnaire%20-%20(Victor%20Serge).pdf &lt;br class='autobr' /&gt;
En espagnol : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.traficantes.net/sites/default/files/pdfs/his_23_memorias_web_baja.pdf &lt;br class='autobr' /&gt;
En anglais : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://palmermethode.files.wordpress.com/2018/07/webpage2.pdf &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire aussi en Italien &#171; De L&#233;nine &#224; Staline &#187; : (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique160" rel="directory"&gt;24- COMMENTAIRES DE LIVRES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;1917-1919&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;1927&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot108" rel="tag"&gt;Victor Serge&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;moires d'un r&#233;volutionnaire, de Victor Serge&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En fran&#231;ais :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://funambule.org/lectures/anarchisme/Victor%20Serge/Memoires%20d%27un%20revolutionnaire%20-%20(Victor%20Serge&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://funambule.org/lectures/anarchisme/Victor%20Serge/Memoires%20d%27un%20revolutionnaire%20-%20(Victor%20Serge&lt;/a&gt;).pdf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En espagnol :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.traficantes.net/sites/default/files/pdfs/his_23_memorias_web_baja.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.traficantes.net/sites/default/files/pdfs/his_23_memorias_web_baja.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En anglais :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://palmermethode.files.wordpress.com/2018/07/webpage2.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://palmermethode.files.wordpress.com/2018/07/webpage2.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi en Italien &#171; De L&#233;nine &#224; Staline &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/Da_Lenin_a_Stalin/o8PFDQAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=Memorie+di+un+rivoluzionario+victor+serge&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/Da_Lenin_a_Stalin/o8PFDQAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=Memorie+di+un+rivoluzionario+victor+serge&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En russe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://coollib.com/b/454692-viktor-serzh-ot-revolyutsii-k-totalitarizmu-vospominaniya-revolyutsionera/readp&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://coollib.com/b/454692-viktor-serzh-ot-revolyutsii-k-totalitarizmu-vospominaniya-revolyutsionera/readp&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5475&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5475&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire toujours :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot108&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot108&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire enfin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/serge/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/serge/index.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/lectures/7255&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/lectures/7255&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise en Autriche en 1929</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6953</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6953</guid>
		<dc:date>2023-05-25T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1927</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Autriche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire ensuite : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4809 &lt;br class='autobr' /&gt; 1929 &lt;br class='autobr' /&gt;
Crise autrichienne et communisme &lt;br class='autobr' /&gt; La crise autrichienne est une manifestation particuli&#232;re de la crise de la d&#233;mocratie en tant que forme principale de la domination bourgeoise. La trop forte tension de la lutte internationale et de la lutte de classe provoque un court-circuit de la dictature, faisant sauter l'un apr&#232;s l'autre les fusibles de la d&#233;mocratie. Le processus a commenc&#233; &#224; la p&#233;riph&#233;rie de l'Europe, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;1927&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot270" rel="tag"&gt;Autriche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lire ensuite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4809&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4809&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1929&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Crise autrichienne et communisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise autrichienne est une manifestation particuli&#232;re de la crise de la d&#233;mocratie en tant que forme principale de la domination bourgeoise. La trop forte tension de la lutte internationale et de la lutte de classe provoque un court-circuit de la dictature, faisant sauter l'un apr&#232;s l'autre les fusibles de la d&#233;mocratie. Le processus a commenc&#233; &#224; la p&#233;riph&#233;rie de l'Europe, dans les pays les plus arri&#233;r&#233;s, les maillons les plus faibles de la cha&#238;ne capitaliste. Mais il avance de fa&#231;on irr&#233;sistible. Ce qu'on appelle la crise du parlementarisme, c'est l'expression politique de tout le syst&#232;me de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. La d&#233;mocratie demeure ou tombe avec le capitalisme. En d&#233;fendant une d&#233;mocratie qui se survit, la social-d&#233;mocratie conduit le d&#233;veloppement social dans l'impasse du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me faiblesse de la bourgeoisie autrichienne apr&#232;s la guerre et la r&#233;volution et la d&#233;pendance &#233;conomique et politique de l'Autriche qui en r&#233;sultait, ont &#233;t&#233; la source de force la plus importante pour la social-d&#233;mocratie autrichienne. En remplissant sa fonction de sauveur et en consolidant le r&#233;gime bourgeois, la social-d&#233;mocratie autrichienne a eu la possibilit&#233; de se dissocier dans sa propagande, tant de la bourgeoisie indig&#232;ne que de la bourgeoisie &#233;trang&#232;re (anglaise et am&#233;ricaine). Dans la premi&#232;re p&#233;riode de la stabilisation du r&#233;gime bourgeois apr&#232;s la r&#233;volution, la social-d&#233;mocratie &#233;tait l'agent direct du capital &#233;tranger. Cela lui a permis non seulement de rejeter la responsabilit&#233; de toutes les calamit&#233;s sur la bourgeoisie nationale mais aussi de prendre par rapport &#224; la bourgeoisie une position qui &#233;tait en apparence au moins plus ind&#233;pendante et plus critique que ce n'&#233;tait possible pour la social-d&#233;mocratie de tous les pays &#233;trangers sans en exclure l'Allemagne. Au fur et &#224; mesure que se consolidait le r&#233;gime bourgeois, la social-d&#233;mocratie pouvait plus fr&#233;quemment d&#233;noncer la bourgeoisie nationale qui se contentait d'ex&#233;cuter les ordres du capital anglo-saxon. En m&#234;me temps, elle avait pour les ouvriers un argument tout pr&#234;t en faveur de l'inviolabilit&#233; de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e : &#034;Naturellement, nous pourrions abattre notre propre bourgeoisie, mais ce n'est pas d'elle qu'il s'agit mais de la bourgeoisie am&#233;ricaine et anglaise&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis bourgeois d'Autriche ont d'autant plus ais&#233;ment perdu leurs traits distinctifs qu'ils &#233;taient oblig&#233;s d'&#234;tre suspendus aux l&#232;vres et &#224; chaque mot du ma&#238;tre anglo-saxon. La social-d&#233;mocratie joue le m&#234;me r&#244;le par essence, mais parce qu'elle se base sur les ouvriers, elle est forc&#233;e de prendre une attitude d'opposition &#224; l'&#233;gard des partis bourgeois. Et c'est seulement cette &#034;opposition&#034; qui lui permet r&#233;ellement de sauver la bourgeoisie. Nous avons vu des processus et ph&#233;nom&#232;nes semblables en Allemagne aussi. Ils ont beaucoup contribu&#233; &#224; l'auto-pr&#233;servation de la social-d&#233;mocratie allemande. Mais, du fait que la bourgeoisie allemande &#233;tait bien plus forte et bien plus ind&#233;pendante, la social-d&#233;mocratie allemande &#233;tait forc&#233;e d'&#234;tre plus franchement et nettement avec elle, de s'y adapter et de faire bloc avec elle, et de prendre une responsabilit&#233; directe pour elle devant les masses ouvri&#232;res. Cette situation a ouvert de grandes possibilit&#233;s de d&#233;veloppement au parti communiste allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Autriche est un petit corps avec une grosse t&#234;te. La capitale est aux mains de la social-d&#233;mocratie qui, cependant avait moins de la moiti&#233; des si&#232;ges au parlement national (43 %). Cet &#233;quilibre instable, qui n'est maintenu que gr&#226;ce &#224; la politique conservatrice-conciliatrice de la social-d&#233;mocratie, facilite grandement la position de l'austro-marxisme. Ce qu'elle fait dans le conseil municipal de Vienne suffit &#224; la distinguer des partis bourgeois aux yeux des ouvriers. Et ce qu'elle ne fait pas &#8211; c'est-&#224;-dire le plus important &#8211; elle peut toujours en rejeter la responsabilit&#233; sur les partis bourgeois. Pendant que l'austro-marxisme d&#233;nonce la bourgeoisie dans des articles et des discours, il utilise tr&#232;s adroitement, comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, la d&#233;pendance internationale de l'Autriche afin d'emp&#234;cher les ouvriers de se soulever contre l'ennemi de classe. &#034;A Vienne, nous sommes forts, mais dans le pays, nous sommes encore faibles. En outre, nous avons en face de nous, un ma&#238;tre. Nous devons conserver nos positions &#224; l'int&#233;rieur de la d&#233;mocratie et attendre&#034;. Telle est l'id&#233;e centrale de la politique austro-marxiste. Tout cela a permis jusqu'&#224; pr&#233;sent que les austro-marxistes jouent le r&#244;le d'aile &#034;gauche&#034; de la II&#232;me Internationale et conservent toutes leurs positions face au parti communiste qui, lui, continue de faire faute sur faute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La social-d&#233;mocratie autrichienne a aid&#233; l'Entente &#224; venir &#224; bout de la r&#233;volution hongroise, a aid&#233; sa propre bourgeoisie &#224; sortir de la crise d'apr&#232;s-guerre et a cr&#233;&#233; un asile d&#233;mocratique pour la petite propri&#233;t&#233; &#233;branl&#233;e et proche de l'effondrement. Ainsi, &#224; travers toute la p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre, elle a &#233;t&#233; le principal instrument de la domination de la bourgeoisie sur la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet instrument est une organisation ind&#233;pendante, avec une importante bureaucratie ind&#233;pendante et une aristocratie ouvri&#232;re qui a ses int&#233;r&#234;ts et ses revendications propres. Cette bureaucratie, chair de la chair de la petite bourgeoisie dans ses id&#233;es, ses mani&#232;res, sa fa&#231;on de vivre, se base n&#233;anmoins sur une classe ouvri&#232;re r&#233;elle, authentique et vit dans la crainte constante de son m&#233;contentement. Cette circonstance est la principale source de friction et de conflits entre la bourgeoisie et la social-d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire entre le patron et l'agent local, le commis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, ind&#233;pendamment de la fa&#231;on dont la social-d&#233;mocratie autrichienne a su enserrer la classe ouvri&#232;re dans son r&#233;seau serr&#233; d'institutions politiques, syndicales, municipales, culturelles et sportives, il est tout &#224; fait clair &#8211; et les journ&#233;es de juillet 1927 l'ont montr&#233; avec une particuli&#232;re clart&#233; &#8211; que ces m&#233;thodes pacifistes et r&#233;formistes seules ne peuvent pas donner &#224; la bourgeoisie les garanties n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pr&#233;c&#232;de explique les fonctions sociales du fascisme autrichien. C'est le second commis de la bourgeoisie distinct du premier et qui lui est tr&#232;s hostile. Les couches inf&#233;rieures de la social-d&#233;mocratie sont pouss&#233;es en avant par un instinct prol&#233;tarien, m&#234;me fauss&#233;. Les couches inf&#233;rieures du fascisme se nourrissent du d&#233;sespoir de la petite bourgeoisie et d'&#233;l&#233;ments d&#233;class&#233;s dont l'Autriche regorge. Les dirigeants de la social-d&#233;mocratie tiennent en &#233;chec l'instinct de classe du prol&#233;tariat par les mots d'ordre et institutions de la d&#233;mocratie. Les dirigeants du fascisme ouvrent un espoir &#224; la petite-bourgeoisie d&#233;cadente, lui offrant un espoir de salut par un coup d'Etat apr&#232;s lequel &#034;le marxisme&#034; ne sera d&#233;sormais plus capable d'emp&#234;cher la bonne marche de l'agriculture, du commerce et des professions lib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons ainsi en Autriche la r&#233;futation classique de la th&#233;orie philistine selon laquelle le fascisme est n&#233; du bolchevisme r&#233;volutionnaire. Le fascisme commence &#224; jouer un r&#244;le d'autant plus important dans un pays donn&#233; que la contradiction entre la politique de la social-d&#233;mocratie en tant que parti de masse et les besoins urgents d&#233;veloppement historique devient plus &#233;vidente et insupportable. En Autriche, comme partout ailleurs, le fascisme appara&#238;t comme le compl&#233;ment n&#233;cessaire de la social-d&#233;mocratie, est nourri par elle et parvient au pouvoir avec son aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme est l'enfant 1&#233;gitime de la d&#233;mocratie formelle de l'&#233;poque de la d&#233;cadence. En Autriche, les principes de d&#233;mocratie ont &#233;t&#233; port&#233;s &#224; un point d'absurdit&#233; avec une nettet&#233; particuli&#232;re. La social-d&#233;mocratie est &#224; quelques points de la majorit&#233;. On pourrait dire cependant &#8211; et ce ne serait pas un paradoxe, mais la v&#233;rit&#233; toute nue &#8211; que l'immobilit&#233; politique de la social-d&#233;mocratie autrichienne repose non sur les 43 % des voix qu'elle a, mais sur les 7 % qui lui manquent pour avoir la majorit&#233;. Les fondements du capitalisme resteraient inviolables m9me si les social-d&#233;mocrates autrichiens remportaient la majorit&#233;. Mais une telle victoire n'est nullement garantie. C'est stupide de penser que toutes les questions peuvent &#234;tre r&#233;gl&#233;es par la propagande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on part des pr&#233;misses que la vie en Autriche continuera dans le cadre de la d&#233;mocratie &#224; l'avenir, il n'y a rien qui nous permette de conclure qu'un jour dans les prochaine vingt-cinq &#224; cinquante ans, la social-d&#233;mocratie autrichienne obtiendra in&#233;vitablement une majorit&#233;. La vie &#233;conomique de toute l'Europe capitaliste est menac&#233;e s&#233;rieusement par les Etats-Unis et les autres pays au-del&#224; des mers. La d&#233;composition &#233;conomique de l'Autriche qui est absolument in&#233;vitable dans cette perspective de d&#233;veloppement pacifique, conduira plus vraisemblablement &#224; une perte de voix qu'&#224; des gains pour la social-d&#233;mocratie. En cons&#233;quence, conform&#233;ment &#224; la logique de la d&#233;mocratie, en d&#233;pit du fait que la poursuite de la domination bourgeoise voue la nation &#224; la stagnation et au d&#233;clin culturel, en d&#233;pit du fait que l'&#233;crasante majorit&#233; du prol&#233;tariat, la colonne vert&#233;brale de la nation, tente de passer au socialisme, cette transition est inacceptable parce qu'un petit pourcentage de l'&#233;lectorat, le plus arri&#233;r&#233;, le moins &#233;clair&#233;, le plus d&#233;prav&#233;, se tient &#224; l'&#233;cart de la lutte, v&#233;g&#232;te dans une obscurit&#233; sans id&#233;es et est pr&#234;t au moment crucial &#224; donner ses voix et ses poings au fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie a atteint le point d'absurdit&#233; totale. A l'&#233;poque de la croissance ferme et organique du capitalisme, accompagn&#233;e par et li&#233;e aux diff&#233;renciations de classe syst&#233;matiques de la nation, la d&#233;mocratie jouait un r&#244;le historique majeur, y compris celui de l'&#233;ducation du prol&#233;tariat. Son plus grand r&#244;le &#233;tait en Europe. Mais &#224; l'&#226;ge de l'imp&#233;rialisme qui en Europe est avant tout celui de sa d&#233;cadence, la d&#233;mocratie est arriv&#233;e dans une impasse. C'est pourquoi nous voyons en Autriche, o&#249; la constitution a &#233;t&#233; faite par les social-d&#233;mocrates, o&#249; la social-d&#233;mocratie d&#233;tient des positions d'une exceptionnelle importance, contr&#244;lant la capitale et o&#249;, par cons&#233;quent, nous devrions d&#233;couvrir des formes de transition du capitalisme au socialisme dans leur expression la plus achev&#233;e, nous d&#233;couvrons au contraire que la politique est gouvern&#233;e d'une part par des bandes d'agresseurs fascistes et de l'autre par des d&#233;tachements en retraite d'ouvriers social-d&#233;mocrates &#224; moiti&#233; arm&#233;s, tandis que le r&#244;le de grand chef d'orchestre de cette d&#233;mocratie est jou&#233; par un ancien fonctionnaire de police de l'&#233;co1e Habsbourg [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme est le second fond&#233; de pouvoirs de la bourgeoisie. Comme la social-d&#233;mocratie, et m&#234;me dans une mesure plus grande, le fascisme a sa propre arm&#233;e, ses propres int&#233;r&#234;ts et sa propre logique de mouvement. Nous savons que, pour sauver et consolider la soci&#233;t&#233; bourgeoise, le fascisme en Italie a &#233;t&#233; oblig&#233; d'entrer en conflit violent non seulement avec la social-d&#233;mocratie mais avec les partis traditionnels de la bourgeoisie. On peut observer la m&#234;me chose en Pologne. Il ne faudrait pas imaginer que toutes les agences de la bourgeoisie et de son r&#232;gne fonctionnent en harmonie compl&#232;te. Heureusement il n'en est pas ainsi. L'anarchie &#233;conomique est doubl&#233;e par l'anarchie politique. Le fascisme, nourri par la social-d&#233;mocratie, est oblig&#233; de lui casser la t&#234;te pour arriver au pouvoir. La social-d&#233;mocratie autrichienne fait tout ce qu'elle peut pour faciliter aux fascistes cette op&#233;ration chirurgicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile de s'imaginer non-sens plus concentr&#233; que les arguments d'Otto Bauer sur le caract&#232;re inadmissible de 1a violence sauf pour la d&#233;fense de la d&#233;mocratie existante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit dans le langage des classes, cet argument signifie que la violence est permise pour garantir les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie, organis&#233;e en Etat, mais qu'elle est interdite pour l'&#233;tablissement d'un Etat prol&#233;tarien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une formule juridique attach&#233;e &#224; cette th&#233;orie. Bauer rem&#226;che les vieilles formules de Lassalle sur la loi et la r&#233;volution. Mais Lassalle parlait d'un proc&#232;s. L&#224;, son argument &#233;tait pertinent. Mais la tentative de transformer un duel juridique avec le procureur en une philosophie du d&#233;veloppement historique n'est rien qu'un subterfuge de l&#226;chet&#233;. Selon Bauer, l'usage de la violence n'est permis qu'en r&#233;ponse &#224; un coup d'Etat d&#233;j&#224; accompli, quand la &#034;loi&#034; n'a plus d&#233;sormais aucune base, mais elle est interdite vingt-quatre heures avant, pour l'emp&#234;cher. Il trace le long de cette ligne la d&#233;marcation entre austro-marxisme et bolchevisme, comme s'il s'agissait de deux &#233;coles de droit criminel. En r&#233;alit&#233;, la diff&#233;rence r&#233;side dans le fait que le bolchevisme cherche &#224; renverser le r&#232;gne bourgeois tandis que la social-d&#233;mocratie cherche &#224; l'&#233;terniser. Il ne peut y avoir de doute que s'il y avait un coup d'Etat, Bauer d&#233;clarerait : &#034;Nous n'avons pas appel&#233; les ouvriers &#224; prendre les armes contre les fascistes quand nous avions des organisations puissantes, une presse l&#233;gale, 43 % des d&#233;put&#233;s et la municipalit&#233; de Vienne, quand les fascistes &#233;taient des bandes anti-constitutionnelles s'en prenant &#224; la loi et &#224; l'ordre. Comment pourrions-nous le faire maintenant que les fascistes contr&#244;lent l'appareil d'Etat et se basent sur de nouvelles lois qu'ils ont faites eux-m&#234;mes ; quand nous avons &#233;t&#233; priv&#233;s de tout, mis hors la loi et que nous n'avons aucune communication avec les masses (lesquelles sont &#233;videmment d&#233;courag&#233;es, d&#233;&#231;ues et sont pass&#233;es en masse au fascisme) ? Un appel &#224; un soul&#232;vement arm&#233; maintenant ne pourrait &#234;tre l'&#339;uvre que d'aventuristes criminels ou de bolcheviks&#034;. En tournant ainsi &#224; 180&#186; sur leur philosophie, les austro-marxistes demeureraient simplement cent pour cent fid&#232;les &#224; eux m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa bassesse r&#233;actionnaire, le mot d'ordre du &#034;d&#233;sarmement int&#233;rieur&#034; d&#233;passe tout ce que nous avons entendu jusqu'&#224; pr&#233;sent de la social-d&#233;mocratie. Ces messieurs prient les ouvriers de d&#233;sarmer en face de l'Etat bourgeois arm&#233;. Les bandes de fascistes sont apr&#232;s tout que les corps auxiliaires de la bourgeoisie : dissous aujourd'hui, ils peuvent &#234;tre rappel&#233;s &#224; tout instant et arm&#233;s deux fois plus qu'&#224; pr&#233;sent. Quant aux ouvriers, si la social-d&#233;mocratie passe par l'Etat bourgeois pour les d&#233;sarmer, personne ne les r&#233;armera. La social-d&#233;mocratie a peur naturellement des armes des fascistes. Mais elle n'a gu&#232;re moins peur des armes aux mains des ouvriers. Aujourd'hui la bourgeoisie a encore peur de la guerre civile, d'abord parce qu'elle n'est pas s&#251;re de son issue, ensuite parce qu'elle ne veut pas de troubles &#233;conomiques. Le d&#233;sarmement des ouvriers est une assurance pour la bourgeoisie contre la guerre civile et augmente ainsi au maximum les chances d'un coup fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication du d&#233;sarmement int&#233;rieur de l'Autriche est une revendication des pays de l'Entente, d'abord la France et en deuxi&#232;me lieu la Grande-Bretagne. L'officieux journal fran&#231;ais Le Temps explique s&#233;v&#232;rement &#224; Schober [2] que le d&#233;sarmement int&#233;rieur est n&#233;cessaire &#224; la fois dans l'int&#233;r&#234;t de la paix internationale et de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Dans un discours aux Communes, Henderson a d&#233;velopp&#233; le m&#234;me th&#232;me. D&#233;fendant la d&#233;mocratie autrichienne, il d&#233;fendait le trait&#233; de Versailles. Ici, comme dans toutes les questions importantes, la social-d&#233;mocratie autrichienne sert simplement de courroie de transmission pour la bourgeoisie des pays vainqueurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La social-d&#233;mocratie est incapable de prendre le pouvoir et ne veut pas le prendre. La bourgeoisie trouve cependant que discipliner les ouvriers par son agence social-d&#233;mocrate lui co&#251;te beaucoup trop cher. La bourgeoisie dans son ensemble a besoin du capitalisme pour tenir en &#233;chec la social-d&#233;mocratie et, en cas de besoin, l'&#233;liminer. Le fascisme veut prendre le pouvoir et il est capable de s'en emparer. Une fois au pouvoir, il n'h&#233;siterait pas &#224; le mettre enti&#232;rement au service du grand capital. Mais c'est la route vers des convulsions sociales et co&#251;te &#233;galement tr&#232;s cher. C'est ce qui explique les h&#233;sitations de la bourgeoisie et les conflits entre ses diff&#233;rentes couches et c'est ce qui d&#233;termine la politique qu'elle poursuivra vraisemblablement dans la p&#233;riode qui vient : utiliser les fascistes pour obliger les social-d&#233;mocrates &#224; aider la bourgeoisie &#224; r&#233;viser la constitution de fa&#231;on &#224; combiner les avantages de la d&#233;mocratie et du fascisme &#8211; fascisme pour le fond, d&#233;mocratie pour la forme &#8211; et ainsi &#224; se lib&#233;rer des exorbitantes d&#233;penses des r&#233;formes d&#233;mocratiques, tout en &#233;vitant si possible celles d'un coup fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie va-t-elle r&#233;ussir dans cette voie ? Elle ne peut r&#233;ussir compl&#232;tement, ni pour une p&#233;riode prolong&#233;e. En d'autres termes, la bourgeoisie ne peut pas &#233;tablir un r&#233;gime qui lui permettrait de se reposer pacifiquement sur les ouvriers ou la petite bourgeoisie ruin&#233;e, sans avoir &#224; faire face aux d&#233;penses des r&#233;formes sociales ou aux convulsions de la guerre civile. Les contradictions sont trop grandes. Elles exploseront de nouveau et forceront les &#233;v&#233;nements dans un sens ou un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, la &#034;d&#233;mocratie&#034; autrichienne est condamn&#233;e. Apr&#232;s son actuelle attaque d'apoplexie, elle peut bien entendu se remettre et vivre encore un certain temps en tra&#238;nant la jambe et en pouvant &#224; peine bouger sa langue. Il est possible qu'une deuxi&#232;me attaque survienne avant sa chute. Mais son sort est fix&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'austro-marxisme est entr&#233; dans une p&#233;riode de l'histoire o&#249; il doit payer pour ses p&#233;ch&#233;s pass&#233;s. La social-d&#233;mocratie, ayant sauv&#233; la bourgeoisie du bolchevisme, aide aujourd'hui la bourgeoisie &#224; se sauver de la social-d&#233;mocratie elle-m&#234;me. Ce serait parfaitement absurde de se fermer les yeux devant le fait que la victoire du fascisme impliquerait non seulement l'extermination physique de la poign&#233;e de communistes, mais aussi l'&#233;crasement impitoyable de toutes les organisations et bases de soutien de la social-d&#233;mocratie. A cet &#233;gard, comme &#224; bien d'autres, la social-d&#233;mocratie ne fait que r&#233;&#233;diter l'histoire du lib&#233;ralisme dont il est l'enfant tardif. Plus d'une fois dans l'histoire, les lib&#233;raux ont aid&#233; la r&#233;action f&#233;odale &#224; triompher des masses populaires seulement pour &#234;tre &#224; son tour &#233;cart&#233;e par la r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se passe comme si l'histoire s'&#233;tait assign&#233;e la t&#226;che sp&#233;ciale de trouver les formes les plus vivantes pour r&#233;futer les pronostics et les directives de l'I.C. depuis 1923.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est ainsi de son analyse de la situation r&#233;volutionnaire en Allemagne en 1923 ; de son estimation du r&#244;le mondial de l'Am&#233;rique et de l'antagonisme anglo-am&#233;ricain ; du cours qu'elle a trac&#233; pour une mont&#233;e r&#233;volutionnaire en 1924-1925 ; de son id&#233;e des forces motrices et des perspectives de la r&#233;volution chinoise en 1925-1927 ; de son &#233;valuation du syndicalisme britannique en 1925-1927 ; de sa ligne sur l'industrialisation et le koulak en U.R.S.S., et ainsi de suite sans fin. Aujourd'hui, l'appr&#233;ciation de la &#034;troisi&#232;me p&#233;riode&#034; et du social-fascisme conna&#238;t le m&#234;me sort. Moscou a d&#233;couvert que la France est &#034;aux premiers rangs de la mont&#233;e r&#233;volutionnaire&#034;. Mais en r&#233;alit&#233;, de tous les pays d'Europe, c'est en Autriche que l'on trouve la situation la plus r&#233;volutionnaire et l&#224; &#8211; c'est le fait le plus significatif de tous &#8211; le point de d&#233;part pour de possibles d&#233;veloppements r&#233;volutionnaires n'est pas la lutte entre comnunisme et &#034;social-fascisme&#034;, mais le heurt entre social-d&#233;mocratie et fascisme. En pr&#233;sence de ce fait, l'infortun&#233; parti communiste autrichien se trouve dans une impasse compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car en r&#233;alit&#233;, le heurt entre la social-d&#233;mocratie et le fascisme est le fait essentiel de la politique autrichienne aujourd'hui. La social-d&#233;mocratie bat en retraite et c&#232;de sur toute la ligne, rampant sur le ventre, pleurant et c&#233;dant une position apr&#232;s l'autre. Mais le conflit n'est pas moins r&#233;el puisque, de ce fait, c'est la t&#234;te de la social-d&#233;mocratie qui est en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une avanc&#233;e ult&#233;rieure des fascistes peut &#8211; et doit &#8211; pousser les ouvriers social-d&#233;mocrates et m&#234;me une fraction de l'appareil social-d&#233;mocrate bien au-del&#224; des limites que leur ont fix&#233;es les Seitz [3], Otto Bauer et autres. Exactement comme des situations r&#233;volutionnaires se sont plus d'une fois d&#233;velopp&#233;es &#224; partir du conflit entre lib&#233;ralisme et monarchie, qui devait ult&#233;rieurement d&#233;passer les deux adversaires, de m&#234;me, &#224; partir de la collision entre la social-d&#233;mocratie et le fascisme &#8211; ces deux agents antagonistes de la bourgeoisie &#8211; une situation r&#233;volutionnaire peut se d&#233;velopper qui les d&#233;bordera dans les jours suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien &#224; l'&#233;poque des r&#233;volutions bourgeoises qui &#233;tait incapable d'analyser et de comprendre le conflit entre les lib&#233;raux et la monarchie et qui mettait tous ces gens dans le m&#234;me sac au lieu d'utiliser de fa&#231;on r&#233;volutionnaire le conflit entre eux &#8211; un tel r&#233;volutionnaire ne valait rien. Un communiste qui, aujourd'hui, est plac&#233; devant le conflit entre le fascisme et la social-d&#233;mocratie et essaie simplement de le couvrir par la simple formule du social-fascisme, sans aucun contenu, un tel communiste est &#233;galement bon &#224; rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une position de ce genre &#8211; politique braillarde et gauchisme creux &#8211; bloque d'avance la route du parti communiste aux travailleurs social-d&#233;mocrates et donne une nourriture riche &#224; la droite du camp communiste. Une des raisons pour le renforcement de la droite est que, dans ses critiques, elle touche aux blessures les plus &#233;videntes et indiscutables du communisme officiel. Plus le parti se r&#233;v&#232;le incapable d'acc&#233;der aux ouvriers social-d&#233;mocrates, plus il est facile pour l'Opposition de droite de trouver une voie vers l'appareil social-d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus de reconna&#238;tre ou l'incapacit&#233; de comprendre la nature des crises r&#233;volutionnaires, le minimalisme politique, la perspective de la pr&#233;paration ind&#233;finie &#8211; tels sont les principaux traits de la politique de la droite. Ils sont vou&#233;s &#224; se faire plus sentir aux moments o&#249; la direction de l'I.C. essaie de cr&#233;er artificiellement par des moyens administratifs une situation r&#233;volutionnaire. La droite a soutenu la politique opportuniste dans les p&#233;riodes les plus r&#233;volutionnaires en Allemagne, en Chine et en Angleterre. Ils am&#233;liorent leur r&#233;putation par leur critique de l'aventurisme bureaucratique de fa&#231;on &#224; pouvoir plus tard une fois de plus servir de frein au moment d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique des centristes, qui ont pris le mors aux dents et deviennent fous, non seulement nourrit la droite, mais apporte de l'eau au moulin de l'austro-marxisme. Rien ne peut sauver la social-d&#233;mocratie autrichienne dans la p&#233;riode qui vient &#8211; sauf la politique fausse du communisme officiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifie exactement &#034;social-fascisme&#034; ? Quelles que soient les subtilit&#233;s improvis&#233;es par ces th&#233;oriciens &#224; la manque, ils ne peuvent r&#233;pondre a cette question autrement que par l'affirmation que la social-d&#233;mocratie est pr&#234;te &#224; d&#233;fendre les fondements du r&#232;gne de la bourgeoisie et ses propres positions dans le r&#233;gime bourgeois en utilisant la force des armes contre les ouvriers. Mais n'est-ce pas le trait commun de tous les partis &#034;d&#233;mocratiques&#034; sans exception ? Avons-nous jamais pens&#233; ou dit que la d&#233;mocratie &#233;tait le r&#232;gne de la paix sociale ? Est-ce que Kerensky et Ts&#233;retelli [4] n'ont pas &#233;cras&#233; les paysans et les ouvriers&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la lune de miel de la r&#233;volution d&#233;mocratique ? Est-ce que les radicaux fran&#231;ais n'ont pas utilis&#233; la force arm&#233;e contre les gr&#233;vistes &#224; la fois avant et apr&#232;s la guerre ? Est-ce que l'histoire du r&#232;gne du parti r&#233;publicain et d&#233;mocrate aux Etats-Unis n'est pas celle de la sanglante r&#233;pression contre les gr&#233;vistes ? Si tout cela, c'est le fascisme, alors l'histoire de la soci&#233;t&#233; de classe est l'histoire du fascisme. Dans ce cas, il y a autant de vari&#233;t&#233;s de fascisme qu'il y a de partis bourgeois : fascistes lib&#233;raux, fascistes nationaux, etc. Mais alors quel sens a cette d&#233;finition du fascisme ? Aucun. Elle est tout simplement le synonyme criard de la violence de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1914, nous avons appel&#233; social-imp&#233;rialisme la social-d&#233;mocratie. Nous voulions dire par l&#224; que la social-d&#233;mocratie est une forme particuli&#232;re de l'imp&#233;rialisme adapt&#233;e &#224; la classe ouvri&#232;re. Son imp&#233;rialisme unit la social-d&#233;mocratie &#224; tous les partis de la bourgeoisie sans exception. Son &#034;socialisme&#034; la distingue de ces partis. Le social-imp&#233;rialisne la d&#233;finit dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fascisme, &#224; moins qu'on souhaite jouer absurdement avec les mots n'est nullement un trait caract&#233;ristique de tous les partis bourgeois. Il constitue plut&#244;t un parti bourgeois sp&#233;cifique, propre &#224; certaines t&#226;ches et circonstances, oppos&#233; aux autres partis bourgeois et plus nettement pr&#233;cis&#233;ment &#224; la social-d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut essayer d'objecter que l'hostilit&#233; entre les partis bourgeois est tr&#232;s relative. Ce n'est pas seulement vrai, c'est un truisme qui ne nous fait pas faire un pas de plus. Le fait que tous les partis bourgeois, du fascisme &#224; la social-d&#233;mocratie, ont plac&#233; la d&#233;fense du r&#232;gne de la bourgeoisie avant leurs divergences programmatiques n'&#233;limine pas les divergences entre ces partis ou leur lutte l'un contre l'autre, ou notre devoir d'utiliser cette lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La social-d&#233;mocratie autrichienne, plus que tout autre parti de la II&#232;me Internationale, est intimement li&#233;e &#224; la classe ouvri&#232;re. Pour cette seule raison, la d&#233;veloppement de la crise r&#233;volutionnaire dans ce pays pr&#233;suppose une s&#233;rie de profondes crises internes dans le parti social-d&#233;mocrate. En Autriche, o&#249; la diff&#233;renciation est tardive, il n'est pas exclu en particulier qu'un parti &#034;ind&#233;pendant&#034; puisse na&#238;tre d'une scission du parti officiel et cr&#233;er imm&#233;diatement, comme en Allemagne, une base de masse possible pour le parti communiste. Cette variante n'est pas in&#233;vitable mais parfaitement possible vu les circonstances. La perspective d'une &#233;ventuelle scission dans la social-d&#233;mocratie sous l'impact direct d'une crise r&#233;volutionnaire ne peut nullement impliquer une attitude plus mod&#233;r&#233;e &#224; l'&#233;gard des futurs &#034;ind&#233;pendants&#034; ou &#034;ind&#233;pendants&#034; potentiels, de la part des communistes. La n&#233;cessit&#233; de d&#233;noncer implacablement les &#034;gauches&#034; du type Max Adler [5] ou des mod&#232;les plus r&#233;cents, n'a pas besoin d'&#234;tre d&#233;montr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il serait d&#233;sastreux de ne pas pr&#233;voir que, dans la lutte contre le fascisme, un rapprochement est in&#233;vitable entre le parti communiste et la masse des ouvriers social-d&#233;mocrates lesquels continuent &#224; se sentir et &#224; se consid&#233;rer comme social-d&#233;mocrates. C'est le devoir direct du parti communiste que de critiquer le caract&#232;re bourgeois de la social-d&#233;mocratie devant son audience, de montrer &#224; ces travailleurs que la politique social-d&#233;mocrate est la politique de capitulation devant le fascisme. Plus s&#233;v&#232;re devient la crise, plus profond&#233;ment la critique communiste sera confirm&#233;e pat l'exp&#233;rience des masses. Mais identifier la social-d&#233;mocratie et le fascisme alors que les ouvriers social-d&#233;mocrates ont une haine mortelle du fascisme et que les dirigeants le craignent mortellement, signifie agir en contradiction avec les v&#233;ritables rapports politiques, inculquer aux masses la m&#233;fiance du communisme et renforcer le lien entre les masses et leurs dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas difficile de pr&#233;voir que le fait de mettre dans le m&#234;me sac la social-d&#233;mocratie et le fascisme cr&#233;e un nouveau danger, celui d'id&#233;aliser la social-d&#233;mocratie de gauche quand cette derni&#232;re s'approche d'une confrontation plus s&#233;rieuse avec le fascisme. L'exp&#233;rience historique l'a d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233;. Il faut rappeler que l'identification de la social-d&#233;mocratie avec le fascisme, proclam&#233;e pour la premi&#232;re fois au funeste V&#232;me congr&#232;s de l'I.C. a trouv&#233; sa n&#233;cessaire antith&#232;se dans la capitulation devant Purcell [6], devant Pilsudski, devant Tchiang Ka&#239;-chek, devant Pladic et devant LaFollette. Tout cela &#233;tait tout &#224; fait conforme aux lois de la politique. Celui qui identifie l'aile d'extr&#234;me gauche de la soci&#233;t&#233; bourgeoise avec son aile d'extr&#234;me-droite, l'austro-marxisme avec le fascisme, pave la voie pour la capitulation du parti communiste devant la social-d&#233;mocratie de gauche au moment le plus critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est intimement li&#233;e aux mots d'ordre &#224; long terme de la classe ouvri&#232;re autrichienne : soviets d&#233;put&#233;s ouvriers et dictature du prol&#233;tariat. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, ces deux mots d'ordre sont &#233;troitement li&#233;s. La formation de soviets ne se con&#231;oit que dans les conditions d'une situation r&#233;volutionnaire, un turbulent mouvement de masse avec un r&#244;le important grandissant du parti communiste, c'est-&#224;-dire les conditions qui pr&#233;c&#232;dent ou accompagnent la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en Autriche plus que dans tout autre pays, la possibilit&#233; demeure non seulement que le mot d'ordre des soviets puisse ne pas concorder avec celui de dictature du prol&#233;tariat, mais qu'ils soient oppos&#233;s l'un &#224; l'autre, c'est-&#224;-dire que les soviets soient transform&#233;s en bastion contre la dictature du prol&#233;tariat. C'est d'autant plus important de le comprendre et de le pr&#233;voir que les &#233;pigones (Zinoviev, Staline et autres) ont fait un vulgaire f&#233;tiche du mot d'ordre des soviets se substituant &#224; une forme d'organisation au contenu de classe,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas du tout exclu que, sinon &#224; l'&#233;tape pr&#233;sente de la lutte, du moins &#224; la prochaine, la social-d&#233;mocratie autrichienne soit oblig&#233;e de prendre la t&#234;te d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale (comme l'a fait le conseil g&#233;n&#233;ral britannique des syndicats en 1926) et m&#234;me de sanctionner la formation de soviets afin de conserver plus s&#251;rement la direction entre ses propres mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement ce serait li&#233; &#224; une crise de plus ou moins grande ampleur dans le parti. Il faudrait sortir de leur retraite Friedrich Adler [7] et autres. Max Adler ou quelqu'un de plus &#224; gauche encore assurerait une fois de plus que les soviets plus la d&#233;mocratie pourraient donner naissance &#224; un type combin&#233; d'Etat et nous &#233;pargner ainsi la n&#233;cessit&#233; de prendre le pouvoir et &#233;tablir la dictature. Non seulement les ouvriers social-d&#233;mocrates mais m&#234;me les ouvriers communistes, habitu&#233;s &#224; entendre quotidiennement expliquer que la social-d&#233;mocratie et le fascisme sont jumeaux, seraient pris &#224; l'improviste par une telle phase du d&#233;veloppement de la lutte entre social-d&#233;mocratie et fascisme. Et pourtant elle ne signifierait qu'un syst&#232;me plus complexe, plus combin&#233; pour la trahison par la social-d&#233;mocratie des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat. Car sous la direction des austro-marxistes, les soviets ne seraient pas des organes de la lutte prol&#233;tarienne pour le pouvoir mais un instrument pour retenir le prol&#233;tariat de toute tentative de s'emparer de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, une telle tentative, au moins &#224; une grande &#233;chelle, n'est plus possible parce que le parti communiste repr&#233;sente une force trop importante. Il en va tout autrement en Autriche. Si les &#233;v&#233;nements se d&#233;roulent rapidement, le point culminant peut &#234;tre atteint bien avant que le parti communiste puisse sortir de son isolement et de sa faiblesse. Les soviets aux mains des austro-marxistes pourraient servir de m&#233;canisme leur permettant de frustrer pour la deuxi&#232;me fois le prol&#233;tariat d'une situation r&#233;volutionnaire et de sauver ainsi une fois de plus la soci&#233;t&#233; bourgeoise, avec l'in&#233;vitable r&#233;sultat de l'av&#232;nement d'un fascisme d&#233;clar&#233;. Inutile de dire que dans ce cas, les c&#244;tes m&#234;me de la social-d&#233;mocratie se feraient &#233;craser sous les bottes du fascisme. La politique ignore la reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots d'ordre de soviets et de dictature du prol&#233;tariat n'ont qu'une signification propagandiste en Autriche pour le moment. Non que l'Autriche soit tr&#232;s &#233;loign&#233;e d'une situation r&#233;volutionnaire, mais parce que le r&#233;gime bourgeois en Autriche est &#233;quip&#233; d'un important syst&#232;me de tuyaux et soupapes de s&#233;curit&#233;, sous la forme de la social-d&#233;mocratie. Contrairement aux bavards et aux phraseurs, la t&#226;che du parti communiste autrichien actuellement n'est pas d'&#034;armer&#034; (avec quoi ?) les masses (lesquelles ?) et de les conduire &#224; la &#034;lutte finale&#034;, mais plut&#244;t d&#034;expliquer patiemment&#034; (comme disait L&#233;nine en avril 1917 !). Le succ&#232;s d'un tel travail de propagande peut s'av&#233;rer d'autant plus rapide et puissant que le parti communiste comprend ce qui se passe sous ses yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la premi&#232;re chose &#224; faire est de se d&#233;barrasser de la formule insens&#233;e, pleine d'arrogance et vide de contenu, qui identifie la social-d&#233;mocratie au fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience de 1918-1919 et le r&#244;le des social-d&#233;mocrates dans le syst&#232;me des conseils ouvriers doit &#234;tre rappel&#233;e aux communistes autrichiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#034;d&#233;sarmement int&#233;rieur&#034; doit &#234;tre combattu et il faut y opposer l'appel &#224; l'armement des ouvriers. Ce mot d'ordre est beaucoup plus imm&#233;diat et important que l'appel aux soviets et la dictature du prol&#233;tariat. L'affirmation que Bauer est un fasciste ne sera pas comprise par les ouvriers. Mais dire que Bauer veut une fois pour toutes d&#233;sarmer les ouvriers et ainsi les livrer aux fascistes &#8211; cela peut parfaitement &#234;tre compris, parce que correspondant &#224; l'exp&#233;rience politique des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne peut penser qu'il soit possible de compenser le manque de force par des cris, des hurlements et des phrases radicales. Il faut arr&#234;ter de faire entrer le cours r&#233;el du d&#233;veloppement dans les formules sch&#233;matiques &#224; bon march&#233; de Staline et de Molotov. Il faut faire comprendre qu'aucun des deux ne comprend rien &#224; rien. Le premier pas vers la renaissance du parti devrait &#234;tre la r&#233;admission de l'Opposition de gauche. Mais, en Autriche comme ailleurs, il est clair que quelques le&#231;ons suppl&#233;mentaires de l'histoire sont n&#233;cessaires avant que le communisme trouve la voie juste. C'est la t&#226;che de l'Opposition de pr&#233;parer le chemin pour ce changement. Peu importe la faiblesse num&#233;rique de l'Opposition de gauche en comparaison du parti communiste, ses fonctions sont toujours les m&#234;mes : faire un travail de propagande et expliquer patiemment. Il ne reste qu'&#224; souhaiter que l'Opposition communiste autrichienne r&#233;ussisse au cours de la prochaine p&#233;riode &#224; mettre sur pied une publication r&#233;guli&#232;re &#8211; un hebdomadaire si possible &#8211; qui puisse faire le travail de propagande tout en suivant les &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation d'un organe de ce genre exige de gros efforts. Mais c'est une t&#226;che qui ne peut pas &#234;tre repouss&#233;e. C'est pourquoi il faut le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Trotsky fait ici allusion &#224; Schober, voir note 2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Johann Schober (1874-1932), ancien haut fonctionnaire de la police imp&#233;riale des Habsbourg, chef de la police de Vienne en 1914 puis 1924, &#233;tait pour la seconde fois Chancelier d'Autriche depuis le mois de septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Karl Seitz (1869-1950) social-d&#233;mocrate, social-patriote pendant la guerre, ancien pr&#233;sident de la R&#233;publique, &#233;tait bourgmestre de Vienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] I. G. Tseretelli (1882-1959) menchevik g&#233;orgien &#233;tait ministre dans le Gouvernement provisoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Max Adler (1873-1937) fut un des th&#233;oriciens &#034;de gauche&#034; de l'austro-marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Purcell &#233;tait le repr&#233;sentant britannique dans le comit&#233; syndical anglo-russe et Tchiang Ka&#239;-chek le chef du Guomindang auquel le P.C. s'&#233;tait subordonn&#233;. Les communistes polonais avaient &#233;t&#233; favorables en 1926 au coup d'Etat du mar&#233;chal Jozef Pilsudski,(1867-1935). Ils avaient accept&#233; dans l'Internationale paysanne le leader du parti paysan croate Stepan Radjl (1871-1928) et les communistes am&#233;ricains avaient flirt&#233; avec le s&#233;nateur &#034;progressiste&#034; Robert M. LaFollette (1855-1925).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Friedrich Adler (1879-1960), meurtrier du premier ministre pendant la guerre, leader de l'aile gauche, &#233;tait devenu secr&#233;taire de l'Internationale ouvri&#232;re et socialiste. Il &#233;tait en retrait de la politique autrichienne. Il &#233;tait le fils du leader historique du parti social-d&#233;mocrate Victor Adler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements de juillet 1927 marqu&#232;rent le d&#233;but de la guerre civile en Autriche. Les combats de rue opposant les milices ouvri&#232;res et les organisations fascistes &#233;taient devenus fr&#233;quents depuis les ann&#233;es 1924-1925. En janvier 1927, des militants de l'&#171; Association des Anciens Combattants &#187; (&#171; Frontk&#228;mpfervereinigung &#187;) tir&#232;rent sur un d&#233;fil&#233; des milices ouvri&#232;res &#224; Schattendorf. Un invalide et un enfant furent tu&#233;s. Quelques mois plus tard, le 14 juillet, les accus&#233;s &#233;taient acquitt&#233;s. La r&#233;action des ouvriers de Vienne fut, le lendemain, tr&#232;s violente. D&#232;s six heures du matin, Die rote Fahne appelait &#224; manifester. [4] Dans l'Arbeiter Zeitung, pas d'appel de ce genre, mais un &#233;ditorial tr&#232;s violent de son r&#233;dacteur en chef, Friedrich Austerlitz, o&#249;. l'on pouvait lire : &#171; Les assassins d'ouvriers sont acquitt&#233;s. Cet acquittement est indigne. Les travailleurs se trouvent plac&#233;s en-dehors de la justice et du droit. &#187; Austerlitz terminait cet &#233;ditorial en d&#233;non&#231;ant la justice de classe et en indiquant que la classe ouvri&#232;re ne pouvait faire confiance au droit tel qu'il &#233;tait rendu dans cet &#201;tat. La pr&#233;sence des dirigeants communistes &#224; la t&#234;te des manifestants qui commenc&#232;rent &#224; d&#233;filer d&#232;s sept heures du matin sur le Ring n'a pu &#234;tre exactement &#233;tablie. Les rapports de police, bien s&#251;r, signaleront, tout au long de cette journ&#233;e, la pr&#233;sence d'agitateurs communistes. Quoi qu'il en soit, un fait est certain : le 15 juillet 1927, de fort bonne heure, les travailleurs du b&#226;timent et surtout les ouvriers des centrales &#233;lectriques se mirent en gr&#232;ve pour protester contre les jugements rendus la veille. Puis ils d&#233;cid&#232;rent de marcher vers le centre de la ville, venant de Simmering ou de Florisdorf. Les dirigeants du Parti social-d&#233;mocrate furent surpris. Il semble cependant qu'Austerlitz ait &#233;t&#233; mis au courant de cette action pendant la nuit, avant qu'il n'&#233;crive son &#233;ditorial qui, cependant, n'appelait pas &#224; la guerre civile ni &#224; la r&#233;bellion arm&#233;e contre le pouvoir bourgeois. A partir de huit heures, d'autres cat&#233;gories d'ouvriers se joignirent aux manifestants, notamment les employ&#233;s des trams et des services municipaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
La suite des &#233;v&#233;nements au cours de cette journ&#233;e est connue : dans la matin&#233;e, affrontements avec la police sur le Ring, barricades, mise &#224; sac du Palais de justice qui br&#251;lera (en d&#233;pit de l'intervention du maire socialiste de Vienne, Karl Seitz), mise &#224; sac de la r&#233;daction de la Reichspost, organe des chr&#233;tiens-sociaux, de nombreux commissariats de police sont pris d'assaut par les manifestants, etc. Les milices ouvri&#232;res, le &#171; Schutzbund &#187; essay&#232;rent d'intervenir sans succ&#232;s. Finalement, la police et quelques imit&#233;s de l'arm&#233;e r&#233;prim&#232;rent la r&#233;volte dans le sang. Le Parti social-d&#233;mocrate, d&#233;bord&#233;, essaya tout au long de cette journ&#233;e du 15 juillet de reprendre en main des militants et des troupes qui ne lui ob&#233;issaient plus. Des combats continu&#232;rent &#224; se d&#233;rouler le 16 et, apr&#232;s ces deux journ&#233;es, le bilan des pertes de la classe ouvri&#232;re s'&#233;tablit &#224; 85 tu&#233;s, 281 bless&#233;s et plus d'une centaine d'arrestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte de 1927 devait, du c&#244;t&#233; du pouvoir et des forces de droite, provoquer une r&#233;action dans le sens du renforcement de l'autorit&#233;. Des modifications furent apport&#233;es en 1929 &#224; la constitution en revalorisant la position du pr&#233;sident de la R&#233;publique, d&#233;sormais &#233;lu au suffrage universel. Celui-ci devait nommer le chancelier et les ministres qui, jusqu'alors, avaient &#233;t&#233; purement et simplement &#233;lus par le Parlement ; d'autre part, il pouvait dissoudre l'Assembl&#233;e Nationale et promulguer des d&#233;crets-lois (Dollfuss profitera de cette situation en 1933). Les ligues fascistes &#171; Heimwehren &#187; devinrent les auxiliaires d'abord officieux puis officiels de la police. La d&#233;mocratie devenait de plus en plus autoritaire et s'engageait dans une voie nettement fasciste. Aussi la confiance de la gauche dans les institutions parlementaires avait-elle progressivement disparu ; Karl Renner resta cependant, jusque dans les ann&#233;es 30, un partisan convaincu de la grande coalition. Les derni&#232;res &#233;lections libres de 1930 renfonc&#232;rent la position des sociaux-d&#233;mocrates. Avec 72 d&#233;put&#233;s, ils constituaient le groupe parlementaire le plus important. En 1933, le gouvernement Dollfuss &#233;dicta les premi&#232;res mesures d'interdiction contre les organisations la presse ouvri&#232;res et rechercha l'appui de Mussolini. En mars, le Parlement fut mis hors d'&#233;tat de fonctionner et Dollfuss gouverna alors par d&#233;crets-lois, obligeant le pr&#233;sident de la R&#233;publique Miklas &#224; faire usage des nouveaux pouvoirs pr&#233;vus par la r&#233;forme constitutionnelle de 1929. Le 15 octobre 1933, apr&#232;s que le &#171; Schutzbund &#187; eut &#233;t&#233; interdit, se tint &#224; Vienne le dernier congr&#232;s du Parti social-d&#233;mocrate. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;clam&#232;rent une lutte accrue contre le danger fasciste et exig&#232;rent du Parti le refus d'une politique de compromis. Dans ces derniers mois avant la guerre civile, un professeur catholique, Ernst Karl Winter, mit en garde les chr&#233;tiens-sociaux et Dollfuss contre une politique antiouvri&#232;re et antid&#233;mocratique. Dans une lettre adress&#233;e le 10 mars au pr&#233;sident de la R&#233;publique Miklas, il s'exprimait ainsi : &#171; Non seulement le Parti chr&#233;tien-social mais aussi le Parti social-d&#233;mocrate ont absolument le droit d'&#234;tre consid&#233;r&#233;s aussi bien par le peuple que par le pr&#233;sident de la R&#233;publique comme des partis nationaux. Particuli&#232;rement celui qui fait profession de conservatisme devrait se r&#233;jouir de l'int&#233;gration du marxisme dans les institutions d&#233;mocratiques en Autriche, des r&#233;alisations du socialisme communal viennois connues dans le monde entier et du sentiment de responsabilit&#233; de l'opposition &#187;. [5] Dans une autre lettre il condamnait le r&#233;gime autoritaire et mettait en garde les nouveaux dirigeants contre un isolement &#224; l'int&#233;rieur devant le danger nazi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les avertissements de ce catholique lib&#233;ral et patriote n'eurent toutefois aucune influence sur la politique de Dollfuss &#224; l'&#233;gard du mouvement ouvrier. C'est &#224; une &#233;limination compl&#232;te des partis ouvriers que le dictateur autrichien pensait au d&#233;but de l'ann&#233;e 1934. Le Parti communiste avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; ill&#233;gal l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente et il s'agissait maintenant de trouver l'occasion d'interdire la social-d&#233;mocratie. Le 12 f&#233;vrier 1934, une banale mesure de contr&#244;le des armes et des munitions par la police dans un foyer de travailleurs &#224; Linz, en fait une provocation, d&#233;clencha l'insurrection. Les coups de feu &#233;chang&#233;s &#224; Linz oblig&#232;rent la direction du Parti &#224; d&#233;cr&#233;ter la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, signal du soul&#232;vement et de l'entr&#233;e en action des milices ouvri&#232;res interdites. Dans les faubourgs de Vienne, &#224; Graz et en Haute-Au-triche, les combats dur&#232;rent du 12 au 16 f&#233;vrier. II y eut plus de trois cents tu&#233;s et plus de sept cents bless&#233;s. Le gouvernement Dollfuss interdit le parti et les syndicats, Otto Bauer et Julius Deutsch durent alors prendre le chemin de l'&#233;migration. Karl Renner et Karl Seitz essay&#232;rent de parvenir &#224; un compromis et n&#233;goci&#232;rent sans succ&#232;s avec le gouvernement. Les sociaux-d&#233;mocrates rest&#233;s en Autriche furent emprisonn&#233;s, envoy&#233;s dans des camps d'internement. Tentant enfin un apaisement, Dollfuss nomma Ernst-Kar&#206; Winter maire-adjoint de Vienne. Ce dernier s'aper&#231;ut rapidement des limites de ses &#171; bons offices &#187; : les chefs ouvriers ne lui retir&#232;rent pas leur estime, mais lui firent comprendre nettement qu'ils refusaient de collaborer sous quelque forme que ce soit avec le r&#233;gime. Ernst-Karl Winter en tira la cons&#233;quence et d&#233;missionna.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la clandestinit&#233; &#224; la Seconde Guerre mondiale. La fin de l'Autriche&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; l'interdiction du Parti et sa d&#233;faite, les militants socialistes et syndicalistes continu&#232;rent la lutte dans la clandestinit&#233;. A Brno, Otto Bauer fonda le Bureau des sociaux-d&#233;mocrates autrichiens &#224; l'&#233;tranger. Dans la d&#233;claration de principes, il pr&#233;cisa : &#171; La bourgeoisie autrichienne a d&#233;truit elle-m&#234;me la d&#233;mocratie bourgeoise. Ainsi elle ne nous a laiss&#233; d'autre choix en Autriche qu'entre la dictature fasciste des capitalistes, des aristocrates et la dictature r&#233;volutionnaire des travailleurs de la ville et de la campagne. Nous luttons pour le pouvoir r&#233;volutionnaire des travailleurs et non pour remplacer une soci&#233;t&#233; de classes par une autre... &#187;. [6] A l'int&#233;rieur du pays, d&#232;s f&#233;vrier 1934, un groupe de militants cr&#233;a l'organisation clandestine qui s'intitula &#171; Mouvement des socialistes r&#233;volutionnaires autrichiens &#187; reconnu ensuite par le Bureau &#224; l'&#233;tranger, tandis que les dirigeants syndicalistes assumaient la responsabilit&#233; du mouvement clandestin des syndicats libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux communistes, ils s'&#233;taient faits petit &#224; petit dans la clandestinit&#233; les pionniers de l'austronationalisme. A vrai dire, ils avaient compris tr&#232;s rapidement que le danger imm&#233;diat venait de l'hitl&#233;risme et qu'on ne pouvait lutter efficacement contre le nazisme qu'en formant et d&#233;veloppant une conscience autrichienne dans la classe ouvri&#232;re, influenc&#233;e si longtemps par la propagande pangermaniste des sociaux-d&#233;mocrates. Le patriotisme autrichien pr&#244;n&#233; par les communistes n'avait toutefois rien de commun avec la mythologie de &#171; l'Autriche &#233;ternelle &#187; et de l'&#171; homme autrichien &#187; de l'austrofascisme. Les socialistes-r&#233;volutionnaires r&#233;pugnaient (ce qui est fort compr&#233;hensible puisque l'id&#233;ologie qui avait servi &#224; r&#233;primer l'insurrection de f&#233;vrier 1934 &#233;tait celle de l'&#171; Autriche &#233;ternelle &#187;) &#224; toute action ou propagande visant &#224; exalter les valeurs autrichiennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les derniers mois avant l'Anschluss, des n&#233;gociations secr&#232;tes eurent lieu entre repr&#233;sentants des syndicats libres clandestins et membres du Front national pour envisager les possibilit&#233;s d'une r&#233;sistance populaire devant le danger d'annexion. Ces conversations se sold&#232;rent par un &#233;chec, &#224; la suite de l'attitude n&#233;gative du chancelier Schuschnigg et des pressions des ministres &#171; nationaux &#187; de son gouvernement. Hitler n'avait plus rien &#224; craindre alors de l'Autriche et pouvait envahir triomphalement le pays dans la nuit du 11 au 12 mars 1938. En frappant le mouvement ouvrier, le r&#233;gime d'Engelbert Dollfuss et de Kurt von Schuschnigg avait ouvert la voie au national-socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de l'Autriche en mars 1938 ne changea, gu&#232;re le sort des militants socialistes ou communistes, mais la clandestinit&#233; ou l'exil qu'ils connaissaient depuis 1934 en faisaient des r&#233;sistants plus avertis et plus prudents que certains catholiques pers&#233;cut&#233;s par le nazisme. Les centres de l'exil chang&#232;rent : les socialistes-r&#233;volutionnaires et Otto Bauer, qui vivaient en Tch&#233;coslovaquie, s'install&#232;rent &#224; Paris en 1938. C'est dans la capitale fran&#231;aise que continua &#224; &#234;tre r&#233;dig&#233;, en allemand, l'organe du mouvement, Der Kampf. C'est &#224; Paris que mourut en juillet 1938 le th&#233;oricien de l'austromarxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article197784&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article197784&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En 1927, Trotsky s'adresse &#224; l'ensemble de la direction du parti bolchevique devenu stalinien</title>
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		<dc:date>2023-05-04T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>1927</dc:subject>

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&lt;p&gt;En 1927, Trotsky s'adresse &#224; l'ensemble de la direction du parti bolchevique devenu stalinien : &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord, deux mots sur ce qu'on appelle le &#171; trotskysme &#187;. Par ce terme, tout opportuniste cherche &#224; couvrir sa nudit&#233;. Pour fabriquer le &#171; trotskysme &#187;, une usine de falsification travaille &#224; fond avec trois &#233;quipes de rechange. A ce propos, j'ai &#233;crit r&#233;cemment, &#224; l'Institut Historique du Parti, une lettre qui renferme une cinquantaine de citations et de documents, et qui prend l'&#233;cole (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;1927&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En 1927, Trotsky s'adresse &#224; l'ensemble de la direction du parti bolchevique devenu stalinien :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, deux mots sur ce qu'on appelle le &#171; trotskysme &#187;. Par ce terme, tout opportuniste cherche &#224; couvrir sa nudit&#233;. Pour fabriquer le &#171; trotskysme &#187;, une usine de falsification travaille &#224; fond avec trois &#233;quipes de rechange. A ce propos, j'ai &#233;crit r&#233;cemment, &#224; l'Institut Historique du Parti, une lettre qui renferme une cinquantaine de citations et de documents, et qui prend l'&#233;cole th&#233;orique et historique qui pr&#233;domine en ce moment, en flagrant d&#233;lit de tripotage, de d&#233;formation, de dissimulation de documents et de faits, de d&#233;figuration de la pens&#233;e de L&#233;nine &#8211; le tout dans le but de combattre ledit &#171; trotskysme &#187;. J'ai demand&#233; qu'on envoy&#226;t cette lettre aux membres du Plenum r&#233;uni. Cela n'a pas &#233;t&#233; fait. Cependant, la lettre ne renferme, pour ainsi dire, que des documents et des citations. J'enverrai cette lettre &#224; la &#171; Feuille de discussion &#187;. Je crois que, l&#224; aussi, on la cachera au Parti, car les faits et les documents que j'y produis sont trop accablants pour l'&#233;cole stalinienne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pos&#233; la question fondamentale, &#224; savoir : Pourquoi, comment et par qui fut tromp&#233; le Parti auquel on avait dit que des communistes de l'opposition participeraient &#224; des organisations contre-r&#233;volutionnaires. Car ce bruit a &#233;t&#233; r&#233;pandu dans le pays. Demain, c'est in&#233;vitable, le monde entier en parlera. Pour d&#233;montrer une fois de plus comment vous comprenez la discussion, vous avez d&#233;cid&#233; de couper dans le st&#233;nogramme, c'est-&#224;-dire de cacher au Parti mon bref discours, sur le faux officier de Wrangel. Boukharine nous a sorti ici une philosophie de l'amalgame thermidorien, bas&#233; sur les documents de Menjinski, documents qui n'ont rien &#224; voir avec l'imprimerie, ni avec l'Opposition&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II me reste &#224; poser la question principale : comment et pourquoi la fraction qui gouverne... s'est vu oblig&#233;e de tromper le parti, en pr&#233;sentant un agent du Gu&#233;p&#233;ou comme un officier de Wrangel, et de d&#233;voiler des petits fragments d'une instruction inachev&#233;e, afin d'effrayer le Parti par une fausse information sur la participation des opposants &#224; une organisation contre-r&#233;volutionnaire. O&#249; cela conduit-il ? Ce n'est que cette question a une valeur politique. Tout le reste s'efface au deuxi&#232;me, et m&#234;me au dixi&#232;me plan&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre d&#233;claration de juillet de l'ann&#233;e derni&#232;re, nous avons pr&#233;dit avec exactitude compl&#232;te toutes les phases que traversera la destruction de la direction l&#233;niniste du parti et son remplacement provisoire par la direction stalinienne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous voulez nous exclure du Comit&#233; Central. Nous reconnaissons que cette mesure d&#233;coule du cours de la direction dans la phase actuelle de son d&#233;veloppement, pour dire plus exactement : de son &#233;croulement. La fraction dirigeante qui exclut du parti des centaines et des centaines des meilleurs membres du parti, des ouvriers bolcheviks in&#233;branlables ; la fraction de l'appareil qui ose exclure des bolcheviks tels que Mratchkovsky, S&#233;r&#233;briakov, Pr&#233;obajensky, Charov, Sarkis, Vouyovitch, c'est-&#224;-dire des camarades qui, &#224; eux seuls, auraient &#233;t&#233; capables de former le secr&#233;tariat du parti, ayant beaucoup plus d'autorit&#233;, incomparablement plus de pr&#233;paration, &#233;tant incomparablement plus l&#233;ninistes ...que notre secr&#233;tariat actuel (Bruit). La fraction de Staline-Boukharine, qui jette dans la prison pr&#233;ventive du Gu&#233;p&#233;ou, de parfaits militants, tels que Netchaev, Chtykgold, Vassiliev, Schmidt, Fichelev et beaucoup d'autres : la fraction de l'appareil qui s'impose au Parti par des moyens violents, en &#233;touffant la pens&#233;e du Parti, par la d&#233;sorganisation de l'avant-garde du prol&#233;tariat, non seulement dans l'U.R.S.S., mais aussi dans le monde entier ; la fraction enti&#232;rement opportuniste derri&#232;re laquelle se tra&#238;naient et se tra&#238;nent au cours de la derni&#232;re ann&#233;e les Chang Ka&#239; Chek, les Feng You Sian, les Wan Tin Ve&#239;, les Purcell, les Highs, les Ben Tillett, les Koussinen, les Smeral (Bruit), les Pepper, les Heinz-Neuman, les Rafes, les Martynov, les Kondraticz et les Oustrialov&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifie la peur du programme ? C'est clair. La peur du programme, c'est la peur des masses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 8 septembre, nous vous avons d&#233;clar&#233; que malgr&#233; toutes les interdictions nous ferions conna&#238;tre au Parti notre programme. Nous l'avons fait. Ce travail, nous le m&#232;nerons jusqu'au bout. Les camarades Mratchkovsky, Fichelev et tous les autres qui ont imprim&#233;, qui diffusent notre programme, ont agi et agissent en plein accord avec nous, membres opposants du Comit&#233; Central et de la Commission Centrale de Contr&#244;le, sous notre enti&#232;re responsabilit&#233; politique et organisatoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La brutalit&#233; et la d&#233;loyaut&#233; dont parlait L&#233;nine ne sont plus des d&#233;fauts personnels : elles sont devenues les d&#233;fauts de la fraction dirigeante, de sa politique, de son r&#233;gime. Il ne s'agit pas des moyens en eux-m&#234;mes. Le trait caract&#233;ristique du cours actuel est qu'il croit en la toute puissance de la violence &#8212; m&#234;me &#224; l'&#233;gard de son propre Parti&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; la R&#233;volution d'Octobre, notre Parti a re&#231;u entre ses mains un instrument puissant de contrainte, sans lequel la dictature prol&#233;tarienne n'est pas possible. L'expression de la dictature est le Comit&#233; central de notre Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au temps de L&#233;nine, au temps du C.C. l&#233;niniste, l'appareil du Parti &#233;tait subordonn&#233; &#224; la politique r&#233;volutionnaire de classe sur une &#233;chelle mondiale. Certes, Staline, en tant que Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral, a caus&#233; &#224; L&#233;nine de vives inqui&#233;tudes d&#232;s le d&#233;but !&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce cuisinier ne pr&#233;parera que des mets poivr&#233;s &#187; disait L&#233;nine entre amis, lors du Xe Congr&#232;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, sous la direction de L&#233;nine, lors de la composition l&#233;niniste du Bureau politique, le secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral jouait un r&#244;le absolument subalterne (Bruit). La situation a commenc&#233; &#224; changer depuis la maladie de L&#233;nine. Le choix des hommes par le secr&#233;tariat, le groupement des staliniens dans l'appareil, ont pris un caract&#232;re ind&#233;pendant de la ligne politique. C'est pourquoi L&#233;nine, envisageant sa retraite, donna au Parti son conseil supr&#234;me &#171; Ecartez Staline, qui peut mener le Parti &#224; la scission et &#224; sa perte &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti n'a pas eu connaissance de ce conseil &#224; temps. L'appareil, tri&#233; sur le volet, l'a cach&#233;. Les cons&#233;quences sont maintenant &#233;videntes pour nous tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction dirigeante pense qu'au moyen de la violence, on peut arriver &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une erreur fondamentale. La violence peut jouer un r&#244;le r&#233;volutionnaire &#233;norme. Mais &#224; la condition d'&#234;tre subordonn&#233;e &#224; une politique de classe juste. La violence que les bolcheviks ont exerc&#233;e contre la bourgeoisie, contre les mencheviks contre les socialistes r&#233;volutionnaires, a donn&#233; &#8211; dans des conditions historiques d&#233;termin&#233;es &#8211; des r&#233;sultats gigantesques. La violence de Kerensky et de Tseretelli contre les bolcheviks n'a fait qu'acc&#233;l&#233;rer la d&#233;faite du r&#233;gime de collaboration avec la bourgeoisie. En excluant, en privant de travail, en emprisonnant, la fraction dirigeante agit par l'argent et par la matraque contre son propre Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le militant ouvrier a peur de dire dans sa propre cellule ce qu'il pense, il a peur de voter selon sa conscience. La dictature de l'appareil terrorise le parti qui, doit &#234;tre l'expression supr&#234;me de la dictature du prol&#233;tariat. En terrorisant le parti, la fraction dirigeante diminue sa possibilit&#233; de tenir en respect les ennemis de classe. Mais le r&#233;gime du Parti n'existe pas isol&#233;ment. Dans le r&#233;gime du Parti, toute la politique de la direction du Parti trouve son expression. Cette politique a d&#233;plac&#233; au cours des derni&#232;res ann&#233;es son axe de classe de la gauche vers la droite : du prol&#233;tariat vers la petite bourgeoisie, de l'ouvrier vers le &#171; sp&#233;cialiste &#187;, du militant du rang, vers le bureaucrate du Parti, de l'ouvrier agricole et du paysan pauvre, vers le Koulak, de l'ouvrier de Shanghai vers Chan Ka&#239; Chek, du paysan chinois vers les officiers bourgeois, du prol&#233;taire anglais vers Purcell, Highs, le Conseil g&#233;n&#233;ral, etc. C'est l&#224; l'essence m&#234;me du stalinisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A premi&#232;re vue, le courant stalinien para&#238;t &#234;tre victorieux. La fraction stalinienne frappe &#224; gauche : Moscou, L&#233;ningrad, &#224; droite : Caucase du Nord. En r&#233;alit&#233;, toute la politique de la fraction du centre se fait sous les coups des deux knouts : de droite et de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans base de classe, la fraction bureaucratique du centre se balance entre deux politiques de classe en glissant toutefois syst&#233;matiquement de la ligne prol&#233;tarienne vers celle de la petite bourgeoisie. Ce glissement ne se fait pas en ligne droite, mais en zigzags tr&#232;s raides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pass&#233; nous avons eu pas mal de ces zigzags. Le plus &#233;clatant et le plus m&#233;morable a &#233;t&#233; l'extension des droits &#233;lectoraux sous la pression des Koulaks : coups de knout de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, son annulation sous la pression de l'Opposition : coup de knout de gauche (Bruit). Il y a eu pas mal de zigzags dans le domaine de la l&#233;gislation ouvri&#232;re, des salaires, de la politique des imp&#244;ts, de l'attitude envers les commer&#231;ants priv&#233;s, etc. Mais, entre temps, le cours g&#233;n&#233;ral se d&#233;pla&#231;ait vers la droite. Le dernier Manifeste est certainement un zigzag &#224; gauche. Mais nous ne nous trompons pas un instant : ce n'est qu'un zigzag qui &#224; lui seul ne modifiera pas la direction g&#233;n&#233;rale de la politique et qui doit m&#234;me d&#233;j&#224; dans l'avenir le plus proche &#8211; acc&#233;l&#233;rer le glissement ult&#233;rieur du centre dirigeant vers la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les clameurs d'aujourd'hui sur l'offensive acc&#233;l&#233;r&#233;e contre le Koulak auquel on &#224; dit encore hier : &#171; Enrichis-toi ! &#187; ne peuvent pas modifier cette politique, comme ne peut pas la modifier un don du jubil&#233; tel que la journ&#233;e de sept heures. La ligne politique de la direction actuelle ne se d&#233;termine pas seulement par des zigzags aventur&#233;s mais par l'appui social que cette politique a group&#233; autour d'elle dans sa lutte contre l'Opposition. A travers l'appareil actuel, &#224; travers le r&#233;gime actuel, l'avant-garde prol&#233;tarienne subit la pression des bureaucrates arriv&#233;s, y compris des bureaucrates ouvriers... (le bruit et les sifflets deviennent plus forts)... des administrateurs, des petits industriels, des nouveaux propri&#233;taires, des intellectuels privil&#233;gi&#233;s de la ville et de la campagne de tous ces &#233;l&#233;ments qui commencent &#224; montrer le poing au prol&#233;tariat en disant : &#171; Ce n'est plus l'ann&#233;e 1918. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas le zigzag &#224; gauche qui d&#233;cide, mais la ligne politique fondamentale. C'est le choix des cadres qui d&#233;cide. Ce sont les cadres qui d&#233;cident. C'est l'appui social qui d&#233;cide. Il est impossible d'&#233;touffer les cellules ouvri&#232;res et de serrer de pr&#232;s le Koulak. L'un n'est pas compatible avec l'autre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le zigzag &#224; gauche lors du jubil&#233;, d&#232;s qu'il commencera &#224; &#234;tre r&#233;alis&#233;, se heurtera &#224; une r&#233;sistance violente dans les rangs m&#234;mes de la majorit&#233;. Aujourd'hui, &#171; Enrichissez-vous &#187;, mais demain... (Bruit)... on n'obtiendra rien des Koulaks... derri&#232;re les bureaucrates se tient la bourgeoisie renaissante..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui : &#171; Enrichissez-vous &#187; et, demain : &#171; &#171; D&#233;koulakisez-vous &#187; Pour Boukharine, c'est chose facile. Un trait de plume, et c'est fait. Mais le koulak, mais l'administrateur, mais le bureaucrate endurci, mais l'oustrialoviste ont l&#224;-dessus une autre id&#233;e. Ils ne sont pas enclins &#224; de tels coups de barre d'anniversaire, et ils diront leur mot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le camarade Tomsky, qui s'est emp&#234;tr&#233; plus que les autres, s'est &#233;lev&#233;, comme l'on sait, contre le zigzag de l'anniversaire. Tomsky a le pressentiment que les ouvriers demanderont des comptes aux syndicats. C'est lui qui devra r&#233;pondre. Demain, les ouvriers exigeront de Tomsky qu'il arr&#234;te en fait, tout au moins, le cours &#224; droite appel&#233; dans le manifeste cours &#224; gauche, ce qui, dans le bloc dirigeant, rendra la lutte in&#233;vitable. Dans l'aile droite de notre parti, il y a la ligne de l'administrateur et la ligne du syndicaliste. Ils font bloc, comme cela est arriv&#233; plus d'une fois dans l'histoire du mouvement ouvrier international. Le zigzag gauche de l'anniversaire dressera une barri&#232;re entre l'administrateur et le syndicaliste. L'homme de l'appareil, qui balance entre les deux, perdra son point d'appui. Le zigzag de l'anniversaire est l'aveu le plus ind&#233;niable et le plus &#233;clatant que l'opposition a raison dans toutes les questions essentielles de la vie int&#233;rieure des villes et des campagnes. D'autre part, il est le propre d&#233;saveu politique de la fraction dirigeante, son certificat d'indigence. Un d&#233;saveu en paroles, puisqu'elle est incapable de lui donner suite pratiquement. Le zigzag de l'anniversaire ne retardera pas, il acc&#233;l&#233;rera la banqueroute politique du cours actuel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;gime du Parti d&#233;coule de toute la politique de la direction. Derri&#232;re les extr&#233;mistes de l'Appareil, se tient la bourgeoisie int&#233;rieure qui rena&#238;t. Derri&#232;re elle, se tient le bourgeoisie mondiale. Toutes ces forces p&#232;sent sur l'avant-garde prol&#233;tarienne, l'emp&#234;chent de lever la t&#234;te, d'ouvrir la bouche. Plus la politique du Comit&#233; Central s'&#233;carte de la ligne de classe, plus elle est oblig&#233;e d'imposer, d'en haut, cette politique &#224; l'avant-garde prol&#233;tarienne, par des mesures de coercition. C'est l&#224; qu'est l'origine du r&#233;voltant r&#233;gime qui r&#232;gne dans le Parti. Lorsque Martynov, Smeral, Raf&#232;s et Peper dirigent la R&#233;volution chinoise et que Mratchkovsky, S&#233;r&#233;briakov, Pr&#233;obrajensky, Charov et Sarkis sont exclus du Parti pour avoir imprim&#233; et diffus&#233; une plate-forme bolch&#233;viste destin&#233;e au Congr&#232;s, ces faits ne sont pas seulement d'ordre int&#233;rieur du Parti. Non, dans ces faits, la mouvante influence politique des classes trouve d&#233;j&#224; son expression.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est certain que la bourgeoisie int&#233;rieure fait pression sur la dictature du prol&#233;tariat et sur son avant-garde prol&#233;tarienne, sans doute moins hardiment, moins ouvertement, moins astucieusement que la bourgeoisie mondiale. Mais ces deux pressions vont de pair et s'exercent simultan&#233;ment. Les &#233;l&#233;ments de la classe ouvri&#232;re et de notre Parti qui ont, les premiers, pressenti l'approche du danger, qui ont &#233;t&#233;, les premiers, &#224; en parler, c'est-&#224;-dire les repr&#233;sentants de la classe ouvri&#232;re les plus r&#233;volutionnaires, les plus sto&#239;ques, les plus perspicaces, les plus irr&#233;ductibles, forment, aujourd'hui, les cadres de l'Opposition. Ces cadres se d&#233;veloppent dans notre parti comme sur le plan international.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;v&#233;nements les plus consid&#233;rables et les faits nous donnent raison. La r&#233;pression affermit nos cadres, rassemble dans nos rangs les meilleurs des &#171; vieux &#187; du Parti, trempe les jeunes en groupant autour de l'Opposition les v&#233;ritables bolch&#233;viks de la nouvelle g&#233;n&#233;ration. Exclus du Parti, les opposants constituent les meilleurs hommes du Parti. Ceux qui les excluent et les arr&#234;tent sont &#8211; sans s'en rendre compte encore &#8211; l'instrument de pression des autres classes sur le prol&#233;tariat. En essayant de pi&#233;tiner notre plate-forme, la fraction dirigeante ex&#233;cute un ordre social donn&#233; par Oustrialov, c'est-&#224;-dire par la petite et moyenne bourgeoisie qui r&#233;l&#232;ve la t&#234;te. A l'encontre des politiques de la vieille bourgeoisie &#233;migr&#233;e au d&#233;clin, Oustrialov, politique intelligent et clairvoyant de la nouvelle bourgeoisie, n'aspire pas &#224; la R&#233;volution, aux grandes secousses, il ne veut pas non plus &#171; sauter les &#233;tapes &#187;. La marche oustrialoviste actuelle, c'est le cours stalinien. Oustrialov mise ouvertement sur Staline. Il exige de Staline le ch&#226;timent de l'Opposition. En excluant et en arr&#234;tant les opposants, en lan&#231;ant contre nous une accusation essentiellement thermidorienne au sujet de l'officier de Wrangel et du complot militaire, Staline ex&#233;cute l'ordre social d'Oustrialov.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le but imm&#233;diat de Staline : scinder le Parti, scinder l'Opposition, habituer le Parti aux m&#233;thodes d'an&#233;antissement physique, constituer des &#233;quipes de siffleurs fascistes, d'hommes travaillant &#224; coups de poings, &#224; coups de bouquins, &#224; coups de pierres, mettre les gens sous les verrous, voil&#224; sur quoi le cours stalinien s'est momentan&#233;ment arr&#234;t&#233; avant d'aller plus loin. Sa route est d&#233;j&#224; trac&#233;e. Pourquoi les Yaroslavsky, les Chvernik, les Goloch&#233;kine et autres discuteraient-ils au sujet des chiffres de contr&#244;le, puisqu'ils peuvent lancer &#224; la t&#234;te d'un opposant un gros bouquin de chiffres de contr&#244;le ? [1] Le stalinisme trouve son expression effr&#233;n&#233;e en se laissant aller &#224; de v&#233;ritables actes de voyous. Or, nous le r&#233;p&#233;tons, ces m&#233;thodes fascistes ne sont que l'accomplissement aveugle, inconscient d'un ordre social &#233;manant des autres classes. Le but : amputer l'Opposition du Parti et l'an&#233;antir physiquement.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;j&#224;, des voix se font entendre : &#171; Nous en excluerons un millier, nous en fusillerons une centaine, et, tout deviendra calme dans le Parti &#187;. Ainsi parlent de malheureux aveugles, apeur&#233;s et d&#233;cha&#238;n&#233;s en m&#234;me temps. C'est la voix de Thermidor. Les bureaucrates les plus mauvais, corrompus par le pouvoir, aveugl&#233;s de haine, le pr&#233;parent de toutes leurs forces. Il leur faut, pour cela, deux partis. Mais la violence se brisera contre une ligne politique juste qui a, pour la servir, le courage r&#233;volutionnaire des cadres d'opposants. Staline ne cr&#233;era pas deux partis. Nous disons ouvertement au Parti : la dictature du prol&#233;tariat est en danger. Et nous croyons fermement que le Parti &#8211; son noyau prol&#233;tarien &#8211; entendra, comprendra, rectifiera. Le Parti est d&#233;j&#224; profond&#233;ment remu&#233;, demain il sera remu&#233; jusque dans son tr&#233;fonds.&lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;re les quelques milliers d'opposants appartenant aux cadres du Parti, suit une double, une triple couche (d'adh&#233;rents &#224; l'Opposition), puis une couche encore plus large d'ouvriers membres du Parti qui ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; pr&#234;ter une oreille attentive &#224; l'opposition et &#224; se rapprocher d'elle. Ce processus est in&#233;vitable. L'ouvrier sans parti ne s'est pas laiss&#233; prendre aux attaques et aux calomnies dirig&#233;es contre nous. Son m&#233;contentement l&#233;gitime devant le d&#233;veloppement du bureaucratisme et du r&#233;gime du b&#226;illon, la classe ouvri&#232;re de L&#233;ningrad l'a exprim&#233; dans l'&#233;clatante d&#233;monstration du 17 octobre. In&#233;branlablement, le prol&#233;tariat est pour le pouvoir des Soviets, mais il veut une autre politique. Tous ces processus sont in&#233;vitables. L'appareil est impuissant &#224; les combattre. Plus les r&#233;pressions seront violentes, plus elles affermiront l'autorit&#233; des cadres d'opposants aux yeux des communistes du rang et de la classe ouvri&#232;re dans son ensemble. Pour chaque centaines d'opposants exclus du Parti, il y aura un nouveau millier d'opposants dans le Parti. L'opposant exclu se sent membre du Parti et le restera. On peut, par la violence, arracher la carte du Parti au v&#233;ritable bolchevik l&#233;niniste, on peut, momentan&#233;ment, lui retirer ses droits de membre du Parti, il n'abandonnera jamais ses obligations de membre du Parti. Lorsque Janson demanda, au camarade Mrachkovsky, &#224; la s&#233;ance de la Commission Centrale de Contr&#244;le, ce qu'il ferait lorsqu'il serait exclu du Parti, le camarade Mratchkovsky r&#233;pondit : &#171; Je continuerai comme par le pass&#233;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce que dira tout opposant, quel que soit le lieu d'o&#249; l'on puisse exclure : du Comit&#233; Ex&#233;cutif de l'Internationale Communiste, du Comit&#233; Central, du Parti Communiste de l'Union ou du Parti. Chacun de nous dit avec Mratchkvosky : &#171; Je continuerai comme par le pass&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous tenons la manette du bolchevisme. Vous ne nous en arracherez pas. Nous la ferons marcher. Vous ne nous amputerez pas du Parti, vous ne nous couperez pas de la classe ouvri&#232;re. Nous connaissons les r&#233;pressions, nous sommes habitu&#233;s aux coups. Nous ne livrerons pas la R&#233;volution d'Octobre &#224; la politique de Staline dont l'essence peut s'exprimer en quelques mots. B&#226;illonnement du noyau prol&#233;tarien, fraternisation avec les conciliateurs de tous les pays, capitulation devant la bourgeoisie mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Excluez-nous donc du Comit&#233; Central un mois avant le Congr&#232;s que vous avez d&#233;j&#224; transform&#233; en &#233;troite r&#233;union des gens de la fraction Staline ! Le 15e Congr&#232;s sera, au point de vue ext&#233;rieur, une esp&#232;ce de triomphe sup&#233;rieur de la m&#233;canique de l'Appareil. En r&#233;alit&#233;, il en marquera le complet effondrement politique. Les victoires de la fraction Staline sont les victoires des forces de classes &#233;trang&#232;res sur l'avant-garde prol&#233;tarienne. Les d&#233;faites du Parti dirig&#233; par Staline sont les d&#233;faites de la dictature du prol&#233;tariat. Le Parti le sent d&#233;j&#224;. Nous lui viendrons en aide. La plate-forme de l'Opposition est sur la table du Parti ! Apr&#232;s le 15e Congr&#232;s, l'Opposition sera, dans le Parti, incomparablement plus forte qu'en ce moment. Le calendrier de la classe ouvri&#232;re et le calendrier du Parti ne co&#239;ncident pas avec le calendrier bureaucratique de Staline. Le prol&#233;tariat pense lentement, mais s&#251;rement. Notre plate-forme acc&#233;l&#233;rera ce processus. En derni&#232;re analyse, c'est la ligne politique qui d&#233;cide, et non pas la main de fer bureaucratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Opposition est invincible. Excluez-nous aujourd'hui du Comit&#233; Central, comme hier vous avez exclu S&#233;r&#233;briakov et Pr&#233;obrajensky du Parti, comme vous avez arr&#234;t&#233; Fichelev et les autres. Notre plate-forme se frayera sa voie. D&#233;j&#224;, les ouvriers de tous les pays se demandent, avec la plus grande inqui&#233;tude, pour quelle raison, &#224; l'occasion du 10e anniversaire de la R&#233;volution d'Octobre, on exclut, on arr&#234;te les meilleurs combattants de cette R&#233;volution. A qui la faute ? A quelle classe ? A celle qui a a vaincu en Octobre, ou &#224; celle qui appesantit sa pression tout en sapant la victoire d'Octobre ? M&#234;me les ouvriers retardataires de tous les pays, r&#233;veill&#233;s par vos r&#233;pressions, prendront en mains notre plate-forme pour v&#233;rifier l'ignoble calomnie r&#233;pandue au sujet de l'officier de Wrangel et du complot militaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les poursuites, les exclusions, les arrestations feront de notre plate-forme le document le plus populaire, le plus pr&#232;s du c&#339;ur, le plus cher du mouvement ouvrier international. Excluez-nous, vous n'arr&#234;terez pas les victoires de l'Opposition : elles seront les victoires de l'unit&#233; r&#233;volutionnaire de notre Parti et de l'Internationale Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1927/10/lt_19271023.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1927/10/lt_19271023.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les dangers professionnels du pouvoir - Khristian Rakovsky - Une lettre sur les causes de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence du parti et de l'appareil d'&#233;tat</title>
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		<dc:date>2022-12-14T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>1927</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les dangers professionnels du pouvoir &lt;br class='autobr' /&gt;
Khristian Rakovsky &lt;br class='autobr' /&gt;
Une lettre sur les causes de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence du parti et de l'appareil d'&#233;tat &lt;br class='autobr' /&gt;
Cher camarade Valentinov, &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans vos R&#233;flexions sur les masses dat&#233;es du 9 juillet, en soulevant la question de &#034;l'activit&#233;&#034; de la classe ouvri&#232;re vous abordez un probl&#232;me-cl&#233;, celui de savoir comment conserver au prol&#233;tariat son r&#244;le dirigeant dans notre Etat. Bien que toutes les revendications de l'Opposition tendent pr&#233;cis&#233;ment vers ce but, je suis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique159" rel="directory"&gt;7- La question de l'Etat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;1927&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les dangers professionnels du pouvoir
&lt;p&gt;Khristian Rakovsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une lettre sur les causes de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence du parti et de l'appareil d'&#233;tat&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cher camarade Valentinov,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans vos R&#233;flexions sur les masses dat&#233;es du 9 juillet, en soulevant la question de &#034;l'activit&#233;&#034; de la classe ouvri&#232;re vous abordez un probl&#232;me-cl&#233;, celui de savoir comment conserver au prol&#233;tariat son r&#244;le dirigeant dans notre Etat. Bien que toutes les revendications de l'Opposition tendent pr&#233;cis&#233;ment vers ce but, je suis d'accord avec vous que tout n'a pas &#233;t&#233; dit sur cette question. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous l'avons toujours examin&#233;e en liaison avec l'ensemble du probl&#232;me de la prise et de la conservation du pouvoir politique, alors que, pour l'&#233;clairer davantage, il e&#251;t fallu lui r&#233;server un sort particulier, la traiter comme une question sp&#233;cifique et &#224; part enti&#232;re, caract&#232;re qu'en fait les &#233;v&#233;nements se sont eux-m&#234;mes charg&#233;s de lui donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Opposition a, en temps voulu, sonn&#233; l'alarme devant l'effroyable d&#233;clin du militantisme des masses travailleuses et leur indiff&#233;rence croissante envers la destin&#233;e de la dictature du prol&#233;tariat et de l'Etat sovi&#233;tique, et ce fait restera &#224; jamais son m&#233;rite vis-&#224;-vis du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le d&#233;ferlement actuel de manifestations d'un arbitraire sans pr&#233;c&#233;dent, le fait le plus caract&#233;ristique, et qui en constitue le principal danger, tient pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette passivit&#233; des masses (passivit&#233; plus grande encore parmi les communistes que chez les sans-parti) envers ces actes scandaleux. Des ouvriers en ont &#233;t&#233; t&#233;moins, mais, par crainte des puissants ou par indiff&#233;rence politique, ils les ont laiss&#233; passer sans protester ou bien se sont content&#233;s de ronchonner. Depuis l'affaire de Tchoubarovo (pour ne pas remonter plus haut) jusqu'aux tout derniers abus de Smolensk, d'Artemovka (1) , etc, on entend toujours le m&#234;me refrain &#034;Nous le savions depuis longtemps d&#233;j&#224;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vols, pr&#233;varication, violences physiques, extorsion de fonds, abus de pouvoir inou&#239;s, arbitraire illimit&#233;, ivrognerie, d&#233;bauche : on parle de tout cela comme de faits d&#233;j&#224; connus, non depuis des mois mais depuis des ann&#233;es, et que tout le monde tol&#232;re sans savoir pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas besoin d'expliquer que quand la bourgeoisie mondiale vocif&#232;re sur les vices de l'Etat sovi&#233;tique, nous pouvons l'ignorer avec un tranquille m&#233;pris. Nous ne connaissons que trop la &#034;puret&#233;&#034; de m&#339;urs des gouvernements et parlements bourgeois du monde entier. Mais ce n'est pas sur eux que nous devons prendre mod&#232;le : chez nous, il s'agit d'un Etat ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, nul ne peut nier les terribles ravages provoqu&#233;s dans la classe ouvri&#232;re par son indiff&#233;rence quant &#224; la marche de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous cet aspect, la question des causes de cette indiff&#233;rence et des moyens pour l'&#233;liminer s'av&#232;re essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela m&#234;me nous oblige &#224; la traiter en allant &#224; la racine du probl&#232;me, scientifiquement, et &#224; en soumettre toutes les facettes &#224; l'analyse. Ce ph&#233;nom&#232;ne m&#233;rite que nous lui accordions la plus extr&#234;me attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interpr&#233;tation que vous en donnez est, indiscutablement, correcte : chacun de nous l'a d&#233;j&#224; expos&#233;e dans ses interventions et elle a d&#233;j&#224; en partie trouv&#233; son expression dans notre Plate-forme (2). N&#233;anmoins, ces explications et les rem&#232;des propos&#233;s pour sortir d'une aussi grave situation ont eu et ont encore un caract&#232;re empirique ; ils se r&#233;f&#232;rent &#224; des cas particuliers sans r&#233;soudre le fond de la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon avis, cela provient de ce que cette question est, en soi, nouvelle. Jusqu'&#224; pr&#233;sent nous avions connu un grand nombre de cas o&#249; l'esprit d'initiative de la classe ouvri&#232;re avait faibli, sombr&#233; non seulement dans une apathie petite-bourgeoise g&#233;n&#233;ralis&#233;e, mais m&#234;me recul&#233; jusqu'au stade de la r&#233;action politique. Mais ces exemples nous &#233;taient apparus en une p&#233;riode o&#249;, aussi bien ici qu'&#224; l'&#233;tranger, le prol&#233;tariat luttait encore pour la conqu&#234;te du pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvions pas avoir d'exemples de d&#233;clin de l'ardeur du prol&#233;tariat &#224; une &#233;poque o&#249; il aurait d&#233;j&#224; en le pouvoir, pour la simple raison que, dans l'histoire, nous nous trouvons pour la premi&#232;re fois dans un cas o&#249; le prol&#233;tariat a gard&#233; le pouvoir aussi longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous savions ce qui pouvait arriver au prol&#233;tariat, c'est-&#224;-dire &#224; quelles fluctuations pouvait &#234;tre soumis son &#233;tat d'esprit, quand il &#233;tait une classe opprim&#233;e et exploit&#233;e. Mais c'est maintenant seulement que nous pouvons &#233;valuer, sur la base des faits, les changements d'&#233;tat d'esprit d'une classe ouvri&#232;re devenue une classe dirigeante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position politique (de classe dirigeante) n'est pas exempte de dangers ; ils sont, au contraire, tr&#232;s grands. Je n'entends pas ici les difficult&#233;s objectives dues &#224; l'ensemble des conditions historiques (encerclement capitaliste &#224; l'ext&#233;rieur, pression petite-bourgeoise &#224; l'int&#233;rieur du pays), mais les difficult&#233;s inh&#233;rentes &#224; toute nouvelle classe dirigeante, en tant que cons&#233;quences de la prise et de l'exercice du pouvoir lui-m&#234;me, et de la fa&#231;on dont on sait ou pas s'en servir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous comprenez que ces difficult&#233;s subsisteraient &#224; un degr&#233; ou &#224; un autre m&#234;me si, un instant, nous admettions le pays uniquement habit&#233; par des masses prol&#233;tariennes et son environnement constitu&#233; d'&#201;tats prol&#233;tariens. Ces difficult&#233;s, on pourrait les appeler les &#034;dangers professionnels&#034; du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la situation d'une classe qui lutte pour la prise du pouvoir diff&#232;re de celle d'une classe qui d&#233;tient d&#233;j&#224; le pouvoir depuis quelque temps et, r&#233;p&#233;tons-le, j'envisage ici non pas ce qui diff&#233;rencie ces situations sous l'angle des rapports du prol&#233;tariat avec les autres classes, mais du point de vue des nouveaux rapports qui se cr&#233;ent dans la classe victorieuse elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que repr&#233;sente une classe passant &#224; l'offensive ? Un maximum d'unit&#233; et de coh&#233;sion. L'esprit corporatiste, les particularismes, sans parler de l'int&#233;r&#234;t individuel, tout cela passe &#224; l'arri&#232;re-plan. L'initiative est totalement entre les mains m&#234;mes de la masse en lutte et de son avant-garde r&#233;volutionnaire, li&#233;e organiquement &#224; cette masse de la fa&#231;on la plus intime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand une classe s'est empar&#233;e du pouvoir, une certaine partie de cette classe devient l'agent de ce pouvoir. C'est ainsi qu'appara&#238;t la bureaucratie. Dans un Etat prol&#233;tarien, o&#249; l'accumulation capitaliste est interdite aux membres du parti dirigeant, cette diff&#233;renciation commence par &#234;tre fonctionnelle, par la suite elle devient sociale. Je ne dis pas de classe, mais sociale. Je pense ici &#224; la position sociale d'un communiste qui dispose d'une voiture, d'un bon appartement, de vacances r&#233;guli&#232;res, et qui per&#231;oit le salaire maximum autoris&#233; par le parti. Sa position diff&#232;re de celle du communiste qui travaille dans les mines de charbon et qui re&#231;oit un salaire de 50 &#224; 60 roubles par mois (parce que ce dont nous discutons ici, c'est des ouvriers et des employ&#233;s, et vous savez qu'on les a class&#233;s en dix-huit cat&#233;gories diff&#233;rentes) (3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a aussi pour effet que certaines des fonctions remplies autrefois par le parti tout entier, par la classe tout enti&#232;re, sont d&#233;sormais du ressort du pouvoir, c'est-&#224;-dire de quelques personnes seulement dans ce parti et dans cette classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; et la coh&#233;sion, auparavant cons&#233;quences naturelles de la lutte de classe r&#233;volutionnaire, ne peuvent plus maintenant &#234;tre conserv&#233;es que gr&#226;ce &#224; tout un syst&#232;me de mesures ayant pour but de pr&#233;server un &#233;quilibre entre les diff&#233;rents groupes de cette classe et de ce parti, et de subordonner ces groupes au but fondamental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela constitue un processus long et d&#233;licat. Il consiste &#224; &#233;duquer politiquement la classe dominante, &#224; lui faire acqu&#233;rir l'art de prendre en main l'appareil de son Etat, de son parti, de ses syndicats, de les contr&#244;ler et de les diriger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le r&#233;p&#232;te . il s'agit bien l&#224; d'une question d'&#233;ducation. Aucune classe n'est venue au monde en possession de l'art de gouverner. Cet art s'acquiert seulement par l'exp&#233;rience, en commettant des erreurs et en tirant les le&#231;ons de ses propres fautes. Aucune Constitution sovi&#233;tique, f&#251;t-elle id&#233;ale, ne peut assurer &#224; la classe ouvri&#232;re l'exercice sans obstacle de, sa dictature et de son contr&#244;le de classe si cette classe ne sait pas utiliser les droits que lui accorde la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inad&#233;quation entre les capacit&#233;s politiques d'une classe donn&#233;e, son habilet&#233; &#224; gouverner et les formes juridico-constitutionnelles qu'elle &#233;tablit &#224; son usage apr&#232;s la prise du pouvoir, est un fait d'histoire. On peut l'observer dans le d&#233;veloppement historique de toutes les classes, et tout particuli&#232;rement dans celui de la bourgeoisie. La bourgeoisie anglaise, par exemple, livra plus d'une bataille, non seulement pour remodeler la constitution en fonction de ses propres int&#233;r&#234;ts, mais aussi pour pouvoir profiter pleinement et sans entrave de ses droits, et en particulier de son droit de vote. Le roman de Charles Dickens, Les aventures de M. Pickwick, comprend bien des sc&#232;nes de cette &#233;poque du constitutionnalisme anglais o&#249; la tendance dirigeante, assist&#233;e de son appareil administratif, renversait dans le foss&#233; le coche amenant aux urnes les &#233;lecteurs de l'opposition, afin que ceux-ci ne puissent arriver &#224; temps pour voter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus de diff&#233;renciation est parfaitement naturel chez la bourgeoisie triomphante et qui a d&#233;j&#224; remport&#233; plus d'un succ&#232;s. En effet, prise dans le plus large sens du terme, la bourgeoisie se pr&#233;sente comme une s&#233;rie de groupements et m&#234;me de classes &#233;conomiques. Nous connaissons l'existence de la grande, de la moyenne et de la petite bourgeoisies ; nous savons qu'il y a une bourgeoisie financi&#232;re, une bourgeoisie commer&#231;ante, une bourgeoisie industrielle et une bourgeoisie agraire. A la suite de certains &#233;v&#233;nements, tels que des guerres et des r&#233;volutions, des regroupements s'effectuent au sein m&#234;me de la bourgeoisie ; de nouvelles couches apparaissent, commencent &#224; jouer un r&#244;le qui leur est propre, comme par exemple les propri&#233;taires et les acqu&#233;reurs de biens nationaux, ceux que l'on appelle les &#034;nouveaux riches&#034; et qui font leur apparition apr&#232;s chaque guerre tant soit peu durable. Pendant la r&#233;volution fran&#231;aise, sous le Directoire, ces nouveaux riches constitu&#232;rent un des facteurs de la r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, l'histoire de la victoire du Tiers Etat en France en 1789 est extr&#234;mement instructive. En premier lieu, ce Tiers Etat &#233;tait lui-m&#234;me des plus disparates. Il englobait tous ceux qui n'appartenaient pas &#224; la noblesse ou au clerg&#233; ; il comprenait ainsi non seulement toutes les vari&#233;t&#233;s de la bourgeoisie, mais &#233;galement les ouvriers et les paysans pauvres. Ce n'est que graduellement, apr&#232;s une longue lutte et des interventions arm&#233;es r&#233;p&#233;t&#233;es, que tout le Tiers Etat acquit en 1792 la possibilit&#233; l&#233;gale de participer &#224; l'administration du pays. La r&#233;action politique, qui d&#233;buta avant Thermidor, consista en ceci que le pouvoir commen&#231;a &#224; passer &#224; la fois formellement et effectivement dans les mains d'un nombre de citoyens de plus en plus restreint. Peu &#224; peu, d'abord dans les faits puis l&#233;galement, les masses populaires furent &#233;limin&#233;es de la direction du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que, dans ce cas, la pression de la r&#233;action s'exer&#231;a avant toute chose sur les coutures r&#233;unissant ces tissus de classe diff&#233;rents qui constituaient le Tiers Etat. Il est &#233;galement vrai que si l'on examine une fraction particuli&#232;re de la bourgeoisie, elle ne pr&#233;sente pas des contours de classe aussi vifs que ceux qui, par exemple, s&#233;parent la bourgeoisie et le prol&#233;tariat, c'est-&#224;-dire deux classes jouant un r&#244;le enti&#232;rement diff&#233;rent dans la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pendant la p&#233;riode de d&#233;clin de la r&#233;volution fran&#231;aise, le pouvoir, en taillant dans le tissu social suivant ses lignes de diff&#233;renciation, ne fit pas qu'&#233;carter des groupes sociaux qui, hier encore, marchaient ensemble et &#233;taient unis par le m&#234;me but r&#233;volutionnaire ; il d&#233;sint&#233;gra aussi une masse sociale jusqu'alors plus ou moins homog&#232;ne. Des suites d'une sp&#233;cialisation fonctionnelle qui vit une oligarchie dirigeante faite de fonctionnaires se s&#233;parer de cette classe, des fissures s'y produisirent qui allaient se transformer en gouffres b&#233;ants sous la pression accrue de la contre-r&#233;volution. Cette contradiction eut pour r&#233;sultat d'engendrer une lutte dans les rangs m&#234;me de la classe dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contemporains de la r&#233;volution fran&#231;aise, ceux qui y particip&#232;rent et plus encore les historiens de l'&#233;poque suivante, furent pr&#233;occup&#233;s par la question des causes de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence du parti jacobin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'une fois, Robespierre avait mis en garde ses partisans contre les cons&#233;quences que l'ivresse du pouvoir pouvait entra&#238;ner. Il les avait avertis que, d&#233;tenant le pouvoir, ils ne devraient pas c&#233;der &#224; l'infatuation, en &#234;tre enfl&#233;s comme il disait, ou, comme nous le dirions maintenant, &#234;tre infect&#233;s de &#034;vanit&#233; jacobine&#034;. Mais, comme nous le verrons plus loin, Robespierre lui-m&#234;me contribua largement &#224; d&#233;saisir du pouvoir la petite bourgeoisie s'appuyant sur les ouvriers parisiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne citerons pas ici toutes les indications fournies par les contemporains concernant les diverses causes de la d&#233;composition du parti des Jacobins, comme par exemple, leur tendance &#224; s'enrichir, leurs liens avec les entreprises, leur participation aux contrats sur les fournitures, etc. Mentionnons plut&#244;t un fait curieux et bien connu : l'opinion de Babeuf d'apr&#232;s laquelle la chute des Jacobins fut grandement facilit&#233;e par les nobles dames dont ils s'&#233;taient tellement entich&#233;s. Il s'adressait aux Jacobins en ces termes - &#034;Que faites-vous donc, pusillanimes pl&#233;b&#233;iens ? Aujourd'hui, elles vous serrent dans leurs bras, demain elles vous &#233;trangleront !&#034;. (Si les automobiles avaient exist&#233; au temps de la r&#233;volution fran&#231;aise, nous aurions eu aussi le facteur &#034;harem,-automobile&#034;, dont le r&#244;le - comme l'a montr&#233; le camarade Sosnovski &#8211; ne fut pas n&#233;gligeable dans la formation de l'id&#233;ologie de notre bureaucratie des soviets et du parti).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui joua le r&#244;le le plus important dans l'isolement de Robespierre et du Club des Jacobins, ce qui les coupa compl&#232;tement des masses ouvri&#232;res et petites-bourgeoises, ce fut, outre la liquidation de tous les &#233;l&#233;ments de gauche, en commen&#231;ant par les Enrag&#233;s d'H&#233;bert et de Chaumette (et de toute la Commune de Paris en g&#233;n&#233;ral), l'&#233;limination graduelle du principe &#233;lectif et son remplacement par le principe des nominations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'envoi de commissaires aux arm&#233;es et dans les villes o&#249; la contre-r&#233;volution relevait la t&#234;te, ou s'y essayait, n'&#233;tait pas seulement l&#233;gitime mais indispensable. Mais quand, petit &#224; petit, Robespierre commen&#231;a &#224; remplacer les juges et les commissaires des diff&#233;rentes sections de Paris qui, jusqu'alors, avaient &#233;t&#233; &#233;lus ; quand il commen&#231;a &#224; nommer les pr&#233;sidents des comit&#233;s r&#233;volutionnaires et en arriva m&#234;me &#224; substituer des fonctionnaires &#224; toute la direction de la Commune, il ne pouvait, par toutes ces mesures que renforcer le bureaucratisme et tuer l'initiative populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le r&#233;gime de Robespierre, au lieu de d&#233;velopper l'activit&#233; r&#233;volutionnaire des masses, d&#233;j&#224; brid&#233;e par la crise &#233;conomique et en particulier par la crise alimentaire, ne fit qu'aggraver le mal et faciliter le travail des forces antid&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dumas, le pr&#233;sident du Tribunal r&#233;volutionnaire, se plaignit &#224; Robespierre de ne pas pouvoir trouver de jur&#233;s pour ce tribunal, personne ne voulant remplir de telles fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Robespierre fit sur lui-m&#234;me l'exp&#233;rience de cette indiff&#233;rence des masses parisiennes, le 10 thermidor, quand on lui fit traverser Paris, bless&#233; et ensanglant&#233;, sans nulle crainte que les masses populaires interviennent en faveur du dictateur de la veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute &#233;vidence, il serait ridicule d'attribuer la chute de Robespierre et la d&#233;faite de la d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire au principe des nominations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il acc&#233;l&#233;ra, sans aucun doute, l'action d'autres facteurs. Parmi ceux-ci, le plus d&#233;terminant tenait aux difficult&#233;s de ravitaillement dues, en grande partie, &#224; deux ann&#233;es de mauvaises r&#233;coltes (et aux perturbations engendr&#233;es par la transformation de la grande propri&#233;t&#233; f&#233;odale en petite exploitation paysanne) et au fait que, face &#224; une hausse constante des prix du pain et de la viande, les Jacobins ne voulurent pas, au d&#233;but, recourir &#224; des mesures administratives pour r&#233;primer l'avidit&#233; des paysans riches et des sp&#233;culateurs. Et quand, sous l'imp&#233;tueuse pression des masses, ils se d&#233;cid&#232;rent enfin &#224; faire voter la loi du maximum, celle-ci, dans les conditions de la libert&#233; du march&#233; et de la production capitaliste, ne pouvait &#234;tre qu'un palliatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons maintenant &#224; la r&#233;alit&#233; dans laquelle nous vivons. Je tiens pour avant tout n&#233;cessaire d'indiquer que, lorsque nous employons des expressions comme &#034;le parti&#034; et &#034;les masses&#034;, nous ne devrions pas perdre de vue le contenu que l'histoire des dix derni&#232;res ann&#233;es a mis dans ces termes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni la classe ouvri&#232;re ni le parti ne sont plus ni physiquement ni moralement ce qu'ils &#233;taient voici une dizaine d'ann&#233;es. Je ne pense gu&#232;re exag&#233;rer quand je dis que le membre du parti de 1917 aurait peine &#224; se reconna&#238;tre en celui de 1928.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un changement profond a eu lieu dans l'anatomie et dans la physiologie de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon avis, il est n&#233;cessaire de concentrer notre attention sur l'&#233;tude des modifications survenues tant dans les tissus que dans leurs fonctions. L'analyse de ces changements aura &#224; nous montrer la fa&#231;on de sortir de la situation ainsi cr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pr&#233;tends pas le faire, en tout cas dans cette lettre ; je me bornerai &#224; quelques remarques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parlant de la classe ouvri&#232;re il faudrait trouver une r&#233;ponse &#224; toute une s&#233;rie de questions, par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la proportion d'ouvriers employ&#233;s actuellement dans notre industrie qui y sont entr&#233;s apr&#232;s la r&#233;volution, et quelle est la proportion de ceux qui y travaillaient auparavant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la proportion de ceux qui ont particip&#233; autrefois au mouvement r&#233;volutionnaire, &#224; des gr&#232;ves, ont &#233;t&#233; d&#233;port&#233;s, emprisonn&#233;s, ont pris part &#224; la guerre civile ou combattu dans l'Arm&#233;e rouge ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la proportion d'ouvriers employ&#233;s dans l'industrie qui y travaillent sans interruption ? Combien d'entre eux n'y travaillent que provisoirement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'industrie, quelle est la proportion d'&#233;l&#233;ments semi-prol&#233;tariens, semi-paysans, etc ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous descendons et p&#233;n&#233;trons dans les profondeurs m&#234;me du prol&#233;tariat, du semi-prol&#233;tariat, et plus largement des masses travailleuses, nous tomberons sur des pans entiers de la population dont il est &#224; peine question chez nous. Je ne veux pas parler ici uniquement des ch&#244;meurs (un ph&#233;nom&#232;ne constituant un danger toujours croissant que l'Opposition a, en tout cas, clairement indiqu&#233;), mais des masses r&#233;duites &#224; la pauvret&#233; ou &#224; demi-paup&#233;ris&#233;es, subsistant gr&#226;ce aux aides d&#233;risoires de l'Etat, et qui se trouvent &#224; la limite de la mis&#232;re, du vol et de la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas imaginer comment et quels gens vivent parfois &#224; peine &#224; quelques pas de nous. Il arrive &#224; l'occasion qu'on se heurte &#224; des ph&#233;nom&#232;nes dont on n'aurait m&#234;me pas pu soup&#231;onner l'existence dans un Etat sovi&#233;tique et qui donnent l'impression que l'on voit soudainement s'ouvrir un ab&#238;me. Bien s&#251;r, cela existait d&#233;j&#224; auparavant. Il ne s'agit pas de plaider la cause du pouvoir sovi&#233;tique, en invoquant le fait qu'il n'a pas r&#233;ussi &#224; se d&#233;barrasser de ce qui reste encore le lourd h&#233;ritage laiss&#233; par le r&#233;gime tsariste et capitaliste. Non, mais &#224; notre &#233;poque, sous notre r&#233;gime, nous constatons l'existence, dans le corps de la classe ouvri&#232;re, de crevasses par o&#249; la bourgeoisie pourrait se forcer un passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, sous le r&#233;gime bourgeois, la partie consciente de la classe ouvri&#232;re entra&#238;nait &#224; sa suite cette masse nombreuse, y compris les semi-vagabonds. La chute du r&#233;gime capitaliste devait amener la lib&#233;ration de la classe ouvri&#232;re dans son entier. Les &#233;l&#233;ments semi-d&#233;class&#233;s rendaient la bourgeoisie et l'Etat capitaliste responsables de leur situation et consid&#233;raient que la r&#233;volution devait apporter un changement &#224; leur condition. Ces gens maintenant sont loin d'&#234;tre satisfaits ; leur situation ne s'est pas am&#233;lior&#233;e ou gu&#232;re. Ils commencent &#224; consid&#233;rer avec hostilit&#233; le pouvoir sovi&#233;tique ainsi que la partie de la classe ouvri&#232;re qui a un emploi dans l'industrie. Ils deviennent surtout les ennemis des fonctionnaires des soviets, du parti et des syndicats. On les entend parfois parler des sommets de la classe ouvri&#232;re comme de la &#034;nouvelle noblesse&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne m'&#233;tendrai pas ici sur la diff&#233;renciation que le pouvoir a introduite au sein de la classe ouvri&#232;re, et que j'ai qualifi&#233;e plus haut de &#034;fonctionnelle&#034;. La fonction a introduit des modifications dans l'organe m&#234;me, c'est-&#224;-dire dans la psychologie de ceux qui sont charg&#233;s des diverses t&#226;ches de direction dans l'administration et l'&#233;conomie &#233;tatiques, et cela &#224; un point tel que, non seulement objectivement mais subjectivement, physiquement mais aussi moralement, ils ont cess&#233; de faire partie de cette m&#234;me classe ouvri&#232;re. Ainsi, un directeur d'usine jouant au &#034;satrape&#034; bien qu'il soit un communiste, n'incarnera pas aux yeux des ouvriers les meilleures qualit&#233;s du prol&#233;tariat, et cela malgr&#233; son origine prol&#233;tarienne, malgr&#233; le fait qu'il travaillait peut-&#234;tre &#224; l'&#233;tabli il y a quelques ann&#233;es encore. Molotov peut, aussi souvent qu'il le voudra, mettre un signe d'&#233;galit&#233; entre la dictature du prol&#233;tariat et notre Etat avec ses d&#233;formations bureaucratiques et, qui plus est, avec ses brutes de Smolensk, ses escrocs de Tachkent et ses aventuriers d'Artemovka. Ce faisant il ne r&#233;ussit qu'&#224; discr&#233;diter la dictature du prol&#233;tariat sans d&#233;sarmer le l&#233;gitime m&#233;contentement des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous passons au parti lui-m&#234;me, &#224; la bigarrure que nous trouvons d&#233;j&#224; dans la classe ouvri&#232;re, il convient d'ajouter la coloration que lui donnent les transfuges des autres classes. La structure sociale du parti est bien plus h&#233;t&#233;rog&#232;ne que celle de la classe ouvri&#232;re. Il en a toujours &#233;t&#233; ainsi, naturellement avec cette diff&#233;rence que lorsque le parti avait une vie id&#233;ologique intense, il fondait cet amalgame social en un seul alliage gr&#226;ce &#224; la lutte d'une classe r&#233;volutionnaire en action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pouvoir est une cause, aussi bien dans la classe ouvri&#232;re que dans le parti, de la m&#234;me diff&#233;renciation r&#233;v&#233;lant les coutures qui existent entre les diff&#233;rentes couches sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bureaucratie des soviets et du parti constitue un ph&#233;nom&#232;ne d'un nouvel ordre. Il ne s'agit pas de faits isol&#233;s ou passagers, de lacunes individuelles, de d&#233;faillances dans la conduite de tel ou tel camarade, mais plut&#244;t d'une nouvelle cat&#233;gorie sociologique, &#224; laquelle il faudrait consacrer tout un trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sujet du projet de programme de l'Internationale communiste (4), j'&#233;crivais entre autres choses &#224; L&#233;on Davidovitch (Trotsky) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;En ce qui concerne le chapitre IV (la p&#233;riode de transition). La fa&#231;on dont est formul&#233; le r&#244;le des partis communistes dans la p&#233;riode de la dictature du prol&#233;tariat est tout &#224; fait inconsistante. Il est probable que le brouillard dans lequel on noie la question du r&#244;le du parti envers la classe ouvri&#232;re et l'Etat n'est pas un effet du hasard. On le voit bien dans la mani&#232;re dont est pos&#233;e l'antith&#232;se d&#233;mocratie prol&#233;tarienne-d&#233;mocratie bourgeoise, sans qu'un seul mot vienne expliquer ce que le parti doit faire pour r&#233;aliser, concr&#232;tement cette d&#233;mocratie prol&#233;tarienne. &#034;Attirer les masses et les faire participer &#224; la construction &#034;, &#034;r&#233;&#233;duquer sa propre nature&#034; (Boukharine se pla&#238;t &#224; d&#233;velopper ce dernier point, entre autres, sp&#233;cialement sous l'angle de la r&#233;volution culturelle) : ce sont des affirmations vraies du point de vue de l'histoire et connues depuis des lustres, mais qui se r&#233;duisent &#224; des lieux communs si l'on n'y introduit pas l'exp&#233;rience accumul&#233;e au cours de dix ann&#233;es de dictature du prol&#233;tariat en URSS. C'est ici que se pose avec toute son acuit&#233; la question des m&#233;thodes de direction, dont le r&#244;le est tellement &#233;norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nos dirigeants n'aiment pas en parler, de peur qu'il ne devienne &#233;vident qu'eux-m&#234;mes sont encore loin d'avoir &#034;r&#233;&#233;duqu&#233; leur propre nature&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'avais eu &#224; &#233;crire un projet de programme pour l'Internationale communiste, j'aurais consacr&#233; beaucoup de place, dans ce chapitre (la p&#233;riode de transition), &#224; la th&#233;orie de L&#233;nine sur l'Etat pendant la dictature du prol&#233;tariat et au r&#244;le du parti et de sa direction dans la cr&#233;ation d'une d&#233;mocratie prol&#233;tarienne, telle qu'elle devrait &#234;tre au lieu de cette bureaucratie des soviets et du parti que nous avons actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camarade Pr&#233;obrajenski a promis de consacrer un chapitre sp&#233;cial, dans son livre Les conqu&#234;tes de la dictature du prol&#233;tariat en l'an XI de la r&#233;volution, &#224; la bureaucratie sovi&#233;tique. J'esp&#232;re qu'il n'oubliera pas la bureaucratie du parti, qui joue un r&#244;le bien plus grand dans l'Etat sovi&#233;tique que sa soeur des soviets. Je lui ai exprim&#233; l'espoir qu'il &#233;tudiera ce ph&#233;nom&#232;ne sociologique sp&#233;cifique sous tous ses aspects. Il n'y a pas de brochure communiste qui, relatant la trahison de la social-d&#233;mocratie allemande du 4 ao&#251;t 1914, n'indique en m&#234;me temps quel r&#244;le fatal les sommets bureaucratiques du parti et des syndicats ont jou&#233; dans l'histoire de la chute de ce parti. Mais tr&#232;s peu a &#233;t&#233; dit, et encore en termes tr&#232;s g&#233;n&#233;raux, sur le r&#244;le jou&#233; par notre bureaucratie des soviets et du parti, dans la d&#233;composition du parti et de l'Etat sovi&#233;tique. C'est un ph&#233;nom&#232;ne sociologique de la plus haute importance qui ne peut, cependant, &#234;tre compris et saisi dans toute sa port&#233;e que si l'on examine quelles cons&#233;quences il a eues dans le changement d'id&#233;ologie du parti et de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous demandez ce qu'il est advenu de l'esprit militant du parti et de notre prol&#233;tariat ? O&#249; a disparu leur initiative r&#233;volutionnaire ? O&#249; sont pass&#233;s leur int&#233;r&#234;t pour les id&#233;es, leur vaillance r&#233;volutionnaire, leur fiert&#233; pl&#233;b&#233;ienne ? Vous vous &#233;tonnez qu'il y ait tant d'apathie, de bassesse, de pusillanimit&#233;, de carri&#233;risme et tant d'autres choses que je pourrais ajouter moi-m&#234;me. Comment se fait-il que des gens qui ont un riche pass&#233; de r&#233;volutionnaires, dont l'honn&#234;tet&#233; personnelle ne fait aucun doute, qui ont donn&#233; maintes preuves de leur abn&#233;gation en tant que r&#233;volutionnaires, se soient transform&#233;s en de pitoyables bureaucrates ? D'o&#249; vient cette ambiance de servilit&#233; abjecte &#224; la Smerdiakov (5) dont parle Trotsky dans sa lettre sur les d&#233;clarations de Krestinski et d' Antonov-Ovseenko ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'on peut s'attendre &#224; ce que des transfuges de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, des intellectuels et, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, des gens habitu&#233;s &#224; faire &#034;cavalier seul&#034;, glissent du point de vue des id&#233;es et de la moralit&#233;, comment expliquer que le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne s'applique &#224; la classe ouvri&#232;re ? Beaucoup de camarades ont not&#233; le fait de sa passivit&#233; et ne peuvent dissimuler leur d&#233;ception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que d'autres camarades ont vu en une certaine campagne men&#233;e pour la collecte du bl&#233; (6), des sympt&#244;mes d'une robuste sant&#233; r&#233;volutionnaire et la preuve que les r&#233;flexes de classe sont encore vivants dans le parti. Tout &#224; fait r&#233;cemment, le camarade Ichtchenko m'&#233;crivait (ou plut&#244;t, a &#233;crit dans des th&#232;ses qu'il doit avoir envoy&#233;es &#224; d'autres camarades aussi) que la collecte du bl&#233; et l'autocritique sont dues &#224; la r&#233;sistance de la fraction prol&#233;tarienne de la direction et du parti. Malheureusement, je dois dire que ce n'est pas exact. Ces deux faits r&#233;sultent d'une combinaison maniganc&#233;e dans les hautes sph&#232;res et ne doivent rien &#224; la pression de la critique des ouvriers : c'est pour des raisons ayant un caract&#232;re politique et parfois m&#234;me tendancieux ou, devrais-je dire, fractionnel, qu'une partie des sommets dirigeants s'est engag&#233;e dans cette ligne. Il n'y a qu'une seule pression prol&#233;tarienne dont on puisse parler : celle dirig&#233;e par l'opposition. Mais, on doit le dire clairement, cette pression n'a pas &#233;t&#233; suffisante pour ne serait-ce que maintenir l'Opposition &#224; l'int&#233;rieur du parti et a fortiori pour changer la politique de ce dernier. Je suis d'accord avec L&#233;on Davidovitch (Trotsky) qui a montr&#233;, par une s&#233;rie d'exemples irr&#233;futables, le r&#244;le r&#233;volutionnaire v&#233;ritable et positif que certains mouvements r&#233;volutionnaires ont jou&#233; par leur d&#233;faite : la Commune de Paris, l'insurrection de d&#233;cembre 1905 &#224; Moscou. La premi&#232;re assura le maintien de sa forme r&#233;publicaine au gouvernement de la France, la seconde a ouvert la voie &#224; la r&#233;forme constitutionnelle en Russie. Cependant, les effets de ces d&#233;faites conqu&#233;rantes sont de courte dur&#233;e si une nouvelle vague r&#233;volutionnaire ne vient pas &#224; leur rescousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait le plus affligeant est l'absence de r&#233;actions de la part du parti et des masses. Pendant deux ans, une lutte exceptionnellement &#226;pre s'est poursuivie entre l'Opposition et la majorit&#233; des hautes sph&#232;res du parti et, ces huit derniers mois, des &#233;v&#233;nements se sont d&#233;roul&#233;s qui auraient d&#251; ouvrir les yeux aux plus aveugles. Cela sans que, durant tout ce temps, la masse du parti n'intervienne et le fasse sentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, compr&#233;hensible est le pessimisme de certains camarades, celui-l&#224; m&#234;me que je sens percer &#224; travers vos questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Babeuf, regardant tout autour de lui apr&#232;s sa sortie de la prison de l'Abbaye, commen&#231;a &#224; se demander ce qu'&#233;taient devenus ce peuple de Paris, ces ouvriers des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau qui, le 14 juillet 1789, avaient pris la Bastille, le 10 ao&#251;t 1792 les Tuileries, assi&#233;g&#233; la Convention le 30 mai 1793, sans parler de leurs nombreuses autres interventions arm&#233;es. Il r&#233;suma ses observations en une phrase dans laquelle on sent l'amertume du r&#233;volutionnaire : &#034;Il est plus difficile de r&#233;&#233;duquer le peuple dans l'amour de la Libert&#233; que de la conqu&#233;rir&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu pourquoi le peuple de Paris se d&#233;prit de la Libert&#233;. La famine, le ch&#244;mage, la liquidation des cadres r&#233;volutionnaires (nombre de leurs dirigeants avaient &#233;t&#233; guillotin&#233;s), l'&#233;limination des masses de la direction du pays, tout cela entra&#238;na une si grande lassitude morale et physique des masses que le peuple de Paris et du reste de la France eut besoin de trente-sept ann&#233;es de r&#233;pit avant de commencer une nouvelle r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Babeuf formula son programme en deux mots (je parle ici de son programme de 1794) : &#034;La Libert&#233; et une Commune &#233;lue&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois ici faire un aveu : je ne me suis jamais laiss&#233; bercer par l'illusion qu'il suffisait aux leaders de l'Opposition d'appara&#238;tre dans les meetings du parti et dans les r&#233;unions ouvri&#232;res pour faire passer les masses du c&#244;t&#233; de l'Opposition. J'ai toujours consid&#233;r&#233; de tels espoirs, caress&#233;s par les dirigeants de L&#233;ningrad (Zinoviev et autres), comme une certaine survivance de la p&#233;riode o&#249; ils prenaient les ovations et les applaudissements officiels pour l'expression du v&#233;ritable sentiment des masses en les attribuant &#224; ce qu'ils imaginaient &#234;tre leur popularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'irai m&#234;me plus loin : c'est cela qui explique pour moi le brusque revirement de leur conduite auquel nous venons d'assister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;taient pass&#233;s &#224; l'opposition dans l'espoir de prendre rapidement le pouvoir. C'est dans ce but qu'ils s'&#233;taient unis &#224; l'opposition de 1923 (7). Quand quelqu'un du &#034;groupe sans leaders&#034; (8) reprocha &#224; Zinoviev et Kamenev d'avoir laiss&#233; tomber leur alli&#233; Trotsky, Kamenev r&#233;pondit : &#034;Nous avions besoin de Trotsky pour gouverner. Pour rentrer dans le parti, il est un poids mort&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il aurait fallu toujours poser comme pr&#233;misse que l'oeuvre d'&#233;ducation du parti et de la classe ouvri&#232;re est une t&#226;che longue et difficile, qu'elle l'est d'autant plus que les esprits doivent &#234;tre tout d'abord nettoy&#233;s de toutes les impuret&#233;s introduites en eux par ce que sont r&#233;ellement nos soviets et notre parti et par la bureaucratie de ces institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne doit pas perdre de vue que la majorit&#233; des membres du parti (sans parler de ceux de la jeunesse communiste) a la conception la plus erron&#233;e des t&#226;ches, des fonctions et de la structure du parti, &#224; savoir la conception que la bureaucratie leur enseigne par son exemple, sa fa&#231;on d'agir et ses formules st&#233;r&#233;otyp&#233;es. Les ouvriers qui rejoignirent le parti apr&#232;s la guerre civile, dans leur &#233;crasante majorit&#233; apr&#232;s 1923 (la promotion L&#233;nine), n'ont aucune id&#233;e de ce qu'&#233;tait autrefois le r&#233;gime du parti. La majorit&#233; de ces ouvriers est d&#233;pourvue de cette &#233;ducation r&#233;volutionnaire de classe que l'on acquiert pendant la lutte, dans la vie, dans l'action consciente. Dans le temps, cette conscience de classe s'obtenait dans la lutte contre le capitalisme, aujourd'hui, elle doit se former en participant &#224; la construction du socialisme. Mais, notre bureaucratie ayant r&#233;duit cette participation &#224; une phrase creuse, les ouvriers n'ont nulle part o&#249; ils pourraient acqu&#233;rir une telle conscience. J'exclus, bien entendu, comme un moyen anormal d'&#233;duquer la classe le fait que notre bureaucratie, en abaissant les salaires r&#233;els, en aggravant les conditions de travail, en favorisant le d&#233;veloppement du ch&#244;mage, pousse les ouvriers &#224; la lutte de classe et &#224; se former une conscience de classe, mais sur une base alors hostile &#224; l'Etat socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la conception de L&#233;nine et de nous tous, la t&#226;che de la direction du parti consistait pr&#233;cis&#233;ment &#224; pr&#233;server le parti comme la classe ouvri&#232;re de l'influence corruptrice des privil&#232;ges, passe-droit et faveurs inh&#233;rents au pouvoir en raison de son contact avec les d&#233;bris de l'ancienne noblesse et de la petite bourgeoisie ; &#224; les pr&#233;munir contre l'influence n&#233;faste de la NEP, contre la tentation de l'id&#233;ologie et de la morale bourgeoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions l'espoir que, en m&#234;me temps, la direction du parti saurait cr&#233;er un nouvel appareil, v&#233;ritablement ouvrier et paysan, de nouveaux syndicats, vraiment prol&#233;tariens, une nouvelle morale de la vie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut le reconna&#238;tre franchement, clairement et &#224; haute voix : l'appareil du parti n'a pas accompli cette t&#226;che qui &#233;tait la sienne. Il a montr&#233; l'incomp&#233;tence la plus compl&#232;te dans cette double t&#226;che de pr&#233;servation et d'&#233;ducation, il a &#233;chou&#233; et fait banqueroute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions convaincus depuis longtemps - et les huit derniers mois auraient d&#251; le prouver &#224; chacun - que la direction du parti s'avan&#231;ait sur le plus p&#233;rilleux des chemins. Et elle continue &#224; suivre cette route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les reproches que nous lui adressons ne concernent, pour ainsi dire, pas l'aspect quantitatif de son travail, mais son c&#244;t&#233; qualitatif. Ce point doit &#234;tre soulign&#233;, sinon l'on va &#224; nouveau nous submerger de chiffres sur les succ&#232;s innombrables et int&#233;graux obtenus par les appareils du parti et des soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est grand temps de mettre fin &#224; ce charlatanisme statistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouvrez les comptes rendus du XV&#232;me congr&#232;s du parti (9). Lisez le rapport de Kossior sur l'activit&#233; organisationnelle. Qu'y trouvez-vous ? Je le cite litt&#233;ralement : &#034;Le plus prodigieux d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie dans le parti&#034;, &#034;L'activit&#233; organisationnelle du parti s'est accrue de fa&#231;on colossale &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, bien entendu, pour renforcer tout cela : des chiffres, des chiffres et encore des chiffres. Et l'on nous dit cela alors qu'il y a dans les dossiers du Comit&#233; central des documents apportant la preuve de la pire corruption des appareils du parti et des soviets, de l'&#233;touffement de tout contr&#244;le des masses, de l'oppression la plus horrible, des pers&#233;cutions, d'une terreur jouant avec la vie et l'existence des membres du parti et des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment la Pravda du 11 avril caract&#233;rise notre bureaucratie : &#034;Un milieu de fonctionnaires hostiles, Paresseux, incomp&#233;tents et pleins de morgue se trouve en mesure de chasser les meilleurs inventeurs sovi&#233;tiques au del&#224; des fronti&#232;res de l'URSS, &#224; moins qu'une bonne fois pour toutes un grand coup ne soit frapp&#233; contre ces &#233;l&#233;ments, de toute notre force, avec toute notre d&#233;termination et de mani&#232;re impitoyable&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Connaissant notre bureaucratie, je ne serais cependant pas surpris d'entendre ou de lire &#224; nouveau des discours sur &#034;le d&#233;veloppement prodigieux&#034; et &#034;colossal&#034; de l'activit&#233; des masses du parti, du travail organisationnel du Comit&#233; central pour implanter la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis persuad&#233; que la bureaucratie du parti et des soviets existant actuellement va continuer avec le m&#234;me succ&#232;s &#224; cultiver autour d'elle des abc&#232;s purulents, malgr&#233; les bruyants proc&#232;s de ces derniers mois. Cette bureaucratie ne changera pas par le fait qu'on la soumettra &#224; une &#233;puration. Je ne nie pas, bien entendu, l'utilit&#233; relative et l'absolue n&#233;cessit&#233; d'une telle &#233;puration. Je d&#233;sire simplement souligner le fait qu'il s'agit non pas uniquement de changer de personnel, mais de changer de m&#233;thodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon avis, la premi&#232;re condition pour rendre la direction de notre parti capable d'exercer un r&#244;le &#233;ducatif, c'est de r&#233;duire la taille et les fonctions de cette direction. Les trois quarts de l'appareil devraient &#234;tre licenci&#233;s et les t&#226;ches du quart restant devraient avoir des limites strictement d&#233;termin&#233;es. Cela devrait s'appliquer &#233;galement aux t&#226;ches, aux fonctions et aux droits des organismes centraux. Les membres du parti doivent recouvrer leurs droits qui ont &#233;t&#233; foul&#233;s aux pieds et recevoir de solides garanties contre l'arbitraire auquel les cercles dirigeants nous ont accoutum&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peine &#224; imaginer ce qui se passe dans les couches inf&#233;rieures de l'appareil du parti. C'est sp&#233;cialement dans la lutte contre l'Opposition que s'est manifest&#233;e l'indigence id&#233;ologique de ces cadres, ainsi que l'influence corruptrice qu'ils exercent sur la base ouvri&#232;re du parti. Si, au sommet, il existait encore une certaine ligne id&#233;ologique (bien qu'elle soit erron&#233;e, faite de sophismes et m&#234;l&#233;e, il est vrai, &#224; une forte dose de mauvaise foi), &#224; l'&#233;chelon inf&#233;rieur cette fois, on a surtout eu recours aux arguments de la plus effr&#233;n&#233;e des d&#233;magogies contre l'opposition. Les agents du parti n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; user de l'antis&#233;mitisme, de la x&#233;nophobie, de la haine des intellectuels, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis persuad&#233; que toute r&#233;forme du parti qui s'appuie sur la bureaucratie n'est qu'utopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons-nous : tout en notant, comme vous, l'absence d'esprit militant r&#233;volutionnaire &#224; la base du parti, je ne vois rien de surprenant &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne. Il r&#233;sulte de tous les changements qui ont eu lieu dans le parti et dans la composition m&#234;me de la classe ouvri&#232;re. Il convient de r&#233;&#233;duquer les masses travailleuses et les masses du parti dans le cadre du parti et des syndicats. Ce processus est en soi long et difficile, mais il est in&#233;vitable et il a d&#233;j&#224; commenc&#233;. La lutte de l'Opposition, l'exclusion de centaines et de centaines de camarades, les emprisonnements, les d&#233;portations, bien que n'ayant pas encore fait beaucoup pour l'&#233;ducation communiste de notre parti, ont, en tout cas, eu plus d'effets en ce sens que n'en a eu tout l'appareil pris ensemble. En fait, les deux facteurs ne peuvent m&#234;me pas &#234;tre compar&#233;s : l'appareil a gaspill&#233; le capital du parti l&#233;gu&#233; par L&#233;nine, d'une fa&#231;on non seulement inutile mais nuisible. Il a d&#233;moli tandis que l'Opposition construisait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, j'ai raisonn&#233; en faisant &#034;abstraction&#034; des faits de notre vie &#233;conomique et politique qui ont &#233;t&#233; soumis &#224; l'analyse dans la Plate-forme de l'Opposition. Je l'ai fait d&#233;lib&#233;r&#233;ment, car tout mon propos &#233;tait de souligner les changements intervenus dans la composition et la psychologie du prol&#233;tariat et du parti, en rapport avec la prise du pouvoir lui-m&#234;me. Cela a peut-&#234;tre donn&#233; un caract&#232;re unilat&#233;ral &#224; mon expos&#233;. Mais sans proc&#233;der &#224; cette analyse pr&#233;liminaire, il est difficile de comprendre l'origine des erreurs &#233;conomiques et politiques fatales commises par notre direction en ce qui concerne tant les paysans que les ouvriers ou les probl&#232;mes de l'industrialisation, du r&#233;gime int&#233;rieur du parti et, finalement, de la gestion de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salutations communistes,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C Rakovsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Astrakhan, le 6 ao&#251;t 1928.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Scandales financiers et affaires de moeurs impliquant des Bureaucrates que venaient de r&#233;v&#233;ler la presse et la justice sovi&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) La Plate-forme de l'opposition de Gauche fut sign&#233;e par treize dirigeants du Parti Communiste de l'URSS et publi&#233;e, en 1927, pour le XV&#232;me Congr&#232;s du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Un certain &#233;galitarisme des revenus s'&#233;tait maintenu jusque vers 1927. La bureaucratie a ensuite fortement ouvert l'&#233;ventail des salaires pour trouver des appuis dans l'aristocratie ouvri&#232;re et justifier l'accroissement de ses propres privil&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Les quatre premiers congr&#232;s de l'Internationale Communiste se d&#233;roul&#232;rent sous la direction de L&#233;nine et Trotsky. Le cinqui&#232;me sous celle de Zinoviev, alli&#233; &#224; Staline contre Trotsky. Le sixi&#232;me congr&#232;s (&#233;t&#233; 1928) d'une Internationale d&#233;sormais contr&#244;l&#233;e par les seuls staliniens adopta ce programme que Trotsky critiqua dans un ouvrage connu sous le nom de L'Internationale Communiste apr&#232;s L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) Personnage particuli&#232;rement r&#233;pugnant dans Les Fr&#232;res Karazamov de Dostoievski.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(6) Campagne lanc&#233;e au d&#233;but de 1928 face aux difficult&#233;s croissantes de ravitaillement et &#224; laquelle prirent part des ouvriers voulant en d&#233;coudre avec les koulaks (paysans riches). Ce revirement de la fraction au pouvoir contre des koulaks dont elle avait favoris&#233; l'enrichissement et qui devenaient mena&#231;ants pour le r&#233;gime, fut le pr&#233;lude au retournement de Staline contre ses alli&#233;s, Boukharine-Rykov, chantres de l'enrichissement des campagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(7) Devenue l'opposition Unifi&#233;e en 1925 quand elle fut rejointe, pour un temps, Par Zinoviev et Kamenev que Staline &#233;tait en train d'&#233;carter du pouvoir et qui avaient fond&#233; la Nouvelle Opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(8) Zinovi&#233;vistes qui, en 1927, refus&#232;rent de suivre Zinoviev-Kamenev dans leur ralliement &#224; Staline apr&#232;s l'exclusion du parti des dirigeants oppositionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(9) Le XV&#232;me congr&#232;s s'&#233;tait tenu en d&#233;cembre 1927.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Comment Staline a d&#233;sarm&#233; les communistes chinois</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6683</link>
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		<dc:date>2022-09-10T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Chine China</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>1927</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment Staline a d&#233;sarm&#233; les communistes chinois &lt;br class='autobr' /&gt; Le roman &#171; Les conqu&#233;rants &#187; de Malraux rapportent que c'est sur ordre de l'Internationale communiste devenue stalinienne que les communistes chinois ont &#233;t&#233; d&#233;sarm&#233;s avant d'&#234;tre &#233;cras&#233;s par le Kuomintang, alli&#233; de Staline &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;En 1926, Malraux se trouvait en Chine au service du Komintern-Kuomintang, et il est l'un de ceux qui portent la responsabilit&#233; de l'&#233;tranglement de la R&#233;volution chinoise. Dans ses deux romans, Malraux, sans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;Chine China&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;1927&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment Staline a d&#233;sarm&#233; les communistes chinois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le roman &#171; Les conqu&#233;rants &#187; de Malraux rapportent que c'est sur ordre de l'Internationale communiste devenue stalinienne que les communistes chinois ont &#233;t&#233; d&#233;sarm&#233;s avant d'&#234;tre &#233;cras&#233;s par le Kuomintang, alli&#233; de Staline&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16445 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img583.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 3.9 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#034;En 1926, Malraux se trouvait en Chine au service du Komintern-Kuomintang, et il est l'un de ceux qui portent la responsabilit&#233; de l'&#233;tranglement de la R&#233;volution chinoise. Dans ses deux romans, Malraux, sans le vouloir, a donn&#233; un tableau r&#233;v&#233;lateur de la politique du Komintern en Chine. Mais il ne sut pas comment tirer les conclusions n&#233;cessaires de ses propres exp&#233;riences.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/litterature/lt_19370409.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/litterature/lt_19370409.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai malheureusement lu Les Conqu&#233;rants avec un retard de dix-huit mois ou de deux ans. Le livre est consacr&#233; &#224; la R&#233;volution chinoise, c'est-&#224;-dire au plus grand sujet de ces cinq derni&#232;res ann&#233;es. Un style dense et beau, l'&#339;il pr&#233;cis d'un artiste, l'observation originale et hardie, tout conf&#232;re au roman une importance exceptionnelle. Si j'en parle ici, ce n'est pas parce que le livre est plein de talent, bien que ce fait ne soit pas n&#233;gligeable, mais parce qu'il offre une source d'enseignements politiques de la plus haute valeur. Viennent-ils de Malraux ? Non, ils d&#233;coulent du r&#233;cit m&#234;me, &#224; l'insu de l'auteur, et t&#233;moignent contre lui, ce qui fait honneur &#224; l'observateur et &#224; l'artiste, mais non au r&#233;volutionnaire. Cependant, nous sommes en droit d'appr&#233;cier &#233;galement Malraux de ce point de vue : en son nom personnel et surtout au nom de Garine, son second moi, l'auteur ne marchande pas ses jugements sur la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre s'intitule roman. En fait, nous sommes en face de la chronique romanc&#233;e de la R&#233;volution chinoise dans sa premi&#232;re p&#233;riode, celle de Canton. La chronique n'est pas compl&#232;te. La poigne sociale fait parfois d&#233;faut. En revanche, passent devant le lecteur, non seulement de lumineux &#233;pisodes de la r&#233;volution, mais encore des silhouettes nettement d&#233;coup&#233;es qui se gravent dans la m&#233;moire comme des symboles sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par petites touches color&#233;es, suivant la m&#233;thode des pointillistes, Malraux donne un inoubliable tableau de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, non pas certes comme elle est en bas, non comme on la fait, mais comme elle est aper&#231;ue d'en haut : les Europ&#233;ens n'ont pas leur d&#233;jeuner, les Europ&#233;ens &#233;touffent de chaleur -les Chinois ont cess&#233; de travailler aux cuisines et de faire fonctionner les ventilateurs. Ceci n'est pas un reproche &#224; l'adresse de l'auteur : l'&#233;tranger-artiste n'aurait sans doute pas pu aborder son th&#232;me autrement. Mais on peut lui faire un autre grief qui, lui, est d'importance : il manque au livre une affinit&#233; naturelle entre l'&#233;crivain, malgr&#233; tout ce qu'il sait et comprend, et son h&#233;ro&#239;ne, la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sympathies, d'ailleurs actives, de l'auteur pour la Chine insurg&#233;e sont indiscutables. Mais elles sont corrod&#233;es par les outrances de l'individualisme et du caprice esth&#233;tique. En lisant le livre avec une attention soutenue, on &#233;prouve parfois un sentiment de d&#233;pit, lorsque dans le ton du r&#233;cit, on per&#231;oit une note d'ironie protectrice &#224; l'&#233;gard des barbares capables d'enthousiasme. Que la Chine soit arri&#233;r&#233;e, que certaines de ses manifestations politiques aient un caract&#232;re primitif, personne n'exige qu'on le passe sous silence. Mais il faut une juste perspective qui mette tous les objets &#224; leur place. Les &#233;v&#233;nements chinois, sur le fond desquels se d&#233;roule le &#034;roman&#034; de Malraux, sont incomparablement plus importants, pour les destins futurs de la culture humaine, que le tapage vain et pitoyable des parlements europ&#233;ens et que les montagnes de produits litt&#233;raires des civilisations stagnantes. Malraux semble &#233;prouver une certaine timidit&#233; &#224; s'en rendre compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le roman, il est des pages, belles par leur intensit&#233;, qui montrent comment la haine r&#233;volutionnaire na&#238;t du joug, de l'ignorance, de l'esclavage et se trempe comme l'acier. Ces pages auraient pu entrer dans l'Anthologie de la R&#233;volution si Malraux avait abord&#233; les masses populaires avec plus de libert&#233; et de hardiesse, s'il n'avait pas introduit dans son &#233;tude une petite note de sup&#233;riorit&#233; blas&#233;e, semblant s'excuser de sa liaison passag&#232;re avec l'insurrection du peuple chinois, aussi bien peut-&#234;tre aupr&#232;s de lui-m&#234;me que des mandarins acad&#233;miques en France et des trafiquants d'opium de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Borodine repr&#233;sente l'Internationale communiste et occupe le poste de conseiller pr&#232;s du gouvernement de Canton. Garine, le favori de l'auteur, est charg&#233; de la propagande. Tout le travail se poursuit dans les cadres du Kuomintang. Borodine, Garine, le &#034;g&#233;n&#233;ral&#034; russe Gallen, le Fran&#231;ais G&#233;rard, l'Allemand Klein constituent une originale bureaucratie de la r&#233;volution, s'&#233;levant au-dessus du peuple insurg&#233; et menant sa propre &#034;politique r&#233;volutionnaire&#034; au lieu de mener la politique de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations locales du Kuomintang sont ainsi d&#233;finies : &#034;La r&#233;union de quelques fanatiques, &#233;videmment braves, de quelques richards qui cherchent la consid&#233;ration ou la s&#251;ret&#233;, de nombreux &#233;tudiants, de coolies...&#034; (cf. pp. 29 et 30). Non seulement les bourgeois entrent dans chaque organisation mais ils m&#232;nent compl&#232;tement le parti. Les communistes rel&#232;vent du Kuomintang. On persuade aux ouvriers et aux paysans de n'accomplir aucun acte qui puisse rebuter les amis venus de la bourgeoisie. &#034;Telles sont ces soci&#233;t&#233;s que nous contr&#244;lons (plus ou moins d'ailleurs, ne vous y trompez pas)...&#034; (cf. p. 29). Edifiant aveu ! La bureaucratie de l'internationale communiste a essay&#233; de &#034;contr&#244;ler&#034; la lutte de classe en Chine, comme l'internationale bancaire contr&#244;le la vie &#233;conomique des pays arri&#233;r&#233;s. Mais une r&#233;volution ne peut se commander. On peut seulement donner une expression politique &#224; ses forces int&#233;rieures. Il faut savoir &#224; laquelle de ces forces on liera son destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les coolies sont en train de d&#233;couvrir qu'ils existent, simplement qu'ils existent&#034; (cf. p. 31). C'est bien vis&#233;. Mais pour sentir qu'ils existent, les coolies, les ouvriers industriels et les paysans doivent renverser ceux qui les emp&#234;chent d'exister. La domination &#233;trang&#232;re est indissolublement li&#233;e au joug int&#233;rieur. Les coolies doivent, non seulement chasser Baldwin ou Macdonald, mais renverser encore la classe dirigeante. L'un ne peut se r&#233;aliser sans l'autre. Ainsi, l'&#233;veil de la personnalit&#233; humaine dans les masses de la Chine -qui d&#233;passent dix fois la population de la France- se fond imm&#233;diatement dans la lave de la r&#233;volution sociale. Spectacle grandiose !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ici Borodine entre en sc&#232;ne et d&#233;clare :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Dans cette r&#233;volution, les ouvriers doivent faire le travail des coolies pour la bourgeoisie [1]&#034;. L'asservissement social dont il veut se lib&#233;rer, le prol&#233;taire le trouve transpos&#233; dans la sph&#232;re de la politique. A qui doit-on cette op&#233;ration perfide ? A la bureaucratie de l'lnternationale communiste. En essayant de &#034;contr&#244;ler&#034; le Kuomintang, elle aide, en fait, le bourgeois qui recherche &#034;consid&#233;ration et s&#233;curit&#233;&#034; &#224; s'asservir les coolies qui veulent exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Borodine qui, tout le temps, reste &#224; l'arri&#232;re plan se caract&#233;rise dans le roman comme un &#034;homme d'action&#034; comme un &#034;r&#233;volutionnaire professionnel&#034;, comme une incarnation vivante du bolchevisme sur le sol de la Chine. Rien n'est plus erron&#233; ! Voici la biographie politique de Borodine : en 1903 &#224; dix-neuf ans, il &#233;migre en Am&#233;rique ; en 1918 il revient &#224; Moscou o&#249;, gr&#226;ce &#224; sa connaissance de l'anglais, &#034;il travaille &#224; la liaison avec les partis &#233;trangers&#034; ; il est arr&#234;t&#233; en 1922 &#224; Glasgow ; ensuite, il est d&#233;l&#233;gu&#233; en Chine en qualit&#233; de repr&#233;sentant de l'Internationale communiste. Ayant quitt&#233; la Russie avant la premi&#232;re r&#233;volution et y &#233;tant revenu apr&#232;s la troisi&#232;me, Borodine appara&#238;t comme un repr&#233;sentant accompli de cette bureaucratie de l'Etat et du parti, qui ne reconnut la r&#233;volution qu'apr&#232;s sa victoire. Quand il s'agit de jeunes gens, ce n'est quelquefois rien de plus qu'une question de chronologie. A l'&#233;gard d'hommes de quarante &#224; cinquante ans, c'est d&#233;j&#224; une caract&#233;ristique politique. Que Borodine se soit brillamment ralli&#233; &#224; la r&#233;volution victorieuse en Russie, cela ne signifie pas le moins du monde qu'il soit appel&#233; &#224; assurer la victoire de la r&#233;volution en Chine. Les hommes de ce type s'assimilent sans peine les gestes et les intonations des &#034;r&#233;volutionnaires professionnels&#034;. Nombre d'entre eux, par leur d&#233;guisement, trompent non seulement les autres mais eux-m&#234;mes. Le plus souvent, l'inflexible audace du bolchevik se m&#233;tamorphose chez eux en ce cynisme du fonctionnaire pr&#234;t &#224; tout. Ah ! avoir un mandat du comit&#233; central ! Cette sauvegarde sacro-sainte, Borodine l'avait toujours dans sa poche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Garine n'est pas un fonctionnaire, il est plus original que Borodine, et peut-&#234;tre m&#234;me plus pr&#232;s du type du r&#233;volutionnaire. Mais il est d&#233;pourvu de la formation indispensable : dilettante et vedette de passage, il s'embrouille d&#233;sesp&#233;r&#233;ment dans les grands &#233;v&#233;nements et cela se r&#233;v&#232;le &#224; chaque instant. A l'&#233;gard des mots d'ordre de la R&#233;volution chinoise, il se prononce ainsi : &#034;...bavardage d&#233;mocratique, droits du peuple, etc.&#034; (cf. p. 36). Cela a un timbre radical, mais c'est un faux radicalisme. Les mots d'ordre de la d&#233;mocratie sont un bavardage ex&#233;crable dans la bouche de Poincar&#233;, Herriot, L&#233;on Blum, escamoteurs de la France et ge&#244;liers de l'Indochine, de l'Alg&#233;rie et du Maroc. Mais lorsque les Chinois s'insurgent au nom des &#034;droits du peuple&#034;, cela ressemble aussi peu &#224; du bavardage que les mots d'ordre de la r&#233;volution fran&#231;aise du XVIII&#176; si&#232;cle. A Hong-Kong, les rapaces britanniques mena&#231;aient, au temps de la gr&#232;ve, de r&#233;tablir les ch&#226;timents corporels. &#034;Les droits de l'homme et du citoyen&#034;, cela signifiait &#224; Hong-Kong le droit pour les Chinois de ne pas &#234;tre fustig&#233;s par le fouet britannique. D&#233;voiler la pourriture d&#233;mocratique des imp&#233;rialistes, c'est servir la r&#233;volution ; appeler bavardage les mots d'ordre de l'insurrection des opprim&#233;s, c'est aider involontairement les imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne inoculation de marxisme aurait pu pr&#233;server l'auteur des fatales m&#233;prises de cet ordre. Mais Garine, en g&#233;n&#233;ral, estime que la doctrine r&#233;volutionnaire est un &#034;fatras doctrinal&#034;. Il est, voyez-vous, l'un de ceux pour qui la r&#233;volution n'est qu'un &#034;&#233;tat de choses d&#233;termin&#233;&#034;. N'est-ce pas &#233;tonnant ? Mais, c'est justement parce que la r&#233;volution est un &#034;&#233;tat de choses&#034; -c'est-&#224;-dire un stade du d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; conditionn&#233; par des causes objectives et soumis &#224; des lois d&#233;termin&#233;es- qu'un esprit scientifique peut pr&#233;voir la direction g&#233;n&#233;rale du processus. Seule l'&#233;tude de l'anatomie de la soci&#233;t&#233; et de sa physiologie permet de r&#233;agir sur la marche des &#233;v&#233;nements en se basant sur des pr&#233;visions scientifiques et non sur des conjectures de dilettante. Le r&#233;volutionnaire qui &#034;m&#233;prise&#034; la doctrine r&#233;volutionnaire ne vaut pas mieux que le gu&#233;risseur m&#233;prisant la doctrine m&#233;dicale qu'il ignore ou que l'ing&#233;nieur r&#233;cusant la technologie. Les hommes qui, sans le secours de la science essayent de rectifier cet &#034;&#233;tat de choses&#034; qui a nom maladie s'appellent sorciers ou charlatans et sont poursuivis conform&#233;ment aux lois. S'il avait exist&#233; un tribunal pour juger les sorciers de la r&#233;volution, il est probable que Borodine, comme ses inspirateurs moscovites, aurait &#233;t&#233; s&#233;v&#232;rement condamn&#233;. Garine lui-m&#234;me, je le crains, ne serait pas sorti indemne de l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux figures s'opposent l'une &#224; l'autre dans le roman, comme les deux p&#244;les de la r&#233;volution nationale : le vieux Tcheng-Da&#239;, autorit&#233; spirituelle de l'aile droite du Kuomintang -le proph&#232;te et le saint de la bourgeoisie, et Hong, chef juv&#233;nile des terroristes. Tous deux sont repr&#233;sent&#233;s avec une force tr&#232;s grande. Tcheng-Da&#239; incarne la vieille culture chinoise traduite dans la langue de la culture europ&#233;enne ; sous ce v&#234;tement raffin&#233;, il &#034;ennoblit&#034; les int&#233;r&#234;ts de toutes les classes dirigeantes de la Chine. Certes, Tcheng-Da&#239; veut la lib&#233;ration nationale, mais il redoute plus les masses que les imp&#233;rialistes ; la r&#233;volution, il la hait plus que le joug pos&#233; sur la nation. S'il marche au-devant d'elle, ce n'est que pour l'apaiser, la dompter, l'&#233;puiser. Il m&#232;ne la politique de la r&#233;sistance sur deux fronts, contre l'imp&#233;rialisme et contre la r&#233;volution, la politique de Gandhi dans l'Inde, la politique qu'en des p&#233;riodes d&#233;termin&#233;es et selon telle ou telle forme la bourgeoisie mena sous toutes les longitudes et sous toutes les latitudes. La r&#233;sistance passive na&#238;t de la tendance de la bourgeoisie &#224; canaliser les mouvements des masses et &#224; les confisquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Garine dit que l'influence de Tcheng-Da&#239; s'&#233;l&#232;ve au-dessus de la politique, il n'y a plus qu'&#224; hausser les &#233;paules. La politique masqu&#233;e du &#034;juste&#034;, en Chine comme dans l'Inde, exprime, sous la forme sublime et abstraitement moralisante, les int&#233;r&#234;ts conservateurs des poss&#233;dants. Le d&#233;sint&#233;ressement personnel de Tcheng-Da&#239; ne se trouve nullement en opposition avec sa fonction politique : les exploiteurs ont besoin de &#034;justes&#034; comme la hi&#233;rarchie eccl&#233;siastique a besoin de saints.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui gravite autour de Tcheng-Da&#239; ? Le roman r&#233;pond avec une pr&#233;cision m&#233;ritoire : un monde &#034;de vieux mandarins, contrebandiers d'opium ou photographes, de lettr&#233;s devenus marchands de v&#233;los, d'avocats de la facult&#233; de Paris, d'intellectuels de toute sorte&#034; (cf. p. 125). Derri&#232;re eux se tient une bourgeoisie solide, li&#233;e &#224; l'Angleterre et qui arme le g&#233;n&#233;ral Tang contre la r&#233;volution. Dans l'attente de la victoire, Tang s'appr&#234;te &#224; faire de Tcheng-Da&#239; le chef du gouvernement. Tous deux, Tcheng-Da&#239; et Tang, continuent n&#233;anmoins d'&#234;tre membres du Kuomintang que servent Borodine et Garine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Tang fait attaquer la ville par ses arm&#233;es et qu'il se pr&#233;pare &#224; &#233;gorger les r&#233;volutionnaires en commen&#231;ant par Borodine et Garine, ses camarades de parti, ces derniers, avec l'aide de Hong, mobilisent et arment les sans-travail. Mais apr&#232;s la victoire remport&#233;e sur Tang, les chefs essaient de ne rien changer &#224; ce qui existait auparavant. Ils ne peuvent rompre leur accord avec Tcheng-Da&#239; parce qu'ils n'ont pas confiance dans les ouvriers, les coolies, les masses r&#233;volutionnaires. Ils sont eux-m&#234;mes contamin&#233;s par les pr&#233;jug&#233;s de Tcheng-Da&#239; dont ils sont l'arme de choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas rebuter la bourgeoisie, il leur faut entrer en lutte avec Hong. Qui est-ce, et d'o&#249; sort-il ? -&#034;De la mis&#232;re&#034; (cf. p. 41). Il est de ceux qui font la r&#233;volution et non de ceux qui s'y rallient quand elle est victorieuse. Ayant abouti &#224; l'id&#233;e qu'il lui faut tuer le gouverneur anglais de Hong-Kong, Hong ne se soucie que d'une chose : &#034;Quand j'aurai &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; la peine capitale, il faudra dire aux jeunes gens de m'imiter&#034; (cf. p. 40). A Hong, il faut donner un programme net : soulever les ouvriers, les souder, les armer et les opposer &#224; Tcheng-Da&#239;, comme &#224; leur ennemi. Mais la bureaucratie de l'Internationale communiste cherche l'amiti&#233; de Tcheng-Da&#239;, repousse Hong et l'exasp&#232;re. Hong tue banquiers et marchands, ceux-l&#224; m&#234;mes qui &#034;soutiennent le Kuomintang&#034;. Hong tue les missionnaires : &#034;...Ceux qui enseignent aux hommes &#224; supporter la mis&#232;re doivent &#234;tre punis, pr&#234;tres chr&#233;tiens ou autres...&#034; (cf. p. 174). Si Hong ne trouve pas sa juste voie, c'est la faute de Borodine et de Garine, qui ont plac&#233; la r&#233;volution &#224; la remorque des banquiers et des marchands. Hong refl&#232;te la masse qui d&#233;j&#224; s'&#233;veille, mais qui ne s'est pas encore frott&#233; les yeux ni amolli les mains. Il essaye par le revolver et le poignard d'agir pour la masse que paralysent les agents de l'Internationale communiste. Telle est, sans fard, la v&#233;rit&#233; sur la R&#233;volution chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, le gouvernement de Canton &#034;oscille en s'effor&#231;ant de ne pas tomber de Garine et Borodine, qui tiennent police et syndicats, &#224; Tcheng-Da&#239;, qui ne tient rien du tout mais n'en existe pas moins&#034; (cf. p. 7). Nous avons un tableau presque achev&#233; du duumvirat. Les repr&#233;sentants de l'Internationale communiste ont pour eux les syndicats ouvriers de Canton, la police, l'&#233;cole des Cadets de Wampoa, la sympathie des masses, l'aide de l'Union sovi&#233;tique. Tcheng-Da&#239; a une &#034;autorit&#233; morale&#034;, c'est-&#224;-dire le prestige des poss&#233;dants mortellement affol&#233;s. Les amis de Tcheng-Da&#239; si&#232;gent dans un gouvernement impuissant, b&#233;n&#233;volement soutenu par les conciliateurs. Mais n'est-ce pas l&#224; le r&#233;gime de la r&#233;volution de F&#233;vrier, le syst&#232;me de Kerensky et de sa bande, avec cette seule diff&#233;rence que le r&#244;le des mencheviks est tenu par de pseudo-bolcheviks ! Borodine ne s'en doute pas, parce qu'il est grim&#233; en bolchevik et qu'il prend son maquillage au s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e ma&#238;tresse de Garine et de Borodine est d'interdire aux bateaux chinois et &#233;trangers faisant route vers le port de Canton de faire escale &#224; Hong-Kong. Ces hommes qui se consid&#232;rent comme des r&#233;volutionnaires r&#233;alistes esp&#232;rent, par le blocus commercial, briser la domination anglaise dans la Chine m&#233;ridionale. Mais ils n'estiment nullement qu'il soit n&#233;cessaire de renverser au pr&#233;alable le gouvernement de la bourgeoisie de Canton qui ne fait qu'attendre l'heure de livrer la r&#233;volution &#224; l'Angleterre. Non, Borodine et Garine frappent chaque jour &#224; la porte du &#034;gouvernement&#034; et, chapeau bas, demandent que soit promulgu&#233; le d&#233;cret sauveur. L'un des leurs rappelle &#224; Garine qu'au fond ce gouvernement est un fant&#244;me. Garine ne se trouble pas. &#034;Fant&#244;me ou non, r&#233;plique-t-il, qu'il marche, puisque nous avons besoin de lui.&#034; Ainsi le pope a besoin des reliques qu'il fabrique lui-m&#234;me avec de la cire et du coton. Que se cache-t-il derri&#232;re cette politique qui &#233;puise et avilit la r&#233;volution ? La consid&#233;ration d'un r&#233;volutionnaire de la petite bourgeoisie pour un bourgeois d'un conservatisme solide. C'est ainsi que le plus rouge des extr&#233;mistes fran&#231;ais est toujours pr&#234;t &#224; tomber &#224; genoux devant Poincar&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les masses de Canton ne sont peut-&#234;tre pas encore m&#251;res pour renverser le gouvernement de la bourgeoisie ? De toute cette atmosph&#232;re il se d&#233;gage la conviction que, sans l'opposition de l'internationale communiste, le gouvernement fant&#244;me aurait depuis longtemps &#233;t&#233; renvers&#233; sous la pression des masses. Admettons que les ouvriers cantonnais soient encore trop faibles pour &#233;tablir leur propre pouvoir. Quel est, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le point faible des masses ? -Leur manque de pr&#233;paration pour succ&#233;der aux exploiteurs. Dans ce cas, le premier devoir des r&#233;volutionnaires est d'aider les ouvriers &#224; s'affranchir de la confiance servile. N&#233;anmoins, l'&#339;uvre accomplie par la bureaucratie de l'Internationale communiste a &#233;t&#233; diam&#233;tralement oppos&#233;e. Elle a inculqu&#233; aux masses cette notion qu'il faut se soumettre &#224; la bourgeoisie et elle a d&#233;clar&#233; que les ennemis de la bourgeoisie &#233;taient les siens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas rebuter Tcheng-Da&#239; ! Mais si Tcheng-Da&#239; s'&#233;loigne quand m&#234;me, ce qui est in&#233;vitable, cela ne signifiera pas que Garine et Borodine se seront d&#233;livr&#233;s de leur vassalit&#233; b&#233;n&#233;vole &#224; l'&#233;gard de la bourgeoisie. Ils auront seulement choisi, comme nouvel objet de leur tour de passe-passe, Tchang Ka&#239;-chek, fils de la m&#234;me classe et fr&#232;re cadet de Tcheng-Da&#239;. Chef de l'Ecole militaire de Wampoa, que fondent les bolcheviks, Tchang Ka&#239;-chek ne se borne pas &#224; une opposition passive, il est pr&#234;t &#224; recourir &#224; la force sanglante, non sous sa forme pl&#233;b&#233;ienne -celle des masses- mais sous une forme militaire et seulement dans les limites qui permettront &#224; la bourgeoisie de conserver un pouvoir illimit&#233; sur l'arm&#233;e. Borodine et Garine, en armant leurs ennemis, d&#233;sarment et repoussent leurs amis. Ainsi pr&#233;parent-ils la catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ne surestimons-nous pas l'influence de la bureaucratie r&#233;volutionnaire sur les &#233;v&#233;nements ? Non. Elle s'est montr&#233;e plus forte qu'elle-m&#234;me ne le pensait, sinon pour le bien, du moins pour le mal. Les coolies qui ne font que commencer &#224; exister politiquement ont besoin d'une direction hardie. Hong a besoin d'un programme hardi. La r&#233;volution a besoin de l'&#233;nergie des millions d'hommes qui s'&#233;veillent. Mais Borodine et ses bureaucrates ont besoin de Tcheng-Da&#239; et de Tchang Ka&#239;-chek. Ils &#233;touffent Hong et emp&#234;chent l'ouvrier de relever la t&#234;te. Dans quelques mois, ils &#233;toufferont l'insurrection agraire pour ne pas rebuter toute la gradaille bourgeoise de l'arm&#233;e. Leur force, c'est qu'ils repr&#233;sentent l'Octobre russe, le bolchevisme, l'Internationale communiste. Ayant usurp&#233; l'autorit&#233;, le drapeau et les subsides de la plus grande des r&#233;volutions, la bureaucratie barre la voie &#224; une autre r&#233;volution qui avait, elle aussi, toutes les chances d'&#234;tre grande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dialogue de Borodine et de Hong (cf. p. 181-182) est le plus effroyable r&#233;quisitoire contre Borodine et ses inspirateurs moscovites. Hong, comme toujours, est &#224; la recherche d'actions d&#233;cisives. Il exige le ch&#226;timent des bourgeois les plus en vue. Borodine trouve cette unique r&#233;plique : &#034;Il ne faut pas toucher &#224; ceux qui paient.&#034; &#034;La r&#233;volution n'est pas si simple&#034;, dit Garine de son c&#244;t&#233;. &#034;La r&#233;volution, c'est payer l'arm&#233;e&#034;, tranche Borodine. Ces aphorismes contiennent tous les &#233;l&#233;ments du n&#339;ud dans lequel fut &#233;trangl&#233;e la R&#233;volution chinoise. Borodine pr&#233;servait la bourgeoisie qui, en r&#233;compense, faisait des versements pour la &#034;r&#233;volution&#034;. L'argent allait &#224; l'arm&#233;e de Tchang Ka&#239;-chek. L'arm&#233;e de Tchang Ka&#239;-chek extermina le prol&#233;tariat et liquida la r&#233;volution. Etait-ce vraiment impossible &#224; pr&#233;voir ? Et la chose n'a-t-elle pas &#233;t&#233; pr&#233;vue en v&#233;rit&#233; ? La bourgeoisie ne paye volontiers que l'arm&#233;e qui la sert contre le peuple. L'arm&#233;e de la r&#233;volution n'attend pas de gratification : elle fait payer. Cela s'appelle la dictature r&#233;volutionnaire. Hong intervient avec succ&#232;s dans les r&#233;unions ouvri&#232;res et foudroie les &#034;Russes&#034; porteurs de la ruine de la r&#233;volution. Les voies de Hong lui-m&#234;me ne m&#232;nent pas au but, mais il a raison contre Borodine. &#034;Les chefs des Ta&#239;-Ping avaient-ils des conseillers russes ? Et ceux des Boxers ?&#034; (cf. p. 189). Si la R&#233;volution chinoise de 1924-1927 avait &#233;t&#233; livr&#233;e &#224; elle-m&#234;me, elle ne serait peut-&#234;tre pas parvenue imm&#233;diatement &#224; la victoire, mais elle n'aurait pas eu recours aux m&#233;thodes du hara-kiri, elle n'aurait pas connu de honteuses capitulations et aurait &#233;duqu&#233; d&#233;s cadres r&#233;volutionnaires. Entre le duumvirat de Canton et celui de Petrograd, il y a cette diff&#233;rence tragique qu'en Chine il n'y eut pas, en fait, de bolchevisme : sous le nom de &#034;trotskysme&#034;, il fut d&#233;clar&#233; doctrine contre-r&#233;volutionnaire et fut pers&#233;cut&#233; par tous les moyens de la calomnie et de la r&#233;pression. O&#249; Kerensky n'avait pas r&#233;ussi pendant les journ&#233;es de juillet, Staline r&#233;ussit en Chine dix ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Borodine et &#034;tous les bolcheviks de sa g&#233;n&#233;ration -nous affirme Garine- ont &#233;t&#233; marqu&#233;s par leur lutte contre les anarchistes&#034;. Cette remarque &#233;tait n&#233;cessaire &#224; l'auteur pour pr&#233;parer le lecteur &#224; la lutte de Borodine contre le groupe de Hong. Historiquement, elle est fausse : si l'anarchisme n'a pas pu dresser la t&#234;te en Russie, ce n'est pas parce que les bolcheviks ont lutt&#233; avec succ&#232;s contre lui, c'est parce qu'ils avaient auparavant creus&#233; le sol sous ses pas. L'anarchisme, s'il ne demeure pas entre les quatre murs de caf&#233;s intellectuels ou de r&#233;dactions de journaux, s'il p&#233;n&#232;tre plus profond&#233;ment, traduit la psychologie du d&#233;sespoir dans les masses et repr&#233;sente le ch&#226;timent politique des tromperies de la d&#233;mocratie et des trahisons de l'opportunisme. La hardiesse du bolchevisme &#224; poser les probl&#232;mes r&#233;volutionnaires et &#224; enseigner leurs solutions n'a pas laiss&#233; de place au d&#233;veloppement de l'anarchisme en Russie. Mais, si l'enqu&#234;te historique de Malraux n'est pas exacte, son r&#233;cit, en revanche, montre admirablement comment la politique opportuniste de Staline-Borodine a pr&#233;par&#233; le terrain au terrorisme anarchiste en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouss&#233; par la logique de cette politique, Borodine consent &#224; prendre un d&#233;cret contre les terroristes. Les solides r&#233;volutionnaires rejet&#233;s dans la voie de l'aventure par les crimes des dirigeants moscovites, la bourgeoisie de Canton nantie de la b&#233;n&#233;diction de l'Internationale communiste les d&#233;clare hors la loi. Ils r&#233;pondent par des actes de terrorisme contre les bureaucrates pseudo-r&#233;volutionnaires, protecteurs de la bourgeoisie qui paye. Borodine et Garine s'emparent des terroristes et les exterminent, d&#233;fendant non plus les bourgeois mais leur propre t&#234;te. C'est ainsi que la politique des accommodements glisse fatalement au dernier degr&#233; de la f&#233;lonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre s'intitule Les Conqu&#233;rants. Dans l'esprit de l'auteur, ce titre &#224; double sens, o&#249; la r&#233;volution se farde d'imp&#233;rialisme, se r&#233;f&#232;re aux bolcheviks russes ou plus exactement &#224; une certaine fraction d'entre eux. Les Conqu&#233;rants ? Les masses chinoises se sont soulev&#233;es pour une insurrection r&#233;volutionnaire, sous l'influence indiscutable du coup d'Etat d'Octobre comme exemple et du bolchevisme comme drapeau. Mais les Conqu&#233;rants n'ont rien conquis. Au contraire, ils ont tout livr&#233; &#224; l'ennemi. Si la R&#233;volution russe a provoqu&#233; la R&#233;volution chinoise, les &#233;pigones russes l'ont &#233;touff&#233;e. Malraux ne fait pas ces d&#233;ductions. Il ne semble pas m&#234;me y penser. Elles ne ressortent que plus clairement de son livre remarquable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revperm/rp12.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revperm/rp12.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chine 1927, le stalinisme livre le prol&#233;tariat &#224; la r&#233;pression :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1123&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1123&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment l'alliance de Staline avec le Kuomintang rompait avec la politique r&#233;volutionnaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article809&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article809&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article290&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article290&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article583&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article583&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5723&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5723&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article205&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article205&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6584&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6584&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4080&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4080&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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